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    #Posté le lundi 23 août 2021 12:55

    Modifié le mardi 18 octobre 2022 19:56

    • Commentaires

    immarcescible, Posté le mercredi 30 mars 2022 20:24 Répondre

    Tout se passa très vite. Pocahontas et les autres filles enfermées furent projetée contre le mur avant que quelqu’un n’ouvre la porte. Les cris des hommes attaquaient lui avait fait craindre le pire mais lorsqu’elle vit la silhouette unique de Gabriel elle sentit son coeur se serrer de douleur et d’amour. Sans perdre un instant, elle courut à lui en marchant sur certaines de ses camarades avant d’atterrir contre son corps. Ses jambes s’enroulaient autour de ses hanches quand ses mains agrippaient sa crinière. Tremblante, elle le serrait contre elle persuadée de rêver. Mais son parfum, sa voix, tout lui prouvait qu’il était bel et bien en vie :

    - Tu es vivant, murmurait-elle avec des tremblements dans la voie, tu es vivant Isha..

    Mais les effusions ne pouvaient pas durer. Gabriel était sous tension, elle le voyait bien. C’est avec émotion qu’elle vit Millie et Garrett accompagné par son amant mais son coeur se serra en voyant Kisos adulte accompagné du petit. Que faisaient-ils ici ? Vite elle accouru à eux et pendant qu’elle serrait le Kisos du présent, elle posait une main sur la joue du grand en le réprimandant :

    - Tu dois arrêter de nous sauver mon chéri.
    - Arrêtez de vous mettre dans le pétrin alors, se moquait-il gentiment en embrassant le front de sa mère, je dois partir.

    Ce qu’il fit sans avoir à passer les pierres. Il eut juste à fermer les yeux et toucher une sorte de totem qui pendait à son cou et disparu. Cela surpris Pocahontas qui se demandait bien par quel sortilège il avait pu contenir autant d’énergie dans un si petit caillou.

    Le petit Kisos ne lâchait pas sa mère et elle le couvrait de baisers. Mais très vite elle du le laisser pour suivre Gabriel et Fisher l’odieux contremaître voulut se servir de leur garçon. Heureusement que son peuple venait une fois de plus à son aide. Un seul regard suffit à leur faire comprendre la gratitude qu’elle avait pour eux.

    Tout s’emmêlait, tout allait trop vite. Pocahontas entendait des choses mais ne comprenait pas tout. Qu’est ce que Kisos avait voulu dire en disant que son père allait mourir. Sans demander, elle se retrouva sur un cheval avec le petit quand Gabriel lui annoncer rester le temps de surveiller leurs arrières :

    - Non ! Tu viens avec nous ! Je ne te laisserais pas seul ici tu m’entends ?!

    Mais Garrett avait vu le regard appuyé de son ami et sans demander son reste, donna une claque à la jument qu’occupait Pocahontas et Kisos pour les faire déguerpir. Elle galopait à toute vitesse suivant Millie qui était déterminée. La brune en voulait à tous de ne pas l’avoir laissée avec Gabriel et sentait à chaque mètres parcouru son coeur se déchirer une fois de plus. Kisos pleurait contre elle, il demandait son père mais semblait soulagé d’avoir retrouvé sa mère. Lorsqu’ils arrivèrent a la colonie, Pocahontas refusa net d’y entrer. C’était affronter les démons de cette maison et l’agonie tortueuse de Jackson.

    Les Powhatans les accueillirent à bras ouvert. Comme un messie, Pocahontas fut reconnue et célébrée pour ses actions passées. Kisos était impressionné de voir toutes ces personnes honorer sa mère qu’il avait toujours connu violentée par les européens. Il observait tout avec une fascination certaine quand la jeune femme était gênée, affamée et mourrait de faim. Il lui fut accorder de prendre un bain et de profiter du sauna. Elle avait bien besoin de se ressourcer, de retirer de son corps et de son âme toutes les horreurs du mois passé. Millie l’accompagne, c’est là qu’elles se retrouvèrent et tombèrent dans les bras l’une de l’autre. Pas besoin de parler. Elles avaient vécu la même chose.

    - Comment vais-je faire pour regarder Binki en face désormais ?
    - Dis lui tout.
    - Je ne pourrais jamais. Je vais la dégoûter.
    - Tu te trompes. Elle sera juste en colère.
    - J’ai si honte.. C’est la première fois de ma vie que je ressens une telle chose. Alors que… Alors que c’est lui..
    - Millie..

    C’était la première fois que Pocahontas voyait son amie s’épancher de la sorte. Elle la prit dans ses bras et la laissa étancher sa peine. Blotties l’une contre l’autre, elles se savaient suffisamment forte et proche pour pouvoir affronter le lendemain. Mais y en aurait-il étant donné que les hommes de Fisher allaient rejoindre la grotte et trouver Gabriel avec quelques Powhatan.

    Après avoir été lavé, soignés, baumés et avoir mangé, ils dormirent. Kisos était blotti contre sa mère et lui racontait tout ce qu’avait fait Gabriel depuis sa sortie de prison. L’un et l’autre étaient blottis avec force comme si la peur de se voir une nouvelle fois séparés risquait une nouvelle fois d’arriver :

    - Duda va revenir ? J’ai si peur.. Il disait à Kisos du futur qu’il mourrait.
    - Non, non, non. Je ne le permettrais pas mon chéri. Il va revenir. Il doit revenir.
    - Je te protègerais des méchants Ma’..

    Pocahontas contenait ses larmes du mieux qu’elle pouvait mais plus les heures passaient et moins elle gardait espoir. Gabriel devrait déjà être rentré depuis longtemps mais toujours rien. L’aube se levait mais elle n’avait pas fermé l’oeil. Kisos dormait paisiblement et elle le couvrait d’une peau de bête chaude. Elle sortie donc, vêtue d’un habit traditionnel amérindien dans le frais de la matinée. D’un pas silencieux, elle se rendit dans le champ tout près du campement et se mit à prier pour le retour de Gabriel.

    Soudain, alors que quelques oiseaux s’envolaient tout près d’elle, elle entendit un bruit survenir. Se redressant sans bruit, elle observa le groupe d’amérindiens se rendre vers le campement, mais pas de Gabriel. Elle allait se mettre à hurler de désespoir lorsqu’elle entendit un autre pas au loin. Plus de doute, ça ne pouvait être que lui. Il sortit des brumes de la forêt et elle ne pu relâcher toute cette tension accumulée depuis des mois. Sans perdre un instant, elle se mit à courir pieds nu à son encontre jusqu’à finalement se jeter dans ses bras. Agrippée à lui comme la veille, elle pleurait dans son cou en tapant son dos :

    - J’ai cru.. J’ai cru que tu ne reviendrais pas.. Isha.. Tu es vivant, ne cessait-elle de répéter entre deux larmes, tu es vivant.. Il me disait t’avoir.. t’avoir tué.. Bon sang.. Isha.. Mon amour..


    immarcescible, Posté le mercredi 30 mars 2022 13:38 Répondre

    La traversée en bateau avait été pire que celle vécue en compagnie de Rolfe. Lui au moins, avait du désir pour les hommes quand Avery la possédait dès qu’il le souhaitait. Pocahontas n’était pas une femme entre les mains du monstre. Elle n’était qu’une poupée, un objet manipulable qu’il utilisait à sa guise. Pendant le mois que dura la traversée, elle ne vit pas le jour une seule fois. En arrivant en Floride, à Jacksonville, il l’enferma dans la maison de maître qu’il occupait. Elle avait le droit à sa chambre, sa salle de bain et sa bonne. Une pauvre esclave noire maltraitée elle-aussi par les hommes. Son prénom était Betty et elle devint vite son alliée.

    C’était étrange de revenir dans un pays qu’elle connaissait, du moins, qu’elle avait connu. Durant les premiers jours, elle comprit que Jackson n’attendait rien d’elle si ce n’est être à son service lorsqu’il la désirait. Il n’avait aucun semblant d’humanité avec qui que ce soit. Si à Mallaig il avait feint une douceur et une empathie pour les gens, ici, sous le soleil caniculaire des marées c’était tout l’inverse. Il était cruel, monstrueux et avide de sang. Il frappait ses esclaves sans état d’âme juste pour son bon plaisir. C’était un vrai sadique.

    Elle n’avait pas d’autres choix que de se plier à ses désirs pour pouvoir survivre. Aussi, elle se mit à jouer un rôle, pour lui plaire, celui de maîtresse maison. Il croyait l’avoir bridée et qu’elle répondrait à ses moindres souhait, ce qu’elle faisait la plupart du temps. Mais en secret, elle cherchait un moyen de le fuir. Il lui était impossible de penser à Gabriel et Kisos dans ces moments là. Elle devait se concentrer pour ne pas perdre la face. C’était la nuit, lorsqu’elle observait la lune dans le ciel qu’elle priait pour eux en espérant qu’ils soient en vie et en bonne santé. Mais surtout, que Gabriel ne fasse pas la bêtise de venir la chercher.

    Lors d’une balade avec Jackson en calèche, elle pu apercevoir au près de la propriété un campement d’amérindien. Il ne lui fallut pas grand chose pour reconnaître les couleurs de son clan, les Powhatan. Ainsi, plusieurs avaient survécu. Mais comment s’approcher d’eux avec trois siècles d’écart ? Et leur parler serait les mettre en danger face à la folie de son époux.

    En effet, Jackson avait procédé à un mariage avant le départ d’Edimbourg. Un autre mariage forcé qui conduisait une fois de plus Pocahontas à trahir toutes les promesses qu’elle avait faite à Gabriel. Combien de promesses avait-elle du faire sans les tenir ? Elle se maudissait d’avoir accepté et ne pas s’être suicidée.

    Sans Betty, Pocahontas serait littéralement seule. Mais elle ne perdait pas l’espoir de pouvoir fuir son bourreau. Tous les jours, elle demandait à sa compagne de lui ramener telle ou telle plante. Elles l’empêchaient surtout de ne pas tomber enceinte de ce monstre. Mais parallèlement, elle essayait de reproduire le fameux poison de Héra. Si elle s’y connaissait en médecine des plantes, elle ne savait pas vraiment lesquelles pouvaient tuer. Et puis, il fut un jour où Jackson décida de s’en prendre à Betty. Betty qui n’avait que dix-sept ans et qui s’était engagée auprès d’un garçon dans les champs.

    Toute la violence, toute a rancoeur et toute la haine que ressentait Pocahontas pour cet homme vint à bout de sa patience. Ici en Amérique il ne pouvait rien contre Gabriel et Kisos. Ils étaient en sécurité si il mourrait, alors sans état d’âme et aussi silencieuse qu’une ombre, elle enfonça sa dague dans les lombaires du vicieux personnage.

    - Tu pourriras en enfer Jackson Avery. Je te promets des tourments éternels..

    Devenant paraplégique, il ne pouvait plus bouger. Comme Pocahontas avait à nouveau goût au sang, elle planta son couteau dans le nez de son ennemi comme elle le faisait si parfaitement autrefois. Après lui avoir arraché un bout du nez, elle le conduisit avec Betty dans sa chambre pour le dissimuler au reste des domestiques et du contremaître Fisher. Elles se changèrent et Pocahontas vint à libérer sur parole grâce aux papiers de libération de Avery tous les esclaves de la colonie.

    - Tu donneras ces papiers à toutes les personnes de la maison tu m’entends ? Ils en feront ce qu’ils veulent mais en attendant vous devez fuir loin et vite. Prend tout cet argent et distribue-le. Vous n’aurez qu’une nuit d’avance.
    - Mais et les papiers ? Ils sont.. Ils sont légaux ?
    - Betty, ils sont signés de la main même d’Avery. Plus personne ne pourra vous faire du mal mais ne restez pas en Floride. Allez au Nord.
    - Et toi ? Où vas-tu aller ?
    - Je dois trouver un moyen de rentrer chez moi.. Retrouver ma famille.

    Avery se vidait lentement de son sang. C’était une torture que Pocahontas avait décidé de lui infliger pour qu’ils voient les jours et les heures passer. A être dans cet état, il pouvait en avoir encore pour une semaine facilement. Cette souffrance lui ravivait une passion pour le meurtre. Pendant que Betty et le reste des domestiques s’enfuyaient dans le forêt, l’amérindienne s’apprêtait elle aussi à partir mais Fisher était dans ses pattes et avait entendu les cris de son maître.

    En voyant la jeune femme vêtue comme un homme prête à s’enfuir, il tenta de l’assommer. Mais elle était rapide et elle tenta de se défaire de sa poigne. L’homme était lourd, beaucoup trop lourd et la malnutrition de la jeune femme ne l’aidait pas. Il finit par lui donner un coup qui la fit perdre connaissance.

    Lorsque quelques jours plus tard Millie récupéra Gabriel au port elle grogna en voyant Kisos.

    - Ce n’est pas la place d’un enfant ici Gabriel ! Il n’a rien à faire ici.

    Garrett temporisait la colère des deux qui se fusillaient du regard pour leur rappeler de se concentrer sur la traque qu’ils avaient en commun. Celle de tuer Avery et de récupérer Pocahontas.

    - On a trouvé une piste. A deux heures de cheval se trouve la fameuse plantation de cet enfoiré. Nous vous attendions pour y aller. J’y suis allée en repérage mais il y a beaucoup d’hommes, comme si Avery y cachait un trésor.
    - Millie et moi avons trouvé les chevaux nécessaires pour tout le monde. Pas le temps de se reposer, nous partons sans perdre un instant.

    Lorsqu’ils arrivèrent à la colonie, tout était étrangement et trop calme. Cela faisait déjà deux jours que Pocahontas avait attaqué Avery et ce dernier gisait toujours dans son lit. En voyant Millie entrer dans sa chambre accompagnée de tout le monde, il riait d’un rire odieux et ignoble. Il puait le cadavre en décomposition et plusieurs mouches étaient posées sur son corps putride :

    - Vous arrivez.. Vous arrivez trop tard.. Elle est partie.. Ahahahah.. Vendue aux marchés aux esclaves.. Tu ne la retrouveras jamais Walker.. Ahahah.. Fisher est le meilleur pour faire disparaître les.. les.. les gens.. Ah… Allez, achevez-moi.. Elle n’a même pas eu le courage de le faire..

    A quelques kilomètres de là, Pocahontas était en effet enfermée dans une cage avec d’autres femmes prête à être vendue au marché. Fisher en avait obtenu un bon prix de l’amérindienne qui se débattait avec force et vigueur. La vente aurait lieu le lendemain et elle n’avait aucune idée de ce qui l’attendait.


    immarcescible, Posté le mardi 29 mars 2022 21:37 Répondre

    Le doute, il n’y avait rien de pire pour Pocahontas. Non pas qu’elle doutait de Gabriel mais elle craignait que sa jalousie pour Avery en vienne à imaginer un tel scénario. Celui où le bienfaiteur dans lequel elle plaçait tous ses espoirs soient un manipulateur odieux capable des pires bassesses pour obtenir ce qu’il désire. En sortant de la prison, elle ne pu retenir son haut le coeur et vomi sur le coin de la porte d’entrée. Les odeurs et la vision si sale et catastrophique de Gabriel avaient eu raison de son estomac. Le gardien l’avait arraché de ses mains et elle n’avait eu le temps que de lui hurler qu’elle le sauverait et qu’elle l’aimait.

    Jackson tenait ses cheveux quand elle continuait à vider son estomac. Lorsqu’elle se sentit un peu mieux, elle le remercia faiblement et lui dis qu’il était inadmissible de garder des prisonniers dans de telles conditions :

    - Ce sont des meurtriers Pocahontas. Ils méritent ce châtiment.
    - Mais Gabriel ne l’est pas !

    La colère de la jeune femme lui faisait reprendre quelques couleurs. Elle aurait cru ne plus avoir de force pour ça mais finalement, il lui en restait toujours lorsqu’il fallait défendre l’amour de sa vie. Deux jours, voilà tout ce qu’il lui restait. Deux jours pour retrouver ce Neil Erskinne et Aponi. Mais comment faire ? Il y avait déjà deux jours de voyage pour se rendre à Mallaig et une semaine pour Sky. Comment allaient-ils faire ?

    - Je dois aller télégraphier quelques mots pour Kisos. Je te rejoindrais pour le souper..
    - Tu es sûre ? Je peux peut-être le faire pour toi. Tu sembles si faible.
    - Non ça va aller je te remercie.

    Elle le quitta et se rendit dans le bureau de poste le plus proche pour demander à Anya de retrouver ce fameux Neil. Ils auraient plus de chance de le trouver lui que Aponi c’est certain. Mais pourquoi mentait-elle à Jackson ? Peut-être parce que son instinct croyait dur comme fer aux propos de Gabriel mais qu’elle ne pouvait se résoudre à croire à une telle machinerie odieuse. En rentrant à l’hôtel, elle fut surprise de voir Jackson dans sa chambre. Les sourcils froncés, elle allait s’apprêter à lui demander de partir lorsqu’il vint à elle visiblement sincèrement désolé :

    - Ils vont le pendre Pocahontas et tu ne pourras rien faire. Le procès n’est qu’une mascarade.
    - Mais enfin.. Pourquoi ? Pourquoi lui ? C’est insensé ! Il est innocent !
    - Peut-être ne le connais-tu pas vraiment.
    - Je connais Gabriel Walker du bout des doigts ! Je connais son âme et de quoi il est capable ! Il n’aurait jamais fait ça ! Jamais ! Je me battrais jusqu’au bout pour lui..

    L’épuisement eut raison d’elle. S’effondrant sur le sol, elle pleurait toutes les larmes de son corps en se sentant impuissante face à cette justice infernale qui ne voulait pas l’écouter. Comment le sauver de cette prison et de ces hommes obtus ? Jackson se mit à genoux devant elle et vint caresser sa chevelure avant de prendre son visage entre ses mains et lui donner un baiser. L’amérindienne ne bougeait pas et ouvrait grand les yeux sans comprendre et sans bouger ses lèvres avant de repousser avec fermeté l’impudent :

    - Que.. Que fais-tu ? C’est.. Non Jackson.. Tu ne dois rien attendre de moi.. Tu le sais..
    - Arrête ton char Pocahontas. Tu sais bien que j’ai fais tout ça pour nous.
    - Comment ça ?

    Se relevant avec difficulté elle observa tétanisée l’homme qui dévoilait enfin son vrai visage. Il riait et allumait une cigarette tout en contournant la brune. Il fermait derrière lui à clé la porte de la chambre et gardait la clé dans sa poche de veston avant de lui dévoiler ce fameux plan. Le fait qu’il assassine toutes ces prostituées, le fait qu’il n’ai pas apprécié que Gabriel revienne et qu’il désirait ardemment Pocahontas pour lui seul et enfin, qu’il avait tout manigancé pour faire porter le chapeau à l’Highlander.

    - Espèce de salopard !

    Pocahontas se ruait sur lui pour le frapper mais il la retint aisément. Elle était si faible qu’elle n’avait aucune force et très vite elle se retrouva bloquée sous lui sans pouvoir bouger. Ses mains remontaient le long de son jupon et elle prit panique :

    - NE ME TOUCHE PAS ! ENFOIRÉ ! JE VAIS TE DÉNONCER !
    - Non, non, non ma petite sauvage. Tu ne le feras pas car je peux faire libérer Walker vois-tu. Mais à une condition.
    - Va te faire foutre Avery ! Tu n’es qu’un malade mental ! Je vais te tuer !
    - Tu ne le feras pas et tu sais pourquoi ? Parce qu’il ne te faut que ma signature sur ce parchemin pour que Walker soit libéré sur le champ.

    Là, il obtint toute l’attention qu’il désirait depuis le départ. Lâchant la brune, il se redressa et lui montra la fameuse lettre de libération signée par le juge à laquelle il manquait celle de Jackson. Ce papier libérait officiellement Gabriel de toutes les charges tenues contre lui. Pocahontas tenait littéralement le destin de son amant entre ses mains. La rage au ventre, elle leva son regard vers Jackson en demandant d’une voix basse :

    - Qu’est ce que tu veux ?
    - Toi.
    - …
    - Je veux que tu passes la nuit avec moi et que tu accèdes à tous mes désirs. Ensuite, demain, nous irons nous marier comme ce qui était convenu.

    Voilà le fin mot de l’histoire. C’était elle qu’il voulait depuis le départ, une obsession qu’elle était et qu’il souhaitait à tout prix concrétiser en l’affichant à son bras tel un trophée. Elle eut une nouvelle nausée mais sut la contrôler. Reposant le papier de libération sur le bonheur, elle se mit à faire les cent pas dans la chambre. Sa conscience lui hurlait de sauver Gabriel par tous les moyens quand son amour pour lui, la suppliait de ne pas le trahir. Mais que serait une vie sans Gabriel alors qu’elle pouvait le sauver ? Debout devant la fenêtre, elle ne pu se résoudre à refuser. Comment aurait-elle pu ?

    - J’accepte toutes tes conditions mais je veux que tu signes ce papier d’abord et que tu viennes avec moi l’emmener à la prison. Une fois que ce sera fait, je serais à toi.

    Pendant deux jours il abusa d'elle, Pocahontas se sentait sale. Encore attachée au montant du lit, elle gémissait de douleur en tentant de se redresser. Ce malade mental avait abusé d’elle toute la nuit sans prendre compte de la douleur qu’il lui avait infligé. Il avait même marqué sa peau avec un fer, comme un animal. Les yeux clos, elle espérait qu’il dorme encore longtemps mais en ayant bougé elle du le réveiller puisqu’elle sentie sa main poisseuse sur son ventre. Elle mordait sa lèvre, les yeux clos en larmes. C’était pour Gabriel qu’elle faisait tout ça, pour lui seul. C’était lui son unique but, l’amour de sa vie. Elle devait le sauver.

    - Mh.. Ton parfum dès le matin est si excitant.
    - Non je t’en prie pas ce matin. Laisse-moi aller me laver..

    Il accepta et pendant qu’elle se lavait dans la cuve dans l’autre pièce elle inspectait son corps couvert d’ecchymoses et autres blessures. Elle soigna du mieux qu’elle pu la brûlure sur sa hanche et vint s’habiller. Lui était déjà prêt.

    - Je retourne voir le juge m’assurer que tout va bien. Ce soir nous partons pour l’Amérique. Mon père m’y envoie reprendre des plantations. C’est la fortune assurée !
    - Quoi ? Mais.. Mais et Kisos ? Mon fils..
    - Son barbare de père pourra s’occuper de lui.

    Pocahontas ne savait plus quoi dire. Elle se contenta de se jeter sur lui pour le gifler, elle le frappa, le griffa au visage en lui crachant dessus mais cela déplut à Jackson qui finit par l’assommer. Gisant sur le sol, elle tomba inconsciente. Ce dernier l’enferma de nouveau avant de sortir, de peur quelle s’enfuit et se rendit directement à la prison. Il voulait être le premier à avouer à Gabriel qu’il était libre. Accroupi devant lui, il souriait son air si malsain sur les lèvres :

    - Je comprends mieux pourquoi tu es si accro à la petite sauvageonne. Elle sait parfaitement se donner quand elle désire quelque chose. Vois-tu.. Tu es libre Gabriel Walker. Ce soir tu pourras rentrer chez toi. Pocahontas m’a beaucoup donné toute la nuit. Elle sait comment faire jouir un homme. J’aime tout particulièrement les gémissements qu’elle pousse lorsqu’elle arrive de l’orgasme, tu sais, ce petit gémissement on dirait un animal.. Aah, ce qu’elle m’a fait bander cette petite sauvageonne. Regarde, j’ai encore quelques marques sur les bras et le dos.. Oh et.. ce petit grain de beauté sur le haut de sa fesse. J’ai adoré l’embrasser, pas toi ?

    Il était odieux, vicieux et monstrueux. Il continua pendant une heure à raconter à Gabriel toutes les horreurs qu’il avait infligé à sa fiancée pour finir par lui avouer qu’il l’emmenait avec lui et qu’il allait l’épouser :

    - Comme qui était convenu avant que tu reviennes. Mais ne t’en fais pas. Je te laisse ton petit garçon sauvage. A moins que tu veuilles que je le mette dans une pension où certains hommes aiment les petits garçons.

    L'homme riait, exultait de son méfait. Après avoir torturé comme il fallait son prisonnier il quitta enfin la prison. Peu de temps après, toutes ses affaires et celles de Pocahontas furent transportées jusqu'au bateau où elle suivait celui qui était devenu son nouveau fiancé. Rien ne l'importait plus que de savoir Kisos et Gabriel en bonne santé et vivant. Entre temps, Millie qui s'était enfuie avait raconté à tout le monde ce que Avery avait fait. Chevalier et Nashoba prenaient enfin conscience de l'horreur dans laquelle ils avaient mis leur ami et Pocahontas. Sans perdre un instant, accompagné de Garrett, ils partirent pour Edimbourg mais il était déjà trop tard. Lorsqu'ils vinrent récupérer Gabriel à la prison, l'état dans lequel il se trouvait leur fit le même effet qu'à Pocahontas.


    immarcescible, Posté le mardi 29 mars 2022 16:50 Répondre

    C’était un cauchemar. C’était un cauchemar duquel elle allait vite se réveiller. C’était un mantra qu’elle répétait depuis deux jours désormais. Millie n’était toujours pas retrouvée, ce qui laissait présager de bonnes comme de mauvaises nouvelles. Mais Pocahontas ne savait plus qui croire. Gabriel partit, elle ne savait pas comment lui venir en aide. Avery avait fait le trajet jusqu’à Edimbourg et il revenait avec de funestes nouvelles.

    - Gabriel est accusé d’être le Boucher d’Ecosse.
    - Le quoi ? Mais c’est insensé, répliquait Garrett quand Anya soutenait Pocahontas silencieuse, bon sang ce n’est pas un détraqué qui tue des prostitués !
    - Nous devons trouver sa ligne de défense et comprendre pourquoi il a disparu pendant un an.

    Tous les regards convergeaient vers Pocahontas. Comment pouvait-elle parler de cette fameuse année et qui la croirait si elle leur disait qu’il était sur une foutue montagne à suivre les enseignements de sa grand-mère maintenant disparue. C’était trop pour elle et elle se sentait défaillir.

    Tout se mélangeait dans son esprit. Les deux jours où il était revenu, la promesse de jours meilleurs et les doutes, les meurtres, les corps sans vie de Maria et Gabriella, oui, tout se mélanger. Kisos passait son temps chez Mary désormais. Pendant son temps libre, l’amérindienne participait au battue pour retrouver Millie au côté de son amie Binki. La fatigue et la peur étaient ses deux acolytes du moment. La seule personne qui aurait été capable de la sauver était enfermée.

    - Il était sur l’île de Sky pendant tout ce temps. Je n’en sais pas plus, avouait-elle à demi-mot, mais il est innocent et nous retrouverons Millie qui nous le prouvera.
    - Je crains que ce soit trop faible pour le moment mais je vais voir ce que je peux faire.

    Avery était d’un vrai secours. Du moins, le croyait-elle. La proposition de mariage n’était pas tombée fort heureusement et elle pensait vraiment pouvoir compter sur lui comme un ami. Une semaine passa, puis une seconde sans que l’on retrouve qui que ce soit et que Gabriel puisse sortir. N’y tenant plus, la brune décida de partir pour Edimbourg sur le champ mais la Duchesse tentait de la retenir :

    - Notre avocat dit qu’il ne peut pas recevoir de visite et tu cours toujours un danger toute seule là-bas.
    - Mes anciennes soeurs sont toutes mortes et Avery a proposé de m’accompagner.
    - Je ne le suis pas confiance Pocahontas.. Je n’aime pas ce regard qu’il a sur toi.
    - Ah ! Maintenant tu ne l’aimes pas. Bon sang Anya il faut arrêter de croire que tout le monde nous veut du mal. Il se donne à fond pour aider Gabriel, je veux croire qu’il va nous aider.

    Il fut donc convenu que la jeune femme parte le lendemain pour Edimbourg avec le notaire. Le peu de connaissance qu’il avait reçu en droit lui avait permis de s’occuper de Gabriel, mais aucunement en bien comme le pensait Pocahontas. Aussi, lorsqu’ils arrivèrent à la prison elle essuya un refus. Elle insista mais on lui dit qu’elle ne recevrait le droit de passer qu’en ayant un papier officiel. L’avocat officiel et ami des Hedlund lui promit de lui en procurer un mais pour dans deux semaines. Mais c’était trop long pour elle jusqu’à ce que, par magie, Avery en trouve un.

    - Je te revaudrais ça merci infiniment Jackson !

    Que n’avait-elle pas dit.
    En entrant dans la prison, l’odeur fut intolérable. Par politesse, elle se retint de mettre sa main devant la bouche mais l’envie de vomir était irrépressible. Lorsqu’enfin elle se trouva devant la cellule de Gabriel elle ne pu retenir un hoquet de désespoir. Attaché au fond d’une cellule ignoble et où la paille semblait être moisie, il dépérissait. Ses yeux s’embuèrent en le voyant recroquevillé sur lui-même et enchaîné de la sorte et elle eut envie de hurler :

    - Isha, murmurait-elle en laissant le gardien lui ouvrir la porte, Isha..
    - Cinq minutes pas plus ma petite dame !

    Elle se jeta à ses pieds et pris son visage entre ses mains. Pocahontas s’en voulait de ne pas avoir apporté ses baumes pour le soigner car elle voyait bien que les chaînes avaient entaillés ses poignets et ses chevilles et que la crasse risquait de lui donner des maladies :

    - Je suis là, murmurait-elle à son encontre, je suis là mon amour. Avery m’a permis de venir un peu te voir. On va te sortir de là je te le promet.


    immarcescible, Posté le lundi 28 mars 2022 19:04 Répondre

    Cette histoire était insensée. Pocahontas ne comprenait pas en quoi consistait cette macabre scène mais toujours est-il qu'elle allait rapidement trouver ce qui se passait. Heureusement que Garrett avait entendu la foule se réunissant sur le marché et qu'il avait prit en charge Kisos. Au même moment, Gabriel se faisait embarquer par Chevalier quand la jeune femme sentait son coeur se serrer. Il ne se défendait pas plus que cela, il semblait si calme, si certain de la justice quand elle prenait peur de le voir la quitter, lui être retiré. L'amérindienne examina le cadavre de la jeune femme, elle constata les blessures qui furent notées par Nashoba. Il prenait très à coeur son nouveau métier d'inspecteur. A croire qu'il avait trouvé sa vocation, elle en était heureuse pour lui jusqu'à ce qu'il lui fasse cette fameuse remarque sur Gabriel et son potentiel danger :

    - Je sais exactement de quoi il est capable mais je t'assure qu'il n'a rien à voir avec cette histoire. Nous avons passé la journée ensemble et avec Kisos. J'étais avec lui dans la Grotte aux Fées.
    - Le témoin prétend l'inverse pourtant.
    - Jackson ment !

    La brune était à deux doigts de perdre sa patience quand Gabriel avait sut rester calme. Elle ne pouvait pas gérer et cette histoire et Melody Page. Binki allait s'inquiéter si elle n'arrivait pas vite, aussi, elle supplia Nashoba de lui laisser deux minutes avec Gabriel. Il lui expliqua qu'il ne pouvait pas décider et l'envoya demander à Chevalier ce qu'elle fit ardemment une fois au poste :

    - Je t'en prie. Laisse-moi deux minutes avec lui tu peux même rester si tu le souhaites.
    - La loi est la même pour tout le monde Pocahontas. Je ne peux pas me permettre de laisser des passes-droits.
    - Deux minutes ce n'est rien. Si il est vraiment coupable il me l'avouera.

    Elle jouait sur ça pour avoir au moins le privilège de le voir. Il lui avait été enlevé trop rapidement et elle devait s'assurer qu'il aille bien. Devant l'insistance de son amie, Chevalier accepta à condition qu'il reste devant la porte ouverte. C'était mieux que rien. Le suivant donc, elle se jeta quasiment contre la grille qui les séparaient et le souvenir de la fois où il l'avait enfermé deux ans auparavant lui revint. Elle était en colère, peinée, inquiète pour lui. Lorsqu'il enfin près d'elle, sa main vint rejoindre la sienne quand l'autre caressait sa joue :

    - Je vais te sortir de là.. J'ai confiance en toi, murmurait-elle pleine d'espoir, je vais trouver qui a fait ça et t'innocenter.
    - Pocahontas ! Ecarte-toi de la grille !
    - Ecoute-moi tu ne leur dis que la vérité et ne cède a aucune pression. Ils vont très certainement te faire du chantage par rapport à moi mais ne dis rien d'autre que la vérité compris ?

    Se mettant sur la pointe des pieds, elle agrippa plus fermement le col de sa veste et pencha le visage de Gabriel contre les barreaux et embrassa ses lèvres dans un baiser ardent, celui-là même qu'ils avaient échangés dans la Grotte mais qui était ici réprimé par les foutu barreaux. Agacé, Chevalier vint prendre le bras de l'amérindienne un peu sèchement et la sortie de la pièce à cellule avant de refermer la porte. Il réprimanda la jeune femme qui haussa les épaules avant de demander aux garçons de faire transporter le corps à son cabinet.

    - Je ferais une autopsie demain. En attendant je serais chez les Page ce soir.

    C'est l'esprit embrumé qu'elle se rendit chez sa patiente. Binki était inquiète, comme elle s'y attendait et elle lui raconta brièvement ce qui s'était passé. Frissonnant, la blonde évoqua quelle avait déjà ressentie une présence étrange qui rôdait parfois sur la place du village.

    - Je me lève la nuit pour boire une camomille et je vois régulièrement une silhouette qui vient jusqu'au cabinet. Je n'ai jamais osé t'en parler parce que je sais que tu ne crois pas à nos superstition mais peut-être est-ce un fantôme ?
    - Kisos a aussi des histoires de fantômes mais en effet je n'y crois pas. Nous verrons le corps demain et tu verras que les entités ne peuvent pas faire ce genre de choses. Il s'agit d'un crime fait par un autre être humain.

    La nuit se passa sans encombre et la jeune mère survécut. Elle avait repris des couleurs et semblait bien plus reposée que la veille. Après lui avoir donné des baumes et une tisane, Pocahontas repartie en direction du village et du poste de police pour voir Gabriel. Mais sur la route, elle fut stoppée dans son élan par Jackson qui s'inquiétait de son état au vu de la veille :

    - Je suis très inquiète que les gens puissent croire Gabriel coupable. C'est totalement faux.
    - Il est étrange non ? Franchement, quel homme laisse sa fiancée pendant un an sans nouvelles pour revenir du jour au lendemain sans explications ?
    - Tu ne sais rien de lui et encore de nous. Je te prierais de ne pas alimenter les ragots en ce qui nous concerne. Ce qui se passe entre Gabriel Walker et moi ne regardent que nous.

    Son ton était ferme et froid. Jackson n'avait jamais encore vu la jeune femme aussi sèche, elle qui était toujours docile et agréable semblait bien irritée par la remarque de son prétendant. Vite, il se ravisa et proposa donc d'aider Gabriel en le défendant devant la justice :

    - J'ai quelques notions de droits tu sais. Je pourrais être son avocat, je ne lui ferais rien payer c'est promis.
    - C'est gentil à toi mais il n'aura pas besoin d'avocat puisqu'il est innocent.
    - Tu sais.. On ne connaît jamais vraiment les gens Pocahontas. En plus, il a pu avoir changé en un an.
    - Oh oui il a changé et crois-moi qu'il est incapable d'une telle chose.
    - Tu ne vas pas me faire croire qu'il n'a pas connu une autre femme pendant ce temps ?
    - Jackson je te conseille de vivement arrêter maintenant. Ma patience atteint ses limites !

    Vite, il se reprit et lui promit de ne plus insister dessus. En revanche, il lui proposa de nouveau à l'aider ce qui fit soupirer une fois de plus la jeune femme. Après tout, se faire seconder d'un magistrat ne pouvait qu'être un atout alors elle accepta. Avec sa conversation elle se rendit compte qu'elle n'aurait pas le temps d'aller voir Gabriel. Du monde devait certainement attendre devant le cabinet. Elle lui demanda de passer voir Gabriel et le remercia de son aide avant de le quitter pour ses patients. Le travail et la santé n'attendaient pas.

    Le brun se rendit donc au poste et sous la demande formelle de ce dernier, on lui accorda le droit de visite à Gabriel. Son sourire semblait satisfait à voir ce colosse enfermé entre quatre murs. Il restait néanmoins, pour le moment, professionnel voulant jouer son rôle de sauveur à la perfection :

    - Walker. Pocahontas m'a mandaté pour te défendre devant la cour mais je crains fort qu'il soit plus compliqué que cela de pouvoir t'acquitter. Ce soir tu sera envoyé à Edimbourg où tu seras jugé pour le crime de Tiphaine McDaniels. Que pourrais-tu me dire pour t'innocenter ? Le témoignage de Pocahontas serait insuffisant étant donné votre relation.


    immarcescible, Posté le dimanche 27 mars 2022 21:59 Répondre

    Melody Page avait vingt-six ans, quasiment l'âge de Pocahontas, mais était déjà mère de six enfants. Son utérus était dans un état catastrophique qui nécessitait que l'amérindienne l'opère. Heureusement que Avery était venu la chercher. Il était encore temps de la sauver. Binki était arrivée peu de temps après elle et avec beaucoup de précautions, endormirent la patiente pour exercer l'opération délicate. Elles lui retiraient tout simplement son utérus. Il avait été bien trop utilisé et elle risquait de mourir d'une hémorragie si elle retombait enceinte. Les méthodes de contraception n'étaient pas encore utilisées ou alors relevait de pratique étrange.

    L'opération dura toute la fin de l'après-midi et le début de soirée. Pendant qu'elle nettoyait ses instruments et que Binki surveillait les constantes de la jeune femme encore endormie, Pocahontas repensa en flash au moment si torride et libérateur de la Grotte aux Fées. Son aveu à Gabriel l'avait libérée d'un poids immense qu'elle n'avait jamais avoué à qui que ce soit. Car seul lui savait de quoi elle était elle-même capable.

    Mais surtout, le frisson électrique qu'ils avaient ressentis tous les deux avec leurs caresses et leurs désirs. Est-ce que cet aveu les avaient excités ou était-ce simplement le manque ? Elle n'en n'avait aucune idée mais elle ne cessait de repenser avec frissonnement aux moments où il avait posé ses lèvres de nouveau sur les siennes, sa peau, ses doigts la cherchant et ses mots remplis de désir et de possession. Ô oui, il n'y avait bien que lui pour rappeler cette divine sensation. Elle se sentait toute chose dans son labo. Entre ses cuisses la chaleur s'augmentait et son souffle se stoppait quand elle repensait avec plus de clarté à ces sensations si intense.

    - Pocahontas ? Tout va bien ?

    L'amérindienne sursauta et se coupa avec son scalpel. Anya venait d'entrer dans le cabinet et s'inquiéta en voyant le trouble de son amie sur ses joues et sa main entaillée.

    - Oh mon dieu mais tu es blessée !
    - Non, non, non tout va bien ce n'est rien de grave ne t'en fais pas.

    Anya vint quand même l'aider à faire son pansement en comprimant la plaie du mieux qu'elle pouvait quand Pocahontas remettait un peu d'ordre dans ses idées. Mais son corps entier était une boule de nerf sexuelle qui ne demandait qu'à exploser surtout avec le moment si torride de cet après-midi :

    - Je venais voir si tu avais besoin d'aide. Gabriel et Kisos sont déjà arrivés il y a une heure.
    - Je n'en n'ai pas pour longtemps. Juste le temps de finir de nettoyer mes outils, expliquait-elle avec un faible sourire, ne m'attendez pas pour manger commencez.
    - Tu vas bien ? Comment te sens-tu ?

    La Duchesse savait parfaitement voir en son amie quand ça n'allait pas mais là, ce qu'elle percevait de mal n'était autre qu'un trouble langoureux et sensuel que Pocahontas n'assumait pas devant les autres. Cette dernière lui offrit un sourire plus serein en venant embrasser sa joue :

    - Parfaitement. Gabriel est rentré.. Kisos est si heureux.
    - Et toi ? Tu refusais d'en parler mais maintenant qu'il est revenu.. Ça fait un an quand même..
    - Je sais.. Je sais.. Mais tu sais aussi bien que moi que je l'ai dans la peau et inversement.
    - Mh. Et Jackson ?
    - Vous savez tous très bien que je n'ai jamais rien entrepris avec lui, soupirait-elle en levant les yeux au ciel, pourquoi tout le monde semble-t-il si pressé de me voir mariée à quelqu'un ? Une femme ne peut-elle pas être épanouie avec juste son enfant ?
    - Ce n'est pas la question puisque Gabriel est de retour désormais.
    - Je ne sais pas je.. Je lui ai demandé un peu de temps..

    Un peu de temps, cela fit sourire la brune lorsqu'elle fut de dos à la Duchesse. Le souvenir encore vivace de la Grotte aux Fées la faisait rougir de plus belle. Mais derrière elle Anya fléchissait. Elle n'avait pas le courage de parlementer sur ce sujet puisqu'elle était assez clairvoyante pour savoir que Pocahontas choisirait toujours Gabriel et inversement. Ce n'était pas pour rien qu'ils étaient amis. Après tout, elle-même avait été la fiancée du Walker des années plus tôt. Finissant de ranger, Pocahontas vint néanmoins se tourner vers son amie et lui souris. Un vrai sourire qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps :

    - Alors ? Ce bébé ?
    - Quoi ? Quel bébé ?

    Mais on ne lui faisait pas à Pocahontas, elle se permit donc d'ausculter son amie et lui confirma qu'elle était enceinte de quelques semaines. C'est donc sous une euphorie et une joie certaine que les deux jeunes femmes entrèrent chez les Hedlund. Binki et surveillait Mélody Page au cabinet le temps que l'amérindienne rentre. Elle n'avait donc pas beaucoup de temps pour dîner. Kisos vint se blottir dans ses bras quand elle se rapprochait de Gabriel pour caresser la paume de sa main discrètement :

    - Je vais devoir rester au cabinet cette nuit pour surveiller ma patiente. Tu peux garder Kisos ? Je serais de retour au petit matin c'est promis.

    C'était une déception certaine car la nuit aurait pu prendre une tournure bien différente mais la jeune femme tenait à coeur de suivre ses patients au mieux. Au passage, elle tendit à Gabriel un baume pour diminuer sa peau sèche. Kisos rejoignait Charlie qui écoutait le ventre de sa mère. Pocahontas en profita donc pour rester contre son amant et plonger ses iris adoucis dans les siens avant de murmurer :

    - Demain il y a un bal en ville pour fêter les cent-dix ans de la vieille McClan. J'y serais pour aider à organiser mais le soir même Kisos dors chez les Hedlund. Je ne sais pas ce que tu as prévu de faire mais.. mais je serais seule.. à la maison.. Si le coeur t'en dis..


    immarcescible, Posté le dimanche 27 mars 2022 19:48 Répondre

    Toutes les bonne résolutions de Pocahontas concernant la distance à avoir entre eux deux s'ébranlaient. Gabriel était de nouveau taquin, tendre, si séduisant et ses yeux.. seigneur. Ses yeux la faisait chavirer. Après s'être amusés à se tourner autour, littéralement, dans l'eau, les voilà blottis l'un contre l'autre. La jeune femme ne pu se retenir d'enfouir ses doigts dans la crinière de l'highlander quand son coeur tambourinait à pleine vitesse. Comment ne pas chavirer quand l'homme dont on est épris nous lance de tels mots. Les yeux clos, elle venait poser son front contre le sien et enrouler ses jambes autour de ses hanches. Son nez caressait délicatement le sien quand ses lèvres frôlaient les siennes :

    - Cesse de me charmer Gabriel Walker.. Tu sais que je n'ai pas besoin de grand chose pour succomber à tes mots.. ton regard..

    Cela la faisait sourire qu'il continue alors qu'elle lui avait modestement demandé d'arrêter. Le corps entier de Pocahontas était pris de cette décharge d'électricité si violente et puissante qu'elle ne pouvait contrôler. Ses seins étaient pressés contre le buste de Gabriel, signe de son désir de lui.

    - Tu crois que je n'ai rien vu, murmurait-elle à son tour quand ses lèvres venaient se presser sur le menton, le cou, et la gorge de son amant avant de remonter près de ses lèvres, tu as perdu en masse mais tout ton corps semble sculpté dans le marbre. Je vais te nourrir pour te remplumer tu sembles si affamé et je vais devoir te couvrir de baumes pour hydrater ta peau.. Il va falloir que tu viennes souvent me voir nu les prochains jours..

    La promiscuité de leurs corps était de plus en plus intense et Pocahontas sentait bien le membre de son amant s'éveiller, comme son propre bas ventre s'éveillait. Il n'y avait que pour lui qu'elle avait toujours ressentie de telles. Que pour lui qu'elle sentait son corps devenir cette boule de chaleur si intense, prête à exploser. Elle allait céder à ce désir et ce souvint de sa promesse, celle faite à elle-même. Alors, avec douceur, elle déposa un baiser sur son nez et son front en contemplant ses prunelles ardente :

    - Je suis fière de toi contrairement à ce que tu peux croire. Fière que tu aies pu vaincre ce démon, sincèrement. Mais je suis surtout terriblement heureuse que tu sois revenu à nous. Je n'ai jamais cessé de t'aimer Isha.. Je ne le pourrais jamais c'est certain. Même avec ce que j'ai vu dans cette cave. Je crois que c'est ce qui m'a fait le plus peur en fait.. Savoir que je t'aimais malgré cette violence et ce carnage. Ce que tu ne m'as pas laissé le temps de te dire il y a un an c'est que j'aurais tout accepté de toi, comme j'accepterais tout. Parce que je suis faite du même adage que toi.

    Elle venait clairement de briser le moment de séduction qui s'était mis en place depuis le début pour ouvrir son coeur et lui avouer ce qu'elle n'aurait pas été capable d'avouer aux autres. Ses doigts caressaient toujours ses boucles brunes quand elle contemplait sa mine inquiète pour finalement murmurer :

    - Je tuerais pour toi de nouveau sans aucune hésitation et aucune morale. Je n'ai jamais eu honte de toi ou encore même peur de toi. J'avais peur de moi et de cette espèce de sentiment rassurant que tu aies tué Maria quand moi je ne rêvais que de ça depuis des jours. Je t'en veux parce que tu t'es flagellé alors que je suis bien pire. C'est moi qui aurait du fuir.. Pas toi..

    C'était déstabilisant de lui avouer enfin qu'elle même avait souhaité la mort de Maria et qu'elle l'aurait tué si il ne l'avait pas fait. Inquiète de sa réaction, elle restait silencieuse un instant sans cesser ses caresses avant de finalement conclure dans un souffle :

    - Ça te dégoûte d'aimer un monstre n'est-ce pas ? Parce que c'est ce que je suis finalement..


    immarcescible, Posté le dimanche 27 mars 2022 14:43 Répondre

    Pocahontas observait ses doigts entrelacés à ceux de Gabriel. Il avait osé haussé le temps alors qu'il était fautif. Du moins, c'était ce que lui rappelait sa mauvaise foi. La jeune femme baissait les yeux, craignant à son tour d'exploser et de créer une dispute. Elle n'en n'avait pas envie du tout et surtout pas aujourd'hui. Calme, trop calme d'ailleurs puisqu'elle prenait sur elle, elle s'efforça de répondre d'une voix doucereuse :

    - De toute façon nous sommes trop têtu tous les deux pour avoir ce genre de conversation. Je pense que nous devrions remettre ça à plus tard. Je veux juste passer une journée avec toi et Kisos, avouait-elle, une journée où nous profiterions de la nature et de la joie d'être ensemble.

    Dans un mouvement souple et leste elle se leva. Retirant sa robe elle dévoila une tunique qu'elle avait confectionné et qui s'apparentait à un petit déshabillé en soie. Ainsi, son corps était à moitié couvert et elle pouvait au moins baigner ses pieds sans craindre de mouiller toute sa robe. Le déshabillé était d'une couleur claire et épousait ses formes. Alors qu'elle plongeait ses pieds dans la source chaude, elle jeta un oeil sur Kisos qui parlait certainement à ses amis insectes. Cela la fit tendrement sourire. Mais elle sentait bien que Gabriel ne la suivait pas. Alors, elle se tourna vers lui et le regarda surprise :

    - Je ne te savais pas devenu pudique.. Viens te baigner, l'eau est chaude.

    La jeune femme lui tendait sa main. Geste anodin pour certains mais qui était tout de même un signe d'intimité pour l'amérindienne. Lorsqu'il la rejoint enfin, elle le laissa se déshabiller jusqu'à garder son sous-vêtement. Elle l'entraina faire le tour de la source chaude en balançant lentement sa main dans celle de Gabriel tout en lui racontant les nombreuses péripéties avec ses nouveaux patients et le fait qu'elle aimait assez soigner finalement :

    - Je réutilise le talent d'Aponi. J'ai l'impression de continuer à la faire vivre un peu tous les jours. Tu trouves ça étrange ?

    Comme toujours, le regard et l'appréciation du brun lui importait toujours. Kisos vint vite les rejoindre. Il voulait que son père le soulève dans l'eau pour l'entraîner plus loin. Pocahontas accepta après qu'il ai supplié avec ses petits yeux attendri ce qui le fit hurler de joie. Le moment entre le père et le fils l'enchanta. Ils jouaient, toujours aussi complice, pendant qu'elle lisait en prenant le soleil. Ses nombreux baumes avaient quasiment fait disparaître certaines de ses cicatrices. Elle se sentait plus jolie, plus désirable en sachant qu'elle ne voyait plus ces stigmates du passé. Assise dans l'herbe, elle regarda les garçons discuter pensive.

    Bien sûr que non elle n'épouserait pas Avery. Tout le monde était persuadé qu'au bal de demain elle dirait oui à sa proposition. Pocahontas avait même prévu de ne pas y aller. Mais la présence de Gabriel lui permettait bien au contraire de pouvoir s'y rendre sans avoir peur qu'on lui demande quoi que ce soit. Même si il n'était jamais revenu, elle serait restée célibataire, restée libre. Lorsqu'enfin les garçons revinrent, elle leur offrit un doux sourire. Kisos était trempé et eut la bonne idée de venir se coller à sa mère ce qui la fit hurler :

    - KISOS NON ! TU ES TOUT GLACÉ ! ARRÊTE PAR PITIÉ !

    Ils riaient tous les deux alors qu'elle le chatouillait pour se venger. Enfin libérée des bras frais de son fils, elle fut aidée par Gabriel pour se relever. Pocahontas lui offrit un doux sourire et lui proposa de rentrer. Contrairement à l'allée, elle fit en sorte de prendre son temps pour le chemin du retour. Elle aimait sentir le corps de son amant contre elle, cette proximité la rassurait. Ils avançaient tranquillement quand Kisos était déjà rentré.

    - Est-ce qu'un détour jusqu'aux falaises te tenterais ? J'y ai trouvé un endroit assez particulier..

    En fait, elle voulait l'emmener à la fameuse Grotte que Kisos avait renommé la Grotte aux Fées. Plusieurs feu-follets y séjournaient mais Pocahontas avait surtout trouvé des pierres qui permettait de voyager. Après avoir dépassé le rideau de lierre ils purent pénétrer dans cette fameuse alcôve si particulière qui ressemblait aux cenotes mexicaine. L'endroit n'avait pas changé, il était toujours le même que celui dans leur autre vie passée. Une nouvelle fois, elle retira ses vêtements mais décida de tout enlever cette fois-ci. Kisos n'étant pas là, elle se permettait une liberté de nudité qu'elle n'aurait pas osé aux sources chaudes :

    - Tu viens ? L'eau est chaude ici aussi..

    Cet endroit l'apaisait, c'était ici qu'elle venait méditer lui expliquait-elle. Et ça se voyait sur sa mine qu'elle était en confiance. C'était un décor qui lui rappelait chez elle et où elle se savait en sécurité. Ce moment lui rappelait aussi surtout celui où elle s'était dévêtue devant lui la première fois à Lowache. Elle avait été si intrépide quand lui s'était sentit gêné. Cela l'amusait d'y repenser, et bénissait le fait que James ne pourrait pas surgir pour les infantiliser. Nageant tel un poisson dans l'eau, elle regarda Gabriel encore sur le rivage non loin d'elle :

    - Aurais-tu peur, demandait-elle en riant doucement, est-ce que tu crains que je puisse me transformer en monstre marin ?


    immarcescible, Posté le samedi 26 mars 2022 20:04 Répondre

    Ils étaient enfin seuls et la conversation que redoutait le plus Pocahontas venait. Son regard plissait se tournait vers leur fils qui étrangement fuyait plus loin. Lui aussi avait évoqué Jackson. La jeune femme venait s'asseoir en tailleur face à Gabriel quand ses doigts jouaient avec le bois du panier que pique-nique. Comme elle aurait aimé retrouver la simplicité de la veille où ils n'avaient pas encore émergé, l'un et l'autre, dans le monde des vivants. Elle rattachait difficilement ses cheveux en un chignon avant de finalement abandonner lorsqu'elle les vit tomber sur le côté. Ses doigts se mirent donc à tresser sa crinière tandis qu'elle répondait :

    - Jackson est le neveu du maire et oui il a demandé ma main. Il me fait une cour assidue depuis plusieurs mois maintenant.. Pour tout le monde tu étais mort. Nous ne recevions plus d'argent et les gens commençaient à jaser. Malgré moi qui savait que tu reviendrais, ils se sont mis en tête de me trouver un fiancé. Comme si une femme ne pouvait pas vivre seule en élevant son enfant. Tu as un drôle de peuple quand même..

    Finalement, alors qu'elle aurait voulu ne lui parler de rien car ça n'avait aucune importance, elle se mit à tout lui raconter depuis le début. Aucun mensonges, aucun secrets, jamais. La jeune femme reposait ses prunelles sur le bel homme qu'il était et sentit son coeur se gonfler d'un amour profond. Son estomac grognait d'une faim avide de cet homme.

    - J'ai refusé toutes ses demandes en lui expliquant que j'étais liée à toi. Mais tous ne cessaient de répéter que tu ne reviendrais pas, que tu étais mort. Il a été d'une grande aide quand j'ai commencé les travaux avec Nashoba de la maison. Il a été gentil et très serviable mais jamais il n'a posé la main sur moi. Jamais je ne l'aurais autorisé. Tu sais.. Même si tu n'étais pas revenu je n'aurais jamais accepté de l'épouser. J'aurais été ta veuve même si je n'ai jamais été ta femme.

    Le vent se levait une nouvelle fois et elle du prendre le tartan de la famille Walker pour s'enrouler dedans. Ayant récupéré un peu de chaleur, elle reprit son discours :

    - Pourtant, il y a dès fois où je t'en voulais tellement d'avoir osé écrire dans ta lettre de rencontrer quelqu'un d'autre, de t'abandonner comme tu m'as abandonné que je me disais "Pourquoi pas ?". Mais c'est impossible.. Je ne peux pas imaginer ma vie sans toi. Tu te souviens, je t'ai dis un jour que je t'appartenais corps et âme, c'est la vérité. Et je trouve vexant que tu puisses croire une seule seconde que j'accepterais d'épouser un autre homme que toi. Je t'en veux mais pas de là à me donner à un autre tu sais. Et puis.. Pourquoi ce serait normal que je me tourne vers un autre homme ? Tu t'es tourné vers une autre femme lorsque je suis partie ? C'est ce que tu essaies de me dire ?

    Cette fois, son ton était bien plus ferme. Elle posait son regard courroucé sur lui, blessée qu'il puisse envisager qu'elle soit amoureuse d'un autre. Baissant les yeux sur le panier, elle en sortit une part de cake qu'elle lui tendit. Le regard de Gabriel semblait lui dire qu'il mourrait de faim, alors elle lui venait en aide en lui assurant qu'elle n'en voulait pas.

    - Concernant la vie privée de Jackson je m'en contrefiche. Il peut bien faire ce qu'il veut puisqu'il n'est en aucun cas mon amant ou même mon fiancé. Il s'agit juste d'un bon ami.

    Elle aussi avait des questions mais elle craignait qu'il lui mente, qu'il soit gêné. Pourtant, elle se lança mais sans oser le regarder cette fois-ci, la jalousie et le ressentiment risquerait d'éclater et il s'en apercevrait. Ce serait la mettre en colère et la blesser si jamais elle apprenait qu'il avait été avec une autre femme aussi, elle ne voulait pas qu'il puisse lire sur ses traits :

    - Et.. Et toi ? Tu as rencontré une fille dans ta mine ? dans ta montagne ? Quelqu'un pour occuper tes nuits si froide ?


    immarcescible, Posté le samedi 26 mars 2022 15:17 Répondre

    L'accouchement de Madame Page fut compliqué. Mais avec la douceur et la patience de Pocahontas, la mère et l'enfant furent sain et sauf. Aidée de Binki, la brune avait sauvé la vie des deux êtres en souffrance et lui concocta un baume et une tisane pour les prochains jours. Elle venait de finir de laver ses instruments lorsque la nouvelle du retour de Gabriel surgit sur le pas de la porte avec l'enfant aîné de la famille Page qui l'avait croisé en ville. Tous les regards convergèrent sur l'amérindienne qui les ignora. Elle savait ce que tous pensaient, notamment qu'un combat allait se mettre en place entre Avery et Walker. Cela l'agaçait et la gênait déjà suffisamment pour en rajouter une couche.

    Après s'être assurée que tout irait bien pour Melody Page, elle sortie de la modeste chaumière en compagnie de Binki. Cette dernière était toujours discrète habituellement, alors, quand en montant à cheval elle lui fit la remarque qu'elle ne semblait pas heureuse du retour de Gabriel, Pocahontas soupira :

    - Je suis heureuse qu'il soit là mais c'est compliqué. Nous n'avons pas eu beaucoup de temps pour discuter depuis hier soir.. C'est pour ça que je rentre. Je te laisse gérer le dernier rendez-vous de ce matin. Je dois le retrouver, ainsi que Kisos à la maison.
    - Il est au courant pour..
    - Non, il ne l'est pas. C'est pour ça que je dois rentrer.

    Dans un "yaah" sonore, Pocahontas partie au galop en direction du cottage. La sensation si exaltante du vent dans ses cheveux et la perspective de voir Gabriel à la maison l'enchantait. Elle avait hâte et elle mit peu de temps à arriver. Après avoir déposé sa jument dans les écuries jouxtant la maison, elle entra les cheveux en bataille à cause de la chevauchée. Ses joues étaient rougies par le froid écossais et Kisos se jeta dans ses bras. Le garçon était heureux, elle le sentait. D'ailleurs, la maison avait une autre atmosphère, cela se sentait que Gabriel était de retour dans leur vie. Ils étaient l'inépuisable trio.

    Lorsqu'il apparut à l'entrebâillement du salon et de la cuisine, elle ne put retenir son sourire. Il était toujours là. Son regard était clair même si elle sentait une certaine tension dans ses bras croisés. Il était au courant, elle en était persuadé. Les gens ne savaient jamais tenir leur langue et cela l'exaspéra. Mais ce n'était ni le moment ni le lieu pour une telle discussion. Kisos parlait à tout va après avoir salué sa mère et évoquait sa soirée avec Charlie jusqu'à ce matin :

    - Duda est venu me chercher à l'école.. Je ne m'y attendais pas. Je suis si heureux que mon voeu est fonctionné. J'adore mon anniversaire tu sais !
    - Ô oui que je le sais bien mon chéri. Va préparer ton sac pour la source chaude, nous partons dans quelques minutes.

    Le petit garçon sauta de joie et passa près de son père les yeux ébloui de fierté. Avec le temps, Pocahontas avait réussit à faire oublier au garçon cet affreux épisode à Lowache. Désormais, il voyait son père uniquement comme son héros, comme il l'avait toujours vu auparavant. Cela avait rassuré la jeune femme de voir qu'ils pouvaient tous passer à autre chose et que tout était possible finalement. Posant son sac lourd sur la table, elle tenta de remettre de l'ordre dans sa crinière rebelle et offrit un doux sourire à Gabriel avant de se mettre à préparer le fameux sac de nourriture :

    - Tu as été au village du coup ? Tu as pu voir Chevalier ? Il t'as dis que Nashoba était son nouvel équipier ?

    Parler de tout et de rien pour ne pas évoquer l'autre sujet. Pour le moment, elle voulait seulement profiter encore de la douceur de ces retrouvailles et de la joie de vivre de Kisos qui avait envahi ses veines. C'était retrouver un second souffle que d'avoir sa présence près d'elle :

    - J'ai été accouché Madame Page avec Binki. C'était difficile mais elle s'en est très bien sortie. J'y retournerais demain pour m'assurer que tout va pour le mieux.

    En se tournant, elle vit qu'il était plongé dans son mutisme songeur. Il y pensait, elle le voyait, à cette fameuse histoire de fiançailles. Jetant un oeil sur le couloir et l'escalier, elle s'assura que Kisos n'était pas dans les parages :

    - J'espère que tu n'as pas écouté les bruits au village. Tu sais bien qu'ils racontent tout et n'importe quoi juste pour avoir quelque chose à dire. Tout le monde a été bienveillant avec moi. Mais je n'ai rien offert en retour que mes compétences médicinales.

    Ça la tuait de devoir se justifier comme ça, mais il semblait avoir peur. Face à lui, elle laissa ses doigts venir effleurer les siens, timidement. Son souffle se coupait, c'était si étrange de pouvoir le sentir de nouveau près d'elle et être si gênée. Mordant sa lèvre inférieure, elle allait répliquer qu'il n'y avait que lui mais Kisos descendit en trombe avec son sac à dos et sa canne à pêche dans la main :

    - Allons-y ! Duda tu montes avec Ma' sur le cheval ? Je prends le mien

    Déjà le petit garçon fusait à l'extérieur direction les écuries. Pocahontas avait prêté le troisième cheval à Nashoba le temps qu'il était là. Donc, ils devraient monter à deux sur un même cheval. La proximité de leurs deux corps échauffait déjà la jeune femme. Elle lui demanda donc d'aller vérifier que Kisos ne fasse pas n'importe quoi sous l'excitation pendant qu'elle finirait de remplir le sac des derniers aliments pour le pique-nique. Enfin, lorsqu'elle arriva à eux, Kisos était déjà en selle et Gabriel attendait sagement. Pocahontas lui offrit un sourire et attacha le panier au cheval de Kisos qui était moins chargé et grimpa ensuite en selle. Lorsque le brun fut derrière elle, elle se sentie en sécurité entre ses bras. Pendant qu'elle tenait les brides, elle sentait les mains du géant sur ses hanches et cela la fit respirer plus fort :

    - Tout va bien ? Mes cheveux ne te dérange pas, demandait-elle inquiète face au vent puissant, nous n'avons pas beaucoup de route à faire mais c'est plus simple à cheval.


    immarcescible, Posté le samedi 26 mars 2022 09:43 Répondre

    Quelle torture. Pocahontas aurait tellement préféré se lover dans les bras de Gabriel. Le lit lui semblait encore plus immense et vide surtout en le sachant si près d'elle. Pendant très longtemps elle tourna en rond sur le matelas à chercher le sommeil. Finalement, elle le trouva après avoir médité un peu. Toujours est-il que le matin fut rude pour la jeune femme. Rapidement elle se prépara et fit, inconsciemment, en sorte de porter une jolie robe et de surélever ses cheveux en un chignon bien fait sur sommet de sa tête. Quelques mèches rebelles bouclaient sur ses tempes et elle se parfuma d'un peu de jasmin avant d'aller préparer le petit déjeuner.

    Il était toujours là. Son coeur battait la chamade en le voyant lire avec attention les lettres qu'elle avait écrites avec Kisos. Rassurée de le savoir à proximité elle se mit à préparer un bon petit repas pour le petit déjeuner lorsqu'il surgit enfin. Un léger et doux sourire fit rayonner le visage de la jeune femme. C'était si étrange de l'avoir là, près d'elle, ses mains tremblaient de nervosité quand il s'approchait ainsi d'elle et cela la fit balbutier :

    - Nin.. Ninja ?

    Elle évitait volontairement son regard. C'est qu'il la déstabilisait toujours autant avec son regard perçant et si éclairé. Ils voyaient toujours l'un dans l'autre comme un livre ouvert et elle ne voulait pas qu'il voit son trouble lorsqu'elle contemplait la fine ligne de musculature de son buste. Il était prêt d'elle, elle allait succomber et le toucher. Instinctivement, ses pensées eurent pour effet dramatique de lui mettre en tête des images peu conventionnelles et intense qui la fit frémir. Ô que oui elle le désirait, Ô que oui elle voulait qu'il se fonde de nouveau en elle. Un besoin primaire, viscéral et si intense. Toussotant, et dissimulant les rougeurs de ses joues elle changea vite de conversation :

    - Je dois voir quelques patients ce matin. Kisos reste chez les Hedlund jusqu'en début d'après-midi.. Généralement nous allons ensuite à la source d'eau chaude pour pique-niquer et nous baigner. Est-ce que ça te conviens ?

    La brune lui expliquait qu'avec tous les patients qui viennent la voir elle avait pu acheter un nouveau cheval. Ils en avaient désormais trois. Après avoir déjeuné, elle lui fit faire un tour de la maison qu'elle avait quelque peu modifié notamment avec la pièce supplémentaire pour Gabriel. Elle le faisait entrer et lui expliquait simplement qu'il s'agissait d'un endroit pour lui :

    - Je voulais que tu puisses avoir un lieu à toi.. Pour t'isoler, lire ou continuer à faire tes recherches. Je me souviens que tu aimais parfois travailler sur des dossiers et que tu aimais aussi lire des récits sur l'histoire et les voyages. Nashoba m'a beaucoup aidé ainsi que quelques habitants du village. Ça manque encore un peu de rangements surtout avec toutes les caisses m'a envoyé James.. Tu y trouveras tous tes livres et tes journaux..

    Elle espérait vraiment que cette surprise lui ferait plaisir et qu'il se sentirait à nouveau chez lui. En effet, malgré la distance qu'elle avait imposé entre eux, elle voulait qu'il reste et qu'il sache à quel point il avait été attendu. En fait, elle désirait surtout qu'il lui prouve qu'il tenait encore à elle suffisamment pour rester pour toujours. Adossée contre la porte, ses doigts noués nerveusement ensemble elle cherchait dans son expression quelque chose qui lui fasse comprendre qu'il aimait.

    La pièce sentait encore la peinture fraîche. Elle était d'une couleur neutre, un blanc cassé mais constituée de pleins d'étagères attendant les livres à porter. De nombreuses caisses étaient sur le sol et contre le mur face à la fenêtre un bureau assez grand pour contenir tout le bazar de l'Highlander. Kisos y avait laissé ses crayons et ses nombreux dessins ce qui fit sourire la brune qui vint les ranger :

    - Mini Walker s'est accaparé la pièce le temps que tu reviennes pour pouvoir dessiner et écrire en paix. Selon lui je faisais trop de bruits en faisant mes baumes.

    Tous les dessins dans les bras, elle observait le dos de son amant. Elle avait cruellement envie d'enfouir ses mains dans sa crinière et d'embrasser sa peau. Ça lui rongeait le ventre de frustration de devoir se retenir. Alors qu'elle allait répliquer, ne supportant plus ce silence gênant, on toqua à la porte. Elle se rendit donc devant et ouvrit. La surprise se lisait sur son visage en voyant Jackson Avery le neveu du maire lui demander de l'aide pour un accouchement difficile.

    - Oui, oui bien sûr. Prépare mon cheval et va me chercher Binki s'il te plaît. Je serais là dans une dizaine de minutes.

    Il lui proposa de l'emmener directement mais elle refusa net, ce qui désarçonna le jeune homme. Fermant la porte sur son nez, elle posa vite les dessins sur la table de la cuisine et récupéra tous ses outils et ses baumes nécessaire pour ce moment compliqué. En même temps qu'elle faisait ça, elle prévenait Gabriel de son départ :

    - Je dois partir ! Tout est prêt pour le pique-nique, il faudra juste le mettre dans le panier. Je vous rejoindrais à la maison ce midi pour aller aux sources. Désolée encore de partir aussi vite..

    Pocahontas allait revenir jusqu'à Gabriel mais elle ne l'avait pas vue derrière elle et se le prit en plein visage. Surprise, elle ne pu s'empêcher de rire légèrement. Sa main posée sur son buste auquel elle avait envie de s'agripper et son ventre se nouant de nouveau la déstabilisa. Ses prunelles se posaient sur les siennes avec douceur et crainte avant qu'elle ne murmure d'une voix faible :

    - Tu seras toujours là, n'est-ce pas ?

    C'était une question qu'elle n'avait pas osé posé depuis son réveil mais dans la précipitation elle avait trouvé le courage nécessaire de demander. Jackson avait finis de préparer le cheval et toqua à la fenêtre pour la prévenir. Vite, elle devait partir, caressant avec douceur le buste de Gabriel elle se résigna à partir dans un coup de vent. Grimpant avec agilité et souplesse sur le cheval elle partie en direction de la mère en train d'accoucher en espérant retrouver son amant au plus vite dans la journée.


    immarcescible, Posté le vendredi 25 mars 2022 14:50 Répondre

    Pendant cette longue année, Pocahontas s'était jurée qu'elle en ferait baver à Gabriel. Qu'elle lui hurlerait dessus, lui refuserait de rentrer dans la maison ou encore dans leur vie. Mais en voyant cet homme au visage décharné et aux prunelles si brillante et tendre, elle ne pouvait s'empêcher de lui pardonner. N'était-il pas lui aussi plein de prévention et de douceur lorsqu'elle était revenue après sa fuite avec ses soeurs ? Ne lui avait-il pas pardonné pour le bien de leur famille ? Ne lui avait-il pas lui aussi ouvert son coeur ?

    Elle sentait son souffle près de son visage et sa proximité lui donna envie de se blottir contre lui. Heureusement que ses mains tenaient fermement la pierre précieuse qui brillaient avec les reflets des bougies. Ses derniers mots lui fit relever son visage et lever les yeux au ciel. Comme si elle pouvait ne plus l'aimer.

    - Tu es stupide Gabriel Walker. Comment pourrais-je ne plus t'aimer alors que je ne vis que dans l'attente de ton retour.

    Ses yeux étaient encore humide et quelques larmes glisser lentement le long de ses joues. Elle était trop épuisée pour se battre, pour lui en vouloir. Il était là, après tout ce qu'il avait vécu et infligé. Il lui était revenu et elle le savait homme de parole. Délicatement elle posa la pierre sur la commode près d'eux et revint se poster devant lui. Après un long silence, elle inspira avant de lui répondre :

    - Je te pardonne tout parce que je t'aime et que je ne pourrais jamais t'en vouloir après m'avoir ouvert tes bras lors de mon année "flou". Mais je ne peux pas oublier cette année où tu n'as pas envoyé quoi que ce soit. Tu sais que je me serais contenté de peu si tu m'avais expliqué.. Je suis blessée que tu n'aies pas cru en nous et notre force. Blessée que tu n'aies pas voulu me donner une chance. C'est ce que tu m'avais reproché lorsque j'ai fui et tu as fais la même chose. Tu as été égoïste de croire que nous pouvions vivre sans toi. Je ne te contredirais pas là-dessus car c'est vrai.. Kisos et moi nous te vénérons et même si le drame de Lowache nous a changé il n'en reste pas moins que nous t'aimons de tout notre coeur. Nous t'aurions aidé, je le maintiens.

    Pocahontas eu soudainement froid. Elle frotta ses bras de ses deux mains et vint prendre dans la penderie l'un des cardigans de Gabriel qu'elle portait souvent ces derniers temps. Puis, elle vida le bain et se tourna enfin vers son amant qu'elle détaillait avec peine malgré le bonheur de le revoir :

    - Tu n'as rien à me prouver car je sais que tu es quelqu'un de bien, depuis toujours. Je n'ai jamais eu aucun doute sur ça. En revanche, je ne sais pas si je peux te faire confiance et ça, tu ne peux pas savoir à quel point ça me tue. Tu es ici chez toi mais je ne peux pas t'ouvrir mes bras, mon coeur.. J'ai trop peur de te voir encore disparaître. J'ai trop pleuré, trop souffert de ce long silence. On s'était juré l'un à l'autre que nous fuirions plus et tu l'as fais. Le pire dans tout ça c'est que j'ai peur qu'en te disant cela tu t'enfuis de nouveau et ça me tuerait de la même manière.

    Elle était sincère, forte et digne. Essuyant ses larmes du revers de sa paume, elle se redressa comme pour se donner une contenance. Depuis sa rencontre avec Aponi elle avait réfléchit à tout un tas de scénarios sans jamais trouver de réponses à ses questions. Dans cette chambre, avec son amant dont elle connaissait les courbes et les formes avec précision elle se sentait perdue et déstabilisée. Pourtant, elle devait rester droite face à lui.

    - Je t'aime mais.. mais j'ai besoin de temps.. Peux-tu me l'accorder ? Tout le village attends ton retour avec une impatience folle. Les bavardages vont bon train et ils parlent déjà de me trouver un fiancé. Ton retour me permettra au moins d'être tranquille à ce sujet. Chevalier passe tous les soirs pour savoir comment je vais et attendre de tes nouvelles. Ils s'ennuient de toi au poste, mais surtout.. surtout c'est notre fils. Kisos ne parle que de toi depuis des mois. Il ne veut que toi.. Il a mille et un projet pour toi..

    Se souvenant de la boîte, elle vint se pencher sous le lit et la récupéra. Elle débordait de mille et une feuille calligraphiés rangées par date et enroulées dans de jolies ruban suivant chaque mois. Comme le voulait la tradition désormais, tous les soirs Pocahontas et Kisos lui écrivaient. La jeune femme lui tendit la boîte puisqu'elle lui appartenait et soupira longuement :

    - Chaque jours, chaque nuits depuis ton départ nos pensées étaient tournées vers toi. Pas un seul jour ne se passa sans que tu hantas nos journées.

    La jeune femme entendait le couvercle de son repas trembler. Il devait être prêt. Elle s'excusa et le laissa dans la chambre un moment pour aller vérifier qu'il ne soit pas brûler. Juste à temps. Elle servit donc le reste de ragout dans deux assiettes, heureusement, il en restait une grosse gamelle. Puis, elle dressa la table et alluma d'autres bougies avant de récupérer le courrier qui était au nom de Gabriel. Depuis un an, il avait beaucoup de choses à rattraper. Elle déposa tout à table et l'appela pour dîner. Lorsqu'il apparut enfin, elle lui servit un verre de vin :

    - Kisos est chez les Hedlund. Le vendredi ils ont une tradition avec Charlie, celle de se retrouver et d'aller dîner à la brasserie du village. J'ai un doute mais je crois qu'Anya est enceinte..


    immarcescible, Posté le jeudi 24 mars 2022 21:54 Répondre

    L'une de ses mains tenait maladroitement son corset défait, quand l'autre était restée sur sa gorge. Pocahontas était muette. Muette de terreur et d'émotion. Une année à l'attendre, une année à espérer. Une année à pleurer. C'en était trop pour elle. Mille fois elle avait imaginé cette scène, ces retrouvailles, tout ce qu'elle aurait voulu lui hurler, lui murmurer, mais rien ne venait. Ses yeux ne faisaient que fixer les siens comme pour faire abstraction de l'horrible état dans lequel il se trouvait. Elle voyait de sa place quelques plaies qui lui donnèrent la force d'enfin bouger. Avançant lentement vers lui, elle prit délicatement ses mains dans les siennes. De toutes ses forces elle retenait les larmes qu'elle ne pensait plus avoir à force d'avoir pleuré. Et pourtant, elles voulaient s'épancher sur ses joues.

    - Tu dois avoir froid.. Viens près du feu..

    Ses mains étaient plus rudes qu'avant. Il lui semblait qu'elles avaient vieillis et souffert du travail ingrat de la mine et du froid. Elle le conduisit près de l'âtre et remua un peu le bois qui crépitait. Les flammes léchaient avidement les bûches que Nashoba lui avait coupé pour l'hiver qui approchait. Heureusement qu'il avait été là pour l'aider. Elle quitta Gabriel pour se rendre dans la cuisinette de l'autre bout de la pièce. Elle servit deux tasses de thé et vint lui en apporter une.

    - C'est de la verveine.. Ça te réchauffera..

    Sa voix était faible mais douce. Elle craignait qu'en élevant la voix il disparaitrait. Incapable de s'asseoir face à lui, surtout en voyant son état, elle reposa sa tisane sur la table pour se rendre dans leur chambre. Elle y fit couler un bain chaud et sortit des vêtements chaud qu'il possédait déjà bien avant. Revenant dans le salon, elle sortit la trousse de coiffure que Millie lui avait prêté quelques jours plus tôt pour qu'elle coupe les boucles trop longue de Kisos. Gabriel du comprendre car elle vint se poster derrière lui elle eut juste à donner quelques coups de ciseaux pour que tombe sur le sol cette immense barbe qui couvrait son buste.

    Une fois fait, elle fit de même avec une grosse partie de sa longueur de cheveux. Silencieuse, elle inspectait de ses doigts frais le visage de celui qui avait été son amant. Elle vérifiait qu'il n'ai pas de blessures et qu'il était en bonne santé. Se rappelant que le bain coulait, elle revint face à lui et reposa les ciseaux sur la table avant de lui faire face :

    - Le bain est chaud, viens..

    Elle reprit sa main calleuse dans la sienne et l'entraina dans la chambre. Délicatement, elle l'aida à retirer les horribles frusques qu'il portait et les posa dans un coin de la chambre. Lorsqu'il fut nu, elle rougit mais ne pu s'empêcher de venir le contempler. Ses joues rosies l'embarrassait et elle cherchait à détourner le regard en inspectant le buste de Gabriel à la recherche d'éventuels problèmes :

    - Je vérifie juste.. Je vérifie juste que tu ailles bien..

    C'était un mensonge éhonté. Le voir ainsi nu lui permettait aussi de s'assurer, peut-être, que c'était bien lui. Celui qu'elle attendait depuis tant de temps et qu'il n'était pas qu'une apparition. Elle le poussa à entrer dans la baignoire pour qu'il se lave et en profita pour venir couper une nouvelle fois ses cheveux et tailler sa barbe. Pocahontas n'arrivait pas à parler, elle n'avait qu'une envie, pleurer. Elle lui en voulait tellement et elle était si heureuse de le revoir qu'elle ne savait pas comment exprimer tous ses sentiments. Après avoir finis de tailler sa barbe, elle appliqua un baume pour l'adoucir. Il avait déjà retrouvé son allure si séduisante d'auparavant et cela ému la jeune femme.

    - Tu ressembles moins à un ours sortant d'hibernation, murmurait-elle avec un léger sourire, t'ai-je déjà raconté la fois où je me suis perdue dans les bois à cause de Nashoba et où j'ai dormi avec un ours ?

    Voyant qu'il faisait non de la tête, elle se mit donc à lui raconter cette fameuse histoire assise sur le bord de la baignoire :

    - Je devais avoir huit ans et on jouait dans un kayak sur le fleuve qui longeait notre village. Il refusait de me laisser naviguer, prétextant qu'une fille n'avait pas assez de force. J'ai donc pris une des pagaies et je l'ai frappé à la tête. Il est tombé à l'eau et j'ai du plongé pour le sauver. Une fois remonté à bord, il m'a grondé très méchamment et a promis de me rendre l'appareil. Alors, je me suis enfuie à la nage sur l'autre rivage où il m'a abandonné. Je suis resté trois jours et trois nuits seule dans la forêt d'en face. Effrayée à l'idée qu'il me tue ou que mon père me punisse aussi.. Lors de ma deuxième nuit j'ai trouvé un endroit où dormir. Il pleuvait averse, j'avais froid. Je cherchais de la chaleur et ce que je prenais pour le fond de la grotte était en fait le dos d'un ours.

    Son regard s'éblouissait à l'évocation de ce souvenir si fulgurant. Elle avait encore en tête le bruit de sa respiration, l'odeur de la pluie et des poils de l'ours. Souriant doucement, elle observa ses doigts jouer avec l'eau du bain qui réagissait et reprit :

    - Il était immense.. Doux et chaud.. J'avais si peur. Un de mes oncles avait été attaqué par un ours et avait perdu la moitié de son visage. Je ne voulais pas perdre mon visage moi aussi, alors je me suis fondue contre lui et je me suis endormie. J'avais peut-être peur mais j'avais encore plus peur de mon frère. L'ours m'a gardé contre lui pendant les jours qui ont suivi et jamais il ne m'a blessé. C'est mon père qui m'a retrouvé finalement.. Ils laissèrent l'ours en paix suite à mes supplications et au printemps, lorsqu'il se réveilla, il vint me saluer de l'autre côté de la berge.

    C'était une douce histoire qui reflétait ni plus ni moins que ce qu'elle avait vécu ces derniers mois. Elle espérait que cette métaphore serait pour Gabriel l'occasion de comprendre qu'elle lui en voulait :

    - Tu vois.. Je suis bien plus forte que tu ne le crois. Et ça me tue que tu n'aies pas eu confiance en moi. Je savais que tu ne nous aurais jamais fais de mal. J'étais juste effrayée par les autres et ce qu'ils t'auraient fait. Je t'aurais défendu encore plus fort que cet ours. Pourquoi tu ne m'as pas écrit, avouait-elle enfin en larmes, pourquoi m'avoir laissé croire tout et n'importe quoi tout ce temps ? Tu as conscience de la colère et de la peine que tu nous as infligé ? C'est horrible ce que tu as fais Isha.. Je t'en veux tellement..


    immarcescible, Posté le jeudi 24 mars 2022 19:16 Répondre

    Kisos venait d’avoir sept ans. Comme le voulait la tradition selon Mary, il soufflait des bougies au nombre de son âge au dessus d’un gâteau tout en faisant un voeu. Les Blondies, les Hedlund, Chevalier, Nashoba et Philippe étaient tous réunis autour du petit garçon qui fêtait son anniversaire. Pocahontas observait son fils avec une émotion certaine et ne pu s’empêcher de penser à Gabriel. Parfois, dans ces moments si unique qu’il manquait elle ne pouvait s’empêcher de l’imaginer tout près à observer la scène qui se déroulait. Perdue dans ses émotions et ses pensées elle n’entendit pas Kisos l’appeler pour ouvrir son premier cadeau.

    Bien évidemment, il ouvrit celui de Charlie qui contenait une boîte avec tout le matériel de calligraphie nécessaire pour rédiger de jolies lettres. De plus, le papier à lettres était marqué d’un sceau qu’elle avait elle-même dessiné pour leur futures longue missives. C’était un cadeau touchant et délicat. Il eut de Nashoba un arc pour s’entraîner, des livres de la part des Monchevy et de James un tartan aux couleurs des Walker qu’il avait fait envoyé par coursier. Il avait été follement gâté et le petit garçon ne cessait de remercier tout le monde.

    Pour l’occasion, Anya avait même prévu une autre petite surprise de taille , faisant venir d’Edimbourg un magicien pour un spectacle où toute la ville s’était réunie pour l’occasion. Le magicien était talentueux et fit rêver les enfants comme les grands. Seule Pocahontas ne profitait pas de la petite fête. Elle était toujours emmurée dans un silence imperturbable. Plongée dans ses pensées les plus intimes et secrète.

    - Miss Powhatan.. Ouvrez-vous votre cabinet demain ?
    - Oui, oui, bien sûr Madame Marshall. Venez en début d’après-midi d’accord ?

    La jeune femme était devenue la doctoresse attitrée du village et tous semblaient en être ravie. Elle était douce, à l’écoute et toujours d’une patience extrême. Ses soins étaient prodigués avec clarté et précision. Tous étaient unanime quand à ses capacités et ils chérissaient avec adoration. Mais l’absence de Gabriel Walker semblait faire jaser et inquiéter les vieilles femmes du village. Persuadée qu’il était arrivé malheur au bel écossais qu’il était, elles se mirent en tête de trouver un prétendant à la belle amérindienne.

    C’était une chose à laquelle ne pensait aucunement Pocahontas puisque toutes ses pensées et toutes ses prières étaient tournées vers Gabriel chaque jours. Elle se disait que si il était mort elle l’aurait sut, sentie en son âme. Or, elle gardait toujours l’espoir de le voir revenir au détour d’une balade ou encore assis devant la maison. Mais chaque jours passait et chaque fois elle était déçue.

    Pourtant, le lendemain de l’anniversaire de Kisos, on frappa à la porte. Persuadée de voir arriver Chevalier pour leur routine bavardages elle fut surprise d’y voir une mendiante qui s’avérait être Aponi. Tombant dans ses bras, la jeune femme ne pu retenir ses larmes de joie. Vite, elle fit entrer la vieille femme qui avait vieillie. Mais elle restait toujours aussi belle pour sa petite fille qui la couvrait de baisers avant de lui servir du thé et des biscuits fait avec Kisos.

    - Je viens te voir pour quelque chose de concret ma petite fleur. Gabriel est prêt.. Il t’attend..
    - Tu..? Tu sais où il se trouve ? Il est en danger ?

    Vite, elle tomba sur le tabouret qui lui faisait office de fauteuil et se retint à la table. Le récit de sa grand-mère la toucha. Ainsi, voilà pourquoi ce fameux argent avait disparu après trois mois. Pocahontas avait bien compris qu’il s’agissait de Gabriel mais elle n’avait pas compris qu’il cesse du jour au lendemain. Millie avait évoqué le fait qu’il puisse avoir rencontré quelqu’un mais ça, la brune avait refusé l’entendre. Non, il était sur une montagne à puiser en lui le démon pour qu’il disparaisse.

    L’histoire des Walker, le lien avec Gabriel, les ancêtres et leurs malédictions et maintenant le voyage initiatique qu’avait entrepris son fiancé lui semblait bien plus complexe que la simple hypothèse où il aurait tourné définitivement la page. Ainsi, il était si près d’elle et elle n’en n’avait rien sut.

    - Pourquoi, demandait-elle blafarde, pourquoi ne pas être revenue me chercher ? Tout m’expliquer ? Pourquoi me laisser sans nouvelles tout ce temps Aponi ? C’est.. C’est monstrueux..

    Elle leur en voulait à tous les deux. Une année pendant laquelle elle avait du se battre pour faire nourrir leur fils et travailler d’arrache pied pour entretenir la maison. Depuis une année, elle n’avait pas arrêté. Les travaux avaient bien avancé et elle avait même pu agrandir le tout avec une seconde pièce qu’elle destinait à un jardin d’hiver. Mais pour le moment, elle était trop affligée par la nouvelle que lui annonçait sa grand-mère.

    - Même Kisos a été ignoré ! Tu aurais du lui dire de nous écrire ! Tu aurais du venir me voir ! C’est injuste. Tu imagines ma douleur ?
    - Mais aurais-tu été en mesure de l’aimer et de l’aider alors que lui-même se haïssait ?
    - Bien sûr que oui ! Ça aurait été difficile mais on y serait arrivé parce que je l’aime ! Il est l’amour de ma vie bon sang ! Des nuits que je le pleure et que je prie ! Des nuits pour apprendre qu’il était si près.
    - Le temps c’est ce qu’il lui fallait. Le temps de guérir et de comprendre.

    Pocahontas comprenait, mais elle n’arrivait pas à digérer l’information. Pour elle, ils l’avaient exclus volontairement quand elle aurait voulu l’aider, le seconder et lui prouver qu’ils avanceraient malgré cette fameuse nuit. Aponi proposa qu’il arrive à Mallaig dans quelques jours. Si l’amérindienne voulait encore de lui dans sa vie, elle devait mettre sur le bord de la fenêtre une gerbe de bruyère blanche, symbole de l’amour pur. Sinon, il comprendrait que tout était terminé.

    Pendant les deux jours qui suivirent, Pocahontas hésita. Kisos demandait toujours son père et elle craignait que le retour de ce dernier vienne à perturber le fragile équilibre de leur fils. Mais c’était surtout une excuse. Elle avait surtout très très peur de le revoir. Peur de lui en vouloir, peur qu’il ne l’aime plus, peur de tout et même encore de lui même si Aponi persistait à dire qu’il avait changé. Le Gabriel de la dernière fois persistait de nouveau dans son esprit et elle n’en dormait plus. Pourtant, le troisième jour, elle mit enfin la gerbe de bruyère à la fenêtre.

    - Pourquoi ces fleurs ici Ma ?
    - J’avais envie de changement. Ça ne te plaît pas ?
    - Si j’aime beaucoup la bruyère. Ça me fait toujours penser à quand on allait chasser avec Duda dans les highlands.

    Pocahontas avait vu juste. Gabriel leur manquait à tous les deux et elle voulait lui donner une autre chance. Comme tous les matins, elle emmena le petit garçon à l’école et lui donna un tendre baiser avant de le laisser retrouver ses camarades. Enfin, elle allait travailler au cabinet et recevait ses patients jusqu’à tard dans l’après-midi. Elle devenait une bourreau de travail si bien qu’elle arrêtait de penser pendant quelques heures. Comme tous les vendredi soir, Kisos dormait chez les Hedlund. C’était la soirée entre les amoureux puisque Charlie revenait de son pensionnat. Pocahontas se retrouvait donc seule à la maison et c’était aussi déstabilisant qu’appréciable. Elle pouvait ainsi prier à loisir et travailler un peu sans craindre de faire du bruit.

    En entrant elle fit un feu et se prépara du thé. Elle venait de finir de ranger ses affaires, avait défait ses long cheveux brun qui ondulaient légèrement et s’apprêtait à dénouer son corset qui la faisait toujours autant souffrir, vile torture européenne dont elle ne se remettait toujours pas, lorsqu’on frappa à la porte. Persuadée de voir sur la porte Millie et Binki elle leur cria d’entrer quand elle finissait enfin de retirer son corset :

    - Bon sang.. Je n’en peux plus de ce corset. Je vais finir par mourir étouffé un jour !

    Elle pensait entendre les filles rigoler derrière elle, or ce fut une toute autre apparition qu'elle eut. Un mouvement de recul la fit vaciller légèrement. Un homme aux cheveux hirsute et aux habits limés entrait dans la maison. Elle allait hurler au mendiant de partir mais deux prunelles étincelantes la fixèrent avec crainte. Elle les reconnaîtrait entre toutes.

    - Isha..? C'est.. C'est toi ?


    immarcescible, Posté le jeudi 24 mars 2022 15:05 Répondre

    L'air pur et iodé de Mallaig lui avait manqué. En sortant la tête de la cariole, Pocahontas pris une ample inspiration en savourant le bonheur d'être à la maison. Ce village avait été leur refuge, leur rêve et elle espérait naïvement retrouver Gabriel chez eux. Rapidement, elle courut jusqu'à la maison mais n'y trouva rien. Il n'était donc pas ici non plus. Deux semaines à le chercher dans les villages aux alentours mais rien. Il était introuvable. Un colosse comme lui ne pouvait pas avoir disparu. Et pourtant, aucune trace de lui, nulle part. Kisos alla voir dans les écuries mais il n'y trouva que son cheval qui broutait l'herbe apportée du voisin. Pour la première fois depuis deux semaines, la jeune femme eut envie de pleurer. Mais elle ne pouvait se laisser aller, Kisos l'observait ainsi que le cocher et Nashoba qui descendait le peu de bagages qu'ils avaient.

    - Et alors, demandait-il, vous restez ici ou vous m'accompagnez jusqu'à Edimbourg ?
    - Non. C'est ici chez nous.. Il rentrera bientôt à la maison, j'en suis persuadée.

    L'espoir se lisait dans le regard de la jeune femme mais une peur sourde aussi. Son petit garçon vint se blottir contre elle et ils rentrèrent faire un peu d'ordre et de ménage dans la maison qu'ils n'avaient revu depuis plus d'un mois. Les blondies et Mary vinrent les retrouver lorsqu'elles apprirent leur retour. La nouvelle que Gabriel ne faisait pas partit du voyage du retour alerta tout le monde. Pocahontas n'eut pas à coeur de mentir et expliqua donc qu'il avait eu besoin de s'isoler après les nombreux drames qu'ils avaient vécu ces derniers mois. Ce qui devait être des vacances c'était avéré être un foutu cauchemar.

    Penaud, Chevalier vint s'excuser une nouvelle fois auprès de l'amérindienne de la fois où il avait saoulé Gabriel. Elle lui pardonna de bon coeur, n'ayant pas envie de remuer plus de colères et de ressentiments. Le soir même, tous vinrent dîner à la maison ce qui occupa le coeur et l'esprit de l'amérindienne. Mais lorsqu'ils furent tous partis et qu'elle se retrouva seule dans cet immense lit elle ne pu retenir ses larmes. Elle avait relu et relu tant de fois la lettre de Gabriel qu'elle la connaissait par coeur ; et pourtant, à chaque fois, elle s'étonnait de chaque mots. Comme s'il s'agissait d'une épouvante. Il l'avait quitté, sciemment, sans lui laisser une seule chance.

    Ne dormant qu'après avoir pleuré toutes les larmes de son corps, elle fit des cauchemars. Du sang, Gabriel tenant la tête de Kisos et lui se jetant sur elle en pleurant. Il cherchait son pardon, une rédemption mais le corps sans vie de leur fils lui faisait horreur. Alors elle le repoussait et il redevenait ce monstre sanguinaire qui tuait sans relâche toutes les personnes de son entourage. C'est en sursaut et en nage qu'elle se réveilla. Au pied de son lit, Kisos qui pleurait en tenant son doudou. Prise de panique, elle le fit monter sur le lit et lui demanda ce qu'il avait :

    - Duda me manque Ma'.. J'aimerais lui écrire une lettre pour qu'il sache que je l'aime et que je veux qu'il revienne.
    - Moi aussi j'aimerai lui écrire mon chéri. Tu sais ce qu'on va faire ? On va lui écrire pleins de lettres qu'il lira à son arrivée. Quand il reviendra il pourra voir à quel point il nous a manqué.

    A quatre heures du matin, les deux têtes brunes se mirent à écrire à Gabriel comme persuadé qu'il allait bientôt rentrer. Une fois qu'ils eurent finis, ils plièrent les lettres et les rangèrent dans une boîte qu'ils cachèrent ensuite sous le lit. Rassurés tous les deux, ils s'endormirent l'un contre l'autre le temps de quelques heures.

    Après avoir emmené Kisos à l'école où l'attendait avec impatience tous ses camarades, Pocahontas se rendit au marché. Tout le monde s'inquiétait de la santé et de l'absence de Gabriel. En soit, la jeune femme ne mentit pas et expliqua simplement qu'il avait besoin de temps pour guérir de toutes les pertes qu'il avait eu. Alors qu'elle achetait du fromage à l'étal de la crémière elle fut stoppée par le maire qui la saluait :

    - Lady Walker, la nommait-il, ont dit au village que vous avez des compétences en guérison.
    - Je travaille essentiellement avec les plantes et la nature vous savez. Rien qui ressemble à ce que font les médecins occidentaux.
    - Cela peu importe. Du moment que vous soignez et que les gens n'aient plus besoin de faire deux cheval pour se soigner tout me va. Miss Héra nous a quitté dans d'étranges circonstances aussi une place c'est libérée. Peut-être pourriez-vous reprendre la suite ? Vous serez généreusement payée par la ville cela va de soi.

    Pocahontas aurait voulu y réfléchir mais elle se souvint que Gabriel non rentré, ils n'allaient pas avoir d'argent pour se nourrir. Alors elle accepta de suite la proposition du maire et le suivit pour visiter les locaux. Beaucoup de choses étaient à revoir et remettre en place, aussi, elle prit sous son aile Binki qui devint son assistance et au bout d'une semaine, elle pu se mettre à recevoir des patients. Si la vie reprenait son cours avec douceur, tous les soirs il n'empêchait qu'elle pleurait dans le cou de son fils le manque et le vide laissé par Gabriel. Parfois, elle allait prier en pleine nuit, suppliant ses ancêtres de veiller sur son amour disparu. Et les lettres s'entassaient, attendant patiemment le retour de l'être aimé.


    immarcescible, Posté le mercredi 23 mars 2022 22:13 Répondre

    Aucun regret ? Aucun ? Même pour Gabriella ? Pocahontas ne peut retenir son tremblement de terreur. C'était une toute autre facette de son amant qu'elle percevait. Jamais encore elle ne l'avait vu dans une telle fureur et un tel déchainement de haine. C'était improbable et terriblement déstabilisant pour la jeune femme. L'idée de le regarder était impossible surtout qu'il percevrait sa peur profonde de lui et qu'elle ne voulait pas qu'il s'en rende compte. Finissant de remplir son sac de voyage du peu de lingerie qu'elle possédait, la brune ravalant un sanglot. En fermant les yeux, elle repensa à Mallaig et la douceur de leur cottage le temps de quelques mois. Elle se concentrait sur ça, ce bonheur si particulier qui les avaient étreint et y cherchait la force nécessaire pour surmonter cette nouvelle épreuve. Alors, elle se tourna enfin vers lui sans rien dissimuler.

    Ses yeux sombres observait la mine défaite et particulière de Gabriel. C'était lui sans être lui. Pocahontas en était totalement déboussolée. Elle essuya du revers de sa main ses larmes qui coulaient avant de venir vers lui. Timidement, elle prit sa main dans la sienne, celle-là même qui avait assassiné de sang-froid les deux femmes dans la cave :

    - Je ne sais pas ce que tu ressens Gabriel.. Je suis complètement perdue.. Jamais je n'aurais cru que tu puisses agir de la sorte et.. je.. nous sommes une famille.. Je te suivrais jusqu'au bout..

    Elle semblait résignée, se sentant obligée de le rassurer alors qu'elle-même doutait de tout. Mais ne devait-elle pas lui accorder un pardon et un réconfort dans cet instant précis ? Enfin, elle releva ses yeux vers lui et elle sentit son coeur défaillir en voyant qu'il était dépassé par la situation :

    - Lorsque j'ai tout brisé il y a un an et que tu m'as retrouvé à Edimbourg je n'ai pas voulu t'écouter car c'était plus simple de me conforter dans ce délire de meurtres mais.. mais j'agissais pour une cause. Aujourd'hui tu as assassiné ton propre enfant.. Je.. Je ne sais pas quoi en penser mais je veux t'aider.. On va s'en sortir mais nous devons nous assurer pour commencer que personne ne trouve les corps et que personne ne remonte jusqu'à nous. D'accord ? Parce que.. parce que nous sommes une famille, n'est-ce pas ?

    La jeune femme retenait son souffle, surtout en constatant le voile de détresse qui entourait son amant. Timide et craintive, elle posait ses deux mains sur les joues du brun. Elle craignait en effet qu'il la repousse de nouveau ou pire qu'il la tue aussi de mécontentement :

    - Kisos nous attend en bas, murmurait-elle avec douceur, nous allons prendre les chevaux et remonter à Mallaig. On va voir comment se passe les prochaines semaines et sinon on prendra un bateau qui nous mènera où tu voudras, d'accord ?

    Son ton se voulait rassurant et optimiste même si elle savait que les prochaines semaines seraient compliquées. Avec douceur, elle relâcha le visage de Gabriel, impossible de l'embrasser ou même de le caresser. Puis, finissant leurs valises, elle descendit rejoindre Kisos qui se trouvait dans le boudoir avec James en train de boire. Les Hedlund étaient partis chercher une cariole pour le voyage quand Pocahontas enlaçait un Kisos encore effrayé. Il ne lâchait pas sa mère et lui faisait promettre d'apprendre les sports de combat pour la défendre si quelqu'un s'en prenait à elle à l'avenir :

    - Tout ira bien ne t'en fais pas mon soleil. Nous rentrons à la maison d'accord ?
    - Le méchant Duda viens avec nous ?
    - Kisos ne dis pas ça s'il te plaît.. Duda est.. c'est très compliqué.. Mais il t'aime plus que tout.
    - Non c'est pas mon Duda. Le mien il est gentil et jamais il ne crie.

    Le petit garçon avait un caractère bien affirmé pour son âge et il ne démordait pas de ses convictions. James se recroquevillait sur lui-même en bafouillant des mots incompréhensibles sur le destin, Aponi, Gabriel ou encore les pierres. Pocahontas n'y accorda pas beaucoup d'importance mais proposa au vieil homme de venir avec eux. Il semblait encore perturbé des derniers jours et de la scène macabre qu'ils avaient du nettoyer quelques heures plus tôt dans la cave.

    - C'est ici.. C'est ici.. Chez moi.. Je reste. Je reste près de ma femme.
    - Vous serez toujours le bienvenu chez nous James.

    En attendant Gabriel, Pocahontas remettait en place la petite veste de Kisos. Les Hedlund étaient sur le pas de la porte et attendaient patiemment la venue du colosse. Lorsqu'enfin il surgit, l'amérindienne le pressa pour qu'il les rejoigne :

    - Dépêche-toi Gabriel. Nous devons y aller. Le cocher n'attend plus que nous..


    immarcescible, Posté le mercredi 23 mars 2022 14:28 Répondre

    Encore sur le matelas qui avait réceptionné sa chute, Pocahontas tremblait. Les cris de Maria résonnaient encore dans le manoir et elle bénissait les Hedlund d'avoir emmené les enfants autre part. En revanche, elle entendit les geignements de douleur de James. Se reprenant difficilement, elle descendit et le vit avachi sur le sol. Gabriel n'avait pas du ménager son père. Si il ne l'avait pas fait avec elle, alors il ne l'aurait fait avec personne. S'accroupissant devant le vieil homme elle s'assura qu'il n'avait rien de casser. Son teint était blême et ses yeux vide d'expressions. James était perdu, elle le voyait. Il venait de perdre sa femme après avoir perdu ses deux enfants et peut-être un troisième. Le Gabriel que tout le monde avait connu n'existerait désormais plus.

    - Aponi me l'avait dit.. Gabriel souffrirait.. Il connaîtrait l'obscurité.. Les ténèbres.. Je ne l'ai pas écouté..
    - Vous ne pouviez pas savoir. On a beau vouloir modifier le cours du temps, le destin nous rattrape toujours James. On ne peut fuir ce à quoi nous sommes destinés. Jamais.

    Elle posait une main protectrice sur sa joue et l'aider à se relever. Le vieil homme la remercia lorsqu'elle le déposa dans le boudoir. Le cadavre de Delphine était encore à l'étage, il n'avait aucun endroit où se rendre. Une fois qu'elle fut certaine qu'il allait tenir bon un moment sans elle, elle descendit à la cave. Son visage qui avait repris quelques couleurs redevint aussi blanc que la neige. Gabriella et Maria nageait dans un bain de sang conséquent. Gabriel ne bougeait pas au milieu d'entre elles. Comme s'il réfléchissait. Son poignard à la main, ensanglanté et sa carrure impressionnante qui respirait avec rapidité et violence lui donnait des allure de bête sauvage.

    Pocahontas posa une main sur ses lèvres comme pour étouffer le cri de terreur de sa gorge, mais aucun son n'en sortit. La scène était macabre et d'une violence certaine. Qu'il tue Maria était un fait, mais Gabriella.. Là, non elle ne comprenait pas.

    - Gabriel, murmurait-elle enfin dans un souffle, qu'est-ce que.. qu'est-ce que..

    Gabriella gémissait dans sa mare de sang. Cela réveilla l'amérindienne qui vint rapidement s'agenouiller au dessus d'elle pour comprimer la plaie. Peut-être n'avait il pas tranché si profondément. Elle se penchait donc sur la jeune femme qui tentait de bouger, mais elle en était incapable :

    - Gabriel aide-moi.. Elle respire encore.. Je peux peut-être la sauver.. Gabriel ?!

    Mais il ne bougeait pas. Aussi, malgré tous les efforts avec lesquels Pocahontas auraient pu monopoliser avec l'aide de son amant, elle ne pu sauver la fille de son premier amour. C'était d'une telle violence qu'elle ne pu s'empêcher d'avoir définitivement peur de lui. Laissant quelques larmes s'échapper de ses paupières elle vint se redresser les mains en sang comme le bas de sa robe :

    - Pourquoi ? Pourquoi Gabriella ? Elle.. Elle n'avait rien fait.. C'est.. C'était ton enfant..

    Oui, c'était son enfant et pourtant il venait de la tuer de sang-froid. Aponi et Kisos adulte lui avaient parlé de cet autre Gabriel dans leur autre vie qui avait assassiné des personnes de sang froid. Avait-il retrouvé cette part sombre de lui-même à cet instant précis. Qui était-il devenu et qu'est-ce qui allait les attendre maintenant qu'il n'avait plus aucune limite.

    - Ils vont s'en prendre à toi quand ils.. quand ils vont savoir ce que tu as fais.. Tu.. Tu..

    Et là, elle eut la vision de ce qu'il avait fait à Jamestown. Le souvenir de cet épisode qu'elle avait refoulé en l'excusant de cet acte si tragique. Il avait déjà tué de sang-froid dans cette vie. Non pas qu'elle considérait qu'il y ai une hiérarchie dans les motifs de meurtre, mais ce qu'il avait fait relevé d'une odieuse machinerie. La peur d'avoir définitivement perdu son amant la clouait à sa place et c'est lorsqu'il se tourna enfin vers elle et qu'elle vit ses prunelles brillante d'une haine incommensurable qu'elle su la gravité de la situation. Son âme était brisée, sinistrée et elle n'avait aucune idée de comment le retrouver. Mais pour le moment, elle devait le protéger.

    - Nous allons dire qu'elles sont parties. James dira qu'il leur a fait prendre un bateau. Puis nous partirons d'ici pour se faire oublier. Partons autre part, loin de l'Ecosse s'il le faut. On trouvera un endroit où se reconstruire mais.. mais on ne peut plus rester ici.

    Pocahontas baissait vite les yeux en voyant le regard de son amant. Il l'intimidait trop et elle avait peur qu'il y voit la peur. La peur de ce qu'il était devenu et la peur qu'elle ressentait envers lui. Tremblante, elle cherchait un moyen de transporter les corps des deux femmes gisant à leurs pieds et une pensée lui vint pour Kisos. Pourvu qu'il soit resté avec Anya et Charlie et qu'il n'ai pas eu l'idée de revenir au manoir. Se ressaisissant, elle vint vite fermer la porte de la cave avant de revenir vers Gabriel. Voyant qu'il était toujours aussi inactif et plongé dans un profond mutisme, elle ne pu s'empêcher de venir le gifler assez fort pour le réveiller. Cette fois-ci c'était elle qui était perdue et en colère :

    - Réveille-toi. Nous devons agir et vite. Je refuse qu'ils viennent te chercher pour te tuer tu m'entends ? Alors tu dois m'aider. Maintenant Gabriel Walker.


    immarcescible, Posté le mercredi 23 mars 2022 10:25 Répondre

    Même lorsqu'il avait été guerrier, jamais Pocahontas n'avait vu un tel déferlement de haine chez Gabriel. Alors qu'elle subissait les assauts du fouet donné par le bourreau du village elle fut rapidement extirpée par la main ferme de son amant avant de finir, sans douceur, dans les bras de James. Tout le village les entouraient et observaient le monstre violent qu'étais devenu Gabriel. Seulement, ce qu'ils ne voyaient mais qu'elle percevait, c'était la douleur et le chagrin qu'il portait. Elle avait voulu lui crier d'arrêter de s'en prendre à Maria mais sa voix restait bloquée dans sa gorge. La peur, la stupeur sans doute, ou alors sa mauvaise conscience qui voulait qu'il la tue sans aucun doute.

    Les menaces qu'il proférait à l'encontre du village fit frémir d'horreur tous les habitants. Pocahontas se relevait difficilement. Les coups de fouet sur son dos et ses bras avaient lacérés sa peau de manière nette. Encore des cicatrices qu'elle ne pourrait dissimuler. Kisos se jetait dans ses bras, apeuré et en larmes. Jamais encore son père n'avait agit de la sorte et il y avait de quoi être stupéfait de terreur. Elle aurait voulu l'arrêter mais rien ne semblait l'empêcher d'avancer. Il était déterminé à en finir avec Maria, avec tous les autres. Lui-même se refusait à la regarder, elle le sentait bien. Qui était-elle pour l'interdire de s'épancher. Pourtant, lorsqu'il s'approcha de la fameuse sorcière elle eut soudainement pitié et repensa à Gabriella. Son geste pour le stopper fit comprendre à James et Garrett qu'ils devaient intervenir, ce qu'ils firent.

    Enfermé dans sa chambre il détruisait tout sur son passage. Pocahontas avait envie de pleurer mais Kisos avait aussi besoin de sa force et de son courage. Pendant qu'Anya soignait et pansait les blessures de l'amérindienne, cette dernière tenait fermement contre elle son fils en lui répétant de douces comptines, comme pour lui faire oublier le fracas que son père faisait de l'autre côté du manoir. Tous les villageois quittaient les pelouses du manoir quand James ordonnait à ce qu'on enferme Maria. Le chagrin devra attendre pour le moment, il devait jouer son rôle de maire et assurer la protection de tout le monde pour la soirée. Car Gabriel pouvait à tout moment revenir tuer l'espagnole.

    - Duda va vraiment tuer tout le monde ?
    - Non mon amour. Il est juste très triste et malheureux.
    - J'aime pas ce Duda. Il me fait peur Ma'..

    Pocahontas ne répliquait pas car elle aussi avait peur de lui à cet instant. Comment ne pas l'être ? Mais elle ne devait rien montrer à Kisos, juste lui rappeler d'être confiant et de ne pas avoir peur de son père. Elle lui rappela alors toutes les belles choses qu'ils avaient partagés ainsi que tous les bons souvenirs. Cela consola un instant le petit garçon qui fut ensuite emmené par Charlie pour jouer un peu de piano dans le boudoir. Garrett était encore un peu sonné par l'altercation avec son ami. L'amérindienne s'excusa pour lui mais le Duc lui rappelait que ce n'était pas nécessaire :

    - Après une soirée comme celle-ci je serais devenu aussi fou que lui je crois.
    - Il n'est pas fou Garrett, répliquait Pocahontas, Maria a distillé un poison bien plus pernicieux. Mais on va le guérir.

    Cela devait faire deux heures que la fameuse foule avait enfin quitté le manoir et que Gabriel était enfermé. Pocahontas se résigna à entrer dans la chambre, prudente. Elle tenait entre ses mains un petit plateau avec de quoi soigner Gabriel, si il en avait besoin. La chambre était dans un état pitoyable. La colère et la fureur du guerrier avait dévasté l'entièreté de la pièce. Dire qu'il aurait pu faire ça à un être humain inspirait une certaine méfiance à la jeune femme. En avançant, elle le trouva assis la tête entre ses mains derrière le lit. Ses épaules tressautaient. Pleurait-il ? Elle n'en n'avait aucune idée. Toujours est-il qu'elle s'approcha de lui avec douceur, comme le ferait un animal devant un autre prêt à le manger. A genoux devant lui, elle posa avec délicatesse sa main fraiche sur son bras et tenta avec le peu de force qu'elle avait de le retirer pour voir son visage.

    Les yeux noirs qu'il avait eu tout à l'heure l'avait déstabilisé. Dans son peuple, ils reflétaient l'âme des gens. Et c'était vrai pour Gabriel, elle avait toujours sut ses émotions rien qu'en contemplant ses prunelles. Prenant son visage entre ses mains, elle le contempla avec douceur et chagrin. Elle avait mal pour lui. Il venait de perdre sa mère et son frère dans des circonstances tragique. Comment pourrait-il allait bien. Alors qu'elle cherchait son regard du sien, elle soupira de tristesse en constatant qu'il se refusait à ouvrir les yeux :

    - Isha mon amour, murmurait-elle dans un souffle, je suis là.. Regarde-moi je t'en prie.

    Sa voix était faible mais douce, comme pour apporter un peu de baume à la douleur que son adoré ressentait. Voyant qu'il ne la repoussait pas, elle se rapprocha et doucement, posa son front contre le sien. Symbole fort chez les amérindiens qui signifie l'affection indéfectible que l'on ressent pour quelqu'un. Les yeux clos, elle inspirait profondément comme pour calmer le mal qui entoure Gabriel et lui redonner un rythme respiratoire plus tranquille :

    - Je suis là.. Je vais bien.. Mais s'il te plaît.. Dis-moi comment t'aider..


    immarcescible, Posté le mardi 22 mars 2022 21:09 Répondre

    Pocahontas faisait les gros yeux à Kisos et Charlie. La remontrance de Gabriel avait été légère et elle s'apprêtait à la rendre un peu plus ardue mais le cri de désespoir de son bien aimé la fit rapidement quitter la chambre. Elle courut jusqu'à la cuisine et se fit percuter par une Maria blême qui fuyait. L'amérindienne faisait les gros yeux, ne comprenant pas pourquoi l'espagnole courait ainsi vers l'extérieur. Mais les cris de Gabriel et de James la fit se rappeler qu'elle était attendue à un autre endroit. Vite, elle arriva dans la cuisine mais découvrit avec horreur Delphine allongée sur le sol recouvert de sa bave et d'un Gabriel en rage dont le regard noir la glaça. James pleurait en tentant de secouer son épouse.

    Sans un mot mais avec précaution et rapidité, elle chercha dans les bocaux avoisinant les herbes nécessaires pour la sauver. Elle trouva une sorte de palliatif mais étant donné qu'elle ne connaissait pas l'origine du poison, il était compliqué de pouvoir la soigner au mieux. Avec douceur, elle s'accroupie près de Gabriel et posa une main sur son bras :

    - Laisse-moi essayer Isha..

    Sa voix était douce dans le vacarme de cris et de larmes. James pleurait à genoux en tenant le visage de la défunte quand Kisos et Charlie surgissait dans l'entrée accompagnés de Lucrecia et d'Anya. Vite, la Duchesse entraina les enfants ailleurs quand Garrett était déjà à la poursuite de l'espagnole. Délicatement, Pocahontas souleva le visage de Delphine et passa sur ses lèvres un peu de sa mixture. Il s'agissait d'herbes régénératrices qu'elle espérait suffisante pour pouvoir soigner au mieux la mère de son amour. Son regard sombre la traumatisait et l'inquiétait. En touchant sa mère, Maria avait atteint un point bien plus violent qu'elle ne l'aurait cru et pire fait ressurgir la douleur de la perte de l'être aimé. Après William et Victoria, elle brisait de nouveau la famille.

    Delphine eut un sursaut, un souffle de revenu. Rapidement, Pocahontas ordonna qu'on porte sa belle-mère dans sa chambre et qu'on la dévêtit. Les domestique, Gabriel et James l'aidèrent à la porter jusqu'à la chambre et ils la mirent dans la baignoire nue. L'amérindienne faisait brûler de la sauge et frictionna son corps de cette fameux mixture. Le poison de Maria avait atteint les bronches de la malade et créé des plaques de boutons sur tout son corps. Pocahontas pensait pouvoir la sauver mais elle ne voulait pas vendre la peau de l'ours. Son regard était inquiet et les cent pas de Gabriel derrière elle ne l'aidait pas. Laissant un instant de répit à Delphine, elle se leva en essuyant ses mains à sa robe pour venir jusqu'à lui. Posant une main sur son buste puis sur sa joue, elle cherchait à le réveiller :

    - Mon amour.. Va voir Kisos. Garrett s'occupe de Maria mais notre fils a besoin que tu lui expliques.. S'il te plaît.. Je vais tout faire pour la sauver.. Je vais tout essayer je te le promets..

    Elle le laissa quitter un instant la pièce en espérant que cela le calme un peu. La douceur de leur garçon avait toujours su être un excellent baume pour leurs peines. Elle reprit ensuite très activement son massage d'huiles et d'herbes ce qui fit balbutier la vieille femme qui gémissait de douleur. Elle semblait avoir du mal à respirer :

    - Je vais essayer de vous faire respirer mais ne prenait pas peur.. Tout ira bien..

    Pocahontas se mit à lui faire du bouche à bouche et cela sembla soulager la vieille femme un instant. Une domestique qui passait là avec des serviettes et des baumes trouva étrange cette manière de soigner mais ne dit rien. Elle se contenta de suivre les indications de l'amérindienne et l'aida à laver la mourante avant de l'habiller de sa robe de chambre et de la mettre au lit. Enfin, Pocahontas lui demanda d'aller chercher James et Gabriel. Delphine respirait difficilement mais au bout d'une heure, rien ne semblait avoir changé. Sa fièvre ne faisait qu'augmenter et elle délirait. Son baume ne fut qu'un simple rebond de temps. Les garçons étaient près du lit et elle leur expliqua :

    - Je ne pourrais rien faire de plus.. Je ne connais pas l'origine du poison.. Les herbes ont permis à ses poumons de respirer mais.. mais même en la faisant vomir je crains que ça ne fonctionne pas. On dirait que le poison a détruit son corps.. Comme de l'acide.. Je suis désolée.. Il ne lui reste que peu de temps..

    Ses yeux étaient emplis de larmes. Même si Pocahontas et Delphine n'avaient jamais eu de vraie relations, elle savait à quel point Gabriel l'aimait ainsi que James. Par pudeur, elle quitta la pièce après avoir caressé la joue de son amant. Elle les laissaient faire leurs adieux. Troublée et triste, elle vint rejoindre le salon où se trouvait Anya et les enfants. Kisos pleurait et s'excusait de ne pas avoir donné l'alerte plus tôt :

    - La seule responsable c'est Maria mon soleil. Uniquement elle.
    - Mais grand-ma va mourir quand même. On pourrait remonter le temps ?

    Pocahontas secoua la tête et lui rappela qu'ils ne devaient pas s'amuser à changer le temps car cela reviendrait à créer des failles dans leurs histoires. Gabriella et Maria avaient disparus. Garrett revenait bredouille de la chasse à l'espagnole dans les Highland et craignait qu'elles aient pris le large. Or, ce qu'il ne savait pas, c'était qu'entre temps, Maria s'était réfugiée dans le centre de Lowache où elle avait ameuté les villageois. Aidée de la fameuse domestique qui avait vu Pocahontas faire du bouche-à-bouche à Delphine, elles expliquaient aux villageois que l'amérindienne était une sorcière et qu'elle devait brûler.

    - Elle lui a transmis le démon par la bouche ! Je l'ai vue !
    - La sauvage a envoûté Gabriel Walker ! Regardez ! Tous meurs chez eux depuis son arrivée !

    Maria savait galvaniser les foudres de tous. Hommes de lois et d'églises se réunissaient pour procéder à l'arrestation de Pocahontas quand toute la famille au manoir donnaient les derniers sacrements à la pauvre Delphine qui venait de rendre son dernier souffle. L'amérindienne soutenait Gabriel en caressant sa nuque. Il tenait contre son visage la main froide de sa mère quand James pleurait en priant à son chevet. Ce fut le vacarme en bas qui la fit se redresser. Les cris des villageois et celui de protestation d'Anya la fit rapidement descendre. En se rendant visible, Pocahontas ne se rendit pas compte qu'elle se jetait dans la gueule du loup :

    - La sorcière ! La putain du diable ! La voilà !

    Sans comprendre ce qui se passait, Pocahontas se fit attacher aussitôt et entrainer hors de la maison. Tous les villageois avaient pris possession du manoir et encerclaient la malheureuse qui se débattait du mieux qu'elle pouvait. Anya avait caché Kisos et Charlie derrière elle quand Garrett se faisait maîtriser. La brune tentait tant que mal de se délivrer de ses agresseurs mais dès qu'elle arrivait à s'échapper ils la maintenaient en la frappant ou la fouettant. Maria emmenait la foule en pointant du doigt son ennemie et hurlant :

    - Elle a voulu assassiner Delphine Walker ! C'est elle qui assassine tous les Walker ! Au bûcher !


    immarcescible, Posté le mardi 22 mars 2022 12:33 Répondre

    Ainsi donc il avait un plan depuis le début. Comme si elle allait sauter de joie à cette idée ? Pocahontas le laisse caresser sa crinière ce qui la fait frissonner une fois de plus. A vrai dire, il n'y a que lui pour savoir la toucher ou la caresser. Elle en frémit de plaisir de nouveau mais elle doit rester concentrer sur lui. Garder confiance. Elle n'aime pas les plans, elle est bien trop frontale pour ça. Dans son peuple, elle était connue pour ne jamais divulguer ce qu'elle pensait, aussi les jeux des européens la mettait souvent mal à l'aise :

    - Isha.. Je.. Je n'aime pas cette idée du tout.. Tu sais que je ne suis pas à l'aise avec ces idées de manipulations. Rappelle-toi ce qui c'est passé avec Skylar. A quoi ça nous a conduit ? Pourquoi ne tout simplement pas lui demander la vérité ?

    C'est que sous ses airs de cheffe amérindienne, Pocahontas restait toujours aussi naïve du monde occidental et européen dans lequel elle vivait désormais. Au vu du regard de son amant, elle comprit qu'il n'y aurait pas d'autres choix. Soupirant, elle vint bouger du corps de Gabriel pour se rouler en boule sur le côté. C'est en le sentant venir se blottir contre elle et vouloir la rassurer qu'elle se résigna. Agrippant ses mains aux siennes, mais en restant blottie ainsi en cuillère elle soupira tout en retenant ses larmes :

    - Promet moi que ce ne sera que pour trouver ce qu'elle veut vraiment.. Ne la laisse pas te toucher Isha.. Sinon tu sais de quoi je serais capable. Non seulement je m'occuperais d'elle mais je viendrais aussi m'occuper de toi..

    Elle se retourna légèrement et pris son visage entre ses mains. Son regard noir et humide dans le sien, elle murmure d'une voix plus ferme mais qui ne riait pas :

    - Dans mon peuple, quand un homme trompe son épouse elle a le droit de lui arracher le sexe et de lui cuisiner pour qu'il le mange ensuite. Je te ferais bien pire Gabriel Walker si tu l'as laisse te toucher tu m'entends ?

    De son petit gabarit elle tentait d'effrayer son amant non pas pour qu'il ai peur d'elle mais qu'il comprenne à quel point elle ne riait pas avec ce plan. Il avait en effet tout intérêt à fonctionner car elle ne laisserait aucunement la place à cette Maria. Blottie contre Gabriel, elle resta agrippée à lui toute la nuit malgré les quelques cauchemars qu'elle fit.

    Au petit matin, ce fut le cri de terreur d'Anya qui fit sortir rapidement Pocahontas de sa chambre. Elle était déjà prête depuis un moment et elle allait s'apprêter à rejoindre Kisos pour le petit déjeuner lorsque son amie surgit près de leur porte. Gabriel dormait encore ce qui fit vite fermer la porte derrière elle.

    - Ils doivent ne pas être loin Anya ne t'en fais. Si ça se trouve ils sont partis dans le jardin.
    - Non j'en reviens !
    - Bien.. Lucrecia ? Auriez-vous vu les enfants ?

    Demandait-elle à la servante qui allait entrer dans la chambre de Maria avec son petit-déjeuner. Elle fit signe de non de la tête et laissa la porte entrouverte. Pour rassurer son amie, Pocahontas lui proposa de descendre dans la cuisine pour vérifier quand elle s'occuperait du grenier. Au moment où elle passait devant la porte de son ennemie, elle eut la surprise de voir deux têtes sous le lit de cette dernière. S'arrêtant, elle fixa le dessous du lit et soupira en reconnaissant les prunelles brillantes des deux enfants. Elle devait faire diversion et vite alors elle entra dans la chambre sans y être conviée. Cela horripila Maria qui se redressa, choquée de l'impertinence de l'amérindienne :

    - On ne vous a jamais appris dans votre peuple qu'il faut être invité à entrer dans une chambre ?
    - Je vous prie de m'excuser mais je ne bénéficie pas d'une aussi bonne éducation que vous à ce sujet là. Peut-être m'apprendrez-vous à l'avenir à être aussi meilleure que vous.
    - Tssss. Lucrecia, préparez mon bain.

    La domestique salua Maria avant de se rendre dans le petit cabinet qui desservait aussi le couloir. Les enfants en profitèrent pour la suivre discrètement pendant que Pocahontas soutenait son regard :

    - J'espère que Gabriella pourra venir nous voir rapidement à Mallaig. Nous lui préparerons une chambre pour son arrivée, malheureusement, je crains fort que notre modeste maison ne puisse vous accueillir.
    - D'après Delphine, cette modeste bicoque appartiens à Gabriel. Il ne me semble pas avoir entendu que vous aviez une rente ou une quelconque dote.
    - En effet mais j'ai beaucoup mieux figurez-vous..
    - Et quoi donc, soupirait Maria en mangeant ses biscottes avec dédain, un trésor dissimulé ?
    - Non je travaille. Je suis une doctoresse.

    Cela fit aussitôt esclaffer de rire l'espagnole qui ne se remettait pas d'une telle information. Et plus elle riait, plus les yeux de Pocahontas devenait noir. Son imagination carambolait de mille scénarios où elle tuerait la jeune femme de ses propres mains. Ô oui, la haine était palpable chez l'amérindienne qui se retenait de toutes ses forces. Ce serait si simple de pouvoir l'assassiner ici et maintenant, si jouissif. Mais elle devait contrôler ses pulsions pour ne pas faire de tort à Gabriel. Elle décida de sortir de la chambre. Après tout, les enfants étaient déjà sortis. C'est en rentrant dans sa chambre qu'elle trouva Kisos et Charlie sur le lit en train de raconter à Gabriel ce qu'ils avaient entendu la veille. Pocahontas allait les réprimander mais la nouvelle concernant Maria semblait arranger tout ce qu'elle avait craint. Maintenant qu'ils savaient ce qu'elle désirait, il n'aurait pas a passer de temps avec elle.


    immarcescible, Posté le mardi 22 mars 2022 11:51 Répondre

    Maintenant, me voilà entière, à toi. Prends-moi contre toi et ne me quitte jamais plus. Je saurai comprendre tes pensées, s’il t’en viens et je saurai aussi te faire part des miennes pour pouvoir puiser en toi la force de ne plus se laisser abattre. Lorsque j’y pense, lorsque j’essaie d’imaginer notre avenir, j’étouffe presque de bonheur et une immense crainte me serre le coeur, ne pouvant pas croire à tant de joie dans ce monde. Je te porte en moi comme l'univers inatteignable, éternel.


    immarcescible, Posté le lundi 21 mars 2022 11:36 Répondre

    Elle le retrouve enfin, son adoré, son amour, son soleil. Pocahontas est en nuage, éperdue de plaisir sous ses caresses, ses baisers, son regard et ses mots. Oui, elle a confiance en lui mais comment lui dire qu’elle a juste peur des autres. Peur qu’ils le détourne d’elle et de leur vie. La peur la tétanise et la pousse à lui rendre chaque mouvements de bassin plus intensément, plus fort tout en enfonçant ses ongles et ses dents dans la peau tendue de son amant. Comme pour marquer son corps, son âme.

    - À.. À toi Isha.. Je ne suis qu’à toi.. Mon amour.. Je.. Je suis ton amour.. Tu es.. Bon sang.. Mon âme..

    À perdre haleine, la jeune femme se retrouve sur Gabriel. Le surplombant de son corps menu, elle ne se ménage pourtant pas en augmentant de plus en plus rapidement, intensément, sauvagement ses mouvements de bassin. Ses ongles et cet ent des traces torride sur son buste quand elle renverse son visage en arrière proche de la jouissance. Son corps tremble, ses yeux piquent des larmes de plaisir et de bonheur. Pocahontas est perdue dans tous ces sentiments si étranges et violent.

    Laissant les mains de Gabriel la toucher, la posséder elle pousse enfin le cri d’exaltation qui les joins tous les deux dans ce moment euphorique qu’est la jouissance. Après quelques mouvements de bassin supplémentaire, elle s’écroule sur lui haletante et en sueur. Ses mains agrippent la chevelure du beau brun quand elle se cambre contre son bassin pour qu’il ne bouge plus. Malgré son manque de souffle, elle embrasse avidement les lèvres de l’écossais en retrouvant sa langue si chaude et sensuelle. Elle gémit et le provoque encore alors qu’un filet de sueur coule le long de son dos.

    Lentement, elle viens embrasser son menton, puis son cou qu’elle embrasse et mordille de nouveau. Épuisée, tremblante, son corps reste sur le sien, blotti quand elle caresse son cou, son épaule.

    - Je t’aime Isha.. Et je vais me battre. Je ne les laisserais jamais gagner. On va apprendre à connaître ta fille et rentrer chez nous. Elle y sera toujours là bienvenue mais je ne laisserais pas cette femme s’approcher de notre maison. Tu dois me le jurer.

    Elle était sérieuse. Pocahontas devait elle aussi apposer ses règles. C’était bien plus fort qu’elle ne le croyait mais elle n’avait aucune confiance en cette femme qui réapparaissait. Le peu où elle l’avait vu et étant donné l’affront qu’elle avait osé provoqué chez l’amérindienne avait fait naître une antipathie certaine qu’elle ne saurait refouler. Se redressant contre le buste de son amant, la brune rejeta sa crinière d’ébène derrière ses oreilles en reprenant enfin une respiration normale :

    - Je ne veux pas que Maria fasse partie de notre vie. Gabriella est ta fille et je l’accepterais avec plaisir et joie.. mais je n’ai pas confiance en cette femme Isha. Elle nous veut du mal. Je le sens..


    immarcescible, Posté le samedi 19 mars 2022 13:45 Répondre

    La crème étalée sur les avant-bras de la jeune femme la brûle. Cela n'a rien d'étonnant vu avec quelle violence elle s'était écharpée. Une des grandes conséquences de son incapacité à s'exprimer par moments. Pocahontas ne laissait transparaître aucune douleur, aucune émotion. Elle écoutait évidemment Gabriel même si elle ne voulait pas entendre qu'il avait aimé cette femme dans la pièce du bas. Imaginer qu'il l'avait désiré, qu'il s'était lié à elle aussi intimement qu'ils le faisaient l'un avec l'autre. C'était une plaie ouverte, béante qui attaquait son coeur. Mais elle ne laissait rien transparaître qu'elle savait déjà qu'elle devait être forte pour lui et Kisos. Rester forte devant l'indifférence de Delphine à son manège dévalorisant.

    En voyant qu'il se dévalorisait à son tour alors qu'elle n'avait aucune haine contre lui, elle fronça les sourcils. Le visage de Pocahontas exprima enfin une émotion et c'était une colère sourde. Comment pouvait-il croire une telle chose ? C'était exactement ce que les autres voulaient leurs faire croire. Alors elle releva le visage de Gabriel face au sien, ses yeux lui envoyant des éclairs de fureur qu'elle contenait du mieux qu'elle pouvait :

    - Tu ne comprends donc pas ce qu'ils essaient de faire Isha ? Ils veulent nous séparer. Nous faire croire que tout peut nous séparer comme les fantômes de ton passé. Je suis tout autant choquée que toi mais je ne les laisserais jamais faire en sorte que tu croies être mon enfer Gabriel Walker. Tu es mon univers, mon souffle, ma lumière. Même si tu es mon enfer je plonge avec toi. Tu te souviens ? Toi et moi nous sommes une équipe. Toi et moi contre les autres. Alors je t'interdis de dire ce genre de choses. Sinon c'est les faire gagner.

    Pocahontas sentait que Gabriel avait besoin de son aide, de sa présence. Il n'avait pas besoin d'une fiancée larmoyante et apeurée. Elle le connaissait, il venait une nouvelle fois de s'ouvrir à elle et elle devait se battre coûte que coûte pour lui, pour Kisos, pour eux. Ses mains caressaient ses joues et alors qu'elle le voyait se lever, elle l'accompagna en laissant sa serviette glisser le long de son corps. Nue devant lui, elle en profita pour caresser son cou, ses épaules et enfin déboutonner sa chemise.

    Leurs dernières étreintes dataient de plusieurs semaines maintenant et comme ça avait toujours été le cas, le sexe était pour eux un moyen de se prouver à l'un et l'autre ce besoin invincible qu'ils avaient réciproquement. La brune embrassait le cou de son amant en se tenant sur la pointe des pieds. Après avoir débarrassé son buste de sa chemise, elle en profita pour caresser son torse jusqu'à descendre le long de ses fesses. Elle le cherchait, le désirait, lui rappelait le besoin fusionnel qui les liait. Elle lui prouvait sa passion et sa détermination à rester près de lui :

    - Touche-moi Isha.. Je t'en prie.. Tu es à moi..

    C'était ça aussi. Un désir de possession. En plantant ses ongles dans la peau tendue de son dos, elle laissait parler sa part dominante, sauvage et animale qui ne laisserait pas partir son amour. Peut-être que cela l'effrayerait de la voir aussi passionnée dans un moment comme ça, mais dans un sens, ça la rassurait elle de savoir que si elle lui faisait encore de l'effet ainsi, alors ils pourraient tout accomplir.

    Une fois le pantalon de Gabriel tombé à ses chevilles, elle mordit le menton du beau brun. L'une de ses main avait trouvé refuge sur son membre qu'elle caressait de mouvements de vas et viens rapide et soutenu. L'autre, attirait le visage de Gabriel vers le sien pour lui donner ce fameux baiser enflammé. Le souffle court, elle persistait à mordre, lécher, embrasser la peau de son amant jusqu'à s'allonger sur le lit et l'entrainer sur elle. Tremblante, elle murmurait en plongeant ses prunelles d'un sombre intense :

    - Prends-moi.. Prouve-moi qu'il n'y a que moi.. Qu'il n'y aura que moi pour toujours.. Isha..

    Elle se fichait littéralement de tout et de tout le monde. Son seul désir, en enroulant le corps de Gabriel de ses mains et de ses jambes était de le retrouver, d'animer ce souffle de confiance et de passion qui leur avait fait défaut toutes ces semaines. Oui, le but était bel et bien de le retrouver et de le réanimer.


    immarcescible, Posté le jeudi 17 mars 2022 22:44 Répondre

    Même si il se voulait doux et rassurant, Pocahontas connaissait parfaitement la malhonnêteté des gens et le désir impérieux qui avait enflammé les prunelles de Maria et de Delphine. On pouvait lire sur elles comme un livre ouvert. La venue de cette femme avait éveillé des possibilités qui n'auraient jamais pu exister avec l'amérindienne et qui la mettait mal à l'aise. Cela ne faisait qu'une journée que l'espagnole était arrivé que déjà les multiples projets se concrétisaient chez les Walker. Des projets sans le consentement des principaux intéressés. Elle tentait donc de prendre sur elle, le plus possible mais c'était compliqué, surtout avec le regard en biais de la mère de Gabriel et l'ignorance perpétuelle de Maria. Sans crier gare, Gabriel la laissa seule avec les deux autres femmes. Son souffle se stoppa le temps d'un instant alors que Gabriella surgissait par derrière.

    - Ma chérie, s'enthousiasmait Maria, vient rencontrer ta grand-mère.
    - Quelle magnifique enfant.. Et quelle tenue.. Quel port altier.. Une vraie lady comme ta mère..
    - N'est-elle pas belle avec ses yeux ? Les mêmes que Gabriel.
    - Ô oui ! Organisons un bal pour la venue de cette enfant chérie et tant attendue !
    - Un bal comme autrefois Delphine ? Oh ce serait si fantastique et généreux de votre part.
    - Quand il s'agit de la famille c'est normal ma chère Maria. Je suis heureuse de te revoir.

    Pocahontas attendait, elle ne savait quoi, mais elle fixait cette scène surréaliste où elle était inexistante pour les trois femmes qui se découvraient. Ce fut lorsque Maria murmura distinctement à Delphine quelque chose à son encontre que l'amérindienne sortit de la pièce.

    Rapidement, elle retourna en direction de sa chambre en serrant les poings. Y retourner et exploser en reviendrait à laisser sortir son autre maléfique, la sorcière vengeresse qui ne faisait aucune pitié. Alors elle grimpait en toute hâte et vint s'enfermer dans la chambre où elle se recroquevilla dans un coin le temps de calmer ses émotions. Mais elle entendait encore très distinctement dans son esprit la voix de Maria demandant à Delphine :

    "- Gabriel s'est entiché d'une de vos domestiques ? Je le savais anticonstitutionnel mais pas à ce point là..".

    Pendant ce temps, Kisos s'était installé près de son père qui se servait un autre verre. Le petit garçon qui aimait imiter son père fit la même chose avec la bouteille de lait qu'il versait dans un petit verre. Une légère moustache de lait s'était même formée au dessus de sa lèvre ce qui lui donnait cet air si doux et innocent. Il voyait le remue ménage de partout et entendant parler d'un fameux bal qui se préparait pour dans quelques jours. Posant son verre de lait lourdement, il regarda son père avec une multitude de questions :

    - Duda ? Je croyais qu'on ne pouvait faire des bébés qu'aux gens qu'on aiment très fort. Ça veut dire qu'on peut aimer plusieurs personnes ? Et tu aimes moins maman parce qu'elle est ta deuxième femme ? Tu es donc comme oncle Petit-Ours. Lui aussi il avait plusieurs femmes.. Six je crois ! Moi je ne veux pas aimer une autre fille que Charlie. Elle a dit que si c'était le cas elle me couperait en petit morceaux et les donnerait à manger à des cochons. Et j'ai vu les cochons, ils sont vraiment très gros.

    James surgissait peu de temps après dans la cuisine. Vraisemblablement, il cherchait Gabriel. Il semblait lui aussi perturber. Comme à son habitude, l'appât du gain le travaillait plus que la joie d'avoir retrouvé Maria ou une petite fille. Il craignait surtout qu'elle demande une part de l'héritage de son fils. Après tout, ils étaient toujours mariés.

    - Gabriel. Nous devons savoir ce que veut Maria. Elle va rester loger ici le temps qu'on lui trouve une maison mais peut-être pourrais-tu loger avec elle ?
    - Mais je ne partage pas ma chambre avec Gabriella moi, s'insurgeait Kisos, elle parle pas et elle est trop grande pour jouer aux jeux.

    A défaut de tout, James aimait beaucoup Kisos. Il passa une main sur la crinière longue et bouclée de son petit-fils et lui offrit un léger sourire amusé avant de redevenir plus sérieux vers son fils :

    - Je sais que tu vas refuser net mais c'est juste pour savoir ce qu'elle attend de notre famille. D'accord William n'était pas des plus doux, c'était un fait. Mais delà à se sauver et se faire passer pour morte c'est quand même particulier. Il faut que tu saches ce qu'elle veut. Je suis persuadé qu'elle attend quelque chose en particulier.
    - J'aime les enquêtes Duda. Je peux t'accompagner ?

    A l'étage, Pocahontas entendait les domestiques s'affairaient. L'heure du dîner allait arriver et elle connaissait la coutume. Elle devait se préparer pour le repas. Après la longue chevauchée de l'après-midi, elle décida de prendre un bain chaud. En plongeant son corps dans l'eau savonneuse elle fit un comparatif entre sa peau et la blancheur délicate de l'eau, puis celle de Maria. Prenant le savon, elle se mit à frotter de plus en plus férocement sa peau en grognant comme une bête sauvage. C'était un toc persuadée qu'en retirant sa couleur foncée elle serait enfin acceptée par la famille de son fiancé. Comme si sa couleur la rendait invisible aux yeux de tous.

    C'est en entendant la porte se fermer et un hoquet de surprise qu'elle vit Gabriel sur le pas de la porte. Pocahontas s'était ouverte en appuyant trop violemment avec le savon et cela semblait avoir choqué le brun qui ne bougeait pas de sa place.

    - Ne me regarde pas comme ça, disait-elle en s'exprimant pour la première fois de la journée, je me disais qu'en frottant plus j'aurais peut-être une peau aussi blanche et parfaite que Maria et qu'enfin.. peut-être.. ta mère me verrais..


    immarcescible, Posté le jeudi 17 mars 2022 14:53 Répondre

    Pocahontas se remémorait les mots qu’avait dit un jour James. C’était peu de temps après son arrivée et elle et Gabriel commençaient déjà à flirter. Il avait dit qu’ils étaient l’un et l’autre maudit et qu’il avait voulut empêché la possible beauté de leur amour surtout si c’était pour autant souffrir. Comment le destin pouvait-il s’acharner ainsi sur deux êtres qui ne demandaient rien à la vie si ce n’est eux ? Pocahontas restait silencieuse, de toute manière, elle aurait bien été incapable de parler. Mais elle avait vu le regard de Gabriel s’étonner et s’éblouir. Elle avait vu son choc, sa sidération. Et elle avait surtout vu la passion de la belle espagnole.

    Délicatement, Pocahontas serra ses doigts autour de la main de son amant. Peut-être comme pour se donner du courage ou pour s’assurer qu’il n’avait pas déjà disparu. La jeune femme était clairvoyante et elle voyait bien le regard lumineux de Delphine. Maria avait toujours été le grand amour de Gabriel et de William. La femme pour laquelle ils s’étaient battus pendant toutes ces années. L’amérindienne n’avait aucune chance de rivaliser contre elle. Après tout, elle était le miracle, la ressuscitée qui avait porté l’enfant de son amour.

    Comme un vieux poison ou une vieille amie, la sorcière en elle surgissait mûrissant des plans possibles de destruction. Mais très vite elle étouffa ces idées surtout lorsqu’elle vit Dephine venir enlacer son ancienne brune et pleurer dans ses bras. Jamais encore la vieille femme n’avait eu un geste d’affection pour elle et elle s’en sentait blessée. Mais non, elle ne dirait rien, ne laisserait rien transparaître. Elle devait rester forte et digne.

    - Par tous les Saints Maria ! Imagine notre douleur ! Nous avons une petite-fille ! L’enfant de Gabriel !

    Ça faisait mal. Très mal. Heureusement que Kisos n’était pas là pour l’entendre. D’ailleurs, elle se demandait si ce n’était pas mieux pour elle de ne pas quitter la pièce pour le retrouver. Mais en reposant son attention sur Gabriel, elle vit qu’il était blême. Avec douceur, elle embrassa la paume de sa main et murmura :

    - Isha.. Tu devrais parler.. Dis quelque chose..

    Pendant ce temps, Delphine s’exclamait voyant en Maria l’enfant prodigue qui avait toujours été celle qu’elle aurait aimé avoir comme enfant. C’était le passé aussi, une manière de se rassurer quand Vicky et William était mort. Tout ça à cause de Pocahontas, murmurait sa conscience. Déglutissant difficilement, elle se força à pousser un peu Gabriel qui ne bougeait pas quand James semblait prendre les devants pour l’installer au manoir, ici, avec eux.

    - Nous allons avec Gabriel allez chercher Gabriella. Elle doit rejoindre sa famille.

    C’était solennel désormais. Si James avait dit, alors c’était acte. Maria remerciait humblement sa belle-famille et tenta une approche vers Gabriel. Se sentant terriblement mal, Pocahontas se leva en relâchant la main de son amant. Maria la récupéra vivement dans la sienne et s’agenouilla devant lui comme s’il s’agissait d’un Dieu qu’elle honorait et le supplia de ses grands yeux bleu larmoyant :

    - mi cariño, expliquait-elle, je te pris de me pardonner toutes les souffrances que je t’ai causé. Tu savais que je n’avais pas le choix.. Je ne pouvais plus tenir.. Savoir que j’avais fait l’erreur de le choisir quand c’était à toi que mon coeur allait.. Ô Gabriel..

    C’en était trop pour Pocahontas. Elle devait sortir, la nausée lui montait. Le pire était qu’il ne la repoussait pas, du moins, pas devant elle. Alors, dans un mouvement discret, elle sortit sans un bruit. Une fois la porte close, elle se mit à courir le plus vite possible vers l’extérieur ayant besoin d’air.

    James retint Gabriel qui voulait se lever et lui rappela d’un ton ferme qu’ils devaient aller chercher Gabriella. Il lui promit d’envoyer quelqu’un chercher Pocahontas pour s’assurer qu’elle aille bien et entraîna l’ancien couple d’amant se rendre au village pour retrouver leur enfant. Après avoir couru un moment, Pocahontas s’écroula sur l’herbe fraiche. L’air violent des Highland semblaient bien refléter l’humeur de la jeune femme. Elle devait juste se calmer. Elle resta dehors à marcher une petite heure, histoire de prendre l’air et de mettre de l’ordre dans ses idées. Puis, elle revint au manoir où Anya l’attendait accompagné de Kisos et Charlie.

    Assises toutes les deux sous le saule dans le jardin du manoir, elle lui expliqua que Garrett avait vu au village Gabriel et Maria. Pocahontas se renfermait sur elle-même et tentait d’inspirer profondément.

    - Je.. Je suis désolée.. Qu’allez-vous faire ?
    - On va le surmonter. Il faut qu’on le surmonte.. Mais Anya j’ai si peur.. Si peur qu’il veuille rester ici.. Avec sa famille et.. et elles.. Je.. Je ne pourrais pas rivaliser.. Je serais tout le temps apeurée. Mais je ne peux pas lui demander de renier son enfant.. C’est comme si.. C’est comme si Kisos et moi n’étions pas légitime.. Comme si nous n’avions été q’une parenthèse pour les Walker..

    Elle lui raconta la fois où Delphine avait sciemment fait en sorte de placer Gabriel auprès de la fille d’un banquier alors qu’ils revenaient d’Amérique. La peur de revoir grandir cette fourberie l’étreignait :

    - Mais c’était avant votre histoire est plus forte que ça.
    - Il s’agit de Maria.. Ce n’est pas n’importe qui.. Dans nos vies parallèles ils ont été mariés. Il.. Gabriel l’aimait plus que tout.
    - Toi tu es son âme soeur. Son destin..
    - Je ne veux pas être son destin Anya. Je veux être la seule.

    Kisos et Charlotte jouaient dans le jardin à se courir après. Ils étaient si innocents, jovials. Pocahontas laissa une larme couler. Midi approchait et elle n’osa pas rentrer. Anya proposa de les emmener pique-niquer avec eux et c’est ce qu’ils firent. Kisos ne semblait pas voir ce qui se passait et tant mieux mais plus les heures avançaient et moins l’envie de rentrer la prenait. Alors, elle proposa à son fils une balade à cheval. Ils avaient empruntés ceux de la Duchesse qui était restée au chaud. Bien couverts, ils galopaient chacun leurs montures en jouant à se défier. Bien entendu, Pocahontas gagna ce qui fit à moitié rager le petit garçon.

    Ils rentraient tranquillement vers le village, au pas, lorsqu’ils virent au loin le cauchemar de Pocahontas. Gabriel se promenait avec sa fille à son côté. Une belle jeune femme aux cheveux châtains foncé et aux prunelles d’un bleu vif. La brune se dressa fière son cheval et se ferma aussitôt. Kisos ne comprenait pas et se stoppa près d’elle en observant son père qui souriait.

    - Ma’.. C’est qui la dame qui discute avec Duda ? Ma’ ?

    Mais elle était incapable de répondre. Voyant que sa mère était plongée dans une profonde méditation, il fit signe à son père en l’appelant. C’est alors qu’elle vit le regard de son fiancé qui semblait beaucoup moins contrarié que le matin même. Il semblait bien, limite heureux. Comment pouvait-elle ressentir autant de colère alors qu’elle ne souhaitait que son bonheur ?


    immarcescible, Posté le mardi 15 mars 2022 17:10 Répondre

    La vision de son adoré agenouillé devant elle de la sorte bouleversa Pocahontas. Toujours assise sur le petit tabouret de la coiffeuse, elle plongea ses doigts dans la crinière du colosse qui s'épanchait enfin à elle. A croire qu'en ayant retrouvé un peu de leur intimité il arrivait enfin à se libérer. Son coeur se serrait en entendant ses mots sur sa famille et les larmes qui s'échappaient. Ce qu'il n'arrivait pas à déclarer et ce qu'elle comprenait c'était qu'il aimait son frère malgré tout ce qu'il avait fait. Avec douceur, elle releva son visage pour pouvoir ses lèvres sur son front, ses paupières. C'était comme si elle voulait aspirer toutes les larmes et tous les maux de son corps. Le libérer de cette souffrance qu'elle contemplait depuis des jours sans pouvoir l'approcher :

    - William t'enviais mais il t'aimais aussi Isha.. Tu sais qu'il t'as sauvé à notre retour. C'est lui qui a tout fait pour que tu survives. Il a tout mis en oeuvre pour ça. Pendant que je dépérissais lui s'acharnait encore et encore à te sauver. Quand j'ai perdu la foi et baissé les bras il m'a soutenu et aidé. Crois-le ou non mais il t'aimais à sa manière.. Folle, violente et complètement insensée mais quand même. Je pense qu'il voulait juste te protéger, ne plus te voir souffrir.. Et parfois.. Parfois quand on aime les gens on agit de manière déraisonnée.

    Maintenant que ses cheveux avaient été détachés, elle pu se relever. Aidant Gabriel à en faire de même, elle retira le veston qu'il portait ainsi que sa chemise. Une fois qu'il fut nu, elle l'allongea dans le lit qu'ils occupaient depuis deux semaines. Délicatement, elle vint se blottir contre lui non pas dans un soucis de séduction. Elle posait le visage de son amant dans son cou et l'enroulait de ses bras en embrassant son cuir chevelu et son front. Elle le berçait avec douceur en lui murmurant en amérindien de se laisser aller au chagrin. Il venait de perdre son frère dans les pires conditions. Il avait le droit d'avoir mal, voilà ce qu'elle essayait de lui dire :

    - Tu as le droit de souffrir d'avoir perdu ton frère mon amour mais pas culpabiliser. Il est mort à cause de ses méfaits.. C'est Nashoba qui lui a donné le coup fatal. Et.. Et malheureusement, comme tu l'as dis.. C'était lui ou toi..

    Non pas que Pocahontas tentait de justifier la mise à mort de William mais elle devait reprendre les propos de Gabriel le soir du meurtre pour lui rappeler le pourquoi du comment. Après tout, si Nashoba n'avait pas tué William, ce dernier aurait continué de poursuivre le jeune couple jusqu'à la mort de l'un d'eux. C'était une solution tout à fait inimaginable pour la brune qui serrait plus étroitement contre elle Gabriel.

    - Tu te souviens.. Quand tu t'es associé à Skylar ? Tu as dis que nous étions indissociables désormais.. Une.. Une équipe.. Je n'aurais pas pu continuer sans toi Isha.. J'y aurais définitivement perdu le peu d'âme qui me reste.. William n'était plus lui visiblement.. Héra l'avait envoûté.. Nous devons avancer maintenant mais en se souvenant du meilleur que nous avons pu vivre avec lui. Pas des derniers moments.

    Avec douceur, elle embrassait une nouvelle fois les paupières du brun avant de glisser contre lui. Ainsi, elle se retrouvait de face à ses grands yeux bleu humide. Caressant sa joue avec douceur, elle caressait son nez du sien en murmurant d'une voix douce et chantante :

    - Tu as le droit de te rappeler des bons moments que tu as pu passer avec lui.. Vicky reviendra un jour j'en suis persuadée.. Un jour ta famille sera à nouveau réunie et vous serez tous heureux.. Mais.. Je sais que c'est sûrement une maigre consolation mais tu m'as moi.. tu as Kisos.. Nous t'aimons de tout notre coeur et.. et tu es notre famille à nous..


    immarcescible, Posté le lundi 14 mars 2022 21:54 Répondre

    Malgré cette soirée chaotique, Pocahontas réussit à offrir un doux et tendre sourire à son fiancé. Se penchant sur ses lèvres, elle lui donna un baiser comme pour sceller cette promesse qu'elle lui avait faite des années et des années auparavant. Peut-être que la présence encore de la mort qui rôdait toujours auprès d'eux la poussait à accélérer les choses et donc à vouloir être unie définitivement à lui dans les sacrements de son peuple. Son front posé contre le sien, elle murmura d'une voix basse et douce :

    - Je te suivrais n'importe où Gabriel Walker.

    Il ne leur fallut pas longtemps pour rentrer à Lowache. Le déchirement de Delphine se jetant sur le cercueil qui contenait son fils aîné secoua Pocahontas. C'était terrible d'imaginer la perte d'un enfant, qui plus est, même si il était aussi maléfique. La jeune femme serrait contre elle Kisos et dormait avec lui toutes les nuits. Du moins, il dormait entre elle et Gabriel depuis la fameuse soirée d'incident. La peur de le voir disparaître de nouveau lui avait provoqué d'odieux cauchemars qui l'empêchait de faire une nuit complète. Alors, elle passait ses soirées à surveiller les deux Walker et constatait le tourment chez son futur époux. Même si il semblait accepter la situation, ses sommeils disaient autre chose.

    Le Kisos du futur put rentrer chez lui avant leur départ pour Lowache. Pocahontas lui rappela de ne plus agir aussi impulsivement et la prochaine fois de le prévenir quand une telle chose arriverait. Du moins, à l'avance. Elle caressa sa joue fière de ce grand gaillard et lui offrit ce doux sourire qu'elle gardait toujours pour les deux hommes de sa vie. Même Kisos du futur fut ému lorsque son père l'enlaça. C'était nouveau pour lui une telle affection d'un père qu'il n'avait pas tant connu.

    Suite au fameux incident avec les domestiques, Anya changea du tout au tout. Elle fit le tri dans les personnels de maison et se mit à diriger sa demeure d'une main de fer dans un gant de velours. Elle semblait transformée, affirmée, sûre d'elle. Cela semblait avoir pimenter de nouveau la vie entre les deux Hedlund car ils ne se quittaient plus du regard comme lors du fameux bal. Seul restait Charlotte qui persistait dans son silence mutique au sujet de cette fameuse nuit. Kisos avait essayé de lui parler mais la jeune fille ne cessait de répéter qu'elle était simplement heureuse de savoir tout le monde sain et sauf.

    Enfin, tout le monde avait accompagné la petite famille Walker aux funérailles de William. Il fut convenu de déclarer que la mort de William était du à une pneumonie et le secret fut enfoui en chacun. Ils revenaient tous de la cérémonie, vêtu d'un noir très sombre suivant une Delphine anéantie et un James inexpressif. Ils avaient perdu deux de leurs enfants. Comment ne pas être dévasté ? Pocahontas se sentait mal à l'aise et tentait d'aider au mieux sa belle-mère quand James avait pris pendant plusieurs jours Gabriel à l'écart. Ils avaient eu peu de temps pour eux et ce dernier persistait à vouloir qu'ils se marient ici avant de partir pour la France. Mais comment pouvait-elle entrer de nouveau dans cette église qui avait contenu quelques jours auparavant le corps sans vie de son beau-frère ?

    Cela faisait déjà deux semaines qu'ils étaient à Lowache et Pocahontas n'osait pas parler de ce sujet avec Gabriel. Il semblait vouloir à tout prix oublier ce qui c'était passé à Edimbourg et elle avait peur qu'à force de refouler il explose. Pour la première fois depuis des semaines, elle avait fait dormir Kisos dans sa chambre avec Charlotte. Comme tous les soirs, elle attendait que Gabriel revienne de sa réunion avec son père. Elle brossait ses long cheveux lorsqu'il arriva enfin dans la chambre. Les cernes sous ses yeux inquiétait la jeune femme qui lui offrit un regard désolé.

    - Tu veux bien finir de me les brosser, demandait-elle de sa voix chantante, j'aime quand tu passes tes mains dedans.

    Elle attendit qu'il s'installe derrière et l'observa longuement. Finalement, lorsqu'il eut finis, elle se tourna vers lui et vint poser sa main sur sa joue avec douceur :

    - Dis-moi ce qui te hante.. Je vois bien que tu refuses de me parler mais je sais quand tu ne vas pas bien.. Dois-je te rappeler que tu es mon âme soeur Gabriel Walker ?


    immarcescible, Posté le lundi 14 mars 2022 14:52 Répondre

    Tout a été à une telle vitesse que Pocahontas ne comprenait pas tout. William gisait dans une mare de sang. Le poison faisait encore convulser son corps quand le corps sans vie de Héra glissait le long du mur. Les dernières de ses soeurs a avoir cru l'horrible personnage qu'était la rouquine étaient toutes aussi mortes. Trop de morts autour d'elle. Expirant lentement, la jeune femme dissimulait son visage un instant contre le buste de son amant qui était toujours vivant. Même si elle sentait la tension dans ses nerfs qui le faisait trembler, elle le savait vivant et c'était le plus important. Silencieuse, elle remercia d'un hochement de tête son frère sans oser reposer ses prunelles sur le corps de son beau-frère. Elle n'osait imaginer la douleur et la violence que devait ressentir Gabriel.

    Vite ils rentrèrent au château. Toujours plongée dans son mutisme silencieux, elle conduisit en vitesse l'écossais dans la cuisine pour préparer le fameux antidote contre le poison. Elle devait se concentrer mais c'était difficile avec ses mains qui tremblaient. Entre temps, Anya avait surgit dans la cuisine et se jetait au cou de Gabriel en demandant des nouvelles des garçons, leurs sauveurs :

    - Ils sont partis il y a une heure à votre recherche. Qu'est-ce qui c'est passé ? Racontez-moi tout.

    Pocahontas laissa Gabriel évoquer tout ce qui c'était passé. Elle écoutait d'une oreille distraite préférant se concentrer sur son ouvrage jusqu'à ce qu'il soit enfin finit. Lorsque ce fut fait, elle lui tendis le verre d'où se dégageait un liquide brunâtre peu appétissant mais pleine de source de vie. Avec douceur, elle caressa la nuque de son bien aimé et embrassa le sommet de son crâne comme pour le rassurer. Elle sentait bien son regard sur elle mais Pocahontas était incapable de parler de ce qu'elle ressentait à cet instant présent. Tout ce qui l'importait, c'était la santé des êtres qu'elle aimait :

    - Kisos du futur va bien. Il dort, tentait de la rassurer Anya, petit Kisos et Charlie l'ont veillés. Ils ont tout un tas de questions très particulière à lui poser pour quand il se réveillera mais ils dorment. J'ai autorisé à ce que Kisos dorme dans votre chambre. J'espère que cela ne vous ennuie pas ?

    Encore une fois, l'amérindienne secoua négativement la tête. Bien sûr que non cela ne la dérangeait pas. Il s'agissait de leur enfant et après la folle soirée qu'ils avaient eu, elle n'avait qu'un désir, se blottir contre lui et le couvrir de douces caresses et autres baisers. Enfin, elle relevait ses prunelles d'un noir intense sur Gabriel et en voyant sa mine défaite elle eut envie de pleurer. Dire qu'elle avait presque faillit le perdre de nouveau ce soir. Posant une main sur ses yeux, pour les dissimuler, elle laissa Anya les quitter pour leur laisser un peu plus d'intimité. Quelques larmes coulaient sur ses joues alors qu'elle mordait sa lèvre inférieure :

    - Mais quand est-ce que tout ceci s'arrêtera Isha ? Pourquoi le monde veut-il à tout prix notre destruction ? Mon dieu.. William est mort.. Ton frère.. Qu'est-ce qui c'est passé pour qu'on en arrive là.. Qu'il nous haïsse à ce point..

    Elle respirait plus fort, cherchant de l'air à emmagasiner dans ses poumons. Oh que oui elle était au bout du rouleau après cette fameuse soirée. Après tout, elle avait été humiliée par William, avait du opérer son fils âgé qui les avaient sauvé d'une mort certaine et ensuite affronter ses soeurs avec des révélations toutes plus choquantes les une que les autres. Elle s'était sentie soulever et poser sur les cuisses de Gabriel alors qu'elle pleurait encore en murmurant d'une voix déchirée :

    - Je suis tellement désolée Isha.. Tellement désolée que tu n'aies pas pu sauver ton frère..

    Caressant ses boucles brunes, elle enfouissait son nez dans sa crinière en inspirant son parfum si particulier. Elle sentait les tremblements de son corps et de ceux de Gabriel se calmer. L'antidote faisait son effet, elle devrait lui redonner une autre dose demain matin. Embrassant le sommet de son crâne, elle reprenait :

    - Que vas-tu dire à tes parents ? La vérité ?


    immarcescible, Posté le jeudi 10 mars 2022 15:15 Répondre

    Il y avait peu d'endroit où ses soeurs auraient pu se réunir en grand nombre sans éveiller les soupçons. Pocahontas se rendit dans la fameuse maison de ville protégée par une cour intérieur. Il s'agissait en vérité d'un hôtel particulier où plusieurs galeries souterraines se confondaient. La nuit était dépourvue de lune aussi, la jeune femme, devait avancer dans un noir complet. Heureusement, quelques lampadaires avaient été installé et dieu merci l'électricité qui commençait à arriver en ville. Entrant par une petite porte dérobée, l'amérindienne retrouva aisément les lieux dans lesquels elle avait vécu pendant un an. C'était une émotion étrange et violente qui l'assaillait de revoir ces murs et ces fresques en sachant ce qui s'était passé la dernière fois. Elle souffrait encore parfois de certaines cicatrices même si elle n'en n'avait pas parlé à Gabriel. D'ailleurs, en l'imaginant subir les nombreuses tortures qu'elles pourraient lu infliger lui donna mal au ventre. Vite, elle devait le retrouver.

    “ - Reste sage.. J’ai envie de tuer ta douce avant de m’attaquer à toi.”

    Pocahontas touchait le but. Dans le recoin du mur, elle entendait Héra. Son sang se glaça. Ainsi, elle n'aurait pas du lui faire confiance. Elle était bel et bien l'intigatrice de cette nouvelle vendetta. La brune évalua le nombre de personnes présente et les possibilités de sortie. Elle ne voyait pas Gabriel, juste William qui gémissait au sol. Il avait tous les symptômes du poison préféré de Héra. Il s'agissait de Cantarella, un poison finement préparé par ses soins avec de l'arsenic et du phosphore. L'arme mortel mais auquel il existait un antidote. Mais ça, Pocahontas ne l'avait confié à personne. La sulfureuse rouquine s'approchait trop de Gabriel et s'apprêtait à lui donner l'odieux breuvage suite à son impatience.

    - Lâche-le tout de suite Héra !

    Cela eut don de surprendre tout le monde. Pocahontas sortait de sa cachette et abaissa la capuche qui couvrait son visage. Le peu des soeurs restées étaient de vraies fanatiques sectaires et cela rassura quelque peu la jeune femme qui n'aurait pas aimé tué certaines de ses anciennes soeurs.

    - C'est entre toi et moi. C'est moi qui ai mal agis. Il en va donc de me punir. Laisse les partir.
    - Ahahah ! Parce que tu crois sincèrement que ça fonctionne comme ça petite indienne ?

    La rousse jouait avec la fiole contenant le poison. Lentement, Pocahontas suivait ses pas tout en se rapprochant de Gabriel jusqu'à enfin pouvoir le toucher. S'agenouillant devant lui, elle retira son bâillon et le bandeau de ses yeux. Palpant son corps en entier elle voulait s'assurer qu'il n'avait aucune égratignure si ce n'est les quelques bleus qui commençaient à apparaître. Elle s'en voulait tellement. Tout ça était de sa faute.

    - Ils ne sont pour rien dans nos histoires. Je resterais si tu le désires mais tu dois les laisser partir.

    C'était un ordre sur lequel la jeune femme n'allait pas revenir. Se levant rapidement pour que Gabriel ne cherche pas à la faire changer d'avis elle s'approcha plus fermement de Héra qui ne bougeait pas. Au milieu de la pièce sous les regards amusés des autres soeurs, l'amérindienne tendit sa main comme pour conclure un marché. Mais la rousse avait de tout autres désirs :

    - Ma pauvre petite Pocahontas.. Tu n'as rien compris en fait. Tu es une traîtresse parce que tu as été manipulée par ces hommes. Regarde, ils s'entretuent entre eux. Incapables d'accepter que nous sommes plus puissantes qu'eux et que nous contrôlerons bientôt le monde. Tant d'hommes méritent encore de subir ta puissance et ton courroux. Je te pardonne si tu nous rejoins. Le frère n'a plus beaucoup de temps à vivre.. Au petit matin il sera mort. Il ne te reste plus que l'homme qui t'as volé à ta famille Pocahontas.

    Héra essayait d'entrer de nouveau dans la tête de la jeune amérindienne. Mais elle ne se doutait pas que son esprit était plus fort et qu'elle était liée à un serment auprès de Gabriel. Personne ne pouvait se douter ou comprendre ce lien qui existait entre eux. Sortant son arme de sa ceinture, l'amérindienne pointa le canon vers elle-même sous le regard apeuré de son ennemie :

    - Que fais-tu !? Non !
    - Ainsi c'est moi que tu désires n'est-ce pas ?
    - Pocahontas pose cette arme maintenant !
    - Tu ne sais pas ce que c'est d'aimé et d'avoir une famille Héra. Tu n'as pas compris ce que c'était de se battre pour quelque chose de noble sans avoir à corrompre son âme. Si il faut que je me sacrifie pour sauver la vie de ma famille je le ferais. Donc laisse les partir ou je tire.
    - Je sais ce que c'est d'avoir une famille.. Je l'aurais su un jour mais tu as tout détruit !

    Pocahontas se concentrait pour ne pas bêtement appuyer sur la détente. Mais c'était difficile en entendant les gémissements de Gabriel derrière elle. Inspirant profondément, elle cru que son ennemie cédait mais c'était tout autre. Après lui avoir donné un coup dans la cheville, Héra réussit à jeter l'arme sur le sol. Désarçonnée, Pocahontas réagis aussitôt et débuta un combat féroce entre les deux. Des coups et des violentes écorchures d'ongles ou encore de poignard que la rousse donna dans le bras de son adversaire. Mais l'amérindienne avait passé sa jeunesse à s'entraîner à de telles moments, aussi, profitant de l'inattention d'un instant de Héra elle pu se jeter sur elle et planter le couteau sur le coin de sa gorge. Elle allait frapper mais Héra hurla :

    - Je suis enceinte ! Je suis enceinte de Gabriel ! Je porte son enfant ! Vie sauve !

    C'était la fin du combat et la résilience pour la jeune femme qui avait bafoué la règle principale de la sororité. Ne jamais avoir de rapport sexuel avec l'homme que l'on est censé tué. Non seulement elle avait désobéi mais elle plus elle avait demandé la vie sauve à Pocahontas. Dépassée, la brune lâcha son poignard les yeux voilés de larmes. Ses soeurs s'approchaient de Héra qui pleurait et demandait pardon mais toutes les autres voulaient exercer comme il se doit la punition nécessaire. Prise d'un affreux dilemme, Pocahontas était désormais considérée comme la leader du groupe et devait décider de la mort ou non de son ennemie. Toutes s'agenouillaient devant la brune qui tremblait des mains. Son regard meurtri se posa sur Gabriel que l'une de ses soeurs venait de détacher. Elle était perdue et blessée de savoir que son ennemie portait l'enfant de son amour.


    immarcescible, Posté le mercredi 09 mars 2022 20:37 Répondre

    Tout a été si vite que Pocahontas ne compris rien de ce qui venait de se passer. Le bruit assourdissant de l'arme la poussa à se jeter sur Kisos et Charlotte et fermer les yeux comme pour espérer avoir des pouvoirs d'invisibilité. Or, le bruit d'un corps sur le sol lui fit craindre que Gabriel soit touché. Il n'en n'était rien. Debout devant eux il semblait tout aussi choqué qu'elle. En regardant de plus près le sauveur elle reconnut les traits fins de leur fils qu'elle avait vu des années auparavant. Un cri d'épouvante s'échappa de ses lèvres quand elle s'accroupissait devant lui en posant ses mains sur les plaies qu'il avait sur thorax :

    - Kisos ! Kisos ! Bon sang ! Non ! hurlait-elle en cherchant comment compresser la plaie.

    Elle hurla à Anya de prendre les enfants avec elle quand Nashoba et Garrett se jetaient sur un William qui n'avait été touché qu'à l'épaule. Kisos du futur était gravement touché mais il semblait rassuré, certains que sa mère et son père le sauverait. Ou tout simplement qu'il allait avoir la vie qu'il avait toujours souhaité. D'un ton sec et paniqué la jeune amérindienne ordonnait aux bonnes d'apporter les chiffons les plus propres ainsi que sa manette dans la chambre. Impossible de bouger le colosse de suite, ils durent attendre que Garrett et Nashoba reviennent afin qu'il le dépose sur la table.

    Entre temps, Pocahontas avait lavé ses mains et déchiré la chemise de son fils pour inspecter au mieux ses plaies. Voilà bien longtemps qu'elle n'avait pas opéré et elle maudit William d'avoir fait une telle chose. Elle aurait bien eu besoin de ses conseils et de son savoir avisé. Mais elle sauverait Kisos, c'était une certitude. Après avoir inspecté ses blessures et soulevé la compresse elle comprit qu'elle devait récupérer la balle qui n'avait pas traversé son corps, ce qui était une bonne chose mais il faudrait aussi réparer les dégâts interne et maintenir le jeune homme en place. Se penchant sur son fils elle caressa sa joue en murmurant avec douceur :

    - Tu restes avec moi Kisos tu m'entends ? Je t'interdis formellement de me quitter maintenant. C'est clair ? Interdiction.
    - Encore à.. à vouloir m'int.. Ouch.. M'interdire des choses Ma', dit-il en riant.

    Il souffrait et il n'y avait rien de pire pour la jeune femme que de voir la chair de sa chair souffrir de la sorte. Les mains tremblantes, elle se tourna vers Gabriel et chercha son regard pour avoir sa confiance et toute sa force :

    - Je vais avoir besoin de toi mon amour.. Il va falloir le maintenir pour ne pas qu'il bouge.. Du whisky pour l'endormir peut-être sinon j'ai ma sauge dans mon sac pour lui faire une inhalation.. Tu.. Tu me fais confiance ?

    C'était nécessaire pour elle d'avoir sa confiance. La vie de leur fils tenait dans ses mains et le peu de connaissance qu'elle avait. Mais un nouveau cri de douleur de Kisos et son corps se tortillant ne lui laissa pas la chance d'attendre la réponse de Gabriel. Grimpée sur une chaise, elle demanda à son frère et Garrett de tenir le jeune homme et attaqua la réception de la balle plongée dans son thorax. La deuxième se trouvait sur son flanc, cela ne craignait pas autant que la première. La crainte de Pocahontas était qu'elle ai touché ses poumons.

    Pendant qu'elle travaillait William gémissait lui aussi de douleur. Son épaule était bien atteinte et il gigotait alors attaché au radiateur de la cuisine. Les gardes d'Anya veillait sur le prisonnier mais l'une des soeurs de la confrérie de Pocahontas survint avec discrétion. Elle proposa un verre aux gardes qui burent sans savoir qu'un poison était le liquide étrange. Elle aida donc William à s'enfuir et l'entraîna vers les lieux où elles logeaient. Il deviendrait le nouvel instrument pour détruire les Walker désormais.

    Avec concentration et instinct, Pocahontas réussit au bout de deux heures à retirer la balle et les morceaux incrustés dans la chair de Kisos. Il dormait, complètement enivré par le whisky et l'étrange éther qu'elle avait trouvé en pharmacie. La jeune femme finissait de recoudre le flanc de son fils et sentie ses larmes couler sur ses joues. Il avait parlé de ses anciennes soeurs. Ainsi, elles savaient qu'ils étaient ici. Voilà pourquoi on les avaient attaqués. C'était elle la fautive. L'idée de s'enfuir de nouveau lui vint et encore plus lorsqu'elle entendit Nashoba et Garrett parler près d'elle après avoir constaté la fuite de William et la mort des gardes. Elle n'avait aucune idée d'où se trouvait Gabriel mais elle avait besoin de lui. Elle craignait de refaire une bêtise. La vision de Kisos sur cette table lui rappela l'horrible image de son fiancé à l'agonie et elle ne pu retenir ses larmes.

    - Nashoba... Où.. Où est Gabriel.. Je t'en prie.. Dis moi où il est.. Je dois le voir et vite.
    - On ne sait pas. Il a disparu il y a une heure mais on va le trouver je te le promets.


    immarcescible, Posté le mercredi 09 mars 2022 13:20 Répondre

    Pocahontas avait littéralement fuit le salon en courant. Heureusement car elle aurait été capable d'étriper William en le voyant lever la main sur son fils. Agenouillée dans le petit jardin intérieur du château, elle cherchait en elle la force et le courage de pouvoir affronter le regard odieux du frère de Gabriel. Si pendant un temps elle avait cru pouvoir nouer une relation avec lui, il lui semblait que tout était désormais terminée entre lui et elle. Et ça la désolait d'autant plus que Gabriel s'était bien rapproché de lui quand même. Essuyant du revers de la main une larme qui coulait sur sa joue elle entendit les garçons venir près d'elle.

    Mais que d'histoires à lui raconter en si peu de temps et le nez tuméfié de son amant. Sans inquiètude, elle retira la ceinture de soie autour de sa taille pour venir presser la plaie qui saignait toujours quand elle faisait les gros yeux à Kisos:

    - Plus jamais tu dois frapper ou te battre Kisos. Se battre est mal, compris ?
    - Mais Ma' il t'avait insulté ! Je ne laisserais jamais personne s'en prendre à toi ou aux personnes que j'aime.

    La jeune femme était émue mais elle connaissait le caractère sanguin de Gabriel et le sien qui coulait dans les veines de leur fils. Elle voulait à tout prix diminuer son envie de justice et de violence facile. Embrassant le visage de Kisos de plusieurs baisers elle lui ordonna tendrement de rentrer au chaud et qu'ils allaient le rejoindre. Une fois qu'il fut rentré, elle se tourna vers Gabriel en mordant sa lèvre inférieure. Caressant ses joues et vérifiant que son nez allait mieux, elle retint un nouveau sanglot :

    - Bon sang.. Mais regarde ce qui se passe à cause de moi.. Tu avais promis de ne plus te battre Isha. On aurait jamais du revenir ici. Partons dès demain matin s'il te plaît.

    Alors quelle enfouissait son visage contre le buste de son amant, elle se retenait de lui avouer qu'elle avait tout simplement peur. Le sentiment d'avoir été vue, d'être suivie et de m'être en danger toute leur famille et leurs amis. Nashoba arrivait dans le petit carré de jardin et demandait comment ils allaient. Très vite, elle se releva donc et d'un hochement de tête lui assura tout allait bien et qu'ils arrivaient. Délicatement, elle reboutonna convenablement le veston de Gabriel et le regarda désolé avant de passer une mèche de cheveux derrière son oreille :

    - Un jour je t'ai dis que je te causais beaucoup de soucis, tu te souviens ? Tu crois que ça en vaut encore la peine ?

    A peine avait-elle posé la question qu'Anya surgissait. Elle raconta folle de joie et de passion comment elle avait assommé William et chassé de chez elle. Une lueur dans son regard s'était allumé, un feu passionné qui faisait doucement sourire Pocahontas puisque c'était le même que celui de son alter-ego. Il semblerait que la Duchesse se soit peut-être enfin réveillée. L'amérindienne suivie son amie jusqu'à table où tout le monde attendait patiemment. C'était tout en ordre, comme si il n'y avait jamais eu d'incident. Assise à côté de Gabriel, Pocahontas ne pu s'empêcher de prendre discrètement sous la table, sa main dans la sienne. Elle cherchait son contact, comme pour s'assurer qu'il était toujours là et serra donc sa main dans la sienne.

    Lors du repas, Kisos annonça qu'il épouserait Charlie lorsqu'ils seraient tous les deux grands et qu'ils auraient un travail. Garrett sembla surpris qu'il évoque le possible travail de sa fille et c'est qu'ils apprirent qu'ils voulaient devenir tous les deux médecins. Cela faisait tendrement sourire Pocahontas lorsque le petit garçon dit :

    - Ma grand-mère Aponi m'a appris tout ce qu'il faut savoir sur le corps des hommes et des femmes. Je pourrais aider tout le monde et comme ça plus personne ne sera malade.
    - Et si tu ne peux pas devenir médecin, répliquait amusé Nashoba, qu'aimerais-tu faire ?
    - C'est très simple.. Je serais un guerrier comme Duda et j'irais reconquérir nos terres.


    immarcescible, Posté le mardi 08 mars 2022 22:59 Répondre

    C'est une Pocahontas comblée, sensuelle et cotonneuse qui se blottie contre son fiancée. Les yeux clos, elle ne peut s'empêcher de doucement rire lorsqu'elle l'entends évoquer ce monstrueux maillot de bain. Ce qu'elle resterait bien ici près de lui à succomber de nouveau à ses caresses si douce. En se redressant sur un coude, elle vint déposer de tendre baisers sur l'épaule de son amant qu'elle avait griffait si ardemment. Son dos et ses hanches étaient composées de nombreuses griffures de la jeune femme ce qui la faisait rougir. Le souvenir encore puissant de leur moment éveillé à d'autres désirs qui resteraient frustrés. En effet, comme toujours lorsque le deuxième round se faisait pressant, Kisos arrivait toujours pour les stopper dans leur élan.

    Après avoir une jolie petit robe pour la soirée et s'être rapidement lavée, Pocahontas tressait les cheveux de leur fils qui parlait du sujet de la culotte sous le kilt. Quand Gabriel riait, la jeune femme mordait sa lèvre pour ne pas rire à son tour. Elle craignait que cela vexe leur petit garçon qui était si adorable. Une fois sa tresse terminée, elle le retourna face à elle et caressa ses joues à genoux devant lui :

    - Tu es le beau des petits garçons Kisos Walker. Ton coeur est brave et fort. Charlie a beaucoup de chance tu sais.. Et concernant la culotte, tu as très bien fait. Duda aime juste avoir froid aux fesses.

    Cela fit rire le petit garçon qui portait sa main devant sa bouche pour le dissimuler. Mais, tout aussi taquin que ses parents, il ne pu s'empêcher de répliquer :

    - Comme dirait Chevalier il devrait te demander à ce que tu lui prêtes le feu de ton cul Ma'.
    - Kisos ! hurlait choquée Pocahontas en faisant les gros yeux.

    Le petit garçon s'enfuyait en courant, son bouquet de fleurs à la main. La jeune femme se redressait toujours aussi outrée et encore plus en colère contre ce Chevalier dont le vocabulaire l'excécrait. Les mains sur les hanches, Gabriel devait bien vite comprendre qu'elle allait mettre les points sur les "i" avec ce bonhomme à leur prochain retour chez eux. Pour l'occasion donc, elle avait mit une jolie petite robe en coton léger blanche accompagnée d'une jolie ceinture rose pâle. Ses cheveux étaient remontés un joli chignon comme le voulait la mode de l'époque mais elle mit quelques fleurs de jasmin dans sa crinière. Elle finissait de boutonner le haut de sa robe quand elle vit son fiancé s'avancer vers elle :

    - Tu trouves que j'ai "chaud au cul" comme dirait ton nouveau grand ami ?

    Mais la cloche du majordome sonnait déjà ce qui la fit lever les yeux au ciel. Tous ces chichis pour si peu. Pocahontas était une princesse mais elle trouvait que toutes les cérémonies concernant les repas dans le monde occidental étaient vraiment de trop par moment. Alors qu'ils arrivaient dans la salle de réception, ils eurent la surprise de voir Nashoba et William. La jeune femme resta en suspend un instant en voyant son frère si beau et richement vêtu dans son costume qui lui, venait à elle en courant pour l'enlacer, visiblement heureux de la voir. Elle ne s'attendait pas à cela.

    - Bon sang.. Matoaka.. Bon sang.. Tu es là..
    - Nashoba..

    Pocahontas ne pouvait retenir une larme de joie et de surprise. Le frère et la soeur se retrouvaient et s'enlaçaient sous les regards attendris de toute l'assistance. Kisos souriait si fier en tenant la main de sa petite fiancée quand William restait en retrait. Il semblait en colère contre sa future belle-soeur et lui fit comprendre lorsqu'elle fut attablée face à lui peu de temps après.

    - Ainsi donc tu as rejoins une secte Pocahontas ? Un groupe d'hystérique ?
    - Ce sont des féministes.. Non pas des hystériques. Elles sont tout à fait saine d'esprit.
    - Oh pardon. J'oubliais que le principe d'une secte était bel et bien de laver le cerveau des gens. Ainsi tu es guérie désormais où tu comptes assassiner tous les hommes de la pièce.

    Le silence gênant environnant de la pièce plombait toute l'ambiance de la soirée. L'amérindienne défiait du regard son beau-frère avec qui cela avait toujours été compliqué. Que cherchait-il à faire alors que les enfants étaient là et que tous passaient un bon moment. Pocahontas sentait que Gabriel allait intervenir aussi elle posa sa main sur la sienne pour répliquer de nouveau mais William fut plus rapide qu'elle :

    - Vois-tu.. Je ne crois pas en ta petite rédemption Pocahontas. Tu as eu le culot d'abandonner ta famille. Alors je ne sais pas ce que tu cherches, si c'est l'argent on peut t'en donner mais tu devrais avoir de revenir si c'est pour retourner auprès de tes amies aux idées révolutionnaire. Nous n'en voulons pas ici, nulle part même. Je sais ce que vous faites dans vos réunions.. Sauvage.. Tu as toujours été une sauvage et tu le sera toujours. Mon frère est peut-être crédule parce que tu la charmé sorcière mais moi tu ne m'auras pas. J'ai vu clair dans ton jeu depuis le début.
    - William voyons, s'insurgeait Anya ce qui était étonnant, ce n'est ni le lieu ni le moment pour de tels propos. Pocahontas est mon invitée et mon amie. Je te prierais de la respecter comme il se doit.
    - Veuillez m'excuser mais.. mais je ne me sens pas très bien.

    En effet, la tablée l'étouffait. Pocahontas offrit un léger sourire contrit à Gabriel comme pour lui assurer que ça irait et préféra s'éclipser. Mais c'était trop tard. William avait versé son venin et il avait contaminé toute l'assurance de l'amérindienne qui cherchait encore à tourner la page. Kisos se leva aussitôt et vint donner un coup dans le bras de son oncle qui cria de surprise :

    - T'es moche. Pas étonnant que personne ne t'aime.


    immarcescible, Posté le mardi 08 mars 2022 19:18 Répondre

    Comme quoi, Pocahontas avait eu raison. Les vêtements étaient bel et bien une muraille entre la sensualité et la morale. Mais elle ne se plaignait pas. Son fiancé savait toujours parfaitement comme la combler. Comment l’amener là où elle même n’avait aucune idée d’aller. Bon sang, ce qu’elle aimait qu’il prenne possession de son corps de la sorte, qu’il la désire et qu’il la désire autant. Elle se sentait si forte, si puissante contre sa bouche et sa langue impitoyable. Ses doigts agrippaient fermement ses cheveux, les tiraient alors qu’elle se cambrait, la tête renversée en arrière.

    - Isha.. Oh.. Attends.. On.. Le.. Le diner.. Oh mon dieu.. Isha…

    Oui, ils étaient attendus mais plus il s’impliquait et plus elle l’abandonnait la simple idée de retrouver les autres. Pourquoi alors qu’elle succombait de plus en plus à ses caresses si divines. Le souffle court, elle sentit la chaleur puissante de son bas ventre s’accumuler et jusqu’à arriver au sommet du paroxysme. Tremblante, elle laissa un cri incapable à retenir résonner dans la pièce de leur chambre. Son sourire éblouissait son visage alors qu’elle relâchait doucement la crinière de son amant.

    Ses yeux d’un noir intense flambaient. Elle attendit que Gabriel soit de nouveau debout pour retirer sans ménagement sa chemise qui rejoignait le sol suivit de près par la ceinture de son pantalon. Le poussant sans ménagement sur le lit, elle embrassait ses lippes ardemment quand ses doigts cherchaient à défaire les boutons de son pantalon :

    - On va devoir faire vite Monsieur Walker.. Je crains fort que nous soyons en retard et je n’accepterais pas de vous laisser partir sans avoir reçu votre médicament..

    Sa moue taquine était revenue et ça faisait du bien de pouvoir être de nouveau aussi légère et spontanée. Une fois qu’elle eut réussit à baisser son pantalon, elle s’amusa à caresser son membre de haut en bas assez vivement. Montant à califourchon sur lui, elle agrippait de sa main libre sa crinière en plaquant ses lèvres de nouveau contre les siennes. Un baiser ardent, sauvage, empli de désir. Lorsqu’elle n’eut plus de souffle, elle mordilla sa mâchoire jusqu’à son oreille et murmura gémissante :

    - Prends moi Isha.. Baise-moi..

    C’était osé mais dans l’urgence du désir et le souvenir de la conversation qu’elle eut avec Anya elle sut qu’elle aussi devait peut-être innover. C’était cru et nouveau pour la jeune femme mais elle voulait surprendre Gabriel. Peut-être lui aussi pouvait s’ennuyer avec elle après tout.


    immarcescible, Posté le mardi 08 mars 2022 10:07 Répondre

    https://ekladata.com/UL340QJIREunbfagtcF55jOnWLk@537x282.jpg (maillot de bain en question u.u"...)


    immarcescible, Posté le mardi 08 mars 2022 10:07 Répondre

    Pocahontas n'aurait pas pu souhaiter mieux. Blottie dans les bras de son amie, elle savourait la chaleur de ces retrouvailles malgré qu'elle s'inquiète énormément pour ses joues creuses et ses hanches trop fine. Posant ses mains sur ses joues elle la suivit après l'avoir longuement remercié de son amitié et de son accueil. Dans le jardin où elles s'installaient elle vit au loin Jasmine et Pasha venir saluer Gabriel. Kisos riait en se faisant transporter dans les bras de l'adolescent quand la blonde Jasmine tenait Charlie. Tout le monde avait trouvé un mentor et cela faisait doucement sourire l'amérindienne. Mais en reposant ses prunelles sur celle de son amie elle se sentit mal.

    Ainsi, Garrett avait changé suite à la rencontre avec l'autre Anya ? Elle avait bien sentie qu'il avait été bouleversé d'une telle rencontre et elle maudissait un peu Aponi de ne pas avoir donné des herbes au Duc. Mais maintenant que les choses étaient faites, elle devait la vérité à son amie. Alors, elle lui parla des doubles. Heureusement, la brune connaissait le principe des voyages dans le temps puisqu'elles avaient déjà évoqué le sujet des années auparavant. Mais il s'agissait d'aborder quelque chose de bien plus important qui risquerait peut-être d'influencer le couple Hedlund de ce siècle.

    - Il ne t'as pas trompé avec ce sosie Anya.. Je pense qu'il a juste été troublé par cette autre toi qui n'est clairement pas toi. Disons qu'ils vivent dans un monde où les femmes ont plus de pouvoirs, où elles sont moins asservies par les hommes et cette Anya là n'a pas fait de cadeau à Garrett crois-moi.

    Mais la Duchesse ne semblait pas comprendre. En quoi la rencontre avec cette autre elle avait-elle autant bouleversé son époux. Avec douceur, Pocahontas pris la main de son amie dans la sienne et lui offrit un doux sourire contrit :

    - Peut-être souhaite-t-il que tu te débarrasses de toutes les chaînes de la société ? Peut-être qu'il voudrait que tu t'émancipes un peu et que.. et que tu fasses des choix pour toi parce que tu le désires vraiment ? Mais.. Mais je ne suis pas là.. Tu dois en parler avec lui tu sais..

    La jeune femme était rassurée de savoir qu'il ne l'avait pas trompée. Mais un horrible doute s'insinuait malgré tout en elle. Garrett désirait une autre elle et ça c'était pire car comment rivaliser avec soi-même ? Charlie et Kisos arrivaient près d'elle en compagnie de Jasmine et Pasha. Ces deux derniers semblaient si heureux que cela toucha Pocahontas. La dernière fois qu'elle les avaient vu, ils étaient encore tels deux animaux sauvage à chercher leurs marques. A croire que l'affection des Hedlund et ce nouveau siècle leur avait sauvé la vie.

    - Pocahontas nous sommes heureux de te revoir. Tu as une jolie mine en tout cas.
    - Merci Pasha. J'ai hâte d'entendre vos toutes dernières péripétie.

    Kisos montait sur les genoux de sa mère et vint demander à Anya si il pouvait monter sa valise dans la chambre de Charlie. Cette dernière avait bien grandie et était très ravissante avec sa robe à volant rose pâle. Le petit garçon remercia humblement sa tante avant de se laisser entraîner par Charlie qui lui expliquait avoir rangé toutes les lettres et toutes les cartes de son amoureux dans une boîte bien cachée. Au loin, les garçons discutaient en fumant. Pocahontas eut envie de venir s'immiscer mais Anya avait d'autres projets comme préparer l'amérindienne à une séance shopping pour le Sud de la France.

    Pasha décida de rester avec les garçons quand Jasmine voulut les accompagner. C'est ainsi qu'elles se rendirent dans le centre ville d'Edimbourg où Pocahontas sentait son ventre se crisper de nouveau. Elle avait remonté sa capuche pour dissimuler son visage reconnaissable et suivait Anya la tête baissée dans toutes les boutiques qu'elle choisissait. Alors qu'elles étaient entrain d'essayer des maillots de bain de l'époque, l'amérindienne se sentie engoncée et totalement ridicule dans cet accoutrement pleins de froufrous et de tulles. Elle qui avait l'habitude de nager nue ne se voyait pas porter une telle chose :

    - Mais.. Pourquoi, demandait-elle en sortant de la cabine, pourquoi supportez ça alors qu'il est bien plus agréable de nager nue ?
    - Nager nue ? Mais.. Mais enfin Pocahontas.. Non ! Jamais. Ce n'est pas.. ce n'est pas convenable !

    Anya semblait choquée par la remarque de son amie qui en riait. Levant les yeux au ciel, elle s'approcha de la Duchesse et vint donc lui murmurer avec douceur :

    - Ma chérie.. Je crois que tu devrais te mettre nue un peu plus souvent devant Garrett. Je suis persuadée que son regard et son attention ne se détacheraient plus jamais de toi.
    - Tu.. Mais.. Vraiment ?

    La brune hochait positivement de la tête en riant doucement avant de payer le fameux maillot de bain abominable que la Duchesse voulait qu'elle achète. C'est rassurée qu'elles rentrèrent au manoir. Non seulement parce que personne ne reconnut Pocahontas et parce que Anya avait une petite idée en tête pour tenter de reconquérir son époux. En rentrant, elles apprirent que les garçons étaient sortis avant le repas. Cela laissait un peu de temps à l'amérindienne d'aller se reposer un peu dans la chambre. Elle en profita pour ranger un peu leurs affaires et réessayer le fameux maillot de bain. Se regardant dans la glace, elle se trouvait ridicule. Comment pourrait-elle porter une telle chose ?


    immarcescible, Posté le mardi 08 mars 2022 09:33 Répondre

    Tous les rayons de soleil ne réchaufferont jamais autant mon corps que tu le fais Isha.


    immarcescible, Posté le lundi 07 mars 2022 14:26 Répondre

    L'idée d'emmener les animaux n'était pas si mauvaise en soi mais Pocahontas craignait que l'apparition de ce loup dans des pays étrangers éveillent encore plus la curiosité des gens et pire leur envie de les agresser. Elle ne pouvait se voiler la face, si à Mallaig ils avaient été très bien reçus, la jeune femme savait pertinemment que le reste du monde n'était pas aussi tolérant. Aussi, elle s'approcha du loup et caressa son épais pelage avant d'embrasser son museau avec douceur :

    - Tu sais Kisos il y a des voyages qui ne sont pas bon pour tout le monde. Ton loup restera ici avec les filles.. Il faut bien que quelqu'un les protège pendant notre absence, non ?

    Le petit garçon trouvait l'idée logique même si sa moue triste lui donnait un air si adorable. Pocahontas ne céderait pas et proposait alors au petit garçon d'emmener Pedro et Loup jusqu'aux filles pendant que les garçons finissent leurs valises. Elle se vantait déjà d'avoir finie la sienne et ordonna à Gabriel de ne pas regarder dedans car elle y avait mis une petite surprise pour lui. En vérité, il s'agissait d'un corset et de bas très affriolants que Millie lui avait ramené de l'un de ses périples. Pocahontas connaissait le goût de son époux pour ce genre de tenue et elle en avait vu beaucoup à Edimbourg sans oser en acheter. Aussi, son amie s'était bien moquée d'elle quant elle récupéra le petit pochon avec cette lingerie d'un rouge flamboyant. Mais ça, c'était une petite surprise pour un moment spécial durant les vacances.

    Après avoir conduit les animaux chez les filles, elle fit ses au revoir en promettant d'envoyer régulièrement des cartes et de les prévenir de leur retour prochain. Mary était très soucieuse et avait préparé tout un tas de petits sandwichs et de shortbread pour le trajet. Pocahontas en mangea un, puis un deuxième sur la route avant de rentrer. Persuadée de ne pas être démasquée, elle en avait oublié la petite trainée de chocolat sur le coin de sa lèvre en rentrant :

    - Quoi ? Pourquoi me regardez-vous comme ça, demandait-elle aux garçons qui semblaient s'amuser à ses dépens, mais qu'est-ce qui vous fait autant rire ?

    En passant devant le miroir elle comprit vite et rougis d'inconfort. Voilà qu'elle avait été prise la main dans le sac. Heureusement que les garçons étaient bienveillant et adorable. Ils partirent donc peu de temps après et arrivèrent en début de soirée à Edimbourg. A mesure qu'ils approchaient du palais des Hedlund, elle sentait son estomac se nouer. Elle craignait le regard d'Anya qui avait toujours été son amie mais qu'elle n'avait pas revue depuis sa fuite. Tout se mélangeait dans son esprit quand Kisos criait et courait de joie à l'idée de retrouver sa dulcinée. Gabriel du sentir sa nervosité car elle serrait sa main dans la sienne :

    - Et si ils nous chassent Isha ? Et si Anya refuse de me parler ? Je ne veux pas que tu te fâches avec elle à cause de moi.. Ce ne serait pas juste pour toi et Kisos.. Je devrais aller à l'auberge et on se retrouvera plus tard..

    Mais tout l'angoissait dans cette ville en faite. Revenir ici c'était revenir sur les lieux de ses crimes et elle prenait bien conscience maintenant. Blême, elle avait du mal à avancer dans l'allée qui menait au château et se sentait prête à défaillir. S'arrêtant tout simplement, elle suppliait Gabriel de l'écouter :

    - C'était une mauvaise idée de venir ici.. Je n'aurais pas du vous suivre.. Une très mauvaise idée..


    immarcescible, Posté le dimanche 06 mars 2022 20:13 Répondre

    Finalement, Pocahontas passa toute sa matinée dans le jardin. A jardiner certes, mais aussi à méditer. Lorsqu'elle revint pour essuyer ses mains pleines de terres elle vit que les garçons étaient partis. Ainsi, Gabriel n'était toujours pas venu s'excuser du terrible affront de la nuit dernière. Prenant un carnet d'Aponi qu'elle n'avait pas encore lu elle retourna s'installer dans le petit jardin et lu ainsi toute la matinée. Ce fut une bonne odeur qui éveilla sa curiosité, ainsi que la faim c'est certain. Lentement, elle rentra dans la maison et trouva les garçons à cuisiner.

    La scène était à la fois touchante et drôle. Ses deux hommes préparant le repas tout en parlant de tout et de rien, du moins, surtout d'elle. Pocahontas ne pouvait s'empêcher d'esquisser un léger sourire. Bien entendu qu'elle n'était plus en colère contre Gabriel. C'était la peur qui l'avait fait parler aussi vivement. Et le voir s'occuper si bien de leur fils avait toujours ce don de l'émouvoir.

    Pourtant, lorsqu'ils se tournèrent, elle ravala aussitôt son sourire comme pour rappeler qu'elle boudait. Elle laissait son bel écossais venir à elle et l'entrainer à table. Ses yeux étaient toujours furieux mais la bonne odeur de nourriture et de chocolat tentaient d'amadouer son estomac qui criait famine :

    - Je meurs de faim, répondit-elle simplement.

    Alors, ils se mirent à manger le fameux repas inventé par les Walker. Pocahontas mangea avec un bon appétit, en même temps, elle n'avait pas eu à coeur de manger le matin même. Kisos en profita pour donner à sa mère le fameux bouquet de fleurs qu'il avait cueillit avec son père et précisa même :

    - Duda a dis qu'on devait prendre que les plus belles des fleurs, parce que tu étais la déesse des fleurs.
    - Mh.. Duda est bien flatteur aujourd'hui...

    Elle fronçait les sourcils en pinçant légèrement les lèvres sous le regard désolé de son fiancé. Bien sûr qu'il semblait désolé. C'est ce qui la poussa à lui offrir un léger sourire avant d'enfouir son nez dans le bouquet si richement et magnifiquement constitué :

    - ...il est magnifique en tout cas. Merci les garçons.

    Ils finirent de déjeuner et Pocahontas les aida. Kisos retournait dans sa chambre pour finir sa valise sous les recommandations de son père. Sa mère lui précisa alors de n'emporter que le strict nécessaire, ce qui n'allait pas ravir le petit garçon qui avait prévu plusieurs valises remplies de souvenirs pour Charlie. Alors qu'ils finissaient tous les deux de faire la vaisselle et de l'essuyer, l'amérindienne sentait bien le regard de Gabriel sur elle. Elle venait lever les yeux au ciel en soupirant, tout en rangeant les assiettes dans le placard :

    - Arrête de me regarder comme ça. Je suis encore en colère contre toi Isha..

    Au moins, elle se remettait à l'appeler Isha. Quand elle était en colère, elle l'appelait toujours par son prénom et son nom. C'était comme une sonnette d'alarme qui devait toujours rappeler au brun qu'il ne devait pas trop pousser à ce moment là. Fermant le placard, elle posa le torchon et vint s'asseoir sur le rebord du comptoir de la cuisine. Elle picorait encore un peu de gâteau au chocolat. Son unique péché avec Gabriel. Ses yeux se posèrent sur l'écossais et elle vint soupirer doucement l'air un peu plus inquiète que fâchée :

    - Tu imagines un peu ma peur en te voyant arriver dans cet état ? Jamais encore je ne t'avais vu saoul et je n'aime pas ça du tout Isha.. Promet moi que tu ne recommenceras pas. Sinon je ne te laisserais plus sortir avec Chevalier.


    immarcescible, Posté le dimanche 06 mars 2022 12:15 Répondre

    Une chose était certaine, plus jamais elle ne laisserait Gabriel entre les mains des garçons. Il y avait bien quelque chose qu'elle détestait le plus au monde c'était les hommes ivres. Le souvenir odieux de l'alcool ayant ravagé son peuple lui était encore trop frais pour qu'elle puisse être tolérante à ce sujet. Aussi, lorsqu'elle le vit s'affaler ainsi sur le sol et être incapable de se rendre au lit seul, cela la mit en colère. Dormir à côté d'un tonneau de vin non merci.

    Heureusement, Kisos vint la sauver d'une nuit absolument effroyable auprès de son époux aviné. Ils dormirent plus confortablement, blottis l'un contre l'autre devant la cheminée qu'elle avait relancé. Au petit matin, elle fut réveillée par le corps bouillant de Gabriel. Elle le reconnaîtrait entre mille. Mais l'odeur de vin qu'il dégageait lui soulevait l'estomac.

    - Non. Un ours aviné a pénétré la maison. Il faisait tellement de bruit que notre fils est venu me sauver.

    Oh oui, elle faisait la tête la petite amérindienne. Elle vint se lever pour ne pas rester près de Gabriel. S'assurant que Kisos dormait toujours elle le couvrit de tous les plaids les retirant du brun qui certainement ne devait rien comprendre. Pocahontas se dirigea directement vers la cuisine, elle se mit à préparer le petit déjeuner en faisant chauffer du thé et du pain qu'elle allait griller dans la poêle. Sortant la confiture de myrtilles faite par Mary, elle plongea son doigt dedans pour la goûter. Toujours aussi exquise. Elle sentit alors l'ours se lever et venir près d'elle. Posant le pot sur la table avec fermeté, elle l'ignora et sortit les tasses pour le thé. Kisos venait les rejoindre en baillant et vint tirer sur le bras de son père en frottant ses yeux :

    - J'ai prié pour que les araignées n'entrent pas dans ta bouche Duda mais je crois que les mouches sont peut-être venues.
    - Kisos vient te mettre à table. Ton lait est près.

    Pocahontas servait leur fils et tendait une tasse de tasse à Gabriel qui s'était installé à table. La jeune femme n'avait pas faim, elle laissa le pain aux garçons et préféra aller prendre son thé à l'extérieur à l'air libre. Le petit garçon riait doucement en expliquant alors à son père qu'il lui avait fait peur :

    - J'ai vraiment cru que tu étais un ours Duda. Tu faisais autant de bruit qu'un train qui rentre en gare ! Tu te souviens ? Comme à Edimbourg ! Et pourquoi tu disais que la terre est plate ? Ma' elle dit qu'elle est ronde. Elle a toujours raison Ma' n'est-ce pas ? Tu as mal à la tête Duda ? Pourquoi tu n'ouvres pas les yeux ? Tu as vu des nénés hier soir et Ma' t'as grondé ?

    Comme toujours, Kisos la curiosité parlait et parlait et parlait. Lorsque Pocahontas revint dans la cuisine, elle vit que le petit garçon posait sa main sur le poignet de son père en se moquant gentiment de lui. La jeune femme soupirait doucement et envoyait donc leur fils se préparer, ce qu'il fit surtout en voyant la mine sombre de sa mère. On venait de toquer à la porte et ce n'était clairement pas le moment. L'amérindienne vint ouvrir et vit Chevalier sur le perron en train de rire lorsqu'il vit la tête dans le gaz de son ami et collègue :

    - Parce que ça t'amuse peut-être, répliquait cinglante Pocahontas, parce que pousser un homme à boire jusqu'à ne plus marcher ça t'amuse Chevalier ? Je crois qu'il va falloir que je t'explique quelques petites choses petit homme de peu de vertus.

    Littéralement, Pocahontas l'incendiait. Kisos était revenu pour écouter et il se cachait derrière son père bouche bée. La jeune femme n'avait pas besoin de crier. Elle s'exprimait assez bien pour mettre à terre le blond qui perdait son sourire au fur et à mesure que les mots sortaient de la bouche de la jeune femme. Elle était vivante et sans filtre et interdisait totalement au blond de conduire une nouvelle fois Gabriel au bar la prochaine fois et qu'il devrait se trouver un pilier de comptoir autre part.

    - Si je ne peux même pas te faire confiance alors tu as tout perdu Chevalier. Maintenant pars de chez nous. Je ne veux plus te voir !

    Elle claqua la porte après avoir hurlé cette fois-ci en amérindien sur l'ami de son fiancé qui avait essayé d'en placer une pour s'expliquer. Mais il n'y avait rien à expliquer pour la jeune femme. En se retournant, elle vit que Kisos avait observé la scène et vu le regard noir qu'elle lança il s'éclipsa rapidement en laissant son père seul aux mains de sa mère. D'une voix plus douce mais froide, elle répliqua les mains sur les hanches.

    - Etant donné ton état je pense qu'il est mieux que nous partions demain. Je ne pense pas que je serais capable de gérer Monsieur l'Ours dans un train. Et non Gabriel Walker ne me fait pas ces yeux là. D'accord je t'ai laissé avec les garçons mais ce n'était pas une raison pour boire autant. Tu sais à quel point j'exècre ce genre de comportements. C'est ça qui a divisé et détruit mon peuple, votre eau de feu. Il aurait pu t'arriver n'importe quoi ! Tu aurais pu tomber de la falaise. Te faire piller et trucider !

    Voyant qu'il n'avait pas l'air de réagir, elle prit son châle et se rendit à l'extérieur accompagnée de son panier en osier. Dans le petit jardinet, elle se mit à s'occuper des plantes et des fleurs qui s'y trouvaient. Au moins, là, elle pouvait ruminer toute seule et oublier un peu avoir eu peur toute la soirée.


    immarcescible, Posté le samedi 05 mars 2022 19:40 Répondre

    Au moment même où Chevalier évoquait son amant et que les Walker s'observaient avec surprise, Philippe fit son entrée. Toujours aussi beau et si atypique, il rejoignit la tablée en souriant de satisfaction à ses vieux amis. En revoyant Pocahontas, il ne pu s'empêcher de la saluer, baiser ses mains et la contempler pour sa mine si radieuse. Toujours aussi grandiloquant et impertinent, il faisait rire la jeune femme qui levait les yeux au ciel quand ses mains étaient emprisonnées dans les siennes. Dire qu'il lui avait fait la cour des années plus tôt. Il raconta avoir était heureux d'apprendre qu'elle avait réapparu et il lui fit promettre de ne plus jamais disparaître de la sorte. En jetant un oeil à Gabriel, elle souriait doucement :

    - J'ai déjà promis à quelqu'un et crois-moi que pour rien au monde je ne romprais cette promesse.
    - Alors les amis c'est quelque chose qui se fête, déclamait Chevalier avant de crier à la serveuse, apportez-nous deux pichets de vin gourgandine ! Nous allons célébrer des fiançailles.

    Pocahontas rougissait en se blottissant contre Gabriel. Son bras la protégeait et elle posait avec douceur sa main sur son buste quand ses yeux les dévoraient du regard. Ce qu'il était beau ainsi, détendu, les boutons de sa chemise légèrement entrouvertes, son sourire si grand et ses yeux brillant d'un secret si ardent. Ô que oui elle ne le quitterait plus jamais. Elle ne se rendait pas compte mais elle le contemplait d'une manière quasi indécente qui fit rire les deux garçons face à eux :

    - Alors Walker.. Ne vois-tu pas qu'il faut nourrir la petite dame ? Elle est littéralement affamée.

    La jeune femme rougissait de plus belle et baissa vite les yeux. Prise sur le fait, il n'y avait rien de plus gênant mais déjà les garçons passaient à autre chose. Ils étaient de ceux qui savaient mettre une ambiance certaine dans une taverne et Kisos ne pu s'empêcher de danser et de chanter avec eux les atroces chansons paillardes qu'ils lui apprenait. Cela faisait rire le petit garçon quand sa mère faisait les gros yeux, surtout qu'elle ne comprenait pas toujours certaines tournures de phrase. Mais au vu des rires gras des autres convives, elle sut qu'il ne fallait peut-être pas savoir. Voyant que tous avaient bien bu et qu'il se faisait tard, elle se pencha sur Gabriel dont l'ivresse était légère.

    - Je vais rentrer coucher Kisos. Ne rentre pas tard mon amour..

    Même si elle le poussait à rester s'amuser elle vit bien qu'il voulait venir. Mais c'était sans compter l'acharnement du nouveau couple qui l'embrigada pour une nouvelle tournée générale. Sur le chemin du retour, Kisos chantait les fameuses chansons paillardes jusqu'à ce que Pocahontas lui fasse promettre de ne plus jamais les dire après ce soir. Il promit et alors qu'elle le bordait il lui demanda une histoire. Elle lui conta celle du corbeau qui avait donné son sang pour créer de l'encre. C'était une vieille légende amérindienne qui avait toujours fasciné le petit garçon. Avant il avait eu peur des corbeaux et maintenant, il les remerciaient à chaque fois qu'il les croisaient. Après un doux baiser et s'être assuré qu'il dormait, la jeune femme vint se changer. Elle attendait que Gabriel rentre en brossant ses cheveux mais il tardait. Après avoir bu un thé, elle alla se promener dans le jardin. Même si il faisait frais, elle portait le manteau de Gabriel dans lequel elle nageait littéralement et contempla le ciel pensive. Mais l'envie de danser lui vint et en fredonnant de vieilles mélodies amérindiennes, elle se mit à danser pour la lune pour la remercier de sa présence, de son réconfort et d'illuminer cette nuit particulièrement douce pour un mois d'avril.


    immarcescible, Posté le samedi 05 mars 2022 15:39 Répondre

    Pocahontas pleurait. Cela faisait maintenant presque deux ans qu'elle n'avait pas revu Aponi et la vision de sa grand-mère si douce la fit chavirer dans un dédale d'émotions spectaculaire. Elle avait mille et une chose à lui demander mais elle en était incapable. Elle passait les mains calleuses de la vieille femme contre sa joue et riait de joie en repensant à mille et un moment passé avec elle. C'était indéniable, sa famille lui manquait mais encore une fois, Aponi venait la sauver.

    - Non.. Ne change rien. Gabriel, Kisos et moi avons compris beaucoup de choses même si leur présence nous a déstabilisé. Je ne veux pas perdre ce que nous avons gagné ces derniers jours. Tu sais, ça nous rends plus fort à chaque fois.

    La vieille femme souriait, heureuse de voir que sa petite fille semblait avoir compris l'une des premières leçons qu'elle lui avait apprise enfant. Toujours se fier à ce que l'on vit et les signes qui nous accompagnent. Pocahontas avait mille et une chose à lui demander et le dit à Aponi mais elle secoua la tête avant d'embrasser le front de sa petite-fille :

    - Tu sais déjà ma petite fleur. Il te faut juste trouver le courage et le chemin nécessaire pour les découvrir.
    - Mais.. Aponi.. Attends, non ne pars pas tu me manque tellement..
    - Toi aussi tu nous manque mon enfant mais ainsi est fait la vie. Ton destin n'était pas parmi, il est tout autre Matoaka. Il est bien plus grandiose.
    - Père ? Est-ce que père m'en veut ?

    Aponi secouait la tête sans se défaire de son célèbre et tendre sourire. Elle la rassura en lui disant qu'ils vivaient un certain sursis ces derniers mois grâce à l'alliance avec les Sioux. Gabriel avait fait un travail d'orfèvre et la diplomatie économique de Pocahontas avait permis la survie des Powhatans. Même si la vieille femme savait pertinemment que c'était voué à l'échec elle ne pouvait s'empêcher de savourer ces derniers instants volés.

    - Je dois partir il est temps. Je veillerais toujours sur toi et mes petits guerriers. N'oublie pas d'où tu viens mon enfant.

    Pocahontas dut se résigner à ne pas suivre sa grand-mère jusqu'à la grotte dont elle ignorait encore la présence. Pour le moment, elle s'agenouilla sur le sol et se mit à prier les Esprits d'assurer un doux voyage à la vieille femme. Elle entra dans une telle médiation qu'elle en oublia le cours du temps. Installé derrière le grand pin, elle n'était pas visible de la maison. Ce fut Kisos qui la retrouva donc après avoir parcouru le village avec son père :

    - DUDA ! DUDA ! DUDA ! MA' EST LÀ ET ELLE PRIE !

    La jeune femme sursauta légèrement et offrit un léger sourire à son petit guerrier qu'elle attira contre elle. Mais le petit garçon avait vu les yeux rougis de sa mère et lorsqu'il porta ses petites mains sur les joues humide de sa maman il ne pu s'empêcher de demander avec inquiétude :

    - Tu pleurais en priant ? Pourquoi Ma' ? Tu es triste qu'ils soient partis sans dire au revoir ?
    - Il y a un peu ça mon chéri. Figure-toi que j'ai vu Aponi.. C'est elle qui les raccompagnés chez eux. La vie va pouvoir reprendre son cours.

    Lorsqu'enfin Gabriel arriva, l'air hagard et essoufflé elle lui donna un tendre sourire. Elle se sentie rapidement soulevée et pressée contre les deux hommes de sa vie, Kisos accrochée à sa jambe. Rapidement elle expliqua donc qu'Aponi était venue et qu'elle avait accompagné leurs "invités". Ils étaient désormais libre de pouvoir partir en vacances et enfin vivre tranquillement :

    - Et si ce soir nous allions diner à la taverne ?
    - Oh oui, répondait Kisos, d'après Chevalier il y a une dame qui danse les seins à l'air, ça doit être rigolo !


    immarcescible, Posté le samedi 05 mars 2022 09:35 Répondre

    Le projet de Gabriel ne pouvait que ravir la jeune amérindienne qui vint faire un tour sur elle-même. Face à son amant, elle passa ses mains dans la crinière brune et bouclée dont elle raffolait tant avant de grimper à califourchon sur ses cuisses. Elle lui donnait un baiser langoureux, sensuel et doux où sa langue se mêlait à la sienne l'appelant à de possibles douceurs. Mais, le souffle lui manqua, si bien qu'elle du cesser le baiser. Alors, elle ne pu s'empêcher de sourire une fois de plus avant de murmurer contre ses lippes :

    - J'aime quand tu es comme ça.. Aussi tranchant.. Je n'ai jamais osé te le dire mais.. mais quand je t'ai retrouvé au campement des Sioux je..

    Elle rougissait. Oui, oui, oui ses joues rougissaient comme celles d'une adolescente qui se trouve intimidée suite à ses désirs. Mordant sa lèvre et baissant les yeux, elle se mit à caresser la nuque de Gabriel avant de finalement avouer dans un souffle :

    - Tu as éveillé chez moi un désir si intense.. Mais j'étais tellement obligée de me maîtriser.. Je t'aurais sauté dessus sinon Isha.. Tu respirais tellement de confiance en toi.. Si beau avec ces peintures sur ton corps..

    Son souffle s'accélérait en effet en repensant à cela. Ses doigts caressaient son cou, ses épaules et enfin son buste. Pocahontas sentait ces délicieux picotements envahir son bas ventre et plus fermement elle mordit sa lèvre. Ils ne pouvaient pas s'adonner à des jeux aussi passionnés que d'habitude. Les murs étaient fins et le risque d'être entendus par leurs invités la gênait. Alors, elle secoua la tête et inspira profondément persuadée de pouvoir faire disparaître ce désir indécent de son esprit.

    - Ne mêle pas Héra à tout ça.. Même si elle semble honnête, moins elle en sait sur nous et mieux ce sera. Personne n'était au courant de notre capacité à voyager dans le temps et je ne veux pas que ça se sache. Elle pourrait très bien vendre cette information un jour. Et ça mettrais en danger toute notre famille.

    Vite, elle devait sortir du bain. La tension sexuelle entre les deux ne disparaissait pas et pourtant elle devait s'étouffer. A moins qu'ils ne se rendent dans les écuries. Pocahontas pensait à tout mais c'était complètement insensé. Pourquoi n'arrivait-elle jamais à se contrôler avec Gabriel ? S'enroulant dans un drap de bain, elle essora ses cheveux long et vint commencer à les démêler tout en assurant à son amant que dans deux jours la plaie de l'épaule d'Anya serait en parfait état mais que sa cheville demanderait un peu plus de temps. Néanmoins, ils pourraient repartir avant la fin de la semaine.

    - Pourquoi me regardes-tu comme ça ? Tu rêves mon amour ?

    Pocahontas souriait en voyant que Gabriel semblait être ailleurs. Cela l'amusait toujours. Avec douceur, elle abandonna son peigne un instant et se pencha sur ses lèvres pour l'embrasser tendrement :

    - Tu veux bien venir me peigner ? J'aime quand tu touches mes cheveux..

    C'est ainsi qu'elle le fit sortir du bain. Après l'avoir laissé s'essuyer et contempler son corps si puissant et immense elle ne pu s'empêcher d'inspirer profondément. Que lui arrivait-il ce soir bon sang ? Etais-ce parce qu'elle se contraignait à ne pas le toucher que ça en devenait de plus en plus torride et excitant ? Aucune idée. Elle gardait ses mains blotties contre elle comme pour être persuadée de ne pas le toucher et le laissa s'installer derrière pour la peigner. Il avait une manière de tenir ses cheveux qui la bouleversait toujours. Son regard, doux, calme semblait être apaisé par ce mouvement de brosse. C'était si émouvant de voir ce colosse prendre si bien soin d'elle. A travers le miroir, elle le contempla et lui offrit un doux sourire :

    - J'ai déjà hâte de voir tous les endroits dont tu m'as parlé.. Dis-moi à quoi ressemble le sud de la France ? Est-ce qu'il y fait beau ?


    immarcescible, Posté le jeudi 03 mars 2022 18:39 Répondre

    Pocahontas avait tout prévu. Pendant que Gabriel avait été vérifié elle ne sait quoi dans la chambre d’amis, elle avait commencé à faire couler l’eau du bain. C’était bien la seule fonction de modernité dont elle ne pourrait se passer. En se retournant devant le beau brun, elle ne pu s’empêcher de doucement rire suite à sa question. Elle venait de défaire sa chemise qui tombait au sol et déposait de tendres baisers sur son buste avant de relever son visage vers le sien :

    - Tu es mon soleil.. Mon dieu Isha.. Je te reconnaitrais entre tes mille sosies et je ne voudrais que de toi, toujours.

    Elle espérait qu’elle le croyait quand elle lui promettait une telle chose, d’autant plus qu’elle ne voyait que lui depuis toujours. Une fois qu’ils se retrouvèrent dans le bain, elle vint s’installer dos à lui tout en lavant son propre corps :

    - Tu sais.. On n’en n’a jamais vraiment parlé mais.. mais tu es le seul homme de ma vie.. Jamais je n’ai eu d’autres relations qu’avec toi.. Je.. Dezba ne m’a jamais touché.. Je ne sais pas si ça peut te rassurer ou si ça t’importe mais pour moi ça a beaucoup de sens.

    La jeune femme venait se blottir contre Gabriel, dos contre son buste. Elle bénissait de ne pas être très visible pour lui car il ne pouvait pas voir le flot d’émotions qui enveloppait son visage. Et dieu sait qu’il y en avait. Avec douceur, elle papouillait ses bras quand elle embrassait avec douceur la base de son cou :

    - Il n’y a toujours eu que toi Isha.. Il n’y aura toujours que toi.. Mon corps, mon âme, tout t’appartiens..

    Elle avait murmuré cela d’une voix douce et tendre, comme si savoir qu’il y avait d’autres eux, risquait au contraire de les séparer. Mille et un scénarios lui venait en tête comme des Gabriel et des Pocahontas maléfiques ou encore ceux du futur qui pourraient les remplacer. Il y avait tant de possibilités désormais qu’elle ne pouvait s’empêcher d ‘y penser :

    - Je pense qu’après le départ de nos invités nous devrions nous aussi prendre un peu d’herbe.. Pour oublier.. Je ne veux pas que Kisos pense qu’il peut aussi facilement voyager. Qui dit que nos autres nous seront aussi accueillant ? Même moi je veux oublier.. Et ne pas faire de comparaisons. Ça m’a perturbé les confidences du Kisos du futur, pas toi ?


    immarcescible, Posté le mercredi 02 mars 2022 20:28 Répondre

    Pocahontas était épuisée. Littéralement. Elle avait l’impression qu’un rouleau lui était passé dessus accompagné d’une horde de chevaux sauvage. Oui, toutes ces nouvelles têtes, le fait de devoir faire attention à tout et tout le monde lui rappelait la pression intenable qu’elle ressentait lorsqu’elle était cheffe de son peuple. Gabriel était adorable de venir à elle ainsi. Doucement et sans un mot, elle se blottie contre lui. Enfouissant son visage contre son buste, elle soupirait en resserrant son étreinte malgré que ses bras ne se rejoignent pas.

    - Elle est adorable.. Elle est juste effrayée Isha.. Qui ne le serais pas dans une telle situation ?

    Garrett confirmait les dire de son amie et vint proposer son aide. En effet, il se tenait près à veiller sur le double de son épouse toute la nuit pour que le couple Walker puisse dormir. Ce n’était pas de refus pour l’amérindienne qui avait besoin de dormir et des bras de son fiancé. A croire qu’ils ne pourraient jamais trouver le temps d’être suffisamment tranquille pour se marier ou même passer une semaine sans que leur vie soit banale. Alors qu’elle réchauffait la bouilloire pour le thé dans la cuisine c’est ce qu’elle confia à Gabriel :

    - Dès fois j’aimerais juste un peu de banalité.. Pas toi ? C’est pour ça que j’aime autant Mallaig. Tout y est simple.. Mais c’est à croire que l’Univers aime nous rappeler que nous ne sommes pas un couple tout ce qu’il a de plus normal.

    Après avoir servis plusieurs tasses de thé, elle en apporta une à Anya qui la prit délicatement. Garrett pareil. Pocahontas expliqua qu’il s’agissait de sauge et de lavande, tout ce qu’il fallait pour bien dormir et souhaita une douce nuit au deux adultes dans le bureau avant d’aller dans la chambre des Kisos.

    - La tisane et au lit les garçons !
    - Ma’ me fait toujours des tisanes aussi..
    - Je vois que nous avons bien plus de points communs, répondait en souriant Pocahontas, Kisos tu laisses ton lit à.. à Kisos ?
    - Oui Ma’ ! Je vais dormir sur la couverture de Duda.

    Le petit Kisos sortait la fameuse couverture épaisse et la montrait à son double. Il s’agissait d’une couverture sur laquelle il dormait enfant et que Mary avait cousu et donné au petit garçon. La transmission était une valeur certaine pour les Walker et Pocahontas adorait ça. Enfin, elle rejoignit Gabriel qu’elle retrouva à l’extérieur en train de fumer. Elle lui fit les gros yeux mais ne répliqua pas. Après tout, chacun avaient ses vices et surtout, les derniers jours avaient été très compliqués. Enfouissant son visage dans sa crinière bouclée elle en embrassait le sommet de son crâne.

    La nuit était douce et calme. Le ciel était dégagé de tout nuages et ils pouvaient contempler un monde remplis d'étoiles au dessus de leurs tête. Cela faisait sourire la jeune femme qui se mettait à rêver de moment si simple et tranquille où ils auraient enfin une vie paisible. Une vie sans la peur des voyages dans le temps, des sectes, des disparitions et autres menaces humaine. Oui, Pocahontas souriait en se détendant tout en caressant tranquillement la nuque de son fiancé.

    Une brise douce et légère souleva son jupon et dévoile ses chevilles nues ce qui la fit aussitôt réagir et vite les couvrir. La crainte d’attraper froid alors que ce n’était clairement pas le moment pour tomber malade :

    - Dis moi le fond de tes pensées mon amour.. Je te sens loin.. Trop loin de moi..


    immarcescible, Posté le mardi 01 mars 2022 21:37 Répondre

    Comment la situation a-t-elle pu dégénérer de la sorte. Pocahontas observait la scène sans oser s’immiscer. Après tout, qu’est-ce qu’elle aurait pu bien dire à tout ça ? Tout allait très vite, trop vite. Ils étaient tous à table à écouter le récit du Kisos du futur et elle sentait son coeur se serrer de tristesse. Comment leurs doubles avaient-ils pu délaisser un tel amour ? Elle ne devait pas juger. Après tout, elle avait elle aussi abandonné sciemment toute sa famille auprès d’une lubie sectaire qui l’avait conduite à la folie.

    Le regard de Gabriel bouleversait la jeune femme. Elle devait se reprendre et aider le fameux Kisos, ne pas le laisser s’enfermer dans la certitude qu’il ne méritait pas une vraie famille. Après tout, même si il ne s’agissait pas d’eux elle savait pertinemment qu’ils l’aimaient. En se levant pour servir les verres d’eau elle se pencha sur le Kisos du futur et posa sa main sur son épaule comme pour lui transmettre toute son énergie :

    - Ta famille t’aime Kisos et elle est fière de toi.
    - Ma’ elle dit toujours la vérité grâce aux Esprits, affirmait Kisos du chocolat pleins les lèvres, et si elle dit ça c’est que c’est vrai !

    Pocahontas souriait tendrement à son Kisos à elle quand elle revenait s’asseoir à sa place sans lâcher du regard celui du futur. Quelques larmes de tristesse et d’émotion s’échappaient de ses paupières alors qu’il les écrasaient vivement. Cela ne pouvait qu’attendrir toute la tablée qui vint tout simplement changer ensuite de sujet pour ne pas gêner encore plus le jeune homme.

    Après le repas, la brune laissa les garçons ranger et nettoyer. Elle en profita pour pendre les carnets d’Aponi et quelques ouvrages de baumes et potions à faire. C’est à travers cette activité qu’Anya pu voir le double de son amie. A genoux sur le sol, lisant et écrasant du thym dans un mortier, Pocahontas chantonnait des chants amérindiens. Cela semblait apaisé la brune du futur qui se redressait difficilement :

    - Ainsi je n’ai pas rêvé, dit-elle en se grattant la tête, mais.. mais c’est impossible..
    - Pourquoi croire qu’il n’y ai qu’une solution ? Ne serait-ce pas merveilleux de croire qu’il existe différentes versions de nous-mêmes ?

    L’amérindienne souriait avec douceur tout en cessant d’écraser ses herbes. Elle ferma son carnet et le rangea sur la pile avec les autres avant de concentrer toute son attention sur la visiteuse. La jeune femme semblait encore souffrir de sa plaie à l’épaule mais le cataplasme de Pocahontas avait bien fonctionné. La plaie ne semblait plus aussi béante que la veille. Elle se leva donc et lui proposa des vêtements propre une douche :

    - Il faut que je passe une pommade sur ta blessure pour ne pas qu’elle fasse une trop grosse cicatrice. Mais pour ça ta peau doit être propre.
    - Où est Kisos et.. L’autre Garrett qui n’est pas MON Garrett.
    - Ils sont partis se promener le long de la falaise. Mon Kisos et le tien se sont liés d’affection. Je crois qu’ils sont inséparables comme des frères.

    Cela faisait tendrement sourire Pocahontas qui trouvait cette idée charmante. Après tout, ne serait-elle pas soeur avec sa propre jumelle. Voyant le scepticisme d’Anya elle lui montra que rien n’y personne ne pourra la déranger pendant sa toilette et l’encouragea à la suivre or de la chambre. Sans doute était-elle trop épuisée pour fuir, la douleur dans son épaule était moindre contrairement à celle de la cheville. Mais une fois encore, l’amérindienne avait eu la bonne idée de l’immobiliser avec deux planches de bois ce qui empêchait toute tentative de course.

    Une fois dans la petite salle de bain de la maison, elle lui remplit la baignoire d’eau chaude. Anya était pudique et Pocahontas le comprenait, mais il lui était difficile de pouvoir se laver, alors, avec douceur lui proposa son aide. Elle sentait bien la réticence mais sans doute son visage bienveillant a du éveiller la confiance de la visiteuse du futur.

    - Comment ? Comment sont nos « nous » du futur ? Je veux dire.. Ils s’occupent de Kisos ? Ils sont gentils..? Kisos nous a avoué tout à l’heure se sentir mal par rapport à ses parents qui travaillent beaucoup. Je sais que ça peut paraitre dérisoire de s’inquiéter de ça alors que nous n’irons jamais dans le futur mais.. mais j’aime à savoir que nous sommes des gens bien.. Auprès de vous..


    immarcescible, Posté le samedi 26 février 2022 22:42 Répondre

    Gabriel le possessif, le soucieux était de retour. Pocahontas le comprit très vite lorsqu’elle le vit endormir de plus belle le sosie d’Anya sur le sofa avant de la conduire rapidement à l’extérieur. Avec douceur, elle posa sa main sur le buste de son amant et hocha de la tête en lui adressant un tendre sourire. Sa demande de partir en vacances la fit rire aussitôt. Cette idée de repartir ensemble et de profiter d’un moment en solitaire ne pouvait que la ravir et lui remonter les délicieux souvenirs de la maisonnette qu’ils avaient occupés des années plus tôt :

    - Tout va très bien se passer. Il faut juste attendre que sa plaie soit suffisamment cicatrisée pour la renvoyer. Dans deux jours je pense que ce sera suffisant. Je m’occupe de tout ne t’en fais pas Isha.

    Mais elle oubliait un point sensible qui risquait de faire vaciller tout leur plan. Elle évoqua Kisos et le problème d’avoir leur fils auprès d’eux quand l’un de ses alter-egos était tout près.

    - Mary devrait le garder quelques temps.. Nous allons faire croire que je suis malade et contagieuse. Comme ça personne ne s’approchera de la maison et je pourrais soigner comme il faut notre invitée.

    Il fut donc convenu de cette chose et pour finir de le rassurer, elle le prit dans ses bras avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Un tendre baiser. Mais déjà il devait la quitter et elle allait rejoindre le fameux double de son fils. Il avait la même prestance si ce n’est qu’il était plus grand. Elle souriait attendrie comme toujours en observant les traits fins de son visage. Pocahontas se pencha sur l’autre Anya endormie et examina sa plaie avec attention. Elle guérissait bien ce qui la rassurait. Kisos restait derrière et observait les gestes de l’amérindienne avec méfiance ce qui amusait la jeune femme.

    - Viens, dit-elle d’une voix douce, j’ai fais à manger et tu dois mourir de faim.

    Même si le garçon semblait hésiter, il ne chercha pas plus longtemps tant la faim le tenaillait. Après avoir finis de relever la manche de la blessée, Pocahontas entraina le garçon dans la cuisine et lui servit un grand bol de soupe et une omelette aux champignons et aux herbes. Il dévorait tout avec un appétit évident quand elle lui servait ensuite du thé et sortait les Shortbread. Cela l’amusa car sa mère aussi en faisait à son époque :

    - Vous êtes le portrait craché de Ma’.. Mais pourtant je sais que vous n’êtes pas elle.
    - Que sais-tu des voyages dans le temps Kisos ?
    - Et bien.. Jusqu’à présent je n’y croyais pas.. Mas Ma’ dit toujours que notre esprit est trop étroit pour concevoir différentes réalités.
    - Je salue la sagesse de mon sosie..

    Pocahontas souriait avec douceur. Ce Kisos était intelligent et mesuré mais cela l’ennuyait aussi un peu de le voir aussi méfiant. Après tout, ne le serait-elle pas aussi dans de telles circonstances.

    - Comment ? Comment cela est-il possible ? demandait-il dans un souffle inquiet.

    L’amérindienne lui tendait l’assiette de shortbread et le laissait manger à sa guise. Il avait le même appétit que son père et son Kisos à elle ce qui l’amusait de plus belle. Buvant une gorgée de thé elle vint ensuite lui répondre :

    - Je n’aurais pas de véritables réponses Kisos. Les pierres agissent de manières spontanée. Je ne viens pas du XIXe siècle pour ma part.. Mais du XVIIe siècle.
    - Quoi ? Mais.. Mais ?
    - J’ai été envoyé par les pierres ici alors que j’étais en danger. Isha.. Pardon.. Gabriel m’a sauvé.. Je pense que nous sommes tous liés les un aux autres et que.. et que les pierres servent de passage pour les âmes soeurs.

    Là, Kisos était perdu. Toutes ces choses qu’évoquait cette Pocahontas le dépassait surtout qu’il avait déjà une âme soeur à son époque. Venir ici à cette période n’avait aucun sen pour lui aussi, il se remit à manger de plus belle comme pour combler une peur impossible à gérer :

    - Mais j’ai mon âme soeur.. Charlotte.. Charlie.. Elle m’attend à la maison.
    - Alors c’était peut-être à cause de la santé et du danger que courait la Duchesse.

    Kisos repensa en effet à Anya et il se contenta de cette possible réponse. C’était étrange à quel point il se sentait en sécurité soudainement. Comme si le fait d’avoir parler de tout ça avait levé un voile d’ignorance difficilement érable. Ils passèrent ensuite le reste de l’après-midi à jardiner ou ranger la maison. Pocahontas continuait toujours à décorer et rafistoler un peu l’intérieur de leur cottage qui prenait bien forme désormais. Elle vérifia dans l’après-midi l’état d’Anya qui dormait toujours aussi paisiblement. Initiant Kisos, elle lui montra l’usage des plantes et lui demanda de parler de ce futur si lointain.

    Ils passèrent donc un après-midi doux et tranquille à rencontrer l’un et l’autre. Mais au fur et à mesure de leur discussion, la jeune femme sut qu’elle ne pourrait pas le laisser repartir avec toutes les informations qu’il avait. Après tout, qu’en ferait-il là-bas ? Et si d’autres voulaient passer les pierres ? Cela chamboulerait tout et cela pourrait conduire à un problème plus conséquent. Réponse qu’elle devrait trouver dans les carnets d’Aponi.

    Mais pour le moment. Ils vinrent finir de faire le repas et la jeune femme avait follement envie de fleurs fraiches pour les chambres. Voyant que Anya dormait toujours profondément, elle se dit tout simplement qu’elle avait suffisamment de temps pour aller au jardin avec Kisos. Seulement, entre temps, Lord Garrett Hedlund arriva de manière inopinée. Il venait faire une surprise aux Walker en arrivant seul. Il faisait en effet quelques repérages pour une potentielle résidence secondaire.

    Garrett entrait et observait l’intérieur tout en appelant Pocahontas. Il avait été mis au courant grâce à la lettre de Kisos du retour de l’amérindienne ce qui avait mis en émoi toute la famille. Mais aucune Pocahontas dans la cuisine. Se dirigeant dans le salon d’hiver, il se rendit compte que quelqu’un dormait, quelqu’un d’étrange. S’avançant, il fut horrifié en voyant le parfait sosie de son épouse. La coïncidence voulut que Pocahontas rentra au même moment et qu’Anya ouvrit les yeux en demandant ce qui se passait. Impassible, l’amérindienne reprit le laudanum et vint poser le chiffon sur le nez de leur invitée qui s’endormit de plus belle en marmonnant :

    - Ga.. Ga.. Garrett… La.. La moustache..?


    immarcescible, Posté le vendredi 25 février 2022 18:17 Répondre

    Après la fameuse rencontre surprise qu’ils avaient vécu la nuit dernière Pocahontas avait fait quelques recherches. Fort heureusement, Gabriel avait eu la bonne idée de récupérer la fameuse malle qui appartenait autrefois à sa grand-mère. Tous ses carnets s’y trouvaient et elle avait pris le temps de tous les relire. La jeune femme était encore perplexe de ce qu’ils avaient pu voir.. Un autre Kisos ? Une autre Anya..? Cela lui semblait improbable et pourtant. Lorsque Gabriel rentra le fameux midi à la maison après avoir finis d’aider les filles à s’installer elle pu enfin lui raconter.

    Il la trouva assise sur le sol du petit bureau, le nez plongé dans les carnets qui étaient étalés éparses sur le sol. Elle avait passé la matinée dedans et avait même oublié de faire à manger. En voyant le brun sur le seuil de la porte elle sursauta surprise :

    - Isha.. Pardon je n’ai pas vu l’heure passer..

    Rapidement elle se leva et vint se mettre sur la pointe des pieds pour embrasser furtivement ses lèvres. Elle fonça ensuite jusqu’à la cuisine et mit en route la gazinière pour réchauffer le plat de la veille. La jeune femme s’activait à mettre la table tout en expliquant alors ce qu’elle avait appris :

    - Aponi a noté tout un tas de choses dans ses carnets. Je n’en n’avais lu que la moitié mais figure-toi qu’elle explique qu’il existe des doubles Isha.. Nous aurions des doubles à différentes époques..

    En même temps elle faisait signe à Gabriel de s’asseoir. Au vu de la tête qu’il avait il valait mieux en effet qu’il se pose. Elle continuait donc son histoire et lui expliquait donc que tous ces doubles étaient liés les un aux autres de plusieurs manières et que peu importe l’époque où ils se trouvaient chacun semblaient être toujours voué à se rencontrer et se retrouver :

    - Ainsi le Kisos que nous avons rencontré n’est autre que celui d’une autre Pocahontas et d’un autre Gabriel. Tu te rends compte ?

    Elle était à la fois toute excitée par cette découverte et chamboulée. Elle venait de servir un grand verre d’eau à son tendre écossais jusqu’à finir sur ses cuisses toute essoufflée. Ses découvertes la conduisait à se poser encore plus de questions sur les voyages dans le temps et sur leur destinées :

    - Te rends-tu compte Isha de ce que cela implique ? Quoi qu’il arrive nous nous retrouverions toujours ? Imagine qu’il y a eu deux autres nous qui n’ont certainement pas autant souffert que nous.. Est-ce que ça ne te rassure pas un peu ?

    Mais il semblait songeur. Elle plongea donc ses lèvres contre les siennes pour le réveiller quand ses mains caressaient ses joues barbues d’une journée. Sentant qu’elle l’avait éveillé un peu, elle souriait contre ses lèvres et caressait son nez du sien avec douceur avant de murmurer d’une voix enjôleuse :

    - Mais pour l’instant.. La Pocahontas d’aujourd’hui souhaite rappeler à son tendre amant que hier soir elle a eu énormément de plaisir et qu’il l’a comblé au-delà de ce qu’il aurait pu faire.. J’espère cela dis que ton prisonnier se s’est pas trop plaint du bruit que nous avons pu faire..


    immarcescible, Posté le jeudi 24 février 2022 17:24 Répondre

    Un sourire satisfait sur les lèvres quand elle reprend encore son souffle alors que son regard se pose sur la crinière brune et épaisse de son amant. Quelle question stupide aurait-elle voulu lui murmurer taquine mais elle en était tout simplement incapable. Incapable de parler ou même de réfléchir. Toutes les sensations fulgurantes et sensuelles qui emplissaient son corps la rendait encore toute chose et la faisait sourire si bêtement. Mais qu’importe, son corps était satisfait, pour le moment.

    Elle le sentait poser son front contre sa cuisse et ses lèvres effleurer une nouvelle fois sa peau toujours tremblante. Pocahontas enfouissait ses doigts fins dans sa crinière de jais et dans ses boucles brunes.

    - Je croyais que nous devions êtres discrets Monsieur Walker ? Il semblerait que ce soit finalement à mon tour de devoir sévir..

    La jeune femme riait doucement avant de se redresser lentement. Elle poussait d’avantage Gabriel sur sa chaise avant de venir à califourchon sur lui. Ses mains caressaient ses joues quand ses lèvres jouaient tendrement, sensuellement avec les siennes. Il savait parfaitement comment la mener au plaisir mais elle savait parfaitement comment attiser cette folie puissante chez lui. Ses mains quittèrent ses joues pour déboutonner sa chemise et enfin caresser son buste si puissant. Les souvenir de l’après-midi la rendait une nouvelle fois folle d’excitation.

    Discrètement, elle avait attrapé les menottes de Gabriel qui végétait sur le bureau et qui avait meurtris les fesses de la jeune femme. C’est donc avec délicatesse et discrétion qu’elle vint attacher les mains du brun au bureau derrière lui l’empêchant ainsi de la caresser. Fière d’elle alors qu’il avait son air incrédule, elle vint se redresser pour le contempler nu sur sa chaise :

    - On dirait que vous êtes pris au piège inspecteur..

    Ses yeux étaient d’un brillant incisif quand ses lèvres souriaient de plaisir. Lentement, elle mordit dans une fraise qu’elle avait apporté du marché quand elle contemplait le brun attaché.

    - Vous allez devoir accéder à tous mes désirs au risque que vous ne soyez découvert demain matin par vos collègues.. Ce serait tellement dommage que l’on puisse contempler ce corps si appétissant ne croyez-vous pas ?

    En disant cela, elle avait fait le tour du brun et venait embrasser son cou avant de le mordiller. Ses mains caressaient son buste et descendaient jusqu’à ses cuisses jusqu’a venir agripper son membre durcit de nouveau. Mordillant le lobe de son oreille et murmurant au creux de celle-ci :

    - C’est toi qui me rends dingue.. Tu as fais exprès d’éveiller toutes ces choses en moi cet après-midi.. Crois-moi, je ne vais pas te laisser tranquille de toute la nuit Isha.. Je veux que demain matin ton bureau soit imprégné de mes soupirs, de mon parfum et du passage de mon corps contre le tien..

    Lentement, elle refit le tour et vint se pencher sur ses lèvres au goût de fruit. Elle lui donnait un baiser langoureux et sensuel tout en mordant sa lèvre inférieure quand sa main continuait ses mouvements. Ses baisers firent un doux chemin du menton de Gabriel jusqu’à son buste et enfin son ventre pour enfin se déposer sur son membre. Délicatement, sensuellement elle le prit en bouche, le dégusta et le savoura pour le torturer comme il l’avait fait pour elle si ce n’est qu’il ne pouvait bouger. Lorsque ses joues creuses et ses doigts frais lui donnèrent le dernier coup d’assaut elle sut qu’elle devait cesser. Elle voulait le rendre aussi fou qu’elle l’était pour lui.

    Alors, dévoilant ses dents sur la fine peau de son membre elle vint rapidement cesser. Il était prêt et elle allait le contenter. Se rasseyant sur ses cuisses à califourchon, elle se laissa pénétrer par son membre ce qui la fit pousser un long et sonore gémissement. Ses doigts agrippaient sa chevelure alors qu’elle débutait des mouvements de bassin d’abord lent.

    - Oh.. Isha.. Bon sang.. C’est si bon..

    Oh oui ça l’était et elle était ivre de désir pour lui. Brulante et suffoquant de plaisir. Ses lèvres trouvaient les siennes dans un baiser intense quand elle activait ses allers et venues sur son membre. Elle le dominait totalement, contrôlait chacun de ses gémissements ce qui la faisait agripper plus fermement sa crinière. C’était excitant de voir ce voile de désir intense et sauvage envelopper son amant quand il semblait si frustré de ne pas pouvoir la toucher :

    - Tu veux me toucher ? Dis-le.. Oh Isha..

    Pocahontas renversait sa tête en arrière en gémissant de plaisir laissant un accès à la bouche sensuelle de son amant sur ses seins. Ils faisaient trop de bruit avec cette chaise qui couinait et sans qu’elle ne s’en rende compte, certainement à cause de la poigne de Gabriel, les menottes cédèrent la rendant cette fois-ci totalement à la merci du brun alors qu’elle tirait sur sa crinière pour qu’il dévore encore ses seins.


    immarcescible, Posté le mercredi 23 février 2022 23:49 Répondre

    Pocahontas avait chaud. Très très très chaud alors quelle n’avait pas fait autant d’effort qu’au petit matin. Gabriel jouait avec ses nerfs et ça fonctionnait. Ses joues étaient rougies par les pensées particulières qui assaillaient son esprit et qui rendait son corps fébrile à toute possible caresses, sourires ou même regard de son fiancé. Ce qu’elle maudissait cette vieille qui l’empêchait de contempler le dieu qu’était Gabriel se déchargeant sur ce bout de bois. A chaque accous, elle sentait comme une décharge l’envahir et le fantasme passionné de ce harder sauvage de Gabriel la liquéfiait sur place.

    Mais le temps des fantasmes devaient cesser et elle du se résigner à le laisser partir loin d’elle. La nuit ne viendrait jamais assez vite et c’était une torture véritable. Avant de le laisser partir, elle agrippa d’une main ferme son marcel pour plonger ses lèvres contre les siennes dans un baiser langoureux et passionné à perdre le souffle. Son autre main se posait sur sa joue barbue qu’elle agrippait doucement et alors qu’elle se sentait prête à le pousser contre le mur pour attiser son excitation elle se dégagea rapidement :

    - Ce soir.. Au commi.. Au commissariat.. J’apporterais le repas..

    Ses yeux brûlaient d’un désir insolent qui la fit rougir de plus belle. La seule pensée de ce qu’elle lui réservait ce soir la faisait en effet bel et bien rougir, mais pour le moment elle du se résoudre à le regarder la quitter avant de se remettre activement au travail. Et dieu sait qu’elle fut efficace.

    En fin d’après-midi, elle alla chercher Kisos. Les filles et elle avaient finis de ranger et nettoyer la maison. Le petit garçon fit ses devoirs dans la petite véranda avant d’écrire une autre lettre pour Charlie. C’était son rituel du soir et il aimait qu’elle puisse avoir à le lire régulièrement. Pour l’instant il n’avait eu aucune nouvelle mais il ne perdait pas espoir. Bree l’aidait pour ses leçons quand Pocahontas et Mary finissait de faire les lits. Bien entendu, elle avait accepté de garder Kisos qu’elle considérait déjà comme son petit-fils. De toute manière, Pocahontas avait toujours eu plus d’affinité avec l’ancienne gouvernante qu’avec Delphine. Elle retrouvait la douceur d’Aponi chez elle.

    - Merci de nous garder Kisos pour ce soir. Je viendrais le récupérer au petit matin pour l’école sans faute.
    - Mais non ma petite fleur. Profitez donc de votre matinée pour vous reposer.
    - Oh Mary c’est adorable mais je ne voudrais pas abuser de votre..
    - Tu n’abuses en rien. Je suis trop heureuse de revoir mes petits Walker aussi heureux justement. Alors reste la source de leur joie. C’est tout ce que je demande.

    Bien sûr que la jeune femme était émue. Elle avait l’impression d’avoir véritablement retrouvé les liens indestructibles de la famille à ce moment précis. Et quel soulagement. Après avoir finis d’aider les filles, installé quelques fleurs pour égayer les pièces de vie, elle rentra rapidement jusqu’au cottage. Elle prit un bain et fit un panier repas puis chercha une tenue. Mais elle ne possédait rien de bien particulier et elle voulait surprendre Gabriel avec cette fameuse surprise. C’est alors qu’elle eut une idée qui la fit une nouvelle fois rougir.

    Elle arrivait dans le commissariat en tenant fermement contre elle son petit panier en osier. Il contenait le repas froid de Gabriel et une théière remplie de thé. Un policier quittait les bureaux où il ne restait plus que son amant. Il travaillait concentré sur un dossier et cela la fit tendrement sourire. Elle aimait le contempler quand il s’y attendait le moins, il semblait si vulnérable et imprévisible. C’était comme capter un moment particulier où sa beauté la submergeait toujours aussi intensément. Lorsqu’il releva enfin son regard vers elle elle lui sourit tendrement.

    Pour l’occasion, elle avait tressé ses cheveux en une longue natte qu’elle avait piqué de délicates fleurs de jasmin qui lui donnait un parfum sucré de jardin.

    - Bonsoir Inspecteur.. Je suis venue pour une plainte toute particulière..

    Elle souriait, taquine et sensuelle. Posant le petit panier sur le bord du bureau qu’il occupait elle profita qu’il se tourne sur sa chaise pour lui faire signe de ne pas bouger. Lentement, elle fit descendre la longue capuche qui dissimulait sa crinière avant d’ouvrir l’épais et long manteau de son amant qu’elle portait. Mordant sa lèvre inférieure d’une sensualité provocante, elle cherchait à aiguiser son attention lorsqu’enfin, le manteau lourd glissa le long de son corps nu :

    - Mon fiancé ne pas toucher la nuit dernière Inspecteur.. Je voulais donc savoir si vous trouviez que quelque chose clochait..

    C’était une autre Pocahontas. Elle était loin celle qui était timide et qui n’osait pas. Là, c’était une femme qui jouait, se découvrait et attisait le désir de son amant. Quittant ses chaussures elle se retrouva une nouvelle fois bien plus petite que Gabriel ce qui la fit doucement rire. Alors qu’elle fronçait le nez se sentant un peu ridicule. Ses pointes étaient durcies par l'excitation et le froid ambiant de la pièce elle n'allait pas le nier. Mais elle espérait tellement que Gabriel réponde à son ardeur surtout après qu'il l'ai bien chauffé toute l'après-midi. Elle s'approcha donc de lui et vint prendre sa main dans la sienne pour la poser sur son sein rond et ferme :

    - J’espère que la surprise te plais Isha.. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à toi ce bois tout le reste de la journée..C 'est un feu que tu as allumé en moi tu sais..


    immarcescible, Posté le mercredi 23 février 2022 16:32 Répondre

    C’est l’estomac noué que la brune attendait Gabriel le midi au cottage. Toute la matinée elle avait travaillé d’arrache-pieds pour rendre la maison de ville agréable et habitable pour Mary et les Blondies. Elle pu faire plus longuement connaissance avec Binki qui s’avérait d’une douceur inébranlable, parfaite pour Millie qui était si implacable. Elles avaient commencé par les chambres qui n’avaient eu besoin que d’un grand ménage pendant que Mary s’occupait de la cuisine et du salon. Des voisins très gentils étaient même venus leurs donner des meubles.

    Ainsi, le lendemain elles pourraient emménager. Non pas que Pocahontas voulait à tout prix les virer de chez eux mais son intimité avec Gabriel était nécessaire surtout depuis qu’ils s’étaient retrouvés depuis peu.

    Ainsi donc, la matinée s’était déroulée activement. Le midi elle attendait de pied ferme son amant qui ne venait pas. Lorsqu’il arriva enfin elle ne pu s’empêcher de se jeter à son cou tremblante d’inquiétude. Il était en vie, cela voulait bien dire que Héra n’était pas aussi dangereuse que ce que ses soeurs lui avait dit. Après qu’il lui eu expliqué ce qu’il en retournait elle ne pu s’empêcher d’être songeuse.

    - Nos missions étaient claires Isha. Nous n’étions pas là pour faire dans le sentiment ni pour laisser une seconde chance. Nos missions étaient d’obéir et d’éliminer. Je.. Cela va te paraître peut-être un peu fou mais.. mais j’ai envie de croire que nous avons une bonne étoile au-dessus de notre tête pour une fois.

    Elle quittait les fourneaux pour venir servir le plat fumant à Gabriel qui attendait assis à table. Venant s’asseoir près de lui, elle picorait son plat tout en jetant un oeil sur le brun qui mangeait avec appétit. Cela la faisait tendrement sourire mais elle reprit :

    - La suspicion m’a conduite à être persuadée que l’humanité était mauvaise et perverse. J’ai besoin de prendre du recul par rapport à tout ça et croire que Héra nous veut du mal me semble improbable je..

    Pocahontas prenait une inspiration car elle se sentait ridicule de penser ce qu’elle allait dire à Gabriel. Après tout ce qu’elle avait fait, tout ce qu’elle avait pu penser sa mauvaise foi lui riait au nez. Mais qu’importe, elle avait toujours été elle-même auprès de Gabriel et ce n’était pas aujourd’hui que cela allait changer :

    - J’écoute mon intuition et mon coeur Isha. Je pense qu’elle ne nous veut pas du mal.. Si c’était le cas elle aurait déjà agis crois-moi. Tout le monde au village sait que je suis là.. Elle n’avait pas loin pour venir me chercher..

    Voyant qu’il avait finis son repas elle vint avec douceur prendre sa main dans la sienne pour en embrasser les jointures. Elle avait repensé toute la matinée à ce qu’il lui avait dis sur ses lectures nocturnes et cela l’avait fait réfléchir :

    - J’ai assez confiance en nous pour savoir que rien ne nous séparera plus désormais et que je te protégerais de mon corps tout entier. Kisos a dit ce matin que j’étais une louve.. Je te louverais mon amour.

    Pocahontas avait retrouvé son bon sens. A croire que ce cottage et la vie si paisible de Mallaig lui avait rendu son âme tranquille et sereine. Elle expliqua à Gabriel qu’elle allait purifier la maison dans l’après-midi et qu’elle méditerait pour comprendre les rêves de Kisos. Mais surtout, elle lui raconta comment l’emménagement de leurs invités avait pris forme. Son sourire était satisfait en lui précisant que le lendemain soir ils pourraient passer la soirée juste tous les trois. Avec douceur, elle reposa sa main sur celle du brun avant de grimper sur lui à califourchon :

    - Pour l’occasion je te prépare une petite surprise Gabriel Walker.. Alors tu me réserves ta soirée de demain soir sans faute compris ?

    Ses yeux étaient doux et pétillant de joie. La jeune femme avait abandonné le corset pour laisser ses formes évoluer normalement au grès de la chemise qu’elle portait. Il s’agissait d’ailleurs de l’une du brun ce qu’il du comprendre vu son air surpris. Pocahontas riait doucement et vint frotter son nez contre celui de Gabriel en murmurant tendrement :

    - J’aime sentir que je suis nue contre tes chemises.. Vous allez m’arrêter pour vol de vêtements Monsieur l’Inspecteur ?


    immarcescible, Posté le lundi 21 février 2022 23:39 Répondre

    Bien sûr que Pocahontas le crois quand il dit qu’il ne se rappelle de rien parce qu’elle comprends mieux désormais cette fameuse histoire. Héra.. Héra n’est autre que l’une de ses soeurs. L’une parmi tant d’autres dont elle n’avait pas connaissance. Bien sûr qu’elle le crois mais elle craint surtout maintenant de la réaction de Gabriel quand elle lui dirait ce qu’il lui en coûtait. Bon sang.. Elles savaient donc qui elle était et comment l’atteindre. Assise sur les genoux de son amant elle venait poser ses mains sur ses joues en le regardant avec tendresse :

    - Mon amour je te crois et je.. je vais te demander de me faire confiance à ton tour.

    Il avait été tellement honnête depuis tout ce temps qu’elle se devait de l’être mais maintenant elle craignait surtout qu’il s’en prenne au docteur ou pire qu’ils les fassent fuir à cause de son passé. Inspirant profondément, elle entrelaça ses doigts aux siens :

    - Je crois qu’elle est l’est de mes soeurs Isha.. Héra.. Héra est la doctoresse du village.. Je ne sais pas ce qu’elle voulait et je ne sais pas pourquoi elle nous a suivi jusqu’ici mais c’est sans aucun doute pour faire pression sur nous deux et te faire du chantage. Elle ne pensait certainement que tu aurais confiance en moi pour m’avouer ce qui ce.. ce qui aurait pu se passer cette fameuse nuit là mais.. mais on est au-dessus de tout ça n’est-ce-pas ?

    La jeune s’était enfin radoucie et son air bougon l’avait tout simplement quitté. Maintenant c’était la crainte de Gabriel qui l’habitait. Elle savait qu’il serait prêt à tout pour la sauver et mettre en sécurité toute leur famille. Mais elle tenait à ce foyer qu’ils avaient commencé à créer. Elle n’avait pas envie de quitter ce petit bout de pays où pour la première fois ils se sentaient chez eux.

    - On ne va rien faire mon amour.. On va faire comme si de rien n’était et rester méfiant d’accord ? Faire une enquête.. Quelque chose du genre.. Comme le ferait un inspecteur et son acolyte ? Qu’en penses-tu ?

    Ses yeux tout tendre inspectait la mine circonspecte de son amant alors qu’elle allait se pencher sur les lèvres de ce dernier pour lui donner un baiser, mais soudain Kisos fut dans la salle à manger. Il baillait en se frottant les yeux tout en tenant près de lui Kal s’étirant :

    - Duda est enfin rentré.. Ma’ vous venez me faire un câlin ? J’ai fais un mauvais rêve où Aponi m’appelait pour me dire attention.
    - Attention ? Mon petit soleil, raconte-moi tout.

    Rapidement la jeune femme quitta les cuisses de Gabriel pour venir prendre dans ses bras un Kisos semi-endormi qui se blottissait contre sa mère. Avec douceur, elle le souleva avec le peu de force qu’elle avait et le conduisit jusqu’à son lit. Assise près de lui elle le berçait en lui demandant de tout lui raconter et cela la surprit qu’il se souvienne d’autant de détails.

    - Aponi dansait autour du feu avec grand-père, Dezba et tous tes frères. Ils dansaient en hurlant à la lune de faire attention et de vite s’évaporer. Ma’, ils nous disaient de nous évaporer comme de l’eau.. Pourquoi ça ?
    - Je ne sais pas mon amour. Je vais chercher, je te promets.

    Après l’avoir longuement bercé tendrement elle rejoignit Gabriel dans le salon. Pour l’occasion, vu que leur chambre était occupée, elle vint préparer un lit de fortune devant la cheminée du petit salon. Elle vint donc chercher le brun qui réfléchissait dans la cuisine et le conduisit près de l’âtre encore allumée. Blottie contre son amour sur le matelas de couverture elle lui raconta le mauvais rêve de leur fils :

    - Aux pierres j’ai vu Dezba tout à l’heure.. Je ne sais pas si c’est un signe mais.. mais je ne comprends pas bien ce que tout cela signifie.. Qu’en penses-tu mon amour ?


    immarcescible, Posté le samedi 19 février 2022 15:55 Répondre

    Gabriel venait à l’instant de quitter la maison et Pocahontas se sentie mal. Mary et les filles l’avaient reçus avec tant de douceur et de délicatesse qu’elle ne pouvait s’empêcher d’être émue. Cela dis, le mensonge de son amant lui pesait. Elle savait pertinemment que les mensonges ressurgissaient toujours à un moment donné. Mais pour le moment, elle avait une Mary qui gérait la cuisine en confectionnait déjà le dessert de ce soir quand Millie apprenait à Kisos à se battre avec un bâton de bois. Binki semblait prise dans une lecture profonde quand Bree observait avec une fascination certaine sa tante. Les yeux de la jeune femme lui rappelait ceux de Victoria et cela émue Pocahontas qui repensa à son amie.

    - Veux-tu m’accompagner ? Je vais aller cueillir des plantes pour certains de mes baumes.

    L’adolescente accepta avec joie. Toutes les deux prirent les tartans aux couleurs de la famille Walker sur leurs épaules pour les protéger du froid quand elles tenaient des petits paniers en osier. Lentement elles longèrent le long de la côte où les mouettes tentaient de dompter le vent. Cela amusait toujours la princesse qui ne comprenait pas l’entêtement des oiseaux devant la puissance maligne du vent.

    - Comment vis-tu à Edimbourg ? Tout se passe bien pour toi là-bas ?
    - Oh oui, oui, oui. Tout le monde est très gentil avec moi. Mais je dois dire que la ville m’étouffe un peu.
    - Je ne te comprends que très bien. Je n’ai jamais aimé ces endroits si exiguë. J’aime les grands airs et les grands espaces.

    Bree observait sa tante avec un sourire étrange sur les lèvres. Cela ne perturbait pas plus que cela Pocahontas qui se mit à genoux pour cueillir certaines plantes qu’elle expliquait à la jeune femme. Elles passèrent un délicieux après-midi ainsi toutes les deux. L’adolescente posaient tout un tas de questions sur la nature, sur les amérindiens et même ses parents. Pocahontas y répondait toujours avec sincérité et justesse. Pourtant, quand la question sur l’abandon des parents de Brianna survint elle ne su que répondre :

    - Ta mère a été très longtemps malade. Peut-être ne trouve-t-elle pas le chemin pour venir te rejoindre. Mais tu dois être certaine qu’elle t’aime, elle t’aime plus que tout au monde comme ton père. C’était fort ce qui les unissait.

    En rentrant vers le cottage, Pocahontas décida quand même de faire un détour par le village. Elle voulait faire une petite surprise à Gabriel et lui offrir un petit bracelet de fleurs qu’elle avait fait pour lui pendant sa balade. Arrivant au poste elle entendit des éclats de rire masculin qui la surprirent. Avançant d’un pas léger elle pu entendre alors Chevalier faire rire toute l’assemblée de policier qui s’y trouvaient alors qu’il évoquait les soirées débridées qu’ils passaient tous ensemble. Pocahontas se sentait de trop et était très mal à l’aise. Ils parlaient de Gabriel et de cette fameuse histoire qu’il aurait eu à Edimbourg et dont il aurait apparemment parler à ses camarades.

    Elle préféra donc filer au plus vite pour ne pas en entendre davantage surtout que les mots cru de Chevalier n’étaient pas habituels dans son vocabulaire. En faisant le tour du village elle croisa alors une vieille dame qui appelait faiblement à l’aide. Elle se trouvait dans une petite rue et semblait s’être brisée la cheville. Rapidement, Pocahontas vint donc l’aider et lui proposa de l’emmener au médecin ce qu’elle fit en tenant la vieille qui boitillait près d’elle.

    C’est ainsi que Pocahontas fit la connaissance de la doctoresse du village, Héra Stevens. Avec modestie, la brune recommanda plusieurs baumes moins agressifs que ce que proposait Héra et cela fut apprécié par la rouquine qui ne s’attendait pas à une telle connaissance des plantes de cette inconnue :

    - Vous êtes l’amérindienne de l’inspecteur Walker.
    - Je ne suis pas sa propriété.. Juste sa compagne.
    - Oui pardon excusez-moi. C’était une façon de parler.

    Cela déplu à Pocahontas qui esquissa malgré tout un léger sourire. Elle vint donc se concentrer sur la petite vieille qui souffrait et à deux elles vinrent panser sa cheville blessé.

    - Vous savez.. J’aurais bien besoin d’une assistante avec de telles compétentes que les vôtres. Peut-être pourriez-vous venir travailler avec moi.
    - C’est gentil mais je voudrais m’occuper un peu de ma famille.. Cela fait très longtemps que nous n’avons pas été réunis et.. et j’ai besoin de rester auprès d’eux.

    Il fut convenu néanmoins que Pocahontas puisse assister à certaines opérations puisqu’elle avait beaucoup appris avec William et que se remettre à jour n’était pas forcément mauvais. Après cette rencontre fortuite, elle se rendit enfin au cottage. La table était mise, le repas fait, Kisos lavé. L’amérindienne ne se sentait presque plus chez elle mais elle prit sur elle et remercia Mary de sa gentillesse avant d’aller s’occuper des baumes qu’elle préparait pour guérir sa famille et les éventuelles personnes qui auraient besoin d’aide. Mais les mots de la doctoresse tournait dans sa tête comme les rires gras des agents de police. Et elle ruminait, seule dans le petit bureau de Gabriel en attendant son retour.


    immarcescible, Posté le jeudi 17 février 2022 11:15 Répondre

    Ne pas faire sa tête de bourrique ? Pocahontas avait envie de rire. Il tenait bien de son père le petit Kisos mais elle se retint de le dire pour ne pas le taquiner dès le matin, surtout qu’il semblait si nerveux. Prenant sa main dans la sienne elle commençait à y dessiner des cercles de douceur comme pour apaiser sa peur. Elle ne pouvait pas dire grand chose étant donné que son souffle s’était coupé à son tour. Kisos prenait un sacré risque mais elle avait confiance en son jugement. Depuis son enfance il avait toujours été clairvoyant. Il savait ce qu’il faisait.

    Lorsqu’enfin il réussit à dompter l’animal, une bouffée de fierté monta au coeur de Pocahontas. Cette scène surréaliste est d’une telle beauté qu’elle ne peut retenir ses larmes de joie. Leur fils avait cet aura de grand guerrier et le souvenir de lui adulte l’envahissait. Une vision de lui ainsi, grand, fort chevauchant à bride battue lui vint et la réconforta de celle qu’elle avait eu de Dezba. Venant se blottir contre Gabriel, elle contempla sa mine émerveillé.

    - Merci pour merveilleux cadeau que tu nous as fait Isha..

    C’était sincère. Pour elle, c’était grâce aux pouvoirs indescriptible de l’écossais que ce genre de scènes avaient pu voir le jour et elle ne pouvait s’empêcher de le remercier chaque jour. Ignorant les odieux souvenirs qu’elle avait de l’année qui avait précédé et du possible qu’elle aurait pu avoir elle se contenta d’enfouir son visage contre le buste de son bien aimé comme pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas.

    Kisos galopait les cheveux au vent et riait. Le petit garçon avait déjà des allures de petit guerrier ce qui enchanta Pocahontas. Levant les bras en l’air il se laissait porter par l’étalon qui galopait et galopait suivi des autres des siens. Il revint peu de temps auprès de ses parents. Il trônait fièrement, tel un amérindien sur son cheval les cheveux ébouriffées par le vent.

    - Kisos Walker tu dois nommé ce cheval. Vous êtes désormais liés l’un à l’autre.

    Pocahontas s’approchait de l’animal qui bufflait et dont elle caressait délicatement les naseaux. Comme si elle était un baume, l’animal s’apaisa. Elle lui souriait et murmurait des incantations amérindiennes avant de tourner son oeil vers Gabriel.

    - Je crois que ton père ne se remet toujours pas de ce qu’il a vu mon chéri.
    - Je suis fort comme toi maintenant Duda !

    Il venait à descendre du cheval qu’il avait nommé Tonnerre en l’honneur de sa robe chatoyante. Pocahontas trouvait que ce prénom était parfait pour lui et vint poser sa main sur sa tête qu’elle caressait délicatement. Leur fils venait se jeter dans les bras de son père et le taquinait gentiment :

    - Je suis sur que tu as eu super peur, hein ? Mais je t’avais dis que j’y arriverais Duda. Je suis aussi fort et costaud que toi tu vois !
    - On ne joue pas les fanfarons Kisos.
    - Mais Ma’ je veux être comme Duda plus tard et partir à l’aventure avec Charlotte. Pas sûr que oncle Garrett me laisse l’épouser si je ne suis pas aussi valeureux que Duda. C’est pour ça d’ailleurs que tu l’as aimé non ?
    - Et bien figure-toi que ce n’est pas vraiment ça qui m’a fait m’intéresser à ton père.

    Le petit garçon regardait son père du coin de l’oeil. Il semblait aussi intéressé que lui et cela l’amusa. Il supplia donc sa mère de lui dire ce qui avait tant plu à la brune pour qu’elle pose ses yeux sur lui et elle ne pu s’empêcher de doucement sourire avant de répondre :

    - Parce qu’en le rencontrant j’ai su que je ne serais plus jamais seule et que l’aimer serait un cadeau inestimable. Tu sais, j’ai longtemps été seule même si ma famille était auprès de moi.. Mais.. Mais en rencontrant ton père je me suis rendue enfin compte de la chance que j’avais. Il m’a donné une raison de vivre pour contrer cet univers de solitude qui m’encombrait. C’est mon meilleur ami.

    En disant cela elle s’était approchée de Gabriel et pris sa main dans la sienne. Ses doigts entrelacés aux siens elle lui souriait tendrement alors que Kisos roulait des yeux.

    - Comment tu as su que tu l’aimais ? Parce que quand je regarde Charlotte moi, j’ai le coeur qui bat si fort que j’ai l’impression qu’il va exploser !
    - Aimer ton père me donne des ailes et malgré les difficultés j’ai toujours l’impression d’aller plus haut, plus vite.
    - Et toi Duda, demandait le petit garçon qui caressait la tête de son cheval qui s’approchait d’eux, t'as aimé d'autres filles que Ma' ?

    Pocahontas riait doucement sous les questions précises de leur fils quand elle embrassait le poignet de son amant avant de partir à la découverte quelques herbes et autres plantes pour ses baumes. Elle laissait donc les garçons un peu seul ayant besoin elle aussi de se retrouver un peu seule pour faire le tri dans ses pensées.


    immarcescible, Posté le mercredi 16 février 2022 17:38 Répondre

    Comme toujours, le sommeil contre Gabriel était aussi reposant et apaisant que possible. Pocahontas s’était blottie contre son buste puissant et ses bras qui l’enlaçaient. Heureuse, tranquille, elle n’avait aucunement envie de quitter le parfait cocon dans lequel ils s’étaient enveloppé. Mais ça, c’était avant que la vérité ne les rattrapent. Heureusement que Kisos lui rappela qu’ils allaient lui trouver son cheval totem aujourd’hui sinon elle aurait à son tour séquestré Gabriel de gré ou de force.

    La nouvelle du jeu auquel ils jouaient amusait la brune dont les rougeurs sur les joues ne pouvaient s’effacer. Il était vrai qu’elle ne s’était pas rendue compte de leur indiscrétion et se promit de faire plus attention la prochaine fois.

    Après un bon petit-déjeuner et une douche rapide elle suivit les garçons dans la campagne écossaise. Les highlands étaient toujours aussi remarquable et elle sut qu’elle était chez elle parmi toute cette nature sauvage, insolente et indomptable. Prise d’une envie subite, elle lâcha la main de Gabriel pour se mettre à courir avec Kisos et crier de joie. C’était un défouloir de pouvoir s’adonner ainsi à une telle spontanéité. Leur petit garçon riait et faisait comme sa mère en imitant le cri du loup suivit de près d’ailleurs par l’animal.

    Ils arrivèrent rapidement près d’une immense clairière où se trouvaient un dédale de pierres formant un rond imposant. Pocahontas et Kisos s’arrêtèrent surpris. La jeune femme se tourna vers Gabriel se demandant bien à quoi correspondait cet alignement surprenant. Par mesure de protection, la jeune femme vint prendre Kisos contre elle. Non pas qu’elle ai peur de ces pierres mais l’expérience lui avait appris à se méfier des éléments.

    Et pas manqué, elle sentait cette force étrange qui l’avait envahi des années auparavant et qui était capable de la conduire elle ne savait où. Un vent fort semblait vouloir l’emporter mais elle ne cédait pas et fit rapidement plusieurs pas en arrière en tenant fermement Kisos dans ses bras. Là, devant elle se trouvait une silhouette qui la fit frémir. L’impression de voir le corps imposant de Dezba l’effraya. Mais cela ne pouvait être qu’une vision, elle le savait. Rejoignant Gabriel qui se tenait encore au loin, elle le rassura en prenant sa main :

    - Ce sont des pierres. Je le sens, dit-elle simplement, allons autre part.

    Ce qu’ils firent aussitôt. Pocahontas tenait encore la main de Gabriel dans la sienne comme si elle craignait que cette force la conduise de nouveau là-bas, ou pire, que cette silhouette les suivent. Ils continuèrent leur périple jusqu’à se trouver dans un champ immense qui contenait des chevaux de l’île de Sable. Ils étaient magnifiques avec des couleurs chaudes et douces qui semblaient rassurer Kisos. Il allait partir à la rencontre des animaux mais la brune le retint pour lui rappeler d’être prudent.

    - Mais oui Ma’. Duda m’a bien préparé tu vas voir..

    Il était confiant et cela rassura la jeune mère qui vint lui donner un tendre et profond baiser sur son front et ses joues avant de le laisser partir. Le loup resta près d’eux quand elle se blottissait contre Gabriel. Elle se remettait de ses émotions, la rencontre aux pierres et leur fils grandissant lui nouait l’estomac.

    - J’ai peur de regarder mais je ne peux m’en empêcher, murmurait-elle en se blottissant contre le brun, je sais qu’il va y arriver.. Il est aussi fort et prudent que toi.. Heureusement qu’il n’a pas hérité de ma déraison..


    immarcescible, Posté le mardi 15 février 2022 18:40 Répondre

    - Qu...Qu'est-ce que tu fais... ? Avait-elle soufflé entre ses lèvres encore chaudes des mots emportés qu'elle avait lancé dans les airs quelques instants plutôt et qui retrouvaient encore une fois le chemin de l'embrasement avec ses baisers.

    Entre les mains expertes de Gabriel elle l’aidait à dégrafer le peu de vêtements qu’il lui restait, il lui ôtait tous les mots de la bouche en étant si beau au dessus d’elle. Il savait la surprendre, et surtout l'apprivoiser. L’amérindienne avait presque oublié combien leurs disputes pouvaient être volcaniques mais demeuraient surtout un profond aphrodisiaque entre eux deux. Les idées en vrac dans son esprit qui jusqu'alors l'avait tiraillée dans ce désir d'enfant et d'union s'évanouirent comme l'écume à la surface de l'eau à mesure qu'il lui prodiguait de délicieuses caresses du bout de sa langue, celles là mêmes qui embrasaient son bas-ventre et faisaient se soulever sa poitrine si furieusement. Il la touchait d'une manière si délicate et si puissante à la fois, il la touchait comme si lui seul avait vraiment connu son corps et elle le savait.
 
Le supplice était si bon qu'elle dût se réduire au silence avec une trop douloureuse retenue. Après tout, Kisos était dans la pièce d’à côté et elle ne pouvait pas s’épancher comme le midi. Ses gémissements mouraient dans sa gorge quand ce n'étaient pas des dans l’oreiller qu’elle mordait. A vrai dire, elle se retenait surtout de ne pas le blesser dans sa passion, ses doigts emmêlés dans ses cheveux qu’elle tirait.
Pocahontas avait retrouvé cette lueur quasi transcendée dans le reflet de ses opales de jais, cet orage silencieux de tension qui ne la quittait jamais quand il était dans les parages. Ainsi, quand pour sa plus grande frustration il se redressa, elle devint plus charmeuse qu'elle ne pouvait l'être encore.
 
- Mon dieu.. Mon amour.. Mon feu.. Repaît mon de ton désir.. tenta-t-elle d'expirer avec le sourire de l'impatience, les joues visiblement déjà rosies par ces préliminaires qu'elle n'attendait pas.

    En plongeant son regard dans les yeux clairs du brun, elle reprit un peu de son sérieux pour opiner de la tête, signe qu'elle était prête alors qu’il la posait sur la commode. Alors, en laissant ses cuisses s'ouvrir à lui, elle avança doucement son bassin jusqu'à le trouver et faire vibrer leurs deux corps au contact de leurs sexes échauffés. Il l'avait fait languir et elle se décidait à lui rendre la pareille, ondulant quelques instants contre son érection tout en se retenant de s'offrir à lui. 
 
- Je ne veux que toi.. Je ne veux que toi Isha.. Haaan.. Prends-moi encore.. susurra la brune, en venant se pencher vers le buste de Gabriel dont elle contempla la musculature.

    Elle laissa sa poitrine caresser son torse avant que sa bouche, et particulièrement sa langue, ne cueille la peau de son cou avant de ne faire plus qu'un, dans un gémissement étouffé. Les bras autour de ses épaules, elle l'intimait de faire des mouvements de vas-et-viens qu'elle débutait dans sa propre danse, douce mais si lente, qui l'irradiait déjà.
 
- Je suis à toi.. Toujours.. Eternellement.. Oh Isha.. Bon sang oui !
    
Elle ferma les yeux en ressentant les premières conséquences de la frustration qu'elle avait pu générer chez l’écossais, ces premiers supplices qui en annonçaient d'autres. Tout du moins, en venant resserrer sa poigne autour de la crinière de Gabriel, elle l'intimait de surtout poursuivre dans sa fiévreuse cadence.
    
- Isha.. Prend-moi encore.. Comme si j’étais ton dernier repas.. avait-elle lâché non sans un petit sourire en coin qui céda face à un premier tremblement de ses lèvres quand leur rythme se fit plus sauvage. Son corps la trahissait dans le plaisir qu'elle ne parvenait plus à dissimuler. Fermant pour la première fois les yeux, elle mordit dans sa lèvre inférieure alors que sa main droite serrait l'épaule de son amant quand son propre buste bascula légèrement en arrière. Oui, entre ses bras, dans ce moment suspendu, elle se sentit revenir à elle-même à nouveau. Redevenir l'amoureuse passionnée qu'elle avait toujours été sans l'avouer, devenir sa femme surtout.


    immarcescible, Posté le mardi 15 février 2022 16:00 Répondre

    Le garder tout contre elle, contre son coeur et oublier ses angoisses. Voilà ce à quoi elle aspirait mais Gabriel semblait, comme toujours, avoir de meilleurs plans pour eux deux alors elle laissa échapper un tendre et fin sourire. La lune éblouissait les traits si fin de son amour au visage si tendrement pâle. Ses doigts ne pouvaient s’empêcher d’entrelacer les siens jusqu’à ce qu’elle sente la chaleur de son amant se propager dans son propre corps grâce à ce fulgurant contact. Il savait toujours comment amener le positif et la rassurer quand elle-même doutait toujours d’elle-même.

    Finissant la tasse de thé qu’elle avait remplie à moitié, elle vint se blottir contre lui en le laissant évoquer les multiples voyages qu’ils pourraient faire. La perspective de voyager ne lui était pas venue depuis sa rencontre avec Gabriel. Elle qui avait tant voulu voir le monde avant ne se sentait plus apte à quitter cette modeste bulle qu’ils se construisait depuis peu de temps.

    Lorsqu’il lui demanda enfin son avis, elle ne pu s’empêcher d’acquiescer en relevant son visage vers le sien. En effet, elle avait envie de toutes ces choses et elle lui répondit simplement qu’elle le suivrait au bout du monde si il le fallait et que tout lui allait. Mais en voyant qu’il allait froncer les sourcils, elle l’attira contre elle et embrassa tendrement ses lèvres. Son estomac se serrait toujours comme si une multitude de papillons envahissait son ventre et son être entier lorsqu’elle sentait ses lèvres se poser sur les siennes. Ayant enfin toute son attention, elle caressa ses joues et sa crinière en murmurant contre ses lèvres :

    - Je veux des douces journées comme celle-ci.. Je veux te rendre heureux.. Je veux te voir me sourire comme tout à l’heure.. Je veux que Kisos continue d’être aussi adorable.. Je veux être ta femme.. Je veux vivre dans tes bras et où tu seras.. Je veux tout ce qu’il y a de plus doux et simple à tes côtés Isha.. Je me fiche du monde si je ne suis pas à ton bras..

    C’était sincère puisque ses prunelles brillaient dans le noir. Grâce à la douce lumière de la lune elle resplendissait comme si la lumière de l’obscurité lui donnait des allures de fée. Délicatement, elle vint s’installer à califourchon sur son adoré et vint faire tomber de ses épaules le peignoir dévoilant ses seins rond et ferme dressés contre le buste de Gabriel. Ses joues rougissaient avec douceur alors qu’elle caressait les joues du bel écossais tout en murmurant toujours :

    - Je veux que tu me fasses l’amour encore et encore.. Te couvrir de baisers et te contempler dès que j’en meurs d’envie.. Je veux que tu plonges encore et encore tes mains dans mes cheveux et t’entendre dire que tu me désires.. Je veux avoir un autre enfant avec toi.. Je veux aller nager nue avec toi comme avant et je veux partir chasser avec toi.. Je veux tout faire avec toi.. T’aimer, te chérir, te gronder parce que tu fumeras encore et encore.. Je veux toute une vie et une éternité dans tes bras..


    immarcescible, Posté le mardi 15 février 2022 11:23 Répondre

    La poigne ferme de son amant l'attira contre lui et cela fit doucement rire Pocahontas. Blottie contre lui, à califourchon, elle caressait ses boucles brunes. Pensive, elle se remémorait ce que Kisos avait dit sur ses boucles brunes qu'il avait tenté de lisser et cela la fit doucement sourire. Elle se sentait si heureuse à cet instant précis, si légère, débarrassée de tout ce qui l'avait meurtrie toute cette année. Son coeur chamboulait de joie ses pensées mais cela fut rapidement rattrapé par le souhait de Gabriel à voir leurs amis et leurs familles les rejoindre. Depuis son retour elle n'avait pas repensé à eux et la honte vint la refroidir.

    Le regard fuyant, elle se contenta d'hocher simplement la tête. Incapable de répliquer tout de suite. En effet, la honte d'avoir tout bonnement quitté Gabriel pendant une année, ainsi que tout le reste de leur entourage la bloquait. Au fond d'elle, elle était persuadée qu'ils la détestaient tous et qu'ils lui en voudraient de ce qu'elle avait fait. De plus, elle se doutait que le brun leur avait certainement confié l'épisode de la prison et l'aveu de ses meurtres. La jeune femme vint continuer à fuir le regard de son adoré pour ne pas qu'il prenne mal ce qu'elle se refusait à lui dire.

    Aussi, elle quitta le bain peu de temps après et s'enroula dans le peignoir de Gabriel pour cacher ses courbes humides. Venant démêler ses cheveux près de la fenêtre avec un vieux peigne qu'elle avait acheté au marché d'Edimbourg elle réfléchissait jusqu'à ce qu'il lui demande enfin ce qui lui passait par la tête. Mordant sa lèvre, elle vint regarder ses pieds craignant sa réaction :

    - Ils me détestent tous, j'en suis persuadée. Je reviens comme ça au bout d'un an avec tout ce que j'ai fais et.. et tu crois vraiment qu'ils vont accepter que tu m'épouses et de venir vivre auprès d'une.. d'une meurtrière ?

    Voilà, c'était dit. Ses peurs concernant leur entourage était très simple. La peur du rejet et de se voir être obligée de briser cette bulle de bonheur qu'ils vivaient depuis la veille. Enfin elle releva ses prunelles vers les siennes et sentit son coeur se serrer en pensant à toutes les erreurs qu'elle avait fait :

    - J'aimerais que cette année n'ai pas eu lieu mais je ne peux pas la nier et toi non plus.. Isha.. Je comprends totalement qu'ils me haïssent mais je ne veux pas que tu te retrouves isolé à cause de moi. Je t'ai déjà causé bien trop de nuisances..

    Elle s'était persuadée en peu de temps de l'animosité des autres et ils auraient eu raison. Elle-même n'aurait peut-être pas été si clémente avec quelqu'un qui aurait fait tout ce qu'elle avait commis. Voyant qu'il avait réagir, elle secoua la tête et préféra le quitter un instant prétextant faire du thé. Le fait d'être un peu seule lui permit de dissimuler les quelques larmes qui glissaient sur ses joues.

    Après avoir chauffé l'eau et mit le thé dans les tasses elle rejoignit le brun qui était sortit du bain. Pocahontas posa les tasses sur le rebord de la fenêtre près de laquelle se trouvait une petite alcôve où s'asseoir et où elle se posa. Soufflant sur la fumée doucereuse de la boisson elle reposa ses prunelles humides vers Gabriel et attendit qu'il lui donne sa réponse mais rien ne venait et cela la perturba :

    - Quels soucis je en t'ai pas causé encore Isha ? Tu te demandes ce que tu pourras faire de ta fiancée si compliqué n'est-ce pas ?


    immarcescible, Posté le lundi 14 février 2022 11:51 Répondre

    - C'est simplement parce que je souhaite que tu me débarbouilles mon amour..

    La douce taquinerie de Pocahontas semblait avoir fonctionné puisque les amants vinrent se donner un baiser brûlant et sensuel qui animèrent le désir vorace qu'ils avaient l'un pour l'autre. Le loup de Kisos vint aboyer comme pour signifier que quelqu'un arrivait à la maisonnette et cela eut raison du couple qui s'écarta de l'un et de l'autre. La brune, malgré ses joues rougissante, lissa se crinière d'un revers de la main quand Gabriel venait ouvrir la porte. Sur le seuil se trouvait Le Chevalier, un ami policier de son amant qui avait un sourire mutin sur les lèvres. Il semblait surpris de voir la jeune femme dans la cuisine qui retirait le tablier de ses hanches.

    - Tiens donc Walker.. Il semblerait que tu aies enfin retrouvé la délicieuse princesse dont tu nous rabattais tous le temps.
    - Ainsi donc il parlait un peu de moi, dit-elle en riant doucement tout aussi taquine que le blond.
    - Ah mais c'est que j'ai cru que vous étiez une invention de son imagination ma chère. A ses yeux vous êtes la septième merveille du monde.

    Chevaleresque, comme son prénom le signifiait, il se penchait sur la main de la jeune femme et y déposa un baise-main qui la fit doucement rire. Ses manières si fantasque étonnait la brune qui n'avait jamais vu un homme d'une telle envergue.

    - Mais je vois désormais que Walker a un excellent goût et qu'il n'est surtout pas un menteur éhonté.

    Pocahontas saluait gentiment le blond excentrique et proposa une tasse de thé. Chevalier expliqua qu'il venait généralement le soir pour boire un peu de whisky et l'amérindienne su qu'elle allait devoir se faire aux nouvelles traditions du soir de son époux. Avec son aide, elle sortit deux verres et la bouteille et s'éclipsa laissant les deux hommes discuter. Elle préférait aller s'occuper un peu de Kisos qui se battait avec son peigne sur ses jolies boucles brunes :

    - Kisos ! Mais que fais-tu ?
    - Les autres disent qu'un vrai garçon ne doit plus avoir de boucles.
    - Ah oui ? Donc Duda n'est pas un vrai garçon ?

    Le petit garçon réfléchit à la réplique de sa mère et se rendit compte de l'absurdité des propos de ses camarades. Il secoua donc sa longue crinière et demanda à sa mère de les natter ce qu'elle fit avec un tendre sourire :

    - Pourquoi tu as disparu tout ce temps Ma' ?
    - Et bien parce que j'avais peur et étant donné que je ne savais pas gérer ce sentiment j'ai du m'éloigner de vous.
    - Mais on aurait pu te soigner, t'aider.
    - Dès fois mon chéri on est tellement mal qu'on ne voit pas que la solution est devant nos yeux.

    Si attentionné qu'il était, il vint se faire cajoler par sa mère qui déposait un baiser sur son front avant de le conduire au lit. Pour aller dans sa chambre ils devaient repasser par la salle à manger. Kisos vint saluer joyeusement Chevalier qui lui rappela que le lendemain ils devaient aller trouver son cheval totem. Cela brisa le coeur de Pocahontas de savoir qu'elle aurait pu manquer un tel moment si elle n'était pas revenue à temps. Après avoir salué son nouvel ami et son père, Kisos suivit sa mère pour aller au lit. Le rituel du soir fait, la jeune femme le couvrit de son épaisse couverture quand Le Loup se couchait à ses pieds.

    Lorsqu'elle fut certaine qu'il dormit, elle retourna dans la chambre des amants et vint prendre son bain du soir. Se lavant avec plaisir avec le savon au jasmin, elle chantonnait paisiblement en appréciant toutes les bougies allumées de la chambre. C'est avec surprise qu'elle se retourna vers la porte et vit Gabriel debout à l'observer. Elle vint lui sourire amusée en rinçant la mousse de son corps :

    - Que fais-tu ici ? Tu admires la vue ? Viens donc me rejoindre..


    immarcescible, Posté le vendredi 11 février 2022 11:24 Répondre

    C'est rassurée que Pocahontas avait contempler Gabriel repartir au travail. Il avait si fier allure dans son costume que cela la fit doucement rire. En effet donc, elle était rassurée de savoir qu'il la soutenait et qu'elle allait pouvoir se recentrer sur elle et la douce maisonnette qu'ils habitaient. Après avoir fait un inventaire de tout qu'il lui faudrait elle décida de ranger et de nettoyer un peu. Les fenêtres étaient ouvertes, laissant entrer le frais si doux de la journée. Les quelques éclaircies amenait encore plus de vie dans la maison qui commençait à prendre une nouvelle forme plus douce et habitée.

    En fin d'après-midi, elle se rendit donc au village. Elle était un peu nerveuse, craignant surtout le regard mauvais des gens qu'elle avait toujours connu à Lowache. Or, là, ce fut tout l'inverse. Tout le monde semblait bienveillant et d'une gentillesse absolue. La présence de Gabriel à ses côtés devait certainement aider mais elle resta quand même centrée sur ce deuxième apaisement de la journée. Kisos était une boule d'énergie qui la faisait doucement sourire. Après avoir avoir rencontré sa maîtresse et tous ses camarades d'école elle reprit le chemin de la maison non sans avoir tendrement regardé son amour retourner à son travail.

    L'idée d'aller pêcher lui plu. Elle accepta et pris avec son fils les fameuses cannes à pêche et se rendirent sur la petite plage où elle était venue les chercher la veille :

    - Tu peux lui écrire de jolies cartes.. Je suis persuadée qu'elle sera touchée de ton attention.
    - Je n'avais pas pensé à ça ! Et je pourrais lui dessiner des fleurs dessus.
    - Oui mon chéri. On fera ça une fois que tu auras pêcher un poisson.

    C'était comme si le défi était devenu la raison de son existence. Le petit garçon se mit en tête de pêcher le plus rapidement possible un poisson quand sa mère l'observait avec attention. Elle prenait le temps de détailler toutes les petites choses qui avaient transformé son visage et cela l'ému. Il grandissait à toute vitesse et l'idée de retourner dans le temps pour recommencer une nouvelle fois tout ça lui vint à l'esprit. Elle se promit d'en parler le soir même à Gabriel qui serait très certainement d'accord.

    - MAAAAAAAA' ! J'ai réussi !

    En effet, Kisos fit sortir la brune de sa torpeur en affichant devant ses yeux une truite bien grasse. Pocahontas applaudit et le laissa donner les derniers honneurs à l'animal comme elle lui avait appris et ils rentrèrent à la maison. Le petit garçon aima les débuts de la nouvelle décoration. La jeune femme n'avait fait qu'un gros ménage de printemps et réarrangé certaines choses comme les rideaux qui étaient accrochés sur le coin du mur, des bouquets de fleurs égayaient la maison. C'était plus accueillant et Kisos disait que ça ressemblait au manoir de Glasgow. Cela toucha la jeune femme qui vint lui apporter du papier et des crayons.

    Lorsque Gabriel rentra, plus tôt que prévu, ce qui surprit les deux têtes brunes, Pocahontas cuisinait quand Kisos rédigeait sa lettre pour Charlie. La jeune femme souriait tendrement à Gabriel et lui faisait les yeux doux :

    - Je croyais que tu rentrais plus tard. As-tu réussis à attraper tous les vilains de la journée ?


    immarcescible, Posté le jeudi 10 février 2022 21:15 Répondre

    C'est avec attention qu'elle l'écoutait évoquer son nouvel emploi. Cette vocation ne la surprenait pas tant que cela en soi. Elle se retint de lui dire qu'il avait été pendant très longtemps un très bon guerrier et qu'un policier relevait quand même de cette profession finalement. Elle ne pouvait s'empêcher de sourire suite au traquenard qu'il lui avait lancé alors ce fameux soir. Mais pourtant, heureusement qu'il l'avait fait car sinon jamais elle ne serait rentrée.

    - Tu sais.. Je ne sais pas si je serais là aujourd'hui si tu m'avais un peu forcée.. Tu as eu raison et je t'en remercie. J'étais si aveuglée que je n'ai pas voulu voir ce que tous les signes et les Esprits avaient pourtant essayé de me montrer.

    Accoudée au sol, elle posait sa tête sur sa main pour pouvoir mieux contempler son fiancé qui lui souriait. Un léger rougissement s'épanouissait sur les pommettes de la jeune femme alors qu'elle fantasmait sur les lèvres du brun qui quelques secondes plus tôt embrassaient son corps en entier. Elle mordillait donc sa lèvre inférieure avant de vite regarder autre part. Pour cela, elle déposa un baiser sur son buste avant de finalement se redresser. Elle avait entendu le ventre gargouiller de Gabriel et elle sut qu'elle du le nourrir.

    Elle se leva donc mais resta nue. C'était une habitude qui lui manquait de ne pas avoir à porter des vêtements si épais et lourd. Ainsi, elle récupéra sur la table l'assiette richement remplie de petit sandwichs comme Mary lui avait appris et lui servit une grande tasse de thé.

    - Je ne sais pas si je serais compétente Isha.. Je ne veux pas risquer de te décevoir si je ne fais pas l'affaire pour cette femme-médecin. En tant que ta fiancée je me dois de te faire honneur..

    Bien sûr qu'elle pensait à lui faire honneur. Le village était suffisamment petit pour que de mauvaises réputations survienne et elle ne voulait pas qu'à cause de son arrivée Gabriel puisse perdre toutes les nouvelles chances qu'il avait eu. Son travail l'avait conduit jusqu'ici à avoir un très bon poste et elle craignait qu'il subisse un courroux à cause de cette étrange femme qu'il avait. Venant s'asseoir à califourchon sur ses cuisses et buvant dans sa tasse de thé qu'il reposait sur le côté, elle s'amusa à dessiner des formes sur son buste :

    - La médecine que j'ai toujours pratiqué s'apparente aussi à beaucoup de foi tu sais.. Je ne voudrais pas qu'on me considère comme la sorcière du village. Tu as construit quelque chose de très beau ici et je ne voudrais pas tout détruire. William m'a souvent dit que je devais concevoir le corps humain comme une machine pour être un bon médecin, mais je ne sais pas faire.

    Elle était honnête en lui confiant ses peurs mais elle ne cherchait pas forcément à ce qu'il la rassure. Pocahontas voulait seulement lui partager ses doutes comme elle le faisait auparavant. Son retour dans la vie de Gabriel se voulait doux et léger. Oublier l'année écoulée était ce qu'il y avait de plus normal pour la jeune femme surtout qu'elle craignait parfois que son démon intérieur resurgisse. Pensive à ce sujet, elle devait l'avouer à Gabriel :

    - J'ai peur parfois de l'injustice Isha.. Peur que ça me reconduise à côtoyer ce démon qui m'a habité tout ce temps. Je sais que c'est égoïste de te demander ça alors que nous nous retrouvons mais.. mais peux-tu me promettre de me sauver si jamais il revenait ?

    Ses yeux exprimaient une terreur certaine quand elle posait ses mains sur les épaules du géant écossais. La peur de se voir dépossédée de cette douceur qui l'habitait actuellement et de son souhait de vivre heureuse et sans ombrage :

    - Peut-être que je devrais uniquement me contenter pour le moment de m'occuper de toi et Kisos, du jardin et de méditer, me recentrer sur moi-même et, elle fit une légère pause avant de lui offrir une moue taquine adorable, et changer un peu la décoration de la maison aussi..


    immarcescible, Posté le jeudi 10 février 2022 15:03 Répondre

    Ce qu'elle aimait la réactivité de son amant. Son sourire carnassier, ses prunelles brillantes et ses mains si possessive. Ô que oui elle l'aimait. Son corps ne faisait que de lui dire d'ailleurs à frissonner de la sorte sous ses mains expertes et ses baisers mouillés. Le fait que Kisos ne soit pas là permit à la jeune femme de laisser ses gémissements résonner dans toute la pièce sans retenue. Ses cuisses s'entrouvraient pour laisser la place au visage de Gabriel jusqu'à ce que ses pieds appuient délicatement sur son dos. Elle bougeait son bassin, ses doigts agrippant la crinière brune de l'écossais comme pour lui signifier son plaisir :

    - Oui.. Dévore-moi mon amour..

    Il la rendait littéralement folle c'était certain. Et comment ne pourrait-elle pas l'être sous son assaut si singulier ? Alors qu'elle allait toucher ce fameux nirvana de sensations fulgurantes, elle le sentit se retirer. Mais un non sonore s'échappa de ses lèvres qui sembla le faire sourire. La brune agrippa son visage et l'attira contre le sien pour lui donner un baiser vorace et passionné quand elle collait son bassin au sien de sorte à caresser son sexe tendu contre le sien humide.

    Sans qu'elle ne s'y attende, elle le sentit la retourner et dans un élan spontané la pénétrer. Ce qu'elle aimait qu'il prenne autant de liberté sur son corps lorsqu'ils étaient en pleine effusion. Ils ne faisaient qu'un de nouveau et Pocahontas se sentait totalement entière en sentant le désir de Gabriel s'aventurer en elle. Posant les mains du géant brun sur ses seins elle ne pu que poser les siennes sur le montant du canapé qu'elle agrippait férocement en gémissant sans retenue. Qu'il était bon de pouvoir être à nouveau seuls sans se soucier des autres.

    Fébrile, elle se laissait aller aux désirs multiples de son amant et lui rendait à chaque mouvements la même ardeur. Elle griffait son dos, mordait sa peau, suppliait dans des gémissements puissant le prénom de son amant de ne jamais s'arrêter jusqu'à ce qu'enfin ils roulèrent sur le sol et où elle pu le dominer de son corps. C'est là, dans un mouvement de bassin intense et sensuel qu'elle explosa peu de temps après lui. Lentement, elle cessa ses allées et venues pour s'écrouler sur lui essoufflée mais comblée. Ses cheveux barraient son visage mais son sourire était perceptible quand ses yeux étaient clos.

    Allongée près de lui, elle vint délicatement se blottir contre son corps pour lécher la fine couche de sueur de son cou. Elle ronronnait entre ses bras en riant doucement quand ses doigts caressaient sa musculature impressionnante :

    - Tu aurais du me réveiller ce matin.. Je t'aurais préparé ton petit déjeuner, dit-elle avec douceur, tu es rentré pour vérifier que je sois toujours là ? Je ne suis pas une selkie tu sais.. Rien n'y personne ne me fera bouger de tes bras, monsieur le policier qui m'as un soir séquestré.


    immarcescible, Posté le mercredi 09 février 2022 21:36 Répondre

    Lentement, elle reprenait son souffle. Tout son corps, tous ses sens étaient en éveil. Les yeux clos, la jeune femme haletait, tremblante et en sueur. Mais qu'importe. Le corps encore brûlant de son amant la possédait, la dominait de ses courbes si puissante. Les yeux clos, elle ne pouvait s'empêcher de se remémorer déjà la puissance de ses mouvements, sa fougue, sa passion, ses mots. C'était comme si elle reprenait un shoot d'électricité et de passion ardente.

    Pocahontas était allongée sur ce lit trop petit pour eux deux, ses cheveux étalés éparses autour de son visage. Elle du retirer certaines mèche de ses yeux ce qui lui permit de contempler le colosse dont le visage était posé entre ses seins. Cette vision si tendre et sensuelle la faisait toujours fondre :

    - Nemehotatse Isha.

    Ses yeux brillaient de cette joie et de cet amour qu'elle ressentait déjà au tout début de leur relation. Elle avait l'impression de revivre depuis ce début de soirée. Comme si le souffle lui était revenu et comme si tout avait un sens particulier qu'elle avait oublié. Relevant tendrement le visage de Gabriel vers le sien, elle embrassa ses lèvres avec une douceur certaine avant de s'excuser d'avoir griffé son dos.

    - Quand tu me fais l'amour ainsi je ne contrôle plus rien.. Je me sens comme envahie d'une vague incontrôlable.. Je pourrais te demander de me faire l'amour ainsi tout le temps tu le sais ? Et toi ? Tu le sens aussi ?

    Elle riait enfin un peu et cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était pas sentie si légère. Embrassant les lèvres de son adoré, elle caressa ses boucles brunes, ses joues et enfin sa nuque. Leurs corps étaient enlacés tendrement et c'était tout ce dont elle avait besoin après tout le voyage de la journée. Lentement, sans qu'elle le prémédite, elle vint se blottir contre lui, son visage dans son cou et s'endormit ainsi ses jambes entrelacés aux siennes et son corps nu contre le sien.

    Depuis plus d'un an elle n'avait pas dormi de la sorte. Aucun cauchemar, aucune insomnie. Encore une fois, même si le lit semblait étroit pour eux deux, surtout avec la présence de Gabriel, elle avait parfaitement dormi. Au petit matin, elle se réveilla très tardivement. Elle avait été tellement épuisée qu'elle avait du dormir jusqu'à au moins midi puisqu'en se réveillant elle se rendit compte qu'elle était seule et que les garçons étaient déjà partit. Gabriel avait laissé un mot disant qu'il rentrerait pour le midi et elle décida donc de se dépêcher. Après une douche rapide, elle rangea la chambre et prépara quelques sandwichs simple pour le déjeuner. Elle venait de les finir lorsqu'elle le vit revenir sur le petit chemin.

    Son sourire s'élargissait et sans attendre un instant, spontanément, elle sortie de la maison et courut dans sa direction avant de se jeter dans ses bras. Ses jambes enlacèrent les hanches du brun quand ses mains agrippaient son visage. Dans un élan passionné, elle l'embrassa langoureusement comme pour lui souhaiter une douce journée puisqu'elle n'avait pas pu lui souhaiter au petit matin. N'ayant plus de souffle rapidement à cause de la course, elle souriait toujours, son visage illuminé par l'amour et la douceur :

    - Emmène moi vite à la maison. J'ai encore envie de toi, avouait-elle à bout de souffle et en rougissant, à moins que tu préfères les sandwichs que j'ai préparé.


    immarcescible, Posté le mercredi 09 février 2022 16:58 Répondre

    Au départ, elle refusait de se regarder dans la glace et par réflexe, elle posa ses bras autour de son corps comme pour se cacher du regard de Gabriel. Pourtant, avec ses mots, ses caresses et la sensation de son erection naissante elle ne pu s’empêcher de ressentir les douces vagues de chaleur de l’excitation. Ses mains se baladaient sur son corps et sans qu’elle puisse le contrôler, un feulement de plaisir s’échappa de ses lèvres entrouvertes :

    - Oh…

    Sa peau frissonnait, et quel délice ce frisson. Lentement ses cuisses s’écartèrent légèrement pour laisser les doigts de son amant la caresser. L’une de ses mais vint agripper sa nuque quand elle se cambrait de plus belle contre lui. La confiance en elle remontait lentement, la poussait même à le supplier d’une voix douce et sensuelle de continuer. Les yeux clos, elle se laissait envahir par toutes ces sensations de plaisir qui la submergeait et ce désir que Gabriel semblait avoir pour elle ne pouvait que l’enflammer encore et encore.

    N’y tenant plus et sentant ses cuisses être bientôt trempées, elle se tourna face à lui et fit baisser son visage de sorte à pouvoir l’embrasser. Un baiser langoureux, passionné, avide. Le goût de ses lèvres, leur douceur, leur chaleur lui avait tant manqué. Une drogue dont elle ne se lasserait jamais. Lorsqu’elle fut à bout de souffle elle ne pu s’empêcher de murmurer :

    - Touche-moi encore.. ne t’arrête jamais..

    Avec douceur, sa main c’était faufilée entre eux et venait agripper son membre durcit. Il était si doux, si chaud et dur dans sa main que cela ne pouvait qu’attiser encore plus son excitation, c’était elle qui lui donnait cette erection et une partie d’elle en était fière. Mordant le cou du brun tout en remontant à ses lèvres, elle le poussait sur le bord du lit sans le lâcher. Sa main allait et venait plus rapidement comme pour chercher ce diable enfiévré de la passion qui allait exploser pour elle, avec elle.

    - Je t’aime tellement.. tu es si beau mon amour.. mon dieu.. mon soleil.. mon univers..

    Lentement elle se baissa et vint embrasser les muscles saillant de son buste tout nouveau jusqu’à rejoindre son membre qu’elle prenait sensuellement en bouche. Elle lui avait manqué cette sensation si jouissive de pouvoir lui donner du plaisir. Et une part d’elle envieuse voulait à tout prix effacer le souvenir de cette autre femme qui avait pu poser ses mains sur le corps de son amant. Une part très très possessive de Pocahontas que Gabriel découvrirait bien plus tard. Ses joues creuses et sa langue jouèrent avec son membre quand ses mains caressaient ses tzsticules avant de revenir caresser ses cuisses. Ses grands yeux timide se relevaient vers lui quand un sourire en coin satisfait se formait en voyant l’état dans lequel elle le mettait.


    immarcescible, Posté le mardi 08 février 2022 22:16 Répondre

    Comment pourrait-elle lui en vouloir. Implicitement, c'était elle qui l'avait envoyé dans les bras d'une autre femme. Mais ce qu'elle avait mal de l'imaginer toucher une autre femme et la désirer. Les yeux clos, elle essayait d'interdire à son esprit de penser à ces images sensuelles de Gabriel avec une autre femme mais cela était impossible. Pourtant, il lui assurait son amour et elle le croyait. Mais la jalousie, vilain poison, instillait son coeur et la rendait mélancolique. Elle lui rendit son baiser du bout des lèvres jusqu'à ce qu'il lui explique alors cette prise d'opïodes régulière. Cela lui fendit le coeur une fois de plus. Toutes ses actions n'avaient été finalement que néfaste pour lui et tous les ressentiments qu'elle avait refoulés envers elle-même revenait de plus en plus fort et rapidement.

    Pourtant, elle le laissa la ramener sur le lit. Allongée sous lui, elle caressa ses avant-bras prête à le laisser la toucher. Mais ses yeux se posaient sur son corps transformé, son corps mutilé et là, elle ne pu contenir ses larmes et la torture violente de la culpabilité qui la lapidait. Dissimulant son visage de ses deux mains, elle se mit à pleurer lorsqu'il lui posa la fameuse question. Rapidement elle se leva et vint s'asseoir dans un coin de la pièce comme le ferait un enfant pris sur le fait :

    - Ne me regarde pas.. Ne me regarde pas.. Je suis hideuse..

    Elle le vit vouloir s'approcher mais elle tendit ses mains comme pour l'en empêcher. Son corps qu'il avait tant aimé n'était plus qu'un déchet sans nom maintenant pour elle. Non pas qu'elle avait été superficielle mais elle savait pertinemment qu'en changeant de la sorte il pourrait très bien ne plus la désirer et cette seule pensée la dévastait :

    - Quand je suis revenue à elle j'ai été enfermée et j'ai du passer plusieurs épreuves en plus de celles du feu.

    C'est ainsi qu'elle lui raconta l'épreuve de la vérité et le moment qui a été si fatidique pour elle puisqu'elle avait répondu que c'était Gabriel et Kisos qu'elle protégerait toujours en premier. Essuyant ses joues nimbées de larmes, elle récupéra la chemise du brun qu'elle enfila pour dissimuler les marques vicieuses des soeurs qu'elle avait autrefois eu et qui l'avait punie pour ce qu'elles avaient appelé un déshonneur :

    - C'est là que j'ai compris où était mon erreur depuis le début. Je n'ai pas eu à réfléchir. Vos noms sont sortis instinctivement. Je ne suis pas revenue parce qu'elles m'ont châtiée Isha.. Mais parce que je me suis rendue compte de la vérité. Et c'est pour ça qu'elles m'ont punies.

    Lentement elle s'était redressée et faisait les cent pas face à lui. Elle se sentait souillée par les marques qu'on lui avait infligé et elle comprenait qu'il ne la désire plus, qu'il soit dégoûté. Elle voyait bien qu'il l'était. Inspirant profondément, elle reprit d'une voix basse :

    - Je comprendrais que.. que tu préfères une jeune femme plus jeune et dont la beauté t'éblouiras.. Tu.. Tu y a le droit. Je ne serais pas jalouse.

    En vérité, cette simple phrase lui coûtait car c'était faux. C'était un mensonge qui la torturait et qui la fit secouer la tête. Ils avaient dis plus de mensonge et aussitôt qu'elle eu dit cela, elle se ravisa :

    - Non c'est faux je serais forcément jalouse. Parce que j'aimerais avoir ce corps que tu as désiré. J'aimerais ne pas être marquée de ces choses odieuses que j'ai pu faire et j'aimerais que tu n'aimes que moi et que tu n'aies pas couché avec cette autre femme.. Mais je ne peux pas désiré tout ça.. Et ça me tue..


    immarcescible, Posté le mardi 08 février 2022 19:06 Répondre

    Pocahontas restait ébahie de peur devant le fameux tableau qui était accroché près du lit. Il était clair que leur fils avait bien eu raison de se moquer de son père. La jeune femme gardait sa main devant ses lèvres comme pour dissimuler son "oh" de consternation. Le bruit de la plomberie la fit ensuite sursauter mais cette fois-ci un rire amusé s'échappa de ses lèvres alors que le brun tentait vainement de s'excuser. Elle s'en fichait royalement de tout ça. Un tipi et juste eux deux aurait suffit pour la brune qui regardait son amour se pencher sur la baignoire pour y faire couler l'eau chaude. Prenant une allumette, elle se mit tranquillement à allumer toutes les bougies qu'il avait installé et une fois que ce fut fait, se remit à le contempler.

    Il semblait si immense dans cette pièce si petite. Cela fit sourire tendrement Pocahontas qui lentement, vint déboutonner la veste qu'elle portait. Délaçant les lacets de son corsage, elle laissa le tissu trop grand de sa robe glisser le long de son corps la dévoilant nue. Elle releva ses long cheveux sur le haut de sa tête en un chignon désordonné avant d'entrer dans la baignoire où l'eau chaude fut un bonheur certain. Recroquevillée dans un coin, elle contempla le corps saillant de son amant être dévêtu rapidement avant de le voir la rejoindre dans cette immense cuve.

    - On va avoir un peu de travail mais c'est parfait comme endroit. Tu as très bien choisis notre nouveau chez nous..

    Lorsqu'ils rejoignit enfin la baignoire elle le sentit l'attirer contre lui de nouveau et elle se laissa faire. Telle une poupée, elle n'osait pas le toucher, comme si il était une bulle qu'elle risquait de faire éclater à tout moment. L'idée qu'elle se réveille d'un aussi beau rêve lui traversa l'esprit et elle murmura en amérindien une prière pour que ce moment soit vrai et qu'elle ne le rêve pas. En ouvrant les yeux, elle pu contempler sa moue si adorable et ses yeux pétillant d'une passion certaine qui la fit tendrement sourire :

    - Si tu savais comme je peux t'aimer Gabriel Walker.. Mon amour.. Mon souffle, mon âme..

    Prenant son visage entre ses mains, elle plongea sur ses lèvres et les embrassa spontanément. Un gémissement de satisfaction s'échappait d'entre ses nombreux baisers mais diable que c'était bon. Rien avoir avec l'idée de combler un besoin comme la nourriture, l'eau, le sommeil. Non, c'était un besoin viscéral qui alimentait son corps d'une énergie et d'une électricité flamboyante. Pocahontas se blottissait contre lui cherchant à s'enfoncer dans sa peau ne faire plus qu'un. Manquant de souffle, ses lèvres durent quitter les siennes un moment ce qui lui permit de murmurer d'une voix faible :

    - Je peux.. Je peux dormir autre part ce soir si tu préfères.. Je.. Je comprendrais que ce soit trop tôt pour toi.. Je ne m'offusquerais pas que tu refuses et..

    Elle se stoppa, mordant sa lèvre inférieure. Une question la taraudait depuis le début de son voyage pour Mallaig mais elle n'osait pas la poser de peur que cela devienne vrai. Mais Gabriel avait bien vu qu'elle s'était stoppée et il la poussa à continuer. Alors, relâchant ses joues barbues, elle les posa sur le haut de son buste avant de murmurer :

    - Je comprendrais que d'autres femmes aient pu rejoindre ton lit.. Donc si tu as entamé quoique ce soit avec l'une d'elles je ne voudrais pas être.. être gênante..


    immarcescible, Posté le mardi 08 février 2022 14:14 Répondre

    Assis l'un en face de l'autre elle contemplait le bandage qu'il avait fait autour de son poignet. Elle eut un moment d'absence à cause du souvenir vif qu'elle avait en sentant la douleur de la brûlure. Mais très vite, il retint de nouveau son attention avec sa question. L'ancienne elle aurait été vexée qu'il lui pose une telle question mais aujourd'hui c'était différent. Elle devait refaire ses preuves. Elle devait tout simplement regagner sa confiance et c'était ce qui la tuait le plus, savoir qu'elle l'avait très certainement perdue pour toujours.

    La brune prit une gorgée de thé avant de se rapprocher de lui. La proximité avait toujours été gage de confiance entre eux et ce besoin permanent d'avoir un contact avec lui ne s'était jamais défait. Alors, lentement, elle prit sa main dans la sienne pour entrelacer ses doigts aux siens. Elle les observaient avec douceur, comme pour se donner de la force.

    - J'ai compris que j'avais été dupée. J'ai compris que je n'avais été qu'un pion dans une cause qui me dépasse totalement. J'ai compris que j'avais pervertit mon âme entière. J'ai compris que.. J'ai compris que j'avais tellement eu peur de te perdre à Lochawe que je m'étais emmurée dans un cercle vicieux pour me sauver. Sans toi ma vie n'avait plus aucun sens Isha.. Je m'étais persuadée que sans moi tu aurais pu avoir une vie simple et douce. Que tu aurais pu être ce grand historien et que tu aurais eu une famille classique bien heureuse. J'étais persuadée d'être ta malédiction.. Une drogue monstrueuse qui t'avais coupé tout espoir d'avoir une vie normale et douce.

    Enfin elle relevait son visage vers le sien. Il est vrai qu'il avait dit que ce n'était pas ce soir qu'ils discuteraient mais pourtant, elle avait besoin de pouvoir lui dire tout ce qu'elle avait sur le coeur. Lui confier réellement ses angoisses et toutes ses fautes pour qu'il y n'y aient plus du tout de secret entre eux. Il était plus simple pour elle désormais de lui expliquer l'emprise qu'avait la sororité sur elle. Le fait qu'elle ai retrouvé des personnes à défendre et protéger et qu'on lui donne des responsabilités. Tout ce qu'elle avait perdu en Virginie venait à nouveau à elle, cela l'avait rassurée. Elle le contemplait avec un sentiment de joie et de détresse, se dévoilant entièrement à lui :

    - Je suis revenue pour que tu me sauves de moi-même et de tous ces démons.. Je suis revenue parce que je ne peux pas vivre sans toi et Kisos. Contrairement à ce que tu crois, vous avez accompagné toutes mes pensées pendant un an. Il n'y a pas un jour où vous n'avez pas été dans mon coeur comme dans mon âme. Isha.. Je t'aime toujours autant. Mais ce n'est pas cet amour qui m'a poussé à vouloir te fuir.. Non, non, non. C'est la peur. La peur de moi-même. J'étais persuadée de pouvoir me soigner en m'éloignant de toi et de ne plus devenir un problème. Je voulais te soulager d'un poids et quand j'ai fais ce pacte auprès de Griselda et que tu as survécu j'ai eu besoin de croire à ce mirage. Parce que ça expliquais tout.. Tu vivais parce que j'avais juré à leur démon que je te laisserais vivre ta vie.

    Quelques larmes de honte s'échappaient de ses yeux et elle du les baisser. Portant à ses lèvres les mains de son adoré, elle les embrassa tendrement avant de poser sa main ouverte sur sa joue. Ce qu'elle aimait le contact si rude et pourtant si doux de sa main si immense contre son visage. Les yeux clos, elle reprit :

    - Je suis ici pour toi.. Pour Kisos.. Je suis revenue parce que je veux plus que tout me faire pardonner et vivre cette vie dont on a tant rêvé.. Je ne demande rien d'autre que ton pardon et ton amour.. Je veux oublier cette année passée.. Je veux juste retrouver tes bras Isha..

    Elle lui avait tout dis, tout ce qu'elle avait ressentie, tout ce qu'elle avait cru et espéré et ses désillusions. Ouvrant à nouveau les yeux vers lui, elle le contemplait tendrement. C'était la Pocahontas qu'il avait toujours connu qui se trouvait devant lui. Celle qui était raisonnée, douce, sincère. Elle était loin la furie vengeresse sectaire.


    immarcescible, Posté le dimanche 06 février 2022 21:44 Répondre

    Pocahontas est silencieuse. Comme la fois où Gabriel lui avait fait faire la visite du fameux château. Elle observait tout avec une attention minutieuse et attendrie. C'était bien un repère de garçons même si on sentait qu'il y avait eu des efforts de fait sur la décoration. La maison était chaleureuse et adorable. La jeune femme s'y sentait déjà bien avec toute cette végétation à l'extérieur. C'était tout ce qu'elle avait rêvé. C'était tout ce qu'il lui fallait. Et la vision de ses deux hommes au piano, jouant, s'observant tantôt fasciné et adulé ne pouvait que faire fondre son coeur. Dire qu'elle allait passer à côté de ces moments si particulièrement touchant. Elle avait véritablement fait le bon choix et sa conscience la rassurait en acquiesçant fièrement de sa décision.

    Assise devant sa tasse de thé, elle n'avait pas encore dis un mot. Il faut dire que Kisos parlait beaucoup. Il lui racontait tout, dans les moindres détails et avec passion. Pocahontas aurait voulu pleurer encore et encore de joie de le revoir, si beau, si grand mais elle se retenait de toutes ses forces. Et Gabriel, si beau et touchant dans ce tablier. Elle avait déjà mille et une taquinerie sur les lèvres mais elle ne voulait pas briser un tel moment parfait. Lorsque leur fils les quitta un instant pour aller chercher ses bocaux de papillons, elle se retrouva projetée contre un Gabriel au doux regard. Il était loin le lieutenant de police qui l'avait enfermé toute une nuit.

    Elle osa poser une main sur sa joue quand ses grand yeux noirs contemplait son visage avec douceur et adoration. Son corps entier frémissait de son contact et de ses mots qui lui allaient droit au coeur :

    - C'était toi.. C'est vous depuis toujours et plus jamais je ne vous quitterais, murmurait-elle d'une voix tremblante de larmes, mais.. me pardonneras-tu un jour ?

    C'était une question qu'il lui était importante de poser. Sans ça, elle ne savait pas si elle pourrait rester près de lui. Comment pourrait-elle rester si il ne croyait pas en la miséricorde. Elle avait dissimulé sous sa manche son poignet brûlé qui la faisait encore souffrir, aussi, lorsque Kisos revint et que par réflexe il posa sa main dessus elle eut un recul un peu violent. La sensation lui rappelait l'horrible douleur de lorsqu'on lui infligea cette blessure. Mais en le repoussant de la sorte Kisos s'écarta vivement choqué.

    - Pardon.. Pardon mon chéri je.. je me suis fais mal au poignet en arrivant et tu as appuyé dessus mais ce n'est pas grave.. Excuse-moi..
    - Tu ne veux pas mettre de baume Ma' ? On a encore quelques une de tes fioles tu sais..
    - C'est adorable mon chéri merci.. J'en mettrais tout à l'heure..

    Elle l'attira contre lui et l'enlaça tendrement pour s'excuser de son geste et le couvris de baisers avant de regarder les fameux papillons qui volaient dans les bocaux. Kisos voulait les observer pour les dessiner mais rapidement sa mère lui fit comprendre qu'il était cruel de tenir un être enfermé quand son unique but était de voler. Alors, pendant que Gabriel finissait de préparer à manger, ils allèrent rendre la liberté aux papillons.

    - Ma' tu nous abandonné parce que tu ne nous aimais plus ?
    - Oh non mon amour.. Jamais tu ne dois penser une telle chose.. Je suis partie parce que.. parce que je pensais vous protéger mais j'ai eu tort..
    - Nous serons les mousquetaires tous les trois désormais. C'est un livre que tante Anya m'a donné et que j'adore. Ils disent tous dans le livre "Un pour tous et tous pour Un". C'est nous pas vrai ?
    - Tu as raison mon chéri.. C'est parfaitement nous.

    Après ce moment agréable où ils regardèrent le coucher du soleil ensemble un instant ils rentrèrent aider Gabriel à mettre la table et ils mangèrent de bon appétit. Kisos ne cessait de se moquer gentiment de son père qui avait brûlé à plusieurs reprises les plats cuisinés ou le jour où il avait mis le feu aux rideaux en essayant de les repasser. Ce fut une soirée douce, chaleureuse. Si un voyageur était passé près de la fenêtre et les avaient observé il aurait été persuadé qu'il s'agissait d'une soirée normale de famille. Gabriel laissa le privilège à Pocahontas de coucher Kisos. Comme avant, elle lui racontais des vieilles légendes et lui chanta sa chanson :

    - Elle m'avait manqué cette chanson Ma'. Je t'aime tu sais..
    - Je t'aime encore plus soleil.

    Après un dernier baiser et la promesse d'une belle journée le lendemain, la brune rejoignit la cuisine. Tout avait déjà été nettoyée et rangée mais pas de Gabriel. Elle le trouva dans le petit jardin à fumer. Cela la fit soupirer doucement puisqu'elle lui retira des mains pour la jeter en secouant la tête avant de poser sa main sur ses poumons :

    - Pense à tes poumons. Ils doivent respirer..

    Ils étaient enfin seuls mais Pocahontas ne savait pas trop comment réagir. Elle avait peur de ce que Gabriel lui dirait. Peut-être s'était-il rendu compte ce soir qu'il ne voulait plus d'elle dans sa vie et qu'il allait la rejeter. Allait-elle dormir avec lui ? Allaient-ils redevenir un couple. Avec douceur et comme avant, elle passa ses mains dans la crinière du brun pour la caresser. Elle ferma les yeux en sentant la douceur de ses boucles s'entortiller dans ses doigts avant de venir masser sa nuque. Elle le sentait poser son visage contre son ventre et cette vision l'ému :

    - Tu veux une tasse de thé ? Ta peau frissonne.. Tu as froid ? demandait-elle de sa voix redevenue douce et chantante.


    immarcescible, Posté le dimanche 06 février 2022 16:59 Répondre

    Les mots de Gabriel résonnaient encore dans l'esprit de Pocahontas. Ils la meurtrissaient chaque jours passant. Après avoir quitté le commissariat et cette fameuse cellule, elle tenta de rejoindre ses soeurs. Mais l'accueil glacial qu'elle reçut la consterna. Elle expliqua ce qui était arrivé et que toutes ne couraient plus aucun danger puisque le policier avait été acheté. Il était plus simple de mentir pour ne pas qu'elles s'en prennent à Gabriel ou Kisos si jamais il se passait quoi que ce soit.

    Les premiers jours, elle fut enfermée. Considérée comme une espionne, elle devait être jugées par la communauté pour déterminer de son sort parmi les soeurs. C'est comme si elle tombait en désillusion. Elle entendait les mots violent de Gabriel sur les filles et elle devait bel et bien avoué qu'il avait eu raison sur le fait qu'elle avait été un pantin. La douleur de s'être trompée mêlée à la honte la tuait à petit feu. Seulement, pour le moment, elle devait trouver le moyen de sortir de cette geôle vivante.

    Mais les soeurs de la communauté étaient difficile à résonner ou encore convaincre. Pour toutes, Pocahontas avait été une espionne et elles devaient s'en débarrasser une bonne fois pour toute. Mais l'amérindienne avait plus d'un tour dans son sac. Elle demanda à passer l'épreuve de vérité qui consistait à se tenir devant une assemblée de soeurs qui poseraient des questions à une vitesse fulgurante. La première réponse s'échappant serait considérée comme preuve de vérité et influencerait à jamais le destin de la soeur éprouvée.

    Pocahontas s'en sortait bien même si lorsqu'elle mettait un peu de temps à répondre elle était violemment battue dans le dos. La jeune femme ne lâchait rien et répondait avec honnêteté. Pourtant, lorsque la question sur la loyauté résonna son premier fut de répondre :

    - Gabriel et Kisos.

    Le silence ambiant lui répondit et cela l'inquiéta. Non pas qu'elles s'en prennent à elle, mais qu'elles demandent des précisions et veuillent riposter sur eux. Mais surtout, au plus profond d'elle-même, elle trouvait enfin la réponse à sa question. C'était eux, depuis toujours, et ce sera toujours eux. Ses réponses semblaient satisfaire les jeunes femmes qui décidèrent de laisser Pocahontas repartir, mais avant, elle devrait subir l'épreuve du feu. En effet, pour prouver aux autres futures soeurs que l'amérindienne les avaient trahies en quittant la communauté elle serait brûlée au poignet.

    Pocahontas se débattait en leur expliquant qu'elle ne les trahiraient jamais et que c'était un mauvais concours de circonstances. Mais le sort qui lui était réservé était inflexible et elles plongèrent le poignet de la jeune femme dans des braises ardentes. Une marque nette et fixe entourait son poignet quand la douleur alimentait sa colère et sa rancune. Pour avoir aussi bien servie la communauté, elles laissèrent la prisonnière libre. Abandonnée dans les rues d'Edimbourg, l'amérindienne sut qu'elle devait au plus vite quitter la ville. Alors, elle prit la direction de Glasgow pour se soigner et panser ses blessures.

    La honte l'empêchait de retourner voir Anya, Millie ou encore Gabriel. Elle se doutait bien qu'ils la repousseraient tous et elle le méritait. Seule, elle se constitua une petite clientèle qui avait besoin de soins et dont elle se faisait payer par troc. Ça fonctionnait plutôt bien mais le manque des garçons la sollicitait sans cesse. Un jour qu'elle marchait sur le port elle croisa Millie. Les deux se jaugèrent avec méfiance avant de tomber dans les bras de l'une et de l'autre. C'est dans la même taverne dans laquelle elles s'étaient rencontrées que Pocahontas lui raconta toute l'histoire et la honte qu'elle ressentait désormais. Heureusement que Millie été aussi compréhensive et bourrue :

    - Les hommes méritent tous de mourir Pocahontas je suis d'accord avec l'idée. Mais Gabriel voit surtout que tu es tombée dans un traquenard, une secte, un dangereux bordel dans lequel tu ne pouvais plus t'extraire. Il te cherche depuis toujours et encore une fois tu disparais. Imagine l'horreur.
    - Je voulais juste le sauver..
    - Peut-être que c'est rester près de lui le sauver finalement tu sais.

    Millie lui expliqua où se trouvait les garçons et elle poussa l'amérindienne à les rejoindre. Mais elle ne voulait pas. La peur qu'il la repousse et qu'il la haïsse l'effrayait bien trop. Elles restèrent une semaine ensemble et la blonde lui proposa même de venir avec elle pour la France où elles iraient marchander. Pocahontas accepta dans un premier temps mais lorsque le jour du départ elle se trouva devant le bateau sur le quai elle fit demi-tour :

    - Je vais à Mallaig Millie. Je vais retrouver ma famille.

    Il lui fallut plusieurs jours à cheval avant d'attendre ce fameux village dont ils avaient tant rêvé. C'était encore plus parfait que dans ses rêves. La jeune femme demanda à plusieurs habitants où trouver Gabriel Walker. Tous lui indiquèrent le poste de police. Mais il était tard et il devait être certainement rentré. Elle se dirigea donc vers la petite maison sur le haut de la colline et la trouva si charmante qu'une larme coula sur sa joue. Pleins de fleurs et un jardin adorable entourait la maison. Nerveuse, elle toqua, mais personne ne répondait. Elle se demandait bien où ils pouvaient être. Elle posa son baluchon devant la porte et descendit le petit chemin qui descendait vers la plage. Là, ils étaient assis tous les deux, à pêcher sur un rocher face à la mer.

    Ils étaient si beaux, si semblables qu'elle n'osait pas interrompre cette scène si touchante. Mais poussé par une puissance plus forte, elle continua de descendre jusqu'à ce que Kisos se tourne et la voit. Se stoppant, elle n'osait plus bouger de peur qu'il la fuit. Mordant sa lèvre, elle était encore trop loin pour qu'il la reconnaisse et pourtant, il lâcha sa canne pour courir jusqu'à elle. Elle le reçut contre elle et pleura avec lui à chaude larmes. Il avait tant grandis que son coeur se serrait en pensant que son garçonnet devenait un garçon.

    - Ma', tu es revenue ! Tu nous as retrouvé.

    Elle plongeait son visage dans la chevelure longue de son fils qu'elle embrassait de mille baisers en lui murmurant des pardon sincère. Mais le petit garçon était trop heureux, trop rassuré de revoir sa mère qu'il se fichait bien des pardon :

    - Duda va être si heureux.. Ma' tu nous a manqué. Ne pars plus jamais, jamais !
    - Plus jamais mon soleil plus jamais, promettait-elle en le contemplant tendrement.

    Gabriel ne bougeait pas de son rocher. Sans doute ne voulait-il pas la voir. Alors, elle s'avança lentement vers lui les cheveux détachés volant au grès du vent. Elle venait les plaquer derrière ses oreilles dévoilant ainsi ses yeux rougis de larmes. Se présentant devant lui, elle balbutia doucement :

    - Je vous cherchais.. Je.. Je voulais rentrer à la maison..


    immarcescible, Posté le dimanche 06 février 2022 13:57 Répondre

    Parler avec Gabriel ne servirait plus à rien. Ils étaient bien trop campés, l'un et l'autre, sur leurs positions pour être capable de faire un pas. Pocahontas s'est tue, préférant s'exiler dans le fond de la cellule dans laquelle elle avait froid. Blottie contre le mur, elle dormit un peu histoire de reprendre quelques forces avant que le matin vienne. Elle n'avait aucune idée de comment il allait la faire sortir de là et elle devait se préparer à toute opportunité de fuite. Méditant le reste de la nuit, elle n'entendit pas le brun venir à elle. Ce fut lorsqu'il éleva sa voix qui était étrangement douce et posée qu'elle sut que quelque chose clochait.

    Prenant la fameuse déposition dans sa main elle lu rapidement entre les lignes ce qui avait été noté. Les filles se protégeaient et Pocahontas ne pouvait que comprendre. Elle était à la fois punie pour avoir désobéi aux ordres mais en plus pour avoir disparue. Contrairement à ce que Gabriel aurait certainement voulu, elle n'avait aucune animosité contre ses soeurs. Elle lui en voulait à lui.

    - Qu'essaies-tu de dire ? Que tu vas aider la femme que tu as emprisonné ? Si elles ont fait ça c'est parce qu'elles n'ont pas eu le choix. De toute manière, ma tête va être mise à prix dans quelques temps.

    Elle était épuisée, perdue. Ses soeurs la laissait tomber et Gabriel s'évertuait à la faire passer pour une horrible personne. Etrangement, elle se sentait seule. Rendant la fameuse déposition à Gabriel, elle retourna s'asseoir dans le fond de la cellule en remontant ses jambes contre son menton. Recroquevillée sur elle-même, elle fermait les yeux en essayant de faire le vide dans sa tête. Mais le brun ne quittait pas les barreaux, espérant sans doute qu'elle l'aide à trouver une solution :

    - Tu te bats pour une chimère Gabriel. La preuve.. Tu ne me crois pas.. Pourquoi est-ce que tu continues à vouloir me sauver puisque quand je te dis la vérité tu préfères croire les mensonges des hommes. Tout ce que j'ai fais, je l'ai fais pour te protéger. J'ai toujours tout fait dans ton intérêt et celui de Kisos..

    Son garçon lui manquait. Cela lui donna les larmes aux yeux de penser à lui. Dissimulant son visage, elle pu pleurer en silence. Mais sa voix pleine de sanglot pouvait parvenir à Gabriel :

    - Il me manque.. Vous me manquez depuis le début.. Mais je n'ai pas le droit de revenir sur cette promesse. J'en mourrais si il vous arrivait quelque chose à cause de moi..

    Ce n'était pas de la comédie. La vraie Pocahontas réapparaissait lentement même si c'était fébrile. Elle entendit enfin la porte s'ouvrir et Gabriel s'approchait. Il restait malgré tout méfiant elle le sentait.

    - N'ai pas pitié de moi.. Je ne suis qu'un poison qui instille ton esprit. Si ce ne sont pas tes camarades, mes soeurs viendront me trouver de toute manière pour que je me taise. Dans les deux cas je suis perdue et tu n'as pas à subir les conséquences de mes actes.


    immarcescible, Posté le samedi 05 février 2022 22:46 Répondre

    La pire chose à faire lorsque l'on se retrouve devant quelqu'un dont le cerveau a été lavé était bel et bien ce que venait de faire Gabriel. Au lieu d'aider à véritablement lui ouvrir les yeux elle avait le sentiment qu'il la rabaissait comme si elle n'avait aucune conscience de tout ce qu'elle avait fait. Et le pire dans tout ça c'est qu'il la considérait véritablement comme une criminelle. Toujours enfermée, elle s'étonnait de voir qu'il n'avait toujours pas ouvert ces fichues grilles.

    Posant son regard sur lui, elle sentait la déception et la colère l'envahir, surtout qu'il lui reprochait tout quand elle n'avait voulu que le sauver. Si seulement elle avait pu prendre conscience qu'elle avait été manipulée.

    - Parce que tu oses me dire que tu ne veux pas croire que la magie existe ? Excuse-moi mais si tu n'y croyais pas pourquoi je suis là ? Comment l'expliques-tu ?

    Elle se levait enfin et venait à lui faire face. Il semblait réellement sonné par ce qu'elle lui confiait et elle se sentait blessée, bafouée qu'il puisse la trouver risible. Pocahontas l'observait et avait l'impression de ne pas le reconnaître mais c'est parce qu'elle même avait changé aussi et qu'elle doutait de toi, y compris d'elle-même :

    - Ne dis pas de mal de mes soeurs. Elles ont souffert et elles méritent qu'on leurs rendent justice Gabriel. Tu ne sais rien d'elles et de notre cause. Nous nous battons pour notre honneur et pour un monde où nous serons enfin considérées. Tous ces meurtres que nous commettons ne sont que des réponses à toutes les absurdités et toute l'oppression que nous subissons. Tu m'as dis un jour que c'était soit eux ou nous, que pour survivre nous n'avions pas le choix.

    Bien sûr, elle faisait référence à Rolfe et cela lui coûta. Mais il lui expliquait alors son rôle dans la police et son souhait de l'aider quitte à faire enfermer toutes ses soeurs. La panique se lisait sur le regard de Pocahontas qui ne voulait pas qu'elles puissent subir un emprisonnement à cause d'elle. La jeune femme s'énerva et s'approcha de Gabriel les yeux noir de colère :

    - Je t'interdis de leur faire du mal ! Tu sais aussi bien que moi ce qu'ils feront d'elles ! Ils les violeront et les brûleront ! Tu ne peux pas me garder auprès de toi parce que je suis ta malédiction Gabriel ! Depuis que je te connais tu subis une vie que tu ne mérite pas. Ne comprends-tu pas que je suis le poison de ton existence. Pourquoi veux-tu t'infliger cette douleur d'être mon compagnon alors que ta vie était pleine de richesses et de promesses avant moi ?

    Ô oui, Griselda avait parfaitement réussie à laver le cerveau de Pocahontas qui agissait étrangement. Elle était fébrile, inquiète et pleine de colère. Elle autrefois si douce se croyait pourvue d'une mission particulière quoique sanglante. Le pire de tout était qu'elle avait un objectif clair et que Gabriel l'en empêchait. Se trouvant face à lui elle fut néanmoins troublée par son regard. Une sorte de dualité entre le bien et le mal sommeillait en elle et l'espace d'un instant elle voulut croire qu'il avait raison.

    - Ce que tu me dis n'a aucun sens.. Je ne peux pas croire qu'on puisse mentir de la sorte.. Fais les recherches que je t'ai dis sur ces hommes. Ils étaient des monstres.. Ils méritaient de mourir.. Si c'était faux cela ferait de moi quelqu'un de pire qu'eux.. Et.. Et c'est impossible.. Tu t'en rends bien compte..

    Cette éventualité l'effrayait tant qu'elle aurait pu se suicider à cette possibilité. Mais le mal reprenait possession d'elle, et comme un voile, s'empara d'elle de nouveau. Comme un robot mécanique, elle repensait à son unique objectif. Celui de protéger ses soeurs du dernier monstre à abattre :

    - Gideon est la clé.. Il doit repartir pour l'Italie dans quelques jours. Laisse-moi finir ma tâche.. Laisse-moi venger mes soeurs..


    immarcescible, Posté le samedi 05 février 2022 19:49 Répondre

    Si elle s'était attendue à un tel revirement de situation ? Jamais. Gabriel était tellement têtu. Pire qu'elle en vrai. Elle avait eu beau se débattre rien ne le faisait bouger d'un iota. Ô oui il avait bien retrouvé toute sa force d'avant et même si cela lui faisait plaisir elle ne pouvait s'empêcher de le maudire sur l'instant. Se trouvant projetée dans cette cellule, elle soupira. Ses soeurs allaient la chercher partout et elle sut que Gabriel serait alors en danger. Pourquoi tout était-il toujours aussi compliqué entre eux et pour eux deux. Frottant ses poignets qui avaient été meurtris par les menottes elle grogna en le voyant se mettre à fumer et ne pu s'empêcher de le gronder d'une voix ferme et sérieuse :

    - Tu fumes ? Sérieusement ? Avec ta pneumonie tu crois que c'est une excellente idée ? Ecrase-moi ça tout de suite si tu veux que je parle !

    C'est lentement, trop lentement à son goût qu'il relâcha sa cigarette. Et ce regard qu'il avait.. Non, ce n'était pas Gabriel mais le policier qui était présent et ça la mettait encore plus en colère. Pouvait-elle réellement lui faire confiance ? Ses soeurs disaient toujours que les homme se servaient toujours des femmes pour obtenir ce qu'ils désiraient. Est-ce que Gabriel était revenu pour elle ou pour élucider les meurtres. Pocahontas avait froid dans cette cellule et se frottait les avant-bras en scrutant la cellule jusqu'à finalement lui poser la question à laquelle il ne répondit pas. Cela voulait bien dire ce qu'elle pensait, il étai là pour elle.

    - Si tu t'intéressais réellement à cette enquête, pourquoi ne pas trouver ce qui lie tous ces hommes ? Figure-toi que nous.. je.. je n'agis pas sans raison et qu'il est nécessaire de punir ceux qui se croient plus puissant que nous.

    Cela sembla attiser l'oeil du brun qui l'écoutait avec plus d'attention. Pocahontas vint donc s'asseoir en tailleur mais de côté. Elle avait du mal à la regarder à travers ces barreaux. Voilà à quoi ils en étaient rendus. Incapable de se faire confiance l'un et l'autre alors que ce n'était que la peur qui guidait la jeune femme. La peur de le savoir mort. Pourtant, comme deux aimants, ils ne pouvaient se trouver loin l'un de l'autre. C'était instinctif.

    - Contrairement à ce que tu veux croire j'ai confiance en toi.. J'ai juste peur.. Peur pour ta vie figure-toi. Parce qu'il semblerait que tu aies oublié un point important que je n'ai jamais dissimulé mais je sauverais toujours ta vie peu importe ce que cela implique.

    Mais le silence lui répondait. Allait-il rester assis de la sorte toute la nuit à l'observer jusqu'à ce que finalement elle lui avoue toute la vérité ? Il le méritait tellement. Mais elle connaissait déjà sa réaction et qu'ils seraient en conflit aussitôt. A quoi bon.. Il ne la désirait forcément plus maintenant et elle devait sauver ses soeurs et tuer Gideon coûte que coûte :

    - J'ai du sceller un pacte pour te sauver.. Et je ne peux pas me rétracter.. Tu.. Tu pourrais en mourir de nouveau. Tu ne sais pas la douleur que j'ai pu ressentir en te voyant tomber Isha.. Tu es tombé et tu ne respirais plus.. Tu ne te réveillais pas et tu perdais toutes tes forces.. Je devenais folle en voyant que tout ce que William avait essayé ne fonctionnait pas, comme mes baumes. Il a fallut que je puise dans des sources plus obscures et c'est là que j'ai rencontré Griselda.

    Elle évoqua les séances de spiritisme et les sacrifices d'animaux. Elle évoqua ensuite la fameuse malédiction et les pacte qu'elle avait du faire pour le sauver. Ne plus jamais le revoir pour lui donner la possibilité de vivre. Une larme coulait sur sa joue qu'elle dissimula rapidement. Gabriel ne répliquait pas. Peut-être s'en fichait-il finalement et qu'il voulait juste démanteler sa communauté. Peut-être étaient-elles en danger à l'instant même.

    - Une vie pour une vie Isha.. Si le prix à payer était de ne plus pouvoir t'approcher alors d'accord. Le plus important était que tu vives. Ensuite, Griselda m'a emmené sur les routes et je.. je punissais toutes les personnes qui le méritaient..


    immarcescible, Posté le samedi 05 février 2022 16:45 Répondre

    Abrutie par la suffocation et toutes les questions qu'il lui posaient, Pocahontas se sentait déboussolée. Sans qu'elle s'en rende compte, ils se trouvaient l'un et l'autre sur le vieux port à l'abris des regards indiscrets derrière un parterre haut de caisse de vin. Il semblait au bord de la crise de nerf. Jamais elle ne l'avait vu dans un état pareil. Il bégayait, semblait peu sûr de lui-même et pire que tout, il lui reprochait la pire des choses. Comme si partir avait été si facile pour elle. En voyant qu'il levait la main vers elle mais pour attraper la casquette qu'elle portait, elle se protégea de peur qu'il la frappe. Cela sembla le surprendre et il eut un moment de recul qui la fit culpabiliser :

    - Je.. Je.. ne peux rien te dire..

    Et c'était la vérité. Elle avait jurer de ne jamais parler de la communauté. Elle avait jurer de le protéger d'elle et de cette foutue malédiction que Griselda avait comprise. La preuve. Il vivait aujourd'hui et il semblait en parfaite santé. Pourtant, elle ne désirait qu'une chose, le consoler, lui dire à quel point elle l'aimait et tous les sacrifices qu'elle avait fait n'étaient que pour lui. Mais il parla de Kisos et son oeil se réveilla. Leur fils était ici, près d'elle. Son instinct maternel pris le dessus et elle voulut avoir des réponses :

    - Kisos est là ? Isha.. Vous devez partir.. Ce n'est pas une ville sûre ici..

    Il riait, mauvais. Diable qu'elle détestait quand il faisait ça. C'est là qu'elle vit son insigne et cela la sidéra. Il était devenu policier, son pire ennemi désormais. C'était pire que lorsqu'il était Sioux et qu'elle devait dissimuler son dédain. Là, il pouvait l'envoyer en prison pour tout ce qu'elle avait fait. Et elle voyait bien qu'il ne la laisserait pas partir sans avoir de réponses. Regardant à gauche et à droite, elle vérifia que personne ne pouvait arriver ou les entendre. Délicatement alors, elle vint prendre sa main dans la sienne comme pour recréer un contact de confiance :

    - Je ne peux pas parler ici.. Mais ne crois pas que je ne voulais plus de vous.. Que je ne veux plus de vous. Vous êtes ma famille tu le sais.. C'est plus compliqué que ça en à l'air.. Isha, tu dois me faire confiance..

    Lentement, elle venait poser sa main sur la joue de ce dernier. Il semblait se laisser faire. Une part d'elle lui était rendue et elle savait que c'était la vraie elle, pas celle qui tuait sans vergogne et avec cupidité. La Pocahontas qu'il connaissait était bien là, dans ses bras et prise par l'émotion, elle caressa sa joue trop barbue qui dissimulait son visage si beau. Diable qu'elle avait envie de tout lui dire, de le rassurer mais ce serait le mettre en danger :

    - Je dois partir.. Laisse-moi partir.. Je ne peux pas te laisser te mettre en danger à cause de moi.. Parce que tu es en danger en restant ici.. S'il te plaît.. Tu dois me faire confiance..


    immarcescible, Posté le samedi 05 février 2022 14:12 Répondre

    La vie en communauté avec ses soeurs ne remplissaient pas le manque qu'elle avait des Walker. Elle devait user beaucoup d'énergie pour ne pas laisser sa culpabilité reprendre le dessus et la pousser à s'enfuir pour les rejoindre. Alors Pocahontas travaillait d'arrache-pieds et se trouvait sur tous les fronts. Devenue un élément très actif au sein de la sororité elle mettait en place les attaques, y participait et réglait la vie en communauté avec le conseil. Désormais bien placée parmi ses soeurs, elle avait une place de choix qui lui permettait d'être une voix certaine. Beaucoup appréciaient son calme, sa douceur même si lorsqu'elle tuait, elle était implacable.

    Pocahontas avait proclamé qu'elle ne tuerait que les hommes dont les méfaits auraient été vérifié. Elle voulait que leurs actions aient un véritable sens et qu'elles ne soient pas considérées comme des tueuses de sang-froid, et cela les faisait être respectées des autres femmes même si des scissions sommeillaient dans leurs rangs.

    En effet, beaucoup considéraient qu'il ne fallait pas recourir à la violence pour pouvoir se faire entendre. Mais Pocahontas comme plusieurs autres avaient compris que les hommes ne comprenaient que la violence et la peur. Et ils avaient peur. Elles en jubilaient d'avance quand le soir dans les rues d'Edimbourg elles agissaient en toute impunité. Ces hommes étaient aveugles à leurs présences. Les policiers cherchaient un homme. Jamais ils ne se seraient doutés qu'un groupe de femmes entrainées et préparées à la guerre pourrait agir de la sorte. C'était leur couverture parfaite.

    Beaucoup faisaient partie de la bonne société ou certaine travaillaient comme bonnes, secrétaire, institutrice. Elles formaient un vrai réseau qui dépassait celui exposé des hommes. Un soutien sans faille de toutes permettait de mener des actions propre, sophistiquées et parfaitement synchronisées de sorte que les policiers travaillaient toujours dans un autre sens du leur.

    Un jour alors que Pocahontas finissait son atelier sur l'auto-défense une de ses soeurs vint lui parler de ce policier la cherchant. Cela surprenait la jeune femme qui ne connaissait personne dans son entourage étant policier. Pourtant, lorsqu'elle le décrivit, elle pensa instinctivement à Gabriel. Son sang ne fit qu'un tour et la simple idée de savoir qu'il puisse être là à la chercher fit réagir sa conscience. Depuis plusieurs jours, plusieurs des soeurs voulaient déjà mettre les voiles mais la jeune femme avait quelqu'un de bien précis en tête à assassiner et il s'agissait du meurtre final pour venger le viol collectif de l'une de leurs soeurs assassinée.

    - Je ne partirais que lorsque Gideon sera assassiné. C'est la dernière tête qui nous manque et surtout il est encore à Edimbourg pour une semaine. Nous ne pouvons pas le laisser filer c'est impossible. Il nous attend, il est effrayé c'est le parfait moment.
    - Pocahontas tu t'acharnes sur un homme qui vit déjà avec la certitude qu'il va mourir bientôt. Peut-être qu'il est temps aussi de se décharger de toute cette haine.

    Mais l'amérindienne n'était pas d'accord. Même si la possible présence de Gabriel pouvait devenir gênante, elle considérait avoir une mission qu'elle ne pouvait laisser filer. Seulement, le conseil avait parlé et elle fut écartée du projet pour quelques jours, le temps de disparaître des radars. Le fait qu'elle soit trop reconnaissable lui donnait un désavantage trop compliqué à gérer. Heureusement, personne ne posa de questions sur le fait que ce policier puisse la connaître. C'était ce qui sauvait Gabriel qui aurait pu être tué dans la nuit.

    Pocahontas était trop éprise de liberté pour pouvoir rester en place. Mais surtout, la potentielle présence de Gabriel auprès la rendait trop curieuse.Vêtue d'habits masculin, ses long cheveux dissimulée dans une casquette, elle se mit à le suivre. Sa démarche était toujours aussi lourde et sa prestance particulière. Ses épaules voûtées comme si il portait le chagrin du monde. Elle n'avait qu'une envie, lui sauter dans les bras, mais les paroles de Griselda sommeillait encore en elle et la peur que sa malédiction soit vraie l'empêchait de l'approcher. Il était en effet policier ce qu'elle avait du mal à comprendre. La cherchait-il pour la retrouver ou pour la mettre en prison ? Il avait certainement compris qu'elle était à l'origine des derniers meurtres, il n'y avait aucun doute dessus.

    Mille questions lui venait auxquelles elle ne pouvait répondre. Un soir, alors qu'il empruntait un nouveau chemin à ceux de d'habitude, elle le vit entrer contourner une petite auberge un peu malfamée. Surprise, elle se lança à sa poursuite et fut en rage en voyant qu'il s'agissait d'une espèce de bordel. Elle avait envie de se jeter sur lui et de le frapper d'oser fréquenter de tels endroits et alors qu'elle tournait sur la droite elle fut soudainement projeter avec puissance contre le mur. Bon sang, il avait retrouvé toute sa poigne légendaire et Pocahontas en fut toute secouée.

    Ses pieds ne touchaient plus le sol et alors qu'elle se débattait, elle vit grâce aux rayons de la lune que c'était Lui. Le souffle court, elle l'observa avec peine quand elle s'agrippait à sa main qui entourait sa gorge et qui serrait.

    - Isha, murmurait-elle en suffoquant, Isha...


    immarcescible, Posté le vendredi 04 février 2022 22:35 Répondre

    Les quelques mois qui suivirent sa disparition, tout manqua à Pocahontas. Kisos, Gabriel, ses amies, leur famille, leurs projets, leur vie. La jeune femme pensait les premières semaines avoir eu une mauvaise idée en rejoignant les vieilles femmes qui ne faisaient que parler entre elles dans une langue étrange. Très vite, elle comprit qu'il s'agissait de latin mais n'ayant aucune idée de comment cela se parlait elle ne pouvait s'inclure dans leur groupe si soudés. On aurait dit qu'elle n'existait pas pour les autres et cela la frustrait d'autant plus que sa famille lui manquait. La vie avec les sorcières était compliqué, rude. Elles devaient sans arrêt se cacher et emprunter des noms d'emprunts. Pocahontas du angliciser son prénom et se fit appeler Gabrielle en hommage à son amant. Un prénom d'ange pour une âme de démon.

    Un démon car sur leurs routes, Griselda poussait Pocahontas à s'en prendre à plusieurs victimes. Et comme à chaque fois, elle laissait une marque qui la distinguait parfaitement des autres. Elle coupait les nez. Devenue trop productive à certains endroits, elles durent vite filer avant de se faire arrêter et brûler pour sorcellerie. La jeune femme n'avait plus aucun état d'âme. Ce qui l'importait était de servir la cause, et les hommes qu'elle assassinait était toujours d'horrible personnes comme Rolfe. Du moins, c'était ce qu'elle se disait pour se donner bonne conscience.

    Très vite elles rejoignirent une autre partie de leur groupe. Et plus les semaines passaient et plus leurs rangs grossissaient. Pocahontas comprenait qu'elle n'était pas seule et que tout un tas d'autres femmes avaient vécues la même chose qu'elle. Cela renforçait encore plus le sentiment d'appartenir à un groupe soudé. Mais malgré la présence des autres, rien ne semblait étouffer le manque des autres. Une fois, elle voulut poster une lettre à leur attention. Elle se disait que Anya devait s'inquiéter et Kisos aussi. Dans sa lettre écrite par Griselda elle avait été si succincte qu'ils allaient comprendre que cela ne venait pas d'elle. Mais elle fut dénoncée et châtiée pour avoir osé vouloir reprendre contact avec eux. Cela sonna la fin pour la jeune femme de l'espoir de retrouver un jour sa famille.

    Le clan de sorcière se constituait de différentes femmes. Toutes avaient certains pouvoirs qui leurs conféraient une force certaine. Pocahontas était toujours impressionnée par les aînés qui opéraient avec justesse. Il n'y avait que la branche de Griselda qui était odieuse et fourbe. Rapidement, la brune chercha à se défaire de leur main mise ce qui bien évidemment déplut à la vieille impie. Cela se révéla lors d'une veillée où elle accusa l'amérindienne d'être corrompue et de vouloir anéantir ses soeurs. Devant se justifier devant un parterre de jeunes et vieilles femmes, la brune su trouver les mots justes pour leur assurer soutien et loyauté contrairement à la vieille Griselda. La sentence fut le bannissement pour la vieille et ses comparses. Par vengeance, Pocahontas vint la trouver en pleine nuit et transperça son nez d'une lame affutée et répliqua en amérindien :

    - Ton âme est bien noir vieille femme. La preuve, aucune âme ne se trouve déjà en toi.

    Au petit matin, les vieilles femmes avaient quitté le clan. Puis, tout s'emballa pour la jeune femme. Ses capacités et ses pouvoirs de voyageuse dans le temps lui avait permis de s'approcher des grandes têtes du groupe qui lui donnèrent une place honorifique. Mais pour continuer à pouvoir opérer dans l'ombre, Pocahontas devint élaborer toute une dynamique de projets rocambolesque. Le but était de sauver les femmes maltraités et les soeurs qui souffraient de l'oppression masculine. Le but pour certaine ? Prendre le pouvoir et renverser un patriarcat violent et injuste. Bien souvent, les mises en scènes qu'elles opéraient leurs permettaient de mieux échapper à la police. Elles utilisaient la magie, les tours de passe-passe, la médecine ou encore les déguisements. Mais le moment préféré était quand la brune plongeait sa lame dans la gorge palpitante de ces hommes persuadé d'avoir l'enfer devant leurs yeux. Elle se sentait puissante et invincible, prête à toutes les horreurs juste pour sauver ses soeurs.

    Pourtant, Gabriel et Kisos lui manquait et ce chaque jour.

    Un jour que Anya se baladait dans Edimbourg. Elle cru voir Pocahontas. Surprise, elle lui courut après mais la perdit de vue. En rentrant, elle se sentit suivie mais n'osa pas se retourner. Pourtant, elle envoya l'une de ses bonnes envoyer un télégramme aux Walker. William leur avait dit de privilégier toutes les pistes pour retrouver la fugueuse. Mais la bonne ne revint jamais chez les Hedlund ce qui confirma ce que pensait la Duchesse. Deux jours plus tard, elle débarquait à Lowache et demandait à voir Gabriel sure et certaine d'elle :

    - Je l'ai vu à Edimbourg, affirmait-elle, et je ne sais pas ce qu'elle a fait de ma bonne mais je crois qu'elle l'a détiens contre son grès !
    - Avez-vous entendu parler de cette vague de meurtres à Edimbourg ? Il parait qu'on s'en prend aux hommes en masse et qu'ils se font couper le nez. Quelle barbarie. Encore un fétichiste.

    James était écoeuré d'entendre la conversation de Anya et Millie quand lui-même lisait un article sur ces fameux meurtres qui faisaient frissonner toute l'Ecosse. Mais William n'avait pas l'intention de faire intervenir d'autres hommes pour le moment. Pocahontas ne voulait pas qu'on la retrouve et il désespérait un peu plus à chaque journées sans l'avoir retrouvée, surtout en voyant le moral de son frère dépressif et drogué. Kisos apportait le fameux repas à son père et s'installa à son côté :

    - Duda.. Je ne veux pas que le monsieur de la ville vienne prendre mon nez. Tu l'en empêcheras ?


    immarcescible, Posté le jeudi 03 février 2022 22:37 Répondre

    Personne ne pouvait l'approcher. Telle une bête qui était emprisonnée, Pocahontas faisait les cent pas dans une cage imaginaire. Les yeux hagard, les mains tremblantes. Elle refusait qu'on la touche. Impatiente et fébrile, elle était à la fois inquiète et furieuse. Furieuse contre William qui lui avait refusé son droit d'entrée et contre elle-même de ne pas avoir vu les signes aujourd'hui de sa détresse respiration. Kisos était blotti contre Mary avec qui il avait un tendre rapport. Comme si ils étaient eux aussi destinés à se rencontrer. Le silence pesant était agrémenté du seul tic tac de l'horloge du salon. Elle allait rendre folle Pocahontas qui allait forcer l'entrée de la chambre de Gabriel.

    Lorsqu'enfin William sortit, son air fit planer le doute. La jeune femme allait s'effondrer mais il parla. Gabriel était vivant. Mais dans un triste état. L'écoutant à moitié, elle observait le corps inanimé de son amour qui respirait étrangement. Les yeux remplis de larmes, elle s'approchait de lui sans oser le toucher. Ses mains ne savaient pas où se poser. Elle était perdue, tétanisée. Pourtant, elle en avait vu des corps malades et sans vie. Pourtant là, c'était tout autre chose. Il s'agissait de Gabriel, l'amour de sa vie qui était inconscient avec un trou dans la gorge. Comment allait-elle pouvoir le sauver cette fois-ci ? William annonçait déjà le pire et n'était pas optimiste.

    Lentement, elle vint s'asseoir au bord du lit. Ses mains caressèrent ses joues et ses boucles brunes rebondies qui épousaient à merveille son visage. Elle ne pouvait plus contenir sa douleur et encore moins ses larmes. Délicatement, elle se faufila dans le lit de sorte à s'allonger contre lui. D'une voix douce mais remplie de sanglot, elle le suppliait :

    - Tu dois te battre Isha.. Ne me laisse pas ici toute seule.. Kisos et moi nous avons besoin de toi.. On est arrivé chez toi.. On va retrouver notre chez nous tu verras.. Isha.. Mon amour.. Si tu me quittes je t'en voudrais tellement.. Tu n'as pas le droit de partir sans moi.. Pas maintenant.. C'est interdit.. Ô mon amour.. Je t'en supplie..

    Elle pleurait dans son cou en agrippant sa chemise. Détournant les yeux de cet espèce de tuyau dans la gorge elle blottissait son visage dans sa crinière. William vint la faire bouger quelques minutes plus tard mais elle le repoussa vivement. La colère avait pris le dessus :

    - Je t'interdis de le toucher sans mon consentement. Tout à l'heure tu as agis sans mon autorisation. Ne crois pas que parce qu'il est ton frère tu le connais mieux que moi. Je veux que tu me dises tout dans les moindres détails c'est compris ?

    La fougue de la jeune femme et ses yeux fous surprirent William qui l'avait toujours connu douce malgré les quelques déconvenues qu'ils avaient eu. Il lui promit donc du bout des lèvres de l'avertir et lui demanda de sortir quand même le temps qu'il procède à nettoyer sa plaie. En sortant de la pièce, Pocahontas du se tenir au chambranle de la porte. Elle était prête à s'effondrer mais Nashoba la retint de justesse. Les émotions venaient de la sonner. Inspirant profondément, elle se laissa conduire jusqu'au canapé où Garrett lui servit un whisky qui allait lui donner le coup de fouet dont elle avait besoin. Et en effet, cela redonna quelques couleurs à ses joues.

    William avait expliqué à tout le monde ce qui arrivait au grand brun. Mais intérieurement, Pocahontas craignait surtout que les Esprits les aient complètement maudits. Cette angoisse était une boule de nerf qui se formait dans son estomac et qui ne disparaitrait pas avant plusieurs temps.

    Une semaine passa pendant laquelle Pocahontas joua à l'infirmière. Pendant qu'elle ne s'occupait pas de son amant, elle suivait les cours de médecine de son beau-frère. Il lui enseignait avec passion et précision comme lors de leurs premières séances. Finalement, ils se rapprochèrent assez. Se soutenant l'un et l'autre, la jeune femme apprit à connaître un peu mieux William et comprit que c'était un homme frustré qui avait toujours dis oui à son père pour lui faire plaisir au détriment de ses propres aspirations. Elle était touchée par cet homme incompris finalement.

    Kisos était partit quelque temps avec les Hedlund. A la fois ravi et triste, le petit garçon écrivait tous les jours une lettre à sa mère et son père qu'il postait du village. C'était une découverte qu'il avait adoré et dont il ne pouvait plus se passer désormais. Cela rassurait la jeune femme de savoir qu'il était entre de bonne mains. Nashoba avait accompagné Millie pour un voyage dans la capitale. Malgré ses protestations pour rester, sa soeur l'avait convaincu de partir un peu à l'aventure. Moins de monde à la maison, moins de monde à s'occuper pensait-elle. Là, toute son attention était concentré sur Gabriel qui ne semblait pas aller mieux.

    Lors de la deuxième semaine, elle perdit confiance et foi en tout. Il n'allait pas mieux et William expliquait qu'à force de ne pas respirer normalement ainsi il perdait en masse et donc en énergie. Cercle vicieux qui conduirait à la mort certaine. Pocahontas était désespérée elle sentait elle aussi toutes ses forces vitales lui échappaient. Elle avait maigri et perdu de nouveau ses joues rosies. Toutes ses journées et ses nuits se passaient au chevet de Gabriel. Lors d'une balade sur la lande pour récupérer quelques plantes, elle avait rencontré des vieilles rebouteuses qui vivaient excentrées du village. Elles pratiquaient des étranges rituels dont elle ne connaissait aucun usage. Mais elles lui avaient parlés de source de vie, de vie pour une vie.

    Cela résonna en Pocahontas qui était désormais persuadé qu'elle avait été maudit pour avoir assassiner Rolfe. Il fallait, pour remédier à cet affront, rendre une autre vie. Prise en étau, seule et totalement mésinformée, elle se lia d'amitié à ces vieilles impies qui n'étaient autre que les tantes de Meghan. Personne ne savait qu'elle s'adonnait désormais à des rituels satanique pendant lesquels elle égorgeait et sacrifiait des animaux. Cela lui semblait la seule chose palpable pouvant aider Gabriel. Jusqu'au jour où l'une des vieilles, profitant de la faiblesse de la jeune femme, lui expliqua simplement comment sauver Gabriel :

    - Tu dois sacrifier ce que tu as de plus cher au monde et.. cela est de jurer que tu ne te donneras plus jamais à Gabriel Walker. C'est un marché que nous concluons avec le diable. Tu es la cause de son malheur. Tu es la maladie qui le ronge Pocahontas. Si tu romps cette promesse, il mourra ! Tu nous accompagneras dans une retraite entre soeurs et tu abandonneras ton âmes aux ténèbres. Tu nous appartiendras.

    C'était trop pour elle. Toutes ces peurs étaient matérialisées par la vieille femme qui en jouait à la perfection. Elle savait si bien manipuler les gens et pire que tout.. elle savait ce que Gabriel avait fait endurer à sa fille. La vengeance était parfaite donc. Pocahontas deviendrait la propriété de la vieille femme et Gabriel aurait perdu l'amour de sa vie.

    Comme la vieille sorcière l'avait prévu, le premier jour de pleine lune vint et Gabriel Walker se réveilla enfin. Pocahontas cru en la magie de la sorcière alors que ce n'était que les derniers médicaments que ramena Philippe du XXIe siècle qui sauvèrent le highlander. La brune était près de lui à ce moment là caressant son visage et sa crinière. Elle le vit vouloir retirer le tuyau mais elle l'en empêcha vivement :

    - Non mon amour, non.. William a du ouvrir ta gorge car la pneumonie a détruit ta capacité à respirer normalement.. Tu es là.. Tu es là mon amour.. Mon Isha.. J'ai eu si peur..

    Les sanglots lui bloquaient la gorge. Sa voix était faible mais douce. Elle ne pouvait s'empêcher de le couvrir de tendres baisers, profitant par la même occasion de lui donner ce qui était pour elle leur dernier moment de tendre. Elle réussit à rester auprès de lui encore deux jours. Il était faible, très faible mais elle voulait s'assurer qu'il vive. Le troisième, elle avait disparu pour de bon. Griselda la mère de Meghan ne lui avait pas laissé le choix. Gabriel vivant, Pocahontas devait se sacrifier à son tour pour qu'il puisse vivre. C'était le prix à payer. Elle laissa une simple lettre sous la porte de William lui expliquant qu'elle les quittait tous après avoir trouvé le moyen de le sauver.

    "Willy,
    Je te demanderais de ne pas juger mes croyances. J'ai beaucoup appris à tes côtés mais certaines forces indescriptibles m'ont permises de mieux comprendre le mal qui avait été donné à Gabriel. Maintenant, je dois payer le prix de mes erreurs passées pour le sauver du mal qui le ronge. Il a été maudit par ma faute. Depuis le tout début même.. Ma seule présence la maudit à souffrir. Je ne peux vouloir d'une vie où il subirait autant de douleur par ma faute. Dis lui que je l'ai aime mais qu'il ne doit pas me retrouver. Il en va de sa vie. J'ai conclu un marché avec une vieille femme qui va me conduire vers des ailleurs lointain. Merci d'avoir été un si bon ami. P."

    Ce n'était pas la Pocahontas que tout le monde connaissait. Aucun mot pour Kisos, rien d'autre pour Gabriel. Elle avait été envoûtée et embrigadée dans une espèce de secte sordide où ses talents de futures meurtrière allait servir une confrérie de sorcières.


    immarcescible, Posté le jeudi 03 février 2022 19:15 Répondre

    Les meilleurs moments pour Pocahontas étaient quand ils se retrouvaient à trois. Elle n'aimait pas être de retour dans le manoir des Walker. Elle n'avait qu'une hâte, s'enfuir loin de tous et de tout le monde. Vivre le plus loin possible de toute civilisation et se concentrer uniquement sur sa famille. Alors qu'ils venaient de se coucher, elle allait supplier Gabriel de partir le lendemain au plus tôt pour Mallaig et trouver leurs foyers mais il semblait si heureux de revoir les autres qu'elle ne pu se résoudre à lui demander. Les visages avaient légèrement changés mais ils respiraient toujours une joie de vivre certaine. On aurait dit qu'ils n'avaient pas souffert, mais Willy semblait plus tranquille, comme apaisé. Qu'est-ce qui pouvait bien le rendre si doux et tranquille ?

    Dans la lune, comme depuis son retour, Pocahontas sursauta un peu en entendant Anya lui parler. Elle lui souriait poliment avant de hocher de la tête lorsqu'elle la félicita pour la naissance de Kisos avant de reporter son attention sur les deux nouveaux amoureux. La jeune femme n'était pas surprise, elle savait qu'ils étaient liés l'un à l'autre aussi, elle trouvait cette deuxième rencontre entre les deux fascinantes et adorables. Eux aussi auraient une seconde chance désormais.

    Garrett et Willy voulaient parler avec Gabriel des dernières nouvelles de la pègre et de tout ce qu'ils avaient mis en place. Pocahontas n'aima pas le voir s'éloigner d'elle et elle le regarda avec peine. Mais elle sut qu'elle devait lui laisser aussi un peu d'espace. C'était comme si elle avait soudainement peur que les garçons lui arrache son amant et tous les projets qu'ils avaient ensemble. Parce que c'était déjà arrivé et qu'elle ne s'étonnerait pas qu'il change d'avis.

    Reportant son attention sur les filles, elle vit qu'elles l'observaient. Pocahontas se sentit mal à l'aise et tritura le jupon de sa robe trop stricte qui compressait sa poitrine. Millie avait une moue circonspecte quand Anya semblait attristée. Jamais encore un silence tel s'était formé entre elles. On aurait dit des inconnues. Ce fut Millie qui mis les pieds dans les plats et avec sa gouaille s'assied près de celle qu'elle avait kidnappé autrefois :

    - Bon.. Raconte-nous.. Tu n'es pas contente de nous revoir ?
    - Si, si. C'est juste que.. C'est juste que c'est bizarre.

    Vicky lisait tout au fond de la pièce un livre pendant Kisos et Charlie avaient déjà trouvé une occupation qui les occuperaient toute leur existence, se courir après dans le jardin avec le louveteau. Pocahontas n'osait pas parler. Elle ne savait pas quoi dire, quoi confier. Ce fut la douceur d'Anya qui l'y encouragea. Alors, elle leur raconta son arrivée après avoir traversé les pierres, son mariage, la naissance de Kisos, son combat pour faire survivre son peuple et sa nation, l'arrivée de Gabriel et tout le reste. Anya et Millie écoutaient avec attention, surprises. C'était un vrai récit épique qui fit siffler la blonde à la fin. Brièvement, l'amérindienne évoqua Rolfe et c'est là que les filles comprirent qu'un problème surgissait.

    - Nous devrions aller prendre l'air non ?
    - Je suis d'accord avec Anya, répliquait Millie, marcher me ferait un peu de bien..

    Alors, elles sortirent. Vicky vint faire la connaissance de son cousin et joua avec le nouveau petit couple à construire une cabane dans le jardin. Le trio pendant ce temps marchait d'un pas léger autour du manoir. Pocahontas se sentait toujours plus à l'aise à l'extérieur et respirait l'air marin avec plaisir. Elle leur évoqua la fameuse scène qui la traumatisait et les peurs qu'elle avait. Elle ne parla pas de Gabriel ni même de son massacre à Jamestown. La jeune femme leur confia ses sentiments et ses craintes et fut rassurée de voir que leur regards ne changeaient pas.

    - Mais Pocahontas, commença Millie, tu crois que j'offrais le thé quand j'abordais des bateaux ? J'étais sanguinaire et je tuais à tout va sans me soucier de qui j'embrochais. C'est ça la survie. Gabriel a eu raison de te dire que c'était soit lui ou l'autre monstre. Ne culpabilise jamais de t'être défendue.
    - Millie a raison.. Avec Garrett nous avons du faire face à beaucoup de choses ces cinq dernières années mais on a tout remonté parce qu'on communique et qu'on se soutient.. Ce sera pareil pour vous aussi j'en suis persuadé. Gabriel t'aime plus que de raison. Regarde.. Après tout ça il est encore là avec toi. Et tu n'es pas un monstre.. Tu dois juste te retrouver.

    La jeune femme se sentie soutenue et entourée. Quelques larmes de consolation surgirent sur ses joues qui furent rapidement écrasée par Anya qui enlaça son amie. Chez elle, dans sa tribu, elle avait perdue toutes ses amies à son retour car elles la jugeaient trop différente. Aujourd'hui, le trio qu'elles formaient lui rappelait qu'elles étaient liées par quelque chose de plus fort et de plus pur qu'un simple sentiment et elle se sentit bien enfin depuis son arrivée.

    Le reste de l'après-midi se passa ainsi sans grande encombre. Nashoba, Philippe et James revenaient de la chasse. Tout le monde fut présenté aux deux nouveaux et il fut convenu de faire un bon repas en extérieur. Le temps était plutôt doux et Delphine préférait les réunions dans le jardin qui était merveilleusement fleuri cette année-là. Après plusieurs heures loin de Gabriel, Pocahontas ne pu s'empêcher de venir discrètement derrière lui. Caressant sa main du bout des doigts, elle glissa le long de son poignet le fameux bracelet qu'elle lui avait offert des années plus tôt et qu'il avait abandonné en rejoignant les Sioux.

    Son regard était plus doux, plus léger. La jeune femme ne semblait plus aussi éteinte qu'au matin. Sans doute le fait d'avoir retrouvé ses amies et de voir un Gabriel enjoué lui redonnait foi en quelque chose ; l'espoir d'une vie plus douce et tranquille et celle d'une famille bienveillante auprès d'eux. Elle lui offrit un doux sourire avant de s'éclipser pour rejoindre Delphine qu'elle avait promit d'aider pour le repas. Ce fut un véritable festin pendant lequel Kisos racontait des légendes amérindiennes sur son père. Monté sur une chaise, il racontait tout avec précision et en mimant certains détails. Les faits d'armes de son père étaient des exploits de chevalier dont il était fier. Pocahontas lui en avait tant raconté qu'il en était imprégné.

    En entendant son petit-fils raconter toutes ces histoires et le public captivé il se dit qu'il avait peut-être trouvé une nouvelle voie pour son fils. Aussi, il s'approcha de lui et lui demanda discrètement :

    - J'ai un ami qui est ambassadeur et il cherche un interprète. Est-ce que cela pourrait t'intéresser ? Ce serait pour une mission diplomatique.


    immarcescible, Posté le jeudi 03 février 2022 12:26 Répondre

    Le sang sur le visage de Kisos rend blême Pocahontas. Mais cela ne s’arrange pas, surtout lorsqu’elle comprend que Gabriel est la victime de quinte de toux encore sensible pour son corps. Elle tremble de colère qu’il ne lui ai rien dit et elle se demande depuis quand il lui dissimule une telle information. Se relevant très lentement, elle retourne en silence dans la chambre qu’ils occupent pour récupérer quelques baumes qu’elle avait pu prendre avec elle lors de leur dernier voyage. En redescendant, elle avait le regard si noir de fureur que cela devait très certainement faire comprendre à Gabriel qu’il ne devait rien dire. Lorsqu’il l’a repoussa alors qu’elle voulait l’examiner elle laissa éclater sa colère :

    - Tu arrêtes de suite tes bêtises Walker parce que je ne rigoles absolument pas à l’instant figure toi !

    Pire que tout. Lorsqu’elle était aussi en colère elle s’exprimait en amérindien si bien qu’elle fit ameuter tout le monde près du salon. Ils étaient tous surpris de voir que ce petit bout de femme avait un tel coffre et parlait dans une langue que personne ne connaissait hormis le géant Gabriel. Il était encore plus imposant qu’avant son départ si bien que les bonnes de la maison Walker fantasmaient déjà toutes sur lui.

    - Plus jamais tu me dissimules une telle chose ! C’est ta vie qui est en jeu et ne joue pas avec ça tu m’entends ?! Alors tu vas te laisser soigner par ta femme et la laisser faire son travail même si visiblement tu minimes ou que tu as plus confiance en ton frère !

    Ô oui elle était furieuse, mais c’est parce qu’elle avait peur. La vision du sang mêlé à la toux lui rappelait les horribles maladies dont certaines personnes de son peuple étaient décédées. Ne pas pouvoir sauver, guérir Gabriel la rendait fébrile. La peur se posait sur ses traits laissant la colère s’échapper lentement. Avec douceur, elle l’ausculta mais en silence. Elle bougonnait tout en faisant attention à tous les signes vitaux du grand brun qu’elle manipulait comme une poupée encore une fois sous les yeux ébahis des parents du brun et des bonnes.

    Lorsqu’elle eut finis, elle se plaça les mains sur les hanches devant lui toujours aussi furieuse. Elle l’observait un instant, ses yeux lui lançaient des éclairs, avant de finalement remonter dans leurs chambre pour ranger son matériel. Kisos revint avec le louveteau et compris que son père avait fait une bêtise. Il vint donc s’approcher de lui et fit une moue désolée avant de s’asseoir à ses côtés :

    - Quand Ma’ est en colère, Aponi disait que le sol pouvait trembler. C’est vrai que tu sens toi aussi le sol trembler ? J’aime pas quand elle a ses yeux tout dur.. pourquoi elle est fâchée contre toi Duda ?

    Après ce moment, Pocahontas décida de sortir marcher un peu. Elle avait emprunté un panier pour y récolter quelques plantes qu’elle couperait pour ses baumes. Le besoin d’être un peu seule et de méditer lui faisait du bien aussi elle s’éclipse en prévenant uniquement Delphine qui supervisait le repas du soir dans la cuisine. Elle lui demanda de prévenir Gabriel pour ne pas qu’il s’inquiète. Le vent écossais lui avait manqué. Le souffle impatient du vent la faisait sourire. Se laissant entraîner, elle revint près du ruisseau où elle et Gabriel s’étaient embrassés pour la toute première fois et cela lui donna des papillons au c½ur. Avec délicatesse, elle prépara un petit autel improvisé avec des fleurs et autres coquillages symbolisant pour elle un lieu de recueillement. L’amour avait jaillit à cet endroit précis. Il avait été pur et sans limite.

    Après sa balade, elle retourna au château. Il faisait frais mais ma marche dynamique l’avait bien réchauffée. Enfin, en entrant en cuisine elle voyait tout le monde s’affairait et se demandait bien ce qui se passait. Sans demander son reste, elle monta directement au salon où elle trouva toute une foule de personnes du village sans doute qui se pressaient autour de Gabriel. Le fils devenu prodige et ressuscité. Se sentant de trop, la brune vint a s’éclipser jusqu’a ce qu’une brune au teint très clair l’appelle et lui ordonne :

    - Miss ! Cela fait dix minutes que j’attends mon gin allez le chercher. Delphine.. je ne savais pas que vous embauchiez des sauvages. Vous voilà progressiste !

    Delphine se sentit mal a l’aise et regarda en coin Pocahontas qui s’était tourné vers le petit bar pour y verser la fameuse boisson. S’approchant de la brune si richement vêtue, elle lui donna sa boisson non sans lui avoir offert son nouveau regard assassin. Cela fit trembler sa nouvelle ennemie ce qui fit plaisir à notre héroïne. Delphine allait la retenir mais elle l’ignora préférant monter dans la chambre. Elle ne voulait pas déranger Gabriel qui était en grande conversation avec des banquiers de la ville.

    En montant, elle trouva Kisos sur leur lit à lire des histoires. Le louveteau était près de lui et ils mangeaient tous les deux des petites gâteaux.

    - Tu ne devrais pas te goinfrer..
    - Mais c’est bon Ma’ ! Tu devrais goûter celui à la tomate. J’adore ça croque !

    Elle souriait enfin un peu et vint en goûter un. S’asseyant à côté de Kisos, elle vint confirmer ses goûts culinaires et l’enlacer tendrement avant de lui lire l’histoire.


    immarcescible, Posté le mercredi 02 février 2022 14:25 Répondre

    Qu'est ce qu'elle ressentait ? Pocahontas avait peur. Peur d'elle-même et de ce qu'elle serait prête à infliger à quiconque toucherait à sa famille. Peur de prendre goût à cette puissance si démoniaque qui lui avait donné le pouvoir d'assassiner sauvagement un homme. C'était au delà de ses compétences de gérer une telle chose. Au-delà de ce qu'elle avait cru être possible. Cette petite voix dans la tête la pousser à accomplir des méfaits qu'autrefois elle s'était refusée à faire. Alors pourquoi aujourd'hui ce serait différent.

    Le regard de Gabriel était focalisé sur elle. La jeune femme ne pouvait pas le contourner ou même parler d'autre chose. Il allait la questionner jusqu'à ce qu'elle avoue.

    - J'ai peur, commença-t-elle d'une voix faible, j'ai peur de ce que j'ai fais et.. et des sensations que j'ai eu. Isha.. J'ai.. J'ai perdu le contrôle.. Je ne l'ai pas simplement tué.. Je l'ai sauvagement assassiné. Je.. Je n'étais plus moi.. C'est comme si un démon s'était emparé de moi et avait agis sans que je puisse le contrôler. Tu auras beau dire que c'était pour nous défendre mais j'ai littéralement perdu le contrôle...

    Son regard se baissait. Elle était incapable de regarder Gabriel dans les yeux. Cette horreur qu'il avait eu de lui-même quelques semaines plus tôt en lui avouant son meurtre de sang froid de la colonie lui revenait en mémoire. Elle l'avait rassuré, elle avait trouvé les mots juste et elle lui avait pardonné car elle avait aimé qu'il se soit vengé pour elle.

    - ... mais le pire dans tous ça c'est que.. c'est que j'ai aimé ça.. j'ai aimé tout lâché et plus rien contrôler.. Comme une partie de moi a aimé que tu tue toutes les personnes de Jamestown.

    C'était horrible, sordide comme aveu mais elle lui devait. Si elle ne pouvait pas lui dire à lui à qui pourrait-elle le dire ? Il était son socle, son pilier, son meilleur ami, son amant. Il était tout pour elle et elle craignait désormais que son regard sur elle change et qu'il la rejette. Elle venait faire un pas en arrière, prévoyant qu'il la repousse. Passant ses mains sur son visage, comme pour se réveiller elle murmurait entre elles :

    - Je rêve de son visage.. Je vois celui de Loreleï aussi.. Ils me hantent Isha.. Je suis une meurtrière.. Une effroyable personne qui a pris plaisir à leur ôter la vie. Comment crois-tu que je me sente ? Je ne mérite pas de continuer à vivre voilà ce que je ressens..

    Enfin elle lui faisait face et plongeait ses prunelles de jais dans les siennes. La douleur et l'incertitude sommeillait sur son visage et elle devait trouver le moyen de s'en sortir mais comment ? Kisos jouait au loin avec le Shetland en lui parlant amérindien puis en anglais. La vision de ce petit être si innocent et adorable fit chavirer le coeur de la princesse qui sentit une boule dans sa gorge se former :

    - Et si je recommence ? Et si j'ai encore envie de tuer quelqu'un juste parce qu'on t'as reluqué, parce qu'un enfant à touché à Kisos ? Je suis devenue un monstre..


    immarcescible, Posté le mardi 01 février 2022 22:55 Répondre

    C'était étrange comme sensation. Pocahontas avait l'impression que rien n'avait changé autour d'eux. Lochawe était toujours ce même petit port de pêche enclavé dans la falaise. Le manoir des Walker toujours aussi majestueux et toutes ces vieilles odeurs si particulières qu'elle avait connu autrefois. Les bras de Delphine l'encerclant la surprenait aussi mais elle ne réagissait pas. La jeune femme était encore sous le choc de tout et elle arrivait parfaitement à se dissimuler hors de la foule.

    Les retrouvailles entre Gabriel et sa famille lui aurait fait chaud au coeur, autrefois, là, elle s'en détachait. Elle observait simplement les personnes qui l'entouraient sans ressentir de grandes sensations. Une petite voix dans son esprit lui disait qu'elle ferait mieux de disparaitre quand une autre résonna fortement et lui interdit.

    Sans qu'elle eut à le demander, son amant la conduisit dans une pièce qu'elle ne connaissait pas. Peut-être allait-il l'enfermer là après qu'il l'ai vu sauvagement assassiné Rolfe. Mais non, il s'installait et faisait couler un bain. La jeune femme se déshabilla par automatisme et défit sa natte laissant ses cheveux rouler dans son dos. Elle sursauta en entendant Gabriel l'appeler. Il avait du lui poser une question et elle n'avait pas répondu.

    - Non, non, on fera comme tu le souhaiteras.

    Elle se dirigea vers la baignoire dans laquelle elle plongeait. L'eau chaude si réconfortante la rassurait. Les yeux clos, elle ne pouvait s'empêcher de revoir l'horreur sauvage de son acte si barbare. Cela la fit tressaillir si bien qu'elle ouvrit de nouveau les yeux pour découvrir Gabriel face à elle. Rapidement, elle vint se blottir contre lui. Ses mains frêles l'agrippaient quand son visage se dissimulait dans son cou.

    - Tu crois que Vicky est toujours bloquée au XXIe siècle ? Je pourrais essayer d'aller la chercher quand j'aurais plus d'énergie. Je ne comprends pas pourquoi Sam ne l'as toujours pas ramené. Ça n'a aucun sens..

    Et c'était le cas. Victoria avait tellement eu du mal à enfanter que d'abandonner son enfant ainsi n'était pas logique. Quelque chose de grave avait du se produire et Pocahontas se devait de trouver la fameuse solution. Elle profita de ce moment dans le bain pour se laver et faire de même avec Gabriel. Il lui parlait de tout plein de projets mais elle n'écoutait pas vraiment. Son esprit était autre part et elle agissait par mécanismes. Elle, la fille de passion semblait être éteinte. Lorsque le brun s'en inquiéta elle mentit :

    - Je suis juste épuisée Isha.. Juste épuisée..

    Elle sortit donc du bain et enfila une chemise trouvée dans la penderie. Puis, elle quitta la chambre en prétextant avoir besoin d'un verre d'eau, ce qu'elle fit. La maison était silencieuse et la jeune femme sirotait son verre avant de remonter. Elle s'assura que Kisos dormait bien et revint dans la chambre pour trouver un Gabriel a moitié endormi. Doucement, elle se faufila dans les draps et se mit à le contempler tendrement. Ils avaient réussi, alors pourquoi n'était-elle pas heureuse ?


    immarcescible, Posté le mardi 01 février 2022 20:57 Répondre

    Tout a été extrêmement vite. Pocahontas agissait par instinct assurant les arrières de Gabriel. Ses flèches étaient précises, puissantes mais ne faisait que blesser les hommes qui les entouraient. Jamais elle ne le laisserait seul. Elle n'était pas le genre de femme à partir ainsi et laisser les choses se faire sans intervenir. Mais surtout, Gabriel était l'amour de sa vie, jamais elle ne le laisserait face à un ennemi aussi puissant militairement. Ils étaient tous les deux depuis toujours liés. Et comme elle lui avait fait jurer un jour, "toi et moi quoi qu'ils nous en coûtent". Alors oui, elle se battait et contredisait ses idéaux mais il s'agissait de survie et il n'y avait aucun autre échappatoire.

    Gabriel avait littéralement ça dans le sang. Elle le voyait. Il bougeait à la perfection sans aucune hésitation. Il avançait dans le tas sans se soucier du mal qu'il pouvait commettre. Il avait tout compris quand elle, elle hésitait encore par moment si bien qu'une balle avait presque faillit la toucher. Très vite, ils retrouvent Rolfe et Gabriel l'entraîne jusqu'à un coin tranquille. Mais la bataille fait toujours rage et Pocahontas se retrouve paralysée par la peur et l'incertitude.

    Tuer de sang-froid. Tuer de sang-froid. Tuer de sang-froid.

    Le pourrait-elle ? Alors que son amant luttait contre l'abominable époux qu'elle avait eu de force elle ne pu s'empêcher de penser qu'elle allait définitivement laisser une partie de son âme la quitter. Comme lorsque Loreleï allait anéantir Gabriel, elle sut qu'elle n'avait qu'un seul choix de possible. Plus aucun retour par la suite. Prenant le poignard de Gabriel qui gisait sur le sol, elle s'avançait jusqu'aux hommes qui luttaient.

    Très vite Rolfe se trouva sur le brun et cela le faisait ricaner tandis qu'il retournait l'arme contre sa victime. Pocahontas n'avait plus le choix. Elle laissait entrer en elle une part si sombre qu'elle ne connaissait pas encore et qui risquerait de la marquer à jamais. Sans demi-mesure et en silence, elle transperça Rolfe dans le dos avant de retirer en vitesse le poignard pour finalement planter une nouvelle fois le poignard dans son cou et le retirer une seconde fois. L'homme perdait du sang et tomba à la renverse.

    La brune ne bougeait plus. Sa main tremblait quand ses iris se noyaient de larmes qu'elle refoulait. Elle s'était jurée de ne jamais plus tuer quiconque de la sorte. Le souvenir impitoyable de Loreleï lui revint et sa culpabilité à grand galop. Mais Rolfe n'était toujours pas mort et alors que Gabriel se redressait elle vit leur ennemi essayer d'attraper le fusil pour tirer dans son dos ce qui la fit rapidement vriller.

    Poussant de justesse Gabriel, elle se jeta sur le carcasse sanguinolente de Rolfe et se mit à le poignarder plusieurs fois d'affilée en hurlant. Son sang giclait sur elle mais elle s'en fichait. Elle ne pouvait plus s'arrêter, comme persuadée que toujours il allait les poursuivre et que jamais il ne mourrait. Elle continuait et continuait même si il était, physiquement, totalement mort désormais et elle hurlait encore et encore comme une sauvage assoiffée de sang qui ne pourrait jamais se satisfaire de ce corps auquel elle prenait la vie.

    Lorsqu'elle sentit Gabriel venir la prendre contre lui, la jeune femme ne pu s'empêcher de se débattre comme si le démon la possédait. Finalement, avec patience, il sut la canaliser. Le regard hagard, comme si elle ne savait pas ce qui c'était passé et qu'elle reprenait conscience, elle observait le brun tremblante :

    - J'ai cru.. J'ai cru qu'il allait te tuer.. Je.. Il ne pouvait pas.. Il ne pouvait pas vivre Isha..

    Enfin elle se calma même si le tremblement de son corps ne s'arrêtait pas. Blottie contre le brun, elle se laissa bercer un instant avant de comprendre que Nashoba et Philippe les attendaient et les appelaient. Les miliciens cherchaient Rolfe et ne le trouvant pas s'enfuir à leur tours. Ils devaient vite rejoindre les pierres maintenant.

    - Attend, dit-elle en se penchant sur la dépouille de Rolfe, je dois lui retirer son âme..

    A genoux devant lui, elle lui coupa le nez. C'était une pratique amérindienne très répandu sur la côte est. Pocahontas retourna avec le fameux nez au campement où quelques flammes de leur feu résistait. Elle y jeta le nez et se tourna ensuite vers les garçons qui arrivaient à bout de souffle à eux :

    - Ils sont tous partis mais nous ne devrions pas rester. On ne sait jamais mais ils pourraient revenir avec plus d'hommes.

    Sans un regard pour Gabriel qu'elle n'osait pas affronter, elle reprit les quelques affaires qu'ils possédaient et grimpa en vitesse avec les garçons jusqu'à la petite collines et les fameuses pierres. Elles étaient exactement comme dans son souvenir et cela l'ému un peu. Kisos et les autres n'étaient plus là, ils avaient déjà du passer les pierres et tant mieux. Tout était sur les épaules de Pocahontas et Philippe désormais. Prenant la main de Gabriel dans la sienne, elle n'attendit pas un instant et toucha la pierre.

    Trou noir.

    Lorsqu'elle ouvrit un oeil, elle trouva deux paires de saphir l'observant. Geignant de douleur à cause du voyage, elle passa une main sur son visage avant de réouvrir les yeux. Les saphirs la regardait toujours et elle reconnut Kisos. Cela la fit tendrement sourire puisqu'elle murmura son prénom. Le petit garçon hurla de joie en se jetant au cou de sa mère qui était la dernière à s'être réveillée.

    - Ma' ! Ma' ! Oncle Philippe est partit chercher de l'aide ! On a réussi ! On a réussi !
    - Kisos.. Où est ton père ?

    L'inquiétude gagnait Pocahontas qui ne voyait pas Gabriel près d'elle. L'aurait-elle perdu dans les couloirs du temps. Alors qu'elle voulait se redresser il apparut enfin en tenant entre ses mains des gourdes d'eau. Rapidement elle se jeta dans ses bras en agrippant sa nuque.

    - J'a cru t'avoir perdu, murmurait-elle blottie contre lui, on a réussit.. On est tous ensemble..


    immarcescible, Posté le mardi 01 février 2022 16:04 Répondre

    Aussi étrange que cela puisse paraître, Pocahontas n'était pas aussi épuisée que Gabriel. Elle craignait surtout de l'avoir conduit à faire trop d'efforts physique en une nuit ce qui la poussa à rester vigilante sur son état de santé. Il revenait de si loin qu'elle ne risquerait pas de voir à nouveau sa santé décliner. Recevant son petit Kisos sur les genoux, elle enfouissait son nez dans ses boucles brunes qui repoussaient en grand nombre tout en souriant tendrement.

    Du moins, jusqu'à ses fameuses questions qui la surprenait. Ainsi, votre fils s'inquiétait de ne pas être accepté par sa famille paternelle. Cela ne pouvait pas la surprendre car elle-même avait eu du mal à s'intégrer. A cause d'elle, un fossé s'était créé entre le père et les fils. La nouvelle de son retour et de Pocahontas avec lui et de Kisos risquerait de tout ébranlé. Doucement, elle embrassa son front et caressa son petit dos :

    - Tu sais Kisos.. On ne peut pas toujours aimer et être aimé de tout le monde. Mais le plus important est de savoir à qui on donne notre amour. Je suis persuadée qu'ils t'aimeront tous parce que tu es un garçon intelligent, curieux et adorable. Cette nouvelle époque va être pour toi de découvrir tout un tas de choses auxquels tu ne t'attends pas.. De l'eau chaude qui arrive par magie ou encore des machines qui chauffe le pain !

    Cela semblait bien faire rêver le petit garçon dont les yeux pétillaient de joie. Elle savait parfaitement comment faire naître l'espoir chez lui quand il doutait. Embrassant une nouvelle fois sa joue rebondie, il l'entendit néanmoins répéter la question concernant leur éventuel retour auprès des Powhatans :

    - Je crains que non.. Aponi voyagera peut-être mais nous ne reverrons jamais notre peuple. Peut-être quand tu seras tu pourras voyager jusqu'à eux mais pas tant que tu maîtrises cette force tu m'entends. Le plus important et la chose la plus primordiale c'est toi, Duda et moi désormais. D'accord ?
    - Je te ferais toujours honneur Ma', déclarait-il avec force et conviction, je serais ton guerrier !

    Pocahontas aurait pleurer d'émotion en voyant son petit garçon grandir si vite et avoir cette réelle fougue passionnée qui lui rappelait tant Gabriel. Jetant un coup d'oeil sur ce dernier, il dormait comme une souche ce qui la fit sourire tendrement. Ils voyagèrent ainsi en diligence les derniers jours avant de finalement s'arrêter pour bivouaquer près d'un ruisseau qu'il fallait traverser avant d'atteindre les pierres. Ils étaient enfin arrivés en Ecosse, ils étaient proche de la libération. Mais Pocahontas avait une terrible appréhension.

    Les garçons montaient le campement quand elle chassait avec son arc dans le petit sous-bois. Attentive, elle sentait qu'on les épiaient. Mais impossible de trouver la source de cette impression. Rapidement, elle tua trois lapins qui seraient le fameux dîner du soir. En retournant rejoindre les garçons, elle ne pu s'empêcher d'évoquer cette sensation et de s'en confier à Gabriel :

    - J'ai l'impression qu'on nous observe Isha.. Je n'aime pas ça.. On devrait reprendre la route.
    - Impossible ma chère, répliquait Philippe, le brouillard est trop épais pour pouvoir encore avancer. Et ne craignez rien, nous sommes en Ecosse. Rolfe ne peut plus vous atteindre. Ici est un lieu neutre et tranquille. Personne ne nous trouvera.

    La brune venait quand même se blottir contre Gabriel. Les mots de réconfort de son ami ne semblait pas l'avoir rassurée, au contraire. Tout le monde semblait croire qu'ils étaient enfin à l'abris. Ils mangèrent sauf Pocahontas qui n'avait véritablement aucun appétit. Elle laissa sa part à Gabriel qui avait bien plus besoin de force qu'elle puis ils allèrent se coucher non sans qu'elle ai grignoté un bout de biscuit que son amant lui avait limité forcé de manger.

    Assise dans la tente qu'ils partageaient, Kisos entre eux, elle ne dormait pas en proie à ses songes. Les deux garçons dormaient, épuisés sans aucun doute par la chevauchée. Se retournant et tournant elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Sortant discrètement, elle s'enroula dans un tartan aux couleurs de la famille des Walker que Philippe avait acheté et se posta devant le feu. Le sentiment d'être épiée lui revenait mais cette fois-ci elle en était certaine. Ils se faisaient entourer par des hommes.

    Se redressant, elle entendit l'horrible ricanement de Rolfe s'approcher ce qui lui glaça le sang. Nashoba du aussi l'entendre car il se levait aussitôt ainsi que Philippe. Rapidement elle se jeta sur Gabriel et Kisos et les réveillèrent :

    - Ils sont là.. Ils sont là.. Vite.. Il faut cacher Kisos..

    Rhabillant chaudement leur fils, elle l'entraina vers Pasha et Jasmine qui courraient en direction des pierres après que Pocahontas leur ai supplié de fuir. Kisos connaissait le principe du voyage et il pouvait aisément partir. Revenant vers les garçons, elle cherchait son arc mais Nashoba lui interdisait de rester :

    - Rejoins Kisos c'est un ordre !
    - Non ! Je ne vous laisserais pas ! Nous devons partir maintenant !
    - Là dans le buisson, hurlait Philippe en embrochant un des hommes de Rolfe sûrement un éclaireur.

    La brune s'accrocha à la main de Gabriel qu'elle voulait entrainer avec elle mais il ne bougeait pas. Inflexible elle tira de nouveau mais rien ne bougea. Elle paniquait c'était sûr :

    - Tu viens ! Tes blessures ne sont pas assez soignées encore. Tu viens avec moi ! Les pierres sont à côtés. Je t'en supplie ! Isha.. Viens avec moi..


    immarcescible, Posté le lundi 31 janvier 2022 18:38 Répondre

    Le voyage pour Lochawe était bien plus long et fastidieux qu'elle l'aurait cru. Comme elle aurait aimé être elle aussi à cheval et sentir la douce brise océanique balancer ses cheveux. Mais du fait de leurs particularité singulière, ils devaient rester dissimuler dans cette fichue diligence. Pour tuer l'ennui, ils lisaient, dormaient, mangeaient. Mais aucune intimité de possible avec Gabriel puisque Kisos restait toujours blottie contre sa mère. Alors quand le deuxième jour ils purent enfin s'arrêter dans cette modeste auberge, elle ne pu s'empêcher de sourire en pensant qu'ils pourraient enfin être seuls dans une chambre.

    Après un bain bien mérité et avoir longuement brossé ses cheveux, Gabriel revenait à la charge pour la rassurer, la faire sourire. Et il savait parfaitement faire. Puis, le jeu pris une tournure qu'elle n'aurait oser espérer. Cela faisait tellement de temps qu'il ne l'avait pas touché ainsi qu'elle aurait littéralement mourir de plaisir sous ses doigts et sa langue implacable.

    - Oh.. Isha.. Pitié.. Ne.. Ne t'arrête pas, miaulait-elle de plaisir, oui !

    Allongée sur le sol, nue, elle écartait sans pudeur les cuisses contre le visage du brun quand ses doigts agrippaient avec fermeté sa crinière de jais. Le corps cambré, elle ne pouvait retenir les râles de plaisir qui emplissaient la pièce. Tout son corps n'était qu'électricité, sensualité, fougue, désir. Alors qu'il lui fait toucher du doigt seulement pour le moment un orgasme intense, elle se repose un instant savourant la sensation si particulière de la jouissance.

    Son sourire espiègle illuminait son visage rosie par tant de fougue et cela la fit sourire de plus belle. Pleine d'entrain et de désir, elle agrippa le menton de son amour et l'entraina sur elle de sorte à pouvoir l'embrasser. Ses lèvres, ses dents, sa langue le dévorait quand ses mains habiles le déshabillait entièrement. Elle était empressée, fougueuse. La nuit ne suffirait pas à combler totalement ce manque qu'elle avait toujours eu de lui et elle comptait bien lui donner une nuit dont il se souviendrait encore et encore.

    - Je veux que ta peau.. Ton esprit.. Tes yeux.. Tes lèvres.. Tes mains.. Tous se souviennent que je t'appartiens corps et âme Isha..

    Dans un mouvement rapide, elle vint changer leur position. C'est qu'elle pouvait avoir de la force l'amérindienne quand elle désirait quelque chose. Ses long cheveux dissimulaient ses seins alors qu'elle se redressait sur lui. Uniquement éclairé par le feu de la cheminée, elle le trouvait si beau avec ses yeux brillant. Pendant un moment elle le caressa et elle se pencha même pour le prendre en bouche. Rapide gâterie puisqu'elle le sentait au bord de l'extase. Alors, sans perdre un instant, elle s'empala elle-même sur son membre en renversant son visage en arrière sous le plaisir.

    C'était si intense, si fougueux. Ses ongles s'enfonçaient dans le buste de Gabriel qu'elle griffait alors qu'elle balançait sans douceur son bassin contre le sien. Elle cherchait sa fureur, sa possession si sauvage qu'elle avait toujours aimé chez lui. Elle n'était que soupirs, que sensations, que fougue.

    - Touche-moi.. Encore.. ne t'arrête pas.. Jamais.. Mon amour !

    Lorsqu'elle reposa son regard sur lui, elle l'attira contre elle pour mieux l'embrasser. Assise sur son bassin elle allait et venait plus rapidement et jouait de son étroitesse. Ses lèvres l'embrassaient de nouveau, ardemment comme une louve affamée quand ses doigts tiraient désormais sur sa crinière. C'était le pied total et rien n'aurait pu l'arrêter.


    immarcescible, Posté le lundi 31 janvier 2022 14:45 Répondre

    C'était des journées comme ça que Pocahontas avait toujours voulu vivre. Simple. Kisos, Gabriel et elle se baladant, parlant, mangeant. Il n'y avait rien de plus simple et pourtant c'était synonyme de bonheur pour elle. Pouvoir voir le père et le fils aussi complice, aussi attachant et attaché l'un à l'autre subjuguait son coeur de bonheur. Il n'y avait rien d'autre à dire. Après avoir couché Kisos, elle entendait encore ses multiples questions concernant leur famille amérindiennes. Tout de suite, la jeune femme s'était murée dans un silence discret. Ce n'était pas qu'elle n'avait pas les réponses mais une certaine forme de rancune s'était liée à son coeur et elle ne pouvait concevoir de vivre une nouvelle existence sur les terres brûlées de son peuple.

    Lorsqu'elle revint enfin vers Gabriel, elle leur servait du thé qu'elle vint ensuite apporter. Ils étaient confortablement installés dans une jolie petite chambre qui lui rappelait celle qu'ils occupaient au fameux hôtel où séjournait autrefois son amant. Assise sur le sol devant le feu, elle réfléchissait une seconde à la question du brun :

    - Non. Notre vie n'est plus ici.. Elle est en Ecosse, en paix à Mallaig. Auprès de toi. Tu sais aussi bien que moi que si nous retournons là-bas nous serons encore séparés. On aura beau se dire que non mais il y aura toujours quelque chose pour nous détruire. Ta femme, les Sioux, les colons. Je n'aspire à rien d'autre que passer mes journées à soigner les gens et t'aimer Isha.. Je suis trop fatiguée de la diplomatie et de la guerre.

    Enfin elle levait son regard vers Gabriel. C'était un mélange de tristesse et de ressentiment qu'elle ressentait à ce moment précis. Bien sûr qu'elle aurait aimé retourner chez elle mais plus rien ne l'y attendait, hormis une terre abandonnée où des milliers de Powhatans avaient péris à cause d'elle :

    - Je n'ai plus aucune légitimité là-bas. J'ai déçu mon peuple et les Esprits.. Ils sont tous morts à cause de moi. Je ne pourrais jamais plus les regarder dans les yeux. C'est la honte et la peur qui m'accablent. Kisos comprendra plus tard.. Et Aponi nous rendra sûrement visite grâce aux pierres. Mais je ne peux pas envisager de retourner en Virginie. Je ne veux même plus en entendre parler.

    Elle secouait son visage comme pour faire partir les images atroce de son esprit. Le génocide auquel elle avait assisté lui revenait sans cesse en mémoire et les cris, les pleurs, les supplications, les hurlements, l'odeur du sang et du feu. Elle luttait chaque jours et essayait tant bien que mal de se défaire de cette sensation de haine qui l'enveloppait :

    - Je ne suis pas la femme courageuse d'un grand guerrier je suis désolée. J'ai parfois l'impression que mon âme est brisée à cause de tout ce que je n'ai pas accompli. Mon peuple n'a bénéficié que d'un sursit de quelques années. Je n'ai pas su les diriger.. je veux juste rentrer chez nous Isha et me cacher de cette honte. Cela ne t'ennuie pas ?


    immarcescible, Posté le dimanche 30 janvier 2022 17:24 Répondre

    Au fur et à mesure du récit de Gabriel, Pocahontas sent son ventre se compresser. Ces horreurs dont il parle l'effraie, c'est certain, mais étonnement cela ne lui retire aucunement ses sentiments pour l'écossais. Et c'est ce qui l'effraie encore plus. Pourrait-elle accepter cette part d'obscurité en lui ? Comment la maîtriser ? Ils n'étaient pas encore en sécurité au XIXe siècle et malheureusement ils pouvaient encore se faire attraper par Rolfe. Qu'en serait-il d'eux si jamais Gabriel venait à apprendre qu'elle avait été reprise par son époux tyrannique.

    Silencieuse quelques secondes, elle vint simplement prendre la main de Gabriel dans la sienne et le forcer à la regarder dans les yeux :

    - Je n'ai jamais dit que pour être un guerrier sauver il fallait avoir une âme pure Isha.. Être guerrier signifie aller à la guerre, commettre des meurtres. Je n'ai jamais attendu de toi que tu sois quelqu'un de parfait et heureusement.. Tout ce que je veux savoir c'est si tu es capable aujourd'hui de pouvoir vivre sans avoir à re-commettre ces atrocités.

    Ce qu'elle sous-entendait c'était, est-ce qu'il était capable de tuer à nouveau de sang-froid. Et est-ce qu'il avait ressentit du plaisir à cela. Venant se rapprocher de lui, elle embrassait ses phalanges qu'elle tenait fermement entre ses mains avant de reporter son attention entière sur lui. Elle lisait en lui comme dans un livre ouvert et elle sentait bien qu'il culpabilisait et qu'il avait peur :

    - Je t'aime toujours autant si cela t'effraie.. On a été tous les deux obligé de faire des choses abominable pour pouvoir survivre. Alors arrête de te torturer. C'était eux ou toi.

    Elle n'évoquait pas Jamestown. Elle n'aurait pas su quoi en dire de toute manière. Une vicieuse partie d'elle était étonnement satisfaite de ce qu'il avait pu faire. La vie avait tellement été difficile à cause des visages pâles, hommes et femmes y compris, qu'elle ne pouvait pas avoir autant de peine qu'elle aurait en avoir. Et puis, une part d'elle s'était aussi bien emmurée dans une douleur incommensurable nécessitant une vengeance certaine que Gabriel venait de lui apporter. Caressant sa joue sur laquelle elle sentait sa barbe piquer un peu elle demandant :

    - Pourras-tu continuer à vivre avec quelqu'un qui ne t'en voudras jamais pour cela ?

    Au même moment, Kisos surgissait d'un talus un bouquet de pâquerettes à la main. Cela faisait tendrement sourire Pocahontas qui le prenait avant d'embrasser son front avec douceur. Elle remerciait le petit garçon qui souriait les yeux brillant d'amour et de joie :

    - Et toi Duda ? Tu en as offert des fleurs à Ma' ? Comment tu l'as courtisé ? Jasmine elle dit qu'u homme doit courtiser une dame avant de lui faire un bébé..


    immarcescible, Posté le dimanche 30 janvier 2022 15:03 Répondre

    Au creux d'un lit trop étroit, Pocahontas retrouva soudainement l'homme dont elle était tant tombé amoureuse. Ses larmes se joignaient aux siennes tandis qu'ils s'échangeaient une multitude baisers enfiévrés et qu'elle répondait positivement à toutes ces demandes. Plus rien ne pourrait désormais les séparer. Plus rien ne pourrait les faire souffrir. Ils avaient vécu l'enfer, la torture, la prison, la séquestration, le chantage, ils étaient quasiment libres désormais. Et ça, Pocahontas le savourait dans ce fameux petit lit étroit.

    Une semaine fut encore nécessaire pour la jeune femme afin de remettre d'aplomb Gabriel. Il devait reprendre le plus de force pour pouvoir faire le voyage jusqu'à Lowach. Le but était de retraverser les pierres pour pouvoir rentrer tous ensemble. Philippe lui avait longuement expliqué le principe des pierres et la puissance dont elles étaient capable. Alors, lorsque Pocahontas ne s'occupait pas de l'écossais, elle s'entrainait, méditait en compagnie de Philippe et de Kisos. Ils avaient d'eux-même, réussit à ouvrir un portail dans le jardin ce qui avait été une chose que le français n'avait jamais encore pu expérimenter. Il notait tout dans un carnet ce qui ne rassurait pas forcément Pocahontas. Elle était devenue très méfiante sur les personnes qui connaissaient le secret des pierres.

    Un jour, alors qu'elle avait apporté des habits propre à Gabriel, elle se sentait soudainement triste en repensant à son peuple. Debout devant la glace, le brun délaçait un peu son corset qu'elle n'arrivait toujours pas à supporter et qu'il savait parfaitement lui installer. Comme si il lisait dans son esprit, il tenta de la rassurer. Relevant son regard vers lui à travers la glace, elle esquissa un sourire triste :

    - Merci.. Mais tu sais.. Je crois que j'ai été trop prétentieuse à vouloir sauver mon peuple. J'ai l'impression que vouloir changer le passé ne pourra jamais se faire. Il y a des choses beaucoup trop forte que nous ne pourrons jamais modifier. Regarde..

    Elle se tournait vers Gabriel en posant ses mains sur son buste. Un doux sourire cette fois-ci naissait sur ses lèvres, quand elle contemplait la mine plus en forme de son amant :

    - ... Malgré que Kisos ait modifié le passé nous nous sommes quand même retrouvé. Nous nous retrouverons toujours parce que nous sommes destinés l'un à l'autre. Mon peuple a eu l'opportunité de s'en sortir mais il a fait la sourde oreille. L'homme est ainsi.. Il préféré ne pas voir le pire et c'est une belle qualité. Mais insuffisante par moment.. Si il n'y avait pas eu tous ces défis politique, peut-être que jamais je n'aurais pu te trouver.

    Se mettant sur la pointe des pieds, elle agrippait le col de son amant pour le faire pencher vers elle. Délicatement, ses lèvres lui donnèrent un tendre et langoureux baiser quand l'une de ses mains agrippaient sa nuque et la naissance de sa crinière qui repoussait. A bout de souffle, elle gardait néanmoins son visage contre lui de Gabriel et murmura :

    - Je veux vivre dans le présent maintenant. Toi, Kisos et moi.. On vivra sans aucun doute d'autres épreuves mais je sais qu'on sera toujours plus fort que tout ça..

    Elle ouvrait les yeux en relâchant sa pression sur le brun. Son regard était de nouveau tendre vers lui. Comme à leurs débuts. Le fait de l'avoir vu en pleine agonie l'avait tellement traumatisée qu'elle ne pouvait s'empêcher de savourer de le voir debout et en pleine forme.

    Pour sa première sortie, elle l'entraina avec Kisos dans le jardin. C'était typiquement anglais et elle y était mal à l'aise du fait de cet ordre particulier mais cela restait de la nature. Kisos parlait, parlait, parlait. Un vrai petit moulin à paroles. Mais il était tellement heureux d'avoir son père et sa mère près de lui qu'il s'était installé entre eux comme lors de leurs premières balade autour du lac. Il les quitta un instant pour aller cueillir des fleurs pour sa mère et Pocahontas en profita pour faire asseoir Gabriel sur un petit banc près d'un cerisier en fleurs :

    - Tu sais ce que signifie Duda ? Cela veut dire "papa". C'est le terme le plus affectueux qui soit. Jamais il n'avait surnommé Dezba ainsi tu sais.. A croire qu'il a toujours sut que c'était toi mon amour..

    Alors qu'ils savouraient cet instant si doux et tranquille, Philippe et Nashoba les rejoignirent. Pocahontas restait blottie contre Gabriel en entrelaçant ses doigts aux siens. Tels deux aimants impossible à détacher :

    - Puisque vous allez mieux Walker nous devons parler de notre fuite jusqu'à Lowach. Êtes-vous capable d'un tel périple ? Comment vous sentez-vous ? Rolfe resserre de plus en plus sa vigilance autour de mon domaine et cela fait déjà beaucoup trop de temps que nous sommes ici. Il va falloir que nous bougions et vite.


    immarcescible, Posté le samedi 29 janvier 2022 16:46 Répondre

    L'état effroyable de Gabriel soulevait l'estomac de Pocahontas. Ce qu'il avait du vivre devait être inimaginable. Même si une part d'elle était rassurée de savoir qu'il n'avait pas eu à subir les assauts sexuels et pervers de Rolfe, il était tombé si gravement malade qu'elle devait le sauver. Non, elle allait le sauver. Heureusement que la médecine de Philippe et son savoir pouvaient se jumeler. Mais il lui était difficile de se concentrer en voyant le corps décharné de son amour. Les larmes piquaient ses yeux devant la cruauté qu'il avait du subir à cause d'elle. Sauf que ce n'était pas le moment.

    Rapidement, elle déchira les lambeaux de ses piteux vêtements qu'elle jetait au feu. Une fois qu'il fut entièrement nu, elle se mit à éponger son corps pour le laver et ce fut là qu'elle l'entendit dire toutes ces choses déchirantes qui la firent pleurer une bonne fois pour toute. Se redressant elle prit son visage entre ses mains qu'elle caressait avec une extrême douceur. Un léger et tendre petit sourire s'affichait sur ses lèvres comme pour le rassurer :

    - Tu sais que je suis aussi têtue que toi Isha. On va partir tous ensemble tu m'entends ? Kisos sait que tu es son père.. Il veut son Duda près de lui et j'ai besoin de toi tu m'entends ? Alors tu vas te battre encore un peu Gabriel Walker. Parce que je veux devenir ta femme. Parce que je veux cette maison dans les Highlands comme tu me l'as promis.. Mallaig, tu te souviens ? Je veux aller là-bas avec toi et t'aimer tous les jours mon amour.. Reste avec moi.. Je t'en supplie.. Tu ne veux pas me mettre en colère alors bat-toi encore pour nous.. Parce que c'est toi notre plus belle vie.. Accroche-toi encore.. Je t'en supplie..

    Se fichant de la maladie, elle plongea ses lèvres sur son front, ses paupières et enfin ses lèvres. Comme si elle voulait lui donner toute sa force et tout son courage. Mais c'était surtout lui faire comprendre à quel point elle l'aimait toujours autant et qu'elle ne pouvait envisager tout ce qu'il lui demandait sans lui. Ses larmes coulaient sur le visage du brun qu'elle venait vite essuyer :

    - Je t'aime tellement.. Tu m'as tellement rendue heureuse.. Je ne veux pas que ça se finisse.. Je t'en supplie.. On a encore tellement de choses à vivre..

    Vite, elle devait reprendre ses soins. Lui donnant encore un tendre baiser alors que ses mains caressaient ses joues elle du se reprendre. Sans attendre, elle venait de finir sa toilette. A regret, elle du couper sa barbe et ses cheveux un peu pour être certaines qu'aucune puces ou autres bêtes si trouve. Une fois qu'il fut totalement propre, ils l'installèrent sur un lit plus confortable près du feu. Pocahontas veillait sur lui nuit et jour. Elle dormait même à ses côtés sur un petit fauteuil installé tout près de lui. Par peur de contaminer le reste de la maison, ils restèrent tous les deux en isolement.

    Philippe lui donnait les médicaments nécessaires et les plantes que Pocahontas utilisait pour ses baumes. Le temps leur était nécessaire mais les rondes de la milice de Rolfe n'était pas loin et risquait à tout moment de venir. Mais leur hôte était un homme de marque qui avait ses entrées auprès du Roi et il était sacrément malin.

    Kisos demandait ses parents tous les jours mais heureusement que Nashoba, Jasmine et Pasha étaient là. Ils étaient de vrais soutiens pour le petit garçon qui n'avait pu voir sa mère que de loin ces derniers jours. Avec patience, douceur et rigueur, Pocahontas réussit à soigner les morsures des animaux sauvages qui avaient infectés Gabriel. Puis, elle atténué les marques de tortures qu'il avait subis en posant des baumes sur son corps. Le peu de fois où il reprenait conscience, elle lui donnait à manger.

    Tous les jours elle le lavait et tous les jours elle lui contait ces fameuses légendes qu'il lui avait lui-même raconté. Malgré sa forte fièvre, il reprenait quelques couleurs et il semblait remonter la pente mais il restait faible. Lorsque tout danger écarté, Pocahontas autorisa à Kisos de venir rendre visite à son père. Elle savait que l'un comme l'autre avaient besoin d'une telle présence. Le petit garçon observait son père qu'il connaissait à peine et dont pourtant il connaissait tous les faits d'armes les plus spectaculaires. Un après-midi, que Pocahontas préparait ses baumes dans la salle de bain, le petit garçon vit son père ouvrir les yeux sur lui. Il souriait si fier mais il contint sa joie puisque sa mère l'avait prévenu. Isha était encore faible, l'entendait-il dire.

    - Duda.. Tu as chaud au cheveux mais Ma' elle dit que c'est bien.. Elle dit que le mal s'en va. Elle a dit aussi que si tu guéris vite, on pourra rentrer à la maison et que tu m'emmèneras voir des monstres dans des lacs.. Tu veux que je chante des chansons pour toi Duda ?


    immarcescible, Posté le samedi 29 janvier 2022 13:42 Répondre

    Difficile pour Pocahontas de se souvenir de ce qui s'était passé entre le moment où elle fut présenté à Gabriel et celui où elle fut jeté dans le caniveau. Tout ce qu'elle sait c'est qu'elle avait froid. Trop froid. Recroquevillée sur elle-même, elle cherchait à se réchauffer en vain. Son corps était encore beaucoup trop marqué par les nombreux sévices de Rolfe et de ses hommes. Une part d'elle voulait renoncer et c'était ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle ne sentit pas qu'on le souleva, ni même qu'on la transportait.

    Ce fut la chaleur apaisante du feu près d'elle et de la voix de Kisos qui l'éveilla. En ouvrant les yeux, elle aperçut les deux prunelles azur larmoyantes de son petit garçon veillant sur elle. Avec le peu de force qu'il lui restait, elle posait sa main sur sa joue pour la caresser avant de s'endormir.

    Elle avait besoin de soin, de vrais soins. Nashoba chercha dans toute la ville un médecin susceptible de l'aider et qui soit tout aussi discret. Sans le savoir, il rencontra Philippe, l'ancien prétendant de Pocahontas qui pouvait lui aussi voyager. C'est dans un bordel que les deux firent connaissance et le brun aux yeux bleu reconnut les mêmes tatouages que ceux de Pocahontas sur son frère. Aussi, il suivit sans aucune hésitation l'amérindien en se rendant compte que la jeune femme était aussi une voyageuse du temps.

    En découvrant son corps quasi sans vie, il fut pris d'une terrible douleur. Il se souvenait encore de la jeune femme riant et dansant avec lui au bal des Walker et ne pu se résoudre à la laisser dans cet état. Accompagné des enfants et de Nashoba, il les conduisit un peu à l'écart de la ville là où il pourrait soigner la jeune femme à l'abri des regards. Jasmine et Pasha connurent le bonheur de prendre des bains et Kisos resta auprès de sa maman tout le long, ne la quittant pas.

    Il lui fallut deux semaines avant de se remettre. Les ecchymoses partaient mais elle avait encore du mal à marcher lentement mais sûrement. Le jardin était une source d'apaisement pour la jeune femme qui y passait le plus clair de son temps avec Kisos, Jasmine et Pasha. Nashoba et Philippe lui avaient interdit de partir à la recherche de Gabriel. Ne pas savoir ce qui lui était arrivé torturait la jeune femme qui perdait patience chaque jours passés. D'après les rumeurs, il aurait réussit à s'enfuir, mais aucune trace de lui.

    La jeune femme avait repris du poids grâce à la nature riche de la gouvernante de la maison. Elle était adorable et avait à la demande de Pocahontas fait des Shortbread aux enfants. La jeune femme en avait eu les larmes aux yeux lorsqu'elle en mangeait petit bout par petit bout. Un soir, alors qu'elle racontait la même histoire à Kisos pour l'endormir, il se tourna vers elle et demanda innocemment :

    - Tu l'aimes Isha, Ma' ?
    - Oui mon chéri.. Je l'aime plus que tout au monde.
    - Moi aussi je l'aime fort. J'aurais aimé que ce soit mon papa.

    Cette phrase achevait la jeune femme qui sentit son coeur se gonfler de tristesse et de joie à la fois. Caressant ses boucles brunes qui repoussaient, elle embrassait son front avant de prendre une longue inspiration:

    - Kisos.. Isha est ton vrai papa.

    L'enfant souriait en se redressant. Ses yeux brillaient d'une joie intense alors qu'il tapait dans ses mains. Le bonheur était de nouveau visible sur son minois si adorable et cela comblait la jeune femme qui ne croyait plus être capable de ressentir autant de joie. Le petit garçon embrassait sa mère et laissait sa joie exploser en criant comme les amérindiens :

    - Isha est bel et bien mon Duda ! Il faut qu'on le retrouve Ma' et ensuite on rentrera à la maison !

    La maison.. Mais quelle maison ? Pocahontas se demandait encore si ils pourraient un jour rentrer en Virginie ou si ils repartiraient en Ecosse. Mais est-ce que Gabriel voudrait-il encore d'elle ? Elle envisageait toutes ces questions au début mais plus les jours passaient et moins elle espérait. Une sorte de résignation l'avait enveloppé et elle se protégeait du mieux qu'elle pouvait.

    Nashoba et Philippe étaient partis depuis trois jours et aucune nouvelles. Si Pocahontas et les enfants étaient à l'abris il n'en restait pas moins que leur situation était précaire. Un après-midi, alors qu'elle cueillait des fleurs dans le jardin pensive, elle entendit un cheval dans la cour. S'approchant discrètement, elle fronça les sourcils en voyant un homme piteusement vêtu. Son coeur s'affolait car, au fur et à mesure qu'elle s'approchait, les contours de Gabriel se dessinait et elle le reconnaissait. Sans perdre un instant, elle releva ses jupons et se mit à courir dans sa direction avec une vitesse certaine.

    Il venait de descendre de son cheval et alors qu'il avait mis à peine un pied à terre elle se jeta dans ses bras en larmes. Presque un an était passé depuis qu'ils avaient été à nouveau séparés. Un an à se chercher, un an à souffrir encore et encore. Agrippée à sa nuque, elle laissa toute sa peur, toute sa colère dans des larmes intense. Son visage se dissimulait dans son cou quand elle le tenait fermement contre lui :

    - Tu es de retour.. J'ai tellement eu peur..


    immarcescible, Posté le vendredi 28 janvier 2022 19:04 Répondre

    Nashoba avait eu pour ordre de ne pas bouger. Quoi qu'il arrive. C'est ainsi qu'il pu voir Gabriel sonné être amené par plusieurs gardes de Rolfe jusqu'à la fameuse Tour de Londres. Là, l'amérindien sut que ce serait encore plus compliqué que de retrouver sa soeur. Mais les enfants avaient une idée judicieuse pour faire sortir le brun. En attendant, Gabriel fut enfermé. Rolfe voulait savoir ce que voulait ce cambrioleur.

    En effet, l'anglais avait beaucoup d'ennemis juré à Londres notamment un ancien amant qui cherchait à l'assassiner. Or, il comprit rapidement que son prisonnier n'avait aucun rapport avec ses frasques amoureuses. Non, il devait s'agir du fameux guerrier que son épouse appelait son véritable mari, au vu de ses tatouages amérindien. Il était troublé. L'homme était d'une carrure et d'une beauté surprenante. Il en venait à le désirer.

    Le deuxième jour de sa fameuse capture il s'approcha du prisonnier enchainé qu'il observait avec une attention certaine. De sa canne, il relevait le visage du brun pour plonger son regard dans le sien. Un sourire pervers ornait ses lèvres et son haleine fétide le rendait encore plus machiavélique :

    - Je sais qui tu es et qui tu cherches mais elle est à moi mon joli. Je suis désolé de te l'apprendre mais la petite sauvage est bien gardée, sous clés. Maintenant.. Si tu acceptes certaines de mes conditions, je pourrais sans aucun doute te la ramener un peu pour affoler tes beaux yeux.

    Il sentait qu'il obtenait enfin l'attention de son prisonnier et ne pu s'empêcher de rire de nouveau. Un rire aiguë et très gênant qui faisait de lui une vraie petite folle. Le surjeu était pitoyable surtout qu'il portait des vêtements aux couleurs criardes. Dans un chuchotement bref, il exposa donc son marché :

    - Donne-toi à moi et je t'apporterais la sauvageonne. Ensuite, si tu es assez convaincant, peut-être te laisserais-je partir avec elle. Mais attention, tu devras être vraiment attentionné et aussi fougueux que ton corps le prétends.

    Le marché était donc simple. Gabriel devait se prostituer pour connaître le lieu exact où se trouvait Pocahontas et peut-être pouvoir sortir de sa prison. Mais voilà que plusieurs jours passèrent et que Rolfe n'obtenait rien de l'écossais. Pourtant, il venait chaque jours pour le tester ou tout simplement le caresser. Voyant qu'il n'arrivait à rien ainsi, il fit revenir Pocahontas qui ne comprenait rien de toute cette histoire. Ce fut lorsqu'elle se trouva devant un Gabriel quasiment nu et dans un état pitoyable qu'elle comprit le but de son abominable époux.

    - ISHA ! criait-elle en voulant se jeter contre lui.

    Elle se débattait de toutes ses forces mais l'homme de main de Rolfe la maintenait parfaitement contre le mur. La vision de son amour attaché de la sorte et les sévices qu'il avait du subir à cause d'elle la meurtrissait. Elle aurait voulu le soigner, le couver, le bercer, l'embrasser, le rassurer. Rolfe souriait en tapotant dans ses mains :

    - Lâchez-le ! Sale horreur abjecte ! Laissez-le tranquille ! Il n'a rien avoir avec vous et moi.
    - Oh mais si ma chère.. Sachez que votre Isha est justement celui qui pourra vous sauver. Il n'a qu'un mot à dire et vous serez sauve. Voyez-vous Walker, je suis un homme de parole. Vous revoyez votre chère sauvageonne comme je l'ai dis et en échange de notre accord je la libère.
    - Ne l'écoute pas ! Je t'en supplie ne l'écoute pas ! Isha !

    Pocahontas réussissait avec le peu de force qu'il lui restait à mordre son agresseur et de lui mettre un coup dans le ventre. S'extirpant de sa force, elle venait s'agenouiller devant Gabriel et prendre son visage entre ses mains. Ses pleurs coulaient tous seuls alors qu'elle contemplait ses iris perdu :

    - Je t'en supplie ne le laisse pas marchander avec toi.. C'est un piège.. Mon amour.. Je t'en prie.. N'accepte rien..

    Sans qu'elle puisse le retenir, la main ferme de Hugh l'homme de main de Rolfe lui agrippa les cheveux et la jeta par terre avant de lui donner un coup dans le ventre ce qui l'assomma à cause de la douleur. Recroquevillée sur elle-même, elle gémissait de douleur. Rolfe soupirait en grimaçant :

    - Tant de chichis pour pas grand chose.. Alors mon cher "Isha" ? Décision prise ? Parce que je peux vous assurer que j'ai une centaine d'homme tout à fait prêt à s'occuper de cette belle petite sauvage dans les geôles du bas..


    immarcescible, Posté le vendredi 28 janvier 2022 17:03 Répondre

    La traversée fut un moment terriblement difficile pour la jeune femme. Lorsqu'elle se réveilla cela faisait déjà deux jours qu'ils étaient au large de la Virginie et donc loin du continent. Son seul échappatoire serait le suicide mais tant qu'il lui restait le doute que Kisos et Gabriel étaient en vie, elle devait se battre pour les rejoindre. Elle tenta de corrompre le capitaine qui resta inflexible et ce fut là qu'elle rencontra celui qui devint son nouvel époux. Un mariage forcé pendant lequel ils durent l'attacher et la museler comme s'il s'agissait d'un animal. Et encore..

    L'arrivée à Londres fut éprouvante. A cause des différentes maladies qui régnaient dans la capitale, Pocahontas tomba gravement malade. Pendant des mois et des mois elle du lutter contre une vilaine dysenterie. Elle s'était rendue compte sur le bateau que son nouvel époux préférait largement la compagnie masculine à celle des femmes ce qui lui permit de ne pas avoir peur du viol. En revanche, tous les autres l'effrayait. Depuis son arrivée donc elle était malade et il lui fallut pas loin de deux mois pour se remettre. Lorsqu'enfin ce fut le cas, elle fut présentée à la Cour du Roi sous le nom de Rebecca Wolfe. On l'avait "occidentalisé" en couvrant sa peau d'une poudre blanchâtre faite pour dissimuler sa peau mâte ou encore habillée de telle sorte qu'elle ne pouvait s'enfuir en courant. Tout était fait pour qu'elle reste éternellement prisonnière de son nouvel époux.

    Ils avaient convenu d'un marché. Si elle se comportait de la meilleure des manières il la libérerait au bout d'un an. Alors, elle tenait son rôle à la perfection. Mais un jour, lors d'un moment privilégié avec la Reine elle entendit qu'on parlait de Gabriel. En même temps, il n'était pas commun d'entendre parler d'un Ecossais qui avait vécu avec les Sioux et qui demandait audience au Roi. Pocahontas se tendit et voulut en savoir plus mais Rolfe qui était dans la pièce la vit et la retint. Gabriel était là et elle devait le voir. Malgré ses supplications auprès de son geôlier il refusa net et la consigna même pendant plusieurs jours dans un cachot au sein de son hôtel particulier.

    Refusant de s'alimenter et essayant de s'échapper elle fut fouettée de nombreuses fois pour avoir osé s'enfuir. L'accord entre les deux était désormais annulé et elle n'avait plus aucune chance de pouvoir retrouver sa famille. Pour plus d'intimité, Rolfe préféra envoyer en pleine campagne anglaise sa nouvelle épouse dans sa demeure d'été sous bonne garde. Ainsi, loin des ports elle ne pourrait plus s'enfuir.

    Mais entre temps, Nashoba côtoyait les endroits les plus malfamés de la ville. Il entendit d'après certaines sources qu'une femme amérindienne était bel et bien arrivée des mois plus tôt mais qu'elle serait morte d'une dysenterie. Cette nouvelle bouleversait l'amérindien qui le soir venu retrouva Gabriel à la taverne. Ce dernier avait cherché Kisos toute la journée en vain :

    - Je n'ai pas une bonne nouvelle ami mon frère, dit-il avec peine, il semblerait que Pocahontas soit morte. Elle a été mariée de force à un certain Rolfe sur le bateau.. John Rolfe. Nous pourrions aller le voir et lui demander de nous rendre sa dépouille pour l'enterrer selon nos coutumes.

    L'amérindien était résigné. Il était encore traumatisé de la perte de tout son peuple et de son village. La mort de sa soeur ne l'étonnait pas et l'apaisait aussi. Il avait tant craint qu'elle soit enfermée et violentée quelque part dans cette ville. Morte, au moins elle ne souffrait plus dit-il à Gabriel sans se douter de la peine qu'il allait lui infliger :

    - Nous devons retrouver Kisos.. Concentrons-nous sur lui.


    immarcescible, Posté le jeudi 27 janvier 2022 21:43 Répondre

    Le plan était intelligent mais Pocahontas avait une nouvelle fois peur pour la vie de Gabriel. Comment pourrait-il en être autrement. Il la conduisait jusqu'au chevaux qu'elle grimpa aisément. Ses hommes attendaient à l'entrée du campement quand elle voyait le brun se retourner vers un Tokota qui voulait s'en prendre à lui. Elle lui cria de faire attention et fort heureusement il eut le réflexe de se détourner à temps. L'ancien vieux chef avait lancé sa hache en se direction pour certainement l'abattre dans le dos.

    La brune savait ô combien à quoi ressemblait le visage de Gabriel et elle descendit rapidement de son cheval pour le retenir de faire un carnage. Se postant devant lui elle essayait de le ramener à la raison. Elle se fichait des commérages. Le plus important était qu'il l'écoute :

    - N'agis pas impulsivement ils te regardent tous.. Agis comme un chef. Ne le tue pas de sang-froid je t'en prie, murmurait-elle en gaélique, tu as besoin de ses soutiens et de ses hommes mon amour. S'il te plaît écoute la voix de la raison..

    Il fut donc convenu que Tokota aurait le droit à un procès qui allait devoir retenir Gabriel quelques jours. Pocahontas le rassura du mieux qu'elle put quand sa main tenait la sienne sans effronterie. C'était un geste qui aurait pu être amical mais tout le monde vit que quelque chose de plus fort les deux. Mais elle devait vite reprendre son trajet et c'est frustrée qu'elle quitta le brun à son triste sort de chef.

    Le voyage fut rapide car elle voulait à tout prix nourrir tout le monde. Avec toute la nourriture qu'elle ramenait ils en avaient pour au moins trois semaines. Elle fut reçue avec beaucoup de joie et personne ne s'inquiéta de l'absence de Dezba. Il faut dire qu'il exerçait une vraie terreur au sein de la communauté. Lorsque Pocahontas raconta aux anciens les agissements de son époux, ils conclurent que Isha le guerrier était à honorer et qu'ils ne le condamnerait pas. Cela enleva un poids sur le coeur de la jeune femme qui les remercia.

    Retrouver Kisos était retrouver son souffle. Le petit garçon ne quittait pas sa mère mais n'osait pas parler de celui-dont-il-ne-devait-pas-parler. A la fin de la journée, en couchant son petit garçon contre elle, elle lui raconta alors de nouveau les légendes de ce grand guerrier qu'il avait rencontré et dont il était si fier. Ils s'endormirent tardivement puisque Kisos n'avait fait que poser des multitudes de questions l'écossais si puissant.

    Deux semaines passèrent et l'harmonie chez les Powhatan se révélait. Pocahontas fut rapidement honorée cheffe de la communauté et s'en sortait avec brio. Les anciens ne faisaient qu'approuver et féliciter la jeune femme qui travaillait d'arrache pieds. Mais cela fonctionnait. Un après-midi, alors que Nashoba était de garde avec un autre garde ils remarquèrent que les alentours étaient étrangement silencieux.

    - Je n'ai vu aucun visage pâle de la journée. C'est étrange Matoaka.. On dirait que quelque chose se prépare..
    - Met tous les hommes au garde à vous. Je veux que tout le monde soit vigilant.

    Si seulement elle avait pu s'attendre à un tel retournement de situation. En pleine nuit, les colons attaquèrent le campement des Powhatans. Pocahontas eut juste le temps de prendre Kisos et de le confier à Aponi qu'elle avait mis sur un cheval. Nashoba suivait derrière.

    - Fuyez jusque chez les Sioux. Allez prévenir Isha.. Vite !
    - Pocahontas tu dois venir avec nous, s'insurgeait son frère, Isha va nous tuer si on arrive sans toi.
    - Ma', pleurait Kisos apeuré, tu dois venir avec moi.

    La jeune femme sentait son coeur se briser en entendant son petit garçon la supplier. Prenant son visage entre ses mains elle le couvrait de baisers et enroulait autour de son poignet le fameux bracelet qu'elle avait offert des années auparavant à Gabriel.

    - Je t'aime mon soleil. Cours retrouver Isha.. Nashoba emmène le en vie jusqu'à lui je t'en supplie. Je dois rester ici, notre peuple à besoin de moi. Vite !

    En effet, l'attaque se rapprochait et le temps s'écourtait. Pocahontas regarda les trois amours de sa vie s'enfuir à cheval à toute vitesse rejoindre Isha en espérant qu'ils pourraient tenir jusque là. La bataille fut violente. La jeune cheffe se battit avec hargne mais ils étaient sous-alimentés et sous équipé devant ces colons sanguinaires qui tuaient le peu de personnes restées. Les guerriers mourraient sous les canons et les sévices monstrueux des hommes. Très vite la jeune femme comprit que quelque chose clochait et cru voir des Sioux. Ce n'était pas les hommes de Gabriel mais ceux de Tokota qui se battaient avec les colons de Jamestown. Elle croyait comprendre que Gabriel avait très certainement été destitué et qu'elle avait envoyé Kisos, Aponi et Nashoba à la mort.

    Alors qu'elle allait se jeter de la falaise en s'enfuyant elle fut rattrapée par des colons qui l'amenèrent à Clayton. Cet abjecte et monstrueux homme au ventre proéminent l'avait toujours dégouté. Il venait agripper le menton de la jeune femme et ricanait quand elle se débattait de toutes ces forces :

    - Tu as de la chance ma jolie. On a payé cher pour t'avoir, sais-tu à quel point tu es attendue par certaines personnes.
    - Je vais vous tuer Clayton ! Tokota ne m'aura pas. Jamais ! Plutôt mourir !
    - Tokota est mort ma jolie. Non, non, non on t'as vendue au plus offrant. Tu vaux un petit paquet de pièces d'or crois-moi.

    Après l'avoir assommée, ils la conduisirent sur un bateau en direction de l'Angleterre. Sans le savoir, la jeune revivait ce que son alter-ego avait du subir. Une partie de la communauté Powhatan fut décimée ce soir là. Il ne restait qu'un charnier immense et un tas de braise des corps laissés à l'abandon. Pendant ce temps, Nashoba chevauchait sans repos avec Aponi et un Kisos en pleurs. Ils étaient les seuls survivants de cette fameuse nuit. Ils arrivèrent trois jours plus tard au campement des Sioux.

    Tous les regardaient avec une surprise évidente. Ils étaient épuisés et couverts de sang. Kisos avait des cernes atroces et mourrait de faim. En arrivant sur leurs chevaux épuisés, Nashoba demanda à voir Isha qui apparut rapidement. En voyant son vieil ami il eut peur de sa réaction. La dernière fois qu'ils s'étaient vus il avait été assez brutal. Que dirait-il en les voyant maintenant ayant besoin d'aide. Kisos, en voyant son père, descendit des bras de son oncle pour courir jusqu'à lui et se jeter dans ses bras. Il pleurait en s'agrippant à lui.

    Nashoba s'approcha d'eux et l'émotion le gagnait. Il n'avait aucune idée de comment c'était terminé la bataille et encore moins de si sa soeur était en vie :

    - Ils nous ont attaqué il y a trois jours.. Pocahontas nous a envoyé jusqu'à toi. Je ne sais pas ce qu'il en est d'elle et des autres.. Ma mission était de te ramener Kisos, je dois y retourner. Peux-tu me donner un autre cheval. Nous avons chevauché tout ce temps sans s'arrêter.


    immarcescible, Posté le jeudi 27 janvier 2022 19:08 Répondre

    Sa famille.. Il venait de le dire. Sa famille. Ainsi, Kisos et elle représentaient encore ce groupe indivisible lié par un amour plus puissant que tout ? Elle aurait aimé pleurer, elle aurait lui dire tant de choses encore mais sa voix était bloquée par l'émotion. Sa main sur son coeur fit battre encore plus rapidement son rythme cardiaque et ne fit que dévoiler de manière plus qu'explicite les sentiments puissant qu'elle avait toujours pour lui.

    Posant sa main par dessus la sienne, elle ne pu s'empêcher de venir embrasser son poignet comme pour sceller quelque chose que lui seul pouvait connaître et défendre. Après un moment de pur silence et de de douceur pendant lesquelles elle amena la main de Gabriel sur sa joue sur laquelle reposer sa tête les yeux clos, elle murmura :

    - Tu lui manque tous les jours tu sais.. Tu nous manques depuis ton départ.. Je m'en veux tellement de t'avoir demandé de partir..

    C'était un aveu qui lui coûtait puisqu'elle avouait à demi-mot qu'elle avait failli dans son souhait de le protéger. Laissant une larme couler le long de sa joue, elle ne pu s'empêcher de reprendre de sa voix cassée :

    - Je comprendrais que plus rien ne te donne envie de venir me rejoindre mais sache que Kisos n'attend que toi. Il a besoin de toi, son père. Je pense qu'une part de lui le sais et qu'il a toujours sut que tu étais celui qu'il attendait.

    Ouvrant enfin les yeux vers Gabriel, elle croyait percevoir dans son regard une sorte de carapace qui se fissurait. Sans doute évoquer leur enfant devait l'émouvoir et elle ne comprenait que trop bien. Embrassant de nouveau son poignet, elle du se résoudre à quitter ses bras et essuyer sa joue humide :

    - Je dois rejoindre les miens. Nous avons de la route et je ne peux pas me permettre de flancher devant eux. Merci pour les vivres.. Nous avons vraiment besoin de toute cette nourriture. Les colons essayent de nous faire vivre un véritable embargo. Clayton a créer une milice et enfermé John Smith. Plus aucun allié n'est possible désormais. C'est une véritable poudrière.. J'ai commencé à envoyer certaines familles dans des tribus voisines afin de vider le plus possible le campement mais il nous reste encore la moitié d'habitants.

    Après lui avoir donné les quelques nouvelles, elle s'obligea à débuter le chemin du retour et croiser ses bras sur sa poitrine comme pour s'interdire un nouveau retour dans les bras de Gabriel. C'était une vraie torture de devoir s'en extirper par la suite :

    - Dans quelques jours j'enverrais des hommes avec Kisos. Si tu l'acceptes il sera en sécurité auprès de toi.. Ta femme comprendra certainement et j'en suis navrée mais je te rassure je viendrais le chercher quand tout le monde aura été évacué et en sureté. Puis nous partirons pour les plains rejoindre mon grand-père. C'est un homme sage qui nous accueillera..

    Ils arrivaient près du campement des Sioux mais elle s'arrêta. Au loin, elle voyait les Powhatan s'affairer au travail quand de l'autre côté Tokota parlait avec sa fille qui semblait en colère. Sans doute n'aimait-elle pas voir son époux avec la princesse. Pocahontas soupirait et l'observait en demandant :

    - Tu.. Tu l'aimes ? Elle te rends heureuse ?


    immarcescible, Posté le jeudi 27 janvier 2022 17:12 Répondre

    La nouvelle du retour de Gabriel au campement la fit ruminer de plus belle. Elle hésitait à retourner au tipi pour le fustiger devant tout le monde mais sa conscience l'en empêchait. Autant partir puisque tout avait été dit et fait. Pendant qu'elle regardait ses hommes charger les chevaux, elle ne pouvait s'empêcher de repenser au regard que son amant avait eu la veille lorsqu'il était revenu dans le tipi pour la sauver. Il était revenu pour elle, pour la protéger. Tout ça n'avait aucun sens.

    Alors elle décida de retourner au conseil où la surprise fut de taille une fois de plus. Tokota avait manigancé dans le dos de Gabriel, c'était donc pire que ce qu'elle craignait. L'ancien chef n'avait pas encore totalement quitté le pouvoir ce qui pouvait fragiliser du jour au lendemain la position de l'écossais.

    Sans répondre à sa proposition elle préféra le suivre à l'écart de tous. Se retrouver seuls après autant de révélations en si peu de temps ne pouvait qu'être bénéfique. Comme elle l'avait tant espéré, il lui apparaissait enfin sous son vrai jour. Ainsi, il avait tout fomenté depuis le début dans le seul but de lui prouver son erreur. C'était trop pour elle qui ne pu s'empêcher d'être cinglante tandis qu'elle se trouvait derrière lui :

    - Et épouser la fille de Tokota était aussi une manière très intelligente de te rapprocher de moi n'est-ce pas ?

    Cette vilaine jalousie avait refait surface. Les bras croisés elle soupirait en secouant la tête. Le silence qui les gagna un instant lui permit de contempler la haute stature de cet homme qui semblait si différent d'extérieur mais qui avait toujours cet âme justicière qui l'avait tant ému autrefois. Ses cheveux plus long lui rappelaient ceux de Kisos et cela l'ému de nouveau. Ils s'aimaient tellement autrefois mais là, elle avait l'impression d'être devant un étranger.

    - Isha.. J'ai toujours cru en toi mais tu ne veux pas comprendre que ta vie était plus importante pour moi que la vérité. Tu la veux la vérité ? Je ne voulais pas que tu meurs à cause de moi ? J'aurais préféré te savoir en vie en Ecosse autour de ta famille plutôt que de devoir pleurer sur ton corps inerte. Arrête de dire que je n'ai pas eu confiance en toi c'est faux. Je.. Je devais te mentir pour pouvoir te sauver.

    En voyant qu'il ne répondait pas, elle venait donc se placer devant lui. Elle était toujours aussi petite et menue, voire même encore plus à cause de tout le poids qu'elle avait perdu ces derniers mois à ne plus s'alimenter. Les temps étaient durs pour son peuple et l'angoisse perpétuelle de voir une attaque des colons survenir la tétanisait.

    - J'ai préféré être hypocrite et te mentir oui parce que mon amour pour toi valorisait toutes les vertus sans lesquelles plus rien n'aurait eu de sens. Te savoir en vie là-bas m'aidait à croire qu'on aurait pu se retrouver et que notre histoire avait eu un sens. Notre amour n'a jamais été une vérité.. Il a toujours été une sur-vérité et tu le sais aussi bien que moi puisque tu aurais fait exactement la même chose. Et ne dis pas non.. Avoue-le !

    C'était difficile pour elle de pouvoir le regarder dans les yeux et lui avouer sa plus grande faute. Cele de l'avoir repoussé, celle de l'avoir malgré elle conduit dans la gueule du loup. Elle ne pu s'empêcher de taper son buste nu qu'elle avait tant caressé et embrassé autrefois :

    - Et voilà où nous en sommes maintenant ! Des ennemis dans le même camp. Toi marié.. Toi chef.. C'est toi qui ne m'a pas fait confiance Gabriel, pas une seule fois ! Et je t'en veux de ne pas m'avoir écouté. Tu dis qu'un chef peut prendre la place d'un chef mais que se passera-t-il si tu viens à être destitué. Crois-tu franchement que Tokota va te laisser pleinement les pouvoirs ? Pourquoi tu ne m'as pas écouté ? Pourquoi tu n'es pas repartit en Ecosse ? Tu aurais pu sauver ta vie !

    Elle tapait fermement son buste de ses deux poings. Se défouler après une année d'interrogations et des jours a vivre dans cette peur de la désillusion. Epuisée, elle venait à poser son front contre son corps inflexible qui n'avait pas bougé. Ses mains agrippaient les hanches de Gabriel quand elle dissimulait son visage les larmes aux bords des yeux. Elle aurait mille et un reproche à lui faire mais elle n'en n'avait plus envie, elle voulait juste retrouver ce moment si simple des balades avec Kisos et cette légèreté de l'instant :

    - Je suis épuisée de me battre.. De manigancer.. Je suis épuisée Isha, murmurait-elle d'une voix faible, je ne voulais que toi et tous me l'ont refusé..


    immarcescible, Posté le jeudi 27 janvier 2022 12:05 Répondre

    Le triste secret de la naissance de Kisos était désormais divulgué et plus rien ne pourrait jamais revenir comme avant. La scène se passait à une telle vitesse qu'elle n'eut que le temps de crier de douleur lorsqu'il agrippa sa crinière. Impossible pour elle de se défaire de la force de ce guerrier beaucoup plus imposant qu'elle. Elle se débattait autant qu'elle pouvait mais elle était maintenue au sol par des mains de fer et ses yeux.. Mon dieu.. Ses yeux la persécutait avec une telle haine qu'elle en frissonnait d'effroi. Pourtant, comme un ange gardien, Gabriel arriva. En y repensant, ange gardien ne serait pas le meilleur des qualificatifs au vu de ce qui se produisit.

    Choquée et tétanisée par la peur, Pocahontas n'osait plus bouger et n'entendait que les gargouillements de son époux se faisant mutiler devant les Sioux. C'était un cauchemar duquel elle devait se réveiller mais impossible. Ses cheveux lui faisait mal et sa tête aussi. Le coup qu'elle avait reçut de Dezba l'avait sonné c'est pourquoi elle ne bougea pas du tipi, mettant un instant avant de se redresser.

    Lorsqu'enfin elle fut apte à se lever elle rassembla piteusement les lambeaux de son vêtement sur elle. Gabriel avait enfin eu sa vengeance quand elle, était en train de tout perdre. Lorsqu'il revint dans la tête elle crut apercevoir sur son visage une once d'humanité dans son regard mais tout ce sang sur lui la révulsait.

    - Pourquoi ? Pourquoi toute cette machination Gabriel ? Tu veux me punir c'est ça ? Pourquoi ?

    Elle l'observait les yeux brillant de larmes. La douleur, les révélations de la journée et le choc de la dernière scène venaient enfin à bout de la jeune femme. Toujours assise sur le sol, elle cherchait le courage et la force de se lever mais elle n'y arrivait pas. Elle était trop faible pour pouvoir faire face à cet homme qu'elle avait tant aimé mais qu'elle ne reconnaissait pas :

    - Tu sais qu'il va y avoir des conséquences à ce que tu viens de faire.. Mon peuple ne laissera pas passer un tel affront. Je ne veux pas me battre contre toi.. Je ne l'ai jamais voulu.. Dezba sera puni mais toi aussi.

    Enfin, grâce à son aide et la main qu'il lui tendait elle se hissa lentement sur ses jambes. Malheureusement, elles flanchèrent rapidement ce qui la fit retomber sur le sol. Heureusement qu'il eut la prévenance de la retenir et de la porter. Elle agrippa sa nuque de ses doigts tremblant jusqu'à ce qu'il la dépose sur sa couche. Mais elle ne le lâchait pas pour autant. Ancien réflexe qui ne partirait jamais :

    - Je te croyais partit, murmurait-elle d'une voix plus douce, j'ai cru que tu étais vraiment partit.

    Elle aurait aimé qu'il lui dise quelque chose qui puisse la consoler un peu mais ce n'était pas le cas. Comment pourrait-il la rassurer après ce qu'elle avait fait. Epuisée, elle s'endormie rapidement et laissa les femmes lui apporter des vêtements sans qu'elle s'en rende compte. Au petit matin, elle se rendit voir le chaman qui avait pensé les blessures de son époux comme il pouvait. En bonne doctoresse, elle fit les bandages et les baumes nécessaires sur les moignons de Dezba qui était encore alité et inconscient. Gabriel aurait du le tuer, cela aurait été moins violent que cette odieuse mutilation.

    Après cela, elle pu enfin se rendre au tipi du conseil où tous les Sioux l'attendaient pour parlementer. Mais un seul l'intéressait et il n'était pas encore là. Il lui semblait qu'il s'agissait d'une rencontre informelle au vu des personnes présentes. Aucun proche de Gabriel présent la veille au feu n'était là. L'ancien chef Tokota admirait la jeune femme qui était d'une bravoure digne. Aucune larmes n'épanchaient ses joues ce qui l'intriguait.

    - Il ne faut pas en vouloir à notre cher Isha ma douce. C'est un homme de conviction qui a un appétit féroce pour le sang et la justice. On ne refera pas le monde voyez-vous.

    Pocahontas avait envie de lui hurler qu'il ne lui apprendrait rien sur Gabriel puisqu'elle le connaissait suffisamment pour savoir ce qui lui était bien passé par la tête. Sans répondre à ce vieux chef, elle se contenta de le fixer avec un dédain certain. Celui d'une fierté nécessaire pour pouvoir annoncer ce qu'elle avait à dire :

    - En tant que représentante des Powhatan je vienne une nouvelle fois vous demander de rejoindre nos rangs dans un pacte de paix et de dissuasion contre les colons.
    - Politique.. Politique.. Mais ma chère pourquoi ne pas évoquer des choses bien plus légère comme votre futur remariage ?
    - Je vous demande pardon ?
    - Voyons.. Vous comme moi savons pertinemment que l'acte de Isha sera une des raisons pour laquelle votre peuple va demander réparation. Je vous propose donc un marché. Devenez mon épouse et je punirais en conséquence Isha. Ainsi, l'erreur sera réparée.

    C'était une manoeuvre à laquelle la jeune ne s'attendait pas. Soudain, elle craignait que ce soit un piège organisé par Gabriel et que celui qu'elle avait connu n'existe définitivement plus. Le cauchemar, la douleur de devenir la femme d'un vieil homme obscène pour pouvoir voir cette nouvelle vie que lui se serait construite. Là, elle perdait ses moyens c'était certain et ne pu s'empêcher de répliquer cinglante :

    - Je préférerais mourir que de devenir votre épouse Tokota. Je vois que nous ne sommes pas considéré comme des invités politiques sérieux. Sachez que nous nous débrouillerons sans vous mais que vous regretterez de nous avoir mépriser. Je vous le promet.

    Sortant du tipi furieuse, elle fit signe à ses quelques hommes de rassembler leurs affaires. Ils la regardaient avec une surprise certaine d'autant qu'ils étaient arrivés la veille et que Dezba était encore souffrant :

    - Nous le laissons ici. Considérez le mort pour notre tribu. Je veux que nous soyons partis pour dans une heure.


    immarcescible, Posté le mercredi 26 janvier 2022 22:22 Répondre

    Secrètement et silencieusement elle implorait les Esprits de l'assassiner. Elle ne pouvait supporter le regard de cet homme qu'elle avait si profondément aimé. Avait-elle inconsciemment créé ce monstre en le repoussant ? Pourquoi lui infliger une telle horreur, une telle douleur ? L'épouse de son amant se tenait de l'autre côté du feu et observait Gabriel avec un désir de possession intense qui révulsait Pocahontas. Sans doute les Esprits voulaient-ils la punir d'avoir osé mentir à celui à qui elle avait donné sa parole. Cela ne pouvait être que cela.

    Le repas avait débuté mais elle ne mangeait pas. Ses lèvres restaient closes quand elle fixait le sol impassible. Elle ne cessait de repenser aux propos de Gabriel sur Dezba et son écoeurement lui donna la nausée. Un noeud dans son estomac qui ne la quittait pas depuis un an l'empêchait de se nourrir correctement. Mais ce soir, c'était pire que tout. Tout le monde mangeait et parlait autour d'eux comme si leur monde n'allait jamais exploser. Or, Gabriel et elle connaissaient la vérité et c'était ce qui la mettait aussi en colère. Jouait-il seulement pour la blesser ? Ou voulait-il tout simplement la punir et se venger en détruisant son peuple.

    Dezba n'arrêtait pas de parler à côté quand elle n'avait toujours pas bougé. Pourtant, soudain, la voix basse et chaude de Gabriel lui parvint. Il s'adressait à elle mais elle persistait à ignorer son regard. Elle avait trop peur de flancher en replongeant dans ces iris froids et inflexibles. Son époux lui donna un léger coup de coude pour lui signifier qu'elle devait alors parler. Inspirant, elle se servit un peu d'eau en répliquant d'un ton clair mais ferme :

    - Je te trouve trop prompt à critiquer mon peuple Isha. De plus, je ne saurais quoi répondre à un homme qui semble pourtant tant savoir de mon peuple et de moi-même.

    Enfin elle tourna son visage vers Gabriel et planta ses iris d'un noir intense où se mêlait la déception et la colère. Oui, elle était déçue du comportement de son amant. Pourquoi cherchait-il tant à la déstabiliser ? Cherchait-il à la blesser ? C'est avec provocation qu'elle utilisait le tutoiement. Contrairement à toutes les personnes de cette assemblée, elle devait bien être la seule à ne pas avoir peur de lui. C'était ce qui faisait, une fois de plus, sa différence parmi les autres.

    - Au lieu de t'intéresser aux plaisirs étranges de mon époux, ce qui est une perte considérable de temps et d'énergie crois-moi, tu pourrais sans aucune doute m'aider à trouver une solution pour que nos peuples s'entendent et vivent en paix. Voilà l'unique raison de ma présence ici. Mais je vois que depuis notre arrivée nous sommes fustigés par les propos grossiers de votre ancien chef et considéré comme des intrus. Je ne suis pas venue pour la guerre mais trouver des solutions. Si Tokota me connaissait vraiment il saurait que j'exècre la violence. Veux-tu vraiment te faire une opinion à partir des propos d'un homme aussi artificiel, Ô Isha le grand guerrier ?

    Ses yeux envoyaient des éclairs intense à Gabriel qu'elle regardait dans les yeux pour la première fois depuis son arrivée. Sa lèvre inférieure se mit légèrement à trembler, signe qu'elle sentait ses larmes monter. Rapidement, elle détourna la tête et tomba sur le visage mauvais de sa nouvelle rivale. Prise d'une mesquinerie odieuse, elle secoua la tête en se redressant :

    - Votre épouse semble déjà se languir de vos bras Isha le guerrier. Vous devriez rapidement aller rejoindre sa couche. Je suis persuadée que vous saurez parfaitement réchauffer ses draps.

    Sans attendre la réplique de Gabriel elle préféra s'enfuir quand Dezba soupirait en voyant son épouse s'en aller. Ce n'était pas ce soir qu'ils réussiraient à avoir un traité de paix. Pocahontas rejoignit en hâte le tipi qui leur avait été assignée et s'y enferma. Faisant les cent pas, elle sentait sa colère, sa frustration, sa peine et la fatigue la rendre folle. Tremblante, elle du s'assagir pour ne pas exploser et vint s'asseoir sur son futon afin de méditer mais c'était vain. Non, elle savait qu'elle ne tirerait rien des Sioux et encore moins de Gabriel.

    La jalousie envenimait tout son être. Elle se sentait abusée, seule et complètement brisée. C'était pire qu'un affront ce que venait de lui infliger Gabriel. On aurait dit qu'il savourait ce moment qu'il avait tant attendu. Ses yeux piqués de larmes elle les essuyait du mieux qu'elle pouvait en rangeant certaines de ses fioles de baumes dans sa sacoche lorsqu'elle entendit qu'on entrait dans le tipi :

    - Non Dezba je n'y retournerais pas. Va donc jouer au monstre des bois. Je ne veux plus de toi près de moi, c'est finis.


    immarcescible, Posté le mercredi 26 janvier 2022 20:05 Répondre

    Elle avait retourné toute cette histoire maintes et maintes fois dans son esprit sans en trouver une solution. Pourquoi Gabriel était-il resté ici ? Pourquoi rejoindre les Sioux ? Cherchait-il à la punir en infligeant une telle douleur à son peuple. Elle ne dormit pas de la nuit et ce fut au petit matin que Dezba l'étonna pour la première fois de leur cinq années de vie commune. Alors qu'elle déjeunait assise en tailleur près du feu, il vint s'asseoir près d'elle et poser une main affectueuse sur son genoux :

    - Nous irons ensemble voir cet Isha. Pour notre peuple nous devons montrer que nous sommes unis. Et j'ai besoin de toi pour ça, plus que tout. Tu sauras convaincre ce guerrier. J'en suis certain.

    Comme elle aurait que son époux puisse avoir raison cette fois-ci. La vie reprit son cours tranquillement, le temps de préparer la procession qui allait suivre les deux époux. Aponi avait mise en garde sa petite-fille en lui rappelant que le Gabriel qu'elle avait connu n'existait plus et que le choc serait sûrement rude. Les Esprits avaient refusés de se prononcer mais ils devraient tous rentrer pour la prochaine pleine lune autrement dis dans deux semaines. Cela serait largement suffisamment pour la jeune femme qui était persuadée de pouvoir obtenir l'aide de Gabriel. Une part d'elle ne pouvait pas croire Nashoba. Jamais l'écossais n'aurait intentionnellement fomenté un tel piège comme le sous-entendait son frère.

    Le voyage dura moins de temps car Pocahontas ne voulait pas qu'ils trainent sur les routes. Et puis, une part d'elle voulait arriver avant ce fameux mariage pour l'en empêcher. C'était une des choses qu'elle ne comprenait pas et qui n'avait aucun sens pour elle. Décidément, il fallait qu'elle voit de ses propres yeux ce nouveau Gabriel que lui dépeignait Nashoba.

    La curiosité ainsi que la peur sommeillait en elle et tous les soirs elle priait intensément les Esprits pour qu'ils la guident jusqu'à la solution de toute cette histoire. En repoussant Gabriel elle avait voulu le sauver et voilà qu'il s'était lui-même jeté dans la gueule du loup. Il avait totalement fait l'inverse de ce qu'elle lui avait demandé. Lorsqu'ils arrivèrent au campement des Sioux Pocahontas était nerveuse. Une boule au ventre s'était incrustée en elle et même sa respiration n'arrivait pas à la détendre.

    Comme la coutume le voulait, elle apparut au bras de son époux Dezba. Pour l'occasion, elle avait revêtue ses habits de cérémonie traditionnels ainsi que différentes bijoux en coquillages. Rien d'extravagant, mais c'était des produits noble et pur qui ne faisaient qu'illuminer un peu plus la princesse à la beauté si souvent chanté. Dans le tipi, aucun Gabriel à vue d'oeil. Elle portait à son poignet le bracelet qu'elle lui avait fait et autour du cou la fameuse alliance qu'il lui avait offerte des années de cela.

    Sa nervosité n'altérait en rien sa beauté et cela sembla même faire chavirer le vieux Tokota qui l'inspecta de haut en bas sans vergogne. Dezba était déjà furieux mais se prosternait humblement comme son épouse :

    - Honorable Tokota.. Mon épouse et moi-même venons à ta demande et celle du guerrier Isha nous présenter et implorer ton aide et tes sages conseils. Merci de nous recevoir.
    - C'est toujours un honneur pour moi que de recevoir de vieux amis. Comment te portes-tu Dezba ? Fais-tu toujours autant de ravages chez tes amis lors des duels ?

    C'était une amabilité polie qui régnait entre les deux mais elle était encore nécessaire pour pouvoir aborder le vrai problème. Pocahontas ne parlait toujours pas et gardait les yeux rivés au sol. Elle craignait tellement de croiser le regard de Gabriel et de s'effondrer. Pourtant, Dezba vint appuyer sur sa main, comme pour la réveiller d'un mauvais rêve :

    - Matoaka, murmurait-il impatient, le Chef Tokota a posé une question..
    - Ma chère.. On m'en a dis des choses sur votre beauté mais je dois dire qu'ils mentaient tous. Vous êtes encore plus belle que ce qu'ils disent.
    - Je crains malheureusement que les hommes s'amusent trop à constater la beauté ou non des femmes des autres que de s'épancher sur de vrais problèmes, chef Tokota.
    - OH ! Mais quelle langue vive. On m'avait prévenu aussi de vos capacités diplomatiques ma chère. Me ferez-vous l'honneur d'une entrevue toute particulière.

    En fait, ce qu'elle ne savait pas c'est que Tokota avait l'intention de l'épouser après avoir fait assassiner Dezba par Gabriel. Il aimait les femmes comme s'il s'agissait de babioles à collectionner et pour lui, Pocahontas en était une rare. La jeune femme se mit alors à expliquer les problèmes que son peuple encourait à cause de l'ambivalence des visages pâles et notamment de cette nouvelle milice :

    - Nous vous demandons d'unir nos forces. Nous sommes tous différents certes mais nous partageons les mêmes valeurs chef Tokota. Aidez-nous à résister à l'oppresseur, à l'envahisseur. Notre culture risque d'être détruite par les colons et nous ne pouvons pas les laisser agir impunément. Trouvons un accord avec eux.
    - Mais pourquoi vous aiderais-je alors que j'ai réussi de mon propre chef à dompter les visage-pâles.
    - Ne me demandez pas de vous suppliez chef Tokota, rugissait Pocahontas impatiente, je sais ce que vous essayez de faire et c'est indigne de votre position et de nos coutumes.
    - Une vraie tigresse votre épouse Dezba. J'aime quand ça mord..

    Dezba retenait Pocahontas qui sentait ses nerfs flancher. Aucune trace de Gabriel. Et pire que tout, ils perdaient leurs temps à demander de l'aide aux Sioux. Désemparée, elle cherchait un soutien quelque part mais rien ne venait jusqu'à ce que finalement, un murmure dans l'assistance se fit et laissa apparaître un corps immense qu'elle croyait reconnaître. Son sang se figea et blême, elle le vit alors totalement différent si ce n'est ses yeux. Elle avait envie de pleurer et de se jeter dans ses bras mais il était loin son Gabriel. Nashoba avait raison. Il n'était que colère et violence. C'en était effrayant.


    immarcescible, Posté le mercredi 26 janvier 2022 14:09 Répondre

    Kisos venait de fêter ses cinq ans. Il grandissait si vite que Pocahontas aurait voulu que le temps s'arrête. Selon la tradition écossaise que la jeune femme avait ramené dans son peuple, ils fêtaient désormais les anniversaires. Le jeune petit amérindien eut le droit à des cadeaux, comme son premier arc ainsi qu'une pâtisserie ressemblant vaguement à un shortbread que sa mère avait tenté de cuisiner avec les éléments du bord. Le garçon semblait heureux de toute cette attention et d'avoir tous ces présents. Après le départ de Gabriel, il avait demandé à le voir pendant plus d'un mois. Sa mère le disputa si fort un jour en lui criant dessus qu'il ne reviendrait jamais qu'il n'osa plus en parler. Mais l'image de cet homme immense au même regard que lui l'obsédait et plus que tout il se donna pour quête d'un jour le retrouver.

    La vie au campement ne changea pas tellement. C'était étrange pour Pocahontas car c'était comme si Gabriel n'était jamais venu. Tout repris son cours normalement quand elle-même se sentait désemparée et perdue. Bien souvent plongée dans un mutisme profond, elle organisait au mieux les traités de paix avec son peuple et les colons. Mais les débordements de ces derniers n'avaient laissé aucune place au doute. Ils allaient bientôt les attaquer.

    Elle devait réunir au plus vite le conseil des anciens et reproposer une alliance avec toutes les tribus amérindiennes. Mais ce n'était pas une chose aisée car même entre eux des rancunes subsistaient depuis des années. Aussi, Dezba et elle partirent dans les premiers temps en émissaire pour essayer de convaincre au mieux. Ils purent alors réunir suffisamment de tribu pour tenir la région de l'Est assez de temps et tenir tête aux colons.

    Un jour qu'elle revenait d'un accouchement, Nashoba la prit à part et lui raconta donc ce qu'il avait entendu lors de sa chasse. "Isha". Non, c'était impossible. Voilà des mois qu'elle refoulait tous ces sentiments pour apprendre qu'il n'était pas partit. Son frère lui raconta brièvement les propos qu'il avait recueillis et la renommée qui accompagnait désormais son ancien amant. De tout ce que son frère en disait, cela ne pouvait être que lui mais Pocahontas ne voulait pas se fier aux rumeurs. Aussi, après en avoir discuté avec son père elle demanda à envoyer une délégation auprès du fameux Tokota afin de lui renouveler leurs voeux de paix. Ils restaient une petite tribu comparé aux Sioux mais les Powhatans n'avaient jamais eu la pression d'être plus fort ou grand que les autres. Ce qui les caractérisaient c'était essentiellement le rapport à la nature, la douceur des êtres. La guerre n'était pas leur credo même si leur armée était puissante en technique et redoutable au combat. Ils privilégiaient toujours la diplomatie.

    Ainsi, Nashoba fut envoyé en émissaire par sa soeur portant à son poignet le fameux bracelet que Gabriel avait abandonné le soir de son départ. Pocahontas espérait que si son amant soit dans l'assistance voit le bracelet et sache que son frère aurait un message. Le voyage dura une bonne semaine avant qu'il n'arrive chez les Sioux. Comme le voulait la tradition ils furent accueillis poliment. Il y avait toujours eu un certain dédain de la part des Sioux pour les autres peuples. Et les Powhatan n'étaient pour eux qu'un ridicule peuple aux pouvoirs chamanique.

    Avec honneur et respect, Nashoba se présenta donc lorsqu'il se trouva devant le chef et chercha à son côté Gabriel. Mais en vain, aucune trace de l'écossais ce qui l'amenait à croire qu'il ne s'agissait que d'une fausse rumeur :

    - Honoré Tokota. Je viens de la part de ma soeur la princesse Matoaka qui vous salue. Elle tenait à vous offrir ce modeste présent.. Un des chevaux de notre père qui est un magnifique étalon pur sang. Ceci en gage de paix et de notre bon souvenir.
    - Merci à toi Nashoba. Dis-moi.. Est-il vrai ce que l'on raconte sur ta soeur ? Sa beauté dépasse-t-elle autant que son esprit affuté et sa sagesse. Il paraîtrait que c'est ainsi qu'elle séduit les colons de Jamestown.
    - Ma soeur n'est pas une ensorceleuse. Elle cherche avant tout à établir un rapport de justesse et de diplomatie entre tous les peuples afin de vivre en harmonie.
    - Que vous êtes drôle vous les Powhatans. Vivre en harmonie.. Ahahah. Ta soeur doit être une bien bonne comédienne our alors écarte-t-elle parfaitement les cuisses pour savoir mener tous ces hommes à faire ce qu'elle désire.

    Cela semblait faire rire Tokota comme tous les autres amérindiens qui se trouvaient dans l'immense tipi. Nashoba n'aimait vraiment pas qu'on se moque de Pocahontas et encore moins du travail qu'elle avait fourni pour qu'ils puissent tous survivre à la pression des colons. Fronçant les sourcils il n'en n'oublia pas sa première mission :

    - On dit que tu héberges chez toi le grand Isha. Si cela est vrai, tu sais aussi bien qu'il doit nous unir et non vous accorder plus de pouvoirs et de privilèges. Mon peuple ne désire que la paix mais elle est instable depuis plusieurs semaines et nous avons besoin de nous assurer votre appui. Les colons de Jamestown ont constitué une milice et ils attaquent dès que nous sommes dans les bois. Ma soeur m'envoie pour unir nos forces et rétablir la paix chez nous.
    - Et bien dis à ta soeur de se déplacer. Dans quelques semaines aura lieu le mariage de ma fille ainée avec Isha. J'aurais plaisir à recevoir Matoaka et parlementer avec elle.

    Nashoba comprenait bien que seule Pocahontas pourrait faire changer la balance vers eux et que le vieil homme ne le laisserait pas parlementer avec lui. Se prosternant avec respect, il commençait à se reculer pour sortir du tipi lorsqu'il fut retenu une dernière fois par Tokota :

    - Le guerrier Isha se présentera à toi quand bon lui semblera. C'est lui qui décide quand il se montre, et crois-moi, n'invoque pas son nom à la légère si tu tiens suffisamment à ta vie.

    Cela semblait faire rire Nashoba qui connaissait suffisamment Gabriel pour savoir qu'il ne lui ferait pas de mal. Du moins, l'espérait-il. Après cette entrevue il se rendit dans son tipi et soupira en se demandant comment il pouvait rentrer chez lui après cet affreux échec. Regardant le fameux bracelet confié par sa petite soeur il se demandait aussi si il pourrait voir ce Isha avant de partir, c'est alors qu'une copie amérindienne de Gabriel apparut dans son tipi. Se redressant vivement surpris, il le regarda avec étonnement et émotion :

    - Gabriel tu.. C'est toi ? Tu.. Tu.. C'est donc toi ? Pocahontas avait raison.. Tu n'étais pas parti alors..


    immarcescible, Posté le mardi 25 janvier 2022 23:23 Répondre

    Les larmes de l'amérindienne glissaient toutes seules sur ses joues. Elle ne pouvait s'empêcher de hocher négativement de la tête en l'entendant évoquer tous ces projets qu'il avait visiblement mûrement réfléchis. Une petite voix en elle la poussait à accepter, lui faire confiance mais la peur la tétanisait surtout en pensant à ce que serait capable de faire Dezba en apprenant la présence de Gabriel.

    Devait-elle lui mentir pour le sauver ?
    Devait-elle renier leurs règles primordiale pour lui sauver la vie ?

    Levant son regard inondé de larmes vers le sien, elle inspirait fortement comme cherchant un nouveau souffle, un nouveau courage. Mentir, elle lui devait. Mais à quel prix ? Sa vie en avait tellement que son choix fut vite fait. Cruel destinée qu'elle s'apprêtait à lui infliger :

    - Non. Je ne te fais pas confiance.. Parce que tu n'es pas l'un des miens.. Gabriel je.. tu dois partir. C'est finis. Je ne peux plus jouer.. Je suis désolée. Je croyais que tout ce que nous avions vécu pourrait revenir mais ce n'est pas le cas. C'est terminé.

    Rapidement elle se détourna de lui pour ne pas qu'il puisse y voir l'odieux mensonge qu'elle lui sortait. Tremblante elle avait conscience que ce qu'elle faisait risquerait de l'achever. Lui qui avait voyagé dans le temps pour la rejoindre et tout sacrifié depuis des semaines pour elle allait voir son monde s'effondrer. Mordant sa lèvre, elle entendait la respiration sifflante de Gabriel derrière elle ce qui la poussa à continuer :

    - C'est pour ça que je veux que tu partes. Je n'aurais pas du jouer avec tes sentiments et te mettre encore plus en danger. Mais rien ne te retiens ici hormis Kisos.

    Ses mots étaient cruels, elle en avait conscience mais tout était bon pour le faire partir, pour qu'il vive et qu'il refasse sa vie. L'honneur était une chose mais elle ne supporterait pas qu'il puisse perdre la vie à cause d'elle.

    - Il n'y a rien de glorieux à perdre la vie pour moi.. Tu as ta famille qui t'attends en Ecosse. Ils ont besoin de toi et inversement. Je suis heureuse que tu aies pu rencontrer Kisos une fois dans ta vie mais tu dois vraiment partir maintenant..

    Elle mordait sa fort sa lèvre inférieure qu'elle sentit un léger filet de sang couler. Essuyant du mieux qu'elle pouvait ses larmes elle se retournait de toutes ses forces pour le retenir et le rassurer, effacer tous ces mots. Mais cette épée de Damoclès qu'il avait au dessus de la tête, comme il l'avait précisé bien avant, la rendait si malade est nerveuse qu'elle ne pouvait plus vivre ainsi. Pocahontas venait reprendre sa peau pour protéger son corps dans la nuit fraiche et dissimula ainsi son visage sous sa capuche, prête à partir :

    - Kisos viendra te voir demain pour te dire au revoir et ensuite tu devras partir. Mon époux reviens demain de la chasse.. Je me dois d'être là pour l'accueillir.


    immarcescible, Posté le mardi 25 janvier 2022 21:53 Répondre

    Ce qu'il pouvait être têtu. Pocahontas sentait qu'ils allaient se battre car l'un et l'autre ne décamperaient pas de leurs positions. Il était hors de question pour elle qu'il reste et qu'il puisse demander à rencontrer son père. Cela ne serait qu'un bain de sang contre lequel elle ne pourrait rien et cette simple idée la faisait frémir d'effroi. Secouant la tête négativement, elle lui faisait clairement comprendre qu'elle refusait une telle initiative :

    - Non, non, non et non ! C'est trop dangereux. Nous sommes très peu à avoir réussi le rite que tu veux passer. Tu n'as aucune expérience des pouvoirs chamaniques que cela nécessite. Tu pourrais en perdre la tête et même la vie. Et de toute manière, mon père et Dezba t'auront tué avant que tu puisses demander d'accéder à cette quête. Non Isha, tu ne peux pas faire une telle chose. Je te l'interdis.

    C'était formel. La jeune femme ne le laisserait pas mettre en danger sa vie pour une telle folie. Le souvenir encore puissant des psychotropes qu'elle même avait prises autrefois l'avait plongé dans une sorte de coma ascensionnel puissant. Il lui avait fallu beaucoup de courage pour revenir par les siens, beaucoup de force aussi. Non pas qu'elle ne croyait pas en Gabriel mais elle avait été préparé toute son enfance pour cette épreuve quand lui n'était qu'un simple béotien.

    - On t'enferme dans la grotte où tu étais la dernière fois. Tu dois y rester en y pratiquant le jeûne, t'isoler et prendre les drogues que te donnera Aponi. C'est d'une violence inouïe, même Nashoba se refuse à le faire. De mon peuple seuls mon père, Aponi, Dezba et moi avons surmonté cette épreuve. Tous les autres sont morts ou devenus fous. Je ne veux pas qu'une telle chose t'arrive.

    Cela la mettait encore plus en colère qu'il détourne toute sa peur pour la faire changer d'avis sur un sujet précis qu'elle abordait. Comment pouvait-il vouloir une telle chose quand elle-même avait peur des répercussions des deux camps sur lui. Où qu'il aille il serait ensuite vilipendé par tous et il n'y aurait plus aucun moyen pour les amants de se retrouver. Tournant le dos à Gabriel, elle refermait ses bras autour d'elle-même comme pour chercher un peu de chaleur :

    - Dezba te tuera si il sait que tu es ici, avouait-elle, Haeyta ne dira rien elle me l'a promis mais tu ne dois pas jouer avec le feu. Mon peuple peut être doux avec les êtres qui nous entourent mais ils peuvent être bien cruel aussi.

    Venant se retourner vers celui pour qui son coeur se battait, elle l'observait toujours aussi apeurée. Sa colère laissait place maintenant à une douceur plus craintive quand elle se rapprochait de lui pour prendre ses mains dans les siennes :

    - Tu dois m'écouter un peu et cesser d'être têtu Isha. Je t'en prie.. Sauve Kisos par tous les moyens possible. Crois-tu une seule seconde que je pourrais retourner dans ton monde sans toi ? C'est toi mon monde, mon foyer Isha. Mais je ne peux pas vivre cette vie là-bas sans toi. C'est impossible et tu dirais la même chose pour moi. Tu l'as déjà fait. Mais maintenant nous avons notre fils et tu as le devoir de le protéger.. Si tu te présentes à mon père et qu'il te laisse la vie sauve tu seras quand même banni et torturé. Si tu retournes auprès des colons après cela ils te tortureront aussi pour avoir coopéré avec nous. Ne vois-tu pas que c'est un cercle vicieux qui n'en finira pas ? Je t'en prie, pour une fois.. Ecoute-moi et crois en moi..

    Ses mains agrippaient les siennes fermement quand ses yeux rougies par les larmes fixaient les prunelles incandescentes de l'highlander. C'était une torture pour elle que de devoir lui demander une telle chose mais elle n'avait pas le choix. Le futur de leur enfant était entre leurs mains et elle ne jouerait jamais avec cela, encore moins qu'avec la vie de Gabriel.


    immarcescible, Posté le mardi 25 janvier 2022 15:03 Répondre

    Pocahontas aurait voulu dire à Gabriel de faire attention à ce fameux Clayton qui était l'un des détracteurs voulant détruire son peuple. Mais une part d'elle savait qu'il s'en doutait déjà. Toujours est-il qu'elle du retenir son souffle un instant surtout en voyant Hayeta arriver vers elle avec son groupe de commères du village. Heureusement que l'écossais eut la présence de faire un pas en arrière ce qui permit à la princesse de faire un pas en avant pour le protéger. La conversation qui allait suivre serait bien désagréable elle le sentait bien.

    - Ce guerrier est bel et bien Isha ma soeur. Il dit vrai. Aponi l'a reconnu dans les différents signe qu'elle a trouvé grâce à nos esprits.
    - Cet homme est un visage pâle et possède les mêmes yeux que ceux de ton fils, grognait-elle, ne me prends pas pour une idiote. Tout le monde se demande où tu es partie pendant cette longue année et lorsque tu reviens tu es pleine d'un enfant qui ressemble trait pour trait à cet homme Matoaka.
    - Je n'ai jamais rien caché. Tu n'avais qu'à venir me voir pour me demander et j'aurais tout expliqué.

    Le ton commençait à grimper chez sa belle-soeur quand la jeune femme restait stoïque. Elle ne devait surtout pas montrer sa peur, ni même qu'elle l'impressionnait. Patiente, elle vint lentement s'avancer vers elle ce qui la fit reculer comme s'il s'agissait d'une pestiférée :

    - Donc il est bel et bien le père de Kisos ?
    - C'est exact. Mais il n'en sait rien.. Et Dezba n'est pas au courant de sa présence. Puis-je te faire confiance ?

    Cette fois, une lueur d'espoir sommeillait chez la jeune femme qui espérait pouvoir faire confiance à Hayeta. Au loin on pouvait voir Gabriel et Kisos enlacé qui discutaient. L'amérindienne ne savait plus sur quel pied danser mais elle semblait vouloir faire confiance à la cheffe de son peuple. Les autres femmes au loin chuchotaient entre elles en se demandant bien ce que les deux femmes pouvaient se dire :

    - Je ne dirais rien par respect. Tu m'as sauvé la vie ainsi que celle de mon enfant. Mais je ne mentirais jamais pour toi Matoaka. N'oublie pas de quoi est capable ton époux et ce qu'il fera lorsqu'il apprendra la présence de ce prétendu Isha.
    - Merci Hayeta.. Merci de me faire confiance.
    - Ce n'est absolument pas le cas. Mais disons que ma dette auprès de toi est définitivement réglée.

    Sans un mot de plus elle quitta la jeune femme en rejoignant le groupe de commères à qui elle inventait une autre histoire. Elles étaient comme des oies gavées de tant d'informations qu'elles devraient vite oublier toute cette histoire. Respirant de nouveau, Pocahontas sentit son corps trembler alors qu'elle s'affaissait sur le sol. En une fraction de seconde tout aurait pu disparaître elle le savait. Elle comprit alors qu'elle devait rapidement mettre Gabriel et Kisos à l'abris.

    Ils passèrent un doux et bel après-midi tous les trois. Elle ne voulait pas parler de ce qui c'était passé, pas avec Kisos qui avait les oreilles qui trainaient. Non, elle savourait ce moment de douceur tant attendu, espéré et fantasmé. Ils se baignèrent, donnèrent des prénoms aux nuages, racontèrent des légendes à Kisos qui avait les yeux qui brillaient d'une multitude d'étoiles. A la fin de la journée, il s'était endormi dans les bras de Gabriel après avoir parcouru les petits chemins dissimulés de la forêt. Ils arrivaient tout près du campement et Pocahontas reprit le garçon dans ses bras. Tant pis si on devait les voir mais elle vint poser sa main sur la joue de son amant qu'elle contemplait tendrement avant de lui dire "à ce soir".

    Au petit soir, comme promis, elle lui apporta sa surprise. Il s'agissait d'un peu de thé et d'une bouilloire et d'une tasse ainsi que des gâteaux qu'elle avait elle-même fait le matin même. Blottis l'un contre l'autre dans le lit, elle réfléchissait, plongée dans un mutisme qui ne l'avait pas quitté depuis sa rencontre avec Hayeta. Elle expliqua donc ce qui c'était passé et dit avec la jeune femme et avoua en relevant son regard vers Gabriel :

    - Si jamais il doit se passer quoi que ce soit tu dois me promettre quelque chose.. Tu prends Kisos et tu pars. Je vous rejoindrais mais tu ne dois pas m'attendre. Tu pars sans te retourner. S'il te plaît mon amour, promet le moi. Je pourrais m'en sortir toute seule mais jamais si je sais que vous êtes encore là. Alors rentre en Ecosse avec lui.. Tu peux me le promettre ? Non, tu dois me le promettre.

    Ses yeux brillaient de larmes apeurée. Son visage avait perdu la sérénité du matin même. Tout était contre eux, son peuple ainsi que celui de Gabriel prêt à toutes les dernières bassesses pour que la guerre soit déclarée. Accrochée à la chemise du brun, elle insistait, grave en le suppliant presque :

    - Je t'en supplie.. Tu dois me le promettre.


    immarcescible, Posté le lundi 24 janvier 2022 21:30 Répondre

    Au petit matin, Pocahontas n'est que sensation. Son corps frissonne encore des délires et des délices de la nuit. Les yeux clos, elle ne se concentre que sur le bonheur qu'elle ressent en sentant la peau frissonnante de son amant sur la sienne pendant que ses mains caressent respectivement sa crinière et son dos marqué de profondes griffures. Comme il lui avait promis, Gabriel lui avait donné de quoi avoir de sacré courbatures. Ce doux et si étrange sourire sommeillait sur ses lèvres alors qu'elle reprenait lentement son souffle.

    Les oiseaux chantaient, annonçant l'arrivée prochaine du soleil. Il entrait lentement dans la petite maisonnette et couvrir d'un manteau lumineux le corps nu de son amant qu'elle venait à contempler. Relevant son visage vers le sien, elle en profita pour embrasser avec une douceur exquise sa tempe et sa joue avant de caresser de son nez sa joue :

    - Faites chasser le jour que je puisse retrouver le plus vite possible mon amour..

    Murmurait-elle en gaélique au creux de l'oreille de Gabriel. Il lui fallut un peu de temps avant d'émerger mais la dernière réplique de l'écossais la fit grogner. Quitter ses bras, quelle monstruosité. Elle s'y refusait. Se blottissant contre lui, elle venait poser sa main sur sa bouche pour le faire taire. Alors, avec le peu de force qu'il lui restait, elle le fit glisser sur le côté du lit pour venir s'allonger sur lui. Caressant ses boucles brunes, elle le contemplait pensive en embrassant son menton cette fois-ci :

    - Ce soir je te réserve une surprise et oui je serais au lac avec Kisos demain à la même heure qu'hier. Figure-toi que nous avons un petit garçon qui est tellement fasciné par son père qu'il ne jure que par lui désormais.

    Cela la faisait tendrement sourire même si les cernes sous les yeux de Gabriel l'inquiétait. Il allait devoir travailler quand elle ne ferait que parlementer toute la journée. L'effort physique était nettement plus importante pour lui et elle s'en voulait de lui avoir imposé une telle nuit avec tout ce qu'il avait à faire à Jamestown :

    - Je ne t'ai pas laissé beaucoup de temps pour dormir cette nuit. Tu es certain que tu veux que je revienne ? Je ne veux pas entacher ton sommeil.. Tu as besoin de force mon amour.

    C'était préventif car la jeune femme pourrait très bien rester auprès de lui sans lui imposer de faire l'amour. Tout ce qu'elle voulait c'était essentiellement son bien être. Venant se redresser au dessus de lui, elle se mit à chercher ses vêtements qui trainaient éparses sur le sol. C'était le moment tant redouté qui arrivait mais en voyant la mine aussi triste que déchirante de Gabriel elle ne pu s'empêcher de jeter de nouveau ses vêtements au sol. L'attirant contre elle de sorte à ce qu'il soit assis, elle embrassa ses lèvres de tendres baisers en murmurant entre chaque :

    - Mon amour.. Mon souffle.. Ma vie.. Mon coeur.. Mon âme.. Mon adoré.. Mon ami.. Mon destin..

    Comme une manière tendre et douce de le rassurer et de ne pas laisser cette espèce de tristesse les envahir après une nuit si torride et fougueuse. Mais le temps pressé. Elle dut quand même se rhabiller à un moment donné et se libérer des bras de son amant. Après des derniers baisers langoureux et passionnés, elle s'enfuit dans les bois avec une discrètion sans pareille. Elle connaissait si bien les lieux et les bruits qu'elle savait parfaitement ce qu'elle faisait.

    La journée se passa ensuite sans encombre. Kisos ne cessait de parler de Isha à Aponi quand Nashoba s'occupait du petit garçon à qui il apprenait à tisser ou encore à s'occuper des chevaux. Pocahontas pendant ce temps, s'occupait des tâches quotidiennes du campement tout en parlant avec son père et essayant de le faire changer d'avis sur les colons. Mais il restait si inflexible qu'une part d'elle voulait abandonner. Mais cela voulait dire abandonner Gabriel ou son peuple. Non, elle devait trouver une solution. Mais pour le moment, l'heure était venue de rejoindre l'écossais au lac.

    Comme convenu, Kisos et elle se rendirent au lac. En l'attendant, elle lui apprenait à prier les Esprits et reconnaître les signes notamment avec l'eau, le vent et le soleil.

    - Aponi dit que ze suis le fils du soleil Ma'.. C'est vrai ?
    - Bien sûr. Ton prénom est un hymne au soleil d'ailleurs mon chéri.
    - Pourquoi le soleil ?
    - Parce que tu as été un soleil dans mon coeur et dans mon âme Kisos. Et que la seule personne à m'avoir fait ressentir une telle chose à été ton père.

    Le petit garçon observait sa mère pensif. Alors qu'ils étaient assis sur le sable fin en tailleur, il vint se blottir contre elle pour un tendre câlin. Sans doute au fond de lui devait-il déjà comprendre que Dezba n'était pas son père mais il n'arrivait pas à se l'expliquer. Pocahontas le serrait longuement contre elle en embrassant le sommet de son crâne tout en lui chantant des comptines gaélique que lui avait appris Victoria jusqu'à ce qu'enfin elle entendit le pas de Gabriel s'approcher enfin d'eux. En se tournant, elle eut la joie de le voir, pourtant, son air semblait mécontent et ailleurs.


    immarcescible, Posté le lundi 24 janvier 2022 21:12 Répondre

    Le démon de la luxure sommeille en moi lorsque tu es dans les parages.


    immarcescible, Posté le lundi 24 janvier 2022 21:12 Répondre

    Je suis atteinte d'une Gabrielomanie aiguë nécessitant un soin de première qualité.


    immarcescible, Posté le dimanche 23 janvier 2022 21:18 Répondre

    Il n'y a pas à dire, Gabriel sait parfaitement comment faire vibrer son corps. Pocahontas subit avec un plaisir évident les multiples caresses de son amant et son regard si intense qu'il pose sur elle ne peut qu'enflammer de plus belle son imagination. Les lèvres entrouvertes, elle laisse un soupire de plaisir s'échapper. Ici, dans cette maisonnette, ils étaient enfin libre. Elle aurait presque pu pleurer tellement elle se sentait renaître sous les mains du géant écossais. Si petite et malléable entre ses doigts si bien qu'elle poussa un hocquet de stupeur en le sentant la retourner comme une crêpe sur le matelas. Cela la fit ensuite rire tandis qu'elle enfouissait son visage dans l'oreiller qu'il possédait.

    - Toute la nuit.. Toute la nuit je suis à toi mon amour.. Ne me laisse aucun répit..

    Gémissait-elle d'un ton si suppliant. Prise par le plaisir de le sentir poser ses lèvres de par et d'autres de son corps, elle se cambrait une nouvelle fois en écartant ostensiblement ses cuisses pour le laisser continuer ses caresses. Et c'était toujours aussi bon gémissait-elle en renversant sa tête en arrière. Elle voulait qu'il sache tout, qu'il ne doute pas de son plaisir et de ses sentiments. La jeune femme vibrait par et pour lui. C'était comme renouer avec le paradis tandis qu'il laissait ses désirs dominer la jeune femme. Alors qu'elle se sentait proche d'un orgasme fulgurant, elle du le faire cesser.

    S'agenouillant sur le lit, elle reprenait son souffle et se tourna vers lui. Ses joues étaient déjà rougies quand ses yeux brillaient d'un éclat sauvage et plein de désir. Le poussant de l'autre côté du lit elle souriait en coin telle une bête sauvage prête à bondir sur sa proie. Quand ses lèvres goûtaient les siennes dans un baiser langoureux et intense, sa main déboutonnait le pantalon qu'il portait jusqu'à enfin retrouver le membre déjà dressé de son amant. Taquine, la jeune femme mordillait la lèvre inférieure du bel écossais en murmurant :

    - Montre moi à quel point tu me désires Isha.. Mon dieu.. Mon amour.. Prends-moi.. J'ai tellement envie de toi..

    Ô que oui elle le désirait. Son entrecuisse était déjà trempée d'excitation mais elle voulait faire naître chez le beau brun cette même faim de l'un et de l'autre. Alors, sa main activait ses mouvements comme il l'aimait autrefois et alors qu'elle le sentait se détendre et lâcher prise, se pencha sur son membre sortit pour le prendre en bouche. De sa petite main ferme, elle poussa son buste de sorte à ce qu'elle puisse le contempler quand elle allait et venait sur ce sexe fièrement dressé. Ses joues se creusaient quand le haut de sa gorge accueillait sans douceur ce gland épais et rougis par les baisers et les succions. Enfin, ses mains vinrent se poser sur ses testicules qu'elle pinçait délicatement ou caresser avant de griffer le haut de ses cuisses. Ils avaient le temps, mais aussi la faim de l'un et de l'autre.


    immarcescible, Posté le dimanche 23 janvier 2022 18:51 Répondre

    Les lèvres et les mains de Gabriel repartaient à l'exploration du corps de la jeune femme qui laissait des miaulements de plaisir s'échapper. Cette nouvelle nuit promettait d'être si intense, si pleine de promesse qu'elle chavirait déjà de plaisir à cette simple idée. Le sourire sur les lèvres, elle penchait sa tête sur le côté en le sentant investir cette zone de son corps jusqu'à ce qu'ils se stoppent à cause du colon qui passait tout près. Soupirant doucement, Pocahontas passa une main dans sa longue crinière qu'elle rejetait en arrière.

    - Les miens reprochent, légitiment, que les colons se sont installés sur notre terre sans autorisation. Le pire c'est qu'ils se considèrent les maîtres ici alors que nous ne faisons que les tolérer.

    Elle lui expliqua donc qu'elle avait débuté un commerce économique puissant entre les deux groupes ethniques. Les colons ne savaient pas cultiver la terre américaine et donc ils leur apportait des techniques quand les blancs leur offrait divers matériaux.

    - Mais le problème est qu'ils prennent beaucoup de place et je sais que d'autres vont arriver. Les tensions sont très fortes car Dezba et ses guerriers n'attendent qu'un prétexte pour attaquer et envahir Jamestown. Or, si nous le faisons, la riposte sera bien pire. Donc je m'efforce de continuer à dialoguer et négocier en proclamant que nous ne voulons que la paix.

    La jeune femme soupirait une nouvelle fois en baissant les yeux. C'était un travail de titan qu'elle faisait depuis quatre années et elle avait l'impression que cela n'aboutissait à rien. Le pire était qu'elle pensait pouvoir changer l'histoire mais rien ne semblait changer. Jouant avec les boutons de la chemise de Gabriel, elle reprit un peu désemparée :

    - J'ai malheureusement du accepter un compromis avec mon père.. Pendant que je négocie la paix, il réunit de nouveau toutes les tribus de mon peuple pour ne former qu'une fédération. Le but étant d'anéantir les colons. Or, je me bats pour préserver la paix car je sais que nous ne pourrons jamais gagner. Peut-être une bataille mais pas la guerre..

    Enfin elle relevait son visage vers le brun pour venir caresser sa joue. Avec douceur, elle lui souriait tendrement comme pour effacer le voile d'inquiétude qui sommeillait sur son visage. Embrassant avec une douceur infinie ses lèvres, elle reprit :

    - Nous sommes en sécurité avec Kisos. Ne t'en fais pas mon amour.. Tout ce qu'il me reste à faire c'est appuyer auprès de mon père la conviction que les colons sont des hommes de parole et que la paix peut continuer. C'est là que tout se gâte un peu je dois l'avouer..

    Le sujet commençait à l'ennuyer d'autant plus qu'elle rêvait d'autre chose. C'était la première soirée ensemble et ils parlaient que des problèmes de son peuple. Non, ce soir elle voulait s'évader et profiter de son amant dont elle avait tant rêvé toute la journée. Son regard pétillait d'une joie espiègle alors qu'elle récupérait son sac besace posé sur le lit. Toujours assise sur Gabriel, elle lui demanda d'ouvrir le sac en tapotant dans ses mains. A croire que lorsqu'elle était à ses côtés il ne restait que la jeune femme spontanée et libre qu'il avait connu autrefois.

    Le sac contenait quelques effets personnels qu'elle avait récupéré pour lui notamment deux livres, des bougies, le fameux poignard de sa grand-mère avec lequel elle avait écorché Archie, une peinture de Kisos et surtout un savon au jasmin :

    - Je l'ai fais pour toi il y a quelques jours, expliquait-elle, si je me souviens bien tu aimais assez cette fleur.


    immarcescible, Posté le dimanche 23 janvier 2022 09:34 Répondre

    Ce frisson d'électricité qui s'empare de son corps à chaque fois que sa peau touche la sienne la rendait folle. Pocahontas retenait son souffle, laissant ses doigts caresser les siens discrètement. C'était un contact si simple qui pourtant voulait dire tant. La jeune femme souriait tendrement à Gabriel, éblouie comme à son habitude par la douceur de son regard. On dirait que depuis la nuit dernière il avait retrouvé un peu d'espoir et qu'il était un peu plus léger. Mais elle aurait tellement voulu faire plus comme dire la vérité à Kisos ou encore s'enfuir pour de bon avec lui. Mais la raison était implacable chez la jeune femme, surtout en sachant que son peuple avait besoin d'elle.

    - Tu es un Dieu chez les hommes Isha.. Je l'aime moi ta couleur de peau. Et peu importe après tout. C'est ton âme qui m'atteint. Rien de plus. Et personne ne sera déçu.

    En repensant à cette légende, elle ne pouvait s'empêcher de sourire une nouvelle fois. Elle racontait donc à Gabriel qu'elle l'entendait depuis qu'elle était toute petite cette histoire et qu'elle avait souhaité, par moment, être elle-même ce fameux guerrier qui guiderait notre peuple. Jetant un coup d'oeil à Kisos, elle le vit le dos tourné et en profita pour entrelacer ses doigts à ceux de Gabriel avant de murmurer dans un souffle :

    - Ce soir je te rejoindrais.. Le veux-tu ? Je trouverais une excuse mais je viendrais.

    Mais Kisos venait l'interrompre et elle du rapidement s'écarter de Gabriel à regret. Le petit garçon s'amusait à grimper sur les épaules de Nashoba avant de plonger dans l'eau du lac. Pocahontas riait doucement en les voyant faire et vint se rapprocher de l'eau pour plonger ses pieds dedans. Elle fit signe à Gabriel d'approcher quand son frère et leur fils l'appelaient pour jouer. Ainsi se passa une délicieuse après-midi où Kisos pu profiter de son père. Un lien déjà fort se constituait entre eux qui rassurait et éblouissait Pocahontas qui avait tant espéré un jour contempler cette scène.

    Après le moment baignade, ils allèrent marcher un peu. Kisos tenait respectivement la main de sa mère et de son père pendant qu'il posait une multitude de questions sur tout et n'importe quoi. Il était d'une curiosité affolante qui poussait à chaque fois Pocahontas à trouver les meilleures histoires pour expliquer au petit garçon pourquoi le ciel était bleu, pourquoi les oiseaux chantaient ou encore pourquoi les feuilles des arbres tombaient. C'est avec regret qu'ils durent se quitter mais Nashoba eut raison d'insister :

    - Pocahontas nous devons rentrer nous sommes déjà en retard.
    - Je sais, je sais. Kisos, viens. Nous reviendrons voir Isha demain je te le promets.

    Le petit garçon était posté devant son père. Avec douceur, il posait sa main sur la joue du bel écossais accroupi devant lui et l'observait songeur.

    - Ze t'aime beaucoup. Demain ze reviens avec Ma', est-ce que ze peut t'appeler Duda ? Mais f'est un fecret. Promis ?

    Pocahontas n'entendit pas ce que disait le petit garçon. Et heureusement sinon elle aurait crains qu'il commette une boulette avec Dezba. Kisos venait enlacer son père et se blottir contre lui. Il avait passé le meilleur des après-midi avec lui. Jamais son beau-père ne prenait le temps de passer du temps avec lui et de jouer. Et puis.. Isha donnait le sourire à sa mère. Il retourna ensuite près de sa mère qui souriait tendrement à son amant avec la promesse de le revoir dans la soirée. Cette journée avait été parfaite.

    Les hommes partaient à la chasse pendant trois jours. Pocahontas ne pouvait pas être plus heureuse. Trois nuits avec Isha et des journées à le voir sans se soucier de Dezba. Comme prévu elle rejoignit Aponi avec Kisos au coucher du soleil et lui confia l'enfant pour la nuit. Une fois la nuit tombée, elle se rendit à la fameuse petite maisonnette dans les bois près de Jamestown. La lumière était allumée ce qui lui permit d'être guidée.

    Toquant doucement à la porte, elle ne pu s'empêcher de sourire en le voyant si beau. N'y tenant plus, elle se jeta à son cou pour lui donner ce fameux baiser dont ils avaient tant rêvé au lac. Son corps se pressait contre le sien quand ses mains agrippaient sa nuque le faisant se plier en deux vu la petite taille de la jeune femme. Ses lèvres étaient envieuse quand sa langue ne lâchait pas la sienne comme pour se repaître de son corps et de ses subtilités. Lentement, elle descendit enfin ses mains sur les épaules et le buste du brun qui était malheureusement couvert d'une chemise.

    - Mon souffle.. Ma vie.. Je suis heureuse que tu sois là.. Kisos ne parle que de toi.. Il t'aime tu sais.. Il t'aime déjà si fort..


    immarcescible, Posté le samedi 22 janvier 2022 17:23 Répondre

    Savoir Gabriel plus proche d'elle la rendait étrangement plus sereine. Même si le risque était plus grand, elle se sentait plus en sécurité de le savoir à proximité. Après leur nuit si intense dans les bois, son corps se mit à quémander encore et encore la douceur de sa présence. Comme une drogue, elle en devenait obsédée. Tous les moyens seraient bon désormais pour se rendre là où il était. Insouciante, elle avait perdu un peu de son masque de cheffe de tribu pour avoir de nouveau sa moue plus jeune et intrépide. Kisos était le premier à constater le changement puisque sa mère était plus joueuse, plus drôle et plus heureuse. Le petit garçon était assez intelligent pour savoir que quelque chose s'était produit mais ne se doutait pas de quoi.

    En cet après-midi ensoleillé, elle profita de l'absence de son époux pour se rendre à Jamestown où elle espérait croiser Gabriel. Emmenant avec elle Kisos qu'elle portait sur son dos, ils marchèrent en compagnie de quelques autres amérindiens venant apporter un peu de nourriture aux colons. C'était une tradition que la jeune femme respectait toujours et qui favorisait les rapports avec les visages pâles.

    John Smith la reçut et alors qu'il la saluait et lui évoquait certaines closes du traité elle ne pensait qu'à Gabriel et ne voulait que des nouvelles de lui. Mais la retenue l'obligeait à se contenir et elle écoutait avec attention (en surface), les mots de l'émissaire puisqu'elle n'en oubliait pas encore sa place. Pendant ce temps, Kisos avait glissé de son dos. Malin, il avait remarqué l'homme rencontré près du lac des semaines auparavant. Echappant à la vigilance de Pocahontas, il marcha sereinement vers l'homme avant de se poster devant lui.

    Ses grand yeux bleu détaillait l'imposante carrure de cet inconnu qui lui semblait pourtant si importante. En le voyant s'agenouiller, il lui souriait dévoilant de jolies dents blanche bien alignées. Kisos sortit de son petit sac un totem qui était le même que celui que Pocahontas avait un jour sculpté pour Gabriel :

    - Ma' dis que toi être grand guerrier ? C'est vrai que toi être fort ? Moi avoir prié les esprits pour que toi venir aider Ma'... Et Ma' souris maintenant..

    L'espièglerie du petit garçon avouait alors qu'il avait fait venir Gabriel jusqu'à eux. Peut-être était-il la clé de la présence de Gabriel à ce moment précis. Pocahontas venait de se rendre compte de l'absence de Kisos à ses côtés et soupira en partant à sa recherche. Heureusement, il ne lui fallut pas longtemps pour le retrouver et son coeur s'affola en sentant le regard de son amant sur elle. Les joues légèrement rosies, elle lui souriait avant de poser une main sur la crinière bouclée de Kisos. Ses cheveux avaient beau être long, ils bouclaient quand même comme son père :

    - Kisos.. Je t'ai déjà dis de ne jamais t'enfuir comme ça tu le sais non ?
    - Ze voulais dire une chose au guerrier Ma'..

    Cela fit tendrement sourire la jeune cheffe qui se retenait pour ne pas se jeter dans les bras de Gabriel. Le souvenir encore torride de leur nuit dernière la faisait encore frissonner. Mordant sa lèvre, elle expliquait à Kisos qu'il ne devait quand même pas partir sans son autorisation et il sut jouer de ses charmes en faisant une moue si adorable qu'elle vint gentiment pincer sa joue :

    - Malin comme un singe. Cesse donc de jouer avec tes si beaux yeux et laisse Isha tranquille. Il doit très certainement être occuper.
    - Ze viens de l'inviter à venir au lac.. Se baigner..
    - C'est une excellente idée mais je ne sais pas si Isha aura le temps..
    - ISHA ???

    Kisos connaissait les légendes autour du guerrier Isha mais il ne pensait pas qu'il se tenait devant lui. Il avait été bercé par les légendes racontées de sa mère et il avait même décidé d'être comme ce guerrier plus grand. Alors, en se retrouvant devant son héros il posa ses petites mains adorable contre sa bouche en observant son père :

    - Toi apprendre à moi être fort ? courageux ? puissant ? Ze veut que toutes les filles m'aime moi comme toi !


    immarcescible, Posté le vendredi 21 janvier 2022 22:36 Répondre

    Il y avait quelque chose de différent dans cette rencontre lunaire. Si certes la passion était toujours là, tel le fondement de leur étrange binôme, il y avait quelque chose de plus profond et de plus troublant encore. Pocahontas n'aurait su dire de quoi il s'agissait, mais ce dont elle était certaine, c'était que cela l'effrayait et l'excitait au plus haut point.

    Les caresses de Gabriel l'enivrait d'un plaisir et d'une jouissance absolue. Jamais elle ne pourrait se lasser de ses doigts sur sa peau ou encore de son regard si envoutant et délicieux. Jamais elle ne pourrait se détacher de son parfum si fort et si provocateur. Jamais elle ne pourrait oublier le son de sa voix, capable de la faire voyager. En somme, elle aimait chaque parcelle de son corps, le moindre de ses défauts, si tant est qu'il en est, et ses plus belles qualités.

    Elle aurait tant voulue pouvoir être totalement nue et le dévêtir aussi pour venir se blottir tout contre lui, contre son corps chaud, presque brulant. Mais il avait posé ses lèvres sur les siennes, mais ses mots et son corps parlaient pour lui. D'ailleurs, la brune qui avait glissé une main dans ses cheveux, n'avait pu s'empêcher de sourire face à tes aveux. Il voulait encore qu'elle soit sienne ? Mais pour elle, elle l'avait toujours été

    - Isha, murmura-t-elle alors tandis qu'il s'affairait à relever sa jupe, Je...J'ai besoin de toi... Ne t'en vas jamais... Plus jamais..

    Elle savait qu'il comprendrais l'ampleur de ces mots. Il était le seul ici à comprendre ses sentiments, ses maux, à la comprendre simplement en un regard. Et le réciproque était vrai. Il était son centre d'équilibre.

    - Je te veux.. murmura-t-elle alors à nouveau.

    Pocahontas n'en pouvait plus d'attendre, c'était comme un supplice. Elle le voulait, entièrement, pleinement et possessivement. Mais elle savait que ce besoin de le conquérir, n'aurait point disparu après cette nuit, il était viscéral et intense. Non, cette pulsion ne serait que plus grande, un peu plus chaque jour. Elle le savait depuis toujours... ce besoin vital de l'avoir auprès d'elle, ne disparaitrait jamais. Il était sa drogue la plus puissante, sa bouffée d'oxygène.

    Ses mains avaient agrippées sa crinière bouclée quand ses lèvres entrouverte soupirait d'un plaisir haletant, elle avait collé son front au sien, bien décidé à perdre encore une fois la raison dans ses bras et dans un souffle près de ses lèvres laissa s'exprimer son désir le plus fou et inconséquent au regard des lois humaines.

    - Fais moi l'amour Isha.. murmura-t-elle alors tel un supplice, je ne suis qu'à toi..

    Pocahontas était transportée dans un autre univers. Un univers dans lequel il faisait beau et ou le bonheur et la simplicité était d'une évidence déconcertante. Voilà ce qu'il lui procurait : ce qu'elle avait perdue depuis tant d'années maintenant. Mais quelle ironie n'est-ce pas ? Car une vie au bras de Gabriel Walker n'aurait jamais rien de paisible et de simple. Elle aurait du le savoir et repenser à leur "autre vie". Mais qu'en avait-elle à faire quand elle touchait au bonheur de nouveau.

    La brune se laissait donc aller, bien trop satisfaite et comblée par ces caresses expertes. Et lorsqu'il céda finalement décidant qu'il était grand temps, la brune l'accueillit sans la moindre hésitation. Le sentir en elle, il n'y avait rien de plus jouissif. Elle aimait planter son regard dans le sien et observer sur sa peau, l'effet de ce bonheur et de cette extase inouïe. Sa bouche entrouverte sous le poids de ses gestes, de lourds gémissements quittait ses lippes. Parfois même, elle se mordillait sa lèvre pour se contenir et retenir ce plaisir intense et pourtant si bon. Et grand dieu, parfois, tout son corps se mettait à trembler.

    - Continue.. Ne t'arrête pas...

    Gabriel avait allumé le feu au creux de son ventre. Un feu ardent et puissant qui probablement, ne s'éteindrait jamais. Ce feu l'avait consumé, doucement, tout doucement, sans faire de bruit, pour au final, la faire imploser. Elle s'était donnée à lui tel le plus beaux des cadeaux, incapable de renoncer à une telle folie. Il était son feu, sa folie, sa raison. Son oxygène et son unique raison. L'une de ses mains agrippaient sa crinière quand l'autre avait enfoncé ses ongles dans la peau tendue au niveau de ses reins.

    Finalement, elle avait lâché prise, gémissant de son plaisir le plus pur. L'extase l'avait recouvert d'un doux manteau tandis qu'elle le gardait précieusement sur elle. La lune et la nature les protégeaient une nouvelle fois. Tremblante, elle laissait son corps s'échouer sur l'herbe fraiche et ferma les yeux un moment avant de murmurer ses lèvres dans la crinière du brun qu'elle embrassait :

    - C'est toi.. Ça a toujours été toi.. Ce sera toujours toi..


    immarcescible, Posté le vendredi 21 janvier 2022 19:33 Répondre

    Suite à son escapade auprès de Gabriel ce fameux soir, Dezba piqua une énorme crise de colère auprès de la jeune femme. Kisos avait tout entendu et il n'avait pas pu retenir ses larmes surtout lorsque le guerrier amérindien avait agrippé la tignasse de Pocahontas en voyant qu'elle le défiait. Ce fut donc les pleurs de son garçon qui lui rappelèrent qu'elle ne devait pas trop jouer avec son époux qui avait beaucoup de pouvoirs et de moyens pour lui rendre la vie compliquée.

    Et en effet, comme elle ne voulait pas se justifier sur son absence de toute une soirée elle fut suivie par plusieurs des hommes de son époux. Bien entendu, elle avait envoyé Aponi et Nashoba prévenir Gabriel de son absence de quelques jours mais déjà elle s'en voulait. Impossible de tenir sa promesse lorsqu'elle était suivie de près. Finalement, elle eut le temps de travailler plus étroitement avec les colons et même son peuple qui semblait s'assagir. Ce n'était pas faute de leur apprendre la tolérance. Le cas de Gabriel ne quittait jamais son esprit et elle se servait de cette injustice pour galvaniser son courage.

    Un soir, alors qu'elle venait de finir la veillée en l'hommage d'un de leur esprit elle vit la broussaille bouger. Surprise, elle fronça les sourcils et reconnut les iris flamboyant de Gabriel. Son sang se figea par la peur. Dezba était non loin, disputant des combats vigoureux avec ses frères. Que faisait-il ici se demandait-elle ? Rapidement, elle réussie à s'extirper avec aisance du groupe sans que personne ne s'en rende compte et rejoignit le brun. Mais il était déjà partit. Alors, toujours aussi silencieuse, elle le suivi sans qu'il s'en rende compte.

    Gabriel avait véritablement progressé, elle le voyait bien puisqu'il ne laissait aucune trace derrière lui et cela amusa la brune qui voyait cela comme un jeu. Pourtant, il ne pouvait être totalement invisible avec son corps si massif qui n'était pas invisible dans la forêt malgré la nuit. Arrivant rapidement à sa hauteur, elle réussit à se jeter sur lui, le déséquilibrer et roula dans l'herbe avec lui. Son doux rire résonnait légèrement dans la forêt alors qu'elle se retrouvait bloquée sous lui. La lune était haute et les illuminait ce qui lui permettait de contempler les traits inquiet de Gabriel et elle s'en voulut de lui avoir fait peur :

    - Tu sais qu'il est mal d'espionner ? Je devrais te punir pour ça..

    Bien sûr, elle plaisantait. Avec douceur, ses mains caressèrent les joues du brun avant de descendre le long de sa nuque, de son dos et enfin sur ses hanches. Elle avait le souffle coupé par la course poursuite et par le frisson excitant de le sentir ainsi au dessus d'elle. Le campement était loin, ils étaient enfin seuls après une autre semaine loin l'un de l'autre. Par instinct, la jeune femme enroula ses jambes autour des hanches de Gabriel, comme pour le retenir alors que son air se faisait plus grave :

    - Rejoins les colons.. Tu as raison.. Tu serais un émissaire et tu pourrais plus aisément venir au campement.. J'y ai réfléchis et j'ai même évoquer ta présence à un ami de grande valeur. Il se nomme John Smith. Il t'a même trouvé une petite maison non loin du campement. Il te faudrait juste en contrepartie être le garde-chasse.

    Même si elle ne l'avait pas revue pendant une semaine elle n'avait fait que travailler pour lui. Sa main gauche caressait sa joue quand l'autre ne pouvait s'empêcher de dessiner des formes imaginaires sur la peau nue du dos de Gabriel. Inspirant profondément, elle pressa son corps contre le sien, cherchant sa chaleur :

    - On pourra passer plus de temps ensemble et avec Kisos aussi.. La maison est très sommaire mais tu y sera à l'abris des ours et de la pluie. Je suis désolée de ne pas pouvoir t'offrir plus.. Mon Roi.. Mon amour.. Mon Isha..


    immarcescible, Posté le vendredi 21 janvier 2022 15:09 Répondre

    Contrairement à lui, elle n'avait pas vécu cachée aussi longtemps. Cela la tuait de se dire que son peuple était encore plus sectaire que celui de Gabriel. Elle devait trouver une solution mais les temps étaient si compliqué ces derniers temps avec les derniers traités de paix à négocier. La jeune femme se sentait tellement mal qu'elle ne savait pas comment consoler son amant. Elle non plus n'avait aucune idée de quoi faire et, secrètement, avait espéré qu'il trouve une solution pour eux trois.

    Sans quitter le visage de Gabriel qu'elle caressait avec douceur elle soupira avant de reposer son front contre le sien. Trouver une solution en si peu de temps et avec les mains si liés la torturait. Mais pire que tout, il osait poser cette fameuse question à laquelle elle craignait de répondre :

    - Laisse moi deux mois.. C'est le temps qui nous a été donné pour négocier les accords de paix entre nos différents peuples et les colons. Deux mois et..

    En fait, elle la connaissait la solution. L'unique. Celle qui l'effrayait mais qui serait nécessaire. Ravalant à son tour un sanglot, elle releva le visage de Gabriel qui semblait si perdu. Diable qu'elle ne l'aimait pas cette bouille si perdue et triste. C'était la même que celle de Kisos quand elle partait quelque jours. Embrassant timidement ses lèvres délicatement, elle murmura contre ces dernières :

    - ... et nous rentrons chez nous tous les trois. On ne va pas se mentir Isha mais nous ne pourrons jamais vivre ici ensemble. Et je ne peux pas vivre sans toi maintenant que je t'ai retrouvé. Mais laisse moi deux mois pour tout arranger, tu.. tu le veux bien ?

    Délicatement, elle caressait les contours du visage si fin et si beau de Gabriel. Elle était bouleversée par ses iris si bleu et si pur. Elle en frissonnait en se perdant dans ce regard si particulier. Le souffle coupée, elle du revenir un instant à lui pour lui expliquer son plan :

    - Kisos et moi viendront te voir tous les jours sans faute. Je veux que tu le rencontre et qu'il te connaisse. Nous lui expliquerons tout quand ce sera le moment de partir. Aponi a parlé d'une grotte non loin d'ici qui pourrait être un potentiel passage. On pourra aller où tu veux, du moment que je suis avec toi et Kisos je m'en fiche. Vivre dans une petite cabane ou dans une grotte.. Tout ce qui pourra nous abriter. Mais si c'est trop pour toi je comprendrais que tu veuilles rentrer en Ecosse et.. et je ne t'en voudrais pas.

    Là, c'était un mensonge qu'elle n'arrivait pas à dissimuler. Elle faisait toujours cette étrange moue lorsqu'elle sortait un mensonge éhonté. Mais elle ne pouvait pas lui avouer sa peur de le voir partir et de l'abandonner une nouvelle fois quand elle ne demandait qu'à vivre avec lui.


    immarcescible, Posté le jeudi 20 janvier 2022 21:48 Répondre

    Le fait que Gabriel demande innocemment si leur fils avait posé des questions sur lui fit tristement sourire Pocahontas. Elle lui avoua qu'en effet il avait posé une multitude de questions qu'elle avait du gérer difficilement. Dezba avait toujours des oreilles partout ainsi que des espions pour pouvoir surveiller la jeune femme. A croire qu'elle était un trésor rare qu'il fallait à tout prix dissimuler et protéger. Elle qui avait combattu au près de ses frères et qui était capable d'embrocher deux hommes avec une flèche.

    Toujours est-il qu'elle en avait tellement peur de cet homme, peur qu'il lui retire son fils qu'elle se pliait à toutes ses demandes. Mais ça, elle ne l'avouait pas à Gabriel de peur qu'il ne tienne pas sa promesse :

    - Oui. Demain.. Tu viendras nous retrouver au lac près de l'embouchure qui donne sur le fleuve. Nous allons souvent là-bas pour cueillir des fleurs. Ce sera une rencontre informelle mais oui.. oui je veux qu'il te vois et je veux que tu le voies mon amour. C'est ton fils.. Notre cadeau.. Notre impétueux petit garçon qui a le même caractère que son père. Si têtu et si adorable..

    Enfin elle retrouvait un peu de joie et de sourire. Mais encore une fois, c'était la magie Kisos qui faisait ça. Car, elle avait beau se rapprocher de Gabriel, elle sentait bien qu'il était distant. La jeune femme tentait d'être tactile, comme autrefois mais il semblait se refuser à la toucher. Sans doute craignait-il le possible courroux de Dezba. Ou tout simplement ne la désirait-il plus.

    Lorsqu'il la serra contre elle, Pocahontas en profita pour enfouir son visage dans les boucles ébènes de son amant. Les yeux clos, elle humait son parfum si propre à lui qui emplissait ses poumons. Ses doigts agrippaient sa crinière et sa nuque quand tout son corps se pressait contre le sien. Elle aurait voulu pleurer de bonheur tant elle était au paradis en le sentant ainsi contre elle.

    - Je viendrais tous les jours te voir mon amour.. Je t'en fais le serment. Si c'est toujours de moi que tu veux..

    Ce fut là qu'elle se redressa légèrement. D'abord timidement, elle mordit sa lèvre inférieure en n'osant pas embrasser Gabriel. Pourtant, elle se pencha suffisamment pour lui donner un baiser qu'elle sentit bien encore une fois trop doux et distant. Soupirant doucement, elle baissa les yeux tandis que ses mains se posaient sur le coeur et le buste de Gabriel :

    - Tu ne me désires plus ? Je te dégoûte..? Je.. Je sens bien que tu ne me touche plus et que tu ne.. Isha.. Je comprendrais si tu voulais que nous ne restions que des "amis".. Même si ça me tuerais parce que.. parce que je t'aime toujours autant et que.. et que je sens toujours ce feu si intense en moi m'envahir quand tu es proche de moi.. Surtout que tu dis vouloir rester pour moi.. Alors.. Alors qu'attends-tu de moi..?

    Comme toujours lorsqu'elle était nerveuse et intimidée, Pocahontas se mettait à parler et à parler beaucoup trop. Mais qu'importe. Elle avait besoin de crever cet abcès et surtout de lui confier ce qui l'effrayait. Elle relevait ses iris d'un noir profond et plus tendre vers Gabriel. Ô que oui elle l'aimait, son doux sourire n'exprimait que cela quand elle l'observait. Il était sa chair, son âme soeur, son souffle. Caressant donc la joue du brun, elle voulut le rassurer en murmurant :

    - Il n'y a que toi.. Il n'y a toujours eu que toi dans mon coeur et mon âme Isha. Aucun homme ne m'a touché hormis toi..


    immarcescible, Posté le jeudi 20 janvier 2022 18:43 Répondre

    Trois jours d’attente qui torturèrent Pocahontas.
    Trois jours à se demander où il était. Ce qu’il faisait. Comment il allait.

    Ni lui, ni Aponi ne revenait et elle était prête à tout quitter pour aller les retrouver. Mais Nashoba la retint du mieux qu’il pu. Elle n’en dormait plus et son comportement déjà étrange depuis quelques temps semblait inquiéter Dezba. Mais il ne disait rien. Il se contenter d’observer. Kisos voyait bien lui aussi que sa mère n’était pas comme d’habitude, d’autant plus qu’elle avait abandonné un peu plus le conseil pour s’occuper de son fils qu’elle cajolait comme s’il s’agissait de la huitième merveille du monde. Alors quand Aponi vint la chercher, elle n’hésita pas et quitta le tipi aussitôt en demandant à son frère de prévenir son époux qu’elle allait prier.

    Rapidement en atteignit la grotte qui n’était accessible que par un fin chemin de terre. Il avait plu et elle était trempée. Ses pieds nu couvert de boue mais elle s’en fichait. Au moment où sa grand-mère était venue la chercher elle était en train de brosser ses cheveux. Aussi, quand elle arriva dans la grotte sa crinière était légèrement ondulée et volait tranquillement le long de son dos.

    Le regard de Gabriel la bouleversa et elle su aussitôt qu’il se flagellait depuis tout ce temps ce qui la tua encore plus. Sa voix si froide, si cassante la blessa alors qu’elle allait d’elle-même s’excuser. Sous une main de douceur se cachait un véritable reproche qui la consterna. Tremblante de froid et de colère, elle pouvait enfin s’exprimer sans peur. Personne ne pouvait les entendre ou même les voir ici. Ils étaient à l’abris :

    - Je ne t’ai pas menti, s’insurgea-t-elle en s’approchant de lui, tu m’as demandé si nous avions eu un enfant avec Dezba et c’est faux. Kisos est ton fils. Il l’a toujours été.

    Bien sûr, c’était jouer avec les mots mais elle ne supportait pas qu’il puisse lui en vouloir ou même s’en vouloir à lui-même. Rapidement, elle vint s’agenouiller devant lui et posa ses mains trempées et toujours aussi fraiche sur les joues si barbues de son amant. Elle releva son visage vers le sien et le contempla, sincèrement désolée, comme cherchant sa douceur d’avant.

    - J’ai tellement été bouleversée de te revoir. Imagine.. Je t’ai quitté 10 min quand j’ai vécu quatre années sans toi. Je.. Je ne voulais pas te le cacher. J’avais juste peur de ta réaction. Je savais que tu allais en souffrir et je voulais te préparer à cette rencontre. Et le reproche que tu te fais en disant toutes ces choses absurdes me tuent Isha..

    Soupirant doucement, elle décroisa les bras du brun bloqués contre sa poitrine pour s’approcher de lui et finalement s’installer à califourchon sur lui. C’était comme avant, elle qui cherchait à s’introduire au plus près de lui. Cherchant sa chaleur, sa douceur, son coeur. Assise sur lui, elle releva une nouvelle fois son visage en contemplant ses iris si froid et inflexible :

    - Isha mon amour.. Tu as toujours été là. Kisos sait qui tu es. Tu existes dans son esprit. Comme une légende mais tu existes. J’ai du agir comme ça pour survivre mais maintenant que tu es là tout va changer.

    Elle lui expliqua alors comment elle avait du survivre. L’odieux marché de Dezba qui avait autorisé à la jeune femme de garder son enfant si elle le faisait passer pour le sien. La peur de voir Kisos lui être retiré des mains à sa naissance avait été longuement une possibilité qu’elle n’avait pu se résoudre à accepter :

    - Il allait m’enlever notre enfant Isha, murmurait-elle dans un sanglot, je venais de te perdre je ne pouvais pas prendre le risque de le perdre lui aussi. Je ne dis pas ça pour t’apitoyer mais simplement pour t’expliquer le contexte. Mais encore une fois, tu as toujours été là mon amour. Dans mon coeur et cela de Kisos.

    Avec douceur elle posait son front contre celui de Gabriel comme pour lui transmettre télépathiquement tous ces souvenirs qu’elle avait de leur fils et de tout ce qu’elle avait ressentit toutes ces années sans lui, la peur, la douleur, la joie de la naissance et le désolement. Son nez caressait celui de son époux quand elle murmurait près de ses lèvres :

    - Il ne parle déjà que de toi tu le sais ? Il ne rêve que d’une chose.. Revoir le guerrier Isha et être comme lui plus tard. Il est comme toi.. Ô Isha.. C’est ton portrait craché.. Il est tout toi.. Idéaliste, doux, attentionné, drôle, intelligent..


    immarcescible, Posté le mercredi 19 janvier 2022 20:05 Répondre

    Cette étrange distance qui les tenait en haleine n'empêcha pas Pocahontas de rester blottie contre lui toute la nuit et de s'endormir. Ses petites mains tenaient fermement sa chemise de toute manière. Il n'aurait pas pu s'enfuir sans qu'elle le sente. Pourtant, au petit matin, il faisait tout pour l'éveiller. Mais c'était un non définitif. Elle ne quitterait plus jamais ses bras. Elle ne quitterait plus jamais celui qui gouvernait son âme. Ouvrir les yeux était accepter qu'il fallait le quitter et elle s'en sentait incapable. Au diable les autres après tout. Il n'y avait que pour lui qu'elle vivait.

    - MAAAAAA', criait au loin Kisos, MAAAAAAAA' !

    Le retour à la réalité était violent. Kisos. Sans perdre un instant, la brune se redressa alerte et poussa Gabriel à se cacher encore dans leurs cachette d'herbe. A croire que la nature avait toujours été leur déesse protectrice. Se redressant, elle vit le petit garçon s'approcher du lac non loin d'eux. Elle n'avait pas encore avouer à Gabriel l'existence de leur fils et elle sentait son coeur battre à toute vitesse. Se retournant vers le brun, elle le regarda avec cette lueur d'excuse dans le regard. Posant sa main sur son coeur, elle murmura :

    - Je suis désolée..

    Après un furtif baiser, elle sortie de sa cachette et courut jusqu'au petit garçon. Lorsqu'il vit sa mère, il courut lui aussi jusqu'à elle et se jeta dans ses bras lorsque sa mère le reçut contre elle. A genoux dans le sable fin, elle le couvrait de baisers en le grondant gentiment lui rappelant qu'il ne devait jamais s'éloigner du campement :

    - Toi pas là. Moi chercher toi pour bisous du matin..
    - Je sais mon amour, je sais. Mais tu m'as trouvé et tu sais pourquoi ? Figure-toi que tu me retrouveras toujours parce que je t'aime encore plus fort que les étoiles.

    Le petit garçon riait en voyant sa mère lui faire un bisous d'esquimau. C'est alors qu'il vit la tête de Gabriel dépasser des hauteurs d'herbes. Profitant de l'inattention de sa mère qui regardait autour d'eux en espérant que Dezba ne soit pas dans le coin, le petit garçon s'avança vers celui qui était son véritable père jusqu'à arriver devant lui. Ses grand yeux bleu l'observait avec surprise, sans comprendre. Pocahontas voyant qu'il s'était encore faufilé à travers ses jambes ne pu s'empêcher de l'appeler :

    - Kisos !
    - Ma'.. C'est qui le monfieu blanc ?

    En arrivant devant Gabriel, Pocahontas sentie toutes ses forces la quitter. Craignant de voir sa colère et sa déception elle baissa les yeux avant de s'agenouiller devant Kisos pour le prendre dans ses bras :

    - Ce monsieur se nomme Gabriel mon petit soleil. C'est un grand guerrier qui vient d'une île très loin de chez nous. Tu te souviens, je t'ai raconté son histoire.
    - Cié toi le monfieu qui protège Ma' des méchiants autres monfieu ?

    Enfin elle observa la mine de son amant et son coeur se brisa. Gabriel était toujours assis sur le sol et elle n'avait qu'une envie, le rejoindre pour l'étreindre. Mais au loin la voix de Dezba et de ses frères résonnait. Prise de panique, elle se pencha sur Gabriel en murmurant de nouveau :

    - Cache-toi je t'en supplie. Je t'expliquerais tout Isha.. Pardonne-moi.. Ce soir chez Aponi. C'est promis..

    Reprenant Kisos dans ses bras elle s'enfuit en courant jusqu'au campement où les hommes inquiets retrouvaient leur cheffe. Kisos se vantait d'avoir retrouvé sa mère avant tout le monde quand son beau-père se penchait fièrement sur le petit garçon dont il embrassait les boucles brunes.


    immarcescible, Posté le mercredi 19 janvier 2022 15:54 Répondre

    Ce n'est pas comme avant car Pocahontas a tout simplement peur de ce qui va se passer. Elle sait que les secrets et elle ne font pas bon ménage et que Dezba se doute déjà de quelque chose. La peur la conduirait forcément à la seconde perte de Gabriel. Comment pouvait-elle être si égoïste lui hurlait sa raison. Mais la jeune femme fut rapidement de nouveau sur terre avec la fameuse question de son amant. Parce qu'il était véritablement désormais. Avec douceur, elle caressa de nouveau les traits si fin de son visage avant de secouer négativement la tête :

    - Dezba et moi n'avons pas eu d'enfants Isha.. Il.. Il ne me touche quasiment pas.

    Voyant la mine surprise de Gabriel, elle sut qu'elle lui devait une explication. Venant s'allonger de nouveau sur le dos, elle lui raconta alors comment cela s'était passé à son retour. Ses nombreuses tentatives pour retourner auprès de Gabriel en passant les pierres ainsi que l'emprisonnement forcée qu'elle avait du subir. Son père l'aimait beaucoup trop pour la laisser repartir malgré les supplications de son enfant.

    - J'ai dis à Dezba et mon père que je t'appartenais que je t'avais laissé me toucher. Que j'étais consentante et que je t'aimais. Mais mon père ne voulait rien entendre et encore moins mon mari. Ils ont donc convenu que le mariage serait célébré comme il le convenait et que je n'avais été qu'une simple princesse envoûtée par une force maléfique. Que je n'étais pas apte de comprendre l'horreur de la situation.

    Elle fermait les yeux en essayant de ne pas repenser à certains moments si douloureux. Posant sa main sur sa cuisse, elle sentait les contours monstrueux de cette nouvelle cicatrice apposée sur son corps et craignait la réaction de Gabriel :

    - Pour me punir de tenter de m'enfuir une fois de plus, Dezba m'a marqué la peau de son sceau afin que tout le monde sache que je lui appartienne. Et le soir de la nuit de noces quand je lui ai dis que je t'appartenais de toute mon âme il.. il a levé la main sur moi.

    Rapidement elle vint se blottir contre Gabriel de peur qu'il réagisse. Parce que oui, elle le sentait se tendre. Alors, prenant son visage entre ses mains elle le contemplait avec toute sa gravité et sa crainte la plus sommaire de le voir faire une bêtise :

    - Mais il ne l'a plus jamais refait je te le promet. Tu vois, il essayait tant bien que mal de faire les choses bien mais il échouait toujours parce qu'il se rendait compte que je t'appartenais corps et âme Isha. Qu'il n'y a que toi et qu'il n'y a jamais eu que toi. Vois-tu, même avant que je te rencontre je n'aimais pas Dezba et il comprenait enfin que jamais je ne lui appartiendrais. C'est.. C'est un homme qui souffre aussi. Mais qui ne supporte pas qu'on touche à ce qui lui appartiens légalement.

    Elle n'osait pas encore évoquer Kisos. Elle aurait voulu qu'il le voit et c'était ce qu'elle s'apprêtait à lui dire mais un bruit près d'eux la fit se tendre. Se relevant délicatement elle vit que l'un de ses frères emmenait au près du lac une jeune femme pour sans doute s'amuser avec elle. Pocahontas fit signe à Gabriel de ne pas faire de bruit et attendit un moment que l'autre couple s'éloigne. Alors, en chuchotant, elle se blottie une nouvelle fois contre son amant :

    - Je ne veux pas quitter tes bras. Reste avec moi cette nuit, le suppliait-elle en embrassant son cou, s'il te plait mon amour.. Serre-moi contre toi.


    immarcescible, Posté le mercredi 19 janvier 2022 14:51 Répondre

    Il avait déjà un plan et son assurance faisait sourire la jolie princesse. Ses yeux se fermaient en sentant la douce caresse de sa main si immense sur sa joue. Apaisée elle se sentait en le tenant contre elle. Son coeur battait la chamade, son corps frissonnait. Ces délicieuses sensations qu'elle avait cru n'être que de lointains souvenirs étaient à nouveau réel. Égoïstement elle était heureuse de savoir qu'il allait rester mais d'un autre côté elle craignait pour la vie du bel écossais. Ouvrant ses prunelles vers lui, elle caressa à son tour son cou comme cherchant un raisonnement fiable pour le mettre en sécurité :

    - Tu sacrifierais tout pour rester ici ? Ta famille.. Bree.. Mary.. William.. Ils ont aussi besoin de toi. Je sais qu'on avait dit qu'on resterais un duo et tu es toujours mon âme soeur mais.. mais vivre en Ecosse à ton époque et ici à mon époque n'est pas du tout comparable tu dois en prendre conscience.

    Bien entendu, elle espérait dans un sens lui faire un peu peur. Sa raison la poussait à le faire partir d'ici le plus vite possible. Elle avait si peur que Dezba les trouvent et qu'il lui fasse subir le pire des châtiments. Mais Gabriel insistait, la rassurant encore une fois comme il savait si bien le faire. Blottis l'un contre l'autre, elle vint l'attirer dans les hautes herbes avec elle. Allongés, il avaient pour fidèle amie bienveillante la lune qui les éclairait de ses rayons nocturnes. Pocahontas posait son nez contre celui du brun et caressait sa joue avec douceur en lui demandant de lui raconter ce qui c'était passé le fameux soir de l'incendie.

    Elle ne pouvait s'empêcher de faire le tri dans ses pensées et de s'en vouloir. Elle aurait du venir le rejoindre et le sauver et ne pas faire confiance à cet Archie. Bien évidemment, elle s'excusa d'être tombée dans le piège du couple diabolique et demanda quand même si William n'avait pas été trop heurté de comprendre quelle horrible femme était Meghan.

    Enfin, lorsqu'ils eurent finis d'évoquer ce triste épisode, elle se rendit compte qu'elle continuait de caresser les traits fins de son visage et qu'elle contemplait son regard si intense. Avec douceur, elle se redressa très légèrement pour venir déposer un doux baiser sur les lèvres de Gabriel. Un baiser tendre, léger, presque timide qui la fit frissonner d'un plaisir redoutable. Finalement, à bout de souffle, elle posa son front contre celui du brun avant de murmurer près de ses lèvres :

    - J'ai l'impression de vivre un rêve mais non.. Tu es bien là.. Tu es là et je te tiens contre moi Isha.. Je t'aime tellement..


    immarcescible, Posté le mardi 18 janvier 2022 23:12 Répondre

    Le traquenard d'Aponi avait conduit Pocahontas à se rendre au lac. Elle-même, la première, avait été quelque peu surprise de ce nouveau rituel. Mais toute sortie hors du tipi de Dezba était l'occasion pour elle de souffler un peu. Ces deux dernières semaines avaient été éreintantes. Jamais garder la paix avec les blancs fut aussi compliqué. Des deux côtés les émissaires allaient et venaient tentant de trouver une approche tantôt agressive ou pacifique.

    Pocahontas faisait toujours preuve d'une grande diplomatie tout en cherchant ce qu'il y avait de mieux pour son peuple. Le plus était quelle parlait parfaitement la langue des visages pâles quand son propre peuple se le refusait. C'était encore une des choses qui la marginalisait du reste des autres. Mais elle s'en fichait. Au moins elle était libre d'être dans ses pensées et ses souvenirs.

    En arrivant au lac elle ne pu le manquer. C'était comme si une partie d'elle avait volontairement voulu l'oublier lui faisant croire qu'il ne s'agissait que d'un rêve. Mais il était là, patient malgré ce feu ardent qu'elle voyait dans son regard. Aponi la rassura mais elle était malgré tout tétanisée. Une fois devant lui, elle baissa les yeux sur son collier de coquillages blanc nacré sans oser le regarder. Elle avait toujours aussi honte et sa conscience la rabrouait de plus belle de ne pas avoir tourné les talons :

    - Arrête.. Je sais pertinemment que ce n'est pas vrai. Une minute s'est écoulée pour toi quand.. quand quatre années ont passé ici Isha. Je ne suis plus la même femme. J'ai vieillis et.. et j'ai été mariée de force à Dezba. Je.. Je.. Je ne suis plus celle que tu as connue.

    Elle le sentait venir elle et diable qu'elle avait envie de se réfugier contre lui mais elle devenait se retenir de peur qu'il la repousse ou pire qu'il s'éprenne encore un peu plus d'elle. Relevant son regard de jais intense vers lui elle ne pu retenir son flot de larmes en posant ses mains sur sa poitrine :

    - J'ai tellement prié pour que tu viennes Isha. Je n'ai fais que ça pendant des jours et des nuits entières.. Mais.. Mais je ne peux pas te suivre jusqu'en Ecosse. Mon peuple, ma famille ont besoin de moi. Tout est si tendu ici. Je ne peux pas les abandonner sciemment cette fois-ci et ça me tue car je ne rêve que d'une chose, de toi. Ce serait de te mentir que de te dire que je ne t'aime plus car oui je t'aime toujours autant et intensément mais je ne peux pas t'infliger une telle situation. Tu dois repartir dans ton monde, ton époque où tu seras en sécurité. Si ils te trouvent ici ils te tueront et.. et je ne les laisserais pas faire donc ils me tueront et..

    Elle du faire une pause car elle allait lui dire la vérité concernant Kisos. Mais elle avait peur. Peur qu'il emporte leur fils loin d'elle, peur qu'il la déteste de ne pas être revenu près de lui avec cet enfant dont ils avaient tant parlé. Enfin, elle osa faire un pas vers lui, n'y tenant plus. Posant sa main sur son buste, elle essuyait ses yeux de l'autre en contemplant ses prunelles d'un bleu toujours si intense :

    - Je t'ai fuis ces derniers jours parce que j'avais peur que tu ne m'aimes plus, que tu sois répulsé en voyant la femme que je suis devenue. Mais je te jure t'avoir aimer toutes ces années et tous ces jours qu'elles ont contenues. Isha.. Mon amour..

    Sans s'en rendre compte, comme aimantée, elle se retrouvait blottie contre lui. Son visage se posait contre son buste et ce parfum, ô ce parfum si singulier qui l'avait toujours envoûtée. Encore une fois ils se retrouvaient près d'un point d'eau. A croire qu'ils étaient liés par ce courant si magnétique. Blottie contre lui, elle s'agrippait fermement de ses deux mains en murmurant d'une voix brisée :

    - Pourquoi t'envoient-ils à moi si tardivement ? ô Isha.. J'ai cru mourir mille fois sans toi.. Et maintenant je dois encore te faire partir.. C'est cruel, trop cruel..


    immarcescible, Posté le mardi 18 janvier 2022 21:45 Répondre

    La honte s'emparait d'elle. La honte d'avoir céder à ce mariage. La honte de ne pas s'être plus battue pour le rejoindre. La honte d'avoir vieillie, même si elle restait techniquement plus jeune que lui. Il lui offrait ce tendre baiser mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir mal, non pas pur Dezba, ô non, mais de ne plus être celle qu'il avait connu et qu'il ne retrouverait jamais. Rapidement elle dissimula son visage entre ses mains tout en s'affaissant sur elle-même. A genoux devant le lit, elle ne put retenir ses larmes qui glissaient avec rapidité le long de ses joues et de ses mains :

    - Oh Isha.. Ne me regarde pas je t'en supplie.. Je suis vieille et affreuse.. Je suis si désolée de ne pas avoir pu te sauver.. De m'être laissée avoir par Archie..

    La culpabilité jouait aussi un rôle bien plus puissant. La jeune femme se recroquevillait sur elle-même comme une feuille en automne. Mais au même moment Aponi surgissait dans le tipi accompagné de Nashoba. La vieille femme vint encercler sa petite fille de ses longs bras et la rassurer avant de lui dire d'aller se rafraichir au ruisseau. Ce qui était mieux en effet. Elle ne pouvait pas rester dans le même tipi que Gabriel. Le décalage était bien trop considérable pour la jeune femme qui avait fait son deuil de ce grand amour.

    Aponi se présentait enfin. Ses traits étaient les mêmes que ceux de Pocahontas et du portrait trouvé dans le manoir. Elle souriait gentiment à Gabriel en le forçant à se rallonger d'une main de fer. Regardant avec attention la plaie cicatrisante du brun elle siffla de contentement :

    - Elle est brillante ma petite fille n'est-ce pas, s'amusait-elle à répliquer avec douceur, enfin nous nous rencontrons puissant Isha. Merci à toi d'avoir aussi bien veillé sur ma jolie petite fleur des ruisseaux. Si tu savais à quel point elle a pu nous parler de toi. Tu es son sujet favori depuis son retour.

    Et ainsi la vieille femme évoqua tout ce que Pocahontas lui avait raconté tout en ajoutant par moment ces détails si précieux où elle avait laissé les fameux cadeaux aux amants maudits. Mais jamais elle ne parlait de Kisos. Elle savait pertinemment que cela serait un sujet que seule la jeune cheffe devrait aborder. Avec douceur, elle passa une main sur la joue de l'écossais et soupira :

    - Pocahontas a raison.. Tu n'aurais pas du venir ici Gabriel Walker. Tu cours un grand danger en étant là. Mais puisque tu es l'âme soeur de mon unique petite fille je te protégerais et je te guiderais. D'accord ?

    Rien d'étonnant à ce que Pocahontas soit aussi douce avec une grand-mère telle qu'Aponi. Après avoir discrètement vérifié que personne aux alentours pouvait voir, elle déplaça l'immense écossais jusqu'à son tipi qui se trouvait tout près mais qui était suffisamment à l'écart pour qu'il puisse se restaurer aisément. Et puis de toute manière, hormis Nashoba et Pocahontas personne ne venait la voir. Elle donna une potion à boire au brun qui le fit dormir aisément pendant toute la journée.

    - Il est important que tu dormes si tu veux reprendre des forces père-du-soleil, le surnommait-elle en référence à Kisos, ma petite fille va avoir besoin de ta force et de ton courage très prochainement.

    Et c'était vrai. Pocahontas devait jongler entre la politique de son peuple qui voulait se rebeller contre le peuple blanc qui vivait tout près à Jamestown. Mais depuis toutes ces années, grâce à elle, la paix régnait et il était hors de question que des débordements surviennent. La paix était un cadeau qu'elle chérissait mais pour lequel elle devait se battre tous les jours. Or, ce jour là, la séance du conseil évoquait les problèmes commerciaux avec eux justement. Il était si compliqué pour la jeune femme de se concentrer en sachant que Gabriel était si près. Elle du néanmoins trouver l'attention nécessaire pour rendre un jugement qui serait une nouvelle fois une tolérance certaine envers les visages pâles.

    Dezba trouvait sa femme étrange et lui demanda donc ce qui lui arrivait lorsqu'elle servait le repas du soir dans leur tipi. Kisos jouait avec sa purée si bien qu'elle du le nettoyer et éluder la question. Mais cela ne fit qu'énerver une fois de plus l'amérindien qui tapa du poing sur la table :

    - Pourquoi ne réponds-tu pas à ma question. Quelque chose semble te perturber.
    - Je t'assure que tout va bien. Je suis juste très fatiguée.
    - Nashoba n'aurait pas du te demander d'aller voir Maya. D'ailleurs, comment va-t-elle ?
    - Bien, bien, bien. Juste une fausse alerte.

    La soirée était tendue surtout qu'elle devait trouver un moyen de quitter une nouvelle fois le tipi pour rejoindre Gabriel. Mais la peur de le décevoir, de le revoir la clouait quelque peu sur place et pire, Dezba lui interdit de sortir pour aller voir sa grand-mère :

    - Tu iras demain Pocahontas. Ce soir tu dois dormir, viens.

    Il parlait toujours aussi froidement et avec le peu de mot possible. C'était un guerrier, pas un diplomate. Docilement la brune obéit et vint se coucher dans leur lit. Savoir Gabriel si près d'elle la consumait de l'intérieur. Comme prise d'une ambivalence sa déesse intérieur lui hurlait d'aller le rejoindre quand sa raison l'en interdisait. Elle attendit donc que son époux soit endormi pour aller voir Kisos qui dormait profondément. Le contemplant longuement, elle le pris dans ses bras et lui murmura la comptine gaélique que Gabriel lui avait autrefois appris.

    Pendant ce temps, dans le tipi d'Aponi, Nashoba veillait le blessé en compagnie de sa grand-mère. Il était fasciné par ce guerrier écossais dont sa soeur lui avait tant parlé. Il avait beau être le grand frère il n'en restait pas moins qu'il était sous le joug de la petite Pocahontas. Voyant que le brun se redressait difficilement, il vint l'aider et lui souris :

    - Alors guerrier Isha.. Comment te remets-tu ? Pocahontas ne pourra pas venir ce soir. Mais demain elle l'a promis ne t'en fais pas.. Tu dois te reposer.


    immarcescible, Posté le mardi 18 janvier 2022 19:50 Répondre

    Quatre années étaient passées depuis le retour miraculeux de la Princesse. Son peuple vénérait les pouvoirs de cette dernière quand celle-ci aurait préférer mourir plutôt que de subir le destin qui l’attendait. Bien vite, après avoir guérie ses blessures, elle tenta de s’enfuir pour rejoindre la grotte la plus proche afin de rejoindre Gabriel. Mais c’était vain. Son père et Dezba avait prémédité la potentielle fuite de la jeune princesse et mis suffisamment de gardes autour d’elle pour ne pas la voir disparaître. Murée dans le silence, elle n’acceptait de parler qu’à Aponi et Nashoba. Elle savait que les deux étaient capable d’une véritable écoute.

    Très vite elle fut mariée de force à Dezba comme il avait été convenue dès le départ. Gardant précieusement autour de son cou la bague de sa grand-mère elle avait du honorer les sacrements de ses ancêtres et s’unir à cet homme avec qui elle n’avait rien en commun et qui l’effrayait. Car Dezba était immense et imposant. Un grand guerrier dont elle honorait le courage mais qui ne voyait en elle qu’une simple femme permettant d’acquérir plus de pouvoirs.

    Lors de la nuit de noces elle lui avoua aimer un autre homme et qu’elle s’était engagée à lui. Il partit dans une rage folle et en vint à la frapper. Fort heureusement, elle lui hurla qu’elle était enceinte ce qui eut don de l’arrêter. Il y avait certainement valeurs chez les amérindiens qui résonnait encore en lui et savoir qu’elle portait la vie l’obligeait à se contenir.

    - Je ne te toucherais pas Pocahontas, pas tant que cet enfant sera là. Mais il sera à moi. Je l’élèverais comme le mien. Je le laisserais vivre en paix si tu me jure qu’il ne saura jamais la vérité sur son véritable père.

    Se sentant seule, acculée, terrorisée et perdue elle accepta.

    Les années passèrent pendant lesquelles elle remplissait à la perfection son rôle de femme du chef. Son père vivait encore mais il avait passé le flambeau à Dezba et Leitko l’un de ses frères. Elle organisait la vie du camp et s’occupait des réunions politiques. Aponi l’avait initié aux arts chamanique et elle avait continué à approfondir ses compétences en médecines notamment en soignant tout son peuple de maladies occidentales. Mais ce dont elle raffolait le plus c’était de s’occuper de Kisos. Son soleil, son heureux petit garçon aux yeux d’un bleu pur. Chaque jour elle priait pour Gabriel et le reste de la famille qu’ils avaient constitué là-bas en Ecosse et chaque jour elle espérait qu’il avait trouvé le bonheur et la paix.

    Pocahontas avait abandonné l’idée de rejoindre Gabriel lorsque leur fils naquit. La peur de mal voyager et de perdre Kisos la paralysait de l’intérieur. Elle n’aurait pas pu supporter cette idée et se résigna à vivre simplement auprès des siens tout en bénissant les moments de bonheur passés avec son tendre amant. Souvent elle s’exilait seule pour prier ou juste se rappeler chaque moments en sa compagnie.

    Kisos avait eu quatre depuis quelques jours et quel adorable petit bébé. Depuis sa naissance elle n’avait pas revu le Kisos adulte et elle se demandait comment un si petit et adorable bébé pourrait devenir aussi immense. Il lui avait apporté de la joie, de la douceur et même Dezba s’était pris d’affection pour lui. Mais plus l’enfant grandissait et plus ses traits s’affirmait ainsi que son métissage. Bien entendu, tout le monde comprit assez rapidement que Kisos n’était pas le fils de Dezba mais tout le monde savait qu’il y avait des secrets qu’il fallait mieux garder pour soi. Seuls Nashoba et Aponi étaient au courant de toute la vérité.

    Ce fameux soir là, elle venait de coucher Kisos dans son lit. Il tenait fermement dans sa main le totem qu’avait sculpté sa mère, un chien. Il lui rappelait Tempête. Malgré la réticence de Dezba elle rejoignit avec son frère sa fameuse tente même si elle se doutait qu’il ne s’agissait pas de Maya. Elle ne devait accoucher que deux mois plus tard. Son coeur cessa de battre lorsque son frère souleva le pli de la tente pour faire apparaître un Gabriel ensanglanté portant les vêtements qu’il avait la dernière fois qu’elle le vit.

    Des jours et des semaines étaient passées depuis tout ce temps où il lui avait promit de revenir et où elle l’avait perdue. Sans perdre un instant, même si ses mains tremblaient, elle ordonna à son frère d’aller chercher Aponi et se mit à compresser son buste où la balle allait sortir. Livide, elle murmurait d’une voix faible à genoux devant lui :

    - Isha.. Isha.. Mon amour.. Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?

    En effet, son corps était couverts d’ecchymoses, de blessures du à une torture violente et continue. Elle n’osait imaginer ce qu’Archie lui avait fait subir. Mais pire que tout, il semblait ne pas avoir changé. Ce pourrait-il qu’il n’ai pas remonté le temps comme elle ? Mais l’heure n’était pas à la question, elle devait le soigner et vite. Heureusement, Aponi arriva rapidement et elles purent lui donner les premiers soins. Cela dura toute la nuit. Pendant ce temps, Nashoba surveillait la tente car il savait que si la nouvelle de la présence de Gabriel se faisait ici ils seraient exécuté sur le champ.

    Lorsque son état fut suffisamment stable, Pocahontas vint se pencher sur son visage. Elle le lavait avec douceur en utilisant du savon au jasmin qu’elle fabriquait elle-même. Ce parfum lui rappelait toujours ces moments précieux en sa compagnie. Avec douceur ses mains caressaient les joues du brun qu’elle avait rasé et contemplait ses traits qu’elle avait tant et tant ressassé toutes ces années :

    - Tu es en sécurité Isha.. Je suis là.. Mon tendre amour.. murmurait-elle en gaélique.

    Mais le jour se levait et elle devait partir. A regret elle quitta le chevet de Gabriel mais lui promit de revenir au plus vite malgré qu’il dorme. Elle donna pour consigne à Nashoba de ne pas quitter la tente, sous aucun prétexte.

    - Je serais son guide je te le promet ma soeur.
    - Ne.. Ne lui dis rien. Pour.. Pour tout. Tu sais.. Je dois lui dire moi-même.
    - C’est promis.
    - Tiens le bien. Il est très têtu. Dis-lui que je serais là pour midi. Que j’ai promis.

    Et en effet, quand elle revint à midi et quelle vit le visage marqué de son frère elle comprit que Gabriel ne s’était pas laissé faire. Cela la faisait à moitié sourire mais elle prit la relève et entra dans la tente. Il dormait certainement de nouveau et lentement, elle s’approcha avec de l’eau fraiche et des fruits. S’agenouillant devant lui, elle le contempla les yeux embués de larmes.

    Elle n’avait pas vraiment vieillit mais on voyait bien que quelques années avaient passés. Sa tenue était typiquement celle d’une cheffe de tribu avec ses innombrables bijoux et ses tresses particulières. Caressant délicatement la joue du brun, elle mordit sa lèvre pour se retenir de pleurer. Lentement, sa main vint caresser son buste avant de s’attarder sur son bandage qui avait un peu saigné. Elle allait le changer lorsqu’elle le vit se réveiller tout doucement :

    - Isha, murmurait-elle d’une voix brisée par l’inquiétude, tu n’aurais jamais du venir ici.. Tu as conscience de ce que tu as fais..


    immarcescible, Posté le mardi 18 janvier 2022 15:28 Répondre

    Les pensées de Pocahontas avaient bien entendues appelé Kisos. Mais très rapidement elle s'était ravisé. Elle craignait que le chamboulement, une fois de plus, des erreurs du voyage dans le temps viennent tout détruire. Son destin était de vivre avec Gabriel avec les difficultés que cela coûterait, aussi, elle se promit de trouver une solution seule à ce problème. Garrett l'avait convaincu de prendre Millie avec elle. Il est vrai que si jamais il se passait quelque chose, l'arme surprenante qu'était sa nouvelle amie pouvait faire la différence.

    - Je vous promets de faire attention. Mais je dois retrouver Gabriel coûte que coûte. Rien n'y personne ne m'empêchera de le faire.

    Déterminée, elle attendait au petit matin le fameux Archie qui apparut comme il était arrivé la veille, par surprise. Il regardait d'un mauvais oeil Millie et Pocahontas cru d'abord que c'était de la méfiance. Après tout, par les temps qui couraient, c'était un peu normal non ?

    - C'est ma servante, Mildrede. Les femmes ne peuvent voyager sans chaperon.

    Merci les cours de bonne manières de Vicky se disait mentalement la brune. Cela eut don de faire taire les potentiel de Archie ce qui rassura la brune qui n'aimait pas mentir. Alors qu'ils marchaient en direction de la montagne, elle ne pu s'empêcher de penser à Bree et son doux sourire. Longuement dans la nuit elle l'avait bercée contre elle. L'image d'un bébé et de Gabriel près d'elle à la serrer longuement contre lui, avait creusé dans son ventre une peine considérable.

    Elle espérait tellement trouver des réponses dans cette montage et surtout le retrouver sain et sauf. Pourquoi se cachait-il d'elle ? Des autres, cela pouvait être compréhensif, mais d'elle aucunement. Archie parlait beaucoup, de tout, de rien. Il était intéressant pour la jeune femme qui apprenait des choses sur la végétation écossaise mais très vite, Millie vint s'interposer entre les deux en lançant un regard noir au blond.

    Ils atteignirent le pic et le sommet en début de soirée. Pocahontas était épuisée et elle mourrait de froid. Mais elle voulait continuer jusqu'à cette fameuse cavité où Gabriel et William se seraient dissimulés. Archie devenait de plus en plus silencieux alors qu'ils approchaient du but et un mauvais pressentiment l'enveloppait. Mais elle était bien trop concentrée sur les potentielles retrouvailles avec Gabriel pour se méfier. Comme prévu, ils arrivèrent devant une porte épaisse qu'Archie ouvrit.

    Pocahontas entendit Millie sortir charger son arme. Archie tiqua et sembla furieux de voir que la blonde-servante était armée. Il passa donc entre les filles et reprit son fameux numéro de petit paysan tout gentil et conduisit la brune vers le fond de la grotte où Meghan se trouvait.

    - Qu'est-ce que..
    - Non ! Non ! Non ! Je vous en supplie, laissez-moi !

    Hurlait la rousse qui semblait avoir été sauvagement battue. Plusieurs plaies couvraient son visage quand sa robe avait été totalement déchirée. Du sang coulait sur ses cuisses et la vue de cette femme en souffrance retourna l'estomac de Pocahontas. Même si elle ne lui faisait pas confiance, elle se pencha sur elle pour consulter son état :

    - Mon dieu.. Mais.. Mais qui vous a fait ça ?
    - Je.. Je vous en supplie pardonnez-moi... C'est.. Seigneur.. C'est Gabriel.. Gabriel et William.. Ils m'ont kidnappée après avoir tué tout le monde dans l'incendie.. Tuez-moi je vous en supplie..
    - Non.. Non.. Ce que vous dites est faux.

    Pocahontas blêmissait. C'était impossible, rien n'avait de sens. Pourtant, la mise en scène convenue entre Meghan et Archie fonctionnait terriblement bien. Sans le savoir Pocahontas était bien évidemment tombée dans un piège. Au dessus d'elle et des autres se trouvaient les hommes de Archie près à tirer sur elle si jamais elle n'agissait pas comme prévu et ça, sous les yeux de Gabriel qui devait être très certainement ligoté et bâillonné comme il fallait :

    - Meghan c'est faux. Je connais Gabriel et William.. Jamais ils ne feraient une telle chose !
    - Ah oui ! Et que croyez-vous qu'ils ont fait à cette pauvre Maria à votre avis ??

    Elle hurlait désormais et tout le désordre des histoires des frères Walker frappa au visage de l'amérindienne perdue. Plus rien n'avait de sens. Millie observait autour d'elle mais elle s'inquiétait de voir son amie aussi perturbée. Qui ne le serait pas en voyant une telle scène en même.

    - Ils lui ont fait ce qu'ils ont voulu me faire. Ils l'ont détruite en la poussant à mourir. Ils l'ont tué ! Ils l'ont tué après avoir violé son corps ! Ce sont des monstres ! Des monstres Pocahontas !

    Mais Pocahontas ne pouvait pas y croire. Elle revoyait la douceur de Gabriel, ses mots, ses gestes tendres, ses promesses. Tout ce qui faisait qu'elle aimait depuis toujours. Kisos n'était pas revenu, cela voulait bien dire que c'était faux. Elle était perdue, indécise mais finis par se lever et regarder Archie qui ricanait en silence. Fronçant les sourcils, elle vint à lui et sortit sa dague qu'elle posa sous la gorge du blond qui se révélait enfin devant son vrai visage :

    - Oh ma chère.. Que comptez-vous faire avec votre cure-dent ? Tu vois Meghan. La petite sauvage en a bien plus dans la tête que nous le croyions.
    - Archie.. Tu.. Tu..
    - Je.. Je.. Je ? Oui, oui petite fleur. Je suis bel et bien ce que tu crois.

    La naïveté de la jeune femme lui explosait au visage et alors qu'elle allait enfoncer la lame dans la gorge du blond il l'intercepta aisément en la frappant en plein visage. Tombant au sol un peu sonnée, Millie voulut riposter en tirant sur lui mais le manqua. Malheureusement, l'un des hommes d'Archie tira à son tour et la toucha à la jambe ce qui la fit s'écrouler sur le sol. Lorsque Pocahontas s'éveilla, le blond était sur elle et la tripotait. Cela la fit se relever rapidement après lui avoir donné un coup dans les parties. Se débattant du mieux qu'elle pouvait, il était difficile pour elle de s'enfuir avec le taffetas de tissus qui couvraient son corps. C'est donc sans mal qu'Archie la rattrapa avant de poser un couteau épais et aiguisé sous sa gorge :

    - Alors Walker ! Tu aimes le petit spectacle ? Elle vaut tant le coup que ça la petite sauvage ? Parce que j'aimerais bien goûter à ce dessert exotique figure-toi, hurlait-il en ricanant, faisons un échange. Je te laisse Meghan et je prends la tienne. Allez ! Soit un peu partageur !

    Très vite, ils virent des hommes de Archie tomber raide mort et d'autres s'enfuir de leurs cachettes. Cela signifiait que les frères Walker semblaient avoir réussit à s'être libéré. Cela fit rugir de colère Archie qui entraina Pocahontas vers l'extérieur. Elle ne pouvait rien contrôler puisque le vent glacial et la neige lui rendait tout chemin invisible. Seul Archie semblait savoir où aller. Ce fut lorsqu'ils atteignirent une grotte suffisamment protégée couverte de dessins celtique qu'elle comprit qu'ils se trouvaient dans un potentiel passage :

    - Non.. Non.. Non.. Pas ici Archie.. Non..
    - Pourquoi ça ? T'as peur de ces vieux dessins princesse, demandait-il en riant toujours, ton prince charmant viendra pas ici crois-moi. Personne. T'en que je ne t'aurais pas goûté.

    Elle se débattait du mieux qu'elle pouvait si bien qu'elle lui donna un coup violent dans le nez ce qui le fit saigner. Profitant de son inattention, elle prit l'arme à feu et tira sur lui en pleine jambe. Du sang giclait de partout et le son résonna dans toute la montagne. Pocahontas retira son châle recouvert du sang de son ennemi et allait lui donner le coup de grâce mais sans qu'elle s'en rende compte elle fut aspirée avec lui par la pierre.

    Lorsqu'elle ouvrit les yeux, la forêt de son enfance lui apparut. D'abord, elle crut que c'était un rêve et souris en entendant les oiseaux chanter près d'elle. Elle voulait fermer les yeux et se rendormir persuadée de retrouver Gabriel contre elle au paradis mais rien si ce n'est de l'herbe. En se redressant, elle entendit des bruits de pierre taillée. Surprise, elle se redressa et vit son peuple tailler la fameuse pierre par laquelle elle était passée la dernière fois. Ils l'avaient brisé et elle était rentrée. Pire que tout, son père était là accompagné de Dezba, son fiancé.


    immarcescible, Posté le mardi 18 janvier 2022 10:48 Répondre

    Toute la nuit elle avait attendue. Les derniers mots de Gabriel résonnaient encore dans sa tête quand elle sentait à chaque minutes passées ses forces la quitter. Et c'était pire maintenant que les jours et la semaine étaient passées. Pourtant, elle devait rester forte. La cause de l'incendie n'avait pas été encore trouvée et dans les débris des corps et du bois calciné impossible de savoir si il était là près d'elle. Souvent elle entendait les cris d'horreurs et de détresse qu'il aurait pu avoir si il était véritablement dans le hangar et alors elle sentait tout son courage la quitter. De plus en plus elle s'isolait et elle priait ses Esprits de lui donner un indice, quelque chose qui la relie à lui car au plus profond d'elle, il était impossible qu'il ai pu mourir. Elle l'aurait sentie. Elle l'aurait su.

    Alors lorsque Garrett vint lui dire qu'ils avaient enfin délogés tous les corps et que aucun ne correspondaient à Gabriel, William ou Meghan, elle comprit qu'il s'agissait d'un piège de ce fameux neveu et qu'ils étaient en vie quelque part. Heureusement qu'il était là avec Anya pour la soutenir.

    Suite à l'incendie, elle avait envoyé d'office Mary et Bree à Lowache chez les Walker. L'enfant n'était pas en sécurité ici et elle ne pouvait pas s'occuper convenablement d'elle en sachant qu'elle chercherait le responsable de ce massacre. Millie les avaient escortées en compagnie de Binki. Cela avait légèrement fait sourire Pocahontas qui pensait alors à Gabriel en espérant un potentiel rapprochement entre les blondes. Mais pour le moment, elle était plus intriguée par la disparition des deux Walker pour se préoccuper d'histoires de coeur.

    - Mais je ne comprends pas. Si ce neveu voulait tant le pouvoir, pourquoi emmener Gabriel et William avec eux.
    - Peut-être espère-t-il demander une rançon ?
    - Non Garrett ça n'a aucun sens. Son but est forcément de nuire aux garçons et de récupérer son dû. Si il veut véritablement obtenir le pouvoir il doit les tuer sinon ils continueront de rallier des gens à leur cause.

    Ce que disait Pocahontas avait soudainement du sens. Garrett se demandait bien alors ce que pouvait préparer ce fameux neveu dont ils ne connaissaient absolument, ni le visage, ni le nom. Tout homme était un potentiel ennemi et un climat de méfiance régnait partout à Glasgow. Car oui en dépit du trafic prospéré par les Walker ils étaient nettement plus apprécié par la population que Skylar qui était un tyran né. Avec l'aide de l'amérindienne ils avaient ouvert un dispensaire et un cabinet médical tout en permettant à plusieurs enfants d'aller à l'école. Le risque avec ce neveu était qu'il pouvait reprendre le flambeau familial et conduire la ville à faire revenir le vice et le crime.

    - Pocahontas.. Tu devrais dormir un peu. Ou même manger.
    - Je te remercie Anya mais je suis incapable de faire l'un ou l'autre. Je dois retrouver Gabriel.

    La Duchesse comprenait le désespoir de son amie. Depuis qu'elle avait touché au bonheur avec Garrett elle ne pouvait concevoir qu'il puisse disparaître. Cela la faisait amplement réfléchir sur son avenir au sein de la pègre écossaise. Néanmoins, elle sortit un plateau avec suffisamment de nourriture pour nourrir un régime. Garrett se gavait et mangeait comme un ogre quand Pocahontas observait le calme de la propriété songeuse :

    - Envoyons une demande de rançon pour commencer et on avisera au bout de deux jours. Si personne n'est venu à nous et bien je partirais moi-même le chercher et là, je serais beaucoup moins gentille croyez-moi.

    Ainsi fut-il décidé. Mais au bout de deux jours, aucunes nouvelles, rien. Pocahontas commençait à perdre son sang-froid surtout qu'elle ne quittait pas l'immense manoir où elle était seule désormais. L'impression de vivre un cauchemar éveillé avait creusé ses yeux de cernes devenues violettes. Le manque de nourriture l'avait fait maigrir suffisamment pour qu'on se rende compte qu'elle était au bord de la rupture. Le pire était de ne rien savoir finalement.

    Pourtant, le deuxième jour alors que le soleil se couchait, un homme toqua à la porte. Aussitôt elle accourue et fut surprise d'y voir un homme modestement habillé et lui sourire amicalement. Méfiante, elle gardait une main dans son dos tenant la fameuse arme que Gabriel lui avait confié lors de sa première réunion au hangar :

    - Vous êtes Pocahontas ? La princesse ?
    - Qui êtes-vous, demandait-elle méfiante, et que me voulez-vous ?
    - Je me présente Archibald. Mais vous pouvez m'appeler Archie.

    Cela n'aidait pas la jeune femme qui ne bougeait pas d'un iota, sa main droite toujours appliquée à tenir l'arme en cas de soucis :

    - Ça ne me dis toujours pas ce que vous me voulez.
    - J'ai des informations qui pourraient vous intéresser sur les frères Walker. Je les aies vu s'enfuir du hangar le soir de l'incendie. Ils emportaient avec eux une femme qui demandait à l'aide et quelques secondes après tout explosa.

    Ce que sous-entendait donc le jeune homme nommé Archie c'était que les garçons auraient kidnappé Meghan avant de mettre le feu au hangar. Cela semblait surréaliste pour l'amérindienne qui fronçait les sourcils surprise. Prenant un temps de réflexion, elle observa le jeune homme crotté qui avait l'allure parfaite d'un gamin des dock. Elle lui demanda son âge et il s'avérait qu'ils avaient le même, dix-huit ans. Il semblait si doux et gentil qu'il ne pouvait pas être l'homme qu'ils cherchaient et pire, il semblait affamé :

    - Rentrez. Je vais vous faire à manger.

    L'homme la remercia et elle le conduisit avec sûreté jusqu'au salon où trônait un énième plateau de nourriture apporté par Anya la veille. Comme elle s'en doutait, il se jeta pour dévorer ce qui était mis sur le plateau et mangea quasiment tout. Il devait ne pas avoir mangé depuis des jours et cela ému la jeune femme qui ne se rendait plus compte de la chance qu'elle avait. Manger à sa faim était devenu si simple qu'elle n'y pensait plus désormais. Toujours est-il que le jeune homme se présenta et raconta son histoire. Un gamin abandonné, il travaillait comme docker depuis toujours et fut libéré de sa dette pour Skylar le jour où Gabriel le sauveur vint prendre sa place. Il ne cessait de célébrer Gabriel ce qui fit flancher Pocahontas. Un homme qui était censé le haïr ne pouvait pas agir avec autant de bonté, se disait-elle naïvement.

    - Ils sont partis se réfugier dans les hauteurs de la montagne. Peut-être qu'ils s'y cachent encore mais je n'ai pas osé y aller.
    - Pourquoi venir me le dire aussi tardivement ?
    - Parce que je n'osais pas vous importuner, princesse.
    - Arrêtez vos simagrées. Je ne suis pas une princesse dans votre ville. Il faut que vous me conduisiez à cette fameuse montagne.
    - Oh mais j'ai bien trop peur de m'y rendre.
    - Je vous paierais en conséquence ne craignez rien.

    Archie eut du mal à se faire convaincre par la jeune femme mais elle était si tenace et si persuasive qu'il vint finalement à accepter. Elle le renvoya chez lui en lui donnant un sac rempli de nourriture tout en lui rappelant de venir la chercher le lendemain. Pendant que Pocahontas se disputait avec Garrett qui voulait forcément l'accompagner car il n'avait pas confiance en ce nouvel énergumène, Archie montait en effet le pic de la montagne. Son sourire si candide se fendit d'une moue mauvaise et ses yeux tout doux redevinrent aussi sombre et violent que son âme. En arrivant devant l'immense porte dissimulée derrière un épais rideau de feuilles, il entra dans la caverne aménagée.

    Le blond se dirigeait vers Meghan qui s'essayait à ses "pouvoirs divinatoires" et lui offrit une plume qu'il avait récupéré chez Pocahontas. Puis, gardant avec plaisir les douceurs que lui avait donné l'amérindienne il vint s'approcher de ses deux prisonniers attachés au mur et surtout d'un en particulier :

    - On ne m'avait pas mentit. Elle semble aussi douce et pure qu'une jolie fleur au printemps ta petite sauvage. Mon pauvre Gabi, Gabi, Gabi. Je vais tout te prendre.. Même ta petite princesse prête à n'importe quoi pour te retrouver, tu le sais ça ?

    Devant lui, il mangeait des shortbread et souriait d'un air malsain avant de se relever et de tendre le sac de nourriture à l'un de ses hommes avant de se rendre auprès de Meghan qui observait les frères Walker avec une pointe de désolement.


    immarcescible, Posté le lundi 17 janvier 2022 17:47 Répondre

    Comme toujours, lorsque ça concernait les deux frères Walker, Pocahontas savait pertinemment qu'il ne fallait pas s'en mêler aussi n'aima-t-elle pas que la rousse vienne mette son grain de sel. Mais toujours, comme sa place lui incombait, la brune restait silencieuse quand elle savait qu'il était nécessaire qu'elle le soit. Là, ça concernait une fois de plus leurs égo incommensurable et elle savait pertinemment que si elle s'en mêlait Gabriel serait encore plus instable.

    Elle se rendit compte qu'elle se mettait à respirer de nouveau lorsqu'ils eurent quitté la maison. Très vite elle se retrouva blottie contre Gabriel et tout l'apaisement de ces deux derniers jours venaient de disparaître. Adieu la douceur de l'isolement. Adieu la nature si légère et simple. Adieu Gabriel joyeux et insouciant. C'était le retour à la réalité et il était violent. Ses petites mains agrippaient le dos du brun alors qu'elle enfouissait son visage contre son buste pour qu'il ne voit pas sa peur.

    - Reste en vie et ne joue pas aux héros.. Ce sera mon seul et unique conseil mon amour.

    Enfin elle relevait son visage vers le brun pour contempler sa moue confiante. Oui, il était bien assez puissant pour terrasser n'importe quel de ses ennemis mais elle ne pouvait s'empêcher de penser que le bonheur était fragile et qu'il ne lui fallait pas grand chose pour s'évaporer. Sa main caressait sa joue alors qu'elle murmurait doucement :

    - Je sais que tu vas me dire que je suis jalouse mais.. mais ne fais pas confiance à cette Meghan. Toutes les personnes qui s'auto-proclament savoir l'avenir sont des personnes malfaisantes Isha. Cependant, fais attention à toi et garde toi bien de faire confiance aux bonnes personnes d'accord ?

    Bree se mettait à pleurer dans le couffin près d'eux. Pocahontas quitta les bras de Gabriel pour venir prendre la petite entre ses bras. Elle la berçait tendrement contre elle tout en chuchotant de tendre berceuses qui venaient apaiser l'enfant. Cela faisait sourire l'amérindienne qui reconnut dans son regard celui de Victoria. Elle espérait tellement qu'elle rentrerait bientôt pour voir sa fille grandir enfin.

    - Je vais aller nourrir Bree. Va te reposer mon amour. Tu dois avoir l'esprit clair avant de te rendre parmi eux d'accord ? Je monte te rejoindre dans un instant.

    Elle se rendait dans la cuisine où elle donnait le biberon à la petite rouquine. L'appétit la gagnait et pendant qu'elle la tenait fermement contre elle, Pocahontas parlait de tout et de rien avec Mary jusqu'à ce que cette dernière évoque Meghan :

    - C'est une vraie peste. Sa mère était une sorcière, le savais-tu ?
    - Une sorcière ? Mais pourquoi ça ?
    - Et bien elle pratiquait des rituels vaudou et satanique. Elle a été brûlée en place publique il y a plusieurs années de ça. Madame Delphine avait recueillie la petite Meghan mais elle avait déjà le diable chevillé au corps celle là.

    Un frisson parcouru la nuque de Pocahontas qui n'aimait pas cette histoire et savoir que cette femme si trouble tournait autour de Gabriel et William. Bree venait de finir son rot et elle posait la petite fille dans le couffin près de Mary qui cuisinait toujours avec plaisir. La brune prépara un petit plateau pour Gabriel et lui monta avant de prévenir la vieille servante qu'elle dînerait avec elle plus tard dans la soirée. En remontant, l'amérindienne repensant à ce que lui avait confiée Mary et se demanda bien ce qui pouvait lier Meghan aux frère Walker.

    En arrivant dans la chambre, elle posa le plateau sur le petit guéridon et vint lentement s'asseoir à califourchon sur un Gabriel endormi. Elle l'observait silencieusement et pensive, pourtant, ses doigts jouaient avec douceur sur son buste dont elle avait légèrement déboutonné la chemise pour déposer par moments certains baisers. Lorsqu'il ouvrit les yeux, elle lui offrit un tendre sourire avant de remonter à ses lèvres et lui donner un baiser :

    - Gabriel et Pocahontas Walker, couple médecins vivant à Mallaig. Je trouve que ça sonne super bien non ?


    immarcescible, Posté le dimanche 16 janvier 2022 20:13 Répondre

    Un sourire ironique ornait les lèvres de la brune en voyant Garrett se débrouiller comme un chef avec Bree. Mais surtout, le visage désabusé de son amant l'amusait de plus belle. Rejoignant Anya dans le petit jardin, elle fut surprise d'entendre sa crainte d'avoir des enfants et sa soit-disante non capacité à pouvoir en élever un. Rapidement, Pocahontas secoua la tête et la rejoignit dans le nettoyage du jardin. Ce qu'elle aimait mettre les mains dans la terre et sentir que les plantes poussaient grâce à elle.

    - Ne dis pas ça. Ce sera différent car ce sera ton enfant Anya.. Et puis.. Personne ne sait ce qu'il fait au début. C'est une découverte d'être parents. Personne n'est jamais prêt pour les responsabilités et toutes les choses qui vont l'entourer. Le tout est de l'aimer, de le chérir. Et le reste se fera tout seul ne t'en fais pas.

    Avec douceur, elle posa sa main sur la sienne comme pour lui rappeler qu'elle n'a aucune raison d'avoir peur puisqu'ils étaient tous soudés les un aux autres et que rien ne pouvait les atteindre :

    - On est une famille. Je te promets que tu ne seras jamais seule..

    Après avoir bu le thé tous ensemble, discuté et passé un doux moment, les deux amants et Bree rentrèrent au manoir. Mary avait fait tout le ménage et tous les meubles étaient arrivés. Enfin ils pourraient dormir dans une chambre avec un lit confortable. Non loin de la leur se trouvait celle de Bree et de Mary qui étaient liés par une petite porte dérobé. Eux, avaient le droit à leur intimité ce qui était quelque chose de non négociable pour la gouvernante. Tout de suite Pocahontas lui parla des fameux biscuits et Mary se mit en cuisine pour lui faire plaisir.

    Mais à peine étaient-ils arrivés que William apparaissait mais pas seul. Il était accompagné d'une femme rousse et d'une beauté surprenante. Elle se prénommait Meghan, comme dans l'histoire racontée par Kisos. Pocahontas se tendit alors qu'ils arrivaient dans le salon et qu'ils se jetaient sur Gabriel pour qu'il reprenne du service de suite. La brune se sentait de trop mais restait malgré tout près du brun assis sur le canapé.

    William lui expliquait que l'un des neveux de Skylar était revenu en ville après avoir été banni par le mort en question. Il venait chercher son territoire et toutes les richesses qu'il avait amassé toutes ces années. Bien entendu, il cherchait aussi et surtout à s'emparer et détruire tout ce que les Walker avaient créé.

    - Nous devons contre-attaquer !
    - William. Attendons peut-être qu'il vienne à nous. Peut-être pourriez-vous trouver un arrangement.
    - Gabriel tiens la bouche de Pocahontas, ces histoires ne la regarde en rien.
    - Pardon ? C'est qui qui soigne ton cul et tes hommes quand vous en avez besoin ? Je te prierais de ne pas oublier à qui tu t'adresses Walker. Sinon la prochaine fois tu n'auras qu'à mettre les mains dans tes propres boyaux pour te soigner.

    Le ton était donné et Willy se souvenait que la brune n'était pas le genre de femme à qui il fallait mal parler. Il s'excusa du bout des lèvres avant de se pencher sur son frère pour lui parler plus bas :

    - Il veut nous voler tout ce que nous avons construit. Et je ne le permettrais pas.
    - Tu devrais l'écouter Gabi. Willy dis vrai.. J'ai bien vu dans mes visions qu'une terrible épreuve va s'abattre sur vous tous prochainement. Nous ne devrions pas traîner.
    - Mais.. Qui êtes-vous ?

    Demandait enfin Pocahontas sans bouger de sa place. La rousse ignorait totalement la jeune femme et laissa William la présenter. Meghan aurait des dons de visions auxquels il croirait et il s'y fiait tellement qu'il ne voulait pas que sa famille tombe dans le piège tendu par leur nouvel ennemi.

    - S'il te plaît Gabriel tu dois l'écouter, suppliait-il pour la première fois son frère, je te demande de me faire confiance et de lui faire confiance.


    immarcescible, Posté le dimanche 16 janvier 2022 14:32 Répondre

    Heureusement que Gabriel était là pour la freiner par moment. Cela la faisait doucement sourire en l'entendant évoquer toutes les contraintes que cela apporterait et elle les comprenait. La jeune femme n'était pas du genre à mal prendre ses conseils surtout qu'elle savait qu'il ne s'agissait que de logistique. Aussi, elle le rassura en picorant ses lèvres de doux baisers en souriant doucement à ses multiples propositions :

    - Merci de me soutenir Isha et de me rappeler de ne pas être trop.. trop moi..

    Ses doigts caressaient avec douceur sa nuque quand elle sentait la douceur des lèvres du brun sur ses seins. Pocahontas fermait les yeux en bombant sa poitrine contre sa bouche chaude qui la rendait toujours aussi fébrile. Ses fesses étaient aussi prisonnière des mains grandes et puissantes de son amoureux. Cela la faisait pencher la tête légèrement en arrière, surtout lorsqu'elle sentit la langue humide de Gabriel capturer ses pointes dressées ce qui la frit agripper plus fermement le bas de sa crinière.

    - Oh.. Isha.. Me désires-tu ?

    Question purement rhétorique mais activait aussi le désir de la jeune femme. C'était un sentiment si contagieux le désir chez les deux. Une caresse, un regard suffisait à les envoûter. Le souffle court et les lèvres entrouvertes, elle se cambrait contre le bassin de Gabriel contre lequel elle jouait. Ses multiples caresses ne faisaient que naître un désir tout aussi équivoque chez elle et elle bénissait l'eau de ce bain de les unir de nouveau. C'était toujours le lieu parfait pour se retrouver se disait-elle. Lentement, l'une de ses mains quitta sa nuque pour venir se faufiler entre leurs bassins de sorte à agripper le membre dressé du brun.

    Le sentir déjà si dur la fit sourire. Son oeil en pétillait de joie. Mordant sa lèvre inférieure elle se penchait sur son visage qu'elle relevait pour embrasser sa mâchoire et mordre délicatement son cou puis son lobe d'oreille. Sa main exerçait des mouvements ferme sur le membre de Gabriel alors qu'elle murmurait au creux de son oreille :

    - Tha gaol agam ort a ghràidh.. mo ghaisgeach..


    immarcescible, Posté le dimanche 16 janvier 2022 12:30 Répondre

    Après toute cette nourriture et ce whisky si fort, Pocahontas voguait sur un petit nuage. Bien nourrie et légèrement éméchée, elle était confortablement blottie contre un Gabriel aussi à l'aise quelle. Le souvenir brumeux de la veille avait été occulté par cette douce journée à découvrir un autre pan de l'Ecosse. Les yeux clos, elle souriait doucement sous les caresses de son amant sur son épaule qui détendait totalement son corps :

    - Mh.. Tu es adorable Isha mais je ne sais pas si je mérite une si douce attention alors que j'ai dévoré tous les Shortbread, dit-elle en riant doucement, mais tu attises ma curiosité.

    Finalement, elle venait se redresser lentement pour chercher le sac qui se trouvait à l'autre bout de la pièce près du lit. Elle faisait les yeux doux au brun avant de finalement se lever malgré qu'elle soit trempée pour fouiller dans le dit-sac. En sortant l'objet elle sentie une émotion de joie et de douceur l'envahir. Reportant son attention sur le brun elle comprit le geste de ce cadeau. Le reposant avec précaution sur le lit, elle revint le rejoindre dans le bain en s'asseyant face à lui cette fois-ci :

    - Tu es fou.. Cela a du te couter une fortune mon amour. Mais merci.. C'est magnifique..

    Quelque peu réveillée elle se pencha sur ses lèvres pour déposer un tendre baiser sur les siennes quand ses mains caressaient ses joues barbues à souhait. Cela la fit doucement sourire alors qu'elle murmurait tendrement :

    - J'aime ta barbe.. Tu vas me trouver étrange mais j'adore la sentir contre ma peau nue.

    Finalement, elle se blottissait une nouvelle fois contre lui pour mieux passer l'éponge sur son corps et le savonner avec douceur. Elle en profitait différentes questions, comme pourquoi est-ce qu'il ne portait pas le kilt comme tous les hommes du nord ou encore est-ce qu'il l'autorisait à organiser des lieux d'accueils pour les réfugiés et les nécessiteux.

    - Je n'arrête pas de me dire que ce manoir est si grand qu'on pourrait sans aucun doute accueillir des gens. Nous n'avons pas besoin d'autant de place juste pour nous quatre. Alors je me demandais si je pouvais ouvrir une sort de lieu d'accueil où on servirait à manger et des lits pour dormir. Chez moi.. Tout le monde a le droit à un habitat, personne ne vit avec autant de mendicité. Alors je sais que tu as acheté cet endroit pour nous et je ne voudrais pas te blesser en te demandant ça mon amour.. Mais j'aimerais vraiment aider si tu m'y autorises..


    immarcescible, Posté le dimanche 16 janvier 2022 12:19 Répondre

    https://www.pinterest.fr/pin/521854675580550918/
    ce sourire, uniquement pour toi.


    immarcescible, Posté le samedi 15 janvier 2022 22:13 Répondre

    C'était réconfortant de voir son sourire au petit matin. Apaisant de le voir plus léger, tendre et si doux avec elle après la soirée désastreuse qu'ils avaient passés. Pocahontas avait abandonné l'idée du tatouage puisqu'il l'en avait empêché et elle se contentait bien heureuse de sa promiscuité si recherchée. Le lapin était délicieux et elle le félicita. Il faut dire qu'ils avaient si peu mangé la veille à cause de leur violente dispute. Elle se demandait même si leurs double se disputaient aussi vivement. Mais ça, elle le gardait pour elle craignant qu'il lève les yeux au ciel si elle reparlait de leur dispute.

    Car oui, même si tout semblait plus tranquille et serein elle sentait bien qu'il faudrait revenir à un moment donné sur ce qui c'était passé dans cette cabane. Mais ce ne serait pas maintenant. Un long voyage les attendaient et elle voulait en profiter car rentrer signifiait reprendre un quotidien morne qui la fatiguait déjà. Un Gabriel absent et une tension lourde sur les épaules dû à toutes leurs obligations.

    Ils prirent la route après qu'elle ai pris son bain glacé. La balade était silencieuse, l'un et l'autre se suivant en contemplant le paysage. Ils ne croisèrent personne sur la route qui les menaient au premier petit village, si charmant au bord d'un ruisseau. La brune demandait à s'arrêter car le petit marché proposait des fromages et des gâteaux qui semblaient être des spécialités de la région :

    - Isha ? Tu connais ?

    Demandait-elle en désignant le fameux shortbread. Bien entendu, ils en achetèrent un peu et elle le dévora en faisant des gros yeux surpris. C'était si délicieux qu'elle léchait ses lèvres et ses doigts pour être certaines de ne pas en manquer un petit bout dissimulé. Ensuite, ils se rendirent dans l'atelier d'un verrier qui fabriquait des vases. Encore une fois, c'était une première pour la jeune femme qui découvrait une technique fascinante. Elle y resta un moment notamment parce qu'il y faisait chaud et parce que le vieux monsieur si gentil lui promis de lui offrir un présent si elle l'aidait.

    C'était avec joie qu'elle s'attela à être l'assistante de verre du vieil homme qui en profitait pour li raconter des légendes écossaise sur un homme au coeur de verre. Elle ne la connaissait pas et elle adorait les histoires. Il expliquait que cet homme au coeur de verre était né ainsi. Il ne pouvait pas tomber amoureux de peur de voir ce fameux coeur se briser. Aussi, il vivait reclus sur une colline loin de tout et de tout le monde jusqu'au jour où une belle jeune femme se présenta à son domicile frigorifiée. Le vieil homme racontait avec plaisir cette vieille histoire comme si Pocahontas était sa petite fille. A la fin de la matinée, elle repartie avec un petit coeur en verre qu'il lui offrit avec plaisir. Touchée, la jeune femme lui laissa en retour une plume en lui expliquant sa signification :

    - Dans mon peuple la plume est un symbole de pureté et de sagesse. Elles sont aussi des signes de paix..

    Cela ému aussi le vieil homme qui raccompagna le couple jusqu'au chevaux. Ils avaient encore un peu de route avant d'atteindre le prochain village mais il était certain que toutes ces découvertes avaient redonnés le sourire à l'amérindienne qui chevauchait près de Gabriel désormais :

    - Tu crois que l'homme au coeur de verre a pu exister ?


    immarcescible, Posté le samedi 15 janvier 2022 21:23 Répondre

    Bloquée dans les bras de Gabriel elle a arrêté de se débattre. De toute manière, sa poigne est beaucoup trop forte pour qu'elle puisse se soustraire à lui. Elle ne pouvait retenir ses larmes qui piquaient ses yeux quand elle l'entendait dire toutes ces choses. Il souffrait autant qu'elle alors qu'ils s'aimaient passionnément. Pourquoi alors s'infliger de telles choses, voulait-elle lui hurler. Mais elle n'en faisait rien, mordant simplement sa lèvre pour ne pas lui hurler de nouveau dessus.

    Elle était à bout de force, à bout de souffle quand elle l'entendit conclure avec tous ses défauts qu'elle n'ignorait pas mais qu'elle aimait malgré tout. Elle continuait à donner de léger coups dans son buste avant de s'y accrocher comme cherchant un socle pour s'abriter de la vague de tristesse qui l'envahissait :

    - Tu es stupide Walker.. Tellement stupide.. Tu crois me faire fuir en me disant toutes ces choses alors je n'ai qu'une envie c'est encore plus rester pour te prouver que tu as tort. Stupide, stupide ! Et ôte toi de la tête que je ne suis pas ta mère. Malgré le respect que j'ai pour elle, jamais je n'abandonnerais mon enfant, jamais je ne serais une femme aussi lâche qu'elle.

    Sans majesté elle reniflait et essuyait une fois de plus ses yeux rougis par les larmes. La fatigue de la journée qui avait si bien commencée et cette crise involontaire l'avait totalement épuisée. Mais elle savait que cette dispute ne se finirait que lorsque l'un des deux s'avouerait vaincu. Blottie contre lui par ses puissants bras elle se laissait donc aller même si elle tapotait encore son buste :

    - Tu es stupide.. Stupide de ne pas voir à quel point je te désire depuis le premier jour où tu es entrée chez Vicky. Je suis une étrangère chez toi. Je ne connais rien de tes coutumes et je ne fais que des bêtises depuis mon arrivée. On pourrait se balancer toutes les fautes du monde en pleine tronche que cela ne changerais rien Gabriel. Tu es stupide de croire que je t'aimerais plus si tu avais toutes les qualités que tu souhaiterais avoir. Je t'aime comme tu es, de jour comme de nuits, de bonne ou de mauvaise humeur, beau, manchot, tout ce que tu veux. Tu es la bonne personne non parce que tu m'as été destiné mais parce que tu j'adore que tu sois aussi bouillant qu'un feu en hiver et que lorsque j'ai le nez frigorifié tu me laisses le réchauffer dans ton cou. J'adore que tu mettes une fleur dans mes cheveux lorsque nous nous promenons. J'adore la petite ride que tu as là quand tu me regardes comme si j'étais une étrange créature. J'adore le sourire que tu as quand je t'apporte une tasse de thé. J'adore qu'après avoir passé la journée avec toi, j'ai les vêtements tout parfumés par ton odeur. Et j'adore que tu sois la dernière personne avec qui j'ai envie de parler avant de me mettre au lit. Et ce n'est pas parce que tu es mon destin encore une fois, non ! Si je suis là, moi ce soir, c'est parce que quand on se rend compte qu'on veut passer le reste de ses jours avec l'homme de sa vie et bien il ne faut pas traîner les pieds, il faut se lancer aussi tôt que possible. Tu comprends ce que ça implique pour moi tout ça ?

    Sa longue tirade avait finis de l'épuiser. Agrippant de ses deux mains les pans de sa chemise, elle le regardait dans les yeux avec passion et détermination. Ses yeux brillaient d'une lueur si intense que ça ne faisait qu'embellir son visage pourtant rougis par ses pleurs. Blottie contre lui, elle cherchait désespérément à ce qu'il cesse tout simplement de douter sans cesse. Elle espérait qu'il croirait suffisamment en lui pour croire en eux.


    immarcescible, Posté le samedi 15 janvier 2022 19:54 Répondre

    Rapidement elle se débattait et s'extirpait de sa poigne de fer. Là, elle était encore plus en colère et triste de l'entendre dire de telles choses. C'était même intolérable. Comment pouvait-il lui affirmer avec un tel flegme qu'elle devait partir alors qu'elle n'en n'avait jamais eu envie. Se rhabillant rapidement, elle l'observa les yeux noyés de larmes avant d'exploser :

    - Mais non tu ne comprends pas Gabriel. Je ne pourrais jamais rentrer chez moi parce que cela voudrait dire être unie à un autre. Ce collier qu'Aponi a ramené était le pacte qui liait mon peuple à celui de mon prétendant, cela signifie que ce pacte est révoqué. Ça veut dire que si j'y retourne je serais mariée de force à lui. Ça veut dire ne plus jamais te revoir. Tu as conscience que si je reste c'est pour toi mais parce que je ne peux pas vivre sans toi ?

    En fait, elle était triste de ne plus pouvoir revoir sa famille et son peuple c'est certain mais blessée de savoir que Gabriel préférait la voir partir plutôt que de se battre avec elle. C'était de la déception qui se lisait dans son regard tandis que dans son esprit résonnait encore le "pars".

    - Comment oses-tu me dire de telles choses maintenant ? Alors que nous construisons notre vie ensemble ? Que nous avons des projets ! Tu te crois noble à dire de telles choses ? Et bien non.. C'est ridicule et blessant figure-toi parce que moi je t'aime et qu'égoïstement je te garderais toujours avec moi. Si je dois supporter tes sous-fiffres et autres abrutis de tueurs alors je le ferais et ce sera MON choix dans tous les cas et pas une espèce de destin stupide ou de résignation. Toute ma vie avait été tracée pour que à l'âge de mes dix-huit ans j'épouse cet homme dont je connais rien hormis qu'il a déjà eu trois femme qu'il a assassiné. Tu crois que je voulais de cette vie ? Que ce soit avec toi ou non j'aurais de toute manière fuit mes obligations.

    Elle était à bout de souffle et toujours en colère. Ses larmes coulaient toutes seules mais elle s'en fichait. Tentant encore et encore de remettre sa manche en place sur son épaule qui ne faisait que glisser elle reprit de plus belle :

    - J'en ai marre que tu me dises ça. Je ne fais aucun sacrifice puisque tu es celui que j'ai toujours attendu, toujours recherché. Je ne me suis jamais sentie ta prisonnière. Tu dis que le destin nous a fait se trouver, s’aimer alors aime-moi Gabriel Walker et arrête de dire des absurdités. Je t'en prie. Tu es le foyer que j'ai toujours voulu avoir. Tu es ma maison. Regarde.. Je serais prête à vivre ici dans cette cabane complètement dévastée par les éléments du moment que je suis avec toi. Cette marque ce n'est pas qu'une résignation, c'est le moment où je prends la décision ferme de t'aimer toute ma vie, de rester éternellement avec toi parce que je le décide et ce envers et contre tout.

    Sa manche était trempée à force d'essuyer ses joues trempées. Lentement elle reprenait son souffle, mais il l'avait trop énervée et elle ne tenait plus en place. Remettant le tartan sur ses épaules, elle s'apprêtait à partir pour aller pleurer et s'isoler :

    - Je vais te laisser réfléchir à tes absurdités Walker.


    immarcescible, Posté le samedi 15 janvier 2022 15:41 Répondre

    Ce collier n'était autre qu'un Wampum. Pocahontas s'étonnait qu'Aponi lui confie alors qu'il était le vecteur d'un traité de paix entre les siens et une tribu ennemie qui avait jadis tenté d'exterminer son peuple. En gage de bonne foi, sa grand-mère avait donc épousé en seconde noce le guerrier puissant de ce peuple et offert ce collier à Aponi. La jeune femme ne comprenait pas ce que cela signifiait, toujours est-il qu'elle le touchait pensive sans véritablement écouter Gabriel qui vint à se faire presque aspiré. Ce fut le choc de ses fesses sur le sol qui réveilla la brune qui se jeta rapidement sur lui inquiète :

    - Mais bien sûr que tu peux voyager ! Bon sang Gabriel fais attention !

    Elle n'était pas en colère elle était juste extrêmement inquiète. Il aurait pu voyager elle ne sait où et ne plus jamais le retrouver. Tremblante, elle s'assurait qu'il allait bien et l'aida à se relever avant de se blottir contre lui le souffle court :

    - Ne fais plus jamais ça.. Tu n'as jamais voyagé et tu ne sais pas comment ça fonctionne. Je ne saurais pas où te chercher et là je serais vraiment en colère.

    Les sourcils froncés et ses yeux exprimant une crainte immense déformaient les traits habituellement si doux de son visage. Une fois qu'elle fut certaine de le tenir dans ses bras, elle l'attira plus loin des pierres comme pour s'assurer qu'il ne risquait plus rien. Elle voulait revenir sur le présent d'Aponi sans comprendre une fois de plus mais rapidement elle comprit. Jamais elle ne pourrait rentrer chez elle à moins de tenir son engagement, celui où elle était promise à un autre homme. Alors oui, la peur de rentrer soudainement et de devoir voyager la contraignait à interdire l'accès aux pierres à Gabriel :

    - Viens.. Partons d'ici. J'ai beaucoup trop froid.

    Rapidement ils quittèrent la grotte pour rejoindre la cabane. Ils étaient trempés à cause de la neige et elle rêvait d'un bon bain chaud. Mais seul le petit feu encore alimenté par quelques buchettes les réchaufferais. Arrivés en bas, elle profitait que Gabriel soit partit chercher du bois pour retirer le collier et le ranger bien au fond de son sac. Débarrassée de ce symbole contraignant, elle se mit à faire du thé pour le retour de son amant. Elle lui en servait une bonne tasse chaude lorsqu'il arriva les bras chargés de bois :

    - Viens vite boire ça. Je vais masser ses pieds pour les réchauffer..

    En effet, elle avait une technique de chaman laissé par sa grand-mère. En appuyant sur certains endroits et en frictionnant certaines zones elle pouvait réchauffer le corps d'un homme aisément. Le feu aidait et le thé aussi. Toujours est-il que rapidement, après s'être changés avec des vêtements secs, ils eurent moins froid :

    - J'aime que ton pays ai aussi autant de légendes et de personnages aussi puissant que les miens..

    En même temps, elle fouillait dans son sac et en sortit une longue aiguille et de l'encre. Elle fit chauffer la tige avant de retirer le tartan qui l'entourait. Se mettant à demie-nue devant Gabriel, elle vint commencer à tatouer son bras gauche. Elle possédait déjà sur celui-ci quelques points qui étaient des éléments de bravoure dont son peuple l'avait honoré, mais là, il s'agissait au contraire de tout autre chose. Les larmes aux yeux, elle y apportait un autre point qui était symbole de résilience. En marquant sa peau, elle s'engageait à ne jamais rentrer chez elle au risque de perdre Gabriel. Lorsqu'elle eut finis, elle sentit le regard de son amant sur elle, mais elle l'ignorait sciemment avant de lui assurer que tout allait bien :

    - Je suis juste fatiguée et j'ai froid..


    immarcescible, Posté le samedi 15 janvier 2022 12:49 Répondre

    C’était la première fois que Gabriel évoquait de lui-même la possibilité de partir et de tout quitter. Pocahontas en était bouche bée. Il envisageait donc de s’enfuir avec elle, Bree et Mary. Le souffle coupé par cette annonce, elle mit un moment avant de se rendre compte qu’il ne plaisantait pas. Elle vint donc se redresser à genoux devant lui et prendre son visage entre ses mains. Son regard fixait le sien comme pour chercher une éventuelle trace de plaisanterie mais il n’en n’était rien.

    Quitter ce monde qui lui faisait peur et qui contrôlait beaucoup trop son Gabriel, il n’y avait rien de mieux. Souriant, elle se pencha sur ses lèvres pour y déposer un long et tendre baiser. Lorsque le souffle vint à lui manquer, elle le contemplait tendrement en caressant ses joues qui redevenaient barbues :

    - Je te suivrais n’importe où monde Gabriel Walker. T’en que tu veux de moi.. Je serais ton ombre et ton soutien.

    Ce qui était bien vrai. Venant se poser à califourchon sur ses cuisses, elle s’amusait à l’enrouler avec elle dans l’immense tartan. Blottie contre lui, elle caressait son nez du sien en murmurant un merci de reconnaissance contre ses lèvres.

    - Merci de me réconforter mon Isha.. Merci d’être aussi compréhensif et doux. Je t’aime mon Highlander.. Mon bel écossais, mon Isha..

    Ils passèrent une douce nuit, blottie l’un contre l’autre sur le matelas de paille fait-maison et de leurs plaids. Pocahontas fut la première à se lever. Sans bruit, elle quitta la maison et observa l’extérieur qui était quasiment gelé. Pied nu, elle marcha jusqu’au lac en contrebas et se lava dans l’eau glaciale. Rien de mieux pour réveiller le corps s’amusait-elle à dire à haute voix pour s’auto rassurer. Enfin, elle revint à la cabane et alluma le feu pour faire réchauffer le thé. Sortant du sac quelques scènes fait par Mary, elle prépara une petite table pittoresque pour le petit déjeuner.

    Venant se pencher sur Gabriel, elle s’amusa à embrasser de ses lèvres fraiches sa joue, son nez, ses lèvres en murmurant tendrement :

    - Debout mon amour.. J’ai envie d’aller me promener sur les versants de la montagne.. Debout où je pose mes mains glacées sur ton corps..

    Voyant qu’il ne se réveillait toujours pas elle activa sa promesse et posa en effet son corps glacé et encore humide contre celui de Gabriel. Bien évidemment, il fit un bon sur le matelas de paille qui fit rire l’espiègle Pocahontas. Elle se mit à le pourchasser dans toute la cabane jusqu’à finalement le faire basculer de nouveau sur la paille. Sa crinière en était complètement remplie d’ailleurs, de paille. A bout de souffle et à califourchon sur lui, elle se penchait pour embrasser ses lèvres tendrement. Ses mains agrippaient sa crinière de jais qu’elle caressait quand son corps froid et frissonnant se cambrait contre le sien.

    Evidemment, son jupon s’était relevé le long de ses cuisses les dévoilant nues alors que son bassin caressait l’air de rien celui du beau brun. Lentement, le souffle vint à manquer à la brune qui rejeta sa crinière en arrière pour finalement retirer sa chemise de nuit. Nue au dessus de Gabriel, elle l’observait d’un oeil brillant et sensuel quand les pointes de ses seins durcissaient à cause du froid et de l’excitation :

    - Fais moi l’amour Isha.. Fais moi l’amour comme jamais tu ne l’as fait à aucune de tes autres conquêtes..

    Elle était loin la douce et timide Pocahontas qui n’osait pas toucher Gabriel. C’était une femme plus indépendante et plus à l’écoute de ses désirs. Elle voulait sombrer dans ceux de Gabriel, les comprendre, les assouvir. Rapidement elle l’aida à retirer le peu de vêtements qu’il avait et s’empala sur son membre en poussant un soupire de plaisir qui résonnait dans la cabane. Son souffle s’accélérait quand elle débutait des mouvements de bassin intense et profond. Elle le sentait en elle de partout, ses mains la réchauffant, ses lèvres la dévorant. Ce feu ardent qui sommeillait dans son corps venait apparaître et tandis qu’elle tirait sur sa crinière de jais pour relever son visage vers le sien, elle gémissait son prénom encore et encore en lui suppliant de continuer :

    - Isha.. Oui.. Mon dieu.. Oui ! Encore !


    immarcescible, Posté le vendredi 14 janvier 2022 21:44 Répondre

    L'idée que Gabriel veuille devenir médecin enchanta Pocahontas. Elle le pousserait alors désormais dans cette voie et ne le lâcherais pas. Souhaitant répliquer à sa proposition elle fut interrompue par un toc toc à la porte. Déjà elle soupirait en pensant qu'ils allaient être dérangés mais non. Juste ce paquet dans cette petite boîte. La curiosité de la brune la poussa à rapidement la prendre pour regarder ce qui s'y trouvait et fronça les sourcils en reconnaissant le papier qui entourait le fameux roman.

    Vite elle se rendit dehors mais ne trouva pas sa grand-mère. Qu'est ce que cela signifiait ? Pourquoi leur apportait ce présent si c'était pour s'enfuir après. La colère et l'incompréhension gagnait la jeune femme qui sentait ses yeux se piquer. Sa grand-mère lui manquait et elle avait mille et une questions auxquelles elle ne répondait pas.

    Retournant auprès de Gabriel, elle l'écouta lire les fameuses feuilles. Pendant ce temps, elle rangeait, nettoyait un peu et leur préparait un lit décent pour la nuit qui allait suivre. Avec un peu de paille retourné ils auraient leur lit de fortune. Ainsi, sa grand-mère était au courant de tout depuis le début mais jamais elle ne lui parla de tout ce qu'elle du apprendre. Une rancoeur et une colère étrange sommeillait en la jeune femme qui ne comprenait pas le manège de sa grand-mère. Pourquoi tout lui dire maintenant ? Pourquoi se cacher encore ?

    Mais Gabriel semblait si heureux de se dire qu'ils avaient le droit à une seconde chance. Or, Pocahontas ne croyait pas que ce soit une chance. Elle craignait que ce soit au contraire une malédiction. Parce que même si tout était différent, Gabriel évoluait dans un monde de violence sanguine qui allait lui apporter à un moment donné un dilemme certain. Le pouvoir et la famille ne faisaient jamais bon ménage. Venant s'approcher de lui, elle hésita en prenant le fameux carnet entre ses mains. Les sourcils froncés, elle réfléchissait :

    - Pourquoi tout nous dire maintenant ? Est-ce que nous devons nous attendre à quelque chose en particulier ? Est-ce que c'est le début de quelque chose ? Ou la fin ? Isha, je ne suis pas sereine.. Pourquoi est-ce qu'elle n'est pas venue tout simplement nous le donner ? Je n'y comprends plus rien.

    Tout tournait dans son esprit et elle n'arrivait plus à en faire le tri. Inspirant profondément, les yeux clos, elle alla s'isoler dans un coin pour méditer. Le besoin de se retrouver seule avec ses pensées et de les démêler était nécessaire. Elle fit attendre Gabriel un moment et elle s'en voulue. Après tout, ils avaient fait toute cette route pour être juste eux deux. Lorsqu'elle sortit de sa méditation, elle le rejoignit à l'extérieur près du feu enroulée dans son tartan. Revenant s'installer entre ses cuisses, elle enfouissait son visage et son nez contre la peau de son cou si brûlante :

    - Pardonne-moi.. Je suis partie alors que tu m'as posé une question importante. Mais je crois que tu peux y répondre par toi-même Isha.. M'aimes-tu alors que j'ai assassiné Loreleï devant tes yeux ? Et puis.. Cet autre Gabriel.. As-tu vu ce qu'il a du subir ? Te rends-tu compte de toute cette souffrance alors qu'il ne demandait rien à personne. C'était une victime. Je comprends pourquoi Kisos avait sauver son père. Et je suis en colère contre cette autre moi qui n'a rien fait. Elle a laissé notre fils se charger de tout ça.. Pourquoi ? Elle était si lâche que ça ? Je suis en colère contre elle, contre Aponi qui savait tout et qui ne m'a rien dit. Je suis complètement perdue Isha.

    L'envie de pleurer lui venait mais elle se retenait. Être dans l'incertitude et de vivre des moments volés juste à deux l'effrayé de plus en plus. Blottie contre lui, elle le suppliait d'une voix penaude :

    - Serre moi fort dans tes bras.. Je t'en prie.. Ne me laisse pas partir.. Jamais..


    immarcescible, Posté le vendredi 14 janvier 2022 16:05 Répondre

    Pendant que le petit oiseau rôtissait sur la branche installée au dessus du feu, Pocahontas énonça tous les nombreux frères qu'elle avait. Et diable, qu'il y en avait. À la fin, Gabriel lui posa la fameuse question. Est-ce qu'il serait accepté par son peuple et les siens. C'était une question auquel elle n'avait aucune réponse. A vrai dire, elle avait peut-être plus peur de lui avouer qu'ils auraient eu tout simplement peur pour elle même si elle savait qu'elle ne courait aucun danger auprès de lui. Alors, avec honnêteté, elle lui avoua ce qu'elle pensait être la bonne réponse :

    - Ils t'auraient mis au défi je pense.. Nashoba est le plus curieux de mes frères et le plus tolérant. Je pense qu'il t'aurais adoré ainsi qu'Aponi. Elle aurait aimé cet aura qui encercle ton âme. C'est certain.

    Elle lui souriait en venant s'installer entre ses jambes. Le poulet continuait de rôtir lorsqu'elle l'entendait évoquer son souhait de devenir médecin. Cela ne la surprenait pas puisque Kisos lui avait parlé de cette autre vie où il était médecin. Embrassant le poignet de son amant, elle retourna lentement son visage vers lui en lui offrant son tendre sourire :

    - Sais-tu que dans cette autre vie tu l'as été mon amour ?

    Alors elle lui raconta ce que Kisos lui avait rapporté. Les exploits médicaux qu'il avait apporté comme la création de cette fameuse clinique par exemple. C'était sans doute important pour lui d'apprendre que dans une autre vie il avait pu être ce qu'il aurait voulu, mais cela aurait été au détriment de la vie de sa soeur et de son frère :

    - Avec des "si" on peut refaire le monde Isha. Rien ne t'empêche aujourd'hui de faire ce qui te plairais.. Tu sais.. Rien ne nous empêche de vivre simplement et loin de tout aussi. De décider ce qui est bon pour nous.

    Enfin elle posait la question qui lui brûlait les lèvres depuis qu'ils étaient arrivés. Voilà ce qu'elle avait toujours voulu. Une vie simple, loin du reste du monde, de la folie des hommes et de leurs fourberie. Parce que Pocahontas se méfiait des gens avec qui Gabriel travaillait. Rien ne pouvait les empêcher un jour de s'en prendre à lui comme ils s'en étaient pris à Skylar. Lentement, elle vint retirer le poulet et le servit dans deux écuelles avec le chou bouillis :

    - Mon père disait toujours qu'il ne fallait pas être trop gourmand dans la vie. Non seulement parce que cela devient vite écoeurant et ensuite parce que cela attise la jalousie et le despotisme. Isha.. Je ne veux pas te perdre à cause de cette vie. On n'en pas parlé mais je veux que tu saches que si jamais tout doit se retourner contre nous je n'hésiterais pas et je t'emmènerais avec moi autre part.. Même à mon époque je m'en fiche mais.. mais je ne te laisserais pas payer par le prix du sang tu m'entends ?


    immarcescible, Posté le jeudi 13 janvier 2022 21:53 Répondre

    Elle serait bien restée encore une heure ou deux blottie contre sa bouillotte géante. Mais son estomac grognait et même lui semblait tout heureux à l'idée de lui montrer tout un tas de choses. Alors elle se redressa en récupérant les pauvres lambeaux de vêtements qu'il lui restait sur le sol. Alanguie encore sur le sol elle le contemplait en souriant. Difficile d'imaginer un enfant un peu en surpoids qui se cachait dans ce petit trou secret. Attendrie, elle secoua la tête avant de le ramener vers elle pour déposer un tendre et amoureux baiser sur ses lèvres :

    - J'aurais aimé ce petit garçon.. Je suis désolée de te l'annoncer mais ce n'est pas de ton corps que je suis tombée amoureuse Gabriel Walker. Mais.. De ça et de ça..

    Pocahontas désignait la tête du brun puis l'emplacement de son coeur. Elle lui offrait une douce caresse avant de finalement se préparer pour la chasse. Cela l'excitait assez de retourner chasser. Elle n'avait jamais osé l'avouer à son fiancé mais elle était plutôt bonne à cette activité lorsqu'elle vivait parmi les siens. Pour l'occasion, elle avait enfiler une simple trouvé dans la malle de sa grand-mère qui était un habit traditionnel amérindien. Tressant ses cheveux en deux nattes, elle se sentait prête à chasser.

    Retournant au chevaux, elle récupéra un arc qu'elle avait troqué contre des soins avec un patient et quelques flèches affutées par ses propres soin un soir en attendant Gabriel. Prête à partir, elle fut surprise en entendant la question de son amant concernant son éventuel lien avec un autre homme. Cela la gênait car oui, elle était la promise d'un autre homme mais jamais elle n'en n'avait parlé.

    Mordant sa lèvre et détournant le regard, elle préféra changer de sujet. Pour détourner l'attention de Gabriel, elle tira une flèche aussi rapidement que précise dans un oiseau qui passait non loin d'eux. Il alla s'échouer sur le sol, raide mort. Rapidement elle se dirigea vers l'oiseau et retira délicatement la flèche. Avec douceur, elle caressa ses plumes et récita des incantations en l'honneur de l'animal. Lorsqu'elle eut finit, elle expliqua à Gabriel pourquoi elle prenait soin de l'animal mort.

    - Je vois que cela te surprends mais mon peuple estime chaque êtres que tu nous tuons pour manger mérite d'être remercié. J'implore donc nos esprits de conduire cela de cet oiseau pour l'honorer.. Tu trouves cela étrange n'est-ce pas ?

    Elle voyait bien qu'il semblait surpris. Mais elle ne le prenait pas mal. Tenant entre ses mains l'animal, elle le ramena dans la petite cabane qui nécessitait encore un rafraîchissement avant de revenir à Gabriel. Prenant sa main dans la sienne elle lui offrait un doux sourire en l'emmenant dans les bois :

    - Allez viens beau visage pâle.. Je vais te montrer comment on chasse. Et je vais en profiter pour te raconter quel enfant j'étais.

    Au départ ils marchaient en suivant les sentiers de la forêt. Pocahontas avait posé sa tête contre le bras de Gabriel et tout en marchant pied nue dans sa jolie robe amérindienne lui raconta quelle enfant elle était :

    - Je suis née dans une rivière. Aponi ne cesse dire qu'à ma naissance des milliers de fleurs ont poussées tout autour de ma mère et que c'est sur un tapi de fleurs que j'ai grandi. Par la suite, je me souviens de l'enseignement donné par les femmes de notre tribu. J'étudiais assidument mais je rêvais toujours d'aller à l'extérieur, de courir dans les champs, de nager, sauter d'arbres en arbres. Je rêvais d'aller au delà de l'océan, de parcourir le monde. J'étais bien souvent partout sans être chez moi. Tout le monde me cherchait tout le temps, disait-elle en riant en repensant à ce doux souvenir, j'aimais me battre aussi avec mes frères. Surtout Nashoba. C'est l'un de mes grand-frère. Très protecteur mais très gentil.

    Ils marchaient sans chasser. Pour le moment elle était trop heureuse de pouvoir lui parler d'elle, de sa tribu, de sa famille sans avoir peur d'être interrompue par qui que ce soit. Ils avaient le temps de se découvrir pour une fois. Le soleil était doux et une légère brise les enveloppait. Tout était parfait en cet instant :

    - Un jour j'ai réussi à mettre en pièce l'un de mes autres frères.. Iokasan. Il s'amusait de mes nattes et de mes perles et je lui ai fait comprendre que la coquetterie n'était pas pour autant signe de faiblesse. Alors je l'ai défié dans un combat et j'ai gagné, avouait-elle fièrement en souriant, mais je n'ai pas beaucoup de mérite puisque je l'ai fait courir avant de lui donner le coup de grâce lorsqu'il était épuisé.

    Elle riait amusée par cet autre souvenir lorsqu'un bruit derrière eux la fit sursauter. Au loin, ils pouvaient voir une biche se promener. Pocahontas fit s'agenouiller Gabriel et observa l'animal observer autour de lui. Craintive, elle sentait le danger mais n'arrivait pas à le trouver. Pocahontas était fascinée par l'animal. Elle voulut prendre son arc mais s'y refusa en voyant que la biche fut rapidement rejointe par un cerf. Sans doute son époux. Cette vision la toucha. C'était comme si c'était un signe pour les deux amants. Prenant la main du brun dans la sienne, elle contempla la scène de ces deux animaux s'enfuyant à travers les hautes herbes après avoir entendu l'envol d'oiseaux non loin. Reportant enfin son attention sur Gabriel, elle lui souriait tendrement en lui donnant un baiser :

    - Tu sais ce que ça veut dire ce que nous venons de voir Isha ? Ce sont les esprits qui nous envoient un signe ! Pour nous, le cerf représente le guide de la lumière du soleil et au renouveau et la biche d'un mariage heureux.. Ils nous bénissent Isha, tu te rends compte ?


    immarcescible, Posté le jeudi 13 janvier 2022 17:26 Répondre

    Préciser que Pocahontas était heureuse serait un euphémisme, en effet il suffisait de voir sa mine radieuse pour se rendre compte qu'elle ne pouvait que l'être. Elle avait entendu les remarques déplaisantes de William qui avait quasiment interdit à son frère de partir quelques jours pour jouer les "jolis coeurs". Elle se demandait encore ce que cela voulait bien dire. Mais pour l'instant, elle se concentrait uniquement sur le plaisir qu'avait Gabriel a lui présenter cet endroit cher à son coeur.

    Elle était touchée qu'il pense à elle après tout ce qu'il avait à traverser ces derniers temps. Alors qu'il détachait ses cheveux et retirait son jupon, elle ne pu s'empêcher de rougir et de sourire à la fois. Se jetant une nouvelle fois à son cou elle lui offrait un baiser langoureux et sensuel. Ses mains caressaient sa nuque et sa crinière quand d'un mouvement souple elle vint enrouler les hanches du brun de ces dernières.

    A bout de souffle, sa langue et ses lèvres quittèrent les siennes. Mais un sourire tendre et des yeux brillants lui faisait face. Son coeur battait la chamade en sachant qu'il avait organisé tout ça juste pour eux deux :

    - Merci.. Je t'aime tu sais. Je t'aime d'une passion dévorante et d'un amour fou Gabriel Walker.

    Elle profitait qu'ils soient enfin seuls pour pouvoir passer sa main sous la chemise du brun. Elle avait déboutonné quelques boutons avant de finalement reposer ses mains sur sa nuque. Ses lèvres rejoignaient les siennes dans un baiser ardent. C'était comme s'approcher du soleil d'embrasser Gabriel se disait-elle. La chaleur irradiait son corps et son coeur alors qu'elle était éblouie par sa beauté, son parfum et sa douceur :

    - Cet endroit est parfait.. J'en ai tellement rêvé de cet instant.. Juste nous deux.. Seuls au monde.. Merci d'avoir compris..

    C'était sincère. Elle qui avait toujours vécu au calme se sentait épuisée par toutes les personnes qu'elle voyait tous les jours. Entre le cabinet, les travaux du manoir et les allers et venues des hommes de mains des frères Walker, elle savait que ce qu'ils vivaient là était un vrai luxe. Elle voulait donc en profite et savourer chaque moments de douceurs et de spontanéité qu'ils pouvaient avoir. Rapidement, elle retira le corset qui enserrait sa poitrine qu'elle jeta au sol. Ainsi, il ne lui restait que sa longue chemise blanche bien trop grande pour elle qui tomba sur ses épaules et dévoilant ses seins nus :

    - Touche-moi Isha.. Mon soleil.. Embrasse-moi, murmurait-elle contre ses lèvres en restant accrochée à lui, j'ai tellement besoin de toi.. mo ghaol, m' anail, mo bheatha.

    Depuis peu, Mary lui apprenait le gaélique. Cela lui permettait de mieux comprendre ses patients mais aussi et surtout de s'immerger encore plus dans la culture de son amant. Blottie contre lui, les seins nus, ses lèvres avaient laissés place à ses dents qui mordillaient la peau fine de son cou qu'elle dévorait quand ses ongles agrippaient sa nuque.


    immarcescible, Posté le mercredi 12 janvier 2022 23:11 Répondre

    Mary était toute excitée d'émotion. Elle ne cessait de répéter que Pocahontas était rentrée et que tout allait bien se passer. Cela faisait sourire tendrement la brune qui prenait le temps de contempler la petite Brianna aux yeux d'un bleu intense. Ceux des Walker. Caressant sa crinière rousse et bouclée elle ne pouvait s'empêcher de sourire émue en la contemplant. Mary servait déjà du thé et lui apportait tout un tas de petit gâteaux. Même si la brune n'avait pas faim, elle grignota pour faire plaisir à la vieille femme qui se donnait du mal pour les deux fiancés dont elle avait désormais la charge.

    Pendant ce temps, Pocahontas attendit patiemment que Gabriel se calme. Il avait mille et une questions et elle sentait bien qu'il était encore sous l'effet du stress. Avec douceur, elle lui tendit sa main et lui ordonna de s'asseoir près d'elle. Après s'être assurée que Brianna dormait confortablement installée dans ses bras, ce fut à la brune de se loger et blottir dans les bras de son fiancé. Un sourire d'apaisement se formait sur ses lèvres tandis qu'elle veillait sur la petite renarde comme l'avait surnommé son oncle :

    - Victoria va beaucoup mieux. Arrête de te faire du soucis.. Elle est très bien prise en charge. Ils ont des techniques bien plus avancées que les nôtres et.. et je sais que tu ne vas pas aimer ce que je vais dire mais.. mais Sam a eu raison de l'emmener à son époque.

    Elle lui expliqua simplement les complications dû à l'accouchement et la gravité de ce qui était arrivé à Victoria, notamment le fait qu'elle n'aurait pas d'autre enfants. Il s'agissait de choses que même elle n'aurait pas pu soigner.

    - Il a eu un excellent réflexe. Pour l'instant elle doit encore se reposer.. attendre de cicatriser mais le processus est long et Sam a peur qu'un voyage dans le temps la blesse davantage. Il faut dire que voyager est extrêmement éprouvant. Je me sens épuisée comme si j'avais fait des heures et des heures de cheval.

    Brianna dormait si paisiblement que Pocahontas vint se lever pour la poser dans le petit berceau près de la cheminée. Une fois assurée qu'elle était bien installée, elle revint près de Gabriel pour se reblottir contre lui. Caressant son buste tout en le contemplant tendrement, elle était désolée de lui avoir donné autant de peine et de travail durant ces derniers jours.

    - Je ne maîtrise pas du tout les voyages dans le temps. Je suis désolée encore de la peur que je t'ai faite. J'étais persuadée de rentrer à l'heure.. Mais à l'avenir je te promets de te prévenir de manière bien plus spécifique.

    Se redressant sur un coude, elle donnait un tendre baiser sur les lèvres de son amoureux avant de caresser son nez du sien. La douceur de ce moment, cette intimité qu'ils avaient tant de mal à avoir depuis le début de leur relation était particulièrement agréable. Plantant ses iris dans ceux de Gabriel, Pocahontas lui souris pauvrement :

    - Je me demande bien quand nous aurons un moment juste à nous. J'aime avoir Bree avec nous mais.. mais j'aimerais qu'on puisse justement vivre juste nous deux. Est-ce que je suis trop égoïste ? En voyant Sam et Vicky ensemble tout à l'heure je les enviaient.. C'est mal je sais. Mais ils étaient juste ensemble.. C'est ce que je voudrais tant pour nous.


    immarcescible, Posté le mercredi 12 janvier 2022 20:28 Répondre

    Les premières semaines furent très compliqué pour les nouveaux fiancés. Eux qui avaient voulus s'exiler pour le plaisir de se retrouver uniquement à deux avaient désormais une adorable petite rouquine en charge. Mais adieu l'intimité. Toutes les nuits, ils s'alternaient pour nourrir ou consoler l'enfant qui ne faisait que pleurer. Sans aucune doute, sa mère lui manquait. Pocahontas se donnait totalement pour l'enfant, la consolant et s'en occupant comme s'il s'agissait de son enfant. Pour plus de facilité, elle avait fait installer son cabinet comme convenu dans la tour du château une extérieure. Pendant qu'elle auscultait ses patients Mary prenait la relève en s'occupant de la petite Brianna qui grandissait de jour en jour.

    La maison aussi avait bien évoluée. Elle avait prit des allures de vrai château écossais. Il faisait bon d'y vivre avec ces hautes pièces fraichement repeintes et décorées. Pocahontas avait tenue à garder l'authenticité des lieux et la tradition écossaise. Néanmoins, la décoration différait un peu puisque tout un tas de plantes avaient investis les lieux. L'importance de la nature pour la jeune femme avait une valeur primordiale. Elle répétait tout le temps à Mary qu'elle lui aidé à se diriger et se conforter si jamais elle doutait. Finalement, une routine particulièrement serine c'était mise en place au château et les nouveaux châtelains se rendaient prévenant avec les habitants des environs.

    En effet, Pocahontas soignait toujours les gens gratuitement. Ils faisaient une sorte de troc, ce qui était la monnaie d'échange de son peuple. Si bien qu'ils ne manquaient jamais de nourriture. Et c'était tant mieux puisque le jardin mettait un peu de temps à pousser. Une douceur de vivre qui apaisait la jeune femme sommeillait ici même si les affaires de Gabriel prenaient parfois des tournures qui l'effrayait. Plusieurs fois en pleine nuit elle du aller soigner des hommes blessés et les opérer avec l'assistance de William. La crainte de voir un jour Gabriel sur l'une de ces tables l'effrayait au plus haut point.

    Souvent d'ailleurs, William venait la voir pour lui donner quelques cours d'anatomie et de chirurgie. Elle était demandeuse de ses leçons puisqu'elle continuait d'apprendre encore et encore sur le corps humain et ses mécanismes. La méthode Walker et Powathan semblait faire des fusions puisque leur technique s'améliorait. Le temps passé ensemble faisait plaisir à la jeune femme car malgré l'approcher violente de l'aîné, il semblait lui aussi avoir trouvé un exutoire et une manière d'être apaisé. Elle le sentait plus enclin à être son ami.

    Ils n'avaient aucune nouvelles de Victoria et de Sam et plus les jours passaient et plus elle sentait que Gabriel était inquiet. Pocahontas n'avait pas eu beaucoup de temps pour travailler sur les fameux carnets de sa grand-mère, pourtant, ce matin là elle se décida à s'y remettre. Son fiancé l'avait inquiété puisqu'elle avait remarqué sa mine défaite et son air de tristesse. Brianna dormait profondément entre eux mais il semblait de moins en moins heureux de l'avoir dans leur vie. La jeune femme devait trouver une solution et vite.

    En décodant les carnets de sa grand-mère elle se rendit compte que tout n'était que force et énergie. La brune referma les carnets et les rangea avec soin avant de se rendre aux pierres. Elle avait prévenue Mary qu'elle allait se promener et qu'elle serait là pour préparer le dîner. En arrivant au cercle de pierres, elle sentit cette étrange sensation, celle de l'aspiration. Alors, les yeux clos, elle se concentra et se laissa aller jusqu'à se sentir partir et disparaître.

    Pensant avoir voyagé quelques heures, la brune revint le sourire aux lèvres à la maison. Il faisait nuit et tout le château était illuminé ce qui la surpris. Lorsqu'elle passa le pas de la maison, Mary poussa un cri mêlé de joie et de désespoir avant d'hurler le prénom de Gabriel.

    - Mais enfin Mary.. Calmez-vous je ne suis pas partie que quelques heures.
    - Pocahontas.. Ma chère.. Vous avez disparu deux jours entiers ! Gabriel est aux abois.. Tout le monde vous cherche !

    Lorsque le brun surgit enfin dans l'entrée de la maison, elle vit dans son regard un dédale de douleur et de soulagement s'unirent. Rapidement elle vint à lui pour le rassurer et se blottissait contre son buste désolée. Ses petits bras l'encerclaient avant que ses mains ne remontent à ses joues barbues de quelques jours. Il semblait ne pas avoir beaucoup dormi tout ce temps là :

    - Mon amour je suis là. Pardonne-moi je ne comprends pas.. Je ne suis restée là-bas que quelques heures pourtant. Mais je suis là.. Je suis là et je ne te quitte pas..

    Elle lui devait une explication. Et lui raconta avoir été voir Vicky et Sam qui vivaient au XXIe siècle. La jeune femme se reposait d'une lourde opération. Elle allait bien, ils étaient tous les deux en vie.

    - Je voulais juste m'assurer qu'elle allait bien et te ramener de bonne nouvelles. Je suis désolée.. Je ne pensais pas que le temps se déplaçait différemment..


    immarcescible, Posté le mercredi 12 janvier 2022 13:43 Répondre

    Pocahontas n'avait pas pu retenir sa frustration en entendant toquer à la porte à deux reprises. Les bras de Gabriel l'avait quitté à son plus grand regret mais la nouvelle qui les frappaient restait encore plus assommante. Pendant que le brun lisait la lettre laissait par Sam, la jeune femme se penchait sur le nourrisson aux cheveux d'un roux flamboyant. Son coeur se serra en pensant que Victoria était en danger et en voulut à Sam de ne pas l'avoir appelé. Elle aurait pu la sauver.

    Prenant Brianna dans ses bras, elle la berça doucement contre elle. L'enfant n'avait aucune conscience de ce que venait de faire ses parents puisqu'elle babillait en attrapant les longues mèches de cheveux de sa future tante. Cette dernière d'ailleurs, chantonnait déjà quelques berceuse avant de reporter son attention sur Gabriel.

    - Il n'y a rien d'écrit d'autre sur la lettre ? Où ils sont et quand ils reviendront ? demandait-elle.

    Voyant la mine de son fiancé, elle ne sut si il était désemparé d'être sans nouvelles de sa soeur mourante ou si la nouvelle venue, imprévue, de cet enfant le chamboulait. Pocahontas se releva, l'enfant dans les bras et vint à lui en prenant sa main dans la sienne. Elle lui présentait la petite fille qui ouvrait lentement les yeux sur son oncle qu'elle observait avec surprise :

    - Tout se passera bien. J'en suis persuadée.. Brianna va rester avec nous le temps qu'ils reviennent. Et ils reviendront très vite tu verras.

    Elle se voulait réconfortante mais elle-même était inquiète pour l'état de son amie. Pour changer les esprits de Gabriel, elle lui fit une liste de courses pour Brianna. Elle l'envoya donc au village pour aller chercher un berceau, des langes, des biberons, sa trousse de médecin offerte par William, enfin, tout le nécessaire pour s'assurer que l'enfant serait à l'aise. Si eux pouvaient dormir à même le sol et se contenter du strict nécessaire, un bébé lui ne le pouvait pas.

    Pendant ce temps, alors que Gabriel était partit au village, elle avait blottie la petite crevette contre elle en enroulant son corps d'un immense plaid trouvé dans la malle de Aponi. Elle installa Brianna contre son buste comme le faisaient les mères amérindiennes. Après avoir préparé un feu pour réchauffer la bibliothèque elle sortie les quelques jouets de la malle de sa grand-mère.

    Pocahontas faisait une sorte d'inventaire tout en parlant à Brianna de tout et de rien. Elle savait qu'il fallait parler aux bébés et leur expliquer les choses, cela les rassurait. Une fois que tout fut mis en place, elle cuisina un repas pour Gabriel et elle et l'attendit dans la bibliothèque en lisant un livre.

    Lorsqu'enfin il rentra, elle lui offrit un tendre sourire. Brianna dormait à poing fermé près de la brune qui se levait pour embrasser Gabriel :

    - Qu'as-tu trouvé de beau ? Montre moi tout ! Mais surtout.. Comment te sens-tu ?


    immarcescible, Posté le mercredi 12 janvier 2022 10:22 Répondre

    Les mots de réconfort de Gabriel firent sourire tendrement la jeune femme. Même si elle posait cette question innocemment, elle vit bien que cela le contrariait qu'elle puisse encore penser à ce genre de choses. Alors, elle lui promit de plus jamais penser à cela. Mais au même moment, elle le vit faire quelque chose d'assez surprenant. A genoux devant elle, il lui tendait une sorte de bague, ravissante, qu'elle ne connaissait pas. Pocahontas n'était pas au fait des traditions concernant les demandes en mariage. Pourtant, il semblait si sérieux. Elle avait le souffle coupé rien qu'en admirant la beauté de son regard si tendre et adorable.

    - Tu veux que je sois ton épouse ? Oh Isha, murmurait-elle tendrement, tu as conscience que la vie ne sera pas toute rose avec moi ? J'ai un mauvais caractère et j'ai du mal à obéir à certains de tes ordres. Et puis je ne connais rien aux coutumes de ton peuple..

    Venant s'agenouiller devant le brun puisqu'elle ne comprenait pas ce qu'il faisait ainsi à genoux. Toujours aussi petite face à lui, elle le contemplait en souriant doucement avant de reprendre sur un ton plus enthousiaste :

    - Il est donc aussi simple de demander les gens en mariage chez vous ? Mais pourquoi se mettre ainsi à terre ?

    Elle éludait la question, elle s'en rendait compte puisque le brun semblait perdre patience. Se redressant un peu, elle vint poser ses mains sur les joues du brun pour venir déposer un tendre et langoureux baiser sur ses lèvres. Mais rapidement, elle le cessa pour venir le contempler en souriant :

    - Je ne pourrais pas avoir de plus grand honneur que d'accepter ta demande Isha. Mon coeur et mon âme sont avec toi depuis toujours et dans toutes les vies que nous vivons.

    Lui donnant un autre baiser, elle fut surprise qu'il place l'anneau autour de son index. Ainsi, la bague signifiait l'appartenance et le sacrement qu'ils s'étaient fait l'un à l'autre. Sauf que pour elle, il s'agissait d'une cérémonie en tant que tel ce qui révélait encore de son ignorance des coutumes occidentales :

    - Je suis désormais ton épouse mais.. mais comment prouver que tu es le mien ? Je n'ai pas d'anneau !

    Elle s'inquiétait en se relevant vivement pour en trouver un. Mais bien évidemment. Les anneaux ne tombaient pas du ciel comme cela. Alors, imaginative, elle prit un fil de fer qu'elle tordit aisément pour lui donner une force circulaire. Une fois que ce fut fait, elle vint entourer l'index de Gabriel en souriant doucement. C'était sa promesse à elle même si l'anneau était sommaire :

    - Je trouverais mieux mais tu m'as prises de court mon amour.


    immarcescible, Posté le mardi 11 janvier 2022 23:00 Répondre

    Pocahontas essayait de se souvenir de ce que lui aurait dit sa mère, ou sa grand-mère sur leur passé. Est-ce que sa mère savait ? C'étaient des mystères qui ne pouvaient qu'alimenter sa curiosité tout comme ce fameux bouquet sur la tombe de Francis. En partant pour le cimetière, la jeune femme avait pris avec elle des bougies ainsi que des couronnes de fleurs. C'était la tradition chez elle d'honorer les morts. Elle pensait faire ce qui était mieux pour l'âme de son grand-père et celle de sa grand-mère. Assise en tailleur, elle se mit à incanter ses esprits en silence. Mais la question de Gabriel la réveilla de sa méditation :

    - Non. Je ne crois pas.. Dans mon souvenir son teint était comme le mien. Tu sais, je n'ai pas trop de souvenirs précis de ma mère. Elle est morte quand j'avais onze ans. Il y a beaucoup de choses que j'ai oublié malheureusement.

    La mémoire, cruelle amie se disait-elle. En effet, elle ne se souvenait que partiellement des choses. Un sourire, un éclat dans le regard, une chanson, sa douceur. C'était étrange de ne pas se souvenir de certains moments mais uniquement de petites choses précises.

    - J'aimais son parfum. Elle sentait toujours bon.. Les fleurs. Je tiens ça d'elle je crois.

    Cela faisait sourire la brune qui vint demander à Gabriel de se placer comme elle. Tranquillement, elle lui expliqua comment on honorait les morts dans son peuple et l'importance de rendre le corps à la nature. C'était une de ses volontés première expliquait-elle :

    - Il faut que tu saches que nous considérons que nous sommes constitués de poussières. Il est donc important de rendre à la nature ce qu'elle nous a donné. Mon corps devra être brûlé et dispersé où bon me semblera. Pour ma part, j'ai toujours voulu que mon corps astral repose au pied d'un arbre.

    Ce n'était absolument pas tabou pour elle de parler de la mort contrairement aux occidents. C'était un passage naturel qui nécessitait qu'on lui accorde une véritable importance. Ainsi, la brune ne semblait pas perturbée d'évoquer ses éventuelles futures funérailles. Avec douceur, elle passa sa main sur la joue barbue de son amant qu'elle contemplait tendrement. Son pouce appuyait sur sa petite ride entre les yeux signifiant sa contrariété :

    - Eh.. Je ne suis pas morte encore. J'ai tellement de choses à faire avec toi si tu savais. Je ne compte pas te laisser ici sans moi pendant un loooooooong moment.

    Elle riait doucement avant de se redresser et de se pencher pour lui donner un tendre baiser. Le vent se levait, le moment était venu de rentrer. Pocahontas voulait continuer de nettoyer et de vider la maison de ses détritus. Son objectif était de rendre le plus vite possible leur demeure habitable. Et c'est avec hâte qu'elle se remit au travail. Pendant qu'elle balayait, elle chantait des comptines d'enfant amérindiennes qu'elle apprenait à Gabriel, ainsi, elle pouvait encore parler sa langue qui lui manquait tant.

    - Tu crois vraiment que nous étions destinés ? Je veux dire.. N'est-ce pas juste une coïncidence ? Après tout, tu aurais pu peut-être trouver le bonheur avec Anya. Elle est belle, gentille.. Drôle et charmante. Pourquoi le destin viendrait-il nous compliquer l'existence. C'est vrai.. Je ne suis que moi.. Quand toi tu es le Dieu parmi les hommes.


    immarcescible, Posté le mardi 11 janvier 2022 18:36 Répondre

    Pocahontas avait investit toute la bibliothèque. Tous les carnets étaient étalés et les croquis reproduit avec soin par la jeune femme. C’était quelque chose d’intime et de fascinant que de lire les souvenirs de sa grand-mère. Elle qui pensait tout savoir d’Aponi se trompait lourdement. Une nouvelle page s’ouvrait pour la princesse qui plongeait avec passion ses recherches.

    Pourtant, elle savait qu’elle avait des patients et sans doute des urgences, mais pour le moment, elle n’en n’avait que faire. Sa grand-mère lui parlait littéralement. Sentant Gabriel venir contre elle, elle lui sourit en se retournant sur ses genoux :

    - Je découvre tout un tas de choses sur elle, sa vie, ma mère. Savais-tu que ma grand-mère a voyagé pour trouver le principe des pierres. Et en arrivant ici, elle est tombée amoureuse du Lord du château. Un certain Francis McKenzie.

    Ses joues étaient toutes rougies par l’excitation et ses yeux brillaient. Pocahontas était folle de joie en découvrant tout ce passé à découvrir. Elle reprenait donc son récit après avoir repris son souffle :

    - Ils sont tombés amoureux et ils ont vécu ensemble pendant deux longues années. Ils se sont mariés et ont eu ma mère. Ce château appartiendrait donc à mon grand-père Isha ! Tu te rends compte ? C’est une coïncidence inouïe tu ne trouves pas ?

    Reprenant enfin son souffle, elle cherchait dans une multitude de feuilles le fameux croquis de sa grand-mère sur les pierres. Elle le montrait à Gabriel et lui donnait en tapotant dans ses mains :

    - Je n’ai pas encore déchiffré tous les symboles mais il semblerait que tout vienne de l’énergie corporelle et des pierres. Il faut que je m’entraine mais si je suis bien les instructions de ma grand-mère, peut-être que je pourrais les retrouver Isha !

    Son sourire était éblouissant. Voilà presque un an qu’elle était arrivée ici en Ecosse et qu’elle n’avait pas revue sa famille et il lui manquaient terriblement. Venant à califourchon sur le brun, elle entourait ses joues de ses mains et lui donnait de profond et tendre baisers avant de reprendre plus sérieusement :

    - L’histoire ne se finit pas bien en revanche.. Ma grand-mère soignait les gens avec les plantes mais très vite les religieux du village et les superstitieux ont cru à une sorcière. Elle a été condamnée elle et ma mère au bûcher. Mais heureusement mon grand-père a réussit à l’aider à s’enfuir..

    Là, au moment de cette histoire, son sourire disparut. Il y avait une certaine forme de résonance entre leur histoire et celle d’Aponi. Pocahontas prit donc le journal et lu les mots de grand-mère :

    - Juillet 16.., Francis nous a sauvé mais en agissant avec sa noblesse de coeur habituelle il a périt. L’âme de mon adoré est perdue entre toutes celles de ces païens et odieux monstres aux visages pâles. Ils l’ont pendu et lui ont arraché les membres pour avoir consommer une union avec moi, la Sorcière. Je les hais. Je les hais de toute mon âme. Mais mon coeur doit s’adoucir. Je suis sur le bateau qui me ramène chez moi. Je pleure sans cesse, je pleure cet amour qui me guide loin de lui. Je dois vivre pour qu’il continue de vivre en moi, en Meika notre fille.

    La brune fermait le carnet en laissant une larme glisser le long de sa joue. Elle reportait son attention sur Gabriel et l’observait tendrement. Sa main reprenait possession de sa joue alors qu’elle reniflait doucement :

    - Tu es ma vie, mon âme Isha.. Je pourrais mourir pour toi. Comme mon grand-père la fait pour Aponi. Mais j’espère vivre une longue et très vieille vie à tes côtés. Seulement.. Si notre amour doit te porter préjudice, je te préviens que je partirais. Je refuserais que tu meurs à cause de moi.

    Et elle était sérieuse en lui annonçant cela.


    immarcescible, Posté le mardi 11 janvier 2022 14:21 Répondre

    C'est une Pocahontas soulagée qui s'active avec l'architecte. Une Pocahontas confiante et qui croit en l'avenir désormais. Gabriel l'avait écoutée et entendue. Ils avaient l'un et l'autre conscience de ce en quoi ils s'engageaient mais surtout, le même désir de protéger leur futur enfant. Elle se revoyait lui rire un peu au nez gentiment lorsqu'il lui demanda quand ils auraient Kisos et lui expliquer que le temps ne dépendait que des choix qu'ils faisaient. Aussi, une action peu très bien se faire ou se défaire suivant les coïncidences du temps.

    Mais pour l'heure, elle était plus préoccupée par ce qu'elle demandait à l'architecte. C'était très simple mais elle aimait que les choses soient faites avec sérieux et détermination. Lorsqu'il fut partit, elle rejoignit son amant dans le fameux salon où ils avaient fait l'amour. Il tenait un portrait d'une femme qui surprit Pocahontas :

    - Aponi, murmurait-elle effrayé, c'est ma grand-mère..

    La surprise se lisait aussi sur les traits du brun. La jeune femme s'approchait et touchait les traits figés de sa grand-mère si jeune qui tenait dans ses bras un enfant emmailloté. Sur le côté se trouvait la date à laquelle sa mère était née. Cela troublait l'amérindienne qui ne comprenait pas :

    - Isha.. Donne moi ce coffre que tu as trouvé s'il te plaît..

    Rapidement elle s'agenouilla devant lorsqu'il fut mis à sa disposition. Elle y trouvait des robes amérindiennes, des bijoux, des jouets d'enfants, des peluches, du tissu et un arc. Mais dans le fond, sommeillait entrelacés par des rubans de jolies couleurs plusieurs carnets. C'est avec émotion que la jeune femme les ouvrit. Avec prudence, elle contempla l'écriture penchée de sa grand-mère et vit la date :

    - Ma grand-mère a vécu ici Isha.. Elle.. Elle.. Elle a vécu ici avec ma mère.

    Elle n'en revenait pas alors qu'elle déchiffrait ce qu'écrivait sa grand-mère. Par moment, il y avait des pages remplies de dessins, de codes et autres symboles qu'elle ne comprenait pas. C'était un puzzle intriguant qui allait la passionner. Relevant son visage vers Gabriel, elle souriait émue en refermant le carnet contre elle :

    - Tu te rends compte de ce que ça veut dire ? Nous vivons sur les traces de ma grand-mère..


    immarcescible, Posté le mardi 11 janvier 2022 11:27 Répondre

    Le visage de la brune se blottissait contre le cou si chaud de son amant. Son parfum la pénétrait de partout et elle l'aimait, ô que oui elle l'aimait. Les yeux clos, elle savourait cette douce sensation chaude et réconfortante qui l'envahissait. Les caresses, la sensation d'apaisement post-orgasme, la pièce encore dépouillée de meubles. Tout était parfait. Ses doigts s'amusaient à faire des dessins imaginaires sur le buste foisonnant de Gabriel. Elle savourait simplement le moment. Du moins, jusqu'à sa question. Elle ouvrit instantanément les yeux craignant de lui avouer que tout ce qu'il faisait allait avoir des répercussions bien plus grande :

    - Ce.. Ce n'est pas moi.. Ce n'est pas moi qui ai tué tout le monde mais Kisos.

    Elle le sentit se redresser et l'observer sans comprendre. Elle lui devait enfin une explication. Depuis trop de jours elle gardait ça pour elle et enfin ils allaient pouvoir en parler sans risquer d'être entendu. Posant sa main sur le ventre de son amant, elle vint s'asseoir et relever ses genoux contre sa poitrine. Ses long cheveux la recouvrait tandis qu'elle fuyait son regard :

    - J'étais si perdue quand tu es parti à ce hangar. Je ne savais plus quoi faire ou dire.. J'étais blessée que tu me proposes encore de partir. Comme si je n'avais pas conscience du danger. J'ai prié pour que Kisos soit là. Je voulais, j'avais besoin de savoir quoi faire. Et alors que je m'apprêtais à venir te rejoindre, il est arrivé et a assassiné tout le monde.

    Elle jouait avec les boutons du canapé sans toutefois regarder Gabriel. Elle craignait d'y lire une colère ou même une déception. Mais elle continua son récit :

    - Ce n'était pas le même Kisos que j'ai peu rencontrer. Dans son regard quelque chose de violent y sommeillait et j'ai eu peur de lui au début. Il est si impressionnant Isha.. Tu le verrais.. Aussi grand que toi, aussi fort. Il m'a expliqué ce qui allait se passer si je ne tuais pas Loreleï et je n'ai pas réfléchis. J'ai de suite foncé jusqu'à toi.

    Finalement, cela pouvait ressembler à un happy ending. Seulement, la jeune femme ne cessait de repenser au regard de leur fils et le destin effroyable qu'ils lui réservaient avec toutes ces activités. Enfin, la brune releva son regard vers Gabriel en retenant son souffle :

    - J'ai peur de ce que nous allons lui laisser comme héritage. Je.. Je ne veux pas que notre enfant subisse ce monde et cette vie. Ce n'est pas comme ça que j'avais imaginé ma vie. Je ne dis pas ça pour faire machine arrière mais j'aimerais que tu envisages la possibilité de cesser quand il sera là. Je ne t'en veux aucunement, dit-elle rapidement en revenant sur lui lorsqu'elle vit son regard, je ne t'en veux absolument pas. On a fait ce qu'il fallait pour survivre. Mais maintenant que tu gères tout ça, il y a forcément une porte de sortie. Je.. J'ai besoin de savoir si on a une porte de sortie pour nous trois.


    immarcescible, Posté le lundi 10 janvier 2022 21:54 Répondre

    Son jeu se retournait délicieusement contre elle. Mais qu'importe, la bouche experte de Gabriel sur son sexe la rendait complètement folle. Elle se fichait royalement de visiter la maison pour l'instant. Son regard était uniquement braqué sur la moue si sexy de son amant qui prenait un malin plaisir à la rendre folle. D'une main ferme elle tenait sa crinière quand l'autre agrippait l'accordoir du sofa. Elle en criait de plaisir étant incapable de se contrôler ou même de se retenir. A bout de souffle, elle sentait son bas ventre se tendre et approcher de la jouissance. Mais Gabriel semblait bien la connaître maintenant puisque dans un mouvement rapide, elle le sentit inverser les positions sans qu'elle puisse agir. Et aussitôt, le sentir à nouveau en elle.

    - Oh.. Isha.. Ne t'arrête pas..

    Son souffle était rapide et elle gémissait de plaisir en le suppliant de continuer. Agrippant fermement de ses deux mains l'accoudoir désormais, elle cambrait ses fesses contre le bassin de Gabriel pour mieux le sentir. Et quel pied elle prenait. Jamais elle ne pourrait s'en lasser. Comment pourrait-elle le laisser quitter la maison en sachant ce dont il était capable de faire :

    - Tu.. Tu.. Tu es mon.. Ahh.. Mon dieu.. Isha.. Oui..

    Tout son corps était en alerte, elle ne savait plus où donner de la tête. Les cuisses de la jeune femme venait lentement se resserrer sur la main qui la caressait ce qui ne faisait qu'accroître son plaisir. Cette position était aussi exquise que l'autre et elle se demandait si il y en avait d'autres mais pour l'heure, elle était trop frustrée de ne pas pouvoir le toucher ou le contempler. Alors, dans un mouvement souple, elle vint se redresser de sorte à poser son dos contre son buste. D'une main elle agrippait la nuque du brun et attirait ses lèvres sur les siennes. Son autre main se tenait toujours au sofa ce qui lui permettait de mieux rendre chaque coups de bassin du brun.

    Cette petite créature brune était devenue insatiable. Sa langue se mêlait à celle de Gabriel, sa main griffait sa nuque et son corps se tendait de plus en plus face à la puissance des mouvements de bassin de Gabriel. Elle était au paradis. Son corps était encore sensible à toutes ces sensations et elle sentait bien que le plaisir allait atteindre son moment ultime. Et ce fut lui qui donna le coup de grâce si bien qu'elle du se tenir à lui pour ne pas s'écrouler en avant sur le sofa alors que son cri d'extase résonnait dans toute la maison vide.

    - ISHA !

    Lorsqu'ils furent totalement éreintés, ils vinrent s'écrouler sur le dit sofa. Allongée sur lui, elle léchait sensuellement la sueur de son cou qui perlait. Un léger rire s'échappa de ses lèvres avant de finalement dire :

    - Je suis étonnée.. Le sofa semble avoir bien tenu. Il faut impérativement le garder. Je crois que c'est le seul mobilier de la maison qui tiendra.

    Se redressant lentement sur un coude, elle caressait avec douceur les traits fins de son amant. Son coeur palpitait encore à toute allure et son sourire éblouissait son visage encore rougi par l'effort sensuel. Embrassant tendrement ses lèvres et caressant sa joue, elle murmurait :

    - Comment les gens font-ils pour sortir ? Je ne sais pas si je vais pouvoir me passer de toi. Je veux que tous les jours tu me fasses l'amour. Je comprends mieux pourquoi tu voulais que je vienne au manoir de tes parents au retour de Sam. Je ne tiendrais pas si longtemps sans toi. Je suis une enfant qui a goûté au meilleur des bonbons tu en as conscience ?


    immarcescible, Posté le lundi 10 janvier 2022 20:32 Répondre

    Il semblerait qu'elle avait vu juste en le prenant ainsi en bouche. Cela l'avait elle aussi bien excitée d'ailleurs. Ce pouvoir, cette possibilité, cette forme de séduction qu'elle commençait à apprendre lui plaisait. Et puis c'était leur moment à eux, c'était ce moment de pure félicité. Lorsqu'il vint reprendre le dessus et la pénétra elle ne pu retenir un long soupire de plaisir. Cambrée contre son bassin, elle venait agrippait son épaisse crinière qu'il tirait doucement pour s'appuyer. Elle se sentait si forte, si belle, si désirée et aimée en l'ayant en elle. C'était comme un rituel, une prière. Quelque chose d'inexprimable et de si puissant qu'elle aurait pu en pleurer. Mais le plaisir l'envahissait trop pour cela :

    - Oh.. Isha.. Bon sang.. Oui..

    Les yeux clos elle ne pensait plus à rien. Juste la sensation bénie des lèvres sur sa peau quand son bassin bougeait sans qu'elle ne le commande. C'était si instinctif et déroutant comme nouvelles sensations. Mordant sa lèvre, elle penchait sa tête en arrière en se donnant du plaisir. Ses seins étaient merveilleusement dévorés par ses lèvres avides et cette barbe piquante qui l'excitait davantage.

    Savoir que cet homme pouvait tuer un autre de ces même mains qui lui donnait tant de douceur ne cesserait jamais de l'étonner. Gabriel faisait toujours preuve de douceur et d'attention à son égard et c'est pourquoi la petite claque sur ses fesses la surprit. Mais étonnement, cela la fit se redresser et rire :

    - A.. Attention.. Ne joue pas trop, le prévenait-elle, tu.. tu risques de ne pas pouvoir suivre ce qui t'attends Walker.

    Elle aimait le surnommer comme ça pour le taquiner. C'était devenu un jeu justement. Les yeux réouvert, elle le contemplait avec ce désir dingue. Tirant fermement sur sa crinière qu'elle massait jusqu'auparavant, elle le redressa de sorte à ce qu'il l'embrasse. Pocahontas lui donnait un baiser sauvage, passionné alors qu'elle accentuait ses mouvements de bassin. Ses gémissements plaintifs recouvrait le silence de la maison et son bassin claquait fermement celui de Gabriel. Jouant de son étroitesse, elle se sentie proche d'un orgasme qu'elle reconnaissait maintenant et qu'elle voulait atteindre en même temps que lui.

    - Isha.. Isha.. Mon amour ! Encore oui !

    Poussant un ultime cris de plaisir, elle s'écroula sur lui tremblante et hagarde. Le petit nuage sur lequel elle se trouvait la fit poser son front contre le sien. Haletante et en sueur, elle se blottissait dans les bras de Gabriel en cherchant sa douceur. Un rire sur les lèvres, elle gardait les yeux en savourant le moment avant d'embrasser tendrement ses lèvres meurtries par tant de baisers et murmura d'une voix rauque de plaisir :

    - Encore.. Cap ou pas cap ?


    immarcescible, Posté le lundi 10 janvier 2022 18:17 Répondre

    Il lui redisait enfin.. Les fameux mots qui avaient bouleversé son coeur la première fois. A bout de souffle à cause de la fameuse bataille de farine et étant elle-même recouverte de farine, elle ne put s'empêcher d'agripper sa nuque pour lui donner un baiser enfiévré, passionné. Ses lèvres se mouvaient comme la première fois qu'ils s'étaient embrassés. La fièvre et le désir l'enveloppait dans un élan de spontanéité qui la rendait fébrile. Mais plus rien ne les retenait. Personne derrière la porte, personne pour les attaquer par surprise. Ils étaient libre.

    Alors, spontanément, Pocahontas vint dans un geste ferme déboutonner violemment la chemise de Gabriel. Tous les boutons sautèrent et elle fit rapidement tomber la chemise du brun sur le sol. Ses doigts puis ses ongles venaient délicatement griffer son buste et son dos avant qu'elle ne l'attire jusqu'au salon. A bout de souffle, elle du cesser de l'embrasser mais c'était tant mieux puisqu'elle pouvait lui ordonner d'une voix sensuelle et douce :

    - Fais moi l'amour..

    Ils se retrouvèrent rapidement dans le salon. Elle n'avait aucune idée de comment puisque c'est lui qui l'avait transporté. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle perdait la tête sous ses mains et ses lèvres. Elle se sentait si chaude, si désirée à ce moment présent. Pour rien au monde elle n'aurait voulu manquer cela. Rapidement ils se trouvèrent enfin nus l'un contre l'autre. Pocahontas retenait les lèvres de Gabriel contre les siennes. La brune les embrassait, les mordillait les suçait avec un plaisir évident quand sa main cherchait le sexe de son amant qu'elle stimulait.

    Ses caresses sur celui-ci se faisaient plus vive, plus rapide. Elle avait moins peur et elle était totalement empressée par l'excitation. De doux gémissement d'excitation s'échappaient de ses lèvres quand elle vint aisément changer leurs positions. En bougeant ses cheveux s'étaient débarrassés d'une partie de la farine. Ils étaient très long et se balançaient sur ses seins qu'ils dissimulaient. Le regard fiévreux, elle mordait sa lèvre quand ses mains ne s'occupaient que du sexe de Gabriel ainsi que de ses testicules qu'elle manipulait aisément :

    - Tu es si beau mon amour.. Mon Isha.. murmurait-elle en amérindien éblouie.

    Ce qu'elle aimait le voir perdre ainsi le contrôle et être aussi explicite dans ses mots, ses paroles. Alors, lui vint le souvenir de sa conversation avec Millie sur le plaisir masculin. Elle hésita et puis se dit qu'il fallait se lancer. Lentement, elle vint se pencher et alors, passa timidement sa langue sur le gland découvert de Gabriel. Un oeil sur lui, la fit comprendre qu'elle avait juste. Les hommes semblaient aimer ça. Et c'était loin d'être désagréable pour elle. Quand sa main continuait de le caresser, sa bouche venait lentement envelopper le membre et accompagner son poignet dans ses mouvements.

    Elle était encore un peu timide, mais lorsqu'elle sentit la main de Gabriel dans sa crinière elle sut qu'elle avait eu juste d'écouter son intuition. Elle continua donc, plus rapidement jusqu'à même lui faire toucher le haut de sa gorge. Enfin, pour s'amuser, elle dévoila ses dents qui effleurèrent la fine peau de son membre pour voir sa réaction ce qui lui donna un sourire en coin espiègle.


    immarcescible, Posté le lundi 10 janvier 2022 14:24 Répondre

    Gabriel souriait, il était détendu. Une fraction de seconde, Pocahontas revit le tendre valeureux et intrépide amant qui l'avait tant émue les premières semaines de leur rencontre. Elle le suivait donc partout sans oser poser de questions, de toute manière il y répondait de lui-même. Le petit chien à leurs trousses, elle le suivait de par et d'autre de cette magnifique et immense demeure qui désormais lui appartenait. Tout lui plaisait même si tout était encore à faire. Mais surtout, l'attention concernant les pierres la toucha plus étroitement. Se retournant vers Gabriel, elle vint enfin s'exprimer tandis qu'elle prenait ses mains dans les siennes. Ses yeux étaient humides, non pas de tristesse mais d'émotion :

    - Merci.. Merci de comprendre..

    Murmurait-elle à son encontre avant de se hisser sur ses épaules pour lui donner un tendre baiser. Leurs contacts avaient encore une fois plus ou moins limités durant tout ce temps. Pocahontas avait eu une sorte de dépression nerveuse après avoir assassiné Loreleï de sang froid et la venue problématique de Kisos l'avait chamboulé. Elle n'avait pas encore osé parler à Gabriel de l'homme qu'était devenu leur futur fils, ni même qu'il était responsable du bain de sang de la taverne. Pour tout le monde, Pocahontas avait agit seule et tout le monde en était effrayé.

    Seule Anya connaissait la vérité. Au fil des jours elle était devenue une véritable amie et une alliée de choix dans ce nouveau mode de vie. Garrett et elle semblaient se parfaire à vivre aussi intensément loin des codes et de l'étiquette. Binki était partie au loin, incapable de concevoir un tel retournement de situation. En fait, une partie d'elle en voulait à Pocahontas. Elle était persuadée que l'amérindienne était la cause de tous les malheurs de tous. Chose que cette dernière reconnaissait.

    Tellement de choses semblaient les séparer depuis tout ce temps qu'elle ne pouvait qu'être heureuse d'avoir à nouveau un moment privilégié avec lui. Ses mains quittaient les joues barbues du jeune homme quand elle reprenait son souffle. Les yeux noirs de la jeune femme tentaient de déchiffrer l'esprit de son bel écossais quand elle caressait son buste :

    - Tu m'as manqué Isha, avouait-elle d'une voix douce, cette lueur dans ton regard et ce sourire m'avaient manqué.

    Le chien qu'ils avaient décidé de nommer Tempête sautillait dans le jardin. Elle apprenait à découvrir la propriété ce qui faisait sourire Pocahontas. Elle évoqua les projets qu'elle avait notamment pour le jardin et la partie aromatique pour ses plantes afin de continuer ses potions et autres baumes.

    - Pour nous deux seulement c'est immense.. Peut-être que je pourrais utiliser la partie basse et la tour pour y installer mon cabinet ? Comme ça je serais à proximité du jardin. Qu'en penses-tu ? Je me sentirais plus en sécurité ici que sur les quais honnêtement.

    Elle voyait déjà grand et lui disait qu'une partie du château pourrait même servir d'entrepôt pour les affaires de Gabriel. Contrairement à ce qu'il aurait pu croire, elle s'était faite à l'idée de ce monde. Ce qui l'inquiétait, c'étaient les conséquences sur l'âme de Gabriel et les répercussions sur leurs éventuels enfant. Kisos était toujours en vie, elle le sentait, vivant quelque part. Mais ne voulait-elle pas mieux pour lui que cette vie justement ?

    Ils étaient rentrés dans le château. Par curiosité, elle ouvrit la grande porte qui donnait sur le salon et découvrit des murs emplis de livres que son amant appelé "bibliothèque". Une belle cheminée ornée la pièce et elle sut que ce serait sa deuxième pièce préférée :

    - Isha ! Tu te rends compte ? Regarde toutes ces histoires ! s'émerveillait-elle en faisant le tour de la pièce.


    immarcescible, Posté le dimanche 09 janvier 2022 22:05 Répondre

    Pocahontas était déçue. Elle aurait aimé sentir de la part de son amant un élan plus passionné et moins pragmatique. Depuis quelques jours elle avait pensé à l'éventualité qu'ils puissent partir et aller à son époque, dans son peuple, mais l'occasion n'était jamais la bonne pour lui en parler. Il semble si sûr de lui, si à l'aise malgré la violence de ce qui se prépare. La jeune femme ne se rendait pas compte de ce qu'elle acceptait jusqu'à ce soir et elle craignait désormais que cela les conduisent à leur perte.

    Elle venait de finir de ranger la chambre et s'apprêtait à méditer quand elle fut interrompue par des cris et des coups de feu en bas. Surprise, elle se demandait bien ce qui se passait surtout que l'attaque ne devait pas avoir lieu ici. Dans sa voix résonnait la voix prudente et sévère de Gabriel qui lui disait de ne pas bouger, mais impossible, elle devait aller voir. Prenant l'arme qu'il lui avait confié, elle se dirigea dans le couloir et observa la scène du haut de la rambarde.

    Skylar était uniquement assommé et attaché à un poteau de la grande salle quand plusieurs hommes gisaient dans leur sang ou étaient seulement blessé. Pocahontas ne reconnut pas de suite Kisos, ce fut lorsqu'il se tourna qu'elle vit son regard. Mais quel regard il avait. Il était tout autre que celui qu'elle avait rencontré des mois plus tôt. Sortant de sa cachette, elle se rendit visible ce qui fit sourire son fils. Rapidement, il monta jusqu'à sa mère jusqu'à la prendre dans ses bras.

    Il n'avait plus cette mine si sombre et si fermée que lorsqu'elle le vit en bas. Kisos avait la même allure qu'avant mais quelque chose avait changé chez lui qu'elle ne saurait expliquer. Posant sa main sur sa joue, elle le regarda tendrement malgré la surprise :

    - Que fais-tu ici ?
    - Tu m'as appelé.. Je suis venu Ma'. Maintenant, tu dois aller sauver Duda. Il est en danger.
    - Quoi ? Comment ça ?

    Pocahontas devint rapidement blême en imaginant que Gabriel puisse être en danger. Kisos jetait un coup d'oeil sur la salle où les hommes étaient toujours immobilisés ou mort et vint écarter sa mère de cette vision horrifique. Il lui expliqua brièvement que Loreleï suivait son père et qu'elle allait découvrir le plan de ce dernier. Puis, qu'il serait blessé, mutilé et qu'enfin, il serait envoyé aux colonies pendant cinq années avant de revenir. Cinq années où ils seraient encore séparés et où Pocahontas devra subir les assauts et autres viols intempestifs des hommes de Skylar. En revenant, Gabriel serait devenu un véritable monstre sanguinaire.

    - Tu dois donc le sauver.
    - Par tous les Esprits.. Qu'est ce que nous t'infligeons mon fils.

    Le récit fit par son fils torturait de plus en plus Pocahontas. Il était la preuve que toute cette histoire était une mauvaise idée et elle devait y mettre fin. Mais avant, elle devait sauver Gabriel. Embrassant la joue de son fils, elle posa une dernière fois son front contre le sien :

    - Merci mon garçon. Mon soleil.. Merci.

    Elle le quitta mais partit accompagnée de l'arme donnée par Gabriel. Jamais elle n'aurait cru être capable de s'en servir, mais lorsque l'on aime, on est prêt à tous les sacrifices. Elle connaissait le lieu de rendez-vous et de toute manière, ce ne fut pas compliqué de trouver. Aisément, elle fit le tour de l'entrepôt et se dit qu'à l'avenir le brun devrait poster des hommes pour surveiller les alentours. Evident que Loreleï les trouvèrent facilement.

    En entrant discrètement dans l'entrepôt, elle entendit le discours véhément de Gabriel et sut qu'il touchait les coeurs. Il avait cette âme parfaite pour ameuter et convertir. Un charisme de leader. Dans une autre situation, elle aurait été fière de lui mais là, elle devait trouver son ennemie. Soudain, alors qu'il allait amorcer la dernière partie de son plan, Loreleï sortie de sa cachette en hurlant un "CHIEN" sonore à l'encontre du traitre. Son bras étirait un pistolet qui fit frémir Pocahontas. Tout le monde était sous le choc et craignait qu'elle soit accompagnée des hommes de Skylar.

    Alors qu'elle allait appuyer sur la détendre, Pocahontas arma et tira dans la main de la blonde avant de surgir de l'obscurité. Seulement, son arme n'avait qu'une balle puisqu'il s'agissait d'un pistolet pour femme. Avec un calme olympien, elle agrippa sa crinière et sans émotion égorgea la jeune femme devant toute l'assemblée horrifiée. La brune était recouverte du sang de son ennemie ce qui l'émue. Elle avait rompue sa promesse de ne jamais assassiné qui que ce soit. Levant son regard vers Gabriel, ses prunelles sombres le fixait. Elle était incapable de dire un mot mais tenait toujours fermement le couteau de cuisine dans sa main.

    Millie profitait de ce moment de pure calme pour finalement relancer le débat et prouver que Gabriel était le leader qu'il fallait et qu'il saurait tous et toutes les protéger notamment avec Pocahontas capable de donner la vie comme la mort. Mais pendant qu'elle parlait, Pocahontas ne bougeait toujours pas. Sa conscience prenait soudainement vie de nouveau. Elle venait de tuer de sang froid, c'était la première fois et cela l'accablait. Désespérée, elle fixait toujours Gabriel cherchant dans son regard un réconfort, une ancre où s'accrocher car elle sentait qu'elle allait sombrer :

    - Isha.. murmurait-elle désemparée.


    immarcescible, Posté le dimanche 09 janvier 2022 15:36 Répondre

    En fait, Pocahontas se rendit compte que toute cette histoire la dépassait totalement. Bien sûr, elle savait depuis le départ ce qui les attendaient et vers quoi cela les conduiraient, mais là, elle prenait véritablement la mesure de la situation. L'arme dans la main, elle trembla. Cela lui rappelait d'affreux souvenir, le moment où les blancs avaient attaqué son peuple et où elle même avait été mise en joue par l'un d'eux. Non, elle ne pourrait jamais.

    Rapidement, elle reposa l'arme sur le lit et fit signe, négativement de la tête, à Gabriel. Donc, non, elle ne pourrait pas assassiner quelqu'un de sang froid alors qu'elle passait le plus clair de son temps à en sauver des vies au cabinet.

    Mais ce qui lui faisait le plus peur c'était la dernière proposition de Gabriel, celle ou il lui proposait de partir si elle désirait. Cela semblait si aisé pour lui de dire une telle chose que cela la troubla. Les sourcils froncés, elle vint le pousser en lui donnant un coup dans le bras :

    - Pourquoi tu dis ça ? Tu veux te débarrasser de moi maintenant ? Comment oses-tu me dire une telle chose après toutes ces semaines ! Alors que je me suis donnée entièrement à toi. Je ne veux plus jamais t'entendre dire une telle chose tu m'entends ?!

    Elle était vexée et en colère qu'il puisse lui dire une telle chose. Comment pouvait-il croire qu'elle voulait le quitter alors qu'elle lui avait ouvert son coeur et son âme. Elle recommença à lui donner un coup plus fort en le regardant de ses iris sombre :

    - Tu as dis que c'était toi et moi alors arrête de dire des absurdités. Ma vie est liée à la tienne et tu le sais aussi bien que moi. Je te l'ai déjà dis, si j'avais voulu partir je l'aurais déjà fait.

    Elle se détourna de lui pour ranger machinalement ce qui trainait autour d'eux. Le stress de la soirée et celui de toutes ces dernières semaines pesaient sur ses épaules. Le sentiment d'être épiée par Loreleï qui lui tournait autour depuis tout ce temps l'épuisait. La crainte de le voir partir sans jamais revenir aussi. Et puis.. Et puis sa famille lui manquait, Vicky aussi. Elle avait reçu une lettre d'elle lui signalant qu'ils repartaient pour Lowache. La jeune Heughan suspectait l'arrivée d'un premier bébé dans leur vie ce qui avait fait réaliser à Pocahontas qu'ils ne pourraient pas eux-même construire leur famille.

    Gabriel semblait épanoui et si certain de lui qu'elle ne voulait pas l'empêcher de se réaliser. Mais elle craignait qu'il en oublie l'essentiel, eux. Le souvenir de ce Kisos adulte lui manquait et elle aurait aimé avoir un peu d'aide, de réconfort mais elle ne savait pas vers qui se tourner. En vérité, elle se sentait seule.

    - Je ne viendrais pas. Je suis épuisée et je dois préparer certaines concoctions pour mes patients de demain.


    immarcescible, Posté le dimanche 09 janvier 2022 14:02 Répondre

    Deux semaines étaient passées depuis les prémices du plan de Gabriel. La situation était étrange, tendue. Pocahontas se faisait la plus discrète possible. Comme si elle voulait qu'on l'oublie. Comme une bonne princesse, elle obéissait aux ordres de Skylar tout en préparant la liste d'hommes près à se battre pour Gabriel et la liste grossissait de jour en jour. La jeune femme avait pris en autonomie et avait même ouvert une petite permanence pour les quelques personnes civiles du port. Elle aimait assez l'idée de pouvoir aider les autres sans demander de l'argent.

    Bien sur, elle se trouva rapidement dépassée par le nombre de personnes ayant besoin de soin. Skylar y met bien évidemment son grain de sel et exigea qu'elle se fasse payer. Là, elle imposa son véto et encore une fois gagna face au vieux grincheux. En échange d'un troc, d'un service donc, elle soignait les gens qui le demandaient. Beaucoup étaient reconnaissant envers la jeune étrangère. Elle était douce, à l'écoute et compréhensive. Sans l'avoir voulu, Pocahontas contribuait à rendre Gabriel beaucoup plus populaire aussi chez les civils.

    L'arrivée de William lui apporta aussi un plus. Ses connaissances en médecines lui permirent de mieux appréhender certaines maladies ou même comment mieux soigner. Elle soignait toujours avec les plantes et avec le plus de naturel possible mais lorsqu'elle eut une amputation, elle savait que la connaissance médicale de Willy pourrait lui être favorable. Aussi, lui aussi la formait et lui apprenait tout son savoir. C'était étrange, il semblait se délester de son savoir avec un plaisir évident et cela contribua à les rapprocher un peu.

    Mais pendant ces deux semaines là, Pocahontas ne vit presque pas Gabriel. Il revenait tellement tard qu'il était bien souvent trop fatigué pour parler ou même la toucher. De toute manière, ils avaient trop peur d'être interrompu par la venue subite d'un des sbires de Skylar. Alors, patiente, la jeune femme l'attendait et panser ses blessures. A chaque fois, cela l'inquiétait de le voir revenir aussi marqué par toutes ces blessures. Son souffle se bloquait mais elle ne montrait rien de sa peine. Ce qu'il était obligé d'endurer la tourmentait. Elle aurait voulut l'empêcher mais elle savait ô que très bien qu'ils n'auraient pas d'autres solutions.

    Pourtant, ce soir là, il semblait bien. Il souriait. Alors, elle l'écoutait attentivement et hocha de la tête en finissant de panser la blessure de son poignet. Néanmoins, elle ne pouvait s'empêcher de lui dire :

    - Je t'en prie... Fais attention.. Tu sais qu'il a des espions partout. Je ne voudrais pas qu'il t'arrive quoi que ce soit.. Je ne le supporterais pas..

    Cela faisait deux semaines qu'elle gardait pour elle ses inquiétudes. Deux semaines qu'elle s'efforçait d'être forte pour lui sans montrer qu'elle avait tout simplement peur pour lui. Relevant son visage vers le sien, elle le contemplait en caressant sa joue :

    - Tu dois me revenir en vie tu as compris ? Promet le. Sinon je te jure de venir te chercher et je peux t'assurer que tu le regretteras.

    Se redressant lentement, elle vint poser ses lèvres sur celles de Gabriel. La goût de ses lèvres lui avait manqué, sa présence, sa douceur. Blottie contre lui, elle cherchait à retrouver cette divine sensation qui les avaient unis l'autre fois. Pourquoi ne pouvaient-ils pas simplement être à l'abris des regards et des indiscrétions ? Elle ne demandait rien d'autre que lui. Pourquoi étais-ce difficile ?

    Le souffle court, elle cessa leur baiser. Posant son front contre le sien, elle soupirait doucement en gardant les yeux clos pour murmurer un tendre je t'aime près de ses lèvres. Puis, elle se leva pour nettoyer les cotons souillés de sang. Elle ne voulait pas qu'il voit son trouble ou pire, qu'il s'inquiète pour elle. Tout était risqué et il est vrai que savoir William près de lui la rassurait mais connaissant un peu le vicieux qu'était Skylar, elle craignait qu'une mauvaise surprise les attaquent :

    - Explique-moi une nouvelle fois le plan.. demandait-elle pour se rassurer.


    immarcescible, Posté le dimanche 09 janvier 2022 00:52 Répondre

    La cristallisation de ce moment avait rendu Pocahontas euphorique. Son corps subissait encore les délicieux tremblements de plaisir que Gabriel avait causé chez elle. Comment pourrait-il en être autrement se demandait-elle. Il savait si bien comment la caresser et la toucher. Celle-ci même vint poser ses mains de par et d'autres du visage de son amant, elle le contemplait de son oeil brillant alors que des mots d'amour brûlaient ses lèvres. Ô que oui elle désirait encore et toujours, et Ô que oui elle l'aimait d'un amour fou.

    Leurs corps étroitement entremêlés, elle se fichait du reste du monde. Rien n'avait d'importance, hormis lui et lui seul. Pourtant, la bulle éclata alors qu'ils s'y trouvaient si heureux et parfaitement à l'aise. Surprise, elle fronça les sourcils avant de relever le drap sur leurs corps. Elle les couvrait entièrement et s'amusa à les dissimuler totalement comme ils devenaient invisible. Chuchotant tendrement, elle embrassait une nouvelle fois ses lèvres en l'observant :

    - Ne réponds pas. Reste ici avec moi.. Ne pars pas encore.. J'ai.. J'ai besoin de toi.

    Il ne s'agissait pas de sexe cette fois-ci, non, il s'agissait de sa présence de sa douceur de ses mots. Ils venaient de vivre un moment particulier et elle ne supporterait pas de la voir disparaître de la sorte. Blottie contre lui, elle lui offrait une moue adorable comme pour le faire culpabiliser un peu et ainsi rester. Mais les hommes de Skylar derrière la porte n'entendait pas cela de la même manière. Ils continuaient de toquer et très certainement à s'impatienter.

    Pocahontas comprit vite au corps tendu de Gabriel qu'il allait répondre et ce même si elle lui avait demandé de rester. Elle vint donc se tourner et quitter le lit qui avait reçu leurs première fois si fabuleuse. S'enfermant dans la salle de bain, elle vint faire sa toilette et laissa Gabriel s'occuper des fameux hommes qui tambourinaient à la porte. Après tout, qu'il se débrouille avec toutes ces histoires. Elle, elle devait se préparer à autre chose.

    Alors qu'elle finissait de mettre une robe propre et de tresser ses cheveux en une longue natte, elle entendit Loreleï demander ma présence. Etonnée, Pocahontas sortit donc de la salle de bain sans comprendre ce que lui voulait la jeune femme.

    - Que veux-tu ?
    - Mon père te demande. Il a besoin de tes "talents".
    - Je descends dans un instant.

    Le regard sombre de Gabriel n'aidait pas Pocahontas. Mais elle n'avait pas le choix. Elle avait donné sa parole au vieux Skylar, mais aussi à son amant. Le blessé serait très certainement l'un des premiers à rejoindre le camp de Walker. Pour travailler dans de bonnes conditions, la jeune femme avait demandé un lieu neutre où travailler convenablement. Un lieu avec des lits et une intimité certaine pour ses patients. Loreleï ne supportait définitivement pas la jeune femme qu'elle considérait trop comme une "princesse". Mais Pocahontas s'en fichait car le vieil homme lui donnait exactement tout ce qu'elle voulait et c'était le but de la manoeuvre de toute manière.


    immarcescible, Posté le samedi 08 janvier 2022 22:22 Répondre

    Il était si précautionneux qu'elle avait peur qu'il en oublie son propre désir. Pocahontas sentait son corps prêt et fait pour l'amour. Ou du moins, fait pour Gabriel. Toutes les sensations délicieuses qu'il provoquait chez elle lui donnait envie de hurler son plaisir, mais elle se contenait. Chaque baisers, chaque caresses, chaque regards la transperçait d'un délicieux frissons. Ses mains agrippaient sa nuque, mais descendaient le long de ses épaules et de son dos.

    Elle l'invitait en elle et lorsque ce fut fait, elle se sentit étrangement remplie, étrangement unie à lui. Son souffle se coupait alors que ses prunelles le contemplait. Une sensation particulière et dérangeante au départ mais qui au fur et à mesure de ses caresses prenaient une douceur nouvelle. Mais il s'inquiétait trop, beaucoup trop :

    - La ferme Walker, gémissait-elle en souriant en coin amusée, embrasse-moi au lieu de parler..

    C'était sa manière à elle de le rassurer et de lui indiquer que tout allait bien. Instinctivement, elle enroula ses jambes autour de ses hanches. En se cambrant de la sorte, elle l'invitait à venir encore en elle. Les yeux clos, elle renversait sa tête en arrière tout en mordant sa lèvre. Les multiples baisers de Gabriel la faisait fondre et son corps si immense sur le sien l'excitait encore plus :

    - Oui.. Oui.. Ne t'arrête pas.. Isha.. gémissait-elle doucement.

    Ses pieds appuyaient sur les fesses du brun quand de sa main libre elle agrippait sa tignasse bouclée. "Bénis des Esprits", murmurait-elle contre ses lèvres qu'elle embrassait avec un plaisir certain. Pocahontas était faite pour les jeux de l'amour avec Gabriel. A croire que tout son corps et toute son âme n'avait jamais attendu que cela. Cambrée, sensuelle, elle lui donnait des coups de bassin pour qu'il accentue un peu ses mouvements en elle. Elle voulait voir jusqu'où il pouvait aller et lorsqu'elle le sentit accélérer un peu, ses gémissements changèrent. Ils étaient plus plaintif et sonore :

    - Bon sang.. Comme ça.. Oui.. N'aie pas peur..

    Ses doigts serraient fort sa crinière quand ses ongles griffaient le long de son dos. C'était un moment tendre qui se transformait rapidement en une passion plus torride. Pocahontas avait le souffle coupé et plus elle le sentait venir et aller et plus elle sentait cette boule de chaleur intense l'enivrer de nouveau jusqu'à la mener de nouveau à la jouissance :

    - Ça revient.. Isha.. Oui.. Oui !


    immarcescible, Posté le samedi 08 janvier 2022 20:43 Répondre

    Pocahontas était timide. Elle qui pourrait assassiner de sang-froid un homme avait soudainement peur de ne pas être à la hauteur pour Gabriel. Heureusement, il était doux, patient et attentif. Savoir qu'elle lui donnait autant de plaisir qu'elle avait pu en recevoir lui redonnait chaud. Très chaud. Mais les vêtements qu'ils portaient l'encombrait totalement. Alors, elle quitta le pantalon de Gabriel pour se lever. Au début, elle vit bien dans le regard de son amant une crainte. Craignait-il qu'elle s'enfuit ? Non, jamais. Debout devant lui, en souriant, elle vint fermer à clé la porte et revenir face à lui.

    Son sourire orné son visage dont les yeux espiègles brillaient de malice et d'intensité. Mordillant sa lèvre, elle vint délicatement faire tomber sa robe. Elle se trouvait nue devant lui et cela fit rougir ses joues une nouvelle fois. C'était la première fois qu'elle se montrait nue devant un homme pour attiser son désir et cela semblait fonctionner puisque Gabriel se leva aussitôt et fit de même.

    Ce qu'il était beau se répétait-elle inlassablement en le dévorant du regard. Lentement, elle fit un pas vers lui. Ses mains caressaient le fin tracé de ses muscles jusqu'à redescendre à son membre toujours dressé. Comme il lui avait montré, elle exerça des mouvements de vas viens plus déterminé. Elle lui faisait confiance pour savoir qu'il la stopperait si cela n'allait pas, aussi, elle alterna ses mouvements de main, tandis que son pouce jouait avec son gland qu'elle découvrait en souriant doucement. Son autre main caressait ses fesses alors qu'elle déposait de tendre baiser sur son buste :

    - J'ai envie de toi aussi Isha..

    Lentement, elle venait l'asseoir sur le lit et revint s'asseoir à califourchon sur lui. Elle dénouait ses cheveux qui tombaient en cascade dans son dos. Ses mains se posaient sur ses joues jusqu'à remonter à sa crinière qu'elle caressait. Ses lèvres retrouvaient enfin les siennes dans un baiser langoureux, sensuel. C'était la douceur qui les menaient l'un à l'autre. Le désir était chevillé au corps, mais elle avait envie de prendre son temps et de savourer ce moment si particulier.

    Pendant ce temps, son bassin se collait au sien, mais surtout, elle faisait en sorte de caler le membre de Gabriel contre son intimité trempée. Cela l'excitait davantage de mimer ce mouvement en se doutant de ce qui viendrait par la suite. Ses pointes durcies se plaquaient contre son buste et des gémissements sensuels et torride s'échappaient de ses lèvres en sentant son clitoris aussi stimulé de nouveau :

    - Viens mon amour.. Viens.. J'ai si envie de toi.. Fais moi tienne.. Je ne suis qu'à toi..

    C'était une voix tendre, suppliante et gémissante qui chuchotait contre les lèvres du brun. Ses doigts caressaient sa crinière et son bassin se cambrait. Elle était prête, elle n'attendait que lui, que cela.


    immarcescible, Posté le samedi 08 janvier 2022 19:41 Répondre

    Cette fougue, cette passion qui les étreignait à chaque fois allait connaître enfin un aboutissement. Et quelle apothéose. Millie lui avait brièvement expliqué les choses de l'amour mais elle n'avait pas parlé des sensations que l'on pouvait ressentir. Parce que c'était exactement ce que Pocahontas était à ce moment précis. Juste des sensations incontrôlables, intense et si délicieuse. Elle aurait que Gabriel ne cesse jamais aucune de ses caresses, elle aurait pu mourir de plaisir en le sentant la caresser ainsi, la dominer. Son regard l'électrisait, ses mains la possédait. Elle n'avait plus aucun contrôle sur rien. C'était lui qui menait la danse en posant ses mains là où d'autres n'auraient jamais accès.

    Bien entendu, elle résista juste un cours instant lorsque son esprit vint se bloquer suite à l'épisode récent de la matinée. Mais très vite Gabriel sut la remettre à l'aise et elle s'abandonna. La jouissance pour elle était quelque chose d'inconnu. Aussi, lorsqu'il lui ordonna littéralement de jouir elle ne sut pas quoi faire. Oh mais son corps sut lui. Alors que sa main agrippait la tignasse de son amant, elle sentit cette boule de chaleur sensuelle et vibrante envahir son bas ventre. Haletante, elle se sentait prête à partir sans pouvoir l'expliquer :

    - Isha.. Isha.. Attend.. Je.. Je..

    Un long et sonore gémissement s'échappa d'entre ses lèvres alors qu'il lui donnait le coup de grâce. Tremblante, elle tira fermement sur sa crinière alors qu'elle bloquait sa tête contre son sexe comme tétanisée par le plaisir. C'était la première fois qu'elle ressentait une telle chose, aussi intense et forte.

    Un sourire sur les lèvres, elle reprenait lentement conscience d'elle-même et de la pièce sans se rendre compte qu'on la certainement entendue. Mais elle s'en fichait. Tout ce qu'elle voulait c'était les lèvres de Gabriel et lui rendre la pareille. Cotonneuse, elle l'attira doucement sur elle en caressant ses joues. Elle était toute rouge et ses yeux brillaient d'une fièvre de désir qu'elle n'avait pas encore totalement assouvie. Embrassant ses lèvres avec douceur, elle ne pouvait s'empêcher de rire un peu gênée :

    - Est-ce que je suis encore un peu à ton goût même si je ne sais rien des caresses de l'amour ?

    C'était une crainte qui ne l'avait jamais encore traversé. Pourtant, là, elle sut qu'il avait déjà caresser des femmes et qu'il avait déjà du partager des moments peut-être plus intense avec d'autres. Elle, elle était ignorante de tout cela. Avec douceur, elle caressait son visage et vint déboutonner la chemise qu'il portait :

    - Tu excuseras mon ignorance ? J'apprendrais vite.. Tu as l'air d'être un excellent professeur après tout..

    La jeune femme avait commencé à embrasser son cou pendant que ses mains caressaient son buste dénudé. Elle était toujours aussi impressionné par son corps si puissant. Il semblait insubmersible. Lentement, elle venait mordiller sa peau saillante quand sa main venait s'insinuer l'air de rien dans son pantalon. Comme la veille, elle sentait son membre dur et dressé et cela attisa sa curiosité. Sa main froide l'enserrait et elle débutait des mouvements de vas et viens lent et doux quand elle embrassait de nouveau son cou et sa gorge :

    - Isha.. Je veux que tu embrasses encore ma peau, murmurait-elle au creux de son oreille.


    immarcescible, Posté le samedi 08 janvier 2022 19:07 Répondre

    Toi&Moi.


    immarcescible, Posté le samedi 08 janvier 2022 19:07 Répondre

    Te suivre jusqu'en Enfer, peu importe le temps et l'espace.


    immarcescible, Posté le samedi 08 janvier 2022 19:07 Répondre

    Comment se contenter de la vie maintenant que tu es mon paradis ?


    immarcescible, Posté le samedi 08 janvier 2022 17:27 Répondre

    C'était une toute autre histoire qu'ils devaient écrire c'était certain. Et cette Pocahontas était totalement différente de l'ancienne. Regardant Gabriel dans les yeux, elle cherchait à savoir si il plaisantait ou non. De toute manière, avaient-ils une autre solution ? Elle n'aurait pas supporté de vivre dans la peur panique de le voir mourir si elle n'avait pas obéit alors courageusement elle acquiesça à la demande du brun.

    - Toi et moi, murmurait-elle en posant ses mains sur les siennes, toi et moi toujours ensemble promis ?

    Quel duo ils formaient l'un et l'autre. La brune venait retenir ses larmes pour agripper la tignasse brune de Gabriel. Sur la pointe des pieds, elle pencha suffisamment le visage de son amant pour lui donner un baiser torride, enflammé. C'était une manière pour elle de s'assurer qu'il était toujours vivant et qu'ils étaient unis quoi qu'il en coûte. Lorsqu'elle fut à bout de souffle et qu'elle le sentit la plaquer contre le mur de la chambre, elle murmura de nouveau :

    - Je serais toujours avec toi, je te soutiendrais toujours mais tu me dois jurer quelque chose. Jamais de mensonges entre nous. Jamais tu ne mentiras et toujours tu me feras confiance. Toi et moi c'est d'accord ?

    C'était une chose sur laquelle elle ne reviendrait et sur laquelle elle tenait parfaitement dessus tout.


    immarcescible, Posté le samedi 08 janvier 2022 16:33 Répondre

    Il semblerait qu'ils aient les pieds et poings liés. Pocahontas avait réussit à assommer deux hommes de Skylar mais elle n'était assez vive pour s'attaquer à toute une troupe d'homme lourdement armées. Heureusement, ils ne la blessèrent pas. Elle fut simplement immobilisée et présentée au fameux patron véreux de Gabriel. Aucun moyen de fuir. La vision d'une Millie désolée au fond de la pièce lui fit rapidement comprendre le pourquoi du comment. Ils voulaient connaître ses talents de guérisseuse. Mais pire que tout, le discours du mafieux lui confirma qu'ils ne laisseront pas Gabriel en paix.

    Heureusement qu'elle était suffisamment intelligente pour ne pas tomber dans le panneau de la peur. Pocahontas avait déjà été interrogé des années plus tôt, même torturé. Elle n'avait pas peur d'hommes comme Skylar. Elle avait juste peur de la réaction de Gabriel si il savait ce qui se passait.

    - Gabriel n'est pas dupe. Il saura que vous m'avez parlé et il saura que je ne fais pas cela de gaieté de coeur.
    - Alors il nous reste plus qu'à la saigner cette sauvage !

    Hurlait Loreleï en pointant son couteau sous le gorge de l'amérindienne. Mais cette dernière ne répliquait pas. Elle n'avait pas peur, ce qui sidéra la blonde grossière. Son père riait de bon coeur. Enfin une bonne distraction, voilà un moment qu'il s'ennuyait et il avait trouvé de quoi l'occuper un moment :

    - Tu es courageuse petite sauvage. La mort ne te fais pas peur et ça, je le respecte. Mais tu sais, il y a bien d'autres manières de faire plier quelqu'un.. La mort c'est beaucoup trop simple.

    Son ricanement faisait froid dans le dos. La brune eut soudainement peur de ce qu'il lui préparait. Au même moment, un homme vint déboutonner violemment la chemise qu'elle portait dévoilant toute sa nudité. Là, Pocahontas eut peur et commença à se débattre. Elle insultait dans sa langue l'odieux monstre qui tentait de la toucher mais qui n'y arrivait pas tant elle se débattait.

    Cela faisait bien rire tout le monde car elle avait de la ressource la petite guerrière. Millie du hurler pour qu'ils arrêtent. Réussissant à se défaire des gros bras l'entourant, elle vint s'interposer entre Pocahontas et l'odieux borgne qui voulait la violer. Se redressant et donnant sa veste à son amie, elle lança un regard noir à Skylar qui avait demandé à ce que ça cesse :

    - On avait un accord Skylar. Pas de violence. Il nous faut Pocahontas pour guérir tes hommes.. Sans ses talents tu pourrais tout perdre. Elle pourrait nous maudire !

    Bien sûr, elle jouait la carte de la spiritualité de toute façon elle ne pouvait faire que cela. Heureusement que le vieil homme était superstitieux. Il fit comprendre à ses hommes de ne plus toucher la jeune femme qui se recroquevillait sur elle-même honteuse d'avoir été dévoilée de la sorte devant tant de regards. Elle craignait tellement que Gabriel lui en veuille.

    - Alors petite sauvage ? Acceptes-tu mon offre ?
    - Que je l'accepte ou non cela vous importe peu n'est-ce pas ?
    - Tu es très intelligente pour une sauvage. J'apprécie les esprits vifs.

    Pocahontas avait envie de le tuer mais il y avait trop de monde. Il était bien trop gardé. Elle accepta donc son offre ce qui fit alors bouger tout le monde. Comme convenu, il donna la plus grande chambre de l'auberge aux amants et toutes leurs affaires furent transportées dans cette autre pièce. La jeune femme était encore troublée et perturbée par ce qui venait de se passer. Mais elle devait vite se reprendre. Gabriel allait arriver et il allait certainement vrillé en apprenant ce qui c'est passé. Alors, elle alla rapidement prendre un bain. Elle voulait se laver de tous ces regards sur elle, de ces rire gras.

    Lorsque Gabriel revint, la vieille aubergiste lui expliqua que Skylar les avaient fait changé de chambre et que la petite sauvage se trouvait dans la suite de l'auberge. Lorsque Gabriel entra en trombe dans la chambre, Pocahontas était encore dans son bain pensive. Sursautant, elle regarda son amant avec tristesse et désolement :

    - Pardonne-moi.. J'ai vraiment essayé de les empêcher de rentrer.. Mais.. Mais ils étaient si nombreux.. Je suis désolée Isha.. J'ai accepté son offre.


    immarcescible, Posté le samedi 08 janvier 2022 13:59 Répondre

    Un monstre ? Ce n'était pas comme cela qu'elle le voyait, bien au contraire. Surprise qu'il puisse dire une telle chose, elle vint prendre son visage entre ses mains pour qu'il la regarde dans les yeux. C'était une petite femme à ses côtés, pourtant, elle n'avait aucunement peur de lui. Bien au contraire, elle ne désirait que lui et la peine qui se reformait sur ses épaules l'inquiétait. Elle avait tant espéré qu'il ne ressente plus cette douleur en quittant son odieuse famille :

    - Ne dis plus jamais ça, je te l'interdis. Tu es loin d'être un monstre.. Tu as été un mouton d'accord mais ça ne fait pas de toi quelqu'un de mauvais. Je vois ton âme et elle est pure, sincère, bonne.

    Sur la pointe des pieds, elle déposa un baiser sur son menton. De toute manière, elle ne pouvait pas se redresser plus. Voyant que ses mains étaient blessées par les nombreux coups qu'il avait du porter, elle l'entraina dans la salle de bain. Elle nettoya sa main et vint délicatement poser quelques pansements. La douceur de la guérisseuse espérait atteindre aussi son âme meurtrie.

    - Et non. Je ne te quitte pas.. Je te l'ai promis tout à l'heure. Je serais une bien piètre compagne si je ne tenais pas parole n'est-ce pas ?

    Elle essayait tant bien que mal de faire naître un sourire sur les lippes de son adoré. Il fut un moment dans la soirée où elle l'avait revu et cela avait éveillé ses sens. Mais l'heure n'était plus aux câlineries sexuelles. Ils devaient trouver un moyen de sortir de ce guet-apens. Elle avoua à Gabriel qu'elle ne comptait pas se mêler de ce genre d'affaires. Son désir n'était que de vivre au côté de son amant peu importe l'endroit pourvu qu'il soit loin des hommes pensait-elle.

    Après l'avoir soigné, elle vint l'entraîner sur le petit lit qu'ils occuperaient. Elle l'abandonna un instant et lui fit couler un peu de thé qu'elle avait chauffé dans la cheminée. Revenant à lui, elle citait les fameux mots de Mary en souriant doucement :

    - Un bon thé pour réchauffer les coeurs brisé..

    Mais la mine de Gabriel restait toujours pensive et triste. Cela affligeait la jeune femme. Comment lui venir en aide ? Elle le laissait boire son thé mais lorsqu'il finit, elle osa revenir sur ses cuisses en s'installant à califourchon dessus. Comme dans le bain, ses mains caressaient les joues barbues de son amant alors qu'elle le regardait avec une tendresse certaine :

    - Je ne sais pas comment aurait réagit l'autre moi, mais je suis persuadée qu'elle aurait dis ces mots là.. Gabriel Walker, je suis avec toi. Nous sommes une équipe et je ne t'abandonnerais jamais. Tu n'es pas l'être inutile et malfaisant que tu crois. Si tu pouvais te voir à travers mes yeux tu saurais que tu as plus de valeurs qu'il est possible d'en avoir. Je suis là avec toi. Le destin nous a réunis une deuxième fois, te rends-tu compte ? Je veux dire.. Une fois c'est une coïncidence fabuleuse, mais deux fois ? Non, rien ne pourra me faire partir. Je suis lié à toi, éternellement Isha. Et on va trouver une solution comme pour tout.

    Elle souriait tendrement et se penchait sur ses lèvres pour y déposer un tendre et langoureux baiser. La douceur de ses lèvres contre les siennes la faisait toujours rougir de plaisir. Mais surtout, la proximité nouvelle de leurs corps ne pouvait qu'enflammer son imagination. Lorsqu'elle n'eut plus de souffle, elle murmura timidement contre ses lèvres :

    - Tu veux bien qu'on dorme ce soir ensemble ? Juste dormir ? Ça ne t'ennuie pas ?

    Après la soirée qu'ils avaient passé, elle ne voulait pas que leur première fois se passe dans de telles conditions. Ou pire, qu'il croit qu'elle le charme. Caressant sa nuque et ses cheveux bien long, elle contemplait ses iris en se demandant bien à quoi il pensait :

    - Dis moi tes pensées soldat, murmurait-elle tendrement.

    Pendant ce temps, Millie avait fait la connaissance de la fameuse Binki. Et qu'elle rencontre. Les deux s'étaient jaugées et avaient plus ou moins discutées. Mais elles se sentaient étrangère l'une à l'autre. Cela agaça la Pirate qui pensait avoir vu juste : Pocahontas lui avait mentit. Elle sortit donc en pleine nuit sur le port pour se saouler. Cette Binki était une vraie bourgeoise qui avait de la classe contrairement à elle. Comment pourrait-elle vouloir s'unir à sa vie de vadrouille et de piraterie ? C'était insensé. Trop de questions pour la jolie blonde qui noyait son chagrin dans l'alcool. Sans s'en rendre compte, elle parlait trop. C'est en évoquant Pocahontas et ses pouvoirs chamanismes de guérisseuse qu'elle rencontra Skylar et Loreleï, sans le savoir, elle venait de donner une nouvelle bille aux truands pour qu'il l'emploie :

    - Une doctoresse chamanique ? Intéressant.. Depuis que tu as tué notre dernier médecin il nous en fallait un.
    - Mais père c'est une femme !
    - Et alors ? Elle soigne les gens et elle nous permettra d'avoir Gabriel. On dirait que c'est le destin, répliquait le vieil homme un sourire en coin malfaisant.


    immarcescible, Posté le samedi 08 janvier 2022 11:05 Répondre

    Très vite elle se rendit compte que le bain était glacial sans Gabriel. Pocahontas mis un petit moment avant de sortir finalement de la baignoire avant de s'envelopper dans un drap de bain. N'ayant aucune affaire de rechange, elle mit une chemise de Gabriel qui était deux fois trop grande pour elle mais tant pis. Son désir frustré et la faim tenaillaient son corps. Il était partit aussitôt avec cette jeune femme non sans l'avoir embrassé. Bien sûr, il avait promis de revenir, mais la brune se demandait bien qui pouvait être cette femme et pourquoi elle était entrée de la sorte dans sa chambre.

    Mille questions qu'elle n'arrivait pas à expliquer surtout qu'elle devait une nouvelle fois attendre son retour. Elle occupa son temps en allumant la petite cheminée de la chambre ce qui permit de réchauffer un peu la pièce. Puis, elle vint lire allongée sur le lit du moins jusqu'à ce que la fameuse Loreleï revienne.

    Se redressant surprise, Pocahontas la regardait avec une certaine distance. Elle sentait bien que la blonde n'était pas revenue pour être amie-amie avec elle. Il y avait une sorte de défi dans le regard qui se transforma en surprise lorsqu'elle lui annonça le pourquoi de sa présence et les activités de Gabriel.

    Elle n'osa pas demander ce qu'il faisait exactement et ce qu'elle attendait d'elle. Toujours est-il que cela du agacer Loreleï qui vint taper dans la porte en maugréant voyant le silence ferme de la princesse :

    - Quoi ? Tu ne sais pas parler ?
    - ....
    - A moins que.. A moins que ma sauvage ne sache pas parler notre langue ?

    Cette odieuse personne ricanait. Pocahontas avait sa fierté et elle ne pouvait laisser cette simple contrebandière l'humilier de la sorte. Elle se leva donc et vint lui faire face. Malgré son petit gabarit, elle n'avait peur de rien et surtout pas de cette ignoble pouilleuse.

    - Que me veux-tu ?
    - Ah ! Enfin elle parle. On dirait qu'il faut réveiller un peu la bêbête pour qu'elle s'éveille.
    - Parle.

    Le regard noir de Pocahontas faisait peur et c'est ce qui semblait bien plaire à Loreleï. Elle entra dans la chambre et contourna la princesse pour venir s'asseoir sur le lit. S'allumant une cigarette, elle lui expliqua qu'ils avaient besoin, elle et son père, d'une espionne qui pourrait s'infiltrer dans les réseaux de leurs ennemis. La brune ne comprenait pas vraiment pourquoi elle et c'est là que la blonde lui expliqua :

    - Gabi est un excellent élément et.. et je dois dire que t'avoir tout près de lui semble l'avoir encore plus motivé. On voudrait garder cette énergie. Donc si tu nous rejoins ce ne sera que bénéfique pour toi qui pourra le surveiller et pour nous.

    Ainsi donc, c'était pas cupidité. La brune inspira profondément et préféré regarder autre part. Voilà quelque chose auquel elle ne s'était absolument pas attendue. La blonde riait et vint écraser son mégot sur le sol ce qui dégoûta notre héroïne. Lorsqu'elle fut à sa hauteur, elle murmura de son haleine fétide :

    - Tu as jusqu'à demain pour nous donner ta réponse et sauver le cul de notre petit guerrier. Il serait tellement bête de devoir s'en "séparer".

    Son ricanement persistait encore dans la tête de Pocahontas, même lorsqu'elle fut partie. Assise sur le lit en tailleur, elle réfléchissait. Mais son esprit était trop embué, alors, elle vint se poster devant la cheminée et en position naturelle de méditation, médita. Ce n'est que lorsque Gabriel rentra qu'elle sortit de son occupation. Etirant son corps, elle mit un moment de revenir à elle et à lui. Il devait avoir vu le mégot de la fameuse créature venue rendre visite à Pocahontas et alors que cette dernière se relevait, elle voyait ses jointures de mains tâchées de sang et blessées. Cela lui glaça le sang :

    - J'ai eu de la visite pendant ton absence.. Je.. Je ne prétends pas être la mieux placée pour te dire ce qu'il faut faire ou non mais.. mais je ne veux pas devenir comme eux et faire du mal intentionnellement Gabriel juste pour leur bon plaisir.

    Elle lui expliqua donc la visite de Loreleï et une nouvelle fois, elle du le retenir de partir. Elle savait qu'il allait vouloir s'expliquer avec eux sauf qu'ils n'attendaient que cela :

    - Reste avec moi je t'en supplie, demandait-elle d'une voix inquiète et tremblante.


    immarcescible, Posté le vendredi 07 janvier 2022 21:27 Répondre

    Ainsi donc il lui en voulait. La voilà désormais assurée de ce qu'elle craignait. Gabriel semblait tendu, et plus elle s'approchait de lui, plus il avait cet air sombre. Quelque chose clochait mais elle ne comprenait pas. En même temps, elle n'avait jamais été plus loin que de simples baisers avec Gabriel. Comment pouvait-elle savoir qu'elle le mettait dans une position inconfortable en pressant son corps contre le sien. Son innocence devait prendre fin et cela allait être maintenant.

    Assise sur ses cuisses, elle sentie son membre se dresser contre ses fesses. Surprise, elle laissa juste un "oh" s'échapper de ses lèvres. Le voilà donc, le fameux mât donc parlait Millie avec dégoût. Pocahontas avait craint de ressentir la même chose que la blonde or, elle trouvait cela intriguant et amusant.

    Mordant sa lèvre inférieure, elle osa reposer ses iris sur un Gabriel qui la fixait du regard. C'était un jeu de regard qui aurait pu durer des heures mais la brune avait un avantage sur lui et elle comptait bien l'utiliser. Ainsi, elle posa sa main sur le membre tendu de son amant et débuta timidement d'abord des mouvements de vas et viens sans lâcher du regard le bel highlander devant elle. Le voir gémir ainsi et rouler des yeux ne fit qu'éveiller les nombreux papillons de son ventre.

    Elle souriait doucement fière d'elle et profita qu'il soit un peu à l'ouest pour venir agripper de son autre main son menton. Embrassant sensuellement ses lèvres, elle murmura d'une voix ferme et franche :

    - Tu es aussi têtu que moi Gabriel Walker et de mauvaise foi de surcroit, car si l'inverse avait été possible tu serais partit sans mon consentement, tu le sais aussi bien que moi alors arrête un peu veux-tu. Maintenant je suis rentrée, pour toi. J'aurais pu retraverser les pierres et ne jamais revenir. J'aurais pu rejoindre mon peuple et les aider avec vos technologies et les prévenir des dangers qu'ils couraient mais non. Je suis revenue pour toi parce que.. parce que je t'aime vois-tu..

    Sa voix était douce et sincère à ce moment précis lorsqu'elle énonça les derniers mots. Elle se sentait enfin prête à lui avouer ce qu'elle ressentait et quittant son sexe en érection, elle posa sa deuxième main sur la joue du brun avec douceur. Elle lui souriait tendrement, affectueusement en caressant son nez du sien et murmurant contre ses lèvres :

    - Je t'aime Isha.. Je t'aime, je t'aime, je t'aime..

    En murmurant ces doux mots d'amour et en utilisant enfin ce fameux surnom c'était comme un pacte qu'elle proclamait. Son corps minuscule était pressé contre celui du géant. Elle aurait pu se sentir noyée sous ces caresses ou encore sa présence seule mais non. Elle était exactement là où elle voulait être. Sa langue venait de quitter ses lèvres car le souffle lui manquait, surtout qu'elle murmurait de nouveau :

    - Fais moi tienne. Je ne suis qu'à toi Isha.. Je ne veux que toi..

    Alors qu'elle pensait qu'il allait enfin accepter, la porte s'ouvrit en grande pompe. Loreleï la fille de Skylar entra dans la chambre. Cela fit sursauter Pocahontas qui se dissimula contre Gabriel sans vraiment comprendre ce qui se passait. La jeune femme était une vraie fille des quais, rustre, grivoise et pas franchement aimable. Elle regardait avec dédain Pocahontas et sans se présenter jeta un sac au pied de la baignoire en maugréant :

    - Mon père t'attend en bas. On a une transaction de prévu dans une demi-heure. Dis au revoir à ta poule.

    Sans attendre sa réponse elle ressortit de la chambre non sans avoir mal regardé la brune blottie contre Gabriel. La fameuse "poule" se redressa contre son amant un peu gênée et le regarda sans comprendre. Leur instant était une nouvelle fois brisé. Quand arriveraient-ils à se trouver ? A avoir le bon moment pour eux ? A croire que le destin voulait les faire encore une fois galérer.


    immarcescible, Posté le vendredi 07 janvier 2022 19:56 Répondre

    Seule sur le quai, Pocahontas observe cet homme qui ressemble à Gabriel mais qui semble ne pas être lui. Il est froid, distant. Peut-être s'était-elle imaginée des retrouvailles bien trop romantique. Peut-être s'était-elle fait des illusions sur ce qu'il ressentait et que ces deux mois lui avait fait prendre conscience qu'elle n'était qu'un problème. Elle l'observa un moment, la clé de sa chambre dans la main à se demander que faire.

    Finalement, elle prit la direction de la fameuse auberge en suivant ses instructions. Cela ne fut pas bien compliqué à trouver d'ailleurs, l'immense taverne qui sommeillait sous l'hôtel semblait attirer tous les marins du coin.

    Poliment, Pocahontas s'adressa à la vielle femme de l'accueil. Elle lui montra la clé et lui précisa venir de la part de Gabriel Walker. Le rire mauvais de la vieille agaça la princesse qui monta ensuite dans la chambre sous les regards grivois des personnes qu'elle rencontra.

    Une fois dans la chambre, elle en fit le tour. C'était petit mais largement suffisant pour lui seul. Elle s'en voulait de ne pas avoir été là pour lui. Elle avait l'impression d'avoir loupé quelque chose mais elle ne saurait dire quoi. S'asseyant sur le lit, elle vint prendre son oreiller pour l'humer. Il sentait bon son parfum. Elle ne trouva pas dans la chambre le petit cadeau qu'elle lui avait fait. Sans doute s'en était-il débarrassé. Cette idée lui causa du chagrin.

    Patiemment, elle attendit qu'il revienne. Pendant ce temps-là, elle avait simplement lu quelques livres qu'il avait posé sur son étagère. C'était ceux qu'elle avait récupéré chez Vicky. Deux heures plus tard, elle avait commencé à préparer son bain. L'estomac noué elle espérait que son Gabriel tendre et adorable serait de retour. Or, ce fut à nouveau l'homme des quais qui lui faisait face. Il semblait si lointain, si cynique.

    Il parlait et elle l'observait songeuse. Lui en voulait-il encore d'être partie ? La fameuse boîte avec tout l'argent lui importait peu. Ce qu'elle désirait c'était le retrouver lui. C'était pour lui qu'elle avait fuit et parcouru toute l'Ecosse. Qu'aurait-elle bien pu faire de cet argent. C'était lui qu'elle désirait. C'était ce qu'elle aurait voulu lui dire. Mais la jeune femme se trouvait quelque peu démunie devant cette mine sombre qu'avait Gabriel.

    La jeune femme était encore ingénue des pouvoirs de séduction. Alors, simplement, elle vint ôter ses vêtements devant lui, comme il l'avait fait devant elle sans pudeur. Une fois nue, elle s'installa sur les cuisses du brun dans l'eau chaude du bain. Sa main prenait le savon sur le tabouret près d'eux, et elle venait le savonner avec douceur. Ses yeux contemplaient la ligne puissante des épaules de Gabriel alors que sa main savonnait lentement son buste.

    - Tu m'en veux c'est ça ? Je ne vois que cette raison pour que tu sois comme ça.. dit-elle d'une faible voix.

    Timidement elle venait relever son regard vers celui de Gabriel. Sa mâchoire était crispée quand son regard d'acier l'observait. Elle savait qu'elle avait raison et elle n'aimait pas qu'il puisse encore lui vouloir. Alors, reposant le savon, elle vint caresser ses joues et cette barbe qui dissimulait son si joli sourire :

    - Je suis là maintenant et je ne partirais plus jamais sans toi. Gabriel, s'il te plaît.. Je suis revenue pour toi. Uniquement pour toi. Même si Millie ne m'avait pas suivie je serais revenue.

    Mais il semblait être statique. Soupirant lentement, elle relâchait ses joues pour les poser sur les cuisses du brun. Nue devant lui, elle se sentait vulnérable surtout avec toute la fatigue de ce maudit voyage :

    - Pourquoi ne veux-tu pas voir que je peux me débrouiller aussi toute seule ? Que je suis capable d'autant de choses que toi ? Le plan a fonctionné à merveille, c'est le plus important non ? Maintenant que tous sont réunis il n'y a.. il n'y a que nous.. Enfin.. Si tu veux toujours d'un "nous"..


    immarcescible, Posté le vendredi 07 janvier 2022 16:23 Répondre

    oh ce dieu....
    *filet de bave*


    immarcescible, Posté le vendredi 07 janvier 2022 16:23 Répondre

    Millie ne comprenait absolument rien à ce que lui confiait Pocahontas et pourtant, elle avait envie de la croire. Non pas que l’idée d’une âme soeur la faisait vibrer mais seulement parce qu’elle avait sentie quelque chose de puissant et de fort en la jeune femme. Quelque chose qui les liaient l’une à l’autre. Dans les moindre détails, la brune lui rapporta tout ce que Kisos lui avait appris. Puis, elle lui parla de Binki, la musicienne, la blonde introvertie. Millie se demandait bien ce qui pourrait lui plaire chez une femme qui semblait être l’archétype de la bonne fille de société.

    - Donc le deal est que je la rencontre juste ?
    - Exactement ! C’est tout ce que je te demande.
    - Tu as conscience que je suis cherchée dans tout le Royaume-Uni et encore plus en Ecosse à cause de mes nombreuses attaques de pirateries. Je ne pourrais jamais poser un pied là-bas sans me faire prendre.

    Pocahontas n’avait pas du tout pensé à cette possibilité en effet. Il faut dire qu’elle était partie tellement soudainement qu’elle n’aurait pas pu envisager que Millie puisse être poursuivie par la police britannique :

    - Tu ne vas pas me faire croire que la peur va te forcer à rester sur ton bateau ?

    Là, elle voyait juste. La lueur de défi dans le regard de Millie se réveilla. Mais pour autant, elle ne voulait pas se laisser amadouer par la petite brune si espiègle. De plus, que c’était un gros risque quand elle savait qu’elle pourrait mieux gagner sa vie en la vendant au marché aux esclaves :

    - La peur ne fait pas partie de mon vocabulaire. Va dormir Pocahontas. On en reparlera demain.

    Naïve, Pocahontas alla donc se coucher en se félicitant d’avoir intriguée la Pirate. Mais cette dernière avait pris sa décision et il était hors de question pour elle d’aller à Glasgow. Le lendemain, ils appareillait sur Inverness avant de partir vers les amériques. L’amérindienne entendit les matelots évoquer le grand voyage. C’est là qu’elle comprit la fameuse décision de la pirate. L’air de rien, elle tenta de quitter le bateau. Mais il était trop bien gardé. Sa seule chance serait donc de fuir par la mer, coûte que coûte.

    Et alors qu’ils sortaient du port, un étrange phénomème se produisit. Les hommes guéris décidèrent de monter une mutinerie contre leur capitaine. Pocahontas profita du mouvement de foule pour plonger dans l’eau glacée et nager jusqu’à la côte. Elle y arriva car la natation et elle faisait qu’un. Mais, seule sur la plage, trempée et glacée, elle se demandait bien comment elle allait rejoindre Glasgow.

    Soudain, au loin sur le bateau, des coups de fer fusèrent. Surprise, la brune vint rapidement fuir la plage et se réfugia dans une petite maison de berger inoccupée. Il y restait des draps et des vêtements chaud d’homme qu’elle mit. Le bateau n’était plus à l’horizon ce qui la rassurait. Ils ne devaient pas avoir encore remarqué son absence. Elle devait profiter de son avance et pour ça, elle commença à marcher en direction d’Inverness.

    Elle aurait aimé pouvoir contacter Gabriel mais elle n’avait aucun argent pour payer un télégramme et surtout, elle ne savait même pas si il l’attendait à Glasgow. Alors, elle marcha et marcha pendant deux jours. Elle se déplaçait la nuit surtout pour éviter les rencontres hasardeuses avec des hommes tels que William. Pour l’instant, elle avançait bien demandant sa direction à des paysannes qui lui donnaient aussi un peu à manger. Sinon, elle se contentait de myrtilles et autres baies.

    Pourtant, elle avait l’impression d’être suivie. Elle faisait suffisamment attention pour ne pas laisser de marques de son passage mais cette sensation ne la quittait pas. Un soir, alors qu’elle se lavait dans un cours d’eau, elle ne vit pas venir une forme humaine qui s’attaqua à elle. Une bagarre s’ensuivit que rapidement elle gagna. Relevant le visage de son ennemi face à la lune, elle remarqua Millie :

    - Millie ? Mais que fais-tu ici ? C’est donc toi qui me suit ?
    - Oui c’est moi. Lâche-moi maintenant !

    La blonde lui expliqua que les hommes s’étaient rétablis et avaient estimés qu’ils devaient reprendre le contrôle du bateau, d’où a mutinerie. Aucun d’eux n’avaient envie d’aller en Amérique. Ils étaient obsédés par les Fidji.

    - J’ai réussi à m’enfuir en sautant après toi. Fugitive !
    - Fais-moi donc des reproches. En attendant c’est toi qui allait me vendre comme esclave.

    Millie se contenta de hausser les épaules comme si de rien n’était. Elles se réchauffèrent autour d’un feu et mangèrent le lapin que la blonde avait chassé et dormirent. Au petit matin, d’un accord silencieux, elle prirent ensemble la route jusqu’à Glasgow. Ce fut deux mois très long pour l’amérindienne qui s’impatientait. Son objectif n’était que Gabriel et elle savait déjà qu’il devait ruminer, s’inquiéter. Ou pas, la narguer sa conscience.

    Peut-être ne l’attendait-il pas, dans tous les cas, elle remplissait sa mission puisqu’elle apportait Millie à Binki dont elle n’arrêtait pas de parler.

    - Elle a intérêt à vraiment être parfaite ta poupée vivante. Sinon je te jure que je te vends Pocahontas !

    Enfin, après deux mois elles virent les hauteurs de la ville. Pocahontas était toute excitée à l’idée de retrouver son amant. Pendant son voyage, Millie lui avait raconté tout un tas de choses sur la sexualité qui l’avait quelque peu surprise. Elle se demandait, curieuse, si Gabriel pouvait être friand de ces caresses et autres choses que la blonde lui avait confié. Mais l’heure n’était pas aux fantasmes. Elles arrivèrent au manoir Hedlund où ce fut une Victoria larmoyante qui l’accueillit. Pocahontas la rassura en souriant doucement attendrie par la mine inquiète de son amie. Sam lorgnait sur Millie avec méfiance et expliqua que Binki était partie au marché quand Garrett s’était enfui avec Anya il y a quelques semaines de cela :

    - Et Gabriel ? Où est-il ? demandait la brune alerte.

    Elle suivit au mieux les indications de Sam et se rendit elle-même au fameux port. La jeune femme portait toujours ses habits de vieux berger, seule sa crinière brune et longue était reconnaissable. Elle longeait les quais en cherchant son colosse mais personne ne semblait l’avoir vu aujourd’hui. Prise d’inquiétude, elle allait se mettre à pleurer de fatigue et de terreur. Peut-être ne l’avait-il pas attendue ? Sam disait ne pas l’avoir vu depuis deux semaines.

    Mordant sa lèvre, prête à laisser glisser ses larmes elle appela d’une voix faible son prénom comme espérant qu’il surgisse de nulle part. Et c’est ce qui se passa. Sortant d’un bateau en déchargeant des caisses elle l’appercut.

    - Gabriel ? GABRIEL !

    Elle se mit à crier son prénom et courut à travers la foule pour le rejoindre. Lorsqu’il releva enfin la tête vers elle, elle ne put s’empêcher de pleurer de rire à la fois avant de se jeter dans ses bras. Ses mains vinrent caresser ses joues quand ses lèvres attaquèrent les siennes de tendre et rapides baisers :

    - Tu es là.. Tu es toujours là.. Mon amour.. Mon adoré.. Pardonne-moi d’avoir été si têtue.. Mon amour..


    immarcescible, Posté le jeudi 06 janvier 2022 23:19 Répondre

    Jusqu’au bout, Pocahontas espéra voir Gabriel. Jusqu’au bout elle avait espéré partir en gardant sur ses lèvres la sensation des siennes. Une chape de douleur et d’affliction se posaient sur ses épaules quand Vicky la serra contre elle. La tristesse se lisait sur son visage mais elle devait faire avec. Avant de partir, elle donna à son amie un petit paquet emballé. Elle lui expliqua que c’était un petit présent pour Gabriel. Il s'agissait d'un petit herbier qu'elle avait elle-même fait avec des fleurs de jasmin :

    - Je voulais lui offrir avant de partir mais du coup..Je ne sais pas pourquoi mais il semble adorer ce parfum. Enfin bref, tu pourras lui donner de ma part s’il te plaît ?

    Vicky lui promit. Et enfin, la brune disparut sur le quai retrouver la fameuse Millie. Le bateau était gigantesque, encore plus grand que ceux de son époque. Du moins, croyait-elle puisqu’elle ne les avaient aperçus que de loin. Pour le voyage, elle n’avait pas prévu de porter ses robes décolletés. Non, elle portait toujours sur elle un châle qui couvrait parfaitement toutes les parties érotique de son corps. C’était Vicky qui lui avait conseillé de faire cela. Mais c’était quand même compliqué pour l’amérindienne qui n’avait aucun problème avec la nudité.

    Millie l’attendait d’un pied ferme. Sa tenue était parfaitement celle d’un homme mais ses yeux avaient une profondeur et un éclat qu’elle n’avait jamais vu nulle autre part. Il y avait une certaine forme de fascination de la part de Pocahontas chez la blonde. Difficile de croire qu’elles avaient pu être amies dans un autre temps. Pourtant, elles semblaient déjà bel et bien complices.

    En un coup d’oeil, l’une et l’autre surent qu’elles pouvaient se faire confiance, contrairement à ce que prétendait Gabriel. Pourtant, Pocahontas n’était pas au bout de ses surprises. Car pendant que le bateau prenait le large et que l’amérindienne examinait tous les marins, elle entendit Millie évoquer le sort de la nouvelle passagère :

    - Vu son teint elle n’est pas anglaise. Je crois qu’au marché à esclave on pourrait s’en tirer pour au moins deux mois de salaires.
    - Mais boss.. Vous aviez promis de l’emmener à Glasgow non ?
    - C’est vrai. Mais je n’ai pas dis dans quel état.

    Millie ricanait grassement avec l’autre marin ce qui effraya Pocahontas. Gabriel avait raison. La pirate allait la vendre et l’abandonner aux mains d’affreux négriers et autres vendeurs d’esclaves. Elle s’en voulait soudainement de ne pas avoir écouté le brun et se demandait bien comment elle allait pouvoir s’enfuir de cet embarcadère. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’avant de remonter Glasgow, Millie avait prévu de s’arrêter à Inverness. L’amérindienne ne connaissait absolument pas l’Ecosse mais elle saurait forcément demander son chemin jusqu’à Glasgow ou contacter Gabriel.

    Le premier jour, elle tria les patients selon leur ordre de maladie. Beaucoup n’avait que des soucis de malnutrition ou de propreté. La jeune femme fit nettoyer toute la cale et enfin tous les vêtements des marins après leur avoir fait prendre une douche. Une fois tous propre, elle put les nourrir convenablement avec un potage. Millie l’observait, sans trop rien dire. Elle semblait essayer de comprendre cette étrangère qui se donnait du mal pour sauver ses hommes.

    Après plusieurs jours en mer, cette dernière étant très calme, les hommes avaient repris force et vigueur. Pocahontas se disait que c’était peut-être une bêtise que d’avoir redonné force à tous ces hommes. Ils pourraient plus facilement s’emparer d’elle lorsque son heure viendra.

    Tous les soirs, elle pensait à Gabriel. Les yeux clos, elle priait la lune de veiller sur lui quand elle la suppliait aussi d’adoucir sa peur. Il lui manquait, mais l’espoir de le revoir bientôt la rassurait suffisamment pour qu’elle puisse dormir. Un soir pourtant, Millie la fit demander dans sa cabine. Elle dut quitter ses malades qui l’appréciaient malgré des commentaires grivois et se rendit dans les appartements de la capitaine.

    - Pocahontas. Viens donc dîner avec moi ce soir. Nous avons de l’agneau et autres délicieux petits mets.
    - Merci mais toute cette viande serait plus utile pour ceux qui ont une dysenterie tu sais.
    - Bah.. Laisse donc ces hommes dans leurs excréments.

    Ce n’était pas dans la nature de la brune mais elle n’eut pas d’autre possibilité de se rebeller. Mangeant du bout des lèvres, elle surprit le regard intense de Millie qui vint enfin lui poser la question :

    - Pourquoi tu veux que j’aille à Glasgow ? Qui t’as payé pour m’emmener ? Dis-moi la vérité et je t’épargnerais.
    - Personne ne m’a payé, s’insurgeait Pocahontas surprise, je… je dois retrouver quelqu’un et toi seule pourra m’aider.
    - Mais pourquoi moi précisément ? J’ai l’impression que tu me caches quelque chose.
    - Non, non, non. Tout sera plus clair quand tu m’auras emmené comme convenu à Glasgow. Mais tu sais, si tu romps ta promesse, je me vois dans l’obligation de te dire que tu risques de le regretter.
    - Ah oui ? Et comment je pourrais regretter ça, demandait la blonde amusée, ton petit assistant viendra me faire la peau ?

    Pocahontas voyait bien que rien ne semblait effrayer Millie. Cela la tracassait. Elle devait trouver une autre option et se souvint alors de ce que lui avait toujours dit sa grand-mère Aponi : « Il n’y a rien de plus déstabilisant que la vérité ».

    - Je viens du passé et je dois t’emmener jusqu’à ton destin. C’est une femme qui se nomme Binki et elle vit à Glasgow. Voilà pourquoi j’ai du te retrouver.


    immarcescible, Posté le jeudi 06 janvier 2022 19:22 Répondre

    La réaction de Gabriel dépassait toutes les surprises de Pocahontas. Ainsi, il la prenait pour une idiote irresponsable incapable de se défendre ? Ainsi, il ne l’autorisait pas à faire ce qui était le plus judicieux. A chaque fois qu’elle voulait en placer une, il l’interrompait ou Vicky à son tour. La brune prenait sur elle, mais elle sentait qu’elle allait exploser. Heureusement que Sam la soutenait. Heureusement qu’il avait compris qu’il ne s’agissait que de leur unique chance. Inspirant profondément, elle se calmait et elle se levait simplement de sa chaise pour rejoindre un Gabriel qui faisait les cent pas en colère.

    - C’est bon ? La crise est terminée Walker ?

    Oh.. Ça ne sentait pas bon pour le brun d’autant plus que ses yeux d’un noir puissant était furieux et que ses mains sur ses hanches exprimaient déjà une détermination sans faille.

    - Tu crois que je suis vraiment stupide à ce point ? Irréfléchie ? Si tu me connaissais un tant sois peu, tu saurais que je ne suis pas ce genre de personne. Tu crois que je ne sais pas de quoi sont capables les hommes ? Tu crois que j’ai grandis dans quel monde Gabriel ? Les hommes sont abjectes, menteurs et faux. Je le sais puisque les blancs ont envahis mes terres et décimés une grande partie de ma famille. Mais je ne t’apprends rien à ce sujet là n’est-ce pas ?

    La jeune femme est à bout de souffle. Lorsqu’elle voit qu’il revient vers elle prêt à riposter elle lui fait signe de s’arrêter. Mais il continue et elle sait qu’il va vouloir la convaincre de rester. Mais elle est encore plus entêtée que lui. Elle réplique alors d’un ton plus vif, dévoilant une voix plus ferme :

    - Non ! Tu t’arranges le droit de faire ce que tu entends sans me demander mon avis depuis le départ. On aurait pu discuter de ton départ de ta famille mais je n’ai rien dis, je t’ai suivi parce que je te fais confiance. Je n’ai rien dis quand tu as décidé d’annuler tes fiançailles avec ta fiancée parce que je te fais confiance Gabriel. Pourquoi ne l’as-tu pas en moi ? Je sais que vous avez, vous les hommes, une opinion tranchée des femmes mais je ne suis pas toutes celles que tu as pu connaitre sache-le.

    Sa voix venait à faiblir un peu. En repensant à tout ce qu’elle venait de dire et au final à ce qu’elle ressentait, elle se sentait soudainement triste. Mordant sa lèvre, elle soupirait avant de finir sa tirade :

    - Mais tu veux savoir ce qui me fais le plus mal ? C’est que tu ne crois pas une seule seconde en moi. Tu ne vois qu’une femme seule ayant forcément besoin d’être secourue. Sauf que je ne suis pas que cela. Si tu me connaissais vraiment tu saurais que je suis tout à fait en mesure de me défendre. Et tout ce dont j’aurais eu besoin c’était de ta confiance en moi. Parce qu’on arrête pas de se battre parce qu’un petit imprévu viens sur le chemin Gabriel. Je ne suis pas comme ça. Si tu t’attendais à avoir une épouse qui reste bien au chaud pour préparer ton repas et bien je suis désolée de t’apprendre que ce ne sera pas moi.

    Sam, Vicky et Marie étaient prêt à partir. Ils venaient de s’approcher du couple qui s’engueulaient dans la petite cour derrière le fameux bar. Pocahontas soupirait en passant une main sur son visage, épuisée par sa longue tirade. Elle voyait bien que Gabriel s’inquiétait et elle le comprenait, mais elle ne supportait pas qu’on décide pour elle. Pire, elle ne supporterait jamais qu’il lui dicte sa conduite :

    - J’irais accomplir cette mission avec ou sans ton accord. Cela te donnera le temps nécessaire pour réfléchir à quI tu veux vraiment comme compagne.

    Elle préféra aussitôt tourner les talons et pris la main de Vicky pour quitter cette cour et le regard noir de Gabriel. Il était temps pour la brune de faire ses affaires et pour cela, elle demanda de l’aide à la soeur de son amant. Rentrée toutes les deux chez Gabriel, Pocahontas fit son baluchon qui était composé uniquement d’un livre et de quelques vêtements de rechanges. Elle n’avait aucun outil pour travailler, juste ses quelques plantes aromatiques.

    - Je suis tellement blessée qu’il me voit uniquement comme une pauvre petite chose fragile. C’est comme ça que Sam te considère aussi ? La mariage n’est-il pas un seuil d’égalité et de confiance ? Pourquoi devrais-je le regarder tout risquer quand moi je me contente de regarder ? Honnêtement Vicky.. Dis-moi.


    immarcescible, Posté le jeudi 06 janvier 2022 14:41 Répondre

    Pocahontas était déçue. Si fière de son plan. Mais la peur de Gabriel la contraignit à devenir une subalterne de son plan. Passant une mèche de ses cheveux derrière son oreille, elle se sentait inutile quand lui prenait les devants. Jamais encore personne ne l'avait contredite ou encore moins laissé de côté. Néanmoins, elle le suivit jusqu'à la dite taverne. Le lieu était répugnant et sombre. L'atroce odeur d'urine, de transpiration et d'alcool donnait un haut le coeur à la jeune femme. Heureusement que la chemise de son amant sentait si bon car elle y plongea son nez.

    Le plan était simple. Approcher Millie et lui sympathiser avec elle de sorte à ce qu'elle les suivent jusqu'à Binki, son âme soeur. Mais la blonde semblait vraiment inaccessible. Gabriel et Pocahontas dénotait un peu dans cette ambiance particulière. Les pires truands semblaient s'être donné rendez-vous où musique grivoise et ambiance grossière se retrouvait. Assis à une table près de celle de la pirate, Pocahontas commanda un verre d'eau. Cela fit rire le tavernier qui lui donna un verre de whisky. La jeune femme le mit de côté et se contenta donc d'observer Millie qui en retour les observaient aussi.

    Gênée, la brune vint rapidement détourner le regard. Elle murmurait à Gabriel qu'ils avaient été repérés et pas manqué, la blonde incendiaire vint se poser devant eux :

    - Pourquoi vous me suivez ? demandait-elle sur un ton cinglant.

    Très vite, Gabriel tenta tant bien que mal de nouer le lien avec la blonde sulfureuse. Mais rien n'y faisait. Elle semblait complètement insensible au numéro de charme qu'il lui proposait. Non, Millie préférait s'intéresser à la belle brune qui se trouvait près de lui. Ignorant la conversation qu'avait engagé le brun, elle demanda à la princesse amérindienne :

    - Qu'est ce qu'un si bel oiseau tel que toi vient mettre les pieds ici ?

    La question dérouta Pocahontas. Gabriel devait gérer seul à la base la conversation mais il était clair qu'il n'arrivait à rien avec la pirate. Elle était bien trop imprévisible pour cela. Alors, elle répondit du tac au tac :

    - Un travail. Je cherche un travail. Je suis guérisseuse. Je suis persuadée que vos marins auraient bien besoin de quelqu'un pour les soigner.
    - Tiens donc.. Une femme médecin.. Quelle idée saugrenue. Et qu'est-ce qui me fait croire que tu en es une ?
    - Et qu'est ce qui me dit que vous êtes bien pirate ?

    La confrontation entre les deux jeunes femmes n'était pas hostile. Elles se jaugeaient juste, comme pour savoir qui allait flancher. Finalement, Millie riait. Elle était amusée de rencontrer une autre femme qui semblait avoir un même tempérament de feu qu'elle. Se levant, elle proposa donc une place sur son bateau. C'était un travail rémunéré mais Pocahontas déclina la partie financière et préféra mettre une condition :

    - Vous pouvez garder votre argent. En revanche, je veux que vous me conduisiez à Glasgow. J'ai quelqu'un qu'il faudrait "embarquer".
    - Je ne fais pas dans le rapt d'homme ma jolie.
    - Il ne s'agit pas d'un homme en l'occurence. Mais d'une femme dont il faut arracher de son foyer car son mari.. son mari la frappe.

    Cela fit hausser un sourcil à Millie. Elle semblait bien tomber le piège tendu par Pocahontas. Alors, hochant de la tête, elle accepta en tendant sa main à la brune pour conclure l'affaire. Elle lui donna rendez-vous le soir même sur le quai :

    - Par contre.. Laisse ton assistant à quai. Je ne veux pas d'autres hommes avec nous. Ce sont déjà de sacré problèmes sur terre alors évitons de les embarquer avec nous.

    C'est ainsi qu'elle partit de l'auberge non sans avoir jeté un ou deux marins qui bloquait sa route. Pocahontas souriait, fière d'elle et venait tapoter ses mains. Mais le regard de Gabriel lui fit comprendre qu'elle allait devoir se battre contre lui pour qu'il la laisse faire. Ils vinrent enfin à sortir de cet endroit lugubre mais elle voyait que le brun s'était renfrogné. Soupirant, elle vint caresser sa main qu'elle avait attrapé, pour le rassurer :

    - Ce n'est que pour le temps de voir ses hommes.. Ensuite je reviendrais. Tout va très bien se passer. Ensuite, nous partirons pour Glasgow ce qui la fera rencontrer Binki.


    immarcescible, Posté le mercredi 05 janvier 2022 20:56 Répondre

    Pocahontas avait chaud blottie sous le corps de Gabriel. Alors que ses doigts s'agrippaient à sa crinière de jais, elle se sentie abandonnée au froid de la pièce lorsqu'il se releva. Bien sûr qu'elle ne comprenait pas mais elle était aussi contrariée. Qu'est ce qui pouvait bien le contraindre à cesser ses caresses.

    Finalement, ses explications la touchèrent. En effet, la jeune femme n'était pas bigote et encore moins effrayée par les délices de la chair, disons qu'elle était simplement ignorante et qu'elle ne savait pas ce qui était juste de faire. Surtout, une part d'elle nommée conscience lui hurlait de se méfier. Non pas de Gabriel, mais d'elle-même.

    Assise sur la chaise, elle soupira d'aise en sentant les mains du brun masser sa nuque. Elle le laissa faire avec plaisir tout en réchauffant ses mains toujours froide sur la tasse brûlante. Le thé était le remède contre tout en Ecosse et cette tradition lui plaisait. Embrassant la main qu'il avait posé sur son épaule, elle le rassura d'un doux regard en murmurant :

    - Je sais que tu me respectes et je te remercie de ça. J'ai une totale confiance en toi mais ne te mets pas trop de pression. Tu risques de gâcher les doux moments de tendresse que nous aurons l'un pour l'autre.

    C'était vrai. Quand il agissait avec raison elle sentait bien qu'il était loin d'elle. Non pas qu'elle n'aimait pas cette partie de lui, mais il mettait forcément une distance entre eux qu'elle ne savait braver. Après tout, ce n'était que le début de leur histoire.

    Après avoir bu leur thé, Gabriel proposa une balade dans Edimbourg ce qui enchanta la belle amérindienne. Ils visitèrent les rues pavées et les nombreux commerces de la ville. Pocahontas lorgna avec fascination sur les librairies, observa sidérée les hautes églises et adora le parc du château de la Duchesse qui était libre d'accès. Elle aimait pouvoir avoir un peu de végétation sous les mains.

    - Ce sera mon endroit préféré, conclua-t-elle en souriant doucement, même si tes bras restent le plus parfait des remparts.

    Ils passèrent ainsi les trois jours suivants à marcher, découvrir, discuter, manger, s'embrasser chastement. Il était clair pour la jeune femme que cette vie si rapide et électrisante était fascinante mais, comme elle le dit à Gabriel un soir, la nature lui manquait beaucoup trop et qu'elle ne pourrait pas vivre longtemps ici.

    Pocahontas sentait toujours la distance de Gabriel les conduire à se séparer. Une caresse de trop, un mouvement de bassin et hop, il disparaissait. Elle avait compris qu'il avait peut-être lui aussi peur. Mais elle n'insistait pas, surtout qu'ils venaient de retrouver Sam au port et qu'il cherchait la fameuse Millie d'après les descriptions de l'amérindienne :

    - Sam, hurlait de joie Pocahontas en lui sautant dans les bras.
    - Petite fleur ! Quelle joie de pouvoir te revoir. Ne bouge pas d'ici, j'ai une surprise pour toi et le fugueur.

    Il avait surnommé son beau-frère ainsi en souriant taquin. Le rouquin disparut un moment avant de revenir accompagné de Victoria. Cette dernière poussa un soupire de soulagement avant de foncer vers son frère qu'elle prit dans ses bras. Non loin derrière se trouvait Mary qui n'osait pas venir saluer les enfants Walker. Pocahontas fit un pas vers elle et l'enlaça heureuse de la revoir. Victoria embrassait les joues de son petit frère bien trop grand pour elle maintenant. Elle pleurait et le grondait comme un enfant :

    - Quatre jours sans nouvelles ni lettres ! Tu devrais avoir honte Gabi ! Sais-tu à quel point nous étions tous inquiets ! Tu me fais quitter ma maison pour te retrouver ici. Je.. Je devrais te corriger tiens pour la peine ! Ah, ça joue les fiers mais ça oublie ceux qui l'aime.

    Elle avait véritablement souffert de son manque de lettres, plus que de sa fugue. Victoria n'évoqua pas leurs parents. Elle se contenta d'enlacer Pocahontas et s'assura qu'elle allait bien avant de demander quel était le plan concernant Millie :

    - J'ai trouvé son bateau sur le quai numéro deux, expliqua Sam, maintenant il nous faut l'approcher et.. et nous lier d'amitié à elle.
    - J'avais pensé que je pourrais m'entretenir avec elle pour lui demander de faire partie de son équipage.

    Pocahontas souriait, fière de son idée. Mais Victoria, Mary et Sam firent les gros yeux surpris avant de secouer négativement de la tête. Elle ne comprenait pas pourquoi ils voulaient refuser :

    - Vous insinuez vraiment que je ne ferais pas un bon matelot-femme ?
    - Petite fleur, tu es bien trop délicate pour un tel travail. Cela se voit. Tu es une princesse.
    - La princesse a des aptitudes qui lui ont permis de presque castrer ton frère Vicky.


    immarcescible, Posté le mercredi 05 janvier 2022 18:48 Répondre

    Il semblait persuadé qu'elle cherchait le luxe de sa famille. Or, il avait tout faux. Prenant sa main dans la sienne, elle pinça délicatement sa paume de main en secouant négativement la tête. Son air semblait soudainement inquiet comme si la magie de la révolte avait laissé place à tout le reste. Comme si il se sentait obligé de l'entretenir. Comme si elle avait envie de cela avec lui. Embrassant ses doigts avec douceur avant de relever son attention vers lui elle souriait doucement.

    - Alors partons d'ici.. Ne restons pas là. Tout un monde s'ouvre à nous et je n'ai pas besoin de tout ce que possède ta famille. Je n'ai besoin que de toi, en bonne santé, heureux et près de moi.

    C'était vrai en plus. La jeune femme avait toujours vécu de la manière la plus sobre possible. Son peuple ne vivait que de la nature et savait parfaitement la maîtriser. Elle lui avoua en riant que la baignoire serait la seule chose qui lui manquerait en effet ainsi que les long bains chaud, mais elle lui promit que le reste n'avait aucune importance.

    - C'est pour toi que j'ai traversé le temps Gabriel, pas pour un toit. Tu.. Tu es mon foyer.

    Un flash lui venait. Encore un souvenir de cette vie passée qui la fit frissonner. C'était les mêmes mots que cette autre Pocahontas blottie contre un Gabriel qu'elle tentait d'apaiser. Cela la fit tendrement sourire.

    - Sais-tu que parfois j'ai quelques flashs de notre vie d'avant. C'est étrange car.. car c'est nous sans être nous à la fois. Mais j'aime savoir qu'on leur ressemble un peu quand même.

    Caressant la joue du brun, elle se redressa doucement pour venir poser ses lèvres avec douceur sur les siennes. Un doux baiser, tendre et réconfortant avant de finalement se lever. Etrange qu'elle soit pleine d'énergie tout d'un coup se dit-elle. Les mains sur les hanches elle décida simplement de chercher du travail :

    - Moi aussi je vais aller gagner un peu de votre argent. Comme ça, nous pourrons prendre ce fameux bateau et puis ramener cette pirate de Millie à Binki à Glasgow ! J'ai entendu dire d'un certain Garrett qu'ils possédaient un charmant cottage près de la ville qu'en dis-tu ?

    La jeune femme était pleine d'optimisme. Voyant son tendre amant légèrement sourire, elle vint donc s'asseoir sur ses cuisses en enlaçant sa nuque de ses deux bras. Elle se devait de le réconforter puisqu'elle était encore persuadée qu'il était triste d'avoir tout perdu à cause d'elle :

    - Je suis désolée pour ta famille. Sincèrement.. Je suis certaine qu'ils viendront vers toi à un moment donné. C'est certain. Même si ils ne le disent pas ils.. ils t'aiment tu sais. Il est impossible de ne pas t'aimer. Tu es bon, généreux, altruiste, doux, prévenant. Tu es drôle, si amusant et bon danseur en plus, reprit-elle en riant doucement, je pense juste qu'ils sont malheureux de voir à quel point tu es libre quand eux ne l'ont jamais été.

    C'était sincère et elle espérait qu'il s'en rendait compte. Caressant toujours sa joue, elle sentait sa barbe d'un jour piquer ses doigts. Elle aimait ça. Se penchant une nouvelle fois sur ses lèvres, elle le taquina en les embrassant rapidement avant de dire avec plus de sérieux :

    - Nous sommes une équipe. Toi et moi.. Toujours d'accord ?


    immarcescible, Posté le mardi 04 janvier 2022 23:12 Répondre

    Ainsi, la vérité de Gabriel avait explosé dans la douceur de la soirée. Seule Victoria avait accompagnée le nouveau couple jusqu'à la diligence qui les emmenaient à la gare. Pocahontas était restée silencieuse, discrète. Même si son amant lui avait assuré qu'elle n'était en rien responsable, elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'elle aurait du rester à sa place. Ses frères lui avaient souvent reproché ce trait de caractère, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Surtout lorsqu'une injustice sommeillait devant elle. Gabriel semblait apaisé, serein. Se tenant l'un et l'autre la main, elle le suivait sans dire un mot. Elle avait une confiance aveugle en lui, rien ne pouvait l'effrayer.

    Elle vit pour la première fois de sa vie le train. Surprise et apeurée, elle dut prendre tout son courage à deux mains avant de monter à la suite de Gabriel. Enfin, ils avancèrent et elle cru qu'il s'agissait d'un tour de magie. Un hurleur vint expliquer le principe de la locomotive et cela fascina l'amérindienne qui en apprenait toujours davantage. Cela ne pouvait que la faire sourire de voir qu'ils allaient à la vitesse de la fumée et de certains oiseaux.

    Pendant le voyage, elle vint se blottir contre Gabriel. Il semblait perdu dans ses pensées, aussi, elle ne voulait pas l'y déloger. Elle en profita pour s'endormir un moment.

    L'arrêt brutal du train vint la réveiller. Gabriel avait du la poser autrement car elle était allongée sur la banquette et lui disparut. Inquiète, elle se redressait en tenue la veste de son amant posée sur elle. En se levant, elle le chercha des yeux et le vit vite revenir en portant leurs valises. Elle n'avait pas grand chose puisque tout appartenait à Victoria. Ils passèrent chez elle et embarquèrent seulement quelques vêtements et deux livres que la jeune femme promis de rembourser. Il s'agissait du recueil de poème Endymion de John Keats et de Frankenstein de Mary Shelley.

    Une autre première fois survint pour la jeune femme : la ville. Le bruit, l'effusion, les hautes tours. Pocahontas était sidéré. Ce n'était pas un village mais un royaume entier disait-elle à Gabriel en s'accrochant à son bras. La crainte de le voir disparaître dans la foule sans elle la fit serrer sa main sur son bras. Comment pourrait-elle survivre dans un environnement sans nature. C'était d'ailleurs le problème. La jeune femme sentait qu'elle avait quand même un peu de mal à respirer. Mais elle suivait Gabriel et ne le lâchait pas. Elle respirerait plus tard.

    Ils avançaient dans les rues et nombres dédales d'Edimbourg et toujours pas de ruisseaux, d'arbres et autres falaises.

    - Comment les gens respirent ici sans arbres, demandait-elle sérieusement au brun, ils ressemblent à des morts-vivants avec leurs mines blanche.

    Enfin ils arrivaient dans ce qui était le modeste lieu d'habitation de Gabriel. La jeune femme n'avait aucune véritable attente si ce n'est retrouver un peu de verdure. Mais rien. Même pas dans la cour qu'ils traversaient. Elle n'était pas une femme vénale bien au contraire. Victoria avait hurlé de terreur en constatant que l'amérindienne donnait tout son argent aux mendiants du village lors de son arrivée.

    Elle resta à l'entrée du petit appartement et l'observa en souriant doucement. Il s'agissait de la maison de Gabriel, de son lieu à lui et elle était touchée de pouvoir y mettre un pieds. Tout y était bien rangé soigneusement ce qui l'amusa, elle qui était bordélique. Elle le laissait ouvrir les fenêtre et elle sut que l'air de la campagne lui manquait déjà. Mais le sourire de Gabriel effaçait toute angoisse. Cela dis, elle se sentait étrange lorsqu'elle ne vit qu'un lit au milieu de la pièce. Elle lui rendit son sourire et vint poser son modeste baluchon sur le lit avant de mordre sa lèvre :

    - Tu n'as pas de plantes vertes.. Il nous faut des plantes Gabriel. Sinon on va mourir je te promet.

    Pour le coup, être à Lowache était peut-être plus simple pour elle. Il y avait de l'espace et elle pouvait sortir comme elle souhaitait dans la campagne. Là, elle ne se voyait pas quitter l'appartement sans Gabriel. Sa spiritualité, ses croyances lui affirmaient qu'ils se trouvaient dans un lieu mauvais dans lequel ils ne pourraient pas être heureux. Inquiète, elle ne se voulait pas pointilleuse puisqu'après il avait tout quitté à cause d'elle mais elle ne pouvait rien lui cacher. Cela se voyait à sa mine.


    immarcescible, Posté le mardi 04 janvier 2022 20:35 Répondre

    Ils marchaient main dans la main en se regardant du coin de l’oeil. Pocahontas ne pouvait décrocher son attention de ce colosse qui l’impressionnait depuis le premier jour où elle l’avait vue. Alors qu’ils longeait le sentier côtier, il lui avoua la grande fragilité qui existait entre les deux frères et surtout, l’une de ses romances. Cela la gênait que Mary lui ai confié leur conversation. Elle aurait préféré qu’elle garde cela pour elle. Mais l’heure n’était pas à ronchonner.

    Ni elle comme lui ne virent James au loin avec le Duc. La brune entrelaçait ses doigts à ceux de Gabriel et vint même les porter à ses lèvres avant de reposer son attention entière sur lui.

    - Kisos m’a expliqué que tu étais médecin. Tu n’avais ni frère, ni soeur puisqu’ils avaient été assassiné par l’une de tes anciennes maîtresse qui avait remonté le temps pour te tuer ainsi que toute ta famille. Mais ce fut Aponi qui te sauva. Tu as grandi sans mère car elle s’était enfuie en France. Tu avais apparement les mêmes relations avec ton père : froide et distante. Lorsque l’on s’est rencontré, tu étais médecin.. tu.. tu avais un goût prononcé pour le sang. Tu.. Tu avais assassiné des gens de sang-froid avec cette fameuse maîtresse, Meghan. Elle t’avais envoûté. Mais pendant tes études de médecine tu as rencontré..

    Elle se tut un instant craignant que ce qu’elle dise vienne changer sa vision sur la fameuse Maria. Après tout, dans cet autre temps il l’avait épousé et aimé sincèrement. Etrange qu’elle ne réplique pas sur les multiples meurtres qu’il aurait commis. A vrai dire, il lui semblait complètement improbable qu’une telle chose arrive. Il avait vu qu’elle s’était interrompue et ce n’était pas à cause des meurtres, alors, elle reprit mais en baissant les yeux :

    - Tu t’es marié à cette Maria mais elle a été assassinée à cause d’un certain Robert qui me persécutait à mon arrivée.

    Lentement, elle relâcha ses mains et vint lui tourner le dos pour contempler les vagues puissantes s’écraser sur les hautes roches de la falaise. C’était un spectacle à la fois terrifiant et exultant pour la jeune femme. Elle n’avait connu que le fleuve tranquille du Mississippi. Néanmoins, elle reprit :

    - Tu t’es vite occupé de moi d’après Kisos. Il disait que tu avais eu le coup de foudre et moi aussi mais j’ai été hanté au départ par le fantôme de cette épouse. Et puis, tu aurais été accusé du meurtre de ton épouse puisque James avait dissimulé certaines preuves. Finalement, j’aurais retrouvé un journal qui t’aurait innocenté et pour se venger, le Robert m’aurait renvoyé à mon époque.

    Après, elle évoqua la fameuse traque de Gabriel et leur retrouvailles. Puis, tous les autres obstacles qui les avaient attendus jusqu’à toutes ces années de séparation. Pocahontas faisait vite, elle abrégeait tout ce que Kisos avait mis tant d’heures à raconter. Elle évoqua Kisos puis Sora. Le moment où elle lui avait sauvé la vie en Egypte au marché aux esclaves et leur fuite d’Italie. Finalement, elle lui expliqua que si Kisos avait modifié le passé c’était parce que cet autre Gabriel été impulsif, violent et caractériel. C’était le portrait craché de William. Et que ce jeune garçon voulait sauver son père malgré l’interdiction qu’il avait eu de remonter le passé et de changer les choses.

    - Quand on y pense je ne t’ai apporté que le désordre et la douleur Gabriel. Je veux dire.. Regarde cette vie que nous avons eu et dont nous nous souvenons pas. Comment peux-tu vouloir recommencer en sachant tout cela ?

    Elle se tournait enfin vers lui en croisant ses bras pour les frictionner. Le vent frais l’enveloppait et ce récit l’avait considérablement refroidie. Ce qu’elle aurait aimé se jeter dans ses bras. Mais au moment où il fit un pas vers elle, elle eut un recul. En effet, James venait à eux furieux quand le Duc partait dans le sens inverse. La brune blêmissait et se sentait mal. Elle savait qu’il y allait avoir une nouvelle dispute entre le père et le fils, aussi, elle fit rapidement diversion.

    Contournant le brun, elle s’interposa entre les deux et pointa son index vers James en répliquant avant qu’il ne le fasse :

    - Je vous interdis de dire quoi que ce soit Monseigneur ! Vous n’avez pas votre mot à dire puisque vous avez été d’une malhonnêteté déconcertante depuis mon arrivée. Nous aurions pu régler bien des choses si vous ne nous aviez pas mis en erreur dès le départ. Gabriel est victime de votre lâcheté et de votre manque d’affection alors laissez-le en paix bon sang !

    Elle venait de reprendre son souffle et avançait toujours en direction du vieil écossais en pointant son doigt vers lui. Elle ne lâchait rien, imposante avec sa crinière battant au vent :

    - Plus personne ne viendra jamais le souiller d’abjects sentiment vous m’entendez ? Plus jamais. Vous ne méritez même pas son amour. Vous qui cherchait à vendre son corps et son âme sans son consentement ! Honte à vous !

    James était sur les fesses, sonné par les mots de l’amérindienne. Il ne savait que répliquer car il savait qu’elle avait raison. Il offrait un regard contrit vers son fils et se contenta de dire :

    - Fils. Je t’attends pour le dîner avec ta mère. Nous devrons parler.

    Sa voix était claire et ferme. Pocahontas ne le laissa pas approcher plus de Gabriel. Elle voulait le protéger de son petit corps de guerrière. Une fois qu’il eut tourné les talons et fut au loin, elle revint vers Gabriel pour l’enlacer d’elle-même. Au diable ses peurs. Elle le voulait pour elle, entier et tel qu’il était. Dissimulant son visage contre le buste de son amant, elle murmurait :

    - Désolée de m’être emportée. Je ne veux pas qu’on te maltraite. Je ne le supporte pas.

    Finalement, elle relevait son visage vers lui en abordant une moue adorable et désolée.


    immarcescible, Posté le mardi 04 janvier 2022 11:59 Répondre

    Ce pique-nique n'avait rien de naturel. Pocahontas avait l'impression d'assister à la mise en place d'un plan de guerre. Tout le monde était sur le quai vif et elle se sentait gênée de tout cela. N'étais-ce pas absurde de provoquer les choses quand elles devaient naturellement se faire. Victoria était la perfection en ce qui concernait la bonne société et elle semblait aimer ça. La brune s'était assise à l'endroit exact qui lui avait été attribué et encore une fois, elle se trouvait loin de Gabriel. Elle n'avait pas compris ses questions empressées concernant la visite de Philippe. Il semblait mécontent avec ses sourcils froncés et son regard lointain. C'était la première fois qu'elle le voyait se renfermer sur lui-même.

    - Ma chère Pocahontas parlez-nous de votre peuple, demandait avec douceur une Anya curieuse, j'aime à savoir que vous êtes un peuple libre et aussi proche de la nature.

    Sortant de sa rêverie, la brune souriait poliment à la Duchesse avant de lui expliquer comment fonctionnait leur système politique, économique et social. Tout le monde écoutait intrigué, même Garrett. Binki était plus discrète et semblait rêver à autre chose. Mais l'amérindienne était gênée de toute cette attention sur elle, aussi, plus tôt que prévu, elle demanda à Binki si faire une balade à cheval l'intéressait.

    Cela ne pouvait que la faire sortir de sa torpeur. Evidemment, Garrett et Anya préférèrent rester sous le saule qui les abritaient du soleil. Victoria décida de retourner à la maison préparer du thé. Pocahontas venait de retirer l'épais manteau qu'elle portait pour finalement ne rester qu'en robe :

    - Princesse vous allez mourir de froid à rester ainsi vêtue !
    - Ne vous inquiétez pas Lord Hedlund. Chevaucher risque de vite me réchauffer.

    Anya semblait perplexe en voyant l'amérindienne monter comme les hommes laissant ses jupons dévoiler ses chevilles. Si seulement elle pouvait voir comment étaient habillés les amérindiens, elle serait véritablement choquée. Dans un mouvement rapide, les deux jeune femmes partirent ensemble. Gabriel avait été accaparé par une Mary qui lui avait rapporté les questions de Pocahontas :

    - Mon jeune seigneur. Sachez que votre amie m'a posé tout un tas de questions sur vous et vos relations antérieures. Je n'ai rien raconté car j'estimais que ce n'était pas mon rôle. Mais c'est une gentille fille. Ne la trompez pas à cause de votre futur mariage avec la Duchesse. Elle aurait assurément le coeur brisé.

    La vieille femme ne disait pas cela pour le blesser, au contraire, elle ne voulait que sa joie et son bonheur. C'était comme une grand-mère qui voulait juste le prévenir. Après lui avoir rapporté ces fameuses conversations elle rentra jusqu'au manoir Walker laissant Gabriel retourner au plaid. Là, il pu voir le rapprochement étonnant entre les deux futurs Blackbird. Garrett faisait vraiment la cour à Anya. Se penchant sur son oreille, il lui murmurait des tendre poèmes de Lord Byron, de Shelley ou encore de Keats. Cela semblait faire rougir de plaisir la Duchesse qui était transfigurée. Leurs doigts venaient de se frôler et l'un et l'autre sentait cette énergie les parcourir. C'était la même que celle qui existait entre Gabriel et Pocahontas.

    Victoria mettait plus de temps avec le thé. Elle faisait exprès. Voyant son frère au loin, elle lui fit signe de venir. Une fois qu'il fut à sa portée elle lui demanda comment cela se passait, puis, le questionna :

    - Pocahontas m'a expliqué pour ta dispute avec Will hier soir. Vous devez parler, elle a raison. Ça ne peut plus continuer. Notre famille subit vos histoires depuis trop longtemps Gabi. Soit l'aîné puisque tu dis que notre frère ne l'est pas en agissant de la sorte. Et je ne veux pas vous perdre tous les deux.


    immarcescible, Posté le lundi 03 janvier 2022 19:59 Répondre

    Bien vite Pocahontas s'endormit contre le buste nu et puissant de Gabriel. Chastement, elle s'était blottie contre lui, sa tête contre son épaule. Elle n'avait pas aussi bien dormi depuis des lunes. Au petit matin, elle se redressa surprise de le voir toujours présent. Il dormait toujours ce qui lui permit de pouvoir le contempler à sa guise. Ses traits étaient fins, parfait. L'envie de passer ses doigts sur la fine parfaite de sa musculature lui donnait envie, mais la peur de le réveiller et de ne plus pouvoir le contempler la décidait à ne pas le toucher.

    Cela faisait un moment qu'elle était réveillé et elle entendit Victoria commencer le ménage. Elle devait la rejoindre pour l'aider. Et puis, la brune avait promis à Mary de l'accompagner au marché pour porter les compositions florales. Se redressant sur un coude, elle plongea enfin sa main sur la toison du buste de Gabriel. Ses lèvres se pressaient délicatement sur sa mâchoire puissante et son nez caressait le sien :

    - Debout marmotte, murmurait-elle avec douceur, une belle journée nous attend.

    Après avoir déposé un tendre et chaste baiser sur ses lèvres et caressé sa joue elle sortit rapidement du lit pour se rendre dans la salle de bain. Elle s'y lava en vitesse et enfila une robe de coton très simple, ses cheveux tressés en deux nattes. Gabriel était toujours au lit ce qui la fit sourire en coin :

    - Ne crois surtout pas que je vais te mener ton petit déjeuner au lit. Au travail monsieur Walker. Nous avons des âmes soeurs à se faire rencontrer figurez-vous.

    Elle lui tirait gentiment la langue avant de s'enfuir de la chambre de bonne humeur. Dévalant les escaliers elle rejoignit une Victoria qui faisait le ménage de printemps. Tout était prêt pour le pique-nique il ne restait plus qu'à arranger un peu la maison pour qu'elle soit dans de bonnes dispositions.

    - Gabriel a déjà du partir je ne l'ai pas trouvé sur le canapé.
    - Oh non il dort encore dans ma chambre.
    - Dans ta quoi ??

    Victoria laissait tomber un vase sur le sol qui se brisa. Pocahontas la regardait surprise ne comprenant pas sa réaction. Il lui était arrivé à de nombres reprises de dormir avec d'autres personnes que sa famille elle ne voyait pas le problème. Mais l'écossaise lui rappela que les codes de société, la norme et les règles interdisaient ce genre de choses :

    - Tu ne peux dormir qu'avec ton mari !
    - Mais.. Mais il le sera un jour, précisait Pocahontas décontenancée, et puis ce qui se passe entre Gabriel et moi ne regarde que nous deux. Pourquoi le village devrait le savoir et polémiquer dessus ?

    La soeur de Gabriel soupirait en s'arrachant les cheveux. Comment faire comprendre les rouages de la bonne société écossaise à l'amérindienne. Elle vint donc lui expliquer l'importance de l'abstinence hors mariage et de rester "pure" jusque là au risque qu'ils finissent en Enfer. Là, Pocahontas était perdue et demanda plus de précision. C'est alors qu'elle apprit ce qu'était le purgatoire et ce que risquait l'âme de Gabriel par sa faute. La culpabilité la submergea et sans se rendre compte de ce qu'elle avait fait, Victoria lui demanda de ne plus s'approcher physiquement de son frère ce que la brune promis.

    Alors qu'elles finissaient de pousser certains meubles, on toqua à la porte. Vicky alla ouvrir et fut surprise de tomber sur le Prince Philippe un beau brun aux yeux bleu qui tenait un immense bouquet de roses. Pocahontas avait dansé avec lui durant la soirée et ils avaient gentiment sympathisé :

    - Miss Walker, dit-il d'une voix solennelle, je suis venu voir votre amie la Princesse Pocahontas.
    - Prince..

    La dite intéressée arrivait devant lui surprise. Le jeune homme d'une gaieté adorable vint se présenter de nouveau et lui tendit le bouquet que la jeune femme prie avec politesse. Victoria le récupéra avec plaisir les laissant seuls sur le seuil de la porte. Pocahontas était gênée mais le remercia tout de même :

    - Seriez-vous disposée à m'accorder une balade sur le chemin près de la falaise ? Il fait si bon ce matin. Je me verrais attristé de ne pas pouvoir vous admirer sous la lumière du soleil. Vous si belle.
    - Ah... C'est français, soupirait Victoria en ajustant les fleurs dans le vase.

    Pocahontas souriait amusée mais allait refuser. Seulement, Victoria voyait le moyen pour son amie de sortir un peu de la maison et de rencontrer un peu de monde. Elle la poussa donc à sortir à condition d'être rentrée pour le fameux pique-nique. Pocahontas accepta et suivie donc le Prince le long de la falaise. Ils marchèrent en bavardant et évoquèrent leur responsabilité en tant que souverain ce qui rappela à la jeune femme les devoirs qu'elle avait envers son peuple. Il était vrai qu'elle les abandonnait et qu'elle se sentait responsable de ce mauvais tour qu'elle leur jouait quand elle devait faire la marieuse.

    La balade fut douce et agréable. Pocahontas eut l'impression de s'être fait un ami. Après avoir reçut un baise main de son nouvel acolyte, elle alla directement au village pour aider Mary comme promis. Arrivée, elle la rejoignit et elles portèrent ensemble les compositions florales :

    - Dis Mary, est-ce que Gabriel a déjà eu d'autres fiancée ? demandait-elle curieuse.
    - Pourquoi ne pas demander à Monsieur Gabriel ?
    - Parce que j'ai peur qu'il me mente.. Qu'il n'ose pas me le dire de peur de me blesser.
    - Et cela vous blesserait ?
    - Non.. Oui.. Enfin non.. Je ne sais pas en fait.
    - Qu'est-ce qui vous lie tous les deux, j'aimerais bien comprendre.
    - Nous aussi Mary, nous aussi.


    immarcescible, Posté le dimanche 02 janvier 2022 20:24 Répondre

    En rejoignant la cuisine Pocahontas se posait tout un tas de questions. S'enfuir avec Gabriel ? Est-ce qu'il s'agissait d'une bonne idée ? Victoria avait raison et elle préférait l'écouter que l'impatience de son amant. Après tout, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il allait à sa perte si il continuait à défier sa famille. William pourrait partir à leur recherche et les poursuivre. Les conséquences seraient dramatiques. Il était déjà assis lorsqu'elle arriva. Elle avait enfilé une robe de chambre en plus de sa robe de nuit et venait vers Gabriel. Délicatement, elle posait sa main sur sa nuque et embrassait le sommet de son crâne quand elle sentait la tête du brun se poser sur son ventre.

    Tendrement enlacés l'un contre l'autre, elle caressait sa nuque et ses boucle brune avec douceur. Victoria était touchée par cette vision de son frère et de son amie. Mais elle ne pouvait pas les pousser dans ce délire de fuite. Posant les tasses sur la table, elle leur expliqua donc son plan. Le but était de créer des situations permettant la rencontre des deux futurs amants.

    Pocahontas venait s'asseoir à côté de Gabriel. Ses mains entouraient la tasse fumante pendant qu'elle écoutait avec attention Victoria. Rien de bien compliqué en somme. Ils convinrent du plan et cette dernière fit promettre à son frère de ne pas fuir. Une fois qu'elle fut sûre de sa promesse elle monta se coucher. Enfin seuls, Pocahontas pu avec plaisir se blottir contre le beau brun en lui lançant un regard amusé et tendre :

    - Tu as toujours été aussi impatient ? Ou est-ce que c'est moi qui te rend comme ça, Walker ?

    Elle aimait voir ce sourire sur le visage trop concentré de son bel écossais. Lentement, elle passa sa main toujours fraiche sur sa joue. Ses doigts caressaient ses traits fins alors que ses yeux le dévorait. Toucher les lèvres qui l'avait transporté dans un autre monde tout à l'heure la faisait rougir. Alors, d'une voix basse et douce, elle murmura :

    - Jamais encore je n'avais embrassé quelqu'un, avoua-t-elle, et je ne désire que tes lèvres sur les miennes.

    Ses joues avaient prises une douce couleur rosée, mais ça, elle ne le savait pas. Se redressant lentement, son nez vint caresser le sien avec douceur pendant qu'elle fermait les yeux. Un feu ardent allait exploser en elle. Son corps tremblait d'un désir palpable. L'excitation, la chaleur, le bourdonnement dans ses oreilles et son ventre qui se comprimait. Elle se sentait complètement abasourdie par son parfum, sa voix, sa présence. Sa main toujours sur sa joue, elle murmurait contre ses lèvres :

    - Je ne pourrais jamais me lasser de ça.. De cette énergie.. Gabriel.. Gabriel..

    Au moment même où ses lèvres allaient enfin s'unir de nouveau aux siennes l'arrivée de Sam dans la cuisine les fit sursauter. Elle se décalait et rougissait de gêne à l'idée qu'on ai pu les surprendre. Sam un peu éméché riait et s'excusait en faisant un "chut" avec son index sur ses lèvres. Il buvait un peu d'eau au pichet tout en riant. Encore une fois il surprenait les amants et les interrompait. Il s'excusa de nouveau et remonta jusqu'à sa chambre ce qui laissait une Pocahontas un peu refroidie.

    Pour autant, elle refusait qu'il dorme sur le canapé. Alors, elle vint prendre sa main dans la sienne et l'entraina dans sa chambre qui se trouvait être la sienne autrefois. Elle vint s'allonger sous les draps encore frais et le laissa se déshabiller. Par pudeur, elle cacha ses yeux et ce fut lorsqu'il s'installa à ses côtés qu'elle découvrit son buste nu. Souriant, elle vint se caler dans son bras et caressa son torse.

    - Raconte-moi une légende de ton pays, demandait-elle en fermant les yeux épuisée.


    immarcescible, Posté le dimanche 02 janvier 2022 18:08 Répondre

    La jeune femme se fichait bien des remontrances de Victoria. Elle était sur un petit nuage. Son corps était encore grisé par les caresses de son amant et de ses baisers. En fermant les yeux, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir de nouveau la prise de ses mains sur ses cuisses nues et de ses lèvres chaudes se pressant contre son cou. Bon sang ce qu'elle avait chaud.

    Victoria tapotait son épaule après avoir remis sa coiffure en place et les voilà de nouveau dans la grande salle à manger. Immense pièce avec différentes tables accolées les une aux autres. Gabriel s'installait à la sienne alors que la brune se sentait loin de lui. Trop loin. Mais sa mission devait reprendre et elle ne pu s'empêcher de sourire en constatant que Garrett ne cessait de contempler la Duchesse.

    Les nouvelles de Sam concernant Millie la rassura. Pas de saut dans le temps, juste une petite aventure au tour du monde pour la retrouver. Mais comment la convaincre ? Comment la trouver ? Et surtout, comment ramener l'une et l'autre à ce qu'elles viennent se rencontrer. L'idée de confier leur secret aux principaux initiés lui vint en tête.

    Garrett n'était absolument pas discret mais il ne pouvait s'empêcher de contempler la Duchesse. Cette dernière parlait au près de l'oreille de Gabriel ce qui fit froncer le nez de l'amérindienne. Se levant, elle s'approcha donc du blond et lui demanda une danse. Cela le surprit mais l'amusa. Jamais encore une dame ne lui avait demandé une telle chose.

    - Ce n'est pas l'usage, chuchotait Victoria scandalisé alors que Sam souriait, Lord Hedlund doit lui-même t'inviter.

    Mais Pocahontas ignorait de nouveau son amie et laissa le Lord l'entrainer sur la piste de danse. Après les salutations de vigueur, elle se mit à danser selon le fil de la musique. Elle avait une excellente mémoire et elle ne pouvait s'empêcher de s'amuser avec Garrett qui la taquinait gentiment.

    - Ainsi vous êtes la fameuse Matoaka que Gaby cherche désespérément depuis son enfance. Je suis persuadé qu'il ne s'attendait pas à une telle grâce et une telle beauté.
    - Je vous trouve très flatteur Milord. Auriez-vous un goût particulier pour les brunes ?
    - Ah mais je vois que vous avez l'oeil ma chère. Mais je suis au regret de vous annoncer que je suis marié et que je ne peux m'enfuir avec une princesse.
    - Mais qui vous parle d'une princesse ? Pourquoi pas une Duchesse ?

    Ils riaient l'un et l'autre se comprenant. Garrett était loin d'être stupide face aux sous-entendues de la jeune femme mais il ne comprenait pas en quoi cela la regardait et à quoi le regard noir de Gabriel était du. Ils finirent leur danse et enfin, Pocahontas se rapprocha de lui en demandant :

    - Passez me voir demain chez Victoria. Je vous montrerais que votre goût est au-delà de vos espérances.
    - Faites attention. Je n'aime pas être déçu, princesse.

    Ils se quittèrent sur un baise-main conventionnel mais qui amusa Pocahontas. Rejoignant la table avec Victoria, elle passa la soirée près d'elle en lui racontant son projet. Elle allait réunir les deux âmes soeurs lors d'une balade improvisée et les laisser un peu se découvrir et avoir de l'intimité.

    - Tu as ce même regard que Gabriel quand tu manigances quelque chose. Vous êtes déroutant tous les deux. Je persiste à dire que vous devriez leur confier ce qui se passe. Ils sont les dindons de la foire !

    Pocahontas trouvait que Victoria avait raison et elle lui promit d'en parler à Gabriel dès que possible. Mais toute la soirée se passa de sorte à ce qu'elle ne puisse plus l'approcher. Quand ce n'était pas son père c'était William ou alors des hommes qu'elle ne connaissait pas. Il était difficile de pouvoir admirer le soleil sans pouvoir le toucher. Néanmoins, elle dansa avec tous les bons partis de la soirée sans se douter qu'elle était devenue une sorte d'attraction et de joyaux à posséder le plus rapidement possible. Une princesse, voilà ce qui affolait les désirs des hommes en recherche de titre de noblesse qui allait très rapidement se faire courtiser.

    A la fin de la soirée, elle suivit à contre coeur Sam et Victoria jusqu'à la calèche. Gabriel venait de disparaitre en compagnie de Garrett et elle n'avait pas pu lui dire au revoir. Arrivés à la maison, elle pu enfin retirer ses chaussures et retirer sa robe. Victoria l'aidait alors qu'elle avait elle aussi enlevé sa tenue. Toutes les deux portaient la chemise de nuit blanche en vigueur de cette époque et l'écossaise brossait délicatement la longue crinière de son amie.

    - Tu sens bon le jasmin, dit-elle en souriant avant de natter ses cheveux, dis-moi tu l'aimes ?
    - Qui donc ?
    - Mon frère.. Gabriel.
    - Je ne sais pas ce que tu entends pas aimer Vicky. Tout ce que je sais c'est que quand il est là je me sens entière et que lorsqu'il est loin de moi je cherche mon souffle, la lumière. Je n'ai jamais ressentit ça pour quiconque.. Comme si un fil invisible me liait entièrement à lui, totalement.
    - C'est de l'amour petite fleur, murmurait tendrement Victoria en embrassant le sommet de son crâne, allez au lit maintenant !

    Allongée sur son lit, Pocahontas repensait à cette soirée. Son esprit vagabondait elle repensa à ce moment près de la rivière. Ce moment où elle aurait voulu être nue contre lui et que ses mains la touche, encore et encore. Les yeux clos, elle sentait que son corps se tendait à la recherche d'une libération. Et alors qu'elle mordait ses lèvres en imaginant certaines caresse, elle entendit un claquement contre la fenêtre, puis un second. En se levant et ouvrant cette dernière elle vit un Gabriel éclairé par la lune. Cela la fit sourire :

    - Que fais-tu ici ? Tu devrais déjà dormir..


    immarcescible, Posté le samedi 01 janvier 2022 23:59 Répondre

    C'était la première fois qu'un homme l'embrassait et Pocahontas sut aussitôt qu'elle ne voulait pas qu'un autre homme la touche. C'était Gabriel, depuis toujours et pour toujours. Une décharge électrique venait de parcourir son corps alors que ses lèvres rendaient avec une ardeur passionnée ce baiser imprévu. Ses mains, ses doigts s'accrochaient dans sa crinière bouclée. Son corps suivait les mêmes mouvements aguicheurs que ceux de Gabriel.

    C'était le paradis ses lèvres. C'était toucher à un endroit sécurisant, doux, apaisant, excitant. Elle se sentait toute autre mais surtout, la chaleur étrange au creux de ses cuisse revenait. C'était si excitant, se disait-elle en pensée.

    Elle l'écoutait parler sans vraiment écouter en vérité. A bout de souffle, elle préférait savourer les baisers enfiévrés de son amant et sentir son coeur battre à toute vitesse que d'entendre ses taquineries et fausses menaces. Jugeant avoir assez de souffle alors qu'elle avait penché la tête en arrière sous ses baisers langoureux sur sa peau nue, elle releva son visage d'une main ferme et attira de nouveau ses lèvres contre les siennes. Mais avant cela, lui murmura d'une voix basse et chaude :

    - Tais-toi et pose encore tes lèvres sur moi Gabriel.

    C'était limite un ordre d'ailleurs. Ses lèvres reprenaient possession des siennes dans un baiser encore plus enfiévrés. Sa langue s'enroulait à la sienne tandis qu'elle laissait quelques soupirs de contentement qui ressemblaient à des miaulement s'échapper d'entre leurs lèvres. C'était une hâte cette fois-ci, un désir pressant. La surprise passée, Pocahontas voulait goûter comme une droguée à ces lèvres qui l'avait hanté toutes ces semaines. Encore ingénue des caresses du corps, elle n'avait aucune idée qu'en balançant et dansant son bassin contre le brun elle attisait chez lui aussi une excitation évidente.

    Mordant la lèvre inférieure du brun, elle se rendait compte que sommeillait en elle un désir pressant et sauvage qu'elle ne savait pas contrôler. Ses doigts s'étaient enroulés autour de ses boucles. Le souffle court, elle le contemplait avec un désir non dissimulé qui avait éveillé chez elle cette fougue intrépide qu'elle ne connaissait pas :

    - Tu le sens toi aussi ? Cette énergie ? J'ai chaud.. Tellement chaud..

    Elle venait goûter la peau du cou de Gabriel. Elle avait retiré le foulard qui encerclait son cou et l'avait jeté sur le sol. Mordant, léchant, suçotant sa peau, elle goûtait cette peau brulante au parfum de Gabriel. Pocahontas était complètement droguée c'était certain et alors qu'elle remontait de nouveau ses lèvres contre les siennes et que son jupon était remonté le long de ses cuisses nues elle entendit au loin Victoria l'appeler. Sans doute William avait prévenu sa soeur qui cherchait son amie.

    L'amérindienne reprit ses esprits et cessa rapidement ses caresses. Gênée, elle se releva rapidement en essayant de remettre un peu d'ordre dans ses idées alors qu'elle mourrait de chaud et d'excitation dans sa robe. Sam hurlait le prénom de Gabriel dans le jardin désormais. Tous le monde allait les chercher. Rougissante, la jeune femme ne savait pas quoi dire ou faire mais la lueur brillante de son regard exprimait un désir certain qu'elle ne saurait plus dissimuler désormais :

    - Nous.. Nous.. Nous devrions y aller non ? murmurait-elle dans un souffle.


    immarcescible, Posté le samedi 01 janvier 2022 22:32 Répondre

    Valser au clair de lune, se blottir contre le corps puissant et brûlant de Gabriel, voilà que ce qu'elle désirait, voilà ce qui avait du sens. Elle sentait la pression de sa main sur sa hanche, elle sentait son corps la happer quand sa main libre quitta son épaule pour se poser sur sa nuque et agripper les fines boucles de sa chevelure. Entortillant ses doigts dedans elle cessait de respirer lorsqu'elle sentie les lèvres du brun si proche des siennes.

    Elle allait s'écrouler sur le sol tant la pression était forte et sensuelle. Mais encore une fois, le destin les arrachaient l'un à l'autre. Surprise, elle se retrouva derrière Gabriel et eut le droit à une nouvelle scène entre frangins. Elle aurait voulut s'interposer mais William fut bien plus rapide et asséna d'un coup violent son frère. Choquée, elle se jeta en vitesse sur le brun pour s'assurer qu'il allait bien. Seul son nez coulait de sang ce qui la rassura mais à moitié.

    Pocahontas aurait voulu aller chercher de l'aide pour le soigner mais voilà qu'il l'entrainait autre part. Ils sortaient de la propriété alors qu'elle entendait William encore grogner à la fontaine. Elle n'avançait pas aussi vite que Gabriel mais il ne semblait pas s'en rendre compte. Sa main tenait fermement la sienne quand elle aurait voulu la retirer pour inspecter son nom. Non loin du manoir se trouvait un petit cours d'eau que l'on pouvait traverser grâce à un pont de pierres. Ils se dirigeaient vers la lande mais la brune arrêta fermement son compagnon :

    - Gabriel ! Stop !

    Son cri d'alerte sembla le faire revenir à lui-même puisqu'il se rendit compte de la mine effrayée de la jeune femme. Une fois arrêté, elle pu prendre le visage de son compagnon entre les mains et constatait sa blessure :

    - Ton frère a une très bonne droite. Il ne l'a pas cassé mais avec plus de force il aurait pu. Viens, suis-moi..

    Cette fois, ce fut elle qui l'accompagna vers le cours d'eau sans lui demander son avis. Elle vint s'asseoir sur l'herbe et sortie de son décolleté un mouchoir de soie que lui avait prêté Victoria. Elle mouilla le linge et demanda à Gabriel de s'asseoir près d'elle. Une fois que ce fut fait, elle nettoya son nez.

    - Tu n'as pas de plaie ce qui veut dire que tu auras un bel hématome demain petit guerrier, s'amusait-elle à le taquiner en le surnommant de la sorte, en voilà une belle blessure de guerre. Tu vas pouvoir fanfaronner auprès de tes amis.

    Difficile de faire sourire Gabriel quand elle savait que la pression et les ressentiments qu'il avait depuis toutes ces années le bouleversait. Elle venait de finir de nettoyer son nez et posa le mouchoir rincé sur son nez. L'eau était suffisamment glacée pour que cela calme un moment la douleur. Elle le laissait donc tenir le mouchoir qui sentait bon le jasmin et en profita pour caresser sa joue :

    - Tu dois avoir une discussion avec ton frère. Ça ne peut pas continuer de la sorte Gabriel. Je ne sais pas ce qu'il a entre vous mais ça doit cesser.. Et au plus vite.

    Elle avait reprit un ton plus sérieux. De toute façon, la douceur du moment à la fontaine avait été brisé à cause du rappel du futur mariage de Gabriel. William avait raison, il était toujours fiancé pour le moment. S'agenouillant devant lui, elle soupirait doucement avant de baisser les yeux. Une question la taraudait et elle ne pouvait s'empêcher de la poser.

    - Et si.. Et si Anya ne tombe pas amoureuse de Garrett et si.. Et si ils refusaient de se battre l'un pour l'autre ?

    Elle voyait bien qu'il allait protester et lui assurer son affection. Mais ce n'était pas ce qu'elle voulait entendre, elle voulait la vérité :

    - Ne me dis pas que tu la quitteras quand même. Ne me dis pas ça.. Toute ta famille compte sur toi Gabriel. Tu ne peux.. Tu ne peux pas tout détruire pour moi. On ne se connait que depuis une semaine et.. et tu ne sais rien de moi. Est-ce que tu veux vraiment que toute ta vie soit dictée par ce qu'on nous a toujours dis ? Je ne veux pas que tu sacrifies quoi que ce soit pour moi.. A cause de moi. Je ne pourrais pas supporter qu'un jour tu te rendes compte de tout ce que tu as perdu par ma faute.


    immarcescible, Posté le samedi 01 janvier 2022 19:37 Répondre

    Le sauvetage de Victoria ne pouvait pas mieux tomber pour l'amérindienne qui ne supportait pas d'être en présence de William. Même si il semblait sincère, elle savait qu'il chercherait à la séparer de Gabriel quoi qu'il lui en coûte. Son amie lui donna une coupe de champagne dans laquelle elle trempa ses lèvres. Surprenant goût qui pétillait sur sa langue. Cela l'amusa quand elle reposa le verre sur la table. Soudain, une charmante petite voix l'interpella et quelle surprise de voir Anya face à elle :

    - Duchesse.. Bonsoir, murmurait Pocahontas en se prosternant, que puis-je pour vous ?
    - Gabriel m'a expliqué que vous étiez une princesse. Je dois avouer que je suis bien curieuse.

    Alors, la princesse amérindienne se présenta et expliqua modestement les coutumes de son peuple notamment les mariages. Cela sembla étonner et émouvoir la Duchesse qui n'avait pas autant de possibilité et de choix ce qu'elle confia à sa nouvelle amie. Pocahontas était douce avec elle puisqu'après tout, elle était aussi victime du système patriarcal que Gabriel. Et puis, la jeune femme savait que son âme soeur était dans la pièce et tout autre que la sienne :

    - Anya, osait-elle dire, il ne s'agit pas de chance. Je pense qu'il faut savoir à qui nous devons véritablement allégeance. J'ai très vite compris que je n'avais qu'un seul devoir et il était envers mon coeur. Comment pourrais-je gouverner tout un peuple et être honnête avec eux si je ne le suis pas envers moi-même.

    Cela semblait surprendre la jeune duchesse qui ne s'attendait pas à telle franchise de l'amérindienne. Elle riait doucement en l'écoutant et réfléchissait plus que de raison à cette idée car sommeillait sous la jeune femme une âme qui ne demandait qu'à se révolter depuis toutes ces années. Il était agréable pour elle d'avoir enfin une compagne, une voix qui près d'elle la poussait à penser autrement.

    - N'oubliez jamais qui est votre véritable guide. Cela ne pourra jamais être les autres je vous l'assure.

    Soudain, dans le brouhaha, Pocahontas vit apparaitre Gabriel en compagnie d'un homme à la même stature que la sienne si ce n'est qu'il était plus athlétique. Ses long cheveux blond et sa barbe lui donnaient un air un peu plus sauvage quand ses yeux d'un bleu rieur contemplaient déjà la belle Anya. Tout de suite, l'amérindienne comprit de qui il s'agissait et ne pu s'empêcher de sourire. Il n'y avait pas plus beau si ce n'est voir un coup de foudre dans l'instantané. Victoria avait gardé Binki dans un coin de la salle quand Garrett venait prendre la main de la Duchesse dans la sienne. Il semblait troublé. D'un sourire en coin, il retourna la main de la jeune femme et y déposa un tendre baiser sur le coin de poignet.

    - Duchesse. C'est un honneur pour moi que de croiser enfin votre route. J'avais entendu les louanges concernant votre beauté mais elle dépasse encore plus ce que les gens disent.

    Il était d'une tendre innocence en disant ça tandis qu'il plantait ses yeux dans les siens. Lentement, trop lentement d'ailleurs il relâcha sa main avant de saluer plus modestement Pocahontas qui se sentait étrangement de trop. Elle reprit discrètement sa coupe de champagne et quitta le petit groupe qui discutait à trois. Garrett était ébloui par la Duchesse et ne le cachait pas. Comment aurait-il pu même si il savait qu'elle était la fiancée de son ami.

    Disparaissant sans un bruit, Pocahontas faisait le tour de la salle en observant les couples danser. Elle marchait en hochant doucement de la tête. La musique était douce et agréable mais elle s'ennuyait. N'ayant aucune connaissance des types de discussions de ce genre d'évènements elle préféra se diriger vers l'extérieur. Là, parmi les fleurs et les arbres elle se sentait chez elle. Retirant ses chaussures qui meurtrissaient ses pieds, elle s'amusait à faire le tour de la fontaine en marchant sur le bord.

    Se croyant seule, elle chantonnait des mélodies de son enfance. Son foyer lui manquait. La lune était pleine ce soir là et les nuages en vacances. Une nuit claire en somme. La jeune femme était uniquement éclairée par la lune. Cela donnait des impressions de créature féérique tandis qu'elle s'amusait à faire le tour encore et encore de cette fontaine jusqu'à ce qu'une silhouette vienne à elle. Il n'était pas compliqué pour elle de savoir qui cela pouvait être. ll n'y avait que lui pour avoir ce corps et cette prestance.

    Pocahontas souriait à Gabriel en lui faisant la fameuse révérence que Victoria lui avait appris. Vérifiant que personne ne les observaient, elle osa avouer :

    - Tu m'as manqué..

    Lentement, elle lui tendit sa main et fit un mouvement de tête. La douceur de la soirée et le lieu gothique et romantique l'emplissait.

    - Tu veux bien danser avec moi ?


    immarcescible, Posté le samedi 01 janvier 2022 14:32 Répondre

    Non pas que Pocahontas allait avoir de l'empathie pour William en apprenant son récit, il n'en restait pas moins qu'elle comprenait un peu mieux son comportement. C'était un animal blessé et enfermé dans quelque chose de sombre et de délictueux. Pendant tout le récit que lui conta Gabriel, elle continua de garder sa main dans la sienne. Elle l'avait écouté en silence, patiente. Jamais elle n'aurait eu l'idée de le juger et encore moins son frère.

    La souffrance d'un homme qui ne savait pas comment l'exprimer le conduisait bien souvent aux pires ignominies. Une part d'elle remerciait Kisos d'avoir sauvé Gabriel de l'affreux destin qui l'aurait attendu si cet abominable Hugh avait continué ses horreurs. Aurait-il était comme son frère ? Comment aurait-elle pu aimer un homme ayant assassiné des êtres humains ?

    Il était très tard, le soleil allait se lever dans peu de temps et malgré la fatigue, la brune n'avait aucune envie de quitter Gabriel. C'est qu'elle s'accrochait à sa main comme s'il s'agissait de son roc, de son souffle, de son soutien. Sans s'en rendre compte, ils se trouvaient proche l'un de l'autre et aucun des deux ne semblaient avoir envie de se décaler. La tête lourde, elle la posait sur son épaule ce qui lui permit de se blottir contre lui de poser sa main libre sur son buste comme dans la rivière.

    - Je suis désolée pour ton frère. Sincèrement.. Personne n'a pu venir le sauver. Heureusement Kisos est venu pour toi. Car j'aurais été lui trancher la gorge de mes propres mains je crois.

    Dans cette nouvelle version d'eux-même, Pocahontas n'avait peur de rien et avait un ressentiment profond contre l'injustice. Son nez frais se collait contre le cou chaud et palpitant de Gabriel quand les cheveux brun encore humide de la jeune femme se plaquait contre sa joue. Inspirant de nouveau le parfum si réconfortant du brun elle murmura :

    - Moi je te crois et je serais toujours là Gabriel. Je te croirais toujours.

    C'est dans ses bras, blottie contre lui qu'elle s'endormit paisiblement assise sur ce banc. Elle ne sentie par l'écossais la soulever et l'entrainer jusqu'à sa chambre. C'est lorsqu'il quitta ses bras qu'elle eut conscience que sa chaleur la quittait. Enroulée dans la couverture, elle chercha en vain dans son sommeil ce petit garçon apeuré et traumatisé qu'elle voulait prendre dans ses bras pour le consoler.

    La violence du soleil dans la chambre fit grogner la jeune femme au petit matin. Se retournant, elle se rendit compte qu'elle était seule et qu'elle s'était endormie dans les bras de Gabriel. Rapidement, même si elle était un peu épuisée, elle mit une robe très simple et descendit dans le salon. Elle cherchait déjà Gabriel. Victoria souriait doucement en voyant son amie et se douta de qui elle cherchait.

    - Il est partit il y a quelques minutes pour le manoir, expliqua-t-elle, avec le bal à préparer il risque d'être un peu absent.
    - Oh.. D'accord, d'accord.
    - Ne soit pas triste. Il sera là ce soir assurément et puis.. Garrett a répondu. Il sera là juste à temps pour le bal dans deux jours.

    Pocahontas souriait, ravie. Dans deux jours un couple serait à nouveau réunis ce qui ne pouvait que la ravir. Dans deux jours, ils assisteraient à la réunion de deux âmes soeurs.

    Les deux jours passèrent.
    Pocahontas n'eut pas le temps de voir Gabriel. Sa famille semblait l'accaparer au manoir ainsi que sa fiancée. La brune n'était pas jalouse, elle était juste triste. Même plus que cela. Son soleil, cet homme qu'elle connaissait à peine lui manquait viscéralement. Victoria le vit car son amie se renferma sur elle-même comme lors de son arrivée impromptue. Mais cela lui permit de préparer au mieux l'amérindienne aux coutumes et autres convenances des bals écossais. Ce fut essayages, froufrous, leçons de danses en tout genre qui ennuyait profondément Pocahontas. Mais elle avait la politesse de toujours écouter et suivre Victoria.

    Les moments où elle était libre, elle allait galoper sur la lande et contempler le paysage ou encore, elle ramassait des herbes aromatiques en apprenant à Victoria toute sa science des plantes. Ce fut deux jours tranquilles en somme. Quelques fois, Mary la vieille servante venait rendre visite et elle apportait toujours son cake au caramel que Pocahontas dévorait avec un appétit d'ogresse. Cela faisait sourire la vieille femme qui l'avait prise d'affection et c'était réciproque.

    Le fameux soir du bal, Sam avait atteler des chevaux à une petite cariole. Cela avait bien fait rire Pocahontas qui ne comprenait pas l'utilité d'un tel objet quand ils pouvaient marcher. C'est une fois qu'ils arrivèrent devant le manoir qu'elle comprit qu'il s'agissait de codes et de représentations. A l'entrée de la demeure se trouvaient Delphine, James, William et Gabriel. Le regard de Pocahontas s'attarda uniquement sur lui, si beau dans son costume. Elle ne pouvait s'empêcher de sourire alors que Sam l'aidait à descendre. Sans se souvenir des codes et des étiquettes elle ne pu s'empêcher de venir à lui.

    Mais son mouvement s'arrêta lorsqu'une brune plantureuse vint enrouler le bras du brun autour du sien. Sans aucun doute, il s'agissait d'Anya. Pocahontas l'avait déjà vu grâce à la photographie. Son élan stoppait, Victoria vint lui prendre la main et salua ses parents comme la convenance le devait ce qui fit rapidement l'amérindienne. Delphine était stupéfaite de la tenue de leur jeune invité et la félicita.

    En effet, elle portait une robe typique de l'époque si ce n'est que ses épaules étaient dégagées et qu'un corset sublimait parfaitement les formes de sa poitrine. Un tissu de soie enroulait le reste du corps de la jeune femme qui avait une jolie couleur sombre ponctué de feuilles d'or. Pour l'occasion, elle avait relevé ses cheveux grâce à une natte sophistiquée et planté quelques brins de jasmin. Victoria avait tenu à ce qu'elle porte une jolie parure de boucle d'oreille ce qui lui donnait des allures de princesse. La mode écossaise du XIXe siècle avait parfaitement sublimé la beauté sauvage de la jeune femme. Arrivée à la hauteur de Gabriel, elle lui souriait doucement avant de saluer Anya devant qui elle se prosternait humblement.

    Mais William sentait son frère nerveux et en proie à l'agacement. Il vint donc rapidement entrainer sa soeur et l'amérindienne dans la salle bondée de monde. Pocahontas était quelque peu déstabilisée par la musique, les gens et les regards curieux qu'on lui portait. Heureusement que la main bienveillante de son amie l'aidait à rester. Mais William en avait décidé autrement et il entraina la jeune femme sur une danse. Le rapprochement de son corps au sien la fit se tendre et froncer les sourcils :

    - Je voulais m'excuser, expliquait-il, l'alcool me fait perdre souvent la raison.
    - La première fois que je vous ai rencontré vous n'étiez pas saoul pourtant.

    La réplique cinglante de la jeune femme eut pour effet de le faire taire et se renfermer sur lui-même. Ce n'était pas ce soir qu'il allait pouvoir s'ouvrir.


    immarcescible, Posté le vendredi 31 décembre 2021 17:56 Répondre

    La douceur des doigts de Gabriel sur ses poignets éveillait chez la princesse une sensation exquise. L'impression d'avoir son corps qui frémissait de quelque chose d'interdit, de sensuel et de fort plaisant. Mordillant lentement sa lèvre inférieure, elle le regardait faire sans se rendre compte qu'elle le dévorait du regard. Bien sûr, elle avait entendu parler du désir et des sentiments fort que l'on peut ressentir. Le plaisir, bien entendu, d'être caressée et embrassée dans les bras d'un homme. Pocahontas sentait sa respiration s'arrêter jusqu'à ce qu'il lui change les idées en parlant de sa famille.

    - Je viens d'une famille avec une quinzaine d'enfants. Mon père a eu plusieurs épouses.. Mais son grand amour est ma mère. C'était sa troisième femme.

    La jeune femme expliqua que le chef de sa tribu pouvait bénéficier d'autant de femmes qu'il désirait. Elle poursuivit en racontant l'histoire d'amour improbable entre ses parents :

    - Selon la légende, ma mère était un être magique doté de pouvoirs de transformation. Mon père aime à raconter qu'elle était une sorte de sirène qui s'était échouée sur la plage et dont il avait récupéré la queue de poisson afin qu'elle ne puisse pas rentrer chez elle. Ma mère riait toujours de cette histoire car en vérité, il était amoureux d'elle depuis toujours mais elle était déjà mariée à un grand chef. Il faut savoir que pour mon peuple, l'amour est une puissance très forte et qu'on ne peut pas la négliger. Alors, mon père, après le décès de sa deuxième épouse, décida d'affronter en duel singulier l'époux de ma mère. Elle était si belle.. Même le soleil se cachait devant sa beauté. Bien évidemment, mon père gagna en donnant un coup d'épée mortel en plein coeur de son adversaire et je suis née une année plus tard..

    Elle souriait doucement en tournant la cuillère dans sa tasse. Buvant une gorgée après avoir soufflé, elle remarqua que Gabriel l'écoutait avec attention ce qui la fit doucement rire. Elle reprit donc son récit :

    - Ils se sont aimés passionnément jusqu'à ce que ma mère meurt d'une maladie apporté par les blancs. C'est pour cela que mon père leur voue une haine féroce. Je suis leur unique enfant c'est pour ça dit Aponi qu'il m'aime et me chérit autant. Et c'est réciproque. J'ai été encouragée depuis ma plus jeune enfance à me préparer pour une guerre et je serais prête pour aider mon peuple. Nashoba, mon grand frère est aussi mon meilleur ami. Je suis persuadée que tu t'entendrais parfaitement avec lui.

    Elle continua de lui raconter et de lui nommer tous les membres de sa famille ce qui faisait beaucoup de monde mine de rien ainsi que quelques souvenirs d'enfant où elle chahutait son frère et ou jouait des tours amusant. Car Pocahontas était taquine quand elle connaissait vraiment bien les gens. Sa tisane était terminée et il était tard mais elle n'avait pas envie d'aller se coucher. Elle voulait rester encore et encore près de Gabriel. Ses doigts avaient trouvés les siens sur la table et ils s'entrelaçaient avec douceur.

    Sa respiration se stoppait de nouveau et c'est alors qu'elle repensa à la scène de la soirée entre les deux frères et posa la question :

    - Qui est Meghan ? Pourquoi as-tu dis ce prénom tout à l'heure à ton frère ?


    immarcescible, Posté le vendredi 31 décembre 2021 12:02 Répondre

    C'était très certainement un compliment, Pocahontas en avait conscience, mais pourtant une part d'elle semblait effrayée de tout ce que Victoria voyait en eux. C'était si visible que cela ? La brune finissait le potage dans un silence pesant que son amie ne comprenait pas. En effet, elle vint à poser sa main sur son poignet comme pour savoir ce qui effrayait l'amérindienne. Cette dernière vérifia que les garçons soient assez loin d'elles pour lui confier ce qu'elle avait sur le coeur :

    - Et si justement le fait qu'il s'ouvre ainsi à moi soit un risque ?
    - Mais c'est ça la vie Pocahontas. Car le risque des sentiments reste un chemin magnifique.
    - Je n'ai jamais pris de risque pour.. pour tous ça. Je.. Je.. Je suis assez maladroite en ce qui concerne les sentiments, expliquait-elle dans un souffle, c'est comme si j'avais toujours fait un blocage. Pourtant, quand je suis avec Gabriel je sens que les mots viennent. C'est comme quelque chose de inné..
    - Alors où est le problème ?
    - Il m'a attendu toute sa vie quand moi j'ignorais qu'il me cherchait.. Et si je n'étais qu'une déception pour lui ? Ne vaut-il pas mieux vivre parfois dans l'illusion ?

    Là, Victoria ne savait pas quoi répondre. Elle la première vivait depuis toujours avec l'illusion que Sam était un simple guerrier écossais alors qu'il ne venait pas de son époque. Est-ce que cela allait changer quelque chose pour elle ? Non, car elle l'aimait de tout son coeur depuis des années. Mais concernant les deux nouveaux tourtereaux, tout restait encore à construire. Elle se pencha sur son amie et l'enlaça en embrassant sa tempe :

    - Je suis persuadée que vous allez trouver l'un et l'autre les clés pour vous rencontrer.
    - Tu crois franchement que ton père nous laissera faire ?
    - Est-ce que dans ton autre vie tu étais aussi pessimiste, demandait Victoria en levant les yeux au ciel.

    Cela fit sourire Pocahontas qui promit alors d'arrêter. La maîtresse de maison récupéra le bol vide et l'amérindienne la remercia. Les garçons étaient descendu alors elle en profita pour prendre son bain. Se tartinant de savon au jasmin elle prit plaisir à se laver. Elle resta suffisamment de temps dans le bain pour que l'eau devienne totalement froide. Une fois habillée pour la nuit elle se rendit compte que ses poignets la faisait toujours souffrir.

    Elle décida donc de descendre dans la cuisine pour se faire un petit baume qui calmera la brulure des chaines. Elle du avoir fait un peu de bruit car Gabriel apparut soudainement. La jeune femme sentait le jasmin et un peu la camomille qui apaisait sa brûlure. Elle souriait au brun tandis qu'elle rejetait sa crinière défaite derrière son oreille :

    - J'espère ne pas t'avoir réveillé. Tu restes dormir ici cette nuit ou.. ou tu dois rentrer ?

    Quelle sensation étrange. Son ventre se crispait à l'idée de le voir la quitter une nouvelle fois. Ayant besoin de faire quelque chose, elle ne pu s'empêcher de venir lui faire du thé comme Vicky lui avait appris :

    - Assied-toi je fais du thé. Comme ça tu me raconteras comment c'est passé ta rencontre avec ta.. avec ta fiancée.


    immarcescible, Posté le jeudi 30 décembre 2021 21:41 Répondre

    Ses poignets étaient encore meurtris de la tenaille des menottes qu'elle avait eu. Toute l'histoire qui avait été créé à cause d'elle l'affolait. Gabriel avait pris sa défense et s'était même mis en colère à cause d'elle. Victoria la retenait malgré ses jambes encore faible. Elle aurait voulu se mettre entre les deux frères et tenter d'apaiser le brun qui s'emportait contre sa famille, encore une fois, à cause d'elle.

    Sans qu'elle puisse arranger quoi que ce soit Gabriel la ramena chez Victoria. Assise sur le lit elle l'observait remplir la cuve d'eau chaude. C'était son objet préféré de ce nouveau monde. Il ne parlait pas, il semblait ruminer sa colère et cela l'attristait.

    Finalement, elle se leva en abandonnant la veste qu'il avait posé sur ses épaules frêles. S'agenouillant près de lui alors qu'il se trouvait près de l'âtre, elle posait une main réconfortante sur sa nuque sans savoir que c'était ce qu'elle avait toujours fait pour le détendre. Ses doigts frais masser la peau brulante de sa nuque tandis qu'elle posait son front contre l'épaule du géant.

    - Je suis désolée de toutes ces histoires. J'aurais du rester chez Vicky pour t'attendre mais j'étais trop impatiente. J'irais tout arranger demain avec William.

    Son visage se redressait tandis qu'elle posait son autre main sur sa joue. Elle ramenait son visage vers le sien et posait enfin son front contre le sien. Inspirant profondément elle reprenait dans un souffle :

    - Je suis vraiment désolée d'avoir frappé aussi sauvagement ton frère. Depuis toujours, mon grand-frère dit que je suis une sauvage lorsque je me bats.

    Elle offrait un sourire ironique et amusé en repensant aux nombreux souvenirs qu'elle avait de son enfance. Puis, elle s'écarta lentement et offrit une moue désolée au brun en avouant ensuite qu'elle avait aussi battu le cul des policiers ce qui lui avait valu les fers :

    - J'ai bien peur qu'à cause de moi tu aies vraiment des ennuis. Je pense que je devrais peut-être partir et aller autre part. Tu as ta vie ici Gabriel et je ne veux pas qu'à cause de moi tu perdes tout ça. Le destin, notre destin, dont parle Aponi et ton père serait destructeur et je.. je ne veux pas que tu subisses mon étrangeté. Ce n'est pas juste pour toi et tout ce que tu as accompli.

    Elle l'observait avec crainte, désolée. La brune allait répliquer de nouveau mais Victoria arriva dans la chambre accompagnée de Sam et du fameux potage. Surprenant les deux enlacés sur le sol elle eut un mouvement de recul surprise :

    - Gaby ? Poca ? Qu'est-ce qui se passe ici ?
    - Rien.. Rien.. Merci pour le potage Vicky.

    Vite, elle se redressa et vint remercier son amie en prenant le bol fumant. Elle en humait la bonne odeur et s'asseyant sur le bord du lit. Sam s'approchait de Gabriel et lui expliqua qu'il venait lui aussi du futur et qu'il voyageait dans le temps :

    - Je pourrais faire quelques recherches dans le futur pour vous. Pocahontas m'a parlé de votre mission. Je sais que je vais pouvoir vous aider. Accepterais-tu mon aide ?


    immarcescible, Posté le jeudi 30 décembre 2021 14:31 Répondre

    Alors que Pocahontas rentrait en direction de chez Victoria elle repensait à tout ce qui c'était déroulé dans cette clairière. Plus aucun secrets n'existait entre les deux âmes soeurs. Plus rien ne pourrait les séparer non plus. C'était ce que lui hurlait de joie sa déesse intérieure quand la peur l'empêchait de parler encore. Il fallait qu'elle reste sur ses gardes.

    Kisos avait tout expliqué et Gabriel semblait prêt à se lancer dans une aventure complètement insensé mais la brune savait ô que combien à quel point les hommes pouvaient être changeant et détruire leurs promesses. Tout le monde lui disait qu'il était son âme soeur, mais elle ne le connaissait pas. Pourtant, son corps, son âme la guidait perpétuellement à lui.

    En arrivant chez Victoria, une nouvelle fusa de nouveau. Loin d'être surprise, elle semblait juste pensive. Pocahontas ne savait pas trop quoi répondre à son amie et lui demanda donc de lui expliquer :

    - Il n'est pas au courant que je sais. C'est en voulant faire une lessive que j'ai trouvé son carnet. Il rentre souvent pour sa famille. Il a une soeur et des neveux et nièces.
    - Tu devrais lui en parler. Ne pas grader ça pour toi.. Ça risque de vous tuer à petit feu.
    - Mais pourquoi ne pas me le dire ?
    - Je.. Je ne sais pas Vicky. Peut-être qu'il a peur.
    - Je vais lui parler de toi et de tes sauts dans le temps, peut-être en saura-t-il sur le sujet.

    Sans qu'elle puisse la retenir, la brune se retrouvait à nouveau seule dans le jardin aromatique. Elle prit le temps de rester un peu seule suite à toutes ces révélations. Ça en faisait trop en peu de jours et elle sentait un début de migraine. Mâchant un peu de chlorophylle elle se dirigea ensuite jusqu'à la maison où Sam semblait toujours dormir. Victoria finissait le thé et l'amérindienne en prit une avec plaisir :

    - Pourquoi es-tu trempée d'ailleurs ?
    - Je me suis baignée dans le lac avec ton frère jusqu'à ce que ton père nous surprenne et nous dise que nous étions destinés l'un à l'autre. D'ailleurs, tu dois écrire un télégramme pour Garrett. Il doit venir le plus rapidement possible ici. C'est Gabriel qui le demande.
    - Euh.. Je m'occupe du télégramme et ensuite je m'occupe de cette histoire de baignade. Tu ne bouges pas !

    Pocahontas souriait amusée en voyant son amie se hâter. Elle sortit pour rejoindre le bureau de poste quand elle finissait sa tasse de thé. Elle tournait en rond, se demandant bien ce que leur réservait finalement les prochains jours. La venue d'Anya risquait certainement de rendre tout beaucoup plus compliqué et les moments passés en solitaire avec Gabriel risquerait de manquer. Oui, il lui manquait déjà et le souvenir de ses lèvres sur son front réchauffa son corps beaucoup mieux que cette tasse de thé.

    Il était tard, très tard. Pocahontas et le couple avaient déjà dîner. Ils avaient parlé des voyages temporels mais Sam ne pouvait pas en dire plus. Il savait qu'il pouvait voyager grâce aux pierres mais il n'avait aucun contrôle sur les destinations, aussi, il comprit rapidement que son destin n'était autre que Victoria puisqu'il revenait toujours à elle. Cette dernière réfléchissait et ne parlait pas trop. Sans doute analysait-elle la situation. Gabriel avait dit qu'il viendrait quand tout serait terminé mais la brune s'impatientait alors qu'ils venaient de finir la vaisselle :

    - Je vais aller voir ce qui se passe.
    - Non, non, non Pocahontas. Tu ne bouges pas. Gabriel a dit qu'il allait venir, il viendra.
    - Alors pourquoi ça met autant de temps ?
    - Il a forcément ses raisons. Viens faire un peu de lecture.
    - Non.. Je pars, déclara-t-elle en mettant son châle sur les épaules et prenant la porte sous l'air surpris de Victoria.

    La brune remonta le chemin qui menait au manoir. Ce n'était pas compliqué puisqu'il s'agissait de la seule route éclairée. Pendant qu'elle remontait la longue avenue, elle croisa un William éméché qui la reconnu. Elle l'ignora, concentrée sur sa mission celle de retrouver Gabriel mais le grand-frère imposant vint la récupérer facilement.

    - Lâchez-moi, s'impatientait la brune en se débattant, vous êtes ivres !
    - Elle fait des manières la sauvageonne alors qu'elle se niche à poils dans l'eau avec mon p'tit frère. Eh ! Les gars ! Vous savez ce qu'elle fait la petite sauvage avec Gaby ?

    Profitant de son inattention, elle lui donna un profond et rapide coup dans le visage avant d'enfoncer son genoux dans ses testicules. William tombait au sol en s'époumonant de douleur quand la brune le laissait tomber par terre, au même moment, l'inspecteur général de la police arrivait. Elle sut aussitôt que ce n'était pas de bon augure pour elle même si elle était la victime.

    - C'est lui qui m'a agressé ! hurlait-elle dans le commissariat alors qu'elle se faisait interroger.
    - Et pourquoi vous étiez dehors à cette heure-ci ?
    - Ça ne vous regarde en rien monsieur. Et je ne répondrais plus à aucune de vos questions.
    - Une nuit au trou te fera du bien ma jolie, tu verras.

    Pocahontas n'eut rien le temps de dire ou de faire. A trois ils durent la ligoter pour ne pas qu'elle se débatte. Ils l'appelaient la démone parce qu'elle maniait à la perfection l'art du combat avait molesté quatre bon flics comme aimait à le dire le commissaire. Menottée et enchaînée, la brune se trouvait sur une paillasse sans manteau alors que la nuit était fraiche. Secrètement, elle priait pour que Victoria vienne la chercher.


    immarcescible, Posté le jeudi 30 décembre 2021 08:32 Répondre

    Les grandes révélations de James allaient forcément supplanter celles que Pocahontas avait à faire. Qu'il était difficile d'infliger une telle chose à Gabriel qui semblait complètement dépassé et blessé. Le sentiment d'être floué était légitime ce qui la poussait à ne rien vouloir lui dire de sa conversation avec Kisos. Car finalement, la jeune femme était la dernière clé pour que toute cette histoire soit enfin compréhensible. Elle venait de finir de tresser ses cheveux et vint s'approcher du colosse.

    A genoux devant lui, elle posa une main douce et réconfortante sur son bras. Sa moue désolée s'affichait sur son visage quand elle soupirait doucement. Elle devait lui dire lui hurlait sa conscience. Elle ne pourrait pas garder ce secret plus longtemps :

    - Gabriel je.. je sais pourquoi nous sommes liés. Tout à l'heure dans l'eau j'ai essayé de te le dire mais je ne sais pas comment faire c'est.. c'est complètement insensé je sais et je te demanderais de garder en tête toute cette ouverture au monde qui te rend si exceptionnelle.

    Prenant une ample inspiration, elle décida de reprendre son récit mais sa main cherchait celle de Gabriel qu'elle trouva. Alors, distraitement, elle contemplait l'intérieur de sa paume et commença des dessins imaginaire dessus :

    - Le garçon qui t'as sauvé de ton agresseur est notre enfant, Kisos. C'est amusant que nous lui ayons donné ce prénom quand je sais que quand je suis près de toi mon coeur et mon corps palpite comme si le soleil se trouvait près de moi.

    Elle vit bien qu'elle digressait et elle reprit donc rapidement son récit. La jeune femme continuait de contempler les lignes de la main de Gabriel tout en lui parlant de cette faille temporelle, de cette autre vie qu'ils avaient eu, de ces amis, de leur famille, de leurs péripéties et de tout ce qui arriverait si jamais ils ne réglaient pas le cours du temps.

    - Je ne voulais pas te le dire car je viens de te rencontrer et le fait que Kisos m'ai dit que tu risquais de mourir à cause de moi m'a fait réaliser que ce n'était pas juste. Tu m'as dit l'autre jour que j'avais le droit à mon libre arbitre et bien toi aussi. Je ne voudrais pas que tu te sentes obliger de ressentir quoi que ce soit à mon égard juste parce que tous croient à cette histoire de destin. Peut-être que.. Peut-être qu'il vaudrait mieux ne pas se laisser submerger par tous ces sentiments tant que nous n'avons pas retrouvé les autres. Je.. Je ne pourrais pas accepter que tu perdes la vie à cause de moi. C'est impossible..

    Enfin, elle relevait son regard de jais vers celui dont elle tenait la main. Ses mains si immenses dans les siennes. Elle aimait tellement le contact doux et tendre de celles-ci et aurait aimé les embrasser, les goûter, les laissait la toucher. Craignant qu'il soit en colère, elle reprit aussitôt.

    - Mais je ne veux pas de mensonges entre nous c'est pour ça que je voulais te l'avouer. La clé c'est Kisos et nous. C'est notre fils d'un autre temps qui a voulu arranger les choses mais qui n'a fait que modifier toute notre vie. C'est pour ça que quand tu me touches j'ai parfois certaines vision de toi et de moi.. Ce qui est tellement troublant.

    L'attente d'une réaction du colosse l'inquiétait. Il semblait complètement perdu. Non, il réfléchissait. Cela angoissait de plus belle la brune qui mordait sa lèvre inférieure.

    - Je comprendrais que tu m'en veuilles mais.. mais je suis ton alliée Gabriel.


    immarcescible, Posté le mercredi 29 décembre 2021 21:53 Répondre

    Il était si touchant, cet homme immense et au regard si doux. Pocahontas se sentait à l'abris du danger, à l'abris de tout et de tout le monde. C'était comme si ils vivaient dans une sorte de bulle. C'était avec plaisir qu'elle pouvait le voir plonger dans l'eau à sa suite ce qui la fit sourire. Lentement, elle fit le tour du jeune homme avant de finalement lui sauter sur le dos. C'était pour elle un jeu, il n'y avait aucun jeu de séduction, aucun charme cherchant à nuire à Gabriel. Non, sous ce gant de velours sommeillait une jeune femme candide et sans jeu versatile.

    Son corps se pressait contre le dos musclé de son nouvel ami alors qu'elle enfouissait son visage dans son cou. C'était la première fois qu'elle se trouvait aussi près de lui et elle pouvait en sentir son parfum. Un mélange puissant de cèdre et de.. et de jasmin. Cela la faisait sourire.

    - Sais-tu ce que signifie Isha en vérité ? Il ne s'agit pas que d'un guerrier.. Non, non, non.. C'est bien plus que cela. C'est un protecteur.

    C'était sans doute une nouvelle information que Gabriel ne devait pas connaître. Pocahontas enroulait ses jambes autour des hanches du brun tout en gardant ses bras autour de son cou. Sa joue venait se poser contre la tempe du brun tandis que ses lèvres murmurait au creux de son oreille :

    - Aponi me disait que l'homme qui m'était destiné et qui portait le nom de Isha le Guerrier avait un coeur noble. Mais son arme n'était pas qu'il se battait, ô non, il savait protéger les gens qu'il aimait coûte que coûte. Et c'est ce que tu fais.. Je le vois. Tu veux protéger ceux qui te sont chers. Et c'est ce qui fait ta force et ta puissance.

    Lentement, elle vint glisser de son dos pour nager. Elle venait jusqu'à lui, et lui offrait un tendre sourire. Ses yeux brillaient d'une joie et d'un mystère assez particulier. Jamais encore elle ne s'était laissé autant être tactile auprès de quelqu'un. C'était comme si sa peau reconnaissait celle de Gabriel et elle en redemandait encore et encore. Soudain, elle sut qu'elle lui devait la vérité et lui confier ce que lui avait dit Kisos et qui il était.

    Se rapprochant de lui, jusqu'à poser ses deux mains sur le buste puissant du bel highlander elle baissa les yeux. Mordant sa lèvre inférieure, elle cherchait le courage de lui avouer le destin qui les attendaient. Elle lui devait. Relevant enfin son regard vers elle, hésitant encore un peu, elle commença :

    - Gabriel je dois t'avouer quelque chose. L'autre soir dans les jardins j'ai rencontré celui qui..
    - GABRIEL WALKER ! hurlait James du haut de la colline.

    Pocahontas sursauta surprise en voyant sur le haut de la clairière le fameux père du brun qui les observaient d'un regard noir et assassin. Elle se décala rapidement de lui et revint se dissimuler derrière le rocher. James descendait de son cheval et ordonnait à son fils de sortir de l'étang. La jeune femme le laissait donc faire mais entendant qu'il se faisait violemment gronder elle sortit en vitesse avant de s'enrouler dans le plaid :

    - Ta fiancée est ici Gabriel ! Et tu t'enfuis avec cette étrangère dont tu ne sais rien et qui va causer ta parte ! Comment peux-tu être aussi stupide ma parole !
    - Arrêtez de lui parler ainsi, s'exclamait Pocahontas furieuse et se postant entre le père et le fils, c'est moi qui l'ai conduit ici. C'est uniquement de ma faute Lord Walker.
    - Ecarte-toi de moi Matoaka. Aponi avait raison tu ne vas lui accorder que des ennuis.
    - Aponi ? Vous.. Vous connaissez ma grand-mère ?

    Le silence qui suivit cette question confirma bel et bien ce qu'elle pensait. James dissimulait des informations que les deux protagonistes ne pouvaient plus ignorer désormais.


    immarcescible, Posté le mercredi 29 décembre 2021 16:01 Répondre

    La vision de ce colosse aux traits si fin et au buste dévoilé grâce à sa chemise entrouverte lui donnait chaud. Oui, très chaud. Mordant sensiblement sa lèvre inférieure, elle détournait ses yeux de peur qu'il remarque son trouble. Etais-ce vraiment une bonne idée que d'avoir demandé un tête-à-tête loin de tout et de tout le monde ? Pocahontas n'en n'avait aucune idée. Tout ce qu'elle sait c'est que lorsqu'il la toucha, elle sentit un frisson l'envahir et comme un flash.

    Il s'agissait de Gabriel et d'elle-même en Italie se retrouvant après des années et des années de séparation et se donnant l'un à l'autre. La fougue et la passion de cette vision la chamboulait et la fit définitivement rougir. Se redressant rapidement, elle vint se poster debout devant Gabriel pour réfléchir. Etais-ce prémonitoire ou simplement une vision de cette vie qu'ils avaient eu mais dont ils n'avaient aucun souvenir ?

    - Mes choix ne dépendent pas de ce que je veux Gabriel mais du destin de plusieurs autres personnes. Je ne peux pas nier qu'une part de moi souhaiterais sans aucun doute rentrer à la maison mais.. mais pour une raison que j'ignore à moitié, je ne peux me résoudre à quitter ta terre et..

    Elle baissait les yeux intimidée. Etrange toutes ces sensations qu'elle avait lorsqu'il se trouvait près d'elle. C'était comme si elle n'était plus maîtresse de ses émotions. Inspirant profondément, elle finissait enfin sa phrase en murmurant dans un souffle :

    - .. et toi.

    Le soleil apparaissait à travers les nuages et inondait la clairière qui était composée d'un petit lac. Pocahontas avait chaud après ces galops. Elle vint déboutonner sa chemise devant Gabriel sans s'inquiéter de montrer sa nudité puisqu'il n'y en avait pas chez elle. Avant même qu'il puisse dire quoi que ce soit, elle se trouva nue dos à lui et plongea dans le lac pour se rafraichir. Elle remontait enfin à la surface et souriait en lui faisant face, uniquement sa tête sortie de l'eau :

    - Et si nous arrêtions de parler de nos devoirs ? Qui es-tu Gabriel Walker ? Pourquoi ai-je été une obsession pour toi toutes ces années ? N'es-tu pas trop déçu ? Peut-être attendais-tu une vieille prophétesse ? Ou une jeune femme qui arrive à porter des corsets sans doute, précisait-elle en riant doucement, je ne sais pas ce que tu attends de la vie ou même qui tu es. Pourtant, j'ai l'impression d'avoir passé ma vie avec toi à mes côtés.

    Elle s'appuyait contre un rocher dissimulant sa nudité. Elle observait simplement cet homme encore assis sur la berge qui l'observait sans dire un mot ce qui la fit rire. Dénouant sa natte, elle laissait ses longs cheveux danser au grès des vaguelettes :

    - Moi, je suis une princesse pour mon peuple. Mais j'aime courir dans les bois, aller chercher des lucioles, écouter ma grand-mère Aponi me raconter toutes sortes d'histoires et légendes. J'aime le thé que prépare Mary et marcher pieds nu. Et j'aime que tu sois près de moi..


    immarcescible, Posté le mercredi 29 décembre 2021 00:19 Répondre

    La dissimulation volontaire de certaines informations commençaient à faire naître une mauvaise conscience chez la jeune femme. Gabriel cherchait évidemment des réponses à toutes leurs questions quand elle-même en avait certaine. Mais comment lui faire part de tout cela quand elle-même doutait de tout. Le matin fut plutôt doux et elle rejoignit l'Highlander et Mary dans la cuisine.

    Ils parlaient de Millie cette inconnue qui semblait avoir eu un destin extraordinaire aussi. Pocahontas écoutait avec attention. Il était de moins en moins compliqué pour elle de suivre les conversations en anglais et elle commençait même à énoncer des jolies phrases sans trop de fautes. Un mois immergé et la voilà parlant l'anglais et comprendre le gaélique si cher aux écossais.

    Finissant sa tasse de thé, la brune observait du coin de l'oeil un Gabriel nerveux. Il n'était pas nerveux d'inquiétude bien au contraire. Il lui semblait qu'il était tout excité par cette aventure, qu'elle dénotait d'un quotidien morne et qu'il y avait quelque chose de plus grand et de fort à concrétiser. Si Kisos disait vrai, ils connaitraient un bonheur absolu uniquement si les personnes de cette liste trouvaient leurs âmes soeurs.

    Se relevant, elle alla rincer sa tasse dans l'évier sous l'oeil surpris de Mary qui vint rapidement l'arrêter. Pocahontas cru avoir fait une bêtise mais la vieille femme lui expliqua que c'était son rôle de faire ainsi. Surprise, la brune la laissa donc faire même si elle était très gênée de la situation et revint vers Gabriel :

    - Pourquoi ne pas organiser une rencontre ? Chez moi nous organisons des rencontres musicales où les gens dansent et chantent. Ne faites-vous pas ce genre de chose ?
    - Oh si, répliquait Mary toute excitée, des bals ! Voilà bien longtemps que nous n'en n'avons pas eu.

    L'idée semblait faire rougir de plaisir la bonne qui racontait un bal pendant lequel elle s'était entichée d'un homme au regard vert. Elle rougissait encore de ce moment ce qui toucha Pocahontas. Voyant la vieille femme porter un lourd fagot de bois elle vint l'aider malgré ses protestations ce qui fit venir Delphine dans la cuisine. Elle se demandait bien ce qui se passait jusqu'à ce que Mary lui annonce la grande nouvelle :

    - Monsieur Gabriel compte organiser un bal en l'honneur de la Duchesse, Madame.
    - Oh ! En voilà une idée fortement remarquable. Nous n'avons pas eu de bals depuis des années. Je vais avertir ton père et commencer la liste des invités. Il va être fier de ton initiative Gaby.

    Pocahontas ne s'attendait pas à une telle effervescence. Mary virevoltait quand d'autres domestiques pointaient le bout de leurs nez dans la cuisine pour restaurer les maîtres de maison. L'amérindienne se sentait mal à l'aise d'autant plus qu'on la regardait avec un dédain et un dégoût certain. Se rapprochant de Gabriel, elle se dit qu'il était temps qu'elle connaisse mieux ce qui devait être le père de ses enfants mais dont elle ne connaissait encore rien.

    - Emmène-moi loin d'ici aujourd'hui, demandait-elle avec un aplomb sidérant, partons. J'ai besoin d'apprendre à te connaître et te poser une multitude de questions.

    Les mains sur les hanches, sa moue ne lui laissait pas vraiment le choix. Mary se proposa d'organiser un pique-nique pendant que la brune se dirigea dans sa chambre pour se changer. Pour l'occasion, elle enfila un pantalon qu'elle trouva dans le placard et une chemise blanche trop grande. Enroulée dans le tartan de la famille Walker, elle atterrissait dans les écuries pendant que Gabriel finissait de sceller les chevaux. La brune caressait le museau de son nouveau compagnon et le brossait en souriant. La mine de l'écossais était surprise mais elle ne comprenait pas pourquoi :

    - Madame, Madame, vous ne pouvez pas rester habillée de la sorte enfin.. on voit vos jambes ! s'insurgeait Mary.

    Mais Pocahontas en avait que faire de cela. Il était plus aisé de monter à califourchon qu'en amazone. Elle grimpa aisément la monture et partit tranquillement au trot en suivant Gabriel. Heureusement qu'ils partirent à ce moment là car James les poursuivaient dans la cour furieux. Mais ils étaient déjà bien loin du manoirs, galopant l'un à côté de l'autre et se défiant à la course. Ils galopèrent ainsi une bonne heure. Pocahontas suivait parfaitement le rythme. Elle était une excellente cavalière. Enfin, ils s'arrêtèrent dans un endroit que Gabriel semblait apprécier car il avait ce sourire qui irradiait son visage. L'amérindienne était sous le charme.

    Enfin posés dans l'herbe, elle installa l'épais tartan-plaid sur le sol sur lequel elle s'allongea. Ses cheveux légèrement dénoués par la course volaient de son épaisse natte. Reprenant son souffle les yeux clos elle mit un moment avant de se redresser et de regarder Gabriel :

    - Tu aimes cette.. cette Duchesse, demandait-elle sans la délicatesse d'une lady, je dois savoir si tu l'aimes et si tu veux vraiment l'épouser Gabriel parce que toute cette histoire dépend de toi et de moi. Mais je ne peux pas continuer à avancer sans savoir si tu aimes cette femme. Si on se lance dans cette quête d'union des âmes soeurs cela chamboulera toute ta vie et je ne veux pas que cela te fasse souffrir.


    immarcescible, Posté le mardi 28 décembre 2021 00:15 Répondre

    C'était trop en une soirée pour la jeune femme. Elle sentait un pois immense se poser sur ses épaules quand elle n'aurait voulu que dormir. Gardant son flegme, elle écoutait Gabriel lui exposer l'avenir de son peuple. Un avenir maudit. Un avenir qu'elle ne pouvait décemment pas sauver. Quoi qu'elle choisisse de toute manière un des siens souffrirait ou alors Gabriel, ce géant aux yeux bleu qui la poussait inévitablement à lui appartenir.

    Et ses mots.. Mon dieu.. Ses mots..

    Il ne pouvait pas s'éloigner d'elle quand elle même se refusait à le quitter. Alors pourquoi faisait-elle un pas en arrière, comme pour se protéger. Non, elle voulait uniquement le protéger d'elle au contraire. Kisos lui avait appris qu'elle lui apporterait sa peine et sa destruction quand sa présence causerait aussi la destruction de sa famille. Pocahontas était perdue et elle ne savait plus où donner de la tête. Si seulement il savait.

    Soudain, la jeune femme sentit sa tête lui tourner. Sans doute le corset ou le manque de sommeil. Non, non, non assurément toutes ces informations et son incapacité à décider ce qui serait le mieux pour elle, non, pour lui. Sentant le souffle lui manquer et ses jambes flageller, elle se sentit tomber sur le sol comme une chape de plomb.

    Lorsqu'elle se réveilla, un Gabriel inquiet se tenait au dessus d'elle, une main sur sa joue. Elle plissait ses paupières en l'observant surprise. Ses yeux. Mon dieu. Kisos avait ses yeux c'était indéniable. Un frisson parcourut son échine en sentant ses mains envelopper son corps. C'était chaud et réconfortant comme sensation. Ses mains en venaient même à s'agripper aux épaules et aux bras de son sauveur :

    - Le corset, mentait-elle, le corset m'oppresse..

    Finalement, elle le laissa l'aider à se redresser. Il eut le même geste que la dernière fois et lui dénoua les lacets qui comprimaient sa poitrine. Se sentant capable de respirer de nouveau et normalement elle sourit doucement. Venant s'asseoir sur le petit sofa, elle frottait son ventre :

    - Gabriel. Je pense que tout ceci nous dépasse et que toi comme moi nous devrions prendre du recul sur tout ça. Je ne veux pas que ma venue vienne à détruire tous tes projets. Je.. Je ne veux pas que tu subisses le courroux de mon arrivée.

    Elle voyait bien qu'il allait répliquer mais elle le stoppait rapidement dans son élan en posant sa main sur ses lèvres. Un doux sourire se formait sur ses lèvres. Sans s'en rendre compte, sa main caressait la joue de son highlander et remontait jusqu'à sa crinière qu'elle caressait aussi avec une douceur certaine :

    - J'ai eu une vision d'Aponi pendant ma balade. Je dois retrouver certaines personnes et les mettre en contact. Il semblerait que ce sont des âmes soeurs perdues.

    Sortant de son corsage le fameux papier plié de Kisos elle l'offrit à Gabriel pour qu'il observe les noms inscrits. Dans l'ordre se trouvaient : "Anya Siminiov et Garrett Hedlund, Millie Birkin et Binki Shapiro". Elle lui expliqua n'avoir aucune connaissance de tous ces noms et lui demanda si il en connaissait certain :

    - Ta fiancée risque de se demander pourquoi je te monopolise et je ne voudrais pas que cela contrecarre vos plans. Je m'en voudrais si je te retirais aux bras de ton adorée..

    Pourquoi cela faisait-il naître une sourde et forte forme de jalousie rien que d'imaginer Gabriel dans les bras d'une autre femme. Lui qu'elle ne connaissait pas et dont pourtant ils semblaient l'un et l'autre tout connaître. Kisos, leur fils, l'avait prévu que cette attraction était ce qui les avaient liés depuis toujours et qui les lieraient éternellement :

    - Je dois vraiment aller dormir Gabriel.. Tu ne m'en veux pas si nous reprenons demain ?

    Elle était troublée et elle sentait bien qu'elle devait rapidement prendre de la distance avec lui. Que savait-elle du désir, elle, pauvre béotienne qui sentait d'étranges papillons dans son ventre et une chaleur douce et sensuelle envahir son bas ventre. Elle vint enfin se lever et laisser la liste dans les mains du brun en lui souhaitant une douce nuit. Vite, partir, avant de se jeter sur lui et ses lèvres ourlées si sensuelles et tentantes.


    immarcescible, Posté le lundi 27 décembre 2021 15:57 Répondre

    Heureusement que Pocahontas avait des croyances profondes. Heureusement qu'elle n'était pas introvertie ou réfractaire à toute forme de magie ou rencontre étrange. Cet homme imposant au regard d'un bleu intense se présentait comme son fils alors qu'elle n'était pas censée enfanter. Elle ne pu s'empêcher de poser une main sur son ventre. Imaginer la sensation d'un être grandissant en elle lui paraissait tellement improbable surtout lorsqu'elle voyait le géant qui lui faisait face. Mais il ne pouvait pas mentir. Il savait bien trop de chose que même Gabriel ne pouvait pas savoir.

    Gabriel.. Isha.. son âme soeur qui pourtant était un étranger.

    C'était si particulier d'imaginer qu'elle pourrait vivre une existence de bonheur intense avec un homme qu'elle ne connaissait pas et qui semblait à des années lumières de toutes ces histoires. La preuve, il avait quand même du mal à croire à son histoire de voyage dans le temps. Sentant sa tête lui tourner, elle décida de s'asseoir sur une souche d'arbre. Posant une main sur son front elle cherchait à savoir si elle avait un peu de fièvre ce qui pourrait expliquer la venue de cet homme qui se disait être son fils :

    - Est-ce que j'ai vraiment le choix, demandait-elle un peu perplexe, seulement je ne vois pas en quoi je pourrais changer ton destin. Si tu es bien celui que tu prétends être pourquoi venir me voir maintenant ? Pourquoi ne pas aller détruire ce que tu avais déjà pu faire ?
    - C'est impossible les couloirs du temps sont beaucoup trop complexe et je n'ai pas tes pouvoirs.
    - Mes pouvoirs ?

    Kisos lui expliqua donc que dans cette autre vie sa mère avait été en mesure de contrôler ses aptitudes au voyage dans le temps sans avoir besoin de pierres. Pocahontas l'écoutait surprise, sidérée même. Elle aurait voulu avoir ce même pouvoir et enfin quitter l'Ecosse pour rentrer chez elle. Mais avec ce qu'avançait son prétendu fils elle comprit qu'elle ne quitterait jamais cette terre. C'était une idée insupportable pour elle.

    - Mais.. Mais et mon peuple ? J'ai des obligations envers eux !
    - Et envers ta famille ? s'insurgeait Kisos.
    - Ma famille ? Mais qu'elle famille enfin ! Gabriel est fiancé je tiens à te le rappeler et il va bientôt épouser cette femme dont son père semble être dingue. Une duchesse je crois.. Tu arrives trop tard Kisos. Le destin s'est déjà mêlé de tout ça.
    - Non, non, non ! Rien n'est jamais joué d'avance. C'est toi qui m'a appris à ne jamais rien laissé tomber, surtout quand on sait au fond de soit que c'est une cause noble et juste.
    - Mais je ne suis pas une cause à sauver et encore moins Gabriel. Il s'en sort très bien, même mieux d'ailleurs que si j'étais dans sa vie. Tu te rends compte qu'il va mourir de chagrin à cause de moi ?

    Là, Kisos savait qu'il avait trop parlé et que sa mère retournait vers lui des arguments qu'il ne pouvait contrer. Pocahontas n'était pas en colère, elle était juste déstabilisée et perdue. Personne ne pouvait venir l'aider et elle en voulait à Aponi d'avoir été retrouver ce jeune homme plutôt qu'elle. Désarçonnée, elle marchait de long en large les mains sur les hanches en réfléchissant :

    - Tu ne veux pas te battre pour nous ? Pour lui donc ?
    - Kisos je.. bon sang.. qu'est-ce que tu attends de moi ? Je ne peux quand même pas juste séduire Gabriel pour que tu viennes au monde.
    - Non, en effet. Mais tu peux faire en sorte que tous vos amis se retrouvent.
    - Et comment ? Comment je peux faire une telle chose ?

    Le brun sortit de sa poche une feuille pliée en quatre qu'il tendit à sa mère. Elle semblait terriblement minuscule près de lui. Il aurait tellement voulu pouvoir la prendre dans ses bras mais elle n'était pas encore sa mère même si c'était ses traits. Pocahontas déplia la feuille et lu une liste de noms. Elle n'en reconnaissait aucun même si celui d'Anya l'interpella un peu. N'étais-ce pas celui de la Duchesse ? Elle réfléchissait un instant avant de replier la feuille et observer un Kisos abattu. Sans qu'elle ne puisse s'en empêcher et comprendre elle vint poser sa main sur sa nuque. Le colosse était assis sur la même souche qu'elle auparavant. Elle pu ainsi venir l'enlacer à sa plus grande surprise comme celle de son fils. Déposant un baiser sur son front, elle murmura :

    - Je vais essayer mais je ne te promets rien fils du soleil.

    Soudain, dans la nuit, elle entendit son prénom crié. C'était Gabriel qui la cherchait. Se redressant, elle dissimula le billet dans son corsage et se releva pour chercher d'où il venait. Il allait droit vers eux. Elle repoussa donc Kisos qui se dissimulait dans un épais tas de feuilles :

    - Va. Pars maintenant, chuchotait-elle inquiète, fais attention à toi surtout.

    Caressant sa joue une dernière elle ne pu s'empêcher de sentir son coeur se briser. Elle le sentait ce lien étrange mais puissant. Ses yeux la hantait quand elle aurait voulu le garder près d'elle. Mais rapide et agile, il disparut dans l'épaisseur de la nuit. Enfin, elle retourna dans les jardins et trouva un Gabriel essoufflé tenant une lanterne. Sortant de sa cachette, elle se rendit compte qu'elle était encore pieds nu. Marchant dans les feuilles humides, elle arriva près de Gabriel qu'elle tentait de rassurer. Pourquoi semblait-il si inquiet, se demandait-elle avec surprise.

    - Je suis là. Pardon j'avais besoin de prendre un peu l'air.. Tout va bien ?


    immarcescible, Posté le dimanche 26 décembre 2021 23:17 Répondre

    Pocahontas avait du mal à se concentrer pendant ce fameux repas. Lui revenait en tête les joues écarlates de son nouveau compagnon lorsqu'il demanda si ils étaient des âmes soeurs. Si tel était le cas, seule la vie et l'avenir leur dirait. Mais pour le moment, elle en doutait étant donné la situation dans laquelle Gabriel se trouvait. Et pourtant, une part d'elle envieuse et jalouse avait envie de hurler son désaccord.

    James parlait beaucoup et il semblait pousser son fils dans ses retranchements quand ce dernier aurait voulu disparaître de la table. C'était comme si elle sentait la gêne qu'il pouvait ressentir. Son aura faiblissait, il luttait ce qui fit naître un regard noir chez la princesse. Soudain, la question de Delphine réveilla la brune qui observa la blonde aux yeux d'un bleu puissant. Les mêmes que ceux de Gabriel :

    - Et bien.. Non. J'ai eu plusieurs demandes en mariage et beaucoup de braves guerriers se sont battus pour obtenir ma main mais j'ai toujours refusé.
    - Des hommes se sont battus ? Des guerriers ? Comme c'est étrange.
    - Pas tant que cela, reprit Pocahontas, pour mon peuple l'amour est quelque chose qui se mérite et qui se gagne. Il ne s'agit pas d'unir deux patrimoines comme chez vous. Le sens de l'honneur ne peut fonctionner qu'à travers la sincérité. Beaucoup de guerriers sont morts pour obtenir mes faveurs mais leurs sentiments n'étaient pas réels. Voilà ce qui les a perdu, leur orgueil.
    - Comme c'est romantique et personne n'a sut attirer votre attention ?
    - En effet. J'attends le guerrier que ma grand-mère m'a confié avoir vu dans une vision.

    Le père de Gabriel n'aimait pas la tournure que prenait la conversation. Il connaissait son fils et son goût pour l'aventure ce qui le faisait craindre que ce dernier puisse s'enticher de la princesse amérindienne. Aussi, il intégra rapidement la conversation.

    - Victoria m'a dit que vous étiez une princesse chez vous. Vous serez donc mariée à un prince si je ne m'abuse.
    - Jamais je n'épouserais quelqu'un pour qui mon coeur et mon âme ne répond pas Lord Walker. Cela ne corresponds pas à ce que me dicte mon coeur.
    - Foutaises ! Ce sont des fables de bonne femmes ces histoires.
    - James ! s'insurgeait Delphine en lui faisant les gros yeux.
    - Quoi ? Vous allez me faire croire très chère Pocahontas que votre père accepterait un mariage entre vous et un simple.. un simple laquais ?
    - Si il est brave et qu'il a conquis mon coeur oui.

    Pocahontas n'en démordait et elle levait la tête fièrement. Reposant son verre d'eau devant son assiette, elle défia James du regard avant de répliquer aussitôt :

    - De toute manière Lord Walker, je n'ai pas besoin d'un homme pour me protéger et définir ma place dans nos sociétés amérindienne. J'ai gagné le respect de mon peuple en prouvant ma force et ma persévérance, je n'ai rien à prouver à qui que ce soit et aucun homme n'aura à me dominer. Je n'appartiendrais à personne si ce n'est à moi-même.

    La jeune femme se tourna vers Delphine et lui expliqua que leur société amérindiennes étaient constitué d'un matriarcat puissant qui dominait les abus des hommes. Elle lui expliquait aussi l'importance de l'éducation des filles et des guerrières qui s'entraînaient. Ainsi, elle évoqua ses propres faits d'armes notamment sa capacité au tir à l'arc et aux maniements de l'épée. Delphine était impressionnée d'entendre parler de ces guerrières amérindiennes et de cette princesse si troublante qui sans s'en rendre compte laissait son coude toucher celui de Gabriel. La mère du highlander avait bien vu que les deux étaient des aimants sans que eux-même ne s'en rende compte.

    - Avant de juger un peuple, concluait-elle pour James, il faut le connaitre sous toutes ces formes et sans préjugés.


    immarcescible, Posté le dimanche 26 décembre 2021 00:41 Répondre

    Pocahontas ne sentant pas qu'on l'observait. Elle était bien trop intriguée et obnubilée par la seule présence de Walker près d'elle. Ils allaient déposer le cheval de son ami dans son box et lui remirent ensemble un peu de paille fraiche et de l'eau. Puis, ils déambulèrent dans le jardin, marchant d'un pas tranquille tandis qu'elle sentait sa main effleurait, sans le préméditer, celle de Gabriel par moment. Sa question la fit finement sourire car elle avait une réponse à cette fameuse question. Haussant les épaules elle expliqua donc :

    - Je vais pouvoir répondre mais il s'agit d'une histoire qui risque de prendre un peu de temps.. Prêt ?

    Elle attendait qu'il lui donne son feu vert ce qu'il fit bien entendu. Pocahontas vint s'asseoir sur un petit talus d'herbe près du ruisseau en contrebas de la maison. Ils étaient à l'abris du vent et surtout, elle pouvait retirer ces affreuses chaussures qui comprimaient ses pieds pour baigner ses derniers dans le ruisseau frais :

    - Ma grand-mère, Aponi, m'interdisait de me promener autour des pierres quand j'étais enfant. Tous les autres avaient le droit d'y aller sauf moi car j'étais une princesse. Je suis toujours une princesse soit dit en passant, ajouta-t-elle avec un rire amusé, bref.. Aponi racontait qu'un jour, une femme ferais un jour un voyage dans un pays inconnu ou elle serait l'élue d'un grand guerrier. Ils guideraient les autres et ils seraient unis dans un but commun. Celui de donner vie à un espoir singulier.. Elle n'avait pas vraiment précisé qui ni quoi et comment car ma grand-mère aimait beaucoup les énigmes. Elle disait surtout que la jeune femme ne pourrait pas s'extraire de cette étrange prédiction. Qu'elle serait enlevée, qu'il y aurait une bataille sanglante, qu'elle serait réduite à l'esclavage, convoitée des hommes et traquée. Ce voyage devrait lui apprendre à améliorer les conditions de vie des femmes et offrir une éclatante revanche aux autres. Mais surtout.. Que tout cela ne pouvait être possible sans la confiance et le lien puissant qu'elle aurait avec ce guerrier.. Il était son âme soeur.

    La princesse faisait exprès de ne pas dire le nom de ce fameux guerrier qu'elle connaissait. Si Gabriel disait vrai, il devrait être celui dont Aponi avait parlé dans la légende mais cela lui semblait improbable puisqu'il était fiancé et absolument incapable de se battre. Elle savait parfaitement reconnaitre un homme en mesure de se battre contre une horde de colons ou d'amérindiens avides de sang. Elle lui raconta alors ensuite comment elle avait traverser les pierres sans se douter un instant qu'elle aurait pu voyager dans le temps et le sentiment d'injustice qu'elle ressentait maintenant qu'elle comprenait que sa grand-mère n'avait peut-être pas tort sur l'histoire.

    - Je m'en veux car je ne l'ai pas suffisamment écoutée. J'avais trop envie de m'intéresser à la politique, aux combats et m'amuser. J'avais même commencé à engager des femmes de ma tribu à rejoindre les rangs masculins. Mais si mon destin est vraiment ici, j'ai l'impression que tout le reste a été vain finalement.. Si destin il existe je n'ai plus de libre arbitre et cela me désole. Tu comprends ? Qui choisit pour moi ? Et dans quel but ?

    Lentement, elle se leva et vint marcher un peu dans l'eau. Ses pieds savouraient la fraîcheur de l'eau sur sa peau nue. Elle souriait doucement, haussant les épaules en voyant la mine pensive de son nouvel acolyte et lui expliqua qu'elle n'avait jamais mis de chaussures avant de venir ici et qu'elle avait du mal à les supporter comme le corset :

    - Tu sembles perplexe.. T'aurais-je perdu ?


    immarcescible, Posté le vendredi 24 décembre 2021 15:11 Répondre

    C'est le chant des mésanges qui éveillèrent Pocahontas. En ouvrant les yeux, elle se rendit compte que le soleil venait à peine d'émerger du ciel. Une nouvelle journée en Ecosse mais une journée nettement plus intéressante que celles qu'elle a pu vivre ces derniers temps. Rapidement elle se leva, se rafraîchit et enfila une robe d'un vert clair et pur. Elle finit par descendre tout en tressant ses cheveux en une longue natte alors que son amie Victoria finissait de lui préparer un délicieux petit déjeuner. Embrassant sa joue pour la remercier elle s'attabla rapidement pour commencer à manger.

    Elle s'en voulut en entendant que Gabriel n'était déjà plus là. Sans aucun doute elle le reverrait aujourd'hui mais elle aurait préféré pouvoir le voir dès le matin. Sa conscience étouffa cette déesse intérieure sensuelle et intrépide qu'elle découvrait étonnement aujourd'hui. De toute façon, elle fut tirée de ses pensées par l'arrivée tonitruante d'un homme d'une haute stature.

    Victoria courut jusqu'à la porte et se jeta dans les bras d'un homme aux cheveux de feu. Ils s'embrassaient, non, se consumaient l'un en l'autre. Ebahis l'un et l'autre par ce qu'ils représentaient dans leur existence. Pocahontas le voyait, le sentait qu'ils étaient unis d'un lien puissant et indestructible. Par politesse, cette dernière pris ses pains au lait et vint disparaître pour laisser un peu d'intimité au couple qui se retrouvait. Elle sortit par la porte de derrière et décida de partir en balade dans les Highland.

    La brune marchait, bien. Elle se sentait libre depuis que Gabriel était arrivé. Comme s'il s'agissait d'un passeport qui lui permettait de pouvoir agir et bouger à sa guise. Etant sous sa protection, elle se sentait en droit de pouvoir découvrir les environs dont elle aimait les contours si particulièrement émouvant. Elle longea le petit chemin côtier au bord de la falaise. Le vent soufflait fort mais cela ne la perturbait pas au contraire. Le plaisir simple de se sentir envahir du vent était un jeu auquel elle jouait déjà enfant. Arrivée sur un plateau elle pouvait voir un lac en contrebas.

    Ce paysage écossais était intriguant. Elle décida de descendre le petit chemin en courant. Tenant ses jupes dans une main et dans l'autre un bouquet qu'elle avait fait Pocahontas ne pouvait s'empêcher de rire en se laissant pousser par le vent. Très vite, elle se trouva au bord du lac qui était entouré d'une multitude de végétation comme des arbres et des buissons. En en faisant le tour, elle trouva un cheval qui mangeait de l'herbe. Surprise de ne voir aucun propriétaire, elle vint caresser son museau en le couvrant de baisers un sourire aux lèvres. La brune lui parlait en amérindien et tapotait le flanc de l'animal qui semblait canalisé par la brune.

    Soudain, elle entendit du bruit derrière elle et fut surprise de voir un Gabriel sortir d'un fourré. Lui aussi semblait surpris. Elle restait près du cheval sans bouger malgré sa petite main qui caressait la tête du cheval :

    - Gabriel.. Bonjour.. le saluait-elle poliment.

    Cette étrange sensation qui tenaillait son estomac la veille lui revenait. Ses joues étaient rougie pas le froid quand elle expirait un peu de fumée. Malgré tout, elle lui offrait un sourire plus doux et moins gêné qu'hier :

    - Promis je ne vous suis pas, plaisantait-elle, je me suis un peu perdue pour fuir la maison de Victoria. Sam est revenu du front.. Ils avaient tout un tas de choses à se dire je crois.


    immarcescible, Posté le vendredi 24 décembre 2021 00:40 Répondre

    La galanterie de cet homme ne cessait d'étonner l'amérindienne peu habituée à une telle marque de politesse de la part des blancs. Néanmoins, cela n'était pas désagréable. Enroulée dans la veste du brun, elle sentait son parfum puissant qui envahissait son être. Apaisée, elle se laissait conduire jusqu'à la maison de Victoria où le bon feu les attendait. Patiente et attentive, elle l'écoutait parler tandis qu'elle restait blottie dans sa veste et devant le feu.

    Il réfléchissait, semblait au bord de la fatigue et elle aurait voulu atténuer son exaspération. Brièvement, mais quand même suffisamment, elle avait entendu les propos tenus par William et elle ne pouvait s'empêcher de remercier Gabriel de l'avoir défendue. Mais il ne semblait pas se soucier de cela pour le moment. Il avait besoin d'une réponse et elle ne pouvait pas lui donner. Pire, ce fut lorsqu'il évoqua une possible intimité. Gênée, elle détourna son regard du brun avant de poser ses mains sur son ventre :

    - Cela est impossible. Je ne pourrais pas donner d'enfants d'après les chamans de mon père.

    Cela la contrariait à son tour. Se redressant elle préférait quitter la pièce. De toute manière, elle avait trop froid et elle était épuisée de sa balade, de ses prières et de toute cette journées aux révélations si étonnante. La jeune femme fit face à un Gabriel encore dépité qui n'arrivait pas à trouver une solution à toute cette énigme :

    - Il va se faire tard et je pense que nous avons eu une grosse journée chargée. Je vais aller dormir et je pense que vous devriez en faire de même.. Ressasser ne servira à rien.

    Passant devant elle, elle eut envie qu'il la retienne. Elle avait le désir profond et étrange qu'il la prenne contre lui et qu'il la serre dans ses bras comme pour la rassurer. Mais elle ne fit rien et se contenta de prendre une tasse de thé chaude et fumante qu'il avait préparé auparavant. Le remerciant pour la tasse elle se dirigeait vers les escaliers mais se retourna une dernière fois vers lui. Il semblait si abattu que cela la fit culpabiliser :

    - Je suis désolée pour tout ça Gabriel, sincèrement. Mais je te promets que nous trouverons vite une solution à toutes tes questions. Passe une douce nuit..

    Elle aurait voulu l'appeler "Isha" mais cela signifiait beaucoup et elle ne le connaissait encore pas assez pour lui attribuer un tel surnom. Après tout, elle devait apprendre à le connaître. Montant tranquillement, elle vint se faire couler un bain. Meilleure invention de ce siècle. Prenant un long bain chaud et se lavant d'un somptueux savon au jasmin, elle but son thé ce qui la réchauffa. Une fois propre et sèche elle vint s'asseoir sur le bord de la fenêtre et pensa. La nuit tombée, elle pouvait contempler la lune haute dans le ciel ainsi que toutes les étoiles d'hiver. Il y avait quelque chose de rassurant dans cette soirée. Savoir Gabriel près d'elle la rassurait en effet, mais ça, elle ne voulait pas se l'avouer même si elle s'endormit enroulée dans sa veste bien trop grande pour elle et emplie de son parfum si particulier.


    immarcescible, Posté le vendredi 24 décembre 2021 00:17 Répondre

    Traverser encore et toujours le temps pour rejoindre ton âme.


    immarcescible, Posté le jeudi 23 décembre 2021 20:57 Répondre

    Le regard de dédain lancé par Pocahontas à son nouvel adversaire qu'était William sembla impressionner ce dernier. Non pas que la jeune femme se serve du bouclier qu'était Gabriel pour la protéger pour mieux asseoir son autorité mais disons qu'elle n'avait pas peur de cet individu si colérique et apeuré. Elle se moquait même de sa peur irrationnelle quand elle-même se savait forcément supérieure de par son statut social princier. Mais ça, elle n'en n'avait rien dit pour le moment encore. La brune se contenta de suivre son protecteur, son Isha secret. Ils suivaient un vieil homme qu'elle comprit être le père des deux jeunes hommes se bagarrant. Il semblait sage quoique méfiant en lorgnant la brune qui s'était dissimulée par pudeur derrière Gabriel.

    Rapidement ils se trouvèrent dans une sorte de manoir. Pocahontas comprit rapidement qu'elle se trouvait chez les parents de Vicky et de Gabriel. Elle rejoignit sa nouvelle amie qui l'accueillit avec la même douceur habituelle et rencontra une femme d'un certain âge mais d'une grande beauté. Ses yeux d'un bleu éclatant lui rappelèrent ceux de Gabriel. Cela ne pouvait être que sa mère se disait-elle pendant qu'elle essayait encore de déchiffrer les usages de ces familles écossaises.

    Victoria lui avait fait comprendre qu'il y avait une énorme différence entre les anglais et les écossais ce qui lui avait retiré toute méfiance. Ces dernier avaient eu aussi subis l'invasion des colons, aussi, elle ne pouvait que comprendre dans un sens la méfiance de ce peuple qui avait été envahi comme le sien.

    Cela dis, ça ne rassura pas la brune qui comprit que même des blancs n'avaient pas pu empêcher l'arrivée et l'installation des anglais. Son peuple aurait-il la chance et la possibilité de se substituer à l'emprise des colons ?

    Mais pour l'instant, le sujet de sa présence ici était tout autre et la peur étrange de cette mère la surprenait. Pourquoi lui disait-elle une telle chose quand elle-même ne savait pas pourquoi elle était ici à cette époque. Gabriel cherchait une Matoaka mais pourquoi l'enlèverait-elle au sien ? Cela n'avait pas de sens, surtout qu'il était promis à quelqu'un d'autre :

    - Je suis désolée, expliquait-elle dans son anglais approximatif, mais sachez que je ne veux en rien détruire l'harmonie de votre famille. Je veux juste trouver un moyen de rentrer chez moi et retrouver les miens.

    L'attitude de Pocahontas était douce, digne. Elle parlait avec éloquence malgré son accent étrange. L'apprentissage de l'anglais avec Victoria semblait avoir bien porté ses fruits durant ces trois semaines. Même si en effet elle n'avait pas qu'amérindien avec Gabriel elle comprenait assez bien l'anglais pour savoir le parler à son tour malgré ses quelques maladresses. Son amie s'approchait d'elle et posa une main sur son épaule. Elle répliquait à sa mère en restant devant l'amérindienne :

    - Gabriel va peut-être avoir les réponses à toutes ces questions qu'il se pose depuis qu'il est enfant mère.. Nous devrions lui laisser une chance de faire une croix sur son passé et avancer. Peut-être que Pocahontas est la réponse à tout.

    Pocahontas allait répliquer mais Delphine lui fit signe de ne rien répliquer. Elle se contenta de quitter la pièce et de rejoindre le bureau qui contenait ses deux fils et son époux quand Victoria souriait malgré elle. La contenance lui avait appris à toujours rester digne. Pocahontas soupirait doucement et s'excusait auprès de son amie dont elle contrariait très certainement l'harmonie :

    - Ne dis pas de bêtises. Tu apportes une réponse à mon frère qui est torturé et obsédé par toi depuis des années et.. et au moins j'ai quelqu'un à m'occuper.
    - Je ne te remercierais jamais pour tout ça Vicky. Ton accueil et ta chaleur.
    - Pas besoin. Si j'avais voyagé comme toi j'aurais aimé qu'on m'aide.

    La brune vint en signe de paix poser sa main sur son coeur. C'était un signe signifiant qu'elle avait un total respect pour elle comme un profond sentiment de gratitude. Victoria quitta la brune pour aller faire du thé mais Pocahontas en profita pour écouter à la porte. Ce qu'elle entendit la choqua profondément. Les propos de William était scandaleux et elle sentait la colère l'emparer mais aussi lieu de faire un scandale elle préféra partir de la maison. Sans prendre la peine de prendre son châle, elle partit en direction. Elle ne pouvait pas rester une minute de plus dans une telle maison où l'on bafouait son nom et où on lui prétendait de telles diffamation.

    Elle profita de sa liberté pour simplement aller vers les roches et les falaises si immenses du village. Se promener et savourer le contact tant manqué de la nature. Pocahontas avait toujours eu un lien profond et était avec cette dernière et elle s'en était sentie privée depuis des semaines. Découvrant une autre nature elle souriait, l'impression de ne plus être seule. Cela l'apaisait de marcher et de contempler les plantes et les arbres. Le sentiment d'être à nouveau affiliée à quelque chose de plus fort et de plus intense qu'elle même. Elle marcha comme ça deux bonnes heures sous la pluie profitant de ce moment pour faire ses prières et rencontrant la nature insolite des Highlands jusqu'à suivre quelques feu-follets qui trainaient dans le coin.

    Lorsqu'elle revint vers le rivage et le port elle trouva un Gabriel assis sur un banc. Il semblait découragé et épuisée. Pocahontas était trempée et ne portait que la légère tunique sous-vêtements sous la robe qu'elle avait abandonné dans les bois. Elle ne supportait plus ces tenues trop lourde qui une fois humidifiée par la pluie l'avait rendue trop inconfortable :

    - Gabriel ? Tout va bien ? demandait-elle en venant s'asseoir à ses côtés comme si de rien n'était.


    immarcescible, Posté le mercredi 22 décembre 2021 15:48 Répondre

    L'écossais avait eu les mêmes sensation qu'elle ce qui ne pouvait que renforcer ses appréhensions. Ils étaient liés. Aponi avait raison. Gabriel Walker était son destin mais pourquoi ? Pocahontas ne parlait pas encore à son acolyte de ce que lui avait dit sa grand-mère. De toute manière, elle l'écoutait évoquer son passé et l'horreur qu'il avait du subir lorsqu'il était un petit garçon effrayé. La peine et la tristesse envahissait la princesse qui posa une main réconfortante sur le poignet du brun. Il parlait et elle ne pouvait s'empêcher d'examiner son profil. Il semblait si sincère.

    Auprès de lui, elle avait l'impression qu'elle était chez elle et que rien ne pourrait l'atteindre. Le sentiment étrange et unique d'avoir comme un membre de sa famille auprès d'elle. Isha.. Isha.. Isha.. murmurait sa conscience dans son esprit alors qu'il lui évoquait toutes les possibilité de la présence de la jeune femme parmi lui :

    - Je ne comprends pas en quoi je serais liée à ce jeune homme.. Pourtant, cette description que vous me donnez me fait penser à la vision que je viens d'avoir.

    La jeune femme réfléchissait et passait ses mains sur son visage comme pour essayer de faire le tri dans son esprit. Elle expliqua à Gabriel sa vision. Une enfant aux yeux noir et un garçon aux yeux bleu. Elle hésita mais évoqua aussi un Gabriel en fureur et elle se jetant dans ses bras comme si elle était une bouée.

    - Peut-être est-ce notre avenir ? Peut-être que tu dois venir avec moi chez moi.. M'aider à vaincre les colons..?

    Elle relevait son visage vers lui et sentait le frisson insoutenable de la fraicheur écossaise l'envahir. Frottant de ses deux mains ses bras, elle soupirait fatiguée de cette histoire si improbable. Lentement, elle vint s'approcher de lui cherchant un peu de sa chaleur contre la sienne.

    - Je suis désolée que tu aies passé toute ton existence à me chercher et de ne pas avoir les réponses à tes questions. J'aurais aimé t'aider.. Sincèrement.

    Au même moment, alors qu'elle posait sa main sur la sienne de nouveau et qu'elle plongeait ses prunelles dans les siennes des villageois arrivaient suivis de William le frère de Gabriel. Pocahontas ne les vit pas, elle était bien trop concentrée par ce Gabriel qui faisait palpiter son rythme cardiaque de manière un peu plus soutenue :

    - Mais dès fois il y a des éléments impénétrables qui nous conduisent vers quelque chose d'inattendu et de plus grand. Il faut juste faire attention aux signes et et se laisser aller avec le courant.

    William était fou de rage à l'idée de voir encore son petit frère ne pas être à sa place. Mais encore plus de voir l'étrangère en sa compagnie. Depuis toujours, Gabriel avait été pour lui le frère qui s'acoquinait des choses les plus étranges. Il arriva rapidement à leur hauteur et pointa du doigt Pocahontas qui se redressait quelque peu inquiète en voyant sa mine violente :

    - Toi ! Que fais-tu avec mon frère Sorcière ! Laisse-le en paix. Ma soeur est déjà tombée sous ton charme laisse notre famille en paix !


    immarcescible, Posté le mercredi 22 décembre 2021 11:16 Répondre

    Silencieuse, Pocahontas suivait comme une ombre Gabriel. D'extérieur, on se rendait bien compte que quelque chose les liaient même si c'était assez indéfinissable. La douceur chaude de la main de son nouveau protecteur dans la sienne fit trembler l'amérindienne qui ne cessait d'être surprise de la sensation de son corps près du sien.

    Pour autant, elle ne retira pas sa main bien au contraire même si il lui avait présenté le portrait de sa fiancée. Elle avait eu de la peine lorsqu'il lui dévoila qu'il se mariait par raison et non par amour. Chez elle, il s'agissait toujours de mariage de passion et d'amour. L'importance de l'âme soeur était même une tradition vénérée par son peuple mais ça, elle n'en parla pas. Elle le suivait tandis qu'ils remontaient la colline vers les pierres et sentait le pouvoir étrange de ces dernières.

    Ils se trouvaient tous les deux devant et elle n'avait qu'une envie, être à nouveau aspirée. Mais elle n'avait aucune pierre sur elle, aucun danger présent et encore moins les pouvoirs qu'elle avait acquis dans son autre vie. Non, Pocahontas sentait juste la pression invisible des pierres sur elle. Le vent soufflait plus fort et semblait la pousser encore et toujours vers les pierres. Les yeux clos, elle lâchait lentement et sans le vouloir la main de Gabriel tout en se laissant entrainer par les éléments quand soudain, une vision lui parvint. Celle de Kisos enfant, puis de Sora. Gabriel hurlant et d'elle-même en train de courir vers lui. C'était violent et indistinct. Une succession d'images sans véritable sens.

    - Je.. Je.. murmurait-elle avant de s'effondrer sur le sol.

    Sa vision n'était autre que des fragments de souvenirs de leur autre vie. Tremblante, elle eut du mal à ouvrir les yeux malgré les supplications de Gabriel. Lorsqu'elle les réouvrir cependant, elle le vit au dessus d'elle inquiet et cela la charma quelque peu.

    - Vous ne croyez pas à la forme des Esprits et des éléments n'est-ce pas ? demandait-elle d'une voix beaucoup plus douce que jusqu'à présent.

    Lentement, elle posa sa main sur la joue de Gabriel qui ne semblait pas se reculer. Pocahontas voulait comprendre pourquoi elle se trouvait là et elle savait qu'elle ne pourrait pas rentrer chez elle sans ça.

    - Pourtant vous possédez une force magnétique bien plus puissante que vous ne pouvez l'imaginer. Je la sens.. Je la perçois. Il faut que vous me parliez de ce garçon que vous avez vu et qui vous a parlé de moi. Je suis certaine qu'il est la clé de toute cette histoire.


    immarcescible, Posté le mardi 21 décembre 2021 23:22 Répondre

    Beaucoup d'informations et peu de temps pour les assimiler. Pocahontas comprenait que Gabriel avait du mal à la croire, surtout son passage à travers les pierres, qu'il était fiancé et qu'elle devait faire attention aux habitants du village. Puis, il parla de villes dont elle ne connaissait pas les noms ce qui l'effraya. Où se trouvait-elle donc ? Et pire que tout, elle devrait passer un hiver complet dans cet étrange endroit sans pouvoir contacter son peuple et sa famille. C'était ce qui la désolait le plus. Se doutaient-ils qu'elle puisse être encore en vie ? Elle n'en n'avait aucune idée.

    Vêtue d'une nouvelle tenue elle se sentait plus à l'aise pour marcher et respirer. Remerciant une nouvelle fois Victoria, elle rejoignit son nouvel acolyte écossais qui portait cet haut de forme si étrange. Elle aurait voulu rire mais elle craignait de le vexer si jamais elle le faisait surtout qu'il l'entraînait en dehors de la maison.

    Pocahontas n'avait jamais vu de villages hormis le camp de Jamestown. Tout était fait de pierres ici et bien organisé. Elle trouvait charmantes ces maisons entourées de fleurs diverses et agrémentées de petits jardins individuel. La pluie ne la dérangeait pas mais elle savourait d'avoir un châle autour de ses épaules. Gabriel était un guide parfait. Il parlait avec ferveur et passion. Une lueur sincère était visible dans son regard.

    Alors qu'ils finissaient leur tour du bourg, elle ne pu s'empêcher de se relever sur la pointe des pieds pour attraper le fameux haut de forme qu'il avait sur la tête. Les sourcils froncés, elle faisait tourner le chapeau si étrange entre ses mains tout en mordant sa lèvre. Elle avait toujours cette mine quand elle réfléchissait :

    - A quoi cela sert ? C'est une couronne ? C'est assez étrange.. Est-ce que cela représente votre virilité ?

    Des questions si candide mais qui avaient pourtant une importance pour Pocahontas. Ils avançaient vers le port et elle pu voir les bateaux. Certains étaient déjà à vapeur ce qui la surprit. Faisant un pas en arrière elle se dissimula derrière l'épaisseur de Gabriel alors que le bruit violent des alarmes de bateau résonnaient. Jamais encore elle n'avait vue de telles machines. Les seuls bateaux qu'elle connaissait n'était que des barques très simple ou les grand voiliers des colons. Un sentiment d'insécurité la parcourait alors qu'elle agrippait le bras du brun qui la guidait. Quelque chose clochait. Les vêtements, les bateaux, ces villes dont il avait parlé ou encore ces vêtements. Tout semblait bien trop différent et elle eut un mauvais pressentiment :

    - Il y a trop de bruit.. Qu'est ce que c'est.. Je ne le supporte pas.. Partons d'ici je vous prie je ne le supporte pas.

    La brune mélangeait à la fois l'amérindien et l'anglais. Elle pratiquait encore de manière succincte la langue maternelle de son hôte mais au moins elle essayait. Sans l'attendre, elle prit le chemin du retour se sentant de plus en plus mal alors que le bruit résonnait encore dans sa tête. Trouvant une petite alcôve non loin de là, elle s'agrippa à la pierre d'une maison en ignorant les regards de vieilles femmes passant près d'elle :

    - Que.. Dites-moi ? Quelle année.. En quelle année sommes-nous ?


    immarcescible, Posté le mardi 21 décembre 2021 13:41 Répondre

    Isha.. Isha.. Isha.. Ce nom elle le connaissait ô que très bien. C'était celui dont Aponi ne cessait de lui parler. Celui qui lui serait destiné. Tendue, perplexe, Pocahontas ne comprenait pas ce que cet homme pouvait avoir de particulier. Certes, elle ne pouvait nier rien ressentir surtout lorsqu'il posait ses yeux sur elle mais elle ne devait pas céder, ni se confier. Cela pourrait être un piège. Après tout, Aponi avait parlé à Powhatan d'un certain Isha qui viendrait sauver son peuple.

    Pendant que Gabriel parlait et parlait, la brune réfléchissait et sans qu'elle s'y attende il vint desserrer son corset. Un hoquet de surprise et de satisfaction s'échappa de ses lèvres. Enfin elle respira et instinctivement son regard s'adoucît sur son sauveur. Le remerciant d'un hochement de tête elle sut qu'il attendait des réponses à ses questions. Tenant de ses deux mains la tisane qu'il avait fait pour eux, elle souffla dessus avant de boire une gorgée et de répondre :

    - En vérité je.. En vérité je suis arrivée à travers les pierres en haut de votre village. J'étais poursuivie par des colons qui voulaient contrer le traité de paix et de ralliement que j'effectuais avec mes semblables.

    Gabriel écoutait, sans oser l'interrompre. Cela faisait depuis un moment que la brune n'avait pas autant parlé et elle s'en rendit compte car elle ne s'arrêtait plus. Sa voix était douce, mélodieuse et posée. On aurait presque dit qu'elle chantait. Regardant le feu, elle continua son récit.

    - Je suis Pocahontas la fille du chef Powhatan et je ne sais absolument rien de votre peuple et de vos coutumes. Aussi, veuillez pardonner mon ignorance mais je désirerais savoir quand et comment je pourrais rentrer chez moi auprès des miens.

    La jeune femme n'avait absolument pas conscience qu'elle avait voyagé dans le temps. Pour elle, il était plus logique qu'elle ai simplement été télétransportée d'un lieu à un autre. Victoria lui avait montré une carte du monde en lui expliquant les nombreux territoires qu'il comportait mais la notion de temporalité n'était pas du tout la même pour la brune qui n'avait toujours pas compris qu'elle était au XIXe siècle.

    - Si vous êtes celui que vous prétendez être vous saurez et vous me ramènerez chez moi n'est-ce pas ? Mon peuple a besoin de moi.

    Enfin elle posa son regard sur Gabriel. Ses yeux avaient une douceur certaine même si elle se dissimulait derrière un visage sérieux et princier. A genoux devant le feu, elle semblait contrôler les flammes de l'âtre près d'elle. Elle avait quelque chose de magique et de surhumainement étrange.


    immarcescible, Posté le lundi 20 décembre 2021 23:42 Répondre

    L'homme aux yeux bleu parlait sa langue. Pocahontas était stupéfaite mais elle n'en restait pas moins méfiante. Après tout, il aurait très bien pu être l'instigateur de sa présence ici en Ecosse. Pourquoi et comment l'avait-il apprise ? La jeune femme ne pouvait s'empêcher d'être sur ses gardes. Victoria, son alliée, la quittait en lui promettant de vite revenir. Mais elle ne voulait pas rester seule avec cet homme qui la détaillait tout autant qu'elle. Inspirant profondément et venant dissimuler son collier, ayant appartenu à sa mère, derrière son châle, elle vint simplement se poster derrière le fauteuil face à Gabriel comme s'il s'agissait d'un éventuel rempart.

    - Comment connaissez-vous la langue sacrée des Powhatan ? Aucun visage pâle n'est en droit de la parler à moins d'avoir été initié.

    Pocahontas avait un port de princesse. Elle se dressait parfaitement même si le corset l'oppressait. La remarque de Gabriel sur la tenue vestimentaire lui fit apparaître un léger sourire même si rapidement elle se remit sur ses gardes. Pourtant, il semblait sincère et elle voulait lui faire confiance :

    - Pourquoi devrais-je vous parler à vous ? Êtes-vous le chef de votre village ?

    De ce qu'elle avait l'habitude de connaître de son peuple, seuls les grand guerriers pouvaient prétendre à être les chefs et Gabriel ressemblait en tout point à l'un d'eux. Elle voyait distinctement cet aura lumineuse l'entourer. Quelque chose de profond semblait l'envahir mais elle ne savait pas comment déceler et encore moins l'expliquer. La princesse vint enfin bouger et s'approcher du brun. Une étrange sensation lui donnait envie de le toucher comme si cela lui apporterait une solution à ses questions. Mais elle se retenait de peur de l'effrayer.

    Simplement, elle vint s'asseoir à genoux sur le feu près du feu et réchauffer ses mains transies par le froid. Elle sentait l'impatience du brun qui avait besoin de réponse, mais comment lui dire qu'elle venait d'une autre époque et qu'elle avait voyagé grâce aux pierres. C'est alors qu'elle lui mentit :

    - Je.. Je ne me souviens pas de comment je suis arrivée ici. Je fuyais des colons qui voulaient ma mort à cause du traité de paix que nous avons mis en route avec mon père. Je suis tombée et.. et me voilà ici. Seule dans un pays dont je ne connais rien.

    Le corset l'empêchait de bouger. Elle suffoquait. Tirant sur le col de sa robe elle soupirait longuement. Jetant un coup d'oeil à Gabriel, elle le regardait suppliante :

    - Pourquoi infliger une telle horreur ? Je ne supporte pas tous ces tissus et je ne supporte plus de rester enfermée. Serait-il possible de demander à votre chef de sortir ? Je ne pourrais pas m'enfuir puisque je ne sais même pas où nous sommes.


    immarcescible, Posté le lundi 20 décembre 2021 20:18 Répondre

    Pocahontas se réveillait d'un étrange rêve. Voilà maintenant trois semaines qu'elle se trouvait dans ce monde si étrange dont elle ne connaissait ni les coutumes ni la langue. La douce Victoria l'avait accueillie même si elle lui avait interdit de sortir de la maison. Pour l'amérindienne qui n'avait vécu que dans la nature elle se sentait en prison. Mais pire que tout, le corset et les vêtements épais qu'elle devait porter ne l'aidait en rien. Toutes les nuits elle faisait ce même rêve étrange où un homme d'une taille gigantesque l'approchait et l'enserrait. Elle n'avait ni peur ni envie de fuir. Cet homme semblait pleurer sur son front ou était-ce la pluie elle n'en n'avait aucune idée. Des rires, des rires et encore des rires d'enfant. Comme si elle avait déjà connu ces rires mais quelle était incapable de se souvenir.

    La brune connaissait le pouvoir des pierres. Aponi lui en avait brièvement parlé mais elle n'avait jamais expérimenté avant sa fuite. Pourtant, encore une fois, elle avait le sentiment de connaître cette terre étrange dont elle ne connaissait rien.

    Enfermée dans la maison, de la fenêtre de sa chambre, la brune observait le paysage féerique de cette terre nouvelle dont elle ne savait rien. Heureusement que Victoria lui enseignait la langue et les usages. Pocahontas était assez éveillée pour apprendre vite et bien même si elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle était arrivée là ; Aponi avait longtemps évoqué un destin exceptionnel mais jamais d'un voyage intemporel. Les jours étaient rythmés de la même manière si ce n'est que la princesse découvrait avec une passion certaine les livres de la bibliothèque de son hôte. Les images, les mots, l'apprentissage l'occupaient suffisamment pour ne pas qu'elle pense trop à cet extérieur qui lui était interdit.

    Depuis son arrivée elle s'était peu confrontée au reste de la population. Il avait eu juste ce William atroce qui l'avait regardé comme si il s'agissait d'un animal de foire. Cela l'avait blessé d'autant plus qu'elle était une personne considérée par son peuple. Princesse et diplomate au nom de son père le grand Chef Powhatan. Mais elle n'en dit rien à Victoria de peur qu'elle s'en prenne à elle. Seul le prénom de nature avait été révélé. Peu le connaissait, aussi, elle fut étonnée en voyant la mine de la brune lorsqu'elle le révéla.

    Mais elle le fut encore plus lorsqu'un après-midi pluvieux entra dans la maison un homme d'une taille gigantesque et aux yeux d'un bleu pur aussi intense que deux saphirs l'observer et dire son prénom. Muette, elle restait un instant comme figée incapable de parler. Une étrange sensation parcourut son être alors qu'elle aurait du se méfier. Elle l'observait avec attention sans faire un mouvement. Debout devant la cheminée, son livre à la main elle jaugeait l'homme qui semblait s'impatienter.

    Heureusement, Victoria peu de temps après et se jeta au cou de son frère. Toute heureuse de le voir elle le poussa à s'asseoir près de la cheminée tandis que Pocahontas s'effaçait dans la cuisine. La soeur de Gabriel lui retirait rapidement toutes ces affaires pour ne pas qu'il attrape la mort avec ce temps si pluvieux :

    - Tu es enfin arrivé. J'ai bien cru que tu n'aurais jamais ma lettre !

    Elle souriait ravie de le voir enfin parmi elle tandis qu'elle retournait dans la cuisine que Pocahontas avait aussi fuit. Son hôte lui avait demandé d'être discrète avec ses invités ce qu'il fit en disparaissant totalement. Victoria fit couler un thé pour son frère avant de se rendre compte que l'amérindienne avait disparue :

    - Matoaka ! Viens s'il te plaît. Plus besoin de te cacher ne t'en fais pas.

    Mais la brune ne venait pas, elle restait à l'écart, dissimulée derrière un rideau. Son oeil curieux observait en silence l'étranger qui semblait ne rien comprendre à la scène. Il fallut que Victoria vienne prendre sa main et la rassurer avant de la présenter à Gabriel :

    - Gaby, je te présente Matoaka. Dans ma lettre j'ai été très concise mais je l'ai trouvé près des pierres en haut de la colline qui donne sur la vallée. Elle ne parle pas notre langue et elle est très peu bavarde mais elle apprend vite.

    Pocahontas ne lâchait pas son regard de Gabriel. Cela pouvait paraître grossier pour les occidentaux mais elle n'avait aucune conscience des us et coutumes aussi, elle agissait par instinct tandis qu'elle gardait contre elle un recueil de poèmes écrit par Keats dont elle était tombée follement amoureuse.

    - Matoaka je te présente mon petit frère Gabriel Walker. Je t'ai parlé de lui.. Il étudie l'Histoire.


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