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    #Posté le lundi 23 août 2021 12:55

    Modifié le mardi 18 octobre 2022 19:56

    • Commentaires

    immarcescible, Posté le jeudi 03 août 2023 08:06 Répondre

    Elle était mécontente même si elle savait qu'il avait raison. Bien sûr qu'il devait se rendre en Angleterre. Garder Leif pour elle seule c'était condamner la ville et ses habitants. Mais ne pouvait elle pas être aussi un peu égoïste ? Il réussit tendrement à la détendre à coup de caresses et de baisers, mais ça n'irait pas plus loin ce soir. Elle voulait qu'il comprenne qu'elle était encore en colère. C'était bien la première fois qu'elle avait une réaction aussi enfantine mais elle s'en fichait. Au petit matin, Leif était un amour qui s'occupait d'elle et des petits. Le voir se donner tant de peine la fit tendrement sourire puis culpabiliser. Il faisait tout pour eux et elle n'en n'était même pas reconnaissante. Pour contrer la soirée morose, il lui proposa une balade qu'elle accepta.

    En entrant dans la dite grotte, elle ne pu s'empêcher de contempler les dessins qui y étaient gravés. C'était une histoire, une histoire qui leur parlait et qui parlait aussi aux enfants. Posant une main sur son ventre, elle grogna un peu de douleur avant d'agripper le bras de Leif près d'elle. La jeune femme le rassura en expliquant alors avec un léger rire :

    - Sora se demande comment tu fais pour ne t'en rendre compte que maintenant..

    Elle souriait amusée de l'aplomb de leur petite fille qui avait déjà un sacré caractère. Mais c'est surtout en voyant la tête de Leif qu'elle se mit à rire tendrement et qu'elle lui expliqua entendre les pensées des enfants depuis quelques semaines. Sans doute grâce aux dons qu'elle avait, elle pouvait avoir cette connexion particulière avec eux et entendait toutes leurs pensées.

    - Je crois que Kisos fait tout pour retarder leur venue.. Il ne veut pas que tu partes.. Si tu le voyais, il est déjà tellement fier de toi.. Il veut à tout prix t'impressionner et Sora.. Sora est très espiègle. Elle a mon flair pour connaître les gens mais ton caractère bien trempé aussi.

    Un peu fatiguée, elle continua de marcher dans la grotte jusqu'à trouver une source d'eau chaude. Retirant ses chaussures et ses habits, elle entra nue dans le bain si chaud qu'elle en poussa un soupire de soulagement. Voilà bien des jours qu'elle se lavait à l'eau froide et qu'elle avait rêvé d'un bon bain. Elle faisait alors signe à Leif de la rejoindre. Une fois qu'ils furent tendrement enlacés dans l'eau de ce petit bassin, elle fit en sorte que le géant pose ses mains sur son ventre. Les enfants étaient étrangement calme à cet instant précis :

    - Ils aiment quand tu leur parle.. Ils adorent t'écouter et ils adorent quand tes yeux brillent de fierté. Nos enfants t'aiment déjà d'un amour puissant et indétrônable Isha..

    Tendrement, elle posait ses mains sur les joues barbues de son tendre amour et déposa de doux baisers sur ses lippes. Son front se posait ensuite contre ses lèvres avant de venir s'enfouir dans son cou. Blottie à lui, ses bras l'entourant malgré son gros ventre, elle reprit :

    - Je suis désolée de m'être énervée hier soir.. C'était puéril et j'ai honte de t'avoir fait culpabiliser. Ce n'était pas le but. Tu as raison.. Tellement raison. C'est juste que c'est douloureux de savoir que tu pars de nouveau. Mais je ne dois pas me plaindre, nous sommes là ensemble et vivant et c'est le plus important n'est-ce-pas ?

    Relevant ses prunelles vers le colosse, elle s'excusa encore en couvrant son visage de baisers. Son gros ventre les séparaient alors qu'elle était à califourchon sur lui. Ils se baladaient tranquillement dans l'eau chaude. On aurait dit qu'ils ne voulaient plus en sortir tellement c'était agréable comparé au froid extérieur. Matoaka lui racontait des légendes amérindiennes qui évoquaient leur histoire et elle comprenait mieux maintenant les subtilités de l'histoire. Ils restèrent tendrement enlacés l'un contre l'autre à se caresser innocemment et se détendant. C'était leur moment d'intimité, un moment serein où ils se retrouvaient un peu.

    Mais la vie continuait et ils devaient rentrer. En arrivant au village, Björn attendait son oncle pour aller chasser les dernières perdrix avant le début de l'hiver. Feargus et Nashoba avait réussit à reconstruire le séchoir il fallait donc chasser le plus possible pour avoir un peu de viande. Matoaka se retrouva avec Amara à regarder les garçons partirent à la chasse sans qu'elle puisse les accompagner. Pendant ce temps, les femmes tissaient et où s'occupaient des travaux ménagers. Tout ce qui n'avait pas été détruit avait été réunis au centre du village et redistribué avec équité. Matoaka y avait tenu malgré quelques murmures mécontent dans l'assemblée. Ainsi, alors que les femmes tissaient auprès du feu, elle partie en expédition à la lisière du bois pour ramasser quelques herbes. Elles discutaient tout en chantonnant de vieux poèmes de leurs peuple jusqu'à ce que Matoaka sentit une vive douleur poindre dans son dos. Une douleur vive qui la fit se courber en deux et tomber à genoux :

    - Matoaka, s'inquiétait Amara en accourant jusqu'à elle, que t'arrive-t-il ?
    - Bon sang.. Dis moi.. Dis mois comment est la.. Comment est la lune ?
    - Euh.. Elle est haute et pleine et.. Oh seigneur.. Matoaka il y a deux lunes !
    - D'accord, d'accord.. Envoie quelqu'un aller chercher Leif.. Les.. AHHHHH ! Les bébés.. Les bébés arrivent !

    Amara paniquait. Elles étaient suffisamment loin du village pour qu'elle mette au moins vingt minutes à l'aller pour trouver quelqu'un et impossible de porter la femme enceinte. A genoux dans l'herbe, Matoaka poussait un cri de douleur à cause d'une nouvelle contraction. Elle suppliait Amara de se dépêcher. Finalement, la grecque s'enfuit direction le village. Matoaka ne trouvait pas de position agréable pour s'asseoir alors elle marchait et sans s'en rendre compte s'enfonça un peu plus dans la forêt. Elle trouva une petite grotte entrouverte qui possédait un tapis de fleurs qui semblait agréable. A bout de souffle et épuisée, elle vint s'allonger en paniquant un peu. Elle était seule, Amara loin et Leif sans doute à l'autre bout de Kattegat. Inspirant profondément, elle se mit à prier les Esprits de l'aider à sauver au moins ses enfants et se mit à rire en pensant à la situation :

    - Je croyais que tu voulais que papa reste plus longtemps Kisos.. A moins que ce soit Sora qui décide ?

    Matoaka geignait de douleur et n'avait aucun moyen de bouger et elle avait froid, très froid. Elle craignait que le froid nuise aux bébés. C'est alors que soudain elle sentit un souffle chaud venir de la grotte. Surprise, elle se retourna et vit deux yeux étincelant la fixant. Sans le savoir, elle avait pénétré la grotte d'un ours. Elle était persuadée que sa vie allait se terminer mais au lieu de ça, l'ours vint se poser contre elle.

    Ne bougeant plus malgré la douleur des contractions elle se rendit compte que l'ours était une femelle. En effet, ses bébés venaient saluer Matoaka par curiosité.

    - Toi aussi tu as eu tes bébés, murmurait l'amérindienne avec émotion, tu es comme moi.. tu vas m'aider n'est-ce pas ?

    L'oursonne sentait la douleur et la détresse de la femme en train d'accoucher, aussi, c'est pour cela qu'elle venait la réchauffer de son poil chaud. Emue par cette scène si improbable, Matoaka ne pu cependant retenir un autre cri de douleur qui se mit à faire écho dans la forêt. En effet, elle sentait Kisos qui commençait à poindre le bout de son nez. Est-ce que Leif l'entendrait ?


    immarcescible, Posté le lundi 31 juillet 2023 12:38 Répondre

    La lente reconstruction de Kattegat inquiétait Matoaka même si elle ne le montrait pas. Elle était optimiste, essayant de donner un peu de réconfort au peuple qui souffrait avec beaucoup de résignation. Comment pouvait-elle leur en vouloir ? Ils avaient tout perdu et beaucoup avaient perdu des proches. Alors elle se devait d'être optimiste et elle se sentait tellement chanceuse et redevable d'avoir pu garder sa famille. Tous les jours elle aidait au soin en compagnie de Amara qui se portait bien mieux. Les hommes eux s'occupaient de défaire les charniers et de commencer à reconstruire la ville. Les protections viendraient après. Freya passait beaucoup de temps isolée à pleurer la perte de son amour et Björn s'occupait comme il le pouvait. Le travail semblait lui donner un but.

    Leif quant à lui était sur tous les fronts. Matoaka se faisait la plus petite possible pour qu'il ne s'inquiète pas pour elle. De toute manière, il savait qu'elle était suffisamment autonome pour se débrouiller seule. Le village entier l'avait bien vu lorsqu'elle sacrifia la peau versatile du traitre Rorick. La reine avait beau être enceinte, elle n'en restait pas moins sanguinaire et impressionnante.

    Un soir, alors qu'enfin ils se retrouvaient en amoureux et seul, Leif aborda un sujet qui déplu à la Reine. Pour l'occasion elle avait mis une jolie robe qui se voulait sensuellement transparente et avait d'autres projets que de parler de la ville à reconstruire. Ses hormones la tenaillait du matin au soir et ils n'avaient pas un moment d'intimité depuis une éternité. Refermant son peignoir sur sa tenue aguicheuse elle posa son regard sombre sur Leif qui semblait contrit. Elle craignait que ce moment vienne mais elle n'avait pas imaginé laisser Leif partir sans elle :

    - Nous pourrions demander de l'aide à mon père, proposait-elle dans un souffle pour éviter de s'emporter, envoyons Nashoba et Feargus. Ils seraient plus rapidement revenu que toi.

    Mais Leif semblait déjà déterminé et certain de lui, comme si quelque chose le poussait à se rendre en Angleterre. Cherchait-il une rédemption ? Inspirant profondément et posant une main sur son ventre qui était lourd elle réussit à se lever sans cacher son mécontentement. Depuis des jours elle gardait pour elle mais voilà qu'elle était entrain d'exploser sous la pression et les hormones :

    - Vas-y pars ! Tu as déjà pris ta décision de toute manière. Tu veux uniquement te donner bonne conscience en me faisant croire que tu veux mon avis. Et bien tu sais maintenant ce que j'en penses. Je ne veux pas que tu y ailles car les enfants seront bientôt là et que je veux que tu sois là. Je ne veux pas que tu y ailles parce que tu m'as juré de ne plus jamais partir sans moi. Je ne veux pas que tu y ailles parce que j'ai peur que tu ne reviennes pas ou alors avec une autre femme qui sera.. qui sera moins moi. Une autre femme qui sera plus belle et moins problématique que tu foutue épouse amérindienne.

    Ses larmes coulaient sans qu'elle les contrôlent. Matoaka était épuisée et à bout de nerf à cause des enfants qui prenaient toute son énergie. Elle ne s'était pas ménagée ces derniers jours et elle ressentait le contre coup. La simple idée de se retrouver seule sans Leif pendant plusieurs mois l'effrayait. Sa bonne conscience se fichait royalement de leur peuple. Elle ne voulait que Leif pour elle et le déclarait égoïstement avant de s'asseoir sur le lit qu'ils partageaient dévoilant ainsi son corps à moitié nu sous la fine dentelle qu'elle portait :

    - Je sais que tu me trouves égoïste mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'encore une fois je dois te laisser partir et ça me tue..


    immarcescible, Posté le vendredi 28 juillet 2023 16:14 Répondre

    Le village est dans un tel état que Matoaka ne pu retenir quelques larmes de douleur. Le tas de mort à l'entrée de la ville était indécent et elle dissimula les yeux de Arès. Il était hors de question qu'il voit cela. Leif était rentré c'était le plus important pour la jeune femme mais elle ne pouvait s'empêcher d'avoir aussi de l'empathie pour leur peuple qui avait une fois encore souffert de l'affront de Rollo. Sa mort avait été trop douce pour l'amérindienne aussi lorsque le palefrenier arriva devant eux elle ne prit pas la peine d'attendre davantage. D'une main ferme elle agrippa la gorge du jeune homme et sans aucune hésitation tira de sa main libre sa langue qu'elle trancha d'un mouvement sec. Son visage était tâché de sang quand le jeune homme se tenait le visage en hurlant de douleur. Elle n'avait aucune empathie pour lui.

    - Tu aurais du fuir pendant que tu en avais encore l'occasion Rorick. Maintenant tu vas goûter aux lois amérindiennes.. Celles qui s'occupent des traîtres dans ton genre.

    Elle se fichait du procès. Elle avait vu la vision de Amara aussi nettement qu'elle et ne voulait pas perdre de temps à essayer de comprendre. Les hommes derrière elle étaient choqués de son geste mais elle les ignorait et se contenta de leur ordonner d'attraper le traître et de l'attacher devant le charnier qu'il avait fait :

    - Ce soir, proclamait-elle, je terminerais ce que j'ai commencé. Je vais me rendre au chevet de Sigrid rejoins-moi dès que possible.

    Sur la pointe des pieds elle déposa un baiser sur la joue de son époux et se rendit au dispensaire accompagnée de Feargus qui était encore choqué de la rapidité et de la violence de Matoaka. Elle avait beau être enceinte, il n'en restait pas moins qu'elle était toujours aussi sanguinaire, voire même plus. Une fois arrivée au dispensaire elle put constater de l'état des membres de leur famille. Nashoba allait survivre. Il avait simplement perdu deux doigts pendant la bataille et avait reçu un beau coup d'épée dans le dos. Mais il allait bien. Björn était au chevet de sa mère et tamponnait délicatement son visage avec de l'eau fraiche. En voyant sa tante arriver, il la serra longuement dans ses bras en lui demandant dans un souffle angoissé de sauver sa mère :

    - Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir je te le promet.

    Matoaka examina dans un premier temps la blessure de son amie. Elle avait reçu un violent coup d'épée dans le ventre. Ses viscères étaient presque sorties ce qui était dramatique. Comment allait-elle pouvoir l'aider sans la faire encore plus souffrir ? Son état était catastrophique et relevait d'heures et d'heures de travail mais ça n'effrayait pas Matoaka. Elle craignait juste qu'elle ne survive pas. Difficilement elle vint s'asseoir près de la mourante après avoir demandé à tout le monde de quitter les lieux. Une fois seule, elle tamponna à son tour son visage en murmurant :

    - Je suis là Sigrid.. Je suis là..
    - Il est.. Il est trop tard..
    - Est-ce que tu veux que je te sauve ?

    Sigrid faisait non de la tête. Elle souffrait tellement que Matoaka pouvait comprendre. Elle souleva le drap imbibé de sang et examina la blessure qui avait tranché tout son buste. Même en recousant il était impossible qu'elle survive. Ses chairs étaient profondément touché pour qu'elle puisse essayer de la soigner, la médecine de l'époque l'empêchait de faire un travail qui aurait permis qu'elle vive. L'amérindienne avait les larmes aux yeux ce qui faisait rire Sigrid :

    - Ne pleure pas.. pas toi.. j'ai besoin que.. j'ai besoin que tu sois forte pour eux..
    - Tu sais que je pourrais essayer. Mais..
    - Mais je souffrirais encore plus. Non.. Laisse moi rejoindre les Valkyrie.. Elles m'attendent..
    - Je vais les prévenir.
    - Non attend.. Attend.. Björn.. Mon Björn.. Tu.. Tu..
    - Il est comme mon fils.. Il sera toujours un fils pour nous tu n'as pas à t'en faire.

    Un léger sourire contrit s'affichait sur les lèvres de la mourante. Matoaka embrassait ses mains en laissant quelques larmes couler avant de se relever. Elle se dirigeait en dehors du dispensaire où tous les regards convergèrent vers elle. Sa mine ne laissait rien présager de bon et Björn le sut aussitôt :

    - Non, hurlait-il, non tu dois la sauver !
    - Björn.. Ecoute tu dois..
    - Non ! C'est ma mère ! C'est ma mère..

    Il frappait le bois du dispensaire en hurlant de rage. Nashoba tenta de le maîtriser mais le jeune homme hurlait de douleur. Freya ne parlait pas, elle pleurait toutes les larmes de son corps soutenue par Feargus qui tentait de la consoler le mieux possible. Enfin, Matoaka posa son regard désolé sur Leif qui restait silencieux. Elle fit un pas vers lui et lui demanda de lui pardonner :

    - Elle a déjà pris sa décision et c'est au delà de mes compétences Isha je.. je suis tellement désolée de ne pas pouvoir faire plus..

    Freya et Björn se relayèrent au chevet de Sigrid que toute vie quittait. A la fin de la journée, toute la famille se trouvait autour d'elle. Matoaka avait préparé des herbes pour l'empêcher de trop souffrir et de partir plus paisiblement. Elle délirait dans son souffle et parlait une langue inconnue de tous. Le soleil se couchait et emportait avec lui le dernier souffle de la précieuse guerrière Sigrid. Matoaka ferma ses yeux pour le repos éternel. Björn souffrant trop préféra s'enfuir à l'extérieur pour hurler sa rage et se rendit en direction de la prison sommaire dans laquelle se trouvait les hommes de Rollo. Il sortait alors deux hommes de la cage et se mit à frapper en hurlant sa rage. Freya pleurait anéantie auprès de son amante quand Feargus et Nashoba décidèrent d'aller mesurer Björn. Matoaka venait près de Leif et prenait sa main dans la sienne sincèrement désolée :

    - Je vais m'occuper de sa toilette mortuaire.. Tu devrais aller parler à Björn. Je sais que tu connais sa douleur.. Il t'écoutera.


    immarcescible, Posté le mercredi 26 juillet 2023 16:39 Répondre

    Les derniers baisers de Leif étaient salés à cause des larmes que Matoaka avait versé. L'issue d'une bataille n'était jamais certaine, elle le savait, et même si les enfants avaient donné toute cette énergie à leur père, leur mère elle avait peur au creux de son coeur de le voir revenir inanimé. Ils avaient peur l'un et l'autre mais Leif le dissimulait bien mieux qu'elle. Assise sur cette maudite charrette, elle le regardait fixement en espérant qu'un miracle surgisse et qu'ils soient enfin libre d'être ensemble. Mais si la vie était si simple, il n'y aurait pas d'histoire. Amara était encore souffrante mais elle reprenait malgré tout des forces. Charlotte était emmaillotée dans ses bras et chantonnait près de sa mère et Arès épongeait son front avec beaucoup de douceur. Matoaka surveillait les horizons et vit au loin Nashoba et Björn réunir les hommes. Silencieusement elle priait pour que les Esprits les guident et qu'ils reviennent tous vivant de cette bataille importante. Il y a quinze ans, leur destin s'était joué ici et ils avaient l'opportunité de pouvoir tout recommencer. Hors de question cette fois-ci d'échouer.

    - Nous arriverons dans une petite heure à la grotte.
    - Pas avant, s'interloquait Matoaka en vérifiant la température de son amie, ta femme a besoin de chaleur et de repos.
    - Je sais mais nous sommes lourdement chargés ce qui ça va nous prendre du temps.

    Une moue renfrognée se trouvait sur le visage de Matoaka. En même temps, ils étaient à découvert dans la forêt et ils n'étaient pas sans risque. Plus ils grimpaient et plus elle avait cette impression d'être épiée. Sur les conseils de sa mère Arès dormait contre Amara ce qui lui prodiguait de la chaleur. Feargus avançait tête baissé droit vers l'objectif de la grotte quand Matoaka observait avec une attention particulière les horizons. C'est alors que soudain, elle vit un mouvement se former derrière les arbres. Nul doute que les hommes de Rollo étaient là, épars et qu'ils allaient les attaquer. Sans perdre de temps, elle agrippa son arc et tira une flèche en pleine tête de l'assaillant qui les suivaient.

    - Ils nous suivent. Arrête toi !

    C'était un ordre que Feargus voulait ignorer. Sa mission était de mettre en sûreté son épouse et sa reine et il ne voulait pas échouer dans sa mission. Matoaka était certes ignorée mais elle ne perdait pas de vue son objectif. Excellente archère, elle arrivait à viser parfaitement mais la charrette et son gros ventre lui empêchait des tirs brillamment réussi. Certes, elle arrivait à frapper ses ennemis mais elle ne les tuaient pas. Elle les blessaient seulement. Feargus avait fait avancer la cadence des chevaux si bien qu'ils furent sévèrement secoué pendant que la reine visait une autre fois dans l'oeil dans un ennemi qui s'était suffisamment approché pour qu'elle ne le manque pas. Ils sortaient enfin de la forêt et ils étaient visiblement allégé de l'escouade de Rollo.

    - Il faut prévenir Leif qu'ils sont sur le flanc ouest.. Je dois y retourner.
    - Certainement pas !

    Feargus avait levé la voix si fortement que Matoaka sursauta de surprise. Ils allaient arriver à la fameuse petite grotte et il poussait enfin le cri de rage qu'il contenait depuis le début du trajet.

    - Leif compte sur moi pour prendre soin de toi il est donc hors de question que tu quittes la grotte. Tu ne bouges pas ton cul d'ici ou alors quand je l'aurais décidé ! C'est clair ??

    Jamais encore il ne lui avait parlé de la sorte et cela impressionnait la jeune reine qui hocha simplement de la tête. Se rasseyant près de Amara, elle l'entendit doucement rire. Elle avait visiblement été réveillée par le rugissement de son époux et levait les yeux aux ciel en répliquant :

    - Il est terriblement attirant quand il s'énerve comme ça, dit-elle faiblement mais amusée, mais il a aussi surtout raison.

    Matoaka était prise au piège et elle se devait de rester en sûreté pour les enfants, Leif et elle. Ils arrivèrent à la grotte peu de temps après. Feargus l'aida à descendre et porta ensuite Amara dans la grotte qui avait été aménagée par Leif. Il avait tout prévu et elle comprit mieux pourquoi certaines de ses affaires avait disparue. Elle qui avait naïvement cru qu'il l'avait oublié et délaissé ces dernières semaines n'avait finalement pensé qu'à elle et aux enfants. Arès était épuisé par le voyage mais il guettait à l'entrée de la grotte. Feargus était partit mettre la charrette à l'abris avec les chevaux en attendant.

    - Tu crois que papa va gagner, demandait Arès en jetant un oeil sur sa mère, les gens de la ville disent que Rollo est plus fort.
    - Les gens parlent beaucoup petit homme. Mais ça ne veut pas dire qu'ils ont raison.

    Arès venait se blottir contre elle alors qu'elle venait de s'asseoir sur d'épaisses fourrures. Amara allait mieux, son visage avait reprit quelques couleurs ce qui la rassurait. Les jumeaux étaient restés calme tout le long du voyage. Se reposaient-ils ? Elle n'en n'avait aucune idée et ne savait comment interpréter ce silence, eux si vifs habituellement. Arès lui demanda une histoire, elle lui en raconta toute sorte quand le petit garçon écoutait son ventre pour détecter les mouvements des bébés. Feargus était revenu et il surveillait Amara et Charlie. Tout était calme, tellement calme comparé à ce qui se passait en bas de la vallée. Et Matoaka attendait, anxieuse, incapable de pouvoir se connecter à Leif. C'était comme s'il avait fermé son esprit pour rester concentrer sur son objectif.

    Deux journées s'étaient passées sans qu'aucun signe de vie de Leif ou de quiconque.
    Ils dormaient tous quand elle, se tournait sur elle-même incapable de trouver le sommeil. Matoaka était une louve en cage qui tournait en rond. Avec difficulté elle réussit à se lever et se rendre à l'entrée de la grotte. Cette dernière était dissimulée derrière un rideau de lierre et les protégeaient des éventuels passages d'étrangers. La lune était rouge, sanglante. Quelque chose se passait, elle le sentait. Venant s'asseoir en tailleur, entourée de plusieurs bougies elle entra dans une méditation profonde. Son souffle était régulier et sa concentration sereine. Son esprit s'envolait, elle le sentait voguer et se laisser porter jusqu'à Kattegat. Son corps n'était pas sur place mais il était spectral. Elle avançait sans être vue par les habitants qui se battaient comme des démons. Les hommes de Rollo avaient réussi à pénétrer la ville et tentaient de l'assiéger. Mais les hommes de Leif tenaient bon.

    C'était une véritable boucherie, une vision d'horreur. Matoaka essayait de ne pas réagir, elle se devait d'être la plus distante possible pour trouver une solution. Elle se devait de les aider. Les hommes de Rollo étaient en train de brûler les champs, toutes les récoltes étaient mortes, mais Matoaka ne réagissait pas. Non, elle se devait de trouver une solution. Alors qu'elle remontait jusqu'au Skali, elle vit l'inimaginable. Rollo y était. Il pavanait chez eux. Dans sa main il tenait les cheveux d'une tête tranchée. Des cheveux brun et long qui lui fit redouter l'horreur. Elle ne voyait pas le visage de la tête et plus les secondes passaient et plus son inquiétude se transforma en une rage. Rollo riait avec ses hommes en baladant la tête ce qui généra encore plus de douleur et encore plus de chaos chez la jeune femme.

    Sans qu'elle puisse le contrôler, tout son corps en entier se mit à réagir à la douleur de potentiellement voir le visage de Leif, alors un cri immense et monstrueux s'échappa de ses lèvres faisant rugir la région en entier. Rollo et ses hommes surpris par l'intervention fantomatique et divine qui se trouvait devant eux prirent peur. La tête volait sur le sol et il ne s'agissait pas de Leif mais Matoaka ne décolérait pas. Sa fureur était violente et frappante si bien que lorsque le cri s'interrompit un silence de mort surgit et elle tomba à la renverse de sa méditation. Le groupe derrière elle fut réveillé. Feargus et Arès courait jusqu'à elle quand elle se sentait vide d'énergie. Ils lui parlaient mais elle n'entendait rien. Elle n'avait que la peur au creux du ventre et la certitude désormais que Leif était vivant même si elle souffrait de voir ce que Rollo avait infligé à leur peuple.

    Le cri n'avait pas fait que faire peur l'ennemi juré. Non, il avait surtout permis à Nashoba de comprendre le signe derrière. Matoaka avait trouvé Rollo et il fallait qu'il prévienne Leif d'où il se trouvait. Pendant ce temps, la jeune reine tentait de reprendre des forces. L'exercice l'avait beaucoup épuisée ce qui inquiétait Feargus qui hésita à retourner dans la vallée chercher Leif :

    - Laisse le.. Il a mieux à faire que d'être ici avec moi, répliquait Matoaka, apporte mes herbes.. Ca va aller je te le promet.
    - Tu ne peux pas partir.. Il me l'a interdit. Alors tu dois vivre d'accord ?

    La voix et l'ordre de Feargus la fit rire. Mais comme promis, quelques heures plus tard elle allait mieux. Cela faisait maintenant trois jours que la bataille faisait rage et aucune nouvelles de Leif ou de qui que ce soit. Matoaka n'avait pas le courage de repartir en méditation. L'horreur de Kattegat en feu et à sang l'avait bouleversée et cette tête tranchée l'obsédait. Elle savait qu'il ne s'agissait pas de Leif mais cette possibilité l'avait marquée. Alors qu'elle marchait un peu à l'extérieur de la grotte pour ramasser quelques herbes, elle entendit un bruit étrange. Quelqu'un était là. Se stoppant net, elle resta sur ses gardes et tendit son arc. Avec son ventre c'était difficile mais elle savait très bien qu'elle allait pouvoir blesser l'inconnu en relâchant la corde tendue.

    - Je peux viser une puce sur le dos d'un chien. Tu ne me fais pas peur. Montre toi !

    La silhouette bougea alors elle lança sa flèche et frôla le bras de Leif qui avançait vers elle. Matoaka poussa un cri de surprise surtout en voyant son état. Il était couvert de boue, de sang et autres blessures quand elle-même venait de le blesser :

    - Isha, murmurait-elle choquée, Isha.. Mon amour..

    Jetant son arc sur le sol elle courut du mieux qu'elle pu jusqu'à lui pour venir le serrer contre elle. Peu importe son odeur, son corps sale et endolori elle se devait de le serrer contre elle et de s'assurer qu'il était bien là, en vie. Matoaka pleurait toutes les larmes qu'elle avait contenu ces derniers jours. Elle le couvrait de baisers en riant et pleurant à la fois. Elle se fichait de savoir si la guerre était finie ou non. Il était là et c'était le plus important.


    immarcescible, Posté le lundi 24 juillet 2023 11:57 Répondre

    Leif était faible. Il se mourrait. Matoaka le voyait bien dans son oeil, dans son corps. Le lien entre lui et Amara n'avait pas été rompu malgré les multiples charmes et sortilèges qu'elle avait tenté de créer toute la journée. Amara se mourait et entraînait avec elle son jumeau. L'amérindienne était certes très en colère contre sa vieille amie mais pas de là à la voir mourir. Leif venait de s'assoupir près d'elle, une main protectrice sur son ventre. Lentement et avec difficulté elle réussit à se lever et marcher jusqu'à Amara. Elle avait réussit à passer discrètement, sans que personne ne la voit malgré son gros ventre qu'elle sentait résistant. Les enfants étaient lourd, elle savait que dans très peu de temps ils allaient poindre le bout de leur nez.

    - Vous devez rester encore tranquille un petit peu mes amours.. Ma doit aller voir tante Amara.

    Ils étaient conscients l'un et l'autre du besoin de leur mère, ainsi, ils restèrent sage le temps qu'elle fasse la route jusqu'à la hutte d'Amara. Les servantes de cette dernière regardèrent avec inquiétude la Reine qui surgissait essoufflée. Elle leur ordonna de sortir à toutes ce qu'elles firent sans demander leur reste. Feargus pleurait, caressant la crinière brune de son épouse. Cette image mortifia le coeur de Matoaka. Décidément, non, elle ne pouvait pas la laisser mourir. Le blond, surpris de voir sa vieille amie au chevet de sa femme lui demanda ce qu'elle faisait là :

    - Je viens la sauver, expliqua-t-elle en posant ses mains sur le ventre de la dite mourante, Charlotte ne peut pas grandir sans sa mère et je sais que tu ne te remettras jamais de sa disparition.
    - Matoaka tu.. tu.. elle est partie déjà..

    Elle secouait négativement la tête. Amara n'était pas partie, il restait un souffle de vie que personne ne percevait mais qu'elle sentait. Leif était toujours en vie, donc Amara aussi. Avec douceur, elle passa ses mains sur son ventre pour essayer de cibler et de ressentir son mal. Oui, il était là, au creux de son ventre. Matoaka comprenait sa douleur et en grimaçait :

    - Feargus, murmurait-elle les yeux clos, va me chercher.. va me chercher mes baumes.. ceux à la camomille.. la sauge.. vite.

    Sans perdre un instant et sans aucune hésitation, il partit en courant. Son effusion surprit la salle, surtout qu'il entrait en trombe dans la chambre de Leif qui dormait encore. Après avoir récupéré tous les baumes possible, il revint jusqu'à Matoaka qui essayait de retirer le placenta bloqué dans le corps d'Amara. En voyant enfin Feargus arriver, elle lui ordonna de lui donner un linge propre et de réveiller Amara avec les sels :

    - J'ai besoin d'elle.. Elle doit pousser.

    Effrayé par tout ce sang, par la détermination de Matoaka, il prit peur. Tremblant il hésitait. Que devait-il faire. Le grognement de l'amérindienne en le voyant inactif le fit se réveiller et rapidement mit en application ce qu'elle ordonnait. Aussitôt les sels inhalé, Amara se réveilla en hurlant de douleur ce qui fit encore plus paniquer Feargus :

    - Tu dois pousser, ordonnait Matoaka avec une fermeté certaine quand sa main appuyait sur son ventre, je sais que tu as mal.. je sais mais tu dois sortir le mal..
    - Matoaka.. Arrête ! Elle.. Elle souffre.
    - Oui mais elle vivra.

    Les cris de douleur de Amara alertèrent tout le monde si bien que la reine sentit le monde à l'extérieur suivi de près par le pas lourd de Leif. Mais elle se devait de les ignorer. Sentant le mal résistant chez Amara, Matoaka du appeler les Esprits pour l'aider. Récitant de vieilles prières et les invoquant elle eut suffisamment de puissance pour aider Amara à expulser le mal après une énième poussée. Le placenta mort dans la main de l'amérindienne fut immédiatement jeté au feu.

    - On t'as jeté un sort, expliqua-t-elle circonspecte, quelqu'un te veut du mal..

    C'était étonnant car lors de l'accouchement de Charlotte, Amara n'avait pas été maudite de la sorte. Qu'est ce qui avait bien pu changer ? Ses réflexions durent cesser lorsque Feargus poussa un cri. Amara perdait de nouveau connaissance. Avec beaucoup de soin, de douceur et d'application, Matoaka soigna la jeune femme. Elle avait perdu beaucoup de sang mais ce n'était pas impossible de la guérir, bien au contraire. Elle devait vivre. Les soins durèrent une bonne partie de la nuit mais avec toute la connaissance de l'amérindienne et la bienveillance des esprits, elle réussit à sauver sa vieille amie. Il lui fallait désormais du repos. Feargus était sorti prendre l'air et voir Charlotte. Matoaka lui avait ordonné de ramener la petite pour qu'elle donne des forces à sa mère.

    Matoaka chantonnait près de Amara en finissant sa toilette quand cette dernière s'éveilla lentement :

    - Je.. Je suis morte ?
    - Bien sûr que non.. Je ne t'aurais jamais laissé partir.
    - Pourtant tu.. pourtant l'autre jour..
    - J'étais épuisée, fatiguée et.. et déçue par ton toi du futur. Mais ce n'est pas toi, pas encore.

    Amara pleurait. Matoaka ne savait pas si c'était d'émotion ou de peur. Se penchant sur elle et caressant sa joue, elle lui offrit un tendre sourire pour la rassurer :

    - Tu vas vivre et nos bébés aussi.. Un grand destin les attends tu sais. Je les ai vu et ils sont beaux. Tellement beaux. Tout ira bien. Je te le promet. J'ai.. J'ai besoin de toi Amara mais tu me dois jurer de ne jamais me mentir. Plus jamais.

    Mains dans la mains, elles se juraient l'une à l'autre une fidélité sans pareille. Telles deux soeurs unies dans un seul et même but : leurs enfants.
    Matoaka sortit de la maison avec beaucoup de faiblesse et d'épuisement. Fort heureusement, Nashoba était là et l'attendait. En prenant l'air dehors, la jeune femme sentie une vive douleur dans le bas de son ventre qui la fit grincer des dents. Kisos lui parlait, c'était indéniable. Ses coups étaient toujours puissant. En effet, en levant la tête elle vit dans le ciel un aigle tournoyer au dessus de Kattegat. C'était le signal :

    - Va chercher Leif.. Rollo est là et il est prêt. Ce n'est qu'une question d'heures avant qu'il attaque.


    immarcescible, Posté le dimanche 16 juillet 2023 22:23 Répondre

    Contrairement à sa première grossesse, Matoaka ne pouvait pas bouger comme elle le voulait. Son ventre était plus gros, elle était plus épuisée et son corps ne pouvait pas tenir debout. Elle était épuisée et affamée. Leif avait alors exigé à ce qu'elle reste alitée ce qui lui avait déplu. Mais elle savait aussi qu'elle devait se ménager, surtout qu'elle ne savait pas ce qu'elle portait en plus de Kisos. Ce temps de réflexion dans sa chambre lui permit de réfléchir, de méditer. Aidée de ses herbes, elle pu mieux comprendre son corps et ce qui c'était passé dans cette fameuse grotte. Elle portait un second enfant. Cet enfant même qui leur avait sauvé la vie. Le soir même, alors que Leif s'occupait à masser délicatement ses pieds et ses jambes il lui raconta son fameux rire et cette petite fille. Elle allait lui révéler sa découverte mais il parla de la suite des évènements et de la future bataille avec Rollo. Cela la fit rager mais aussi penser à quelque chose :

    - Rollo es persuadé que tu vas aller le chercher frontalement. Il faut que tu sois plus malin que lui.. Prend le à revers. Dans mon souvenir il se situait sur la montagne. Il attend le bon moment. Laisse les hommes partir en avant et laisse Nashoba enfiler tes vêtements. Il croira que tu es en route pour l'affronter mais tu seras déjà sur la montagne. Il n'y a que comme ça que tu pourras le stopper et empêcher l'invasion de Kattegat.

    Elle avait pensé à tout et l'oeil songeur de son époux la faisait tendrement sourire. Avec beaucoup de douceur elle venait caresser sa joue en lui faisant les yeux doux. Ce qu'il était beau, se disait-elle pensive. Quelle chance leur avait permis leur petite fille. Elle lui demandait de venir près d'elle et pu ainsi se blottir contre lui. Prenant sa main dans la sienne, elle la déposait sur son ventre pour qu'il puisse sentir le renflement des pieds des jumeaux ce qui semblait l'impressionner :

    - C'est elle qui nous a sauvé, murmurait-elle avec douceur à son époux, c'est notre petite fille qui nous a sauvé Isha..

    Devant la moue surprise de Leif, Matoaka pris le temps de lui expliquer les visions qu'elle avait eu et ce que les Esprits lui avait confié. Ils avaient conçu Sora et elle avait sauvé ses parents dans la fameuse grotte lors de la tempête de neige. Aussi, elle vivait confortablement avec Kisos désormais et ils auraient un duo de terreur dans quelques semaines. Un coup lui fut donné et elle sut que c'était Kisos qui bougeait. Matoaka geignait de douleur en le rouspétant tendrement :

    - Il est comme toi.. Vif et intenable, dit-elle en riant doucement, je sens qu'il va te faire avoir des cheveux blanc bien plus vite que prévu.

    Tendrement, elle déposait un baiser dans le cou du guerrier. La vision de son ventre si immense cajolé par les mains de son amour gonflait son coeur de joie. Oui, il la rendait si heureux rien que par sa présence. Frémissant à ses douce caresses, elle ronronnait de contentement avant de voir surgir la petite tête de Arès derrière la porte. Elle lui fit signe de rejoindre ses parents et il grimpa sur le lit, impressionné par le ventre de sa mère. Il écoutait les recommandations de son père et la mission qui lui était donné pour les prochains jours.

    - Je serai tenir mon rôle pour toi père et sauver mère de tous les intrus.

    Ce petit garçon au départ si chétif et si apeuré serait un grand guerrier et Matoaka était heureuse de savoir qu'il allait garder ses jambes intactes. Il baillait, sûrement de fatigue. Elle laissa donc le père accompagner le fils à sa chambre ce qui ne pouvait que continuer à la faire sourire. Cette soirée était douce, sans doute parce que la guerre était éminente. Cette pensée assombrit le visage de Matoaka qui du prendre une ample inspiration en sentant son corps se crisper. Au retour de Leif, elle était assise sur le bord du lit à respirer fort. Les enfants bougeaient, ils sentaient l'inquiétude de leur mère et se débattaient pour la rassurer, la consoler.

    - Je vais bien, je vais bien, tentait-elle de rassurer Leif en s'agrippant à sa chemise, il faut juste que je respire et que je me calme.. Je vais bien..

    Une fois que la crise fut calmée, elle pu enfin se détendre et respirer normalement. Leif était devant elle, inquiet. Elle posait ses mains sur ses joues et le contemplait avec un air grave :

    - Isha.. Il faut que je te parle de ça et que tu l'entendes. Je sais que tu vas gagner mais si tu ne revenais pas je ne vivrais pas cette vie. Tu te souviens ? Ensemble, toi et moi. Je te rejoindrais aussitôt au Valhalla. Je ne les laisserais pas m'avoir. Ne crois pas que je te met de pression mon amour mais je veux que tu le saches. Il ne m'auront jamais vivante. Les enfants seront confiés à mon peuple qui les élèveront en sécurité. Mais je ne passerais pas une journée de plus sans toi sur terre. J'ai déjà pris toutes les dispositions nécessaires et tout est prévu pour notre fuite. Je te retrouverais.

    C'était un moment grave, solennel mais qui avait besoin d'être dit et vécu. Ses mains caressaient les joues de Leif, ses yeux exprimaient une détermination solide. Elle y avait longuement réfléchie, seule dans sa chambre et isolée. Sa décision était prise et elle était ferme :

    - Je ne peux pas vivre sans toi Leif Erikson, tu es mon âme.


    immarcescible, Posté le vendredi 07 juillet 2023 17:45 Répondre

    La réunion orchestrée par Leif permis à tout le monde de voir leur leader gouverner comme il le faisait depuis toujours. Mais pour Matoaka, elle retrouvait un peu l'ardeur de son époux qu'il avait longtemps perdu. Toutes ces péripéties, tous ces changements soudain lui donnait le vertige. Et se sentir enceinte ne l'aidait en rien. Elle n'avait qu'une envie, pleurer et hurler de terreur. Mais devant la famille, devant les hommes de Leif, elle devait tout contenir. Pourtant, la goutte d'eau vint à s'ajouter au vase avec l'intervention de Amara qui la exigeait la sécurité de Feargus. Dans un mouvement rapide et violent, Matoaka s'écarta de son amie. Certes, ils avaient remonté le temps et elle n'avait pas encore trahi Leif. Mais rien n'était impossible. Maintenant qu'elle avait vu cet aspect sombre de son amie, elle avait encore moins confiance et lui jeta au visage :

    - Ne t'approche pas de moi Amara et encore moins de Leif. Si tu le souhaites tu peux partir et je t'y invite vivement d'ailleurs. Rien ne vous retiens ici. Nous arriverons à protéger notre famille sans vous, aisément.

    La réaction de la Reine en estomaquait plus d'un. Pour eux, la veille encore elles étaient proches, amies et inséparable. Matoaka avait du mal à voir une amie chez la grecque. Le souvenir de son regard fuyant et de son aveux la tourmentait encore. S'écartant d'elle vivement, elle se rendit dans sa chambre pour enfiler une tenue qui lui permettrait d'aller à l'extérieur. Arès la suivait de près, accompagné de Nashoba qui s'inquiétait de l'état de sa soeur. Jamais encore elle n'avait été aussi sèche et virulente avec un membre de leur famille :

    - Petite fleur, qu'est-ce qui t'as pris..? Amara est inquiète et c'est normal. Nous le sommes tous.
    - Crois moi qu'elle n'est pas qu'inquiète.

    Elle tentait de se canaliser mais impossible. Les hormones la rendait fébrile, colérique. La peur aussi bien entendu, mais aussi toutes ces vies qu'elle avait en mémoire et qui était entrain de créer un amalgame monstrueux. Fouillant dans son coffre pour y trouver une tenue, Arès vint se blottir contre elle. Il marchait encore, il n'avait pas encore été blessé. Caressant sa crinière brune et lisse, elle soupirait :

    - Va jouer mon chéri.. Ce n'est pas le meilleur endroit pour toi.
    - Mais tu es en colère. Pourquoi tu es en colère ? Tu as mal ?

    Tendrement attendrie par le petit garçon, elle se penchait pour embrasser son front. Il fallait qu'elle le protège aussi des vices de Meghan et de la fureur de Rollo. Elle vint s'asseoir un instant sur le lit et laissa le petit garçon venir près d'elle :

    - Tu dois me promettre quelque chose Arès. Jure que tu ne sortiras en aucun cas de Kattegat. Tu dois rester ici avec les gens que tu connais.
    - Mais je veux vous protéger moi.
    - Alors tu dois rester ici et t'assurer que rien n'arrive à notre ville. Tu en seras le gardien, tu veux bien ?

    Ce titre et ce rôle faisait briller les yeux du garçonnet. Son sourire était immense et la crainte de voir sa mère potentiellement être malade ne lui venait plus en pensée :

    - Je vais demander une armure à Björn alors !
    - Cours-y mon chéri.

    Matoaka lui souriait en le laissant filer. Le voir courir lui faisait chaud au coeur. Mais dans un même temps, elle croisa le regard intrigué et inquiet de son frère qui prenait la place du petit garçon :

    - Je te connais.. Quelque chose ne va pas. Tu dois m'en parler.
    - Que te dire ? J'ai vécu toute une vie morte puis j'ai ressuscité. Puis Leif m'a été enlevé. Et maintenant me revoici ici..
    - Et pour Amara ?
    - Je ne veux pas parler d'elle..
    - Mais pourtant tu vas le voir petite soeur. Dis moi, vous vous êtes disputés ? J'ai du mal à y croire. Vous êtes comme des soeurs.
    - Dans le futur Amara a choisi un chemin que je ne peux lui pardonner.
    - Justement, c'est le futur ! Aponi avait raison. Les voyages sont dangereux Matoaka. Tu dois faire le vide et penser au présent.

    Mais Matoaka secouait négativement la tête. Elle n'arrivait pas à se dire qu'elle pouvait faire confiance à la grecque. Enfilant une chemise ample de Leif et un pantalon qu'elle venait agrémenter d'une ceinture, elle se dirigea vers l'extérieur :

    - Où vas-tu, demandait Nashoba, je te signale qu'on discute.
    - Je vais entraîner les soldats.. Ils ont besoin d'entendre ce qui les attends.
    - Mais tu es folle ! Dois-je te rappeler que tu es enceinte ?
    - Comme si je pouvais l'oublier. En revanche, cela ne fais pas de moi une femme handicapée.

    Sans attendre son reste, elle prit son épée qui était contre le mur et se rendit dehors. En sortant, elle vit bien que tout le monde posait son regard sur elle mais elle s'ne fichait. Elle préférait les ignorer et se diriger à l'extérieur. En se rendant sur la place, elle invectiva plusieurs femmes et leur fit signe de la suivre. Un bon groupe de femmes qui lui faisait confiance suivait cette nouvelle Matoaka qui s'offrait à elle. Plus ferme, plus réservée et moins douce. Après avoir armé ces femmes, elle leur donna quelques techniques nécessaires pour survivre.

    - Pourquoi apprendre tout ça ? Les hommes sont capable de nous défendre.
    - Crois-tu ? Imagine que les Dieux ne soient plus avec nous ? Qui viendra te sauver ?

    Un silence lui répondait ce qui était bon signe.

    - Vous êtes des femmes viking ! Vous êtes forte, puissante et dangereuse ! Je veux que l'on se souvienne de vous comme des guerrières puissante pas comme dommages collatéraux. Etes-vous prête à vous défendre ? Défendre vos enfants ? Défendre vos familles, vos terres ?!

    Un hourra puissant s'échappa des femmes qui comprenaient enfin le discours de leur reine, ce qui lui permit de commencer l'entraîner de ses guerrières. Elles y mettaient beaucoup d'application, beaucoup d'ardeur ce qui rendait Matoaka fière d'elles. Elles voulaient se dépasser, se rendre autonome et puissante pour correspondre à la demande de leur reine. Alors que cette dernière surveillait avec précision son groupe, un violent coup au ventre la fit se tordre. Sa garde rapprochée venait rapidement à elle quand elle mordait sa lèvre sous la douleur :

    - Je vais bien.. Je vais bien.. Je.. Mh.. Il faut que je m'assied. Laissez-moi.. Ouch.. Laissez moi m'asseoir.

    Une botte de paille lui fut donné. Elle touchait son ventre et tentait de s'examiner. Quelque chose clochait. Quelque chose d'anormal se passait en elle. Pourquoi est-ce qu'elle avait l'impression que son corps n'était pas comme la dernière fois ? Est-ce que le voyage dans le temps avait transformé quelque chose. La sensation d'avoir un autre corps en elle la fit blêmir, surtout en sentant quatre pied sur son ventre. Rapidement elle demanda à se faire ramener. Une fois dans sa chambre, elle demandait un bain. Cela l'aiderait à se détendre ce qui fut le cas. Son ventre uniquement sortait de l'eau et elle l'observait songeuse :

    - Qui donc est avec toi mon Kisos ?


    immarcescible, Posté le vendredi 30 juin 2023 08:58 Répondre

    Debout devant la glace, Matoaka observait son visage rajeunit puis son corps de nouveau jeune portant la vie. C’était un nouveau choc. Comme si elle n’en n’avait pas assez vécu dans sa vie. Une main sur son ventre lui fit comprendre que quelque chose de différent sommeillait en elle désormais. Elle ne comprenait pas ce qui c’était passé et entendre Leif paniquer derrière elle ne l’aidait en rien. Elle avait besoin de calme, de silence et d’apaisement. Un coup sur son ventre la fit grimacer et revenir son compagnon près d’elle.

    - Je viens.. Le.. Le bébé m’a donné un coup mais.. mais ça va, expliquait-elle en se rasseyant sur le bord du lit, donne moi une robe que je me couvre s’il te plaît.

    Une fois vêtue elle lui donna pour ordre de s’habiller à son tour. Il était dans une panique telle qu’elle se devait de rester calme et de l’aider. Il y avait comme un goût de déjà vu dans cette chambre, dans cette journée qu’ils allaient vivre. Elle comprenait rapidement qu’ils avaient fait un saut dans le temps mais qui avait bien pu les envoyer ici ? Lagertha et Erik n’avaient plus de pouvoir. Les Anciens ? Les Esprits ? C’était beaucoup trop flou dans son esprit.

    Alors que Leif continuait de faire les cent pas devant elle, Matoaka prit une ample inspiration avant d’être coupée dans son élan par Arès qui arrivait dans la chambre. Il était de nouveau un enfant et avançait dans le chariot que lui avait construit Leif. Cela eut raison d’elle et elle sentit son coeur se fendre.
    - Isha.. Nous avons remonté le temps..

    Le petit garçon ne comprenait pas l’inquiétude de ses parents et vint rapidement vers son père pour comprendre ce qu’il lui arrivait. Les domestiques venaient pour la toilette de la Reine et comprirent que quelque chose clochait. Aussi, elles allèrent prévenir Nashoba, Feargus, Svala et Björn. Pendant ce temps, Arès répondait aux questions de son père qu’il trouvait étrange et inquiétant quant sa mère restait silencieuse. Enfin, le groupe privilégié du Roi et de la Rein surgissait dans la chambre. Pour eux, le couple s’était endormi la veille normalement. Aussi, ils ne comprenaient pas ce revirement de situation que Matoaka se mit à expliquer le plus calmement possible :

    - Vous dites que vous venez du futur, demandait Björn, donc vous savez tout de l’avenir.
    - Absolument pas. Avec notre retour tout est bousculé, tout va être modifié. D’ailleurs, ma grossesse n’est pas la même que celle de la dernière fois et je..

    Elle sentie un nouveau coup qui la fit grimacer. En vérité, Matoaka avait peur. Il n’y avait aucun moyen de savoir ce qu’elle portait. Etait-ce Kisos ? Cela n’avait aucun sens. Ce n’était pas normal et elle avait peur de ne jamais retrouver son fils adoré. Heureusement, Leif vit son trouble et elle lui prit la main qu’elle serrait fort :

    - Je ne sais toujours pas ce qui s’est passé mais.. mais si Kisos n’est pas là Isha.. S’il n’est plus là..

    Comment pouvait-elle pleurer un enfant qui n’allait peut-être jamais existé ? Comment allait supporter ce chagrin, ce fardeau. Au moins, Leif était là et il la tenait dans ses bras. Ils se retrouvèrent rapidement de nouveau seuls dans la chambre pendant le groupe allait prévenir le reste de la famille. Matoaka pleurait. Les hormones et la peur avaient raison d’elle. Une main sur son ventre, elle essayait de capter quelque chose. Un signe, une vision qui la rassurerait mais rien ne venait :

    - Avant que nous nous endormions j’ai eu une vision mais je ne sais pas si c’est quelque chose qui va se produire ou s’il s’agit de mon esprit qui voulait me réconforter.

    Elle évoqua la vision de cette petite fille dans les bras de son père et la beauté de ce moment si singulier. Dans sa vision Leif était brun aussi c’est pourquoi elle avait prit cela pour une fausse vision et pas une image potentielle de leur avenir. Relevant ses prunelles vers son fiancé elle lui expliqua à quelle époque ils étaient censés se trouver et ce qui allait se passer dans les prochains jours :

    - Meghan… Une de tes maîtresses va venir pour emporter Arès et le torturer. Tu vas la tuer et Rollo sera là pour le voir. Je vais accoucher et ensuite tu vas vouloir m’épouser. Quand nous reviendrons de notre lune de miel c’est là que.. c’est là que je m’interposerais entre la flèche et toi. On peut.. On peut encore tout arranger n’est-ce pas ? Est-ce que.. Est-ce que l’on peut espérer que les Esprits nous donnent une autre chance Isha ? Tu crois qu’ils nous laissent l’opportunité d’être heureux ensemble ?

    Dans tout ça, il y avait quand même une lueur d’espoir dans le regard de Matoaka qui avait envie d’y croire. Bien entendu, elle avait peur, monstrueusement peur de ce qui risquait de se passer dans les prochains jours et elle le confia à Leif avant de prendre sa main dans la sienne et dire :

    - Mais j’ai espoir que nous y arrivions parce que tu es là. Je sais qu’avec toi je pourrais tout affronter. J’ai foi en toi Leif Erikson, plus qu’en n’importe qui.


    immarcescible, Posté le lundi 26 juin 2023 11:11 Répondre

    Le thé qu’elle buvait réussissait à peine à la réchauffer. Blottie contre la pierre brûlante de la cheminée, Matoaka observait avec une crainte et un ressentiment certain les Erikson qui se retrouvaient. Le ressentiment parce qu’elle avait été abandonnée et contrôlée par Perséphone et Hadès toutes ces années et parce qu’elle ne savait pas ce qu’impliquait le retour de ses beaux-parents dans leur vie. Ce voyage devait rapprocher Leif et Matoaka, pas créer une nouvelle distance.

    Il suffisait de les voir tous les trois réunis, comme s’ils s’étaient quittés la veille. Bien évidemment qu’elle était heureuse que Leif puisse retrouver ses parents. Mais sa crainte se muait en méfiance surtout en connaissant les deux Dieux destitués. Elle ne voulait pas qu’ils se servent de Leif pour accomplir un rite ou un retournement de vie qui les séparerait de nouveau. Alors qu’ils évoquaient les souvenirs ensemble, Matoaka se leva et se rendit dans la petite pièce qu’ils occuperaient le temps de leur séjour.

    - Bonne nuit, murmurait-elle en passant devant eux sans un regard.

    Une fois dans la chambre, elle réussit non sans difficulté à retirer les épaisses fourrures qui la protégeait pour revêtir une simple tunique. Puis, elle vint à se blottir dans le lit certes confortable mais qui était bien vide sans Leif près d’elle. Elle attendit un moment et fut presque persuadée qu’il ne viendrait pas la rejoindre mais il fit enfin son apparition. Il semblait croire qu’elle dormait aussi il arrivait à tâtons et se changea avant de venir la rejoindre sous les épaisses couvertures. Le laissant l’enlacer par derrière, elle agrippa ses mains des siennes en murmurant :

    - Je n’ai pas confiance Isha.. S’il te plaît soit vigilant. N’oublie pas que ce sont d’anciens Dieux et que ton père était un homme d’ambition et de pouvoir.

    Le silence de Leif lui confirmait ce qu’elle pensait. Il était tellement enchanté de retrouver ses parents qu’il n’avait pas pensé à cette possibilité. Lentement, elle se retourna vers lui et planta ses iris dans les siens. Ils étaient légèrement illuminés par la cheminée de la chambre et ils pouvaient entendre le crépitement du feu.

    - J’espère de tout mon coeur me tromper mais.. Mais je n’ai pas confiance mon amour. Et je me suis jurée à moi-même de ne plus rien laisser, plus personne, nous séparer. Je ne veux pas te perdre de nouveau. J’en mourrais définitivement.

    C’était bien la première fois que des sanglots apparaissaient dans sa voix. L’autre Leif avait déjà pu voir la jeune femme pleurer mais pas ce nouveau Leif. Pour lui elle s’était résolue à être forte, déterminée, implacable. Mais là, blottie contre lui avec le passé sur le pas de la porte, elle avait peur. Peur de le voir disparaître de nouveau, d’être séparée de lui et de devoir repartir à sa recherche. Non, cette idée était impossible à concevoir. Quelques larmes perlées au bord de ses yeux pouvait lui donner le sentiment d’urgence et d’inquiétude chez son épouse. Mais les pas près d’eux résonnaient et ils ne pouvait plus faire de bruit de peur d’être entendus ce qui les poussa au sommeil.

    Au petit matin, comme par enchantement, la tempête de neige qu’ils avaient bravé depuis quatre jours s’était tue. Ils avaient une vue grandiose sur une chaine de montagne et sur un océan de nuage. Ils étaient haut en altitude et avaient l’impression d’être au sommet du monde. Matoaka se réveilla une fois encore seule. Après s’être habillée rapidement, elle se rendit à l’extérieur pour voir le père et le fils couper du bois ensemble. Lagertha rejoignait sa belle-fille et lui proposa une tasse de thé qu’elle ne pu refuser et continua de contempler le visage de son époux qui souriait en parlant avec son père :

    - Je sais que tu te méfies et je comprends bien pourquoi mais tu n’as pas à t’inquiéter de nous.
    - Pourquoi est-ce que je sens comme une tentative d’amadouement ?
    - Matoaka.. Tu dois comprendre qu’il nous était impossible de venir te rejoindre à Kattegat. Nous ne pouvons pas quitter cette montagne. Pour la première fois de votre vie toi et Leif vous avez pu faire vos propre choix sans que le destin s’en mêle.
    - Et donc je dois être reconnaissante ?

    La brune se tournait vers sa belle-mère en fronçant les sourcils. Le conflit n’était pas loin mais Lagertha savait qu’elle devait être patiente pour amener Matoaka jusqu’à elle. La blonde fit signe à sa belle-fille de la suivre et la conduisit jusqu’à l’arrière de la maison où une étrange cavité dans la montagne permettait d’entrer dans une grotte. Méfiante mais curieuse, l’amérindienne la suivit et pu observer des dessins amérindiens et vikings sur la paroi. Encore plus intriguée, elle se demandait bien quel était cet endroit.

    Elles arrivèrent rapidement dans une étrange petite grotte accompagnée d’une source chaude. Matoaka reconnaissait cet endroit qui lui rappelait la grotte des rois à Kattegat. Les murs ici étaient rocheux, quasiment agressifs et constitués de différents dessin qu’elle ne connaissait pas forcément. Cette langue était étrange et ne lui donnait aucune indication sur le but de ce lieu :

    - Qu’est cette langue, demandait-elle en s’approchant de la paroi, quel est cet endroit ?
    - C’est sans importance. Te souviens-tu lorsque tu as fais un voyage dans le temps avec Leif..?
    - Oui.. C’est la première fois que je vous rencontrais. Leif voulait à tout prix repartir pour vous sauver et tout modifier. Mais vous m’avez supplier de l’en empêcher.
    - Matoaka se retournait vers Lagertha, les sourcils froncés persuadée d’enfin comprendre l’importance de la faire venir ici.

    - Vous voulez que je déploie mes pouvoirs pour retourner dans le passé c’est ça ?
    - Je sais que tu es dotée des dons des Anciens Matoaka et nous voudrions que tu les utilisent pour revenir là où tout a échoué.
    - Ainsi donc j’avais raison.. C’était calculé.

    L’air devenait quasi irrespirable dans cette petite cavité. Matoaka avait besoin de sortir et de rejoindre Leif mais Lagertha la retenait en agrippant ses mains fermement. Jamais encore l’amérindienne avait vu ses prunelles aussi dur et implacable.

    - Tu dois nous ramener à ce moment précis. Tu dois sauver la divinité de notre fils. Il ne peut être un simple mortel. Il doit devenir le Dieu suprême des dieux. Ne me fais pas regretter d’avoir cru en toi et de t’avoir choisi pour lui. Tu es celle qui doit l’amener au centre du monde.
    - Leif mérite d’avoir le choix, d’avoir le repos ! Vous n’avez pas à décider pour lui !
    - C’est un homme. Et comme tous les hommes, il ne sait pas ce qu’il veut et ce qui est bon pour lui.

    Matoaka ne comprenait pas ce subrepticement changement de visage chez Lagertha. Jamais encore elle n’avait parlé de la sorte et était aussi manipulatrice. Réussissant à s’extraire de sa poigne en lui donnant un violent coup dans le nez, la brune siffla entre ses dents :

    - Je ne déciderais jamais pour lui. Je ne suis pas vous.

    Sans attendre son reste, elle s’enfuyait de la grotte pour rejoindre Leif en courant. Il était toujours avec son père mais il semblait plus tendu, plus inquiet. Elle arrivait à lui mais s’arrêta en cours de route quand elle vit les yeux d’un bleu brillant de Hadès. Il semblait satisfait quand Leif doutait. Un seul regard entre eux deux lui fit comprendre que son père lui avait parlé du voyage dans le temps et qu’il y songeait sérieusement.

    - Non, soufflait-elle en le suppliant du regard, Isha non..
    - Notre fils est destiné à de grandes choses Matoaka.. Il doit les réaliser.
    - Isha.. Je t’en prie..
    - Tu ne pourras pas décider pour lui. Il faut que tu cesses de l’empêcher d’être qui il doit être.
    - Isha..

    Ses yeux à elle brillaient de larmes qu’elle contenait le plus possible. Elle était incapable d’avancer vers lui. Elle ne voulait pas s’en prendre physiquement à Erik. Sa mère surgissait peu de temps après, le nez en sang ce qui fit réagir Erik qui vint l’aider. Ils étaient enfin seuls et elle laissa Leif venir à elle quand quelques larmes coulaient enfin de ses yeux :

    - Et si ça ne fonctionne pas.. Et si on ne se retrouve pas. Les voyages dans le temps sont dangereux Isha. On ne sait jamais quand et où on atterrit. Mes dons ne sont pas infaillible. Je t’en prie.. Ne les laissent pas décider pour toi, pour nous.


    immarcescible, Posté le jeudi 22 juin 2023 11:13 Répondre

    Le coeur de Rollo palpitait encore dans la main ferme de Matoaka. Elle l'avait eu sa vengeance et le regard à la fois terrifié et vide de son ennemi lui confirmait. Encore essoufflée et couverte de sang des hommes de Ildrick, elle leva son regard vers un Leif à la fois inquiet et épaté. Cela la fit doucement sourire et se pencher sur le corps sans vie de Rollo pour agripper le col de son époux. Elle lui donnait un profond et langoureux baiser, encore excitée par ce moment profondément tragique mais aussi intense. Ils avaient enfin détruit la source de violence qui les menaçaient depuis tant d'années.

    - Je t'expliquerais, murmurait-elle contre ses lèvres quant il évoquait son potentiel de déesse, viens..

    Elle se leva et jeta le coeur de Rollo dans le feu. Pour les amérindiens c'était un geste fort qui allait maudire pour l'éternité l'homme en question. Mais elle n'avait pas le temps d'y penser outre mesure, puisqu'ils devaient poursuivre Ildrick qui s'enfuyait. Sa vieillesse et sa lourdeur l'avait bien retardé, aussi, le couple le rattrapa assez rapidement et le firent tomber de son cheval. Après l'avoir fait trainer sur le ventre, ils le ramenèrent au village où les habitants ne savaient plus qui étaient leur véritable ennemi. Matoaka restait à cheval et observa la foule en leur montrant l'horrible Ildrick qui geignait de douleur au sang, recouvert de blessures à cause de la chevauchée intense de Leif.

    - Cet homme vous a asservi ! Il a violé vos femmes et détruit votre liberté ! Leif Erikson vient de vous en libérer et je vois encore vos visages de haine ?! Regardez ce qu'Ildrick a fait de vos femmes, de vos filles, de vos soeurs !

    Lentement elle allait et venait, si petite sur son haut cheval, devant la foule qu'elle observait avec une colère non dissimulée. Comment pouvaient-ils encore juger Leif coupable sans connaître l'histoire de leur Roi. Qu'avait donc bien pu raconter ce salop d'Ildrick.

    - Il y a seize années, Leif Erikson a été possédé d'un odieux démon provenant de votre Helheim ! Il a lutté de toutes ses forces mais les ténèbres nous guident parfois bien mieux que la lumière de Odin. Nos dieux l'ont abandonné et ont laissé cet être immonde s'en prendre à notre Roi ! A un père, à un époux ! Aujourd'hui il vient repentant vers vous, sans honte pour rattraper les erreurs passées d'un démon ! Jamais il ne pourra réparer la douleur de cette violente nuit, jamais. Mais aujourd'hui il est là, prêt à vous aider, vous protéger et être le guide que vous méritez !

    La voix puissante de la guerrière résonnait dans toute la montagne. Les gens l'écoutaient avec crainte et fascination à la fois. Quelle étrange petite femme couverte de sang qui semblait n'avoir peur de rien. Revenant près de Leif, elle prit sa main dans la sienne et déclara une nouvelle fois :

    - J'ai confiance en toi et je te suivrais jusqu'au Ragnarok s'il le faut.
    - Longue vie au roi ! Longue vie à Matoaka !

    Le mouvement de foule venait des femmes souillées par Ildrick même. Elles s'étaient réunies entre elles et poussait la foule à s'ouvrir et à ne plus avoir peur. Matoaka esquissait un doux sourire de fierté en les voyant s'ouvrir et s'affirmer. Il n'y avait que les femmes pour faire en sorte que les hommes sortent de leur zone de confort. Fière d'elles, la reine descendit de son cheval et laissa Leif s'occuper de la dépouille à moitié vivant d'Ildrick pendant qu'elle allait vers le groupe de femmes violées. Certaines avaient l'âge d'être sa fille et la soeur de Kisos. Le coeur bouleversé, elle en prit certaines dans ses bras et leur proposa de les soigner.

    En effet, pendant que Leif s'occuper de regagner la confiance des hommes, Matoaka elle, soignait les blessées. Elles avaient toutes subies des viols terrible et des mutilations telles qu'elle en avait la nausée. Mais devant ces femmes, elle devait rester forte. Alors, tout le reste de la journée, elle les soigna dans ce qu'ils appelaient le dispensaire et où elle fit aménager des lits. D'autres blessées, des malades arrivèrent peu de temps après. La renommée des dons médicaux de Matoaka n'était pas tombé dans l'oreille de sourds. Fort heureusement, Leif passa et elle le missionna pour s'occuper des malades. Elle se gardait les épouses de Ildrick.

    Le reste de la journée se passa ainsi, dans les soins et la réorganisation du domaine. Beaucoup d'hommes allèrent chercher les paysans aux alentours pour leur annoncer que Skellige avait été libérée par Leif et Matoaka. Comme ils étaient tous les deux légendaires désormais, beaucoup voulaient venir voir de leurs propres yeux. Aussi, un mouvement de foule important inonda la ville. Certains hommes avaient forcé le trésor dissimulé du vicieux Ildrick ainsi que les provisions qu'il volait. Il fut convenu entre chaque et sous la gouvernance de l'ancien que tout serait redistribué équitablement. Les gens s'organisèrent entre eux, poussés par la confiance qui régnait de nouveau dans la ville. De plus, le Thing venait d'être convoqué pour élire un nouveau Jarl, Matoaka avait alors proposer de rester quelques jours pour les aider à tout réorganiser et ainsi créer une branche économique qui leur soit favorable par la suite. Elle ne perdait pas de vue l'importance de l'acier indestructible.

    Au soir, épuisée, Matoaka rejoignit Leif qui discutait politique avec certains hommes. Elle caressa sa nuque en restant debout et expliquant que si elle s'asseyait elle ne pourrait plus se relever. Pour la nuit, l'ancien proposa de leur prêter leur maison. Matoaka avait refusé dormir dans la forteresse de Ildrick ou de Rollo. Ils s'installèrent donc tous les deux dans la modeste demeure de l'Ancien qui essayait de tout ranger mais très vite ils le rassurèrent et ajoutèrent :

    - Nous avons dormi plus d'une fois dehors à même le sol l'Ancien. C'est déjà un palais pour nous que de dormir sous un toit. Merci encore de ton hospitalité.

    Il était tard dans la nuit quand après un bain frais et rapide elle se coucha contre Leif. Matoaka était épuisée et se blottissait contre le lit bien confortable. Elle était incapable d'ouvrir de nouveau ses yeux et répondait à Leif par des "mh, mh", sans vraiment écouter tant le sommeil la happait. Ce sont dans les bras fort et réconfortant du colosse qu'elle trouvait sa force et le courage de se ressourcer. Au petit matin, elle s'éveilla bien après Leif. Elle le cherchait dans le lit et se redressa avec inquiétude. Cette peur de le voir disparaître de nouveau ne la quitterait jamais. En se redressant donc, elle le vit assis près du feu à l'observer. Il semblait perdu dans ses pensées. Se dirigeant vers lui, elle vint tendrement caresser sa nuque et s'asseoir sur ses genoux. Son visage s'enfouissait dans son cou qu'elle couvrait de doux baisers, blottie contre lui :

    - Comment tu te sens, demandait-elle en continuant ses caresses, hier a été une grosse journée et nous n'avons pas eu le temps d'en rediscuter.


    immarcescible, Posté le lundi 19 juin 2023 18:06 Répondre

    Le cheval avançait au pas dans la forêt brumeuse. Matoaka chantait des chants amérindiens à Leif quand elle plaquait son nez glacé contre son cou brûlant. Elle lui racontait les légendes de son peuple et ce qui constituait le lien fort qu’elle avait avec Aponi. Ils étaient tous les deux enveloppé dans une épaisse cape qui les protégeaient du froid mordant de la forêt. Ils prenaient leurs temps, se cherchant et discutant à dos de cheval. Elle lui posait des milliers de questions précises sur les visions qu’il avait eu de cet avenir. De cette fille, de Kisos. Ils n’étaient partis que depuis une journée mais son fils lui manquait cruellement. Mais elle n’osait pas le dire à Leif de peur qu’il fasse demi-tour.

    - Nous devrions nous rendre dans les mines de Skellige et nous présenter au maître des lieux. Gunnilde a raison en disant que nous devons nous réarmer. Débuter un commerce avec les artisans locaux nous évitera des pénuries importante et puis, nous pourrions transférer ce pouvoir à Kattegat.

    Ils prirent donc la direction de la montage où ils trouvèrent assez aisément le village. Il était tout en hauteur, protégé par les pic rocheux de glace qui ne semblaient pas craindre le printemps. Les gens les observaient avec méfiance et incrédulité. Il était peu courant de voir un couple étranger aussi richement vêtu. Arrivé sur la place du village, ils furent rapidement encerclés par les villageois même. Matoaka ne craignait rien, elle connaissait bien la rudesse viking et comment les amadouer, mais là, quelque chose semblait clocher. Les gens étaient affamés, sales et complètement vidés d’énergie. Quelque chose n’allait pas.

    - Nous cherchons votre maître.. votre Jarl.. Je me présente, Matoaka Erikson, Skjaldmö, épouse du grand guerrier - Leif Erikson et Roi de Kattegat. Nous sommes ici pour faire commerce.
    - Nous savons très bien qui vous êtes.. Celui que vous appelez votre époux est déjà venu ici par le passé.

    Matoaka se tendit. Entendre parler du passé de Leif était à double tranchant, mais ce qu’elle craignait le plus c’était la possession de Leif pendant ces quinze dernières années. Alors qu’ils allaient s’en expliquer, des guerriers arrivèrent, armés jusqu’aux dents, prêt à attaquer. Impossible de fuir, ils étaient cernés. Elle retint Leif qui était déjà prêt à partir au combat et tenta la médiation.

    - Il n’est plus cet homme là ! Je vous ordonne de vous arrêter ! Conduisez- nous au chef du village et nous vous raconteront son histoire au skali.
    - Impossible ma dame. L’homme derrière vous doit être jugé pour ses méfaits. Rendez-vous sans violence et le Thing le juge coupable, il aura une mort clémente.

    Agrippant la main de Leif dans la sienne, elle lui murmura de lui faire confiance. Elle lui semblait un regard inquiet mais qui se voulait rassurant. Jamais elle ne les laisserait s’en prendre à lui, autant mourir que de le regarder se faire brûler par une foule en délire. Une fois descendu du cheval, elle posa sa main sur sa joue en lui murmurant qu’elle allait le sortir de là :

    - Je vais venir te chercher et tout arranger je te le promet Isha.

    Les guerriers s’approchaient de Leif et voulaient le ceinturer mais c’était mal connaître le colosse qui ne se laissait pas faire. Beaucoup étaient impressionnés par le géant qui s’approchait d’eux et qui était docile. Dan le souvenir de plusieurs villageois, leur dernière rencontre n’avait pas été aussi pacifique. Matoaka savait que le passé de Leif pouvait ressurgir, elle ne pensait juste pas être prise au dépourvu. Des gardes vinrent l’encercler à son tour et la conduire vers les hauteurs de la mine où se dissimulait une étrange demeure. Un homme vieux et mal en point se tenait assis sur son trône et il était entouré de jeunes filles aux visages décharnés et complètement livide. Il n’y avait aucun doute sur le fait qu’il était un piètre maître des lieux et qu’il abusait de toutes ces jeunes femmes.

    Matoaka le fixait de ses prunelles sombre quand il la détaillait avec attention. Un garde s’approchait de lui et murmura quelque chose à son oreille, sans doute pour se présenter. L’amérindienne attendait patiemment lorsqu’elle le voyait toussant et crachant dan un mouchoir rempli de sang. Il était repoussant avec ses cheveux long et gras, sa peau limite jaunâtre et ses chicots sombre lui donnant le sourire de l’enfer.

    - Ainsi donc nous voilà venu des terres du sud notre belle et divine Reine.. Ma chère, quelle joie pour moi de vous recevoir dans ma modeste demeure.

    Sa joie était effroyablement sifflante, comme celle d’un serpent. Mais Matoaka n’était pas le moins du monde impressionnée. Digne et fière, elle salua comme il le convenait le maître des lieux et le remercia pour son hospitalité :

    - Je n’ai pas l’honneur de connaître votre nom.
    - Oh.. Comme je suis confus ma dame mais je me nomme Ilrick-le-Vaillant. Roi de ces terres.
    - Roi ?
    - Absolument ma chère, je suis d’ascendance noble ne le saviez-vous point ?

    Matoaka connaissait parfaitement la politique intérieur de toute l’Europe et il ne lui était jamais venu à l’oreille l’histoire d’un Roi se nommant ainsi. Il avait une telle tête d’usurpateur qu’elle se doutait que quelque chose de malsain. Quelque chose attirait son oeil vers le médaillon qu’il portait et elle reconnut alors le sceau de Rollo. L’ultime ennemi de Leif et Matoaka. Est-ce que le vieux Ilrick était l’un de ses sbires ? C’était fort probable. Aussi, Leif courait un grave danger et elle ignorait comment l’en sortir. Jamais Gunnilde ne les auraient envoyé sur cette terre de son propre grès. Il n’y avait aucun doute désormais sur le fait que cette bande de mercenaires avaient envahi la mine pour s’enrichir.

    - Nous sommes venu sur vos terres pour trouver le minerai donnant l’acier le plus indestructible. Je sais de source sûre qu’il se trouve ici. Nous sommes donc venu avec mon époux, le Roi Leif Erikson pour commercer..
    - Leif ? Leif Erikson Roi ? Je le croyais enfin six pieds sous terre ce fils de pute ?
    - Il se trouve exactement dans l’une de vos prisons pour des crimes qu’il n’a pas commis et qui..
    - Bien sûr que si. Tout le monde sait ce qu’il a fait pour vous retrouver. Tout le monde connaît les crimes odieux et ignobles de votre époux ma dame. Que vous couchiez avec une bête est sans aucun doute votre problème mais pour le reste du monde, taratatata. C’est une autre histoire.
    - Il n’est pas convenable dans la tradition norrois de porter atteinte à un homme sans qu’il eut le droit à son procès.
    - Une étrangère va m’apprendre les règles de mon pays !

    Son rire était gras, grossier et ignoble. Il faisait bouger son gros ventre flasque et dévoilait une fois encore ses ignobles chicots. Toutes les jeunes femmes auprès de lui baissaient la tête, honteuse et effrayée par ce rire quand Matoaka le fixait avec une colère silencieuse. Elle osa faire un pas mais se retrouva rapidement entourée de gardes. Ils étaient bien trop nombreux pour elle seule et ils avaient bien évidemment un meilleur équipement. Ce n’était pas sa petite dague qui allait la sauver :

    - Je ne demande que justice pour un homme qui a déjà payé sa dette auprès de son peuple.
    - Et moi je veux juste offrir sa tête à un vieil ami.

    Ainsi donc elle avait vu juste. Ilrick était un sbire de Rollo qui vivait encore.

    - Il est ici n’est-ce pas ?
    - A peine quelques heures de cheval en effet.
    - Faites-le venir, je veux le voir.
    - Il m’avait prévenu de votre intrépidité mais pas de votre déraison ma dame.
    - Dites lui que je veux le voir et qu’il obtiendra ce qu’il veut depuis toujours.

    Ilrick voyait la détermination dans le regard de Matoaka. Elle en était tellement impressionnante qu’il en eut peur. Il fit donc signe à son page et lui dicta quelque chose à l’oreille. Aussitôt après, le jeune homme partit en courant ce qui signifiait que Ilrick allait donner à Rollo ce qu’il désirait depuis toujours. Son demi-frère et Matoaka. Il ne fallut pas attendre longtemps avant qu’il ne débarque tel un chiot revenant à son maître. L’amérindienne faisait les cent pas dans le skali, patiente sous l’oeil de Ildrick qui était entrain de manger. Lorsqu’enfin il apparut dans la pièce commune, il se stoppa pour observer la Reine de Kattegat :

    - Alors il disait vrai ce vieux fou d’Ildrick ?
    - Et oui mon ami.. Quelle prise tu a vu ?

    Rollo avait vieilli mais avait gardé sa prestance. Il tournoyait tellement un faucon autour de Matoaka qui plantait ses iris furieux dans les siens. Il souriait, visiblement heureux de la voir ce qui l’agaçait encore plus :

    - Je t’ai vu mourir, murmurait-il en prenant ses mains dans les siennes, ma flèche elle.. elle devait atteindre Leif.. Pas toi..
    - Tu devais bien te douter qu’en l’attaquant lui tu m’attaquais mois.
    - Cesses donc.. On aurait pu être si heureux ensemble tu le sais bien. Tu te souviens de Oran ? La liberté..
    - Je ne me souviens de rien car il n’y avait que la vengeance qui me guidait Rollo, tu le sais bien.

    Il en riait en embrassant les mains de l’amérindienne qui retenait une moue de dégoût. L’obsession que cet homme avait toujours eu pour son demi-frère lui en avait fait avoir une pour sa belle-soeur. Or, si autrefois elle avait pu en jouer, désormais elle savait qu’elle devrait jouer autrement sa carte et Rollo le savait aussi.

    - Ainsi donc il est toujours en vie ? Il est donc immortel..
    - Leif a été béni par les dieux. Il est l’un des leurs..
    - Arrête ! Mon frère n’est rien de plus qu’un homme qui a été gâté toute sa vie. Qui te dis qu’il ne t’as pas quitté toutes ces années pour aller piller et violer comme le font les bon vikings ?
    - Parce qu’il n’est pas toi Rollo. C’est un homme d’honneur.

    Le regard de Rollo se fronçait. Il ne pouvait accepter cette vérité. Il se servit un verre de vin quand Ildrick faisait vider le skali de ses nombreuses épouses. Matoaka avait mal pour elles mais elle devait se concentrer sur elle et sur Leif, le sauver d’une mort certaine.

    - Que vais-je bien faire de toi petite sauvage, dit-il en venant s’adosser face à elle un sourire en coin.
    - Me donner ce que je veux.
    - Et que veux-tu ?
    - Serrer entre mes mains ton coeur que j’aurai arraché de ta poitrine.

    Elle était impressionnante avec sa voix douce et calme. Le pire dans tout ça, c’était que Rollo savait qu’il mourrait comme cela. Il vint à ricaner, persuadé qu’il allait pouvoir tromper le mauvais sort et fit signe à ses soldat d’enfermer Matoaka dans une des chambres et de faire venir Leif dans le skali.

    - Il est temps de faire une réunion de famille.


    immarcescible, Posté le samedi 17 juin 2023 10:51 Répondre

    C'est avec beaucoup de patience et de discrétion que Matoaka donnait des indications à Leif sur les invités du banquet. Elle lui expliquait aussi les us et coutumes des uns et des autres et tentait du mieux qu'elle pouvait d'abreuvoir la curiosité du colosse. Mais elle aussi en apprenait. Les sourcils froncés, elle écoutait ces histoires de mariage arrangé ou encore de terres à partager. Elle connaissait assez bien Leif pour savoir qu'il n'aurait jamais oser faire de telles choses sans elle. Ainsi, Matoaka doutait, et quand elle doutait, elle devenait suspicieuse. D'ailleurs, cela arriva à son apogée lorsque la femme de Olaf, Aslaug, déclara devant tout le monde avoir eu une liaison avec Leif. L'humiliation était telle que l'amérindienne dû faire en sorte de se retenir pour ne pas trancher la gorge de la blonde assise devant elle. Son compagnon, quant à lui, incapable de se défendre s'étouffait dans son verre et tous les regards convergeaient vers lui.

    Non, elle ne pouvait pas y croire. Leif était bel et bien vierge quand elle l'avait connu. Elle revoyait sa timidité, sa gêne, toutes ses questions inquiète. Ce moment était gravé dans son coeur et elle l'avait revécu quelques heures plus tôt. Droite et fière sur sa chaise, Matoaka posa son oeil sombre et inquiétant sur sa rivale en lançant sur un ton froid et autoritaire :

    - Je suis désolée ma dame mais il me semble qu'il n'y a que les prostitués pour oser s'exprimer de la sorte et je crains pour vous que vous ayez confondu mon mari à d'autres de vos clients. Etant donné l'homme qu'il est, il ne se serait jamais contenté d'une simple domestique sexuelle. Je peux vous l'assurer.

    Olaf connaissait le caractère ombrageux de la reine de Kattegat et il ne sut comment et s'il devait prendre position. Difficile entre sa femme qui était une vipère ascensionnelle et sa vieille amie qui avait le pouvoir de tout détruire ici de par sa rage. Quelques rires étouffés apparaissaient dans la salle quant Aslaug devenait rouge de rage. Elle qui pensait avait lancé une bombe à table se voyait retourné le projectile contre elle. Pendant ce temps, Matoaka ne réagissait pas, si ce n'est en mangeant quelques légumes grillé et reprenant sa conversation avec une Jarl d'un comté tout proche. L'ignorance et la condescendante de la reine fit sortir de table Aslaug qui cherchait déjà comment se venger.

    - Les russes ont commencé à établir des ports de commerce sur la frontière et ils ont envie de pénétrer nos terres.
    - Sous le principe du commerce ils viennent tout doucement s'implanter pour mieux nous attaquer c'est évident, répliquait Matoaka à Gunnilde-la-Brave, nous devrions consolider les frontières et commencer à réunir et réarmer nos villes.
    - Je ne vous savais pas aussi pessimiste ma dame, ricanait Gerrick qui s'amusait jusqu'auparavant à taquiner Leif pour sa pseudo histoire d'amour avec Aslaug, les russes n'oseront jamais venir jusqu'ici. Ils n'y auraient aucun intérêt.
    - Parce qu'il faut avoir un intérêt pour conquérir une terre ? Pourquoi alors aller piller les contrées du sud quand nous pourrions commercer ?

    La réponse de Matoaka déconcerta Gerrick mais fit sourire Gunnilde et Olaf. La reine continua en évoquant les avantages du commerce, de l'agriculture et de la paix ce qu'ils avaient réussi à instaurer à Kattegat et aux alentours depuis quelques années.

    - Ne vous êtes vous pas bien plus enrichis tous à cette table depuis tout ce temps ? Et la richesse provoque quoi mes amis ? L'envie, la possession. Si aujourd'hui nous ne prenons pas conscience que nous sommes une cible privilégiée pour les russes, nous avons dores et déjà perdu la guerre. Nous devons commencer à en parler et s'organiser. Renforcer notre pouvoir.
    - Et puis quoi encore.. Choisir un roi de la Norvège entière, répliquait toujours Gerrick qui levait les yeux au ciel.
    - Exactement, affirma Matoaka, nous devrions avoir un Roi ou une Reine unique qui prendrait les décisions pour le bien de chacun. Qui saurait nous réunir, tous, sous une seule et même bannière.

    De nouveau un silence naissait à table. Matoaka était respectée comme guerrière, femme politique et aussi parce qu'elle avait ses dons. Elle était écoutée et respectée pour sa fidélité à Leif et à sa famille, mais pourtant, son discours risquait de bouleverser bien des pensées. Se redressant, elle continua à évoquer ce qu'elle entrevoyait :

    - Nous ne pouvons pas continuer à être dispersé. La géopolitique du monde s'ouvre et nous restons encore et toujours enfermés dans de vieilles querelles de guerriers.. Nous nous battons entre nous alors que le véritable ennemi prend de plus en plus de force. Nous devons nous unir. Ensemble nous serons plus fort ! C'est ce qui nous sauvera des païens, des russes et de tout autre envahisseurs.
    - Donc chaque Jarl perdrait de sa valeur, de son pouvoir ?
    - Qui dit qu'il perdrait sa valeur ? Ce serait bien au contraire quelqu'un d'intelligent que de servir son peuple au lieu de ses intérêts. Non ?
    - Et qui serait ce grand Roi, demandait un Olaf qui souriait en coin, qui donc serait l'élu ?

    Tous les regards se tournaient vers un Leif silencieux. Certains, des complotistes, pensaient qu'il s'agissait d'une ruse de Matoaka, l'étrangère, la sorcière, qui voulait asseoir son pouvoir sur sa famille. Elle savait que des gens allaient penser ça, mais elle était plus intelligente qu'eux et avait anticipé cette question.

    - Il serait soumis au choix des Dieux. Nous sommes tous sous le destin de nos divinités. Seul le fils de Odin pourra gouverner.

    La fin du repas fut bien moins enjoué qu'au début. Le débat sur l'avenir de la Norvège concernait tout le monde et l'inquiétait d'après les prédictions de Matoaka. Cette dernière avait continué à s'entretenir avec Gunnilde qu'elle appréciait pour sa douceur, son intelligence et sa loyauté. La soirée se tardait et elle était fatiguée. Se penchant sur Leif, elle prit sa main dans la sienne et lui murmura qu'elle allait se coucher avant de préciser :

    - Une femme nue et transie de froid t'attend Isha.. Ne la fait pas trop languir.

    Son sourire mutin sur les lèvres lui donnait des allures de fée. Après avoir tendrement embrassé ses lèvres, elle s'éclipsa jusqu'à la chambre et se changea. Elle ne mit qu'une légère tunique semi transparente et vint dénouer ses cheveux tressé. Sa chevelure était longue et quelques cheveux blanc avaient commencé à faire une apparition. En même temps, elle avait presque quarante ans désormais. Le reflet du miroir lui renvoyait un temps passé qui l'inquiétait. La guerre était certaine et proche, ses retrouvailles avec Leif toute nouvelle. Arriveraient-ils à vivre un peu avant que le conflit ne survienne.

    Perdue dans ses pensées, elle continua à brosser ses cheveux quand un flash lui vint, une vision plutôt. La neige, Perséphone qui lui murmurait de ne pas tarder, Leif et son épée, Kisos en tenue de combat, elle pleurant et du sang, du sang partout autour d'elle et sur elle. Cette vision exprimait un lointain avenir qui la fit cependant frissonner. Ainsi donc, ce qu'elle avait imaginé potentiellement arriver allait se concrétiser.

    Elle attendit un moment avant que Leif arrive, elle en profitait pour lire des cartes pour anticiper leur futur périple, qui allait continuer le lendemain, lorsqu'un Leif titubant arriva dans la chambre. D'abord surprise, elle fronça les sourcils avant de comprendre qu'il était saoul. Les garçons avaient sans aucun doute abuser de leur ami en déployant de l'hydromel sans retenue. Elle se releva et vint fermer la porte avant de venir le rejoindre sur le bord du lit un sourire amusé sur les lèvres.

    - Ainsi donc l'hydromel aura eu raison de mon époux-ours, s'amusait-t-elle à se moquer en l'aidant retirer ses bottes, des années de pratique à remettre en place..

    Une fois qu'elle l'eut mis nu, elle le laissa s'allonger sur le lit et lui apporta une tisane pour soulager ses maux de tête du lendemain. Lorsqu'il fut rassasié et qu'elle eut obligé le colosse à finir son verre, elle pu enfin venir se blottir contre lui. Ses doigts faisaient des cercles sur son buste et ses lèvres embrassaient son cou, son épaule. Il marmonnait et cela la faisait tendrement sourire lorsqu'elle l'entendit évoquer Aslaug :

    - Bien sûr que je sais que tu n'as rien fais avec elle.. Nous avons un pacte entre nous et ce depuis toujours.. On s'est toujours juré de ne jamais se mentir. Et jamais Leif ne m'aurait menti sur ça. C'est qui ce qui a toujours fait notre force, notre confiance et notre honnêteté l'un envers l'autre. Et c'est pour ça que je t'ai toujours aimé. Parce que tu as toujours su me regarder droit dans les yeux et j'y ai toujours vu la vérité.


    immarcescible, Posté le vendredi 09 juin 2023 20:30 Répondre

    Si jusqu'à présent elle avait douté de tout, là dans ce bain, elle comprenait ce qu'il ressentait. Leif n'était pas rebuté par Matoaka, il était gêné, comme le premier soir où ils avaient fait l'amour. Leur première nuit d'amour où ils s'étaient offert leur virginité. Il la désirait mais ne savait pas comment l'exprimer. Peut-être devait-elle faire le premier pas. Sa main sur sa cuisse et ses lèvres contre les siennes lui révéla qu'elle avait raison. A califourchon sur lui, ses seins pressés contre son buste et ses doigts s'agrippant à ses joues, elle l'embrassait jusqu'à en perdre son souffle. Elle l'embrassait en poussant des soupirs, des gémissements de contentement surtout en sentant les mains du colosse la caresser, la chercher, la découvrir. Quelle sensation.. Elle avait l'impression de revivre.

    - Isha, soupirait-elle doucement contre ses lèvres qu'elle dévorait avec un désir sensuel, Isha.. Mon amour..

    Ils se cherchaient l'un l'autre, comme essayant de retrouver dans le contact de leurs mains sur leurs corps, cette carte de passion si particulière qui les avaient toujours entraînés. Matoaka caressait la nuque de Leif, ses épaules et remontait jusqu'à sa crinière qu'elle agrippait quand elle dansait sensuellement contre son bassin. Ô que oui elle le désirait, oui elle en avait longuement rêvé lorsque l'année précédente elle s'était endormie seule dans ce grand lit. Mais elle ne voulait rien brusquer, rien bousculer. Elle savait qu'il avait besoin de tout réapprendre et la passion sauvage qu'elle avait tant connu avec le Leif d'autrefois reviendrait sans doute plus tard.

    Cessant lentement leur baiser, elle mordit la lèvre inférieure du colosse en réouvrant les yeux. Il voulait replonger vers ses lèvres, elle voyait bien qu'il était comme elle, affamé de l'un et l'autre ce qui la fit doucement rire. Elle lui ordonna tendrement de la conduire jusqu'au lit ce qu'il fit en la portant. Là, elle se laissa posée sur le matelas moelleux et l'attira contre elle mais rapidement reprit de nouveau le dessus. Peu importe qu'ils soient trempés, elle vivait l'instant, ayant l'impression d'avoir de nouveau dix-sept ans. Assise à califourchon sur lui, elle caressa le buste du colosse. Il était toujours aussi impressionnant, toujours aussi beau. Elle en mordait sa lèvre à son tour quand elle descendait lentement le long du corps de Leif pour arriver près de son membre. Sa main venait délicatement le caresser et elle vit ses yeux rouler. Il avait eu le même réflexe la première fois qu'ils firent l'amour ce qui la faisait de nouveau sourire.

    - La première fois c'était ensemble.. Sur le bateau qui nous a conduit jusque chez toi.. A Skye.. Nous allions en Norvège pour contrer Ragnar et.. et tu m'as demandé un baiser..

    Avec une douceur sensuelle elle le caressait de long en large en contemplant ses réactions. Il était si beau qu'elle en avait le coeur qui palpitait à toute allure. Il était beau et vivant. Pour la seconde fois de sa vie, Matoaka n'avait rien prémédité. Ses lèvres embrassaient son cou, son buste, mordait délicatement sa peau. Elle ressentait de nouveau ce déluge de sensation qu'elle avait connu autrefois. Et quelles sensations. Il allait venir, elle le voyait, aussi, elle cessa sa caresse et vint lentement se positionner au dessus et lentement le laissa venir en elle. Son souffle n'avait plus rien de régulier et ses mains s'agrippaient fermement à chaque mètre carré de la peau de son époux. Sa tête s'en renversait en arrière, la faisant cambrer sa poitrine ronde et lourde alors qu'un long soupire d'extase s'échappait de ses lippes.

    - Ishaaaaa... Oui.. Touche-moi, le suppliait-elle en bougeant sur lui sensuellement, pose tes mains sur moi.. Je veux.. Je veux te sentir.. mon amour..

    En le sentant s'enfoncer en elle, lui rendre ses mouvements, Matoaka ne pouvait retenir ses gémissements plaintif. Ses yeux se fermaient instinctivement quand ses ongles s'enfonçaient dans la peau tendue de son tendre amour et murmurait tremblante :

    - N'aie pas peur.. Viens, suppliait-elle doucement, viens Isha..

    Ses yeux s'ouvraient pour le contempler et en voyant son air inquiet, elle ne pu s'empêcher de lui offrir un sourire. Elle lui faisait confiance et lui prouvait en happant une nouvelle fois ses lèvres dans un baiser torride. Pour lui faire comprendre encore qu'elle était à lui, elle vint changer leurs positions. Allongée sous lui cette fois-ci, elle enroulait ses jambes autour de ses hanches et agrippait ses fesses de ses mains pour lui indiquer un mouvement de bassin plus intense, elle ne voulait pas qu'il ai peur, elle voulait qu'il ressente son désir, son besoin de lui. Elle gémissait en mordant son cou, son menton, ses lèvres, quand ses ongles continuaient de griffer son dos. Elle voulait laisser sur lui sa marque, elle voulait qu'il sache qu'elle ne voulait que lui, qu'elle lui appartenait. Elle voulait ne faire qu'un avec lui. C'était lui depuis toujours et à jamais.

    En ouvrant les yeux, elle lui offrait toujours son sourire quand ses joues étaient rougies par l'effort et ses yeux brillaient d'une malice sensuelle qui la rajeunissait. L'attirant contre elle, elle le laissait lui donner un nouveau rythme qui la rendait folle de plaisir et la laissait échapper des soupirs de plus en plus prononcé en parlant amérindien s'en sans rendre compte :

    - Mon soleil.. Continue.. Ne t'arrête pas.. Ne t'arrête jamais.. Isha.. Oui !

    Et c'était vrai. Elle le désirait tellement encore. Cambrée contre son bassin, elle l'attirait contre elle en agrippant sa crinière dans laquelle ses doigts s'enroulaient. Ses dents venaient prendre le relais de ses lèvres et mordre à pleine dent de désir dans celle-ci. Elle cherchait son ardeur, la même qu'autrefois, elle était perdue dans ce dédale de plaisir qu'il lui avait tant et tant manqué. En accélérant le mouvement, elle espérait qu'il la suivrait et qu'il se perdrait en elle comme elle se laissait aller avec lui.


    immarcescible, Posté le mercredi 07 juin 2023 20:49 Répondre

    Le fait de quitter Kattegat était décidément une très bonne idée. Au fur et à mesure que la ville s'éloignait, Matoaka sentait toute la pression de sa charge de Reine s'envoler. Blottie contre Leif qui dirigeait le cheval avec fermeté, elle se laissait bercer et aller pour la première fois depuis des années. Le chemin qu'il décida de prendre lui convenait très bien. De toute manière, ce voyage n'avait d'intérêt uniquement parce qu'elle le partageait avec lui. Aussi, lorsqu'il se mit à découper la carte en plusieurs partie et qu'il proposa un trajet elle ne pu décrocher son attention de son visage. Elle voyait sur ses traits le même homme qui lui avait fait la lecture un soir dans sa bibliothèque. Elle se souvenait de ce moment où il lui avait raconté ses récits de voyage et à quel point le désir d'exploration lui avait toujours donné cet éclat. Oui, oui il était là son Leif, celui dont elle était tombée amoureuse et celui pour qui elle respirait toujours.

    Spontanément, elle posa sa main sur sa joue et vint lui donner un baiser. La douceur de ses lèvres lui avait manqué et lui redonnait un goût de liberté. Un goût de bonheur qui instillait à tout son corps une énergie pure et troublante. Alors qu'il lui rendait, elle venait se blottir contre lui poussée par la puissance de sa poigne ce qui la faisait tendrement sourire. Mais il doutait encore et elle sut qu'elle devait le rassurer. C'était une tâche qu'elle avait toujours fait et elle ne pouvait s'empêcher d'en rire tendrement. Ainsi, elle gardait sa main sur sa joue et planta ses iris attendri dans les siens en répliquant :

    - Si tu ne m'avais pas emmené avec toi je t'aurais kidnappé.. Comme tu l'as fais avec moi des années auparavant, disait-elle en le taquinant avant de reprendre une mine plus sérieuse, je te prie encore de m'excuser mon comportement d'hier soir. Je ne voulais pas te blesser ou même te faire douter. Leif je.. je sais que tu fais beaucoup d'effort pour me plaire mais tu n'as rien à changer. Tu es parfait tel que tu es. Je ne veux pas que tu sois en compétition avec le toi d'avant. Je te veux toi, juste toi. Vivant, heureux et en bonne santé.

    Doucement, elle posait son front contre celui de Leif, symbole toujours fort pour les amérindiens. Ses mains caressaient ses deux joues comme pour qu'il puisse ressentir cette chaleur de confiance et d'amour qui l'habitait pour lui :

    - On a tellement vécu et une partie de moi, j'ai tellement honte de le dire, avait quand même fait un peu le deuil de ta présence. Mais tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureuse de pouvoir sentir ton parfum, ta peau, toucher ton visage et entendre ton rire, sentir ton souffle..

    Son visage caressait le sien. Son nez se blottissait contre le sien et ses lèvres cherchaient les siennes dans un baiser plus langoureux. Matoaka espérait que la peau de Leif se souviendrait d'elle. Elle espérait qu'il ne l'avait pas oublié et que ce lien continuait de vivre entre eux. Ils s'embrassaient comme au premier jours, jusqu'à ne plus avoir de souffle. C'était une redécouverte qui faisait palpiter le coeur de la jeune femme et détendre les traits de son visage figé par Kattegat. Tendrement, elle déposait de nouveau un baiser contre ses lèvres, plus rapide et murmura :

    - Tu es mon âme soeur Leif Erikson avec ou sans tes pouvoirs divin. Je t'appartiens corps et âme depuis que mes yeux se sont posés sur toi à ton arrivée dans mon peuple.

    Elle posa alors ses mains sur les tempes du viking et avec ses dons se mit à lui transmettre l'image de cette rencontre chez les Powhatan et ce qu'elle avait ressentie en contemplant le guerrier viking. Son énergie était rapidement tombée car cette simple scène lui demandait beaucoup de force. Mais au moins, il avait eu la vision de sa première impression et de cet élan de passion qu'elle ressentait encore. Mais ils durent reprendre la route car le froid mordait leur peau fine. Ils prirent donc la direction de Bergen où ils seraient accueillis par le roi Olaf-Tête-Dur qui avait accompagné Leif durant les raids en France et en Grèce. C'était un ami de longue date du couple et quelle ne fut pas sa joie de les voir arriver.

    Pendant le trajet, Matoaka avait raconté le récit de la rencontre entre Leif et le Jarl qui relevait du cocasse. Ils s'étaient battus l'un contre l'autre lord d'un raid. Leif avait gagné le combat mais avait épargné la vie de Olaf lorsque les danois vinrent les attaquer à leur tour. Unissant leurs forces, ils avaient donc décimé les glorieux danois qui ne faisaient que protéger leur terre. Depuis, ils étaient liés par les faits d'armes et s'étaient toujours soutenu l'un et l'autre :

    - Il était présent lorsque tu es venu me chercher chez moi.. C'est un de tes plus vieux amis.

    Tous ces souvenirs qu'elle lui racontait lui redonnait un doux sourire. Toute l'année elle avait tout refoulé et avait été incapable de tout raconter à Kisos qui avait pourtant une multitude de questions. Mais se souvenir lui faisait trop de mal, alors elle s'était éteinte sans oser raviver cette flamme qui la guidait de nouveau aujourd'hui. En entrant dans la ville, plusieurs regards se posèrent sur le couple à cheval mais Matoaka les ignoraient. Un murmure se propageait en ville que le roi Leif était de retour, le grand roi de Kattegat était de retour, mais une autre rumeur sommeillait en ville aussi, que la sorcière amérindienne l'avait fait revenir d'entre les morts. Elle le savait, elle connaissait toutes les rumeurs la connaissant mais elle s'ne fichait, elle connaissait son grand pouvoir et elle se sentait protégé par ce dernier.

    En arrivant aux portes du skali, ils virent un homme du même âge que Leif sortir avec un rire gargantuesque, comme le personnage. Olaf avait pris beaucoup de poids. Le fait de ne plus partir en expédition et d'avoir arrêté de se battre avait fait de lui un ogre affamé. Le couple descendait de cheval quand le Jarl se jetait sur son ami qu'il enlaçait avec beaucoup d'affection. Matoaka aussi eu le droit à une vive accolade :

    - Ainsi donc la rumeur était vraie ! Tu es de retour parmi nous vile démon !
    - Fais attention à tes mots Olaf. Tu sais que son épouse peut punir tous les dissidents du Roi.

    Olaf riait de la véhémence de la petite amérindienne dont il embrassait le dos de la main. Il s'excusa mielleusement ce qui fit rire la jeune femme qui vint à le suivre. Le Jarl expliquait qu'ils se préparaient aux futurs plantations du printemps et que le soleil arrivait rapidement. Le Jarl évoquait les prouesses d'agriculture de Matoaka et tout ce que son peuple avait permis de créer sur les terres de Norvège. Matoaka jouait la modeste. Il racontait d'autres choses encore mais qui ne semblaient pas résonner chez Leif. Aussi, Matoaka expliqua à son hôte l'amnésie de son époux ce qui frappa Olaf :

    - Mon cher ami.. Je suis navré pour toi. Mais en même temps, ça va nous permettre de faire une veillée ce soir pour raconter tous tes exploits !

    Cela faisait tendrement sourire Matoaka qui pris la main de son époux dans la sienne avec fierté. Tout le monde applaudissait le couple enfin réuni quand Olaf se faisait le propagandiste parfait pour les célébrer.

    - Nous ne resterons que deux jours le temps de nous reposer un peu et de nous ravitailler. Ensuite nous continuerons notre route.
    - Deux jours ? C'est un grand honneur pour moi que de vous recevoir vos pourriez rester plus longtemps. En attendant, vous êtes ici chez vous ! Allez donc vous restaurer et vous préparer pour la veillée, je vous ferais chercher.

    Ils suivirent donc une domestique qui les conduisit à une chambre dans le palais. Rien n'était raffiné chez Olaf, on sentait bien qu'il y avait une volonté d'accéder à cette sophistication de Kattegat mais qu'il était maladroit. Mais Matoaka se fichait de la grandeur et de la magnificience des royaumes. Ce qui comptait pour elle c'était d'être bien reçue, d'être considérée comme une amie et en sécurité. La chambre était suffisante pour deux et un feu venait d'être allumé. Des domestiques avaient préparé un bain qui fumait encore d'eau chaude ce qui plaisait déjà à la jeune femme.

    Alors que Leif faisait le tour de la pièce, pensif, elle en profita pour retirer sa fourrure des épaules et de se déshabiller. Elle voyait bien le regard en coin de Leif ce qui l'amusait. Il n'osait visiblement pas la regarder. Sa pudeur la faisait sourire, pas de moquerie, de tendresse. En fois nue, elle prit dans son sac des fleurs séchés, très exactement du jasmin venant de la Méditerranée qu'elle mit dans le bain avant d'y plonger. Elle espérait que ce parfum lui rappellerait des souvenirs.

    - Tu me rejoins, demandait-elle avec une lueur de défi dans le regard, rien n'est plus parfait qu'un bain après avoir chevauché. Autrefois tu aimais prendre des bains avec moi.


    immarcescible, Posté le vendredi 02 juin 2023 17:57 Répondre

    En se tournant dans le lit, Matoaka sentit un froid inexorable l'envahir qui la réveilla. En ouvrant les yeux, la place près d'elle était vide et pire que tout, en se redressant, la chambre était vide. Elle était en état d'alerte, de panique totale. Leif n'était pas là et elle ne voyait plus ses affaires. Avait-elle rêvé ? S'agissait-il d'un fantôme ? Une horrible crise de panique l'envahissait en se remémorant les mots dur qu'elle avait eu à l'encontre de son époux et la culpabilité la submergea. L'avait-elle définitivement fait fuir ? Alors qu'elle retournait toute la chambre à sa recherche et qu'elle s'apprêtait à sortir pour le retrouver, elle buta contre lui qui rentrait. Il était glacé par le vent de l'hiver et revenait de l'extérieur. Matoaka en tremblait encore de terreur même s'il se tenait devant elle avec ses yeux triste, penaud et perdu.

    Vite elle alla se blottir contre lui et dissimula son visage contre son buste pour ne pas qu'il puisse voir la terreur sur ses traits. Tremblante, elle écoutait avec peine les mots du guerrier qu'elle ne pouvait lui reprocher. Après tout, elle avait été dure avec lui, elle aussi. C'était difficile de savoir pour elle ce qu'elle souhaitait, ce qu'elle imaginait. Peut-être en effet qu'il serait plus juste de le faire partir, de le laisser vivre sa vie. Mais elle lui avait déjà donné cette opportunité et il ne l'avait pas prise, pour elle. C'était pour elle qu'il était revenue.

    Relevant ses iris vers lui, elle secoua négativement la tête, terriblement inquiète qu'il puisse croire qu'il n'était pas ce qu'elle voulait. Il avait toujours été ce qu'elle avait recherché. Il était son âme soeur, son grand amour. Mais elle ne savait juste pas comment conjuguer ces retrouvailles avec ce nouvel homme. Agrippée fermement à sa chemise elle le suppliait du regard de ne pas la laisser, de ne plus l'abandonner quand la solution à leur problème vint de leur soleil. Matoaka trouva l'idée juste et pertinente et elle sut qu'elle devait relâcher la pression, laisser le pouvoir à son fils, lui faire confiance et penser à Leif, penser à eux. Elle accepta donc la proposition de partir quelque temps juste ensemble pour qu'ils puissent apprendre à se découvrir et se connaître.

    - Tu n'es pas insignifiant Leif, finit-elle par lui dire en prenant son visage entre ses mains, tu ne l'as jamais été et tu ne le seras jamais. Je t'interdis de penser une telle chose. J'ai été très dure avec toi ce soit et j'en suis tellement désolée. Ca ne se reproduira pas je te le promet. Nous allons partir ensemble quelque temps, juste nous deux. Kisos a raison. J'ai besoin d'apprendre à te connaître et toi de me connaître. Et.. Leif, je veux tout connaître de toi, de ce nouveau toi.

    Elle espérait que ses mots le rassurerait un peu. Avec douceur, elle embrassa sa joue en caressant l'autre libre, puis, elle se rendit auprès de ses servantes qui ne dormaient plus pour leur demander de préparer un nécessaire de voyage pour le lendemain laissant le père et le fils un instant ensemble. Par la suite, elle revint dans la chambre et entendit le récit de Leif sur comment Amara l'avait fait revenir d'entre les morts. Ainsi, sa meilleure amie, celle qu'elle considérait comme sa soeur l'avait trahie ? Même si Leif était conciliant, Matoaka l'était beaucoup moins. Mais le moment n'était pas venu pour elle d'abattre sa colère, Leif l'avait entraperçu dans l'entrebâillement de la porte. Avec un léger sourire, elle rejoignit les deux hommes de sa vie et les observa polir leurs armes pendant qu'elle préparait son paquetage.

    Au petit matin, ils partirent sans un bruit et sans prévenir les gens de Kattegat. Il avait été décidé que Kisos aurait les plein pouvoirs secondé par Nashoba et le Thing. Le couple reviendrait à la prochaine lune ce qui leur laissait quasiment un mois. Pour la destination, Matoaka laissa Leif décider du chemin qu'il voulait prendre. Aussi, lorsqu'il finissait de finaliser le trajet, elle donna l'excuse de se rendre au dispensaire pour récupérer certaines fioles et autres baumes mais se rendit chez Amara. Cette dernière l'attendait, patiemment assise à table. Les enfants dormaient dans la chambre du fond quand Feargus aidait son frère à préparer son voyage :

    - Je savais que ce jour viendrait mais pas aussitôt.
    - Ca tourne et tourne dans ma tête et vraiment je n'arrive pas à comprendre. Pourquoi Amara ? Pourquoi m'as tu menti ?
    - Techniquement je ne t'ai pas menti.
    - Ne joue pas avec les mots !

    Vivement Matoaka s'était jetée sur son amie et l'avait empoignée par le col sa dague pointée vers sa gorge. La fureur de la reine amérindienne se lisait sur ses traits quand la tristesse se reflétait dans ses prunelles brillante de larmes :

    - Tu sais tout depuis toujours.. Toi tu sais ce que c'est d'être séparé de son âme soeur. Comment tu as pu ? Tu savais tout, tu entendais tout de mes douleurs et de mes sentiments. Tu étais ma soeur et tu m'as trompé, trahie. Jamais je ne te pardonnerais cet outrage odieux que tu m'as fais. Que tu lui a fais. Jamais tu m'entends ? Je devrais tout t'enlever à mon tour, te faire souffrir comme tu l'as fais avec moi.

    Amara ne répliquait pas, elle savait que Matoaka avait raison aussi elle ne répliquait pas. Le silence de la jeune femme énervait de plus belle l'amérindienne qui préféra relâcher sa poigne et se détourner de celle qu'elle avait tant aimé autrefois. Elle se dirigeait donc vers l'extérieur et s'arrêta sur le pas de porte :

    - Par égard pour ta famille je ne m'en prendrais pas à toi. J'ai bien trop d'affection pour eux.. En revanche, à mon retour j'ordonne que tu sois partie. Rentrez chez vous en Ecosse et ne reviens jamais. Ta famille sera toujours la bienvenue mais plus jamais je ne veux avoir à te croiser. Sinon je te tuerais.

    Sans un regard vers elle, Matoaka quitta enfin la maison pour se rendre aux écuries. C'est là que Leif finissait de préparer les chevaux. Il était tout seul et caressait le pelage soyeux de la bête qu'il monterait. Un instant elle resta à l'observer en silence. Elle voyait dans ses gestes ceux de son Leif, de celui qu'elle avait tant aimé. Il était donc bel et bien là, il vivait encore mais il était encore si loin. Il surprit le regard de son épouse et elle lui offrit un doux sourire. Venant jusqu'à lui, elle vint se blottir contre son buste et y chercher sa chaleur. Même devenu humain, il était encore brûlant.

    - Emmène moi loin d'ici.. Je te suis.


    immarcescible, Posté le lundi 22 mai 2023 17:44 Répondre

    Malgré l’intervention intempestive de ces fameux chrétiens, le banquet avait été une réussite. Tout Kattegat était venu célébrer le retour du Roi. En emmenant danser Leif elle avait vu que cette spontanéité ne l’avait en rien dérangé, elle se mit alors à réfléchir et à l’observer plus précisément. Feargus et Nashoba venaient auprès de celui qui avait été leur ami, leur Roi, quand Amara rejoignait son amie qu’elle sentait troublée.

    - Te voilà bien silencieuse et songeuse pour une femme qui vient de retrouver son époux.
    - C’est le choc.. L’émotion, mentit-elle à son amie avant d’esquisser un léger sourire, et la fatigue n’arrange rien.

    Amara caressa les épaules de la Reine et vint lui assurer son soutien quand elle aurait besoin de parler. Car, depuis toutes ces années, elles savaient l’une et l’autre quand elles mentaient. Mais elles avaient toujours eu le respect de laisser l’autre venir sans jamais rien forcer. Mais pour le moment, alors que la fête battait son plein, elle préféra quitter le skali un instant pour se rendre auprès de sa garde personnelle et leur ordonner de recenser tous les chrétiens de la ville.

    - Vous les amènerez demain au skali. J’aurai une déclaration à leur faire.

    Hedda, sa commandante en cheffe la salua et Matoaka pu rentrer auprès des siens. Kisos était avec son père, il l’observait avec des yeux de fierté qui emplissait de joie sa mère. Elle aurait pu pleurer devant ce tableau du père et du fils réuni mais elle ne pouvait pas s’épancher pour le moment, pas devant toute l’assemblée qui avait les yeux braqués sur le couple royal. C’est alors que Nashoba vint rejoindre sa soeur et lui apporter un verre d’eau. Elle ne buvait toujours pas d’alcool préférant avoir toujours les idées clairs dans n’importe quelle situation.

    - Tu sembles ailleurs petite fleur..
    - Je ne relâche pas ma vigilance. Surtout avec ces chrétiens qui rôdent un peu partout.
    - Ce ne sont que des mots.. Tu ne devrais pas y prêter attention.
    - Or ce sont justement leurs mots qui me dérange Nashoba. Qui sont-ils pour tout savoir des Dieux ?

    L’amérindien avait réussit à rembrunir sa soeur. Il vint donc embrasser son front en lui disant de sourire un peu, que sa famille était reconstituée mais elle ne sut quoi répondre. Car l’homme qui se trouvait devant elle était certes Leif, mais ce n’était pas celui qu’elle avait connu. C’était un étranger et elle ne savait pas comment aller vers lui. Elle repensait à ses mots à table. Laisser le trône à Kisos.. Il en était hors de question pour elle. Non pas par pur avarice mais parce qu’elle connaissait l’envers du décor quant il s’agissait de gouverner et qu’elle ne voulait pas que son fils subisse une telle pression à cet âge là. Seule dans son coin, elle avait réussit à se faire oublier de la foule jusqu’à ce que Leif vienne à elle. Ses yeux.. Oui, ses yeux.. C’était bien lui, elle en était certaine. Mais son amnésie et sa mortalité faisait de lui un tout autre homme.

    - Je vais bien, le rassurait-elle en caressant sa joue, je suis juste très fatiguée. Il est temps pour moi d’aller me reposer.

    Elle lui assura qu’elle allait bien et après avoir embrassé sa joue, se rendit dans la chambre qu’ils occupaient. Matoaka avait besoin d’être seule, aussi, elle demanda à ses servantes de la laisser et qu’elle se débrouillerait. Vêtue d’une tunique simple et presque transparente, elle démêlait ses long cheveux en les peignant. C’est alors qu’elle se souvenue des journaux de Leif, ceux qui transcrivait toute sa vie. Vite, elle se mit à fouiller dans toutes les malles à la recherche de ces fameux écrits. Elle espérait qu’ils redonneraient un peu de contexte au Roi qui partageait sa couche.

    Assise en tailleur sur le sol, elle relisait avec passion et émotion les mots de son grand amour. Elle en avait presque les larmes aux yeux. Elle avait lu tellement longtemps que toutes les bougies étaient quasiment consumés et que la fête venait de se terminer. Perdue dans le dédale de ses souvenirs, elle n’entendit pas Leif rentrer. Sursautant, surprise lorsqu’il l’appela, elle lui offrit un léger sourire avant de se redresser et lui montrer la malle remplie de journaux :

    - Tu as ici tous les récits de voyages, de rencontres de ton ancienne vie.. Tu.. Tu pourrais les lire et.. et peut-être que tu comprendrais mieux notre monde. Peut-être que ça t'expliquerais beaucoup de choses..

    Elle n’osait pas le regarder de peur qu’il ne voit la vive émotion dans son regard. Mais alors qu’elle allait lui parler de sa proposition pour Kisos, l’une de ses gardes surgit dans la chambre affolée. Plusieurs hommes de Harald avaient pris la fuite.

    - Quoi ? Mais qui les a fait sortir ?
    - On ne sait pas encore. Dois-je partir à leur recherches ?
    - Bien sûr ! Emmenez Arès avec vous. Il saura les pister. Et ramenez les moi vivant !

    La Reine était furieuse et faisait les cent pas les bras croisés contre sa poitrine. Quand Leif allait s’approcher d’elle, la brune s’écarta pour aller se rhabiller.

    - Je dois les accompagner. Je.. Je ne peux pas rester ici.. Voilà pourquoi je ne laisserai pas notre place à Kisos. Il doit vire sa vie autrement que d’être parasité par toutes ces obligations.

    Sans s’en rendre compte, il y avait une part chez Matoaka qui était furieuse de la perte de mémoire de Leif et de voir l’homme passif qu’il était devenu. Naïvement, elle aurait voulu retrouver son époux, le guerrier, le passionné, la force de la nature. Mais elle ne pouvait pas lui jeter ça en plein visage, surtout qu’il n’avait aucune conscience de quel homme il était. Elle lui ordonna de ne pas bouger, car sa blessure était bien trop importante encore pour qu’il puisse bouger et s’enfuit sans entendre sa réponse.

    La nuit se passa bien loin du confort de son lit mais ce n’était pas grave car la reine s’était défoulée telle une furie abattant son épée sur son ennemi. Elle ne revint que deux jours plus tard, au petit matin accompagnée de sa garde et d’un survivant dont le corps trainait sur le sol dur du printemps. Elle était encore recouverte de sang quand elle entra dans la skali épuisée et que Kisos vint la prendre dans ses bras :

    - Pourquoi ne m’as-tu pas emmené ?
    - Arès était avec moi.. C’était trop dan..
    - Arrête de dire que tout est dangereux pour moi ! Je dois être avec toi. Comment pourrais-je apprendre ?
    - Pas ce matin Kisos. Vraiment, non. Pas ce matin.

    Hedda jetait l’unique survivant dans la cour d’honneur où tout Kattegat s’était réuni en hurlant de joie. Tous célébraient la force de leur Reine qui était revenue victorieuse. D’ailleurs, cette dernière quitta son fils pour rejoindre la foule et pointer son épée sur le survivant :

    - Je t’ai ramené pour que le monde sache que je ne tolérerai aucune rébellion sur mes terres.
    - Putain ! Sorcière ! Tu paieras ! Nos hommes reviendront !
    - Mais je les attend tes hommes. Je les attend avec une impatience certaine tu peux me croire.

    Et alors qu’il tentait de s’enfuir, elle abattit son épée sur ses jambes ce qui le fit hurler de douleur.

    - Attachez-le par les poignets dans la forêt. Les bêtes sauvages se feront un plaisir de le déguster.

    Le peuple entier de Kattegat hurlait de joie et saluait la Reine victorieuse qui retournait au skali. Le père et le fils l’attendait, le même regard noir. Mais elle préférait les ignorer. En effet, une nouvelle réunion l’attendait et pas des moindres puisqu’il s’agissait des chrétiens. Alors que la famille était réuni au skali, elle déposa son arme sur la table sans se soucier que le sang puisse tâcher le bois :

    - J’ai convoqué les chrétiens et ils auront été recensé par ma garde. Le plan est simple, leur donner un ultimatum. Ils peuvent vivre auprès de nous mais nous ne tolèrerons plus de rébellion et j’attends de vous tous et toutes que vous suiviez cette ligne. Qu’ils fassent leur christianisation où bon leur semble mais pas sur nos terres. Sommes-nous d’accord ?

    Personne n’osait visiblement répliquer. Matoaka savait que son bain l’attendait, elle devait s’y rendre pour être présentable devant les chrétiens lorsqu’ils arriveraient. Aussi, avant de partir, elle ordonna qu’une offrande soit faite aux dieux avant de rejoindre sa chambre où là, elle pu retirer son armure et s’enfouir dans l’eau bouillante. Une fois à l’intérieur, elle vint mettre sa tête sous l’eau, comme pour chercher à retirer le plus possible de souvenirs et de chagrin. Lorsque le souffle lui manqua, elle remonta à la surface et vit Leif, assis face à elle. Reprenant lentement son souffle, elle observa le colosse qui se tenait devant elle et s’excusa de son impatience de la veille :

    - Je ne voulais pas te parler aussi.. aussi durement.. Je suis juste inquiète. Toutes ces attaques contre notre famille depuis tant d’années. Tant de responsabilités à gérer toute seule.

    Elle se doutait que cela allait lui faire du mal, qu’elle se sente seule alors qu’il était pourtant là. Aussi, elle se redressa et vint frotter son corps avec l’éponge avant de s’expliquer :

    - Tu es là.. Mais.. Mais tu n’es pas vraiment là.. Je ne sais pas si c’est ton esprit qui est embué ou si tu as définitivement perdu la mémoire et je.. et je ne sais pas comment réagir.. je ne sais pas comment t’aider.. tu.. tu es différent du Leif que j’ai connu.. Hier, quand tu m’as parlé de transférer le pouvoir à Kisos j’ai.. Jamais tu n’aurais proposé ça avant. Et.. Et je ne t'en veux pas parce que.. parce que tu ne sais plus qui tu es.. alors.. alors comment peux-tu être certain de vouloir rester ici ? Avec moi ? Tout ça..


    immarcescible, Posté le vendredi 19 mai 2023 16:48 Répondre

    Les deux saphirs l'observaient. Ils étaient inflexibles, froid, brillant et incandescent. Diable que Matoaka les aimaient. Après le sermon très ferme de son époux, elle ne pu s'empêcher de lui offrir un tendre sourire amusé. Un baiser sur les lèvres mais les voilà déjà interrompu quand elle aurait voulu se jeter sur lui dans la baignoire. Kisos annonçait la bonne nouvelle du retour du Roi et du banquet prochain. Matoaka n'avait toujours pas répliqué. Elle était encore empreinte d'une émotion vive qu'elle ne savait pas encore bien maîtriser. Pourtant, elle allait devoir le faire surtout que Leif était exigeant et demandait déjà à savoir tout un tas de choses. Alors, pendant quelle le soignait en recousant sa plaie avec le plus de douceur possible, elle lui narra son enfance, son rapport avec Feargus, Amara, Freya et Sigrid. Puis, elle évoqua Björn, Arès, Chevalier et Philippe avant de terminer par Kisos qu'ils n'avaient ni l'un ni l'autre vu grandir.

    Entre temps, pendant tout ce long récit, ils reçurent la visite de quelques domestiques apportant à manger, du vin, de l'eau et des vêtements propre pour le Roi. Matoaka avait ordonné que personne ne les dérangent pendant qu'elle contait au Roi les grandes lignes de sa vie passées.

    Ils se trouvaient assis en tailleur, sur le sol, l'un en face de l'autre. Ils mangeaient avec appétit les légumes et les autres mets qui leur avait été apporté et elle le regardait boire du vin qui venait de Grèce. En effet, pendant l'année, Matoaka s'était arrangée pour faire vivre économiquement Kattegat au delà de la Norvège et rendre la capitale encore plus riche qu'elle ne l'avait été. Non pas qu'elle avait des ambitions démesurées, mais elle était persuadée que tous ces marchés pourrait accorder une prospérité à la ville et créer un monde meilleur. D'ailleurs, elle avait déjà révolutionné beaucoup de choses dans la ville, notamment en créant des écoles pour les enfants ou encore un immense hospice où tous les malades pouvaient être soignés gratuitement. Il y avait aussi une école militaire pour continuer d'entraîner leurs soldats. Elle n'en n'oubliait pas les potentielles attaques d'envahisseurs ou de Jarl jaloux.

    Leif semblait apprécier le vin puisqu'il s'en servait un troisième verre. Avec beaucoup de douceur, son épouse vint poser sa main sur la jarre contenant le liquide et vint lui faire les yeux doux. Lentement, elle se redressait sur ses genoux et vint se poster entre les jambes du colosse de sorte à avoir son visage à la même hauteur que le sien. Ses doigts caressaient son visage avec une infinie précaution, comme s'il était le trésor le plus inestimable de l'univers.

    - Si je t'ai laissé là-haut c'était pour te laisser une opportunité.. Celle de choisir ton existence. Je ne voulais rien t'imposer. Je.. Je voulais que tu reviennes à moi si tu le désirais vraiment et pas par obligation. Et ne juge pas cette manière de faire car tu aurais fais la même chose que moi si tu avais été à ma place. Comme j'aurais fais la même chose que toi en venant te chercher mon beau roi des ours.

    Ses yeux brillaient d'une douceur et d'une malice certaine quand enfin elle se penchait sur ses lèvres pour en goûter la saveur. Lentement, son bassin vint se poser sur les cuisses du guerrier alors que ses doigts s'agrippaient à sa crinière argentée. Il y avait toujours dans ses baisers cette intensité sauvage, pressée et scandaleusement sensuelle. Matoaka en poussait même des feulements de plaisir en le sentant lui rendre ce baiser jusqu'à ne plus avoir de souffle. Front contre front, elle reprenait sa respiration en gardant les yeux clos et lui murmurant :

    - Tant d'années perdues.. Tant de temps à ne pas pouvoir te dire que je t'aime.. Isha.. Mon amour.. Mon souffle..

    Sa bouche reprenait possession de la sienne sans lui donner l'opportunité de répliquer. Elle avait trop besoin de se fondre contre lui, sentir cette passion dévorante dans le creux de son ventre quand elle le dévorait avec plaisir ineffable. Tremblante, elle s'agrippait à sa nuque, sa crinière qu'elle serrait fermement dans sa main alors que ses dents mordaient avec plaisir sa lèvre inférieure rougie par les baisers. Sensuellement, elle mit à suçoter la morsure sur la lèvre de Leif et ses yeux s'ouvrirent sur lui. Elle brûlait littéralement de l'intérieur pour lui :

    - Tu es le Roi de toute la Norvège, de tous les vikings Leif Erikson. Mais tu es surtout mon Roi, mon Dieu, mon soleil et je tuerais de nouveau si on venait t'enlever à moi. Je serais une Reine sans pitié contre quiconque s'en prendra à notre famille.

    Toutes ces années ne l'avait pas tant vieillie que cela, physiquement parlant. En revanchant, son esprit était plus puissant, plus sanguinaire que durant les dernières années qu'ils avaient vécu ensemble. C'était comme si la louve protectrice surgissait en elle et était prête à montrer les crocs.


    immarcescible, Posté le samedi 13 mai 2023 09:36 Répondre

    Son cri s'était suspendu dans l'air quand tout Kattegat avait retenu son souffle. Matoaka s'était redressée, ahurie en voyant l'épée de Harald s'enfoncer dans son bien aimé, prête à devenir folle mais voilà qu'un regain d'énergie secouait le colosse blessé qui finit par achever son effroyable ennemi. Harald tombait, mort empalé et Leif vivait. Il n'en fallait pas plus pour que l'amérindienne quitte le promontoire et se jette sur le corps de son époux qui saignait de toutes multitudes de plaies. Penchée au dessus de lui, tenant son visage entre ses mains, elle sentait ses larmes couler abondamment le long de ses joues quand il lui offrait ce sourire, ce tendre sourire qui la faisait toujours craquer. Son "je t'aime" était tout aussi spontané et adorable. Elle ne pouvait que rire de bonheur de le voir là, vivant tout en ayant gagné une fois encore sa main.

    Incapable d'attendre plus longtemps, elle se pencha sur ses lèvres et lui donna ce même baiser qu'ils s'échangèrent avant qu'elle ne quitte le chalet, même si cette fois, il était empli d'espoir.

    Elle ne le quitta pas d'une seule seconde, même lorsque Feargus, Nashoba et Björn le conduisirent sur ses ordres dans la chambre qu'ils occupaient autrefois. Sur un ton directif et empressé, elle ordonna qu'on lui apporte une baignoire remplie d'eau chaude et tous ses baumes. Une fois encore elle allait soigner son adoré, mais ça, elle le ferait toute sa vie s'il le fallait sans rechigner. Cela voulait dire qu'il était toujours en vie. Une fois qu'elle eut tout ce qu'elle voulait, elle ordonna à tout le monde de quitter la chambre.

    - Votre Roi se présentera à vous pour le dîner de ce soir. Occupez vous des morts, des blessés. Ce soir nous dînerons en leur honneur.

    Tous étaient curieux et voulaient en apprendre plus sur ce Roi et cette Reine qui avaient triomphé de la mort. Mais pour le moment, Matoaka s'occupait de retirer tous les vêtements de Leif. Ses mains tremblaient encore sous l'émotion, sous la peur de le voir mourir devant ses yeux sans qu'elle ne puisse intervenir. Elle était bien trop honnête pour avoir utilisé ses dons pour avantager son époux. Aussi, elle s'en serait voulu s'il n'avait pas survécu en plus d'avoir le coeur brisé.

    - Tu es.. Tu es complètement fou.. Tu.. Tu aurais pu mourir.. Tu.. Tu te rends compte du danger que tu as pris ?

    A la fois elle le grondait et à la fois elle le remerciait de s'être battu pour elle. Il la fixait de ses grande prunelles d'un bleu électrique et elle ne pu se retenir plus longtemps. Ses lèvres fondaient sur les siennes dans un baiser envieux, empressé. Debout devant lui, elle pu s'installer aisément entre ses cuisses et caresser ses joues non sans s'empêcher de murmurer entre deux souffle qu'il était fou et qu'elle l'aimait. Mais on venait encore les déranger. En effet, des servantes toquaient à la porte et apportaient des vêtements propre pour le Roi. Matoaka les remerciait brièvement sans quitter du regard Leif.

    - Il faut que tu prennes un bain.. Après je m'occuperais de te soigner.

    Elle le laissa donc s'installer dans la cuve et délicatement, vint frotter ses bras en restant à l'extérieur de la baignoire. Elle l'écouta évoquer avec ses mots à lui comment Kisos était venu le chercher quelques jours auparavant et comment il avait atterri à Kattegat. Ainsi donc, leur fils les avaient réunis et elle se promit à la fois de le gronder et de le remercier. Matoaka pleurait toujours, elle ne pouvait pas s'arrêter. C'est en voyant les yeux inquiet de Leif qu'elle expliqua :

    - J'ai eu si peur pour toi.. Je n'aurais pas supporté que tu meurs comme ça pour moi.. Pourquoi ? Pourquoi est-tu revenu Isha ? Tu aurais pu.. Tu aurais pu recommencer toute ta vie. Tu aurais pu être enfin libre. Te rends-tu compte de ce que tu as fais ? Je veux dire.. Depuis toujours tu me parles de liberté, d'une vie simple et.. et là tu t'enfermes de nouveau mon amour.


    immarcescible, Posté le jeudi 11 mai 2023 19:06 Répondre

    Il était en train de tout découvrir, ou de re découvrir même. Matoaka l'écoutait, silencieuse, patiente. Elle l'observait avec une vision accrue. Jamais elle ne se lasserait de contempler ses épaules puissante, son profil de dieu grec, ses mains immense et ses yeux. Elle en avait le souffle coupé. Très vite, il se retrouva à nouveau contre elle, son visage posé contre son ventre. Cela lui chamboulait le coeur. Leif avait toujours eu cette habitude de poser son visage de la sorte quand il était tourmenté. Après une légère hésitation, elle plongea ses doigts la crinière argenté de son adoré et se pencha pour déposer un baiser sur le sommet de son crâne. Emue, elle répondit le plus brièvement possible à ses questions, de sorte à ce qu'il comprenne ce qu'elle disait :

    - Aponi, grand-mère.. Grand esprit. Elle a veillé sur toi parce que tu es mon mari, mon époux. Parce que tu es à moi. Maintenant tu es en sécurité, tu es à la maison.

    Ses mains tremblaient sous l'émotion de le sentir ainsi contre elle. Les yeux clos, elle retenait ses larmes le plus possible pour ne pas qu'il puisse la voir pleurer et s'inquiéter. Non, elle intériorisait tout en elle non sans s'empêcher de déposer de nouveau un baiser sur le front du colosse. Il avait encore quelques plaies à guérir et elle le relâcha donc pour aller chercher ses baumes pour le guérir. A genoux devant lui, elle déposait avec délicatesse, de ses doigts, le baume sur son buste où des griffures d'arbres ou d'animaux se trouvait.

    - Tu es Leif.. Leif Erikson.. Le fils de Hadès et Perséphone. Des dieux grecs..

    Elle ne voulait pas évoquer Zeus pour le moment. Elle voulait qu'il se remémore petit à petit ce qui avait constitué, autrefois, le grand Leif. Une fois ses bandages terminé, elle lui proposa d'aller dormir sur le lit. Allongée face à lui, elle ne pouvait s'empêcher de poser sa main sur son visage et de dessiner avec douceur les traits marqués de son visage. Cela la faisait tendrement sourire quand elle luttait contre le sommeil pour ne pas le voir disparaître. Si c'était un rêve et qu'elle se réveillait seule, elle en mourrait de chagrin, c'était certain.

    Pourtant, au petit matin, il était là et elle dormait blottie contre lui. Leif dormait aussi, son visage posé contre le sien quand elle s'était recroquevillée contre sa chaleur corporelle. Elle n'avait pas oublié qu'il était toujours aussi brûlant, même en dormant. Délicatement, elle déposa un baiser sur le buste du colosse avant de lentement s'exfiltrer. Les oiseaux chantaient et elle devait s'occuper de ranimer le feu. Sans un bruit donc, elle ralluma le foyer et se mit à préparer de quoi petit déjeuner. Au loin, elle entendait des pas. Cela ne pouvait être que les garçons inquiet à l'idée de retrouver leur mère dans un état qu'il craignait. Mais elle les attendait, souriante, sur le pas de la porte. Arès se transformait à la lisière de la forêt quand Kisos descendait de son cheval :

    - Tout va bien Ma' ?
    - Parfaitement les garçons.. Il est encore bouleversé et inquiet c'est normal mais.. mais je suis persuadée qu'il va apprendre vite.

    Et c'était vrai. Matoaka passa le plus clair de ses jours, les semaines suivante à s'occuper de Leif, de son instruction, de son langage, à lui rappeler des souvenirs quand Kisos et Arès l'entrainaient au combat. Les garçons arrivaient toujours tôt le matin et partaient le soir rejoindre Kattegat. Pour toute la ville, Matoaka se recueillait et avait besoin d'éteindre son chagrin ce que tout le monde comprenait. Personne n'aurait pu imaginer ce qui se passait au flanc de cette montagne, dans ce chalet. Il y avait comme quelque chose de normal et de quasi innocent dans cette manière de vivre depuis des semaines. Leif et Matoaka recevaient leurs enfants et ils partaient le soir venu. Le reste du temps, elle lui apprenait le nom des fleurs, les soins qu'elle prodiguait ou encore comment se servir d'un arc et tous les soirs, ils s'endormaient l'un en face de l'autre en se contemplant en silence. Elle n'avait pas osé l'approcher, l'embrasser ou attiser son désir. Elle ne savait pas comment il aurait pu réagir. Après tout, après toutes ces années, peut-être voulait-il tourner la page ? Il en aurait bien eu le droit.

    Trois semaines étaient passées et Matoaka finissait de mettre en pot un baume quand Leif s'entrainait à l'épée contre un épouvantail prévu à cet effet. Comme à leur habitude, les garçons arrivaient mais ils étaient accompagnés de Charlotte. Matoaka fut surprise car elle avait strictement interdit à son fils d'apporter une autre personne ici. La présence de Leif devait rester secrète. Mais avant de gronder son fils, ce dernier la prit à partit quand Arès faisait les présentations entre son père et sa belle-soeur :

    - Tu dois rentrer avec nous maintenant Ma, chuchotait Kisos à sa mère un peu à l'écart, le roi Harald est de retour avec ses hommes. Une flotte entière est aux portes de Kattegat. Il est accompagné de d'autres Jarls qui exigent ton retour au trône et..
    - Et ?
    - Et ta main, finit-il par annoncer avec une lueur de colère dans le regard, ils veulent t'épouser pour monter sur le trône.

    Retourner à Kattegat et affronter ces hommes c'était le risque de se voir être détrôner ou d'exposer Leif qui n'était pas encore prêt à cotoyer la foule et les regards. Matoaka mordait sa lèvre, en proie au doute quand elle posait son regard sur son époux qui souriait gentiment à Charlotte.

    - Je ne peux l'exposer.. Pas maintenant, avouait-elle avec douleur, ils vont s'en prendre à lui.. Ils.. Ils vont vouloir me l'enlever..
    - Ma'.. Nous devons nous préparer à la guerre.
    - Arrête je t'en supplie.. Non.. Plus de guerres, plus de morts, je n'en peux plus de voir les gens mourir Kisos. Tu crois que c'est un jeu mais ça n'a rien de glorieux. Tu peux me croire.

    Elle comprenait qu'il puisse avoir ce goût du sang. C'était un homme, un viking et le fils de Leif. Bien sûr qu'il voulait aller au combat, mais jamais elle ne pourrait supporter de le voir blessé ou pire, assassiné. Prenant une ample inspiration, elle donna l'ordre à Kisos d'annoncer son retour à Kattegat et qu'elle donnerait sa décision dans la soirée.

    - Ton père mérite une vie où il sera en paix. Et je n'ai jamais pu lui offrir. Il est temps pour lui d'être libre.
    - Qu'est ce que tu veux dire ?
    - Tu sauras ce soir. Annonce mon retour et fais préparer un banquet. Je serais là pour le coucher du soleil.

    Sur le coup, Kisos ne comprenait pas. C'est uniquement dans la soirée où lorsqu'il vit sa mère revenir en ville et dans le skali et qu'elle annonça se fiancer au grand gagnant des tournois qui seront organisé. Harald ne s'attendait pas à cette nouvelle même s'il se savait déjà vainqueur du fameux tournoi. Sous les hourra de tous les vikings qui étaient heureux à l'idée de festoyer pendant des jours et de voir des combats, cela ne pouvait qu'être apprécié. Harald vint se prosterner devant sa future reine et embrassa sa main comme signe d'appartenance :

    - Je ferais tout pour vous conquérir ma Reine et nous gouvernerons à deux.

    Mais Matoaka restait froide, insensible. Elle retira sa main de la sienne et se contenta d'observer au loin en se remémorant l'odieuse douleur de cet après-midi. En effet, une fois l'entraînement de Leif terminé et alors qu'elle finissait de soigner ses mains pleines d'ampoules elle lui annonça qu'elle allait partir. Mais aussitôt, alors qu'elle voyait son oeil se noircir, elle prit son visage entre ses mains et planta ses iris dans les siens :

    - Je dois partir quelques jours en ville pour assumer quelques querelles.. Arès et Kisos viendront te voir ne t'en fais pas mais je n'aurais pas le temps.

    Sans mesure et incapable de se retenir, elle se leva à la suite du colosse et se jeta à son cou pour lui donner ce même baiser qu'il y a seize années il lui avait donné au même endroit. Un baiser fougueux, passionné et violent qui exprimait une détresse et un besoin viscéral, quasi animal de se lier l'un à l'autre. Mais ils n'étaient qu'humain et Matoaka n'avait pas assez de souffle pour faire durer ce moment si intense. Ses mains s'étaient agrippées à sa crinière et des larmes coulaient de ses joues :

    - Je t'ai promis que tout irait bien et.. Oh Isha.. Non, non, je t'en prie ne me regarde pas comme ça.. Isha.. Tu.. Tu es libre de faire et d'être qui tu veux. J'ai des responsabilités envers notre peuple. Je dois protéger ton héritage pour Kisos et le reste de la famille. Je sais, je sais au plus profond de toi que tu n'as jamais voulu être un Roi. Tu voulais ta vengeance et tu l'as eu.. Maintenant vis la vie que tu as toujours espéré. Tu es libre Isha.. Ne le gâche plus un seul instant.

    Sur ses lèvres, elle avait déposé un baume pour endormir le colosse. Aussi, alors qu'elle lui parlait, elle le sentait s'écrouler contre elle. Délicatement, elle le laissait tomber sur le lit non sans lui murmurer tendrement :

    - Je t'aime.. Je t'aimerais toujours.

    Elle l'avait laissé là, sur leur lit à dormir profondément. Matoaka avait longuement erré dans la forêt cherchant le courage de rentrer à Kattegat. Elle avait laissé une nouvelle fois un peu de son âme et de son coeur dans ce petit chalet et elle savait qu'elle ne pourrait jamais plus y revenir. Comment le pourrait-elle alors qu'elle allait demander aux Jarl de se battre pour elle et le trône. Trop de sang avait coulé pour qu'elle veuille re déclencher une guerre. Le risque de voir encore les siens lui être arraché était impossible à concevoir. Une fois l'annonce passée, ses dames de compagnie l'accompagnèrent pour qu'elle puisse se coucher et là, dans le noir de la chambre, elle pu pleurer à sa guise et hurler contre son oreiller le désespoir qui la tenaillait.
    Ce n'est que deux jours plus tard qu'elle sortie de sa chambre, vêtue d'une robe somptueuse. Kisos l'accompagnait à l'extérieur et vint s'asseoir à ses côtés sur le trône qu'elle occupait autrefois avec Leif. Tous ses prétendants s'étaient réunis devant elle et attendaient les prières du nouveau voyant de la ville. Matoaka devait lancer les jeux mais quelque chose la retenait. Comme si elle devait attendre encore un instant.


    immarcescible, Posté le mardi 09 mai 2023 19:41 Répondre

    - Je n'ai jamais eu de grandes certitudes sur la vie et les autres Kisos.. Mais il s'agit bien de ton père. Il n'y a que son coeur pour battre de cette façon.

    Matoaka était obnubilée par le colosse qui dormait profondément dans le lit qu'ils avaient autrefois partagé. Elle tenait entre ses mains l'éponge devant le laver mais elle était incapable de commencer le travail. C'était si irréel de le voir là, respirant. La main protectrice de son fils sur son épaule la fit se réveiller et tendrement sourire.

    - Tu as raison.. On doit garder le secret de son retour. Il risquerait de blesser quelqu'un ou de se blesser lui-même.
    - Mais comment va-t-on faire pour le garder ici ? Il va s'enfuir.
    - Je resterais avec lui le temps qu'il se réadapte..
    - Toute seule ? Ma' certainement pas.
    - Il le faut et tu ne devras rien dire à personne. Uniquement que j'ai besoin de m'isoler.

    Kisos n'était pas d'accord mais la détermination dans le regard de sa mère lui fit comprendre qu'elle ne changerait pas d'avis. En cela, ils étaient bien similaire. Après avoir pris le temps nécessaire, elle se mit à retirer la peau de bête dissimulant le peu de nudité de son époux et le lava avec soin.

    Pendant ce temps, Kisos coupait du bois à l'extérieur et alluma un feu dans la maisonnette. Puis, une fois que Leif fut habillé d'une chemise propre et d'un pantalon décent, Matoaka fit quelques potions pour guérir les plaies qu'avait eu Leif avant de se mettre à la préparation du repas ramené de Arès. Les fils étaient assis à table et aiguisaient leurs épées quand le colosse sauvage vint à se relever. Matoaka avait prémédité le réveil brutal qu'il allait avoir, aussi, elle était restée assise près de lui à le veiller.

    - N'aie crainte.. Tu es en sécurité, lui murmurait-elle tendrement, tu es à la maison..

    Mais comme prévu il vint à se redresser, sans doute furieux que Kisos l'ai assommé. Il était désormais méfiant et Matoaka ne pouvait pas l'en blâmer. Avec douceur, elle tendit sa main vers lui et lui montra le bol chaud de viande et de quelques légumes qu'elle avait fait mijoter. Les garçons étaient sur le côté et observaient leur mère, patiente, douce et les yeux brillant observer leur père. Lentement et avec beaucoup de précaution, elle offrit le bol à Leif qui vint à engloutir le plat non sans se brûler les mains et la langue.

    - Les garçons ce sont tes fils.. Arès qui peut se transformer en ours, comme toi avant.. Et Kisos.. Notre enfant.. Tu te souviens ? Tu étais là quand il est venu au monde.

    Elle lui parlait sans le prendre pour un fou ou un animal sauvage. Il y avait toujours eu cette sorte d'empathie chez elle. La certitude que chaque être vivant est en mesure de comprendre et d'entendre ce que l'on pouvait lui confier. Le voyant essayer de lécher la pommade sur son bras, elle lui fit signe de ne pas y toucher et vint à s'approcher de lui et prendre sa main dans la sienne. Les garçons observaient tout, à la fois craintif et surpris. Matoaka garda la main de Leif dans la sienne et vint avec douceur la poser sur sa propre poitrine :

    - Tu entends mon coeur.. Tu te souviens qu'un jour.. un jour je t'ai dis qu'il ne battait que pour toi Isha.. Je sais que tu es là.. Quelque part.. Et j'attendrais le temps nécessaire que tu me reviennes.. Je te le promet..

    Kisos se levait ce qui fit naître une nouvelle fois une crainte chez le colosse. Il annonça à sa mère qu'il devait rentrer, que Charlie devait l'attendre.

    - Vous pouvez rentrer les garçons.. Tout se passera bien.
    - Ma', soit raisonnable. Arès devrait rester avec toi.
    - Kisos fais moi confiance s'il te plaît. Je te dis que tout ira bien. Il ne pourra pas s'attaquer à moi, je suis bien plus forte que lui physiquement et même s'il ne le reconnaissait pas devant ses hommes il savait que je savais.

    Cela faisait rire Arès qui se trainait derrière son frère. Le jeune ours vint grimper sur le lit et embrasser sa mère après avoir salué modestement son père. Il ne restait que Kisos, en retrait qui l'observait avec méfiance. Après avoir raccompagné ses fils à l'extérieur, elle revint auprès de Leif qui fouillait la maison. Cela la faisait doucement sourire quant elle répliquait :

    - Nous sommes venu une fois ici.. Nous venions de nous marier. C'était.. C'était notre dernière soirée ensemble. Ensuite nous avons été séparé pendant des années. Est-ce que.. Est-ce que tu te souviens comment tu es arrivé ici ?


    immarcescible, Posté le vendredi 05 mai 2023 13:39 Répondre

    Mourir n'était finalement pas si désagréable. En revanche, vivre, était autre chose. Matoaka était entourée de toute sa famille et même bien plus entourée qu'elle ne l'aurait cru mais cette vie n'était pas la sienne. Cette vie dans laquelle elle se trouvait ne ressemblait en rien à celle dont elle avait rêvé. Si elle restait à Kattegat c'était uniquement pour Kisos. Il l'avait supplié quand elle avait voulu partir au loin et vivre en ermite mais son regard du même bleu puissant que celui de son père l'avait fait flanché.

    Tous les jours il passait la voir et tous les jours elle lui racontait une nouvelle aventure ou histoire sur Leif et leur histoire. Il était d'une curiosité débordante et d'une bonté qui l'éblouissait. Mais il avait aussi la force, la détermination et le courage de son père. Souvent, lorsqu'il était de profil, elle croyait revoir les traits de Leif. Cela lui retournait à chaque fois l'estomac quand ses yeux brillaient d'une douleur sourde. Alors, dans ces moments là, elle priait et suppliait qu'il puisse voir leur fils.

    Nashoba s'était inquiété dès les premier jours. En effet, Matoaka n'avait pas pleuré une seule fois. Elle était restée prostrée, silencieuse et avait beaucoup prié. Son regard avait changé. Il était loin son oeil étincelant et ce sourire qui réchauffait les c½urs. Elle portait sur son visage la marque d'une douleur qui jamais ne s'en irait. C'était comme si quinze années était venue soudainement l'envelopper. Feargus et Amara avaient décidé de repartir en Ecosse sur leurs terres. Charlotte avait épousé Kisos, de fait, elle restait auprès de son époux. Comme il était jeune, Matoaka reprit sa place sur le trône mais avait aussi reprit sa place en tant que guérisseuse et Volva. Une routine s'était mise en marche et Kattegat prospérait. Une ville, une citadelle qui sous le commandement de Kisos et Nashoba était parfaitement armée quand la politique de Matoaka dépassait de loin les frontières de la Norvège faisant venir des seigneurs de d'autres terres.

    La lourde tâche quand on est en vie c'est que l'on voit le temps passer et l'on ressent le manque. Leif manquait viscéralement à la jeune femme tous les jours, toutes les heures. Toutes les nuits elle le cherchait lorsqu'elle partait en méditation mais rien, il n'était nul part. Elle avait beau questionner tous les esprits, personne ne savait où se trouvait l'amour de sa vie. Où est-ce que le démon avait bien pu l'emporter ? Ne pas savoir la rendait folle de rage et de désespoir. Cette incertitude ne pouvait que la faire lentement sombrer dans une dépression qu'elle dissimulait à la perfection.

    Les journées se ressemblaient toutes, sans que Matoaka sorte de cette bulle. Rien ne pouvait plus l'atteindre. Ses journées se définissaient par ses conversations avec Kisos et s'occuper du peuple de son défunt époux. Bien évidemment, le murmure de cette reine veuve ressuscitée et qui avait une puissance divine ne pouvait qu'attiser les convoitises des autres seigneurs alentours. En effet, très vite, beaucoup vinrent faire la cour à la Reine qui possédait un royaume prospère et puissant. Kisos et Arès gardaient un oeil sur leur mère qui vivait dans son monde, quand Nashoba était devenu le garde du corps de sa propre soeur sans qu'elle s'en aperçoive.

    Certains avaient déjà tenté leur chance et avaient demandé en épousailles la belle amérindienne. Mais c'était un refus catégorique qui leur était donné. Pourtant, ça ne décourageait pas les nombreux prétendants aux pieds de la Reine. Le mépris seul leur était offert en retour de généreuses offres. S'offrir à un autre homme n'était même pas envisageable pour la jeune veuve qui vivait encore avec l'espoir de retrouver l'esprit de Leif. Mais plus les jours passaient, plus les mois passaient et plus elle doutait. Jamais il n'était venu à elle. L'avait-il définitivement oublié ? Est-ce que son esprit s'était dispersé au quatre vent ?

    Ses questions restaient aussi sans réponse car elle refusait de retourner en Enfer et de cotoyer ces dieux qui les avaient abandonnés et torturés. Elle leur vouait une indifférence totale. Mais à la demande de Kisos, pour l'anniversaire de la mort de Leif, elle du se rendre sur sa tombe pour l'honorer. Chaque pas, chaque souffle lui coûtait. Elle avait l'impression que la douleur revenait à chaque fois le plus rapidement et le plus douloureusement. Heureusement, la présence de son fils était un appui auquel elle ne pouvait s'éloigner. Une fois arrivés sur la montagne, ils commencèrent à se recueillir mais quelque chose clochait. En effet, mais une présence près d'eux les fit se tendre. Kisos avait l'instinct de son père, celui d'un chasseur. Aussi, il agrippa le pommeau de son épée et se mit à position, près à se battre. Matoaka lui fit signe de ne pas bouger quand elle lui murmurait qu'il ne s'agissait pas d'un animal. C'était un être humain d'après son battement de coeur et ce battement elle le reconnaissait.

    A peine avait-elle pu se retourner que Leif surgissait. Un homme au comportement d'ours. Il avait ses cheveux couleur argent et sa voix basse et grave grognait. Kisos eut un mouvement de recul quand Matoaka sentait son corps entier se braquait littéralement. Ô que oui.. C'était lui. Il se comportait tel un animal enragé qui voulait protéger son territoire. Mais depuis combien de temps était-il ici ? Pourquoi ne l'avait-elle pas retrouvé ?

    - Ma'.. Ne t'approche pas, prévenait Kisos en pointant son épée sur son père nu qui continuait à grogner, on ne sait pas si c'est vraiment lui.
    - Oh si c'est lui.. Baisse ton épée.. Il est juste effrayé.

    Avec beaucoup de peine il fit ce que lui demandait sa mère. Son âme entière était en chambranle mais elle ne devait pas perdre la face devant Leif. Elle essayait de comprendre ce qui avait bien pu l'empêcher de le retrouver mais plus elle se posait de question, plus elle faisait patienter l'homme-sauvage qui se rapprochait dangereusement d'eux. Lentement, elle s'agenouilla devant lui en plantant ses iris dans les siens. Oui, c'était lui. Il n'y avait que lui pour avoir ces yeux d'un bleu intense et brillant.

    - Isha, murmurait-elle avec une douceur que Kisos n'avait jamais entendu, Isha mon aimé..

    Mais l'homme devant elle ne faiblissait pas, il était toujours aussi sauvage. Malgré un Kisos qui la suppliait d'être vigilante, elle continua de s'approcher de Leif jusqu'à se trouver face à lui. Avec beaucoup de précaution elle réussit enfin à se trouver au plus proche de lui et tendre sa main jusqu'à la poser sur son buste. Son coeur battait, cela voulait dire qu'il était en vie. Cela lui fit couler une larme sur la joue quand elle souriait et riait à la fois. Leif était en vie. Mais est-ce que son esprit était encore là. Il fit un mouvement brusque ce qui amena Kisos à extirper sa mère rapidement. Pour un peu, elle se faisait frapper. Un peu à l'écart et sonnée par sa violence, elle reprit ses esprits et ordonna à Kisos d'aller chercher Arès.

    - Je ne te laisserais pas seule avec.. avec.. avec cet homme.
    - Il s'agit de ton père et ne t'en fais pas pour moi. Je sais parfaitement ce que je fais. Allez !

    Après une hésitation certaine, le jeune homme prit la décision d'écouter sa mère. En allant chercher Arès, peut-être que ce dernier pourra communiquer avec son père par la transmission de pensée. En attendant, Matoaka restait près de la roche qui servait de stèle d'honneur à Leif avant de se rasseoir. Ses yeux le scrutaient avec une attention certaine. Elle reconnaissait des cicatrices, des grains de beauté qu'elle avait tant embrassé et aimait. Son corps était le même et elle reconnaissait le battement de son coeur. Etonnement, elle ne voyait plus l'étrange aura lumineux qu'il pouvait avoir auparavant. Serait-il possible que le démon ai réussi à tuer le Dieu en Leif mais pas l'homme ? C'était la seule logique. En effet, Matoaka avait toujours cherché le dieu, jamais l'homme et voilà qu'il se tenait devant elle. Au bout d'un moment, il finit par se calmer. Ils s'observaient l'un et l'autre comme pour essayer de se comprendre. De son sac besace, elle sortit un morceau de viande qu'elle vint poser entre eux. Cela eut le don de le faire se rapprocher et lorsqu'il se rua sur la viande elle pu à loisir continuer de l'observer :

    - Tu vas rentrer avec nous à la maison, lui expliquait-t-elle, toute notre famille t'attends.. Tu es un grand roi, ton peuple a besoin de toi, ton fils, ton frère et.. et moi plus que tout Isha.

    Mais il ne réagissait pas. Cela la torturait plus qu'autre chose. Son enveloppe humaine avait survécu mais pas son esprit. Et s'il avait perdu la mémoire ? Inquiète, elle essaya alors autre chose :

    - Tu es Leif Erikson.. Et moi.. Tu.. Tu sais qui je suis ?


    immarcescible, Posté le dimanche 30 avril 2023 08:48 Répondre

    Matoaka répondait à toutes les questions de son fils sans faute et mangeait en même temps. Horreur que son corps soit autant affamé car cela l'empêchait de contempler son garçon. Une fois son repas terminé, elle pu à loisir poser ses prunelles sombre sur l'homme qu'il était entrain de devenir. Elle avait envie de pleurer de bonheur. Si doux, si prévenant, si humble et pourtant si fort et inflexible. Il était le parfait mélange entre elle et Leif et elle n'avait aucun doute sur le fait qu'il serait fier de son fils à l'heure actuelle. Mais très vite, elle blêmit lorsqu'il évoqua son souhait de partir pour la Grèce et de tuer Zeus. Elle secouait la tête négativement en agrippant la main de son fils pour lui assurer que ce ne serait pas nécessaire :

    - Zeus va venir ici.. En Norvège. Mais tu ne le tuera pas. Je ne te laisserais jamais faire une telle chose. L'erreur de ton père pendant des années a été de partir à la vengeance. Il a passé sa vie à chercher à se venger. Tu ne te rends pas compte de la vie à laquelle tu te prédestines si tu fais ça. Tu perdras tout.
    - Mais.. Mais sans cette vengeance il ne t'aurait jamais rencontré.
    - Bien sûr que si. Ce qui lie ton père et moi-même est bien plus puissant qu'une simple histoire de vengeance. Les âmes soeurs se retrouvent toujours Kisos, peu importe le but qui les a lié sur le moment clé. Mais la vengeance elle, elle ne fera que te dévier du droit chemin. Tu es né pour gouverner et apporter la prospérité à ton peuple, pas faire verser le sang. C'est l'adage de ton père et de moi-même et personne d'autre.

    Le jeune homme ne comprenait pas. Depuis qu'il est enfant il s'est persuadé qu'il n'avait qu'une missions sur terre et voilà qu'on lui retirait ce projet qui devait le révéler au monde entier. Avec douceur, sa mère prit sa main dans la sienne et vint l'apposer à celle de Charlie qui se trouvait face à eux. Elle joignait leurs mains, en leur faisant comprendre qu'ils devaient rester unis :

    - Elle est ton unique destin. Ne cherche pas la grandeur dans le sang. Cherche le dans l'amour et la compassion, l'empathie et l'écoute. Protège ton peuple mais ne va pas à l'aventure pour chercher à te venger.

    La présence de Matoaka faisait tourner la tête à tout le monde, retrouvant le recul positif et censé de la jeune femme ils se sentaient libéré du poids de sa mort et de cette maudite vengeance. C'était comme s'ils avaient oublié l'importance du pardon et de vivre. La brune venait embrasser l'épaule de son fils avant de se lever de table sans cesser de caresser sa longue crinière. Elle le trouvait si beau et rayonnant qu'elle ne pouvait s'empêcher de penser à Leif. Il devait revenir, elle devait le sauver pour qu'il puisse voir Kisos. C'était lui leur souffle de vie, le miracle improbable. Embrassant le sommet de son crâne, elle demandait à Nashoba où se trouvait Arès ce qui le fit sourire :

    - J'en connais un que tu ne vas pas reconnaître soeurette..
    - Comment ça ?

    Ils se retrouvèrent rapidement à l'extérieur. Couverte d'une peau de bête, ils se rendirent Feargus, Nashoba, Kisos, Charlotte et Matoaka dans les bois. Elle suivait le groupe en inspirant profondément la bonne odeur de la forêt et se ressourçant de tout ce qu'elle apportait. Charlotte l'aidait dans sa marche, elle était encore un peu faible à cause de ces dernières années de privation mais elle suivait le rythme. Se retrouvant toutes les deux un instant, Matoaka lui posa quelques questions pour apprendre à la connaître et comprit ce qui séduisait son fils. Elle ne pouvait en être qu'heureuse même si une part d'elle s'en voulait d'imaginer qu'elle puisse servir d'appât à Zeus.

    - Les histoires qui parlent de toi et d'oncle Leif sont tellement exceptionnels.. On a grandi avec l'idée que vous étiez des héros, des êtres sur-humains.
    - Pourtant il n'y a pas plus humain que nous tu sais. La preuve, une flèche à transpercé mon coeur.

    Elle en riait quand Charlotte souriait gênée. La blonde était encore timide ce qui attendrissait le coeur de la Reine. Mais alors qu'elles continuaient de papoter entre elles, ils arrivèrent dans une clairière où se trouvait un magnifique champ de lavande. Matoaka avança vers son frère quand Kisos sortait son épée sur la défensive. Elle se demandait bien ce qui mettait tout le monde sur le pied de guerre quand elle ne voyait rien autour d'elle. Soudain, un grognement au loin se fit entendre et à peine avait-elle eut le temps de comprendre qu'un ours impressionnant surgissait de la forêt en hurlant pour protéger son territoire.

    Tous les humains firent un pas en arrière quand Matoaka ne bougeait pas à la fois impressionnée et ravie. Kisos voulut l'extirper de là où elle se trouvait mais elle le contourna et avança droit vers l'ours qui faisait les cent pas, toujours en rugissant. Il était grand, fort, impressionnant avec un poil noir très sombre. L'amérindienne n'avait pas peur quand tous les autres retenaient leur souffle, elle riait même de joie :

    - Tu es encore plus beau que je l'espérais, dit-elle à l'ours qui se reculait craintivement vers la forêt, je savais que tu trouverais le moyen de devenir celui que tu as toujours été.

    Sa main toucha le visage de l'ours qui vint se prosterner à ses pieds. Son visage vint se frotter à ses jambes quand la Reine prit l'animal dans ses petits bras. Elle avait reconnu Arès et elle entendait ses sanglots de joie et de peur en sentant sa mère l'enlacer. La famille était presque réunie, il ne manquait désormais plus que le père.


    Pendant ce temps, Perséphone recevait la rage et violence du démon. Leif ne contrôlait plus rien, puisque le démon avait reprit en puissance après avoir tué des nymphes des bois. Il se trouvait exactement dans le pré où avait évolué l'âme de Matoaka et cherchait la fameuse clé dont avait parlé la déesse. Il avait cru que la jeune amérindienne n'était qu'une image, un fantôme, il n'avait pas vraiment cru qu'elle puisse être de nouveau vivante. Zeus n'avait jamais encore ressuscité qui que ce soit, ce n'était jamais encore arrivé. Perséphone souffrait des tortures du démon et de la perte de pouvoir qu'avait engrangé la perte de ses nymphes.

    - Tu n'es pas Leif.. Jamais il n'aurait fait ça..
    - Mais c'est peut-être parce que tu ne connais pas si bien que ça ton fils, mère.

    Il avançait, comme une bête cherchant sa proie. Mais ne la trouvant pas, il poussa un hurlement sauvage qui lui fit déraciner des arbres. Perséphone le suppliait d'arrêter. En détruisant ce paradis, c'était sa propre vie qui disparaissait. Elle devenait l'ombre d'elle-même privée de sa source de vie. Mais le démon s'en fichait, il voulait Matoaka. Or, la déesse savait que si elle cédait et qu'elle disait où elle se trouvait, elle perdrait définitivement son fils.

    - Où cette maudite humaine, rugissait-il en agrippant la déesse entre ses mains, dis-moi où elle est à moins que je détruise ton monde. Sa vie n'est rien pour toi.. Ne soit pas ridicule.
    - Tu as raison. Elle n'est rien pour moi mais mon fils lui est tout.. Et je ne lui briserais pas le coeur une nouvelle fois.

    La détermination de cette mère était un comble pour l'Apocalypse qui n'arrivait pas à ses fins. Alors qu'il allait frapper une fois encore, elle fut bien plus rapidement sauvée qu'elle ne l'aurait cru. Hadès surgissait et avec la puissance de son pouvoir réussit à contrôler le démon le temps d'extirper Perséphone de ses griffes. Une fois en sécurité, il se rendit compte du faible état de sa femme et sentit sa colère poindre. Il devait la sauver. Sans attendre, il la conduisit sur le Mont Olympe où elle reçut les soins nécessaires avant de se rendre auprès de son frère :

    - Il suffit, hurlait-il, voilà des siècles que tu nous poursuis ! Des siècles que tu joues avec nous ! Je te demande de réparer tes fautes !
    - J'ai essayé mais regarde comme ton fils à réagit. Il a voulu tuer sa propre compagne.
    - Cesse donc ! Tu sais aussi bien que moi que Zagreus n'est pas ce démon qu'on nomme Apocalypse.
    - Qu'en sais-tu après tout ? Il pourrait très bien l'avoir développé à son insu au fur et à mesure des années.
    - ZEUS ! IL S'AGIT DE TON FILS !

    Le dit Dieu suprême se redressait furieux que son frère ose annoncer aussi fort le secret qui le liait à Perséphone et Hadès. En effet, si Zeus avait tant pourchassé Leif c'était parce qu'il était la preuve du crime odieux qu'il avait commis sur sa nièce des années auparavant. Hadès avait toujours élevé Leif comme son fils car il n'était pour rien. Et cette compassion nouvelle chez son frère avait toujours horrifié Zeus.

    - Ainsi donc tu veux mourir mon frère ?
    - Soit, je m'occuperais de Zagreus moi-même. Je te confie mon épouse, ne fait pas une fois encore ombrage à son coeur et son âme. Sinon je t'apporterais sans remord l'Apocalypse en personne. Et tu sais que je le ferais.

    Sans attendre sa réponse qui pourtant se solda par un violent orage, Hadès prit le chemin de la Terre pour y retrouver Matoaka. Ce n'est pas sans surprise qu'il la retrouva parmi les siens qui festoyaient le retour improbable à Kattegat de la reine ressuscitée. Les légendes autour de la jeune femme n'allaient que se renforcer, mais avant, il devait lui donner la dernière indication avant la bataille finale. C'est lors d'une vision qu'il pu lui transmettre les derniers évènements.

    Voilà bien des années qu'elle n'avait pas été frappée par une vision aussi, cela l'étourdi un instant. Kisos et Arès (retransformé en humain pour l'occasion), s'inquiétèrent de voir leur mère si faible qu'ils vinrent l'asseoir sur une chaise. Reprenant lentement ses esprits, elle posa un regard sur ses fils, elle tenta de les rassurer mais à peine avait-elle reprit pied que des cris de villageois au loin résonnaient. L'Apocalypse était là et il venait pour elle. Feargus, Nashoba et Björn s'armaient déjà mais Matoaka leur hurla de rester où ils étaient :

    - Il est là pour moi..

    Embrassant Kisos et Arès et leur offrant un sourire de confiance, elle les quitta en leur ordonnant de ne bouger à aucun prétexte. Ils écoutèrent l'ordre de leur mère avant de décider en commun de la suivre discrètement. C'était leur guerre à eux aussi. Arès se transforma en ours et Kisos mit l'armure de son père et prit son épée. Matoaka avançait jusqu'à la plage où le corps de Leif lui apparut. Mais il était loin son amour. Se tenant fièrement devant lui, elle l'observa avec une peine incommensurable quand le démon souriait avec satisfaction :

    - Tu sais que je ne te laisserais pas gagner, dit-elle au démon, tu devrais abandonner maintenant et me rendre mon époux.
    - Comme si j'allais me laisser marcher dessus par une abjecte humaine.

    Il fit un pas vers elle mais elle ne bougeait pas. Elle se concentrait, essayant de faire intervenir les esprits qu'elle avait prié dans la journée. Elle avait besoin de leur aide, de leur accompagnement. Alors que le démon venait à elle, son esprit commençait à flancher. Arriverait-elle à planter sa dague en lui ? Il restait Leif malgré tout. Son doute fit rire le démon qui pointait déjà son épée sur la jeune femme, prêt à l'abattre. Il levait son arme et allait violemment trancher la tête de la jeune femme quand Kisos hurlait au loin. Mais un éclair s'abattit sur le démon et fit apparaître Zeus. Il était humain, son aura était détruite.

    Le démon, encore sonné par le choc fut surpris de voir sous ses yeux ce qu'il avait tant espéré de voir. Son ennemi juré, vulnérable. Matoaka n'avait pas beaucoup de temps, alors, sortant de sous cape sa dague, elle la planta dans la gorge de Zeus qui ne répliqua pas. C'était comme s'il s'avait ce qu'il attendait. Comme si tout avait été écrit depuis toujours et qu'il connaissait exactement la date de sa disparition. Le dieu s'écroula sur le sable quand Matoaka posait de nouveau ses prunelles sur le démon et tendit sa main sur lui. Elle le maintenait au sol par la seule puissance de son pouvoir qui lui revenait :

    - Maintenant que tu n'as plus d'ennemi laisse Leif revenir. Laisse le revenir !


    immarcescible, Posté le mercredi 26 avril 2023 20:16 Répondre

    A peine venait-elle d’être éjectée l’esprit de Leif que le démon surgissait de nouveau, féroce et impitoyable. La colère et le ressentiment faisait naître une boule de rage chez l’amérindienne qui ne trouverait de repos uniquement lorsque son adoré serait libéré. Le démon cherchait à la séduire. Sans doute croyait-il qu’elle allait céder à ses avances, mais c’était mal connaître la jeune femme qui préféra quitter la geôle même si intérieurement, elle entendit le cri déchirant de Leif l’appeler.

    Elle devait trouver une aide, quelqu’un ou quelque chose pouvant lui apporter une réponse. En passant près de la salle du trône, elle surprit alors une conversation entre Perséphone et Hadès évoquant la clé du mystère. Le démon voulait tuer Zeus pendant sa mutation et il se disait qu’il allait kidnapper Charlotte, la fille de sa nièce Amara pour en faire une nouvelle maîtresse. Matoaka la connaissait car Björn lui avait parlé d’elle. Aussi, si elle était la fille de son amie et la fiancée de son fils, elle ne pouvait rester plus longtemps. Matoaka devait rentrer mais elle n’avait que trois jours pour cela. Elle pouvait se servir d’elle comme appât et ainsi kidnapper le dieu avec ses pouvoirs. Ainsi, elle utiliserait Zeus comme monnaie d’échange pour sauver Leif et lui offrir la vie qu’il mérite depuis toujours.

    En sondant l’esprit de Cerbère, elle apprit que les Enfers contenaient d’autres pierres magique qui lui permettraient de transmuter. L’objectif n’était pas de changer d’époque et elle espérait que ses pouvoirs seraient plus puissant pour atterrir chez eux à l’instant présent. C’est dans une alcôve tranquille, près d’une fontaine qu’elle vit l’immense pierre dressée. De nombreux symboles y étaient gravés, dans une langue qu’elle méconnaissait. Elle n’avait pas le temps de tout déchiffrer, aussi, elle tenta de se concentrer et à peine avait-elle effleuré la pierre qu’elle sentie son pourvoir d’attraction. Après s’être posée le pour et le contre, inquiétée et questionnée, elle inspira profondément, se lança et posa sa main sur la pierre humide et froide.

    Le choc avec le sol avait été violent. Grognant, la brune se redressa sur ses coudes pour se rendre compte qu’elle était dans la grotte aux bassins, là où elle avait fait un jour l’amour avec Leif alors que c’était un lieu réservé aux rois. Ce souvenir lui tordait le ventre de douleur : arriverait-elle à revivre de si doux moments en sa compagnie un jour ?

    L’apitoiement ne pouvait avoir lieu. Elle devait retourner au village et trouver Nashoba. Lui saurait gérer la situation en revoyant sa soeur morte depuis quinze ans et qui n’avait pas vieillie. La brune se rendit au village et souffla de soulagement en voyant qu’ils étaient en plein printemps. Elle ne portait alors qu’une robe légère dans un lin pur qui brillait au contact du soleil. Le chemin n’avait pas changé jusqu’à Kattegat, pourtant, en arrivant devant la ville, elle y trouva des fortifications. Tout avait évolué et elle se sentie étrangère sur sa terre. Pour entrer dans la ville, elle devait passer le pont levis et payer un péage. Quel était donc ce nouveau système ?

    Elle devait donc le contourner et trouver un moyen de pénétrer la cité sans que personne ne se rende compte de sa présence. Se déclarer comme étant Matoaka risquerait sans aucun doute à la faire passer pour folle. La prévoyance était mère de sûreté. Aussi, elle décida de passer à travers la forêt tout en longeant les fortifications. Elles étaient hautes, imposantes. Feargus avait tout fait pour protéger la cité ce qui rassurait la jeune femme. Un peu à l’écart de la ville, elle prit la direction de la maisonnette où elle avait vécu un temps avec Leif. Elle n’avait pas bougé et semblait toujours être hors du temps.

    En entrant, elle se rendit compte qu’elle était habitée. Les convenances lui disaient de ne pas entrer mais les souvenirs étaient trop fort et elle avait besoin de s’accrocher à eux pour s’assurer qu’elle ne se battait pas pour rien. Le lit était intact, les outils, la vaisselle. Matoaka était émue de constater qu’un couple vivait là et elle priait pour qu’ils soient aussi amoureux qu’elle et Leif.
    Alors qu’elle priait, un petit hoquet de stupeur la sortie de sa torpeur. En se retournant, qu’elle ne fut pas sa surprise en voyant la jeune Charlotte sur le pas de la porte. Car oui, il n’y avait aucun doute qu’elle était le nourrisson qu’elle avait mis au monde. Visiblement, c'était un lieu de rencontre pour la jeune femme et son fils :

    - Charlotte…
    - Qui.. Qui êtes-vous ? Que faites-vous là ?

    Matoaka faisait un pas vers elle pour la rassurer mais la jeune fille tenta de s’enfuir. Au même moment, elle fut bloquée par un colosse au regard couleur océan qui vint la protéger de son bras. La brune mit ses mains devant ses lèvres pour étouffer un cri de douleur. Son enfant. Le petit garçon qu’elle avait tenu quelques jours dans ses bras était un homme et il se tenait devant elle, fièrement et imposant.

    - Kisos.. Mon Kisos..
    - Comment connaissez-vous mon nom ? Qui êtes-vous et que nous voulez-vous ?

    Il brandissait son épée vers elle quand Charlotte courait pour aller chercher de l’aide. Matoaka ne bougeait pas, les mains sur son coeur en sentant ses larmes fondre de ses yeux à ses joues. Où était son fils ? Son enfant qu’elle avait tant chéri, celui dont le sourire avait tant fait pleuré son père. Cet enfant, cet espoir qui les avaient tant transportés. Matoaka en pleurait de douleur. Les Dieux leur avait enlevé tant d’amour et tant de possibilités. Fébrile et tremblante, elle du s’accrocher à la porte de la maison avant de murmurer :

    - Tu es si beau.. Si grand.. Si fort.. Tu as la prestance des guerriers de mon peuple mais.. mais tes yeux.. tu as les yeux de ton père mon chéri..

    Cela sembla troubler le jeune homme à qui on avait toujours dis qu’il avait les yeux de son père. Il allait baisser sa garde mais se souvenait alors des recommandations de ses oncles, à savoir de ne jamais se fier aux inconnus. Il était impressionnant, prêt à frapper pour se défendre ce qui faisait tendrement sourire sa mère même si elle avait mal au coeur à l’idée d’être une étrangère pour lui :

    - Vous connaissiez mon père ? Est-ce que.. Est-ce que vous savez où il se trouve ?
    - Oui je le sais.. Mais ce serait trop long à expliquer.
    - Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?
    - Kisos !

    C’était Nashoba qui hurlait au loin sur sa monture. Il galopait jusqu’à la mère et au fils et eut un choc. La mère ? Il hésita à descendre de son cheval quand il blêmit. Peu après, au loin, on pouvait entendre Feargus et quelques hommes de sa garde surgirent.

    - Cela fait du monde juste pour moi, dit en plaisantant l’amérindienne.
    - C’est.. C’est impossible.. Je.. Je t’ai vu… Tu étais..
    - Morte oui. Mais je suis là, de retour à la maison.

    Kisos observait la scène sans comprendre. Après tout, il n’avait jamais eu de portrait de sa mère. On ne lui avait que parlé de sa beauté, de son courage et de sa bravoure. Quant à son père, il savait qu’il avait ses yeux. Jamais il n’avait réussit à se représenter ses parents. C’était une énigme qui l’avait toujours traumatisé. Nashoba descendit de son cheval et vint à sa soeur qui n’osait bouger. Il toucha son visage et se mit à pleurer avant de s’écrouler à ses genoux tout en implorant le ciel en amérindien.

    - Mon frère.. Chut.. Tout va bien, lui répondait sa soeur dans leur langue maternelle, les dieux m’ont fait revenir..
    - Je t’ai vu.. Je t’ai vu.. C’est impossible.. Tu es partie avec les nôtres..
    - Nashoba nous devons aider Leif.. C’est pour cela que je suis revenue..
    - Leif ? Il est toujours vivant ?

    Feargus avançait vers le frère et la soeur et eut la même réaction. Il n’en croyait pas ses yeux et eut des difficultés à parler. Il se contenta de venir vers la Volva et la prendre à son tour dans ses bras. Kisos ne comprenait pas. Il était perdu. Il se demandait qu’elle était cette étrangère quand elle ne faisait que de le fixer. Feargus ne pleurait pas contrairement à Nashoba qui ne lâchait pas sa soeur. L’écossais vint vers son neveu et voulu lui expliquer qu’elle était sa mère mais elle l’en empêcha. Avec douceur, elle vint donc à lui et prit sa main dans la sienne. Délicatement, elle traça les lignes de sa main et cela la fit sourire :

    - J’ai toujours sût que ton destin serait encore plus éblouissant que celui de ton père..
    - Je ne.. Je ne comprends pas, murmurait un Kisos perdu, qui êtes-vous ?
    - Kisos voici ta mère, expliquait Nashoba avec émotion, c’est Matoaka..
    - C’est imposible…
    - Je suis pourtant là mon soleil. J’ai besoin de toi pour sauver ton père. J’ai besoin de tout le monde, voilà pourquoi je suis de retour auprès de vous. Et nous n’avons plus une minute à perdre.


    immarcescible, Posté le samedi 22 avril 2023 09:55 Répondre

    Comme si elle avait envie de le quitter. L’envie de rire au nez de Hadès lui vint mais Matoaka se retint. Le regard noir, sanguinaire et inhumain de son époux la faisait frémir de terreur, une fois encore. Elle avait envie de se jeter sur lui et de refaire revenir Leif. Il était là, recroquevillé de douleur. Elle voyait les contours de son âme qui étaient enveloppé dans une bulle de douleur et incapable de la gérer, il avait laissé le démon s’emparer de lui. Diable qu’elle avait envie de hurler et de pleurer. Mais sous le choc, elle restait statique, incapable de bouger.

    Ce fut Hadès qui la sortit de sa torpeur en posant sa main froide sur son poignet pour l’entrainer autre part suivi de près par un Cerbère intrigué par ce nouveau maître qui riait d’un son effroyable. A côté, le Roi des Enfers n’avait rien de bien terrifiant. Matoaka arriva dans une pièce sombre uniquement éclairée par des lanternes et sentie toute sa douleur fondre sur elle. Elle tremblait d’effroi et se maudissait de ne pas pouvoir trouver de solution dans l’instant.

    - Il y a bien un moyen.. Je veux dire.. Ce démon est puissant mais pas indestructible.
    - C’est bien plus compliqué que cela ma chère. Comme tu l’as bien compris mon fils s’est laissé dominé par une entité qui l’accompagne depuis toujours mais qu’il avait su repousser depuis ta rencontre. Avec ta mort, incapable de gérer cette perte, il s’est laissé envahir par les ténèbres car elles seules peuvent lui donner ce qu’il veut.
    - Et que veux-t-il ?
    - La mort de Zeus.

    Or la mort de Zeus voulait aussi dire la fin du monde, ou du moins, de celui qu’ils avaient toujours connu. Matoaka n’avait aucune idée de ce que cela pouvait impliquer si ce n’est que c’était la fin et la destruction de ceux qu’elle aimait.

    - Je ne peux pas le quitter.. Le laisser là.. Il va revenir à lui.
    - C’est peu probable. Le démon est puissant, jamais encore je n’avais vu un tel degrés de possession. C’est comme si ils étaient attachés l’un à l’autre.
    - Alors que faire ? Je ne vais pas l’abandonner tout de même !

    Pourtant, Hadès n’avait pas d’autre solution à proposer à la jeune femme. La laisser s’approcher de son fils était un risque bien plus grand. Il savait pertinemment que si le démon s’en prenait à elle, Leif le saurait et cela décuplerait une fois encore sa rage et amplifierait ses pouvoirs afin d’anéantir Zeus. Même si le dieu de la mort n’aimait pas son frère, il ne voulait pas pour autant que son monde soit détruit ainsi que ses enfants. Il proposa à Matoaka d’aller se reposer pendant qu’il essayerait de parler à son fils.

    Peu convaincue mais terriblement épuisée, l’amérindienne se rendit dans une des chambres qui avait été aménagée pour elle. A peine couchée, elle sombra dans un sommeil profond. Il était néanmoins peuplé de cauchemars où des visions du passé et du futur se mélangeaient. Son corps et son esprit reprenaient lentement une connexion dite normale mais il était encore difficile pour elle se de fier à ses souvenirs et ce qui adviendra. Ce fut une main doucereuse qui l’éveilla et qu’elle ne fut pas sa surprise en voyant Perséphone au dessus d’elle qui l’observait craintive :

    - J’ai moi-même joué avec le destin. Ma place de déesse me faisait croire que j’aurais pu sauver Leif mais finalement.. finalement je l’ai envoyé de moi-même dans la gueule du monstre.
    - Personne ne peut lutter contre le destin, répliquait Matoaka en se redressant intriguée par la présence de la déesse, même les êtres immortels.
    - Tu as toujours eu le don de perspicacité en plus d’avoir une âme pure. C’est pour ça que je t’ai choisi.
    - Parce que j’allais me sacrifier pour Leif ?
    - Non.. Parce que tu allais lui donner ce qu’il pensait n'avoir pas le droit d'obtenir : de l’amour, de la compassion, de la confiance. Leif est d’une grandeur remarquable mais il a toujours douté.

    Ça, Matoaka ne pouvait pas s’empêcher d’être d’accord avec sa belle-mère ce qui lui fit lever les yeux au ciel. Elles se souriaient avec politesse l’une et l’autre avant que l’amérindienne ne vienne se lever pour aller rejoindre Leif :

    - Je n’ai jamais affecté les sentiments de Leif te concernant. Je crois même qu’il nous a tous surpris en éprouvant de tels sentiments à ton égard. Sais-tu que Hadès et moi-même sont les seuls dieux à nous aimer d’une passion sincère ? Nos enfants sont les réceptacle de cet amour puissant. Dommage que le destin nous ai empêché de leur transmettre ce pouvoir unique.

    Matoaka se contenta de hocher la tête. Elle connaissait toutes les légendes et autres histoires qui entouraient la relation des deux dieux mais ne pouvait s’empêcher de trouver saugrenu qu’elle puisse les comparer à eux deux. Mais elle n’était pas ici pour faire un débat sur l’amour et sur les relations de couple. Elle avait suffisamment dormi pour pouvoir rejoindre Leif et essayer de le réveiller. Accompagnée de Cerbère, qui était la condition de ses beaux-parents, pour pouvoir approcher l’Apocalypse, elle se rendit donc dans la prison. Toujours attaché au mur, son visage pendait dans le vide comme s’il était mort.

    - Isha.. Isha.. Mon amour.. C’est moi..

    Avec douceur, elle s’approcha et vint s’agenouiller devant lui. En relevant son visage, elle se rendit compte qu’il dormait. Ses traits étaient tirés et exprimaient une fatigue certaine. Elle mordait sa lèvre pour retenir ses larmes de tristesse quand elle caressait ses joues.

    - Mon amour.. Je t’en prie.. Je suis là..

    Mais rien. Alors, avec douceur, elle tenta de poser ses lèvres sur les siennes. Naïvement, elle pensait qu’un baiser allait pouvoir l’éveiller et ce fut le cas. Or, ce n’était pas Leif mais le démon qui prenait un malin plaisir à l’embrasser quand elle le repoussa avec violence écoeurée. Sa main gifla sa joue avec violence quand il ricanait telle une bête enragée :

    - Ah.. Je comprends mieux pourquoi il est autant obsédé par toi Volva.
    - Laisse moi lui parler.
    - Il ne veut parler à personne. Il m’a confié de le préciser à tout le monde.
    - Sauf que je ne suis pas tout le monde et tu le fais.

    Elle posa sa main sur le front de son époux et tenta de pénétrer son esprit ce qui faisait ricaner une fois encore le monstre. IL résistait mais Matoaka ne s’avouait pas invaincue et alors qu’il pensait gagner, elle réussit avec force de concentration à pénétrer l’esprit de Leif et le rejoindre dans ses songes. Ils étaient dans un endroit solaire, quasi aveuglant, le même qu’elle avait introduit lorsqu’ils étaient sur le bateau les ramenant de Grèce avant qu’ils ne perdent volontairement la mémoire l’un et l’autre. Elle avait beau l’appeler en se retournant mais impossible de le trouver.

    - ISHA !

    Rien ne venait jusqu’à ce qu’elle cris une fois encore son nom et qu’il semble surpris de l’entendre. Rapidement, elle se mit à courir en sa direction et vint finalement à le trouver, assis sur le sol ses mains encore pleines de sang. Se jetant à lui, elle vint s’accroupir et prendre son visage entre ses mains. Ses prunelles d’un bleu doux mais perdu lui lacérait le coeur. Lui offrant un sourire éclatant elle posa ses lèvres sur son visage :

    - Je suis là.. Mon amour.. Je suis là.. Tu dois m’écouter car nous n’avons pas beaucoup de temps.. Je suis vivante.. Tu dois revenir.. Lutte contre le démon je t’en prie et rentrons à la maison..

    Comme si c’était simple. Naïvement, elle pensait avec certitude qu’en refaisant venir Leif à elle cela suffirait. Mais c’était sans compter sur le démon puissant et la rancoeur violente de Leif qui ne cessait d’être alimentée par les tortures qu’il s’infligeait depuis sa mort.

    - Tu dois revenir.. Ne le laisse pas gagner mon amour.


    immarcescible, Posté le jeudi 20 avril 2023 18:50 Répondre

    Le choc ne la quittait pas. Comment le pourrait-il quand l'amour de sa vie avait voulu la tuer. Il avait été incapable de la reconnaître. Qu'avait donc bien pu faire Zeus pour que Leif devienne le monstre qu'il s'était juré ne jamais devenir ? Elle tremblait sous la cape de Björn mais ne savait quoi répondre à ses questions. Seul lui venait quelques flashs de son pacte avec le Dieu mais rien de cette année passée. Tout avait été comme effacé. Comme si l'esprit d'un simple mortel ne pouvait concevoir et comprendre le monde ésotérique de la mort. Après avoir bu et mangé, elle pu écouter avec attention son neveu qui ne cessait de l'observer comme si elle était un fantôme. Après tout, sa mine pâle lui donnait certainement raison. Elle lui expliqua seulement son pacte avec Zeus et qu'elle était revenue à sa demande pour aider Leif :

    - Mais Leif n'existe plus, lui affirmait Björn en aiguisant son épée, il a cessé d'exister du moment où tes yeux se sont fermés pour le repos éternel. Plus rien ne pouvait le retenir une fois que tu étais partie. Même les garçons.

    Il parlait assurément de leurs fils. Le souvenir de Kisos et d'Arès lui arrachait le coeur. Le manque de ce parfum si tendre du nourrisson, les conversations enflammées avec Arès. Oui, la vie avait vraiment un goût d'y reviens.

    - Je dois voir les garçons. Nous devons rentrer à la maison.
    - Mais Leif ?
    - Tu l'as dis toi-même. Il n'est plus là. Essayer de le traquer ne changerait rien et puis j'ai besoin de retrouver mes pouvoirs. Sauf que pour ça je dois reprendre des forces auprès des miens. Nous nous arrêterons à Paris voir les garçons. Je suis certaine que dans leurs bibliothèques je pourrais trouver des...

    Le hurlement de Leif surgissait à nouveau au loin. Björn ne réagissait pas puisqu'il avait l'habitude. Matoaka, elle, sentait son coeur se serrer une fois de plus. Où se trouvait-il ?

    - Il a certainement du tuer mes derniers hommes, soupirait le jeune homme en se levant pour regarder aux alentours, il ne me reconnait même plus. Il croit que toute personne qui l'entoure est Zeus ou un de ses disciples. Nous devons impérativement l'aider ma tante.

    Matoaka mordait sa lèvre inférieure en inspirant profondément et fermant les yeux. Le cri de Leif qui résonnait encore dans la forêt faisait trembler tous ses membres. Il était terrible, si violent, si empreint de douleur qu'elle avait l'impression de ressentir cette même douleur. Elle demanda à Björn de lui laisser un instant. Elle devait méditer pour trouver une manière de lui l'approcher. Mais pour cela elle devait faire le tri dans ses pensées. Assise près d'un ruisseau, abritée par un olivier des rayons crépusculaires de la lune elle cherchait auprès des Esprits une aide, une source pouvant la guider. C'est alors qu'Aponi surgit, approchée de la fameuse entité qui l'avait protégée dans la grotte. Elles lui disaient de trouver la grotte aux vérités et d'y conduire Leif. Le tout était de trouver cette grotte désormais et d'y attirer le colosse :

    - Tu devras oublier ta peur et te révéler à lui.

    La fin de sa méditation se finit lorsqu'une sorte de feu follet apparu devant elle et chatouilla son pieds. Björn surveillait les alentours pour voir si ses hommes avaient pu survivre à son oncle, mais il n'en n'était rien. Ils avaient tous échoué devant le monstre des ténèbres qui se repaissait de ses victimes.

    - Björn.. Tu me fais confiance ?
    - Bien sûr.. Quoi que.. Dans une certaine mesure je dois l'admettre.
    - Il ne t'arrivera rien. Tu ne mourras pas aujourd'hui je te l'assure.

    Il était interloqué qu'elle puisse savoir quand il allait mourir. Mais en bon viking, il ne voulait pas encore se laisser envahir par l'enveloppe mystérieuse de la mort. Il voulait mourir au combat et rejoindre le banquet des Walkyrie bravement. La jeune femme finit par se lever aidée par son neveu et lui indiqua de partir en direction du sud. Ils longèrent la forêt dans la nuit sombre, firent le tour du village et découvrirent le charnier qu'avait créé Leif. C'était un spectacle horrifique que Matoaka ne pouvait s'empêcher de regarder. Leif avait été mis en colère par les soldats de Björn, il fallait donc le laisser se reposer, se remettre de ce carnage. Néanmoins, elle le sentait, il était tout près. Sans un mot, elle continua sa route et demanda à Björn quel avait été le chemin depuis la Norvège. Ils marchaient depuis quelques jours, se cachant dans ses souches. Il était là, rôdant, près à abattre son fléau sur toute âme qu'il croiserait. Matoaka en faisait même des cauchemars. Elle ruminait, essayant de se souvenir de quelque chose pouvant l'aider mais elle n'avait rien ici pour l'aider. Elle ne pourrait trouver d'aide qu'avec Zeus et Perséphone mais personne ne se présentait à elle quand elle les invoquaient.

    - Il a foncé jusqu'à la Grèce sans chercher à comprendre et sans hommes, expliqua un jour Björn, on ne sait pas comment il est apparu ici. Nous avons essuyé trois tempêtes avant d'arriver ici et lui semble être arrivé comme par miracle. Mais depuis un mois, il tourne en rond. On dirait qu'il attend dans cette forêt que quelque chose ou quelqu'un apparaisse. Comme s'il n'osait pas encore toucher au but.

    C'est alors que Matoaka comprit et se souvenu de la grotte où elle s'était réveillée et des inscriptions. Leif avait touché les fameuses pierres qui remontaient le temps, voilà pour Björn était plus vieux. Rapidement, elle entraina Björn jusqu'à la grotte où elle s'était réveillée. L'ours femelle n'était plus là et ses petits non plus. Etait-ce un charme de Zeus ou de Perséphone pour la maintenir en vie ? Aucune idée, toujours est-il qu'en levant les yeux au ciel, elle vit l'un des feu follets qu'elle avait vu dans la forêt :

    - La grotte de la vérité, murmurait-elle à elle-même, Björn.. Regarde..

    Les feu-follets s'activaient les uns aux autres dévoilant une lumière bleue incandescente qui ravissait les deux étrangers. Matoaka reconnaissait la valeur si innocente et candide de ces créatures qui révélaient toujours le chemin et la vérité. Un grondement percutait au loin. Il s'agissait du tonnerre.

    - Nous devons amener Leif jusqu'ici, dit-elle à Björn pleine d'espoir, ici il ne pourra pas renier la vérité. S'il sait que je suis vivante alors son humanité pourra revenir.
    - Comme si c'était aussi simple.. Nous ne sommes pas dans un conte pour Kisos et Charlotte.
    - Peut-être en effet que cela te semble trop simple mais qu'est ce que cela nous coûte d'au moins essayer..
    - Rien. Je te le conçois.

    Le plan était simple. Björn servait d'appât car Matoaka était beaucoup trop faible. Elle l'attendrait devant l'entrée de la grotte ce qui devrait lui permettre, par la suite, attirer l'ancien Roi jusque dans la grotte. Elle n'avait que cela comme plan. Ils n'avaient pas d'autres choix. Elle attendit donc que Björn revienne et c'est au lever du soleil qu'elle le vit débouler en courant de la forêt. La clairière donnait au pied de la grotte, il ne restait que quelques mètres à franchir mais Leif lui sautait dessus violemment. Ils s'échangeaient des coups mais Björn uniquement souffrait. C'était comme si rien ne pouvait faire céder le Dieu devant lui. Elle était impuissante, n'avait aucune force en elle et n'avait pas retrouvé ses pouvoirs. Il ne lui restait plus qu'une solution et elle avait intérêt à fonctionner.

    - ISHA, hurlait Matoaka depuis l'entrée de la grotte, ISHA! ISHA ARRÊTE !

    Elle sortait son poignard et se coupait le bras jusqu'à toucher les veines de son poignet. Le sang coulait rapidement de son corps quand elle se sentait faiblir. Jamais aucune des entités de Zeus n'aurait osé faire un tel sacrifice. Un geste insensé mais qui était sans peur et qui la révélait totalement à lui. Tombant à genoux sur le sol de la grotte, les feu follets vinrent envelopper le corps de l'amérindienne qui redevenait froid alors qu'elle tentait comme elle pouvait de contenir son poignet. Ils allaient même jusqu'à Leif pour le faire venir jusqu'à elle.

    - C'est moi, dit-elle dans un sanglot, mon amour.. Viens me sauver.. J'ai besoin de toi..

    Lorsqu'enfin il arriva au pied de la grotte, Hadès apparut et posa sa main sur l'épaule de son fils quand Perséphone récupéra Matoaka. Björn ne vit rien, il était laissé pour mort dans la clairière quand le couple arrivait aux Enfers. Ici, ses parents pourraient le maîtriser et tenter de canaliser ce fils qui avait été transformé par les ténèbres. Avec un précieux soin, Perséphone soigna le poignet de Matoaka qui voulu s'approcher de Leif mais Cerbère vint la protéger. Il faut dire que le Dieu avait compris être tombé dans un piège et tout le monde voulait protéger Matoaka.

    - Laissez-moi ! Laissez-moi !

    Perséphone siffla Cerbère qui laissa le passage libre à l'amérindienne. Avec prudence et beaucoup de douceur, elle s'approcha de l'Apocalypse.

    - Isha, murmurait-elle, c'est moi.. Touche moi.. Touche moi et tu verras que c'est moi.. Je t'en prie.. Tu dois me faire confiance.. Mon amour..

    Son regard changeait. Les nervures sombres qui entouraient ses yeux commençaient à disparaître. Cela semblait fonctionner. De sa voix douce, elle lui murmurait qu'elle était là, qu'elle était vraiment là et lorsque les prunelles d'un bleu plus tendre revinrent, elle se jeta dans ses bras en le serrant le plus fortement possible contre elle. Son visage enfoui dans son cou, elle embrassait sa peau si étrangement froide, lui qui avait toujours été un feu ardent :

    - Je suis là..


    immarcescible, Posté le mercredi 19 avril 2023 21:38 Répondre

    Le temps est différent ici. Les terres sont vastes et la nature si docile. Matoaka avait été accueillie par Perséphone. Cette dernière s'était accaparée l'âme de la jeune femme pour la remercier de s'être sacrifiée pour son fils. Travaillant avec les nymphes de la nature, elle était devenue un parfaite petite ouvrière. Perséphone appréciait la douceur et l'éloquente passion qui animait la nouvelle recrue même si son inquiétude pour son fils avait pris une nouvelle tournure. Pour sa sécurité, Hadès lui avait demandé de se réfugier auprès des nymphes et de rester pour un moment, cachée. D'où la famine qui perdurait sur le monde. La déesse de la fertilité ayant disparue, le monde ne pouvait plus continuer. Mais peu importait, pensait Hadès qui se devait de protéger sur ce fils qui ne lésinait pas sur sa colère. Et sa douleur se faisait entendre de partout. Le fléau du Nord envahissait une partie du monde sans que personne ne puisse le contrôler. Une épaisse nuit parcourait les villages, les villes, dans l'attente horrifiée du dieux des morts, le Roi Ours.

    Pendant ce temps, pendant cette année, Matoaka évoluait dans cet autre monde où aucun mortel ne pouvait pénétrer. Bien entendu, elle posa des questions à Perséphone mais cette dernière ne répondit rien concernant son fils. Elle craignait que la jeune amérindienne cherche un moyen de revenir sur terre pour l'aider, or, elle savait que rien ne pourrait fonctionner hormis la ressusciter et que Zeus uniquement avait ce pouvoir.

    Pourtant, un jour, un homme surgit dans le champ de pommier où elle travaillait. Les nymphes s'enfuirent en courant, prête à alerter leur déesse de l'arrivée du Dieu Suprême lorsque Matoaka n'avait pas bougé. Toutes avaient peur quand elle ne craignait rien du Dieu. Au pire, que pouvait-il bien lui faire ? Elle était déjà morte. C'était la colère qui la guidait.
    Dans ce lieu où elle s'épanouissait le plus tranquillement possible, elle fut saisie d'une violente envie de se jeter sur l'odieux dieu qui avançait à tâton.

    - Chère Matoaka je me présente..
    - Je sais qui vous êtes, répliquait-elle sans retenir sa haine, vous avez eu ce que vous voulez. Maintenant Leif est seul et malheureux. Laissez-nous en paix.
    - Figure-toi que je n'ai pas encore ce que je désire. Ton époux n'existe plus.

    L'amérindienne devenait rapidement livide, ne comprenant pas. Leif était mort ? Mais où était-il ? Et Kisos ? Arès ? Soudainement, prendre conscience des autres lui fit ouvrir les yeux et rompre le charme qui lui avait fait oublier toutes ses craintes. Elle percevait enfin l'atroce sensation d'être éloignée de ceux qu'elle aimait plus que tout et qui lui avait été enlevé. Juste à cause de ce dieu. Elle tenait entre ses mains une dague permettant de ramasser des pommes, aussi en poussant un cri effroyable, elle se jeta sur le Dieu surprit de l'assaut de la jeune femme. Elle le blessa à la joue et lui hurla mille et une insanité :

    - VOUS L'AVEZ TUE ! VOUS L'AVEZ TUE ! M'avoir ne vous suffisez pas ?

    Les nymphes arrivaient au loin et le spectacle que délivrait Matoaka sur Zeus les fit se stopper. Surprises de voir l'impudence de la mortelle oser s'en prendre ainsi à un dieu. Or, elle n'avait plus rien à craindre, plus rien à perdre puisque de toute manière, elle était déjà morte.

    - Où est-il ???
    - Sur terre ! Sur terre ! Il me cherche.. Il veut me tuer.. Me faire payer. J'ai besoin de ton aide.
    - Vous croyez vraiment que je vais m'allier à vous pour le tuer ?
    - C'est impossible désormais de s'attaquer à lui. Il est.. Il est envahi par un pouvoir des ténèbres que même Hadès ne peut pas contrôler.
    - Qu'avez-vous fait ?

    Zeus lui raconta l’année qui s’était écoulée et la violente vendetta dans laquelle Leif s’était lancé. Au delà du fait que cela lui faisait mal pour lui, une part étrange de ressentiment l’envahissait. Mais il lui était compliqué de comprendre à quoi elle correspondait. Le Dieu venait de terminer son récit quand Perséphone surgit. Elle était choquée et inquiète de voir le Dieu des Dieu chez elle, dans son royaume alors qu’elle avait tout fait pour protéger l’amérindienne :

    - Zeus tu devrais partir maintenant. Hadès sait que tu es là et il va venir te déloger sans ménagement.
    - Je pars, je pars. Mais j’emmène avec moi Matoaka ?
    - QUOI ??

    Les deux femmes s’écrièrent en même temps sans comprendre. Le plan du Dieu était simple, il était persuadé qu’en mettant la jeune femme devant Leif, ce dernier cesserait automatiquement ses meurtres sanguinolent et lorsqu'il serait adouci, il pourrait alors s’assurer qu’il ne nuirait plus au monde qu’il avait créé.

    - C’est impossible, murmurait Matoaka, personne ne ressuscite. C’est.. C’est contre nature !
    - Je suis la nature et c’est moi qui ai toute autorité sur terre ma chère.
    - Zeus cela suffit. Matoaka a subit assez d’horreurs et de traumatismes. Tu dois laisser son âme en paix.
    - Même quand tu sais qu’elle pourrait sauver l’âme de ton fils ? Ne l’as-tu pas utilisé depuis sa plus jeune enfance à le sauver ? Ne me fais pas croire que tu apprécies cette humaine. Elle n’est qu’un bétail, qu’une nourrice que tu as choisi pour veiller sur ton fils et qui s’en est entiché. Les dons que tu lui a offert ne sont que les choses pour lesquelles il était autant attaché à elle. Honnêtement.. Comment pourrait-il retrouver une femme d’une telle envergure.

    Matoaka avait mal au ventre, elle se sentait perdue dans tout ce qui était dévoilé. Au début elle pensait qu’il ne s’agissait que de mots mais en regardant Perséphone, elle vit qu’il disait vrai. Elle n’avait été que l’instrument malsain des dieux pour en sauver un autre. Elle n’avait jamais eu le choix et Leif n’avait été attiré par elle que pour ses pouvoirs. Après tout, c’était pour cela qu’il l’avait kidnappé. Comme son père l’avait fait pour sa mère. Sans attendre un instant de plus, elle déclara :

    - Je te suis. Je vais tenter de sauver Leif mais je veux que tu me fasses une promesse en retour.
    - Ce que vous êtes difficile en affaire. J’ai quand même tué des milliers d’âmes pour te ramener. Tu devrais être plus conciliante.
    - Je veux que vous laissiez une place à Leif sur l’Olympe. Il mérite sa place de Dieu. Il mérite de vivre avec les siens t d’oublier cette vie de parjure qu’il a eu sur terre.
    - Matoaka tu ne devrais pas..
    - Je ne vous ai rien demandé Perséphone. Toute ma vie vous avez décidé pour moi et c’est terminé. Je décide de mon destin. Zeus, j’exige que vous laissiez Leif vivre en paix et qu’il vive la vie qu’il lui revient de droit. Celle qu’il aurait toujours dû avoir.

    Avec sa dague, elle coupa l’intérieur de sa main et la tendit, sanglante, au dieu qui fit de même. Ainsi, ils venaient de sceller leurs propre destin.

    - Ainsi donc une mortelle sauve la vie d’un Dieu de la mort. Es-tu folle, demandait Zeus.
    - Cela s’appelle juste de l’amour. Si vous en aviez un peu, vous comprendriez.

    Lorsqu’elle s’éveilla, elle était uniquement vêtue de la robe de lin qu’elle portait dans cet autre monde. Elle avait froid et se recroquevillée sur elle-même. La grotte qu’elle occupait était aussi investie d’une oursonne qui hibernait. Blottie contre elle, elle cherchait sa chaleur tout en tentant de reprendre le fil de ses pensées. Comme il était étrange d’avoir a nouveau froid, à nouveau faim, d’avoir des besoins d’un être vivant. Elle du attendre deux bonne journées avant de décider de sortir de la grotte. Elle n’avait aucune idée d’où elle se trouvait tant elle était déshydratée, affamée et frigorifiée. Matoaka marchait dans la forêt, sans réel but lorsqu’un feu de forêt au loin l’alerta. Elle se dirigeait devant et entendit des cris sourd. Cela ne l’effrayait pas, elle ne pensait qu’au feu qui la réchaufferait. Ce qu’elle pensait être un feu dans un village n’était autre que le village en feu.

    Les gens hurlaient, couraient, s’enfuyaient quand elle ne pouvait s’empêcher d’avancer. Le feu la guidait. Alors qu’elle marchait à contre courant des villageois qui fuyait, elle vit rapidement ce qui les faisaient fuir. Un colosse puissant à la chevelure argenté tuait sans vergogne dans un cri bestial tous les prêtres de Zeus. Le sang avait repatissé le sol, les maisons. Les corps jonchés le sol et elle les enjambaient sans vraiment prendre la mesure de ce qui se passait.

    Il lui faisait dos, il respirait fort. Elle le connaissait ce dos, cette nuque, cette main qui serrait et se détendait au contact du pommeau de son épée. Sa voix était éraillée de par le manque de soif et le feu la séparait de ce que tous appelait l’Apocalypse.

    - Isha, réussit-elle à murmurer de sa voix basse, Isha..

    Les larmes commençaient à couler le long de ses yeux. Elle ne pouvait croire qu’il s’était laissé emporter de la sorte. Difficile de voir l’homme si plein de bonté, de douceur, d’amour et de repenti être devenu le danger de la mort même. Enfin, il se tourna après avoir entendu le souffle qui s’était échappé de ses lèvres. Elle était pitoyable dans sa robe de lin froissée, les cheveux gouttant et très long quand ses lèvres étaient asséchées par le manque d’eau. Là, à travers le brasier qui les séparaient, ils se dévisageaient tels deux êtres se reconnaissant mais étant comme deux étrangers.

    - Arrête Isha.. Je t’en prie..


    immarcescible, Posté le lundi 17 avril 2023 19:03 Répondre

    La lune de miel fut bien trop courte. Finalement, le bonheur n'était qu'une étincelle et Matoaka comprenait enfin qu'elle ne contrôlait finalement rien. Ils avançaient sur le cheval de Leif, Maatoaka blottie devant lui. Elle les avaient enroulé dans un immense tartan qui appartenait à la famille adoptive de son époux quand ils devaient affronter la bruine qui enveloppait toute la forêt. Ses doigts caressaient distraitement la cuisse de Leif quand elle chantonnait des mélodies amérindienne. Elles avaient pour but de les protéger et d'être accompagnés par les esprit de la forêt. Plus ils avançaient vers le village et plus elle sentait son besoin de protection se renforcer. Son instinct lui hurlait qu'ils devaient faire demi-tour et ne pas retourner au village et cela s'accentuait de plus en plus. Prenant une ample inspiration et quelque peu rassurée par le baiser tendre et chaud de son époux sur le somme de son crâne elle se mit à espérer que tout irait bien et qu'elle n'avait eu de mauvaises inspirations.

    En arrivant à la lisière de la forêt elle tira fermement sur les rênes de leur monture. Elle le fit se reculer dans l'épaisse verdure sombre de la forêt et resta silencieuse. Quelque chose n'allait pas. Aucun soldat montait la garde devant l'entrée de Kattegat. Un silence oppressant enveloppait la ville. Elle n'entendait que les hurlements des loups au loin et des bateaux toquant contre le quai du port. Ils restèrent un instant silencieux quand soudain apparurent deux soldats qui portaient les étendards de Rollo. Matoaka posa une main ferme sur le bras de Leif pour ne pas qu'il agisse trop rapidement. Ils virent que les soldats entraient sans problème dans la ville et comprirent qu'ils avaient attaqué pendant leur absence.

    Descendus l'un et l'autre du cheval, ils s'armèrent de ce qu'ils leur restaient. L'arc de Matoaka et la hache ayant servie à tuer le sanglier quand Leif avait encore deux épées et un couteau. Une fois armé, elle l'agrippa fermement en le suppliant du regard malgré sa détermination et lui rappela le plan qu'ils avaient en tête :

    - On va chercher les enfants et le reste de notre famille. Tu ne pars pas faire cavalier seul pour le tuer, tu me l'as promis. On doit rester en famille.

    Un dernier baiser fébrile pour essayer de se donner un peu de courage et les voilà partis pour la cité prise. Heureusement que Leif connaissait bien sa ville. Ils passèrent dans un passage secret qui les menaient en direction du centre de la ville, néanmoins, en chemin, ils durent tuer quelques soldats. Matoaka était la plus silencieuse des deux. Son pas était léger comme une plume et elle savait où attaquait sans faire de bruit. Aussi, elle partait au devant et prévenait Leif quand la voie était libre. A chaque fois, ils dissimulaient les corps pour ne pas que la ronde s'inquiète de voir les morts juchés sur le chemin.

    La ville était si silencieuse que Matoaka avait l'impression d'être dans une ville fantôme. Ils arrivaient près de la place du marché et virent plusieurs corps de norvégiens sur le sol. Ils avaient été exécutés par les hommes de Rollo. La jeune reine reconnaissait certains visages familiers ce qui lui donnait envie de pleurer mais elle devait rester concentrée. Le plus important et elle se trouvait horrible d'être aussi égoïste, c'était qu'elle était heureuse de ne pas voir le visage d'un membre de leur famille. Le carnage du marché n'affecta pas que Matoaka, elle le voyait dans le regard de Leif. Prenant sa main, elle essayait de lui redonner un peu de foi et de courage. Elle se doutait bien que de voir les siens être ainsi tué devait le rendre fou de rage. Elle le fit donc continuer à avancer.

    - On va au skali, disait-elle en langage des signes, au skali les enfants.

    De tout coeur elle espérait que Rollo se serve d'eux comme d'une monnaie d'échange. Cela voulait dire qu'ils avaient encore la possibilité de les sauver. Mais elle s'attendait à tout de cet homme avec qui elle avait déjà combattu et qui nourrissait une haine exclusive auprès de son demi-frère. Elle connaissait tout de son esprit malveillant et sournois et espérait qu'ils n'arrivent pas trop tard.

    En arrivant au skali, la scène devant eux lui donna un horrible frisson. Le sol était jonché de corps de femmes à moitié nue qui avait été violées et tuées. Matoaka ressentait toute la douleur de ce lieu, toute l'horreur qui y avait été infligée et sentait ses jambes prête à se dérober. C'était la fameuse vision du mariage qui lui avait tant donné d'horreur. Elle allait dire à Leif que les enfants n'étaient pas ici mais un cri retentit à l'extérieur. C'était Freya. Ils accouraient aussitôt et la virent tenue à un poteau à moitié nue, elle aussi violentée. Matoaka voulut aller l'aider mais un soldat engagea le combat. Aussitôt, elle le tua sans ménagement et voulut continuer sa course mais d'autres soldats surgissaient. Sans ménagement, elle se battait et entendit Leif être pris à partit par deux soldats. Ils étaient féroce l'un et l'autre et tuait dès qu'un nouveau soldat surgissait. Quelques habitants de Kattegat observaient la scène du Roi et de la Reine revenus et qui se battaient avec la force de deux bêtes féroce.

    Mais plus elle tuait, plus il en arrivait. Elle allait arriver auprès de Freya lorsqu'une vision vint la foudroyer. Vulnérable et prise par la possession d'un esprit, elle allait se faire trancher par un soldat quand Nashoba surgit de nul part pour défendre sa soeur puis de Feargus qui aidait son frère. Quelques soldats de Kattegat étaient arrivés en renfort à l'annonce du retour du Roi et de la Reine. Pendant ce temps, Matoaka se débattait dans cette vision qui lui présentait une Perséphone entrain de la supplier de sauver son fils. Elle la torturait presque en lui hurlant de le sauver coûte que coûte. Tombant à genoux sur le sol, un peu désorientée, Matoaka reprenait lentement ses esprits. Les coups pleuvaient autour d'elle. Son frère la protégeait tant bien que mal et un soldat fonçait sur lui. Sans prendre la mesure, elle se jeta au pied de l'homme et le fit tomber. Elle en profita pour lui monter rapidement dessus et lui déboiter la tête dans un cri de rage violent.

    En se relevant, elle vit Rollo. Il était à l'entrée du skali, la mine sombre. Tous ses hommes trépassaient sous les coups violent de Leif qui ne s'était pas encore transformé en ours. Il tenait parfaitement la cadence. Leur ennemi n'était pas entraîné et avait peur du grand roi nordique, aussi, il les tuaient avec une vitesse et une agilité enfantine. Pourtant, Matoaka sentait que quelque chose allait venir. Leif n'avait pas encore remarqué son demi-frère, ni même qu'il s'armait d'un arc. Elle n'eut pas besoin de vision pour savoir ce qu'il allait se produire. Sans perdre un instant, elle se mit à courir et hurla à Leif de se pousser mais le brouahahah des armes et des cris n'aidaient pas. A peine arrivait-elle à lui qu'avec toute la force dont elle était capable, elle le poussa suffisamment pour que la flèche ne l'atteigne pas.

    Un peu sonnée mais rassurée de voir qu'il n'était pas touché, elle poussa un soupir de soulagement avant de tousser et cracher un peu de sang. En penchant la tête, elle vit la flèche prédestinée à Leif la traverser elle-même. Elle sentait une vive douleur au creux de son coeur. Lentement, elle tombait sur le sol avant d'être rattrapée par Nashoba qui tenait sa tête. Bon sang ce qu'elle avait froid. Elle tremblait de tout son corps quand elle voyait Leif arriver sur elle. Il était en vie, c'était là le plus important.Tendrement, elle lui sourit et réussit avec le peu d'énergie qu'elle avait à poser sa main sur sa joue :

    - Tout ira bien, murmurait-elle pour lui redonner confiance, tout ira bien je te le promet..

    Et pendant que toute vie quittait son corps, elle contemplait l'unique amour de sa vie. C'était étrange car elle pensait qu'elle aurait revu toute sa vie d'effiler devant ses yeux or, elle ne vit que quelques moments de bonheur intense. Même encore dans la mort, elle trouvait le moyen de le rassurer en lui répétant t inlassablement que tout irait bien et en espérant qu'il trouverait la force de ne pas céder aux ténèbres pour sauver leurs garçons. Elle priait pour qu'il puisse trouver la paix et qu'il retrouve un peu de bonheur auprès des siens quand elle serait toujours là pour veiller sur eux telle une déesse éternelle. D'ailleurs, elle voyait Perséphone autour d'eux qui la remerciait. Elle n'entendait qu'elle désormais. Un sursaut de vie lui revint quelques secondes pendant lesquelles elle le suppliait une dernière fois :

    - Isha.. Regarde-moi.. Non.. Regarde-moi.. Tout ira bien.. Je t'aime..

    C'est avec un dernier sourire que le peu de vie qui restait encore chez la Volva s'évanouit, heureuse d'avoir pu lui dire les mots magique qui les avaient toujours liés. Enfin, sa main tomba le long de son corps quand ses yeux éteint se refermaient pour toujours devant une assemblée de norvégiens qui avait enfin neutralisé les envahisseurs.


    immarcescible, Posté le samedi 08 avril 2023 10:35 Répondre

    Difficile de se concentrer quand l'imposante carrure de Leif et ses souvenirs si tendre et adorable font fondre l'amérindienne. Comment rester insensible au charme du guerrier au grand coeur. Elle aurait voulu se jeter de nouveau sur ses lèvres, telle une affamée ou une bête se jetant sur sa proie mais un autre animal nécessitait son attention. Se courbant derrière le feuillage, patiente, attentive, elle mettait un point d'honneur à suivre les indications de son époux.

    Matoaka observait l'animal en train de se nourrir quand elle avançait prudemment vers cette dernière qui mangeait innocemment des glands tombé du chêne. Il y avait bien des années que la jeune femme n'avait pas chassé et c'était compliqué pour elle de se lancer dans ce défi quand elle-même ne mangeait pas d'animaux à la base. Il est vrai que depuis sa rencontre avec Leif elle avait abandonné ce régime végétarien car le manque de légumes et de plantes en Norvège l'aurait conduit à mourir de faim. C'était une autre culture, un autre mode de vie qu'elle se devait de respecter.

    Prenant une ample respiration silencieuse, elle fit un mouvement qui lui fit craquer un bout de bois sur le sol. Le sanglier se redressait, reniflant et cherchant le potentiel prédateur. Matoaka restait dissimulée derrière la souche en observant le derrière du sanglier un peu plus méfiant. Comment allait elle pouvoir le frapper entre les deux yeux. Rampant en silence, elle arriva à le contourner et se mettre face à lui et sans perdre un instant fit exactement ce que lui avait ordonné Leif et frappa l'animal avec sa hache d'un coup puissant et sec.

    Il n'y eut qu'un bruit de douleur et celui de l'animal s'effondrant au sol. C'était la première fois depuis des années qu'elle tuait un animal et elle sentie ses larmes venir. Autant pour un homme elle savait se mesurer mais pour les bêtes c'était autre chose.

    En se retournant, elle vit un Leif un peu désarçonné quand elle se mit à pleurer à cause de la culpabilité. Se jetant contre son époux, elle pleurait en expliquant :

    - Il n'avait rien demandé Isha.. Je n'aurais pas du le tuer.. C'est horrible..

    Lorsqu'elle fut quelque peu calmée, elle se pencha sur la bête et murmura une prière amérindienne pour remercier et s'excuser auprès du pauvre sanglier. Une fois finie, elle expliqua à Leif qu'elle s'en voulait d'avoir abandonné son régime et en quoi cela avait de l'importance pour elle :

    - Je dois t'avouer quelque chose mon amour.. Depuis que je suis enfant et bien.. et bien j'entends ce que disent et pensent certains animaux. Ce n'est pas pour rien que je suis en mesure de comprendre ce que tu dis quand tu es un ours. Ma grand-mère Aponi t'aimerais tellement. En attendant elle m'a guidé à comprendre que chaque être vivant à une proportion d'humanité et de conscience en soi. C'est ainsi que j'ai appris à communiquer avec eux, à les écouter et les comprendre. Nashoba t'as raconté comment j'avais réussi à faire fuir la meute de loups. Et bien.. C'est uniquement parce qu'ils étaient mes amis et surtout parce que ma soeur s'est transformée en loup. Elle est comme toi, une sorte d'animagus. Personne n'était au courant car elle n'a jamais su se retransformer en être humain et qu'il y a des secrets qu'il vaut mieux garder.

    Ses yeux encore humide étaient rougis par ses larmes. A genoux devant Leif, elle craignait qu'il la juge, la repousse ou même qu'il la rejette. Pourtant, elle reprit :

    - C'est pour cela que j'ai arrêter de manger des animaux. Je ne pouvais décemment pas tuer et dévorer mes amis ou ma propre soeur. En te rencontrant et prenant connaissance de ta culture j'ai abandonné mon végétarisme parce que la nature ici et dans le reste du monde est complètement différente de chez moi. Ici, rien ne me parle hormis toi Isha. Je me suis adaptée parce que je dois aussi correspondre à ce que ton peuple attend d'une reine et.. et je dois reconnaître que si l'agriculture compte autant pour moi c'est que je voudrais retrouver cette manière de vivre où je ne mangerais plus ces animaux.

    Elle lui expliquait aussi qu'elle ne jugeait pas ceux qu'ils le faisaient mais que c'était envers elle-même qu'elle était répugnée. Elle avait brisé la promesse qu'elle s'était faite à elle-même. La tête baissée, elle se repentait devant son époux.

    - Je suis désolée.. Je sais que je suis étrange et que.. et que ce n'est pas normal de parler aux animaux et encore moins que tu t'attendais à avoir une épouse aussi.. aussi.. particulière.. J'aurais du t'en parler avant.. Je comprendrais que tu m'en veuilles..


    immarcescible, Posté le mercredi 05 avril 2023 17:13 Répondre

    Il lui semblait bien que c'était la première fois qu'ils se donnaient l'un à l'autre de la sorte. Leif était si doux, si tendre dans ses caresses, dans ses baisers, dans ses regards. Non pas qu'elle se plaignait de la puissance du colosse, bien au contraire, elle avait toujours aimé son désir palpitant et sauvage. Mais là, dans la douceur de cette maisonnette, alors que le feu crépitait et la pluie tombait, elle se sentait différente dans les bras de son époux. Son époux.. C'était si nouveau et si excitant à la fois de savoir qu'ils étaient enfin unis. Matoaka s'agrippait au corps de Leif, ses bras, ses lèvres, ses jambes, son corps entier ne demandait qu'à le laisser se fondre en elle. Et quels gémissements elle poussait quand elle le sentait la posséder. Les lèvres du brun étaient enveloppées, dévorées de baisers quand elle se cambrait contre lui, le suppliant de ne pas s'arrêter de continuer. Ses mots la bouleversait et lorsque nouveau son corps s'électrisait et explosait contre Leif, elle sentie une larme glisser de ses prunelles. Très vite, elle souriait, gémissant encore en voyant Leif la rejoindre dans ce moment de plaisir si particulier. Caressant sa joue, elle lui offrait un tendre sourire apaisé en le rassurant :

    - Je suis heureuse.. Tu me rends si heureuse..

    C'était vrai, c'était sincère. Lui redonnant un autre baiser, elle le laissa s'écrouler sur elle et pu à loisir caresser sa crinière quand il posait sa tête sur ses seins. Dans le calme tranquille de la maisonnette, elle écoutait leurs respiration haletante lentement reprendre un rythme normal. Là, ses doigts continuaient de le caresser tout en embrassant le sommet de son crâne.

    - Je me souviens de notre première fois, dit-elle peu de temps après, tu étais si timide.. Tu n'osais pas me toucher. Tu étais si touchant.. J'ai l'impression d'être une sorcière qui t'as fait goûté au pêché de la sensualité.

    C'était si doux, si léger et tendre comme moment. Ils se caressaient l'un et l'autre, prenaient le temps de se contempler ce qui faisait frémir Matoaka. Leurs nez se caressaient l'un et l'autre, elle en fermait les yeux tellement son regard d'un bleu intense la brûlait de l'intérieur. Ses bras l'enlaçait, les serraient contre elle alors qu'elle couvrait son cou de baisers :

    - Tu sais quand est-ce que j'ai su que je t'aimais, avouait-elle, tu ne t'en souviens pas mais tu as sauvé la vie de Nashoba d'un ours. Et j'étais venue te rejoindre au bord du lac alors que tu priais. C'est là, que j'ai su que je t'appartiendrais, tu sais pourquoi ? Parce que j'ai vu ton âme Isha. Tu avais cet éclat que je n'avais jamais vu chez quiconque. Tu brillais par ta persévérance, ta bravoure, ton honneur. Et quand je me suis approchée de toi pour te parler, tu étais pourtant si méfiant. Comme si tu craignais que je puisse voir qui tu étais vraiment. Tu étais si touchant. Je savais que ton destin allait dépasser celui auquel tu pensais mais.. mais j'ai vu ta générosité, ton amour. Contre toute attente et alors même que tu es persuadé du contraire, je peux t'assurer Leif Erikson que tu es l'homme le plus bon que je connaisse. Ton coeur est bien plus pur que tu ne le crois.

    Elle lui offrait ce sourire qu'à lui seul elle offrait. Celui qui lui donnait tout son amour, toute son admiration, toute sa dévotion. Matoaka déposait un autre baiser sur ses lèvres, plus tendre comme pour sceller ce moment si tendre et particulièrement touchant. Mais son désir grognait toujours et la beauté du corps de Leif et de son regard voilé de désir l'empêchait de continuer un moment si tendre. C'était si particulier de pouvoir prendre le temps d'être juste ensemble, à l'abri, dans un cocoon et de ne penser qu'à eux. Il n'y avait pas de guerre, pas de conflits, pas de Dieux au dessus d'eux. Ils étaient en paix et simplement heureux d'être ensemble, protégé dans les bras de l'un et de l'autre.

    - J'ai tellement hâte de vivre cette existence avec toi.. Te donner encore des enfants.. Voir les garçons t'accompagner à la chasse.. Nos filles te donner des cheveux blanc, dit-elle en riant doucement, oui, oui tu seras encore plus protecteur que moi ne dis pas le contraire.

    Son sourire devint plus espiègle et malicieux. En effet, lentement, elle vint s'allonger sur le corps de son époux et se redresse sensuellement en rejetant sa crinière en arrière. Quelques fleurs de sa coiffe étaient encore dans sa crinière lui donnant l'allure d'une nymphe des bois.

    - Il faut que je t'avoue quelque chose.. je dois reconnaître que si je suis aussi tombée amoureuse de toi, murmurait-elle en dansant sensuellement son bassin contre le sien tout en griffant lentement son buste, c'est que tu es divinement beau mon amour.

    Matoaka souriait, amusée, en mordant sa lèvre inférieure et remontant ses ongles le long du buste du colosse avant de presser son corps contre le sien. Ses dents venaient mordiller délicatement la peau de son cou, elle ronronnait contre lui en agrippant la crinière du brun plus fermement tout en continuant de mordre sa gorge, son menton et ses lèvres quand son bassin continuait de jouer contre le sien :

    - Haaaan.. Isha.. Mon amour.. Mon époux.. Mon roi.. Tu es à moi..


    immarcescible, Posté le lundi 03 avril 2023 17:59 Répondre

    Le sourire et le regard de Leif sont si brillant que jamais Matoaka n’eut autant l’impression d’être aimée et adorée. Non pas qu’elle ne croyait pas en l’amour et la sincérité de son époux, mais disons qu’en étant désormais sienne et choisie par lui, elle se sentait encore plus légitime et sereine. Ils étaient ensemble, rien n’était venu détruire ce moment qu’elle avait tant attendu. Ils étaient unis l’un à l’autre devant leurs familles respective, les norrois et les Dieux. Seule la mort pourrait désormais les séparer. Et Matoaka comptait la faire reculer le plus longtemps possible.

    Après de longs échanges avec les Jarls, les voyants et avoir rencontré toutes les personnalités impliquant des liens politiques et économiques étroits, ils purent enfin se restaurer. Matoaka mourait de faim donc le moment était parfait. Elle mangeait avec appétit lorsqu’elle surprit le regard de son époux évoquant la nudité de la jeune femme. Riant doucement, elle se redressa sur sa chaise pour agripper le menton du colosse et déposa un langoureux et tendre baiser sur ses lèvres :

    - Ça tombe bien. Moi aussi j’ai envie de retirer tout ce qui entrave votre corps, mon roi.

    Ils se cherchaient du regard, taquin l’un et l’autre, continuant de se séduire avec cet appétit vorace. Mais la soirée n’était pas terminée. En effet, en même que le banquet avait lieu, ils recevaient des multitudes présents venant de part et d’autre du monde. Même Chevalier et Philippe avaient fait envoyé des richesses et des présents somptueux pour féliciter le jeune couple marié. Tout le monde semblait sincèrement se réjouir de cette alliance. En effet, la position particulière de Matoaka comme Volva et amérindienne renforçait encore plus le pouvoir de Leif. Economiquement ils allaient pouvoir ouvrir plus de commerce, notamment à l’ouest, et les pouvoirs protecteurs, guérisseurs et les visions de la jeune femme rassurait autant les femmes que les hommes. Ils avaient finalement compris qu’elle était leur alliée et qu’elle chercherait toujours à protéger le peuple de son époux.

    Après le moment des cadeaux qui fut très long, Matoaka pu prendre un peu de temps avec Arès et Kisos. Ces derniers étaient épuisés de leur journée et elle profita d’un moment tranquille pour aller coucher leurs enfants. Elle tenait sincèrement à s’occuper d’eux comme le voulait sa tradition et ne pas laisser une multitude de nourrices et de domestiques le faire. Une fois Kisos bordé elle le couvrir de tendre baisers avant de se rendre près d’Arès qui lisait une carte sur un vieux parchemin.

    - Il est tard mon chéri tu devrais dormir.
    - Je ne découvrirais jamais le monde n’est-ce pas maman ?
    - Qui sait de quoi la vie est faite. Regarde.. A ton âge, jamais je n’aurais cru vivre une telle existence. Et pourtant, aujourd’hui je suis la mère de deux garçons extraordinaire, reine de tout un peuple et mariée au plus courageux, au plus brave des guerriers.
    - Etre un ours me manque.
    - Je te promet qu’on trouvera une solution, maintenant tu dois dormir.

    Le moment du coucher fait, elle pu rejoindre la grande salle et retira la peau de loup qu’elle avait sur les épaules tant le Skali était bouillant. Plusieurs danseurs quand Matoaka cherchait Leif des yeux. C’est alors que dans le brasier qui se trouvait au milieu de la pièce attira son regard et lui déclencha une vision d’horreur. Le même skali frappait par la mort et où des corps étaient entassés les uns sur les autres. Elle avait soudainement froid et ne comprenait pas ce qu’elle voyait, ce qu’elle ressentait. La vision fut rapide mais la fit blêmir. Nashoba qui passait tout près pris sa main et lui demanda si ça allait.

    - Oui, oui, un peu de fatigue..
    - Tu es certaine ? Tu as la même tête que Aponi.
    - Je vais bien. Où est Leif ?

    Nashoba montra le nouveau marié du doigt qui discutait avec des Jarls. Sans attendre un instant de plus, Matoaka fendit la masse et le rejoignit à l’autre bout de la pièce. Sa main tremblante et fraiche rejoignit celle si chaude et tranquille de son époux contre qui elle se blottissait. Elle avait besoin de sa chaleur et de sa force pour se rassurer et ne plus penser à cette maudite vision.

    - Messeigneurs pardonnaient mon empressement mais votre Reine a besoin d’un entretien privé avec son époux.

    Sans attendre la réponse des vieux hommes, elle entraina Leif sur la piste de danse et lui demanda toute son attention en posant ses mains sur ses hanches :

    - Ce soir tu es à moi. Alors tu oublies ces vieux grincheux. Je ne suis pas certaine que tu apprécierais leur faire ce que tu prévoyais de faire avec moi ce soir, n’est-ce pas mon aimé ?

    Matoaka redevenait taquine et douce. Aussi, après un tendre baiser, elle se mit à danser au milieu de la troupe avec un Leif qui avait bien plus de rythme qu’elle ne le croyait. Ils dansèrent, crièrent, mangèrent et passèrent une journée et une soirée pleine d’énergie et de joie. Ce qui autrefois la rebutait sur la manière qu’avait les Vikings de se divertir ne dérangeait plus du tout l’amérindienne, si ce n’est qu’elle ne touchait plus du tout une goutte d’alcool. Lorsque la nuit allait enfin se coucher, elle fut surprise de voir ses servantes préparer ses affaires.

    - Sa majesté nous a demandé de garder le silence car il s’agit d’une surprise.

    C’était intriguant mais la jeune mariée se laissa donc guider. Qu’elle ne fut pas sa surprise en voyant Leif sur sa monture à l’extérieur et lui tendant sa main. Ainsi donc ils partaient quelques jours ensemble loin de tout et de tout le monde. Sans hésiter un seul instant, elle sauta sur le sol avant d’être récupérée par le brun qui l’installa devant elle sur le cheval avant de partir au galop. Comme elle était heureuse de cette initiative. Cela semblait tellement improbable, seule avec Leif. Jamais encore ils n’avaient été seuls. Ils avaient toujours été entouré d’une multitude de monde à chaque étapes de leur vie depuis leur rencontre. Une telle intimité à deux allait forcément les renforcer une fois encore. Le voyage dura un moment et où pendant lequel la jeune femme s’endormie contre son époux. Sa chaleur et la sécurité de ses bras la rassura tellement qu’elle se laissa ballotter contre lui.

    Une fois qu’ils furent arriver, qu’elle ne fut pas sa surprise en découvrant une maisonnette dissimulée par tout un tas de feuillage et qui bordait un cours d’eau. Il devait certainement faire froid à l’intérieur d’autant plus qu’une légère bruine commençait à tomber sur eux. Elle se réveilla à ce moment là et s’en voulu de s’être assoupie. Mais pas le temps de s’excuser car il fallait rentrer. Quand Leif attachait le cheval sous le auvent, la jeune femme pénétra la maison et y alluma un feu avec deux pierres. La maison était sommaire, mais suffisante pour le séjour, du moins jusqu’à ce que Leif lui avoue qu’il ne s’agissait pas de la destination finale. De nouveau surprise, elle le regarda sans comprendre avant de s’amuser du regard brulant de son époux.

    - Avoue que tu ne pouvais pas attendre plus de temps, n’est-ce-pas ?

    Son sourire était joyeux, tendre, amusé. Lentement, elle fit tomber la peau de loup de ses épaules sur le sol et fit de même avec la robe d’argent qu’elle portait encore. En dessous, elle était nue, mais son corps possédait de nouveaux tatouages. Il s’agissait de symboles amérindien qui parcouraient son bras expliquant sa rencontre et son amour pour Leif quand un soleil se trouvait entre ses seins.

    - Désormais.. Peu importe si je dois perdre la mémoire ou disparaître, mon corps sera à jamais marqué par notre histoire Isha. Personne ne pourra plus jamais nier que tu seras mon seul et unique époux. Pas même les Dieux.

    Au même moment, un coup de tonnerre retentit en apportant une pluie violente. Matoaka souriait doucement en s’avançant vers Leif et posant ses mains sur son buste avec douceur. Ses yeux brillaient d’une émotion certaine quand son regard s’animait devant la beauté de cet homme qu’elle chérissait de toute son âme :

    - Je t’aime.. Je t’aime.. Je t’aime Leif Erikson. Je t’aime. Enfin tu es mien mon amour. Tu ne peux pas savoir à quel point je suis honorée et heureuse d’être enfin ta femme. Je te promets de tout faire pour ne pas te décevoir.

    Nue contre lui, elle se mettait sur la pointe des pieds et enlaçait les épaules du Roi pour tendre ses lèvres qui ne demandaient qu'à retrouver les siennes.


    immarcescible, Posté le vendredi 31 mars 2023 17:18 Répondre

    La vision qu'elle avait eu quelques heures plus tôt la chamboulait encore. Mais Matoaka ne voulait pas faire de ce qu'elle avait vu. Elle voulait croire, encore un peu, que ses visions n'étaient pas vraiment net et qu'il n'avait uniquement s'agit que d'une crainte. Blottie contre Leif dont elle cherchait la chaleur, elle se laissait bercer par sa douceur et ses mots adorablement doux. Il était si prévenant, si attentionné comparé à son discours sur le mariage arrangé que cela la fit doucement rire :

    - Tu as bien de la chance que tu m'aie un petit peu plu.. D'ailleurs.. Honnêtement, dis moi la vérité.. Pourquoi moi ? Je veux dire.. De toutes les femmes de mon peuple tu ne peux pas dire que je sois la plus attirante et la plus jolie. Quand tu m'as rencontré j'étais encore marginalisée à cause de mes dons. Je ne parlais pas et.. et je n'étais pas très avenante. Est-ce que.. Est-ce que ce sont mes pouvoirs qui t'ont le plus attiré en premier ?

    Mais alors qu'elle couvrait le visage de Leif de tendre baisers tout en lui posant ses multitudes de questions, Freya, et Sigrid surgirent dans la chambre en riant d'amusement. Elles expliquèrent que Leif était malin et qu'il avait visiblement oublié la tradition qui voulait que le marié et la mariée ne soit jamais l'un avec l'autre la veille du mariage et qu'ils devaient donc faire chambre à part dès ce soir. Matoaka n'avait aucune envie de quitter son chauffage personnel, surtout plus après ce qu'ils avaient vécu dans l'après-midi. Mais puisqu'il s'agissait de la tradition, elle ne chercha pas à contrarier ses amies et se laissa donc entrainer :

    - Nous allons aller aux bains à la source chaude, tentait de rassurer un Leif qui grognait déjà prêt à sortir les griffes, demain au lever du soleil elle sera ta femme.
    - Tu entends ça mon aimé. Dans quelques heures tu m'appartiendras totalement.

    Matoaka s'était penché sur ses lèvres pour y déposer un baiser langoureux, sensuel en agrippant sa crinière mais fut rapidement récupérée par ses amies qui s'assuraient que les traditions soient respectées. Aussi, aussitôt après elle disparaissait et retrouvait d'autres femmes invitées pour l'occasion. En effet, elles retrouvèrent une forme de hammam et elles procédèrent a des rituels pour bénir la future mariée. Bien évidemment il y avait des discussions concernant le mariage, l'intimité des couples. La future mariée était toujours très discrète en ce qui concernait sa relation avec Leif, il restait après tout le seigneur de la région. Mais cette douce proximité privilégiée avec ses amies lui fit du bien.

    Elle dormit peu mais ce n'était pas grave. Après tout, elle était bien trop heureuse et excitée à l'idée de rejoindre prochainement Leif. Pour la préparation, Sigrid avait cueilli des fleurs sauvage et en avait fait une couronne qui seyait sur le haut du crâne de Matoaka. Sa robe était une robe typiquement norvégienne dans un tissu couleur argent et qui ceinturait son corps. Ses poignets étaient les seuls a être impacté par l'influence amérindienne grâce aux nombreux bracelets qu'elle avait voulu garder. Alors qu'elle finissait la préparation de sa tenue, elle entendait les servantes rire. Quand elle demanda ce qui les faisait autant rire, elles expliquèrent que les soldats de Leif avaient organisé une soirée en son honneur et qu'il y avait eu de nombreuses aventures. Matoaka avait soudainement peur qu'il s'agisse d'une histoire avec une fille mais personne ne lui raconta quoi que ce soit.

    Le soleil allait se lever et il était venu le temps de célébrer ce grand moment. Matoaka était nerveuse. Une peau de loup recouvrait ses épaules quand sa robe argenté possédait des coutures fines et subtiles de fleurs qui remontaient le long de son jupon. Le soleil allait se lever très prochainement et toute la ville s'était réunie pour assister à la cérémonie. Marchant d'un pas lent, rythmé par le grondement des tambours au loin, Matoaka avançait en sentant une boule d'angoisse au creux de son ventre. Elle s'encourageait à ne pas penser au pire et surtout pas à la vision de la veille. Ne devraient-ils pas après tout partir à la recherche de Rollo et l'assassiner une bonne fois pour tout ? Comme avec Zeus ? Elle doutait et au fur et à mesure où elle marchait, elle paniquait. Alors qu'elle arrivait dans la dernière ligne droite de son chemin parsemé de norrois la contemplant, elle leva les yeux devant elle et vit Leif qui attendait patiemment debout devant l'autel.

    Elle eut un choc. Il était si beau, si fier à l'attendre ainsi. Si elle avait douté quelques minutes plus tôt, elle se sentait impatiente et décidée à le rejoindre. D'ailleurs, son pas s'accélérait plus rapidement si bien que les joueurs de tambourin durent accélérer le rythme ce qui faisait rire tout le monde. Matoaka avait les yeux brillant de joie et de confiance tant elle était éblouie par la beauté du colosse et sa présence.

    Kisos était dans les bras de Nashoba et observait la scène sans vraiment comprendre quand Arès tenait les alliances de ses parents. Dans un murmure, l'amérindienne murmura un "je t'aime" ému à Leif avant de laisser Freya commémorer la cérémonie. En effet, le voyant du village avait refusé aussi, Sigrid avait confié à sa compagne de s'occuper de la cérémonie. Debout l'un en face de l'autre, Matoaka mourrait d'envie de se blottir contre Leif. Elle n'avait qu'une envie, pleurer et lui répéter inlassablement qu'elle l'aimait. Pleurer parce qu'elle était heureuse et qu'elle ne regrettait rien. Ils avaient décidément eu raison. Même s'ils défiaient les dieux, ça en valait la peine.

    - Leif Erikson.. Ici et maintenant, devant les Dieux, devant notre famille, nos amis et ton peuple.. Je.. Je.. Je te promets ma fidélité, mon soutien, ma confiance en toi et en notre amour jusqu’à la fin de nos jours. Je veux pleurer avec toi aussi bien les larmes de joie que les larmes de tristesse, te consoler dans les moments difficiles et célébrer avec toi les bons moments. Je te soutiendrai pour réaliser tes rêves et je serai toujours ton soutien, ton pilier. Je t’aime. De toutes les personnes au monde, tu es l'unique, le seul et depuis toujours et encore même pour l'éternité. Je te prends pour époux aujourd’hui parce que tu es la meilleure chose qui m'est arrivé dans la vie. Je suis tellement.. Je suis tellement honorée d'être celle que tu as choisi, je n'aurais jamais voulu quelqu'un d'autre que toi. C'est pour cela que je fais le v½u de t’aimer, de te respecter et de te faire confiance de tout mon c½ur et de toute mon âme. J’ouvre mon âme pour toi, je veux être le refuge où tu trouveras toujours la chaleur, la paix et la sécurité. Je te croirai quand les preuves manqueront, je te suivrai sans hésitation dans l’obscurité la plus profonde et je serai toujours à tes côtés. Car tu es l’amour de ma vie. Prends cette alliance comme une promesse qu’à partir d’aujourd’hui, je parcourrai tous les chemins avec toi. Je te suivrai où tu iras. Que mon c½ur soit ton havre de paix et que mes bras soient toujours ta maison. Je te promets mon âme, mon coeur, ma confiance, de toujours me souvenir que tu es le plus magnifique des cadeaux et de me réjouir chaque jour de notre vie que tu fasses partie de mon monde. Je t'aime, je t'aime, je t'aime.

    Quelques larmes avaient finalement quitté ses yeux quand ses doigts s'agrippaient aux siens. Elle était émue et ses mains tremblaient. Son souffle s'était bloqué, non pas par l'angoisse de toute à l'heure mais plutôt par la chaleur de joie et de bonheur qui l'envahissait.


    immarcescible, Posté le mercredi 29 mars 2023 17:09 Répondre

    - Jusqu'au bout du monde je te suivrais, murmurait-elle contre les lèvres empressées de son amant, toujours avec toi.

    C'est donc sans peur que Matoaka pris la main de Leif dans la sienne et qu'elle pénétra le gouffre où contenait toutes les réponses à ses questions. Armée jusqu'aux dents, comme Leif, elle avançait d'un pas assuré et ferme tout en observant autour d'elle. La grotte était humide et sombre. Ils n'y voyaient pas grand chose. Dans sa main libre, elle tenait un flambeau laissant à Leif la possibilité de pouvoir frapper un potentiel ennemi. Elle observait tout, comme pour essayer de trouver la provenance d'un Dieu parmi eux. Plus ils avançaient, plus le souffle d'air frais s'estompait. Comme si toute vie ne pouvait survivre. Elle vint à faire ralentir le pas à Leif et se pencha vers lui pour lui signifier dans la paume de la main, grâce à leur langage silencieusement secret qu'il y avait quelqu'un avec eux.

    Le murmure aurait résonné dans les roches, aussi, l'entité qui les suivaient aurait sut qu'ils savaient. Tenant toujours fermement son flambeau et la main de Leif dans la sienne, elle lui fit signe de continuer à avancer comme si de rien n'était et relâcha sa main pour avoir la sienne de libre. S'il fallait se battre, elle devait rester maîtresse de ses armes. Alors qu'ils avançaient encore à l'aveugle, elle entendit les battements de c½ur de Leif. C'était étrange de l'entendre battre aussi calmement quand elle même sentait son propre c½ur allait à toute allure. S'arrêtant un instant, elle prit une plus ample inspiration, pour se concentrer. Elle sentait derrière elle un souffle. Ce ne pouvait pas être Leif puisqu'il continuait de marcher devant. Aussi, elle su qu'elle devait être extrêmement vigilant.

    Lentement et dans un murmure, elle se mit à murmurer un sort de protection qui fit légèrement trembler la grotte. Quelques pierres se décrochaient tombant sur eux mais Matoaka ne bronchait pas, confiante dans ce qu'elle était en train de faire. Une fois la secousse terminée et que Leif l'ai rejointe, elle lui assura que tout allait bien :

    - Celui qui nous accompagne nous guide.. Il ne nous veut pas du mal.

    Elle reprit donc la marche avec Leif, rassurée qu'ils ne soient pas suivi par un ennemi. Ils marchèrent ensemble encore un moment jusqu'à finalement arriver auprès d'une immense clairière où un lac immense se trouvait à leurs pieds. C'était un cul de sac. Alors qu'ils allaient baisser les bras, la brune entendit une voix :

    - Tu entends, demandait-elle à Leif, quelqu'un est là..

    Mais elle était la seule à entendre. Un immense puit donnait au dessus du lac ce qui laissait la lumière du jour pénétrer la clairière. En regardant de plus près, elle remarqua que les murs étaient couverts de dessins, de récits et de tout un tas de légendes qui l'aurait fasciné dans d'autres circonstances. Mais pour le moment, elle devait se concentrer sur la voix qui lui parlait. C'était un murmure, comme un chant litanique qui la cherchait :

    - Ils nous attendaient.. Ils savent que nous sommes là, expliqua-t-elle à son compagnon tout en observant les roches marquées, ils demandent.. ils veulent savoir ce que tu veux.. ce que tu veux vraiment Isha..

    En touchant la pierre, Matoaka sentie son esprit être mêlée à celui des Dieux, mais pas ceux qu'ils connaissaient, des esprits qui ressemblaient bien plus à ceux de son peuple. Possédée, ses yeux s'en retournaient en arrière quand elle s'effondrait sur le sol. C'est avec confiance qu'elle se laissait dominer par un esprit qui venait demander à Leif ce qu'il désirait. Comme par magie, le corps de Matoaka se retrouvait en lévitation face à Leif alors qu'une voix différente s'échappait de ses lèvres :

    - Nous savons qui tu es Leif Erikson.. Zagreus.. Fils d'Hadès et de Perséphone.. Nous connaissons ta destinée. Nous savons quels sont tes sentiments, tes doutes, tes peurs.

    Lentement, le corps de Matoaka possédé venait à se rapprocher de Leif. Il observait le colosse sans oser le toucher même si l'esprit semblait fasciné par cet enfant maudit des Dieux et pourchassé par l'un d'entre eux :

    - Etrange.. Etrange ces hommes qui défient les lois.. Sais-tu qu'il est interdit pour un Dieu comme pour un homme d'approcher une Volva ? Elles sont nos servantes.. Tu ne peux pas t'approprier le pouvoir d'une de nos filles. Ah.. Les hommes.. Les hommes.. Dis-moi, Leif Erikson.. Qu'est ce qui t'anime ? Cette femme ? Vraiment ? Mh.. Et qu'en est-il de ton désir de vengeance ? Tu es un homme de colère n'est-ce pas ? Qu'est qui t'attire jusqu'à nous ? Trouver un moyen de sauver ta famille ou de te venger de Zeus ton ennemi de toujours ? Car tu ne pourras jamais avoir les deux. Tu devras choisir.

    Un rire quasi démoniaque et inquiétant s'échappait des lèvres de l'amérindienne toujours possédée jusqu'à ce que finalement elle revienne à elle. S'effondrant sur le sol, elle reprenait lentement conscience d'elle-même sans avoir le moindre souvenir de ce qui c'est passé si ce n'est les quelques flashs entraperçu dans la conscience de l'Esprit. Avec l'aide de Leif et s'agrippant à lui, elle cherchait sa chaleur tout en s'assurant qu'il n'était pas blessé :

    - Tu vas bien ? Que.. Que s'est-il passé ?

    Après qu'il lui eut brièvement expliqué ce qui c'était passé, elle hésita à lui dire ce qu'elle avait vu. Caressant sa joue en posant son visage dans le creux de son cou elle inspira profondément contre lui comme pour lui offrir un peu de son souffle tant il était blanc comme un linge :

    - Les Esprits ne nous aideront pas Isha.. Je te l'avais dis. Nous sommes nous même maîtres de notre destin. Ils n'interviennent jamais. Ils ne font que nous observer et s'amuser de notre malheur. Mais je ne laisserai personne, pas même un Dieu. Tu.. Tu as confiance en moi n'est-ce pas ? Parce qu'on va trouver la solution.

    Au même moment, alors qu'ils tentaient de se rassurer l'un et l'autre comme ils pouvaient, un grondement siffla de nouveau au dessus de leur têtes. Il s'agissait ni plus ni moins qu'un autre Esprit mais cette fois-ci bienveillant. C'était le même qui les avait suivi dans la grotte pour les conduire ici. Il était silencieux, une forme vaporeuse et translucide. Matoaka restait figée, impressionnée et inquiète à la fois même si elle se sentait en sécurité. La forme s'approcha du couple et vint poser son étrange main sur le front du colosse comme pour sonder ses pensées et là, lui insuffla le courage qu'il lui manquait. Quant à Matoaka, il lui offrit autre chose. Un don qui allait la briser à petit feu mais qui saurait aussi être d'une grande aide. Déjà auparavant elle avait des visions de l'avenir mais tout restait flou, car la vie n'est jamais totalement écrite. Mais désormais, ses visions seraient plus nettes, plus juste.

    Avec délicatesse, la forme pris ensuite les mains des deux amants pour les joindre ensemble. Matoaka comprenait où voulait en venir cette aide inespérée et offrit un sourire attendri à Leif :

    - Elle dit que nous y arriverons toujours car nous sommes fort tous les deux. C'est ensemble que nous traverserons tout Isha. Il y a encore de l'espoir.

    Là, devant eux, la forme anguleuse murmurait aux amants dans une langue inconnue pour les unir.

    - C'est une forme bienveillante mon amour qui nous entoure. Tout ira bien..

    La confiance faisait rayonner le visage de Matoaka qui observait avec attention les traits de son amant. Elle voyait que malgré tout il était inquiet, soucieux. Se redressant sur les pointes de pieds, elle déposa un tendre baiser sur ses lèvres tout en caressant sa nuque :

    - Rentrons à la maison que je puisse t'épouser comme convenu. Le reste adviendra plus tard..


    immarcescible, Posté le lundi 27 mars 2023 00:33 Répondre

    Matoaka ne tient plus. Cette journée avait si bien commencé et voilà que le retour de Meghan venait faire exploser la bulle qu’ils avaient si tendrement créé. La nouvelle de la gémellité entre Leif et Amara était une information qui troublait l’amérindienne mais pire que tout, Leif venait à baisser les bras en annonçant qu’il était visé par le courroux de Zeus. Et cela lui allait. La jeune femme épuisée par les hormones et les dernières heures vint à pousser un cri de rage et frappa le buste de son amant sans retenue. Elle le frappa ainsi quelques secondes tout en continuant de crier sa colère. Mais elle s’arrêta bien rapidement en agrippant sa barbe fermement dans sa main :

    - Je t’interdis de dire que ça te va Leif ! C’est compris ? Si je t’entends de nouveau dire une telle absurdité je te jure par tous les dieux que notre monde possède que je te coupe moi-même la gorge. Tu vas te battre tu m’entends ? Et tu vas survivre car il est hors de question qu’on t’enlève à moi. Zeus pourra venir je saurais l’accueillir c’est compris ? Et si tu baisses les bras, ô diable, si tu baisses les bras tu me verras dans une fureur telle que tu n’en dormiras plus jamais c’est compris ?

    Il était vrai qu'elle était folle de colère. Ses yeux étaient brillant de larmes, sa mâchoire crispée et ses mots accompagnés de cri de fureur. Au même moment, alors qu’elle brûlait de rage, elle vit Hadès apparaitre derrière son fils. Sans attendre la réplique de Leif, elle le contourna et voulu se jeter sur le dieu en lui hurlant dessus de colère toutes les injures possible sans avoir peur de lui. Cela ne semblait pas l’inquiéter puisqu’il restait debout sans bouger à regarder sa future belle-fille l’injurier. Retenue par Leif elle hurlait dans les bras :

    - Son destin est lié au mien ! Personne ne me le prendra ! Personne ! Je vous l’interdis !

    C’est alors que Perséphone surgit et se présenta à son fils. Hadès voulu la retenir mais elle ignora ses inquiétudes pour se présenter au couple. Comme un rempart, Matoaka lui interdit d’approcher Leif comme si elle pouvait le protéger de son petit corps. Cela fit tendrement sourire la déesse qui posa une main chaleureuse sur la joue de son fils :

    - Je suis contente de voir qu’elle te défendra toujours avec cette ardeur.
    - Coré, l’interpellait Hadès, nous ne pouvons pas rester. Viens.
    - Prend soin de ta soeur mon fils. Dis lui que nous vous aimons et que.. et que nous sommes désolés..

    Mais Hadès était pressé. En effet, se rendre visible auprès des humains pouvait amener Zeus encore plus rapidement jusque’à Leif et le dieu ne voulait prendre aucun risque. Agrippant la main de son épouse, il réussit à la ramener vers lui et enfin disparaître. Mais bientôt elle serait de nouveau libre des Enfers puisque l’été revenait et que la déesse allait enfin rejoindre Déméter. Une fois de nouveau seuls, Matoaka commença à prendre le chemin en direction du village, toujours aussi furieuse. Lorsque Leif voulu la retenir elle le repoussa et lui cria dessus de nouveau, comme elle l’avait fait avec Hadès :

    - Non ! Je te connais et je sais ce que tu vas faire ! Tu vas vouloir te sacrifier pour nous alors que je t’ai interdit de faire ça. Tu es le premier à me dire que je dois me battre pour vous et toi.. toi dès la première occasion tu ambitionnes déjà de tout abandonner et de ne pas te battre. J’ai.. J’ai besoin de toi Leif.. Je comprends que tu sois bouleversé mais tu n’as pas le droit de me dire des choses comme ça.

    Se rapprochant de lui, elle venait de nouveau lui faire face et reprit les mots qu’il avait dit quelques semaines plus tôt :

    - « Bientôt nous serrons trois et on va commencer une vie de famille mais je tiens à ce que cette vie se fait vraiment. C’est aussi pour ça que je me suis battu aujourd’hui parce que je veux éloigner tous les problèmes. » Alors je t’en supplie Soldat.. Tu dois encore te battre pour nos enfants, pour nous, pour moi. Je t’aime et j’ai.. j’ai besoin d’être certaine que tu n’abandonneras jamais. Promet le moi. On trouvera toujours des solutions.. On en a toujours trouvé.

    Avec plus de douceur, la louve en elle s’étant lentement calmée, elle vint prendre sa main dans la sienne et toucha la cicatrice à l’intérieur de sa paume qui était celle marquant leur pacte de sang. Elle caressait cette boursoufflure pour lui rappeler qu’ils étaient liés à un serment, celui d’être toujours lié l’un à l’autre. Matoaka vint y poser ses lèvres avant de poser cette paume contre sa joue. Elle était si chaude qu’elle en ferma les instant un instant :

    - On a encore tellement de choses à vivre, murmurait-elle d’une voix presque brisée en le suppliant, je veux être ta femme, t’offrir encore d’autres héritiers, m’engueuler avec toi, te voir avec des cheveux blancs, voyager, me battre, faire l’amour avec toi. Alors je t’en supplie, ne m’abandonne jamais. Jure-le.


    immarcescible, Posté le mercredi 22 mars 2023 08:14 Répondre

    C’est comme par magie que Amara se réveilla. Dans un sursaut atroce puisqu’elle devait sentir l’affreuse douleur de l’accouchement qui lui détruisait le corps. Fort heureusement, Feargus était resté aidé Matoaka et tenait contre lui une Amara qui était en panique et il y avait de quoi. Il avait beau essayer de la réconforter, rien de ce qu’il pouvait dire ou faire n’allait pouvoir l’aider.

    - Feargus ! La lavande ! Donne-lui !

    L’amérindienne lui avait ordonné de lui mettre le chiffon de sédatif sous le nez pour l’endormir afin qu’elle puisse être moins agitée et moins sentir la douleur. C’était le seul remède qu’elle avait en sa possession. Alors, une fois que son amie fut suffisamment calme, elle du se résoudre à légèrement l’ouvrir pour aider le bébé à sortir. Lorsqu’enfin l’enfant fut dans ses bras, Matoaka poussa un soupir de soulagement accompagné du cri bien puissant de la petite fille qui se débattait :

    - C’est une fille ! Une fille Feargus et elle est parfaite !

    La grande crainte du couple avait été la possibilité qu’il soit malade mais cette enfant là respirait la vie et la santé. Après avoir nettoyé sa bouche et coupé le cordon, elle confia l’enfant à Freya qui s’occupa de la laver. Pendant ce temps, Matoaka s’occupait de son amie et la soignait pour éviter une hémorragie. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, tout se reconstruisait à la perfection. L’amérindienne ne comprenait pas mais se considérait comme chanceuse. Visiblement il y avait eu plus de peur que de mal.

    Feargus revenait peu de temps après, la petite fille dans ses bras et venait la poser près de sa compagne qui s’éveillait lentement. Matoaka venait l’aider à se redresser et lui ordonna de boire la tisane pour les douleurs. Mais Amara avait une crainte bien plus importante que ses propres douleurs physique et lorsqu’elle vit la parfaite petite fille auprès d’elle, elle pleura :

    - Elle.. Elle..
    - Elle est pleine de vie, lui assurait dans un tendre sourire Matoaka, je vois que cette petite perle va avoir un destin hors du commun.

    Il n’en fallait pas plus pour que toutes les larmes de pleurs et de joie s’échappent de la jeune grecque et de Feargus qui la couvrait de baisers en la remerciant d’avoir mis au monde leur petit trésor. Pudiquement et après avoir nettoyé, Matoaka sortie de la hutte et ordonna à ce que l’on prépare un sacrifice pour l’enfant et pour honorer les dieux. Mais alors qu’elle finissait de se laver les mains, elle s’étonnait du calme serein du village. Quelques heures plutôt tout le monde était euphorique et effrayé de voir la sorcière Meghan. Et maintenant, tout le monde semblait si calme. Quelque chose c’était passé et elle craignait pour la vie de Leif.

    Elle demanda à plusieurs passants où était le Roi et personne ne savait. Néanmoins, l’un d’eux lui avoua qu’il avait tué Meghan. Après un tour vers la fameuse cage aux détritus et où elle découvrit le corps sans vie de la sorcière, elle se mit une fois de plus en quête du colosse qu’elle trouva finalement dans la montagne, aux sources chaudes. Essoufflée et morte d’inquiétude elle se jeta sur lui en lui tapant férocement le torse :

    - Ne pars plus comme ça ! Tu es complètement fou ! J’ai.. J’ai eu.. J’ai eu si peur !

    C’était bien la première fois que c’était elle qui avait peur qu’il disparaisse. D’ordinaire, il était toujours derrière ses pas à la surveiller, elle sentait sa présence, mais là, elle l’avait perdu.

    - Je t’interdis de disparaître comme ça à l’avenir ! Tu imagines ma peur à ne pas savoir où te chercher ? Bon sang.. J’allais retourner tout Kattegat pour te trouver Leif Erikson.

    Blottie contre lui, elle venait à se calmer tout doucement. Son souffle redevenait régulier quand elle levait enfin ses prunelles sur le visage fermé de son compagnon. Quelque chose s’était passé. Elle n’avait plus aucun doute mais ne savait pas quoi exactement. Se redressant et s’asseyant à genoux devant lui elle prit son visage entre ses mains pour plonger ses iris dans les siens. Mais il la fuyait du regard, il ne voulait pas la regarder ce qui l’agaça et l’inquiéta :

    - Tu as peur que je te juge pour Meghan mais tu te trompes.. Isha.. Mon amour.. Dis moi.. Dis moi ce qui c’est passé ? Isha je t’en prie..

    Elle tenta de le rassurer sans lâcher son visage de ses deux mains. Qu’il puisse croire qu’elle soit choquée du meurtre de sang froid de Meghan la surprenait surtout qu’une partie d’elle était quand même satisfaite de voir cette abjecte femme enfin morte.

    - Amara va à merveille et sa petit fille aussi.. Tout le monde va bien mon aimé. Tout va bien. Regarde-moi s’il te plaît.

    Lorsqu’enfin il abdiqua elle pu lui offrir ce tendre et confiant sourire qu’elle n’offrait qu’à lui avant de déposer sur ses lèvres tendre un long baiser. Blottie contre lui, elle caressait son visage avant de poser son front contre le sien et tendrement caresser leur nez ensemble :

    - Elle ne nous fera plus jamais de mal.. C’est terminé. Sa magie ne nous atteindra plus du tout. Tu me fais confiance ? Isha.. Dis moi, tu me fais confiance ? Alors écoute-moi.. Je t’assure que tout va s’arranger. Déjà parce que demain je serai ta femme et que nous allons avoir Rollo, je te le promet. Bientôt les seuls soucis que tu auras ce sera de courir après nos enfants qui seront des petits aventuriers en herbe comme leur père, dit-elle en riant doucement, ils vont te donner encore plus de cheveux blanc que je t’en donne tu vas voir.

    Mais ça ne semblait pas encore le faire revenir à elle. Avec douceur donc, elle posa ses lèvres sur son cou quand ses mains caressaient son buste sous sa chemise ensanglantée. Elle cherchait à faire revenir l’amant, l’amour de sa vie qui s’était emmuré. Ses lèvres remontaient aux siennes quand elle posait enfin sa main sur son membre :

    - Isha.. Reviens-moi.. Je suis là.. Mon amour.. Où es-tu ?

    Si ses mots n’avaient pas réussi à le faire revenir, peut-être que ses caresses le pourraient. Alors que sa main allait et venait sur son membre, elle relevait son jupon dévoilant ses cuisses et déboutonnait de son autre main sa chemise pour laisser apparaître ses seins encore gonflés de lait. A moitié nue sur lui, elle cherchait de nouveau ses lèvres pour le ramener à elle quand elle mordait délicatement sa lèvre inférieur en gémissant doucement. Elle était tellement focalisée sur leur famille qu'elle en oubliait les présages multiples qu'elle avait vu. Elle préférait fermer les yeux que de repartir en quête du malheur à contrecarrer.


    immarcescible, Posté le lundi 20 mars 2023 14:40 Répondre

    Qu'il pleuve, qu'il vente ou bien qu'il neige
    Sur tous les beaux fjords de Norvège
    Le soleil reviendra
    Que pleurent, que chantent ou bien que dansent
    Les oiseaux des forêts immenses
    Le soleil reviendra

    Je n'aurai pas d'amertume
    Pour le brouillard et la brume
    Qui t'ont conduit vers la mer
    Je me souviens d'un seul soir
    Où tu m'as donné l'espoir
    Et pour moi c'était hier
    Je n'aurai pas de colère
    Pour le froid et la poussière
    Qui t'ont porté loin d'ici

    Mais je serai là
    Je t'attendrais toi


    immarcescible, Posté le samedi 18 mars 2023 13:05 Répondre

    Arès était dans le petit chariot construit par son père qui le poussait quand elle portait Kisos à la manière amérindienne, c’est-à-dire contre son coeur mais dans un long drap serré autour de son buste. Ils marchaient tranquillement dans la ville en pleine ébullition, le portrait parfait d’une famille que rien n’y personne ne pourrait briser. La gentillesse et la reconnaissance des habitants de Kattegat à son égard surprenait toujours Matoaka. Si autrefois elle ne se sentait pas légitime, elle prenait désormais la mesure de son rôle de future reine et ne pouvait s’empêcher de se sentir honorée. Ils auraient très bien pu la rejeter mais elle avait su gagner le coeur des norrois sans les forcer, au fur et à mesure des épreuves. C’était donc un véritable honneur que d’être la nouvelle gardienne de cette ville en pleine expansion.

    - Essais-tu de me mettre la pression Erikson, demandait-elle taquine et avec un sourire amusé en coin, j’ai conscience de la tâche qui nous attends mais tant que je suis à tes côtés je n’aurais jamais peur de rien. Je sais que nous allons y arriver.

    C’est une moue pleine de confiance qui enveloppait le visage serein de Matoaka, surtout lorsqu’elle posait ses prunelles sur le colosse à la carrure si imposante. Kisos babillait contre son sein quand Arès avait de plus en plus d’énergie. La sortie en famille avait visiblement fait du bin à tout le monde, la famille Erikson et au peuple qui avait offert mille et un présent pour honorer leurs chefs. Même si le printemps arrivait, Matoaka ne voulait pas que les enfants prennent froid. Aussi, après leur tour en ville, ils rentrèrent au skali. Celui-ci était plein de monde, cela en devenait anxiogène. Alors, l’amérindienne eut l’idée d’emmener les garçons dans la petite hutte que le jeune couple avait occupé avant le raid en France.

    Pendant que Leif s’occupait de rallumer le feu, Matoaka couchait Kisos qui dormait dans un petit berceau fait avec des peaux de bêtes. Puis, elle rendit près d’Arès pour s’occuper de ses jambes et les masser. Pour que la circulation continue, elle devait régulièrement le masser avec des huiles qu’elle faisait pour le soulager. Profitant que son père soit partit chercher du bois, il demanda :

    - Maman.. Je ne marcherais plus jamais n’est-ce pas ?
    - On ne sait pas de quoi est fait la vie. Peut-être que les esprits..
    - Non, non, non. Dis mois la vérité. Je veux savoir.

    Matoaka levait ses iris vers le jeune garçon. Il était si courageux, si brave. Elle le revoyait quelques mois plus tôt courir partout à l’aventure et être si plein d’énergie. C’était si injuste pour lui.

    - Tu ne marcheras jamais plus en homme, lui avouait-elle enfin, tu as raison.
    - Est-ce que.. Est-ce que père va me tuer ? Comme pour l’enfant de Amara et Feargus..
    - Quoi ? Non ! Qui t’as mis ça en tête ??
    - Des domestiques en parlaient l’autre jour dans la cuisine.
    - Le cas d l’enfant de Feargus et Amara est un autre cas. Tu as toute ta tête Arès. Ce sont juste tes jambes qui sont malades. Regarde ce qu’a créé ton père pour toi. La chaise qui roule. Non, enlève toi de l’esprit je t’en supplie.

    Elle venait l’enlacer et couvrir son front de baiser pour le rassurer. Elle lui assurait qu’elle ne laisserait jamais une telle chose se produire et qu’il resterait toujours leur fils. Par lui suite, elle expliqua au jeune garçon que même si son père semblait froid et insensible, il apprenait aussi tout doucement à s’ouvrir et qu’il ferait toujours tout pour ses fils. Cela sembla rassurer le jeune garçon qui laissa une larme couler sur sa joue. Lorsque Leif revint dans la maisonnette, il eut l’air surpris de voir la mère et le fils enlacer mais très vite elle le rassura en venant à lui sur la pointe des pieds et lui donna un tendre baiser sur les lèvres :

    - Je vais emmener Kisos à la cueillette avec moi. Je pense qua Arès a besoin de te poser quelques questions.

    Après avoir entouré Kisos autour d’elle, elle se rendit donc à la lisière de la forêt juste derrière la maison. Elle avait même récité toutes les règles de Leif pour le rassurer sur sa sécurité et s’était même tendrement moqué de lui. Matoaka était toujours taquine et lui assura que si dans vingt minutes elle n’était pas revenue, il pourrait envoyer ses hommes à sa recherche pour la retrouver. Le prétexte pour la jeune femme de se retrouver seule c’était qu’elle avait besoin de présenter Kisos à ses esprits. En se rendant dans la forêt donc, elle s’agenouilla, l’enfant dans les bras, devant un arbre ancien et sacré. Elle le sentait de par ses vibrations. Là, elle récita des chants et des textes amérindiens pour présenter son fils et découvrir son destin.

    Kisos Leifson serai un grand guerrier au coeur pur. Il continuera l’oeuvre de son père en voguant sur les mers pour découvrir le monde. Perséphone était non loin et souriait à ce petit ange qui babillait dans les bras de sa mère voyant déjà en lui l’homme exceptionnel qu’il allait devenir. L’enfant béni des dieux il serait.

    Lorsque la mère et le fils rentrèrent dans la petite maison, qu’elle ne fut pas sa surprise de voir que les garçons n’étaient plus dedans. En effet, ils s’entrainaient à l’épée. Visiblement, Arès voulait continuer sa formation de guerrier malgré son handicap. Cela fit sourire la jeune femme qui s’approcha des garçons, son panier de fleurs dans les mains et l’autre tenant le petit enfant contre son sein :

    - Ainsi donc je vous laisse vingt minutes et voilà que vous jouez déjà à la guerre.

    Elle riait doucement, simplement heureuse de les voir aussi passionnés l’un et l’autre. Alors qu’elle s’approchait d’eux, un des soldats de Leif courait sur la plage pour venir jusqu’à eux. Björn était de retour. Il n’avait pas réussi à rattraper Rollo suite à la demande de sa tante mais il avait récupéré quelqu’un d’autre. En effet, Meghan était dans une cage et se faisait huer sur la place publique. Matoaka avait laissé Kisos à Sigrid et Freya quand Arès avait suivi son père et regardait avec une haine viscérale la sorcière qui avait été malmenée par ls norrois. Jetant un oeil à Leif, elle se demandait bien comment il allait punir la rouquine qui le regardait toujours avec cet espoir d’être l’unique femme de sa vie.


    immarcescible, Posté le mardi 14 mars 2023 12:45 Répondre

    La ténacité de Leif Erikson avait toujours impressionné Matoaka. Mais là, elle était un pu déconcertée. En effet, elle avait l’impression qu’il sur réagissait par rapport à ce qu’elle lui avait confié. Le syndrome de ne pas être assez bien pour lui surgissait toujours mais là, dans ce cas spécifique, elle avait l’impression de le forcer alors qu’il était encore perdu des derniers jours. Mais devant l’assemblée et devant sa demande, elle pu l’observer avec plus d’attention. Il était pressé. Il la voulait mais sous sa fermeté un peu sauvage, il n’arrivait pas exprimer ses sentiments. La jeune femme ne pouvait s’empêcher de sourire tendrement à sa manière si particulière de lui montrer son attachement pour elle.

    Après un passage auprès des garçons et avoir dorloter leur deux petit trésors, elle se retrouva rapidement bloquée contre le pan de mur de leur chambre. Ses hormones étaient en ébullition en sentant Leif se blottir ainsi contre elle, la chercher et la dominer. Reprenant son souffle après un baiser enfiévré, elle vint poser ses mains sous la chemise du guerrier. Ses ongles griffaient délicatement son puissant buste quand elle mordait sa lèvre inférieure. Il avait le don de savoir quels mots utiliser pour amener l’excitation chez elle. Lentement, elle pencha son visage sur son buste qu’elle avait découvert en ôtant les boutons, et déposa de tendre baiser sur sa peau brûlante :

    - Comme si tu avais besoin de demander Isha, murmurait-elle en agrippant entre ses dents sa pointe durcie.

    Ses yeux brillaient d’un taquinerie certaine quand elle caressait les fesses du viking par dessus son pantalon et qu’elle sentait déjà la bosse se former. Cela la faisait sourire de satisfaction. Ils arrivaient toujours l’un et l’autre à se perdre, ne faire qu’un et se dévoiler dans ces moments si singulier. Là, lentement, elle vint défaire les lacets de son pantalon et le laissa tomber au sol. Il était raide contre elle ce qui ne fit qu’attiser une fois de plus son sourire.

    - Tu es déjà au gare à vous mon amour ?

    Sans attendre une seconde de plus, elle vint se pencher à genoux devant lui et le prendre entre ses lèvres. Ses ongles griffaient délicatement la fermeté de ses fesses qui se tendaient quand elle allait et venaient sur la longueur de son membre qui ne cessait de se durcir sous ses caresses. Elle jouait avec lui, le contemplant d’un oeil avide. Savoir qu’elle avait ce pouvoir sur lui, qu’il gémissait ainsi pour elle, pour qu’elle continue lui donnait l’impression d’être une reine. Allant plus profondément, plus rapidement, elle venait ensuite s’attarder sur le gland rougi qu’elle ne relâcha uniquement lorsqu’elle le senti proche de l’orgasme.

    S’arrêtant vivement, elle profita de sa fébrilité pour le pousser en direction du lit comme il l’avait fait avec elle contre le mur. Allongé face à elle, elle en profita pour retirer lentement et sensuellement sa robe en lui interdisant de faire un mouvement :

    - Si tu bouges j’arrête.

    Elle continuait sur ce moment si taquin et si sensuel en dansant de manière langoureuse devant lui. Une fois nue, elle vint sur lui et s’amusa à caresser entre ses cuisses le membre fièrement dressé pour elle. Il pouvait alors sentir qu’elle même était prête mais qu’elle voulait le rendre fou de désir. Oui, elle adorait faire surgir la bête chez Leif. Léchant sensuellement son ventre, remontant le long de son torse, son cou et enfin ses lèvres, elle posa ses mains sur ses joues pour lui donner un baiser langoureux, furieux et sauvage en appuyant son bassin contre le sien.

    - Mhan.. Mon amour.. J’ai tellement envie de toi..

    Murmurait-elle en faisant durer l’excitation quand elle s’agrippait à sa chevelure du chef de guerre avant de s’empaler sur lui sans prévenir. Elle mordait sa lèvre fermement pour ne pas crier trop fort en sachant qu’il y avait du monde dans le skali à proximité. Sa peau n’était que frisson et tout son corps en ébullition. Il n’y avait bien qu’avec Leif qu’elle ressentirait une telle chose. Son corps n’attendait que celui du beau brun. Renversant sa tête en arrière, elle se cambrait pour faire de doux mouvements pour commencer alors que ses seins frôlaient les lèvres de Leif. Elle voulait le frustrer, encore et encore alors qu’elle tirait sur sa crinière, comme d’un appui, pour bouger sur lui :

    - Isha.. Mon amour.. Haaaan.. Touche-moi.. Je t’en prie.. J'ai tellement hâte.. hâte d'être ta femme..


    immarcescible, Posté le lundi 13 mars 2023 09:33 Répondre

    Matoaka était sur un nuage dont elle n'arrivait pas et dont elle ne voulait pas descendre. Grâce aux plantes et aux soins qu'elle se donnait, elle pu rapidement reprendre en énergie. C'était nécessaire pour pouvoir s'occuper du cas particulier de Arès. Il était en si mauvais état physiquement que son psychisme s'était persuadé qu'il ne devait pas survivre. Mais c'était mal connaître l'attachement de la jeune Volva pour son fils adoptif. Elle combattit le plus possible les horribles maux qui empêchait le jeune garçon de grandir quand elle soignait aussi ses plaies physique. Ce qu'elle craignait le plus, c'était sa motricité. Depuis plus d'une semaine, elle craignait que l'immobilité du jeune garçon soit désormais actée et qu'il soit définitivement handicapé. Elle n'avait pas osé en parler à Leif, de peur qu'il culpabilise ou soit dans une colère noire. Pourtant, plus les jours passaient et plus son diagnostic était engagé.

    Arès avait repris lentement connaissance et s'était être présenté à son petit frère. La joie dans son regard ému Matoaka quand elle déposa le nouveau né près du jeune garçon qui avait déjà mille et un projet avec son petit frère. Mais comment allait-il vivre la nouvelle à savoir qu'il ne pourrait plus jamais marcher de sa vie ? La jeune femme était douce, consciencieuse et prenait du temps pour s'occuper de lui. Pendant ce temps, Kisos gazouillait dans son berceau à proximité d'eux. Elle se sentait sur un petit nuage car tous les hommes de sa vie étaient en vie et c'était le plus beau cadeau qu'elle pouvait avoir.

    Malheureusement, il y en avait un qui fulminait auprès d'elle. Depuis ce fameux jour chaotique où Arès fut kidnappé par Meghan et la naissance de Kisos, elle vit bien qu'il était encore plus sur les nerfs qu'auparavant. Son désir de les protéger, non, son obsession de la protection risquerait indubitablement à le conduire à sa perte. Mais Matoaka n'avait pas le temps de s'occuper de Leif pour le moment, elle se concentrait sur Arès et Kisos qui lui prenait déjà beaucoup d'énergie. Pourtant, au bout de deux semaines, elle se rendit compte qu'elle n'avait pas vu son compagnon et parlé avec lui depuis trois jours. Il était si obsédé par Rollo et Meghan qu'il en devenait complètement obsédé. Alors, elle décida de prendre les devants et d'organiser une surprise pour le Chef.

    Le soir même et avec l'aide de quelques servantes, elle servit le repas dans le skali qui avait été vidé de son monde habituel. Arès se trouvait dans une chaise où on l'avait sanglé et où il pouvait se servir de ses mains pour manger quand Kisos était installé dans son petit berceau. Pour cette occasion, Matoaka avait ordonné aux hommes de Leif de le faire venir ici pour qu'il puisse profiter de la surprise. Et quelle mine il eut en voyant Matoaka vêtue d'une jolie robe d'un bleu ciel et de ses fils qui l'attendait le dîner. L'amérindienne avait détaché ses long cheveux pour l'occasion et planté quelques fleurs de jasmin dont il raffolait tant. Venant à lui, elle prit sa main dans la sienne pour le conduire auprès d'elle :

    - Mon aimé.. J'ai cuisiné pour toi et pour notre premier repas en famille. Viens donc à table.

    Elle l'entraînait jusqu'à table où l'attendait sa place de chef quand elle se mit à servir tout le monde. Il y avait une telle normalité dans ce moment que quelqu'un d'extérieur aurait pu se dire qu c'était un soir banal pour une famille normale. Or, c'était la première fois qu'ils partageaient un moment aussi simple et agréable. Après avoir servi tout le monde et s'être assurée que Kisos observait toujours autour de lui, elle vint s'installer à côté de Leif, un sourire sur les lèvres. Il ruminait, elle le voyait bien, aussi elle prit sa main dans la sienne et l'implora du regard :

    - Je sais que tu es en chasse mon amour et que la menace est encore présente mais.. mais on doit aussi savourer des moments comme ceux-ci. Je ne veux pas rater un seul moment à cause de ces démons qui rôdent. On va finir par les avoir je te le promet mais ce soir.. ce soir je te demande d'être là, avec nous, d'être une famille.

    C'est alors que Arès qui mangeait son poulet avec plaisir reprit :

    - Quand j'irais mieux je viendrais avec toi papa. On aura la peau de l'oursonne !

    Matoaka n'osait pas regarder le petit garçon lorsqu'il dit cela. Pour le moment, elle n'avait pas encore osé lui dire qu'il ne marcherait plus jamais. C'était trop difficile de lui avouer une telle chose mais Leif vit dans son regard qu'elle dissimulait quelque chose. Et comme s'ils avaient des conversations en pensées, il su qu'il ne fallait pas encore poser de questions. En vérité, elle craignait surtout que Leif propose d'ôter définitivement la vie de son fils à cause de son handicap. Après tout, les viking sont des hommes fort et puissant. Avoir un fils incapable de marcher allait peut-être bouleverser son règne et son autorité. Comment réagirait-elle s'il faisait une telle chose ? Rien que d'y penser cela l'effrayait.

    Néanmoins, ils dînèrent avec appétit passèrent un délicieux moment. Une soirée dite normale, voilà ce que voulait Matoaka avec ses hommes. Après le repas, ils allèrent coucher les garçons ensemble ce qui ravit encore plus la jeune femme qui n'avait pas eu besoin de demander. Jusqu'à finalement se retrouver tous les deux dans leurs chambres. L'air de rien, elle tendit sa brosse à cheveux à Leif et lui demanda de lui brosser comme il aimait tant le faire, c'était une manière pour elle de le garder près d'elle un peu plus longtemps.

    Pendant qu'elle savourait la douceur de ses doigts dans sa crinière, elle en fermait les yeux en souriant doucement. Cette douce soirée lui avait redonné du baume au coeur, mais en re-ouvrant les yeux vit l'air soucieux de Leif dans les fragments de miroir. Lentement donc, elle se retourna vers lui et vint poser ses mains sur ses joues pour essayer de faire disparaître cette tristesse et cette peur qui l'annihilait :

    - Nous allons très bien Isha.. Arès va vivre. Il.. Sa tête fonctionne toujours mon amour ce sont juste ses jambes qui sont brisées. Mais je vais essayer de trouver une solution je te le promet. Et non, non, non retire toi cette idée de la tête. Tu n'es pas responsable de ce que Meghan a fait à notre fils. Et tu vas réussir à les trouver. Je le sais, je le sens. Bientôt ils vont revenir et alors ce sera la guerre mais nous serons préparés. Je te le promet.

    Avec douceur, elle posait son front contre le sien sans lâcher ses joues, juste pour qu'il sente l'énergie qu'elle lui transmettait. Une énergie pour lui redonner confiance et lui assurer qu'elle croyait en lui et que coûte que coûte elle resterait sa coéquipière.

    - Mais en attendant ce jour, on doit continuer de vivre. Arès a besoin de toi, Kisos a besoin de toi.. J'ai besoin de toi. Je ne supporte pas l'idée de passer trois jours sans te voir. Soit tu me fuis, soit tu m'en veux de quelque chose mais ne me tiens pas à l'écart s'il te plaît.. Je sais qu'avoir des enfants te donnent plus de responsabilités et.. et si c'est trop pour toi je comprendrais. Donc.. Donc si ça te soulage nous pouvons partir tous les trois. Je le comprendrais si c'est ce que tu veux.

    Elle essayait de trouver un compromis et ne surtout pas imposer à Leif sa présence. Il est vrai que jusqu'à présent il n'avait eu que Matoaka à protéger et maintenant qu'ils étaient une famille, elle craignait qu'il regrette. Avec douceur, elle caressait son nez du sien en reprenant avec crainte :

    - Nous ne sommes pas engagés après tout.. Tu.. Tu.. Tu es le maître de mon existence Leif mais je ne veux pas être un poids, ton fardeau..


    immarcescible, Posté le mardi 07 mars 2023 19:53 Répondre

    Arès était emporté sous ses yeux mais elle ne pouvait rien faire. Courir ne servirait à rien, surtout dans son état. Elle tentait avec ses pouvoirs de stopper Meghan mais impossible. Elle était tellement bouleversée et paniquée qu'elle n'arrivait à rien. De plus, les hormones et la présence de Kisos l'affaiblissait considérablement. Dans un sursaut de colère et de rage, elle réussit à réunir suffisamment de force et de concentration pour amener une brise de vent violente qui vint ralentir la course de Meghan. Le petit garçon, téméraire, profita de ce moment pour mordre le bras de la jeune femme qui le relâcha. Arès, à cause de la douleur, s'était transformé en être humain. Même s'il libéré un instant des bras de sa kidnappeuse, il ne pouvait malgré tout pas s'enfuir. Sa jambe était tordue et son bras le faisait souffrir.

    - Petit merdeux ! Tu vas venir avec moi oui !

    Le but de Meghan était simple, kidnapper Arès pour attirer Leif dans un traquenard. Rollo les attendaient non loin. Patient il avait concocté un plan qui visait à détourner toutes les personnes que Leif pouvait aimer et lui arracher un à un. Arès était une cible facile puisque Meghan pouvait entendre les pensées oursonnes du petit garçon. Aussi, c'était plus simple de savoir où il était et quand. Son insouciance l'avait conduit tout droit dans la gueule de la sorcière.

    Malgré l'interdiction de Leif, Matoaka avait marché rapidement pour essayer de trouver le petit garçon. Elle criait son prénom dans la forêt en espérant qu'il l'entendrait et que cela servirait à quelque chose. C'est alors qu'elle vit au loin, Rollo et ses hommes en hauteur de la montagne. Son sang ne fit qu'un tour.

    - Non..

    Elle comprenait que les deux ennemis jurés de Leif avaient fait un pacte et qu'ils n'allaient pas les laisser de sitôt seul. S'agrippant à l'arbre le plus proche, Matoaka tenait son ventre qu'elle sentait lui faire un peu souffrir. L'énergie de ses pouvoirs et la marche rapide n'avait rien arrangé. C'est au même moment que le guerrier surgit près d'elle en ours accompagné de ses hommes à cheval. Elle voyait bien dans son oeil qu'il était furieux et elle s'en voulu de lui donner une autre raison d'être inquiet. Feargus descendait de cheval pour voir la jeune femme et posa une main sur son ventre :

    - Comment tu te sens, demandait-il paniqué, tu peux te soulever ?
    - Meghan.. C'est Meghan qui a pris Arès.. Isha soit prudent.. Je crois qu'elle a fait un pacte avec Rollo. J'ai vu ses étendards dans la montagne.

    Feargus souleva sa belle soeur et la posa sur son cheval. Elle s'en voulait tellement de ne pas pouvoir aller aider Arès. Elle supplia Leif d'être prudent et qu'il s'agissait sûrement d'un piège avant de lui expliquer quel chemin la rousse avait pris.

    - Tu rentres à Kattegat, ordonnait Feargus, je vais monter derrière un des garçons. Mais tu rentres surtout !

    Matoaka regardait avec peine et crainte un Leif ours qui éructait de rage. Sans attendre qu'elle lui souhaite bonne chance ou qu'elle puisse le toucher, il repartit en direction d'où se trouvait la traitresse, ses hommes à ses côtés. Au loin, Rollo les avaient vu et sans attendre Meghan, préféra rebrousser chemin. La vision de son demi-frère en ours lui fit comprendre que ce n'était pas aujourd'hui qu'il gagnerait. Sans un regard pour Meghan, il préféra l'abandonner en se disant qu'il reviendrait bientôt avec un nouveau plan. Pendant ce temps, la rouquine était bloquée dans les gorges de la montagne. Elle tentait d'attraper le petit garçon qui se défendait sauvagement comme lui avait appris Nashoba.

    - Je vais t'étriper, hurlait-elle au garçon qui se trouva rapidement pris au piège, je vais faire de toi un tapis pour ma chambre enfoiré de gosse !
    - Mon père va te tuer ! Et ma mère aussi !
    - Ahahahah. Mais ta mère c'est moi qui vais la brûler. Et ton père il sera à moi. Il fera ce que je veux !

    Au même moment, Matoaka arrivait à Kattegat. Elle souffrait au niveau de son ventre et craignait le pire. Ses prières n'arrivait pas à la canaliser quand elle avait aussi des difficultés à occulter qu'Arès était en danger. En arrivant, toutes les femmes de la ville vinrent l'aider à descendre du cheval mais à peine avait-elle un pied sur le sol qu'elle sentie ce qu'elle craignait le plus. Elle venait de perdre les eaux. Freya arrivait au même moment et poussa un cri de peur qui fit se tendre Matoaka :

    - Arrêtez ! Ne paniquez pas. Aidez-moi à aller au skali, ordonnait la future reine qui tentait de garder son calme, et aller me chercher Björn maintenant.

    Personne ne bronchait plus et tout le monde exécutait les ordres donnés. Après tout, ils savaient tous qu'il ne valait mieux pas contrarier l'amérindienne et en plus une femme enceinte. Une fois bien installée dans sa chambre, elle se massa le dos tout en faisant les cent pas. Amara, Freya Sigrid et quelques femmes de chambre étaient présente mais ne savaient pas comment aider la jeune volva qui était la seule à connaître visiblement les soins nécessaires pour aider les femmes en train d'accoucher :

    - Apportez-moi un peu d'eau.. J'ai soif, demandait-elle avant de pousser un cri de douleur tout en tenant son ventre, et apportez moi un peu de lavande..
    - Il faut prévenir Leif. Il faut envoyer quelqu'un le chercher.
    - Certainement pas Freya ! Je t'interdis de faire ça ! Il doit rester concentré.
    - Mais bon sang.. Arès n'est même pas ton fils.

    Jamais encore Matoaka n'avait haussé de la sorte le ton, surtout pas avec l'ancienne épouse de Leif. Mais la douleur et la frustration de la situation lui fit montrer les crocs :

    - Arès est mon fils et j'interdis qui que ce soit de dire le contraire me suis-je bien fais comprendre ?!

    Le silence régnait de nouveau dans la pièce si ce n'est les halètements de douleur de la jeune femme. C'est alors que surgit un Björn qui se demandait bien pourquoi sa tante l'avait appelé. Lorsqu'il la vit dans cet état, il prit peur et vint à elle inquiet :

    - Ma tante.. Que se passe-t-il ? Que puis-je faire pour t'aider ?
    - Conduit le reste des hommes sur la côte. Rollo est à proximité. Il va sans aucun doute s'enfuir mais on doit l'avoir maintenant. Sans ça, ton oncle va redevenir obsessionnel. Je t'en prie, si jamais tu le captures ramène le vivant.

    Le jeune homme embrassait le front de sa tante courbée de douleur quand elle posait sa main sur son coeur pour qu'il revienne sain et sauf. Même entrain d'accoucher, elle arrivait parfaitement à administrer la cité. Pendant les trois heures qui suivirent, elle poussa des cris de douleur qui résonnaient dans toute la ville. Tout le monde craignait pour la vie de la jeune reine quand le Seigneur était partit guerroyer. Tous avaient compris que le lien entre les deux amants était si puissant que s'il arrivait quelque chose à l'un ou à l'autre, cela serait la fin d'une époque riche et fastueuse. Aussi, tout le monde priait et Matoaka ressentit cet amour et cette compassion du peuple norrois qui la touchait.

    Amara ne pouvait pas rester. Voir son amie dans cet état l'effrayait surtout en sachant que son futur enfant allait bientôt arriver. Les femmes discutaient entre elles, toutes disaient que c'était beaucoup trop tôt quand Matoaka tentait de canaliser sa douleur. Mais elle pensait beaucoup trop à Leif et c'est quand elle sentie une nouvelle contraction qu'elle su que le bébé allait arriver :

    - Bon sang.. Il.. Il arrive.. Freya aide-moi.. aide-moi à m'allonger..

    Aidée par ses amies, elle se retrouvait sur le sol où elle pouvait mieux bouger. Inspirant profondément, elle cherchait son souffle quand elle priait en amérindien pour qu'enfin Leif arrive et que tous soient en bonne santé. Au moment même où elle poussait un cris de douleur, un fracas retentit non loin. Le pas lourd et puissant de Leif résonnait. Lorsqu'il apparu enfin à l'embrasure de la porte, Matoaka laissa enfin les larmes de peur qu'elle contenait depuis le début de l'après-midi. Cela faisait maintenant cinq heures qu'elle souffrait le martyre. Les femmes autour de la jeune femme s'écartèrent de la Reine qui prit entre ses mains celles de Leif dont elle voyait la panique dans le regard :

    - Tout va bien.. Je te le promet.. Tout va bien.. Il.. Notre soleil est juste.. Bon sang.. Il est juste pressé de rencontrer son Duda..

    Elle respirait plus fort et geignait de douleur suite à une nouvelle contraction. Serrant dans ses mains celles de Leif, elle le suppliait du regard de rester calme. Elle le suppliait de lui dire où était Arès mais de nouveau la contraction la fit crier et enfoncer ses ongles dans la peau de Leif. Freya regardait et déclara :

    - Je vois la tête ! Il arrive !

    Tout le monde était à la fois euphorique et inquiet. Les servantes suppliaient Leif de quitter la pièce en lui expliquant qu'il s'agissait d'un moment entre femmes qui fit rager de colère Matoaka qui hurla après elle :

    - Il reste ici ! Il est hors de question qu'il parte ! Il doit voir son fils en premier et le nommer !

    C'était une volonté importante pour Matoaka mais son énervement lui pris plus d'énergie qu'elle ne le cru. Reposant sa tête contre la main de Leif elle cherchait son souffle alors qu'elle pleurait, sa joue posée contre la main immense de son amant. Mais encore une fois et sans crier gare, une nouvelle contraction la fit une nouvelle fois pousser ce qui fit finalement naître le fils du soleil. Kisos était dans les bras de Freya qui l'enroulait autour d'un linge.

    - Donne le.. Donne le à Leif, murmurait Matoaka faiblement mais avec un grand sourire heureux, donne lui son fils..

    La vision d'un Leif tenant entre ses mains son enfant, l'enfant qu'ils avaient conçu ne pouvait pas être une plus belle scène. La jeune femme pleurait de bonheur en riant quand elle contemplait les deux amours de sa vie être enfin réunis. L'enfant était minuscule dans les mains de son père. Il poussa son premier cri et ouvrit ses deux prunelles bleue sur lui et l'observa avec une mine décontenancé qui fit rire sa mère. Les servantes venaient s'occuper d'elle, l'éponger, son placenta aussi quand Kisos avait agrippé le pouce de son père qu'il se mit à suçoter. Il n'y avait pas de plus belle vision pour l'amérindienne :

    - Es-tu heureux mon aimé, demandait-elle avec douceur, je crois que ton fils sera encore plus impatient que toi.

    Sigrid s'approchait de son frère et posa une main réconfortante sur lui en lui demandant avec douceur et émotion comment allait s'appeler son fils.

    - Nous devons annoncer au peuple son prénom pour que les dieux le protègent et l'honorent.


    immarcescible, Posté le samedi 04 mars 2023 00:57 Répondre

    La peur de Leif est légitime. Matoaka n'allait pas nier qu'elle aussi avait une crainte mais ce n'était pas sa plus grande peur. Non, elle craignait surtout que leur futur enfant possède une malformation, comme celle d'Amara. Elle ne sait pas si elle aurait le courage de mettre fin à la vie de son fils. C'était quelque chose d'impensable pour elle. En attendant, elle se concentrait sur les doux massages du brun qui la faisait presque s'endormir tant cela lui faisait du bien. Mais la dernière question de son compagnon la surprit. Lui qui avait tant donné la mort depuis sa plus tendre jeunesse voulait apprendre les usages des soins. Cela fit naître un sourire attendri et satisfait sur les lippes de Matoaka, du moins, jusqu'à ce qu'elle comprenne le pourquoi du comment :

    - Isha.. Mon amour.. Viens..

    Elle était incapable de bouger avec son gros ventre alors elle le fit venir près d'elle. Caressant la crinière de Leif qui avait posé son visage contre sa poitrine, elle reprit avec douceur :

    - Tu sais qu'une fois que tu te mets à soigner les gens et bien.. et bien l'envie de tuer va s'amoindrir. Tu risques d'être surpris par toi-même mon aimé. Mais oui, si cela peut te rassurer, je vais t'expliquer comment soigner une femme qui est en difficulté pendant sa grossesse. Même si je t'assure que tout se passera bien.

    Ses doigts s'enroulaient dans la crinière du jeune homme quand Matoaka couvrait son front et le sommet de son crâne de tendre baisers. Elle repensait au suicide de Wayan et cela l'attrista. Leif avait eu la décence et la délicatesse de lui avouer ce qui c'était passé sur cette maudite île et même si elle était heureuse d'avoir son adoré près d'elle, la brune ne pouvait s'empêcher de se sentir mal à l'idée de ne plus jamais revoir son ami :

    - Merci.. Merci de ce que tu as fais pour Wayan. Merci de me faire confiance Leif Erikson. Tu ne peux pas savoir à quel point je te suis reconnaissante de tout ce que tu fais pour moi.

    Il relevait son visage vers le sien et elle en profita pour poser ses mains sur ses joues et lui donner un profond et langoureux baisers. Le bonheur si singulier de sentir ses lippes contre les siennes faisait naître des frissons qui la secouait toujours autant et lui redonnait un doux sourire. Mais son souffle ne durait jamais assez longtemps, aussi, elle caressa de son nez celui du grand brun et lui murmura :

    - Je t'aime Isha.. De toute mon âme et de tout mon être. Et on va vieillir ensemble. Tu devras supporter ton entêtée de fiancée et gare à toi si une petite jeune s'approche de toi.

    La bonne humeur, la douceur était de retour dans leur chambre quand soudainement, Arès surgit dans la chambre. Il n'avait pas encore eu le privilège de voir son père et sous le coup de l'émotion, il se jeta contre lui sur le lit pour le serrer dans ses bras rassuré de le voir vivant. Le petit garçon était plein d'éffusion et c'était le plus touchant chez lui. Matoaka en riait doucement et écoutait le petit homme parler à son père de sa dernière transformation à la lisière du bois :

    - J'y ai vu un homme tout étrange qui a dit s'appeler Hermès.. Il paraîtrait qu'il est un messager.. Il m'a dit de te dire que toutes les étoiles étaient alignées et que c'était le parfait moment pour épouser maman.. euh.. Matoaka.
    - Tu peux m'appeler maman Arès. J'en serais honorée tu sais.

    Le petit homme sentit un poids s'éclipser de sa poitrine. Il était considéré comme l'un des leurs et avait l'impression d'avoir une vraie famille. Matoaka lui fit signe de venir près d'elle et le laissa s'allonger entre elle et Leif. Le petit guerrier en elle pendant ce temps donnait des coups, comme pour signifier sa présence. Cela fit grimacer de douleur la jeune femme mais aussi rire qui caressa son ventre arrondi en répliquant :

    - Nous sommes tous là en famille mon petit soleil.. tout va bien..
    - Dis maman tu crois qu'un jour je pourrais rester un ours ? J'adore aller pêcher les saumons dans le ruisseau.
    - Il n'y a que toi qui soit maître de ton destin Arès. Suis ton coeur, écoute la nature. Elle te sera toujours un fidèle allié.

    Pendant un moment ils restèrent ainsi tous les trois. Ils parlaient de tout de rien, c'était un moment simple mais chaleureux. Arès finit même pas s'endormir entre eux deux ce qui ravit le coeur de la jeune femme. Levant ses prunelles brillante vers Leif, elle murmurait :

    - Je sais que tes hommes t'ont préparé une surprise pour ton retour. Peut-être devrais-tu aller dîner avec eux. Ils seraient si content de t'avoir avec eux. Ils ont besoin de leur chef. Je resterais avec Arès à me reposer ne t'en fais pas. Reviens-nous vite mon adoré.


    immarcescible, Posté le mercredi 01 mars 2023 17:38 Répondre

    Leif est rentré. Leif est vivant. Se jetant dans ses bras elle avait des difficultés à le relâcher et de toute manière, en voyant la blessure qu'elle avait sur la joue, il ne la lâchait pas non plus. Elle voulait le rassurer, lui assurer qu'elle allait bien comparé à l'homme qu'elle avait tuer mais il ne voulait rien entendre. Après tout, elle aurait été dans le même état que lui. Quand elle voulait l'emmener au Skali pour le soigner, lui voulait faire régner la justice. Très rapidement, elle se retrouva devant sa soeur qui suppliait, pleurait pour qu'on lui laisse la vie sauve. Matoaka doutait, elle avait toujours en elle cette aura compatissante qui l'empêchait de faire régner le sang volontairement. Mais elle était une future reine, Leif avait raison. Elle devait asseoir son autorité.

    Il lui tendait la fameuse lance de Wayan. La vision de cette arme lui serrait le coeur. Imaginer la dépouille de son ami seul sur ce rocher lui retournait l'estomac. Encore couverte du sang de l'homme qu'elle avait tué, elle inspira profondément pour trouver le courage de faire ce qu'il devait être fait.

    - Matoaka.. Soit.. Soit indulgente..

    Ses yeux exprimaient une sincérité à laquelle l'amérindienne avait des difficultés à croire. Mais sa mère lui avait toujours appris à tendre la joue, de croire en la bonté des gens. Son oeil alla sur Leif qui attendait patiemment qu'elle donne la sentence ce qui la faisait frissonner. Etait-elle vraiment faite pour un tel rôle ? Avait-elle cette carrure ? S'avançant vers lui et vers la foule de norois prêt à étriper sa soeur, elle ignora cette dernière et proclama qu'on lui apporte le sceau des bannis.

    Un murmure étonné s'élança dans la foule. Cette mesure était encore plus extrême que la mort puisque cela signifiait que Kaya ne pourrait plus jamais mettre les pieds sur la côte norroise et qu'elle serait destituée de tous ses droits. C'était pire que la mort pour certains :

    - Parce que tu es ma soeur et que nous avons le même père je ne te ferais pas tuer. En revanche, tu seras marquée à vie. Si tu reviens sur les terres de Leif, tu seras attrapée et considérée comme une esclave. La mort te semblera beaucoup plus douce que ce fardeau car tu vas rentrer avec Nashoba chez les nôtres. Il y expliquera ce que tu as fait chez nous et tu seras punie pour tes méfaits.

    Le sceau au fer rouge arrivait face à elle et elle savait qu'elle allait devoir elle-même infliger cette souffrance à sa soeur. La croix symbolisant le bannissement complet était rouge. Matoaka n'osait pas attraper le dit bateau de métal, aussi, en voyant son trouble, Nashoba vint prendre la relève quand Kaya hurlait et se débattait dans tous les sens. La brune se sentait mal, l'odeur de peau brûlée soulevait une fois de plus son estomac mais elle se devait de rester et de regarder. Cherchant la main de Leif, elle la serra aussi fort qu'elle le pu pour ne pas intervenir et abandonner sa sentence. Elle devait être forte pour le peuple norois. Lorsqu'enfin le châtiment fut achevé, elle sentie une lourde douleur de culpabilité l'envahir :

    - Pour que tes méfaits ne soient plus jamais entendu ta langue serra coupée et jetée au feu. Ainsi donc Kaya Powhatan, je te bannis à jamais de mes terres et fait de toi le monstre que tu as toujours été. Que plus jamais ta colère et ta jalousie s'abatte sur quelqu'un. Je te maudis à vivre éternellement avec la marque de ton horreur.

    Alors que Kaya s'était évanouie à cause de la souffrance du fer chauffé à blanc, un norrois en profita pour attraper sa langue et la coupa avec un couteau d'un mouvement sec et net. Matoaka fermait les yeux pour ne pas voir la scène quand ses ongles s'enfonçaient dans la paume de Leif. Par la suite et rapidement, Nashoba fit conduire leur soeur sur un navire afin de partir de Kattegat avec le reste d'amérindiens qu'il y avait. Les habitants quittaient le skali laissant enfin la famille Erikson se rejoindre auprès du couple. Sentant ses jambes trembler, Matoaka sentie qu'elle devait s'asseoir.

    - Isha, murmurait-elle au colosse qui était accaparé par ses hommes pour avoir un rapport de la tuerie, je vais soigner ma joue..

    Elle quitta sa main le temps qu'il finisse de discuter avec ses hommes pour se rendre dans sa chambre s'isoler un peu. Freya, Sigrid et Amara voulaient s'assurer que leur amie allait bien et leur assura que tout allait bien avant de leur demander un peu d'isolement ce qu'elles acceptèrent. Assise sur le lit, elle soigna sa joue en appliquant un baume. La plaie était superficielle. Ce n'était pas ça qui lui faisait le plus de mal. Les cris de douleur de sa soeur subissant ces atroces mutilations la faisait trembler. N'aurait-elle pas mieux de la tuer ? Alors qu'elle se posait mille et une question, Leif apparu enfin sur le pas de la porte.

    Il était là. Il était vivant. Se levant avec difficulté et tenant son ventre, elle couru dans ses bras pour se jeter contre lui. Il était vivant et sans réelle blessure visible. Elle espérait que psychologiquement ça aille aussi bien que physiquement. Ses mains caressaient ses joues quand elle priait et remerciait à voix haute ses esprits de lui avoir ramené l'amour de sa vie :

    - J'ai eu si peur en ne voyant personne revenir.. Encore une heure et je partais te chercher moi-même.

    Relevant ses prunelles vers lui, elle voulut s'assurer qu'il aille bien mais il ne répondait pas. Allait-il bien ?

    - Tu.. Tu m'en veux de ne pas l'avoir tué ? Isha, je.. je n'aurais pas pu.. Cela aurait brisé le coeur de mon père.. Elle.. Malgré sa perfidie je n'aurais pas pu lui retirer sa vie.. Je suis désolée..


    immarcescible, Posté le dimanche 26 février 2023 20:27 Répondre

    Comme elle l’aurait fait pour lui, il réussit à la calmer. Blottis l’un contre l’autre dans ce nouveau et grand lit, elle le serra contre elle en sentant de nouveau ses larmes prête à éclater lorsqu’il évoqua les funérailles prochaines de Wayan. Elle se sentait monstrueuse d’imaginer souhaiter sa mort quand elle aurait voulu qu’il puisse trouver la paix. Alors qu’elle allait s mettre à chercher toutes les solutions possibles d’empêcher le massacre de demain, Leif eut la bonne idée de changer de sujet et d’évoquer le petit guerrier en elle.

    Son sourire, si doux, réapparaissait en voyant Leif reposer ses mains sur son ventre arrondi quand le petit homme en elle recommençait à donner de petits coups. Caressant la nuque du colosse, elle le contempla avec une adoration certaine quand elle sentait son corps frissonner sous ses caresses :

    - Kisos.. Kisos signifie dans ma langue, fils du soleil.

    La mine surprise d’un Leif qui se redresse la faisait sourire de plus belle. Elle aimait tellement voir cette lueur dans son regard. Posant sa main sur sa joue, elle le contempla avidement avant de déposer un tendre baiser sur ses lippes si douce :

    - Tu es mon souffle, ma vie, ma lumière Leif Erikson. Tu a beau croire que tu es un être des ténèbres, pour moi, tu es mon dieu soleil. Et tu m’as fais le plus beau des cadeaux en me laissant porter ton enfant, le sais-tu ? Notre fils va tellement te ressembler. Il sera aussi beau que toi. Fort et courageux. Il sera toujours dans tes pieds pour chercher à t’éblouir.

    L’image de ce petit garçon plein de vie courant derrière un Leif immense redonnait un peu de couleur et de joie au visage de Matoaka. La fête de ce soir, la douceur et l’écoute de Leif l’avait quelque peu rassurée. C’est moins anxieuse qu’elle s’endormie dans ses bras, mais blottie contre lui tout de même.

    Au petit matin, alors qu’il était entrain de se préparer pour partir, elle se réveilla. Les sourcils froncés, elle allait le gronder d’oser partir sans la réveiller mais s’abstint. Elle préférait le contempler en silence et prier pour que ses esprits l’accompagne. Même s’il lui avait demandé de rester couchée, elle ne l’écouta pas et se prépara à son tour. Une fois vêtue, elle vint l’aider à ceinturer le harnais pour son épée autour de son buste :

    - Ecoute-moi bien Leif Erikson.. Si tu viens à rester sur cette maudite île je te jure que je serai plus que furieuse. Je viendrais te chercher aux Enfers et crois-moi, tu préféreras sans aucun doute y rester pour ne pas à avoir à affronter ma colère.

    Elle levait les yeux vers lui en utilisant tout le sérieux qu’elle possédait pour qu’il ne doute pas une seconde de cette promesse. Prenant son visage entre ses mains, elle lui donna un profond et langoureux baiser avant de le laisser poser son front contre le sien. Prenant sa main dans la sienne, elle la posa sur son ventre en lui murmurant de nouveau :

    - Reviens-nous mon amour.. Reviens-nous sain et sauf.

    Au même moment, Feargus entrait dans la chambre pour venir chercher son frère. Il était surpris de le voir déjà debout, vêtu et armé. Matoaka dissimulait son visage contre son buste pour que son beau-frère ne voit pas ses larmes même si ce dernier les entendait.

    - Mon frère nous t’attendons.. Le vent s’est levé et le soleil se lève.

    C’était la marche la plus difficile pour Matoaka. Une reine se devait d’être digne pour accompagner son époux à un tel duel. Elle ne voulait pas faire honte à Leif, aussi, elle restait digne contrairement à la veille où elle avait complètement laissé ses émotions la posséder. Pour porter tout son honneur à Leif et à son peuple, elle avait mis une tenue symbolique d’épouse viking. Le seul signe amérindien était sa coiffure, une longue natte et quelques perles dans ses cheveux. Sa main n’arrivait pas à lâcher celle de Leif quand Wayan attendait dans la barque qui allait les conduire sur l’île maudite.

    Matoaka sentait toutes ses forces prête à exploser quand elle sentie que le colosse près d’elle était près à partir. Elle secouait la tête, incapable de le laisser partir. Dans un souffle, dans un murmure, elle vint le supplier une dernière fois :

    - Je t’en prie Isha.. Tu dois revenir.. Jure moi de revenir quoi qu’il t’en coûte.
    - Erikson c’est l’heure, s’impatientait Wayan qui cherchait déjà à provoquer le viking, à moins que tu déclares forfait.

    Feargus s’approchait de son frère et le poussait à grimper dans la barque quand Matoaka dû se résigner à laisser Leif quitter sa main. Fort heureusement, Amara était tout près en compagnie de Sigrid et de Freya qui venaient la soutenir. C’est impassible que la jeune femme contemplait Leif partir vers le lever du soleil pour une potentielle mort sans qu’elle puisse faire ou dire quelque chose.

    Mais elle devait rester forte et digne. Tous les regards étaient sur elle et elle savait pertinemment qu’elle ne pouvait pas flancher, pas maintenant. Le peuple comptait sur elle. Alors, pour ne pas se laisser de nouveau envahir par ses émotions, elle donna des ordres et se mit elle aussi au travail. Ils étaient de retour depuis deux jours et ils avaient tout un tas de choses à préparer pour l’été prochain. Surtout elle qui était déjà enceinte de plus de six mois.

    Alors, elle se chargea de l’administratif et engagea la mise en application de ce que Leif avait demandé. Tout le monde venait lui demander conseils quand elle perdait patience. Pourquoi n’était-il toujours pas revenu ? Avait-il pu laisser l’ours s ‘abattre sur Wayan ? Qu’est-ce que ce dernier avait bien pu lui dire ? Avait-il avouer qu’il avait été son premier ? Jamais la brune en avait parlé à Leif et elle craignait que Wayan se serve de cette information pour le détruire.

    Retournant au skali, elle fut interrompue dans sa route par Kaya qui parlait à un des soldats amérindiens venu pour le voyage. Elle lui ordonnait strictement de tuer Matoaka dès le retour de Wayan. Dissimulée dans un coin, la future reine compris enfin la dangerosité de sa soeur et sut qu’elle allait devoir intervenir. La journée allait se terminer mais toujours pas de Leif. Alors qu’elle était entrain de se reposer dans le skali, assise sur le trône, elle vit le fameux soldat venu pour la tuer.

    - Stupide que tu es, murmurait-elle au jeune homme qui ne comprenait pas, comme si j’allais te laisser m’approcher.
    - Tu as trahis ton peuple et ton père chienne.
    - Dis l’homme qui répond aux ordres d’une traitresse.
    - Tu vas mourir pour tes méfaits !

    L’homme se mit à courir et voulu se jeter sur Matoaka qui sortit de sa manche son poignard qu’elle enfonça dans la gorge de son meurtrier. Il la blessa légèrement à la joue en l’écorchant mais lui se vidait de son sang sur la reine qui le laissa tomber comme une loque sur le sol. Se redressant difficilement, elle récupéra une hache de Leif et sous les cris d’horreur ds servantes, découpa la tête du meurtrier. Une fois la tête récupérée, elle alla jusqu’à la prison où se trouvait sa soeur et lui jeta la tête de l’infortuné à ses pieds :

    - Quand Leif reviendra tu auras deux possibilités. Ou repartir très loin et ne jamais revenir ou subir le courroux de notre père pour ce que tu as fait ici. Mais une chose st sûre, tu ne repartiras pas d’ici sans avoir subi la justice des norrois. Tu vas vite te rendre compte à quel point nous sommes, amérindien, beaucoup trop clément comparé aux vikings.
    - Chienne ! Tu le payeras !
    - On verra celle des deux qui survivra Kaya.

    Sans s’attarder plus longtemps, Matoaka s’en allait pour retourner au skali encore couverte de sang quand les appels des norois annonçaient le retour de la barque. Sans attendre une seconde, elle marcha aussi vite qu’elle le pu pour espérer y voir le retour de Leif mais il y avait tant de monde sur le quai et elle était si petite qu’il lui était difficile de voir quelque chose.


    immarcescible, Posté le vendredi 24 février 2023 20:09 Répondre

    Ce Holmgang fait frisonner d'horreur Matoaka qui ne comprend pas ce qui est entrain de se passer. Sans attendre que Leif réagisse, elle sortait de la chambre avec une détermination qui faisait craindre le pire. Récupérant sur son passage l'épée de Leif qui trainait à l'entrée de la chambre, elle se rendit dans le skali avant de fondre sur un Wayan qui ne s'attendait pas à l'arrivée aussi sauvage de sa vieille amie. Sans prendre la mesure du mouvement, Matoaka tenta de lui asséner un violent coup d'épée sur le bras mais elle le manqua de peu à cause de la lourdeur de l'engin. Un murmure de surprise et de mécontentement du côté des amérindiens surgit dans le skali. Feargus arrivait rapidement en courant suivi de près par Leif quand Matoaka grognait et s'exprimait dans sa langue natale à son vieil ami :

    - Qu'est ce qui te prends de faire une telle chose ? Es-tu fou ?
    - Tu es sous son son emprise petite fleur ! Regarde tu attaques ta propre famille !
    - N'as-tu pas compris qu'Il est ma famille ! Mon foyer ! Mon amour Wayan !

    Le jeune homme se redressait, blessé dans son orgueil par ce que venait de dire Matoaka. Lui qui était persuadé d'être le grand amour de Matoaka. La jeune femme l'appréciait. Il avait été le seul ami qu'elle avait eu plus jeune mais jamais elle ne l'avait aimé comme elle aimait Leif. Mais comment lui faire comprendre sa profonde affection pour lui sans qu'il se persuade d'autre chose. La brune s'approchait de lui, l'épée trop lourde dans sa main. Elle était plus douce et elle essayait d'attiser le même sentiment chez le jeune homme :

    - Tu es chez lui.. Rétracte-toi je t'en prie.. Ne me force pas à choisir parce que.. parce que ce sera lui. Toujours lui.

    Feargus retenait du mieux qu'il pouvait son frère pour laisser Matoaka essayer de canaliser les esprits. Mais Wayan était furieux. Plus elle essayait de le calmer et plus il se sentait frustré. Il pensait qu'en provoquant en duel Leif il obtiendrait les faveurs de sa bien aimée et Kaya lui avait bien monté la tête en lui affirmant qu'elle avait été ensorcelé par ce Viking brutal. Alors que la jeune femme venait prendre sa main dans la sienne, elle le supplia :

    - Je t'en supplie Wayan.. Je ne veux pas que que quelque chose t'arrive..
    - Ce que tu ne comprends pas c'est que je vais gagner et que quand je reviendrais tu seras ma femme. Comme ce qui avait été promis !

    La déception dans le regard de Matoaka vint rapidement à se transformer en désespoir. Elle connaissait la force de Leif, mais elle savait surtout que Wayan saurait user de la violence psychologique pour essayer d'abattre plus aisément le viking. Le brun poussa sa vieille amie et provoqua une bonne fois pour toute Leif en duel et lui donna rendez-vous le lendemain au lever du soleil pour en découdre avant de quitter le skali. Tremblante, la brune se sentait mal et fut rattrapée par ses servantes qui l'aidait à aller jusqu'au trône pour qu'elle puisse se reposer. Tremblante, elle couvrit le visage de Leif de baisers quand elle le regardait avec une inquiétude folle :

    - Je t'en prie.. N'y va pas Isha.. Je ne veux pas.. Je ne peux même pas penser à ce qui va se passer.. Je.. Je ne veux pas que tu meurs..

    Elle avait les yeux inondé de larmes. La grossesse, les hormones la rendait encore plus vulnérable et la simple idée de voir Leif disparaître lui donnait mal au ventre de nouveau. Elle entendait de nouveau le mauvais présage de la chouette à son oreille, annonciatrice de mauvais maux ce qui ne laissait présager rien de bon :

    - On peut s'enfuir.. Je ne veux pas que tu y ailles.. C'est complètement absurde mon amour.. Je ne veux pas.. Je t'en supplie ne va pas risquer bêtement ta vie pour ce genre de chose. J'ai besoin de toi..

    Feargus appelait Leif pour qu'il puisse préparer ses affaires mais l'ignorance dont faisait preuve tout le monde de l'état de Matoaka la faisait gronder de colère. Alors que tout le monde parlait, pariait et s'intéressait de la politique interne de la ville et non pas de Leif, l'amérindienne sentie un profond cri de détresse l'étreindre qui la fit se renfermer sur elle-même.

    Ses pouvoirs vacillèrent et alors qu'elle se retenait de ne pas exploser pour le petit guerrier qui poussait en elle, elle sentait bien que sa déesse intérieur était en train d'exploser. Un violent nuage sombre s'abattit sur la ville présage de mauvaise fortune pour les viking alors qu'il ne s'agissait que des pouvoirs de Matoaka qui cherchait à la protéger. C'est alors qu'il se mit à pleuvoir au sein même du skali comme Matoaka qui pleurait. Agrippée au bras de Leif et au fauteuil, elle pleurait en le suppliant de l'écouter :

    - Personne ne t'enlèvera à moi.. Jure le moi.. Je refuse de te laisser partir.. S'il le faut j'irais mais n'y va pas..

    Tout le monde prit peur et tout le monde se mit à courir en toute hâte du skali pouréchapper à la fureur de la Reine et aux éclairs du tonnerre qui résonnaient.


    immarcescible, Posté le jeudi 23 février 2023 20:55 Répondre

    - ISHA NON !

    Elle eut juste le temps de lui crier de s'arrêter mais il s'était déjà jeté sur Wayan. C'était incompréhensible, quelques heures auparavant ils passaient un délicieux moment tous les deux mais voilà que le Chef se jetait sur son ami de longue date. Elle voulut l'extirper de son ami mais dans la puissance de rage du brun, il la repoussa violemment si bien qu'elle tomba sur le côté et sentie une vive douleur dans le ventre. Les servantes de Matoaka hurlait à la terreur en voyant leur Reine ainsi au sol ce qui fit venir Nashoba et Feargus dans le skali pour séparer les deux hommes. Car bien sûr, Wayan ne se laissait pas faire et avait rendu, comme il le pouvait, quelques coups à Leif. Amara accourait auprès de son amie qui avait des difficultés à se relever quand Feargus entrainait le roi à l'extérieur.

    - Bordel de merde que c'est-il passé, demandait Nashoba à son Wayan qui faisait semblant de ne pas comprendre, qu'est ce que tu lui a dis ? Je t'ai prévenu de ne pas t'immiscer entre Leif et ma soeur.
    - C'est lui qui s'impose alors que nous ne faisions que discuter.
    - Nashoba, murmurait Matoaka en se redressant difficilement, Nashoba emmène moi voir Leif..
    - Hors de question ! Tu as vu dans quel état tu es. Je t'emmène dans ta chambre.

    Soulevant sa soeur, il l'entraina dans la chambre pour la poser dans le lit. Le bébé allait bien, elle tentait de rassurer tout le monde mais ne pas savoir comment allait Leif l'inquiéter beaucoup plus. Tout le monde était au petit soin pour elle quand elle cherchait mille et une raison de cette réaction disproportionnée. Est-ce que Kaya avait réussit à les diviser comme elle l'avait toujours fait. Nashoba expliqua donc à Matoaka ce qu'il avait confié à Leif ce qui la chagrina :

    - Elle va essayer de se venger Nashoba. Tu n'aurais pas du en parler à Leif.
    - Tu oublies qu'elle est extrêmement violente et dangereuse.

    Secouant la tête négativement, Matoaka soupirait en se demandant bien quand est-ce qu'ils auraient le droit à une journée qui ne ressemble pas à un champ de bataille. Au même moment, le petit Arès revenait de sa promenade avec Bjorn et montrait tout fier les poissons qu'il avait pêché en ours. Attendrie, Matoaka l''attira près d'elle et le félicita avant de l'envoyer en cuisine avec son poisson d'eau douce qui sentait fort. Une fois seule dans sa chambre, elle se mit à parler au bébé pour le rassurer. Il avait du avoir peur aussi, elle devait le calmer. Mais une certaine douleur ne voulait pas passer et l'inquiétait. Alors, elle demanda de l'aide pour un bain. Toutes les servantes étaient sur le quai vif, persuadée que la reine allait perdre le bébé quand la brune savait que c'était impossible.

    Une fois dans son bain, elle fit le tri dans sa tête et inspira profondément pour faire passer cette mauvaise appréhension. Mais surtout, elle implorait ses servantes d'aller chercher Leif. Etait-il blessé ? Qu'elle mouche l'avait piqué en s'en prenant de la sorte à Wayan ? Est-ce que Kaya lui avait révélé le lien qui les unissaient autrefois ? Est-ce que ce serait pour ça qu'il avait littéralement vrillé ?

    Alors qu'elle perdait confiance et qu'elle se posait mille et une question, elle sentait quelques larmes couler le long de ses joues.

    - Isha, suppliait-elle, s'il te plaît..

    C'est alors qu'il surgit dans la chambre. Il transpirait la colère, la fureur et elle ignorait bien pourquoi. Mordant sa lèvre, elle ne retenait plus les larmes de ses yeux même si elle était rassurée de l'avoir sous les yeux :

    - S'il te plaît j'ai besoin de toi..

    Elle attira sa main sur son ventre pour qu'il puisse sentir le petit guerrier qui faisait des cabrioles dans son ventre mais qui lui faisait mal. Une fois qu'elle sentie la paume brûlante de son amant contre sa peau, elle sentie une chaleur douce irradier son corps et faire disparaître la douleur. Le petit homme en elle s'était lui aussi canalisé :

    - Il s'inquiétait pour toi lui aussi, murmurait-elle avec douceur quand son autre main caressait la joue du viking encore furieux, dis-moi ce qui c'est passé Isha.. Tu sais bien que tu n'es pas un bâtard.. Pourquoi as-tu réagis de la sorte ? On est à la maison.. Plus sur un terrain de guerre. Tu es chez toi.

    C'était difficile pour Matoaka d'imaginer qu'il puisse se sentir étranger chez lui. Wayan l'avait insulté et elle comprenait que le viking se charge de punir l'indigent mais il restait son ami aussi. Se laissant sortir du bain par Leif, elle tentait de lui faire comprendre avec douceur et précaution que la violence ne résoudrait rien et que s'il avait des griefs il y avait tout un tas d'autres manières d'arranger les choses.


    immarcescible, Posté le mercredi 22 février 2023 20:27 Répondre

    Bien entendu qu'elle allait le suivre. Avec l'appui de sa main elle se leva difficilement tant le ventre qu'elle avait, avait pris en masse ces derniers jours. A croire que depuis l'annonce de sa grossesse le petit guerrier en elle commençait tout doucement sa lente transformation. Ce serait un garçon très fort, elle le sentait et ça bien avant la vision qu'avait eu Leif. Main dans la main, elle le suivait jusqu'au fameux champ suivis de près par Feargus et Amara qui étaient fiers de ce qu'ils avaient mis en place à Kategatt pendant leur absence. Les champs étaient recouvert de blé et de maïs. Matoaka souriait, fière de la terre si bonne et si fertile qui allait empêcher les norois de mourir de faim à l'hiver prochain. Amara avait elle-même travaillé la terre avec plusieurs femmes et toutes venaient montrer les quelques germes qui avaient éclos. Délicatement, l'amérindienne pris dans sa main un peu de terre et acquiesça satisfaite de ce qu'elle voyait :

    - La terre est excellente.. La saison sera très bonne. Continuez d'arroser. Il ne pleuvra pas avant plusieurs jours et le blé a besoin d'être arrosé.

    Pour ça, Feargus trouva un moyen. Accompagné de deux cheveux et d'un tonneau percé, il faisait le tour du champ pour arroser les cultures. Levant son oeil satisfait vers Leif, Matoaka lui demanda s'il était content du travail qui avait été fourni. Car, elle, l'était. Ils continuèrent ainsi leur petit tour de l'exploitation et virent plusieurs paysans norois aux tâches de la terre. Tous se prosternait devant le couple royal et venait même le saluer. Leif était aimé, adoré de son peuple qui voyait en lui un héro et un dirigeant bon et juste. La fierté dans le regard de Matoaka était certain quand elle posait son regard sur le jeune homme si beau et imposant.

    C'est alors que près de la rivière se jouait une scène étonnante. Des hommes de Leif s'entrainaient avec des amérindiens qui étaient arrivés avec sa soeur Kaya. Il est vrai que depuis son arrivée, Matoaka n'avait pas passé beaucoup de temps en sa compagnie. Elle craignait l'avoir froissé, d'autant plus que la jeune fille regardait le spectacle des hommes se battant l'air renfrogné. Le profil de cette dernière rappelait à Matoaka celui de sa belle-mère ce qui la fit frissonner désagréablement :

    - Isha, demandait-elle discrètement, peux-tu me raccompagner au skali s'il te plaît ? J'ai très froid et mes pieds me font mal.

    Elle se laissait reconduire en tenant son bras, blottie contre lui. Elle avait une impression étrange qui ne la quittait pas depuis qu'elle savait sa soeur dans le coin. Et cette sensation ne vint pas cesser, surtout lorsque la jeune femme revint au skali auprès de sa soeur pour lui parler franchement :

    - J'ai besoin des hommes de Leif.
    - C'est avec lui qu'il faudra voir dans ce cas, répliqua Matoaka qui était entrain de tricoter des chaussons pour bébé, mais pourrais-je savoir pourquoi tu as besoin de viking ?
    - Je veux parcourir le monde moi aussi. Comme toi.
    - Le monde n'est pas aussi intéressant qu'il en a l'air tu sais.
    - Tu parles comme lui.
    - Comme qui ? Père ? C'est un homme sage tu sais.

    Kaya n'avait pas besoin de dire oui, Matoaka savait pertinemment de qui elle parlait. Reposant son ouvrage sur ses genoux, elle se mit à observer le profil de cette soeur qu'elle ne comprenait pas et qui l'effrayait un peu. Elle tenta de lui parler, de la rassurer et de lui dire que si elle avait besoin de voir le monde il n'y avait pas de problème mais qu'en aucun cas on lui donnerait des hommes :

    - Depuis quand tu décides pour Leif, répondait méchamment la jeune femme, tu n'es pas sa femme à ce que je sache.
    - Je ne sais pas ce que tes propos sous-entendent Kaya mais je te conseille vivement de descendre d'un ton.
    - Tu n'es pas la reine ici et si j'ai besoin de quelque chose tu apprendras que je me sers. J'obtiens toujours ce que je veux. Tu n'es pas à la maison où tu décides de tout et où on te mange dans la main. Je ne suis pas les autres. Je ne suis pas dupe Matoaka. Je sais qui tu es.

    Matoaka était sonné par la hargne de sa soeur. Les servantes de la future reine, inquiète de voir le trouble chez leur souveraine vinrent la réconforter en lui proposant un thé. Elle accepta en les remerciant avec douceur avant de reprendre son ouvrage. Pendant ce temps, Nashoba qui avait eu quelques jours de retard sur le trajet arriva enfin à Kattegat. En voyant le bateau des siens et sa soeur à bord son sang ne fit qu'un tour. Aussitôt, il alla voir Matoaka et la trouva pensive et prostrée. Nulle doute que Kaya avait encore fait des siennes. A genoux devant elle, il s'assura qu'elle allait bien :

    - Du grand Kaya.. Je vais bien mon frère, ne t'inquiète pas pour moi.

    Sans perdre un instant, il se rendit ensuite aussitôt auprès de Leif qui était entrain d'administrer le territoire et Kaya près de lui qui l'écoutait attentivement en le dévorant du regard. Jamais Nashoba ne douta de Leif et des intentions qu'il avait envers Matoaka, mais il connaissait la malice malveillante de son autre soeur. Aussi, il préférait prévenir que guérir. Il demanda une audience auprès de son Roi sous le regard froid et incrédule de sa soeur. Une fois seuls, il pu enfin se confesser auprès de Leif :

    - Kaya va chercher à faire du mal à Matoaka.. Tu.. Tu n'es pas sans savoir que chez nous.. Et bien.. Et bien nous avons parfois des relations avec nos frères, nos soeurs. Bref, j'ai toujours été très proche de Matoaka et Kaya la toujours jalousée. Elle m'a donc séduite et nous avons eu une relation. Nous étions même sur le point de nous marier. Mais tout ça n'était qu'un stratagème car elle voulait que je tue Matoaka. Leif, soit extrêmement vigilant. Elle est rusée et elle obtient toujours ce qu'elle veut. J'ignore pourquoi elle est ici mais elle a un plan bien précis. Soit sur tes gardes. Tu dois protéger ma soeur.

    Mais tuer Kaya était un risque diplomatique bien trop grand pour qu'on puisse simplement se débarrasser de la jeune femme. Nashoba préférait prévenir Leif et décida de rentrer chez lui pour s'assurer que son père se portait bien, mais avant, il devait assurer les arrières de sa soeur.


    immarcescible, Posté le mardi 21 février 2023 20:23 Répondre

    Leif dormait profondément dans ce fameux bain et cela fit tendrement sourire Matoaka. Elle venait d'aller coucher Arès après l'avoir grondé. Après lui avoir fait un câlin et lui avoir assuré qu'il faisait partit de leur vie, elle pu le quitter non sans l'avoir couvert de baiser et juré de ne jamais recommencer. Elle était vraiment heureuse que Leif l'ai retrouvé et ramené à la maison. Peut-être qu'un lien allait unir les deux oursons. Mais pour le moment, elle se dirigeait vers le bain de son adoré et en silence vint se mettre elle aussi nue et s'asseoir face à lui, avec délicatesse, dans le bain. Elle se baignait, se lavait tout en contemplant l'ours épuisé qui ne semblait pas être inquiet de savoir une jeune femme dans son bain. Ce fut lorsqu'elle vint s'asseoir à califourchon sur lui et que ses lèvres embrassaient son cou tendrement qu'elle le sentit s'éveiller. Son ventre proéminent l'empêchait d'être plus proche de lui quand elle caressait ses joues un sourire amusé sur les lèvres :

    - N'importe quelle femme aurait pu rentrer dans ton bain sans que tu t'en rende compte soldat. Te rends-tu compte de la gravité de la situation ?

    Elle le taquinait tendrement en couvrant son visage de doux baisers. Une caresse de lèvres sur ses paupières, son front, son nez et enfin ses lèvres et son cou. Elle lui assura que Arès dormait bien et le remercia d'avoir été le cherché tout en massant ses épaules :

    - Il m'a dit pourquoi il était partit.. Je l'ai rassuré en lui disant qu'il était notre enfant. Et je me fiche de ce que peuvent penser les autres. Il m'a sauvé la vie et il t'aime sincèrement. Je serais toujours présente pour lui.

    Ses lèvres lui donnaient un autre tendre et langoureux baiser quand elle caressait de nouveau ses joues. Son coeur battait à une vitesse folle qui la rendait si heureuse. Ce qu'elle était bien dans les bras de son amant, de son amour, de sa vie. Elle profita de ce moment de douceur pour le remercier de ne pas avoir explosé à cause de son ami d'enfance et qu'elle le préviendra demain qu'il y a des règles de bienséance. Pressant ses seins contre son buste, elle lui faisait les yeux doux en mordillant son cou :

    - Vous me surprenez de jour en jour mon Roi et je dois reconnaître que j'aime ça.

    Alors qu'elle jouait à le défier de ses lèvres, de ses prunelles, elle vint faire danser son bassin contre son membre qu'elle sentait se dresser entre ses cuisses. Mordillant la lèvre inférieure du brun, elle appuyait plus intensément de son bassin contre son membre en poussant un doux feulement :

    - Il y a une tradition que tu n'as pas encore honoré mon aimé.. Quand une nouvelle maison est érigé, on doit la baptiser.. La Volva doit la baptiser.. Et il s'avère que l'aide de son Roi n'est pas de trop, elle est même vivement conseillée pour que le skali soit toujours heureux et harmonieux.

    Ses prunelles brillaient d'une malice certaine surtout que leurs mouvements de bassin lui permit de lentement laisser Leif venir en elle. Poussant un soupire de plaisir en renversant sa tête en arrière, elle agrippait la crinière du brun en souriant :

    - Oui.. Oui.. Oh mon amour.. Toi.. Mon souffle..

    Se cambrant, elle allait et venait délicatement dans un premier temps sur Leif pour laisser le plaisir lentement venir. Mais Matoaka était affamée de Leif, toujours. Se cambrant davantage, elle bougea un peu plus rapidement et tant pis si l'eau débordait du bain. Elle aimait ce visage si satisfait du beau brun quand elle s'unissait à lui et qu'elle prenait les devants de la sorte. Agrippant sa crinière plus fermement, elle attira sa bouche à la sienne et lui donna un baiser plus langoureux, plus intense pour couvrir ses halètements de plaisir qui résonnaient dans la pièce :

    - Oh.. Isha !

    Ses seins plus lourd, plus rond et plus ferme se balançaient devant le brun mais elle ne lui laissait aucun temps pour les embrasser. Elle voulait ses lèvres contre les siennes et elle les embrassait avec une ardeur vorace quand ses mouvements devenait plus rapide et plus intense. Ce qu'elle aimait être unie à lui, jamais elle ne pourrait s'en lasser et elle lui murmurait cela en amérindien contre ses lèvres. Elle était à lui, entièrement et à jamais. Ses ongles quittaient ses joues pour rejoindre son cou, ses épaules quand elle le suppliait de venir en elle, encore et encore même si elle sentait au creux de son ventre cette boule de feu incendiaire qui allait la conduire au septième ciel.


    immarcescible, Posté le mardi 21 février 2023 11:21 Répondre

    Contrairement à ce qu'avait espéré Matoaka, le retour à la maison ne serait pas aussi tranquille qu'elle l'aurait souhaité. Son ventre venait de prendre une rondeur plus douce qu'elle ne pouvait plus dissimuler sous les robes noroise et l'arrivée de sa soeur était assez surprenant. Kaya était sa demi-soeur et sa mère n'avait jamais été une femme très douce et gentille. Matoaka avait toujours été jalousée par la sixième femme de son père, du fait de la préférence qu'elle était pour ce dernier. Aussi, la présence de cette soeur dans son quotidien l'a surprenait plus qu'elle ne lui faisait plaisir.

    - Je ne sais, avoua-t-elle à Leif en le suivant jusqu'au skali, je pense que s'il avait eu besoin d'aide il aurait envoyé l'un de mes frères. Peut-être cherche-t-elle seulement à découvrir le monde..

    Mais pour ce soir, elle n'avait pas envie d'élaborer de potentiels complot politique et familier. Pour l'heure, elle voulait retrouver son fils et la douceur de leur foyer. Avant leur départ ils avaient logés dans une petite maisonnette en lisière de la forêt car le skali avait brûlé. Mais pendant leur absence, Feargus avait tout fait reconstruire avec plus de pièces à l'intérieur pour la famille. C'était Amara qui avait fait la visite à son amie quand Kaya suivait derrière elles en silence.

    - Je suis heureuse pour cet enfant que tu portes, saluait chaleureusement Matoaka en posant sa main sur le ventre de son amie, tu dois être heureuse n'est-ce pas ?
    - Effrayée serait le terme exact je t'avouerais.
    - Non, ne le sois pas.. Je sais que ton enfant sera en pleine santé, expliquait-elle en ayant une vision qui la faisait sourire, tu seras parfaitement comblée je te le promets

    Elles arrivaient enfin à la fameuse chambre du Roi et de la Reine et Matoaka les remercia pour toutes les douces attention qu'ils avaient mis en place pour eux. Ils avaient vraiment travaillés ardemment ces derniers mois et elle en était réellement reconnaissante. Elle prit des nouvelles du dispensaire, des récoltes quand Freya et Svala surgirent dans la chambre pour saluer leur amie. Elles étaient toutes les quatre bien plus proche que ne l'était les deux soeurs. Après des embrassades et des salutations attentionnées, elles allèrent se promener près du ruisseau où ils avaient installés, sur les indications de Matoaka, un lavoir pour le linge.

    La ville s'était bien développé pendant leur absence ce qui la rendait visiblement plus agréable à vivre, surtout pour les femmes.

    Après avoir échangé tout le reste de la journée, vint le fameux moment du banquet et où l'amérindienne se rendit compte de l'absence de Arès. Elle était inquiète de ne pas l'avoir vu de la journée et encore moins entendu. Leif était très occupé, accaparé par ses devoirs de Roi ce qui la poussa à se rendre en forêt pour retrouver le petit garçon. Mais elle avait beau l'appeler, il ne surgissait pas. Elle attendit donc un moment, pensive, priant même pour qu'il puisse l'entendre et revenir. Mais les seules choses qu'elle entendait étaient ses sanglots. C'est alors qu'arriva un des guerriers qu'elle n'avait pas reconnu et qui était un ami d'enfance :

    - Encore perdue dans tes pensées princesse ?
    - Wayan ? Tu.. Qu'est-ce que tu fais ici ?

    Elle riait, surprise mais contente de le voir en l'enlaçant. Il lui expliqua avoir suivi Kaya pour partir lui aussi à l'aventure et savoir ce qu'était devenue son amie d'enfance :

    - Tu aurais pu venir beaucoup plus tôt tu sais.
    - Oui mais on avait du travail pendant que tu voguais sur les mers de l'ouest. Comme la chasse aux ratons-laveurs.
    - Oh non ! Vous avez repris ?
    - Aussitôt que tu es partie.
    - Vous êtes des monstres.

    Ils plaisantaient, parlaient du bon vieux temps tous les deux jusqu'à ce qu'il lui demande ce qu'elle faisait ici toute seule.

    - Je suis à la recherche de Arès. C'est le fils de Leif et il est un animagus.
    - Oh.. Comme..
    - Oui, comme Taniaka. Mais je vais lui apprendre à maîtriser l'ours. Seulement, il a disparu dans les bois. Je l'entends à proximité, je le sens mais il ne veut pas revenir et je ne comprends pas pourquoi.
    - Ainsi donc tu acceptes les bâtards de ton mari.
    - Arès n'est pas un bâtard. C'est un enfant, dit-elle en fronçant les sourcils choqué de cette nomination, c'est l'enfant de ton futur époux oui et je l'aime comme j'aimerais mon propre enfant.

    Le jeune homme se proposa à aller chercher le petit garçon mais Matoaka déclina gentiment sa proposition en sachant pertinemment qu'il ne se montrerait jamais à un inconnu. Ayant un peu froid, elle lui expliqua qu'elle allait rentrer car elle avait aussi faim. Proposant son bras, Wayan reconduisit donc la future Reine jusqu'au Skali qui était noir de monde. Difficile pour la jeune femme de retrouver finalement Leif qui était en grande discussion avec Feargus. Avec douceur, elle posa sa main fraiche sur sa nuque en lui demandant :

    - Arès est dans les bois et il ne veut pas revenir. Je suis inquiète pour lui Isha.. Est-ce que tu pourrais l'appeler ? Il ne veut pas me répondre.


    immarcescible, Posté le vendredi 17 février 2023 11:38 Répondre

    La brune secouait la tête en souriant doucement. Leif s'inquiétait du pouvoir étrange qu'il avait et qu'il avait transmis à Arès mais Matoaka savait de source sûre que leur futur fils n'aurait pas ce don là. Néanmoins, elle ne voulait pas en parler maintenant, surtout que le petit garçon avait les oreilles qui trainaient partout et qu'il été très sensible. D'un coup d'oeil et d'une conversation télépathique, elle assura Leif que tout allait bien se passer et qu'elle lui raconterait plus tard ce qu'elle savait.

    Une fois le petit déjeuner englouti, elle du se résigner à sortir du lit et des bras de Leif pour accompagner Arès à son exercice de transformation. En effet, depuis leur arrivée à l'auberge, ils se rendaient tous les deux dans les bois à proximité pour méditer. Matoaka tentait d'apprendre au petit garçon à savoir se maîtriser et contrôler l'ours comme Leif l'avait si bien dit au petit matin. Pour l'occasion, elle avait proposé à son compagnon de les accompagner pour voir les progrès de son fils. Alors qu'ils marchaient derrière Arès qui courait à toute vitesse au devant, elle vint offrir à Leif un sourire à la fois attendri et amusée :

    - Tu l'aimes bien ce petit garçon finalement, dit-elle en passant un bras autour de ses hanches, tu serais triste s'il nous quittait avoue-le.

    Elle le connaissait par coeur son grand ours mais malgré tout, il lui offrait encore quelques fois des surprises qui ne cessait de la surprendre. Avec douceur, elle marchait près de lui, suivant son pas plus lent qu'il adaptait pour elle. Ce qu'il était prévenant à son égard.

    - Arès ne restera pas longtemps près de nous, avouait-elle, il est bien plus sauvage que toi. Son ours sera difficilement maîtrisable mais il n'en reste pas moins qu'il a conscience de ce qui l'entoure une fois qu'il est transformé. Il aura des difficultés à s'adapter à notre vie et.. et il est d'une nature bien plus réservée. Son attrait pour la nature est similaire au mieux mais.. mais il se sent entier uniquement en ours.

    Voyant que Leif réfléchissait à ce qu'elle lui confiait, elle vint à lui demander :

    - Et toi ? Que ressens-tu quand tu es transformé ? Tu.. Tu te sens mieux ? Entier ?

    Mais au loin, Arès les appelaient déjà à le rejoindre. En effet, il avait déjà préparé le petit endroit de méditation. Matoaka accéléra le pas pour le rejoindre et le vit déjà en position. Il était si adorable et si amusant. La jeune femme vint à se positionner devant lui et lui fit inspirer à trois reprises profondément. Il exerça à la perfection ce qu'elle lui demanda quand elle le guidait dans ses pensées. Arès était très concentré et entrait dans une sorte de transe. Il récitait les mots que lui avait donné Matoaka qui était de l'amérindien, une sorte de formule pour le protéger et laisser les esprits bienveillant l'accompagner.

    - Isha.. Concentre toi au lieu de me regarder, dit-elle en souriant doucement les yeux clos, je sens ton regard sur moi.

    Elle avait comme un troisième oeil et sentait toujours la présence de Leif près d'elle. Même si elle avait envie de se jeter encore à son cours, elle devait néanmoins se concentrer sur le petit Arès qui, pris de confiance, semblait toucher le fameux point de concentration nécessaire pour obtenir sa concentration :

    - Oui.. Oui petit ours.. Tu peux le faire, l'encourageait la jeune femme.

    Alors qu'il entrait en pleine transformation, Matoaka ouvrit les yeux et vit que Leif était tout aussi étonné. Arès venait à se transformer sans douleur et roula en boule sur lui-même satisfait d'être redevenu son animal totem. Fière de lui, l'amérindienne l'applaudissait vivement et le laissa se jeter sur elle ce qui la fit rire d'amusement. Il maîtrisait bien mieux son pouvoir et semblait tellement plus à l'aise que Leif. Il jouait avec les feuilles, se grattait au tronc d'arbre quand la jeune femme jetait un oeil sur son compagnon :

    - Ton pouvoir est venu tardivement Isha.. Tu n'as jamais su le maîtriser. Arès est encore jeune et il.. il aime se transformer.. C'est quelque chose de viscéral pour lui.


    immarcescible, Posté le dimanche 12 février 2023 17:52 Répondre

    Voilà une semaine qu'elle attendait. Une semaine était passé et aucune nouvelles de Leif Erikson. Matoaka avait passé son temps à instruire un Arès toujours plus excité et heureux de savoir qu'il est un animagus et reconstituer ses baumes et ses potions. Elle ne savait pas dans quel état allait revenir Leif ou ses soldats, toujours est-il qu'elle devait se préparer au pire. Ainsi, pendant qu'ils attendaient et qu'ils attendaient. Elle trépignait d'une impatience et d'un mécontentement certain. Elle n'avait pas apprécié qu'il la mette de côté, qu'il puisse craindre qu'elle ne soit pas capable de survivre. La croyait-il plus faible du fait qu'elle soit enceinte ? Elle n'aimait pas cette sensation. Paraître faible. Aussi, lorsqu'enfin il réapparu l'air de rien, elle ne pu retenir un sanglot de soulagement. Arès était impressionné par ce père qu'il ne connaissait pas mais dont il avait entendu les mots dans sa tête.

    Brienne saluait son Roi quand Arès saluait son père. Matoaka, elle, restait renfrognée même si elle était rassurée. Elle détaillait sa mine fatiguée et se retint de ne pas exploser. Il avait passé la semaine à combattre. Elle n'allait quand même pas lui faire une scène, ici et maintenant. Non, elle préférait se lever et aller lui servir à manger. Arès avait pris confiance en lui et posait mille et une question à ce père inconnu dont il mourrait d'envie de tout connaître.

    - Vous avez combattu les hommes du Sud père ? Comment avez-vous fait ? Vous vous êtes transformé en ours ? Mère dit que vous pouvez vous transformer comme vous le souhaitez, comment faites-vous ?

    L'amérindienne le laissa non sans s'empêcher de le dévorer du regard. Il était là, en pleine et bonne santé. Ses épaules voûtées exprimaient une tension dû à la fatigue. Elle se mit donc à préparer le baume nécessaire pour l'aider à récupérer. Brienne quittait l'auberge pour aller surveiller les horizons et prévenir les aubergistes de l'arrivée bientôt imminente du reste des viking qui allaient faire le voyage du retour. Arès décida de l'accompagner quand l'amérindienne venait s'approchait de Leif pour relever son visage vers le sien :

    - Je monte te chauffer l'eau du bain. Finis ton assiette et rejoins-moi.

    Elle n'était pas distant, juste un peu froide car elle se retenait de faire la scène qu'il ne lui avait pas autorisé à faire. Avec l'aide de deux servantes, elle vint donc préparer son bain. Elle l'agrémenta de quelques fleurs et prépara même les lotions. Lorsqu'enfin il arriva, elle vit ses yeux inquiet, penaud levé vers elle. La brune demanda aux servantes de s'en aller pour enfin se retrouver. Sans un mot, elle vint l'aider à se déshabiller et fit le tour de son corps nu pour voir où il était blessé :

    - Tu ne t'es pas ménagé, dit-elle d'une voix faible en sentant la douleur physique qu'il a subi, viens te baigner. Je panserais tes blessures après.

    Et pendant qu'il s'exécutait, elle faisait le tour du bain en dénouant ses cheveux, les démêlant puis en venant le baigner avec une éponge.

    - Je t'en veux de m'avoir écartée, dit-elle d'une voix basse, je ne veux pas être faible Isha. Ce bébé n'est pas un poids tu sais. Il est une force, ton fils sera fort, puissant. Comme toi.

    Ayant fini de le laver, elle vint par la suite le masser avec un baume au jasmin pour détendre ses muscles. Elle masse ses épaules non sans laisser quelques baisers s'échapper le long de son cou et de sa nuque qu'elle dégage de ses long cheveux désormais. Avec douceur, elle vint ensuite enlacer son buste et cacher son visage dans son cou en lui murmurant :

    - Quand je suis loin de toi comme ça je suis morte de peur. Je ne peux pas m'empêcher d'être morte de l'intérieur Isha. J'ai eu si peur que tu ne me reviennes pas. Je n'ai même pas eu le temps de te dire ce que j'avais vu.. ma vision. Les chouettes n'arrêtent pas de chanter dans mes rêves et j'ai eu si peur que ce soit ta mort qui me soit annoncée. Est-ce que.. est-ce que tu doutes de mes pouvoirs ?


    immarcescible, Posté le mercredi 08 février 2023 17:28 Répondre

    Pour une fois, ce n'était pas Leif qui ronchonnait mais Matoaka. Après la nuit si intense et délicieuse qu'ils avaient passé, elle espérait bien pouvoir passer encore un peu de temps avec son compagnon. Après tout, ils avaient si rarement des moments complices comme ceux-ci qu'elle les cherchaient toujours ardemment. Mais sa moue inquiète apparue à mesure om Chevalier lui confiait ses horribles mensonges :

    - Tu sais que Leif va l'apprendre et tu sais aussi qu'il va être plus que mécontent.
    - La manière dont tu as de minimisé "mécontent" m'effraie encore plus.

    Elle soupirait, acquiesçant à ce que lui confiait son ami. Bien entendu qu'il serait furieux et elle le comprenait aussi un peu. Elle ne sait pas si elle même elle aurait pu être aussi ouverte d'esprit dans une telle situation. Mais en voyant la détresse de leur ami, elle ne pu se résoudre à le rejeter et lui en vouloir. Après tout, ils avaient tous besoin d'un coup de main et cette fausse alliance ne pourrait que renforcer les liens entre leurs deux nations. Ce qu'elle n'avait pas prévu dans cette équation, c'est la réaction de Philippe qui s'était déjà fait monté la tête par quelques félons seigneurs qui travaillaient encore pour Louis.

    Si le roi destitué était déjà partit en direction de son exil, il n'empêche que quelques un de ses fidèles compagnons continuaient à tisser des liens autour de Philippe pour l'isoler de ses amis. Ils devaient à tout prix regagner en popularité afin de régner aussi à travers ce nouveau Roi.

    Pendant que Matoaka jouait à la perfection son rôle de Duchesse auprès de Chevalier, Philippe se laissait empoisonner par les ragots et les commérages ne faisaient qu'augmenter à mesure que Matoaka arrivait auprès du Roi devant qui elle se prosterna avec beaucoup de grâce. Mais malgré ça, le visage de son ami était rongé par la colère :

    - Majesté, murmurait-elle dans un souffle, merci de l'attention avec laquelle vous vous êtes occupés de nous. Les gens de mon peuple et ceux de Leif Erikson sommes vos obligés.
    - Bien entendu que vous l'êtes. Barbares.

    La foule autour d'eux, la cour, laissait des murmures de surprise s'échapper quand Matoaka se redressait les sourcils froncés. Chevalier ne comprenait pas non plus le retournement de situation quand il tentait une approche près de son amant mais il fut stoppé dans son élan par deux gardes qui tendirent leurs armes vers lui.

    - Vous êtes ici sous mon toit et tant que vous y êtes vous devrez respecter la morale qui dirige notre glorieux pays. Vous êtes l'épouse du Chevalier. Je vous demanderais donc de vous conduire comme telle.

    Il ne se rendait pas bien compte de ce qu'il faisait. A trop bien vouloir faire et s'accaparer la sympathie de ses partisans, il en oubliait qui l'avait mis sur le trône ce que lui lança Matoaka d'une voix sombre et basse :

    - N'oublie pas à qui tu dois ta couronne et ton trône Philippe. En un rien de temps tu pourrais y être éjecté à ton tour.
    - Des menaces ? Vous osez menacer notre Roi ? Sauvage ! Enfermez-là mon Roi ! Et tuez le barbare du Nord !

    Rapidement, la jeune femme se fit ceinturer par des gardes après qu'un des mauvais sympathisant de Philippe vienne à la pointer du doigt. Chevalier était impuissant quand la brune se débattait comme une louve. Elle mordait, griffait et tentait de s'extirper de la poigne des gardes. C'est alors qu'Arès arriva dans la salle accompagné d'un homme de Leif et tomba sur la fameuse scène. Un des félons de Philippe tira son épée et s'apprêta à la planter dans le dos de Matoaka qui ne voyait rien. Le petit garçon hurla et se jeta sur le traître pour l'en empêcher et au moment où il couru, il se transforma en un ours de petite taille mais un ours tout de même. Les gens se mettaient à hurler et s'enfuir du château face à cette transformation, persuadé que Matoaka, la sorcière, qui avait proféré des menaces en vieux norrois à Philippe l'avait maudit.

    Pendant ce temps, Arès attrapait à la gorge le félon et le mordit. Le sang giclait de partout quand Matoaka, une fois de plus couverte de sang réussit à tuer les deux gardes. Philippe ne bougeait pas. Statique et comme mort. C'était Zeus qui contrôlait une fois de plus les hommes et avait investit Philippe. Tuer Matoaka et Leif était la meilleure des solutions pour s'assurer une pérénité. Une fois débarrassée de ses bourreaux, elle se jeta sur Philippe et voulut le menacer mais se rendit compte que Zeus le possédait. Le relâchant, elle compris que la menace physique toucherait uniquement son ami et pas le dieu immortel. Alors, elle se concentra et planta sa main sur son front comme si elle voulait l'exorciser. Chevalier la protégeait quand d'autres gardes étaient persuadés qu'elle voulait le tuer :

    - Elle va le sauver ! Arrêtez ! Elle va le sauver !

    Entrant dans l'esprit de Philippe, elle vit Zeus qui attendait, patient. Il avait cet aura magistrale qui l'éblouit au début mais l'intimida. Le dieu venait à elle, caressant sa joue et souriait moqueur. Le même sourire qu'Hadès même si ses yeux d'un bleu terne l'observait :

    - Tu serais une excellente épouse Matoaka Powhatan. Lie -toi à moi et je laisserais le démon en paix.
    - Vous mentez. Jamais je ne céderais à votre odieux marché. Laissez Philippe en paix. Laissez-nous en paix.
    - Pas tant qu'il vivra. Et crois-moi, la fin est proche.

    En quittant le corps de Philippe, ce dernier se mit à saigner du nez et trembler comme s'il faisait une syncope. Matoaka fut projetée au sol mais Arès, toujours en ours, amortit la chute. Pour un ourson, il était énorme. Le Roi toussait, crachait et reprenait lentement conscience avant de lever les yeux vers son peuple.

    - Chevalier ? Matoaka ? Qu'est-ce que.. Qu'est-ce qui s'est passé ?
    - Mon amour ! Mon adoré !

    Se jetant à ses pieds, il embrassait ses mains quand la jeune amérindienne se levait lentement aidée par son ourson de protection. Caressant son pelage, elle le remercia en venant s'assurer qu'il ne soit pas blessé. Alors qu'elle avait les mains dans son pelage, Leif arriva dans la salle accompagné de ses hommes. Visiblement, les hurlements et la fuite des partisans machiavélique de Louis avait ameuté les vikings. D'un léger sourire, elle rassura son compagnon avant de le recevoir près d'elle. Arès se collait à son père, cherchant son affection ce qui attendrit la brune. Elle prit soudainement conscience qu'elle aurait pu se blesser bien plus gravement, surtout avec l'enfant qu'elle portait mais en posant sa main sur son ventre, se rendit compte que tout allait bien :

    - Tout va bien Isha, murmurait-elle comme par habitude, Arès nous a sauvé la vie.

    En effet, son fils avait les mêmes particularités que son père. C'était ce que la jeune femme avait essayé de lui expliqué avant de partir à l'assaut de Paris. Mais cette nouvelle risquait de soulever très prochainement d'autres problématiques qu'elle évoquerait plus tard. Pour le moment, elle reprenait son souffle et jetait un oeil à Philippe qui tremblait encore de peur, livide, quand elle s'accrochait à Leif.


    immarcescible, Posté le mardi 07 février 2023 12:44 Répondre

    Le sourire malicieux de la jeune femme la faisait rayonner. Comment ne pas l'être devant cet homme pour qui elle remuerait ciel et terre. Le souffle coupé par sa haute stature et feignant d'être nullement impressionnée, elle s'approcha de lui en déposant sa main contre son buste dont elle détaillait avec douceur les ronflements de sa musculature imposante :

    - Parce que dormir serait une activité convenable pour vous mon seigneur ?

    Elle souriait toujours en déposant un baiser sur son torse avant de lentement faire le tour de son corps. Tournoyant autour de lui, pour le séduire, pour le faire patienter. Cela l'amusait de voir la tension de son corps être ainsi mise à l'épreuve, car oui, en faisant son tour, elle s'amusait à laisser sa main caresser son membre, puis ses hanches et enfin ses fesses non sans laisser quelques baisers épars et là. De nouveau devant lui, elle défait lentement les lacets de son pantalon qui vint rapidement à tomber sur le sol. Nu et éclairé par la cheminée et les bougies de la chambre, elle le trouvait beau comme un Dieu. Ses mains caressaient son buste de haut en bas quand ses yeux brillaient d'un désir flamboyant :

    - Comment pourrais-je dormir sans te toucher.. te goûter.. oh Isha..

    Sa main caressait le membre solidement dressé contre sa main quand son autre agrippait la nuque du brun pour lui donner un baiser langoureux, passionné, vorace et intense. La tension de la journée, la crainte de mourir, Leif si beau et électrisant la rendait fébrile d'une excitation qu'elle ne savait jamais mesurer dans ses bras. Elle le caressait plus rapidement, appréciant d'entendre les gémissements étouffé du brun dont elle mordait la lèvre inférieure. Lorsqu'elle le sentie aussi fébrile qu'elle, elle vint à s'agenouiller devant lui et le prend en bouche.

    Il éructait de plaisir, elle le voyait bien et elle ne se privait pas de ce spectacle. Cette luxure l'a rendait elle aussi toute chose mais elle se retenait, préférant poser ses mains sur les fesses de son compagnon quand ses lèvres, sa langue et ses dents s'adonnaient à offrir le meilleur au viking. Ô qu'elle l'aimait voir se tordre ainsi, chercher à la déstabiliser quand elle le contrôlait. Elle aimait avoir ce pouvoir sur lui. Lorsqu'enfin elle le sentit proche de l'extase, elle joua de nouveau et cessa ses caresses buccales pour le frustrer d'autant plus. Elle en profita pour le pousser sur le lit, sur lequel il tomba à la renverse et là, elle en profita pour se déshabiller lentement non sans se défaire de son sourire :

    - Si tu bouges.. Tu ne pourras pas goûter à ce que je te réserve..

    Il voulut faire un mouvement mais elle remonta derechef le pan de sa robe qui laissait entrapercevoir son sein. Elle riait, fièrement de le voir se stopper et vint donc reprendre son petit effeuillage. Lentement, très lentement, elle faisait monter de plus en plus l'excitation chez Leif. Elle savait qu'il allait être passionnel, intense après cette délicieuse torture et c'était ce qu'elle recherchait. La fougue du viking pour les conduire dans un déluge d'orgasmes indécent. Son ventre s'en tordait d'impatience. Une fois nue, elle détacha sa longue crinière et vint à califourchon sur le brun. Ses lèvres rejoignaient les siennes dans un baiser brûlant, ses mains agrippaient sa crinière quand ses cuisses se refermaient sur son membre délicatement.

    - Je te veux.. Tu.. Tu me rends folle Isha.. Tu sens comme je te veux ?

    Elle avait l'impression qu'il ne le saura jamais vraiment. Alors, elle usa de ses pouvoirs pour qu'il puisse ressentir cette sensation si particulière qui lui causait lorsqu'il l'aimait de la sorte. Ses capacités lui permettait en effet de transmettre aussi des émotions qu'il pouvait désormais ressentir. Aussi, lorsqu'elle se positionna sur son membre et qu'il la pénétra, il pu sentir le plaisir électrifiant qui la submergeait :

    - Oui.. Encore.. Prends-moi.. Mon amour..

    Matoaka gémissait, suppliante contre Leif en renversant sa tête en arrière pour mieux dévoiler sa poitrine bombée. Elle était comme droguée au Leif. Sa peau frisonnait et en redemandait, encore et encore sans être capable d'être un jour rassasiée.


    immarcescible, Posté le vendredi 03 février 2023 08:00 Répondre

    Matoaka n'a jamais eu le sentiment d'être gênée ou inférieure par rapport à ces étranges personnes qui la détaillait. En vérité, elle s'en fichait. Elle préférait poser son attention sur Philippe qu'elle voyait occuper avec force et dignité son nouveau poste, Nashoba riant aux éclats avec ses hommes, Arès mangeant avec appétit près d'elle et enfin.. son Leif. Son tendre et nerveux guerrier qui était plus à l'aise à trucider des hommes sur le champ de bataille et non pas en société ce qui avait toujours surpris la jeune femme puisqu'il était extrêmement érudit. Posant une main réconfortante sur son genoux, elle lui fit les yeux doux pour qu'il cesse d'être aussi nerveux surtout en voyant la cour la considérer telle la femme du Chevalier :

    - Peut-être qu'à leurs yeux je suis son épouse mais en attendant, c'est toi qui possède entièrement mon âme et mon coeur Leif Erikson.

    Elle aurait voulu lui donner un baiser mais cela aurait été grossier. Aussi, elle s'abstint même si ses yeux exprimaient un désir bien plus intense. La conversation dévia vers Arès qui observait la foule sans la comprendre autour de lui. Il semblait si seul, si lointain du reste du monde qu'elle eut mal pour lui. Elle comprenait que Leif ne soit pas à l'aise avec le petit garçon mais elle ne voulait pas pour autant qu'il le repousse et jette son dévolu uniquement sur leur futur enfant. Reportant son attention vers le brun, elle lui expliqua :

    - Arès ne restera pas longtemps auprès de nous Isha..

    A la vue surprise du colosse, elle sut qu'elle allait devoir lui expliquer mais ils furent dérangé une fois de plus par un Chevalier qui demandait une danse à sa jeune épouse. Cela la fit sourire quand elle vit le regard noir de Leif. Posant sa main sur son épaule avec douceur, elle lui fit signe qu'il n'y avait rien de mal à aller danser un peu avec leur ami. Au rythme et aux conseils du blond, elle apprit les danses européennes aisément. Elle virevoltait, dansait et riait aux éclats amusée par un Chevalier qui savait parfaitement comment mener la danse. Matoaka s'amusait follement à tournoyer de la sorte.

    Au bout d'un moment, sans qu'elle s'en rende compte, la main possessive de Leif vint l'agripper par la hanche et la voilà projetée contre lui. Cela la fit doucement rire quand elle s'accrochait à sa chemise pour le contempler. Ses yeux brillaient d'une certaine malice attendrie par le vin même si le colosse semblait toujours renfrogné à cause de Chevalier.

    Délicatement, elle passa ses mains sur la nuque du brun, se laissant tendrement bercée par ses mouvements. Elle se fichait des autres, de leurs regards. Après tout, il était le Roi et il n'avait de compte à rendre à personne. Cela satisfaisait parfaitement la jeune femme qui vint passer ses doigts sur sa barbe :

    - Je suis curieuse.. J'aimerai savoir à quoi ressemble ton sourire sous cette barbe épaisse.

    Cela la faisait sourire quand elle agrippait la barbe fermement entre ses doigts pour pencher le visage du chef de guerre et murmure près de ses lèvres :

    - Embrasser ton visage sans qu'il pique.. Ça doit être délicieusement doux..

    Discrètement, elle posa un rapide et doux baiser sur ses lippes avant de s'écarter de lui pour reprendre la danse apprise par Chevalier. Son éclat était plein de malice quand elle dansait sur le rythme et le tempo demandé. Mais alors qu'ils dansaient, Nashoba venait s'approcher de son futur beau-frère et lui demanda un instant. En effet, il craignait que cette nuit soit le parfait moment pour l'ennemi de ré attaquer. Il proposa donc à Leif de rester éveillé avec un poignée de gardes pour s'assurer de leurs arrières. Surtout que l'armée demandée par Louis, venant du sud, ne tarderait pas à arriver.

    Pendant ce temps, Matoaka s'était arrêtée un instant pour s'asseoir près de Arès qui jouait avec un petit ours en bois que lui avait donné Nashoba. Il posait tout un tas de questions sur la nature, la forêt ce qui enchantait la volva. Le garçon s'endormait, sa tête sur les cuisses de sa belle-mère. Aussi, lorsque Leif surgit, cette dernière lui offrit un doux sourire en caressant la crinière de son fils :

    - Vous pouvez nous conduire au lit mon seigneur ? Je suis fatiguée et ce petit ourson aussi. A moins que des faits d'armes vous attendent encore. Ce serait dommage que vous manquiez la récompense que je vous réservais.


    immarcescible, Posté le lundi 30 janvier 2023 12:57 Répondre

    La fureur légendaire de Leif Erikson faisait de nouveau trembler les murs de Paris. Mais il ne s'agissait pas de bataille, bien sûr que non. Il s'agissait pour le moment de conquérir le coeur d'une dame qu'il souhaitait épouser. Pendant que Chevalier se dissimulait derrière ses gardes, Matoaka prit la main de son fiancé dans la sienne et la serra fermement. Le récupérant contre elle avec douceur, elle lui offrit un sourire à la fois amusé et attendrissant :

    - Quelle importance Isha accordes-tu à une institution et une religion qui n'est pas la nôtre ? Tout le monde sait que je t'appartiens de mon plein grès et ce depuis que tu es venu me chercher. Laisse donc Chevalier faire sa lettre mais ce n'est pas ça qui m'empêchera de t'épouser.

    Avec douceur, elle caressa la joue du colosse pour lui donner un tendre baiser quand Chevalier souriait en applaudissant son amie qui savait parfaitement charmer et désarmer le colosse.

    - Très bien dit ma douce amie, précisait-il, je vous promets que dans deux mois nous serons officiellement libéré de nos voeux. Mais en attendant vous êtes libres comme l'air l'un et l'autre de convoler.
    - Nous nous marierons chez nous, à Kattegat sous l'oeil béni de nos esprits Chevalier. Mais merci de ta proposition.

    Une fois seuls, de nouveau, elle l'attira jusqu'au lit où elle vint le fair s'asseoir. Debout entre ses jambes, elle reprenait les pansements sur son corps blessé. Elle sentait bien sa chaleur, celle infligée par le soldat de Zeus et cela l'inquiéta. Avec douceur, elle posa sa main fraiche sur son cou et sentit, lentement, son corps reprendre une température plus sereine. Embrasant son front, elle souriait en sentant sa main immense sur son ventre arrondi :

    - Je le sais depuis que j'ai échoué sur la plage.. Après la tempête.. Mais je ne voulais pas t'affoler et t'inquiéter. Tu avais bien d'autres choses à penser et faire mon amour.

    Une fois le dernier pansement fait, elle souleva son visage vers le sien et contempla ses prunelles d'un bleu éclatant qui la faisait toujours aussi rougir. Avec douceur, elle l'embrassa de nouveau avant de venir délicatement s'asseoir à califourchon sur ses cuisses. Elle l'embrassait avec passion, hardeur et fougue quand ses mains s'agrippaient à sa crinière encore emmêlée. Avec délicatesse, elle déposa une myriade de baisers encore sur son visage avant de poser son front contre le sien :

    - Tu as réussi mon amour.. Tu nous a emmené à Paris, murmurait-elle contre ses lèvres, je suis si fière de toi et de ton courage tu sais.

    Elle lui raconta qui étaient les fameux soldats qui s'en était pris à lui et que le dernier avait un pouvoir bien plus conséquent qu'elle ne l'aurait cru. Elle le rassura sur le fait que le monde était encore plus vaste qu'il ne le pensait et qu'il y avait tout un tas d'autres surprise qui l'attendait. En attendant, elle caressait le médaillon qui perlait autour de son cou quand elle souriait en revoyant sa main toujours sur son ventre :

    - Tu m'as offert le soleil.. toi, mon dieu éternel. Je te serais toujours reconnaissante de ce cadeau que tu nous fais.

    Et c'était vrai. Ses yeux brillaient d'une joie certaine quand elle lui redonnait un autre langoureux baiser. Mais avant de se lancer dans des folies de leurs corps, elle lui imposa de s'allonger. Ils devaient dormir. La nuit avait été ardue et la soirée risquait d'être encore plus intense avec toutes les festivités préparées par Chevalier. Blottis l'un contre l'autre, ils s'endormirent, étroitement enlacés.

    La siestes fut bénéfique pour Matoaka qui vint à se réveiller avant Leif. On toquait à la porte et elle se demandait bien qui cela pouvait être. Il s'agissait de femmes de chambre apportant un multitude de toilettes pour la princesse amérindienne. Des toilettes précieuses qui avaient été brodées avec des fils d'or qui impressionnait la jeune femme. Pour se préparer, elle se rendit dans une pièce voisine mais n'eut pas le temps de prévenir Leif qui se réveillait lentement. Pendant que Philippe entrait pour saluer son ami, Matoaka se faisait toiletter. Une fois le bain prit, ses cheveux furent démêlés et coiffés en une seule et unique natte. Une couronne de fleurs ornait son front. Sa robe était faite d'un tissu d'un vert amande très doux avec des dessins de fleurs en fils d'or. Sa taille avait été cintrée par un corset dévoilant un décolleté plongeant. La robe pendait parfaitement sur la taille arrondie de la jeune femme.

    Le moment était venu d'être dévoilée et alors qu'elle allait dans la chambre rejoindre Leif, elle ne pu s'empêcher de lui sourire en le voyant propre et si bien habillé. Malicieuse, elle fit une révérence comme lui avait appris Chevalier et murmura éblouie :

    - Mon seigneur.. Quelle vision.. Mon coeur est fragile devant tant de beauté.

    Au même moment, son ventre gronda signe qu'elle avait faim. Cela la fit doucement rire quand elle prenait dans sa main, celle de Leif dont elle n'arrivait pas à décrocher le regard.

    - Vous avez deux petits ogres à nourrir mon seigneur. Il faut vous hâter.


    immarcescible, Posté le vendredi 27 janvier 2023 18:30 Répondre

    La transformation de Leif était impressionnante. Même si Matoaka l'avait déjà vu en ours, il n'en restait pas moins qu'il était impressionnant. La violence avec laquelle il s'était jeté sur sa proie avait glacé le sang de la jeune Volva mais aussi des Vikings qui ne s'attendaient pas à voir en vrai leur Roi devenir cet ours immense. Lorsqu'il eut terminé son étrange festin, la brune s'approcha délicatement de lui en brandissant son collier pour qu'il reprenne forme humaine. Son poils était doux, chaud. Elle le trouvait terriblement adorable sous cette enveloppe mais se tût. Ce n'était pas le moment pour partir dans de douces flatteries. Non, les parisiens avaient certes fuit mais il n'en restait pas moins qu'il fallait prendre maintenant la Cité. Sans attendre, mains dans la mains, ils gravirent la petite pente qui menait au but final lorsqu'ils furent bloqués par les remparts. Les parisiens étaient malin et avaient investis dans les fameuses marmites d'huile.

    Les vikings, ne s'y attendant pas, brûlaient aussitôt. Leurs hurlements de douleurs faisait frissonner d'effroi Matoaka qui fut rapidement sollicitée par Leif. Ses pouvoirs étaient faible à son sens et elle craignait de ne pas être à la hauteur de sa demande. Aussi, elle prit une ample inspiration et chercha une idée, une solution qui ne risque pas de mettre en danger leurs hommes aussi.

    S'isolant un peu du reste du groupe et secondé par Nashoba, elle se mit à genoux sur le sol et fit quelques dessins sur le sol. Elle murmurait, appelait et invoquait les éléments de la nature. Tels de fidèles alliés, elle fit venir un épais brouillard qui condamnait les hauteurs des remparts. Ainsi, les parisiens ne savaient plus où viser. Les vikings, se regroupaient sur les ordres de leur chef quand Matoaka fit tomber une pluie intense sur la cité. Une pluie qui les aveuglaient et les ralentissaient dans leurs mouvements.

    - Brûle la porte, ordonnait-elle à Leif, brûle là avec l'huile qu'ils ont versé.

    Sans attendre, ils partirent donc en direction de la porte en question qui était encore maintenue par derrière, par des parisiens. Sans attendre, Nashoba prit l'un de ses flambeaux et le jeta sur la porte qui aussitôt brûla. L'épaisse fumée rejoignit le brouillard qui s'épaississait de nouveau. Matoaka souriait fière d'elle quand ils entendaient les cris de douleur des brûlés derrière la porte. Cette dernière prit feu si rapidement que déjà ils pouvaient voir l'intérieur. Les parisiens se réunissaient, cherchant à combler les vestiges d'une porte qui n'existaient plus. Mais Matoaka tira quelques flèches à travers le trou béant, permettant au plus vigoureux et téméraire viking de s'engouffrer dans la porte et d'occuper enfin la cité.

    Ils venaient à l'instant de pénétrer ce qui n'avait jamais encore été foulé par une horde ennemie. Philippe était sur les remparts, impassible et observait l'entrée des Vikings dans la cour. Un hochement de tête et Chevalier sut qu'il avait enfin touché au but. Louis était avec sa cour, caché dans la cathédrale attendant que son frère vienne le libérer. Mais c'était vain. Matoaka observait le défilé de ses hommes s'acharnant sur tous leurs ennemis quand elle priait les éléments de se calmer pour leur laisser une nuit éclairée. Lentement, les nuages se dissipèrent et la pluie cessa et le cri de victoire des Viking résonna dans tout Paris assiégé.

    Malgré tout, la jeune femme restait sur ses gardes. Ils n'étaient jamais à l'abris d'une attaque kamikaze. Restant près de Leif qu'elle surveillait de très près, elle cherchait du regard le dernier cavalier envoyé par Zeus. Sa main se posait avec douceur sur son dos, comme pour lui assurer sa présence lorsqu'un violent coup la projeta le long du mur qui se trouvait en face. Perdant connaissance un instant, elle fut rapidement réveillée par un Nashoba qui la secouait. Les cris de rage et de douleur de Leif lui parvenait en lointain et la fit craindre de son état.

    - Il se bat, murmurait Nashoba, il se bat comme un ours mais.. mais l'homme en face est un monstre..

    Réussissant enfin à se redresser, elle vit son pire cauchemar arriver. Leif était acculé par le fameux soldat de Zeus qui usait d'une magie certaine pour pouvoir le torturer. Il ne le battait pas en duel, rien de tout cela. Il le torturait par ses facultés et autres dons de torture. Se relevant difficilement, Matoaka vint sans un bruit tirer une flèche dans le dos du tortionnaire qui hurla de douleur en sentant la flèche parcourir son dos. Sans attendre, les hommes de Leif se jetèrent sur le maudit soldat quand elle se rendit près de son amant qui saignait du nez abandondamment. Elle aussi était blessée mais la santé du colosse l'inquiétait beaucoup plus. Relevant son visage vers le sien, elle le vérifiait ses constantes :

    - Isha.. Tu vas bien ? C'est finis.. Tu les as tous vaincu.. On a réussi..


    immarcescible, Posté le dimanche 22 janvier 2023 22:49 Répondre

    Elle faisait les cent pas sous le tipi. Tous les hommes étaient en route, il ne restait qu'elle accompagnées de quelques femmes infirmières qui étaient venus avec eux. Arès restait sagement dans un coin et attendait patiemment tout en tenant son bonhomme de bois fait par Nashoba quelques heures plus tôt. Elle hésitait, encore. Aller au combat c'était forcément arracher des vies innocentes, Leif l'avait bien prévenu et elle en avait parfaitement consciente. Mais pouvait-elle l'abandonner à ce moment si critique, où il avait besoin d'elle. Alors qu'elle allait abandonner et privilégier de rester au front, une vision de Hadès qui vint.

    - Il a besoin de toi.
    - Qu'est-ce..? Il est blessé ? Mais.. Mais ça n'a pas commencé !

    Rapidement elle s'isola à l'extérieur et eut peur en voyant le campement aussi vide. Lui qui était si plein de vie quelques heures plus tôt ressemblait à un champ de bataille habité par des fantômes. Hadès la suivait, d'un pas assuré et ferme, limite menaçant :

    - Tu dois l'accompagner.
    - Alors qu'habituellement vous voulez nous séparer, répliquait-elle sarcastique, que cherchez vous ? Dites moi s'il est en danger.
    - Pas encore. Tu dois le protéger. Hadès a envoyé certains de ses démons pour emporter Leif. Tu dois sauver mon fils.

    Il n'en fallut pas plus pour la jeune femme pour se couvrir de son armure et de s'armer de deux épées et de son arc. Grimpant sans attendre sur son cheval, elle partit au galop en espérant qu'il ne serait pas trop tard. La possibilité de reconnaître les potentiels démons serait aisé selon Hadès. Ils portaient une armure avec l'écusson d'un éclair. Matoaka n'aurait qu'à s'assurer de les éloigner de Leif. C'est essoufflée qu'elle rejoignit le groupe. Le sourire de Leif la rassura et avant même qu'il ne penche son épée en direction de ses hommes elle agrippa son armure pour qu'il se penche sur elle et lui donner un langoureux et profond baiser avant de lui ordonner d'une voix ferme :

    - Tu restes en vie Leif Erikson sinon je te promets que je serais très en colère c'est compris ?

    Et c'était loin d'être un mensonge. La charge débutait et sans attendre, Matoaka suivait déterminée un Leif qui partait à l'assaut. Philippe avait fait en sorte que la garde de nuit ne soit pas présente pour fermer le pont levis aussi, les vikings purent entrer dans l'enceinte de Paris. Ils étaient encore loin, très loin du Louvre mais au moins ils avaient pénétré la forteresse. La tactique proposée par Nashoba était l'effet de surprise. Les parisiens dormant seraient forcément moins vigilant. Car, il ne fallait pas être dupe, ils savaient que les vikings barbares étaient à leur porte. Ainsi, les soldats et autres Berserk, entrèrent dans un silence total se mouvant dans la ville sans heurt. Ou, le peu, étaient tout simplement liquidé sur place et en silence. Plus ils avançaient et plus ils devaient rester sur leur garde. La crainte de Chevalier avait été qu'ils puissent finir encerclés. Alors là, ils savaient pertinemment que ce serait compliqué pour eux de se défaire de la mécanique bien rôdée des français.

    Mais pour l'instant, ils avançaient au pas. Matoaka observait tout et dès qu'un parisien apparaissait elle n'hésitait pas. Elle décochait une flèche qui ne ratait jamais sa cible. Alors qu'ils arrivaient sur une étrange place, ils virent les débuts d'une construction qui l'intrigua. Sans le savoir, elle se trouvait devant la future Notre-Dame. Sa contemplation dû cesser quand le son des flèches décochées l'alerta :

    - A COUVERT, hurlait-elle à leurs hommes, A COUVERT !

    En effet, certains soldats s'étaient retranchés dans des maisons et avaient ouvert le feu sur les vikings. Ni une ni deux, beaucoup se couvrirent de leurs lourd boucliers et Matoaka aussi. Ayant maintenant repéré d'où venaient ls flèches, deux hommes de Leif purent les liquider sur place et firent le signal positif. Ils étaient en plein choeur de la ville et cela inquiétait l'amérindienne. On aurait dit qu'elle était vide. S'approchant de Leif, elle vint lui faire part de son inquiétude :

    - Et si c'était un piège ? Il n'y a personne Isha..
    - Louis a dû faire vider la ville pour laisser le peuple se réfugier sur l'île de la cité.
    - Mais où sont les soldats ?

    Au même moment, une charge de soldats surgirent de la pénombre et se mirent à attaquer le groupe de Vikings. C'est là que la bataille commença. Avec un cri jugé barbare par les peuples du sud, l'attaque commença enfin et Matoaka n'eut plus une question à se poser. Elle se battait comme une louve, vive, certaine d'elle-même et sans humanité. Elle était concentrée qu'elle fut surprise en voyant un des hommes que Zeus avait envoyé pour Leif, sur ce dernier. Ils se battent férocement l'un contre l'autre. Sans attendre un instant, elle couru en sa direction, non sans avoir égorgé un homme qui venait à elle. Glissant au sol, elle blessa l'homme à la cuisse le déstabilisant et permettant à Leif de lui donner un dernier coup fatal. Déjà couverte de sang et essoufflée, elle s'assura qu'il allait bien :

    - Fais attention à toi, le suppliait-elle terriblement inquiète soudainement par l'arrivée de ces hommes, je t'en supplie pas de folie.

    Mais ils n'avaient pas la paix. C'était la guerre. Tenant la main du brun, elle tourna contre lui et asséna un violent coup d'épée sur un franc qui fondait sur eux. La percée des parisiens n'avait rien donné puisque les Viking étaient parfaitement équipés, savaient se battre et de surcroît, n'avaient peur de rien. C'est ainsi que la bataille continua de s'étendre le long de la longue avenue qui menait jusqu'à la Cité. Les parisiens ne tenaient pas le rythme. Ils étaient vite acculés par la sauvagerie des Viking. Matoaka la première était sans pitié. Elle avait mit de côté toute force d'humanité pour se concentrer à sauver Leif et cherchait scrupuleusement les deux derniers hommes de Zeus.

    Malheureusement, ils furent séparés un instant et elle le perdit de vue. Manquant de flèches, elle les récupéraient sur certains cadavres avant de les relancer adroitement. Malheureusement, elle se retrouva sans armes pour se défendre et deux hommes se chargèrent d'essayer de la tuer. Trébuchant et se cognant la tête, elle fut sonnée un instant, si bien qu'elle se réveilla avec l'un des hommes qui l'attaquait au-dessus d'elle. Se débattant comme une lionne, elle tenta de repousser l'homme qui riait en essayant de la déshabiller. Comment dans un tel chaos ils pouvaient penser à une telle chose.

    Soudain, sous sa main apparu un bout de verre qu'elle planta dans la gorge du porc qui essayait de la violer. Se vidant de son sang sur son visage, elle pu enfin le repousser non sans l'avoir maudit au passage. En se relevant, elle récupéra l'épée de son ennemi et repartie en direction du groupe qui avançait bien. Son arc récupéré et quelques flèches aussi, elle monta sur le toit d'une maison où elle pu mieux viser. C'est alors qu'elle vit trois hommes entourant Leif. Ils attaquaient férocement le chef. Sans attendre une seconde de plus, elle visa et percuta avec une seule flèche deux têtes laissant le troisième pour Leif qui semblait se régaler. Elle souriait, amusée de le voir dans cet état de transe ce qui plus tard la révulserait sans aucun doute. Mais pour le moment, il s'agissait de survie. Mais le colosse de Zeus fondit sur Leif et ne lui laissa aucun répit :

    - ISHA !

    Rapidement elle descendit de son toit et couru jusqu'à lui pour l'aider. L'autre, le soldat était plus colossal encore que Leif et elle connaissait le secret de la mission. Ils ne mourraient pas tant que Leif ne serait pas à genoux. Trop petite, elle le perdit de vue mais les cris de rage de son aimé résonnait parfaitement. Aussi, quand elle arriva à lui, tous les viking entouraient Leif et son assaillant et attendait l'assaut final. Elle voulut intervenir mais Nashoba la retint :

    - Je dois l'aider ! Isha !
    - Il a ordonné à ce que personne ne bouge.. Tu ne peux pas y aller..
    - Isha, s'énervait-elle indignée prête à aller l'aider, ce sont ses soldats ! Isha c'est un piège ! Laissez-moi passer !


    immarcescible, Posté le samedi 21 janvier 2023 21:53 Répondre

    Regarder Leif tourner comme un ours qui protège son territoire faisait sourire l'amérindienne. Cela se voyait qu'il tentait d'apprivoiser l'ours qui était en lui et qui ne demandait qu'à surgir. Comment le rassurer alors que l'enfant dormait paisiblement sous ses yeux. Avec douceur donc, elle vint prendre la main du colosse et de l'autre attira son menton entre ses doigts pour déposer un baiser sur ses lèvres :

    - Alors je serais là pour m'occuper de ce méchant gaillard, Erikson. Tant que je serai en vie, personne ne viendra toucher à un seul de tes orteils. Et certainement pas cet enfant.

    Au même moment, alors qu'elle le libérait de ses lèvres, Nashoba surgit dans la tente et demanda la présence impérative de Leif. En effet, Philippe était arrivé avec une garnison aux couleurs de son frère pour parlementer avec l'envahisseur. Tout le monde à Paris ignorait que les deux étaient de vrais amis, aussi, le jeune prince devait encore feindre l'attachement aux Vikings qui ricanaient en le voyant s'approcher de Leif. Matoaka se retenait de se jeter au cou de son ami quand elle restait auprès de Leif qui était encore un peu faible.

    - Vous feriez mieux de vous rendre dans la tente, proposait-elle, ainsi nous aurons plus d'intimité.

    Nashoba refermait le tissu de la tente sur les amis. Une fois qu'elle eut aidé Leif à se rasseoir, elle se jeta dans les bras de son ami en riant, heureuse de le voir quand lui restait sombre.

    - Quelque chose ne va pas bien Philippe ?
    - En effet.. Mon frère a fait un pacte avec les royaumes du sud. Des soldat arriveront dans deux jours précisément. Leif, tu dois attaquer au plus vite sinon tes hommes ne seront jamais aussi nombreux que ceux de mon frère.

    Arès bougeait dans son sommeil, réveillé par Philippe. Matoaka vint se rasseoir sur le bord du lit et le rassura en lui chantant une berceuse quand le jeune prince soupirait. Il n'était pas mécontent de revoir ceux qu'il considérait comme les siens, bien au contraire, mais il avait peur que leur plan tombe à l'eau. Il suppliait donc Leif d'attaquer dès ce soir, voire même demain matin et de ne plus perdre un seul instant. Les amants s'échangèrent un regard en coin. Ils savaient l'un et l'autre qu'ils étaient près, mais n'était-ce pas un peu précipité ? Arès 'endormait dans les bras de la jeune femme qui caressait ses cheveux avec douceur en continuant sa comptine. C'était risqué de partir au front dans la précipitation et pourtant, une part d'elle croyait encore plus à cet effet de surprise.

    Chevalier surgissait alors dans la tente et c'est avec émotion que les deux amants, séparés depuis des mois, se jetèrent dans les bras l'un de l'autre. Matoaka préféra prendre Arès dans ses bras et quitter la tente pour les laisser tranquille un instant et constituer une man½uvre tactique précise. Se trouvant un petit endroit plus accueillant où il pourrait dormir, elle l'enveloppa dans un plaid et le rassura :

    - Je ne veux pas dormir..
    - Pourquoi petit guerrier ?
    - Parce qu'il y a des ours..
    - Ah bon ? Et que se passe t'il ? Ils te parlent ?

    Le petit garçon évoqua en effet sa conversation avec l'animal et la suite de son rêve. C'était vraiment étonnant pour la jeune femme qu'il puisse se rappeler de autant de détails mais pas impossible. Etant le fils de Leif, il pouvait très bien avoir des dons. Après tout, Phylace aussi en avait sûrement, peut-être l'avait elle initié lui aussi.

    - Vous allez m'emmener avec vous ? Je pourrais avoir des amis dans la forêt chez vous ?
    - Pourquoi dans la forêt ?
    - Les animaux sont mes amis. Je les entends parler.

    Cela étonnait Matoaka. Elle aussi quand elle était enfant elle avait cette faculté avec l'une de ses soeurs. Si elle avait toujours pu les comprendre, sa soeur elle avait subit un autre destin. Si Arès avait ces mêmes capacités, elle se devait de le protéger des autres et de lui-même :

    - Tout ira bien je te le promet.. Notre forêt regorge de tout un tas de nouveaux amis pour toi.

    Lorsqu'elle rejoignit le groupe des garçons, c'est parce que Arès dormait. Elle s'approcha de Leif toujours assis qui écoutait les propositions de Philippe et Chevalier. Délicatement, elle caressait sa nuque en lui faisant signe qu'elle devait lui parler. Ils prirent un instant donc pour s'isoler et enfin lui avoua :

    - Je crois que Arès a un don.. Je pense qu'il est ce qu'on appelle chez moi un esprit-animaux.. Il sait parler aux animaux Isha.. C'est un être unique.

    La brune était à la fois fascinée et intriguée par ce petit homme qui dormait derrière eux.

    - Je sais que tu as autre chose en tête et qu'on va bientôt partir mais.. mais je pense que cet enfant a un potentiel et.. et je sais ton ressentiment. Donc je ne veux pas que ce soit un fardeau pour toi. Si tu le veux, on le laissera à Philippe et il sera élevé avec lui. Je ne veux pas que cet enfant te mette mal à l'aise chez toi..


    immarcescible, Posté le mardi 17 janvier 2023 19:44 Répondre

    Le petit garçon tremblotait au pied des jeunes gens. Matoaka savait que Leif voulait voir l’enfant mort mais elle ne pu se résoudre à une telle chose. Doucement, à genoux devant lui, elle lui tendit sa main en lui souriant :

    - Eh.. Arès c’est ça ?
    - Oui ma dame.
    - Je sais que tu ne voulais pas faire de mal à qui que ce soit et je suis désolée qu’on aie pu t’infliger une telle chose.
    - Où est maman, demandait-il en pleurant, je veux ma maman.

    L’amérindienne mordait sa lèvre, mal à l’aise. N’avait-il pas compris que sa mère avait été assassiné ? Pourtant, il l’avait vu défiler dans les escaliers. Chevalier lui faisait ls gros yeux quand elle ne pouvait envisager la possibilité même de l’assassiner. Prenant l’enfant dans ses bras, elle le souleva aisément avant de reprendre le chemin en direction du campement.

    Les Vikings étaient déjà entrain de se préparer On sentait bien que le discours de leur Reine avait réussi à les galvaniser car une énergie étonnante secouait tout le campement. La jeune femme infiltre le petit garçon discrètement dans le campement et lui confia de ne pas bouger du tipi que Nashoba occupait :

    - Tu peux jouer mais ne quitte pas la tente d’accord ?
    - Et maman ?
    - Maman ne reviendra pas Arès.. Elle a rejoins vos dieux.

    Cela ne sembla pas tant affecter l’enfant que ça. Avec douceur, elle caressa sa joue avant de l’enlacer et le rassurer. Puis, elle dû le quitter mais lui promis de revenir avec un peu de nourriture. Le petit se cala sur le lit de fortune de Nashoba et promit d’attendre patiemment. Rapidement, par la suite, elle se rendit dans son tipi pour rejoindre un Leif qui était encore mal en point. Là, les hommes qui le veillait lui annoncèrent qu’il avait parlé tout seul.

    Mais elle n’était pas crédule. Elle se doutait bien que Hadès était dans les parages. Elle prétexta que la fièvre l’avait fait délirer et leur demanda un peu d’intimité. Ainsi, elle pu examiner sa blessure et constata qu’il avait déjà bien cicatrisé. Il ne restait plus qu’à laisser le corps de son amant exfolier le poison.

    Épongeant son front d’eau fraiche, elle caressa sa nuque avec douceur en murmurant :

    - Tu m’entends Isha ? Mon amour.. Je pense que tu aurais été fier de moi. J’ai, je crois, réussi à remobiliser tes hommes. Je pense, j’espère, qu’ils vont me faire confiance mais j’ai besoin de toi. Je sais que c’est difficile tu dois reprendre vite des forces. Sans ça, je vais devoirs partir sur le champ de bataille sans toi.

    Embrassant le sommet de son crâne, elle vint s’agenouiller devant lui pour l’observer. Il dormait profondément, l’entendait-elle ?

    - Je n’ai pas pu, avouât-elle dans un souffle, je n’ai pas pu tuer ton fils Isha.. C’est un enfant.. Il n’a rien demandé.. Peut-être qu’on pourrait le recueillir.. lui aussi est une victime.. On pourrait lui donner une chance. Il n’a fait qu’obéir tu sais..

    Mais le brun dormait puisqu’il ne répliquait pas à cette proposition si particulière. Avec douceur, elle continua de le veiller toute la nuit. Arès fut nourrit et dormit sous l’étroite surveillance de Nashoba. Une nuit tranquille, sans accroc. Au petit matin, Leif semblait aller mieux, du moins, il n’avait plus de fièvre mais il n’était pas encore conscience. Alors, Matoaka ordonna qu’on le pose dans une charrette quand Chevalier et Nashoba prenaient la tête du cortège. Son frère avait pour mission de veiller sur le petit Arès qui découvrait un autre monde. Cela l’amusait et l’intriguait.

    Alors qu’ils allaient en direction de Paris, la brune veillait surtout à l’état de santé de son amant. Elle priait pour lui, le rassurait. Lorsqu’il ouvrit enfin les yeux, nous étions en début de soirée et Matoaka était un peu fatiguée. Mais elle ne perdit pas son sourire, surtout en voyant sa moue d’incompréhension :

    - Combien de fois vais-je devoir te sauver la vie Leif Erikson ? Je crois bien que tu vas être obligé de me garder près de toi partout où tu iras.


    immarcescible, Posté le lundi 16 janvier 2023 22:54 Répondre

    La bagarre entre les deux viking tourna à la perfection. Leif connaissait bien ses hommes. Alors que Nashoba et Chevalier en riaient, la jeune femme s’éclipsa pour rejoindre son amant et s’assurer que tout se passerait bien. Même s’il lui avait dit de ne pas le suivre, elle ne pouvait s’empêcher de lui désobéir. Alors qu’il venait de pousser Phylace dans les escaliers, elle vit le petit garçon, Arès, piquer de sa dague le dos de Leif. Rien de bien grave en somme mais un acte qui pourrait avoir bien des conséquences à l’avenir.

    Sans perdre une seconde, elle vint donc agripper l’enfant et le serra contre elle. Que devait-elle faire ? Suivre son instinct guidé par une jalousie démentielle ou accorder le bénéfice du doute. Alors qu’elle lâcher l’enfant pour qu’il s’enfuit, elle vit Leif faiblir et blêmir aussitôt. Sans perdre une seconde, elle poussa l’enfant et rattrapa le colosse avant qu’il ne tombe dans les escaliers.

    Elle eut beau crier, mais personne ne l’entendit.

    - Isha.. Isha.. Tu m’entends ? La dague.. Elle doit être empoisonnée.. Ça va aller..

    Fort heureusement, Nashoba et Chevalier s’étaient rendu compte qu’elle avait disparue, aussi, ils arrivèrent à temps. Elle ordonna qu’on le conduise à la cuisine où elle trouverait suffisamment de plante pour pouvoir empêcher la progression du venin.

    Peut importe l’enfant désormais. Seule la vie de Leif comptait. Sans attendre un instant, ils transportèrent le viking jusqu’au cuisine et poussèrent tout ce qui se trouvait sur la table. Matoaka fouillait les placard pour trouver les plantes nécessaires et tomba rapidement dessus. Elle releva la chemise et vit le dos boursoufflé du brun qui commençait à suffoquer.

    - Le poison arrive à ses poumons. Tenez-le ! Vite !

    Elle appliqua donc en vitesse le baume sur la plaie et le cri de douleur du brun la rassura. C’était la bonne formule. Elle récitait des incantations pour amener les esprits à le guider et le sauver. Matoaka n’en n’était pas à sa première fois et elle savait parfaitement quoi faire. Soufflant de la cendre autour de sa plaie, cela le brula légèrement, suffisamment pour que le poison cesse et que cela cicatrice rapidement la blessure.

    - Nous devons rentrer au campement.. J’y ai tous mes baumes. Je m’occupe des hommes.
    - Quoi ? Toute seule, s’inquiétait Nashoba qui n’aimait pas l’idée de la laisser seule surtout avec ce qui c’était passé ces derniers jours, ce n’est pas une bonne idée.
    - Il faudra bien que je m’y confronte un jour ou l’autre de toute manière.

    Sans attendre la réponse de son frère, elle se rendit dans la salle de réception où le corps sans vie de Phylace venait d’être trouvée. La jeune femme fendit la foule de Viking qui la regardait inquiet, sans comprendre alors que le Seigneur du château semblait plus embarrassé que contrarié.

    - Vous voulez nous accompagner, soit. Mais vous devez jurer allégeance à nos hommes. Vous devez jurer allégeance au Roi Leif Erikson. Si vous ne le faites pas, vous passerez par le fil de mon épée.
    - Je.. Je.. Bien sûr..
    - A genoux !

    Elle lui hurla dessus plus qu’elle ne lui ordonna. Elle tira du fourreau d’un viking son épée et vint trancher la main du seigneur qui geignait de douleur. Il ne comprenait rien au pacte de sang mais elle si. Sans attendre son aval, elle récita le pacte en vieux norrois que les guerriers viking connaissait. Ils étaient surpris de voir la jeune femme le parlait si parfaitement. En tranchant sa main elle aussi, elle mêla leur sang ce qui le répugna un peu :

    - Si tu romps ce pacte je te retrouverais. Je te tuerais et ton âme pourrira dans le néant. Me suis-je bien fait comprendre ?
    - Oui… Oui.. Oui..

    Rendant l’épée au Viking, elle vint ensuite faire face à l’assistance. Ils la regardait dubitatif. En même temps, les conflits des derniers jours n’avaient rien arrangé. Mais Matoaka devait devenir leur Reine, elle devait être forte pour Leif. Lui confirmer qu’il avait raison de croire en elle :

    - VIKING, hurlait-elle à leur encontre, ici et maintenant se joue le dernier moment avant notre victoire contre les francs ! Ici va se jouer l’histoire et vous comme moi savons qu’en dépit des bras de nos Valkyrie, nous cherchons tous à atteindre notre Vahlala.

    Ils hurlaient tous, aimantés et enthousiasmé soudainement par la jeune guerrière qui ne semblait pas prendre peur. Non, elle semblait parfaitement à sa place.

    - Dans deux jours nous serons à Paris et je veux que tous les Berserk qui veille en vous soit aux aguets.. aux abois.. pas de quartiers.. pas de sentiments.. je sais que vous avez du ressentiment à mon égard.. Alors utilisez le contre nos ennemis. Et rentrons chez nous auréolé de gloire ! Alors qui est avec moi ?! Qui va honorer le nom de votre guide ! De Leif Erikson ! Qui veut son entrée au Vahlala !


    immarcescible, Posté le lundi 16 janvier 2023 15:18 Répondre

    Cette femme. Cette femme Matoaka la connaissait. Comme ils étaient en territoire ennemi et qu'ils avaient aussi besoin des hommes de ce seigneur pour pouvoir gagner Paris, elle se contint. Mais son regard était noir. La grecque se nommait Phylace et elle savait très bien qui elle était puisqu'elle avait eu des flashs du viol de Leif lors de sa capture en Grèce. Elle avait tout vu des mois auparavant mais n'avait pas voulu lui en parler. C'était l'une des choses pour lesquelles ils avaient aussi pris la potion d'oubli. Sa captivité l'avait détruit.

    - Que nous voulez-vous ? Je ne crois pas aux coïncidences. Je sens que vous avez quelque chose en tête et je veux savoir quoi.
    - J'avais oublié à quel point vous étiez perspicace, répondit l'ennemi en resservant du vin à son invité, j'ai réussi a fuir après avoir vendu votre compagnon. Mais l'argent part plus vite qu'on ne le croit. Et puis.. j'ai rencontré ce seigneur qui est désormais mon époux. Et figurez-vous qu'il tombait bien puisqu'il avait besoin d'une Reine et.. et d'un fils.

    Matoaka n'avait pas besoin d'explication. La vision d'un petit garçon aux yeux bleu surgit face à elle. Il se rendit directement vers sa mère qui le prit sur ses genoux pour le présenter. L'amérindienne retenait son souffle tant la ressemblance était frappante avec Leif. Les cheveux long et brun et des yeux d'un bleu certes terne mais quand même bleu. Vivement, elle prit le verre de vin qui lui avait été servis et le bu d'une traite sans relâcher son regard de l'enfant quand sa mère lui expliquait avec une joie non dissimulée :

    - Oui. C'est son fils.. Il faut dire que la vigueur des Viking a de ça qu'ils florissant nos corps. Enfin, sauf vous ma dame.

    C'en était trop pour Matoaka qui releva son regard son noir vers son ennemie jurée dont elle rêvait de détruire les yeux si parfaitement bleu-vert. Son poing se serrait de rage, de douleur et de jalousie. Même si elle n'avait pas a envier une femme qui avait violé Leif, en attendant, elle, elle tombait enceinte. Il est vrai qu'elle s'était longtemps fait la réflexion de ne pas être tombée enceinte. Ils ne se protégeaient jamais. Elle croyait tellement en ses visions qu'elle n'avait même pas envisagé qu'elles puissent être uniquement des fantasmes.

    - Qu'attendez-vous de lui ? De nous ?
    - Je veux ce que je n'aurais jamais auprès de mon époux. Un royaume. Je veux régner. Et même si j'ai longtemps cru qu'avec mes soeurs nous dominerions le monde, je ne peut plus être dupe. J'ai besoin d'être accompagnée par le plus grand guerrier de notre siècle pour ça.
    - Vous pouvez toujours courir. Jamais Leif ne vous aidera.
    - Oh.. Mais il ne s'agit pas d'aide petite princesse. Il s'agit de l'épouser. Après avoir tué mon époux, il pourra construire sa dynastie. Regardez, elle existe déjà. Quand vous semblez parfaitement morte de l'intérieur visiblement. Qui croyez-vous qu'il choisira ?

    Son sourire, son sarcasme faisait trembler de rage Matoaka qui se leva furieusement de sa chaise. Cela fit pleurer l'enfant qui se cacha dans les bras de sa mère. Tous les regards étaient braqués sur l'amérindienne. Sa colère défigurait les traits de son visage. Mais elle devait se contenir. Un coup d'oeil vers Leif et il comprit que quelque chose de grave se tramait. Rapidement, elle détourna le regard et s'éclipsa pour se rendre sur les remparts. Tremblante de colère, elle tentait de faire le tri dans ses pensées mais l'image de cette femme et de cet enfant ne l'aidait en rien. Qu'en serait-il de la destinée de Leif si elle ne lui donnait pas d'héritiers.

    Rapidement, elle le sentit arriver derrière elle ce qui la fit se retourner. Elle faisait les cent pas encore sonnée par cette nouvelle qui risquerait de définitivement détruire leur couple. C'était un vrai challenge qu'ils allaient devoir gérer. Quand il lui demanda ce qui se passait, elle ne pu retenir sa langue et lui raconta tout. Sans rien omettre :

    - Elle te veut.. Elle est la mère de ton fils Isha.. Et.. Et elle fera tout pour t'avoir.. Et tu sais le pire dans tout ça.. C'est que j'étais prête à la tuer elle et.. et l'enfant.. Je suis un monstre.. Tu te rends compte ? J'allais tuer cet innocent parce qu'il me fait peur.. Et si.. Et si je ne pouvais jamais te donner de fils à mon tour ? Et si je n'ai fais que rêver de tout ça..


    immarcescible, Posté le lundi 16 janvier 2023 11:51 Répondre

    - Oh.. Isha..

    Ses doigts se perdaient déjà en elle sans qu'elle n'eut le temps de lui dire oui. Elle souriait, les joues encore rougies par les images sensuelles qu'il lui avait offert d'eux. Mordant sa lèvre inférieure, elle le laissait la dévêtir dans l'herbe fraiche. Il était minutieux, doux, sensuel et rapidement, la brune agrippa sa crinière pour l'inciter à continuer. Comment arrivait-il à la rendre si folle de désir alors qu'il la touchait à peine. Cela la faisait sourire quand elle se redressait pour le contempler. Elle avait l'impression d'être une gourmandise entre ses lèvres, un morceau de sucre qui fondait littéralement sous cette langue chaude et sensuelle.

    - Ne t'arrête pas.. Ne t'arrête pas, suppliait-elle dans un soupir de plaisir, Isha..

    Elle gémissait son prénom, le suppliait encore et encore quand ses doigts tiraient sur ses cheveux. Sa tête entre ses cuisse la rendait folle de désir et la poussait enfin à atteindre ce sublime orgasme. Tremblante, elle gardait les yeux clos pour savourer ce moment de plénitude avant de le sentir se rallonger sur elle. Soudainement, elle se souvenait aussi de sa peur de la perdre et la cause de reculer leur mariage. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle lui offrit un tendre sourire en posant ses mains sur son visage :

    - Ta mère bénit notre union.. Tu n'as aucune raison de craindre quoi que ce soit. Même ton père figure-toi..

    Ce qui était vrai puisqu'il avait aidé son fils à la retrouver. Elle omis de lui dire pourquoi car ce n'était ni le lieu, ni le moment. Mais pour le moment, cela semblait suffire à le rassurer un peu. Dans un mouvement parfait, elle réussit à venir à califourchon sur lui, ses cheveux défait dissimulant sa poitrine rougie par les morsures de son amant. Délicatement, elle vint à son tour embrasser son buste qu'elle découvrait et, taquine, vint enrouler la chemise autour des poignets du viking qu'elle maintenait au dessus de sa tête. Ses seins pendaient autour de ses lèvres quand elle gémissait en le sentant la suçoter si sensuel. Elle riait donc avant de lentement descendre le long de son corps pour caresser entre ses cuisses son membre dressé. Ses lèvres contre les siennes, elle murmurait :

    - C'est moi qui mène la danse Leif Erikson.. Si tu crois que je vais laisser quiconque me séparer de toi.. Tu es à moi.. Je te veux entier.. Oh.. Tu sens comme je te désire ?

    Elle gémissait en effet, surtout en le sentant si dur et excité sous ses caresses. Délicatement, elle pencha son bassin de sorte à ce qu'il la pénètre ce qui lui fit pousser un soupir de plénitude. Il était si imposant en elle, si fort et vigoureux qu'elle planta ses ongles dans ses épaules avant de les descendre le long de son buste et de ses hanches. Et elle bougea au dessus de lui en jouant à la perfection de son étroitesse.

    - Regarde-moi, demandait-elle en gémissant, je veux que tu me regardes..


    immarcescible, Posté le dimanche 15 janvier 2023 19:30 Répondre

    Le message d'Hadès était clair. Si Leif rentrait en Norvège il risquait sa vie. Matoaka sentie son coeur se serrer à cette possibilité mais elle n'avait aucune idée de s'il était sincère. A plusieurs reprises le dieu lui avait quand même fait des mauvais coups. Mais ses songes durent cesser lorsque Leif la sortit de sa torpeur. Lui offrant un doux sourire, elle ne pu s'empêcher de venir l'embrasser et rapidement le pousser au sol comme elle le ferait avec un ennemi guerrier. Pendant qu'ils roulaient dans l'herbe, elle ne pouvait s'empêcher de rire et de couvrir le brun de feuilles qui traînait sur le sol. Puis, elle le laissa gagner, de sorte à ce qu'il soit au-dessus d'elle mais qu'elle bloqua de ses bras et de ses jambes :

    - Et qui surveillera tes arrières si je ne suis pas derrière soldat, murmurait-all en lui donnant un baiser, j'ai dis que je resterais la dernière fois et c'est ce que je vais faire. Tu m'as tellement parlé de Paris que je veux voir cette cité aux hautes tours.

    Elle était confiante et même si elle savait le charnier que cela allait devenir, elle devait être là, aux côtés de Leif et ne pas lui retirer plus d'hommes de ses rangs. Caressant sa joue tout en relevant la crinière du colosse qu'elle plaquait derrière ses oreilles, elle demanda gênée :

    - Pourquoi.. Pourquoi tu n'as plus voulu m'épouser Leif ? Tu étais si déterminé et.. et tu as tout annulé d'un coup.. pourquoi ?

    C'était une question qu'elle avait gardé pour elle durant ces dernières semaines et qui l'avait un peu tourmenté. Lui si pressé à l'épouser avait soudainement tout arrêté pour partir en raid. Elle avait compris que c'était quelque chose d'important mais le revirement de situation l'avait quelque peu déstabilisée. Maintenant qu'ils étaient proche d'une guerre et que rien n'était joué, elle préférait lui poser la question.

    - Est-ce que tu as douté..? Est-ce que tu as douté de moi ? Tu peux me le dire je.. je comprendrais que ce soit problématique de m'avoir pour Reine. Politiquement ce n'est pas le choix le plus sage surtout que tu vas envahir Paris. Tu.. Tu veux épouser une des princesses francs ?


    immarcescible, Posté le dimanche 15 janvier 2023 12:12 Répondre

    L'idée de Leif était parfaite et ne pouvait que ravir sa fiancée. Ils parcouraient à deux la campagne française qui en effet lui rappelait quelque peu ceux de son ancien monde. Elle nota tout de même que les arbres étaient bien trop petit et que c'était dommage de les avoir maltraité de la sorte. Mais elle profitait sinon de ce moment simple et tendre en la compagnie du colosse. L'amérindienne en profita pour ramasser tout un tas de fleurs et de plantes qu'elle comptait bien garder auprès d'elle pour des éventuels baumes. Elle se sentait investie d'un réel pouvoir dans cette faune étrangère. Elle était même persuadée que Perséphone guidait sa main car tout lui semblait logique et cohérent.

    Pour le déjeuner, elle récupéra ds fruits sauvages et avait eu l'idée de garder un peu de viande de la veille pour le colosse. Installée sur la hauteur que Leif semblait apprécier, elle étala le tartan de la famille de Feargus et sortie toutes ses trouvailles. La question de Leif l'a faisait doucement sourire, surtout qu'elle se doutait bien de sa réaction quand elle lui dirait :

    - Tu auras beau dire Isha mais tu m'es destiné.. Si je n'avais pas écouté mon être intérieur j'aurais épousé un guerrier.. d'ailleurs, c'était ce qui était prévu avant ton arrivée. J'étais courtisée par beaucoup de princes amérindiens et de guerriers. Mais bien souvent je les effrayait. Mes dons, ma capacité en lire chez les autres sans doute. Je suis bien moins belle que certaines de mes soeurs aussi. Toujours est-il qu'ils étaient nombre à me vouloir mais je faisais tout pour qu'ils ne viennent jamais à conclure auprès de mon père. Mais ils me voulaient à cause de la prophétie..

    Cela semblait surprendre le brun ce qui fit rire la jeune femme. Voilà en effet une histoire qu'elle ne lui avait pas encore raconté. Alors, elle évoqua que le soir de sa naissance, la lune se mit à briller si fort que les amérindiens crurent à une explosion. Or, il ne s'agissait qu'une pluie d'étoiles filantes qui occupa tout le ciel pendant toute la nuit. Les anciens expliquaient alors que la naissance de cette princesse apportait prospérité, puissance et sagesse à son peuple.

    - Tu vois.. Ce n'est même pas moi qui les intéressait.

    Elle dégustait avec plaisir les baies ramassées avant de relever ses prunelles vers le colosse, son sourire retrouvé :

    - Pour te dire toute la vérité, sache que je savais que tu viendrais. Je l'ai toujours su. Un peu avant votre arrivée j'ai fais un rêve.. Il y avait des voiles blanche et l'étrange objet que tu nommes boussole. Je voyais tes yeux d'un bleu étincelant. Si Aponi a d'abord cru qu'il s'agissait d'envahisseur, pour ma part, je savais que tu serais mon souffle de vérité. Je n'ai jamais eu peur. Je savais que tu viendrais. Mais jamais je n'aurais pensé que je tomberais autant amoureuse de toi.

    La jeune femme lui expliqua alors comment ils s'étaient réellement rencontré et comment Leif avait accosté sur ses terres avant de l'échanger contre son frère. Cela l'amusait désormais. Se redressant sur ses genoux, elle essuya la joue pleine de graisse de son fiancé en lui expliquant :

    - Tu sais, chez moi on ne fuit pas son destin. C'est ce qui nous guide. J'ai toujours pensé que c'était effrayant et injuste or.. or depuis que je te connais je sais que c'est pour le meilleur et pour le pire. J'ai grandi et j'ai appris à tes côtés. Je ne suis pas la même que lors de notre rencontre et c'est ce que je trouve fantastique. Alors merci d'être venu me chercher mon beau guerrier venant de la terre d'en face.

    Les oiseaux chantaient autour d'eux et la végétation était bienveillante. La brune se rendit compte à quel point ça lui avait manqué et combien la nature était régénératrice pour elle. Aussi, elle demanda à Leif s'ils pouvaient faire une prière avant de reprendre leur route. A genoux dans l'herbe, elle récita ses chants amérindiens pour remercier les esprits de la nature qui les avaient si gentiment accueillit avant de célébrer la fameuse mère de Leif. Sa reconnaissance était tellement sincère que la déesse fit en sorte qu'un rayon de soleil doux et chaleureux enveloppe le couple. Le sourire de Matoaka était total et lui redonnait sa mine si douce et tranquille. En ouvrant les yeux, elle regarda Leif amusée de son air si sceptique :

    - Ta mère te salue Isha.. Dis lui bonjour..


    immarcescible, Posté le vendredi 13 janvier 2023 11:26 Répondre

    Depuis le début de leur histoire, jamais encore l'amérindienne n'avait eu ressentie une telle gêne à se trouver en présence de son fiancé. Durant la chevauchée, elle était restée à ses côtés mais elle avait malgré tout limité les contacts. Non pas qu'elle voulait le fuir mais parce qu'elle ne savait pas comment gérer le secret qu'il lui avait confié. Les hommes avaient l'esprit morose. Il était loin l'engouement et la joie du début du raid. Lors d'une halte, elle avait donc demandé à Björn ce qui se disait dans les rangs et il lui avait confié qu'ils avaient peur et qu'ils doutaient :

    - De Leif ?
    - Non du tout tantine. Mais ils cherchent du sens dans cette quête que nous menons. Est-ce qu'aller aussi loin est nécessaire ? Est-ce que ne plus violer des femmes est juste ? Tu es entrain de tout modifier pour eux et ils ont peur que ça conduise Leif à sa perte.
    - Ils tiennent donc encore à lui.
    - Bien entendu. C'est leur chef, leur guide mais.. mais ils ont surtout peur de toi et de ce que tu es capable de faire de lui.

    Ainsi donc, les hommes du viking la considérait avec beaucoup de crainte. Comment remédier à une telle chose ? Elle doutait d'elle-même maintenant. Comment leur redonner confiance et leur assurer qu'elle était de leur côté. Sa mauvaise conscience l'avait mauvaise. Après tout, elle leur avait sauvé la vie sur le drakkar face à la tempête et c'était comme ça qu'ils lui témoignaient leur confiance ?

    Le reste de la journée se finissait tranquillement. La chevauchée avait été paisible et plus ils avançaient dans les terres, plus la végétation rassurait la brune. Ils n'étaient plus qu'à deux jours de marche de Paris et Chevalier trépignait à la fois d'impatience et de crainte. Il espérait que Philippe était toujours en vie et qu'il n'avait pas été molesté par Louis son frère. Car il ne faisait aucun doute que l'avancée des vikings avait été aidée par les relations du frère du Roi. En attendant, les guerriers devaient se reposer.

    Alors, pendant que le conseil de guerre de Leif travaillait sur des stratégie de bataille, Matoaka alla chasser avec son Björn. Guerrière mais aussi excellente chasseuse, elle ramena aux hommes suffisamment de viande pour leur redonner un peu de baume au coeur. Certains la remercièrent quand d'autres semblaient encore se méfier. Elle se disait qu'avec le temps ça s'arrangerait. En revenant vers le petit campement qu'avait mis en place Leif, à l'abris des regards des autres, elle l'observa penché au dessus du ruisseau.

    Au même moment le spectre de Hadès lui apparut et la fit frémir. Il souriait, satisfait. Sa moue lui laissait présager que quelque chose se passait en Leif et qu'elle à tout prix l'aider à ne pas succomber aux souhaits du Dieu des Enfer. Pendant qu'ils dînaient ensemble, à l'écart du groupe, ils pouvaient entendre au loin des chants viking. Cela la faisait doucement sourire quand elle écoutait aussi les nombreuses subtilités et coutumes françaises que Leif connaissait. En effet, il en savait un tas de choses. Alors qu'elle reposait son écuelles sur le sol, elle osa aborder un autre sujet :

    - Et si c'était moi le démon ?

    La mine de Leif lui fit comprendre qu'elle devait s'expliquer. Essuyant ses mains sur sa tunique, elle se redresse et vint s'asseoir sur ses genoux pour se rapprocher du feu qu'elle attisait un peu :

    - Je suis entrain de modifier toutes vos coutumes, toutes vos valeurs. C'est moi qui suis intolérante en soi avec vos traditions. Depuis le début je dis que nous devons évoluer et qu'on peut toujours s'améliorer mais.. mais qui suis-je pour juger de ce qui est bon. Je ne changerais pas ma manière de fonctionner ou de penser mais.. mais je ne veux pas que ton peuple pense que je te change que je.. que je te contrôle ou que je veuille les modifier eux aussi.

    Elle jetait un oeil vers lui, mordant sa lèvre sincèrement désolée avant de reprendre dans un soupir lent :

    - Il faut que tu me le dises si je vais trop loin. Tu m'as demandé de devenir leur Reine et j'aimerai qu'ils aient confiance en moi comme ils l'ont avec toi. Sauf que j'ai l'impression d'être un horrible poids depuis le début de ce raid. Une chose est certaine, plus jamais je ne t'accompagnerais à l'avenir et.. et je fermerais les yeux sur ce que vous faites pendant les raids. Même toi si.. si tu veux faire toutes ces choses alors.. alors fais le. Je ne veux juste pas savoir à l'avenir ce qui se passera pendant cette période.

    C'était une grande liberté qu'elle apportait au colosse qui lui faisait très peur. Mais n'était-ce pas cela un couple ? Faire des compromis. Lentement, elle osa enfin venir se blottir contre le brun et enfouir son visage dans son cou pour y chercher sa douceur et le rassurer :

    - Comment pourrais-tu me perdre alors que je suis irrévocablement amoureuse de toi Leif Erikson. Après tous les serments que je t'ai fais.. Comment peux-tu croire que je partirais de mon propre grès ? Je suis là, entière et dévouée. Et j'ai hâte moi aussi de rentrer à la maison. D'être ta femme pour qu'enfin tu cesses de douter.


    immarcescible, Posté le mercredi 11 janvier 2023 17:30 Répondre

    La nouvelle de Leif ne plaisait pas à Matoaka. Mais au-delà de ce qu'elle pensait, elle voyait surtout bien à quel point il était torturé. Lentement elle cessait de passer l'éponge sur son corps. C'était compliqué pour elle de se retrouver devant le colosse quand il lui avouait avec beaucoup de honte ce qu'il avait fait à cette pauvre femme. Elle en ressentait comme une forme de dégoût, un malaise et une peur certaine. Le connaissait-elle vraiment ?

    Celui qu'il dépeignait n'était autre que l'ancien Leif. Mais est-ce que cette pulsion vengeresse existait-elle toujours chez lui ? Serait-il encore capable aujourd'hui d'agir de la sorte. Reposant son éponge dans la marmite, elle tenta de rassembler le plus rapidement possible ses idées. Il fallait qu'elle parle et vite. Le silence devenait trop pesant. D'ordinaire, elle arrivait toujours à le rassurer, trouver des excuses et lui faire penser à autre chose mais là c'était plus délicat. Il lui expliqua alors le pourquoi de la potion d'oubli. Visiblement, ils l'avaient pris ensemble et sur ça, elle le croyait. Après tout ce qu'il venait d'avouer il ne pouvait pas mentir sur une telle chose.

    Qu'aurait fait son autre elle ? Était-elle au courant ? L'avait-elle torturé en retour ? Contrairement à ce qu'il pensait et ce qu'il disait, elle ne le haïssait pas. Ce serait même plus simple d'ailleurs si c'était le cas. Or, comment pouvait-elle ignorer les affres de son passé quand elle même se battait aujourd'hui contre ces horreurs ?

    - Ce qui a été fait dans le passé est fait. Tu ne pourras jamais revenir dessus. En revanche, aujourd'hui, tu peux modifier ces comportements. Tu peux éduquer tes hommes. Björn parlait du viol comme d'une tradition ce matin. Tu dois combattre ça.

    Enfin, elle leva ses prunelles sombre vers lui. Elle ne le regardait pas avec haine, juste avec une peine certaine et une incompréhension. Chercher à comprendre son acte était vain. Elle voyait bien qu'il en avait honte et qu'il en souffrait probablement. Cela ne servirait à rien que de lui hurler dessus ou de le maudire. Il se renfermait sur lui-même et ça, il en était hors de question. Lentement, elle posa sa main encore blessée de son entaille de la veille, sur son coeur. Elle mordait sa lèvre en fermant un instant les yeux pour écouter son coeur. Il battait à une vitesse folle. Elle entendait les sanglots et la douleur de cet homme dont elle aimait chaque fêlure. Avec son énergie, elle tenta de l'apaiser et réussit au bout de quelques minutes. Son coeur repris un rythme plus lent quand elle relevait son visage vers le sien :

    - Hier je t'ai fais un serment. Pour le meilleur et le pire Isha. Je ne connais pas cet homme du passé mais si mon moi du passé lui a fais confiance et a continué à le suivre c'était qu'il y avait une raison. On va surmonter ça ensemble.. ça va être difficile, douloureux mais on va y arriver tu le veux bien ?

    Sa déesse intérieure hurlait au scandale. Comment pouvait-elle lui accorder autant de confiance quand il avait commis le pire des crimes ? Sa conscience lui grognait dessus en lui rappelant alors qu'elle n'était pas aussi pure que le croyait Leif. Lentement, voyant qu'il ne réagissait pas, elle vint prendre son visage entre ses mains et l'interpella en l'obligeant à la regarder :

    - Maintenant que tu m'as dis la vérité tu ne dois pas me tourner le dos. Je suis là, j'assume et je prend sur moi. Non, Leif écoute moi et regarde moi.. Je ne suis personne pour juger qui que ce soit. En revanche, ce que je sais, c'est qu'il est rare qu'un homme avoue ses fautes et se repentisse. Tes Dieux et les miens le savent. Ils seront forcément clément si c'est qui t'inquiète. Et moi.. Si mon avis t'intéresse sache que je suis encore là. Et que je resterais jusqu'à mon dernier souffle.

    Elle posait son front contre le sien, symbole fort chez les amérindiens quand elle murmurait d'une voix chevrotante :

    - Merci de m'avoir fait confiance.. ça va aller.. on va s'en sortir.. je te le promets..


    immarcescible, Posté le mardi 10 janvier 2023 07:53 Répondre

    Les hommes de Leif observaient Matoaka avec un sentiment étrange. A la fois apeuré, menaçant et perdu. La jeune femme était debout, son frère près d'elle, prêt à dégainer son arme si quiconque s'en prenait à elle. Chevalier arrivait un peu après ne comprenant pas l'étrange spectacle qui se jouait devant lui. Prise de pitié par l'homme qu'elle avait agressé plutôt et qui était encore nu dans la neige, elle lui proposa son aide, sincèrement désolée. Certains soldats prirent cela pour de la bonté quand d'autres semblaient rager une fois de plus contre l'étrangère qui venait à changer beaucoup trop de choses dans leurs traditions.

    Une fois qu'elle l'eut aidé, elle lui rendit son arme. L'homme la remercia d'un hochement de tête avant de rejoindre ses camarades. Leif avait disparu et cela inquiéta la jeune femme. Nashoba lui conseilla de ne pas partir à sa recherche et c'est ce qu'elle fit. Il avait sans doute besoin de digérer ce qui venait d'être dit et fait. Contrairement aux autres fois, la brune ne culpabilisa de ce qui venait de se passer. Elle déplorait uniquement que cela se fasse dans un tel déferlement de haine. Le corps sans vie du soldat que Leif avait assassiné après l'avoir insultée, fut jeté dans la baie avec un petit rafiot.

    La soirée dans le campement se fit dans un silence étrange. Matoaka ne trouvait pas le sommeil. Non seulement elle avait froid mais en plus elle attendait nerveusement Leif. Blottie dans d'épaisses couches de peau de bête elle faisait le tri dans les baumes que Chevalier avait retrouvé sur l'un des drakkars et qu'il avait gardé. Après ce petit inventaire, elle rangea un peu ses affaires non sans s'empêcher de jeter un oeil sur l'extérieur. Lorsqu'enfin son guerrier surgit, elle ne pu s'empêcher de venir contre lui, inquiète :

    - Où étais-tu passé ? Je me faisais un sang d'encre..

    Et c'était vrai. Ses prunelles brillaient d'une inquiète muette quand elle posait ses mains sur le visage du colosse.

    - Merci, murmurait-elle sincèrement reconnaissante, merci d'avoir pris ma défense et de comprendre que ça compte pour moi..

    C'était vrai. Le viol était un sujet sur lequel elle ne passerait pas. Elle même victime, elle avait longtemps espéré mourir plutôt que de vivre avec cette plaie. Pour autant qu'elle se souvienne, jamais elle n'avait abordé le sujet avec Leif. Ou alors, c'était dans leur autre vie. Persuadée qu'il était mal à cause de ce que ses soldats avaient fait, elle ne pensait même pas au secret qu'il pouvait bien étouffer. Cela était impossible à concevoir pour la jeune femme.

    Prenant les mains de son amant dans les siennes, elle le conduisit jusqu'à leur lit de fortune et lui retira sa veste et sa chemise pour le laver avec l'éponge qu'elle avait fabriqué. L'eau était chaude, car elle l'avait fait chauffer dans une marmite et elle passait le tissu sur son buste :

    - Tu devrais parler avec tes hommes.. Leur expliquer que ce que nous faisons est bien plus grand que tout ce qu'ils ont connu.. même leurs pères, leurs grand-pères n'auront jamais autant de gloire qu'eux.. Parle le leur de Häkon le Bon..

    Elle voyait l'éclair de surprise dans le regard de son fiancé ce qui la fit doucement sourire en continuant de passer son éponge sur ses épaules et ses bras :

    - Figure toi que pendant ces dernières semaines j'ai pu lire tout un tas d'ouvrages sur ton peuple Isha. Et que j'ai appris que bien avant nous, des Rois Viking, avaient déjà essayé d'unifier leur peuple. Tu as réussi comme Hâkon parce qu'il avait compris l'importance du métissage.. L'importance d'écouter et de nouer des alliances. Son peuple n'a jamais été aussi riche que pendant son règne le savais-tu ? Explique-leur et ils comprendront que ce que nous faisons, c'est pour eux..


    immarcescible, Posté le dimanche 08 janvier 2023 19:16 Répondre

    Ce moment intense où il l'a prise sur le sol avait donné chaud à Matoaka. Mais une chaleur délicieuse dont les effluves orgasmiques perduraient. Comme toujours après avoir fait l'amour avec Leif, elle se blottissait contre lui, léchant et goûtant la sueur de son cou. Comment se lasser d'un tel plaisir ? Blottie à son fiancé, elle l'écoutait évoquer les coutumes et us des vikings avec une oreille attentive. Ce qu'il expliquait, elle le comprenait que très bien. Son propre peuple subissait bien souvent les assauts des blancs et pourtant, jamais ils ne partaient en quête de violence et de guerre. Ils étaient pacifistes.

    Mais l'évoquer auprès de Leif ne changerait rien. Elle le savait bien, les norois était un peuple fier et orgueilleux. Jamais elle ne les changeraient et c'était sans doute mieux ainsi. Avec douceur, elle posa sa main sur la joue du brun pour qu'il repose son attention sur elle pour qu'il voit qu'elle avait compris :

    - On va récupérer ce trône et on rentrera chez nous. La politique de Philippe nous permettra de ne pas nous sentir en danger chez nous Isha.. Tout ira bien.

    Elle lui souriait tendrement, les yeux encore brillant de plaisir, ses lèvres rougies par les baiser vorace de son amant et ses cheveux en bataille. Elle souriait, apaisée d'être contre lui, de l'avoir retrouvé. Dans sa langue maternelle, elle se mit à lui dire des mots doux, tendre qui vinrent enfin le faire sourire comme elle aimait tant avant de lui donner un dernier baiser et de s'endormir contre lui.

    Au petit matin elle fut réveillée par le hennissement des chevaux qui s'ébrouaient. En se redressant, elle se rendit compte qu'elle était dans le lit mais ne se souvenait pas y avoir été. Leif n'était pas là ce qui la contrariait. Etait-il déjà partit ? Elle vint donc se lever et enfila son armure, celle offerte par son amant. En rejoignant l'extérieur, après avoir tressé ses cheveux, elle croisa un Björn qui souriait à pleine dents :

    - Te revoilà tantine, dit-il avec joie en enlaçant l'amérindienne, comme je suis heureux de te savoir de retour parmi nous !
    - Moi de même petit garçon, moi de même.

    Il conduisit la brune jusqu'à Leif qui se trouvait avec ses hommes devant une table de fortune et de certaines cartes. Jamais encore Matoaka n'en n'avait vue et s'étonnait de ces schémas étrange. Chevalier vint l'enlacer pour la saluer quand tous les hommes de Leif n'osaient regarder leur future reine. Sans doute étaient-ils gênés des soupirs qu'ils avaient entendu de la tente de leur chef. Mais la jeune femme n'y prêtait pas attention, trop intriguée par la carte. Le plan était simple, continuer la route vers Paris le plus rapidement possible et saccager tous les villages. La brune ne réagissait pas, elle devait prendre sur elle et ne pas mettre son grain de sel. Après tout, c'était Leif le chef de guerre.

    Alors qu'ils se rendaient vers l'enclos aux chevaux, elle demanda à Bjorn s'ils tuaient toujours les femmes et les enfants pendant ls raids :

    - Bien sûr ! J'ai hâte d'avoir ma première femme d'ailleurs.
    - Ta première femme ?
    - Oui. Celle qu'on viole tu sais. C'est un rite de passage.

    La brune ne pu s'empêcher de blêmir et jeta un oeil à Leif qui était en grande conversation avec un de ses hommes. Est-ce que Leif avait lui aussi violé une femme un jour ? Impossible de se poser plus de questions puisqu'ils devaient déjà partir en direction de leur destination. Fort heureusement, ils avaient pu voler assez de chevaux pour pouvoir atteindre le village suivant. La venue des norois avait déjà fait le tour des environs et beaucoup de lieux de vie avaient été abandonné. Les habitants laissés finissaient toujours par se faire tuer. Matoaka ne participait mais voyait tout et les hommes de son fiancé se donnait un grand plaisir à saccager et piller.

    Elle ne disait rien et passait son chemin jusqu'à ce qu'elle vit une jeune femme prise à partie par trois des vikings qui arrachaient ses vêtements. Elle hurlait en suppliant, pleurant. Matoaka ne pouvait pas ignorer ses appels et descendit en trombe de son cheval pour courir aider la villageoise.

    - Assez ! Il suffit, hurlait-elle au viking qui s'apprêtait à se jeter sur la villageoise, je vous ai dit de la lâcher !
    - Quoi ? Non ! C'est mon butin !
    - C'est une femme pas un sac d'or ou une truie qu'on peut fourrer comme bon vous semble. Lâchez là.
    - Je ne vous ai rien demandé. Voilà des jours qu'on arpente ce pays de malheur et maintenant qu'on vous retrouve je devrais me voir refuser mon bon plaisir ?

    Un flash de son ancien vie lui revint et fit trembler Matoaka. Elle avait déjà vu cette scène. Non, vécu. Sortant son arme, elle pointa son épée en direction de l'homme qui la défia et lui ordonna de lâcher la villageoise.

    - Leif, rugissait le viking en sortant son épée pour attaquer Matoaka, LEIF ERIKSON !


    immarcescible, Posté le dimanche 08 janvier 2023 15:00 Répondre

    Elle reniflait en secouant négativement la tête, mais plus elle disait non et plus Leif semblait déterminé à la faire repartir. Il culpabilisait, elle le voyait bien et elle refusait qu'il ressente une telle chose. De ses mains possessive, elle agrippa fermement le visage du jeune homme pour guider son regard dans le sien :

    - Je ne te quitterais plus une seule seconde, murmurait-elle avec sérieux et détermination, et ce que je ressens n'est absolument pas ta faute.

    Cela semblait vain de lui dire cela car il était tellement persuadé d'être un démon qu'elle avait parfois du mal à l'en extirper. Embrassant avec douceur ses lèvres, elle venait par la suite poser son front contre le sien en calant son corps contre celui du viking. Ses cheveux était enroulés à cause du sel de la mer quand elle voyait sur ses traits qu'il était épuisé par cette quête de plusieurs semaines :

    - Tu l'as dis toi-même avant de partir. Je dois connaître ton peuple. Sans ça, jamais je ne pourrais devenir leur Reine. C'est nouveau pour moi tu.. tu dois me laisser un peu de temps mais ne me fais pas partir. Je t'en prie. La violence dont tu parles fait partie de notre monde Isha. Que je sois avec ou sans toi je la connaîtrais.

    Avec douceur, elle le laissait enfouir son visage dans son cou quand elle faisait de même. Entrelacés l'un à l'autre, ils se caressaient mutuellement comme s'ils s'agissaient d'une oeuvre d'art. Matoaka en profita pour déposer une multitude de baisers sur la peau découverte de son amant en reprenant :

    - Je sais ce que tu te dis, murmurait-elle à son encontre, et non tu n'es pas un monstre.. Je sais que nous vivons des temps qui ne nous permettent pas d'être simplement bon. Le monde n'est pas aussi simple. C'est à moi de m'endurcir.. A moi de cesser de croire en une certaine utopie. Parfois.. Parfois j'ai peur que tu ouvres les yeux et que tu.. et que tu te rendes compte que je ne peux pas être ta Reine.. guider ton peuple.. que je ne suis tout simplement pas assez forte.

    Alors qu'il se redressait, elle lui offrit un pauvre sourire contrit en lui dévoilant sa crainte. Lui était persuadé qu'il allait la perde si elle se rendait compte de son amour pour le sang, quand elle pensait qu'il la rejetterait car elle ne l'était pas assez. Ses pouces caressaient les joues du brun quand elle s'excusait une nouvelle fois :

    - Je me battrais jusqu'au bout pour toi mon Roi.. Jusqu'à ce que tu ne veuilles plus de moi.. Je te resterais éternellement fidèle parce que.. parce que je sais quel homme bon tu es. J'ai vu ton âme et elle brille bien plus que tu le crois. Ne pense pas que je veuille changer quoi que ce soit chez toi. Jamais. Je t'aime tel que tu es et.. et si je devais faire un serment ce serait celui-ci.

    Comme une invocation, elle ferma un instant les yeux comme pour prendre ses esprits à témoin, même les parents de Leif. Une fois fait, elle attrapa le poignard qu'il avait à sa taille et entailla la main du colosse avant de faire de même avec la sienne. Apposant leur deux mains saignantes ensemble, elle les fixa avec un foulard qui trainait près d'eux. Ses prunelles brillaient quand elle murmurait une nouvelle fois à l'intention de Leif :

    - Leif Erikson.. Devant mes dieux, devant les tiens je t'offre ce serment. Un serment d'amour pour qu'il soit présent chaque jour dans ton coeur. Je te promets la joie, de bannir ta peine et de partager ta foi. Je te serai fidèle, pour toujours en mon âme. Je te promets l'amour, je te promets un foyer et des enfants. Ils sont les héritiers de notre amour, dotés de nos talents. Is seront forts et beaux comme toi. Et quand nos vies finiront, quand nos cheveux seront gris, je te promets que nous partirons ensemble. Parce que je serais éternellement tienne, dans cette vie comme dans les autres.


    immarcescible, Posté le mercredi 04 janvier 2023 19:11 Répondre

    Un hurlement s'échappait de sa gorge alors qu'elle se redressait vivement dans le lit. Matoaka tremblait, transpirait et cherchait son souffle. En regardant autour d'elle, elle se rendit compte que rien n'avait été un cauchemar et qu'ils avaient bien pillés, tués et détruit un château entier. L'odeur du sang lui remontait de nouveau aux narines et lui donna une horrible nausée. Recroquevillée dans un coin de la chambre, elle vomissait en tenant son ventre et ce fut à ce moment là que Leif revint. Elle l'avait laissé profiter de la fête avec ses hommes quand elle avait été se reposer après s'être lavée dans l'océan. Tout ce sang, tous ces cris, cette barbarie la choquait. Elle se rendait compte de ce qu'elle avait fait, de la monstruosité de ses actes. Certes, elle s'était défendue. Mais comment justifier qu'elle ait aussi aimé ça. Être invincible. Puissante. Elle avait tout d'une déesse meurtrière et le scintillement de fierté dans le regard de Leif l'ennuyait.

    - Je vais bien, le rassurait-elle en se rasseyant sur le bord du lit, c'est l'adrénaline qui redescend.. J'ai.. Je vais bien..

    Ses cheveux étaient un vrai nid d'oiseau. Comme elle savait qu'il aimait ça et elle aussi, elle lui demanda de lui brosser les cheveux. Un moment de tendresse et de profonde douceur après les horreurs de la matinée. Après le carnage, les hommes de Leif remplirent les drakkars d'une montagne indécente d'or et de nourriture. Matoaka avait retrouvé son frère et Bjorn. Ils ne cessaient de répéter qu'ils étaient désolés, persuadés qu'elle avait périt noyée. Elle les rassura en expliquant qu'elle avait chaviré jusqu'au rivage avant d'être faite prisonnière par Malcom. Blottie contre Leif, elle eut du mal à le laisser partir rejoindre ses hommes pour un souci de logistique quand elle ne demandait qu'à le toucher, être rassurée et parler de ce qui c'était passé dans le château.

    Elle alla donc se laver et en remontant jusqu'au château vit que les norois avaient monté un camp. Nashoba avait mis en place un tipi pour sa soeur et lui avait ordonné d'aller se reposer un peu avant le repas. Ce qu'elle fit non sans avoir demandé où se trouvait Leif :

    - Il fait un tour du château pour s'assurer qu'il n'y a pas de survivants et sécuriser les lieux.
    - Les hommes sont beaucoup moins tendus de savoir que tu es véritablement en vie, rajouta Bjorn en alimentant le feu près du tipi, je dois t'avouer qu'on a été plusieurs à croire que mon oncle était devenu fou à te chercher partout de la sorte.
    - Je suis désolée de vous avoir infligé une telle chose..
    - Cesse donc de dire des bêtises. Sans ce sacrifice, on ne serait certainement pas ici.

    Nashoba insista de nouveau pour que Matoaka aille dormir. Elle tenait debout, épuisée par la matinée et ces dernières semaines à rester le plus longtemps éveillée craignant d'éventuels assauts de Malcom. C'est lors de cette sieste qu'elle fit ces horribles cauchemars. Elle revoyait distinctement toutes ces scènes, or c'était Leif qui la poursuivait pour la tuer. Il avait les mêmes cheveux qu'Hadès, couleur argent et il était couvert de sang. Il la voulait et il cherchait à la tuer. Son rêve se termina quand elle même elle enfonça une dague dans le c½ur de son amant et qu'il lui sourit en la remerciant. Puis, elle venait à détruire des villages des milliers de villages tout en tuant tout le monde sur son passage. C'était si réaliste qu'elle prit peur et se réveilla.

    Enfin blottie contre lui, elle avait encore un peu de mal à se détendre. C'était étrangement silencieux entre eux. Comme s'il y avait quelque chose dont ils n'arrivaient pas à parler. Comme si elle avait peur de parler, tout simplement.

    - Co.. Comment m'as-tu retrouvé, demandait-elle enfin, est-ce que ta mère t'a guidé ?

    Après son explication, elle comprit que c'était Hadès ce qui l'étonna. Est-ce qu'il aurait enfin décidé de les laisser en paix ? Pourtant, elle se souvenait de son sourire en voyant son fils être le Berserk impitoyable. Elle sentait qu'il était aussi troublé qu'elle, alors, elle vint spontanément se retourner et venir sur lui à califourchon pour enfouir son visage dans son cou. Elle humait son parfum, sa peau tout en s'agrippant à lui.

    - J'ai eu si peur.. J'ai passé ces dernières semaines à passer mon temps à m'enfuir en m'assurant que tu étais encore en vie alors que tu.. alors que tu aurais pu mourir et.. et.. et maintenant je prends conscience de la peur qui m'a complètement assaillé tout ce temps Isha..

    Elle retenait ses larmes du mieux qu'elle pouvait quand elle s'agrippait encore plus fermement à lui.

    - Je suis désolée je.. je me sens étrange.. je..

    En fait, elle avait peur d'elle. Elle avait peur de ce qu'elle avait fait et de ce qu'elle avait aimé faire. C'était horrible quand elle ne voulait qu'une chose, le meilleur pour les autres et surtout les soigner. Pourquoi avait-elle tant apprécié les tuer, les démembrer et les anéantir. Encore tremblante, elle murmurait en se décalant de Leif, une tentative d'explication :

    - J'ai peur de ce que j'ai été capable de faire. Jamais j'aurais cru être capable de.. d'être aussi violente et.. Leif, j'ai adoré ça.. J'ai aimé ôter la vie de ces hommes. Même si je sais qu'ils étaient nos ennemis, je ne peux pas m'empêcher de culpabiliser de ce que j'ai accompli. Et je sais que c'était eux ou nous mais.. mais moralement.. Ça reste mal.

    C'était un cri de peur qui s'échappait de ses mots. Matoaka avait peur d'elle-même et de ce qu'elle était capable de faire. Dans un défilement de paroles, elle lui raconta donc son cauchemar. De toute manière, elle ne pouvait pas lui cacher quoi qu ce soit et il valait mieux qu'elle continue sur cette lancée de l'honnêteté. Ses yeux étaient brillants de larmes et de terreur quand elle tremblait. Agrippée à lui, elle le suppliait du regard de la rassurer, de ne pas la juger.

    - Mes rêves peuvent être prémonitoire et si. et si je devenais un monstre sanguinaire.. que je venais à te tuer mon amour.. je.. bon sang.. je n'y survivrais pas Leif..


    immarcescible, Posté le jeudi 22 décembre 2022 18:01 Répondre

    La tempête avait bien amoché Matoaka. Elle mit plusieurs jours à récupérer. En effet, en échouant sur la plage, sa tête avait heurté les galets et son genou droit avait heurté violemment un rocher. Fort heureusement, les médecins de Malcom étaient excellent et ils la remirent sur pied très rapidement. Son bon sang lui avait conseillé de ne pas dévoiler sa véritable identité. C'était un risque pour sa vie mais aussi pour Leif si il venait la chercher dans le coin. Alors, au départ, elle se fit passer pour une simple étrangère qui avait fuit un navire d'esclaves. Mais le Seigneur n'était pas dupe. Très vite, il lui avoua connaître son identité et la reçut dès lors comme une hôtesse de marque.

    Etant donné qu'elle ignorait où elle se trouvait, il était difficile pour elle de s'enfuir. Et puis surtout, où avait bien échouer Leif et ses hommes. S'ils étaient vivants. Même si tous les signes aurait pu lui faire croire, elle savait au plus profond d'elle-même qu'il était toujours en vie. Ce n'était que Zeus qui les avaient une fois de plus séparés pour rendre son fiancé plus vulnérable. Mais alors comment fuir ? Le château était très bien gardé et elle n'avait trouvé aucune issue. De toute manière, elle était sans cesse entourée de dames de compagnie censée l'apprivoiser quand la jeune femme savait pertinemment que c'était pour la surveiller. Grâce à Chevalier et Philippe, elle savait pertinemment comment fonctionner les cours européennes. Alors, elle joua l'ingénue, cherchant ainsi à mieux duper ses hôtes.

    Il ne fut pas compliqué de comprendre le souhait de Malcom. Il la voulait et son incarcération dans la forteresse était bel et bien volontaire. Très vite, elle tenta d'envoyer des signes à Leif. Mais impossible d'entrer en contact avec lui. C'était comme si autour d'elle tout était brouillé. Ses capacités semblaient diminués. Sans doute la violence de la tempête l'avait affaibli et elle devait être patiente, mais plus les jours passaient et plus elle savait que l'impatience de Leif allait risquer de détruire le raid. Pourquoi diable l'avait-elle suivi ? A cause d'elle il risquait de tout perdre.

    Un soir, après un énième bal donné en son honneur, elle trouva dans une des alcôves du château une immense bibliothèque. Bien plus fournie et conséquente que celle du château d'Ecosse ce qui ne pouvait qu'impressionner la jeune femme. Elle détaillait avec une attention particulière toutes les tranches qu'elle pouvait en essayant de trouver une solution, un indice lui permettant de s'enfuir de ce château. Soudain, sa main fut comme projeté contre un livre ce qui la surprit. Aucun doute qu'il s'agissait ni plus ni moins que de Perséphone. Sans attendre un instant, la brune prit le livre en question et l'observa avec surprise. Il s'agissait d'une écriture qu'elle reconnaissait mais qu'elle ne savait déchiffrer :

    - Il s'agit d'un vieux dialecte.. un dialecte ancien de Grèce.

    Elle sursauta, n'ayant pas entendu Malcom derrière elle. Refermant vite le livre, elle le reposa sans savoir qu'il s'agissait des prémisses de son histoire et de celle de Leif. Toute l'histoire avait déjà été écrite visiblement, mais par qui ?

    - Vous possédez une très belle collection mon seigneur.
    - Mais vous êtes une reine dans ce décor ma dame. Dommage que vous ne soyez pas éclairée par les lumières de notre salle de bal. Revenez donc avec nous.
    - Je suis trop épuisée pour ce soir. Une autre fois.

    Elle se dirigeait vers la sortie mais il la retint fermement par le poignet. Grimaçant de douleur, elle se débattait comme elle le pouvait quand il la bloquait contre le mur en laissant ses mans baladeuses et odieuse tenter de remonter sa robe.

    - Que faites-vous Malcom ? Assez !
    - Voilà bien des jours que je vous observe. Je vous veux Matoaka !
    - Cessez ! Vous savez pertinemment que je suis promise.
    - Il ne viendra pas vous chercher. Il est mort ma chère.
    - Je vous dis de me lâcher !

    Sa main avait réussit à agripper le poignard du jeune homme et sans concessions, elle trancha la joue de ce dernier. Il hurlait de douleur et se tenait la joue en souffrant le martyre quand le goût du sang de l'amérindienne revenait. Les flashs de son ancienne vie aussi. Cela la perturba mais très rapidement elle du réfléchir. Malcom allait forcément l'assassiner pour cet affront et lorsque ses pages vinrent pour l'aider il hurla à ce qu'on arrête la jeune femme. Envoyée dans sa chambre, elle n'avait plus aucun moyen de s'enfuir. Plus aucune compagnie. C'était le mieux d'ailleurs, en revanche, la possibilité de rejoindre Leif s'était amincie.

    C'était sans compter la ténacité du viking. Elle n'eut pas besoin de regarder par la fenêtre pour le savoir tout près. Il n'y avait qu'à entendre les pas pressés et les chuchotements apeuré du château. Il était là, il arrivait. A elle désormais de trouver le moyen de le prévenir de sa présence.

    Pendant ce temps, Malcom se préparait pour la grande rencontre. Sa forteresse était imprenable. Il savait pertinemment que Leif et sa poignée d'hommes ne pourraient pas pénétrer l'enceinte du bâtiment. Aussi, la galanterie anglaise ainsi que son caractère hautain le poussèrent à provoquer le chef viking. Il voulait Matoaka pour lui seul. S'il tuait le chef viking, cela ferait forcément de lui un personnage emblématique de l'Europe. Même son cousin français ne pourrait plus rien dire à sa puissance. Les vikings vaincu, il règnerait tel maître incontesté. Pour cela, il partit avec une forte troupe d'hommes, plus nombreuse que les vikings et les attendirent à l'entrée du château. Dans son armure étincelante, il brillait. Seule la marque du coup de poignard de Matoaka sur son visage détruisait la parfaite image lisse du jeune homme.

    Lorsqu'enfin les vikings arrivèrent devant lui, il ricana avec ses compères en parlant anglais. Mais c'était sans se douter que Leif puisse connaître cette langue :

    - Mon dieu.. Regardez-moi tous ces pouilleux.. Et on les traite de barbares ?
    - C'est sans doute qu'ils sont sales votre grandeur, s'exclamait un chevalier en ricanant, regardez moi cet accoutrement..

    Chevalier avait prévenu Leif. Si Matoaka était là, ils chercheraient a en faire une monnaie d'échanges. Il devait donc, malgré lui, être ouvert à la discussion.

    Alors que les hommes s'occupaient à faire la guerre, la brune chercha le moyen d'enfoncer la porte. Mais difficile quand sa chambre ne contenait que des accessoires féminins. Puis, elle se souvenu que son armure était non loin, sous le lit, elle pouvait très bien casser la fenêtre de la chambre et se servit de son linge de lit pour arpenter le mur extérieur. Sans attendre un instant de plus, elle se mit à préparer son fameux plan d'évasion quand le hurlement des hommes de Leif sonna dans la cour. Il était là, il était vivant. Elle souriait de toutes dents, rassurée et heureuse. Sans attendre un instant de plus, elle brisa le loquet de la fenêtre et la vitre avant de passer à travers. Tant pis si elle se coupait. Elle devait retrouver Leif. Sans protection mais avec agilité, elle cascada le mur de pierre jusqu'à atterir sur les remparts. De là, elle vit Leif pointer son arme sur Malcom. Son sang ne fit qu'un tour. Il semblait si épuisé. Le connaissant, il ne s'était pas ménagé un instant pour la retrouver.

    Elle courut donc sur le rempart pour essayer de l'avertir de sa présence mais des gardes l'en empêchèrent. Sans chercher à comprendre elle en désarma un et vint à se battre contre les deux. Très vite, elle les eut car la surprise était de taille. Une femme sachant se battre. Mais la bataille ne faisait pas rage ici uniquement. Les vikings s'apprêtaient à charger sans savoir le nombre d'hommes de Malcom qui attendaient derrière le pont levis. Se souvenant des astuces de Feargus et son goût pour ce qui explosait, elle se rua dans la salle des armes et récupéra de la poudre. En claquant deux silex entre eux et enroulant dans un bout de sa robe déchirée le butin explosif, elle l'alluma et jeta la bombe sur le flanc droit du château en direction de toute la garnison.

    L'explosion fit pousser des cris d'horreurs de toute part. Matoaka la première qui fut projetée dans la cour. Plus de la moitié des hommes de Malcom étaient morts ou blessés. Les dégâts étaient considérables. Lorsqu'elle fut suffisamment sur pieds, elle attrapa une épée et vint liquider un soldat qui se jetait sur elle. Recouverte de poussière et légèrement blessée au bras, elle tentait de rejoindre l'extérieur. Elle se battait comme une démone, hurlant le cri de guerre des Erikson lorsqu'enfin elle fut rejointe par son clan, sa famille. Dans la fumée de poussière, elle cherchait Leif du regard et l'appelait. Mais il était introuvable. Est-ce que pendant l'explosion elle l'aurait blessé ? C'était soudainement sa crainte.

    Alors qu'un homme chargeait sur elle et qu'il frappait avec puissance pour l'anéantir, elle perdit l'équilibre et tomba à la renverse. Elle avait soudainement perdu sa force, persuadée d'avoir sans le vouloir tué Leif. L'instinct de survie chez l'homme est souvent surprenant. Car alors que le géant frappait son épée de sorte à toucher la brune, elle réussit malicieusement à s'échapper et trancher sa jambe droite. Une fois à terre, elle le décapita dans un cri de rage. En levant les yeux, elle vit alors Leif surgir de la brume. Nul doute que c'était lui. Sans attendre un instant, et tant pis si sa robe somptueuse était déchirée, qu'elle saignait et qu'elle était recouverte de poussière, elle devait le retrouver. Elle courait à lui et vint à se jeter dans ses bras.

    Elle lâchait un instant son épée pour venir le couvrir de baisers et caresser son visage en riant et pleurant à la fois :

    - Isha ! Tu es vivant ! Tu es vivant et tu m'as retrouvé ! J'ai cru que je t'avais tué, hurlait-elle sans se rendre compte que la bombe l'avait rendue sourde voilà pourquoi elle n'avait pas entendu Leif l'appeler, vous avez tous survécu à la tempête ! J'ai tant espéré que le sacrifice fonctionne ! Je savais que tu me retrouverais.


    immarcescible, Posté le mardi 20 décembre 2022 17:44 Répondre

    Trois jours mer et aucune terre à l'horizon. Compliqué pour Matoaka de se concentrer ou encore de ne pas vomir. Les flots sont hargneux, les dieux mécontents. Mais qu'est-ce qui pouvait bien les chagriner de la sorte. Sur ce type de drakkar, il était compliqué voire impossible de pouvoir s'isoler. Leif était d'une humeur plutôt sereine, joyeuse. L'ivresse du départ et du raid semblait le pousser à de nouveaux objectifs. Après tout, il avait toujours été un homme d'aventures et elle comprenait mieux pourquoi il était si excité par ce voyage. C'était la découverte, l'inconnu. Le voir si serein la rassurait. Il était son baromètre d'humeur et tant qu'elle ne voyait pas d'ombre dans son regard, elle gardait confiance malgré la mer houleuse.

    Chevalier fut le premier à abandonner ce que contenait son estomac. Si au début du voyage il jouait le fanfaron, désormais il était alité au fond de la cale à gémir de douleur. Matoaka passait son temps à veiller sur lui mais ses plantes n'avaient beaucoup d'effets sur lui. Elle craignait que le froid ai contaminé ses os et qu'il devienne de plus en plus malade. Enveloppée dans les bras de Leif, elle souriait tendrement à l'évocation d'un bon bain chaud avant de porter un regard sur le souffrant :

    - Je pense qu'il en aura bien plus besoin que nous dans un premier temps.

    Blottie contre le brun, elle évoquait le plaisir qu'elle avait eu l'entendant chanter. Cela la faisait une fois encore sourire quand elle enroulait discrètement ses doigts à ceux du géant. Elle évitait les marques d'affections pour ne pas le gêner devant ses hommes. Après tout, ils étaient entassés les uns aux autres donc elle ne voulait pas paraître impudique :

    - Parle moi encore de ces légendes de ton peuple.. de ces histoires avec ces fameux dieux.

    Elle était captivée par le talent de conteur de son fiancé quand Loki venait se blottir contre ses maîtres. Matoaka avait absolument tenu à ce qu'il soit présent. Il était si grand désormais qu'il avait allure d'un loup géant qui la faisait paraître encore plus minuscule. Pendant que Leif évoquait l'histoire du Dieu Thor qui aurait voyagé dans les siècles, un de ses hommes cru voir au loin un nuage menaçant. Cela alerta tout le monde car le temps était si exécrable qu'ils craignaient tomber dans une tempête. Rapidement, Matoaka se redressa et se rendit sur le pont avec les hommes pour voir ce qui se passait au loin.

    L'horizon était clairement sombre, menaçant. Un regard vers Leif lui fit comprendre que lui aussi l'avait vu, la fameuse tempête qui risquait de les submerger. Elle couru jusqu'à lui et lui ordonna de maintenir le cap en direction du sud et de la France. Pendant qu'il s'occupait de galvaniser ses hommes, elle sortait d'un de ses coffres une bougie qu'elle alluma avec difficulté. Loki aboyait après les nuages comme s'il voyait autour des hommes des esprits malfaisant qu'il fallait anéantir.

    - Loki cesse, hurlait la jeune femme qui voulait protéger son loup.

    Tentant de se concentrer, elle en priait, invoquant ses esprits de venir les protéger ou encore de les épargner de cette épreuve visée qu'il subissait. Car il n'y avait aucun doute sur le fait que les Dieux leur envoyait une épreuve qui n'allait pas les laisser indemne. Chevalier avait réussit à se lever et avait rejoins courageusement les hommes pour man½uvrer le drakkar. Ils chantaient, hurlaient. L'ambiance était terrifiante. Alors que Matoaka allait leur hurler de se taire, elle fut prise d'une vision apocalyptique où tous les hommes de Leif étaient engloutis pas les flots. Il ne restait plus rien si ce n'est son fiancé qui était accroché à un lambeau de bois flottant à la dérive. Prise de panique, elle n'eut d'autre choix que de préparer en vitesse un rituel ce qui surprenait Chevalier qui hurlait :

    - Bon sang mais que fais-tu ?! Tu crois vraiment que c'est le moment de faire tes rituels vaudou ? On a rien à sacrifier !
    - La ferme Chevalier !

    Pourquoi tout le monde venait lui apprendre quoi faire quand elle-même était en mesure de les aider. Après avoir préparé une mixture infâme et être passée près de Leif qu'elle ignorait, elle vint à se mettre au bord du drakkar pour boire sa potion. Elle récitait un dialecte amérindien très puissant, inconnu de tous ceux qui se trouvaient sur le drakkar. Pendant qu'elle récitait de plus en plus vite et fort les incantations, la tempête et l'orage grondait. Elle fonçait littéralement sur les trois navires. Alors que le nuage sombre et noir inquiétant fondait sur eux, Matoaka se vit frappée par une nouvelle vision où Perséphone lui exhortait de sauver le groupe. En effet, Poséidon, sous la menace de Zeus avait demandé à son frère d'attaquer leur neveu. Le seul moyen de s'en sortir était bel et bien de faire un sacrifice.

    Avec sa protection, Matoaka sut que Perséphone la guiderait et qu'elle ne devait pas avoir peur. Rapidement, elle jeta un ½il sur Leif qui se débattait avec ses hommes pour maintenir les voiles tendues mais c'était une chose compliquée étant donné la puissance du vent. Alors qu'elle était distraite, elle ne vit pas la violente vague qui s'abattait sur le bateau et se trouva chavirée par dessus bord. Engloutie par l'eau furieuse, elle se débattait aussi fort que possible pour remonter à la surface mais l'épaisseur de sa fourrure l'en empêchait. Lorsqu'enfin elle la détacha, elle se rendit compte que les créatures de Poséidon essayaient encore de la retenir. Lentement, son souffle la perdait et elle était persuadée de mourir. Ses yeux se fermaient quand elle cessa même de se débattre entraînée par les tréfonds marin. Fort heureusement, Perséphone veillait toujours sur elle et avec un tour de passe passe très astucieux, elle vint la libérer.

    Rapidement la brune remonta à la surface où le souffle de l'air la fit tousser. L'océan était encore tumultueux, mais le fait que son c½ur cesse de battre permit à Poséidon d'être satisfait. En effet, il ne rompait pas sa promesse auprès de Zeus et ne mécontentait pas son autre frère Hadès. Une brume épaisse couvrait la mer et au loin la jeune femme entendait le cri de Leif et les aboiements de Loki. Mais la fatigue et sa gorge brulée par le sel l'empêchait de répondre à leur appel. S'accrochant à une planche de bois d'un des drakkars brisé elle se laissa un instant voguer par les flots.

    On lui piquait les cheveux et le corps entier. Elle souffrait douloureusement aveuglée par le soleil. Sous son corps, elle sentait un sable fin et rugueux. Lentement, elle tenta de se redresser mais eut du mal. Des gens parlaient autour d'elle, mais aveuglée par le soleil, elle ne les voyaient pas. Ils parlaient français. Elle reconnaissait leur langue car elle avait appris quelques bribes grâce aux garçons. Sa gorge la faisait souffrir à cause du sel de la mer et très vite un homme se pencha sur elle pour l'aider à boire.

    - Où.. Où suis-je, demandait-elle en vidant la gourde d'eau.
    - Sur les côtes normande ma dame, et vous ? Qui êtes vous ?

    Compliqué de se présenter quand elle savait désormais qu'elle était en territoire ennemi sans savoir où précisément. Est-ce que Leif et ses hommes avaient survécu ? Est-ce que son offrande avait suffit ? Et comment le retrouver maintenant qu'ils avaient été séparés ?

    - Je vais vous conduire jusqu'à la cour de mon seigneur. Vous nous raconterez votre périple ma dame.

    Incapable de le repousser ou encore de protester, Matoaka se laissa donc emporter jusqu'à la demeure royale de leur ennemi.


    immarcescible, Posté le dimanche 18 décembre 2022 17:22 Répondre

    L'hydromel était la boisson de l'enfer pour Matoaka. La bouche sèche, la tête en vrac, elle souffrait d'avoir bu une boisson aussi forte. Recroquevillée dans le lit, elle gémissait de douleur, sa tête était en train d'être martelée par le bruit extérieur, en se cachant le visage contre le buste de Leif elle ronchonnait. Il semblait de bonne humeur et riait quand elle rêvait de se cacher dans un trou de sourie.

    - Mh.. nananan. Restons ici.. au chaud Isha.

    Elle le suppliait en s'enroulant de nouveau contre lui tout en repensant avec une légère petite gêne à son comportement de la veille. Difficile de regarder le Viking dans les yeux quand elle se remémorait son désir insolent et provocateur :

    - Je suis désolée de m'être comportée de la sorte hier soir.. j'étais.. j'avais envie bien entendu mais.. j'ai du te paraître intenable et.. et tu as raté la fête à cause de moi..

    Lentement, elle venait ouvrir les yeux vers lui et son regardé brillant, pétillant la fit rougir de nouveau. Le cor sonnait de nouveau à l'extérieur, annonçant le départ prochain mais elle n'avait aucune envie de quitter leur lit, leur cocon, la douceur de vie qui s'était installé à Kattegat ces dernières semaines. Pourtant, le brun se leva et la taquina de plus belle en lui répétant que tout le monde allait les attendre.

    Alors elle finit par se lever et enfin quitter le lit chaud et douillet. Une douche glacée lui donna l'impression d'être réveillée mais au fond d'elle, elle savait qu'elle allait maudire les prochaines heures sur ce maudit rafiot. Svala eut la délicatesse de venir l'aider à s'habiller quand Leif avait couru à l'extérieur pour rejoindre ses hommes. On aurait dit un enfant qui découvrait ses présents au pied du sapin. La blonde riait et aidait sa future belle-soeur a nouer les ceintures de cuir autour de sa table :

    - C'est une bien belle armure qu'il t'as fait faire..
    - J'ai l'impression de ne pas la mériter.. Comme tout ce qu'il fait pour moi d'ailleurs.
    - Ne dis pas de sottises. Bon sang, vous êtes bien les deux seules personnes de Kattegat à ne pas accepter le bonheur qui est sous vos yeux.

    Cela fit rire Matoaka qui s'excusa et remercia la blonde de son aide. Lorsqu'elle fut prête, elle attrapa son épée et son bouclier avant de sortir rejoindre le reste de l'attroupement. Ses longs cheveux était tressé en une natte, seule symbole amérindien qui restait chez la jeune femme hormis ses quelques tatouages et sa peau couleur caramel. Les regards étaient rivés vers elle ce qui la gênait un peu. Elle craignait qu'ils soient choqués de la voir ainsi vêtue.

    En arrivant près de Leif, elle scrutait autour d'eux et lui demanda inquiète :

    - J'ai fais quelque chose de mal ? Pourquoi me regardent-ils de la sorte ?

    C'est alors que Bjorn surgit de derrière son oncle et s'amusa à siffler sa future tante avant d'n faire le tour comment s'il s'agissait d'une jeune pouliche qu'il présentait à un concours. Cela fit soupirer la brune qui leva les yeux au ciel :

    - Veux-tu bien te tenir petit homme ? Je suis capable de te mettre à terre et de mettre la fessée devant tout le monde si tu continues de la sorte.

    Il ne le savait que trop bien, aussi, il s'excusa et s'enfuit en riant non sans avoir fait une grimace. La brune secouait la tête en soupirant avant de venir contre Leif emmitouflée dans sa peau de bête qui les couvraient du froid encore présent :

    - Tu es sur que c'est une bonne idée que je vienne ? J'ai peur d'être un poids pour toi sur le chemin. Je n'ai pas tenu une armure depuis très longtemps t je risque de gâcher tes soirées si je ne bois pas comme les autres.

    Elle avait peur en effet que sa présence empêche Leif de pouvoir faire tout ce qu'il lui faisait plaisir. Les raids étaient la possibilité pour les hommes de pouvoir saccager et s'amuser entre eux sans avoir une autorité féminine au dessus d'eux.

    - Ton poison d'hydromel ne touchera plus jamais mes lèvres tu en as conscience ? Je ne vais pas être une fiancée très drôle.


    immarcescible, Posté le mercredi 14 décembre 2022 05:47 Répondre

    L'annonce du mariage qui était reculé avait surpris Matoaka mais elle n'en n'avait pas fait fi à qui que ce soit et encore moins Leif. Pourquoi avait-il soudainement repoussé ce mariage dans lequel il s'était tellement impliqué ? Sa détermination l'avait contrainte à ne pas oser lui poser la question. Après tout, elle n'avait jamais été pressée pour se marier. Elle lui appartenait déjà de corps et d'esprit donc toute cette cérémonie lui semblait superflue. Très vite, elle décida de passer outre cet étrange sentiment pour se concentrer sur les préparatifs du raid. En effet, pendant que tout le monde s'orientait sur les préparations des armes, des boucliers, des drakkars, elle, s'occupait d'éduquer encore les viking aux travaux de la terre pour qu'à l'été prochain les récoltes soient avantageuses pour leur peuple.

    Cette effusion de travail, de préparatifs dura un moment et embaucha tout le monde. Si la préparation du mariage avait émulé tout le village, pour le raid c'était une autre histoire. Il y avait toute mécanique bien précise et rodée de ce qui se mettait en place. Tout le monde avait une place attitrée et savait quoi faire. L'énergie qui en découlait impressionnait Matoaka. Elle adorait apprendre des nouvelles choses sur son nouveau peuple et il lui rendaient bien en étant conciliant avec son ignorance. Ils étaient tous si attentifs et sincèrement altruiste à son égard qu'elle ne pouvait s'empêcher d'être émue.

    Aussi, la veille du bar, au banquet qui avait été donné elle se lâcha un peu plus que d'ordinaire et s'autorisa à boire dans la coupe d'hydromel de Leif. Une gorgée du poison l'enivra si bien qu'elle se laissa entrainer au milieu de la foule avec Amara et Freya pour danser. C'était enivrant et particulier comme sensation. Rapidement, ses pieds fatiguèrent et sa vue se brouilla alors elle retourna auprès d'un Leif qui était en grande discussion avec son frère. C'est uniquement parce qu'elle avait été touchée par l'hydromel qu'elle ne partit pas à l'exploration aux secrets. Et puis de toute manière, Leif avait une surprise pour elle.

    Touchée par sa délicate attention, elle ne pu s'empêcher de lui sauter au cou pour lui donner un langoureux baiser. Il semblait surpris de l'effusion d'amour et de passion qui prenait sa fiancée alors qu'elle riait encore un peu saoule.

    - Je suis censée effrayer nos ennemis ou.. ou.. ou attiser ton désir Isha ?

    Sa vue brouillée ne lui faisait voir que le cuir de la tenue. Oh oui, l'alcool n'allait pas du tout à la jeune femme qui était littéralement pompette et qui revenait se jeter sur son fiancé qu'elle poussa sans ménagement contre le mur de l'armurerie.

    - Avoue que tu m'emmènes pour pouvoir m'avoir à l'oeil, répliquait-elle en riant et déboutonnant le pantalon du jeune roi se fichant des éventuels passage dans la pièce, je t'avoue que je viens aussi pour ça..

    En disant cela, sa main s'emparait de son membre qu'elle faisait rapidement durcir quand l'autre tirait sur la barbe du dieu grec qui se trouvait devant elle et qu'elle abaissait pour lui donner un langoureux et chaud baiser. Bon sang ce qu'il était marmonnait-elle contre ses lèvres quand elle rêvait de toucher encore t encore ce corps si puissant qui attisait chez elle les plus sensuels fantasmes. Difficile encore de croire qu'il l'aimait lui, le Dieu chez les hommes. L'alcool la désinhibait totalement et la rendait incapable de se mesurer. Alors qu'elle embrassait, mordait, enroulait sa langue et ses lèvres, Matoaka accentuait les mouvements de son poignet sur la verge tendue de Leif. Ce qu'elle était grisante cette sensation mais ce n'était rien en comparaison de ce qu'elle s'apprêtait à lui donner. Lentement, elle s'abaissa à genoux devant lui et vint le prendre tout simplement en bouche sans lui laisser un moment de répit. Elle voulait le rendre aussi fou qu'il la rendait intensément folle quand il la touchait. Tandis qu'elle jouait avec lui tout en caressant ses fesses nues, ses cuisses et enfin ses testicules, des hommes cherchaient le couple sans les trouver.

    Ils étaient inquiets de ne plus voir leur roi et leur future reine. Mais Matoaka s'en fichait, elle voulait d'abord finir sa tâche et retint un Leif qui voulait bouger en dévoilant ses dents sur sa membrane fine. Ses yeux brillaient d'un désir vorace et impudent qui ne la ferait pas le lâcher. De toute manière, personne ne pouvaient les voir puisqu'ils étaient dans le renfoncement de la pièce et que les bruits de la fête au loin les couvraient suffisamment pour ne pas que les soupirs de Leif soient entendus. Lorsqu'elle le sentit au bord de la jouissance, elle retira simplement ses lèvres pour juste venir le suçoter une dernière fois avant qu'il n'atteigne la jouissance. Fière d'elle, elle se redressa en souriant en coin et se blottissant contre lui pour embrasser son cou langoureusement :

    - Ta potion magique est étonnante mon amour, murmurait-elle en riant encore saoule, j'ai envie que tu me touches aussi..


    immarcescible, Posté le lundi 12 décembre 2022 17:04 Répondre

    C'est le froid qui réveilla la jeune princesse. Se tournant, elle ne sentie plus Leif contre elle et s'en inquiéta. Etait-il partit à la recherche de Meghan alors qu'elle l'avait supplié d'abandonner cette idée ? Lorsqu'elle se redressa enfin, elle le vit assis sur le sol à contempler les fameux manuscrits ramenés de Grèce par Philippe. Sans attendre, elle enfila la chemise du jeune homme et le rejoignit. A peine avait-elle enroulé ses bras autour de son buste et embrasser son épaule qu'il lui avouait avoir vu son père. Silencieuse, elle l'écouta évoquer ce qu'il appelait le Helleim et ce que lui avait avoué son père. Sa crainte de le voir partir à la recherche de Meghan pris une nouvelle dimension. Il allait vouloir partir à la recherche d'un destin qu'elle ne pourrait jamais contrôler.

    - Isha, murmurait-elle avant de s'installer face à lui ses mains sur ses joues pour mieux plonger ses iris dans les siens, ce n'est qu'un bout de papier. La vie n'est jamais écrite et les Dieux le savent pertinemment. Les choix de nous autres êtres humains sont beaucoup trop instable pour accorder du crédit à un quelconque papier.

    Elle savait qu'elle allait devoir redoubler d'un effort supplémentaire. Non pas pour le rassurer mais pour le convaincre que le seul danger qui allait l'attendre serait celui de la vieillesse à ses côtés. Lentement, elle se rapprochait de lui de sorte à ce que son corps soit blotti au sien :

    - Tu dois avoir foi en nous Leif. Pas dans les paroles fourbes d'un quelconque dieu qui veut t'utiliser pour un dessein qui nous dépasse. Tu.. Tu nous a juré à moi et à ton peuple que tu serais toujours là. Ne sois pas tenté de courir après un danger sans doute fictif. Zeus ne pourra rien contre toi car je te protège. Ne soit pas l'objet de leurs propres batailles. Tu as des gens ici qui t'aiment, qui ont confiance en toi et qui te veulent vivant. Ton autre toi, avant de perdre la mémoire avait déjà cette prédisposition à courir après les réponses et tu as vu où cela l'a conduit ?

    Avec douceur, elle déposait un baiser sur ses lèvres afin d'attiser la tempérance. Le nez de la jeune femme venait caresser le sien quand elle murmurait de nouveau :

    - Gare à celui qui s'en prend à mon amour.. mon trésor. Je ne les laisserait jamais faire.

    C'était loin d'être une simple note, non, c'était une promesse et intérieurement elle envoyait ses ondes autour de Leif pour qu'il soit enveloppé de toute la force et le courage qu'elle possédait. Elle en invoquait ses ancêtres les plus puissant pour venir l'aider à protéger son amant. En relevant ses prunelles vers celles de Leif, elle lui offrit un sourire :

    - Je t'aime et je sais que nous allons vivre une longue vie.. heureuse et pleine de disputes parce que tu ne m'auras pas écouté et que tu auras été aussi têtu que ta mère.

    Elle ne sait comment, mais elle essaya tout de même, en posant sa main sur la joue du brun, elle lui dévoila une vision nette. C'était celle de Leif qui revenait d'un raid. Le peuple était en liesse du retour des hommes. Le chez viking avait quelques cheveux blanc mais on voyait qu'il cherchait quelqu'un. Soudain, un petit garçon aux boucles brune poussa toute la foule et se jeta dans les bras de son père qu'il étreignit. Puis, venait ensuite la douce Matoaka qui tenait son ventre bien arrondi d'une autre grossesse et émue de revoir son époux. Sous la liesse de tout le monde, elle lui souhaitait un bon retour à la maison sous les hourra festifs et joyeux du reste du peuple.

    Enfin, elle retira sa main et laissa un petit rire amusé et heureux s'échapper de ses lèvres, surtout en voyant la mine interloquée de Leif :

    - Tu vois.. Rien n'est précisément écrit mais je sais.. je sens que tu ne dois pas poursuivre cette chimère. C'est nous ta famille et on a besoin de toi.


    immarcescible, Posté le vendredi 09 décembre 2022 18:37 Répondre

    Le corps encore tremblant d'un insolent plaisir, Matoaka se laissait tendrement entraîner par les mains possessivement délicieuse de son futur époux. Son sourire s'étirait tout le long de son visage quand elle gardait les yeux clos. Après ce moment si brutalement excitant, elle savourait la douceur retrouvée des baisers et du corps de Leif. Il avait raison, elle n'avait plus du tout froid et n'envisageait aucunement une couverture pour ce soir. Cela l'amusa même et la fit lâcher un petit rire amusé qui emplissait la pièce où ils étaient enchevêtrés dans leurs draps fouillis. Alors qu'elle pensait lentement s'endormir, elle fut happée par la question soudaine du colosse. Surprise, elle mit un instant avant de répondre. Lentement, elle vint à se tourner de sorte à être devant lui. Ses mains se posèrent sur ses joues quand elle se redressait de sorte à se trouver devant lui et que son nez caresse le sien :

    - Tu es un dieu Leif Erikson et tes parents sont bel et bien Hadès et Perséphone..

    Elle lui raconta la légende et l'histoire originelle de ces deux êtres surprenant mais hésita à évoquer la naissance du jeune homme. Voyant son silence et ses yeux briller d'une curiosité certaine, elle décida alors de continuer son récit mais déposa un baiser sur ses lèvres avant :

    - Ils sont venus se réfugier ici lors de ta naissance. Un autre dieu a eu une vision lui disant que tu le renverserais. Alors, pour te protéger, ils t'ont emmené ici pour que tu passes inaperçu. Mais ce dieu ennemi il.. il est celui qui pousse le malheur jusqu'à toi. C'est pour te détruire. Et c'est ainsi que je rentre dans l'équation.. Ta mère a fait en sorte que tu me trouves pour que je puisse être alerte aux signaux du danger qui t'entourent. Seulement.. Seulement elle n'avait pas prévu que tu t'éprennes de moi et inversement ce qui a mis en colère ton père dans un premier temps.

    Sachant qu'elle allait évoquer le sujet sensible, elle vint resserrer le plus rapidement possible ses jambes et ses bras autour du corps puissant de Leif afin de le maintenir contre elle et s'assurer qu'il ne la quitte pas pour aller en quête d'une quelconque vendetta ou crise de rage.

    - Il voudrait que tu le rejoignes et que tu combattes cet oncle qui souhaite à tout prix t'éliminer. Il est persuadé qu'en le tuant tu pourras vivre à ton tour sauf que.. sauf que je t'empêche d'une certaine manière d'accomplir le destin qu'il te souhaiterais. Mais.. Isha, mon amour écoute moi.. Le destin.. Notre existence.. Rien n'est jamais écrite. Ce sont nos choix qui déterminent ce que nous vivons. Alors je ne veux pas que tu les écoutent, jamais. Tu es un être exceptionnel dont le peuple a besoin et qui croit en toi, qui a confiance en toi. Tu n'es pas qu'un dieu, tu es un être doté de sentiments, de réflexions et de liberté. Tu es libre Isha. Ne crois pas qu'une épée de Damoclès sommeille au dessus de toi car je serais toujours là pour te sauver.

    Elle le sentait se renfermer et elle avait peur de perdre le Leif si doux et plein d'entrain et de vie des derniers jours. Son regard se faisait plus inquiet, plus attentif aux moindres gestes du jeune homme. Pour s'assurer qu'il revienne à elle, elle murmura taquine :

    - Et ne crois pas que c'est parce que tu es un dieu que j'obéirais plus..


    immarcescible, Posté le dimanche 04 décembre 2022 20:13 Répondre

    Leif ne se confiait que très peu, mais quand il le faisait, ça ne pouvait que continuer de faire fondre le coeur de Matoaka. A genoux devant la dépouille de ses parents, elle entendait ses doutes et ses questionnements. Serait-il en mesure d'entendre, un jour, qu'il est le fils des Dieux. Le jour où il voudrait des réponses, il saurait pertinemment vers qui se tourner et elle se prête à lui répondre. Ils rentrèrent ensuite dans leur petit refuge. Plus ils passaient de temps dans leur maison et plus elle l'aimait. Elle n'osait pas lui dire qu'elle préférerait presque vivre dans cette modeste demeure car elle savait l'énergie folle qu'il mettait à restaurer le skali. Aussi, elle savourait la chaleur simple et agréable du foyer de la maisonnette.

    Le fameux manuscrit entre les mains, elle l'observait songeuse en se demandant bien comment et pourquoi il avait pu s'ouvrir à so contact. Les formes écrites étaient étranges mais évoquaient à coup sur une histoire. Intriguée, elle tentait de décrypter les fameux sigles mais les lèvres de son fiancé vinrent lui faire rapidement abandonner le manuscrit. Elle riait, amusé en l'entendant évoquer ce qu'elle n'avait pas mis en avant de son propre fait et le laissa enlever les trop nombreux tissu qui couvraient son corps. Immédiatement, son corps repris une température qui avoisinait la fièvre. Une fièvre sensuelle, érotique qui n'allait très certainement pas la lâcher de la nuit.

    Lorsqu'il eut finis de s'accaparer sa poitrine, elle vint à son tour jouer avec lui. Dans un mouvement souple, elle réussit à l'allonger sur le dos et venir à califourchon sur lui, nue. Elle le dominait, les yeux brillant d'une excitation certaine quand elle déboutonnait avec une lenteur volontaire les boutons de sa chemise. Ses lèvres déposaient à chaque fois, un baiser sur le creux de son buste.

    - Vous évoquez mes tenues affriolantes mon seigneur mais puis-je évoquer à quel point vous avez été indécent tout à l'heure en jouant de votre hache ?

    Elle faisait bien évidemment référence à ce moment si torride dans la matinée où elle eut si chaud qu'elle avait du fuir avec Amara la place du village. Elle l'aida à retirer ses vêtements et une fois qu'il fut nu, repris ses nombreux baisers sur son buste avant d'arriver à son bas ventre. Ses seins nus et gonflés caressaient sa verge qu'elle semblait fièrement dressées. Son sourire espiègle lui donnait des allures de fée maline :

    - Vous m'avez allumé.. Le froid a quitté mes os à ce moment précis où.. bon sang.. te rends-tu compte de l'effet que tu peux me faire Isha..? Je suis trempée rien que d'y repenser.

    Lentement, elle vint par finir de descendre ses lèvres jusqu'à son sexe et le caressa, l'embrassa, le lécha avec une douceur exemplaire très excitée à l'idée de le voir se tordre de plaisir sous ses caresses. C'était si excitant, si plaisant de le voir de la sorte quand elle-même se retenait de lui demander de la caresser. Non, pour une fois, elle voulait le dominer, le rassurer, le combler. Quand sa langue ne s'enroulait pas autour de son membre, elle le suçotait, allait et venait entre ses lèvres tandis que ses doigts jouent à griffer ses cuisses et remontait à ses testitcules qu'elle massait et pinçait légèrement. Elle le sentait au bord du précipice et ne pu s'empêcher de simplement venir mordiller délicatement son gland, le pincer très légèrement juste pour le taquiner et voir sa réaction. C'était de bonne guerre, si lui assouvissait sa fureur sensuelle sur elle, elle aussi pouvait le provoquer.


    immarcescible, Posté le samedi 03 décembre 2022 14:05 Répondre

    Il était si enjoué, si plein d'énergie que cela revigora Matoaka. Elle passa les jours suivant emmitouflée dans une épaisse fourrure, encore frigorifiée par le froid du lac. Un mauvais rhume et une fatigue importante avait figé son corps et ce malgré ses nombreux baumes et ses nombreuses tisanes. Tout le monde était au petit soin pour elle mais Leif courait partout. Il lui semblait que lorsqu'elle ne dormait pas il se donnait à cent pourcent pour que tout soit prêt en temps et en heure, ce qui la faisait tendrement sourire. Au bout de deux jours, elle pu enfin trouver l'énergie nécessaire pour marcher un peu, accompagnée d'Amara qui avait passé son temps à surveiller son amie. Elle lui racontait tout ce qui se préparait pour la cérémonie ce qui ne faisait qu'envelopper l'amérindienne d'un doux sentiment de reconnaissance.

    Alors que Leif était en train de découper du bois, elle le contempla torse nu. Il était si séduisant dans cette posture, la sueur sur son dos coulant et ses sourcils froncés lui offrant cette moue concentrée. Cela l'amusa et fit naître un feu ardent au creux de son bas ventre qui la fit frissonner :

    - Tu ne te sens pas bien ? Tu as froid, demandait Amara sincèrement inquiète.
    - Non non non. Tout va bien, marchons encore un peu.

    Elles laissèrent Leif continuer sa tâche au loin pour mieux aller rendre visite au peuple qui se décarcassait pour rendre les prochains jours les plus festifs et grandiose possible. Plus les jours avançaient et plus Matoaka aimait ce peuple, ces coutumes. Sous leurs manières rudes et violentes se cachait malgré tout une chaleur humaine tout à fait exaltante. Chevalier s'occupait de la décoration avec Svala et Freya selon les désirs de leur future reine. Elle était extrêmement touchée de voir autant d'énergie pour ce moment si singulier. Après tout, c'était bien la première fois qu'un viking allait épouser une étrangère. Alors qu'elles finissaient leur grand tour, elle tombèrent sur Leif qui buvait dans le skali et le rejoignirent.

    La brune avait les yeux qui brillaient d'une joie certaine même si une légère fièvre pointait le bout de son nez. Elle posait sa main glacée contre le dos de son fiancé et lui offrit un doux sourire reconnaissant en lui disant :

    - Tu es fou d'organiser tout ça.. On aurait pu faire ça tout simplement tu sais. Je ne suis même pas là pour t'aider.

    Elle s'en voulait de ne pas être en mesure de l'aider plus que nécessaire, d'autant plus qu'il avait d'autres projets sur le feu comme le raid. Amara les laissèrent un instant pour se rendre dans la cuisine et donner quelques ordres. Le temps a l'extérieur était doux, très doux mais la brise venant du Nord arrivait encore à congeler la jeune femme.

    - Il me tarde d'être ta femme Leif Erikson, murmurait-elle en agrippant sa barbe d'ne main ferme afin qu'il se penche sur elle pour lui donner un tendre baiser, tu as le temps d'accorder un petit moment à ta future reine ?

    Profitant que personne ne les réclament, elle le laissa l'entrainer sur un petit sentier à l'écart pour faire une petite balade. Elle avait envie de se dégourdir les jambes et de se mêler aux arbres. A être enfermée de la sorte pendant deux jours, elle s'était sentie coupée du reste du monde et ne le supportait pas. Donc non, elle avait besoin de reprendre une routine plus dynamique. Bras dessus, bras dessous, elle l'écoutait évoquer tous les préparatifs et l'arrivée dès ce soir des autres Jarls. Elle lui demandait même des conseils sur la tenue qu'elle devrait porter ou encore les coutumes et autres traditions vikings pour ne pas heurter ces hommes de confiance.

    - Tu sais.. Chevalier m'a parlé de ce que tu lui a demandé. Je pense que tu pourrais obtenir ce que tu désires de lui si tu lui offrais quelque chose en retour.

    Bien sûr qu'il le savait, mais elle ne pouvait s'empêcher de doucement rire en voyant la mine sombre de son époux qui avait n'aimait pas être devant un chantage. Elle embrassait son bras, toujours en marchant et relevant son regard vers lui, amusée :

    - Tu le connais et tu sais ce qui va l'attendre une fois en France. Philippe va devoir épouser une femme et lui sera malheureux. Pourquoi ne pas lui proposer de rester ici et de devenir un Jarle par exemple ? Ou notre représentant à la cour de Philippe. Chevalier sait bien manier les mots et il pourra argumenter en notre faveur si nous voulons commercer avec les francs.

    Elle avait des idées politiques à tout va, c'était pour ça que son père aimait autant sa fille. Elle avait toujours des idées et cherchait toujours à améliorer toutes les situations même les plus rocambolesques. Ils marchaient sur son rythme à elle, léger et lent ce qui lui permettait de mieux sentir le parfum des fleurs autour d'eux. La Volva en elle reprenait de l'énergie et ses joues si blafarde depuis des jours reprenaient des couleurs, comme si le pouvoir étrange et invisible de la nature soignait sa protectrice :

    - En lui donnant un tel titre honorifique tu fais aussi de lui un symbole de ta capacité à évoluer et t'inclure dans la modernité. Le monde de demain nous appartient mon amour. Et tu as toutes les cartes en main pour faire de ce monde un endroit où tu règneras avec justice et où.. il faut que j'arrête de parler politique, n'est-ce pas ?

    Le visage de Leif semblait s'être détendu et ce léger sourire fit naître une inquiétude chez Matoaka. Elle savait par les commérages que les hommes n'aimaient pas forcément que leurs femmes soient trop entreprenantes, aussi, elle s'excusa de peur qu'il prenne ses conseils pour un désir de gouverner à sa place.


    immarcescible, Posté le mercredi 30 novembre 2022 17:38 Répondre

    Blottie dans la chaleur de Leif, Matoaka ronronnait presque de satisfaction. Il lui massait les cheveux, quand elle se collait à lui pour obtenir encore et toujours de sa chaleur. Un sourire apaisé s'était même formé sur ses lèvres. Même si elle était contre pour qu'il poursuivre Meghan en ours, elle ne pouvait résister à ses caresses si douce et ses mots si adorable. Ainsi donc, il avait réfléchit à cette possibilité, celle d'être père. Avec le peu de force qu'elle avait, elle se tourna vers lui en pressant sa poitrine contre son buste. Ses yeux brillaient d'une joie certaine quand elle mordillait sa lèvre inférieure :

    - Tu.. Tu es sérieux, demandait-elle en claquant encore des dents, tu voudrais vraiment qu'on fonde une famille ? Des bébés Leif si courageux et plein de fougue et des petites princesse que tu protégerais comme un ours mal léché contre les potentiels jeune homme ?

    Elle riait, amusée à l'idée de voir Leif plus vieux refusant net de marier ses filles. Ses bras enlaçaient la nuque du beau brun quand elle déposait un tendre baiser sur ses lèvres. Malgré le froid qu'elle ressentait encore, elle ne pouvait s'empêcher de se blottir contre lui quitte à sortir un peu son buste hors de l'eau. Lorsque le souffle lui manqua, elle murmura contre ses lippes :

    - Ne transmute pas s'il te plaît. Je ne veux pas que tu me quittes de nouveau. Meghan est loin d'ici je ne la sent pas à proximité et quand ce sera le cas je te préviendrais. S'il te plaît.. Ne pars pas.

    C'était assez rare que la jeune femme ne soit pas raisonnable. En effet, elle suppliait Leif de rester auprès d'elle. Un mauvais pressentiment la guidait et elle lui confia cette impression quand elle caressait sa nuque en lui faisant les yeux doux :

    - Elle veut que tu la cherches.. Que tu t'éloignes de la maison. Reste avec moi, avec nous. On doit vivre aussi. Si on passe notre temps à vouloir massacrer tous nos ennemis on n'y arrivera pas. En plus, j'ai besoin de toi pour préparer le raid. Tout le monde a pris du retard à cause de moi et de ma chute au lac. S'il te plaît Isha. Reste avec moi.. Sil te plaît..


    immarcescible, Posté le dimanche 27 novembre 2022 20:52 Répondre

    Sexyyyyyyyyy :$


    immarcescible, Posté le dimanche 27 novembre 2022 20:52 Répondre

    Il lui semblait que jamais encore Leif n'avait fait preuve d'une telle curiosité. Qu'il n'avait pas essayé de trouver du sens dans les rapports humains. Cela avait tendrement fait sourire Matoaka qui avait répondu à toutes ses questions sans le juger, à aucun moment. A chaque fois, elle avait répondu sincèrement et avec patience. C'est ainsi qu'ils s'étaient endormis, tendrement enlacés l'un à l'autre, le coeur apaisé et l'esprit emplis de rêves, d'espoirs et projets.

    Néanmoins, au petit matin, c'était comme si le charme s'était rompu à cause de cette maudite fenêtre ouverte. Matoaka voyait bien la lueur d'inquiétude revenir dans l'esprit de Leif et elle voulut le rassurer. Mais elle savait très bien qu'il était têtu et qu'il ne se sentirait bien qu'après avoir été faire un tour dans les bois avec son escouade. Alors, prenant Loki dans ses bras, une fois prête, elle se rendit au village rejoindre Svala et Freya qui avaient repris le travail des champs. Elle retint le brun un instant en posant sa main sur sa joue :

    - Je suis persuadé qu'il ne s'agissait que d'un coup de vent mais si ça peut te rassurer va faire un tour dans les bois. Reviens-moi juste rapidement. Tu sais que j'ai vite froid quand tu es loin de moi..

    Lui offrant un doux sourire, elle caressait sa joue avant de se lever sur ses pieds pour lui donner un tendre et profond baiser avant de le laisser filer. Plusieurs hommes, dont Holga surveillait la future Reine et les villageois. L'amérindienne se sentait en sécurité, persuadée désormais que le danger ne viendrait jamais des hommes aux alentours, ni de Meghan pour le moment. Le danger n'était autre qu'Hadès. D'ailleurs, une fois que Leif fut partit, elle revit la figure spectrale du Dieu sur le flanc de la montagne qui menait au lac gelé. Elle lâcha sa fourche en comprenant qu'il voulait qu'elle le suive. Prétextant un besoin de se rendre dans la montagne pour prier, elle quitta le champ et demanda même à Loki de rester au champ.

    Bjorn jouait avec le louveteau et ne voyait pas d'un bon oeil cette escapade de sa tante. Malgré son insistance pour venir, elle refusa, fermement. C'était mal connaître l'esprit têtu des Erikson. Sous l'influence d'un Loki nerveux, il se décida à suivre la jeune pour s'assurer que tout irait bien pour elle. Avec aisance et rapidité, elle monta donc la montagne jusqu'à atteindre le dit lac. Ce dernier était encore glacé même la neige fondait. La brune s'avança en direction du Dieu qui l'attendait au milieu du lac. Elle n'avait pas peur. Une certaine assurance l'habitait jusqu'à ce qu'il se tourne enfin face à elle. Il avait un drôle de sourire qui ne la rassura pas du tout et qui lui fit penser qu'elle avait été sotte pour le suivre jusque là.

    - Ainsi donc tu me vois enfin.
    - Depuis quand nous observez-vous ? Leif a choisit la vie qu'il voulait mener. Jamais il vous suivra.

    Hadès souriait toujours. Il portait une simple cape qui épousait une musculature impressionnante. Ses long cheveux blanc étaient éblouissants et ses yeux.. ses yeux brouillaient l'esprit de Matoaka qui lorsqu'elle les regardait entendait les hurlements de toutes ces pauvres âmes perdues. Elle avait très mal à la tête mais devait se concentrer sur sa tâche : celle d'ordonner au dieu des morts de laisser son amant en paix.

    - Que lui voulez-vous ? Votre épouse le protège et moi aussi. Jamais on ne vous laissera faire.
    - Tu sais petite volva. Mon fils a un potentiel que tu ne saurais imaginer. Tu crois sincèrement qu'en le domestiquant tu arriveras à le rendre plus humain mais tu te trompes. Leif a toujours été un meneur. Sa place est avec les siens. Très rusé ton médaillon. Perséphone a créé le même pour moi des siècles plus tôt. Mais ce que tu ne sais pas c'est que ce médaillon va accumuler la bête qui est en lui. Il doit pouvoir l'exprimer et tu le brimes. Est-ce mieux ?

    Là, Matoaka ne s'y attendait pas. Est-ce que Hadès se souciait-il vraiment du sort de son fils ? Est-ce qu'elle avait vraiment changé Leif à ce point en le dénaturant ? Jamais elle n'aurait souhaité une telle chose et alors qu'elle allait répliqué qu'il avait tort, il reprit :

    - L'autre toi était plus compréhensive. Elle avait goût au sang, à la barbarie. Elle avait permis à Leif de se révéler encore plus sanguinaire qu'il pouvait l'être et j'ai besoin que tu redeviennes cette femme pour l'aider à accomplir sa tâche.
    - Sa.. Sa tâche ?
    - Mh, mh. Celle de mon fils est simple, elle consiste à détruire Zeus, Ôdin, peu importe comment vous l'appelez. Et il deviendra à son tour le Roi des Enfers.

    Secouant la tête négativement, elle refusait totalement toute implication de la sorte. C'était une situation qui la dépassait, d'autant plus que les affaires des Dieux avaient des conséquences qu'elle ne pourrait jamais préméditer ou encore contrôler. Elle n'était qu'une humaine quand Leif était un Dieu. Ne devait-elle donc pas le pousser à accomplir son destin ?

    - Il a assez végété sur terre et il apprit de ses erreurs. Mais mon épouse est bien trop bienveillante, bien trop bonne. Elle oublie parfois que nous ne sommes pas là pour aider les humains.
    - Je croyais que Leif n'était pas humain.
    - Ne nouez pas avec les mots.

    Il venait de se rembrunir en l'entendant évoquer ce fameux contresens. Dans un autre contexte, la jeune femme aurait pu sourire de son espièglerie mais son futur beau-père n'avait pas l'air d'avoir tant d'humour que cela. Il était si impressionnant qu'elle ne pouvait s'empêcher de se sentir toute petite, mal à l'aise. Il s'approchait d'elle, la surplombant totalement de son corps imposant, prêt à la dévorer s'il le pouvait.

    - Tu es comme ma femme Matoaka. Bonne, douce, bienveillante. Si j'aime Perséphone pour ses qualités, elle me fait aussi hurler de mes gonds quand elle se rend si bonne et altruiste avec les humains. Leif n'a pas a être bon. Il doit être un guerrier, un battant.
    - Je ne vous laisserais jamais faire. Il est bien plus que votre simple sous-fifre ! C'est un roi aimé et respecté, nombre de gens croient en lui. Il ne vous suivra jamais !
    - C'est bien ce que j'ai compris, répondit-il avec un sourire malveillant sur les lèvres, et je sais ce qui va le faire revenir à moi.

    Son sourire correspondait à une action préméditée que Matoaka n'avait pas vu venir. En effet, le craquement de la glace sous ses pieds la fit revenir sur terre et elle comprit. L'unique but d'Hayes était de la faire périr et ce serait aujourd'hui. Sans qu'elle puisse dire un seul mot, ou encore s'échapper, la glace se rompit sous ses pieds et elle tomba dans l'eau glacée. Elle tentait de se rattraper à la glace mais elle ne faisait que glisser et plus elle se débattait plus elle perdait en énergie. Hadès la regardait se noyer. Il souriait, satisfait. Elle allait mourir ici, sous le lac glacé et il allait gagner.

    Le froid engourdissait trop rapidement son corps et elle perdit connaissance. Se laissant lentement avaler par l'eau glacée, son esprit fit une sorte qu'elle s'endorme lentement. Un rêve doux, joyeux. C'était presque agréable. Alors qu'elle entendait le rire de Leif dans son coma glacé, elle sentie qu'on prenait son bras et qu'on l'extirpait hors de l'eau. C'était Björn qui la soulevait et la sortait de la glace. Loki hurlait à la mort en aboyant. Lui voyait Hadès quand Bjorn n'avait pas conscience de la présence du Dieu. Matoaka était inconsciente, elle ne voyait rien mais son corps lui avait des soubresauts face à la chaleur ambiante de l'extérieure. Rapidement, le jeune homme retira sa veste et l'enroula autour de sa tante et ordonna à Loki d'aller chercher de l'aide ce qu'il fit.

    Il ne fallut pas longtemps pour que quelques hommes du village arrivent. Ils portèrent rapidement la jeune femme jusqu'au dispensaire où Svala et Freya s'occupèrent d'elle. Amara était arrivée en courant et avait ordonné des bassines d'eau chaude. Les filles frictionnaient le corps glacée de leur amie quand elle reprenait lentement conscience d'elle-même. Les Philippe arrivaient aussi, malgré leur interdiction de sortir. Ils demandaient à Bjorn ce qui c'était passé et il expliquait qu'il ne comprenait pas :

    - Elle a été attirée par quelque chose dans la montagne.. Elle.. Elle parlait avec quelqu'un ou quelque chose mais je ne voyais rien.. Et.. Et elle est tombée.. La glace..

    Tout le monde se posait mille et une question mais l'intéressée était incapable d'y répondre. Ce n'était pas le meilleur des moments.

    Matoaka reprenait doucement conscience d'elle-même. Son corps frissonnait quand elle se recroquevillait sur elle-même. Loki sentait la douleur d sa maîtresse et venait se blottir contre elle. La jeune femme le serrait fort contre elle et suppliait d'une faible voix à Amara de lui faire une tisane avec les plantes indiquées. Il lui fallut quelques heures avant de reprendre lentement une température normale. Allongée devant le feu dans leur maison, elle somnolait, Loki sur ses pieds, tout un tas de fourrure sur elle et elle regardait le fameux foyer apaisant. Elle repensait à sa conversation avec Hadès et les menaces qu'il avait proféré. Est-ce qu'il tenterait de nouveau à l'avenir à la tuer ? Etait-ce cela la malédiction ? Elle n'avait aucune idée de ce que cela voulait dire. En levant les yeux, elle vit la moue triste et contrariée de Perséphone. Elle l'observait en silence, en tenant ses mains nerveusement. Elle semblait si belle et si jeune. Difficile de croire qu'il s'agissait de la mère de Leif.

    - Hadès est un peu brutal mais son fond n'est pas mauvais.
    - Il a quand même essayé de me tuer.
    - C'est pour ça que j'ai guidé Bjorn à te suivre petite femme. Il t'a sauvé de lui-même, guidé par son instinct.
    - Est-ce que ça va être ça notre vie ? Survivre aux tentatives d'Hadès ?
    - Non.. Je lui ai fait promettre de ne pas attenter à ta vie. Leif doit venir à nous sans avoir à perdre la raison de son humanité. Disons que.. disons que mon époux est un peu trop téméraire.

    Si elle en avait eu l'énergie, elle aurait rit ou pesté contre ce Dieu des enfers. Mais la douleur du froid avait gelé les os de tout son corps. Elle hocha simplement de la tête et écouta donc Perséphone lui évoquer la promesse d'Hadès. Il n'essayerait pas de la tuer à l'avenir sous peine de voir sa femme déserté pendant plusieurs années et siècles les Enfers. Comme quoi, le chantage sexuel pouvait aussi être un bon élément de pression chez les Dieux. Cela fit sourire Matoaka. Au moment où elle s'endormait, enfin, rassurée du regard bienveillant de la déesse, elle entendit la porte s'ouvrir violemment. Le son sur le plancher n'était autre que les pas de Leif. Un Leif qui allait forcément être inquiet. Elle bougea lentement et en sentant sa main si froide sur sa joue elle le supplia de ne pas la toucher :

    - Tu es glacé Isha, murmurait-elle les sourcils froncés, je vais bien.. tout va bien.. j'ai bêtement glissé.. ta future femme est terriblement maladroite. Tu as trouvé ce que tu cherchais ?

    Il était hors de question qu'elle évoque Hadès. C'était ce que ce dernier cherchait. Attiser la colère de son fils pour le faire devenir ce qu'il attendait de lui. Mais Matoaka ne le laisserait jamais gagner.


    immarcescible, Posté le vendredi 25 novembre 2022 17:50 Répondre

    Il lui fallait absolument oublier les yeux étincelant d'Hadès. Car oui, ça ne pouvait être que lui qui l'observait de la sorte. Est-ce qu'en affirmant ses capacités ce soir elle avait laissé entrer le Dieu dans leur existence ? Dès le lendemain, elle se promit de faire le nécessaire pour ne pas qu'il s'approche de Leif, coûte que coûte. Alors qu'elle tentait de se concentrer pour ne pas hurler, Leif pris pour de la fatigue sa mine catatonique, ce qui était très bien. Nue et blottie contre lui, elle repensait avec douceur à ce qu'il venait de lui confier. Son coeur semblait faire fondre l'épaisse couche de glace qui sommeillait autour de lui. A vouloir trop penser à sa sécurité, elle avait presqu'oublié qu'il commençait tout juste à se confier et aller vers les autres. C'est en cela qu'il devait un meilleur Roi. En se souciant de son peuple et des autres. C'est en cela qu'elle l'aimait tous les jours un peu plus.

    Loki ronflait au pied du lit dans son petit panier en osier recouvert de plaid. Ce son si adorable endormait presque Matoaka qui se sentait en sécurité dans les bras de Leif et veillée par leur loup protecteur. Elle souriait doucement, ses lèvres blottie contre la peau brûlante du buste de son fiancé :

    - Je n'ai pas de recettes miracle Isha.. Ecoute les gens, c'est ce dont ils ont besoin. Ecoute les comme je le fais avec toi. Comme tu aimerais être écouté.

    Lentement, elle se faufila contre lui pour mieux se retrouver face au brun. Elle sortait ses mains de l'épaisse couette qui les recouvraient pour venir caresser ses joues barbues et contempler ses iris d'un bleu doux, calme, apaisé. Cela la rassura.

    - Concernant Bjorn il veut ton aval pour revenir sur le terrain à tes côtés. Il est tellement fier de toi, il a envie de te suivre partout et que tu sois fier de lui. Aide-le, entraine-le et guide-le. Je sais que tu sauras quoi lui dire et.. et dès fois on a pas besoin de mots pour pouvoir être présent pour les gens qu'on aime. Il suffit d'une caresse, d'un sourire, d'un simple mot gentil ou même une balade pour que tout aille mieux.

    Elle lui offrit un sourire attendri quand elle déposait un doux et léger baiser sur ses lèvres avant de reprendre dans un murmure :

    - Tu sais ce qui m'apaise, moi ? C'est lorsque tu souris. Lorsque tu ris et que tes yeux brillent comme tout à l'heure lorsque je t'ai annoncé notre avenir. Tu ris si peu que j'ai l'impression qu'il s'agit d'un trésor rare. Un trésor que je vénère et que je cherche toujours. J'aime voir ton visage se détendre. Comme ce soir.

    Ses doigts étaient venus masser ses tempes et sa crinière quand elle lui redonnait un autre baiser mais langoureux cette fois-ci. Blottie contre lui, profitant de sa chaleur, elle se sentait en sécurité et heureuse. Ils n'avaient pas reparlé de cette fameuse vision qu'elle avait eu plutôt dans la journée. Cet accouchement dont elle avait rêvé et qui lui semblait pourtant si loin. Elle avait encore l'étrange sensation de son corps sentant un petit être en elle mais n'avait aucune idée de s'il s'agissait d'une fille ou un garçon pour succéder au grand roi Leif Erikson. Mais l'image d'un Leif papa ne pouvait que ravir son coeur qui rayonnait de joie à cette pensée. Là, dans l'intimité de leur maison dont elle raffolait elle murmura :

    - Tu.. Tu y pensais à ça ? A avoir une famille ? Ca ne rentre peut-être pas dans tes projets et je le comprendrais. Après tout, tu aimes l'aventure et je sais que tu veux voyager. Je ne voudrais pas que ça te frustre, que ça t'empêche de faire ce que tu aimerais.

    Une partie d'elle se sentait si coupable de penser à ce bonheur quand Feargus et Amara souffrait de la perte récente de leur enfant. Vite, Matoaka reprit Leif dans ses bras, persuadée qu'il se sentait lui aussi coupable d'avoir libéré cet enfant. Son visage blotti contre son cou, elle le tenait fermement contre elle en couvrant le creux de son cou de baisers, comme pour effacer sa peine certaine.


    immarcescible, Posté le mercredi 23 novembre 2022 19:57 Répondre

    Amara, Svala et Freya l'aidait à se préparer. Jamais encore Matoaka n'avait participé ou fait une cérémonie de cette envergure. Leif semblait avoir si confiance en elle qu'il n'avait pas pensé qu'elle puisse être nerveuse par cette première. Car oui, c'était la première fois qu'elle allait bénir un lieu. Tous les regards étaient braqués sur elle. Ne pas s'évanouir, ne pas s'évanouir se répétait-elle. Le tout était de se concentrer, de ne pas se laisser influencer par la peur. Plus facile à dire qu'à faire avait-elle envie de hurler à sa confiance. Vêtue d'une longue toge blanche et d'un drap de couleur similaire au dessus de sa tête, elle avançait suivie de près par un cortège de danseurs et de chanteurs. Il s'agissait de chants dédiés aux dieux norvégiens. Matoaka n'en connaissait que très peu. Aussi, quand elle se retrouva devant l'autel, elle prit soudainement peur.

    Et si elle faisait une énorme bêtise ? Et si elle bénissait mal le skali ? Et si Leif avait eu tort de lui faire confiance ? De lui donner une telle place qu'elle ne méritait assurément pas. Elle relevait son visage vers le sien, dans la recherche de son regard. Elle paniquait à l'idée de ne plus le retrouver dans la foule aux yeux commun quand elle n'était absorbée que par les siens. Pourtant, son oeil tiqua. En effet, en se redressant, elle pu croiser le regard similaire de Leif mais dans le corps d'un autre homme. Surprise, elle plissa les sourcils en se demandant bien qui pouvait être cet homme au même regard que celui de Leif. Car c'était certain, c'était le même.

    Elle allait dire un mot, l'interpeller, d'autant plus qu'il la fixait avec une haine incommensurable. S'il l'avait pu, il l'aurait littéralement tué sur place. Mais dans son mouvement, elle fut stoppée par la main inquiète d'un Leif qui venait de la rejoindre. Secouant la tête, elle lui assura que ça allait et qu'elle devait juste se concentrer. Pourtant, elle ne cessait de revoir ce visage, ces yeux si particuliers qui allaient désormais la hanter. D'autant plus qu'en jetant de nouveau un regard vers la foule elle se rendit compte qu'il avait disparu.

    Le rituel consistait à amener les esprits bienveillants et de bonne fortune dans le skali. Faire disparaitre tout trace de la mort. Le petit Leif était immolé sur le bûcher et Maotaka faisait couler le sang d'une chèvre pour honorer les Dieux face au défunt. Elle entendait derrière elle Amara qui pleurait. L'amérindienne entendait et ressentait son chagrin. Ça lui broyait le coeur et l'âme. En plus de s'occuper du skali et de l'âme de l'enfant, elle fit en sorte qu'il puisse partir en paix. A la fin, Svala vint apposer sur le front de la brune son pouce noyé de sang pour le laisser couler le long de son visage. Concentrée, en contact avec les Esprits, elle se laissait lentement envahir par leurs souffles et répétait inlassablement les paroles et amérindiennes qui se mêlaient à la langue norvégienne.

    Prise dans son tumulte et son rituel, elle ne pensa pas à la foule et se défit littéralement du regard qu'ils pouvaient avoir sur elle. Lorsqu'elle eut finis, le peuple vint à s'agenouiller devant elle quand Svala maintenait la nouvelle Volva de la ville. Elle perdit légèrement connaissance, vidée de toute son énergie. Les esprits et les Dieux avaient réinvestit les lieux mais cela n'était pas sans conséquence, elle le savait. N'arrivant plus à tenir sur ses jambes, son frère vint à la rescousse quand Amara pleurait dans les bras de Leif. Feargus s'était réfugié sur la plage, incapable de rester plus longtemps :

    - J'emmène ma soeur dans la fameuse maison, expliquait Nashoba à Leif, elle doit se reposer.

    Matoaka ne pourrait dire combien de temps elle dormit. Tout ce dont elle se souvenait c'était du feu, des chants, des danses et de ses incantations. Elle avait encore la sensation très précise des esprits dans sa tête, dans son corps. Elle s'était laissée envahir par eux, possédée pour s'assurer que le skali et la ville serait en sécurité et bénie de leur puissance positive. La jeune femme venait à se redresser et s'étonnait de ne porter sur elle qu'une tunique simple. L'étrange impression d'avoir rêvé de ce rituel lui venait en mémoire. Elle n'était pas au skali mais dans la petite maisonnée que Leif lui avait présenté dans la journée et il faisait nuit dehors. Le feu de la cheminée était alimenté par plusieurs bûches mais elle était toute seule. S'enroulant dans une fourrure épaisse, elle sortie dans la fraicheur de la nuit pour chercher son fiancé ou une quelconque âme. Mais personne.

    La maisonnée était tout près de la plage, si bien qu'elle pouvait aisément aller jusque'à la plage. Elle s'y rendit, à pieds en quelques minutes pieds nu. Ses orteils touchaient l'eau glacial quand elle resserrait la fourrure autour de ses épaules. L'eau était d'un bleu sombre quasiment nuit mais la lune était si haute qu'on pouvait la voir se refléter à la surface lisse. Matoaka était émue et se sentait étrange. Soudain, alors qu'elle soupirait, une forme sortie de l'eau ce qui la surprit. La forme venait à elle. Non, elle fonçait. Par réflexe, elle s'écarta en vitesse et retourna en courant à la maison où elle se prit un Leif de plein fouet. Il devait sans aucun doute la chercher aussi car il semblait rassuré et surpris. Agrippée à lui, elle tremblait et de froid et de peur :

    - J'ai vu.. J'ai vu une forme.. Sur l'eau mais.. mais ce n'était que mon imagination sans doute.. Reste.. Reste avec moi..

    Blottie contre lui, elle claquait des dents à cause du froid et de la peur. Mais elle ne lui avouerait jamais pour la peur. Non, elle préférait se blottir contre lui pour obtenir sa chaleur alors qu'ils s'installaient face au feu. Enfouissant son visage dans son cou pour y plaquer son nez glacé, elle l'entendait évoquer la douleur d'Amara et de Feargus et s'en voulu de ne pas avoir pu les aider :

    - Je veux que tu me promettes la même chose Isha.. Si je ne pouvais pas te revenir. Ne viens pas me chercher. Laisse moi partir. Le prix à payer est bien trop fort. Je ne veux pas que tu sacrifies ton honneur ou encore ta vie pour ramener la mienne. Tu devras accepter, d'accord ?

    En voyant sa moue grognon et ses mots vifs, elle posa rapidement sa main sur ses lèvres pour qu'il finisse de l'écouter :

    - Je serais toujours là à veiller sur toi. Jamais je ne te quitterais Leif Erikson. Jamais de mon plein grès mais.. mais je ne veux pas que tu cours après un fantôme.


    immarcescible, Posté le samedi 19 novembre 2022 08:12 Répondre

    Les joues de Matoaka ne perdait toujours pas de leur couleur rosée. Les mots de Gunter ne l'avait pas blessé. Bien au contraire, ils l'avaient même amusé. L'ignorance poussait bien des hommes à être absurdes, elle le savait, et elle savait aussi qu'elle aurait adoré voir sa tête lorsqu'elle lui aurait fait du pain avec les fameuses graines qu'elle a planté dans le sol. Ô que oui, elle aurait bien ris. Mais en attendant, Leif lui, alla bien plus loin. Quand les armes sur les boucliers résonnaient, elle, se sentait terriblement gênée. Pas dans le mauvais sens du terme, bien au contraire. Pour la première fois de sa vie, elle avait l'impression d'enfin être reconnue et d'appartenir à un groupe. Non pas que son peuple ne l'appréciait pas à sa juste valeur, bien au contraire. Disons qu'il a toujours sommeillé chez la jeune femme un désir de découverte, d'aventures et d'entraide. Sa bienveillance l'avait toujours conduite à aider les autres. Et là, les hommes de Leif, avec la grâce de son discours, l'avait célébré pour cela.

    Mais ce n'était pas la dernière des surprises. le trône qui sommeillait désormais à côté de Leif lui fit briller les yeux. Ainsi, il la voyait telle une égale et cela fit pincer de joie son coeur. Même si il y a leurs proches ou encore leurs domestiques, elle ne pu s'empêcher de venir s'asseoir sur ses genoux et prendre son visage entre ses mains pour lui donner un profond et langoureux baiser de reconnaissant. En relâchant ses lèvres, elle lui murmura de doux je t'aime en amérindien tout en caressant sa joue avec douceur les yeux pétillant d'une joie encore contenue. Rapidement, le louveteau réclama son attention. Cela la fit doucement rire et elle retourna à lui en expliquant à son fiancé :

    - Désolée Isha.. Mais une autre petite bête pleine de poils réclame ma présence.

    Le petit loup jouait dans l'eau. Toutes les servantes étaient autour de leur future reine à contempler le petit animal qui semblait moins effrayé par la présence humaine. Il semblait pavaner ce qui faisait rire toutes les jeunes femmes y compris Matoaka qui lui donnait son bain. En plus d'aboyer, il chantonnait ce qui lui donnait des airs de Dieu. L'essuyant contre elle, elle revint près de Leif qui avait bougé vers la cheminée tout en gardant l'animal si blanc et pur contre elle :

    - Qu'est-ce que tu penses de Loki ? Comme prénom.. On sent bien qu'il a un petit air malin. Non ? Sa peau est aussi blanche que la lune. Je sais que tu as un dieu dans ta religion qui se nomme ainsi. Est-ce que tu penses que ça lui conviendrais ?

    Il ronronnait littéralement dans les bras de sa nouvelle maîtresse qui lui donnait une gamelle de lait. Il lappait avec beaucoup d'envie, si bien qu'il bu tout très rapidement. Une servante vint ensuite pour apporter les bouts de viande coupé finement qu'elle donna ensuite au petit Loup toujours affamé. Il dévora littéralement son assiette avant de se poser contre le feu épuisé. Matoaka en profita pour venir s'asseoir sur les genoux de son Roi en enfouissant son visage dans son cou. C'était un moment de tendresse simple dont elle profitait.

    - Et après ça, tu crois toujours que tu es un monstre Leif Erikson ? Tu es la personne la plus douce, la plus gentille et la plus sincère que j'ai été donné de rencontrer.

    Sa main prendre la sienne quand leurs doigts s'entrelaçaient avec douceur. Matoaka ne pouvait s'empêcher de sourire quand elle déposait un doux baiser sur sa barbe, à l'endroit de sa mâchoire avant de reprendre d'une voix toujours aussi douce :

    - Je suis fière de toi tu sais et tu peux l'être aussi mon adoré.

    Elle avait envie de lui dire qu'il lui tardait d'être sa femme mais au même moment, elle eut un flash, une vision qui le fit souffrir. Les yeux clos, elle ressentait une énorme douleur l'envahir, plongeant ainsi ses doigts dans le bras de Leif. Lorsqu'elle reprit connaissance, Loki était à sa pieds en aboyant inquiet quand Leif l'observait sans comprendre. Elle reprenait son souffle, envahie par un doute profond et une peur sourde. La malédiction dont parlait Leif n'était sans doute pas écrite puisqu'avec ce qu'elle venait de voir, un espoir, un grand espoir sommeillait en elle désormais. Sa main se posa sur la joue de Leif qui avait, visiblement, besoin d'être rassuré. Elle lui offrit un doux rire même si elle tremblait encore du choc de la vision. Voilà bien longtemps qu'elle n'en n'avait pas eu. Son front contre le sien, elle murmurait uniquement lui pour qu'uniquement lui puisse l'entendre :

    - J'allais te dire que rien ne pouvait me rendre plus heureuse mais.. mais les esprits sont de bien étranges joueurs. Ils m'ont envoyé une vision Isha.. La vie.. Celle que nous allons créer un jour. Tu vois, il y a de l'espoir pour nous, pour toi. Alors je veux que tu oublies cette fichue malédiction désormais car je suis certaine que nous allons avoir de beaux jours devant nous. C'est même une certitude. Alors.. Alors il faut qu'on continue de s'aimer fort et aussi passionnément que nous le pouvons.


    immarcescible, Posté le mercredi 16 novembre 2022 17:53 Répondre

    Une soirée de folie et une nuit douce. Matoaka avait un sourire aux lèvres au réveil même si Leif lui avait manqué. Elle ne pu s'empêcher de demander à Svala s'il faisait souvent des expéditions de la sorte. La blonde lui répondit en levant les yeux au ciel que déjà enfant il adorait disparaître de la sorte dans les bois pour partir à l'aventure. La vision d'un petit Leif qui court dans les bois fit tendrement sourire l'amérindienne.

    - Il devait être adorable, n'est-ce pas ?
    - Un vrai petit démon de fierté oui !

    Les deux jeunes femmes riaient ensemble avant de finir par se préparer. Tout un tas de tâches les attendaient, notamment continuer à préparer les champs pour les futures récoltes. Comme l'avait expliqué l'amérindienne. Cette période était vitale car la terre devait recevoir le plus rapidement possible les graines nécessaires pour développer les légumes attendus. Les viking étaient perplexe. Ils avaient du mal à imaginer que ces petites graines puissent produire de la nourriture. En même temps, il ne s'agissait pas d'un peuple d'agriculteur. Ils avaient toujours pillés et volés sans jamais rien faire pousser.

    Aussi, Matoaka devait leur expliquer l'importance de pouvoir se sustenter soi-même. Les femmes lui faisaient beaucoup plus confiance que les hommes qui ne rêvaient que du raid. A croire qu'il n'y avait que l'aventure pour les intéresser.

    Mais ce n'était pas grave. Les femmes étaient fortes, indépendantes et n'attendaient pas l'aval des hommes. C'était en cela qu'elles se reconnaissaient en Matoaka. Toute la matinée donc, elles bêchèrent, plantèrent et préparèrent la terre sous les regards et les moqueries de certains hommes. Aussi, lorsque le cor résonna, ils se rendirent vers leur chef qui les avaient ignorés dans un premier temps pour venir vers sa future femme.

    La jeune femme était couverte de terre, les cheveux ramassés en une natte toute défaite. Ses joues étaient rougies par l'effort quand elle avait retroussé les manches de sa tunique et pris un pantalon d'enfant pour travailler. Elle poussait un petit cris de surprise en voyant le louveteau fragile et apeuré dans les bras de Leif et vint le prendre délicatement dans ses bras. Il léchait sans peur la joue de la jeune femme qui riait tendrement avant de poser ses prunelles brillantes vers son fiancé :

    - Isha.. C'est le fameux louveteau ? Tu l'as sauvé.. On va le nourrir comme un prince et il sera notre fidèle compagnon.

    Agrippant le haut de chemise du brun, elle l'abaissa vers elle et lui donna un profond et tendre baiser malgré les yeux indiscrets des hommes dont elle se moquait toujours.

    - Merci mon amour, murmurait-elle tendrement, je t'aime Leif Erikson.

    Alors qu'elle le laissait s'échapper de ses mains, elle venait enrouler un plaid donné par une des servantes pour réchauffer le louveteau qui s'endormait. Matoaka demanda à ce qu'on lui prépare un petit bain pour l'animal et un bol de lait avec de la viande crue. Ensuite, elle allait évoquer le travail fait par les femmes quand un des soldats de Leif vint le prendre à partit :

    - Mon Roi. Avec tout le respect que je vous dois, votre femme veut nous faire manger des graines. Il est hors de question que je me nourrisse de ça et le reste des hommes y comprit. On se pose des questions sur les.. sur les.. sur les capacités et pouvoirs de l'amérindienne. On dirait de la sorcellerie. Nos traditions veulent qu'on pillent ? Pourquoi travailler quand on récupèrent ce que les autres font ? C'est plus facile !


    immarcescible, Posté le lundi 14 novembre 2022 15:17 Répondre

    Lentement, l'amérindienne s'était laissée approcher par le Roi Viking. C'est qu'il savait parfaitement faire aussi. Blottie dans ses bras en reprenant son souffle, Matoaka n'en revenait pas des beautés du fond de la grotte sous l'eau. Bien dissimulé, secrètement gardé, elle était vraiment fascinée de ce lieu improbable. Ses bras avaient décidés de s'enrouler autour du cou du jeune roi quand ses jambes enlaçaient ses hanches. Pressant ses seins ronds et fermes contre son buste, elle le taquinait en frôlant ses lèvres des siennes :

    - Cesse donc de dire des âneries veux-tu, murmurait-elle amusée, comme si je voulais d'une autre vie ? Je dois juste comprendre, savoir et apprendre. Si je dois devenir ta reine, je dois aussi connaître ton peuple et pour ça, ses traditions.

    Avec fermeté, elle vint tirer sur la crinière de Leif en arrière pour mordre son cou avant de le lécher. Sa langue remontait jusqu'à ses lèvres qu'elle dévorait d'un baiser ardent et sauvage. La source lui avait donné certaines envies, ou peut-être même Leif qui sait. Toujours est-il qu'une petite louve cherchait à provoquer son ours de fiancé pour le punir aussi de son comportement bien trop zélé avec l'alcool la veille :

    - Mais si je n'ai pas aimé te voir dans cet état, c'est parce que n'importe qui aurait pu t'attaquer. C'était te mettre en danger. Heureusement que tu as une fiancée qui sait manier des poings pour te protéger. Sans ça, Chevalier t'aurait embroché après m'avoir entaillée.

    Elle revenait en effet sur le marché qu'elle avait fait avec les garçons et le fameux plan qu'il avait eu. La jeune femme lui expliqua les avoir cachés et enfermés dans le dispensaire sous la bonne garde de Hedda en attendant le départ pour la France. Elle lui raconta ensuite tout ce qu'elle avait mis en place dans la matinée avec l'aide de Feargus et d'Amara, notamment l'exercice des semences et la création d'une nouvelle grange pour entreposer les futures récoltes. Parce qu'elle était persuadée que la récolte serait excellente cette année. Elle évoque la dispensaire et les soins qu'elle avait prodigué avant de venir dans la grotte réservée au Roi. Cela la fit doucement sourire mais ne l'empêcha pas de venir s'excuser d'avoir pénétré le lieu sans son autorisation :

    - Tu crois que tes Dieux vont me punir pour avoir osé poser un pieds ici ? Ou est-ce que je dois me faire pardonner ?

    Taquine, elle revenait embrasser les lèvres de Leif. Ses mains s'agrippaient à sa crinière quand elle dansait dans l'eau contre lui. Dans les traditions amérindiennes, s'unir à son âme soeur dans un lieu sacré ne peut être que de bons augures. Aussi, elle ne se gênait pas pour descendre l'une de ses mains entre leurs deux corps pressés afin de caresser son érection naissante. Cela la fit doucement sourire et vint mordiller de nouveau la lèvre du colosse avant de lui faire les yeux doux :

    - Tu penses que c'est interdit ça aussi ou est-ce que je suis sur la bonne voie pour me faire pardonner, mon Roi ? Comment tu punirais une jeune femme sans défense qui a osé entrer ici sans ton autorisation ?

    Lentement, elle poussait Leif contre la roche sans lâcher son membre qu'elle caressait sous l'eau. Elle était vraiment mutine, ses yeux brillaient d'une malice certaine quand elle embrassait son cou, sa mâchoire sans cesser ses mouvements de poignet :

    - Chez moi, vois-tu, il existe une autre tradition quand notre époux a quelque à fêter. Il s'agit de lui faire passer une nuit tellement sensuelle et torride que le lendemain il ne peut pas sortir du lit. Alors ? Quelle tradition tu préfères ?


    immarcescible, Posté le samedi 12 novembre 2022 15:11 Répondre

    Le tournant de la soirée avait plus que nettement déplu à Matoaka. D’abord parce que Leif avait tellement bu qu’il ne tenait plus sur ses pieds. Elle n’avait aucune idée de s’il s’agissait d’une autre tradition viking de boire de la sorte, mais une chose était certaine, elle n’aimait absolument pas cela. Accompagnant le Roi saoul jusqu’à sa chambre, elle fut surprise de se voir provoquer en duel par un Chevalier qui venait défendre avec honneur celui de son prince. Comme elle le comprenait. Elle aurait certainement fait la même chose pour Leif. En revanche, pour le moment, elle avait sur les bras un Roi qui ne tenait même pas sur ses pieds.

    - Chevalier, murmurait-elle pour tenter de le canaliser alors qu’il pointait son épée sur elle, écoute-moi veux-tu..
    - Non ! Vous voilà réunis et vous pensez que le monde vous appartient, n’est-ce pas ? Après tout ce que nous avons fait pour vous ? C’est intolérable !
    - Assez !

    Matoaka lâcha lourdement Leif sur le sol agacée par toutes cette stupide testostérone. Ne se donnant pas la peine de prendre une épée, elle s’approcha d’un Chevalier surprit qu’elle s’avance sans crainte vers lui. Il avait beau être armé, elle ne perdit faiblit pas et lui asséna un violent coup en plein sur le nez puis vint rapidement glisser à ses jambes et le faire lourdement tomber. S’il était courageux, il était un piètre guerrier. Tombant à la renverse, Elle le retourna rapidement avant de bloquer son bras derrière son dos et ordonna à son frère de fermer la porte pour que personne ne les entendent ou les voient. Cela risquerait de déclencher une guerre :

    - Vous êtes si fatigants vous les hommes. Quand vous n’êtes pas saouls stupidement, vous vous battez pour une forme ridicule d’honneur.

    Une fois qu’elle fut certaine qu’il soit calmé, elle ordonna à Nashoba de relâcher Philippe qui avait été attaché à la cheminée de la chambre. Pendant qu’elle avait laissé Leif cuver son vin sur le sol, elle s’approcha de leurs amis et leur expliqua le fameux plan donné par son ivrogne de fiancé :

    - Mais.. Mais pourquoi ne nous a-t-il rien dit, s’étonnait Chevalier, on aurait tout de suite compris !
    - Parce que les Jarl lui ont tombé dessus et pour ne pas les décevoir il a envisagé ce fameux plan dans la minute qui a suivi. Leif tient à vous, même sous la pression, mais vous n’êtes pas sans savoir que le pouvoir et les responsabilités d’un Roi doit contenter toutes les formes possibles.
    - Je ne peux pas accepter une telle chose Matoaka. Vous allez mettre en jeu votre vie pour un simple trône. Je préfère encore que vous attaquiez les côtes normandes.
    - D’après Leif, ce trône te reviens Philippe.
    - Non. Louis la gagné. Il lui revient de droit.

    Avec douceur, Matoaka vint prendre sa main dans la sienne et lui offrit un souvenir pour le rassurer. Elle vint même lire dans sa main tout en touchant ses lignes précises avant de lui donner ses prédictions :

    - Tu as un destin de grand souverain qui t’attends. Il faut juste que tu trouves le courage de t’élever. Sans ça, même avec l’armée la plus puissante, tu ne pourras pas atteindre tes objectifs.

    Chevalier vint alors prendre l’autre main de son amant dans la sienne et la serra fort. Il avait une foi et une confiance inébranlable en lui. Lui offrant toute sa confiance, il le rassura en lui confiant qu’il se battrait pour lui avant d’ajouter le nez toujours en sang :

    - Je serais très beau à tes côtés quand tu monteras sur le trône. J’ai déjà en tête un tas de tenues particulières.

    Cela fit rire tout le monde quand la pression de toute la soirée redescendait. Ils parlèrent encore un peu, du moins jusqu’à ce qu’Amara arrive dans la chambre inquiète de ne pas revoir son amie. En voyant Leif avachi sur le sol, Chevalier le nez en sang et Philippe détaché, elle leva les yeux au ciel en répliquant :

    - Auront nous diable une seule journée sans drames ?

    Avec discrétion, ils quittèrent ensuite le skali pour se rendre dans le dispensaire. Hedda y monterait la garde. Pour le moment, ils se considérés comme des prisonniers politiques ce qui permettrait de justifier qu’ils ne soient pas tués. Ensuite, Nashoba aida Matoaka à allonger un Leif ronflant sur le lit. Il était si lourd qu’elle trébucha à plusieurs reprises. C’était la première fois qu’elle le voyait dans un tel état, si bien qu’elle fut si inquiète qu’elle ne dormit pas de la nuit pour le veiller.

    Lorsqu’au petit matin il s’éveilla, elle constatait qu’il avait très mal à la tête. C’était la première fois qu’elle voyait un homme saoul à ce point et savait déjà qu’elle haïrait cette boisson du feu. Vengeresse, elle fit en sorte de faire du bruit pour alourdir la douleur de son crâne avant de poser près de lui une tisane qui lui soulagerait ses maux et sortit de la chambre.

    Malgré sa fatigue, elle se rendit au dispensaire comme tous les matins pour recevoir les villageois qui seraient malade. Elle avait beaucoup de travail mais les recevaient tous sans exception et ne les faisaient pas payer. Pour elle, il n’y avait pas à monétiser ses dons. C’était essentiel et nécessaire d’aider ceux qui étaient le besoin. Philippe et Chevalier étaient installés dans une petite alcôve surveillés par Hedda, fidèle guerrière. L’amérindienne leur apporta à manger et de quoi lire. Elle connaissait l’amour de la littérature pour les deux et avait trouvé dans les affaires de Leif de vieux ouvrages qu’il gardait toujours précieusement.

    Le début de journée se passa tranquillement. Elle mit en place avec Amara et Feargus les premières semences, notamment de pommes de terres et autres légumes pour préparer la terre comme elle avait appris plus jeune. Amara s’était portée volontaire pour apprendre aux Vikings à cultiver la terre. Leif n’avait toujours pas réapparu ce qui avait encore plus agacé la jeune femme. Dans l’après-midi, après avoir fini ses tâches, elle décida de se rendre à la source chaude comme elle avait prévu de le faire la veille. Alors qu’elle s’y rendait, elle croisa dans les bois des oiseaux migrateurs qui revenaient des pays chaud. Ce retour de printemps fit sourire la jeune femme en espérant que les récoltes seraient suffisantes pour éviter une autre famine.

    En arrivant au pic, elle pu contempler la ville qui s’étendait jusqu’au bout de l’embrochure de la montagne. Une joie et une dynamique particulière s’était emparé de la ville depuis l’annonce des raids. Leif voulait qu’elle les accompagne quand elle était inquiète de ce nouveau voyage. La source allait l’aider à se détendre et comprendre ce qui l’effrayait. Entrant dans la petite grotte, elle pu y voir des petits bassins où une chaleur particulière s’émanait. Se mettant rapidement nue, la jeune femme entra sans crainte dans l’eau et plongea. Sur les parois sommeillaient des gravures, des dessins qui l’intriguait. Elle les contempla un moment stupéfaite et se rendit compte qu’elle n’avait presque plus de souffle, si bien qu’elle du remonter rapidement.

    Une fois à la surface, qu’elle ne fut pas sa surprise en voyant Leif qui était à l’entrée de la grotte et qui semblait chercher quelque chose. La jeune femme reprenait lentement son souffle et vint froncer les sourcils tout en nageant toujours sur place :

    - Voilà notre cher Roi qui s’éveille d’une nuit bien agitée, dit-elle doucement avant de répliquer, tu viens me montrer ce fameux corbeau ?

    Voyant qu’il ne comprenait pas, elle lui expliqua la fameuse histoire du corbeau qu’il avait raconté la veille avant de sortir du bassin nue et ruisselante avant d’essorer sa longue crinière. Elle lui demanda s’il avait bu la tisane pour les maux de tête. Il s’approchait d’elle et elle vint tendre sa main vers lui pour l’empêcher d’avancer plus près, ses sourcils toujours froncés. Contrariée :

    - Vous avez des traditions que je ne comprends pas toujours mais je les respectent. En revanche, ton comportement d’hier je ne l’ai pas du tout apprécié Leif Erikson. Si tes raids sont fait de ce genre de choses, je te préviens de suite que je ne viendrais pas avec toi. Tu t’es caché pour boire en te doutant bien que je n’allais pas aimer ça et pourtant tu l’as fait. Même si je n’en n’est pas l’air je suis très en colère.


    immarcescible, Posté le mercredi 09 novembre 2022 19:18 Répondre

    Elle n'eut pas besoin d'attendre plus longtemps avant d'agir. En effet, Charlie fonça directement sur un Kisos accroupi dans l'eau et le poussa dans la rivière sans ménagement. Les sourcils froncés, les mains sur les hanches, elle secouait la tête, en colère de ce qu'il avait pu lui dire. Comme si après tout ce qu'ils avaient vécu, il pouvait lui dire de telles choses sans qu'elle soit blessée :

    - J'espère que ça te rafraichis les histoires Walker. Je ne veux plus t'entendre dire de telles choses c'est compris ? Non mais tu crois quoi ? Que je vais te laisser penser de telles choses ? Qu'on ne réussisse pas c'est une chose mais que tu puisses penser que je te laisserais disparaître de nouveau, ça jamais. Tu m'as promis. Tu me l'as promis que tu ne partirais plus.

    Avant même qu'il ai pu se relever, elle vint le retenir dans l'eau fraiche en espérant que cela lui rafraichir la mémoire. La colère avait pris possession de Charlotte Walker, et cette colère se muait rapidement en une tristesse qu'elle ne savait pas contrôler. Agrippant la barbe de son mari alors qu'elle le rejoignait dans l'eau toute habillée, elle reprit sur un ton ferme mais faible :

    - C'est toi qui va me jurer de revenir vivant de toutes les prochaines batailles. C'est toi qui doit me le promettre Kisos parce que tu m'as abandonné à trois reprises et que je ne supporterais pas ça. Je.. Je n'y arriverais jamais sans toi et je te rejoindrais dans tous les cas. Tu es mon âme soeur. Tu es plus que tout le reste. Tu es l'air que je respire, mon sang, mon soleil, ma vie. Je t'interdis de redire ça c'est compris ? Et encore plus d'oser espérer que je puisse envisager une vie sans toi avec moi. Et nous ne reviendrons plus jamais sur cette conversation c'est compris ? J'ai encore tout un tas de projets et de choses à vivre avec toi.. Je veux qu'on voyage.. Je veux qu'on fasse encore et encore l'amour.. Je veux t'embêter.. Je veux te faire rire.. Te voir avec des cheveux blanc.. Peindre.. Tu vois ? On a encore des tas de choses à vivre alors je t'en supplie, jure moi de ne jamais abandonner. De toujours me revenir.

    Encore une conversation sur laquelle la jeune femme était fermée. Posant son front contre celui de Kisos, elle inspirait profondément pour tenter de calmer la colère sourde qui l'envahissait. Une colère qui ne pourrait jamais s'apaiser car maintenant que Kisos avait évoqué cette possibilité, elle allait avoir peur. Elle aurait peur toute sa vie pour lui et sa vie. Assise sur lui à califourchon, elle retenait ses larmes de couler quand elle caressait son nez du sien pour tenter de trouver un peu de réconfort mais c'était sans compter sur Sora qui arrivait en courant.

    - Kisos ! Vite ! Ona a des problèmes !

    Malgré qu'ils soient trempés, ils sortirent l'un et l'autre de l'autre sans attendre. Ils mirent peu de temps avant de rejoindre le centre du village. Ona était à genoux sur le sol quand le capitaine de la garde américaine le tenait en joue. Charlie retenait tant bien que mal Kisos qui allait répliquer. Il était si impressionnant que même le capitaine eut un mouvement de recul. Il était gringalet et devait avoir le même âge que Kisos. Il n'était vraiment pas fier parmi tous les autres amérindiens autour de lui. Tous le regardaient avec un dégoût certain quand il semblait vouloir être autre part et surtout pas là.

    - Que lui voulez-vous, demandait avec prudence Pocahontas qui avait calmé la foule, vous ne pouvez pas l'emmener comme ça.
    - Il a été vu sur les terres de Lord Lockwood. Il a chassé des perdrix et par conséquent doit être puni d'avoir volé sur les terres.

    Ona répliqua violemment en amérindien que ces terres leurs reviennent de droit et qu'il n'a jamais rien fait de mal. Pocahontas posait une main réconfortante sur l'épaule du jeune homme avant d'interdire d'un regard noir, son fils, d'avancer vers le militaire. Ce dernier tremblait en tenant son arme quand ses hommes eux ne bougeaient pas. Ils attendaient les ordres de leur supérieur. Même si le guerrier amérindien était à genoux, il était quasiment plus grand que le capitaine. Charlie tenait la main de Kisos, elle la serrait la plus forte possible pour s'assurer qu'il ne bougerait pas. Pocahontas proposa de rembourser le dit Lord mais le capitaine secoua la tête :

    - Impossible majesté. Le.. Le.. Le Lord a demandé à ce que ce jeune homme soit jeté au bout d'une corde. Vous seriez grès de nous laisser l'emmener pour qu'il soit condamné pour sa peine.
    - Cet homme est sous ma protection. Vous ne l'emmènerez uniquement pour qu'il ai un procès équitable et juste.
    - Un.. Un procès ? Mais enfin.. C'est impossible il.. il n'est pas un homme blanc..
    - Sans aucun doute, en revanche notre pacte avec le maire de Jamestown nous assure de bénéficier des mêmes droits que les vôtres Capitaine. A ce titre, Ona sera jugé lors d'un procès qui se déroulera selon les conditions prescrites par vos textes de lois.

    Voilà longtemps que l'amérindienne n'avait pas posé des conditions aux blancs et qu'elle s'était imposée. A croire que le retour du fils prodigue lui avait donné l'espoir et les ressources nécessaire pour se sentir plus confiante. Le capitaine frissonna, troublé devant la princesse qui avait cet aura particulier. Après une hésitation certaine, il vint à céder. Il ne pouvait aller contre la loi, lui, l'homme de droit. Il ordonna donc à ses hommes de relâcher Ona qui se débattait fermement jusqu'à faire peur les militaires. Très rapidement, ils quittèrent la réserve sous le silence et les regards noirs des dernier Powhatan. Charlie s'approchait du jeune homme qui cherchait son ami du regard :

    - Je vais les tuer. Tous. On doit agir Kisos, il faut arrêter d'attendre !
    - Ona tu dois te calmer, répétait doucement Pocahontas qui vérifiait qu'il ne soit pas blessé, la colère est mauvaise conseillère.
    - Et pourtant elle m'habite, elle nous habite tous et toi Kisos tu l'ignores ! Tu es censé nous guider ! Alors, il est où mon chef ? Mon guide ? Arrête donc de trainer sous les jupons de ta putain de blanche et viens sauver ton peuple !


    immarcescible, Posté le mercredi 09 novembre 2022 19:17 Répondre

    Tant encore était à apprendre. Matoaka prenait de plein fouet les rites étranges et peu commun des vikings. Le sacrifice humain était quelque chose de nouveau, d'improbable et elle ne le comprenait pas. Néanmoins, sa personnalité faisait qu'elle respectait les croyances des uns et des autres. Mordillant sa lèvre inférieure, elle observait autour d'elle la ville qui s'étendait sous ses yeux. Kategatt s'épanouissait depuis plusieurs mois. Le retour du printemps y aidait beaucoup mais les nouvelles installations proposées par Feargus et Nashoba pour améliorer les structures de la ville permettait de rendre la ville beaucoup plus agréable. A croire qu'un voile sombre s'était levé et que le soleil, enfin, éblouissait la ville et les habitants. Se tournant vers Leif, la jeune femme touchait les fleurs en réfléchissant à ce qu'il venait de lui confier :

    - Je ne sais pas trop quoi en penser, avouait-elle, je respecte beaucoup ta culture et tes croyances Isha mais.. mais un sacrifice ? J'ai tellement peur que Amara regrette ce choix. Ca reste un être humain cet enfant. Avec nous il sera toujours protégé.. non ?

    La naïveté sur ses traits la rendait douce. Se rapprochant de Leif, elle vint enfouir sa main dans la sienne quand elle redéposait ses yeux sur lui. Elle lui faisait confiance, mais elle était quand même inquiète des répercussions de telles démarches :

    - Mais je n'ai pas mon mot à dire. Il ne s'agit pas de mon enfant.

    Elle se blottie contre lui en frottant son visage contre son buste avant de poser sa joue. Profitant de ce moment simple de douceur, elle en oublia tout ce qui les menaçait. A quoi bon penser au pire quand tout allait bien pour le moment. C'était sur cette dynamique là qu'elle fonctionnait. Advienne que pourra le futur, pour le moment, elle tenait entre ses bras un Leif fatigué par ses efforts de la matinée, mais un Leif vivant :

    - Est-ce que tu penses que nous pourrions nous évader un instant, sans surveillance, de Kategatt. Lorsque j'étais à la chasse à l'ours, j'ai trouvé un endroit assez particulier que tu dois sûrement connaître. Il s'agit d'une source chaude. Les jeunes gens disent qu'il s'agit de la source d'amour. Je me suis dis que ça pourrait nous abriter le temps d'une petite heure. Qu'en penses-tu ?

    Mais au même moment, ils furent interrompu par un jeune soldat qui demandait la venue express de son Roi. Intrigués, le couple rejoignait le dit skali où ils trouvèrent tout un tas de têtes viking qu'elle ne reconnaissait pas. Il s'agissait d'une délégation de jarl qui venaient s'assurer des dernières nouvelles de la santé du grand Roi viking. En voyant Leif debout et en pleine forme, ils se prosternèrent devant lui. Matoaka s'écarta et rejoignit Amara dont le teint l'inquiétait. La soutenant, elle lui proposa d'aller prendre l'air le temps que les garçons puissent discuter politique. Sujet qui avait toujours ennuyé la jeune femme.

    Une fois toutes les deux à l'extérieur, l'amérindienne servit une tisane à son amie qui venait de s'asseoir sur un banc. Les sanglots ne tardèrent pas à venir chez la grecque ce qui alarma Matoaka. L'enlaçant, elle la serrait contre elle en cherchant une solution au terrible dilemme qu'elle avait :

    - J'ai juste besoin de ton accord et Leif s'occupera de ton fils. Il sera sacrifié et honoré par leurs dieux. D'après lui, c'est un grand honneur.
    - La mort n'a rien d'héroïque. Il s'agit du néant, un point c'est tout.

    Elle était dure, mais en même temps, elle la comprenait. Comment aurait-t-elle réagit si une telle tragédie avait frappé la famille qu'elle aurait voulu créer.

    - Cela ne serait pas arrivé si je n'avais pas eu de rapports avec Feargus hors mariage. Je l'ai maudit et j'ai maudit notre enfant.
    - Ne dis pas de bêtises veux-tu, soupirait Matoaka en levant les yeux au ciel, crois moi les Dieux ont autre chose à faire de maudire des âmes soeurs.
    - Tu crois sincèrement que nous sommes liés ?
    - C'est d'une telle évidence que je serais capable de te faire sentir les pieds de Hedda pour te ramener sur terre.

    Elles riaient toutes les deux de cette remarque en se souvent de l'odeur forte des pieds de la guerrière. Avec douceur, Matoaka se mit à tresser les cheveux de son amie et reprit d'une voix douce pour la rassurer :

    - Je ne peux pas comprendre ce que tu vis Amara mais une chose est certaine.. Feargus t'aime. Il est irrévocablement amoureux de toi et il ne peut vivre sans toi. Il faut garder confiance.
    - Tu as raison. Je dois en parler avec Feargus.. Nous n'avons pas encore parler de son avenir. Mais je vois bien qu'il est difficile pour lui de regarder son fils.
    - Peut-être a-t-il peur..

    Amara haussait les épaules. Elle ne connaissait pas la réponse à ses questions. Les filles restèrent un moment assise à contempler la ville qui bougeait. La journée se finissait après une belle balade entre filles où elles s'amusèrent à faire des couronnes de fleurs avant de retourner au dispensaire soigner quelques villageois qui avaient besoin de soin. Il était tard quand elles furent demandé dans le skali. Leif était assis sur son trône, Feargus à ses côtés. Il y avait une étrange rumeur, quelque chose qui se tramait et qui mettait Matoaka sur la défensive. Elle craignait que l'avenir maudit vienne déjà à tambouriner à leur porte. Retrouvant Nashoba dans la foule, elle lui demanda ce qui se passait. Ce dernier se pencha et murmura :

    - Tous les Jarls sont venus demander main forte à Leif pour les prochains raid. Ils sont venus pour lui demander d'attaquer la France et pas l'Angleterre.

    Cela voulait dire se battre contre le royaume de Philippe. Matoaka comprit aussitôt la contrainte diplomatique qui allait tenailler Leif.


    immarcescible, Posté le lundi 07 novembre 2022 22:26 Répondre

    Voir Leif rétamer son frère et Nashoba ne pouvait que faire sourire de joie la belle brune. Ce matin là était doux. On sentait bien que le printemps arrivait. Assise près de son amie, elle l'écoutait avec tristesse évoquer la douleur de son fils et la supplier de lui venir en aide. Délicatement, Matoaka posa sa main chaude sur le petit crâne velu du bébé. Il était si fragile, condamné à la douleur et au regard des autres. Jamais elle ne se serait permise de le dire à Amara, mais oui bien entendu qu'elle avait les herbes nécessaires à le faire quitter ce monde. Mais est-ce que cela effacerait le chagrin de la jeune femme. Avec douceur, la brune pris dans ses bras son amie et la serra contre elle en embrassant sa tempe :

    - Le jour où tu te sentiras prête je te préparerais la tisane à donner à ton fils. Mais tu dois être certaine de toi Amara. C'est une décision qui va affecter ton existence entière j'espère que tu en as conscience..

    Bien entendu qu'elle le savait. Mais Matoaka devait lui rappeler qu'il y aurait forcément des conséquences à son acte. Pas vis à vis des Dieux, mais pour elle-même et son couple. Depuis dès jours la future Reine n'avait pensé qu'à Leif, elle en avait presqu'oublié la souffrance de son amie, et elle en était désolée. Elles parlèrent une bonne partie de la matinée toutes les deux tout en jetant un oeil sur les garçons qui se battaient. A un moment, elle vit Leif flancher et ne pu s'empêcher de se lever en hurlant un "ASSEZ" suffisamment puissant pour que les garçons cessent. Elle courut jusqu'à Leif et s'assura qu'il allait bien :

    - Tu ne dois pas forcer.. Hier encore tu étais dans un état végétatif. Je t'en prie ça suffit pour aujourd'hui.. Ce n'est pas raisonnable.

    Les garçons étaient d'accord avec ça, surtout qu'ils perdaient considérablement contre leur roi. Aidant Leif qui boitillait un peu, les garçons le raccompagnaient au skali quand Matoaka soupirait de soulagement en le voyant rentrer. Pour changer les idées de Amara, elle lui proposa une balade à la lisière du bois pour ramasser des fleurs sauvage. Les filles proposèrent ensuite à Freya et Svala mais cette dernière préférait rester auprès de son frère pour parler politique. Les filles partirent donc sous la bonne garde de Hedda cueillir des plantes pour le dispensaire. Sur le chemin, Matoaka questionna Svala sur les coutumes viking qu'elle ne connaissait pas encore et lui avoua sa crainte secrète :

    - J'espère que je serais une aussi bonne souveraine que toi. Ça m'ennuie de te voler ta place.
    - Ça n'a jamais été ma vraie place. Tu as toujours été la Reine qu'il fallait pour Leif. Tu sais, être Roi et Reine c'est faire un travail d'équipe. Nous n'en n'avons jamais été une lui et moi. Et puis.. J'ai toujours rêvé de voyager. Avec Svala et Bjorn on va prendre la mer et rejoindre Philippe en France. On va prendre du temps pour nous, loin des intrigues, loin de la violence.
    - Vous êtes ici chez vous tu sais. Jamais je nous vous chasserais.
    - Merci à toi.

    Elles se souriaient avec une affection certaine pour l'une comme pour l'autre et reprirent leurs cueillette. Dans l'après-midi, elles rentrèrent d'un pas léger et chantant. Matoaka apprenait la langue nordique pour mieux comprendre le peuple de son époux et écoutait avec une attention certaine les nombreuses légendes qui parcourait ces montagnes. La nature était riche sur ces terres. Elle était sauvage mais suffisamment puissante pour faire prospérer Kattegat. C'est alors qu'elle eut une idée.

    En entrant dans le skali, ses yeux brillaient d'une excitation certaine. Se faufilant entre les gens, elle cherchait Leif qu'il trouva attablé avec ses hommes discutant sans doute du prochain raid. Arrivant près de lui, elle caressa sa nuque en l'observant avec impatience. Il du voir cette fameuse impatience puisqu'il l'attira un peu à l'écart près des cuisines où elle posait son panier rempli de champignons et de fleurs en tout genre :

    - J'ai eu une idée.. Pourquoi ne cultivons-nous pas nous-mêmes tes terres ? Cela permettrait à ton peuple d'être indépendant au lieu d'attendre la saison suivante pour piller les villages des autres cités. Je sais que vous aimez les raids mais.. mais vous ne pourriez voler que leur or désormais. Pas la nourriture qui est une denrée importante. Qu'en penses-tu ? Plus de famine et un commerce plus important au sein même des communautés Viking.


    immarcescible, Posté le lundi 07 novembre 2022 15:53 Répondre

    Le rire de Leif était quelque chose de si rare que Matoaka sentait à chaque fois son coeur battre à la vitesse grand v. Elle aimait ça, l'entendre rire. Il perdait alors sa mine sérieuse et devenait un simple et adorable jeune homme. Le poids des responsabilités, les malheurs, tout s'effaçait le temps d'un instant et elle le savourait. Blottie contre lui quand ses doigts jouaient à faire le contour sensuel de ses abdos parfaitement dessiné, elle le contemplait d'un oeil brillant. Elle le dévorait littéralement du regard. Alors qu'ils partageaient ce moment simple et doux l'un contre l'autre et que le crépitement de la cheminée au bout du lit les éclairait un petit peu, elle l'écouta évoquer des questions assez surprenante mais qui fit naître un sourire amusé :

    - Mais tu es cet homme mon amour.. Doux, bienveillant. Tu l'es bien plus que tu ne le crois.

    Elle le voyait lever les yeux au ciel malgré l'obscurité de la pièce mais elle le retint contre elle en resserrant fermement ses jambes entre les siennes. Ses deux mains venaient agripper son visage pour qu'il reste près du sien. Blottie sous lui, elle lui offrait ce sourire si tendre qu'elle ne réservait qu'à lui quand ses yeux brillaient dans le noir.

    - Isha.. Je ne suis pas tombée amoureuse de toi parce que j'avais besoin de toi, ou parce que tu m'as kidnappée, ou parce que je voulais m'échapper de cette vie déjà toute tracée ou encore parce qu'avant de perdre la mémoire nous étions déjà lié. Non. Je suis tombée amoureuse de toi parce que tu m'as prouvé ce que c'était de se sentir aimé, peu importe les situations, le temps, les épreuves. Tu m'as prouvé que l'on peu encore aimer même si la vie et les dieux veulent nous faire croire le contraire. De se battre, pour les gens que l'on aime. Même sous l'enveloppe de cet ours tu m'as sauvé mon amour. Au plus profond de toi sommeille le bien et l'amour. Un amour puissant, véritable et sincère que je n'ai jamais vu dans aucun autre être humain. Tu aimes sans oser laisser les autres t'aimer et tu as tort. Regarde comme tu prends soin de ta famille. Regarde comme tu les protèges tous. Je suis tombée amoureuse parce que tu rends réel ce que devrait être le paradis, Leif Erikson.

    Il était étrangement silencieux ce qui la fit doucement sourire. Un rapide baiser sur ses lèvres tout en continuant de caresser son visage puis, descendre ses mains le long de son cou et de ses épaules et son buste pour sentir les palpitements de son coeur qui battaient à un rythme trop rapide. Elle lui fit les yeux doux en faisant une tendre moue :

    - Je ne voulais pas que la prophétie de ta mère soit ce qui te pousse à m'aimer. J'ai.. J'ai toujours eu peur que tu te sentes obligé de croire ce que voulait les Dieux. Je.. Je voulais que tu m'aimes pour moi. Pas mes pouvoirs. Pas mes capacités. Je voulais que tu me vois moi. La simple mortelle qui est tombée follement amoureuse d'un Dieu. J'avais peur que ma place dans ton coeur n'y soit pas légitime et qu'un jour.. qu'un jour tu puisses préférer celui d'une autre.

    Pour la première fois depuis longtemps, la jeune femme se livrait sans tabou à son fiancé. Gênée, elle dissimula son visage dans le creux de son cou pour ne pas qu'il y voit sa peur. Réfugiée contre lui, elle s'agrippait à son corps comme s'il s'agissait d'une bouée à laquelle elle ne pouvait se résoudre de quitter. Lentement, elle embrassait de nouveau la peau fine de son cou tout en caressant sa nuque :

    - Tu sais.. Nous avons eu la chance d'avoir une seconde chance en ayant nos mémoires d'oublié. J'aurais pu te fuir, j'aurais pu abandonner et ne jamais revenir à toi mais je ne pouvais pas. C'est toi Leif.. Depuis toujours. Et ça le sera même après notre mort.

    Ses lèvres venaient rejoindre celles du colosse dans un tendre et langoureux baiser qui la fit doucement gémir de nouveau. Lorsqu'elle n'eut plus de souffle, ses yeux plongèrent de nouveau dans ceux de Leif alors qu'elle lui souriait avec une pointe d'inquiétude malgré tout :

    - Et toi ? Pourquoi.. Pourquoi ne pas rentrer chez tes parents et épouser une reine, une déesse ? Tu sais, je peux être sacrément casse-pied d'après mon frère. Je vais veiller à ta sécurité sans cesse. M'occuper de toi, réformer toute ta ville sur beaucoup d'aspects et tu devras passer toutes tes nuits dans mes bras. Je ne serais pas la première à saluer tous tes faits et gestes surtout s'ils sont insensés. Je risque de te taper sur le système et de ne pas t'obéir au doigt et à l'oeil. Je risque aussi de te rendre fou de colère quand je t'ordonnerais de ranger notre chambre de toutes tes armes qui trainent un peu trop par terre à mon goût. Tu vois.. Je ne suis pas un cadeau, non plus.


    immarcescible, Posté le dimanche 06 novembre 2022 21:51 Répondre

    Jamais encore la jeune femme n'avait eu l'honneur d'être célébrée comme elle l'avait été ce soir dans le skali. Elle avait été honorée et intimidée par le hourra chaleureux des hommes et des femmes de Kattegat. Elle se sentait toute gênée car pour elle, il ne s'agissait que de célébrer son amour. Mais elle ne dit rien. Voir que Leif souriait suffisait uniquement et simplement à son bonheur.

    Enfin seuls dans la chambre du grand Roi, elle massait ses tempes quand il semblait jouer avec un plaisir évident à enfouir son visage entre ses seins. Cela l'amusait, alors elle le laissa faire. C'était si rare les moments doux de la sorte. Ceux où ils se retrouvaient juste tous les deux. Où c'était léger et si simple. Alors, pendant qu'elle massait ses tempes, elle l'écoutait attentivement avant de lever les yeux au ciel lorsqu'il évoqua l'ours. Mais impossible de répliquer car déjà il reprenait le dessus et évoquer leur prochain mariage. Elle était ému, sincèrement et vint retirer sa main de la sienne pour la poser sur sa joue :

    - Tu feras de moi la femme la plus heureuse Leif Erikson. En tant qu'homme, roi, viking et ours.

    Sa patience et sa douceur se traduisait par la caresse de sa main sur sa joue quand elle se redressait lentement pour embrasser ses lèvres qui était toujours aussi chaudes et sensuelle. Oh oui.. Sa peau en frissonnait. Mais rapidement, la jeune femme se reprit avant d'attirer encore plus près d'elle le jeune Roi qui se réveillait juste de sa convalescence pour, elle aussi, lui imposer des conditions :

    - Je t'épouserais à la prochaine lune ce qui nous laisse deux semaines, murmurait-elle en se relevant du lit, mais tu n'as pas peur que ce soit trop tôt ? Je ne veux pas que tu chamboules tout à cause de ce qui c'est passé ces dernières semaines. Tu as aussi le droit de changer d'avis. Après tout.. Peut-être que dans la forêt tu as rencontré une oursonne plus poilue et dangereuse que moi.

    Taquine, elle lui faisait les yeux doux tout en allant fermer à clé la porte de la chambre. Quand Leif était allongé sur le lit, elle, elle revenait à lui sur un pas léger tout en retirant, l'air de rien, la robe qu'elle portait. Nue devant lui, elle vint aisément le rejoindre sur le lit et s'allonger sur lui tout en détachant sa crinière. Non pas qu'elle veuille faire l'amour ce soir là même, mais elle savait que Leif aimerait la sentir nue contre lui. Alors, s'allongeant sur le côté, elle prit sa main dans la sienne et embrassa ses doigts avant de les poser sur son sein rond et ferme :

    - Je ne sais pas ce que font les oursonnes mais je suis persuadée de savoir mieux qu'elle ce qui te fera chavirer, reprenait-elle avec un sourire en coin, je me trompe ?

    Plus loin, sur les hauteurs de la montagne, Meghan se transformait. Elle entendait au loin, amenait par le vent, les rires et les chants de Kattegat. Nul doute, Leif s'était réveillé et la sauvageonne avait réussit à rompre une partie du sortilège. Cela avait fait naître une rage certaine chez la rouquine qui poussa un hurlement. Cela provoqua une petite avalanche qui ne fit que la faire réagir de colère une fois de plus. Soudain, un aigle passa tout près et qui attira son attention. Cet aigle n'était autre que Zeus qui lui indiquait une nouvelle situation, un nouveau but. Lorsqu'il se transforma en une figure humaine, il vint à elle quand elle était au bord de la crise de rage :

    - Je ne partirais pas d'ici sans lui, hurlait-elle encore folle de rage, il est à moi. A personne d'autre !
    - Ma chère petite nymphe. Te voilà toujours autant en colère. Sais-tu qui rêverait de te donner cet homme ?

    La curiosité de la jeune femme fut piquée. Zeus qui voulait protéger son royaume des pouvoirs immenses que pouvait contenir Leif, savait comment manipuler les âmes sensibles. Surtout quand l'amour était en jeu. Il expliqua que Leif avait un frère ainé et qui était un fils bâtard de Hadès. Ce fils là n'était que colère, vice et fourberie. Il serait parfait pour anéantir le jeune viking et donc signifier la fin du royaume de son frère.

    - Retrouve cet homme et tu sauras comment atteindre Leif Erikson. Trouve Rollo et tu auras enfin ce que tu as toujours voulu.

    C'est ainsi que la jeune nymphe prit la route de l'est à la recherche du fameux Rollo ce qui laisserait nos héros tranquille un petit moment, avant que le sort funeste ne s'abatte un fois de plus sur eux.

    Pendant ce temps, Matoaka couvrait de tendre et de doux baisers son amant. Être nue ne faisait pas partie du massage nécessaire à ce que ses membres soient moins engourdis, mais elle savait que la vue plairait forcément au jeune Roi. Assise à califourchon sur lui, elle massait son dos, nue, en pressant ses seins nu contre sa peau. Elle s'amusait à embrasser ses épaules, sa nuque et son cou en murmurant :

    - Alors ? Un massage entre mes mains est-il mieux que de se gratter le dos à un arbre ?

    Finissant par le retourner, elle se trouva sur son bassin et sentit bien évidemment son sexe dressé contre elle. Cela la fit rire et rougir quand elle se penchait sur ses lèvres avec douceur pour lui redonner un autre baiser. Mais quand elle le sentit bouger son bassin sous elle, elle ne pu retenir son gémissement si caractéristique. Si bien qu'elle se redressa et lui pinça les hanches en mordant sa lèvre :

    - Je croyais que tu avais mal à la tête ! Tu n'es donc pas en forme pour faire de tels exercices Erikson. Un chaman ne recommanderait pas une telle activité maintenant.


    immarcescible, Posté le dimanche 06 novembre 2022 15:44 Répondre

    Est-ce que les miracles peuvent exister ? Quand elle vit le corps humain de Leif s'animer près d'elle, Matoaka en tomba du lit. Secouée, surprise et complètement atterrée, la jeune femme ne savait pas comment réagir. Comment lui, allait réagir en apprenant tout ce qui c'était passé ces dernières semaines et ce que lui avait fait subir Meghan. Car, même si l'amérindienne avait réussi à diminuer l'effet du sortilège, il n'en restait pas moins qu'elle n'était pas assez puissante pour pouvoir aider et sauver Leif de la malédiction. Perséphone avait du entendre ses prières car il se relevait du monde du néant ce qui lui valut de recevoir une Matoaka qui se jeta à son cou en larmes. Quand le roi viking posait mille et une question, la jeune femme le couvrait de baisers. Lorsque sa crise de larmes et de joie fut cessée, elle lui ordonna de rester allongé le temps qu'elle aille lui chercher une tisane.

    Sans sortir de la chambre, elle récupéra dans ses fioles et autres mixtures de quoi le soulager sans avoir besoin d'alerter les autres. Egoïstement, elle voulait le garder pour elle encore un peu. Car une fois qu'ils seraient sortis, elle n'aurait pu l'occasion avant un moment de l'avoir pour elle. Elle devait donc en profiter et commença par lui évoquer tout ce qui c'était passé ces dernières semaines. La malédiction de Meghan, comment il l'avait sauvé d'une mort certaine, les flèches de Feargus et Nashoba pensant la protéger, Bjorn qui se remettait lentement de son agression, Svala et Feargus se battant pour l'amour de leur frère et Freya qui avait aidé Matoaka a maintenir la ville hors de l'eau.

    En effet, pendant tout ce temps, la jeune amérindienne avait non seulement tenté de guérir Leif mais avait administré en compagnie de Freya toute la ville. Mais surtout, elle lui expliqua la présence obligatoire du pendentif autour du cou du jeune homme :

    - Mes compétences ne sont pas aussi forte et puissantes que celles de Meghan. J'ai donc constitué un médaillon où se regroupent à l'intérieur un tas de plantes médicinales qui vont pouvoir maintenir l'Ours en tête en hibernation. Ne t'en sépare jamais. C'est ce qui t'évitera de te transformer le temps que je trouve une solution à cette histoire.

    Avec douceur, elle prit alors sa main dans la sienne et vint la poser sur sa joue quand elle embrassait son poignet. Elle était si émue de le voir bouger, respirer et sourire. Cela faisait naître de nouvelles larmes au coin de ses yeux qu'elle effaça rapidement :

    - Ton peuple t'as beaucoup pleuré mon aimé mais pas autant que moi. J'ai bien cru que mon coeur était définitivement brisé à te voir ainsi sans bouger. Voilà pourquoi tu dois désormais me jurer ne plus bouger de cette ville sans que je sois certaine que tu sois suffisamment équipé pour survivre loin de moi, c'est compris ?

    Elle était à la fois sérieuse et souriait en même temps. Tendrement, elle vint poser son front contre le sien en restant blottie contre lui et récita quelques incantations pour le protéger de la noirceur qui sommeillait trop régulièrement autour de lui. C'était comme un baume pour éloigner Meghan et les potentiels autres rôdeurs. Alors qu'elle l'embrassait, encore et encore tout en lui racontant les dernières nouvelles de la ville, Svala fit son entrée pour s'excuser auprès de l'amérindienne. Le choc sur son visage la fit quasiment s'évanouir. Son frère était bien portant et mangeait avec appétit quand Matoaka avait retrouvé l'éclat de bonheur dans son regard.

    Le soir même, toute la ville était en liesse. Leif avait pris son bain aidé par Matoaka et avait été placé sur son trône même s'il était encore faible. La jeune femme faisait attention à ce qu'il ne soit pas trop sollicité et qu'il puisse manger à sa faim mais qu'il ne boit pas trop d'alcool non plus. Et même si il ronchonnait à ce sujet, elle ne lui laissait pas l'opportunité de la faire céder. Bjorn n'avait pas quitté son oncle de la soirée, mais était resté silencieux. Il était encore traumatisé de sa rencontre avec Meghan. Feargus avait couvert son frère d'accolade et avait lui aussi versé une larme. Amara avait pincé le bras de son ami avant de lui dire avec émotion :

    - On serait venu te chercher en Enfer si tu nous avais quitté, juste pour te botter le train arrière Erikson.

    Cela avait beaucoup fait rire tout le monde. Matoaka bougeait partout et s'occupait de tout le plus possible. Elle s'assurait que personne ne manque de rien, ce qui était le cas. Tous les villageois venaient nombreux pour saluer leur souverain qu'ils honoraient avec beaucoup de gratitude et de respect. Leif était sincèrement aimé de son peuple. Il y avait de la musique, de la nourriture, du vin, de la bonne humeur. Un voyageur aurait pu croire qu'ils fêtaient des noces. Dans la soirée, la brune revint près de son Roi et s'agenouilla modestement devant lui avant de se laisser asseoir près de lui :

    - Tu sembles épuisé mon amour. Veux-tu qu'on aille se reposer un peu ? Tu as besoin de dormir..


    immarcescible, Posté le jeudi 03 novembre 2022 20:22 Répondre

    Ce n'était pas le grondement de l'Ours qui résonnait dans la vallée, mais le cri de douleur de Leif. Malgré les blessures qu'elle avait, Matoaka s'extirpa de sa couche et se rua sur le corps de son amant qui tremblait sous la douleur. Il était sale, il puait et le sang dégoulinait de son corps mais il arrivait malgré tout à lui sourire. La jeune femme était paniquée de voir la flèche bien droite de son frère dans le thorax de son amour. Mais l'heure n'était pas venue pour elle de lui hurler dessus. Elle devait d'abord sauver la vie de Leif.

    - Feargus ! Philippe ! Apportez moi des serviettes, de l'eau chaude et de l'hydromel ! Maintenant !

    Les deux hommes partaient aussitôt à la recherche de la liste donnée par l'amérindienne dont le ton était ferme et autoritaire. Elle ordonna ensuite à Freya de lui préparer deux potions et un baume. Mais par-dessus tout, elle écorcha de la lavande pour couvrir le corps du Viking qui tremblait sous la souffrance de la transformation. Son corps entier avait subit un choc qu'elle n'osait imaginer et le seul moyen de faire fuir la bête qui était en lui passait par les plantes apaisantes. En effet, la lavande permettrait de l'empêcher de se transformer le temps qu'elle le soigne et qu'il puisse guérir. Elle verrait plus tard cette histoire de transformation.

    Avec l'aide de leurs amis, elle l'opéra. Les garçons tenaient fermement le corps du Roi Viking qui, malgré les graines de pavots, souffrait le martyre. Le nombre de cicatrices sur son corps était importantes et Matoaka avait envie de pleurer en voyant les diverses mutilations qu'il avait reçu. Mais elle se devait d'être concentrée pour l'aider au mieux et surtout, ne pas flancher. Toutes ses incantations, toute son énergie était tournée vers lui, pour le sauver. Elle en venait même a appeler Perséphone pour qu'elle l'aide dans la tâche complexe de sauver son fils.

    Une fois les flèches retirées avec l'aide de la déesse comme repère, elle pansa et referma les plaies de Leif. Ce n'était pas une mince affaire mais elle essayait de faire des cicatrices propres. C'est en détaillant son corps d'aussi près qu'elle reconnut les autres cicatrices qu'elle avait déjà, autrefois, refermée. Ainsi, il était donc un survivant de toutes les situations. L'aide de tout le monde fut nécessaire et la bienvenue. Jamais encore elle ne pourrais remercier assez les compétences de Hedda pour l'avoir guidé sur les blessures de guerre ou encore que leurs amis aient été aussi réactif malgré son ton sec et autoritaire. Il lui avait été difficile d'être concentrée en sachant que la vie de Leif était entre ses mains. Arriverait-elle à le sauver ?

    Plusieurs jours passèrent pendant lesquels elle veilla sur lui. Pendant ce temps, elle lisait de vieux grimoires avec des vieilles histoires et prophétie parlant de la malédiction de l'Ours. Meghan connaissait parfaitement tous ces mythes et avait su avec la magie les réexploiter. Cela dépassait l champ de connaissance de notre amérindienne qui se sentait dépassée par la situation. Car oui, même si les signes vitaux de Leif était bons, il ne se réveillait toujours pas. Pour plus de commodités et sur l'ordre de leur future reine, les villageois vinrent installer Leif dans sa chambre qui avait été réaménagé. Le peuple entier était malheureux de savoir son suzerain dans un état aussi alarmant. Mais encore plus en voyant la jeune amérindienne qui se démenait pour le sauver. Elle passait ses journées et ses nuits près de lui, attendant de manière infatigable qu'il revienne à lui.

    - Toujours rien, demandait un jour Freya qui venait tisser près d'elle pour lui tenir compagnie, il commence à se faire languir notre bon roi.
    - Je te confirme que ma patience commence à être atteinte. Et ma peur viscérale de le perdre aussi. Pourquoi le sort s'acharne-t-il sur lui Freya ? Alors que c'est un homme si bon..
    - Justement. Cela effraie les Dieux.

    Matoaka se souvenait des mots de Perséphone un an plus tôt. Leif avait été maudit car il était le fils prodigue tant aimé et tant souhaité d'Hadès. Mais cette part d'ombre de son esprit risquerait à tout moment de faire surface, voilà pourquoi elle voulait tant le sauver. Voilà pourquoi Matoaka était entrée dans sa vie. Mais cela ne pouvait suffire à la jeune femme qui ne se voyait pas qu'uniquement destinée à Leif. Il était sincèrement quelqu'un de bien pour elle et elle n'avait pas besoin de croire que le destin seul les avaient réunis. D'eux-mêmes ils étaient liés par autre chose d'autrement plus fort. Alors que Freya tissait près d'elle, elle eut une idée.

    - Je crois avoir trouvé la solution pour le libérer du mauvais sort de Meghan. Ce ne sera pas définitif mais au moins temporaire.

    C'est ainsi qu'elle lui expliqua par un schéma vouloir lui créer un médaillon qui contiendrait suffisamment de lavande pure et de citronnelle, répulsif sain contre les animaux, pour pouvoir faire disparaître l'Ours en lui.

    - La bête a été contrôlée jusque là parce que je laisse la plante sur son corps. Je suis persuadée qu'en lui préparant un tel bijou qu'il pourra toujours garder sur lui, il pourra maîtriser l'Ours le temps que l'on trouve une autre solution.
    - As-tu pensé qu'il ne veuille pas rester auprès de toi, de nous quand il se réveillera.
    - Tu peux me croire sur parole Freya. Moi vivante, jamais plus il ne me quittera. Il est hors de question qu'il vive la belle vie à se frotter le dos aux arbres alors que je l'aime et que son peuple à besoin de lui.

    Cela fit doucement rire Freya qui voyait la détermination de sa nouvelle amie comme une qualité nécessaire pour être la compagne de Leif. Les deux se ressemblaient bien plus qu'ils ne le pensaient visiblement. Les jours qui survirèrent, Matoaka ordonna au forgeron de lui créer un bijoux ressemblant à un dessin qu'elle avait fait. Il s'agissait d'une médaille représentant une tête de loup à la gueule béante et dont la cavité contiendrait le fameux baume. Elle n'avait aucune certitude à savoir si cela fonctionnerait, mais au moins, c'est une idée. Car tout le monde était persuadé qu'il fuirait aussitôt réveillé. Voilà pourquoi Matoaka restait auprès de lui jour et nuit. La peur de le voir s'envoler la faisait totalement paniquer.

    Deux semaines étaient passées depuis qu'il avait reçu les fameux flèches et il ne se réveillait pas. Nashoba répétait inlassablement qu'il était désolé quand Svala se demandait s'il n'était pas venu le temps d'achever Leif. Matoaka ne répondit pas quand Feargus se mit à hurler à l'horreur :

    - Vous ne tuerez pas mon frère !
    - C'est mon frère abruti d'écossais. Vous n'êtes rien de plus qu'un étranger que je tolère sous mon toit !
    - Blondasse, tu vas voir si je suis un abruti d'étranger.

    Ils sortaient tous leurs couteaux quand Matoaka poussa un cri qui résonna dans toute la ville. A croire qu'une partie de ses pouvoirs qu'elle avait oublié commençait à se réveiller. La grandeur de sa voix fit suffisamment peur à tout le monde pour que même les oiseaux se taisent un instant. Toute la tablée, constituée uniquement de la famille, se tut et observa l'amérindienne avec crainte. Elle tremble de colère et d'impatience, elle, toujours si douce et sage :

    - Ce n'est pas de ce genre d'énergie dont nous avons besoin sous ce skali. Si vous êtes incapable de venir en aide à Leif alors partez !

    Sans attendre une réponse ou même une réaction de leurs parts, elle retourna dans la chambre du viking. Claquant la porte fermement, elle inspira profondément pour se calmer mais la vision du corps inanimé de Leif lui fit remonter toute sa tristesse. Les yeux humide, elle vint à lui et caressa ses joues barbues qu'elle n'avait pas eu à coeur de raser. Elle se mit donc à lui parler, chose qu'elle n'avait pas fait depuis le début :

    - J'ai besoin de toi Isha.. Mon amour.. Je t'en prie.. Tu.. Fais moi un signe. Si vraiment tu veux partir alors je le comprendrais mais.. mais je t'en supplie.. Envoie moi un signe.. J'ai besoin de toi.. Tellement besoin de toi..

    Le flot ininterrompu de ses larmes venait envahir ses joues. Avec douceur, elle se blottie contre lui en embrassant son cou quand ses doigts jouaient avec le fameux médaillon qu'elle avait enroulé autour de son cou. Il reposait sur le milieu de son buste, près de la cicatrice qu'elle avait pansé. Dans un ultime recours, elle se mit à prier et à supplier tous les dieux de l'univers pour lui venir en aide.


    immarcescible, Posté le mardi 01 novembre 2022 20:58 Répondre

    La mine de Matoaka avait perdu de son éclat, de sa joie. Elle ne pouvait pas croire que l'ours avait dévoré Leif. C'était impossible qu'il ai pu le dévorer entièrement sans que l'on retrouve son corps. Pourtant, rien ne subsistait de son amant. Elle n'avait pas pleuré une seule fois. Sans doute sa détermination à trouver une explication logique l'empêchait de pouvoir croire à l'impensable. Leif ne pouvait pas être mort. Il devait avoir disparu, voilà tout. Ces dernières semaines avaient été harassante et difficile pour la brune qui voyait partout des signes de la présence du viking. Pourtant, il ne s'agissait que de mirages que son esprit créé pour la rassurer. Bjorn n'avait pas été d'une grande aide. Il ne faisait que délirer et cela n'arrangeait pas l'état de méfiance qui régnait dans Kattegat. Meghan ayant disparue, la jeune femme avait ordonné à Hedda de la retrouver.

    - Ma dame j'ai été déléguée par Leif Erikson de vous protéger, protestait la guerrière, je me dois de rester près de vous.
    - Et je vous donne un ordre que j'aimerais que vous ne releviez pas cette fois-ci.

    Hedda avait donc pris la poudre d'escampette avec son écuyer à la recherche de la rouquine qui s'était enfuie. Mais Feargus et elle avait prévu un tout autre plan. Ils profitèrent des fausses funérailles pour se rendre de nouveau en forêt pour retrouver le dit-ours. Matoaka devait le tuer pour comprendre ce qui c'était passé. En effet, en faisant un sacrifice, elle pourrait invoquer les esprits car pour le moment elle ne percevait rien. A chevaux, ils longeaient de nouveau le fameux chemin que l'ours avait pris en s'enfuyant. La jeune femme inspectait toutes les branches, tous les troncs pour essayer de trouver un indice. Mais rien n'arrivait. Malgré tout, la détermination des deux jeunes gens ne faiblissaient pas et quand ils ne marchaient pas, ils dormaient. Entendre les histoires d'enfance de Leif racontées par Feargus lui faisait du bien. Elle avait encore l'impression qu'il était vivant.

    - On va le retrouver Matoaka, je te le promets. Et ensuite je vous attache à Kattegat à jamais, compris ?

    Cela avait doucement sourire la jeune femme qui avait pensé à la même chose aussi.

    Pendant ce temps, Meghan souriait satisfaite. Leif était pris au piège dans sa grotte et elle pouvait à loisir le torturer en le contemplant se métamorphoser. La rousse avait bel et bien caché son jeu en se faisant passer pour une petit Volva. Or, elle était bien plus que cela et avait été envoyé par Zeus pour qu'elle le tue. Mais elle était tombée amoureuse du demi-dieu voilà pourquoi il était encore en vie. C'était ce qu'elle lui expliquait quand il était suffisamment calme pour l'écouter.

    - Nous allons vivre ensemble mon cher et tendre. Tu sais pourquoi ? Parce que si tu me repousses alors que j'ai sauvé ta vie, je ferais en sorte que ta petite sauvage vienne à toi quand tu seras en ours et tu la mangeras.

    Elle était bien cruelle et elle adorait ça. La jolie rousse avait ces pouvoirs si démoniaque que même les Dieux n'osaient pas s'en approcher. Elle était atroce que même Perséphone ne pouvait approcher son fils malgré les nombreuses sollicitations de Matoaka. Tous les jours elle tentait de le charmer mais il rentrait toujours dans des fureurs abominable. Cela ne semblait pas l'effrayait puisqu'elle s'essayait toujours à venir le caresser et se transformer aussi pour l'approcher au plus près.

    Revenons d'ailleurs aux deux qui sont partis en expédition pour retrouver Leif. Au bout de quelques jours, ils atteignirent un pic qu'ils n'avaient jusqu'alors pas exploré. Matoaka sentait qu'ils touchaient au but. Sans vraiment le savoir, les dieux l'aidaient à se rendre vers la fameuse cachette où avait élu domicile l'ourson Leif. Feargus et elle grimpait et avait du abandonner les chevaux qui attendaient patiemment en bas. Arrivés sur le plateau, ils ne trouvèrent rien d'autre qu'un lierre épais qui dissimulait l'entrée de la grotte.

    - Nous sommes dans un cul de sac une fois de plus.
    - Non Feargus regarde.. Tu ne vois pas là.. La lumière ?
    - De la lumière ? Je dirais plutôt que ça pue la bête.

    Matoaka le regardait avec de grands yeux pour lui faire comprendre qu'ils avaient peut-être trouvé l'antre de l'ours. Lorsqu'il comprit, il retira son épée de son fourreau et passa lentement le rideau de végétation. Matoaka le suivit de près en sortant son poignard. Un dédale de couloirs de pierre les bloquait désormais. Par où aller ?

    - Va à droite, murmurait la brune, on se rejoint ici dans vingt minutes si on a rien trouver.

    Le blond acquiesça et prit la direction vers la droite. Matoaka ne mit pas longtemps avant d'arriver dans une espèce de clairière. Sur le chemin, elle avait touché les murs et sentit quelque chose d'humide sur ses doigts. En arrivant dans l'immense salle de glace, elle se rendit compte qu'il s'agissait de sang sur ses doigts. L'ours était bien passé par là. En tournant la tête, elle vit donc le fameux ours qui était en train de dormir dans un coin ce qui la fit se tendre. Elle allait sortir son poignard en silence mais une autre bête plus svelte vint à elle. Surprise, l'amérindienne retint son souffle mais elle comprit rapidement que l'animal sauvage l'avait vue et allait la dévorer. Alors, sans perdre un instant elle s'enfuit par le fameux couloir par lequel l'ours ne pouvait pas passer et hurla à l'aide à Feargus.

    Elle courait sans s'arrête en avertissant le blond que l'ours était derrière elle. Sans perdre un instant, elle commença à glisser le long de la montagne mais s'y pris très mal si bien qu'elle fit un roulé-boulé désastreux jusqu'en bas. Sa chute fut amortie par des hautes herbes avant qu'elle ne heurte un arbre. Sa jambe la faisait souffrir et alors qu'elle se trainait couverte de sang jusqu'aux chevaux, l'ours ressurgit devant elle en levant sa patte, prête à attaquer. La brune poussa un cris en mettant sa main en l'air comme pour stupidement se protéger. Comme si cela allait suffire. Pourtant, rien ne vint mais un autre grondement surgit. En effet, l'ours qui dormait lui tournait le dos et semblait vouloir la protéger.

    Matoaka voyait la scène abominable sans oser bouger. La peur de se faire croquer bien entendu et aussi parce qu'il s'agissait d'un spectacle fort étonnant. Deux ours qui se battent, c'est quelque chose que l'on ne voit qu'une fois dans sa vie. L'amérindienne ne pouvait pas entendre les conversations des deux bêtes mais Meghan hurlait à Leif d'arrêter, qu'il allait la tuer mais cela ne semblait pas l'arrêter. Alors, elle décida de fuir malgré ses nombreuses blessures. Elle était vaincue pour aujourd'hui et elle savait qu'elle devait disparaître si elle voulait revenir pour achever sa mission. La brune ne bougeait toujours pas. Sa jambe la faisait souffrir. Le pelage si noir de l'ours restant l'effrayait, surtout quand il se mit debout pour gronder sauvagement.

    Espérant qu'il l'ai oublié, elle allait souffler un coup mais il se tourna vers elle. Figée, elle ne bougeait plus de nouveau en le voyant venir à elle, tête baissée comme pour se prosterner devant elle. Que faisait-il ? En s'approchant au plus près d'elle, elle pu voir ses deux prunelles étincellantes et dans ce regard y reconnut celui de Leif :

    - C'est.. C'est toi ? Isha ?

    Elle tendait sa main avec prudence vers l'animal et posa cette dernière sur son museau en sentant des larmes de tristesse dévaler ses joues. Meghan l'avait donc transformé en ours ?

    - Qu'est-ce qu'elle t'as fais mon amour ?

    Au loin, elle entendait Feargus l'appeler. Il avait entendu les cris de son amie mais ne la retrouvait pas. Inquiet, il fouillait tous les talus jusqu'à finalement arriver près de l'arbre où Matoaka avait posé son front contre le visage de l'animal. Le blond arma son arc en direction de la bête et décocha une flèche dans sa patte :

    - Feargus non ! C'est Leif ! Arrête ! hurlait l'amérindienne.


    immarcescible, Posté le mardi 01 novembre 2022 10:22 Répondre

    Leif était remonté comme un coucou suisse. Et pourtant, Matoaka avait fait en sorte de ne pas faire une grosse crise en apprenant la vérité sur Meghan. Toujours est-il qu'elle devait désormais se concentrer sur Bjorn et Svala qui était dans un état psychologique intense, surtout lorsqu'elle apprendrait que l'oeil de son fils avait été retiré. La jeune femme finissait de ranger et de nettoyer quand la guerrière Hedda surgit dans le dispensaire. Avec beaucoup de cérémonie, encore, elle se prosterna devant Matoaka qui vint vite la redresser :

    - Ne vous prosternez pas ainsi devant moi. Je ne suis que moi Hedda.
    - Vous êtes la future Reine de notre Roi. Je me dois de vous considérer comme telle et vous traiter avec l'honneur qu'il vous revient.
    - Alors si c'est une question d'honneur, s'il vous plaît, rendez-moi service en ne nous prosternant jamais ainsi lorsque nous serons toutes les deux d'accord ?
    - Bien.. Bien ma dame.

    La guerrière semblait bien sérieuse et surtout surprise de la demande de sa future reine mais le sourire qu'elle lui donna la rassura. Freya au loin caressait les cheveux de Svala en essayant de faire le tri dans sa tête. Elle se doutait bien que sa compagne ne laisserait pas une telle trahison de la part de Meghan être non punie. Même si Leif avait un goût pour le sang, il n'en restait pas moins que Matoaka allait forcément intervenir. Aussi, elle réfléchissait à comment concilier le tout ensemble, comme le ferait une reine. Car elle avait ça aussi encore dans le sang la petite blonde.

    Pendant ce temps, pendant cette nuit terrible, Matoaka surveilla l'état de Bjorn. Elle pria, médita et soigna ses plaies. Il se réveilla dans la matinée en geignant de douleur et essayant de toucher son visage mais l'amérindienne le retint. Svala dormait toujours, alors elle du le rassurer comme le ferait une mère. Caressant sa joue valide et alors qu'il ouvrait les yeux, elle prit sa voix la plus douce pour le réconforter :

    - Tout va bien.. Nous sommes là Bjorn.. Tu es en sécurité.. Tu as été attaqué.. Mais maintenant tout va bien..
    - Je.. Je.. J'ai mal.. Si mal..
    - Je sais, je sais. Je vais te donner quelque chose.

    Elle fit signe à Hedda de lui apporter la tisane qu'elle avait laissé au chaud pour lorsque Bjorn se réveillerait. Une fois à ses lèvres, il en bu quelques gorgées avant de grimacer dégoûté par le goût amer des plantes.

    - Je ne vois plus rien.. C'est normal ?

    Matoaka avait si mal pour lui. Elle se pencha et embrassa son front tout en caressant sa joue avec douceur comme pour anesthésier le mal qu'il ressentait :

    - Tu dois te reposer petit guerrier. Beaucoup de repos est nécessaire pour guérir le plus rapidement de tes blessures.
    - Maman, où est maman ?
    - Elle dort. Elle était si inquiète qu'elle a fait une crise de nerfs mais Freya est là. Tout le monde est là.
    - Meghan ? Meghan ?
    - Quoi donc Meghan ?
    - Elle.. Je.. L'ours..
    - L'ours ?
    - Oui.. L'ours..

    Ainsi, la jeune femme s'était trompée ? Elle s'était trop inquiétée de l'état de santé de Svala pour être clairvoyante. Elle culpabilisait d'avoir soupçonnée une innocente. Sans attendre le reste de l'explication de Bjorn, elle ordonna à Hedda d'aller chercher Leif sur le champ. Le ton catégorique de sa future reine ne lui donnait pas d'autre choix que de se rendre à Kattegat pour retrouver son Roi, surtout qu'un ours rôdait dans la forêt. Quand la brune rejoignit Bjorn, ce dernier s'était de nouveau rendormit ce qui valait mieux dans un sens.

    La nuit passa lentement. Matoaka expliqua le plus calmement possible à Svala ce qu'elle avait du faire pour sauver la vie de Bjorn. A sa grande surprise, elle ne s'épancha pas mais la colère grondait en elle. Comment ne pourrait-il pas en être autrement ? Son fils avait été attaqué et il était mutilé sévèrement. La brune venait ensuite lui dire les mots qu'il avait prononcé avant de se rendormir mais sa mère n'y croyait pas. Elle secouait la tête négativement en répétant :

    - Je ne peux pas y croire. C'est forcément Meghan.
    - Svala écoute..
    - Non ! Je suis une mère et je connais mon enfant ! Jamais il n'aurait agis aussi stupidement devant un tel animal. Je le sais, je le sens. Et tu le saurais si toi aussi tu étais mère.

    L'amérindienne ne se formalisa pas de la remarque piquante de sa future belle-soeur. Pourquoi faire surtout qu'elle savait qu'elle était malheureuse. Prenant ses mains entre les siennes, elle se contenta de les serrer avec douceur avant d'en embrasser le dessus. Le matin se levait et les hommes rentraient de la battue. Matoaka proposa d'aller se restaurer au skali quand Freya surveillerait un peu Bjorn en compagnie de Philippe. Une sorte d'émeute entourait la fameuse prison dans laquelle avait été enfermée Meghan. Cela rendit mal à l'aise Matoaka qui ne comprenait pas pourquoi la sorcière l'observait en souriant. Inquiète de ce visage si démoniaque quand les habitants de la ville l'insultait, elle préférait entrainer Svala dans le skali où Leif semblait être à bout de nerfs. Elle le voyait à ses épaules dressées et sa posture de guerrier qui d'habitude l'excitait mais qui là, l'effrayait. Sa soeur se jeta près de lui pour le supplier de lui expliquer ce qui c'était passé mais avec une violence déconcertante il la repoussa.

    Rapidement, Matoaka vint aider la blonde à se redresser, sonnée par la violence certaine de son frère. Jamais encore elles ne l'avaient vu être aussi violent avec une des femmes de son entourage. Hedda venait suite à la demande de sa future reine et emporta Svala au dispensaire, accompagnées de plusieurs servantes. Restant enfin seuls dans le skali, la brune resta loin de Leif mais suffisamment près pour voir qu'il transpirait beaucoup et que son oeil était d'une fureur certaine.

    - Je sais que j'ai été sèche avec toi tout alors mais.. mais Svala n'y est pour rien Leif. Je ne veux pas que tu penses que je t'en veux pour cette femme. Tu ne pouvais pas savoir ce qu'elle ferait à Bjorn.

    Elle fit un pas vers lui et constata qu'il respirait de plus en plus fort. Comme une bête. Un fièvre le tenait ? Inquiète, elle fit un autre pas mais plus elle avançait et plus il semblait prêt à la dévorer. Oui, oui, la dévorer :

    - Isha.. Mon amour.. Tu sembles être malade. Laisse moi t'examiner..

    Elle devait s'assurer de son état mais il poussa un cri de rage avant de disparaître de nouveau pour s'enfermer dans sa chambre après l'avoir repoussé violemment. Allongée sur le sol, sonnée par cette violence soudaine, elle reprenait lentement conscience mais les cris qu'il poussait en jetant le mobilier partout dans la chambre l'inquiéta encore plus. Jamais encore elle ne l'avait vu partir dans une telle crise de démence. Se relevant, elle hésita à aller chercher Feargus mais ce serait encore plus mettre le feu aux poudres étant donné la relation compliqué des frères. Elle se rendit donc dans la chambre où elle trouvait Leif nu, entrain de hurler encore et encore et saccageant toute sa chambre. Matoaka n'avait pas peur de lui, mais pour lui.

    - Isha.. Isha !

    Au même moment, alors qu'elle s'approchait de lui, un souffle étrange renversa la chambre. La jeune femme cru voir un ours derrière Leif et lui hurlait donc de s'enfuir mais elle la projeta de nouveau vers le sol cognant ainsi sa tête contre le mur en perdant connaissance. Elle ne sait combien de temps elle resta sonnée. Toujours est-il qu'en se réveillant, elle sentait un souffle sur son visage. Une odeur de poils mouillé et ce souffle puissant. En ouvrant les yeux, deux prunelles d'un bleu intense l'observait mais elles provenaient d'une tête d'ours. Ouvrant grand les yeux, elle s'apprêtait à hurler surtout que le reste de la chambre avait été réduite à néant et que l'ours s'apprêtait visiblement à la manger. Retenant son souffle, elle faisait en sorte de ne pas faire un mauvais mouvement mais l'ours levait sa patte comme pour lui donner le même coup fatal qu'à Bjorn.

    Sauf qu'au même moment, Nashoba surgit dans la chambre accompagné de d'autres guerriers et devint livide en voyant l'état de sa soeur devant cet ours affamé. Il arma son arc prêt à décocher mais l'ours était visiblement malin pour s'enfuir. Plusieurs flèches volèrent vers lui quand il détruisait le mur de la chambre qui le séparait de la forêt. Recroquevillée sur elle-même, Matoaka vit sur le sol du sang et les vêtements déchirés de Leif. Ainsi donc, il ne s'agit pas de Meghan mais bel et bien d'un ours qui s'en était pris à la famille Erikson en peu de temps.

    Les hommes étaient tous prêt à partir pour cette battue et Matoaka, malgré sa blessure, grimpa à son tour à cheval. Nashoba lui avait formellement interdit de quitter Kattegat mais elle n'en faisait qu'à sa tête car elle voulait la tête de l'ours qui lui avait pris son aimé. Entre chagrin et désespoir, elle n'était plus capable d'être raisonnée. Elle ne rentrerait que lorsque la tête de l'ours ornerait le devant du skai. Déterminée, elle conduisait la petite troupe d’hommes dans les bois pour traquer la bête.


    immarcescible, Posté le vendredi 28 octobre 2022 20:37 Répondre

    Svala était en pleine crise de nerf. Matoaka était entrain d'essuyer ses mains pleine de sang quand elle écoutait les propos de son amie. Etait-ce la douleur de ce que vivait cette mère qui la faisait parler ou une vérité ? Quelques heures plus tôt, Leif et Freya lui disaient mutuellement de se méfier de la Sorcière. L'amérindienne était mal à l'aise à l'idée de pointer du doigt quelqu'un sans avoir de preuve. Il était vrai, cependant, que les blessures de Bjorn était suffisamment régulière pour faire penser que la main de l'homme aie pu le remplacer. Mais est-ce qu'un être humain serait capable d'une telle atrocité ? Ayant eu la mémoire de trancher, la jeune femme avait du mal à croire à une telle chose. Aussi, pour ne pas blesser son amie, elle vint avec douceur caresser sa nuque et l'enlacer pour la rassurer au lieu de lui répondre tout de suite :

    - Tu as besoin de repos. Bjorn a besoin de toute notre énergie pour pouvoir s'en sortir. Je vais te faire un lait de pavot et je veillerais sur vous deux ne t'en fais pas. En aucun cas je quitterais le dispensaire.

    Après plusieurs refus, Svala accepta à la proposition de la jeune amérindienne. Une fois la potion bu, elle s'endormit profondément sur un lit du dispensaire que Matoaka avait aménagé plus confortablement pour la jeune princesse. Puis, elle revint vers Bjorn dont elle observait les cicatrices qui ornerait à jamais son buste et son visage. Le cataplasme sur son oeil était déjà absorbé. Elle craignait qu'il perde son oeil. Soulevant la feuille, elle constata que ses craintes étaient fondés. Mordant sa lèvre, elle se retint de crier ou pire, de pleurer. Soignant du mieux qu'elle pouvait le jeune homme, elle savait qu'il allait s'en sortir mais que la convalescence serait difficile. Après s'être assurée qu'il dormait toujours profondément et avait retiré l'oeil déchiré, elle pansa son visage et vint ouvrir la porte pour chercher Leif.

    Couverte de sang, elle était épuisée par cette nuit de travail intensif. Le viking était au pas de la porte ce qui la rassura. Au moins, elle n'aurait pas à lui courir après. Tout le reste de la famille était là comme bon nombre de villageois. Elle tenait entre ses mains un chiffon ensanglanté et tentait tant bien que mal de retirer les mèches de cheveux qui bloquaient ses yeux. Le jeune roi l'aidait ce qui lui fit esquisser un doux et léger sourire avant de l'observer désolée :

    - Il va s'en sortir. Il est fort.. C'est un Erikson, expliquait-elle en tentant de parler du positif dans un premier temps, mais.. mais il aura de profondes et de douloureuses cicatrices. Il va beaucoup souffrir. On va devoir l'accompagner, l'aider.

    Sa main venait trouver celle de Leif. Elle lui donnait toute sa force, tout son courage pour l'aider à surmonter la peur et la rage qui l'habitait. Les gens s'approchaient pour savoir ce qu'elle disait aussi, elle offrit un sourire rassurant à tout le monde en leur expliquant que Bjorn devait se reposer et qu'il allait être tiré d'affaire. Tout le monde rassuré, ils commencèrent à partir, persuadés que l'amérindienne avait sauvé le prince. Mais une fois que le petit groupe familial se retrouva entre eux, elle perdit son sourire de confiance :

    - Son oeil droit est mort.. J'ai du lui retirer pour ne pas risquer de le perdre.

    Freya poussa un cris qu'elle étouffa entre ses mains. Même si il n'était pas son fils, sa chair, elle l'aimait tout autant. Amara vint la soutenir avec l'aide de Chevalier quand Philippe et Feargus s'approchait d'un Leif qui ne bougeait plus. La brune se tournait vers son Roi et le regardait, sincèrement désolée :

    - J'ai fais tout ce que j'ai pu pour le sauver mais.. mais la plaie était trop profonde et la griffe de l'animal était visiblement puissante puisqu'elle lui a perforé l'oeil.
    - Matoaka arrête, suppliait Amara en voyant Freya prête à tomber dans les pommes.
    - Emmenez la à l'intérieur j'arrive de suite.

    Elle se poussa de l'entrée et laissa les deux amis conduire la Reine auprès de son aimée quand Feargus et Philippe évoquaient déjà de partir à la chasse à l'ours. Le regard de Leif sur elle la perturba car il sentait visiblement bien qu'elle dissimulait autre chose. Alors, elle lui avoua ce que lui avait confié la princesse sur Meghan ce qui la gênait assez :

    - Qui est cette femme Isha, demandait-elle, pourquoi s'en prendrait-elle à Bjorn ? C'est un bon garçon. Cela relèverais d'un rituel sombre que moi-même je méconnais. Quel serait l'intérêt de cette femme à s'en prendre à l'un d'entre vous ? Je suis désolée.. Je sais que j'ai dis que j'allais l'aider mais.. mais un ours ne ferait jamais ça. Il aurait mangé Bjorn sans lui laisser le temps de s'enfuir.
    - Parce que tu lui a volé Leif, répliquait aussitôt Philippe malgré le regard noir de son ami, parce qu'elle a été la maîtresse de Leif l'année qui a suivi et que tout le monde connaissait ses intentions sur le coeur de notre Roi.

    Matoaka comprenait mieux désormais l'aversion de tout le monde pour la jeune femme mais pas le silence du Roi. Les lèvres entrouvertes, elle laissa un soupire long s'échapper quand elle écarquillait les yeux sans le lâcher du regard. Le sentant près à se dérober pour s'en prendre à Philippe, elle le retint près d'elle en agrippant sa ceinture et lui secoua la tête de côté :

    - Ne t'en prends pas à lui il n'est pas responsable mais maintenant je comprends mieux. Les garçons, allaient avec prudence dans la forêt essayer de trouver les traces d'un rituel satanique. Toi, Erikson, tu viens avec moi il faut qu'on parle.

    Une fois que les deux garçons furent partis sur les ordres de l'amérindienne, cette dernière posa ses mains sur ses hanches en observant son Roi qui restait silencieux. Elle vint s'adosser contre le mur en bois du dispensaire en soupirant et secouant la tête une fois de plus. Les bras croisés, elle se demandait bien quand est-ce qu'il allait lui signifier qu'il s'était offert à cette femme aux pouvoirs douteux et potentiellement dangereux. Les hommes étaient bien stupide quand il s'agissait de penser avec leur sexe, se disait-elle :

    - Je ne suis pas fâchée mais je veux comprendre pourquoi tu ne m'as rien dit sur elle. Je.. Je ne voulais pas de détails mais au moins me dire qui c'était. Je pensais que c'était une femme lambda. Pas une sorcière ! Tu te rends compte de ce que cela implique Leif. Je.. Je me sens stupide de ne pas avoir été plus méfiante et d'avoir laissé Bjorn la raccompagner. C'est de ma faute si il la suivit dans les bois. Svala va me haïr désormais car son fils est désormais borgne. Tu me fais si peu confiance que ça ?


    immarcescible, Posté le jeudi 27 octobre 2022 22:43 Répondre

    Le sourcil de Matoaka se redressait suite à la remarque de Leif, amusée qu'il puisse lui proposer de prendre des leçons en compagnie d'une guerrière. Profitant qu'ils passent une alcôve tranquille alors qu'ils étaient seuls, elle mordilla sa lèvre inférieure avant de le plaquer contre un pan de mur, par surprise. Elle le taquinait aussi sûrement qu'il le faisait :

    - Je préfère continuer à avoir des leçons particulières en votre compagnie mon roi.

    Sur la pointe des pieds, elle lui donna un baiser profond et intense quand ses mains caressaient ses joues. La confiance, la douceur et la spontanéité du moment donnait une allure secrète et sensuelle à la jeune femme. Matoaka brillait aux côtés de Leif dont sa main cherchait toujours la sienne. Tels deux ombres, ils se suivaient et bougeaient au même rythme de l'un et l'autre. Personne n'était dupe et Freya ne cessait d'être subjuguée de voir ces deux là autant se correspondre malgré leurs différences notables. Leif, le colosse, l'ours qui imposait et Matoaka, la douce, la sage qui rendait le monde contemplatif. Sur le chemin qui les menaient au Skali principal, beaucoup se prosternèrent devant la jeune femme qui les supplia de se redresser. Trop humble pour accepter que quiconque la salue de la sorte, elle leur assurait que ce n'était rien et que le printemps allait bientôt arriver et la nourriture aussi.

    Une fois arrivés, elle fut présentée aux fameux hommes et femmes qui comptaient dans les rangs de son amant. Eux aussi eurent ces mêmes gestes prévenants à son égard qui la gênait. Mais le regard de Leif lui fit comprendre qu'elle devait s'y résoudre. Surtout si elle devenait sa femme. Cette simple idée faisait naître au creux de son ventre une boule nerveuse et heureuse. Une fois que tous eurent quitté le skali, elle entendit Bjorn s'approcher d'eux. Il avait si grandit mais elle ne s'en rendait pas compte. Pour elle, c'était la première fois qu'elle le rencontrait :

    - Les gens disent que tu as prédis le retour prochain du printemps, est-ce vrai ?
    - Bien sûr, assurait-elle, la glace commence à fondre. Elle attendait juste le bon moment pour laisser la chaleur s'installer dans nos foyers.

    Un petit clin d'oeil à l'intention de Leif allait lui faire comprendre que tout était aussi lié à lui. Mais pour le moment, elle se contentait d'écouter les nombreux récits de Bjorn qui lui parlait de tout ce qu'il avait fait avec elle avant qu'elle ne perde la mémoire. Quand elle lui demanda comment ils avaient atterrit en Grèce, il ne sut quoi répondre. La souffrance de l'épisode de la montagne risquerait de blesser Matoaka. Aussi, lorsqu'elle vit sa mine, elle posa sa main sur la sienne et lui sourit :

    - Le plus important désormais ce sont les aventures que nous allons vivre maintenant et plus tard.
    - Je suis bien d'accord avec toi ma tante. Oncle Leif ! Quand épouses-tu cette princesse avant que je ne lui vole son coeur.

    Matoaka riait et tapotait son épaule en expliquant que les noces n'auraient lieu que lorsque le divorce serait prononcé et que le printemps soit revenu. Le plus important pour le moment était de réussir à pouvoir nourrir toute la population et soigner ceux qui allaient mal. En effet, elle avait noté plusieurs mines malade et se portait déjà volontaire pour ouvrir un dispensaire.

    - Mais le tien est encore sur place !
    - J'en avais un autrefois ?
    - Bien sûr ! Oncle Leif, tu me permets de l'emmener ?

    La brune voyait bien que Leif était tourmenté à la façon qu'il avait de nettoyer son épée. En effet, il lorgnait d'un oeil furieux un Feargus au fond au de la pièce qui le regardait de la même manière. Elle promit à Bjorn de le rejoindre à l'extérieur et vint rejoindre son amant dont elle prenait les joues entre ses mains en le suppliant de la regarder avant de murmurer à voix basse :

    - Tu ne feras jamais de mal à cet enfant. Tu sais pourquoi ? Parce que tu n'es pas comme ça mon aimé. Ton frère souffre, il a besoin de toi. Il a besoin de comprendre. Mais ça doit venir de toi. Je sais qu'il te manque mon amour.. Tu vas avoir besoin de toutes les personnes qui t'aiment si tu veux qu'on réussisse Leif.

    Il allait la fuir, elle le savait. Aussi, elle l'attrapa fermement par sa barbe avant de déposer de nouveau un baiser sur ses lèvres. Une main de fer dans un gant de velours n'est-ce pas. Embrassant encore ses lèvres, elle lui souriait tendrement, avec confiance :

    - Fais moi confiance un peu, tu veux bien ? Et va parler avec lui.

    Après un autre baiser elle s'éclipsa rejoindre un Bjorn qui avait déjà hâte de montrer le petit royaume que la brune s'était créé bien des années plus tôt. Ils sortirent un peu du village pour longer la plage. Non loin, à bordure de la forêt et de la plage, il y avait en effet une immense grange qui contenait tout un tas de lits. C'était les prémices d'un futur hôpital. Matoaka reconnaissait dans cet endroit des aterfacts lui ayant en effet appartenu. Elle retrouvait des outils, des baumes. Elle était émue de se trouver sur les pas de son soi antérieur. Avec l'aide de Bjorn et de quelques villageois fort habile, ils se mirent à ranger, nettoyer. Les vikings chantaient, c'était une ambiance chaleureuse et sereine qui y régnait. Comme si l'arrivée des amérindiens avait redonné un souffle à la ville. Pourtant, un nuage vint assombrir les heureux travailleurs.

    Meghan venait de faire son arrivée dans le dispensaire. Bjorn se figea, comme tous les villageois. Beaucoup partirent, trop effrayé par la jeune femme dont les pouvoirs maléfiques effrayaient. L'amérindienne ne se laissa pas impressionner et sa nature gentille et confiante lui donna envie de croire qu'il existait un peu de bonté chez la potentielle Volva. Elle savait que Freya lui avait dit de se méfier, mais étant elle-même étrangère, elle voulait se faire sa propre opinion. Mais aussi et surtout parce qu'elle ne savait pas qu'il s'agissait de la fameuse femme que Leif avait eu dans sa couche. Cela aurait pu changer les choses, certes. Mais pour le moment, elle lui ouvrit sa porte.

    - Vous vous nommez Meghan il me semble ?
    - Et vous êtes la fameuse Matoaka. Leif m'a tant parlé de vous.
    - Oh.. De moi ? Leif parler ? Vous avez du l'inonder d'hydromel pour cela.

    Elles riaient toutes les deux de bon coeur. Mais l'une des deux était fausse. Bjorn observait la scène effrayait. Autant il pouvait se battre contre une armée d'hommes, mais deux femmes ensemble.. il savait que cela pouvait être encore plus dangereux. Meghan souriait à Bjorn et lui faisait un peu de charme en lui donnant un paquet pour sa mère :

    - Il s'agit de la robe que je devais recoudre. Tu penseras à lui donner petit Erikson ?
    - Euh... Oui, oui ma dame.
    - Quel charmant endroit vous venez de réouvrir Matoaka. Vous risquez d'être envahie par beaucoup de miséreux.
    - Ma porte sera toujours ouverte pour ceux qui ont besoin. Vous pareillement.
    - Oh non, non, non. Je me soigne seule. Avec mes esprits vous savez.

    La question de la religion restait quelque chose de sensible pour certains. Matoaka le comprenait et ne persistait pas. Jamais elle n'obligerait les autres à avoir ses propres croyances. Elle était bien trop tolérante pour cela. Il commençait à se faire tard et Meghan préféra quitter le dispensaire avant que la nuit tombe et elle demanda à Bjorn de l'accompagner. Il était gêné mais sa tante lui assura que tout irait bien. Quelques villageois avaient sous les yeux le jeune prince qui rentrait en une compagnie douteuse quand l'amérindienne continuait de ranger et d'organiser ce qui serait sa zone de travail. Il était tard quand elle se rendit compte que le temps avait bien passé et que Leif se trouvait sur le pas de la porte. Elle sursauta, surprise et sourit amusée :

    - Alors ? Qu'en penses-tu ? Peut-être que cela attirera des soigneurs. Sans doute cette Meghan pourrait m'aider, qu'en penses-tu ? Je sais qu'elle n'est pas appréciée mais tout le monde a le droit à une seconde chance, n'est-ce pas ?

    Si innocente, tellement persuadée de faire le bien en évoquant cette Meghan sans se douter du poison mortel qu'elle pouvait être. Elle venait enlacer les hanches du brun en souriant toute heureuse du travail qui avait été fourni toute la journée. Ils n'avaient pas chômé et enfin ils se trouvaient de nouveau tranquillement l'un et l'autre :

    - J'ai une faim d'ours. Tu m'emmènes dîner ?


    immarcescible, Posté le mercredi 26 octobre 2022 19:01 Répondre

    La jalousie. Ô vilain, vilain, vilain, vilain et vile sentiment. Matoaka savait pertinemment qu'en posant cette question elle risquait de ne pas aimer la réponse. Mais une chose est sûre, Leif n'était pas un menteur et il ne le serait jamais avec elle. C'est une certitude qu'elle appréciait chez lui mais dont la réponse la faisait malgré tout souffrir. Il cherchait bien à se défendre, à se justifier et plus il le faisait, plus elle se sentait encore mal. Secouant la tête sur le côté, elle s'écarta de lui en croisant les bras. Lui faisant dos, elle ruminait une jalousie atroce qu'elle n'avait jamais eu à avoir, mais surtout, qui la plongeait dans un état de colère qui l'effrayait. La brune inspirait profondément, surtout en sentant Leif venir derrière elle pour l'enlacer. Elle ne pouvait plus bouger.

    - Je te remercie pour ton honnêteté, finissait-elle par dire, mais il n'empêche que je n'aime pas ça. Je.. T'imaginer embrassant cette femme..Te.. Je sais que nous n'étions rien légalement l'un pour l'autre mais il n'empêche que ça me blesse.

    Elle l'entendait déjà lui rappeler qu'il était malheureux, que c'était elle qui avait demandé à ce qu'ils soient séparés. Des semi-reproches qu'il lui donnait et qui la frustrait encore plus. Ce qu'elle vint à lui expliquer :

    - Imagine si c'était le sens inverse et que moi aussi j'avais été avec un autre ou une autre. Leif.. Je.. Je n'ai pas vécu une année de sérénité loin de toi. J'ai été malheureuse. Je t'ai cherché partout dans mes songes, dans mes visions mais tu me refusais l'accès à tes pensées. Je sais pourquoi maintenant. Je ne te hais pas et je ne t'en veux pas mais.. mais..

    Vite, elle retournait et venait plonger ses prunelles dans les siennes. Fermement, ses mains vinrent agripper le visage du colosse qui la tenait entre ses bras quand elle le fixait :

    - Et si cette année t'avais fait te rendre compte que notre histoire était trop compliqué. Et si cette autre femme était mieux pour toi ? Parce que si c'est le cas je dois repartir aussitôt Leif. Je ne veux pas que tu penses avoir à me redevoir quoi que ce soit. Je resterais une fidèle alliée mais je ne pourrais pas rester à tes côtés.

    C'était sincère et c'était ce qui lui faisait peur finalement. Qu'il se rende compte que sa relation avec cette autre femme soit meilleure pour lui, plus saine. Après tout, elle était très certainement une viking elle aussi, pas une étrangère. Elle serait plus importante pour le royaume de Leif et plus imposant politiquement qu'une amérindienne aux sombres pouvoirs. Mais malgré tout, malgré cette jalousie et cette peur, il sommeillait toujours cette louve non partageuse. En effet, sa main venait se poser sur le buste du géant quand elle griffait délicatement sa peau brulante :

    - Mais si tu me veux pour épouse Leif Erikson, continuait-elle d'une voix plus sévère en le poussant sur le lit d'une main ferme, je te préviens que tu seras à moi et uniquement à moi. Tu passeras toutes tes nuits dans ce lit et avec moi contre toi. Tu n'auras pas d'autres femmes comme tous tes prédécesseurs.

    En disant cela, elle venait à califourchon sur lui en délassant les lacets de son pantalon avant d'agripper son membre qu'elle constatait déjà tendu. Par quoi, se demandait-elle, mais peu importe. Elle débutait des mouvements avec sa main en mordant et suçotant la peau fine de son cou en alternant les mouvements de poignets avant de redescendre ses baisers sur son buste où elle mordait ses pointes :

    - Il n'y aura aucun écart d'accepté mon Roi et sache que je peux te donner la vie la plus douce qui soit mais aussi, la plus frustrante.

    Ses lèvres avaient rejointes celles de Leif dans un baiser langoureux, sauvage où elle mordit sa lèvre inférieure. Les yeux brillant d'un désir et d'une possession certaine, elle le contemplait en se redressant sur son bassin sans lâcher son membre qu'elle caressait toujours de haut en bas avant de finalement arrêter aussitôt ses mouvements avec son air malicieux.


    immarcescible, Posté le dimanche 23 octobre 2022 22:12 Répondre

    Lentement, elle reprenait son souffle. Tout son corps, tous ses sens étaient en éveil. Les yeux clos, la jeune femme haletait, tremblante et en sueur. Mais qu'importe. Le corps encore brûlant de son amant la possédait, la dominait de ses courbes si puissante. Les yeux clos, elle ne pouvait s'empêcher de se remémorer déjà la puissance de ses mouvements, sa fougue, sa passion, ses mots. C'était comme si elle reprenait un shoot d'électricité et de passion ardente. Matoaka était allongée en travers du lit, ses cheveux étalés éparses autour de son visage et un Leif allongé sur elle qui n'était visiblement pas prêt de bouger. Ce qu'elle aimait cette sensation. C'était la première fois et pourtant, elle avait l'impression de revivre en plus fort et plus intense quelque chose de méconnu. Elle du retirer certaines mèche de ses yeux ce qui lui permit de contempler le colosse dont le visage était posé entre ses seins. Cette vision si tendre et sensuelle la faisait toujours fondre :

    - Nemehotatse Isha.

    Ses yeux brillaient de cette joie et de cet amour qu'elle ressentait depuis le début de leur relation. Elle avait l'impression de revivre depuis qu'elle avait débarqué sur le port. Non pas parce qu'il venait de lui faire l'amour avec une ardeur passionnelle, mais simplement parce qu'elle se savait à la place qu'elle devait être : juste auprès de lui. Comme si un souffle lui était revenu et comme si tout avait de nouveau un sens singulier, qu'elle avait jusqu'alors oublié. Relevant tendrement le visage de Leif vers le sien, elle embrassa ses lèvres avec une douceur certaine avant de s'excuser d'avoir griffé son dos.

    - Si tu continue de me faire l'amour ainsi je risque de ne plus rien contrôler tu sais.. plus rien.. Je me sens comme envahie d'une vague incontrôlable.. Je pourrais te demander de me faire l'amour ainsi tout le temps. Et toi ? Tu le sens aussi ?

    Elle riait enfin un peu et cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était pas sentie si légère. Embrassant les lèvres de son adoré encore et encore, elle caressa la barbe qui dissimulait les tendre fossettes de ses joues. Leurs corps étaient enlacés tendrement et c'était tout ce dont elle avait besoin après tout le voyage de ces dernières semaines. Lentement, sans qu'elle le prémédite, elle vint à le faire s'allonger sur le côté pour mieux se blottir contre lui. Leurs jambes entrelacées, elle pouvait à loisir caresser son corps qu'elle avait tant rêvé et fantasmé quand ses lèvres le couvrait de baisers au niveau des lèvres et du cou.

    - Parce que tu crois que je vais te laisser dormir loin de moi, maintenant que je sais ce que tu es capable de faire avec ton capable mon Roi ?

    La taquinerie sensuelle de Matoaka la faisait doucement rire. Pinçant délicatement la hanche du brun, elle trouva le courage nécessaire pour se redresser et chercher sa robe. Mais cette dernière était sur le sol, en lambeau. Elle fit une moue un peu déçue avant de la montrer à Leif. Ses joues étaient rougies, ses cheveux en pétard et elle avait cet air si détendu et secret d'une jeune femme qui venait de faire l'amour avec son amant :

    - J'espère que ce n'est pas une manie des vikings de déchirer les vêtements quand ils envie de leur compagne. Sinon tu risques de payer une fortune mes toilettes tu en as conscience ?

    La jeune femme mourrait de faim mais elle ne voulait pas rejoindre les autres. Egoïstement, elle fichait des autres et voulait uniquement s'accaparer Leif. Enfilant sa fourrure et suivant le brun, ils s'enfuirent de la chambre qu'elle occupait pour rejoindre les appartements du Roi. Elle découvrit un univers un peu sombre et dépourvu de douceur. Elle se disait qu'il ne devait y rester uniquement pour dormir. Pendant qu'il faisait savoir à ses gens qu'ils voulaient qu'on les ravitaillent en nourriture et hydromel, Matoaka fit le tour de la pièce jusqu'à voir le fameux lit qu'il occupait. Elle resserrait sa fourrure sur son corps nu, pensive. Lorsqu'enfin il revint à elle et qu'il posa le plateau de victuailles sur la table basse, elle lui demanda :

    - D'autres femmes ont côtoyé ta couche ? Tu peux me le dire tu sais. Je préfère savoir si tu as eu des liaisons avec d'autres femmes que de l'apprendre d'une de leurs bouches. Je ne serais pas en colère mais.. mais je ne veux pas dormir avec toi dans un lit qui a reçu ces autres femmes.

    C'était donc à cela que pensait Matoaka en observant le lit de Leif. La peur de le savoir posséder une autre femme lui venait subitement. Après tout, il aurait très bien pu profiter comme tous les autres hommes des femmes qu'il avait à sa disposition. Il était si bel homme et libre. N'importe quelle femme se laisserait aller à avoir des rapports avec le roi des Vikings. Elle voyait bien qu'il avait dans le regard une lueur amusée, mais cela ne l'amusait pas.

    - Ne ris pas, dit-elle en fronçant les sourcils, je veux que tu sois honnête avec moi. Jamais je ne te laisserais me toucher ici si une autre femme est rentrée. C'est une question de principe.

    Elle finissait par s'approcher de lui et tirer sur sa chemise de nouveau entrouverte qu'elle griffait délicatement comme pour avoir une réponse sous la torture avant de laisser la fourrure tomber le long de son corps nu.

    - Alors ? Tu as perdu tes mots grand Roi du Nord ?


    immarcescible, Posté le dimanche 23 octobre 2022 12:36 Répondre

    Le souffle de Leif était si fort que Matoaka n'entendait que cela dans la chambre. Ses oreilles bourdonnaient et le tumulte dans le reste du skali ne lui venait presque plus. La vision qu'il avait eu d'elle, allongée sur ce fameux lit, ensanglantée avec ce fameux couteau à la main était improbable. Pourquoi se serait elle donné la mort elle-même ? Cela n'avait aucun sens. Le pire dans tout ça, c'était qu'il avait raison. Elle serait la première à le fuir si cela avait été l'inverse. Alors comment le rassurer ? Comment le convaincre qu'elle ne risquait rien auprès de lui et que même en sachant cela, elle ne partirait pas. Elle voyait son regard sombre, sa détresse dans sa voix et dans son comportement. Elle devait l'apaiser.

    Avec douceur, elle prit ses mains dans les siennes et fit en sorte qu'il les posent sur ses joues. Ses yeux d'un sombre perçant l'observait avec intensité. Elle lui demandait avec sa voix douce et faible de la regarder. Après plusieurs réticences, il le fit enfin et elle pu lui donner ce même sourire tendre qu'elle avait eu en arrivant quelques heures plus tôt :

    - Je ne partirais pas de sitôt maintenant que je suis près de toi Leif Erikson. Tu sais pourquoi ? Parce que je t'aime.

    Elle avait fait en sorte de laisser le colosse s'asseoir sur le bord du lit, ce qui lui permit de masser sa nuque. C'était une manière douce de le détendre et d'activer les points de pression qui était de mauvaise énergie pour le brun. Elle le massait sans que son regard quitte le sien. Debout face à lui, elle s'installa entre ses cuisses afin d'être la plus proche de son corps, de sa chaleur, de son énergie. Pour qu'il sente aussi la sienne :

    - Les visions peuvent être amenées à être faussées, changeante. L'avenir n'est pas écrit. Tu ne dois jamais te laisser envahir par ces sombres pensées. Je te le rappelle, rien n'est écrit, Isha.

    Bien entendu, elle faisait aussi référence à la vision concernant l'enfant de Feargus et Amara. Son front venait s'apposer contre le sien quand de son nez elle caressait aussi celui de Leif. Les yeux clos, elle se blottissait contre lui en sentant que sa tension commençait à redescendre. Front contre front, elle essayait de lui transmettre des visions de douceur et de bonheur qu'elle avait pu avoir lorsqu'elle avait été séparée de lui. Des visions où Kategatt est plus riche encore, plus diverse, plus heureuse aussi. Matoaka venait à murmurer avec douceur :

    - Tu ne me fais pas peur. Je ne me suis jamais sentie autant en sécurité auprès de quelqu'un. Maintenant, tu dois aussi me faire confiance et faire confiance à mes interprétations. Cette vision que tu as eu n'étais qu'un prétexte de ton esprit pour mettre encore plus de distance entre nous. Pour que ce soit plus facile pour toi de vivre loin de nous pendant un an. Jamais cela ne pourra arriver car je sais déjà comment je vais mourir tu sais. Et ce sera quand je serais très très très vieille avec toi près de moi aussi vieux et grisonnant que la neige. Si je t'ai donné une année c'était pour que tu te concentres sur ton peuple et que les autres ne se mêlent plus de nos affaires. Maintenant ils savent, maintenant je peux t'aimer sans avoir derrière moi la brigade des moeurs.

    Lentement, elle vint grimper sur lui, à califourchon. La robe qu'elle portait, d'un tissu frêle ne laissait aucun doute sur sa nudité. Elle remontait donc sa tenue le long de ses cuisses nue afin de mieux se blottir contre le brun. Délicatement, elle posait des baisers sur son front, son nez, ses yeux, ses joues, son menton, son cou. Elle le couvrait de sa douceur quand ses mains entrelaçaient ses doigts à ses cheveux :

    - Je ne peux pas vivre sans toi Isha, murmurait-elle contre ses lèvres, si tu me rejettes j'en mourrais véritablement. Tu m'aimes toi aussi, tu viens de le dire. Ne laisse pas une simple vision te détacher de ce qui nous lie. On trouvera ensemble les réponses à tes questions mais je t'en supplie, je t'en prie ne me rejette pas. Je n'en peux plus d'être séparée de mon souffle, de mon soleil, de mon âme, de mon phare. Je t'aime Leif Erikson. Et je.. même si je ne peux pas être ta femme et bien je resterais quand même à tes côtés. Pour te soutenir et t'aider.

    L'autre Matoaka n'aurait jamais été aussi douce, aussi patiente. Jamais elle n'aurait laissé sa place à une autre auprès de Leif. Mais en attendant, ses lèvres n'en pouvaient plus d'attendre. Matoaka vint avec une douceur extraordinaire lier, de nouveau, ses lèvres à celle de Leif. C'était un baiser si doux, si tendre qu'elle sentie les frissons envahirent son corps. Elle était derrière eux la passion sauvage qui les avaient pris. Une passion colérique qui les avaient possédés. La jeune avait besoin de sa douceur, elle avait besoin de voir qu'il serait lui aussi apaisé. Cette bouche insolente dansait contre celle de Leif tout en laissant même sa langue se faufiler, le taquiner. Les gémissements de la jeune femme était discret pour le moment, parce qu'elle se retenait le plus possible de ne pas faire exploser la boule de chaleur qui grandissait entre ses cuisses. Et surtout, le souffle vint à lui manquer. Lorsqu'elle sépara ses lèvres des siennes, elle recouvrit les yeux et le contempla. Sa main sur sa joue, elle lui souriait toujours avec confiance, alors qu'elle se sentait sereine blottie entre ses bras :

    - Ne me laisse plus jamais seule sur une plage tu as compris ? Plus jamais mon amour.

    Avant même qu'il puisse réagir de nouveau, elle posait sa main sur ses lèvres en souriant, espiègle :

    - Fais attention.. Si tu refuses tu risques de voir surgir de nouveau la louve mécontente que je peux être. Parce que tout à l'heure, j'étais peu fâchée contrairement à ce que je suis capable de faire aussi. Donc, tu ne veux pas subir la colère d'une Volva, n'est-ce pas ?


    GAPG, Posté le dimanche 23 octobre 2022 11:06 Répondre

    Le souffle de Leif était si fort que Matoaka n'entendait que cela dans la chambre. Ses oreilles bourdonnaient et le tumulte dans le reste du skali ne lui venait presque plus. La vision qu'il avait eu d'elle, allongée sur ce fameux lit, ensanglantée avec ce fameux couteau à la main était improbable. Pourquoi se serait elle donné la mort elle-même ? Cela n'avait aucun sens. Le pire dans tout ça, c'était qu'il avait raison. Elle serait la première à le fuir si cela avait été l'inverse. Alors comment le rassurer ? Comment le convaincre qu'elle ne risquait rien auprès de lui et que même en sachant cela, elle ne partirait pas. Elle voyait son regard sombre, sa détresse dans sa voix et dans son comportement. Elle devait l'apaiser.

    Avec douceur, elle prit ses mains dans les siennes et fit en sorte qu'il les posent sur ses joues. Ses yeux d'un sombre perçant l'observait avec intensité. Elle lui demandait avec sa voix douce et faible de la regarder. Après plusieurs réticences, il le fit enfin et elle pu lui donner ce même sourire tendre qu'elle avait eu en arrivant quelques heures plus tôt :

    - Je ne partirais pas de sitôt maintenant que je suis près de toi Leif Erikson. Tu sais pourquoi ? Parce que je t'aime.

    Elle avait fait en sorte de laisser le colosse s'asseoir sur le bord du lit, ce qui lui permit de masser sa nuque. C'était une manière douce de le détendre et d'activer les points de pression qui était de mauvaise énergie pour le brun. Elle le massait sans que son regard quitte le sien. Debout face à lui, elle s'installa entre ses cuisses afin d'être la plus proche de son corps, de sa chaleur, de son énergie. Pour qu'il sente aussi la sienne :

    - Les visions peuvent être amenées à être faussées, changeante. L'avenir n'est pas écrit. Tu ne dois jamais te laisser envahir par ces sombres pensées. Je te le rappelle, rien n'est écrit, Isha.

    Bien entendu, elle faisait aussi référence à la vision concernant l'enfant de Feargus et Amara. Son front venait s'apposer contre le sien quand de son nez elle caressait aussi celui de Leif. Les yeux clos, elle se blottissait contre lui en sentant que sa tension commençait à redescendre. Front contre front, elle essayait de lui transmettre des visions de douceur et de bonheur qu'elle avait pu avoir lorsqu'elle avait été séparée de lui. Des visions où Kategatt est plus riche encore, plus diverse, plus heureuse aussi. Matoaka venait à murmurer avec douceur :

    - Tu ne me fais pas peur. Je ne me suis jamais sentie autant en sécurité auprès de quelqu'un. Maintenant, tu dois aussi me faire confiance et faire confiance à mes interprétations. Cette vision que tu as eu n'étais qu'un prétexte de ton esprit pour mettre encore plus de distance entre nous. Pour que ce soit plus facile pour toi de vivre loin de nous pendant un an. Jamais cela ne pourra arriver car je sais déjà comment je vais mourir tu sais. Et ce sera quand je serais très très très vieille avec toi près de moi aussi vieux et grisonnant que la neige. Si je t'ai donné une année c'était pour que tu te concentres sur ton peuple et que les autres ne se mêlent plus de nos affaires. Maintenant ils savent, maintenant je peux t'aimer sans avoir derrière moi la brigade des moeurs.

    Lentement, elle vint grimper sur lui, à califourchon. La robe qu'elle portait, d'un tissu frêle ne laissait aucun doute sur sa nudité. Elle remontait donc sa tenue le long de ses cuisses nue afin de mieux se blottir contre le brun. Délicatement, elle posait des baisers sur son front, son nez, ses yeux, ses joues, son menton, son cou. Elle le couvrait de sa douceur quand ses mains entrelaçaient ses doigts à ses cheveux :

    - Je ne peux pas vivre sans toi Isha, murmurait-elle contre ses lèvres, si tu me rejettes j'en mourrais véritablement. Tu m'aimes toi aussi, tu viens de le dire. Ne laisse pas une simple vision te détacher de ce qui nous lie. On trouvera ensemble les réponses à tes questions mais je t'en supplie, je t'en prie ne me rejette pas. Je n'en peux plus d'être séparée de mon souffle, de mon soleil, de mon âme, de mon phare. Je t'aime Leif Erikson. Et je.. même si je ne peux pas être ta femme et bien je resterais quand même à tes côtés. Pour te soutenir et t'aider.

    L'autre Matoaka n'aurait jamais été aussi douce, aussi patiente. Jamais elle n'aurait laissé sa place à une autre auprès de Leif. Mais en attendant, ses lèvres n'en pouvaient plus d'attendre. Matoaka vint avec une douceur extraordinaire lier, de nouveau, ses lèvres à celle de Leif. C'était un baiser si doux, si tendre qu'elle sentie les frissons envahirent son corps. Elle était derrière eux la passion sauvage qui les avaient pris. Une passion colérique qui les avaient possédés. La jeune avait besoin de sa douceur, elle avait besoin de voir qu'il serait lui aussi apaisé. Cette bouche insolente dansait contre celle de Leif tout en laissant même sa langue se faufiler, le taquiner. Les gémissements de la jeune femme était discret pour le moment, parce qu'elle se retenait le plus possible de ne pas faire exploser la boule de chaleur qui grandissait entre ses cuisses. Et surtout, le souffle vint à lui manquer. Lorsqu'elle sépara ses lèvres des siennes, elle recouvrit les yeux et le contempla. Sa main sur sa joue, elle lui souriait toujours avec confiance, alors qu'elle se sentait sereine blottie entre ses bras :

    - Ne me laisse plus jamais seule sur une plage tu as compris ? Plus jamais mon amour.


    immarcescible, Posté le mardi 18 octobre 2022 20:59 Répondre

    Idiote, se répétait-elle inlassablement. Assise aux côtés de Leif, elle l'écoutait avec attention avant de se trouver terriblement stupide. Ainsi, il l'avait fait venir uniquement pour parler de ses visions, mais pas pour l'épouser ou même l'aimer. Il n'avait qu'une profonde affection qui ne résultait absolument pas d'un sentiment plus intense que ce qu'elle ressentait. Elle était vexée et se trouvait terriblement stupide. Stupide d'avoir cru qu'il l'aimait. Elle se remémorait la scène où il était venu la saluer. Pas un geste de douceur, pas un mot doux. Elle avait envie de pleurer tellement elle se sentait ridicule. Les gens mangeaient et festoyaient devant eux. Le retour à la vie à Kattegat semblait redonner une énergie intense à la ville qui aurait pu impressionner l'amérindienne si elle ne se sentait pas stupide.

    - Je t'aiderais bien entendu, dit-elle d'une voix blanche sans le regarder, et dès que nous aurons réglé le problème je rentrerais chez moi...

    La musique avait commencé à être jouée dans le Skali. Les gens chantaient, dansaient, riaient. Une effusion de joie secouait les lieux et l'énergie était intense. Matoaka aurait aimé se réjouir de tout cela mais elle en était incapable. Reposant ses prunelles sombres et furieuses sur Leif, elle répliqua cinglante :

    - ... après tout, je ne suis qu'une monnaie d'échange.

    Elle venait de lui rappeler ce qu'il avait dit à propos des Philippe qui avaient trouvé une réponse aux questions de Leif mais qu'il avait du faire venir Matoaka pour avoir la réponse. Sans prendre la peine de rester plus longtemps, elle quitta son siège et se rendit vers la chambre qu'elle allait occuper. Des servantes lui montrèrent le chemin. Arrivée dans la pièce, elle constata qu'elle était charmante mais elle ne se réjouirait pas ce soir. Non, il y avait un goût amer dans les retrouvailles avec Leif. Aussi, venait elle de retirer la fourrure qui la couvrait pour ne dévoiler qu'une robe fine et désuète dont le dos nu indécent la rendait très sensuelle. De nombreux bracelets ornaient ses bras et ses poignets quand elle relevait ses cheveux en un chignon désordonné grâce à une épingle.

    Venant allumer d'autres bougies, elle fut surprise de voir Leif entrer dans la chambre sans toquer. Elle fronça les sourcils, prête à attaquer tout comme lui visiblement. Sans préambule, elle s'approcha de lui pour le contenir et partir mais la porte se ferma. Enfermés tels deux bêtes en rage, cela allait forcément exploser.

    Alors, tout la frustration, toute la colère qu'elle avait refoulé pendant un an ressortit. Elle vint taper son buste sans ménagement mais il ne bougea pas. En même temps, c'était une armoire à glace. Mordant sa lèvre elle recommença en poussant un cri de rage qui était couvert par la musique, les rires et les chants du skali :

    - Tu n'es pas venu ! Tu n'es pas venu et tu me fais venir uniquement pour cette malédiction ! Comment as-tu pu Leif Erikson ?? Je t'attends.. Je t'attends depuis un an et tu m'as oublié ! Et tu vas me dire quoi maintenant ? Que c'est pour me protéger ? Menteur ! Je t'ai blessé dans ton orgueil parce que je t'ai donné une année et tu me le fais payer ?!

    Elle était furieuse. Matoaka n'avait aucune idée encore de son potentiel de colère et elle le découvrait maintenant, enfermée dans cette chambre avec Leif dont elle désirait ardemment la passion. Mais elle ne pouvait se laisser aller à ses désirs. Désirs toujours frustré qui ne pouvait éclater car elle se persuadait qu'il ne l'aimait pas aussi fort qu'elle l'aimait :

    - Et moi qui t'attends depuis un an ! Qui t'espère et qui ne prie que pour toi ! Salop de Viking ! Salop ! Un an que je crève d'amour pour toi et que tu me manques, que mon âme est écartelée, éclatée, projetée dans l'univers ! Je me fiche du danger qu'il y a a vivre avec toi ! C'est toi que j'ai choisis depuis toujours. Tu n'avais pas le droit de faire ça, tu n'avais pas le droit de ne pas venir me chercher !

    Ses poings continuaient inlassablement de cogner contre lui. Elle manquait de force ce soir là ou bien n'avait-elle pas forcément envie de le blesser. Elle retenait ses larmes mais les prunelles bleues brillante du viking la troublait. Elle vint donc lui donner un dernier coup dans le ventre avant d'agripper sa barbe et de l'abaisser face à elle de sorte à lui donner un baiser urgent, passionné et impulsif. Ses mains agrippèrent sa crinière et tirèrent dessus pour l'attirer encore plus contre elle. Petite chose autoritaire qui savait parfaitement ce qu'elle voulait et c'était lui. C'est le soupire de la jeune femme qui s'échappaient entre leurs lèvres. Un soupire de plaisir, un gémissement même quand son corps entier à moitié couvert se pressait davantage contre le brun. Toujours chercher à se faire absorber par sa peau, ses mains ou ses lèvres. Comme jamais elle aurait voulu que cela cesse. Pourtant, lorsqu'elle fut à bout de souffle, ses lèvres quittèrent celles de Leif, elle le relâcha les yeux brulant de désir :

    - Je t'en veux horriblement Leif.


    immarcescible, Posté le dimanche 16 octobre 2022 17:49 Répondre

    Le bateau s'était élancé sur la mer et Matoaka gardait ses pieds enfouis dans le sable. C'était comme des sables mouvants. Et plus la silhouette de Leif disparaissait et plus elle souffrait. Prise d'une impulsion, elle se mit à courir et sauter dans l'eau sans aucune mesure pour ses vêtements ou encore ses amis qui lui criaient après. Elle murmurait inlassablement le prénom de Leif en claquant des dents, incapable de crier tant elle était encore choquée de la vision qu'elle ne voulait pas admettre. Elle nageait de toutes ses forces mais le bateau était loin, trop loin d'elle désormais. Inaccessible. Elle aurait voulu le retenir, le rassurer et lui rappeler qu'il ne pouvait pas se fier aux visions de l'esprit.

    Ce fut Feargus qui la ramena au large. Elle grelottait de froid et rapidement il la ramena au château. Le blond était entrain d'étouffer son chagrin en essayant de contrôler au mieux ce qui se passait autour de lui. De son aura de seigneur, il donna les directives sans que personne ne vienne le contredire. Pendant que Amara l'aidait dans sa tâche, l'amérindienne avait été conduite dans sa chambre par les Philippe qui l'aidèrent à retirer sa robe collante et trempée. Plongée rapidement dans son bain, il demanda rapidement à ce qu'on la laisse seule pour réfléchir.

    - J'aimerais que vous entendiez ma prière Perséphone, dit-elle dans un souffle, aidez-le à trouver la paix. Assurez-vous que les démons qui l'entourent ne viennent pas prendre son âme. Je vous en prie. S'il est vraiment votre fils, vous devez le sauvez. Il ne mérite pas cette solitude.

    Recroquevillée dans son bain, elle priait de toutes forces en essayant d'imaginer cette forme que serait cette déesse du printemps. Soudain, elle lui apparue aussi clairement qu'il était possible qu'elle le soit. C'est avec surprise que Matoaka se redressa dans la baignoire tout en se couvrant de ses mains. Cela semblait amusé la jeune déesse dont les traits si doux lui rappelaient ceux de Leif. Ainsi donc, elle était bel et bien sa mère. Avant même que la jeune fille puisse dire quoi que ce soit, la déesse prit les devants :

    - Cet amour que tu portes à mon fils est d'une telle pureté que rien ne peut l'égaler au monde tu sais.
    - Ainsi donc.. La légende disait vrai ?
    - Mh, mh. Tu as bien fait de le laisser retourner sur ses terres. Leif est comme son père. Il ne sait pas attendre.

    Cela la faisait sourire quand elle se penchait au dessus de la baignoire pour s'approcher de l'amérindienne qui ne bougeait pas, de peur de voir s'évaporer la divinité devant elle :

    - La vision.. La vision qu'il a eu..
    - Ce n'est qu'une vision. Rien ne dit que cela peut se produire et tu le sais aussi bien que moi.
    - Pourquoi ne pas aller lui dire ? Vous savez comment il est, il va se renfermer et se persuader qu'il est un monstre !
    - Je ne peux pas tout le temps intervenir. Il doit aussi savoir où est la frontière entre le bien et le mal. Nous, les Dieux, nous ne pouvons pas intervenir dans la vie des mortels sans raison valable. Leif n'a pas été touché par une malédiction. Je ne peux donc pas intervenir, seule toi le pourra.
    - Moi ? Mais quand ?
    - Tu l'as dis. Dans un an..

    Matoaka se redressait pour poser encore des questions à la belle déesse mais on toqua à la porte ce qui la fit disparaître. Il s'agissait de Nashoba qui avait été mis au courant de ce qui c'était passé sur la plage. Il venait donc s'assurer que sa petite soeur se portait bien. Elle acquiesça et le rassura sur son état en lui souriant doucement mais en précisant aussi :

    - Je veux que nous rentrions à la maison, demain nous partons. Je dois voir Aponi.

    L'annonce du départ de l'amérindienne ne surprit personne mais attrista Amara. Matoaka lui proposa alors de la suivre ce que la brune refusa net. En effet, sur ses terres, elle serait l'amante officielle de Feargus ce qui ne laissait présager de rien pour elle. Mais sa jeune amie lui assura son soutien et son amitié peu importe ce qui se dirait d'autant plus que les chefs guerriers amérindiens avaient le droit à plusieurs épouse ce qui relèverait de la mauvaise foi si on venait lui faire des remarques. Feargus hésita aussi mais l'opportunité de pouvoir voyager ne lui déplaisait pas. Les Philippe aussi se joignirent au reste du groupe et c'est ainsi que tout le monde partit en direction du Vineland.

    Malgré ce qu'il c'était passé la veille, Matoaka était confiance. Elle savait que son destin ne se limiterait pas à celui de sa réserve et de son peuple. Elle savait que son chemin retrouverait celui de Leif et qu'ils auraient enfin leur bonheur. Elle y croyait si fermement que cela devenait un mantra. En arrivant sur les terres de son peuple qu'elle n'avait pas vu depuis presque trois ans, elle en souriait de joie. Une grande célébration fut mise en place pour le retour de la princesse disparue, du grand guerrier Nashoba et de Feargus le guerrier au cheveux de soleil. Amara fut regardée mais pas jugée. En voyant la princesse si proche de la brune, cela attisa la curiosité des autres femmes et des autres hommes. En arrivant, ils apprirent en effet que la cousine de Matoaka, la femme de Feargus était décédée. Ainsi, Amara n'avait plus d'inquiétude a avoir.

    La fête dura au campement pendant une bonne semaine. A la fin de celle-ci, Matoaka se rendit dans la forêt pour rejoindre l'arbre aux esprits où elle savait y trouver Aponi. Elle avait une multitude de questions sur les dieux et sur ce qui peuplait l'univers. A genoux devant elle, elle demanda tout ce qu'elle avait à demander avec une émotion certaine. En effet, sa grand-mère lui avait manqué.

    - Petite fleur entre deux ruisseaux, murmurait la vieille femme, comme tu m'as manqué toi aussi. Ton corps est encore en morceaux même si ton âme est tourmenté.
    - Tu dois m'aider grand-mère. Comment aider Leif à être sauver ? Comment couper le lien qui le destine à cette malédiction ?
    - Je n'ai pas toutes les réponses tu sais. Je ne suis qu'une vieille chaman qui n'a presque plus toute sa tête.
    - N'import quoi, protestait la jeune femme en se blottissant une fois de plus contre elle, je dois comprendre mieux mon pouvoir pour l'aider. Il a besoin de moi comm j'ai besoin de lui.
    - Je savais à la visite de cette déesse que tu serais liée à son enfant. Mais je ne savais pas sous quelle forme. Les forces de la vie et ds rencontres nous forgent différemment de ce que l'on croyait et de ce que l'on espérait. En attendant, il est d'une certitude que Leif a besoin de toi. Mais tu ne pourras le rejoindre qu'au moment où la glace sera fendue sur l'océan.
    - Pourquoi pas avant ?
    - Car il doit apprendre et ce n'est pas le moment pour l'instant.

    Alors, la vie reprit son cours. Matoaka reprit les leçons avec sa grand-mère quand le reste du groupe apprenait à vivre dans les coutumes des Powhatan. Les Philippe décidèrent de retourner rejoindre Leif. Ils n'étaient pas à l'aise avec les amérindiens et Philippe avait encore besoin de l'appui diplomatique et militaire de Leif pour gagner le pouvoir en France. Le printemps, puis l'été passèrent et enfin l'automne. Elle chérissait toutes les saisons mais cet automne était mélancolique. Le mariage de Feargus et d'Amara avait fait naître une certaine forme de tristesse dans le coeur de Matoaka. Elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle aurait aimé être celle qui était lié à son adoré. La grossesse de son amie arrivait presque à terme. Elle allait pouvoir l'assister et c'est ce qu'elle fit quelques mois plus tard quand la lune pleine emplie le tipi de Aponi.

    Elle avait oublié à quel point la vie était douce, calme et tranquille. Elle aimait ça mais Leif lui manquait beaucoup trop pour que cela satisfasse son bonheur. L'hiver arriva et avec lui son froid et sa neige. Les récoltes avaient été bonne, plus que bonne et la vie était douce. Son apprentissage de guérisseuse auprès de sa grand-mère venait de se terminer et elle se sentait prête. Son père avait essayé de lui présenter plusieurs guerriers amérindiens pour réfléchir à une potentielle union. Mais elle les avaient tous refusés. Elle était persuadé que Leif viendrait la chercher, peu importe ce qu'il avait dit à la plage.

    Or, une année s'était écoulée et il n'était pas venu. Les regards de circonstances et de peine l'a rendait malade tant elle avait horreur de la pitié des autres. L'hiver mettait beaucoup de temps à mettre fin et cela inquiétait les chasseurs qui avaient peur que la prochaine saison soit trop courte pour la chasse. Mais ils avaient encore beaucoup de réserves ce qui n'inquiétait pas Matoaka outre mesure. Elle siégeait auprès de son père désormais, pour les conseils. Et sa foi confiante et paisible, avait permis au peuple de nouer des axes commerciaux importants avec les autres peuples amérindiens des alentours. Elle était vue comme une pacifique dont la beauté et la sagesse bouleversait tous les hauts dirigeants.

    Pourtant, son oeil était toujours au loin. Elle cherchait Leif dans son esprit mais elle ne le trouvait jamais. Il était comme bloqué, comme renfermé si profondément en lui-même qu'il lui refusait tout accès. Cela la contrariait et la frustrait.

    Un jour cependant, un petit bateau arriva et annonça la fin de l'hiver et avec cela, la fracture de la glace sur l'océan. Matoaka trépignait d'impatience, certaine que Leif était venu la chercher. Vite, elle courait le long de la berge en contemplant les voiles blanches du drakkar qui se dirigeait vers le petit port construit par Feargus. En arrivant au ponton, elle reconnut la chevelure d'or de Chevalier et lui sauta au cou dans un éclat de joie. Puis, elle chercha Leif mais aucune masse imposante n'apparaissait. Elle n'entendait ni sa voix, ni son pas :

    - Où.. Où est Leif, demandait-elle fébrile, il est dans un autre bateau ?
    - Non ma chère. Il est à Kattegat. Il ne sait pas que je suis là, il me tuerait sinon. Mais il a besoin de ton aide.

    Au conseil du soir, Chevalier expliqua qu'une famine était la cause de sa venue. Matoaka prenait sur elle car elle en voulait à Leif de ne pas être venu de lui-même. Elle lui aurait tout donné et même plus encore. Pourquoi fallait-il qu'il soit si orgueilleux ? La famine avait causé de tels dégâts que les raids prévu pour l'été suivant avaient été écourté. Or, les amérindiens savaient qu'ils vivaient aussi du commerce avec les vikings et que cette crise n'était pas négligeable de ce fait. Ils en recevraient forcément des contraintes à leurs tours. Sans préambule et sans attendre l'accord de son père, elle ordonna qu'on charge de nourriture et de provisions le bateau de Chevalier et celui de Feargus avant de déclarer :

    - Et je viendrais avec vous pour renouer nos relations économiques et commerciales.

    Etant donné qu'elle était considérée comme la voix de la sagesse, personne ne trouva à y redire. Son père était malheureux de la voir repartir et son frère décida de l'accompagner pour toujours, garder un oeil sur elle. La glace se craquait de partout sur l'océan ce qui était l'indicateur parfait donné par Aponi. Cette dernière avait encore disparue dans les bois. Matoaka laissa une couronne de fleurs dans l'arbre aux esprits et prit la route jusqu'à Kattegat avec le groupe qui l'avait accompagné un an plus tôt. Elle était aussi fébrile qu'à l'aller. L'idée de revoir Leif la rendait heureuse et nerveuse. Sans doute allait-il la rejeter et si c'était le cas, comment réagirait-elle ?

    Le voyage en bateau ne prit que deux semaines et c'est en voyant les côtes du royaume de Leif qu'elle comprit mieux son caractère. En effet, sous la dureté des falaises de granit sommeillait une beauté sauvage qui l'ému. C'était la première fois qu'elle contemplait les paysages verdoyants de la Norvège et elle sut qu'elle aimerait cet endroit. Kattegat avait pris en grandeur et superficie mais elle ne reconnaissait rien. L'arrivée de deux bateaux fit l'émulation dans le petit port puisqu'un monde important de personnes s'approchaient au plus près des quais. Les gens avaient faim, ils mourraient littéralement de faim ce qui fit naître une empathie considérable chez Matoaka. Certain la reconnaissaient et avaient peur d'elle puisqu'il n'osaient pas prendre la nourriture des paniers qui étaient sortis sur le quais. Beaucoup s'agenouillèrent devant elle quand elle ne comprenait pas et se sentait mal à l'aise.

    Chevalier avait pris de l'avance et était partit rencontrer Leif. Matoaka avançait lentement le long du quai en saluant les gens qui baissaient les yeux devant elle. Plusieurs amérindiens commençaient déjà à distribuer de la nourriture quand elle cherchait du regard celui pour qui elle aurait traversé l'univers. Soudain, son pas se fit entendre et elle ne pu s'empêcher de sourire. Malgré les quinze jours de navigation, elle avait fait en sorte de paraître suffisamment jolie pour apparaître devant lui. Aussi, elle portait une fourrure conséquente qui couvrait ses épaules et sa chevelure qu'elle avait laissé à l'air libre. Sa robe était simple mais laissait entrapercevoir ses formes, mais surtout, ses yeux brillèrent en voyant Leif venir à elle, même si il avait son visage ronchon et renfermé. Le saluant comme Feargus et Amara lui avaient appris quelques jours plus tôt, elle se prosterna et se releva en le saluant. Elle était toute timide étrangement quand lui respirait la force, la vitalité :

    - Mon peuple est venu en ami pour apporter son aide aux tiens. Nous souhaiterions aussi renforcer nos liens pour s'assurer que jamais nos amis ne manquent plus jamais de rien, dit-elle avant de finir par avancer vers lui et murmurer à son encontre, et parce que tu as trop tardé je suis venue à toi comme je te l'ai promis mon amour. Je n'en pouvais plus de t'attendre.

    Sa main essayait de trouver la sienne quand ses yeux brillaient d'un amour dévorant qu'elle ne pourra jamais voir s'éteindre. Elle lui souriait toujours de sa douceur intacte, persuadée qu'ils allaient enfin se retrouver. La confiance, l'espoir et l'amour la faisait littéralement rayonner.


    immarcescible, Posté le mercredi 12 octobre 2022 20:11 Répondre

    Les Orcades
    avril 942

    Le corps entier de Matoaka était encore pris de frissons délicieux. Non, de secousses. Son corps avait été frustré à cause de l'intervention de son frère. Elle se sentait ridicule à cause de lui et mal à l'aise. En effet, elle se revoyait blottie contre Leif à le chercher, le provoquer de ses lèvres. Le baiser ardent qui les avaient lié l'un à l'autre ou encore le jeu de bassins dans lequel ils avaient dansé. Comment elle s'était agrippée à ses boucles brunes pour mieux l'attirer contre elle. Oui, Matoaka s'était totalement laissé aller à la passion soudaine et vorace du désir. Mais Nashoba avait tout détruit. Dire qu'elle lui en voulait était minime.

    Alors que Leif quittait la chambre, elle tentait de se rhabiller, mal à l'aise. Lorsqu'elle fut seule avec son frère, elle ne pu s'empêcher de le fusiller du regard ce qui ne sembla pas l'impressionner. D'ailleurs, il prit les devants :

    - Ne me fais pas ce regard. Je te protège contre.. contre tout ça.. tout ce qu'il a entre vous depuis le début.
    - Mais tu n'es pas mon père Nashoba et.. et tout le monde ne cesse de le dire que nous sommes destinés l'un à l'autre. Tu ne peux pas le nier. Si vraiment vous ne vouliez pas que nous soyons ensemble, vous auriez du nous séparer.
    - C'était ce qui était prévu figure-toi.

    Son frère se mit à lui expliquer que pendant très longtemps Leif et Matoaka avaient été tellement dépendants de l'un et de l'autre qu'ils en étaient venu à être sanguinaire. Il évoqua la folie de son ancien amant qui était devenu Leif-le-sanguinaire. La brune prenait la mesure de cette information avec une inquiétude certaine. Leur passion avait causé un nombre incalculable de difficultés et de violences autour d'eux et elle s'en voulait.

    - Vous étiez heureux quand vous étiez ensemble, certes. Mais vous avez passé plus de temps à souffrir et vous chercher qu'être ensemble. Je ne veux pas que votre passion vous poussent une nouvelle fois à vous détruire.

    La brune acquiesce et comprends mieux ce qu'essayait de lui confier son frère. Elle était étrangement devenue plus réfléchie, contrairement à l'autre Matoaka. En effet, l'ancienne aurait tout jeté en l'air pour se fondre et retrouver Leif. Peut-être que cette seconde chance qu'ils avaient était justement l'opportunité de mieux faire les choses. Elle promit donc à son frère de rester plus réservée d'aventure et de ne pas se laisser transportée par ses vieux démons. Après cette conversation étrange, elle se prépara. Une fois prête, elle redescendit rejoindre Amara qui semblait s'impatienter dans la cuisine. L'amérindienne s'excusa de son regard, la mine frustrée. Aussitôt, la grecque sut que quelque chose clochait et profita alors de la balade prévue pour s'isoler avec son amie.

    Pendant que les domestiques marchaient au devant avec tous les baumes de la guérisseuse, les deux amies marchaient derrière tranquillement bras dessus, bras dessous. Matoaka lui évoquait sa conversation avec son frère avant de finalement dire le fond de sa pensée :

    - Je ne veux pas gâcher cette seconde chance. C'est quelque chose que l'on ne vit qu'une fois dans sa vie Amara et je.. et Leif mérite vraiment d'être heureux.
    - Ne me dis pas que..
    - Laisse moi finir, l'interrompit Matoaka, je ne veux pas être séparée de Leif. Loin de là. Mais il doit avoir l'opportunité de savoir qui il est et surtout.. ce qu'il veut vraiment. Je ne veux pas que notre passé nous pousses moralement à refaire les mêmes erreurs du passé.
    - Je sais où tu veux en venir et je peux t'assurer qu'il va refuser net.
    - Si nous nous aimons vraiment, une année ce n'est rien. Je sais qu'il est là, qu'il est gravé dans ma peau, dans mon âme. J'ai une confiance aveugle en lui. Mais je veux aussi qu'il soit certain de ce qu'il veut.

    Amara était fatiguée de ces deux amants maudits. A croire que personne n'arrivait vraiment à les aider. Dès que quelque chose allait mieux, le mauvais sort s'acharnait, encore et encore. Mais Matoaka était sûre d'elle. Mais elle ne se doutait pas de ce qui se tramait pendant ce temps au large du château. Pendant que les filles apportaient de l'aide aux gens du village plus bas en les soignant. Feargus se tenait le visage entre les mains en voyant son frère se lancer dans la préparation d'une expédition. Mais attention, pas n'importe laquelle. Celle d'épouser Matoaka coûte que coûte, sans entendre la voix de la raison :

    - Leif.. Je t'en prie, non, je t'en supplie. Prends le temps de réfléchir à tout ça, d'en discuter avec elle. Ca n'a aucun sens. Nashoba veut seulement que vous preniez votre temps car tout a été chaotique pendant très longtemps pour vous deux. Tu agis comme toi avant la potion d'oubli. Laisse toi du temps !

    Les Philippe arrivaient à dos de cheval sur la plage blottis l'un contre l'autre. Ils ne comprenaient pas le remue-ménage qui se jouait sous leurs yeux. La détermination de Leif était certaine, mais ils ne voyaient pas en quoi elle consistait. Une fois que Feargus eut finis d'expliquer au garçon de quoi il relevait, Chevalier pouffa de rire amusé avant de répliquer sans crier gare :

    - Leif ! Leif ! Tu perds ton temps ! On doit déjà divorcer Matoaka et moi. Et pour ça, je dois avoir l'accord de la papauté tu sais. Donc tu n'es pas prêt de l'épouser la petite brunette.

    Toute la journée, Amara et Matoaka avait aidé et pansé les blessures et soigné les maladies des pauvres paysans. Ils étaient vraiment mal en point et cela choquait l'amérindienne de voir que les seigneurs du coin, ne prenaient pas soin de leurs gens. Mais elle prenait sur elle, s'assurant qu'ils ne manquaient de rien et leur promit de revenir le plus rapidement possible pour les aider encore. Sur la route du retour, elle exprimait sa fatigue en baillant tout en écoutant le champ mélodieux des écossaises devant elle qui faisaient même quelques cabrioles. Elles expliquaient que la nuit, suivant la hauteur de la lune, elles allaient danser dans les bois ou encore près des pierres pour se connecter à leurs esprits. Cela ressemblait assez aux pratiques de son propre peuple et elle se sentie moins seule en ce qui concernait sa pratique.

    En arrivant près du château, elle fut étonnée de voir que les gens vidaient le château de divers meubles pour les conduire vers la plage. Les deux amies, inquiètent, suivirent le cortège et croisèrent les Philippes au bord de la falaise, Chevalier un linge imbibé de sang contre son nez. Aussitôt, Matoaka vint à lui et lui demanda ce qui c'était passé :

    - Ton viking tiens ! Il a détruit mon si beau faciès d'ange ce gougat !
    - Mais.. Mais qu'est-ce qui c'est passé ?
    - Chevalier a eu la bonne idée de dire que vous étiez marié et de faire quelques blagues un peu trop salace à ton égard. Tu le connais, il est très farceur, expliquait Philippe en soupirant, mais dès fois il va trop loin. Et Leif semblait déjà bien remonté.

    La jeune femme vérifia le visage de son ami boucle d'or et lui assura qu'il n'avait rien de grave. Elle fit un pansement grossier ce qui découragea le blond surtout en voyant sa mine dans son petit miroir de poche. Une fois son dernier soin fait, Matoaka rejoignit le reste de la troupe au bas de la plage. Amara discutait avec un Feargus exténué quand Leif supervisait la préparation de son bateau. Inquiète, elle vint à lui en prenant sa main :

    - Leif.. Que.. Que se passe-t-il ?

    Sa voix était douce, calme, à l'écoute quand sa main pressait la sienne. Est-ce qu'apprendre qu'elle était légalement liée à Chevalier avait tant révulsé Leif que cela. Elle ne comprenait pas ce qui se passait et ne savait pas comment réagir, surtout que Feargus apparaissait suivi de près par Amara qui allait s'égosiller à son tour pour se mêler de ce qui ne la regardait pas :

    - Ça suffit de fuir n'importe où et n'importe comment Leif Erikson. Tu ne partiras pas comme un voleur tu m'entends. Et puis épouser Matoaka juste comme ça non mais c'est pas possible, tu ne peux pas être patient un peu !
    - Arrêtez ! Ça suffit, s'énervait Matoaka qui avait l'impression que sa tête allait exploser surtout que sa voix laissait apparaître une colère qui ne demandait qu'à exploser, laissez-nous !

    Le ton ferme et sec de la brune fit se reculer tout le monde à la grande joie de la jeune femme qui vint reposer ses prunelles sur le brun. Délicatement, elle venait poser sa main sur la sienne quand ses prunelles le contemplait avec plus de douceur :

    - Ecoute moi Leif Erikson, reprit-elle plus calmement, je veux être ta femme. Non, je rectifie, je vais être ta femme parce que je ne vois pas ma vie sans toi. Tu vois, j'ai eu beau avoir perdu la mémoire, il n'y a que toi qui m'importe. Mais.. mais.. je ne peux pas te suivre maintenant.

    Elle voyait bien que ce qu'elle lui confiait ne lui plaisait pas. Pire, il commençait à s'impatienter prêt à répliquer et s'imposer. Avec fermeté, elle agrippa ses deux joues et vint lui donner un profond et langoureux baiser. Peu importe ce que pourra dire son frère, elle en avait envie et elle ferait ce que bon lui semble. Elle venait finir d'embrasser tendrement les lèvres du viking quand son front se posait sur le sien :

    - Va chez toi.. Dans le Nord.. Va découvrir qui tu es. Je te donne un an pour me revenir Leif. Si dans un an tu penses toujours à moi alors je serais totalement tienne sans crainte. Mais tu dois retrouver ton royaume et comprendre les responsabilités qui t'occupent. Je ne peux pas être tienne alors que tout le monde fait pression sur nous. Un an.. Un an et viens me chercher. D'accord ?


    immarcescible, Posté le dimanche 09 octobre 2022 21:04 Répondre

    - Ce que je crois n'a pas vraiment d'importance Leif, avouait Matoaka en appliquant un baume aux huiles douce sur le buste du colosse, ce qui compte c'est ce que tu ressens. Cette femme.. Cette Perséphone.. Si c'est une déesse, pourquoi se serait-elle donné autant de mal pour venir à toi. Les rêves ne sont pas des lubies tu sais. Ils sont la possibilité pour nos ancêtres et nos esprits de venir à notre rencontre. Même si tu ne peux pas te fier totalement à tes songes tu ne peux pas leur tourner le dos. Cela reviendrait à te renier toi-même.

    La jeune femme venait de finir d'appliquer son baume sur Leif quand elle déposait un doux baiser sur ses paupières closes. Reposant le petit bol sur le bord du lit, elle se dirigea vers l'âtre pour réglementer le feu qui mourrait. Ajoutant une bûche, elle surveilla que le feu reprenne vie et retourna ensuite vers son patient. Elle le trouvait si attachant et tendre avec ses yeux cernés de fatigue :

    - Même si je ne suis pas pour la boisson du feu tu dois dormir.

    En effet, elle revenait vers lui avec un grog fait avec des plantes et du whisky. S'asseyant près de lui, elle le laissa boire à sa convenance tout en caressant son front qui ruisselait de sueur. Elle y déposa un linge propre et frais avant de lui offrir de nouveau un sourire qui se voulait rassurant :

    - Une bonne nuit de sommeil mon seigneur et je peux vous assurer que demain vous vous sentirez mieux.

    Pour que la nuit se fasse dans de bonnes conditions, elle argumenta auprès de Amara et du reste de la famille pour dire qu'elle devait rester près de Leif. Nashoba fronçait les sourcils en sachant que tout rapport de proximité entre sa soeur et le viking avaient déjà été franchis, mais ce renouveau devait être le moment d'une chasteté toute particulière. Mais si Matoaka n'était plus la guerrière qu'elle était, il n'en restait pas moins qu'elle avait toujours sa force de décision qui était ferme. Aussi, elle passa sa nuit au chevet de Leif à surveiller sa température et veiller sur lui.

    Au petit matin, elle se rendit compte qu'elle s'était endormie et qu'elle était blottie contre lui, une main sur son buste. Lui aussi dormait toujours et il semblait n'avoir presque plus de fièvre. Satisfaite, elle vint lentement se relever et s'étira. Profitant qu'il dormait, elle se mit à méditer face à la fenêtre. Le soleil caressait sa mine souriante quand son esprit vagabondait. Ce fut le craquement du lit qui lui signifia du réveil de Leif. Sans ouvrir les yeux, elle répliqua donc :

    - On ne bouge pas du lit quand on a un rhume.

    Lorsqu'elle eut finit sa méditation, elle salua respectueusement le soleil et rejoignit le viking qui semblait encore vaseux. Il avait meilleure mine mais il devait avoir encore besoin de repos. S'assurant de sa santé, la jeune femme ne se rendit pas compte que son chemise de nuit était transparente et qu'en se penchant, elle dévoilait une partie de sa poitrine à Leif. Elle venait toucher son ventre pour s'assurer qu'il allait bien mais le vit se tendre :

    - Tu as mal quand je touche là, demandait-elle inquiète en continuant, et là aussi ?

    Elle était surprise qu'il se renferme de la sorte, surtout qu'il avait l'air d'aller mieux. Soudain, son coude toucha une grosseur qu'elle ne s'attendait pas à trouver à cet endroit précis. Se redressant et retirant ses mains, elle mordit sa lèvre désolée mais toujours sans comprendre :

    - C'est à cause de moi ou c'est la fièvre ?

    Mais ils furent pris de court. En effet, Amara entra dans la chambre accompagnée de quelques domestiques qui commençaient à faire le ménage. Matoaka eut juste le temps de poser le plaid sur le bassin de son acolyte avant de lui demander ce qu'elle cherchait :

    - Je vais avoir besoin de toi aujourd'hui car certains de nos paysans ont besoins de soins est-ce que tu te sens en mesure de les aider.
    - Oui bien sûr mais je voudrais d'abord m'assurer que Leif ne manque de rien. Tu peux nous laisser un moment ?
    - Mesdames, dit-elle en appelant les domestiques, je t'attends en bas dans un quart d'heure.
    - D'accord, d'accord.

    Une fois qu'ils furent seuls, elle pu se tourner vers le brun et vit qu'il avait une moue étrange mais qui la fit tendrement sourire. Elle sentait bien que ce désir qu'il avait, elle l'avait aussi. Si il l'avait caressé, il aurait sentit entre ses cuisses qu'elle était brûlante et prête. Ses joues étaient rosies par une excitation particulière qu'elle redécouvrait ce qui était étrange et dont elle voulait parler avec lui :

    - Est-ce que tu.. est-ce que tu me désires ou est-ce que.. est-ce que ce n'est qu'un problème du matin ? Comme tous les hommes peuvent avoir d'ailleurs..


    immarcescible, Posté le vendredi 07 octobre 2022 08:09 Répondre

    Les visions était quelque chose de nouveau pour Matoaka. Elle ne les vivait pas comme avant, comme une malédiction. Le souvenir qu'elle en avait, c'était la prédiction d'Aponi lui signifiant qu'elle aussi aurait un jour ce don. Elle avait donc l'impression de le recevoir juste à l'instant. Mais l'énergie que cela lui prenait en plus du voyage dans le temps l'avait complètement épuisée. C'est une longue sieste qui l'attendait mais les éclats de voix de Leif et Amara vinrent l'extirper de son sommeil. Surprise, elle se redressa lentement sur ses coudes ne comprenant pas de quoi ils parlaient et encore moins ce que voulait dire sa nouvelle amie à propos d'elle et Leif.

    - Qui sont Perséphone et Hadès ?

    Amara se tourna surprise vers la brune et soupira en comprenant qu'elle devait s'expliquer. Son récit commença avec la rencontre des deux dieux que tout opposait. L'histoire de l'enlèvement qui se transforma en une belle histoire d'amour puis la fureur de Déméter qui exigea que sa fille passe une partie de sa vie à l'extérieur des Enfers. Quand vint au monde deux jumeaux, Macarie et Macarios. Les deux n'étant qu'une forme semi-humaine de la mort bienheureuse et de la destruction. Hadès avait toujours eu du ressentiment envers son plus vieux frère Zeus qui avait pris le pouvoir sans véritablement le partager. Si l'amour de Perséphone avait sut l'attendrir quelques siècles, sa passion pour elle se commua en une peine soudaine puisqu'il voulait lui offrir plus et encore plus.

    - Mais quel est le rapport entre Leif et ces dieux, murmurait Matoaka qui ne comprenait toujours pas, en quoi ils sont liés ?
    - Pour que Hadès aie persisté autant en Grèce pour te garder près de lui je suis presque certaine que tu es leur fils. Celui qu'ils ont réussi à sauver de la folie de Zeus puisqu'une nuit, il a tenté de vous dérober par l'entremise de son fils Hercule. Il savait à quel point vous pouviez être puissant. Alors, ta mère a pris forme humaine et Hadès aussi et c'est ainsi qu'il te sauva. Ton oncle n'était pas vraiment ton oncle Leif. Il n'était qu'un des sbires de Zeus.

    L'amérindienne découvrait un monde qu'elle méconnaissait et qui la rendait sans voix. Mais ce n'était pas ses propres sentiments qu'elle semblait retenir. C'était ceux de Leif. Elle voyait bien qu'il réfléchissait à mille à l'heure et son instinct lui fit dire qu'il était prêt à exploser à tout moment. Finalement, elle se redressa du mieux qu'elle pu, malgré la faiblesse dans ses bras et lui demanda de venir près d'elle.

    - Je suis épuisée Amara, peux-tu s'il te plaît nous laisser seuls un moment ?

    Cela faisait beaucoup en une soirée. Et puis surtout, une certaine forme de doute naissait dans son esprit. Ainsi donc, ils avaient été destinés l'un à l'autre pour qu'elle le sauve ? Elle n'y comprenait plus rien. Pourquoi elle, quand il était le Dieu des Hommes ? Amara du sentir le trouble chez son amie, si bien qu'elle voulu la rassurer. Alors qu'elle s'apprêtait à partir, quand Matoaka faisait de la place sur le lit pour Leif, elle se retourna pour finir d'avouer ce qu'elle percevait comme être la réalité :

    - Perséphone vous a lié parce qu'elle savait que tu saurais le sauver Matoaka. Hadès veut que son fils le rejoigne et qu'il puisse régner sur le Mon Olympe. Mais sa mère avait compris avant tout le monde qu'il serait un sacrifice bien trop grand pour cette folle ambition.

    Enfin seuls, la jeune femme vint se blottir contre le beau viking. Elle lui demandait de la serrer fort dans ses bras quand elle enfouissait son visage dans son cou. Son parfum la rassurait, l'embaumait quand elle caressait son dos et que ses jambes s'entrelaçaient aux siennes. Ils étaient l'un et l'autre silencieux. Sans doute pour absorber cette histoire et essayer d'y comprendre un peu ce qui en ressort. Délicatement, la brune déposa un baiser sur le cou du jeune homme avant de demander :

    - Je sais que tu réfléchis à toute allure. Dis-moi ce qui passe à travers ton esprit..


    immarcescible, Posté le mardi 04 octobre 2022 20:30 Répondre

    Des corps. Des souffles. Des frissons.

    Matoaka n'est que sensation. Elle ressent un trouble tellement qu'elle se sent indécente. Mais pire, quand Leif s'écarte d'elle, elle ressent le manque viscéral de sa présence contre elle. C'est à peine si elle entend et comprend ce qu'il dit. Les visions ne l'aidaient pas à se concentrer et encore moins à comprendre ce qu'elle ressentait. Leif parlait et elle ne suivait du regard que ses lèvres ourlées, encore rougies par le baiser passionné qu'ils venaient d'échanger. Son corps en frissonnait encore. Il lui posait une question qui la fit sortir de sa rêverie. Désolée, elle lui demanda de répéter et vint à sourire. Un doux sourire qui vint la faire se rapprocher de lui. Délicatement, elle prit sa main dans la sienne et en contempla les lignes. Elle savait lire les lignes de la main mais elle n'avait aucunement besoin de lui lire puisqu'elle sentait ce frisson, ce lien unique et intense qu'elle découvrait :

    - Je le sens oui.. Je le sens comme si une attraction encore plus puissante que le vent me poussait à être près de toi. A être avec toi.

    Ses yeux se relevaient de nouveau vers le brun. Les prunelles d'un bleu saphir la touchait tellement qu'elle se liquéfiait littéralement sur place. Prise d'une impulsion et par cette autre Matoaka qu'elle avait pu être, elle vint agripper la nuque du brun pour attirer une fois de plus son visage vers le sien. Ses lèvres prenaient les siennes en otage dans un baiser plus passionné. Elle le cherchait, cherchait elle-même ses limites quand son corps se plaquait littéralement contre le sien. Aidée de ses mains, elle agrippa sa nuque et vint dans un mouvement souple et aisé s'asseoir sur les cuisses du brun. Sa langue tenait prisonnière la sienne, son souffle s'accentuait quand elle poussait de doux gémissements contre les lèvres chaude et sensuelles de Leif. Elle était entrain de fondre sur place. Non, sur lui. Le tissu de sa robe remontait le long de ses cuisses quand elle arrivait à plaquer le brun par surprise sur l'herbe épaisse et grasse.

    Les souvenirs n'avaient beau ne pas être là, elle sentait que son corps entier se souvenait lui. Et il aimait ça. Il en était drogué. Dans un roulement romantique, ils finirent à intervertir leurs positions. Allongée sous lui, elle aimait le voir si précautionneux et si tendre. Mais une part d'elle voulait qu'il ne se retienne pas. A bout de souffle, elle embrassait sa mâchoire, son cou et murmurait au creux de son oreille :

    - Est-ce que ça convient comme réponse à ta question ?

    Sa moue était taquine, ses yeux rieurs. Matoaka ne pouvait s'empêcher de lui sourire tout en lui donnant quelques tendre baisers tout en replaçant les mèches de ses cheveux. Elle n'avait plus froid, elle était blottie contre lui au chaud et à l'abris :

    - Peut-être devrions nous commencer à rentrer ? Je n'ai pas envie qu'ils partent encore à notre recherche et qu'ils nous interrompent de nouveau.

    Ils se levèrent quelque peu contrit. Mais c'était mieux. Ils marchèrent quelques mètres et en effet, la curiosité des Philippe les avaient fait venir non loin d'eux. Bien entendu qu'ils les cherchaient, pour avoir quelque chose de croustillant à raconter sans aucun doute. Chevalier s'approcha en premier et à la vue de la moue secrète de Matoaka, de ses lèvres rougies et des cheveux en bataille, il comprit. Son oeil goguenard vint frapper Philippe qui leva les yeux au ciel avant de répliquer :

    - Nous faisions une balade pour voir le coucher du soleil quand Chevalier s'est souvenu qu'il y avait une petite grotte non loin de là avec des dessins sur les parois. Il y a même une petite source d'eau chaude, vous voulez nous y accompagner ?

    La brune jeta un coup d'oeil à son compagnon pour connaître son avis. Prenant sa main dans la sienne discrètement, elle prit les devant et accepta la proposition. Ils prirent donc le chemin jusqu'à la fameuse petite grotte. Chevalier parlait beaucoup, comme à son habitude et évoquait tout un tas de légendes avec des fées et des géants qui auraient vécu ici sur les côtes écossaises. Matoaka adorait toutes ces histoires et lui demandait où il les avaient entendu. Cela amusa le blond qui vint lui faire un clin d'oeil en lui expliquant qu'elle même lui avait raconté toutes ces histoires. Cela aurait frustré la jeune femme quelques temps plus tôt mais là, elle préférait voir le côté simple et plus doux de la chose. Elle avait l'opportunité de s'émerveiller de nouveau.

    Pour se rendre dans la petite grotte, ils durent suivirent un petit chemin qui montait vers la montagne. Après avoir dépassé cette petite forêt de verdure, Philippe dégagea le chemin en écartant la végétation et passa à travers un rideau de lierre qui dissimulait l'entrée de la petite grotte. Matoaka eut un autre flash. Tout autre que les autres, mais d'un souvenir pas encore passé. Elle voyait juste Leif, dans un accoutrement différent qui observait la pierre. Cette vision était douce, tendre. Cela fit sourire la brune qui avait un peu perdu l'équilibre contre le brun :

    - Je vais bien, le rassura-t-elle en embrassant son poignet, je vais bien..

    Les visions lui revenait lentement ce qui ne la gênait pas parce qu'elle ne se souvenait pas avoir perdu ce pouvoir. En arrivant dans la grotte, elle fut subjuguée par le lieu. Les parois étaient peintes de vieux dialectes qu'elle reconnaissait puisqu'il s'agissait de vieilles runes viking et amérindiennes. La jeune femme les contemplait avec attention fascinée et s'en approchait. Chevalier racontait diverses autres anecdotes qu'elle n'écoutait que d'une oreille distraite. En effet, elle sentait un certain pouvoir l'envahir, un pouvoir qu'elle ne reconnaissait et qui l'attirait.

    - Leif, murmurait-elle avec surprise, Leif ?

    A peine avait-elle prononcé son prénom qu'elle se sentie aspirée. Allongée sur le sol, elle geint en frottant sa tête un peu surprise. Elle se trouvait toujours dans la grotte mais semblait être tout autre part à la fois. En effet, il n'y avait pas Leif, ni les Philippe. Se redressant, elle pu voir un tas de vêtements sur le sol et entendit du mouvement dans l'eau. Elle aurait voulu appeler Leif mais elle n'osait pas parler de peur de tomber sur des personnes à ne pas croiser. Toujours se méfier du terrain lorsque l'on ne sait pas où l'on se trouve. Alors qu'elle tentait de se diriger vers l'extérieur, une voix de jeune homme surgit derrière elle avec surprise. C'était étrange car elle avait l'impression de la connaître cette voix.

    - Ma ?? Mais qu'est ce que tu fais là ?

    Vite, Matoaka se retourna et croisa le regard d'un bleu intense lui rappelant celui de Leif. Le jeune était beau, grand et était le portrait craché de son père et de sa mère. Une petite demoiselle nue se trouvait derrière lui, tout aussi nue. Gênée, la brune cherchait où se réfugier mais le jeune homme insista surtout en voyant le trouble et la tenue de sa mère :

    - Tu viens de quelle époque ? Ma ?
    - Je.. Je.. Je ne sais pas.. Qui.. Tu..
    - Je suis Kisos. Ton fils..
    - Mon.. Mon fils ?

    Elle se reculait terriblement gêné quand il demandait à la demoiselle de se cacher derrière le gros rocher. Il l'avait appelé Charlie. Matoaka ne connaissait aucune Charlie. Elle avait bien compris qu'elle n'avait rien à faire ici et elle savait qu'elle devait partir au plus vite. C'était trop étrange, trop compliqué. Sa main retoucha la pierre et aussitôt elle fut aspirée. La violence du choc sur la pierre lui fit mal à la tête. Elle grognait les sourcils froncés surtout en entendant Leif crier au loin. Chevalier lui prévenait qu'elle était là. Mais de qui parlaient-ils se demandait-elle. Elle finit par ouvrir les yeux et vit les prunelles du beau viking au dessus d'elle. Ces mêmes yeux qu'avaient leur fils. Cela la fit tendrement sourire quand elle posait sa main sur sa joue, elle se devait de le rassurer :

    - Il a tes yeux.. De magnifiques yeux.


    immarcescible, Posté le dimanche 02 octobre 2022 22:06 Répondre

    Le silence et l'observation. C'est comme ça que fonctionnait Matoaka. Durant tout le repas, elle avait écouté en observant les mines de chacun. En fait, elle cherchait à éviter un peu celui de Leif qui la fixait. Elle ne cessait de repenser aux sous-entendus d'Amara concernant son intimité avec Leif et cela la gênait. Non pas qu'elle ne le désirait pas, mais parce qu'il était marié. Lorsqu'ils se retrouvèrent tous les deux elle buvait une tisane. Ils avaient migré dans le petit salon, tout près du feu de cheminée. Elle frissonnait en frottant son bras fort peu couvert à cause des manches fine de sa robe :

    - Amara est bien enceinte, avoua-t-elle simplement en finissant sa gorgée de thé, elle ne le sait pas encore ou du moins elle ne veut pas se l'avouer mais oui... je te confirme qu'elle est bel et bien enceinte.

    Ce n'était pas de la clairvoyance puisque la brune connaissait très bien les corps humains et surtout ceux des femmes. Elle avait bien vu comment l'arrondi du ventre d'Amara était particulier. Sa manière de manger, son teint et sa poitrine qui semblait gonflé. Elle rayonnait tout bonnement. Matoaka haussa les épaules suite à la proposition de Leif, un sourire amusé sur les lèvres :

    - Ce n'est pas toi qui voulait justement qu'on nous laisse tranquille ? Est-ce que nous ne devrions justement pas être présent au lieu de nous imposer ? Ce sont des adultes.. Je pense que s'ils ont besoin d'aide, ils reviendront vers nous pour nous le dire.

    Finissant son thé, elle vint reposer sa tasse sur la table basse et revint frictionner ses bras. La nuit allait bientôt tomber mais Matoaka ne se sentait pas du tout fatiguée. Jetant un oeil dehors, elle voyait le soleil commencer à décliner vers l'ouest ce qui lui fit reporter de nouveau son attention sur un Leif qui l'observait toujours. Elle souriait toujours et se leva en lui tendant sa main :

    - Tu veux bien m'accompagner faire une balade ? J'ai envie de marcher et de prendre l'air.

    Avant de sortir, elle s'emmitoufla dans un long manteau cape et rejoignit Leif sur le pas de la porte en enroulant son bras autour du sien. Il était galant, gentil, drôle et sécurisant. Loin de l'horreur de sa vision. Elle était à des kilomètres la violence, le sang et les fourberies des jeux de pouvoir. Matoaka découvrait un Leif qui s'exprimait et qui semblait à l'aise avec elle. Ils marchaient depuis un bon moment et elle lui proposa de s'asseoir au bord de la falaise pour voir le soleil se coucher. C'était assez romantique. Elle se demandait si son autre elle aurait aimé cet instant. En tout cas elle, elle l'adorait.

    Assise près du grand brun, elle contemplait le soleil se faire lentement engloutir par l'océan, elle répliqua, songeuse :

    - Tu crois que nos autres nous seraient content de nous voir là, tous les deux, ainsi ? J'aime à croire qu'ils se sont battus pour qu'on puisse avoir ce genre de moment, non ?

    Elle vint planter ses iris sur le visage de Leif et fut surprise de voir qu'il l'observait encore. Aussitôt, elle rougit et elle détourna son regard terriblement gênée avant de lui avouer :

    - Pourquoi me regardes-tu ainsi ? Ça me trouble mais.. mais je n'ai pas non plus envie que tu arrêtes. C'est étrange non ?


    immarcescible, Posté le dimanche 02 octobre 2022 10:54 Répondre

    L'image de Leif tenant cet enfant dans les bras. Lui, les yeux brillants d'une joie innommables. Oui, Matoaka avait vu toutes ces visions et aussitôt son palpitant se calma. Les mots de Leif la calmèrent. Le doute qui s'était insinué en elle semblait s'estomper. Quelques larmes finirent de rouler sur ses joues puis un sourire fendit son visage tendu par la douleur. Sans s'en rendre compte, ses mains étaient toujours accrochées à celles de Leif et d'elle-même elle vint se blottir contre lui. Son visage vint se calfeutrer dans le cou du brun. Les yeux clos, elle humait avec un plaisir évident son parfum quand son corps entier, si petit, se recroquevillait contre le sien.

    - Reste dormir contre moi cette nuit, demandait-elle dans un murmure, s'il te plaît.

    Lentement, ils se rendirent dans le lit qui était désormais sa couche. Chastement, elle vint se blottir contre lui, épuisée par cette journée aux multiples révélations. Qu'allaient-ils bien apprendre d'autre sur leurs anciennes vies désormais ? Sa joue était posée contre l'épaule de Leif quand machinalement, elle faisait des dessins imaginaire sur le buste de ce dernier. Ses yeux étaient lourds à cause de la fatigue, mais elle trouva quand même le courage de dire :

    - Moi aussi je veux avancer avec toi Leif Erikson. Je sens au plus profond de ma chair que c'est toi dont j'ai besoin. Je traverserais les Enfers pour toi.

    Si seulement elle se souvenait qu'ils l'avaient fait. Mais pour le moment, elle s'endormit profondément contre cet homme qui lui était encore inconnu quelques heures auparavant. C'est une nuit sans rêve qui l'assomma et tant mieux. Ce fut un sommeil réparateur. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle vit que le seigneur viking était toujours là près d'elle. Son bras autour de son corps menu et une moue détendue sur le visage. Matoaka ne pouvait s'empêcher de sourire. Lentement, hésitante, ses doigts frôlèrent le front du grand seigneur avant de lentement suivre la ligne de son nez, de ses lèvres et de son menton. La brune rougissait en passant sur ses lèvres qui éveillèrent chez elle un souvenir de feu de sensations méconnues.

    On toquait à la porte, délicatement. A regret, la jeune femme se redressa sans bruit et vint discrètement ouvrir la porte. Il s'agissait d'Amara qui était déjà habillée et avait un grand panier dans les mains :

    - Veux-tu m'accompagner pour cueillir des fleurs sauvages ? Avant, tu adorais ça.
    - Bien sûr. Je réveille Leif, je m'habille et j'arrive.
    - Ne t'en fais pas pour lui, répliqua Amara en levant les yeux au ciel, les garçons arrivent.

    Pas manqué. D'en bas, Matoaka les entendaient sortir leurs épées pour visiblement reprendre le combat et s'assurer que Leif n'a rien perdu de son jeu de jambes. Amara soupirait en précisant que c'était de vrais gamins. L'amérindienne en souriait doucement, amusée ce qui fit plaisir à son amie :

    - Cela faisait si longtemps que je ne t'avais pas vu sourire à quelque chose d'idiot, dit-elle avec émotion.
    - Espérons que ça ne disparaisse pas trop vite alors.

    Taquine, elle rassura son amie qu'elle descendait rapidement la rejoindre. En se tournant, elle voyait Leif bouger dans son sommeil. Sans doute sentait-il qu'il était seul dans le lit. La brune revint le rejoindre et déposa un baiser sur le coin de sa lèvre en lui demandant de se réveiller car les garçons allaient arriver :

    - Visiblement un entraînement t'attends ce matin, pendant que je pars à la quêtes aux fleurs sauvages.

    Elle était de bonne humeur contrairement à ce qu'elle avait pu voir la veille. La magie de cette potion semblait avoir aussi fait disparaître le pessimisme de Matoaka. En même temps, elle n'avait pas eu de visions morbides ni entendu les voix de ses ancêtres. Elle semblait plus libre, plus insouciante, plus jeune. Embrassant une nouvelle fois la joue de Leif, elle se rendit derrière le paravent et se changea rapidement. Elle opta pour une robe longue d'une couleur pastel sans grand éclat. Le tartan des Erikson sur les épaules et ses cheveux détachés, elle fut prête en un rien de temps. Sortant de sa cachette, elle allait retourner vers Leif mais on entra sans vraiment frapper laissant apparaître Nashoba et Feargus armés :

    - Allez Erikson debout vieil asticot ! Montre-nous si tu es toujours capable de nous battre ahahah.
    - Tu vas te prendre une raclée.

    Les deux cherchaient visiblement le grand seigneur viking ce qui fit sourire Matoaka. Amara l'attendait, elle devait se hâter. Avec précaution, elle fit signe à son frère d'être gentil et de ne pas être trop rude avec Leif. Après tout, il avait perdu la mémoire et sans doute ne se souvenait-il pas de ses anciennes performances et possibilités. Après un autre sourire au brun, elle rejoignit son amie avant de partir dans la lande écossaise.

    Le souffle de vent du Nord l'enveloppait. Matoaka se sentait libre, étrangement libre et sereine. Même si elle ne connaissait pas son passé, elle était juste ravie d'être ici à cet instant précis. Elle découvrait tout un tas de nouvelles plantes qu'elle avait pourtant autrefois connue. Amara lui expliquait les noms, les ressources et comment les utiliser. Tout revenait lentement, comme si un voile se détachait du souvenir et à la fin de la matinée, les deux jeunes femmes avaient leurs paniers remplis de fleurs sauvages qui serviraient pour les futurs baumes de l'amérindienne. Elle avait découvert les paysages puissant et féroce de l'Ecosse qui ravissait son imagination. Au sommet d'une colline elle vit une succession d'îlots et se persuada qu'il s'agissait du squelette d'un dragon et inventa un conte qui semblait ravir la grecque.

    Elles rentrèrent en riant, détendue, au château en fin de matinée. L'estomac de l'amérindienne grondait de faim. En arrivant, elles virent les garçons se battent à l'épée. Leif arrivait visiblement très bien à maîtriser Nashoba et Feargus quand les Philippe s'étaient installés sur la terrasse à les observer boire un thé. Même si il faisait frais, la balade avait bien échauffé Matoaka et elle rejoignit avec Amara les garçons. Dans un cri de terreur, qui excita une fois de plus l'imagination débordante de la brune, Leif réussit à gagner avantages de ses adversaires et finalement les désarmer. Les Philippe riaient en applaudissant et Chevalier vint même à clamer :

    - Douze-zéro pour notre bien aimé Seigneur Leif Erikson !

    Matoaka récupérait une épée sur le sol, celle que Feargus avait laissé tomber de sa main blessé. Il pestait contre son frère en riant à la fois quand Nashoba voulut prévenir Leif que sa soeur n'était pas des plus fines. Ce à quoi tout le monde riait :

    - C'est faux, répliquait cette dernière faussement choquée, je ne connais que quelques petites manipulations que tu m'as montré.

    Bien sûr, tout le monde savait ici quelle excellente guerrière elle était. Mais Leif l'avait certainement oublié. Posant son panier près d'Amara et quittant son tartan, elle se pointa devant Leif en le défiant du regard :

    - Peur de se faire battre par une femme mon seigneur ?

    Joueuse, elle laissa son épée taquiner celle du beau brun et sans attendre outre mesure, elle attaqua. Visiblement, il avait peur de jouer à ce jeu là avec elle. Mais Matoaka ne lâchait rien quand tout le reste du groupe encourageait la confrontation. Heureusement, il s'agissait d'épée en bois, celle avec lesquelles on entraînait les enfants. En deux coups d'épée, elle désarma Leif avant de poser la pointe de son bout de bois sur le ventre de ce dernier. Fière d'elle, elle riait comme tout le monde en voyant la mine désarçonnée de son adversaire. Mais c'était mal connaître la lueur de défi qui sommeillait chez lui. Ils commencèrent donc à s'entraîner et se battre. C'était surtout la possibilité de pouvoir se toucher, se rapprocher l'air de rien. Car finalement, Matoaka s'arrangeait toujours pour pouvoir se blottir contre lui, telle un serpent qui voulait dévorer sa proie. Ils jouèrent un long moment comme ça, où alternativement, chacun eu le dessus sur l'autre. Mais le combat devait avoir un gagnant et la brune voulait forcément gagner. Alors, elle glissa sur le sol, peu importe que sa robe soit sale et fit perdre l'équilibre à Leif avant de le désarmer et de maintenir ses mains au dessus de la tête. Elle riait en voyant la mine de surprise et d'incompréhension du jeune homme quand son bassin était plaqué contre le sien et que son nez frôlait de nouveau le sien.

    - Perdu mon seigneur, murmurait-elle joueuse pour le taquiner, il va falloir continuer à vous entraîner. Je donne des cours si vous le souhaitez.

    Ses yeux brillaient d'une insolence amusante quand son rire résonnait. Sans s'en rendre compte, son corps dansait lentement contre celui de Leif. Vieux réflexe d'autrefois qui éveillait chez elle, de nouveau, ce désir méconnu. Relâchant lentement sa pression sur les bras de Leif, elle rougissait de l'effort et du réchauffement de son entrecuisse. Mordant sa lèvre inférieure, elle vint se redresser mais c'était sans compter sur la force et la vitesse de Leif qui la renversa sur le sol et la maintint sous lui. Elle riait de plus belle, amusée de voir qu'il n'aimait visiblement pas perdre, comme elle. Et soudain lui vint ce souvenir étrange où il avait déjà été sur elle comme ça et qu'elle avait plaqué un vrai couteau sous sa gorge. Cela lui fit bizarre. A voir la mine du brun, elle su qu'il avait vu lui aussi.

    - Toi aussi tu l'as vu ce souvenir, demandait-elle inquiète.

    Mais cette mauvaise impression fut rapidement de courte durée car le groupe venait à elle pour savoir qui avait gagné. Fairplay, Matoaka avoua que Leif avait eu le dernier mot et qu'elle avait perdu son combat avec lui. Tous semblaient déçu mais bien amusés de cette matinée. Toute couverte de boue, la brune rejoignit Amara pour aller se changer et se laver. Les long cheveux de la jeune femme méritait un vrai bain. Lorsqu'elle eut fini son bain, son amie qui recousait le bas d'une robe lui demanda :

    - Toi et Leif vous.. hier soir..
    - Quoi donc ?
    - Vous avez fait quoi ?
    - Nous avons discuté et puis on s'est couché.

    Amara semblait surprise de la réponse de son amie et sourit en coin. Matoaka ne comprenait pas. Essuyant ses cheveux, elle la rejoignit et s'assis près d'elle. La questionnant du regard, elle se demandait bien à quoi elle pouvait faire allusion. Mais au vu du sourire en coin de la grecque, elle rougit en bégayant :

    - Parce que.. lui.. moi.. nous ?
    - Mh, mh..
    - Mais.. Mais il est marié, n'est-ce pas ?
    - Feargus aussi tu sais mais ça nous a jamais empêché.

    Se sentait terriblement mal, Matoaka s'en voulait d'avoir été la maîtresse de ce Roi. Elle pensait qu'ils étaient proches mais pas à ce point là. Elle en voulait à son autre elle qui semblait être sans foi ni loi avec les autres, même à pousser au péché un homme aussi bien que Leif. Elle secouait la tête en mordant sa lèvre :

    - J'étais si horrible que ça ? Ai-je poussé Leif à tromper sa femme avec moi ?
    - Mais non. Tu ne l'a poussé à rien si ce n'est au bonheur. Allons donc ne t'en fais pas.
    - Pour mon peuple un mariage c'est important et..
    - Pour Leif le mariage n'était qu'une obligation, il n'y a jamais rien eu avec Freya. Je crois même qu'elle couche avec la soeur de Leif.

    A la mine consternée de l'amérindienne, Amara ne pu retenir son rire. Elle lui expliqua brièvement ce que Feargus lui avait confié et vint finir l'ourlet de la robe que Matoaka mit. Une fois prêtes, les deux brunes rejoignirent le salon où le déjeuner avait été posé. Cherchant du regard Leif, Matoaka se tenant dans un coin tranquillement. Elle n'eut pas besoin de le voir pour savoir qu'il entrait dans la pièce. Son pas lourd mais assuré et son souffle lui indiquèrent sa présence. Il était si beau habillé d'un pourpoint bleu qui seyait parfaitement avec ses yeux. Elle lui offrit un doux sourire. Les Philippe faisaient rire les autres qui racontaient encore des histoires amusante quand la brune s'avança vers son seigneur. Troublée par les révélations de Amara, elle comprit mieux quand elle évoqua l'attractivité qui les liaient tous les deux car ses doigts cherchaient déjà ceux de Leif. Elle vint frôler les siens avec douceur quand elle murmurait à son encontre :

    - J'espère ne pas vous avoir trop effrayé sur le champ de bataille mon seigneur..


    immarcescible, Posté le vendredi 30 septembre 2022 21:24 Répondre

    Le bain et les révélations de Amara avait finis d'achever la paix trouvée de Matoaka. Vêtue de sa robe de nuit longue et d'un tartan aux couleurs de la famille Erikson couvrant ses épaules, la brune contemplait la lune, haute dans le ciel. Pensive, elle se demandait bien ce que signifiait toute cette histoire. Qui était-elle ? Qui était Leif et qu'avaient-ils fait ? Avaient-ils fait des choses atroces ? Ou avait-elle infligé de terribles horreurs aux autres ?

    Matoaka se souvenait que Aponi lui avait prédit deux avenirs.
    Elle se souvenait encore de ses mots si dur et implacable pour l'un et doux et tendre pour l'autre.
    Aurait-elle vécu le pire des deux ?

    Est-ce que l'univers leur offrait une seconde chance en ayant bu une potion d'oubli ?

    Elle qui était très bien formée aux baumes et autres potions n'avait jamais entendu parler d'un tel breuvage. Une potion pour oublier ? Comme c'était violent pour elle dont tout le savoir consistait à se souvenir. Quelles choses terribles avaient-ils vus ou subis ? Un tel remède ne pouvait venir que des Dieux. C'était ce qu'elle concluait alors que Leif Erikson entrait dans sa chambre. Son air sombre, sa moue contrariée lui donnèrent envie de sourire de douceur. Ce qu'elle fit. Ainsi, l'entourage semblait avoir enfin dévoilé le fameux grand secret qui avait rendu tout le monde si bizarre pendant une bonne journée. Quelle journée..

    - Et d'après Amara, mon autre moi aurait traversé les Enfers pour retrouver cet autre toi.

    Matoaka se dirigeait vers la cheminée où le thé réchauffait. Elle servie deux petites tasses et vint près de Leif avant de s'asseoir en tailleur sur le sol, face à lui. Elle ne pouvait s'empêcher de le dévorer du regard, cherchant un signe, un souffle, un bruit, un mouvement qui réanimerait sa mémoire. En voyant l'ai contrit et triste du jeune homme, elle eut mal avec lui. Buvant une gorgée, elle le poussa à faire de même en lui expliquant que cela l'aiderait à dormir un peu :

    - Il faut dormir pour avoir les idées claires.

    Mais Leif semblait vraiment contrarié. Au lieu de crier sur tout le monde comme le ferait une personne normale, il restait ici, dans la chambre, face à Matoaka comme dans l'attente de quelque chose. La brune lui souriait toujours et vint poser sa tasse sur le sol avant de s'asseoir dans la position du Lotus tout en tendant ses mains à son compagnon :

    - Donne moi tes mains, dit-elle avec douceur, je vais essayer quelque chose. Tu me fais confiance ?

    Leurs doigts s'entrelaçaient. Matoaka aimait la rugosité des mains caleuses de Leif. C'était des mains avec une histoire rude mais dont elle sentait aussi le potentiel de douceur. Encore une fois, un frisson la parcourait et faisait réagir avec passion son corps. Mordant sa lèvre, elle vint fermer les yeux et fit un exercice de respiration pour se concentrer. Leurs mains jointes, un courant circulait entre eux. Une énergie folle qui stimulait déjà les pensées de Matoaka. Après quelques minutes, elle sentit des décharges étranges l'envahir où des souffles, des gémissements, des cris et des sensations palpitantes l'envahissait. C'était deux corps en fusion et elle voyait distinctement son corps pressé contre celui de Leif.

    Est-ce que lui aussi ressentait cela ?

    L'amérindienne voyait quelques souvenirs flou de cette autre vie même si semblait être emmêlé. Soudain, un voile noir se projeta devant ces images et un grondement sonore vint. Le froid, la pluie, la neige. La souffrance. Un cris de rage naissait dans sa poitrine quand elle sentait la douleur violente de son viol. Encore une fois, tout était embrouillé car elle voyait Leif aussi. Enchaîné, suppliant. C'était trop. Beaucoup trop. Elle voulait fuir. Mais plus elle luttait et plus elle voyait par images éparses, ce que sa mémoire avait tenté d'oublier. Elle se voyait tuant, intrépide, se délectant du sang qu'elle faisait couler. Et une voix sombre, quasiment morte qui appelait Leif.. Ô cette voix.

    - Ca.. Ca.. Ca doit s'arrêter.. Non !

    Enfin elle rompit le contact avec Leif et tomba à la renverse. Elle tremblait, recroquevillée sur le sol. Des larmes sortaient de ses paupières sans qu'elle puisse le contrôler. Quel était donc ce monde dans lequel ils avaient évolué tous les deux ? Avait-elle été une si horrible personne ?

    - Qu'est-ce que.. J'ai.. J'étais un monstre Leif.. Je.. Désolée..

    Dans son esprit, étant donné que tout s'était emmêlée, elle était persuadée avoir fait souffrir Leif. Se redressant, elle s'écarta de lui de peur qu'il s'en prenne à elle. La brune savait pertinemment qu'il avait vu les mêmes images qu'elle et il devait être aussi effrayé. Comment ne pas l'être quand ils s'étaient retrouvé devant leurs alter-ego démoniaque ? Essuyant ses yeux, elle tentait de retrouver le calme dans son esprit et dans son souffle. Une fois plus calme, elle jeta un coup d'oeil à son ancien amant :

    - Je sais que tu veux savoir Leif mais je.. je ne veux pas.. je.. je ne sais pas ce qui c'est passé mais.. je ne veux pas être cette personne..

    Elle tremblait encore d'effroi en repensant à ce regard fou qu'elle avait. Son odorat avait gardé l'odeur âpre et rouillé du sang. S'approchant lentement de Leif, elle vint frôler ses doigts des siens, le suppliant du regard de lui parler. Elle cherchait son regard, son attention, son courage. Dans cette vision si particulière, même si elle avait été effrayé d'elle-même, Matoaka ne pouvait s'empêcher de penser que ce qu'elle avait fait d'aussi horrible n'était peut-être pas si atroce que cela. En effet, elle avait le sentiment qu'elle n'avait agis de la sorte que pour une seule personne : Leif Erikson.

    - Je suis désolée si je t'ai fais du mal. Je.. Je suis désolée.. Je m'en veux tellement.. Je sais que ma parole peut paraître faible, après tout, tu ne me connais pas mais.. mais je ne suis pas comme ça. Je.. Je n'ai jamais voulu être comme ça. Je te le promets.


    immarcescible, Posté le lundi 26 septembre 2022 15:41 Répondre

    L’instinct de Matoaka l’avait conduit à suivre Leif Erikson. Un homme qu’elle ne reconnaissait pas mais qui pourtant faisait grande impression sur son corps. Ils galopaient sur le cheval vers une destination inconnue et elle savourait la sensation de ses bras l’encerclant. Elle aussi avait quelques flashs. Ils s’entremêlaient sans vraiment être logique. Leif tenant un enfant dans ses bras. Leif dans le lit d’une autre femme. Leif la plaquant au sol avec un poignard. Leif jouissant en elle. Leif se battant pour elle. Tout s’emmêlaient sans qu’elle ne puisse comprendre quoi que ce soit.

    Arrivés près d’un point d’eau, elle descendit après lui et découvrit le paysage qui les entourait. Rien ne semblait dangereux, bien au contraire, on aurait dit que la nature essayait de les rassurer et de les envelopper. La jeune femme fit le tour du lieu d’un seul regard et écouta les mots de Leif. La cicatrice sur sa main ne lui disait rien du tout. Aucun flashs. Peut-être était-elle folle ? Peut-être qu’ils avaient tous les deux perdu la mémoire parce qu’ils étaient fou ?

    Pourtant, lorsqu’elle posait son regard sur lui, c’était comme une évidence.

    - Mon seigneur, dit-elle avec douceur en s’approchant de lui, je pense que vous devez souffler un peu. Pourquoi nous auraient-ils gardés en vie si nous étions leurs ennemis ? Ils nous ont bien traités. Je ne pense sincèrement pas qu’ils nous veulent du mal. Mon frère me l’aurait dit.

    Elle devait le rassurer, c’était comme viscéral chez elle. Avant de partir, elle avait pris son sac avec elle et sortit de quoi faire un petit feu. La nuit avait beau être belle, il faisait quand même très humide. Accroupie sur le sol, elle frictionna ses deux pierres au dessus d’un peu de bois sec trouvé dans le creux d’un arbre accompagné d’une pomme de pin.

    - Peut-être que vous avez raison et que l’on se connaît de cette autre vie.. Mais justement.. Si nous avons perdu la mémoire.. C’est peut-être pour une bonne raison. Pourquoi seulement nous deux ?

    Son regard se fixait sur Leif qui semblait si tourmenté qu’elle eut mal pour lui. Le feu avait pris et ils allaient pouvoir se réchauffer. Sortant de son sac son baume, elle lui fit signe de venir s’asseoir près d’elle. Il allait refuser mais elle anticipa son refus en le regardant avec une attention particulière qui faisait toujours flancher tout le monde. Une fois qu’ils fut enfin face à elle, elle lui offrit un doux sourire amusé avant d’appliquer délicatement, sur sa cicatrice, le baume :

    - Je peux vous dire le fond de ma pensée, murmurait-elle rompant ainsi le silence qui régnait jusqu’à présent, je pense qu’ils nous mentent et qu’ils savent pourquoi nous avons perdu la mémoire mais qu’ils veulent nous laisser trouver la réponse.

    Les yeux de Matoaka dévisageaient avec attention le visage de Leif. Elle voulait voir comment réagissait ses pupilles, ou encore sa peau quand elle la touchait ou qu’elle lui lui parlait. Sa voix était basse, douce, sereine. Le fait d’avoir perdu la mémoire lui avait rendu cette part d’elle-même qui avait été détruite dans la montagne :

    - Cela va peut-être vous paraître étrange mais.. mais je n’ai pas vraiment envie de savoir qui étaient nos autres nous. Peut-être que c’est justement pour ça que notre mémoire a été détruite. Pour nous donner une seconde chance..

    A voir la mine suspicieuse de son nouvel acolyte, la brune vint doucement rire sans cesser de poser ses doigts sur la peau blessée du viking. Il semblait perplexe mais se calmer. A croire que la nature l’aidait à se détendre. Elle venait de finir d’appliquer son baume et lui interdit d’y toucher. Sortant de sa besace une théière, elle fit chauffer l’eau de la rivière et y ajouta des feuilles de thé qu’elle laissa bouillir au dessus du feu :

    - Si la vérité vous intéresse tant que cela il existe des rites qui permettent de retrouver au fond de soi les souvenirs perdus. Mais dès fois, mon seigneur, la vérité n’est pas si bonne à découvrir. Et encore une fois.. Que vous apporterez de savoir quel homme vous étiez ? Vous avez la possibilité de tout recommencer aujourd’hui et de devenir celui que vous souhaitez.

    Doucement, elle vint poser sa main sur le coeur de Leif pour l’écouter. Les yeux clos, elle sentait la pulsation de cet organe si complexe qui pourtant lui parler distinctement. Matoaka souriait doucement, attendrie en l’écoutant et murmura :

    - Votre coeur est bon messire. Vous pouvez faire confiance à votre instinct..

    Elle sentait qu’il battait de plus en plus fort et en effet, lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle vit le trouble si intense dans les prunelles d’un bleu de jais de son ancien amant. Elle était liquéfiée sous son regard. Jamais encore personne ne l’avait regardée de la sorte et cela la troublait. Le feu crépitait près d’eux et offrait une chaleur réconfortante mais celle au creux de son bassin était tout autre et lui donnait un élan qu’elle n’aurait jamais osé dans d’autres circonstances. Sa main libre vint se poser sur la joue de Leif sans que l’autre quitte son coeur :

    - Vous le sentez aussi, murmurait-elle à son encontre, cette vibration ?

    Cet étrange lien invisible qui les liaient depuis toujours et qui avait été instiguée par la mère de Leif. Il était fort, palpitant et vibrait avec fusion ce soir-là. Matoaka posa son front contre celui de Leif, son caressant le sien quand le souffle de la jeune femme se stoppa. Elle le désirait ardemment, dans sa chair, dans son âme. C’était viscéral. Jamais encore elle n’avait ressentie une telle chose. Et alors que ses lèvres allaient frôler celle du brun, la voix de Philippe, Feargus et Nashoba retentit au loin.

    Sursautant, elle se redressa les joues rougies par la déconvenue de ce qu’elle allait s’apprêter à faire. Le feu avait du indiquer à leurs amis où ils se trouvaient. Cela allait très certainement faire rager Leif qui avait besoin d’air, elle le comprenait. Alors vite, elle anticipa sa crise comme elle avait toujours réussit à faire et lui fit signe de ne pas bouger. Les garçons arrivèrent, soulagés d’avoir retrouvés les fugueurs :

    - Mais bon sang Leif à quoi joues-tu, s’énervait Feargus fort contrarié, te rends-tu compte que tu ne sais plus où tu es et l’inquiétude qui m’a envahi t’imaginant dans mille dangers ?

    La peur de ce frère fit renaître un souvenir dans la mémoire de Matoaka. Elle revoyait les deux frères si proche et si soudés. Ce n’était pas un flash cette fois-ci mais un vrai souvenir qui la fit vaciller un instant. Soutenue par les bras de Nashoba qui reconnaissait les visions de sa soeur, il s’inquiéta avec mesure en la posant sur le sol. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle chercha du regard Leif et lui souris avec joie et confiance :

    - Il s’agit de votre frère.. votre meilleur ami.. votre meilleur allié mon seigneur.. Nous pouvons lui faire confiance.


    immarcescible, Posté le jeudi 22 septembre 2022 20:38 Répondre

    La lourdeur du lieu était vraiment palpable pour Matoaka qui semblait perdue. Les regards qu'on lui lançait. La peine des visages méconnu et familiers. Les silences si présents la déconcertaient. Mais surtout, elle avait cette étrange sensation que son être entier luttait contre quelque chose. Elle n'avait qu'une envie, fuir et se retrouver seule loin de ces regards si gênants qui semblaient attendre quelque chose d'elle. Mais comment le deviner puisqu'elle ne savait plus vraiment qui elle était. Le roi des vikings semblait ressentir la même. C'est sans aucun doute pour cela qu'il quitta finalement la table. Comme elle aurait aimé être assez grossière pour faire la même chose. Mais non, Amara lui souriait si gentiment qu'elle ne pu se résoudre à lui infliger une quelconque peine.

    Une fois le repas terminé, la jeune femme voulut s'enfuir vers l'extérieur. Il semblait faire encore bon pour qu'elle puisse se jeter à corps perdu dans la nature mais Amara eut le réflexe de la garder pour elle. La mission consistait à amener un digestif à Leif. La brune fronçait les sourcils comme pour dire qu'il n'avait qu'à se déplacer tout seul après tout. Il n'était pas son Roi et elle avait envie d'autre chose. Mais encore une fois, Amara fut suffisamment douce et ingénieuse pour la faire flancher. C'était qu'elle était devenue beaucoup plus douce cette Matoaka en perdant la mémoire. Prenant le petit plateau qui contenait le verre et le bourbon, elle se rendit donc jusqu'à la bibliothèque spontanément. C'est devant la porte qu'elle se rendit compte que sans le savoir, elle avait su où était la fameuse pièce. Cela voulait bien dire qu'elle était déjà venue ici et que les autres ne pouvaient pas mentir sur sa présence ici.

    A peine eut-elle fait un pas que Leif répliquait déjà. L'amérindienne était surprise de l'entendre se confier à elle. Sa voix générait quelque chose dans son estomac qui se balançait d'avant en arrière comme pour lui rappeler quelque chose. Mais il était compliqué pour elle de déterminer le « quoi ». Elle continuait de se fier à son instinct et clairement, ce dernier le poussait vers Leif. En se rapprochant, elle vit plus nettement dans la lumière de la bougie l'épaisse cicatrice qui ornait son visage. Fronçant les sourcils, non pas par dégoût, elle fut surprise de voir que la blessure avait été soignée par quelqu'un qui connaissait les mêmes soins qu'elle.
    Sans se donner la peine de lui répondre, elle posa le plateau sur le guéridon et vint aussi près de lui qu'il était possible et posa ses doigts sur sa joue pour toucher la cicatrice. Bien évidemment, elle n'avait pas demandé son autorisation et cela semblait ne pas le gêner. Elle n'avait aucune lueur de dégoût dans le regard, plutôt de la curiosité et murmura :

    - La personne qui vous a soigné, mon seigneur, possède un excellent remède que je connais. Mais vous avez encore besoin de soin. Je vais vous concocter un cataplasme pour la nuit que vous poserez sur votre visage. Cela évitera que votre blessure sèche et qu'elle vous gratte.

    Se rendant enfin compte de sa proximité avec le géant, elle se décala un peu avec un léger sourire les lippes. Debout devant le guéridon, elle lui servit un verre de bourbon et répondit enfin à sa question :

    - N'avez-vous jamais eu des impressions de déjà-vu auparavant ? Mon peuple est persuadé qu'il s'agit de nos anciennes vies. Peut-être que dans cette autre vie nous nous connaissions.

    D'un pas léger, elle se rendit près de Leif et lui tendit son verre. Leurs doigts se frôlèrent et oui, elle le sentait ce flux électrique qui semblait tant les lier. Mais il était impossible de penser ou même d'imaginer pour cette amérindienne à la mémoire écourtée qu'elle ait pu avoir une quelconque relation avec un Roi Viking. Venant faire le tour de la pièce, elle observa avec attention tous les livres de ranger pour vite changer de sujet. Le regard brillant et intense de Leif la faisait frissonner d'un désir étrange et méconnu.

    - Savez-vous lire ? Je reconnais certains ouvrages mais.. mais je n'ai pas souvenir d'avoir appris à comprendre votre écriture. Dans mon peuple, nous n'écrivons jamais. Tout passe par l'oralité et la mémoire. Ce qui dans mon cas est quand même désagréable car j'ai l'impression d'avoir oublié tout mon savoir.

    Se tournant enfin vers Leif après avoir fait le tour de la pièce, elle souriait doucement. Un sourire doux, patient quand ses prunelles le regardaient avec une douceur similaire.

    - Moi aussi j'ai vraiment cette impression de déjà-vu... J'espère juste que je n'étais pas votre ennemie mon seigneur. Je me verrais embarrassée de devoir me défaire du seul ami que j'ai dans cette maison.

    Mais Leif ne répondait toujours pas. Il semblait plongé dans un profond mutisme qui fit légèrement soupirer Matoaka. Etrange qu'elle ne veuille pas quitter la pièce même si elle faisait la conversation toute seule. Voyant la lune se dégager des nuages et éblouir la pièce de sa lumière si singulière, l'amérindienne répliqua :

    - Je vais aller en cuisine m'occuper de votre cataplasme. Je viendrais vous rejoindre dans votre chambre avant le coucher.

    Après une révérence, elle quitta la pièce non sans avoir donné un dernier regard vers le Roi qui n'avait toujours pas bougé. Elle reprenait sa route en direction de la cuisine où Chevalier sirotait une tisane en compagnie de son amant Philippe. Ils furent surpris de voir Matoaka arriver et se mettre à chercher dans les placards des plantes et des récipients qu'elle réunissait sur la table de la cuisine. Lorsqu'ils lui demandèrent ce qu'elle faisait, elle leur expliqua sans détour. Chevalier souriait en coin en minaudant quelque peu et demandant :

    - Il est plutôt bel homme tu ne trouves pas ?
    - La beauté à de multiples facettes, répondit-elle, c'est quelque chose de subjectif.
    - Mais toi ? Tu ne le trouves pas désirable ?
    - Je viens à peine de faire sa rencontre et.. et.. et c'est un homme marié. Je ne sais pas quelles sont vos coutumes exactes mais dans mon peuple la tromperie n'existe pas.

    Chevalier se retenait de rire quand Philippe était éberlué par cette si sage, douce et docile Matoaka. Rien à voir avec la femme qu'ils avaient rencontrés plusieurs mois plus tôt. Elle semblait avoir repris le ton affectueux et innocent de ses premières années laissant place à sa personnalité encore docile et innocente. La jeune femme finissait de préparer son baume en compagnie des garçons qui lui racontait mille et une chose sur le monde. Elle était interessée et posait mille et une question lorsqu'enfin Amara et Feargus surgirent :

    - Matoaka ? Mais.. Mais que fais-tu là ?
    - Je finissais le baume pour Leif. Tu peux lui apporter si tu veux.
    - Oh non non non, tu devrais y aller.

    Tout le monde la regardait de nouveau comme si c'était l'évènement du siècle. La jeune femme ne chercha pas à comprendre et monta donc en direction de la chambre du Roi. Arrivée devant la bibliothèque, elle constata qu'il n'y était plus. Elle se demandait bien où il avait pu aller. Marchant au travers des galeries, elle redécouvrait le château jusqu'à finalement sortir sur la petite passerelle en extérieur qui menait à l'aile ouest où se trouvait sa chambre. C'est là, au détour d'une tourelle protégé du vent qu'elle retrouva Leif :

    - Mon seigneur, dit-elle surprise mais avec un sourire, je revenais vers vous avec le baume. Me laisseriez-vous le poser sur votre blessure ?


    immarcescible, Posté le lundi 19 septembre 2022 11:48 Répondre

    Une succession d’images se confondaient. Des rires, de l’amour, des larmes, de la souffrance, de la joie. Toute une vie en somme. Puis, plus rien. Le néant. Un gouffre sans fin, sombre et sans vie. Matoaka vint à lutter et finalement ouvrit lentement ses yeux. Le plafond avait quelque chose d’étrange. Il y avait tout un tas de peintures qui semblaient représenter un ciel avec des nuages et des étoiles. C’était beau se disait-elle.

    Elle toucha les draps qui la recouvrait et les trouvait doux et agréable. En tournant son regard à droite et à gauche, elle ne vit que le mobilier fin et distingué d’une chambre avec une coiffeuse, une armoire et une immense fenêtre. Matoaka eut envie d’ouvrir la fenêtre. Alors, lentement, elle se redressa et s’y dirigea. Elle l’ouvrit et découvrit que l’océan était à ses pieds. En ouvrant, des embruns iodés se projetèrent contre ses narines. Elle les huma avec plaisir et sourit. Et un flash revint. Elle, à la proue d’un bateau vêtue d’une sorte d’armure bien étrange. Elle eut mal à la tête et se détourna de la fenêtre.

    Où était-elle se demanda-t-elle enfin, mais surtout, qui était-elle ?

    Surprise de ne pas le savoir, elle vint s’observer dans un miroir et passa sa langue sur ses lèvres. Ses joues étaient encore humide et ses lèvres avaient le goût du sel. Avait-elle pleuré ? Pourquoi ? Et pourquoi ne se souvenait-elle de rien ?

    Elle portait une longue tunique blanche qui couvrait ses formes. Vite, elle la retira et observa son corps qui ne portait aucun stigmates si ce n’est quelques tatouages qu’elle avait fait pendant son enfance. Mais de ça, elle s’en souvenait. Quelques images lui revenait, comme si son cerveau luttait pour lui rappeler telle ou telle chose. Elle entendait sa langue maternelle, voyait sa mère, son père, Aponi et Nashoba mais quand elle cherchait dans son esprit des souvenirs récent il n’y avait rien. Encore une fois, le néant.

    Alors qu’elle se questionnait, on vint à entrer dans la chambre. Nue devant une brune inconnue, Matoaka prit une des brosses qu’elle jeta dans sa direction. Amara, surprise, se la prit en pleine tête avant de jurer après son amie :

    - Matoaka ! Bon sang mais c’est moi !

    Derrière elle se tenait des servantes visiblement qui tenaient entre leurs mains des longues robes couvertes de tissus. Matoaka était méfiante surtout qu’elle ne se souvenait aucunement des usages du monde occidental. Où était-elle ? Sans s’en rendre compte, elle posait la question dans une langue qu’elle ne se souvenait pas avoir apprise. C’était comme si son corps et son esprit luttait contre un énorme barrage. Ça tapait fort dans sa tête et elle devait soulager cette douleur :

    - Tu es Matoaka Powhatan. Mon amie et la volva de ton peuple. Tu as échoué ici avec ton frère Nashoba pour venir me rejoindre après avoir sut que j’avais été kidnappée. Tu ne te souviens pas ?

    La brune semblait très gentille et sincère mais Matoaka avait du mal à y croire. La jeune femme se présentait sous le prénom de Amara et lorsqu’elle eut dit ça, un flash des deux jeunes femmes s’enlaçant et riant ensemble lui vint. Comme si sa mémoire retrouvait une pièce du puzzle.

    - Il semblerait que vous avez échoué sur une plage non loin du château et que ta tête a cogné assez fortement la proue du bateau.

    C’est à cela que Matoaka associa ce flash d’elle à la proue d’un bateau. Comment aurait-elle pu se douter que c’était tout autre chose. Pour le moment, ça l’aidait à trouver des réponses à certaines questions surtout qu’elle voyait ls servantes quitter la pièce après avoir préparé une cuve d’eau chaude d’où émanait un parfum familier de jasmin. Pourquoi est-ce que cela lui semblait si familier ?

    - Pourquoi.. Je.. Je ne me souviens de rien, murmurait-elle perdue en sentant ses jambes fébriles, qu’est-ce que.. qu’est-ce que je fais ici ?

    Amara et les garçons avaient réussis à inventer une histoire stupéfiante. Pour tout le monde, Matoaka était bel et bien toujours la princesse de son peuple aux pouvoirs mystiques et avait échoué avec son équipage sur les côtes écossaise pour venir aider son amie Amara. Cette dernière vivait avec son fiancé Feargus dans ce château avec le frère de ce dernier Leif Erikson. A ce nom là, Matoaka eut un autre flash mais celui-ci fut violent, comme si son esprit bloquait encore plus l’association d’images. Elle geignait en massant ses tempes ce qui inquiéta forcément la grecque.

    - Le bain te fera du bien.. Ça fait beaucoup d’informations..

    Assise dans son bain, elle laissait son amie frotter son dos délicatement et laver ses long cheveux. Elle posait un millier de questions comme un enfant le ferait ce qui attendri Amara. Néanmoins, Matoaka était perdue et elle sentait que son corps était en manque de quelque chose sans se douter que c’était Leif. Comment le pourrait-elle ? Pourtant, en repensant à ce prénom, il lui vint soudainement un petit feu chaleureux au creux du ventre :

    - Ce.. Ce Leif.. Qui est-il ? Le seigneur du château ?
    - Et bien.. Oui et non. Il a vécu ici étant jeune. C’était un grand explorateur, un grand navigateur, c’est lui d’ailleurs qui nous a présenté l’un à l’autre tu ne te souviens pas ? Mais maintenant il s’agit du grand Roi du Nord. C’est un guerrier viking.

    L’histoire de Leif avait été gardé intact jusqu’à son fameux mariage avec Freya. Il n’avait oublié que sa rencontre avec l’amérindienne et semblait avoir oublié toute trace de sa présence à elle quand il se souvenait brièvement de Nashoba. Pour lui, la seule aide qu’il avait reçu venait de son épouse et de l’armée de son père. Hadès avait adoré visiblement modelé les souvenirs de celui qu’il désirait le plus. Aussi, quand il s’éveilla, il n’eut qu’un léger mal de crâne sans avoir l’impression d’avoir oublié quelque chose. Pendant ce temps, Matoaka écoutait toute l’histoire de cet homme avec une oreille attentive :

    - Il.. Il est ici ?
    - Oui il est arrivé il y a quelques semaines de cela. Un de ses voyants lui a dit que Feargus et moi-même étions en danger alors il est venu aussitôt pour s’assurer que nous allions bien.
    - On dirait que nous sommes des amis loyaux.
    - Les meilleurs du monde.

    Amara souriait doucement et embrassait le crâne de son amie avant de l’aider à se sécher et s’habiller. La robe était une toile très fine de lin orné de fleurs brodées très finement. Les cheveux long de la jeune amérindienne furent tressés et son corset un peu mieux serré. En voyant cet accessoire de torture, très vite elle le retira pour laisser ses formes être libre ce qui amusa la grecque. Sous l’amnésique restait néanmoins une forte part de Matoaka ce qui la rassurait aussi. Une fois prête, elle lui proposa donc de sortir.

    C’était comme si ils avaient tout préparé à l’avance. Matoaka descendait les escaliers en observant le château avec un oeil avide. Elle le découvrait pour la première fois et c’était une demeure fastueuse et riche. Impressionnée, elle ne pu s’empêcher d’être éblouie. Elles passèrent devant la galerie des portraits mais aucun ne remuait un souvenir chez l’amérindienne. Enfin, elles descendirent l’aile ouest et marchèrent le long de la promenade au grand air frais qui fit sourire Matoaka. L’air de la mer, elle l’aimait c’était certain. Quelques flashs lui vint mais ils n’étaient pas précis. Puis, elles rentrèrent et reprirent le chemin vers les cuisines puisqu’en effet en arrivant en bas l’odeur était délicieuse et l’estomac de Matoaka grognait de faim.

    Se tenait dans le grand salon Feargus et Nashoba qui buvait un whisky. Le visage de son frère lui remua quelque chose de rassurant. Enfin un visage familier. Elle lui sourit et se jeta dans ses bras quand lui semblait nerveux et inquiet. En amérindien, elle lui demanda comment il allait et il lui répondait de la même manière en caressant sa joue.

    - Sommes nous bien chez des amis, demandait-elle toujours dans sa langue maternelle, je ne me souviens de rien.

    Alors, Nashoba récita la même histoire qu’Amara avec les mêmes mots exacts ce qui rassura à moitié la jeune femme. Soudain, un bruit sourd se fit entendre et des voix masculines émergèrent dans le vestibule. Tous se retournèrent, figés par la crainte de cette venue ce que ne comprenait pas Matoaka. Deux hommes dont un à la crinière doré et l’autre aux yeux d’un bleu pétillant entrèrent. Ils vinrent saluer chaleureusement Matoaka qui leur souriait poliment sans les reconnaitre. Ils parlaient vite et fort et elle ne comprenait pas tout. Ils semblaient se connaître de longue date mais elle ne se souvenait de rien. Visiblement, ils revenaient de la chasse et citait le fameux prénom de Leif. Une fois encore, ce prénom vint éveiller chez elle un trouble qu’elle ne comprenait pas jusqu’à ce qu’il arrive de son pas lourd et ferme dans la pièce.

    Jamais elle n’avait vu d’hommes aussi grand, fort et.. aussi beau de toute sa vie. Du moins, de ce qu’elle se souvenait. Il était debout et son oeil bleuté arpentait la pièce à la recherche de quelque chose semblait-il. Ses cicatrices avaient dû être donné par une énorme bête, un ours ou un loup et elle eût mal pour lui. Un silence étrange se produisit où tout le monde semblait inquiet de cette rencontre. Cela mis mal à l’aise Matoaka ne pouvait détacher son regard du brun. Certes, il semblait avoir transpiré et semblait terriblement sale de cette chasse, surtout qu’il tenait entre ses mains le corps encore chaud de son butin ce qui aurait du lui révulser le coeur. Mais non, elle sentait son être attiré par ce dernier et si elle l’avait pu, se jetterait même contre lui.

    Ce fut Amara qui brisa enfin le silence pesant de la pièce et présenta les deux têtes fortes :

    - Leif laisse-moi te présenter ma très chère amie Matoaka. Tu excuseras sa mine un peu faible mais il semblerait qu’elle souffre d’une légère amnésie à cause du naufrage.

    Matoaka fut amenée devant Leif et leva sa tête pour distinguer les traits de son visage. Il était impressionnant et si beau qu’elle en eût le souffle coupé. Mordant sa lèvre, elle fronça un instant les sourcils comme cet oeil perplexe qui l’observait semblait lui aussi troublé. Même si elle avait perdu la mémoire, elle n’en perdait pas moins les bonnes manières et vint donc le saluer comme un roi devait l’être :

    - Mon seigneur..

    Les Philippe vinrent rapidement changer l’atmosphère de la maison en proposant d’aller préparer le dîner. Pour cela, ils avaient besoin de tous les hommes et entrainèrent donc Leif en extérieur. Amara resta donc avec son amie et proposa même au Chevalier de rester et ne se fit pas prier.

    - Alors ma chérie comment te sens-tu, demandait compatissant Chevalier que Matoaka découvrait.
    - Je me sens un peu perdue, désolée de ne pas me souvenir.
    - Ça reviendra ne t’en fais pas. Et.. Et Leif ?
    - Mh ? Quoi donc Leif ?

    Amara lui faisait les gros yeux sans que Matoaka ne voit rien. Elle ne comprenait pas la question et son air suspicieux lui monta aux sourcils avant d’observer la brune :

    - Quoi donc Leif, demandait-elle de nouveau.
    - Rah.. Chevalier n’a pas sa langue dans sa poche. En vérité, Leif fait souvent peur avec sa cicatrice et son air un peu sauvage. Il voulait donc savoir si tu n’avais pas eu peur.
    - Oh, dit-elle rassurée, non non non pas du tout.

    Et c’était vrai. Elle avait même eu envie de rajouter qu’elle ne s’était jamais sentie aussi rassurée depuis son réveil quand le voyant, mais son instinct lui conseilla de ne rien en faire.


    immarcescible, Posté le lundi 12 septembre 2022 12:31 Répondre

    Son ventre se contracta avec une telle violence qu’elle eut envie de vomir. Leif était sur le sol, sanglotant et lui avouant les horribles sévices qu’elles lui avaient fait subir. Matoaka prit une petite seconde et enfila sa robe. Elle avait peur que sa nudité vienne l’agressée une nouvelle fois. Ses yeux se perlaient d’une multitude de larmes. Comme depuis toujours, elle ressentait les affres de violence et de douleur de son amant. Mais là, il lui rappelait ce qu’elle aussi avait vécu. Alors comme pouvait-il croire qu’elle le jugerait de la sorte.

    Se levant lentement, elle vint faire un pas vers lui. Sa main caressait délicatement sa nuque, son dos quand elle embrassait le sommet de son crâne.

    - Isha.. Mon amour.. Je t’en prie.. Regarde-moi..

    Elle du être patiente et délicatement l’entourer de ses menus bras pour qu’il accepte enfin de se tourner vers elle. Assis sur le sol, elle le gardait précieusement contre elle comme s’il s’agissait d’un enfant. Son visage était auprès de son cou ce qui permit à la brune de caresser sa crinière et d’embrasser son front :

    - Je t’interdis de dire que tu es sale.. immonde.. horrible.. Je t’interdis de penser tout ça Isha car c’est faux. Je ne pourrais pas te dire que je comprends ce que tu ressens car nous ressentons les choses différemment des autres. Mais.. Ô.. Isha.. Mon amour.. Tu ne dois pas penser de telles choses. Tu mérites tout.. tout et tellement plus encore..

    Ses larmes continuaient de couler sur ses joues et glisser dans la crinière brune de son adoré. Elle avait si mal pour lui, elle s’en voulait tellement d’être partie. Comment allait-elle le sauver une fois de plus ? Pendant un long moment, elle le serra dans ses bras en le couvrant de ses bras et lui offrant quelques baisers de réconfort sur le front. C’était affectueux, pas sensuel.

    - Il va falloir que tu me fasses confiance et que tu te fasses confiance. On s’en sort tu sais mais il faut laisser le temps faire son oeuvre. Je ne dis pas ça comme si c’était simple, absolument pas mais.. mais on va rentrer à la maison mon amour et on va panser toutes nos blessures ensemble. Jamais, jamais, jamais je ne t’abandonnerais. Jamais.

    Lentement mais sûrement, Matoaka réussit à entrainer Leif dans leur lit. Elle le laissa s’allonger et lui apporta une tisane faite avec des plantes pour qu’il dorme. Après ce qu’il venait de lui avouer, elle craignait qu’il replonge dans un mutisme profond et qu’il repousse toute possibilité de vie. Elle s’assura qu’il boit la tisane et vint se recoucher près de lui en continuant de caresser sa crinière et lui chantant des berceuses amérindiennes. Accrochée à lui, elle lui murmurait qu’elle était là, qu’elle ne le quittait pas.

    C’est lorsqu’il fut enfin profondément endormi qu’elle quitta leur couche. Elle avait besoin de prendre l’air. Portant un châle autour de ses épaules, elle se rendit sur le pont et s’accrocha à la rambarde en sentant son estomac se tendre de nouveau. Rapidement, elle vint vomir en repensant aux visions et aux images qu’elle avait perçues lorsque Leif s’était ouvert à elle. Elle vomissait comme pour se défaire de cette haine et de cette violence dont l’être humain est si vulgairement pris. Une fois qu’elle fut vidée de toutes ces émotions, elle vint s’asseoir sur une marche en espérant que son mal de ventre cesse et se demandant bien comment pouvoir l’aider.

    - Qu’est-ce qui c’est passé, demandait Amara qui venait vers elle soucieuse, je vois à ton regard que quelque chose de grave c’est produit.
    - Elles.. Elles ont pour habitude d’utiliser du Fenugrec ?

    Amara blêmit et comprit aussitôt de quoi il retournait. Venant s’asseoir près de son amie, elle culpabilisait à son tour en disant que c’était de sa faute et qu’ils n’auraient jamais du revenir la chercher.

    - Cesse tes sornettes Amara. Nous sommes venus te chercher un point c’est tout. Les seules coupables sont ces amazones. Peu importe où elles sont, elles paieront tu peux me croire.
    - Comment va-t-il ?
    - Il dort. Je lui ai donné de la lavande et du pavot dans une tisane pour qu’il dorme paisiblement un moment mais ça n’atténuera pas la douleur.
    - Tu sauras bien l’aider. Tu.. Feargus m’a dit ce qui t’étais arrivé.

    Matoaka se raidit en regardant autre part. Elle ne souhaitait pas forcément qu’on sache ce qu’il lui était arrivé. Il s’agissait de son intimité et elle refusait qu’on puisse prétendre la connaître. Les gens en devenaient bien trop curieux et elle avait horreur de ça. De suite, son amie s’excusa et vint prendre sa main dans la sienne. Cela rassura l’amérindienne qui fut reconnaissante que Amara ne persiste pas sur ce sujet de discussion :

    - Comment ça va se passer en arrivant à Kattegat ? Tu vas épouser Leif ?
    - Je ne sais même pas si il voudra m’épouser après tout ça et.. et est-ce que je serais une bonne reine pour lui. Regarde tout ce qu’il subit depuis que je suis dans sa vie.
    - Je ne l’ai jamais vu aussi heureux qu’avec toi au Château tu sais. Jamais il n’a été aussi proche de quelqu’un. Hormis Feargus bien entendu..

    Mais l’amérindienne réfléchissait à bien d’autres solutions qui la faisait frémir d’effroi. Amara le vit et lui demanda alors ce qu’elle avait en tête :

    - Quand Hadès a voulu prendre l’âme de Leif il m’a aussi proposé un marché.

    La jeune femme sortie de sa poche une fiole qui contenait un liquide un peu particulier. Amara fronçait les sourcils en se demandant bien ce qui se trouvait dedans quand Matoaka reprit donc son histoire :

    - Il s’agit de l’eau du fleuve de Léthé. Cette eau permet d’effacer la mémoire de n’importe quel mortel, jusqu’à son propre prénom..
    - Matoaka.. Que.. Qu’as-tu mis dans le thé de Leif ?
    - Non, je n’ai rien mis je te rassure mais.. mais ce serait plus simple pour lui tu ne crois pas ?

    Amara ne savait pas quoi répondre surtout qu’une part d’elle comprenait ce que voulait dire Matoaka. Laisser une opportunité, une chance à Leif de pouvoir être heureux, d’être celui qu’il aurait du être toute sa vie. Elle contemplait la fiole où l’eau brillait légèrement comme si elle était alimentée par un effet magique, positif.

    - Tu te rends compte que vous vous battez depuis des années pour que vous puissiez vivre enfin ensemble ? Tu.. Tu l’aimes, il t’aime, tu ne peux pas faire ça.
    - Justement je l’aime tellement que je ne veux que son bonheur Amara. Mais son bonheur ne peut pas être associé à moi. Hadès l’a dis. Leif va continuer de souffrir, encore et encore. Il va devoir se battre toute sa vie pour moi. Je ne veux pas qu’il passe son existence entière à cela.
    - C’est une solution trop facile. Ce n’est pas digne de toi.
    - Qu’elle soit digne ou non je m’en fiche. Leif mérite le repos de son âme.

    Vite, elle rangea la fiole. De toute manière, elle n’aurait pas le courage pour le moment de l’utiliser. Y penser ne voulait pas dire le concrétiser. Mais Amara savait qu’il y avait encore une chance pour qu’elle le fasse, aussi, elle préféra prévenir Feargus en retournant dans leur cabine :

    - Tu dois l’en empêcher. Elle va le faire je le sens même si elle dit que non.

    Il rejoignit donc l’amérindienne qui restait assise sur le pont à observer les étoiles, priant. Elle cherchait encore les réponses à ses questions avec le poids de ce choix si difficile entre les mains. Feargus s’arrêta derrière elle et soupira :

    - Amara m’a tout dis et je suis d’accord avec toi. Leif mérite le repos.
    - Tu me promets de prendre soin de lui, demandait d’une voix faible et larmoyante l’amérindienne en sachant qu’il avait raison, promet-moi que tu ne le laissera jamais seul car je vais rompre une promesse qui est entrain de me détruire Feargus.
    - Je le sais.. Mais toi comme moi savons aussi qu’il faut parfois se sacrifier pour les gens qu’on aime.

    Ô que oui, elle le savait mais il n’en restait pas moins que la douleur était toujours aussi forte et puissante. Elle resta encore un moment sur le pont à faire le point. Feargus mentit à Amara, lui assurant que Matoaka ne ferait rien de la potion ce qui la rassura quand cette dernière avertie son frère de leur prochain départ :

    - Te souviens-tu de ce qui c’est passé quand tu l’as quitté ? Les ennuis ont été pire.
    - Nashoba je t’en prie, le suppliait-elle, tu dois me faire confiance. Nous allons rentrer chez nous et Leif va avoir la vie qu’il mérite d’avoir. Un point c’est tout. Prépare notre canot. Demain soir nous arriverons sur la côte anglaise et je veux qu’on prenne le prochain bateau pour la maison.

    Ainsi fut décidé, le lendemain soir elle mettrait son plan à exécution. Au petit matin, Matoaka contemplait Leif se réveillant. Elle l’avait veillé tout le reste de la nuit. Sa main caressait avec douceur sa joue, sa crinière et lentement, elle s’était penché sur ses lèvres pour y déposer un tendre baiser :

    - Bonjour mon seigneur, murmurait-elle avec douceur de sa voix de velours, je t’ai préparé une tisane. Il fait beau dehors et j’espère que tu auras envie d’aller prendre un peu le soleil. Qu’en penses-tu ?


    immarcescible, Posté le mercredi 07 septembre 2022 19:42 Répondre

    Une semaine était passée et Leif reprenait rapidement des forces. Cela rassurait Matoaka qui veillait qu'à chaque instant il ne manque de rien. Elle qui avait refusé nettement autrefois d'être son esclave se vouait corps et âme à satisfaire le moindre de ses désirs. Tous les soirs, quand il s'endormait contre elle, elle surveillait avec attention que sa respiration prenne un rythme régulier. Lorsqu'elle en était assurée, elle pouvait alors s'endormir sereinement. Pour le moment, elle n'avait pas voulu lui montrer la cicatrice qui longeait son visage. Elle avait peur qu'il soit en colère, qu'il vive mal cette longue cicatrice. Elle le trouvait toujours aussi beau mais le croirait-elle ?

    C'est la sensation du vide et du froid qui la réveilla. Surprise, elle se redressa et le vit s'observer dans le miroir. Il avait regardé quand elle lui avait interdit. Mais pouvait-elle lui en vouloir ? Sa longue natte retombait sur son épaule et malgré ses quelques cheveux épars elle avait cette douceur dans le regard.

    A peine eut-elle fait un mouvement vers lui qu'il l'embrassa. Elle ne le repoussait pour rien au monde mais restait mesurée au début. Ses blessures étaient encore importante et elle avait peur de le heurter en le caressant. Mais c'était mal connaître le désir de Leif Erikson.

    Le corps de Matoaka était secoué de ces délicieux frissons lorsqu'elle sentit la fougue et la passion que son amant lui donnait dans ce baiser. Il était puissant, intense. Le manque, le désir, tout se mêlait. Ses mains agrippaient au départ ses épaules intactes jusqu'à ce qu'il la soulève telle une plume. Elle allait lui hurler de se ménager mais il la prit par surprise avant de l'allonger sur leur lit de fortune. Il avait retrouvé son ardeur, cette fougue sensuelle qui la faisait se sentir si attirée par lui. Son corps entier en frissonnait d'excitation :

    - Isha.. Attends.. Tu..

    Mais il n'écoutait que ses désirs à lui ce qui ne pouvait décidément pas la déplaire. Ses gémissements, d'abord faible, résonnaient dans la petite cabine qu'ils occupaient. Ses seins dont les pointes dressées saluaient Leif étaient quémandeuse de sa bouche experte, de ses caresses :

    - Oh.. Isha.. Je..

    Elle se tortillait sous lui impatiente de recevoir le doux châtiment de son désir. Son corps entier retrouvait la fusion, la chaleur et l'humidité qu'elle avait oublié pendant ces derniers long mois. Mais il était là, beau, sensuel et si tendre. Matoaka ne suivait pas le rythme. C'était si bon, si intense qu'elle aurait voulu que ça dure mais il avait comprit aussi qu'il y avait une autre zone impatiente. Lorsqu'il plongea ses lèvres entre ses cuisses, elle ne retint pas son râle de plaisir. Renversant sa tête en arrière, elle agrippa fermement la crinière de son amant en lui intimant et le suppliant de continuer. Sa peau n'était que frisson, sensation quand ses doigts tiraient sur les mèches brunes de Leif. Il savait comment et où la toucher. Il savait tout d'elle et toujours cela fonctionnait.

    Le plaisir était grandissant et elle la sentait cette boule de feu intense la consumer. Tremblante, elle bougeait en rythme avec la langue du brun son bassin jusqu'à ce qu'elle vienne mordre les doigts de Leif qu'il avait posé sur son sein. Son corps tremblait encore d'un désir intense qui la faisait rire. Les yeux clos, essoufflée, elle gardait les yeux clos en le laissant revenir sur elle. En ouvrant enfin les yeux, ses yeux brillaient d'un désir insolent quand ses jambes glissaient sur les hanches du jeune homme jusqu'à l'enserrer fermement. La brune dansaient lentement contre lui, attisant son désir surtout qu'elle mordait son cou, sa mâchoire et que ses mains griffaient ses hanches :

    - Vous semblez vous portez à merveille mon seigneur, murmurait-elle en agrippant son membre durcit avec un sourire malicieux, peut-être que faire l'amour est un remède à tous les maux ?

    En effet, elle s'était mise à le caresser pour attiser son excitation et cela semblait fonctionner. Embrassant ses lèvres dans un baiser plus sauvage et envieux, elle enfonça ses ongles dans ses fesses quand sa main activait ses caresses sur son membre. A bout de souffle, sa langue glissa à l'oreille de Leif avant que ses dents mordent son lobe et qu'elle murmure de nouveau :

    - Viens.. Viens en moi Isha.. J'ai besoin.. Je veux te sentir..

    Lorsqu'enfin il vint en elle, elle poussa un long gémissement de plaisir. Roulant des yeux, elle se cambrait et enfonçait ses ongles dans les fesses du brun. Elle mourrait d'envie de le toucher mais n'osait pas de peur de lui faire du mal. Ses cicatrices étaient encore vive. Mais elle ne s'empêchait pas de le contempler. Elle le dévorait du regard et le trouvait si beau. Cambrée contre lui, elle se donnait sans retenue en murmurant entre deux souffles son prénom, son surnom et l'amour qu'elle avait pour lui :

    - Je t'aime.. Je t'aime tellement.. Encore.. Viens.. Plus fort.. Oh Isha..

    Elle venait d'agripper sa nuque et abaissait ses lèvres contre les siennes en disant cela. Lui seul devait connaître ce secret. Plaquée contre lui, elle lui rendait chaque mouvements de bassin dans un mouvement de bassin envieux. Ce ne serait jamais suffisant. Elle voulait toujours plus, encore plus, encore plus intensément. Mordant une nouvelle fois son cou, elle le suppliait de continuer, de ne pas s'arrêter ce qui la faisait gémir encore plus fort. Gémissements qu'elle étouffait comme elle pouvait contre la peau de son amant qu'elle dévorait. Elle avait besoin de le sentir vivant en elle. Besoin de s'assurer qu'il était là, qu'il la désirait autant.


    immarcescible, Posté le lundi 05 septembre 2022 15:29 Répondre

    La douceur de Matoaka était revenue à l’instant même où Leif avait réouvert les yeux. Elle se souvenait parfaitement de tout ce qui s’était passé dans les songes du nordique. Elle savait le difficile choix qu’il avait fait en la choisissant et elle voulait que toute sa vie soit désormais faite de douceur et d’apaisement. Depuis deux jours et en fait, depuis leurs départs des îles italiennes, elle s’était sous-alimentée car la faim ne lui venait pas. Son inquiétude pour son amant était bien trop grande pour qu’elle puisse penser à avaler quoi que ce soit. Et surtout, ces derniers jours elle les avaient passé au chevet de Leif à soigner ses blessures. Ce qu’il devait souffrir pensait.

    Amara avait entendu la demande de Leif concernant un plateau repas et elle s’enquit rapidement en chercher un. Cela ne pouvait être qu’une bonne chose si Leif ronchonnait de la sorte. Cela voulait bel et bien dire qu’il était en vie. Matoaka ne pu s’empêcher de sourire et vint se pencher sur les lèvres du brun. Avec une extrême délicatesse, elle déposa un baiser sur les siennes quand sa main caressait sa joue intacte :

    - Je suis auprès de vous mon seigneur, mon adoré, mon aimé.. Vous n’êtes pas prêt de vous débarrasser de moi.

    Elle se redressait et venait finir sa potion avec les graines de pavots, permettant au viking de souffrir le moins possible. Elle appliquait ce baume sur ses plaies tout en vérifiant que toutes les autres cicatrisait bien. Depuis qu’il s’était réveillé, son corps aussi semblait reprendre confiance puisque ses blessures se fermaient toutes les unes après les autres. Philippe et Amara apportèrent mille victuailles. Tout le monde était heureux sur le pont. Le peu d’hommes qu’il restait à Leif chantaient et fêtaient la nouvelle du retour de leur chef. Leif-peau-d’ours l’appelait-il désormais.

    Pour conjurer le mauvais sort, Nashoba avait récupéré la bête morte et en avait fait une peau qu’il avait posé sur le corps inerte de Leif. C’était symbole de courage et de richesse. Matoaka mangeait quelques fruits et bu beaucoup d’eau. C’est à ce moment là qu’elle se rendit compte qu’elle avait faim. Après avoir nourri Leif, elle l’aida à se relever. Comme promis, ils allaient faire une petite sortie sur le pont.

    Appuyé sur elle, il ne pouvait voir que d’un oeil à cause du bandage sur sa joue. Elle le soutenait, aidée par Philippe qui encourageait le guerrier Viking. Une fois dehors, l’air frais de l’Atlantique les submergea et Matoaka le regarda fièrement se dresser sur ses jambes encore un peu faible :

    - Dans moins de deux semaines nous serons rentrés chez nous Leif, dit fièrement Feargus en s’approchant de lui pour remplacer Matoaka, et nous apportons l’hiver avec nous.

    Amara et l’amérindienne suivaient les garçons qui portaient et aidaient Leif à s’installer sur un fauteuil sur le pont. Une fois qu’il fut installé, les filles le couvrirent de sa peau de bête et Chevalier surgit. Il observa d’un oeil critique ce guerrier avant de se pencher vers Philippe qui était pour l’instant, son ami :

    - Ainsi donc voilà le fameux Roi du Nord, dit-il en minaudant doucement, je comprends mieux pourquoi vous êtes obsédée par lui ma mie.

    Matoaka riait doucement de la remarque de son époux avant de replacer convenablement le col du plaid autour du cou de Leif. Elle voyait bien son air sombre. Il cherchait sans doute à comprendre qui était ce visage nouveau et elle savait aussi qu’il n’allait pas être content en apprenant la nouvelle. Tout le monde quitta le pont le temps que l’amérindienne lui annonce la nouvelle. Installée à ses pieds, elle frictionnait ses jambes qui n’avaient pas marché depuis des semaines pour les réveiller :

    - Philippe il s’appelait mais tout le monde le nomme Chevalier. C’est grâce à lui que nous avons pu te trouver et à son armée..

    L’oeil suspicieux de son amant la fixait, ce qui la fit légèrement sourire car sans qu’elle sache pourquoi, elle sentait qu’il connaissait la vérité.

    - Et oui je l’ai épousé pour obtenir son armée mais je te rassure je n’ai pas eu besoin de coucher avec lui pour ça puisqu’il a une inclinaison toute particulière pour notre petit roi français.

    Se redressant, elle venait s’asseoir près de lui évitant de venir sur ses cuisses. Elle caressait sa joue avec douceur en contemplant ses iris d’un noir puissant qui la faisait toujours frémir de désir et de crainte.

    - Je te préviens qu’il s’agit du dernier homme que j’épouserais pour pouvoir te retrouver Leif Erikson, murmurait-elle en riant doucement de sa taquinerie, alors plus de chevauchée loin de moi désormais car la prochaine fois tu devras te libérer tout seul compris ?


    immarcescible, Posté le dimanche 04 septembre 2022 13:41 Répondre

    Amara était d’une grande écoute, de bons conseils. Mais Matoaka ignorait ce qui pourrait faire revenir Leif. Il semblait s’être fait un nouveau monde avec son esprit. Ces images d’une vie meilleure, parfaite et douce. Les souvenirs chaleureux de sa famille lui revenait sans cesse. Leif semblait vouloir se contenter de cette nostalgie douce et légère. Pendant deux jours, l’amérindienne ne revint pas retrouver son amour dans ses songes. Elle avait trop peur de se réveiller de nouveau sans lui. Pendant ce temps, elle continuait à soigner ses plaies et essayer de faire cicatriser au mieux ses nombreuses cicatrices, surtout celles de son visage. Si seulement ses larmes avaient des pouvoirs se disait-elle souvent.

    Alors qu’elle prenait l’air sur le pont pendant que Feargus profitait de son frère dans la cabine, elle huma l’air iodée. Ils venaient de quitter la Méditerranée et ce n’était désormais qu’une question de semaine avant qu’ils n’arrivent à Kattegat. Les premières neiges allaient arriver et elle savait que cet hiver serait long et froid. Sur le pont, elle fut rejointe par son frère Nashoba qui resserrait autour de ses épaules la cape qu’il avait volé sur le corps d’un mercenaire :

    - Que comptes-tu faire en arrivant là-bas ?
    - Je ne quitterais pas Leif si c’est ce que tu penses.
    - Mais il ne se réveillera pas..

    Là, elle ne pouvait pas le contredire. Leif mort, elle n’avait aucune légitimité. Même si Bjorn et Svala avaient pour elle une affection certaine, elle restait l’étrangère qui a mis le feu à Kattegat il y a un an.

    - Nous devons rentrer chez nous, reprit aussitôt Nashoba, notre père se fait vieux et le temps va être venu pour moi de gouverner. Je te veux à mes côtés.
    - N’aurais-je donc pas mon mot à dire sur ma da propre destinée ? Tous les hommes me veulent pour mes aptitudes.
    - Y compris Leif tu sais.
    - Je le sais, grognait-elle en le regardant furieuse, me laisserez-vous un jour choisir mon propre chemin ?

    Elle était une femme dans un monde où les homes gouvernaient. Las, elle préféra se retirer de la présence de son frère pour aller prier à l’avant du bateau. Persuadée qu’aucun esprit ne viendrait lui parler, elle allait faire revenir son corps astral quand Runa lui apparue.

    - Mon fils va mal Matoaka, dit-elle avec douleur, tu dois le faire revenir.
    - Comment ? Il s’est construit un royaume d’illusions. Je ne sais même pas si il a conscience que je suis réelle dans ses songes.
    - Provoque le. Provoque dans son paradis ce qu’il considère comme l’enfer.

    C’est la voix de Feargus qui l’éveilla. Surprise, elle se releva difficilement. Les visions l’épuisait toujours. En se retournant, elle vit l’oeil inquiet de l’écossais et compris que Leif n’allait pas bien. Avec le peu de force qu’il lui restait, elle vint à lui et lui demanda ce qui se passait :

    - Je ne sais pas, il tremble. Il s’est mis à marmonner des paroles intelligibles. On dirait des vieilles langues anciennes. Et parmi elle se trouve ton prénom.

    En arrivant dans la cabine, elle le voyait en effet convulser. Repoussant les gens autour d’eux, elle vint s’allonger près de lui et récita à son tour des prières en posant ses mains sur son front. Les yeux clos, elle se concentrait pour faire évacuer les ténèbres qui le gagnait et compris ce qui se passait. Une fois qu’il pu plus calme, elle expliqua à Feargus ce qui se passait :

    - Le Dieu des Enfers viens le chercher. Leif est entre deux mondes et il doit chercher. Il semble lutter mais.. mais la Mort n’est pas loin. Apportez moi des bougies, apportez moi de l’encens.

    Elle retira sa cape et vint s’allonger contre lui. Sa tête sur son épaule, elle le contempla avec douceur et appréhension. Elle savait que c’était maintenant ou jamais. Peut-être ne le verrait-elle plus jamais par la suite. Prenant sa main dans la sienne une fois que ses demandes furent mise en oeuvre, elle plongea dans son subconscient le rejoindre.

    - Isha ! Isha !

    Elle l’appelait mais marchait dans une zone brumeuse. Rien à l’horizon, juste cette brume. Tout d’un coup, elle entendit des rires de femmes. Des rires et de la musique. Elle la suivit, poussée par son instinct et tomba dans une sorte de trou qui la conduisit dans un paradis végétal. Au milieu de ce paradis ce tenait Leif qui refusait les avances des nymphes. Elles étaient d’une beauté extraordinaire et voulaient le pousser à boire et manger. Leur oeil était rouge sang et dévoilait le maléfice même de ces créatures :

    - Isha !

    Enfin, il se retourna. Matoaka vint à lui et posa ses mains sur son buste pour le rassurer.

    - Je suis là mon adoré, je suis là.. Je ne partirais pas.. Mais tu dois m’écouter. Le dieu des Enfers est là et il veut t’emmener. Leif je t’en prie tu dois trouver la force de me suivre.

    Mais il semblait incapable de le faire. Alors, Matoaka se souvint de ce que lui avait confié Runa. Apporter à son fils le véritable enfer des enfers. Le quittant, elle s’écarta en le regardant dans les yeux. Ses prunelles se voilaient de larmes quand elle lui expliquait ce qui allait se passer :

    - Si tu suis le dieu des Enfers Isha voilà ce qui se passera..

    Une image de Rollo se dessinait derrière elle et posait ses mains sur elle. Elle était révulsée. Il la déshabillait devant Leif et cherchait visiblement à la violer quand Leif se trouvait enchaîné :

    - Il viendra me chercher Leif.. Il me fera sa femme de force..

    A leurs pieds se trouvait les corps sans vie de tous leurs proches y compris Bjorn. Il deviendrait ainsi le grand Roi du Nord quand Matoaka deviendrait sa femme, son esclave. La jeune femme faisait exprès de lui mettre sous les yeux ces images d’une violence nette. Rollo gouvernant, pillant, tuant, violant, Matoaka devenant une ombre, mourant à petit feu.

    - Tu finiras dans les limbes Isha.. Seul.. Incapable de nous aider.. La voilà ta torture. Ce Dieu ne te laissera aucun repos et te fera subir sans remord la douleur de ce que nous inflige son disciple.

    Au moment même où elle allait arriver à lui et que le songe s’effaçait, Hadès, Dieu des Enfers apparut. Il agrippa la jeune femme par la gorge ce qu’elle ressentie pour de vrai. Elle étouffait véritablement et tous leurs amis la voyait se tordre de douleur.

    - Ainsi la voilà, dit une voix sombre et basse, la voilà la petite Volva qui veut me voler mon ours-guerrier. Crois-tu sincèrement que tu réussiras à me le voler ? Il m’appartient. Il m’a été promis. Il a trop longtemps vécu et déjoué mes plans. Il est mon serviteur, mon guerrier.
    - Il.. Il.. Il ne vous.. Il ne vous appartiendra.. jamais !

    Matoaka se débattait et elle réussit avec le peu d’énergie qu’elle avait à sortir de sa poche une dague en acier de feu. Il s’agissait d’un métaux rare que lui avait confié Aponi et qui pouvait blesser les dieux. Elle donna un coup dans la hanche du Dieu qui surprit la relâcha sur le sol. La brune reprenait son souffle difficilement, les doigts d’Hadès sur sa gorge avaient laissé des marques imposante. C’était à se demander comment elle pouvait être en vie. Allongée sur le sol, elle tourna son visage vers Leif en l’implorant de l’écouter mais Hadès couvrait sa voix :

    - La mort t’apportera à jamais la puissance Leif Erikson. La vie est trop douloureuse et tu le sais que très bien. Rejoins mes rangs. Deviens le guerrier le plus puissant. Deviens l’homme que tu étais destiné à être avant que ta putain de mère ne te prenne à moi. Ces Volva t’ont toujours protégé alors que tu m’étais destiné. Regarde ce que t’as fais cette femme ! Elle t’as abandonné, à pillé ton village. Elle veut te faire croire que tu peux être aimé mais c’est faux. Les ténèbres t’accompagnent et sont ta seule maîtresse. Ne combat pas le démon, laisse-le venir à toi.
    - Isha, murmurait Matoaka en larmes, Isha je t’en prie.. Je suis là..

    Le dilemme qui se jouait devant les yeux de Matoaka allait la tuer. Car elle connaissait suffisamment Leif pour savoir que Hadès savait pertinemment comment lui parler et comment le pousser à le suivre. La jeune femme le regardait dans les yeux et lui donnait toute sa confiance, tout son amour. Elle le suppliait du regard de la croire, de se battre pour ces rêves qu’ils avaient eu. De cette famille qu’ils pourraient construire. De cet amour qu’ils avaient l’un pour l’autre même si ils le géraient mal. Matoaka ne le lâchait pas, espérant qu’il allait enfin croire en elle, en eux.


    immarcescible, Posté le mercredi 31 août 2022 23:10 Répondre

    Tous ces fragments de vie que Matoaka voyait la faisait chavirer. Leif enfant. Feargus le sauvant. La flèche empoisonnée dans son dos et leur rencontre. La brune serrait le plus fort possible la main de son amant dans la sienne comme pour être certaine de ne pas le perdre dans son monde. Ses yeux étaient gorgés de larmes. Elle n’avait plus aucune colère, juste de la peine. Ce sentiment empoisonnant de l’injustice la transformait.

    - Ne dis pas de bêtises. Ma vie n’aurait jamais été douce Leif. Sans toi je n’aurais jamais connu l’amour et la liberté. J’aurais été l’épouse d’un chef guerrier qui m’aurait violé toutes les nuits pour que j’enfante. Tu crois vraiment que c’est la vie que j’aurais aimé ?

    C’était étrange de se revoir quelques années plus tôt. Elle semblait vraiment pleine d’appréhension devant lui et cela l’amusa quelque peu. Si seulement elle pouvait savoir cette douce et innocente Matoaka ce qui l’attendait devant ce sombre et ténébreux seigneur du Nord.

    Même si ils étaient dans l’esprit de Leif, les pouvoirs et les compétences de Matoaka lui permirent de proposer des images au jeune seigneur. En se concentrant suffisamment, elle lui fit rappeler ce moment où ils avaient été dans la fameuse bibliothèque la première nuit dans le château de Feargus. Leif lisait un livre à la jeune amérindienne qui le contemplait avec un trouble. Ce même trouble qui la conduirait à l’aimer :

    - C’est là que j’ai sut.. C’est là que j’ai sut que je t’aimerais Leif. Tu crois encore aujourd’hui que je mérite mieux mais je ne mérite rien du tout de plus que les autres. C’est toi mon bonheur. Toi et toi seul. Tu te souviens la nuit dans la grange avant que nous récupérions Bjorn. Tu.. Tu as dis que tu voulais m’épouser. Tu as dis que tu voulais une vie pour nous. C’est ça qui ma toujours fait tenir. Savoir que tu m’aimais a toujours été le plus important.

    Elle venait se blottir contre lui, son visage se calant contre son buste quand elle le serrait fort contre elle. Les larmes aux yeux de nouveau, elle murmurait :

    - Tu dois revenir mon aimé.. Tu dois revenir pour que nous ayons cette vie là.

    Au loin, le rire de Kisos résonnait quand Matoaka sentait son âme se rembrunir. Elle s’accrochait à Leif comme à sa bouée et le suppliait en prière amérindienne, en invoquant la mère de Leif. Cette Volva puissante qui l’avait déjà bien aidé auparavant. C’est alors qu’ils apparurent dans un champ de fleurs. Le même dans lequel la jeune femme aimait enfant jouer. Il s’agissait de jasmin et de fleur de pavots. Matoaka fit allonger Leif sur le tapis de fleurs d’où le parfum subtil s’échappait et venait contre lui en caressant ses traits fin :

    - Tu dois arrêter de croire que je ne te mérite pas. La mort arrivera un jour mais ce ne sera pas maintenant.. Tu le sais aussi bien que moi que nous avons encore beaucoup de choses à vivre. Je veux que tu ailles pêcher avec notre fils. Je veux que tu grognes sur tous les prétendants de notre fille. Je veux être ta reine, je veux te rendre heureux, fier. Mais tu dois trouver encore le courage et la force de te réveiller, de me retrouver Isha.. Je sais que tu as mal et que ce sera difficile mais je serais là. Je ne te quitterais pas, plus jamais. Tu sais pourquoi ? Parce que personne ne pourra désunir ce qui a toujours été lié. Nous sommes bien plus que ce que tu ne crois.

    En effet, elle se penchait sur son front, caressant son nez du sien et lui récita une prophétie qu’elle connaissait depuis toujours mais qu’elle n’avait jamais su comprendre jusqu’à présent :

    - « Alors un nouveau malheur les frappera / les dieux jaloux ne s’y feront pas / la retrouver jusqu’aux Enfers il devra / alors le Protecteur, Seigneur des neiges éternelle obtiendra / la paix enfin rayonnera / A travers les temps et les âges, leur amour perdurera / Jamais plus seul il ne sera / L’ours solitaire vaincu, la vie reviendra dans un souffle de vent tonitruant.»


    immarcescible, Posté le lundi 29 août 2022 15:21 Répondre

    Matoaka ne s’était occupée de rien d’autre que de Leif. Le transport jusqu’au bateau se fit dans un silence olympien. La jeune femme préférait se centrer sur le seigneur dans un état très critique plutôt que de faire un bain de sang. Feargus était suffisamment en colère. Philippe avait aidé la jeune femme à ramener le corps inerte de son amant, quand le blond écossais avait laissé s’échapper de sa futur les hordes viking et amérindiens sur les nobles italiens. La sauvagerie de ces hommes n’affecta en rien Matoaka. Non, toute son énergie, toute son attention était centrée sur Leif.

    Si elle était dans sa bulle, elle ne pouvait s’empêcher de pleurer. La vision que lui offrait Leif était quasiment identique à celles qu’elle avait déjà eu. Cette vie simple, dans un skali avec ce petit garçon aux prunelles bleu. Mais jamais encore elle n’avait eu ce petit bambin dans les bras. Matoaka s’accrochait à cette vision du mieux qu’elle pouvait car elle sentait ses forces faiblir avec l’émotion. Philippe n’osait pas la toucher La dernière fois, elle avait été prête à l’assassiner de ses propres mains.

    Arrivés dans la cabine qu’elle occupait, Amara se chargea de laver les plaies béantes de Leif en se demandant bien comment ils allaient pouvoir le soigner. Aucun homme ne pouvait survivre à une telle attaque. Mais pour le moment, Matoaka ne s’occupait que de cette vision et se vit courir dans les bras de Leif qui semble si plein de vie et respirant de santé :

    - Tu dois t’accrocher Isha.. Je t’interdis de m’abandonner alors que toi aussi tu as eu cette vision. Si tu es vraiment revenu me chercher alors c’est tout ce qui m’importe. Bat-toi encore pour moi mon seigneur. Pour cette vie.. Cet espoir..

    Matoaka pleurait toutes les larmes de son corps. La fatigue, l’énergie, la peur, l’incertitude, la mort. Elle était effrayée à l’idée d’avoir touché à ce bonheur dans lequel Leif s’était réfugiée qu’il s’agisse à jamais d’un simple rêve.

    Au même moment où elle allait le supplier de survivre, une main vint la retirer de la poigne de Leif. Feargus était recouvert de sang, le regard voilé par la vengeance.

    - Je ne sais pas ce que tu fais mais si il y a un espoir tu dois le sauver, ordonnait-il.

    Incapable de répliquer, de réagir, la jeune femme reprenait lentement conscience de ce qui c’était passé. Amara avait ramené ses outils et ses baumes et attendait une consigne de sa part. Tous les regards étaient braqués sur elle. Prenant une ample inspiration et son courage à deux mains, elle n’attendit pas et se mit au travail. Organisée, consciencieuse, elle vint rapidement reprendre la mesure de ce qu’elle devait faire même si elle ne faisait que pleurer. Le corps de Leif était déjà criblé de cicatrices mais ce qui l’inquiétait c’était son visage. Une énorme balafre partait de son oeil jusqu’au coin de sa lèvre. Lui si beau allait devoir subir éternellement le stigmate de la violence.

    En même temps qu’elle le soignait, Nashoba et elle chantaient. Il s’agissait de prières qui appelaient les esprits et les ancêtres pour protéger l’âme du mourant. Elle chantait avec conviction quand ses doigts habiles recousaient et soignaient les nombreuses plaies. Ses larmes coulaient sur ces dernières et comme des gouttes de jouvence arrivait à apaiser le jeune seigneur.

    Il était tard quand ils avaient quitté la côte italienne. Se trouvant désormais sur la Mer Méditerranée, ils faisaient route vers Kattegard. Enfin seule avec lui, Matoaka en profita pour finir sa toilette et replacer les mèches de ses cheveux. Se penchant sur son visage, elle murmura en amérindien :

    - Je suis là, je ne te quitte pas..

    S’allongeant contre lui, elle fit attention à ne pas toucher ses blessures et posa son visage dans le creux de son cou. Blottie contre lui elle tentait de retenir ses larmes quand ses doigts s’enroulaient autour des siens. Et alors, comme par magie, elle entendit les oiseaux, les brebis, les babillements d’un nourrisson et enfant jouant avec un chien. Se redressant, elle fronça les sourcils surprise en constatant qu’elle était de nouveau dans le fameux Skali de sa vision. Le grognement de sommeil de Leif lui fit tourner la tête et se rendre compte qu’il dormait visiblement bien et qu’il était intact de toute blessures :

    - Isha, murmurait-elle émue et choquée.

    Elle le vit ouvrir un oeil et lui sourire. Ce sourire doux, tranquille, insouciant si rare habituellement. Matoaka se jeta à son cou et caressait son visage de haut en bas en le couvrant de nombreux baisers :

    - Ne laisse personne me réveiller.. Je veux rester ici.. Avec toi.. Dans cette vie.. Isha..

    Difficile pour la jeune femme de ne pas retenir ses larmes. Car il ne s’agissait que d’un songe, mais qu’elle voulait y rester et savourer la douceur de ce moment. Ici, ils n’étaient pas incommodés par leurs obligations, ils n’avaient pas vécu les horreurs des batailles, les conflits, les trahisons. Ils vivaient simplement. Blottie contre lui, elle humait son parfum si caractéristique qui la faisait toujours autant frissonner. Ses doigts caressaient son buste puissant quand enfin, elle relevait ses prunelles sur sa mine doucereuse :

    - Quand j’ai entendu le clairon j’ai aussitôt fait demi-tour. Nous sommes venus te chercher aussitôt. Je suis tellement désolée.. Je n’aurais jamais du partir. J’aurais du rester près de toi.

    Caressant désormais sa mâchoire puissante, elle remontait ensuite vers sa crinière. Son visage venait se coller au sien et son nez se frotter contre celui de son amant. Entortillée contre son corps, elle ressemblait à un animal perdu cherchant à s’accrocher à son pilier. Savourant le simple fait de sentir ses bras autour d’elle et d’entendre souffle, elle pleurait de plus belle d’une joie intense. Alors qu’elle allait lui dire à quel point elle l’aimait le petit enfant brun se jeta au bout du lit avec son loup pour réveiller ses parents :

    - Duda ! Tu avais promis que tu m’emmènerais pêcher avant d’avoir traie les chèvres.

    Cela semblait si faible, si logique. Matoaka regarda Leif se lever, se préparer quand le petit garçon sautait de joie et de fierté en voyant son père prêt à l’emmener. Ça semblait si réel. Se levant à leur suite, elle découvrit le charmant petit skali dans lequel ils vivaient humblement. C’était largement suffisant. Ils vivaient dans la forêt, elle en était certaine. Elle entendait le vent dans les arbres, les oiseaux, le silence et la paix de la nature. Le petit bébé dormait encore dans son panier et les garçons se préparaient, vivaient sans se soucier que ce soit un rêve ou non. Les accompagnant jusqu’à l’extérieur, Matoaka eut soudainement peur en voyant Leif partir loin d’elle. Une cris de panique allait l’envahir, elle s’agrippait à lui tétanisée :

    - Ne pars pas je t’en prie.. Isha.. Je t’en supplie.. J’ai peur.. Tellement peur que tu ne reviennes pas.. Je ne comprends pas tout ça.. C’est un rêve ?


    immarcescible, Posté le jeudi 25 août 2022 19:04 Répondre

    L'allée qui la conduisait jusqu'à l'autel était bien trop longue. Matoaka n'avait qu'une envie, en finir. Pourquoi avait-il fallut qu'ils organisent tout un stupide cérémonial ? Sa robe la gênait quand le voile sur ses yeux l'empêchait de voir et finalement tant mieux. Elle n'avait aucune envie de voir son futur époux. L'homme qui l'attendait tout au bout était le fils d'un des grand ponte d'Athènes. Ce dernier se nommait Philos mais n'avait rien à voir avec les autres. Au contraire des autres grecs, il était d'un blond flamboyant lui rappelant le même blond que l'épouse de Leif. La première fois qu'ils se rencontrèrent, Matoaka n'avait pas desserrée les dents. La peur d'être de nouveau violentée, la peur de décevoir Leif en acceptant un tel marché, la peur tout court de se voir une fois encore remonter cette allée pour rejoindre un autre homme que celui qu'elle aime.

    Philos avait vraiment quelque chose de différent. L'amérindienne parlait très peu le dialecte grec quand Philippe devenait son interprète. Il connaissait assez finement les structures de phrases pour pouvoir rire avec son futur époux. Cela surprenait la jeune femme, mais ne la dérangeait pas. En attendant, elle pouvait préparer leur futur expédition pour retrouver Leif. C'était son unique but.

    Amara s'en voulait quand Feargus s'était renfermé. Tout le monde portait sur ses épaules le poids de la culpabilité. Mais personne autant que Matoaka. Cette dernière se flagellait mentalement à l'idée que son amour puisse être torturé par ces ignobles brutes. Une fureur certaine s'emparait d'elle qu'elle ne savait pas contrôler quand elle pensait à tout ça. Alors vite, vite, vite, elle fit en sorte que la noce se fasse et profita même que son époux soit saoule le soir de leur noce pour fuir leur lit nuptial. Dès le lendemain ils partirent en direction du sud sur les terres du Roi Perse Nsar Ier. Ils devaient être vigilant, ce Roi était connu pour être sans pitié et n'accorder aucun échappatoire aux étrangers qu'ils jugeaient être des ennemis de son peuple. Une chose aurait pu l'intéresser sur ce navire, savoir qu'il contenait une puissante Volva dont les faits d'armes avaient retentis dans toute la Méditerranée.

    Le couple torride de barbares qu'ils formaient avec Leif avait fait des émulations dans toute l'Europe médiévale, mais ça, seule l'Histoire le reconnaîtra. Pour le moment, la jeune femme était concentrée sur la route qui la menait jusqu'à Leif. Un matin, alors que la brume sommeillait sur la mer tranquille, elle entendit une voix lointaine. Surprise, Matoaka se releva de son léger sommeil et courut sur le pont. Tous les hommes semblaient enchantés et cherchaient à tout prix d'où provenait ces chants si sensuels, si vaporeux. Philippe, Amara et Philos venaient de la rejoindre et semblait tout aussi perdus qu'eux quand Feargus virevoltait autour du mât en chantonnant lui aussi :

    - Ô Déesse.. Ô Déesse aux voix mélodieuses.. Venez.. Venez nous chercher !
    - Des sirènes, s'exclamait vivement Amara qui courut jusqu'à son adoré pour l'empêcher de sauter par dessus bord, vite arrêtez les !

    Sans perdre un instant, les quatre compères arrivèrent à bloquer les hommes du bateau en les enfermant ou bien en les ligotant. Ils hurlaient qu'on devait les détacher car ils devaient rejoindre leurs sirènes mais personne ne les relâcha. Il était vrai que le chant était beau, sensuel et langoureux. N'importe quel homme tomberait dans le bateau. N'importe ? Non, en effet. Puisque les deux Phil n'avaient pas été happé par la source charnelle de ces êtres maléfique ce qui fit froncer les sourcils à Matoaka :

    - Comment se fait-il que vous soyez immunisés ? Pourquoi n'êtes-vous pas envoûté ?
    - Oui.. Pourquoi ? demandait Amara interloquée.

    Les garçons semblaient eux-mêmes ne pas comprendre et haussaient les épaules en même temps. Une légère suspicion vient dans le regard de la jeune femme qui observe les deux hommes se lorgnaient du regard. Ce regard, elle le connaissait ô que très bien mais elle ne le souligna même si au fond d'elle, elle était ravie de savoir que la préférence de son époux n'était pas en sa faveur. Amara aussi semblait avoir compris. Les deux jeunes femmes se retrouvèrent enfin tranquillement sur le pont du bateau à le diriger laissant les hommes reprendre lentement conscience une fois qu'ils eurent passé l'épais brouillard. Elles se souriaient et se mirent même à rire en même temps en voyant l'état d'hébétude de leurs compagnons de voyage :

    - Tu le savais, demandait Amara à Matoaka, tu savais pour les deux Phil ?
    - Absolument pas. Mais je dois t'avouer que ça m'arrange.
    - Pourquoi ? Tu ne le trouvais pas bel homme ?
    - Non.. Par rapport à.. à Leif.
    - Donc c'est une histoire qui roule toujours, demandait-elle en souriant en coin, toujours sur le fil de l'amour ?

    Matoaka se renfrognait un peu. Il est vrai qu'elle était partie parce qu'il n'avait pas été capable de croire en elle. Toute femme aurait abandonné et l'aurait laissé à son cruel destin, mais pas elle. Non, elle l'aimait plus que tout et voulait le sauver, coûte que coûte.

    - J'irais pour lui jusqu'en Enfer même si il est un humain de la pire espèce pour les autres.
    - Je ne te savais pas si romantique..

    Amara la taquinait et cela la fit doucement. C'était rare pour la brune qui reprenait plaisir à redécouvrir son amie. Elle avait été la seule amie d'ailleurs qu'elle avait eu de toute sa vie. Ce n'est pas comme si Freya ou encore Svala avaient été des modèles d'amitié. Toujours est-il qu'elle ne la rabroua pas et haussa simplement les épaules. Les hommes reprenaient doucement conscience et Feargus poussa un grognement sonore en voyant qu'il avait été bien ligoté sans comprendre ce qui c'était passé. La douce amazone le rejoignit et lui expliqua ainsi qu'au reste de l'équipage ce qui en était. Il était aussi surpris que les autres, n'ayant aucun souvenir de cette matinée rocambolesque où tous les hommes étaient prêt à se jeter à l'eau pour rejoindre les créatures maritimes et enchanteresse.

    Ils voguèrent tranquillement toute la journée, trop tranquillement d'ailleurs. A croire qu'ils étaient maudits par quelques Dieux qui ne voulaient pas qu'ils arrivent à destination. Matoaka était persuadée qu'ils étaient poursuivis par quelque chose d'infâme, quelque chose de vicieux qui voulaient les faire patienter, comme pour mieux torturer Leif pour ses méfaits. C'était insupportable pour elle qui décida de se rapprocher du large pour partir en expédition à cheval ce que lui déconseillait son époux :

    - Vous allez galoper sur les terres de Nsar. C'est dangereux !
    - Je n'ai pas peur d'un petit Roi.
    - Mais il s'agit du plus grand Roi de Perse !

    Il était fou de voir l'aveuglement de son épouse qui était prête à se lancer dans une mission suicide. Amara réussit à lui faire entendre raison et l'empêcher de partir tête baissée. La nuit portait conseil selon son amie mais elle ne trouvait pas pour autant le sommeil. Tournant et retournant sur son matelas de fortune, elle pense à Leif, elle essaie de nouer un lien, un contact avec lui mais rien. Besoin d'air, elle sortait sur le pont et entendait devant la chambre de Feargus des gémissements étouffés. Cela amusa Matoaka qui passa rapidement son chemin. Ainsi, les deux amants s'étaient bels et bien retrouvés. Accoudée, elle observait l'eau brillante et la lune se refléter. Comme Leif lui manquait. Elle repensait et ressassait cette dernière conversation. Arriveraient-ils un jour à se faire suffisamment confiance ? Arriveraient-ils à se retrouver ? A s'aimer ? La visio de ce dernier portant entre ces bras un nourrisson l'obsédait.

    Inspirant profondément, elle décida d'en appeler aux Esprits. Si pour Amara elle avait échouer, pour Leif elle allait réussir. Rapidement, elle alla récupérer dans sa chambre et dans son sac ses bougies. Les alignant près de la barre où Philippe surveillait, elle incanta ses ancêtres, mais surtout, la mère de Leif.

    - C'est dangereux ?
    - Mais non Philippe.. Si ils veulent me répondre il le feront. Tu serais étonné de voir à quel point les morts sont bavards.

    Cela fit frissonner d'effroi le jeune seigneur qui observait inquiet sa jeune amie se lancer dans des rituels qu'il ne maîtrisait pas. Mais Matoaka avait confiance. Elle sentait bien qu'on l'appelait, que quelque chose voulait qu'elle le contacte. Peut-être était-ce Leif ? Prenant son temps, et de ample inspirations, elle réussit à entrer en transe. Son esprit vagabondait de partout comme si lui aussi voyageait sans qu'elle puisse le contrôler. Souvent, Aponi lui avait évoqué la possibilité d'entrer en communication avec un être vivant. C'était alors son corps astral qui réagissait à la demande.

    Soudain, en effet, Matoaka se vit dans une espèce de grotte. Il faisait humide et froid. Elle grelottait. Son corps était présent mais personne ne semblait la voir. Près d'elle se trouvait des portes ressemblant à des geôles. Des cris d'hommes, des lamentations lui venait. Elle avait mal avec eux, faim, froid. Son corps avança sans qu'elle vienne à comprendre comment jusqu'à finalement arriver à une porte qui s'ouvrit. Une des amazones sortait de la pièce les mains en sang mais ne voyait pas Matoaka. Elle se décala quand même le temps que son ennemie passe et pu ensuite jeter un coup d'oeil dans la fameuse salle entrouverte. Leif y gisait, accroché par des chaînes comme un animal. Elle poussa un cri de surprise et tenta d'avancer vers lui mais elle n'arrivait pas à le toucher ou le libérer :

    - Isha.. Mon amour.. Je suis là.. Réveille-toi.. On arrive.. Isha !

    Les pas revenaient. Sans aucun doute les amazones. Matoaka perdait patience, son impuissance la mettait en colère. Sa force et l'amour puissant qu'elle ressentait pour Leif lui fit réussir à poser ses mains sur lui et lui parler :

    - Je suis là.. Je viens te chercher.. Mon amour.. Je t'en prie.. Tiens encore un peu.. Nous arrivons..

    Et alors que son regard croisait celui de Leif pour de vrai, elle se retrouvait éjectée de son corps astral. Philippe l'avait fait revenir à eux en détruisant le dessin de bougie sur le pont du bateau. En effet, elle était tombée dans une telle transe qu'elle avait réveillé tout l'équipage. Mais elle s'en fichait et vint même à leur hurler dessus :

    - Je l'avais trouvé ! Pourquoi vous m'avez réveillé !
    - Matoaka tu étais en train de partir..

    En effet, son nez saignait et elle était épuisée. Mais qu'importe. Feargus se pencha sur elle et vint vérifier ses pupilles et sa tension quand Amara épongeait son nez. Vite, elle les repoussa en grognant et tentant de renouer le lien qu'elle avait créé avec Leif.

    - Ca suffit pour ce soir, imposa Nashoba qui voyait l'état frénétique de sa soeur, et explique nous ce que tu as vu.

    Habituellement il parlait peu aussi, Matoaka, savait qu'il était sage de se poser un instant. Les yeux voilés de larmes, elle tentait de faire le tri dans ses pensées et de penser à autre chose que les cicatrices et les brûlures que son corps si beau avait supporté :

    - C'est classique.. Elles tabassent jusqu'à ce qu'il cède physiquement et mentalement. C'est un vrai lavage de cerveau..

    Feargus donna des ordres et reprit le ponton avec ses hommes malgré que la nuit était tombé. Ils devait arriver sur la côte le plus rapidement possible, cela devenait une question d'heures désormais. Amara resta près de Matoaka et l'enlaça quand celle-ci se mit à pleurer :

    - Je n'ai pas pu.. Je n'ai pas pu le sauver.. Amara.. On doit.. On doit aller plus vite.. Le sauver.. Il.. Elles vont tuer son âme..


    immarcescible, Posté le mercredi 17 août 2022 17:24 Répondre

    Matoaka se remettait lentement de sa blessure. Si elle avait vu passer Amara, Feargus et que Philippe était resté à son chevet, elle n'eut pas le bonheur de voir Leif auprès d'elle. Malgré qu'elle le demande, il ne vint pas. Elle se doutait qu'il était en colère, vexé mais elle l'était aussi désormais. Lorsqu'elle arriva sur la terrasse, elle n'eut aucunement le temps d'en placer une puisqu'il était déjà sur le quai vif. Autrefois, elle aurait pleuré de douleur en l'entendant dire de telles choses. Mais aujourd'hui, cela la mettait en colère. Jetant dans un coin de la terrasse le fameux poignard, elle offrit son regard noir à Leif en le poussant de sa main valide :

    - Non seulement tu es stupide Leif Erikson mais en plus tu te persuades de choses infondées. Si j'avais voulu te trahir ou te tuer je l'aurais fait pendant que tu dormais après m'avoir fait l'amour figure-toi. Ou tout simplement en empoisonnant ton bain ou ta nourriture quand tu as fait de moi ta putain d'esclave. Comment oses-tu douter de moi ? De ce que je t'ai dit ou confié ?

    Elle était vraiment vexée. La brune savait qu'il ne fallait pas provoquer Leif, surtout lorsqu'il doutait de la sorte et qu'il était encore visiblement en colère. Elle le poussait une nouvelle fois avant de le plaquer contre le petit muret sans s'arrêter de lui parler mais d'une voix froide et détachée :

    - Parce que tu m'as tout dis-toi au début sur ce que tu as fait pendant un an ? Non, j'ai dû laisser mes oreilles indiscrètes trainer pour connaître ta vie sans moi et je ne m'en suis pas plainte. J'aurais mille fois pu partir, m'enfuir et te tuer comme tu le prétends. Je suis la seule à t'avoir défendu. Je suis celle qui t'as conduit à ton putain de trône et de destin. Je n'ai aucune appétence pour le pouvoir et tu le saurais si tu me connaissais si bien que ça. Si tu me connaissais si bien d'ailleurs, tu verrais que j'ai été détruite physiquement et mentalement il y a un an par les hommes d'Oleg. Qu'ils ont détruit ce qui faisait que j'étais un tant soit peu humaine. J'ai tout sacrifié, mon amour propre et mes convictions pour me venger et te retrouver. Quand j'ai eu enfin cette opportunité, j'ai été manipulée par Rollo qui me serinait que tu m'avais oublié, abandonnée. Et oui j'y ai cru parce que c'était plus facile d'affronter ce mensonge que la réalité. Laquelle, hein ? Celle qui est que je me sens indigne et sale de vouloir être ta compagne Leif.

    La colère ne la quittait pas. Elle était vexée, furieuse et vint à le taper sur le buste avec le peu de force qu'elle avait. Peu importe s'il avait des blessures, elle voulait le heurter comme il le faisait avec elle :

    - Si j'avais pu choisir ce n'est pas ce chemin là que j'aurais pris Leif. J'aurais aimé être ta reine, ton épouse, la mère de tes enfants. J'aurais aimé être plus douce, plus calme et moins violente et sauvage que je le suis. Mais j'ai dû survivre une année, me marier pour pouvoir obtenir le droit de rentrer auprès de toi. J'ai fait toutes ces choses pour te rejoindre et t'aider à te défaire de ces tyrans qui t'entouraient. Me venger aussi certes, mais je suis revenue pour toi comme je te l'avais promis. Tu crois que j'appréciais de me faire violer tous les soirs avec ce porc d'Amir ? Mon âme a été bafouée, détruite. Je n'ai même plus mes pouvoirs !

    Elle sentait ses larmes arriver quand la colère attenait son paroxysme. Préférant se détourner de lui pour dissimuler sa peine et sa douleur, elle referma ses bras autour de son corps pour prévenir la crise d'angoisse qui la possédait :

    - Tu oses me juger sur la vente d'esclave quand ton peuple vit essentiellement de ce commerce. J'ai fait ce que j'ai pu pour survivre Leif comme toi et à aucun moment je t'ai jugé. Je t'accompagne et je suis là, de retour à toi, même quand tu m'as poussé à repartir chez les miens. Tu dis avoir retourné toute la Norvège pour me retrouver mais regarde où tu es pour Amara, pour ton frère. Je pourrais te faire ce reproche odieux mais je ne le ferais pas. Parce que j'ai trop de respect pour toi.

    Incapable de rester debout, elle préférait reprendre le chemin vers sa chambre et affirma avec une colère épuisée :

    - Je n'ai même pas envie de me justifier une fois de plus et je ne m'excuserais de ce que j'ai pu faire pour te retrouver Leif, parce que je voulais te retrouver. Peu m'importait comment mais je voulais te rejoindre. Mais si je suis partie du bateau aujourd'hui c'était parce que je voulais anticiper la honte que j'allais ressentir d'avoir fait toutes ces choses pendant cette année loin de toi. Je voulais me cacher parce que j'ai honte et j'ai mal de ne plus être la femme que tu as connue, celle que tu mérites. Je le vois bien dans ton regard que tu l'as cherche encore. Mais elle a disparue,, elle a été détruite il y a un an dans cette fichue montagne et je pensais que toi tu aurais compris. Que tu m'aurais accepté parce que j'ai survécu pour te retrouver.

    Elle se tournait une dernière fois devant Leif et le contempla. Matoaka voulait qu'il la retienne, qu'il la rassure, qu'il l'écoute, qu'il comprenne. Mais il restait statique, pensif. Du Leif tout craché, orgueilleux et incapable de répliquer à tout ce qu'elle venait de lui avouer. Mais puisqu'il ne disait rien, elle décida pour eux le c½ur brisé. Elle voyait s'éclater toutes les images de bonheur simple qu'elle avait fantasmé ces derniers temps pour ne laisser qu'un avenir sombre et terne :

    - Je vais rentrer auprès des miens Leif. Je ne peux pas et je ne veux pas vivre auprès de quelqu'un qui ne me fait pas confiance. A qui... A qui j'ai ouvert mon c½ur le plus sincèrement du monde et à qui je n'ai jamais mentit. Je ne suis pas les autres et si tu ne l'as pas encore compris aujourd'hui alors tu ne le comprendras jamais.

    C'est en claudiquant quelle rejoignit sa chambre et ordonna à Philippe de la conduire jusqu'au bateau. Les amérindiens y étaient et commençaient déjà à ravitailler un autre bateau sous les ordres de la jeune femme décidé. Nashoba ne demandait pas pourquoi, il savait juste qu'il devait agir sans poser de questions :

    -Matoaka, Princesse, ne partez pas ainsi... Cette terre vous appartient.
    - Rien ne m'a jamais appartenu ici. Cette terre est vôtre je vous la donne. Faites-en ce que vous en voulez.
    - Où allez-vous ?
    - Je rentre chez moi. Chez les miens.

    Feargus arrivait en courant suivi d'Amara. Ils avaient eu vent du départ de l'amérindienne. Ils essayèrent de la faire changer d'avis mais ils n'y arriveraient pas. La seule personne capable de le pouvoir aurait été Leif mais il ne venait pas. Matoaka fit ralentir encore un moment les préparatifs, espérant le voir surgir, espérant qu'il aie enfin compris. Mais la nuit allait tomber et toujours rien :

    - Tes plaies sont encore profondes, surenchérissait Amara, tu risques une infection.
    - Et je retrouverais mes ancêtres. Je ne crains pas la mort, ne t'en fais pas pour moi. Ma mission est accomplie, tu as retrouvé Feargus. C'est le plus important.

    Montant sur le bateau, Matoaka jette un dernier coup d'½il sur la jetée. Le bateau commençait à quitter le rivage et plus elle quittait le bord, plus elle se sentait dépossédée de son souffle et de son énergie. Comme si quitter la proximité de Leif l'affaiblissement jusqu'à la faire mourir. Nashoba inquiet, voulut opérer un demi-tour mais elle lui interdisait. Leif n'était pas venu même si il savait qu'elle partait. Cela ne pouvait être que la fin de leur histoire.


    immarcescible, Posté le lundi 15 août 2022 19:47 Répondre

    La bataille fait rage et Matoaka se défend parfaitement. Malgré tout, elle ne peut s’empêcher de jeter un oeil sur Leif qui n’a aucun problème pour se défendre. Il est puissant, parfaitement habile pour se sauver lui-même mais la hargne de ces femmes sur lui en fait une trop bonne cible pour qu’il rester là dans son coin. Coupant à travers la foule, elle donna plusieurs coups pour pouvoir l’atteindre jusqu’à arriver au bon moment. L’une des amazones arrivait par derrière et allait lui donner un coup fatal dans le dos. Mais Matoaka tira une flèche en sa direction et la percuta en pleine gorge.

    Si son coup avait réussit à atteindre la cible, elle devait quant à elle celle de Amara qui fonçait sur celle qui avait été autrefois son amie. La plaquant au sol, Matoaka se défendait comme elle pouvait mais la brune avait de la force et une haine viscérale dans le regard. Elle étouffait sans aucun remord l’amérindienne qui se débattait comme elle pouvait. Mais l’effet de surprise et sa mauvaise position lui empêchait tout mouvement. Elle se débattait comme elle pouvait et alors qu’elle sentait que le souffle lui manquait, elle posa sa main sur celle d’Amara.

    Une vision les parcourut toutes les deux. Celle de leur amitié et de leurs souffrances communes. Amara voyait tout ce que Matoaka avait du faire pour survivre et inversement. Cela bouleversa tant l’amazone qu’elle s’écarta violemment de sa victime la laissant enfin respirer.

    - Qu’est-ce que tu as fait sorcière ?!
    - Je t’ai.. Je t’ai montré.. Je t’ai montré la vérité..
    - Quelle vérité ? Celle où vous m’avez vendu ?! Abandonnée ? Livrée à ce porc ?!
    - Je l’ignorais Amara.. Je te jure que je l’ignorais.

    Mais ce n’était pas suffisant pour la jeune femme qui reprit son épée prête à se battre. Matoaka se relevait difficilement, tenant sa gorge. Mais malgré ça, elle tenait son épée à son tour à bout de bras pour se défendre de la future rafale amarienne.

    - Je me suis juré d’assassiner ceux qui m’ont trahi ! J’ai fais un pacte avec moi-même.
    - Tout comme je l’avais fais et tu as vu à quoi cela m’a mener ? Encore plus de colère, de ressentiment et de violence. Toutes ces femmes meurs Amara. Tu peux encore les sauver.

    En effet, si la surprise de ces femmes guerrières avaient pendant un temps déstabilisé les Vikings, ils reprenaient rapidement confiance et violence depuis une petite demi-heure. Les amazones tombaient au combat plus rapidement qu’une bande mouche. Amara sentait sa colère reprendre le dessus et poussa un hurlement en se jetant sur Matoaka qui riposta aussi. Elle repensait aux exercices avec Leif et attaquait à son tour férocement. Légère et fine, elle échappait aux coups violent et imprécis d’une Amara qui se laissait guider par sa colère et non avec efficacité.

    Impossible pour la brune de savoir où se trouvaient les garçons. Elle devait d’abord survivre à l’attaque d’une Amara bien trop volcanique. La haine qu’elle ressentait, Matoaka la captait et entre deux coups d’épées, elle tentait de la raisonner :

    - Tu te bats contre les mauvaises personnes Amara.. Nous.. Nous sommes là pour t’aider !
    - Parce que tu crois que j’ai besoin de votre aide après tout ce que vous m’avez fait subir ?
    - Feargus.. Feargus est là.. Il est là pour toi.. Il.. Il t’aime !

    En disant cela, Amara toucha Matoaka à la cuisse qui tomba sur le sol à cause de la plaie béante. Cela fit aussitôt cesser l’amazone Son élan retomba comme un soufflé. Elle avait du mal à croire Matoaka et surtout, voir l’amérindienne au sol en sang la fit subitement prendre conscience de ce que disait depuis le début son amie d’autrefois :

    - C’est faux ! Tu me mens pour mieux me contrôler. Feargus n’est venu que pour se donner bonne conscience.

    Elle pointa son épée sur la gorge encore rouge de Matoaka qui ne venait tout simplement pas se défendre. A quoi bon, elle était à terre, blessée, Leif devait la haïr et après tout, c’était tout ce qu’elle méritait.

    - Je ne t’ai jamais mentis. Toi et moi on sait toutes les deux de comment est fait le monde Amara et ce que l’on doit faire pour y survivre. Jamais je ne te mentirais sur quelque chose que tu sais déjà au plus profond de toi-même.

    Le peu d’amazones qui restaient avait été faite prisonnière des vikings. Matoaka se vidait lentement de son sang et devenait livide. Amara réfléchissait perdue dans ses pensées :

    - Il t’aime et il ignorait que c’était réciproque. Quand il a sut que tu étais partie le rejoindre il a prit le premier bateau pour te retrouver. Amara je.. je suis désolée pour Kallipos. Sincèrement. Si j’avais sut j’aurais fait les choses autrement et tu le sais.
    - Amara ?

    Feargus arrivait dans la petite salle où les deux guerrières s’étaient retrouvées. Il était couvert de sang et tenait encore son épée dans sa main gauche. Ses cheveux avaient poussé en longueur et sa barbe blonde brillait au milieu de ses yeux bleu azur. Il avait mal de voir la jeune femme ainsi et il avait mal de se dire que c’était de sa faute :

    - Je.. Nous te cherchons partout depuis une éternité.. Tu.. Jamais je ne t’aurais abandonné de mon propre grés.

    Il tenta une approche vers la jeune femme mais craint qu’elle se jette sur lui. Pour lui prouver sa bonne foi, il jeta son épée et vint à elle avec toute confiance. Tel un pénitent se jetant au pied de sa déesse, il s’agenouilla devant elle implorant son pardon. C’était émouvant et étrange surtout que Matoaka voyait des formes étranges danser autour de ses yeux. Compliqué de se concentrer alors qu’elle perdait tout son sang. Elle réussit à se faire un garrot mais elle souffrait malgré tout. Philippe arriva au même moment et l’aida :

    - Leif.. Où est Leif ? demandait-elle inquiète.
    - Il est dans la grande salle.. Je crois qu’il.. qu’il décompresse..

    Soulevant l’amérindienne, il l’aida à aller dans la grande salle pour rejoindre le fameux guerrier viking. Toute la colère de la jeune femme s’échappait surtout en voyant les épaules épuisées et affaissée de Leif qui lui fit faisait dos. Elle remercia Philippe et le congédia comme un simple serviteur alors qu’il était un seigneur en lui demandant d’aller chercher sa sacoche au bateau avec ses baumes pour la soigner. Mais il n’en prit pas ombrage :

    - Isha, murmurait-elle d’une voix douce et inquiète, tu n’es pas blessé ? Tu veux que je vérifie que leurs poison ne t’as pas touché ?

    Parce que c’était le cas pour elle et elle sentait bien que ses forces se diminuaient lentement. D’ailleurs, elle en perdit l’équilibre et tomba rapidement sur le sol à bout de force. Philippe allait aussi vite que possible elle le savait, mais elle craignait qu’ils n’aient pas assez de temps. Une fois que Leif était près de lui, elle lui sourit en riant doucement :

    - Tu crois qu’on aura le droit à une journée normale un jour ?


    immarcescible, Posté le vendredi 12 août 2022 12:34 Répondre

    Tout aussi beau ici aussi.


    immarcescible, Posté le vendredi 12 août 2022 12:34 Répondre

    Un voile venait de s'échapper de la vision de voyance de Matoaka. Les cris d'Amara, sa douleur, l'odeur monstrueuse de l'homme. L'amérindienne ressentait tout à mesure qu'ils s'approchaient de l'ïle et la vision d'effroi qu'elle avait de son amie dans des situations désastreuses la fit vomir par dessus bord. Heureusement quelle avait été seule pendant cette vision. Elle n'aurait pas pu en parler à Leif et surtout à Feargus. Est-ce qu'il s'agissait de fragments du passé d'Amara ou du présent ? Matoaka n'arrivait pas à situer clairement la scène mais une chose est sûre, ce qui c'était passé sur cet île risquait de faire exploser la violence de Feargus et Leif.

    Elle s'était rendue sur le pont du bateau et les avaient vu tous les deux chercher sur une carte des potentielles cachettes. C'était agréable de voir les deux frères agirent comme dans le vieux temps. Ils semblaient avoir retrouvés une certaine complicité qui faisait plaisir à Matoaka. Le sourire attendri, elle resta un instant à les regarder, dissimulée dans la pénombre, avant de trouver un moyen de les semer.

    Les renseignements qu'ils avaient eu sur Amara étaient un vrai trésor. En effet, l'île sur laquelle elle avait été emmené contenait bel et bien des esclaves. Mais là où ça devenait embêtant c'était que Matoaka les connaissaient bel et bien. Il s'agissait des esclaves de son défunt époux que Leif avait assassiné férocement lors de leur raid. A quai, sur le port, la jeune femme se sentait mal à l'aise d'être sur les lieux où elle avait volontairement séduit un homme pour rejoindre le grand Nord. Mais surtout, elle ne pouvait pas en parler à Leif puisqu'il était pris par les multiples conversations avec son frère. La jeune femme préférait les voir communiquer que de lui avouer qu'elle était ni plus ni moins que la maîtresse légale des lieux.

    Ainsi, discrètement, elle quitta le navire pour se faufiler dans la foule. Dissimulée sous une cape légère, elle passait à travers les marchands pour se rendre au fameux palais de Kallipos. Elle le connaissait très bien puisqu'il s'agissait du premier fournisseur d'esclave d'Amir, son défunt mari. En arrivant devant les portes du palais, elle se présenta et elle fut intronisée directement. Ce vieil homme répugnant avait toujours dégoûté la jeune femme quand lui avait essayé à plusieurs reprises de s'en emparer.

    - La Princesse de l'ouest ! Enfin te revoilà parmi nous.

    Kallipos était encore plus détestable que dans son souvenir. Savoir qu'il était le père d'Amara l'inquiétait. Elle connaissait ses vices et elle craignait surtout que la jeune femme soit retombée entre ses mains. Dieu sait ce qu'il lui aurait infligé. Comme le voulait le protocole, elle s'inclina respectueusement devant lui avant de lui faire face avec son air dédaigneux. Elle avait tant de mal à le masquer devant lui.

    - Monseigneur, je vous remercie de me recevoir.
    - Qu'il me tarde de connaître toutes les aventures de ton périple dans le Grand Nord. D'ailleurs, où est Amir ? Cette mauviette ne t'accompagne pas ?
    - Mon époux a été assassiné par Leif Erikson.
    - Oh.. Ce sauvage qui se fait passer pour un Roi ? Mh.. Il n'y a pas à dire.. Ce sont de vrais guerriers sur terre mais ça n'en reste pas moins des barbares, non ?

    Matoaka inspira profondément pour ne pas se laisser guider par sa colère. Elle devait à tout prix trouver des informations sur Amara mais pour ça, elle devait accéder au bureau du vieil homme.

    - La culture nordique a en effet des aspects particulièrement violent mais ils savent traiter avec leurs ennemis. En l'occurrence, Amir n'a jamais eu ce talent là.
    - Alors que toi si ma chère.

    Il se léchait les lèvres en la regardant de haut en bas comme si elle était une friandise. Répugnée, elle pensait vite à autre chose avant de se jeter sur lui et de lui découper la tête avec son épée. Sa main était posée, méfiante, sur le pommeau de son épée et elle serrait légèrement. C'était l'assurance de ne pas sauter sur lui de suite. Il mangeait des fruits en recrachant les noyaux sur une pauvre esclave sur le sol. Mais Matoaka avait le coeur dur désormais, et rien ne pouvait l'amadouer. Même pas cette jeune femme qui pleurait en silence enchainée au trône du vieil homme :

    - Je cherche des femmes pour faire commerce avec les Vikings, j'aurais besoin..
    - Ne t'embête pas avec de vaines paroles Matoaka, lui coupa Kallipos, je sais pertinemment pourquoi tu es là. Où devrais-je dire, pour qui.

    La jeune femme restait silencieuse et ne pu retenir sa surprise lorsqu'il évoqua le motif de sa présence. Ainsi, il avait encore des espions autour de lui pour lui souffler le chemin de ses ennemis. La jeune femme se tendit encore plus. Si il savait qui elle cherchait, cela voulait dire qu'il lui avait sans aucun doute tendu un piège :

    - Ca tombe bien que tu viennes me voir car figure-toi que je la cherche aussi.
    - Je ne vois pas de qui vous parlez.
    - Oh que si tu vois très bien.. Tu sais, ma petite Amara.

    Il n'y avait plus de doute. Il savait. La brune inspira profondément et sortit son arc rapidement et pointa une flèche en sa direction ce qui le fit hurler de rire quand tous les autres gardes visèrent Matoaka. Droite, tenant la corde sensible de son arc, elle visait le visage du vieux bonhomme, bedonnant, dont la tunique sale le rendait encore plus pitoyable :

    - Je sais ce que vous lui avez fait. Je sais quel monstre vous êtes Kallipos. Si vous l'avez encore avec vous je vous jure que je vous tuerais.
    - Oui mais tu mourras tout de suite après petite princesse. Alors que si nous faisons affaire tous les deux, comme dans le bon vieux temps, nous pourrons tous les deux obtenir ce que nous souhaitons.
    - Je veux Amara et toi aussi. Qu'est-ce qui pourrait régler ce conflit ?
    - Peut-être parce que je sais où trouver le fameux Rollo ?

    Ce détail n'était pas moindre, en effet. Baissant son arc un instant, elle regarda d'un oeil circonspect Kallipos qui jubilait d'avoir enfin obtenu l'attention de la jeune femme comme il le souhaitait :

    - Ah.. Voilà donc comment nous allons faire affaire ma chère. Ce sera très simple..

    Un brouhaha terrible résonna dans la cour. Les ordres de Leif et de Ferguson arrivaient dans le bourg adjacent ce qui fit lever les yeux à Matoaka. Profitant de ce moment d'inattention des gardes, elle courut jusqu'au trône de son ennemi et vint agripper son cou avant de l'assommer et de le jeter sur le sol. Les nombreux hommes du seigneur ne savaient plus où donner de la tête tant les hurlements des vikings si impressionnants résonnaient de toute part. Mais surtout, Matoaka tenait en joue de son arc le crâne reluisant du vieil homme qui riait à perdre éclat :

    - Même quand tu croiras avoir gagné, j'aurais toujours une avance sur toi.
    - Tu crois ça vieux débris ? Attends de rencontrer le fameux Leif Erikson.
    - Il.. Il est ici ?

    Rien que le nom de son amant faisait nettement trembler les dents de ce vieillard impertinent. Cette fois-ci, ce fut le sourire de louve machiavélique qui orna les lèvres de Matoaka. Elle tendait son bras, prête à lâcher sa flèche mais Feargus surgit dans la pièce en l'interrompant :

    - Arrête ! Il sait où se trouve Amara !
    - Je sais mais il ne dira rien.
    - Comment le sais-tu ?
    - Parce que.. Parce que je connais assez bien ce vieux porc pour savoir de quoi il est capable.

    A la demande de son ami, elle rangea son arc et les hommes de Feargus vinrent le récupérer. Ce dernier vint enlacer la jeune femme avant de la regarder les sourcils froncés :

    - Tu dois arrêter de faire ça.
    - Quoi ?
    - Disparaître. Nous en connaissons un qui est encore plus fou qu'il n'y paraît quand sa princesse disparait.

    Comme elle s'attendait à cette réaction de Leif, elle s'y prépara. Ils descendirent en direction de la petite cour où tous les hommes de Kallipos étaient agenouillés autour de la fontaine. La jeune femme savait comment ça allait se terminer et elle n'avait aucunement envie de voir ça. Alors qu'elle s'approchait d'un Leif enragé, elle tendait sa main vers lui pour le rassurer quand un des hommes de Kallipos s'interposa entre eux et s'agenouilla devant :

    - Ma reine.. Ma reine.. Je vous en prie.. Sauvez-nous.. Sauvez-nous de ces fous.. de ces sauvages..

    La jeune femme était mal à l'aise, comment allait-elle avouer la vérité à Leif désormais ? Son regard signifiait qu'elle allait tout lui expliquer mais les hommes du seigneur viking arrivaient en trombe en tenant entre leurs mains des femmes qu'ils tenaient et dont ils déchiraient les robes pour les violer. Matoaka était furieuse. Sans attendre, elle se jeta en travers des prisonniers et se rua sur les futurs violeurs en armant son arc face à eux :

    - Lâchez-les maintenant !
    - Ahahah.. Mais c'est la tradition ma petite.
    - J'ai dis.. LÂCHEZ-LA MAINTENANT !

    Voyant qu'il riait toujours avec ses hommes et qu'il continuait à toucher la femme apeurée, Matoaka ne chercha pas et tira sa flèche qui vint finir dans les parties intime du guerrier. Marre de ces hommes qui ne la prenait pas au sérieux. Marre de ces hommes qui jouaient avec les femmes. Il tomba à genoux en criant de douleur avant de l'insulter quand elle ne bougeait pas son oeil vif et sanguinaire se délectant du spectacle, mais surtout, son esprit se connectait à celui d'Amara et elle sut qu'elle aurait été d'accord avec elle.


    immarcescible, Posté le dimanche 07 août 2022 15:53 Répondre

    La nuit passée avait calmé la bête sauvage qui sommeillait en Matoaka. Elle avait retrouvé sa douceur et avait adoré contempler le corps de son amant endormi toute la matinée. La nuit dernière avait été exaltante et féroce mais à aucun moment elle ne ressentie de regrets. La seule chose qui l’inquiétait c’était la mesure avec laquelle Leif s’était mutilé l’esprit après avoir assassiné les bandits de chemin. Etait-il déçu qu’elle soit comme lui ? Est-ce que leur goût mutuel pour le sang serait un problème pour plus tard ? Plus tard.. Matoaka semblait avoir oublié que son chemin allait bientôt s’écarter du sien. Elle semblait vivre dans une bulle qui refusait nettement qu’elle puisse mourir maintenant.

    Parce que oui, maintenant qu’elle l’avait retrouvé, elle ne voulait pas mourir.
    Mais ne valait-il pas mieux quelques heures à ses côtés que toute une vie sans lui ?

    Après la rencontre avec Philippe, elle laissa Leif se charger de la logistique. Déjà parce que cela ne l’intéressait pas et qu’elle avait besoin de s’isoler pour prier. Retrouver la trace d’Amara devait être leur prochaine priorité. Savoir qu’elle partirait après avoir retrouvée son amie la rassurait. Ainsi, les frères Erikson auraient quelqu’un pour veiller sur eux. Mais rien, une fois de plus, ne lui vint.

    Le départ se fit donc sur un navire qu’elle n’appréciait pas. Il lui rappelait celui qui l’avait éloigné de Leif. Elle était dans ses pensées lorsqu’ils firent le tour des pièces. Leif semblait sûr de lui, en pleine forme, certains de ce qu’il faisait et tant mieux. Elle aimait le voir d’une si bonne humeur. Elle ouvrait les fenêtres en l’écoutant parler et sentit son estomac se serrer lorsqu’il lui avoua cette étrange sensation. Pendant sa captivité, elle en avait entendu parler de cette histoire de Dieu qui avait pour épouse Perséphone. Il la laissait la moitié de l’année sur terre pour donner vie aux champs avant de la garder précieusement pour lui sous terre tout le long de l’hiver. Cela lui avait fait pensé à Leif. Ce Dieu aux pouvoirs sombre, seul sous terre en recherche d’amour et de compassion.

    - Les intuitions sont parfois des peurs générées par notre esprit pour nous défaire de notre but Isha.

    Elle n’aimait pas qu’il pense à de telles choses. Elle ne voulait pas qu’il pense que quelque chose puisse lui arriver. Si elle avait été honnête, elle lui aurait dit ce qu’il allait se passer mais il aurait explosé. Quand lui pensait sans doute qu’il allait perdre la vie, Matoaka anticipait déjà la douleur qu’il allait ressentir en apprenant la vérité. Revenant vers lui, alors qu’il était sur son fauteuil, elle vint s’asseoir sur ses genoux en enroulant ses bras autour de son corps :

    - Hadès serait très certainement ton meilleur ami mais tu ne dois pas penser à ça. Nous allons retrouver Amara et tout se passera bien. Aucun malheur ne pourra s’abattre sur toi Leif Erikson et même si c’est le cas tu vas vivre. Je le sais de source sûre. Tu me fais confiance n’est-ce pas ? Alors tu dois me croire sur parole et retiens ça, tout se passera bien.

    La Matoaka douce et empathique était de retour. Peut-être avait-il besoin d’être rassuré sur ça ? Peut-être que le visage qu’il avait vu d’elle la veille l’avait profondément choqué et qu’il avait peur d’elle. Caressant sa joue barbue, elle lui offrit un doux sourire en se penchant sur ses lèvres qu’elle embrassait. Son nez caressait le sien quand elle murmurait avec douceur :

    - Je vous aime mon Seigneur des ténèbres et il me tarde de rentrer à la maison.

    On toquait à la porte avant d’entrer sans permission. La seule personne capable d’une telle chose sans avoir peur du courroux du Seigneur viking ne pouvait être que Feargus. Matoaka ne bougeait pas pour autant des genoux de Leif. Elle n’avait aucune honte d’afficher la relation qui animait les deux amants. De toute manière, tout le monde le savait désormais.

    - Nous partons, annonçait Feargus dont l’éclat dans son regard était plein d’espoir, as-tu perçu quelque chose d’elle Matoaka ?
    - Tout ce que je sais c’est que nous devons nous diriger vers une île. Elle était recouverte d’un épais brouillard.
    - Ça n’aide pas vraiment ces indications..

    Le blond marmonnait dans sa barbe en s’installant sur le bord de la table face aux deux amants. Il caressait son menton en réfléchissant. Il faisait le tri dans sa tête, repensant à toutes les fois où il avait parlé avec Amara sur son passé mais rien ne lui venait :

    - Je vais aller prier sur le pont je vous laisse entre vous.

    Quittant les bras de Leif à regret, elle se rendit sur le pont pour en effet prier. C’était plus sage. Elle craignait toujours que Leif se rende compte qu’elle lui dissimulait quelque chose. Il avait un oeil bien précis sur elle et c’était risqué de le laisser apercevoir cette part d’elle inoffensive. Sur le pont, elle essaya de prier longtemps mais rien ne lui vint. Ils continuaient de longer le pays franc et ils allaient descendre sur la partie chaude de l’Espagne. Bientôt le détroit et enfin la Méditerranée. Ce voyage rappelait de mauvais souvenirs à Matoaka qui préférait rester isolée à l’avant du pont.

    Installée sur la proue, elle observait les dauphins qui nageaient au pied du bateau. Ils venaient les saluer en leur indiquant la route ce qui la fit doucement sourire. Elle repensait surtout à ce qu’elle avait dit à Leif tout à l’heure « rentrer à la maison ». Comment seraient leur vie ? Divorcerait-il de Freya ? Cela était impossible. Elle restait une reine chez eux et politiquement cela serait une vraie erreur. Auraient-ils un jour des enfants ? Elle eut soudainement le flash, l’image de Leif tenant entre ses bras un bébé aux cheveux brun bouclé comme lui et de deux prunelles aussi étincelantes que des saphirs. D’un bleu pur. Leif souriait sans sa vision, il souriait et il pleurait.

    Ainsi donc, il aurait un fils ? Est-ce que son esprit divaguait sur les désirs qu’elle avait ou est-ce qu’il s’agissait d’une possibilité ? Après tout, la vie n’était pas définitivement écrite. Peut-être trouverait-elle une chance de sauver sa vie pour rester auprès de Leif. Quitte à marchander avec le diable. Avec Hadès..?

    Elle sursauta lorsque Leif apparut près d’elle. Revenant à ses côtés, en quittant la proue, elle vint se blottir contre lui un sourire rassuré sur les lèvres. Le vent battait fort et avait mis sans dessous dessous sa crinière mais elle s’en fichait :

    - J’imaginais à quoi ressemblerait notre vie en rentrant. Comment l’imagines-tu ?


    immarcescible, Posté le vendredi 05 août 2022 17:45 Répondre

    L'obscurité rendait le moment compliqué à visualiser mais au vu de la main ferme qui l'avait repoussée, Matoaka comprit qu'elle ne devait pas bouger. Elle observait la scène sans ciller en essayant de faire attention à la silhouette de Leif, pour s'assurer qu'il n'était pas en danger. Mais sa hargne, sa colère, son cri bestial semblait guider avec une férocité violente la main qui abattait sans mesure et sans humanité les corps des assaillants. La jeune femme frémissait à la fois d'horreur et de plaisir. Comment pouvait-elle ressentir cela en même temps ? C'était à la fois étonnant et exaltant de le voir la défendre de la sorte, de se repaître du sang qui coulait. Elle avait toujours vu chez lui cette part de monstre et jamais il ne l'avait effrayé. En fait, il l'avait toujours excité à dire vrai. Peut-être était-elle comme lui finalement ?

    Lorsqu'il eut finis d'assouvir sa colère, elle vint en silence près de lui en enjambant l'air de rien les corps qui se trouvaient sur le sol. Elle n'avait aucune empathie pour ces hommes qui avaient voulu les détrousser alors pourquoi Leif semblait-il si soucieux de son regard sur elle. Alors qu'il était à genoux, elle prit son visage entre ses mains et le regarda dans les yeux même si l'obscurité compliquait la tâche. Elle voyait deux flammes dans ses prunelles ce qui attisait une fois de plus son désir :

    - C'était eux ou nous. Cesse donc de dire n'importe quoi. Tu crois franchement que je pourrais te juger et dire quoi que ce soit alors que tu n'as fais que nous défendre. J'aurais été clémente si ces hommes n'avaient pas eu de mauvaises intentions or ils en avaient clairement. Si on leur avait laissé le bénéfice du doute Isha ils t'auraient fait ligoté à un arbre pour te faire assister à mon viol au première loge et t'auraient tué par la suite. Ne t'excuse jamais de nous avoir défendu. Jamais. Parce que moi, jamais je te le reprocherais.

    Elle en profitait, qu'il soit un genoux à terre pour agripper sa crinière avec fermeté. Elle se penchait sur ses lèvres et lui donnait ce baiser sauvage, puissant et à bout de souffle qui la faisait tant enivrer depuis qu'ils s'étaient retrouvé. C'était une autre femme qui se dévoilait, forte, sauvage et guerrière à son tour. Bien sûr qu'elle avait toujours son humanité, mais disons qu'elle était plus pragmatique et moins utopique. Elle reprenait le dessus sur Leif non pas en le consolant mais en lui rappelant qu'ils vivaient dans une époque qui n'admettait aucune erreur en ce qui concernait la survie. Peut-être que l'ancienne Matoaka aurait cherché à arrondir les angles avec leurs agresseurs et chercher des excuses à ces hommes en pointant du doigt Leif. Mais c'était terminé. Elle avait ô que très bien compris que le monde ne pouvait pas être une utopie et qu'il fallait toujours se battre et jouer au plus fort. Là, à deux, ils étaient des héros même si l'histoire ne retiendrait que leur sauvagerie.

    A califourchon sur lui puisqu'il était tombé sur les fesses, ils continuaient de s'embrasser avec passion entre les cadavres près d'eux qui gisaient dans leurs sangs. Matoaka souriait et mordait sans ménagement la lèvre inférieure de son amant en riant doucement, tel un petit démon qui se libérait :

    - Avoue que tu as autant pris ton pieds que moi en me regardant torturer ce vieil homme bedonnant.

    Elle ronronnait tel un chat quand son nez caressait celui de Leif et que son bassin dansait contre le sien. En vérité, la nouvelle Matoaka ne se posait plus de questions. Elle agissait simplement et par instinct et à ce moment précis, elle ne voulait rien d'autre si ce n'est protéger et conquérir le beau viking qui la tenait dans ses bras. Leurs baisers avaient goût de sang et de désir sauvage, c'était une manière particulière et exaltante de se donner l'un à l'autre. Elle lui demanda à vite partir d'ici. Ils s'étaient amusés certes, mais ils devaient aussi partir pour ne pas se faire prendre sur la scène du crime.

    Ils traversèrent les champs, main dans la main. Jamais encore la brune ne s'était sentie aussi forte et puissante. C'était comme si toute l'énergie de Leif l'avait enveloppé. Comme si elle se sentait voler. Alors qu'ils arrivaient dans leur petite chaumière, elle poussa le géant sur le lit avant de retirer la combinaison qu'elle portait. Sa voix était ferme malgré une sensualité certaine. Elle était encore couverte de sang mais elle s'en fichait. Elle avait vraiment besoin de s'assurer que Leif était là et qu'ils allaient vivre ce moment de plénitude l'un avec l'autre.

    - Déshabille-toi, ordonnait-elle sans flancher, vite.

    Elle fut rapidement nue et vint aider le brun en jetant et arrachant même la chemise qu'il portait. Heureusement qu'ils étaient seuls au milieu de nulle part. Matoaka ne se retenait pas. Elle poussait des ronronnements et des soupirs de plaisir surtout en sentant contre son bassin le sujet de tous ses fantasmes. Elle mordait la langue de Leif, lui tirait les cheveux, enfonçait ses ongles dans sa peau. Elle était sauvage, bestiale et alors qu'il allait vouloir prendre le dessus elle le prit de cours elle s'empalant d'elle-même sur son membre dressé.

    - Bon sang.. Isha..

    Renversant sa tête en arrière sous le plaisir, elle fermait les yeux un instant en agrippant la nuque de son bien aimé. Son bassin jouait lentement pour commencer puis elle se laissait aller aux à-coups du brun. Si elle avait entamé le début, elle voulait lui laisse le privilège d'aboutir, de la conquérir et de la posséder à sa guise. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle ne lui rendait pas ses mouvements, bien au contraire. Mordant de nouveau sa lèvre, elle pointa ses dents acérées sur le cou du brun avant de rejoindre ses lèvres qui avaient trouvé refuge sur ses seins :

    - N'aies pas peur.. Je suis là.. Oh.. Isha..

    Elle gémissait sans retenue. Tellement que c'en était indécent. Mais qu'est-ce qu'elle se fichait. Là, ce soir, ils s'étaient dévoilés l'un à l'autre sans aucun fard. Ils étaient unis dans un délire orgasmique et sauvage qui ne les avaient jamais encore pris. Mais surtout, la jeune femme n'avait pas peur de lui faire comprendre qu'elle ne partirait pas. Peu importe son mariage, peu importe qu'il soit ce Berserk violent et bestial. C'était lui qu'elle voulait malgré tout. Lui qu'elle désirait plus que tout.

    - Ne t'arrête pas.. Toi.. Toi.. Mon amour..


    immarcescible, Posté le mercredi 03 août 2022 19:19 Répondre

    C'était un tout autre monde qui s'ouvrait à Matoaka. En effet, elle en avait vu un peu du beau monde parmi ces voyages en Méditerranée mais jamais un palais de la sorte. Le petit palais qu'occupait Philippe était totalement différents des autres demeures qu'elle avait pu rencontrer. Différent aussi de la culture nordique. Ici, tout respirait la richesse, la suffisance et le pouvoir. Un pouvoir très étrange qui n'était en rien avec celui de son peuple ou celui de Leif. Ici, sommeillait quelque chose de divin mais d'étrange. Comme si le pouvoir des Esprits ne pouvaient pas naître à cause de la suffisance des hommes. Tout prenait forme en cet homme étrange en robe qui la regardait avec une haine viscérale quand il puait de peur près de Leif.

    Mais Philippe était un hôte charmant et pleine d'attentions. Matoaka le suivait dans toute sa visite et découvrait les peintures sur les murs, les fresques de tapisseries ou encore les statues de l'antiquité qui jonchaient le jardin. Profitant qu'il n'y ai qu'elle et Leif un instant, elle s'amusa à mimer une statue, juste pour le voir sourire. Il était si tendu qu'il n'avait pas encore ouvert la bouche de toute la visite. Lorsqu'ils furent à table, elle fut surprise de voir que tout un tas de monde s'agglutinaient près d'eux. Il s'agissait vraisemblablement d'amis et d'autres seigneurs de la région puisqu'ils se faisaient tous appeler "messire" par les servantes qui leurs servaient du vin. L'amérindienne avait mal au ventre, quasiment la nausée en voyant toute cette nourriture qu'ils gaspillaient alors que sur le trajet ils avaient croisés des mendiants. Leif lui avait interdit de leur donner de l'or. Il lui avait expliqué que tous les autres viendraient suite à cela ce qui l'avait choqué. D'autres ? Cela voulait-il dire que d'autres vivaient dans cette condition ?

    La question de l'évêque la fit sortir de ses pensées. Surprise qu'il lui adresse la parole, elle haussa un sourcils avant de reprendre une gorgée d'eau dans son verre. Il semblait sur les nerfs, prêt à mordre suivant la réponse de la jeune femme. Elle devait être maligne :

    - Je crois en l'être humain et ses capacités monseigneur. Qui suis-je pour savoir combien de Dieux nous accompagne ?
    - Ahahah. Ignorante. Il n'existe qu'un seigneur suprême dans notre monde. Vous avez encore beaucoup à apprendre de la vie ma chère.
    - Ou peut-être avez-vous besoin d'ouvrir les yeux sur le monde de possibilité qui nous entourent.

    Matoaka ne haïssait pas la religion. Elle haïssait les hommes qui la gouvernait. Jamais elle n'a voulu du mal à ceux qui croyaient différemment d'elle puisqu'elle partait du principe que son unique dieu était la nature. Mais comment faire comprendre une telle singularité à cet homme si grossier et bedonnant. En effet, il ricanait jaune de s'être fait rabroué par l'étrangère, surtout que tous les nobles riaient à gorge déployé. Il se vengeait sur la nourriture en mangeant comme un ogre qui ne s'était pas nourri depuis des siècles. Cela lui leva l'estomac une nouvelle fois si bien qu'elle du détourner les yeux. Au bout de la table, elle vit que Philippe s'était penché vers Leif pour murmurer à son oreille. L'oeil concentré de son amant lui fit comprendre qu'ils parlaient stratégie militaire et qu'il était vivement intéressé. Elle lui offrit un doux sourire mais fut une fois de plus rappelée par l'un des nobles de la table qui voulait trinquer avec elle :

    - Allez ma jolie, bois un p'tit coup ça va te détendre.
    - Merci mais je me contenterais d'eau. D'ailleurs, j'aurais une question. Est-ce que votre dieu prescrit-il un régime alimentaire particulier pour les hommes de votre religion, demandait-elle innocemment, est-ce que manger autant est une manière pour vous de mieux entrer en contact avec lui ?

    Un silence gênant se fit entendre dans toute la ruée de nobles. L'évêque devenait fou de rage. Le rouge lui montait aux joues et Matoaka se doutait bien qu'elle avait mis le doigt sur le sujet qu'il ne fallait pas. Ainsi donc, il ne s'agissait bel et bien que de pouvoirs et de privilèges et en aucun cas de contact avec le divin. Taquine et pernicieuse, elle se pencha sur la table l'air de rien et planta ses iris dans ceux de l'évêque prêt à dégainer :

    - Ou alors vous vous assurez qu'il ne reste plus rien à manger pour les habitants de vos terres en vous goinfrant minablement, monseigneur ?

    C'était sans aucun doute la goute d'eau qui a fait déborder le vase. L'homme d'église se rua au travers de la table et gifla dans une lancée violente Matoaka. La jeune femme, sonna, tomba contre le dossier de sa chaise en tenant sa joue, choquée non pas de la gifle à proprement parler mais plutôt des mots qui suivirent :

    - Petite catin, salope du démon, suppôt de satan tu vas payer pour ce que tu viens de dire. Insulter un homme de Dieu quand toi-même tu n'es qu'une larve pestilente de la pire des vermines. Baisse les yeux quand je te parle ! Vermine ! Catin !

    Sans perdre un instant, Matoaka poussa un cri de rage en agrippant son couteau et vint l'enfoncer dans la main du gros homme qui vociférait et crachait sur elle. Il hurlait de plus belle sous la douleur quand elle grimpait à son tour sur la table pour assumer violemment sa tête contre le bois dur de la table. La tête de l'évêque fit un son creux lorsqu'elle frappa quand elle montait désormais sur son dos. L'homme tremblait quand elle relevait sa tête pour apposer son pouce sur le coin de son cou. Cela bloqua et figea l'homme qui était encore conscient de tout ce qui se passait autour de lui. Tous les gardes et tous les hommes de Philippe s'étaient levés en grande vitesse, prêt à attaquer. Matoaka avait retrouvé son sourire de diable, celui qui brillait dans le noir quand elle s'apprêtait à assassiner de sang froid. Après tout, c'était une facette que Leif n'avait pas encore eu le temps d'apercevoir chez elle et qui risquerait sans aucun doute de l'effrayer. Mais là, elle était en transe et rien ne pourrait la faire redescendre exceptée le sang.

    - Tu viens à ton tour d'insulter une Volva et une Princesse de sang royal infect petit homme. Tu ne mérite pas d'être en contact de ton dieu et encore moins de prodiguer sa bonne parole. Tu es la honte de ta religion et des sacrements que tu proclames.

    En murmurant cela, elle en profitait pour bouger le couteau dans la main de l'homme qui ne pouvait que crier de douleur sans pouvoir bouger. Agrippée à lui comme une petite sauterelle sur sa branche, elle s'amusait manifestement et continua à faire aller et venir le couteau dans sa plaie en ricanant d'un rire mauvais :

    - Le mieux pour tout le monde serait que tu t'excuses mais je sais que tu ne le feras pas. Ou alors de mauvaises grâce alors voilà tout ce que je peux t'assurer monseigneur. Tu vas vivre longtemps mais douloureusement. Si longtemps mais sans te souvenir du goût des aliments, des odeurs de la nourriture. Non, parce que tu en seras révulsé. La seule chose qui pourra te satisfaire ne sera que la fiente des honnêtes gens que tu auras sacrifié au prix de ta luxure.

    Elle était abominable. Une vraie créature tyrannique. Son hypnotisme et ses pouvoirs avaient des allures machiavéliques sur elle mais elle ne pouvait pas s'en rendre compte. Pour elle, tout ça était normal. Lui infligeant une nouvelle souffrance en appuyant une nouvelle fois le couteau dans sa chair, elle en profita pour tirer ses cheveux en arrière pour qu'il regarde Leif :

    - Tu le vois ? Regarde-le.. Celui que tu as appelé le Sauvage. Il a bien plus de coeur et d'humanité que tu n'en auras jamais. Excuse-toi !

    Les hommes autour d'elles se resserraient, prêt à attaquer mais Philippe les arrêta d'un mouvement de main. Cela ne l'aurait pas effrayée de toute manière. L'évêque laissait couler une larme sur sa joue quand il se faisait aussi dessus. Certains gardes tournaient la tête par pudeur quand d'autres étaient choqués de cette scène improbable. Matoaka insistait et il vint marmonner une excuse qui résonna dans toute la pièce. Satisfaite, elle retira son pouce qui l'immobilisait et d'un coup le couteau qui tenait sa main. Le laissant tomber sur le sol, elle resta debout sur la table en arrangeant sa crinière avant de prendre une pomme qui était à son pied :

    - Isha..

    Son regard était assuré, son sourire machiavélique. Cette Matoaka pleine d'assurance et de fermeté sauvage lui donnait une allure de guerrière sanguinaire. En effet, du sang coulait encore sur ses mains mais elle s'en fichait. Elle croquait dans sa pomme en dévorant du regard le beau norvégien qui n'avait pas bougé de sa place. Cela la faisait sourire de plus belle quand l'évêque sur le sol demandait visiblement une aide que personne n'osait donner de peur que la succube s'en prenne à eux :

    - Ramène-moi, murmurait-elle en amérindien de sorte qu'eux deux se comprennent, j'ai envie de toi.


    immarcescible, Posté le dimanche 31 juillet 2022 22:16 Répondre

    Matoaka n’aimait pas être en mer. Elle voyait le temps passer et cela l’épuisait. Aussi, lorsqu’ils débarquèrent enfin, elle se sentait bien plus à l’aise. Une fois de plus, Leif prenait toutes les décisions et avait jugé meilleur de s’écarter un peu du groupe. Elle s’en était trouvée contrariée jusqu’à ce qu’elle voit où les hommes se rendaient. Là, la jeune femme remercia secrètement le seigneur Erikson. La petite chaumière dans laquelle ils s’installèrent était toute charmante. Ainsi, pendant qu’il chassait, elle prit soin de ranger et de nettoyer un peu avant d’allumer un feu. Dans un petit placard du fond, elle trouva des draps propre même si ils étaient un peu vieillis par le temps. Elle les exposa au vent frais de la côte et les mis ensuite sur le lit de la pièce unique.

    C’était étrange comme sensation. Celle d’attendre son aimé pour le souper. L’impression fugace et rapide qu’une vie normale à deux pourrais être possible. C’était ce que Leif avait fantasmé pour eux deux des années auparavant. Etait-ce encore possible aujourd’hui ou totalement désuet ?

    C’est pensive que Matoaka picorait son assiette. Le lapin n’aidait pas c’est vrai. Mais elle ne pouvait s’empêcher de penser à cette vie qu’ils pourraient avoir en revenant en Norvège par la suite. Comment un mariage se défait-il dans son peuple ? C’était une chose impossible chez elle. S’enfuiraient-ils ? Auraient-ils des enfants ? Matoaka était peuplée de questions lorsque soudain, il la fit sortir de sa torpeur qu’il pensait être de la fatigue.

    Complètement fascinée, elle écoutait ses récits et comment il avait élaboré cette carte Admirative, elle découvrait une autre facette de Leif. Un explorateur, un aventurier. La petite étincelle dans son regard était revenue. Elle était là finalement sa place. Sur les mers à se confronter aux autres. C’était ce qu’elle pensait jusqu’à ce qu’il lui parle de son pays. En parlant de colonies, elle fronça les sourcils prête à riposter, mais une fois de plus, il sut vaincre sans armes son coeur si docile.

    - Leif Erikson.. Je ne te savais pas aussi sensible.

    Une douce taquinerie qui la faisait tendrement sourire. Se levant, elle vint caresser sa crinière et resta debout près de lui. Elle le sentait poser son visage contre son ventre. Diable qu’elle aimait cette image et cette sensation. Elle ressentait cette même plénitude qui l’avait guidé à sacrifier toutes ses croyances pour lui. Embrassant le sommet de son crâne, elle reprit :

    - Je veux que tu me racontes comment tu as trouvé cette pierre. Il s’agit très probablement d’une de tes aventures les plus fantastiques.

    Ils prirent les fameuses framboises avec eux dans le lit quand ils se couchèrent. Matoaka l’écoutait avec attention, les yeux brillant de fascination. Sans que ce soit sexuel, elle massait les doigts de Leif, ses avants-bras, ses épaules, ses jambes. C’était une manière de détendre tous ses points de tension. En tant que chamane, elle voyait que le corps de ce dernier était tendu. Aussi, plus il parlait, plus elle le détendait. Lorsqu’il fut enfin nu et détendu, elle le vit fermer lentement ses yeux ce qui la fit sourire. Alors, elle se déshabilla à son tour et se blottie contre lui. Elle était glacée. Son visage dans son cou, elle embrassait la peau fine de son cou en récitant une prière dans un murmure.

    C’était une manière pour elle d’invoquer les bons esprits à les guider vers cette nouvelle intimité qui les liaient désormais. Endormis, l’un contre l’autre sans aucune crainte, comme un couple normal. Voilà qui faisait vibrer l’imaginaire de Matoaka. Pourtant, au petit matin, la vie devait reprendre son cours.

    La brune se réveilla la première et voulu à son tour préparer un bon déjeuner à son amant. Elle alla en forêt à proximité et ne vit pas la petite citadelle qui se trouvait derrière les bosquets. C’est lorsqu’elle prit le chemin inverse vers la maison qu’elle se rendit compte que le village était bien plus vaste qu’elle le croyait. Il s’agissait d’une ville entière. Fascinée, elle eut envie d’aller voir, surtout que des odeurs alléchantes lui venait aux narines. Sa curiosité la poussa à oublier la peur viscérale de Leif et elle se rendit au marché.

    Jamais encore elle n’avait vu un marché tel que celui-là. Les gens riaient, parlaient, criaient. De la nourriture à profusion et des odeurs à faire saliver un ogre. Elle achetait tout ce qui lui semblait délicieux et remplissait son panier qui avait été vite rempli. Vêtue de sa tenue de guerrière, elle faisait forcément attirer l’attention. C’est alors que le seigneur du coin, Philippe d’Orléans surgit sur son destrier pour voir la fameuse étrangère au marché.

    - Ma dame il semblerait que vous vous êtes perdue. Qui êtes-vous donc ?

    Sans se démonter, Matoaka se présenta. Elle n’avait rien d’une norvégienne et encore moins d’une Méditerranéenne. Son profil n’avait jamais encore été vu en Europe. Elle attisait la curiosité et la méfiance. D’ailleurs, si Philippe était curieux, l’inquisition derrière lui l’était moins. Le vieux bedonnant évêque donnait un regard horrifié et courroucé devant l’amérindienne qui ne perdait pas son sang froid devant ces hommes qui l’entourait. Sa main sur le pommeau de son épée, elle était prête à dégainer. Mais Philippe la rassura, surtout lorsqu’elle lui dit avoir des amis non loin :

    - Vous en craignez rien avec moi ma dame, dit-il, je vais vous ramener à votre chaumière mais vous devez me promettre de venir dîner à mon palais ce soir.

    Ce qu’elle accepta. Montant derrière lui, elle lui indiqua le chemin et le laissa la conduire en toute confiance jusqu’à la maisonnette. Bien entendu, Leif du entendre la troupe de cavalier et cela le réveilla puisqu’il était armé et prêt à se battre devant la porte d’entrée. Rapidement, Matoaka descendit du cheval de Philippe qui la précéda. Arrivée à la hauteur de Leif, elle lui offrit un doux sourire, signe qu’il ne devait pas s’inquiéter et lui présenta son sauveur :

    - Elle allait acheter des viennoiseries au pire des marchands fort heureusement je lui ai conseillé un des amis personnel. Vous m’en direz des nouvelles l’ami.

    Matoaka donnait un léger petit coup de coude à Leif pour qu’il réagisse. Pendant ce temps, Philippe ne cessait de parler de sa terre qu’il bénissait quand l’homme d’église s’approcha méfiant en détaillant avec horreur Leif dont la stature impressionnante devait en épouvanter plus d’un :

    - Mon seigneur, dit-il en latin pour ne pas se faire comprendre, il s’agit de Leif Erikson.. Le boucher de Norvège.. le sauvage.. Vous savez..


    immarcescible, Posté le vendredi 29 juillet 2022 19:40 Répondre

    Les deux frères autrefois si proche semblaient être de parfaits étrangers. Matoaka se doutait bien qu’elle était en partie responsable. C’était pour elle, pour ses pouvoirs que Leif l’avait échangé. A cause d’elle qu’il s’était disputé et battu quelques jours auparavant. Malgré tout, elle ne pouvait s’empêcher de faire une moue désapprobatrice en voyant leurs visages tuméfiés. Ce qu’il pouvait être bête ces hommes, pensait-elle.

    Néanmoins, grâce à elle et même si Leif ronchonnait encore, elle avait obtenu l’information permettant de savoir où était potentiellement Amara. Le nom de Rollo l’avait rendue amère et en colère. Ainsi, c’est après avoir probablement vendu Amara qu’elle était tombée sur lui. Si seulement elle avait été plus lucide sur ce viking. La vengeance l’avait complètement aveuglée si bien qu’elle en avait occulté tout le reste.

    La demande de Leif pour savoir si elle pouvait avoir un signe de la belle bulgare la fit hocher positivement de la tête même si elle savait qu’elle allait avoir du mal à retrouver un quelconque lien avec ses Esprits. Leif et elle n’avaient pas encore abordé tous les sujets les concernant. Celui-là en faisait partit. Elle craignait soudainement de ne plus avoir aucune valeur pour lui. Cela rejoignait sa crainte d’autrefois, celle où craignait qu’il ne l’aime que pour ses capacités. Pourtant, elle ne pourrait pas lui dissimuler bien longtemps qu’elle n’avait plus ou très peu de contacts avec les Esprits.

    Mais pour le moment, ils rentraient au campement. Ils avaient récupéré les autres compagnons d’armes de Feargus et sur le chemin, Matoaka fit en sorte de trainer le pas pour que les frères puisse parler. Mais l’un et l’autre semblaient s’éviter. Cela fit soupirer la brune qui décida de prendre le taureau par les cornes en allant voir le plus sérieux des deux et le plus enclin à faire le premier pas : Feargus.

    Profitant qu’ils arrivaient près du campement, elle fit mine de demander de l’aide à son vieux compagnon pour l’aider à identifier des fleurs non loin du chemin. Mais bien entendu, c’était sans compter sur la mine sombre de Leif qui observait tout tel un loup près à bondir. Matoaka l’ignora et prit fermement le poignet du blond dans sa main et l’entraina sur le petit chemin qui jonchait la plage. Il marchait derrière elle sans comprendre ce qu’elle manigançait quand elle se penchait pour cueillir des fleurs. Elle répliqua alors, lorsqu’ils furent suffisamment plus loin :

    - Cela suffit cette guerre avec Leif. Vous ne pourrez pas y arriver si vous continuer à vous disputer de la sorte. Je sais que tu lui en veux et c’est normal. Mais si on veut trouver Amara nous devons être une équipe.
    - Ça te va bien de me dire ça Matoaka. Ce n’est pas toi qu’on a échanger juste pour un royaume.
    - J’ai été vendu comme un simple objet sans avoir la possibilité de choisir.
    - Oh.. Donc tu n’étais pas au courant de ce marchandage.
    - Non. Mon père et Leif ont manigancé tous les deux.
    - Et pourtant tu ne l’as pas tué.
    - Il s’avère que je l’aime trop pour ça.

    La jeune femme avait esquissé un léger sourire en disant cela. C’était la première fois qu’elle l’avouait à quelqu’un à haute voix. Cela surpris Feargus qui ne sut quoi répondre. La jeune femme avait dans ses mains un bouquet de camomille qu’elle utiliserait pour ses baumes. Elle dénotait vraiment avec ses cheveux tressés et sa tenue de guerrière. Une amazone tenant dans ses mains un bouquet des champs.

    - Leif s’en veut tu sais. Mais il ne fera jamais le premier pas..
    - Je te rassure, je connais bien mon frère et je sais pourquoi il est aussi désinvolte. Il ne veut pas savoir ce qu’on aurait pu faire subir à Amara. Visiblement ce que toi-même tu as subis l’a détruit.

    Ça, Matoaka n’allait pas le contredire. Elle évita simplement son regard et se mit à marcher sur la plage non loin du campement. Feargus marchait à ses côtés les mains dans le dos en pensant :

    - J’ai toujours aimé Amara tu sais. Mais.. Mais je n’osais pas l’approcher de peur qu’elle soit scandalisée. Je ne voulais pas qu’elle croit que je ne voulais d’elle que pour un plaisir avilissant. Je.. Je voulais lui offrir le monde mais nos statuts nous l’empêchaient.
    - Elle t’as toujours aimé aussi. C’était pour ça qu’elle était venu te rejoindre, pour te sauver.

    La pensée de sa seule amie ayant disparu fit mal au coeur à l’amérindienne. Mais elle ne pu s’empêcher aussi de sourire en repensant à sa détermination. Même si elle n’avait plus ses pouvoirs d’avant, elle avait encore des pressentiments. Et à ce moment précis, elle en avait un qui se formait.

    - Elle est en vie Feargus. Je le sens.. Il ne faut pas abandonner.

    Cela redonna espoir au blond qui souriait grandement. Spontanément, il enlaça Matoaka contre lui en oubliant que son frère jaloux et possessif pouvait regarder. Il s’en fichait parce qu’il faisait confiance aux prédictions de l’amérindienne et qu’il n’avait aucun autre but. Au loin, la voix de Nashoba leur demandait de venir les rejoindre. Ils avaient trouvé de quoi manger pour le repas et même des légumes pour la jeune femme qui mourrait de faim. En arrivant près du campement, elle se rendit directement près de Leif. Il ruminait sans aucun doute en aiguisant son épée.

    Seul, un peu à l’écart, elle vint se poster devant lui en posant son bouquet de camomille près de lui. Elle récupérait son sac qui était près de celui de Leif et en sortant sa trousse à médecine avant de venir soigner les blessures légères de son visage en silence. Leif se laissait faire mais elle voyait bien qu’il ruminait encore. Alors, pinçant son ventre, elle répliqua avec un sourire malicieux :

    - Je me doutais que tu réagirais de la sorte voilà pourquoi je n’ai rien dit. Rien ne pouvait m’arriver. Tu dois me faire confiance.

    Il allait répliquer mais elle le stoppa dans son élan en plaquant sa main contre ses lèvres pour pouvoir continuer. De sa voix douce, tranquille, elle lui expliqua alors pourquoi il devait cesser d’avoir peur :

    - Si tu m’as laissé venir c’est que tu sais que je suis capable de me battre. Je ne me laisserais plus jamais faire alors arrête d’avoir peur pour moi. La preuve, si je suis en mesure de te mettre au sol c’est que je suis capable désormais d’attaquer n’importe qui, non ?

    Comme pour combler les maux du beau brun, elle se pencha sur ses lèvres et déposa un léger baiser pour ne pas le blesser encore plus. Elle venait de finir d’appliquer son baume lorsqu’elle finit par dire :

    - Je vais aller m’isoler un peu après manger. Essayer de convoquer les Esprits pour trouver Amara. Donc ne t’inquiète pas si je disparais une petite heure. Je reviendrais quand même pour me blottir contre toi cette nuit si tu n’es pas trop cassé de t’être battu aujourd’hui. Ah ! Oui.. Au fait. Parle à ton frère Leif Erikson.

    Enfin un peu seule, elle prenait le temps d’assembler autour d’elle un dessin dans le sable. C’était une manière de se rapprocher des signes de ses Esprits. Les bougies allumées et les fleurs disposées, elle se concentrait pour méditer en écoutant le bruit des vagues. Le campement était non loin, elle entendait les rires gras des hommes. Cela la rassurait de les entendre. Elle imaginait Leif et Feargus rire de nouveau ensemble. Même si il était rare de voir Leif rire. Toujours est-il qu’elle se concentrait du mieux qu’elle pouvait. Des images, des sensations lui venaient. Elle voyait Amara, Feargus, Leif, Rollo. Tout était quelque peu mélangé dans son esprit.

    Mais elle l’appelait. Elle appelait Amara de toute ses forces. Elle cherchait une réponse à ses questions. Elle cherchait un emplacement. La Grèce lui faisait forcément penser aux terres de son époux qu’elle avait vu mourir sous ses yeux. Pourquoi pensait-elle à cela maintenant ? La culpabilité ? Sans doute. Pourtant, elle eut un flash. Léger mais puissant. Amara couchée sur un lit de fleurs au beau milieu d’un champ. Elle semblait apaisée, comme morte. Un olivier et un cheval vinrent en image rapide. Puis enfin un hurlement de guerrière retentit. Matoaka se releva apeurée en tremblant. Aurait-elle eu tort en disant à Feargus qu’elle la sentait vivre ? Etait-elle littéralement morte ou son esprit ? Une chose est sûre, elle savait que la brune n’était plus elle-même et que quelque chose bloquait les potentiels moyen de communication. Que lui avait fait Rollo.

    Elle revint au campement épuisée en tenant à peine sur ses jambes. Non loin, Nashoba la vit et appela les garçons pour la prévenir. Alors qu’elle arrivait près d’eux, elle s’évanouit d’épuisement. C’était comme si elle avait vidée de toute énergie en tentant de contacter Amara. Se sentant soulevée, elle se laissa faire et sentie le parfum si particulier de Leif. Blottie contre lui, elle se laissa bercer et murmura faiblement :

    - Excuse-moi.. Je n’ai pas.. Je n’ai pas réussi.. Mais je la trouverais.. En attendant.. En attendant allons en Grèce..


    immarcescible, Posté le mercredi 27 juillet 2022 19:56 Répondre

    Les moments intime avec Leif étaient toujours beaucoup trop court. Ils avaient eu le privilège d’avoir une nuit de douceur tranquille mais le soleil arrivait beaucoup trop. Matoaka était frustrée de ne pas avoir pu rassasier l’appétit de Leif, surtout que le sien était tout autant frustré. La promesse d’un petit déjeuner orgasmique mis en l’air par Feargus n’arrangea en rien ses aveux. Enroulée dans un des plaids, la brune avait entendu les vocifération du grand blond. La culpabilité grimpait et alourdissait ses épaules. Leif était vraiment devenu ce seigneur sanguinaire ? Pour elle ? Non, à cause d’elle rectifiait sa mauvaise conscience.

    Lorsqu’il surgit dans la maisonnette, il sut qu’elle avait entendu. Si lui avait peur qu’elle le voit comme un monstre, elle, elle avait peur du pouvoir qu’elle pouvait avoir sur lui. Svala avait compris qu’ils étaient intrinsèquement liés l’un à l’autre mais qu’en serait-il lorsque la prophétie d’Aponi se concrétisera ? Si elle mourrait pour lui, comment réagirait-il ?

    Vite, elle vint dans ses bras et l’enlaça de sorte qu’il ne soit pas inquiet de sa réaction. Car, aussi égoïste que ça pouvait paraître elle se fichait des autres. Elle ne s’inquiétait que d’une personne et elle le tenait entre ses bras :

    - Allons vite retrouver Amara pour rentrer tu veux bien ? Je m’inquiète pour elle moi aussi. Après on rentrera à la maison.

    En disant cela, c’était lui affirmer qu’elle rentrerait bien chez lui qu’elle considérait sa maison. Elle voyait bien son air circonspect, cela la fit sourire. Il avait toujours cette moue fâcheuse et contrariée qu’elle aimait tant. Embrassant son buste nu et caressant ses fesses, elle répliqua :

    - C’est ici, contre toi, que je me sens à la maison Leif Erikson.

    Mais l’heure du départ sonna. Feargus était aux aguets et ils n’avaient pas le temps à d’autres amourettes. Une heure plus tard, tous les vikings et les amérindiens de l’expédition étaient sur les drakkars en direction de Glasgow. Il ne leur fallut que deux jours pour atteindre le port. Mais par mesure de précaution, et surtout en connaissance la réputation très controversée de Leif, ils décidèrent d’établir leur campement tout près de la ville dans une crique à l’abris des intempéries et du vent.

    Feargus constitua un premier groupe de trois personnes dont Matoaka faisait partie pour aller faire du repérage en ville. La jeune femme acceptait la mission sans crainte et pris son épée d’une main ferme. Nashoba était contre à l’idée de laisser sa soeur partir dans une ville méconnue et sans garde rapprochée. La jeune femme levait les yeux au ciel en soupirant affligée de la remarque sexiste et paternaliste de son frère :

    - Après tout ce que tu as affronté je ne veux pas que tu subisses encore les horreurs de ces visages pâles.
    - Nashoba arrête donc ta crise enfantine. Je suis tout à fait en mesure de me défendre et tu le sais.
    - Tant que nous n’aurons pas l’accord de Leif tu ne partiras pas toute seule.

    Là, Matoaka virait au rouge. En effet, Feargus avait constitué son groupe sans en avertir Leif et c’était tant mieux pour la jeune femme qui pouvait ainsi décider de partir avec le groupe sans avoir besoin de convaincre le colosse. Alors, quand son frère se mit à vouloir l’en empêcher, elle éructa de colère :

    - Va te faire foutre Nashoba. Tu n’es ni mon père, ni mon mari. Je suis libre de faire ce que je veux et comme je l’entends et si ça ne te conviens pas et bien.. et bien regarde mon cul tiens il saura quoi te répondre lui.

    Les hommes autour riaient. Mais Matoaka n’avait pas envie de rire, elle les ignora et rejoignit Feargus qui avait déjà pris le chemin vers Glasgow quand le reste de l’équipage préparait le campement sous la supervision de leur seigneur. L’amérindienne savait qu’il serait en colère en se rendant compte de sa disparition mais il devait lui aussi apprendre à lui faire confiance. Ils arrivèrent en vile une petite heure plus tard et c’est là que commencèrent les investigations pour retrouver Amara.

    Pour commencer, la brune chercha du côté du port et notamment des prostituées. Non pas que cela l’enchantait et encore moins Feargus, ils ne pouvaient omettre aucun détail. La ville était pleine de monde, bruyante et sale. L’odeur atroce du poisson et du sang soulevait l’estomac de la brune qui se retenait de ne pas vomir. Compliqué surtout que les tas d’immondices et de déchets s’accumulaient sur le quai où déambulaient des femmes de joies aux traits tirés et désenchanté. Elles portaient le malheur et la souffrance. Matoaka eut peur désormais de croiser le regard de son amie.

    Le souvenir de ses prunelles flamboyante et de ce sourire qu’elle avait en parlant de Feargus l’avait tant ému. Et si c’était trop tard désormais ? Matoaka culpabilisait. Elle n’aurait jamais du la laisser partir seule. Marchant sereinement sur le long du quai, elle tenait dans sa main droite son épée qui était accrochée à son fourreau, mais sans quelle le veuille, elle attirait le regard cette petite femme guerrière dans le repaire des prostituées.

    Se dirigeant vers un établissement ouvert et bondé de monde, elle se rendit vers un groupe de filles qui discutaient fort en riant sans vergogne. Sans doute pour attirer l’attention :

    - Bonsoir mesdames, commençait poliment Matoaka, je cherche une femme du nom de Amara. Grande brune qui aurait du embarquer pour le nord il y a un an. Elle travaillait pour le compte de Monsieur Feargus. Cela vous dis quelque chose ?

    Mais personne ne lui répondait. Elles lui tournait exprès le dos pour lui faire comprendre qu’il n’y avait rien à chercher ici. Mais Matoaka n’était pas dupe. Elle savait que ces femmes étaient les yeux et oreilles des villes. Aussi, elle insista :

    - Une forte récompense sera donnée à ceux qui nous donneront la moindre information.
    - Une récompense de combien, demandait une jeune femme édentées qui fit frémir d’horreur l’amérindienne.
    - Votre poids en or.

    Les langues allaient se délier, c’était obligé. Mais alors que l’une d’entre elle allait s’approcher pour lui raconter quelque chose un fracas sur la porte d’entrée fit relever toutes les têtes. Mais Matoaka était trop petite et ne voyait rien.


    immarcescible, Posté le samedi 23 juillet 2022 19:17 Répondre

    C’était finalement simple. Plus simple qu’elle ne l’aurait cru et tout aussi divin. Faire l’amour avec Leif c’était atteindre le paradis sans avoir envie de revenir sur terre. Allongée sur le lit, épuisée et essoufflée, la brune garde sur ses lèvres un sourire satisfait. Les joues rougies elle tente vainement de reprendre conscience mais impossible avec les lèvres vorace de son Seigneur qui la possède de toutes les manières qui soient. Comment les hommes peuvent-ils tourner le dos à ce bonheur sensuel et privilégier la souffrance des autres. Ô oui, qu’elle voudrait bâtir un monde où la guerre serait remplacé par l’amour.

    Encore groggie de ses sulfureuses caresses, la brune passa délicatement ses doigts sur le dos de Leif qu’elle avait griffé de toutes ses forces. Ses lèvres rejoignaient les siennes dans un baiser fiévreux et endiablée qui leur fit perdre une fois de plus leur souffle :

    - Tu risquerais de vite t’en lasser si tu me faisais l’amour tous les soirs, non ?

    Matoaka avait retrouvé son humour, sa malice. Riant dans les bras de Leif, elle vint avec le peu de force qu’elle avait échanger leurs positions. Allongée sur lui, elle se mouvait, tel un serpent contre son corps qu’elle embrassait, léchait, mordillait sans retenue. Son buste était couvert de ses lèvres puis de ses mains qui le caressait quand elle le contemplait sans vergogne :

    - Tu. Es. Si. Délicieux.

    Sa langue trouvait refuge sur le ventre si musclé de son amant quand ses seins caressaient entre eux son sexe de nouveau redressé. L’appétit qu’ils avaient l’un pour l’autre était indécent. Mais Matoaka s’en fichait. Tout ce qui l’intéressait c’était de le rendre aussi fou de plaisir qu’il l’avait fait avec elle. Ses seins se pressaient contre son sexe et le massait quand elle mordait délicatement la peau de son ventre. Amusée de le voir dans un tel état, elle prit son temps avant de continuer à glisser sur lui. Elle repoussait fermement ses mains qui voulaient la contrôler ce qui la faisait rire quand elle embrassait sa cuisse tendue par l’excitation :

    - Vous voilà trop impatient mon Seigneur..

    Enfin alors sa bouche accueillie le membre fièrement dressé de Leif. Lentement, elle en fit le tour, le savoura, le dégusta avec une passion certaine quand ses yeux sombre brillaient de cet insolent désir. Ses ongles griffaient délicatement ses hanches quand elle allait et venait, alternant avec sa langue pour venir ensuite suçoter son gland rougit par le plaisir. Il allait venir, elle le savait. Elle voyait bien qu’il était sensible et qu’il se maintenait comme il le pouvait. Alors, pour le faire flancher, elle dévoila ses dents qui frôlèrent sa peau sensible avant de le faire littéralement venir. Son cri de plaisir envahit la pièce ce qui la fit sourire de contentement quand il semblait complètement épuisé.

    - J’en ai pas finis avec toi Isha.. Tu m’as promis toute la nuit et tu sais qu’une Volva n’a qu’une parole.

    Se redressant, elle vint s’asseoir à califourchon sur lui et joua de son bassin contre le sien. Il s’agissait pour le moment de jouer uniquement, de danser. Matoaka passa une main dans sa longue crinière défaite et la rejeta en arrière. Son corps entier dansait contre celui de Leif quand enfin, elle se laissa pénétrer de nouveau. Renversant sa tête en arrière, elle poussa un long soupire de plaisir qui faisait trembler son corps entier. Ses mains prenaient appuie sur le buste puissant du géant quand elle commençait sa chevauchée sensuelle :

    - Oui.. Isha.. Oh.. Oui.. Con.. Bon sang.. Continue..


    immarcescible, Posté le samedi 23 juillet 2022 00:23 Répondre

    « Dis quelque chose » ne cessait de penser Matoaka qui était encore groggy par le baiser passionné qu’elle venait d’échanger avec Leif. Pourquoi ne disait-il à ce qu’elle venait de lui confier. Une part certaine, au fond d’elle, savait qu’il l’aimait. Mais tant qu’il ne lui avait pas dit, elle ne pouvait se résoudre à s’offrir à lui ou tout bêtement continuer à être près de lui. Leurs silences complice ne suffisait pas cette fois. Elle avait besoin de l’entendre dire. Alors, lorsqu’il lui avoua avec ses mots et son hardiesse si particulière, cela l’apaisa et la fit tendrement sourire. Non pas qu’elle attendait beaucoup du grand guerrier, mais au moins le minimum. D’ailleurs, cela lui suffit.

    - Je ne vous savais pas une âme de poète mon seigneur, ironisa-t-elle tendrement amusée en l’attirant contre elle d’une main ferme, vous savez si bien parler d’amour.

    Bien sûr c’était une douce moquerie envoyée au guerrier qui ne savait pas séduire par les mots. Mais cela n’avait jamais dérangé l’amérindienne qui n’avait jamais eu besoin de grand discours pour le comprendre. Ils étaient bien au-delà de tout cela en fait.

    Elle le laissait la déshabiller entièrement avant de couvrir pudiquement son corps. Ce n’était pas comme les dernières fois où d’elle-même elle était assurée. Là, elle avait peur de se montrer. Elle avait peur qu’il soit répugné qu’elle ai été salie. Mais Leif la comprenait mieux que quiconque. Il la caressait si bien que cela la détendait et faisait naître des gémissements subtiles de la jeune femme. Sa peau frissonnait quand ses bras glissaient pour laisser dévoiler ce corps si longtemps martyrisé.

    Son oeil dévorait le corps transformé de Leif. Elle comptait le nombres de cicatrices qu’il avait et souffrait pour lui en passant ses doigts fin dessus, désolée.

    - Tu es la seule personne sur cette terre en qui j’ai confiance Leif. Je me remettrais toujours à toi. Je te confierai ma vie les yeux fermés. Alors, s’il te plaît, pardonne-moi de ce que je n’ai pas pu les empêcher de faire. Pardonne-moi tout s’il te plaît.. Mon âme n’appartient qu’à toi même si mon corps a été souillé. Il n’appartient qu’à toi.

    Leurs jambes imbriquées, elle se défit légèrement de l’étau de ses bras pour, dans un premier geste, lui retirer entièrement les vêtements qu’il portait. La petite maison contenait une pièce unique avec un grand lit, une table, deux chaises et un immense foyer où un feu crépitait. Matoaka pouvait contempler le visage de son âme grâce à cette lumière naturelle et cela l’a rassura. Au moins, il ne la voyait pas rougir quand elle embrassait timidement le cou du brun. Elle avait soif de le redécouvrir, si bien qu’elle venait le goûter du bout des lèvres. Matoaka venait puiser tour à tour ses lèvres dans une traînée de feu avant de ne plus pouvoir. En relevant la tête, elle laissa sa langue remonter la lente pente de son cou puis de son menton avant de venir mordiller sa lèvre inférieure. Elle ne voulait en rien le brusquer, ni gâcher ce moment précieux. Leurs retrouvailles.

    Ses seins nus se pressaient contre son buste si puissant quand ses doigts parcouraient son corps qu’elle sentait frémir. Matoaka hésitait mais lentement, elle vint prendre la main de Leif pour qu’il la posa sur elle :

    - Embrasse-moi encore, ordonnait-elle dans un murmure, touche-moi Leif..

    La température montait tellement vite entre qu’ils faisaient de l’ombre au feu près d’eux. Une fois qu’il fut entièrement nu contre elle, Matoaka put sentir la source du désir de Leif. Une légère brise de l’extérieur vint la faire frissonner et pointer une fois de plus ses seins durs plaqué contre son torse brûlant. Le regard qu’elle lui adressait était si fiévreux que ses feulements d’excitation s’échappaient de sa voix basse sous la soif du désir qui crépitait en elle. Elle avait besoin de le goûter encore et encore. Entendre son désir, qui était son son préféré et qui était aussi l’une de ses faiblesses préférées :

    - Isha.. Continue.. Isha.. Isha oui.. Mon Roi..

    Alors, dans l'écrin de ces bras, sa bouche plaquée contre la sienne dans ce baiser presque sauvage où ils révélaient toute la profondeur de leur volupté, elle mordit ses lèvres alors que leurs bassins cognaient l'un contre l'autre. Chauffée à blanc, la brune écrasa un gémissement en tirant les cheveux si long du Seigneur à l'instant où elle faisait tomber sa main droite sur sa cuisse, là où une bosse demeurait. Un sourire naquit sur ses lèvres, elle aimait le rendre fou. Jusqu'en perdre la raison. Pourtant, la brune ne répondit pas à ses suppliques. Non. Car en voyant son regard si sombre, même enivrée de désir, elle retourna à la réalité.

    Celle de ne plus se sentir tout à fait femme à présent. Les yeux de la brune laissaient transparaître une petite sensation de crainte qui l'habitait. Pourtant, elle était totalement esclave de ses souffles, de ses gestes, de sa bouche. Surtout, elle avait appris une chose des semaines qui venaient de s'écouler. En effet, elle avait appris que sa peau n'était plus tout à fait sienne, mais qu'elle était aussi quelque part, à lui. Alors, quand elle retrouva le contact sensuel des assauts de sa langue contre ses tétons durs, elle sentit son corps se cambrer sous ses bras, se cambrer pour lui naturellement, effaçant tous les vestiges de crainte qui demeuraient en elle. Surtout alors qu’il allait l'honorer de la plus charnelle des manières.


    immarcescible, Posté le jeudi 21 juillet 2022 18:59 Répondre

    Le voyage jusqu’en Ecosse était aussi tumultueux que la dernière fois. Matoaka était à l’avant du bateau et observer les vagues s’écrasaient avec violence sur le bois précieux du drakkar. Floki, l’ami de Leif l’avait construit expressément pour lui. La jeune femme aimait bien cet homme qui avait la capacité de parler à ses Dieux. Il avait en somme les mêmes pouvoirs que cette dernière. Un profond respect avait engagé les deux à discuter même si l’homme aux yeux de folie se sentait néanmoins supérieur à l’amérindienne. Mais cela ne dérangeait pas Matoaka qui souriait simplement à ses remarques parfois dédaigneuses.

    L’arrivée sur le territoire Orkney ne déplut pas à la jeune femme. Elle n’avait jamais eu le pied marin. Retrouver le sol ferme avait fait naître un sentiment de joie chez tous les compagnons de ce raid qui avaient décidé de fêter ça dès le premier soir. Mais elle était beaucoup trop fatiguée pour pouvoir se joindre aux festivités. Elle préférait s’isoler un peu dans la maison qui lui avait été donné, remerciant du bout des lèvres Leif. Une partie d’elle était déçue de savoir qu’ils ne partageraient pas la même maison.

    Pourquoi cherchait-il à l’isoler de la sorte ?

    Elle n’en dit rien et préféra se rendre dans la coquette maison où elle se lava. Des jours sur un bateau sans pouvoir se laver convenablement, voilà qu’il était agréable de pouvoir se rafraichir. Une fois lavée, elle eut la surprise de voir venir Leif. Il apportait à manger et s’installait près d’elle devant la maisonnette, face au feu qu’il avait préparé. Il était prévenant, doux, attentif. Svala avait-elle raison ? Etait-elle vraiment un baume sur le coeur meurtri de Leif.

    Lentement, elle grignota le poisson frit qu’elle trouvait bon. Elle n’avait pas le choix de se nourrir un peu si elle voulait prendre des forces. Ses yeux se levèrent en signe d’exaspération même si un sourire amusé se formait sur ses lèvres lorsqu’il la complimentait à demi-mot.

    - Bjorn est un enfant. Et vu la constitution des Erikson, il aura bientôt toutes les femmes à ses pieds.

    Elle louchait légèrement sur Leif qui bien entendu était toujours une attraction pour les jeunes femmes. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir le regard ensorcelé des esclaves et autres servantes qui admirait ce seigneur si intrépide, sauvage et ténébreux. Sans le savoir, Leif avait ce charisme qui empêchait toute femme de détourner son regard de lui ce qui arrivait précisément à Matoaka à chaque fois. Rougissant en repensant à son fil de pensée, elle se dépêcha de finir le poisson avant de lécher ses doigts et de les essuyer sur l’herbe humide.

    - Que penses-tu qu’il est arrivé à Amara ? Plus j’y pense et plus j’ai peur.

    Matoaka connaissait ô que très bien la violence et la perversité des hommes. Un horrible frisson d’angoisse la parcourut et cela fit sonner Leif. Sans qu’elle le repousse, elle le laissa enrouler son bras autour de son corps menu. Blottie contre lui, elle profitait de son parfum si particulier en enfouissant son visage dans son cou. Elle était glacée.

    - Les hommes peuvent être des monstres Leif, des vrais monstres. Tu dis te considérer comme tel mais jamais tu n’aurais fait subir sciemment ce qu’ils nous ont fait.

    Fort heureusement, Matoaka avait toujours protégé Bjorn. Mais ce n’était pas sans conséquence. Le fait d’être enfin seul, blottis l’un contre l’autre fit s’épancher l’amérindienne. Elle n’arrêtait pas depuis des jours d’entendre la voix d’Aponi dire qu’elle devait faire attention, de ne pas s’épancher auprès de Leif mais elle entendait aussi Svala qui la poussait à se confier. Perdue, elle se référait uniquement à comment lui réagissait et au besoin qu’elle avait d’être contre lui :

    - J’ai tellement prié les Esprits pour que tu viennes tu sais, dit-elle dans un sanglot qu’elle contenait du mieux qu’elle pouvait, je les ai prié pour que tu viennes nous sauver. Jamais je ne t’aurais abandonné de mon propre gré. Ça me tue que tu puisses penser ça alors que j’ai tout fait pour revenir à toi. Tu.. Tu n’es pas juste de croire encore une telle chose. Ce fameux soir où tu m’as promis de revenir et qu’on s’enfuirait ensemble j’y croyais. Je l’espèrerais tellement si tu savais.

    C’était difficile pour elle de s’épancher, surtout en sachant ce qu’elle avait subis pour le retrouver. Elle était incapable de le regarder, elle avait peur de flancher quand elle savait qu’ils devaient avoir cette discussion qui allait sans aucun doute mettre un froid définitif entre eux. Sans qu’elle puisse les retenir, ses larmes glissaient le long de ses joues. Des larmes qu’elle avait retenue pendant une longue année. Son coeur battait de nouveau et ses sensations revenaient. C’était comme si en se livrant à Leif, elle se retrouvait elle-même. Finalement, elle leva son visage vers le sien et le contempla.

    - Tu me manque depuis un an Isha, avouait-elle dans un souffle, et je t’aime. Bon sang ce que je t’aime et j’aurais voulu te le dire un million de fois. J’aurais vraiment dû au lieu de te pousser dans les bras d’une autre. Mais j’étais si effrayée de te perdre, que tu meures par ma faute ou que.. ou que tu me quittes tout simplement.. que tu m’abandonnes ou que je ne sois qu’une simple Volva que tu as enlevé.. je sais que.. je sais que je ne suis pas facile et je suis désolée de ne pas être plus.. plus démonstrative ou.. que je devrais ressembler plus à une princesse comme Freya.. Je sais que je ne le suis pas et je ne le serais jamais d’ailleurs mais.. mais tu dois savoir que tu es la meilleure chose qui me soit arrivée dans la vie Leif Erikson. C’est toi qui m’a donné la force et le courage de m’en sortir et de revenir à toi. C’est toi qui m’a donné une perspective d’avenir. Toi qui.. qui a été le premier à me faire comprendre ce que c’était de se battre pour ce que l’on aime. Et.. Et aujourd’hui je.. je ne peux pas vivre sans toi. C’est pour ça que je suis toujours là, pour ça que je ne partirais pas.

    Elle avait posé sa main fraiche contre la joue barbue du brun qui ne réagissait pas. Peut-être cherchait-elle à le réveiller quand elle se pencha sur ses lèvres pour y déposer un léger baiser. C’était comme pour lui rappeler qu’elle était là, qu’il ne rêvait pas.

    - Merci, finissait-elle par dire, merci de m’avoir donné de l’espoir.


    immarcescible, Posté le mardi 19 juillet 2022 22:33 Répondre

    Seule sur le petit matelas de fortune qu’elle occupait, Matoaka ne pouvait s’empêcher de repenser à cette fin de soirée. Les doigts légers et sensuels qui couraient sur sa peau et les yeux d’un bleu brillant d’un Leif qu’elle croyait disparu. Oh non.. Il était toujours là. Il sommeillait encore quelque part et ne demandait qu’à éclore. Mais en attendant, comment trouver le sommeil ? Savoir qu’il n’avait pas touché sa femme l’avait rendue si heureuse qu’elle en avait honte. Au fond, elle n’avait aucun ressentiment contre cette femme. Ce n’était que la jalousie qui s’exprimait quand il s’agissait d’elle. Comme la brune se maudissait d’en vouloir autant à Freya. N’aurait-elle pas du leur souhaiter du bonheur ? Les pousser au contraire à se trouver l’un et l’autre ?

    Elle préférait finalement sortir et marcher un peu. Emmitouflée de nouveau dans sa cape, elle observait les amérindiens dormir dans leurs tipi de fortune quand les derniers vikings éméchés dansaient autour du feu sacré. Prenant un peu de distance de ces hommes saouls, la jeune femme préféra retourner d’instinct jusqu’à Kattegat. C’est là, sur le chemin qu’une vision la coupa dans son élan.

    Un ours qu’elle traque. Une ombre malfaisante les poursuivant et un Leif aux cheveux blanc.

    Le frisson d’horreur le parcourut et la fit tomber à genoux. Voilà une année complète qu’elle n’avait pas eu de nouveau des visions. Est-ce que la promiscuité avec Leif était un facteur de visions ou est-ce qu’elle guérissait de ses blessures ? Inquiète et connaissant le symbole puissant de l’ours elle courut en vitesse jusqu’au Skali craignait pour la vie de son bien-aimé.

    Comme si le destin voulait leur parler, ils se retrouvèrent l’un en face de l’autre essoufflé. Serait-il possible qu’ils aient eu la même vision ? Singulier message que leur envoyait les Esprits. S’approchant de Leif, elle s’étonna de sa question. Ainsi donc, il ne la laisserait jamais partir de son plein grès et tant qu’il le souhaitera, elle restera à lui. Comme elle était heureuse de l’entendre dire cela. Arrivée à sa hauteur, elle prit ses mains dans les siennes et entrelaça leurs doigts avant de plonger ses iris inquiet dans les siens :

    - Ils n’arriveront jamais à me dénouer de toi Leif Erikson. Tu ne l’as pas encore compris ?

    C’était une chose rare chez Matoaka, mais quand cela arrivait, son visage s’éblouissait. Jusqu’à présent, uniquement les membres de sa famille et Leif eurent le droit à ce sourire. Il détendait tous ses traits si souvent sombre et sévère. Elle faisait plus jeune, plus douce, plus insouciante. Sa main reporta la sienne à ses lèvres et elle en embrassa les jointures en murmurant :

    - Tu n’es pas et tu ne seras jamais un monstre. Je t’interdis de penser ça c’est compris ?

    D’instinct, elle venait se blottir contre lui. C’était plus sa chaleur qu’elle cherchait, beaucoup plus. Elle le désirait, elle voulait se consumer entre les membres de son corps. Tremblante, elle le contemplait avec cette étincelle passionnée dans le regard, prête à lui demander de l’embrasser, de l’entraîner au bout du monde, n’importe où pourvu qu’ils soient libres ensemble. Mais le Voyant n’était jamais bien loin. Vicieux, il jeta sur le couple un froid violent en s’interposant :

    - Mon Seigneur ! Votre épouse Freya vous appelle. Il semblerait que votre épouse aie besoin de vous pour vous souhaiter une bonne route pour votre futur voyage.

    Matoaka n’avait pas son mot à dire. A quoi bon de toute manière. Ils allaient encore se disputer devant un Leif qui ne saurait pas tempérer. Elle préféra donc battre en retraite. Souhaitant une bonne nuit à Leif, elle quitta Kattegat pour retourner au bateau et essayer de trouver le sommeil. Demain et les jours à venir seraient de longue journées.

    Au petit matin, la jeune femme était prête. Pour l’occasion, Svala avait donné à son amie l’armure de sa mère. Elles l’avaient bénies ensemble et c’est avec émotion que Matoaka mis l’épais costume. Pendant que la blonde nattait ses cheveux, Bjorn observait avec attention sa mère et sa protectrice. Il était dans son monde à écouter les histoires que racontait l’amérindienne. Il avait toujours aimé ses contes et ses légendes. Comme si cela le permettait de s’enhardir. En entendant que son oncle arrivait, il courut à sa rencontre. Nashoba parlait stratégie de voile quand Feargus notait tout sur une carte. Bjorn s’interposa et s’adressa avec conviction au brun :

    - Mon Seigneur mon oncle, dit-il du haut de sa petite taille d’enfant, laissez-moi embarquer avec vous. Je saurais protéger Matoaka des féroces soldats. Je veux me montrer digne d’elle pour quand je serais assez grand pour l’épouser.

    Tous les hommes autour du petit homme riaient. Ils le trouvaient tous adorablement ridicule quand Nashoba mordait sa lèvre pour ne pas rire. Feargus lui, regardait de côté son frère pour se rendre compte de sa réaction quand Bjorn ne riait pas. Il fixait d’un air concentré son oncle pour s’assurer d’être pris au sérieux :

    - Elle m’a entraîné, reprit-il, je saurais m’occuper des ennemis qui se dresseront contre nous.

    Quand Matoaka sortie de la tente, elle pu voir Bjorn essayait de désarmer son oncle. Le combat était inégal mais le jeune homme s’en sortait bien. Les vikings et les amérindiens étaient autour et supportaient soit l’un ou l’autre. C’était bon enfant même si visiblement Bjorn jouait sa vie. Les deux guerrières descendirent du bateau et s’approchèrent sans comprendre.

    - Tiens ta droite Bjorn, criait Matoaka en l’encourageant, et n’oublie pas le soleil !

    Le petit garçon fit exactement ce que lui dit l’amérindienne et avec un coup de maître réussit à faire trébucher Leif sous les rires amusés de tous les hommes. Bjorn sautait de joie, fier de lui d’avoir gagné visiblement son pari. Matoaka s’approcha de Leif et lui tendit sa main, une moue amusée et moqueuse sur les lèvres, bon enfant :

    - Vous disiez vouloir m’apprendre quelques tours ? Je crois que c’est plutôt à moi de vous donner quelques cours, mon seigneur.


    immarcescible, Posté le mercredi 13 juillet 2022 22:41 Répondre

    Encore emmitouflée dans la peau de bête dans laquelle Leif l’avait enveloppée, Matoaka constatait que la blessure qu’elle lui avait infligé guérissait bien. Son cataplasme était toujours aussi efficace ce qui la rassurait. Elle, qui avait passé tant de temps à se battre en avait oublié le goût qu’elle avait pour soigner les autres. Finissant le bandage propre qui enveloppait sa blessure, elle levait ses grands yeux sombre vers lui. Il l’observait particulièrement. Pourquoi l’emmener avec lui dans un voyage dont ils ne connaitraient pas l’issue ? Pourquoi voulait-il l’emmener ? Comme une égale ou comme son esclave ?

    Elle allait répondre mais son mouvement de bras la fit sursauter. La peur d’être frappée sans aucun doute et la peur de le revoir devenir aussi terrible. Si ils se méfiaient de l’un comme de l’autre ce n’était pas rien. Ils avaient été longuement manipulé pour se haïr. Difficile aujourd’hui de refaire un pas l’un vers l’autre.

    Le laissant donc remettre le bracelet qu’elle portait autour du poignet, elle acquiesça d’un mouvement de tête à l’attention de Leif. Bien sûr qu’elle ne dirait rien à Feargus. Ce n’était pas son rôle de toute manière. Sa frustration reprit un coup quand Pasha vint les interrompre une nouvelle fois. Nashoba et sa bande commençaient déjà à chercher la bagarre avec les hommes de Leif. Le jeune guerrier venait prévenir son maître du risque d’une grosse bagarre entre amérindiens et norvégiens qui pouvait finir en un vrai bain de sang.

    Matoaka suivit le mouvement, toujours enveloppée de sa peau de bête. Elle observait Leif faire mais s’approcha aussi de son frère en déposant une main réconfortante sur son bras. Ce dernier hurlait après un norvégien qui lui avait visiblement manqué de respect :

    - C’est grâce à nous que vous pouvez être ici chiens !

    Nashoba ne parlait qu’amérindien mais ne mâchait pas ses mots. Sa soeur ne disait rien, se contentant de poser sa main sur son bras pour lui signifier qu’elle était là. Mais la hargne du brun ne faisait qu’accroître celle de son ennemi qui voulut sortir son épée pour en découdre. Rapidement, la jeune femme s’interposa et ordonna à son frère et à ses hommes de rentrer. Ils avaient tous un profond respect pour elle, aussi, ils l’écoutèrent et se rendirent sur leur bateau.

    Les deux clans calmé, la jeune femme soupirait avant de se tourner vers un Leif rembrunit. Comme elle avait envie de plonger sa main dans sa crinière et d’effacer de son front cette ride de mécontentement :

    - Tu n’es pas fou Leif. Tu ne l’as jamais été.

    C’était important pour elle qu’il le sache. Elle ne voulait pas qu’il croit qu’elle avait pitié de lui ou qu’elle le croyait insensé alors, elle se lança :

    - Partons demain à l’aube. Le vent sera plus clément qu’aujourd’hui’ et puis.. et puis je dois faire mon sac pour pouvoir partir. Qui sait combien de temps nous serons partis. Par contre nous y allons d’égal à égal. Je ne serais pas ton esclave. Tu te débrouilles pour ta nourriture et pour ton vin, dit-elle en omettant d’évoquer le bain qui lui donnait d’autres idées qui en ferait rougir plus d’un, pas de compromis sur ça Erikson.

    N’attendant pas qu’il réponde, elle se contenta de relever la peau de bête qui glissait de son épaule nue avant de reprendre :

    - Je vais me préparer pour le feu de ce soir. Mon frère voudra très certainement que nous honorions nos Esprits. Peut-être que tu.. peut-être que tu pourrais venir. Comme au bon vieux temps.

    Elle lui tourna le dos en dissimulant son sourire de satisfaction. Un sourire qu’elle n’avait pas encore osé lui montrer de peur qu’il la repousse même si elle était rassurée de voir qu’il avait encore besoin d’elle un petit peu. En retournant au bateau, elle ne fit pas attention mais le Voyant était non loin. Il attendit que son Seigneur soit seul pour le rejoindre près du Skali :

    - Mon Seigneur vous devez vous méfier de cette femme. J’ai eu une vision, dit-il l’air obscur, vous risquez de mourir sous une pluie de flèches à cause d’elle. Vous ne devriez pas partir d’ici. Restez près des vôtres, ceux qui vous protégeront. Leurs Esprits sont malins et vicieux. Ils vous attireront dans les ténèbres.

    Les retrouvailles avec Nashoba furent enthousiastes et heureuses. La soeur et le frère s’enlacèrent et allèrent prier avant de parler. L’amérindien évoqua la disparition de sa soeur et sa quête avec Leif. Cela fit remuer la culpabilité et la peur au creux du ventre de la brune. Mais très vite il évoqua la nécessité de repartir pour eux. Les temps devenaient sombre sur ces terres à cause de Oleg, ils devaient donc partir en vitesse de peur de mourir. Son père avait tant et tant culpabilisé qu’il avait pleuré pendant de long mois la mort potentielle de sa fille adorée. Mais cela ne fit ni chaud ni froid à Matoaka qui avait su l’odieux marchandage de son père. Enfin, il lui apprit comment ils avaient sut qu’elle était revenue :

    - Aponi, dit-il, Aponi t’as vu et m’a obligé à repartir aussitôt. J’ai pu négocier d’amener Feargus avec moi et nous voilà. Encore une fois, elle avait raison.
    - Notre grand-mère a toujours raison bêta.
    - Mais elle a dit autre chose aussi..
    - Mh, mh ?
    - Elle a dit que.. Elle a dit qu’à la prochaine lune tu deviendrais une écume.

    Cela fit glacer le sang à la jeune princesse. Devenir une écume était une manière enjolivée de dire tout simplement qu’elle allait mourir pour sauver la personne qu’elle aimait le plus. Or, cette personne là n’était autre que Leif. Comment se rapprocher de lui quand elle savait qu’elle allait donner sa vie pour lui ? Non pas qu’elle ne le voulait pas. Mais elle savait parfaitement comment il allait réagir.

    - C’est pour cela la venue de Feargus ?
    - Tu as tout compris petite soeur.
    - Merci. Merci de m’avoir tout dit. Mais jure moi de ne rien dire, à personne. Même pas Leif.
    - Je te le promets.

    Le soir même, la petite soirée improvisée des amérindiens réunissait un peu de monde. Les curieux viking étaient venus pour voir ce qui se passait et se mélangeait à la foule autour du feu qui chantait. Matoaka elle, restait un peu en retrait en observant les flammes lécher les branches du foyer. Pensive, elle pensait à Leif. Elle essayait d’imaginer un scénario lui permettant d’éviter de redevenir fou. Fou il n’était pas, fou il ne serait jamais. Soudain, elle le vit non loin mais il était accompagné de son épouse et de Freya. Matoaka se tendit mais resta sur le pont du bateau à observer la scène sans bruit. Tous continuaient de danser en bas et la jeune femme épiait chaque mouvement de Leif envers son épouse. Certaine, il semblait vraiment n’avait aucun lien intime avec elle, pourtant, elle était morte de jalousie. C’était ce regard fou de jalousie qu’elle offrait à Leif lorsqu’il posa enfin ses prunelles sur les siennes. Vite, elle détourna son attention vers autre chose, gênée quand ses joues étaient encore rouge de honte.


    immarcescible, Posté le lundi 11 juillet 2022 20:53 Répondre

    Le collier autour du cou de Matoaka lui pesait. Non pas la lourdeur de l’objet en tant que tel mais la symbolique qu’il contenait. Pendant tout ce temps, elle l’avait gardé près d’elle, contre son coeur avant de le haïr, puis de l’aimer de nouveau. Compliqué de savoir ce qu’elle attendait de la vie quand Leif lui-même n’était visiblement pas clair. Il avait renvoyé sans ménagement le Voyant qui avait proposé de tuer sans état d’âme Matoaka. Il l’avait protégé.. Mais pourquoi se demandait-elle ? Pour la tenir en joue ou parce qu’il tenait encore à elle.

    Il avançait et marchait comme une bête enragée qui tentait de se libérer de ses chaines. Mais il n’avait aucune idée de comment faire. La jeune femme avait peur de reprendre ce rôle de guide. Visiblement, elle n’avait jamais été une bonne guide puisqu’il souffrait plus que tout aujourd’hui. A cause d’elle. Tenant entre ses doigts le médaillon portant le sceau des Erikson, elle sentit son coeur battre de nouveau, normalement. Ainsi, ce petit organe rebattait de nouveau en voyant le tort qu’elle avait causé à ce géant.

    - Je n’ai jamais fais confiance à Rollo. Il était la possibilité d’attaquer Oleg avec plus de moyens. Je savais pertinemment qu’il n’était pas un homme bien. Il suffisait de voir comment il te regardait pour comprendre qu’il te haïssais et qu’il convoitait ce qui te revenait de droit Leif.

    La blessure de ce dernier avait été enveloppée avec soin dans un bandage propre. Elle lui proposa un verre d’hydromel qu’elle lui tendit quand il vint se rasseoir sur son trône. Debout face à lui, elle paraissait encore petite. Etonnant qu’une aussi minuscule personne aie pu s’en prendre de la sorte à ce géant sanguinaire sans avoir peur diront les légendes.

    - J’ai voulu venir te rejoindre mais l’homme du bateau a voulu s’en prendre à Bjorn. Il voulait.. Il voulait faire ce que les autres m’avaient fait.

    Le souvenir encore violent et pernicieux de ce viol la traumatisait encore. Les nombreux cauchemars qu’elle faisait parfois la nuit n’avaient pas été résolu. Elle en frissonnait et regardait vite ailleurs de peur de croiser le regard de Leif et sa pitié :

    - Après ce que les hommes d’Oleg m’ont fait dans la montagne je ne pouvais pas le laisser faire. Je l’ai tué et pour se venger, son équipage nous a vendu comme du bétail à un marchand d’esclaves. Je ne pouvais pas revenir sans risquer de tuer Bjorn. Je devais attendre et trouver le meilleur moment pour revenir assouvir ma vengeance et..

    Leif attendait la fin de sa phrase comme la dernière goutte d’eau au monde. Est-ce que cela changerait quelque chose si elle lui disait qu’elle revenait aussi pour lui ? Après tout, qu’avait-elle à perdre d’être aussi honnête. Elle était intimidée aussi, elle préféra le murmurer comme s’il s’agissait d’un secret qu’uniquement lui devait connaître :

    - … et pour te retrouver Isha.

    Il allait parler mais elle l’en empêcha en posant sa main sur ses lèvres. Inspirant profondément, elle devait garder le peu de courage qu’il lui restait pour lui dire ce qu’elle avait sur le coeur avant de tout perdre une fois de plus. Ses yeux fouillaient les siens à la recherche de celui qu’elle avait tant aimé secrètement et a qui elle avait pu lui dire uniquement qu’une fois.

    - Comment peux-tu croire une seule seconde que je serais partie volontairement loin de toi après ce que je t’ai dis dans la grange ? Tu crois avoir été la seule personne à se découvrir depuis que l’on se connaît ? Tu crois que je ne voyais en toi qu’un destin ? Tu te trompes tellement, tellement Leif. J’ai toujours vu en toi un homme bon, généreux qui ne cherchait qu’à retrouver sa famille. Un homme perdu qui cherchait du sens à sa terrible existence. Jamais je n’ai vu en toi un monstre ou une monnaie d’échange. Jamais je ne te trahirais et au fond de toi tu le sais que je suis sincère.

    La jeune femme allait continuer mais Pasha revenait avec un plateau rempli de victuailles et d’hydromel. C’était dans ses habitudes d’apporter un tel plateau à son Seigneur pour s’assurer qu’il allait bien se nourrir et qu’il ne soit pas ronchon le lendemain matin. Matoaka s’écarta alors du seigneur nordique et descendit la petite estrade pour reprendre son fameux baluchon.

    - Pasha tu surveilleras la blessure du Seigneur, ordonnait-elle telle une reine implacable, il faudra changer son pansement dans trois heures. Si tu vois qu’elle suppure fais moi chercher.

    Après une révérence qui était d’usage, Maotaka retourna dans ses appartements avec les esclaves pour se coucher. Ainsi, elle avait décidé de rester. Personne n’osait s’approcher d’elle en la voyant revenir. Ils la prenaient bel et bien pour une sorcière ce qui lui allait très bien. Ainsi, personne ne pouvait s’approcher d’elle. Dans la nuit, elle fit de nouveau des cauchemars qui la fit se réveiller sous la douleur. Comprenant où elle était et l’heure, elle préféra donc se lever et se laver. Comme tous les matins, elle profitait du lac tout près du village en passant par le passage secret tout près des cuisines. C’était l’occasion pour elle d’être seule et de prier ses Esprits. Nue, elle chantait ses dieux en se lavant comme le voulait la tradition.

    Seule elle était. Et pourtant, elle avait la sensation d’être épiée. Faisant comme si de rien n’était, elle continuait ses activités jusqu’à ce qu’elle se pencha pour ramasser discrètement ses vêtements et accessoirement son poignard. C’est alors qu’un homme surgit avec une épée et fonçait sur elle pour l’embrocher. Agile, elle le contourna et pu lui asséner un coup dans la nuque le faisant tomber raide mort. Mais un autre surgit et voulu aussi l’attaquer. Récupérant l’épée de son partenaire, elle se battait contre l’autre avec force et vigueur complètement nue. Les cris alertèrent les villageois qui allèrent chercher Pasha.

    Il se trouvait justement entrain de changer la dit pansement comme lui avait ordonné Pocahontas ce qui fit que Leif fut vite au courant de l’attaque surprise que subissait Matoaka. Lorsqu’ils arrivèrent, elle venait de tuer le troisième homme en l’égorgeant. Recouverte de sang et toujours nue, elle pestait en essuyant son front visiblement agacée et en colère. Son regard croisait celui de Leif et des autres villageois qui regardaient au loin. L’un des hommes portait le sceau de Rollo qui s’était allié à l’un des derniers violeurs de Matoaka. La jeune femme reconnaissait le sceau et l’homme qui le portait. C’était bel et bien un des hommes de son ennemi :

    - Je suis toujours une menace d’après toi, demandait-elle sarcastique en reprenant son souffle.

    Au loin, le Voyant arrivait et renfilait en arrivant près de Leif. Il grimaçait, sans doute à cause de l’odeur pestilentielle du sang qui coulait dans le lac :

    - Tu as tué ces hommes car tu savais qu’ils avoueraient ton secret.
    - Ah oui ? Et quel secret, demandait la jeune femme en s’approchant dangereusement du vieil homme, dites-nous plutôt les vôtres vieux serpent.

    Heureusement que Leif s’interposait. Elle aurait été capable d’égorger ce nouvel ennemi qui n’était pas innocent dans l’affaire qui venait de se produire. Dédaigneux, il argumenta :

    - Les femmes de votre espèce n’apportent que du mal ici. C’est vous les poisons de nos sociétés. Les femmes qui aguichent et détruisent les hommes par leurs luxure scandaleuse. Vous n’avez été qu’une raclure pour notre Seigneur et encore aujourd’hui il en paye les pots-cassés à cause de vous.
    - Je vous interdis de..
    - LEIF ! LEIF ! DES BATEAUX ! DES BATEAUX AMERINDIENS !

    En effet, au loin apparaissait des bateaux amérindiens qui contenaient non pas des guerriers mais un ami d’une autre vie pour Leif. Pasha avait hurlait à son seigneur de vite venir voir ce qui mettait fin à la conversation houleuse avec le voyant. Dans le bateau se trouvait Feargus et sa femme. Il apportait non pas la mort mais la vie et l’espoir peut-être d’une paix retrouvée.


    immarcescible, Posté le dimanche 10 juillet 2022 23:42 Répondre

    Les bras ballant de chaque côté, Matoaka observait l’enveloppe qui contenait l’amour de sa vie. Le voir aussi violent, aussi sec et cassant sans humanité, lui donna envie de pleurer. Oui, l’amérindienne qui avait refoulé toutes ses larmes pendant un an avait envie de pleurer en voyant Leif Erikson aussi perdu et sadique. Il ne faisait pas d’elle une prisonnière, non. Elle était son jouet personnel. Elle n’avait le droit à plus aucune liberté, aucun libre arbitre.

    Dans un autre contexte, elle aurait adoré passer l’éponge et le savon sur ce corps qui a été sauvagement dessiné. Elle ressentait toutes les blessures qu’il avait subi et cela la faisait souffrir. Mais elle ne disait rien, elle gardait tout pour elle. Comment pourrait-il en être autrement ? Il ne voulait rien savoir d’elle désormais. Sans pouvoir se retenir, elle se plaça devant lui et lui jeta son éponge et son savon sans retenue :

    - Je ne serais jamais ton chien que tu promènes et exhibe à ta convenance Leif Erikson. Jamais tu m’entends ?

    Sans attendre son reste, elle quitta la pièce avant de claquer la porte. Se réfugiant dans les quartiers des esclaves, là où elle dormait, elle se réfugia sur sa couche et enveloppa dans un drap quelques affaires. Les autres la regardaient sidérés, persuadé qu’elle avait perdu la tête. Tout le monde savait qui elle était et ce qu’elle représentait pour Leif, aussi, il s’inquiétait de la voir prendre la décision de partir. Il allait définitivement la tuer si il la retrouvait. Certains essayèrent de la décourager mais elle n’entendait rien.

    Naïvement, elle aurait voulu retrouver l’homme qu’elle avait tant aimé. Mais il avait visiblement disparu. Alors à quoi bon rester pour sauver quelqu’un qui ne voulait pas être sauvé. Son petit sac improvisé sur l’épaule, elle quitta sans un regard les autres escalves qui s’étaient réunis pour voir la fameuse amérindienne folle ou intrépide qui tenait tête à leur maître.

    Pour sortir de la couche des esclaves, elle devait repasser par la pièce commune du skali. Le feu y était toujours alimenté mais à cette heure-ci personne ne s’y trouvait hormis quelques poules qui trainaient. Déterminée, elle passait près du trône là où son époux avait été décapité et certaines de ses camarades aussi. Mais rien, aucun remords, aucune peur ne sommeillait en elle. Pourtant, Leif du savoir ce qu’elle s’apprêtait à faire puisqu’il l’attendait. Torse nu, son épée à la main, il semblait patientait tranquillement dans un coin de la pièce.

    - Laisse-moi partir, dit-elle en essayant de le dépasser, je ne veux pas me battre avec toi et te faire du mal.

    Cela sembla le faire rire car un étrange son s’échappa de ses lèvres. Semblait-il douter de sa capacité à le battre ? L’orgueil et la vanité de la jeune femme lui hurlait de riposter et de ne pas se laisser faire. Elle arrivait à la porte d’entrée mais impossible de l’ouvrir. Leif, malin, avait du sceller toutes les ouvertures pour ne pas la voir disparaître. Se tournant vers lui, elle le foudroya de son regard perçant quand elle lui ordonnait sans mesure de lui ouvrir la porte. Mais il ne bougeait. Il ressemblait à une bête prête à foncer sur sa proie pour l’achever. Mais ce qu’il semblait avoir oublier c’était qu’elle était faite du même sang que lui.

    Poussant un cri elle fondit sur lui et vint le frapper sans mesure dans le ventre. Certes, sa mai la faisait souffrir mais elle avait parfaitement viser vers son estomac. Il eut peut-être juste une perte de souffle mais cela le déstabilisa une seconde si bien qu’elle pu lui prendre un poignard qu’il gardait sur le côté de son pantalon. L’un comme l’autre se mirent à se battre. Le bruit de leurs cris avaient alerté certaines personnes qui au lieu de venir voir s’étaient enfermés chez eux. Ils ressemblaient à deux bêtes enragées, même si aussi étrange que ça puisse paraître, ils semblaient s’amuser.
    Matoaka accusait les coups et les rendaient sans retenue. Si lui cognait fort, elle, vive et agile arrivait à le déstabiliser et pu même le blesser en tranchant profondément son bras. Profitant alors qu’il soit blessé, elle pu le déséquilibrer et le fit flancher sur le sol avant d’agripper sa longue crinière fermement d’une main quand l’autre tenait le poignard bloqué sous la gorge du brun.

    Une lueur d’amusement sommeillait quand même chez Matoaka. Elle croyait percevoir la même chez Leif mais c’était trop tôt pour le dire.

    - N’oublie jamais à qui tu t’adresses Leif Erikson. Je ne suis pas et je ne serais jamais l’une de tes esclaves, jamais. Tu l’as compris ?

    Elle eut un moment de douceur pourtant lorsque ses s’enroulèrent autour de sa crinière. L’envie de goûter à ses lèvres pleines qui avaient ce rictus étrange l’obsédait. Troublée, elle allait se redresser pour vérifier la blessure qu’elle lui avait infligé mais il en profita pour reprendre le contrôle. Plaquée violemment au sol, sa tête cogna et la fit un instant perdre connaissance. Au dessus d’elle, il était toujours. Son souffle s’écrasait près de sa bouche et ses yeux lançaient des éclairs. IL avait l’air affamé. Matoaka avait lâché son arme, elle n’avait plus rien pour se défendre. Mais ses doigts agrippèrent les avant-bras du géant au dessus d’elle et sans qu’elle le contrôle, se mit à le caresser. Si son corps s’était fermé pendant tout ce temps, il semblait se délester de beaucoup de poids. Même si elle était écrasée sous le colosse et qu’ils s’étaient battus sauvagement l’un et l’autre, elle ne s’était pas sentie aussi en sécurité depuis longtemps. Ce mélange de désir sauvage, violent les avaient toujours conduit l'un à l'autre. Est-ce qu'il avait encore une place aujourd'hui ?

    Elle allait parler, le supplier de l’écouter mais aucun son ne sortait de ses lèvres. Pire, un homme de Leif osa entrer surtout qu’il n’entendait plus rien :

    - Mon seigneur.. Mon seigneur.. dit-il inquiet, vous êtes encore en vie ? Elle ne vous as pas tué j’espère..

    Matoaka levait les yeux au ciel. Les gens étaient bien stupide pour croire une telle chose. Comme si elle avait eu l’intention de le tuer. Leif la releva sans ménagement et elle tituba encore sonnée par le coup sur la tête. Le jeune garde, le fameux Pasha soufflait rassuré de voir son maître toujours en vie. La brune quant à elle, vit la blessure de Leif à son bras. Elle était vilaine et aussitôt elle s’en voulu :

    - Pasha, ordonnait-elle, apporte moi une aiguille, du fil et mon cataplasme avec de l’hydromel.

    Le jeune homme hésita mais la brune lui fit un regard qui n’admettait pas qu’on remette en doute ses ordres. Remettant en place le haut de sa robe, elle soupira en redonnant le fameux poignard qu’elle avait ramassé sur le sol.

    - Assieds-toi, dit-elle à Leif, je vais te recoudre. A moins que tu préfères que ton maudit Voyant vienne te soigner avec ses propres soins.


    immarcescible, Posté le samedi 09 juillet 2022 12:09 Répondre

    Voilà un mois que Matoaka a survécu à l’attaque de Kattegat. Un mois qu’elle est la prisonnière de Leif. Un mois qu’elle vit au côté d’un inconnu. Un mois qu’elle subit l’horreur de le servir comme si elle n’était rien. La plupart du temps, elle était enchainée empêchant qu’elle puisse s’enfuir. En effet, lors de la deuxième nuit elle avait essayé de se faufiler hors de la ville mais Leif la connaissait assez bien pour ne pas lui laisser une telle opportunité. Alors, elle subissait la folie meurtrière de son ancien amant. En effet, pour la punir, il tua l’une de ses compagnes qu’elle devait trainer par les chaines qui entouraient ses chevilles. C’était un cruel châtiment qui l’attendait.

    Elle apprit que peu de temps après sa disparition, Nashoba partit à se recherche. Une vive dispute avait éclaté entre lui et Leif et il avait décidé de partir de la Norvège avec ses hommes. Depuis, plus de nouvelles. Sans doute que la redécouverte de la jeune femme à Kattegat allait amener des curieux.

    Matoaka était seule. Aucune de ses camarades ne survit au froid polaire de la Norvège. Une seule semblait s’en sortir, Millie qui était désormais la servante attitrée de Freya. Cette dernière semblait si effacée et apeurée par son époux qu’elle ferait presque de la peine à l’amérindienne. C’était étrange. Depuis qu’elle était de retour ici, il lui semblait que l’empathie lui revenait légèrement. Etait-ce à cause de sa position ou le simple fait de voir ce qu’ils avaient fait de Leif.

    Oh.. Leif. Elle avait si mal au coeur lorsqu’elle l’observait à son insu. Ses épaules voûtés comme s’il portait la misère du monde. Ses yeux brillant de colère et de fureur. Sa mine ravagée par la douleur. La déesse intérieur de Matoaka ne voulait qu’une chose, se jeter à ses pieds pour le supplier et lui rappeler que jamais elle n’avait été son ennemie. Mais il avait été ensorcelé, entraîné à ne plus la croire. Il suffisait de voir la manière avec laquelle il l’observait ou qu’il lui parlait. Elle n’était rien de plus qu’une esclave, un animal. Plus rien de son ancien amour ne semblait subsister.

    Pendant quelques semaines, il du partir mais elle n’en sut pas la raison. Cela l’étonna mais il la laissa à Kattegat. Svala et Bjorn revenait quant à eux de quelques jours de Solvig, un village non loin de là où se trouve un autel pour les dieux. Ils avaient été prié leurs esprits tout en profitant d’être à nouveau réunis. Svala fut horrifiée de retrouver Matoaka trainant le cadavre de son amazone. Elle ordonna qu’on la libère et ce fardeau et elle pu honorer sa camarade dignement.

    - Bjorn m’a tout raconté, expliquait Svala alors qu’elle observait l’embouchure du port un jour qu’elle se promenait avec Matoaka, il m’a dit tout ce que tu as fais pour le sauver. Je te dois tout.
    - Tu ne me dois rien. Je n’ai fais que mon devoir, celui de le protéger.
    - En risquant ta vie alors que tu aurais pu rentrer.
    - Rentrer où Svala ? Oleg m’a tout pris. Jusqu’à Leif.

    Ainsi, elle avouait à la viking qu’elle avait l’intention de revenir pour Leif. Mais sans doute était-elle revenue trop tard. Les quelques jours où Leif n’était pas là, Matoaka eut plus de liberté mais ne chercha pas à s’enfuir cette fois-ci. C’était comme si elle avait retrouvé un foyer et qu’une part d’elle se régénérait. Elle se sentait plus forte, plus à l’écoute et sentait ses Esprits et ses ancêtres lui reparler.

    Un jour qu’elle était au marché avec Svala, elle croisa le dit Voyant et eut un frisson d’horreur. Elle discernait bien les ombres malveillantes qui l’entourait et les répercussions que cela avait sur Leif. Ainsi donc, il avait été bel et bien ensorcelé par ce démon. Vite alors, elle se mit en quête de ses herbes et de ses autres plantes pour guérir. Svala l’aida sans savoir ce qu’elle faisait. Il faut dire que Leif avait été précis et avait ordonné à ce que personne n’adresse à l’amérindienne une quelconque plante. Il connaissait ô très bien les pouvoirs de Matoaka. Mais cette dernière avait préparé le terrain et avait fait en sorte d’embaumer sa chambre pour le protéger des démons et des pensées malveillantes du Voyant.

    Elle avait installé des bouquets de fleurs séchés sous le lit pour le protéger des mauvais esprits et autres sortilèges précieux dans le seul but de s’assurer qu’il reprenne conscience avec lui-même. Ces quelques jours avaient permis à Matoaka de sentir toute sa colère fondre. Son bourreau était mort, elle était libre de sa promesse de vengeance. Aussi, lorsque Leif rentra, elle se sentie presque en joie de le revoir. Il demanda à ce qu’elle vienne dans sa chambre sans doute préparer son bain mais non. Il avait trouvé les bouquets et autres dessins sous son lit. Tout avait été détruit et mis en désordre. Leif était furieux, sans doute persuadé qu’elle voulait lui jeter un mauvais sort.

    - Tu n’as décidément rien compris Leif Erkison. Tu es persuadé que je te manipule alors que ce sont clairement les mauvaises intentions de ton Voyant qui te dominent. Tu n’as pas compris que Oleg se servait de toi comme il se sert toujours de toi avec ce Voyant ? Mais ouvre les yeux à la fin !

    Sans pouvoir se maîtriser, sa colère et ses pouvoirs revenaient. Elle en fit trembler le sol et les murs faisant croire à un début de séisme. Mais très vite, elle se reprit avant de se retrouver bloquée par Leif. Son visage se trouvait près du sien mais elle n’avait pas pas peur. C’était bel et bien ce qui la distinguait des autres. Elle seule semblait être capable de lui tenir tête :

    - J’aurais pu te tuer un million de fois mais je ne l’ai jamais fait. Tu sais au fond de toi que j’ai raison. Tu sais que Oleg était un démon. Et il continue toujours d’être dans ta tête Leif, de te contrôler. Tu es sa marionnette et pendant que tu souffres lui jubiles, heureux, satisfait de t’avoir domestiqué comme un chien.

    Sa colère était bien évidemment encore plus violente. Matoaka le provoquait sans aucun état d’âme. Se retrouvant désormais sur le sol, elle était persuadée qu’il allait la tuer définitivement mais Bjorn surgit avec Svala sans doute inquiété par le début de séisme.

    - Mon oncle vous allez bien, demandait l’enfant profondément et sincèrement inquiet, Matoaka toi aussi tout va bien ?

    Svala tenait son fils contre elle en observant son frère avec inquiétude. Il semblait à bout de nerfs et épuisé. Matoaka en profita pour se relever et venir vers Bjorn pour le rassurer qui répliqua :

    - Tu avais dis que tu n’utiliserais plus jamais ta magie qu’elle avait disparu sur la montagne. Elle est enfin revenue ?
    - Il semblerait oui petit homme.

    Sa magie avait en effet bel et bien réapparue. Se sentant plus forte, plus maître d’elle-même, la jeune femme se releva et fit clairement comprendre à Svala de partir avec Bjorn. La conversation avec Leif n’était pas terminée et elle risquerait d’être encore plus violente dans les prochaines heures. Mais comme toujours, comme ça avait toujours été le cas, les deux devaient en arriver à des extrêmes avant de pouvoir s’entendre.

    - A aucun moment tu ne m’as demandé ma version des faits et pourtant tu t’efforces de me garder en vie. Pourquoi ? Qu’est-ce que tu veux de moi Leif Erikson.


    immarcescible, Posté le jeudi 07 juillet 2022 20:49 Répondre

    Leif-le-fou
    Leif-le-téméraire
    Leif-le-sanguinaire

    Il avait eu bien des noms pendant cette année. Matoaka n’en avait cru aucun. Même si elle paraissait insensible, il n’en restait pas moins qu’elle avait été choquée et perturbée par la violence avec laquelle il avait agit envers elle et ses guerrières. Même si elle l’avait voulu, elle n’aurait pas pu l’empêcher de tuer Azir. C’est sans émotion qu’elle l’avait regardé le tuer devant elle quand ce dernier avait proclamé un odieux mensonge pour sauver sa peau. La brune aurait pu en éclater de rire.

    En revanche, ses amazones, c’était une autre histoire. Elle tenait à elle. La peine se lisait sur son visage quand elle croisa l’effroyable charnier près des cages dans laquelle elle se trouvait enfermée. Bjorn suppliait sa mère de sauver les quelques amazones qui restaient encore en vie mais Svala ne voulait rien entendre. Leif avait les tuer, un point c’est tout. Rien n’y personne ne pourrait l’arrêter. Quand il avait un but en tête, il devait l’atteindre coûte que coûte.

    - Ces femmes sont nos amies maman, répétait Bjorn, elles ne sont pas mauvaises. Ce n’était que contre Oleg que nous sommes venus.
    - Matoaka ? C’est vrai ?
    - Tu ne crois pas ton propre enfant ?

    Sa voix était basse, étrangement calme malgré tout ce qu’elle venait de voir et subir. La jeune femme laissait Bjorn s’approcher de sa mère qui ne comprenait pas pourquoi elle semblait si distante. C’est alors que Svala éclata en sanglot en le prenant dans ses bras. Ce dernier venait de lui tendre le fameux bracelet qui les liaient depuis toujours. Une sorte de serment, de pacte entre les deux et qui finit de convaincre la blonde :

    - J’ai cru.. J’ai cru à tort.. Par tous les dieux.. Qu’ont-ils fait de nous ?

    Recroquevillée sur elle-même, Matoaka laissa Svala courir jusqu’au Skaldi pour prévenir Leif de ne surtout pas tuer les amazones. Mais lorsqu’elle arriva, il en avait déjà tué un bon nombre. Valeureuses, elles ne bronchaient pas et acceptaient leur sort sans oser se plaindre. Beaucoup plus courageuse que les hommes de Rollo qui pleuraient en suppliant. D’ailleurs, en parlant de ce dernier, il avait déjà fuit avec quelques un de ses hommes vers la montagne où il serait prochainement retrouvé. Mais pour le moment, Svala vint retrouver son frère qui était pris d’une étrange transe :

    - Leif ! Tu dois cesser ! Matoaka n’est pas venue pour nous assassiner !

    Mais il ne voulait rien entendre. Rien n’y personne sans aucun doute. Bjorn du alors s’interposer et faire affront à son oncle en le scindant de ses prunelles d’un bleu perçant :

    - Laisse-les, ordonnait-il de sa voix d’enfant nullement apeuré par ce sanguinaire oncle fou, elles sont nos amies et elles sont venues venger Matoaka de l’affront qu’elle a subit.

    Pendant ce temps, Matoaka attendait dans sa fameuse cage. Les yeux clos, elle méditait chassant de son esprit tous les éventuels remords qu’elle aurait pu avoir et d’oublier les cris de douleur de ses guerrières sur le bateau qui devait les faire fuir. Oui, se retrouver là à Kattegat faisait remonter ostensiblement une autre elle qu’elle avait enfoui au plus profond d’elle-même. Ce moment solitaire lui permit de faire le point et de se remémorer le fameux Leif devenu véritablement fou.

    - Oh mon adoré.. Mon amour.. Mon Isha.. Qu’ont-ils fait de toi ?

    Pensait-elle en silence alors qu’elle se mit à prier ses ancêtres et ses esprits. Aucun flashs ne lui était venu depuis l’incident de la montagne. Comme si cette part d’elle était définitivement morte. Elle qui avait tant souhaité enfant se débarrasser de ce don se sentait totalement seule et perdue. N’ayant plus de guide pour l’aider, elle appréhendait la vie différemment désormais.

    Les heures passèrent mais personne ne revint la voir. Il fallut qu’elle attende la nuit suivante avant qu’il n’apparaisse. Recroquevillée sur-elle même dans le froid, elle tentait de survivre sur la neige où elle avait été abandonnée. Alors qu’il se penchait pour l’observer, elle vit bien dans son regard qu’il n’avait aucune once d’humanité. Le Leif qu’elle avait aimé était définitivement perdu ou le dissimulait-il dans son épaisse carapace ? Grelottant, elle l’observait en silence jusqu’à ce qu’il rompit le silence en poussant un long soupir. Elle sut qu’il ne ferait jamais le premier pas. Alors elle activa d’elle-même le conflit :

    - Tue-moi maintenant. Ne me laisse pas mourir dans une cage comme un animal. Tu me dois bien ça.

    Il vint faire un pas mais elle recula pour se retrouver bloquée par le fond de la fameuse cage. Claquant des dents, elle tombait en hypothermie et commençait à s’endormir. Marmonnant alors, elle lui avouait le but de sa mission :

    - Je ne savais pas que tu défendrais avant tant de vigueur ton beau-père. Si tu veux des excuses concernant ce que je lui ai fait subir tu peux dores et déjà partir. Jamais je ne le regretterais. Comme jamais je n’ai eu l’intention de te tuer. Je voulais.. Je voulais juste te voir.. Une dernière fois.

    Depuis longtemps, la brune n’avait pas contemplé les iris enflammé de Leif. Ils étaient d’un bleu profond et tourmenté. Ses sourcils froncés et sa barbe lui donnaient l’allure d’une bête dont il ne vaudrait mieux ne pas s’approcher. Et pourtant.. Et pourtant la jeune femme ne rêvait que de ça. Ce trouble la fit frémir et vite, elle regarda autre part. Tout sauf désirer son futur bourreau surtout qu’il semblait avoir pitié d’elle. Voyant qu’il n’avait pas réagis, elle sut qu’il n’en n’avait rien à faire de ses explications. A quoi bon lui raconter ce qu’elle avait subit. Les manipulations des autres semblaient avoir parfaitement fonctionné. Il semblait déjà avoir fait son choix.

    - Retourne donc retrouver ta petite épouse, dit-elle mesquine, elle doit être folle de chagrin. Va la réconforter car c’est une certitude que son père n’ira jamais à la table des Dieux. Pas après que je l’ai maudit.


    immarcescible, Posté le mercredi 06 juillet 2022 22:17 Répondre

    Le souvenir des lèvres de Leif contre les siennes était encore vivace. Ce dernier baiser était le dernier souvenir d'humanité de la jeune femme. Mais Matoaka n’avait plus qu’un but désormais, celui de se venger. Bjorn venait d’avoir neuf ans et c’est de toute son âme et de tout son corps qu’elle avait protégé cet enfant qui n’était pas le sien. Les hommes d’Oleg l’avait attrapé elle et Bjorn alors qu’ils rejoignaient le cheval qui devait les aider à fuir. Bjorn fut assumé quand Matoaka ne pu se défendre contre les quatre autres hommes. Sans ménagement, ils la conduisirent en haut de la montagne du Nord. Là, sous les yeux traumatisé du jeune enfant, les cinq hommes d’Oleg violèrent Matoaka. Bjorn avait réussit à s’enfuir alors que l’amérindienne s’était défendue contre l’un des hommes. Elle lui avait hurlé d’aller chercher Leif pendant que les démons de l’espèce masculines s’acharnaient sur son corps meurtrie.

    Le poison violent de la haine avait remplacé celui de la peur. Matoaka se souvenait des noms, des visages et se jurait à elle-même ainsi qu’au dieu de se venger. La laissant pour morte, elle grelottait dans le froid en suppliant ses esprits de ne pas la ramener à eux tant qu’elle n’avait pas apposé sa lame froide et vengeresse sur ces hommes.

    Elle entendait encore aujourd’hui leurs rires gras, les mots qu’ils avaient prononcés, qu’il s’agissait de la sanction d’Oleg et que la sauvage ne méritait pas de vivre. Ce n’était pas qu’une sanction, mais une avertissement, une profanation. Si elle en avait eu l’énergie, elle aurait fait écroulé la montagne sur ces hommes, mais elle en était physiquement incapable. Violemment blessée physiquement et émotionnellement, elle était incapable de réagir pour le moment. Mais sa vengeance sommeillait en elle et elle serait le moteur de son existence désormais.

    Bjorn n’avait pas retrouvé Leif. Il était donc remonté sur la montagne pour aller aider Matoaka qui perdait connaissance. Le petit garçon, fort et courageux, réussit à la transporter dans une petit alcôve le temps que la tempête de neige s’apaise. Le lendemain, il réussit à la transporter avec le peu de force qu’il avait et ils atterrirent près de la rivière. Le village de Ragnar se trouvait non loin et Bjorn le connaissait. Pendant que Matoaka guérissait ses blessures comme elle pouvait dans la rivière, un bateau-marchand passa. Bjorn eut la mauvaise idée de leur faire confiance car en vérité il s’agissait de pirates.

    C’est ainsi que la deuxième partie de leur périple débuta. Changeant d’identité comme lui avait appris sa mère, Bjorn se fit passer pour le fils d’un berger et Matoaka pour sa servante. En même temps, elle avait tout d’une esclave avec ses vêtements déchirés et sa peau sombre. Cela sembla satisfaire le pirate qui profita d’une nuit pour tenter de violer le petit garçon. Mais l’amérindienne se réveilla à temps et tua le capitaine du bateau en l’égorgeant sans aucun état d’âme. Elle vouait désormais une haine viscérale pour les hommes. C’était devenu son combat.

    Bien entendu, un tel affront ne pu être laissé sans sanction. La jeune femme et Bjorn furent vendu comme esclave et envoyé en Méditerranée. Là, ils furent acheté comme bétail par un berger qui avait besoin de main d’oeuvre. Jamais séparé, Bjorn et Matoaka devinrent proche. Même si la jeune femme était peu expressive, elle ne pouvait s’empêcher de tout écouter. Alors, même si ils se trouvaient dans une campagne grecque perdue, la proximité avec Athènes lui fit entendre les fabuleux récit de Leif Erikson. Malgré elle, elle lui en voulait. Il n’était pas venu la chercher. A aucun moment. Et pire, il avait accepté d’épouser Freya. Il avait épousé la fille de son bourreau. Matoaka savait que Leif n’était pas dupe, aussi, pourquoi n’avait-il pas repris le pouvoir ? Toutes les nuits elle ruminait et cherchait un moyen de s’enfuir.

    Le vieux berger mourrut et il légua à Matoaka son bateau et son troupeau. La jeune femme vendit le tout et pu avec l’argent mettre en route la vengeance qu’elle attendait depuis tant de temps.

    Il lui fallut un mois pour réunir l’armée qui lui fallait. Des amazones au coeur empli de vengeance et de rage, comme elle. La rencontre d’un riche marchand nommé Azir et qui avait pour projet d’ouvrir son commerce au Nord voyait dans la traque de Matoaka la possibilité d’élargir son pouvoir monétaire. Mais surtout, son chemin croisa celui de Rollo. Lui aussi avait été banni par Oleg mais pour des raisons plus obscures. N’étant pas une femme de confidence, Matoaka ne chercha pas outre mesure à comprendre pourquoi mais s’intéressa plutôt à son armée. Constituée d’une centaine d’hommes, elle venait renforcer son armée de trois-cent amazones. C’était presque suffisant pour anéantir Oleg et son village. Plus rien ne semblait arrêter la brune qui en vint à faire un pacte avec Azir notamment en l’épousant. En gagnant les côtés norvégienne et anéantissant le commerce prospère de Oleg, elle ouvrirait la voie à Azir qui lui offrait assez d’armes, d’hommes et de navires pour assouvir son projet.

    Bjorn grandissait sous l’entraînement de Matoaka. Discipliné, courageux et brave, il était devenu un vrai petit soldat. Bien entendu, jamais ils ne se quittaient tous les deux. Rollo s’en était amusé et avait essayé de s’intégrer à ce duo mais ils étaient bien trop soudés l’un à l’autre pour laisser cet homme s’interposer entre eux. Rollo aimait la force de caractère de Matoaka. Il avait été surpris en la voyant vivante et aussi différente. Pourtant, il avait toujours sommeillé en elle quelque chose de violent et d’insaisissable. Il savait que son demi-frère aurait aimé la savoir en vie. Mais trop jaloux de ce dernier, il préféra garder cette information pour lui et tenter de ravir la jeune femme. Les nombreux refus qu’il essuya lui donna envie de faire encore plus de mal aux amants maudit notamment en mentant à l’amérindienne :

    - Je ne devrais pas te le dire, lui avoua-t-il un jour, mais Leif a arrêté ses recherches car il est tombé amoureux de Freya.
    - ….
    - C’est difficile je sais mais tu ne peux pas lui en vouloir. Tu avais disparu et Freya est si bonne et douce. Tu ne devrais pas t’attendre à ce qu’il soit libre en rentrant Kattegat.
    - Je n’attends plus rien de cette terre maudite.

    Le voyage jusqu’à Kattegat dura un bon mois. Bjorn et Matoaka priait et discutait sur tout le trajet. Impossible de s’entrainer alors elle lui apprenait à méditer et faire suffisamment le tri dans son esprit pour ne pas se laisser envahir par la peur ou la douleur :

    - C’est la peur qui est le plus gros fléau Bjorn. Il paralyse ton corps et ton âme. Ne te laisse jamais envahir par la peur.
    - Jamais.

    Les neiges venaient de tomber lorsqu’ils arrivèrent près des berges norvégiennes. Le plan de Matoaka était simple. Elle allait justement faire naître la peur chez ses ennemis. Par raid, elle organisa des descentes pour assassiner les grands amis de Oleg. Ça commença par une rumeur, puis ce fut une certitude. Un fantôme vengeur s’en prenait aux hommes de Oleg, cinq pour commencer, ceux qui avaient violé Matoaka. Puis, l’esprit s’en prit aux proches du seigneur. Ce dernier, terrifié, vint chercher de l’aide auprès de son gendre. C’était exactement ce que cherchait l’amérindienne.

    Un soir, elle se faufila donc dans la ville accompagnée de quelques une de ses amazones et de Rollo. Ils avancèrent discrètement dans la ville qui s’était nettement enrichie. Bjorn était resté sur bateau à surveiller. Matoaka n’avait qu’un objectif, assassiner Oleg et elle l’aurait. Grâce aux confidences de Rollo qui était devenu son ami et son allié, elle pénétra la chambre du vieil homme qui dormait.

    - Alors.. On dort comme un vieux cochon Olegounet ?

    Rollo ricanait quand Matoaka se jetait sur le dit Oleg. Posant une main sur sa bouche et le menaçant de son poignard elle le regarda dans les yeux :

    - Tu ne pensais pas mourir sous la dague de celle que tu as offensé vieil homme.
    - Je.. Je.. Je.. Non.. S’il.. S’il..
    - Moi aussi j’ai crié. Moi aussi j’ai supplié. Mais personne ne voulait m’entendre puisque vous aviez donné des ordres.
    - Serait-ce moi ou tu es entrain de te faire dessus ?

    Son compagnon ricanait en surveillant l’entrée. Mais aucun état d’âme et certainement pas avec peur, elle plongea sa lame dans la gorge du vieil homme avant de la descendre jusqu’à son coeur. Rollo était écoeuré et inquiet en voyant qu’aucune émotion ne traversait la jeune femme. Comme quand elle avait découpé les membres de ses violeurs pour ensuite les accrocher contre le mur. Là, elle arracha le coeur de Oleg et mordit dedans sans peine avant de le recracher sur le sol :

    - Jamais tu n’iras au Vahlala Oleg. Jamais tu ne rencontreras le divin Odin. Ta dépouille m’appartiens comme tu m’as volé mon âme.

    Il mourrut ainsi face à deux prunelles brillante de vengeance. Repue, Matoaka se releva couverte du sang de son ennemi. Découpant sa tête, ce qui était un sacrilège aux yeux des Viking, elle l’emporta avec elle. Rollo lui intima l’ordre de partir mais elle n’en n’avait pas finis ici. Toujours aussi silencieuse, avançant telle une ombre, elle se rendit dans la chambre de Leif. Il dormait près de son épouse. Matoaka eut un haut le coeur. Elle qui poussait ne plus être capable de réagir à quoi que ce soit se devait bien d’avouer qu’elle avait mal en le voyant dans le même lit que cette femme.

    Elle allait venir plonger sa lame dans le coeur de la blonde lorsque l’alarme intrusion sonna. Leif se releva aussitôt et il lui sembla voir un fantôme. En même temps, Matoaka était devant lui, sanguinolente, tenant dans sa main la tête de Oleg. Sans perdre un instant et malgré le cri d’épouvante de Freya, la brune s’enfuit de la chambre. Elle savait que Leif était derrière elle à la poursuivre mais elle était plus rapide que lui. Aisément, elle réussit à se dérober et disparaître dans la nuit.

    Arrivée à son bateau, son bras droit Millia lança l’ordre de prendre le large. Matoaka, essoufflée et toujours pleine de sang demanda Bjorn qui la rejoint. Caressant sa joue, geste maternelle, elle lui demanda ce qu’il désirait :

    - Souhaites-tu rejoindre les tiens Bjorn Ironside ?
    - Je vais les rejoindre mais je te retrouverais. Et Leif.. Tu.. Tu vas le laisser ?
    - Il a sa famille désormais petit homme. Je n'en ai jamais fait partie.

    Cela déchirait le coeur de la jeune femme qui ne pensait pas ressentir une telle peine. Mais elle savait qu’il avait raison. Sa route l’emmenait autre part désormais. Loin des viking, loin de tout lien à Leif Erikson. De plus, elle avait outrageusement mis la zizanie dans un royaume jugé imprenable et où les conséquences seraient violente si elle était prise. Il fallait donc partir au plus vite. Après avoir enlacé le jeune homme, elle le laissa descendre du bateau non sans lui avoir donné de quoi survivre dans la neige qui tombait violemment. C’est ainsi que Bjorn contempla les bateaux partir alors que la troupe de son oncle arrivait près de lui.


    immarcescible, Posté le mardi 05 juillet 2022 20:30 Répondre

    Les mots qu’elle avait tant espéré entendre. Les mots qui émerveillé son âme et son coeur mais qui détruisait son sens moral. Matoaka était déchirée. Comment ne pas l’être quand il s’ouvrait avec tant de passion ? Leif était à bout de nerfs, à bout de fatigue lui semblait-il. Il lui en voulait d’être aussi froide et lointaine. Elle ne regrettait pas de s’être donnée à lui. Seulement de ne pas avoir autant de courage que lui pour se livrer avec une telle fougue. Leif était décidément un homme de franc-parler, de conviction. Et si elle n’avait pas peur de lui, elle avait par contre peur pour sa vie. C’était inconcevable qu’à cause d’elle il puisse perdre la vie.

    - Je suis ton alliée Leif, je veux seulement te..

    Mais il la coupait sans arrêt. Incapable de dire quoi que ce soit, elle le laissait donc terminer sa diatribe pour ensuite reprendre le relais. Soulevée par sa poigne de fer, elle se trouvait devant lui et s’agrippait à son tour à ses avants-bras. Elle cherchait un soutien. Il était vain d’essayer de parler calmement, il continuait de crier et de s’agiter, aussi, elle du à son tour élever la voix notamment en agrippant fermement son menton entre ses mains et posant sa main sur ses lèvres pour qu’il se taise :

    - Vas-tu me laisser en placer Leif Erikson, le grondait-elle agacée.

    Lorsqu’elle vit son oeil vif se calmer, elle relâcha doucement sa poigne mais glissa sa main sur sa joue. Peut-être que son contact allait lui permettre de se calmer, de se canaliser. Mais il avait raison, elle lui devait la vérité et elle allait lui donner. A quoi bon lui mentir ? Même si sa mère allait la maudire, elle devait être honnête avec lui.

    - Je te pousse dans les bras de Freya à contre coeur oui. Mais parce que je ne veux pas te maudire !

    Voilà, c’était dit. Il était vrai que même elle se sentait mieux de lui avouer. Savoir comment aller se terminer la conversation était autre chose mais Matoaka avait besoin de tout lui dire et de le rassurer.

    - Regarde tes parents.. Regarde ce qui leur est arrivé. Une volva ne peut pas épouser et aimer un homme. C’est ce que m’a confié ta mère lorsque nous l’avons rencontré. Déjà à ce moment là elle savait que je t’aimais, avouait-elle les joues rougissantes, d’ailleurs je n’ai pas su retenir mes sentiments pour toi.. Tu sais, le soir où tu as voulu m’embrasser je ne m’y attendais et je me suis laissée submerger par mes sentiments. Je voulais tout te donner, je voulais que tu saches qu’il y a quelqu’un sur terre qui t’aime et qui tiens à toi de toute son âme Leif..

    Matoaka du faire une pause. C’était beaucoup pour elle. Jamais encore il ne lui semblait avoir autant parlé. Ses doigts caressaient la joue du brun avant de frôler ses lèvres pleines et entrouverte. Il semblait en état de choc mais cela ne l’empêcha pas de continuer pour autant. Sa voix reprenait une douce mélodie alors qu’elle continuait :

    - Je ne te hais pas. Je ne t’ai jamais haï. C’est ma condition que j’excècre. Celle de ne pas pouvoir être celle qui te donnera un royaume, une famille, la sûreté, une vie.

    Ses épaules s’affaissaient à mesure qu’elle parlait de ce qu’elle ressentait et de tout ce qu’elle abandonnait. Tous ses espoirs et ses sentiments devaient s’étouffer désormais mais c’était trop difficile avec Leif qui la cherchait tout le temps :

    - Je ne veux que le meilleur pour toi, comme tes parents. Et je ne serais jamais ça pour toi. Epouse Freya et je.. et je partirais. J’ai été faible, incapable de contrôler mes sentiments pour toi Leif parce que oui je t’aime. Et le pire dans tout ça c’est que je ne regrette rien, jamais je ne regretterais ces moments volés avec toi. Je les chéris de toute mon âme mais.. mais je ne peux pas te mettre en danger. Ce serait trop injuste. Tu as retrouvé ton peuple, ton héritage, ta famille. Je ne peux pas te demander de tout quitter pour moi pour que tu sois en danger. Je ne veux que ton bonheur. Est-ce trop difficile à croire mon Seigneur ?

    Mais Leif restait toujours aussi silencieux. Sans doute réfléchissait-il. Alors, elle vint embrasser le poignet de son amant et mordit sa joue pour ne pas laisser ses larmes monter à ses yeux :

    - Je nous ai vu dans un rêve, dit-elle, à plusieurs reprises. Il existe une part de nous qui a existé ou qui existera mais.. mais je ne sais sous quelle forme. Peut-être dans un autre temps. Tu as un grand destin qui t’attends Isha.. Mais je ne peux pas être celui-ci. C’est beaucoup trop dangereux.


    immarcescible, Posté le dimanche 03 juillet 2022 21:53 Répondre

    Mais est-ce que Matoaka a envie de rentrer chez elle ? Absolument pas. La jeune femme a goûté avec plaisir au goût de la liberté. Mais plus encore, la simple idée de devoir vivre loin de Lui la bouleverse beaucoup trop. Le froid ou bien l’électricité de leurs deux corps se touchant la faisait frissonner. Sans hésitation, elle agrippa sa main dans la sienne et grimpa sur le dos du cheval d’un mouvement leste et rapide. Accrochée à lui, elle le laissa donner le son de départ faisant déguerpir l’animal. Ils galopèrent ainsi, l’un contre l’autre pendant un moment. La jeune femme n’avait toujours pas répliqué à ce qu’il lui avait dit. Elle n’en n’avait aucune envie. Pour le moment, elle appréciait de pouvoir humer son parfum puissant et de serrer entre ses mains ses hanches.

    La lune était haute et Matoaka tremblait de froid. Cela devait faire deux bonne heures qu’ils avaient quitté Kattegat. La nature norvégienne semblait plus apaisée une fois qu’ils avaient quitté la ville. Leif trouva une petite ferme qui semblait abandonnée. Aucune fumée, aucune lumière. Ils décidèrent de s’y arrêter pour la nuit. En entrant, ils virent un immense espace avec des tas de paille un peu partout. Cela devait être une ferme pour les alpages d’été. Dans le coin se trouvait un grand lit avec des rideaux, sans doute protéger du froid lors des nuits fraiche.

    L’amérindienne avait toujours aussi froid malgré la cape de son compagnon sur les épaules. Elle le laissa chercher du bois et allumer un feu dans la grange en s’asseyant dans la paille. La brune l’observait d’un oeil avide et ne pouvait s’empêcher de sourire en voyant son air si fermé et bougon. Il le remarqua et s’énerva, ce qu’elle comprenait :

    - Je ne sais pas ce que ton père avait en tête Leif, répondit-elle calmement en postant ses mains devant le feu qui crépitait, mes visions ne contiennent pas toutes les vérités. Ce sont des faits ou des prédictions. Je ne peux pas avoir de réelles certitudes sur la vie. Nos actes et nos choix sont bien trop spontané.

    Elle voulait lui donner comme exemple leur relation. Mais elle n’en fit rien de peur de parler d’un sujet trop sensible. Après tout, l’un comme l’autre n’avaient mis aucun mot sur leurs relations. En avaient-ils seulement une ? La brune sortit de son petit sac de voyage qui ne la quittait jamais un bout de pain avec du fromage qu’elle coupa en deux :

    - Tu n’as rien mangé au banquet. Viens..

    D’un mouvement sec, elle le força à s’asseoir à ses côtés et lui tendit la nourriture en lui rappelant qu’il devait avoir des forces si il voulait vaincre Ragnar. Cela suffit aisément à le faire manger. Assis l’un à côté de l’autre, silencieux, elle en profita pour contempler le feu et pencher sa tempe pour la poser contre le bras du jeune homme :

    - La possibilité d’être roi t’effraie tant que ça ? Pourquoi ? Est-ce que c’est vraiment la vengeance que tu cherchais ? Uniquement tuer Ragnar..?

    En vérité, Matoaka avait toujours cru que l’appât du pouvoir avait motivé le besoin de Leif à tuer son oncle. Mais visiblement, il ne s’agissait que de vengeance. Elle craignait désormais qu’une fois la tâche accomplie, il vive mal la suite.

    - Que.. Que ferais-tu si tu n’étais pas Roi ? Tu as passé ta vie à poursuivre un but. Bientôt il sera achevé Leif.. Qu’est-ce que tu veux être ? Qui es-tu ? Uniquement cette machine à tuer ? Crois-tu sincèrement que tuer Ragnar apaisera ce trou dans ton coeur ?

    Loin d’elle l’envie de lui faire la leçon. C’est pour ça qu’elle posait une main sur le coeur de Leif et qu’elle parlait avec douceur, qu’elle le contemplait avec douceur. Ils étaient loin des autres, ils pouvaient se permettre de s’ouvrir l’un à l’autre sans crainte. Matoaka n’avait pas peur de lui dire la vérité, jamais. Mais elle sentait bien qu’il était perdu et elle avait peur qu’une fois son but achevé il ne trouve plus de sens à sa vie. Sauf qu’elle ne pouvait pas lui donner ce qu’il aurait pu souhaiter : une famille.

    - Peut-être que tu ne devrais pas être réfractaire à cette union. Peut-être que le moment est venu pour toi de construire ta famille.. avec.. avec cette.. avec Freya.

    Elle souffrait atrocement de dire ces mots. D’ailleurs, ses prunelles disaient l’inverse de ce que ses mots évoquaient. La simple idée de le savoir dans le lit d’une autre à la toucher, la caresser comme il l’avait fait pour elle la faisait souffrir. Mais elle n’avait pas d’autres choix que de le protéger. Le pousser à elle vers cette femme c’était l’assurance de ne pas le maudire. N’étais-ce pas ce que faisaient les personnes qui aimaient ? Sauver l’autre à tout prix quitte à sa trahir.


    immarcescible, Posté le vendredi 01 juillet 2022 21:47 Répondre

    La journée à Kategatt était bien remplie. Matoaka ne se ménageait pas, tout comme Leif. L’un comme l’autre cherchaient à fuir des choses qu’ils n’arrivaient pas à gérer. Si pour le jeune homme c’était une question existentielle, pour elle, c’était essentiellement de trouver le courage de repartir loin de lui quand son âme lui hurlait de tout lui avouer. Ses sentiments et ses craintes.

    Après avoir passé son temps à veiller les blessés et s’être assurée qu’ils guérissaient bien, elle alla prier avec son frère non loin des portes de la ville. La neige avait tout bloqué. Ils semblaient pris au piège dans un royaume déchu. Les habitants de la ville qui s’étaient échappés revenaient tous petit à petit. Svala avait ordonné qu’on serve à manger à tous les habitants qui mourraient de faim. Même si il n’y avait pas de Jarl proclamé pour le moment, la jeune femme Erikson semblait accueillir ce rôle à la perfection.

    Et pendant ce temps, Leif se renfermait sur lui-même.
    Il fuyait même.

    Cela mettait Matoaka en colère jusqu’à ce qu’elle vit le frère et la soeur se disputer violemment devant elle et Nashoba. Soudain, elle comprit. Leif n’avait pas peur. Non. Il remettait tout en question car il avait compris qu’une autre vie était envisagée. Et c’est en cela qu’elle avait un minime espoir. L’espoir de pouvoir lui proposer cette autre voie. L’espoir de construire quelque chose avec lui. Car c’était indéniable, l’un comme l’autre savaient qu’ils étaient liés.

    Matoaka attendit que la nuit tombe. Enroulée dans son plaid et alors que tout le monde dormait, elle rejoignit Leif qui ruminait. La vision de ce colosse au buste ruisselant et au regard frondeur éveilla de nouveau les désirs avide de son bas ventre. Bien sûr qu’ils étaient liés. C’était une certitude. Elle avait déjà hâte de lui dire ce qu’elle ressentait, ce qu’elle voyait et ce qu’elle espérait pour eux deux. Le monde n’appartenait qu’à eux désormais.

    Elle rit doucement lorsqu’il évoqua ses bras et elle se poser entre ses cuisses pour caresser sa nuque. Ses doigts étaient glacés quand la peau de Leif était brûlante. Cela l’amusait toujours de voir ce contraste de chaleur qui les différenciait. Se penchant sur son front pour lui avouer qu’elle le désirait toutes les nuits pour elle seule, elle fut stoppée dans son élan par sa confidence. Pourquoi pensait-il à cette femme ? Matoaka se redressa légèrement, les sourcils froncés et l’observa lui expliquer. Il parlait d’elle comme un vieux souvenir. Il parlait d’elle comme l’espoir qu’elle avait espéré qu’il voit en elle.

    Une boule se formait dans sa gorge lorsque le poison violent et amer de la jalousie laissait un arrière goût désagréable à Matoaka. Faisant mine de ramasser quelque chose sur le sol, elle en profita pour s’écarter de lui et lui tourner le dos. La colère et la honte l’animait dangereusement. Elle du inspirer profondément avant de répliquer sur un ton bas :

    - Elle sera ta femme ne t’en fais pas, dit-elle simplement, elle va te permettre d’asseoir ton règne et ta légitimité. Ne soit pas inquiet, elle arrive. Excuse-moi, mais je vais me coucher. Je me suis vraiment épuisée.

    Elle le sentait venir près d’elle comme pour la retenir mais elle dégagea son bras avant de le repousser. Il semblait ne pas comprendre. Alors tant mieux. Mais vite, elle devait trouver un prétexte pour ne pas qu’il comprenne :

    - Tu es censée être Jarl si je ne m’abuse. Tu m’as fait quitter mes terres pour te contenter d’être le serviteur de Svala ? Je n’ai pas tout abandonné et tout sacrifié pour ça Leif. Ni même ta mère. Il est temps que tu reprennes ton rôle et que tu l’assumes. Avoir peur ne te mènera à rien crois-moi.

    Vite, elle lui tourna le dos et disparut dans la nuit enveloppée par la brume du froid. Ses larmes ne coulèrent pas car il faisait tellement froid qu’elles gelèrent instantanément. Le lendemain elle fit tout pour éviter Leif. Nashoba s’en rendit compte mais ne chercha pas à comprendre. Il se contentait juste d’aider Leif dans ses travaux de réaménagement. Il semblait bien se faire à cette nouvelle vie le petit amérindien. Mais surtout, il semblait beaucoup aimé Svala dont il contemplait ardemment les cheveux blond comme le soleil, comme il aimait l’appeler :

    - Tu crois que ta soeur aimerait un nouveau mari, demandait-il à Leif, qu’est-ce qu’il faut faire ici pour obtenir la main d’une femme petit viking ?

    Le soir même, des bateaux apparaissaient dans la baie. Il s’agissait des navires du père de Freya. Jarl Borlg arrivait en masse avec ses hommes pour porter secours et aide aux Erikson. Il s’agissait d’un vieil ami de Erik. Du moins, c’est ainsi qu’il se présenta devant Svala qui siégeait sur le trône qui lui était réservé :

    - Princesse, demandait-il, j’aimerais beaucoup rencontrer votre frère. Il se trouve que je viens avec la plus belle des récompenses à lui offrir.

    Au même moment, Leif arrivait bel et bien. Matoaka était cachée dans un coin de la pièce et observait la scène avec douleur. En effet, la jeune Freya se présentait devant son futur fiancé et le saluait avec modestie et douceur. En enlevant son voile, sa blondeur sembla éblouir toutes les personnes de la pièce. Elle était jolie, même Matoaka ne pouvait le nier. Elle avait partir mais un autre homme surgit. Plus vieux, plus sale, les cheveux long et une dégaine qui ne laissait rien présager de bon :

    - AH ! Oui, surenchérissait Borlg, Leif Svala laissez-moi vous présenter votre demi-frère. Rollo Erikson. Il est venu aider sa famille à vaincre l’oppresseur Ragnar et il est mon invité.


    immarcescible, Posté le mercredi 29 juin 2022 21:17 Répondre

    Ce flash, Matoaka ne l’avait pas ressentit ni même vu puisqu'elle avait déjà anticipé la venue de Binki. En revanche, celle de Rollo absolument pas. Et puis, de toute façon, lorsqu'elle était avec Leif, surtout en ce moment, son corps oubliait le reste. En effet, elle était bien trop concentrée par les vagues de plaisir que lui offrait Leif Erikson pour penser une seule seconde à l’avenir ou aux voix dans sa tête. Elle savait ô que très bien qu’il lui restait peu de temps en compagnie de Leif, elle voulait en profiter. Se repaître de sa douceur, de sa fougue, de sa chaleur. Elle le désirait ardemment, passionnément. Elle en voulait toujours plus. Ce ne serait jamais assez. Et au fur et à mesure que ses mains, que ses lèvres et que son corps entier s’imprégnait du sien, elle se sentait dépossédé d’elle-même, prête à mourir pour cet homme qu’elle avait pourtant haï.

    - Isha.. Encore.. Oui.. Bon sang .!

    Elle en était totalement folle de cet homme. Elle allait en devenir dépendante ce qui était atroce. Pourtant, elle replongeait et continuait d’alimenter la passion en le caressant, le suppliant et lui rendant chaque mouvements, chaque baisers et chaque caresses. Ils ne formaient qu’un et ils savouraient l’un et l’autre le bonheur d’être ensemble. Ses ongles griffaient sans ménagement son dos tendu par le plaisir quand elle mordait son cou passionnément et enfin quittait l’espace terrestre un instant, pour toucher violemment les sources même du plaisir.

    Cet orgasme matinal qu’ils venaient d’échanger la rendait fébrile avait fait renaître ce sourire étrangement détendu sur ses lippes. Matoaka avait enroulé ses bras autour du beau seigneur dont elle embrassait de nouveau l’épaule en sueur. Vite, elle venait la lécher pour remonter le long de son cou et ainsi, caresser sa nuque. Sa voix basse et chaude de velours murmurait au creux de son oreille :

    - Je n’en reviens pas que tu aies connu aucune femme. Tu sais exactement comment me faire venir et où me caresser, avouait-elle en riant doucement, je suis persuadée que tu pourrais faire une cartographie de mon corps. Je me trompe ?

    C’était finis. Elle ne voulait plus le vouvoyer. Il faut dire qu’ils avaient découvert l’un et l’autre leur intimité respective. Aussi, le vouvoiement ne devenait de rigueur uniquement pour créer une distance entre eux. Et clairement, Matoaka n’en voulait plus avec Leif. Après avoir vu la mort d’aussi prêt l’un et l’autre, elle voulait profiter de ce peu de moment qui lui restait pour pouvoir partager autre chose avec lui que du ressentiment et de la défiance. Embrassant encore sa tempe, elle continua ses caresses, non sans le lâcher de ses bras et de ses jambes.

    - Je t’aies fait prisonnier Leif Erikson. Tu souhaites t’échapper de ma prison ?

    Légère, taquine et même drôle, Matoaka savourait ce moment de proximité où personne ne viendrait les déranger pour le moment. Il fallait donc en profiter. Mais ils roulèrent sur le côté du plaid qui se trouvait sur le sol, et Matoaka se retrouva allongée sur son amant. Plaçant ses cheveux derrière ses oreilles pour mieux le contempler, mais aussi, avoir enfin une discussion un peu plus sérieuse avec lui. Depuis hier soir, ils n’avaient fait qu’échanger des baisers et des mouvements de bassin intense. Il était temps de parler de l’avenir de Kattegat :

    - Ainsi donc.. Mon seigneur.. Leif.. Dis-moi ce que tu ressens ? Je vois bien à ta mine que tu es soucieux ? Est-ce à cause de Svala ? N’aie crainte.. Elle n’est pas là pour être contre toi. Elle a juste peur pour son fils et pour toi. Il faut lui montrer que tu tiens à cette terre et que tu vas te battre pour elle.

    Devait-elle parler de la future épouse qu’il allait bientôt recevoir ? Non. Elle n’avait pas encore envie d’être en compétition avec cette autre femme; Matoaka gardait jalousement le secret de sa relation avec Leif pour elle pour ne pas avoir à culpabiliser et subir les regards compatissants et ou moqueur des autres personnes. Svala n’en ferait rien certes, mais Matoaka ne pouvait décemment pas en parler autour d’elle. C’était impensable. Non, elle continuerait de voler ces moments épars de passion pour elle et de manière spontanée. C’était tout ce qu’elle avait, ça lui appartenait et ça, pour la première fois de sa vie.

    - Des hommes vont arriver demain. Ils viendront pour signer un pacte, une alliance avec vous.. Ils veulent te remettre sur le trône, refonder cette dynastie que tes parents ont construite.. Pourquoi.. Pourquoi cela ne semble-t-il pas t’enchanter ?

    C’est vrai. Leif venait enfin d’atteindre son but. Certes, Ragnar n’était pas encore mort mais Matoaka savait que ça viendrait bien plus vite qu’il le croyait. Il fallait seulement qu’il garde confiance. Elle se redressa sur lui et s’enroula dans l’épais plaid avant de se rallonger sur lui pour le réchauffer. Caressant les cheveux long brun du seigneur, elle contempla ses iris pour comprendre :

    - Qu’est-ce qui te fais peur, demandait-elle dans un souffle, je sens ta crainte.. Dis-la moi..


    immarcescible, Posté le mardi 28 juin 2022 19:02 Répondre

    Rapidement, Matoaka retira sa main de celle de Svala. La blonde venait de découvrir son g-plus grand secret et il était inconcevable qu’une telle information s’échappe de ce maudit Skali. La brune sortit au même moment son arme dissimulée dans son dos et la plaça sous la gorge de la cheffe guerrière avant de murmurer menaçante :

    - Tu sais ce que je suis, dit-elle, alors je te conseille de ne pas trop me chercher Svala Erikson. Tu as sans aucun doute des compétences intéressantes mais tu sais aussi bien que moi que tu as besoin de ton frère. De plus, je t’interdis de lui dire ce que tu crois avoir vu, compris ?

    C’était quelle était sérieuse la petite amérindienne. Il ne fallait surtout pas que Leif puisse apprendre une telle chose. Cela risquerait de le mettre en danger en le maudissant et jamais Matoaka n’accepterait une telle chose. Svala ricanait malgré le couteau sous sa gorge et promit de ne jamais rien dire. Alors, la brune pu la relâcher et s’écarter d’elle pour faire le tour du feu au milieu de la pièce. Elle était encore sale, pleine de sang et sa plaie lui faisait mal au bras :

    - Ragnar n’est plus qu’un pion, finit-elle par avouer, une armée va arriver dans deux jours. Ce sont des anciens alliés de ton époux-oncle. Ils veulent restaurer la dynastie des Erikson sur le trône. Un consensus a été créé par tous ces hommes et un mariage va être proposé à ton frère. Cela appuiera son pouvoir et le nommera chef incontesté de votre région.

    Svala écoutait avec attention la jeune amérindienne qui déambulait devant elle. S’asseyant sur le trône de Ragnar, elle réfléchissait :

    - Je sais déjà comment va mourir Ragnar si ça peut te rassurer.
    - Excuse-moi je ne veux pas douter de toi mais, demandait Svala avec intérêt, qu’est ce qui me dit que tu dis la vérité puisque vraisemblablement tu caches des choses à mon frère.
    - Je ne lui cache rien. Je le protège juste.

    Là, Svala comprenait soudainement qu’il y avait anguille sous roche et que son frère pouvait risquer un danger auprès de Matoaka ce qui intéressait ses ambitions politiques bien entendu. Mais elle laissa poursuivre la brune pour mieux comprendre ce qu’elle attendait d’elle et pour savoir comment aller mourir cet odieux époux-oncle qu’elle avait subi tout ce temps sans que Bjorn n’en souffre.

    - Ton fils sera un grand roi, un grand guerrier. Il vivra, continuait Matoaka de sa voix basse de prédictions, mais uniquement si toi-même tu tue Ragnar. Et tu le tueras. Pour sauver ton fils et ton frère.
    - Qu’est ce que j’ai à faire d’un frère ? Si ce n’est m’inquiéter encore plus pour quelqu’un.
    - Parce que vous êtes une famille malgré tout. Et que ta mère ne voudrait pas que tu le repousses. C’est ce qu’elle m’a dit.
    - Ma… Ma mère ?
    - Oui. Elle m’a demandé de vous réunir. Vous allez à vous trois avec Bjorn sauver Kattegat. Mais pour ça, nous devons tuer Ragnar.

    Matoaka sortie de sa petite pochette de soin une fiole qu’elle tendit à Svala. Cette dernière allait l’ouvrir mais l’amérindienne l’interdit d’un « non » sonore avant de lui expliquer :

    - ll s’agit d’un poison mortel. Inonde ta lame d’épée avec et tous tes assaillants, peu importe lesquels mourra dans les quelques secondes où tu les auras touché.
    - Ton arme est mortelle Matoaka.. Leif connait-il cette ruse ?
    - Il n’est jamais bon pour un homme de connaître tous les tours des femmes.

    C’est à cela qu’elles se mirent à rire ensemble. Pour la première fois, Matoaka semblait avoir trouvé un double féminin. Tout comme elle, Svala avait connu l’horreur des hommes et leurs ambitions destructrices. Désormais, elles pouvaient former cette équipe qui permettrait non seulement de la sauver mais aussi de conduire Leif à ses objectifs. Il n’était pas question pour elle de le trahir, bien au contraire, elle voulait lui offrir le royaume qui devait lui revenir. Lui rendre son héritage.

    Alors qu’elles se serraient la main en guise d’engagement, une des guerrières de Svala l’interpella. Il semblerait qu’une femme du village la demandait ce qui vint mettre fin à leur entretien.

    Matoaka retournait à l’infirmerie et se pencha sur ses hommes. Elle s’assurait qu’ils avaient bien à boire et récitait des prières pour les aider à moins souffrir. Puis, elle se rendit au bateau qui était de l’autre côté du bateau. Son instinct lui disait de s’y rendre. Elle pu non seulement se laver malgré l’eau froide mais aussi enfiler changer son pansement. Assise sur sa couche qui avait soutenu les corps des deux amants la veille, elle espérait secrètement la venue de Leif qui enfin arrivait. A moitié vêtue malgré le froid, elle lui souriait avec douceur :

    - Je me demandais quand vous me retrouveriez mon seigneur, murmurait-elle en se levant vers lui et comme la veille fit tomber le drap qui la couvrait, honore moi Leif.. Encore cette nuit..

    Clairement, la jeune femme n’avait aucune volonté. Une heure plutôt elle se promettait de ne plus approcher Leif et la voilà incapable de résister au plaisir de plonger ses mains dans sa crinière et ses lèvres sur les siennes. Elle l’embrassait avec passion, ardeur et plaisir. Son corps était glacé par le froid extérieur mais elle savait que bientôt il allait la réchauffer. Lorsque le souffle lui manqua, elle ouvrit les yeux et mordilla sa lèvre inférieure :

    - Touche-moi encore.. Montre moi à quel point tu es vivant..


    immarcescible, Posté le lundi 27 juin 2022 18:31 Répondre

    C’est cotonneuse que Matoaka se réveille. Son corps était engourdi des sensations sensuelles de l’amour. Son coeur vibrait encore quand ses lèvres étaient toujours rougies des nombreux baisers que Leif lui avait donné. En se tournant, elle eut la désagréable surprise de voir qu’il l’avait quitté. Mais pire, il faisait déjà jour. Non seulement il était partit se battre sans la réveiller mais elle aussi ne s’était pas réveillée à l’heure pour se battre avec lui. Après une rapide toilette, elle enfila la chemise de Leif et l’un de ses pantalons qu’elle avait volé une fois discrètement et tressa ses cheveux. Elle venait de lacer ses chaussures quand des cris à l’extérieur lui fit vite comprendre qu’ils étaient attaqués.

    Prenant son épée d’une main ferme, elle se rendit en vitesse sur le pont pour voir le carnage débuter. Une troupe de Skjaldmös s’avançaient et attaquer sans crainte les pauvres écossais effrayés. Matoaka ne perdit pas une seconde et se rua sur la foule non sans écorcher quelques guerrières sur son passage. Comme toute bataille, il fallait trouver la tête du serpent. Or, dans ce cas précis, il était compliqué de s’en rendre compte. Toutes étaient vêtu du même habit significatif et semblaient se battre avec cette même force et démesure. Matoaka ne s’était pas entraînée depuis des semaines, Leif lui ayant interdit. Elle perdait un peu en vitesse et en endurance ce qui lui coûta une sévère entaille au bras.

    Mais la jeune femme avait d’autres ressources. Après avoir violemment embroché une guerrière norroise, elle tomba sur une autre à la carrure impressionnante. Dans un mouvement souple et leste, Matoaka réussit à la déstabiliser et la faire tomber sur le sol. Il faut dire que le seule avantage de l’amérindienne était de ne pas porter ces étranges peaux de bêtes qui devait être lourd à porter. La brune fit tomber la colosse et pu aisément embrocher sa jambe de sorte à sortir son poignard de sa ceinture et revenir vers la gorge de son ennemie.

    Seulement, elle se stoppa et dévisagea la blonde qui hurlait. Ces yeux.. Ces yeux Matoaka les reconnaitrait toujours. Ils avaient l’un et l’autre les même. Elle les connaissait suffisamment qu’elle n’avait pas besoin de demander d’aide des esprits. Elle venait de retrouver Svala et le murmura :

    - Svala.. Svala Eriksson.

    Troublée, la blonde resta un instant en suspend. Si ce moment dura une nanoseconde de pause pour les deux jeunes femmes, le reste du monde lui, continuait de tourner et rapidement Matoaka fut assommé d’un coup derrière la tête. Perdant l’équilibre un instant, elle tituba sur le côté en tentant de maîtriser sa douleur. Svala réussit à se défaire de son agresseure et empêcha son alliée de frapper de plein fouet l’amérindienne :

    - Qui es-tu pour connaître mon nom l’étrangère ?
    - Mon nom ne te dirais rien mais je connais quelqu’un qui te cherche depuis des années.. Quelqu’un qui est venu ici pour te sauver et rendre justice à ta famille ?

    Svala ne répliquait pas. Il semblerait qu’elle accusait le coup de ce que Matoaka lui annonçait. En vérité, elle n’osait même pas l’espérer de peur de souffrir si jamais ce n’était pas vrai.

    - Qui ? Qui est venu me chercher, hurlait-elle sur Matoaka qui se relevait lentement, qui es-tu ? Réponds !
    - Je suis une alliée de Leif Erikson, ton frère.

    Il fallut quelques minutes pour la blonde avant de croire à ce que lui disait la brune aux yeux de feu. Comment pouvait-elle croire une telle chose. Tout le monde était si persuadé de la mort de ce frère. Même elle s’en était faite une raison. C’était un mort qui revenait du monde des vivants, une étrangeté pour cette guerrière qui n’avait pourtant peur de rien. La bataille autour d’elles cessait. La cheffe des Skjaldmös était entrain de discuter. Cela allait forcément toutes les intriguer. Matoaka touchait sa nuque et se rendait compte qu’elle saignait, elle soupirait en sentant le sang chaud couler sur sa nuque. Puis, son regard revint sur son ennemie, ne sachant pas ce qu’elle allait faire d’elle. Peut-être allait-elle mourir maintenant ? Leif était si persuadé de ne jamais revenir, peut-être était-ce l’inverse..

    Pour essayer de rassurer Svala, elle lui parla de sa mère, de ses visions. La blonde avait l’impression de craquer. La froideur et la sauvagerie qui avait toujours été son moteur était entrain de s’effondrer. Jamais encore elle n’avait entendu une telle version. Son oncle avait fait d’elle son jouet, son pantin. Son frère était toujours en vie et revenait la chercher. Que devait-elle en penser ? La colère n’était jamais loin, et elle vint poser la pointe de son épée sur la gorge de Matoaka en relevant sa tête furieuse :

    - Pourquoi je te croirais sauvage ? Qui me dis que ce n’est pas un piège ? Comment pourrais-tu être une Volva ?
    - Tu as toutes les raisons de ne pas vouloir me faire confiance, comme ton frère. Mais je sais qu’il te cherche et qu’il attend depuis des années de pouvoir te revoir, te sauver.
    - Je ne te crois pas. Pourquoi ne serait-il pas venu plus tôt ?

    Matoaka se sentait mal. Comment pouvait-elle expliquer à Svala tout ce qui c’était passé dans la vie de Leif. Pourquoi et dans quel contexte il avait mis tant de temps à retrouver le chemin de sa vengeance. La brune expirait plus fortement lasse de toutes ces histoires de famille. Elle leva simplement les épaules mécaniquement et répondit avec honnêteté :

    - Ton frère aura toutes les réponses à tes questions et actuellement il est a Kattegat. Si tu veux des réponses, tu dois le rejoindre.

    Elles ne mirent pas longtemps avant d’arriver en haut du promontoire. Les amérindiens se battaient avec courage et sans peur. Ils tenaient les rangs comme leur ordonnait leur chef Nashoba. Ils restaient malgré tout l’élément de surprise le plus important dans la réussite de cette bataille. Mais Matoaka arrivait avec une autre surprise. Tirant avec force et puissance une flèche de son arc, elle embrocha un homme qui s’apprêtait à frapper Leif dans le dos. Son regard croisa le sien un instant avant de se pencher vers un autre homme qui arrivait trop rapidement sur son amant. De deux flèches tirées d’un coup, elle tua l’homme en plantant son arme dans sa gorge.

    Svala était à ses côtés et elle observait la scène. Nulle présence de son oncle. Incompréhensible pour la blonde qui restait encore malgré tout sous la coupe mentale de son fieffé et monstrueux bourreau. Pourtant, lorsqu’elle entendit les cris de gloire de son frère en reprenant les mots de leur père, elle sentit un frisson étrange. C’était bien lui. Il avait sa force, son courage et sa carrure. Nul doute. Dans un cri similaire, elle hurla à son tour à ses guerrières de la suivre et elles rejoignirent les flancs de l’armée de Leif. Restant pour le moment en hauteur avec quelques hommes, Matoaka était trop blessée au bras pour pouvoir tenir une épée, alors, elle tirait avec précision des flèches pour apporter un soutien aux siens.

    La fin de la bataille sonnait enfin. Les norrois battaient en retraite quand les mercenaires de Leif pénétraient Kattegat. Nashoba avait reconnu sa soeur en hauteur et était venu s’assurer qu’elle n’avait rien. Elle riait amusée en voyant sa mine inquiète quand il était couvert du sang de ses ennemis. Malgré qu’il soit un vrai guerrier redoutable, il n’en restait pas moins attentionné :

    - Je vais bien, le rassura-t-elle, tout va bien. Ce n’est qu’une éraflure, rien de bien méchant. Après un cataplasme, je serais guérie. Et toi ? Tu n’as rien ?
    - Non, même pas un bobos. Juste une peur noire de te savoir seule sur ce maudit bateau. Dès les prochaines lueurs de printemps, tu rentres Matoaka. Les champs de bataille ne sont décidément pas pour toi.
    - Peut-être, mais sans moi vous seriez tous morts aujourd’hui.

    Ils riaient ensemble, s’enlaçant. Puis, le grand brun conduisait sa soeur dans la ville qui était occupée désormais par l’armée de Leif. Son peuple était d’une extrême pauvreté et cela fit mal au coeur à Matoaka. Ragnar avait asséché toutes les richesses de ces pauvres gens. Svala était non loin, on la reconnaissait de loin avec sa haute stature et ses cheveux d’un blond étincelant. Elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à sa mère. Près d’elle, se trouvait Leif. Matoaka n’avait aucune idée de ce qu’ils faisaient. Elle venait alors s’occuper des blessés, s’oubliant elle-même. Elle était entrain de commencer à organiser une sorte d’infirmerie et ordonnait à tous les hommes valides de lui apporter les blessés pour qu’elle les examinent.

    Après la guerre, le moment de recoudre était venu. Et c’était là le moment préféré de Matoaka, se sentir utile autrement qu’en tuant.

    La journée s’était passé rapidement finalement. Il était tard quand elle se rendit compte que tous les hommes avaient été examiné par elle-même et d’autres personnes. Des norroises étaient venu lui donner un coup de main ce qui lui avait valu la sensation que ce peuple n’était pas aussi sauvage que le prétendait certains écossais. Bien au contraire, elles avaient des pratiques similaires aux siennes. Elle venait enfin de finir de recoudre un homme dont le ventre avait été ciselé. Elle avait la nausée de sentir tout ce sang sur elle et la fatigue n’aidait en rien. Soudain, Leif apparut sur le pas de la porte. Maotaka se stoppa et sentit son coeur fondre à son tour. Voilà une journée qu’elle ne l’avait pas vu aussi distinctement. Il semblait perdu, troublé. Bien sûr qu’il devait l’être, mais avait-il retrouvé Ragnar ? S’avançant lentement vers lui, elle essuyait ses mains avec un chiffon déjà bien sale. Il était épuisé, elle le voyait dans son regard, elle venait donc poser sa main sur son avant-bras pour lui apporter à lui aussi son soutien :

    - Vous êtes blessé mon seigneur ? Comment vous sentez-vous ?

    Elle était quelque peu mal à l’aise. Au fond d’elle, elle aurait aimé que la nuit de la veille ne s’arrête jamais. Mais aujourd’hui était un autre jour et voudrait-il seulement encore d’elle ? Ils étaient en guerre, toujours si Ragnar n’était pas retrouvé. Et puis, ils n’avaient aucun avenir ensemble, c’était les mots de la mère de Leif. Outre passer ce que disait les Dieux était le mettre en danger. Alors pourquoi son instinct la pousser à se rapprocher de lui et de le contempler avec ce même désir ?

    - Comment puis-je vous aider mon seigneur ?


    immarcescible, Posté le mercredi 22 juin 2022 19:27 Répondre

    Pour la première fois de sa vie, Matoaka n’avait rien prémédité. Elle était empêtrée dans un déluge de sensation qu’elle méconnaissait totalement avant l’arrivée de Leif Erikson. Et quelles sensations. Son souffle n’avait plus rien de régulier et ses mains s’agrippaient fermement à chaque mètre carré de la peau de son amant. Son coeur battait la chamade, sa raison avait foutu le camp pour ne laisser de victorieuse que sa déesse intérieur qui roucoulait de satisfaction. Alors oui, Matoaka n’avait peut-être aucune expérience, mais elle se prélassait dans les bras du grand seigneur un peu gauche. Cela la rassurait et l’amusait à la fois. Il était si attentionné, si loin le grand guerrier froid et calculateur. Il ne restait qu’un homme simple et en proie à un désir méconnu. Comment ne pas être chamboulée par cet homme ?

    En le sentant s’enfoncer en elle, Matoaka ne pu retenir un gémissement plaintif. Ses yeux se fermaient instinctivement quand ses ongles s’enfonçaient dans la peau tendue du bel adonis. La brune se cambrait, enroulant instinctivement sa jambe autour de la hanche de Leif. Sa main libre agrippait la nuque de ce dernier pour approcher une nouvelle fois ses lèvres près des siennes, mais dans un soupir exalté, elle murmura tremblante :

    - N’aie pas peur.. Viens, suppliait-elle doucement, viens Isha..

    C’était la deuxième fois qu’elle utilisait ce surnom si particulier pour définir Leif. Ses yeux s’ouvraient pour le contempler et en voyant son air inquiet, elle ne pu s’empêcher de lui offrir un sourire. Elle lui faisait confiance et lui prouvait en happant une nouvelle fois ses lèvres dans un baiser torride. Pour lui faire comprendre qu’elle était à lui, elle vint changer leurs positions. Assise sur lui, elle se cambrait pour lui indiquer un mouvement de bassin lent et tranquille pour débuter. Elle gémissait en mordant sa lèvre quand ses ongles continuaient de griffer son buste. Malgré la légère douleur du début, elle fut vite remplacée par le plaisir particulier de ne faire qu’un avec lui. Ce n’était qu’une histoire d’habitude finalement.

    En ouvrant les yeux, elle lui offrait toujours son sourire quand ses joues étaient rougies par l’effort. Jamais encore elle ne lui avait souris de la sorte. L’attirant contre elle, elle le laissait lui donner un nouveau rythme qui la rendait folle de plaisir et la laissait échapper des soupirs de plus en plus prononcé en parlant amérindien s’en sans rendre compte :

    - Mon soleil.. Continue.. Ne t’arrête pas.. Ne t’arrête jamais.. Isha.. Oui !

    Et c’était vrai. Elle le désirait vraiment. Cambrée contre son bassin, elle l’attirait contre elle en agrippant sa crinière dans laquelle ses doigts s’enroulaient. Ses dents venaient prendre le relais de ses lèvres et mordre à plein désir dans celle-ci. Elle cherchait son ardeur, la même que dans le rêve. En accélérant le mouvement, elle espérait qu’il la suivrait et qu’il se perdrait en elle comme elle se laissait aller avec lui :

    - Pose tes mains sur moi.. N’aie pas peur.. S’il te plaît..

    Comme elle se fichait de tout désormais. Pour la première fois de sa vie elle ne faisait qu’un avec quelqu’un. De plus, il ne s’agissait pas de n’importe qui mais de lui : Leif. Le grand Seigneur Erikson qu’elle avait tant haï et désiré. Mais comme il ne savait pas de quoi serait fait demain, autant se laisser pour une fois aller à tout désir sans avoir peur du lendemain. Car oui, pour la première fois, Matoaka se livrait enfin à quelqu’un et sans l’avoir forcément prémédité de plus. La spontanéité de la jeune femme avait rendu le moment encore plus exaltant.

    Son corps bougeait au même rythme que le sien, avec application. Ils cherchaient l’un et l’autre le plaisir de l’autre. C’était si exaltant. Cambrée contre lui, elle griffait désormais sa nuque en le sentant proche d’un plaisir qu’elle ressentait. Vite, elle le laissa changer leur positions et retourna allongée sous lui. D’une voix taquine et douce, elle murmura contre ses lèvres avant de le stopper dans ses mouvements :

    - Prouve-moi que tu me veux Leif Erikson, murmurait-elle fébrile d’excitation même elle s’étonnait de dire ceci, montre moi à quel point je t’obsèdes tant..


    immarcescible, Posté le dimanche 19 juin 2022 19:39 Répondre

    C’était invraisemblable. Matoaka ne connaissait décidément pas Leif Erikson. C’était une certitude. Voilà que ses joues rougissaient pendant qu’il lui demandait l’autorisation de l’embrasser. Est-ce qu’elle avait mal entendu ? Pour le moment, elle ne pensait à rien d’autre qu’au fameux rêve qu’elle avait fait d’eux, langoureusement enlacé et ses lèvres, ses mains, ô oui les fameux mains du beau seigneur ténébreux. Son coeur battait à toute vitesse, non pas par gêne mais par désir certain. Mais voilà qu’il changeait d’avis. Pourquoi avait-elle mis autant de temps à répondre ou agir ? Elle s’auto-flagellait vigoureusement et alors qu’il faisait un mouvement d’écart comme pour signifier son départ, elle l’agrippa fermement par le col de sa chemise pour le ramener à elle.

    A quoi bon nier ? A quoi bon le repousser ? Maotaka le désirait. Elle savait qu’elle devait se méfier de toute forme de désir, mais comment aller au delà de ses instincts ? Elle désirait Leif Erikson et inversement. C’était métaphysique, indéniable. C’est donc sans aucune douceur qu’elle plaqua ses lèvres pleine et chaude contre celles surprise d’un guerrier viking grand de deux têtes par rapport à elle. Une petite crevette qui agrippait d’une main de fer un géant des mers. Cela avait de quoi surprendre.

    C’était la première fois que Matoaka donnait un baiser à un homme de manière consentie. Mais c’est une histoire qu’elle expliquerait bien plus tard à Leif. Pour le moment, elle se concentrait sur la sensation si agréable du mouvement de lèvres qu’ils avaient tous les deux. Une forme de symbiose, de sensualité langoureuse car pendant que l’amérindienne laissait sa langue partir à l’exploration de celle du viking, l’une de ses main s’agrippait à la nuque du brun et l’autre sa joue. Un doux feulement, pareil à un gémissement s’échapper de ses lèvres quand elle reprit son souffle. Mais ce ne fut qu’une seconde. En effet, à peine avait-elle reprit un peu d’air, qu’elle replongeait une nouvelle fois ses lèvres avide contre celles de Leif.

    Son corps blotti contre le sien, elle cherchait à rencontrer sa chaleur. La même que celle du rêve. Pas besoin de fantasmer, elle revivait avec encore plus de plaisir le fameux rêve qu’elle avait l’autre jour sur la plage. C’était aussi bon, aussi aphrodisiaque que ce qu’elle avait espéré. Elle devait bien se l’avouer désormais. Il lui avait été vain de dissimuler le souhait d’embrasser un jour Leif. Son corps, son âme l’avait guidé jusqu’à ce moment. Ses dents, sa langue, ses lèvres l’embrassaient, le dévorait. C’était viscéral. Elle le sentit même la plaquer contre la poutre qui tenait la toile de sa tente. Elle aimait qu’il lui rende cette ardeur brûlante. Oui, c’est ça.. Leif l’avait marqué au fer rouge de sa passion.

    Ses doigts lâchaient lentement le visage du beau seigneur quand ses pieds se reposaient au sol. Essoufflée, la jolie amérindienne papillonnait des yeux en regardant avec surprise Leif. Que fallait-il dire dans de tels moments ? Lui aussi la regardait, mais il ne semblait pas savoir quoi dire. Pour la première fois de sa vie, Matoaka n’entendait plus rien autour d’elle. Toutes les voix semblaient s’être tue. Comme si la seule présence de ce lien avec Leif avait suffit à les faire taire :

    - Je ne les entends plus, dit-elle dans un souffle surprise, je ne les entends plus..

    Le brun la regardait en fronçant les sourcils. Matoaka secouait la tête en souriant comme pour le rassurer. Elle l’avait très certainement choqué en le prenant de court suite à ce baiser. Ses mains n’avaient pas quitté le corps de Leif et avaient trouvé refuge sur son buste quand elle lui expliquait ne plus entendre les voix qui envahissaient toujours sa tête :

    - Peut-être que vous êtes mon pare-feu contre tous les Esprits qui ne cessent de me parler.

    Elle craignait ensuite de l’avoir blessé en disant une telle chose, alors, rapidement, elle reprit sa main dans la sienne et entrelaça ses doigts aux siens comme pour s’assurer qu’il ne partirait pas, pas tout de suite elle voulait lui demander de rester. C’était impensable pour elle d’imaginer de passer cette nuit seule sans lui. Alors, sans un mot, elle l’entraina dans la tente qu’elle occupait. Elle le fit asseoir sur le petit matelas de fortune qu’elle occupait et vint timidement, retirer les vêtements qu’il portait. Un à un. En enlevant la chemise qu’il portait, elle se pencha pour déposer des baisers timide sur sa peau brulante. Oui, malgré le frais extérieur, il semblait brulant.

    Puis, une fois qu’elle eut couvert son cou, ses épaules de baisers et caressé ses hanches, son ventre, elle se décala de lui. Ses yeux ne quittaient pas les siens. Elle avait peur que si il regardait autre part, il s’enfuit en courant. Lentement, elle dénoua les pans de sa robe qui glissa de son corps. Il faut dire qu’elle était menue quand la robe était trop grande pour elle. Le tissu tomba à ses pieds quand sa crinière défaite glissait le long de son dos. Nue devant lui, elle se doutait de son pouvoir de sensualité. Elle voyait bien le désir de cet homme pour elle et elle voulait en connaître tous les aspects.

    - Ne me laissez pas cette nuit mon Seigneur..

    Elle se rapprochait lentement de lui et vint délicatement s’asseoir à califourchon sur ses cuisses. Matoaka avait beau être vierge, elle connaissait les usages de l’amour. C’était une Volva, elle connaissait toutes les manières d’aimer et de haïr une personne. Lentement, elle prit les mains du brun et les posa sur ses fesses qu’elle cambrait. Elle le sentait ce fameux frisson si particulier qui faisait pointer ses seins douloureusement. Les lèvres de la brune retrouvaient rapidement celles de Leif qu’elle embrassait avec plus d’ardeur. Sa bouche devenait experte en baiser, elle le sentait s’améliorer et se laisser aller malgré la surprise. Leurs caresses prirent une autre tournure quand Matoaka enfouit sa main dans le pantalon du beau seigneur et qu’elle le caressa de long en large. Sa réaction la fit sourire sans moquerie. Elle en mordit sa lèvre en le sentant si dur et dressé. Néanmoins, elle continua ses mouvements en mordillant son cou et son lobe d’oreille tout en murmurant :

    - Touchez-moi, suppliait-elle d’une voix basse, touchez-moi..


    immarcescible, Posté le mercredi 15 juin 2022 18:54 Répondre

    C’est définitivement un tout autre Leif que découvre Matoaka. A mesure qu’ils se rapprochaient des côtes du nord, le viking semblait prendre la mesure de ce qu’il faisait. En effet, depuis des années il préparait méthodiquement sa vengeance et il s’apprêtait à atteindre son but. Si certains auraient été anxieux, lui, semblait si calme, si paisible. A croire que la beauté du paysage norvégien le rendait mélancolique, doux, serein. C’était une nouvelle facette de la personnalité du jeune homme que l’amérindienne notait dans son carnet de notes mental concernant Leif Erikson.

    Ils n’eurent plus de moment privilégié comme dans la tente. Matoaka en frissonnait encore. Elle entendait nettement le son de la respiration de Leif, ou sentait encore son parfum si particulier de jasmin. Elle était enivrée, possédée par le désir de le retoucher et d’avoir un moment d’intimité avec lui. Mais bien entendu, elle se réfrénait. Alors, elle l’observait à la dérobée dès qu’elle le pouvait.

    Le moment était venu d’accoster sur la côte. Le paysage était si tranquille, trop tranquille. Matoaka restait méfiante, toujours sur ses gardes surtout lorsqu’elle ne connaissait pas les lieux. Le dîner fut rapidement servi et la générosité de Leif était remarquable. Assise à ses côtés, elle l’écoutait. Il semblait si vif, clair, déterminé. La jeune femme ne comprenait pas pourquoi il avait besoin d’elle finalement. Touchée par ses mots concernant sa protection, elle osa poser sa main sur sa joue pour retirer le peu de nourriture restée dans sa barbe. Cela l’amusa et fit naître un regard tendre à son égard.

    Ça la rassurait de voir qu’il ne cherchait pas à connaître l’issu de la bataille. Elle aurait été affligée de lui en donner le dénouement. Il avait la sagesse d’esprit de remettre son destin entièrement aux Esprits et ne pas avoir la prétention de voir l’avenir. C’était un rôle assez difficile à porter, il devait donc se concentrer sur son objectif et ne pas se laisser tenter par la facilité. C’était ce qui plaisait toujours autant à Matoaka. Leif Erikson était un battant, un vrai guerrier.

    Alors qu’elle mangeait avec appétit elle le vit piquer dans son assiette ce qui la fit sourire. Elle aimait cette intimité étrange qu’ils avaient l’un pour l’autre. C’est à ce moment là qu’elle se rendit compte qu’ils étaient blottis l’un contre l’autre sans s’en rendre compte. Elle ne bougea pas pour autant et en profita même pour laisser son genoux toucher le sien comme pour voir comment il allait réagir. Pourtant, il fuyait son regard. Elle allait se détourner mais la question qu’il lui posa lui fit comprendre pourquoi il était si soudainement grave :

    - Les gens qui sont morts apparaissent telles des ombres, expliqua-t-elle, et jamais je n’ai vu votre soeur mon seigneur. Je ne peux pas vous garantir absolument qu’elle soit en vie mais sachez qu’elle n’est jamais apparue dans mes songes. Je suis désolée de ne pas pouvoir vous aider plus que cela.

    Elle comprenait qu’il soit aussi inquiet pour Svala. Après tout, ne le serait-elle pas pour Nashoba ? Mais elle ne détenait pas toutes les réponses et elle était reconnaissante que Leif n’insiste pas. Il savait qu’elle disait la vérité. La soirée se passait tranquillement même si un moment grave vint remplacer la légèreté du repas. Voyant que les hommes commençaient à penser à demain et qu’ils faisaient un bilan existentiel, Nashoba se leva et s’adressa à Leif de l’autre côté du groupe :

    - Il y a une tradition chez mon peuple, dit-il, la veille du combat nous chantons une chanson pour nous donner du coeur à la tâche qui nous attend. C’est un chant qui appel les Esprits à être clément pour nos âmes. Pour qu’ils donnent du baume au coeur à nos proches et nos adorés. Matoaka, veux-tu bien ?

    La jeune femme était intimidée. Tous les regards étaient sur elle. Baissant les yeux, elle refusa en secouant la tête mais son frère insista. Il vint à elle et pris sa main pour qu’elle vienne chanter au milieu du reste du groupe. Intimidée, elle se sentait rougir quand elle regardait ses pieds. Les amérindiens l’encourageait avec des mots qui la faisait rire, ce qui la détendit un peu avant de lancer sa voix douce et cristalline envahir l’air. C’était un chant typiquement amérindien qui évoquait l’histoire sacrée d’une jeune femme morte après avoir appris le décès de son adoré. Elle racontait que le fiancé n’était pas mort mais qu’il avait s’agit d’une tactique mauvaise des ennemis pour le blesser lorsqu’il reviendrait. En apprenant la mort de sa douce, il rejoignit les enfers pour aller la chercher.

    Lors de sa chanson qui avait captivée tous les hommes, Matoaka posa un instant ses prunelles sombre sur celles de Leif. Elle voulait lui donner tout son courage, toute sa force et toute confiance. Elle espérait qu’il le ressentait et qu’il saurait s’en montrer digne. A la fin du chant, tous l’applaudirent ce qui la fit doucement sourire quoi que gênée. Retournant auprès de Leif, elle lui demanda de la raccompagner jusqu’à sa tente sur le bateau. Ils marchaient l’un à côté de l’autre en silence. Matoaka ne savait pas trop quoi dire. Que disaient les adultes dans de telles situation ? Mais le silence n’était pas gênant. Il les avaient enveloppé dans une couverture douce et agréable. Arrivés sur le ponton du bateau, elle se tourna vers Leif en posant une main sur la sienne en ayant eu un flash :

    - Votre père est avec vous mon seigneur ce soir. Il vous observe.. Je vois de la fierté dans son regard vous savez. Mais il ne veut pas que vous perdiez votre âme. Restez toujours le même face à vos convictions.. C’est ce qu’il dit. Toujours vous écouter.

    Matoaka espérait que ce signe des Esprits aiderait Leif à savoir comment se comporter demain. Elle savait pertinemment que la guerre était une affaire d’orgueil et de devoirs, mais elle aussi ne voulait pas que le brun se perde dans le flot incessant du sang qui coulerait au lendemain. Le moment était venu de se coucher mais elle n’avait aucune envie de quitter Leif. Sa main restait dans la sienne, ses doigts entrelacés aux siens, un frisson ardent l’envahissant. Relevant ses prunelles vers les siennes, elle le contemplant sans comprendre où elle allait chercher cette vague de désir :

    - J’ai peur de demain, avouait-elle dans un souffle, j’ai peur de.. j’ai peur de ne plus jamais vous revoir mon seigneur.. Revenez-moi..


    immarcescible, Posté le lundi 13 juin 2022 20:05 Répondre

    Leif ne voulait pas la garder prisonnière. Il s’inquiétait sincèrement pour elle. Matoaka ne pouvait dissimuler sa surprise, mais plus que tout, elle en vint à le regarder avec plus d’empathie. Bien sûr, elle avait toujours de l’empathie pour lui mais disons que quand il lui passait des savons qu’elle considérait comme injustifié, leurs vieux démons resurgissait. Le silence qui régnait entre eux après qu’il lui eut avoué ses cauchemars l’inquiétait. Pourquoi rêvait-il autant d’elle de la sorte ? Quand elle-même rêvait de lui bien vivant. Le trouble régnait sur son visage lorsqu’il se trouva à proximité d’elle dans cette tente trop petite.

    Matoaka avait chaud. Très chaud en sentant le regard perçant de Leif sur elle. S’inquiétait-il vraiment ? Si oui, cela ne pouvait être que par rapport à son pouvoir. Elle ne pouvait imaginer une seule seconde qu’elle l’obsédait tant que ça. C’était plus simple pour elle de croire qu’il n’en voulait qu’à ses compétences. La pauvre enfant.. Elle tentait de se convaincre comme elle le pouvait pour repousser les sentiments qui naissaient. Malgré tout, elle ne pouvait s’empêcher d’être douce avec Leif.

    Alors qu’il s’apprêtait à repartir devant son mutisme, elle le retint en agrippant son poignet. Ils se trouvaient l’un en face de l’autre. Matoaka était vraiment petite devant le jeune homme. Elle du relever sa tête pour mieux contempler les prunelles du brun. Elle entendait ses mots qui tournaient dans sa tête. Lui faire confiance, bien sûr qu’elle avait confiance en lui, c’était en elle qu’elle n’avait pas confiance. Si elle respirait fort quelques secondes plutôt, elle sentit soudainement qu’il s’arrêtait. Il avait quelque chose dans son regard qui la troublait et qui faisait trembler son corps. Sa main qui avait retenu son poignet venait s’enrouler autour de la sienne. Leurs doigts entrelacés, elle murmura fébrilement :

    - J’ai confiance en vous mon Seigneur et je suis désolée de vous avoir autant fait peur.

    Si il y a bien une chose que Matoaka savait faire contrairement à Leif c’était savoir quand elle avait eu tort. Ses doigts serraient ceux de Leif comme pour établir cette connexion particulièrement qui les rendaient si nerveux à chaque fois.

    - Mais vous savez pertinemment que je ne pourrais pas rester cachée le jour de la bataille. Je dois me battre aux côtés de mon peuple. Pour vous. Je vous ai suivi et vous devez accepter que la mort puisse m’emporter si c’est mon destin.

    Elle le sentait redevenir de nouveau nerveux alors vite elle posa sa main libre sur sa joue pour attirer son attention. Lentement, elle remonta la main de Leif qu’elle tenait et qu’elle venait poser sur son coeur pour qu’il sente les battements régulier et puissant de son rythme cardiaque. Les yeux de Matoaka étaient d’un noir profond et brillant. Elle contemplait Leif et récitait pour lui une prophétie :

    - Iréel. Tu m’es apparu. A moi et à personne d’autre et tu t’es volatilisé. Nous retiendrons notre souffle aussi longtemps que nous y parvenons. Nous fermerons les yeux, nous nous boucherons les oreilles et entendront la nuit. Respire, écoute les battements de mon coeur. Respire, plonge et écoute les battements de mon coeur. Ils te guideront.

    Il semblait perdu car il ne réagissait pas. Matoaka vint esquisser un léger sourire, une moue adorable qui adoucissait sa mine et qu’elle ne réservait qu’à peu de personne. Là, elle l’offrait à Leif pour le rassurer, lui faire comprendre qu’il devait se fier à elle :

    - Il faut que vous ayez plus foi en moi mon seigneur.. Ne suis-je pas votre Volva attitrée ?

    Son murmure était un souffle puisqu’elle sentait que le brun se rapprochait d’elle. Ils étaient étroitement liés l’un à l’autre, leurs fronts se touchant. C’était intense alors qu’ils ne s’étaient même pas embrassés. Matoaka sentait que ses jambes auraient pu défaillir, surtout que Leif l’enveloppait totalement. Elle allait céder et se consumer, oublier les mises en garde de Runa et ce qu’elle avait faussement prédit à Leif pour l’éloigner de son coeur. Comment résister à la logique de leurs êtres qui était lié. Elle allait parler de nouveau mais Pasha arrivait près de la petite tente qui servait de chambre à Matoaka :

    - Mon seigneur le vent se lève nous devons prendre le large !

    Sursautant, la jeune amérindienne s'écarta légèrement du seigneur norvégien. Son coeur tambourinait à vive allure quand elle sentait encore la main puissante de Leif posé sur sa poitrine. Reprenant son souffle, elle le regardait avec un air de surprise. Comment avait-elle pu se laisser aller à ce désir ? Il la taraudait, l'obsédait, certes mais elle devait surtout rester concentrée. Pasha insistait, surtout que personne ne lui répondait quand les deux ne se quittaient pas pour autant, leurs mains et leurs regards scellés.


    immarcescible, Posté le dimanche 12 juin 2022 22:56 Répondre

    Avant de partir, Nashoba avait eu une longue explication avec sa petite soeur. Il savait de quoi elle était capable. Qu’elle était en mesure de se défendre mais il avait aussi appris quels genres d’hommes étaient les fameux danois. Ce ne serait pas un bon grand-frère s’il ne s’inquiétait pas du sort de sa petite soeur. Aussi, il lui donna la fameuse plante toxique que prenait les guerriers amérindiens si jamais ils étaient pris en esclavages. C’était une vieille technique primitive qui leur faisait risquer de ne pas rejoindre la réincarnation et leurs ancêtres. Mais l’adage de Nashoba était toujours très clair à ce sujet :

    - Plutôt mourir libre que soumis.

    Matoaka du donc lui faire la promesse de prendre la fameuse plante si jamais il lui arrivait quelque chose. Il avait du mal à croire en la toute puissance de Leif contrairement à sa soeur. Pour lui, il ne s’agissait que d’un homme cherchant à reconquérir son royaume par pur orgueil. Mais la jeune femme voyait plus loin dans le destin de cet homme du Nord. Elle voyait exactement ce qu’il était et quel était son destin. Or, elle ne pouvait en parler à son frère de peur qu’il lui répété ce que Runa lui avait conseillé.

    Avec les mots d’Amara et de Nashoba, oui, Matoaka n’était pas des plus sereine en montant sur le fameux bateau qui les mèneraient à Stavanger. Son attention se portait depuis le début du voyage sur Leif. Il était concentré et étrangement détendu. La brune n’arrivait pas à faire le tri dans ses pensées. C’était compliqué de se concentrer. Sa tête était envahie non pas de doutes mais de mille et une pensée. Et c’est en fixant Leif qu’elle semblait trouver un peu de paix. Les voix dans sa tête s’atténuaient toujours lorsqu’il était près d’elle. Sans le savoir, il la libérait d’une sorte de souffrance.

    En effet, depuis toujours elle devait jouer avec tout ce monde invisible que personne hormis les Volva pouvaient percevoir. Mais comment expliquer les ombres ? Les souffrances ? Les doutes qui l’envahissait ? Mais pire.. Comment repousser Leif qui l’apaisait ? Il lui était strictement interdit de le laisser s’approcher d’elle, la mise en garde de Runa n’était pas pour faire jolie et Matoaka avait toujours été une fille de devoir. Elle respectait toujours les règles.

    Lorsque Leif s’approcha d’elle, elle le laissa envahir ses épaules de sa peau. Si seulement pourquoi elle frissonnait. Depuis des heures elle tentait de trouver la voie la plus juste au destin du jeune seigneur mais tout était brumeux. Impossible d’obtenir une voie fixe surtout qu’elle n’avait qu’en tête cette fameuse vision d’eux deux enlacé tendrement sur la plage. Pourquoi cette image l’obsédait-elle tant ? Pourquoi ressasser ceci quand elle savait que c’était interdit par les Dieux et les hommes ? Il lui parlait d’Amara, puis de Feargus et enfin de sa soeur, de sa quête. C’était beaucoup trop pour elle.

    Sans un mot, elle se leva et se rendit de l’autre côté du pont pour s’isoler laissant un Leif seul avec un Pasha derrière aux aguets.

    Subtilement, elle l’ignora pendant les trois premiers jours de la traversée. Toujours à prétexter devoir se reposer ou faire autre chose. Elle réussissait assez bien surtout qu’il était très occupé. Malgré tout, la proximité qu’il y avait sur le drakkar l’empêchait de prier convenablement. Alors, lorsqu’ils firent un arrêt dans les Orcades elle profita qu’ils se rendent au village du coin pour chercher des provisions et s’isoler un peu. Non loin du bateau, en marchant sur la plage, elle eut de nouveau ce flash. Leif l’enlaçait, l’embrassait et posait ses mains sur le ventre arrondi qu’elle avait.

    Enceinte ? Mais c’était impossible. Pourquoi les Dieux la torturaient-ils ainsi ? Quel était le prix de toutes ces visions de joie et de tendresse partagée. Parce qu’elle voyait tout ça dans ses flashs. De l’amour, de la passion, tout ce qu’elle avait vu chez ses propre parents. Alors qu’elle tentait de faire du tri dans ses idées, elle entendit Leif arriver non loin d’elle à cheval et au galop. Il semblait affolé, non, en colère. A peine avait-il posé le pied sur le sable qu’elle sentait sa frustration et sa colère mais elle le devança :

    - J’ai besoin d’être seule mon seigneur.. Je.. J’ai du mal à me concentrer.. Les Esprits m’inondant d’images que je n’arrive pas à contrôler et.. et j’ai peur d’être votre fardeau une fois à Stavanger..

    Mais Leif fonçait toujours sur elle, sans qu’elle ne puisse le repousser ou même le retenir, il se jeta sur elle et l’embrassa avec une passion féroce. Jamais encore personne ne l’avait embrassé ainsi, jamais personne n’avait osé la toucher. Il faut dire que pour son peuple, elle était et devait rester saine et pure pour les Esprits. Personne n’aurait osé l’approcher. Matoaka fondait contre ce colosse dont la fureur passionnelle l’envahissait. Les mains du brun la parcourrait, remontait contre ses cuisses nues, elle bouillonnait sous lui en tentant d’arracher la chemise qu’il portait. Lui rendant son baiser sans retenir ses désirs et sentant ses jambes fléchir sur le sable elle s’entendait gémir. C’était intense, brutal mais si exaltant.

    - MATOAKA, hurlait Nashoba au loin, MATOAKA !

    Elle ouvrit les yeux et se rendit compte qu’il n’avait s’agit que d’une vision. Troublée, écarlate, elle se redressa sur le sable incapable de reprendre le fil de ses pensées. Tout ça avait semblait si réel. Comment cela avait-il pu être aussi réel ? Difficile pour elle de prévenir son frère qu’elle était là donc elle ignora son appel le temps de remettre de l’ordre dans ses pensées. Une bonne heure passa avant qu’elle ne rejoigne le bateau. Les hommes étaient tous en armes, prêt à envahir le village ce que la brune ne comprenait pas. Soudain, des hommes se mirent à la pointer du doigt. Elle ne comprit pas. C’est alors que comme dans son rêve, Leif surgit à cheval et qu’il fonçait à elle. Comme dans sa vision, il avait l’air furieux. Elle rougissait de nouveau et s’apprêtait à le supplier de ne pas la toucher lorsqu’il bondit de son cheval jusqu’à elle pour la réprimander. Cela la surprit si bien qu’elle eut un pas de recul :

    - Leif Erikson ! Je vous ai déjà dit de ne pas utiliser ce ton avec moi ! Je ne suis pas votre poule ou encore moins l’un de vos hommes que vous malmenez pour satisfaire votre foutu frustration ! Je me suis isolée le temps d’un instant sur la plage. Si vos hommes étaient des meilleurs pisteurs ils m’auraient retrouvé au bout de la plage. Alors au lieu de vous en prendre à moi qui cherchait les meilleures solutions pour vous faire gagner votre maudite guerre, allez donc entraîner décemment vos hommes !

    Elle était furieuse à son tour. Le contournant, elle passa entre les hommes de Leif qui s’écartèrent lors de son passage. Remontant sur le drakkar, elle l’entendit parler derrière elle mais préféra ignorer. Une fois dans l’espace qui lui était réservé, elle vint s’asseoir sur la modeste couchette tout en faisant les cent pas. Cet homme pouvait l’irradier de colère comme la plonger dans une empathie et un désir méconnu qu’elle ne comprenait pas. Mais bon sang, pourquoi s’en était-il pris ainsi à elle ? Lorsqu’il fit de nouveau son apparition dans la tente, elle pointa son doigt vers lui menaçante :

    - Il suffit ! Je refuse que vous me parliez de nouveau comme vous venez de le faire. Je ne suis pas venue pour subir votre paranoïa du complot. Je crois vous avoir suffisamment prouvé ma loyauté. Je suis avec vous mon seigneur, je suis liée à vous que vous le vouliez ou non donc quel est le programme Leif Erikson ? Le vrai problème ?


    immarcescible, Posté le jeudi 09 juin 2022 22:21 Répondre

    A aucun moment Matoaka a eu une vision de Svala. A aucun moment Runa l’a évoqué. En effet, cela peut tout à fait signifier qu’elle soit encore vivante. Mais pourquoi ne pas faire en sorte que les deux enfants soient réunis ? L’amérindienne avait bien une idée de la situation pour la fameuse grande soeur de Leif mais elle craignait de lui avouer. Comme elle craignait qu’il découvre qu’elle lui ai menti. Le jeune homme était bien trop malin pour se laisser berner par les piteux mensonges de la brune. Surtout qu’il arrivait bien souvent à lire à elle comme dans un livre ouvert.

    - Il n’y a jamais de destin tout tracé mon seigneur, dit-elle dans un souffle en regardant ses doigts noués entre eux, votre mère ne m’a évoqué que ce que nous savons déjà. Vous devez faire régner l’ordre et l’harmonie dans votre royaume. Il vous appartient de droit. Il ne tient qu’à vous d’honorer ou non cette promesse.

    C’était important pour elle qu’il sache qu’une autre voie était possible. Le fait qu’il évoque le souhait de ne pas être Jarl était déjà un bon début en soit mais elle craignait que la vengeance ne vienne le hanter quelques années plus tard. Leif était un homme de parole, sage et de convictions. Ne serait-il pas bouleversé en se rendant compte qu’il avait failli à la mission de toute une vie qu’il s’était autrefois fixé ? Lentement, elle releva son visage pour regarder les traits soupçonneux du jeune homme :

    - Votre mère ne voulait qu’une chose.. Elle voulait vous protéger. Si vous avez cette vie maintenant c’est parce qu’elle savait que c’était sans doute la mieux pour vous. Cette mission est peut-être le moyen de vous réaliser et.. et..

    Elle allait lui avouer qu’il était en effet maudit. Mais comment lui lancer une telle vérité quand il porte déjà la culpabilité de la vie dans le regard et sur les épaules. Avec le peu de force qu’elle avait, elle se redressa et vint lui demander de s’asseoir près d’elle. Lorsqu’il fut près d’elle, elle enroula ses doigts autour des siens avant de fermer les yeux :

    - Esprits, Ancêtres, aidez-moi à le guider, murmurait-elle en prière, laissez moi pénétrer vos secrets.

    Il lui fallut un peu de temps avant de revenir vers Leif. Quelques minutes pendant lesquelles elle se concentrait pour communiquer avec ses guides. Mais aucun ne répondait. Runa avait-elle raison quand elle disait que Matoaka était la guide envoyée pour l’aider ? N’avait-elle donc jamais eu de libre arbitre contrairement à lui ? Car, même si elle l’aurait voulu, son tempérament l’aurait toujours empêché de l’abandonner. En ouvrant les yeux, elle le vit près d’elle à l’observer avec une lueur qu’elle avait du mal à comprendre :

    - Je sens que vous doutez mon seigneur.. Est-ce de vous-même ? De vos décisions ? Votre mère nous a mis en garde sur les changements du passé. Ils ne modifieront jamais la douleur et le chagrin. La vie se chargera toujours de nous maudire tous un tant soi peu. Vous ne devez pas croire que le destin est défaitiste. Il faut continuer à avancer.

    Il semblait encore plus perdu. Relevant sa main avec douceur et quittant celle de Leif, elle se réfugia sur la joue de ce dernier pour y déposer un peu de douceur. Il n’avait pas du en connaître beaucoup depuis toutes ces années. C’était étrange comme elle avait envie de lui en donner. Le réconforter, l’aider, l’épauler. La longue cicatrice qui longeait son oeil était encore fraiche. Elle venait donc lentement l’effleurer. Matoaka le vit frémir et elle eut peur de lui avoir fait du mal. Retirant donc sa main, elle tenta de dissimuler ce trouble qu’elle ressentait de plus en plus lorsqu’il était a proximité d’elle :

    - Prenons la mer mon seigneur, c’était le but de toute votre vie. Si vous attendez de moi un conseil ce serait celui-ci. Allons à Stanvagar voir ce qui vous y attend. Je suis persuadée que vous trouverez la réponse à vos questions là-bas.


    immarcescible, Posté le mardi 07 juin 2022 22:34 Répondre

    Runa possédait des yeux similaires à ceux de Leif. C’était la première chose que vit Matoaka et qui l’obsédera tout ce temps. Bien sûr elle repensait à ses mots et au fait qu’ils soient bel et bien destiné l’un à l’autre. Mais pire encore, elle eut une vision de ce Helheim qu’évoquer la Volva. Cet endroit sombre, pleins d’ombre et d’horreur. Non, décidément non. Même si Leif n’était encore qu’un prémisse dans son coeur et son âme, elle ne pouvait pas le laisser s’enfouir dans ce monde atroce. Elle voyait bien qu’il avait un millier de questions mais avant même qu’elle puisse y répondre, ils étaient de nouveau aspiré par les pierres.

    Malade, elle eut du mal à se redresser sur ses pieds tant la pierre de la grotte était froide. La neige les entourait mais l’étrange autel était garni de vive fleurs lui rappelant celles de la Vallée des Fleurs. Matoaka s’y approcha quand un brume s’échappa de ses lèvres. Le froid la frigorifiait totalement. Frottant ses deux bras, elle contempla la roche épaisse qui les entouraient quand Leif tentait de raisonner à voix haute. Les murs étaient remplis de dessins fait par ses ancêtres. Cela ne pouvait être qu’eux. Elle reconnaissait les silhouettes et les symboles de ces formes anguleuse.

    - Nous ne pouvons pas rester ici mon seigneur, dit-elle inquiète, cet endroit n’est pas un bon endroit.. Des choses atroces ce sont passées ici.

    En effet, elle ressentait les coups de poignards des sacrifiés et encore plus la haine des hommes qui avaient violenté des Volva comme elle. Tremblant d’effroi, trébuchant même sur le sol, elle s’agrippa à Leif qui était pourtant plus près de sa vengeance. Comme des stigmates, la peau de Matoaka prit des couleurs violacées autour de sa gorge et ses mains saignaient à cause de ses ongles. C’était comme si elle s’était agrippée à la pierre tel un animal. Elle souffrait littéralement et un cri de douleur s’échappa de ses lippes :

    - Pitié.. Non !

    Comme pour Leif, elle ressentait toutes les horreurs commise ce jour même. Toutes les victimes souffraient à travers Matoaka ce qui la fit perdre littéralement connaissance. Leif n’avait pas d’autre choix que de ramener l’amérindienne chez eux, ce qui se passa. Une fois rendu en Ecosse, Matoaka rendit un souffle qui semblait être le dernier. Au même moment, alors qu’ils venaient de revenir, Nashoba déboulait de nulle part avec ses hommes. Il était inquiet, voilà des heures que Leif et sa soeur avaient disparut. Il demanda donc des explications au seigneur :

    - Que lui ait-elle arrivé, hurlait-il en proie à la panique, qu’est-ce qui c’est passé Leif ?
    - Nashoba ! Nashoba ! Un cavalier qui vient du château dit que les bateaux pour la Norvège sont prêt. Ils n’attendent plus que nous.

    C’était un signe mais Nashoba se fichait des bateaux. Pasha était essoufflé et tout heureux d’avoir pu annoncer la bonne nouvelle mais déchanta en voyant l’état de son seigneur et de sa compagne. L’amérindien souleva sa soeur qui vint reprendre lentement conscience même si elle avait du mal à ouvrir les yeux. Sa main agrippait celle de Leif et rien n’aurait pu la faire lui lâcher même si Nashoba la portait :

    - Tu dois écourter tes visions Matoaka, dit-il fermement, tu sais bien qu’Aponi t’as interdit d’user trop souvent de ton pouvoir. Tu sais ce que tu risques.

    Le frère s’arrangea pour que sa soeur quitte la main de Leif ce qui était le regret de la jeune femme. Il laissa Leif se faire aider de Pasha quand il redescendait au campement pour qu’elle se repose avant de reprendre la route pour la côte. Arrivés dans la tente, il la déposa sur le petit matelas de fortune qu’elle occupait dans la nuit et la couvrit. Elle grelottait de froid mais demandait ardemment Leif. Elle avait besoin de s’assurer qu’il allait bien.

    - Il va bien, ronchonnait Nashoba en la couvrant du mieux qu’il pouvait, ne t’en fais pas pour lui c’est un grand gaillard. Mais tu dois te reposer sinon tu resteras ici tu m’entends ?
    - Laisse le venir à moi s’il te plaît. J’en ai besoin.. Après je me reposerais.

    Nashoba grognait. Il savait que sa soeur insisterait alors il n’insista pas. Sortant de la tête, il chercha Leif qu’il trouva près du feu. Pasha lui avait servi une tisane que Matoaka avait préparé pour les hommes. Elle était composée de plantes vive chargée d’énergie qui leur permettrait de mieux affronter le froid et les angoisses du voyage. L’amérindien fit signe à Leif de le suivre et le laissa entrer dans la tente. Une fois qu’ils furent tous les deux, Matoaka lui fit signe de venir près d’elle. Elle était faible mais elle avait reprit quelques couleurs notamment en buvant un peu de tisane :

    - Je suis désolée de vous avoir empêché.. là-bas.. mais.. mais votre mère a raison.. vous ne pouvez pas vous moquer de votre destin. Je vous l’interdit formellement mon seigneur. Nous sommes lié par un serment tous les deux. Je vous mènerais à votre vengeance mais pas comme ça. Changer le destin a des conséquences qu’on ne peut pas imaginer.

    Elle était sincère, ses yeux exprimaient une tristesse certaine mais elle était sincère. Prenant les mains de Leif dans les siennes, elle vint y chercher une réponse. Pourquoi son être frissonnait lorsque sa peau touchait la sienne ? Etait-ce ce que Runa avait évoqué ? Le lien qui les unissait tous les deux ? En levant ses prunelles sombre vers Leif, elle chercha comment lui avouer qu’ils étaient destiné l’un à l’autre.

    Lui avouer en viendrait à l’obliger à l’aimer, la posséder. Or, elle ne voulait appartenir à personne. Elle avait été élevé avec l’idée qu’on ne l’aimerait jamais. Qu’elle serait toujours désirée pour ses pouvoirs. Elle craignait donc que Leif soit comme les autres et qu’il ne l’aime pas sincèrement, même pas comme une amie. Pourtant, son corps entier lui disait l’inverse. Tel un aimant obsédait par l’autre. Mais Runa avait raison.. Une volva ne pouvait pas aimer au risque sinon de condamner l’autre. Matoaka ne pouvait pas envisager une telle chose pour Leif, pas lui. Pas lui alors qu’il souffrait déjà tant. Alors, elle prit la résolution de le guider autre part. De le sauver par n’importe quel moyen, mais surtout en l’éloignant d’elle le plus vite possible :

    - Je vais vous accompagner en Norvège et nous allons détrôner Ragnar, dit-elle comme s’il s’agissait d’une vision même si elle mentait, là-bas.. là-bas une femme aux cheveux blond comme les blés vous attendra.. Elle vous donnera des fils. C’est elle qu’il vous faut retrouver après avoir tué Ragnar.


    immarcescible, Posté le lundi 06 juin 2022 12:50 Répondre

    Nashoba ne lâchait pas sa soeur quand cette dernière ne faisait que de regarder en arrière. Il lui avait été difficile de se laisser convaincre par Leif. Retourner en bas et le laisser seul en haut à accomplir son destin la tétanisait. Non pas, contrairement à ce qu’il croyait, qu’elle n’avait pas confiance en lui. Son inquiétude était gouvernée par la peur incompréhensible de le perdre. Si Matoaka était clairvoyante sur les intentions et les volontés des autres, lorsqu’il s’agissait de Leif Erikson, c’était bien plus compliqué. Après avoir bu longuement à la gourde de son frère, elle entendit le volcan craquer, hurler. La bataille avait commencer.

    Les autres ne semblaient rien entendre quand elle pouvait percevoir les râles de mécontentements de la montagne. En se concentrant et fermant les yeux, elle pu se concentrer pour voir en vive et rapide image un Leif concentré se battant. Kyle était lui aussi sur le sommet. Soudain, elle eut peur et la montagne se mit à craquer.

    Posant ses doigts sur le collier du guerrier qui ornait son cou, elle se mit à prier, le supplier de revenir. Elle voulait qu’il lui revienne. Mais ça, c’était des sentiments qu’elle n’avait pas encore osé s’avouer. Pour le moment, elle devait honorer sa promesse et lui donner les avantages et la force nécessaire pour survivre. Le fait de savoir Kyle en haut donnait envie à la jeune femme de monter et de l’assassiner de ses propres mains. Après tout, il lui avait fait du mal aussi. Les yeux clos, elle se concentrait et donnait plus de pouvoir au volcan qui s’éveillait encore plus. Leif était guidé, il savait qu’elle était là, qu’elle le secondait. Jamais elle ne le laisserait seul.

    Lorsqu’enfin il terrassa son ennemi, elle poussa un soupire de contentement. Leif était libre. Leif possédait la force de terrasser désormais son ennemi. Blottie contre son frère, Matoaka s’apaisa comme la montagne. Les hommes autour d’eux ne comprenaient pas, hormis les amérindiens qui priaient à leurs tours devant la princesse. Comment auraient-ils pu comprendre ? Le temps que Leif descende de la montagne, la brune en profita pour préparer un baume :

    - Pourquoi fais-tu ça, demandait Nashoba, tu es blessée ?
    - Non c’est pour Leif.
    - Comment peux-tu savoir qu’il sera blessé ?
    - Parce que je le sais voilà tout.

    Pas manqué, Nashoba était à moitié surpris en voyant l’affreuse blessure qui ornait le visage de Leif. Il vint l’aider à se redresser mais ne le harcela pas de questions. Vu la tête et la douleur qui se ressentait de son corps, il n’allait pas l’embêter pour le moment. Discrètement, la jeune femme surgit de derrière son frère et vint s’agenouiller devant Leif. Ses mots avaient du sens et elle sentit tout son être, être envahi de ce sentiment si doux et rassurant. Il était vivant et il avait enfin compris qu’elle n’était pas son ennemi. Ils faisaient étrangement un. En amérindien, elle demanda à son frère de le conduire jusqu’à sa petite tente où elle pourrait le soigner.

    Ils le posèrent sur le petit matelas de fortune fais de peaux de bêtes où elle lui retira sa chemise. Ses doigts caressaient son buste qu’elle contemplait et analysait avait précaution. L’excuse était de chercher une blessure mais permettait aussi à la brune de le contempler à sa guise. Lorsque son inspection fut terminée, elle nettoya la plaie de son visage. Une fois propre, elle appliqua son baume et y posa un chiffon propre.

    - Heureusement, murmurait-elle, votre oeil n’a rien du tout mon seigneur.

    Elle lui offrait un doux sourire amusé en finissant de poser le petit chiffon qui couvrait quand même une partie de son oeil :

    - Vous ressemblez à votre dieu.. Odin.. Il a offert son oeil pour connaître les secrets des femmes il me semble, n’est-ce pas ? Ne vous avais-je pas dit qu’il était interdit de vouloir s’accaparer les pouvoirs des femmes mon seigneur ?

    Se penchant sur le côté, elle lui servit un verre d’eau qu’elle lui ordonna de boire. A l’intérieur se trouvait des plantes servant à apaiser la douleur qu’il ressentirait mais aussi à le faire dormir. Il allait parler, elle le sentait, mais la fatigue sans doute et la douleur le fit tomber dans un profond sommeil. Pour le rassurer, elle se mit à caresser ses cheveux et elle murmura en chantonnant des mélodies amérindiennes. Leif avait peut-être tué son premier ennemi mais il lui en restait encore plusieurs à affronter et il devait reprendre toutes ses forces pour cela.

    Il dormit profondément une bonne journée avant d’être éveillé par les coups d’été près de la tente. Pendant que le chef reprenait des forces, Nashoba avait repris l’entrainement des hommes. Même si ils étaient peu, Matoaka avait conseillé à son frère de ne pas lâcher les fameux exercices de préparation au combat.

    - Les hommes doivent être prêt. Quand Leif sera rétabli, nous partirons pour la Norvège. Il faut que nous soyons sur les mers avant le début de l’hiver sinon cela retardera nos plans.

    En effet, Matoaka craignait que l’hiver ne soit pas d’un bon augure pour eux. La plupart des écossais connaissait peut-être es hivers rigoureux mais il n’en n’était rien de se battre dans la neige. Il fallait donc impérativement que leur excursion soit des plus rapide et brèves avant d’arriver à Stavanger. Pendant que les hommes s’entrainaient, la jeune femme passait la plupart de son temps à prier. Tout près du campement se trouvait d’autres pierres debout. Les pierres élevée qui avaient été posée en cercle la fascinait sans trop comprendre pourquoi. Au début, elle n’osait pas s’en approcher. Elle sentait une vraie connexion, un trouble. Pourquoi avait-elle l’impression d’y être attirer ? Comme si elle allait être aspirée.

    Après avoir tourné autour de ces pierres quelques heures durant, elle osa enfin s’en approcher. Les esprits ne répondaient pas à ses questions, elle n’avait aucune idée de comment interpréter les signes. Priant et s’approchant du cercle lentement, elle ne pu s’empêcher de sourire en traversant le cercle sans que rien ne se passe. Mais en s’approchant encore plus près de la pierre du milieu, elle comprit que c’était d’elle d’émaner cette forte attraction. Matoaka sentait tout son être aimanté, attiré de manière incompréhensible. L’image de Leif lui vint soudain en tête et elle retira sa main.

    Elle avait le sentiment que si elle touchait la pierre, elle ne reverrait plus Leif. Peur de ne plus le revoir ? Pourquoi est-ce que ça l’affectait autant ? Après tout, elle ne lui devait rien. Il savait désormais qu’il était suffisamment puissant pour vaincre Ragnar. Ne lui avait-elle pas donné ce qu’il désirait le plus au monde ? Rapidement alors, elle décida de quitter le cercle et de retrouver le groupe.

    Mais le pouvoir de la pierre l’affectait encore. Dans la nuit, alors qu’elle rêvait de ces pierres, elle s’éveilla en sursaut. Leif dormait toujours ce qui la rassura. Dans un mouvement silencieux, elle se leva et se rendit à l’extérieur. Elle pensait qu’un verre d’eau lui ferait du bien mais les voix tournaient et tournaient dans son esprit. Incapable de faire le tri, elle commençait à avoir une affreuse migraine. Habituellement, elle pouvait faire le tri dans ses pensées mais ce soir c’était impossible. Peut-être que de se rendre au cercle l’aiderait.

    Après s’être assurée que Leif était bien au chaud, elle se rendit nu pieds jusqu’au haut de la petite colline. La lune était de sortie mais elle alluma quelques bougies une fois arrivée en haut. Matoaka pensait que prier pourrait l’aider. Les voix devenaient plus claires, plus précises. Ils parlaient de voyages dont la destination serait une épreuve. Naïvement, elle pensait qu’il s’agissait du voyage qui l’attendait en Norvège, or, il s’agissait bien des voyages dans le temps. Il y avait là une autre solution pour Leif. Une solution qui la fit frémir.

    Les souvenirs d’enfance du jeune homme lui revint et la souffrance qu’il avait pu ressentir tout ce temps aussi. Là, elle pouvait lui apporter la solution la plus extrême mais aussi la moins amère. Remonter le temps et sauver sa famille. C’était un dilemme non pas moral qui l’assaillait, mais un dilemme sentimental. Si elle allait vers les pierres et qu’elle le laissait voyager, jamais elle ne le rencontrerait. Cette part égoïste de Matoaka venait de faire surface pour la première fois de sa vie. Un flash de Leif lui vint, lui régnant, lui devenant un grand seigneur auprès de sa famille vivante. Un Leif heureux qui n’aurait pas été maltraité. Un Leif apaisé. Une larme coulait sur la joue de l’amérindienne qui comprit. Elle ne pouvait pas empêcher le destin d’arriver. Elle n’avait jamais été là pour être son arme mais pour le guider jusqu’aux pierres.

    Elle se remit à tendre la main vers la pierre. Il n’y avait plus de dilemme a avoir. Elle devait se résoudre à rendre la vie que Leif méritait d’avoir, même si cela l’excluait. Ses doigts allaient frôler le granit froid mais un hurlement derrière elle la fit reculer. Puis, sans qu’elle eut le temps de répliquer, elle fut projetée au sol par une masse suffisamment lourde pour l’empêcher de s’enfuir.

    Ses cheveux barraient son visage, elle du secouer la tête et pu constater que Leif la maintenait allongée sur le sol. Le pansement tenait toujours son oeil prisonnier et il semblait essoufflé. Matoaka était surprise. Aucun son ne sortait de ses lèvres. Ses mains s’agrippaient aux avant-bras du colosse quand elle sentait son souffle s’accélérer. Mille questions lui venait à l’esprit :

    - Leif.. Que.. Que fait-tu là ? Tu.. Tu.. Vous êtes encore trop faible pour marcher.. Il faut vous reposer..

    Mais Leif ne bougeait pas. Son corps en entier la maintenait sous le sien ce qui la troublait. Les frissons dans son corps n’étaient pas du au froid, ils étaient bien autre. Ses doigts remontaient lentement vers ses épaules, comme pour l’attirer encore plus contre elle quand ses lèvres s’entrouvraient. Elle voulait parler, lui dire de ne pas se lever et le laisser se fondre en elle. Elle voulait le connaître davantage avant de le laisser partir loin d’elle. Ce trouble la chagrinait car elle savait que Leif Erikson ne pouvait pas lui appartenir, jamais.

    - J’ai trouvé le moyen de vous faire rentrer chez vous, avoua-t-elle, auprès de votre famille mon seigneur..


    immarcescible, Posté le vendredi 03 juin 2022 22:10 Répondre

    Le voyage a été long et fastidieux. Jamais Matoaka n’avait eu aussi froid. Le peu de vêtements qu’elle avait sur son corps était en partie une des causes de la douleur mordante du froid et la haine viscérale des écossais envers les étrangers. Leif avait eu raison en lui disant que c’était une culture très différente de la sienne. Malgré elle, la jeune femme se mettait à ressentir une haine viscérale contre le visages pâles ce qui serait bien plus tard, l’une de causes de sa colère froide. Mais pour le moment, Matoaka se concentrait à retrouver le chemin de la montagne de feu, là où les cendres tombaient du ciel. Les Esprits la guidèrent sans trop soucis. Elle devait juste être attentive à ne pas croiser trop d’inconnus, de peur que Kyle ne la retrouve.

    Tous les soirs, elle priait pour Leif. Elle n’avait aucune idée de son état, même si depuis quelques jours elle s’inquiétait de ne plus le sentir près d’elle. C’était compliqué à expliquer, comme sensation et comme sentiment mais Matoaka arrivait à sentir son souffle, sa présence. Comme si le lien confus qui l’unissait au destin de cet homme l’avait totalement aliéné à lui. Elle avait l’impression de lui parler lorsqu’elle priait. Pourtant, depuis un moment, rien ne lui venait. Le pire était l’incertitude de sa vie sauve.

    Et si Kyle avait finit par le tuer ? Devait-elle le rejoindre ? Continuer la quête qu’il avait commencer ?

    C’était beaucoup trop de confiance qu’il lui avait accordé. Beaucoup trop d’importance et d’honneur à la fois. Mais elle ne lâchait rien. Aussi téméraire que courageuse, la jeune femme réussit enfin à trouver la fameuse montagne. Cette petite île de Skye avait quelque chose de magique qui la touchait. Les Esprits étaient fort, puissant, concentré autour de rond de pierre élevé vers le ciel. La mystique la touchait et rendait ses visions plus nettes. Pourtant, elle eut du mal à croire cette vision où Leif venait à elle et dans laquelle elle mourrait. Impossible pour elle de la comprendre, impossible d’y croire.

    Même si intérieurement, elle rêvait de revoir Leif vivant.
    Ô oui, elle rêvait de revoir Leif.

    Cette vision qui l’avait sauvé d’eux sur la plage la hantait chaque nuit. Elle se remémorait les traits détendu du brun qui l’enlaçait. Il avait l’air si serein en enfouissant son nez dans l’épaisse chevelure volante de la jeune femme. Même elle avait cette mine étrange qu’elle ne s’était jamais sentie avoir. Pourquoi les Esprits lui avaient-ils envoyé cette image ? Avait-elle un avenir avec Leif ou étais-ce une image faussée de survie ? Aponi lui avait toujours dit de se méfier des bon présages. Bien souvent, ils relevaient surtout d’un malheur bien précis en arrière plan que l’on avait du mal à analyser. Il était si rare de trouver le bonheur dans ce bas monde qu’on y accordait plus de valeur qu’au mauvais, comme si il n’y avait que dans la joie que l’on pouvait s’épanouir et exister.

    Le but était proche et Matoaka était satisfaite. Malgré les quelques blessures qu’elle avait essuyé en chemin, elle savait qu’elle s’approchait au plus près de son but. Bientôt, elle aurait l’épée du destin qui aiderait Leif à accomplir sa funeste tâche. Mais avant, elle devait invoquer les esprits pour s’assurer d’être légitime. Faisant un feu et créant un abri pour la nuit, elle se mit ensuite à prier avec ferveur. Le collier de Leif pesait autour de son cou contrairement aux autre fois. Comme si il était aimanté et qu’il voulait retrouver son maître légitime. Mais Matoaka ne se laissait pas décourager et appelait en vain et en vain les Esprits qui jamais ne venaient. Epuisée, tremblante et essoufflée, elle tomba à genoux sur le sol cendré avant d’entendre un murmure.

    C’était lui. Leif !

    En relevant son visage, elle pu le voir à travers le contre-jour du bûcher. Elle avait envie de murmurer que c’était impossible, mais lorsqu’elle se redressa et qu’elle le vit assis patient face à elle, elle sentit son coeur s’emballer et son corps être aimanté au sien. Silencieuse, elle fit le tour du feu et le suivi du regard. Ses mots étaient clairs, il semblait aller parfaitement bien ce qui l’ému. Pour la première fois, il la tutoyait. Mais elle se méfiait, son humeur autrefois changeante pouvait très bien revenir aussitôt qu’elle était arrivée, alors, elle joua la prudence.

    S’agenouillant devant lui, elle replaça ses mèches de cheveux éparses derrière ses oreilles et le contempla un instant. C’était lui-même. Pas une vision, voilà ce qu’elle murmurait en amérindien quand ses doigts frôlèrent la joue du seigneur. Lui aussi avait eu une vision, mais elle secoua la tête en souriant légèrement :

    - Impossible mon seigneur, répondit-elle, je sais déjà comment je mourrais et ce n’est absolument pas à cause de vous. Il semblerait que votre esprit ai envie de vous jouer des mauvais tours.

    Lentement, elle passa son pouce sur le front du jeune homme et ferma les yeux. Comme essayant de se connecter à son psychisme. Elle murmura des mots incompréhensible, s’imprégnant de sa force et de ses pensées pour comprendre ce que son rêve avait voulu dire. Lorsqu’elle se sentit plus apte à expliquer, enfin elle ouvrit les yeux et contempla les deux billes de jade qui l’observait :

    - Vous avez eu peur de me voir morte et ça vous effraie encore, dit-elle avec douceur, mais pourquoi ça ? Alors que vous êtes si près du but d’obtenir tout ce que vous vouliez avoir ?

    Ses mains venaient se poser sur ses joues qui piquaient d’une barbe de plusieurs jours. Matoaka sentait une détresse dans le regard de Leif qui l’ému. Elle revoyait le petit garçon caché derrière un tonneau pendant que sa famille mourrait sous ses yeux et elle eut de la compassion pour lui. Son front posé contre le sien, elle fermait les yeux en essayant d’extraire de son esprit les mauvaises pensées qui l’envahissait.

    - Vous devez récupérer l’épée pour vaincre votre oncle peu importe ce qui pourrait m’arriver votre destin vous a conduit jusqu’à moi pour que je vous guide. Ecoutez donc les sage conseils de votre Volva mon seigneur. Je vous assure que je ne risque rien.

    En se redressant, elle se rendit bien compte que la proximité quelle avait avec Leif était fluide et intense. Son corps encore en tremblait. Mais elle devait se reprendre et dissimuler son trouble. Alors, retirant le collier qui était lourd sur son cou, elle le replaça autour de son vrai propriétaire en lui esquissant un doux sourire :

    - Prêt à rentrer chez vous ?


    immarcescible, Posté le jeudi 02 juin 2022 08:41 Répondre

    Le collier entre les mains, Matoaka ne comprenait pas. Seule dans la grande pièce de la salle à manger, elle attend de trouver une réponse à sa question. Pourquoi lui donner la source de son pouvoir alors que Leif ne lui a jamais fait confiance ? Mais son esprit s’embrouillait car même si Kyle lui avait demandé de rester dans la salle à manger, elle ne pu se résoudre à y rester. Rangeant le collier dans son corsage, elle monta en vitesse rejoindre le petit groupe qui posait tout juste le mourant sur son lit. La chambre était dépouillé de tout effet personnel hormis quelques épées et autres armes qui trainaient sur le sol.

    Dans un mouvement un peu brusque, elle poussa tout le monde et leur ordonna de sortir pour aller lui chercher ses outils ainsi que de la sauge et des groseilles. Les domestiques l’a regardait avec inquiétude et surprise. Ils pensaient naïvement tous que l’amérindienne aurait profité de l’agonie de Leif pour s’enfuir de ce mariage forcé. Mais la détermination de la jeune femme à le sauver la rendit plus ferme :

    - Qu’est ce que vous attendez ? Je vous ai donné un ordre !

    Elle avait déjà tout d’une reine sans le savoir. Kyle n’y comprenait plus rien. En la voyant se hâter pour sauver Leif cela mettait en péril tout son plan. Matoaka déchirait sans mesure la chemise du mourant et l’allongea sur le côté pour qu’il puisse retrouver un peu de souffle. Elle lui murmurait avec douceur des prières amérindiennes pour l’aider à trouver le courage et la force de se battre contre le maudit poison. Car contrairement à ce que disait Kyle, Matoaka était persuadée qu’il ne s’agissait pas d’un simple étouffement.

    Voyant qu’il n’arrivait toujours pas à respirer, elle le rallongea sur le dos et posa ses lèvres sur les siennes pour y faire glisser un peu de son souffle. Cela semblait fonctionner car il commençait à vouloir tousser. Mais brusquement, Kyle la tira en arrière pour l’empêcher de continuer :

    - Que fais-tu, grognait-il en la plaquant contre le mur, tu es en train de le sauver ?
    - Bien sûr que je vais le sauver ! Comment pourrait-il en être autrement ?
    - En le laissant mourir tiens et en sauvant ta vie de cette vie misérable !
    - Kyle.. Personne ne mérite de mourir comme ça et surtout pas Leif. Je ferais tout en mon pouvoir pour le sauver. Je suis liée à lui.

    Elle repoussa fermement le jeune homme et ignora les doutes qui enserraient son coeur. SI Kyle était coupable d’une telle chose et qu’elle sauvait Leif, il était certain qu’il chercherait à se venger et le punir. Et ça, malheureusement, elle ne pourrait pas l’en blâmer. Revenant près de Leif qui semblait avoir repris conscience, elle caressa sa joue et son front. Il commençait à avoir de la fièvre :

    - Mon seigneur il va falloir vous battre contre les ombres de la nuit. Ne les laissez pas vous emmener. Vous risqueriez de me rendre mécontente et vous comme moi savons pertinemment que lorsque c’est le cas, tout risque d’imploser.

    Enfin les domestiques revenaient avec les ingrédients et le matériel de Matoaka. Rapidement la brune se mit au travail et ordonna à tout le monde, sauf Amara de sortir de la chambre. La domestique, sous les ordres de l’amérindienne, alluma de la sauge qu’elle fit circuler dans toute la chambre. Les groseilles se transformèrent en cataplasme grâce aux gouttes d’aloe vera ramenée par Matoaka de son pays. Le disposant sur le gorge de Leif, elle vint ensuite lui donner de l’eau. Il la buvait ce qui était bon signe même si il n’était pas encore tiré d’affaire.

    Tout le château était ébullition. La nouvelle de la maladie soudaine de Leif fit penser que l’étrangère l’avait empoisonné pour ne pas subir ce mariage. La rumeur se répandait comme une traînée de poudre que Kyle alimenter. Il racontait que Matoaka l’avait supplié de trouver une solution our empêcher ce mariage mais qu’il était un honnête homme.

    Alors que pendant ce temps, Matoaka ne ménageait pas ses capacités. C’est avec détermination et ardeur qu’elle travaillait pour sauver la vie de son seigneur. La nuit venait de passer, puis une seconde et enfin une troisième et Leif était toujours en vie. Amara était partie se reposer dans la petite pièce d’à côté laissant la brune seule avec le blessé. Il dormait même si il n’avait pas repris conscience. Avec douceur, elle caressa sa crinière brune et contempla les traits fin de son visage. Endormi de la sorte, elle trouvait si beau. En le détaillant un peu plus, elle remarqua une légère cicatrice sur le coin de son oeil, un nez fin, des cils long et épais, une bouche pulpeuse et un menton fier, autoritaire. Elle le voyait déjà ouvrir ses yeux et la réprimander de le regarder ainsi, ce qui la fit légèrement sourire.

    Elle venait de finir de changer le cataplasme et ses prières quand elle reposa sa main sur le cou du jeune homme. Il avait encore du mal à respirer même si il vivait. Elle le vit cependant lutter pour ouvrir les yeux, cela lui redonna un peu de courage, si bien qu’en se penchant sur son oreille, elle murmura :

    - Ne mourrez pas mon seigneur.. J’ai besoin de vous.. Je suis là. Même si je vous vois comme un homme instable, colérique, irrespectueux, impulsif et machiste, j’ai confiance en vous. Ne me laissez pas. Leif.. Ne me laisse pas.

    Son murmure dû s’arrêter à cause de l’entrée fracassante de Kyle dans la chambre. Il constatait que Leif était toujours en vie et que l’amérindienne l’avait sauvé. Tous ses plans tombaient à l’eau à cause de son intervention. Si Leif survivait, c’était lui qui finirait au bûcher. Sans perdre un instant, il ordonna à ses hommes de se saisir de la jeune femme. Ne comprenant pas, elle se débattit et en mit deux à terres par sa vitesse et son habileté au combat. Même si elle était une femme pacifiste, elle avait quand même été élevée avec une vingtaine de frères. Mais ils étaient plus nombreux et elle était épuisée d’être restée au chevet de Leif tout se temps, si bien qu’ils en profitèrent qu’elle veuille protéger Leif pour l’attraper.

    Nashoba été retenu prisonnier dans les cellules du cachot, en bas du château avec ses hommes. Il entendait bel et bien sa soeur crier après les hommes qui l’enlevait mais ne pouvait pas réagir. Il frappait de toutes ses formes les grilles mais elles étaient bien trop solide, même pour un amérindien de son envergure.

    Pour dissimuler son méfait, Kyle décida de faire justice lui-même et pris à part Matoaka une fois qu’elle fut attachée à un arbre non loin du manoir :

    - De quels droits s’en prennent-ils à moi de la sorte ? Kyle !
    - Ils sont persuadé que tu as voulu assassiner Leif.
    - Mais.. Mais c’est faux ! Et tu le sais !
    - Bien sûr que je le sais, dit-il dans un soupir, mais ça il n’y a que toi et moi qui le savons. Et surtout.. C’est en moi qu’ils ont confiance.
    - Leif saura que tu mens.. Il ne pourra jamais croire ce que tu dis ! Je lui dirais la vérité !
    - Il n’aura pas d’autres choix puisque tu vas disparaître Matoaka.

    Son frère avait bel et bien raison donc. Les visage-pâles étaient les plus redoutables qui soit. Kyle se penchait sur elle et prenait entre ses doigts fermement, les joues de la jeune femme pour la lorgner avec un regard qui la dégoûtait. Se débattant, elle réussit à lui cracher dessus comme pour lui signifier son mépris :

    - Je t’interdis de me toucher, murmurait-elle rageuse, tu ne sais dont pas de quoi je suis capable je crois.
    - Si, bien sûr que si je le sais. Mais je n’ai pas peur de toi. Leif t’as appelé l’autre la « Volva ». Je n’ai peut-être pas été à l’école mais je sais ce que c’est. Je suis persuadé que certains payeront très cher pour t’avoir.

    Matoaka se débattait contre le fameux arbre qui la maintenait prisonnière quand Kyle la laissait seule un moment. Elle passa la nuit ainsi, recroquevillée à espérer que personne ne vienne la « visiter ». Pareil, elle connaissait les nombreux méfaits des hommes que les femmes seules dans le noir. Elle pria toute la nuit pour Leif, elle pria ardemment les ancêtres du jeune homme et notamment sa mère pour qu’elle veille sur lui. Lorsque au petit matin Kyle la transporta sur un cheval, elle lui murmura une prophétie :

    - « Tu mourras par le feu d’une épée ardente dominée par un seigneur puissant. Ta trahison sera connue de tous. Ton coeur s’enflammera et tu périras avec déshonneur Kyle Hudson. Je te maudis »

    Ce dernier gifla si fort l’amérindienne qu’elle se mit à saigner de la lèvre. Mais elle n’avait pas peur pour autant. Il donna l’ordre à ses hommes de l’emporter jusqu’au port où elle se vendue à un acheteur norvégien. Mais Matoaka avait plus d’un tour dans son sac. Dans la nuit, elle avait récupéré un silex près de l’arbre et comptait bien s’en servir. Elle devait juste trouver une porte de sortie. Celle-ci vint lorsqu’ils longèrent la falaise. Une vision lui vint d’elle et Leif sur la plage en contrebas. La même qu’il y a quelques semaines où ils étaient enlacés l’un contre l’autre. C’était un signe. Son silex en main, elle s’excusa par avance et blessa la monture qui la transportait ce qui fit cabrer le cheval et la fit tomber. Profitant de la surprise et de l’incompréhension des hommes, elle dénoua ses liens grâce au silex et sans perdre un instant se jeta dans les eaux sombre de l’océan Atlantique.

    Le courant était fort, beaucoup trop fort. Elle faillit à plusieurs reprise perdre elle aussi son souffle à cause de la mer agitée et du courant. A chaque fois, ses pensées allaient vers Leif. Elle lui envoyait toutes ses forces depuis des jours mais les siennes lui manquait. Etrangement, c’était son visage qu’elle voyait, sa voix qu’elle entendait. Etaient-ils en connexion ? Ou est-ce que les Esprits l’avait aidé à s’en sortir ? Toujours est-il qu’elle se laissa suivre le courant avant d’échouer sur une petite plage inhabitée. Epuisée, grelottante et légèrement blessée à cause des rochers pointu et sauvage de la falaise, elle du reprendre son souffle. Il était bien beau de s’enfuir de la sorte Matoaka, mais quel allait-elle faire désormais ?

    Après une nuit passée dissimulée dans une grotte non loin, à faire sécher ses vêtements et contempler le fameux collier donné par Leif, elle priait ses esprits de lui donner une solution. Au petit matin, elle décida de prendre la route direction la montagne de cendres. C’était là qu’elle accomplirait le destin de Leif. Son pacte lui avait ordonné de l’aider à retrouver et libérer son peuple, elle allait donc s’y atteler.


    immarcescible, Posté le lundi 30 mai 2022 23:10 Répondre

    Matoaka ne savait plus sur quel pieds danser. Leif Erikson était une parfaite énigme. Toute la journée et ce depuis quatre jours il l’avait ignoré, maltraité comme si elle n’était qu’un vil insecte à écraser et voilà qu’il redevenait le doux garçon de la bibliothèque qui lui laissait le libre arbitre de sa vie. Que cherchait-il à faire ? Nashoba lui avait confié avoir réussit à le faire changer d’avis.. Lui laisserait-il donc cette porte ouverte ? La jeune observait d’un oeil méfiant le seigneur du château qui attendait patiemment. Pour le moment, elle n’avait aucune envie de lui répondre et encore moins de conserver avec lui, pourtant, il lui donnait une date à la fin de cet ultimatum. Froide, distante, elle regardait devant pour ne pas avoir à croiser son regard :

    - Je ne comprends plus du tout ce que vous chercher à faire mon seigneur, dit-elle dans un souffle calme et serein, voilà que depuis notre rencontre vous agissez de manière étrange. Je ne sais pas ce que vous attendez de moi et encore moins ce que les femmes font dans votre culture pour s’assurer la confiance des hommes mais je crois ne vous avoir jamais déçu ou trompé.

    Elle reprenait son souffle, prête à continuer sa tirade mais posa cette fois-ci son regard noir et envoûtant sur son partenaire :

    - Je ne voulais en rien vous vexer en vous rapportant les mots des autres. C’était une manière pour moi de mieux apprendre à vous connaître et vous apporter mon amitié, rien de plus. Peu importe ce que disent les gens, je vois bien que vous êtes une âme solitaire et je.. je voulais égoïstement vous apporter mon amitié.

    C’était un aveu un peu déconcertant qu’évoquait la jeune femme, surtout que Leif l’avait à plusieurs reprises repoussée. Mais elle ne se démontait pas et lui apportait la preuve de son honnêteté en lui exprimant ce qu’elle ressentait :

    - Visiblement vous n’avez aucun respect pour moi en retour Leif. Depuis des jours vous m’ignorez comme si j’étais la pire des pestiférées alors que vous n’aviez qu’à m’expliquer ce que vous ressentiez. Me forcer à vous épouser juste pour asseoir votre autorité masculine me déconcerte et me déçois. Jamais je ne vous aurais cru capable d’une telle bassesse. Et voilà que maintenant je retrouve le seigneur doux et prévenant de la bibliothèque.

    Leif était une vraie énigme pour la jeune femme qui avait toujours su déchiffrer les âmes de toutes les personnes qu’elle avait jusqu’alors rencontré. Ils furent interrompu par le service de quelques femmes de salle qui leur servait un dessert à base de fraises. Matoaka ne connaissait pas et plongeait son doigt dans la crème pâtissière qu’elle lécha en souriant légèrement. Une fois qu’ils furent de nouveau seuls, elle rompit le silence pour finir :

    - Vous savez pertinemment que je n’ai jamais été votre ennemie alors pourquoi toujours me considérer comme telle ? Leif.. Honnêtement, qu’attendez-vous de moi ?


    immarcescible, Posté le mardi 24 mai 2022 22:17 Répondre

    Les mots résonnaient encore dans son esprit. Ils la martelaient comme s’il s’agissait d’armes qui la plantait sans vergogne. Leif avait distillé son poison sans qu’elle puisse répondre la laissant seule et pantoise incapable de réagir ou de parler. Ce fut Amara qui vint la secouer un peu avant de la consoler. Recroquevillée dans un coin, l’amérindienne se sentait salie par l’offre qu’avait fait son père. Ainsi donc, elle n’était qu’une marchandise dont il avait vendu l’existence ? Mais surtout, elle ne comprenait pas la haine viscérale qu’avait Leif à son égard. Qu’avait-elle fait de si répréhensible pour qu’il la déteste de la sorte, demandait-elle à Amara :

    - Mais enfin ma dame, ne savez vous pas qu’il ne faut jamais parler des ragots aux principaux intéressés ?
    - Je ne comprends pas le principe des ragots comme vous dites si bien. D’où je viens on dit les choses honnêtement sans avoir peur de l’autre. On ne cherche que le bien. Je ne comprends pas votre peuple et encore moins votre Seigneur.

    Il était tard lorsqu’elles rentrèrent toutes les deux au château. Il était silencieux et Matoaka décida de remonter dans sa chambre. Amara avait insisté pour lui faire à manger mais la brune refusa poliment. Elle rêvait d’un fameux bain et d’aller se coucher avant de prier. Sauf que quand elle entra dans la chambre, elle fut surprise d’y voir son frère :

    - Leif m’a annoncé son intention de t’épouser et ce que père a fait. Tu étais au courant ?
    - Je savais qu’il m’avait « prêtée », pas offerte au premier venu.

    Nashoba jurait en amérindien avant de taper contre le lit en colère. Matoaka ne répliquait pas et se contentait de retirer le châle qui protégeait ses épaules.

    - Pourquoi tu ne m’as rien dis ?
    - Parce que tu aurais perdu l’occasion de voir le monde et moi aussi.
    - Mais c’est insensé Matoaka. Te rends-tu compte de ton étourderie ? Maintenant il va te demander d’être sa femme juste pour persuader tout le monde qu’il n’aime pas les hommes.
    - Je crois qu’il n’aime sincèrement pas les hommes grand frère. Je l’ai blessé dans son orgueil. Je crois que c’est la grande maladie des visages pâles.

    Le brun demandait à sa soeur si elle avait eu d’autres visions, si il y avait un moyen de s’échapper de cette situation mais Matoaka faisait non de la tête. Elle n’osait pas lui parler de sa dernière vision où elle s’était vue dans les bras de Leif. Pendant quatre jours elle l’avait oublié, mais elle resurgissait de nouveau.

    - Pour l’instant les Esprits ne sont pas encore venus à moi. Mais je ne désespère pas de les voir trouver une solution d’ici là. Peut-être même que Leif sera calmé et qu’il prendra conscience de la situation. Il ne peut pas épouser quelqu’un qu’il hait, ça n’a pas de sens..

    Après avoir été voir sa soeur, Nashoba se rendit dans la chambre de Leif mais il ne l’y trouva pas. Il continua de chercher pour finalement le trouver en train de s’entraîner dans les caves du château. Venant en ami, il lui demanda comment il se portait. L’amérindien avait déjà tenté de rapprocher du seigneur mais il gardait une distance certaine avec toutes les personnes qui l’approchait :

    - Mon seigneur je viens en paix et pour comprendre. Vous devez savoir que ma soeur est jeune et qu’elle ne se rend pas compte de ce qu’elle dit ou entend. Elle sait qu’elle vous a blessé quand elle ne voulait que vous apporter son aide. Matoaka ne vous ferait jamais de mal sciemment. Je vous prie d’accepter ses excuses en mon nom et d’oublier ce malheureux et fâcheux incident.

    Mais pendant ce temps, Matoaka tournait en rond. Le bain ne venait pas et elle ruminait encore et encore la fameuse nouvelle que lui avait lancé Leif. Décidant de ne pas avertir Amara, elle quitta sa chambre pour finalement aller dans la cuisine. La faim commençait à la tenailler. Vêtue uniquement d’une longue robe blanche pour dormir et les cheveux toujours nattés, elle arriva dans la grande pièce bien chauffée et pris une pomme.

    - J’ai eu beaucoup de regret de ne pas te voir à table, murmurait Kyle dissimulé dans un coin, comment te portes-tu princesse ?
    - Oh.. Kyle.. Tu m’as fais peur. Je vais.. Je vais bien. Je crois.
    - J’ai appris pour la nouvelle. J’imagine que les félicitations sont de rigueur.
    - Comme tu le sais je ne connais pas bien les coutumes de ton peuple.

    Elle avait les yeux brillant de larmes. L’idée d’être liée éternellement à cet homme sombre, violent et froid l’effrayait. Kyle du sentir sa détresse et vint la prendre dans ses bras pour la rassurer. Matoaka le laissait faire et pleurait à chaude larmes contre lui.

    - J’aurais aimé.. J’aurais sincèrement aimé pouvoir t’aider mais..
    - Amara dis que tu.. que tu pourrais m’épouser.

    Aucun culot venant de Matoaka. Il est vrai que depuis le début du voyage les deux s’entendaient très bien, pourquoi ne pas envisager une telle chose ? Kyle souriait et caressait la joue de la jeune fille en embrassant son front :

    - J’aurais aimé pouvoir te demander en mariage mais.. mais je suis déjà fiancé princesse.

    Rapidement la jeune femme se sépara de lui, gênée. C’était une attitude tout à fait grossière elle en avait tout à fait consciente. Rougissant, elle essuyait ses yeux quand Kyle tentait de la reprendre contre lui mais elle le repoussait.

    - Ce n’est pas un mariage d’amour tu sais.. Mes parents veulent que je sois lié à cette femme pour sa famille ça s’arrête là. Rien ne nous empêche de nous aimer tu sais.
    - De nous.. De nous aimer ? Mais quand on aime Kyle on se bat pour cette personne.
    - Tu me proposes quand même de t’épouser juste pour ne pas être la femme de Leif.
    - Je ne veux pas épouser Leif parce qu’il est distant et incapable d’aimer.. On dirait que rien ne le touche hormis sa vengeance.. Je ne suis rien pour lui.. Il m’a acheté à mon père comme si je n’étais qu’un vulgaire compas.
    - Jamais il ne te fera du mal, il n’est pas violent avec les femmes.
    - Il y a bien pire que la violence physique tu sais. Il y a le mépris, or, il me hait pour je ne sais quelle raison et je suis liée à lui désormais.

    Dans le couloir du bruit survenait. Matoaka entendait Nashoba discuter avec Leif et cela la refroidie. Prenant sa pomme qu’elle avait posé sur la table, elle tourna les talons mais Kyle la retenait une nouvelle fois pour s’excuser. Au même moment, les deux autres garçons arrivaient près de la cuisine. Le regard de l’amérindienne croisa celui de Leif. Il semblait encore plus et toujours en colère, surtout en voyant les deux dans la cuisine. Nashoba ne savait quoi dire, il observait la scène silencieux. La jeune femme passa donc devant Leif et le salua comme une lady, comme lui avait appris Amara quelques jours plus tôt :

    - Mon seigneur, dit-elle faiblement, puisque vous m’avez si obligeamment récupéré des bras de mon père je vous remercie de me faire l’honneur d’être votre épouse.

    A la surprise de tous, elle venait donc d’accepter le cruel sort qui l’attendait, un mariage sans amour avec un époux qui la haïssait. C’est dans un silence mort et les larmes aux yeux qu’elle quitta la cuisine pour rejoindre sa chambre sous l’oeil inquiet et désemparé de son grand frère.


    immarcescible, Posté le mardi 24 mai 2022 11:48 Répondre

    La rencontre avec cette femme, Binki, et les confidences d’Amara avait quelque peu rendue Matoaka perplexe. Soudainement, l’ambiance était différente. Pourquoi est-ce qu’Amara lui faisait de telles confidences. C’est en voyant l’oeil brillant de la jeune femme sous le nom de Feargus qu’elle comprit. Elle était amoureuse de lui. Matoaka aurait voulu s’en mêler et lui dire d’avouer ses sentiments mais elles arrivaient déjà à la bibliothèque où siégeait Leif. Difficile pour l’amérindienne de se concentrer en apprenant que cet homme aimait les hommes. En effet, une légère rougeur s’était imposé sur ses joues et un sourire enveloppait le bas de son visage. Le problème avec Matoaka c’est qu’elle est vraiment trop expressive. Leif le remarqua aussitôt et elle du baisser les yeux lorsqu’il plongea ses iris vers les siens :

    - Mon seigneur, dit-elle faiblement une fois qu’elle fut assurée qu’Amara soit partie, il se dit tout un tas de choses sur vos comptes. Feargus et vous-mêmes êtes des hommes avec des responsabilités bien différentes de mon peuple et.. et vous avez des moeurs bien différentes aussi.

    Il était particulièrement gênant pour la jeune femme de discuter de sexualité avec Leif. Non pas qu’elle ne sache pas ce que c’était, bien au contraire, mais elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle n’avait jamais imaginer ce seigneur avoir une telle préférence. Et puis, pourquoi dissimuler une telle chose ? Pourquoi bavarder de tout cela sans que le principal intéressé soit informé ? Dans la culture amérindienne, le principe des rumeurs n’existait pas, aussi, Matoaka, même si elle était gênée, ne se rendit pas compte que les révélations qu’elle faisait risquerait de bouleverser le jeune seigneur :

    - Vos gens disent que vous devez vous chercher une épouse sur ordre de votre père mais que vous avez une préférence pour les hommes. Pourquoi serait-il un problème pour votre père ? Après tout, cela ne regarde que vous et votre ami.

    La jeune femme lui expliquait que chez les amérindiens l’homosexualité n’était en rien un problème. Les jeux de l’amour étaient même conseillés pour ne pas éveiller des rancoeurs et des jalousies inutiles. Même si l’amour libre faisait partie de leurs moeurs, très vite Matoaka précisa qu’elle n’y participait pas :

    - Chez moi personne ne s’approche de moi pour de telles choses. Mon père considère que je suis à part et que jamais personne ne pourra m’envisager comme une épouse ou une compagne. Selon lui, mes dons seraient un bien trop précieux pour pouvoir être donné à n’importe quel homme. Aponi dit souvent qu’il ne faut jamais pénétrer les secrets d’une femme. Mais que tout homme devra l’écouter. Il serait donc plus simple pour eux d’être à l’écart de moi-même pour ne pas oublier leur véritable objectif.

    Leif semblait furieux. Silencieux, mais furieux. Inquiète de l’avoir blessé, Matoaka vint rapidement à lui prendre sa main dans la sienne. C’était pour s’assurer principalement qu’il allait bien mais une nouvelle vision lui vint. Blêmissante, les yeux clos, elle s’évanouissait de nouveau sur le sofa près d’eux en laissant le flot de visions lui venir. Lorsqu’elle reprit connaissance, elle posa sa main sur son front. Elle avait terriblement mal, comme si on l’avait frappé à la tête.

    - Ce.. Ce n’est rien.. Tout va bien.. J’aurais du reprendre quelques biscuits.. Ça m’arrive dès fois, désolée..

    Elle le laissa quitter la pièce un instant pour aller lui chercher des fameux biscuits. Assise sur le sofa, elle essayait d’oublier ces visions étranges où elle s’était vue face à la mer et enlacée par les bras puissant de Leif. Il s’en dégageait une telle harmonie et une telle force que ça avait fait flancher ses jambes. Lorsqu’il revint, elle préféra lui dire qu’elle ne se souvenait pas de ce qu’elle avait vu et lui demanda si il lui était possible d’avoir un peu de repos. Allongée dans la bibliothèque elle fit le tri dans ses pensées et rangea quelque part bien loin, l’image sereine d’une alliance qui lui paraissait improbable.

    Quelques jours passèrent pendant lesquels elle fit comme si de rien n’était. Elle se reposa longuement car elle se sentait extrêmement épuisée par ces fameuses visions. Amara lui tenait compagnie et elles firent plus amplement connaissance. Au fil des jours, Matoaka confirma sa première impression, la domestique aimait Feargus. Mais surtout, elle découvrit sur le haut de son poignet une marque qui avait l’étrange ressemblance de celle d’un oiseau. Les signes ne trompaient pas et cela fit amplement sourire l’amérindienne qui avait trouvé le symbole puissant qui unirait Feargus à son destin. Mais chaque chose en son temps, l’amérindienne avait repris des forces mais était déçue de ne pas avoir revu Leif. Nashoba et Kyle étaient venus lui rendre visite mais aucunement le seigneur.

    Cela avait surprit Matoaka que Kyle vienne la voir mais il avait été si gentil avec elle. Il lui tenait compagnie, lui faisait la lecture et lui expliquait en quoi consistait toutes les coutumes de son pays, l’Angleterre. Ils passèrent ainsi du temps ensemble ce qui avait rendu l’isolement de la jeune femme moins difficile.

    Quand elle descendit au bout du quatrième jour dans les jardins pour voir l’avancement des combats elle se dirigea directement vers lui. A croire qu’il lui en voulait pour quelque chose car aussitôt il la fuit. Vexée, elle se renfrogna et se dirigea vers Nashoba qui apprenait à tirer à l’arc aux hommes. Kyle semblait avoir un peu de mal ce qui la fit sourire. Elle lui proposa donc son aide.

    - Votre frère nous a expliqué que les femmes chassent chez vous ?
    - Bien sûr, pourquoi ne le feraient-elles pas ? Après tout.. Nous devons-nous aussi nous nourrir.
    - Disons que chez nous la femme reste à la maison quand l’homme lui apporte tout.
    - Mais les femmes ne sont pas des enfants.

    Ils discutaient et riaient ensemble pendant que la brune lui montrait comment tendre son arc et ensuite tirer avec précision. Pour narguer son nouveau compagnon, elle vint même pointer la fameuse flèche qu’il avait tiré à côté de la cible et la fendit en deux. Cela fit rire Nashoba et les autres hommes autour qui regardaient amusés Kyle prendre une leçon par une fille. Matoaka souriait doucement aussi, amusée de voir l’air désarçonné de son camarade.

    - Ma soeur a bien des talents en ce qui concerne les arc. C’est même elle qui a visé le bison qui détruisait toutes nos plantations.

    Nashoba aimait raconter cette histoire parce qu’il venait à bout de l’animal en lui ayant grimpé dessus. Il s’accordait tous les mérites de l’histoire mais Matoaka s’en fichait. Ce qui lui importait c’était d’avoir sauvé ses petits frères qui avaient risquer de mourir ce jour-là. Profitant du temps clément, Kyle proposa à la jeune femme une balade qu’elle accepta. Il lui parlait de son petit village d’enfance et de ses nombreuses soeurs. Sa compagne de balade était impressionnée, si lui avait eu quatre soeurs, elle, elle avait eu une vingtaine de frères.

    - Vingt frères ?? Et tu es la seule fille ?
    - Mh, mh.. Mon père a eu plusieurs épouses.

    Ils continuèrent de discuter et de rigoler ensemble un bon moment jusqu’à ce que Leif arrive au loin en cheval. Il semblait furieux. Matoaka le saluait poliment et lui demandait quand est-ce qu’ils partiraient pour chercher le fameux outil permettant la victoire de Leif :

    - D’après certain manuscrits que j’ai lu dans votre bibliothèque mon seigneur, il semblerait qu’a deux jours de cheval se trouve une montagne enflammé qui contiendrait la fameuse arme vengeresse. Connaissez-vous un tel endroit ? Les neiges ne vont pas tarder à tomber, nous devrions partir rapidement..


    immarcescible, Posté le dimanche 22 mai 2022 13:13 Répondre

    Vicieuses ? C’était un mot qu’elle ne comprenait pas. Dans la culture amérindienne, les mots comme la perversion ou les autres adjectifs désignant des êtres jaloux ou malfaisants n’existaient pas. Il y avait toujours un profond respect pour l’altérité. D’ailleurs, le « je » n’existait pas en tant que soit. C’était le groupe, la communauté qui comptait. Aussi, au contact de Leif, Matoaka remettait toujours tout en question. Après tout, il allait envoyer des hommes à la mort juste pour récupérer son propre héritage. N’étais-ce pas quelque chose de profondément égoïste ?

    Mais elle savait qu’il savait. Et surtout, qu’il s’était résigné à avoir une conscience de ça. Son objectif était clair et elle ne pouvait l’en dissuader même si elle y mettait toute sa force et sa conviction.

    L’endroit où ils se trouvaient avait une forte charge émotionnelle. Matoaka le sentait de la racine de ses cheveux à ses doigts de pieds. Des murmures lui venait mais elle en faisait abstraction. Elle voulait se concentrer sur les mots de Leif qui lui expliquait l’importance de la spiritualité pour lui. Sa grande tolérance faisait de lui un homme au coeur bien plus noble qu’il voudrait l’admettre. Finalement, cette modestie rustre le rendait attachant.

    En s’approchant de l’arbre qu’elle touchait sans trop oser, elle lui demanda ce que signifiait le fameux mot vicieuse. Cela la surprit et la fit légèrement sourire. Quelle image étrange les hommes avaient des femmes. Finissant de faire le tour de l’arbre, elle s’approcha de lui en secouant négativement la tête :

    - Nous ne sommes pas « vicieuses » comme tu le dis. Disons que contrairement aux hommes, nous réfléchissons. Nous sommes plus mesurées. L’issue d’une bataille ne dépend pas uniquement de la force que tu y mets mais aussi de comment tu veux la mener.

    Leif avait sa mine concentrée. Il écoutait avec attention ce qu’essayait de lui expliquer Matoaka. Venant s’asseoir en tailleur devant le fameux autel, elle prit le temps de lui raconter ce que lui avait enseigné sa grand-mère sur les grandes batailles qui avaient régis la grandeur de son peuple.

    - Rien ne sert de commencer la bataille mais il faut toujours la gagner. A partir avec trop d’assurance cela conduit à se fatiguer très vite. C’est la certitude que l’on va mourir qui permet à l’être humain de se dépasser. La peur de la mort n’est qu’une sorte de distraction de l’esprit. Les femmes n’ont pas peur de la mort car nous la côtoyons au quotidien, en soignant et enfantant. L’accepter ne fait pas de nous des personnes tristes, au contraire, c’est quelque chose qui doit nous faire grandir.

    Sa main venait délicatement prendre la sienne. Elle le laissait s’installer face à elle, et enlaça ses doigts aux siens. Ses yeux se perdaient dans les siens dans un tumulte qui l’étonnait. Jamais encore un homme ne l’avait autant exaspéré et autant passionné à la fois. Inspirant profondément, elle prit le temps de découvrir ses traits. Là, pas besoin de le regarder à la dérobée, elle pouvait poser son regard sur lui.

    - Je vois que tu n’as pas peur de la mort, finit-elle par dire, tu as peur de ne pas pouvoir réussir à venger ta famille. Cette promesse que tu t’es faite. C’est un serment viscéral qui t’obsèdes et qui ne trouveras la paix que lorsque ton épée fera jaillir le sang du traître.

    Matoaka du fermer les yeux un instant. Les images encore violente de cette scène échangée sur le bateau lui revenait en mémoire. Elle ressentait la colère, la peur de Leif enfant mêlée à ce sentiment d’injustice. Ses doigts se serraient dans les siens et ses sourcils se fronçaient. Elle entendait de nouveau ces murmures qui essayaient de faire passer des messages. Leif devait les entendre mais elle ne savait pas comment les énoncer :

    - Ils.. Ils veulent.. Une femme.. Elle.. Elle veut que tu.. Leif.. Elle.. Elle est fière.. fière de toi.. Elle..

    C’était la mère de Leif qui lui parlait, Runa. Ses mots n’étaient pas distinct mais sans qu’elle s’en rende compte ou qu’elle connaisse la langue viking de son acolyte, elle se mit à murmurer des mots norvégiens qui étaient ceux de Runa. Elle tentait par Matoaka de transmettre à son fils un message. Prise dans une sorte de transe, l’amérindienne ouvrit ses yeux brutalement avant de réciter une sorte de légende qui serait l’aboutissement de la réussite de son fils :

    - Dans la pierre fendue la gloire sommeille. Le fer extirpé rendra éclat et prospérité au plus grand des Seigneurs. Celui dont le coeur est perdu mais pur. Il vient le vengeur éternel qui saura rendre justice face aux nombreux traîtres.

    Puis, ce fut le néant. Matoaka s’effondra sur le sol, épuisée. Combien de temps se passa avant qu’elle n’ouvre les yeux, elle ne le sait pas. Tout ce qu’elle sait c’est que comment ce matin, elle vit le visage inquiet de Leif au dessus d’elle. Esquissant un léger sourire, il l’aida à se redresser quand elle posait une main sur sa tempe. Encore engourdie par ce moment chamanisme particulier, elle reprenait ses esprits et bu un peu d’eau qu’il lui tendait.

    - Qu’est-ce.. Qu’est ce qui c’est passé, demandait-elle un peu perdue.

    Il lui récita la fameuse prophétie qu’elle lui avait annoncé et vint rapidement réfléchir et mettre ses idées en place. Ça y est, elle se souvenait maintenant. Elle visualisait la fameuse pierre qui contenait l’objet permettant à Leif d’asseoir son pouvoir et sa légitimité en tant que souverain et vint à lui expliquer :

    - Une pierre contient l’outil qui te permettra d’assurer ta vengeance. Il faut la trouver.. Est-ce que tu as déjà entendu parler de cette histoire ?

    Pendant qu’il réfléchissait, elle passait une main sur sa natte qui la gênait pour la ramener en arrière. Il prenait tellement cette histoire à coeur qu’elle ne pouvait se moquer de sa moue particulière. Mordant sa lèvre, elle lui offrait un léger sourire comme pour le rassurer :

    - Tu as les yeux de ta mère. Elle est d’une grande beauté. Je comprends mieux d’où viens ta force, c’était une grande dame.


    immarcescible, Posté le samedi 21 mai 2022 14:22 Répondre

    Cette facette inattendue de Leif rend Matoaka songeuse. Jamais elle ne l’avait encore vu aussi détendu, patient, serein. Aurait-elle trouvé un autre Leif dans cette pièce. Persuadée que les livres étaient magiques, comme lui avait expliqué Feargus, elle se promit de revenir ici le plus souvent possible pour trouver les réponses à ses questions. Déçue qu’il la quitte déjà, elle le laissait néanmoins partir à son bain. Elle en rêvait déjà d’un autre.

    Mais soudain, à sa droite, une petite tache blanche bougea. C’était une créature étrange dont les yeux d’un bleu percent l’observait. Figée, Matoaka n’avait jamais encore vu de chat de toute sa vie. Habituée aux animaux sauvage qui ne l’effrayait en rien, elle était tétanisée devant un être aussi petit mais au regard méfiant et féroce. Ne bougeant pas, elle laissa l’animal miauler mais ne pu retenir un cri lorsqu’il bondit tout près d’elle.

    Dissimulée dans un coin, elle tentait de se cacher derrière le rideau lorsque Leif surgit dans la pièce à moitié nu et une épée à la main. Il cherchait la source de sa peur et elle lui montra du doigt tremblant :

    - Là… Là…

    Le chat se mit à ronronner et se frotter sa tête contre son maître quand ce dernier riait. Soudainement inoffensif dans ses bras, l’animal était d’une douceur qui surprenait Matoaka. Quelques minutes plus tôt, il l’agressait frontalement.

    - Non.. J’avais un loup pour animal de compagnie petite. Toutes les créatures de mon peuple sont moins sournoise que cet étrange animal.

    Avec prudence, elle sortie de derrière le rideau et regarda l’animal avec méfiance. Leif l’encourageait à venir le caresser, ce qu’elle fit en tendant lentement sa main vers sa tête. Ludvig se laissa caresser, appréciant la caresse frugale de la jeune femme qui le trouvait extrêmement doux.

    - Quelle étrange petite créature, dit-elle en souriant doucement quelque peu radoucie, tu dis que ça chasse les souris ?

    En levant les yeux sur son sauveur, elle remarque qu’il est à moitié nu et que la serviette glisse le long de ses hanches. Jamais encore elle n’avait vu d’homme blanc nu aussi près d’elle. Gênée, elle détourna les yeux et lui tourna légèrement le dos pour le contourner.

    - Je devrais sans doute aller me coucher. Il se fait tard et demain.. demain nous avons du travail.

    En effet, ils devaient reprendre les entraînements que Nashoba apprenait aux écossais. En retournant sur les terres de Leif et en ayant retrouvé tous ses hommes, il y avait toute une armée à former. Ce que le seigneur viking ignorait encore, c’est que Matoaka avait quelques compétences qui pourraient l’intéresser dans le futur. Retournant dans sa chambre sans grande difficulté et sans dame de compagnie, elle retrouva la chambre si immense et vide. L’amérindienne se sentait étrangement seule dans ce nouvel univers et le lit bien trop grand et froid lui donnait des frissons.

    Installant avec les coussins et les plaids sur le sol devant la cheminée, elle se fit un lit de fortune délaissant le confort de l’immense matelas. Matoaka avait du mal à trouver le sommeil, comment le pourrait-elle ? La maison était si silencieuse que cela l’angoissait. Le bruit de la forêt lui manquait. Elle s’endormie tardivement, si bien qu’elle n’entendit pas la domestique au petit matin l’appeler. Cette dernière ne la vit pas dans le lit et en conclu qu’elle avait fuit.

    Leif lui avait bien dit de la surveiller et persuadée d’avoir manqué à sa tâche, elle se rua dans la chambre du seigneur pour se confesser de son erreur. Elle lui expliqua avec crainte que la jeune princesse avait disparue de sa chambre et qu’elle n’avait aucune idée d’où elle se trouvait.

    Lorsqu’ils atterrirent dans la chambre, ils la trouvèrent de l’autre côté du lit, face à la cheminée qui n’était désormais que braises. Matoaka dormait profondément, enveloppée dans tous ces plaids et autres coussins. Les bruits de pas fort résonnaient dans la chambre et la fit ouvrir les yeux. Frottant ceux-ci, elle fut surprise de voir le visage de Leif quasiment au dessus d’elle, ce qui lui valut une moue un peu déconvenue :

    - C’est ainsi que vous réveillez vos invités en Ecosse, le taquinait-elle en s’étirant, pourquoi cet air soucieux dès le matin mon seigneur ?

    Il lui expliqua donc l’étourderie de la servante ce qui ennuyait Matoaka. Elle ne voulait pas que cette dernière aie des problèmes à cause d’elle. Rapidement, elle s’excusa et expliqua simplement qu’elle n’avait jamais dormi sur de tels lits et que l’immensité de la maison et de la chambre l’impressionnait trop, pour ne pas dire l’effrayait. Très vite, Amara vint reprendre le dessus et proposa un nouveau bain à la princesse qui ne refusait pas. Elle souriait en pensant de nouveau à ce bain et se confia à Leif qui l’aidait à se lever :

    - J’aime cette invention que vous avez ici. Je crois bien que je ne pourrais plus m’en passer !

    C’est d’un pas léger qu’elle suivit Amara pour son deuxième bain chaud recouvert de fleurs séchés. Quand elle arriva au petit déjeuner, Leif était déjà dans les jardins avec les hommes. Matoaka avait du enfiler une robe sous les recommandations de Amara même si ça l’ennuyait. Tous ces jupons étaient extrêmement difficile à manier. Comment allait-elle courir ou sauter au dessus des haies si jamais elle devait s’entraîner ? Buvant un peu de thé, elle observa de la fenêtre les hommes se réunir dans la Cour. Ils avaient tous d’étranges peau sur eux qui servaient de boucliers lui expliqua Amara. Ainsi donc, ils avaient l’opportunité de se protéger.

    Sans perdre un instant, Matoaka décida de monter dans la chambre de Leif et lui emprunta un pantalon et une chemise. Une fois changée dans des vêtements souple et ample, elle pu enfin rejoindre les hommes. Nashoba ne la reconnut pas de loin. Ce fut lorsqu’elle passa sa longue natte dans son dos, qu’il reconnut le mouvement si caractéristique de sa soeur. Il se trouvait avec Leif, Kyle et quelques autres hommes et se mit à rire en la voyant arriver. La jeune femme ne se formalisait pas et saluait poliment le petit groupe qui la regardait avec une certaine surprise :

    - Bien.. Mes Seigneurs.. Par quoi commençons-nous aujourd’hui ?
    - Euh.. Leif.. Qu’est-ce qu’elle fait ici, demandait Kyle surpris.
    - Je suis venue pour vous aider dans une tâche toute simple. Renverser Ragnar.

    Matoaka était sûre d’elle mais elle ne comprenait pas qu’elle doive se justifier devant les mini-généraux de Leif. En effet, ils semblaient tous ne pas vouloir d’elle pour l’entraînement. Nashoba faisait pendant ce temps le tour de sa soeur pour se moquer des vêtements qu’elle portait jusqu’à lui demander où elle les avaient pris :

    - Dans les affaires de Leif mais je.. Enfin.. Je ne suis pas venue pour faire le pot de fleurs messieurs. J’ai bien plus de choses à vous apprendre que vous le croyez. Figurez-vous que c’est moi qui ai préparé mon frère à vous apprendre tout ça.

    Tous les hommes de Leif riaient à gorge déployée en entendant le petit bout de femme. Les sourcils froncés, elle se retenait d’exploser. C’était l’une de ses promesses à Leif qui semblait ne pas réagir. Etait-il gêné ? Sans attendre son soutien, qui ne venait pas d’ailleurs, elle préféra tourner les talons pour se rendre aux écuries. Là, elle trouva de nombreux chevaux. La compagnie des bêtes était bien plus agréable que celle de ces hommes dont elle entendait encore les rires au loin.

    Caressant la chevelure d’un bel étalon, elle ruminait en marmonnant en amérindien. Ludvig surgit et la surprit. Matoaka lui offrit un sourire et vint vers lui pour le caresser timidement. Mais comme la veille, il miaula méchamment ce qui la fit reculer instinctivement :

    - Tu es bien comme tous ces hommes, marmonnait-elle en colère.


    immarcescible, Posté le jeudi 19 mai 2022 22:59 Répondre

    Alors c’était à ça que ressemblait cet autre monde. Tout le long du trajet qui les mena jusqu’au château et l’expérience du bain en compagnie d’Amara rendit sceptique et silencieuse Matoaka. Même si elle ne connaissait rien des codes européens, il n’en restait pas moins qu’elle était totalement impressionnée. Elle avait vu la misère à l’extérieur du château et le faste dans lequel elle évoluait ici était d’une indécence certaine. Vêtue comme le voulait la mode écossaise, elle descendit pour dîner en compagnie de Leif. Encore une fois, elle était intimidée et gênée par tout cet espace si vide.

    Matoaka aurait pensé que Nashoba ou les hommes de Leif auraient dîné avec eux, mais ils étaient seuls. Assise au côté droit du jeune homme qui mangeait machinalement, elle l’observa. Le liquide rouge servit dans son verre la surprit mais encore plus les ustensiles pour manger. L’imitant, elle fit comme lui pour ne pas paraître ignorante. Mais c’était un tout autre monde qui s’ouvrait à elle. Le liquide qu’il appelait vin avait un goût étrange qui lui brula la gorge. Elle mourrait de soif.

    Il s’inquiétait de son confort ce qui la surprit. Il avait tout préparé pour leur arrivée, avait donné des consignes et semblait sincèrement vouloir que tout se passe pour le mieux pour eux. Matoaka était touché de son geste. Elle repensait aux mots d’Amara lorsqu’elle la baigna.

    « Il a aidé beaucoup de personnes comme moi… C’est généreux de sa part… il n’est pas proche de nous pour autant… Il est spécial… »

    - Qui es-tu Leif Erikson ? se demandait Matoaka silencieusement.

    Modestement, elle le remercia d’avoir pris soin de les accueillir avec tant d’attentions ce qui ne sembla pas atteindre ou rassurer Leif. Il était si détaché de tout que c’était à se demander si il avait sous cette carapace un coeur. Le dîner était somptueux. Matoaka avait le ventre rempli mais elle trépignait sur cette chaise. La jeune femme n’était pas très oisive et avait toujours l’habitude de bouger. Rester autant de temps assise l’ennuyait et lui donnait des fourmis sous les fesses. Fort heureusement, son hôte l’invita à marcher un peu dans le château.

    C’est toute confiante qu’elle le suivit vers cette immense bibliothèque. Feargus lui avait parlé de cette pièce remplie de livres dont les murs en était recouvert. Pour la première fois devant Leif, la brune se mit à sourire. Un vrai sourire qui illuminait ses traits et faisaient pétiller ses yeux d’émerveillements. Feargus lui avait expliqué que chaque livres étaient l’occasion de voyager. Pour la jeune femme, il s’agissait donc de découvrir des multitudes de monde encore inexplorés.

    Son sourire se quittait pas son visage ce qui lui donnait un air plus jeune, moins renfermé et méfiant. Oui, Matoaka était touchée et émerveillée devant un tel lieu. Quand ses yeux se posèrent de nouveau sur Leif, elle lui offrait cette mine exaltée sans pouvoir se retenir. Pourquoi de toute manière ? Après tout, il lui faisait un cadeau magnifique.

    - Tu dois être un grand seigneur pour avoir réunis autant de voyages auprès de toi, dit-elle enfin sans se défaire de son sourire, je ne maîtrise pas assez ta langue pour pouvoir tout lire. J’aimerais vraiment que tu m’apprennes.

    Elle s’approcha de la bibliothèque et caressa du bout des doigts la rangée de livres soigneusement rangées. Au hasard, elle en choisit un et sans perdre de temps, le tendis à Leif pour qu’il lui fasse la lecture. De son autre main, elle prit la sienne, celle qui avait été tranchée pour le pacte de sang et l’entraîna sur les épais et duveteux fauteuils. Enfin, assise près de lui, elle contempla les mots et les illustrations qui se dévoilaient sous ses yeux. On aurait dit qu’elle découvrait un trésor. Ses yeux brillaient, animé par la soif de connaissance. Sentant le regard de Leif sur elle, elle ne pu s’empêcher de lui sourire de nouveau en le pressant de commencer :

    - Il me tarde que tu commences à lire.. J’ai hâte de voyager.. Feargus me disait que chaque livres était la possibilité de voyager.. c’est vrai ? C’est un grand pouvoir non ?

    Une part de la jeune femme, naïve se révélait. Il faut dire que tout un monde s’ouvrait à elle. Un monde différent du sien et qui l’intriguait. D’une curiosité maladive, la lecture semblait être quelque chose qui la motivait à s’ouvrir un peu plus à Leif. Cet homme au grand coeur mais qui restait enfermé sur lui-même. Matoaka pensait apercevoir une partie de son âme. C’était un enfant encore blessé et traumatisé qui se refusait à aimer et apprécier la vie après avoir vu sa famille décimée. N’aurait-elle pas réagit de la même manière. L’empathie la dominait un peu plus que la méfiance. Posant sa main sur le poignet du beau brun, elle l’incita à nouveau à lire alors qu’il semblait incapable de détourner son regard d’elle :

    - Tout va bien Leif ?


    immarcescible, Posté le mercredi 18 mai 2022 15:56 Répondre

    Matoaka avait littéralement envie de rire devant la défiance dont faisait part Leif. Etait-il vraiment en train d’accuser la jeune femme de fourberie ? Elle n’en revenait pas. Leurs mains se joignèrent l’une dans l’autre. La chaleur de sa paume enveloppa la sienne toujours froide quand leurs sang se mêlèrent. C’était un part puissant qu’ils venaient d’accomplir mais la jeune femme ne voyait pas d’autres solutions. Ils devaient se faire un minimum confiance pour pouvoir réussir cette mission. Le pansement enveloppant sa main la rassura. Leif avait encore quelques notions d’humanité sous cette carapace de fer :

    - Je tiens à te rappeler que c’est toi qui m’a enlevé à mon peuple pour tes propres fins personnelles. Je te rappelle aussi que c’est toi qui m’a attaqué en voulant m’étouffer. Ne crois pas que je contrôle tout ce qui nous entoure. Il s’agit d’un coup des esprits, je ne suis qu’une simple princesse avec quelques visions.

    Loin d’elle de se faire passer pour une modeste personne mais il était vrai que Matoaka na connaissait en rien toutes les possibilités de ses pouvoirs. Aponi avait toujours fait en sorte de lui en dire le moins possible compte tenu de ses capacités. Ainsi, la jeune amérindienne pensait sincèrement que les changements de météo n’étaient dû qu’à la nature et pas à elle-même.

    - Je ne t’ai jamais voulu de mal et oui comme tu le dis j’ai tout à perdre si je ne t’aide pas. Alors ce serait vraiment stupide de ma part de te trahir. Voilà au moins une chose sur laquelle il semblerait que nous soyons d’accord.

    S’avançant vers l’armoire, elle regardait les tissus noble de ces robes européennes. Jamais encore elle n’avait vu de telles tenues si sophistiquée. Les sourcils froncés, elle regarda Leif en lui demandant :

    - Comment vais-je courir avec tout ce tissu ? Ton peuple ne veut pas que les femmes puissent s’enfuir si jamais elles sont danger ?

    C’était une remarque, encore une fois, innocente. Mais elle finit par faire un choix. Matoaka aimait les choix sobre et subtils. Elle vint prendre une robe de couleur argenté dont les dessins en couture d’un bleu pâle ajoutait en élégance. Les fleurs brodées lui rappelaient celles de la fameuse Vallée dont elle avait parlé à Leif.

    - Je n’ai aucune idée de comment on met ce genre de vêtements. Avec tout ce tissu on pourrait faire au moins deux tapis.

    Remerciant son nouveau compagnon de la vêtir, elle se rendit enfin à l’extérieur où tous les hommes de Leif sur le pont attendaient devant Kyle pour voir le capitaine. Sans un mot, sans un regard, Matoaka passa à travers eux pour se rendre de l’autre côté du pont, dans sa cabine. Les commérages commençaient déjà et plusieurs évoquaient le fait que cette femme soit à bord.

    - C’est une sorcière, les femmes n’ont rien à faire su un bateau.
    - Oui ! Tout le monde sait qu’elles portent malheur sur la mer.
    - Elles nous maudissent toujours.

    Les hommes parlaient entre eux de la présence de Matoaka ce qui fit réagir instinctivement Nashoba. Furieux, il secoua et jeta sur le sol un marin qui venait de maudire sa soeur sous ses yeux :

    - Qui es-tu misérable petit homme pour oser parler d’une princesse, hurlait Nashoba en amérindien, je vais te montrer comment on traite les hommes de ton espèce.

    Si grand, si fort, il s’apprêtait à frapper l’inconnu quand Matoaka l’en empêcha. Vivement, elle avait rejoint le pont en entendant son frère crier sur les êtres malfaisants du bateau. Ils étaient ignorant mais n’en restait pas moins des hommes dangereux :

    - Mon frère ne fais pas ça, lui dit-elle en agrippant son poignet, ne verse pas de sang pour ces pauvres âmes ignorante. Tu sais aussi bien que moi que cela conduirait tout l’équipage à une mutinerie. Concentre-toi sur notre objectif, servir Leif et rentrer à la maison.

    Nashoba savait que sa soeur avait raison. Mais est-ce qu’il avait vraiment envie d’écouter quand il voyait les regards noirs et malsains des hommes sur sa petite soeur. Matoaka insistait et il relâcha sa hâche. Leif surgissait au même moment et semblait analyser la situation. Kyle lui expliqua rapidement quand un silence particulièrement pesant s’installait. L’amérindienne conduisait son frère de l’autre côté du bateau en retrouvant leurs cousins et amis qui étaient eux aussi prêt à livrer bataille.

    - Tu dois arrêter de me sauver Nashoba.
    - Et tu dois arrêter d’être aussi conciliante avec ces hommes.
    - Ils ne savent pas.. Est-ce que ce serait juste de tuer quelqu’un qui ignore ?
    - Tu m’énerves avec ta morale. Va donc dans ta cabine, laisse-moi un peu seul.

    Il était en colère contre sa soeur. Une part de lui avait besoin d’aller au contact. Les amérindiens n’étaient clairement pas des guerriers des mers. Ils étaient des guerriers terrestres et ils trouvaient le temps long sur ce bateau. Leif avait parlé de quelques jours mais une semaine était quasiment passée. Nashoba et ses hommes tournaient donc en rond. Matoaka essayait quant à elle la fameuse robe. Elle mit du temps avant d’en comprendre la mécanique mais finie par être vêtue comme une vraie européenne. Ses cheveux tressés dans son dos lui donnait des airs de Lady Ecossaise. Le tissu était lourd et l’empêchait de bouger comme elle souhaitait. Mais elle suivait les instructions de Leif à la lettre cette fois-ci, se préparant à être confrontée au monde d’en face.

    En effet, comme convenu, quelques jours plus tard, Matoaka vit de sa chambre les côtes écossaise. C’était donc à ça que ressemblait le monde d’en face. Des falaises immense battues par le vent. Impressionnée, la jeune femme sortie sur le pont du bateau pour mieux observer la ligne de l’horizon désormais accompagnée d’une terre. Les mots criaient de joie d’être rentrés quand Nashoba et Matoaka observait avec surprise cette terre inconnue. Pour la première fois, la jeune femme avait dans le regard une flamme particulière. C’était l’aventure qui commençait et elle se sentait prête à la vivre.


    immarcescible, Posté le mardi 17 mai 2022 17:41 Répondre

    La vision de cet enfant effrayé et ayant assisté à une telle violence avait rendu Matoaka fébrile. Retombée sur le sol, elle tremblait d’effroi en tentant d’oublier les images de sang, de feu mêlés aux rires gras, aux odeurs de chairs brûlées et d’yeux malsains. Voilà ce que combattait Leif. Des souvenirs qui avait gravé son enfance et son âme et qui le conduisait aujourd’hui à vouloir réclamer vengeance. La vengeance comme promesse. Mais la promesse de quoi ? La colère gouvernait la mission du jeune viking et Matoaka savait pertinemment qu’il ne se résignerait pas. Son but était l’espoir de toute une vie.

    Le temps avait virevolté entre pluie, soleil et maintenant orage. La jeune femme était perplexe. Comment aider cet homme qui semblait ne rien vouloir entendre ? Elle devait discuter avec lui même si elle l’avait en horreur. Son impulsivité avait peut-être une porte de compréhension à Matoaka, mais il n’en restait pas moins qu’il avait levé la main sur elle alors qu’il l’avait promis.

    Il lui fallut toute sa force et son courage pour traverser le pont et le rejoindre dans sa cabine. La tempête éclatait et les hommes commençaient à perdre tout espoir surtout que le vent s’était levé violemment. La brune tentait de reprendre ses esprits et c’est uniquement lorsqu’elle fut dans la cabine que le calme lui revint. Elle devait rester maîtresse de ses émotions devant lui.

    Leif semblait plus loquace soudainement. Et même si son discours explicatif sur ses projets, Matoaka ne semblait ressentir aucune empathie pour lui. Du moins, elle le dissimulait le mieux qu’elle pouvait. Le souvenir encore brûlant de ses doigts sur sa gorge la faisait trembler et souffrir. Deux belles marques de pouces sur sa peau était la preuve de son acte insensé :

    - Comment puis-je avoir confiance en toi alors que tu avais promis de ne pas me toucher Leif Erikson ? Tu sembles oublier que tu n’as pas tous les pouvoirs sur ton bateau.

    Puisqu’il la prenait pour une Volva, elle devait jouer le jeu jusqu’au bout.

    - En t’attaquant à moi tu défies nos dieux et leur manque de respect. Je ne laisserais plus jamais me toucher. Si tu veux vraiment que je t’aide tu devras respecter mes conditions. Je préférais mourir dans les océans plutôt que de servir un homme qui ne tient pas ses promesses.

    Si il y a bien une chose que Matoaka ne supportait pas c’est le mensonge et les promesses rompues. Ses yeux d’un noir brillant fixaient Leif. Elle cherchait à attirer son attention sur elle, et quand elle l’eut, ferma les yeux pour méditer un instant. Arrivant à se canaliser, elle réussit à dompter son humeur et donc atténuer les effets de la tempête. Les hommes pestaient contre cette météo infernale et demandaient à voir le capitaine. On pouvait entendre de la cabine que Kyle tentait tant bien que mal de les raisonner et de les forcer à reprendre leurs postes :

    - Je pense que tu as oublié qui j’étais. Personne ne peut me mentir et personne ne me soumettra. Je t’aiderais uniquement si tu me dis la vérité. Aucun mensonges ne sera toléré.

    S’approchant enfin de son bourreau, la jeune femme vint lui tendre sa main. De son autre, elle avait sortie un poignard dissimulé dans sa manche et se coupa l’intérieur de la paume. Un filet de sang giclait mais elle ne blêmissait pas. Il ne s’agissait pas de ces femmelettes dont elle se moquait si souvent avec Aponi. Pour apporter du crédit à sa parole, elle proposait à Leif un pacte de sang ce qui était le symbole d’une grande promesse pour l’époque :

    - Je te promet de t’aider à retrouver ce Ragnar. En échange, tu devras me faire une entière confiance, ne plus jamais lever la main sur moi et ramener sain et sauf mon frère auprès de mon père. Peu importe ce qui m’arrive, mon frère devra prendre le trône un jour il doit donc rester en vie. Acceptes-tu ?


    immarcescible, Posté le lundi 16 mai 2022 16:55 Répondre

    Playlist de la réponse :
    Don't Leave - Ane Brun
    Think of You - Carney
    Look so Tired - Landon Pigg
    Throw Me a Rope - KT Kunstall
    Starlite Diner - Ryan Adams
    Do What You Have to Do - Sarah McLachlan
    Between Us - Peter Bradley Adams
    Me - Plumb


    immarcescible, Posté le lundi 16 mai 2022 16:51 Répondre

    Installée sur le pont supérieur du bateau, Matoaka regardait son village disparaître. Des larmes amères s'échappaient de ses yeux. Son père l'avait vulgairement échangée, troquée comme un simple objet. Certes, Nashoba était à bord avec elle mais elle se sentait terriblement seule. Seule, elle prenait conscience qu'elle quittait un monde confortable pour se confronter à celui bien plus dangereux des visages pâles. Un frisson la gagnait. Le souvenir des mots dur et implacables de Leif résonnaient à nouveau. C'était une nouvelle facette du jeune homme qu'elle découvrait. Du haut de ses seize ans, elle devait bien avouer s'être fait elle aussi avoir par l'écossais. En elle résonnait une colère sourde qu'elle tentait de maîtriser.

    Etrangement, un Sturm and Drang se mit en place. L'air marin devenait plus lourd. Le vent s'apaisait. Compliqué de faire avancer le navire. Le bras droit de Leif, Kyle, ordonna qu'on se mette à ramer. Matoaka observait la scène sans vraiment comprendre. Elle se concentrait surtout pour ne pas exploser et se jeter sur Leif qui discutait avec ses hommes du trajet du retour. Soudain, Nashoba surgit et sembla surpris de voir sa soeur :

    - Fleur entre deux ruisseaux, dit-il en amérindien, que fais-tu ici ? Père sait-il que tu es à bord ?
    - Oui. C'est lui d'ailleurs qui m'a conseillé de venir avec vous. Je serais un atout selon lui..

    Même si elle pensait que Leif n'aurait jamais tué Nashoba et les siens, elle ne voulait pas prendre un seul risque. Après tout, elle n'aurait jamais cru qu'il puisse la kidnapper de la sorte sous les yeux et la barbe de son père. Kidnapping.. Elle en riait intérieurement. Elle avait été donné. Son amour propre en avait pris un coup, mais ce n'était rien face à la peine qu'elle ressentait d'avoir si peu de considération :

    - ... il savait que je voulais voir le monde. Il m'a donc laissé l'opportunité de vous suivre.

    Leif se tournait vers le frère et la soeur et fronçait les sourcils. Il était trop loin pour entendre ce qu'ils disaient. Aussi, il essayait certainement de sonder ce qu'ils pouvaient se dire. Matoaka le dévisageait avec un dénigrement certain avant de finalement lui tourner le dos. Nashoba avait beaucoup de mal à croire à la version de sa soeur, mais elle n'était pas d'un naturel mensonger. Aussi, il ne chercha pas à la questionner de nouveau et préféra même aller aider les hommes à ramer.

    Mais le vent s'était littéralement arrêté. Plus aucune brise nulle part. Etonnant pour un mois de novembre. Les eaux étaient glaciales et ça faisait deux jours qu'ils n'avait pas bougé. Les hommes mourraient de froids à cause des faible températures. Un petit foyer avait été installé au milieu du pont où ils pouvaient venir se réchauffer toutes les une heures. Kyle craignait une mutinerie si le vent ne se levait pas. Matoaka passait son temps dans la cabine autrefois destinée au capitaine du navire, Feargus. Elle y lisait, méditait. Nashoba venait par moment la voir mais surtout en profiter pour se réchauffer. Etrange, elle était traitée comme une hôte de marque et elle aurait apprécié le geste si elle n'avait pas été ici de force.

    Certes, elle ne s'était pas débattue en suivant Leif. Il était nettement plus fort qu'elle et son peuple lui avait toujours appris à rester digne quel que soit les circonstances. Néanmoins, elle ne pouvait s'empêcher de maudire le jeune homme qui avait eu l'audace de la prendre dans son sillage. Toujours aussi méprisante, elle ne lui accordait aucun regard, aucun mot lorsqu'il venait s'enquérir de sa santé ou encore lui apporter à manger. Il n'y avait que Nashoba et Kyle qui venaient la voir et à qui elle parlait.

    Au troisième jour, elle sortit enfin de sa cachette et remarqua l'ambiance terrible qui régnait sur le pont. Resserrant sa peau de bête sur ses épaules, elle observait désolée les hommes souffrirent du froid. Sa compassion la rendait plus douce ce qui valut étrangement un léger rayon de soleil. Il traversait l'épais brouillard dans lequel ils étaient engagés depuis leur départ :

    - Etrange, expliquait Nashoba, toutes les conditions étaient bonne pour notre route et pourtant on n'avance plus depuis des jours. Comme si nous étions punis de quelques méfaits. Serais-tu au courant de quelque chose..? Une vision ?
    - Non, répondit-elle sincèrement, les Esprits ne sont pas venus à moi.
    - Tu pourrais chercher une solution ?
    - Ce n'est pas comme si je contrôlais quoi que ce soit et tu le sais.

    Il acquiesçait et lui rappela un souvenir amusant de lorsqu'ils étaient jeune. Ils avaient essayé de défier les Esprits en leur jouant des tours avec des masques et des costumes. Aponi les avaient surpris et pour les punir s'était arrangée pour leur faire peur. D'une grosse voix elle leur ordonnait de se faire pardonner, ce qu'ils avaient fait en apportant des fleurs et des présents aux esprits de la forêt pendant deux bonne semaines. Le frère et la soeur souriaient l'un et l'autre ce qui faisait naître une nouvelle fois dans le ciel, de beaux rayons de soleil.

    Les hommes sur le pont appréciaient ce retour de soleil et se jetaient en avant pour recevoir un peu de cette chaleur naturelle. Une légère brise se levait faisant naître des hourras de joie qui faisait sourire une fois de plus Matoaka. Pourtant, Leif apparut près d'eux avec son air suspicieux ce qui fit changer totalement l'humeur de la jeune amérindienne. Aussitôt, le soleil disparut et la brise se raréfia. Nashoba salua le capitaine avant de lui dire taquin :

    - Je crains que nos esprits ne veuillent pas que nous quittions la côte.

    La jeune femme ignorait parfaitement le viking tout près d'elle. Saluant avec politesse son frère, elle préféra retourner dans sa cabine. La lecture fascinante de poèmes l'attendait. Pourtant, alors qu'elle était assise sur le petit sofa, elle vit Leif entrer dans la cabine. Les sourcils froncés, elle lui tourna ostensiblement le dos. Il était hors de question qu'elle lui parle ou encore même qu'elle lui accorde de l'intérêt et cela sembla le mettre en colère. Mais elle ne jubilait pas. Elle savait qu'il n'était pas digne de confiance, aussi, elle devait toujours se méfier.

    - On dirait que ton voyage semble contrarié par les esprits, Leif. Tu aurais peut-être du investir ton énergie à trouver une sorcière de chez toi, se moquait-elle pourtant, il semblerait bien qu'ils ne veulent pas que tu partes. N'aurais-tu pas oublié quelque chose en partant ?


    immarcescible, Posté le samedi 14 mai 2022 13:33 Répondre

    Il était d’une étrange honnêteté, pour un visage pâle. Matoaka se méfiait. Elle se méfiait toujours des hommes de toute manière. Elle avait appris à ses dépends enfant qu’il fallait ne jamais faire confiance aux hommes. C’était ce qui avait valu à sa mère de mourir, assassinée par le frère jaloux de son père. Mais c’était une histoire qu’elle gardait pour elle. Le trauma encore violent de la scène l’avait rendue muette pendant des années avant qu’elle ne s’ouvre de nouveau. Vite, elle chassa l’image de ce moment pour se concentrer sur ce Leif.

    Ce futur Roi d’une terre encore sauvage. C’était évident qu’elle savait quel destin il allait avoir. Il suffisait de voir dans son regard la puissance, la violence et l’arrogance nécessaire pour pouvoir gouverner. Mais Matoaka craignait que les ambitions de Leif viennent retomber sur son peuple qui n’avait rien demandé.

    Lorsqu’il évoqua les dons qu’elle possédait elle se rembrunit encore plus. Comment avait-il pu deviner ? Et qu’allait-il lui demander ? Elle lui répondit non sans crainte ce qui sembla le satisfaire. Il ne semblait pas si méchant que ça, mais l’instinct de l’amérindienne lui rappelait toujours de se méfier.

    - Volva ? Tu en connaissais lorsque tu étais enfant c’est ça ?

    Voyant qu’il restait silencieux à ce sujet, elle comprit qu’il ne voulait pas en parler. Elle comprenait et n’insistait pas. Matoaka avait cela de bien, elle ne forçait jamais les gens à se confier à elle. Elle était suffisamment patiente pour ça.

    - Ma grand-mère.. Ma grand-mère Aponi m’a tout appris. Elle aussi lorsqu’elle était jeune avait la capacité de pouvoir communiquer avec les Esprits. Il semblerait que j’ai reçu son don qui n’est pas un cadeau des plus appréciables je dois dire.

    Leif acquiesçait. Il avait bel et bien connu une Volva pendant son enfance. Son regard s’était légèrement voilé et sa mâchoire se crispa. Encore une fois, l’amérindienne n’insista pas. Reprenant lentement sa marche, elle le laissait la suivre. Il semblait avoir besoin de réponses mais il n’osa pas les poser alors elle lui expliqua :

    - Ce ne sont pas des choses que je contrôle. Ça vient subitement.. Comme des flash.. Ce sont des images confuses par moment. Le futur n’est jamais écrit. Nous ne pouvons pas nous fier totalement à ce qui est écrit, juste avertir ou réfléchir au chemin que nous empruntons.

    Ils marchaient l’un à côté de l’autre, suivant le petit chemin qui longeait le lac. Matoaka lui expliquait que les visions n’étaient pas à prendre au pied de la lettre. Elles devaient être un moteur ou un avertissement. Le regardant de côté, elle se mit à lui parler sincèrement :

    - Je pense que ta quête te conduira à perdre quelque d’une grande valeur pour toi. Mais tu ne t’en rendra compte que lorsque tu l’auras perdu. Es-tu prêt à sacrifier tout ce que tu possèdes pour la vengeance ? N’est-ce que cela le but de ton existence ?

    Matoaka était une grande pacifiste. Elle haïssait la violence, la guerre. Ce n’était pas pour rien qu’elle trouvait depuis des années des solutions à tous les problèmes entre les clans Powhatan. Devenue un symbole de paix et de bienveillance, elle prônait encore et encore le dialogue et la cohésion de groupe pour pouvoir avancer. Non pas qu’elle tentait d’enrôler Leif dans son mode de vie comme elle lui expliquait :

    - La vie peut prendre une autre tournure quand on lui en laisse l’opportunité.

    Ils arrivaient non loin de l’arbre où la jeune femme priait. C’était ici que les cendres de sa mère avait été posée. C’était donc un lieu d’une importance certaine où elle venait souvent se ressourcer. De sa voix douce et tranquille, elle lui demanda poliment si il pouvait la laisser. Elle devait honorer ses ancêtres et méditer. Ils se saluèrent l’un et l’autre avant de se quitter. Assise en tailleur devant l’arbre, Matoaka médita en essayant de faire oublier à son esprit les étranges prunelles bleu qui quelques heures auparavant la fixait.

    Le lendemain de cette rencontre imprévue, le chef organisa une soirée pour le départ de leurs nouveaux amis. Matoaka se tenait près de son père en observant Aponi bénir les futurs voyageurs. La jeune femme ne pouvait s’empêcher de regarder Leif. Quelque chose d’étrange lui donnait envie de le rejoindre. En vérité, elle enviait Nashoba de pouvoir partir, découvrir le monde. Pendant des années son père la dissimula au monde à cause de ses dons. Jamais elle ne pourra quitter son village, elle le savait. Aussi, l’existence d’un autre monde l’intriguait toujours autant.

    En vérité, elle s’était liée d’amitié avec Feargus. Toutes les connaissances qu’il avait étaient aussi un moyen pour la jeune femme de s’évader. Des expéditions littéraires, voilà ce qu’elle avait. Le lien qui unissait les deux était purement amical mais il est vrai qu’ils passaient beaucoup de temps ensemble. Elle lui expliquait le fonctionnement de la nature, de la méditation, quand lui lui avait appris à lire et comprendre le monde qui vivait de l’autre côté de l’océan.

    A la fin de la bénédiction, elle le rejoignit et vint lui offrir un présent. Il s’agissait d’un oiseau sculpté dans le bois qu’elle avait ensuite peint en noir. Il semblait confus, ce qui la fit doucement sourire, chose rare chez la jeune femme. Déposant le médaillon dans le creux de sa main, elle le rassura :

    - Surveille l’oiseau. Il sera pour toujours ton destin.

    Puis, elle se tourna vers son frère qui riait avec ses camarades. Avec beaucoup de pudeur, elle vint lui offrir une pierre qu’elle enroulait autour de son cou avant de se jeter contre lui pour un câlin. Il riait amusé en lui rappelant qu’il venait toujours. Matoaka retenait ses larmes. Elle ne voulait pas qu’il se moque encore plus d’elle pendant qu’ils s’enlaçaient. Les deux avaient toujours été liés comme des jumeaux, prenant soin de l’un comme de l’autre. Et même si elle n’avait pas eu de visions de lui, elle restait malgré tout très inquiète.

    - Reviens-moi mon frère, lui dit-elle, ne me fait venir te chercher tu as compris ?
    - J’aurais bien trop peur de ta fureur petite soeur.

    Elle le laissa ensuite aller s’amuser avec ses amis quand elle surprit le regard de Leif sur elle. Lui tournant le dos, elle reprit le chemin vers le lac malgré la nuit. La lune brillait haut dans le ciel et elle récitait à cette dernière des prières pour s’assurer sa bienveillance. Plongeant ses pieds dans l’eau glaciale, elle priait jusqu’à ce qu’elle entendit les pas de Leif derrière elle. Se retournant, elle le regardait les sourcils froncés :

    - Ça te prends souvent.. de suivre comme ça les gens ? Si tu t’inquiètes pour le voyage ne le soit pas. Vous reviendrez ici. Tiens.. C’est pour toi.

    Ne bougeant pas, elle lui tendit seulement la main. Celle-ci contenait un petit morceau de tissu où se trouvait une fleur de jasmin séchée. Elle le laissait découvrir le cadeau qu’elle venait de lui faire en précisant :

    - Lors de l’une de mes visions, j’ai vu que le jasmin serait pour toi source de renaissance. J’ai profité d’une balade dans la Vallée de Fleurs pour t’en ramener. Quand tu reviendras, je t’y emmènerais. C’est un endroit très spécial, je pense que tu aimeras.


    immarcescible, Posté le jeudi 12 mai 2022 15:24 Répondre

    L’air été glacé lorsque Matoaka pointa le nez dehors. Il était encore tôt et le soleil tardait à se dévoiler, mais la jeune fille voulait profiter du calme du campement. Malgré la fraîcheur matinale elle s’était décidée à aller vers le lac où elle et sa grand-mère Aponi priaient. L’ébullition des dernières semaines et des derniers mois l’avait empêché d’aller prier et honorer ses ancêtres. La venue des visages pâles sur leurs terres avait complètement enorgueillis le clan Powhatan. Même si le père de la jeune femme restait prudent, il aimait savoir qu’un homme au visage pâle semble intéresser par leurs coutumes. Car si Leif Erikson cherche à apprendre encore plus des amérindiens, Wahunsunacok était tout bonnement curieux de ces étrangers.

    La soif d’apprentissage des amérindiens était l’une de leur plus grande richesse. Matoaka la première observait et retranscrivait à merveille ce qu’elle observait. Elle était d’une grande clairvoyante et d’une sensibilité telle que sa grand-mère chaman, Aponi l’avait initié à soigner les maux et interpeller les Esprits. Dotée de ce pouvoir particulier, la jeune femme était quelque peu vénérée par son peuple en plus d’être appréciée pour sa douceur, sa fermeté et sa diplomatie. Pourtant, elle se méfiait des hommes pâles. Elle voyait la cupidité dans leur regard, un sentiment étrange et un peu particulier qu’elle ne savait pas formuler au sein de son peuple. Les amérindiens n’enviaient jamais les autres. Ça ne faisait pas partie de leur quotidien.

    Pourtant, dans le groupe, se démarquait un homme.
    Son allure était différente des autres et intriguait Matoaka. Une forme de rage sommeillait en lui et malgré tout il avait une grande humanité. Il s’intéressait à tout ce que faisait son peuple et semblait vouloir s’approprier toute leur coutume. Ce que les hommes de Leif ne savaient pas, ainsi que lui-même, c’est que Matoaka était dotée de dons qui lui permettaient de voir l’avenir. Pas distinctement surtout que le futur pouvait évoluer. Mais en utilisant les bonnes herbes et enregistrer récitant les bonnes prières, elle pouvait avoir un accès direct à ce que serait le destin de certains hommes. Elle était l’arme secrète dont tout les amérindiens parlaient et que Wahunsunacok gardait secrète.

    Ainsi, lorsque les visages pâles arrivèrent sur leurs rivages, Wahunsunacok ordonna à sa fille de lui donner l’avenir que promettait ces hommes. Elle n’avait rien vu de distinct, seulement ce Leif qui était leur chef et qui était sur un champ de bataille :

    - Nous sommes leurs ennemis, demandait son père anxieux, devons-nous les combattre ?
    - Non.. Non.. Il vient chercher de l’aide. Il vient comprendre. Il veut être fort. La vengeance est son moteur.

    C’est pour cela que les Powhatan avaient bien accueillis les visage pâles. Il savait qu’ils n’étaient pas des ennemis. En revanche, Matoaka se méfiait. Le mobile qui conduisait Leif et ses hommes jusqu’à sa terre n’était pas banale mais elle n’avait aucune idée encore en quoi. Rapidement, elle compris les clés de langage qu’ils avaient. Cela n’avait rien de bien compliqué puisque cela se rapprochait du norvégien qui était une langue qu’elle parlait déjà. Vraisemblablement, cela étonna le jeune homme qui avait tenté une conversation avec elle. Mais elle restait muette prise d’un flash qui l’obsédait désormais.

    Le destin de Leif était bien différent de celui d’un soldat. Elle voyait qui il était et ce qu’il cherchait : la vengeance. Or, si il y a bien quelque chose que la jeune femme ne pouvait comprendre et entendre c’était la quête d’un pouvoir fictif soit disant transmis par l’hérédité. Mais son père ne voulait rien entendre. Le commerce et l’alliance avec ces écossais serait une bonne chose pour leur peuple. Il ne cessait de rire alors :

    - Tes visions ne sont que des images non figées Matoaka. J’aime ta mise en garde mais je ne cesserais pas tout lien juste à cause de cette impression.

    Et plus les jours passaient et plus Matoaka aimait de moins en moins ces visage pâles qui s’installaient impunément chez eux. Si Leif et son frère semblaient respecter les coutumes amérindiennes, ce n’était pas le gars des autres hommes qui volaient par moment de la nourriture ou se permettaient des familiarités dérangeantes, notamment avec les femmes. Elle n’aimait pas que ces hommes se croient chez eux, persuadés d’avoir conquis cette terre. Sceptique à l’idée de les laisser encore plus pénétrer leurs terres, elle avait tenté d’en parler à son père lors d’un conseil politique où elle avait une place de choix. Wahunsunacok aimait beaucoup sa fille, elle était son bien le plus précieux, mais son appât du gain devint plus grande au contact des visages pâles.

    Bien entendu, Matoaka aimait apprendre elle aussi et c’est ainsi qu’elle passa beaucoup de temps avec Feargus, mais elle ne pouvait s’empêcher de rester sur ses gardes. Craignant une attaque, ou le pire. Un jour, elle s’en confia à son frère Nashoba qui la trouvait bien morose :

    - Mais enfin petite fleur, répondit-il à son trouble, pourquoi nous voudraient-ils du mal ? Il voient bien que nous ne possédons rien. Nous n’avons que des peaux de bêtes.
    - Pourquoi venir jusqu’ici ? Ce Leif semble suffisamment fort et intelligent pour mener ses hommes non ? Pourquoi acquérir notre savoir ?
    - Je pense que tu passes beaucoup trop de temps avec Aponi. Tu devrais venir plus souvent au lac avec nous Matoaka. Tu as peur de tout.
    - Je n’ai pas peur, je veux juste protéger mon peuple.

    Prise dans ses pensées, elle se rendit compte qu’elle était enfin arrivée au lac. Le souvenir de sa conversation avec Nashoba lui avait laissé un goût amer. Leif et lui semblaient très bien s’entendre ce qui ne dérangeait pas Matoaka. Elle était juste frustrée de ne pas pouvoir mettre des mots sur ce qu’elle ressentait et comment les exprimer. En longeant du regard la berge, elle vit le fameux Leif, assis au bord de l’eau pensif. Peut-être priait-il. Il semblait si concentré qu’elle n’osait pas aller vers lui pour discuter. Elle qui pensait pouvoir être tranquille à une heure aussi matinale se voyait bien malgré elle devoir repousser ses prières.

    Le soleil se levait enfin et Matoaka pouvait apercevoir quelques rayons du soleil fendre les nuages. Une belle journée devait s’annoncer malgré le froid persistant. Leif venait de relever son visage en sa direction. Il la salua poliment et elle lui rendit son salut d’un coup de tête. Alors qu’elle pensait qu’il allait l’ignorer, il vint à elle et lui annonça simplement leur départ prochain :

    - On dirait que l’entrainement t’as bien aidé. Tu sembles plus fort et sûr de toi. Mais.. Mais dis-moi. Quel est ce secret qui te hante Leif ? Pourquoi venir chercher chez mon peuple les réponses à tes questions ?

    Il est vrai qu'avec les semaines passaient, il avait pris en muscle et en masse. Il semblait encore plus furieux, plus tenace, plus.. plus déterminé. Il y avait une fougue dans son regard d'un bleu ciel très étrange. Jamais Matoaka n'avait pu contempler de tels yeux. Elle était toujours gênée, perturbée par ces deux billes étincellantes et pourtant si triste.

    Car en effet, le traitement de Nashoba qui constituait l'entrainement des guerriers amérindiens était tout un processus particulier. Leif avait du suivre pendant une semaine son acolyte amérindien dans les bois avec rien d'autre qu'un poignard. Retrouver la bête qui sommeillait en lui et trouver son totem. Il s'avérait qu'il s'agissait de l'ours mais Nashoba avait demandé ce qu'on le nomme différemment. En effet, lors de l'attaque avec l'ours, Leif s'était jeté devant son nouvel ami pour le protéger. C'était ainsi qu'il avait été nommé Isha, le protecteur. Matoaka avait été impressionnée par le récit de son frère mais n'en n'avait pas fait les gorges chaudes contrairement à toutes les autres femmes du camp qui s'étaient littéralement jetée aux pieds de ce Leif.

    - Je ne t'ai jamais remercié d'avoir sauvé la vie de mon frère. C'était très courageux de ta part de sauver l'un des miens, rien ne t'y obligeait. Merci à toi d'avoir été si prévenant.

    Elle s'exprimait bien malgré quelques petites difficulté. Il ne lui restait plus qu'à s'améliorer.


    immarcescible, Posté le mercredi 04 mai 2022 11:54 Répondre

    Pocahontas regardait avec douceur sereine son époux entrain de jouer avec leur fille. Elle avait désormais neuf ans et était dotée d'un caractère bien trempée. Toujours très curieuse et pourtant si douce et réservée. Ses traits tenaient plus de sa mère que de son père mais cela semblait ne pas déranger ce dernier. Toutes ces années qu'il n'avait pas pu passer avec Kisos, il les rattrapait avec elle. Leur petite vie à Mallaig avait des goûts de bonheur simple et tranquille. Pocahontas avait repris avec Gabriel le cabinet de médecine. Beaucoup de monde venait pour leurs soins. En parallèle, le brun avait ouvert une structure de généalogie. Il s'était passionné pour l'histoire de ce grand guerrier Leif et avait continué ses recherches assidûment jusqu'à ce que d'autres personnes lui demandent de retrouver des ancêtres. L'historien n'était jamais bien loin.

    À chaque fois qu'il revenait de ses voyages, Pocahontas ne pouvait s'empêcher de se jeter à son cou. C'était comme si le temps ne flétrissait aucunement leur amour. Il était toujours simple, passionné et sensuel. Les deux ensemble faisaient encore des fusions certaines.

    Assise sur son petit fauteuil en rotin, elle caressait son ventre bombe. Le troisième était en route et ça avait été une surprise de taille pour les deux amoureux, quand Sora semblait heureuse d'avoir bientôt rien que pour elle un poupon a border. Leur aîné, Kisos, avait brillamment réussit ses études et avait finalement suivit la voie de la médecine comme ses parents. À croire qu'il s'agissait d'une vocation familiale. Les Walker étaient fiers de lui. Il était aussi grand que son père désormais et s'était fixé à Charlotte Hedlund. Les deux amoureux ne s'étaient jamais quitté, même quand Kisos avait été sur le front pendant la première guerre mondiale. Il s'était engagé sans prévenir ses parents ce qui avait valu une immense colère de Gabriel et des nuits blanche pour sa mère. Mais il était revenu, vivant et décoré pour ses multiples actes héroïques. Désormais, il soignait à l'hôpital comme chirurgien. Il avait reçu le titre de Lord à la mort de James et avait beaucoup pleuré ce grand-père atypique qui l'avait épaulé.

    - Ouch..
    - Ma', demandait Sora inquiète, tu as mal ?
    - Ça va petite fleur. C'est juste ton petit frère qui me rappelle que je dois le nourrir.

    Aussitôt, la petite couru à l'intérieur pour aller chercher les shortbread que Mary avait préparé pour le goûter. Profitant que Gabriel se rapproche d'elle, Pocahontas se blottie contre lui en s'amusant à retirer les nombreuses pâquerettes de sa crinière.

    - Tes cheveux sont parsemés de fils d'argent mon amour. Tu as des allures d'un Dieu, le sais-tu ?

    Le temps n'avait en rien altéré la passion que ressentait Pocahontas pour son époux. Elle en était toujours aussi folle et à l'entraîner dans des moments intimes toujours aussi torride. Elle souriait en coin murmurant à son oreille qu'elle ne portait pas de culotte comme il l'aimait mais ils furent vite interrompu par une Sora qui revenait avec les biscuits et la citronnade en compagnie de Mary. C'est sous le grand chêne du jardin qu'ils goûtèrent finalement, tous les quatre en parlant de tout et de rien. Pocahontas aimait cette simplicité et cette douceur de vie après toutes les multiples épreuves qu'ils avaient dû affronter.

    Bien entendu, ils se disputaient mais c'était toujours dérisoire. Ils savaient l'un et l'autre qu'ils avaient le plus important près d'eux, la santé, les amis et leur famille. Ils ne firent plus aucun voyages dans le temps. Même si elle avait évoqué l'idée pour Leif, Pocahontas ne se posa plus la question, comme Kisos. Ils avaient tous appris à leurs dépends que les voyages dans le temps risquait à chaque fois de tout détruire et ils ne voulaient rien changer à ce qu'ils avaient finis par reconstruire.

    Souvent, les Hedlund venaient les voir et ils passaient des moments passionnant en se remémorant leurs vieux souvenirs devant la nouvelle générations d'enfants un peu exaspéré. L'histoire de Gabriel et Pocahontas était perçue comme une légende et c'était tant mieux. Il valait mieux parfois diminuer la portée de la réalité pour vivre en paix. C'était ça finalement, ils vivaient en paix avec les aléas de la vie. Mais rien ne les effrayaient désormais. Soudés, ils savaient les uns comme les autres qu'ils étaient soutenus, épaulés et aimés. Pour Pocahontas, qui avait pendant longtemps du s'occuper de tout son peuple, c'était une libération.

    - Si c'était à recommencer, lui murmurait-elle souvent, je le referais encore et encore pour te retrouver Isha.

    Blottie dans les bras de Gabriel, ils vivaient au rythme lancinant des saisons et du quotidien. Et pour rien au monde elle ne changerait cette douce habitude à savoir de contempler son époux avant de s'endormir et au matin au réveil. Unis par les liens incompréhensible d'un destin étrange, ils s'étaient retrouvés et vivaient passionnément chaque journée sans se plaindre en sachant la chance extraordinaire qu'ils avaient. Après tout, n'est-ce-pas ce que tout mortel cherche en vain ?


    immarcescible, Posté le dimanche 01 mai 2022 22:49 Répondre

    Pocahontas ne pouvait pas le nier. Le rhume s’installait bel et bien et elle sentait qu’il s’abattait sur ses bronches. Pour le moment elle ne toussait pas mais elle était parcourue de plusieurs frissons qui la faisait claquer des dents. Délicatement, elle posa sa main sur la joue de Gabriel quand il lui expliqua le pourquoi de son agacement et le remercia d’un tendre sourire de ne pas s’être emporté. Elle n’en voulait pas à l’aubergiste. Elle était bien au dessus de tout ça et comme elle aimait à le dire à Gabriel, ce qu’il y avait entre eux ne regardait qu’eux et les Esprits. C’était ça le plus important finalement.

    Lentement elle fermait les yeux. Pocahontas sentait la fièvre monter et elle demanda donc à son époux de la rhabiller et de l’entrainer au lit sous les couettes ce qu’il fit aussitôt. Lorsqu’il évoqua des froids encore plus intense que celui qu’ils avaient eu cela l’effraya. Emmitouflée sous les peaux de bêtes, elle ne pu s’empêcher de venir se blottir contre sa bouillotte humaine préférée. Glacée, elle prenait le plus possible, la chaleur de Gabriel en posant notamment son nez contre son cou :

    - Raconte moi encore.. cette histoire.. tu sais.. celle du fameux fantôme dans le manoir..

    Grelottante, elle se laissait bercer par les bras de son époux. Gabriel avait un vrai talent de conteur. Pocahontas aimait entendre les récits qu’il racontait avait tant de ferveur comme si elle était une enfant. Les mots étaient pleins de richesses et le ton de sa voix si mélodieux. Ça lui donnait instinctivement le sourire. Un peu calmée de ses tremblements de froid, elle releva ses paupières vers lui et s’excusa d’être malade :

    - J’aurais du t’écouter et mettre une veste. Je me croyais plus forte que le froid. Notre voyage va prendre du retard du coup ?

    Mais on toquait à la porte. Elle grognait en voyant Gabriel se lever pour ouvrir. Sa source de chaleur disparaissait. Mais c’était la femme de l’aubergiste qui venait s’excuser du comportement de son époux en amenant des pâtisseries et du thé bien chaud. Finalement, ça ne pouvait que ravir l’amérindienne qui se retrouvait encore sous la couette bien chaude. Lorsque Gabriel revint enfin avec le plateau, les joues rougies de la brune étaient accompagnée de ses prunelles brillante de fièvre :

    - Est-ce que tu penses que le fameux Leif pourrait être un de tes doubles ? Tu sais.. On pourrait tout simplement faire un saut dans le temps et le retrouver.

    C’était une idée qui avait traversé Pocahontas pendant le bain lorsqu’il lui massait le dos. Buvant avec plaisir le thé fumant, elle posait ensuite ses pieds glacé sur les jambes du brun en lui offrant un sourire malicieux et grignota quelques douceurs :

    - Ou on peut faire des recherches à l’ancienne comme tu le fais là. Je dois dire que je trouve cette option beaucoup plus intrigante et excitante. Cela voudrait dire que nos double étaient ici en Ecosse des années auparavant tu te rends compte ? Peut-être même qu’il est l’un de tes aïeuls Isha !

    Mais parmi toutes ses idées fiévreuses, Pocahontas continuait de trembler malgré toutes ces peaux de bêtes. Elle se blottissait contre Gabriel et le suppliait encore et encore de la serrer contre lui tellement elle avait froid. La fièvre l’avait totalement abattue et elle s’apprêtait à s’endormir :

    - Je me transforme en flocon de neige Isha.. Je ne sens plus mes pieds..

    C’était comme si elle délirait lui semblait-elle. Qu’est-ce qui lui arrivait, elle qui n’était jamais malade. Elle ne supportait pas cette sensation et refusa net que Gabriel la quitte. Peur sans doute de tomber dans un sommeil profond et de ne pas en revenir. Elle se mettait bel et bien à dire des choses incohérentes en agrippant fermement de ses petites mains la chemise de son époux.

    - Ne me quitte pas.. Ne.. Ne les laissent pas.. Ne les laissent pas m’emmener.. Isha.. J’ai si froid..


    immarcescible, Posté le dimanche 01 mai 2022 13:49 Répondre

    Pocahontas oubliait tout quand Gabriel était aussi jovial. Se rendait-il compte qu’elle était heureuse lorsqu’il était ainsi ? Insouciant, tendre, attentif. Elle aimait de tout son coeur son époux, mais cette version de lui était encore mieux que tout. D’ailleurs, elle ne faisait qu’en sourire de joie en le voyant si pédagogue. Gabriel l’historien. C’était autre chose que le guerrier féroce sans foi ni loi. Le moment de déjeuner venait enfin et installés sur l’herbe duveteuse elle l’écoutait avec attention évoquer ses souvenirs de jeune voyageur jusqu’à ce qu’il la complimente et parle de ses seins. Elle en rougissait légèrement quand ses yeux se levaient au ciel :

    - A croire que tu es obsédé par mes seins. Je comprends mieux de qui Kisos tiens ça.

    Elle expliqua donc à Gabriel que lorsque Kisos était enfant, il avait une passion certaine pour les seins et s’était mis au défi de toucher tous ceux de la communauté. Aponi avait du longuement lui expliqué qu’il n’avait pas le droit de le faire et pourquoi cela pouvait être dérangeant pour les jeunes femmes. Pocahontas en riait encore tout en finissant l’histoire :

    - Il était si déçu que Nashoba lui a fabriqué des faux-seins avec de la toile en le bourrant de paille. Mais Kisos était déçu et il a même dit à son oncle « Je crois que tu devrais en toucher plus souvent car les seins sont beaucoup plus doux que ça ».

    Ils riaient tous les deux de ce souvenir complètement improbable et de cette curiosité si particulière qu’avait leur fils. Ses doigts plongés dans les boucles de son époux, Pocahontas finissait par dévorer le gâteau laissé par Mary avant de réussir à se relever pour reprendre la route. Pendant le trajet qui les emmenait vers le fameux château de Blair, la jeune femme raconta à Gabriel sa jeunesse auprès de certains marchands chinois.

    - Tu sais.. Tout le monde croit que Christophe Colomb est le premier européen a être venu sur nos terres mais c’est faux. Bien avant tout des vikings venaient sur nos territoires pour faire du commerce. Aponi me racontait souvent des histoires entre les amérindiens du nord qui vivent sur les mers gelés et ces fameux pillards.

    C’était étrange de pouvoir prendre le temps. De ne pas avoir peur d’être surpris, interrompus, kidnappés, dérangés. Pocahontas aimait redécouvrir Gabriel. Ou peut-être même le découvrir simplement, sans aucune quête derrière tout ça. Il semblait si tranquille et son assurance ne cessait de charmer la jeune femme. Il connaissait son pays à la perfection et tout ce qu’il lui apprenait ne faisait que renforcer l’idée selon laquelle il était un parfait pédagogue. Après un bon après-midi de balade, Pocahontas se mit à avoir très froid.

    - Isha.. Sommes-nous bientôt arrivés ? Je commence à être vraiment fatiguée et à avoir froid. Penses-tu que nous pourrions camper cette nuit ?

    La nuit n’allait pas tarder à tomber mais il lui assura qu’une auberge n’était plus très loin et ils accélèrent le pas. C’est toute tremblante qu’elle descendit de son cheval. Ses dents claquaient et ses jambes tremblotaient. L’aubergiste qui était accompagné de sa femme leur donnèrent une petite chambre qui contenait fort heureusement une baignoire. Ils montaient en vitesse l’eau chaude quand l’amérindienne se calfeutrait près du foyer de la salle commune. Elle laissait Gabriel gérer le reste tout en soufflant sur sa tasse de thé fumante. Lorsqu’il revint à elle, elle lui fit signe de venir l’enlacer. Ainsi, blottie contre lui elle pouvait sentir la chaleur brulante de son buste contre son dos ce qui la fit sourire :

    - C’est toi ma bouillotte tout fin de compte. Je suis désolée de ne pas être très solide. Mais je te promets de faire attention pour ne pas que tes Highland me rejettent.

    Se penchant sur le côté, elle embrassait sa mâchoire si puissante. Son oeil inquiet la surpris mais elle ne voulut pas en parler tant que les oreilles indiscrètes près d’eux les écouteraient. Ils finirent enfin par monter dans la chambre et taquine, cherchant surtout à réactiver la bonne humeur du colosse, elle lui fit les yeux doux en lui demandant de la déshabiller. Mais il était toujours mutique et ne prenait visiblement aucun plaisir à la dévêtir comme d’habitude. Prenant donc son visage entre ses mains, elle le força à la regarder :

    - Eh.. Je vais bien mon amour. J’ai juste pris un petit coup de froid donc rien de grave.. C’est ça qui te contrarie ?

    Ce qu’elle ne savait pas, c’est que le patron de l’auberge avait demandé à Gabriel si elle était bien sa femme et pas une prostituée et donc de prouver qu’ils étaient mariés. Avec douceur donc, elle caressait ses joues en frissonnant de nouveau et embrassant ses lèvres timidement :

    - Tu veux bien venir dans le bain avec moi, demandait-elle tendrement, promis je me contiendrais pour ne pas te sauter dessus et continuer d’écouter les richesses fabuleuse de ton pays si extraordinaire.


    immarcescible, Posté le samedi 30 avril 2022 13:09 Répondre

    C’était un étrange départ qui attendait les Walker. Pocahontas ne pouvait retenir ses larmes lorsque Kisos vint la prendre dans ses bras. Son bébé devenu quasiment aussi grand que son père venait à la rassurer. Il conservait malgré tout cette âme d’enfant qui la faisait toujours et toujours chavirer.

    - J’ai une absolue confiance en toi Kisos. Fais attention à toi mon petit soleil, je suis persuadée que tu vas faire des merveilles. Je t’aime tellement, tellement.

    Comme une mère poule, Pocahontas venait serrer dans ses bras un Kisos qui riait un peu gêné d’être materné de la sorte devant tout le monde. Mais il ne la repoussait pas, il aimait beaucoup trop sa mère pour ça et lui rendit son câlin. Comme promis, la jeune femme lui assura de lui écrire tous les jours et de partir à la découverte du fameux monstre du Loch Ness. Equipée par tout le monde pour ce fameux voyage de noces, Pocahontas du se résoudre à les laisser pour un mois. Mais de nouvelles aventures étaient aussi une sacrée opportunité pour les deux nouveaux mariés.

    Aeris, sa jument, était toute équipée par les soins de Gabriel et de Garrett. La jeune femme souriait au Duc qui venait lui aussi donner quelques conseils au jeune couple.

    - A croire que nous n’avons jamais vécu dans la lande écossaise. Et je tiens à vous rappeler que je suis accompagnée d’un des plus grand guerrier amérindiens et du plus grand mafieux écossais qui a existé.
    - Mafieux.. Ça a fonctionné parce qu’il avait une sacrée équipe derrière lui quand même.
    - Oh quelle modeste Duc !

    Ils riaient tous les deux de l’un et de l’autre quand Pocahontas venait se blottir contre Gabriel. Après des dernières effusions où Kisos venait se blottir contre son père et lui promettre de lui faire honneur, ils partirent d’un pas tranquille en direction du Nord. Ils chevauchaient depuis un moment et venait de quitter la ville. La nature à perte de vue semblait favoriser l’amérindienne qui respirait à plein poumons.

    - Tu te souviens de la fois où nous avions été campé ? Je t’avais appris à chasser. Tu crois qu’on pourrait retourner dans cette petite bergerie.

    Pocahontas avait oublié pendant l’année écoulée la douceur des côtes écossaise. Même si elle ne venait clairement pas de ce pays, elle aimait quand même cette terre d’adoption. Gabriel aussi semblait plus léger. Il avait cette forme de fierté écossaise si séduisante qui faisait sourire la brune envoûtée par les cuisses dévoilée de son époux en kilt :

    - J’avais oublié à quel point je te trouvais terriblement séduisant en kilt mon amour. Mais parle-moi vite du voyage que nous a préparé avant que je t’ordonne de t’arrêter pour me faire l’amour dans les bois.

    La maternité rendait l’amérindienne encore plus sensible à ses sentiments. Comme si un levier de sensibilité se levait pour laisser passer tout un tas de désirs et de sensations incapable de retenir. Ces vacances risquaient bel et bien de devenir de plus en plus torride si elle n’arrivait pas à se contrôler.


    immarcescible, Posté le vendredi 29 avril 2022 19:43 Répondre

    Encore tremblante des divines caresses de Gabriel, Pocahontas s’écroulait sur lui. Languissante ses mains agrippant la crinière bouclée de son adoré qu’elle couvrait de baisers, la jeune femme soupirait encore de plaisir. Les yeux clos, elle souriait en l’entendant grogner de ce grognement de contentement qu’il avait toujours après avoir fait l’amour. Ne bougeant plus un instant, elle savourait encore la sensation particulière qui envahissait toujours son corps après les jeux d’amour. Ce picotement dans le creux de son ventre et son coeur battant à tout rompre.

    - Au fond de toi il reste encore et toujours un aventurier.. un explorateur mon amour. Ta curiosité nous conduiras vers de nouvelles aventures tu en as conscience ?

    Pocahontas avait abandonné la méfiance et la rationalité pour un peu plus de douceur et de légèreté. Lentement, elle se laissa rouler sur le lit tout en gardant Gabriel sur elle. La jeune femme le couvrait de baisers, de caresses en effleurant de ses doigts fins et frais le corps brûlant de son amant. Elle l’aimait tellement, son coeur en battait à toute vitesse et cela la faisait sourire béatement :

    - Je t’aime Gabriel Walker.. Je t’aime tellement si tu savais. J’aimerais tellement que tu puisses lire dans mes pensées et que tu.. et que tu puisses voir ce sentiment si viscéral qui m’unit à toi. Je t’aime plus que le chocolat..

    En disant cela, elle venait mordre son cou en riant doucement quand ses mains agrippaient les fesses cambrée de l’écossais. Remontant par la suite le drap sur son corps, pour le couvrir, elle poussa un doux gémissement en le sentant se blottir encore contre elle. Mais elle était bel et bien réveillée et d’humeur taquine, alors elle le renversa une nouvelle fois sur le matelas mais sur le dos. Revenant sur lui à califourchon, elle releva le drap au dessus de sa tête pour qu’il les couvrent tous les deux. Se penchant sur son corps, elle l’embrassait langoureusement avant de descendre ses baisers sur son cou, son buste, son ventre et ses cuisses tout en murmurant entre chaque :

    - Je t’aime.. Une fois.. Deux fois.. Encore plus.. Que le.. Que le chocolat..

    Arrivée près de son membre, elle souriait de plus bel en le voyant si redressé. Sans attendre une seconde, elle le prit en bouche. L’une de ses main caressait ses testicules quand l’autre remontait jusqu’à son buste qu’elle griffait légèrement. Ses joues se creusaient, sa langue s’enroulait et un gémissement faible de plaisir s’échappait. Elle le voyait se tortiller et ça l’excitait davantage encore. Lentement, alors qu’elle cherchait à le rendre fou d’excitation, elle révéla ses dents comme pour le déstabiliser. Cela semblait avoir fonctionné.

    Sans attendre plus longtemps, elle remonta à ses lèvres en vitesse et l’embrassa passionnément en agrippant ses boucles brunes sur lesquelles elle tirait avec force. Son sexe encore bouillant et trempé se plaquait contre le sien et commençait une légère danse, c’est avec passion qu’elle vint murmurer dans un souffle :

    - Montre moi à quel point tu m’aimes Isha.. Prends-moi.. N’aie pas peur.. J’ai tellement envie de toi..


    immarcescible, Posté le mercredi 27 avril 2022 17:06 Répondre

    Ses cauchemars étaient peuplés de cris de guerre, de batailles, de sang, d’une couronne aux perles rouge sang et d’un bateau ressemblant à ceux des Vikings. Pocahontas sursauta en entendant une nouvelle fois cette voix l’appeler. Elle se réveillait seule dans le lit et cherchait Gabriel du regard. Le murmure de sa voix dans la salle de bain la surprit. A qui donc il pouvait bien parler ? Se levant, elle vint discrètement se faufiler près de la porte et le vit blêmir. Surprise, elle lui demanda ce qu’il faisait ici et lui aussi évoqua cette fameuse apparition. Toutes ces histoires de fantômes semblaient bel et bien les rendre à moitié fou.

    - Viens te recoucher Isha..

    Elle le suppliait timidement alors qu’elle se réinstallait au lit. Mais Gabriel, tête de mule, en avait décidé autrement. Déterminé, il décida de remonter à l’étage quand elle s’efforçait de ne pas penser au frisson d’effroi qui l’envahissait de nouveau en repensant à ce viking et l’immense balafre qui barrait son visage. Mais Pocahontas tournait en rond dans le lit, incapable de trouver le sommeil sans Gabriel. Pour se calmer elle descendit en cuisine et fit un peu de thé. Songeuse, elle s’efforça de penser avec logique à cette histoire de « revenants » qui venaient les visiter.

    Finalement, elle pris la décision de rejoindre son époux en tenant entre ses mains deux grande tasses de thé bien chaud, mais elle le croisa dans le couloir. Il descendait du grenier cette immense malle contenant tout un tas de vieux souvenirs. Venant s’asseoir près de lui en tailleur sur le sol, elle posa une main sur son dos qui lui tirait un peu. Le massant lentement elle se pencha près du brun qui lisait avec attention les fameux journaux qu’il avait trouvé.

    - Je ne suis pas certaine que nous devrions les lire.. Honnêtement ça ne te fais pas peur un petit peu ces histoires de revenants ? Et si il s’agissait de nos doubles ? Je n’ai pas vraiment envie de savoir ce qui leur ai arrivé. Tu te souviens de l’histoire avec cette Anya du futur et ce Kisos ?

    Les voyages dans le temps étaient terminés pour la jeune femme même si il lui restait quelque part une curiosité certaine pour ce qui était passé et ce qui allait se produire. Mais en attendant, après le pêle-mêle d’aventures qu’ils avaient vécu récemment, elle préférait écouter sa raison et le rappela à son époux qu’elle voyait s’emballer pour cette histoire :

    - Je sais que ton âme d’historien te pousse à vouloir comprendre ce qui se passe mais je tiens à te rappeler que faire des recherches peut conduire à trouver des réponses à des questions qu’on ne veut pas toujours. Peut-être qu’il ne faut pas aider ces fameux Leif et Matoaka.

    Elle voyait bien la déception sur les traits de son époux ce qui lui fit un pincement au coeur. Avec douceur, elle vint caresser sa nuque et se pencha sur sa joue pour déposer un baiser avant de murmurer son nez dans son cou :

    - Kisos sait de qui tenir quand il veut quelque chose. Bien, faisons ces recherches mais je te préviens je ne passe pas notre mois de vacances à courir après les fantômes d’accord ?

    Lentement, elle venait s’asseoir à califourchon face à lui tout en enlaçant sa nuque de ses deux bras. Ses lèvres embrassaient les siennes dans un tendre baiser avant de descendre le long de son cou et de sa gorge en murmurant de nouveau, très taquine et sensuelle :

    - Parce que j’ai pleins d’autres idées d’activités que ça figure-toi.


    immarcescible, Posté le samedi 23 avril 2022 11:04 Répondre

    Ça amusait Pocahontas de voir faire Gabriel, comme si il cherchait à lui faire peur avec ces histoires de fantômes. Bien sûr, un frisson avait parcouru son échine lorsqu'il avait évoqué cette histoire de Dame Blanche mais elle savait surtout que son époux était un conteur né et qu'il savait parfaitement manier les mots pour raconter des histoires. Elle se souvenait encore de la tête ahurie de leur fils lorsqu'il évoquait le monstre du Loch Ness.

    Mais la brune le suivait tenant fermement sa main dans la sienne, munis uniquement de la petite chandelle. Après avoir fait un rapide tour, Gabriel sembla intrigué par un certain tableau mais Pocahontas entendit elle aussi un bruit sourd non loin. Surprise, elle se retourna et tenta de discerner dans le noir une quelconque forme.

    - Si c'est toi Isha qui me fait une mauvaise blague je te préviens que ce n'est vraiment pas drôle.

    Impossible de distinguer quoi que ce soit. La chandelle ne faisait qu'éclairer le couple qui se tenait la main. Dans un murmure, la brune tentait de s'apaiser en se répétant que les esprits ne leur voulait aucun mal et qu'elle ne croyait pas aux fantômes malfaisant que les européens avaient l'habitude de glorifier, étrangement.

    Un souffle frais s'abattait sur eux et faisait chanceler la chandelle. Oui, là, elle commençait à avoir peur et craignait que quelque chose s'abatte sur eux. Serrant fermement ses doigts autour de sa main elle sentit sa propre respiration s'arrêter lorsqu'un colosse de la taille de Gabriel surgit face à eux. Il ne s'agissait pas à proprement parler de Gabriel mais il lui ressemblait en tout point ce qui la fit blêmir. Le spectre s'approchait et vint se pencher sur elle avant de poser sa main sur sa joue. Pétrifiée, Pocahontas sentait tout son corps se vider d'énergie. L'homme avait une vêture de vikings, de guerrier assez étrange et quelques cicatrices parcouraient son visage. C'est alors qu'il murmura :

    - Matoaka.. Retrouve-moi..

    Puis, le spectre disparut. Pocahontas se sentit complètement déboussolée et c'est en resserrant sa main sur celle de Gabriel qu'elle sut qu'elle ne rêvait pas.

    - Isha.. Isha.. Tu.. Tu l'as vu ? Tu l'as vu toi aussi ? Je t'en supplie redescendons.. Je ne me sens.. Je ne me sens pas bien du tout..


    immarcescible, Posté le jeudi 21 avril 2022 14:14 Répondre

    Croire aux fantômes ? C'était une question qui allait amener à un sujet bien précis et particulier. Pocahontas guidait Gabriel jusqu'à leur chambre. Une fois arrivés, elle le fit entrer et ferma la porte derrière eux avant de finalement répondre à la question qu'il avait posé et à laquelle elle avait longuement réfléchi :

    - Je ne sais pas ce que vous entendez par fantômes ici, commença-t-elle, mais pour ma part il s'agit surtout d'esprits. Toi et moi nous sommes la preuve la plus irrationnelle qui soit au monde. Je pense ou bien j'espère qu'il existe quelque part un lieu où les âmes peuvent se reposer, se retrouver. Honnêtement, pour ma part, une vie ne suffirait pas à t'aimer Isha. Alors j'espère bien pouvoir un jour te retrouver sous n'importe quelle forme.

    Pocahontas se sentait bien ce soir. Ses vieux démons n'avaient pas ressurgit, comme si le fait d'être occupée lui avait permit d'occulter l'histoire de Bree. Retirant son châle, elle vint ensuite déboutonner sa robe et se dévêtir totalement. Sous le regard aiguisé de Gabriel, elle fit couler un bon bain chaud. C'était bel et bien le comble du luxe pour elle cette fameuse baignoire. Il était clair qu'elle ne pouvait pas s'en passer. Pour éviter de mouiller sa crinière déjà attachée, elle la suréleva en un chignon haut et plongea dans la haute cuve. Elle était surprise de voir Gabriel assis sur le bord du lit à la regarder sans bouger :

    - Isha..? Tout va bien ? Tu ne viens pas ?

    Il faut dire qu'il s'agissait d'un vrai rituel pour eux deux ce bain au jasmin. Lui tendant la main, elle arriva enfin à le faire venir à elle. Son sourire était plus doux et détendu au fur et à mesure qu'elle le contemplait se déshabillant, ce qui faisait naître une petite étincelle dans son regard. Ô que oui elle aimait le contempler cet homme dont le corps puissant semblait ne jamais se lasser d'elle. Lorsqu'il fut enfin dans le bain face à elle, Pocahontas pris la décision de venir masser le pied de Gabriel tout en reprenant son discours sur les formes spirituelles :

    - Du moment qu'aucun de ces esprits ne vient nous tourmenter pourquoi y voir un problème ? C'est vrai.. Vous européen vous sembler toujours quitter les lieux qui sont habités par vos ancêtres. C'est violent comme manière de faire les choses. Chez moi c'est important de célébrer, de ne pas les oublier. Qu'est-ce qui vous effraie tant que ça dans la mort ? Après tout, c'est une nouvelle aventure.


    immarcescible, Posté le mardi 19 avril 2022 20:35 Répondre

    Ces deux garçons ne cesseront jamais de l’étonner. Quand elle avait cru à mal qu’ils se sentiraient insultés ou gênés de la proposition de James, chacun semblait y trouver une solution à un problème. Malgré tout, ils semblaient tous les deux attendre son consentement comme si elle était la cheffe de la famille. Gabriel quittait la pièce un instant et elle se retrouvait seule avec Kisos qui attendait patiemment. Lui offrant un doux sourire, elle ne pu s’empêcher de caresser les traits fin de son visage qui changeait. Ça la bouleversait à chaque fois.

    - Tu te souviens quand tu étais bébé et que nous allions nous cacher dans les hautes herbes près du lac ? Je te racontais des histoires.. Les légendes sur Isha..
    - J’adorais ces moments en effet, répondait Kisos en riant, ou de la fois où tu avais accroché le bas de Nashoba à son hameçon. Il s’était retrouvé les fesses à l’air devant tout le monde.

    Ils riaient de cette anecdote avec passion. Kisos se tenait les côtes comme lorsqu’il était enfant et cela attendrie une nouvelle fois Pocahontas. Sans lui demander son avis et même si il était plus grand qu’elle désormais, elle le prit contre elle avec sa petite poigne bien ferme. Le serrant contre son petit corps, elle embrassant tout son visage et le sommet de son crâne :

    - Ma’.. Mais.. Ma’.. Qu’est-ce que tu fais ?
    - Je voulais juste que tu n’oublies pas que je t’aime mon petit soleil.
    - Mais je sais que tu m’aimes.. Ma’.. Dis.. Tout va bien ?
    - Oui, oui mon chéri. Ça va aller.
    - Tu ne veux pas que j’accepte la proposition de grand-père James ?

    Au fond d’elle, Pocahontas n’avait pas envie du temps qu’il quitte la maison. Mais Kisos allait avoir quinze ans, c’était plus que l’âge nécessaire pour partir. C’était dans l’ordre des choses de le laisser partir. Mais la maman poule qu’elle était devait laisser de la place à ce nouvel homme qui apparaissait.

    - Je pense que tu devrais accepter.
    - Vraiment ? Tu es certaine ? Je peux retourner auprès des nôtres si tu..
    - Non Kisos. Tu dois faire ce que tu juges le mieux pour toi. Jamais je ne te forcerais à aller contre toi-même.

    Elle lâchait un profond soupir quand ses mains caressaient encore les joues du beau brun que devenait son fils. Ses traits s’affirmaient et ses mimiques lui rappelaient celles de Gabriel et Nashoba confondu.

    - Tu es amérindien et écossais tu ne pourras jamais renier qui tu es et c’est ça qui est le plus important. Vis ta vie comme tu l’entends et comme tu l’espère. James t’offre une très belle opportunité, alors accepte-là. Tu veux retourner auprès des Powhatan et récupérer ton héritage, fais. Peu importe ce que tu choisiras ton père et moi serons toujours aussi fier de toi.

    Kisos semblait rassuré par les mots d’encouragements de sa mère. Il l’enlaça une nouvelle fois avant d’embrasser sa joue et de partir en courant annoncer la bonne nouvelle à Charlie et James. Pocahontas profita d’être tranquille et seule dans la bibliothèque pour méditer un peu en attendant le retour de Gabriel. Mais il ne revenait pas.

    Au bout d’une petite heure, elle se rendit donc dans la cuisine pour demander où il se trouvait mais personne ne pouvait lui répondre puisqu’il était introuvable. Inquiète, elle se mit à l’appeler jusqu’à ce qu’il apparaisse de l’écurie en tenant la bride d’un cheval, Kisos derrière lui. Ils étaient dans une grande conversation tous les deux. Elle ignorait de quoi mais elle voyait bien l’air si sérieux des deux. Ils avaient cette même petite ride entre les yeux qui la faisait toujours autant sourire. Adossée contre la porte de la cuisine, elle les contempla les bras croisés sur la poitrine, rêveuse et pensive. De là où elle était, elle entendait quelques bribes où Kisos demandait à son père ce que cela impliquait d’être un Lord.


    immarcescible, Posté le lundi 18 avril 2022 15:49 Répondre

    C’était un des risques en revenant en Europe. La peur des autres pour le métissage de leur fils. Si Gabriel le voyait comme une injustice à combattre vivement, Pocahontas était plus réservée. Mais en même temps, sa mauvaise foi ne cherchait qu’une chose, celle de retenir Kisos près d’elle. Aussi, elle se contenta de simplement caresser la nuque de son époux pour l’apaiser. Parfois les mots ne sont pas forcément utile, surtout pour le peuple amérindien qui sait se contenter de simple gestes pouvant paraître anodin. Mais pour le moment, elle se laissait bercer par les bourrasques de vent écossaise de la côte et des bras protecteurs de Gabriel qui l’enlaçait fermement.

    Il la faisait sourire, elle se sentait tellement plus tranquille lorsqu’il était près d’elle. Si lui avait contracté cette peur de la voir disparaître, elle avait quand à elle des problèmes avec l’idée de le savoir loin d’elle. Son corps était devenu son refuge contre lequel elle ne pouvait se lasser.

    - Ton père m’a fait une proposition pour Kisos, dit-elle finalement, au vu de comment c’est passé vos entretiens dans les écoles je pense que ce ne serait pas une mauvaise idée que d’accepter.

    Alors oui, elle lui évoqua la proposition de James à vouloir faire de Kisos le futur Lord de Lowache et préparer la future génération. Pocahontas espérait que Gabriel ne soit pas déçu de ne pas obtenir ce titre là puisqu’il lui reviendrait de droit et lui fit part de ses craintes :

    - James disait qu’il savait que ta vie n’était plus là-bas et que ce titre pourrait permettre de vraie possibilité à notre fils. Tu sais que je ne suis pas matérialiste mon amour mais.. mais peut-être que ça pourrait en effet l’aider pour ses études et se faire une place dans ce monde.

    Elle soupirait lentement se rendant compte de l’horrible chose qu’elle demandait à Gabriel. C’était quand même le destituer de son héritage. Se tournant alors face à lui, elle le laissait enrouler les mèches de ses cheveux qui volaient rapidement derrière ses oreilles. Caressant son buste, elle essayait de savoir à quoi il pensait :

    - Je pense que ton père essaie de nouer quelque chose avec lui et je ne peux m’empêcher d’être touchée. Je sais que tu vas dire qu’il est trop tard mais.. mais il pourrait très bien n’avoir aucune attention pour lui et ne pas penser à son avenir. C’est pour moi un signe qu’il accepte notre amour. Kisos en est le fruit après tout.

    Tout semblait si simple en Amérique. Ils étaient constamment investis du travail de soigner et protéger le peuple de Pocahontas, malgré tout ils avaient cette liberté d’éducation et à aucun moment personne ne les avaient jugés. Kisos était lui aussi libre. Pocahontas n’avait pensé qu’à l’Ecosse puisqu’il s’agissait du lieu de rencontre de son amour, la maison isolée de Mallaig et l’anonymat de sa profession. Ici, elle n’était que Pocahontas qu’en Amérique elle était la fille d’un Powhatan. C’était ce qu’elle confiait à son époux en lui demandant de l’excuser d’avoir été si égoïste :

    - Je ne voyais que mon propre confort et pas du tout celui de Kisos ou encore le tien. Je suis désolée de vous infliger de telles souffrances.


    immarcescible, Posté le vendredi 15 avril 2022 10:54 Répondre

    Il n’y avait que les bras de Gabriel pour contrer l’affreuse sensation qui s’emparait de Pocahontas. Au petit matin, elle aurait voulu hurler sur tout le monde. Ils lui retiraient à nouveau Gabriel et la peur croisssante qui s’était éveillé en elle ressurgissait. Mais elle devait la dissimuler pour ne pas inquiéter le principal intéressé. Prenant sur elle, la brune se rendit donc au chevet de James qui semblait à bout de force à cause du nombre de quinte de toux qu’il avait. Pour le soulager, elle utilisa des baumes de menthe poivrée ou encore de la camomille pour l’apaiser. Une tisane au citron et au miel viendrait ensuite, mais pour le moment, elle lui prépara une pipe de chanvre.

    - Vous ne parlez pas beaucoup ma chère, constatait-il en fumant avec plaisir, est-ce que vous avez passé une bonne nuit ?
    - Oui excellente je vous remercie.

    Bien entendu, elle mentait. Mais elle ne voulait pas que le vieil homme s’immisce dans leur vie. Gabriel et elle avait bien trop souffert dans le passé de la non-complaisance de sa famille à son égard. Même si James semblait se repentir, elle ne pouvait pas pardonner aussi facilement que d’autres. Non, ils avaient abandonnés et manipulés Gabriel dès sa plus jeune enfance. En bonne epouse, elle voulait surtout protéger son meilleur ami.

    - Utilisez le baume avec précaution car il risque d’irriter votre peau. Je donnerais la recette à May votre domestique comme ça vous n’aurez pas à attendre que l’on se revoit avant de vous soigner.
    - Vous savez, dit-il en toussant un peu, j’ai un hôtel particulier ici à Édimbourg. J’envisageais de m’y installer. Lowache me rappelle trop de mauvais souvenirs. C’est ici que j’avais rencontré Delphine et que nous sommes tombés amoureux. Il ne me reste pas longtemps à vivre alors je veux me souvenir que des bonne choses.
    - Vous avez raison de vous accrocher à ce qui vous tient à c½ur. C’est important..
    - Mh, Mh.. c’est pour ça que je voudrais héberger Kisos pendant ses études. M’occuper de lui. Après tout, c’est mon seul et unique petit fils. Le seul qui va porter mon nom. Il faut qu’il connaisse sa famille.

    Ce revirement de situation surprenait Pocahontas. Mais surtout, avait-elle vraiment envie que James soit en charge de l’éducation de son fils ? Kisos était un garçon intelligent elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance mais qu’en était-il de ce vieil homme ? Elle mit quelques instants avant de finalement répondre, un peu perplexe :

    - Les Hedlund sont aussi de la famille vous savez.
    - Je parle de son héritage, de ses racines. J’aimerais vraiment passer du temps avec lui. Vous savez, Gabriel m’a écrit quand vous étiez en Floride. Sa lettre évoquait son regret que je ne puisse pas connaître cette famille qu’il s’était construite. J’y ai beaucoup réfléchit et il avait raison. Je ne sais rien de vous et de Kisos, même de Gabriel. Je veux rattraper le temps perdu.

    Sa demande était noble, sincère. Pocahontas le voyait dans son regard et ne pouvait le lui refuser. Cela ferait d’elle un monstre si elle ne donnait pas une dernière chance à un vieil homme mourant.

    - Je ne vous promet rien mais j’en parlerais avec Gabriel.
    - Merci Pocahontas, merci infiniment.

    Il embrassait les mains de la jeune femme qui vint les retirer assez rapidement quand même. Le contact des autres allait redevenir un problème pour elle. S’assurant qu’il avait tout ce qu’il lui fallait, elle le quitta pour se rendre dans la cuisine et manger quelque chose rapidement. Tout le monde avait des taches et des choses à faire. Gabriel était avec Kisos et elle se sentait seule. Après avoir fini son thé elle se rendit dans le jardin des Hedlund et se mit à jardiner. Le besoin de se ressourcer silencieusement autour de la nature la rassurait quelque peu.

    En fin de matinée elle fut rejointe par Vicky et Anya. Les deux la cherchait pour préparer le déjeuner mais Pocahontas était concentrée sur les géraniums qu’elle coupait consciencieusement. Vicky s’approcha quand Anya s’assied tout près :

    - Kisos est un très beau garçon. Il me rappelle Gabriel adolescent. J’espère pour vous qu’il n’est pas aussi insolent et chapardeur.
    - Isha ? Insolent ? J’ai du mal à te croire.
    - Figure-toi qu’un jour, William lui avait interdit d’aller dans sa chambre. En fait, il y cachait des vignettes représentant des femmes nues. Gabi était tombé dessus et il lui vola. Ce fut les premiers moments de ses erections d’ailleurs. Lorsque Willie s’en rendit compte il entra dans une telle rage que toute la maison en tremblait. Sauf qu’il ne pouvait pas dire aux parents ce que Gabi avait pris donc il chercha à son tour à se venger. Mais notre petit Gabriel avait plus d’un tour dans son sac et réfléchissait beaucoup plus que Willie. Alors il lui fit croire que quelqu’un avait pris ses vignettes en otage.
    - Mais c’est qu’il est malin Walker, répliquait Anya qui brodait, un vrai petit truand.

    Les filles riaient doucement a l’évocation de tous ces vieux souvenirs qu’évoquait Vicky. Ça détendait même un peu Pocahontas qui pensa à autre chose que ses propres peurs inconsciente même si il lui tardait de voir revenir Gabriel. Ainsi, lorsqu’il rentra elle sentit le poids de cette peur s’évanouir de ses épaules. Lorsqu’enfin il vint à elle, Pocahontas se blottie contre lui en le serrant de toutes ses forces, le visage enfoui contre son buste :

    - Alors ? Comment a été votre visite de l’école ?


    immarcescible, Posté le jeudi 14 avril 2022 21:53 Répondre

    Ce repas surprise prenait un tournant totalement improbable. James se repentant, le retour de Vicky, Sam et Bree dans la famille. Sora était bel et bien la réponse à cette malédiction. C’est avec une vive émotion que Pocahontas serrait dans ses bras celle qui avait été sa première vraie amie. Vicky avait été une soeur pour elle et la voir enlacer Gabriel lui fit lâcher quelques larmes. Toute la famille, ou presque, était réunie. Kisos restait timidement derrière ses parents sans oser avancer mais très vite Bree fit les présentations auprès de ses parents :

    - Je vous présent Kisos. Ce que tu as grandis petit cousin ! Tu es plus grand que ta mère désormais.
    - Il sait que ce n’est pas forcément un avantage non plus, répliquait Pocahontas comme pour le mettre en garde.

    Cela faisait rire toute l’assemblée qui se retrouvait avec une joie certaine. Mille choses étaient à raconter et Pocahontas se sentait honorée et chanceuse de pouvoir assister à une telle scène de retrouvailles. Les mots de douceur de son amie lui réconforta encore plus le coeur quand elle venait serrer dans ses bras une fois de plus Vicky :

    - Tu nous a tellement manqué.. Tu ne peux pas savoir comme je suis heureuse de te revoir enfin.
    - Et moi donc. On vous a cherché partout.. En tout cas, ton anglais s’est nettement amélioré. Je vois que les cours particulier de Monsieur Walker ont payé.

    Elle riaient complices comme si le temps n’avait en rien changé leur relation. Difficile de se quitter toutes les deux, elles se tenaient la main comme deux soeurs se retrouvant après des moments compliqué. Tout le monde se mit à table et Pocahontas fut placée aux côtés d’un James vieillissant. Il lui faisait de la peine malgré toutes les horreurs qu’il avait pu dire et penser d’elle. Sa conscience lui disait de pardonnait quand sa méfiance lui rappelait encore et encore les horreurs subies. Pourtant, elle fit un pas vers lui en lui proposant d’examiner sa toux :

    - Je viendrais vous voir demain. Nous examinerons votre buste avec Gabriel. Car, oui.. Sachez-le.. Votre fils va devenir médecin.

    C’était une nouvelle sans précédent pour les Walker qui n’avaient pas eu vent de cette nouvelle encore. Vicky observait avec surprise son frère quand James se rembrunissait à cette idée. Pocahontas avait oublié que William avait été lui-même un médecin, sans doute son père vivait mal ce remplacement. Après avoir frotté sa barbe et soupiré lentement il ne pu s’empêcher de dire :

    - J’ai toujours su que ce métier été fait pour toi. Je suis désolé de t’avoir détourné de ton véritable destin.

    La brune avait gardé son souffle en réserve. La mine du patriarche Walker avait prédit qu’il aurait explosé de chagrin suite à cette révélation. Même Kisos semblait respirer de nouveau. James semblait étrangement ému et observa avec fierté son cadet. Gabriel était à l’autre bout de la table au plus grand désespoir de Pocahontas qui aurait voulu lui tenir la main. Un regard devrait donc suffire pour le moment. La conversation repartie grâce à Kisos qui expliquait à son grand-père tout ce qu’il avait pu faire en Floride, la chasse, la pêche, la domestication d’un aigle. Tout ça semblait faire rêver le vieil homme qui donnait même des conseils à son petit-fils.

    Bree pendant ce temps, expliquait comment elle avait retrouvé ses parents grâce à Aponi. Elle en venait à leur dire qu’elle avait croisé les fameux double de Anya et Garrett ce qui les fit frissonner de terreur. Mais surtout, elle évoqua quelque chose qui parlait à Pocahontas mais qu’elle n’avait pas su encore formuler :

    - Nous possédons des corps astral. C’est en me télé-portant en quelque sorte que j’ai su où les chercher. Aponi m’a confié ce savoir mais je serais bien incapable de recommencer tant il requiert beaucoup d’énergie.
    - Tu dis que tu as pu transposer ton âme en dehors des lignes temporelles ?
    - Exactement. En passant par la méditation et la concentration.

    Bien sûr que ça parlait à Pocahontas puisque c’est ainsi qu’elle avait pu survivre à ces long mois sous le joug de Avery. Son âme l’avait littéralement quitté quand son corps subissait encore et encore ces horreurs. Voilà pourquoi elle semblait avoir tout oublié. En prenant conscience de ce fait, sa main se mit à trembler. C’était comme si son corps et son âme rentraient de nouveau en fusion et qu’elle prenait conscience de tout ce qui s’était passé.

    Rapidement, elle dissimula sa main tremblante en priant intérieurement que personne ne l’ai vu. Son trouble l’avait rendue blême et elle bu une gorgée d’eau de sa main valide. Heureusement, Charlie et Kisos annonçaient la décision du jeune homme à vouloir rester à Edimbourg pour ses études et cela détourna la conversation un instant, permettant à Pocahontas de se recentrer sur elle-même. Mais diable que le repas était long.

    Elle ne mangea plus rien de la soirée. Et son état s’empira lorsqu’elle sentit la main, pourtant douce, de Gabriel sur son épaule, plus tard dans la soirée. Elle en renversa son thé sur sa robe et poussa un cri de surprise qui étonna tout le monde :

    - Pardonnez-moi, expliquait-elle d’une voix tremblante, je suis épuisée par le voyage et toutes ces émotions. Je vais aller m’allonger. Profitez de la fête sans moi je vous promet que tout va bien.

    Kisos insista pour la raccompagner, même Nashoba mais elle refusa net. Elle avait besoin d’être un peu seule. Montant les escaliers rapidement, elle se réfugia dans la chambre en fermant vivement la porte comme persuadée d’être poursuivie par ce démon. C’était abominable, elle sentait son parfum, sa présence près d’elle. Terrorisée, elle vint se calefeutrer dans un coin de la chambre pour reprendre son souffle et ses esprits.

    - Fais du tri.. Tu es en sécurité.. Tout va bien.. Il est mort.. Il est mort.. C’est finis.. C’est finis..

    Lorsque Gabriel surgit dans la chambre peu de temps plus tard, elle était quelque peu calme. Ayant retiré sa robe, elle finissait de s’enduire d’huile de monoï, sa nouvelle extravagance du moment, pour hydrater sa peau. Perdue dans ses pensées, elle en oubliait même qu’il était là et sursauta de nouveau en l’entendant près d’elle :

    - Tout.. Tout va bien ? Vicky est si heureuse.. Elle est vraiment heureuse de te revoir tu sais.. J’avais oublié cette affection maternelle qu’elle avait toujours pour toi.. Je suis rassurée de la savoir parmi nous de nouveau tu sais..


    immarcescible, Posté le jeudi 14 avril 2022 09:34 Répondre

    Gabriel jouait son rôle à la perfection. Doux, attention, rassurant, tout ce dont Pocahontas n’avait absolument pas eu l’habitude lors de la naissance de Kisos. Enveloppée dans ses bras de douceur si puissant, elle se lovait contre lui en y cherchant sa tendresse. Il lui donnait tout sans aucune condition. Comment ne pas aimer cet homme au coeur si vaillant, pur et doux. Calmée par ses caresses, ses mots, elle vint à essuyer ses larmes qui n’en finissaient plus de couler. Sa main et ses lèvres si douce vinrent se poser sur la petite grosseur de son ventre ce qui lui redonna un léger petit sourire. Pour lui aussi c’était une découverte. Le regardant avec tendresse, elle caressa sa crinière brune en riant doucement suite à ses mots :

    - Et je vais continuer à grossir alors j’espère que tu ne vas pas avoir trop peur. Je pense que notre petit bébé va avoir besoin de place au vu de tout ce que je mange avec déraison.

    La jeune femme se détendait enfin. Elle se sentait plus encline à écouter ses mots rassurant et logique. Après tout, Kisos devait bien partir un jour même si c’était beaucoup trop tôt pour la jeune mère. Venant se rasseoir à califourchon sur Gabriel elle profita de cette position pour pouvoir embrasser ses lèvres quand ses mains caressaient ses joues avant de se stopper après avoir eu une idée :

    - Laissons le un mois ici et partons en voyage de noces. Tu me disais qu’il y avait tant de choses à visiter en Ecosse. Je veux mieux connaître ton pays Isha. Allons sur ces petites îles dont tu me parlais tant. Juste nous deux.. Laissons lui un mois et quand on reviendra on verra si il aime véritablement Edimbourg et les études. Qu’en penses-tu ?

    C’était une idée sur laquelle ils devaient réfléchir tous les deux. Mais les coups portés à la porte leur rappelaient qu’ils étaient attendus dans le petit salon pour le fameux repas. Pour l’occasion, Anya avait fait livré pour Pocahontas une robe toute particulière. Il s’agissait d’une réplique de la tenue qu’elle portait lors du fameux bal. C’était avec émotion que la jeune amérindienne la voyait et vint vite à la dissimuler à Gabriel pour lui faire la surprise.

    - Va te changer dans l’autre pièce. Je te rejoindrais avec les autres !

    Heureusement qu’une des servantes d’Anya était là pour l’aider. Après avoir laborieusement ceinturait ses hanches par un corset qui faisait ressortir un peu son ventre plus épais, elle enfila le tissu si léger et volant qui lui dévoilait un dos nu très sexy. Ses cheveux avaient été relevé en un chignon bas qui adoucissait son visage un peu fatigué. Mais surtout, elle se parfuma d’essence de jasmin, qui était le détail qui faisait toujours chavirer Gabriel.

    Devant la porte d’entrée se tenait un Kisos en kilt. Il était si beau et adorable de la sorte. Le coeur de Pocahontas fondait en le voyant ainsi et des larmes voulaient quitter ses yeux pour se répandre sur le visage de son fils. Le prenant et le serrant dans ses bras, elle lui murmura des tendre surnoms en amérindien ce qui le fit rire. Il faisait la taille de sa mère et c’était impressionnant pour un enfant de quatorze ans même si il était vrai que la brune était bien petite en comparaison.

    - Tu es si beau mon Kisos. Ton père va être fier de te voir porter les couleurs de sa famille.
    - Oui mais regarde, dit-il en lui montrant sur sa ceinture le fameux poignard offert par Nashoba, j’ai aussi un peu de toi sur moi. Toujours.

    Il n’en fallait pas plus pour faire pleurer la jeune femme qui dissimulait avec difficulté ses larmes couler. Kisos était inquiet de voir sa mère dans un tel état mais elle le rassura en lui expliquant qu’il s’agissait essentiellement de fatigue et d’émotion. Une fois qu’elle fut calmée, le jeune homme offrit tel un gentleman son bras à sa mère qui le prit possesivement. Ils descendirent d’un pas tranquille jusqu’au petit salon où tout le reste de la bande, de la famille les attendaient. Gabriel était si beau dans son costume que Pocahontas ne rêvait que d’une chose, se jetait sur lui. Les yeux brillants de joie et d’émotion, elle lui offrit son sourire éclatant qu’elle ne réservait qu’à lui. C’était comme si elle flottait lorsqu’il la regardait de la sorte. Devant lui, elle venait le saluer modestement comme le font les Powhatan et murmura sur le ton charmeur de l’humour :

    - Enchanté Monsieur Walker. Je dois faire vite car mon mari risque d’arriver mais je dois vous dire que je suis absolument charmée et éblouie par votre beauté. Enfuyons-nous ensemble dès ce soir qu’en dites-vous ?


    immarcescible, Posté le mercredi 13 avril 2022 20:03 Répondre

    La route pour l'Ecosse avait été sereine pour Pocahontas. Néanmoins, elle souffrait de voir Gabriel dans un tel état. Quand les nausées matinales s'étaient stoppées pour elle, elles avaient fait un carnage chez son époux qu'elle n'avait pu approcher qu'en de rare occasions. Mais l'arrivé à Edimbourg semblait avoir tout changé. Là, il revivait et reprenait des couleurs. Tout le monde en allait de son commentaire sarcastique quand la jeune femme se sentait juste soulagée de le voir sourire de nouveau. Dans la calèche qui les conduisait au château des Hedlund, elle écouta surprise la demande de Kisos.

    - Tu.. Tu voudrais rester à Edimbourg ? Mais.. Mais mon chéri tu n'as que treize ans et.. et tu ferais quoi ici ?
    - Et bien j'irais à l'école. J'aimerais beaucoup être vétérinaire. Sauver les animaux comme Kal et ouvrir un orphelinat pour les animaux abandonné. Ou alors je voyagerais dans le monde entier pour trouver des nouvelles espèces à protéger.

    Pocahontas devenait blême à son tour. Son bébé, son petit garçon voulait la quitter. Toute mère se sentirait fière de le voir prendre son envol quand l'amérindienne sentait son coeur se briser à cette nouvelle. Heureusement, Gabriel sut mettre un terme à cette conversation qu'ils auraient à un meilleur moment. L'arrivée au château et tout le faste des Hedlund surprenait à chaque fois la brune. Et comme à chaque fois, elle était terriblement mal à l'aise dans ce genre de lieu. Se faisant discrète, elle suivait Gabriel jusqu'à leur chambre où ils pouvaient se rafraichir avant le dîner donné ce soir là.

    Profitant de ce moment, Pocahontas décida de prendre un bain chaud. Blottie contre le buste de Gabriel, elle savonnait délicatement ses mains dans les siennes avant de reprendre cette fameuse conversation à propos de Kisos :

    - Tu crois que c'est une bonne idée ? L'envoyer en pension ici pour qu'il fasse des études ? Jamais je n'aurais pensé qu'il nous demande une telle chose.. Je.. Je ne sais pas si je supporterais qu'il soit aussi loin de nous. Il grandit trop vite, ça m'effraie tu ne peux pas savoir à quel point.

    En effet, elle se recroquevillait sur elle-même en proie à des larmes qui glissaient sur ses joues. L'un des effets de la grossesse qui était les hormones prenaient vie. Pocahontas pleurait en dissimulant son visage contre ses mains persuadée que leur fils les abandonnait :

    - C'est mon bébé.. Je ne veux pas qu'il parte.. Mais je comprends qu'il veuille aussi de sa propre vie.. Isha.. Qu'est ce qu'on doit faire..? Je veux revenir quelques années en arrière et retrouver mon bébé..


    immarcescible, Posté le mercredi 13 avril 2022 09:09 Répondre

    La nervosité de Gabriel attendrissait sa femme. Toutes les questions qu'il posait étaient légitimes et elle sentait qu'il voulait s'impliquer dans le plus de chose possible. Pocahontas lui répondait à chaque fois le plus sereinement possible quand elle profitait surtout des multiples caresses et attentions de son époux. Ce qu'elle aimait cette partie du colosse. Elle le savait impitoyable et d'une sauvagerie sanguinaire, pourtant, elle le trouvait toujours aussi touchant lorsqu'il posait ses mains si douce sur son corps si frêle :

    - Tu ne dois jamais voir les choses de manière trop littérale Isha. La vie, comme cette malédiction, n'est ni plus ni moins qu'une sensation. Ce que te disaient les Esprits c'est qu'en faisant naître la vie à deux cela ne pourrait que faire reculer la mort et le pessimisme de nos existences. Nous allons avoir encore des embûches sur notre chemin, tout un tas. Mais tout ce qui entourait ton aura malfaisant et qui nourrissait le monstre en toi va disparaître puisque Sora est la promesse d'une nouvelle vie. D'une autre chance.

    Puis, soudain, la venue d'une petite boule de poils terriblement adorable surgit de nulle part. Pocahontas ne pouvait que fondre devant cet amour de chien si velu et attachant. Il s'approchait du jeune couple sans peur et vint même se blottir entre eux sa longue langue rose chatouillant les doigts de la princesse. Cela la faisait doucement rire quand elle répliquait :

    - J'en connais un autre qui va être plus que ravi à mon avis.

    Bien entendu, elle parlait de Kisos. Mais pour le moment, le présent de Chayton l'a touchait beaucoup. En effet, le vieux chef n'avait pas aimé apprendre que le jeune couple de médecins allait quitter leurs terres. Pour autant, Pocahontas avait formé quelques amérindiens au métier du soin. Il n'empêche que cela était aussi une terrible épreuve pour les Powhatan de voir l'une des leur de les quitter. Mais la jeune femme ne se formalisait pas, sa seule préoccupation était sa famille et rien de plus. Ils finirent par se coucher blottis l'un contre l'autre à se caresser et s'observer tendrement quand Kal dormait à leurs pieds.

    Le départ pour l'Ecosse débuta au petit matin. Après avoir béni leur voyage, les Powhatan accompagnèrent le groupe qui partait jusqu'aux limites de la réserve. Pocahontas leur avait laissé les titres de propriété ainsi que les clés du manoir afin qu'il devienne un hôpital et un refuge pour tous les nécessiteux. C'est avec émotion qu'elle quitta une fois de plus les siens même si elle savait que c'était la meilleure des choses pour sa propre famille. Arrivés à Fort Lauderlade en fin de journée, ils dormirent dans un petit hôtel. Le bateau ne partirait qu'au petit matin désormais. Ils avaient notamment pris un peu de retard avec les jumelles qui avaient eu besoin de soin. Quelques moustiques inoffensif les avaient piqués mais avaient alimenté la peur viscérale d'Anya. Pocahontas ne pouvait que comprendre.

    Blottis une nouvelle fois l'un contre l'autre dans un lit sommaire, Pocahontas observa Gabriel qui s'endormait lentement au fur et à mesure des multiples caresses de son épouse qui vint à murmurer :

    - Isha ? Isha ? Tu dors ? Et si ils refusent de nous accepter à Mallaig ? Qu'est-ce que nous ferons ? Où irons-nous ?


    immarcescible, Posté le mardi 12 avril 2022 21:19 Répondre

    - Oh non mon amour, murmurait inquiète Pocahontas, ne pleure pas..

    Mais c'est après qu'elle découvrit qu'il s'agissait de larmes de joie. Rassurée, elle le couvrit elle aussi de baisers en caressant ses boucle brunes quand il couvrait à son tour son ventre de douces paroles et baisers. La brune en riait, heureuse de le voir si tendre et attentionné. Elle se remémorait le jour où Aponi lui avait précisé qu'elle attendait Kisos. La peur et la joie qui l'avait envahie. Mais aussi, ce sentiment de solitude. Or, là, elle était entourée de toute sa famille pour cette nouvelle page de leur histoire et elle ne pouvait pas être plus heureuse surtout en voyant la mine radieuse de Gabriel :

    - Tout va très bien se passer ne t'en fais pas. Je suis enceinte et pas malade Monsieur Walker. Tu devras juste me masser les chevilles de temps en temps et m'assurer que je ne suis pas trop grosse en continuant de me faire l'amour.

    Comme elle le connaissait bien, comme Mary. Elles avaient toutes les deux prémédités les futures prises d'inquiétude du colosse et sa possessivité maladive sur elle et le futur bébé. Mais pour le moment, elle ne pensait à rien de tout ça puisque le voir si heureux la comblait. Ses yeux brillaient d'un bonheur qu'elle n'avait vu que le jour de leur mariage et elle ne pouvait sentir que de la fierté et du bonheur elle aussi à le voir ainsi. Ils prirent ensuite la route vers la maison où tout le monde les attendaient pour le fameux repas. Le barbecue brulait déjà dans la petite cheminée extérieure et Mary leur faisait signe de vite venir :

    - Kisos va dévorer toutes les côtelettes. Cet enfant est pire que son père quand il s'agit de viande !

    Tout le monde riait à la remarque de la vieille gouvernante quand Gabriel était encore tout excité et nerveux de la nouvelle annoncée par la jeune femme. Pocahontas souriait, plus détendue et moins surexcitée que son époux et le laissa annoncer la bonne nouvelle à tout le monde. S'ensuivit toute une foule de remerciements et d'exclamations. Kisos lançait son cri de joie Powhatan, suivis de Nashoba quand Charlie s'y essaya aussi. Toute la famille était réunie, heureuse et sincèrement comblée. Même Millie les enlaça d'un long câlin qui surpris Pocahontas.

    - Tout est donc possible, murmurait la blonde à son amie, je crois bien que tu as raison. En quittant la Floride je vais y laisser mes vieux souvenirs et mes vieux démons. Moi aussi je veux vivre.

    Pocahontas lui souriait et embrassait sa joue avant de se faire entraîner par son époux qui lui chargeait son assiette de diverses nourriture. Kisos avait mille et une questions pour sa mère notamment sur le sexe du bébé. Il savait que ce serait une fille mais il ne pouvait s'empêcher de demander si les Esprits pouvaient changer le sexe :

    - Non pas qu'une soeur me dérange mais avec un frère je pourrais aller faire du tir à l'arc !
    - Je te ferais dire que les filles aussi font du tir à l'arc Kisos, ronchonnait Millie, même que ta tante est capable de tenir tout un équipage de pirates par les couilles.
    - Millie !

    Tout le monde s'insurgeait quand Charlie et Kisos pouffait de rire amusés. Pocahontas embrassa la tempe de son petit garçon et lui expliqua que le sexe du bébé ne demandait de personne, pas même les esprits et qu'il serait parfait comme il est. Peu importe son genre. A la fin du repas, l'amérindienne avait le ventre gonflé de nourriture. La fatigue de la journée s'abattit sur elle. Posant sa tête contre le bras de son époux, elle écoutait avec douceur la voix de Binki qui chantait une vieille chanson écossaise qui parlait d'une montagne, de l'été et d'une jeune femme qui s'apprêtait à quitter son amant. Pocahontas enlaçait ses doigts à ceux de Gabriel quand l'émotion de rentrer à la maison la submergea. Ô oui, elle avait hâte de rentrer. Relevant son visage vers celui pour qui elle traverserait l'océan de nouveau elle murmura à son encontre :

    - Je t'aime..


    immarcescible, Posté le mardi 12 avril 2022 19:22 Répondre

    Deux mois passèrent depuis son mariage avec Gabriel. Pocahontas se sentait bien, en forme et pleine de joie. C'était comme si son esprit et son corps avait anéantit toute trace des supplices qu'elle avait vécu tout ce temps en Amérique. Non, là, elle savourait chaque moments avec son époux, avec Kisos qui grandissait à vue d'oeil et cet enfant qui grandissait en elle. Bien sûr qu'elle était au courant de son état, mais elle attendait d'être sûre avant de pouvoir en faire part à Gabriel et tout le monde. La jeune amérindienne n'avait pas un utérus très solide et elle craignait l'arrivée d'une fausse couche. La peur l'empêchait de parler mais son époux avait l'oeil en ce qui la concernait, aussi, elle restait très prudente. Seulement, les nausées matinale ne pouvait être toujours dissimulée.

    - Je te promet que je vais bien. J'ai seulement du manger quelque chose de pas bon.. Ne t'en fais pas je te le dirais si ça n'allait pas je te le promet.

    Mais Mary, elle, avait compris. Elle connaissait bien les femmes Walker et elle avait vu que la jeune amérindienne n'avait pas eu ses saignées depuis un moment. Pocahontas laissa tout le monde quitter le domaine ce matin là. Les garçons devaient aller en ville pour préparer le futur voyage pendant que la jeune femme s'occupait de quelques patients. Lorsque tout le monde fut partit, la vieille Mary s'approcha de sa protégée et lui désigna son ventre un sourire en coin :

    - Alors ? Depuis combien de mois ?
    - Tu as l'oeil partout Mary, répondit en souriant Pocahontas, je crois bien que ça fait deux mois. Mais je ne veux pas affoler Gabriel encore avec ça.
    - Il va vouloir protéger.. non, vous surprotéger c'est ce qui te fais peur ?
    - Bien sûr. Il n'a pas vécu avec moi la grossesse de Kisos et j'ai peur que ça l'affecte un peu trop.
    - Tu as conscience que tu ne pourras bientôt plus lui dissimuler.

    Bien sûr qu'elle le savait, mais elle avait encore plus peur de la réaction de son époux. Peut-être devrait-elle prendre le temps de lui expliquer et de tout simplement le rassurer. Elle prit du temps pour ses patients cette matinée là et décida ensuite de monter à cheval pour aller tirer à l'arc. Se promenant une partie de l'après-midi, elle prit le temps de réfléchir, de poser ses pensées. Une partie d'elle semblait aussi triste de quitter son peuple même si d'elle-même elle savait que c'était mieux. Chaque jour passé en Floride ne faisait que renforcer leur place au sein des Powhatans et la crainte de voir une nouvelle guerre surgir l'affectait bien plus encore. Elle devait mettre sa famille en sécurité.

    En début de soirée, elle rentra enfin. Tout le monde était réuni dans le jardin et Kisos accourut à elle. Il faisait quasiment sa taille désormais et cette pensée l'ému toute particulièrement. Même si elle savait parfaitement à quoi ressemblerait son fils dans les prochaines années, elle ne pouvait s'empêcher d'être toujours aussi surprise de le voir grandir.

    - Duda a préparé tout un repas avant notre départ, expliquait le petit garçon, il a même fait du gâteau au chocolat.
    - Ton Duda sait comment m'amadouer, aurait-il quelque chose à m'avouer ?

    Ils riaient tous les deux avant de rejoindre le groupe où la bonne humeur et la musique résonnait. Charlie chantait et dansait quand Garrett jouait de la guitare. Anya berçait les jumelles qui dormaient d'un sommeil lourd quand Binki tentait une approche avec une Millie encore traumatisée. Mary apportait des multitudes de plats et Nashoba tapotait sur la table en dansant sur son tabouret. Enfin, apparut Gabriel qui semblait soucieux. Vite, elle devait le rassurer et posa une main sur ses lèvres pour le faire taire :

    - Je vais très bien mon amour. Viens, j'ai juste quelque chose à te confier.. Ça t'ennuie si on marche un peu ?

    Enlaçant le bras qu'il lui tendait, elle le suivit sur le petit chemin qui descendait vers le fleuve. Après l'avoir écouté évoquer la journée et les passe-droits difficile à obtenir, elle vint se blottir contre lui. Elle mit un moment avant de finalement s'asseoir dans les hautes herbes et l'entrainer avec elle. Assise, elle se blottissait une nouvelle fois près de lui et pris sa main dans la sienne :

    - Je suis heureuse de rentrer à la maison tu sais. J'ai tellement hâte de retrouver notre foyer, nos habitudes. J'en ai tellement rêvé de toi, Kisos, moi et..

    Avec douceur, elle déploya la main de son époux dans la sienne et la déposa sur son ventre encore plat. Pocahontas regardait avec émotion sa main qui couvrait quasiment son ventre. C'était un moment tout particulier pour elle et cela la faisait sourire tendrement. Relevant ses prunelles d'un noir profond et tendre, elle offrit ce sourire si particulier à Gabriel pour enfin finir sa phrase :

    - ... et elle mon amour.. tu disais dans ta vision que pour faire fuir la mort il fallait faire naître la vie.. C'est elle.. C'est elle la solution à ton énigme.


    immarcescible, Posté le mardi 12 avril 2022 10:08 Répondre

    Pocahontas a beaucoup de chance ce soir. Le Gabriel romantique et bavard est une espèce très rare qui la passionne toujours autant. Attentive, elle l'écoute évoquer les stratagèmes qu'il avait mis en place lors de leurs rencontres tout ça pour pouvoir être avec elle. Un sourire amusé et attendri se formait sur ses lèvres. Il la faisait sourire car elle savait très bien qu'elle aurait fait la même chose si cela avait été l'inverse. Ses doigts faisaient des dessins imaginaires sur son buste jusqu'à descendre lentement sur le bas de son ventre où se réveillait son désir insolent.

    Des frissons parcourait son échine rien qu'à le voir se redresser. Elle s'étonnait toujours de voir cet homme si parfait avoir autant de désir pour elle, si inexpérimentée. Déposant un baiser sur son cou quand elle frôlait de ses doigts frais son membre dur et relevé, elle répondit enfin à sa question avec espièglerie.

    - Si tu avais atterrit auprès de mon peuple mon pauvre amour tu aurais bien souffert. Pour m'obtenir il aurait fallut que tu passes différentes épreuves, devienne un guerrier et ensuite que tu combattes Dezba. Même si aujourd'hui je suis libre de choisir qui aimer, pendant ma jeunesse j'étais soumise encore aux lois amérindiennes et à la décision de mon père.

    Sa main prenait le relais sur ses doigts et lentement, elle caressait la base de son désir qui grossissait entre ses doigts. Elle se sentait si puissante lorsqu'elle voyait le visage de désir de son époux. Ses dents en mordillaient son cou, sa mâchoire :

    - Mais je t'aurais donné mon âme.. Je nous aurais lié autrement Isha, parce que malgré tous les impératifs de mon peuple et mes devoirs je ne réponds qu'aux devoirs de mon coeur. Et tu es mon coeur, mon âme.

    La douceur des dents de Pocahontas sur la peau de Gabriel était faite exprès. Lentement, elle quittait ses lèvres pour rejoindre son buste et continuer de descendre et descendre jusqu'à la source de son excitation. Ses lèvres enveloppait son sexe avec douceur et tournoyait lentement sensuellement sur le dessus. Les ongles de la jeune femme griffait délicatement ses cuisses avant de remonter à ses bourses qu'elle massait. Ce qu'elle aimait savoir qu'elle lui donnait du plaisir, qu'il la chérissait entre chaque gémissement. Ce qu'il était beau à se laisser donner de la sorte. Son propre bassin était brulant et empli de papillons rien que d'y penser. Elle s'osa à creuser les joues et l'aspirer au plus profond de sa bouche. Elle le sentait frôler sa gorge ce qui lui sembla si surprenant puisqu'elle l'entendit pour la première fois pousser un gémissement qu'elle ne connaissait pas. Cela l'amusa.

    Lorsqu'elle vit qu'il s'apprêtait à venir, elle se stoppa et vint se redresser. Sans attendre, puisqu'elle était déjà bien humide, elle l'attira en elle ce qui la fit pousser un long gémissement de plaisir. Cambrée contre le bassin de son époux, elle renversait un instant son visage en arrière, mordant sa lèvre. Elle prit un instant pour le laisser souffler quand elle s'amusait à jouer de son étroitesse dès le début. Son intention de le rendre fou était sa principale satisfaction. Une fois qu'elle le sentit moins nerveux, elle débuta des mouvements de bassin plutôt lent, mais c'était pour mieux contempler Gabriel sous elle quand elle prenait appui sur son buste.

    - Isha.. Regarde-moi, murmurait-elle en gémissant, fais-moi l'amour.. Mh.. oui.. Fais-moi l'amour..


    immarcescible, Posté le lundi 11 avril 2022 15:07 Répondre

    Son corps irradiait d'un plaisir insolent. Pocahontas serrait entre ses l'épais et confortable oreiller qui avait subis ses nombres râles de plaisir. Les yeux clos, elle savourait la divine sensation de son épiderme encore redressée après les multiples caresses de Gabriel. Ô oui.. Elle était devenue accro à son ardeur et sa fougue. Cela la faisait doucement sourire quand elle mordait encore ses lèvres en ressentant quelques décharges de plaisir.

    - Mh.. Tu sais.. Je ne suis pas contre pour que tu me mettes dans cet état tous les soirs..

    C'était quelle devenait plus sûre d'elle la petite amérindienne. En ouvrant les yeux, elle pu à son tour dévorer du regard son époux dont le corps si parfaitement dessiné la rendait à chaque fois toute chose. Sa main se tendit vers lui et le ramena contre elle de sorte à se blottir contre lui. Ses bras encerclaient son buste quand son visage s'enfouissait dans son cou pour embrasser la peau fine de celui-ci. Elle ronronnait discrètement tout en léchant la sueur de sa peau :

    - Rassasié mon amour ? Ou est-ce que tu désires un autre petit dessert ?

    Avec délicatesse elle se haussait contre lui et vint caresser de son nez celui de Gabriel de sorte à être face à lui. Ses doigts caressaient lentement son visage qu'elle contemplait avec cette tendresse qui la caractérisait toujours lorsque ses yeux étaient posés sur Gabriel. Ses lèvres déposaient un léger baiser sur les siennes avant de sourire tendrement. Au loin on pouvait entendre des chouettes hululaient et les tambours des amérindiens qui jouaient en rythme. Pocahontas sentait son coeur se calmer tout doucement et sa peau frémir encore des caresses du géant écossais dans son lit :

    - J'ai encore du mal à croire que je suis enfin ta femme Gabriel Walker. Mais je suis si heureuse de cet honneur que tu me fais. Je n'ai pas pu te le dire dans mes voeux mais.. mais je te jure de toujours tout faire pour te rendre heureux mon adoré.

    De nouveau taquine, elle ne pu s'empêcher de doucement rire en repensant à quelque chose en particulier. Gabriel voulait savoir pourquoi elle riait mais elle refusait de le dire. Après multiples supplications, elle vint alors se confier amusée quand ses joues rougissaient de gêne :

    - Je repensais à cette fameuse nuit où nous nous sommes embrassés langoureusement.. Tu sais, au bal. Quand Sam et Vicky nous ont surpris.. Et bien.. Et bien le soir même.. Dans mon lit.. J'ai.. C'est gênant..

    Vite, elle dissimula son visage entre ses mains en riant de gêne. Blottie contre Gabriel, elle lui avoua finalement ce qu'elle avait fait :

    - Il faut que tu saches que les femmes de mon peuple préparent toujours les futures épouses aux plaisirs du corps. Il y a des exercices à faire, comme.. comme les caresses à se donner individuellement.. Ils considèrent que nous devons nous connaître avant de pouvoir nous offrir à celui dont on est prédestiné. Nashoba lui a passé beaucoup trop de temps seul dans sa tente avant d'avoir une épouse, expliquait-elle en riant, si bien qu'aucune fille ne voulait de lui pendant un temps. Enfin bref, toujours est-il que quand j'ai commencé et bien je n'y arrivait pas. On me disait de penser à mon Dezba mais je n'y arrivais jamais jusqu'au jour où..

    Enfin, elle releva ses yeux hésitant sur le brun et mordit sa lèvre encore toute rouge de gêne avant de murmurer comme un secret :

    - .... jusqu'au fameux soir près du lac où j'ai senti tes mains me posséder, tes lèvres me guider et tes râles.. ô Isha.. Quand tu gémis mon corps se liquifie tu sais.. Quand tu murmures ces fameux mots que tu disais tout à l'heure ça me.. ça me rend tellement folle de désir..


    immarcescible, Posté le dimanche 10 avril 2022 11:54 Répondre

    Si il y a bien quelque chose que Pocahontas aime plus que tout, c'est surprendre Gabriel Walker. Il a toujours cette petite moue étrange mais si adorable qui la fait craquer. Ça signifie aussi pour elle qu'elle est encore encore une petite énigme pour celui qu'elle venait d'épouser. Et tout ça, malgré la dizaine d'années passées à ses côtés. Le beau brun sut comment bouger de son épouse et sans s'en plaindre, elle le laissa totalement faire non sans rire pour autant. Ce qu'elle aimait la légèreté de son époux. Ce qu'elle aimait sa spontanéité. Pendant qu'il s'enfouissait sous ses jupons, elle agrippait le coin de la table en mordant ses lèvres. Le plaisir la consumait, surtout en sentant les doigts du brun sur son intimité qui était déjà bien brulante et humide lorsque surgit de nulle part Kisos.

    Rapidement, la jeune femme se redressa et posa une main sur la tête de Gabriel. Ses joues étaient rougies par la gêne quand elle balbutiait prise entre le plaisir que le brun lui donnait et la demande de son fils qui n'était pas vraiment raisonnable.

    - Ki.. Kisos.. Je vais bien.. Je priais juste. Mh.. Concernant Charlie et toi, je.. euh... ce n'est pas très raisonnable.. vous.. vous êtes encore jeunes pour..
    - Tout va bien Ma' ? Tu sembles avoir très chaud. Tu veux que je te fasse une tisane ?
    - NON ! N'avance pas, tout.. tout va bien.. Je.. Bon allez-y !
    - Tu es sûre ? Tu veux que j'appelle Duda ?
    - Tout va très très très bien mon chéri, file avant que je change d'avis.

    Heureusement que le jeune homme n'était pas difficile à convaincre. Avec vitesse il courut chercher sa dulcinée quand Pocahontas fermait les yeux sous le plaisir insolent que lui donnait son mari. Un rire dans la gorge s'échappa de ses lèvres quand elle releva le tas de jupon de sur la tête de Gabriel qui riait lui aussi :

    - Tu devrais avoir honte Gabriel Walker ! Notre fils va me prendre pour une folle maintenant.

    Elle relevait le brun contre elle pour lui donner un langoureux baiser. Ses mains s'amusaient à caresser ses boucles quand ses jambes s'enroulaient autour de ses hanches pour que son bassin danse contre le sien. A bout de souffle, sa langue lâcha la sienne afin qu'elle puisse lui demander plus sérieusement :

    - Emmène moi autre part que je puisse te donner ton dessert.


    immarcescible, Posté le samedi 09 avril 2022 15:29 Répondre

    Pocahontas était restée silencieuse à table. Elle voulait garder en mémoire cette scène si improbable de sa famille de nouveau réunies. Certes, il manquait Anya, mais tous étaient là malgré les épreuves et les années passées. La jeune femme souriait, émue et ne pouvait s'empêcher de sourire en entendant les garçons évoquer le whisky jusqu'à ce que Kisos avoue avoir déjà bu de la bière. Bien entendu que la jeune femme allait assassiner Chevalier en arrivant à Mallaig. La soirée avait été si douce qu'elle aurait voulu que rien ne perturbe cet instant de bonheur si rare et simple.

    Le moment de la vaisselle fut aussi tout particulier. Assise sur le plan de travail à côté de l'évier, elle contemplait son époux d'un jour s'activer à cette tâche si triviale. Et pourtant.. Et pourtant tout son être était en feu en le voyant ainsi. Mangeant des baies ramassées par Betty, elle ne pu s'empêcher d'offrir à Gabriel un sourire en coin, insolent :

    - Je croquerais tes fesses je dois bien l'avouer. Mais j'aimerais surtout que tu sois aussi peu délicat avec moi que tu l'es avec cette vaisselle.

    Ô oui, le feu qui envahissait Pocahontas enflammait tous ses sens et la rendait taquine. Cherchant à déstabiliser Gabriel et profitant que tout le monde soit sortit pour une balade nocturne, elle agrippa le col de chemise de son époux pour le faire venir entre ses cuisses. Ses lèvres venaient chercher les siennes dans un baiser avide, passionné et enflammé quand sa main libre agrippait ses fesses si ferme. Lorsque sa langue et ses lèvres eurent finis de s'en prendre aux siennes, elle mordit sa lèvre inférieure en murmurant :

    - Trop de temps perdu à te perdre et ne pas pouvoir goûter à ta passion mon amour. Alors ? Cap ou pas cap de me prendre maintenant Gabriel Walker ?

    Voyant qu'il semblait un peu surpris, elle ria doucement avant de récupérer un peu de mousse et d'eau chaude de l'évier pour l'étaler sur sa chemise blanche. Ses yeux brillaient d'une excitation toute nouvelle qui lui donnait envie de le chercher quand sa main pressait son entrecuisse avec plaisir :

    - Imagine que je suis toute sale et que tu me laver entièrement. Que me ferais-tu pour que je brille de nouveau ?


    immarcescible, Posté le samedi 09 avril 2022 12:47 Répondre

    Bien souvent quand les garçons débutent leur fameux combat de coq, Pocahontas reste en retrait. Elle préféra écouter et les laisser répliquer sans trop intervenir. Elle jugeait qu'ils étaient bien assez grand pour savoir ce qu'ils avaient à faire surtout en ce qui concernait les enfants. Oh que oui, il valait mieux les laisser discuter entre eux. Il n'empêche que cela faisait bien rire l'amérindienne qui trouvait ces conversations tellement superficielles. Lorsqu'enfin Garrett partit, Gabriel revint à la charge ce qui la fit lever les yeux au ciel.

    Avec douceur, elle le fit s'asseoir sur le tartan de sa famille qu'elle avait déplié sur le sol tel un plaid. La jeune femme jouait à ramasser des fleurs et en faire des couronnes comme lorsqu'elle était enfant avant d'enfin répondre à son époux dont les tempes vombrissait encore de colère :

    - Nos enfants ont été élevés ensemble et à la perfection. Ils se découvriront forcément à un moment donc au lieu de paniquer, autant leur faire confiance. Plus nous leur parlerons et plus ils se sentiront suffisamment bien pour aborder ou non la chose.

    Mais Gabriel semblait toujours aussi soucieux ce qui fit sourire de plus belle la jeune femme. Posant un instant sa couronne de fleurs pour caresser la joue du beau brun, elle lui rappela avec délice les moments où eux-mêmes s'étaient mutuellement cherchés :

    - Je tiens à te rappeler que quand je t'ai rencontré que je n'avais que dix-sept ans Gabriel Walker et que tu ne m'embrassais pas comme un moine. Ou, est-ce que je dois te rappeler que si ta soeur et Sam n'étaient pas intervenus le soir du bal, tu m'aurais passionnément faire l'amour dans l'herbe près du fleuve ?

    C'était de doux souvenirs qu'ils n'avaient pas eu pour le moment encore le temps de repenser. Mais qu'est ce que cela faisait sourire Pocahontas. Elle semblait retrouver un ton plus doux, plus léger, apaisé. Sa main caressa la crinière endiablé du bel écossais avant de se remettre à confectionner sa couronne :

    - Ne jamais projeter sur nos enfants nos souhaits. Ça les conduit toujours à se conduire dans les pires situations. Le plus important est qu'ils aient confiance en eux et en nous. C'est tellement génial que Kisos soit venu te parler de cette érection. L'aurais-tu fais avec ton père honnêtement ? Ça prouve que tu es un père merveilleux en qui ton fils crois plus que tout et je suis tellement heureuse de ça si tu savais.


    immarcescible, Posté le vendredi 08 avril 2022 10:39 Répondre

    Gabriel devenir son apprenti ? Son acolyte ? Comment ne pas aimer cette idée ? Sa seule crainte était qu'il en vienne à détester passer plus de temps avec elle. Mais elle la garda pour elle cette crainte. Elle ne voulait pas commencer cette journée par une dispute avec son nouvel époux. Son tendre mari. Ils formaient une très bonne équipe, elle ne pouvait le nier et elle le félicita même de sa capacité à prendre des initiatives devant une telle tâche. Tout le monde n'est pas en mesure de pouvoir être soumis aux images sanguinolentes du corps.

    Ils rentraient vers le domaine main dans la main. Pocahontas l'observait en souriant doucement, surtout en voyant qu'il était euphorique de joie. Avoir aidé à sauver la vie quelqu'un semblait l'avoir transformé. Et si il s'agissait de sa véritable voie. La jeune femme l'écoutait silencieusement évoquer avec fascination tout ce qu'ils avaient pu faire pour sauver le jeune homme. C'était un passionné son époux et elle croyait en lui et la puissance de la médecine. Gabriel serait un médecin parfait pour la colonie.

    Avant qu'ils n'arrivent, elle ne pu s'empêcher de l'attirer contre elle. Après avoir déposé son sac de médecine sur le sol, elle prit le visage de son époux entre ses mains et lui donna un langoureux et tendre baiser. Ce qu'elle pouvait l'aimer, lui murmurait sa déesse intérieure.

    - Je t'aime Gabriel Walker.

    Elle n'avait clairement pas envie de rentrer et encore moins envie finalement de rester ici dans ce domaine. La jeune femme ne pu s'empêcher de penser au bonheur simple qu'ils avaient eu à Mallaig lorsqu'elle était revenue de son année auprès de ses soeurs. C'était ce qu'elle voulait, une vie tranquille à l'abris des autres. Elle n'en pouvait plus des autres. Caressant la joue de Gabriel, elle lui avoua ce qu'elle ressentait :

    - J'aime savoir que j'aide mon peuple mais.. mais je ne veux pas vivre ainsi à être dérangée tout le temps pour sauver tout le monde. C'est toi que je veux, c'est Kisos que je veux aussi. Notre famille c'est ce qu'il y a de plus important pour moi. Restons ici jusqu'au prochain bateau et jusqu'à ce que l'hiver arrive. Ensuite, rentrons à la maison tu le veux bien ?


    immarcescible, Posté le jeudi 07 avril 2022 19:36 Répondre

    - Mais ma parole, s’écriait Pocahontas, est-ce que toute l’Ecosse va débarquer en Floride ?

    Anya geignait de douleur en se tenant maladroitement le ventre. Elle refusait net les supplications de son amie qui essayait de la coucher. C’était qu’elle était butée la Duchesse. Malgré la confiance et la patience que pouvoir avoir l’amérindienne elle ne tint pas longtemps surtout qu’elle savait que le bébé pouvait être danger à agir de la sorte. Sa voix gronda en amérindien et cela eut don d’effrayer son amie qui fut bien obligée de s’asseoir sur le bord du lit. Une fois fait, Pocahontas enfouit son visage sous les jupons de la jeune femme et observa avec attention ce qui s’y passait :

    - Tu es bien dilatée en effet.. Il semblerait que le petit nouveau soit prêt à nous rencontrer.

    Pour plus de facilité, elle demanda à Binki qui était son assistante parfaite de l’aider à déshabiller la Duchesse. Une fois qu’elle fut vêtue de sa chemise pour dormir, les filles la laissèrent marcher pour atténuer la douleur des contractions pendant qu’elles concoctaient des baumes.

    - Bon sang ! Par tous les saints ! Qu’est-ce que fout Garrett ???
    - Il était partit en direction du port pour rentrer en Ecosse. Je suis désolée mais son départ a été retardé à cause de sa blessure, expliquait Pocahontas, mais il était bel et bien sur le chemin du retour.
    - Blessé ??? Mais par qui ?? Comment il va ??

    La mine d’Anya pris une teinte bien blafarde. Très vite son amie la rassura en lui expliquant ce qui s’était passé et qu’elle l’avait parfaitement soigné même si il garderait une jolie cicatrice dans le dos. La Duchesse semblait défaillir à l’idée que son époux ai pu connaître un sort funeste quand elle tempêtait contre lui. Ça faisait une heure qu’elles secondaient la Duchesse en lui massant le dos et lui donnant des tisanes à boire mais cette dernière les recrachait toutes en pleurant de douleur. Pocahontas tenta de masser son ventre ce qui sembla la soulager notamment grâce aux baumes à la lavande.

    - Je veux qu’il sorte.. Je n’en peux plus.. C’est pire qu’un démon qui me déchire de l’intérieur.. Poca.. Pitié.. Aide-moi..
    - Je vois un début de tête on va commencer le travail.
    - Mais Garrett ! Je veux Garrett, suppliait-elle en larmes quand la brune l’allongeait sur le lit, je vais le tuer si il n’est pas là !
    - Il va arriver. Il sait ô que très bien ce qui l’attend sinon.

    Pocahontas essayait de faire un peu d’humour mais Anya souffrait trop. Se concentrant, elle lui ordonna d’inspirer et d’expirer avant de se mettre à pousser et la félicita avant de lui ordonner de recommencer.

    En bas, Charlie jouait avec Mary qui était aussi du voyage bien entendu. Toute la famille était venue pour rejoindre les fameux Walker. Elle avait bien changé elle aussi depuis ces derniers mois et l’attente de voir Kisos la consumait de l’intérieur. Lorsque les chevaux du petit groupe arrivèrent enfin, elle se tint le plus fort possible à la rambarde pour ne pas lui sauter dessus. Les moeurs apprise en Ecosse lui apprenait à ne pas se conduire de manière trop exaltée. Pourtant, il était si beau avec ses peintures sur le corps qu’elle se sentait toute chose cette jeune adolescente.

    Mary venait saluer Gabriel avec affection et l’enlacer. Même si c’était une simple servante, elle avait toujours beaucoup affectionné ce petit bout d’homme qu’elle avait vu grandir. Rassurée de le voir en pleine forme et ayant retrouvé cette étincelle de joie et d’humanité dans le regard, elle caressa ses joues avec douceur en lui disant simplement :

    - Tu sembles si heureux. J’aime ce que je vois dans ton regard mo mhac. Malgré tout, je dois t’annoncer que Bree a quitté notre époque. Elle a passé les pierres pour retrouver ses parents.
    - Papa, papa, papa ! Vite maman va avoir son bébé !

    Garrett montait à toute vitesse à l’étage quand la petite fille venait se jeter dans les bras de Kisos. Le garçon la recevait avec joie avant de la transporter dans ses bras et la faire tourner. Les enfants étaient réunis. Toutes les âmes soeurs l’étaient. Se pourrait-il que tous aie enfin trouvé un peu de sérénité ? A vrai dire, les hurlements de douleur d’Anya s’intensifiait lorsqu’enfin l’enfant sortit et que Pocahontas pris dans ses bras une petite fille aux cheveux blond bouclé.

    - C’est une fille, annonçait-elle aux heureux parents avant de donner le nourrisson à Anya, mais Duchesse.. Je crains fort que ce ne soit pas finis.
    - Quoi ? Mais.. Pourquoi ?
    - Parce que je vois une seconde tête.

    C’était trop pour Garrett qui regardait avec appréhension son épouse. Un deuxième bébé qui arrivait quand ils venaient de se retrouver. Binki se chargeait d’emmailloter la première petite blonde qui gesticulait à tout va dans les bras de sa tante lorsque Pocahontas faisait lentement venir la seconde qui tardait. Anya semblait à bout de souffle, de nerf et de courage. Son corps devait expulser un autre enfant, quoi de plus normal. Il fallut encore quelques minutes avant que la seconde sorte avec un doux petit chant qui était loin du cri de la première.

    - C’est une fille aussi ! Félicitation Hedlund. Tu es une vraie machine à repeupler le monde des femmes.

    Pocahontas aimait toujours autant taquiner son vieil ami quand Binki déposait la première sur le buste d’Anya et nettoyait la seconde. Après avoir donné les derniers soins à la Duchesse, la brune laissa le couple se retrouver enfin et profiter de cette rencontre improbable avec leurs deux petites cacahuète. Une matinée peu orthodoxe en somme pour la nouvelle madame Walker ce qui la fit sourire. En descendant jusqu’au salon, elle trouva Mary buvant le thé avec Gabriel. Si heureuse de la voir, elle se jeta dans ses bras en lui demandant comment elle se sentait :

    - Parfaitement petite fleur. Je suis heureuse de vous avoir retrouvé. Maintenant je ne vous quitte plus. C’est compris ? Je vois que cette grande maison a besoin qu’on s’occupe d’elle, ce que je ferais. Entendu ?
    - Tu n’es en rien notre servante Mary. Je ne veux pas que tu t’occupes de tout, toute seule ainsi.
    - Ce sera une manière pour moi de payer mon loyer, répondit-elle en riant amusée, je suis bien trop heureuse de vous avoir retrouvé pour pouvoir repartir en Ecosse.
    - Alors tu es la bienvenue chez nous.

    La brune embrassait le front de la vieille femme tout en caressant sa joue. Charlie et Kisos se couraient après dans la maison. Le petit adolescent racontait des histoires effrayantes à sa fiancée qui hurlait de rire et de terreur. Pocahontas souriait comblée de savoir tout ce beau monde ici pendant un moment et reporta enfin son attention sur l’élu de son coeur :

    - Monsieur Walker ? Un baiser pour vos pensées ?


    immarcescible, Posté le mercredi 06 avril 2022 21:51 Répondre

    Sa langue, ses lèvres, ses mains et ses doigts... Elle a longuement rêvé de tout ça. Elle devenant sa femme, lui devenant son époux, le seul et l'unique. Il lui avait tant manqué, au plus profond de son âme et de son bas-ventre, aussi. Alors forcément, elle reste subjuguée par le corps de Gabriel et les promesses que ça lui offre. Elle se sent frémir au moindre geste qu'il peut avoir, c'est probablement ça le manque, et elle ne l'avait jamais ressenti aussi intensément qu'avec lui.

    Ses mots lui apportaient du baume au coeur, elle avait besoin d'entendre tout ça, ça la conforte. Pour autant, elle ne parvenait pas à se concentrer avec cette langue qui cajolait son intimité. Elle perdait pied et même si elle aurait voulu tenter de rester silencieuse, elle n'y parvenait pas. Ses gémissements se faisait entendre dans le tipi et toute la forêt et rien ne s'arrangea quand elle le sentit la pénétrer. Le bassin de l'amérindienne ondulait doucement, désireuse de le sentir toujours plus.

    Elle emprisonna les hanches de Gabriel par ses jambes, pendant qu'il pu sentir ses doigts parcourir son dos si puissant. La fougue est loin ce soir, Pocahontas se laisse posséder par la douceur et l'intensité de la tendresse de celui qui est devenu son époux, son unique et tendre amour. Entre chaque baisers, elle émet des gémissements plaintif mais satisfait qui sont si caractéristique de la jeune femme quand il lui fait l'amour de la sorte. Elle a encore du mal à se dire que le corps et l'âme de ce guerrier si magnifique lui appartiennent. Elle se sent si chanceuse, si glorieuse de ne faire qu'un avec lui. Ses baisers se font plus intense quand ses doigts agrippent ses hanches si puissantes :

    - A toi Isha... A toi éternellement mon.. mon.. oh.. mon amour..

    Elle le sent son bassin qui se perd en elle. Elle le sent qui lui donne tout son amour et sa douceur. Elle sait qu'il n'y aura que lui à jamais. Elle sait qu'il ferait tout pour elle et inversement. Comment lui rendre l'appareil si ce n'est en continuant de le caresser, de le toucher, de le contempler avec cette même passion qui la dévore chaque jours depuis près de dix années. Ils atteignent aisément ce drôle de plaisir qui électrise leurs corps et qui fait flancher une seconde fois Pocahontas. Elle le serre contre elle, elle refuse qu'il bouge. La jolie brune en profite pour couvrir son visage de baisers quand il enfouit son nez contre sa poitrine humide. Cela la fait tendrement sourire quand ses jambes se descelle autour des hanches du brun :

    - Laisse-moi reprendre mon souffle avant de me taquiner mon cher époux. Tu risquerais bien de déchanter quand tu verras ce que je te prépare.

    A son tour d'être taquine et amusée. Ils reprenaient doucement leur souffle et Pocahontas lui offrait de douce caresses le long de son dos qui l'impressionnait toujours. Elle en riait même de joie à le voir si obnubilé de la sorte :

    - J'ai l'impression d'être une sorcière qui t'as jeté un mauvais sort Gabriel Walker.. Tu sais que je ne peux pas me lasser de ça.. de toi.. De tout ce que tu es.. De ton âme.. de ton corps mon Isha..

    Ils avaient tellement connu d'ébats endurant jusqu'à présent. Elle aimait qu'il ai pris le temps de la caresser, de la redécouvrir, comme si elle était un trésor qu'il chérissait. La jeune femme en était encore bouleversée et vint relever le visage de son époux pour déposer un tendre baiser sur son nez émue. Non, elle ne pleurerait plus ce soir. Ses yeux étaient uniquement piqués de quelques larmes mais elle se retenait. Avec le peu de force qu'il lui restait, elle vint à le pousser sur le côté et lui grimpa dessus à califourchon en riant de plus belle. Elle l'avait surpris avec son agilité et passait une main dans sa crinière qu'elle rejetait en arrière. Lentement, elle se repencha sur son corps et pressa ses seins contre son buste quand ses lèvres embrassaient de nouveau son cou :

    - Plus jamais on ne se quittera. Plus jamais tu ne disparaîtra et plus jamais je ne laisserais qui que ce soit me faire du chantage. Jure moi de rester éternellement avec moi.

    C'était une supplication pour la jeune femme. Le savoir à elle désormais l'effrayait encore plus que lorsqu'ils avaient cet engagement oral. Maintenant, qu'ils étaient liés, elle avait besoin de le savoir entièrement lié à elle. La peur de le voir disparaître et de lui être retiré l'obsédait beaucoup trop et elle voulait se défaire de cette sensation orageuse qui allait consumer son être. Elle murmurait en amérindien des prières de protection où elle invoquait les Esprits de la nature de veiller sur eux et Kisos. Jusqu'à ce qu'elle sentit les mains du colosse venir la caresser. Rassurée, elle ouvrit de nouveau les yeux et lui offrit son sourire apaisé avant de s'excuser et laisser sa main caresser son buste et enfin son sexe qu'elle tentait de réveiller :

    - Tu dis que je suis une fleur mais.. mais je n'ai pas du tout envie que tu me ménages comme une fleur mon amour.. Possède-moi..

    Délicatement, ses dents vinrent mordre son buste, ses hanches et enfin ses cuisses quand sa main appliquait un mouvement de main vif et rapide. Elle cherchait à éveiller ce fameux ours dont il avait évoqué la présence peu de temps auparavant. Sa langue venait faire le tour sensuel de son gland rougi quand ses yeux brillaient d'une insolence certaine. Ô oui, elle venait jouer désormais et voyant qu'il était au bord de cet extase alors que ses doigts et sa bouche avaient si bien torturé et joué avec ce membre dressé elle cessa toute activité et se leva simplement :

    - J'ai soif, tu veux boire un peu d'eau ?

    Elle finit par se lever en souriant en coin et vint effectivement se servir un grand verre d'eau tout en ondulant ses hanches sous le nez du colosse.


    immarcescible, Posté le mercredi 06 avril 2022 18:23 Répondre

    Il leur aura fallut pas loin d'une dizaine d'années avant d'avoir pu être lié. Mais comme quoi, il n'est jamais trop tard pour épouser l'amour de sa vie. Sur la pointe des pieds, Pocahontas ne pouvait se contenter d'un si doux baiser. Ses bras s'enroulèrent autour du cou de Gabriel quand elle lui donnait un baiser langoureux qui fit rire l'assistance et écoeura Kisos. Mais qu'importe, cet homme était le sien désormais et pour l'éternité. A bout de souffle, elle ne pu s'empêcher de sourire en caressant la joue de son époux quand ses yeux brillaient d'un bonheur inégalé :

    - Ce que les Esprits ont réunis ici et ce soir, personne, je dis bien personne ne pourra le défaire.

    C'était une promesse d'éternité dans les bras de cet homme pour qui elle avait traversé l'Enfer. Aujourd'hui, ils allaient connaître la paix et la douceur de vivre. Elle y croyait. Les Esprits lui avait murmuré cette certitude la veille, plus que jamais, elle se raccrochait à cet espoir.

    Les Powhatans dansaient et chantaient autour d'eux quand Garrett et Millie applaudissaient avec émotion. La blonde ne pouvait retenir des larmes d'émotion puisqu'elle même allait se refuser le droit au bonheur. Elle hésitait vraisemblablement en voyant que les deux avaient réussis à se retrouver une nouvelle fois et concrétiser leur amour. La vision de ces eux êtres n'était ni plus ni moins qu'un bel exemple pour ne jamais se résigner. Les deux européens vinrent féliciter le nouveau couple. Pocahontas enlaça son amie et la remercia pour la robe et son aide.

    - Je sais que tu aurais fais la même chose pour moi si j'avais pu me lier à Binki.
    - Dans une autre vie, peut-être avez-vous le droit à cette possibilité.
    - Tu es trop utopiste Princesse, répliquait Millie en riant amusée, un monde tel que tu l'imagines ne pourra jamais exister.

    Après la cérémonie, ils eurent le droit à un banquet de Roi. Kisos raconta avec talent la chasse que firent son père et ses deux oncles. Leur petit garçon avait tellement grandis et il devenait si éloquent. Ses yeux d'un bleu vif étaient entouré d'un khôl noir très intense qui lui donnait une allure certaine. Son corps d'enfant disparaissait pour laisser la place à celui d'un jeune garçon. Pocahontas ne pouvait s'empêcher de serrer dans sa main, celle de Gabriel en souriant avec émotion.

    - Ainsi tu as osé défier le Shérif, demandait-elle à Gabriel en le regardant amusée, partout où nous passons on risque de faire des émules tu le sais. Tu devrais apprendre à ignorer les commentaires de ces jaloux mon amour sinon on n'aura nulle part où nous rendre bientôt.

    Bien entendu, ce n'étais absolument pas un reproche pour la jeune femme. Elle était attendrie qu'il la défende toujours avec cette même passion mais elle craignait aussi pour leur sécurité. Encore une fois, elle savait ô parfaitement combien les blancs pouvaient être des horreurs quand il s'agissait de faire respecter leur suprématie. Mais la soirée continua sur un ton plus léger où les jeunes femmes dansaient pour bénir le couple et leur souhait d'enfantement. Cela faisait sourire Pocahontas qui n'avait pour le moment aucune certitude mais qui espérait avoir déjà un bébé en route.

    Pour contribuer au mieux à cette prière si exceptionnelle, Pocahontas décida de se joindre aux jeune femmes et dansa avec elle sous cette lune pleine et brillante. Kisos venait près de son père et tapotait dans ses mains en rythme. A croire que vivre de nouveau comme des amérindiens avait fait naître chez lui cette étincelle. Ici, il était un l'enfant de deux Dieux quand en Ecosse il n'était que le métisse, la curiosité du village. Il semblait parfaitement s'épanouir et c'était beau à voir.

    La soirée se passa à une vitesse folle. Pocahontas était épuisée mais la perspective de passer un moment seule avec Gabriel la rasséréna suffisamment. Ses nattes tressées avaient laissée quelques mèches s'échapper avec les nombreuses danses qu'elle avait exercées avec ses compères et Gabriel. Ses joues étaient rougies par l'effort mais elle ne pouvait s'empêcher de sourire, de rire même. Voilà une éternité qu'elle n'avait pas passé une si bonne soirée. Lorsque tout le monde fut couché, elle conduisit Gabriel un peu plus loin du campement pour rejoindre les bois. A l'abris des saules, elle y avait fait installé un tipi où attendait un feu et un couchage pour deux.

    - Je voulais qu'on ai un peu d'intimité j'espère que ça ne t'ennuie pas..

    Elle rougissait un peu mais ne pouvait s'empêcher de poser ses yeux sur le corps de son époux qui avait été tant admiré toute la soirée par toutes ses rivales. Après avoir rabattu la porte d'entrée du tipi, elle vint délicatement retirer la peau qui enserrait le corps de Gabriel tout en caressant lentement son buste nu.

    - Ton corps est si fort.. Si immense.. Je me sens toujours si minuscule près toi et pourtant.. En sécurité..

    Son sourire était doux, tendre. Ses lèvres se posaient sur son buste quand elle faisait le tour de son corps. Pocahontas voulait reprendre son exercice de carte mentale et se mit à redécouvrir celui qui était ni plus ni moins que son époux. Ses mains caressaient son corps et dévêtissait aussi le bel écossais. Lorsqu'il fut nu, ses mains caressèrent ses fesses avec douceur quand ses lèvres embrassaient son dos. Une fois revenue devant lui, ses prunelles flamboyantes se plantaient dans les siennes et elle murmura :

    - Je veux que tu me touches Isha.. Je veux que tes lèvres, tes mains et ton regard me possèdent..

    Lentement, elle défit les boutons de sa robe et la laissa tomber à ses pieds. Nue devant lui, elle ne pu s'empêcher de rougir une nouvelle fois avant de détacher sa natte. Ses cheveux venaient à cacher ses seins aux pointes dressées quand elle s'approchait une nouvelle fois de lui le souffle coupé par son regard et sa beauté. L'une de ses mains se posait sur son buste quand l'autre caressait son sexe redressé :

    - Mon époux.. Mon mari.. Je t'aime tellement.. Je n'ai jamais aimé que toi tu le sais n'est-ce pas ? Je suis si heureuse ce soir..


    immarcescible, Posté le mercredi 06 avril 2022 14:20 Répondre

    https://www.pinterest.fr/pin/454159943681934113/
    (the dress :3)


    immarcescible, Posté le mercredi 06 avril 2022 14:18 Répondre

    Son corps était encore engourdi par le plaisir qu'il avait provoqué chez elle. Depuis le retour de son guerrier, elle avait tant craint de ne pas pouvoir lui accorder cette connexion qu'ils avaient toujours eu en se fondant l'un en l'autre. Mais c'était comme si corps et son âme avaient appelé à ce qu'il lui redonne ce souffle d'espoir. C'était ça faire l'amour. C'était bien plus que les vils horreurs qu'elle avait subies. Son esprit en faisait abstraction et c'était tout ce qu'elle avait espéré.

    Sous le regard bienveillant et attentif des esprits, elle avait cherché à faire venir Gabriel en elle. Sans avoir de réelles certitude, elle s'était persuadée que ce moment mettrait en route la venue de ce deuxième enfant dont Aponi avait si longuement parlé. C'était quelque chose qui enchantait Pocahontas et dont le sourire si certain et secret lui donnait des allures de fée. Elle serait bien restée toute la nuit sous le tipi mais Gabriel n'avait pas l'habitude des sauna. Elle le suivit donc jusqu'à l'extérieur en restant silencieuse, toujours groggy par le plaisir qu'ils avaient partagés.

    Lorsqu'ils arrivèrent près du petit lac, Gabriel eut la bonne idée de les installer sous un immense saule. Venant entre ses cuisses, dos à lui, elle savourait de sentir ses bras autour de son corps encore frissonnant. Puis, vint la fameuse question. Le fameux sujet qu'avait évoqué Garrett un peu plus tôt dans la journée qui l'avait fait beaucoup réfléchir :

    - Peu importe où l'on vive. C'est toi mon foyer. Je suis chez moi partout du moment que je suis avec toi. Mais oui.. Peut-être que nous devrions rester quelque temps ici. Du moins, le temps que cette malédiction disparaisse.

    Elle souriait de plus belle et ne pu s'empêcher de se tourner vers lui. Le besoin de le contempler la prenait, et elle décida de s'installer sur lui à califourchon en murmurant que la vue était plus belle d'ici avant de se pencher sur ses lèvres pour lui donner un autre baiser.

    - Je t'aime aussi.. Je t'aime dans toutes les langues du monde.. Et je crois que nous devrions aller tous les soirs dans le tipi de prière pour le prouver aux Esprits.

    Son sourire était coquin, taquin et ses yeux brillaient d'une joie certaine. Pocahontas se sentait légère, remplie d'espoir et de certitude. Son destin avait toujours été Gabriel même si elle avait tenté de le fuir. Mais rien ne lui faisait plus peur. Après tout ce qu'ils avaient traversé, elle se disait que plus rien ne pouvait les atteindre désormais. Ils avaient surmonté le pire, maintenant ne pouvait que rester la douceur et la guérison. Ses doigts caressaient les boucles plus longues de la nuque de Gabriel quand elle caressait son nez du sien :

    - Je ne suis pas là, je ne dors pas. Je suis les mille vents qui soufflent. Je suis le scintillement des cristaux de neige. Je suis la lumière qui traverse les champs de blé, je suis la douce pluie d'automne. Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin, je suis l'étoile qui brille dans la nuit. Je suis à toi, éternellement et passionnément.

    C'était si fusionnel entre les deux. Les mains de Pocahontas parcouraient le visage, les cheveux, les formes, tout le corps de Gabriel sous cette lune si brillante. Elle avait quelque chose d'éclatant et de quasi éblouissant. Une manière pour l'amérindienne de noter dans son esprit, telle une carte mentale, le corps de son âme sur lequel elle déposait encore des baisers.

    La nuit se termina une nouvelle fois sous ce saule où des soupirs de plaisir se mêlaient au vent humide de la Floride. Près du lac, Pocahontas sentait son corps vibrer sous les caresses insolente de son fiancé. Mais au petit matin, elle du le quitter pour retourner au plus vite travailler. Elle se lava rapidement dans le lac et lui donna quelques tendre baisers avant de retourner au plus vite à la maison d'Avery pour y veiller sur ses patients. Entre temps, elle avait prévenu le chef Chayton et la Chaman d'organiser les fameuses noces. Ils étaient assez excités par cette nouvelle car cela sous-entendait des festivités et donc un peu d'allégresse après ces temps si difficile.

    Kisos vint rejoindre son père son petit arc ceinturon son buste nu. Il était déterminé et avait tout appris sur les rites du mariage amérindien.

    - Duda. Nous devons te préparer, tata Millie s'occupe de Ma' parce qu'elle est encore partie travailler et oncle Garrett veut te voir parce qu'il doit aussi te préparer pour un enterrement. Mais je n'ai pas compris la partie dont il parlait. Apparement il faut des filles avec des nénés à l'air mais après il a marmonné que tata Anya le saurait si jamais il en voyait d'autres que les siens.

    Pocahontas ne chôma pas. Elle voulait que tout soit fait pour ensuite se concentrer sur la préparation de la noce qui allait l'attendre le soir même. Elle était déterminée. Elle ne passerait pas une journée de plus sans que Gabriel soit son époux. Aussi, avec l'aide de Millie, elles confectionnèrent une robe qui laissait dubitative l'amérindienne :

    - Je ne suis pas certaine Millie.. C'est peut-être.. Peut-être un peu extravagant, non ?
    - Penses-tu ! J'ai toujours adoré la mode et tu peux me croire qu'il s'agit de ma petite merveille. Walker va être fou en te voyant dedans.

    Cela finit d'achever la brune qui riait doucement sous la joie retrouvée de son amie pirate. En y repensant, elle se disait que ça faisait un sacré moment qu'elle ne l'avait pas vu sourire de la sorte et être aussi excitée par quelque chose. Alors après tout, pourquoi pas ?

    La lune était à son zénith quand Pocahontas remontait l'allée jusqu'au campement Powhatan. Millie la secondait et la guidait à travers le champ remplis de bougies au sol. Les chants amérindiens et le grand feu les attendaient. La brune était nerveuse. Logistiquement, elle en était à son troisième mariage, mais c'était la première et unique fois où elle était heureuse de rejoindre son époux. L'émotion la gagnait en voyant Gabriel tout près du chaman et Kisos tout près, fier comme un "i" dans son habit traditionnel amérindien. Ils étaient si beaux tous les deux. La jeune femme contemplait son futur époux dont les yeux d'un bleu si intense semblait briller dans le noir. Elle rougissait, sans doute trouvait-il la robe trop osée, ou tout simplement hésitait-il. Il semblait ailleurs et cela l'inquiéta. Placée devant lui, elle prit ses mains dans les siennes et l'observa avec inquiétude :

    - Tu.. Tu veux toujours, murmurait-elle en le questionnant, on.. on peut tout arrêter si tu préfères.. Je comprendrais.. Rien ne t'y oblige..


    immarcescible, Posté le mardi 05 avril 2022 21:13 Répondre

    Les bienfaits de la prière, du sauna. Pocahontas ne pouvait s’empêcher de se sentir renaître. Quelques larmes avaient glissées le long de ses joues en entendant la voix d’Aponi ou encore celle de son père et d’autres ancêtres lui ayant déjà parlé. C’était si émouvant de les retrouver, de se sentir recentrée sur elle-même. Sa peau en frissonnait même si ses poumons suffoquaient. Peu importe. Ses mains tenaient celle de Gabriel quand elle se sentait renaître.

    Rassurée de le sentir près. Rassurée de voir que son corps était encore en mesure de s’écouter malgré les affreuses visions qu’elle ressassait. L’impression fulgurante de se déplacer de différentes manière.

    Retrouver son souffle, retrouver un rythme, se retrouver. C’était si intense qu’elle ne pouvait s’empêcher de serrer ses doigts autour de ceux de Gabriel, jusqu’à ce que finalement elle sente son corps lâcher et tout quitter.

    En ouvrant les yeux, elle tomba sur les prunelles brillante et vibrante de Gabriel qui l’observait. Elle ne pu s’empêcher de rougir et de sourire tendrement, amusée par ses mots si doux. Sa moue si adorable le rendait si touchant. Mais son corps.. Son corps si beau, sculpté dans le marbre blanc et parfait. Il était vrai que leurs couleurs dénotaient, mais elle s’en fichait, elle aimait voir le marbre se fondre dans sa couleur caramel. Elle en frissonnait déjà de plaisir. Mais très vite, elle fut rattrapée par ses mots et analysa ce qu’il avait entendu. Cette fameuse voix avec cet impératif. La vie.. La vie pourrait l’éloigner de la mort.

    Pocahontas n’avait toujours pas parlé. Elle réfléchissait avec sérieux à ce qu’il avait perçu dans sa méditation et cela la rassurait. Si il commençait à entendre son corps et son âme lui parler, cela voulait dire que les Esprits étaient clément et voulaient bien l’aider. La vie.. La vie.. Eloigner.. Eloigner la mort.. Soudain, ses yeux s’agrandirent et son regard se tourna une nouvelle fois sur la pleine lune. Elle avait compris. Son visage se tournait de nouveau sur Gabriel et elle ne pu s’empêcher de tendrement lui sourire.

    Se sentant en confiance, quasiment lavée de toutes les horreurs que lui avait infligé Avery, elle prit sur elle et vint lentement s’approcher de Gabriel. Sa main qu’elle tenait toujours dans la sienne, elle l’emmena jusqu’à son sein pour qu’il le caresse. Lentement, sans brusquerie, elle vint s’asseoir à califourchon sur lui et prit son visage entre ses deux mains pour embrasser ses lèvres si tentante.

    Ses lèvres faisaient le contour sensuel, avide de celles de Gabriel. Son corps s’électrisait lorsqu’elle en sentait sa douceur, sa chaleur, cette avidité et que sa langue impétueuse prenait vie contre la sienne. Toute sa peau frissonnait malgré la chaleur du tipi. Lorsqu’elle fut à bout de souffle, elle posa son front contre le sien en murmurant :

    - Fais moi l’amour Isha.. Ici.. Maintenant.. Si tu me désires.. Si tu veux de moi.. Fais naître en moi la vie..

    Elle restait encore vague sur le sujet car elle savait pertinemment que c’était en faisant un enfant qu’ils pourraient conjurer le fameux sort, mais elle ne voulait pas lui mettre la pression. Aussi, elle gardait pour elle la solution en se contentant de presser son contre le sien afin de faire naître son désir. Ainsi, pendant que son nez caressait le sien avec une extrême douceur, ses lèvres venaient à frôler les siens et ses mains agripper sa crinière :

    - Demain je t’épouserais Isha.. Demain je serais ta femme selon les coutumes amérindiennes de mon peuple. Je t’ai retrouvé.. Les Esprits nous guident à nous retrouver.. Tu es mon destin, mon salut, mon âme..

    Ses mots étaient doux, tendre quand ses doigts caressaient la peau de son amant qu’elle n’avait pas pu toucher pendant presqu’un an et demi. Toute son épiderme était en émoi, son coeur battait la chamade, comme lorsqu’ils s’étaient retrouvé après cinq années de séparation. C’était une nouvelle fois pour la brune qui caressait de son sexe chaud, celui de Gabriel qui se dressait.

    - Je t’aime Gabriel Walker.. Je t’aime Isha.. Je t’aime mon amour..

    Prenant les devants, elle vint s’allonger sur le sol en l’entraînant avec elle. Une fois qu’ils furent allongés, elle grimpa sur lui à califourchon et pressa une nouvelle fois son bassin contre le sien.

    - Ici, j’invoque les Esprits et les grandes déesses de la nature.. Je te donne mon corps, mon âme Isha..

    Ses lèvres venaient à quitter les siennes pour voyager le long de son cou, lentement, sensuellement. Sa langue faisait parfois des détours, notamment sur ses pointes et ses dents s’amusaient à mordiller quelques coins de ses hanches. Enfin, elle arriva près de la source de son désir et lentement y passa sa langue avant de le prendre totalement en bouche. Le voir gémir de la sorte ne pouvait qu’alimenter sa propre recherche de plaisir. Ses doigts caressaient ses hanches, son buste quand elle allait et venait avec plus de fougue tout en faisant redescendre et jouer ses doigts sur ses testicules.

    Une fois ses lèvres libérées, le temps que sa main prenne le relais, elle remontait aux lèvres tendues de Gabriel pour murmurer des mots doux en amérindien :

    - Tu es si beau.. Ma vie.. Mon amour.. Le seul..


    immarcescible, Posté le mardi 05 avril 2022 14:07 Répondre

    Cette journée fut toute aussi similaire que les précédentes hormis que cette fois-ci, Pocahontas savait qu'elle allait retrouver son Isha dans la soirée. Ses patients se portaient à merveille et les lits venaient à être vide désormais. C'était une très belle victoire pour la jeune femme qui avait du puiser dans toutes ses énergies profonde pour ne rien lâcher. Très peu étaient morts et beaucoup vivaient désormais sur la réserve. Garrett guérissait à vue d'oeil et cela faisait naître un sourire sur les lèvres de l'amérindienne qui finissait d'appliquer un baume sur sa cicatrice :

    - Je dois te faire rentrer en pleine forme. Je crains que la Duchesse vienne faire le retour inverse pour me botter les fesses si jamais il t'arrive quelque chose.
    - Le pire dans tout ça c'est qu'elle en serait capable en effet, répondait-il en riant, Gabriel m'a parlé de votre éventualité à rester ici.
    - Oh.. Et bien.. Je.. Je n'étais pas au courant de son souhait.
    - Tout Walker ça. Prendre des décisions sans en parler avant.

    Pocahontas était quelque peu surprise par ce que lui annonçait le blond. Après tout, qu'est ce qui les empêchait de rester ici ? Ils avaient des terres et des responsabilités certes mais ils pouvaient vivre comme bon leur semblait. Mais la jeune femme n'oubliait pas pour autant que Gabriel était écossais de sang et de nature. Le couper de son chez lui risquerait de lui manquer, et James ? Mary ? Elle devait y réfléchir mais la conversation avec Garrett se détourna sur un autre sujet.

    Dans le milieu de l'après-midi, la jeune femme se rendit compte que Millie était nerveuse depuis le début de la journée. Mais elle ne viendrait pas l'accaparer par des questions, elle la laisserait venir à elle pour discuter. Ce moment arriva en début de soirée quand la blonde lui avoua repartir en mer mais pas pour l'Ecosse.

    - J'ai constitué un équipage au village en bas de la colline. Je vais repartir en mer tenter d'oublier ce qui c'est passé ces derniers mois.
    - Et Binki ? Promets-moi juste de la prévenir. Elle doit savoir pourquoi tu pars.
    - Je lui ai écris une lettre. Garrett lui donnera.. C'est le mieux pour tout le monde.
    - Non, c'est mieux pour toi. Tu sais, quand j'ai rejoins la secte je croyais vraiment faire ce qu'il y avait de mieux pour ma famille mais j'avais tort. Peut-être que Binki devra te courir après pour que tu t'en rende compte.
    - Peureuse comme elle est. J'espère bien que non !

    Les bras chargés de victuailles et de paniers garnis, Pocahontas avançait vers le campement de ses congénères. Ils étaient entrain de fêter quelque chose mais elle n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être. En arrivant près du feu, elle fut surprise de voir Kisos jouer avec ardeur sur le tambour en rythme et lancer le cri des Powhatan quand Gabriel se tenait debout devant elle vêtu tel un guerrier de sa tribu. Elle en était troublée et émue. Il était beau ainsi. Sa majesté faisait de lui un guerrier honorable surtout parce qu'elle connaissait sa valeur et son âme. Ses yeux voilèrent de quelques larmes de fierté quand elle lui offrait un doux sourire.

    Les autres guerriers de la tribu dansaient autour du nouveau. C'est une forme d'intronisation pour Gabriel. Pocahontas vint à poser ce qu'elle tenait dans ses mains et s'incrusta avec les autres femmes, discrètement, dans la ronde qui célébrait le nouveau guerrier Isha. Elle tapait dans ses mains et chantait tout en faisant les différents pas de danse qui le célébrait. La brune était si fière de lui, elle ne pensait à rien d'autre que le bleu de ses yeux flamboyant. Il semblait lui aussi fier quoi qu'un peu déconvenue.

    Lorsque la cérémonie se termina, elle s'approcha de lui mais toute une troupe de jeune femme venaient s'extasier devant le bel adonis qu'il était. Cela faisait doucement rire Pocahontas qui attendait patiemment les bras croisés qu'elles finirent toutes d'approcher le fameux guerrier. Rapidement, Chita, la mère chaman vint tapoter les mains baladeuse de la troupe de jeune femme qui leur rappelait que Isha était déjà pris. Enfin, Pocahontas pu avoir son guerrier pour elle. Ses mains se posèrent sur son buste nu quand ses yeux brillaient d'un amusement et d'un éclat retrouvé :

    - Figure-toi que chez nous ce sont les femmes qui choisissent leur époux. Et que je t'ai choisis bien avant que tu deviennes ce fameux guerrier.

    Elle se sentait d'humeur taquine, aussi, elle fronçait le nez en répliquant une nouvelle fois :

    - A moins que tu veuilles te laisser charmer par l'une de ces jeunes femmes.

    Kisos surgissait près d'eux et venait les enlacer. Le petit garçon était couvert de peintures représentant une multitude de choses. Cela faisait tendrement sourire Pocahontas qui voulait le prendre dans ses bras. Mais il avait presque huit ans maintenant et il était si grand qu'il lui arrivait au niveau de la poitrine. Cette pensée l'a fit sourire encore de plus belle et elle embrasse le front de leur fils avant de caresser sa joue :

    - Tu vas te débarbouiller et aller manger mon soleil. Je dois emmener ton Duda dans un endroit particulier d'accord ?

    Le petit garçon félicita une nouvelle fois son père en le contemplant avec cette lueur de fierté et d'amour certain. C'était si émouvant de le voir regarder son père de la sorte. Il rejoignit ensuite son groupe d'amis mais Chayton vint à briser une nouvelle fois le moment que voulait partager Pocahontas avec son amant en voulant parler de stratégie politique, si bien, qu'elle du l'interrompre :

    - Je vous laisse une demi-heure Chef Chayton. J'occupe ce soir le tipi de prière en compagnie du guerrier Isha.
    - Oh oui ! Bien sûr princesse. Ce n'est l'affaire que de quelques minutes.
    - Bien, vous saurez le guider jusqu'à moi.

    On voyait bien que le Chef avait beaucoup de respect pour Pocahontas et était même troublé en sa présence. Après tout, elle était l'une de ses ancêtres. La jeune femme laissa donc Gabriel en compagnie du Chef et se rendit donc au fameux tipi. Il était un peu à l'écart du reste du cercle et c'était tant mieux. Ce lieu était prévu pour les personnes ayant besoin de se ressourcer et s'extraire de leurs démons ou autres cauchemars. En arrivant, la brune alluma un feu et fit chauffer l'eau pour les pierres. Une fois qu'une vapeur un peu humide apparut, elle pu se mettre nue. Les cheveux détachés, elle était assise à genoux et priait. Son corps transpirait à cause de toute cette buée mais c'était nécessaire. Elle implorait les esprits de la guider vers un chemin plus serein et de bénir Gabriel. La nuit tombait et du haut du tipi d'où s'échappait la vapeur des pierres, Pocahontas pu voir que la lune était pleine. C'était la meilleure soirée pour s'adresser à ses ancêtres et aux esprits.


    immarcescible, Posté le dimanche 03 avril 2022 22:04 Répondre

    Le retour de Gabriel ne pouvait que soulager le coeur, l'âme et le corps meurtri de Pocahontas. Il ne faut pas beaucoup de mots pour que les deux se comprennent. Leurs regards étaient bien plus éloquent. Se laissant transporter dans ses bras, elle vint à se retrouver dans ce lit douillet contre son corps si imposant. Etrangement, ou pas, elle ne fit pas de cauchemars. La fatigue et les bras de Gabriel avaient servis de parfait médicaments. Ce furent pourtant ses lèvres qui la réveillèrent. Un peu soudainement, un peu trop même.

    Heureusement, elle sut rapidement se maîtriser et ne pas se braquer mais le brun le sentit quand même, ce trouble, cette peur. Se retrouvant face à lui, elle le contemplait avec une passion certaine quand ses prunelles s'embrumèrent. D'une voix douce mais brisée, elle chuchota à son encontre :

    - Ne vois-tu pas que chaque pas que je fais c'est pour te retrouver Isha ? Je te demande pardon d'avoir céder et rompue mes promesses mais je ne pouvais pas le laisser t'enlever à Kisos, à ta famille, à ce monde, à.. à moi.. J'avais le vif espoir de te retrouver tu sais. Mais il.. il le savait aussi et il me tortura pour briser cet espoir qui vivait en moi.

    Ses doigts caressaient le visage si marqué de son amant avec douceur. Pourtant, le souvenir nauséeux de ces fameuses tortures resurgissaient dans la mémoire de la jeune femme. Elle du baisser les yeux et retirer ses mains de peur que Gabriel soit dégoûté qu'elle le touche.

    - Dès fois j'en viens à croire que je suis ta malédiction. Regarde tout ce qui t'arrive.. Peut-être que je suis la forme matérielle de ce mauvais sort et que mes ancêtres m'ont envoyé pour être ton fléau. Tu n'y a pas pensé ? Regarde, tu dois toujours me courir après pour me sauver.

    Lentement, elle levait ses yeux embués vers les siens et timidement, reposa ses mains sur son buste. Voyant qu'il ne la repoussait pas, elle posait sa joue contre sa peau pour entendre battre son coeur. Fermant les yeux, elle se laissait bercer par cette douce mélodie quand ses doigts caressaient affectueusement son torse :

    - Je suis tellement égoïste, murmurait-elle, car même en prenant conscience de tout ça je suis incapable de te quitter. Ma vie est liée à la tienne et je ne peux me résoudre à te repousser.

    Après un moment enlacés de la sorte, elle vint se redresser de sorte à ce que son nez caresse le sien délicatement. C'était léger, mais une intimité se nouait de nouveau pour les deux amants brisés. En bas, elle entendait Millie pester contre quelque chose ou quelqu'un, cela rappela à Pocahontas qu'elle avait des devoirs à respecter. Elle se releva avec difficulté et plissa sa robe amérindienne avant de refaire ses nattes :

    - J'avais promis d'aider en bas pour les pansements du soir. Kisos t'attend de pieds ferme.. Il est redevenu un vrai petit amérindien et il n'attend qu'une chose, c'est que son Duda le voit tirer à l'arc.

    Malgré toutes les horreurs qui les séparaient un peu intimement, Pocahontas lui offrit un doux sourire en pensant à leur fils si plein de vitalité et de passion pour la nature qui l'entoure. Rapidement, elle lui évoqua ses progrès en tir à l'arc et dans l'art de monter à cheval à cru. Une fois prête pour redescendre, elle vint se pencher pour caresser la joue de son bel amant tout en plongeant ses prunelles dans les siennes. C'était si difficile de le quitter, si difficile de ne pas pouvoir lui offrir plus quand son corps était meurtri par les coups, les blessures, les tortures :

    - Je ne laisserais pas ce qu'il a fait me détruire, nous détruire, Isha. Mais pardonne encore une fois mon corps et mon âme. J'ai prévu de faire un bain-vapeur dans la nuit pour me laver de toutes ces horreurs. Purifier mon âme. Voudrais-tu participer à cette cérémonie ? Tu ne seras pas obligé de prier. Jamais je ne te l'imposerais. Mais te savoir près de moi m'aiderait.

    Millie ronchonnait de plus belle et le bruit de casseroles ou autre récipient se fracassant sur le sol rappela à Pocahontas qu'elle devait se hâter. Soupirant, elle du se résigner à passer plus de temps avec Gabriel. Elle se pencha une dernière fois sur lui et lui donna un rapide baiser avant de filer pour voir ce qui se passait.


    immarcescible, Posté le samedi 02 avril 2022 14:55 Répondre

    Les trois jours qui suivirent les retrouvailles entre nos deux héros furent très rapide. Pocahontas ne voyait pas le temps passer et avait eu peu de temps pour dormir. Etant officiellement propriétaire du Babcok Ranch et cette nouvelle avait fait venir encore plus d'amérindiens de la réserve Miccosuke. Une des leurs qui pouvait les soigner et leur apporter un endroit sûr ne pouvait qu'attiser la confiance des siens. Alors, pendant ces fameux trois jours, elle du réorganiser la maison avec l'aide de Betty pour accueillir et soigner les blessés et les malades. La maison si vaste de Avery était devenue un refuge, un hôpital pour les amérindiens et toute personne nécessitant des soins.

    Garrett avait bien récupéré grâce aux soins de la jeune femme. Il pouvait désormais se lever mais la vilaine cicatrice de son dos serait difficile à faire disparaître. Plusieurs autre femmes amérindiennes étaient venues l'assister. Toutes étaient surprise des vieilles recettes et autres pansements que la jeune femme faisait, puisqu'il s'agissait de vieux rites. La connaissance de cette même civilisation avait évolué mais Pocahontas en apprenait encore plus ce qui rendait son savoir encore plus éloquent.

    Pendant qu'elle se donnait corps et âme à cette nouvelle tâche, le chef des Powhatans avait demandé au guerrier Isha de l'aide pour parlementer avec les Calusa. Il s'agissait d'une vieille tribu aztèque ancestrale qui vivait encore cachée dans le bayou et qui était en guerre contre les occupants amérindiens. Le chef Powhatans, Chayton, avait donc demandé le soutien de ce grand Isha pour promouvoir une paix entre les deux peuples. Pendant leurs périples, la nature hostile leur rendit de mauvaises surprises. Les sables mouvant avaient emportés trois hommes sur les cinq et un quatrième était mort emporté par un crocodile. Nashoba qui suivait partout Gabriel désormais avait pour mission de le protéger coûte que coûte. Ordre de sa soeur qu'il comptait bien mettre en oeuvre. Depuis l'histoire avec Avery, il s'était rendu compte de l'horrible pression qu'il avait mis sur les deux amants et s'était excusé à de nombreuses reprises pour ses actes. Il cherchait donc la confiance de celui qui serait un jour son beau-frère.

    Kisos quant à lui, redécouvrait la magie de vivre comme un amérindien. Être proche de la nature, reparler sa langue maternelle et gagner avec courage et discipline tous les gages d'honneur qu'un jeune garçon doit accomplir pour devenir un homme. Il s'était de nombreux amis et il parcourait avec précaution les nouvelles terres où ses parents avaient décidés de se poser quelques temps. Seule Millie n'était pas à l'aise. Elle n'arrivait pas à faire le deuil de la violence et de la haine qu'Avery avait infligé à son corps. Pocahontas s'efforçait d'être présente, douce, clémente. Mais la pirate avait un goût pour le sang bien trop prononcé ce qui inquiétait la jolie brune.

    Le quatrième soir du départ de Gabriel, Pocahontas ne dormait toujours pas. Ses yeux étaient cernés et elle sentait toute force la quitter. Prenant appuie sur un des montants de la terrasse, elle inspirait l'air humide de la Floride. Cette chaleur étouffante l'épuisait. Elle rêvait de l'Ecosse et de son vent frais. S'écroulant sur la première marche, elle prenait son visage entre ses mains pour chasser les horribles images qu'elle avait en tête. Le souvenir encore violent des horreurs d'Avery la reprenait par flash. N'arrivant pas à le contrôler, elle avait décidé de travailler plus que de raison. Dormir était impossible puisqu'elle était persuadée de replonger dans ces jours vicieux et monstrueux. Accroupie sur elle-même, elle cherchait le courage d'affronter ces démons. Elle avait assuré à Gabriel qu'elle allait bien et que tout irait bien pendant son absence mais c'était faux. Elle n'était que peur et angoisse. Son âme semblait être fracturée.

    - Pocahontas je te cherchais on a besoin de... Pocahontas ?

    Millie venait d'arriver derrière elle et semblait surprise de voir son amie dans cette position. La brune dissimulait son trouble et tentait de se relever mais elle ne pouvait rien cacher à celle qui avait été toujours son amie.

    - Que t'arrive-t-il ? Tu devrais aller dormir, as-tu vu tes yeux ?
    - Je vais bien. Rien de plus qu'un coup de fatigue je t'assure.
    - Arrête. Je connais ce regard. Dis-moi ce qu'il y a. Peut-être peux-tu mentir à Walker mais pas à moi. Je le sais.. Je le connais ce regard.. J'ai le même.

    Les deux jeunes femmes s'écroulèrent ensemble sur les marches du perron. Pocahontas lui raconta tout, ses doutes, les horreurs ressenties et toutes les choses qu'elle avait du faire pour pouvoir espérer s'en sortir. La culpabilité d'avoir céder à Avery, savoir que son corps avait été souillé par cet homme la rendait folle de douleur.

    - Parfois j'ai envie d'arracher ma peau, mes yeux, mes cheveux, tout ce qu'il a pu toucher.
    - Et Gabriel ? Tu lui en a parlé ?
    - Non. Il a déjà suffisamment de problèmes à gérer alors converser sur mon rapport à mon corps me semble complètement inapproprié.
    - Mais.. Vous.. Vous avez ?
    - Impossible. A peine nous nous retrouvions qu'il était partit le soir-même avec Chayton. J'ai hâte qu'il revienne tu sais, tellement hâte. Mais j'ai aussi très peur.
    - Vous devez en parler.
    - Et toi ? Tu parleras à Binki de tout ce que tu ressens ? De cette haine ?
    - Je ne pense pas rentrer, avouait Millie en finissant sa cigarette, je ne pourrais pas affronter le regard de Binki. Je l'aime trop pour lui infliger ça.

    Elles parlèrent pendant très longtemps jusqu'à ce que finalement, Pocahontas tombe suffisamment de fatigue pour s'endormir la tête sur l'épaule de son amie. Ce ne fut pas un sommeil réparateur mais il fut suffisamment agréable car elle ne fit aucun cauchemar pendant les quatre heures qui suivirent. La routine continua ainsi pendant trois autres jours mais toujours aucun signe de Gabriel. L'amérindienne perdait patience, d'autant plus que le nombre d'amérindiens et d'esclaves noirs arrivaient de toute part pour pouvoir bénéficier de ses soins. Elle du abandonner un moment la médecine pour se concentrer sur la gestion des nouveaux arrivants. Ainsi, comme elle le fit lorsqu'elle était chez elle en Virginie, elle organisa des petits villages en lisière des champs de la propriété et mis le plus de monde possible au travail.

    Avery était définitivement mort et son cadavre fut jeté aux crocodile. Cette image avait favorisé l'idée selon laquelle il ne viendrait plus jamais la violenter et elle pu sentir son angoisse disparaître un petit peu. En revanche, le travail l'appelait et dieu sait qu'il en avait. Kisos dormait avec les enfants du chef Chayon et un autre avait été attribué à Pocahontas et Isha le guerrier. C'était si étrange pour elle de sentir cette odeur de peaux et de feu de cheminée ensemble. Elle aimait pouvoir reporter les habits traditionnels de son peuple et les natter comme bon lui semblait mais Gabriel lui manquait, alors lorsque le sixième soir elle entendit des chevaux arriver dans le chemin elle ne put réprimer le souffle d'espoir qui l'avait toujours animé lorsqu'il s'agissait de son Gabriel. Mais il n'en n'était rien, il s'agissait encore de nouveaux venu.

    Le matin se levait tranquillement et la brune venait de finir de soigner les arrivants de la nuit. La maison s'était lentement désemplit grâce aux soins de l'équipe de Pocahontas. Elle essuyait ses mains en sortant prendre un peu le soleil lorsque son regard fut attiré par une troupe à cheval.


    immarcescible, Posté le jeudi 31 mars 2022 15:04 Répondre

    Son corps était tétanisé. Son âme en furie et son énergie disparue. Pocahontas tremblait de nerf en agrippant les mains de Gabriel. Ces dernières se trouvaient sur ses joues et pendant que les yeux de la jeune femme ne cessait de pleurer, elle le suppliait du regard en murmurant des « non » à sa demande :

    - Comment pourrais-je dire oui à tout ça alors que je viens de te retrouver. Tu m’annonces que tu peux m’être retiré à tout moment et tu me dis de continuer sans toi ? Hypocrite ! Tu te bats pour moi depuis toujours, comment pourrais-je t’abandonner quand ce sera mon tour ?

    C’était une réaction spontanée et violente mais qui venait d’une femme épuisée et tourmentée par ces derniers mois. Elle venait de retrouver son amour perdu et voilà qu’il lui annonçait une telle chose. Lentement elle tentait de se dégager de sa poigne de fer mais il semblait vouloir lui entendre raison ce qui l’a fit pousser un cris de rage tant elle était à bout :

    - Arrête ! Je ne veux plus rien entendre de tout ça ! Nous trouverons une solution pour vaincre cette malédiction mais je refuse de dire oui à une telle chose. Peut-être que je ne suis pas ta femme Gabriel Walker mais tu es l’amour de ma vie, mon âme et j’ai donné mon âme pour toi. Je l’ai donné au diable pour que tu vives. Alors non, plus jamais tu ne me seras retiré désormais tu m’entends ? Tu n’es en rien maudit c’est la violence des hommes le problème. Leur soif perpétuelle de mort et de sang. Je ne crois pas à cette histoire et je refuse que tu le pense aussi !

    Elle était vindicative et folle de rage. L’envie de tout casser lui prenait mais elle devait prendre sur elle d’autant plus que Gabriel venait à la serrer contre lui. La colère passait pour laisser place à la peur de le perdre de nouveau. A genoux, l’un contre l’autre, Pocahontas le serrait contre elle avec le peu de force qu’il lui restait :

    - Je ne peux pas croire que nous ne puissions pas être heureux ensemble.. Je veux vivre avec toi, éternellement. Je me fiche de savoir que nous avons des double qui vivent leur amour avec passion. Je veux maintenant toi et toi seul. Je veux avoir cette chance moi aussi de pouvoir m’occuper de toi et vivre sans qu’on soit poursuivis par qui que ce soit. Je t’en supplie.. Tu dois encore te battre.. Ne soit jamais résignée.. Pour Kisos, pour moi..

    Enfin calmée, elle enfouissait son visage dans le cou de Gabriel pour essuyer ses yeux rougis de larmes. La crise se calmait et il avait su trouver la patience pour la laisser passer ce violent orage qui l’avait secoué. Ça en faisait beaucoup trop en peu de temps. D’une voix adoucie, elle murmurait les yeux baissés :

    - Même si tu me mens tant pis.. Mens moi alors mais.. mais dis moi que nous rentrerons un jour à la maison et que nous vivrons heureux, simplement.. Je ne demande rien à la vie si ce n’est toi, Kisos, une baignoire et du chocolat. Même les deux derniers sont surfait puisque je ne veux que vous deux. Je t’en prie.. J’ai besoin de savoir que nous avons encore un avenir ensemble où je serais enfin ta femme et où nous aurions d’autres bébés..


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