immarcescible, Posté le mardi 01 août 2023 11:40 Répondre
Charlie n'avait pas vu la photo que Pocahontas avait reçu. Et il valait mieux. Elle avait parcouru plusieurs kilomètres en voiture puis en train avant d'arriver à Amiens. Elle était dans un terrible état et s'en rendit compte en passant devant une boutique. Son reflet paraissait négligé et horrible sale. Elle se mesura et préféra s'arrêter à l'hôtel le plus proche de l'hôpital pour faire une rapide toilette. Alors qu'elle se lavait, elle ne pouvait s'empêcher de se poser un milliard de questions. Et si ce n'était pas Kisos ? Et si Pocahontas l'avait confondue avec un autre ? Le coeur de Charlie ne pouvait supporter cette attente et cette incertitude. Jusqu'à présent, chaque joie était fausse. Chaque piste devenait une impasse et elle perdait espoir. Sur le rebord de la fenêtre il y avait tout un panel de roses dont le parfum emplissait la pièce.
- Je sais ma chérie.. Je sais je dois y aller, murmurait Charlie à l'esprit de Rosie, tu sembles bien sûre de toi..
C'est l'une des choses que Charlie avait apprise de Pocahontas et de Kisos, elle devait écouter son instinct. Elle prit dans sa valise une ravissante petite robe et laissa ses cheveux bien long inonder ses épaules. Elle savait que Kisos les aimait long et elle avait décidé de les laisser pousser pour lui faire plaisir à son retour. Devant la porte d'entrée de l'hôpital elle hésita longuement avant d'entrer. Elle prenait des amples inspirations pour chercher le courage nécessaire. Si ce n'était pas lui, que ferait-elle ? Allait-elle supporter ce nouvel désappointement. Ce fut un prêtre qui se présenta comme père Dominique qui l'accueillit.
Charlie présenta une photo de son Kisos qui illumina le visage du prêtre. Il la conduisait vers les salles de repos pour les grands blessés en lui expliquant comment il était arrivé jusqu'à eux. Elle écoutait tout avec avidité et crainte. Il était ici, mais pas son esprit. Elle s'agrippait fermement à son maudit sac quand elle retenait le mieux possible ses larmes. Bien sûr que la guerre l'avait détruit.. Bien sûr que son esprit en était réduit à la folie. En arrivant dans la salle, elle reconnut sa stature et se figea un instant en croyant reconnaître Gabriel. Elle était incapable de bouger, même quand ses prunelles d'un bleu puissant se posèrent sur elle. Dans un souffle étranglé par un sanglot, elle réussit à murmurer le tendre surnom qu'elle lui avait toujours donné avant de le voir fuir et se refugier près du jardin de fleurs.
Il était dans une telle détresse qu'elle ne pouvait plus contenir ses larmes. Kisos était là, il vivait mais son corps avait été détruit par l'attaque de l'obus et son esprit s'était réfugié autre part. Lui si fort, si puissant avait peur de tout. Et comment lui en vouloir ? Même sa voix semblait différente. Il lui rappelait la fois où ils s'étaient retrouvés à New-York et qu'il avait été drogué par ces foutu irlandais. Il avait le même oeil fou. Ses si beaux cheveux, sa barbe.. Ils lui avaient tout enlevé. Lentement elle fit un pas vers lui jusqu'à finalement se retrouver face à lui :
- Tu t'appelles Kisos Gabriel Walker, murmurait-elle tendrement, tu es le fils d'une grande princesse amérindienne et d'un guerrier écossais. Tu es leur soleil.. Mon soleil.. C'est ce que veut dire ton prénom mo grhian. La.. La petite fille.. La petite fille qui sent si bon les roses c'est notre fille.. C'est Rosie.. Elle est morte depuis très longtemps mais elle nous guide toujours. C'est elle qui t'a sauvé la vie.
Charlie tendait lentement sa main vers lui comme pour essayer de s'assurer qu'il était bien là. Il ne bougeait pas, craintif en l'observant comme si elle était une étrange petit chose. Lorsque sa main toucha la sienne, elle sentie son coeur battre à toute vitesse. Cette électricité, cette sensation si douce et enivrante les activaient encore.
- Je suis ta femme depuis de nombreuses années et nous avons surmonté un tas d'obstacles ensemble.. Je suis.. Je suis venue te chercher.. Cela fait maintenant presque trois mois que je suis à recherche. Ils nous ont dit que tu étais mort mais je ne pouvais pas y croire je.. je n'y croyais pas.. ta mère va être si heureuse de te voir..
Délicatement, elle réussit à se rapprocher de lui de sorte à poser ses mains sur ses joues creuses. Il était si affaibli, si maigre qu'elle avait envie de hurler de colère en voyant ce qu'ils avaient fait de son amour :
- Je t'ai retrouvé mon amour et nous allons rentrer à la maison.. Je suis là..
Etant donné qu'il ne répondait pas, elle craignit soudainement qu'il ne la reconnaisse pas du tout. Mais pire que tout, qu'il refuse de la suivre. Avait-il rencontré quelqu'un ? Etait-il devenu un véritable étranger ? La voix tremblante de douleur elle demanda :
- Est-ce que tu veux que je te laisse ? Est-ce que.. Est-ce que tu veux que je parte ?
immarcescible, Posté le dimanche 30 juillet 2023 16:01 Répondre
Il y a des certitudes dans la vie qui nous pousse à s’engager dans l’impensable. Et c’est exactement ce qu’était entrain de faire Charlie. Depuis l’annonce de la mort de Kisos, elle n’avait rien ressenti. Aucune douleur, aucune peine, aucun soulagement tout simplement parce qu’elle n’y croyait pas. Pocahontas avait vu juste. Charlie ne croyait pas une seule seconde à la mort de Kisos. C’était impossible. Certain parlerait de déni mais pas Charlie.. Non. Elle savait qu’elle aurait ressenti quelque chose, elle le saurait au creux de son estomac si une telle horreur lui était arrivé. Aussi, lorsqu’elle voulu récupérer Pocahontas à la gare elle ne chercha pas à l’en dissuader. Bien au contraire.
Néanmoins, elle réussit à raisonner la vieille femme et lui demander de rentrer pour cette nuit. La Duchesse allait s’occuper de leur voyage qui risquait d’être périlleux et plein d’embûches et surtout.. surtout Charlie devait parler aux enfants.
Comme elle l’avait prémédité, Maya couru se réfugier dans la forêt folle de rage. Nicola se contenta de se replier encore plus sur lui-même malgré tous les beaux progrès qu’il avait fait et Bee pleurait de voir sa mère si triste. Une fois tous les papiers mis en ordre et le voyage prêt, les filles purent partir. Thomas les avaient accompagnées à la gare et il retint un instant Sora contre lui. Ils avaient beau cessés d’être mariés, ils n’empêchait qu’ils étaient encore terriblement épris l’un de l’autre.
Charlie avait fait en sorte que le voyage soit le plus doux et léger possible pour Pocahontas qui avait certes repris en vigueur mais qui paraissait toujours aussi faible. Pendant qu’elles traversaient l’Atlantique, Charlie ne pouvait s’empêcher à la nuit tomber de contempler les étoiles. Elle ne cessait de penser aux derniers mots de Kisos, de sa voix, de son rire, de ses yeux brillant. Oui, elle se refaisait le même voyage intellectuel tous les soirs pour être certaine de ne pas l’oublier. Un soir, Pocahontas la rejoignit et elles s’installèrent sur le pont l’une contre l’autre :
- Lorsque Gabriel est arrivé en Virginie il était si perdu.. Je savais qu’il fuyait quelque chose, racontait-elle avec émotion, dans son regard bleu perçant je savais que quelque se cachait mais je n’ai jamais osé lui poser la question. Je crois bien que j’avais peur que ce soit une autre femme, une autre famille. Je l’ai aimé dès les premières secondes de son apparition tu sais. Notre vie n’a jamais été facile.. On m’a enlevé, séquestrée, violentée.. Puis on m’a retiré le droit d’aimer Gabriel pendant quelques années.. Mais.. Mais on s’est toujours retrouvé. Tu sais pourquoi ?
Charlie faisait non de la tête, attendant avec impatience la suite de l’histoire.
- Parce que dans l’univers il existe une force tangible qui unit toujours les âmes soeurs. Je sais que nous allons retrouver Kisos, je sais qu’il nous attend quelque part. J’entends son appel..
La certitude de Pocahontas rassurait Charlie. C’était son unique espoir et elle s’y accrochait comme à son dernier souffle. Elles arrivèrent un mois plus tard sur le sol français. Si Sora avait cru que la traversée était le plus difficile il n’en n’était rien une fois sur le territoire. En effet, elle débarquèrent directement à Boulogne-sur-Mer qui était la dernière ville où Kisos était censé se trouver. Il ne fut pas si compliqué de se fondre dans la masse. Sora et Pocahontas trouvèrent aisément un poste d’infirmière pendant que Charlie jouait la détective pour trouver Kisos. Elle allait de commandement en commandement en présentant sa photo à n’importe quel soldat ou officier qu’elle croisait. Bien souvent, elle proposait de marchander des informations mais elle se trouvait face à des hommes qui n’en n’étaient plus.
Au bout de deux mois de recherche intensives et infructueuse elle perdit espoir et ce qu’elle voyait de la guerre en France ne l’aidait en rien à croire qu’elle retrouverait un jour Kisos. Il l’avait tellement ménagé dans ses lettres. Il avait, une fois de plus, cherché à la protéger. Elle comprenait mieux l’état du soldat Barber rentré un an plus tôt. Comment revenir d’une telle horreur ? Et plus les jours avançaient, plus elle se demandait : si je le retrouve, est-ce qu’il sera toujours l’homme que j’ai connu ?
L’armistice sonnait et Kisos n’avait toujours pas été retrouvé.
Pour la sécurité de Pocahontas et de Sora, Charlie avait écrit à son ami Brent de les placer sur une zone sûre. Elles furent donc envoyées en tant qu’infirmière sur Paris où elles s’occupaient des blessés aux Invalides. Pocahontas avait bon espoir de peut-être, retrouver son fils dans la masse de corps blessés qui arrivaient wagon entier tous les jours. Mais Charlie elle, elle restait sur le terrain et photographiait. En effet, pour pouvoir entrer sur la ligne de front, elle devait avoir une bonne excuse et elle la trouva en tant que photographe de guerre. Bien évidemment, entre deux photos, elle ne pouvait s’empêcher de continuer son enquête.
Trois mois en France et elles n’avaient toujours rien trouvé de lui. Les tranchées se vidaient mais aucune trace de Kisos; Du moins, jusqu’au jour où la route de la Duchesse croisa celle d’un certain Richard. Elle était dans un café à regarder avec une douleur sans nombre les photos de Kisos qui avaient étaient écorchées par le temps. Ses yeux s’emplissaient de larmes à l’idée qu’elle ne le retrouverait jamais. L’idée lui était même venue que, peut-être, il avait décidé de ne pas revenir et qu’il ne voulait pas être retrouvé. Elle n’avait pas osé en parler à Pocahontas dans sa dernière lettre craignant qu’elle puisse lui donner raison.
Ainsi donc, alors qu’elle contemplait ces vieux souvenirs de famille, elle sentit qu’on se penchait au-dessus d’elle ce qui la fit sursauter. Un homme d’une stature simple mais au visage décharné par la malnutrition et la mort observait les photos. Il pointa son doigt gros et sale en montrant Kisos et murmura :
- Thomas.. Vous connaissez Thomas ?
En trois mois c’était la première personne à reconnaître Kisos. Charlie devenait livide et manqua de tomber de sa chaise mais l’homme en question la retint en se doutant de son trouble.
- Vous êtes la femme de Thomas ? Charlotte ?
C’était terminé. Il l’avait eu. Elle avait beaucoup trop de tenue et craignait une mauvaise nouvelle, aussi, elle ne réagissait pas en effusion et resta digne en se présentant.
- Je suis.. Oui, je suis sa femme, dit-elle en se fichant de a fausse identité, vous le connaissez ? Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois ?
- Oh.. Ce bon vieux Thomas n’en n’a toujours fait qu’à sa tête vous savez.
Richard venait à s’asseoir face à Charlie après qu’elle lui ai proposé de manger quelque chose. Elle paya tout ce qu’il y avait sur la carte et l’homme reconnaissait bien la femme sans mesure dont Kisos lui avait parlé. Cela l’amusa alors qu’il dévorait un poulet :
- Il nous disait que vous étiez plus petite que lui mais j’ignorais que vous étiez si minuscule.
- Ou peut-être est-ce mon mari qui est un géant.
- Il avait dit aussi que vous aviez de l’esprit.
Charlie aimait bien cet homme. Pas parce qu’il connaissait Kisos mais parce qu’elle sentait qu’il avait un profond respect pour lui. Impatiente, elle lui posait un milliard de questions auxquels il répondait sans s’empêcher de manger. Il s’empiffrait c’était le terme précis.
- Je ne l’ai pas revu depuis presque huit mois. Nos unités ont été séparées à cause d’une opération appelé « Mission Barbossa ». Thomas disait qu’il détestait les pirates et qu’il avait dû en tuer un plus jeune. C’est vrai cette histoire ?
Elle acquiesçait gênée en repensant à cet épisode.
- Bref.. J’ai été affecté sur une nouvelle zone et on a été séparé. Mais à la fin de la bataille nous nous sommes retrouvés quasiment côte à côte. Il était sur le front en train d’essayer de sauver un camarade. Les Boches nous criblaient de balles. Toutes les défenses autour de Thomas allaient s’effondrer et je lui hurlais de partir, de se cacher dans un trou d’obus mais il n’écoutait rien. Il est tellement têtu.. tellement têtu, répétait-il quand Charlie en riait doucement reconnaissant bien son époux, et donc il s’obstinait à vouloir sauver la vie de cet homme mais il mourut dans ses bras. Et là.. Et là quand je l’ai vu se redresser inquiet, j’ai vu que quelque chose dans son regard avait changé. Quand je lui ai dis de venir, il me hurlait un truc bizarre.. qu’il sentait quelque chose.. qu’il fallait le suivre sur l’autre rive..
- Qu’est ce qui l’a fait changer d’avis ?
- Ma p’tite dame.. Vous devez savoir que ce que nous vivions sur le front ça faisait perdre la tête. Il est arrivé à des gars bien portant comme Thomas de devenir.. de devenir.. vous savez..
- Devenir quoi, s’impatientait Charlie, devenir quoi ?
- Un peu fou.
- Vous êtes en train de me dire que Ki.. que Thomas est devenu fou ?
- Et bien.. Je ne sais pas. Il s’est levé et il m’a juste hurler de passer la rive.
- Et vous l’avez fait.
- Oui et c’est ce qui m’a sauvé la vie d’ailleurs. S’il n’avait pas eu cet instinct je ne serais pas là à dévorer tous les plats que vous m’avez généreusement offert.
Richard lui expliquait qu’il avait été blessé et lui montra l’état de sa jambe qui avait été à moitié déchiquetée par des éclats d’obus. Il n’avait pas revu Kisos depuis et avait essayé de le chercher en vain. Les officiers lui avait expliqué qu’il y avait un tel charnier là où l’obus avait explosé qu’il n’y avait nul doute qu’il s’y trouve.
- Je suis désolé de ne pas pouvoir vous aider p’tite ma petite dame. C’était un grand homme votre époux.
- C’est.. C’est un grand homme, répétait-elle au présent, c'est un grand homme.
Ils se quittaient après s’être échangés leur adresse. Charlie avait payé les plats et attendait sur le pas de l’entrée que Richard la rejoigne. Elle lui demanda :
- Qu’est ce qu’il vous a dit exactement ?
- Quand ça..?
- Quand il vous a dit de partir. Qu’est-ce qu’il a dit ?
- Euhm.. Il a dit qu’il sentait le parfum des roses.
- ….
- Oui c’est ça.. Il hurlait qu’il devait suivre le parfum des roses. C’était ce qui allait le sauver mais honnêtement miss Wells, ça sentait sauf la rose sur le front.
Richard avait pris le premier train pour rejoindre Paris et Charlie était sur le quai de la gare encore tremblante de sa conversation avec le soldat. Les roses.. Rosie avait sauvé son père ? Kisos n’était pas mort mais peut-être se cachait-il ? Si elle avait perdu espoir deux heures auparavant, maintenant elle avait une certitude, celle que leur fille veillait encore sur eux et qu’elle allait les conduire une fois de plus l’un à l’autre.
immarcescible, Posté le jeudi 27 juillet 2023 11:47 Répondre
Charlie n'avait pas assez de nouvelles. Mais elle dissimulait sa détresse et sa peur pour ne pas inquiéter les enfants. Elle lui écrivait tous les jours sans faute mais les mois passés et elle ne reçu que deux lettres. C'était intolérable. Cette attente était monstrueuse et elle si anxieuse autrefois devait faire bonne figure pour rassurer tout le monde. Elle voulait être forte pour Kisos, qu'il soit fière d'elle. Elle était partout tout le temps. Moins de temps libre elle avait plus elle était satisfaite. Le temps libre la poussait à penser à Kisos et au manque cruel qu'elle ressentait. Il n'y avait que le soir, seule dans cet immense lit qu'elle laissait quelques larmes s'échapper. Mais très vite, les enfants vinrent se blottir contre elle et ils dormirent ensemble tous les quatre dans le lit que le père avait construit.
Les journées se ressemblaient toujours. Une routine s'était mise en place. Le matin se passait par un réveil doux et tranquille sous le son du gramophone d'où s'échappait des notes de jazz. Charlie préparait le mieux possible le petit déjeuner que Monica avait anticipé la veille. Heureusement qu'elle avait cette jeune fille pour l'aider dans toutes ces tâches. Charlie restait une duchesse et n'avait pas de talents en ce qui concernait la nourriture ou encore le ménage. La maison était sérieusement en bazar mais heureusement Monica les avaient sauvé d'un dédale de désordre.
Ils avaient trouvé un rythme mais personne n'était dupe, ils regardaient tous toujours par la fenêtre de voir arriver au loin le pas lourd et colossal du père de famille. Ils l'attendaient comme le messie. Tous les jours ils regardaient avec avidité les journaux pour essayer de trouver la moindre information le concernant mais c'était rare. Cependant, il y eut la fois où son nom (ou plutôt celui de Thomas) fut cité comme le premier chirurgien à reconstituer un visage. La famille était si fière de lui qu'ils ouvrirent une bouteille de champagne pour l'occasion. D'ailleurs, pour fêter la réussite de son époux, Charlie avait demandé à son ami Brent qui partait sur le front et qui s'occupait de la logistique de délivrer plusieurs colis à destination de Kisos. Sa fermeté légendaire avait tellement fait d'émulation jusqu'à l'état major qu'il fut donc assuré que Kisos et toute sa garnison reçoive les caisses qu'elle avait fait envoyé.
Ainsi, pour le jour de Noël ils reçurent du vin, des cigarettes, des aliments, des bandages, du savon, du tissu des médicaments et autres fournitures utiles pour améliorer la vie sur le front. Bien évidemment, pour Kisos, il y avait une petite boite avec des photos de la maison, de sa famille, des dessins de Bee, des lettres de Maya et un herbier fait par Nicola. Charlie avait coupé à chaque enfant un bout de mèche de cheveux qu'elle avait aussi mis dans la boîte, ainsi que la sienne.. Pour imprégner le tout, elle avait mis quelque spray de son parfum. Elle espérait tellement que ce colis le rassure et l'aide à tenir. L'idée lui était venue de le rejoindre, de l'aider mais en voyant la mine des enfants elle savait qu'elle n'aurait pas pu les abandonner. Eux aussi avaient besoin d'elle.
Cela allait faire presque un an que Kisos était parti. Pour essayer de rendre cet odieux anniversaire moins terrible, Charlie organisa une immense kermesse pour les enfants. Elle n'avait jamais été autant active sur tant de projets. Le temps d'une journée, ils purent se vider l'esprit en jouant et gagnant un nombre de prix important. Les enfants Walker était toujours bien habillé et poli. Charlie était si fière d'eux. La seconde inquiétude de la duchesse restait Pocahontas qui dépérissait à vue d'oeil. Sora, Anya et Charlotte se relayaient à tour de rôle pour lui tenir compagnie. Quand elle était suffisamment éveillée, Charlie notait sur un carnet toutes les aventures qu'elle avait vécu avec son grand amour, Gabriel. Elle en parlait avec une telle douceur que Charlie en frissonnait toujours.
- Il est comme lui tu sais, dit-elle en parlant de Kisos, Gabriel avait cette proportion de colère et de fureur en lui mais c'était largement compensé par l'amour et la tendresse qu'il nous offrait. Je ne l'ai jamais vu aussi fier de Kisos que lorsqu'il est monté sur ce bateau pour te rejoindre.
- Comment ça ?
- Quand il est venu en Ecosse.. Gabriel ne voulait pas qu'il y aille mais.. mais il voyait bien dans son regard ce besoin viscéral de te revoir. Il le comprenait et c'est pour ça qu'il l'a laissé partir. Parce qu'il savait que vous étiez des âmes soeurs comme nous l'étions nous même. Tu sais, il était orgueilleux mais.. mais il ne voulait que le bonheur de Kisos. Notre petit soleil.. Ce qu'il est grand maintenant.
C'était toujours moment doux et plein de sagesse que Charlie transcrivait dans le journal. La mémoire est quelque chose de trouble et qui se modifie avec le temps donc elle voulait que Kisos puisse avoir ces écrits pour se remémorer tous ces précieux souvenirs. Et puis c'était l'occasion pour elle de pouvoir continuer à penser à lui autrement que sur le front. Le soir venu, alors qu'elle caressait les cheveux des filles qui dormaient près d'elle, elle ne pouvait s'empêcher de regarder la lune et les étoiles par la fenêtre et elle priait, elle priait pour que Kisos revienne.
immarcescible, Posté le mercredi 26 juillet 2023 23:15 Répondre
« Mon amour,
Nous allons bien. Les enfants vont bien même si plus les jours passent et plus c’est tendu. La ville se développe au loin et ça grâce au train qui est enfin arrivé ! Mon père a réussit à détourner la ligne de chemin de fer qui voulait couper le territoire Powhatan en deux. Heureusement, il est arrivé à temps et a fait en sorte de faire passer la ligne sous la montagne. C’est un travail de titan mais les employés ne manquent pas. Cela amène un peu de monde en ville et gagner en prospérité les habitants. Ils ont élu un nouveau maire, un certain Fishbank. C’est le second maire amérindien de la ville puisque tu en as été le premier.
Bee grandit si vite. Tu ne la reconnaitras pas en rentrant. Nicola aussi d’ailleurs, il est plus grand que moi ce qui n’est pas très compliqué en soit n’est-ce pas ? Et Maya va passer son diplôme très prochainement.
Quant à moi je vieillis mon amour. Diable que je vieillis.. Me reconnaitras-tu en rentrant ? Me désireras-tu toujours ? Elle est si loin la jeune Charlie qui te sauvait de la noyade et qui te poursuivais dans les bois en maillot de bain. Je te parle de ces futilités quand tu es loin et que tu dois survivre à la cruauté et l’ignominie de ces hommes. D’ailleurs, un soldat est rentré à Jamestown, Barber tu le connais peut-être ? Il a été amputé des jambes et il a perdu la tête. J’ai essayé d’aller le voir et de lui parler de toi mais il parlait de choses étranges : de fumée, de masques, de poignards, de rats et de trous avec des cadavres. Kisos.. Mon amour j’ai si peur pour toi.
Tu es mon soleil éternel et je t’aimerais quoi qu’il advienne. Je ne serais pas comme cette lâche de Maddie Barber qui a abandonné son époux pour la vie californienne. Non, même si tu devais me revenir l’esprit autre part je serai là. Toujours près de toi.
Penser à toi est mon soleil, ainsi mes journées sont ensoleillées.
Eternellement tienne, Charlie »
immarcescible, Posté le mercredi 26 juillet 2023 23:15 Répondre
« Mo Grhian,
Tu vas être fier de ta petite femme (toute petite femme). Aujourd’hui j’ai réussi à convaincre le gouverneur de l’Etat de subventionner tous les orphelinats de Virginie. Grâce à des collectes de fond que j’organise nous aidons tous les orphelins à avoir un toit décent et une instruction. Ton amie (qui veut être beaucoup plus que ton amie et ne dis pas le contraire !!) Mera a voulu m’aider mais j’ai refusé son aide. Je ne voulais pas de cette femme près de moi et dont je n’ai pas confiance. En plus, elle a usé de violence physique sur un enfant qui ne comprenait pas des théorèmes en mathématiques. J’ai voulu la mettre dehors mais Sora m’en a empêché car nous manquons d’enseignants.
Mais tu as autre chose à penser que ces histoires de femmes ennuyantes alors je reviens à l’essentiel. Sora et Thomas vont divorcer, j’ai tellement du mal à y croire mais qui suis-je pour émettre un jugement. J’ai tellement mal pour eux car sous ces disputes et ces ressentiment ils s’aiment toujours. Seigneur.. Que de temp j’ai perdu par orgueil et fierté alors que je t’aimais. Le nombre de fois où j’ai commencé à aller à la gare et où j’ai fais demi-tour.. Kisos, je ne veux plus perdre un instant pour vivre ma vie avec toi. Quand tu rentreras nous prendrons le temps mais je ne veux plus passer une nuit sans me coucher près de toi mon amour.
Reviens-moi mon soleil,
Ton épouse qui t’aime »
immarcescible, Posté le mercredi 26 juillet 2023 23:14 Répondre
« Mon colosse,
Les jours passent et se ressemblent. La vie à Jamestown est tranquille, rien ne change. Quand je lis les journaux je suis effrayée de voir comment va le monde. L’autre jour un ami de New York est venu me rendre visite. Lui aussi est mobilisé et il doit partir dans un mois. Il a réussi a être positionné à l’arrière et je m’en veux de ne pas avoir suffisamment de poids pour t’aider. Si jamais tu le rencontre sache qu’il s’appelle Brent Woodcok. Le destin peut être capricieux dès fois mais je sais qu’il peut aussi réunir les deux personnes les plus opposés de l’univers pour ne faire qu’un. Alors je ne doute pas que vos chemins puissent se croiser.
Kisos, es-tu toujours là ? Mon amour..? J’ai tellement peur de t’imaginer sur un bas côté le corps déchiqueté par l’un de ces odieux obus. Des photos nous sont parvenus et quand Maya les a vu elle a fait une crise de panique. J’en fais moi même des cauchemars depuis. Mais toi ? Toi que vis-tu ? Je rêverais d’avoir les pouvoirs de ton Aponi et de te protéger. Mon amour je t’en conjure reste en vie ou du moins protège toi. Et même s’il venait à ce que tu sois blessé, qu’il te manque un membre reviens moi quand même. Te savoir vivant est le plus beau des trésors que je ne peux refuser.
Nous allons bien même si le peu de nouvelles de toi nous inquiètent. Nous mangeons à notre faim et nous profitons de l’été qui va poindre le bout de son nez.
Ta mère vieillie et sa santé est fragile. Je m’occupe d’elle le mieux possible et ma mère m’aide beaucoup. Sora vit une période critique avec Thomas. Il semblerait qu’il ne supporte pas l’idée que tu te sois engagé à sa place.
Tous les jours je regarde le chemin qui serpente la maison en contrebas et j’attends, j’espère voir arriver ta silhouette au loin.
C. »
immarcescible, Posté le mercredi 26 juillet 2023 23:14 Répondre
« Mon grand amour, mon souffle de vie,
Le temps est si long sans toi. Je t’écris car c’est le seul moment où je peux te parler. Le papier est bien fade comparé à toi, tellement fade. Voici quelques nouvelles de la maison. J’espère que cela te fera une parenthèse dans l’enfer que tu vis.
J’ai commencé à travailler avec Maya sur le français. Elle parle très bien et elle parle déjà de vouloir faire ses études là-bas quand la guerre sera terminé. Bien entendu, je mesure ses propos car je sais déjà la tête que tu fais en lisant ces lignes. Elle est encore jeune et elle changera d’avis. Nicola et moi-même avons trouvé un merveilleux moyen de communication. Il semblerait que la nature le canalise et l’aide à s’exprimer. Alors nous jardinons ensemble tous les jours. Je crois que tu serais assez fier de voir tout ce que nous avons planté. J’ai repeint l’extérieur de la maison avec les enfants et quelques pièces aussi. Elle est recouverte de fleurs et autres motifs amérindiens. La maison est si belle mais il nous manque notre pièce maîtresse : toi.
Concernant Bee, elle court dans le jardin dès que possible. Tous les soirs elle dort avec moi dans mes bras et cela me rassure aussi de l’avoir. Jamais je n’aurais cru pouvoir ressentir autant d’amour pour des enfants qui ne sont pas ma propre chair. Et pourtant.. Et pourtant je les aiment plus que tout mo ghrian.. Je les aiment sincèrement. Je suis tellement désolée de vous avoir négligée à New York. Je te promet de me rattraper de ces horribles mois que je te fais vivre. Je te promet du repos, de la douceur et de l’amour dès ton retour mon amour.
Je dois déjà te quitter, qu’il me tarde de te voir me revenir mon adoré.
Je pose mes lèvres tout autour du papier pour que tu puisses y poser les tiennes en retour.
immarcescible, Posté le mercredi 26 juillet 2023 23:13 Répondre
« Mon Kisos, mon amour, mon soleil,
Il ne se passe pas une journée sans que mes pensées ne volent jusqu’à toi. Te parler du manque de toi est une souffrance telle que je pourrais en écrire un livre entier. Kisos, mon adoré, j’espère que tu survis à ce que tu vis et ce que tu vois. J’ai ordonné au postier de me ramener tous les journaux de la ville la plus proche. Je crois qu’il a eu peur de moi lorsque je lui suis tombé dessus au détour d’un chemin. Je lis tous les journaux dès que je les ai et je te cherche partout. Je suis à la recherche de ton visage, de ta carrure impressionnante qui n’est très certainement pas passée inaperçu. J’espère tellement que tu ne subis pas la cruauté des hommes dans tes rangs et qu’ils te sont aussi fidèles et braves qu’ils le sont décrit dans les journaux.
Les dernières nouvelles de la maison sont très simple mais je voulais quand même te les partager. Maya est brillante, brillante mais elle se renferme sur elle-même. Ton départ la fait souffrir et elle a peur de ne plus jamais te revoir, comme nous tous ici d’ailleurs. Nicola est en rébellion mais il s’ouvre de plus en plus. C’est difficile mais je ne lâche pas. J’espère que quand tu seras de retour tu seras fière de voir que j’ai réussi à mener tout ce beau monde vers la réussite. Bee grandit si vite.. Elle commence enfin à faire des phrases et ne demande qu’après toi.
Tous les soirs nous dînons tous les trois mais après avoir presque failli détruire la cuisine j’ai décidé d’engager quelqu’un pour m’aider. Je ne voulais pas risquer d’empoisonner les enfants et de faire brûler la cuisine. J’espère que tu ne regrettes pas que ta femme ne soit pas une bonne ménagère. La femme que j’ai engagé s’appelle Monica et elle est d’une douceur inégalée. Elle est un vrai baume en nous préparant ses petits plats. Pendant qu’elle s’occupe de la maison je travaille à l’école avec Sora, puis je vais voir ta mère que j’aide le mieux possible.
Nous faisons front tous ensemble, les Walker et les Hedlund unis.
Mon amour, mon amour, mon amour. Tous les soirs quand je me couche je pense à toi et je dors sur ta place. Je pense à tes baisers, je pense à ton rire, je pense à tes mains, ton regard. Mon amour prend soin de toi. Je t’en prie, fais attention à toi.
Je suis là et je n’attends que toi,
Charlie »
immarcescible, Posté le mardi 25 juillet 2023 11:27 Répondre
Enveloppée dans les bras de Kisos, Charlie savoure la sensation exquise de son corps encore secoué du fulgurant orgasme qu'il venait de lui offrir. Ses mains caressaient sa peau si ferme et brûlante, ses lèvres le couvrait de baisers quand son regard le contemplait avec avidité. La respiration encore haletante et ses jambes entremêlées aux siennes, la jeune duchesse finissait par enfouir son nez dans l'épaisse chevelure de son adoré, un sourire comblé sur les lèvres. Du moins.. Jusqu'à ce qu'il évoque son retour. Elle sentie alors son ventre se crisper. Son corps se souvenait soudainement du départ prochain de son âme soeur et par mesure de protection, elle vint donc resserrer tout son corps autour du sien.
Non, non, non. Non tu ne pleureras lui serinait sa conscience. Ce soir devait être doux et sensuel. Pas de pleurs. Elle se mit donc à penser à ce qu'ils leur restait à vivre, à tout ce qu'il était possible encore de faire et de réaliser. Elle sentait Kisos remonter son visage près du sien. Il semblait inquiet de ne pas la voir répondre. Elle lui offrit donc un sourire tendre mais légèrement triste avant de poser sa main sur sa joue :
- Le seul plat que je sais faire sans empoisonner qui que ce soit, dit-elle avec un léger rire, tu es bien courageux soldat de t'essayer à ma cuisine.
C'était léger, c'était tendre. Ses lèvres déposaient un nouveau baiser sur les siennes avec une douceur extrême quand elle retenait du mieux qu'elle pouvait ses larmes. Elle avait besoin de lui, elle avait toujours eu besoin de lui et elle espérait qu'il le savait. Ses iris brillant de larmes qu'elle contenait le dévisageait. Elle ne pouvait s'empêcher de le contempler incapable de se raisonner avant de lui confier :
- Un jour tu m'as posé une question qui m'a énervé et à laquelle je n'ai jamais répondu.. Kisos Walker Powhatan.. Tu seras toujours plus que suffisant dans ma vie et c'est pour ça que tu dois me revenir. Tu es le rêve que je n'ai jamais osé avoir et pourtant.. et pourtant tu es là, tu existes. Alors je t'en supplie rentre vite à la maison. J'attendrais ton retour, toute ma vie s'il le faut mais je t'attendrais parce que je t'aime avec une démesure sans nom.
Comme pour sceller cette promesse, elle déposait un autre baiser sur ses lèvres. Quelques larmes s'échappaient qu'elle n'avait pas pu contenir quand ses petites mains agrippaient fermement le corps de son adoré. Après de douce caresses, elle réussit à raviver son désir et le sien et le laisser venir encore et encore en elle. Ce ne serait jamais suffisant. Ce ne serait jamais assez. Une nuit ne pourrait pas lui suffire mais elle allait devoir s'en contenter.
Au petit matin, ils se contemplaient encore l'un et l'autre alanguie dans ce grand lit qui avait connu leurs ébats sauvage et tendre. Charlie gardait ses yeux fixés à ceux de Kisos. Elle essayait de comprendre le mystère de cet homme qui l'avait sauvé à tant de fois. Le soleil se levait sur eux mais elle voulait lui hurler de retourner se coucher. Les trois jours étaient passés à une vitesse monstrueuse et elle n'avait plus le choix que de le laisser s'échapper de ses bras. Lorsqu'il se releva, elle sut qu'elle ne pourrait plus le retenir et qu'il n'y avait rien à faire. Il partait aujourd'hui. Le reste de la matinée fut mécanique. Ils prirent une douche et rendirent la chambre avant de rentrer chez les Hedlund. Le petit déjeuner était prêt et les filles sautaient les bras de leur père. Charlie faisait bonne figure, elle se le devait pour Maya et Bee. Anya reconnaissait l'éclat de douleur dans le regard de sa fille et lui assura de son soutien en l'enlaçant. Oui, sa famille était toujours là et en vie grâce à Kisos. Encore une de ses prouesses.
Ils mangeaient et riaient quand Charlie ne pouvait ouvrir la bouche. Elle ne cessait de scruter le guerrier si beau malgré cet odieux costume qu'il portait. Ce costume de la mort. Elle se retirait vite cette image de son esprit pour se concentrer sur l'instant présent et les filles qui avaient de multiples dessins à offrir à leur père. Il fut convenu que toute la famille accompagnerait Kisos jusqu'à la gare, ce qu'ils firent en début d'après-midi. Le quai était bondé si bien que les Hedlund décidèrent de rester dans la voiture avec les filles qui embrassaient leur père en le suppliant de vite revenir. Pour l'occasion, elle avait mit une jolie robe d'un rose pâle ravissant avec des léger volant donnant l'impression qu'elle allait s'envoler. Ses cheveux étaient à l'air libre, ondulant à merveille et elle s'était très légèrement maquillée. Avec le temps, elle était devenue coquette et elle voulait que Kisos se souvienne d'elle la plus belle possible.
Charlie ne le lâchait pas, elle le retenait de tout son corps quand elle enfouissait son visage dans son buste. Cette petite chose agrippée à son arbre, son pilier.
- Ne joue pas aux héros et rentre à la maison c'est compris, dit-il d'une voix ferme pour dissimuler les sanglots qui allaient surgir, tu rentres à la maison c'est bien compris ?
Dans sa main elle lui donnait une pochette où se trouvait des portraits peint de sa famille et de la leur avec tous les membres. Il en avait même un avec des roses pour qu'il n'oublie pas Rosie :
- Je t'attendrais toujours, tu es l'amour de ma vie, mon soleil, mon âme Kisos Walker. Mon souffle.. Je t'aime et je veux encore me disputer avec toi, t'aimer, t'entendre rire, ronchonner, pester, que tu vois nos enfants grandir et tes cheveux blanc apparaître.. alors rentre à la maison le plus vite possible.. rentre à la maison..
immarcescible, Posté le mardi 11 juillet 2023 13:04 Répondre
Kisos avait fait en sorte que la soirée soit magique et Charlie ne l'oublierais. Son regard n'avait cessé de scruter le profil de son époux. Il avait parlé de multiples projets pour son retour comme d'un nouveau mariage. Il était là, jovial, présent, serein et plein d'espoir. Le voir aussi déterminé ne pouvait que rassurer la jeune femme qui s'était laissé entrainée par la dynamique enjouée du colosse.
Après avoir été dîné, s'amuser à tirer sur des ballons, gagner des oursons en peluche, ris et dansé, ils se rendirent dans l'un des établissements hôtelier de la famille. L'oeil pétillant de la jeune femme ne cessait de briller alors qu'elle laissait son bras s'enrouler autour de celui de Kisos. Tout le monde le contemplait. Il était si beau dans son costume. Si éblouissant. Le coeur de Charlie ne faisait que battre la chamade en le voyant ainsi si beau et plein de confiance.
Arrivés dans la fameuse chambre, elle ne pouvait s'empêcher de toujours sourire. Tout avait vraiment était fait pour que ce soir reste une nuit magique. A peine eut-elle le temps de retirer le châle qui couvrait ses épaules que son époux la soulevait hors de terre pour la porter. Charlie laissait échapper un rire amusé quand elle agrippait la nuque de son époux.
- Comme si j'avais envie d'une peluche alors que je t'ai toi..
Sans perdre un instant, elle se penchait sur les lèvres du colosse qu'elle embrassait avec plus d'ardeur et de passion. Ses doigts quittaient sa nuque pour agripper la crinière du beau brun qu'elle venait à détacher. Elle aimait tellement s'agripper à sa chevelure. Lorsque le souffle lui manqua elle descendit de ses bras. Les prunelles de la jolie brune brillait toujours et son sourire donnait à son visage une candeur retrouvée.
- Ce soir, je veux que tu embrasses mon corps entier.. Je veux que tu te rappelles de mes lèvres, de mes mains et de mon souffle sur ta peau mo ghrian..
Elle venait en même déboutonner sa chemise. Ils se déshabillaient mutuellement jusqu'à finir nu l'un en face de l'autre. Charlie le dévorait du regard. Délicatement, elle déposait de tendre baisers, comme des plumes sur son buste en caressant ses hanches, ses fesses. Son regard ne le quittait pas. Par la suite et lentement, elle fit le tour de son corps, de sorte que ses mains, ses lèvres et ses seins frôlent son corps. L'objectif dans cette cartographie était de se rappeler de chaque partie de son corps. Elle en connaissait déjà une bonne partie, mais là ce soir, même s'ils passaient une délicieuse soirée, il y avait quelque chose de particulier et d'insaisissable.
- Tu te souviens de la fois où Jack t'as emmené sur Tortuga ? Tu étais rentré avec une prostituée dans notre cabine. Je t'en ai tellement voulu cette journée là. Mais c'était à moi que j'en voulais.. Ma peur de ne pas oser te dire ce que je ressentais ou encore.. Oser te dire ce que je voulais ou comment me caresser.
De retour face à lui, sa main caressait délicatement son membre. Sur la pointe des pieds, elle pouvait embrasser son cou tendrement alors qu'elle murmurait d'une voix langoureuse et sensuelle :
- Aujourd'hui je peux le faire.. Alors touche-moi mon amour..
immarcescible, Posté le mercredi 05 juillet 2023 11:56 Répondre
Charlie ne pensait pas à demain. Elle ne pensait qu'à ce soir et la beauté du moment. Puisque Kisos avait décidé de l'emmener dîner, elle avait tenu à se faire jolie. Heureusement, chez ses parents il y avait quelques robes à elle qui était restée. Accompagnée des filles et de Anya, elles firent de la jeune Duchesse une vraie beauté. Charlie voulait que Kisos garde en mémoire cette douce future soirée. Pour l'occasion, elle avait laissé ses cheveux à l'air libre. Ils ondulaient légèrement sur ses épaules et elle avait revêtit une robe bustier d'un bleu pâle léger. Un voile quasiment transparent couvrait ses épaules quand elle avait ajouté un léger maquillage sur son visage. Maya trépignait d'impatience à l'idée de voir la réaction de son père quand Bee bavait en mordant son hochet. Anya elle, venait à déposer sur le front de sa fille un tendre baiser avant de lui dire de filer. En effet, qui aurait pu croire un jour qu'elle lui dirait de vite partir rejoindre son bien-aimé.
Garrett avait eu vent de l'envie irrépressible de sa femme à pomponner leur fille. Alors, il prêta un costume à Kisos pour l'occasion. Ce fut bien compliqué de lui en trouver un qui allait à sa taille mais avec quelques rafistolage, ils trouvèrent de quoi le vêtir. Charlie venait enfin à descendre les escaliers et qu'elle ne fut pas son sourire en voyant son beau et tendre Kisos en bas de l'escalier. Elle souriait de toutes ses dents, les joues légèrement rougies en le contemplant. Il y avait comme un air de nostalgie à descendre les escaliers de la sorte. Cela lui rappelait son anniversaire, dès années auparavant où il était au milieu de la foule mais qu'il irradiait de beauté. Une fois à sa hauteur, elle lui fit les yeux doux :
- Partons vite d'ici avant que je ne t'arrache tous ces vêtements, murmurait-elle avec un sourire amusé, je meurs de faim..
Maya exigea un câlin et une photo pour immortaliser ce moment. Charlie avait donné le goût à leur fille des photos. Elle voulait se souvenir de la beauté de ses parents à cet instant et du sourire éblouissant de sa mère. Charlie ne pensait pas à demain et c'était ce qui la rendait si légère. Après les embrassades le couple partit en direction du centre ville pour dîner. Charlie se laissait conduire par Kisos non sans s'empêcher de le contempler et de passer une main sur sa nuque. Elle était subjuguée par cet homme. Son corps entier était comme électrisé, aimanté par sa présence. Elle en mordait même sa lèvre inférieure tant elle était fébrile.
Arrivés au restaurant, ils bénéficièrent d'une table tranquille isolée du reste du monde. Garrett avait bien préparé leur soirée. Pour l'occasion, Charlie mangea avec un appétit d'ogre. Elle était affamée et ne pouvait s'empêcher de piquer dans l'assiette de Kisos. Pour l'embêter bien évidemment. Ce qu'elle aimait l'entendre ronchonner. A chaque petit vol dans son assiette, elle agrippait sa cravate pour lui donner un baiser d'excuse :
- C'est meilleur chez toi.. Qu'y puis-je ?
Les yeux doux, elle s'amusait à le contempler alors qu'il mangeait aussi avec appétit. Il n'y aurait pas de demain pensait-elle. Pas de demain, il n'y a que ce soir. Elle ne voulait pas parler de demain et de ces potentielles années d'attente. Non, elle ne pouvait pas envisager qu'il puisse partir, la quitter de nouveau. Elle vivait dans le déni. Demain elle aurait tout le temps de pleurer.
- J'ai envie d'aller danser, tu veux bien m'emmener ? Promis, cette fois-ci nous irons dans un endroit plus tranquille où tu ne risque pas qu'une petite brune se jette sur toi.
Elle souriait doucement, amusée suite à ce souvenir d'eux deux dans le bar où elle l'avait entraîné dans une chambre pour faire torridement l'amour. Même si sa petite déesse intérieur lui hurlait son désir, elle voulait avant tout profiter de la présence de son bien aimé et de moments simple qu'elle pourrait chérir. Après le dîner, ils marchèrent un peu le long des quais en direction du pont de Brooklyn. La ville entière était éclairée, vive et pleine de vie. Charlie marchait contre Kisos, son bras autour de sa hanche en évoquant tendrement le passé :
- Quand je pense que tu t'es battu avec Ona pour moi.. Tu sais qu'il ne s'intéressait qu'à moi uniquement pour te faire rager ? J'ai toujours cru qu'il était amoureux de toi.
La moue de Kisos la faisait rire. Taquiner son époux était si aisé. Arrivés sur le pont de Brooklyn, ils s'adossèrent à la rambarde. Un groupe de jazz jouait non loin et un léger vent frais s'abattait sur eux. Charlie posait sa tête sur l'épaule de Kisos et observait la lune qu'il voyait au loin :
- Difficile de se dire que ce sera la même lune que nous verrons l'un et l'autre n'est-ce pas ? Je crois que ce qui me manque le plus de Jamestown ce sont les étoiles. Tu te souviens de quand nous dormions à la belle étoile l'un contre l'autre dans la forêt ?
Elle relevait son visage vers lui, ses bras entourant les siens et ses yeux brillant de douceur. Sa main remontait sur sa joue qu'elle caressait alors qu'une vive émotion l'enveloppait. Les heures passaient et elle savait que demain allait arriver. Elle devait prendre sur elle mais comment le pouvait-elle alors qu'il allait lui être arraché de nouveau :
- Je t'aime tellement Kisos, murmurait-elle avec émotion, je t'aime depuis ce jour où tu es apparu sur l'autre berge et où j'ai cru que tu étais un ours prêt à me dévorer. Je veux que tu t'en souviennes éternellement. Je veux que tu te le répètes chaque jour quand tu seras là-bas. Je n'ai pas abandonné pour toi alors tu dois me revenir. Tu dois vivre pour que je puisse encore t'engueuler et t'aimer. On n'a pas traversé ces dix dernières années pour que tu me sois enlevé maintenant je le refuse. Tu es mon soleil Kisos Powhatan Walker et je suis ta lune. Je ne peux pas vivre si tu ne m'éblouie pas. Ma vie ne peut qu'être une nuit si tu n'es pas là près de moi.
immarcescible, Posté le mercredi 28 juin 2023 12:27 Répondre
Une nouvelle journée d'une douceur si émouvante que Charlie aurait pu en pleurer de nouveau. Mais elle se retenait. Ne jamais pleurer devant les enfants. Kisos se mit à les gâter comme si elles étaient des princesses qu'il fallait honorer. Elle ne se faisait pas prier et acceptait de bonne grâce surtout en voyant la moue réjouie de son époux. Il n'avait pas l'habitude de telles dépenses et cela semblait lui faire tellement plaisir qu'elle ne pouvait s'empêcher de se moquer tendrement de lui. Les filles, elles, étaient enjouées et impressionnées par les paquets qui s'accumulaient et les magnifiques établissements où ils se rendaient. Ils rentrèrent en fin d'après-midi. Maya continuait les cartons dans sa chambre quand Kisos lisait le journal et s'informait de la guerre en Europe. Charlie venait même à lui donner quelques explications sur la géopolitique européenne.
Le voir assis de la sorte dans ce fauteuil en cuir, le journal entre les mains, il avait une allure de Lord. L'allure des Walker. Discrètement, elle prit une photo de lui avec ses sourcils froncés, la moue concentrée. Il était le portrait craché de son père si ce n'est que ses cheveux étaient beaucoup plus long. Elle en prit une autre où il observait l'objectif surpris, puis une autre où il souriait.
Ravie d'avoir capturé cet instant si singulier, elle vint s'asseoir sur ses cuisses et posa l'appareil non loin d'eux pour qu'ils aient un instant de figé sur la pellicule ensemble. Un moment hors du temps, loin de la guerre, des ressentiments et de la peur. Cet instant si doux ne pouvait bien évidemment n'avoir qu'une fin et ce fut Kisos qui la rompit. A l'écoute de ses mots, Charlie voulu s'enfuir de ses bras, furieuse mais il ne la lâchait pas pour qu'elle entende tout ce qu'il avait à lui dire. Mais elle ne voulait rien entendre :
- Arrête ! Arrête ça de suite ! Je t'interdis de continuer !
A bout de souffle de s'être débattue de ses bras mais enfin libérée, elle planta ses iris dans les siens. La Charlie douceur avait laissé place à la Charlie duchesse, intraitable, froide et cinglante.
- Je ne veux pas entendre ça jamais plus. Tu as juré de revenir donc tu vas revenir Kisos Walker ! Il est hors de question qu'on me ramène ton corps sans vie tu m'entends ? Comment peux-tu concevoir que je recommence à vivre sans toi ? Comment veux-tu que j'imagine une vie où tu n'y es pas ? Tu as le devoir de revenir jusqu'à moi. Je t'interdis de mourir loin de moi. Je t'interdis d'oser imaginer abandonner parce que je viendrais te chercher. Tu peux me croire que je n'hésiterais pas une seule seconde à te rejoindre si tu venais à perdre espoir.
Ce n'était pas la peur qui la guidait mais la colère. Charlie passait une main tremblante dans sa crinière en sentant la crise d'angoisse survenir. Elle cherchait quelque chose à s'accrocher et vint le faire avec la cheminée. Des images lui venait, comme des flashs, de Kisos mort. Elle secouait la tête en essayant de reprendre son souffle alors qu'il venait près d'elle. Mais elle lui en voulait de dire de tels mots. Elle frappait son buste en lui offrant un regard furieux :
- Tu crois sincèrement que je vais y arriver sans toi ? Tu as vu à quoi ressemble ma vie sans toi Kisos Walker ? Tu le sais alors ne fait pas celui qui a confiance en ma capacité à vivre sans lui. Tu voudrais quoi ? Que je me marie juste pour ne pas être seule ? Et tiens, pourquoi pas avec Ona ou le premier qui passe n'est-ce pas ? Tu ne comprends donc toujours pas que je ne veux personne d'autre au monde que toi ! Toi et toi seul ! Imbécile de Walker !
Elle était furieuse et continuait de frapper son buste sans véritablement lui faire du mal. Il était bien trop fort pour elle, quand elle était minuscule contre lui. Ses yeux envoyaient des éclairs mais s'embrumaient à cause du chagrin qui allait rapidement surgir si elle n'arrivait pas à se calmer :
- Tu dois te battre pour me revenir. Faire tout ce qui est possible pour survivre. Je ne te pardonnerais jamais de m'abandonner une nouvelle fois Kisos. Je peux t'assurer que tu recevras une raclée tellement fulgurante que tous tes Esprits en entendront parler pendant encore mille ans.
immarcescible, Posté le jeudi 22 juin 2023 19:13 Répondre
Charlie avait envie de pleurer mais elle se retenait. Le moment était si beau, si doux, si sensuel qu'elle ne voulait pas le gâcher par ses larmes. Kisos n'avait pas été aussi tendre avec elle comme ça depuis longtemps. Elle avait l'impression, imperceptible, de retrouver son époux, celui d'autrefois, celui qu'elle cherchait éperdument. La journée avait été exceptionnellement douce et divine, aussi, en retrouvant son Kisos de la sorte, elle avait l'impression de toucher au paradis et à cette vie qu'ils auraient toujours du avoir. Agrippée à sa crinière quand elle bougeait sensuellement sur son bassin, elle poussait un gémissement de plaisir qui résonnait dans le jardin d'hiver. Tremblante et frémissante dans ses bras, elle reprenait lentement son souffle, son visage blotti dans la crinière épaisse du géant qu'elle adorait.
- Je t'aime tellement, tellement..
Elle murmurait en relevant son visage qu'elle couvrait de baisers. Son sourire éblouissait son visage qui exprimait une passion et un amour certain. Les souvenirs qu'il avait remémoré, ces mots tendre d'amour avait fait flanché la Duchesse. Peut-être qu'elle n'était que cela finalement, une petite plante qui ne demandait que de l'amour et de la tendresse de son soleil. Ils restèrent blottis l'un contre l'autre en s'embrassant, se caressant et se murmurant des mots d'amour jusqu'à ce qu'ils s'endorment épuisés mais heureux.
Au petit matin, elle s'éveilla la première avec un Kisos blotti derrière elle. Cela la faisait déjà sourire surtout avec le souvenir si sensuel et langoureux de la veille. Lentement elle venait à se retourner de sorte à être face à lui. Ses doigts caressaient son visage qui avait certes vieilli mais qui était encore plus beau qu'autrefois. Son coeur battait si fort la chamade. Front contre front, elle se laissa somnoler encore un peu jusqu'à ce qu'elle l'entende ronchonner à cause des oiseaux qui chantaient beaucoup trop fort ce matin. Elle en riait doucement et venait embrasser ses lèvres avec une extrême douceur. Il était encore tôt et les filles dormaient encore, elle avait donc le temps de s'savourer cette délicieuse matinée. Ses lèvres faisaient un doux chemin de baisers sur le cou de Kisos, puis son ventre et enfin son bassin. Elle était accueillie par son membre fièrement dressé qui ne demandait qu'à rencontrer ses lèvres.
- Déjà au garde à vous soldat, demandait-elle amusée en donnant un sensuel coup de langue sur sa longueur, il va falloir que je m'occupe de vous avec précaution.
Charlie savourait avec un plaisir certain d'entendre les râles de plaisir et les gémissements de Kisos. Elle se souvenait du moment particulièrement sensuel qu'ils avaient vécu plus jeune sur le bateau, surtout le soir où ils s'étaient caressés si tendrement. Heureusement, aujourd'hui elle avait l'expérience et comptait bien lui donner un moment aussi euphoriquement sensuel qu'il lui avait donné la veille. Elle s'amusait à jouer avec ses testicules en les caressant, ou encore en griffant délicatement son buste alors que ses lèvres et sa langue allaient et venaient sur son membre long et droit. Elle en jouait tellement que lorsqu'elle le sentait prêt à venir, elle le taquinait en cessant ses caresses. De toute manière, elle avait une autre idée en tête. Aussi, au bout de la deuxième fois, elle revint s'allonger sur lui et embrasser ses lèvres tout en maintenant ses mains au dessus de sa tête avec une lueur malicieuse dans le regard :
- Est-ce que tu te souviens de notre mariage amérindien. Tu m'as fais l'amour si intensément que tout le village nous avait entendu, dit-elle avec un sourire en coin amusé, mon père voulait t'assassiner tellement il était choqué.
Se penchant sur ses lèvres, elle l'embrassait langoureusement avant de caresser sensuellement son membre entre ses cuisses. Il ne fallait presque rien pour qu'il puisse la pénétrer mais elle s'occupait du rythme. Elle aimait le frustrer de la sorte et voir son regard si éclatant s'assombrir de désir. Elle en gémissait même en le sentant aussi proche d'elle sans l'être :
- Tu m'as toujours rendue folle de désir Kisos.. Il n'y a que toi.. Que toi depuis toujours.. Je ne dis pas ça.. Mh.. Je ne dis pas ça parce que tu pars mo grhian.. Tu es mon souffle, mon oxygène, mon sang, mon bonheur, ma vie, mon soleil. Tu es mon tout, mon infini, mon éternel.
Elle voulait lui rendre les même mots d'amour qu'il lui avait offert la veille au soir mais qu'elle avait été incapable de prononcer tant elle avait été émue. Se penchant une nouvelle fois sur ses lèvres, elle l'embrassa, mordilla sa langue, sa lèvre puis son cou et son menton. C'était primordial qu'il se souvienne de son parfum, de ses baisers, de ses morsures. Comme si elle craignait qu'il perde la mémoire et qu'il l'oublie. Terriblement excitée, elle ne tint plus et vint lentement le laisser la pénétrer. Cela lui fit pousser un râle de plaisir intense qui la fit se redresser sur lui en renversant sa crinière brune. Leurs doigts entrelacés, elle s'en servait pour s'appuyer et bouger sur lui avec la même cadence tendre que la veille.
- Tu me sens mon amour.. Je veux que.. Oh Kisos.. Je ne veux pas que tu m'oublies..
Son bassin accélérait la cadence alors qu'elle le laissait se redresser pour le tenir contre elle. Ses doigts s'agrippaient à sa crinière fermement alors que sa voix gémissait contre les lèvres du colosse et ils s'aimaient, se donnaient jusqu'à atteindre ce plaisir intense et sensuel qui les prenaient toujours. Front contre front, Charlie gémissait encore en caressant le visage de Kisos. Elle le couvrait de baisers, haletante en cherchant son souffle et murmura inlassablement qu'elle l'aimait et qu'elle avait besoin de lui :
- Je ne veux pas que tu partes, avouait-elle un sanglot dans la voix, je ne veux pas que tu partes loin de moi de nouveau.. Je n'y arriverai pas sans toi.. Je n'ai jamais su vivre sans toi..
Les pleurs qu'elle avait retenu la veille ne pouvaient s'empêcher de couler cette fois-ci. C'était le matin et il ne restait que deux jours. Deux jours de bonheur avec une épée de Damoclès au dessus de la tête. Elle se blottissait contre lui, le serrait de toute ses forces contre elle pour ne pas qu'il la relâche.
- Je vais te kidnapper et te cacher aux yeux du monde, murmurait-elle en embrassant le sommet de son crâne, je serai comme ta mère.. une vraie louve.
Mais elle savait qu'elle ne pouvait pas le garder pour elle et encore moins potentiellement le sauver. Elle reniflait, les yeux rougies de larmes quand elle essuyait ses joues toute penaude après un orgasme aussi sensationnel. Elle embrassait tendrement son nez avant de reposer son front contre le sien :
- Je te jure que je prendrais soin des enfants.. Je les aime tu sais.. Je les aime fort même si.. même si je suis peu démonstrative. Ils comptent pour moi et je vais te prouver que je peux prendre soin d'eux..
immarcescible, Posté le lundi 19 juin 2023 19:27 Répondre
Ses doigts tenaient encore la photographie de leur mariage. Les bords étaient tout écorchés et la pellicule avait légèrement jauni, mais le bonheur était là. Il existait toujours sur la surface plane et lisse de l’image. Il avait bel et bien existé. Cela n'était pas un rêve. Charlie voyait son autre elle qui souriait avec un éblouissement contagieux et Kisos si sérieux et mal à l’aise dans son costume européen fixait le spectateur avec un regard fier et noble. Il y avait bien des années qu’elle n’avait pas posé les yeux sur cette photo et cela faisait naître de nouvelles larmes sur les joues de la jeune femme.
Profitant que Kisos allume le gramophone, elle essuya ses larmes discrètement et reposa la photo dans son portefeuille pour ne pas qu’il l’oublie. Du jazz s’élançait dans l’air, tendre et sensuel. Charlie prit la main de son époux et vint se blottir contre lui avant de se balancer délicatement ses pieds en rythme de la musique. Ils étaient enlacés l’un contre l’autre et silencieux. Elle n’avait pas trop parlé de la soirée, incapable d’émettre un son sans que sa voix déraille. Elle avait peur que parler la fasse pleurer et elle avait assez pleuré comme ça.
Mais Kisos cherchait visiblement à se faire pardonner. Sa culpabilité, si légendaire, affaissait ses épaules. Alors, Charlie prit sa main et le conduisit à l’extérieur pour faire une petite marche dans le jardin. Ses doigts entrelaçaient les siens quand ils observaient la ville à leurs pieds. Assis dans l’herbe, l’un à côté de l’autre, elle posa sa tempe contre son buste alors qu’il l’enlaçait fermement. Elle aurait pu là, s’endormir contre lui, mais elle n’avait pas envie de dormir. Ils n’avaient que quatre jours ensemble :
- Tu feras attention à toi là-bas tu me le promet, demandait-elle une main posée sur le coeur du colosse, tu ne joueras pas au héros. Tu dois rentrer à la maison pour t’occuper de nos enfants et m’aimer encore et encore.
C’était la réponse à sa question. Bien sûr qu’elle serait encore présente à son retour. Bien sûr qu’elle l’attendrait et qu’elle voulait encore de lui. Il était son soleil même s’il était persuadé du contraire. Frissonnant à cause du froid, elle se blottissait de nouveau contre lui en humant son parfum si troublant, avant de venir poser sa main sur la joue du colosse. Son regard brillait d’une douleur encore présente mais y sommeillait aussi l’amour intense qu’elle avait pour lui et c’était ce qu’elle lui murmurait :
- Tu dois rentrer à la maison mo ghrian.. Je t’aime, je t’aime, je t’aime et je ne veux pas que tu partes. J’ai tellement peur de te perdre une fois encore.
Ils restèrent un moment blotti l’un contre l’autre en silence mais tendrement enlacés. Charlie ne se souvenait pas de quand ils étaient rentrés. Peut-être l’avait-il porté jusqu’au lit puisqu’ils y étaient tous les deux sous l’épais plaid qu’elle n’avait pas emballé. Tendrement, elle avait caressé les traits de son époux qu’elle venait ensuite couvrir de baisers. Elle voulait que sa peau se souvienne de la sienne, qu’il ne l’oublie pas et lorsqu’elle pu contempler ses iris d’un bleu puissant s’éveiller elle ne pu s’empêcher de lui sourire. Au même moment, Bee arrivait à quatre pattes dans la chambre en appelant ses parents. Maya l’avait sortie du lit et la cherchait partout dans la maison. Charlie riait doucement et vint attraper la petite fugueuse qu’elle mit entre ses parents pour la couvrir de baisers.
- Elle m’a laissé seule pour faire les crêpes vous rendez-vous compte ?
Maya grognait gentiment contre sa petite soeur qui s’amusait à grimper sur les épaules de son père. Ils avaient enfin réussit à sortir du lit attirés par l’odeur alléchante des crêpes. Après un bon petit déjeuner copieux, Charlie proposa d’aller à la plage. Maya et Bee n’avaient jamais encore vu l’océan donc c’était le parfait moment. Après avoir sorti quelques maillots de bain et les serviettes ils se rendirent donc en voiture, en famille jusqu’à la plage. Charlie portait un maillot de bain cintré qui mettait en valeur sa poitrine et sa cambrure. Ses cheveux brun flottaient dans l’air quand sa peau blanche et éclatante avait des allures de porcelaine. Assise sous le parasol, elle mettait de la crème sur le corps de Bee qui jouait avec le sable qu’elle tentait de manger :
- Nan, nan ma chérie. Eurk.. Pas bon..
Maya, elle, s’amusait à éclabousser son père dès qu’une vague apparaissait. Ils s’amusaient tous les deux dans l’eau sans se soucier du soleil. Charlie, elle, se méfiait, elle ne voulait pas risquer d’attraper un coup de soleil. C’était tellement dur pour elle de voir Kisos rire avec Maya quand il allait de nouveau disparaître dans trois jours. Un noeud dans son estomac se développait qu’elle ne pouvait contrôler. Comment protéger son époux en étant si loin de lui. Ce qu’elle ne lui avait pas avoué c’est qu’elle s’était arrangée pour qu’il soit placé sur un secteur qui soit moins dangereux. Du moins, l’espérait-elle car elle ne pouvait contrôler les mouvements du front mais elle espérait que ça suffirait à faire gagner un peu de temps à Kisos dans cette odieuse guerre.
Ils s’amusaient tellement tous les deux que Charlie ne tint pas. Prenant Bee dans ses bras, elle vint les rejoindre en leur soulignant de faire attention à la petite qui trempait avec joie ses pieds dans l’eau. C’était si léger, si simple. Maya remonta avec sa soeur et les époux se retrouvèrent l’un contre l’autre dans l’eau. Charlie vint s’agripper à lui en se laissant voguer par les vagues :
- Tu te souviens quand je t’ai attiré au lac et que je t’ai séduit pour que tu m’embrasses, demandait-elle avec un doux sourire sur les lippes, si seulement Binki et Millie n’étaient pas arrivées.. Vous auriez succombé au charme de Charlotte Hedlund bien plus tôt Monsieur Walker.
Ses joues rougissaient toujours quand elle évoquait son désir pour Kisos et ça pour toujours. Elle lui donna un tendre et langoureux baiser sans pouvoir s’empêcher de se serrer contre lui. C’était si simple, si tendre. Il n’y avait pas de reproches, pas de passé, pas de guerre. Juste le présent. Mais Maya les appelaient au loin, les filles avaient faim. Alors, ils sortirent de l’eau et décidèrent d’aller manger des snacks au restaurant de la plage avant de retourner lézarder au soleil. Bee dormait sous le parasol et Maya jouait avec d’autres enfants au bord de l’eau. Charlie se laissait bronzer au soleil quand Kisos lui mettait de la crème dans le dos.
- Je suis blanche comme de la neige.. Ce n’est vraiment pas beau. Toi tu es aussi brillant que le soleil. J’ai toujours envie de me blottir contre toi tellement tu es brûlant. Mon soleil..
Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Le vent commençait à tourner et le soleil disparu et il fallut rentrer. Ils arrivèrent d’ailleurs juste à temps à la maison que la pluie tombait. Après avoir donné le bain à Bee et lui avoir donné à mangé, la petite s’endormit dans les bras de sa mère. Elle lui avait lu une comptine et l’avait bercé tendrement laissant Kisos annoncer à Maya son départ prochain. Elle déposa la petite fille dans son berceau et embrassa tendrement son front orné de belle boucle brune et sortie sur la pointe des pieds.
Maya pleurait dans les bras de son père en lui faisant promettre les même chose que Charlie. Elle voulait que son père revienne, elle ne lui donnait pas le choix.
- S’il ne revient pas j’irais le chercher moi-même tu peux me croire.
La jeune fille savait que sa mère disait vrai et cela la rassurait un peu. Ils dinèrent tous les trois en parlant de ce qu’ils feraient tous ensemble à la fin de la guerre. Il était tard quand enfin Maya s’endormie. Charlie avait laissé le père et la fille ensemble et en avait profité pour s’occuper un peu du jardin. Elle trouvait si triste que les fleurs commencent à pousser alors qu’ils partaient. Kisos la rejoignait et elle voyait l’affliction de son regard. Il ne voulait pas partir. Des roses dans ses mains et de l’autre main celle de Kisos, elle le conduisit jusqu’au petit jardin d’hiver. Elle mit les roses dans un vase et prit un baume de Pocahontas et ordonna à son époux de s’allonger sur le ventre.
Pour lui faire une surprise, elle avait aménagé dans le jardin d’hiver, sous la véranda, un matelas et des coussins. Quelques bougies éparses sur le sol donnait l’impression d’être de retour à Paris les premiers jours où ils s’étaient installés. Une fois qu’il fut sur le ventre, elle lui ordonna de retirer ses vêtements et lorsqu’il fut nu, elle se mit à le masser avec le baume qui sentait si bon la rose et la bergamote. Elle partie de ses pieds et remonta le long de ses cuisses si puissante. Elle s’amusa à embrasser ses fesses et remonter encore jusqu’à son dos qu’elle couvrait de baisers avant de le masser. Elle lui expliqua avoir appris à masser en Inde où elle avait vu la gourou faire de nombreux miracles par ces gestes doux et ample.
- Bien évidemment, elle ne se blottissait pas comme ça contre ses patients.
Charlie souriaient amusée en mordillant le cou du colosse et plaquant son corps nu à elle aussi, sur le dos de Kisos. Ses seins caressaient le dos du colosse et ses mains continuaient de le masser avec application. Elle espérait détendre chacun de ses muscles pour qu’il puisse s’endormir paisiblement et ainsi passer une belle nuit.
immarcescible, Posté le samedi 17 juin 2023 10:54 Répondre
La maison était si silencieuse que Charlie pouvait encore entendre les battements de son coeur. Ils n'avaient rien de joyeux, non, ils s'emballaient pour annoncer une future crise d'angoisse. Encore assise sur le canapé, elle prit le temps nécessaire pour se relever. Une fois debout, ses yeux se fermèrent et elle sentit une vague d'émotion destructrice l'envahir. Elle avait envie de hurler, de tout jeter, défoncer la porte de la pièce où Kisos s'était enfermé. Elle voulait mettre le feu, tout détruire et s'auto détruire par la même occasion. Sa main tremblait et tenait toujours le verre de whisky qu'elle lui avait emprunté. Poison si tentant, poison si attirant.
Mais elle ne cédait pas et se contenta de reposer le verre sur la table avant de sortir prendre l'air. Une fois qu'elle fut dehors, elle prit en plein visage le souffle d'air frais de la forêt et s'y réfugia sans se poser de question et y resta toute la nuit. Allongé sur un matelas de feuilles séchés, elle priait pour que la mort la prenne. Elle priait pour ne jamais se réveiller et ne plus entendre les mots violents et impardonnables de Kisos. Elle priait de toutes ses forces pour que la terre arrête de tourner, pour ne plus rien ressentir et ne plus vivre.
Mais le matin l'éveilla. Une nouvelle journée allait recommencer. Avec beaucoup de difficulté elle réussit à se redresser enfin et retourner à la maison. Il n'était même pas venu la chercher. La haïssait-il tant que cela ? Est-ce qu'il ne voyait pas qu'au fond elle était toujours la même mais qu'elle avait besoin de temps ? Kisos semblait tellement pressé, tellement certain de ce qu'il voulait qu'il ne la voyait pas vraiment. Ou du moins, il ne décelait que le négatif chez elle.
La maison était toujours dans le silence le plus complet et elle comprit rapidement qu'il avait emmené les filles à l'école. Ou bien étaient-ils partis ? Elle vérifia les chambres, à deux doigts de la crise de panique mais vu que leurs affaires n'avaient pas bougé. En redescendant, elle se rendit dans la cuisine et fit chauffer de l'eau pour son thé. Edwin et Scarlett n'allaient pas tarder à arriver, elle devait prendre une douche et s'arranger un peu mais elle avait trop besoin de sa théine du matin. Elle faisait tourner sa boule à thé dans sa tasse en ne cessant d'entendre les injonctions de Kisos quand le téléphone sonna. Qui dont pouvait appeler à cette heure si matinale ?
- Oui ?
- Charlie, c'est toi ? C'est Sora. Kisos est là ?
- Non je suis désolée il est parti. Je peux quelque chose pour toi ?
D'abord gênée, Sora n'osa pas avouer à son amie ce qu'elle avait confié à son frère la veille. Puis, à force d'entendre Charlie insister, elle lui raconta le fameux courrier reçu et la décision de Kisos à s'engager sous le nom de Thomas. Heureusement, Charlie avait une chaise près d'elle où s'effondrer. Ce cauchemar ne cesserait-t-il donc jamais ? Kisos était si dégoûté par la jeune femme qu'il préférait risquer sa vie sur le front européen. La guerre durait depuis déjà deux années et même si elle était loin des USA, les récits d'horreurs de journaliste lui avait donné un aperçu de ce qui se passait dans ces fameuses tranchées.
- Je suis tellement désolée Charlie.. Tellement mais.. Mais tu comprends.. Thomas et moi avons cinq enfants et je..
- Tu n'as pas forcé Kisos à s'engager Sora. C'est sa décision, pas la nôtre.
Après avoir parlé un moment avec Sora et l'avoir rassurée du mieux qu'elle pouvait elle raccrocha. Dans le même mouvement, elle appela ensuite ses parents pour s'assurer que Bee était bien avec eux. Kisos devait déjà être certainement aux inscriptions. Elle ne pouvait rien faire pour lui désormais. De toute manière, comment pourrait-elle retenir un homme qui ne veut plus d'elle. Assise sur sa chaise, elle se sentait vide d'émotion, comme si le choc d'imaginer Kisos bravant la mort à cause d'elle l'avait totalement anesthésiée. C'est assise sur sa chaise, les yeux dans le vide que les domestiques la trouvèrent. Reprenant doucement contenance, Charlie leur signala qu'elle allait devoir les congédier. Bien évidemment elle payerait leur billet de retour et leur donnerait un bon pécule pour le reste de l'année. Mais pour l'heure, elle devait commencer les valises des filles.
Un mois à peine était passé depuis leur arrivée dans cette maison et voilà qu'ils devaient déjà partir. Plusieurs cartons n'avaient pas encore étaient totalement vidés, aussi, ça aide la duchesse dans son entreprise. Quand Maya rentra de l'école tôt dans l'après-midi, elle paniqua en voyant tous les cartons entassés lui appartenant. Elle trouva sa mère de substitution dans sa chambre en train de plier les costumes de Kisos :
- Tu.. Tu nous renvoies à Jamestown ? Tu.. Tu ne veux vraiment plus de nous ?
- Quoi ? Non.. Non ma chérie..
- Mais c'est cartons ? C'est pour quoi ?
Charlie prit la jeune fille entre ses bras et la serra fort contre elle pour la rassurer. Assise sur le bord du lit, elle lui expliqua qu'elles allaient retourner à Jamestown toutes les trois. Que c'était une heure que de venir vivre ici à New-York et qu'elle n'aurait pas du leur imposer cette vie.
- C'est à cause de ce que Duda a dire hier soir ? Mais tu vas être malheureuse à cause de nous.
- Maya, murmurait avec beaucoup d'émotion Charlie en caressant ses joues, le plus grand des malheurs qui pourrait m'atteindre aujourd'hui serait de vous perdre.
- Mais et tes voyages.. ta peinture..? C'est à cause de nous que tu vas tout arrêter. Duda a crié fort hier soir, c'est à cause de ce qu'il a dit ? On est des fardeaux pour toi ? Tu sais.. Je comprendrais. Après tout, nos propres parents ne voulaient pas de nous.
Le coeur de la Duchesse se fissurait de douleur et de culpabilité. Même si la venue des enfants dans sa vie ne l'avait pas transportée de joie, il n'en restait pas moins qu'elle aimait ces enfants. Venant vite serrer contre elle Maya qui commençait à pleurer d'émotion.
- Plus jamais je ne veux entendre ça Maya. Tu es notre fille et je t'aime, Bee et Nicolas aussi. Je vous aime, mais c'est juste que.. c'est juste que je ne sais pas trop comment l'exprimer.. Autrefois je savais mais maintenant.. Maintenant je dois tout réapprendre. Et en ce qui concerne la peinture j'en ferais avec toi ma chérie.. Et on voyagera plus tard, quand vous serez plus grands et que le monde sera plus sûr. Je ne perds rien du tout en étant avec vous, bien au contraire. Je ne fais que gagner tout le temps.
Elles restèrent blottie l'une contre l'autre un moment avant de se remettre à faire les bagages. Maya était très heureuse à l'idée de rentrer à Jamestown pour retrouver ses amis. A croire que New York avait développé chez elle une maturité et une vision de la vie plus ouverte, plus grande. Elle savait que le monde ne se constituait pas que de forêts et d'arbres. Non, il était bien plus vaste et l'intriguait comme il l'effrayait.
C'est dans l'après-midi qu'elles entendirent le moteur de la voiture ronronner. Kisos pouvait alors croiser Edwin et Scarlett s'en aller avec leurs valises. Ils ne saluèrent pas le maître de maison et avancèrent sans se retourner. Pendant ce temps, Charlie avait quasiment fini d'emballer toutes les affaires. Il ne restait plus qu'à couvrir les meubles de drap blanc pour les protéger de la poussière et de l'humidité. La galeriste de la jeune femme était venue pour récupérer ses toiles et Maya l'aidait à transporter ses toiles.
Charlie avait ses mains qui tremblaient en entendant Kisos arriver. Son pas lourd, si singulier venait près d'elle. Le souvenir de la veille lui mordait encore la mémoire. Elle se contenait pour à la fois ne pas exploser et ne pas pleurer. Avant même qu'il ne puisse dire quelque chose, elle commença à fuir un carton dans les bras tout en expliquant :
- J'ai eu Sora. Elle m'a tout dit. Je sais ce que tu vas faire alors j'ai décidé que nous retournerions avec les enfants à Jamestown pendant ton absence. Tu l'as dis toi-même ce n'est pas le lieu que tu désirais pour eux. Ils seront plus heureux avec ta famille et leurs amis.
Reposant le carton dans l'entrée, elle put venir prendre Bee des bras du colosse pour la serrer contre elle et la couvrir de tendre baisers. Tenir la petite dans ses bras lui avait manqué et lui rappela qu'elle ne pourrait pas se passer de son parfum si adorable de bébé. Charlie appela Maya pour qu'elle vienne la récupérer. Aussitôt l'adolescente surgit et vint entraîner sa petite soeur à l'extérieur. Elle craignait d'entendre une fois encore son père hurler dans la maison. Une fois qu'ils furent seuls, elle ne pu s'empêcher de continuer à lui tourner le dos. Elle était incapable de poser ses yeux sur lui. Ses mots ne cessaient de la hanter et de la torturer et elle avait peur qu'en le regardant, il puisse voir la douleur qui s'épanouissait en elle :
- Tout a été vu avec Sora. Nous prenons le train de ce soir et elle nous récupérera dans la gare la plus proche. Je prendrais le poste d'institutrice et nous nous installerons dans ta maison. Je t'enverrais des lettres et des photos des enfants bien évidemment. Tous les jours si tu le souhaites et..
Elle parlait comme un robot pour ne laisser passer aucune émotion mais c'était mal connaître la jeune femme qui ne tint pas longtemps. Ses larmes étaient sur le point d'éclore. Oui, elle allait pleurer et elle ne pouvait rien contrôler. Inspirant longuement, elle ne trouva pas le courage de le confronter. Elle en était incapable. La peur de revoir l'éclat de dégoût dans son regard la tétanisait. Elle venait de finir un carton et reprit :
- Nous y attendrons ton retour, tous les quatre.
Puis, enfin elle se mit à lui faire face mais sans relever son visage. Non, elle préférait observer son buste qui était un endroit neutre :
- Parce que tu vas revenir, il est hors de question que tu meurs là-bas Kisos. Je te l'interdis formellement. Je préfère te savoir vivant et me haïssant de tout ton être plutôt que de te savoir mort.
En elle sommeillait une sombre colère, une sombre douleur mais elle n'avait pas l'énergie de s'éveiller. Non, Charlie avait beaucoup trop mal, elle se sentait seule et incomprise comme lorsqu'elle était adolescente. Le rejet violent de Kisos la veille la tétanisait si bien qu'elle s'était fait une raison. Mais pire que tout, son projet de partir pour l'Europe n'allait en rien les aider à essayer de se retrouver. Il la fuyait car elle lui faisait horreur, c'était logique.
- Hier soir j'ai compris une chose. Tu cherches en moi la jeune fille que j'étais mais elle n'est plus là Kisos. Elle est morte avec Rosie et ton père il y a dix ans de cela. Je.. Je suis désolée de ne pas pouvoir te redonner cette chance de la trouver. Je suis désolée si tu te soi senti abusé, trahi. Mon intention n'a jamais été de vouloir te rendre malheureux. J'ai toujours vu en toi la force, la patience et l'amour. Encore une fois, je suis désolée de t'avoir déçu. Mais c'est moi, ça reste toujours moi, celle que tu as épousé à deux reprises et que tu as juré d'aimer quoi qu'il advienne. Tu m'as repoussé tant de fois Kisos, tu.. tu ne m'as laissé aucune chance à chaque fois. Après la mort de Rosie, après.. après hier soir aussi. Je ne suis pas parfaite, je n'ai jamais prétendu l'être. Et oui, oui j'ai changé parce que j'ai du survivre sans toi. J'ai perdu confiance en tout, en tout le monde et j'ai du survivre à la perte de notre fille et de ton rejet. Je me suis tellement repliée sur moi-même, je me suis tellement perdue que j'ai besoin de temps, que tu m'accordes ton indulgence. Ma seule perfectibilité est celle de t'aimer inconditionnellement et irrévocablement. Tu pourras me jeter toutes les horreurs de l'univers je n'en reste pas moins toujours autant éprise de toi. La preuve, je suis toujours là à me battre pour nous.
Enfin ses yeux larmoyants s'étaient relevé vers les siens. Ses joues étaient inondées de larmes et elle sentait toute ses forces la quitter de nouveau.
- J'aime tes enfants Kisos, je les aiment de tout mon coeur tu n'as pas le droit de dire que je n'ai aucune considération pour eux. Tout comme tu n'as pas le droit de dire que je ne t'aime pas. Tu es le seul et ce depuis toujours et je ne veux pas que tu prennes la place de Thomas. Je ne veux pas que tu t'arraches de ta famille à cause de moi, je ne veux pas que tu me sois arraché. Mon égoïsme est à tel point que j'aurais pu faire annuler ton ordre de mission mais je ne l'ai pas fais pour que tu vois à quel point j'ai confiance en toi. A quel point je te respecte et que je respecte tes décisions. Même si intérieurement je hurle de rage Kisos et que je suis furieuse pour hier soir et de ta décision de partir sans moi, à la mort. C'est toi là qui est égoïste.. Toi qui prend des décisions pour tout le monde sans te soucier de ce que les enfants et moi nous pouvons penser. Toute notre vie tu as fais ça, faire passer ta famille avant nous. Quitter ta famille parce que tu étais maudit, quitter Paris pour Jamestown. Partir à la recherche d'Avery, m'exiler de ta vie puis revenir me chercher, adopter les enfants et maintenant partir sur le front et nous abandonner tous les quatre. Et moi ? Et moi je suis là Kisos. Je t'attends toujours.. Je t'attends patiemment, amoureusement depuis toujours. Moi je suis censée faire quoi dans ta vie ? Dis le moi.. Qu'est ce que.. Qu'est ce que tu attends vraiment de moi ?
Sa voix était brisée, faible. Elle était bien trop fatiguée pour être capable de crier et surtout, elle n'en n'avait pas envie. Elle voulait qu'il l'écoute, pas que cela dégénère. Sa manche essuyait ses joues quand elle revenait remplir un autre carton à cause du silence du colosse :
- Tu as été injuste, insultant et blessant hier soir à mon égard. Tu ne peux pas savoir à quel point tu m'as fait du mal une fois encore. Je ne sais pas quoi faire pour te rendre heureux et ça me tue de l'intérieur. Parfois.. Parfois j'aurai vraiment voulu mourir avec Rosie. Tu aurais refait ta vie et tu.. je n'aurais jamais vu ce regard de dégoût et de violence que tu avais hier soir.
Rapidement elle venait de nouveau lui tourner le dos pour s'affairer sur les cartons. Faire des choses pour arrêter de pleurer, pour arrêter de penser. Charlie était au bord de la crise d'angoisse, elle le sentait. Ses mains se mettaient à trembler, puis tout son corps et enfin ses larmes jaillissaient sans contrôle. Même si la Charlie d'autrefois était morte, il n'en restait pas moins que ses angoisses restaient les mêmes et qu'elle n'avait toujours eu qu'un médicament pour canaliser ses émotions : Kisos Walker.
immarcescible, Posté le vendredi 09 juin 2023 20:31 Répondre
La douceur et la patience de Kisos avaient eu raison de Charlie. Tandis qu'ils disaient au revoir à Ella sur le quai du port, elle vit le regard de son époux perdu au loin. A quoi pouvait-il bien penser ? Dans la nuit, après avoir fait tendrement l'amour, elle avait passé un moment à le contempler dormir. Il avait pris sur lui pour ne pas faire une séance à cause de relation avec Gustave. Il avait été d'une telle compréhension qu'elle en ressentait une gêne, une crainte même. Est-ce qu'il gardait pour lui une certaine forme de rancune ou est-ce que son passé lui importait vraiment peu ? C'était sur ces doutes qu'elle s'était endormie en se blottissant contre lui.
Le lendemain matin, elle avait donc suivi le colosse jusqu'à New-York. Elle l'avait vu aller discuter avec Bird sans vraiment savoir ce qu'il lui avait dit. C'est lorsqu'elle se retrouvèrent l'une à côté de l'autre que sa soeur cadette s'épancha. Ainsi donc, Kisos avait fait en sorte de rabibocher les soeurs Hedlund. Charlie savait qu'elle n'était plus aussi douce et compréhensive qu'avant. Quelque chose s'était refermé en elle il y a dix ans et elle luttait encore aujourd'hui pour ne pas replonger dans ses vieux démons. La vie était vide de sens sans Kisos dans sa vie mais c'était aussi plus simple. Elle n'avait qu'elle à gérer. Tout le reste découlait, l'argent qu'elle gagnait servait à faire vivre sa famille et elle n'avait aucun compte à rendre, à personne. L'équilibre était bancal et elle craignait de déjà voir les limites de cette vie qu'elle avait tant idéalisé.
- Tu l'as très bien dit Bird, répondait enfin Charlie en repositionnant son chapeau sur sa tête, il s'agit de ta vie. Je n'aurais pas du m'emporter de la sorte hier soir et encore moins te gifler. Je te demande pardon de cette violence injustifiée. Vis ton histoire avec Gustave, je n'ai rien d'autre à ajouter.
- Quand est-ce que tu es devenue ainsi ? Aussi froide et distante ?
Cela eut le don de faire naître un rire sardonique sur les lippes de la jeune duchesse. Elle se contenta donc de secouer la tête avant de poser ses yeux sur la nuque puissante de Kisos qui marchait devant elle. C'était s'assurer qu'il était toujours là, bienveillant et attentif, vivant près d'elle.
- La vie va vite t'apprendre que rien n'est aussi beau que tu le crois. Pour le moment tu as toujours vécu dans une coquille, dans un bouton de rose Birdie. Dans la vraie vie tu es déçue et tu souffres. Dans la vraie vie tu dois te battre pour tout. Surtout pour ceux que tu aimes. Et moi, j'ai eu le malheur de vouloir vous protéger. Mais tu as raison.. Tu es en âge d'apprendre par toi-même. Vis ta vie comme tu l'entends je n'ai rien à en dire.
Malgré sa conversation avec Kisos, Bird était surprise de la réaction de sa soeur. Quelque chose s'était brisée entre elles deux mais elle ne savait pas quoi et comment l'expliquer. Toujours est-il que cela lui faisait beaucoup de peine. Le petit groupe arrivaient dans un coin tranquille où se poser et Charlie vint conclure la conversation avec sa soeur :
- Tu as beaucoup de chance que mon mari soit aussi bienveillant Bird et que la famille soit quelque chose d'aussi important.
En prononçant cette phrase Charlie sut qu'au fond d'elle, elle aurait pu vivre sans sa famille maintenant qu'ils étaient tous réunis. Si Kisos n'avait pas été là elle serait sans aucun doute repartie loin, loin des siens. Tournant le dos à une Bird un peu dépassée par la situation, Charlie se dirigea vers Kisos dont elle prit discrètement la main. Le corps possède un langage particulier qui ne peut être compris que par la personne qui nous connaît le mieux et fort heureusement, Kisos était celui qui connaissait le mieux celui de Charlie.
Pendant que ses doigts s'entrelaçaient aux siens, elle y cherchait sa chaleur et sa présence. Le fait de le toucher c'était s'assurer de sa présence. Encore aujourd'hui une part d'elle était certaine que sa présence relevait d'un rêve. Aussi, parfois, elle avait besoin d'être certaine. Sa tempe se posait sur son épaule quand il continuait de discuter avec Garrett.
- Je suis fier de toi Charlie, lui disait son père en souriant avec douceur, je sais à quel point il peut être difficile de se rendre vers les gens qu'on aime mais avec qui nous sommes en froid.
- Si Kisos n'avait pas été là je ne serai pas venue papa, répliquait d'une voix neutre la jeune femme, sans lui je ne serai certainement pas avec vous c'est une certitude. C'est à lui que vous devez ma présence, uniquement lui.
Son ton péremptoire avait créé un froid, un malaise entre le trio. Sans s'en préoccuper, Charlie quitta les garçons pour aller voir sa mère qui semblait être dans un bon mood. Elle vint s'asseoir près d'elle et reprit Bee dans ses bras. Elle prit le temps d'expliquer une nouvelle fois à Anya qui était la petite fille dans ses bras et tout ce qu'elle avait encore du mal à enregistrer. En soi, le déjeuner sur l'herbe se passa convenablement. Elle était loin l'effusion de joie, le sentiment d'appartenance à la famille, seule Bee riait et donnait l'illusion d'une cohésion de groupe. Après avoir fini de manger, Charlie regarda sa montre à son poignet et se releva en prenant la petite fille dans ses bras :
- J'ai un rendez-vous en ville, expliqua-t-elle à Kisos, tu te souviens du galeriste néerlandais ? Il souhaite voir certaines de mes oeuvres qui sont encore à la galerie. On se retrouve ce soir à la maison, d'accord ?
Tendrement, elle couvrait de baisers la petite fille en lui promettant de rentrer tôt ce soir là avant de déposer un baiser sur les lippes de Kisos. Elle lui laissait aussi les clés de la voiture en précisant qu'elle prendrait un taxi pour rentrer à la maison. Après avoir salué poliment le reste du groupe, elle prit la direction du centre ville. Avant d'arriver à son rendez-vous, elle en profita pour acheter quelques nouvelles fournitures pour son atelier qu'elle demandait à se faire livrer pour le reste de la journée.
Une fois ses courses faites, elle se rendit à son entretien et fut accueillie avec l'effusion gênante d'un homme qui cherchait à flatter l'égo de quelqu'un. Charlie connaissait le truc, elle avait l'habitude, aussi, elle se laissa faire sans vraiment protester. Ils firent un tour dans la galerie accompagnés de la Miranda, la galerie en cheffe avant de boire un verre ensemble par la suite pour fêter l'envoi des toiles en Europe. L'objectif était de faire parti d'une exposition composée uniquement de femmes à Amsterdam, Londres, Bruxelles et enfin Paris. La jeune femme n'avait pas vu l'heure passé si bien qu'il était déjà très tard quand elle se rendit compte de l'heure.
Après avoir remercié tout le monde, elle partie en trombe et réussit à avoir un taxi. Durant le trajet, elle souriait rêveuse à l'idée de voyager de nouveau. Les hôtels, les musées, les expositions, la culture, les gens. C'était enthousiasmant comme projet et elle espérait que Kisos serait tout aussi ravi qu'elle. Il était tard, vraiment tard. Les filles étaient très certainement déjà couchées. Il n'y avait qu'une lumière, celle du salon. Charlie fit en sorte de ne pas faire beaucoup de bruit en entrant et retira ses talons qu'elle tenait à la main. En arrivant dans le dit salon, elle le vit assis sur le canapé à fixer le feu alors qu'il tenait entre ses mains un livre. Rapidement elle vint le rejoindre et lui offrit un tendre sourire en se blottissant contre lui. Après un tendre baiser sur ses lèvres elle lui demanda :
- Comment a été ta journée ? Les filles vont bien ? J'ai tout un tas de choses à te raconter.
Elle détachait ses cheveux, qui lui arrivaient sur les épaules, qu'elle ébouriffa avant de piquer le verre de whisky de Kisos pour en boire une gorgée. Avec le plus de détails possible, elle se mit donc à lui raconter son entretien de la journée et la magnifique opportunité qui lui était faite de pouvoir exposer ses ½uvres. Charlie évoquait déjà toutes les villes qu'ils allaient pouvoir visiter.
- On pourrait engager une gouvernante pour s'occuper des filles ou les mettre en pension le temps du voyage. Ce ne serait que pour quelques mois. Qu'en penses-tu ?
Charlie ne semblait pas prendre conscience, naïvement, que Kisos tenait vraiment à leur famille et que sa question risquerait peut-être de déclencher une dispute. Elle n'avait pas encore pris conscience qu'une part de sa vie devait être remaniée et qu'ils n'avaient plus cette liberté d'avant.
immarcescible, Posté le mardi 06 juin 2023 13:24 Répondre
- Qu'est ce que tu fais ici, grognait Charlie à Gustave alors qu'ils étaient seuls dans l'entrée, qu'est ce que tu fais avec ma soeur ?
- Et bien.. Autant te l'annoncer mais je compte l'épouser.
Charlie voyait rouge et se mit à taper sauvagement le bras du jeune homme qui se redressait avec surprise. Il tenta de la maîtriser mais elle était bien plus rapide et intrépide que lui. Aussi, elle réussit à agripper son oreille et la tirer fermement de sorte à lui murmurer dans son creux :
- Tu vas me faire le plaisir de déguerpir de ma maison et de cesser tout de suite de fricoter avec ma soeur sinon tu peux être certain que je ferais de ta vie un enfer.
- Aïe.. Tu me fais mal.. Arrête !
- Dis que tu vas partir.. Dis que tu vas la laisser tranquille.
- Quoi ? Non, non !
Alors que la jeune duchesse terrorisait et agressait le prétendant de sa soeur, Maya passa une tête dans l'entrée s'inquiétant du bruit. Un peu surprise, elle préféra prévenir son père que sa mère s'en prenait à un homme mais il était occupé avec l'arrivée des Hedlund. Anya était encore faible et avait besoin du soutien de mari. Elle ne le lâchait quasiment plus, comme si elle avait besoin d'une bouée ou de s'accrocher à lui. Mais Garret était patient, doux et il restait à l'écoute de son épouse. La prison l'avait quelque peu changé. Il était devenu plus sombre et moins loquace. Malgré tout, il restait encore de bonne compagnie pour ceux qui l'avaient connu autrefois. Garrett venait saluer Kisos et Anya l'appelait Gabriel. C'est à ce moment là que Maya voulu avertir son père mais n'en fit rien en voyant son trouble. Le sujet de Gabriel Walker était encore très sensible à la maison, même si elle ne l'avait pas connu, elle savait qu'il était difficile pour son père d'en parler et d'entendre parler de lui.
Charlie réapparaissait, folle de colère. Elle salua rapidement ses parents avant de foncer vers le petit bar du salon. Gustave se frottait l'oreille en essayant de dissimuler sa douleur comme il le pouvait quand Bird observait son fiancé avec surprise. Ce dernier ne disait rien, il se contentait de sourire tendrement à la jeune femme comme si de rien n'était. L'hôtesse de maison se servit un verre et se rendit à l'extérieur en essayant de ne pas dramatiser ce qui se jouait devant ses yeux. Mais comment arriverait-elle à dissimuler ce qu'elle ressentait. Bien entendu, elle ne ressentait rien pour Gustave mais elle supportait pas l'idée qu'il puisse profiter de celle-ci. Elle entendait encore ses supplique pour qu'elle le lâche alors qu'il jurait sincèrement aimer sa soeur.
Pendant qu'elle fumait sur la terrasse, Maya vint la rejoindre. Elle observait sa mère avec un oeil curieux sans oser demander ce qui se passait. En se rendant compte que sa fille se tenait près d'elle, Charlie jeta son mégot et s'approcha d'elle en caressant sa joue :
- Comment a été ta journée, demandait-elle intéressée par ce qu'avait vécu sa fille, ils ont été gentils avec toi ? Tu peux tout me dire.
- Tout s'est bien passé maman, ne t'en fais pas pour moi.
C'était la première fois qu'elle mentait effrontément à sa mère. Maya en eut honte et préféra baisser les yeux pour ne pas affronter le regard bleu-vert de Charlie qui la détaillait. Celle-ci n'était pas crédule et au vu de ce que venait de lui répondre sa fille elle comprit que quelque chose s'était passé. Elle se contenta donc de se pencher sur le côté et d'embrasser sa tempe pour la rassurer :
- Je sais.. Ce n'est pas simple. Mais ne te laisse jamais faire. Tu es une Walker ne l'oublie pas.
- Papa n'aime pas ce nom.. Il dit toujours que nous sommes des Powhatan.
Charlie n'aimait pas entendre ça une nouvelle fois en une journée. Elle se contenta d'acquiescer et d'embrasser le front de sa fille avant de l'envoyer dans le salon avec le reste de la famille. Elle la rejoignit peu de temps après et trouva son époux avec son père en grande discussion. Pendant ce temps, sa mère observait avec fascination et crainte les jumelles qui lui présentaient tout un tas de volumes de photos de famille qui avaient été faite toutes ces années. Et dans un coin se tenait Gus qui écoutait Kisos discuter avec son beau-père. Inspirant profondément, elle s'obligea à reprendre contenance et proposa à ce que tout le monde vienne à table, ce qu'ils firent.
Scarlett et Edwin arrivaient au même moment près à s'occuper de servir les invités quand Charlie s'installait à côté de Kisos qu'elle avait laissé s'installer en bout de table. A l'extrémité se trouvait son père qui veillait sur une Anya encore ailleurs Bird et Gus gloussaient ensemble ce qui fit grimacer Charlie d'horreur. Ella, elle, préférait discuter avec Maya de son université où elle étudiait l'anthropologie. Elle racontait son prochain voyage en Patagonie ce qui impressionnait Maya qui écoutait avec beaucoup d'intérêt. Les domestiques servaient avec beaucoup de discrétion et d'humilité mais devenait très rapidement tendu auprès de Kisos. Charlie sut qu'elle allait devoir régler ce problème très prochainement mais son attention était focalisée sur Gustave qui venait prendre la main de sa soeur devant tout le monde ce qui la fit rager :
- Il te serais possible de te conduire convenablement, rugissait-elle de l'autre côté de la table, à ce que je sache mon père ne t'as autorisé à rien pour le moment et ne t'as pas donné sa bénédiction. Alors tu retires immédiatement tes mains de ma soeur.
- Charlie, qu'est-ce que..
- Birdie ne t'en mêle pas s'il te plaît.
- Bien sûr que si ! Il s'agit de mon fiancé après tout.
- Oh non non non. Tu n'épousera pas cet homme petit soeur. Il n'est pas quelqu'un de bien.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Gustave est un homme bon, gentil, intelligent et qui sauve des vies brisées comme celles de papa.
Toute la famille Hedlund assistait impuissante à cette querelle de s½ur qui n'avait aucun sens car tous n'avaient tous les éléments en main pour les comprendre.
- Ces qualités sont peut-être visible aujourd'hui mais tu ne le connais pas vraiment.
- Parce que toi oui peut-être.
Charlie ne répliquait pas. Répondre non serait mentir, or elle ne pouvait pas mentir à Kisos et dire oui c'était dire devant tout le monde qu'elle l'avait eu comme amant et humilier sa soeur devant tout le monde. Ses yeux envoyaient des éclairs de colère à Gustave qui souriait en coin. Etant donné la situation, il avait un certain avantage et comptait bien aller jusqu'au bout de son plan et d'épouser Bird Hedlund.
- Et puis de toute façon c'est papa qui aura le dernier mot, pas toi !
- Je reste ta soeur Bird et je ne tolérerais pas que cet homme puisse s'unir à toi. Il n'est pas digne de toi.
- Ah oui ? Et qui le serais ? Tu vas décider pour moi ?
- Puisque tu agis comme une enfant il serait peut-être judicieux de le faire non ?
- Mais arrête donc ! Tu as été la première à t'enfuir avec Kisos quand vous aviez mon âge ! Et il n'a rien d'un avocat lui. En plus ce n'est pas comme si tu pouvais être un modèle de vertu. Je sais très bien ce que tu faisais avec Gustave et comment tu l'as pervertit. Alors ne viens pas me faire des leçons de morale. Alors je ne sais pas qui est la plus infantile à cette table et Gustave, lui, il a un vrai travail. Lui il travaille pour nous construire un vrai foyer.
- Tu oses insinuer que mon mari a moins de valeur parce qu'il ne travaille pas Bird ? Vraiment ? Cet homme même qui t'as sauvé la vie à ta naissance ?
Le visage de Charlie devenait rouge de fureur. Bird ne décolérait pas non plus. Le mélange Hedlund-Siminiov avait créé des mini-bombes explosives qui étaient sur le point d'exploser. Bird continuait d'être désobligeante et méchante juste pour blesser et se venger de sa s½ur. Mais c'était sans compter la fureur qui sommeillait chez l'hôtesse. Elle se pencha sur la table et gifla d'un coup sec la joue de sa soeur. Le cri de cette dernière qui fit pleurer Bee près de sa s½ur. Tout le monde les observaient silencieuse quand Charlie inspirait du mieux qu'elle pouvait :
- Je veux que tu sortes de chez moi. Tu as raison, tu choisis ta vie. En attendant je ne veux pas de toi sous notre toit et que tu viennes l'insulter. Sors !
Sans attendre, malgré le choc de la gifle, Bird décida de s'enfuir de chez sa soeur. Garrett et Anya étaient choqués du comportement de leurs filles et décidèrent de partir à leur tour. La soirée fut tout bonnement annulé au grand désarroi de Ella qui partait dans quelques jours pour son grand périple en Amérique du sud. Elle regardait, suppliante, sa soeur ainé espérant qu'elle se reprendrait et qu'elle arrangerait les choses mais Charlie n'en fit rien. Debout, elle se tenait droite et fière le regard froid et le visage fermé. Lorsque tout le monde eut quitté la table, elle préféra la quitter à son tour et se réfugier dans son atelier en claquant la porte. S'ensuivit un silence de mort dans la maison qui apprenait doucement à connaître ses nouveaux habitants.
Elle peignait rageusement une grande toile blanche quand elle sentie que Kisos arrivait dans la pièce. Charlie était incapable de lui parler. Elle ne savait pas comment lui allait réagir à cette atroce scène qui s'était déroulée sous ses yeux. Allait-il lui en vouloir à cause de Gustave ? De l'avoir défendu ? Elle l'entendait s'installer sur le sofa derrière elle ce qui signifiait qu'il ne partirait pas tout de suite. Alors, elle demanda d'une voix brisée mais plus douce :
- Les filles dorment ? Elles ont mangé un petit peu ?
immarcescible, Posté le lundi 22 mai 2023 10:48 Répondre
Le mois qui était passé avait été intense. En effet, après l'achat de la maison, les retrouvailles avec le patriarche de la famille Hedlund et les secrets dévoilés, Kisos et Charlie s’étaient rendu à Jamestown pour récupérer les enfants et annoncer l’installation à Long Island. Visiblement, cette information n’avait pas fait que des heureux en ville mais Charlie ne s’était pas encombrée de pensées négative. Non. Elle voulait juste penser à la joie que serait leur nouvelle vie à quatre. Maya avait encore bien grandie et elle allait maintenant sur ses quatorze ans quand Bee venait d’avoir un an et demi. Il était difficile de connaître son âge exact puisqu’ils ne connaissait pas la date de sa naissance. Ils décidèrent alors que ce serait le premier jour du printemps.
Comme prévu, Pocahontas n’avait pas voulu quitter les terres qui avaient connu le grand amour de sa vie. Dans un souci de connivence, Sora n’avait pas voulu laisser sa mère et elle fit promettre à son frère de revenir le plus souvent possible. L’installation à la maison avait été partiellement faite pendant leur absence. Charlie avait engagé des gens pour nettoyer en profondeur la maison, dégager le chemin pour y accéder en voiture, construire une écurie plus grande et une autre surprise pour Kisos qu’elle dévoilerait bien plus tard.
L’emménagement venait de se faire et les filles semblaient déjà bien apprécier la maison. Charlie avait tenu à ce que son atelier soit installé au rez-de-chaussée de sorte à ce qu’elle puisse voir le jardin quand les filles joueraient. Et elle y avait aussi installé un petit coin pour Maya afin qu’elle continue de développer sa créativité. Le plus difficile était sa relation avec Bee. La petite était attachée à son père et c’était fusionnel. Charlie n’avait aucune expérience avec les bébés. Les adolescents étaient beaucoup plus facile à comprendre pour la duchesse, aussi, elle avait l’impression que le bébé ne l’aimait pas. Mais Kisos faisait toujours tout pour qu’elles passent du temps ensemble.
Après le dîner et le moment du coucher, ils se retrouvèrent tendrement enlacés sur le canapé à contempler les flammes du foyer qui dansaient. Charlie aimait coller son nez glacé contre le cou brûlant de Kisos quand elle humait avec plaisir son parfum. Le moment était tranquille, ils pouvaient même entendre le hululement de la chouette dans le jardin.
- Mh.. Qui ça, demandait-elle sans vraiment écouter ce qu’il disait, Edwin et Scarlett ? Bin sûr qu’ils sont nécessaires. Non seulement parce que je ne pourrais pas m’occuper de tout dans cette maison quand tu auras un travail et que nous ne sommes pas n’importe qui mo ghrian.. Dois-je te rappeler que tu es le Lord Walker, Comme d’Aberdeen. Nous avons donc une place dans la bonne société et nous devons avoir un minimum de standing à avoir. Quand nous organiserons des soirées, des galas, des bals.. Nous aurons bien besoin de leur aide. Et pour mes vernissages ? Ou quand tu partiras en urgence pour une intervention ? On a besoin d’eux.
C’était un fait qui avait une certaine importance pour Charlie mais aussi une très très bonne excuse pour elle. En effet, pendant des années elle avait vécu avec l’aide de ses domestiques et elle avait pris goût au fait de déléguer. Mais encore, vivre avec Kisos sans toute cette aide lui révélerait qu’elle ne savait pas faire grand chose, comme la lessive, le ménage ou encore la nourriture. Et alors, que penserait-il d’elle s’il se rendait compte qu’elle n’était bonne à rien ? Elle avait tellement d’argent qu’elle ne se rendait pas compte de ce que tout cela coûtait. Elle ne manquait de rien et payait tout sans se poser de questions, sans se dire que cela pourrait rendre mal à l’aise Kisos, puisqu’il s’agissait aussi de son argent à lui.
- Je te promet que tu ne les verras même pas. Ils sont très gentil et ils servent ta famille depuis des générations, et je te promet que je leur donne un salaire bien plus décent que ne sera jamais payé un domestique.
Mais elle voyait du coin de l’oeil Kisos qui était mal à l’aise. C’était le moment des compromis, alors, elle lui proposa de donner toutes les fins de semaine au couple pour qu’ils puissent se reposer et qu’ainsi ils puissent profiter de la maison uniquement tous les quatre. Avec douceur, elle posait sa main sur sa joue et l’attirait vers elle. Elle lui offrait son sourire amusé en déposant un baiser sur ses lèvres :
- Tu es mon soleil Kisos Walker.. Tu es l’être le plus important de mon existence.. Désolée de te décevoir mais tu es mon trésor inestimable et il est hors de question que mon époux se considère comme un moins que rien est-ce bien compris ?
Elle essayait de le rassurer, de lui redonner confiance en lui. Mais difficile pour un homme qui s’est toujours senti à l’écart du reste du monde et qui a été marginalisé tant de temps. Les domestiques venaient de quitter la cuisine et s’étaient éclipsés de la maison. Charlie avait entendu la porte de la cuisine claquer. Reprenant son souffle après un doux baiser, elle l’observait les yeux pétillant de malice tout en mordillant sa lèvre inférieure :
- Nous sommes les seuls adultes éveillé de la maison et.. tu sais que c’est notre première nuit dans notre maison, murmurait-elle d’une voix sensuelle, on pourrait.. je ne sais pas.. l’honorer ensemble.. le plus silencieusement possible.. même si je sais que ce serait un vrai défi pour toi..
Lentement, elle se laissait glisser sur le canapé en attirant Kisos sur elle quand ses mains venaient déboutonner la chemise du colosse qu’elle revenait embrasser langoureusement. Lorsque la chemise fut entrouverte, elle pu avec plaisir caresser la peau de son buste et descendre sur son ventre, puis son entrejambe. Ses lèvres pendant ce temps avaient déviées sur sa mâchoire, son cou qu’elle mordillait sensuellement tout en ronronnant :
- Tu sens si bon… Mh.. Mon amour.. Kisos.. je t’aime.. je te veux..
Sa main avait agrippé fermement la source de son désir qu’elle sentait s’éveiller. Comment ne pas être animée d’un désir en voyant le colosse trembler de la sorte et fermer les yeux sous le plaisir. Charlie avait encore du mal à croire qu’il était là, vivant, au dessus d’elle et qu’elle s’apprêtait à le sentir se fondre en elle. C’était, comm à chaque fois, un rêve éveillé et elle lui murmura en amérindien :
- Tu es mon rêve mon amour, mon mari, mon soleil. Je ne peux pas vivre sans toi.
Après une nuit tendrement jouissive sur le canapé où ils firent en sorte de faire le moins de bruit possible, ils prirent avec plaisir un bain dans leur chambre au petit matin. Ainsi, ils étaient prêt tous les deux pour emmener Maya à son premier jour de classe. Pour l’occasion, Charlie avait fait acheté toute une garde robe pour l’adolescente afin qu’elle soit à la pointe de la mode. Bee était dans ses bras quand Maya se préparait et que Kisos faisait le petit déjeuner :
- Je ne sais pas, ronchonnait Maya en tournant dans sa robe très légère, ça fait.. ça fait très fille quand même non ?
- Peut-être parce que tu es une fille non ?
- D’habitude je met des pantalons pour courir avec les garçons. Ils vont se moquer de moi à l’école.
Charlie se mordait la lèvre quand Bee jouait avec son collier de perles. Comment expliquer à la jeune fille ce qui l’attendait dans sa nouvelle école sans lui faire ressentir une quelconque gêne ? Sa mère adoptive lui demanda de venir s’asseoir à ses côtés et vint lui tresser ses cheveux comme le faisait Sora. Bee tapotait dans ses mains en babillant :
- Les gens que tu vas rencontrer dans ton école sont différents de l’orphelinat Maya.. Ici.. Ici les jeunes filles portent des robes et ne courent pas. Elles discutent entre elles, brodent.. Mais tu sais que tu peux faire tout ce que tu veux à la maison. C’est juste qu’à l’école et bien.. il y a des codes différents. Tu comprends ?
- Je ne dois pas être celle que je suis vraiment c’est ça ?
- Maya.. Non.. Je n’ai pas dis ça c’est.. je t’explique juste comment fonctionne le monde ici. Tu es libre de choisir celle que tu veux devenir c’est juste que.. c’est juste qu’il y en a un où tu seras la princesse à sauver et l’autre où tu seras ta propre sauveuse.
- Je veux être comme toi moi. Aussi courageuse et rencontrer mon prince comme papa !
Diable que c’était difficile pour Charlie de l’entendre dire cela. Car elle savait les douleurs que cela allait amener chez la jeune fille si elle devait suivre son propre chemin. Mais qui était-elle pour l’en empêcher. Avec douceur elle caressa sa joue et embrassa sa tempe avant de lui proposer de s’habiller comme bon lui semblait. Le temps qu’elle change de tenue, elle descendit rejoindre Kisos, Bee toujours dans ses bras. Il parlait avec Edwin et Scarlet et elle avait l’impression de déranger puisqu’ils se défiaient les un et les autres du regard :
- Tout va bien ici ?
Mais personne ne lui répondait ou même la regardait. Fronçant les sourcils, elle préféra répliquer avant que la discussion évolue vers un autre sujet qui l’agace aussi elle répliqua de son ton autoritaire de femme d’affaires :
- Edwin, le palefrenier devrait arriver dans un moment avec les nouveaux chevaux. Pouvez-vous les accueillir ? Et Scarlet pourriez-vous préparer le déjeuner de Maya pour ce midi puis préparer un pique-nique pour mon mari, Bee et moi-même. Nous déjeunerons dans le jardin.
Ils partaient aussitôt à leur tâches après une légère révérence quand Charlie venait vers Kisos en berçant Bee qu’il voulait reprendre :
- Non.. Si tu me la prend toujours des bras je ne pourrais jamais créer de lien avec elle. Dis moi plutôt ce qui c’est passé.
immarcescible, Posté le dimanche 14 mai 2023 17:03 Répondre
immarcescible, Posté le dimanche 14 mai 2023 17:02 Répondre
Kisos semblait loin, perdu dans ses pensées. Regrettait-il le choix qu'il avait fait hier en acceptant la proposition de Charlie ? Après tout, elle lui demandait de tout quitter une fois de plus, pour la rejoindre dans son monde. Elle le rejoignait dans la bibliothèque et alors qu'elle s'installait sur ses cuisses avec cette moue inquiète sur le visage, il lui expliqua penser à Rosie. Charlie en eut soudainement mal au ventre. Ce sujet restait très sensible pour la jeune femme et ne savait jamais vraiment comment l'aborder, comment en parler. Pendant des années elle avait refoulé ce souvenir, l'avait proscrit de toute conversation. Mais Kisos avait visiblement besoin d'en parler. Avec douceur donc, elle entrelaça ses doigts aux siens et répliqua avec un doux sourire :
- Elle t'aurait mené à la baguette. Tu lui aurais tout cédé, n'est-ce pas ? Pendant des années je n'ai pas osé l'imaginer. C'était bien trop douloureux. Mais.. Mais maintenant j'aime à penser qu'elle aurait été pleine d'espièglerie. Son rire nous aurait enchanté. Tu serais devenu le papa poule le plus inquiet du monde et j'aurais adoré la voir te donner des cheveux blanc alors qu'elle aurait joué à l'aventurière.
Charlie souriait toujours, elle avait les yeux ému d'imaginer cette petite fille intrépide et pleine de vie qu'ils auraient chéri. Inspirant profondément, elle se reprit en main avant de recentrer toute son attention sur le colosse contre elle. Non, elle ne devait pas pleurer, pas aujourd'hui. Ils étaient en famille, réunis et c'était une très belle journée. Caressant la joue de son époux, elle se pencha sur ses lèvres pour lui donner un tendre baiser puis, posa son front contre le sien :
- J'ai une surprise pour toi.. Tu m'accompagnes ?
Rapidement elle se leva avec entrain et les yeux plein de malice. Pour sa surprise, elle prit la voiture et conduisit un peu à l'écart de la ville sur les hauteurs de Long Island. Ils étaient à a peine vingt minutes du centre de NY, mais là, il y avait les bois un peu partout, des alcôves qui donnaient l'impression d'être un peu en Virginie. Charlie expliquait à Kisos l'histoire de cette fameuse presqu'île qui avait servi de refuge aux amérindiens lors de la colonisation. C'était une terre riche d'histoire et de sens pour son peuple. A l'écart de la route, elle prit un petit chemin dans les bois qui grimpait. La voiture tenait parfaitement le rythme mais Charlie s'arrêta quand même et proposa au colosse de continuer à pied. Les balades dans les bois, ils avaient toujours aimé ça.
Main dans la main, ils grimpaient la petite colline en suivant le chemin de terre qui n'avait pas été utilisé depuis un moment. Charlie expliqua à Kisos qu'un soir, alors qu'elle errait avec sa voiture, elle tomba en panne.
- Je me suis souvenue que tu avais dis qu'il fallait toujours aller en haut des collines. C'est là que nous avons les meilleures perspectives pour savoir où nous sommes et pour voir arriver le danger. Alors j'ai marché et marché jusqu'à finalement arriver ici.
Ils durent pousser des feuillages et soudain apparu une immense demeure qui nécessitait de travaux de rénovation important. Charlie jeta un oeil à Kisos cherchant une trace de réaction sur son visage. Elle embrassait son poignet avant de l'attirer vers la dite maison et lui expliquait le pourquoi de cette visite.
- Je suis donc tombée sur cette maison et j'y suis entrée par effraction. En faisant quelques recherches dedans, j'ai appris qu'elle avait appartenue à un amérindien qui avait fait fortune dans les fourrures. Il avait construit cette maison tout seul, pour sa famille. Malheureusement, l'arrivée des hollandais a fait qu'ils l'ont dépossédé de tous ses biens et.. et la maison a été laissé à l'abandon. J'y ai passé la nuit et.. et tu sais que j'ai un rapport différent que le tien à la spiritualité mais.. mais ce soir là.. ce soir là je me suis sentie protégée par quelque chose d'inexplicable mo grhian.. Comme si.. Comme si on voulait que je reste et que je m'y installer.
Arrivés devant la maison, ils décidèrent d'en faire le tour. Le terrain était grand, riche et magnifique avec toutes ces fleurs sauvages. Mais surtout, la vue donnait sur la baie de Long Island avec l'océan au loin. La petite ville s'étalait littéralement à leur pied. Charlie embrassait le bras de son époux en l'observant toujours et reprit sa proposition :
- On pourrait vivre ici.. NY est à côté et je pourrais y retourner quand je veux et les enfants pourraient aller à l'école de la petite ville. Ta mère pourrait venir aussi.. On s'occupera d'elle, toute ta famille peut venir. Et il s'avère qu'ils cherchent un chirurgien à l'hôpital. Où tu pourrais ouvrir ton cabinet avec ta mère. Ce serait génial aussi. On serait ici, pour une nouvelle vie mais avec toute la douceur de ce qu'est de vivre entouré de la nature. Les enfants ne seraient pas trop dépaysé.. Georgie s'occupera de leur faire des gâteaux pendant que je leur apprendrais à jardiner et peindre et faire de la musique. On peut reconstruire cette maison tous les deux mon amour. Qu'en penses-tu ? Je la repeindrais et tu consolideras le tout. On ferait un grand jardin avec des fleurs partout. On aurait des rosiers partout sur la maison. Et.. Et le soir, on pourra s'asseoir dans notre véranda et contempler toutes les lumières de la ville en bas.. Qu'en dis-tu ?
Charlie avait les larmes aux yeux en pensant à ce rêve si doux auquel elle n'avait jamais espéré exaucé. Mais là, Kisos près d'elle qui lui serrait la main, ça ne pouvait être que vrai.
immarcescible, Posté le mercredi 10 mai 2023 17:29 Répondre
La soirée avait été plus qu'exquise et la Duchesse profitait de ce petit nuage sur lequel elle se trouvait. Ô oui, c'était un vrai et délicieux nuage. Pendant que Kisos allait se restaurer à la cuisine, comme il en avait l'habitude après un moment torride, Charlie en profitait pour réconforter Louis qui pleurait. Il est vrai qu'elle avait tellement occupé toutes ses pensées sur comment faire sortir son père qu'elle avait négligé le bien être de ses soeurs et de son frère. Ce dernier était si petit qu'elle n'avait pas anticipé son manque de ses parents. Pour le rassurer et le réconforter, elle se mit à lui raconter les étranges histoires que son père lui avait conté lorsqu'elle était petite et qu'elle faisait des cauchemars. C'était bien souvent peuplé d'animaux parlant et de guerriers courageux qui sauvaient le monde entier. Louis était ébloui par la verve de sa soeur qui ne lésinait pas sur les grosses voix ou encore faire des moues avec son visage. Le petit garçon riait et se sentait plus léger et une fois que l'histoire fut terminée, Charlie lui demanda :
- Est-ce que tu te sens mieux ? Je t'emmène au lit ?
- Oui mais uniquement si tu vérifies sous mon lit qu'il n'y a pas le monstre des marais.
- C'est promis.
Charlie conduisit donc le petit garçon dans sa chambre et fit toutes les vérifications qu'il demanda. Une fois bordé, elle embrassa son front et lui souhaita une belle nuit. Se rendant maintenant dans la chambre, elle ne pu s'empêcher de sourire en voyant un Kisos affamé qui avait ramené quelques victuailles dans la chambre qu'ils partageaient :
- Tu as peur de mourir de faim pendant la nuit mo ghrian ?
Elle se dirigeait vers la salle de bain en retirant sa robe qu'elle jeta dans un coin de la pièce. Après avoir fait couler un bain, elle y ajouta des fleurs séchées et plongea dans l'eau brulante. Elle en poussait même un soupir de satisfaction. Avant d'y entrer, elle avait allumé plusieurs bougies qui donnait une ambiance doucereuse à la pièce. Cette soirée avait été sportive et elle avait besoin de détendre tous ses muscles avant de dormir. En ouvrant un oeil, elle vit le colosse l'observer sur le pas de la porte, elle ne pu s'empêcher de lui offrir un tendre sourire :
- Et si tu me rejoignais ? Je me souviens que tu sais parfaitement masser mes jambes..
La place faite dans la baignoire, elle le laissa se poster devant elle. Son pied tendu, Charlie souriait en le laissant masser sa cheville. Mordillant sa lèvre inférieure, ses yeux le dévisageait avec un désir non dissimulé quand elle lui demanda :
- Alors, dites moi.. Monsieur Walker.. Est-ce que la vie new-yorkaise a attiré votre attention ?
C'était une manière non dissimulée de savoir si Kisos souhaiterait vivre ici. Après tout, ils avaient l'argent et la sécurité. Charlie avait déjà réfléchit à ce que pouvait ressembler leur vie. Elle avait déjà pensé à des nourrices et des enseignants pour venir faire la classe aux enfants. Quant à Kisos, il pourrait s'occuper des affaires de son domaine en Ecosse pendant qu'elle voyagerait en Europe pour son art. Elle n'avait pas du tout envisagé la possibilité de retourner vivre à Jamestown, c'était trop de mauvais souvenirs ou encore la possibilité de revoir cette pimbêche de Mera qu'elle détestait déjà. Les mille et un projet de Charlie étaient aussi fait pour l'empêcher de penser que Jamestown risquait peut-être de les séparer de nouveau. Elle avait peur de ne pas se faire à cette vie monotone, de mère de famille. Et Kisos semblait tellement bien mieux apprécier New York et s'y fondre qu'elle ne voyait pas le problème.
- On fera venir toute ta famille aussi. Je leur trouverais une belle maison avec un jardin, qu'en penses-tu ?
Elle avait prévu à tout, sauf peut-être à la réaction incrédule de Kisos qui avait cessé de bouger. Lentement, elle s'était déplacée, jusqu'à venir à califourchon sur le brun. Tendrement, ses mains posées sur ses joues barbues, elle lui offrait un langoureux et tendre baiser jusqu'à ce qu'elle lui demande une nouvelle fois ce qu'il en pensait.
immarcescible, Posté le vendredi 05 mai 2023 15:58 Répondre
Kisos était son ange gardien. Tandis que les gens se jetaient à corps perdu dans les enchères, Charlie elle, ne détachait pas ses yeux de son époux. Sa moue malicieuse sur les lippes quand il se battait pour que son art prenne en valeur. Avec discrétion et douceur, elle posa sa main sur le haut de sa cuisse et lui murmurer un "merci" tendrement sincère. Après la mise aux enchères, elle fut arrêtée par un homme se présentant comme un galeriste d'art. Surprise d'être alertée par cet homme qui baisait sa main, elle ne pu s'empêcher dans le même temps d'être tendrement amusée par la réplique de Kisos concernant son nom. Avec douceur elle venait enlacer les hanches du beau guerrier en relevant ses prunelles vers lui, fière et follement amoureuse.
- Veuillez me pardonnez Monsieur Walker.. Je venais vers votre épouse car en Europe émerge une bande d'artistes qui ont déjà entendu parler de votre univers et j'aimerai vous exposer.
- En Europe ?
- Oui Madame Walker.. A Paris, Vienne, Berlin..
- Bien entendu ! Ce serait.. Ce serait formidable et un grand honneur.
- Je vous propose un dîner demain soir ? Monsieur est le bienvenu.
Il était aimable et gentil. Il salua Kisos et tendit sa carte à Charlie qui l'observait un peu ahurie avant de se poster devant son époux les brillant de joie :
- Tu te rends compte ? Exposée dans des galeries européennes mo ghrian !
Sans retenue et se fichant bien du regard des autres, elle enroula ses bras autour du cou de Kisos et lui donna un profond et tendre baiser pour exprimer sa joie. Les yeux goguenard des vieux hommes et choqués des vieilles femmes faisait rire Charlie qui avait envie de s'enfuir de ce maudit bal. Ils avaient eu une soirée plus que prolifique puisqu'en effet ils avaient réussi à convaincre le juge de faire passer le procès à dans deux jours et des toiles de la jeune peintre avait été vendu grâce à la verve du colosse. Il n'était pas tard mais la brunette n'avait pas envie de rentrer ni de rester. Son oeil malicieux se posait sur son époux quand elle lui proposait :
- Je vais t'emmener danser..
Rapidement ils quittèrent donc la vieille et bonne société new-yorkaise et prirent un taxi. Charlie donna l'adresse du Bronx au chauffeur et le laissa les porter. Ils roulèrent une vingtaine de minutes en ville laissant à Kisos le loisir de contempler la ville illuminée. Il y avait une telle vitalité, une vraie énergie dans cette ville. On était loin de la forêt calme et tranquille de Jamestown. Ici tout bougeait sans cesse si bien que ça pouvait en devenir épuisant. Mais Charlie s'était faite à cette vie et elle aimait cette ambiance. Une fois arrivés, elle paya le taxi et prit la main de son époux pour le conduire devant ce qui ressemblait à un barbier. Elle salua les jeunes hommes à l'entrée qui la saluait poliment et se dirigea à travers le salon où des hommes noirs se faisaient raser. Encore une fois, ils saluaient tous Charlie en contemplant avec surprise et indiscrétion Kisos.
Elle avait dans son regard cette lueur de malice et de secret. En effet, elle conduisait Kisos dans un endroit secret et caché où la fête battait son plein. Tapant à la porte deux coups sec, une petite trappe s'ouvrit et laissa apparaître deux yeux noirs. Ils étaient suspect jusqu'à voir Charlie. Aussitôt la porte s'ouvrit et un colosse immense salua la petite Duchesse.
- Bonsoir poupée. Ca faisait un moment qu'on ne t'avais pas vu.
- Je reviens de très loin Cliff.
- Et lui ? C'est qui ?
- C'est Kisos.. L'amour de ma vie.
Le colosse riait amusé et se détendait en saluant l'amérindien avant de répliquer :
- Je comprends mieux l'absence.
Charlie en riait aussi et prit la main de Kisos à nouveau dans la sienne pour descendre l'escalier qui menait à la soirée. Le jazz résonnait de partout. Il était électrique, rapide, intense. Charlie salua quelque personne qui la reconnaissait et posa son sac dans un coin de la pièce. Elle détacha ses cheveux qui étaient étriqué dans un chignon strict et fendit la foule pour danser. Elle souriait à Kisos, le séduisant du regard pour qu'il vienne la rejoindre. Il semblait si timide, gêné d'être aussi proche d'autres personnes qui étaient bien souvent saouls. Mais Charlie les ignorait. Elle ne voyait que lui. Avec fermeté, elle le fit venir à elle et elle lui montra comment danser le jazz, comment lâcher prise. La musique les enveloppait, les guidaient sans qu'ils aient à réfléchir ou penser. Blottie contre lui, elle cherchait à se fondre dans sa peau. Rapidement, elle lui retira sa veste de smocking qu'elle envoyait valser dans la salle. Se postant sur la pointe des pieds, elle plantait sur ses lèvres un baiser langoureux, sensuel, chaud. Elle n'était pas enivrée par l'alcool, uniquement la présence de Kisos qui l'éblouissait et faisait naître au creux de son ventre un désir insatiable.
Les bretelles de sa robe glissaient le long de ses épaules quand elle retirait le noeud papillon du jeune homme. Sa bouche se jetaient sur son cou qu'elle mordillait tout en bougeant scandaleusement ses hanches et son bassin contre le colosse. Ô oui elle le cherchait. Depuis qu'ils avaient connu leur nuit d'amour et d'ivresse ils n'avaient pas eu de moment intime et langoureux de la sorte et elle espérait bien pouvoir retrouver et réallumer la flamme chez Kisos.
- J'ai envie de toi, murmurait-elle à son encontre en blottissant son visage contre le sien tout en mordant sa lèvre inférieure, suis-moi..
Elle savait où se rendre pour avoir un moment sensuel et elle y entrainait Kisos. Il fallait longer un long couloir où quelques couples s'embrassaient et où d'autres dansaient. Avec une scandaleuse sensualité elle venait à le pousser dans une petite chambre et ferma la porte derrière elle. Kisos fut projeté sur le lit quand elle finissait par faire glisser le tissu rouge écarlate qui lui servait de robe, jusqu'à ses pieds pour révéler une ensemble noir en dentelle qui galbait son corps à la perfection.
- Je réservais cette tenue pour la maison mais je ne peux pas attendre plus longtemps..
Venant entre les jambes du brun, elle se remit à danser comme le ferait une succube. Ses yeux brillaient d'un désir vibrant et sensuel quand ses mains caressaient ses cuisses jusqu'à son entrecuisse qu'elle frôlait avec un sourire en coin. Puis, elles continuaient leur chemin sur son buste qu'elle avait déboutonné et vint a griffer sa peau. S'amusant à le rendre fou, elle se tournait et venait caresser son entrecuisse de ses fesses quand elle lui tendait ses lèvres pour un baiser langoureux. Elle le sentait devenir trop à l'étroit et cela l'amusait. Elle en gémissait même d'excitation :
- Prends-moi, le suppliait-elle dans un gémissement plaintif.
immarcescible, Posté le dimanche 30 avril 2023 08:51 Répondre
Diable qu'elle mourrait d'envie de boire une gorgée de whisky. Quand Kisos lui proposa un verre, il eut le courage de dire non et de s'exfiltrer près de la fenêtre pour fumer une cigarette. C'était un autre poison certes, mais qui n'allait pas altérer sa pensée. Elle réfléchissait à tout ce qu'il venait de dire et alors qu'il évoquait son titre de noblesse, elle secoua la tête en repensant ce qu'il a dit :
- Attends, attends.. C'est impossible.. Je suis née deux ans après toi Kisos.. Ton père était encore en Ecosse quand j'allais naître ? Ce n'est pas.. Ce n'est pas normal..
Elle jetait son mégot dans le cendrier et reprenait les papiers que le colosse avait laissé sur le bureau. Charlie fouillait tout avec plus de soin et d'attention et voyait bien la naissance d'un bébé Siminiov-Hedlund deux ans avant la sienne. Mais comment cela pouvait-il être possible. Pourquoi ses parents lui auraient-ils mentit sur son âge ? Elle ne trouvait aucune explication logique à ce détail et pris une décision radicale qui allait sans aucun doute faire ressurgir de nouveaux traumas. Elle finit par se lever et se rendre dans la bibliothèque de son père pour en sortir une boite, elle revenait avec et l'ouvrit dévoilant des journaux intimes.
- Mon père a toujours écrit toutes ses pensées et tout ce qu'il a fait.. Je comprends mieux pourquoi il refusait que je les lise. Aujourd'hui je brise une autre promesse..
C'était troublant de pouvoir ouvrir cette boîte et de se dire qu'elle contenait les secrets les plus intime de son père. Ses doutes, ses espoirs, ses joies, ses malheurs, ses tristesses et son bonheur. Afin de ne pas violer son intimité en intégralité, elle prit uniquement le journal qui était daté à l'époque qui les intéressait. Ils lisaient l'un contre l'autre les affres du jeune Hedlund qui venait de s'échapper de prison en compagnie de son fidèle et honorable ami Gabriel Walker. Ils étaient en cavale et ils n'avaient aucune idée de ce que l'avenir leur réservait.
"Juin 1879, Westfield.
Cela fait maintenant des jours que nous nous cachons dans une vieille grotte à proximité de la ville. Gabriel a encore les mains rougies du sang des soldats. Jamais je n'avais vu un tel carnage. Le plus étonnant dans tout ça, c'est que je n'ai pas peur de lui. Au contraire, il m'impressionne. Le courage, la ténacité et la ferveur avec laquelle il se bat ne cessera jamais de m'étonner. Gabriel est un guerrier dans l'âme, il est bien plus puissant qu'il ne voudrait le croire. C'est mon ami. Je lui dois tout. Maintenant nous devons trouver un moyen de nous rendre à Edimbourg pour aller chercher Anya. Ensuite nous partirons pour l'Amérique et où nous pourrons recommencer notre vie, ensemble, avec notre enfant, notre futur bonheur"
Ils continuaient de lire, happé par la plume de Garrett qui racontait sans fioriture comment ils avaient réussit à atteindre la ville. Les deux mariés ne se lâchaient pas la main, fasciné de découvrir le passé de leurs pères et surtout, de se rendre compte qu'ils ne les connaissaient pas. Le récit du Duc continua jusqu'à ce qu'ils trouvent Anya à l'hôpital. Il y avait des pages arrachées et enfin un bon dans le temps de presque deux mois.
"Octobre 1879, Edimbourg.
Anya ne fait que pleurer. J'ai l'impression qu'elle est morte de l'intérieur. Pour essayer d'égayer sa journée j'ai aménagé un jardin avec des fleurs un peu partout. Elle a toujours adoré la nature. Je lui ai proposé de nous rendre dans les Highlands, de prendre du recul. Avec les nouvelles fonctions de Duc je dois tout apprendre et Lord Walker m'aide parfaitement. Il est froid, odieux, distant mais il sait exactement comment faire pour que la supercherie fonctionne. Je me sens perdu. Loin du monde que j'ai toujours connu et Anya n'est plus là. Comment lui faire comprendre qu'elle est ma force, ma lumière, mon souffle. J'ai besoin qu'elle se réveille et qu'elle comprenne que moi aussi j'ai besoin d'elle. Comment puis-je, moi aussi, surmonter la mort de notre bébé..."
- Kisos, soufflait Charlie en ouvrant grand les yeux prise soudainement par une émotion vive, j'avais une soeur..
Elle se tournait vers lui en posant sa main sur ses lèvres. Laissant le journal entre les mains de son époux, elle finit par se lever et aller se servir un verre de whisky qu'elle hésita à boire avant de se jeter à l'eau. Cul sec et reposant son verre fermement sur la table, elle inspira profondément pour ne pas que ses émotions se laissent noyer. Sa mère avait accouché d'un enfant mort-né. Est-ce que toutes les femmes Siminiov allaient perdre leur premier enfant de la sorte ? Charlie en tremblait, ressentant une vive douleur en repensant à Rosie et à cet épisode chaotique où dans ce maudit tipi elle avait perdu son faisceau de lumière.
Quelques larmes s'échappaient quand elle allait pour se resservir un verre mais Kisos surgissait, tel son sauveur, derrière elle pour l'en empêcher. Plus besoin de boisson désormais. Son phare, son roc, son soleil était là. Se retournant face à lui, elle laissait ses larmes couler le long de ses joues en s'agrippant à lui :
- Je comprends tout maintenant.. Tu vas me prendre pour une folle mais.. mais savoir ça et bien.. et bien je me sens encore plus proche de ma mère elle.. elle a toujours tout fait maladroitement mais elle m'aimait.. elle m'aime tellement et je la comprends.. quand.. quand Rosie nous a quitté j'ai bien cru que toute notre vie allait s'arrêter et.. et j'ai sombré de nouveau dans la folie.. tu comprends pourquoi je ne voulais pas et je ne veux pas d'enfant ? Je ne veux pas qu'il soit frappé du même fléau que ma mère et moi Kisos.. C'est une malédiction qui nous assaille..
immarcescible, Posté le mercredi 26 avril 2023 20:16 Répondre
Il lui semblait que cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas passé une si aussi bonne et belle journée. Charlie avait le coeur si léger qu'elle ne faisait que sourire et rire. Kisos avait découvert une partie de son monde quand elle le voyait se détendre et être moins sur la réserve qu'il y a des années. Ils s'étaient gavés de nourriture et ils marchaient sous la neige, blottie l'un contre l'autre. Elle n'avait jamais demandé rien de plus à la vie si ce n'est être contre lui, ainsi. Il lui semblait si loin le temps où elle était malheureuse, pleine de ressentiments, seule et loin de lui. Maintenant qu'il était dans sa vie, de retour, elle ne pouvait imaginer le voir disparaître de nouveau. Ils avaient grandis, ils s'étaient retrouvés. En rentrant, les domestiques étaient toujours éveillé. Charlie ne faisait même plus attention à ce genre de détails et puis de toute manière, elle payait suffisamment ses employés pour qu'ils ne trouvent pas à rechigner.
En arrivant, ils virent donc Lucrecia, Birdie, Ella et le petit dernier qui se jetèrent dans ses bras. Elle les accueillit avec une effusion de joie certaine quand le regard de sa tante lui fit craindre le pire.
- Suivez donc Elia, dit-elle en montrant la domestique du doigt, elle va vous conduire vers maman et vos chambres. D'accord ?
Ils avaient envie de parler avec leur grande s½ur de ses nombreux voyages mais ils comprenaient aussi que d'autres sujets important nécessitaient son attention. Ils vinrent voir Kisos qui était toujours un grand frère pour eux, surtout qu'il les avaient mis au monde avant de retrouver leur mère. C'est dans le petit salon que Lucrecia évoqua sa difficulté à garder les enfants :
- Maintenant que tu es de retour Charlie tu vas pouvoir t'occuper d'eux. Je ne peux pas prendre tout le monde à ma charge c'est impossible.
- L'argent que je t'envoie ne suffit-il pas ?
- Charlotte.. Ce n'est pas qu'une question d'argent.. Même si oui, ils consomment un peu plus mais là n'est pas la question.
- Alors quoi ? Ils sont de ton sang et tu les met à la porte ?
- Tu es sacrément gonflée de me dire ça quand tu as disparu pendant un an !
Charlie sentait la tension monter. Elle se dirigea vers ce qui était autrefois le bureau de son père et sortit un chéquier qu'elle remplit en vitesse avant de revenir vers sa tante. Elle avait généreusement rajouté quelques zéros au un ce qui faisait rougir sa tante. Son visage s'était fermé, pris d'une fermeté qui exprimait une maîtrise parfaite de la situation. Le positionnement d'une vraie meneuse.
- Je ne suis pas venue pour ça, pourquoi m'insultes-tu ?
- Parce que visiblement je ne peux pas compter sur toi si je n'y met pas le prix. Tu peux rentrer chez toi, je saurais m'occuper de ma famille.
- Tu es bien comme ton père. Des principes et un égo supérieur qui te fait croire que tu es au dessus de tout le monde mais tu te trompes Charlotte. Je n'étais pas venue pour ça. J'étais venue pour te dire que tu manques aux..
- Pourtant tu gardes le chèque.
- Je ferais mieux de partir en effet. Je crois que ça vaut mieux.
Blessée dans son orgueil, Lucrecia préférait partir et claqua la porte derrière elle. Charlie avait perdu toute la bonne humeur de sa journée en un instant. Son visage s'était refermé quand elle avait les bras croisés contre sa poitrine. Elle n'osait pas regarder Kisos qui était resté silencieux tout le long de l'échange et elle l'en remerciait. Alors qu'elle venait contre lui et qu'elle posait sa tête contre son buste, elle lui demandait si elle avait été trop dure :
- Est-ce que j'ai sur réagis ?
Au même moment, Birdie arrivait dans le bureau et demandait à voir Kisos. Elle avait besoin de son aide pour retravailler les mathématiques et les sciences et elle le savait doué pour cette matière. Charlie le laissait se rendre auprès de sa soeur et lui précisa qu'elle restait un peu ici pour travailler sur le dossier de son père. Mais en réalité, elle continuait ses recherches sur sa mère. En effet, un peu avant d'arrivée à NY, elle avait engagé un détective privé pour faire des recherches sur les Hedlund et les Walker. L'amnésie de sa mère avait révélé des histoires étranges qui avait mis le doute sur l'esprit de Charlie et elle avait besoin de savoir. Se rasseyant, elle vint à observer la pochette qui contenait toute l'histoire de leur deux familles quand elle faisait un peu de tri sur le bureau. N'en ayant pas parlé à Kisos, elle se demandait si elle devait l'ouvrir seule.
Pendant qu'elle faisait les cent pas, elle fumait en se contrôlant pour ne pas se servir un verre. Non pas qu'elle était profondément alcoolique mais elle avait toujours peur de replonger dans ses vieux démons, la vieille facilité. Elle préféra alors se mettre en position de méditation et se mit donc à faire le vide dans son esprit comme elle l'avait appris en Inde. Elle était assise en position lotus près de la fenêtre quand son époux venait la rejoindre. Le sentant se positionner derrière, elle ne pu s'empêcher de sourire. Doucement, elle se laissait tomber contre lui et lever les yeux vers lui, un peu plus calme :
- Tu es mon roc.. Mon phare.. Mon soleil..
Murmurait-elle en agrippant sa barbe pour pencher son visage vers le sien et lui donner un tendre baiser. Ses mains caressaient ses joues avec douceur quand elle lui rendait son souffle et lui parlait de la fameuse pochette contenant toute l'histoire de leur parents. Elle lui avouait avoir fait faire des recherches et qu'elle contenait sans doute des histoires de famille refoulées qu'il ne voudrait pas connaître :
- Est-ce que.. Est-ce que tu veux regarder ce qu'elle contient ? J'ai tellement besoin de savoir et de comprendre.. Pas toi ? Qu'est ce qu'ils nous cachent de si terrible. Maintenant que ton père est partit nous n'avons plus que ma mère et.. et elle a perdu son esprit. Mon père je ne sais pas s'il sortira un jour et ta mère est bien trop honnête pour trahir la promesse qu'elle a fait à ton père. En attendant.. Je veux savoir, pas toi ?
immarcescible, Posté le lundi 24 avril 2023 16:37 Répondre
La clémence de Kisos concernant son passé la surprenait. Mais cela la rassurait aussi. C’est donc avec un nouvel entrain qu’elle le conduisit faire les boutiques. Avec spontanéité, elle prit sa main dans la sienne alors qu’ils déambulaient dans le centre ville de New York. Elle était si heureuse d’être ici avec lui et de lui montrer ce monde qui avait aussi évoluer. Les gens ne dévisageaient pas tous Kisos. Ils étaient dans une ville multiculturelle où tout était possible et elles espérait qu’une partie de lui changerait d’avis sur ce monde.
Dans la boutique, elle le faisait essayer tout un tas de costumes et de modèles. Il était beau à craquer à chaque fois et Charlie était fière de le voir y mettre autant de bonne volonté. Cela lui rappelait cette première soirée où ils étaient adolescent et où ils s’étaient amusés à se déguiser. Ce moment était simple et léger, Charlie le chérissait déjà. Mas alors qu’elle discutait avec le vendeur d’un autre costume qu’elle avait vu en vitrine, elle entendit un cri sourd d’une femme tout près et des murmures de personnes scandalisés. Kisos était en caleçon à l‘extérieur de la cabine.
- Mo Grhian..
Charlie se jeta contre lui et le fit rentrer dans la cabine en l’accompagnant. Une fois le rideau clôt, elle se rendit compte qu’elle tentait de dissimuler la nudité de son époux quand elle était minuscule contre lui. Son oeil était surpris et la scène qui venait de se dérouler laissait une Charlie amusée et attendrie. Aussi, elle se mit à rire, non pas de moquerie, mais d’amusement et de spontanéité. C’était un rire qu’elle n’avait pas eu depuis des années. Il n’y avait bien que Kisos pour la faire rire de la sorte. Elle en pleurait même quand elle expliquait au colosse en quoi consistait ce vêtement et pourquoi il avait tant choqué les personnes dans la boutique.
- J’ai bien cru que la vieille dame allait s’évanouir devant tous tes muscles.. Te rends-tu compte.. Un dieu soleil lui est apparu. Tout le monde a été ébloui mon amour.
Elle en rougissait d’amusement quand elle déposait de tendre baisers sur son buste, les yeux pétillant d’une joie malicieuse. Ils décidèrent que c’était assez de costumes pour aujourd’hui. Elle le laissa donc se changer et paya les dit-vêtements avant de les faire envoyer à l’appartement. Lorsque Kisos sortit enfin, les regards convergeaient vers lui. Les hommes par jalousie et les femmes par désir et Charlie la première le contemplait avec un désir ardent. Mais pour l’heure, la visite n’était pas terminée. Elle reprit la main du beau brun et le conduisit donc en ville, là où c’était plus tranquille. Elle mourrait de faim et l’entraina donc dans un petit restaurant où elle adorait aller souvent, mais une fois que Kisos fut devant son assiette de pâtes, elle ne pu s’empêcher de sourire.
- Regarde.. Avec la fourchette.. Tu tournes et tu aspires..
La Duchesse était en joie, légère. Avec douceur elle essuyait la barbe de son époux, le couvrait de tendre baisers devant les inconnus sans penser une seconde qu'ils puissent être indécent. Elle se fichait des autres. Une partie d’elle adolescente refaisait surface. Elle faisait tout goûter à Kisos, tout découvrir. Ils se baladèrent en ville, à Central Park, s’arrêtèrent dans une librairie et une pépinière en discutant de tout, de rien, de la vie, c’était comme s’ils ne s’étaient jamais quitter. Charlie se sentait si heureuse qu’elle resplendissait à côté de son soleil. La journée était passée bien trop vite mais il y avait une dernière petite chose qu’elle voulait dévoiler à son époux. Ils firent un petit détour, les bras chargés de livres et de plantes vers une galerie. Elle déposa tout à l’entrée en remerciant la dame de l’accueil et reprit la main du brun.
Elle lui parlait des tableaux qui se trouvaient devant eux, des contemporains qui se faisait nommer « impressionnistes » et lui montra des tableaux de Monnet, de Turner, Renoir, Manet ou encore Van Gogh. A chaque tableau, elle le laissait contempler la surface de la toile et les explosions de couleurs. Elle le contemplait, essayant de deviner chez lui une étincelle, quelque chose qui l’éveillerait à son monde. Elle espérait qu’il se sente plus en accord avec son monde à elle, qu’il le comprendrait mieux. Alors qu’ils continuaient leur visite parmi les beautés accrochées au mur, ils arrivèrent enfin dans une salle mineure mais qui contenait toute l’espérance de Charlie.
Dans cette petite salle où peu de monde passait, se trouvait les peintures de Charlie. Elles étaient immense, grandiose, et remplies de couleurs. Il y avait une expression dramatique dans le mouvement de ses fleurs, de ses paysages. Une impression de communion avec la nature, quelque fût sa forme et qui entrait en contact avec le sublime, quelque chose d’incompréhensible mais pourtant d’universel. C’était Jamestown, Kisos, les Walker, les Hedlund, toute leur histoire. Bien sûr, toutes ne sont pas éclatantes et reflètent aussi d’un mal être puissant. Elle y avait exprimé la douleur de la perte, la violence de l’enfantement ou encore la solitude. Charlie ne dit rien, elle se contentait d’observer la réaction de Kisos qui tardait et qui l’effrayait. Il observait chaque détails quand elle se souvenait exactement de quand et comment elle avait posé son pinceau à ce moment précis.
- Tu.. Tu ne dis rien, demandait-elle anxieuse et d’une voix chevrotante, tu peux me le dire si tu n’aimes pas. Je ne t’en voudrais pas.
immarcescible, Posté le samedi 22 avril 2023 09:56 Répondre
Après cette insolente et délicieuse nuit, Charlie prenait le temps de se reposer un peu dans son lit. Il était encore empli du parfum étourdissant de Kisos. Ses joues rougissaient de nouveau au souvenir si sensuel et si indécent des souvenirs de la veille. La marque de ses baisers parcouraient encore sa peau ce qui lui donnait ce sourire si étincelant que lui seul avait toujours su créer. Mais la vie devait reprendre et cette soirée si délicieuse ne pourrait recommencer que si elle parvenait à libérer son père.
Pendant que Kisos était occupé à ses costumes, elle, elle s’occupait de sa mère qui était encore perdue dans ses songes. Après avoir déjeuné, pris un bain elles s’habillèrent. Charlie portait une simple robe d’un tissu assez noble lui conférant un certain standing. Quelques bijoux pour refléter son rang social et ses cheveux noué en un chignon serré, elle avait la tenue parfaite d’une duchesse.
Prise dans les recherches de papier dans les affaires de son père concernant certaines affaires de la famille qu’elle devait régler en priorité elle vit entrer Kisos dans son costume et elle de nouveau un sourire extatique. Elle avait envie de se jeter une fois de plus sur lui et lui dire à quel point il était beau mais il la prit de court en évoquant Charlie la fêtarde et ses conquêtes, féminines. Gênée, elle ne sut pas quoi répondre sur l’instant d’autant plus que sa mère repartait dans une nouvelle crise révélant de nouvelles choses de son passé. Décidément, c’était bien trop en peu de temps.
- Maman.. Tout va bien.. Kisos est mon époux.. Le fils de Gabriel, tu te souviens de notre mariage ? A Paris.. Et Jamestown.. Maman tout va bien, je suis là.
Une fois que sa mère fut calmée et repartie dans un livre qu’elle lisait avidement, Charlie pu rejoindre Kisos dans le petit salon. Elle était très gênée à l’idée de le retrouver et qu’il la juge. La vie débridée et volatile de la jeune femme risquerait-elle de changer le regard qu’il avait d’elle ? Pensant pouvoir discuter, qu’elle ne fut pas sa surprise en voyant son jeune apprenti la saluer. La convenance voulait qu’il baise sa main quand elle lui souriait avec douceur. Le regard de braise de Kisos derrière qui bombait le torse la fit grimacer alors qu’elle saluait son élève :
- Christian.. Cela aurait été avec un vrai plaisir mais des affaires urgentes m’obligent à devoir abandonner les cours de peinture. Mais je vais te confier aux mains expertes d’excellent amis proche qui pourront continuer ta formation.
Bien entendu, elle vit bien qu’il était déçu et qu’il espérait bien plus. Il connaissait la Charlie sauvage qui se fichait des carcans et de la morale. Depuis quand refusait-elle de passer de tels moments ? Le colosse se présentait comme l’époux de Charlie n’était sans aucun doute pas aussi conciliant que Lorace, alors il devait se méfier :
- Mais enfin.. C’est avec toi que je veux peindre.. je.. je suis amoureux de toi Charlotte.
Déclarait-il à l’intention de la jeune femme qui cherchait son carnet d’adresse pour lui donner les coordonnées de ses amis peintre. Charlie se redressa avec surprise devant lui et écarquilla les yeux mortifiée. Que se passait-il à la fin ? Que voulait dire cette déclaration sans queue ni tête ? Un regard vers Kisos lui fit comprendre qu’elle ne pouvait pas ménager le coeur du jeune apprenti au risque de le voir être rapidement démoli par son époux. Elle posa sa main sur son bras et le regarda donc avec une peine sincère :
- Ce n’est pas de l’amour Christian.. Juste.. Juste une passion passagère. Juste… Ecoute, je suis désolé si tu as pu croire que nous aurions pu..
- Mais enfin Charlotte ! On faisait l’amour ! Je t’ai peins ! On avait des projets ! Nous devions aller à Rome !
- Oh bon sang..
Elle dissimulait son visage entre ses mains pour qu’il ne voit pas sa gêne. Mais pire que tout, elle avait honte. Honte que cette scène se passe devant Kisos alors qu’ils venaient juste de se retrouver. Prenant une ample inspiration, elle poussa l’apprenti vers l’extérieur en lui ayant donné la carte d’un ami peintre et le supplia de grandir :
- Tu me fais honte devant mon époux.. Je suis désolée si je t’ai fais croire qu’il y aurait plus de.. de sentiments entre nous mais.. mais je suis mariée et.. et tu m’embarrasses devant mon époux..
- Charlotte.. Je t’aime.. Je t’aimerais toujours..
Tel un amant transi, il se jetait aux pieds de la jeune femme qui faisait signe à ses domestiques de venir s’occuper de lui. Il se faisait rapidement emporté à l’extérieur par deux domestiques quand elle se tournait vers Kisos, embarrassée. Elle craignait qu’il soit furieux et qu’il la repousse. Cela faisait trop en une matinée. Son oeil louchait vers le whisky de son père. Diable qu’elle avait envie de boire pour oublier cette pitoyable scène. S’approchant de Kisos, elle baissait le yeux :
- Je suis désolée.. Tellement désolée que tu aies du assister à une telle scène. Je.. Je ne suis pas fière de moi tu sais. Mais.. Mais tu sais.. depuis que je t’ai retrouvé aucune autre personne n’a posé ses mains sur moi enfin.. hormis Lorace mais..
C’était bien plus difficile qu’elle ne l’aurait cru. Prenant une ample inspiration, elle releva ses prunelles vers lui et le regard désolée :
- J’aurais préféré que tu ne saches pas.. Je ne veux pas que tu me prennes pour.. pour je ne sais quoi.. mais oui.. j’ai eu quelques amants et.. et amantes.. Je comprendrais que tu sois choqué mais.. mais c’est du passé tout ça tu sais. Ça n’a jamais eu de sens. Ce n’est pas.. Ce n’était pas de l’amour. A aucun moment.
Elle se sentait obligée de se justifier pour ne pas qu’il soit dégoûté de la jeune femme, même si elle se doutait bien qu’il avait lui aussi eu des aventures pendant tout ce temps. Elle, elle ressentirait une violente jalousie d’imaginer Kisos avec ces femmes et serait capable de tout détruire dans la pièce devant une telle scène.
immarcescible, Posté le jeudi 20 avril 2023 18:50 Répondre
Le corps de Charlie se trouvait soudainement projeté sur le lit alors qu'elle était encore trempée du bain. Elle en riait doucement avant d'être à nouveau accaparée par les lèvres sauvage et ardente de son tendre compagnon. L'ardeur que témoignait Kisos en la caressant et la possédant de la sorte faisait gémir la jeune femme de plaisir. Ses doigts, ses ongles, ses lèvres, ses dents, ses jambes, tout s'agrippait à Kisos. Tous ses membres voulaient s'emparer du géant qui lui redonnait ce goût de bonheur qu'elle n'avait pas connu depuis tant d'années. Comme il était bon de se retrouver dans la lumière de cet homme qu'elle avait toujours aimé au plus profond de son coeur, de son âme, de son être.
La délivrance délicieuse de l'orgasme surgissait beaucoup trop vite au goût de Charlie. Elle ne serait jamais rassasiée de cette drogue nommé amour que lui avait toujours offert Kisos. Blottie contre lui alors qu'elle haletait sous lui, elle plongeait ses lèvres dans sa crinière défaire qu'elle caressait et embrassait, un sourire tendre aux lèvres. Ses yeux étaient légèrement perlés de larmes quand elle lui répondait d'une voix douce et chaude :
- Je te l'ai dis l'autre jour.. Je suis rentrée pour ne plus jamais te quitter mo grhian.. Je ne partirais pas c'est terminé.. C'est toi et uniquement toi que je veux et éternellement.
Ils se caressaient avec douceur, se redécouvrant l'un et l'autre. Les baisers fiévreux du colosse la faisait gémir de plus belle et frissonner. Sa peau n'était qu'effusion et sensation. Ils se cajolaient tendrement quand elle ajouta :
- Tu m'as demandé au Canada pourquoi je n'avais jamais divorcé, avouait-elle enfin, tout simplement parce que tu as toujours été le seul homme à qui je voulais appartenir. Tu es le seul à qui j'ai donné toute ma vie Kisos.
Délicatement, elle fit relever le visage de l'amérindien face au sien pour qu'il puisse voir la vérité dans ses prunelles. Quelques larmes glissaient encore le long de ses joues quand elle caressait son visage de haut en bas, un sourire tendre aux lèvres en répétant mot pour mot ce qu'il avait prononcé comme voeux lors de leur mariage mais en modifiant les passages qui lui étaient destinés :
- "Lorsque j'étais enfant, je me rêvais à trouver quelqu'un qui puisse m'aimer plus que tout au monde. Quand je voyais mes parents ensembles, j'espérais moi aussi un jour avoir quelqu'un qui m'accompagnait à vie et qui avancerait avec moi, dans les bons comme les mauvais moment. Aujourd'hui je peux dire que j'ai trouvé cette personne en toi, Kisos Walker. Tu n'es pas qu'un simple homme que j'épouse, tu es mon âme-soeur. C'est comme si tu étais né pour moi. Tu es venu sur cette terre rien que moi et je ne peux pas me résoudre à ne pas te garder précieusement à mes côtés. Tu es ce qui m'est arrivé de plus beau, de plus grand. Je sais que la vie nous a joué des tours et que tout est fait pour nous éloigner mais aujourd'hui je te fais la promesse que plus rien ni personne ne se mettra entre nous. Je te veux à vie. Je veux vieillir à tes côtés, devenir encore plus grande avec toi. Je veux tout vivre avec toi Kisos et je compte bien te chérir jusqu'à mon dernier souffle sans jamais plus rompre cette promesse."
Elle-même s'étonnait de se souvenir avec une telle exactitude ces mots qui pourtant étaient gravés dans son coeur. Elle en riait doucement son front posé contre le sien quand elle revenait déposer un autre baiser sur ses lèvres. Ô que oui, jamais elle ne se lasserais de ses lèvres :
- Je me souviens de chaque mots que tu as prononcé ce jour là.. et je veux cette vie que l'on s'était rêvé à avoir. Je n'ai peur de rien quand je suis à tes côtés tu sais.
Lentement, elle le fit rouler sur le lit et vint se blottir contre lui. Ses doigts continuaient de caresser son visage qu'elle contemplait avec avidité lorsque ses jambes se nouaient aux siennes et qu'ils s'enveloppaient dans le drap de soie du lit. Elle repoussait sa longue crinière ondulée dans son dos quand elle déposait des baisers sur le torse puissant de Kisos. Ses doigts revenaient sur son ventre qu'elle touchait avec un sourire taquin :
- Tu parlais de cette brioche là tout à l'heure ?
Avec amusement, elle le pinçait et le chatouillait ce qui faisait naître un rugissement chez le colosse. La bataille de chatouilles se finissait bien entendu avec un Kisos victorieux qui se trouvait de nouveau sur elle. Reprenant son souffle, elle écartait les mèches de ses cheveux qui lui barraient le visage puis se remit à le caresser. Sa main revenait prendre la sienne et elle y déposait des baisers. C'était un rêve que de pouvoir se blottir contre lui. Sentir son parfum, entendre son souffle et avoir son corps contre le sien. Il était nettement bien plus impressionnant encore que lorsqu'il était adolescent car maintenant il s'agissait d'un homme. Mais visiblement, Charlie savait encore comment le contenter. Sa main glissait sur son buste suivi par ses lèvres avant de descendre entre les cuisses du colosse.
- Tu es si beau mo ghrian.. Tu brilles comme un soleil tu sais..
Elle était pleine d'hardiesse. Elle voulait qu'il reprenne confiance en lui, qu'il sente qu'elle le désirait toujours autant voire même plus. Qu'il n'y avait que lui. C'était aussi une manière d'effacer ces dix années passées loin de lui et d'avoir laisser d'autres la toucher pour l'oublier. Non, elle ne voulait que se souvenir de la brûlure de sa peau sur la sienne, de son souffle qui se perdait dans le sien. Sa main agrippait son membre viril et elle mordait son buste avec douceur :
- Une nuit ne suffira jamais à ce que je sois rassasiée de toi tu sais.. Je veux que tu poses tes mains sur moi, encore, encore.. Je veux que tes dents marquent ma peau, tes mains aussi.. Kisos, je t'aime tellement tu sais..
Sa bouche redevenait envieuse du colosse quand elle grimpait de nouveau à califourchon sur lui pour l'embrasser. Sa main le caressait avec plus de vitesse quand elle l'embrassait avec ardeur. Jamais rassasiée avait-elle dit ? Il était certain que la nuit passerait trop vite pour la jeune femme maintenant qu'elle avait retrouvé son amant intrépide.
immarcescible, Posté le mercredi 19 avril 2023 21:38 Répondre
Dire que Charlie est choquée est un euphémisme. En effet, jamais elle n'aurait cru que Kisos soit aussi inquiet de son apparence ou encore de son âge. Cela la surprenait tant qu'elle avait envie de rire mais en voyant la moue inquiète et triste de son ex-époux elle comprit qu'il ne plaisantait pas. Quasiment dix années étaient passées et ils avaient vieillis. Il ressentait les mêmes affres en ce qui concernait leur propre apparence. Or, elle, elle ne voyait que le soleil qui entourait cet homme exceptionnel. Avec douceur, elle vint donc à lui et prit sa main avant de le faire s'asseoir sur un fauteuil près du miroir. Elle lui retira sa chemise et la jeta sur le sol avant d'aller éteindre l'eau du bain. Elle y ajouta des fleurs séchées pour le parfumer et revint vers un Kisos qui l'observait faire. Délicatement, elle prit sa crinière et la coiffa en une longue natte comme il lui avait appris avant de récupérer le blaireau et de la mousse à raser. Elle n'allait pas entièrement le raser, non, juste couper un peu sa barbe qui méritait qu'on la redessine.
- Laisse moi m'occuper un peu de toi, lui soufflait-elle en lui offrant un tendre sourire et le rasant précautionneusement, il est vrai que tu as pris quelques rides et quelques cheveux blanc monsieur Walker. Et je te rappelle que je t'ai déjà vu nu plus d'une fois. Ça ne me perturberas pas.
Charlie douceur, Charlie taquine refaisait surface. Quand elle était avec lui, quand elle devait le rassurer, elle faisait toujours en sorte de laisser la femme d'affaire, la Duchesse loin de lui. Surtout maintenant qu'ils cherchaient à se retrouver. Elle l'espérait tellement. Pourtant, une part d'elle était quand même déçue et vexée qu'il ne veuille que "dormir". Ainsi donc il ne la désirait plus ?
- Comme moi aussi tu sais.. J'ai une cicatrice sur mon ventre je te rappelle. Je ne suis pas aussi belle que tu le dis, aussi désirable que je l'étais à dix-sept ans. On a vécu pendant toutes ces années mais.. mais tu es toujours l'homme le plus beau qui m'a été donné de rencontrer Kisos Walker.
Délicatement le rasoir passait sur le côté de ses joues. Il avait de nouveau un visage plus avenant tout en gardant son charme avec sa barbe mieux taillée. Cela faisait sourire Charlie de voir ces sentiments de peau se découvrir et lui rappela qu'elle l'avait connu sans toute cette barbe plus jeune. Même si elle l'avait aimé sans barbe, elle ne pouvait négliger qu'il était bien plus séduisant aujourd'hui.
Elle venait de finir de le raser et tenait entre ses mains les joues du beau brun. Charlie avait son coeur qui battait la chamade quand les prunelles d'un bleu intense la fixait et qu'elle lui souriait avec douceur. Ses pouces caressaient ses joues quand elle restait entre les jambes du brun. Blottie contre lui, l'envie lui donner un baiser lui mordait le ventre. Ô oui elle le voulait ce baiser qui lui ravagerait le coeur et l'âme. Tant pis s'il la repoussait mais elle voulait sentir la douceur de ses lèvres si brulante et si sensuelle qui l'avait tant fait rêvé toutes ces nuits. Rougissant, elle se pencha sur son front et déposa de léger baisers, comme des plumes avant de descendre sur ses yeux, son nez et s'arrêter près de ses lèvres. Elle murmurait :
- Comment pourrais-je être écoeurée par la lumière de mon existence ?
Sans attendre sa réponse, elle posa ses lèvres sur les siennes et lui donna un baiser brûlant, sensuel en se blottissant contre son buste nu. Ses mains s'agrippaient à son visage quand sa langue sensuelle et taquine cherchait la sienne et qu'elle laissait un gémissement de contentement s'échapper de ses lèvres en murmurant des "Kisos, Kisos", "touche-moi". Rapidement, elle se retrouva à califourchon sur lui, sa nuisette légère dévoilant ses cuisses nues quand son décolleté ne laissait plus de place à l'imagination puisque sa poitrine était littéralement plaquée contre le buste du colosse. C'était encore mieux que dans tous ses souvenirs, encore mieux que ses rêves. Elle en tremblait presque de plaisir. Mais le plaisir fut de courte durée puisque l'on toquait à sa porte. Il fallut qu'elle s'écarte à regret de Kisos, les joues rougies quand elle mordait sa lèvre encore tremblante et tenta de se rhabiller.
- Tu.. Je.. Je reviens.. Entre dans le bain, je.. je reviens..
C'était une supplique plus qu'un ordre. Elle avait trop peur qu'il puisse s'enfuir. Vite, elle alla à la porte et ronchonna en voyant sa dame de compagnie Joy qui l'alerta de quelques affaires concernant les domestiques. Charlie s'occupa rapidement de répondre à ses questions et lui ajouta de faire venir des costumes pour Kisos pour le lendemain. Une séance shopping s'imposait pour lui s'il voulait se sentir à l'aise dans son monde. Une fois la porte close, elle poussa un long soupir et observa la porte de la salle de bain. Elle avait peur de retourner dans la pièce d'à côté. Est-ce que Kisos allait la repousser ? Est-ce qu'elle l'avait effrayé en se jetant ainsi sur lui ?
Lentement, elle rejoignit la salle de bain et le vit dans la baignoire. Ils se regardaient en silence, comme s'ils essayaient de savoir ce que pensait l'autre. Venant près de lui, elle mordit sa lèvre et vint dénouer son peignoir. Il ne réagissait toujours. Elle laissa donc le tissu tomber à ses pieds et se trouva nue devant le colosse :
- Moi aussi j'ai vieilli.. Moi aussi je.. je n'ai plus le corps que j'avais à dix-sept ans..
C'était une manière de lui dire de ne pas s'en faire, qu'elle aussi se sentait loin de la jeune fille qu'elle avait été. Elle n'évoquait pas Mera qui avait des vues sur lui car cela n'aurait fait qu'exposer sa jalousie. Non, elle voulait une soirée sans drame. Elle entra dans le bain et sans lui demander son avis, revint sur ses cuisses à califourchon. Charlie plantait ses iris dans les siens et se fichait de faire déborder l'eau du bain. Elle était là, sur Kisos, nue sur lui. Elle espérait tellement qu'il ne la repousse pas comme il y a un an. Prenant une ample inspiration, elle posa son front contre le sien en caressant ses épaules et ses bras avant de descendre ses lèvres sur son cou timidement. Elle embrassait tendrement sa peau, humant son parfum toujours si puissant qui la rendait folle avant de rejoindre sensuellement ses lèvres.
- Kisos, Kisos, murmurait-elle fébrile, tu es si beau.. tu es si beau.. si fort.. si lumineux.. si courageux.. si brave.. Mo Ghrian.. Tu fais fondre ma peau et battre mon coeur.. Tu.. Tu es l'amour de ma vie tu sais.. Le seul.. Le seul que j'ai toujours voulu et le seul que j'aimerais..
immarcescible, Posté le lundi 17 avril 2023 19:04 Répondre
Même si le voyage avait été long et harassant, Charlie se sentait en sécurité avec Kisos à ses côtés. Elle se doutait bien que de partir de chez lui, loin des enfants et dans une ville qu'il avait toujours haï devait lui coûter. Mais elle avait tellement besoin de lui à ce moment précis. Pendant qu'il déposait sa mère encore somnolente dans l'une des chambre de l'appartement, elle donnait quelques consignes à ses domestiques concernant les prochains jours. Elle avait promit à Kisos qu'ils ne resteraient pas plus de deux semaines et elle comptait bien tenir sa parole. Une fois les ordres donnés, elle fut rejointe par le colosse qui semblait impressionné par le lieu. Elle haussait les épaules en esquissant un léger sourire et pour le rassurer pris sa main dans la sienne :
- Ce n'est qu'une maison.. Ce n'est pas ce que je suis vraiment tu le sais bien. J'avais besoin de hauteur. D'ici on peut entendre des oiseaux. Voilà pourquoi j'ai acheté cet appartement.
Elle l'entrainait dans la chambre qu'elle occupait alors et vint ouvrir les fenêtres. Pour la saison, il faisait doux. Aussi, les rayons du soleil éblouissaient la pièce quand le vent faisait danser lentement les rideaux autour de Charlie. Ils pouvaient entendre quelques oiseaux chanter sur le balcon où elle avait fait installer des mangeoires à oiseaux en plus de nombreuses plantes verte. Malgré elle, elle restait une fille de la forêt qui ne s'épanouissait que dans la nature.
Tandis qu'il se penchait sur le balcon, peut rassuré, elle vint avec douceur l'enlacer de derrière. Son visage se blottissait contre son dos puissant qu'elle rêvait de couvrir de baisers. Son corps en frissonnait rien que d'y penser :
- Tu.. Tu veux que je te montre ta chambre ou..
Elle n'osait pas le dire. Elle n'osait pas lui demander s'il voulait dormir avec elle. La proximité physique entre les deux jeunes gens étaient inexistantes depuis maintenant presque neuf ans et la dernière fois qu'elle lui avoua son désir il la repoussa. Charlie avait peur qu'il la rejette une fois encore. Peut-être l'aimait-il désormais comme on aime une vieil amour et que l'attirance physique n'est plus une grande source de désir. Une fois encore, elle se sentait de nouveau comme cette adolescente inquiète, peu confiante d'elle-même et de sa potentielle attractivité. Il se tournait face à elle et elle sentie ses joues rosir. Incapable de poser ses yeux sur lui, elle finit par demander :
- ou tu veux dormir ici.. avec moi ?
Mais leur moment fut une fois encore de courte durée puisqu'on toquait à la porte. Charlie vint relâcher Kisos et s'approcha de la dite porte en déclamant un "entrez" plus confiant que sa demande auprès de son époux :
- Madame, commença une domestique impressionnée par Kisos, monsieur l'avocat de votre père est ici. Il demande à vous voir.
- Nous arrivons de suite. Faites patienter monsieur dans la bibliothèque. Merci Marge.
Elle avait tout d'une grande dame quand elle s'exprimait auprès de ses employées. Se tournant vers Kisos, elle lui offrit un léger sourire contrit en lui proposant sa main pour rejoindre l'avocat censé les aider à faire libérer son père. Une fois tous les deux dans le bureau, il fit un état des lieux des conditions d'emprisonnement du Duc et de son jugement prochain.
- Pourriez-vous accélérer la procédure ?
- Mais enfin Miss Hedlund la justice n'est pas un marché. Il y a des procédures.
- Je me fiche des procédures. Tout ce que je veux ce sont des résultats. Et le résultat attendu est la libération de mon père. Dites-moi qui voir et qui convaincre.
Charlie avait une poigne ferme en ce qui s'agissait des affaires de son père et de la gestion de sa famille. Trop longtemps elle avait laissé les autres faire pour elle sans qu'elle n'ose s'affirmer. Désormais, elle devait s'acquitter de cette tâche pour savoir sa famille qui était au bord du désespoir. L'avocat lui parla de personnalités publiques et politiques à voir et d'un bal au Muséum où elle pourrait rencontrer le juge.
- Un bal..? Mh... Je devrais pouvoir nous y faire entrer.
- Approcher le juge sera une autre affaire. Il se dit qu'il est un homme d'une grande morale et très pieux.
- Sous-entendez-vous que je suis une vulgaire putain ?
- Certainement pas Madame, jamais je n'oserais faire une telle insinuation mais.. mais vos exploits vous précèdent dans certains milieux.
Bien évidemment, il parlait de Charlie la fêtarde. Elle soupirait lentement et vint allumer une cigarette pour canaliser son envie de crier sur tous les toits que les femmes aussi avaient le droit de vivre une vie débridée sans avoir a subir le jugement des autres. Mais pour le moment, elle se contint et réfléchit un instant :
- Je trouverais un moyen d'approcher le juge pour qu'il puisse avancer la date. Maintenant, parlons de l'affaire en tant que telle et de la défense de mon père.
L'entretien dura jusque tard dans la soirée. Ils mangèrent tous les trois dans la bibliothèque et montèrent une défense solide qui ne pouvait qu'apporter une libération ou un sursit au Duc. Après avoir raccompagné l'avocat à la porte, Charlie remonta à l'étage pour voir comment allait sa mère. Elle dormait paisiblement enroulée dans du satin. L'histoire qu'elle avait prononcé dans le train concernant sa naissance lui revint et lui apporta, peut-être une explication quant à sa peur de la perdre. Mais elle aurait ses réponses plus tard. Pour le moment, elle avait besoin de prendre un bain et de se reposer. Elle avait laissé la fenêtre ouverte savourant la nuit fraiche mais si agréable. Elle pouvait voir la lune au loin.
Kisos avait décidé d'appeler sa soeur. Avant de partir, Charlie avait fait installé le premier téléphone à l'hôtel pour qu'ils puissent communiquer plus facilement. Elle se demandait bien ce qu'il pensait. Regrettait-il d'être venu avec elle ? Pourtant il avait bien participé à la réunion. Ou est-ce que ses enfants lui manquaient-ils ? Bien sûr qu'ils lui manquaient, elle se trouvait grotesque de penser ça.
Elle vint à se dévêtir et fit couler un bain. Ses cheveux avaient repoussés depuis le temps et ils tombaient en cascade dans son dos, ondulant à la perfection. Pendant que le bain coulait, elle revêtit une robe de chambre dans une soie légère et exquise qui suivait à la perfection ses courbes sensuelles. A peine nouée autour de sa taille, la ceinture se dénouait et laissait entrapercevoir un décolleté vertigineux. Elle finissait de ranger certains de ses bijoux et d'allumer quelques bougies quand Kisos arriva dans la chambre à sa plus grande surprise. Lui offrant un doux sourire elle lui demandait si les enfants allaient bien et s'il était prêt pour l'accompagner au bal dans deux jours. Mais ne le voyant pas répondre, elle s'inquiéta et craignait que quelque chose soit arrivé à Jamestown. S'approchant de lui, elle lui demanda sans se rendre compte de sa demi nudité :
- Kisos.. Tout.. Tout va bien ?
immarcescible, Posté le dimanche 09 avril 2023 16:48 Répondre
La vision de cette femme ressemblant à sa mère faisait peur à Charlie. Le regard hagard, la voix brisée et son corps entier encore tremblement fit naître une horreur chez la jeune femme. Agenouillée devant elle, la jeune duchesse prit les mains de sa mère dans les siennes comme pour essayer de la réveiller. Que lui avaient-ils fait ?
- Maman.. Maman.. C’est moi, murmurait-elle lentement, je suis rentrée.. Maman.. Seigneur..
Anya ne répondait plus. Où était sa mère ? Celle si forte, intrépide au regard frondeur mais sincère ? La brunette culpabilisait tellement. C’était de sa faute si Issa mère avait fait une dépression nerveuse.
Charlie n’était pas croyante mais elle avait besoin de croire qu’une force supérieur allait l’aider à affronter ce qui se passait. Posant avec douceur sa main sur la joue de sa mère, elle tenta de capter son attention mais c’était impossible. Anya Hedlund était complètement détruite à cause des mutilations de tous ces médecins et de cette dite médecine. Alors qu’elle cherchait le courage de se relever et d’aider sa mère, ce fut Kisos, son guerrier, son sauveur qui vint lui apporter son soutien. Rapidement, elle se leva et posa sa main sur la sienne pour l’empêcher de sortir son poignard.
- Reste avec elle s’il te plaît. Je m’en occupe.
Sans attendre qu’il réponde elle partait déjà d’un pas déterminé pour se diriger vers les infirmiers. Elle ordonna à ce qu’on l’emmène au bureau du directeur ce qu’ils firent. Une fois à l’intérieur, il fut plus simple qu’elle ne le croyait de négocier. Elle paya le prix fort la sortie de sa mère. Avoir de l’argent aidé dans ce monde de blanc et la corruption aussi. En revenant vers Kisos, elle lui fit signe qu’ils pouvaient partir. Il n’y avait aucune affaire à récupérer, aussi, ils purent emmener la duchesse directement à l’extérieur. Cette dernière se laissait conduire par Kisos quand Charlie restait à côté maîtrisant comme elle le pouvait ses émotions.
Une fois installée dans la chariotte à l’arrière, Charlie vint la couvrir d’une épaisse couverture et caresser ses cheveux qui avaient blanchis. Elle n’avait rien osé dire bien trop choquée par la vision de sa mère dans cet état pour oser formuler quoi que ce soit. Kisos avait commencé à avancer et elle était restée à l’arrière pour veiller sur sa mère. Pendant qu’elle continuait de caresser sa crinière, elle vint s’installer contre elle et la serrer dans ses bras comme elle le faisait enfant. Elle était sale et les os sur la peau. Les yeux clos mais emplis de larmes, Charlie se promit de la venger mais savait pertinemment qu’elle n’y arriverait pas seule.
Cela faisait une petite heure qu’ils roulaient et Anya venait de s’endormir. Charlie grimpa à l’avant, près de Kisos et essaya de prendre un bol d’air frais. Il allait beaucoup moins vite qu’à l’aller ce qui leur laissait du temps pour se parler et évoquer certains sujets.
- J’aime tes enfants Kisos, commençait-elle à dire en regardant devant elle pensive, mais tu sais à quel point la maternité est quelque chose de compliqué chez moi. En revenant je pensais.. je pensais te retrouver toi. Nous aurions pris le temps nécessaire pour nous et.. et on aurait fondé notre famille.
Elle baissait soudainement les yeux tant elle avait honte d’elle-même. Comment pouvait-elle le blâmer d’avoir recommencé sa vie alors qu’elle avait décidé de partir :
- Tu as recommencé ta vie et.. et je ne te blâme pas pour cela. C’est moi qui suis partie après tout mais… mais j’ai peur que maintenant que tu as ta famille, de ne pas y trouver ma place. Et je pense qu'une part de moi, très égoïste a mal parce que.. parce que tu as recommencé ta vie sans moi. Ça veut dire que tu es capable de vivre sans moi Kisos.. Et maintenant, ces adorable enfants sont là et je les adorent de tout mon coeur mais.. mais si ça ne fonctionne pas je sais que.. je sais que c’est moi qui devra partir et je.. et je ne veux pas te quitter Kisos. Je ne le veux plus.
Anya faisait un mouvement derrière qui fit se tourner Charlie. Elle dormait toujours et la jeune femme venait essuyer sa joue des quelques larmes qui avaient encore coulé avant de reprendre :
- De toute façon.. Je vais aller à NY chercher mon père et m’occuper de cette histoire de mariage avec Lorace. Je dois régler cette histoire et faire revenir celui qui pourra sauver ma mère. J’aimerai te demander de venir avec moi mais avec les enfants je comprendrais que ce soit compliqué.
De nouveau la Duchesse bougea et se mit à gémir de douleur dans son sommeil. Leur conversation était de nouveau interrompue car Charlie retournait auprès de sa mère pour la rassurer. C’était comme si elle avait eu un sursaut de conscience. Elle tentait de s’enfuir mais sa fille la retenait contre elle :
- Maman tu es en sécurité;. Regarde.. Tu es là.. Avec moi.. Maman je t’en prie..
- NON ! NON ! Je n’ai pas de fille ! Je suis seule ! Lâchez moi !
Il fallut qu’elle la maintienne fortement contre elle en la suppliant en larmes de se calmer pour qu’enfin sa mère retrouve son calme. Elle était repartie dans son délire et évoquer un horrible duc de Glasgow. Charlie ne comprenait rien à son discours. Et puis, de toute manière, ils arrivaient à Jamestown. Pocahontas attendait sur le pas de la porte anxieuse et en voyant le regard de son fils elle comprit que quelque chose c’était passé. Lorsqu’ils firent descendre la duchesse du chariot elle retint un hoquet de terreur avant de venir les aider :
- Ma très chère Anya.. Par tous les esprits.. Laisse moi m’occuper de la laver Charlie.. Reprends tes esprits.
Charlie était reconnaissante envers Pocahontas d’être toujours aussi douce et prévenante. Alors qu’elle regardait sa mère s’éloigner elle sentie le poids de la douleur et de la culpabilité l’envahir. En se retournant, elle pu se jeter contre Kisos et dissimuler les larmes qui s’échappaient de ses yeux :
- Je suis monstrueuse Kisos.. Regarde ce que je lui ai fais.. C’est de ma faute tout ça.. Je m’en veux tellement si tu savais.. Je dois réparer mes erreurs.. Je dois.. Je dois l’aider..
Sora avait été prévenue de l’absence de son frère et de son amie. Aussi, elle avait prévu de revenir les trouver pour aider si jamais il y avait besoin. Et c’était le cas. En voyant l’état de Charlie, elle vint près d’eux et lui proposa une tisane pour essayer de la calmer quand cette dernière ne rêvait que d’un verre d’alcool. Mais il était certain que le thé était meilleur. Ils s’installèrent tous les droits dans l’herbe à côté de la maison et Charlie bu son thé en reniflant encore un peu. Sora avait posé des questions à son frère concernant l’horrible asile et avait un frisson d’horreur en imaginant ce qu’on pouvait y faire :
- Comment les aider ?
- En allant à NY j’irais prévenir des journaux pour qu’ils puissent enquêter.
- Tu.. Tu vas à NY ? Mais.. Mais tu viens d’arriver !
- Je sais Sora mais je dois sortir mon père de prison. Lui seul pourra aider ma mère. Et je vais récupérer mes soeurs et mon frère. Tout le monde doit rentrer à la maison. Ça suffit d’être séparés des uns et des autres.
- Et tu y vas seule ?
Elle jetait un oeil à Kisos et espérait qu’il accepte son idée de l’accompagner à NY. Non seulement elle aurait besoin de lui mais elle espérait qu’ils trouveraient le temps de se parler et de construire un avenir ensemble.
immarcescible, Posté le jeudi 06 avril 2023 19:52 Répondre
Charlie déteste Mera. Elle n'aime pas sa longue chevelure rouquine, elle n'aime pas son sourire faux, son air prétentieux et sa manière de contempler Kisos comme s'il était un dieu qui lui revenait de droit. Charlie n'aimait pas Mera et c'était réciproque. Elle avait bien remarqué les piques, les allusions qui avait fait rire toute la table quand la Duchesse était restée fermée. Oui, elle avait détestée Mera encore plus et détesté que Kisos favorise leur soirée pour la passer avec elle. Mais comme elle était poli et qu'elle avait été bien élevée, elle ne montra que faiblement son mécontentement. Elle resta courtoise tout le long du repas mais sans s'épancher. Mera voulait Kisos et elle la sentait déterminée.
Après avoir raccompagné Mera jusqu'à chez elle, ils prirent le chemin en direction de chez Pocahontas. Charlie avait les bras croisés et regardait le sol quand Nemo avait surgit sur le chemin. Il avait senti que ses maîtres arrivaient et venait de terminer son repas chez Pocahontas.
- Comment ça enfermée, demandait la brune en relevant son visage vivement, qu'est ce qui.. Pourquoi elle a été enfermée ?
Elle devait bien reconnaître qu'elle n'avait rien envoyé à sa mère depuis un an et qu'elle avait limité ses contacts ou les prises de nouvelles. Mais même si elle l'avait ignorée, il n'en restait pas moins qu'elle était sa mère et qu'elle s'inquiétait pour elle. Kisos lui expliqua donc qu'elle avait fait une dépression peu après son départ et qu'elle avait fait une tentative de suicide. Charlie du s'appuyer sur Nemo de peur de tomber. Imaginer que sa mère puisse en arriver à de tels extrêmes lui broyait le coeur et la culpabilité ne faisait que l'envelopper. Les yeux embués, elle prit une ample inspiration pour se contenir sans pour autant savoir ce qu'elle allait bien pouvoir faire pour l'aider. Elle demanda simplement où elle était enfermée, visiblement c'était tout près de Jamestown ce qui lui assurait l'opportunité de se rendre dès demain à l'hôpital.
- Je dois la sortir de là. Je sais que j'ai dis que je ne voulais plus lui parler mais je ne peux pas imaginer qu'elle puisse en arriver à un tel extrême, pas à cause de moi.
Ils arrivaient près de chez Pocahontas et les enfants leurs faisaient signe. Charlie sentait une nouvelle fois cette boule d'angoisse dans le creux de son estomac. La soirée et la rencontre avec cette Mera, sa mère, les enfants, ça faisait beaucoup en peu de temps :
- Tu.. Tu devrais rentrer avec les enfants. Mes affaires sont encore à l'hôtel et je partirais tôt demain matin pour rejoindre ma mère.
Elle s'était arrêté à mi-chemin et lui faisait face. Les bras croisés à cause de la légère brise, elle mordait sa lèvre pour s'empêcher de lui demander de rester avec elle et de laisser les enfants à Pocahontas ce soir. Ses yeux lui hurlaient de rester avec elle. Elle avait besoin de le retrouver, besoin de s'assurer que quelque part entre eux il subsistait encore cet amour profond. Mais Charlie ne dit rien, de peur de gêner dans le quotidien du colosse ou pire, qu'il refuse. Maya appelait son père, heureuse de le voir en compagnie de Charlie et venait se blottir contre cette dernière en lui demandant comment elle allait :
- Je vais bien petite luciole ne t'en fais pas. Et toi ? Ta journée fut agréable ?
Avec douceur et spontanéité, Charlie caressa les cheveux de la jeune fille comme s'il s'agissait réellement de sa fille. Elle l'écouta attentivement évoquer ses cours et les devoirs qu'elle avait fait avant d'avouer avoir envoyé son père la chercher dans les bois. Cela amusa la Duchesse qui vint la gronder gentiment avant d'embrasser son front et la suivre jusqu'à chez Pocahontas. Cette dernière berçait Bee qui dormait profondément quand Nicola lisait sur le divan. Il s'était passionné dernièrement des livres sur l'aviation.
- Pocahontas, demandait la duchesse, est-ce qu'il te serais possible de m'accompagner demain chercher ma mère ?
- Oh.. Kisos t'as mise au courant ? Mais en quoi pourrais-je t'aider ?
- Je sais que vous êtes amies depuis des années. Tu sauras l'apaiser quand je suis incapable de générer ce type de sentiment chez elle. Mais je comprendrais que tu ne veuilles pas.
- Bien sûr que non je serais là ne t'en fais pas.
- Très bien, nous partons à l'aurore dans ce cas. Je viendrais te chercher.
Maya demanda si elle allait dormir à la maison mais Charlie secoua négativement la tête en lui expliquant que demain un long voyage l'attendait :
- Toutes mes affaires sont encore à l'hôtel et je suis certaine que votre papa veut aussi passer un peu de temps avec vous.
- Duda te donnera une de ses chemises pour dormir.
Charlie souriait doucement amusée par l'audace de l'enfant et lui répondit :
- Je te propos autre chose.. demain soir, quand je serais rentrée, nous irons tous faire un pique-nique dans les bois. Comme ça on pourrait aussi dormir à la belle étoile, qu'en dis-tu ?
Cette solution semblait convenir à la jeune fille qui retourna dans le salon préparer ses affaires laissant de nouveau Charlie seule avec Kisos. Timidement, ses doigts effleurèrent les siens quand elle murmurait :
- J'espère que nous trouverons, prochainement, juste un moment pour nous deux. J'ai.. J'aimerai..
Mais sa phrase se perdit dans le néant car Bee se remit à pleurer tout près d'eux ce qui empêcha toute conversation prochaine. Pocahontas se rapprochait de l'enfant pour regarder ce qu'il lui arrivait quand Charlie offrit un pauvre et doux sourire à Kisos. Sur la pointe des pieds, elle posa sa main sur sa joue et déposa un tendre baiser sur le coin de ses lèvres :
- Une bonne nuit mo grhian, murmurait-elle avant de quitter la maison suivie de près par Nemo, à plus tard.
Rentrer à l'hôtel ne lui prit pas beaucoup de temps. En même temps, elle marchait vite. Nemo la suivait tel son éternel protecteur ce qui impressionnait tous les passants. Cette petite dame accompagnée de ce loup immense. Mais Charlie s'en moquait. Une fois arrivée dans sa chambre, elle fit une rapide toilette avant de mettre sa nuisette pour dormir. Mais elle ne trouvait pas le sommeil, pas après cette journée. Incapable de dormir, incapable de lire, incapable de dessiner, elle observait donc le plafond en se posant mille et une question en espérant que le sommeil viendrait à un moment ou un autre la terrasser.
immarcescible, Posté le lundi 03 avril 2023 18:07 Répondre
Après le tour de la maison, Charlie se retrouvait de nouveau dans les bras de Kisos. Elle était si émue par tout ce qu’il avait fait. La maison était vraiment le lieu qu’ils avaient toujours cherché à se construire. Un refuge où ils n’auraient pas à se cacher de qui que ce soit. Un lieu qui leur corresponde. Un lieu où vivre ensemble. Il semblait tellement plus apaisé, plus serein. Le souvenir du Kisos adolescent perdu, empressé, en colère était si lointaine qu’elle avait l’impression de se trouver devant un nouvel homme. Il avait un but, il avait créé sa famille. Mais avait-elle encore une place dans ce qu’il avait réussit à créer ? Car Charlie avait des difficultés, encore, avec les enfants. Elle aimait ceux de l’orphelinat mais de là à avoir une responsabilité c’était une autre histoire. Mais pourquoi parler de cela maintenant quand Kisos lui disait exactement les mots qu’elle avait tant rêvé entendre.
Sa main posée sur sa joue la fit fermer les yeux un instant. Elle vint délicatement embrasser sa paume avant de la reposer et murmurer :
- Mo Ghrian.. Si tu savais à quel point j’avais peur que tu ne me dises pas cela..
Charlie était émue. Après toutes ces années d’errance, de doutes, de douleur, de colère et de solitude voilà qu’elle retrouvait enfin celui qui avait toujours été son unique ami, son unique amour. Rapidement elle vint enfouir son visage contre le buste du colosse et s’agripper à sa chemise pour qu’il ressente bien son besoin d’être accrochée à lui. Cette journée avait été longue, autant pour Charlie que pour Kisos, aussi, ils s’installèrent l’un contre l’autre dans le salon face à la cheminée, étroitement entrelacés. La jeune femme regardait ses doigts s’entrelacer à ceux du colosse avant d’en embrasser ses jointures. Là, elle lui raconta cette fameuse vision de Rosie qu’elle avait eu en Inde :
- Jamais encore je ne l’avais vu. Ni en rêve, ni en délirant, ni quand je buvais ou en prenant de la drogue. Je pensais vraiment qu’elle m’en voulait, qu’elle ne m’aimait pas et que j’étais punie parce que je ne voulais pas d’enfant. Tu sais, si je buvais autant et que je faisais n’importe quoi c’était parce que j’espérais qu’elle m’apparaisse comme elle l’avait fait pour toi. J’étais.. Je vivais dangereusement en espérant qu’elle vienne à moi et me dise quelque chose, expliquait-elle avec émotion et des larmes dans la voix, je faisais n’importe quoi pour essayer de la faire venir à moi mais j’avais tort. Tellement tort. Si je suis parti ce n’était pas pour te fuir mais pour la trouver. Et là, enfin, elle est venue à moi Kisos.. Elle.. Elle m’a dit ce que je voulais entendre mais ce que j’avais peur de faire.. Elle m’a dit de rentrer à la maison, de rentrer auprès de toi. Là où est ma vraie place. Je pense que la culpabilité m’empêchait de me rendre compte de ce dont j’avais peur. Te retrouver et nous laisser le droit à être heureux. J’avais peur qu’en allant bien elle puisse croire que nous étions entrain de l’oublier. Mais.. Mais non, elle est là. Elle est avec nous tout le temps. N’est-ce pas ?
Se yeux se relevaient vers Kisos, espérant qu’il lui confirmerait ce qu’elle espérait tant. Lui qui avait toujours eu ce don de voir l’immatériel. Charlie restée blottie contre lui, son visage ancré dans son cou où elle pouvait sentir son parfum si puissant et où elle s’était toujours sentie la plus sereine. Bercée par les battements de coeur de Kisos, elle s’endormie sans s’en rendre compte et n’ouvrit les yeux au petit matin devant une Maya et un Nicola (toujours en retrait), qui leur apportait sur un plateau le petit déjeuner :
- DEBOUT PAPA OURS ! DEBOUT PRINCESSE !
Charlie se redressa surprise ne s’attendant pas à un tel réveil. Bee était dans le petit parc où sa soeur avait du la poser quand Kisos et Charlie se réveillaient lentement. Heureusement qu’ils étaient restés sage la nuit dernière. La prévenance des enfants fit doucement sourire la jeune duchesse qui les remercia avant de picorer quelques bouts de pommes. Maya parlait déjà beaucoup et avait des milliers de questions et de sujets de conversations. Pour elle, c’était fixé, les deux anciens époux étaient de nouveau ensemble et elle faisait déjà des plans sur la comète. Mais Charlie n’était pas encore bien réveillée et elle prit soudainement peur par cette agression matinale qui n’en n’était pas une, elle en avait conscience.
- Je.. Je dois y aller, dit-elle en se relevant rapidement et récupérant sa veste, j’ai.. j’ai toutes mes affaires à l’hôtel et j’ai.. et je dois me préparer.. on se voit à l’école les enfants.. Kisos.. je.. on se voit plus tard d’accord ?
Aussitôt, comme un coup de vent, Charlie s’échappa de la maison qui était pourtant un havre de paix mais la passion des enfants, leur énergie matinale et tout ce que cela impliquait effrayait quelque peu la jeune duchesse. Aussi, elle préféra fuir et se réfugier à l’hôtel pour boire son thé, se doucher et enfin se préparer tout en se posant une simple question : est-ce qu’elle était prête à cette vie de famille ?
Il est vrai qu’elle était rentrée pour Kisos mais elle ne s’était pas imaginée mère de famille de trois enfants. C’était beaucoup d’un coup et elle craignait de ne pas être à la hauteur et de ne pas être à l’aise dans cette position. Comme toujours quand elle ne maîtrisait pas, Charlie doutait et angoissait. Après s’être préparée, elle se rendit à la banque pour débloquer ses comptes, s’occupa de recevoir son courrier et se rendit ensuite chez Pocahontas pour lui emmener toutes les herbes médicinales qu’elle avait ramené de son voyage. L’amérindienne l’accueillie chaleureusement et la remercia de ce présent jusqu’à ce qu’elle lui pose la question qui fâche. En lui servant le thé, elle lui demanda :
- Pourquoi n’es-tu pas avec Kisos ?
- Et bien.. Nous.. Nous avons passé la nuit discuter. Et.. Et ce matin ses enfants nous ont réveillé.
- Oh. Et vous étiez dans une position indécente ?
- Non, non, non, non ! Nous avons vraiment discuté. Et nous nous sommes endormis dans le canapé.
- Alors quel est le soucis ?
- Et bien.. Je me doutais qu’en revenant je trouverais sans doute Kisos partit, marié mais pas.. pas papa. C’est.. - -- C’est une situation tellement tendu entre nous la parentalité que je ne sais pas vraiment comment faire et quoi faire.
Pocahontas comprenait que cela puisse perturber Charlie, mais elle imaginait assez bien comment Kisos devait aussi se sentir. Bien entendu, la jeune duchesse expliqua qu’elle n’avait rien contre les enfants, elle les adoraient même. C’était surtout ses insécurité à elle qui revenait : celles de ne pas être une bonne mère, de négliger les enfants, de trouver sa place dans une famille.
Ils ont trouvé leur rythme tous les trois et ils semblent si heureux. Et si je n’arrive pas à m’inclure dans ce système qu’ils ont créé ?
Si tu ne le fais pas tu ne sauras pas. C’est à force de compromis, de conversations et de compréhension qu’on avance dans une famille. Ce n’est jamais tout rose et tout beau tu sais. Regarde à quel point nous sommes complètement fou chez les Walker, et pourtant, on s’aime. Comme chez toi. D’ailleurs, as-tu des nouvelles de ta mère ?
Charlie n’avait toujours pas reparlé à sa mère depuis son départ. Elle avait reçu ses lettres mais sans les recevoir. La jeune femme ne correspondait qu’avec son père qui n’évoquait jamais la dispute entre la mère et la fille. C’est en arrivant en Egypte, dans une lettre de son père qu’elle appris qu’Anya était retournée à NY. Apparemment, elle avait retrouvé un frère caché du nom d’Alek. C’était encore un secret dans la vie de sa mère qui devait sans aucun doute la perturber. Mais la jeune femme était beaucoup trop en colère encore pour pouvoir lui pardonner, aussi, elle esquiva la question de Pocahontas en se rendant compte qu’elle était en retard pour l’école.
Les enfants étaient heureux en la voyant arriver pour donner cours quand Sora s’amusait à poser tout un tas de questions pleine de sous-entendu. Très vite, la duchesse la réprimanda d’un regard amical ce qui fit rire de plus belle son amie. Charlie s’occupait des enfants plus petits aussi, elle n’avait pas Nicola et Maya dans sa classe ce qui évita les questions gênantes. L’école et l’orphelinat était de très bonne manufacture où tout le monde avait l’espace et l’intimité nécessaire à un bon épanouissement. Charlie voyait quand même certaines choses qu’elle ferait modifier, mais ça, c’était son oeil de duchesse qui parlait. Du personnel avait été engagé pour le ménage, la cuisine et la bonne tenue du lieu quand ils avaient visiblement trouvé une directrice pour l’école, une certaine Mera, rousse, grande et d’une beauté intense. Tous les élèves étaient séduit par la jeune femme même si elle semblait être crainte de par son autorité.
- Vous êtes, demandait-elle en voyant Charlie dans la classe, on ne fait pas entrer les inconnus dans l’établissement madame.
- C’est la princesse Charlie, hurlaient les enfants indignés, c’est la princesse des histoires de Kikiiiiii !
- Oh.. Ainsi donc vous êtes rentrées.
- Oui.. En effet. Nous nous connaissons ?
Bien évidemment, Charlie n’aimait pas du tout cette jeune femme et ce ton condescendant qu’elle avait. Mais devant les enfants, elle devait faire preuve de diplomatie.
- Kisos m’a beaucoup parlé de vous, répliquait la jeune femme, ainsi que les enfants. Il semblerait qu’ils vous apprécient tous. Merci d’ailleurs de votre contribution à ce lieu. Vous restez combien de temps ?
- Et bien à vrai dire je compte rester ici pour longtemps. Je suis d’ailleurs venue pour récupérer le poste d’institutrice.
- Il faudra passer un entretien pour ça. Nous devons nous assurer que vous avez les compétences pour un tel poste, nous n’employons pas n’importe qui ici. C’est une maison respectable. Je dois en parler avec Kisos auparavant. Comme tous les lundi nous nous allons dîner ensemble donc je lui en parlerais à ce moment là.
Charlie bouillonnait et Sora arrivait au même moment, sans doute prévenue par les enfants qui s’étaient lentement éclipsés.
- Mera ! Laisse moi te présenter Charlie.. Tu sais.. Notre Charlie.
- J’avais bien compris Sora. Mais comme tu le sais aussi bien que moi, Kisos et moi souhaitons le meilleur pour nos enfants donc je ne peux pas me permettre de laisser entrer n’importe qui ici.
- N’impor.. pardon ?
La barrière de patience de la Duchesse était sur le point de céder quand Maya qui avait tout entendu se jeta dans les bras de la jeune femme, comme pour s’assurer que rien de grave arrive :
- Princesse, Princesse.. Viens voir mes dessins s’il te plaît.
- Mh.. Je suis désolée ma chérie mais je vais devoir partir. Je passerais voir tes dessins un peu plus tard d’accord ?
- Tu.. Tu dois partir ? Où ?
- Nul part je te rassure, je vais juste m’occuper de déballer toutes mes affaires, d’accord ?
Mais Maya était à moitié convaincu. Après la fuite de ce matin et l’altercation musclée avec Mera, elle craignait que la duchesse puisse disparaître de nouveau. Charlie embrassa son front et quitta l’établissement sos le regard fermé de la nouvelle directrice qui avait, sans nul doute, un béguin pour le médecin du village. En entrant à l’hôtel, Charlie emprunta un cheval. Elle avait besoin de prendre l’air et de se défouler. Partie au galop, elle se rendit dans les bois pour essayer de réfléchir à ces dernières heures et tout ce que cela impliquait. Est-ce que Kisos avait entamé une relation avec cette femme ? Qu’est-ce qui les liaient ? Il semblait si disponible hier soir ? Mais avait-elle quelque chose à dire alors qu’elle avait fuit ce matin et il y a un an ? S’arrêtant près du lac où ils allaient se baigner adolescent, elle descendit du cheval. Elle baigna ses pieds, dessina, pris un peu de temps loin de tout et tout le monde jusqu’à ce qu’un bruit de feuillage derrière elle la surprit. Se redressant, elle entendit le grognement d’un loup.
- Oh non, non, non, non, murmurait-elle sous la panique.
La bête sortie et elle pu voir qu’il s’agissait d’un immense loup blanc. Figée sur place, elle se rappela les indications de Kisos en de telles rencontres et coupa son souffle. L’animal était immense et inquiétant et alors qu’elle pensait perdre la vie, qu’elle ne fut pas sa surprise en le voyant venir à elle et la renifler. Son oeil était particulier. Son poil blanc brillait.
- Nemo.. Nemo !
Charlie riait, surprise et heureuse de voir son acolyte lui revenir. Pendant toute son absence, il avait disparu. Avait-il eu vent du retour de sa maîtresse. Blottie contre son poil long et doux elle le couvrait de baisers. Quelle vision du avoir Kisos en arrivant à cheval et où il vit son ex-femme couvrir de caresses et de baisers le chien loup immense. En effet, Maya avait séché l’école pour aller prévenir son père de l’altercation entre Mera et Charlie. Elle l’avait supplié en pleurant de retrouver cette dernière :
- Tu dois la retrouver Duda.. Elle ne peut pas partir.. Pas encore..
Son chien-loup dans les bras, Charlie en eut les larmes aux yeux. Sora lui avait raconté la veille qu’à son départ, Nemo avait disparu. Aussi, le voir ressurgir des bois rassurait la jeune femme qui se sentait plus sereine à l’idée de rester. Peut-être qu’elle avait sa place ici finalement. De surcroit, qui vit-elle en levant les yeux ? Kisos, magnifique à cheval. Elle prit une ample inspiration, comprenant bien que la nouvelle de sa rencontre avec Mera lui était déjà revenue aux oreilles. Bon sang, elle avait oublié la promiscuité de cette ville. Arrivé à sa hauteur, elle n’osa pas lever les yeux, se sentant ridicule. Elle enfouissait son nez dans le pelage de Nemo qui se laissait dorloter avant de demander :
- Est-ce que cette Mera et toi vous sortez ensemble ? Vous avez eu une histoire ? Tu.. Excuse-moi, je n'ai pas à demander ça comme ça. Après tout c'est ta vie donc.. donc tu n'as pas à te justifier. Mais je.. je ne veux pas détruire quelque chose si tu veux recommence ta vie. Tu.. Tu as le droit d'être heureux et je n'ai pas à m'imposer donc tu as le droit, vraiment, de me dire si je suis de trop. Je le comprendrais.
immarcescible, Posté le vendredi 31 mars 2023 17:19 Répondre
Les mots de Kisos résonnent dans le coeur palpitant et inquiet de Charlie. Il est heureux.. Kisos est heureux de la voir. La jeune femme a du mal à contenir sa joie tant elle est heureuse d'avoir l'amour de sa vie devant ses yeux. Elle est heureuse de le voir plus apaisé aussi. Maya dans les bras, elle offre au colosse ce sourire que lui seul a toujours su faire naître sur ses traits avant d'être prise de nouveau par une multitude de questions de la petite fille :
- Dès que nous aurons déjeuner tu pourras être ma guide. J'ai hâte de voir la merveilleuse maison que ton papa a construit.
Maya poussait un cri de joie avant de rejoindre le reste de la famille. Bee était toujours dans les bras de Kisos et se dissimulait le visage contre lui. Cela fit fondre Charlie qui vint tendrement caresser la joue de la petite fille tout en s'extasiant sur la beauté de ce joli poupon. La maison et la clairière reflétait une douceur de vie qui éblouissait la globetrotteuse. Elle contemplait le jardin qui s'épanouissait sous les doux rayons du soleil de printemps ou encore la maison si impressionnante. Taquine, elle répliqua à un Kisos toujours silencieux :
- Ta maison manque de couleur. Il faudra que je vienne pour arranger tout ça.
Même si elle aurait voulu s'accaparer le trésor devant ses yeux, elle devait répondre aussi aux multiples questions de Maya ou encore des enfants de Sora et de Thomas. Pocahontas avait déjà investit la cuisine avec sa fille quand Thomas jouait avec ses fils sur le perron. En entrant à l'intérieur, Charlie pu voir la finesse du travail de Kisos. Elle n'avait jamais douté de ses talents et encore moins de tout ce que pouvait concevoir cet homme mais à chaque fois elle était éblouie. Tout était si confortable, accueillant qu'on avait envie de s'installer et de ne plus bouger de la maison. Maya revenait dans le salon avec ses bras chargés de tous les dessins qu'elle avait fait. Sa technique s'améliorait et Charlie la félicitait. Elles parlaient toutes les deux d'art quand la brune vit dans le coin de la cuisine un petit garçon qui se dissimulait, sans doute effrayé par tout ce remue-ménage.
En constatant que Charlie l'observait, il vint rapidement changer de cachette et se réfugia dans les jambes de Kisos. Sora avait parlé de trois enfants, voici donc le dernier. Avec douceur et prudence, Charlie s'approcha de lui et lui tendit sa main :
- Bonjour Nicola.. Je suis Charlotte. Mais tu peux m'appeler Charlie si tu le souhaites.
Le jeune garçon encore timide n'osa pas l'approcher et préféra retourner dans son perchoir secret, la cabane dans les arbres. Charlie ne s'en offusquait pas, elle craignait juste de l'avoir effrayé mais Maya lui expliqua qu'il était encore un peu craintif. La jeune fille de onze ans maintenant, faisait office d'une parfaite grande soeur. Mais alors que la Duchesse se tournait, elle tomba nez à nez avec Kisos. Riant doucement et replaçant une mèche de cheveux échappée de son chignon, elle dit :
- Je suis arrivée ce matin.. J'avais.. J'avais hâte d'arriver.
- Oh oui ! Deux mois sans nouvelles, tu nous a fait une belle frayeur, s'insurgeait Sora en passant près d'eux les mains remplies de plats pour le déjeuner, j'ai bien cru que j'allais devoir intervenir et envoyer une cavalerie à ta recherche.
- Je n'avais pas l'opportunité de vous prévenir. Je.. Je devais rentrer. Je devais rentrer vite à la maison.
C'est timidement qu'elle dit cela tout en regardant Kisos. Elle espérait secrètement qu'aucune femme ne fasse partit de sa vie, même si elle l'aurait compris. Après tout, elle trouvait surprenant qu'il vive seul avec trois enfants. Peut-être n'avait-il pas osé parler d'une nouvelle femme à sa famille ou que Sora avait intentionnellement voulu taire cette information. Mais alors que Kisos allait s'exprimer, ils furent une fois encore coupé par un Thomas qui rugissait d'avoir faim. Alors, tout le monde se mit à table. Pendant le repas, Charlie eut le droit à des milliers de questions de tout le monde. Elle répondit à chaque fois et raconta ses périples : comment elle était tombé dans le Nil avant d'être quasiment dévorée par des crocodiles, comment un sultan avait voulu faire d'elle son épouse et qu'elle avait du fuir, comment elle avait marché sur un fil en équilibre entre deux montagnes ou encore comment elle était montée sur un éléphant. Les enfants étaient fascinés par tous ces récits quand Sora observait du coin de l'oeil son frère et son amie.
Tout le monde ne pouvait s'empêcher de voir que les deux anciens époux assis en bout de table l'un et l'autre se dévoraient du regard.
Après un repas qui dura en longueur, vint le temps de la sieste. Charlie voulait hurler à tout le monde de partir. Elle voulait retrouver Kisos, discuter avec lui et rester auprès de lui. Lui dire tout ce qu'elle ressentait, tout ce qui l'avait poussé à partir et donné envie de revenir. Mais alors qu'ils jouaient aux dominos avec Sora et Thomas, Pocahontas ouvrit la porte d'entrée. Il s'agissait d'une jeune femme qui devait avoir à peine dix sept ans et qui demandait à voir Kisos. Visiblement, il y avait eu un accident au village et on demandait d'urgence ses soins. Très rapidement donc, la mère et le fils partirent avec leurs instruments pour aider ceux qui étaient dans le besoin laissant ainsi Charlie seule avec Sora et Thomas. Le reste de la journée se profila tranquillement et où Charlie s'occupa de Maya, Bee et Nicola. En effet, Sora et Thomas partirent peu de temps après car ils avaient des obligations avec la réserve mais Charlie avait promis de rester avec les enfants.
Il se faisait tard mais Kisos ne rentrait toujours pas. Alors, Charlie s'occupa des enfants, leur fit prendre une douche, réchauffa le repas du soir et alla les coucher. Nicola ne lui parlait toujours pas et semblait toujours craintif mais elle ne voulait pas le brusquer. Après leur avoir raconté une histoire, elle les borda et embrassa leur front tendrement.
- Tu resteras toujours avec nous maintenant, demandait Maya en baillant, tu pourrais être notre maman ?
- Ce serait un véritable honneur ma chérie. On en rediscutera plus tard, fais de beaux rêves.
En fermant la porte, elle sentie son coeur soulagé. Même si elle se sentait encore un peu perdue, il n'en restait pas moins qu'elle se sentait comme chez elle dans cette maison. Tout semblait être fait pour qu'on ne veuille pas en partir. Il faisait soudainement frais dehors, alors elle alluma le feu de la cheminée pour se réchauffer. Assise dans le canapé, enveloppée d'une veste de Kisos dont elle avait humé le parfum avec plaisir, elle l'attendait en lisant. Lorsqu'il entra dans la maison, il sembla surpris de la voir encore ici et porter sa veste :
- Eh, dit-elle avec douceur, il reste un peu de tarte si tu veux. Je peux te réchauffer du thé aussi..
Sans attendre son accord, elle s'appropria la cuisine en s'y rendant et préparant un encas pour le colosse. Encore une fois, c'était comme si elle avait toujours vécu ici. Une fois l'eau mise à bouillir et la tarte prête, elle l'apporta au colosse :
- Les enfants dorment.. Je ne savais pas quand tu allais rentrer donc.. donc j'ai préféré les coucher. Il se faisait un peu tard.
Elle mordait l'intérieur de sa joue et cherchait le courage de lui dire ce qu'elle avait sur le coeur lorsque soudain la bouilloire se mit à siffler. Rapidement elle vint retirer le capuchon et la sortir du feu avant de remplir une tasse et de l'apporter à Kisos :
- Sora m'a dit que vous n'aviez pas trouvé de directrice pour l'école. Avec ton autorisation je pourrais reprendre le poste. Je ne demanderais pas de salaire.. Juste un toit pour dormir car je compte rester ici. J'ai.. Je veux rentrer à la maison, avouait-elle d'une voix timide, j'ai adoré mon périple Kisos. J'ai adoré visiter tous ces lieux mais.. mais ce n'est pas suffisant. Il y a une chose que j'ai toujours désiré dans toute ma vie et c'est toi. C'est toi ma maison Kisos Walker. Ça a toujours été toi. Je.. Je sais que ça paraît soudain et sans doute tu as refait ta vie et donc.. et donc je ne t'en voudrais pas au contraire c'est.. tant mieux.. Mais.. Mais si au fond de toi il te reste encore un peu d'affection à mon égard et bien.. et bien sache que je ne veux que toi.. Je n'ai toujours voulu que toi et.. et ce sera comme ça toute ma vie. Je.. Je ne peux pas lutter, je ne veux plus lutter. C'est toi et personne d'autre. Tu vois, j'ai eu beau mettre des milliers de kilomètre entre nous je n'y arrive pas. Je.. J'ai conscience que je t'en demande beaucoup et que.. et que tu dois croire que je reviens juste parce que mon voyage est terminé mais je t'assure que non. Je reviens parce que je ne veux plus vivre une seule seconde de ma vie sans être près de toi.
Sans s'en rendre compte, Charlie s'était mise à pleurer sous l'émotion. Dévoiler son coeur et son âme de la sorte à Kisos était si important pour elle que, comme à son habitude quand il s'agissait de s'ouvrir à lui, il n'y avait plus aucun filtre :
- Je t'aime tellement mo grhian.. Je n'ai jamais cessé de t'aimer et jamais je ne cesserais de t'aimer.
immarcescible, Posté le mercredi 29 mars 2023 19:19 Répondre
Toutes les nuits elle se réveille en sursaut. Elle entend encore la voix brisée de Kisos, elle entend sa douleur, la ressent. C'est viscéral. Elle en a même la nausée. Ou peut-être est-ce le tanguement du bateau, rien de certain. Toujours est-il qu'elle ne cesse de se repasser chaque nuits cette horrible scène où il la repoussa justement. Elle se sentait si mal, si égoïste de l'avoir entrainé dans cette chambre et de l'avoir presque supplié de lui faire l'amour. Elle se sentait vieille, hideuse et sale d'avoir osé lui demandé une telle chose. Mais alors qu'elle sortait sur le pont pour fumer, elle fut surprise de voir que le jour se levait.
L'Inde était un pays fascinant où elle avait appris tout un tas de techniques sur la peinture révolutionnaire. Le dépaysement, les gens, la culture, tout y était nouveau et fantastique. Cela faisait maintenant six mois que Charlie avait quitté Jamestown et où elle avait parcouru l'Europe. A chaque nouvelles villes, nouveau pays, elle envoyait des cartes pour rassurer la famille. Son père lui avait répondu et même sa mère. Si elle avait répondu avec joie à son paternel, pour sa mère c'était une autre histoire.
Charlie avait complètement abandonné l'idée d'avoir une relation saine avec Anya. C'était comme si sa sur protection avait fait exploser la jeune femme. Pourtant, elle ressentait encore plus de culpabilité malgré les milliers de kilomètres qui les séparaient. Elle, en tant que mère, qu'aurait-t-elle fait? Est-ce qu'elle aurait poussé jusqu'au bout le besoin de protection et de rassurance auprès de son enfant ? Au lieu de se sentir libérée, parfois, Charlie suffoquait à cause de cette culpabilité.
Elle écrivait le plus possible aux Walker. A chaque fois, quand elle n'envoyait pas des cartes postales, elle envoyait de longue lettres où elle racontait tout ce qu'elle voyait, tout ce qu'elle visitait et tout ce qu'elle apprenait. Elle avait rencontré de grands artistes, peint des toiles qui avaient voyagé et qu'elle avait vendu mais aussi participé à de grand moments d'histoire comme la rencontre improbable avec des artistes grandioses ; souvent aussi, elle prenait des photos qu'elle leur envoyait.
Charlie sur un chameau devant une pyramide, Charlie dans un avion qu'elle allait conduire, Charlie au Colisée à Rome, Charlie tenant entre ses bras un lion en Afrique, Charlie devant l'Himalaya, pour que chacun puisse suivre son voyage.
Aussi, Sora les lisait à chaque fois aux élèves à Pocahontas et toutes les personnes qui demandaient des nouvelles de la globetrotteuse. A chaque fin de lettre, elle avait toujours un mot, une note pour Kisos et précisait qu'elle pensait à lui et qu'elle espérait qu'il allait bien.
Ô que oui elle espérait de tout son coeur et de toute son âme il allait bien. Même si ça lui faisait mal de l'imaginer, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'il trouve quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui soit plus docile qu'elle et qui lui apporte ce qu'il cherchait. Il persistait à croire qu'il était le problème quand elle savait pertinemment qu'elle l'était.
Son arrivée en Inde avait été une grande claque dans le voyage de la jeune femme. Elle y découvrit des pratiques et des formes d'apaisement avec la méditation. Cela lui rappelait les méthodes et pratique amérindiennes de Pocahontas ce qui ne fit que l'émouvoir. Installée dans un ashram depuis plus d'un mois, elle exorcisait toute cette douleur, toute cette colère qu'elle gardait contenue depuis tant d'années. Charlie cherchait la paix, elle cherchait du sens dans cette existence en quittant Jamestown. Mais plus elle parcourait le monde et plus elle doutait. Plus elle réfléchissait et plus elle se rendait compte que ce qu'elle avait toujours cherché était en Kisos.
Mais comment rentrer maintenant qu'il l'avait repoussé ? Comment rentrer quand cela faisait presqu'un an qu'elle était partie. Et que ferait-elle dans sa vie ? Son gurou, vint la guider lors d'une séance de méditation qui l'avait chamboulée :
- Qui est-ce que tu fuis ?
- Je ne fuis personne, s'insurgeait-elle avec surprise, je cherche juste à donner du sens à ma vie.
- Le sens c'est quelque chose qui évolue. Mais maintenant.. Tu fuis bien quelqu'un n'est-ce pas ?
- Je crois oui..
La question resta en suspend pendant plusieurs jours dans l'esprit de Charlie. Est-ce qu'elle fuyait ? Qui fuyait-elle ? Sa mère pensait elle au départ mais cela n'avait pas de sens. Kisos ? Non, car elle ne cherchait qu'à retrouver ses bras. Alors pourquoi avait-elle eu besoin de s'enfuir de la sorte ? Qu'est-ce qui l'effrayait ? Elle eut la réponse quelques jours plus tard alors qu'elle était en train de jardiner sous le soleil puissant et caniculaire. En relevant la tête, elle vit une petite fille aux cheveux brun et bouclé. Ils étaient si long qu'ils arrivaient presque à ses pieds. Charlie ne la connaissait pas, ne l'avait jamais vue au ashram et pourtant, elle lui rappelait quelqu'un. Son visage était si familier qu'elle douta et plus la petite fille s'approchait et plus elle comprenait. C'était Rosie qu'elle avait sous les yeux. Jamais encore elle ne lui était apparue. Etait-ce une hallucination ? La fatigue ou la malnutrition ? S'effondrant à genoux, Charlie sentie une larme couler le long de sa joue. La petite fille au regard brillant vint poser sa main sur sa joue et essuya la larme :
- Tu devrais rentrer à la maison Ma.. Pourquoi tu n'es pas à la maison avec Duda ?
- Je sais oui.. Je sais que je dois rentrer mon ange.
- Duda t'attends, il a hâte que tu rentres chez nous tu sais.
- Ma petite fleur.. Ô mon ange..
Charlie pleurait et croyait vraiment ressentir sa fille dans ses bras. Elle sentait si bon les fleurs, la nature, la douceur. Pour la première fois de sa vie, elle comprenait enfin ce qu'elle était venue chercher au confins du monde. Charlotte était en recherche non pas de son enfant intérieur mais de sa propre fille. C'était Rosie qu'elle cherchait partout. Après cette fameuse journée où cette sorte d'hallucination la fit réagir, la jeune duchesse su qu'il était temps pour elle de rentrer. Elle n'avertit personne, si bien que pendant deux mois personne n'eut de nouvelles. Sora n'osait pas en parler à Kisos, déjà qu'ils n'avaient presque plus de contacts, évoquer la potentielle disparition de Charlie risquerait d'aggraver la situation.
Mais les enfants demandaient constamment des nouvelles, ils voulaient connaître les nouvelles aventures de la princesse. Charlie voulait leur faire une surprise. Elle avait déjà préparé mille et un scénario, mille et un discours à dire à Kisos. Elle voulait le retrouver, ne plus jamais déménager. Elle rentrait à la maison sans imaginer que, peut-être, à son retour, tout aurait changé.
immarcescible, Posté le dimanche 26 mars 2023 22:04 Répondre
La petite soirée improvisée en son honneur venait de tourner au fiasco. Charlie avait bien remarqué que la nouvelle de son départ avait contrarié Kisos. Bien entendu qu’il avait mal, elle le comprenait puisqu’elle-même avait mal à l’idée de devoir le quitter. Mais elle devait s’autoriser à faire ce voyage, elle devait se confronter à elle-même et découvrir le monde comme elle se l’était rêvé. Mais la douleur du colosse avait impacté de nouveau sa famille. Pocahontas l’avait même mis à la porte de colère. A peine avait-il disparu que la brune avait été voir la maman de ce dernier pour la consoler. Elle souffrait déjà d’avoir mis son fils à la porte mais la fatigue et la déraison de Kisos l’avait blessé.
Après être restée un moment avec Pocahontas et Sora et tenté de les avoir rassuré et consolé, la brune se rendit dans les bois pour essayer de retrouver le chef du village. Mais aucune trace de lui. C’est Ona qu’elle croisa à l’entrée du village qui lui annonça qu’il était au bar de l’hôtel. Dans un premier temps cela surpris Charlie qui jamais encore n’avait vu Kisos boire. Puis, dans un second temps l’inquiéta. Elle ne voulait pas qu’il puisse prendre les mauvais démons qu’elle même avait pris.
Son dos voûté au dessus du bar ne présageait rien de bon. Elle la connaissait cette posture et l’envie de venir l’enlacer la prit. Elle inspirait profondément et vint à lui. Il l’avait entendu. Ses mots lui firent mal mais elle ne pouvait pas le blâmer. Elle même aurait réagit de la sorte, voire même bien pire. Mordant sa lèvre, elle vint s’asseoir à ses côtés et doucement lui retira le verre qu’il avait sous les yeux.
- Je ne pars pas l’esprit tranquille et tu le sais bien.
Ne le voyant pas réagir, elle poussa un long soupir avant de repousser le verre devant elle qui l’aurait bien tenté pour oublier les pensées négatives qui l’assaillaient avant de murmurer :
- Tout comme je sais que tu es comme moi Kisos.. on ne se débrouille pas bien l’un sans l’autre.
Mais alors qu’elle tentait de communiquer elle le voyait près à fuir. Sans attendre un instant de plus, elle sauta sur ses deux pieds et le retint de toutes ses forces. Une fois devant lui, elle prit son visage entre ses mains pour plonger ses iris dans les siens :
- Je t’en prie, regarde moi, murmurait-elle dans un souffle meurtri à l’idée de le voir souffrir de la sorte, Kisos.. Je t’en prie.. Regarde-moi..
Lorsqu’enfin il ouvrit les yeux sur elle, Charlie ne pu retenir cette envie irrépressible qu’elle contenait depuis tant d’années. Il Il l’avait tellement bouleversé avec ses grands yeux d’un bleu intense qu’elle ne pouvait plus résister.
- Oh.. Mo Ghrian..
Sur la pointe des pieds et prise d’un élan spontané ses lèvres se jetèrent sur celles d’un Kisos. Enflammées, sauvages et vorace. Les lèvres de Charlie reprenaient possession de celles du colosse. Comme elle avait oublié la douceur si chaude et sensuelle de ses lippes qui l’avait enflammé tant de fois. Blottie dans ses bras, elle cherchait à se fondre contre lui, cherchait à retrouver sa chaleur, sa fougue, sa passion. Peut-être allait-il la repousser mais elle s’en fichait. Elle était encore droguée à Kisos Walker. Elle l’avait toujours été. Ses mains s’étaient même agrippées à sa crinière quand elle restait blottie à lui.
Lorsque son souffle fut trop court, elle relâcha à contre coeur ses lippes mais laissa son nez caresser le sien. Elle respirait fort, comme si son corps en entier s’était électrisé, comme s’il s’était réveillé d’un coma lointain. Inspirant profondément, elle ouvrait ses prunelles pour contempler celles de Kisos avant de murmurer dans un souffle :
- Viens..
Sans attendre son accord, elle tomba de ses bras pour l’entrainer jusqu’à la chambre du haut qu’elle avait loué pour la nuit. Sa main tenait fermement la sienne et elle le fit dévaler les marches sans lui demander son avis. Une fois arrivés en haut elle ferma la porte et se posta devant lui. Elle tremblait non pas de peur mais d’appréhension. Allait-il la repousser, se moquer, être dégoûté. Charlie avait l’impression que ça faisait une éternité qu’elle n’avait pas eu une telle proximité. La dernière fois que Kisos l’avait touché remontait à tant d’année qu’elle n’osait même pas y penser.
Dans l’obscurité de la pièce, elle vint lentement à lui et posa ses mains sur son buste. Il était légèrement dévoilé par la chemise qu’il portait. Elle déposa donc des baisers sur sa peau nue quand elle caressait fébrilement le reste de son torse. Ses yeux brillaient à la fois d’une excitation non retenue et d’une peur. Celle qu’il la repousse :
- J’ai toujours besoin de toi.. J’ai toujours eu besoin de toi et j’aurais toujours besoin de toi Kisos..
Lentement elle déboutonnait la chemise du bras jusqu’à faire glisser ses ongles, lentement, sur la peau si brulante du colosse. Son corps était impressionnant, elle en avait à la fois peur et le désirait ardemment. Posant encore quelques baisers par ci et là elle s’attendait à une réaction mais toujours rien. Attendait-il quelque chose en particulier ? Avec douceur elle prit la main du géant dans la sienne qu’elle vint poser contre son coeur et son sein. Là, il pouvait sentir que son coeur tambourinait à toute vitesse.
- Il n’y a que pour toi qu’il bat. C’est pour toi que je me suis toujours battu et que je me battrais. Je.. Je t’aime toujours Kisos. Je t’aime de toute mon âme, de tout mon coeur et de tout mon corps. Je n’ai jamais aimé que toi. Même dans les pire moments je t’ai quand même aimé. Même en te maudissant. Tout mon être t’est dévoué depuis toujours. Tu as dis l’autre jour que.. que tu voulais mériter mon amour mais tu l’as toujours eu, même quand tu l’as repoussé de toutes tes forces.
Toujours rien, que devait-elle penser ? Baissant les yeux, elle cru comprendre :
- Je ne suis plus la jeune femme vierge que tu as connu.. Mon coeur est marqué, blessé par.. par.. Je suis désolée s’il te rebute si.. si cela te fais peur.. Tu n’es pas obligé de poser tes mains sur moi.. je le comprendrais.. Et puis j'ai vieilli aussi.
immarcescible, Posté le vendredi 24 mars 2023 12:55 Répondre
Bien entendu qu'elle était blessée. Elle avait envie de hurler, de tout jeter mais elle se maîtrisait. Silencieuse, uniquement ses larmes glissaient sur ses joues. Elle avait fermé les yeux craignant qu'en voyant le visage de Kisos elle s'effondre. Donc non, elle ne devait pas. Elle avait promis de ne pas s'énerver, elle s'était promis de rester digne. Mais plus Kisos s'expliquait, plus il essayait de trouver du sens dans ce qui avait été décidé dans son dos et plus elle était irrité. Avec fermeté mais sans brutalité, elle s'extirpa de ses bras pour enrouler les siens autour d'elle, comme d'une protection. Elle essuyait ses larmes du revers de sa manche, soudainement épuisée. Elle entendait et revoyait sa mère la consoler pendant ces huit années. Anya savait pertinemment la vérité mais elle n'avait jamais rien dis à sa fille. Ô que oui elle lui en voulait. Mais pas uniquement à la Duchesse.
- Comment.. Comment as-tu pu te laisser avoir par ma mère ? Kisos.. Comment.. Comment veux-tu que j'arrive à te faire confiance alors que tu as toujours tout décidé pour nous et pour moi. Ma mère a toujours voulu tout régenter et tu l'as laissé se mettre entre nous. Tu.. Tu as fais la pire erreur de ta vie, tu en as conscience ?
Charlie calmement, essayant une fois encore de rester digne et de ne pas envenimer la conversation. Il ne fallait pas que cela tourne à la dispute, non, ils devaient parler sans se jeter des horreurs à la figure. Ils devaient être adultes. Inspirant profondément et lui tournant le dos à cause de son coeur brisé elle reprit :
- Je ne sais pas.. Je ne sais pas si je pourrais te refaire confiance un jour.. Et ma mère.. Seigneur.. Comment avez-vous pu ?
Beaucoup trop bouleversée pour continuer, elle préférait quitter la pièce et refusa net qu'il la raccompagne. Elle avait besoin d'être seule. Pour ça, elle se rendit chez les Walker et sans demander l'autorisation pris un cheval pour partir en forêt. Certes, il allait faire nuit mais elle ne pouvait pas se rendre dans la maison où se trouvait sa mère. Non, elle devait prendre l'air. Au galop elle partit dans les bois et remonta jusqu'à la plaine haute de Jamestown. C'était l'endroit où elle avait rencontré pour la première fois les Walker, dans le campement qu'ils avaient installé pour recevoir son père. C'est avec un sourire ému et attendri qu'elle repensait au jeune Kisos plein de fougue, renfrogné qui l'avait trouvé dans les bois. Elle repensait à Casse-Noisette son adorable compagnon qui avait été tué par les cousins de Kisos. Ca semblait si loin ce temps là.
Un bruit derrière elle attira son attention, c'était Nemo qui arrivait à la suite de sa maîtresse ce qui vint adoucir le coeur de la jeune femme. Descendant de sa jument, elle vint rejoindre le chien qui avait bien grandi et qu'elle prit dans ses bras. Il avait sentit sa détresse et venait s'assurer qu'elle aille bien. Elle resta une bonne partie de la nuit seule à contempler les lumières de la ville sous ses pieds. C'était invraisemblable d'être ici se disait-elle, alors ne devrait-elle pas pardonner ? Pour la première fois, elle avait l'impression d'avoir toutes les cartes en main et qu'elle pouvait décider de celui des autres et du sien et elle détestait cette position.
Au petit matin, elle redescendit avec Nemo qui la suivait comme son ombre. Elle se sentait en sécurité avec lui près d'elle mais il n'empêche qu'elle ne faisait que penser à Kisos. Elle n'avait qu'une envie, retrouver ses bras. En arrivant chez les Walker, ce fut sa mère qui l'accueillit, folle d'inquiétude. Charlie n'avait pas dormi et n'avait fait que ruminer. Voir sa mère se jeter ainsi sur elle la braqua définitivement et la fit exploser. La repoussant brutalement, elle lui lança un regard noir :
- Kisos m'a avoué ce que tu nous a fait. Jamais je ne te pardonnerais. Jamais ! Tu as profité qu'il soit jeune, perdu et en manque de confiance envers lui-même pour décider pour nous. Plus jamais tu m'entends, plus jamais je te laisserais m'approcher et décider quoi que ce soit de ma vie. J'espère que tu as honte maman d'avoir abusé de lui, d'avoir créer ce chaos en lui, en moi.
Sans attendre qu'elle lui offre une explication, Charlie prit la direction de la maison et ordonna à Joy son assistante de préparer ses malles. Pocahontas surgissait au même moment ne comprenant pas ce qui se passait quand Anya était encore à l'extérieur. Charlie lui expliqua donc brièvement ce qu'elle avait appris la veille ce qui ne surprit pas tant que cela la mère de Kisos. Comme cela n'étonnait pas la jeune duchesse. Elle ordonna donc que ses affaires soient amenés à la maison des orphelins où elle logerait désormais ne voulant plus rester dans la même demeure que sa mère. Après une matinée où ses affaires furent transférés, elle pu reprendre les cours avec les enfants. Même si elle souffrait encore physiquement et émotionnellement, elle avait besoin de s'occuper et les enfants étaient une parfaite distraction.
Au midi, elle ne fut pas tant surprise de voir Kisos arriver. Il n'osait pas entrer dans la salle à manger mais les enfants étaient si heureux de le voir qu'il n'eut pas d'autre choix que d'entrer. Sora qui était au courant de l'histoire grâce aux confidences de son amie, vint donc libérer sa place pour qu'il vienne s'asseoir face à Charlie. Elle ne dit rien, se contentant de regarder son assiette. Briser la glace ici était compliqué mais allait aussi pousser Charlie à devoir se mesurer :
- En revenant ici j'ai décidé que je faisais table rase du passé, dit-elle d'une voix neutre, alors je vais trouver une enseignante pour s'occuper des enfants et quand ce sera fait je vais partir. Je vais faire le tour du monde que j'avais envie de faire quand j'étais adolescente. Je dois, pour une fois dans ma vie, faire quelque chose pour moi Kisos. Je n'arrive même pas à te regarder dans les yeux.. J'ai l'impression que tout est mensonge. J'ai.. J'ai besoin de me recentrer et de me découvrir. Je.. Je dois m'éloigner d'elle. Je ne peux pas faire comme si de rien n'était et continuer à vivre comme ça. Maintenant je sais.. je sais ce qui c'est passé et je dois avancer. Mais je ne peux pas rester ici pour le moment, je dois voir autre chose.
C'est à ce moment là qu'elle releva ses iris bleu-vert vers Kisos et qu'elle vit cette souffrance qu'ils partageaient. Ils s'aimaient mais n'arrivaient pas à se retrouver. Comment pourrait-elle revenir à lui quand elle n'avait plus confiance en rien ni personne. Une part d'elle se voulait indépendante et ne voulait pas demander l'avis de Kisos. Mais au delà de tous ses sentiments, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir besoin de son avis :
- Je ne sais pas si tu comprends ce que je ressens ou si tu veux l'accepter mais.. mais j'ai besoin de savoir s'il y a une partie de toi qui me soutient.
Elle avait envie de lui demander de partir avec elle mais Charlie savait pertinemment qu'elle allait de nouveau créer un choix cornélien au colosse. Sa vie à lui était à Jamestown et il avait tout mis en place pour y rester, le cabinet, l'orphelinat, la ville. Elle savait qu'ils avaient tous besoin de lui et que cette ville lui tenait à c½ur. Elle se sentait égoïste de lui demander et c'est pour ça qu'elle s'abstint.
- J'ai besoin de savoir que malgré ce qu'a fait ma mère nous sommes encore unis.
immarcescible, Posté le lundi 20 mars 2023 14:42 Répondre
Je me souviens d'un seul jour
Où j'ai cru en ton amour
Et je t'ai offert ma vie
Je n'aurai pas de rancune
Pour les pâles rayons de lune
Qui éclairaient ton chemin
Je me souviens de ce port
Où tu m'as aimée si fort
Où tu reviendras demain
Je ne crierai pas vengeance
Même si mon coeur somnole
Alors j'attends, j'attends encore que le soleil revienne
Et je goûterai la chance
Qui te ramène à moi
Et nous rirons de ce jour
Où en reniant notre amour
Tu as pris ce grand bateau loin de moi
immarcescible, Posté le lundi 20 mars 2023 09:42 Répondre
Charlie est bien évidemment toute chamboulée de la déclaration de Kisos. Ce n’est pas la première fois qu’il lui dit de telles choses et cela la perturbe. Non pas qu’elle soit embarrassée mais tout simplement parce qu’elle ne s’attendait pas à ce qu’il lui avoue de tels sentiments. C’était incompréhensible pour elle. Pourquoi lui avouer tout ça maintenant ? Pourquoi l’avoir rejeté alors qu’il disait désormais n’aimer qu’elle, n’avoir touché aucune autre femmes que lui. Pourquoi une telle fidélité quand il l’a répudié ? Est-ce qu’il culpabilisait ? Elle était tellement prise dans ses tourments qu’elle n’était pas vraiment concentrée sur la suite de la conversation.
C’est en voyant le petit lit de fortune sur le sol qu’elle eut soudainement un vif souvenir. L’image de leur futon à Paris qui avait accueillit leurs premiers mois d’amour. Charlie sentie son coeur se tordre sur place et elle sentie aussi que ses larmes allaient s’échapper. Kisos faisait tout pour elle maintenant, elle avait tant et tant rêvé de ça, qu’il soit là, présent, qu’il prenne soin d’elle et qu’ils soient ensemble. Ça n’avait aucun sens. Maintenant que la colère avait disparu, venait désormais les questions et la résilience :
- Pourquoi ? Pourquoi tu m’as quitté Kisos ? Ne me dis pas que c’était pour mon bien car tu sais pertinemment que c’est faux. Tu savais pertinemment comment j’allais réagir et ce que j’allais ressentir car tu es comme moi.
Elle s’approchait de lui et venait poser sa main sur son coeur quand ses yeux se noyaient dans les larmes. Charlie cherchait des réponses à ses questions. Elle en avait désespérément besoin pour pouvoir avancer et surtout, refaire confiance à Kisos. Elle tapotait donc délicatement l’endroit où se trouvait son coeur et repris :
- On n’a pas affronté des irlandais complètement fou, traversé des rivières, des océans pour se retrouver, tué des pirates, survécu à Paris, au racisme, au refus de nos parents face à notre couple, pour que finalement tu me rejette comme ça. Il y a autre chose et tu dois me le dire Kisos. J’ai le droit de connaître la vérité.
Il se murait toujours dans un mutisme profond qui risquait de faire rager la jeune femme mais elle se retenait. Non, elle ne voulait pas exploser et provoquer une dispute qui risquerait de détourner le sujet. Elle le suppliait presque du regard, comme si elle cherchait une paix que seul lui pourrait lui donner :
- Tu ne peux pas.. Tu ne peux pas me dire que je suis la femme la plus importante à tes yeux et à ton coeur et me répudier comme tu l’as fais. A moins que.. A moins que ce soit des mensonges et que tu cherches autre chose de moi désormais mais.. mais tu me dois la vérité. Tu ne crois pas ? Ou.. est-ce que tu en as aimé une autre ? Est-ce que tu as fais un marché pour un mariage plus arrangeant. Tu vois où pars mon esprit ? J’ai besoin de savoir. J’en ai besoin pour pouvoir avancer. Je ne peux pas rester dans ce trouble à me poser mille et une question. J’ai besoin de savoir ce qui c’est réellement passé. J’ai besoin que tu sois honnête avec moi et que tu cesses de me voir comme la petite duchesse. On a passé l’âge des secrets adolescents tu ne crois pas ?
La Duchesse faisait preuve de douceur et de diplomatie même si sa voix était encore tremblante. Elle avait des difficultés, tout le temps, à contrôler ses émotions devant Kisos. Pourtant, là, devant lui, si magnifique et imposant, elle se devait de lui poser ces fameuses questions qui la hantait tant depuis huit ans.
immarcescible, Posté le jeudi 16 mars 2023 11:58 Répondre
Kisos venait, une fois encore, de lui sauver la vie. Charlie avait encore besoin de repos mais elle voulait surtout avoir son soleil près d’elle. La douleur au niveau de son ventre vide et la peur de voir cette cicatrice certaine la tétanisait. Mais pour le moment, elle ne voulait pas y penser. Elle avait eu si peur, si mal. Elle avait l’impression que son corps en entier n’était que souffrance désormais. Une horrible impression la submergeait, celle que son corps entier était mort, comme quand elle avait perdu Rosie. Mais cette fois-ci, il y avait Kisos. Il était là, doux, patient et tendre. Se tournant face à lui, sur le côté, elle le contemplait en agrippant sa main dans la sienne contre laquelle elle posait sa joue. Quelques larmes quittaient ses yeux quand elle le remerciait d’une voix basse et enrouée.
- Viens près de moi, suppliait-elle timidement, et prends moi dans tes bras.
Il était libre désormais. Elle pouvait se permettre une telle familiarité. Le besoin de sentir le colosse près d’elle ne pourrait que la réconforter. Même si elle vit l’hésitation dans son regard, elle fut rassurée de le voir se joindre à elle dans le lit. Blottie contre lui, elle nichait son visage dans son cou cherchant sa chaleur :
- Serre moi fort dans tes bras. Ne me lâche pas. Ne me lâche plus jamais mo ghrian..
C’était comme si il exorcisait le jour où Rosie avait disparu. Kisos était là, il l’avait sauvé et il ne la haïssait pas. Après avoir pleuré un moment, elle vint enfin s’endormir dans ses bras rassurée et certaine d’être en sécurité. C’était tout ce qu’elle avait espéré. Les soins réguliers de Pocahontas et Kisos permirent à la jeune femme de reprendre des forces assez rapidement. En effet, une semaine plus tard elle était debout et marchait dans le jardin. Elle ne pouvait pas faire de ample mouvements mais au moins elle pouvait bouger.
Sora passait la voir tous les jours après la classe et lui donnait des nouvelles des enfants. Ils grandissaient vite, y compris Bee qui grandissait à vue d’oeil avec les bon soins des Walker. Pendant qu’elle guérissait, Charlie s’était remise à peindre. Elle peignait des fleurs, des animaux, des arbres, assise confortablement dans une chaise en rotin dans le jardin. Elle reprenait lentement goût à la vie mais la vision de cette cicatrice sur son corps l’avait bouleversé. C’était la marque visible du passage de Lorace sur elle. Une marque qui la marquait de cette horrible nuit. Mais les plantes et la douceur de Pocahontas l’aidait à passer ce moment.
- Tu sais.. Au début de ma relation avec Gabriel et bien.. et bien moi aussi un homme m’a violentée.
- Pocahontas, je suis si désolée.
- Ne le sois pas petite perle. C’est aux hommes d’être désolé de ce qu’ils infligent aux femmes. Mais.. Mais je te raconte ça non pas pour que tu me plaignes mais pour te dire que nous pouvons tout affronter, nous les femmes. Et tu que tu arriveras un jour à aller mieux. Je te promet qu’un jour tu iras mieux. Mais c’est encore mieux quand on a quelqu’un pour nous aider à affronter ça. Gabriel a été patient, doux, attentif. Même s'il était furieux, il a été le soutien sans faille qui m'a permis de m'en sortir. Son amour, sa patience, sa douceur. Il a été mon sauveur tu sais.
Ce moment si particulier avec l’amérindienne avait quelque peu rassurée Charlie qui avait craint ne plus être capable de laisser qui que ce soit la toucher. Elle s’étonnait même de ressentir encore du désir.
- Pour Kisos, demandait avec un sourire attendri la mère du colosse.
- Bien sûr que oui.. Il est et restera toujours le grand amour de ma vie.
Cela ravissait l’amérindienne dont l’oeil pétillait d’une joie à peine retenue. Charlie la rabrouait gentiment et elles reprirent l’ouvrage de laine ensemble. Deux bonne semaines passèrent pendant lesquelles Kisos ne fut pas si disponible que cela. Sans doute voulait-il laisser un peu de temps à Charlie ou était-il entrain de s’occuper du futur cabinet dans lequel il allait exercer avec sa mère. Apprendre qu’il allait reprendre la médecine avait rassuré et fait plaisir à la jeune femme. C’était sa vocation depuis toujours et elle avait trouvé dommage qu’il abandonne cette passion. L’orphelinat était quasiment terminé, il ne restait que les dernières peintures à mettre en place.
Ce jour là, Charlie décida de se rendre auprès des enfants qui coururent auprès d’elle. Elle les enlaçait un à un en demandant des nouvelles. Ils adoraient avoir quelqu’un qui prenne soin d’eux, qui prenne le temps de les écouter. Sora les rappela quand même à l’ordre, notamment parce qu’ils devaient finir le texte a étudier aujourd’hui. Charlie leva les yeux au ciel ce qui faisait rire tous les enfants qui étaient désormais intenable :
- Pour aujourd’hui on pourrait faire une exception Sora. Et si nous allions faire un pique-nique près du lac.
Il n’en fallait pas plus pour que les enfants hurlent de joie. Baissant les bras, la jolie amérindienne vint enlacer son amie pour s’assurer qu’elle allait bien. Elle la rassura en embrassant sa joue et lui expliquant qu’elle avait juste besoin désormais de reprendre le cours d’une vie normale et d’oublier tout simplement cette fameuse nuit, ce que pouvait totalement comprendre Sora.
Avec l’aide de Mary ils organisèrent un repas imprévu et partirent ensuite auprès du lac, sur une zone tranquille. Ils jouèrent au ballon, dans l’eau, se reposèrent et profitèrent de la lecture de Sora. Pendant ce temps, Charlie dessinait au côté de Maya qui l’observait :
- Dis Princesse.. Est-ce que Kiki c’est ton prince charmant ?
- Voilà une question bien indiscrète ma chérie.
- Et tu esquives la question.
L’espièglerie de la jeune fille faisait bien sourire Charlie qui vint reposer son attention sur elle quand elle reposait ses crayons.
-Et bien.. Non. Kisos n’est pas mon prince charmant.
- Oh.. C’est dommage.
- Il est bien plus qu’un prince à mes yeux. Tu vois, c’est un soleil. C’est un arbre. C’est un souffle. Il est l’air qui m’a toujours emporté et la force tranquille d’un arbre. C’est le soleil qui ébloui mon coeur. Il est bien plus qu’un simple prince charmant qui va se contenter de me sauver. Il est nécessaire à mon existence.
Maya observait avec un sourire ébloui la fameuse princesse et se remit à dessiner, heureuse d’apprendre que les deux personnes qu’elle respectait le plus et qu’elle aimait le plus étaient toujours amoureux de l’un et de l’autre. Après une belle journée au soleil et à jouer, il fallut rentrer. Une fois à la maison, les douches prises, le repas fut pris et Charlie proposa de mettre en place le cinéma dans la grande salle. Les enfants étaient tous au sol, sur les coussins à observer Charlie Chaplin faire ses pitreries. Charlie observait avec tendresse les enfants, une tasse de thé dans les mains lorsqu’arriva sur le pas de la porte un Kisos. Il semblait si épuisé.
Une fois à sa hauteur, elle lui fit signe de la suivre dans le petit patio et lui proposa de s’asseoir près d’elle. Une fois l’un contre l’autre, elle posa sa tête contre son épaule avant de se laisser blottir contre le colosse :
- Est-ce que je peux t’aider à faire quelque chose, demandait-elle avec douceur, j’aimerai t’aider mais je ne sais pas comment. Et non, non, je t’entends déjà me dire que je dois me reposer mais j’ai besoin de me sentir utile. J’ai besoin de savoir que j une suis pas un poids pour toi et votre communauté. Je pensais reprendre ma place à l’orphelinat mais si tu as besoin de moi autre part je serai là. Toujours.
Relevant sa bouille vers Kisos, elle l’observait avec douceur. Il y avait une certaine forme de fatigue encore des traits mais elle semblait un peu plus apaisée. Elle avait vieilli, mûrit aussi. Elle était loin la jeune fille effrontée et pleine de vie. Avec douceur, elle se mit à caresser la nuque du jeune homme qu’elle voyait se tendre. Elle repensait à ce qu'avait dis Pocahontas l'autre jour, sur l'importance de trouver quelqu'un sur qui compter, qui aimer pour affronter le reste de son existence. Kisos avait toujours été cette personne pour elle, pourquoi donc cela n'avait-il pas fonctionné ? Pourquoi est-ce que leur relation avait-elle été brisé ? Cela n'avait aucun sens pour la jeune femme :
- Pourquoi tu as repoussé ces femmes Kisos ? Elles te vénèrent. Elles sont de ton peuple. Tu sais.. Elle ne m’a pas malmené à l’épicerie. J’ai bien vu dans son regard qu’elle t’aime. J’ai culpabilisé car.. car je t’ai accaparé sans me douter que cela allait créer de la peine à ces femmes. Mais il n’y a pas de choix à faire tu sais. Je peux rester à ma place.
immarcescible, Posté le lundi 13 mars 2023 10:16 Répondre
- Charlotte Hedlund, somnifère officiel du chef de Jamestown.
Répliquait la jolie brune en souriant amusée. Ils venaient d'arriver devant la maison de Pocahontas mais ni l'un ni l'autre ne semblaient être près à se détacher. Charlie n'avait qu'une envie, le supplier de rester auprès d'elle et de le retenir prisonnier de ses mains, de ses bras, de ses jambes et de ses lèvres. Ils avaient passé une nuit bien chaste et désormais ils devaient continuer à se traiter l'un et l'autre comme des amis alors qu'elle sentait entre eux cette flamme intense qui ne demandait qu'à incendier leurs corps.
- Je.. Je dois aller me doucher et me changer. Ce ne serait pas bien vu si j'arrive en retard aux cours que je donne, dit-elle en souriant toujours, on se retrouve ce soir ? Je rapporterais le repas.
Sur la pointe des pieds, elle s'élança et déposa un tendre baiser sur la joue barbue du colosse avant de s'enfuir dans la maison. Son coeur tambourinait si fort dans sa poitrine qu'elle avait l'impression de faire une crise cardiaque, mais il n'en n'était rien. Dans le salon elle retrouva Pocahontas et sa mère qui lisaient un courrier. Craignant le pire, la jeune femme s'approcha pour lire elle aussi le courrier. Il s'agissait d'un télégramme de l'avocat de son père annonçant que le procès était encore reporté d'un mois. Ce qui veut dire qu'il devait toujours rester en prison d'ici là. Anya perdait patience et tournait en rond dans le salon en vociférant quand Pocahontas tentait de la calmer.
Charlie se sentait de trop. Elle savait pertinemment que lorsque sa mère était dans un tel état et bien il n'y avait que son père pour la canaliser. Alors, elle se leva pour fuir la pièce mais se sentie honteuse d'abandonner sa mère. Dans un mouvement spontané, elle vint agripper sa mère et l'enlacer fermement ce qui eut l'air de surprendre tout le monde :
- Charlie ? Tu.. Tu vas bien ?
- Non maman. Je m'inquiète pour toi et papa mais je sais que vous êtes forts. Je sais qu'il va revenir et que tout ira mieux bientôt. J'ai besoin que tu sois forte comme il l'a toujours été pour nous. S'il te plaît maman. J'ai besoin de savoir que tout va bien se passer.
Pocahontas, par pudeur, décida de quitter le salon pour laisser la mère et la fille seule. Blottie l'une contre l'autre sur le canapé, elles ne se lâchèrent pas pendant un moment. Profitant le simple fait pour Charlie de retrouver la douceur de sa mère quant à l'inverse ette dernière retrouvait sa fille qui avait besoin d'elle. Anya promit de redevenir cette lionne forte et de ne plus dramatiser quand sa fille lui assura de son soutien et de sa présence. Après tout, ils étaient une famille.
Les semaines qui suivirent furent d'une douceur certaine pour les Walker comme pour les Hedlund. L'arrivée de la Duchesse apportait un nouveau souffle à la ville qui s'était dynamisé. Charlie s'occupait avec passion de sa classe et de l'orphelinat et faisait venir de New-York tout un tas d'objets moderne. Ainsi, aux beaux jours, elle fit venir un gramophone pour écouter de la musique, expliqua le concept de la photographe et fit même installer un cinéma dans la ville. Les gens s'étaient mis à hurler de peur, certain que le train allait foncer sur eux. Il y avait aussi quelques voitures qui circulaient désormais dans la ville ce qui faisait un bruit monstre pour les anciens, mais enthousiasmait les enfants qui couraient après les grosses berlines. Charlie avait même organisé des bals, des soirées dansante où les enfants avaient adoré montré leurs talents. Charlie la première s'était fait invitée à danser sous le regard sombre d'un Kisos qu'elle avait ensuite monopolisé toute la soirée.
La vie semblait beaucoup plus douce et le coeur de Charlie se reconstituait tout doucement.
Néanmoins, le meilleur moment de la journée pour Charlie était quand elle retrouvait Kisos sur le chantier. Un rituel s'était même créé entre les deux. Elle apportait à manger, des plaids, des livres et ils discutaient, de tout de rien, lisaient, marchaient ou elle le peignait. C'était simple et tranquille. Bien entendu, il y avait des moments de tension sensuelles qu'elle ne pouvait nier mais qu'elle refoulait de peur de détruire ce qu'ils étaient entrain de créer. Visiblement, ils s'en sortaient mieux en tant qu'amis qu'en tant qu'époux. Un jour, Charlie pris conscience que sa proximité avec Kisos faisait jaser dans toute la ville. Tout le monde savait qu'ils passaient leurs soirées et nuit ensemble et même s'il n'y avait jamais rien eu, en attendant il n'était pas aves ses épouses. Un jour donc, alors que la jeune duchesse faisait quelques courses à l'épicerie du village l'une des épouses de Kisos s'approcha d'elle :
- Charlotte c'est ça, demandait l'amérindienne, je suis l'épouse de Kisos et.. et je suis désolée de vous aborder de la sorte mais.. mais il faut que vos me rendiez mon époux.
- Je.. Je vous demande pardon ?
L'épicière, Miss Walton jubilait devant cette scène. La commère du village aurait des choses à raconter très prochainement. Charlie écarquillait les yeux, surprise, incapable de surenchérir quand Ama évoquait son amour pour Kisos et qu'elle n'arrivait pas à le faire fructifier étant donné qu'il passait son temps à travailler :
- Avant il rentrait le soir pour dîner mais depuis que vous êtes là et bien nous ne le voyons plus. Depuis l'exil d'Adsila je mettais dis que nous allions enfin pouvoir nous rapprocher et fonder notre famille mais.. mais vous êtes là. Vous êtes un fantôme du passé qui le hante encore. Je vous en prie, je vous en supplie laissez-le en paix et rendez moi mon époux.
Il y avait une telle sincérité dans le regard et dans la supplication de la jeune femme que Charlie se sentie mal. Visiblement, cette femme aimait Kisos et elle souhaitait récupérer son époux ce qui semblait être plus que légitime pour la duchesse qui se sentait être l'autre femme. Depuis son arrivée ici, elle n'avait pas une seule seconde pensé à ces deux femmes qui attendaient toute la journée l'attention de Kisos Walker.
- Je.. Je suis désolée..
C'était la seule chose qu'elle pouvait murmurer à la nouvelle épouse de Kisos. Après tout, qu'aurait-elle pu dire d'autre. Très humblement Ama remercia la duchesse et récupéra son paquet avant de sortir de l'épicerie. Charlie était bouleversée et ne savait pas comment réagir face à cette rencontre. De toute manière, elle fut prise d'une violente nausée qui la fit vomir à l'extérieur de l'épicerie. Elle se trouvait à l'embranchement d'un chemin sans savoir quelle route prendre. Kisos était et resterait éternellement l'amour de sa vie. Mais il avait des responsabilités, il avait des devoirs qu'elle lui avait fait oublier. Est-ce que leur relation devait-elle tout détruire autour d'eux ? Et son bonheur à elle ? Son bonheur se nommant Kisos Walker, devait-elle se le refuser ? Elle se sentait si mal qu'elle rentra chez Pocahontas qui buvait le thé avec Sora et demanda à l'amérindienne si elle pouvait faire la classe aujourd'hui car elle se sentait mal. Pour l'aider et soigner ses maux, Pocahontas lui donna une tisane et se rendit ensuite à l'orphelinat quand Sora interrogeait son amie. Incapable de lui dissimuler sa rencontre à l'épicerie, elle lui raconta tout en buvant l'étrange boisson :
- Ama a toujours admiré et aimé mon frère. Elle est douce et vraiment gentille mais.. mais c'est toi que Kisos aime.
- Non.. Nous sommes de simple amis désormais. Et je dois me conduire comme telle.
- Arrête Charlie. Vous n'avez jamais été des amis tous les deux. Vous êtes des âmes soeurs depuis le tout début. Le destin vous a mis l'un et l'autre sur le même chemin parce que l'univers entier sait que vous êtes fait l'un pour l'autre.
- L'univers a beau mettre des personnes sur le même chemin, à côté de ça il y a la vie et les choix que nous faisons. Or, Kisos est un homme marié aux yeux de votre peuple. Je ne suis qu'un fantôme de son passé. Je ne dois pas venir le hanter encore plus que nécessaire. Ce n'est pas.. Ce n'est pas juste pour lui..
- Et qu'est ce qui est juste pour lui ?
- D'être heureux.. D'avoir une femme qui ne lui pose pas de problèmes et.. et une famille.. des enfants..
- Charlie arrête tu...
Mais au même moment, la Duchesse sentit son estomac être de nouveau sollicité. Elle vomit dans les toilettes et sentie la transformation de son corps qu'elle avait souhaité ne pas voir. En sortant des toilettes, elle vit le regard inquiet de Sora qui elle aussi avait vu mais rien osé dire en espérant avoir tort :
- Ça fait combien de semaines ?
- Je ne sais pas, répliquait Charlie qui sentait ses jambes trembler, il faut que tu m'aides.. Je ne peux pas garder ce.. ça en moi.
- Tu dois en parler à Kisos il t'aidera et il..
- Je t'interdis d'en parler à qui que ce soit ! Personne c'est compris ?!
C'était la première dispute qui engageait les deux jeunes femmes. Sora trouvait Charlotte butée et ridicule quand cette dernière ne cessait de lui répondre qu'elle n'avait aucune conscience de ce qu'elle faisait. Jamais encore elles ne s'étaient disputées de la sorte. Aussi, Sora préféra quitter la maison laissant son amie seule et perdue. L'enfant qu'elle portait était celui de Lorace et il lui était impossible d'imaginer une seule seconde garder cet enfant. Elle trouva donc une solution extrême qui allait lui coûter, mais qu'importe. Ses maux de ventre était la parfaite excuse pour ne pas rejoindre Kisos le soir même. Et ce pendant quelques jours. Lorsqu'il tenta de venir la voir, elle répliqua qu'elle ne voulait voir personne et qu'elle avait besoin d'être seule. Les ragots de Miss Walton avaient déjà fait le tour de la ville sur la confrontation entre Ama et Charlie. Bien évidemment, cela revint aux oreilles de Kisos. Mais quand une explication pu se faire, la duchesse avait disparu pour la journée.
En effet, on lui avait parlé d'une faiseuse d'ange qui pourrait l'aider discrètement. Or, cette vieille sorcière ne savait pas ce qu'elle faisait et fit plus de mal à Charlie qu'autre chose. Le foetus était certes mort, mais la jeune femme avait violemment mutilée. En perdait beaucoup de sang et alors qu'elle conduisait, elle perdit connaissance sur le bord de la route. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle était chez les Walker. Ça sentait bon Kisos et les plantes. Une douleur aigue au bassin la fit grimacer quand elle vit le jeune homme près d'elle :
- Non.. Non..Non, suppliait-elle en larmes, ne me regarde pas..
La fièvre la faisait délirer quand elle sentait les mains douce et fraiche de Pocahontas entre ses cuisses pour la soigner. Elle pleurait de douleur et de honte quand elle sentait la main brulante et rassurante de Kisos sur elle. Elle pleurait en s'excusant et expliquant :
- Je ne pouvais pas.. Je ne pouvais pas le garder.. Je n'aurais pas pu..
immarcescible, Posté le mercredi 08 mars 2023 19:13 Répondre
Charlie passa une nuit atroce, remplie de cauchemars et de vieux souvenirs qu'elle avait totalement occulté. Des cauchemars de feu, de flammes, de cris, de sang et de douleur. Les confidences de Kisos lui avait fait du mal. Pendant huit années elle n'avait pas pensé, à aucun moment et égoïstement, ce qu'avait pu vivre Kisos. Alors, au petit matin, quand elle se leva, elle se promit de trouver un moyen d'alléger un peu la conscience du jeune guerrier. Après une matinée de leçons données aux enfants, ils préparèrent ensemble le déjeuner. Charlie avait annoncé la venue prochaine de Kisos ce qui fit rugir de plaisir tous les enfants. D'ailleurs, quand le beau brun arriva enfin, tous se ruèrent sur lui après que Maya eut le droit à son câlin.
- Ne t'en fais nous allions mettre le couvert, répliquait Charlie qui maîtrisait d'une main de fer toute la petite troupe, ils sont vraiment content de te voir.
En même temps, c'était tout nouveau pour les enfants de voir une femme les guider quant auparavant c'était Kisos. Bien entendu, Charlie ne cherchait pas à prendre la place de qui que ce soit mais son investissement était bien ressenti par les enfants et ils sentaient qu'ils pouvaient avoir confiance en elle. Avec douceur, elle caressait la crinière d'une des petites orpheline en écoutant Kisos évoquer sa matinée quand une nouvelle venue fit son apparition. Aussitôt, les réflexes médicaux du chef de village revenait. Dans un souci de tranquillité, Charlie ordonna aux enfants d'aller de mettre à table et aida les petits à couper leurs viandes. Georgie les aidaient et même Joy, son assistante qui avait le travail mettait la main à la pâte.
La jeune femme voyait les allers et retours de Pocahontas dans la pièce d'à côté sans oser s'imposer. C'était délicat pour elle de s'approcher de Kisos avec un enfant dans les bras. Ca remuait toujours quelque chose pour la jeune femme. Pourtant sa curiosité la poussa à se rendre dans la pièce. Son coeur était en train de fondre, surtout en voyant le guerrier tenir contre son buste nu l'enfant qui avait besoin d'être réchauffée. Avec discrétion, elle l'observait, les yeux brillant de larmes. Combien de fois elle avait rêvé de cette scène, Kisos tenant entre ses bras l'enfant qu'ils auraient du avoir ?
- Petite perle, murmurait Pocahontas en s'approchant d'elle, tu vas bien ?
- Oui oui oui.. Pardon je ne voulais pas vous déranger. Je voulais.. Je voulais juste m'assurer que vous ne manquiez de rien.
- Je vais m'en occuper. Peux-tu rester avec Kisos ?
Charlie acquiesçait et vint prendre la place de l'amérindienne et s'asseoir sur le côté du sofa près du brun. Il avait cet oeil brillant dans le regard qui ne faisait qu'émouvoir une fois de plus la jeune femme. Doucement, elle s'approcha et dans un même temps Nemo sortit de sa cachette et vint se poser sur les genoux de sa maîtresse pour observer l'enfant. Charlie caressait son pelage d'un blanc pur quand elle souriait tristement :
- Elle est jolie comme un coeur.. Qu'est ce que tu penses de Bee. Elle ressemble a une petite abeille tu ne trouve pas ?
C'était si naturel que Charlie posa sa tempe sur le bras de Kisos. Blotti l'un contre l'autre, ils observaient la petite fille qui grelottait encore de froid. La jeune femme demanda alors s'il allait chercher la mère et est-ce qu'elle récupérerait l'enfant.
- Il ne faudrait pas qu'elle lui fasse encore du mal. Tu sais, dès fois il vaut peut-être mieux ne pas retrouver ces odieuses personnes..
Au même moment, Nemo posa sa petite tête adorable sur les genoux de sa maîtresse. C'est cette scène là que vit Pocahontas en entrant dans la pièce. Comme une famille réunie. Cette vision la bouleversa mais lui redonna aussi un espoir certain. Lorsque l'enfant fut nourrie et qu'elle fut réchauffée, tous les enfants de l'orphelinat vinrent la saluer. Ils étaient tous si bienveillant à l'égard de la nouvelle petite orpheline que Charlie ne pouvait s'empêcher de ressentir encore plus d'amour pour ces enfants.
L'après-midi passa rapidement, trop rapidement. Kisos du retourner travailler quand Pocahontas se chargeait de la petite fille. Leurs occupations mutuelles les conduisaient à être séparés, une fois encore. Mais Charlie avait eu une idée qu'elle espérait, ferait plaisir au jeune homme. Avec beaucoup de délicatesse, elle prépara un repas avec l'aide de Joy qui était un cordon bleu.
Le soir venu, après avoir couché les enfants et s'être assurée que Bee était bien au chaud, elle se rendit sur le chantier pour rejoindre un Kisos qui travaillait encore et encore d'arrache-pied. Il tenait tant à bien faire qu'il s'en oubliait. Charlie espérait lui changer un peu les idées. Pour cette occasion, elle changea de tenue et une mis une robe à manche longue qui couvrait ses bras encore noir des coups de Lorace. Elle ne voulait pas que la vision de ces bleus détruisent ce doux moment.
Arrivée sur le chantier, elle vit le guerrier à cheval sur une poutre du toit entrain de marteler le bois. Elle le trouvait toujours si beau et le voir si concentré lui donna un sourire que lui seul savait lui donner.
- Eh ! Tu as un moment à m'accorder ? J'ai une petite collation pour toi !
Lorsqu'il fut enfin descendu, elle le vit venir à elle torse nu et encore couvert d'une sueur qui la faisait frissonner. Bon sang, comment arrivait-il à allumer cette flamme en elle juste avec sa présence. Il avait tellement pris en masse qu'elle se sentait toute petite et ridicule à ses côtés. En attendant qu'il descende de son toit, elle avait installé un plaid dans le salon de ses parents couvert encore de végétation et sortit tout le repas. Elle lui exposa tous les bons mets fait et lorsqu'il y goûta, elle vit qu'il était surpris du bon goût.
- Non.. Ce n'est pas moi qui ai cuisiné. Tu sais bien que ce n'est pas un talent que je peux revendiquer, avouait-elle riant doucement, j'ai eu beau essayer je ne sais faire que le tiramisu.
Assise en tailleur, elle goûtait avec plaisir à la quiche qui avait été faite puis aux petits fours tout en racontant son après-midi à Kisos. Les enfants étaient plein d'énergie et elle eut l'idée de demander à Pocahontas de mettre en place des séances de méditation ce qui se révéla une bonne expérience :
- Je vais organiser leur journée pour que ce soit cohérent. Le matin classe et l'après-midi des activités comme un peu de sport, de la peinture, de la musique ou encore du jardinage. Je pense que ça pourrait les aider à développer toutes leurs compétences. Qui sait, nous aurons peut-être un futur président ou présidente à la maison.
Elle lui parlait de sa journée comme si c'était une journée normale. Comme si ils avaient toujours eu ces journées. C'était si simple avec Kisos qu'elle ne se voyait pas revenir à la vie. Pourtant, son aura revenait. Elle se sentait plus légère, plus présente et surtout, plus heureuse. Surprenant le regard du jeune homme sur elle alors qu'il avait un peu de nourriture dans sa barbe, elle ria en se penchant sur elle pour l'épousseter :
- Quand tu auras fini de manger comme un cochon tu pourrais peut-être me faire faire un tour du propriétaire. Je n'ai pas l'intention de dormir cette nuit. Je vais rester avec toi.
Elle avait encore le souvenir des mots de Kisos évoquant son incapacité à dormir à cause des cauchemars. Alors Charlie se mit en tête de l'accompagner dans ses balades nocturnes et de l'aider à traverser cette épreuve. Caressant sa joue, elle fut de nouveau troublée et vint vite se rasseoir à l'opposé du brun pour reprendre ses esprits :
- Ta mère m'a demandé de te peindre. Elle voudrait des portrait de Sora et sa famille, d'elle et de toi. J'aurais donc besoin que tu m'accordes ta soirée quand tu auras fini de tapoter en haut.
Sortant de son panier un petit paquet enveloppé, elle le tendit au chef guerrier en craignant sa réaction. En effet, elle avait peint sur une petite toile toute la famille Walker. C'était un vieux tableau qu'elle avait fait lors de son arrivée à Jamestown quand elle était plus jeune. On pouvait y voir Sora et Pocahontas assise avec leur sourire si tendre et brillant, un Kisos avec l'esprit fermé mais bienveillant et une posture unique de fier guerrier et enfin, un Gabriel une main sur l'épaule de son épouse et un léger sourire moqueur et amusé sur les lèvres. Un vrai tableau de famille, solennel et pourtant très émouvant où se mêlait le métissage culturel des parents et leur jeunesse. Ils étaient plein de vie, plein de feu dans le regard.
- Je l'ai retrouvé dans mes cartons.. Je l'ai peins lors de notre première séparation lorsque je t'ai sauvé des eaux. Oui, oui, oui, je t'ai sauvé ne dis pas le contraire, dit-elle en riant doucement taquine avant de reprendre son sérieux, je me suis dis que ça te ferais plaisir.. enfin, j'espère..
immarcescible, Posté le samedi 04 mars 2023 11:54 Répondre
Pendant qu'ils marchaient sans avoir vraiment de destination, dans les bois, Charlie observait le reflet de Kisos. La lune les éclairait délicatement ce qui lui permettait d'avoir un oeil attentif et intense sur le jeune homme. Elle avait toujours su qu'il était beau mais là, dans la nuit, elle ressentait le manque de se blottir contre lui et de recevoir cette douceur et cette passion qui l'étreignait à chaque fois qu'il posait ses mains et ses yeux sur elle. La brunette n'avait pas pu s'empêcher de le remercier pour ses délicates attention. Nemo derrière eux et la maison de ses parents rénovée, Kisos faisait tout pour que les Hedlund se sentent comme de nouveau à la maison. Un nouveau souffle émergeait sur Jamestown, comme si le trauma de la révolte d'il y a huit ans commençait à s'estomper pour laisser enfin entrer un peu de douceur.
Un peu fatiguée par la marche, Charlie demanda à Kisos de s'arrêter près de la petite petite cabane abandonnée d'enfance des enfants Walker où il y avait un banc et quelques couvertures qui trainaient. Avec beaucoup de délicatesse, elle prépara un petit coin où se poser, à l'abri de la nuit qui se rafraichissait et demanda au colosse de venir près d'elle. A peine était-il assis qu'elle fit comme elle faisait autrefois. Elle se plaça entre les cuisses du brun et vint se recroqueviller contre lui les yeux clos. Au dessus d'eux, un ciel dégagé où se trouvaient une profusion d'étoiles brillantes.
- Tu as toujours été le meilleur matelas du monde, avouait-elle en souriant amusée par sa remarque jusqu'à ce qu'elle entrevit quelques cicatrices sous le buste du jeune homme sous sa chemise légèrement entrouverte, tu as été blessé lors de la révolte ? Je ne me souviens de pas grand chose de ce jour là.. Je me souviens à peine de toi entrant dans la tente et.. et de tes mots..
Délicatement, elle posa ses doigts frais sur la peau brulante du colosse pour effleurer la cicatrice qui longeait sur buste. Elle n'osait imaginer la douleur de ces affres de violence. La souffrance de voir son père être abattu par Avery comme une bête. Elle avait beaucoup pensé à elle en oubliant ce qu'il avait du vivre cette journée là. Son père mort, Rosie morte, la ville saccagée, le viol de Sora et le coeur de sa mère brisé. Elle aurait tellement voulu apaiser sa peine, sa colère et sa douleur. Si seulement elle avait été plus forte se répétait-elle.
- Je suis désolée de tout ce que tu as vécu cette nuit là.. Sincèrement.. J'aurais aimé être plus forte pour toi.. pour t'aider. Mais maintenant je suis là et.. et si tu le veux tu peux te reposer sur moi. Je serais toujours présente pour toi.
Lentement, elle releva son visage près de Kisos et le regarda plus attentivement. Cet échange de regard était si brûlant et palpitant qu'elle avait envie de se fondre dans ses prunelles d'un bleu éclatant. Il n'y avait que Kisos pour la regarder de la sorte. Que lui pour la faire frémir d'un seul regard. Elle vint s'asseoir à califourchon sur ses cuisses et posa ses mains sur son visage, de sorte à être face à lui et examina toutes les blessures qu'il avait subit, toutes les cicatrices qu'il portait. Elle avait mal avec lui. Tendrement, elle posa des baisers sur ces fameux points avant de venir poser son front contre le sien pour murmurer d'une voix faible :
- Merci de comprendre que j'ai besoin.. que j'ai besoin de temps..
Son corps avait encore en mémoire les assauts odieux de Lorace. Sa peau en était encore marquée. Elle ne pouvait envisager de s'offrir à Kisos ou de lui ouvrir aussi son coeur. Elle était encore beaucoup trop sensible et effrayée. La peur d'avoir le coeur brisé, de voir la lueur de déception dans le regard du colosse l'empêchait d'envisager un avenir en tant qu'époux. Ils avaient essayé mais cela n'avait pas fonctionné. Peut-être devaient-ils rester des amis ?
- Demain je vais commencer la classe auprès des enfants, dit-elle pour changer de sujet ayant peur de plonger ses lèvres contre celles de Kisos, on va faire classe dehors. D'après ta mère le soleil devrait être haut pendant quelques semaines. J'espère qu'elle a raison sinon je vais devoir m'occuper d'une quinzaine d'enfants enfermés.
Cela la faisait légèrement sourire quand elle continuait de caresser le visage de Kisos. Elle ne pouvait s'empêcher de poser ses mains sur lui. C'était comme quelque chose de magnétique. Les lois de l'attraction n'avaient aucun secret pour Charlie Hedlund. Elles étaient appliqué grâce à Kisos Walker et ce depuis toujours :
- Tu pourrais venir déjeuner avec nous demain midi. Ca leur ferait plaisir que tu passes les voir. Attends, non, je rectifie... Ca me ferait plaisir que tu passes nous voir.
immarcescible, Posté le mercredi 01 mars 2023 17:38 Répondre
Quand est-ce que cet odieux cauchemar allait-il se terminer ? Charlie sentait toutes ses forces la quitter alors qu'elle était allongée sur ce maudit lit d'hôpital. Personne n'avait voulu lui dire ce qu'elle faisait là. Est-ce que Meredith aurait trahi son frère et prévenu sa famille ? Elle ruminait, ayant soudainement peur que Lorace la fasse interner. Cela aurait été le pire pour la jeune femme qui craignait d'être une fois encore enfermée. Une journée passa pendant laquelle elle se trouvait dans une incertitude totale. Incapable de parler ou de simplement demander aux infirmières ce qu'elle faisait là, elle attendait que le temps passe et qu'elle aie suffisamment de force pour s'enfuir de l'hôpital. Et soudain, sa mère surgit dans la chambre en larmes accompagnée d'un Kisos tout aussi bouleversé qu'elle.
Même si elle avait souhaité de tout son coeur et de tout son être qu'ils ne la voient jamais dans cet état, elle ne pouvait s'empêcher d'être rassurée et heureuse de les avoir près d'elle. Charlie restait silencieuse, laissant sa mère si bouleversée et accablée la prendre dans ses bras. Mais Charlie ne voulait que Kisos. Elle ne voulait que ses bras et la certitude qu'il ne l'abandonne pas après ce qu'elle avait provoqué. Après tout, c'est elle qui a laissé entrer Lorace dans sa vie, c'était donc à elle d'en payer les pots cassés. Il s'en voulait tellement. La culpabilité dans son regard la chamboula.
Malgré la douleur physique, elle réussit à se lever et le prendre dans ses bras et le serrer aussi fort que possible contre elle. Son visage enfoui dans son cou et sa crinière elle se retenait de laisser ses larmes couler de nouveau. Elle devait être forte pour lui, pour toute la famille.
Après une dernière nuit à l'hôpital, elle pu enfin rentrer à la maison. Mais quelle surprise en voyant les valises prête dans la salle à manger, le remue-ménage partout et la nouvelle de l'acte insensé de son père. Comment Kisos pouvait-il penser qu'il était responsable de ses malheurs ? Elle était l'élément déclencheur. Blême, elle tentait de prendre la mesure de toutes les informations qui l'oppressait et lentement elle prit une longue inspiration avant de se blottir contre Kisos. Son père avait raison, cet homme était son socle et elle avait besoin de lui, de sa force et de sa protection :
- Ramène-nous à la maison, murmurait-elle contre son buste sa joue posée contre sa chemise, s'il te plaît..
Anya l'avait entendu et elle savait qu'ils avaient raison mais la simple idée de laisser Garrett seul ici était une torture. Il fut donc convenu qu'Anya remonterait une fois par mois sur NY pour venir voir le blond et faire le point avec les avocats. Mais le reste du temps, elle serait à Jamestown où Pocahontas allait les héberger. Le trajet fut long mais Charlie avait été mise sous médicaments car elle ne dormait pas. Aussi, elle ne vit pas grand chose du trajet en train.
L'arrivée sur Jamestown était passé inaperçu à la grande rassurance de Charlie qui n'avait pas les moyens physique d'être accueillie. Kisos avait visiblement tout bien organisé car en arrivant Pocahontas et Sora prirent le relais. Cette dernière accompagnait son amie jusqu'à la chambre qu'elle occuperait séparant les deux anciens mariés. En effet, tout le long du trajet elle était restée blottie contre lui, incapable de le laisser s'échapper. Mais là, dans l'intimité de la chambre, Charlie pu se confier à Sora qui pouvait être la seule à comprendre ce qu'elle ressentait.
Pendant ce temps, Anya et Pocahontas se retrouvaient toutes les deux. L'une veuve et l'autre femme d'un prisonnier, elles ne pouvaient que se comprendre et s'entraider. Quelques jours passèrent pendant lesquels Charlie ne quitta pas sa chambre. Elle avait besoin de repos et les herbes de Pocahontas l'aidait à reprendre un peu de force.
La jeune femme, dès qu'elle en avait la force demandait à voir Kisos. Mais il était toujours partit, occupé. Sa place de chef du village était aussi importante que celle d'une personnalité locale. Charlie ne pouvait pas lui en vouloir, après tout, ils n'étaient que des amis désormais. Alors, elle peignait. Elle refusait que l'on rentre dans ses chambres, même les enfants de l'orphelinat. Elle ne voulait pas qu'on voit les stigmates et les blessures que Lorace lui avait infligé. Pourtant, un jour, la jeune petite Maya réussit à passer sous les mailles du filet. Elle entra dans la chambre et s'arrêta choquée en voyant le visage tuméfié de Charlie. Mais avec la douceur d'une enfant, elle vint s'asseoir près d'elle pour lui montrer ses dessins. Charlie n'eut pas le coeur de la repousser et contempla ses ½uvres avec un intérêt sincère :
- Tu dois continuer à peindre Maya. Tu es vraiment douée tu sais.
- Est-ce que je peux te peindre princesse ?
- Oh Maya, je ne crois pas que..
- Tu es toujours la plus belle pour nous tu sais.
Charlie était attendrie par la petite fille mais refusa tout de même. Elle lui proposa au contraire d'aller au jardin de la maison sur la colline où se trouvaient tous les enfants en attendant que les travaux soient terminés, et où elle donna des cours de jardinage. Ses blessures étaient moins vive et avec les enfants, elle ne se sentait pas jugées et peu regardées. Elle savait qu'ils ne seraient pas aussi vicieux que les adultes. Ils jardinèrent toute la journée ensemble et ce moment fit du bien à la brune qui leur offrit un doux sourire à la fin de la journée quand ils lui offrirent un bouquet de roses.
Pour la première fois et depuis une éternité, Charlie ne parla pas à l'évocation de belles roses. Le soir, elle resta avec les enfants, leur fit à manger avec Georgie et Sora avant de lire une histoire aux enfants et de les coucher. Elle était sur le chemin du retour quand elle vit Kisos sur le pas de la maison de sa mère. Charlie avait dans ses bras le bouquet de roses et s'avançait vers le beau brun qu'elle trouvait tellement beau. Une fois devant lui, elle lui expliqua ce qu'elle avait fait toute la journée et lui demanda :
- Tu veux bien m'accompagner pour une petite balade ?
Ils marchaient depuis un moment. Charlie avait toujours entre ses mains le fameux bouquet. Elle regardait le sol en marchant à petit pas lorsqu'elle dit :
- Je veux que tu cesses de croire que tu es responsable Kisos. Le seul responsable c'est Lorace. C'est lui qui m'a.. qui m'a.. C'est lui, uniquement lui.
Elle venait à s'arrêter auprès de la rivière et se posta devant le colosse qui fuyait son regard. Avec fermeté donc, elle agrippa son menton et fixa ses prunelles des siennes avec intensité, pour qu'il comprenne qu'elle ne plaisantait :
- Je t'interdis de te flageller pour une telle chose c'est compris ? Tu es un être merveilleux, fort, bon et juste. Tu dois arrêter de croire que tu es le fléau de mon existence. Arrête de penser pour moi. Je suis assez grande pour savoir ce qui est bon pour tu sais. Tu sais ce que j'ai été pendant huit ans, sans toi ? Rien. Je n'avais plus de souffle, plus de sens dans mon existence. Kisos.. Tu.. Tu as n'as pas détruit ma vie, tu l'as enrichie. Alors oui c'est difficile par moment et oui je ne suis pas facile à vivre et je ne le serais jamais mais.. mais c'est moi.. et mon moi n'a plus envie d'être séparée de mon meilleur ami, de mon soleil.
immarcescible, Posté le dimanche 26 février 2023 20:59 Répondre
Le Kisos doux et léger qui se trouvait devant elle était impressionnant. Elle avait l’impression de retrouver celui qui avait enchanté son adolescence. Il était drôle, tendre et plein de vivacité. Comme elle aimait passer du temps à ses côtés. Elle ne voyait même pas l’heure passer. Pendant qu’ils marchaient dans les rues déserte de Toronto, il se mit à parler de ses trois mariages. La jeune femme en était bien évidemment gênée mais aussi très jalouse. Pourtant, il disait n’aimait qu’une seule femme. Etait-ce d’elle dont il parlait ? Difficile de poser la question puisque lui-même venait à en poser une qui fit détourner le regard de Charlie :
- Oui je le savais.. Savoir que dans mon monde j’étais toujours ta femme ça me permettait de me rappeler.. de me rappeler qu’il fut un temps où tu étais lié à moi et inversement. Tu vas me trouver étrange mais.. mais ça me rassurait.
Charlie n’avait pas le même raisonnement que Kisos en ce qui concernait son mariage avec Lorace et les questions d’annulation. La seule chose à laquelle elle pensait c’était justement aux trois mariages de Kisos et de l’intimité qu’il avait eu avec ces femmes qu’elle avait rencontré une seule fois lorsqu’il avait été sévèrement blessé par sa première épouse :
- Elles sont.. Elles sont belles tes épouses.. C’est laquelle que tu aimes ?
C’était une question osée et très redoutée pour Charlie. Mais alors qu’elle jetait un oeil à Kisos pour connaître sa réponse, qu’elle ne fut pas sa surprise en voyant Meredith au détour d’une rue. Blême, la jeune femme vint prendre la main de Kisos et se mit à courir en direction des bois pour se cacher. Allongés dans les fourrés, ils pouvaient voir Meredith être en train de chercher sa belle-soeur qui avait disparu de sa surveillance.
- J’ai l’impression d’avoir à nouveau dix-sept ans et de me cacher dans les hautes fourrés avec toi quand on essayait de s’échapper de Binki et Millie, tu te souviens ?
Elle riait doucement en chuchotant. Sa proximité avec Kisos ne l’avait jamais dérangé. Elle avait toujours été tactile avec lui et ce n’était pas aujourd’hui que cela allait évoluer. Allongés l’un à côté de l’autre sur le ventre, elle jetait un oeil sur le colosse dont le profil si beau la bouleversait toujours autant. Ils étaient si près de l’un et de l’autre qu’il n’aurait fallu qu’une petite impulsion de Charlie pour que ses lèvres rejoignent celles de Kisos.
Le frisson de l’excitation l’enivrait quand elle sentit ses paupières se fermer lentement et son visage se rapprocher lentement du sien. Ce moment si singulier où la tension précède l’exaltation d’un baiser. Elle pouvait sentir son souffle chaud et son nez caresser le sien. C’était comme dans un de ses nombreux rêve. Mais le moment, aussi magique qu’il soit, fut écourté par la voix de Lorace qui cherchait avec sa soeur la trace de son épouse ce qui fit sursauter Charlie :
- Oh non, murmurait-elle, il est de retour.. Je dois vite rentrer..
Sans attendre la réponse de Kisos, elle se leva en vitesse pour reprendre la direction de la maison. Ils coururent rapidement à travers les arbres jusqu’à finalement se retrouver devant la fameuse demeure de Meredith. Il n’y avait personne à l’horizon. Sans doute étaient-il encore en ville à la chercher dans tous les bars :
- Je dirais que j’étais sur le toit mais tu dois absolument partir et maintenant Kisos.. C’est trop dangereux pour toi de rester ici, surtout avec Lorace qui est de retour. Promet moi de ne plus venir tant que mon père n’a pas les papiers d’annulation, promis ?
Elle le supplia du regard en prenant sa main dans la sienne. Ses doigts, instinctivement, se serraient autour de ceux de Kisos. C’était viscéral chez eux le toucher. Comme un souffle de vie que rien n’y personne ne pouvait comprendre. Liés éternellement sans être capable d’expliquer ce lien, cette sensation si unique et intense. Les frissons parcouraient Charlie alors que sa peau ne voulait pas quitter celle de Kisos :
- J’ai hâte de rentrer à la maison avec toi tu sais, murmurait-elle avec douceur en posant sa main sur la joue du brun, j’ai vraiment hâte.
Avec douceur, son front se posa contre celui du brun. Geste aussi fort que tendre chez les amérindiens, elle le savait très bien, puis dû de nouveau le quitter à regret mais pleine d’espoir pour les jours qui allaient suivre. Etant donné que le frère et la soeur n’étaient pas là, elle se rendit directement dans le salon et grimpa quatre à quatre les marches et se renferma dans la chambre pour attendre la venue de ses geôliers.
Et quand ils rentrèrent, quelle histoire l’attendait. Lorace n’était pas dupe, il savait qu’elle avait été rejoindre Kisos. C’était pourquoi il était revenu aussitôt. Il avait entendu par surprise une conversation entre le conducteur du train et un aiguilleur qui parlait de la venue du célèbre chef amérindien Powhatan. C’est qu’il ne passait pas inaperçu dans les alentours. Alors que Charlie écoutait sans dire un mot Lorace, ce dernier sentit la colère l’envahir et le rendre fou.
- Je te jure que si tu le revois je le provoque en duel ! Il ira en prison ! Je le ferais jeter aux pires racistes qui soit et il va souffrir !
- Laisse Kisos en dehors de tout ça ! Tu m’as non ? Alors laisse le en paix ! Il voulait juste s’assurer que j’allais bien. Rien de plus.
- Menteuse, sale menteuse ! Traînée qui va dans les bois pour s’accoupler à un sauvage de la pire espèce !
Incapable de se retenir, Charlie lui asséna une violente gifle qui ne fit qu’envenimer la situation. Lorace, ne tenait plus. La fatigue, l’alcool et la mauvaise foi le fit lever la main à son tour sur Charlie. Mais si cette dernière s’était contentée d’une gifle, lui se mit à la frapper violemment avec ses poings, ses pieds et il l’insulta à tout va. Meredith voulu intervenir mais il fut tout aussi violent avec elle. C’est alors que, enfermée dans la chambre toute la nuit, Charlie subie les assauts abjecte de celui qui était légalement son époux sans qu’elle puisse l’en empêcher.
Au petit matin, elle était vidée d’énergie, souillée physiquement et moralement. Lorace avait détruit son corps et son âme de ses multiples viols et de ses coups sauvage. Jamais encore elle n’avait subit une telle chose. Meurtrie, honteuse, elle n’osait plus faire un mouvement de peur qu’il se réveille et qu’il recommence. Elle pleurait toutes les larmes de son corps pour qu’il puisse disparaître. Il fut malheureusement réveillé par le chant des oiseaux. Se levant, il jeta des vêtements sur Charlie et lui ordonna de s’habiller. Mais elle avait tellement mal partout qu’elle ne parvenait pas à bouger. Lorace appela donc sa soeur pour qu’elle l’aide à s’habiller :
- Nous serons partis dans une heure avant que ce sauvage ne revienne. Une heure pas plus !
Meredith pleurait, effrayée par ce qu’elle voyait. Charlie ne tenait même pas assise. Elle n’arrivait plus à pleurer se sentant morte de l’intérieur.
- Je suis désolée, murmurait la soeur de Lorace sincère, je suis tellement désolée Charlotte..
Mais même parler était impossible pour la brune qui se laissait faire comme si elle était une poupée. Une fois prête, elle fut conduite par un Lorace qui n’était pas des plus doux et qui la poussa dans la voiture. C’était peut-être mieux, se disait-elle, ses parents et Kisos ne pouvaient pas voir l’état dans lequel elle était. Elle avait trop honte pour se présenter à eux. C’est sans un au revoir ou un mot doux qu’elle fut de nouveau enlevée par un Lorace qui faisait la route inverse pour New York où il comptait prendre un bateau pour l’Europe.
- On va mettre le plus de distance possible entre lui et toi. Tu es ma femme Charlotte. Ma femme désormais. Et personne ne touche à ce qui m’appartiens. Personne !
Cela faisait plusieurs heures qu’ils roulaient et Meredith rangeait la chambre qui avait subit les horreurs de toute une nuit. Incapable de tenir, surtout à la vue de tout ce sang, elle décida de se rendre en ville pour trouver les Hedlund. Il n’était pas difficile de trouver où ils séjournaient et alors que Anya lui ouvrait la porte avec surprise, la jeune femme s’effondra anéantie par la vision d’horreur de Charlie et des horreurs de son frère qu’elle allait devoir relater.
immarcescible, Posté le vendredi 24 février 2023 20:09 Répondre
Cet instant au restaurant était totalement improbable. Difficile de croire, quelques heures plus tôt, que la jeune femme se retrouverait de nouveau devant Kisos Walker et dîner au restaurant. Un tout autre homme s'épanouissait devant elle. Il semblait avoir retrouvé cette douceur et cette légèreté de leur époque parisienne et c'était ce qui la troublait le plus. Que cherchait-il à faire ou encore à dire en agissant de la sorte ? Est-ce qu'il était venu ce moment où ils allaient faire la paix ? Lorsqu'il porta un toast en son honneur, elle sentie ses joues rougir légèrement ce qui la fit baisser les yeux tout en reposant le verre de vin qu'elle n'avait pas l'intention de boire :
- Tu me fais beaucoup trop d'honneur Kisos mais.. mais mes toiles ne sont pas si exceptionnelles que ça tu sais. J'ai grandi sur beaucoup de choses et je me suis rendue compte que devenir artiste n'était pas un but qui me rendait heureuse contrairement à celui d'être ta femme.
C'était dit, et rien ne pourrait la faire revenir sur ses mots. C'est là qu'elle bu son verre de vin, comme pour se donner le courage suffisant de lui dire ce qu'elle avait totalement sur le coeur. Le serveur revenait avec la fameuse part de gâteau et la jeune femme le remercia avant de plonger son doigt dans la crème pour le lécher. Elle fermait les yeux de plaisir gustatif avant de reposer ses prunelles sur un Kisos qui la fixait. Lui offrant un doux sourire, elle ne pu s'empêcher de reprendre un peu de crème et d'en mettre sur le bout du nez du colosse qu'elle dévorait du regard :
- J'aimerai que tu viennes voir ce que j'ai peins. Pas par mégalomanie mais.. mais parce que toutes les toiles que j'ai peinte tu y étais représenté. Je veux que tu vois l'importance que tu as eu dans mon art. Sans ta confiance et ta foi inébranlable en moi je n'y serais jamais arrivée.
Ils restèrent ensemble jusqu'à la fermeture du restaurant où le serveur leur fit l'honneur de jouer pour eux une dernière petite musique française. En fermant les yeux, Charlie se revoyait marcher sur les bords de Seine auprès de Kisos et son coeur s'emballait. Il n'y avait bien qu'avec lui qu'elle s'était toujours sentie aussi entière et vivante. Lorsque fut venu le moment de rentrer, ils se mirent à déambuler dans les bois, comme le fameux soir du gala. Ils étaient silencieux depuis un moment lorsqu'elle lui avoua :
- Tu sais, je ne te hais pas. Je ne t'ai jamais haï c'est juste que.. c'est juste que j'ai été détruite que tu n'essaie pas de sauver notre mariage. Je pensais que nous arriverions à tout surmonter. Naïvement, je me suis toujours dit que je finirais ma vie à tes côtés parce que.. parce que tu as toujours été et tu seras toujours mon âme soeur et.. et là tu m'abandonnais. Et c'est pour ça que je t'en voudrais toute ma vie. Mais.. Mais je veux me concentrer sur des choses positives et t'aider dans la gestion de l'orphelinat. Je veux.. Je veux retrouver mon meilleur ami.
Même si au fond d'elle-même elle voulait retrouver son grand amour, elle ne voulait pas brusquer les choses. Repartir sur des bases saines, c'était le plus important pour elle et essayer de construire quelque chose de plus adulte. Ils marchaient l'un à côté de l'autre, sa main frôlant la sienne quand ils tournaient en rond dans la forêt incapable de se séparer :
- Je n'ai pas réussi à trouver de directrice pour l'orphelinat.. Avant cette histoire de mariage je voulais te proposer de revenir quelque temps et d'aider les enfants. De leur donner cours. Tu pense que ce serait une solution acceptable pour toi ? Ce serait juste le temps de trouver quelqu'un d'acceptable. Je ne veux pas que les enfants soient entourés de personne en qui tu n'aurais pas confiance.
immarcescible, Posté le jeudi 23 février 2023 20:55 Répondre
Le Canada est un très beau pays, se dit Charlie en observant la nature autour d'eux. Sa première pensée était de se dire que cela plairait sans aucun doute à Kisos. Et comme à chaque fois qu'elle pensait à lui, son coeur se serrait de douleur et d'amertume. Elle espérait tellement que Lorace ai tenu parole et que le brun soit déjà en route pour Jamestown. Avait-il cherché à venir le retrouver ? Après tout, pourquoi le ferait-il ? Elle lui avait causé tellement de souci qu'il n'y avait aucune raison pour qu'il la rejoigne.
Pourtant, secrètement et dans rêves, elle espérait qu'il vienne la chercher. Pour cette fameuse escapade de noce, Lorace les conduisit chez sa soeur, une riche aristocrate dont le sourire avait disparu à l'ancien siècle. Meredith avait néanmoins accueilli le couple de jeune marié juste pour avoir un peu de compagnie. Il s'agissait d'une vieille fille qui avait été fiancé autrefois à un homme mort d'une maladie inconnue. Elle lui était restée fidèle et c'est en cela que Charlie l'appréciait. Le sentiment de fidélité qui accompagnait Meredith était un exemple qui impressionnait la jeune femme.
Comme elle l'enviait. Au moins, elle n'avait pas à cacher ses sentiments. Parce que oui, depuis son étreinte avec Kisos dans ce fameux hôtel, elle ne cessait de penser à lui et à ce qu'il lui avait dit. Est-ce qu'il avait vraiment essayé de l'éjecter par peur ? Est-ce que cela voudrait dire qu'il l'aime toujours ? Elle se surprenait à rêver une fois de plus que tout cela ne soit qu'un rêve et qu'elle allait se réveiller dans ses bras à lui et qu'ils riraient ensemble de cet affreux cauchemar. Auraient-ils pu se retrouver ? Mais très vite ses interrogations se trouvaient être détruite par la venue d'un Lorace qui s'était révélé bien plus manipulateur qu'elle l'aurait cru :
- On m'envoie faire un reportage de deux jours dans les bois. Un trappeur vivrait uniquement en se nourrissant de sirop d'érable.
- Donc tu m'as emmené ici pour que je sois surveillée par ta soeur n'est-ce pas ?
- Arrête donc veux-tu.. Meredith t'apprécie tu sais.
C'était vrai et c'était réciproque mais il n'empêche que Charlie se sentait étouffer dans cette maison d'un ancien temps avec tous les fantômes de cette famille. Lorsqu'enfin Lorace partit, elle se sentie déjà un peu mieux et pu à loisir sortir de la maison et se rendre même au marché. C'est là, au détour d'une ruelle qu'elle reconnu la silhouette épaisse de Kisos Walker. Vérifiant que personne ne soit aux alentours, elle se dirigea ensuite vers sa cachette et pinça son bras lorsqu'il osa lui tourner le dos :
- Que fais-tu ici, lui demandait-elle ahurie, tu ne dois pas être ici.. Si Lorace te vois le marché sera rompu.
Elle était furieuse qu'il se mette ainsi en danger. Mais pourtant, sa déesse intérieur elle, faisait des sauts périlleux de joie à l'idée de voir le colosse auprès d'elle. Sans attendre sa réponse, elle entoura les hanches du brun et vint se serrer contre lui sans lui avoir demandé l'autorisation. Son visage restait blotti contre son buste quand elle le serrait le plus fort possible en murmurant :
- Je t'ai écris de ne pas venir me chercher.. Tu ne m'écouteras donc jamais.
La brune allait relever son visage pour lui sourire et spontanément l'embrasser mais au moment même où elle allait se lancer, l'arrivée de ses parents la figea. Rapidement elle relâcha Kisos avant d'être elle-même enlacée par sa mère et son père. Ils étaient heureux de revoir leur petite fille qui comprenait soudainement s'être trompée. Le fantasme de voir Kisos surgir pour la récupérer était un rêve, une utopie qu'elle avait façonné pour se rassurer mais dont il n'était rien :
- Bien sûr que nous sommes venus te chercher petit pois, expliquait Garrett en surveillant autour d'eux, j'ai même trouvé un moyen d'annuler ton union avec Lorace.
- Oh.. Et bien tant mieux mais on aurait pu régler ça à New-York sans mettre en danger Kisos. Je ne veux pas qu'il soit de nouveau emprisonné à cause de moi.
- Il ne le sera pas puisque ton père a trouvé la parfaite solution pour prouver que ton mariage avec Kisos n'a jamais été annulé.
La brune jetait un oeil circonspect aux trois nouveaux voyageurs. Mais en voyant Meredith au loin, elle les supplia de ne pas intervenir car c'était un trop grand risque pour Kisos. Elle devait rejoindre sa belle-soeur et leur fit promettre de ne pas faire de choses stupides et de bien évidemment être discret. Avant de retourner auprès de la jeune femme, Charlie embrassa ses parents et se tourna vers le colosse en le regardant tristement :
- Merci d'avoir accompagné mes parents mais.. mais tu devrais rentrer.. tout ira bien je te le promet.
C'est la voix de sa belle-soeur qui lui rappela qu'elle devait quitter Kisos de nouveau. C'était une torture une fois de plus que de devoir s'exiler de lui, mais c'était aussi pour le sauver. Même si Meredith n'aimait pas son frère, il restait sa famille et Charlie ne savait pas comment elle réagirait en voyant Kisos si impressionnant, aussi, elle devait s'en méfier. La journée se passa sans encombre et pendant laquelle la jeune femme s'occupa en dessinant et brodant. Elle confectionnait des gants pour les enfants de l'orphelinat pour cet hiver. Au soir, elle dina en ville avec Meredith avant de rentrer se coucher. L'une des règles de Lorace était aussi de lui interdire de sortir le soir. Mais de toute manière, Charlie n'avait aucune envie de décevoir une fois de plus Kisos.
Alors qu'elle buvait sa tisane assise sur le bord de la fenêtre, elle entendit le hululement d'une chouette qui lui rappela le cri que poussait Kisos lorsqu'il venait la voir plus jeune. Etait-ce une coïncidence ? Son subconscient ? Difficile à dire d'autant plus qu'elle ne pouvait pas sortir pour vérifier. Alors, avec délicatesse, elle se mit à marcher sur le toit pour chercher d'où pouvait provenir le son jusqu'à ce que dans l'obscurité, elle vit les prunelles brillante de Kisos qui l'observait. Et comme il lui avait appris, escalada la façade de la maison avant de courir vers le sous-bois pour le rejoindre :
- Tu ne dois pas être ici Kisos, murmurait-elle, c'est dangereux pour toi.. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose.
Alors qu'au fond d'elle, son coeur battait à mille à l'heure de joie.
immarcescible, Posté le mercredi 22 février 2023 20:36 Répondre
Charlie se débattait mais Garrett la retenait du mieux qu'il pouvait. Voir Kisos lui être enlevé de la manière la plus vile qui soit rongeait littéralement la jeune fille. Anya la première avait tenté de défendre l'amérindien mais l'inspecteur de police prenait toujours en priorité les déclarations des hommes. Garrett lui, restait pensif et tentait d'analyser la situation quand sa femme et sa fille étaient impulsive. Mais Charlie le suppliait et joignant ses mains :
- Je te jure qu'il ne m'a jamais fait du mal.. Papa..Tu connais Kisos.. Tu le connais bien.. Je t'en prie.. Tu dois me croire.
Bien sûr qu'il la croyait mais la déposition de Lorace et son oeil au beurre noir n'allait pas aider le jeune homme. Il promit à Charlie de faire en sorte d'aider Kisos quand Lorace revenait enfin vers les Hedlund sans se douter que la tornade Charlie allait s'abattre sur lui. Jamais elle n'aurait signé d'elle-même ce dit papier, il avait usé de son pouvoir pour signer et contrefaire ce document et pour ça, elle lui en voulait.
- Mais enfin tu ne voulais plus entendre parler de ce type il y a quelques jours ! Il est violent et instable. Regarde ce qu'il a fait de toi.
- C'est mon histoire Lorace, ma vie. Tu n'as pas à imposer tes idées ou même tes désirs. Jamais je te pardonnerais ce que tu as fais.
- Je ne te laisserais pas retomber dans ses filets Charlotte. Il en est hors de question, tu m'appartiens.
- JE NE SUIS PAS TON OBJET, hurlait-elle en se jetant sur lui sans aucune retenue.
Sans son père, elle l'aurait encore plus battu que Kisos et il aurait définitivement fini aux urgences.
Pendant la semaine qui suivit, elle tenta à plusieurs reprises d'aller voir Kisos. Elle savait qu'il n'avait rien fait et elle s'en voulait qu'il dûsse subir une telle injustice. Pour ne pas inquiéter sa famille, elle écrivit à Sora et lui expliqua la situation le plus brièvement possible. Elle espérait que cela les rassurerait que les Hedlund s'occuperait de l'aider à sortir de prison. Mais quand elle voulait aller le voir, on lui refusait toujours l'accès sous prétexte qu'il n'était pas visible ou encore que les heures de visites étaient passées. Lorace la harcelait de fleurs, de télégramme et autres attention qu'elle rejetait ferme mais sa mère eut une remarque qu'elle ne pouvait ignorer :
- Seul Lorace pourra le faire sortir de là petit pois.
- Tu dis que ce que je craignais le plus maman.
- Ne le dis pas à ton père mais.. mais j'ai vu ce petit con tout à l'heure, il a un marché à te proposer. Il t'attend au parc dans une heure.
Charlie se rendit donc au rendez-vous en sachant pertinemment ce qu'elle allait devoir faire pour calmer Lorace et libérer Kisos. C'est donc lors d'un après-midi ensoleillé et plein d'allégresse que Charlotte Hedlund épousa en seconde noce Lorace De Wittgerber à l'Hôtel de Ville de New York. Le marché était clair, simple, en se mariant avec lui, elle acceptait de ne plus jamais revoir Kisos. En contrepartie, le colosse était libéré dans la journée même. Pour éviter une débâcle publique et aussi éviter de se faire tuer par le chef amérindien, Lorace avait prévu son coup et il emmena Charlie en voyage de noce au Canada. Pour ça, ils prirent le train tout de suite après leur mariage et Charlie ne résista pas. Elle accepterait n'importe quoi pour sauver Kisos.
Ce fut donc Garrett et Anya qui allèrent chercher le jeune homme en prison. Lorsque ce dernier sortit enfin, Anya se jeta auprès de lui pour s'assurer qu'il n'était pas blessé et observa avec crainte sa mine rongée par la colère. Elle était si sincèrement désolée de le voir dans un tel état quand Garrett se retenait d'exploser de rage. Son épouse lui avait confié l'odieux chantage qu'elle avait fait à Kisos des années plutôt, d'où la brutale séparation entre lui et Charlie. Il en voulait autant à sa femme qu'à Kisos. Anya imposa au jeune homme de rentrer avec eux en lui disant qu'ils lui diraient où est Charlie. C'est une fois qu'ils lui eurent donné à manger que Anya lui expliqua l'odieux chantage que la jeune femme avait accepté pour le sauver et que Garrett explosa :
- Vous vous rendez compte de ce qui c'est passé ? Charlie est persuadée depuis huit ans que l'amour de sa vie ne l'aime plus ! Huit années de souffrance quand vous auriez pu trouver des solutions Kisos ! Je suis extrêmement déçu et en colère contre vous deux. Elle avait raison quand elle disait que personne ne lui a jamais demandé son avis. Et c'est dommage, tragique et dommage que vous vous en rendiez compte que maintenant. Elle est loin, on ne sait où et.. et.. bordel de merde.. que de temps perdu quand vous auriez pu vous aimer !
Garrett le poète, le philosophe. Mais c'était aussi un Garrett fou de rage qui venait de mettre à son service le plus performant service de juriste de New-York pour prouver que sa fille a été contrainte au mariage avec Lorace. Il ordonna à Kisos de rentrer chez lui, il ne voulait pas que sa présence conduise une fois de plus Charlie à subir le courroux démoniaque de son époux. Mais avant de partir, Anya lui donna une lettre que la jeune femme lui avait écrite :
"Mo Ghrian,
Pourquoi faut-il que ce soit quand je retrouve un peu de toi que la vie t'arrache de nouveau à moi. Je t'entends déjà hurler que je suis inconsciente et que je n'ai pas conscience de ce que je fais mais tu te trompes. Tu as dis que tu irais jusqu'au bout du monde pour venir me chercher. J'irais jusqu'en Enfer et plus pour te retrouver. Ça a toujours été comme ça et jamais tu ne le changeras. Ne viens pas me chercher, tout ira bien je te le promet. Rejoins les tiens et continue le magnifique travail que tu as commencé. Je n'ai pas eu le temps de te le dire mais je suis tellement fière de toi tu sais. Tu as accompli de grande choses dont tu dois être fier Kisos Walker. Continue d'éblouir le monde mon soleil, il n'attend que toi. J'ai toujours cru en toi et je croirais toujours en ton pouvoir. J'ai tellement hâte de savoir ce que tu nous prépares.
Je suis désolée des mots odieux que j'ai eu envers toi à Jamestown. Je suis désolée si je t'ai fais du mal. C'est la colère, l'amertume et la stupidité qui ma fait dire de telles horreurs. Je m'en veux tellement de t'avoir infligé une telle souffrance et j'espère que tu pourras un jour me pardonner ma monstruosité à ton égard. Tu n'as jamais été responsable de la mort de Rosie. L'unique responsable c'est moi et mon corps qui m'a lâché au moment où j'avais besoin qu'il tienne. J'aurais beau tout remuer, tout vouloir changer, nous savons bien l'un comme l'autre que je n'aurais pas été une mère extraordinaire quand je t'ai privé d'être le meilleur des pères. S'il te plaît, pardonne-moi d'avoir faillit à ton bonheur et cesse de te flageller.
Tu as toujours été exceptionnel Kisos Walker. Je ne pouvais pas rêver meilleur époux. Je t'interdis de penser pour moi et d'oser dire que tu n'as jamais été à la hauteur car c'est faux. Tu l'as toujours été et tu aurais été un père merveilleux. Je suis certaine qu'un jour tu rendras une jeune femme heureuse et que tu auras enfin la famille que tu as toujours voulu avoir.
Depuis huit années je fais cet étrange rêve. Je rêve que nous sommes tous les deux entrain de marcher. Tu tiens ma main et tu me conduis sur un chemin que je ne connais pas. Mais tu avances, tu marches et je sens la paume de ta main contre la mienne. Je te demande où l'on va mais tu ne réponds pas. Je n'ai pas peur parce que je sais que je suis avec toi. Soudain, nous tombons sur un champ de roses, elles sont si belles toutes ces roses. C'est alors que tu me regardes et que tu me parles dans une langue que je ne connais pas. Mais ce n'est pas grave, parce que tu me souris et je sais que je suis à la maison avec toi dans tes bras. Pourtant, quand je te serre dans mes bras tu disparais et les ténèbres m'encerclent.
Si tu savais ce que ton sourire a toujours fait sur mon coeur Kisos, tu saurais qu'il est le plus doux des remèdes à mes maux.
Soit heureux Mo Ghrian. Trouve la paix.
Eternellement tienne, C."
immarcescible, Posté le mardi 21 février 2023 20:57 Répondre
Ce n'est pas la honte qui m'attaquait Charlie, c'était la colère. Pourquoi était-il venu la chercher ? Pourquoi l'avait-il emporté ? Il refusait de la regarder dans les yeux ce qui voulait dire qu'il été tellement dégoûté de la jeune femme qu'il n'était même plus capable de la regarder. Lorsqu'il eut quitté la chambre d'hôtel, elle laissa des larmes de douleur et d'amertume quitter ses yeux. Kisos ne l'avait jamais aimé. Voilà ce qu'était son leitmotiv depuis huit années. Elle aurait préféré mille fois qu'il la trompe plutôt qu'il ne l'aime plus. Recroquevillée sur le sol de la salle de bain, elle pleurait toutes les larmes de son corps en suppliant une quelconque aide divine de mettre fin à cet odieux supplice.
Mais la vie devait continuer. Aussi, elle entra dans le bain qu'il lui avait conseillé de prendre et se débarrassa de ce qui avait été autrefois une robe. Mais pour le moment il n'en restait plus rien. Elle était encore dans le bain quand elle entendit Kisos revenir. Sans un mot, elle tourna le dos à la porte d'entrée pour qu'il puisse s'assurer qu'elle soit là et finis de se laver. Le bain lui avait fait du bien mais elle avait terriblement faim. Enroulée dans un peignoir, elle sortie de la salle de bain un peu cotonneuse. La bouteille d'eau sur le lit et les quelques biscuits furent rapidement avalé et dévoré.
- Merci, souffla-t-elle sans oser le regarder quand il était de l'autre côté de la pièce, merci pour l'eau et les biscuits..
Les cheveux encore humide, elle était entrain de les démêler avec ses doigts en lui tournant une fois de plus le dos. Comment se comporter dans un cas comme celui-ci ? Quoi faire, quoi dire sans que cela paraisse désuet. Le silence était pesant, elle devait à tout prix dire ou faire quelque chose et en cherchant à se lever un peu trop vite elle sentie ses jambes se dérober sous elle. La sous-alimentation des derniers jours n'avait pas aidé et la fatigue non plus. Se sentant soulevée par Kisos, elle ne pu s'empêcher d'humer son parfum dont elle raffolait toujours autant. Agrippé à sa chemise, elle vint à murmurer faiblement :
- Je t'en prie, je t'en supplie.. Reste près de moi.. Juste un instant.. Après je disparaitrais de ta vie mais.. mais serre moi dans tes bras Kisos.
Lentement, elle avait relevé son regard vers lui, suppliant. Elle avait besoin de sentir qu'il était là près d'elle et que ce qu'ils avaient vécu avait quand même existé. Même si elle le vit hésiter, il n'en resta pas moins qu'elle le sentit se coucher près d'elle. Instinctivement, elle se réfugia dans ses bras pour y chercher ce qu'elle avait perdu des années auparavant. Son visage niché dans son cou, ses bras autour de son buste et ses jambes enroulées autour des siennes, elle s'endormie non sans avoir laissé quelques larmes glisser le long de son cou.
A croire qu'il n'y avait que les bras de Kisos pour la réconforter. En se réveillant, elle le voyait lui aussi dormir. Ils étaient encore blotti l'un contre l'autre et pour rien au monde elle n'aurait voulu bouger. L'envie de toucher à ses paupières ourlées de si beau cils ou encore à ses lèvres pleine. Sa mâchoire forte et carrée, sa gorge puissante qu'elle avait tant aimé mordiller. Cet homme avait toujours su éveiller chez elle un désir extrêmement violent qu'elle ne savait raisonner. Pourtant, là, c'était à elle de lui rendre sa liberté. Lentement, elle quitta ses bras et se leva pour enfiler les vêtements propre qu'il lui avait trouvé. Elle lui laissa une note et au moment où elle allait s'enfuir, elle vit son regard d'un bleu intense la fixer.
- Je... J'allais rentrer chez moi, dit-elle pour se justifier, je ne veux pas que tu te sentes responsable de quoi que ce soit. Ce que fais c'est moi et moi seule qui me l'inflige Kisos.
Assise au bord du lit, elle soupire longuement cherchant les mots justes après toutes les horreurs et toutes les méchancetés qu'ils se sont lancés ces dernières semaines, même si elle sait qu'il ne lui pardonnera jamais ce qu'elle a dit et ce qu'elle pense :
- Tu n'avais pas de raison de venir me chercher Kisos. Je ne suis qu'une ivrogne imbécile.. tu l'as dis toi-même. Je n'ai jamais été quelqu'un de bien et tu viens juste d'en avoir la preuve. Et je suis.. je suis épuisée Kisos, avouait-elle en sentant ses yeux piqué de larmes, je suis perdue depuis huit ans. J'en ai perdu la tête.. Et tu.. Tu n'es pas là Kisos.. J'ai.. J'ai passé la moitié de ma vie à t'aimer et t'attendre. Et je me sens si coupable si tu savais.. Si coupable de ne pas avoir pu te donner ce qui t'aurais rendu heureux. Tu m'as retiré le droit de t'aimer et ça m'a tué. Je ne te demande pas d'être compatissant à mon égard mais.. mais de comprendre que je survis comme je peux. Tu peux rentrer chez toi, tout ira bien désormais.
immarcescible, Posté le mardi 21 février 2023 11:23 Répondre
https://www.youtube.com/watch?v=OACrj5t6YM8
pour te donner une idée du type de fête !
immarcescible, Posté le mardi 21 février 2023 11:22 Répondre
Depuis son retour de Jamestown, Charlotte s'est renfermée de nouveau sur elle-même. Ses parents avaient craint qu'elle refasse une crise et qu'ils soient obligés de la faire interner mais il n'en n'était rien. Elle était juste calme, profondément calme même si elle gardait au fond d'elle une puissante colère qu'elle n'avait pas pu laisser exploser. Les mots de Kisos résonnaient encore dans son esprit et dans son coeur. Si elle avait été violente, lui avait été odieux. Comme toujours lorsqu'ils se disputaient, ils n'y allaient jamais avec le dos de la cuillère. Mais là, ce matin là, ils s'étaient dit les pire horreurs de l'univers. Le leitmotiv désormais était de continuer à vivre avec cette idée qu'il la trouvait pathétique et qu'il était devenu complètement déraisonné. C'était plus simple finalement que de l'imaginer triste.
La seule chose dont elle s'en voulait c'était la manière avec laquelle elle avait traité Sora. Les jours suivants, elle lui écrit une longue lettre lui expliquant son incapacité à rester et ne pas avoir pu supporter ce moment de joie et d'allégresse. Visiblement, Sora l'avait compris et elles resteraient toujours amie. Mais Charlie savait que tout rapport et tout contact avec son passé devait désormais être enterré. Joy, son assistante suivait pour elle toutes les informations concernant l'orphelinat. C'était un projet qui lui tenait à coeur et en tant que première administratrice, elle devait trouver la meilleure directrice d'établissement.
Ainsi, quand elle ne peignait pas, ne faisait pas la fête, et ne s'amusait pas, elle s'occupait de trouver la perle rare.
Elle avait passé ce matin là, tout son temps en entretien. Il était midi et elle étouffait. Sans s'excuser, elle quitta le building et se rendit à Central Park avec le besoin présent de retrouver un peu la chaleur du soleil ainsi que les arbres, la nature, la vie. Assise dans l'herbe, elle lovait son visage au soleil comme pour le supplier de l'engloutir auprès de lui. C'était dans des moments comme celui-ci qu'elle se sentait le mieux, retrouvant de près la sensation unique qu'elle avait lorsqu'elle était près de lui. Autrefois.
Des enfants jouaient à proximité avec un ballon qu'ils vinrent coincer dans les arbres. Ils n'arrivaient pas à grimper pour le récupérer, aussi, la jeune duchesse vint leur donner un coup de main et avec dextérité, comme lui avait appris Kisos, monta à l'arbre pour descendre le fameux ballon rond :
- Wow ! Madame vous êtes trop forte !
- Sers-toi de ta tête et de tes pieds petit.
Elle lui souriait gentiment en frottant ses mains un peu salie avant de retourner récupérer ses affaires pour reprendre le travail. Sans le savoir, elle avait été vue par un Kisos et une Pocahontas qui était à proximité mais qu'elle n'avait pas vu tant elle était enfermée dans sa bulle. Pourtant, elle se sentait étrange aujourd'hui, comme si quelque chose allait se passer, comme si quelque chose clochait. Ce maudit pressentiment ne la quittait pas depuis le matin même, aussi, elle décida de ne pas aller travailler et préféra se rendre chez ses parents pour y voir sa mère non sans avoir été acheter tout un tas de vêtements pour ses fêtes à venir.
- Maman ! C'est moi ! Tu ne devineras jamais qui j'ai croisé au Carlton et qui a encore essayé de m'engager comme actrice pour la Paramount. Je crois qu'ils veulent surtout faire de moi une poule à.. à.. oh.
Stoppée dans son élan d'entrée spontanée, Charlie avait sous les yeux sa mère et Pocahontas buvant le thé et un Kisos debout près du piano. Avant même que qui que ce soit aie pu dire quelque chose, Lorace surgit du bureau de Garrett en tenant entre ses mains les fameux papiers du divorce qu'il devait ensuite retourner au consulat. Mais Charlie n'avait aucune idée de ce qui se jouait à cet instant précis et elle se sentait complètement ridicule parmi tous ces regards qui la fixait. Ce fut Lorace qui brisa le silence en saluant chaleureusement sa fiancée comme si de rien était. Sans perdre une seconde, la jeune femme arracha des mains de son fiancé le dit document qu'il avait et lu entre les lignes ce qui se jouait dans son dos.
Pressentant la crise arriver, Anya se redressa et appela son époux pour qu'il puisse mesurer leur fille quand elle jetait un regard noir à la fois à Kisos et à la fois à Lorace :
- Pendant combien de temps encore vous allez choisir pour moi ? Ne suis-je pas suffisamment grande pour savoir ce que j'ai à faire ?
- Charlie puce écoute..
- La ferme Lorace ! La ferme ! C'est à moi de m'occuper de ça, uniquement à moi et pas toi ! Je ne suis pas l'une de tes putains de secrétaires qui ne sait pas écrire correctement. Tu avais dis que tu respecterais mon passé et que tu ne chercherais pas. Tu m'as menti. Finalement, tu es bien comme tous les autres. Et toi..
Elle contournait Lorace pour se diriger vers Kisos. Le souvenir encore vif de leur ignoble dispute quelques semaines plus tôt la rendait encore malade :
- Faire tout ce chemin pour ça, vraiment ? Ce n'est pas ce qui t'as empêché d'en épouser d'autres pourtant. Mais ça te plaît de savoir qu'un autre homme peut choisir et décider de ma vie comme il l'entend ? Finalement.. Vous feriez un très bon couple tous les deux.
- Charlie je t'en prie, murmurait Anya en tentant un pas vers elle qu'elle esquivait, s'il te plaît.
- Quoi ? Moi ? S'il te plaît ? Tout le monde est au courant sauf la principale intéressée. Tout le monde manigance dans mon dos et on fait des choix sur ma propre vie et c'est normal ? Mais quand est-ce qu'une seule fois on m'a demandé ce que moi je voulais ?
Elle n'avait pas crié, elle était énervée certes, mais elle était encore mesurée. Ça, c'était parce qu'elle était sobre aussi. Jetant un dernier regard à Kisos, elle le regarda avec une tristesse inconsolable qui tirait soudainement ses traits :
- Alors allez-y tous encore une fois. Décidez pour moi sans que je puisse avoir un quelconque avis de ma propre vie. Quelle valeur elle a de toute manière puisque je ne suis qu'un bout de papier pour certain, une acquisition pour d'autres et un horrible souvenir pour le dernier.
Elle jeta les papiers sur le sol et sortie du manoir non sans avoir repoussé un Lorace qui n'avait jamais vu sa fiancée dans cet état là. Elle était si furieuse, si blessée qu'elle se sentait obligée de partir. Volant la voiture de Lorace elle partie en direction de la fête la plus proche où rien n'aurait de conséquence et où elle disparaitrait une bonne fois pour toute. La fête durait depuis deux jours mais Lorace n'arrivait pas à localiser Charlie. Impossible de savoir comment elle allait et si elle serait en mesure de revenir un jour. Anya voulait intervenir mais Garrett lui interdit en expliquant qu'il n'y aurait qu'une personne pour la faire revenir sur terre ce serait Kisos Walker. Or, ce dernier allait s'en aller dans quelques heures.
Mais Lorace aimait sincèrement Charlie et il voulait vraiment qu'elle revienne. Il n'avait jamais encore expérimenté les fugues que la jeune femme faisait plus jeune. Aussi, il alla chercher le colosse à la gare et lui expliqua que la jeune femme avait disparue depuis deux jours et qu'il ne s'avait pas comment l'aider ou même la faire revenir à la raison. Il fallut que Pocahontas lui assure qu'elle pouvait rentrer toute seule pour qu'il suive Lorace. Il lui promit de l'argent, tout un tas d'autres récompenses pour qu'il fasse en sorte que sa fiancée revienne à la raison et c'est ainsi qu'ils partirent dans le dédale des fêtes new-yorkaise de la jeunesse dorée.
Une débandade de jazz, de fous furieux, de cris, de rire, d'alcool et de drogue. Un vrai canapharnaüm qui était l'équivalent de ce qu'avait Charlie dans la tête et dans le coeur. Lorace les connaissait toutes ces fêtes et tout le monde le connaissait, à chaque fois, il demandait où était Charlie et on lui répondait qu'elle avait déjà changé de fête jusqu'à finalement se trouver chez un certain Gatsby qui donnait l'une des fêtes les plus incroyables qui était donné de voir.
A chaque fois, la grandeur et la beauté sauvage de Kisos était saluée et toutes les femmes et tous les hommes de la pièce cherchaient à approcher le nouvel étalon. Beaucoup pensaient que Lorace avait une aventure avec ce géant du sud, aucun n'aurait imaginé que ce soit Charlie qui soit attirée par ce soleil flamboyant. Ils étaient sur la route, en direction de chez ce fameux Gatsby quand Lorace, dans la voiture, demanda à Kisos comment était la Duchesse plus jeune. Il posait tout un tas de question, tel un journaliste et voyant le mutisme du brun, soupira :
- Il faut vraiment que cette histoire entre vous deux se termine une bonne fois pour toute.
Au même moment, derrière eux se trouvait Charlie conduisant, une cigarette entre les lèvres, saoule comme jamais accompagnée de tout un tas de gens dans la voiture. Elle allait à toute allure et conduisait en zigzagant et doublant sans se soucier de qui que ce soit. C'était un vrai carnage. Elle doubla les garçons sans les reconnaître et accéléra la vitesse jusqu'au fameux manoir de Long Island. On entendait la musique sur plus de dix kilomètre tant c'était la folie à l'intérieur. Lorsqu'ils arrivèrent, Charlie avait emboutie la voiture dans une des statues de la cour qui était renversée sur le sol quand elle courait avec ses camarades à l'intérieur pour danser.
- Bon sang.. Ma voiture était toute neuve, rugissait Lorace exaspéré.
A l'intérieur, c'était la folie. Ls gens dansaient, criait, riaient, chantaient. Charlie buvait du champagne et ne portait qu'une espèce de drap rouge enroulé autour de son corps dévoilant des formes sensuelles notamment dû à la grossesse qu'elle n'avait pas perdue. Elle dansait en rythme, sensuellement et se laissait aller sans se soucier de quoi et n'importe quoi. Lorace la cherchait partout, s'étant séparé de Kisos quand soudain, elle le vit, là où jamais encore elle n'aurait cru le voir. Persuadée de voir un mirage, elle jeta son verre et vint à lui en riant, complètement incendiée par les excès et posa ses mains sur son buste. Elle dansait contre lui, les yeux clos en criant et riant :
- Tu lui ressembles mais en moins beau..
Ne cherchant pas à savoir s'il le voulait, elle dansait contre lui en bougeant son corps contre le sien, sensuelle, langoureuse. Ses mains agrippaient son visage quand ses lèvres effleuraient les siennes et qu'elle le cherchait, l'attisait sans se rendre compte qu'il s'agissait réellement de Kisos. Elle était si saoule, si partie qu'elle pensait délirer. Mais rapidement, elle bougea de nouveau et se remit à danser au milieu de la piste. Et le jazz jouait puissamment, frénétiquement sans s'arrêter. C'était ça qui maintenait Charlie, la simple idée que la fête jamais ne s'arrêterait et jamais elle n'aurait plus à penser.
immarcescible, Posté le lundi 20 février 2023 17:48 Répondre
Le retour dans la chambre d'hôtel avait été compliqué pour la petite duchesse. La nuit passée avec Kisos, même si cela avait été platonique, l'avait quand même bouleversée. Son coeur palpitait si fort dans sa poitrine qu'elle avait des difficultés à le laisser reprendre un rythme dit normal. Mais elle n'eut pas le temps de se poser les questions qu'elle avait en attente car Lorace surgissait dans pièce, surpris de voir sa fiancée qui était finalement revenue :
- Où étais-tu passée petit oiseau de nuit ?
Elle ne lui mentit pas et lui avoua être restée avec Kisos, le chef du village ce qui surprit une fois de plus le jeune homme. Il lui posa un tas de question sur le colosse qui lui semblait antipathique et lui demanda une fois encore ce qui liait les deux et comment elle l'avait rencontré :
- Nous étions amis autrefois.
- Seulement amis ?
- Non.. Pas seulement amis.
Il vit bien le trouble dans le regard de sa fiancée ce qui le fit venir jusqu'à elle. Charlie retenait ses larmes en se déshabillant pour prendre un bain quand Lorace l'enlaça pour embrasser le sommet de son crâne :
- Je sais qu'il y a des secrets qu'il ne faut pas dévoiler. Alors je te promets de ne plus t'embêter avec mes questions. Tu me parleras quand tu te sentiras prête.
- Merci, merci.
Charlie ne pourrit jamais assez remercier Lorace d'être aussi prévenant avec elle ou encore d'être attentif et à l'écoute. Il la laissa tranquille pour son bain et pendant sa petite sieste du matin. Car oui, elle devait vite se préparer pour aller donner un coup de main à Pocahontas pour la fameuse préparation des gâteaux. Pourquoi avait-elle acceptée quand elle était une piètre cuisinière ? Toujours est-il que plus elle pouvait se rendre utile, plus ce serait facile pour elle de se sentir un peu mieux.
Vêtue d'une jolie robe d'un bleu très tendre rappelant les prunelles de Kisos, elle fut extrêmement surprise de voir le jeune homme se tenir devant la gazinière. Que diable faisait-il ici ? Il semblait si doux, si gentil que cela contrastait avec la dernière vision qu'elle avait eu huit ans plutôt. C'était incompréhensible pour elle. Pour autant, elle ne se laissa pas aller à ses questionnements, une fois de plus et vint jouer son rôle de duchesse à la perfection. Quoi qu'elle n'eut pas trop à jouer puisqu'elle se sentait à l'aise auprès des enfants et du colosse. C'était comme s'ils étaient synchronisés l'un à l'autre et qu'ils avaient été parents toute leur vie.
Tout se passait à la perfection jusqu'à la fameuse scène qui se jouait dans la salle de cours. La vision d'horreur qui se jouait sous les yeux de Charlie la tétanisa dans un premier temps jusqu'à ce que Kisos lui ordonne d'aller chercher ses outils. Sans perdre un instant, elle courut jusqu'à la chambre pour finalement lui ramener la valise entière. Georgina en entendant le bruit avait apporté les serviettes et l'eau chaude mais au moment où la brunette allait s'enfuir, Kisos lui mit entre les bras le bébé de Sora. De nouveau tétanisée, elle ne savait pas quoi faire ni même quoi dire. Le stress post-traumatique de son propre accouchement lui revenait en mémoire. L'odeur du sang, le cri de Sora et le sien, l'urgence du moment. Tout était similaire si ce n'est que cette fois-ci Kisos était là et que le bébé pleurait dans ses bras.
Une fois que la mère et les enfants furent rassemblés, Charlie sentie la main chaude et réconfortante de Kisos contre la sienne. Par mécanisme, elle la serra aussi fort que possible comme pour chercher dans son contact la force de ne pas faire une crise d'angoisse. Mais c'était peine perdue en voyant Sora sourire, rire, saluer et embrasser ses bébés qui pleuraient. Charlie respirait de plus en plus fort et mordait jusqu'au sang sa joue prête à craquer. Elle aimait Sora comme une soeur mais une haine viscérale guidée par une violente jalousie faisait remonter les pires ressentiments possible.
Sans attendre un instant de plus, elle s'arracha du contact de Kisos et s'enfuit en courant dans le jardin où elle vomit contre un arbre. Le peu de son petit déjeuner qu'elle venait de rendre et le sang de sa joue meurtrie la faisait souffrir mais ce n'était rien comparé à ce qu'elle venait de voir. Tout ce qu'elle avait refoulé semblait vouloir ressurgir avec déraison et violence dès maintenant et elle ne savait pas comment gérer ses émotions. A genoux dans l'herbe, elle vint s'y agripper avant d'étouffer un cri de désespoir. Les enfants avaient voulu la suivre mais en l'entendant ils préférèrent rebrousser chemin pour aller chercher Kisos.
Entre temps, toute la famille était arrivé, Pocahontas, les Hedlund et enfin Thomas. Tous étaient si heureux de cette naissance si rapide et imprévue. C'était comme si toute la famille était réunie dans un moment de joie et de liesse totale. Moment que Charlie aurait du vivre et connaître. Pourtant, tout le monde ne vivait pas ce moment de la même manière, la preuve en Charlie qui, encore recouverte de sang, avait réussit à trouver le courage de s'exfiltrer du jardin pour rentrer à l'hôtel. Une fois arrivée, elle ordonna au barman de lui servir un whisky et de laisser la bouteille :
- Mais il est dix heures Duchesse.
- Si j'avais besoin de l'heure j'aurai regardé ma montre. Sers.
Un verre, puis un deuxième et enfin un troisième pour qu'elle sente le léger flottement qui rendait plus profitable la vie. Encore recouverte de sang et de vomi, elle se fichait des regards dégoûté et choqué des autres occupants de l'hôtel. Charlie buvait son quatrième verre de whisky quand le murmure devint plus conséquent. L'arrivée de Kisos dans une pièce ne laissait jamais une femme silencieuse.
- Qu'est ce que tu me veux à la fin Walker, marmonnait Charlie en se resservant difficilement un verre, pourquoi tu es là, hein ? Tu as besoin de te donner bonne conscience ? Mais je vais bien. Je vais même super bien, ça ne se voit pas ?
L'alcool et le chagrin n'ont jamais été de bons amis et encore moins chez une Charlie qui était effrayante avec tout ce sang sur elle et son maquillage ayant coulé de ses yeux. Elle vint finalement se tourner en ricanant, mauvaise et fit face à Kisos. Le maître d'hôtel avait vidé le bar entier et fermé la porte, présageant la crise surtout en connaissance le tempérament du chef du village :
- Alors ? Tu ne réponds pas ? Pourquoi tu es là Kisos Walker ? Tu veux admirer ce que tu as créé ?
Elle tournait sur elle-même en titubant et ricanant. Diable qu'elle était loin, trop loin la Charlie douce et tendre qui tentait de faire la paix la veille. Mais même si elle avait voulu être méchante, elle n'y arrivait pas vraiment. Surtout en revoyant encore et encore le visage fermé de Rosie dans ses bras. C'était une douleur qui ne tarissait pas qui s'exprimait, le remord et l'incompréhension.
- Pourquoi tu n'étais pas là ? Pourquoi.. Pourquoi tu m'as laissé quand j'ai eu le plus besoin de toi ? Quand tu savais pertinemment que je n'aurais jamais pu affronter ça sans toi. Quand tu.. Tu m'as ignoblement rejeté comme si je n'étais rien du tout. Tu as dis que.. Tu as dis que tu me tuerais Kisos, dit-elle dans un sanglot qu'elle refoulait comme elle pouvait, comme si tout ce que nous avions vécu n'était rien du tout pour toi. Tu parles de donner le nom de notre fille à ton orphelinat, mais tu étais où bordel de merde quand on avait besoin de toi ! Je n'étais qu'un ventre sur patte à engrosser c'est ça ? Je sais que tu me tiens responsable de la mort de Rosie, je sais que tu me hais parce que je n'ai pas su la garder mais toi ? Toi tu étais où ?
Son ton s'était élevée, elle pleurait de nouveau. Ses yeux perlés de larmes lui envoyait des éclairs de colère et de ressentiments doublé de douleur. Arrivée à sa hauteur, elle se mit à taper férocement (et avec le peu de force qu'elle avait) sur son buste en cognant son front aussi laissant toutes ses questions s'échapper. Elle n'avait plus aucun contrôle.
- Je t'ai appelé de toutes mes forces.. J'avais besoin de toi.. Elle aussi avait besoin de toi.. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi tu n'étais pas là ? Pourquoi tu m'as tué une seconde fois en.. en.. en me bannissant de la sorte ? Tu.. On aurait pu essayer.. J'aurais.. J'aurais tout fait pour.. J'avais tellement besoin de toi.. Je rêve tellement de pouvoir remonter le temps et de mourir à sa place. Si c'était possible je donnerais ma vie pour la sienne et que tu sois enfin heureux. Je le ferais sans aucune hésitation.
Sentant qu'il allait poser ses mains sur elle, elle se redressa aussitôt et essuya ses yeux avec sa main encore rougie par le sang. Elle secouait la têt négativement, comme pour lui refuser l'idée qu'il puisse la toucher :
- Jamais je ne te pardonnerais ce que tu as fais ce jour là, finit-elle par dire, alors que plus que jamais j'avais besoin de toi tu as détruit tout ce que je pensais être le plus beau en nous et en moi. Revenir ici était une erreur et je ne veux plus jamais te revoir.
Reprenant la bouteille de whisky dans sa main, elle se dirigea vers la sortie pour mettre un terme à cet échange et définitivement partir de Jamestown.
immarcescible, Posté le dimanche 12 février 2023 20:45 Répondre
La franchise de Kisos Walker avait toujours fasciné Charlotte Hedlund. Mais elle avait oublié à quel point elle pouvait être aussi désagréable. La question qui lui posait était simple. Tellement simple qu'elle n'avait qu'à répondre. Mais connaissait-elle vraiment la réponse. Lui avouer que oui serait un mensonge et avouer que non en serait un aussi. Recroquevillée dans l'épaisse veste qu'il portait quelques minutes plus tôt, elle laissa un moment de silence s'épanouir entre eux. Un moment pour réfléchir et se poser la fameuse question qu'elle-même se refusait à se poser.
Elle vint sortir de l'eau et repris sa marche au côté du guerrier qui suivait d'un pas plus lent qu'elle. Il était si grand qu'il n'avait même pas besoin de cours pour la rattraper. Resserrant la veste du brun autour d'elle, elle pu sentir son parfum si puissant, si boisé de cèdre. Heureusement que la nuit lui permettait d'être moins visible car elle pu humer son odeur en rapprochant son nez du tissu.
- Lorace est gentil. C'est simple, avouait-elle enfin, et logique. Tu sais, il vient d'un monde où on ne parle pas vraiment de nos sentiments, de ce que l'on ressent. Et c'est tout ce qu'il me faut. Ne plus rien ressentir pour ne plus avoir à souffrir.
Bien entendu elle parlait de la mort de Rose mais aussi de l'abandon qu'il avait fait. Son rejet était une marque puissante qui soudainement s'ouvrait de nouveau. Pourquoi posait-il cette question ? Pourquoi s'intéressait-il soudainement à ce qu'elle pouvait ressentir quand il l'avait renié et chassée. Mordant sa lèvre inférieure, elle sentit les larmes poindre sur le coin de ses yeux mais elle se reprit pour répliquer d'une voix un peu trop forte, pour cacher sa peine, un retour de question qui risquerait forcément de piquer :
- Et toi ? Trois femmes à ce que l'on dit. Tu ne dois pas t'ennuyer lors de tes longues nuits.
C'était un peu cinglant, bien évidemment. La jalousie lui taraudait le coeur et Charlie n'avait jamais su la dissimuler quand il s'agissait du beau guerrier. Ils arrivaient près de l'ancien lac où ils s'étaient amusé plus jeune et où Kisos s'était battu avec Ona. Elle vint à s'asseoir sur le bord de la rive et ramassait quelques coquillages qu'elle contemplait, pensive. Le silence n'avait jamais été dérangeant entre eux, pourtant, elle sentait bien qu'elle devait le meubler avant de dire quelque chose qui risquerait de tout briser :
- J'espère qu'elles te rendent heureuse et qu'elles te donneront ce que tu cherches. Tu.. Tu mérites d'être heureux et de trouver la paix.
Elle ne mentait pas. Elle espérait vraiment qu'il puisse trouver ce qu'il cherche puisqu'elle voyait bien qu'il n'était pas heureux. Elle l'avait connu dans cet état là et clairement, il ne l'était pas à cet instant présent. Relevant ses yeux vers lui, elle vit sa mâchoire serrée et voulu se jeter sur lui pour y poser de tendre baisers. Entendre son rire, voir ses yeux briller. L'idée qu'elle puisse le rendre heureux lui tenaillait le corps et l'âme mais il ne voulait plus d'elle. Elle ne pouvait rien lui offrir, pas même un enfant. Pourtant, elle ne pouvait renier ce qu'elle était et ce qu'avait été Kisos pour elle. Il serait toujours lié à elle. Délicatement, elle vint prendre sa main dans la sienne et entrelaça ses doigts aux siens en lui offrant un léger sourire.
- Je suis vraiment heureuse de t'avoir revu tu sais.
Ils passèrent la nuit ensemble ainsi, à parler de tout et de rien, juste à marcher et se contempler du coin de l'oeil. C'est au petit matin que Charlie retourna à l'hôtel en sa compagnie. Elle ne voulait pas le quitter. C'était viscéral. Elle n'avait qu'une envie, le supplier de la garder près d'elle et retourner se perdre dans la forêt. Debout sur les marches du perron, elle se trouvait quasiment à la même hauteur que le brun et s'amusa de sa coiffure défaire. Délicatement, elle replaça quelques mèches de ses cheveux derrière son oreille et sourit :
- Rentre donc te coucher, tu vois bien que je suis bien rentrée. On se reverra à New-York. Promis ?
Sa main était sur sa joue et sans quelle puisse s'en empêcher, elle vint poser l'autre aussi avant de poser son front contre le sien. Charlie avait l'impression de vivre l'un de ses rêves où elle l'avait au plus proche d'elle. Son souffle rapide, son parfum, le toucher de sa peau. Elle se souvenait de tout. Dans un sanglot alors que sa voix tremblait et que ses yeux étaient clos, elle murmura :
- J'espère que tu trouveras la paix. Je te le souhaite de tout mon coeur mo ghrian.
Mais sans attendre sa réponse, elle s'enfuit en courant à l'intérieur de l'hôtel pour rejoindre sa chambre quand ses larmes coulaient sans s'arrêter sur ses joues. Cette soirée avait prouvé qu'ils pouvaient être adultes et potentiellement devenir amis. Peut-être qu'un jour il lui pardonnerait ce qu'elle lui avait fait et qu'il pourra la regarder dans les yeux.
immarcescible, Posté le jeudi 09 février 2023 18:35 Répondre
La soirée a été une réussite totale. L'argent récolté était bien pus supérieur à ce qu'ils avaient espéré. Joy s'occupait de réunir les preuves de dépôts et de tout l'administratif concernant cette soirée. Charlie avait une confiance aveugle en elle. Après avoir fait son devoir d'hôtesse à la perfection, Lorace lui proposa d'aller dormir mais elle n'avait pas sommeil. Elle avait besoin de souffler un peu et lui expliqua qu'elle allait aider à ranger. Cela amusa le jeune homme qui ne broncha pas et l'embrassa avant de s'envoler pour sa chambre d'hôtel.
Elle n'était qu'à moitié surprise de voir Kisos encore là. Une part d'elle soupçonnait qu'il voulait garder un ½il sur ce que les blancs allaient faire chez lui. Au vu de son passé, elle ne pouvait que comprendre. Néanmoins, cela la fit doucement sourire de le voir donner un coup de main. Est-ce qu'il était devenu un maniaque du contrôle ou cherchait-il à parler un peu avec elle ?
La réponse arriva plus vit qu'elle ne l'aurait cru et cela la laissa songeuse. Pourquoi lui disait-il cela ? Est-ce qu'il avait quelque chose à lui confesser ? S'en voulait-il de la manière avec laquelle il l'avait rejeté ? C'était incompréhensible et elle sentie que cela risquait de tourner à la dispute si elle mettait les pieds dans le plat. Aussi, elle se contenta d'acquiescer simplement de la tête et de répondre, l'air de rien :
- Le passé est le passé Kisos. Le plus important c'est que nous trouvions chacun notre voie. Tu excelles en chef.. Je te l'ai toujours dis. Et tu peux être fier de ce que tu as accompli.
Elle essayait d'être polie et gentille sans se rendre compte qu'il parlait de leur propre relation. Mais rapidement, elle changea de sujet et lui dévoila la somme exacte qu'ils avaient réunis dans la soirée. C'était absolument indécent. Elle expliqua ensuite au brun qu'elle avait ouvert un compte à la banque de Jamestown au nom de Sora qui serait la gestionnaire du fond de l'orphelinat. La construction commencerait dès la semaine prochaine et elle avait terminé les plans que l'architecte avait finalement approuvé.
- D'ici trois mois, l'orphelinat sera construit et les enfants pourront quitter la maison. Ils y sont beaucoup trop à l'étroit.
Ils venaient de finir de ranger et de nettoyer avec le reste des personnes ayant voulu rester aider. Charlie laissait à Kisos le soin de fermer la salle mais l'attendit à l'extérieur. La nuit était parfaitement tombé mais il n'était pas si tard que ça. Elle n'avait que quelques mètres à faire avant de rentrer à l'hôtel et rejoindre Lorace mais elle n'avait aucune envie de le rejoindre. Elle voulait encore, égoïstement, profité du chef amérindien.
- Je pensais aller faire une petite balade au bord de la rivière. Tu veux venir ?
Ils marchaient depuis un moment, dans un silence qui n'était pas si pesant que ça. Charlie savourait simplement d'avoir la haute stature de son ancien époux près d'elle.
- C'est étrange de me retrouver là.. avec toi.. c'est comme si.. c'est comme si ce que nous avions vécu plus jeune était un rêve.
Il n'y avait aucune animosité dans ses mots, juste une certaine mélancolie. Les talons qu'elle portait dans la soirée lui avait détruit les pieds et dans l'herbe, il n'était pas aisé de marcher avec. Alors, elle les avaient retiré et tenait de son autre main libre les pans de sa robe qui trainait au sol. Il y avait tellement plus d'étoiles dans le ciel ici, à Jamestown, qu'elle en avait oublié leur beauté. Elle racontait alors à Kisos ses succès en peinture, modestement et minimisait même son impact dans le monde de l'art. Pour elle, il ne s'agissait qu'un coup de chance :
- Les gens commencent à parler de moi mais uniquement parce que je suis la fille de et que je côtoie les dites "bonnes personnes". Au fond, je ne saurais jamais si mon art touche vraiment les gens ou s'il est uniquement apprécié à cause de mon nom.
C'était simple. Un moment doux, tranquille, pendant lequel elle eut l'impression d'avoir à nouveau dix-sept ans et où elle se confiait à son meilleur ami. Ils venaient de traverser la forêt, sans se rendre compte du temps qui passait, comme autrefois. Charlie vint à tremper un peu ses pieds dans la rivière. L'eau fraiche lui fit du bien quand elle lui proposa :
- Tu devrais venir un jour.. A New-York.. Les immeubles sont plus grand encore que les arbres.. Tout va à une vitesse dingue.. Nous avons des voitures.. C'est encore plus grandiose que Paris. Je serais ta guide personnelle. Même si visiblement ma mère adorerait t'accompagner, dit-elle avec un léger sourire, on dirait que tu la vivement impressionnée ce soir. Lui aurais-tu jeté un sortilège Powhatan ?
immarcescible, Posté le mardi 07 février 2023 20:21 Répondre
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immarcescible, Posté le mardi 07 février 2023 20:20 Répondre
L'organisation du gala avait permis à Charlie de ne pas penser à Kisos. Son acharnement à faire de cette soirée une réussite l'avait conduite à faire beaucoup d'insomnie mais ce n'était pas grave. Elle croyait dure comme fer dans ce projet et elle comptait bien aller jusqu'au bout. Sora, Thomas, Ona et tous les autres habitants avaient été suffisamment gentil et courtois pour l'aider. Aussi, la fête se déroulait sous de très bonnes hospices quand elle vit du coin de l'oeil revenir Kisos Walker. Plutôt dans la soirée, il l'avait fuit et cela l'avait blessée. Mais voilà qu'il revenait, beau comme un dieu dans son costume et au bras de.. de sa mère ?
C'était une vision qui l'intriguait mais dont elle ne pu se questionner puisque Lorace la surprenait en enlaçant sa taille. Son baiser la surprit aussi. Que c'était étrange que de laisser un autre homme l'embrasser devant son ex-époux. Elle lui souriait avec douceur, en le saluant avant de rejeter un oeil à un Kisos figé. C'était une situation tellement inconfortable qu'elle s'excusa auprès de son fiancé et du riche vieux couple à qui ils parlaient pour aller se servir un verre. Arrivée au bar, elle sentie sa main tremblait de nouveau. Voilà bien longtemps qu'elle n'avait eu ces tremblements et cela la contrariait car elle n'avait plus de cachets. Elle se servit donc un verre, puis un second pour étouffer le chagrin et la future crise d'angoisse qu'elle risquait de faire.
Tout le monde s'amusait à la fête et les enfants semblaient être les premiers heureux. Pour l'occasion, Charlie et Georgina avait cousu de magnifiques robes et costumes aux orphelins pour qu''ils soient aussi beaux que les invités. Ils avaient eux-mêmes dessinés leurs toilettes de rêve et en bonne petite couturière, Charlie avait confectionné le tout. La soirée était ponctuée de délicieux mets et d'activités organisés par les enfants comme des tours de magie, des chants, l'exposition de certaines peintures. Tout était fait pour que les enchères puissent augmenter.
L'assistante de Charlie, Joy, avait fait le déplacement depuis NY et s'occupait de la logistique financière. Alors que sa patronne buvait un troisième, elle vint rapidement à elle pour tenter de la mesurer. Surtout qu'elle connaissait ses travers. Au fil du temps, même s'il y avait une relation d'employé à patron, elles étaient devenues amies.
- C'est lui, demandait dans un murmure la jeune femme qui regardait Kisos au bras d'Anya, c'est lui le fameux..
- Chut. Ne dis rien. Je dois me reprendre, je sens la crise arriver. Annonce les prix s'il te plaît, je ne me sens pas capable d'y arriver.
Sans attendre, Joy se rendit donc sur l'estrade pour pouvoir formuler ce que tout le monde attendait, les fameuses enchères en plus des dons que les invités pouvaient faire. Charlie avait mis en enchère certaines de ses toiles et certaines de ses fameuses toilettes qui avaient fait fureur ces dernières années. Les Hedlund avait mis en enchère de la vaisselle de valeur mais aussi un petit cottage dans les Hamptons. Lorace, quant à lui, avait même proposé un reportage-portrait dans le New-Yorker. Les gens se ruaient sur les propositions ce qui rassurait Charlie. Les enchères étaient bien parties.
Ce soir là, elle portait une robe longue dévoilant son corps en forme, sensuel. Le drapé épousait parfaitement ses formes et le dos nu indécent de l'arrière lui donnait des airs de prêtresse. Elle était ravissante et savait désormais parfaitement en jouer. Alors qu'elle buvait une autre coupe de champagne et qu'elle fumait au bar, Lorace vint la rejoindre et embrasser sa joue avant de l'enlacer :
- Tu as fait un travail remarquable.. Je ne t'aurais jamais cru capable de faire une telle chose.
- Je te rappelle que je suis une future duchesse. C'est totalement dans mes fonctions. et mes compétences. Ma mère m'a élevée à ça..
- Tu es de mauvaise humeur.. Que t'arrive-t-il ?
- J'étouffe.. Laisse moi un instant je te prie.
Sans attendre son reste, Charlie laissa Lorace et préféra s'échapper de la soirée. Vite, sur la terrasse extérieur pour ne plus entendre les rire gras et étouffés des gens, leurs conversations si stériles et le regard brûlant de Kisos Walker. Mais bon sang, que lui voulait-il ? Voilà qu'il était devenu le meilleur ami de sa mère ce qui semblait être un non sens surtout qu'ils se haïssaient l'un et l'autre depuis le début. Agrippée à la pierre qui servait de rambarde à la terrasse, la jeune femme essayait de comprendre ce qui se passait. L'alcool, les insomnies et avoir Kisos auprès d'elle de la sorte la rendait nerveuse et à fleur de peau.
Soudain, son pas lourd se fit entendre et elle sut qu'il était là, près d'elle. Fermant les yeux un instant, elle essaya de se souvenir du poids de sa main sur sa hanche ou encore de la sensation si sensuelle de ses lèvres sur sa nuque. La douceur de son regard. Elle eut envie de pleurer tant ça semblait beau et iréel. Mais il était de l'autre côté du balcon et toujours il la regardait. Tournant son attention vers lui, elle tira lentement sur sa cigarette, se sentant étrangement apaisée de le voir si près d'elle.
- J'espère que la fête est a ton goût, dit-elle d'une voix basse, Sora m'a beaucoup aidé. Je voulais que ça puisse.. que ça puisse te convenir, te plaire.
Il est vrai qu'elle s'était décarcassée pour que tout soit parfait et ça l'était. Mais huit années avaient beau avoir passé, il n'en restait pas moins qu'elle avait un manque de confiance considérable en elle. Esquissant un léger sourire, elle marcha sur la terrasse en direction de Kisos jusqu'à venir à proximité de lui. Elle regardait le ciel, les étoiles, la lune et offrit un triste sourire :
- J'ai longtemps prié pour qu'elle vienne à moi.. Rosie.. Mais je n'ai jamais eu la chance de la voir.
C'était ça, cette lueur de tristesse dans son regard. Mais elle ne perdait pas son sourire. Penser à sa fille, celle qu'elle avait tenu dans ses bras endormi était toujours dans ses pensées. Reposant son regard sur le colosse, elle contempla ses traits encore tirés par la fatigue :
- Je suis contente que tu aies pu la voir et qu'elle aille bien. Gabriel ne pouvait pas être meilleur gardien, dit-elle en riant légèrement et écrasant son mégot sur la pierre de la terrasse.
La fête battait son plein à l'intérieur mais elle n'avait aucune envie de rentrer à l'intérieur. Elle repensa à Lorace et mordit sa lèvre inférieure, gênée à l'idée qu'il puisse rencontrer Kisos :
- C'est mon fiancé.. Lorace.. On s'est rencontré à New York il y a deux ans. Il.. Il ne sait pas pour.. pour nous.. pour mon passé.. pour.. pour Rosie..
C'était une plaie béante pour Charlie. Reparler à Kisos, le voir qui se tient devant elle quand elle rêvait de reposer ses mains sur lui. Mais un flash lui remémora le dernier jour à Jamestown quand elle l'avait cherché partout en ville, hurlant après lui pour qu'il vienne à elle. Il l'avait abandonné. Pourquoi cherchait-elle à lui trouver des excuses. Alors qu'elle inspirait profondément Lorace arriva sur la terrasse, visiblement il la cherchait :
- Charlie, ma chérie ! Tu te sens mieux ? Oh.. Chef Kisos, comment allez-vous ? Vous vous souvenez de moi ? J'ai tenté de faire un reportage sur votre travail fait sur Jamestown. Mais je vois que vous avez rencontrer ma fiancée. Charlotte Hedlund, Duchesse d'Edimbourg et future grande artiste de notre siècle.
Il était sympathique, c'était ça le pire chez Lorace. Charlie lui souriait gentiment quand elle le laissait poser sa main sur sa hanche et qu'il continuait de parler à Kisos. La brune se rendait compte que son regard la transperçait et elle se sentait fébrile. Etait-il en colère ou tout simplement figé ? Elle ne saurait le dire. Dans tous les cas, Lorace vint à finir son monologue en faisant un baise main à la jeune femme et précisant :
- Binki est sur scène ma douce. Allons danser, viens.
Elle relâcha la pression du regard de Kisos qu'elle ne comprenait pas et suivi donc son fiancé non sans avoir souhaité une bonne soirée à son ex-époux. En arrivant dans la salle, Binki était en effet en train de chanter quand Millie faisait des affaires. Les enfants étaient partis se coucher et ils avaient récupéré plus que nécessaire pour la construction de l'orphelinat. La fête battait son plein et tout le monde était invité. C'était la première fois que Jamestown recevait une réception d'une telle ampleur.
immarcescible, Posté le samedi 04 février 2023 10:38 Répondre
Kisos Walker avait déversé tout ce qu'il avait vu dans ses rêves et il laissait Charlotte Hedlund en plein questionnement. S'endormant de nouveau, épuisé sans doute par l'effort qu'il avait fait en lui dévoilant ses multiples rencontres avec Rosie et Gabriel, Charlie resta muette. Que dire de tout cela ? Avait-il simplement rêvé ? Est-ce que cela était-il possible ? Bien sûr qu'elle aussi avait imaginé une vie après la mort où leur fille aurait pu être heureuse, grandir et être aussi vivante que possible. Bien sûr qu'elle aussi elle avait prié pour qu'elle lui parle, qu'elle vienne à elle. Mais jamais elle n'était venue. Est-ce que les dons de Kisos lui permettent-ils d'avoir accès à un lieu de connaissance plus précis en compagnie des morts ?
Elle se posait tout un tas de question et se rendit soudainement compte que sa main tenait toujours celle de son ex-époux. Ses larmes ne faisaient de dévaler ses joues. Elle qui avait tant et tant pleuré pendant des mois après sa répudiation se voyait de nouveau ouvrir les vanesses d'émotions qu'elle avait occulté. Oublier la douleur pour mieux se réfugier dans des vices. Voilà ce qu'était devenue sa vie.
Un moment elle resta à le contempler et veiller sur lui. Délicatement, elle passait un linge humide sur ses lèvres pour qu'il soit toujours hydraté. Elle replaçait des mèches de ses cheveux tout en détaillant ses traits tirés par la fatigue et la douleur. Elle avait beau lui en vouloir, il n'en restait pas moins qu'elle le trouvait toujours aussi beau et intensément attirant.
- Mo ghrian.. Qu'est ce que tu as fais..
Charlie avait beau se convaincre depuis huit ans qu'elle n'avait jamais vraiment connu Kisos, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle avait eu tort. Il l'avait fait fuir. Il l'avait rejeté pour une raison toute simple. Celle qui les avaient alors toujours séparé. La certitude qu'il ne la méritait pas.
Son murmure ne sembla pas réveiller le brun qui dormait d'un point fermé. Elle resta auprès de lui un moment, veillant sur lui. Mais un bruit à l'extérieur se fit entendre, si bien qu'elle voulu s'assurer que Pocahontas aille bien. Du monde était venu pour s'assurer que le chef était bel et bien de nouveau éveillé et qu'il n'était pas mort. Les enfants de l'orphelinat avait prévenu le reste du village qui accourait joyeusement.
Au moment où sa main lâchait celle du brun, il lui avoua son regret concernant la peine d'Adsila. Elle le voyait bien, le regret dans son regard alors qu'il souffrait encore le martyre. Lentement, elle s'agenouilla devant lui et tamponna délicatement son front du linge frais et humide :
- Tu n'as aucun compte à me rendre Kisos, murmurait-elle, je ne sais rien de tout ce qu'elle a fait et de ce que vous avez vécu ensemble. D'après ce que j'ai vu.. ta mère et Sora ont énormément pris sur elles mais.. mais elles m'ont dit que ton épouse n'a jamais été très simple. Même si en effet, ça ne justifie rien. Et, finissait-elle par dire en caressant sa joue, et je n'ai jamais pensé que tu étais un montre. Tu as toujours été un soleil ardent. Ton père est forcément fier de toi là où il est, j'en suis persuadée. Parce que tu as réussi à réunir ton peuple.. Soit fier de toi.
Il la regardait, l'air hagard, comme s'il attendait quelque chose en particulier d'elle. Mais elle ne savait pas quoi. Il avait le don de toujours la troubler. Rapidement, elle baissa les yeux, pour ne pas qu'il puisse voir son trouble et vint à se relever :
- Je dois aller remplacer Georgina à l'orphelinat. Elle veille sur les enfants depuis beaucoup de jours et elle se fait un peu vieille. Je reviendrais demain.
Elle retapa les oreillers de Kisos en pressant, sans faire exprès, sa poitrine près de son visage avant de remonter le drap sur son buste nu. Au même moment, Pocahontas arriver pour prendre la relève et remercia la jeune duchesse qui partit de la chambre rapidement, sans demander son reste. L'air frais de la soirée lui fit du bien. L'air de la forêt la ressourçait. Profitant d'être seule, elle retira ses chaussures pour savourer la douceur de l'herbe fraiche. Elle rentra ainsi jusqu'à son ancienne maison qui vivait sous les cris de joie des enfants qui vivaient avec entrain. En voyant la Duchesse arriver, certains se jetèrent sur elle ce qui la fit doucement rire.
- Vous avez tous pris des douches à ce que je vois. Vous allez donc avoir le droit à la surprise de ce soir.
Ils criaient de joie quand Georgina salua la jeune duchesse prenant la relève. Si Kisos était un conteur né, Charlie savait parfaitement manier la musique. Elle joua une comptine sur le piano qu'elle avait fait venir de New York et joua pour les enfants qui étaient visiblement émerveillé. Elle se sentait apaisée avec eux, sereine. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas ressentie cette sensation. Alors elle en profitait, elle savourait l'idée d'être utile pour eux et ils lui rendaient bien.
Le lendemain, au petit matin, Sora l'aidait pour le petit déjeuner. Elle avait fait des biscuits avec son aide et tenta de refaire le fameux tiramisu de Paris. C'était une attention pour Kisos, expliquait-elle a Sora qui souriait de plus belle. Mais la brune l'ignora, préférant s'occuper de son dessert. Elle n'avait pas dormie de la nuit. Elle ne cessait de penser et repenser à ce que lui avait dit le Colosse. Ainsi donc, Rose avait vu ce tableau. A moins que quelqu'un ai donné l'information à Kisos. Mais comment ? C'était invraisemblable. C'est ainsi qu'elle rumina, rumina et rumina toute la nuit. Mais au petit matin, elle voulut faire quelque chose pour lui qui, peut-être, lui donnerait un peu le sourire.
Aussi, lorsque les enfants furent tous occupés à leurs tâches, elle enfila une jolie robe qui dévoilait ses jambes encore trop blanche malgré le soleil de ce fameux printemps, attacha ses cheveux en un chignon désordonné et se rendit chez Pocahontas. Selon elle, Kisos dormait encore mais elle la remerciait pour le dessert. Toutes les deux dans la cuisine, Charlie lui demanda :
- Il a toujours eu un rapport particulier à la mort mais.. mais tu penses que c'est vrai.. qu'il.. qu'il a pu les voir ?
Elle se doutait bien que Pocahontas était au courant de quelque chose. La mère et le fils étaient profondément lié par une relation particulière qui avait toujours subjugué la jeune femme. Aussi, elle n'avait pas de doute sur la franchise et l'honnêteté de cette femme qui souriait avec douceur à la question de son ex-belle-fille :
- Le monde est insondable tu sais mais oui.. Kisos a hérité de certains de mes dons. Sora est libre de tout ça, c'est ce qui fait d'ailleurs sa différence. Elle est libérée, elle peut faire des choix sans se marteler l'esprit de toutes les incompréhensions du monde. Son don à elle, c'est d'être au dessus de tout ça mais Kisos.. il est cartésien, comme dirait Isha. Il est plongé dedans et il est tellement rationaliste qu'il veut à tout prix protéger tout et tout le monde, quitte à souffrir lui-même. Parce qu'il connait la douleur et l'odeur de la mort.
- Et Rosie.. Et Gabriel ? Ils.. Ils sont là ?
- Ils sont partout petite perle. Mais surtout ici.
Pocahontas posa avec douceur sa main sur le coeur de Charlie qui sentait ses larmes prête à venir. Elle secoua la tête pour chasser cette image éblouissante de sa fille pour venir saluer avec beaucoup de respect la cheffe amérindienne avant de quitter la maison. Elle ne pouvait pas rester ici. Elle devait partir. C'était trop difficile, bien plus qu'elle ne l'aurait cru et vivre cette vie ici, sans Rosie c'était intenable. En rentrant à la maison, Sora la vit faire ses valises ce qui l'inquiéta :
- Je ne peux pas.. Je ne peux pas rester ici.. C'est trop difficile.. Regarde.. A peine suis-je arrivée et regarde ce qui arrive à Kisos.
- Il lui est arrivé bien pire tu sais.
- Ca suffit, je ne peux rien faire ici. C'était une erreur de revenir et de rester.
- Charlie je t'en prie, je t'en supplie.. Regarde ce que tu as fait pour les enfants. Ils ont besoin de toi. Maya s'améliore en peinture et Theresa veut se mettre à jouer du piano. Tu as réglé les conflits entre Tom et Jerry. C'est le moment pour toi de prendre soin de toi aussi.
Il était vrai que depuis huit ans, les excès de Charlotte Hedlund avait défrayé la chronique mais jamais elle ne s'était sentie totalement à sa place à NY. Sora la prit dans ses bras et elle se laissa aller dans les bras de son amie dont le ventre proéminent était imposant. Cela lui faisait plaisir de la voir aussi enceinte, en pleine santé mais une douleur l'envahissait quand même en pensant qu'elle n'avait pas pu donner vie à Rosie :
- Reste au moins jusqu'au gala. Tu as tout organisé et tout le monde vient. S'il te plaît..
- D'accord.. Mais après je repartirais. Et c'est non négociable.
immarcescible, Posté le mardi 31 janvier 2023 18:37 Répondre
Cette journée tournait à l'apocalypse. Charlie se trouvait devant un Kisos qui perdait connaissance et qui souriait. Son air si détendu affolait la jeune femme qui se jetait sur lui. Elle le connaissait ô que très bien ce visage apaisé. Il allait s'en aller et c'était quelque chose d'impensable pour la brune. Se jetant sur lui et avec le peu de force qu'elle possédait, elle le maintint contre elle pour éviter qu'il ne continue à perdre trop de sang :
- Je t'interdis de partir Walker. Tu m'entends ? Je te l'interdit !
Ses yeux étaient perlés de larmes. Elle ne pouvait se retenir et le toussotement ensanglanté de Kisos l'affola de plus belle. Il souriait, il semblait si apaisé quand il semblait la prendre pour quelqu'un qu'il aimait. A qui donc il pouvait donner ces mots d'amour. Sa déesse intérieure se positionna en faveur de l'équipe Charlie mais la conscience de la brune la rabroua directement en lui rappelant ce qu'il avait fait huit années auparavant. Mais il n'était pas venu le temps de se poser de telles questions. Pour le moment, elle devait lui sauver la vie :
- Thomas ! Cours chercher Pocahontas. On ne pourra pas le soulever il est trop lourd.
C'était vrai. Nashoba comme Thomas n'arrivaient pas à soulever le colosse qui était terriblement lourd. Alors le blond partit en vitesse à cheval direction la maison de sa belle-mère. Pendant ce temps, son oncle faisait les premiers soins nécessaires comme lui avait appris sa soeur. Charlie, elle, caressait le visage du brun en retenant le plus possible ses larmes. C'était si étrange de le toucher, d'être si proche de lui alors qu'il ne réagissait plus. C'était trop de souvenirs malheureux.
- Je vais chercher un peu d'eau dans la rivière, surveille-le.
Nashoba courait à la rivière qui était plus bas et la jeune femme se retrouvait seule avec son ex-époux. Elle ne retenait plus ses larmes. C'était trop douloureux. Au fond d'elle ressurgit la Charlie effrayée, adolescente qui cherchait à sauver son meilleur ami. Sa main replaçait les mèches de cheveux du guerrier qu'elle contemplait avant de lui murmurer :
- Je t'en supplie.. mo ghrian.. ne pars pas.. pas encore.. même si je sais que Rosie et ton père t'attendent avec joie. Ne me laisse pas vivre cette existence sans toi.. Je ne pourrais pas survivre en sachant que je ne pourrais plus jamais te revoir.. J'ai besoin de toi.. Il y a.. Il y a tellement de choses que je n'ai pas encore pu te dire.. Kisos.. Reviens-moi..
Son front se posait sur le sien quand ses larmes tombaient sur le visage du brun. Nashoba avait beau revenir, elle ne bougea, se contentant de le bercer et de le tenir contre elle comme elle l'avait fait avec Rosie. Lorsqu'enfin Pocahontas arriva avec Thomas à cheval, elle pu le soigner. Charlie se détacha à regret du colosse qui était entre de bonne mains. Pocahontas lui ordonnait d'un ton ferme et autoritaire de ne pas la laisser, de ne pas partir, pas encore. Jamais encore la duchesse n'avait vu Pocahontas aussi déterminée et empressée. En même temps, elle ne pouvait que la comprendre. Elle non plus ne voulait pas voir le chef de guerre rejoindrait l'au delà.
Avec l'aide de d'autres guerriers ayant eu vent de l'état de leur chef, ils purent le ramener chez sa mère. Là, elle s'occupa de lui pendant qu'il était inconscient. Une semaine passa pendant laquelle Sora, Pocahontas, Thomas, Nashoba et Charlie se relayèrent. La dernière prenait à coeur sa mission même si elle savait qu'elle n'y avait pas sa place. Un soir, alors qu'elle faisait la lecture au colosse endormi, elle fut surprise par la venue des deux autres épouses de son ex-conjoint. Adsila partie, exilée, il ne restait désormais que Sipi et Abey. Elles saluèrent modestement la Duchesse qui s'était levée à leur entrée. Les deux jeunes femmes étaient devenues amies et avaient toujours été effrayée par cet époux si particulier :
- Vous pensez qu'il va s'en sortir, demandait Abey en posant une corbeille de fleurs près du lit du malade;
- Kisos est fort. Sa fièvre est déjà descendue. Il faut encore qu'il se repose.
Les deux femmes avaient l'air soulagés. Il était vrai qu'elles avaient beaucoup de chance d'avoir Kisos Walker comme époux. Il n'était pas de ceux qui battait leur femmes. Certes, il l'avait fait avec Adsila mais elle était d'un tempérament qui avait bien évidemment fait sortir le brun de ses gonds, plus d'une fois. C'était une rencontre étrange que Charlie aurait préféré ne pas avoir jamais. Imaginer ces deux femmes partageant la couche de Kisos lui donnait la nausée. Elle laissa donc les deux épouses et sortie, blême. Voilà bien des jours qu'elle n'avait pas dormi. Pendant qu'elle ne s'occupait de Kisos, elle avait organisé le fameux gala et dîner de bienfaisance à Jamestown pour l'orphelinat tout en s'occupant de l'éducation des enfants qui n'avaient aucune préceptrice. Le reste de son temps était dédié à Kisos Walker.
Sora prenait le relais quand elle devait des cours de mathématiques et de sciences naturelles. Elle savait parlait de la nature. La nuit, Charlie la passait au chevet de Kisos et quand tout le monde était partit, elle prenait sa main dans la sienne. Son corps émanait toujours cette chaleur si singulière. C'était une manière de se rassurer qu'il était toujours vivant. Lors de sa dixième nuit, elle fut surprise de voir Maya toquer à la porte de Kisos.
- Que fais-tu ici ma chérie ?
- Je suis venue apporter des biscuits à Kiki.. Je sais qu'il aime le chocolat.. Ça va lui donner des forces, non ?
Charlie était attendrie, elle fit venir la petite sur ses genoux et embrassa sa tempe avant de lui demander comment c'était passé son dernier cours de mathématiques. Maya expliquait qu'elle s'ennuyait et qu'elle détestait cette matière. Elle préférait largement aller dehors dessiner et peindre les oiseaux avec Charlie :
- Sans mathématiques tu ne pourras pas comprendre le principe de la perspective.
- C'est si important que ça ? Vraiment ?
Elle lui expliqua donc le principe même de cette mouvance et lui fit un mini cours d'histoire de l'art jusqu'à ce qu'elles se fassent arrêter dans son récit. En effet, Sora venait lui demander un peu d'attention. Pendant que Charlie apprenait surprise que ses parents avaient envoyé un télégramme pour l'avertir des grand noms pour le diner de charité, Maya voyait Kisos ouvrir les yeux. Elle lui souriait, toute heureuse et vint poser sa main sur son front :
- Tu as chaud au cheveux kiki ? Tu es tout mouillé ? Je dois aller chercher la princesse ? Elle va enfin retrouver son sourire.
immarcescible, Posté le samedi 28 janvier 2023 12:13 Répondre
Comment faisait-il pour rester ainsi auprès d'elle. Il semblait si imperturbable que cela peinait et effrayait Charlie. Avait-elle vraiment connu cet homme ? Il semblait si distant, si lointain. Il fermait toutes les portes et toutes les émotions possible qu'elle aurait pu comprendre ou deviner. Non, elle ne reconnaissait rien chez lui et ça lui faisait terriblement mal. Avait-elle rêvé toutes ces années ? L'avait-il vraiment aimé ? Bon sang. Il était encore plus beau que dans ses rêves. Jamais aucun homme ne pourrait égaler sa beauté, son charme, ce souffle de vie et de lumière qu'il dégageait. Ce colosse la faisait trembler d'une sensation douloureusement exquise. Lui venait l'envie de plonger sa main dans sa crinière et s'y agripper pour aspirer son souffle, l'embrasser, le dévorer, le consumer. Entendre ce faible gémissement qu'il avait quand il était excité et qu'elle posait ses mains sur lui. Sans s'en rendre compte, elle s'était mise à le contempler, le détailler, et elle mordait sa lèvre en fantasmant, si bien qu'elle n'entendit pas la demande Sora.
- Charlie, insistait-elle en touchant son coude, Charlie ça va ?
- Oh ! Euh.. Oui, oui, oui pardon. Je.. Je vais.. Je vais voir ce que je peux faire.
Le regard curieux et surpris de Kisos sur elle l'ayant surprise à le contempler la fit aussitôt rougir de honte. Il lui était incapable de se retenir et encore moins de contrôler cette atroce rougeur qui marquait ses pommettes. Mordant nerveusement sa lèvre, elle réécouta avec plus d'attention la demande de son amie qui souriait en coin. Elle connaissait ce sourire, si bien qu'elle la fusilla du regard avant de finalement bouger un peu pour se redonner un peu de dynamisme et proposa :
- Je peux organiser une soirée caritative à New-York. Ce que je trouverais dommage car les gens ne verraient pas où iraient leurs dons.. On pourrait organiser quelque chose ici. Avec la venue de ce beau monde, on ferait fonctionner le commerce de la ville ce qui remplirait un peu ses caisses. Qu'en pensez-vous ? Une fondation telle qu'un orphelinat vaut très cher.. Si nous n'avons pas des donateurs régulier ce sera très compliqué d'aider les enfants et leur apporter une éducation.
Le regard de Kisos était indescriptible. Était-il horrifié de la proposition de la brunette ou avait-il compris qu'elle s'était mise à fantasmer sur lui ? Sora allait répliquer mais Thomas surgit non loin en compagnie de Ona et de l'étalon de Kisos à vive allure. Cela surpris tout le monde qui se retournaient vers les nouveaux venus essouflés :
- Kisos ! Yuma a encore fait des siennes ! Il paraîtrait qu'il te cherche pour en découdre avec toi après avoir vu le cocard de sa mère.
- Sa mère, s'insurgeait Charlie en ayant une moue de dégoût, c'est sa mère ?
Elle n'avait pas compris le lien qu'ils avaient puisque pour elle, il s'agissait surtout d'un couple tout simplement. A voir la mine de Sora et Pocahontas, elle sut que cette histoire allait mal se terminer. Mais il lui était inconcevable de s'immiscer dans une telle histoire. Cela ne la regardait absolument pas, d'autant plus que Kisos avait parfaitement sût défendre son peuple et son territoire ces huit dernières années. Qu'aurait-t-elle pu lui dire de plus. Reprenant sa place, effacée, derrière Pocahontas, elle vit les trois hommes partir au galop dans les bois quand elle resserrait autour d'elle les plans qu'elle avait fait dans la soirée.
Sora proposa d'aller se reposer un peu. La grossesse l'épuisait et elle avait besoin d'un peu de temps pour penser à autre chose que la logistique de Jamestown. Pocahontas ne resta pas, mais Charlie oui. Elles allèrent se poser tout près du fameux lac pour s'y baigner les pieds. La citadine avait son maillot de bain sur elle, les tout premiers bikini. Le faible tissu d'une couleur bleu nuit tranchait sur sa peau laiteuse.
- Alors ? Mon frère.. Il te plaît toujours ?
- Sora je t'en prie.. Je.. Je rêvais c'est tout.
- Nanananan. Je connais ton regard Charlie. Surtout quand tu le contemples. Tu as même un peu de bave qui coule sur le coin des lèvres.
La brune riait avec son amie et pinça gentiment son coude avant de lui faire les gros yeux. Mais une fois les rire terminé, elle se confia :
- Tu sais bien que je ne l'ai jamais oublié. Il est viscéralement collé à ma peau. J'ai essayé de l'oublier avec beaucoup de monde mais sans succès. Il a toujours été mon soleil. Mais.. Mais je garde une colère profonde à son égard.
- L'amour.. La haine, répétait Sora en chantonnant amusée.
- C'est bien plus que ça. Souvent je me suis demandée à quoi ressemblerait ma vie s'il était revenu vers moi mais.. mais je ne pourrais pas.. pour la simple et bonne raison qu'il m'a abandonné. Il avait promis d'être là, coûte que coûte et il m'a rejeté. Pas parce que je suis blanche.. Je le sais bien. Mais parce qu'il croit que j'ai volontairement tué Rose.
La conversation devenait si sombre, si intime qu'elle se redressa pour poser son menton sur ses genoux. Resserrant ses bras autour de ses jambes, elle soupira lentement en cherchant le courage de ne pas pleurer. Mais les larmes venaient d'elles-mêmes. La main de son amie se posa sur son épaule et enfin, elle la prit dans ses bras. Charlie ne la repoussa pas, bien au contraire, elle était bien trop heureuse de l'avoir près d'elle :
- Parlons d'autre chose tu veux bien ? Je veux profiter de la beauté de cette journée.
Elles allèrent donc aussitôt se mettre à l'eau. Charlie raconta à Sora ses soirées à New York et ce qu'elle projetait de faire pour la soirée caritative. Une soirée, chic mais pleine de charme pour appâter les potentiels donateurs.
- On pourrait monter une immense tente à l'emplacement précis où sera l'orphelinat. Les enfants chanteraient des chansons, ils feraient une exposition d'½uvres qu'ils auraient créés. Qu'en penses-tu ?
- J'en penses que ton idée est géniale et que ma mère va adorer.
Avait-elle fait exprès de ne pas dire Kisos ? Allait-il détester son idée ? Elle n'osait pas demander et Sora en n'en parla pas non plus. Elles en resterait donc là pour aujourd'hui. Après avoir déposé son amie chez elle, Charlie se rendit en direction de la maison où Georgina s'occupait des enfants. Mais sur le chemin, elle entendit des cris provenant de la forêt. Surprise, elle hésita. Devait-elle passer son chemin. Le cri et le bruit d'un fouet résonna de nouveau et lui glaça le sang. Sans hésiter cette fois-ci elle se rendit dans l'épaisse végétation et couru même en direction des cris de douleur. Là, un spectacle horrifique l'attendait. Adsila était entourée d'un grand nombre d'hommes, ceux de Kisos. Elle était nue, attachée à deux arbres, les bras en croix et un amérindien la fouettait violemment. Des lambeaux de peau giclait sur lui. Charlie eut envie de vomir face à ce spectacle et voyant son ex-époux tout près, elle ne pu retenir sa colère avant de s'interposer entre le bourreau et sa victime :
- Assez ! Assez !
Tous les regards étaient braqués sur elle mais elle s'en fichait. Rapidement, elle jeta sa serviette sur le corps tremblant de la victime et ordonna vivement qu'on la détache. Tous les yeux allèrent sur un Kisos impassible ce qui énerva de plus belle Charlie qui préféra donc la détacher elle-même. Le silence était rompu par les pleurs et les cris de douleur de la jeune femme qui tombait sur la new yorkaise. Voir la souffrance de cette femme ne pouvait que la pousser à l'aider. Caressant ses cheveux, alors qu'elle se réfugiait contre elle, elle jeta un regard froid et noir d'incompréhension vers le chef de la meute qui n'avait toujours pas bougé :
- Il lui faut un médecin. Je ne sais pas ce qu'elle a fait pour mériter un tel châtiment mais c'est inhumain Kisos. Tu ne peux pas tolérer une telle chose. C'est indigne de toi.
Elle était furieuse de voir l'homme sombre et froid qu'il était devenu lorsqu'il s'agissait des autres. Mais ce qui la surprenait surtout, c'était avec tel détachement il avait pu s'en prendre à l'une de ses siennes. Lui qui haïssait tant les blancs autrefois, en était venu à haïr aussi les siens ? Charlie ne comprenait pas et se sentait à mille lieu du doux et compréhensible Kisos.
immarcescible, Posté le lundi 23 janvier 2023 20:24 Répondre
Charlie était incapable de parler. Toni était mort quelques heures auparavant dans ses bras et maintenant voilà que Kisos lui parlait. Non pas qu'il semble détaché mais cela ne semblait plus l'ennuyer tant que ça qu'elle puisse rester. La politesse aurait voulu qu'elle le remercie de son hospitalité et qu'il comprenne que cela est devenu important pour elle mais elle en était incapable. Une boule s'était formée dans sa gorge l'empêchant tout bêtement de s'exprimer. Elle ne pensait qu'à une chose, se rendre aux fameux rosiers qu'il avait planté pour Rose. L'attention la toucha profondément et lui fit couler une autre larme qu'elle écrasa rapidement.
Celles de Kisos elle les avaient vu aussi. Ces fameuses larmes qu'il avait tenté de dissimuler. Bien sûr que la mort de Toni leur avait rappelé en quelque sorte celle de Rose mais elle ne pouvait pas tomber dans le sentimentalisme. Non. Pas après ce qu'il lui avait fait. Pourtant, elle avait envie de le réconforter. Cruellement. Elle avait envie de l'envelopper de ses tout petit bras et le serrer le plus fort possible contre elle. Mais elle garda prostrée, les siens autour de son propre corps.
Ils allaient arriver à la maison et la lumière indiqua que Georgina ne dormait pas. D'instinct, la jeune femme ralentit le pas comme pour faire durer ce moment si singulier où ils marchaient l'un à côté de l'autre. Il semblait accepter qu'elle reste plus longtemps et cela la rassura. Dans un sens, il avait compris qu'elle était toujours de son côté. D'ailleurs, cela lui fit penser à Adsila et ce qu'elle avait vu dans les bois. Devait-elle lui en parler ? Certes, son épouse avait parlé de le destituer. Mais si elle se trompait ? Le nouveau tempérament de Kisos semblait violent à son égard, aussi, elle ne voulait pas qu'il assassine cette jeune femme.
Arrivée près du perron, elle s'arrêta et vint lui faire face. Il était encore plus grand que dans son souvenir et cela la fit légèrement sourire en pensée. Grelottant un peu de froid, elle frotta ses bras avant de lui dire d'une voix basse, comme un murmure :
- Merci de m'avoir ramené l'autre soir. Mitchell, le gérant du bar, il m'a dit que tu m'avais raccompagné jusqu'à ma chambre.
Elle n'avait pas honte de l'état dans lequel elle s'était mis. C'était de savoir que Kisos l'avait vu dans cet état qui l'ennuyait. Elle venait de baisser les yeux, et aurait voulu s'effondrer sous terre mais rien ne se passa. Le mouvement de bras du jeune homme lui fit penser qu'il allait la toucher mais elle fit en sorte de s'esquiver sans savoir s'il s'agissait vraiment de ça. Les mots "Pars. Je ne veux plus te voir", résonnaient à nouveau dans son esprit. Aussi, elle préférait s'éloigner de nouveau de lui.
- Tu devrais faire attention. J'ai entendu quelqu'un dire tout près du ruisseau ce matin qu'ils voulaient te destituer. Je ne sais pas précisément qui mais.. mais tu devrais faire attention. Certaines personnes te veulent du mal et je ne voudrais pas que quelque chose t'arrive.
Même si elle gardait une profonde rancune au fond d'elle, elle ne voulait sincèrement pas que quelque chose lui arrive. Ne pas lui dire de qui elle l'avait entendu lui permettrait peut-être de ne pas trop se mêler de sa vie privée. Montant les marches du perron, elle se retourna une dernière fois une fois qu'elle tenait la poignée de la porte entre ses mains :
- Rentre chez toi il fait froid, dit-elle doucement, demain j'aurai un tas de choses à te présenter pour l'orphelinat. Il y a intérêt à ce que tu sois en forme car tu sais à quel point je peux être énergique quand je suis inspirée.
Elle avait esquissé un léger sourire. Elle sentait qu'il en avait besoin et même elle ne pouvait s'empêcher de lui offrir ce qu'il appelait autrefois, son réconfort. Même si ce n'était plus le cas, elle se disait au moins qu'il partirait sans doute un peu plus léger de cette soirée. En rentrant, elle fut suivie du regard par Georgina qui demanda où serait enterré Toni. Charlie lui expliqua ce qu'avait précisé Kisos et lui ordonna ensuite d'aller se coucher. La maison était si silencieuse mais on sentait qu'elle vivait de nouveau. Assise sur le perron du jardin, elle observa en fumant ce qui restait de ce qu'elle avait fait pousser. Incapable de dormir, elle se mit donc au travail et bâcha la terre avant de retirer toutes le feuilles et autres arbres morts. Elle jardina ainsi toute la nuit et au petit matin, elle prépara ce qui ressemblait du mieux qu'elle pouvait à un petit déjeuner aux enfants. Ils étaient trop polis pour oser critiquer son porridge mais elle le vit rapidement à leur tête. C'était la même que celle de Kisos. Désemparée par son manque de talent en cuisine, elle fut rapidement sauvée par Sora qui arrivait avec de quoi les sauver.
- Kisos m'a dit d'apporter de quoi manger pour ce matin mais je vois que tu as déjà servis ces petits chérubins.
- Ton frère me connaît bien.. Ou du moins, son estomac a certainement eu des mauvais souvenirs de ce que je lui offrais à manger.
Charlie souriait un peu de ce souvenir et rassura son amie en la laissant donner à manger aux enfants. Elle en profita pour aller se doucher rapidement et s'habilla d'une robe courte, légère à volant d'un bleu pâle très doux. Ses documents sous la main et pomponnée à la perfection, elle rejoignit Sora qui était en grande conversation avec Pocahontas et.. le grand Kisos. Charlie retira ses lunettes de soleil et s'excusa de les déranger :
- Je repasserais plus tard.. Je vais au jardin en attendant.
En effet, les histoires de famille des Walker ne la concernait plus désormais. Alors qu'elle s'était assise dans le jardin à dessiner des fleurs et des oiseaux qui se perdaient sur les branchages elle réfléchissait. Etait-il raisonnable de rester en sachant qu'elle risquait de détruire l'éco-système de Kisos. Après tout.. Il réussissait brillamment depuis qu'il l'avait quitté.
immarcescible, Posté le dimanche 22 janvier 2023 12:37 Répondre
Ce regard la poursuivre éternellement. Ces deux billes d'un bleu étincelant. Charlie en était encore terriblement troublée. Quelques minutes à peine, Kisos se tenait devant elle. Il était lui aussi à la fois troublé et en colère. Sa remarque sur l'alcool la fit rougir. Serait-il possible qu'il l'ai vu la veille ? Gênée, elle préféra détourner les yeux plutôt que de continuer à le dévisager de la sorte. Non seulement parce qu'il était marié, parce qu'il l'avait fait souffrir et parce qu'elle l'aimait toujours. Elle aurait beau le nier, il était dans sa chair. Ce n'était pas pour rien qu'elle avait tatoué ce soleil sous son sein, près de son coeur. Ça a toujours été lui son souffle de vie, sa vitalité. Mais maintenant.. Que restait-il de tout ça, hormis une amertume profonde qui ne voulait pas disparaître.
Sora fit ce qu'elle avait promis de faire et éjecta le colosse en dehors de l'hôtel. Loin d'elle. Mais ça ne pouvait pas suffire. C'était trop tard. Le coeur de Charlie rebattait de nouveau et il ne fallut que quelques minutes pour que cela reparte.
Sans attendre son reste, la brune décida d'aller tenter une balade en extérieur pour souffler, s'exiler. Son carnet de croquis dans la main, elle arpentait la forêt en faisant des croquis de la végétation essentiellement tout en cueillant quelques fleurs. C'était pour son herbier. Mais alors qu'elle tentait de se vider l'esprit, la rencontre avec la première femme de Kisos la laissa sans voix. Une envie de vomir la prit mais elle eut le bon réflexe de se rendre la plus discrète possible.
En quoi le sort de Kisos Walker lui importait après tout ? Il n'avait aucune considération pour elle. Pourquoi s'en inquièterait-elle ? Perdue dans ses pensées, elle ne se rendit pas compte qu'elle arrivait à proximité du campement où se trouvait les enfants de l'orphelinat. C'était sommaire mais au moins ils avaient un toit. Alors qu'elle observait les lieux, elle se mit à dessiner les futur plans d'une potentielle maison et pas d'un simple campement comme l'avait proposé l'architecte dans l'après-midi. Charlie n'avait pas eu le temps d'en parler à Sora mais il était hors de question qu'ils vivent dans des baraquements rappelant ceux des esclaves. Aussi, elle s'était mise à dessiner autre chose qu'elle pensait proposer à son ex-belle-soeur.
Dessiner lui avait toujours permis de se soustraire à la réalité. Là encore, elle ne se rendit pas compte qu'une petite voix l'appelait et c'est en relevant les yeux de son carnet qu'elle vit Kisos tenant la main d'une petite fille qui devait avoir l'âge de Rose. Sentant son coeur se serrer et prêt à exploser, elle cru avoir une vision qui la submergea d'un sentiment encore plus violent. C'en était trop pour une journée. Elle n'allait pas tenir, c'était impossible. Ce rêve là, elle l'avait tellement fait qu'elle avait même cru que dans une existence parallèle ils auraient pu vivre ainsi. Sans guerre, sans douleur, sans regret. Quel magnifique rêve n'est-ce pas ?
- Bon.. Bonjour, murmurait-elle comme effrayée de voir le rêve disparaître.
Mais trop tard, Kisos partait. Il l'avait même appelé par son prénom entier. Il lui semblait bien que jamais il ne l'avait fait. Sauf lors de leurs disputes. Il continuait à mettre une telle distance entre eux qu'elle avait l'impression d'être devant un inconnu. Son oeil d'artiste pu, le temps qu'il fut devant elle, mieux observer et détailler certaines nuances qui avaient évolué chez Kisos Walker. Il était plus grand, plus impressionnant, plus colossal, plus fort. Il y avait du Gabriel chez lui et pourtant, elle ressentait toute la puissance des Powhatan. Il était un magnifique chef de guerre qu'elle avait envie de peindre. Cela la fit sourire en pensée quand elle s'attardait sur son buste recouvert de tatouages. Elle n'eut pas le temps de bien tout détailler car il l'avait fuit une fois de plus.
La petit Maya vint prendre sa main et lui refit faire le tour du propriétaire. Déjà dans la journée, Charlie avait été horrifiée des conditions de vie dans lesquelles ils vivaient et la dame qui s'occupait d'eux était visiblement dépassée par la tâche même si Pocahontas venait souvent l'aider. Alors que la jeune duchesse lisait un livre tout près de Tony qui se mourait, l'amérindienne vint avec le repas du soir. Elle ne fut pas étonnée de voir son ex-belle-fille ici et lui offrit un sourire un peu triste mais somme toute très doux. Maya était sur les genoux de la princesse, comme elle aimait l'appeler et lorsqu'elle lui demanda pourquoi elle l'appelait ainsi, la petite fille répondit honnêteté :
- Parce que Kiki a toujours raconté son histoire et de la princesse aux cheveux couleur de lune.
- Mais mes cheveux ne sont pas blanc..
- Oui mais tu as le même sourire qu'elle, comme Kiki a dit, c'est un vrai pouvoir magique. Il nous a tous réconforté quand tu es venue.
Charlie avait envie de pleurer. Pourquoi Kisos avait-il raconté ça ? Elle serra plus étroitement contre elle la petite fille et embrassa sa tempe sous l'oeil attendri de Pocahontas. Laissant par la suite les enfants manger, elle s'approcha de la brune et lui demanda :
- Vous n'avez pas d'autres lieux pour les abriter ? C'est sommaire..
- Kisos ne veut pas qu'ils soient envoyés autre part. Il surveille régulièrement le lieu pour s'assurer qu'ils vont bien. Beaucoup ont subis de lourds traumatismes et ont encore besoin de soin.
- Est-ce qu'il pratique encore la médecine ?
- Sommairement.. Pour les enfants. La plupart du temps il s'occupe de la gestion de la ville et de la réserve.
Elle réfléchissait à toute vitesse. Beaucoup d'enfants toussotaient et semblaient complètement frigorifié à cause de l'humidité. Charlie avait dû mal à se dire qu'elle allait rentrer dans son confort quand ils vivaient encore comme des mendiants.
- Tu ferais mieux de prévenir ton fils que je vais le faire hurler de rage..
- Comment ça ? Que comptes-tu faire ?
- Les enfants ! Est-ce que vous avez déjà été dans un château ?
Ils la regardaient incrédule sans comprendre. Sans attendre plus longtemps, elle leur indiqua de prendre toutes les affaires et de la suivre. Elle connaissait un endroit parfait pour pouvoir les mettre à l'abris et où ils seraient en sûreté de surcroit. Pocahontas ne disait rien, elle laissait faire. Intérieurement, elle se disait que la venue de Charlie n'était pas un simple aller-retour et cette idée la réconfortait. Peut-être qu'elle ferait revenir Kisos. Les enfants suivaient tous à la file indienne la princesse de l'histoire comme disait Maya. Ils devaient donc lui faire confiance. Pendant ce temps, Pocahontas allait prévenir sa fille.
C'est juste avant le coucher du soleil que Charlie arriva avec Georgina, l'infirmière qui s'occupait des enfants, dans la maison qu'elle avait occupé et habité avec Kisos. Elle ouvrit les fenêtres en grand, alluma tout un tas de bougies et sortit tous les plaids et couverture de toutes les armoires. Les enfants couraient partout, sautaient de joie devant la beauté et la richesse de la maison qui était resté intact. Les dessins de Charlie aux murs y étaient encore et Maya observait tout ça comme s'il s'agissait d'un rêve :
- C'est ton royaume, demandait-elle à Charlie en touchant le mur fascinée, moi aussi je veux une maison comme celle-ci.
- Tu l'auras très bientôt je te le promets.
Il y avait du travail à s'occuper de quinze enfants. En bonne duchesse qu'elle était, Charlie fit donc transférer toutes ses malles et affaires dans la maison qui avait reprit vie. Tony avait été installé dans l'ancien cabinet de Kisos où Georgina pouvait plus facilement le surveiller. Une fois que les enfants furent tous couchés, elle vint le rejoindre et le surveilla tout en dessinant. Veiller sur un enfant mourant la perturbait. Sans le savoir, elle ressentait les mêmes affres que Kisos en pensant à Rose. Le petit garçon toussait beaucoup, très fort et se recroquevilla sur lui-même. Avec douceur, Charlie vint caresser son front et tenta de le rassurer :
- Princesse.. Vous croyez que je pourrais revoir mon papa et ma maman un jour.
- Je suis persuadée qu'ils t'attendent petit homme.
- J'ai si hâte de ne plus avoir mal..
Les yeux embués, Charlie restait auprès de lui et sentait venir la prochaine quinte de toux. C'était horrible que de voir les dernières forces vitales de cet enfant disparaître et lorsque dans la nuit il vint enfin à s'endormir pour de bon, elle relâcha toute la pression de cette journée si étrange. Les trois femmes de Kisos, Kisos lui même, Adsila, le pourquoi de sa présence, le manque de Kisos, la douleur d'avoir perdu Rosie. Elle pleurait en continuant de bercer le petit garçon qui ne réagissait plus désormais. Au même moment, Kisos apparaissait sur le pas de la porte mais Charlie était incapable de partir. Elle tenait fermement contre elle le petit garçon apaisé qui s'en était allé.
immarcescible, Posté le vendredi 20 janvier 2023 12:54 Répondre
Le réveil fut brutal pour Charlie même si elle était plutôt fière d'elle-même. Elle avait fait le trajet retour sans aucune égratignure et en plus toute seule. Il aurait pu être mal perçu qu'elle rentre accompagnée, chose qu'elle faisait souvent à NY quand elle était saoûle. En se regardant dans le miroir, elle y vit ses traits tirés et grogna un peu. Ona n'avait visiblement pas tenté d'abuser d'elle. Ce qui était aussi une belle nouvelle. Prenant un long bain toute la matinée, elle essaya de se remémorer la soirée. Elle avait bu.. Beaucoup trop bu. L'ambiance avait été fortement sympathique. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir le parfum de Kisos dans le nez. Comment se faisait-il ? Elle avait beau tenter de se remémorer tous les souvenirs de la soirée, à aucun moment elle ne se souvint l'avoir vu. Elle s'en serait souvenu.
En sortant du bain, elle fit un peu de rangement pour que la femme de ménage en ai moins et décida de mettre un simple petit pantalon de toile et une chemise blanche. Elle avait besoin de confort et ses robes ne l'étaient absolument pas pour pouvoir galoper. Aujourd'hui, elle avait prévu une balade à cheval avec Ona. Il lui avait promis avant de succomber au pouvoir insolent du champagne. Les quelques bribes de la soirée revenait à Charlie qui riait doucement. Ils avaient le rythme dans la peau ces Powhatan se disait-elle, quand le souvenir tendre de Kisos la faisant valser lui fit perdre toute joie.
Pourquoi revenait-il autant dans son esprit depuis ce matin ? Cela la contrariait. Est-ce que revenir ici l'a chamboulait à ce point ? Pendant son petit déjeuner, elle mangea avec un fort appétit tout en dessinant. L'hôtel n'était pas luxueux mais le nécessaire y était confortable. C'était agréable de revoir la ville aussi pleine d'entrain. Le dernier souvenir de la brune en était un peu plus violent. Vite, penser à autre chose. Après avoir mangé à sa faim, elle se rendit aux écuries de l'hôtel et demanda un cheval pour sa balade. Le palefrenier lui confia une jument confortable pour le trot et un peu de galop. De toute façon, Charlie ne comptait pas faire une course.
Ona était en retard. Que faisait-il ? Alors qu'elle se rendait le long de la rivière, elle se laissait porter par la jument. Très vite, elle se retrouva à proximité de la réserve qui était parfaitement scellée. Ces impressionnants murs de rondins de bois inquiétait Charlie. Est-ce que le coeur de Kisos était devenu comme ce fort ? Impénétrable. Soudain, elle eut beaucoup de peine pour lui. Il avait forcément souffert de la disparition de son père, son héros et de Rose. Mais est-ce qu'il avait eu une pensée pour elle ? Est-ce qu'il subsistait encore dans son coeur un quelque chose d'affection pour eux ? Pour ce qu'ils avaient vécu ?
Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas sortir de la réserve un petit attroupement de femmes qui se dirigeaient vers la rivière. C'est aux pleurs de l'une d'entre elle que Charlie se retourna. Son mouvement fit sursauter le groupe qui la regarda avec défiance :
- Vous êtes sur nos terres. Partez, hurlait l'une d'entre elles, ou je serais obligée de prévenir nos hommes.
- Je vais partir mais est-ce que votre amie va bien ? On dirait qu'elle a besoin de soin.
En effet, l'une des femmes se cachait le visage. Le peu que Charlie avait vu était bleuté et encore plein de sang. Elle avait été frappée. Les autres femmes tentaient de dissimuler la blessée quand la brune ne cherchait pas à s'inquièter de leurs méfiances :
- Laissez-moi voir..
En arrivant près de la victime, elle pu constater une violente marque sur son visage ainsi qu'une blessure conséquente qui lui donna très vite mal au coeur. Elle se retint de vider son estomac sur le sol et prit une ample inspiration :
- Qui vous a fait ça ?
- Qu'est-ce que ça peut bien vous faire ?
- Venez avec moi. Je sais qui pourra vous soigner.
Sans attendre, Charlie prit le poignet de la jeune femme et l'entraina avec elle et sa suite jusqu'au tipi de Pocahontas. Sora lui avait dit où elle vivait depuis la reconstruction du fort et de la ville. Un peu excentrée, elle s'était constituée une sorte de petite ferme à l'écart des autres où elle pouvait user de ses dons avec plus de discrétions. En voyant arriver la troupe et Charlie, la vieille femme s'inquiéta et blêmit en voyant avec qui son ex-belle-fille arrivait :
- Adsila ! Que s'est-il passé ?
- A votre avis ? Votre fils.. Encore une fois.
Charlie venait à peine d'aider la jeune femme à s'asseoir qu'elle sentie son ventre se tordre. Kisos ? Jamais il n'aurait fait une telle chose. Une telle violence défoulée sur cette jeune femme ? Qui était-elle ? Son amante ? Sa femme ? Pocahontas vit le regard troublé de la jeune femme et se dit qu'elle lui parlerait plus tard. Pour le moment, elle devait soigner la blessée et s'y attela sans pour autant trouver d'excuses à son fils ce qui surprenait encore plus Charlie.
- Je.. Je dois vous laisser. Mon cheval est seul près de la rivière..
Sans attendre son reste, la brune reprit le chemin inverse le plus rapidement possible. Cette matinée commençait trop étrangement. Le souvenir de Kisos de plus en plus vivace. Son parfum. Cette violence et cette fureur dont faisait preuve cette Adsila ne présageait rien de bon pour la brune. Elle devait rentrer à NY. Elle n'avait rien à faire ici. En descendant jusqu'à la rivière, elle fut surprise de voir Ona tenir les brides du cheval de l'hôtel.
- Tu m'as abandonné, le sermonnait gentiment Charlie en reprenant les rênes, où étais-tu passé ?
- Charlie écoute.. Je ne peux pas te parler.
- Oh.. Pourquoi ça ? On a pas.. On a pas..
- Quoi ? NON ! NON ! NON ! Je tiens à ma vie. Mais.. Mais Kisos est au courant que tu es ici et.. et il veut que tu partes.
C'en était trop pour une seule et même matinée. Charlie mordait sa lèvre inférieure, à la fois blessée de nouveau et mécontente. Avait-elle vraiment espéré au plus profond d'elle-même le revoir ? Le reconquérir ? Elle était perdue, prête à pleurer devant Ona qui semblait sincèrement désolé. Elle voyait bien qu'il avait encore la riposte de Kisos sur les traits :
- Merci de ton honnêteté Ona. Maintenant, si Kisos Walker a quelque chose contre moi et si.. et s'il veut que je quitte Jamestown il devra venir devant moi et me le dire en personne. Tu m'excuses, j'ai des papiers à signer.
Sans attendre son reste, elle grimpa sur sa jument et partie au galop rapidement avant que ses larmes ne coulent devant son vieil ami. En arrivant en ville, plus précisément à l'hôtel, elle laissa la jument à la surveillance de l'écurie et tomba sur Sora qui la cherchait aussi, essoufflée :
- Ma mère.. Ma mère m'a dit.. elle m'a dit que tu avais vu les filles..
- Les filles ?
- Oui.. Adsila et les autres. Les épouses de Kisos.
- Les.. Ses.. Ses épouses ?
Sora s'en voulait d'avoir vendu la mèche auprès d'une Charlie qui n'en pouvait plus. S'écroulant dans un des sofa du petit salon de l'hôtel, elle fit signe au serveur de lui apporter un cokctail. Elle ignora le regard mécontent de son ami et vint boire cul sec son verre avant d'allumer une cigarrette :
- Tu m'avais promis qu'il ne serait pas ici Sora. J'ai envie de partir mais j'ai fais un engagement auprès de toi. J'exige que tu tiennes le tien.
immarcescible, Posté le mardi 17 janvier 2023 19:45 Répondre
La beauté de la réserve avait toujours ému Charlie. Les couleurs de la forêt, les aléas du vent dans les arbres, le son des ruisseaux et la vivacité de l’eau dans les cascades. Le soleil aussi n’était pas le même ici. Tout enchantait la jeune femme. Difficile de se dire qu’il y a huit ans elle avait fuit cette terre promise qui n’était plus que charnier. Il était indéniable que Kisos avait fait un travail de maître et qu’il avait parfaitement su remonter sa réserve. Les amérindiens étaient plus nombreux et légitimes sur leurs terres. Fait dont elle n’avait jamais douté.
Après sa rencontre avec Pocahontas fort émouvante, elle la rassura aussitôt et versa même quelques larmes avec elle en lui assurant qu’elle ne tenait aucun grief de cette fameuse journée. Jamais. Cela sembla apaiser un peu la princesse qui avait certes vieillie mais qui avait sut garder sa beauté intacte.
Elles passèrent ainsi toute la journée ensemble. Charlie découvrir ces fameuses terres qui étaient à son nom et dont la subtilité de Gabriel fit rire sa veuve :
- Il avait beau être grognon mais il était toujours très juste petite perle.
Charlie ne voulut pas la contredire, surtout qu’elle souriait et que l’éclat du regard de son ex-belle-mère l’ému. C’était toujours le même qu’elle avait même s’il était mort. Elle se demandait encore s’il était possible d’aimer à ce point quelqu’un. Sa conscience lui rétorqua un « OUI » sonore, quand sa déesse intérieure voyait rouge. L’amour était un bien grand mot qui n’avait plus aucun intérêt pour la new-yorkaise.
La rencontre avec les enfants de l’orphelinat la bouleversa. Ils venaient la saluer chaleureusement. Leur spontanéité, leur accueil fit fondre le coeur un peu trop fermé de la jeune femme. Elle s’assura qu’ils ne manquaient de rien et que l’éducation qu’ils allaient recevoir serait la bonne :
- Qui s’occupera de donner des cours à ces enfants.
- Pour l’instant personne, expliqua Sora, personne de nous n’a les compétences nécessaires pour ce poste.
- Je vous trouverais quelqu’un.
C’était un engagement qu’elle comptait tenir sans se douter une seconde des conséquences qu’il aurait. Après avoir laissé les enfants, elles allèrent se promener mais Pocahontas les laissa un moment seules. Elle avait des patients à aller voir. En effet, depuis la mort de Gabriel elle avait repris l’activité de son époux et soignaient les pauvres blessés ou malade de la ville. Même les blancs venaient à elle.
- Tout semble parfaitement se passer, dit Charlie en marchant aux côtés de son amie, on va fêter ça avec un verre ?
- Oh.. Tu sais.. J’ai Gabriel à aller nourrir et je suis enceinte. Je ne bois pas.
- Ah.. C’est qu’il n’est pas tard.. Je me disais qu’on aurait pu aller fêter ça.
- J’aurais adoré Charlie mais.. mais demain ? Thomas sera à la maison et je pourrais m’absenter, d’accord ?
- D’accord, embrasse les pour moi.
Sora partie donc et Charlie se retrouva seule devant son hôtel. Elle s’ennuyait déjà. Comment allait-elle tuer le temps jusqu’à demain ? Elle décida de marcher un peu et sans s’en rendre compte, elle atterrit devant la fameuse maison. Celle qui aurai dû accueillir sa famille. C’est avec une émotion certaine qu’elle en fit le tour, attristée de voir qu’elle avait été abandonnée. Les fleurs et autres arbres qu’elle avait planté avaient merveilleusement bien poussé. Elle vint retirer un peu quelques mauvaises herbes et cueillis quelques roses.
En entrant dans la maison, elle se rendit compte que rien n’avait changé. C’était comme si le temps était figé. Trop d’émotions lui revint et encore une fois, elle cru voir son fantôme. Alors, sans attendre, elle se rua à l’extérieur et repris le chemin de l’hôtel. En arrivant, encore bouleversée de ce qu’elle avait pris pour un fantôme elle fut appelée par une voix familière :
- Charlie ! Charlie !
- Ona ?
- Mais que diable fais-tu ici ?
Il venait enlacer la jeune femme en riant, visiblement heureux de la voir. Elle lui offrait un doux sourire en lui rendant son accolade et discuta quelques instant avec lui de la pluie et du beau temps mais surtout pas de celui-dont-elle-ne-voulait-pas-prononcer-le-nom.
- Que fais-tu ce soir ? Il y a des bars, des clubs d’ouverts ici ?
- Oh.. Je vois que madame aime danser.
- Picoler serait le terme exact.
- Figure-toi qu’il y a un petit bar qui propose ça en bas de la ville, près du cours d’eau. Je passe te prendre dans une petite heure ?
- Parfait, le temps de me changer.
Ils se saluèrent et elle rentra à l’hôtel. En effet, elle avait besoin de boire pour oublier un peu cette journée chargée. Elle opta pour une petite robe en satin qui dessinait scandaleusement ses formes. Ses cheveux ondulaient légèrement, encore mouillés du bain et des talons soulignaient ses petites jambes malgré tout très fines. Un rouge à lèvre criard sur les lèvres et ses yeux légèrement maquillé, elle attendait Ona au bar de l’hôtel en buvant un cocktail.
Quand il arriva, il portait un costume européen ce qui étonna la brune.
- Ne juge pas.. Le dress code est bien précis là-bas.
- Etrangement ce pantalon te rapetisse tu sais.
Elle était déjà fluette et rêvait déjà de perdre un peu la tête en s’enivrant et dansant. Le jazz résonnait à fond sur les berges de la rivière. Le club était à l’air libre et plusieurs jeunes s’y trouvaient. Un groupe jouait et le bar servait à volonté. Charlie fumait, buvait, avait les mêmes réflexes qu’à New-York. Elle riait, bousculait sans se soucier des moindres conséquences. C’était la liberté. Ona était à la fois intrigué et inquiet.
Il savait que si son ami voyait son ex-femme de la sorte il risquerait sûrement de faire un carnage. Aussi, il veillait sur la jeune femme qui se mit à animer la soirée plus que de raison, notamment en achetant et buvant plusieurs bouteilles de champagne pour elle et tout le monde. Le barman vint même à dire à Ona qu’elle avait pratiquement vidé son stock.
immarcescible, Posté le lundi 16 janvier 2023 22:55 Répondre
L’aveu de Sora la fit doucement sourire. Elle retrouvait un peu de son amie qui était si sincère qu’elle ne mâchait pas ses mots. Charlie souriait oui, enfin. Etait-ce l’alcool qui l’avait un peu détendue ou juste le fait de retrouver son amie. La cause qu’elle défendait était juste et cela fit culpabiliser Charlie d’avoir osé mettre un potentiel frein à celui-ci. Prenant rapidement l’amérindienne entre ses bras, elle l’enlaça fermement en lui faisant la promesse de la suivre jusqu’à Jamestown pour s’occuper des papiers.
- Vraiment ? Vraiment tu rentres avec nous ?
- Oui mais à une condition et tu l’as parfaitement dite..
- Je ferais en sorte qu’il ne soit pas là. Du moins, pas à proximité de toi. Mais tu sais comment il..
- Sora..
- Oui, oui, oui. Je ferais mon maximum, promis.
Il fut donc convenu que Charlie rejoigne Jamestown à la fin du mois. Cela lui laissait largement le temps de finir son exposition et de mettre ses affaires en ordre. Lorace ne comprenait pas ce soudain changement chez sa fiancée. Elle si délurée et ayant aucunement conscience des conséquences semblaient soudainement prise de maturité.
- Mais depuis quand tu possèdes des terres là-bas.. Tu connais donc les Walker ? Et les Powhatan ? Mais pourquoi tu ne m’as jamais rien dit ?
- Parce qu’il n’y a rien à en dire. C’est une période de ma vie révolue. Je n’ai rien là-bas si ce n’est des souvenirs que je veux oublier.
- Lesquels ? Un amoureux secret qui n’a pas accepté tes avances.
- Tu es drôle, très drôle mon cher.
Elle dû faire preuve de beaucoup de diplomatie pour ne pas qu’il s’énerve mais finalement, elle partie pour Jamestown. Cette fois-ci, elle prit le train. Après plusieurs jours enfermée dans sa cabine elle fut récupérée par Thomas qui était venu la chercher à cheval. Seulement, sa tête changea littéralement de couleur en voyant le nombre de valises que possédait la jeune femme :
- Je n’allais quand même pas partir sans mes outils de peinture et mes robes.. Jamestown a beau être le bout du monde, je ne me séparerais pas de mes breloques.
Le voyage jusqu’à la ville mit plus de temps que prévu. Ils durent en effet louer une charrette et arriver tranquillement par la route qui était jonchée de trous en tout genre. Mais cela n’ennuyait pas Charlie. Elle savourait de pouvoir prendre le temps. Le chant des oiseaux, le silence de la forêt et les arbres si haut. Elle en avait presqu’oublié la beauté de ce lieu.
La réserve avait beau être le poumon de la ville, il n’en restait pas moins qu’un petit bourg pour les blanc persistait encore. Notamment la vieille maison où elle avait vécu avec Kisos. En voyant Thomas prendre le chemin de la maison elle lui interdit formellement de continuer :
- Emmène moi à l’hôtel, c’est un ordre !
- Mais enfin.. Charlie.. C’est un endroit miteux.
- Moi vivante.. Jamais plus je n’entrerais dans cette maison tu m’as bien comprise ?
Le blond se résigna et se rendit donc en vill pour conduire la jeune duchesse à l’hôtel. Tout le monde était cérémonieux à son égard quand elle ne rêvait que de se coucher et de se laver. Elle reconnut quelques visages qu’elle salua poliment avant de demander de manière expéditive, la clé de sa chambre. Aidé de Thomas, le lobby boy était un petit amérindien dont la moue si adorable fit craquer Charlie. Elle lui donna un bon pourboire et quelques friandises qui le fit sourire.
- Tu seras bien installée ici.. Mais tu manqueras d’espace et puis.. le bruit de la ville.
- Je vis à New-York. Rien ne peut être plus bruyant que New York Tommy. Ça ira je te le promets. Merci encore d’être venue me chercher.
- Merci à toi d’être là. Sora viendra te chercher demain matin pour aller chez le notaire.
- Je veux voir le maître d’½uvre ensuite.
- Pour.. Pourquoi ?
- M’assurer que les travaux seront fait dans les temps. Il est hors de question que je quitte cette ville sans avoir pu constater que tout se passera dans les meilleurs délais.
La maturité et la voix ferme de Charlie lui donnait vraiment des airs supérieurs qui impressionnait Thomas. Il la salua donc et décida de rentrer chez lui où Sora donnait à dîner à Gabriel :
- Tu as mis un temps pour rentrer.. Tout va bien ?
- Oui, oui, oui.. Mais j’espère que ton frère ne va pas trouver ce cerf avant un moment. Je crois bien que Charlie va rester plus longtemps que prévu. Et crois-moi, elle ne passe pas inaperçue.
Le lendemain, Charlie attendit Sora devant l’hôtel. Elle portait une petite robe pâle à fleur rose et des escarpins. Ses jambes toute blanche brillait quasiment avec le soleil quand sa crinière brune tombait en pagaille sur ses épaules. Elle tenait sa capeline qui manquait de s’envoler quand elle s’impatientait du retard de son amie. Sora l’avait-elle oublié ?
Sans prendre la peine de l’attendre une minute de plus, elle décida de marcher un peu. La ville avait bien grandit et avait bien changé. Tout semblait si différent qu’elle en avait presque l’impression de ne rien reconnaitre. Quelques personnes la saluait et elle leur rendait leurs salut poliment. Des vieilles femmes qu’elle avait côtoyé du temps de la candidature de Kisos. Très vite, la chaleur l’oppressa. Elle décida donc de rejoindre la forêt pour retrouver le cours d’eau où elle aimait tant autrefois se baigner les pieds.
Ces longues balades dans les bois lui manquait tant.. Qu'était devenue Tokela ? Ses parents avaient refusé qu'il monte dans le bateau. De toute façon, il avait été introuvable selon son père. Etait-il toujours en vie ? Poursuivant le petit chat noir ?
Elle marcha un moment et en retira même ses chaussures. Une fois arrivée, elle fut une fois de plus submergée par la beauté de cet endroit. L’eau était fraiche et accueillante, cela fit sourire la brune qui s’amusait à éclabousser les écureuils qui passaient tout près. Assise sur un rocher, elle prenait le soleil, simplement.
Charlie savait, d’après Sora, que les cendres de Rose et Gabriel avaient été éparpillée dans la forêt. Alors, la jeune femme se mit à espérer que sa petite fille soit là, près d’elle et que l’éclaircit du soleil soit justement un bonjour de sa part. Cela l’ému et lui fit tomber une larme sur sa joue :
- Bonjour ma petite fleur ma douce Rose, murmurait-elle, tu me manques tous les jours tu sais. Ô Rosie chérie.. Tu serais si grande maintenant..
Alors qu’elle parlait à sa petite fille, un bruit dans les bois la fit se redresser. Elle avait presqu’oublié que les bois pouvaient être dangereux. Alors qu’elle remettait son chapeau sur sa tête et qu’elle récupérait ses chaussures, elle cru voir deux prunelles d’un bleu étincelant la fixer. Mais la forêt d’en face était si sombre qu’elle cru avoir une illusion. Se pourrait-il que ce soit lui ? Alors qu’elle allait faire un pas, Sora surgit du bois près d’elle et la gronda comme s’i s’agissait d’une enfant :
- Je suis là.. Je suis là.. Tu m’as fais attendre en plein soleil, tu t’attendais à quoi ?
Elles remontèrent ensemble jusqu’à la ville. Charlie ne voulut pas parler de ce qu’elle avait cru voir dans les bois. Après tout, son amie lui avait promis qu’il ne serait pas là.
immarcescible, Posté le lundi 16 janvier 2023 16:04 Répondre
Charlie fumait en écoutant Sora. Sans réaction depuis le début du repas, elle écoutait simplement. C'était si étrange. Etrange de se retrouver devant elle dans un restaurant à New York. La vie était si étrange. L'enfant était plein de vitalité et ne cessait de babiller. Rose, c'est comme ça qu'elle avait appelé leur fille, aurait eu huit ans cette année. Elle aurait eu un petit cousin avec qui jouer et les même yeux que Gabriel. Souvent elle pensait à elle et l'imaginait grandir. Mais jamais elle ne parlait dans ses rêves. Elle était toujours silencieuse. Aussi, c'était perturbant pour la jeune femme de voir ce mini Walker avec autant d'énergie quand elle-même voyait sa fille-morte inanimée.
Elle avait des difficultés à manger quand Thomas semblait se ravir le palais avec tous les plats qu'ils avaient commandés. Mais Charlie avait l'estomac noué. Contrairement à ce qu'elle aurait souhaité, elle ne voulait qu'une chose, savoir ce que devenait Kisos Walker. Mais sa langue ne la laissait aucunement exprimer un tel souhait. A quoi cela servirait si ce n'est se faire du mal. Finissant la bouteille de champagne qu'elle avait entamé, elle inspira profondément pour donner quelques nouvelles de sa famille et dire que tout le monde allait bien en somme, jusqu'à ce que Sora la coupe en venant poser sa main sur la sienne. Elle ne supportait pas de voir son amie aussi détachée, distante, elle qui était si enjouée autrefois.
Les yeux au bard des larmes, Charlie planta ses iris charbonneux dans ceux de Sora. Elle ressemblait tellement à sa mère que ça en devenait indécent. Passant sa langue sur sa lèvre, elle essaya de trouver le courage de la rassurer mais elle n'y arrivait pas :
- Dis à ta mère que je ne lui en veux pas, murmurait-elle en tapotant sa cigarette dans le cendrier, je ne lui en ai jamais voulu.
- Charlie tu sais il..
- Mh ? Quoi ?
- Non, rien.
Sora se doutait qu'il était mieux de ne rien dire. Parler de Kisos risquerait de défaire une fois de plus le visage de son amie qui se contenait déjà de ne pas exploser. Charlie se rendait compte que faire appel à tous ces souvenirs, qu'elle n'était plus aussi vivante qu'avant. Tous les excès qu'elle faisait n'étaient autre qu'un palliatif avant de se réveiller de cet horrible cauchemar. Quand donc cesserait-il, se demandait-elle soudainement. Ce fut alors que Thomas pris enfin la parole en lui parlant des fameuses terres lui appartenant. Elle secouait la tête négativement pour lui dire qu'elle ne lui avait jamais appartenue :
- Si.. Gabriel avait mis des terres à ton nom.
- C'est impossible. Je lui avais pourtant dis de tout mettre à vos noms. Ces terres ont toujours appartenu à ta famille Sora. Jamais je n'aurais prétendu en obtenir un quart.
- Je le sais, Ma' le sais et mon père le savait aussi. C'est pour ça qu'il a fait ça je pense. Pour que tu n'oublies pas que es une Walker.
C'en était trop pour la brune qui écrasa son mégot tout en hochant toujours aussi rapidement sa tête. Elle se levait en sortant de l'argent de son sac en sentant la crise de nerf surgir.
- Non, non, non. Ne dis pas ça. Je n'ai jamais été l'une des vôtres Sora et tu le sais aussi bien que moi. J'ai toujours été le poison. C'est d'ailleurs pour ça que je suis ici aujourd'hui, non ? Parce qu'il m'a envoyé ici. Loin de vos terres, de votre famille et de.. et de lui. Alors ne dis pas que je suis une Walker. Jamais plus.
Aussitôt, Sora s'en voulut et la supplia de rester encore avec eux un moment mais Charlie ne se sentait pas bien. Elle s'excusa et leur promit de les voir dès le lendemain pour une balade à Central Park mais elle devait rentrer. Sans attendre leur réponse, elle se réfugia à l'extérieur pour prendre l'air. Mais le bruit de la ville devint rapidement beaucoup trop assourdissant pour la jeune femme qui ne rêvait que d'une chose, de forêt, de silence et de sa voix apaisante. Les larmes n'attendirent pas qu'elle soit dans le taxi pour s'échapper aussi, quand elle arriva chez elle, son visage était marqué du maquillage ayant coulé et son coeur était encore plus brisé qu'auparavant.
Le lendemain, elle alla prendre le petit déjeuner chez ses parents et qu'elle ne fut pas sa surprise en voyant Thomas et son père discuter dans son bureau. En sortant de ce dernier, Thomas salua Charlie et rejoignit sa petite famille dans le salon où Sora prenait le thé avec sa mère. Elle était surprise qu'Anya les ai invités et surtout à rester. C'était ce que lui confiait son père quand ils regardaient Anya jouer avec le petit Gabriel sur ses genoux :
- Thomas est venu me parler des terres que tu avais acheté à Jamestown.
- Ce ne sont pas les miennes, répliquait-elle en sentant son coeur se serrer en voyant l'enfant rire et chahuter sur sa mère, elles sont aux Walker.
- A ce propos, Thomas aurait un projet en tête mais il ne peut rien y faire sans ton accord.
Charlie leva les yeux au ciel et suivi son père qui lui indiqua qu'elle devait venir dans son bureau. Le projet de Thomas serait d'ouvrir une école et un orphelinat sur l'une des parcelles appartenant à la jeune femme. Le projet était beau, intéressant et utile. Bien sûr qu'elle ne dirait jamais non à une telle structure mais elle ne comprenait pas en quoi cela la concernait :
- Il faut que quelqu'un se rende là-bas pour signer les papiers.
- Papa.. Je t'en prie..
- Tu sais bien que je suis trop vieux pour ça.
Elle restait silencieuse, mordant son poignet pour ne pas hurler. Est-ce qu'il s'agissait d'un cauchemar ? Osait-il vraiment la renvoyer là-bas ? Elle qui avait tant souffert ? Qui avait été bannie par son propre époux de ses terres ? Elle en tremblait presque de ressentiment. Visiblement, il n'avait pas pris la mesure de ce qu'il lui avait demandé. Se relevant, elle alla se mettre à la fenêtre pour fumer. En effet, sa mère avait interdit à son époux de fumer à cause de ses récents problème cardiaque mais le père se joignait en secret à sa fille pour fumer parfois. Alors qu'ils fumaient en silence, elle l'entendit dire :
- Peut-être que tu pourrais vraiment faire le deuil de tout ça. Une bonne fois pour toute.
- Il n'y a plus rien pour moi là-bas.
- Raison de plus.. Vas-y et rend toi compte de ça. Tu dois surmonter la perte de votre fille.. de sa perte.
- Ce voyage va me tuer papa. Si je l'entreprends je sais que je ne reviendrais pas.
Garrett souriait pauvrement en enlaçant sa fille avant d'embrasser sa tempe :
- Tu es comme ta mère.. Mélodramatique et torturée.
- Et toi trop optimiste. Comment est-ce qu'elle fait maman ?
Ils riaient légèrement tous les deux jusqu'à ce que la porte s'ouvre en grand et qu'Anya les regardent tous les deux en fronçant les sourcils. Sora était derrière souriant amusée de voir le père et la fille prit sur le fait. Anya annonça alors que leurs invités resteraient dormir et qu'ils allaient organiser une soirée pour les célébrer auprès des plus grands de la ville ce qui semblait ravir la jeune amérindienne. Des mondanités comme Charlie avait toujours exécré et qui pourtant faisait partie de son quotidien. Demain elle devrait donner sa réponse.
immarcescible, Posté le lundi 16 janvier 2023 12:59 Répondre
Aussi étonnant que ça puisse paraître, Charlie avait une vie mécanique. Tous les matins elle devait trouver la force et le courage de se lever. Tous les matins elle devait trouver une raison de trouver du sens dans son existence. Alors elle peignait. Elle ne faisait que ça. Quand elle ne peignait pas, elle faisait la fête. New York était d'ailleurs parfaite pour ça. Tout le monde lui enviait son talent, sa relation avec Lorace, sa famille qui avait de nouveau fait fortune notamment dans les bons placement de son père. Duchesse Charlotte Hedlund. Elle portait même un titre. Extravagante et délicieusement noble dans son titre. Anya avait abandonné l'idée de lui apprendre les bonne manières. Après tout, le monde était entrain de changer et Charlie portait en elle la modernité de la femme future. Au diable les corsets, désormais elle portait des robes plus courtes à franges et des décolleté qui aurait effrayé n'importe quelle vieille femme de Jamestown.
Le temps passait si vite qu'elle fut surprise de voir Lorace revenir de son périple. Il ne lui avait pas tant manqué que ça. Il lui était seulement utile pour canaliser sa mère sur le mariage et le sexe. Il lui arrivait même de le tromper par moment juste parce qu'elle s'ennuyait. Mais cette liberté sexuelle ne dérangeait en aucun cas Lorace qui faisait lui aussi de même. Ce n'était pas pour rien qu'ils restaient ensemble. Ils savaient l'un et l'autre à quel point ils avaient besoin d'eux pour s'assurer un avenir.
Toute sa vie était mécanique, et elle ressemblait exactement à ce qu'elle avait voulu fuir auprès de.. auprès de lui.
Pour fêter le retour de Lorace, elle organisa une énorme soirée dans son appartement. Tous les artistes les plus en vogue comme les Fitzgerald, Hemingway, Steinbeck, tous les grands du surréalisme, de l'expressionnisme et de la génération perdue étaient chez elle. La danse, le jazz, l'alcool tout collait à flot. Tout n'était que démesure. Enfin elle retrouvait Lorace qu'elle n'avait qu'entraperçu que quelques minutes. Il était entrain de raconter son périple et sa rencontre avec un chef amérindien qui l'avait vivement impressionné.
- Un sauvage comme on a pu le lire dans tous les récits de nos aïeux !
- Ne dis pas sauvage, s'insurgeait Charlie, ce ne sont pas des sauvages.
- Oui pardon ma chérie. Mais tu l'aurais vu.. Immense, impressionnant.. J'avais l'impression de vivre dans un autre temps. Pendant des jours et des jours j'ai toqué à la porte de la réserve même s'il m'ont interdit de revenir. Le chef était la parfaite représentation qu'on se fait des amérindiens.
Charlie se sentait mal. Tout s'enchainait dans son esprit. Des souvenirs qu'elle avait tenté d'oublier revenait avec violence. Elle bu alors cul sec son verre avant de s'en resservir un autre et que Lorace venait à raconter ce qui allait sceller une fois de plus le destin de la jeune femme :
- Figure-toi que ce sont tes dessins Charlotte qui m'ont fait entrer dans la réserve.
Elle qui s'apprêtait à sortir vint à se stopper. Les sourcils froncés, elle l'observa sans savoir quoi dire. Mais de quels dessins il parlait ? Autant finir d'écouter son récit jusqu'au bout. Il raconta donc qu'une jeune princesse du nom de Sora lui avait ordonné de parler de ses dessins et qu'il avait évoqué le travail de sa fiancée. La princesse s'était dit si intéressée qu'elle avait même prévu de voir l'exposition de Charlie. Cette dernière blêmit à l'idée de voir Sora débarquer à New York.
- Elle a donc fait le trajet avec moi et je les ai conduit à l'hôtel. Même si le chef du village était parfaitement contre. A croire que les femmes ont plus de poids dans ces tribus que par chez nous. C'est à se demander qui porte la culotte, dit-il en riant avec ses amis, mais pas facile de l'entraîner ici sans concessions surtout que le chef était vraiment furieux.
- Cette.. Cette princesse est ici, demandait faiblement Charlie qui sentait qu'elle allait défaillir, et.. et elle est venue avec quelqu'un ?
Est-il possible que Kisos soit lui aussi venu ? Son être entier s'enflammait, espérait et redoutait cette possibilité. Mais Lorace expliqua que c'était son époux, un certain Thomas, un anglais qui l'avait accompagné. C'était sans aucun doute, beaucoup mieux se disait-elle même si elle avait envie de hurler sur son fiancé. Qu'avait-il osé faire ? Pourquoi avoir amené son passé ? Et pourquoi Sora serait-elle venue après avoir ignoré toutes ses lettres ?
Des questions qui allaient enfin avoir des réponses puisqu'en arrivant à la galerie le lendemain elle vit devant ses toiles Sora qui les observaient. Elle portait une robe simple qui datait de plusieurs années. En même temps, la modernité ne devait certainement pas avoir de place dans le nouveau Jamestown de Kisos Walker, d'après Lorace. Charlie portait une robe simple aussi mais qui lui arrivait a mi-genoux et des petits talons qui la grandissait un peu. Ses yeux étaient charbonneux et ses cheveux ondulaient légèrement au dessus de ses épaules. Elle observait le profil de son amie qui observait l'une des toiles représentant la forêt des Walker, celle qu'elle avait tant aimé et qui avait accompagné les premier émois tendre et amoureux du couple.
- Charlie, l'appelait la galeriste en venant à elle ce qui lui fit croiser le regard de Sora, Charlie bonne nouvelle nous avons vendu trois de tes toiles hier. Elles s'arrachent à un prix d'or.
Le regard de son amie était étrange. Une lueur qu'elle ne lui connaissait pas mais qui la bouleversait. Elle aurait voulu s'enfuir, lui hurler de ne jamais plus revenir mais elle était clouée sur place. Le passé n'était pas si bien enfoui que ça finalement.
immarcescible, Posté le dimanche 15 janvier 2023 20:46 Répondre
- Vas-t'en.. Pars d'ici.. Je ne veux plus de blanc sur mes terres. Je ne veux plus de toi dans ma vie. Prends tes parents et pars.. Autrement je serai obligé de vous tuer.
Ces mots résonnent encore dans son esprit tels des milliers de poignard qui encerclent son coeur, son être entier. Kisos, le grand amour de sa vie vint à la rejeter définitivement. Lorsqu'il eut finit de déverser son fiel et quitté le tipi, elle se mit à pleurer de plus belle, mais en silence. La douleur aigüe de son corps qui avait été violemment attaqué par cette fausse couche et la répudiation de son époux avait finit par la détruire. Elle murmurait, suppliait n'importe quel dieu de la tuer. Anya arriva aussitôt et la prit dans ses bras pour la calmer mais rien ne pouvait contrôler le déferlement de haine et de douleur qui s'échappait de la jeune femme. Non seulement il était partit, il l'avait laissé seule et en plus il lui reprochait la perte de leur enfant. Elle croyait devenir folle.
Pocahontas pleurait toujours et passa la nuit entière devant le bûcher même si celui n'était plus alimenté par les flammes. Comme le voulait la tradition, elle se couvrit le visage des cendres de son époux et resta prostrée en priant ses esprits. Sora l'accompagna un temps mais Thomas vint la chercher. Pendant ce temps, Garrett qui avait entendu les mots de Kisos fit le nécessaire. Il savait que la situation était suffisamment tendue, ils ne devaient pas rester à Jamestown surtout que Charlie avait besoin de soin.
Pendant les trois jours qui suivirent, un immense silence couvrit la région. La nouvelle de la mort du guerrier Isha et la tentative de soulèvement de Avery avait fait des peureux Tous les blancs craignaient soudainement que leur vie soit en danger. Garrett organisait le départ avec l'aide de Millie-Rose qui avait cherché son filleul pendant tout ce temps. Mais aucune trace. Le jour de l'embarquement, elle pu voir Pocahontas, toujours recouverte de cendre qui marchait, hagarde dans la réserve en priant toujours. Sora restait bien souvent près de sa mère pour s'assurer qu'elle ne manque de rien mais elle ressemblait surtout à une mendiante un peu folle. Millie vint enlacer sa vieille amie et la supplia de prendre soin d'elle :
- Je dois trouver Isha, murmurait-elle, je dois le retrouver..
La ville était à reconstruire en son intégralité. Beaucoup de blancs décidèrent de rester, se demandant bien où aller. Pour beaucoup, ils étaient né ici et avait prêté allégeance aux Walker et aux Powhatan. Mais Garrett avait pris au mot Kisos et ne voulait pas risquer un nouveau drame surtout avec Charlie. Le jour du départ, cette dernière tenta de se lever mais ses forces étaient encore faibles. En croisant Sora, elle la supplia d'aller le chercher :
- Je ne sais pas où il est, répondait-elle en pleurant, je suis désolée Charlie..
- Je dois le voir.. Une dernière fois.. Qu'il sache que.. que je ne voulais pas.. j'aurais préféré mourir.. dis lui que je suis désolée..
Les deux amies s'enlacèrent en pleurant l'une et l'autre. Le dernier souvenir qu'eut Charlie de Jamestown fut cette horrible odeur de brûlé, le chant des oiseaux qui s'éloignaient et les mots violent de son époux.
Huit années plus tard.
- CHARLIE ! CHARLIE ! CHARLIE !
Birdie courait dans la maison à la recherche de sa soeur pour lui montrer un article de journal. Il s'agissait d'un article où l'on parlait de sa toute nouvelle exposition. Première femme artiste de son siècle a avoir été exposée dans une galerie. Sur la photographie on pouvait la voir posant fièrement devant l'une de ses peintures les plus iconique, "Rose". Il s'agissait d'un tableau percutant et très expressionniste sur la naissance. Bien évidemment, elle avait dissimulé cette partie de sa vie car il s'agissait encore aujourd'hui d'un tabou dont personne ne parlait chez les Hedlund. Arrivée à la table de la cuisine, la petite demoiselle Hedlund donna à sa soeur le journal quand cette dernière expirait sa fumée de cigarette :
- Merci chérie. Va donc voir si Mary a besoin d'aide dans le jardin tu veux bien ?
Pendant que l'enfant partait à la recherche de sa gouvernante, Charlie lisait le journal sans grand intérêt. Elle n'était pas friande des critiques et encore moins des éloges qui lui étaient fait. Rapidement donc, elle reposa le journal quand sa mère lui offrait un sourire amusé tout en buvant sa tasse de thé :
- Pourquoi me regardes-tu ainsi ?
- Je trouve ça osé cette nouvelle coiffure..
- Les cheveux long ne m'allaient pas. J'avais besoin de changement.
- Mh, mh.
Quelques jours plus tôt, son amant du jour, Lorace avait dit quelque chose qui l'avait bouleversé. Alors qu'ils faisaient l'amour, il lui avait supplié de ne jamais se couper les cheveux. C'était une demande particulière de Kisos aussi. Repenser à lui aussi soudainement l'avait rendu malade. Dès lors, au petit matin, elle alla au coiffeur et lui demanda une des dernières coupes à la mode et le laissa tout simplement couper toute sa crinière. Elle avait l'impression qu'un poids entier avait libéré ses épaules. Ses cheveux mi-long lui donnait l'assurance des femmes moderne et correspondait parfaitement à la vie bohème et artistique qu'elle menait.
Elle vivait dans un appartement à Greenwich Village. Elle peignait, sortait, buvait, fumait et vivait la vie amusante et trépignante des années vingt. La guerre étant passée, et venant d'avoir vingt sept ans, elle savourait sa jeunesse. Quelques mois plus tôt, Lorace lui avait présenté une collègue à lui, critique dans un hebdomadaire d'art. Elle avait examiné son travail et semblait emballé. Charlie ne croyait pas vraiment en son art. Elle travaillait ardemment mais ne se sentait pas l'âme à vendre de quelconque peintures. Pour elle, il s'agissait surtout d'un exutoire. Quand elle ne peignait pas, elle faisait la fête. C'était devenue une mondaine sans précédent et plus aucune fête ne se faisait sans Charlotte Hedlund. Elle était loin la petite jeune femme timide et retranchée dans ses appartements.
Sa mère ne cessait de répéter à Garrett qu'elle devait se fiancer et que Lorace serait parfait. Fils de bonne famille, instruit, drôle, intelligent et beau garçon. Il avait tout du gendre idéal. Or, légalement, Charlie était toujours l'épouse de Kisos. Sa mère ne cessait de dire qu'il s'agissait d'un faux mariage puisqu'un prêtre catholique et un chaman les avaient mariés et non un homme de loi. Garrett ne voulait surtout pas parler de cette idée à sa fille qui rejetait toute discussion à propos des amérindiens, des enfants et de mariage. Pendant ces dernières huit années, elle avait refusé de reparler de cette période. De son mariage, de sa grossesse. Elle avait fait un blocage et personne ne parlait de ces trois années passées auprès de Kisos Walker. Il était un fantôme du passé, tout comme le reste de la famille.
Pourtant, les premiers mois, lorsqu'elle allait mieux, elle écrivit à Sora. Mais personne ne lui répondit. Un jour, elle reçut même par retour ses lettres qui n'avaient pas été ouverte. En plus d'avoir perdu son enfant, son époux, son meilleur ami, elle perdait la seule amie qu'elle avait eu. Elle vouait une haine inconditionnel à Kisos Walker mais ne le dit à personne. Elle ruminait, ruminait intérieurement et expulsait tout ça dans ses peintures. A force de faire un embargo, elle réussit à reprendre une vie dite normale. Mais l'avait-elle jamais été un jour ? N'avait-elle pas connu le bonheur simple de dormir contre lui. De sentir sa main sur son ventre arrondi ? De voir ses yeux briller de bonheur devant tant d'amour ? Si.. Mais il s'agissait d'un mauvais rêve quelle refoulait.
Lorace lui, n'avait aucunement eu vent de cette vie d'avant. Tout ce qu'il savait c'était que Charlie avait beaucoup voyagé avec sa famille et qu'elle avait un tempérament a faire la fête. Une vraie gosse de riche qui n'avait pas peur des conséquences. Aussi, lorsque cela fit deux ans qu'ils furent ensemble, il la demanda en mariage. Charlie refusa net dans un premier temps. Ce fut là qu'une immense dispute se créa entre la mère et la fille :
- Je ne veux pas me marier tu comprends ??
- Mais tu ne vas tout de même pas rester vieille femme toute ta vie Charlotte ! Tu dois passer à autre chose ! Tu ne dois rien à ce Walker.
- NE PRONONCE PLUS CE NOM ! PLUS JAMAIS TU M'ENTENDS ?!
Elle avait hurlé si fort sur sa mère que son père avait du s'interposer avant de voir les deux s'écharper. Finalement, au bout de trois autres demande, Charlie accepta non sans grès de coeur. Ce n'était en soi qu'une formalité qui ne ferait de mal à personne. Elle s'était même persuadée que Kisos l'avait déjà très probablement remplacée. Il avait du épouser une amérindienne qui ne lui apporterait pas les mêmes problèmes qu'elle. C'était ça le fin mot de l'histoire en vérité. Lui faire du mal comme il lui en avait fait.
Et l'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais Lorace étant un journaliste avertit qui avait voyager fut missionné pour parcourir toute la côte est des états américains pour pouvoir faire un reportage sur l'esclavagisme. Avec la première guerre mondiale terminée, il devenait de plus en plus inquiétant de voir que le sud était repartit pour redorer le blason de l'esclavagisme. Aussi, il partit plusieurs mois ce qui ne dérangea pas la brune.
Elle en profita pour continuer la vie qu'elle avait et s'essayant à diverses drogues et autres abus. Tout était bon à oublier. Car si la journée elle savait occuper son esprit, la nuit, toujours elle le retrouvait. Quelle souffrance de se réveiller et de constater qu'il n'y avait plus de maison.. plus de bébé.. plus de rire, d'histoires, de soleil et de Kisos. Et si finalement tout ça n'avait été qu'un rêve.
immarcescible, Posté le dimanche 15 janvier 2023 13:06 Répondre
Elle l'avait supplié, elle s'était accrochée à lui mais rien n'y fit. Il était partit. La détermination, la fureur et la rage dans son regard avait tant effrayé Charlie qu'elle s'en voulu aussitôt de lui avoir dit la vérité. Peut-être que Pocahontas avait eu raison finalement en décidant de ne pas alerter son fils. Découragée, épuisée et perdue, la jeune femme s'était écroulé sur le canapé après avoir ressenti un violent coup dans son ventre. Aussitôt, son père vint la voir suite au cri de douleur qu'elle poussa :
- Ça va, ça va, tentait-elle de le rassurer et de se rassurer, c'est juste un mauvais coup de la petite guerrière.. Papa, je t'en prie fais en sorte que Kisos ne parte pas. Ça va mal se finir.
- Il est déjà partit et loin Petit Pois. Je ne sais même pas où.. Mais nous sommes là avec ta mère. Nous serons toujours là tu le sais bien.
La peur guidait les traits de la jeune femme qui tentait de se canaliser. Les derniers mots de son père lui faisait comprendre la situation. Elle était tellement critique que son propre époux avait demandé à son père de s'occuper d'elle si jamais il lui arrivait quelque chose. Charlie mordit son poing pour ne pas se mettre à hurler. Les multiples visions de Kisos mourant tournoyaient dans son esprit et la peur viscérale de le voir une fois de plus être mort la tétanisait. Mary surgit alors de la cuisine, essoufflé et évoqua ce qui se passait au village :
- La bande de Avery.. Ils.. Ils attaquent.. Ils.. Ils viennent vous chercher ma dame..
- Papa.. Il faut aller chercher Kisos. Je t'en prie.
- Il est déjà bien loin. Mary, accompagnait ma fille dans la réserve. Elles y seront en sécurité. Je m'occupe de riposter contre le groupe.
Au même moment surgissait Anya avec les enfants qui pleuraient de peur. En voyant l'état de sa fille, elle vint aussitôt l'aider et écouta avec précision les ordres de son mari. Après un dernier baiser entre les deux blackbird, la mère de famille partie avec Mary et le reste de la troupe. Garrett lui, retournait en ville pour réunir les hommes encore restés et vaillant pour se battre contre le mauvais camp. Plus tard, certains diront que c'est l'héroïsme du juge Hedlund que Jamestown n'était pas tombé entre les mains des partisans sudistes.
Pendant ce temps, Charlie avait des difficultés à suivre le rythme. La peur, le stress et le fait qu'elle tomba sur le sol n'aida pas à ce qui allait suivre par la suite. En arrivant à la réserve, ils fut impossible pour les Hedlund d'entrer. Les ordres de Pocahontas avaient été clair. Aucun blanc ne devait pénétrer leur réserve. Sous aucun prétexte. Anya eu beau hurler qu'il s'agissait des Hedlund et qu'il y avait Charlie la femme de Kisos Walker, ils refusèrent d'ouvrir. Cette dernière poussa de nouveau un cri de douleur qui la fit quasiment s'évanouir. Mary l'aida à rester debout mais remarqua le sang qui tâchait la robe si immaculée de la jeune femme :
- Ma dame.. Le.. Le bébé..
- Maman.. Maman.. Je t'en prie..
Anya hurlait de rage contre les amérindiens qui refusaient de leur apporter de l'aide. Rapidement, elle demanda aux jumelles de rester à l'écart quand elle venait s'occuper de Charlie qui tremblait et hurlait de douleur. Jamais encore elle n'avait ressentie une telle chose. C'était comme si son corps entier voulait rejeter son enfant. Comme si ce petit coeur qui battait était un corps étranger à expulser;
- C'est trop tôt maman.. Beaucoup trop tôt.. Elle doit.. Elle doit rester.. Maman..
La vision de sa fille vivant cette douleur n'aidait pas Anya qui tentait tant bien que mal de voir ce qui se passait. Mais elle s'inquiétait de la perte si conséquente de sang. De plus, elles n'avaient aucun drap propre, rien pour désinfecter. Mary lui proposa son aide et constata l'étendue des dégâts. Blême, elle n'eut pas besoin de dire à Anya ce qui se passait. Elles le savaient déjà. Charlie hurlait en agrippant l'herbe en appelant Kisos, le suppliant d'arriver. Il avait juré d'être-là, de ne pas la laisser vivre ça toute seule. Persuadée qu'elle allait mourir, elle supplia sa mère de sauver le bébé :
- Je t'en prie maman.. Sauve-la.. Maman..Maman.. J'ai si mal.. Je ne veux pas.. je ne veux pas mourir..
- Mon Petit Pois, ma douce.. Tu vas devoir être très forte ce soir.. Je ne t'abandonnerais pas mais tu vas devoir être forte..
Au moment même où elle allait baisser les bras elle vit les portes de la réserve s'ouvrir. Sora était sur le pas et blêmissait en voyant Charlie dans cet état. Elle hurla sans concessions aux amérindiens de lui porter assistance et de la conduire dans le tipi du chaman. Mais Charlie venait de perdre connaissance. Elle avait perdu tellement de sang qu'elle aurait du mourir mais c'était sans compter la détermination de Sora et d'Anya. La chaman réussit à régénérer les signes vitaux de la brune qui fut réveillée dans un sursaut de douleur qui la fit se redresser. Très vite, Anya lui agrippa les épaules et la supplia de rester calme. La chaman était entre les cuisses de la jeune fille et incanter des choses qu'elle ne comprenait pas. Sora priait près d'elle. Elle avait l'impression de devenir folle. Elle avait beau appeler Kisos mais rien. Il n'était toujours pas là.
- Sauvez la.. Pitié.. Sauvez la.. Elle doit vivre.. Pitié.. Elle doit vivre...
Certains diront que ce fut la nuit la plus sanglante depuis des années. Le carnage de Jamestown et Williamsburg serait un trauma pour toutes personnes ayant survécu. Mais pour Charlie, rien ne fut plus traumatisant que de voir ce petit bébé à la couleur rose s'échapper d'elle mais sans un souffle. Anya pleurait en serrant sa fille contre elle quand Sora priait de plus belle. La douleur aigue de son corps se vidant était peut-être finis mais son coeur entier, son âme était détruite. Le matin était arrivé, le ciel rouge pourpre de tout ce sang coulé.
- Elle ne pleure pas.. Maman.. Pourquoi elle ne pleure pas.. Pleure.. Pleure.. Respire..
Mais c'était Charlie qui pleurait. Elle tentait de se relever mais les femmes autour d'elles l'en empêchait. Incapable de bouger et de tenir son enfant entre ses bras Charlie se mit à hurler. Elle croyait venir une nouvelle crise mais c'était la douleur, uniquement la douleur qui la faisait parler. Elle criait toujours en pleurant dans les bras de sa mère quand Sora s'occupait de baigner le corps sans vie de l'enfant. Une fois propre et Charlie calmée, elle pu la tenir dans ses bras. Elle était petite, trop petite encore mais si jolie. Elle demanda à rester seule avec son enfant et se mit à la bercer comme si elle avait vraiment vécu.
- Ouvre le yeux petite fleur.. As-tu les même yeux que ton papa ? En tout cas.. Tu as ses cheveux.. Comme tu es belle.. Tu es terriblement belle ma petite rose.. Tu es si belle..
Plus tard dans la matinée, Sora vint chercher l'enfant mais Charlie refusa. Elle s'obstinait à dire qu'elle allait ouvrir les yeux mais rien ne venait. Toujours rien. Anya pris le relais et réussit avec beaucoup de douceur et de diplomatie à la récupérer. Comme l'avait fait Charlie la journée d'avant, Sora vint l'aider à se laver. Une fois propre, le peu de signes de force qui restait à la jeune femme s'évanouirent. La chamade expliqua que c'était normal et qu'il fallait qu'elle se repose surtout avec tout le sang qu'elle avait perdu. Sora la veillait quand Anya était aidée par la chamane pour envelopper l'enfant mort-né.
Il était tard dans la journée quand le reste des hommes de Pocahontas arrivèrent dans le camp en transportant le corps de Gabriel sans vie. Garrett était non loin, blessé à l'épaule mais en vie. Il aidait à porter le corps de son plus fidèle allié et ami quand Kisos était encore introuvable. Lorsque la princesse amérindienne vit le bûcher dressé au milieu du campement elle ne comprit pas. Comment pouvaient-ils savoir que son époux avait été tué au combat ? Puis, elle vit le corps emmailloté de l'enfant. Toute la colère, la haine et la violence qui l'avait alors animé disparut. Elle savait que cette nuit les diables avaient été emportés mais que les innocents aussi. Réparer les stigmates de cette nuit seraient alors impossible.
immarcescible, Posté le samedi 14 janvier 2023 11:00 Répondre
- Bon sang.. Sora.. Mais qu'est-ce qui.. Mon dieu..
Sora s'échouait dans les bras de son amie en larmes. Pudiquement elle tentait de conserver le peu de tissu qui restait sur son corps quand il ne restait plus grand chose de la dite robe. Rapidement, Charlie la conduisit dans la chambre d'amie et la fit s'asseoir sur le bord du lit. Elle n'avait même pas besoin de lui demander ce qui c'était passer. Elle n'y avait aucun doute sur la manière dont on s'en était pris à la jeune femme. Cela rappelait à Charlie sa mésaventure avec l'ex-patron de Kisos. Le souvenir de l'état du colosse lui revint et elle revit la même chose chez sa soeur. Sans attendre, elle hurla à Mary de venir. Sora tremblait de tout son corps sans cesser de pleurer.
- Allez chercher de l'eau chaude et des serviettes propre et pas un mot à qui que ce soit compris ?
Mary blêmissait en voyant l'état de la petite amérindienne qui s'était échouée sur le sol. Elle comprenait bien, elle aussi, de quoi il en retournait et des conséquences que cela allait avoir sur la ville. Elle acquiesça à la demande vive de Charlie et partie tout préparer. La brune revint près de Sora et la berça dans ses bras. Elle se fichait que sa robe soit dans un état lamentable. Elle voulait faire disparaître la douleur de son amie, elle voulait tout détruire juste pour qu'elle soit en sécurité.
Une fois le bain prêt, la gouvernante et Charlie aidèrent Sora a aller dans la baignoire. Sans un mot, elles la lavèrent en faisant attention à ne pas la blesser encore plus. Ses plaies étaient importantes, notamment celles entre ses cuisses et fit redouter une infection à Charlie. Elle n'y connaissait pas grand chose mais elle savait qu'il y avait eu un tel acharnement sur Sora qu'elle devait être soigner. Avec douceur donc, lorsqu'elle eut finis de lui brosser les cheveux, elle lui demanda :
- Tu m'autorises à appeler ta mère ?
- Non, non, non, non.. Elle va avoir trop mal..
- Sora tu as besoin de soins.. Ta mère va t'aider j'en suis persuadée.
- Je t'en supplie ne dis rien à personne. C'est ce qu'ils veulent.
- Sora.. Non.. Tu dois être soignée.. Et toi et moi on sait qu'il vaut mieux que ce soit ta mère et pas Kisos.
Mais c'était une Walker. Une Walker aussi butée que son frère et son père. Après le bain, elles la couvrirent d'un épais drap de bain avant de la laisser se poser sur le petit fauteuil crapeaux. Charlie n'eut pas à demander à Mary de brûler toutes les preuves, elle le fit d'elle-même. En revanche, elle lui demanda d'appeler Pocahontas en toute discrétion. Revenant près de la brune, elle vint près d'elle pour l'enlacer de nouveau. Sora s'y réfugia et pleura de nouveau :
- Tu sais qui c'est ?
Elle ne répondait pas, ce qui signifiait que oui. Prenant une ample inspiration, la brune essaya de garder son calme et sa retenue pour ne pas submerger encore plus sa belle-s½ur qui était dans un état catatonique. D'ordinaire elle était si gaie, si douce, si enjouée. Avaient-ils réussit à détruire la voix chantante de ce petit oiseau ?
- Ca va aller.. Je te promets que ça va aller.. Tu es en sécurité ici.. Je te le promets..
Au bout d'une demi-heure, Pocahontas surgit dans la chambre. Elle n'eut pas besoin de toucher sa fille pour savoir ce qu'elle avait vécu. Ses dons lui permettaient de ressentir autrement que les autres et elle ressentie donc l'horreur de ce qu'avait vécu son enfant. Digne, elle s'approcha d'elle quand Sora redoublait de larmes en se cachant. C'était un spectacle si atroce que Charlie aurait voulu s'enfuir et ne pas avoir à affronter ça. Mais qu'en était-il de son amie. Avec douceur, Pocahontas pris son enfant entre ses bras et lui parla en amérindien, dans leur langue maternelle. Charlie ne comprenait pas mais restait malgré tout présente.
- Charlotte, s'il te plaît, va dans le cabinet de Kisos me chercher ses baumes. Je dois en utiliser certains.
Sans perdre un instant, elle quitta la chambre laissant la mère et la fille qui ne parlaient plus mais restaient prostrée l'une face à l'autre, front contre front. Ses mains tremblaient quand elle cherchait les fioles dont avait besoin Pocahontas. Sans s'embarrasser de ce qu'il lui fallait véritablement, elle prit tout ce qu'elle avait sous la main et le remonta. Essoufflée, elle posa tout sur le lit près de Pocahontas qui auscultait sa fille avant de les laisser seule.
Intérieurement et c'était bien la première fois de sa vie, Charlie priait pour que Kisos ne rentre pas comme il l'avait promis. La voilà rassurée lorsqu'un enfant du village lui apporta une note de sa part lui précisant qu'il rentrerait tard à cause d'une affaire importante. Elle préparait du thé avec Mary dans la cuisine quand Pocahontas arriva. Elle était blême, épuisée. Aussitôt, Charlie vint la soutenir et la fit s'asseoir sur une chaise avant de lui donner un peu d'eau.
- Merci de m'avoir fait appeler, dit-elle en reprenant une gorgée par la suite, et merci de ta discrétion Mary.
- Je vous en prie ma dame.
La gouvernante quitta la pièce, laissant les deux femmes ensemble. Charlie vint lui servir un thé et revint après auprès d'elle en se retenant de poser des questions. Elle était encore perturbée par ce qu'elle avait vu et des conséquences que cela allait engendrer :
- On ne peut pas leur cacher, murmurait-elle comme s'il s'agissait d'un secret, Kisos va le voir.. Thomas.. et Gabriel aussi..
- Le dire va sonner le début d'une guerre Charlie.
- Je ne pourrais pas mentir à Kisos.. Je n'y arriverais pas.
- Tu le feras parce que tu as déjà menti à mon fils. Alors un mensonge de plus ne te fera pas de mal.
Jamais encore elle n'avait vu sa belle-mère être aussi cinglante et mesquine à l'égard de quelqu'un. Mais Pocahontas semblait épuisée. Qu'on s'en prenne à elle n'était pas un problème, mais ses enfants c'en était un autre. Charlie se redressait, perturbée de ce qu'elle venait de lui demander et de cet espèce de chantage que ça sous-entendait.
- Je te rassure.. Les hommes qui s'en sont pris à elle je sais qui ils sont. J'ai vu leurs regards.. Et ils payeront. Je n'attendrais pas que la justice des blancs agissent.
- Mais c'est Kisos désormais à la tête de la ville, tout va changer.
- Tu es bien une blanche pour dire de telles sornettes. Tu ne sais rien de ce que notre peuple a vécu, de ce qu'il subit encore aujourd'hui. Ce n'est pas parce que tu es mariée à mon fils que tu pourras un jour comprendre ça.
- Je.. Je ne voulais que vous aider.. Sora est mon amie et..
- Arrête. Arrête avec ta bienveillance de blanc. Arrête. Je commence à croire que j'aurais du écouter mon père et ne jamais laisser les blancs s'approcher de nous.
Elle ne bu même pas la tisane que lui avait proposé Charlie. Elle se contenta de se lever, le visage fermé, une allure de guerrière sur les traits :
- J'emmène Sora plus loin de la ville. Tu donneras cette lettre à Gabriel. Il a l'habitude que nous partions toutes les deux en retraite. Et s'ils posent des questions, tu ne sais rien. Compris ? Toi et moi savons pertinemment ce qui arrivera à cette ville si jamais ils savent. Je m'occuperais moi-même de ces hommes. Me suis-je bien fait comprendre Charlotte ?
Pocahontas était si impressionnante que Charlie ne pu que répondre à l'affirmative. Les deux femmes partirent dans la nuit directement dans les bois. Sur le pas de la porte, Charlie leur avait préparé un panier avec des rations et des plaids pour se couvrir mais Pocahontas les avaient refusés. Une main sur son ventre, la jeune femme sentait enfin ses larmes couler le long de ses joues. Elle se sentait mal après ce fameux après-midi. Seule dans cette immense maison, elle pleurait toutes les larmes de son corps en se disant que la différence entre son époux et elle ne serait jamais résorbé et que le travail qu'il fournirait serait toujours vain. Car si Pocahontas n'avait désormais plus foi en rien, que leur restait-il ?
Il n'empêche qu'il y avait une vérité à laquelle elle ne pouvait se déroger, c'était celle de son amour pour Kisos et sa confiance en lui. Aussi, lorsqu'il rentra à la maison, elle l'attendait dans le salon, patiente. Sa main tremblait de nervosité et son regard brillant lui fit rapidement comprendre que quelque chose c'était passé. Elle le supplia de l'écouter jusqu'au bout et le fit s'asseoir près d'elle. Tenant sa main dans la sienne, elle lui raconta tout mais évita ce que lui avait lancé Pocahontas concernant sa place dans la vie de son fils :
- Elles sont parties il y a deux heures maintenant.. Je pense que ta mère va faire justice elle-même.. Je suis désolée.. Tellement désolée..
immarcescible, Posté le jeudi 12 janvier 2023 20:27 Répondre
Elle était totalement détendue. Sur un vrai petit nuage. Regarder Kisos prendre soin d'elle était un plaisir visuel certain. Surtout qu'elle mangeait avec un plaisir évident les fraises qu'elle avait ramassé dans la journée. Il était au petit soin et si patient avec elle qu'elle ne pouvait lui en être que reconnaissante. Enveloppée dans une chemise du brun pour dormir et emmitouflée dans leurs draps qui sentaient bon l'extérieur. Un doux sourire enveloppait ses traits tant elle était bien. La question de sa main était un sujet qu'elle évitait toujours mais Kisos avait l'oeil, comme toujours. Même si elle tenta de le rassurer, elle voyait bien qu'il gambergeait et pensait à une multitude de choses à la fois.
- Tout va bien se passer mo ghrian.. tu devrais accompagner ta mère et ton oncle. Il ne faut pas qu'ils prennent ton absence pour un affront. Et ne t'en fais pas, il y a toujours un millier de personnes à la maison donc je ne risque pas de rester seule.
La brune riait doucement amusée en lui expliquant que toute l'après-midi elle avait été occupée par les commérages des vieilles aristocrates de la ville puis par le passage de Binki et Millie qui préparaient déjà leur prochain voyage. Ca en faisait du monde et du passage à la maison. Heureusement d'ailleurs qu'il y en avait un peu car elle aurait pu s'ennuyer à force. Alors qu'ils discutaient de tout et de rien Kisos trouva le fameux petit chat noir. Cela fit doucement sourire Charlie qui haussa les épaules en se redressant sur le lit. Une fois assise, elle reçu près d'elle Tokela qui jappait en voyant son nouveau petit ami :
- C'est notre petit renard qui l'a trouvé dans les bois. Il avait faim donc je lui ai donné un peu de lait. Depuis il passe régulièrement à la maison et cet après-midi il a élu domicile chez nous..
Lorsque le colosse parla de superstitions elle ne pu s'empêcher de faire une petite moue amusée et attendrie. Le chat se jeta des bras de ce dernier et vint rejoindre Tokela pour se frotter à lui. Charlie en profita pour le caresser alors qu'il ronronnait en venant se poser sur son ventre.
- Tu sais bien que je ne crois pas aux superstitions. Ce n'est qu'un chat qui est stigmatisé mo ghrian.. Nous sommes tous en bonne santé et tu es le chef de notre tribu. Tout va très bien se passer je te le promets.
Son air inquiet et tourmenté la faisait sourire. Poussant les animaux sur le sol avec douceur, elle vint ensuite faire signe au brun de venir près d'elle. Avec douceur elle vint l'attirer près d'elle en lui tournant le dos pour qu'ils puissent s'enlacer en cuillère. Posant les mains du colosse sur son ventre elle frotta son nez à son cou pour en humer son parfum :
- Ne cherche pas un quelconque malheur. Pour une fois que tout va bien, profitons un peu de ça tu veux bien ? J'ai vraiment besoin que tu sois aussi certain que moi que tout ira bien.. Parce que quand le bébé va arriver, notre monde va être totalement chamboulé tu en as conscience ? Alors profitons de notre sommeil entier, profitons d'une vie sans pleurs et sans couches. Profitons de ce moment avant que tu n'assassines tous les prétendants de notre petite fille.
Oui, Charlie arrivait enfin à se projeter. Elle arrivait à penser à ce bébé comme un être humain magique qui allait éblouir leur vie et non pas comme une contrainte. Leur enfant ne pouvait pas briser leur couple et sa vie. Il allait leur apporter de la douceur, un but.
- Je suis prête à avoir notre bébé Kisos, murmurait-elle, je suis prête à recevoir ce miracle tu sais. J'ai peur, terriblement peur mais je suis aussi prête parce que je sais que tu seras là. Il n'y a qu'avec toi que je pouvais vivre ça et je te remercie de ta patience mon amour.
immarcescible, Posté le mardi 10 janvier 2023 19:45 Répondre
Commencer la matinée aussi délicieusement et orgasmique, Charlie adorait ça. Contrairement à son époux, elle lézarda un peu au lit toute la matinée. Elle prit son temps, dormit et lu un peu avant de prendre son bain. A croire que tout était parfait car le soleil brillait d'un éclat certain. La brune aurait presque voulu chantonner tant elle se sentait légère. Le bébé donnait quelques coups qui la faisait rire, surtout lorsqu'elle était dans le jardin et qu'elle jardinait. Avec l'aide de Sora et de Mary, elle avait mis en place un jardin de plantes aromatiques et d'autres plantes qui embaumaient le jardin. La jeune femme aimait ce nouveau rythme de vie douce et tranquille. La peinture lui manquait mais elle n'arrivait pas encore à bouger sa main. Cette dernière tremblait toujours ce qui l'handicapait beaucoup trop. Et puis l'arrivée prochaine du bébé lui prenait beaucoup de temps ce qui la frustrait parfois.
Les gens étaient toujours derrière son dos. C'était gentil mais un peu oppressant. Se réfugier dans le jardin lui permettait de se cacher un peu des commentaires concernant la grossesse. Tokela l'accompagnait toujours, patient et s'amusant à chasser les papillons.
La journée se passa tranquillement dans l'attente de Kisos. Ce qu'elle avait craint des années auparavant s'avérait parfois compliqué car elle n'avait pas l'impression de s'accomplir. Alors, elle refoulait cette sensation et trouvait une nouvelle occupation pour ne pas penser. Elle devenait la parfaite petite ménagère et rendait le plus possible la maison agréable pour que Kisos soit le plus heureux quand il rentre.
D'ailleurs, lorsqu'il rentra ce soir là elle vint le rejoindre sur le perron. Elle s'installa près de lui en tenant son ventre arrondi. Il semblait soucieux et elle le comprenait. Avec douceur, elle prit sa main dans la sienne en entrelaçant leurs doigts tout en disant :
- Laisse leur un peu de temps.. Peut-être qu'ils se méfient.. Après tout, avec tout ce qu'a vécu ton peuple ils veulent sans doute s'assurer que tout ira bien pour eux.
Elle lui rappela que Rome ne s'est pas fait en un jour et qu'il devait aussi être patient. Mais c'était quelque chose qui était incompatible avec les Walker ce qui la fit doucement sourire. Embrassant son épaule, elle tenta de le rassurer et lui précisa :
- Peut-être que tu devrais aller les voir.. Leur montrer que les choses changent et que.. et que tu restes toujours leur guerrier.. leur chef de guerre.. Je ne vais pas t'apprendre que les Powhatan ont besoin d'être rassuré.
Blottie contre lui, elle fit en sorte qu'il puisse poser sa main sur son ventre arrondi. Jusqu'à présent cela l'avait toujours calmé, canalisé. A croire que ce petit pois chiche avait déjà des pouvoirs magique :
- Pourquoi n'irais-tu pas quelques jours auprès d'eux ? Même si l'idée ne m'enchante pas de dormir seule il n'en reste pas moins qu'ils ont besoin de toi, de s'assurer que tu es toujours de leur côté. Tout débute mon amour et je sais que tu es impatient de voir cette ville et les gens changer. Alors va les voir, montre leur que tu es toujours toi et qu'ils seront en sécurité parmi nous. Pendant ce temps, on va s'arranger pour trouver avec nos parents, un endroit où ils pourraient s'installer. Qu'ils comprennent qu'ils sont chez eux.. Je suis persuadée qu'ils te suivront parce que tu es leur guide mo ghrian.
Elle avait une confiance totale en lui et son charisme. Il fallait juste qu'il reprenne confiance en lui. Lui offrant un doux sourire elle déposa un léger baiser sur ses lèvres avant de préciser :
- Mais maintenant tu m'aides à me relever parce que ta fille et moi nous mourrons de faim. Ensuite, tu me masseras les pieds dans le bain. Il n'y a que toi qui sait me détendre avec tes doigts de fée.
immarcescible, Posté le dimanche 08 janvier 2023 22:19 Répondre
Heureusement que Gabriel et Pocahontas sont intervenus. Charlie était prête à tout dire à Kisos, quitte à ce qu'il la déteste après tout. Mais comment lui expliquer qu'elle avait fait ça pour lui, pour eux, pour leur enfant. En achetant toutes ces terres, il devenait le propriétaire de Jamestown. Car oui, Charlie avait tout fait mettre au nom de Kisos. Elle ne se sentait aucunement légitime à posséder la terre qui appartenait depuis des générations aux Powhatan. Elle n'en n'avait que faire de posséder la terre, c'était bien plus important pour lui que pour elle. Toujours est-il que la soirée se passa sans grand heurt, bien au contraire, tout se passa même bien.
Au petit matin, elle s'éveilla dans les bras de son époux qui lui souriait. Cela la surpris mais la rassura aussi. Il semblait avoir oublié cette histoire de terrains. Se blottissant contre le brun, elle lui offrit un doux sourire quand elle embrassait ses lèvres avec douceur.
- Vous allez être parfait monsieur le Maire, dit-elle tendrement en replaçant la mèche de cheveux du brun, vous allez changer l'histoire de cette ville.
Qu'il doute, elle le comprenait. Après tout il n'avait jamais été préparé à être ce type de leader. Néanmoins, elle savait qu'il serait parfait dans ses nouvelles fonctions et qu'il allait éblouir. Certes, il y avait encore beaucoup de travail mais il n'en restait pas moins qu'elle l'aiderait, qu'elle le seconderait :
- Ne te mets pas trop de pression mo ghrian. Le plus important est que tu puisses t'épanouir dans ce que tu fais et te sentir utile. Je pense que tu devrais peut-être te trouver un second pour le cabinet.. Je ne veux pas que tu mènes tout de front tout seul. Demande de l'aide s'il te plaît. Tu sais, mon père disait souvent que pour bien faire une chose il vaut mieux faire les choses une à une. Or, tu ne pourras pas être maire, médecin, mon époux et père. Alors laisse la médecine un peu de temps. Mais ne choisis pas une autre épouse, hein. Sinon je viendrais te hanter en te coupant ce que tu as de plus précieux.
Elle riait doucement en caressant son buste sous la chemise qu'elle déboutonnait lentement. Espiègle, Charlie déposait de tendre baisers sur le buste du brun en lui faisant les yeux doux. Ses doigts venaient à totalement dévoiler le buste nu de Kisos quand la jeune femme caressait chaque centimètre de sa peau. Elle l'embrassait en surveillant les réactions du brun. Lentement, sa main descendit le long de son ventre jusqu'à atteindre son entrejambe qu'elle sentait se gonfler lentement.
- Je voudrais vous féliciter monsieur le maire.. Vous avez été si brave, si fort.. si.. si puissant..
Au même moment, sa main agrippa son membre dans son pantalon et le caressa lentement. Elle souriait, amusée en mordillant le cou du brun qu'elle entendait soupirer :
- Vous avez passé tellement de temps à être à l'extérieur que.. que je m'ennuyais sans vous.. et je n'aime pas m'ennuyer vous savez.. Donc je pense qu'il est venu de vous occuper de votre femme. Car votre femme a des besoins que seul vous pouvez contenter.
Charlie se sentie ridicule lorsqu'elle essaya de grimper sur le brun. En effet, son ventre plus proéminent l'empêchait tout simplement de bouger comme elle le souhaitait. Frustrée, elle réussit mais perdit de sa sensualité ou même encore du jeu auquel elle jouait. Sa moue n'était plus sensuelle mais limite boudeuse alors qu'elle se trouvait sur un Kisos excité et à moitié nu :
- Je suis une grosse baleine tu as vu.. C'est pour ça que tu ne me touche plus ?
immarcescible, Posté le dimanche 08 janvier 2023 17:52 Répondre
La nervosité de son époux était touchante. Charlie en souriant tendrement quand ses traits exprimaient une confiance certaine dans la nouvelle tâche du colosse. Elle lui répétait sans cesse qu'il devait croire en lui. Que tout le monde croyait en lui. Enfin il en avait la preuve. Taquine, elle pensait que la surprise se situait dans leur chambre mais quelle surprise en le voyant ouvrir la porte du fond qui auparavant était un débarras. Il est vrai qu'ils n'avaient pas vraiment parlé de la chambre. La jeune femme préférait attendre. La peur d'anticiper ce genre de chose l'avait paralysé mais Kisos avait sut, une fois de plus, comment la rassurer.
Tout y était. La chaise à bascule. Le lit. La table à langer. La commode. Les fresques amérindiennes sur le mur. Elle aurait voulu se moquer du déhanché étrange de l'arbre mais elle n'en n'avait pas coeur. Non. Tout était parfait. Levant ses prunelles brillante vers son époux, elle ne pu retenir un rire de joie. Agrippant avec douceur son visage entre ses mains, elle lui donna un langoureux et profond baiser en le remerciant d'une voix chevrotante.
- Comme si je pouvais faire ça toute seule.. Sans toi.. Je te signale qu'on l'a fait à deux ce petit soleil. Donc tu as vivement intérêt à être là pour m'aider et l'accueillir compris ?
Elle riait avec lui quand elle se remettait sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Malheureusement, ce moment de douceur devait prendre fin. En effet, Thomas surgissait en haut de l'escalier et rappelait à son nouvel ami et maire que les villageois l'attendaient et que son ami Commanche venait le saluer pour le féliciter de sa nomination.
- Je te rejoins dans une minute d'accord ?
Après un autre baiser, elle le laissa s'enfuir en souriant amusée. Elle profita d'être seule pour faire un tour plus précis de la chambre. Elle s'y sentait bien. Rien ne l'effrayait. Et alors qu'elle sentait cet élan de confiance l'envahir, elle sentie le bébé lui donner un petit coup. Comme pour lui rappeler avec joie qu'ils ne seraient plus seuls désormais :
- Ton papa voit les choses en grand tu sais.. Tu risques d'être gâtée ma chérie.
Cela la faisait doucement rire d'imaginer un Kisos gâteau. Le tour de la chambre fait, elle se rendit avec le reste de la famille sur le perron de la maison. Là, son époux faisait un discours. Le tout premier en tant que maire. Se positionnant près de lui, elle ne pouvait s'empêcher de le dévorer des yeux. Il était si beau. Imposant. Impressionnant. Passionné. Il avait tout pour réussir. Tout pour continuer à les éblouir.
C'est alors que surgit Jackson qui traversa la foule avec son collectif de petits extrémistes. Il était livide. Charlie eut soudainement peur qu'il soit armé mais fort heureusement les partisans de Kisos les fouillèrent :
- Vous m'avez volé Walker !
- Mon fils n'est certainement pas un voleur Avery, s'insurgeait Gabriel, les votes ont été recompté trois fois et à chaque fois il l'emporte !
- Je vous jure que vous me le paierez Kisos, hurlait Avery fou de rage devant une foule qui le regardait avec crainte, ta petite famille je vais la détruire ! Ta femme a peut-être racheté toutes les terres de Jamestown il n'en reste pas moins qu'il s'agit de MA terre. Je vais vous détruire vous m'entendez !
Rapidement Gabriel fit en sorte d'éjecter l'ennemi de son fils quand Charlie devint livide. Le regard surpris et incompréhensible de Kisos sur elle lui faisait craindre qu'il pose les questions auxquelles elle n'aurait jamais voulu répondre. Par la suite, tout alla vite. Des hommes de Avery lancèrent des pierres en direction de la maison de Kisos et Charlie ce qui fit rugir les habitants qui éjectèrent d'eux même les vandales. Pocahontas ramena en vitesse tout le monde à la maison quand les garçons restaient à l'intérieur pour surveiller et rassurer. Mais Charlie aurait préféré être rouée de coups ou de pierres plutôt que de se retrouver devant Kisos et lui avouer la vérité.
immarcescible, Posté le mercredi 04 janvier 2023 19:11 Répondre
Les dernières semaines ont été très chargées. Charlie s'y attendait mais son corps lui, avait des difficultés à avancer. C'était sans compter sur le soutien de leur famille et de Mary. La nouvelle de cette naissance et les ambitions de Kisos avait soudainement réunis et renforcé leur famille. Les Walker et les Hedlund travaillaient main dans la main et semblaient plus forts que jamais. Charlie avait finalisé en secret l'achat des terres qui entouraient la ville. Désormais, ils étaient officiellement les premiers propriétaires terriens de Jamestown. Ils étaient légalement chez eux. Pour le moment, seuls Pocahontas et Gabriel étaient dans la confidence. Jackson avait gagné en stress et blanchit très fortement suite à cette nouvelle et semblait ne pas vouloir faire état de ce nouveau fait. Sans doute attendait-il le moment opportun pour pouvoir désolidariser la puissante famille. Alors Charlie attendait, patiente, prête à bondir aussi de son côté.
Malgré le travail monstrueux qui accompagnait son époux, il trouvait toujours le temps nécessaire pour s'occuper d'elle. Patiente, elle passait bien souvent sa matinée à peindre, lire et s'occuper de la maison et ses après-midi à gérer la communication et les rencontres avec les partisans de Kisos. Ils étaient nombreux. Maintenant, il ne restait plus qu'à espérer qu'ils tiennent paroles.
Le moment de vérité arrivait et elle sentait bien que Kisos était nerveux. Pendant qu'il tournait en rond tel un lion en cage à l'extérieur, elle en profita pour donner à son beau-père les titres de propriété qu'elle venait de signer. Il rangea cela discrètement dans sa pochette en cuir et lui fit un clin d'oeil secret qui amusa la brune. En effet, sa couleur avait totalement disparu et elle avait retrouvé sa chevelure d'ébène. Kisos semblait en avoir été plus que ravi puisqu'il ne cessait de plonger ses lèvres et ses mains à l'intérieur dès qu'ils se retrouvaient.
Alors qu'elle venait de rejoindre ce dernier, elle se laissa dorloter par ses caresses si douce et si tendre. Contrairement à ce qu'elle avait cru, la grossesse n'était pas aussi catastrophique qu'elle l'aurait cru. En effet, elle bougeait encore et faisait tout un tas de choses. Certes, elle était fatiguée, mais elle n'était pas encore impotente. Les vieilles de la ville avaient adorer savoir la petite Charlie enceinte. Un couple aussi soudés qu'ils étaient et la venue d'un bébé ne pouvait que renforcer l'image parfaite d'une ville unie et contre le racisme. C'étaient un symbole et un message puissant que la jeune fille utilisait pour aider Kisos. Et ça fonctionnait !
Lentement, elle tourna son visage en direction du brun et déposa un tendre baiser sur sa gorge. Blottie contre lui, elle se mettait à observer de nouveau la vue qui s'écoulait lentement sous leurs pieds :
- Je me fiche du lieu où nous trouvons.. C'est toi mon monde Kisos Walker. J'irais où tu iras.
Elle sentait bien qu'il était nerveux. Ce soir se jouait une page importante de leur couple mais aussi de son désir d'être enfin accepté. Elle le comprenait et elle espérait vraiment que tout le soutien de sa famille et de ses amis aurait sût convaincre les votants. Posant de nouveau les mains de Kisos sur son ventre, elle murmura avec douceur :
- Que tu gagnes ou que tu perdes nous serons tous fiers de toi mo ghrian. Tu seras toujours aimé de nous. Tu te souviens quand tu travaillais sur un baleinier ? J'étais prête à attendre et vivre dans cette minuscule chambre. Je t'ai suivi chez les tiens et j'étais prête à vivre dans un tipi. Rien ne me fait peur tant que nous sommes ensemble. Certes, l'idée d'être privée d'une baignoire serait difficile, avoua-t-elle en riant pour le détendre un peu, mais je saurais m'en accommoder tant que je t'ai toi près de moi.. de nous..
Embrassant une nouvelle fois sa gorge, elle lui offrit un tendre sourire apaisé. La grossesse la rendait beaucoup plus douce, plus sereine. Bien entendu, par moment elle doutait, mais les mots de Kisos résonnaient toujours dans son esprit et aussi la rassurait. C'était à elle ce soir de le rassurer, aussi, elle vint glisser dans la paume de son époux sa propre main. Serrant leurs doigts ensemble elle murmure :
- Je t'aime mon soleil.
Au moment même où elle l'attirait vers elle pour lui donner un baiser, Sora les appelait en hurlant de la maison. Sans perdre un instant, ils rejoignirent toute la maisonnée qui était étrangement silencieuse. Au milieu de la pièce se tenait Thomas qui reprenait son souffle. Lui aussi avait été un fervent acteur de la politique de Kisos. Il l'avait aiguillé sur les extes de lois et autres ressorts politique pour le rendre encore plus performants sur ses discours lors des débats. Il tenait dans sa main le résultat du vote. Les regards de tous effrayait la jeune femme qui voyait la lettre déjà ouverte et donnant le résultat final. Gabriel la lisait et blêmissait.
- Alors, demandait Sora empressée en tournant autour de ses parents, alors ??
Gabriel leva les yeux sur son fils. Ses yeux semblaient plus humide ce qui laissait présager le pire. Très vite, Charlie serra fortement la main de Kisos pour qu'il ressente toute sa force, toute sa confiance et son amour. Alors qu'elle allait même lui dire qu'ils avaient gagnés bien plus grand, Gabriel se jeta sur son fils en l'enlaçant. Pocahontas lisait le papier donnant le résultat et eut la même émotion que son époux en lâchant un petit hoquet de stupeur. La tension était à son comble et Sora ne tenait plus. Elle arracha le papier des mains de sa mère et poussa le cri légendaire des Powhatan et annonça enfin le dit résultat :
- Tu es le nouveau maire de Jamestown à quatre-vingt pourcent des voix !
Un hourra de joie, de bonheur secoua la maison quand Charlie ne pu s'interposer devant Pocahontas et Sora qui se jetaient sur le nouveau maire. La brune souriait en pleurant à la fois. Elle était heureuse. Il avait réussit alors que rien n'était joué, mais il avait réussi tout de même. Les habitants n'allaient pas tarder à arriver et elle savait que tout allait s'accélérer. S'asseyant sur le canapé, elle reprenait lentement ses esprits quand Mary frottait son dos. Anya venait rejoindre sa fille pour s'assurer qu'elle allait bien et son sourire la rassura :
- Trop d'émotions d'un coup, expliqua-t-elle sans décrocher son regard de Kisos qui était encore une fois très sollicité, il va être parfait..
- Tout va changer dès maintenant Charlie. Tu en as conscience ?
- Je sais.. Mais c'est ça de grandir non ?
Elles se souriaient et s'enlaçaient tendrement quand Garrett était déjà dans les pronostics et préparait les nombreux télégrammes pour préparer l'intronisation de son gendre. C'était la fête, jamais encore la maison n'avait connu un tel remue-ménage. Mais ça plaisait à Charlie. Aucune ombre au tableau et cela la rassurait pour le moment. Il ne lui restait plus qu'à savoir ce qu'en pensait Kisos, et ça, il était difficile encore de se faire une idée sur la question tant tout le monde l'accaparait. En effet, les villageois arrivaient en masse pour l'acclamer et saluer leur nouveau maire.
immarcescible, Posté le jeudi 22 décembre 2022 18:01 Répondre
La douceur, la délicatesse et la compréhension de Kisos faisait de nouveau pleurer Charlie. Pas de peur ni même de tristesse, bien au contraire, mais d'une joie certaine. Il savait la rassurer, la consoler comme personne. Il savait exactement quoi lui dire et la comprendre. Elle savourait tellement sa main sur son ventre, la présence de la petite boule de poils qui jappait pour venir sur ses genoux quand elle agrippait la nuque de son époux pour lui donner un tendre et langoureux baiser entre deux larmes :
- Merci, soufflait-elle avec douceur sincèrement reconnaissante, merci d'être toi mo ghrian..
Comment ne pas être touchée par la prévenance de cet homme. Elle croyait tellement en lui que ça lui suffisait à lui redonner un peu de foi en elle-même. Après de tendre baisers échangés, ils retournèrent se coucher l'un contre l'autre. De toute façon, ils n'avaient rien d'autre à faire si ce n'est se câliner et savourait le simple moment présent. Charlie l'écoutait évoquer sa campagne et toutes les petites choses qu'ils n'avaient pas pu se raconter ces dernières semaines, et il y en avait tout un tas de petites choses. Toleka dormait à leurs pieds quand Charlie restait blottie contre Kisos. Son nez caressait la peau fine de son cou qu'elle embrassait fébrilement quand ses doigts jouaient à tracer tendrement la ligne ferme et bien dessinée de son buste.
- Je pense que tu as tout a gagner en continuant à ignorer Jackson. Il est sur la défensive car il se rend bien compte que ton projet de modernisation est bien plus intéressant et fonctionnel. Avoir le fils de la dernière princesse amérindienne ne peut que te donner un avantage cette fois-ci. Tu dois l'utiliser coûte que coûte. De toute manière, cette terre te reviens de droit, elle t'appartiens. Ils prennent enfin conscience que tu es digne de les guider et.. et toutes les vieilles mégères de la ville fantasment sur toi.
Elle riait doucement, détendue quand elle lui racontait à son tour tous les ragots qu'elle avait pu entendre pendant ses longs échanges avec toutes les vieilles femmes de l'aristocratie de la ville. Notamment, des ragots sur les fréquentations certaines d'Avery pour les hommes ce qui avait malgré tout gêné Charlie car les propos homophobes des vieilles biques lui rappelait les horreurs qu'avaient subis ses oncles :
- Je dois leur écrire d'ailleurs. Ils me manquent.. J'espère qu'ils pourront être là pour l'arrivée de notre petite surprise.
Toleka remontait lentement entre ses maîtres et vint poser sa tête et sa patte protectrice sur le ventre arrondi de Charlie. Cela la faisait doucement sourire quand elle caressait la tête de l'animal avec douceur. Ensuite, son regard se posait de nouveau sur le visage si détendu et tranquille de Kisos.
- Je crois que c'est la première fois que je te vois aussi heureux.. aussi.. aussi serein.. ça me rassure de savoir que tu es heureux. Après tout ce que l'on a vécu ces dernières années je.. je ne pensais pas pouvoir revoir tes yeux redevenir aussi doux.
Il lui semblait même ne jamais l'avoir vu ainsi. Il est vrai que depuis leur rencontre, ils ne faisaient que subir les affres abominables des autres ou pire des coups du mauvais sort. Alors oui, Charlie savourait tout simplement de voir son époux aussi bien. Enlacés l'un contre l'autre avec Toleka contre eux, elle se savait en sécurité et cherchait à tout prix à garder en mémoire ce souvenir tranquille. Après avoir pris le temps nécessaire de discuter et juste profiter de cette matinée, il retournèrent l'un et l'autre à leurs occupations. Charlie faisait ses exercices de main quand Kisos travaillait. Lorsqu'elle eut terminé, elle prépara un pique-nique ainsi que le tartan de sa famille comme plaid pour aller faire une balade dans la forêt :
- Tu veux bien venir faire une pause ? J'ai envie d'une balade et d'aller chercher des fleurs pour reconstituer un herbier..
C'était une des activités favorite de la jeune femme quand elle était plus jeune. Pendant que Kisos portait le panier, elle apprenait le nom de nouvelles fleurs et les notait dans son carnet tout en les collectionnant. Ils marchèrent un certain moment jusqu'à arriver au fameux lac. Installés là, l'un contre l'autre, elle lui servait du thé pendant que Toleka chassait les papillons.
- Qu'est-ce qui te fais dire que c'est une fille, demandait la blonde amusée par la remarque de son époux sur le sexe de leur enfant, on pourrait lui donner un prénom de fleurs. Après tout, elle a été conçu dans la nature.
immarcescible, Posté le mardi 20 décembre 2022 17:47 Répondre
A voir l'état d'excitation de leur famille, cela effraya automatiquement Charlie. Pourquoi étaient-ils tous si heureux quand elle ne ressentait rien d'autre que de la peur. Silencieuse durant tout le passage de leur père, Charlie pris sur elle pour ne pas faire une crise d'angoisse. Bon sang mais qu'est ce qui clochait chez elle ? Alors qu'ils venaient de partir et que Kisos évoquait le panier garni de victuailles elle se contenta d'hocher simplement de la tête en prétextant une fatigue soudaine.
- Je vais prendre un bain et me reposer un peu..
En montant jusqu'à leur chambre elle se posait tout un tas de questions qui restaient bien entendu en suspend. Une fois le bain suffisamment chaud, elle ajouta des plantes censé la détendre donnée par sa mère. Elle plongea dans le bain et se sentit prête à pleurer. Sans quelle puisse les retenir, les larmes coulaient sur ses joues. Elle pleurait de tristesse, de peur et d'incompréhension. Deux heures plus tôt elle savourait les mouvements fougueux de Kisos en elle. Et si finalement il ne l'aimait que pour ça ? C'est vrai, il redevenait lui-même en ayant appris qu'elle portait son enfant.
Alors qu'elle pleurait, elle le sentit derrière elle. Il avait du sentir son désarroi, sa peine. Elle le laissa donc se glisser dans la baignoire derrière elle avant de l'enlacer.
- Je suis désolée.. C'est juste que.. je ne comprends pas mes émotions et.. Et tout le monde semble si.. si heureux quand.. quand je ne ressens rien Kisos.. Je suis horrible.. Je ne ressens rien si ce n'est de la peur.. Je ne.. Il doit le sentir le bébé.. Il sentira toujours que j'ai peur de lui.. Comment je vais faire... Je ne veux pas que le bébé ne m'aime pas et.. et pourtant je suis persuadée que ce sera comme ça.. Regarde.. Regarde tout le monde.. Je devrais moi aussi sauter de joie, être heureuse et pas effrayée.. J'ai voulu nier mon état jusqu'à ce que ta mère me fasse cracher le morceau.. Comment je peux être une bonne mère en étant dans cet état d'esprit..
Elle avait si honte d'elle qu'elle ne pouvait empêcher ses pleurs de glisser le long de son visage. Elle n'osait plus toucher Kisos, de peur qu'il la repousse ou qu'il la haïsse. Sortant alors du bain, elle finit par s'enrouler dans son peignoir avant de rejoindre le coin de fenêtre qu'elle avait aménagé avec des coussins. Tokela observait ses maîtres silencieusement, mais inquiet malgré tout. Il vint donc rejoindre sa maîtresse et posa sa petite tête sur le ventre bombé de la blonde. Pendant qu'elle le caressait, elle semblait lentement se calmer.
immarcescible, Posté le dimanche 18 décembre 2022 17:22 Répondre
- Ne dis pas de bêtises Kisos, ronchonnait Charlie en posant sa main fraiche sur la joue de son époux, tu aimes ce que tu fais. Je le sais. Même si ces dernières semaines.. Non, mois on été difficile il n'en reste pas moins que je ne te retirerais jamais ce qui fait que tu es toi.
La bouillotte lui faisait du bien alors elle la resserrait sur son ventre quand elle sentait le collier lui chatouillait délicatement la peau. Comme elle se sentait rassurée par les mots, la présence et les yeux brillants de Kisos. Enfin ils se retrouvaient, enfin il lui parlait. L'amour de sa jeunesse lui revenait enfin.
- Je veux que notre enfant puisse grandir dans un monde où il sera accepté et heureux. Et ça ne passera qu'eux si on continue le travail qu'on a commencé. J'ai une confiance aveugle en toi Kisos Walker et les gens aussi. Ils ont enfin compris qui tu étais et ce que tu étais capable de faire. Tu es à deux doigts d'accomplir une prouesse et je ne te laisserais pas t'arrêter en route compris ?
Sa main quittait sa joue pour venir replacer les boucles sombre qui tombaient sur les yeux de Kisos. Cela égaya son visage un instant quand elle se penchait pour lui donner un tendre baiser. Front contre front, elle savourait sa présence et une fois encore, sa main chaude et réconfortante contre son ventre légèrement bombé :
- Tu vas continuer à faire ce que tu aimes et je vais t'aider, t'épauler parce que c'est comme ça qu'on fonctionne. Et puis, de toute façon, tu dois encore soigner ma main et surveiller que le futur petit ours en moi soit en pleine forme, d'accord ? On va y arriver.. J'en suis persuadée.
Sa confiance était nouvelle. Peut-être que la grossesse lui faisait se rendre compte de toutes les perspectives possible qui les attendaient ? Ou était-ce au contraire son désir de faire grandir leur enfant dans une ville où il ne subirait la bassesse et l'horreur du racisme qu'avait pu vivre Kisos. Sereine, elle bu une gorgée de la tisane et laissa ensuite le brun s'occuper de sa main. Elle s'amusait à dire que finalement elle appréciait qu'il s'occupe d'elle comme ça :
- Je vais y prendre goût. Tu ne sortiras plus et tu t'occuperas tout le temps de moi.
Ils avaient donné à Mary sa journée pour rester tranquillement à deux. Charlie lui avait proposé de scinder leurs journées en deux. Le matin il travaillerait et elle ferait ses exercices de la main quand le midi ils mangeraient ensemble pour ensuite aller se promener. Mais Charlie tournait en rond. Elle s'ennuyait. Et savoir Kisos aussi prêt quand ils étaient uniquement tous les deux lui donna une idée. Un peu plus tard dans la matinée, elle descendit à son cabinet uniquement vêtue de sa robe de chambre. Elle toquait et le vit rédiger ou lire quelque chose à son bureau. Il semblait surpris de la voir là. Les yeux de la blonde brillait de malice quand elle venait s'asseoir sur le fauteuil face à lui. Telle une patiente, elle commença :
- Je viens vous voir Docteur car je suis embêtée voyez-vous..
Le regard de son époux lui donna encore plus envie de jouer à ce jeu. Alors, elle se leva, fit le tour du bureau avant de venir s'asseoir sur les cahiers de Kisos, face à lui. Les jambes légèrement écartée, elle dévoilait subtilement son intimité ce qui la fit rougir.
- Il s'avère que je suis prise d'une Kisos-tonite. Vous connaissez ? Il paraît que pour être soignée de ce trouble je dois obtenir un médicament particulier mais.. mais je ne suis pas médecin donc.. je viens voir le spécialiste en question..
immarcescible, Posté le mercredi 14 décembre 2022 05:48 Répondre
A voir l'éclat dans le regard de Kisos, il n'y avait aucun doute dans sa joie. Il n'y avait qu'une seule fois qu'elle l'avait vu cette brillance dans ses prunelles topaze. C'était le jour de leur mariage. Pendant qu'elle se laissait tournoyer dans ses bras, elle s'agrippait à sa nuque. Légèrement détendue par la réaction du brun elle pu à son tour laisser tout le stress de la journée s'échapper et pleurer à son tour. Ce qu'elle était émue en le voyant lui aussi pleurer. Posant ses deux mains sur ses joues, elle acquiesça encore tremblante :
- Je t'aime tellement moi aussi.. J'avais si peur que tu m'en veuilles.. Que ce ne soit pas le bon moment.. Je.. Je n'ai rien prémédité.. J'ai.. La dernière fois remonte à tellement de temps et.. et tout a été si vite que je n'ai pas pensé aux protections.
La dernière fois remontait à leur seconde lune de miel, autant dire qu'il s'agissait de quasiment trois mois désormais. Soufflant, elle se blottissait contre le brun en cherchant sa douceur, sa chaleur quand elle imposait sa main sur son ventre arrondi. Elle était tétanisée de savoir ce petit être en elle mais la présence de Kisos la rassurait.
- J'ai très peur mais.. mais je sais que tu seras là avec nous, murmurait-elle avant de relever ses prunelles vers lui, tu seras là n'est-ce pas ? Tout se passera bien ?
La peur se lisait sur ses traits quand elle agrippait fermement la main de son époux dans la sienne. Même si elle avait fait un immense pas vers lui, vers leurs projets, il n'en restait pas moins qu'elle était tétanisée par cette nouvelle et les bouleversements qui l'attendaient. Pour le moment, elle refoulait le plus possible toutes ses émotions de peur de repartir dans une crise d'angoisse. Mais cela ne serait pas bon pour le bébé. Elle lui parla alors de Pocahontas qui avait compris sa grossesse quand elle-même refusait de la voir. Les seules personnes à être au courant étaient leurs mères et Mary qui avait elle aussi compris mais sut rester discrète :
- Tu pourras l'annoncer quand tu le souhaiteras, lui proposait-elle en voyant sa mine si rayonnante, tu sembles si heureux.. je suis désolée de t'avoir privé de ce bonheur mo ghrian. Même si je ne suis pas certaine d'être une mère aussi exceptionnelle que les nôtres je.. je suis prête à apprendre et fonder une famille avec toi.
Très vite, elle fut entrainée sur le canapé où elle revint s'asseoir sur les genoux de Kisos, son visage blotti dans son cou elle savourait sa présence près d'elle tout en caressant la géante main qu'il avait posé sur son ventre. C'était dans ses bras qu'elle se sentait le plus en sécurité et alors, elle lui murmura avec douceur :
- Tu.. Tu es heureux mo ghrian ? Est-ce que cette nouvelle imprévue te rend heureux ? Tu as conscience que bientôt tu vas avoir un petit être qui courra partout après toi.. Il ne voudra que de son papa.
immarcescible, Posté le lundi 12 décembre 2022 17:04 Répondre
Lorsqu'il mit enfin le baume sur sa main elle eut moins mal. Mais avant, la douleur violente de ses doigts tournés et retournés lui retourna presque l'estomac. Bien sûr qu'elle s'en voulait de ne lui avoir rien dit, mais il avait tellement eu de travail qu'elle ne voulait pas en rajouter. De plus, elle craignait qu'il s'en veuille encore plus à cause de ce qui s'était passé avec les Commanches. Pour autant, maintenant qu'il avait parlé du sujet, elle lui expliqua les raisons pour lesquelles elle s'était tu :
- Tu culpabilises tellement de tout que j'avais peur que tu continues encore plus, avouait-elle, et j'ai toujours eu confiance en toi. Si tu peux me soigner fais le. Peindre me manque.
Ses yeux se relevaient vers le jeune homme où il pouvait y lire sa crainte de ne plus jamais pouvoir peindre. Elle avait essayé de la main gauche mais c'était en vain. Pour le moment donc, elle se contentait de décorer et s'occuper de la maison dont il n'avait toujours rien dit pour le moment sur le nouvel aménagement :
- Est-ce que tu aimes la nouvelle couleur de la maison ? Et la décoration ? J'ai essayé de recréer cette ambiance qu'on avait à Paris même si la maison est plus sophistiqué. Tu.. Tu aimes ?
Elle voulait tellement que ça fonctionne, qu'il soit bien avec elle. Alors, elle parlait de banalité en se disant que peut-être ça temporiserait un peu le mal qu'il ressentait. C'est ainsi que les jours suivant se passèrent. Les Hedlund et Walker étaient tout le temps chez eux. Un monde fou passait à la maison et quand Kisos ne travaillait pas au cabinet il était dans son bureau à parler stratégie politique avec son père et son beau-père. Charlie s'effaçait, elle le laissait faire de peur d'être un fardeau. Elle avait bien vu la confrontation qui l'avait animé contre Gabriel l'autre soir alors elle restait à sa place. Sa mère était fière d'elle et de la tenue de sa maison ce qui faisait enrager la jeune fille. Mais docile elle devait être désormais et elle jouait parfaitement le rôle de la parfaite épouse notamment en se présentant aux familles de la bonne société pour représenter au mieux Kisos auprès de l'électorat.
Tous les matins elle se réveillait encore épuisée que la veille et elle vomissait. Toute nourriture la rendait malade et elle perdait de son teint autrefois si éclatant. Mary voulut en parler à Kisos mais Charlie lui interdit prétextant que c'était une simple fatigue. Sa main allait mieux, elle ne souffrait plus mais c'était Sora qui appliquait le baume que Kisos faisait tous les jours pour elle. Leur seul moment de douceur était quand il se couchait près d'elle tous les soirs. Mais elle était trop épuisée pour parler du reste de la journée.
En tant que future Duchesse, Charlotte Hedlund était la parfaite représentante pour son époux mais savait parfaitement rassurer et galvaniser les foules. Beaucoup avaient déjà donné leur promesses de dons et de vote et Avery enrageait d'autant plus que la transaction avait été faite par Gabriel. Ainsi, tout le territoire de Jamestown appartenait désormais aux Walker et aux Hedlund. Ils étaient les propriétaires terriens de la région la plus riche désormais ce qui avait rassuré Anya et Gabriel. Pocahontas restait à l'écart de toute cette agitation préférant ne pas s'en mêler ou du moins de prendre du recul. Ce qui l'inquiétait surtout c'était la santé de Charlie qui semblait se détériorer à vue d'oeil mais personne ne le voyait. Toute l'attention était sur Kisos qui travaillait d'arrache pied pour tout conjuguer.
Un après-midi, elle imposa à la blonde de se poser auprès d'elle pour un thé :
- Vous êtes la seule amérindienne a aimer autant le thé.. quoi que non, Kisos aussi ami ça.
- C'est pour ça que je suis tombé amoureuse de Gabriel. Ses herbes magiques m'ont envoûté mais ne lui dis rien.
Elles lièrent ensemble de bon coeur. Ça faisait un moment que la blonde n'avait pas pris un moment pour se poser et simplement papoter. Si Charlie pensait que c'était un moment plaisant, Pocahontas mis les pieds dans le plat en demandant :
- Combien de semaines ?
- Avant les élections ? Et bien plus qu'une je crois..
- Non.. Le petit qui vit en toi ?
Charlie blanchit aussitôt. Si Pocahontas le disait c'était que toute ses craintes s'étaient avérées juste. Elle reposa sa tasse de sa main tremblante et sentie ses larmes glisser rapidement le long de ses joues quand la panique l'assiégeait. Aussitôt, l'amérindienne vint enlacer sa belle-fille dans ses bras pour la rassurer :
- Je.. Je.. Pas maintenant.. Non.. Kisos.. J'ai si peur.. Il.. Il va me détester.. Ce n'est pas.. C'est trop tôt.. Je ne pourrais pas.. Je n'y arriverais pas..
Elle expliqua qu'elle s'en doutait depuis quelques semaines mais n'osait pas se l'avouer. La peur d'en parler à Kisos, de sa joie qui serait certaine et de sa peur à elle tout en sachant qu'ils ne vivaient même plus l'un avec l'autre. Lorsqu'elle fut enfin calme, elle essuya ses yeux et inspira profondément :
- Ce n'est jamais le bon moment petite perle.
- Nous ne sommes plus un couple depuis un moment et je.. et je ne veux pas être frein à Kisos. Il travaille tellement et puis.. on s'était mis d'accord pour pas maintenant. J'ai.. J'ai encore tellement de choses à faire avant. Je ne veux pas reprocher à cet enfant ma frustration de ne pas avoir été ce que je voulais être.
- Tu ne pourras pas lui en vouloir Charlie je le sais, je le sens que tu l'aimes déjà. Mais maintenant, tu dois te reposer et le dire à mon fils.
Après avoir longuement écouté les conseils médicaux de sa belle-mère et en avoir parlé à sa mère qui avait hurlé de joie, Charlie prit la décision d'en parler le soir même à Kisos. Pour l'occasion, elle enfila une robe légère qui laissait subtilement voir sa poitrine gonflée et un léger renflement de son ventre. Dans le salon, elle avait organisé une table pour le repas avec des chandelles partout autour. Elle avait préparé le fameux plat de lasagnes et le tiramisu qu'il avait tant aimé lorsqu'ils avaient été à Paris. La nervosité se lisait sur ses traits surtout qu'elle ne cessait de regarder le parchemin enroulé d'un ruban délicat en velours. Elle se récitait intérieurement le discours à dire à son époux et ce jusqu'à ce qu'il arrive prête à tout lui avouer sauf que quand il arriva elle perdit tout courage.
Il eut l'air surpris de la voir encore debout à cette heure-ci et quand elle se leva elle prit les devant en prenant sa veste et ses affaires qu'elle posa sur le canapé avant de l'attirer à table :
- Tu dois être épuisé et.. et je me suis dis que ça faisait un moment que tu n'avais pas eu le droit à mes talents culinaires..
Elle le fit s'asseoir à sa place et le servit généreusement. La nervosité ne la quittait pas et elle devait bouger, faire pleins de choses pour pouvoir s'occuper de peur qu'il devine le plus gros secret qu'elle allait lui dévoiler. Comment allait-il réagir ? Mais pour le moment, elle le faisait parler de son élection et de ses patients. Il était fatigué mais elle voyait bien qu'il était passionné et le fait que les votes grimpaient à son profil ne pouvait que le rassurer. Elle mordait sa lèvre en tapotant du pied incapable de se détendre et cela dura tout le long qu'il mangea. Car oui, elle ne goûta rien de son repas. Lorsqu'il s'en rendit compte, elle poussa un long soupire avant de lui tendre d'une main tremblante le fameux rouleau qu'elle le laissa découvrir.
Dans l'après-midi, elle avait dessiné avec difficulté mais avec un certain charme quand même un berceau en bois. Avec beaucoup de minutie, elle avait ajouté les motifs animaliers des Cervidés qu'ils avaient pu voir un jour dans les bois ou encore l'ours qui était le symbole des Walker et les loups. Le berceau était à bascule et était tout à fait charmant. Voyant l'oeil interrogateur du jeune homme, Charlie lui expliqua alors les mains nouées par l'angoisse de sa réaction, prête à exploser en larmes :
- Il.. Il me semble que c'est une tradition Powhatan.. que.. que le futur père de famille construite une berceau pour son enfant.. alors.. alors je sais que je déroge une fois de plus à la règle mais.. mais je me suis dis qu'on pourrait le faire à deux.. ton talent de menuisier et.. et mon imagination.. qu'en.. qu'en penses-tu ?
immarcescible, Posté le vendredi 09 décembre 2022 18:38 Répondre
Il ne serait heureux qu'en ayant la reconnaissance du monde. Est-ce qu'elle le comprenait ? Bien sûr. Ce n'était pas pour rien qu'elle voulait devenir artiste. Seulement, si elle trouvait logique qu'elle pense une telle chose, elle se rendit compte de la souffrance que cela pouvait provoquer chez Kisos. Comment l'aider quand elle savait qu'elle ne pourrait jamais l'aider à affronter ce besoin ? Elle se contenta de venir se blottir dans ses bras et attendit un moment accrochée ainsi à lui. Que pouvait-elle dire ? Elle était trop fatiguée aujourd'hui et ne se sentait pas en mesure de lui dire qu'il avait tort et se contenta donc d'embrasser son poignet en lui précisant :
- Moi je t'aime et j'ai une confiance aveugle en toi. Je t'aiderais dans toutes tes démarches. Peu importe qu'on réussisse, qu'on échoue, je serais toujours là.
Au loin, Sora les appelaient pour venir manger le dessert mais la blonde était vraiment épuisée elle voulait rentrer.
- Reste un peu avec tout le monde je vais rentrer tranquillement ne t'en fais pas.
Même si elle savait qu'il allait insister, elle fut sauvée par son père qui se jeta sur Kisos. Il avait mille et un projets pour son gendre et comptait bel et bien lancer sa campagne. Ce nouveau projet attisait la curiosité du Duc et un centre d'intérêt bien précis. En faisant de Kisos le maire de la ville, cela pourrait bien arranger les affaires des Hedlund-Walker. Pendant qu'ils parlaient affaire, Charlie décida de prendre le chemin retour de la maison. Elle marcha tranquillement ramassant quelques fleurs sur le trajet. En arrivant à la maison, elle se mit à fouiller tous les placard et autres affaires. Enfin, elle trouva son sac de voyage et son recueil de poèmes qu'elle raffolait tant et découpa la couverture. Là, dissimulé, elle trouva toutes les liasses de billets qu'elle avait gagné à Paris et les assembla dans une espèce d'enveloppe qu'elle dissimula ensuite sous le matelas.
Puis, en attendant que Kisos revienne, elle se remit à décorer et ranger la maison. Sa main la faisait beaucoup trop souffrir pour qu'elle puisse essayer de peindre même si elle en avait terriblement envie. Alors, elle s'occupa comme elle le pu notamment en lisant dans le salon. Un éclair de soleil vint à apparaitre et elle en profita pour aller lire dehors allongée dans l'herbe. Ce printemps était chaud et agréable et les reflets blanc ivoire de la maison apaisait la jeune fille. Les volets vert brillaient encore de la peinture fraiche ce qui fit sourire Charlie. Kisos n'avait fait aucun commentaire sur le changement de revêtement de la maison, avait-il aimé ?
Elle se sentait si ridicule, incapable d'aider son mari alors qu'il était complètement perdu. Abandonnant définitivement la lecture, elle passa ses bras derrière sa tête et profita d'être allongée sur l'herbe verte et grasse pour contempler les nuages dansant au grès du vent. Comment aider Kisos ? Comment lui apporter ce dont il semble tant manquer. Ses vieux démons revenaient avec la culpabilité à grand galops mais elle les refoula rapidement. Non, il avait choisit d'être avec elle, elle devait cesser de douter. Mais alors aujourd'hui, comment construire leur future vie commune s'ils n'arrivaient pas à s'entraider.
Plongée dans ses pensées, elle ne l'entendit pas rentrer. Pourtant, son corps vint lui faire de l'ombre et donc la sortir de sa contemplation. Sa peau avait légèrement rougie à cause du soleil mais elle était tellement bien dans l'herbe qu'elle n'avait pas envie de bouger :
- Eh.. Qu'est-ce que le cabinet de guerre Hedlund-Walker a donné ? Mon père est partit pour une campagne féroce, tu vas voir qu'il peut être redoutable quand il s'agit de gagner.
Le colosse venant s'asseoir près d'elle, elle en profita pour rouler et venir poser sa nuque sa tête entre les jambes du brun tout en le contemplant d'un oeil songeur :
- Je voudrais te poser une question mais tu dois me jurer de dire la vérité et sans t'énerver.. Tu le promets ? Dis moi.. Si tu avais l'opportunité de modifier ces dernières années.. Le feraist-tu ? Est-ce que.. Est-ce que tu choisirais de me suivre, de m'aimer ? Je ne le prendrais pas mal mais.. mais tu dois bien admettre que nous n'avons pas eu beaucoup de moment de douceur et de bonheur simple. Quand on se bat pas tous les deux, tu subis les horreurs de mon monde et les conséquences désastreuses que ça implique. Tu devais avoir un destin hors du commun et tu te retrouves bloqué auprès d'une artiste ratée qui ne veut pas d'enfant. Ne me dis pas que tu imaginais une vie comme celle-ci car je sais que c'est faux et je ne remet pas en question notre mariage, notre amour mais.. mais est-ce que ça peut te suffire ?
Lentement, elle venait à se redresser et s'agenouiller entre ses jambes. Elle n'était pas en colère ni pleine de tristesse ou de ressentiment. Elle voulait juste qu'il se pose les bonne questions :
- Je t'aime d'une passion dévorante Kisos Walker et ça.. ni le temps, ni les gens ne feront disparaître ce sentiment. En revanche, avec ce que tu as dis tout à l'heure sur ton souhait de contenter tout le monde et d'être accepté par tout le monde ne fonctionnera pas tant que je serais auprès de toi. Tu seras toujours tiraillé par ton désir d'unir nos deux peuples et je crains que ce soit une chimère. Même si j'ai une confiance aveugle en toi j'ai peur que tu perdes ton énergie, ta douceur, tout ce qui fait que tu es toi et.. et que tu te replis sur toi-même. Et c'est déjà ce qui se passe. Je voudrais vraiment que tu te poses la question mo ghrian. Je ne t'en voudrais pas mais.. mais on doit être honnête l'un envers l'autre. Tu me l'as promis.
immarcescible, Posté le vendredi 09 décembre 2022 18:37 Répondre
Il ne serait heureux qu'en ayant la reconnaissance du monde. Est-ce qu'elle le comprenait ? Bien sûr. Ce n'était pas pour rien qu'elle voulait devenir artiste. Seulement, si elle trouvait logique qu'elle pense une telle chose, elle se rendit compte de la souffrance que cela pouvait provoquer chez Kisos. Comment l'aider quand elle savait qu'elle ne pourrait jamais l'aider à affronter ce besoin ? Elle se contenta de venir se blottir dans ses bras et attendit un moment accrochée ainsi à lui. Que pouvait-elle dire ? Elle était trop fatiguée aujourd'hui et ne se sentait pas en mesure de lui dire qu'il avait tort et se contenta donc d'embrasser son poignet en lui précisant :
- Moi je t'aime et j'ai une confiance aveugle en toi. Je t'aiderais dans toutes tes démarches. Peu importe qu'on réussisse, qu'on échoue, je serais toujours là.
Au loin, Sora les appelaient pour venir manger le dessert mais la blonde était vraiment épuisée elle voulait rentrer.
- Reste un peu avec tout le monde je vais rentrer tranquillement ne t'en fais pas.
Même si elle savait qu'il allait insister, elle fut sauvée par son père qui se jeta sur Kisos. Il avait mille et un projets pour son gendre et comptait bel et bien lancer sa campagne. Ce nouveau projet attisait la curiosité du Duc et un centre d'intérêt bien précis. En faisant de Kisos le maire de la ville, cela pourrait bien arranger les affaires des Hedlund-Walker. Pendant qu'ils parlaient affaire, Charlie décida de prendre le chemin retour de la maison. Elle marcha tranquillement ramassant quelques fleurs sur le trajet. En arrivant à la maison, elle se mit à fouiller tous les placard et autres affaires. Enfin, elle trouva son sac de voyage et son recueil de poèmes qu'elle raffolait tant et découpa la couverture. Là, dissimulé, elle trouva toutes les liasses de billets qu'elle avait gagné à Paris et les assembla dans une espèce d'enveloppe qu'elle dissimula ensuite sous le matelas.
Puis, en attendant que Kisos revienne, elle se remit à décorer et ranger la maison. Sa main la faisait beaucoup trop souffrir pour qu'elle puisse essayer de peindre même si elle en avait terriblement envie. Alors, elle s'occupa comme elle le pu notamment en lisant dans le salon. Un éclair de soleil vint à apparaitre et elle en profita pour aller lire dehors allongée dans l'herbe. Ce printemps était chaud et agréable et les reflets blanc ivoire de la maison apaisait la jeune fille. Les volets vert brillaient encore de la peinture fraiche ce qui fit sourire Charlie. Kisos n'avait fait aucun commentaire sur le changement de revêtement de la maison, avait-il aimé ?
Elle se sentait si ridicule, incapable d'aider son mari alors qu'il était complètement perdu. Abandonnant définitivement la lecture, elle passa ses bras derrière sa tête et profita d'être allongée sur l'herbe verte et grasse pour contempler les nuages dansant au grès du vent. Comment aider Kisos ? Comment lui apporter ce dont il semble tant manquer. Ses vieux démons revenaient avec la culpabilité à grand galops mais elle les refoula rapidement. Non, il avait choisit d'être avec elle, elle devait cesser de douter. Mais alors aujourd'hui, comment construire leur future vie commune s'ils n'arrivaient pas à s'entraider.
Plongée dans ses pensées, elle ne l'entendit pas rentrer. Pourtant, son corps vint lui faire de l'ombre et donc la sortir de sa contemplation. Sa peau avait légèrement rougie à cause du soleil mais elle était tellement bien dans l'herbe qu'elle n'avait pas envie de bouger :
- Eh.. Qu'est-ce que le cabinet de guerre Hedlund-Walker a donné ? Mon père est partit pour une campagne féroce, tu vas voir qu'il peut être redoutable quand il s'agit de gagner.
Le colosse venant s'asseoir près d'elle, elle en profita pour rouler et venir poser sa nuque sa tête entre les jambes du brun tout en le contemplant d'un oeil songeur :
- Je voudrais te poser une question mais tu dois me jurer de dire la vérité et sans t'énerver.. Tu le promets ? Dis moi.. Si tu avais l'opportunité de modifier ces dernières années.. Le feraist-tu ? Est-ce que.. Est-ce que tu choisirais de me suivre, de m'aimer ? Je ne le prendrais pas mal mais.. mais tu dois bien admettre que nous n'avons pas eu beaucoup de moment de douceur et de bonheur simple. Quand on se bat pas tous les deux, tu subis les horreurs de mon monde et les conséquences désastreuses que ça implique. Tu devais avoir un destin hors du commun et tu te retrouves bloqué auprès d'une artiste ratée qui ne veut pas d'enfant. Ne me dis pas que tu imaginais une vie comme celle-ci car je sais que c'est faux et je ne remet pas en question notre mariage, notre amour mais.. mais est-ce que ça peut te suffire ?
Lentement, elle venait à se redresser et s'agenouiller entre ses jambes. Elle n'était pas en colère ni pleine de tristesse ou de ressentiment. Elle voulait juste qu'il se pose les bonne questions :
- Je t'aime d'une passion dévorante Kisos Walker et ça.. ni le temps, ni les gens ne feront disparaître ce sentiment. En revanche, avec ce que tu as dis tout à l'heure sur ton souhait de contenter tout le monde et d'être accepté par tout le monde ne fonctionnera pas tant que je serais auprès de toi. Tu seras toujours tiraillé par ton désir d'unir nos deux peuples et je crains que ce soit une chimère. Même si j'ai une confiance aveugle en toi j'ai peur que tu perdes ton énergie, ta douceur, tout ce qui fait que tu es toi et.. et que tu te replis sur toi-même. Et c'est déjà ce qui se passe. Je voudrais vraiment que tu te poses la question mo ghrian. Je ne t'en voudrais pas mais.. mais on doit être honnête l'un envers l'autre. Tu me l'as promis.
immarcescible, Posté le dimanche 04 décembre 2022 20:14 Répondre
Gabriel venait littéralement de lui sauver les miches. Charlie avait cessé de respirer lorsque son époux lui avait demandé d'où provenait cet argent. Oui, comment allait-elle lui justifier tout cet argent indécent et sale ? Il allait la haïr, la quitter, c'était certain. Fort heureusement, il quitta la cuisine à temps avant qu'elle ne s'évanouisse. Son beau-père retint son bras et tapota sa joue pour s'assurer qu'elle allait bien. Quand il allait appelait son fils, elle le supplia de ne rien faire et lui assura aller bien :
- Je n'ai pas beaucoup mangé aujourd'hui et.. et les derniers jours ont été particulièrement éprouvant pour tout le monde.
Il l'aida galamment à s'asseoir quand il lui apportait un peu de son assiette et d'un verre de vin pour lui redonner quelques couleurs. Elle le remercia et mangea d'un bon appétit en l'écoutant évoquer à son tour cet héritage qu'il avait reçu de sa propre famille. Elle était donc là sa porte de sorti. Acquiesçant, la bouche pleine, elle parla donc d'une somme conséquente qu'elle possédait désormais et qui pourrait plus qu'alimenter la réserve des Walker. Gabriel était étonné et allait demander d'où provenait cet argent mais au regard de sa belle-fille, il comprit qu'il ne devait poser aucune question. De son oeil suspicieux, il soupira en observant la jeune fille qui était gênée et avait honte. Enfin, il claqua sa langue à son palais et conclua :
- Demain tu me donneras l'argent et je t'accompagnerais voir Avery. On va racheter Jamestown et il ne pourra rien dire à l'avenir. Nous dirons que tout cet argent provient de mon héritage et de la vente de quelques biens.
Charlie le remercia d'un sourire rassuré et confiant avant de le laisser quitter la cuisine. Elle était épuisée par cette journée, par cette tension et tout ce qui les attendaient encore. Son mensonge était entrain de la dévorer et elle pressentait qu'il ne s'agissait plus que d'une question d'heures et de jours avant que la vérité ne se dévoile, mais pour le moment, elle devait garder la face pour Kisos et lui offrir la victoire nécessaire pour le poste de maire.
Après avoir engloutie son assiette, elle en profita pour se réfugier un peu dehors, seule. Elle marchait de long en large le long du ruisseau qui bordait la maison tout en réfléchissant, et massant cette main qui ne voulait toujours pas faire un mouvement. Elle fut soudainement tirée de ses pensées en entendant le pas lourd de Kisos venir à elle. Avec douceur, elle lui offrit un tendre sourire en lui demandant s'il allait bien :
- Promet moi qu'à l'avenir on ne fera qu'un ou deux repas de famille dans l'année. Je ne sais pas si on va pouvoir survivre à des dîners de la sorte sans un mort.
Elle se voulait un peu plus gaie et sereine quand lui semblait toujours aussi tourmenté. Venant à lui, elle posa sa main sur sa joue avec une lueur de tristesse dans le regard. Difficile de sonder les pensées de ce colosse qui souffrait viscéralement :
- Dis-moi le fond de tes pensées mo ghrian.. J'ai l'impression que tu te tortures.. Tu vois bien que tout s'arrange et que nous avons trouvé des solutions. Tout ira bien. Ton père va s'occuper avec le mien de ta campagne. Tout va bien se passer et tu vas apporter la paix à cette ville. N'est-ce pas ce que tu voulais ?
immarcescible, Posté le samedi 03 décembre 2022 14:05 Répondre
C'est l'estomac noué que Charlie arriva à la maison des Walker. Kisos a ses côtés semblait tout aussi nerveux et pour preuve, elle avait du le supplier puis l'engueuler sévèrement pour qu'il l'accompagne. Ils avaient fait le trajet jusqu'au village dans un silence pesant qu'elle tenta de vaincre en prenant de sa main valide celle de son époux. Levant son visage vers lui, elle murmura avec douceur :
- Tout va très bien se passer j'en suis persuadée.
Mais déjà la porte s'ouvrait laissant une Binki dépassée par les jumelles complètement lessivée. Les filles riaient en ch½ur et couraient partout dans la maison. Il y avait un joyeux bazar dans la maisonnette. En effet, Sora jouait avec Tomas à se chahuter quand Garrett et Gabriel tentaient de jouer aux échecs. Charlie souriait, amusée de cette scène quand Millie fondait sur son neveu qu'elle n'avait pas vu depuis un moment à cause de ses nombreux voyages. La blonde alla directement en cuisine pour donner un coup de main. Seulement, sa main droite restait toujours inactive. Elle dissimulait la douleur avec les graines de pavots données par Pocahontas dans la journée mais le fait de ne toujours pas pouvoir bouger sa main l'inquiétait.
Dans la cuisine, il y avait une dynamique plutôt positive. A croire qu'on était à un réveillon de Noël. Le fait que tout le monde soit de nouveau réunis suite aux derniers évènements si dramatique avait rendu tout le monde si tendu que tout allait, visiblement, exploser ce soir. Pocahontas était encore dans une moue sombre quand elle équeutait les haricots et que Anya finissait la préparation de la tarte. Charlie vint se poser près de l'amérindienne en lui souriant avec douceur, un peu rassurée de leur conversation l'après-midi même :
- Je sens une nervosité certaine ce soir, lui confiait-elle en soupirant, Kisos doit être sur les dents je me trompe ?
- Vous avez raison. J'ai eu du mal à le faire venir ce soir. Il est persuadé que Gabriel va le forcer à accepter le poste d'Avery. Mais je tiens à vous confier qu'il l'a déjà accepté. D'ailleurs, j'ai quelque chose moi aussi à vous confier.
L'amérindienne était toute ouïe. Elle voyait bien dans le regard de sa belle-fille un secret particulier qu'elle allait lui révéler. Pour s'assurer de ne pas avoir d'oreilles indiscrètes, elles se rendirent dehors. Là, Charlie évoqua le pacte qu'elle avait fait avec Avery concernant le rachat des terres des Powhatans. Pocahontas ne comprenait pas pourquoi elle n'en n'avait pas parlé à Kisos et d'où provenait cet argent. Elle fronça les sourcils et osa enfin demander :
- Si je vous le dis vous devez me jurer de ne jamais le révéler à Kisos.
- Je le promet.
Ainsi, Charlie parla des problèmes d'argent qu'ils avaient eu à Paris et comment elle remédia à cela en s'exposant nue devant un ami artiste. Elle avait récolté l'argent promis plus la commission de la vente de la toile. Pocahontas n'était pas choquée, elle était juste embêtée de ce qu'avait fait la jeune fille. Avec douceur, elle se contenta de caresser la joue de Charlie en soupirant doucement :
- Nous avons toutes des secrets que nos chers époux doivent ignorer. Je garderais ton secret petite perle mais tu dois savoir une chose, dans un couple tout se sait un jour.
C'était ce que refusait d'entendre Charlie. Pour protéger Kisos elle serait prête à tout. Anya hélait les filles de la cuisine. Elles s'étaient réfugiée dans le jardin pour s'assurer une discrétion certaine aussi, elles rentrèrent avec quelques légumes sous les bras. Toute la table avait été mise en place avec l'aide de tout le monde et très vite, tout le monde se mit à table. Millie ne quittait pas Kisos, si bien que Charlie se sentait exclue et n'avait même pas pu se mettre à côté de lui. Ils bavardaient l'un avec l'autre de chose qui ne la concernait visiblement pas, mais elle devait prendre sur elle et faire en sorte que cette soirée soit parfaite. Sora qui était à côté d'elle lui demanda en la servant en pommes de terre :
- Il paraît que la maison que vous occupez va devenir blanche c'est vrai ? Le jaune était vraiment dégoûtant comme couleur.
- Oui je me suis dit qu'un petit rafraichissement serait agréable.
- Les volets de cette couleur sont très beau aussi, ajoutait Tomas en se penchant sur le côté de la table en souriant doucement à Charlie.
Elle lui rendit son sourire et croisa le regard de Kisos qui semblait analyser ce qui se passait sous ses yeux. Croyait-il encore qu'elle puisse être attirée par Tomas ? Elle ne pouvait pas croire une telle chose. Il est vrai qu'ils n'avaient pas eu de véritable discussion à ce sujet. Mais fronçant les sourcils et ayant une conversation télékinésique avec lui, elle lui fit comprendre de regarder le jeune homme en question. Il ne lâchait pas du regard Sora qui était toujours aussi pleine de joie. C'était indéniable qu'il était amoureux d'elle, aussi, elle espérait que Kisos le comprendrait enfin et ne se fasse plus d'histoire sur les intentions de l'écossais sur elle. La tablée mangeait avec appétit et les discussions fusaient de part et d'autre. C'était bien la première fois qu'ils étaient tous réunis de la sorte, dans une ambiance douce, chaleureuse et conviviale. C'était quelque chose qui plaisait à Charlie et qui se voyait bien organiser de nouveau de tels repas une fois que la maison serait en état.
Alors que Gabriel et Garrett discutaient des fameuses terres à vendre, Charlie écouta d'une oreille attentive jusqu'à venir intervenir dans la discussion ce qui sembla renfrogner Gabriel qui ne voyait pas d'un bon oeil que la jeune femme se mêle de tels rapports :
- Si nous rachetions ces terres nous pourrions bénéficier d'un point plus important sur Avery et ne plus devenir ses laquais. Il faut qu'on rachète toutes les terres aux alentours et de Jamestown.
- Charlotte occupe toi donc des choses qui t'occupent habituellement. Comme la peinture et autres gribouillis.
- Eh ! C'est pas des gribouillis mais de l'art espèce de vieux bouc d'écossais au caractère mal trempé !
Pendant que les deux se défiaient du regard, toute la tablé se mit à observer en silence les deux fortes têtes qui ne se lâchait pas du regard. Et Charlie comptait bel et bien ne pas se laisser faire par le père Walker qui semblait prêt à bondir. Mais elle fut plus rapide que lui et vint à préciser sans mâcher ses mots :
- Vous ne cessez de dire que vous voulez le meilleur avenir pour votre famille mais ce que vous n'avez pas compris c'est que pour réussir dans ce monde, dans ce siècle va arriver c'est qu'il s'entourer des bonnes personnes et investir tout ce que l'on a. En l'occurence, nous devons, nous tous, toute notre famille investir tout ce que nous possédons dans la terre. C'est la seule chose qui mérite qu'on y laisse du temps. Dans quelques années la côte sera forcément prise d'assaut et alors les gens ne devront des comptes qu'à nous. Alors peut-être que je ne fais que des gribouillis Monsieur Walker mais en attendant ma tête est en mesure de penser et contrairement à vous, j'ai conscience de ce qui va advenir. Contrairement à vous qui vous êtes laissés bouffer par le temps.
C'était piquant, cinglant mais vrai.
- Je veux que Kisos puisse obtenir ce qui lui revient de droit. Ces terres lui appartiennent et ce n'est pas en faisant de lui le laquais de Avery qu'il y arrivera. Dans quelques semaines il se présentera comme maire et il gagnera. Vous savez pourquoi ? Parce que votre fils est un homme avec de l'honneur, qui sait se battre pour des causes juste et honnête. Il va réconcilier nos deux peuples. Il fera ce que vous avez échoué depuis le départ.
immarcescible, Posté le mercredi 30 novembre 2022 17:38 Répondre
Après un sommeil tourmenté et un réveil violent, Charlie ne pouvait s'empêcher de bailler. La vue si particulière et touchante de cette famille de cervidés la faisait tendrement sourire et les yeux pétillant d'un Kisos apaisé un instant lui réchauffa le coeur. La veille, ils n'avaient pas vraiment pu discuter. Il était fermé et elle le comprenait. Elle savait que lorsqu'il était braqué il ne servait à rien d'insister, aussi, elle préférer laisser la tempête s'apaiser pour qu'il soit enclin à l'écouter. Leur balade vint à se terminer au fameux lac où ils s'étaient un jour baigner avec tous les amis du colosse. Amusée, Charlie n'eut qu'a défaire sa robe de chambre et retirer sa chemise de nuit pour plonger dans l'eau fraiche. Nue, elle s'en fichait et suppliait Kisos de venir :
- Je suis persuadée que ce jour là tu aurais voulu que je sois nue je me trompe ?
Difficile de changer les idées de son époux qui avait subit brimades et racisme ? Comment l'aider si ce n'est essayer d'apaiser la colère et la douleur de son coeur. Fort heureusement, il vint la rejoindre et elle pu nager jusqu'à lui avant de s'agripper à sa nuque. Ils se baignèrent ainsi un moment, blotti l'un contre l'autre. Charlie sentait bien qu'il avait l'esprit autre part et vint saluer son idée de créer un nouveau Jamestown :
- Tu pourrais devenir le nouveau maire.. Les gens vont t'apprécier en se rendant compte de ce que tu fais pour la communauté. Je suis persuadée que tu peux y arriver. Les élections sont dans pas longtemps si on en croit le calendrier. Tomas pourrait t'aider, Ona et toute ta famille. Et je serais là.. Je serais là pour t'aider et te soutenir.
Confiante, sereine à cette idée, elle ne pouvait s'empêcher de sourire. Mais une fois encore, la vie voulait qu'ils soient une fois de plus embêtés dans leur intimité. En effet, Sora venait de surgir, à bout de souffle et demandait à son frère de la suivre au plus vite. Une autre victime était arrivé au dispensaire mais un homme d'une quarantaine d'année qui avait été rué de coups par des irlandais de la ville d'à côté. Charlie prit le temps de sortir et promis à Kisos de rentrer au plus vite.
Ce que bien évidemment elle ne fit pas. En effet, elle en profita pour ramasser des fleurs sur la route pour égayer la maison le plus possible. Alors qu'elle avait toujours voulu fuir le quotidien d'une femme au foyer, elle semblait en prendre la parfaite direction. Machinalement, elle se disait que si la maison était accueillante, peut-être que Kisos serait plus heureux ? En arrivant, elle croisa des hommes qui attendaient devant l'entrée du dispensaire. Visiblement des amis du blessé. Elle demanda des nouvelles mais ils n'en n'avaient aucune. Voyant qu'ils avaient des traces de peinture sur leurs habits, elle leur proposa donc de l'aider à repeindre la façade de la maison. Allant dans le hangar, elle sortie deux blocs de peinture qui était d'une jolie couleur blanche ivoire pour la façade et un vert sapin très doux.
A midi, elle apporta à manger aux ouvriers et à Kisos. Mais il était concentré et il ne valait mieux pas le déranger visiblement. Elle posa alors l'assiette avec le sandwich et la boisson pour Kisos et Sora avant de sortir en silence. Le reste du temps, elle rangea, nettoya avec Mary. Pensant que son époux serait sortit de la maison dans l'après-midi et voyant que ce n'était pas le cas, elle décida de se rendre en ville. Il était temps pour elle de se confronter aux Walker et à sa famille. En arrivant devant chez eux, quelle ne fut pas sa surprise de les voir tous ensemble. Ils parlaient sans aucun doute de l'avenir de Kisos ce qui frustra et énerva déjà Charlie. Gabriel aussi semblait excédé, mais ce fut pire en voyant sa belle-fille. Pour temporiser, Garrett lui proposa d'aller chasser quand Anya sauta sur sa fille pour s'assurer qu'elle allait bien :
- Tout va bien maman.. Arrête.. Tout va bien.
- Non Charlie ! Regarde ce que tu as eu !
- Ne crie pas ou alors je pars.
La jeune fille avait les sourcils froncés en soupirant. Elle était déjà agacée de voir sa mère poule prête à apostropher une fois de plus Kisos. Alors, elle prit les devants en expliquant que c'était elle qui s'était interposée pour la flèche et que celui qui avait tiré n'était pas Kisos. Anya voyait bien que sa tête dure de fille ne voyait pas l'incohérence de ses propos et préféra abandonner pour aller servir du thé. La blonde en profita pour venir vers Pocahontas qui semblait éteinte. Prenant ses mains dans les siennes, elle la supplia en murmurant :
- Il a besoin de vous.. Je vous en supplie.. Il est si malheureux et.. et je ne sais pas comment l'aider.. A.. A cause de moi il a encore perdu son peuple et je sais que vous devez me détester mais j'aime Kisos plus que ma propre vie. Vous le savez.. Aidez-le.. Il a besoin de vous plus que tout..
immarcescible, Posté le dimanche 27 novembre 2022 20:53 Répondre
Finalement, Paris n'était en soi pas un problème. C'était plutôt la vie de femme de médecin qui en était un. Abandonnée à table, Charlie s'était vue retirée Kisos aussi rapidement que s'il avait été enlevé. Il vint finir son potage et rangea tout derrière elle avant d'investir la chambre la plus grande de la maison. Dans la journée elle avait changé les draps avec la femme de chambre de la maison. Une vieille dame du nom de Mary qui avait pris pour adoration Kisos. Visiblement elle le connaissait depuis qu'il était petit et l'avait vu grandir. Ce serait assurément, la nouvelle meilleure amie de la blonde quand elle aurait un peu de temps. Elle voudrait tout savoir sur la jeunesse de son époux.
La chambre rafraichie, des draps propre où de la lavande avait été placée, Charlie se sentait plus à l'aise. Elle contemplait des esquisses et des tableaux miniatures fait par la fameuse peintre Mary Cassat dont lui avait parlé Kisos. Il s'avérait qu'elle était la nièce de leur femme de chambre. Toute une histoire que la blonde avait hâte d'entendre. Mais pour le moment, elle contemplait son travail avec attention en tentant de bouger sa main. Mais c'était toujours impossible. Contempler de la peinture lui faisait du bien. Ça faisait tellement de mois qu'elle n'avait pas touché un pinceau et la seule pensée de ne pas pouvoir en retoucher un bientôt lui faisait très mal. Or, ce n'était pas le sujet du jour.
Alors qu'elle réchauffait le lit de sa présence et qu'elle avait placé une bouillotte au bout de ses pieds avec un Tokela blotti entre ses jambes, elle s'impatientait. Kisos ne rentrait pas. Elle s'inquiétait et repensait à la proposition de Avery qu'il semblait avoir validé. Comment allait-elle expliquer ça à Kisos ? Si elle lui parlait de cette somme outrageuse, il allait forcément lui poser des questions. Et elle savait ô que très bien à quoi cela conduirait. Mais elle devait sauver les terres aux alentours de Jamestown. Avery avait raison, ils devaient se protéger des potentiels rôdeurs et autres personnes malveillantes.
Elle fut sortie de ses songes en entendant Kisos surgir couvert de sang. Son discours lui serrait le coeur et elle avait mal pour la jeune femme qui avait subit l'horreur. Elle se promit que le lendemain elle lui apporterait un peu de présence et quelques fleurs. Même si ça lui semblait dérisoire, c'était la seule chose qu'elle pouvait lui apporter. L'eau devait être glacée mais il plongeait quand même dans la cuve. Elle avait froid pour lui et vint donc sortir du lit pour le rejoindre. Prenant une chaise, elle venait s'asseoir à côté de lui et frotta son dos avec une éponge tout en souriant doucement en l'écoutant évoquer son souhait d'une vie douce et calme. Déposant un baiser sur sa nuque, elle murmura attendrie :
- On aurait un potager et un jardin.. Je te ferais des confitures avec beaucoup de sucre et j'apprendrais à faire des tartes. Le soir on se baladerait dans notre jardin. Je suis persuadée que ça va arriver mo ghrian. Il suffit juste d'être encore un peu patient.
Sa main la lançait mais elle n'arrivait toujours pas à la bouger. Se redressant elle tenta de la bouger quand son bras se redressait difficilement. Pour essayer de noyer son prochain entretien avec Avery, elle avait trouvé l'excuse parfaite :
- Demain j'irais voir ma mère pour lui parler un peu. Et j'en profiterais pour aller voir ta mère. Il est hors de question que tu sois un paria à cause de moi. Puisque nous allons rester ici autant faire en sorte que notre famille soit réunie tu ne crois pas ?
Elle vint récupérer une serviette qu'elle tendit à Kisos avant de vite retourner sous la couette. En le voyant s'allonger à ses côtés, nu, elle ne pu s'empêcher de le contempler, les iris flamboyant. Le voir si beau, si fort ne pouvait que la rendre fière et brûlante de sensations qu'elle connaissait si bien. Mais le souvenir de l'adolescente qu'elle avait été lui revenait et cela la fit rougir et légèrement sourire. Pour vite changer de sujet, surtout que ses iris se perdait sur le bas ventre de son mari, elle se remit à contempler les petites peintures miniatures de Mary Cassatt avant de répliquer au colosse :
- Son travail est étonnant et percutant. A la fois elle joue des lumières comme Monet et pourtant elle semble être conservatrice. J'ai vraiment hâte de pouvoir la rencontrer, parler d'art me manque un peu je dois bien le reconnaître. Ça va me changer les idées. Oh.. Et j'aimerais repeindre les volets si ça ne t'ennuie pas ? J'aimerais un joli vert bois. Je pourrais aussi ajouter des talus de fleurs. La maison semble si triste. Même pour tes patients ce n'est pas très agréable de venir dans une demeure aussi fade. Je ne pourrais repeindre ton bureau, toutes les pièces de la maison pour l'égayer un peu.
L'emballement de Charlie était certain mais en voyant la moue sombre de Kisos, elle comprit qu'il ne voulait peut-être pas rester dans cette maison. C'était bizarre. On aurait dit qu'il était ailleurs. On aurait tout simplement dit qu'il n'était pas vraiment et elle eut peur. Est-ce qu'il voulait la quitter ? Est-ce qu'il avait d'autres projets ? Elle ne le reconnaissait pas et lui demanda :
- Dis moi ce que tu veux. Depuis.. Depuis que nous sommes mariés tu.. tu n'es plus vraiment toi.. tu n'es plu.. Kisos.. Tu me manques, je n'arrête pas de te le dire.. Le Kisos léger.. Doux, tendre, insouciant me manque.. J'ai l'impression que tu te renfermes tellement sur toi-m^me que tu ne me laisse même plus l'occasion de m'approcher de toi. Je suis en vie, tout va bien. Tu es en bonne santé et tout le monde dans ta famille aussi mais.. mais je ne sais pas comment te rendre heureux tu.. tu sembles courir après quelque chose mais je ne sais pas quoi.
Lentement, elle s'approchait de lui et de sa main valide pris celle de Kisos dans la sienne avant d'entrelacer ses doigts aux siens :
- Je t'ai entendu ce matin.. Je t'ai entendu dire à ton père que c'était leur faute.. mais.. mais pour moi ce n'est pas une faute parce que je n'aurais jamais été heureuse sans toi. Tu crois franchement que c'est en ayant la reconnaissance des autres que tu seras plus heureux ? A Paris, en Ecosse et ici tu fais tout pour t'imposer dans le monde de chacun alors qu'il ne te suffirait que de créer ton propre univers. Tu sais.. quand je commence à douter, je me répéte souvent ces mots que mon père disait aussi. Quand je doute, je me demande en qui je crois, en quoi j'ai foi et qui j'aime. Et bien, crois-le ou non mais je crois en Kisos Walker, j'ai foi en Kisos Walker et j'aime Kisos Walker. Et ça me suffit. Cesse de chercher une chimère mo ghrian.. on a pas besoin des autres.
immarcescible, Posté le vendredi 25 novembre 2022 17:50 Répondre
Les yeux larmoyants de Kisos l'avait retourné. Il n'était pas en colère contre elle, mais contre son peuple, contre lui-même. Elle aurait tellement préféré l'inverse. Néanmoins, elle aussi avait une certaine amertume auprès des Powhatans. Après tout ce qu'avait mis en place Kisos, ils le remerciaient de la sorte. Oui, elle était clairement en colère contre eux. Son regard était doux, bienveillant à son égard. Grimaçant un peu lorsqu'il inspecta la blessure qu'elle avait, elle sentie enfin la douleur des points et tenta de remuer un peu son épaule. Mais elle n'arrivait toujours pas à bouger sa main. Elle ne voulait pas s'en préoccuper. Pour le moment, seule la souffrance de son époux la foudroyait.
Avec douceur, elle posa sa main sur sa joue pour attirer son regard d'un bleu désespéré au sien. Elle attirait son front contre le sien et prit le temps de fermer les yeux même si les larmes continuaient de glisser le long de ses joues face à tant de douleur et d'injustice :
- Tu es un homme courageux, un homme de confiance qui tient ses promesses Kisos Walker. Tu n'as pas besoin de tous ces gens pour savoir qui tu es. J'ai une confiance aveugle en toi. Ma vie est entre tes mains, tu le sais bien. Nos parents sont justes.. ce sont juste des parents qui ont peur et qui ne savent pas comment gérer ce nouveau monde qui nous attends. Mais on va s'en sortir, tous les deux. Ensemble.
Elle n'avait pas besoin de rebondir sur l'absurdité de la proposition de Kisos. S'il voulait toujours d'elle, elle resterait éternellement auprès de lui. Il n'y avait aucun doute à ce sujet. Lentement, elle se blottissait contre lui et le suppliait de rester auprès d'elle, de dormir avec elle. Elle était encore épuisée par le sédatif qu'il lui avait donné et la douleur dans son bras la lançait. Mais elle s'en fichait. Tout ce qu'elle voulait, c'était la présence du colosse contre elle. Très vite, ses paupières luttèrent pour ne pas s'endormir tout en murmurant un "je t'aime" à son époux avant de sombrer dans un profond sommeil.
Au petit matin, elle se retrouva de nouveau seule dans ce lit étranger. Difficilement, elle se leva et vit une tasse de thé encore chaude près d'elle et quelques fruits qu'elle dévora. Une fois le thé terminé, elle s'enroula dans une épaisse robe de chambre et sortit à tâtons de la chambre. Un long couloir silencieux la trouva. Nulle trace de Kisos nulle part. Elle n'osait pas avancer, n'osait pas l'appeler. Elle avait peur de le déranger. Pourtant, elle avait besoin de sortir et de prendre l'air. Elle prit donc le couloir et se dirigea vers la porte qui visiblement donnait sur l'arrière cour. Eblouie par le soleil, elle plaça sa main devant ses yeux en les plissant et sentie la bonne odeur de la forêt. Tout était silencieux autour d'elle. C'était agréable.
- Kisos, appelait-elle faiblement, Kisos ?
Mais personne ne répondait. En arrivant à Jamestown, elle n'avait pas du tout vu cette maison un peu isolée de la ville qui visiblement se trouvait en hauteur. Elle avait quelques bribes de la conversation de la veille avec le colosse et elle eut mal. Ils se trouvaient l'un et l'autre emprisonnés dans une sorte de cage dorée. La peur revenait dans le creux du ventre de Charlie qui ne voulait pas revoir Kisos se rendre malade à travailler comme un forcené. Surtout pour une communauté qui le haïssait. Mais avaient-ils le choix ? Son ange s'était vendu au diable pour lui sauver la vie. Que n'avait-il pas vendu encore et encore à cause d'elle ?
Elle faisait le tour de la maison quelle trouvait triste sans fleurs. C'était une jolie maison qui avait du charme mais qui était fade. Devant la porte d'entrée, elle observait les mouvements des ombres d'arbres sur la façade laissant son imagination voguer. Les couleurs l'ému. Soudain, elle entendit le pas des chevaux sur le chemin qui venait de la ville et vit Avery en compagnie de Gabriel. Les sourcils froncés, elle releva le col de son peignoir sur sa gorge en laissant pendre le long de son corps, son bras encore douloureux :
- Charlotte, s'exclamait Avery souriant, vous voilà réveillée ! Nous nous faisions tant d'inquiétudes !
Cette dernière le regardait avec froideur, prête à dégainer mais elle croisa le regard de Gabriel qui avait toutes les peines du monde sur les épaules. Il n'était pas à l'aise face à Charlie, depuis toujours et elle ne comprenait pas pourquoi. Toujours est-il qu'elle répliqua avec animosité à Avery ce qu'il faisait ici :
- Nous sommes venus voir Kisos pour parler de son avenir ici à Jamestown. Il est bien évident que ses capacités sont nécessaires à la communauté et nous sommes prêt à le rémunérer en conséquence. 10 dollars par jours.
- C'est une plaisanterie, hurla-t-elle indignée, il est diplômé ! Il a de l'expérience ! Un médecin blanc est payé 50 dollars par jours ! C'est ignoble ce que vous lui proposez. Une insulte !
- Ma chère. Un homme tel que votre époux ne trouvera jamais meilleure proposition ailleurs.
Elle savait qu'il allait faire référence à sa couleur de peau et elle était prête à attaquer une fois de plus mais soudain le Kisos en question surgit sur le porche. Charlie vint à lui et prit de sa main indemne la sienne en le regardant dans les yeux avec confiance. La blonde voulait qu'il sente sa présence, qu'elle était de son côté, qu'elle était avec lui et l'accompagnerait. Gabriel descendit lentement du cheval, notamment à cause de sa jambe en moins. Il laissa les bribes de son cheval à Avery et se rendit vers son fils. Très vite, Charlie comprit pourquoi il était là et cela alimenta encore plus sa colère.
- Tu sais aussi bien que nous que c'est la meilleure des solutions Kisos, murmurait-il, ici au moins tu aurais un toit.
- Et a la merci du racisme, répliquait acerbe Charlie, nous ne resterons pas ici. Nous allons repartir.
- Où ? En France ? Ma pauvre Charlotte ce que tu peux avoir des réflexes de riche blanc par moment. Tu crois vraiment que Kisos trouvera du travail autre part en tant que médecin ? Il est rejeté par ton peuple et le sien. Que lui reste-t-il désormais ? On ne crache pas dans la main qu'on nous tends !
- Il lui reste sa famille et son honneur, chose que vous avez décidément tous perdu ici visiblement.
Gabriel semblait commencer à perdre patience et planta ses iris contrarié dans ceux de son fils comme pour attirer son attention. Charlie tenait toujours fermement sa main dans la sienne quand le colosse de père demandait à son fils un moment en privé pour discuter. Elle les laissa donc s'isoler, à regret, restant sur le porche de la maison à se demander ce que Kisos allait entendre et décider. Avery venait de la rejoindre, il se penchait vers elle en essayant de lui expliquer qu'elle devait plus confiance en lui. Cela la fit rire jaune jusqu'à ce qu'elle eut une idée :
- J'ai l'argent nécessaire pour racheter les terres des Powhatans.
- Impossible. Je sais que vos parents sont ruinés.
- Peut-être que mes parents oui mais pas moi. Si vous refusez, je lèverais une armée auprès des Appaches et vous savez comme moi qu'ils peuvent très difficilement être achetés comme les Commanches. Je me ferais un plaisir de ruiner et de mettre à feu votre ville Avery.
Il vit dans le regard de la jeune femme une certaine forme de folie qui l'effraya. Difficile de dire si ça venait de la fièvre qui ruisselait de son front ou si elle était vraiment capable d'une telle chose. Toujours est-il que l'appât du gain le poussait à s'intéresser à la proposition de la jeune femme.
- Si vous êtes en mesure de me prouver votre capacité à payer alors d'accord.
- Ne dites rien à Kisos. Tant que la transaction n'est pas faite.
Ils se serrèrent la main confirmant le pacte. Finalement, l'argent qu'avait gagné salement Charlie allait peut-être servir à quelque chose de bien. Laissant Avery sur le perron seul, elle se rendit dans le bureau de son époux où elle vit les deux Walker s'affronter du regard. L'ambiance était glaciale et très tendue. Elle ne perdit pas de temps et vint directement se rendre devant son époux prétextant avoir mal à son épaule :
- J'ai besoin que tu regardes ma blessure s'il te plaît.
Cela poussa Gabriel à quitter la pièce dans un pas lourd, déterminé. Ses épaules voûtées étaient les mêmes que celles de Kisos lorsque ce dernier était en colère et à bout de nerf. Mais elle se fichait royalement des autres. C'était Kisos son soleil, Kisos le centre de son univers. Pour lui qu'elle s'inquiéterait toujours. Il la souleva pour l'installer sur la table d'ascultation et elle le laissa faire en le regardant fixement. Tandis qu'il la manipulait elle vint poser son visage contre le sien pour y chercher sa douceur tout en lui apportant la sienne :
- Je suis là, murmurait-elle, je suis là et je crois en toi.. Tout va s'arranger. J'en suis persuadée.
immarcescible, Posté le mercredi 23 novembre 2022 19:57 Répondre
Tout est trouble autour d'elle. Charlie sent une étrange odeur de médicaments, de draps propre et de cheminée. Elle avait l'impression d'être à nouveau en clinique et cela l'effraya. Mais elle avait perdu tellement de sang que son corps mis un peu de temps avant de se réveiller. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, les yeux rouges de sa mère l'accueillir. Sa main tâtonnait, certaine que celle de Kisos n'était pas loin. Mais elle eut beau tourner la tête à droite et à gauche il n'était pas là.
Paniquée à l'idée que les Commanches aient pu s'en prendre à lui, elle se redressa de ses deux bras mais geins de douleur à cause de sa blessure, elle ne pouvait pas bouger sa droite. Anya tentait de lui dire de se calmer et que tout allait bien désormais sauf que Charlie sentait, non, elle savait que ce n'était pas le cas. Si Kisos était vivant, jamais il ne l'aurait seule ici. Sa mère ne répondait à aucune de ses questions et elle allait perdre patience mais soudain il surgit.
Sa mine était terrible. Charlie ne savait s'il s'agissait de douleur, de culpabilité, de gêne ou de colère. Il semblait si résigné qu'elle prit peur. Mais surtout, pourquoi avait-il cette blouse sur le dos ? Elle était encore trop faible pour poser des questions mais la violence des mots de sa mère la figea. Avant même qu'elle puisse répondre, Kisos le fit à sa place tout en la quittant de nouveau. Ses yeux se gorgeaient de larmes quand son coeur était meurtrie de le voir s'enfuir aussitôt. Et alors qu'elle cherchait mentalement les réponses à ses questions, sa mère lui raconta. Elle lui raconta tout. Le chantage de Yuma, la proposition de Avery, la déception des Hedlund et des Walker, le bannissement de Kisos. Charlie ne faisait que pleurer. Elle ne ressentait aucune douleur physique mais son coeur était brisé.
Une fois encore, elle avait détruit les espoirs de Kisos.
- Sors d'ici ! Sors d'ici, hurlait-elle à sa mère quand elle dissimulait son visage avec son bras, sors d'ici et laisse-moi ! Je ne veux plus te voir !
Anya ne comprenait pas la réaction de sa fille. Ou du moins, elle était persuadée qu'elle perdait la tête une fois de plus. Rapidement, elle se rendit dans la petite pièce attenante où Kisos auscultait un patient pour lui ordonner de revenir voir Charlie qui faisait de nouveau une "crise". Cette dernière tentait de se lever difficilement et essayait d'arracher les pansements que le médecin avait fait avec tant de soin. En les voyant arriver dans la chambre, elle leur imposa de ne pas bouger. Elle avait l'air d'une furie avec sa crinière en bataille et ses yeux rouges de larmes :
- Laissez-moi sortir d'ici ! Je dois aller voir ce Yuma ! Je dois arranger les choses ! Kisos ! Laisse-moi partir !
Mais ils la maintenaient de force alors qu'elle se débattait. Charlie poussait un cri de rage quand Anya ordonnait à Kisos de lui administrer un sédatif. Sa femme le suppliait de la laisser sortir, elle le suppliait de ne surtout pas faire ça. C'était de trop mauvais souvenirs. Des souvenirs de son internement quand elle était plus jeune et qui l'avait traumatisé. Le pauvre, il semblait si perdu qu'il préféra visiblement écouter Anya qui lui hurlait dessus qu'elle allait le tuait s'il ne faisait rien.
Alors qu'elle subissait la piqûre de calmant sans pouvoir s'en échapper, elle resta agrippée à Kisos en le suppliant du regard de ne pas la laisser. La détresse dans son regard était envahi par les larmes quand elle s'évanouissait de nouveau grâce à l'odieux calmant. Quand elle se réveilla, elle tenta de bouger sa main droite mais celle-ci ne voulait toujours pas bouger. La gauche était réactive fort heureusement et tenait une autre main. Charlie reconnut aisément la douceur et la puissance des mains de son époux. Elle lui serra la main, comme pour s'assurer qu'il était bien là. En ouvrant les yeux, elle se tourna vers lui et vit sa mine épuisée, ses épaules affaissée. Son visage était ruminé par la honte quand elle-même souffrait de le voir ainsi :
- Je suis désolée.. Je n'aurais pas du suivre Ona, murmurait-elle faiblement, je.. c'est ma faute.. tu n'aurais pas du échanger tout ça pour moi Kisos.. tu.. tu n'aurais pas du.. pas après tout ce que tu as fais pour ton peuple.. c'est injuste.. pourquoi est-ce que tu as fais ça ? Seigneur.. Kisos.. tu n'aurais pas du..
Elle retira sa main de celle du colosse pour venir cacher son visage. La haine qu'elle avait d'elle-même la plongeait dans un état de dépression avancée qu'elle ne savait pas comment gérer. Ce n'était même plus de la dépression mais une culpabilité si avancée que toutes les mauvaises idées étaient finalement bonne à prendre. Disparaître pour de bon. Voilà ce qui serait juste envers Kisos :
- Je suis tellement désolée d'être entrée dans ta vie. Tu ne mérite pas tout ça. C'est si injuste, continuait-elle en pleurant en secousse, il faut que ça cesse Kisos. Tu dois rejoindre ton peuple. Tu dois te battre pour eux. Je partirais, loin de toi, loin de tout ça pour te laisser une chance. Mais.. Mais je ne peux pas rester. Tu vas définitivement me haïr un jour et je ne pourrais pas le supporter. C'est injuste ce qu'ils te font subir. Tu mérites tellement mieux que tout ça, que tout ce que j'ai pu t'offrir.
immarcescible, Posté le samedi 19 novembre 2022 08:13 Répondre
La remarque de Kisos avant de se coucher revint en mémoire à Charlie. Elle ruminait cette maudite phrase dans sa tête alors qu'ils avançaient à dos de cheval en direction de la fameuse réserve à sangliers. Pensait-il sincèrement qu'elle puisse être, elle, attirée par Tomas ? Allait-il se venger sur le pauvre jeune homme en risquant sa vie dans des activités aussi dangereuses ? Elle ne pouvait pas croire que son mari soit aussi profondément jaloux et orgueilleux de la sorte. Elle n'avait pas osé en parler hier soir, de cette fameuse remarque, ils avaient déjà passé une journée compliquée à se disputer ce n'était pas pour recommencer au moment de dormir. La naïveté, la confiance aussi, lui avaient fait croire qu'ils pourraient avoir une discussion le lendemain et où elle lui aurait expliqué sa véritable intention. Ils devaient trouver un autre moyen de communication. En attendant, plus ils avançaient dans la forêt et plus elle se sentait mal à l'aise. Comme si la nature se braquait au fur et à mesure où elle pénétrait la forêt. Sora ne voyait rien. Son objectif était de retrouvé Tomas.
Cela n'échappa pas à l'oeil de Charlie qui vit dans le regard de sa belle-soeur, la même rage d'amour qu'elle avait eu pour Kisos quand il avait fallut sauter dans la rivière pour le sauver le fameux jour où ses cousins avaient voulu le tuer. Ce souvenir lui revint en mémoire et elle ne pu s'empêcher de ressentir de la tristesse. A croire que son époux a toujours été condamné à souffrir et côtoyer la mort.
Ona connaissait le chemin par coeur et avançait rapidement. Les filles tenaient très bien l'allure car l'une connaissait aussi ces bois quand l'autre était une excellente cavalière. Au bout d'une bonne heure, ils firent une halte au bord d'un ruisseau. Leurs chevaux n'avaient plus l'habitude de galoper avec une telle ardeur, aussi, ils devaient les ménager. Quand Ona remplissait les gourdes d'eau au plus près de la rivière, Charlie s'approcha de lui, timide :
- Nous.. Nous sommes bientôt arrivés ?
- Encore quelques minutes et nous y serons. Mais devant y aller à pieds. Nous sommes en territoire ennemi.
- Territoire ennemi ? Des européens ?
- Non.. Des Commanches.
Charlie avait entendu un tas d'histoires sur les Commanches. Un peuple complexe où régnait à la fois la trahison, le manque de confiance et la violence. Ona expliqua à Charlie que ces terres appartenaient à la fameuse tribu à laquelle Kisos aurait du être lié. La blonde ne comprenait pas dans un premier temps jusqu'à ce que l'ami de son époux lui rappelle qu'il avait été promis à une princesse amérindienne. Cette information fit en effet, frémir d'effroi la jeune femme qui regardait autour d'elle avec inquiétude. Elle savait d'expérience que les amérindiens pouvaient se dissimuler, aisément, dans la végétation. Sans doute les observaient-ils en ce moment même :
- Donc si on se fait attraper ne dit pas que tu es la femme de Kisos.
- Je m'en garderais.
Ona vint se mettre devant Charlie pour la protéger. Cela la surprenait mais Sora lui fit un sourire confiant qui lui fit penser qu'elle n'avait pas de raison de s'inquiéter. Ils avançaient en silence dans la forêt en direction de la fameuse réserve. D'après leur guide, il ne leur fallait que quelques minutes pour pouvoir atteindre la lisière de la forêt et donc son crétin d'époux jaloux. Elle ruminait déjà ce qu'elle allait lui dire, dissimulée derrière Ona et alors qu'ils s'apprêtaient à sortir enfin de cette foutue forêt, le son d'une flèche décochée vola en direction de Ona. Sans perdre un instant, Charlie hurla à tout le monde de se pencher quand elle s'interposait devant le guerrier pour ne pas qu'il soit blessé. Or, la flèche vint se blottir dans son épaule la faisant tomber à la renverse dans l'herbe.
Des cris amérindiens de Commanche résonnèrent dans la forêt quand Sora arma son arc en direction d'où avait été tiré la flèche. Comme si ses yeux étaient capable de voir dans l'épaisse brume, elle fit tomber à la renverse l'attaquant quand Ona portait Charlie en lui hurlant dessus. Il savait qu'il n'aurait pas du emmener les filles et que Kisos allait lui hurler dessus en voyant que sa femme était blessée. Non seulement c'était un acte de guerre mais aussi une double peine pour le jeune homme qui venait à peine de retrouver un semblant de lien avec son ami. Charlie geignait de douleur et vint hurler à Ona d'arrêter de lui crier dessus en lui ordonnant de faire un garrot :
- Un.. Un quoi ?
- Un garrot bon dieu ! Comprime la plaie. Je perds trop de sang.
- Kisos va me tuer.. Je suis mort.. Je suis mort.
- Ne dis pas de bêtises. Aide Sora je m'occupe de moi-même.
La jeune femme était dissimulée derrière un immense rocher. Déchirant difficilement d'une seule main un pan de sa robe, elle tenta vainement de venir comprimer sa blessure mais elle en était incapable. Les larmes de colère et de douleur envahir ses paupières. Surtout qu'elle commençait à avoir peur. Très peur. Alors, comme lui avait appris Pocahontas, elle essaya de se lier à Kisos. Quand il lui en avait parlé, elle n'avait pas ris mais avait trouvé ça étrange. C'était le moment de savoir s'il entendrait son alerte.
- Mo Grhian.. Je t'en supplie.. Tête de mule de petit amérindien.. Tu m'entends ? Kisos..
Pendant ce temps, Sora se démenait telle une guerrière impitoyable et se débrouillait à merveille. Les années d'entrainement donnés par ses parents faisaient effet. Avec Ona, ils réussirent à venir à bout du groupe de Commanches qui rebroussèrent chemin. Mais d'autres allaient venir. Quand Sora arriva devant Charlie, elle la trouva encore bien plus pâle que d'habitude surtout en voyant le sang qui ne cessait de couler de son épaule. Cette dernière avait même perdu connaissance.
- On doit rentrer à Jamestown, ordonnait-elle à Ona, on va la perdre.
- Mais ça veut dire repasser la forêt Sora. On ne peut pas on a été repéré et en plus, ils ont certainement pris nos chevaux. Je ne pourrais pas la porter et courir en même temps.
- Je reste là avec elle pendant que tu vas chercher du soutien.
- Tu rêves ! Déjà que je vais me faire assassiner pour avoir emmener Charlie ici tu crois vraiment que je vais te laisser ici seule avec lui. Tu rêves Sora !
immarcescible, Posté le mercredi 16 novembre 2022 17:53 Répondre
Les bouilles d'Anya et de Pocahontas dans l'entrebâillement du tipi firent naître un sourire sur les lippes de Charlie. Blottie contre Kisos, elle aurait voulu lui répliquer qu'il avait tort sur tout un tas de choses mais leurs mères les empêchèrent d'avoir une suite à leurs conversations. Après tout, seraient-ils un jour d'accord sur quelque chose ? Ils étaient si différents qu'elle avait peur, parfois, que ça favorise une séparation un jour. Le meilleur d'eux était souvent mis à rude épreuve et elle ne voulait pas qu'il soit un jour détruit par tous ces parasites, toutes ces disputes et ce manque de communication qu'ils pouvaient parfois avoir. Car oui, Charlie avait toujours très peur des secrets qu'elle avait gardé pour elle et que Kisos ignorait encore.
- Merci pour le ragoût. Venez donc le manger avec nous, j'ai trouvé quelque chose pourrait nous aider et Ona aussi pour le futur procès.
Quittant les bras de son adoré, elle retourna vers leurs couches et reprit le fameux code civil. Tomas lui avait montré quelques articles et autres textes de lois qu'ils pouvaient tourner à leur avantages, notamment sur le fait que les peuples amérindiens sont en droit de demander des procès équitable et juste, une rente donnée par l'état s'il leur terre est vendue et surtout, un droit de continuer sa propre culture dans les lieux religieux qui ont été répertoriés :
- Ces fameux lieux, j'ai une carte qui me donne tous les endroits où ils se situent. Juridiquement, rien ne vous empêche de vivre comme vous le souhaitez et où vous le voulez. Ce qu'il faudrait prouver pour Ona, c'est qu'il chassait sur des terres sacrées qui seront donc un lieu où se trouve une sorte de droit "international", neutre si je puis dire.
- Mais où as-tu trouvé toutes ces choses, demandait Anya intriguée en prenant le code entre ses mains, tu es un génie !
- Je n'ai aucun mérite. C'est Tomas qui m'a beaucoup aidé. Vous saviez qu'il était juriste en Ecosse ?
Anya levait un sourcils en l'air en soupirant, quelque peu sceptique. Cela surprenait Charlie qui connait ô que très bien cette moue si particulière que pouvait avoir sa mère et qui voulait forcément dire qu'un secret si dissimulait par là. Mais ça, c'était une autre histoire. Elle préféra continuer à glorifier Tomas pour que Kisos puisse l'apprécier et lui faire suffisamment confiance pour le laisser approcher Sora.
- Il est intelligent, jeune, brillant et lui aussi est un rescapé de la persécution anglaise. Il a tous les atouts pour nous aider. Il serait d'un vrai secours. En plus, il est plutôt beau garçon vous ne trouvez pas ?
Pocahontas et Anya riaient doucement en acquiesçant suite aux propos de Charlie. C'était gagné pour Pocahontas, il ne manquait plus que les deux ours de Walker pour s'assurer que Tomas puisse approcher Sora. Alors qu'elle se tournait vers son époux, elle pu voir son oeil noir sur elle ce qui la surprit. Ne comprenant pas, elle préféra l'ignorer pour commencer et se mit à noter tous les lieux précisé par sa belle-mère où figureraient les lieux de cultes aux Powhatan. C'était un travail certains mais que Charlie se proposait de faire avec plaisir. En constituant cette carte, c'étai la certitude d'attirer l'attention du gouvernement des terres appartenant à ce peuple.
Elles restèrent jusqu'à tard, c'est-à-dire jusqu'à la tombée de la nuit. Charlie les raccompagna un petit bout de chemin pour évoquer la fameuse conversation qui l'attendait demain avec Jackson. La blonde était quelque peu inquiète de cette entrevue et avait peur de ne pas être à la hauteur. Pocahontas l'a rassura et savoir que toutes les femmes du campements seraient derrière elle ne pouvait que la conforter dans sa légitimité. En rentrant au tipi, elle fut surprise de voir un Kisos déjà couché. Faisait-il encore la tête de leur dispute à cause de Ona. Dans un mouvement lent, elle se mit nue et vint s'allonger derrière son colosse d'époux. Elle l'enlaçait et embrassait son dos, sa nuque en murmurant :
- Je suis désolée pour Ona. Je te promets de faire des efforts et de ne plus me laisser faire, mais fais moi confiance mo grhian.. Je peux encore te surprendre un peu tu sais.
immarcescible, Posté le lundi 14 novembre 2022 15:25 Répondre
- Pourquoi ? Pourquoi j'accepte ça ? Peut-être parce qu'il s'agit de ton meilleur ami, ton frère et que depuis que je suis arrivé ton peuple entier me fait sentir ça ! Que je suis celle qui a détourné du droit chemin leur chef. Qu'à cause de moi ils ont souffert et qu'ils ont presque tout perdu !
Charlie était furieuse que Kisos soit furieux contre elle. Bien entendu qu'elle ne lui aurait jamais avoué ce qu'avait dit Ona. Comment aurait-elle pu en sachant à quel point lui aussi s'en voulait de ne pas avoir pu intervenir pour sauver les Powhatan. Tout le travail qu'ils avaient a faire était la conséquence de leur amour improbable. La conséquence d'avoir écouté leurs coeurs quand un peuple entier souffrait désormais.
- Depuis que nous sommes arrivés ici tu es en colère. Tu es en colère contre les colons, Ona, tes parents, Avery, moi et toi-même. Comment aurais-je pu venir te voir et te dire ce qu'il avait dis alors que tu as besoin de lui. C'est ton ami, ton frère depuis ta naissance quand je ne suis que la femme qui t'as volé à tes origines. Si je te l'avais dis tu aurais été le voir et tu l'aurais puni comme pour le soir de notre mariage. Alors oui, oui j'ai eu peur de ta réaction. Mais tu veux savoir le pire, c'est que j'ai eu peur que ça t'ouvre les yeux sur la cause de ce qui arrive à ton peuple. C'est-à-dire : moi. Pourquoi crois-tu que je me donne autant. C'est pour racheter mon égoïsme !
A bout de souffle, elle retenait du mieux qu'elle pouvait ses larmes. Comment osait-il s'en prendre à elle, la foudroyer de culpabilité alors qu'elle était totalement consciente de ce qui s'était déroulé par sa faute. Elle préférait retourner dans le tipi pour ne pas avoir à affronter le regard noir de Kisos mais il la suivait. Jetant le code civi sur leur lit, elle vint reprendre sur un ton plus las et moins colérique :
- Tu veux que je te rappelle ce que ton impulsivité te fais faire quand il s'agit de "protéger" mon honneur ? Tu te bats Kisos. Tout le temps. Avec mon père, avec Ona, avec Toulouse, avec toutes les personnes possible et inimaginable. Tu dis que je suis forte alors laisse moi gérer les horreurs qu'on me lance. Je savais parfaitement ce que je faisais avec Ona. Je savais pertinemment qu'il fallait juste que je lui prouve que je méritais d'être ton épouse. Que moi aussi je pouvais les sauver. Ne pas être ta potiche de femme. Ici, tout le monde te respecte parce que tu es légitime quand moi je ne suis qu'un visage pâle. Si tu viens sans cesse me défendre, comment veux-tu qu'on m'accepte ?
Elle restait debout, face à lui. Ce n'était pas de la colère, ni de l'amertume qui se lisait sur ses traits, juste de la peur. Charlie n'osait pas aller vers Kisos de peur qu'il la repousse. Elle laissait donc un peu de distance entre eux pour qu'ils aient enfin cette conversation qu'elle craignait depuis tant de temps :
- Je ne te mens pas. Il y a juste des choses que je préfère garder pour moi parce que je sais que tu vas mal réagir. Parce que je sais que ton sens de l'honneur risque de te faire du mal et nous faire du mal. Tu me connais mieux que quiconque au monde Kisos mais tu sembles parfois oublier que tu dois toi aussi me faire confiance. Tu t'es tellement auto-persuadé que tu pouvais tout gérer de front que c'est ce qui t'as rendu aveugle à Paris. Tu te souviens dans quel état tu t'es mis juste pour qu'on ai de l'argent ? J'aurais pu travailler, j'aurais pu.. j'aurais faire un tas de choses mais non. Tu avais décidé qu'on devait fonctionner à ta manière et je l'ai suivi. Je te fais confiance depuis toujours et c'est toujours le cas. Mais tu ne peux pas me jeter à la figure qu'on doit travailler en équipe si toi de ton côté tu fais les choses sans que je sois d'accord.
immarcescible, Posté le samedi 12 novembre 2022 15:11 Répondre
Une fois de plus, Ona n’avait pas pu s’empêcher de provoquer Kisos en évoquant Charlie. Comme elle aurait aimé être une petite souris pour ne pas qu’ils puissent l’utiliser et faire sauter de ses gonds son époux. Tel un chevalier, il voulut la défendre mais cela ne fit que créer encore plus d’incompréhensions et d’hostilités entre les deux frères. Ce qu’elle s’en voulait.
Quand Gabriel et Sora entrainait le colosse vers leur tipi, elle suivait d’un pas rapide mais silencieux de peur qu’il la questionne. Bien sûr qu’il allait lui poser des questions. Il n’allait pas être dupe longtemps en voyant le comportement de son ami. Pas manqué, à peine avait-elle effleuré sa main de la sienne qu’il lui ordonnait de répondre à ses questions. Mais dire la vérité serait envenimer encore plus la situation, alors elle secoua négativement la tête :
- C’est la colère et l’amertume qui a fait parler Ona, mo ghrian, rien de plus.
Comment les réunir ? La haine et l’incompréhension n’aidaient en rien ces deux anciens amis à se retrouver et Charlie avait peur que cela se finisse tragiquement. Laissant Kisos s’asseoir, elle le soignait des multiples coups qu’il avait reçu aujourd’hui après avoir demandé à Gabriel et Sora de les laisser. Evoquer la malédiction donnée par Ona ne ferait créer qu’une animosité encore plus grande alors qu’ils avaient besoin des uns et des autres. Seuls dans leur tipi, elle était debout devant lui quand il était assis. Même dans cette position, il était plus grand qu’elle ce qui la fit doucement sourire avant de dire :
- Tu dois arrêter de te battre comme ça pour moi.. Tu vas finir par te mettre à dos tout le monde à cause de ta femme. Tu sais, du moment que toi et moi nous savons ce que nous sommes le regard des autres ont s’en fiche.
Avec douceur, elle tamponnait l’arcade de Kisos avant d’y appliquer un baume du bout des doigts quand elle reprit :
- Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose à cause de moi, murmurait-elle en posant son front contre le sien, et Ona t’aime comme un frère. Il est juste très en colère et malheureux. Tu devrais peut-être discuter avec lui.
En attendant, même si elle était plus triste qu’en colère pour Kisos, elle ne pouvait s’empêcher aussi d’être fière de lui. Son discours devant tous les siens avait été très bien prononcé et annoncé la ligne de conduite du groupe. A genoux devant lui, elle lui offrait son sourire tendre et confiant :
- Tu as l’âme d’un meneur. Tes mots vont nous conduire à la réussite, j’en suis persuadée.
Au même moment, Pocahontas arrivait pour s’assurer que son fils n’était pas blessé. Elle constata les blessures du jour et fit une moue embarrassée. Même si sa belle-fille avait bien pansé les blessures de son fils, il n’en restait pas moins qu’elle n’aimait pas le voir se battre de la sorte. Bin sûr, cela lui rappelait son propre époux un peu trop prompt à vouloir s’assurer de son honneur.
- Les Walker sont des guerriers nés mon petit soleil, confiait-elle en caressant sa joue, et même si je suis fière de toi tu ne peux pas te compoter de la sorte. Ona souffre. Tu dois lui parler..
Charlie avait peur de déranger. Elle sortit donc de la tente en laissant la cheffe Powhatan parler avec son fils. Ils avaient un lien si particulier qu’elle en était fascinée. Pas blessée, ni même jalouse. Elle le trouvait véritablement unique. Profitant d’être un peu seule un moment, elle vint emprunter les livres de droit de son père. Pendant qu’elle les feuilletaient, elle entendit une conversation qui l’intrigue. Il s’agissait de Tomas qui répétait un discours amoureux. Cela surprit Charlie qui ne pu s’empêcher d’écouter ce qu’il disait.
Il parlait d’une jeune femme et avait visiblement la verve d’un poète. Cela ému la jeune femme qui souriait tendrement. Alors qu’elle faisait un mouvement, il l’entendit et se cacha derrière des caisses en bois :
- Pourquoi te cacher. Ta prose était magnifique, dit Charlie en souriant, à qui est-ce que c’était adressé ?
- Je.. Je ne peux pas le dire.. Je risque.. Ils vont me tuer..
- Mais ? Qui ça enfin ?
- Les Walker..
- Oh.. Sora ?
Les yeux du jeune s’illuminaient. Cela fit tendrement souriait de nouveau Charlie qui vint lui proposer d’aller marcher un peu le long du cours d’eau pour apprendre à connaître le jeune homme. Il s’avère qu’il venait lui aussi d’Ecosse et qu’il avait fuit la famine et la persécution. Sa soeur avait été jugée sorcière à cause de ses dons médicaux et il avait été pris à voler du pain. Ancien élève avocat, ils avaient perdus leur fortune à cause d’un oncle crapuleux. S’enfuyant tous les deux, tels deux parias, ils avaient presque réussis à s’évader mais sa soeur a été touchée par une balle et mourra sur le coup.
Le récit du jeune homme émut Charlie qui posa une main réconfortante sur son bras avant de lui demander comment il était arrivé ici :
- J’ai pris un bateau qui a échoué au large des terres Powhatan. C’est Sora qui m’a trouvé et je ne l’ai plus jamais quitté.
- Sait-elle ton affection ?
- Non. Je n’ose pas lui avouer..
- Si tu veux un conseil, n’attends pas.
- Mais Kisos.. Gabriel.. Ils vont me tuer.
Cela fit rire la jeune femme qui hocha de la tête. Il était vrai que les ours Walker risqueraient de venir arracher la tête du jeune homme mais elle répliqua :
- Est-ce qu’elle n’en vaut pas la peine ?
- Oui.. Oui tu as raison.
Elle rentra peu de temps après sa balade avec Tomas qui lui avait donné quelques têtes de lois pouvant l’aider pour son article. Il serait d’un vrai recours juridique pour la suite des évènements et elle devait à tout prix en parler à Kisos. En rentrant elle découvrit alors Kisos et Ona assis l’un à côté de l’autre près de la rivière. De quoi pouvaient-ils bien parler ?
immarcescible, Posté le lundi 07 novembre 2022 22:27 Répondre
Ils l'avaient enfin cette fameuse conversation. Celle qui avait noué l'estomac de Charlie depuis leur arrivée. Mais au moins, Kisos était honnête. Il ne lui promettait pas de rentrer dans un mois ou trois mois. Ils ne rentreraient, potentiellement, que lorsqu'il serait assuré de l'avenir de son peuple. Or, lui comme elle savait qu'il s'agirait de jamais. Etrangement, Charlie ne lui en voulait pas. Venant se blottir contre lui, elle posa sa main sur sa joue en lui répondant sincèrement, un sourire aux lèvres :
- Kisos Walker.. Quand vas-tu comprendre que c'est toi mon rêve ?
Pour acter ces mots, elle se pencha contre lui et vint lui donner un profond et langoureux baiser qui les fit tomber sur l'herbe. Allongée sur lui, elle riait sur ses lèvres en caressant sa barbe trop touffue dans laquelle ses doigts s'accrochaient. Les yeux brillant de malice, elle se redressait non sans avoir léché le nez du colosse :
- Je pourrais peindre n'importe où. Mais je ne pourrais jamais te remplacer mon amour. Alors il n'y a aucun dilemme. C'est toi pour toujours et ôte toi de l'esprit que je puisse rentrer à Paris sans toi. Ce sera avec toi un point c'est tout. Maintenant, ce qui m'inquiète, c'est que je ne veux pas que tes ambitions soient réfrénés à cause de ce que vit ton peuple. Est-ce que ça te suffira d'être le Chef qu'ils attendent ? Tu aimais la médecine même si c'était difficile. Je sais que tu peux continuer ici mais.. mais ce ne sera pas la même chose.
Redressée au dessus de lui, elle s'amusait à picoré son visage de doux et tendre baisers en l'écoutant parler. Elle le taquinait, le cherchait. Qui pouvait-elle ? Ils avaient toujours été comme ça l'un et l'autre. Mais il est vrai que ce côté tactile les avaient concernés. Maintenant qu'ils étaient mariés, cela ne choquait plus, sauf Garrett Hedlund. D'ailleurs, en voyant l'hématome sur la joue de Kisos, Charlie s'en voulu de l'avoir corrigé devant tout le monde. Elle embrassa son bleu avec une moue désolée avant de retenir un rire :
- Mon pauvre amour.. Tout le monde va vraiment croire que je suis une sorcière qui t'as retiré toute vertu. Tu te rends compte..?
Elle riait. Cela faisait longtemps quelle ne s'était pas sentie aussi amusée par une situation. Charlie restait sur Kisos et vint à repenser à ce moment si extrêmement sensuel au lac lors d'une halte pendant leur périple avec les Blondies. Le moment de leurs premiers baisers. Comme si le colosse s'en était souvenu aussi, elle se retrouva rapidement plaquée dans l'herbe sous son époux autour duquel elle enroulait ses bras et ses jambes. Ses doigts caressaient sa crinière quand elle le contemplait amoureusement :
- Tu te souviens ? Tu te souviens de ce jour là où tu m'as embrassé et.. et où tu avais un problème avec ton pantalon. J'ai vraiment cru que je t'avais fais fuir tu sais.. J'avais si chaud.. J'avais tellement envie de toi.. Si ta tante et Binki n'étaient pas arrivées, je t'aurais laissé me faire l'amour dans l'herbe..
Le monde à l'extérieur les attendaient mais elle s'en fichait. Ce moment privilégié qu'ils avaient pour eux deux était essentiel. C'était l'assurance qu'ils avaient toujours ce lien particulier qui les liaient. Son air soucieux revenait, fronçant ses sourcils, elle caressa sa nuque en demandant :
- Je sais que tu ne veux pas entendre ou même pense à ça mais.. mais si on y arrive pas Kisos ? Qu'est-ce que l'on va faire ? Tu y as pensé ?
immarcescible, Posté le lundi 07 novembre 2022 15:53 Répondre
La petite guerrière qui sommeille en Charlie avait besoin de se défouler. Parfait exercice en voyant Kisos et son père se battre comme des ours. Anya fonça directement sur le blond et lui attrapa sans douceur le col de sa chemise. La blonde n'attendit pas longtemps pour juste attraper l'oreille de son époux qui semblait ne pas s'attendre à ce qu'elle sévisse se la sorte. Sa mère s'occupait de donner une bonne charge sévère à son époux qui répliquait aussitôt sur le besoin d'assurer l'honneur sauf de sa fille. Cela fit rager la jeune fille qui vint aussitôt repousser sa mère pour confronter son père :
- Mais stop papa ! Tu crois que nous enfilons des perles avec Kisos depuis que nous sommes à Paris ? Bon sang.. Tu te soucis vraiment de ma pureté ? C'est ridicule étant donné que je l'ai perdu il y a bien longtemps et tu veux savoir quoi, c'est moi qui ai aguiché Kisos depuis le début. C'est lui qui a repoussé mes avances.
Anya blêmissait quand Garrett se bouchait les oreilles pour ne rien entendre. Mais Charlie vint à lui retirer ses mains pour continuer à parler folle de rage qu'il puisse la prendre encore pour une petite fille ayant besoin qu'on s'occupe d'elle. Mais surtout, faire passer Kisos pour un gros pervers la mettait dans une colère folle, alors qu'elle était assez grande pour savoir quoi faire et ce qu'elle ressentait.
- Je ne te comprends pas. Tu m'as toujours appris à être une femme forte et indépendante. J'assume mes choix et mes désirs et ils ont toujours été tourné vers un seul homme.. Kisos. Et il s'avère que c'est mon mari maintenant. Il a toujours respecter nos traditions quand je m'en fichais royalement. Alors s'il y a quelqu'un à blâmer ici c'est moi. J'ai pervertit Kisos Walker pour qu'il me fasse l'amour. Voilà, content ?
Tout le reste de la famille arrivait et observait stupéfait la hargne avec laquelle Charlie défendait, non pas son honneur, mais celui de Kisos. Aucune femme n'avait osé encore affirmé ses droits et ses désirs de la sorte surtout devant un père qui était plus conservateur qui ne l'aurait cru. Soufflant un dernier coup, elle retourna vers Kisos qui se levait mais qui allait lui aussi en prendre pour son grade car son épouse n'acceptait en rien la violence qu'il avait pu avoir en poussant ainsi son père :
- Arrête toi aussi de croire que j'ai besoin d'être sauvée. A Paris et maintenant ici. Bon sang Kisos on est au-dessus de tout ça et je ne supporte pas que tu puisses t'emporter de la sorte alors que tu devrais ton énergie négative pour autre chose de plus concret. Je te rappelle que ce n'est pas comme ça que le monde est censé tourné mais tu reproduis les mêmes choses que mon père. Et imagine une seconde que ce soit notre fille ? Tu y a pensé ?
Pocahontas vint à rapidement séparer tout le monde et proposer d'aller déjeuner. Beaucoup d'énergies négative sommeillait entre eux et ce n'était pas ça qui allait les aider Charlie préféra prendre le large et se rendit auprès de la rivière et de leur tipi pour souffler un peu. Elle trempait ses pieds dans l'eau en ruminant. La honte d'avoir été entendu et le comportement de son époux et de son père l'avait rendu furieuse. Venant s'asseoir sur la berge, elle arrachait les brins d'herbe sous ses doigts pensive.
Elle s'en voulait d'avoir utilisé le prétexte de leur propre potentiel enfant. Est-ce que Kisos allait lui en vouloir ? Après tout, ils n'avaient pas reparlé de ce sujet depuis leur départ et la violence de la dernière fois paralysait toujours autant de peur la jeune femme. Le pas lourd de son guerrier vint rapidement derrière elle. Elle le reconnaitrait entre tous. Il vint s'asseoir à ses côtés lourdement, mais elle évitait son regard. Les petits poissons sautaient dans l'eau dans la rivière devant eux. Tout s'écoulait paisiblement, comme si la nature ignorait la guerre prochaine :
- Vivre avec nos familles ne m'avait pas manqué. Paris me manque parfois.. On était libre. J'ai peur.. J'ai peur de ne jamais plus retrouver cette liberté. C'est ce qui m'effrayait hier soir et c'est ce qui a provoqué ma crise d'angoisse. Tu ne ressens pas ça toi aussi ?
Enfin, elle levait ses yeux plus doux vers Kisos. Elle s'en voulait sincèrement de lui avoir grogné dessus et lui fit comprendre en prenant sa main dans la sienne avant de répliquer taquine :
- Je suis désolée pour toi. Tu as visiblement épousé une petite dévergondée qui adore quand tu lui fais l'amour comme ce matin.
immarcescible, Posté le dimanche 06 novembre 2022 22:19 Répondre
Voilà tellement de temps qu'ils n'avaient pas eu d'intimité que Charlie n'avait pas osé le proposer ou même encore le solliciter. Mais Kisos savait y faire pour la surprendre. Non, encore mieux, il savait exactement quoi faire pour la rendre folle de plaisir. La jeune femme n'avait pas d'autre choix que de le laisser prendre les choses en main. Les yeux clos, elle sentait sa peau réagir au quart de tour quand les mains puissantes et brulante de son époux s'accaparait son corps. Elle tremblait d'une excitation certaine, même si la frustration la guidait aussi. Mordant sa lèvre inférieure, elle vint à le contempler en riant doucement quand il évoquait vouloir la punir. Elle avait envie de lui répondre qu'elle n'attendait que ça. Mais comment réagirait-il si elle lui disait une telle chose ? Serait-il choqué ?
Alors, pour le moment, elle ne laissait que quelques soupirs s'échapper de ses lèvres lorsqu'elle le sentit la caresser à ces endroits que lui seul connaissait. Ces fameux endroits où elle se sentait partir instantanément quand il passait sa langue, ses doigts, son regard. Charlie rougissait de plaisir et venait avec ses jambes enlacer les hanches du colosse et appuyer avec ses pieds sur ses fesses pour qu'il la possède. Oh oui.. Quelle cruelle impatience il lui faisait vivre.
Après l'avoir longuement caressé, léché, et suçoté, Charlie poussa un râle de plaisir qu'elle étouffa contre son bras. Elle devait se faire la plus discrète possible mais impossible avec un Kisos qui mourrait de faim. Oh oui, oh oui, avait-elle envie de hurler mais elle se retenait du fait de la proximité avec les autres tentes. Alors qu'il allait enfin venir à elle, réussit à dénouer sa main du lien et elle l'attira fermement contre elle, finissant par murmurer contre ses lèvres :
- Prends-moi.. Prends-moi comme tu n'as jamais pris aucune autre femmes.. N'aie.. N'aie pas peur..
Sans qu'elle s'y attende une fois de plus, il vint la retourner si aisément qu'elle eut l'impression d'être une feuille dans sa main. Cambrée contre ses fesses, elle le sentit la posséder et la prendre avec cette puissance, cette force et intensité qu'elle n'osait demander. Se redressant contre lui, elle accompagnait ses mouvements de bassin quand elle agrippait sa nuque pour qu'il continue, et c'était ce qu'elle lui suppliait en mordant son cou :
- Encore.. Encore.. Kisos.. Oui.. Ne t'arrête pas.. Oui.. Haaaan.. C'est.. Bon sang.. Oui.. C'est si bon..
Elle miaulait dans ses bras, transpirait la séduction et l'insolence sexuelle. Lorsqu'enfin ils arrivèrent à ce moment de grâce suprême, elle s'écroula sur le lit alors qu'ils étaient à genoux sur le sol l'un et l'autre. Charlie riait en constatant que sa chemise était en lambeaux. Encore blottie contre lui, elle refusait de bouger alors qu'ils tombaient à même le sol sur le tapis. Lorsqu'elle eut suffisamment de courage, elle se tourna face à lui et lui donna un profond et langoureux baiser sans cesser de rire amusée :
- Je veux bien être ta prisonnière plus souvent tu sais. Et s'il te plaît, demandait-elle en rougissant, n'aie pas peur d'être plus.. plus.. plus sauvage..
Il était midi lorsqu'ils quittèrent la tente. Car bien sûr, Charlie ne laissa pas son doux et bestial époux quitter leur nid d'amour aussi rapidement. Elle en redemanda en venant sur lui, en le laissant venir sur elle, en s'agrippant à la perche du tipi ou tout simplement en essayant d'autres positions que Kisos semblait connaître mais que la jeune femme refusait de savoir où il avait appris cela. Après un bon bain dans la rivière où ils firent l'amour une autre fois, ils rejoignirent enfin le conseil de famille qui se tenait. La jeune fille avait les joues rougies et le sourire sur les lèvres. Elle ne voyait pas les regards gênés ou goguenard des gens. Elle était sur son petit nuage blottie contre Kisos dont elle sentait la main réconfortante sur son dos. Tout était parfait, le soleil, Kisos, la douce matinée si sensuelle et..
- Garrett non, hurlait Anya en voyant son mari fondre sur le jeune couple.
- Tu vas voir ce qu'il va prendre ce petit salaud de Walker !
- Papa !
Charlie tombait des nus et vint s'interposer entre les deux hommes. Les deux ne comprenaient pas quand tout le reste du cercle regardaient autre part gêné sauf Sora qui riait en silence. Garrett était rouge de colère et ne semblait pas être en mesure de redescendre. Comment le pourrait-il alors que la promiscuité des tipi n'aidaient par à l'intimité. Charlie avait visiblement oublié par moment qu'ils n'étaient plus à Paris :
- J'ai.. Tout le monde a entendu ce qu'il.. ce qu'il..
- Quoi ? Quoi ? Quoi ?
- Ce qu'il t'as ?
- Mon mari m'a fait l'amour oui et alors ?
- Ah ! Charlotte !
Anya se bouchait les oreilles quand Garrett voyait rouge. Non, il était devenu rouge. Sora faisait un "oh" de surprises quand Gabriel se tortillait sur sa chaise et que Pocahontas mordait sa lèvre pour ne pas rire aussi. Tout le monde semblait vraiment gênée quand la jeune femme se défendait avec une verve splendide que nul n'avait cru possible :
- Oui papa ont fait l'amour et alors ? Tu vas me faire croire que quand maman et toi vous étiez dans la bibliothèque vous ne faisiez que lire ? Je suis une adulte maintenant et oui j'aime faire l'amour avec Kisos Walker Powhatan. Et si ça vous gêne tant que ça et bien changez de tipi !
- Vous vous entrainez pour faire des bébés, demandait faussement innocemment Sora qui n'avait aucune idée du sujet sensible qu'était l'enfantement, parce que vous avez beaucoup pratiqué aujourd'hui.
- Sora !
C'était sa mère cette fois-ci qui la grondait. Charlie mordait sa lèvre et jetait un oeil à Kisos qui s'était braqué à son tour. Seigneur.. Arriveraient-ils un jour à être moins tendu en entendant parler d'enfant. La blonde secoua la tête et changea rapidement de sujet pour ne pas que les gens viennent à les harceler de question à ce sujet :
- Vous vous êtes réunis à cause des prouesses de mon époux ou parce qu'il y a eu du nouveau sur les avancées de notre projet ?
- Et bien il s'avère que Jackson Avery est venu avec une proposition, expliqua Gabriel ravi de changer de sujet, il veut que tu ailles le rencontrer pour un meeting avec les investisseurs du chemin de fer.
- Qui ça ? Moi ?
La jeune femme était surprise. Elle ne comprenait pas pourquoi il voulait qu'elle soit présente.
- Oui. Il ne veut traiter qu'avec toi car il sait que tu sauras écouter ses propositions, il veut racheter les terres des Powhatan pour les vendre aux constructeurs de chemin de fer. Selon lui, cela apportera la prospérité nécessaire à la ville et la modernité qui va avec.
- Il y tient beaucoup visiblement, marmonnait-elle.
- Ce sont des hommes qui n'écoutent pas les femmes, répliquait Garrett à son tour en se rasseyant près de son épouse, je ne vois pas en quoi Charlie serait utile.
- Merci papa.
- Sans être méchant Petit Pois. C'est un piège et nous ne devons pas jouer à leur jeu.
Un léger silence emplit le tipi mais Charlie vint à le répondre rapidement en demandant à son beau-père :
- Quand a lieu la rencontre ?
- Demain à midi.
- Très bien j'irais mais sous escorte.
- Les hommes ne peuvent pas sortir de la réserve Charlotte.
- Les hommes peut-être mais pas les femmes. Pocahontas et Sora sont des guerrières et il y en a encore tout un tas. Détournant le flou juridique et arrivons en force. Ce sera notre élément de surprise.
Personne ne s'attendait à une telle proposition. Visiblement, ils y réfléchissaient tous quand Charlie se tournait vers Kisos dont le sourcil froncés l'inquiétait. Sa main dans la sienne, elle cherchait à avoir son soutien même si elle savait qu'il négocierait.
immarcescible, Posté le dimanche 06 novembre 2022 15:44 Répondre
Tandis que ses larmes venaient cesser de couler le long de ses joues, Charlie reprenait lentement son souffle. Kisos l'avait manipulé comme il le souhaitait. En effet, blottie contre lui, elle s'accrochait à ses épaules quand elle enfouissait son visage dans son cou pour humer son parfum si apaisant. Il avait réussi a la faire tendrement sourire, presque rire, suite à cette fameuse histoire de fugue. C'était rassurant de savoir que le poids des responsabilité l'avait lui aussi oppressé un jour et qu'il comprenait ce qu'elle ressentait.
- Je suis désolée de réagir de la sorte mais ça fait beaucoup mo ghrian. Voilà une semaine que nous sommes arrivés et.. et en fait, nous sommes censés partir en croisade contre un gouvernement. Ça m'effraie de ne pas pouvoir aider ton peuple. Je voudrais faire plus.. Tellement et je veux être à la hauteur pour tous ces gens et.. et pour toi..
Se redressant sur un coude, elle caressait avec douceur la joue de son époux en reniflant encore un peu. Les joues et le nez rougis, elle esquissait un léger sourire avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres et de murmurer :
- Mais je sais que tu sauras toujours me donner la force nécessaire Kisos l'éleveur de bébé ours. Tu en as épouser une vraie petite oursonne tu sais..
L'atmosphère dans le tipi avait enfin retrouvé un sentiment plus léger. Depuis leur arrivée, ils n'avaient eu un moment doux et tendre à se consacrer. Elle lui était reconnaissant de l'avoir suivie. Il avait sentiment, sans doute, quelle n'était pas bien et ne l'avait pas oublié pour autant. Blottis l'un contre l'autre, elle continua à déposer sur ss lèvres des baisers doux, tels des plumes :
- Si j'avais été là, je t'aurais suivi. On aurait pris un traîneau et Casse-Noisette pour nous conduire au Canada. Nos parents auraient été dépassé si nous nous étions connu encore plus jeunes.
Cette pensée la fit doucement rire alors qu'elle se reblottissait contre lui sans pour autant le lâcher. La fête battait son plein au loin mais elle s'en fichait. Pour le moment, elle avait Kisos contre elle qui la rassurait et c'était largement suffisant. En fait, c'était même la seule chose qui la rassurait et qui lui donnait l'impression d'exister. Au bout d'un moment, elle sentie ses paupières devenir lourde et le besoin de s'endormir se fit lentement ressentir. Alors, elle céda au sommeil sans résister non sans avoir enlacé ses doigts à ceux de son époux.
Charlie ne se réveilla qu'au petit matin. Le chant des oiseaux au dessus des arbres, le ronflement persistant de l'eau de la rivière qui s'écoulait lentement et le ronflement légèrement perceptible de Kisos réveillèrent la jeune femme. Un moment, elle observa le colosse qui l'écrasait et lui procurait la chaleur nécessaire pour survivre à vie à l'extérieur. Après avoir déposé un baiser sur son épaule, elle se retira lentement pour enlever la fameuse robe de mariée de Pocahontas dans laquelle elle s'était endormie. Après avoir fait un brin de toilette, elle se vêtit d'un pantalon de toile comme c'était la mode à Paris et d'une chemise à Kisos. Puis, elle détacha ses cheveux argentés qui tombaient en cascade dans son dos. Ils ondulaient grâce à la tresse de Sora. Les démêlant avec son peigne en ivoire, elle ne vit pas que son époux se réveillait. C'est en se tournant qu'elle vit son oeil brillant et qu'elle lui sourit.
- Bonjour mon amour, murmurait-elle en venan l'embrasser à genoux devant lui tout en caressant sa barbe, je ne sais même pas comment je dois t'appeler.. mon roi ? mon seigneur ? mon altesse ? majesté ?
La jolie blonde avait retrouvé un peu de son espièglerie joyeuse. La bonne nuit de sommeil et les propos si tendre et touchant de Kisos la veille l'avait rassuré. Caressant sa joue, elle mordillait sa lèvre inférieure avant de la couvrir de baisers :
- Tu aimes mes cheveux ? Tu n'en n'as rien dit.. Je pensais que ça te ferait plaisir. Je sais que tu as d'autres priorité en ce moment que ce genre de choses. D'ailleurs, parle moi de ce que vous avez fait hier. Je veux tout savoir.
immarcescible, Posté le jeudi 03 novembre 2022 20:23 Répondre
Ainsi donc, Charlotte Hedlund était officiellement devenue l'épouse de Kisos Walker Powhatan. Dire qu'elle n'a pas pleuré était un mensonge. Elle était émue de voir que le peuple de son tendre époux semblait plus tendre à son égard. Elle appartenait désormais à cette immense famille et les actes qu'elle aurait désormais seraient forcément vu d'un oeil plus engagé et où serein. Mais ce n'était pas ça qui l'obnubilait pour le moment. Non, en effet, le regard que Kisos avait posé sur elle l'avait chamboulé entièrement. Qu'avait-il le plus aimé ? Sa tenue ? La surprise ? Ses cheveux ? Elle n'en n'avait aucune idée mais le scellement de leurs lèvres dans un baiser passionné lui fit comprendre qu'il était heureux, autant qu'elle pouvait l'être.
Aussitôt la cérémonie terminée, elle avait envie de s'isoler pour lui poser un millier de questions. Mais les convenances de son titre l'empêchait de se libérer pour le moment. Elle le comprenait et l'acceptait. Alors, silencieuse et quasi effacée, elle le suivait sans broncher.
Cette petite heure passée lui fit même oublier Ona et les autres guerriers. Elle ne pensait qu'à Kisos qu'elle contemplait comme un objet rare, un trésor dont elle ne croyait pas l'existence. Pourtant, elle du revenir sur terre bien trop rapidement. Devant cette rivière se tenait donc les cinq plus proches amis de Kisos et Ona. Sora leur avait tendu un piège quand eux-mêmes voulaient visiblement s'en prendre à elle. La jeune fille culpabilisa de plus belle. Elle eut mal de savoir qu'à cause d'elle l'amitié entre les deux garçons allaient une fois de plus être brisée. La main ferme de son époux se refermait sur la sienne, signifiant sa fureur. Mais Charlie prit les devants une fois de plus et s'interposa aussitôt devant Kisos :
- Ils ne me voulaient pas de mal c'est moi qui leur ai demandé de me rejoindre ici, dit-elle sur un ton ferme, il.. il ne faisaient qu'obéir à mes ordres parce que.. parce que nous voulions te faire une surprise.
Elle voyait bien le regard perplexe de Sora et Tomas qui avaient entendu l'inverse et surtout, le regard sombre de Kisos. Uniquement le silence lui répondit, aussi, elle en profita pour rendre le plus vite possible une explication à ce fameux imbroglio :
- J'ai lu dans un mythe amérindien que lors de sa première nuit en tant que Powhatan, une jeune mariée devait se baigner dans la rivière sacrée. J'ai demandé à Ona de m'aider à trouver ce lieu et de le préparer pour que tu m'y rejoignes...
- Charlie, soupirait un Ona agacé.
- ... et donc c'est pour ça qu'ils devaient me rejoindre ici. Pas pour me faire du mal. Pour m'aider.
Prendre la défense de Ona était nécessaire. Elle savait pertinemment ce qui l'attendait si jamais il avouait ce qu'il était venu infliger à la jeune femme. Charlie fixait les prunelles brillante de son époux et le suppliait du regard. Même si il ne devait pas la croire, il devait au moins lui faire confiance. S'approchant de lui, elle vint resserrer ses mains autour des siennes en murmurant :
- Je ne veux pas commencer cette nouvelle vie avec toi avec une punition dès le premier soir de notre union mo ghrian. Je t'en prie.. Soit indulgent.
Fort heureusement, Sora comprit où voulait en venir sa belle-soeur et expliqua à son frère qu'elle s'était sans doute trompée en entendant les garçons parler. Mais sans douceur, elle coupa la corde qui les fit tomber sèchement sur le sol rempli de galets. Charlie la remercia d'un doux sourire quand elle se rapprochait de Kisos pour caresser sa joue en murmurant dans son français parfait un "je t'aime" que seul lui pouvait connaître et comprendre. Peu de temps après, le reste du groupe d'amis qui était entrain de danser sur les hauteurs vinrent chercher le fameux guerrier pour qu'il fasse la danse du feu comme le voulait la tradition. Charlie les laissèrent embarquer Kisos quand elle se tournait vers Ona et ses amis qui séchaient leurs vêtements. Avant même qu'elle puisse dire quelque chose, ce dernier répliqua :
- Tu nous as sauvé ce soir. Mais ça ne change en rien ce que j'ai dis et ce que je pense.
- Je le sais Ona. Je n'ai pas fais ça pour que tu m'apprécies. Mais je sais que Kisos t'aime sincèrement. Te faire du mal lui en ferait et je ne veux pas qu'il souffre. Alors.. Alors considère que ce n'est pas pour toi. Mais pour lui tout simplement.
Elle prit ensuite la route du retour suivie de près par Sora qui ne posa, fort heureusement, aucune question. Arrivée près du feu, Charlie reprit ses esprits pour ne pas se laisser embrumer par les mots violents de Ona qui résonnaient encore en elle. Se concentrant suffisamment, elle pu voir Kisos suivre le cortège de plusieurs guerriers qui exerçaient cette fameuse danse du feu. Les femmes tapaient en rythme dans leurs mains quand Pocahontas chantait. La fierté et la joie se lisait sur ses traits quand Gabriel était ému. Sora expliqua à l'écossaise en quoi consistait cette fameuse danse :
- La tradition veut que lorsqu'un homme épouse une femme, il doit montrer sa valeur à cette dernière en dansant avec le feu. Pour ça, il doit traverser les multiples épreuves qu'a du traverser le dieu soleil pour rejoindre la lune. J'adorais cette histoire enfant. Ma' dit que vous êtes comme cette histoire.
- Pourquoi ? Que dit-elle ?
- L'histoire raconte qu'un jour le soleil tomba follement amoureux de la lune. Mais ne pouvant l'atteindre, il trouva un moyen de l'atteindre en demandant aux Esprits de lui accorder une journée où le soleil et la lune seraient unis.
- On appelle ça des éclipses chez nous..
- C'est exactement ce que répliquait Duda à chaque fois, expliqua Sora en riant, vous êtes bien des visages pâles.
Cela fit doucement sourire Charlie qui ne se considérait que comme la femme de Kisos. Elle se remit à contempler les mouvements secs, saccadés mais si poétique des corps de ces guerriers qui évoquaient les esprits du feu. Son grand amour semblait lui aussi envahit de cette espèce de transe particulière qui le poussait à chanter en rythme avec les autres hommes. Elle était si fière de le voir s'épanouir chez lui. Si fière de savoir qu'il avait retrouvé sa place auprès des siens. Tapotant dans ses mains en choeur avec les autres femmes, elle vint à finalement pousser le même cris qu'elle pour encourager et interpeller à son tour les grands Esprits.
A la fin de la cérémonie, ils purent manger un peu. Elle mourrait de faim. Pour l'occasion, les Hedlund avaient fait venir de tout le château les provisions qu'ils avaient en réserve. Ce fut un vrai festin d'organisé. Charlie rêvait d'un moment seule avec Kisos mais il était tout le temps pris à partit par différentes personnes à qui elle était présentée. Elle souvenait à moitié de tous les noms. Beaucoup se prosternaient, saluaient avec honneur les jeunes mariés. Mais il ne s'agissait pas que de cela. Elle était devenue désormais la femme d'un chef de guerre. D'un chef amérindien. Soudainement, elle prit conscience de ce que cela impliquait et elle eut le tournis. Profitant d'une conversation de Kisos et d'un oncle à lui, elle s'éclipsa. Elle étouffait autour de toutes ces personnes et résonnait dans son esprit les propos violent de Ona. La crise d'angoisse montait, montait si bien qu'elle vint à se réfugier au tipi. Reprenant lentement son souffle, elle tentait de canaliser les larmes qui dégoulinaient de ses yeux quand elle se sentait prête à hurler de terreur.
Mais la présence de Kisos derrière la fit sursauter. Il l'avait suivie, il l'avait sentit qu'elle était sur un point de non retour. Il voulait la prendre dans ses bras mais elle le repoussa. Sa crise l'empêchait de parler quand elle se retenait de tout jeter au sol et tout détruire. Pourtant, lorsqu'il la prit de force dans ses bras, elle s'agrippa à lui tremblante, effrayée de ne pas pouvoir être à la hauteur. Cela faisait trop en peu de temps et elle se sentait envahie d'une vague de doute si puissante qu'elle ne contrôlait plus rien, pas même ses émotions :
- J'y arriverais pas, murmurait-elle en proie à une détresse certaine, j'y arriverais pas Kisos.. Je ne pourrais pas.. Je ne serais jamais aussi forte.. aussi parfaite.. aussi.. comme.. comme ta mère.. Kisos.. Je ne sais pas faire.. Je ne pourrais pas.. Seigneur..
immarcescible, Posté le mardi 01 novembre 2022 21:01 Répondre
Elle avait trop pleuré pour une soirée. Aussi, elle retint ses larmes quand Kisos lui fit cette douce déclaration d'amour. Elle avait peur de pleurer, non pas de bonheur, mais de tristesse suite à la terrible injure de Ona. Alors, elle se contenta de plonger son visage vers le sien et de lui donner un profond et langoureux baiser avant de lui murmurer à son tour un tendre je t'aime. Chastement, ils dormirent ce soir là. Les préparatifs de toutes ces prochaines semaines eurent raison d'eux. En effet, le lendemain partit rejoindre ses hommes pour faire une inspection avec Garrett des terres Powhatan quand Charlie rédigeait déjà de nombreux articles pour dépeindre l'aventure qui les attendaient. Elle avait encore quelques connaissances à NY de son école d'art qui connaissait du monde dans le monde du journalisme. Elle espérait qu'en les contactant, elle pourrait se créer un réseau assez fourni pour publier l'histoire des Powhatan et des amérindiens en général.
Venant de rendre son télégramme au bureau de poste de Jamestown, elle fut arrêté par un Jackson qui dissimulait, par une écharpe, les bleus que Kisos lui avait laissé. Charlie était froide à son égard et s'arrêta uniquement parce qu'il avait entre les mains un colis que Binki et Millie avaient envoyée :
- Je voulais vous dire Miss Hedlund que je ne vous en veux pas.
- Tiens donc.. et pourquoi ça ?
- D'avoir choisit le camp adversaire.
- Je n'ai pas eu à choisir. Ce sont leurs terres Avery. Nous sommes les occupants.
- Mh.. Sans doute. Mais en attendant, ce sont les sauvages qui vous occupent ma chère. Mais sans doute aimez-vous ça, l'amour sauvage.
- Vous êtes abjecte.
Elle lui arrachait le colis des mains avant de s'enfuir de la place. Avery ricanait, sans aucun doute fier de lui quand la brune avait envie de vomir tellement elle le trouvait répugnant. En entrant dans la réserve, elle eut le droit à plusieurs regards froid de certains amérindiens. Sans doute pensaient-ils eux aussi comme Ona. Cela la mettait mal à l'aise et Sora s'en rendit compte quand elles cherchaient des perles dans la rivière. Charlie ne se confia pas sur les propos de l'ami de Kisos, mais sur la méfiance des Powhatan à son égard.
- Ils se protègent.
- Jamais je ne leur ferait du mal Sora !
- Je le sais, Ma et Duda aussi mais..
- Mais ?
- Mais tu n'es pas l'une des nôtre pour eux.
Et ce fut là que le visage de Sora s'éclaira. Une vision avait-elle disait-elle quand Charlie craignait le pire. Vite, la petite brune l'entraina au village auprès de sa mère qui venait visiblement d'avoir la même vision que sa fille. La jeune brune ne comprenait pas ce qui se passait et demandait donc une explication en voyant les deux amérindiennes fouiller dans des coffres et parler trop vite dans leur langue pour qu'elle ne puisse pas comprendre.
- Mais bon sang qu se passe-t-il ? Sora..?
- Ce soir tu vas épouser Kisos !
- Mh.. Nous sommes déjà mariés tu sais.
- Oui mais pas aux yeux de notre peuple.
L'idée de Sora était simple et Pocahontas l'adorait. Pour asseoir la légitimité que Charlie cherchait, elle devait devenir une Powhatan et pour ça, épouser l'un des leurs. La jeune femme n'avait rien contre cette idée mais elle avait peur de forcer les choses, surtout que Kisos n'était pas là et qu'elle ne pouvait pas en parler avec lui. Comment réagirait-il ? Serait-il furieux ? Surtout que Pocahontas venait à sortir de son coffre la robe qu'elle portait elle-même pour son mariage ce qui gêna la brune :
- Non, non, non je ne peux pas. Sora doit la porter.
- J'aurais la mienne ne t'en fais pas. Tu seras belle dans celle de Ma'.
Pendant que les hommes préparaient des documents juridiques avec l'aide du Duc Hedlund, la réserve était en pleine effervescence pour la surprise de ce soir. Et ce n'était pas rien en effet puisque lorsqu'ils rentrèrent, la nuit allait tomber. Des bougies ornaient le chemin jusqu'à la rivière tout près de l'arbre aux esprits. Tous les Powhatan avaient été conviés. Le soleil lentement se couchait mais semblait n'attendre qu'une chose, l'union de ces deux êtres sur lesquels il veillait ardemment. Kisos fut préparé par son père qui avait été mis au courant de la surprise. Ce dernier ne devait sans aucun doute rien comprendre alors que Charlie attendait nerveusement non loin de là. Comme pour lui remémorer un souvenir ancien, elle réussit avec l'aide de Sora à teindre de nouveau ses cheveux. Elle voulait que Kisos soit heureux et qu'il retrouve un peu de légèreté ce soir.
Contrairement à la première fois, Charlie était très nerveuse. Là, tous les regards allaient être braqués sur elle et elle ne devait pas faire un faux pas. Pour l'occasion, elle portait donc la robe de Pocahontas. Le haut était d'un bleu éclatant rappelant celui des yeux de Kisos avec des manches en franges. Le bas était une jupe longue dévoilant ainsi le nombril de la jeune femme et ses cheveux avaient été nattés quand une couronne de jasmin ornait le dessus de sa tête.
Lorsque ce fut l'heure, elle s'avança donc en compagnie de Sora jusqu'à l'autel érigé par Pocahontas qui se tenait prête à recevoir ces deux enfants qu'elle chérissait. Arrivée avant Kisos, elle l'attendait nerveuse. Oh oui, elle avait envie de se liquéfier sur place. Allait-il aimer ce qu'avait préparé sa famille ? Allait-il aimer qu'elle fasse partie de sa famille, ses cheveux, sa tenue ? Est-ce que son peuple l'accepterait-il aussi ? Dans les visages bienveillants, elle reconnut le regard noir et mauvais de Ona ce qui lui fit perdre son sourire et la tendit encore plus. Elle était prête à faire demi-tour mais soudain surgit Kisos couvert de ses peintures de guerre. Si grand, si beau, si fort qu'elle cru que ses jambes allaient défaillir. Les bougies donnaient une allure encore plus intimiste et soudain, dans le regard de Kisos, elle y trouva le courage et la force de tout affronter.
Il avançait d'un pas déterminé ce qui lui fit monter la pression une fois de plus. Elle mordait nerveusement sa lèvre jusqu'à ce qu'il arrive face à elle et qu'elle se sentit prête à s'évanouir tellement son regard était incendiaire. Balbutiant au début, elle inspira ensuite profondément avant de demander dans son amérindien très léger, la formule habituelle que toute mariée amérindienne est censée demander :
- Kisos, fils du grand guerrier Isha et de la princesse Pocahontas, fils et petit-fils des grands Powhatan, acceptes-tu de me prendre pour épouse en ce jour et devant le soleil qui est le dieu de tous les dieux sur terre ?
immarcescible, Posté le mardi 01 novembre 2022 10:23 Répondre
Une fois que tous furent partis, les laissant enfin seuls, Charlie se jeta au cou de Kisos les larmes aux yeux. Elle venait de retrouver son époux, son tendre et mesuré Kisos. Grimpant contre lui en enroulant ses jambes de ses hanches, elle le couvrit de langoureux et tendre baisers tout en murmurant entre ses lèvres :
- Je suis si fière de toi.. On va réussir.. C'est une certitude.. J'ai confiance en toi.. Je t'aime tellement mo ghrian..
L'étincelle de confiance et d'amour de Charlie pétillait dans son regard. Ils allaient réussir, c'était certain se répétait-elle en boucle alors qu'ils préparaient leurs affaires pour déjà repartir. Mais avant cela, les Hedlund avaient organisé de quoi fêter tout simplement ce périple qui attendait les siens. Anya aussi était venue pour l'occasion et pu passer un moment privilégié avec sa fille. Celle-ci ne cessait de faire la mère poule en lui rappelant un million de règles qui faisait rire la jeune fille intrépide. Une nouvelle aventure avec Kisos. Même si celle-ci avait un caractère bien singulier puisqu'ils devaient sauver en intégralité le peuple Powhatan. Mais la foi dans laquelle la jeune fille y mettait toute son énergie avait semble-t-il redonné un peu de couleur et d'espoir dans les visages amérindiens.
Pocahontas fit une cérémonie pour assurer la sécurité des deux jeunes mariés pendant leurs périples. Elle était si fière de son fils et de la mesure qu'il avait retrouvé ce matin même. Elle, qui avait tant prié ses ancêtres de le guider, était désormais persuadée que Charlie avait été destinée à son enfant. C'était ce que lui avait toujours soufflé Aponi mais c'était désormais une certitude qui ne la lâchait pas. Sora s'amusait à récupérer tout un tas de robes et d'autres accessoires qui appartenaient à sa belle-soeur. Les deux jeunes filles étaient des amies qui s'aimaient sincèrement et qui partageaient tout un tas de secrets, notamment la réunion secrète de ce soir :
- Je me sens mal de ne rien dire à Kisos.
- Ne t'en fais pas pour lui, c'est même pour son bien.
- Pourquoi ? Il est en danger.
- Non, non. Tu verras ce soir.
Charlie était encore sceptique mais elle devait aussi se laisser suivre le mouvement parfois. C'était ça aussi être Powhatan, suivre la rivière. De toute la soirée, la jeune femme ne vit que partiellement son époux. Quand il était occupé avec son père et le sien, il était avec Ona et d'autres guerriers. Sans doute devait-il réunir des hommes pour l'accompagner dans sa quête. Seulement, peu d'entre eux pouvaient venir afin de ne pas éveiller les soupçons des autorités de Jamestown. Sinon, ils étoufferaient cette révolte dans l'oeuf en leur interdisant totalement de sortir. Il était prévu qu'ils partiraient avant l'aube en canaux avant de rejoindre le camp de l'arrière grand-père de Kisos. Là, ils trouveraient des chevaux et sans doute des hommes avant de se rendre à Washington. Ils devaient faire vite car ils n'avaient que deux mois.
Quand les étoiles furent suffisamment haute, Charlie rentra au tipi. Gabriel était en grande conversation avec son fils, cela avait l'air important aussi elle n'osa pas les interrompre, surtout après sa remarque virulente du matin même. En arrivant, elle fut surprise de voir Ona :
- Kisos est encore..
- Je sais Charlie. C'est toi que je suis venu voir.
- Oh.. Tu.. Tu veux entrer ?
- Non. Pas pour ce que j'ai à dire.
- Très bien, je t'écoute.
- Je te hais Charlotte Hedlund. Je te hais de nous avoir volé Kisos.
- Ona, je..
- Non, la ferme. Je te hais de l'avoir transformé en couard de blanc. Je te hais d'avoir ne serait-ce eu la prétention d'être un jour notre reine. Je te hais car je sais que nous allons perdre deux mois à chercher du secours auprès des autres quand nous devrions nous préparer à nous battre. Kisos n'aurait jamais du poser ses yeux sur toi. Tu n'as été qu'un poison dans sa vie. C'est à cause de toi qu'il a quitté sa famille et qu'il l'a abandonné. Tout ce que tu as sous les yeux c'est toi la responsable et je te maudis. Je maudis le jour où tu es arrivée ici. Je maudis tout ce que tu pourras aimer. Tu n'es qu'un monstre Charlotte Hedlund et un jour mon frère s'en rendra compte et tu seras punie d'avoir osé l'emmener avec toi. Et ce jour là, oh oui.. ce jour là je trouverais enfin le repos.
Aucune larmes ne s'échappaient des yeux de Charlie. Ona autrefois si gentil venait de lui ouvrir le thorax et de lui arracher le coeur sans anesthésie. La jeune femme posait sa main sur ses lèvres pour étouffer le vomi qui voulait s'échapper mais rien n'en sortait et rien ne pouvait empêcher la douleur de son ventre. Elle était choquée de la violence de ses mots. Choquée qu'il puisse la haïr ainsi quand elle-même se haïssait encore plus. Ona ne dit plus rien, il se contenta de marmonner une insulte en amérindien et s'en retourna au campement. La brune s'accrocha comme elle pu au tipi, en sentant ses jambes prêtes à se dérober quand elle entendit au loin le hululement de la chouette. Signal pour elle de rejoindre Sora et Pocahontas.
Elle était encore fébrile et prête à défaillir mais elle devait à tout prix se reprendre. Elle devait dissimuler au plus profond d'elle-même l'insulte de Ona. Il n'avait fait que mettre en lumière ce qu'elle savait déjà. Pourquoi semblait-elle si choquée, se demandait-elle. Peut-être parce qu'elle espérait sans doute que ce soit faux. Mais si Ona pensait ça, alors tout le reste du peuple amérindien aussi. Elle devait les aider, les sauver. C'était la seule solution pour que Kisos puisse un jour régner et que leur couple ne soit pas maudit par Ona.
La rencontre nocturne à l'arbre des esprits prit une tournure à laquelle elle ne s'attendait pas. Pocahontas avait réuni des esprits anciens tout près de l'arbre et ils semblaient tous l'attendre. La jeune femme ne comprenait pas ce qui se passait et encore moins quoi faire. Heureusement, Sora lui prit la main et la conduisit sur le petit socle où elles retrouvèrent entourée d'esprits puissant dont la brune ressentie les énergies, aussi invraisemblable que cela puisse paraître :
- Qu'est-ce que..
- Je t'ai fais venir ici Charlie pour que tu saches que tu as été reconnue par nos mères et qu'elles t'accompagneront toujours. Ce sont elles qui veilleront sur toi l'avenir et sur la vie que tu porteras.
En disant cela, elle touchait le ventre de la jeune fille qui sentait une énorme boule d'angoisse l'envahir. Ainsi donc, Pocahontas avait vu qu'elle tomberait enceinte. Secouant la tête, elle pensait avec déraison à la fameuse malédiction de Ona. Et si jamais le bébé était maudit ? Kisos la haïrait encore plus. Lui qui rêve d'une famille :
- Je n'y arriverais jamais.. Je.. Je ne saurais pas comment faire.. J'ai...
- Chut chut chut, murmurait Pocahontas en caressant les joues de sa belle-fille, je te promets que tout se passera bien. Mais tu dois te faire confiance, tu dois faire confiance à la vie. Parfois nous vivons des épreuves qui paraissent insurmontable mais qui nous conduisent à quelque chose d'encore plus beau et fort. Tu dois garder confiance, toujours. C'est pour ça que je t'ai conduise ici. Pour te rassurer en te prouvant que tu n'étais pas seule. Nous serons toujours toutes là pour toi.
Charlie sentait ses larmes couler toutes seules sans qu'elle puisse les retenir. Se blottissant contre l'amérindienne, elle retrouva un peu de force. Celle d'y croire un peu plus. Le retour fut très lent et très laborieux pour la jeune femme. Elle était épuisée d'émotion. En arrivant près du tipi, elle vit que Kisos était assis à l'entrée et qu'il était entrain de sculpter dans du bois. Un tendre sourire ornait ses lèvres quand elle le rejoignait, émue de le voir dans sa tenue traditionnelle, si beau et concentré sur son ouvrage. Lentement, elle vint s'asseoir près de lui en posant sa tempe sur son bras et lui expliqua avoir été se balader avec sa soeur dans les bois. Elle grelottait, aussi, elle alla chercher un plaid pour s'enrouler dedans et s'étonnait de voir le colosse sans rien et être pourtant si brûlant. Relevant son regard vers lui, elle le contempla avec un amour profond, sincère et intense :
- Je t'aime si fort Kisos Walker et je suis désolée de ce que mon peuple a infligé au tien. C'est tellement dérisoire de dire quand on sait la souffrance avec laquelle vous vivez. J'aimerais tellement pouvoir faire plus tu sais.
immarcescible, Posté le vendredi 28 octobre 2022 20:38 Répondre
A ses genoux, le Kisos qu'elle aimait et qu'elle avait épousé reprenait vie. Elle entendait sa peur, la ressentait. Mais le pire était ses larmes. Vite, elle l'agrippa de toutes ses forces en laissant ses doigts tenir sa crinière et ses lèvres embrassant le sommet de son crâne quand elle venait en vitesse se retrouver à genoux devant lui. Elle pleurait avec lui, non pas de peur mais de peine cette fois-ci. L'injustice qui sommeillait au dessus des Powhatan lui brisait le coeur et la réaction censée de son époux ne faisait que lui ouvrir toutes les vannes de l'insécurité.
- Tu dois parler de ça avec tes parents Kisos.. Ils ont aussi peur que toi et ils ont vécu ça depuis le début. Tu dois les écouter. Ils sont de très bons conseils et ne pas te laisser aveugler par la colère et la vengeance. On va trouver une solution je te le promet mais on doit avoir confiance. On ne doit jamais abandonner. Tu as été capable de surmonter la mort à quatre reprises. Je sais que tu es capable de l'impossible mo ghrian. Tu as la force nécessaire en toi pour les aider à surmonter cette horrible période. Tu vas les sauver, j'en suis persuadée. Tous en sont persuadés.
Elle aurait beau tenter de le rassurer de bien des manières, elle savait pertinemment qu'il ne se coucherait pas serein ce soir. Pourtant, elle le conduisit jusqu'à leur couche et l'obligea à venir s'allonger avec elle. Blottie contre lui, elle faisait ses dessins imaginaire sur son buste en posant son oreille à l'endroit même où son coeur battait. C'était la meilleure des berceuses pour la jeune femme. Entendre son coeur battre c'était s'assurer qu'il vivait. Et Dieu sait qu'il était fort pour lui faire de telles frayeurs.
- Tu te souviens de l'histoire que nous avons raconté ta mère le premier soir où tu m'as emmené au feu de camp. C'était celle d'un guerrier Viking a qui on avait volé ses terres. Toute sa famille avait été assassiné. Il n'avait rien ni personne et pourtant.. il a réussit à trouver des hommes, du courage et la force nécessaire pour récupérer ses terres. J'ai toujours su que tu avais en toi la force nécessaire pour les guider mais tu dois garder foi et ne pas oublier qui vous êtes. Des pacifistes. Ta mère n'a jamais voulu la guerre avec qui que ce soit et tu en as toujours été fier. Ne deviens pas le jouet de la colère des autres mon amour.
Le sommeil l'emporta rapidement et plus aisément qu'elle ne l'aurait cru. Blottie contre Kisos, elle dormit longuement toute la nuit jusqu'au petit matin où il l'avait déjà quitté. Le son mélodieux des oiseaux était d'une douceur que la jeune femme savoura, car elle savait qu'en sortant du tipi, la douleur et la déchéance des Powhatans lui renverrait cet atroce cauchemar qu'ils vivaient. Charlie se sentait mal. Pas à sa place. Comment pouvait-elle conseille Kisos quand elle n'avait jamais été oppressée par qui que ce soit. Aurait-elle du être aussi douce et légère avec lui la veille ? Peut-être que c'était pour ça qu'il avait finalement fuit ce matin là.
Rapidement, elle se lava et s'habilla d'une robe simple et légère mais malgré tout toujours européenne. La réserverait silencieuse. Trop silencieuse si bien que la jeune fille eut peur que les hommes soient partis au combat. En arrivant sur la place centrale, elle eut la surprise de voir son père qui était en grande discussion avec Gabriel, Pocahontas et Kisos.
- Papa !
Elle courut se jeter dans ses bras quand il la reçut en plein vol. Embrassant sa tempe, il s'assura qu'elle aille bien quoi qu'il la trouvait un peu pâle. Pocahontas la ronchonna car elle savait qu'elle n'avait pas mangé depuis la veille aussi elle l'entraîna près des cuisines pour y manger quelque chose. Kisos lui tournait le dos, si bien qu'elle ne pu pas voir son regard et connaître son humeur. Alors qu'elle mangeait, elle demandait à la Princesse comment allait son fils :
- Il semble plus sage et à l'écoute ce matin. Une bonne nuit de sommeil et les choses se remettent à plat on dirait.
- N'en croyez rien.. Kisos est toujours aussi déterminé. Je crois qu'il prend surtout la mesure de ce qu'implique les conséquences pour votre peuple si jamais il échoue.
- Si seulement je pouvais être certaine du destin comme Aponi. Elle, elle saurait quoi faire.
- C'est elle que vous voulez m'emmener voir ce soir.
Pocahontas hocha de la tête mais fit signe à la jeune fille de ne rien dire. Une fois son petit-déjeuner avalé, elles rejoignirent les garçons au centre du village pour écouter Garrett parler. Charlie vint s'asseoir à côté de Kisos et posa une main douce et protectrice sur son bras en cherchant son regard du sien. Mais il était si concentré qu'il ne devait certainement pas sentir sa présence contre lui :
- Le gouvernement veut bien vous octroyer d'autres terres mais tout ce que vous y cultiverez sera essentiellement pour les blancs.
- Mais ce n'est que de l'esclavage, enrageait Gabriel en jetant un cailloux sur le sol, travailler la terre pour ne rien recevoir en retour. Cela n'a aucun sens !
- J'ai réussi à obtenir que vous ne soyez pas déportés à l'ouest. Mais certains partis exigent que Pocahontas vienne défendre la cause de votre peuple lors d'une audience publique dans deux mois.
- Il est hors de question qu'elle aille là-bas ! Ce n'est qu'un entrepôt à rats qui vont essayer de la manipuler sans s'occuper des intérêts de son peuple. Non, non, non Garrett je te l'ai déjà dit.
- Elle ne peut pas y aller et toi non plus. Je ne peux pas parler en votre nom Gabriel. Certains pensent même que votre peuple n'existe pas.
- Kisos et moi iront !
Tous les regards convergèrent vers Charlie ce qui la gêna. Mordant sa lèvre, elle se dit qu'elle aurait peut-être mieux fait de ne rien dire surtout en voyant le regard noir de son époux. Se levant, elle vint affronter ainsi les regards de tout le monde et expliqua son plan :
- Nous allons constituer une sorte d'article, de réquisitoire où nous allons répertorier tous les torts qui vous ont été fait. Pocahontas, j'ai des clichés de vos conditions de vie ici et je pourrais les exposer. Nous irons ensemble et j'écrirais le rapport qui dénoncera les conditions dans lesquelles vous avez été plongé à cause de l'avarice des blancs. Kisos sera le représentant de votre peuple. Il sait parfaitement s'exprimer et il n'a peur de personne. Il connaît les usages de la langue et de la politique. Nous irons et nous réussirons à faire entendre votre voix et rendre visible les Powhatan.
Gabriel soupirait, Pocahontas souriait tendrement et Garrett avait de la peine pour sa fille. Charlie ne comprenait pas que tous aient l'air aussi dépité. C'était la meilleure idée censée depuis des jours. En effet, tous ne parlaient que de guerre ou de résignation quand elle, elle ne parlait que dialogue et ouverture d'esprit. Comme l'aurait fait des années auparavant Pocahontas.
- Je suis persuadée que l'opinion public sera touché par votre histoire et que cela pourra faire pencher la balance. Nous devons alerter les minorités qui constituent votre pays à se battre pour ses droits. Car il ne s'agit pas que de vous les amérindiens mais aussi les personnes noires, asiatiques, les italiens, les russes, les français, tous ceux qui viennent en Amérique pour obtenir une vie meilleure. Nous pouvons créer ce lien unique dans le monde mais il faut qu'on parle, qu'on montre et qu'on écoute ceux qui ont des choses à nous dire.
- Charlotte, soupirait Gabriel en la regardant avec une certaine condescendance involontaire, Kisos ne peut pas partir alors qu'il vient d'arriver. Notre peuple a besoin de son aide pour reconstruire, pas faire venir une fois de plus les soldats. Vous n'allez faire qu'alimenter la haine des blancs envers son peuple.
- Je ne savais pas qu'en plus d'avoir perdu votre jambe vous aviez perdu votre courage Gabriel Walker.
Elle piquait là où ça faisait mal et aussitôt Garrett se leva pour interpeller sa fille sur son langage et son manque de respect inconsidéré. L'écossais était en rage c'est vrai, mais pas contre la jeune femme, contre lui qui était incapable de répliquer car il savait que c'était vrai. Charlie s'excusait à demi-mot avant de poser ses prunelles sur Kisos avec confiance. En fait, elle cherchait surtout son soutien :
- J'irais à Washington et je me battrais si tu dois rester ici. Mais je ne resterais pas les bras croisés mo grhian.
immarcescible, Posté le jeudi 27 octobre 2022 22:45 Répondre
Grandir lui avait appris à rester digne. Grandir lui avait appris à ne pas s'épancher en public. Alors, même si Charlotte Hedlund gardait la face devant tout le monde. Une colère sourde lui montait au nez, surtout avec le ton employé de son époux et l'entêtement absurde dont il faisait preuve. Cela faisait à peine une journée qu'ils étaient arrivé et pourtant elle avait l'impression que cela faisait une éternité qu'ils étaient sur place. La souffrance des Powhatan, leur détresse face à une arrogance des blancs l'avait décidée à écrire et dénoncer la violence et le génocide fait aux peuples amérindiens. Mais pour le moment, un autre combat l'attendait et il était bien plus complexe qu'une sombre à retardement. Kisos était impressionnant. Il avait ça dans le sang, c'était indéniable. Il été né pour être un chef. Un guerrier. Mais elle.. Charlotte Hedlund.. Etait-elle la femme d'un guerrier ?
Pocahontas était pleine de bon sens et tout ce qu'elle lui disait était limpide pour Charlie. Bien entendu qu'elle allait essayer de parler à Kisos, de le raisonner. Mais l'écouterait-il ? La laisserait-il parlementer avec Avery après ce qu'il venait de faire ? La brune voyait bien dans le regard de l'amérindienne une peur déraisonné pour son fils et son peuple. Une peur qui l'avait fait vieillir. Lui proposer de fuir serait une insulte, elle le sait bien. Pourtant, elle voulait les sauver avant que le pire n'arrive. Car, il allait arriver.
- Je ne peux pas vous promettre quelque chose que je ne pourrais pas tenir altesse, je.. je n'ai jamais vu Kisos dans une telle fureur.. Je ne sais même pas s'il m'écoutera.. Il semble si.. Le Kisos que j'ai épousé me semble si loin..
- Ton coeur.. C'est lui que tu dois écouter petite perle.
L'amérindienne posa avec douceur sa main sur son coeur pour l'écouter et ferma les yeux un instant. Charlie vint poser sa main sur la sienne et ferma à son tour les yeux comme pour obtenir un peu de ses pouvoirs, ou du moins, de sa foi. Elles restèrent un moment toutes les deux ainsi. Front contre front à communiquer et s'offrir une énergie qui se voulait positive jusqu'à ce que lien soit rompu par Pocahontas qui eut une vision. L'écossaise la regarda stupéfaite avant de lui demander si tout allait bien :
- Je.. Oui, oui petite perle. J'ai.. J'ai eu un souvenir malheureux qui m'est revenu. Mais.. Mais ça va aller. Tout ira bien.
Sa main se posait sur la joue de la jeune fille quand elle lui souriait affectueusement avant de l'enlacer un instant et de partir rejoindre son tipi. Charlie en profita pour rejoindre un Kisos qui était en grande conversation avec Ona et d'autres guerriers de son âge. Ils étaient si jeunes. Si fort. Si pleins d'orgueils et d'assurance. Discrètement elle les les pris en photo. Puis, s'approcha. L'un des hommes n'ayant pas compris qu'il s'agissait de l'épouse de Kisos fit barrage entre eux et l'aborda violemment :
- Rentre chez toi la blanche. Nous ne voulons pas de visage pâles ici. Tu n'es pas chez toi ici.
Sonnée, Charlie allait répliquer quand Ona entrainait Kisos plus loin. Que devait-elle penser de tout ça ? Se faisait-il fit d'elle ? Blessée, elle regarda avec une animosité certaine l'armoire à glace qui se trouvait devant elle avant de tourner les talons prête à partir. Pourtant, elle ne pu s'empêcher de revenir sur ses pas et de contourner le colosse et d'arriver jusqu'à son époux et de laisser enfin entendre sa voix, peu importe devant qui ils se trouvaient :
- Pour toi c'est ça la solution ? L'état de ton père ne te suffit pas Kisos ? La violence ? Le sang ? Ce sont des visions archaïques de ce que doit être le droit et tu le sais aussi bien que moi. Tu n'es pas en mesure de prendre de telles décisions et pourtant tu plonges dans le piège tête baissé. Tu ne vois donc pas qu'ils attendent que cela à l'extérieur. Te donner toutes les possibilités de te faire passer pour un monstre sanguinaire alors que tu es un homme de raison. Un homme bien. Je ne te reconnais pas et ça fait qu'une journée que nous sommes.
Certains des hommes de Kisos l'observaient sans comprendre. Beaucoup n'avaient pas compris qu'il s'agissait de son épouse. Ils pensaient qu'il était juste partit pour découvrir le monde, pas épouser une blanche. Mais Charlie se fichait du regard des autres. Le sien était plongé dans celui de son époux dont une vague de fureur la faisait frissonner. Elle mettait sous ses yeux les fameux papiers qu'elle avait écrit tout en continuant son réquisitoire vindicatif et courageux :
- Tu as d'autres possibilités pour sauver ton peuple au lieu du sang. Kisos.. Ils ne veulent que ça.. Leur donner raison serait stupide et insensé car tu ne pas que ta propre vie en jeu mais aussi celles de ton peuple qui a déjà grandement souffert. Et je n'ai pas épousé un homme stupide. Je connais ta bravoure mais tu ne dois pas te laisser guider par ta colère. Tu n'as rien à prouver à quiconque. Tu peux les aider autrement qu'en tuant de sang froid.
Le silence régnait dans le camp. Quelques oiseaux prenaient leurs envols laissant derrière eux le son sourd des branches qui virevoltaient au grès du vent. Charlie était essoufflée et épuisée par ces nouvelles émotions, ces informations et le voyage. Elle s'apprêtait à répliquer quand un des hommes de Kisos répliqua en amérindien "encore une blanche qui nous fait la morale". Mais Charlie comprenait très bien et parlait très bien la langue de son époux. Aussi, elle répliqua à Kisos dans sa langue maternelle :
- Tu peux être tout l'inverse de ce qu'ils veulent faire de toi. A toi d'être le guerrier qui sauve son peuple plutôt que de le conduire à sa ruine.
Mais il ne semblait pas décolérer et sa tenue en plus de sa posture et de son maquillage lui donnait cet air bestial qui lui faisait presque peur. Elle se sentait ridicule dans sa robe de voyage, engoncée par son corset et tous ses tissus quand tous les autres étaient avec des tenues au plus près du corps. Charlie se sentait seule alors que Kisos était près d'elle. Voyant qu'il la défiait du regard avec une colère sourde, elle préféra quitter la place et retourner au tipi. Arrivée dans ce qui devait être leur refuge, elle alluma des bougies et se remit au rangement. Après avoir retiré sa robe et enfilé une robe plus légère et moins formelle, elle défit l'épingle de ses cheveux. Elle relisait ses notes, regardait ses photos quand Sora surgit dans le tipi sans prévenir :
- Que.. Que fais-tu ici, demandait Charlie surprise et effrayée par sa venue si soudaine, tes parents savent que tu es ici ?
- Ma mère oui. Elle pense qu'on peut aider Kisos mais j'ai besoin de ton aide. Tu t'en sens prête ?
- Bien sûr mais que faut-il faire ?
Vite, la jeune femme attira sa belle-soeur sur la couche qu'elle devait partager avec Kisos pour l'écouter évoquer sa proposition :
- Demain soir nous partirions pour l'arbre aux esprits. Aponi viendra à nous si nous la prions mais tu ne dois pas en parler à mon frère.
- Pourquoi ? Jamais il ne me laissera quitter la réserve comme ça.
- Ne t'en fais pas pour ça Ma' se chargera de l'occuper. Il ne doit pas savoir ce que l'on va faire.
- Mais enfin.. Pourquoi Sora. Explique-moi un peu s'il te plaît !
- Parce que les hommes ne pourraient pas comprendre ce qui pourrait se passer. C'est quelque chose qui concerne les femmes seulement.
Charlie était curieuse et intriguée par la proposition de Sora, aussi, elle accepta même si elle connaissait parfaitement les risques. Une fois que cette dernière fut partie, elle reprit ses activités en attendant le retour de Kisos. Du moins, en espérant qu'il rentre. La nuit passait et pourtant il n'arrivait pas. Quelques larmes d'amertume coulait sur ses joues lorsqu'elle s'apprêtait à se coucher emmitouflée dans la veste de costume de son époux. Celle qu'il avait abandonné plus tôt dans la journée. Ce fut le moment où il arriva. Assise sur le sol, les genoux remontés sur le menton, elle leva ses yeux humide vers lui. Il l'impressionnait encore plus dans l'obscurité. Essuyant ses pommettes humide, elle vint ensuite se lever, retirer la veste, la plier et la ranger dans le sac du guerrier tout en lui faisant dos :
- Tu m'as demandé de te soutenir et c'est ce que je ferais. Mais tu dois écouter les personnes autour de toi Kisos. Surtout celles qui connaissent le terrain et qui ont subit les enjeux d'une guerre. Tu ne peux pas.. Tu ne peux pas nous ignorer. Tout comme je ne suis pas une petite chose que tu peux tout simplement attacher à un poteau. J'ai des idées.. Pas aussi répressive que toi certes, mais qui pourrait fonctionner si tu me laissais une chance de t'expliquer.
Se tournant vers lui, elle tenta une approche en venant attraper sa main dans la sienne. Ses doigts entrelaçaient les siens pour les porter à ses lèvres quand elle tremblait de peur à la simple idée de le perdre :
- J'ai peur, murmurait-elle, j'ai peur de ce qui pourrait t'arriver si jamais tu céder à cette haine sanguinaire mo grhian.
immarcescible, Posté le mercredi 26 octobre 2022 19:02 Répondre
Depuis le début de leur voyage, au moment même où Kisos a formulé son souhait de rentrer chez lui, Charlie sut qu'ils ne repartiraient jamais. La jeune femme s'était faite à cette idée mais jamais elle n'aurait pensé trouvé le peuple Powhatan dans une telle détresse. Autrefois si plein de vie, plein d'une énergie et d'une liberté qui l'avait toujours conquise. Ne parlons pas de la détresse de la brunette en voyant Gabriel Walker en béquille et en voyant la réaction de son époux. Son père était son modèle, son roc, son cap. En le voyant ainsi, elle se doutait bien de l'état de colère et de ranc½ur dans lequel il se trouvait. Un peu isolé des autres, alors qu'il était agenouillé tout près du cours d'eau, elle vint poser sa main fraiche contre sa nuque bouillante. Oh oui, il bouillonnait de rage, elle le sentait. Et son souhait d'aider les siens était si honorable, si juste qu'elle ne pouvait lui dire ce qu'elle pensait. Aussi, en voyant la détresse de son âme dans son regard, elle vint poser sa main sur sa joue avant de poser son front contre le sien :
- Je t'accompagnerais partout Kisos Walker Powhatan et nous allons trouver une solution. Je te le promet.
Après avoir fait cette promesse, elle déposa un doux baiser sur ses lèvres comme pour sceller cet engagement. Ona n'était pas très loin. Il allait de nouveau devenir l'ombre de Kisos. Charlie ne fit pas de remarque et laissa son ami d'enfance embarquer son époux. Pocahontas avait réuni un conseil de famille auquel Charlie préféra se soustraire :
- Je suis très fatiguée mo ghrian. Tu me raconteras tu veux bien ?
Non pas qu'elle se désintéressait de ce qui allait être préparé mais elle avait besoin d'un peu de solitude et de prendre la mesure de ce qui venait de se passer. Ce n'était pas du tout ce qu'elle avait envisagé et prémédité. Charlie vint s'approcher de leur tipi après avoir envoyé un baiser de sa main à Kisos. Ona s'amusait à faire croire qu'il l'avait attrapé avant son ami avant de s'enfuir avec. Un vrai gamin. La jeune femme se posa à l'entrée du tipi et remonta ses genoux à son menton. Elle observait le cours d'eau, pensive en essayant de faire le tri dans ses pensées. Comment venir en aide aux amérindiens en connaissant la puissance militaire et juridique des blancs.
Kisos n'avait visiblement pas encore pris conscience que tout ce qui avait été déjà fait par ses parents, avait été fait. Il était persuadé visiblement qu'il allait pouvoir sauver tout le monde mais la réserve de Charlie était surtout de ne pas foncer tête baissé et bien au contraire, de trouver un moyen de leur venir en aide pacifiquement. Elle eut alors une idée. Retournant dans le tipi, elle alla chercher son appareil photo. Les tout premiers. Elle vérifia le nombre de pellicule qu'elle avait et se demanda bien comment elle pourrait les développer mais pour le moment elle devait prendre quelques clichés.
A Paris, beaucoup d'artistes avaient hurlé au scandale quand les premiers appareils étaient sortis. Comme pour le cinéma, ils étaient persuadés que cela allait tuer l'art. Charlie ne s'était jamais sentie en danger. Au contraire, cela lui avait permit de prendre des clichés qui perdureraient toute leur vie comme par exemple leur maison, leur arbre, leur rue, Kisos dormant, Kisos jeune et souriant, Kisos encore insouciant. C'était à ça qu'elle pensait en regardant les vieux clichés qu'elle avait dissimulé dans une pochette près de ses pinceaux. Après ce moment de nostalgie, elle se rendit en compagnie de Toleka dans la réserve. Son appareil en main, elle prenait des clichés de ce qu'elle voyait et de ce qui était anormal. Des enfants ayant faim, des familles mendiants près de l'entrée auprès des colons. Le visage dur, sévère et horrifié des gardes à l'entrée de la réserve.
Telle une journaliste, elle prenait des photos de tout ce qu'elle voyait et de tout ce qui pourrait servir de témoignage pour ses parents. D'après Pocahontas, ils s'étaient rendu à Washington pour plaider la cause des Powhatan et le sort funeste qu'ils avaient reçu, lorsqu'on leur avait volé leurs terres.
Le travail d'investigation de Charlie avançait bien. En effet, elle écrivait même sur un carnet quelques notes sur ce qu'elle voyait, ses impressions et se faisait critique du système américain qui avait provoqué l'effondrement de populations autochtones. Elle s'était un peu décalée de la réserve sans s'en rendre compte jusqu'à finalement tomber sur un regroupement de jeune gens, blanc, confortablement installé sur d'épaisses couvertures à déjeuner. Ils mangeaient, riaient. Ils étaient libres et rappelait à Charlie la vie finalement si simple de Paris. L'un d'eux la vit et lui fit signe. Elle se retourna, surprise et fit non de la tête, prête à repartir mais déjà le jeune homme la rattrapait. De loin, elle ne l'avait pas reconnu mais c'est en voyant ses yeux bleu qu'elle fut interloquée :
- Avery.. Jackson Avery.. Mais..
- Miss Hedlund, s'extasiait-il tout essoufflé, c'est un bonheur que de vous avoir de nouveau près de nous.
Le saltimbanque pris entre sa main celle de Charlie et y fit un baise main comme le voulait l'adage ce qui la gêna. Retirant sa main, elle l'observa froidement quand lui souriait toujours :
- Comment osez-vous me saluer après ce que vous avez fait aux Powhatans ? Ils vous ont accueillis et considéré comme un ami.
- Je me doutais qu'ils vous raconterez leur vision de l'histoire. Mais voyez vous, ils ne veulent pas vivre avec leur temps. Tout bouge, tout évolue Charlotte. Nous devons nous adapter mais ils ne l'entendent pas. Ils se soignent encore avec des plantes alors que nous avons des médicaments.
- Ce sont leurs coutumes. Vous ne pouvez pas leur enlevez ça !
- Nous ne voulons pas leur enlever mais.. mais ils peuvent devenir dangereux pour eux-mêmes vous savez. Beaucoup de jeunes gens comme Ona ont essayé de s'en prendre à certaines jeune fille de bonne famille.
- Je ne vous crois pas. Ona est stupide mais pas de là à risquer la potence pour une fille.
- C'est que vous connaissez fort mal les hommes ma chère. Pour la chaleur d'une femme ils sont prêt à tout.
Elle allait répliquer mais la voix de Kisos l'appelant fermement la fit sursauter. En effet, il était non loin d'elle à l'observer la mine sombre. Avery le reconnut et le salua d'un immense sourire avant de rebaiser la main de Charlie. Cette dernière ne le salua pas et rejoignit son époux en haut de la petite colline.
- Comment s'est passé cette réunion de famille, demandait-elle inquiète en voyant sa moue sévère, qu'ont-ils dit ?
immarcescible, Posté le dimanche 23 octobre 2022 22:13 Répondre
Retrouver Kisos était la meilleure des nouvelles pour Charlie. Elle exultait de joie, de bonheur et n'avait plus peur en l'avenir. Comment le pourrait-elle alors qu'elle savait qu'il serait là, toujours et qu'ils avaient ouvert le dialogue grâce aux compromis. Oui, Charlie y croyait désormais à cette histoire et l'idée d'un enfant ne l'effrayait presque plus. Sur le bateau, elle prit soin de son adoré. Ce qu'elle avait mal pour lui. Mais rien ne pouvait effacer de son regard la douleur de ce qu'il avait sous les yeux en arrivant. Ce qu'elle le comprenait puisqu'elle aussi ne reconnaissait rien. Même si elle n'avait que peu vécu à Jamestown, elle sentait bien qu'il existait une forme étrange, une autre dynamique qu'elle n'aurait jamais pensé trouver ici. L'esclavage faisait rage et les blancs observaient Kisos avec une méfiance qui la mettait en colère. Sans honte, ni aucun discernement comme diraient certains, elle tenait la main de son époux dans la sienne en affrontant les regards raciste de ces vieilles femmes aigries et effrayée.
Enfin, Pocahontas surgit avec Sora. Cette dernière avait si bien grandie qu'elle faisait presqu'une tête de plus que Charlie, dépassant même sa mère. Comment cette princesse avait-elle pu mettre au monde deux enfants aussi immense ? Ils tenaient assurément ça de leur père. Kisos était songeur, voire même en colère en entendant le discours de sa mère. Les retrouvailles ne sonnaient pas de bon augures.
Pour rejoindre la fameuse réserve, il fallut marcher un peu. Cela ne dérangeait pas Charlie même si cela faisait serrer les dents et la mâchoire du brun. Elle sentait bien que plus ils avançaient vers cette réserve, plus il se braquait. Il faut dire que Pocahontas essayait d'enjoliver le plus possible les choses. Mais les circonstances étaient effroyables. Ils étaient parqués les uns sur les autres dans une sorte d'enclos tenu et surveillé par des soldats sudistes. En arrivant, ils arrêtèrent le petit groupe et demandèrent où allait Charlie.
- C'est une réserve pour sauvages ma mignonne, répliqua l'un d'eux en ricanant, on ne fait pas de tourisme à l'intérieur.
Rapidement, Pocahontas s'interposa pour ne pas laisser le temps à son fils de répliquer. Charlie resserrait fermement sa main dans celle de Kisos en le suppliant du regard de ne rien dire et de ne rien faire quand sa belle-mère répliquait :
- Il s'agit de Charlotte Hedlund la fille du Duc qui vit non loin sur la colline. Elle est l'épouse de mon fils Kisos Walker que vous pouvez voir. Nous sommes sa famille désormais.
Les deux soldats étaient sonnés par cette information et ils laissèrent passer le groupe même si le gros soldat vint agripper le bras de la jeune femme lorsqu'elle passa près d'eux :
- Vous êtes sûre qu'ils ne vous emmènent pas de force, miss ?
- Lâchez-moi ! Vous faites offense à ma condition en vous permettant de poser vos sales pattes sur moi et vous insultez mon mari. Estimez-vous heureux qu'il ne vous arrache pas la langue pour votre outrage.
Rapidement elle se détacha et revint vite sur Kisos qu'elle voyait près à bondir. Une fois encore, elle le trainait pour le sortir de là aidée par Sora qui singeait les deux soldats comme à son habitude. Une fois qu'ils furent plus loin, la brune vint embrasser le poignet de son époux en le rassurant tout en suivant sa belle mère qui les conduisaient dans les allées étroites du village. Là, tous les hommes du village étaient parqués et attendaient que le temps passe. Beaucoup se levèrent avec surprise de voir Kisos surgirent vêtu de son costume européen. Sans doute s'attendaient-ils à le voir ressurgir tel qu'il était partit, avec son allure fière de guerrier amérindien. On sentait bien la déception dans leurs regards, comme persuadé qu'il ne pourrait plus les guider ce qui fit mal à Charlie. Elle n'osait même pas imaginer ce que ressentait son époux.
Pocahontas vint à annoncer que pour le retour de son fils un festin et un soir de fête serait préparé et que toute la réserve était conviée. Cela sembla mettre un peu plus de coeur à cette nouvelle même si la misère dans laquelle ils vivaient ne pouvait être remplacée par un jour de fête. Kisos était un étranger pour eux, surtout si richement et parfaitement vêtu. Soudain, Ona apparut dans la foule. Il fit le tour du jeune homme en le regardant de haut. Il n'aimait pas voir son ami vêtu de la sorte et il eut un regard froid et distant pour Charlie qui baissa les yeux. Ils n'étaient visiblement pas les bienvenu. Mais Ona vit dans le regard de son ami toute l'étendue de sa haine pour les visages pâles et il sut qu'il était encore et toujours le même Kisos. Alors il ria et se jeta dans ses bras pour le taquiner comme il le faisait depuis sa tendre enfance avant de l'entraîner avec les autres, les anciens amis de Kisos.
Charlie en profita pour demander à sa belle-mère si ils auraient un tipi, un endroit pour eux et cette dernière acquiesça. L'aidant avec Sora a porter ls valises, ils se rendirent tout près de la rivière où elle découvrit le beau tipi qu'ils avaient mis en place pour leur arrivée. La toile était parsemée de symboles et de dessins qui représentaient l'histoire d'amour des deux mariés ce qui ému Charlie.
- Ne pleure pas petite perle blanche, la rassura Pocahontas en embrassant sa tempe, vous êtes ici chez vous et nous sommes heureux que vous soyez de retour à la maison.
- Nous aussi vous savez mais.. mais que s'est-il passé ?
- Le monde est moins grand, moins vaste et l'homme blanc vient à s'accaparer nos terres. Mais il a la loi et le droit avec lui désormais. Nous avons déjà beaucoup de chance de pouvoir rester ici. Beaucoup d'autres peuples ont été décimés ces dernières années tu sais ou emmenés sur d'autres territoires.
- Et.. Et Gabriel ?
- Il travaille à l'usine. L'argent qu'il gagne avec les autres gens de notre peuple permet de nous nourrir.
- Mais.. Mais vous ne pouvez plus chasser ? pêcher ?
- Nous n'avons plus le droit. Tout ce qui est autour de la réserve appartient désormais aux blancs. Fort heureusement, les terres de ton père nous sont accessibles mais.. mais quand il est là seulement. En ce moment il se bat à Washington pour que nous puissions récupérer nos terres. Ta mère l'accompagne avec les enfants.
Les enjeux qui les attendaient ici étaient encore pire que ce que pensait Charlie. Il était clair qu'ils ne partiraient jamais plus de Jamestown et elle le comprenait. En même temps, qui pourrait tourner le dos à son peuple quand il est en souffrance comme cela. La jeune femme installait leurs affaires dans le tipi avec l'aide de sa belle-mère et Sora. Elle leur donnait les cadeaux de Paris ce qui ravissait Sora et intimidait Pocahontas. C'est alors qu'elle se souvint de la somme conséquente d'argent qu'elle avait gagné en s'exposant nue à Toulouse. Une somme si conséquente que cela pourrait sans aucun doute acheter des terres autour de la réserve et lui permettre de s'étendre. Mais comment justifier tout cet argent à Kisos ? Charlie allait trouver une solution, c'est certain, mais elle devait encore la laisser mûrir avant de se jeter dans la gueule du loup.
immarcescible, Posté le dimanche 23 octobre 2022 13:06 Répondre
L'appétit retrouvé de Kisos fait plaisir à Charlie. Surtout qu'elle est plutôt fière de ses nouvelles compétences en cuisine. Ravir le coeur de son époux avec de la nourriture, c'était ce que lui avait toujours conseillé sa mère. Elle venait enfin de l'écouter et de mettre en application ses conseils et devait bien avouer qu'il semblait se régaler. Cela avait fait naître chez la jeune femme, un sourire et un sentiment de rassurance en constatant qu'il se régalait. Peut-être qu'en le nourrissant bien, elle arriverait à recréer du lien avec lui. Tel un gentleman, il se proposa de donc de faire la vaisselle et de ranger. Elle ne s'interposa pas et le laissa faire, appréciant de voir qu'il était de nouveau en mouvement. Il dominait de nouveau, par sa présence et son mouvement, les lieux de leur cocon d'amour. Cela l'ému.
Le silence régnait de nouveau et cela la frustrait. Visiblement, la douceur du repas n'avait pas réussit à totalement les lier de nouveau. A croire que le problème était encore plus profond qu'il n'en avait l'air. Pendant qu'il continuait à ranger, elle griffonnait sur le coin de la table avec le manche de la petite cuillère en se demandant bien comment elle allait pouvoir évoquer avec lui leur nouvelle vie à Jamestown. Parce qu'elle ne se faisait aucune illusion, contrairement à lui. Elle savait pertinemment qu'il allait être accaparé par sa famille, ses amis et ses obligations en tant que chef de guerre. Kisos était malgré et contre tout, le digne héritier de sa mère. Son sens de l'honneur et de la famille le ferait forcément flancher. Non pas qu'elle lui en voulait, bien au contraire. C'était sa loyauté qui l'avait toujours ému. Mais elle craignait que ce voyage ne fasse qu'étendre le fossé entre eux et leurs différences.
Pourtant, elle ne pu que relever avec surprise son visage vers lui lorsqu'enfin il prit la parole et évoque ce trouble qui les séparaient de l'un et l'autre. Charlie mordit sa lèvre pour ne pas fondre en larmes tant ses mots la touchait. Elle allait l'interrompre pour répliquer mais il fut plus rapide qu'elle.
Alors, lorsqu'il eut finit de déclarer ce qu'il avait sur le coeur, elle le rejoignit et se rua dans ses bras en le serrant le plus fort possible contre elle. La jeune femme avait son visage niché contre son buste et sa chemise entrouverte qu'elle picorait de doux baisers. Les larmes inondaient ses joues de reconnaissance et d'amour. Mais la culpabilité résonnait encore si fort en elle, que Charlie ne pouvait s'empêcher de lui dire aussi le fond de sa pensée.
- Je t'aime tellement.. Je t'aime tellement Kisos.. Tu ne dois plus mourir comme ça, je t'en supplie. Je ne pourrais pas le supporter une autre fois. C'est moi qui vais en mourir à force. Je ne veux pas que si je me dispute avec toi de nouveau, aussi fort, cela te fasse autant souffrir. Je suis si désolée de ne pas être capable de te donner ce que tu veux. Je suis désolée de ne pas être normale et de.. et de.. oh Kisos.. Je t'aime tellement..
Elle pleurait à chaude larmes en dissimulant son visage. Toute la tension des derniers jours était entrain de fondre sur la jeune femme comme neige au soleil. Et les mots de son époux avaient finis de l'achever. Comment pouvait-elle survivre sans lui ? Il était son tout, son soleil, son amour, son ami. Lui aussi lui manquait et elle lui répéta inlassablement :
- Tu m'as tellement manqué Kisos.. Mo Ghrian.. Tu sais, j'ai longuement réfléchis cette semaine et je te propose un compromis. Nous aurons cette conversation à nouveau dans cinq ans et on avisera à ce moment là pour adopter un enfant tu veux bien ? Tu sais, imaginer ma vie sans toi a été un enfer abominable et.. et savoir qu'une petite personne que nous aurons aimé et élevé ensemble me rassura une seconde. C'est égoïste n'est-ce pas ? Mais je veux te rendre heureux et je ne veux pas que.. que tu regrettes un jour si toi aussi tu devais avoir à m'enterrer avant toi. Je veux que tu aies quelqu'un à veiller et qu'on puisse veiller sur toi.
Ses mains venaient caresser son buste quand elle reniflait encore comme une enfant qui venait d'avoir un immense chagrin mais qui comprenait enfin qu'elle en sortait. Ses prunelles douce et sincère s'élèvaient vers Kisos qu'elle contemplait avec adoration :
- Dans cinq ans nous aviserons ensemble tu veux bien ? Je t'aime tellement que je peux passer sur des certitudes que j'avais stupidement gardés depuis mon enfance. Parce qu'avec toi, je sais qu'on arrivera à tout Kisos Walker. Je sais que.. Je sais que rien ne sera comme avec les autres et qu'un enfant ne nous séparera pas. Au contraire, il nous rendra encore plus heureux. Mais j'ai encore besoin de temps pour pouvoir me réaliser, tu veux bien ?
Puisqu'elle n'était pas plus haute qu'une sourie et qu'il avait la taille d'un géant, elle grimpa sur la chaise de sorte à ce que son visage soit face au sien. Ses mains caressaient son visage qu'elle couvrait de baisers avec avidité en murmurant entre chaque :
- Tu m'as tellement manqué.. Je t'aime tellement.. Sers moi fort dans tes bras.. Ne me laisse pas.. Plus jamais.. Toi et moi.. Toujours.. Toujours ensemble..
GAPG, Posté le dimanche 23 octobre 2022 11:06 Répondre
L'appétit retrouvé de Kisos fait plaisir à Charlie. Surtout qu'elle est plutôt fière de ses nouvelles compétences en cuisine. Ravir le coeur de son époux avec de la nourriture, c'était ce que lui avait toujours conseillé sa mère. Aussi, elle était satisfaite de voir Kisos dévorer le plat de fromage et le dessert qu'elle avait fait. Il avait toujours été un gros mangeur, mais ces derniers jours il n'avait pas été très friand de nourriture, aussi, le voir dévorer ce qu'elle avait préparé l'avait rassuré. Il se sentait visiblement mieux pour faire aussi la vaisselle. Le voir debout rendait Charlie émotive. Elle aimait le voir bouger, reprendre le contrôle sur les objets de la maison. En somme, être vivant.
Assise sur sa chaise, elle dessinait sur un bout de serviette pensivement en laissant de nouveau le silence s'infiltrer entre eux. Elle pensait à ce qu'avait dit Kisos sur sa possibilité de peindre encore une fois à Jamestown. Il semblait persuadé qu'ils auraient du temps pour eux quand elle était persuadée de l'inverse. Forcément qu'il allait être accaparé par sa famille, son peuple. Et elle ne lui en voulait pas. Après tout, il était un Prince, un Roi sur ces terres.
Sa tirade la fit sortir de ses pensées. Ses deux grands yeux clair l'observait avec une attention surprise et intense. Il venait de relancer le sujet sur les enfants. Elle avait eu si peur de l'aborder de nouveau. Ce même sujet qui les condamnaient à s'être retenus d'une intimité. Elle sentait sa main trembler quand ses prunelles s'humidifiaient de larmes. Non, elle devait se retenir. Ne pas éclater en sanglot.
- Kisos.. écoute..
Mais trop tard, il l'interrompait de nouveau et elle sentit son coeur fondre de nouveau. Elle lui manquait, il lui manquait aussi. Cruellement, impitoyablement. Vite, elle se releva de sa chaise et se rua dans les bras de Kisos pour l'enlacer. Quelques larmes coulaient sur ses joues quand elle le suppliait d'arrêter :
- Je t'aime tellement et je m'en veux tellement.. Tu me manques mo ghrian. Je suis.. Je suis tellement désolée de ce qui c'est passé.. Je suis désolée de ce que je t'inflige tu sais.
Relevant ses prunelles vers lui, elle lui adressait une prière sincère en lui murmurant encore et encore qu'elle est désolée et qu'elle l'aime. Oui, elle l'aime et ne peut s'empêcher d'avoir mal à l'idée de le rendre malheureux ou frustré. Joignant ses doigts aux siens, elle le supplie du regard en reniflant comme le ferait une enfant qui sait avoir commis une faute :
- Tu dis ça maintenant mais.. mais dans quelques années, est-ce que tu pourras te contenter que de moi ? Est-ce que.. est-ce que j'arriverais à te suffire ? Kisos.. Mon amour.. mon va vieillir et je ne.. je ne serais plus aussi jeune qu'aujourd'hui et je.. et je vais ronchonner de plus en plus.. Et si c'est important pour toi.. alors.. alors je te propose un marché..
Avec douceur, elle embrassait ses mains, les couvrait de baisers avant de les poser sur ses joues et de reprendre les yeux clos :
- Donne moi cinq années.. Dans cinq ans, je te propose qu'on rediscute de ça d'accord et.. et si je n'ai pas changé d'avis et bien.. et bien on pourra toujours adopter un enfant.. qu'en penses-tu ? Un petit bébé qui n'a pas eu de chance et à qui on pourra sauver la vie. Est-ce que tu es d'accord ?
Elle était sûre d'elle, c'était quelque chose sur lequel elle avait mûrement réfléchit et c'était ce qu'elle expliquait à son époux. Le fait d'aider un enfant la rassurait et si cela pouvait aussi rassurer Kisos sur le fait que la conversation était désormais ouverte, peut-être qu'ils retrouveraient ce semblant d'intimité, de douceur et de tendresse qui les avaient toujours liés :
- Je t'aime tellement que je suis capable de vivre ça avec toi. Mais j'ai besoin de temps encore.. Il me faut du temps mon amour. Mais je veux te retrouver. Je ne veux pas te perdre. Tu ne te rends pas compte de la douleur que c'est pour moi de te voir frôler la mort à chaque fois. Je veux vivre, vivre tout ce que la vie peut nous offrir et du coup je.. du coup je suis d'accord pour un enfant. Je suis d'accord mais pas pour le moment. Tu.. Tu peux l'accepter ?
immarcescible, Posté le mardi 18 octobre 2022 20:59 Répondre
C'était une demande, non, une déclaration qui surprenait Charlie. La jeune brune ne s'attendait pas à une telle demande surtout qu'ils venaient à peine de s'installer. Kisos avait visiblement déjà décidé pour eux deux et même si elle comprenait sa démarche, elle ne pouvait s'empêcher d'être vexée qu'ils n'en parlent pas avant tous les deux. Lentement, elle vint se redresser pour essuyer ses joues humide et réfléchir à ce qu'il venait de dire. Remontant la couette sur son buste, elle pinçait ses lèvres en sentant son cerveau partir à toute allure jusqu'à ce qu'une pensée précise lui vienne en tête. "Toulouse". Mettre un peu de distance entre elle et les artistes moderne ne pourrait pas lui faire du mal et surtout lui permettre de se faire un peu oublier. Au bout de quelques minutes, elle hocha simplement de la tête en répondant à l'affirmative à la demande de Kisos.
- Je te suivrais au bout du monde Soldat, répliquait-elle en déposant deux baisers sur les paupières du brun, il faut que tu dormes maintenant. Ordre de ton infirmière à domicile.
Un doux sourire sur les lèvres, elle essayait d'égayer le monde si particulier qu'ils venaient de vivre. Rapidement, elle s'extirpa dut lit mais Tokela prit sa place. Le petit ange vint s'allonger sur le buste de son maître et poser son museau contre son nez. Il veillait sur lui à la demande de sa jeune maîtresse quand cette dernière finissait de ranger et de nettoyer la cuisine.
Lorsqu'elle eut finis, elle remarqua que le brun dormait. Elle en profita pour simplement dessiner assise en tailleur. C'était comme une urgence. Elle avait besoin de croquer leur univers, ce qui avait compté pendant ces derniers mois à Paris. Le soir où ils avaient été danser, leur mariage, eux faisant l'amour contre leur arbre, leur maison. Charlie avait la singulière impression qu'ils ne reviendraient jamais ici. Bien entendu, elle savait que Kisos serait heureux chez lui auprès des siens, mais elle.. est-ce qu'elle y trouverait sa place ? Qui serait-elle ? En parler à Kisos reviendrait forcément à le faire culpabiliser une fois de plus. Leur conversation sur les enfants était déjà extrêmement tabou mais alors le retour à la maison serait forcément pire.
Le couple n'est que concessions lui avait dit un jour son père.
Alors, elle retournerait en Amérique pour lui.
Trois jours passèrent pendant lesquels il ne fit que dormir. Bien entendu, elle veilla sur lui. Profitant de l'une de ses siestes, elle se rendit comme promis chez Toulouse pour qu'il la peigne. Avec l'argent qu'elle amassa, elle sut qu'ils pourraient affronter les intempéries et les difficultés de la vie pour un petit moment. Néanmoins, elle se sentait terriblement mal d'avoir osé passer le pas et elle craignait que Kisos puisse un jour l'apprendre. Elle fit donc promettre au jeune peintre de ne jamais rien révéler et qu'ils ne se reverraient plus jamais. En rentrant, elle prit une longue douche et vint ensuite se blottir contre Kisos et le rejoignit dans l'une de ses profonde sieste en espérant que son amour pour lui pourrait effacer ce moment dégradant.
Bien entendu, Latour passa régulièrement voir son protégé. Lorsqu'ils étaient tous les deux, la jeune fille quittait la maison et se réfugiait dans le jardin pour jardiner, lire, dessiner ou encore allait promener Tokela. Il allait être si heureux en pleine nature, elle le savait déjà. Quand elle avait le temps, elle s'occupait des préparatifs et ordonnait à son époux de rester aliter :
- Profite donc d'un lit qui ne soit pas soumis à la houle. Sur le bateau tu vas être malade, lui rappela-t-elle avec fermeté avant de venir embrasser ses lèvres avec douceur, je m'en sors très bien ne t'en fais pas.
Ils n'avaient plus eu aucune intimité depuis maintenant presque deux mois. Charlie n'osait pas lui en parler. Elle avait peur qu'il reparle des enfants et elle avait peur qu'il la repousse. Il lui manquait mais ce qui lui manquait c'était cette spontanéité qu'ils avaient autrefois. Là, ils avaient l'air d'un vieux couple habitué l'un à l'autre. Il n'y avait plus de rire à la maison. Plus de course poursuite. Plus de câlins et de moment doux. Ils ne parlaient plus non plus. Comme si un mur s'était mis entre eux qu'aucun n'osait franchir de peur de voir la guerre revenir. Mais Kisos manquait à Charlie.
La veille du départ, la jeune femme avait préparé un tiramisu avec la voisine. Elle profitait de tous les bons produits français et prépara un plateau de fromage pour Kisos. Le pain, elle l'avait fait elle-même et pendant qu'il lisait dans leur lit, elle mit la table. Quelques bougies étaient allumées et elle avait mis un peu de musique avec le gramophone. Pour leur dernière soirée, elle avait mis une jolie petite robe ornée de délicates fleurs dont le tissu en satin épousait ses formes. C'était très chic mais c'était surtout la dernière occasion pour elle de la mettre. Parfumée, toute jolie, elle vint rejoindre son époux et lui tendit la main pour qu'il se lève :
- Monsieur Walker, dit-elle avec cérémonie et légèreté, seriez-vous suffisamment affamé pour venir déguster la surprise prévue pour notre dernière soirée ?
Elle l'entraîna à table et lui servit un verre de vin. Passant derrière lui, elle osa embrasser sa nuque, seule marque de douceur depuis une bonne semaine avec l'annonce de leur départ, puis, elle se mit à table, face à lui tout en commençant à manger avec appétit :
- J'ai envoyé un télégramme à Jamestown. Ils sont déjà au courant de notre arrivée. Je suis persuadée que Ona est déjà entrain de réunir tous les guerriers du coin pour partir faire une chasse avec toi, dit-elle avec un sourire amusé et sincère, pendant ce temps j'en profiterais pour ranger la petite maison que tu avais fait. Tu crois qu'elle est encore intacte ?
immarcescible, Posté le dimanche 16 octobre 2022 17:49 Répondre
A peine avait-elle fermé les yeux qu'un bruit sourd la fit se redresser. En regardant autour d'elle elle ne vit rien ayant l'air de tomber, mais Kisos n'était plus sur sa chaise. Surprise, elle se leva et fit un tour de la pièce avant de voir la porte du jardin ouverte et enfin le corps sans vie de Kisos. Livide, elle cria le prénom de son époux avant de retourner à lui. Tremblante, elle le positionna sur le dos en tapotant sa joue et le secouant comme elle le pouvait. Elle était entrain de paniquer et ne savait pas quoi faire. Elle l'implorait, le suppliait d'ouvrir les yeux et de lui revenir à nous. Il se mettait à pleuvoir de nouveau, alors avec toute la force qu'elle avait, elle le tira jusqu'à l'intérieur avant de le couvrir d'un plaid et de caresser son visage :
- Kisos mon amour je t'en supplie.. ouvre les yeux.. pardonne-moi.. pitié.. pitié.. pitié.. pas ça non.. Kisos..
A croire que ses prières avaient été entendue car Latour venait justement à cet instant. Elle prit rapidement les choses en main si bien que Charlie ne savait plus quoi faire. Elle était tétanisée, debout devant un Kisos qui une fois encore était entrain de mourir devant ses yeux. La panique la submergeait, tout son corps était entrain de se figer. Son palpitant prenait une allure inquiétante et ses ongles griffaient au sang ses avants-bras. Elle allait faire une crise mais elle devait se retenir. Elle ne pouvait pas se laisser submerger par ses émotions, pas maintenant.
Soudain, Kisos réapparut dans un souffle. Comme s'il revenait d'un monde imaginaire et qu'il reprenait esprit et vie dans son corps. Après avoir ramené le colosse dans son lit et que Latour ai prescrit tout ce qu'il y avait à prescrire, Charlie se rapprocha de lui, tremblante et encore sous le choc. Ses yeux étaient noyés de larmes, son teint blême et son corps raidit par la seule idée de voir Kisos une fois de plus dans un état de mort. Ses premiers mots furent d'évoquer le sujet de leur dispute qui serait toujours un lieu de discorde entre eux deux. La brune secoua la tête vivement en posant rapidement ses mains sur ses tempes pour ne pas laisser exploser sa colère et sa peur.
Elle dut reprendre son souffle à plusieurs reprises avant d'enfouir son visage dans son cou. Elle pleurait à grosse crise de larmes. Tout le stress de ces dernières quinze minutes, la colère de la veille, la déception, la peur, la faisait littéralement pleurer d'épuisement. Ses mains s'agrippaient au visage de Kisos quand elle l'embrassait entre deux sanglots et quelques mots :
- Je t'en supplie.. arrête.. tu.. stop.. je ne veux plus rien.. plus rien entendre.. on.. on aura un enfant si tu le veux.. mais ne m'abandonne pas.. jamais plus Kisos.. je t'en supplie..
Les bras du colosse la serrait fort contre elle. Il avait sut quoi faire, exactement pour la calmer sans qu'elle ne lui demande. Elle se sentait apaisée par sa présence, son souffle, le fait qu'il l'embrasse en retour. Et même si elle savait que le sujet des enfants seraient encore soumis au débat, elle s'en fichait car elle savait qu'il serait encore là, vivant et prêt à batailler pour faire des compromis. Tokela comprit qu'il ne fallait pas être imposant et vint se calfeutrer dans son petit panier tout près des plantes qu'avait ajouté sa maîtresse quelques jours plus tôt.
Il se passa un long temps entre le départ de Latour et le moment où Charlie vint se blottir contre Kisos. Ses yeux ne quittaient son visage et elle le contemplait dormir. La peur de le voir inconscient près d'elle allait devenir une peur viscérale qui l'obséderait toujours désormais. Pourtant, la vie devait continuer et ses besoins à elle ne pouvaient pas être diminué. Après une bonne heure, elle se leva et prépara à manger mais sans gaieté de coeur. Elle veillait toujours, d'un oeil attentif, que Kisos aille bien. Elle avait préparé les mixtures étranges de Latour et attendait le réveil du brun pour venir lui donner. Lorsqu'il ouvrit enfin un oeil, elle fut aussitôt près de lui et lui donna une tisane censée calmer ses palpitants. La main de Charlie caressait la joue et la crinière brun quand son regard ne cessait d'être inquiet :
- Qu'est.. Qu'est ce qui c'est passé, osait-elle demander quand il fut suffisamment réveiller pour parler, tu as vu ta mère ?
Il allait bouger mais elle le retint au lit de sa main ferme pour ne pas qu'il bouge. Son regard n'avait pas perdu de sa peur, mais il y avait une forme de détermination aussi laissée par Latour qui avait bien prescrit un repos forcé :
- Non. Tu restes au lit Kisos Walker. Et tu y resteras tant que je ne serais pas rassurée et que Latour ne soit venue vérifier tes constantes c'est compris ? Je vais m'occuper de demander à quelqu'un d'aller chercher tes cours mais tu peux me croire quand je dis que tu ne bougeras pas de ce lit tant que je l'aurais décidé.
Sa voix était ferme et non plus douce et paniquée. Reprenant une ample respiration, elle reposa ses prunelles d'un vert gris vers le visage de son adoré qui avait encore les traits tirés par la fatigue. Caressant alors sa joue, elle rapprocha et posa son front contre le sien. L'émotion la gagnait de nouveau et elle sentait bien qu'elle allait pleurer de nouveau :
- J'ai eu si peur Kisos, murmurait-elle prise de nouveau d'un sanglot, tu dois arrêter de faire ça. C'est moi qui vais en mourir. Je ne peux pas supporter un seul instant de te perdre. Tu es ma vie, mon souffle.. Bon sang.. Je t'aime tellement si tu savais. Je ne veux plus me disputer avec toi.. Je t'en prie on oublie cette discussion..
immarcescible, Posté le mercredi 12 octobre 2022 20:11 Répondre
Paris
septembre 1899,
Charlie avait une sainte horreur de s'endormir contrariée, et encore plus quand il s'agissait d'une semi-dispute avec Kisos. Elle aurait aimé répliqué mais elle savait pertinemment que si elle le faisait, elle risquait d'aggraver encore plus la situation. Ils étaient adultes désormais. Ils ne pouvaient plus se disputer comme deux adolescents. La jeune femme dormit d'un sommeil agité, faisant d'horribles cauchemars avec des bébés et des pinces et du sang, partout du sang. C'est en sursaut qu'elle se réveilla. Déjà parce qu'elle avait froid et que la lumière la surprise. Se redressant, elle vit au bout de la pièce, Kisos manger, l'air abattu même si Tokela semblait l'attendrir.
Elle le rejoignit sans vraiment comprendre pourquoi il était debout à cette heure-ci. N'avait-il pas dit qu'il resterait avec elle pendant les deux prochains jours ? Elle se sentait si mal d'avoir tout fichu en l'air. De ne pas être une fille normale pour lui. Venant s'asseoir près de lui, elle le remercia pour le petit déjeuner et picora un peu en lui faisant signe que dehors il faisait encore nuit. Le Kisos normal aurait rit mais là, il ronchonnait encore. Jamais encore elle ne l'avait vu avec cette mine si renfrognée. Elle allait dire un mot doux mais il attaqua directement ce qui la surprit. Cet air sévère sur son visage lui rappelait celui de Gabriel Walker et la ressemblance fut frappante. Elle avait l'impression de tout rater et d'amputer le bonheur de Kisos avec cette question d'enfant :
- Tu me trouves égoïste, demandait-elle calmement en resserrant son peignoir sur son corps à moitié nu, tu crois que je suis heureuse de savoir que je t'empêches de te réaliser ? Que je ne t'imagines pas tenir entre tes mains ton enfant ? A quel point je m'en veux de ne pas pouvoir t'offrir cette vie ? Mais enfin Kisos.. nous sommes des enfants.. On n'est même pas capable de s'occuper de nous-mêmes. Regarde comment tu travailles dur pour qu'on puisse vivre décemment. Tu.. Tu imagines un peu notre vie ?
La voix de Charlie était douce, empreinte de tristesse et de ressentiments mais douce malgré tout. Elle n'avait pas la force et l'envie de s'énerver contre lui. Prenant son courage à deux mains, elle lui souffla tout simplement ce qu'elle avait sur le coeur :
- On aurait cet enfant et au début ce serait parfait et génial parce que c'est nouveau. Mais je resterais ici toute la journée Kisos.. A m'occuper de cet enfant parce que je l'aimerais de toute mon âme. Tellement que je ne prendrais plus le temps de penser à ma peinture, à mon art à ce que je suis moi. Je ne veux pas être aliéné à un autre être vivant. Mais au-delà de tout ça tu continuerais à travailler encore plus dur et encore plus longtemps pour nous rendre heureux parce que tu es quelqu'un de bon et que tu voudras le meilleur pour nous. Comment pourrais-je t'en blâmer ? Mais pourtant, je te ferais des remarques parce que tu n'es pas là, parce que tu ne me regardes plus, parce que je suis malheureuse parce que je ne peins plus. Et en un claquement de doigts, cet enfant aura grandit, quittera notre maison et il ne restera que nous, usé pour avoir tout donné à ce petit être tout ce que nous possédions sans avoir vraiment été nous.
Le silence régnait entre eux et cela détruisit encore plus le coeur de Charlie qui savait bien que cette histoire, ce sujet, risquerait sûrement de les éloigner de l'un et l'autre. Elle mordait sa paume de main avant de tout simplement reprendre les larmes aux yeux :
- J'ai peur de cette vie. J'ai peur de perdre la vie. Je.. Tu ne te rends pas compte du sacrifice que cela peut être pour une femme Kisos. De tout ce que cela implique. Depuis que nous sommes à Paris j'y pense tu sais. Autant être honnête. J'y ai pensé à avoir un bébé et dépasser ma peur mais je ne peux pas. Parce que la simple idée de laisser "ça" envahir notre vie est tout bonnement intolérable. Tu savais.. Tu savais en m'épousant que je ne reviendrais pas dessus alors pourquoi.. pourquoi dis-tu des choses comme ça ? "tu n'auras jamais à porter mon enfant, d'accord". Tu crois que ça me rend heureuse de savoir ce que je t'inflige ? Que je ne vois pas ton regard s'illuminer devant les chérubins qu'on croisent au parc ? Mais Kisos.. Tu.. Tu as juré de m'aimer comme je suis et c'est ce que je suis. Je ne t'ai jamais mentis. Hier j'ai eu peur parce que je sais que ce sujet compte pour toi et je m'en veux de ne pas être suffisamment normale pour te donner ce que tu attends. Et j'ai mal de savoir qu'une part de toi m'en voudra toujours.
Finalement, elle préféra se lever après avoir essuyé ses larmes. Elle avait tenté de prendre la main du brun dans la sienne, pour avoir un peu de sa chaleur, s'assurer son soutien mais il la retira. Geste non prévu ou calculé ? Elle n'en n'avait aucune idée. Tout ce qu'elle savait c'était qu'elle se sentait de trop dans cette cuisine. Aussi, elle la quitta et retourna se coucher non sans retenir les larmes qui coulaient en silence sur ses joues. Tokela couinait aux pieds de son maître quand Charlie était recroquevillée dans le lit à se détester tout simplement d'être ce qu'elle était.
immarcescible, Posté le dimanche 09 octobre 2022 21:04 Répondre
Les préoccupations de Kisos pour son âme inquiétait Charlie. Elle n'était pas vraiment surprise de l'entendre évoquer les avortements. C'était une pratique qui se faisait beaucoup autour des activités de Latour et qui ne l'avait jamais choqué. Surtout qu'elle-même ne voulait pas d'enfants. Se retournant face à lui rapidement, elle le rassura aussitôt en lui disant que jamais il ne pourrait aller en enfer pour une telle chose et essaya de lui faire comprendre en quoi :
- Ces femmes viennent parce qu'elles ont besoin d'aide. Tu.. Tu imagines l'avenir de ces enfants si jamais ils vivaient ? Le nombre d'enfants que tu vois dans les rues à mendier ne te suffisent pas ? Pourquoi devraient-elles être blâmées alors qu'elles ne sont fertiles que trois jours dans l'année et 345 jours chez les hommes. Kisos.. Mon amour.. Non, tu n'iras pas en enfer car il n'y a pas d'Enfer pour les gens comme toi.
La jolie brune enfouissait ses mains dans la crinière de son époux après avoir caressé ses joues. Les yeux bleu-vert de Charlie contemplait avec adoration le visage tourmenté du brun et elle eut mal pour lui. Comme si elle ressentait sa souffrance. D'une voix douce, calme et tendre elle répliqua :
- Je connais ton âme mieux que quiconque Kisos Walker et tu es un être bon. Si quelque chose était mal tu ne le ferais pas. Ce n'est qu'une loi qui empêche ces femmes de vivre comme elles l'entendent. Tu sais, il existe des groupes de femmes qui se battent pour leurs droits. Pour être des Pocahontas comme ta mère. Nous vivons une époque qui est bouleversée de plusieurs mouvements et celui des femme en est un passionnant et nécessaire.
Mais il semblait si difficile de le convaincre. Il avait encore si peur du regard de ses parents et elle pouvait le comprendre. C'était ça qui le tuait à coup sûr. Persuadé de faire le mal alors qu'il aidait ces femmes. Mais comment lui faire comprendre :
- Tes parents ne comprendraient peut-être pas mais parce qu'ils vivent dans un autre monde, une autre culture. Kisos, tu vois bien à quoi ressemble la vie ici à Paris. Pour rien au monde je n'aimerais élever un enfant ici. Dans celui de tes parents oui mais.. mon amour, si elles viennent vous voir c'est parce qu'elles connaissent les conséquences d'une grossesse et de la vie absurde qui peut attendre ces enfants. Mais.. Mais si faire ça inquiète ton sens moral c'est ton droit mon amour mais jamais je ne te jugerais. Je serais là, dans toutes les épreuves.
Elle venait par finir en lui donnant un langoureux et tendre baiser quand son visage et son corps entier se blottissait contre le sien. Le sentir de nouveau près d'elle, contre elle la rendant terriblement folle de joie. Mais surtout, elle était touchée qu'il se confie à elle. Cela voulait bien dire qu'ils avaient toujours leur relation d'avant. Ils ne sont pas que de simple amant, mais aussi des amis qui savent s'écouter et se parler sans se juger. Le soutien inconditionnel de l'un et de l'autre, c'était ce qui rassurait la brune et lui donnait presqu'envie de lui avouer l'histoire avec Toulouse. Mais Kisos la surprit avec une autre question qui la désarma :
- Euh.. Je.. Pourquoi tu me poses cette question ?
En effet, il remettait sur le tapis un sujet qui les avaient déjà bien ébranlé lorsqu'ils étaient en Ecosse. Un sujet sensible qui concernait notamment l'avenir de leur couple mais aussi la conscience de Kisos. Charlie vint se reculer lentement en dissimulant pudiquement sa poitrine de Kisos. Elle se sentait mal à l'aise et ne savait pas quoi, ni comment répondre à sa question. Surtout après les remords qu'ils venaient d'avoir :
- Kisos, tu connais parfaitement ma position sur ce sujet tu.. tu étais d'accord avec ça.. pourquoi.. pourquoi tu en reparles aujourd'hui ? Tu.. Tu as changé d'avis ? On.. on est jeune et je.. Bon sang.. Je ne veux même pas envisager c'est..
Elle avait peur. Terriblement peur de le regarder et d'y lire de la colère, du ressentiment ou pire, de la déception. Charlie n'avait pas aimé avoir cette conversation avec lui il y a plusieurs mois de cela mais là c'était pire.
- Je fais tout ce qu'il faut pour que ça n'arrive pas donc.. donc la question ne se pose même pas en fait.
Elle étouffait dans cette baignoire. Vite, elle en sortit et vint s'enrouler dans son peignoir de soie malgré qu'elle soit encore trempée. Rapidement, elle se dirigea vers la porte fenêtre et l'ouvrit pour sentir l'air frais l'enrouler. Le son de l'eau dans la baignoire lui fit comprendre que Kisos en sortait et qu'il allait venir la rejoindre. Elle refermait ses bras sur elle-même en se les frottant, ayant un peu froid tout d'un coup et demanda d'un voix faible et inquiète :
- Dis-moi la vérité Kisos. Tu pensais que j'allais changer d'avis avec le temps et qu'avec un accident éventuel je garderais le bébé ?
immarcescible, Posté le vendredi 07 octobre 2022 08:10 Répondre
Prise comme une sourie dans un piège. Charlie avait une boule dans l'estomac. Ce qui devait être deux jours de douceur exceptionnelle allait rapidement se transformer en une souffrance intolérable. Elle avait décidé de ne pas retourner chez Toulouse et encore moins pour qu'il puisse peindre tout son corps. Comment pourrait-elle regarder Kisos dans les yeux après une telle chose. Même si dans son peuple elle savait qu'ils n'étaient pas choqués de la nudité, elle savait néanmoins que son époux ne voudrait jamais qu'elle s'expose de la sorte. Une fois que le jeune peintre eut quitté la maison, elle souffla de soulagement, et encore plus en constatant que le beau brun dans son lit dormait. Elle n'aurait pas a affronter son regard maintenant et par la même occasion lui mentir. Relevant le plaid-tartan de sa famille sur son corps, elle le laissa donc dormir.
Elle eut le temps de manger, sortir Toleka, renvoyer Claude le garçon de Latour et même de lire un peu. Mais là où ses pensées la quittèrent un peu, ce fut quand elle peignit. Plongée dans sa bulle, elle se rendait pas compte qu'elle était triste et encore moins que Kisos l'avait vu. C'est au mouvement qu'il fit et à sa voix basse et désolée qu'elle sortie de son trouble. Il semblait soucieux ce qui fit naître un doux sourire sur les lippes de la jeune femme.
- Non mon amour, dit-elle aussitôt et avec douceur, j'étais juste concentrée.
Se levant, elle essuya ses pinceaux couverts de peintures et vint rejoindre Kisos près du lit. Il était toujours allongé et sa bouille semi-réveillé la fit fondre. Uniquement vêtue de sa blouse pleine de peinture, la jeune fille était toujours nue en dessous. Elle vint donc s'asseoir à califourchon sur le beau brun quand Toleka jouait dans le jardin avec une paire de chaussette de l'amérindien. Charlie caressait le visage de Kisos en le contemplant comme si elle voulait croquer son visage, ce qu'elle avait déjà fait un millier de fois sur les pages de ses carnets :
- Comment tu te sens ? Tu dormais si profondément que je n'ai pas osé te réveiller. Tu vois bien que tu en avais besoin. Il faut qu'on trouve une autre solution. Tu ne vas pas tenir comme ça Kisos et je ne dis pas ça que parce que tu me manques. Tu as perdu beaucoup de poids et tu as des cernes terrible sous les yeux.
Non pas qu'elle cherchait à le faire culpabiliser mais son inquiétude était viscérale. Elle ne pouvait s'empêcher de toucher ses côtes plus maigre et ses joues creusées. Elle fronçait les sourcils avant de soupirer de crainte qu'il tombe malade. Lentement, elle posa son front contre le sien quand elle caressait les joues déjà piquante d'une barbe d'un jour, du beau brun :
- Je ne veux pas que tu tombes malade mon amour à cause de cette pression que tu te mets. S'il te plait, suppliait-elle, laisse moi trouver un travail pendant que tu ne fais qu'étudier. Je veux me coucher toutes les nuits avec toi, rassurée de te savoir près de moi en bonne santé. Je me fiche de la vie matérielle Kisos. Je me suis rendue compte que peu m'importe dans quoi on vit, je ne veux qu'une chose le matin et le soir, c'est toi contre moi. S'il te plaît, s'il te plaît. Ecoute-moi et fais-moi confiance.
Même si cela voulait dire lui mentir, Charlie voulait trouver de quoi les faire vivre sans qu'il y perde sa peau. Qu'est-ce qu'un corps après tout ? Personne ne saurait jamais que c'est le sien. Ce serait son secret à elle. Embrassant tendrement les lèvres du brun, elle cherchait à attiser son attention sur autre chose que sa moue inquiète surtout en se pressant contre lui. Lorsqu'elle fut à bout de souffle, elle se mit à embrasser son cou, sa gorge en reprenant d'une voix douce et chaleureuse :
- Tu as faim de nourriture ? Tu n'as même pas goûté aux plats que je t'avais préparé. Je te promets qu'ils sont bons cette fois-ci.
Elle souriait de fierté. Après tout, elle n'avait jamais été bonne cuisinière mais depuis qu'elle prenait des cours avec Lucrecia, tout allait beaucoup mieux. Du moins, l'espérait-elle. En entendant le ventre grogner de Kisos, elle ne put s'empêcher de rire avant d'embrasser une dernière fois furtivement ses lèvres. Vite, elle se leva et se rendit dans la cuisine pour se mettre à cuisiner ce que lui avait appris leur voisine. Pendant qu'elle s'attelait à la préparation du plat, elle expliqua à son époux sa rencontre avec la vieille femme. Elle n'avait même pas eu le temps en trois semaines de lui raconter cette histoire. Toleka rentrait au même moment. L'odeur de la nourriture sûrement ou la pluie qui arrivait tout doucement sur la ville après des mois de sècheresse. Un peu fraîcheur ne ferait pas de mal.
Une fois que le repas fut prêt, ils mangèrent. Du moins, Charlie observait chaque moue de Kisos pour s'assurer que tout lui plaisait. Elle était tellement stressée qu'elle n'osait pas en toucher sa propre assiette :
- Alors, osait-elle demander avec méfiance, est-ce que tu aimes ?
immarcescible, Posté le mardi 04 octobre 2022 20:30 Répondre
La culpabilité ne ferait pas de ravages ce soir. Non. Pour le moment, Charlie savourait l'idée de passer deux jours en compagnie de Kisos, deux jours pour discuter, deux jours pour se retrouver. En fait, elle s'en voulait même quasiment plus du tout. Elle allait pouvoir retrouver la douceur de son foyer auprès de son époux. Elle n'eut pas le temps de le couvrir de baisers malgré qu'elle soit assise sur ses genoux. En effet, un petit jappement attira son oreille et la boule de poils qui en sortit la fit pousser un "oh" d'attendrissement. Sans attendre, elle prit la petite bête dans ses mains et la couvrit de doux petit baisers d'amour. L'animal jappait de joie en lui répondant les baisers par de petites léchouilles que Charlie acceptait que parce qu'elle était en joie :
- Il est magnifique Kisos.. Pauvre bébé.. Comme tu dois avoir faim..
Sans attendre et sans lâcher la douce petite chose poilue, elle se rendit dans la cuisine et sortit rapidement des placards une assiette et quelques morceaux de jambon avec des pâtes. Assise sur le sol, elle le regardait manger avec adoration tout en tenant ses mains contre ses lèvres pour se retenir de crier sa joie et son bonheur. Elle en pleurait limite de joie :
- Demain on ira t'acheter un vrai manger pour toi mon petit coeur.. mon petit coeur d'amour.. comme tu es beau..
Rapidement, il finit sa petite gamelle et jappa de nouveau avant de sauter dans les bras de Charlie. Blotti contre elle, il jouait de sa mignonnerie pour la faire fondre et cela fonctionna. Elle le couvrait de baisers avant de relever son visage vers Kisos, reconnaissante. Il était épuisé elle le voyait sur sa mine et elle s'en voulut de ne pas assez s'occuper de lui. Finissant par se lever, elle vint tout simplement poser le petit chien sur leur lit avant de revenir vers Kisos. Elle caressa son visage et embrassa ses lèvres avec une extrême douceur :
- Merci.. Merci..
Elle aurait voulu le remercier plus longuement mais il était tard et il devait dormir. Délicatement, elle retira ses vêtements et fit de même pour elle. Uniquement vêtue d'une de ses chemises, elle se coucha contre lui, le petit chien à leur pieds. La brune caressait le buste de Kisos qu'elle sentait s'endormir profondément. Elle continuait de le caresser tout en embrassant son cou, sa mâchoire et sa joue. Pendant qu'il dormait, elle jetait un oeil sur le petit chien qui ronflait. Charlie en souriait attendrie avant de s'endormir un millier de prénom dans la tête. Au petit matin, elle fut réveillée par le jappement du petit chien sur Kisos qui buvait son café. Elle se redressait sur ses coudes et souriait de joie en sachant que dans quelques jours ils allaient se retrouver. Mais surtout, la petite boule de poils faisait la conversation au colosse.
- Tu sais que ce sont aussi des petits chiens les corgis, dit-elle en riant de bonne humeur, même si ce sont des chiens de bergers. Connais-tu la légende de cette espèce ?
Vite, elle se leva et revint s'assoir les genoux de son adoré qu'elle couvrait de doux baisers. Ses mains dans sa crinière, elle s'asseyait à califourchon sur lui pour mieux embrasser son cou et ses lèvres. Peu importe le temps que ça prendrait ce matin mais elle voulait un moment privilégié avec lui :
- Les corgis étaient les fidèles destriers des fées. Tu crois que dans une autre vie j'ai pu être une fée mo ghrian..?
Elle souriait, de bonne humeur en déboutonnant le haut de sa chemise, les yeux pétillant de malice :
- Tu as une idée pour le prénom de ce bébé ? Parce que j'en ai touuuuute une liste en tête.
Délicatement, elle embrassait la peau de son cou, le cherchant en balançant son bassin contre le sien. C'était pernicieux de sa part car elle savait qu'il avait cours mais elle n'avait pas envie de suivre les règles ce matin. Cette impudence lui venait sûrement de savoir qu'elle avait réussit à faire baisser le rythme de travail de Kisos. Peut-être serait-il plus attentif à elle. Non pas qu'elle lui en veuille. Bien au contraire, elle était touchée qu'il se donne autant de mal pour eux, mais il lui manquait, et elle relativisait beaucoup plus sur leurs besoins désormais qu'elle avait ce qu'était une vie sans lui au quotidien. Finissant par mordre la lèvre inférieure du brun, elle caressant son buste trop maigre à son goût tout en le cherchant :
- Tu as encore un peu de temps avant d'aller en cours mon amour ?
immarcescible, Posté le dimanche 02 octobre 2022 22:07 Répondre
Depuis trois semaines, Charlie vivait seule. Les seuls moments où elle voyait son époux c'était au petit matin quand il engloutissait un petit déjeuner, qu'il l'embrassait fébrilement et qu'il repartait travailler. La jeune femme avait continué sa routine de peinture et avait même réussit à vendre quelques tableaux. Mais c'était une somme dérisoire qui avait uniquement permis de racheter un peu de nourriture. Kisos ramenait de l'argent, beaucoup d'argent, si bien que la brune pu acheter un autre bocal. Le premier avait été rangé dans la cachette secrète.
Charlie s'ennuyait.
Kisos lui manquait.
Elle passait ses matinées à peindre, ses après-midi à cuisiner avec Lucrecia et ses soirées à lire.
Un soir, elle décida d'attendre son mari pour essayer d'avoir une conversation. Lorsqu'il rentra, elle lisait assise à la table de la cuisine. En voyant sa mine, elle n'eut pas envie de le sermonner ou de le disputer. Il avait l'air tellement mal avec ces cernes et le poids en moins. Elle s'en voulait tellement de lui infliger une telle chose. Elle n'eut pas coeur de lui dire quoi que ce soit. Il était bien trop sur la défensive et se défendait sans qu'elle aie besoin de dire quoi que ce soit. C'est un peu contrite qu'elle le rejoignit au lit. Attirant le visage de son bien aimé contre son cou, elle le laissa s'endormir contre elle en caressant sa nuque, embrassant son front et ses cheveux pensive.
Au petit matin, Charlie n'avait pas dormi de la nuit. Elle eut le temps de lui préparer son petit déjeuner et de se mettre à peindre. Et encore une fois, à peine était-il debout qu'il partait dans les minutes qui suivaient. La brune l'accompagnait toujours au petit portillon et lui donnait un baiser mais ce matin là, elle le retint un peu plus longtemps que d'habitude contre elle. Il n'y avait pas de colère dans son regard, comme hier soir, juste de l'encouragement et de l'amour.
- Merci pour tout ce que tu fais pour nous mo ghrian. Je t'aime tu sais.
C'est le coeur lourd qu'elle le laissa partir à l'école surtout en sachant ce qu'elle avait décidé pour la suite. Dans la matinée, elle se prépara et se rendit chez son vieil ami Toulouse. Il l'attendait de pied ferme et embrassa ses deux joues lorsqu'elle débarqua chez lui. Elle avait dans ses mains quelques peinture qu'il examina et trouva "révolutionnaire", oui c'était ses mots. Il lui promit d'en parler à son galeriste et de revenir vers la brune dès qu'il aurait des nouvelles avant de se frotter les mains et de lui présenter le sofa.
- Tu peux aller te changer dans la petit pièce à côté, expliqua-t-il, pour commencer je ne ferais que des croquis de tes mains et de tes jambes.
Charlie n'était pas à l'aise. Elle avait l'impression de tromper Kisos. Tremblante, elle se rendit donc dans la petite pièce d'appoint et du inspirer longuement avant de retirer ses habits un à un. En revenant dans la pièce principale, Toulouse l'attendait assis devant son bureau en train de tailler ses fusains. Elle s'installa donc sur le sofa, tendue en regardant partout autour d'elle en ne portant qu'un léger déshabillé :
- Détends-toi ce n'est que de l'art tu sais.
- Jamais je ne me suis trouvée nue devant un autre homme que Kisos tu sais.
- Un corps n'est qu'une forme Charlie. Je ne suis pas là pour te séduire.
Elle acquiesçait comme pour tenter de se convaincre. Il lui demanda de poser ses mains ce qu'elle fit puis, souleva son jupon jusqu'au haut de ses cuisses. Toulouse était respectueux mais Charlie restait mal à l'aise. Seulement, lorsqu'à la fin de la séance il lui donna l'argent promis elle se rendit compte qu'elle pouvait bien dévoiler ses jambes et ses mains pour pouvoir avoir de quoi manger. Elle avait honte et elle avait peur de la réaction de Kisos si jamais il l'apprenait. Alors qu'elle marchait pour rentrer à la maison, elle se sentait terriblement mal. La main dans son sac, elle tenait fermement l'argent entre ses doigts. L'argent de la honte. Comment allait-elle expliquer cet argent soudain à son époux ?
La solution la plus simple serait de lui mentir, elle le savait bien et cela l'horrifiait. Mais si cela pouvait permettre à Kisos de moins travailler, elle se devait bien de gagner cet argent pour le soutenir.
Ce soir là, quand il rentra, elle ne dormait pas de nouveau. Devant elle, sur la table, se trouvait toujours cette liasse de billets qu'elle n'avait pas pu se résoudre à ranger dans leur bocal. Si la veille elle était en colère, ce soir là elle était apeurée. Il était si fatigué, elle s'en voulait tellement. Elle savait qu'il l'avait prévenu. Elle savait que ce serait difficile. Alors, en voyant sa mine, elle mentit et lui dit avoir tout simplement vendu ses tableaux.
- Oui, un galeriste de Toulouse va exposer certaines de mes toiles et il m'a donné un peu d'argent. Peut-être que tu pourrais te garder quelques nuits pour dormir. Latour pourrait se débrouiller sans toi au moins deux jours Kisos.. Tu ne vas pas tenir si tu continues comme ça mon amour. S'il te plaît. J'ai.. J'ai besoin de savoir que tu vas bien et je vois bien que ce n'est pas le cas. Et je m'inquiète.
immarcescible, Posté le dimanche 02 octobre 2022 10:54 Répondre
Charlie tourna et retourna dans le lit jusqu'à tard dans la soirée. Elle ne dormit pas assez profondément pour avoir l'impression d'avoir assez bien récupéré. Le souffle de Kisos, son parfum et sa carrure la réveillèrent le lendemain. En même temps, elle eut instinctivement chaud une fois qu'elle le sentie près d'elle. Elle grognait doucement, ne voulant pas sortir du lit. Mais surtout, elle voulait qu'il reste près d'elle toute la journée. Sans douceur, elle l'attira contre elle et le fit chuter dans le lit. Se recroquevillant contre lui, elle lui imposa ses pieds froid et enfoui son visage glacé contre son cou en marmonnant :
- Je ne peux plus dormir sans toi. Tu es mon petit feu de cheminée.
Après quelques baisers et un câlin, elle dut le laisser sortir du lit. Il allait se préparer pour l'école. Se redressant sur un coude, elle l'observa avec une moue triste même si elle savait qu'il devait partir travailler et étudier. Elle l'écouta parler de sa soirée et elle se frotta les yeux, désolée qu'il soit obligé de subir cela. Alors qu'il entrait dans ce qu'il leur servait de douche, elle le rejoignit nue et entoura son dos de ses bras. Ses seins étaient pressés contre son dos quand elle embrassait ce dernier. Elle pouvait comprendre qu'il soit déstabilisé. Dans son peuple, la vie était une chose sacrée et les avortements n'étaient pas courant puisque tous les enfants étaient acceptés. Charlie vint frotter son dos avant de venir face à lui pour contempler ses iris qu'elle vit fatigué :
- Kisos.. Tu as le droit de dire non et de ne pas vouloir faire ça. Rien ne t'y oblige. Si ce n'est que l'argent et bien.. et bien on trouvera autre chose mais s'il te plaît, je ne veux pas que tu sois malheureux à cause de ça.
Sur la pointe des pieds, elle se redressa pour lui donner un tendre baiser et descendit ses mains sur les fesses de son époux avant d'être sage. Vite, ils prirent leurs douche ensemble et pendant qu'il s'habillait, elle préparait le thé. Uniquement vêtue de son peignoir, elle restait nue en dessous. Lorsque Kisos revint, elle l'obligea a prendre le temps de se poser cinq minutes notamment pour prendre son petit déjeuner. Debout contre lui, elle massait son cou en lui expliquant ce qu'elle comptait faire aujourd'hui :
- Je vais peindre mais avec plus de sérieux, dit-elle, je crois qu'une routine va me faire du bien. C'est ce que je faisais à New York. Ça m'aidait à tenir et avoir une production plus intéressante. Et puis, je vais me mettre à la cuisine pour te faire de bons plats.
Elle se penchait pour embrasser la nuque de Kisos avant de se retenir d'ouvrir son peignoir pour qu'il la caresse :
- File maintenant avant que je me jette sur toi et que mes ongles s'enfoncent dans ta peau pour te retenir contre moi toute la journée.
Jusqu'à la porte elle l'accompagna. Un dernier et langoureux baiser et déjà il disparaissait. Charlie se sentait soudainement très seule même si elle avait encore le goût des lèvres de Kisos sur les siennes. Rentrant à la maison, elle fit un peu de ménage, un peu de rangement et prépara son chevalet. Même si il faisait humide, elle ouvrit en grand les fenêtres laissant entrer quelques rayons du soleil. Les yeux clos, elle savourait la sensation particulière de ce matin. Elle n'était ni triste, ni heureuse. Juste bien. Une fois tout son matériel sortit, elle se mit à peindre, essayer, proposer, se tromper et recommencer. Elle fit ça toute la matinée. Ce fut la faim qui grogna dans son ventre qui lui rappela l'heure qu'il était. Elle fit une pause, grignota et sortit dans le petit jardin pour lire.
C'est une douce odeur de nourriture qui vint chatouiller ses narines et la sortit de sa lecture. Elle se demandait d'où ça venait. En cherchant un peu, elle se rendit compte qu'il s'agissait de leur voisine d'en face qui faisait une sorte de ragoût. Charlie passa la tête et la salua en lui demandant ce qu'elle faisait. La jeune femme était italienne et préparait en même temps une pâte étrange qu'elle appelait "pasta". C'est ainsi que Charlie rencontra Lucrecia. Une vieille femme à la peau toute ridée, mais dont le souvenir bienveillant avait réchauffé le coeur de la nouvelle madame Walker. Elles passèrent le reste de la journée à cuisiner ce qui plu à la brunette et qui ramena chez elle de quoi dîner pour son époux. Elle était toue fière d'avoir tout bien préparé pour lui, surtout que Lucrecia lui avait donné rendez-vous le lendemain pour lui donner d'autres recettes de cuisine. Savoir qu'il allait manger à sa faim, rassura Charlie. Elle savait que ses dons en cuisine n'était pas ce qui la caractérisait le plus et elle s'en voulait de ne pas offrir ça à Kisos.
Une fois que tout fut mis en place, elle alluma les bougies dans la maison et attendit patiemment près du feu en dessinant le retour de Kisos. Mais il ne rentrait pas. Elle s'en inquiéta et arrivé vingt-et-une heure, décida de partir à sa recherche. Elle craignait que quelque chose lui soit arrivé. Mais pour commencer elle alla l'école de médecine où tout était fermé. Alors peut-être chez Mme De La Tour. Elle venait de traverser Paris, elle était folle d'inquiétude. Quand elle ouvrit, elle fut accueillie par son ancienne professeur qui lui demandait ce qu'elle voulait :
- Kisos ? Il est ici ?
- Oui il est arrivé juste à temps pour un éclatement de rate. Je te proposerais bien de rester mais la dernière fois que tu as vu l'intérieur d'un être humain tu as vomi.
- Mh. Vous pourrez lui dire que je suis passée ? Je m'inquiétais.
Elle lui assura qu'elle ferait la commission même si Charlie savait que c'était faux. Pendant qu'elle rentrait chez eux, elle se sentit mal. Imaginer une deuxième soirée sans Kisos lui faisait mal au ventre. Une fois rentrée, elle ne dîna pas. Elle rangea la nourriture et éteignis les bougies avant de se coucher et de lire un peu. C'est le froid qui la réveilla de nouveau. En se redressant, elle vit que la place du colosse était encore vide. Regardant l'heure, elle constata qu'il était déjà 3h du matin. S'enroulant dans un des pulls de Kisos, elle vint faire le tour de la maison comme pour se rassurer un peu ou apercevoir l'ombre de son époux, mais rien. Alors, elle se recoucha en se disant tristement qu'elle devrait maintenant faire avec.
C'est la chaleur qui l'éveilla au petit matin. Oui, Charlie avait beaucoup trop chaud. En ouvrant les yeux, elle vit Kisos enroulé et blotti contre elle. A quelle heure était-il rentré ? Il devait être épuisé. Ne bougeant pas, elle le contempla avec douceur tout en caressant sa crinière encore attachée. Elle le décoiffa délicatement et posa son front contre le sien se reblottissant contre lui, son soleil, son chauffage bouillant, rassurée.
Mais la journée devait reprendre pour elle, alors après quelques minutes, elle vint préparer le petit déjeuner et se préparer. Elle fit le moins de bruit possible pour le laisser dormir. Mangea et sortit de nouveau son matériel mais peignit dans le jardin pied nu. Il faisait beau ce matin d'automne. Les feuilles tombaient du magnifique chêne et leurs couleurs mordoré rappelait à Charlie celles des forêts en Virginie. Elle était dans sa bulle, chantonnant, heureuse de savoir Kisos près d'elle.
immarcescible, Posté le vendredi 30 septembre 2022 21:25 Répondre
Charlie n'était pas ennuyée. Charlie était touchée.
Touchée non pas que Kisos veuille tout prendre à bras le corps, bien au contraire. Mais touchée qu'il ait compris ce qu'elle ressentait et l'importance que cela avait pour elle. Main dans la main, ils marchaient tranquillement l'un contre l'autre. Elle essayait tant bien que mal de négocier mais il était plus fort et plus têtu encore qu'elle. Il était vrai que les cours avec Madame De La Tour semblait vraiment lui plaire, contrairement à l'école de médecine. Peut-être pourrait-il s'y épanouir, se disait-elle alors qu'ils déambulaient tranquillement.
- Je ne veux pas que le travail empiète sur tes études Kisos, le sermonnait-elle sérieusement, je veux vraiment que tu étudies et que tu puisses avoir ton diplôme. Tu dois me le promettre. Parce que moi j'ai fais une promesse à ta maman et je compte bien la tenir.
Elle tirait gentiment sa langue en narguant le grand brun à qui elle n'avait pas parlé de cette promesse puisqu'il s'agissait d'un secret qu'elle garderait pour elle bien enfoui pour le moment.
Lorsqu'ils arrivèrent dans des galeries couverte que Charlie adorait à cause de sa grande librairie, elle vit Kisos sortir de sa poche intérieur un collier au diamant étincelant. Vite, la jeune fille se jeta sur le bijou et le dissimula contre son époux en lui faisant les gros yeux. Elle vérifiait que personne n'aie pu voir ce qu'il sortait de sa poche et le rangea en vitesse avant de chuchoter avec sérieux et peur :
- Ne sors jamais ce genre de choses ici. Jamais.
Reprenant sa main dans la sienne, elle l'attira rapidement vers l'extérieur. Pour une fois, c'était elle qui avançait bien plus vite que Kisos. Une fois qu'ils furent suffisamment loin, elle changea encore de chemin pour rentrer à la maison. Elle voulait s'assurer que personne ne les suivent et expliqua à son époux qu'il était dangereux d'exhiber de tels bijoux dans les rues. Cela attirait forcément les voleurs et autres truands qui seraient prêts à tuer pour récupérer leurs butins.
Une fois qu'ils furent à la maison, la brune vint tout fermer à clé et vérifia une nouvelle fois que personne ne les avaient suivis. Elle ferma les rideaux qu'elle avait installé quelques jours plus tôt et alluma le feu de la cheminée dans le fond de la pièce :
- Tu dois garder ce bijou, dit-elle avec douceur en revenant près de son époux en s'asseyant sur ses genoux, c'est un bijou que ta mère t'as offert. C'est un cadeau qui te rappelle chez toi. Je ne veux pas que tu vendes tout ce qui t'appartiens. Non. Tu le gardes et on va le cacher dans un endroit bien protégé. Je vais travailler d'arrache-pied et toi aussi pour qu'on puisse obtenir ce que l'on veut.
Charlie semblait avoir retrouvé son énergie et sa soif de réussite. Se penchant sur les lèvres de Kisos, elle picora ces dernières de tendre et rapide baisers tout en répliquant entre chaque :
- Toi.. Médecin.. Moi.. Peintre.. On.. Va.. Devenir.. Des.. Maîtres.. Dans.. La.. Matière..
Son sourire était revenu, son optimisme aussi. Ils décidèrent d'un accord commun de rassembler toutes leurs affaires de valeurs, celles qui avaient un prix. Ils mirent tout dans un boîte qu'ils dissimulèrent sous une latte de leur plancher. Il s'agirait de leur cachette pour ne pas qu'on leur vole. Puis, Charlie ressortie d'un placard un bocal qu'elle utilisait pour mettre ses éponges. Elle le vida et le posa sur la table avant de peindre dessus des billets avec des ailes et expliqua son idée à Kisos :
- Tout l'argent que nous gagnerons tous les deux, oui j'ai bien dis tous les deux, nous le mettrons dans ce bocal. Ce sera l'argent qu'on économie pour pouvoir notre maison qu'en dis-tu ?
Tout sourire, elle enlaça les hanches de son époux en embrassant son ventre. Les yeux pétillant de joie à cette idée, elle ne pouvait s'empêcher de sourire en imaginant le moment où le bocal serait bien rempli de billets :
- Notre chez nous.. Ça mettra le temps qu'il faudra mais on y arrivera. Tu sais pourquoi ? Parce que j'ai confiance en toi Kisos Walker. Et que je sais que tant que tu es là, rien ne nous arrêtera.
immarcescible, Posté le lundi 26 septembre 2022 15:42 Répondre
Toutes ses toiles étaient vendues. Ils avaient de l’argent pour payer le loyer. Kisos était venu à l’exposition. Tout était parfait sauf que Charlie était triste. Personne n’avait voulu de ses toiles jusqu’à ce que Kisos prostitue son sourire aux vieilles dames. Personne ne s’était intéressé à sa technique, à son art. Même si elle savait pertinemment qu’il avait voulu l’aider, elle se sentait insultée. Mais pire que tout, il savait la vérité sur le loyer et sur l’argent. Et encore pire, il allait travailler pour subvenir à leurs besoins. Charlie était désemparée. Rien ne se passait comme elle l’avait tant souhaité.
Assis tous les deux dans la Cathédrale, elle cherchait un peu d’aide de n’importe qui, de n’importe quoi. Non pas qu’elle soit croyante, mais parfois, on a besoin d’un peu de magie et d’inexplicable pour pouvoir avancer.
Gabriel Walker avait dit à son fils que ce lieu pouvait apaiser les âmes tourmentées. Peut-être que ce serait le cas. Alors Charlie fit une chose qu’elle n’avait jusqu’alors jamais fait de sa vie. Elle joignit ses mains et les yeux se mit à prier. Non par pour obtenir une quelconque richesse mais pour ne pas que leurs objectifs personnels viennent à détruire leur couple. Car Charlie avait peur du travail de titan qui attendait Kisos et qui allait le couper d’elle et de leur vie. Egoïstement, elle aurait voulu l’avoir pour elle seule toute sa vie. Pour ça, elle aurait juste besoin d’un télégramme pour que ses parents lui donne l’argent nécessaire.
Mais c’était une cage qu’elle lui proposait et elle ne pouvait se résoudre à lui proposer.
Lorsqu’elle eut finis, elle ouvrit les yeux et contempla les traits surpris de Kisos. Venant poser son visage contre son buste, elle s’excusa de ne lui avoir rien dit sur l’argent et lui promis d’être honnête la prochaine fois :
- Avec l’argent que tu as gagné aujourd’hui, poursuivit-elle, on pourra payer jusqu’à la fin du mois au moins.
Il faisait froid dans la Cathédrale et elle demanda à Kisos de sortir. Cette atmosphère lui pesa l’âme. Ils sortirent et suivirent le petit chemin des quais de Seine. C’était tranquille pour un dimanche après-midi, mais tant mieux. Ils étaient tous les deux silencieux, sans doute préoccupés par diverses choses. Mais Charlie ne voulait pas parler, elle ruminait. Pour se changer les idées, elle proposa à Kisos de l’emmener au musée du Louvre. Elle voulait lui faire comprendre en quoi l’Art avait ce quelque chose d’unique et d’important à son histoire.
Ils avaient de la chance, tous les premiers dimanche du mois, c’était gratuit. Ils entrèrent dans l’immense bâtiment qui enserrait le jardin des Tuileries. Tout est immense ici, tout recèle d’une partie de l’Histoire de France mais aussi du monde. Charlie conduit Kisos voir les sculptures de l’antiquité grecque et lui explique qu’autrefois elles étaient en couleur. Puis, ils vont contempler toutes les grandes oeuvres de la Renaissance. Elle se fait excellente guide puisqu’elle lui explique tout avec subtilité, sans être dans l’exagération.
Enfin, ils arrivèrent au dernier étage, là où personne ne se rend et elle se pose devant un tableau bien précis et laisse un long soupir de contentement s’échapper de ses lippes :
- Ce tableau s’appelle « Madeleine à la veilleuse », il a été peint par George de Latour. Cela va te sembler stupide mais.. mais c’est cette peinture qui m’a donné envie de peindre. Tout y est.. le mémento mori, la pénitence, la simplicité pure, le symbolisme, l’impression de se retrouver dans une ermite, la contemplation et la méditation.
Heureusement, un petit banc était disponible en face du dit tableau. Charlie enroulait son bras autour de celui de Kisos alors qu’ils venaient de s’asseoir et qu’elle contemplait encore et encore sans se lasser de l’oeuvre :
- Peindre ce n’est pas juste vendre.. C’est.. C’est apporter quelque chose de plus au monde.. Kisos.. Mon chéri.. Tu sais pourquoi je peins ?
Voyant qu’il ne savait pas vraiment quoi répondre à la question, elle lui offrit un doux sourire. Non pas pour le blesser, mais pour lui expliquer ce qu’elle avait sur le coeur elle reprit :
- Je ne peins pas parce que c’est quelque chose de beau à mettre chez soi. Je peins parce que je veux que mon art face partit d’un tout plus grand que nous tous réunis. Tu vois, la médecine, le droit, la finance, le commerce tout ça sont des métiers nécessaires pour la survie de notre humanité. Mais l’art Kisos.. La peinture, la littérature, la musique, c’est un dépassement de soi, c’est de l’amour. Et je veux vivre comme ça. L’art c’est pouvoir apporter une réponse au temps qui passe et dire que nous sommes ici, maintenant et que demain nous n’existerons plus. Mais peut importe parce que nous aurons fixé sur la surface lisse d’une toile un bout d’existence. Tu.. Tu comprends ?
Elle serrait entre ses doigts ceux de Kisos pour qu’il entende ce qu’elle ressent et surtout qu’il prenne la mesure de l’importance de ce qu’elle essaie de lui confier :
- J’ai eu mal.. Très mal en voyant ces vieilles femmes acheter mes toiles. J’ai eu mal parce que ce ne sont pas mes toiles qu’elles voulaient mais toi et ton beau sourire. Il ne s’agit pas de jalousie mon amour, non non non mais.. mais ces tableaux je les aie peint avec mon âme et mon coeur. Je ne veux pas que des personnes malintentionnées puissent avoir des fragments de vie chez eux sans comprendre le véritable sens de ce que j’ai peins. Je sais que tu as voulu m’aider et je t’en remercie tellement mais.. mais pas comme ça.. Pas en vendant ton sourire Kisos.
Charlie ne voulait pas qu’il puisse penser qu’elle lui en voulait ou qu’elle était en colère. Elle était juste triste de comprendre qu’elle n’avait pas le talent de ses amis. Elle était juste persuadée qu’elle s’était fourvoyée et qu’elle aurait du s’en tenir à faire des peintures décoratives de pot de fleurs. C’était ce qu’elle confiait à Kisos en posant sa tempe sur son bras :
- Peut-être que j’aurais du écouter ces vieux schnocks des beaux-arts. Jamais une femme ne pourra entrer vendre une toile.. Je ne veux pas être la source de notre perte. Je vais trouver un travail et abandonner cette idée. Tu as bien vu aujourd’hui. C’était un désastre complet.. Je ne suis pas une grande artiste. Je dois en faire mon deuil. Voilà tout..
immarcescible, Posté le jeudi 22 septembre 2022 20:39 Répondre
Kisos venait de fermer violemment la porte derrière lui. Toulouse mit à la porte, il ne restait que le son de la respiration sifflante de son époux. Charlie craignait forcément la réaction du brun, surtout avec ce qui c’était passé en début de semaine. Elle eut l’agréable surprise de voir qu’il revenait vers elle non pas en colère mais en bougonnant. Cela la rassurait à moitié car elle savait que la conversation allait être possible et qu’elle allait pouvoir le rassurer. Le laissant revenir jusqu’à elle, elle s’enroula autour du drap avant de se mettre debout sur le matelas. Cela lui permettait d’être quasiment à la hauteur de Kisos et donc d’enrouler ses bras autour de son cou. Caressant de son nez celui du beau brun, elle ronronnait en lui faisant les yeux doux :
- Laisse Toulouse, murmurait-elle avec douceur tout en haussant les épaules, c’est un joyeux fanfaron qui aime bien provoquer.
Voyant qu’il ne réagissait toujours pas, elle accentua ses caresses en posant ses mains sur sa nuque et continuant ses multiples baisers le long de sa mâchoire et de son cou en reprenant :
- C’est le b.a.-ba des artistes mon amour. Rien de plus.. Tu sais, je suis chanceuse de t’avoir trouvé. Tous les autres sont encore en recherche de leurs âmes s½urs. C’est la grande recherche de tout artiste. Rencontrer son âme s½ur pour ne faire qu’un avec elle. C’est pour ça qu’on créée. Pour qu’elle nous retrouve.
En essayant de dédramatiser, elle espérait faire descendre la frustration et la colère du brun. Elle lui raconta l’histoire des âmes s½urs de Platon qui voulait qu’à la base ils soient deux. Par jalousie, les dieux les auraient foudroyés pour les séparer et depuis les vraies âmes s½urs se cherchent à travers le monde entier. Mais il restait quand même campé sur ses positions. Chose qu’elle ne pouvait pas lui reprocher, étant donné comment elle aussi avait réagit suite au prénom d’une autre femme entre les lèvres de Kisos. Ses lèvres arrivaient enfin vers celles de son amant et vinrent lui donner de profond et tendre baiser. Le drap glissait le long de son corps, la dévoilant une nouvelle fois nue.
- Mo Ghrian.. Tu as une fille nue contre toi qui a très très très froid tu sais. Et en plus, elle t'appartient.
C’est sous son petit rire taquin que la brune réussit enfin à détendre Kisos et l’attirer dans un dédale d’émotion orgasmique. Lorsqu’elle s’éveilla de leur matinée d’amour, elle se rendit directement jusqu’à la salle de bain pour se rafraichir. Elle laissait le brun se reposer. Après tout, elle l’avait bien épuisé en lui demandant encore et encore et encore passionnément de lui faire l’amour. Lorsqu’elle sortie toute propre, elle vint se vêtir d’une simple robe en coton. Elle mit une ceinture de Kisos autour de sa taille et laissa ses cheveux détachés. Se penchant sur son amour endormi, elle s’amusa à embrasser son cou et son dos nu avant de mordre sa fesse avec un rire amusé en voyant sa mine perplexe :
- Tu viens nous rejoindre quand tout sera installé ? C’est sur le Canal Saint-Martin. J’aimerai vraiment que tu viennes.. Je.. Je n’ai pas osé t’en parler parce que j’avais peur que tu ne veuilles pas venir que.. que tu ne veuilles plus venir à ces évènements à cause des garçons et de l’autre fois.
Au lieu de partir pour rejoindre les garçons, elle se rasseyait sur le bord du lit. Ses doigts caressaient délicatement la chevelure de Kisos quand elle soupirait doucement, encore triste de ce qui c’était passé en début de semaine et des conséquences que cela allait apporter :
- Je ne te ferais pas la morale sur la jalousie mais.. mais tu devrais avoir confiance en moi et ignorer les garçons. Ce sont juste des enfants de riches qui se prennent pour les plus grands artistes du monde. J’ai vraiment envie que tu viennes mais je ne veux pas que ce soit une souffrance pour toi de côtoyer mon monde.
Toulouse, Gaugin et Degas tambourinaient à la porte. Il était l’heure de partir. Elle haussait les épaules en souriant doucement de son petit air angélique et attendrissant. Se penchant encore une fois sur lui, elle déposait un baiser sur ses lèvres avant de foncer rejoindre les garçons avec une planche à dessins sous le bras et son sac à dessin. Vite, elles les rejoignaient se sentant toute légère et détentrice d’un secret. Ce secret ? Celui d’être l’épouse de Kisos. Chose qu’elle n’avait pas du tout signalée à ses amis de peur qu’ils viennent s’incruster à leur moment si intime. Elle savait déjà comment aurait réagit le brun. Aussi, elle avait préféré garder ce moment pour son époux et elle-même.
En arrivant sur place, un endroit lui était réservé. Ils étaient très en retard si bien qu’elle du se préparer en vitesse. Vite, elle accrocha quelques dessins et surtout sa toile qui représente le lac en Virginie tout près du campement des Powhatans. On y voit la communauté représentée dans sa vie la plus simple, la plus belle, la plus idyllique. Au fond, sont représentés Pocahontas, Gabriel et Sora quand Kisos est à cheval au travers de certains arbres, quasiment dissimulé comme lors de leurs premières rencontres.
Charlie était impatiente. Elle voulait voir Kisos mais il n’arrivait pas. Inquiète, elle se tordait les doigts persuadée qu’il ne viendrait pas et qu’il lui en voulait. Peu de monde s’approchait de ses tableaux. Ils étaient un peu trop poétique, un peu trop nébuleux. En effet, sa forme relevait plus de l’impressionnisme que du naturalisme de ses amis. Aussi, même si elle était dans une avant-garde, les gens ne semblaient pas comprendre où elle voulait en venir et ne s’approchait pas de ce qu’il ne maîtrisait pas. Mais surtout, elle était une femme et cela restait très mal vu. Il n’avait qu’à voir son emplacement qui était tout au fond d’une allée. Elle n’avait pas osé en parler à la famille la veille, de peur qu’ils viennent et qu’ils achètent toutes ses toiles, aussi, personne ne viendrait. Cela favorisait son impression qu’elle devait trouver un vrai travail pour aider Kisos qui avait lui, un vrai talent pour soigner les gens.
immarcescible, Posté le lundi 19 septembre 2022 11:49 Répondre
Les jambes de Charlie étaient encore toutes engourdies par ces multiples positions. Son rythme cardiaque battait la chamade et le sourire de plaisir et de contentement de la jeune femme ne cessait de s’étirer. Blottie contre le corps en sueur de son époux, elle embrassait tendrement son buste en reprenant lentement avec le monde normal, elle qui venait de vivre une nuit orgasmique. Le parfum de Kisos l’enivrait et sa peau ne cessait de frissonner sous les multiples caresses du brun. Elle était si détendue qu’elle en avait oublié les questions sur le travail et l’argent de Kisos. Aussi, elle se redressa contre lui, voire même sur lui pour poser son front contre le sien, son sourire toujours sur les lèvres :
- Mh.. Est-ce que je vais te choquer quand je te dis que je ne voulais pas me marier ?
La belle brune embrassait le visage de son adoré avant de continuer sur son cou et de réfugier son visage contre celui-ci. Ses doigts caressaient les épaules puissante de Kisos quand elle fermait les yeux avant de reprendre :
- Jamais je ne me suis vue épouser qui que ce soit. Je ne croyais pas au prince charmant et les gens étaient pour moi une vraie souffrance. Je voulais simplement peindre. Vivre seule avec mes peintures, dans une petite maison dans les bois tout près de la mer. J’aurais eu un chien pour me tenir compagnie. J’aurais bu du thé, mangé des gâteaux, lu et peins encore peins.
Ce souvenir amusait la jeune femme qui n’imaginait plus sa vie de cette manière. Se redressant sur un coude et posant sa tête sur sa main, elle s’amusa à caresser du bout des doigts les traits fins de Kisos en le contemplant amoureusement, une étincelle de bonheur dans son regard :
- Je veux toujours de ça mais cette fois-ci tu fais partit de mon rêve mon tendre mari. Je te vois revenir déjeuner avec moi quand tu auras soigner tous tes patients du matin. Me faire l’amour tendrement avant de repartir alors que je suis couverte de peinture. Je te vois m’emmener pêcher et te battre à ce jeu. On irait galoper à cheval parfois et on ferait la course. Je nous vois dîner ensemble tous les soirs et te faire la lecture quand tu me brosses les cheveux. Je nous vois nous promenant, seuls, heureux, tranquille.
Cela semblait sans doute trop idyllique pour Kisos alors Charlie vint lui expliquer ce qu’elle ressentait plus jeune. En fait, au vu du regard de son époux, elle comprenait ce qu’il cherchait comme réponse :
- Je n’attends pas de toi que tu sois un homme d’ambition ou quelqu’un qui paie ses factures Kisos. Je.. Ce n’est pas méchant ce que je vais faire mais je n’attends rien de toi si ce n’est que tu m’aimes et que tu sois toujours là. Si tu savais comme je me fiche de l’argent et de la renommée d’un nom. Je suis heureuse quand je suis dans tes bras et quand je sais que tu es heureux près de moi.
Naïve petite Charlie qui n’avait jamais connu encore la souffrance de la misère. Pour le moment, ils vivaient à la sécurité dans leur maison mais quand viendrait l’instant de faire les courses elle verrait la difficulté de vivre sans rien. Mais pour l’instant, elle se devait de rassurer Kisos pour qu’il ne perde pas de vue son objectif : soigner être médecin.
- Tu es arrivé dans ma vie telle une comète Kisos. Jamais je n’ai osé espérer pouvoir rencontrer mon âme soeur car j’avais trop peur d’être déçue. Mais maintenant que tu es là, je veux rouspéter cette jeune Charlie de ne pas avoir fait le trajet enfant pour venir te rejoindre. Si c’était à recommencer, c’est toi que je chercherais en premier. C’est toi ma famille, mon foyer. C’est dans tes bras que je trouve ce que j’ai toujours attendu.
La pluie tombait lentement sur les vitres de leur plafond. Ce bruit apaisait toujours Charlie qui vint caresser la joue de Kisos quand elle se penchait sur ses lèvres encore rouge des multiples morsures sensuelles de la brune. Lovée contre lui, son regard tentait de déchiffrer le sien :
- Je sais que tu rumines ce que tes parents t’ont dis mais je t’en prie.. Ne les laissent pas te faire croire que j’ai besoin de leurs richesses. Kisos.. Je n’ai besoin que de toi, dans la richesse comme la pauvreté, la souffrance et la joie, la santé et la maladie. Je n’ai besoin et je ne veux que toi. C’est toi ma plus belle richesse. Et pour rien au monde je m’en séparerais.
immarcescible, Posté le lundi 12 septembre 2022 12:31 Répondre
Avant de quitter sa famille, Anya demanda à sa fille si ils s’en sortaient financièrement. Charlie était mal à l’aise. Elle craignait que sa mère la juge ou pire qu’elle soit contente d’avoir raison. Mais surtout, elle ne voulait pas que les agissements de Kisos l’autre soir effraie ses parents et vienne mettre le trouble dans cette journée si parfaite. Alors Charlie Hedlund mentit à sa mère, pour la première fois de sa vie.
- Tout va très bien maman ne t’en fais pas pour ça.
Un sourire faux sur les lèvres, elle ne réussit pas ç dissiper le doute chez Anya qui restait malgré tout une maman avisée en ce qui concernait ses enfants. Mais celle-ci du se dire que sa fille voulait aussi se débrouiller seule et lui fit donc confiance. Garrett ne pu s’empêcher de laisser un beau petit billet dans le petit sac de son aîné malgré qu’elle le refuse :
- Je suis ton premier mécène depuis des années Petit Pois. Disons que cet argent servira à t’acheter tout le matériel en plus dont tu as besoin.
Sauf qu’il servirait surtout à aller acheter à manger. Après des au revoir un peu amer, Charlie suivie son époux jusqu’à la maison. Main dans la main, ils savouraient cette petite balade douce et nocturne le long des quais pour rentrer chez eux. Sa tête posée contre le bras de Kisos, la brune se détendait souriant déjà de la poursuite sensuelle qu’allait avoir leur fin de journée. Elle en rougissait déjà d’excitation. Cependant, Kisos vint à lui demander la même chose que sa mère ce qui la fit se tendre.
« Non, non, non, non, non, non, non ! » pensait-elle en silence.
- Pourquoi tu me poses cette question, demandait-elle sur la défensive, surtout qu’en effet ce n’est ni le moment pour savoir ça Kisos. Ne peut-on pas simplement profiter du fait d’être heureux une journée et de savourer cette douceur.
Elle avait bien remarqué qu’elle avait été sèche ce qui allait forcément alerter Kisos. Le pire, c’est qu’elle ne pourrait pas garder le secret très longtemps et qu’il passerait sa soirée à culpabiliser et s’en vouloir et alors adieu la douce soirée.
- Excuse-moi je. je ne voulais pas être aussi sèche, dit-elle sincèrement, mais mes parents m’ont posé la même question et elle m’énerve. J’ai l’impression qu’ils attendent qu’une chose, que l’on échoue pour rentrer en Ecosse ou à Jamestown. Tu.. Tu comprends ?
Ce n’était pas un mensonge pour le coup. Kisos lui aussi avait eu des remarques donc il pouvait sûrement comprendre la sensation oppressante de son épouse. Elle continuait de marcher, sa main dans la sienne jusqu’à enfin arriver à la maison. Elle y alluma des bougies et fit chauffer du thé pour son adoré comme il l’aimait. La tradition écossaise de son père était une tradition qui la faisait tendrement sourire :
- Ne te préoccupe pas de ça. Je veux que tu te concentres sur la médecine d’accord ? Je m’occupe du reste compris ? Et puis.. Comme tu l’as dis, murmurait-elle en revenant contre lui pour caresser son buste et faire diversion, ce n’est pas du tout le sujet du jour.
Elle papillonnait des yeux pour séduire son époux. Charlie ne voulait pas parler de ce sujet ce soir surtout que c’était censé être leur lune de miel. Déboutonnant sa chemise, elle embrassait délicatement la peau de son buste nu en demandant d’une voix douce et sensuelle :
- C’est la première fois que je vais faire l’amour avec toi en tant que ton épouse. Tu avais imaginé un jour ce moment si particulier ? Parce que moi oui, avouait-elle en rougissant un sourire aux lèvres, tu sais que dans mes premiers fantasmes c’était ce moment là en particulier qui me venait en tête.
Le thé chauffait mais elle s’en fichait. Elle préférait bien au contraire chauffer son époux. Lui faire penser à autre chose qu’à l’argent et l’attirer dans ses bras pour satisfaire son besoin de lui. Sans le savoir, Charlie avait tout compris du mariage. Ses doigts continuaient de déboutonner sa chemise quand ses lèvres parcouraient son buste et descendre jusqu’à son ventre. Kisos était immense, impassible. Après avoir déboutonné son pantalon, elle vint poser ses lèvres sur son membre épaissi qu’elle picorait de doux baiser avant de l’enlacer de sa langue.
- Et toi mon amour ? Tu l’imaginais ce moment ? Dis moi comment tu m’imaginais ? Est-ce que tu rêvais de moi un peu ?
immarcescible, Posté le mercredi 07 septembre 2022 19:42 Répondre
C'est avec un oeil ému que Charlie regardait leur famille réunie. Le clan Hedlund et Walker. Qui aurait pu croire une telle chose ? La brune était encore émue de cette journée, des mots de Kisos et de leurs voeux. Désormais, ils seraient éternellement liés l'un à l'autre. Certain penserait qu'elle était effrayée de cela, or c'était tout l'inverse. Jamais elle n'avait été aussi sûre d'elle. Profitant que son amour jouait avec Sora, elle le contemplait à la dérobée. Si beau, si fort, si puissant. Il avait tout pour être un chef, un leader.
- Si seulement tu pouvais te voir à travers mes yeux, murmurait-elle en le contemplant.
Comme l'avait souhaitait Kisos, ils se rendirent aux Tuileries. Or, ce jour là, tout le monde semblaient s'être donné le mot. Le mot était intolérable et Charlie voulait d'un endroit un peu plus intimiste. Elle craignait aussi surtout que des gens malintentionnés viennent perturber la douceur de cette journée. Elle donna donc rendez-vous à tout le monde au parc Monceau qui était encore méconnu à cet époque et qui attirait uniquement les artistes. Il était un peu malfamé pour certains mais c'était surtout le soir. En arrivant là-bas, un carrousel siégeait en plein milieu de la place. Sora était impressionnée et décida d'emmener les jumelles avec elle. Tout le monde riait quand Pocahontas découvrait ce nouveau monde avec une innocente attachante. Elle montrait tout à Gabriel qui semblait lui aussi être attendri par son épouse si impressionnée.
La jeune mariée était étrangement silencieuse et un peu à l'écart. C'était surtout qu'elle profitait de cette bulle particulière. Depuis toujours, Charlie avait pris cette habitude de se mettre un peu à l'écart du monde quand elle ressentait toutes ces choses qui la rendait heureuse. Son père s'en rendit compte et vint l'enlacer en embrassant sa tempe quand tout le monde avançait vers un petit lieu tranquille que ses oncles connaissaient bien.
- Qu'est-ce qui te rend si silencieuse Petit Pois ?
- Je suis juste heureuse.. Kisos me rend heureuse. Vous me rendez heureuse. Je voudrais ressentir cette plénitude tout le temps.
- Comme je te comprends, riait doucement Garrett en marchant avec sa fille près de lui, je me souviens encore du jour où j'ai épousé ta mère. J'avais l'impression que le monde pouvait bien s'écrouler je m'en ficherais. C'était comme si j'avais attendu toute ma vie un seul événement et en fait.. c'était encore mieux que je l'avais espéré.
Charlie comprenait bien ce sentiment, seulement elle, elle l'avait ressentie en rencontrant Kisos. A croire qu'ils avaient bel et bien étaient destinés l'un à l'autre. Garrett en profita pour demander à sa fille comment se passait la vie à Paris. Elle haussa les épaules et évinça rapidement de son esprit les questions d'argents. Ce n'était ni le lieu, ni le moment. Elle expliqua simplement que Kisos travaillait avec beaucoup d'ardeur et que l'Université n'était pas clémente à son égard ce qui fit soupirer Hedlund. Cela ne le surprenait pas vraiment et se proposa d'intervenir :
- Merci papa mais je ne pense pas que Kisos serait ravi. Il veut y arriver par ses propres moyens.
- Dès fois un coup de pouce ne fait pas de mal.
- Je sais mais.. mais je crois que c'est une question d'honneur pour lui.
Garrett comprenait parfaitement ce que pouvait ressentir Kisos et acquiesça en promettant de ne pas intervenir même si cela lui démangeait les doigts. En arrivant auprès du petit groupe, Charlie constata que toute la famille avait apporté multiples victuailles et que tout le monde avait commencé à manger. Elle aussi mourait de faim et pris avec plaisir un bout de tarte aux légumes. Elle chercha du regard son époux qui manquait à l'appel. En cherchant bien derrière les fourrés, elle le trouva contemplant les colonnades qui étaient sublimées par les jeux de jets d'eau. S'avançant jusqu'à lui, elle vint délicatement prendre sa main dans la sienne tout en expliquant doucement :
- On dit que celui qui a conçu ce parc c'était pour l'amour de sa vie. Un grand peintre du nom de Monnet est venu ici immortaliser la beauté sauvage des fleurs et des sentiers escarpés. Viens..
Entrelaçant ses doigts aux siens, elle l'entrainait un peu plus loin des autres et l'emmena vers un petit pont qui surplombait la petite rivière où des poissons sautaient comme pour saluer le couple improbable qu'ils formaient. S'asseyant sur le bord du pont, elle se pencha y chercha quelque chose. Se tenant à Kisos, elle souriait avec son air malicieux qui dissimulait un secret. Lorsqu'elle trouva enfin ce qu'elle cherchait, elle se redressa et resta assise. Elle tendait alors à Kisos un petit bout de papier bien plié qui avait été bien usé par le temps et qu'elle le laissait déplier :
- Cette rivière exauce tous les rêves d'après ce que disent les peintres alors j'ai essayé de déposer mon rêve entre les roches de ce pont.
Sur le petit papier figurait cette note : "Revenir ici un jour avec Kisos". Elle souriait doucement, les joues rougies par la timidité quand elle vit celui qui était désormais son époux. Sa main attrapait délicatement le col de sa chemise quand elle l'attirait contre elle pour déposer un baiser sur ses lèvres avec douceur. L'indécence aurait été de mise dans un autre parc mais ici ils étaient protégés par la liberté des artistes aussi, elle en profitait pour lui offrir un baiser moins pudique que dans l'église. Cela la faisait doucement sourire surtout qu'elle le sentit l'agripper si fermement. Lorsqu'elle n'eut plus de souffle, elle murmurait contre ses lèvres chaude qu'elle picorait de tendre baisers :
- J'avais fait le souhait de te revoir et de t'emmener ici. Alors je ne sais pas si ce pont est magique mais je lui suis reconnaissante de nous avoir réunis. Et je ne sais pas si je te l'ai dis mais.. mais je t'aime Kisos Walker. Mon époux.. Le soleil de mon existence.
immarcescible, Posté le lundi 05 septembre 2022 15:29 Répondre
Assis l’un en face de l’autre, Charlie observait Millie préparer l’aiguille qui tatoueraient leurs corps. Elle n’avait nullement peur. La première fois qu’elle avait marqué sa peau c’était à Paris et c’était parce que Kisos lui manquait beaucoup trop. Ce petit soleil sous son sein, près de son coeur, était la marque évidente qu’elle l’avait dans la peau. Mais là, aujourd’hui, il avait une toute autre signification. A jamais pour les Dieux de son fiancé, ils seraient unis l’un à l’autre. Charlie tendait sa main et laissait la tante de son futur époux tatouer le contour de son annulaire symbole d’une alliance éternelle :
- Je t’aime, murmurait-elle au brun en souriant avec confiance.
Ses yeux pétillaient d’une joie profonde et sincère. Elle aurait pu en pleurer de bonheur mais elle s’était promit de ne pas le faire. Plus de larmes désormais et que du bonheur. Pour l’occasion, elle avait été acheté dans un petit souk, une robe en soie très simple. Elle était totalement à l’inverse des robes touffus et pleine de meringues de l’époque. Non, là c’était presque indécent tant la soie couvrait les formes la jeune fille. Ses yeux avaient été légèrement maquillé et un peu de rouge à lèvre ornait ses lèvres. Ses cheveux avaient été tressé et des fleurs de jasmin ornait autour de sa tête telle une couronne.
Lorsque leurs tatouage commun fut convenu, le moment de la cérémonie pu commencer. Debout, l’un en face de l’autre, Charlie ne pu retenir son émotion et sentie malgré elle des larmes de bonheur s’échapper. Elle serrait fort son bouquet entre ses mains pour ne pas se jeter au cou de Kisos si beau.
- Miss Hedlund, continuait le prêtre, jurez-vous de prendre pour époux ce Monsieur Kisos Walker ici présent comme légitime époux dans la santé comme la maladie, la richesse et la pauvreté, jusqu’à ce que la mort vous sépare.
- Même après la mort je le voudrais, répondait-elle avec émotion.
Sur le banc tout près, les blondies regardaient le couple avec émotion. Ce même couple qu’elles avaient surpris au bord du lac se donnant un des baisers les plus torride de leur histoire. Soudain, dans la petite chapelle apparue les deux oncles de Charlie qui arrivaient en retard. Il s’installaient derrière les blondies et s’excusaient. Chevalier minaudait en pleurant d’émotion comme Binki devant la robe de Charlie et la beauté de ce jeune couple. La brune riait, heureuse de voir ces deux couples présent.
Reportant de nouveau son attention vers Kisos, elle reprit donc le moment de ses voeux :
- Dans la joie, dans l’amour simple et sincère, dans l’honnêteté, dans le meilleur et dans tout ce concerne la vie de pire Kisos je.. je te promets de t’aimer et de te chérir. Je te promets que.. je te promets que je ne laisserai rien ni personne nous séparer. Je fais cette promesse pour l’éternité. Je me lie à toi pour toujours jusqu’à la fin des temps. Et je resterai à tes côtés, éternellement, dans cette vie comme dans les autres. Tu sais.. Parfois dans al vie il y une forme de lien indestructible entre deux personnes et parfois on a la chance de pouvoir rencontrer cette personne. Aujourd’hui.. Aujourd’hui je me tiens devant toi et je suis certaine, je suis sûre de moi. Je sais.. que tu es l’amour de ma vie. Toi qui sera un futur chirurgien je te donne mon coeur sans crainte. Et il bat si fort pour toi tu sais. Voilà ma promesse n’est pas uniquement celle qu’attends monsieur le curé mais elle est tout autre et bien plus puissante parce que je me promets à toi. Eternellement à toi.
immarcescible, Posté le dimanche 04 septembre 2022 13:41 Répondre
Charlie était perdue. Jamais elle ne pourrait aider Kisos à aller mieux en restant ici. Jamais il n’aurait suffisamment confiance en elle. Alors cela allait être un travail de tous les instants. L’entourant de ses bras, elle embrassa avec douceur le creux de son cou avant de se lever. Elle alla servir le fameux thé qu’elle avait préparé et le posa sur la table avant de revenir au brun. Revenant s’asseoir derrière lui, elle défit sa natte pour la brosser.
- Je croyais que nous avions déjà eu cette conversation mo ghrian. Quand j’ai quitté Jamewtown pour suivre mes parents j’avais pris la décision de te quitter. Pourtant, une année est passée et j’ai toujours refuser de me lier à un autre homme. J’aurais pu.. J’aurais pu me marier dès mon arriver à Glasgow Kisos. J’aurais pu ne jamais venir te chercher sur Skye et répondre au souhait de mes parents et épouser Lord O’Connell. Mais je ne l’ai jamais fait parce que cette vie là ne me correspondait pas.
Ses doigts venaient de finir de brosser la crinière de Kisos qu’elle retressait de nouveau comme lui avait appris Sora. Charlie avait mal de le voir se donner autant de peine quand il n’en n’avait pas besoin puisqu’elle l’aimait :
- Bien sûr que je me suis posée la question à cette époque quand je venais te rejoindre à Skye. Ce serait te mentir que de dire l’inverse. Tu serais rentré chez toi, aurait épouser une des tiennes et serait un excellent et parfait chef amérindien. Et moi.. Moi une Lady. Mais Kisos.. Mo Ghrian.. Je ne voudrais jamais de cette vie là.
Elle le sentait s’apaiser doucement et en profita pour glisser entre ses bras. Faisant en sorte que leurs corps se reposent dans leur lit, elle lui fit face en entrelaçant ses doigts aux siens. Ses prunelles d’un bleu vert doux se fondaient dans celles si bleu et intense de Kisos. Tout le corps de Charlie se lovait contre le sien pour le maintenir. Elle s’accrochait à lui telle une liane à son arbre :
- Tu crois faussement que tu as mis des murs et des barrières dans ma vie Kisos Walker alors que c’est l’inverse. Tu m’as ouvert le monde. Tu m’as donné ce qu’aucun autre homme pourrait me donner. Il n’y a pas de bonne questions à se poser et tu sais pourquoi ? Parce que quand je suis avec toi c’est une évidence. Je me fiche d’avoir la vie facile. Je me fiche de savoir que nous n’aurons rien à manger demain ou que nous devrons vivre sous un arbre. Tant que je suis avec toi, rien ne pourra jamais m’atteindre. Non, arrête de fuir mon regard mon amour..
Fermement, elle retint son visage face au sien et le supplia de la regarder. Charlie fixait ses prunelles avec intensité et le suppliait une nouvelle fois de la regarder :
- Je veux passer ma vie à tes côtés Kisos. Dans le meilleur comme le pire. Maintenant, si toi tu ne veux plus de moi, de cette vie tu as le droit de me le dire aussi. Tu as le droit de me dire que cela ne te conviens pas et que tu veux qu’on trouve un autre endroit. On peut retourner en Virginie, vivre dans la forêt, aller sur une île dans les Caraïbes et vivre dans une grotte, aller en Ecosse, dans la campagne parisienne, je m’en fiche. Je veux juste t’aimer, peindre et t’aimer. Mon titre, l’argent, les gens m’importent peu. Je n’ai jamais aspiré à cette vie. C’est toi que je cherchais. C’est toi que je voulais, toi que je désirerais encore et toujours.
Charlie sentait quelques larmes poindre au bout de ses prunelles quand elle voyait l’air inexpressif de Kisos. Elle en mordait ses lèvres pour se retenir de pleurer. La journée s’était si bien passée, pourquoi se flagellait-il ainsi.
- Je ne peux pas comprendre ta douleur Kisos en ce qui concerne les autres et je suis désolée.. Tellement désolée de ce qu’ils te font subir. Je n’aurais jamais du t’emmener ici. Je ne voulais pas que tu ressentes tout ça. Ce fardeau.. Cette violence raciste.. Pardonne-moi. Je t’ai égoïstement voulue pour moi et je n’ai pas pensé à ce que tu aurais pu ressentir. C’est un autre monde dont les codes sont différents du tien. Alors partons, vivons loin des autres. Je te suivrais n’importe où mais.. mais..
Ses larmes coulaient de nouveau. Il l’avait fait douté. Maintenant elle était persuadée qu’il serait mieux sans elle, retournant chez lui. Elle dissimulait ses larmes derrière ses mains en pleurant :
- Je suis désolée.. Tellement désolée.. Je ne voulais pas que tu sois si mal.. Je ne voulais pas que tu ressentes tout ça.. Je t’ai égoïstement emmené avec moi sans.. sans.. oh Kisos.. Pardonne-moi..
immarcescible, Posté le mercredi 31 août 2022 23:11 Répondre
Ce qui devait être une bonne journée s’acheva en un cauchemar inédit. Charlie avait du payer la caution de Kisos. C’était toutes les petites économies qu’elle avait mis de côté et qui devait les faire tenir au moins un an sans qu’elle ai à travailler ou pire, demander de l’argent à ses parents. Kisos ne semblait pas avoir conscience que tout ce qu’ils avaient, ils l’avaient grâce au menu argent que la jeune fille avait économisé et qu’ils devraient certainement devoir se serrer la ceinture dans les prochains temps. Or, si il n’avait jamais connu la valeur de l’argent en Amérique, ici, à Paris, cela avait une importance certaine.
Elle l’attendait dehors, faisant les cent pas inquiète. Qu’est-ce qui lui avait pris ? Pourquoi réagir de la sorte ? Imaginer Kisos jaloux la surprenait et était complètement impensable. Alors, elle avait forcément dit ou fait quelque chose qui l’avait irrité. Ce qui l’inquiétait d’autant plus, ce n’était autre que la manière dont il risquait d’être traité en prison. Elle ne pouvait ignorer que sa couleur de peau risquerait de le faire subir des tortures et autres injures. Aussi, c’était surtout pour lui qu’elle était inquiète;
Lorsqu’il sortit enfin, elle avait encore ls sourcils froncés non pas de mécontentement mais d’inquiétude. Elle n’eut même pas le temps de lui dire à quel point elle avait eu peur qu’il lui souhaitait déjà à la gorge pour se justifier de quelque chose qu’elle ne lui avait pas encore reproché :
- Rentrons, dit-elle simplement en lui tournant le dos et marchant devant lui les bras croisés.
Sur le chemin du retour, ils furent tous les deux silencieux. Elle, ruminait qu’il l’agresse à sa sortie de prison alors qu’elle avait donné toutes leurs économies quand lui semblait lui en vouloir d’un tas de choses. Ils venaient d’arriver chez eux et elle le laissa fermer la porte. Se rendant dans la cuisine, elle fit chauffer de l’eau pour le thé avant de revenir vers lui avec la trousse à pharmacie.
- Tu n’es pas blessé, demandait-elle en l’observant avec minutie, tu veux que je regarde ?
En voyant son mutisme, elle comprit que même si il était blessé, il ne voudrait pas de son aide. Alors, elle retourna à la théière en se demandant bien ce qui lui avait pris. C’est lorsqu’elle l’entendit se déshabiller qu’elle se tourna vers lui les bras croisés pour lui demander :
- Je ne comprends pas.. On passait une bonne soirée Kisos. Non ? Tu.. Jamais je ne t’ai vu comme ça. Je ne te reconnais pas.
Sauf que son esprit lui rappela qu’elle avait oublié un épisode particulier. La fois où Kisos s’était battu avec Ona pour une raison qui lui semblait obscur mais que Gabriel Walker avait compris. Pour elle ? Charlie s’approchait de Kisos et vint s’agenouiller devant lui quand il était assis sur le lit. Elle n’avait pas envie d’être en colère, elle était juste triste qu’il puisse croire qu’elle lui préférerait un autre homme. C’était tellement impensable qu’elle était blessée qu’il croit une telle chose :
- Ne me dis pas que tu es jaloux.. Kisos.. C’est n’importe quoi. Toulouse est un ami. Ce sont juste mes amis. Les femmes ne sont pas admises ou très peu.. Et la plupart sont dans de bonne famille et n’ont pas notre liberté je.. Kisos, tu dois te retirer ces absurdités de ton esprit.
Rapidement, elle tentait d’attraper ses mains pour les plaquer sur ses hanches mais il la repoussait. Alors, fermement, elle le poussa sur le lit et plaça difficilement ses mains au dessus de sa tête en appuyant avec son bassin sur le sien pour qu’il arrête de bouger :
- Tu es stupide. Ils ne me désirent pas comme tu le penses. Pour eux, toute femme non fécondé par eux-même est un objet de désir mais je ne leur appartiens pas et jamais. Je vais être ta femme dans quelques jours Kisos Walker alors tu vas te retirer de l’esprit de suite que je puisse être intéressée par un autre que toi tu m’entends ? TU es l’amour de ma vie. TU es celui pour qui j’ai traversé le monde. TU es celui pour qui je veux vivre Kisos. Et ce que tu penses est ridicule parce que mon coeur, mon âme, mon amour.. oh mon amour.. je suis totalement dévouée à toi. Je n’attends que ça, tes regards, tes caresses, tes mots, ta douceur, ton amour.. Je ne vis que pour ça. Alors c’est injuste de croire que je puisse être ne serait-ce être intéressée par ces hommes. Kisos.. Dis.. Tu me crois ? Explique-moi..
immarcescible, Posté le lundi 29 août 2022 15:21 Répondre
Si la jalousie de Charlie c’était plus ou moins dissipée, calmée depuis leur arrivée à Paris, elle découvrait celle de Kisos a un moment surprenant. Certes, Pablo était un homme affreusement misogyne qu’elle n’appréciait pas humainement, mais il restait un artiste avant tout. Un grand artiste. Lorsque le combat de coqs eut lieu, de suite elle posa une main calme et réconfortante sur le genou de son fiancé en le regardant avec surprise. Lorsqu’il fut réinstallé, elle n’osa pas lui dire qu’en effet elle avait déjà reçu une multitude de demande. Alors, elle haussa les épaules en souriant comme si de rien n’était :
- Tu sais.. Ce sont des artistes. Pour certains, ils n’y voient pas forcément quelque chose de sensuel mais uniquement des formes à retranscrire et développer.
Pour faire fuir toute craintes dans le regard de Kisos, Charlie se permit de venir s’asseoir sur ses cuisses afin de mieux cerner son visage entre ses mains. Déposant quelques rapides baisers sur ses lèvres, elle riait doucement en voyant sa moue soucieuse :
- Il n’y a que vous… Kisos Walker.. Qui a eu un accès à mon corps.. Que pour vous qu’il se dévoile..
Cela la flattait un peu qu’il soit si soucieux de son corps. Elle avait cru que la nudité n’était pas quelque chose qui puisse le gêner surtout qu’il avait grandis dans un monde où ce n’était pas un problème. C’était ce qu’elle lui demandait d’ailleurs alors qu’elle récupérait un peu de sa bière dans verre avant de faire une grimace de dégoût n’aimant pas ça.
- Comment peux-tu boire ça ? Eurk.. Par contre pourquoi est-ce que ce serait si problématique ? Tu as grandis avec la nudité partout autour de toi.
Elle riait doucement en se souvent de l’histoire des parents de Kisos quand Pocahontas s’était mise nue un jour devant Gabriel sans le prévenir. Elle pinçait délicatement la joue de son fiancé en caressant son nez du sien en ronronnant et finissant par dire :
- Si ça avait été nous je n’aurais pas pu m’empêcher de venir te caresser honnêtement. Comme ça avait été difficile pour moi la fois où nous avions été au lac avec ta famille.
Ils s’enlaçaient, s’embrassaient, riaient. C’était une soirée douce, tranquille au rythme de la musique des rires, des chants. Alors qu’ils s’embrassaient langoureusement, un groupe de jeunes firent apparitions. Il s’agissait du groupe d’artiste avec lequel Charlie avait bien sympathisé. Il y avait un certain Degas, Gaugin et même Toulouse-Lautrec. Il avait toute l’affection de Charlie qui les saluait avec plaisir. S’installant à la table du couple, la jeune femme fit les yeux doux à son fiancé en s’excusant de l’intrusion des garçons qui parlaient de peintures et de révolution. Henri Toulouse-Lautrec expliquait être tombé follement amoureux d’une jeune danseuse qu’il peignait. Charlie regardait les croquis qu’il lui tendait et les montraient à Kisos en lui expliquant la délicatesse du trait, l’importance des couleurs et la méticulosité avec laquelle il cherchait à rendre hommage à son profil :
- Elle est ma muse, mon inspiration..
- Tu disais la même chose de Justine, répliquait Degas en fumant.
- Et aussi de Suzanne et de Martine.
Les garçons charriaient ce petit bout d’homme que Charlie défendait avec conviction. Elle faisait les gros yeux ce qui fit rire avec amusement les deux peintres quand Toulouse venait faire un baise-main à la jeune femme pour la remercier :
- Un jour je ferais ton portrait pour ton fiancé Charlotte et ta beauté restera éternelle.
- Vile flatteur.
Elle riait amusée et venait ensuite proposer à Kisos de danser. Elle adorait ça et la piste était enfin offerte aux couples. La joie était de mise, de retour. Ici dans ce Paris de la bohème où ils étaient libres et insouciant, Charlie savourait, profitait. Elle finit par se lever et entrainer avec le peu de force qu’elle avait, Kisos jusqu’à la piste de danse où ils se mirent à tourbillonner.
immarcescible, Posté le jeudi 25 août 2022 19:08 Répondre
Kisos avait finit par épuiser Charlie, mais de la meilleure des manières. C'est avec le sourire aux lèvres qu'elle s'était endormie et réveillée. Mais plus encore, il lui avait apporté le divin des nectars et le plus parfait des petit-déjeuner. La jeune femme avait mangé avec appétit tout en mordillant et embrassant les lèvres de son fiancé. Ô que oui, cette nouvelle vie parisienne avait ce quelque chose d'unique et de parfait. Ce sentiment de liberté ce ressentait notamment dans ses peintures puisqu'elles n'étaient plus aussi sombre et conceptuels que pendant les derniers temps. Elle aurait voulu l'empêcher de partir mais il était déjà prêt. Ce qu'il était beau dans son costume, pensait-elle de nouveau en mordant sa lèvre.
Pourtant, sa contemplation s'arrêta lorsqu'il lui avoua ce qu'il avait enduré la veille à l'école. Choquée, elle en lâcha son croissant avant d'enrouler son corps dans le drap encore chaud. Elle était désolée pour lui et triste. Venant près de lui, elle se mit sur la pointe des pieds pour caresser ses joues :
- Kisos.. Pourquoi.. Pourquoi tu ne m'as rien dit hier soir en rentrant ? Je.. Non, ce n'est pas normal..
Voyant son air affligé, voire honteux, cela l'énerva. Non pas contre lui mais contre cette institution qui avait osé s'en prendre à lui. Lui aux mains de mille merveilles et qui était capable de sauver toutes les vies de l'univers. Prenant sa main dans la sienne, elle embrassa la paume avant de la poser sur son coeur :
- On ne va pas les laisser faire tu m'entends ? Ces vieux bigots tout droit sortis du siècle dernier vont comprendre qu'ils méritent d'être des larves sans intérêt. Et je peux te jurer que nous fêterons le nouveau siècle dans quelques mois et que tu seras admis partout dans l'école et tu sais pourquoi ?
Elle ne voulait pas juste le flatter ou lui faire croire qu'elle allait passer au dessus de toutes les autorités, non. Ils devaient se débrouiller tous seuls et c'était ce qu'ils allaient faire, aussi, elle avait déjà des idées pour pouvoir outre passer l'interdiction de ces vieux racistes :
- Parce que je sais exactement où tu vas pouvoir prendre des cours sans que ta magnifique couleur de peau soit dénigrée mon amour. Tu as de l'or entre les mains et tu vas sauver tout un tas de vie grâce à elle. On ne doit pas cacher ton talent et ce ne sont pas ces vieux abrutis qui le feront.
Charlie lui donna un profond et tendre baiser avant de filer s'habiller. Enfilant une simple robe de coton elle fit exprès de ne pas mettre de corset. C'était terminé désormais de suivre cette mode archaïque qui lui avait coupé le souffle pendant tant de temps. Sa robe était fluide et légère. Parfaite pour une journée toute simple de fin d'été. Ses cheveux étaient laissé à l'air libre mais elle avait quand même mis quelques pinces sur le haut de sa tête pour ne pas avoir ses cheveux devant les yeux. Une fois prête, elle rejoignit son Kisos et pris sa main dans la sienne pour le rassurer. Elle était si en colère contre ce vieux monde qui persistait encore dans l'ombre à empêcher que la société se libère.
Main dans la main, elle n'avait aucune gêne devant les regards surpris des autres autour d'eux. Pour elle, il n'y avait que Kisos. Et c'était pour son regard à lui qu'elle se levait le matin, et c'était pour lui qu'elle allait se battre. Pour lui qu'elle allait trouver des solutions. Parce qu'ils étaient une équipe.
Sur le trajet qui le menait dans un autre arrondissement de Paris, tout près du canal de l'Ourcq, Charlie expliqua à Kisos que pendant ses cours de peinture d'anatomie elle avait suivi un cursus novateur où peu d'élèves étaient acceptés. En effet, il s'agissait essentiellement de reconstituer et d'appréhender au mieux les corps humains et pour cela, puisqu'en plus elle était une femme, elle devait suivre un cours particulier et bien secret. Ils prirent une petite rue adjacente au canal avant de monter un escalier en colimaçon. Arrivés en haut, Charlie se moquait gentiment de son fiancé qui devait se pencher pour pouvoir entrer dans la petite pièce. Elle toqua trois fois d'affilée puis une quatrième avant que la porte ne s'ouvre. Ils furent accueillis par une petite bonne femme avec une coupe de cheveux asymétrique. Ses grandes lunettes lui donnait un visage de chouette.
- Bon sang Charlotte.. Mais qui trimballez-vous derrière ? Quelle est cet étrange créature ?
Charlie ne s'offusquait pas car elle savait Madame de Latour complètement à l'ouest. Elle lui expliqua simplement avec un sourire fier qu'il s'agissait de Kisos. D'autres jeunes femmes s'approchait du couple quand la brune prenait dans sa main celle du colosse.
- Voici donc le fameux Kisos, répétait la vieille femme le contemplant de haut en bas sidérée, je l'avoue ma chère je ne vous avais cru qu'à moitié. Il est aussi immense et puissant qu'un chêne.
- Je vous avais dis que vous seriez impressionnée..
Un sourire doux et tranquille sur les lèvres ornait Charlie qui embrassait le poignet de son compagnon qui ne semblait toujours pas comprendre. Mais avant, elle lui présenta le groupe de jeunes femmes qui se tenait devant eux et qui étaient habillées de blouse étrange où paraissaient des gouttes de sang. Rien de rassurant jusque là, il faut le convenir, mais pourtant la petite Hedlund ne semblait pas mal à l'aise même si tous les regards féminins étaient tournés sur Kisos :
- Il s'agissait de jeune femmes qui veulent devenir chiurgiennes.. Comme toi Grhian*.
En effet, il s'agissait de tout un collectif de femmes qui n'avaient pas eu le droit à accéder à la formation de l'Université. Rejetée, répudiée, elles ne s'étaient pas laissées faire et avait trouvé en Mme Delatour, un maître, un tuteur pour pouvoir apprendre. Par la suite, Charlie expliqua à la vieille femme la situation dans laquelle se trouvait Kisos ce qui la fit réagir instinctivement. Irritée de voir que la colère et la bêtise des hommes allaient finir par les conduire une perte bien plus grande. La vieille petite dame, un peu excentrique, renoua sa chemise et récupéra une blouse accrochée au porte-manteau :
- Tout ce que tu ne pourras pas faire là-bas je te l'apprendrais la Créature. Tu seras toujours bienvenu ici.. Jamais personne ne te discrimineras. Jamais personne ne te jugeras sur ce que tu es. En revanche, ici, je forme les meilleurs chirurgiens qui verront le jour. Te sens-tu prêt ?
La jeune brune se tourna vers Kisos en essayant d'analyser sa moue. Elle craignait qu'il soit un peu refroidi par l'étrangeté de la vieille femme même si elle se doutait qu'ils allaient bien s'entendre tous les deux. Et puis, c'était une solution comme une autre pour ne pas qu'il soit en reste des autres personnes de sa formation. Par la suite, bien entendu, Charlie prévoyait bel et bien de se venger. Mais ça, elle ne le dirait pas tout de suite à Kisos.
*soleil
immarcescible, Posté le mercredi 17 août 2022 17:25 Répondre
Le regard effrayé et fasciné de Kisos en contemplant les feux d'artifices faisait tendrement sourire Charlie. Qu'il était beau se répétait-elle. On aurait dit un enfant découvrant le monde, ce qui était finalement le cas, mais avec ce grand bonhomme c'était décuplé. Elle aimait voir qu'il soit encore impressionné par tout et surtout par elle puisqu'il semblait prendre en effet plaisir à la contempler dans sa lingerie fine. Se laissant soulever par les mains puissante du brun, la jeune femme déboutonna en rapidité sa chemise pour caresser sa peau nue. Une fois qu'elle déboutonné son vêtement, elle passa ses mains sur ses épaules, et sa nuque quand ses lèvres recouvraient les siennes dans un baiser haletant :
- Le dessert avec le reste du repas ? C'est une coutume amérindienne ?
Charlie taquine était de retour et dieu sait qu'elle s'amuser en entendant Kisos lui demander de jouer à l'amour à la parisienne. Elle n'avait aucune idée de comment on faisait l'amour à Paris mais cela ne l'empêcha pas d'être malicieuse et exploratrice pour une fois. Ses jambes étaient enroulées autour des hanches du brun. Elle se blottissait contre lui quand ils continuaient de s'embrasser fiévreusement en se collant l'un à l'autre, cherchant cette chaleur qui irradiaient leurs corps. Même si Kisos était lourd, elle réussit à lui faire changer de positon de sorte à être au dessus de lui. Elle riait toujours en mordant sa lèvre et renversa sa longue crinière brune en arrière.
- Je m'ennuyais de toi tout à l'heure tu sais ? Tu sais ce que je fais dans ces moments là..?
Elle rougissait en prenant la main de son fiancé dont elle suçait les doigts avec sensualité, comme s'il s'agissait de son sexe avant de venir l'apporter entre ses cuisses pour qu'il la caresse là où elle est la plus humide :
- Mh.. J'imagine tes doigts.. Ta langue.. Ton..
Vite, elle se taisait, trop intimidée pour le dire à haute voix. Elle était cramoisie par la gêne quand elle se penchait de nouveau sur l'amérindien pour l'embrasser et mordre son cou avec un plaisir certain. Ses ongles griffaient délicatement son torse, cherchant à le provoquer un peu comme le faisait les parisiennes d'après ses camarades.
Elle se sentait belle, forte, désirable et complètement dépourvue de crainte. Le regard de son fiancé semblait satisfait et c'était tout ce qui l'importait. Elle voulait que Kisos soit toujours satisfait et surpris d'elle. Elle aimait le surprendre.
De nouveau redressée sur lui, elle vint baisser le pantalon qu'il portait pour libérer la source de son excitation. Une lueur lui vint dans le regard, de défi, lentement, elle se pencha sur son membre et le pris en bouche et commença à le lécher, le sucer, le caresser. Oui, ses doigts viennent à son tour malmener délicatement ses bourses et elle vit qu'il aimait ça. Cela lui faisait plaisir de voir qu'en alternant les mouvements, qu'en jouant avec son gland et le léchant il semblait pris par surprise.
Il avait cette moue signifiant qu'il allait venir si bien qu'elle se stoppa aussitôt pour revenir au dessus de lui telle une amazone sensuelle et terriblement sûre d'elle. Elle lèche ses lèvres en souriant en coin laisse son sexe trempé caresser le sien si tendu :
- C'est toi ma gourmandise du soir mon amour, ronronnait-elle en français, c'est toi que j'ai envie de manger..
Ce qu'elle aimait voir cet ½il noir de désir qu'il avait pour elle. Cambrant son bassin, elle le laissait presque venir en elle mais le stoppa rapidement pour venir encore le faire languir un peu. Ses seins étaient prêt à exploser de son corset quand ses bas avait été retiré, le taquinant encore un peu, elle mordait cette fois ci son menton et son cou avant de demander :
- Tu penses à moi toi, un peu dans la journée ?
immarcescible, Posté le lundi 15 août 2022 19:47 Répondre
Le corps fourbu par le plaisir, Charlie sens encore son épiderme trembler de plaisir. En sueur, elle se blottie pourtant contre Kisos dans ce grand lit qui se trouve à même le sol. Mais qu’importe, Kisos à raison, ils sont libres et c’est tout ce qu’elle avait toujours souhaité. Son nez caressait le sien quand elle l’entendit parler de mariage. Cela lui fit tendrement rosir ses joues quand elle prenait entre ses mains le visage de son fiancé :
- Dimanche tu seras mon époux Kisos Walker. Dimanche je serais liée à toi pour l’éternité. Je ne veux que toi et moi, tu as raison. On se fiche des autres. Juste nous deux.
C’était le rêve pour la jeune femme. Tellement qu’elle grimpait de nouveau sur le beau brun et chercha à attiser une fois encore son ardeur.
Quelques jours étaient passé depuis leur arrivée. Kisos avait commencé l’école quand Charlie avait repris la peinture. Plusieurs de ses camarades de l’école étaient venus lui rendre visite si bien qu’elle et Kisos n’avaient pas encore eu une soirée tranquille. Tous ses compagnons avaient été au premier abord impressionné par ce guerrier colossal dont Charlie avait tant et tant parlé. Mais personne ne l’avait vraiment cru. Cela amusait toujours la jeune femme de voir les regards sur eux deux. Non pas qu’ils étaient des bêtes de foires, mais tout simplement parce que Kisos était impressionnant et elle si minuscule à ses côtés que personne ne s’y attendait.
Néanmoins, pour s’excuser de toutes ces soirées artistiques où ils parlaient d’art et de révolution et puisqu’on était déjà jeudi, elle avait prévu une petite soirée en amoureux.
Pour l’occasion, elle avait été dans une boutique de lingerie sous les recommandations de l’une de ses camarades. Il s’agissait d’un ensemble en dentelle noire qui tranchait sur sa peau blanche laiteuse. Elle avait pris un long bain au jasmin et laissé ses cheveux détachés. Une douce odeur de rôti sommeillait dans la cuisine qu’ils avaient commencé à aménagés d’une grande table de ferme avec des chaises un peu partout.
Charlie adorait aller chiner avec Kisos le soir quand ils rentraient. Ils se baladaient main dans la main et trouvaient tous les objets perdu qui pourraient trouver une seconde vie dans leur petit foyer. Elle aimait cette vie simple où rien ne les intéresser si ce n’est le moment où ils se couchaient l’un contre l’autre.
Ce soir serait une soirée douce. Elle avait peint toute la matinée et avait été fière de ce qu’elle avait fait, ce qui lui donnait cet air jovial sur les lèvres et les yeux pétillant de malice. Lorsqu’enfin elle l’entendit arriver, elle réajusta son kimono de soie et alluma les bougies de la table à manger. La musique résonnait dans le fond de la pièce sur le gramophone. Elle sentait son coeur battre en le voyant habillé avec ce costume. Il était beau, divinement beau ainsi même si le souvenir encore vif de leur première rencontre restait le plus intense. Charlie mordait sa lèvre inférieure en le voyant arriver et vint rapidement à lui en se jetant à son cou, tel un petit singe à son arbre :
- Mon amour.. Te voilà enfin rentré. Tu arrives juste à temps pour le dîner.
Elle riait doucement, légère et insouciante de tout. Son peignoir s’entrouvrit laissant une vue ample sur sa poitrine maintenue par son corset sexy mais aussi le pendentif de loup qu’il lui avait offert pour son anniversaire et qu’elle avait retrouvé :
- Votre journée mon cher amour.. Comment a-t-elle été ?
Vite, elle le couvrait de baisers avant de le laisser l’emmener dans la cuisine. Elle vint descendre de ses bras tout en l’écoutant évoquer sa journée. Pendant ce temps, elle terminait le fameux repas qu’elle vint lui servir. C’était un repas fait par un traiteur car Charlie n’était pas bonne cuisinière, elle le savait. Ils se mirent donc à table et elle contempla Kisos manger même si c’était lui qu’elle voulait à tout prix manger. En effet, ses yeux le dévorait de haut en bas ce qui la faisait à la fois rougir et sourire :
- Raconte moi ce que tu fais en cours.. Je veux tout savoir.
immarcescible, Posté le vendredi 12 août 2022 12:34 Répondre
Charlie était restée assez silencieuse et effacée tout le long du voyage. Avoir Kisos près d'elle la rassurait, mais le voir s'intéresser autant à leur terre d'accueil et devenir un aussi bon guide la faisait sourire. Il était parfait dans ce rôle là et semblait tout aussi excité qu'elle par cette nouvelle aventure. Le trajet se passait à merveille, même si la mauvaise humeur des français faisait rire la jeune fille. Enfin, le repos dans l'auberge était le meilleur des repos, surtout pour Kisos. Elle savait à quel point la mer était compliquée pour lui, aussi un bon sommeil dans un lit stable ne pourrait que lui faire reprendre des forces.
Lors du repas, elle le regardait manger, non dévorer avec passion tout ce qui lui passait sous les mains. Charlie en souriait d'attendrissement, exaltée à l'idée qu'il découvre bientôt la richesse et la beauté de Paris. Kisos avait tout un nouveau monde à découvrir et elle espérait qu'il se ferait à ce nouveau mode de vie. Pour l'instant, il se débrouillait comme un chef et elle était fascinée de le voir s'adapter aussi bien. Mais peut-être était-ce dans son ADN d'être un caméléon dans le monde.
Ce fut la voix de Millie et Binki qui la fit sortir de sa bulle de bien-être. Elle n'en croyait pas ses yeux et ses oreilles. Bien sûr, elle avait appris le départ de Binki le lendemain de sa fugue pour pouvoir vivre la grande aventure avec Millie. Mais voilà qu'elles les suivaient. Vexée au premier abord parce que sa dame de compagnie l'avait abandonné sans un aurevoir, voilà que maintenant les deux blondies les suivaient. Charlie était ronchon, véritablement ronchon.
- Je suis fatiguée, répondit-elle à Kisos en essuyant ses lèvres, je monte me coucher.
Sans attendre sa réponse, elle grimpa rapidement les petites marches qui amenaient à la fameuse petite chambre qu'ils allaient occuper pour la nuit. Alors qu'elle pliait les chemises de Kisos sur le lit, elle entendit son pas lourd entrer dans la chambre. Elle soupirait, contrariée avant de lui avouer pourquoi :
- Franchement je suis déconcertée. Binki disparaît dans la nature sans un aurevoir et j'apprends qu'en fait elle nous suit pour mieux nous surveiller. Pour qui ? Nos parents ?
C'était une tournure du voyage que la jeune femme n'avait pas vue venir. Ils arrivaient à peine que déjà elle était contrariée par son passé et sans aucun doute le souhait de ses parents à venir jeter un oeil sur tout. Elle se sentait épiée, même ici et ça l'a dérangeait. De quoi avaient-ils peur à la fin ? Agacée, elle vint finir de plier le linge avant de se tourner vers Kisos. Il avait son air un peu perdu ce qui la contraria encore plus. Ils auraient du avoir leur première nuit d'amour en France ici et elle savait déjà que ce serait impossible, en plus, elle avait la migraine :
- Je suis désolée je ne voulais pas être agacée de la sorte mais.. mais je voulais vraiment me rendre au bout du monde sans le regard de notre passé sur nous. J'adore Binki mais je suis épuisée d'être une petite fille aux yeux de tout le monde. Tu.. Tu comprends ?
Au lieu de fuir, elle s'exprimait. Elle espérait que Kisos comprendrait ou du moins, qu'il saurait trouver les réponses à ses craintes. Mais Millie toqua à la chambre et demanda à parler au grand brun. Encore séparés, se répéta la brunette. Elle fit signe à son fiancé de rejoindre sa tante quand elle vint se mettre au lit. Soufflant sur la chandelle, cela signifiait qu'elle allait dormir, ce qu'elle fit. Epuisée, Morphée l'enlaça sans tarder et la fit dormir profondément jusqu'au petit matin où le hennissement des chevaux l'interpella. Kisos dormait près d'elle, ses bras autour de son corps.
- Bonjour Kisos..
Murmurait-elle en le couvrant de doux baisers. Elle s'excusa de ne pas l'avoir attendu pour dormir mais sa migraine l'avait complétement assommée. Elle se sentait beaucoup mieux désormais. Après avoir réveillé délicatement l'ours amérindien, elle se lava et s'habilla. Le chemin continuait jusqu'à Paris et elle avait très hâte d'arriver. Charlie avait été maligne, elle avait fait en sorte que le tavernier sorte ses bagages le plus tôt possible pour qu'ils puissent filer au plus vite loin des Blondies. Kisos ne semblait pas avoir compris la man½uvre et c'est lorsqu'ils furent assez loin du village, que Charlie se détendit enfin en souriant et posant sa tempe sur le bras du géant près d'elle :
- J'ai hâte d'arriver chez nous.
Encore une fois, pendant le trajet, elle s'endormie. Si bien que ce fut Kisos qui l'éveilla dans la petite calèche. Montmartre était autrefois un village en hauteur qui avait été investit depuis plusieurs années maintenant, par tous les grands artistes de leur époque. Charlie avait maintes et maintes fois parlé à Kisos de ce quartier particulier qui avait des allures de village. De la butte Montmartre, on pouvait voir tout Paris. En ouvrant les yeux, elle prit conscience qu'ils étaient arrivés et elle s'en voulait d'avoir raté l'expression de joie de son amant en arrivant :
- Oh non.. J'ai raté ta première fois, gémissait-elle de chagrin.
L'appartement qu'ils allaient occuper était un ancien entrepôt encore à l'état brut. Il était propre, les murs isolés, composé d'immense fenêtre qui donnait sur un petit jardin encerclé d'un haut mur qui cachait du reste de la ville. Pour y entrer, il y avait un petit portillon en fer dissimulé par une épaisse végétation. Ce lieu avait toujours plu à Charlie et ça l'avait touché quand ses parents lui avait offert pour elle et Kisos. Ils prirent le petit chemin de pierre jusqu'à l'entrée de la maison, et la jeune fille souriait à Kisos en lui remettant les clés :
- Nous sommes à la maison..
Ses yeux brillaient d'une joie folle à l'idée de pénétrer dans cet endroit secret qui serait leur nid d'amour. Il s'agissait d'une immense pièce, dans le style des lofts américains. Il y avait tout à faire et construire à l'intérieur. Il n'y avait qu'un matelas propre sur le parquet, dans un coin de l'immense pièce, une cuisine aménagée et une salle de bain avec une baignoire pour le grand bonheur des deux. La hauteur sous plafond était impressionnante et donnait déjà une multitude d'idées à Charlie. Son premier réflexe fut d'ouvrir ces immenses baies vitrées qui donnaient sur le jardin épais et luxuriants. Un immense chêne couvrait de son majestueux feuillage tout le jardin. La brune retira ses chaussures et vint poser ses pieds nu sur l'herbe verte et grasse avant de ramasser quelques fleurs :
- Alors ? Tu aimes ?
Elle se tournait vers Kisos craignant que le lieu lui déplaise, pendant que le cochet déposait leurs malles à l'entrée du petit jardin.
- J'ai toujours pensé que cet endroit avait un vrai potentiel. Je sais qu'on va devoir travailler l'intérieur mais.. mais je voulais quelque chose qui nous ressemble. Le chêne me rappelait les immenses arbres de chez toi en Virginie, je voulais que tu te sentes à l'abris et quand j'ai vu ce jardin je me suis dis qu'on pourrait y faire un tas de choses.
D'un pas léger et rapide, elle revint près de son amour et posa ses mains sur son buste en levant la tête pour le contempler. Charlie avait retrouvé sa douceur, son assurance. L'idée d'être loin des autres l'avait totalement apaisée. Mais surtout, elle voulait rendre Kisos heureux :
- Dans le fond on pourra faire un potager et faire pousser des fleurs pour tes baumes. Et là dans le coin.. une petit table où petit déjeuner et aussi installer un hamac comme sur le bateau de Jack. J'avais pensé aussi qu'on pourrait faire des fêtes avec des lanternes dans les arbres et.. et..
Charlie rougissait en baissant les yeux. Ses dents mordaient sa lèvre inférieure quand elle murmurait timidement :
- .. et nous pourrions faire l'amour dans notre jardin au pied du chêne..
immarcescible, Posté le dimanche 07 août 2022 15:53 Répondre
Entendre sa mère se tenir responsable de tous ses maux fit du mal à Charlie. Sa réaction, ses peurs avaient fait encore plus de mal qu’elle ne l’avait pensé. Pas seulement qu’à Kisos, mais aussi à sa mère. Elle eut soudainement la sensation d’étouffer de nouveau. Secouant la tête, elle vint repousser fermement sa mère et reprendre ses esprits en repensant aux mots de son fiancé.
- Arrête de dire ça maman. Oui, c’est toi qui m’a transmis toutes ces choses mais je dois maintenant m’en défaire. Je ne veux pas être comme toi ou Katarina. Je veux vivre normalement avec Kisos et avoir confiance en lui et moi. En nous. Papa n’a jamais voulu te quitter, c’est ce que tu dis pour te donner mauvaise conscience. Il t’a toujours aimé, envers et contre tout alors tout ça doit cesser. Maintenant.
Charlie vint à se lever du lit, déterminée. Elle sortit de la chambre et se pencha par dessus la balustrade qui donnait sur l’entrée où parlait Kisos avec son père. La jeune fille les héla ce qui fit sortir ses oncles de la petite cachette sous l’escalier :
- Kisos nous partons aujourd’hui pour Paris, annonça-t-elle, il est temps de briser tous les boulets et tous les traumas intergénérationnels que nous transportons. Maintenant nous partons chez nous, vivre notre vie. S’il te plaît.
Sans attendre véritablement sa réponse, la jeune fille vint tout simplement retourner dans sa chambre. Sans aucun doute, Anya était choquée de la manière avec laquelle sa fille avait repris force de persuasion.
- Je t’aime maman mais je ne peux pas continuer à me laisser marquer par toutes ces choses et surtout ton propre passé. Je ne suis pas toi, je ne veux pas l’être. Avec Kisos on va y arriver parce qu’on ne veux pas justement avoir ce que vous avez vécu. Ce sera différent, je veux y croire.
Anya du se sentir inspirée par sa fille puisqu’elle vint lui natter les cheveux avant de l’enlacer. En silence, la mère et la fille restèrent blottie l’une contre l’autre ainsi. Ce n’était pas des adieux, mais ça y ressemblait malgré tout. Il faudrait sans aucun doute un bon moment avant qu’elle ne revienne en Ecosse. Pour le moment, il était temps pour elle et Kisos de partir et de tout recommencer et de se donner une chance d’y arriver. Habillée de vieux vêtements de Chevalier, elle rejoignit les garçons en bas. Garrett avait fait sceller les cheveux avec Philippe quand Chevalier remettait en place le col de chemise de l’amérindien.
Les deux fiancés n’avaient pas eu le temps encore de discuter de tout ce qui c’était passé mais il lui avait qu’il l’avait voulait toujours. Cela suffisait à la jeune femme qui venait prendre la main du beau brun dans la sienne :
- J’ai confiance en toi, j’ai confiance en nous. Partons maintenant s’il te plaît.
Le soir même, ils se trouvaient sur le bateau qui les conduiraient directement à Paris. Il n’y avait deux jours de traversée, pas plus et cela arrangeait Charlie qui savait très bien que le mal de mer de Kisos avait bien souvent du mal à passer et qu’elle n’aimait pas le voir dans un tel état. Cela faisait une journée de passer et elle s’était posée sur un coin du bateau. Prenant l’air, elle réfléchissait à tout ce qui c’était passé ces derniers jours et comment elle se sentait. Kisos avait réussit à s’endormir et elle en avait profité pour le laisser un peu tranquille. Pensive, elle essayait d’imaginer leur future vie à Paris espérant qu’ils arriveraient à dépasser ce qui c’était passer les derniers jours. Loin de leurs familles, peut-être qu’ils arriveraient à se trouver et enfin être en paix.
Les cheveux au vent, elle resterait autour d’elle la veste de Kisos qu’elle avait piqué dans ses affaires. Les marins étaient partout et quelques autres couples accompagnaient leurs traversées. Charlie avait peur et elle sanglotait lorsqu’elle sentie la présence du grand brun près d’elle. Rassurée, elle se blottie contre lui en dissimulant son visage contre son buste :
- On va être heureux là-bas.. Je vais changer et tout se passera bien je te le promets.. Je vais travailler sur moi. Je t’aime tellement.. Je t’aime tellement Kisos.. C’est toi que je veux, pour toujours.
immarcescible, Posté le vendredi 05 août 2022 19:52 Répondre
Ce regard elle le connaissait par coeur. Ce regard la dévastait encore plus que les autres fois, tout simplement parce que c’était Kisos. Ses yeux d’habitude toujours tendre exprimaient une fureur qu’elle ne lui connaissait pas. Jamais encore il n’avait été en colère contre elle. Jamais encore il n’avait exprimé une telle déception. Charlie se couvrit pudiquement avec ses bras. Mais c’était vain puisqu’elle était nue. Il lui posait une question toute simple qu’elle trouvait stupide puisqu’elle n’avait aucun sens. Bien sûr qu’elle savait qu’il l’aimait. Elle ne doutait pas de cela. Du moins, jusqu’à ce qu’elle fasse une crise et qu’il la regarde ainsi.
- Arrête de me regarder. Je ne peux pas supporter ce que tes yeux disent.
La honte la fit se cacher de nouveau et quitter la chambre pour se réfugier dans la salle de bain. Elle ferma la porte derrière elle sans brusquerie mais assez fermement. Bloquée derrière la porte, elle fermait les yeux pour tenter de contrôler ce qui la dépassait. Elle avait mal. Kisos la détestait probablement désormais et elle s’en voulait d’avoir été si stupide. Ses colères n’étaient pas alimentée par quelque chose de mauvais mais uniquement par sa peur viscérale de perdre Kisos ou bien même celle de ne pas être à la hauteur.
Maintenant qu’il avait pu voir à deux fois qui elle était vraiment elle craignait qu’il soit encore plus réfractaire à l’idée de l’épouser ou simplement de l’aimer. Elle l’entendait toquer enfin à la porte et elle eut peur une seconde fois.
- Laisse-moi Kisos. Je sais très bien ce que tu penses. Que je suis folle, avouait-elle en sentant les sanglots dans sa voix fébrile, mes parents t’ont mis ça dans la tête et maintenant dès que je pique une crise tu vas me voir comme un folle qu’il faut mettre à l’asile, hein. Tu n’as pas à être mon médecin. Je ne suis pas une patiente que mes parents t’envoient. J’étais juste en colère, je ne faisais en rien une crise comme tu l’appelles si poliment. Une colère parce que j’ai peur et que je suis toujours persuadée de ne pas être assez bien pour toi.
Elle ferma à clé la porte de la salle de bain et vint enfiler sa robe de la veille rapidement avant d’ouvrir la fenêtre. Il fallait qu’elle parte. Elle avait besoin de respirer, besoin de se calmer mais comment le faire alors qu’il attendait visiblement qu’elle lui ouvre et qu’ils parlent :
- Je sais ce que tu vas dire et oui c’est ma faute ce qui viens de se passer mais tu n’as pas à me rabrouer comme si j’étais complètement sénile Kisos. Tu.. Tu.. Tu sais mieux que quiconque ce que c’est de vivre avec la certitude d’être un paria. Si tu te crois investit d’une mission juste parce que mes parents t’ont dit de prendre soin de moi ou parce que tu veux devenir médecin je te confirme dores et déjà que tu t’es trompé. Je ne suis pas un cas médical !
La porte qui la protégeait du regard courroucé de Kisos n’allait pas tarder à flancher sous son poids. Tandis qu’elle nouait ses cheveux en un chignon mal fait, elle reprit :
- Je n’ai pas envie de parler Kisos. Tu vas vouloir me maîtriser aussi c’est ça ? M’enfermer comme tous les autres ? Et me regarder encore et encore avec cette même aversion et peur que tu as eu tout à l’heure ? C’est ce que je suis pour vous finalement. Une déséquilibrée que tu dois assumer parce que tu as dis que tu m’épouserais, hein ?
Alors vite, vite elle grimpa sur la gouttière et escalada la façade de la maison de ses oncles avant de se laisser glisser dans le talus qui se trouvait sous ses pieds. Une fois par terre, elle se releva difficilement en retirant les feuilles de sa robe et de ses cheveux.
Prenant la direction de l’écurie, elle y attrapa la selle de la jument de Chevalier avant de grimper dessus et de s’enfuir du petit manoir. Charlie galopait en pleurant. Non, elle n’avait aucune envie d’affronter le regard de Kisos. Comment le pourrait-elle alors qu’elle y avait vu la peur et la désolation. Le pire étant qu’il la considérait comme quelqu’un de malade et c’était surtout ça qui la tuait.
Elle galopait sans véritablement savoir où aller. Elle suivait les chemins au hasard en se perdant en dehors de la ville qu’elle fuyait. Se retrouver seule face au reste de l’humanité ne lui disait rien de bon. La jeune femme aurait été capable de refaire une crise. Depuis toujours, tout le monde avait pris le partis de lui hurler dessus et de la maîtriser comme s’il s’agissait d’une bête enragée. C’était exactement ce qu’elle ressentait quand ils la maîtrisaient de la sorte.
La forêt se dégageait et Charlie arrivait près de la côte. Elle avait bien galopé se dit-elle en arrêtant sa jument. Cette dernière devait être épuisée à avoir galopé aussi furieusement sous les coups de la jeune femme. La brune s’excusa et caressa sa crinière avant de descendre de son dos. Tenant sa bride, elle marchait d’un pas tranquille le long de la falaise en tentant de faire de l’ordre dans son esprit mais compliqué quand on est persuadé d’être le monstre, la bête de foire de son entourage.
Elle vint trouver refuge dans une petite grotte en bas de la colline. La jument rabrouait beaucoup trop pour qu’elle puisse la garder. Alors, Charlie la laissa rentrer au manoir. Seule sur cette plage, elle se réfugia dans une petite grotte. Elle avait froid même si le vent ne s’y engouffrait pas. Pour s’occuper l’esprit, elle se mit à dessiner sur la roche avec du charbon qui restait non loin d’un ancien feu. Remettant de l’ordre dans son esprit, elle songea aux derniers mots de Kisos qui avait voulu comprendre. Kisos qui s’était calmé mais qui était malgré tout resté sur la réserve.
Il avait raison. Pourquoi avait-elle si peu confiance en elle ? Il lui avait bien prouvé qu’il voulait vivre avec elle. Qu’il n’y avait qu’elle. Il avait tout quitté pour elle alors pourquoi est-ce qu’elle avait piqué une colère ? Non, une crise lui rappela sa conscience. La colère et l’amertume disparurent pour ne laisser une fois de plus que la honte. Charlie s’en voulait d’avoir sur réagit. Elle s’en voulait de ne pas être restée à discuter. Elle s’en voulait de ne pas avoir été honnête avec lui. La nuit allait bientôt tomber mais elle n’avait toujours pas décidé à quitter cette fichue grotte. Elle avait fait, elle avait froid.
- Peut-être vais-je stupidement mourir là, dit-elle à voix haute au petit crabe qui venait la saluer, peut-être que je ne mérite que cela tout fin de compte. Et toi tu mangeras ma carcasse Monsieur Crabe ?
La jolie brune se mit alors à parler à ce fameux crabe qui ne bougeait pas. Il était vivant, c’était certain mais il semblait surtout captivé par le récit de Charlie. Son aventure en Amérique, sa rencontre avec Kisos, leur fugue, leurs retrouvailles, une fois et deux fois, leurs fiançailles, la mort frôlé du jeune homme, sa fuite à elle. Comme lorsqu’elle était enfant, elle s’était dissimulée pour punir les autres mais cette fois-ci elle savait qu’elle se punissait elle-même. Kisos lui manquait même si elle lui en voulait encore.
Charlie refit surface chez ses oncles le deuxième jour après sa disparition. Chevalier était seul dans le jardin quand elle apparue totalement dépouillée et affamée. La brune lui tomba dans les bras épuisée d’avoir autant marché et s’être perdue avant de rentrer jusqu’à Edimbourg. Il appela en hurlant les domestiques pour qu’ils viennent soulever la jeune fille qui était dans état critique. Après l’avoir lavé et lui avoir donné du potage, elle dormit dans le lit qu’elle avait occupé la dernière fois avec Kisos. Cela faisait déjà un après-midi qu’elle était arrivée et ni Kisos, ni sa famille n’était là. Sans aucun doute, personne ne voulait la revoir après sa nouvelle fugue :
- Il est partit n’est-ce pas, demandait-elle à son oncle les yeux embués de larmes, il.. il est partit à cause de moi ? Mais qu’est-ce qui cloche chez moi ?
- Pourquoi crois-tu qu’il est partit ?
- Parce que j’ai été impulsive et stupide. Parce que j’ai eu peur.
- Peur de quoi ? J’ai bien vu qu’il t’aimais comme un fou petit pois. Ses yeux brillaient avec passion. Toi aussi d’ailleurs. Vous ressembliez à deux lucioles tous les deux.
- Peur de tout. C’est trop beau ce qui nous arrive mon oncle. Pourquoi est-ce que ça m’arrive à moi ? Pourquoi est-ce que ce guerrier, ce roi m’est destiné ? Je ne mérite pas tant de bonheur, je ne mérite pas qu’il.. Et si je recommençais à faire une crise. Et si.. Et si il m’enfermait ? Il va devenir un brillant médecin et je deviendrais une honte pour lui si je deviens folle. Je ne veux pas être comme la mère de maman. Je ne veux pas faire les mêmes choses atroces qu’elle a pu faire à ses enfants ou à grand-père.
- Tu ne seras jamais comme ça cesse donc veux-tu.
- Mais pourtant Kisos m’a regardé l’autre jour comme si j’étais un animal à maîtriser.
- Il a eu surtout peur pour ses bijoux de famille oui ! Rends-toi compte petite guerrière, tu allais lui couper le bien le plus précieux chez un homme.
Chevalier avait réussit à faire naître un léger sourire sur les lippes de la jeune femme qui vint rapidement ensuite baisser les yeux. C’était peut-être pour ça en effet que Kisos avait eu surtout peur. Peut-être s’était-elle trompée finalement sur toute la ligne. La fatigue la tenaillait de nouveau. Elle vint s’endormir recroquevillée sur elle-même au milieu d’un livre qu’elle tentait de comprendre. Ce fut un mouvement près d’elle qui la fit lentement émerger de sa longue sieste. Se retournant, elle vit alors la silhouette de Kisos au fond de la chambre et elle eut très peur. Elle était loin désormais la virulente Charlie. Il ne subsistait d’elle à ce moment précis que la frêle jeune femme qui avait honte. Terriblement honte. Ses larmes inondaient ses pupilles et ses joues quand elle s’asseyait sur le lit :
- Te dire que je suis désolée ne réussirait sans doute pas à apaiser ta colère et ton ressentiment. Je le comprends. Pourtant, je suis sincèrement désolée Kisos.. Désolée d’avoir surréagit, désolée d’avoir pris peur stupidement, désolée d’avoir voulu t’émasculer et désolée d’être partie. J’ai..
Puisqu’il ne parlait pas, elle continuait en un flot interrompu. Tout ce qu’elle aurait du lui dire, lui expliquer il y a deux jours, elle le faisait maintenant mais avec une peine incommensurable :
- Je sais que nous sommes un couple désormais et que dois te parler de tout mais je n’ose pas. Avant nous étions amis et je n’avais peur de rien mais maintenant que je sais que tu es l’amour de ma vie et que tu m’aimes comme je t’aime j’ai peur de tout. J’ai.. J’ai peur d’être difficile à aimer quand j’ai tellement envie de t’offrir la lune. Si je t’ai fait ressentir l’inverse c’est faux parce que tu mérites que je t’offre encore plus, tout et de manière grandiose. J’ai l’impression de devenir folle sous mon anxiété tu as raison. L’impression d’être un poids pour toi avec ce que tu as découvert de moi l’autre jour. J’ai peur que mes traumas te poussent à m’analyser et remettent en cause ton affection pour moi. C’est la souffrance et la peur qui me dominent Kisos. Rien ne plus et c’est un combat que je tente de mener tous les jours mais j’ai besoin de toi.. J’ai besoin de mon amoureux et de mon ami. Je ne veux pas que tu sois mon médecin. Je ne veux pas que tu me gardes comme l’autre jour. Je sais que ce n’est pas simple et en même rien n’est jamais simple mais.. mais je dois savoir si tu es prêt à assumer ça avec moi et m’aimer même si je pique une crise sans avoir peur de moi après et que tu te demandes si je dois être maîtrisée comme une bête.
Elle baissait le regard sur ses mains liées entre elles. Regardant la bague de fiançailles qu’elle portait toujours, elle renifla en murmurant :
- Je suis désolée d’être partie. Sincèrement. J’ai voulu revenir mais je me suis perdue en cours de route. Je te cherchais tu sais.
immarcescible, Posté le mercredi 03 août 2022 19:20 Répondre
Charlie mourrait de faim bloquée sous le corps de Kisos. Il était tard ce matin là mais elle s'en fichait. Ils avaient le temps de tout, de vivre, de se caresser, de se posséder, de s'aimer, de découvrir le monde et encore de faire l'amour. La jolie brune caressait d'ailleurs machinalement le dos de son adoré de haut en bas quand elle déposait de légères pressions de lèvres sur son épaule. Kisos dormait profondément. A vrai dire, elle avait sans aucun doute du l'épuiser. Le souvenir encore chaud et brûlant de ses lèvres, de ses regards, de ses mains et oh oui.. de ses gémissements la faisait une nouvelle fois trembler d'excitation. Il avait été fort ingénieux et inventif la veille. Charlie avait toujours aimer apprendre mais apprendre le sexe avec Kisos était une de ses matières préférées elle devait bien l'avouer. Si au départ elle avait été un peu perplexe de certaines positions, elle devait bien avouer que certaines lui avait valu de sacré orgasmes. Heureusement que la chambre qu'ils occupaient étaient un peu plus loin que celle de ses oncles. Malgré tout, il ne faisait aucun doute que tout le monde avaient du les entendre. Hier soir, elle avait cru toucher le paradis.
Les mouvements de bassin de Kisos avaient été d'une telle puissance qu'elle aurait pu décoller au tout premier. C'était étrange cette sensation de plénitude. Si particulier. Elle avait l'impression encore de fantasmer la nuit dernière alors qu'elle avait vraiment existé. Prise d'une envie irrépressible d'embrasser une nouvelle fois son adoré, elle se pencha sur ses lèvres en déposant de légers et tendre baisers. Elle riait doucement en l'entendant grogner. Un lion qui s'était repaît de son agneau toute la nuit. Qui des deux était déjà en forme ?
Lentement, elle s'amusa à entortiller ses doigts dans sa crinière. Elle aimait ça, pouvoir le contempler à loisir pour enregistrer toutes les miniatures de son visage. A force, elle en venait à reconnaitre son grain de peau, ses mimiques et ce qui faisait qu'il était un dieu pour elle.
- Debout petit ours, murmurait-elle d'une voix chantante en caressant son nez du sien, sinon je vais devoir à mon tour jouer de mes charmes pour t'éveiller.
Elle faisait bien évidemment référence au moment où elle s'était assoupie mais où il avait eu envie de la caresser encore. Elle avait rit et l'avait laissé l'emporter une fois de plus dans l'univers insolent et terriblement satisfaisant de l'orgasme. Charlie était certes devenue insatiable, mais il n'en restait pas moins que Kisos l'était aussi. Elle l'avait bien remarqué la veille. Il lui avait promis de lui faire l'amour toute la nuit et il avait tenu parole. Cela ne faisait que quelques heures qu'ils dormaient paisiblement. Si la jeune femme n'était pas d'une petite constitution et un estomac sur patte, elle serait restée à dormir. Mais il n'en n'était rien. Alors, elle se mit à caresser et embêter tendrement Kisos.
Ses doigts parcouraient son dos si puissant, si musclé quand elle mordillait délicatement son épaule en mimant avec son bassin des mouvements. Oh oui, même en dormant il était sensible à son toucher. Lentement, elle réussit à le tourner sur le dos, de sorte qu'elle puisse se blottir contre lui. Il était encore plongé dans son sommeil profond ce qui la faisait rire. Embrassant son cou cette fois-ci, elle décida de parcourir plus précisément son buste. Jamais encore elle n'avait eu le temps de prendre justement le temps. Sa langue, ses lèvres découvraient avec plus de précision ce corps si parfait. Arrivée à son ventre, elle ne pu s'empêcher de rire en voyant la source de son désir de nouveau dressée.
- Même dans votre sommeil monsieur Walker vous êtes prêt ?
Kisos grognait doucement et alors qu'elle posait sa main sur son membre en le caressant elle le vit gémir. Ce qu'il était beau ainsi. Elle en mordait sa lèvre de plaisir. Aimant ce nouveau jeu où elle pouvait à loisir le contrôler même dans ses rêves elle ne pu que descendre de plusieurs étages lorsqu'elle l'entendit gémir un prénom qu'elle ne connaissait pas. Un prénom de femme inconnu. Il rêvait d'une autre. Il rêvait d'une autre alors qu'elle le masturbait. Vexée, Charlie se leva et alla dans la salle de bain pour récupérer un verre d'eau. Alors, sans ménagement, elle le jeta en pleine figure du colosse qui bien entendu se réveilla en sursaut. Furieuse, les mains sur les hanches, elle le regardait en restant nue et debout devant lui :
- Qui est cette grognasse Kisos ? Ne fais pas celui qui ne comprends pas. Tu rêvais d'une autre fille. Qui c'est ? Je veux savoir. L'une des nanas avec qui tu as fricoté sur Skye ? La blonde c'est ça ?
Prenant un ciseau qui se trouvait près d'elle, elle le pointa en direction du sexe de Kisos et le menaça sérieusement :
- Dis-moi qui c'est sinon je te la coupe et crois-moi qu'aucune autre blondasse viendra la toucher à l'avenir tu peux me croire.
immarcescible, Posté le dimanche 31 juillet 2022 22:17 Répondre
Allongée sous le corps brûlant et imposant de Kisos, Charlie sourit. Ils venaient tous les deux d’atteindre le point ultime du plaisir mais elle n’en n’avait pas assez encore. Son petit air vorace illuminait son visage quand ses doigts caressaient distraitement la ligne fin de muscle de son dos avant de remonter à sa nuque et sa chevelure. Délicatement et tendrement, elle embrassait sa tempe quand elle le laissait reprendre son souffle contre sa menue poitrine. Oui, Charlie souriait de le voir alangui de la sorte sur elle. Elle l’avait retenue d’une main de fer quand il avait voulu bouger. Non, elle aimait sentir sa force et sa carrure l’envelopper, ça la rassurait.
- C’est vrai que.. c’est vrai que je te rends dingue..?
Osait-elle demander les joues rouge de timidité. Elle mordait sa lèvre en repensant avec un frisson de plaisir aux mots qu’il avait dit pendant l’amour et à quel point cela l’avait elle aussi excitée. C’était tout nouveau pour elle. Elle découvrait un monde de sensations unique avec Kisos qu’elle n’avait jamais imaginé. Jamais conçu. Alors, sa découverte venait avec de multiples questions qui parfois l’embarrassait. En vérité, elle avait peur que sa curiosité juvénile vienne à ennuyer Kisos.
- Est-ce que.. Est-ce que ça te plaît quand je te touche à certains endroits..? Parce que moi.. J’adore quand tu dis ce genre de choses ça.. ça.. je me sens encore plus puissante et plus désirable.. Mais surtout.. J’adore quand tu oublies que je suis une petite chose fragile. Quand tu es.. quand tu es envieux quand.. quand tes mains me prennent sans mesure et que tu.. oh Kisos.. J’ai encore envie de ça.. Pas toi ?
Ça y est, Charlie l’intrépide était de retour. Griffant avec douceur son dos, elle venait embrasser ses lèvres dans un baiser plus sensuel, plus langoureux. Il n’y avait rien de bien sauvage cette fois-ci. Juste de la douceur et de la séduction. Le sentant prêt à se retirer, elle le retint en enroulant ses jambes autour de ses hanches, surtout qu’elle le sentait durcir de nouveau. A bout de souffle, elle lécha son cou en sueur avant de mordre son lobe d’oreille :
- Est-ce que c’est comme ça avec les autres aussi ? Ou est-ce que c’est juste entre toi et moi cette sensation de complétude ? J’ai l’impression de n’être qu’une source d’électricité dans tes bras. Comme si toute mon énergie et la tienne étaient en train de créer un soleil jusqu’à ce qu’il explose. C’est comme ça pour toi aussi ?
Elle bougeait son bassin sous le sien le cherchant de son oeil taquin. Oui, Charlie découvrait les plaisirs de la sexualité mais il faut dire que Kisos l’y aidait bien. En plus d’être son fiancé, c’était son ami, aussi, cela l’amusait de la voir se transformer en professeur amateur. Mordant sa lèvre pour ne pas rire, elle revint mordiller son menton avant de demander innocemment :
- Dis-moi.. Quand est-ce que tu as commencé à avoir du désir pour moi ? Allez, dis-moi sincèrement quand.
Voyant qu’il ne répondait pas, sans doute cherchait-il, elle prit les devants et lui avoua quand elle avait ressentie cette sensation :
- Tu te souviens de mon anniversaire ? Je suis tombée dans tes bras et tu m’as retenu.. Tu as failli m’embrasser mais tu t’es retenu.. Quand nous mangions je ne cessais de te contempler. J’avais envie d’être la fourchette sur laquelle tu posais tes lèvres. Je crois que c’est là que j’ai eu ma première absence avec toi.
Elle voyait la mine circonspecte de son fiancé ce qui la fit rire de plus belle. Venant le rapprocher d’elle, elle en profita pour continuer ses caresses dans son dos jusqu’à ses fesses qu’elle caressait plus fermement quand elle ne les griffait pas sous le désir.
- Depuis que je suis petite j’ai ce que ma mère appel des « absences ». Je me stoppe de la réalité pour m’enfouir dans un monde parallèle. Ça dure une minute pas plus mais il se passe un tas de choses. Par exemple.. Dans le premier où tu es apparu et bien c’était à ce diner pour mon anniversaire et c’était très très chaud.
Bien sûr, Kisos ne pouvait qu’être intéressé et curieux par cette fameuse absence ce qui fit rouler des yeux Charlie qui céda donc à lui raconter en premier ce qui s’avère être son premier fantasme.
- Et bien.. Il n’y avait que nous mais nous étions à chaque bout de table. On s’observaient avec ce même regard quand on a faim l’un de l’autre. Tu as renversé la table, tu es venu à moi en arrachant ta chemise pour ensuite m’asseoir sur la table à mon tour. Je protestais un peu au début avant de laisser tes lèvres et tes mains s’occuper de moi. Tu arrachais mes vêtements et.. oh.. Kisos.. Arrête je rougis.. Ne me regarde pas comme ça..
Vite, elle dissimulait son visage entre ses mains pour ne pas qu’il y voit la gêne qu’elle ressentait en lui racontant tout cela avant de finalement terminer par :
- Je ne comprends pas pourquoi les filles à l’école disaient que c’était répugnant. Est-ce que je suis monstrueuse à avoir tout le temps envie que tu me caresses et que tu me dises toutes ces choses salaces ? Parce que.. Parce que j’adore ça moi et si je te le dis c’est parce que tu as toujours promis de m’expliquer alors.. s’il te plaît ne ris pas.. C’est gênant pour moi.
immarcescible, Posté le vendredi 29 juillet 2022 19:41 Répondre
Assise à califourchon au dessus de Kisos, Charlie contemplait la ligne fin de sa musculature sans oser toucher à sa cicatrice encore trop jeune. Cela la révulsait. Non pas de dégoût mais de terreur. Le souvenir encore vivace de son amant allongé sur son lit de mort la faisait frémir d’horreur. Elle ignora rapidement cette pensée hystérique qui lui venait pour venir se concentrer sur ses prunelles qui avaient repris une moue plus malicieuse à l’évocation de la mini-fugue de Charlie enfant. Elle levait les yeux au ciel comme si de rien n’était avant d’enrouler ses cheveux brun en un chignon désordonné et presser ses seins contre son buste :
- Mes parents ne t’ont sûrement pas dit pourquoi j’avais tenté de fuguer. Figure-toi qu’ils refusaient tout simplement d’écouter ma comédie musicale. J’avais avec mes peluches mis en place tout un spectacle dansant. Ils étaient trop occupés à travailler à cette époque. Mes seuls amis étant les peluches, je n’avais qu’eux à qui parler. Tu me prends pour une folle n’est-ce pas ?
Elle cachait son visage dans le cou du jeune homme avec un peu de honte. Ne pas avoir de vie sociale ne semblait pas choquer Kisos plus que ça, pourtant la jeune femme occidentale qui était en elle était encore traumatisée de cette enfance solitaire. Non pas qu’elle voulait aujourd’hui des amis, mais elle gardait ce manque de confiance perpétuel et la certitude d’être trop étrange pour pouvoir bénéficier de l’attention de quelqu’un. Et surtout celle de Kisos.
- Si je disparais un jour c’est que tu auras fait une sacrée grosse bêtise Kisos Walker. Il vaudra mieux que je parte quelque jours au lieu de t’étriper tu ne crois pas ?
Ils riaient tendrement tous les deux et se donnaient quelques baisers sur la peau de l’un et de l’autre qui les faisaient frissonner. Charlie aimait la douceur patiente de Kisos. Il avait sous cette armure de muscle une part de lui qui le rendait profondément tendre. Qui aurait pu croire qu’il dissimulait cette attention si particulière ?
- J’admire tellement ta mère.. C’est une héroïne. Sauver ton père alors qu’elle ne connaissait rien de lui. C’est puissant tu te rends compte. Comme mes parents.. A croire qu’ils étaient destinés les un aux autres, non ?
Malgré les tendre caresses qu’ils se donnaient l’un à l’autre, Charlie commençait à avoir froid dans le bain. Elle décida de sortir de la cuve et de s’enrouler dans une épaisse serviette chaude. Lorgnant sur le corps de Kisos, elle repensa à sa remarque sur ses oncles et rebondit dessus :
- Tu sais.. Tu l’as dis toi-même. On ne tombe jamais amoureux de quelqu’un par hasard. Je veux dire.. Chevalier et Philippe n’ont pas à se cacher parce qu’ils s’aiment. C’est aux autres d’avoir honte d’être aussi peu ouvert. Et je ne veux pas que tu te dise la même chose de toi, comme eux tu as le droit aux mêmes choses que moi et les autres.
Pour le rassurer, elle vint s’agenouiller devant la cuve de la baignoire et pris sa main dans la sienne avant de la poser contre son coeur :
- Je ne veux pas que tu regardes les autres Kisos. Je veux que tu me regardes et que tu voies à quel point tu me rends heureuse. Je me fous tellement de l’humanité si tu savais. Tu dois arrêter d’attendre tout d’eux. Il n’y a pas plus égoïste que les autres. Alors de te comparer parce qu’il n’y aucune raison que tu le fasses. Fais-moi confiance..
Elle allait répliquer mais on toquait à la porte. Il s’agissait de Chevalier qui venait pour apporter des vêtements pour la nuit. Charlie lui ouvrit et le remercie. La mine amusée et malicieuse de son oncle la fit rougir surtout lorsqu’il remarqua qu’elle était avec sa serviette autour de son corps. Il ricanait discrètement en promettant de ne rien dire à ses parents et Philippe qui aurait ronchonnait en apprenant qu’ils avaient eu une chambre pour deux :
- La convenance les rend si ennuyant Petit Pois. Reste comme tu es, murmurait-il, comme tu dois vivre des nuits enflammés je me trompe ?
- Tellement que je n’aurais pas besoin de ton habit de nuit mon oncle.
Charlie riait malicieusement avec son oncle qui repartait hilare. La jeune fille fermait la porte et revenait dans la chambre avant d’ouvrir la porte de la salle de bain. Kisos était pensif, elle le voyait bien. A quoi pouvait-il bien penser. Pour le sortir de sa rêverie, elle l’interpella en l’appelant. Lorsque son regard croisa le sien, elle rougit et fit tomber sa serviette sur le sol. Sa chevelure se trouva détachée et tomba en cascade sur ses seins nu. Mordant sa lèvre, elle murmura d’une voix timide :
- Si tu ne sors pas de cette baignoire pour me faire l’amour dans les deux secondes qui viennent je vais être obligée de me cacher. Alors ?
immarcescible, Posté le mercredi 27 juillet 2022 19:56 Répondre
Charlie se fichait obstinément des gens qui les entouraient. Du moment qu’elle tenait la main de Kisos dans la sienne, plus rien ne comptait. Ils firent un large tour du centre historique de Edimbourg où elle pu lui montrer les nombreux endroits où elle se baladait enfant. L’architecture gothique de la ville semblait plaire à Kisos puisqu’il observait tout avec grand intérêt. On était loin de la folie et de l’industrialisation de New-York expliquait-elle. Là, ils étaient encore dans le vieux monde.
- Ici le temps passe lentement. Paris ce sera autre chose tu verras.. Ils allient la modernité à la tradition de façon remarquable.
La jeune femme se trouvait propulsée au rôle titre de guide touristique. Elle se sentait bien à faire découvrir une partie de l’histoire de Kisos. Son histoire écossaise. Même si c’était encore le sujet tabou, elle lui parla de ses ancêtres. De grand guerriers fort qui avaient survécu à toutes les oppressions. Mais encore, elle insista pour lui rappeler qu’il avait devoir en tant que futur Lord Walker.
- Un jour toi aussi tu seras Lord en plus d’être un Roi et chef guerrier amérindien. Ton père t’emmènera prochainement dans votre manoir je pense. Il est magnifique dit-on. Recouvert de bruyères au milieu des landes. Je te montrerais des photographies si tu veux.
La visite vint à se terminer sur la colline qu’ils nomment le Siège d’Arthur, donnant une vue majestueuse sur la ville d’Edimbourg, qui surplombait toute la ville. Assis l’un à côté de l’autre, Charlie se moquait bien d’avoir les fesses trempées par la pluie qui avait mouillé toute l’herbe de la colline. Blottie contre Kisos, elle se mit à lui raconter les légendes locales autour de ce lieu.
- Il s’agirait de l’endroit où se trouvait le château de Camelot. Le château du Roi Arthur. Ton père t’en a parlé ?
Kisos ne répliquait pas. Il se contentait d’observer la jeune fille avec un sourire qu’elle ne lui connaissait pas. Alors, en bonne bavarde, elle se mit à lui raconter toutes les histoires concernant les Chevaliers de la Table Ronde et de l’amour impossible entre Guenièvre et Lancelot ou encore de Arthur avec sa demi-soeur. Elle parlait des dragons, de la dame du lac et de Merlin aussi. Tout un florilège de personnages et d’histoires qui lui donna très soif à force de parler :
- On rentre ? J’ai froid et j’ai soif..
Plus bas se trouvait des vieux amis des parents de Charlie. Ils s’étaient éloignés de la ville ne supportant par les regards sur leur amour. En effet, il s’agissait de deux hommes. L’un se faisait nommer Chevalier quand l’autre était Philippe. Ils étaient tous les deux français mais aimaient venir en été en Ecosse. La nuit n’allait pas tarder à tomber et les deux amoureux n’avaient pas vu le temps passer. Ils proposèrent donc qu’ils restèrent dormir ici. Un messager fut envoyé aux Hedlund pour les avertir de leur présence et les festivités purent commencer.
Se réchauffant devant la cheminée, il prirent avec plaisir les deux grogs donnés par le couple qui contemplait avec admiration Kisos. Il faut dire qu’il était divin. Il n’y avait pas grand monde à cette saison aussi ils avaient le droit à d’épaisses couvertures chaudes pour se réchauffer et à un plat de maître pour le repas. Charlie dévorait comme un ogre la potée en donnant à Kisos sa viande. Le maître des lieux s’amusait à raconter mille et une anecdote de Paris. Il était tout heureux de savoir que Charlie avait enfin écouté intuition et se lançait dans sa quête de l’art.
- Des années et des années que je pousse notre Petit Pois à partir et se confronter au monde de l’art, expliquait Chevalier avec manière et conviction, un vrai talent tu ne trouves pas Ô beau Kisos ?
- Cesse donc de les embêter veux-tu.
- Laisse-moi m’extasier devant cet adorable couple. Dire que notre petite fille va épouser ce géant. Mon dieu.. J’en fais une crise de joie ! Cela dis, vous viendrez nous voir quand nous serons à Paris. J’y compte bien c’est d’accord ?
- C’est promis mon oncle.
Charlie les connaissaient depuis qu’elle était petite aussi il s’agissait pour elle de ses oncles. Le repas se termina et ils allèrent dans le petit salon où Philippe fit goûter à Kisos le cognac. Il lui apprenait les moeurs et vertus des parisiens notamment en médecine où il connaissait du monde. Il lui expliquait avoir suivi quelques cours pour mieux comprendre le corps humain mais s’en était vite désintéressé suite à la mort de son père et de son frère successif. Il devait devenir à son tour le représentant de son titre des Bourbons. Pendant ce temps, Chevalier et Charlie dansaient, cabriolaient ensemble en riant comme ils le faisaient toujours depuis qu’elle était petite :
- Mon dieu.. Notre bébé devient une femme Phil’ ! Nous vieillissons tu te rends compte ?
Chevalier était tendrement excentrique mais Charlie l’adorait. La soirée se finissait tardivement et alors qu’ils discutaient autour du feu, la jeune femme s’endormit dans les bras chaud et réconfortant de son fiancé. Lovée contre lui, elle ne le sentit pas la soulever pour la mettre au lit. C’est quand il quitta ses bras et qu’elle eut froid qu’elle grogna d’insatisfaction :
- Où vas-tu ? Reviens contre moi mon soleil.
immarcescible, Posté le samedi 23 juillet 2022 19:18 Répondre
De suite, avant qu’il puisse jouer aux jeux des chatouilles, Charlie l’interrompit.
- Ton père a eu la peur de sa vie Kisos. Tu te rends compte de l’horreur pour lui ? Comme pour moi il t’as vu mourir deux fois. Et pire que tout.. pire que tout c’est son père qui s’en est pris à toi. Toi qui est le fils qu’il espérait tant. Tu oublies tellement que tes parents t’aiment plus que leur vie mon amour. Ton prénom signifie littéralement « soleil ». Tu es le tout de ta famille. Alors non, il ne t’en veut pas. Je pense surtout qu’il a honte de son père.
Mais Kisos était malin et quand il ne voulait pas entendre que Charlie puisse avoir raison il trouvait un subterfuge. Cela fonctionnait puisqu’elle était bon public en plus. Blottie contre lui, elle riait à gorge déployée en le suppliant d’arrêter quand il la maintenait fermement. Mais soudain, son père surgit en tenant entre ses mains les fameuses clés de l’appartement parisien. Elle était surprise mais le remercia chaleureusement en se jetant à son cou. Garrett garda longuement sa fille contre lui. La voir prendre son envol le terrorisait autant que cela l’inquiétait. Même si il avait une totale confiance en Kisos, il ne pouvait s’empêcher de craindre pour eux.
- Vous verrez, Paris est bien plus cosmopolite que l’Ecosse. Ici les vieilles traditions ont la peau dure. Alors vivez surtout. Profitez et ne vous arrêtez jamais d’y croire.
Garrett avait une allure de vieux sage, de vieux prophète qui faisait doucement rire Charlie. Elle était attendrie par ce père toujours si bienveillant et à l’écoute. Enfin, il disparut laissant les deux fiancés l’un avec l’autre. La brune réfléchissait en faisant tourner la clé dans sa main. Kisos observait les plantes et les analysait toutes avec attention. Cela la fit doucement sourire. Puis, plongeant sa main dans sa poche elle en sortie un petit cadeau qu’elle lui réservait depuis son anniversaire mais qu’elle n’avait pas eu le temps de lui offrir :
- Tiens, dit-elle en lui tendant l’écrin en velours rouge, ouvre.. c’est ton dernier cadeau que je n’ai pas eu le temps de t’offrir à cause de ce vieux fou.
Il s’agissait d’un médaillon qui contenait deux portraits. Sur l’un celui de sa famille au complet et de l’autre l’autoportrait de Charlie. C’était elle qui l’avait fait pour lui. Elle espérait que ce modeste présent lui ferait plaisir :
- Il s’agit du médaillon de ma grand-mère maternelle. Elle aimait fort mon grand-père et quand il est partit pour la guerre elle lui avait offert. C’est la seule chose qui a subsisté quand il est mort. La seule chose qui est revenue. Je suis persuadée depuis que je suis petite qu’il a quelque chose de magique ce médaillon. Alors j’espère qu’il te protégera. En tout cas nous, on te protégera toujours.
Se hissant sur ses deux pieds, elle vint lentement déposer un baiser sur ses lippes. Mais c’était sans compter sur la fougue du beau brun qui la souleva aisément comme s’il ne s’agissait que d’une petite fleur. Charlie riait doucement, se sentant plus légère, rassurée dans les bras de son amour qui vivait. Elle caressait ses joues, ses cheveux en le contemplant médusée. Oui, elle l’aimait de tout son coeur, de tout son être et se rendit compte qu’elle ne lui disait pas assez :
- Je t’aime de toute mon âme Kisos Walker. j’aimerais avoir des pouvoirs magiques pour que tu puisses ressentir ce que je ressens quand tu me touches, quand tu me regardes et quand tu es près de moi.
immarcescible, Posté le samedi 23 juillet 2022 00:23 Répondre
Charlie avait fermé les yeux. Sa joue était posée contre la main si immense d’un Kisos qui lui ouvrait son coeur et ses craintes. Les projets qu’il avait en tête la rassurait et lui donnait envie de sourire. Elle était rassurée. Apaisée. Son amour était bien là et surtout, il ne la repoussait pas après l’odieuse et effroyable crise qui l’avait submergé. De sa voix de velours douce et basse, la brune répondit enfin à l’amérindien en reposant ses prunelles d’un bleu adouci :
- Je n’ai jamais eu peur d’avancer avec toi Kisos Walker. Tu sembles avoir oublié que je suis ta fiancée et que je te suivrais partout où tu iras. Si ça peut te rassurer sache que tu n’es pas prêt de te débarrasser de ton petit boulet.
C’était tout Charlie. Essayer de faire naître un sourire sur les lippes du brun. Se penchant lentement, elle posa son front contre le sien et caressa de son nez le sien. Blotti l’un contre l’autre il n’y avait rien de charnel si ce n’est de la douceur et une attention toute particulière. Dans cette position, la brune pu avec plaisir poser ses mains sur l’amérindien. Le sentir bouger, vivre, entendre sa voix contre elle lui donnait encore envie de pleurer. Mais elle se retenait. Kisos était là, bien vivant, il n’y avait aucune raison de partir en live une fois de plus. Non. Elle devait lui sourire et le rassurer à son tour.
- Viens te coucher près de moi, murmurait-elle en se levant lentement, j’ai besoin de dormir avec toi.
Elle l’aida à se lever et ils finirent par s’allonger l’un en face de l’autre. La petite brune vint enlacer ses jambes aux siennes quand ses doigts continuaient de caresser les traits fin de son visage. Il bougeait, réagissait. Comment pouvait-elle dormir ? La peur de constater qu’il ne s’agisse que d’un rêve la terrifiait. Tout son être entier était en transe de peur à cette idée.
- A Paris, dit-elle, on ira danser. A Paris on vivra dans un petit appartement qui sera notre atelier. On aura un petit jardin pour y faire pousser des fleurs et des plantes médicinales. A Paris on mangera du pain et des pâtisseries. Parce que c’est là-bas qu’il y a les meilleurs gâteaux du monde. Comme.. Comme la chocolatine. J’ai si hâte que tu découvres ça. A Paris on fera l’amour. A Paris je deviendrais ta femme tu le veux bien ? Je vais peindre devenir une grande artiste et tu vas sauver des vies Kisos. On va être heureux, on va laisser l’Ecosse et le reste du monde loin de nous tu me le promets ?
Parler d’avenir permettait à Charlie de rejeter la mort qui avait faillit terrasser Kisos une troisième fois. C’était un pansement pour guérir se disait sa conscience. La jeune femme luttait difficilement contre le sommeil. Elle voulait tenir le plus longtemps possible pour pouvoir continuer à le contempler. La peur de dormir la tenaillait. Seulement, sans s’en rendre compte, elle tomba trop rapidement dans le sommeil. Néanmoins, ses mains tenaient agrippé, fermement, la chemise de Kisos. C’était une manière de s’assurer qu’il ne disparaitrait pas dans la nuit. Une manière d’être certaine qu’elle ne rêvait pas.
Au petit matin, elle eut la merveilleuse surprise d’être réveillée par le ronflement profond de Kisos. Cela la fit sourire quand elle étouffait de chaud contre son corps si bouillant. Ce n’était pas pour rien qu’elle l’appelait le radiateur humain. Lentement, discrètement, elle s’éclipsa du lit et chercha son carnet de croquis. Elle le mit sur son cheval et installée au bord de la fenêtre, elle peignit Kisos endormi autour d’un champ de fleurs. Concentrée, elle ne le vit pas se réveiller si bien qu’elle sursauta en voyant sa mine souriante. Surprise, elle se mit sans faire exprès de la peinture sur le visage et le salua timidement :
- Bonjour toi. Tu as bien dormi ? Comment te sens-tu ?
immarcescible, Posté le jeudi 21 juillet 2022 18:59 Répondre
Il parlait de mille et une chose quand Charlie n’arrivait pas à remettre ses idées en place. Déboussolée, acculée, épuisée, elle écoutait sans véritablement écouter, un Kisos qui lui parlait de sosies, de mort, de tombes, de couples, de diverses autres choses quand elle ne voulait qu’une chose, lui hurler dessus car il avait trop attendu pour revenir. Elle venait fébrilement de lui expliquer la situation par rapport à James et cela attristait l’amérindien. La jeune femme qui avait tant gardé émotionnellement depuis toute cette semaine ne tenait plus et se mit à taper sans retenue le buste de Kisos en hurlant de rage :
- Tu étais mort à nouveau Kisos ! MORT ! Tu te rends compte ?? Et tu me parles de double ? MAIS QU’EST CE QUE J’EN AI A FOUTRE KISOS WALKER !?
C’était la deuxième fois qu’elle vivait une expérience aussi traumatisante avec lui. Elle bouillonnait de colère, de rage, de peur, d’incertitudes. Sans pouvoir se retenir, elle faisait une crise de nerf violente qui venait lui jeter sur le sol les oreillers et tous les objets qui passaient entre ses mains. Comme la fois où elle avait appris la nouvelle de l’existence de Jasmine, elle vrillait littéralement.
- Tu étais mort ! MORT MORT MORT MORT ! ENCORE MORT KISOS ! MORT !
Sans aucune retenue, elle arrachait ses les épingles de ses cheveux qui enserraient trop fort son chignon et se mit à vouloir déchirer sa robe. Sa crise de folie, d’hystérie de panique lui faisait faire n’importe quoi. Mais en même temps, à deux reprises elle avait vu son amour se faire descendre sous ses yeux. L’attente et le désespoir avait causé cette monstrueuse crise de nerf qui ameuta tout le château. Charlie continuait de tout casser, tout jeter en hurlant quand Garrett et Anya surgirent dans la chambre. Le pauvre Kisos ne devait certainement rien comprendre.
Rapidement, Garrett encercla sa fille qui se débattait sans mesure dans ses bras alors qu’elle hurlait des choses incompréhensible. Elle était en pleine démence. Binki arrivait en vitesse quand Millie venait près de Kisos pour l’empêcher de bouger du lit. Avec difficultés, les Hedlund réussirent à extirper Charlie de la chambre et l’entrainer dans la sienne pour la canaliser. Après une bouche froide, elle reprit conscience mais ne pu s’empêcher de pleurer. Elle ne cessait de demander Kisos mais Anya eu la bonne idée de lui faire comprendre qu’elle devait se calmer.
Binki venait s’enquérir du jeune homme que Millie avait briefé. En effet, elle lui avait expliqué l’état semi-comateux dans lequel Charlie avait été pendant une semaine. Comment elle avait tout intériorisé pour se montrer digne et forte mais qu’elle avait simplement craqué.
- C’est beaucoup pour miss Charlie, monsieur Kisos. Imaginez qu’elle était persuadée de vous avoir perdu une seconde fois. Miss Charlie vous aime tellement.
Elle lui conseilla de laisser la jeune brune se calmer avant d’aller la voir. D’autant plus qu’une autre petite brune cherchait à voir son frère. Sans attendre qu’on l’autorise à entrer, Sora courut et se jeta dans les bras de son frère. Elle tenait entre ses mains la fameuse lettre laissée par ses parents avec d’expliqué, la fameuse quête qui les attendaient.
Pendant ce temps, Charlie reprenait lentement conscience. Elle peignait par automatisme, mais il s’agissait somme toute de scènes dramatiques avec du sang et des morts ensanglanté. L’hypersensibilité de la jeune femme la rendait beaucoup plus démonstrative que les autres personnes de son temps. Si d’ordinaire elle arrivait aisément à tout retranscrire dans ses peintures, là, elle avait eu du mal à se contenir d’où sa violente crise. Lentement, elle émergeait. Elle aurait voulu que Kisos vienne mais il lui était interdit pour le moment de quitter sa chambre. Il valait peut-être mieux. Il faut dire qu’elle avait sacrément honte de sa manière d’agir.
Dans la nuit, elle se recroquevilla dans un coin de sa chambre. Elle aimait, enfant, s’asseoir sur le bord de la fenêtre pour contempler la lune. Elle y écoutait la douce mélodie de sa boîte à musique qui arrivait bien souvent à l’apaiser. Intérieurement, elle cherchait les mots qu’elle pourrait dire à Kisos quand elle le verrait. Charlie avait conscience qu’elle devait à tout prix s’excuser de son comportement qui avait profondément violent. Sans doute aurait-il peur d’elle et la rejetterait. Elle n’aimait pas être ainsi. C’était les même caractéristiques que sa mère et cela l’effrayait.
Alors qu’elle restait pensive contre son bord de fenêtre, elle entendit la porte s’ouvrir. La masse de Kisos surgit dans l’embrasure de la porte ce qui le fit pleurer une fois de plus. Elle avait tellement honte. Se dissimulant son visage entre ses mains, elle le suppliait finalement de partir.
- Je ne voulais pas.. Je ne voulais pas que tu me vois comme ça.. Pardon.. Pardon.. Je ne voulais pas.. Je suis tellement désolée.. Je n’ai aucune excuse je le sais mais j’ai vécu l’enfer. Tu ne sais pas ce que c’est de voir l’amour de sa vie sur un lit inerte Kisos.. J’ai.. J’étais à deux doigts de sauter de la falaise pour venir te rejoindre je.. mon dieu.. Tu es vivant.. Tu es vivant et je n’ose pas te toucher de peur que tu me rejettes.. Kisos.. Tu étais mort encore..
Tout ce dont elle avait besoin c’était qu’il la prenne dans ses bras, qu’il la rassure. Elle voulait le sentir contre elle, s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’un rêve et qu’il ne disparaitre plus encore. Mais le vieil adage qui disait « jamais deux sans trois » la paralysait. Tremblante de nerf, elle sentait son corps prêt à flancher de nouveau.
immarcescible, Posté le mardi 19 juillet 2022 22:34 Répondre
Le fait d’être présenté à toute la famille Walker comme étant la fiancée de Kisos ne pouvait que faire rougir de plaisir Charlie. Si au début elle avait tendu la main pour le tirer en arrière, pas assurée du tout, elle ne pu s’empêcher de penser par la suite qu’il avait eu raison de la forcer à sortir de sa coquille. Parce que c’était ce qu’elle était la petite perle de Walker. Un bernard-l’hermite qui se confrontait au reste du monde.
De nombreuses embrassades et de nombreuses félicitations. Cette bulle de joie et de bonheur semblait si lointaine comparée à toutes les épreuves de ces derniers mois que la jeune fille cru vraiment, pendant une seconde, au bonheur véritable.
Mais après, une averse fit geler touts ses espoirs. Tout alla si vite. Un coup de feu. Kisos se plaçant devant elle. Son corps tombant. Des hurlements et un deuxième coup de feu. Sous le corps de son bien aimé qui ne se relevait pas, Charlie commençait à paniquer. L’odeur abominable du sang circulait à toute vitesse et lorsqu’enfin elle pu se redresser voilà qu’il lui faisait ses adieux. Pocahontas hurlait au dessus de son fils en le soignant par tous les moyens quand Charlie était en état de choc.
Tenant entre ses mains le visage de Kisos, elle pleurait en tremblant. Sa panique n’était pas la même que celle de Pocahontas elle était plus mesurée. Comme si elle ne croyait pas ce qu’elle avait devant les yeux. En même temps, comment le pourrait-elle ? Il s’éteignait comme une étoile qui se laisse emporter par le fléau du temps. Charlie n’arrivait pas à parler elle tenait juste contre elle le corps inanimé du géant amérindien pour qui elle avait traversé le continent américain et pour qui elle irait en enfer si il fallait le sauver.
Elle se fichait de ce qui se passait autour d’elle. Toute son attention était centrée sur Kisos. Pocahontas, très vite, eut les bons gestes. Se sentant impuissante et inutile, Charlie la suivit comme un guide. Visiblement, au bout d’une heure, elle fut rassurée de l’état de son fils. Même si il ne se réveillait pas, elle expliquait que son corps s’était auto-plongé dans un sommeil profond. Des choses auxquelles Charlie n’avait pas du tout conscience et sur lesquelles elle ne comprenait pas grand chose. Tout ce qu’elle voyait, c’était à nouveau Kisos dans un état de mort.
Tremblante, elle écouta Pocahontas évoquer cette fameuse malédiction. Mais encore une fois, la blonde ne répondit pas. Elle en était incapable. Sa souffrance était beaucoup trop violente pour qu’elle puisse penser à qui que ce soit. Kisos gisait toujours, inanimé. Elle croyait mourir elle aussi à petit feu. Laissant Pocahontas sortir de la pièce, Charlie vint s’allonger près de Kisos. Blottie contre lui, elle posait une main sur son coeur pour le sentir battre.
Elle respirait en même temps que lui, comme pour s’assurer qu’il était toujours en vie. Ses larmes glissaient sur ses joues sans qu’elle puisse les contrôler. Dans un murmure, elle se mit à l’appeler. Son prénom répété inlassablement était comme une prière qui existait entre ses sanglots :
- Tu avais promis.. Kisos.. Je t’en supplie.. Non.. Tu n’as pas le droit de partir.. Pas après tout ce que tu as décidé de faire. Pitié.. N’abandonne pas.. Kisos..
Recroquevillée contre lui, elle s’accrochait comme sur le bateau lorsqu’elle l’avait laissé pour mort. Mais là, elle ne le quitterait pas cette fois-ci. Jusqu’au bout elle resterait accrochée à son amour qui respirait encore. C’était sa seule bouée. Tant qu’il respirerait, cela signifierait qu’il vivrait. C’était les mots même de Pocahontas.
Un jour passa, puis deux. Charlie ne quitta pas le lit de Kisos, même pas pour manger. Blottie contre lui, elle repoussait quiconque s’approchait d’eux hormis Pocahontas qui vérifiait l’état des blessures de son fils. Mais Charlie était agrippée, liée au corps inanimé du grand brun. Alors qu’elle était plongée dans une sorte de rêve étrange, elle entendit comme sa voix l’appeler. C’était étrange, comme si il était là, sans être là. Il semblait lui faire signe. Une vieille femme apparue aussi. Elle avait les mêmes traits que Pocahontas mais ce n’était pas elle. Charlie lui demanda donc :
- Qui êtes-vous ? Où est Kisos ?
- Tu sembles bien attachée à mon petit-fils, répondit-elle avec douceur, je me nomme Aponi. Il a certainement dû te parler un peu de moi.
- Aponi.. Oui.. Où.. Où es Kisos ? Pourquoi ne revient-il pas ?
- C’est lui qui m’envoie. Il est très inquiet pour toi tu sais.
- Inquiet ? Mais je me fiche qu’il soit inquiet ! Dites-lui de revenir ! Maintenant !
Cela fit légèrement sourire la vieille femme. Sans doute avait-elle tellement de la peine pour Charlie, comme si elle seule savait la teneur des secrets de l’univers. Aponi commençait à partir en secouant la tête mais Charlie la retint du mieux qu’elle pu en la suppliant de laisser Kisos lui revenir :
- C’est à lui de faire son choix petite perle. Mon petit-fils sait parfaitement ce qu’il a à faire.
- Mais.. Mais reviendra-t-il ? Je vous en supplie.. Il doit revenir. Je.. Je l’aime.
- Si tu l’aimes tu le laisseras partir.
Charlie se réveilla en sursaut de son rêve. Etait-ce une vision, un simple mirage ou alors une prédiction ? La jeune femme regarda Kisos toujours endormi et sentit son coeur une nouvelle fois se fendre. Il n’avait pas bougé depuis tout ce temps et elle ignorait comment lui venir en aide. Avec le peu de force qu’il lui restait, elle se leva. Binki vint l’aider pour sa toilette et elle descendit pour manger un peu. Gabriel n’avait pas parlé depuis deux jours, Sora restait avec les Cacahuètes et Anya quand Garrett tentait par tous les moyens d’aider Pocahontas à sauver Kisos.
- Ma chérie tu as vu ta tête ? Tu devrais aller te coucher, proposait sa mère avec inquiètude, Kisos ne voudrait pas te voir dans un tel état.
Haussant les épaules, la jeune fille préféra ne pas répondre. Elle vint lentement se fonfdre dans le décor et se rendit dans la verrière là où ils aimaient se retrouver le soir avant de se coucher. Là, elle y lisait des poèmes romantiques sous les étoiles avant de le couvrir de baisers. Elle vint constituer un bouquet de ses fleurs préférés et l’assembla avec un ruban qui tenait sa crinière brune en place. Une fois fait, elle remonta dans la chambre où il gisait et surpris Pocahontas à prier en silence en compagnie de Gabriel.
Avec beaucoup de respect, Charlie les laissa faire et se demanda comment Kisos aurait-il voulu partir. Dans sa culture, on était enterré avec l’amour de sa vie. Mais là, allait-il être vraiment incinéré ? Pourquoi n’avaient-ils pas parlé de ça ? En vérité, elle avait l’impression qu’ils n’avaient pas parlé du tout. Il n’avaient pas eu le temps de vivre leur histoire. Ils avaient passé plus de temps à se sauver l’un et l’autre car construire une véritable histoire. Dans sa robe couleur soleil comme aimait le dire Kisos, elle vint s’asseoir à ses côtés. Ses doigts caressaient délicatement son visage, sa crinière quand elle posait près de lui le bouquet de fleurs :
- Tu sais, dit-elle dans un murmure larmoyant, j’ai compris tellement de choses depuis que tu es dans ma vie. J’ai compris ce que c’était de vivre et d’aimer. J’ai compris ce que c’était d’être aimé aussi. Kisos.. Tu m’as si bien aimé. Je suis tellement égoïste de vouloir encore de toi près de moi. Tu sais que.. Tu sais que je t’aime plus que tout et.. et si vraiment tu souffres trop je..
Sa voix se brisait quand ses larmes glissaient sans plus aucune retenue sur ses joues. Vite, elle prit entre ses mains celle de Kisos et l’embrassa avant de la poser contre sa joue. Elle cherchait encore le souffle vital de son fiancé, l’amour de sa vie, l’unique. Mais elle savait qu’elle devait aussi le libérer, c’était ce qu’Aponi lui avait dit :
- … tu as le droit de partir.. je ne t’en voudrais pas… jamais..
C’était la chose la plus terrible et la plus difficile qu’elle eut à faire. Pocahontas et Gabriel la regardait consterné. Sans doute pensait-il qu’elle n’avait pas assez de courage pour supplier leur fils de vivre, mais tout ce qu’elle, elle voyait, c’était la souffrance de Kisos depuis toujours. Elle avait peur de ce qu’il allait devenir si il revenait et de la culpabilité qu’il porterait sur les épaules suite à l’abandon de Sora par ses parents. Oui, Charlie voulait qu’il sache qu’elle continuerait mais que jamais elle ne lui en voudrait. Se penchant sur ses lèvres qu’elle embrassait tendrement, elle vint murmurer à la suite :
- Je t’aime de toute mon âme Kisos Walker et tu resteras à jamais le dépositaire de mon coeur. Je resterais à ton chevet jusqu’à ton dernier souffle. Je te connais.. Si tu n’es pas encore revenu c’est que tu hésites. Je ne sais pas précisément pourquoi tu hésites mais.. mais tu dois avoir tes raisons. Donc, sache que où que tu sois, tu seras toujours dans mon coeur, dans mon âme. Mon soleil. Je suis là. Toujours. Sur terre, sur cette foutue terre tu seras toujours aimé Kisos. Toujours quelqu’un penseras à toi. Parce que tu es bien plus aimé que tu ne le crois.
immarcescible, Posté le mercredi 13 juillet 2022 22:59 Répondre
la mélodie de Charlie pour Kisos : https://www.youtube.com/watch?v=idjwWJuMNPo
immarcescible, Posté le mercredi 13 juillet 2022 22:41 Répondre
Charlotte Hedlund est une parfaite future génie du mal. Tout comme pour Gabriel, la petite aimait tellement son anniversaire qu’elle faisait d’un point d’honneur de célébrer ceux des gens qu’elle aimait. Alors Kisos, aurait le droit au plus beau des anniversaires d’autant plus que c’était le premier en Europe. Pour l’occasion et après concertation avec les parents, ils firent venir le reste de la famille Walker, c’était le parfait moment, et aussi Pasha ainsi que Vicky, Jamie et Millie. Tout le monde était réunis pour l’occasion.
Le temps qu’ils préparent tout en bas et que son père aille chercher les Walker, Charlie devait à tout prix occuper Kisos. Peu compliqué étant donné qu’ils avaient désormais un jeu parfait pour occuper leurs mains quand ils s’ennuyaient. La jeune femme avait pris goût à la sexualité et n’avait plus peur de l’intimité au contact de son fiancé. Au contraire, elle en était demandeuse. Persuadé d’avoir réussi à l’épuiser, elle soupirait en voyant qu’il se levait de bonne humeur alors qu’elle était encore courbaturée de la veille. Se jetant sans hésitation sur son dos, elle mordit son cou comme un petit animal possessif :
- Reviens te coucher, geignait-elle en picorant sa mâchoire de baisers, pourquoi se lever quand je peux te donner encore du plaisir.. S’il te plaît..
Fort heureusement, Kisos était de nature faible quand il s’agissait de Charlie. C’est ainsi qu’il réussit à gratter une heure supplémentaire pendant laquelle le grand brun vint lui faire l’amour à même le sol de sa chambre. Charlie riait doucement quand il s’écroulait sur elle définitivement épuisé et qu’elle enroulait ses bras et ses jambes autour de lui comme son panda à son arbre. Embrassant son front humide de transpiration, elle le laissa enfouir son visage entre ses seins en le taquinant :
- Attention Monsieur Walker… Vous avez désamorcé une bombe qui visiblement ne se contentera plus de simple baisers juvéniles, vous vous en rendez compte ?
Mais le moment de se préparer arrivait. Charlie du bel et bien le laisser prendre sa douche seul de peur de craquer de nouveau et d’être incapable de sortir de cette fameuse chambre. Mais cela lui permit elle aussi de finir le petit paquet qu’elle lui avait préparé et qu’elle dissimulait dans la poche de sa robe. Une robe prévue pour cette journée. Lorsqu’il fut prêt, elle lui ordonna, petite chose autoritaire, de ne pas bouger de la chambre. Une fois propre et vêtue, elle apparue devant lui dans une robe légère en coton d’un bleu identique aux yeux de Kisos, très simple qui laissait ses courbes être sensuellement enveloppée. Son décolleté n’avait rien de provocant mais il mettait parfaitement en valeur sa jeune poitrine quand elle avait tressé ses cheveux en une longue natte :
- Tu es si beau, dit-elle en venant entre ses cuisses, tu es si beau que je suis éblouie Walker.
Elle souriait en rougissant. Ses mains caressaient ses joues sans barbe et elle se penchait sur ses lèvres pour lui donner un tendre et amoureux baiser. Ce qu’elle pouvait avoir changé aux côtés de Kisos. Elle était loin la petite fille apeurée de tout. Mordillant sa lèvre elle murmurait peu de temps après avoir contemplé le bel adonis :
- Tu es le soleil de mon existence. Le souffle de ma vie.
Le bruit en bas vint à attirer leur attention, mais ce n’était rien comparé au ventre grognant de faim de Charlie. Cette dernière haussait les épaules en souriant amusée avant de conduire Kisos en toute vitesse jusqu’à l’entrée du bas. Elle courait et l’entrainait sans préambule si bien qu’il avait presque du mal à suivre. Arrivés en bas, elle ouvrit les portes battantes du jardin dévoilant enfin tous les invités au grand complet qui hurlaient un « joyeux anniversaire » sonore au petit amérindien.
Aussitôt, Sora courut se jeter dans les bras de son frère quand Pocahontas pleurait. Son fils avait tant grandis et semblait si changé. Vite, elle rejoignit sa fille et vint le prendre dans ses bras en le couvrant d’autant de questions que Sora. Charlie souriait, fière de voir l’air ahuri de son fiancé sur le visage et le laissa un instant prendre conscience que toute sa famille au grand complet était réunie. Vite, elle rejoignit ses parents et les enlaça pour les remercier avant de finir de préparer tous les derniers préparatifs. Oh oui, elle en avait préparé des surprises. Notamment avec des cadeaux comme une sacoche en cuir pour ses futures consultations ou alors un stéthoscope qu’il apprendrait à utiliser dans peu de temps mais qui était un outils rare et très cher. Mais encore, un carnet pour ses notes ou encore une boîte pour ranger toutes ses fioles et autres mixtures qu’il aimait tant faire comme sa mère. Mais ça, les cadeaux, ça viendrait plus tard. Pour le moment, elle devait s’assurer que le gateau d’anniversaire était prêt.
Il faisait un soleil resplendissant pour cette journée particulière. Charlie souriait aux Esprits de Kisos et les remerciaient d’être aussi clément avec eux. En effet, il était rare que le beau temps soit présent en Ecosse. Il y avait tellement de choses à partager entre les Walker que la jeune femme n’osait pas s’approcher de peur d’être de trop. Alors, elle s’occupait des nombreuses activités d’une maîtresse de maison quand il s’agissait de gérer une célébration. Mais Anya remarqua le trouble de sa fille et vint la voir :
- Qu’est-ce que tu fuis comme ça ?
- Rien pourquoi ?
De suite, Charlie était sur la défensive. Grand réflexe chez les Siminiov. La Duchesse en riait et hochait de la tête avant d’enlacer sa fille et embrasser son front :
- Dis-moi.
- J’ai peur que ses parents m’en veuillent.. Kisos est là pour moi maman. Je.. Je ne veux pas d’enfants.. Il va devenir médecin.. Il.. Il a fait tant de sacrifices pour moi et.. et moi ? Je n’en n’ai fais aucun pour lui. J’ai peur que ses parents me haïssent. J’ai peur qu’ils lui ouvrent les yeux sur moi. Tu comprends ?
- Oh que oui. Mais ce que tu dis n’a pas de sens.
- Comment ça ?
- Kisos t’aime, c’est tout ce qui doit t’importer.
- Mais sa famille.. Elle est importante pour lui.
- Et tu l’es pour lui.
- Mais.. Mais si ce n’est pas suffisant. Et si un jour ce n’est plus suffisant ?
Mais les deux furent interrompue par le groupe de musique qui venait d’arriver. Oui, Charlie avait fait venir un quatuor pour danser avec Kisos. Ces dernières semaines, elle l’avait emmené à plusieurs reprises écouter des opéras et il avait semble-t-il bien aimer. Se tournant vers lui, elle lui sourit et lui fit un doux signe timide pendant que jouer le fameux refrain qui obsédait les pensées de la brunette depuis des semaines et qu’elle ne cessait de chanter à son adoré. Il avait l’air si heureux, si complet auprès des siens. C’est alors que la culpabilité revint au galop empêchant Charlie d’apprécier le moment.
Mais Kisos du s’en rendre compte car aussitôt après, il était là et il l’emmenait danser au milieu du jardin devant tout le monde. Elle se fichait que le monde entier les regardent. Elle ne contemplait que lui. Il n’y avait que lui pour toujours. Comme son père lorsqu’elle était stressée, elle se mit donc à parler à vive allure sans pouvoir s’arrêter :
- Tu as aimé le gateau ? Et tes cadeaux ? Tu as tout ouvert ? Tu aurais préféré un sac noir ? J’ai longtemps hésité.. Et tu sais qu’on peut l’échanger si tu veux.. Oh j’espère que cette journée te plaît.. Tu sais avant qu’on aille à Paris je voulais être sure que tu revois tes parents.. C’était important.. J’espère tu t’amuses surtout..
immarcescible, Posté le lundi 11 juillet 2022 20:54 Répondre
Allongée sur le dos, nue, Charlie observait sans vergogne son fiancé dont les courbes saillantes de son corps était illuminé par les rayons doux de la lune. Elle était en train de contempler un Botticelli. Non ! Un Poussin. Sa peau frémissait encore du plaisir qu’elle avait ressentie en le dominant de la sorte. Ô oui, qu’elle avait hâte de recommencer les jeux de l’amour avec lui. Il y avait une telle fusion entre leurs corps et leurs âmes qu’elle avait envie de le hurler de joie, d’en rire de bonheur. Mordant sa lèvre, elle rougissait en arrachant des mains du brun ses dessins très sensuels et particulièrement intime. Puis, vint ceux des morts.
Une fois qu’il fut dans le lit, elle vint se blottir contre lui en embrassant son buste si puissant d’où se battait une toison brune avec laquelle ses doigts jouaient :
- Je pense malheureusement que mon monde est gouverné par des hommes lâches et austères qui ne comprennent rien à ce qu’est la vie. Et non, tu n’auras jamais à prier des Dieux auxquels tu ne crois pas mon amour. Moi-même je n’y crois pas. Je suis persuadée que le destin nous donne parfois un coup de chance comme avec nous mais sinon.. sinon nous sommes maîtres de nos vies.
C’était une manière pour elle de lui affirmer qu’il n’y avait qu’elle pour s’être jetée dans ses bras. Ainsi, elle se redressa sur un coude et caressa les lèvres pleines et chaude de son fiancé qu’elle contemplait en souriant tendrement. Ses joues étaient encore rougies et ses cheveux en bataille. Elle avait un petit air de dévergondée juvénile qui était ébloui par deux prunelles bleues scintillantes :
- Tu ne vas pas me croire mais.. mais bien avant d’arriver en Amérique et de te rencontrer j’ai rêvé de toi tu sais.
Elle riait doucement en voyant l’air surpris de Kisos. Charlie venait se penchas sur ces lèvres trop tentante qu’elle embrassait de nouveau en caressant sa joue cette fois-ci avant de reprendre :
- Je suis persuadée que c’est une force bien plus puissante que les concepts divins de nos peuples. J’était destinée à te retrouver Kisos. Je te retrouverais toujours parce que tu es mon âme soeur. J’étais destinée à t’aimer et je ne pouvais rêver de meilleure vie Walker.
Charlie l’embrassait une nouvelle fois et riait en grimpant sur lui. Elle attrapait son carnet de dessin et son fusain avant d’ordonner à Kisos de ne pas bouger. Finissant par se lever, elle enfla son peignoir de soie qu’elle laissait entrouvert et s’assied sur un petit fauteuil avait de commencer à croquer Kisos sur le papier :
- Si tu bouges je te réserve une punition dont tu te souviendras alors je te conseille de rester tranquille.
Son rire emplissait la pièce. Charlie était heureuse. Pendant qu’elle griffonnait a une vitesse folle elle contemplait avec attention toutes les formes de Kisos qui l’obsédait. Il était si beau là, sous la lune, avec ce regard si impénétrable. Frissonnant à chaque coup d’oeil qu’elle lui lançait, elle tentait de rester concentrée ce qui lui faisait une petite rire entre les yeux. Une fois qu’elle eut finis. Elle ferma son carnet et lui interdit de regarder. Vite, elle revint s’asseoir à califourchon sur lui son peignoir toujours ouvert sur sa nudité :
- Non tu ne peux pas te contempler. C’est mon dessin juste pour moi.. Tu veux que je te raconte ce fameux rêve du coup ? Le tour premier que j’ai fais de toi ?
Elle caressait ses boucles brunes qui tombaient sur ses épaules quand elle dévorait du regard cet homme qui faisait tambouriner son coeur. Comment les autres ne pouvaient-ils pas voir la beauté d’âme de cet homme ? Il avait tout pour être un Dieu et un héros.
- Tu étais dans les bois et tu courais. Un loup te suivais dans mon rêve. Tu courais entre les arbres comme si une force invisible te poussais, te guidais. Soudain, tu arrivais près d’un lac et je me trouvais au milieu. Tu n’as pas avancé tout de suite, tu étais méfiant et moi aussi. Mais tu as posé un pied dans l’eau, puis un second et ainsi de suite jusqu’à ce que tu arrives à ma hauteur. Tu étais si grand que j’étais éblouie par le soleil en levant la tête. Et alors là, tu as dis un mot que je ne comprends toujours pas.. Tu as dis.. Attend, je l’ai écrit.
Charlie poussait l’oreiller derrière la tête de Kisos et regardait ce qu’elle avait gravé sur la tête de lit :
- Tu as dis.. Cante washte yama kahi*
*Tu remplis mon coeur de bonheur, je t'aime.
immarcescible, Posté le dimanche 10 juillet 2022 23:42 Répondre
Kisos avait posé un genoux par terre. Il avait dans sa main la bague de sa grand-mère et il avait cette moue si adorable qu’elle ne lui connaissait que dans des moments intime comme celui-ci. C’est dans les escaliers du château qu’il lui demandait donc officiellement de l’épouser. Charlie se sentait ridicule en posant ses mains devant ses lèvres, comme une de ses midinettes ridicules dont elle se moquait tant auparavant. S’agenouillant elle aussi devant lui, elle riait en sentant ses yeux piqué de larmes.
- Pourquoi attendre demain alors que je ne veux qu’une chose, être ta femme Walker.
La petite demoiselle agrippait fermement le col de chemise de son fiancé et plantait sur ses lèvres un baiser langoureux et intense. Depuis la veille ils n’avaient pas eu un moment de douceur tranquille. La conversation sur les enfants les avaient complètement arrêté dans leurs élan. Là, c’était autre chose. Charlie relâchait à regret les lèvres de Kisos mais riait de joie en le laissant glisser l’anneau autour de son annulaire :
- C’est officiel tu t’en rends compte ? Je n’appartiens qu’à toi aux yeux de la loi Kisos Walker. Plus jamais personne ne pourra nous séparer tu t’en rends compte ?
Mais Charlie était si douce, si innocente, persuadée que la vie était un long fleuve tranquille. Si seulement elle avait pris conscience à cet instant précis que toute son existence allait être chamboulée, elle en aurait encore plus profiter de ce bonheur. Mais pour le moment, nos tourtereaux se tombaient dans les bras de l’un et de l’autre, trop heureux pour se retenir et pour s’empêcher de se toucher. Dans un mouvement aisé pour lui, le jeune homme la souleva dans ses bras en reprenant ses lèvres dans les siennes. Charlie avait chaud, très chaud. Elle ne rêvait que d’une chose, de Kisos retirant ses vêtements pour la faire frissonner de ses baisers.
Ce qui se passa. Arrivés dans la chambre, la jeune femme se retrouva assise sur le bord du lit. Kisos allait s’allonger sur elle, mais elle le retint. Amusée, elle venait jouer avec lui en montant sur le lit pour être à sa taille. Plus simple ainsi pour l’embrasser surtout qu’il était à sa hauteur et qu’il pouvait caresser ses fesses plus aisément. Charlie riait doucement en lui laissant son cou de disponible quand elle mordait sa lèvre inférieure en agrippant sa crinière qu’elle détachait :
- Kisos.. Kisos.. Mon amour.. Mon fiancé.. Je suis à toi.. Uniquement à toi.. Toi.. Toi..
Vite, elle déboutonna la chemise du colosse pour embrasser sa peau. Il était brûlant et si parfaitement musclé. Elle en frissonnait de désir. Puis, ses doigts léger descendirent le long de son ventre pour déboutonner son pantalon. Les deux fois où ils avaient fait l’amour, il lui avait donné du plaisir mais elle se souvenait du bateau et des autres caresses possible. Descendant du lit et se retrouvant une nouvelle fois toute petite près de lui, elle plongea ses mains dans le pantalon de son fiancé pour agripper ses fesses. Pendant ce temps, sa langue et ses lèvres embrassaient son ventre et ses hanches. Ses yeux pétillaient de malice surtout en voyant la mine un peu inquiète de Kisos :
- J’ai eu un bon professeur tu sais..
Le pantalon de Kisos finissait sur le sol à ses chevilles ce qui permit à Charlie de constater qu’il était au garde à vous. Cela la faisait rougir et rire légèrement. Toujours aussi impressionnée qu’elle était par ce membre imposant. S’asseyant sur le lit et toujours en caressant les fesses du beau brun, elle passa délicatement sa langue sur toute la longueur de son membre.
- J’ai si envie de toi.. J’ai envie de toi.. Montre moi tout ce qu’il y a savoir.. Apprends-moi encore.. encore..
Elle voulait s’assurer qu’il appréciait, s’assurer qu’elle ne se trompait pas et visiblement cela avait l’air de lui convenir. C’est alors qu’elle faisait comme dans son souvenir. Le prenant en bouche, elle alternait les vitesses en accentuant ses succions et ses lèvres sur l’extrémité sensible de son pénis. Il semblait satisfait si bien qu’elle vint s’aider de sa main pour lui donner plus de plaisir. Il y avait vraiment quelque chose d’excitant à voir Kisos aussi vulnérable dans ce moment.
Au bout d’un moment, alors qu’elle accentuait ses caresses sans retenue, elle vit la mine de plaisir de Kisos et donc la jouissance proche. Elle écarta ses lèvres donc et vint l’aider à finir uniquement de sa main. Elle souriait en le voyant trembler de la sorte quand sa main était pleine de son foutre. Il semblait tout gêné de nouveau quand elle embrassait son ventre pour le rassurer :
- Tu sais.. Je suis aussi trempée que toi désormais donc ce n’est pas moi qui vais te blâmer mon fiancé.
immarcescible, Posté le samedi 09 juillet 2022 12:09 Répondre
Charlie se sentait mal. Pourquoi avait-elle abordé cette discussion avec Kisos ? Pourquoi réagissait-il aussi mal ? Elle se sentait mal, stupide et anormale. Elle ne voulait même pas savoir ce qu’allait dire sa mère. Sans aucun doute, elle allait le convaincre de repartir en Amérique puisque visiblement ils n’étaient pas faits l’un pour l’autre. C’est dans cet état d’esprit que se trouvait la jeune fille lorsqu’enfin il vint la rejoindre, persuadée qu’elle ne le reverrait jamais. Pourtant, c’est une autre conversation qu’ils eurent.
Ne tenant plus, elle se jeta à son cou tel un petit panda à son arbre. Elle pleurait non pas de joie ou de tristesse mais tout simplement de peur. Peur qu’il vienne à disparaître à cause de sa phobie des enfants et de son désir de maternité. Elle aurait voulu en parler plus longtemps mais encore une fois les voilà interrompu.
Le déjeuner du midi avait été sommaire pour la jeune femme. Elle n’avait aucun appétit contrairement aux autres qui semblaient tellement plus léger et détendu. Seule Charlie restait silencieuse et observatrice de tout. Sa mère venait pourtant la rassurer en évoquant son accord pour Paris, mais cela ne suffisait pas à la brune pour se sentir mieux. En effet, son oeil était attiré par celui de Kisos. Elle essayait de capter et de décrypter ce qu’il pouvait réellement ressentir, or là, elle en était incapable.
Pendant que les adultes faisaient une sieste dans l’une des immenses chambre du château, Charlie proposa à Kisos une balade dans les jardins. Son bras était enroulé autour de lui du brun et le chant des oiseaux les accompagnait. Le soleil était brulant aussi, ils restaient sous les ombres des immenses chênes qui les protégeaient.
- Je ne veux pas que tu te prives pour moi, lança-t-elle, je ne veux pas que tu te sentes obligé par ce que je viens de te dire. Tu.. Tu semblais si perturbé par tout ça que ça me fait peur de t’infliger mon choix Kisos.
Jusqu’à présent il avait beaucoup parlé mais c’était aussi à son tour de lui expliquer ce qu’elle ressentait. Alors elle lui dit, sa peur de voir un enfant en elle, la peur de mourir, la peur de ne plus être désirable, la peur de voir leur couple être détruit par enfant, la peur de ne pas pouvoir bien s’occuper, d’être persuadée de ne pas être une bonne mère. La certitude qui la tenaillait depuis toujours qu’un enfant n’était pas quelque chose de naturel et qu’elle ne voulait pas infliger à son enfant le monde dans lequel il vivrait :
- Tu vois bien dans quel monde nous vivons Kisos. Je ne veux pas infliger une telle chose à ce qui devrait être notre chef-d’oeuvre. Je ne veux pas qu’il souffre comme tu as souffert. Je.. J’en deviendrais folle et je serais capable de tuer tous ceux qui s’en prendraient à lui. Comment font nos parents sérieusement ? Je deviendrais une psychopathe. Tu vois bien que je ne suis pas normale.
C’était ça qui la tuait. Si Kisos était persuadé d’être rejeté, Charlie avait toujours la sensation de ne pas être normale. Elle repensait sans arrêt aux mots de ses camarades de classe qui riaient d’elle en l’appelant le monstre ou l’anormale. Cela fit naître de vieux sentiments enfoui qui la faisait trembler d’effroi malgré la chaleur. S’arrêtant près du petit cours d’eau, elle vint s’asseoir pour plonger ses doigts dans l’eau fraiche :
- Ils ont toujours dit que je n’étais pas normale pour je ne sais quelle raison et c’est toujours comme ça que je me suis sentie. Je ne veux pas infliger à cet enfant toutes les choses abominable qui font que je suis moi. Et.. Et encore une fois je ne veux pas que tu te réveilles un matin en te disant que tu as gâché ta vie à cause de moi et de ce que je ressens.
Assise sur la berge, elle n’osait regarder Kisos de peur qu’il lui dise tout simplement que c’était la fin. Cela aurait été normal en même temps. Comment pourrait-il avoir envie de continuer après d’un monstre de foire comme elle. Une femme qui voulait continuer ses études et qui ne voulait pas d’enfant. En rien elle ne rentrait dans les normes de l’époque :
- Tu as le droit de partir je.. je ne t’en voudrais pas. Maintenant que je sais que tu avais tant envie d’enfants je.. je me sens mal de t’imposer ça. J’ai l’impression de te voler un rêve et de le détruire. Ce n’est pas juste de te priver de cette possibilité surtout que.. surtout que je suis persuadée que tu serais un père merveilleux.
immarcescible, Posté le jeudi 07 juillet 2022 20:50 Répondre
Si elle avait su que Kisos se mettrait dans un tel état, elle n’en n’aurait pas parlé. Toute la journée, elle vécu seule à se demander ce qu’ils allaient devenir. Charlie se sentait tellement mal de refuser à son amant ce qu’il considérait comme acquis. Avoir sa famille semblait être un but important pour le colosse et elle ne pouvait concevoir de lui refuser une telle chose. Après s’être prise vivement la tête avec son père à ce sujet, et même si il avait été été compatissant, elle n’avait pas pu supporter ce regard de jugement qu’elle avait aussi sentie chez Kisos. Alors qu’ils venaient de toucher à la joie et au bonheur d’être ensemble, voilà que l’avenir leur fermait de nouveau les portes.
Lorsqu’il rentra enfin le soir-même, elle souffla rassurée. La peur de le revoir disparaître ne l’avait pas quitté de la journée et cela fit cesser les tremblements de nervosité de sa main. C’est avec un faible sourire qu’elle l’accueillit. C’était bien parce qu’il avait une fleur à lui offrir. Elle l’humait avec plaisir avant d’entendre le discours de son amant qui semblait ne pas avoir compris :
- Tu n’as pas compris Kisos je.. je ne veux pas du tout d’enfant. J’ai trop peur de mourir. Je sais que tu vas me trouver égoïste mais je ne veux pas d’une vie où nous serions séparés à cause d’un enfant. Je ne te blâmerais jamais pour ça mais j’ai trouvé une solution pour éviter de tomber enceinte.
Elle se mit simplement à lui expliquer les périodes d’ovulation ou encore les plantes pour faire « passer » un éventuel bébé. Charlie avait déjà tout prévu, sauf la mine circonspecte de son adoré. Venant se relever sur la marche, elle était debout devant lui et l’observait craintive. Elle voyait bien qu’il avait mal, qu’il ne savait pas comment réagir. Mordant sa lèvre inférieure, elle vint délicatement prendre sa main dans la sienne en tentant de lui expliquer :
- Nous sommes si jeunes.. Je veux profiter de ça.. Je veux pouvoir aller où je veux avec toi quand je veux.. Je ne veux pas qu’on soit embêté d’un fardeau. Je ne veux aimer que toi et ne dis jamais que tu me décevras un jour car c’est faux. Tu ne pourras jamais me décevoir parce que je t’aime Walker. Mais toi ? Est-ce que tu pourras vivre avec quelqu’un qui n’est pas capable de te donner ce que tu souhaites ?
immarcescible, Posté le mercredi 06 juillet 2022 22:17 Répondre
Encore une fois, Kisos venait de sauver Anya. Charlie n’avait pas les mots pour lui exprimer sa gratitude. Il n’y en avait aucun capable de pouvoir tout exprimer. Pour le moment, elle n’eut pas le temps de le remercier convenablement. Elle s’occupait de son petit frère et de sa mère qui avait retrouvé un peu de couleur aux joues. Anya la douce était revenue et Garrett comme Charlie en riait de bonheur. Après toutes les nouvelles promesses de bonheur que lui offrait ses parents et veillait à ce que sa mère se porte au mieux, la jeune fille rejoignit son Kisos. Elle le trouva dans le jardin, à regarder les fleurs dans le petit patio d’hiver.
Lorsqu’elle entra, elle vit sa mine inquiète et son sourire timide qui la fit fondre. Se jetant dans ses bras, elle caressa son buste en dissimulant son visage. Tout le stress des derniers jours retombaient de ses épaules :
- Tu es notre ange gardien Kisos, bégayait-elle entre deux larmes, te rends-tu compte que tu viens de sauver la vie de ma mère une nouvelle fois.. Comment puis-je te remercier de ta bonté, de ta douceur et de ton courage.. Oh Kisos.. Je t’aime tellement.. Je suis tellement.. tellement redevable..
Les mots d’Anya résonnaient encore dans l’esprit de Charlie : « il n’y a rien de plus beau que d’aimer quelqu’un plus que tout au monde », et c’était vrai même si la petite brune aimait son guerrier encore plus que l’univers. Reniflant et essuyant ses larmes, elle se laissa aller par les mains douce et magique de son amant qui caressait ses joues. Elle souriait doucement en essuyant ses yeux :
- Tu es mon leprechaun Kisos Walker.. Mon coeur magique.
Bien sûr, elle lui expliqua l’importance des contes sur les leprechaunes ce qui finit par les faire rire tous les deux étant donné la haute taille de l’amérindien. Le penchant vers elle, la brune vint lui donner un langoureux et tendre baiser malgré les quelques larmes qui quittaient encore ses joues et le remercia de nouveau.
Même si Anya dormait profondément après du petit Tommy, Garrett fit préparer un festin. Ils mangèrent tous ensemble avec les jumelles qui couraient partout dans la maison. Le blond racontait mille et une anecdotes de sa jeunesse qui faisait rire Charlie et la rendait plus enjouée. Depuis toute petite elle adorait ses histoires du moins, jusqu’à ce qu’il évoque les bêtises de la jeune fille :
- NON ! Papa.. Ne fais pas ça !
- Oh Kisos.. Tu aurais vu notre Petit Pois toute petite. Elle ne faisait que chanter et danser partout. Elle voulait devenir une chanteuse d’opéra et s’entraîner pour faire exploser les oiseaux figure-toi. Un vrai rayon de soleil qui irradiait de joie et d’entrain.
- Mh.. Tu dis n’importe quoi.
- Absolument pas. D’ailleurs, reprit-il après avoir reposé son verre de vin, tu as exactement le même visage irradiant de bonheur quand Kisos est là.
Là, Charlie ne pu s’empêcher de sourire en posant ses prunelles brillante sur Kisos. Son pied venait caresser le sien ce qui fut nettement plus aisé quand son père quitta la table un instant pour répondre à un télégramme. Profitant d’être seuls, la brune mordit sa lèvre en contemplant le jeune homme qui savait désormais utiliser toutes les fourchettes sur la table. Ce qu’elle avait rit la première fois où il avait mangé avec elle :
- Alors ? Monsieur Walker ? Est-ce que vous comptez rejoindre mes appartements ce soir ou vous désirez profiter d’une nuit seul ?
Il semblait surpris de sa demande, mais la jeune fille avait sa moue malicieuse. Ses yeux brillaient d’une insolence qui lui correspondait bien surtout qu’elle répliquait alors qu’il buvait son verre :
- Surtout que je risque d’avoir froid toute seule dans ce grand lit. Moi qui aime tant dormir nue en plus.
Son pied remontait le long de la cuisse de Kisos et Charlie bénissait qu’ils soient dans la cuisine assis à une table suffisamment proche pour qu’elle puisse laisser son pied se balader de la sorte. Arrivé près de son entrecuisse, elle pressa donc son pied dessus pour voir la réaction de Kisos quand elle mordait sa lèvre inférieure, fière du résultat :
- Imaginez.. Une pauvre petite femme seule.. Frigorifiée.. Tremblante.. Ayant les pointes de ses seins qui lui font mal tellement elles sont dressées.. Pitié.. Ne me laissez pas seule..
Ce qu’elle aimait à jouer avec lui. Mais malheureusement, son père revint et elle du retirer son pied. Si Charlie aimait le jeu, elle n’était pas encore assez subtile pour être discrète. Finissant son dessert au chocolat, elle remercia son père de sa prévenance et se leva pour aller se coucher. Embrassant son front, elle vint ensuite embrasser les lèvres de Kisos furtivement :
- Bonne nuit..
Garrett avait demandé à Kisos, pour les convenances, de ne pas partager la chambre de la jeune fille. Mais avait-il seulement penser que sa fille serait d’accord avec une telle chose ? Voyant que Kisos ne venait pas, Charlie trépigna d’impatience. Son sens moral avait du le guider à accepter la demande de son père et cela l’amusa et l’irrita à la fois. Enfilant son peignoir semi-transparent, elle descendit sans un bruit jusqu’à la chambre des invités. Lorsqu’elle ouvrit la porte, elle découvrit un Kisos allongé sur son lit à observer le plafond. Elle ferma discrètement la porte et vint à lui. Ses yeux brillaient d’effronterie dans la nuit.
- Voilà que tu me fais descendre, sais-tu que c’est grossier de faire attendre une femme dans mon monde Kisos ?
Elle riait, taquine et vint lentement faire glisser la soie de son peignoir le long de son corps. Une fois nue, elle grimpa au dessus du beau brun pour s’asseoir sur son bassin. Renversant sa chevelure en arrière qu’elle avait tressé en une longue natte, elle posa ses mains sur le buste de l’amérindien pour le caresser avec douceur :
- Kisos.. Je.. Je dois te demander quelque chose.. Mais.. Mais je ne veux pas que tu le prennes mal d’accord ? Voilà, je.. je ne veux pas d’enfants.
C’était sans doute un sujet trop prématuré pour le moment mais puisqu’ils vivaient une intimité sans protection et que l’époque ne connaissait pas encore tous les autres moyens de contraception, elle se devait d’être honnête avec lui. Craignant de l’avoir blessé, elle s’expliqua vite :
- J’ai vu ma mère tellement souffrir et l’une de ses servantes mourir en enfantant que je t’avouerais avoir une peur abominable. Et puis.. je ne sais pas si je pourrais aimer quelqu’un plus fort que toi. Je ne serais pas une bonne mère Kisos.. Je ne veux que peindre et t’aimer. M’occuper d’un enfant c’est.. ne m’en veux pas s’il te plait.. Je.. Je t’aime de tout mon coeur mais ça.. être mère je n’y arriverais pas.. Je suis désolée..
immarcescible, Posté le mardi 05 juillet 2022 20:31 Répondre
Charlie avait les joues rougies. Balottée derrière Kisos, elle souriait en coin en repensant à la folie de son amant qui venait de lui faire l’amour sur la commode. Oh que oui le Petit Pois commençait à envisager les jeux de l’amour comme une de ses activités préférées. La jeune fille gloussait discrètement derrière l’amérindien qu’elle tenait fermement entre ses petit bras. Elle avait tout de l’allure d’une adolescente transie d’amour. En même temps, comment ne pas l’être avec un si bel adonis entre ses bras. Mais surtout, il avait évoqué et surnommé la jeune fille d’un surnom encore plus intriguant.
Sa fiancée.. Ainsi il souhaitait toujours l’épouser ? Charlie n’avait pas repensé à cette histoire de mariage mais maintenant elle lui trottait dans la tête. Est-ce que Kisos voulait-il vraiment se marier à elle ou est-ce que c’était des mots lancé comme ça il y a un an ? Ou encore un des jeux de l’amour. Perplexe, la jeune fille restait songeuse mais ne pouvait s’empêcher de repenser à ses yeux brillant d’amour lorsqu’il lui avait murmuré ces mots de délire pendant l’amour. Cela faisait frissonner de nouveau son bas ventre.
Au bout d’un moment, ils arrivèrent aux fameux menhirs. Bien sûr, Charlie en avait déjà vu notamment à Mallaig. Il y avait une grotte qui plairait à Kisos elle le savait et elle comptait bien l’y emmener avant de partir en France. Ce petit détour serait l’occasion de pouvoir dire au revoir à Georgina sa nourrice qui risquerait une crise cardiaque devant Kisos. D’ailleurs, ce dernier semblait fasciné par le lieu et sauta rapidement de cheval.
La brune le suivit en prenant le panier de pique-nique et les épais plaid pour s’asseoir sur l’herbe humide. Pendant qu’elle préparait leur nid douillet, elle vit Kisos hypnotisé par les pierres. Elle en riait au début mais voyant qu’il ne réagissait pas à ses remarques, elle prit peur.
- Kisos ? Kisos ?
Un mauvais pressentiment la submergea. Persuadée qu’il allait disparaître, elle se rua en vitesse sur lui pour l’empêcher de partir. Sa main serrait la sienne fermement quand ses grands yeux vert était paniqué. Bégayant, elle posait son autre main sur sa chemise qu’elle agrippait :
- Tu.. Tu ne m’entendais pas.. J’.. J’avais peur que tu..
C’était ridicule. Comme si il allait disparaître dans des pierres. Certes, Charlie savait qu’il y avait des choses inexplicables dans ce monde mais elle n’aurait pas su expliquer cette sensation à Kisos. Elle se contenta donc de le tenir contre elle mais ne supporta pas l’entendre rigoler comme si c’était une blague. Ronchonnant, elle tapa son buste sans qu’il ne bouge d’un cil ce qui la frustra davantage :
- Ne ris pas de moi ! J’ai vraiment cru que tu allais disparaître et je crois que ta mère avait bien une raison toute particulière pour te dire de ne pas approcher ces pierres alors je te l’interdit aussi compris ? Je t’ai couru après partout en Amérique et en Ecosse, hors de question que je parte à travers des pierres compris ?
Bien sûr que si elle irait le chercher, mais elle voulait surtout lui faire peur. Rapidement, elle le contraignit à sortir du cercle et ainsi rejoindre le fameux plaid qu’elle avait installé non loin. Ils étaient installés sur un promontoire qui donnait une vue spectaculaire sur les paysages sauvages et inhabités de l’île. Charlie ronchonnait toujours même si les bras de Kisos la firent sourire un peu. Blottie contre lui, elle profita d’avoir ses bras autour d’elle pour embrasser son cou. Le vent battait derrière eux, mais ils étaient bien. Libres.
- Je n’en reviens toujours pas d’être ici avec toi, dit-elle avec douceur, je n’avais jamais osé en rêver tu sais. Jamais je n’aurais cru que tu aurais pu venir ici..
En se penchant sur le côté, elle contempla son profil et lui offrit un tendre sourire qui détendait tous ses traits. Elle n’était jamais fâchée longtemps contre lui de toute manière. Embrassant de nouveau son menton, elle demandait :
- Ta famille doit te manquer ? Tu ne veux pas qu’on rentre chez toi ? Tu es sûr pour la France ? Je ne veux pas que tu regrettes ta place de chef. C’est un destin peu commun que tu refuses quand même..
immarcescible, Posté le dimanche 03 juillet 2022 21:54 Répondre
C’est le froid qui réveilla Charlie. Il était loin d’elle, son feu de cheminée humain. Triste de ne pas se réveiller dans les bras de Kisos, la jeune femme du se faire une raison en se souvenant qu’il était partit pour gagner de l’argent pour eux. C’était si nouveau, si exaltant comme idée. Il n’y avait qu’eux deux désormais. Plus de famille, plus de contraintes ou encore de secrets. Ils étaient libres d’aller où le vent leur plairait. En se levant, elle remarqua un peu de sang entre ses cuisses. C’était la marque de sa virginité perdue, comme le disait apeurée Binki. Après avoir fait sa toilette, elle remarqua le petit mot de Kisos qui la fit tendrement sourire. Puis, elle rangea ses affaires près de celle de son amoureux, fit le lit et aéra la chambre.
Mais très vite la faim l’envahie. Alors, elle descendit au bas de l’auberge et rencontra les fameux propriétaires qui la veille l’avait ignorée. Désormais, tout le village savait qu’elle était la fiancée de Kisos Walker et le remue-ménage dans la chambre la veille ne pouvait que confirmer les rires en coin pleins de sous-entendus que la jeune femme ne comprenait pas encore. Jeune naïve.
Après avoir dévoré son petit déjeuner, elle demanda à la femme du tavernier si il y avait des endroits à visiter sur Skye. La vieille femme lui dressa une liste exhaustive de toutes les belles choses à voir et faire sur l’île avant que son mari hurle de colère après l’apprenti cuisinier qui était encore en retard. Ils s’engueulaient en gaélique violemment ce qui fit se taire Charlie un peu gênée quand sa femme soupirait :
- Mon mari est un vrai truand quand il s’agit de réprimander nos ouvriers. Pas étonnant qu’ils s’enfuient tous. Il ne me reste plus qu’à trouver un nouveau cuisinier. Comme si ça courrait les rues.
Charlie sut qu’elle avait alors une opportunité. Une fois saisie et une fois au travail, elle sut aussi qu’elle avait fait une grosse bêtise. La jeune duchesse n’avait jamais travaillé de sa vie, hormis jardiner. Ses activités consistaient toutes à la broderie, à la musique, au dessin, à la lecture. Elle avait toujours préféré être en cuisine pour observer les cuisinières décorer et faire naître ces délicieux plats qu’elle engloutissait.
C’est donc dans un moment épuisant et frustrant que Kisos retrouva sa compagne. Très vite, elle abandonna et laissa donc son adoré faire avec une aisance qui la surprenait. Elle l’écoutait parler de son père et de ses préjugés ce qui la fit rire :
- Ton père est vraiment comme ma mère. Je ne comprends vraiment pas pourquoi ils ne s’entendent pas tous les deux.. Les clichés chez eux ont la peau dure. Mais raconte-moi ta journée.
La jeune fille n’avait pas bien compris ce qu’il faisait la veille. Aussi, elle blêmit en l’entendant dire qu’i chassait la baleine. Charlie n’aimait pas du tout cette idée qui était en plus d’être dangereuse, monstrueuse. Vite, elle prit sa main dans la sienne et le supplia :
- Je t’en prie ne retourne pas sur ces bateaux. Je t’en supplie. On te trouvera autre chose mais plus jamais tu ne remontes sur ces rafiots.
Son végétarisme était un mode de vie important, mais surtout, elle savait que Kisos n’aimait pas ça non plus. Alors qu’elle serrait son bras entre ses doigts, le tavernier entra et soupira en voyant les deux tourtereaux l’un contre l’autre. Il vit aussi néanmoins que l’amérindien avait mis très peu de minutes à éplucher tous les légumes contrairement à la jeune fille et lui proposa donc le poste :
- Je ne garderais la Miss Duchesse…
- De toute façon je ne serais pas revenue, marmonnait-elle de mauvaise foi.
- … par contre toi mon garçon tu vas m’aider avec le banquet de samedi prochain. Je sens que tu vas vite faire l’affaire.
Charlie félicitait Kisos pour son nouvel emploi en tapotant dans ses mains avant de s’asseoir sur ses cuisses pour lui donner un profond et tendre baiser. Spontanée, elle laissait sa langue savourer le contact chaud de celle de son amant quand elle caressait sa crinière emmêlée. Maintenant qu’elle connaissait les délires de l’amour, elle n’avait plus aucune gêne corporelle, si bien qu’elle en oubliait les gens et la facilité déconcertante avec laquelle Kisos pouvait lui aussi réagir. Mais le cuisinier grognait et lui ordonna de quitter la cuisine en disant qu’ils avaient du travail.
Maligne, elle quitta donc la cuisine non sans avoir chipé un bout de gâteau qui trainait et rejoignit la femme du tavernier en salle. Le couple provenait du clan des McDowell. Ils s’appelaient l’un et l’autre Georges et Geillis. Cette dernière se prit de suite d’affection pour la petite Duchesse qui chantonnait en mettant le couvert du soir. Elle lui expliqua qu’ils n’avaient jamais pu avoir d’enfant et qu’elle aurait tant aimé avoir une fille comme Charlie. La jeune fille rougissait et eut une pensée pour sa mère enfermée et qui lui manquait. Cela la rendit triste mais très vite Geillis changea de sujet en lui proposant une autre activité :
- Tu sais chanter et danser ?
- Un peu oui, mais je dessine surtout pourquoi ?
- Tu pourrais monter un petit spectacle.
- Oh… Non. Tu sais, être sous les regards de tout le monde tout ça. Ce n’est pas mon truc.
- Alors tu pourrais m’aider avec le service ?
Ça, Charlie l’acceptait avec plaisir. Servir des plats n’avait rien de bien contraignant pour la jeune femme aussi, elle s’adonna à cet exercice sans crainte. Et le soir arriva d’ailleurs. Si Charlie excella, les garçons en cuisine aussi. Le plus souvent possible, la petite brune allait en cuisine pour contempler son Kisos qui coupait, faisait sauter, frire et dressait les assiettes comme le disait George. Il était si concentré qu’il la voyait à peine. Puis, la jeune fille se souvint qu’il devait être épuisé après avoir travaillé sur le balainier. Alors, profitant que la soirée soit calme, elle monta avant lui pour lui préparer une surprise.
En effet, lorsqu’il entra dans la chambre, Charlie avait allumé tout un tas de bougies et préparé un bain bien chaud. De la mousse était mise à l’intérieur et la jeune fille se trouvait elle aussi dedans et nue. Son sourire mutin sur les lèvres, elle le contemplait avec ses yeux pétillant de malice. Lorsqu’il fut devant elle, elle se leva malgré l’eau et la mousse qui glissait de son corps et apparue ainsi nue devant lui. Elle déboutonna sa chemise et voyait ses cernes sous ses yeux :
- Je suis désolée de t’avoir lâché comme ça en cuisine, dit-elle avec douceur, je t’ai préparé un petit bain pour te réconforter. Tu as le droit à un massage si tu le souhaites.
Une fois qu’elle lui eut retiré tous ses vêtements, elle le laissa rejoindre le bain faisant même renverser de l’eau sur le sol. Cela faisait rire Charlie qui vint s’installer à califourchon sur Kisos dont elle massait délicatement les épaules :
- Demain la taverne est fermée donc on va pouvoir dormir un peu. Je me suis dis que nous pourrions aller nous balader un peu sur la montagne. Que tu découvres les terres de nos ancêtres. Sais-tu qu’il y a des histoires fort étrange ici.. On dit qu’i existe des pierres debout qui ont permis à des êtres exceptionnels de pouvoir voyager dans le temps. C’était un cadeau des Dieux selon certaines personnes ou une malédiction pour certain.. Toujours est-il qu’il y a plusieurs milliers d’années, une jeune femme aurait débarqué ici. Un homme la trouva et crut qu’il s’agissait d’une Selkie. Il en tomba follement amoureux et ils vécurent heureux pendant des années en ayant même un enfant. Mais un jour, comme par magie, elle disparut. Beaucoup dirent que c’était les pierres, d’autres qu’elle avait retrouvé sa peau de phoque ou qu’elle avait été kidnappée par des pirates. Toujours est-il que son époux la chercha partout, dans le monde entier. Ils se retrouvèrent bien des années plus tard mais ils étaient tout âgés tous les deux. Ils avaient vécu de terribles épreuves mais l’un comme l’autre s’étaient aimé si follement que les dieux eurent pitié d’eux et leurs accordèrent de remonter le temps pour vivre leur grande histoire d’amour.
Kisos commençait visiblement à s’endormir, surtout avec le massage de Charlie qui descendait sur ses bras et ses mains. La jeune fille souriait et se penchait sur ses lèvres qu’elle embrassait tendrement en caressant ses joues, puis son cou qu’elle finissait par mordiller :
- Tu dors debout Soldat. Je t’ai épuisé avec toutes mes histoires, tu sors du bain avec moi ? Allons nous coucher.
immarcescible, Posté le vendredi 01 juillet 2022 21:47 Répondre
En un éclair, il l’attrape par les hanches pour l’attirer à lui alors que les mains de Charlie s'enfonçaient dans sa longue crinière et que sa bouche revendiquait la sienne. Elle gémit contre ses lèvres, ô oui elle gémit, comme sur le bateau. Cette fameuse nuit où elle l’avait tant supplié de ne pas s’arrêter. Tandis que ses mains s'affairent contre son corps qu’elle cambrait aussi contre le sien, elle murmurait de doux mots d’amour. Ses mots l’avaient tant chagrinaient dans la soirée qu’elle se sentait presque rassurée de le voir s’agripper ainsi à elle, A bout de souffle, elle murmure, comme une vague brisée, contre la peau de son cou :
- Toi.. Toi et moi Kisos.. A jamais.. J’irais où tu iras.. Peu importe où.. C’est toi mon soleil.. Mon amour.. Ma vie.. Mon pays.. Mon courage.. Ô Kisos.. Ne me laisse pas..
Vite, elle se retrouve allongée sous lui et il sait parfaitement comment la préparer. Charlie n’a rien à dire, rien à faire si ce n’est savourer. Et diable qu’elle savoure. Le souffle lui me manque quand ses lèvres fonçent en piqué vers elle. Il l’embrasse, violemment, ardemment. Leurs dents s'entrechoquent brièvement puis sa langue pénètre sa bouche. Le désir explose dans tout son corps tel un feu d'artifice et elle lui rends son baiser, se mettant au diapason de sa ferveur. Ses mains font des n½uds dans ses cheveux, les tirent fort. Il grogne, un râle venant du fond de sa gorge, bas et sexy, qui résonne en elle tandis que sa main descend le long de mon corps, jusqu'en haut de ses fesses, ses doigts s'enfonçent dans sa chair nue et le griffe comme pour le marquer.
Dans ce baiser, elle évacue toute l'angoisse et le chagrin de ces derniers jours. Elle est stupéfaite - au milieu de ce moment de passion aveuglante - de constater qu'il est dans le même état, qu'il ressent la même chose. Il s'arrache à leur baiser, haletant. Ses yeux, embrasés de désir, font bouillonner le sang déjà brûlant qui puise dans son corps. Elle en a la bouche toute amollie et elle s’efforce de remplir ses poumons d'un air devenu rare.
- Tu... Es... A moi, gronde-t-elle en accentuant chaque mot, et je suis à toi pour toujours.
Car ce soir et ce moment est la signature d’un pacte particulier, spécial qui les liera l’un à l’autre éternellement. Oh, elle se sent si heureuse, si puissante. Blottie sous lui, elle se laisse aller à ses nombreuses caresses comme la première fois où il la caressai. Son entrecuisse est frémissante, humide et bouillante. Ses pointes durcissent cherchent le contact de son buste aussi :
- S’il te plaît, supplie-t-elle dans un soupir sensuel, viens.. viens..
Elle ouvre ses cuisses et le laisse se déplacer de manière à planer au-dessus de elle. Sans détacher son regard du sien, elle le sent plonger en elle avec une lenteur délicieuse.
Charlie ferme les yeux, savourant l'ampleur, la sensation exquise de sa possession, basculant instinctivement le bassin pour aller à sa rencontre même si c’est nouveau et légèrement douloureux, pour le rejoindre. Ellegémit dans son cou pour faire le moins de bruit possible mais c’est impossible. Son corps est en éveil. Un volcan en fusion. Il se retire et l’emplit une nouvelle fois plus ardemment cette fois-ci et elle en frisson de plaisir, d’extase. Ses doigts se fraient un chemin dans ses cheveux soyeux et rebelles. Il va et vient en prenant son temps :
— Plus vite, Kisos, plus vite... je t'en prie, gémissait-elle au creux de son oreille, n’aie pas peur..
Elle levait son regard triomphant sur lui avant de l’embrasser avec fougue en le sentant se mouvoir en elle - un mouvement éprouvant et impitoyable. .. Oh, bordel - et elle savait qu'il n'y en a plus pour longtemps surtout lorsqu’elle sent ses jambes se raidirent alors qu’elles sont accrochées à lui. Et c’est à ce moment précis qu’elle se sent partir et que son corps se cabre instintivement vers le sien. Pantelante, fébrile, Charlie gémit son plaisir sans se soucier qu’on ai pu l’entendre. Peu importe. Elle venait de toucher le paradis en compagnie de son dieu, de son soleil.
Les yeux clos, elle reste enivrée de ce plaisir insolent que venait de lui offrir pour la première Kisos. Agrippée à lui, elle le laisse le rejoindre peu de temps après et se sent étrangement gênée, persuadée qu’il n’a pas eu autant de plaisir qu’elle surtout qu’elle ne voit pas avoir cette même tête adorable que la dernière fois. Inquiète, elle le regarda en caressa sa joue en balbutiant mais elle le sentit l’interrompre d’un baiser et elle l’accusa avec plaisir. Mais rapidement, elle le cessa pour murmurer des mots un peu incompréhensible pour n’importe quel mortel. Elle lui souriait en rougissant et lui expliqua :
- Je priais tes esprits, murmurait-elle tendrement, je les remerciaient de m’avoir permise de te retrouver une seconde fois.. Et d’ailleurs.. Jamais encore tu ne m’avais dis je t’aime.. Tu ne peux pas savoir à quel point je t’aime aussi Kisos Walker.. Mais.. C’était bien.. C’était bien pour toi.. Tu.. Tu ne sembles pas être venu.. C’est comme ça ? Comme ça qu’on dit ?
immarcescible, Posté le mercredi 29 juin 2022 21:18 Répondre
Comment osait-il lui reprocher son départ ? Elle était partie pour lui. Pour son avenir, pour lui laisser une chance de devenir l’homme qu’il aurait du être si elle n’était pas venue. Ne pouvant pas retenir sa colère et ses larmes et encore moins en l’entendant se dénigrer de la sorte, elle réagissait aussitôt :
- Comment oses-tu dire que je t’ai abandonné ! Je devais te laisser l’opportunité de devenir ce grand chef. Je.. Je ne pouvais pas t’imposer et te faire subir ma présence ! Je suis partie pour que tu aies une chance d’être heureux et de devenir ce pour quoi tu es né. Tu.. C’est stupide de comparer toutes nos contraintes Kisos Walker, parce que tu me connais suffisamment bien pour savoir que je me fiche bel et bien de ce monde. Je voulais juste aider mes parents et te laisser ta chance.. que.. tu..
Mais vite elle fut interrompu par le colosse qui non seulement lui expliquait ce qu’il ressentait et ses larmes. Kisos pleurait. Elle ne l’avait dans cet état qu’une fois dans sa vie et elle ne pouvait supporter de le voir s’infliger une telle chose. Elle avait mal, terriblement mal. C’était comme si elle ressentait toute la douleur, toute la peine et l’impression d’être perdu du jeune homme. Le tenant fermement contre elle, elle agrippait sa crinière qui avait si bien repoussé pour embrasser le sommet de son crâne. Comme elle voulait entrer en lui et lui faire comprendre qu’il n’était pas tout ce qu’il disait.
- Arrête, le suppliait-elle, arrête je t’en supplie.. Tu ne peux pas.. Tu ne peux pas dire ça.. Tu te rends compte ? C’est tellement faux..
Charlie était horrifiée de l’entendre dire de telles choses. Comment pouvait-il se haïr de la sorte quand elle ne voyait en lui qu’un Dieu étincelant. Elle le laissa pleurer en le serrant aussi fort qu’elle le pouvait contre elle. Les mots n’auraient pas pu l’apaiser à ce moment précis. Elle le savait bien, elle devait lui montrer ô combien elle l’aimait. Jamais plus elle ne le quitterait. Elle ne voulait même pas parler de la blonde et encore moins de l’alcool qu’il avait bu. Même si elle détestait ça, elle devait le laisser respirer aussi.
Alors, elle le suivit dans sa modeste chambre qui lui rappela la cabine qu’ils partageaient autrefois sur le bateau de Jack. Cela la fit doucement sourire et elle fut touchée de voir que son dessin de la famille Walker se trouvait sur le mur. Posant ses affaires dans un coin, elle s’appropria le lieu avec plaisir. Elle allait se retourner pour lui dire à quel point elle était heureuse d’être ici et de l’avoir retrouvé mais il la devança en parlant son potentiel retour. Mais qu’est-ce qu’il disait comme bêtise encore ?
Se retournant vers lui, elle secoua la tête comme pour effacer les larmes de colère qui allaient surgir. Non, elle devait lui faire comprendre que c’était finis ce monde. Qu’il n’y avait que lui désormais. Venant à lui, elle prit ses mains dans les siennes et le regarda fixement dans les yeux :
- Ecoute-moi bien Kisos Walker, dit-il de sa voix affirmée malgré quelques trémolos de larmes dans la voix, je ne partirais plus jamais. Je ne mérite rien de tout ce monde parce que je l’exècre. L’autre jour, tu m’as fais la plus belle des déclarations d’amour et c’est à mon tour désormais.
Prenant une ample inspiration, elle vint le pousser sur son lit pour qu’il s’asseoit. Mais surtout, pour s’assurer qu’il n’allait pas bouger elle vint sur lui à califourchon en reprenant son visage entre ses mains.
- Kisos Walker tu es le soleil de ma vie. L’amour de mon existence. J’ai naïvement cru que je pourrais vivre sans toi mais c’était faux. Je ne vis pas sans toi. Je suis une luciole sans lumière. Je suis un bateau sans phare. Je t’en supplie, tu dois me croire quand je te dis que je ne veux pas de cette existence si tu n’es pas là. Tu dois me croire quand je te dis que je veux vivre avec toi. Peu importe si c’est sur une île, sur un bateau, dans un château, dans une cabane, sur un radeau. C’est auprès de toi que je veux me réveiller tous les matins et c’est ton visage que je veux contempler le soir en m’endormant. Ça doit te sembler si banal mon amour et je suis désolée.. Terriblement banal mais je ne demande qu’à être à tes côtés tout le temps. Si pour te prouver que je t’aime je dois te suivre sur ce fichu baleinier alors je le ferais. Tu sais pourquoi ? Parce que je n’ai peur de rien quand je suis avec toi.
Elle lui offrait ce doux sourire, ce seul sourire qu’elle n’offrait qu’à lui. Se penchant sur ses lèvres, elle ne lui demanda pas l’autorisa mais elle déposa un tendre baiser. Mais vite elle du le cesser car la passion de leurs corps risquerait très vite de les consumer et elle voulait être certaine qu’il entendait ce qu’elle disait :
- Donc demain j’irais chercher un travail et on va mettre de l’argent de côté. Nous allons trouver notre paradis à nous. Il peut être n’importe où du moment que je suis avec toi et non.. non.. ne crois pas que je sacrifie quoi que ce soit. Je suis heureuse de te choisir Kisos parce que tu es mon destin depuis toujours. Tes Esprits nous ont appris qu’il n’y avait jamais de hasard. C’était écrit que tu trouverais ma route. Je me fiche tellement de mes parents, des tiens, des autres, de l’Amérique et de l’Ecosse. Je me fiche de manger du cerf, du cochon ou encore des poissons. Je te supplie de me croire quand je te dis que tu as devant toi la femme de ta vie.
Il baissait le visage et elle du le relever face au sien. Reprenant quelques baisers sur ses lèvres, elle se sentait sur le point de céder à ce picotement dans le bas ventre qui la défiait à chaque fois :
- Tu n’es pas rien Kisos Walker puisque tu es tout pour moi.. Tu es ma vie, mon souffle, mon sang, mon coeur, mon âme. Je t’interdis de redire de telles choses car c’est moi que tu insultes en disant ça. La seule erreur de la nature ce sont tous les autres tu m’entends ?
C’était quelque chose qu’elle n’avait pas eu le temps de lui montrer la dernière fois mais voilà qu’ils avaient désormais le temps de le faire. Lentement, elle dénoua le devant de sa robe qui fit tomber les pans le long de son épaule. Nerveuse, elle se retrouva les seins nu devant lui et par pudeur se cacha avec son bras. De toute manière, ce n’était pas sa poitrine qu’elle voulait lui montrer mais plutôt le bas de cette dernière. En effet, à l’emplacement du coeur, elle avait fait tatouer à Paris un soleil.
- Ta maman m’a dit que ton prénom signifiait soleil. Je t’ai marqué comme les gens le font dans ton peuple Kisos. Tu ne peux plus me repousser, c’est finis. Tu es en moi. Je ne pourrais plus jamais fuir et inversement. Tu n'oserais pas contredire tes Esprits et la tradition n'est-ce pas ?
immarcescible, Posté le mardi 28 juin 2022 19:03 Répondre
Encore une fois et encore pour son anniversaire, Charlotte Hedlund vit sa soirée tourner au drame. La jeune femme assistait impuissante à la folie destructrice et haineuse de sa mère sur Kisos quand ce dernier ne se gênait pas pour étancher à son tour sa colère. Comment réagir quand les deux personnes que l’on aime le plus s’excècrent ? Charlie était perdue mais pas Garrett. Le fait qu’il l’envoie en pension pour calmer ses nerfs confirmait bel et bien que la Duchesse était à bout de nerfs. Mais pire que tout, Kisos avait de nouveau disparu. Bien sûr, il y avait la piste de la carte mais tellement de points avaient été coloriés qu’elle ne pouvait pas savoir quel chemin il avait pris et encore moins si il était toujours en Ecosse.
Pasha n’en savait rien, Victoria non plus. Personne ne pouvait l’aider et la brune se désespérait. Un soir, alors qu’elle dînait avec son père, ce dernier brisa la glace :
- Tu savais que Gabriel Walker me racontait un jour la passion de Kisos pour les cabanes ?
- Les cabanes, demandait Charlie surprise.
- Oui, oui, oui. D’après lui, il avait toujours besoin d’être en hauteur pour avoir une vision globale des choses.
Charlie souriait, c’était bel et bien son Kisos en effet. Elle l’imaginait assez bien debout dans un arbre à observer le ciel et l’horizon. Ses cheveux au vent et son regard ardent. Oui, c’était tout à fait son amoureux. Soudain, elle eut une illumination et quitta en trombe la table. Elle se rendit dans sa chambre et sortie le fameux carton qui contenait toutes les affaires de l’amérindien qu’elle avait récupéré. Non pas pour en faire un mausolée, mais parce qu’elle savait qu’elle garderaient toujours près d’elle. Et au risque qu’il ai totalement disparu, au moins, elle aurait encore et toujours ses affaires.
Ainsi, elle ressortie la fameuse carte et fit le point sur tous les endroits qu’il avait surligné. Le seul endroit qui attira son attention était les fameuses île de Skye et plus précisément celle où se trouvait « l’homme debout », un géant tas de pierre qui, si on le grimpait, nous donnait la certitude de refouler tous nos doutes. Charlie en était donc certaine, Kisos se trouvait forcément là-bas.
Lorsqu’elle en parla à son père, il grinça des dents. Comment pouvait-il en être autrement ? Charlie lui demandait littéralement de partir à l’aventure vers les îles de Skye pour retrouver ce fameux garçon qui lui avait tant causé de soucis. Mais la jeune fille ne voyait pas les choses de cette façon et le rappela à son père à genoux devant lui quand il lisait son livre :
- Tu sais aussi bien que moi qu’il est l’amour de ma vie. Jamais je n’épouserais qui que ce soit d’autre. C’est lui depuis toujours et ce sera toujours lui.
Garrett céda et Charlie partit aussitôt au petit matin. Ayant pris son sac à dos de voyage qu’elle avait remplie de cartes, de livres et de matériels de peinture, elle partie en direction des Highland. Le voyage se fit rapidement et sans trop de difficultés, notamment grâce au confort de la première classe. Au bout de trois jours, elle posait le pied sur l’île. Il ne lui restait plus qu’à partir à la chasse au Kisos. Un tel colosse de son gabarit ne passerait forcément pas inaperçu et ça restait un début. Elle avait fait un dessin très élogieux du jeune homme et le présentait à tous les passants, mais tout le monde l’ignorait. En même temps, elle était une femme seule qui cherchait un homme. Il y avait quelque chose d’immoral pour l’époque.
En plus, la jeune fille avait troqué sa robe de duchesse pour une tenue bien plus simple et très modeste. Elle n’avait rien de royale vêtue de la sorte. Mais c’était dans ces vêtements là qu’elle se sentait le mieux. Toute la journée, elle chercha Kisos mais personne ne lui donna de réponses. Ignorée de tous, elle trouva refuge au pub où elle demanda un copieux dîner. La traversée pour venir l’île et la recherche de la journée lui avait ouvert l’appétit. Pendant qu’elle dînait donc, un brouhaha d’enfer résonna laissant entrer tout un tas de jeunes gens qui riaient fort. Ils semblaient tous saouls.
Là, dans ce troupeau, se trouvait un Kisos qui semblait avoir le pied bien plus lourd que d’habitude. Charlie se leva toute heureuse mais déchanta en voyant une blonde agrippée au dos du colosse et qui était aussi saoule que les autres. La colère montait en Charlie avec rapidité et violence. Ses yeux d’habitude si doux comme un lac d’été devenait aussi sombre et froid que du verre. Le gérant du pub se pencha sur Kisos et lui murmura quelque chose à l’oreille. Tout le village lui avait donc mentit. Tout le monde le connaissait. Le gérant du pub, Gus, lui montra du doigt Charlie qui était entrain de se lever furieuse. Elle se dirigeait vers la sortie sous les regards curieux et sérieux des autres marins qui se demandait bien qui était cette petite femme étrange.
Pendant que la brunette sortait furieuse et tentait de remettre son sac à dos, elle entendit Kisos l’appeler et la rattraper. Mais elle ne le laissa pas en placer. La fin et la frustration parlait pour elle. Mais surtout, la jalousie. La vision de cette blonde sur le dos de Kisos ne pouvait qu’exprimer une relation et ou une attirance qu’il ne devait plus avoir pour elle. Mais que diable faisait-il ici ? En habit de marin en plus !
- Fous moi la paix Walker ! Va retrouver ta blondasse ! Pendant que je me fais un sang-d’encre depuis des jours toi tu joues les fanfarons avec ton groupe de nouveaux copains ? Et bah tant mieux ! Tant mieux que tu te sois fait des amis ! Et puis non pas tant mieux parce que je t’en veux d’être partit sans rien me dire !
Elle se débattait comme une furie et réussit enfin à s’extirper de la poigne de Kisos. Des yeux curieux les regardaient se battre l’un et l’autre et les paris étaient lancé. Est-ce que la petite chose arriverait à faire plier le colosse qui titubait :
- T’es partit sans rien me dire encore une fois ! Tu te rends compte de ma douleur ? Pourquoi tu n’es pas venu me voir ? Pourquoi tu n’as pas attendu deux jours ? Tu aurais su que mon père a enfermé ma mère et que j’avais besoin de toi plus que tout ! Je te déteste d’être partit et je te déteste d’avoir cette blondasse près de toi alors que ça devrait être moi tu entends ?
La mauvaise foi, la colère, la peur et la jalousie encore une fois faisait réagir le Petit Pois. Des larmes de fureur s’échappait de ses yeux quand elle tapait avec peine le buste du colosse qu’elle avait tant repoussé. Elle était fatiguée de tout ça, fatiguée de courir après lui et tout à la fois :
- Je suis venue pour te chercher.. Pour tout vivre avec toi Kisos.. Pourquoi tu es réapparu pour ensuite disparaître ? Tu te rends compte du mal que ça me fait à chaque fois ? Je suis sure que tu as cru ma mère et c’est n’importe quoi tu le sais. Tu sais que je t’aime et que je t’admire plus que tout. Sinon pourquoi je serais venue avec toi dans le jardin. Pourquoi je serais là encore aujourd’hui ? Bon sang.. Kisos.. Ce que tu peux être aveugle dès fois.
immarcescible, Posté le lundi 27 juin 2022 18:32 Répondre
Charlie n’en revenait toujours pas. Kisos était là. Kisos l’avait sauvé des griffes de cet odieux de Villefort. Kisos avait enroulé son bras autour du sien. Kisos l’entrainait dans le jardin. Les larmes avaient laissé place au plaisir de le voir déambuler près d’elle, lui si beau dans ce costume qu’elle n’aurait jamais cru voir sur lui. Elle culpabilisait. Elle culpabilisait tellement qu’il ai tout quitté pour elle. Elle ne se sentait pas méritante de son amour. Et elle voulait lui crier dessus, le pousser à repartir et de l’oublier définitivement. Lui dire qu’il allait tomber dans un monde encore plus pervers que ce qu’ils avaient connu. Elle connaissait ô que très bien les rouages de ce monde dans lequel elle avait grandit et elle avait une peur, celle qu’ils détruisent tous Kisos.
Mais pour l’instant, elle étouffa toutes ses craintes pour profiter de ce rêve, car oui, ça ne pouvait être qu’un rêve si il était là près d’elle. Aussi dévoué, gentleman et parfaitement capable de se débrouiller dans cette micro-société.
- Je n’en reviens pas que tu sois là. Ici.. avec moi.. Je n’ai pas du tout envie de parler de ce que mes parents veulent m’imposer Kisos. Je veux juste te regarder, et te toucher. S’il te plaît.
En effet, parler de ce fameux mariage c’était évoquer les engagements auxquels elle s’était promis de tenir pour satisfaire ses parents. Si son père avait grimacé, sa mère semblait satisfaite de voir sa fille prendre conscience de l’importance de son titre et surtout d’oublier tout rêve chimérique auprès de Kisos Walker. Comme elle était étrangement naïve.
Ils longeaient le jardin d’hiver dans lequel Charlie les fit entrer. Elle lui avait parlé longuement de toutes les plantes de sa mère, de tous les aromates qu’elle y avait planté. Sa passion de la nature lui avait été transmise dès son plus jeune âge. Anya aimait à raconter que Charlie était née dans les fleurs et c’est ce qu’elle racontait à Kisos ce soir là. Elle lui parlait de chacune des fleurs, de leurs parfums, de leurs significations ici en Ecosse. Elle lui parla du fait qu’elle venait souvent ici pour dessiner et pour lire. Qu’elle aimait s’entourer de toute cette végétation pour penser à lui.
C’était comme au bon vieux temps même si certaines chose était différente. Pour commencer, il gardait une nette distance avec elle. Elle en souffrait clairement. Deuxièmement, il ne l’avait toujours pas embrassé et parlait banalité et dernièrement, il gardait une distance certaine avec elle qu’ils n’avaient jamais eu jusqu’alors.
Il était tellement gentleman, trop gentleman. Un cliché qui aurait pu la faire rire dans d’autres circonstances mais qui l’inquiétait désormais. Pourquoi ne l’avait-il toujours pas touché ? Il disait être revenu pour elle mais il continuait à être sur la réserve, à se tenir droit, et courtois. Jamais encore elle n’avait vu Kisos aussi courtois. Il avait tout du gendre idéal. Certes, il avait embrassé son front et sa joue mais ce n’était pas comme il avait l’habitude autrefois de le faire. Il restait sur la réserve. Ce qui avait toujours été l’inverse du colosse la concernant. Charlie vint délicatement prendre la main du brun et embrassa les phalanges avant de poser sa paume contre sa joue. D’une voix douce et mélodieuse, elle murmura :
- Ma plus grande erreur est d’être montée sur ce bateau Kisos.. Jamais je ne pourrais défaire cette stupide idée que j’ai eu. J’étais persuadée que tu vivrais mieux sans moi tu as raison. Parce que je ne cessais d’entendre ton père et ma mère dans ma tête. Je devais te laisser l’opportunité d’être ce grand chef. Je ne mérite pas que tu aies quitté tout ça pour moi..
Ses larmes revenaient de plus belle, elle le sentait. Alors vite, elle devait s’écarter. Le froissement de sa robe faisait un doux bruit quand elle marchait. Sa coiffure lui faisait mal à la tête et elle se sentait étouffer dans ce corset qui bloquait sa poitrine. Elle avait l’impression d’étouffer. Tournant une seconde le dos à Kisos, elle essaya de mettre de l’ordre dans ses pensées comme pour s’assurer que sa voix resterait toujours aussi calme et qu’elle ne ferait pas une quelconque scène.
- Tu risques d’être déçu.. Je ne suis plus cette Charlie que tu as connu. Je.. J’étais tellement persuadée de ne plus jamais te revoir que j’ai essayé de faire disparaître celle que tu aimais, murmurait-elle reniflant, et je vois bien que tu es déçu. Je suis si désolée que tu aies du faire tout ce chemin jusqu’ici pour te rendre compte que je ne suis pas blonde et que je ne suis plus l’aventurière qui te suivait partout. C’est un tout autre monde Kisos.. Et surtout..
Elle entendait sa respiration sifflante derrière elle. Il allait se mettre en colère, elle le pressentait et cela la fit encore plus avoir mal. Elle qui s’était jurée de profiter de ce temps de retrouvaille avec lui allait tout détruire une fois de plus. Se retournant lentement, elle leva les yeux vers lui et reprit avant lui :
- Et surtout… Je ne veux pas que tu deviennes un autre pour moi. C’est du garçon dans les bois dont je suis tombée amoureuse. Tu es si exceptionnel comme tu es, ne deviens jamais comme toutes ces autres personnes. Je t’en supplie.. Ça m’a fait si drôle quand tu aies utilisé le nom de ton grand-père tout à l’heure, pour prouver que tu valais mieux que cet abruti de Villefort. Jamais tu n’aurais fait une telle chose avant.
Ce n’était pas un reproche. C’était juste la peur pour Charlie de voir l’amour de sa vie disparaître à cause de cette société vicieuse. Elle avait peur soudainement de l’avoir blessé et elle vint rapidement à lui pour lui assurer de son affection. Reprenant sa main dans la sienne, elle la couvrait de baisers en cherchant à renouer un lien avec lui, un contact. Sa voix devenait soudainement enrouée alors qu’elle levait les yeux vers lui avec crainte :
- Tu ne m’as toujours pas embrassé Kisos alors que je ne rêve que de ça depuis que mes yeux ont recroisé les tiens.. Je t’en supplie, dis-moi que rien n’a changé et que rien ne changera. J’ai si peur tu sais.. Peur de ne plus te plaire.. Peut que tu regrette.. Peur que tu sacrifies toute cette vie pour moi et qu’ils te transforment aussi.. Alors, pourquoi ne m’as-tu toujours pas embrassé mon amour ?
immarcescible, Posté le mercredi 22 juin 2022 19:28 Répondre
Charlotte n’aurait jamais cru que c’était possible. Souffrir autant après avoir cru perdre Kisos. Voilà qu’aujourd’hui elle s’arrachait d’elle-même à l’amour de sa vie. Tournant volontairement le dos à l’Amérique, elle pleurait toutes les larmes de son corps. Tout le long du trajet, elle ignora sa mère qui se confondait non pas en excuses mais en reproche. Visiblement, Anya Hedlund avait pris la mesure de ce qu’elle avait infligée à sa fille mais cela ne satisfaisait pas Charlie. Renfermée sur elle-même, elle se préparait à affronter le destin qu’elle s’était toujours refusée à suivre. Maintenant que Kisos n’était plu là, la famille Hedlund comptait forcément sur la place privilégiée de Charlie pour consentir à un mariage arrangé. Comment ne pourrait-il pas en être autrement ?
Tout le long du trajet qui la conduisait jusqu’en Ecosse, elle ne cessa de penser à Kisos et aux promesses qu’elle avait rompu. Intérieurement, elle se sentait maudite d’avoir osé poser les yeux sur ce guerrier si fier. Son esprit faisait tout pour lui rappeler à quel point elle lui avait été néfaste et tout ce qu’il avait perdu à cause d’elle. C’était une manière assez minable de se rassurer, de croire avoir fait le bon choix. Ne pas assumer qu’elle avait tout abandonner pour sa famille était encore beaucoup trop tôt.
Lorsqu’ils arrivèrent en Ecosse, son grand père fut heureux de retrouver sa fille et son gendre. A croire que tout le monde avait parié sur le retour probable de la famille Hedlund. Jasmine commençait à faire ses marques dans le monde, même si elle était assez récalcitrante. Le contact de la richesse lui montait un peu à la tête mais les deux jeunes filles restaient malgré tout proche. Le couple Hedlund était de nouveau soudé, contrairement à leur départ d’Amérique. A croire que l’isolement sur le bateau leur avait fait du bien. Les cacahuètes se portaient à merveille quand Charlie se renfermait sur elle-même. Les mondanités n’avaient jamais été son genre, mais en revenant ce fut pire.
La vie sur le bateau ou dans la forêt lui manquait. Quand toutes les jeunes filles de son âge rêvait de mariage et de poupons, elle, ne pensait qu’aux immenses arbres de l’Amérique et aux yeux bleu et profond de son adoré. Kisos lui manquait, c’était viscéral. Elle avait laissé là-bas son âme soeur, son foyer, son futur. Tous les soirs, dans sa chambre, elle pleurait et priait secrètement les esprits de Kisos de le faire aller mieux. Elle espérait tellement qu’il ne s’était pas laissé mourir comme elle était entrain de le faire.
Comme pour conclure cet épisode de sa vie, ses cheveux étaient redevenus brun. Anya était toute heureuse de retrouver la crinière longue et soyeuse d’une nuit étoilée de sa fille, quand cette dernière ne semblait affectée par rien. La disparition de sa blondeur signifiait la fin de cette parenthèse enchantée de bonheur à peine touchée. Et puis, sans doute, Kisos ne l’aurait pas aimé les cheveux brun. Les bals ayant repris, Charlie du se conformer au rituel si ennuyant des rencontres. Il y avait là chaque samedi soirs tous les plus beaux partis d’Ecosse et d’Europe. Mais Charlie en était totalement désintéressée.
A croire que son expédition en Amérique l’avait rendue attrayante puisque tous les regards étaient tournés vers elle pendant ces soirées au grand dam de toutes les autres jeunes filles. A peine les présentations faites, Charlie trouvait toujours le moyen de s’enfuir. Généralement, elle passait son temps dans le jardin ou la bibliothèque, si le lieu en était doté d’une. Lors d’une de ses soirées, elle fit la rencontre imprévue de Pasha. Un jeune homme plus âgé qui lui aussi se cachait des attentes des jeunes filles et de ses parents. Même si il était plus âgé, ils devinrent rapidement ami ce qui permit à Charlie d’avoir au moins un allié lors de ces fameux rassemblements.
- Faire parti du beau monde Miss Hedlund ne veut pas forcément dire être civilisé.
- Merci ! Enfin quelqu’un qui a du bon sens.
Ce coup de foudre amical finit par rassurer Charlie. Il existait encore des gens qui avaient un minimum d’empathie et qui n’était pas toujours en représentation. Les deux s’entendaient tellement qu’ils se voyaient même à l’extérieur. Les Hedlund étaient satisfaits de voir leur fille sortir de nouveau. C’était la promesse d’un avenir pour elle même si elle persistait à dire qu’elle ne se marierait pas avant d’avoir finis ses études.
Pasha vivait avec ses parents tout près de la maison de Victoria Walker. Ils étaient même pratiquement voisin. Bon amis, la jeune femme n’avait cessé de parler de son neveu venant des amérique. Aussi, lorsqu’il arriva, Pasha fut instantanément foudroyé par la beauté de ce jeune homme inconnu.
- Pasha.. Je te présente Kisos, mon neveu. Pasha est le fils de bons amis à moi.. Malheureusement, ses parents sont décédés lorsqu’il était jeune.
- Et ma gouvernante est morte il y a quelques années. Me voilà seul et heureux de l’être, enchanté Kisos.
Les deux devinrent rapidement ami, mais jamais le blond ne pensa à faire le lien avec Charlie. Quelques semaines passèrent, la demoiselle revenait d’un voyage en France où elle avait pu contempler des oeuvres au Louvre. La vie bohème de cette capitale l’avait enchantée et elle en revenait ébahie, les carnets plein de croquis. C’était décidé, elle allait s’enfuir et partir vivre la vie de bohème à Paris. Mais avant, ses parents avaient organisé un bal en son honneur. En effet, elle allait avoir dix-huit ans et il fallait donc la présenter à toute la société.
Pour l’occasion, tous les nobles étaient invités. Quelques jours plutôt, le grand-père Walker arriva. Charlie était impressionnée par cet homme froid dont lui avait parlé Kisos peu de fois. Ces yeux lui rappelaient ceux de son adoré et cela lui broyait le coeur encore plus. Mais jamais, ni l’un ni l’autre abordèrent la question. La peur d’éveiller des souvenirs pour l’une et la peur du jugement pour l’autre.
Pourtant, elle entendit une conversation qui la dérangea. En effet, son père expliquait à table que l’Amérique avait de beaux atouts mais qu’elle était mal gérée à cause des états confédérés, ce à quoi James Walker répondit amer :
- La faute à tous ces amérindiens. Ils sont incapable de comprendre qu’il s’agit de nos terres désormais.
- C’est marrant vous vous exprimez exactement comme les anglais qui ont voulu vous déposséder. En attendant, vous apprendrez que votre petit-fils est un grand guerrier qui a reçu l’honneur de représenter son peuple en faisant le lieu entre les vieux grincheux comme vous et les pauvres soumis.
Garrett avait soupiré et tenté de minimiser ce que venait de dire Charlie quand cette dernière quittait la pièce. Mentalement, elle parlait à Kisos en s’excusant auprès de lui de la stupidité de son grand-père. Elle était heureuse de savoir qu’il n’avait pas pu entendre une telle chose au risque de blesser le beau brun. L’inimitié entre les deux ne fit que se renforcer lorsque Charlie, provocante, aborra fièrement le collier offert par Kisos et qui trônait sur sa robe. Mais elle s’en fichait, elle était bien trop heureuse d’avoir encore une marque du bel amérindien sur elle.
Mais le grand soir arriva. Pour l’occasion, Pasha avait revêtu son plus beau costume et passa chercher les Walker. Voilà des jours et des jours qu’il parlait de cette fête du mois. Pendant ce temps, Charlie avait revêtu une robe d’un blanc cassé ivoire où des arabesques de fleurs était cousu. Les fleurs avaient des couleurs d’un bleu pastels doux qui rappelaient les yeux de Kisos. Il s’agissait surtout de fleurs évoquant celle qu’ils avaient trouvé tous les deux lors de leur premières rencontre. C’était Charlie qui l’avait voulu. Ses cheveux avaient été tressé en une longue natte ponctuée de quelques fleurs de jasmin. Son poignet avait toujours le bracelet de son anniversaire. Elle ne se sentait pas prête du tout même si Jasmine et Binki ne cessait de répéter quelle était belle.
L’heure arrivait et tout le monde attendait au pied de l’escalier que la jeune fille se dévoile. Charlie avait horreur de ça et c’était préparé maintes et maintes fois à cet étrange exercice. Regardant ses pieds, elle descendait le grand escalier sous les célébrations des et les nombreux ragots des fameux invités. La musique résonnait dans tout le manoir et tout le monde était sur son trente et un. Charlie voulait disparaître. Elle le voulait tant que son esprit lui inventa un Kisos au fond de la pièce. Il était en costume et si beau. La jeune fille plissa des yeux et apprécia son rêve. Mais lorsqu’elle ouvrit de nouveau, elle le vit toujours, près d’autres gens qui le regardaient avec étonnement.
Etait-elle entrain de devenir folle ? Elle avait beau papillonner des yeux, il était encore là. Son corps frissonnait quand elle le vit légèrement sourire. C’était lui, nul doute, mais c’était impossible. Pendant qu’elle le contemplait visiblement choquée, sa main fut prise par celle d’un de ses prétendants qui baisait celle-ci. Ecoeurée, dégoûtée, Charlie du se retenir de retirer sa main quand son coeur était aimanté vers celui de Kisos.
- Miss Hedlund, disait le prétendant, vous êtes aussi jolie qu’une fleur des champs. Je me présente Monsieur de Villefort. Votre mère et moi-même discutions justement de votre goût pour l’art. Saviez-vous que je suis moi-même un grand mécène d’artistes ?
- Non, je l’ignorais. Excusez-moi mais.. j’ai très soif, seriez-vous aimable pour aller me chercher un verre d’eau ?
- Mais certainement Miss Hedlund, certainement. Ne bougez pas.
Penses-tu. Bien sûr qu’elle allait bouger. Ses yeux étaient voilés de larmes mais elle devait se contenir. Bougeant dans la salle sans cesser de contempler Kisos dont elle dévorait le visage, elle vint à le faire bouger jusqu’au jardin. Elle reprenait l’air et il était toujours là. D’une voix chevrotante, elle lui dit :
- C’est toi ? Je ne rêve pas ? C’est bien toi..?
Il était toujours là et il ne semblait pas disparaître. Et voilà qu’elle pleurait quand il s’avançait vers elle. Il était bel et bien là, si beau et si fier dans son costume. Elle aurait été capable de rire de douce moquerie en le voyant si harnaché dans ces vêtements. Mais pour le moment, elle venait simplement se mettre sur la pointe des pieds et caresser sa joue. Le contact de sa peau contre la sienne la fit trembler quand ses larmes ne cessaient de tomber :
- Kisos.. C’est toi.. C’est toi.. Si ce n'est pas le cas je.. je.. je ne m'en remettrais pas..
Ses deux mains se posaient sur ses joues. Elle se fichait bien du reste du monde. Il était là, c’était lui son soleil, sa lune, son souffle, sa vie. Comment avait-elle pu nier qu’il n’y aurait que lui. Les mots et les idées se bousculaient dans sa tête et elle n’avait aucune idée de de quoi dire ou faire :
- Tu es là.. Tu es vraiment là..? Mais.. Pourquoi ? Ton peuple..? Tout.. Tout le monde va bien ?
immarcescible, Posté le dimanche 19 juin 2022 19:39 Répondre
Tout allait trop vite, trop loin.
Charlie ne savait plus comment réagir. Sa mère lui hurlait dessus, les gens parlaient, Sora posait un milliard de questions Jasmine ne semblait pas affectée par ce qui se passait et Kisos disparaissait. La blondinette se retrouvait seule au milieu de tout un tas de questions et de hurlements qu’elle ne savait pas comment gérer.
- Maman je t’en prie calme-toi et laisse-moi t’expliquer.
Mais il n’y avait rien à faire. Anya était entrain dans une telle crise de nerfs qu’elle ne savait visiblement plus comment se maîtriser. Charlie était complètement dépassée et incapable d’en placer une. Mais cela ne fit qu’empirer lorsque Kisos arriva et expliqua qu’ils allaient se marier. C’était décidément la goutte de trop pour Anya qui se mit même à gifler Kisos. Comment réagir dans de telles situations ? Surtout que sa mère ne cessait de répéter qu’elle allait divorcer de son père et la ramener à Edimbourg.
Charlie était persuadée que rien ne pouvait être plus pire que les décisions tranchées de sa mère mais c’était sans compter sur un Kisos qui refusait qu’on lui retire l’amour de sa vie. Alors qu’ils embarquaient littéralement Anya pour l’enfermer, Charlie eut le souvenir violent des mots de sa mère lorsque plus jeune on l’enferma. Garrett était rentré à la maison, retrouvant une Jasmine sereine qui ne semblait pas affectée par les évènements. C’était avec beaucoup de détachement qu’elle restait spectatrice de la scène.
- Kisos ! Arrête je t’en prie ne fais pas ça !
Mais Charlie n’était pas audible. Les hommes Powhatan entouraient leur nouveau chef pour le saluer. Gabriel et Pocahontas se recentraient sur leur fils et la blonde se sentait de trop. Le fait que le jeune homme assume son choix d’être chef de son peuple devant tout le monde faisait officiellement de lui le prochain chef des Powhatan. En avait-il conscience en disant une telle chose et en cherchant de protéger Charlie ?
Rapidement donc, Charlie retourna à la maison pour y chercher son père. Lui saurait calmer sa mère. Elle le trouva avec une Jasmine méfiante même si elle semblait être plus humaine. En effet, elle avait les yeux humidifiés :
- Tu dois comprendre que je ne savais rien de ton arrivée Jasmine, expliquait Garrett, ta mère m’a toujours assuré qu’elle avait perdu l’enfant qu’elle portait et.. et je l’ai cru. Mais jamais je ne t’aurais sciemment abandonnée. Jamais.
- Pourquoi m’aurait-elle mentit toutes ces années ? Et pourquoi je devrais te croire ? Toi.. Un inconnu.
- Parce que je suis un homme qui tient toujours ses promesses.
Les explications de Garrett rassurait Charlie. La jeune fille ne pouvait se retenir et se jeta dans les bras de son père qui la serra longuement contre lui. Il n’avait pas à coeur de la sermonner après toutes ces nouvelles péripéties. Non, il ne voulait qu’une chose, tenir sa fille entre ses bras et rentrer chez eux. Jasmine observait la scène avec une pointe d’amertume dans le coeur. Il était vrai que sa mère avait toujours été spéciale mais de là à lui mentir à ce point c’était impardonnable pour la blonde.
- Je suis désolée d’avoir mis le bazar dans votre vie, dit-elle sincèrement, je vais prendre le prochain bateau et ne plus jamais vous importuner.
- Non ! Jasmine, non. Tu dois rester avec nous. Maman est juste furieuse parce que j’ai encore fugué et à cause de tout ce qu’ils ont perdu mais tu dois rester. Elle est juste triste et surprise. Rappelle-toi quand j’ai compris qui tu étais. C’était.. C’était un choc.
- Ma femme n’est pas méchante même si c’est une vraie tempête. Il faut juste qu’elle se calme. J’ai mis ses nerfs à rude épreuve depuis quelques années.
Charlie confirmait. Elle demanda ensuite rapidement à son père d’aller au village pour essayer de faire sortir sa mère de prison. En apprenant ça, Garrett se rua à l’extérieur pour secourir Anya qui ne tiendrait pas longtemps enfermée. Charlie en profita pour montrer là où dormirait Jasmine. Cette dernière pouvait se satisfaire de tout ayant eu l’habitude de vivre dans le dénuement, aussi, quand la petite Hedlund s’excusa de la petite pièce qu’on lui offrait elle la remercia chaleureusement. Les Cacahuètes étaient entrain de dormir, veillée par une Binki qui consolait son chagrin en dorlotant les jumelles.
Maintenant que tout le monde était occupé à ses tâches, la petite blonde retourna au village pour faire sortir sa mère de l’isolement obligé par Kisos. En arrivant sur la place, tous les habitants de Jamestown et les amérindiens venaient saluer chaleureusement le retour du fils prodige. Kisos était inatteignable. Repoussée par les hordes des gens heureux de revoir Kisos vivant, Charlie décida de faire justice elle-même. Quand son père parlait à Gabriel avec diplomatie, elle, elle se rendit dans ce qui servait de prison sommaire aux amérindiens. Surprenant qu’il n’y ai pas de gardes, se disait-elle. En effet, ils avaient juste fermé la porte laissant une Anya furieuse derrière les barreaux. Charlie culpabilisait d’infliger une nouvelle fois ça à sa mère. Elle savait à quel point elle ne supportait pas d’être enfermée :
- Maman.. C’est moi.. Charlie..
- …
- Maman.. Répond-moi s’il te plaît.. Je suis désolée.. Maman..
Mais Anya semblait refuser toute conversation. Alors, comme lui avait appris Millie, Charlie vint avec une épingle à cheveux ouvrir le fameux petit cadenas du verrou et ainsi ouvrir la porte. La Duchesse regardait avec distante sa fille avoir des comportements de pirate mais ne réagissait pas. Charlie venait s’asseoir près d’elle et se blottir. C’était sa mère après tout, elle avait besoin de la retrouver et de la rassurer. Elle avait cruellement peur de rentrer à Edimbourg :
- Je devais aider Kisos à rentrer chez lui maman.. Je le devais.. Et tu sais comme moi que quand l’amour..
- Il suffit Charlotte. Je ne veux pas en entendre davantage concernant ton histoire avec Kisos Walker. Tu sembles ne pas te rendre du mal qu’il est capable de faire. Comme son père. Ils sont maudits ces hommes.
- Je t’interdis de dire ça maman. Malgré tout l’amour que j’ai pour toi tu ne peux pas dire une telle chose. Kisos a toujours été un parfait gentleman à mon égard. Jamais il ne me ferait du mal sciemment. Ce n’est pas parce que tu vécu des mésaventures avec son père que ce sera la même chose pour lui et moi. Tu dois lui faire confiance comme me faire confiance, s’il te plaît.
- Comme si je pouvais faire confiance à un Walker.
C’était compliqué de faire entendre raison à Anya Hedlund. D’autant plus qu’elle semblait tellement campée sur ses positions qu’elle ne voulait pas entendre que sa fille refuserait de la suivre. Alors que Charlie allait répliquer de nouveau pour lui faire entendre raison, sa mère la devança :
- C’est ça que tu veux ? Vivre dans le dénuement le plus total ? Être l’épouse d’un homme qui a pour réputation d’être un coureur de jupons ? Ne sais-tu donc pas qu’ils n’ont pas les mêmes moeurs que nous ? Il peut prendre autant de femmes qu’il lui plaira. Une fois qu’il aura ce qu’il veut Charlie tu ne compteras plus pour lui.
- Arrête maman je t’en prie, suppliait Charlie dont les larmes coulaient car en vérité sa mère ne faisait que dire ce qu’elle-même craignait le plus, je t’en prie ne dis pas ça.. Kisos ne ferait jamais une telle chose..
- Regarde ton père. J’avais une confiance aveugle en lui et regarde ce qu’il a osé me faire, nous faire.
Il était vrai que sa mère marquait un point en parlant de son père. Même si il avait expliqué longuement à Jasmine qu’il n’avait jamais été au courant il n’en restait pas moins que la vie pouvait contenir de nombreuses surprises que Charlie ne pourrait pas toujours gérer. Comment le pourrait-elle ? Kisos allait devenir un chef guerrier d’une grande tribu quand elle n’était désormais que la fille d’un Duc et d’une Duchesse déchue ? Qui était-elle pour prétendre à aimer un tel homme que lui ?
- Nous devons rentrer, continuait Anya sûre d’elle, dès demain nous prendrons le bateau pour l’Ecosse. Je veux retrouver notre vie. Tu pourras peindre, faire ce que tu veux. On ira s’installer à Mallaig dans notre maison de campagne. Nous rentrons à la maison.. Nous rentrons à la maison.
La détermination dans le regard de Charlie lui fit comprendre qu’elle ne changerait aucunement d’avis. Comment le pourrait-elle surtout que les hommes de Kisos venaient pour virer sans ménagement Charlie de la cellule de sa mère. Malgré les protestations de la jeune fille et de la mère, ils écoutaient au mot près les ordres de leur nouveau chef. Charlie fut blessée et quelque peu malmenée jusqu’à finir attachée à une potence non loin de la forêt. Il fallut qu’elle attende le début de soirée pour qu’on vienne la détacher. C’était Sora qui l’avait trouvée. La blonde était légèrement déshydratée et ne tenait pas sur ses pieds. C’est la voix de Kisos qui la réveilla alors qu’elle plongeait ses lèvres dans l’eau fraiche.
- Ne cris pas, le suppliait-elle d’une voix enrouée par la sécheresse de sa gorge, s’il te plaît..
Sora veillez sur elle quand Kisos fut rappelé par Ona. En effet, Anya avait réussit à sortir de la cellule et se trouvait chez elle à préparer ses affaires. Jasmine était d’accord pour l’emmener en Ecosse quand Garrett tentait de la raisonner. Mais il n’y avait rien à faire, la Duchesse était déterminée. Pocahontas tentait pendant ce temps de canaliser son fils qu’elle sentait prêt à exploser quand Gabriel était raisonnable lui aussi :
- Tu devrais les laisser partir fils, dit-il enfin à l’extérieur de la maison, parfois il ne sert à rien de lutter contre le destin. Charlie n’était peut-être qu’un chemin de ta route. Maintenant qu’elle t’a ramené auprès de nous, ta famille, tu dois la laisser elle aussi vivre sa propre histoire.
Il était tard quand la jolie blonde entendit qu’on entrait dans la tente qui lui servait de refuge. Elle connaissait entre mille le pas qui arrivait derrière elle. Elle sentit Kisos se coucher derrière elle et elle se retourna de sorte à contempler ses traits. Il semblait si en colère, si frustré et renfermé. Elle vint masser ses tempes pour le détendre et caressa son nez du sien :
- J’ai bien cru que cette journée ne finirait jamais, murmurait-elle, comment te sens-tu Chef Kisos ?
C’était amertume ou colère qu’elle lui disait cela. Au contraire, elle était même fière de lui qu’il ai enfin accepté le destin qui l’attendait, même si elle savait qu’il risquait de les séparer. Cette pensée fit naître des larmes dans ses yeux :
- Je suis tellement fière de toi tu sais.. Ne doute jamais de ça.. Peu importe ce qui va se passer demain je serais toujours fière de toi. Toujours.
Il du sentir qu’elle allait dire quelque chose qu’il ne voulait pas entendre, pourtant, elle ne le laissa pas l’en empêcher. Elle vint simplement poser ses mains sur ses joues et lui donna un profond et langoureux baiser. Blottie contre lui, elle retenait ses larmes du mieux qu’elle pouvait. Mais ses lèvres murmurait entre chaque baisers des « je t’aime » remplie de sanglots et c’est épuisée qu’elle s’endormie blottie contre lui, son visage dans son cou. La fin d’une journée exténuante et pleine de choix.
Au petit matin, elle quitta les bras chaud et réconfortant de Kisos. Coupant une mèche de ses cheveux qu’elle enroula dans un ruban, elle la déposa sur sa petite commode ainsi que son médaillon où était peint un portrait d’elle. C’était un cadeau d’adieu qu’elle lui laissait car elle partait en direction du bateau de Jasmine où l’attendait ses parents. Le coeur lourd, déchiré, elle arrivait près du port lorsque la voix puissante de Kisos surgit derrière elle essoufflé. Elle aurait tant aimé ne pas avoir ça à faire :
- Non je t’en prie, répétait-elle en larmes, ne fais pas ça.. Tu sais aussi bien que moi que je dois le faire.. Tu dois me croire quand je te dis que je n’ai pas le choix.. Je.. Je ne suis pas celle qui te faut Kisos.. Je.. Ton destin est tout autre désormais et je n’en fait pas partit.. Je ne peux pas en faire partie.. Et ma famille.. Ma famille.. Je ne peux pas la laisser.. Et avec ce qui c’est passé hier ma mère n’acceptera jamais..
Elle savait qu’elle lui faisait du mal. Elle le savait parce qu’elle ressentirait la même chose si il faisait la même chose qu’elle.
- Je t’aime tellement Kisos Walker.. C’est pour ça que je dois partir.. Pour te laisser la chance d’être celui que tu dois être.. Je n’ai pas le droit de t’enlever ça.. Ce serait trop égoïste.. Tu as retrouvé les tiens.. Et.. Et je sais que tu es là.. En vie.. C’est tout ce qui m’importe.. Je t'aimerais toute ma vie Soldat..
immarcescible, Posté le mercredi 15 juin 2022 18:54 Répondre
Le retour à Jamestown était bien plus éprouvant qu’elle ne l’aurait cru. Charlie avait du mal à faire la part des choses. Kisos était lui aussi mal et ça l’ennuyait de ne pas avoir l’énergie et le courage de le rassurer. Elle-même était une boule de nerf incontrôlable. Pourtant, lorsqu’ils arrivèrent devant le manoir des Hedlund et qu’elle apprit de Ona ce qui c’était passé elle eut un élan d’espoir. Ses parents n’étaient peut-être pas aussi mauvais que les apparences lui avait laissé croire. Au moment où elle reprenait un peu de hauteur et de souffle, ce fut Kisos qui plongea. La retenant pour qu’elle annonce elle-même son retour elle comprit à quel point lui aussi souffrait.
Les autres leur laissait un moment d’intimité quand Charlie entraînait le colosse près des écuries. La blonde lui demandait de s’expliquer, ne comprenant pas ce qu’il attendait d’elle jusqu’à ce que finalement il lui avoue sa peur de les maudire, ou encore de les préparer à la nouvelle qui allait foudroyer tout le monde. La preuve, On avait eu du mal à accepter que son ami soit véritablement vivant. Qu’allait-il en être de ses parents ?
- Kisos.. Je comprends ta nervosité mais tu n’es en rien le responsable d’une quelconque malédiction. Regarde comme tes Esprits sont avec nous. Sans ça, nous nous serions jamais retrouvés. As-tu confiance en moi ?
Comme il ne répondait pas, et Charlie n’en prenait pas ombrage, elle vint se mettre sur la pointe des pieds pour l’enlacer. Elle l’enlaçait, caressant sa nuque et embrassant son menton avec douceur. Il fallait à tout prix qu’elle le ramène au village. En fait, elle avait surtout peur qu’il s’enfuit une fois qu’elle serait partie prévenir sa famille. Serrant ses doigts fermement dans les siens, elle le serra contre elle en lui disant avec conviction :
- Nous irons devant tes parents et les miens tous les deux. Et tu demanderas ma main à mes parents. Qu’il le veuille ou non je serais ton épouse donc tu dois venir avec moi. A moins que tu veuilles que je te demande en mariage à tes parents en premier ?
En plaisantant, elle espérait le dérider un peu. Attirant son visage vers le sien, elle lui donnait un premier baiser depuis la dernière fois sur le bateau. Ses lèvres étaient toujours aussi douce et chaude contre celles de Kisos. D’ailleurs, le manque se faisait soudainement ressentir et fit que Charlie s’emballa un peu trop même sur les lippes du colosse. Elle le laissa prendre le dessus un instant, échangeant avec lui un baiser non pas passionné mais urgent, tel celui d’une droguée qui reprenait sa dose, un noyé reprenant son souffle. Oui, Charlie se retrouvée blottie contre son corps si puissant quand le mur de derrière la soutenait.
- Eh ! Les tourtereaux, hurlait Jasmine au loin, vous venez ?
A regret, Charlie du se séparer des lèvres de Kisos. Ses mains tenaient fermement son dos quand elle s’était mise à se cambrer contre lui. Les joues rougies, les yeux pétillant de malice, elle riait doucement en contemplant la mine frustrée de son amant :
- Ça ne se dit peut-être pas mais.. mais j’ai très envie d’arracher tes vêtements Kisos..
Jasmine rouspétait de nouveau. Cette soeur qu’elle avait découverte et qu’elle aimait déjà la faisait rire aussi. Ils rejoignirent le groupe même si Kisos semblait encore mal à l’aise. Ona venait près de lui et semblait gêné en sa présence. Comme si le spectre de la mort avait cristallerie la distance qui s’était créé les dernières semaines avant le départ de Jamestown. Charlie laissa les garçons ensemble et rejoignit Binki qui portait le deuil et Jasmine qui semblait si insensible à ce qui se passait :
- Tu n’as pas peur ?
- Peur de ?
- De rencontrer notre père ?
- Oh.. Non.. Je n’ai pas grand chose à lui dire. Du moins, j’ai déjà tout préparé des années auparavant donc ça devrait aller vite.
Charlie avait peur de la réaction de sa mère. Plus même que celle de son père. Il était de notoriété publique à Edimbourg que la Duchesse n’était pas d’un tempérament doux et calme. Mais le Duc répétait à tout va qu’il aimait plus que tout sa tempête, ce qui avait toujours fait rêver et sourire Charlie finalement. Ils arrivèrent sur la place du village. La nuit allait tomber et le marché du soir était finis. De suite, les gardes amérindiens venaient contrôler les nouveaux venus et Charlie rejoignit la fin de procession pour rejoindre un Kisos blême. Elle tenait sa main dans la sienne fermement et reprit la marche.
- Tout ira bien.. Je ne te quitterais pas.. Reste avec moi..
Murmurait-elle à son encontre. La place se vidait quand la princesse Pocahontas était appelé avec Isha le guerrier. Mais uniquement la princesse sortit. La foule entourait Kisos, le mort-vivant qui avait disparu lors de son enterrement. La princesse avait vieillie. La mort de son adorable petit garçon l’avait détruite. L’air grave sur son visage se marqua une fois de plus en le voyant debout, vivant avec son air désolé et inquiet :
- Ki.. Ki.. Kisos ? Mon.. Kisos ?
Elle s’effondrait littéralement sur le sol, ses genoux n’ayant pas tenu le choc. Vite derrière elle apparue une Anya inquiète qui n’avait pas encore vu sa Charlie. Une voix masculine demanda à s’assurer qu’il s’agissait bien de Kisos ce à quoi Ona répondit violemment :
- Comme si on avait besoin de reconnaître notre chef Kisos Walker ! Vous le reconnaissez tous ! Laissez-lui l’opportunité de nous expliquer !
- Je demande à voir le Duc Hedlund, Princesse Pocahontas. Je me nomme Jasmine et j’apporte en gage de bonne foi deux aventuriers perdu en mer. Mais je ne vous délivrerais les otages uniquement lorsque Garrett Hedlund sera devant moi.
- Charlie ??? Mais.. Mais Que voulez-vous à mon époux petite dévergondée ? s’insurgeait Anya en retenant une Pocahontas qui la lâchait pour rejoindre Kisos.
Pendant que Jasmine s’expliquait, l’amérindienne venait prendre entre ses mains le visage de son garçon et reconnut la douleur qui l’habitait. Elle avait mal pour lui et il du le ressentir aussi puisqu’ils étaient connecté de la meilleure des manières tous les deux. La brune pleurait toutes les larmes de son corps en retenant le jeune homme contre elle. En amérindien, elle murmurait des mots doux qu’elle répétait souvent quand il était enfant. Sora entendit la nouvelle du retour de Kisos et vint vite courir à son cou en pleurant aussi :
- Duda va être si heureux.. Il ne fait que pleurer tout seul dans la grotte, expliquait-elle en larmes.
- Mon Kisos.. Que nous as-tu fait..? demandait Pocahontas sans comprendre.
immarcescible, Posté le lundi 13 juin 2022 20:08 Répondre
Bien sûr que non ! Charlie n’était pas choquée d’apprendre ce que Kisos lui avouait. Elle avait juste de la peine pour lui, pour son peuple. Son chagrin ne pu être dévoilé puisqu’encore une fois Binki venait jouer les trouble-fêtes. Le Petit Pois était une nouvelle fois chagrinée de devoir quitter Kisos surtout après ce qu’il venait de lui confier. Lui, semblait plutôt léger. Elle ne releva pas, du moins, n’eut pas le temps puisque Jasmine venait lui fait part d’une demande à laquelle elle ne s’attendait pas.
Prenant sur elle, la jeune fille tenait entre ses mains le fameux gousset aux armoires de sa propre famille. Cela n’avait aucun sens. Sa tante Lucrecia n’avait pas eu d’enfants puisqu’elle avait été jugée infertile et son père… son père.. Charlie avait du mal à faire du tri dans ses idées surtout que désormais elle avait Binki derrière ses fesses. Impossible de s’isoler et de pouvoir faire ce qu’elle souhaitait. Elle sentait un étrange sentiment de trahison et d’incompréhension l’envahir. Son père aurait trompé sa mère ? Cela n’avait aucun sens.
Le tableau parfait qu’elle s’était toujours fait de sa famille s’effritait de plus en plus. Elle avait l’impression d’avoir affaire à des inconnus qui allaient la vendre au premier monstre du coin. Dessinant trait pour trait le portrait de son père et de sa propre mère, elle ragea lorsqu’elle se rendit compte qu’ils lui avaient mentis. Mais est-ce que Anya était au courant ? Au lieu de dormir cette nuit, la jeune fille passa son temps à ruminer et dessiner.
Quand Binki se réveilla, le sol était jonché de divers dessins avec le blason des Hedlund, les Hedlund eux-mêmes, mais aussi d’autres dessins plus sombre et plus inquiétant. Comme toujours lorsque Charlie était dans sa bulle, elle déversait sur le papier blanc ce qu’elle était incapable d’exprimer. Il y avait de l’incompréhension, de la violence, de la rage dans ses dessins. La dame de compagnie s’inquiétait soudainement de voir que sa jeune protégée n’avait pas dormi de la nuit et qu’une hargne inquiétante s’était liée à elle.
- Miss Charlotte vous n’avez pas dormi ?
- Mh.. grognait la principale intéressée.
- Vous désirait que je vous fasse couler un bain.
Mais Charlie n’avait que faire de prendre un bain. Elle devait cracher de son esprit les images violentes de son père riant avec une autre femme, aimant une autre femme, ayant une autre famille. Charlie désespérait de colère et ne savait pas comment maîtriser cet odieux ce sentiment. Ne répondant donc pas à Binki, elle reprit ses dessins. Kisos travaillait certainement puisqu’elle ne le vit pas venir de la journée. Entrée dans une spirale infernale, quasi maladive, Charlie s’était mise à dessiner sur la roche même qui leur servait de mur. Binki temporisait auprès de Jasmine qui demandait à voir les fameuses ébauches et autres esquisses du petit pois mais Binki insistait pour la laisser seule. Ce fut lors du fameux repas où tout le monde se retrouvait et qu’elle vit Kisos du coin de l’oeil qu’elle se rua paniquée :
- Kisos.. Charlie elle.. elle… je ne sais pas ce qui la prend mais..
Impossible d’en parler à Kisos dans la pièce où ils étaient. Binki craignait que Jasmine les jettent dehors si jamais elle découvrait la folie de Charlie car oui, la jeune fille avait toujours eu une proportion à l’étrange. Telle mère, telle fille diraient les gens d’Edimbourg. Il est vrai que la sensibilité de Charlie l’avait parfois conduite à voir des choses qui dépassait les autres. En canalisant ces choses dans la peinture, elle avait pu vivre une existence normale, mais sans comprendre ni savoir pourquoi, elle semblait à nouveau éprise de troubles que Binki ne savait gérer. Comme personne d’autres d’ailleurs. C’était ce qu’elle expliquait à Kisos en l’entrainant vers la petite chambre qu’elles occupaient.
Charlie portait toujours son déshabillé de soie qui était complètement tâché par le fusain qu’elle étalé sur elle. Ses cheveux éparses étaient tout emmêlés. Assise sur le sol, elle regardait la fresque qu’elle avait dessiné sur le mur. Binki étouffait un sanglot derrière sa main en voyant sa jeune protégé dans un tel état. En effet, recroquevillée sur elle-même, cette dernière récitait des mots éparses qui n’avaient aucun lien les un avec les autres. Comme si elle cherchait à résoudre une énigme. Soudain, elle sentie la main puissance de Kisos dans son dos et sa voix de velours lui parler. Mais c’était juste un son. Elle ne comprenait pas ce qu’il disait. Secouant la tête négativement, elle avait toujours cette colère qui l’envahissait :
- Ils mentent.. Tout le monde me ment.. Tout le temps..
Sa voix était toute faible et pleine de tremblement. Elle répétait ça inlassablement avant de se sentir aspirée par un Kisos dont la chaleur et la douceur l’envahissait :
- Pourquoi ils mentent ? Tous.. Jure-moi de ne jamais.. jamais me mentir.. Kisos.. Je t’en supplie.. Je les hais tellement..
Elle sentait de nouveau le poids de son corps, de ses cheveux et du corps de son petit ami enroulé autour du sien. Elle entendait même les sanglots de Binki non loin. Dissimulant son visage entre ses mains elle suppliait le brun de ne pas la regarder quand elle tremblait. Elle se mit ensuite à tout lui expliquer de sa voix remplie de larmes :
- Jasmine.. Jasmine est ma soeur.. Mon père il.. il a eu une autre famille et.. il nous a mentit. Il nous a toujours mentit..
C’était son socle, son pilier qui venait de s’écrouler. Garrett était le grand bonheur de Charlie depuis qu’elle était enfant. Mais savoir qu’il avait commis une chose aussi abjecte la rendait malade. Elle n’osait imaginer la douleur de sa mère lorsqu’elle l’apprendrait. Mais pire que tout, ils étaient en danger ici aussi :
- Nous sommes sa deuxième famille.. Ma mère et moi nous ne sommes rien.. Et Jasmine va me tuer pour ça.. Je la comprendrais qu’elle nous en veuille.. Je hais tellement mon père.. Pourquoi il nous a fait ça ? Je.. Comment a-t-il pu ? Je ne veux plus jamais le revoir.. Plus jamais.
Depuis qu'ils avaient débarqué en Amérique, le monde de Charlie avait littéralement explosé. Tant en bien qu'en mal. Après tout, elle avait découvert l'amour, mais appris à ses dépend les horreurs dont était capable l'espèce humaine. Comment continuer à avoir confiance maintenant qu'elle savait que toute sa vie avait été construite sur un mensonge. Binki allait intervenir mais Jasmine déboula dans la chambre. Sans aucun doute, elle avait tout entendu. Elle se pencha sur le sol et récupéra un dessin où l'on voyait Garrett et Anya et une autre feuille avec le fameux blason des Hedlund dessiné à la perfection. Pendant longtemps, il avait s'agit du modèle préféré à recopier de Charlie. Elle le connaissait sur le bout des doigts. Il n'y avait donc aucun doute désormais sur la paternité de Garrett concernant Jasmine.
immarcescible, Posté le dimanche 12 juin 2022 22:56 Répondre
Etalée sur le sol face à une autre corsaire, ou du moins, ce qui y ressemble, Charlie est désarçonnée. Jamais encore elle n’avait rencontré une femme aussi sophistiquée dans un tel endroit. Binki crachait encore ses poumons à cause de l’eau avalée quand Kisos semblait mourir de fatigue à ses côtés. Très vite, lorsqu’il eut l’épée sous la gorge, elle se rua sur lui pour le protéger. Prête à recevoir le premier coup si il le fallait pour le sauver :
- NON ! Kisos est mon fiancé. Nous avons été attaqué par Jack Sparrow qui est en train d’attaquer Millie Birkin la tante de mon fiancé. Je vous en prie. Nous ne sommes que de simples voyageurs sans aucune prétention si ce n’est celle de rentrer chez nous.
Charlie s’exprime très bien même si elle respire fort. Kisos tremble sous elle, sans doute la redescente d’adrénaline et le froid mordant de la grotte alors qu’ils sont glacés. Jasmine pose cette fois-ci l’épée sous la gorge de Charlie et l’observe d’un oeil curieux. Il faut dire, que c’est peu commun de voir une aussi petite demoiselle protéger un colosse pareil.
- Fiancé ? Ce géant là.. Ce colosse c’est ton fiancé ?
- Parfaitement. Et il vous faudra me tuer d’abord avant de vous en prendre à lui.
Le Petit Pois montrait clairement les griffes. Mais c’était défensif. Jasmine souriait en coin, amusée. Elle se tourna ensuite vers Binki qui reprenait lentement ses esprits même si l’idée de savoir Millie dans un sale état sur l’île voisine faisait naître des larmes de ressentiments à ses prunelles. La petit blonde expliqua donc qu’il s’agissait de sa dame de compagnie et qu’ils avaient juste eu le temps de sauter du bateau et de s’enfuir. De plus en plus intriguée par cette histoire, la tenancière du lieu vint abaisser son arme. Il était clair que personne ne risquait rien venant des deux blondes et pour le moment du colosse qui reprenait lentement son souffle :
- Je me nomme Charlie, expliquait la petite blonde, et voici Kisos et Binki. Nous vous demandons l’hospitalité et de quoi nous aider à aller aider Millie. Elle est en grand danger. Jack veut la tuer juste parce qu’elle est une femme et que lors d’une mutinerie elle a gagné le droit de prendre son bateau.
Clairement, Charlie jouait double-jeu. Elle savait pertinemment que n’importe qui de censée n’irait pas sauver Millie. C’était la loi de la jungle. Mais Jasmine semblait attaché aux idéaux féministes. Aussi, elle joua de ça pour la convaincre d’envoyer quelqu’uns des gorilles qui les surveillaient :
- Je vous promet que nous ne sommes pas des agitateurs. Nous ne voulons qu’une chose, rentrer chez nous et pouvoir nous marier auprès de notre famille.
- Parce que ta famille a autorisé à ce que tu partes de chez toi avec ton fiancé ?
- Non, c’est pour ça que Binki est là avec Millie. Elles sont nos chaperonnes.
- Une corsaire pour chaperonne, vraiment ?
Ce fut alors au tour de Binki de s’insurger. Se redressant, elle défia du regard Jasmine qui replantait son épée sous la gorge de la dame de compagnie qui ne faiblissait pas :
- Oui et il s’agit de ma compagne. Voilà pourquoi leurs familles nous les aient ont confié. Je vous demanderais maintenant de nous accorder hospitalité au nom de notre sexe commun et des batailles que nous menons difficilement depuis toutes ces années face au patriarcat.
Jasmine était touché par la verve de Binki et abaissa son épée. Dans un espagnol précis, elle ordonna à ses hommes d’aller sur la fameuse île voisine et d’y aller chercher la fameuse Millie. Binki soupirait de soulagement quand Charlie laissait Kisos s’allonger sur le dos. Elle caressait sa joue inquiète en le contemplant. Il avait nagé avec une telle fureur pour les ramener au large qu’elle avait cru le perdre à plusieurs reprise. Sa peur de l’eau ne l’avait pas empêché de les sauver mais surtout, elle avait découvert un autre Kisos sur le bateau.
- On est en sécurité.. Tout va bien, murmurait-elle au brun dont elle replaçait les boucles brunes sur le front, je suis là et tout le monde va bien.. Tu nous as sauvé..
Jasmine ordonna à ce qu’on les conduise dans une pièce pour se reposer. Ils avaient pour interdiction de sortir de la grotte sous peine d’être réprimandé mais Charlie. Pour l’instant, il lui importait surtout de s’assurer que Kisos allait bien. Binki resta avec Jasmine. On dirait que cette dernière avait envie de discuter féministe avec cette nouvelle invité. Les deux amants suivirent donc le garde qui soutenait un Kisos encore hagard. Mais Charlie n’était jamais loin et agrippait elle aussi la chemise qu’il portait. Un peu plus loin donc, ils investirent dans une petite cavité qui contenait un vrai lit et de quoi se rafraîchir avec une armoire.
Charlie posa Kisos sur le lit et remercia le garde qui ferma la porte derrière lui. Le constat était simple, ils étaient les prisonniers de Jasmine mais ils avaient aussi plus de chance de s’en sortir qu’avec Jack. Vite, elle vint retirer les vêtements humide de Kisos et les mit à sécher. Nu sur le lit, elle rougissait en le voyant ainsi. Le souvenir de leurs moments d’intimité lui revint et la fit sourire. Puis, se succéda l’image rapide d’un Kisos froid qui avait tué de sang-froid. Là, elle eut un frisson de terreur qui lui fit perdre sa légèreté sensuelle.
Après s’être assurée que Kisos était couvert du drap du lit, elle vint à son tour retirer ses vêtements pour qu’ils sèchent. Dans la petite armoire, elle trouva un déshabillé en soie d’un blanc ivoire qui couvrait parfaitement ses formes. Il remontait et galbait parfaitement sa poitrine même. Ses cheveux détaché elle les laissait sécher en les coiffant assise sur le bord du lit. Elle entendit Kisos tourner et sentit son regard sur elle. Charlie lui offrit un doux sourire et vint se blottir contre lui. Avec douceur et timidité, elle embrassa son cou et son menton quand ses mains caressaient son buste.
- On est en sécurité ici.. Tu es si fort, tu le sais ça ?
Elle tentait d’effacer la violence de la scène du bateau mais c’était compliqué. Si elle n’avait toujours vu que la douceur chez lui, ce soir en contemplant son corps, elle comprenait qu’il pouvait aisément tuer. Qu’il avait certainement déjà même tué avant ce soir. Levant les yeux vers lui, alors qu’il sommeillait, elle remonta son corps contre le sien. Elle l’enroula de ses jambes, de ses bras en posant son front contre le sien. C’était s’assurer qu’il n’allait pas la quitter avant qu’elle ne lui pose la question qui lui brûle les lèvres :
- Tu.. Tu as déjà fait ça..? Tué quelqu’un ? Les irlandais ils.. ils t’ont déjà demandé ça ?
immarcescible, Posté le jeudi 09 juin 2022 22:21 Répondre
Comme Charlie aurait aimé que leur moment si doux et unique n’en finisse jamais. Comme elle maudissait le monde entier d’être capable de détruire leur intimité. Mais pour le moment, elle devait réfréner son envie de meurtre car la voix de Millie laisser présager une terrible nouvelle. En effet, une fois qu’ils eut mit un pied sur le pont à l’extérieur la jeune fille pu voir l’effroyable île de la Muerta se dresser face à eux. Un frisson d’angoisse s’empara d’elle quand elle agrippait fermement la main de Kisos. La peur l’envahissait automatiquement. Celle qui l’avait conduite à voir son adoré mourir près d’elle par exemple. Voilà pourquoi elle détestait cet endroit.
Elle allait hurler sur Kisos. Lui hurler de rester avec elle à bord mais Millie s’en chargea pour elle. Charlie la bénissait intérieur, mais la vue si terrible de Binki pleurant la fit culpabiliser. Quittant à regret un instant l’amérindien, elle vint soutenir sa dame de compagnie qu’elle considérait plus comme une grande soeur à vrai dire. L’enlaçant tendrement, elle lui demanda comment elle se sentait :
- Mal.. Terriblement mal.. J’ai tout fait de travers Miss Charlie.
- Mais non pourquoi dis-tu une telle chose, s’inquiétait la jeune fille, Millie sait parfaitement ce qu’elle fait et elle va vite revenir tu vas voir.
- Si elle ne revenait pas je crois bien que je ne pourrais pas rentrer à la maison. Et vos parents.. oh vos parents Miss Charlie.. Ils vont me faire lapider de suite en voyant ce que j’ai fais avec vous.
- Je ferais mon affaire de mes parents tu verras.
Un coup d’oeil sur Kisos lui confirma que lui aussi s’inquiétait. Adossé à la rambarde, il observait l’île au lointain. Pour occuper les esprits de Binki, Charlie lui demanda d’aller préparer du thé pour le reste de l’équipage. Cela sembla aller à la jeune blonde qui décida de foncer en cuisine préparer le fameux breuvage de tous les maux. Le petit pois en profita pour enlacer l’amérindien de ses touuuut petit bras et déposer des baisers sur son dos.
- Millie est la meilleure corsaire que l’on puisse connaître, dit-elle avec un doux sourire, et tu sais pourquoi je le sais ? Parce que c’est toi qui m’a raconté toutes ses aventures. Elle s’en sort toujours.
C’était vain d’essayer de rassurer Kisos. Son oeil était toujours capté par l’île, à l’affut de la moindre attaque du Black Pearl de Sparrow. Charlie vint prendre sa main dans la sienne et déposa des baisers sur ses phalanges pour attirer son attention :
- Elle va revenir et demain matin elle nous unira. Dans quelques heures toi et moi nous seront unis Soldat. On rentrera avec le trésor auprès de mes parents et on pourra se marier devant tes parents et les miens.. Ô Kisos.. Tes parents.. Ils vont être si heureux de te voir.
Charlie souriait de joie et de bonheur en imaginant la scène. La princesse Pocahontas et le guerrier Isha se jetant sur leur fils adoré. Cette image lui donnait des larmes aux yeux qui la faisait doucement rire. Pinçant délicatement son bras, elle le gronda gentiment en le taquinant :
- Ils vont tellement t’accaparer que tu n’auras plus de temps pour moi tu verras. Je n’ose même pas imaginer Sora.. Elle va tellement être heureuse elle aussi. Bon.. Il n’y aura que Ona qui va gronder. Il n’aura plus le droit de m’approcher d’aussi près je me trompe ?
Parler de tout comme de rien pour être certaine de lui changer les idées. Mais Kisos était difficile et Charlie savait que tant que Millie ne serait pas sur le bateau il ne se dériderait pas. Alors, elle voulut lui laisser un peu d’air et lui expliqua simplement qu’elle allait aider Binki à préparer le thé. En descendant, elle s’étonna que tout soit silencieux. Et en effet, quelle surprise. Le fameux Robert, vieux vicieux qui l’avait prise pour une sirène tenait Binki en joue. La théière était sur le sol et le thé coulait sur le bois. Charlie allait hurler mais une main poisseuse se posa sur ses lèvres quand un rire bas et trop bien connu la fit frissonner :
- La petite sirène.. Tiens donc.. Sais-tu que tu es très recherché à New-York ? Je connais certains irlandais qui seraient ravis de te retrouver, comme mon petit bâtard. D’ailleurs, où est-il ?
Charlie ne pouvait pas parler, ni bouger. Des mains fortes la maintenait dans l’obscurité. Jack s’approchait d’elle et la jaugeait avec intérêt et ricana sans faire trop de bruit de nouveau. Lui faisant un clin d’oeil, il murmura comme s’il s’agissait d’un secret :
- Tu vas me permettre de me payer toute une île entière tu le sais mon petit ? Toi et le bâtard vous êtes deux espèces rare. Mais avant.. Mais avant, dit-il en perdant son sourire, où est la dernière pièce que ce petit enfoiré m’a volé ?
immarcescible, Posté le mardi 07 juin 2022 22:35 Répondre
Mentalement, Charlie prend des notes de tout. La mine cramoisie et si étrange de Kisos la fait sourire. Il est si adorable à tout lui expliquer, si patient qu’elle se sent encore plus en confiance. Allongés l’un face à l’autre, elle le contemple en frissonnant. Elle aime sentir ses doigts effleurer sa peau de la sorte. Une délicieuse chair de poule l’enveloppe quand ses yeux brillent d’un nouveau feu.
Finalement, ce soir ne sera pas le soir. L’un comme l’autre ont bien compris qu’il fallait être patient. Charlie était peut-être confiante, mais elle avait besoin aussi de temps. Elle cherchait la douceur de son amant, rien de plus désormais. Venant se blottir contre lui et dissimulant son visage dans son cou qu’elle embrassait délicatement, elle murmura :
- Tu as raison personne ne m’a jamais rien expliqué. Ce sont les filles de l’internat qui parlait de ça comme d’une corvée.. Mais elles n’avaient pas dit en effet que vous éclaboussiez ainsi les draps.. Elles disaient que c’était un devoir odieux que la femme devait faire pour satisfaire son mari mais..
Elle rougissait à l’idée d’évoquer ce qu’elle ressentait mais la confiance qu’elle avait en Kisos était beaucoup plus importante que tout. Alors, gardant son visage dissimulé, elle reprit d’une voix faible pour que lui seul entende :
- Quand nous étions sur le bateau vers l’île de la Muerta et bien.. et bien j’ai imaginé tes mains et tes lèvres sur moi et j’ai.. et j’ai caressé mon corps.. Je ne pouvais pas croire que ce que ces filles disaient étaient vrai. Je veux dire.. Dès que tu prenais ma main ou que tu me serrais contre toi j’avais besoin de sentir ta peau se fondre dans la mienne..
En expliquant cela, elle aussi se mit à caresser plus précisément le buste de Kisos. Il respirait fort et son parfum de cèdre envahissait les narines de la blonde. Elle souriait en embrassant sa pomme d’Adam quand ses jambes s’enroulaient autour des siennes. Cette nouvelle promiscuité entre les deux lui plaisait. Ils se découvraient différemment, se dévoilaient l’un à l’autre sans se dissimuler désormais :
- Tu parlais tout à l’heure d’attirance et bien je ressens ça pour toi depuis le début.. Même quand tu avais tes grands airs de guerrier amérindien j’avais envie de te toucher.. La vie sans toi était fade Kisos.. Tout prend une dimension plus intense quand je suis avec toi.
Enfin, elle se redressait et comme tout à l’heure, revint s’allonger sur le corps imposant du colosse. S’amusant à enrouler ses doigts autour des boucles brune du beau brun, elle en profita pour embrasser malicieusement la gorge, la mâchoire et enfin les lèvres du brun. C’était doux, tendre, loin de la passion dévorante tout à l’heure. Comme si la mesure était de maître le temps qu’elle s’ouvrait un peu plus à lui :
- Dis.. Tu es attiré par moi du coup ? Parce.. Je te l’ai déjà dis mais toi jamais..
Elle le voyait froncer les sourcils ce qui la fit sourire. Sans aucun doute, il faisait semblant de ne pas comprendre. Alors, Charlie caressa de son nez celui de Kisos et murmura contre ses lèvres qu’elle embrassait tendrement :
- Je t’aime Kisos et je sais que tu le sais parce que tu as survécu le jour où je te l’ai dis. Sur le bateau où nous rentrions.. Je t’ai dis que je t’aimais et tu es resté vivant. Je n’aurais jamais la prétention de dire que je connais tes esprits mais ils ont su à quel point mes sentiments étaient sincère et ils t’ont amené à moi.
Charlie rougissait en disant cela. C’était la première fois qu’elle lui disait de vive voix alors qu’il était face à elle. Se redressant lentement sur lui, à califourchon, elle tentait de regarder ailleurs. Ses mains dessinaient des formes invisibles sur son buste quand son bassin se mouvait lentement contre le sien pour exprimer sa gêne et sa peur que ce ne soit pas réciproque. Peut-être l’aimait-il simplement comme une amie et auquel cas, elle s’était totalement ridiculisée.
- Tu as le droit de ne pas.. de ne pas ressentir ça je.. je ne t’en voudrais pas.. En même temps je le comprendrais.. Je veux dire.. Regarde-moi.. Je ne suis que moi.
immarcescible, Posté le lundi 06 juin 2022 12:50 Répondre
Charlie n’avait connu quelque chose d’aussi intense. Son corps tremblait encore des milliers de voltiges offert par Kisos. Sa tête lui tournait et elle avait du mal à reprendre son souffle. Les joues rougies, elle ouvrait les sur le jeune homme sans retenir son sourire satisfait. Ses mots si attentionné la fit frémir une nouvelle fois de sensations nouvelles qui la surprenait. Il avait eu une bonne idée en l’emmenant dans sa petite et modeste chambre. Au moins, ils étaient à l’abris des allers et venues des autres. Lorsqu’il fut remonté à elle et qu’elle pu embrasser ses lèvres, elle en profita pour enrouler jambes autour de ses hanches. Elle le cherchait, le taquiner en mordant délicieusement cette lèvre inférieure ou encore ce cou si puissant :
- C’est toi qui est inoubliable Kisos Walker.. N’aie pas peur de me toucher.. Je sais que tu ne me feras jamais de mal.. J’ai confiance en toi.. Totalement..
Pourtant, elle avait envie à son tour de le toucher. Dans un mouvement gracieux et impulsif, elle vint changer leurs positions. Charlie se trouvait à califourchon sur Kisos et le contemplait avec un désir insolent. Ses yeux hurlaient de désir, elle voulait le consommer, le goûter à son tour. Même si elle avait encore envie qu’il s’occupe si particulièrement d’elle, la jeune fille aussi voulait le découvrir. Sa main se plongea dans sa crinière blonde qu’elle rejeta en arrière dévoilant ainsi la poitrine ronde et menue qu’elle dissimulait. Kisos était un dieu dont le regard d’un bleu intense la troublait.
- Tu ressembles à un dieu.. Tu es mon dieu soleil.. Je fonds lorsque tu me touches.. Lorsque tu me regardes..
Lentement, elle déposait ses lèvres sur son buste. C’était à elle de le découvrir, de le caresser. Comme il l’avait fait avec elle, elle s’amusa à jouer avec ses pointes jusqu’à ce qu’elle l’entendit grogner. Cela l’amusa. Puis, pendant que ses mains caressaient les hanches du colosse, elle glissa lentement jusqu’à ce que le fameux pénis au garde à vous de monsieur se retrouve entre ses seins. Le brun semblait trembler de plus belle. Charlie découvrait la mécanique des corps et visiblement, ce sexe était la source de tous les plaisir de Kisos. Son oeil était intense, et elle sentait bien qu’il allait être encore plus excité si elle le touchait. Se redressant, elle vint donc timidement poser ses doigts frais sur le bas de sa verge avant d’aller et venir.
L’entendre gémir de la sorte la fit encore plus réagir. Du moins, son bas ventre. La jeune femme mordait sa lèvre en contemplant cet étrange sexe qui semblait gonfler encore plus. Elle avait peur de mal faire mais Kisos semblait ne pas s’en plaindre. Un jour, elle avait entendu les filles de son internat dire que les hommes aimaient qu’on les prennent en bouche. Charlie n’avait pas compris à ce moment là mais soudain, elle prit la mesure de cette information. Peut-être devrait-elle essayer.
Elle vint donc se pencher sur sa verge et la lécha de tout son long avec douceur avant d’enfouir son gland rosie entre ses lèvres. Le suçotant lentement, sensuellement, elle prenait plaisir à l’avoir en bouche un instant. La déesse intérieure de son bas ventre faisait des bonds d’excitation certain. Sauf que le visage de Kisos changea de tout au tout. Il semblait proche d’un état particulier et elle avait peur de l’avoir choqué :
- Je.. Excuse-moi.. Je.. Je pensais que tu aurais aimé.. Pardonne-moi je suis.. je n’ai jamais.. Pardon Kisos..
Vite elle retira ses mains, persuadée d’avoir mal fait surtout que la tête de Kisos avait cette moue d’incompréhension. Craignant de l’avoir choqué, elle se recroquevilla sur le bout du petit matelas. Si lui savait parfaitement comment la toucher c’était parce qu’il avait connu beaucoup de jeune filles. Comment pouvait-elle rivaliser avec elles ?
- Je suis désolée.. Je ne sais pas comment on fait.. Je ne voulais pas te choquer.. Ne m’en veux pas s’il te plaît..
immarcescible, Posté le vendredi 03 juin 2022 22:10 Répondre
Le feu entre ses cuisses se répandaient dans son corps en entier. Charlie Hedlund se consumait comme une glace devant le soleil. Oui, Kisos était son soleil. De sa pauvre petite inexpérience, la jeune fille s’étonnait de voir que son amant était aussi épris d’elle. Comment le pouvait-il alors qu’elle le touchait à peine. Pourtant, elle lui rendait son baiser avec cette même fougue et passion qu’ils y avaient mis lors de leurs deux derniers. La blonde agrippait fermement la crinière bouclée du grand brun, quand l’autre se tenait à son épaule. Timidement, elle laissait sa main caressait sa nuque, puis son dos, ses fesses quand elle-même poussait des gémissements plaintif d’une sensualité qu’elle ne se connaissait pas. Elle comprenait mieux pourquoi Binki était incapable de se tenir soudainement.
Mais ce qui l’excitait encore plus finalement, c’était de voir qu’elle faisait autant d’effet à Kisos. Jamais personne ne l’avait touché comme il le faisait. Même elle n’avait pas osé faire aller et venir ses doigts sur sa peau comme il le faisait. Ses hanches se cambrèrent et ses cuisses s’ouvrèrent lorsque les doigts immenses du colosse se posèrent sur sa boule de plaisir. Un cri rauque résonna dans la pièce. Prise de cette même folie, elle osa poser sa main sur la bosse qui durcissait dans le pantalon de Kisos et qui semblait être la source de son propre plaisir :
- Kisos ! Ne.. Ne.. Ne t’arrête pas ! Je.. Mon dieu !
Elle croyait que cela lui aurait fait plaisir mais il la quitta trop brutalement. Les lèvres entrouvertes rouge et gonflées, les cheveux en bataille,, les yeux brûlant d’un désir insolent et sa poitrine dévoilée par dessus son corset lui donnaient des allures d’amante impudique. Or, Charlie n’avait aucune idée de la souffrance de Kisos et du besoin qu’il devait avoir de la toucher, d’assouvir un tel désir, une telle excitation.
- Le.. Le.. Je..
Incapable de le contredire quand son propre corps était affamé de toucher et de lécher celui du bel amérindien. Elle le laissa revenir à elle, répliquant encore et encore l’importance des traditions. Qu’est-ce qu’elle en avait à faire des traditions ? Après tout, elle ne croyait même pas en Dieu. Alors, lorsqu’il s’approcha de nouveau d’elle, elle en profita pour lui faire ce regard auquel il ne résistait jamais et le caresser distraitement. Comme ça fonctionnait si bien. Jouant de son bassin pour sentir encore la source chaleureuse et intrigante de cette bosse secrète, Charlie attira de plus belle Kisos et ses lèvres contre les siennes.
C’était fait exprès de faire tomber sa manche le long de son bras. Il n’y avait aucune peur pour Charlie, aucune gêne. Kisos était l’amour de sa vie, son âme soeur, son meilleur ami. La seule personne en qui elle avait une confiance aveugle. Ils échangeaient entre deux baisers des murmures de passion et d’amour éternel quand elle agrippait plus fermement sa crinière pour qu’il ne la lache plus jamais. Elle avait malicieusement enroulée ses jambes autour de ses jambes pour le garder prisonnier de son corps avant de succomber lorsqu’il lui murmura qu’elle le rendait fou.
Il n’y avait pas plus excitant pour une jeune fille si peu confiante d’elle de savoir une telle chose. Elle mordait avec passion la lèvre inférieure de Kisos, et murmura d’une voix fiévreuse lorsqu’il lécha ainsi son cou :
- Je veux que tu sois le premier.. Le seul Kisos.. S’il te plaît.. Je t’en supplie.. Ne t’arrête pas.. Jamais..
Elle le sentait hésiter mais elle prit les devant. Le repoussant fermement elle plongea ses prunelles d’un vert électrique dans les siennes. Reprenant son souffle, elle descendit de la table en laissant les lambeaux de sa robe glisser le long de son corps. Mais avant de commencer à se déshabiller, elle déboutonna la chemise de Kisos qu’il retira rapidement. Cela la fit sourire :
- Tu es pressé, demandait-elle malicieusement, depuis quand tu as envie de moi ?
Une fois qu’il fut buste nu, elle retira alors à son tour sa robe qui tomba totalement sur le sol à ses pieds. Avec prudence, elle retire les agrafes de son corset avant de le faire lui aussi tomber au sol. Timide soudainement, elle baissa les yeux en rougissant. C’était la première fois qu’elle se retrouvait nue devant un homme. Mordant sa lèvre, elle posait sa main sur ses seins et sur son sexe par pudeur pour se cacher. Elle avait peur du regard de Kisos et de ne pas lui plaire. Alors, elle vint se blottir contre lui pour mieux embrasser sa peau et caresser son dos.
Ses lèvres et ses dents parcouraient le buste si puissant de son amant qui contenait malgré tout de nombreuses cicatrices. Elle avait envie de pleurer en voyant les horreurs que lui avaient infligé ces affreux irlandais. Pendant qu’elle humait et léchait lentement ses abdos, ses mains passaient sous son pantalon et agrippaient ses fesses brûlante et musclées. Petite, elle pouvait sentir contre son ventre la bosse palpitante qui tapait contre le tissu du pantalon pour s’échapper.
- Je suis à toi Kisos.. S’il te plaît.. Fais-moi tienne.. Pour toujours.. Si tu veux de moi.. Je te veux tellement si tu savais..
immarcescible, Posté le jeudi 02 juin 2022 08:41 Répondre
Charlie a littéralement la tête qui lui tourne. Les aveux de Kisos, les causes de ce mariage forcé, le dilemme et le chantage de ses parents puis enfin Millie qui possédait la fameuse pièce. C’en était trop pour la blonde qui avait ses mains sur ses tempes comme pour arrêter l’odieux tournis rieur qui résonnait dans son esprit :
- Stop ! Stop ! Arrêtez tous ! Stop, hurlait-elle et réveillant par la même occasion l’équipage en entier, je vous en prie arrêtez de vous disputer !
Imaginer sa famille dans le besoin effrayait Charlie. Non pas qu’elle était vénale, absolument pas, mais elle pensait à ses petites soeurs et à sa mère qui auraient besoin de cet argent pour vivre. Dans son monde c’était une certitude, mais comment le faire comprendre à Kisos ? Décidant de quitter le pont pour fuir le groupe qui se disputait sur son avenir, elle alla se réfugier à l’arrière du bateau. Il y avait un petit emplacement couvert du vent par les fenêtres de la cabine de Millie. Charlie se recroquevillait sur elle-même en contemplant l’eau défiler sous le bateau et qu’elle voyait disparaître lentement à l’horizon.
Elle n’avait qu’un souhait à ce moment précis, rentrer chez elle et vivre normalement, comme au début. Tranquillement auprès de Kisos avant que les questions de mariage, de malédiction et de trésor dissimulé ou perdu viennent la hanter. Elle était fatiguée de tout ça et encore plus du poids qu’elle avait sur les épaules. Repartir à la chasse au trésor c’était l’assurance de prendre encore des risques et de laisser Millie porter le poids d’un sacrifice l’ennuyait.
Des pas venaient près d’elle mais elle ne reconnaissait pas le son régulier et lourd de Kisos. Elle allait rouspeter Binki de la laisser tranquille mais ce fut Millie qui arriva. Surprise, la blonde l’observa avec méfiance. Que lui voulait la pirate ?
- Je peux m’asseoir près de toi, demandait-elle, juste un moment.
- Oui.. C’est ton bateau après tout.
- C’est pas faux !
Assises l’une à côté de l’autre, elles écoutaient le son tranquillisant des vagues s’échouer sur le bois solide du navire. Charlie regardait devant elle, le menton posé sur ses genoux quand Millie soupirait une nouvelle fois mais sur sa cigarette :
- Nous avons décidé de partir en direction de l’île. Le trésor permettra à tes parents de ne pas envisager un quelconque mariage. Tout est bien qui finit bien, ne t’en fais pas petite perle.
- Je ne veux pas que tu te sacrifies de la sorte.
- Pour le bonheur de Kisos je ferais n’importe quoi.
- Mais si je n’étais pas ce qu’il attendait ? Je veux dire.. Peut-être que ce qui lui plait c’est qu’on soit toujours empêché de se trouver ? Et si.. Et si au quotidien il se lassait de moi ? Je ne voudrais pas que tu te sois sacrifiée pour rien.
- Tu doutes de lui ?
- Non.. Je doute de moi. De ma capacité à.. à le satisfaire.. à le rendre heureux.
Millie souriait avec douceur. C’était assez rare d’ailleurs de voir apparaître un tel sourire sur ses lippes. Jetant son mégot sans vergogne dans l’océan, elle se pencha sur la petite blonde près d’elle pour frotter son dos :
- Si tu te poses ce genre de question ça veut simplement dire que tu es tout à fait légitime pour lui. Je ne l’ai jamais vu aussi épris de quelqu’un. Près à affronter toutes ces difficultés juste pour une personne. Et tu le sais au fond de toi aussi Charlotte Hedlund. Mais tu as peur..
- Peur de quoi ?
- Peur des conséquences que peut avoir votre amour sur vos famille par exemple.
C’était vrai. Charlie avait peur du regard de sa mère, elle qui haïssait Gabriel Walker ou même son père très protecteur qui risquerait de tuer de ses propres mains Kisos. Bien sûr que Charlie avait peur. Elle ne voulait pas que sa famille soit ruinée à cause de son amour égoïste pour Kisos.
- Nous allons trouver ce fichu trésor et tu pourras sauver ta famille. Quand ce sera fait, Kisos pourra ensuite te demander en mariage en bonne et du forme, d’accord ?
Mais Charlie ne répondait pas, elle avait besoin de réfléchir. Millie l’a laissa donc seule mais très vite Kisos surgit. Son pas pressé et lourd la fit doucement sourire. Elle lui tendit sa main et l’attira près d’elle. Se réfugiant contre son unique et seul ami, amoureux, elle dissimula son visage contre son buste, réconfortée par ses bras puissant.
- Tu crois que tes Esprits voudront de moi dans ta vie ? J’ai vraiment l’impression d’être une vraie calamité pour toi depuis que je suis arrivée.
Lentement, elle se souleva et vint s’installer à califourchon sur les cuisses du jeune homme. Ses doigts caressaient avec douceur ce visage qui la hantait depuis qu’elle l’avait rencontré. Ils effleuraient ses pommettes, ses yeux, ses lèvres qui faisait naître un doux chatouillement dans son ventre. Charlie rougissait en imaginant les lèvres de Kisos sur son corps. En relevant ses prunelles, elle mordillait sa lèvre. Son front venait rencontrer le sien la faisant se rapprocher de lui plus étroitement. Elle entendait ses mots de tout à l’heure, lui disant qu’il n’y avait qu’elle qu’il voulait près de lui. Elle tellement envie d’y croire :
- Tu es d’accord pour aller chercher ce trésor, sauver ma famille de la ruine et t’unir à moi avec le handfasting ?
Relevant légèrement son visage, elle caressait de son nez le sien avant de prendre une mine plus sérieuse. C’était beaucoup pour elle en si peu de temps mais elle devait lui avouer, quoi qu’il lui en coûte :
- Je ne pourrais passer une journée sans que tes lèvres touchent les miennes Kisos.
immarcescible, Posté le lundi 30 mai 2022 23:10 Répondre
Le baiser de Kisos était totalement différent de celui de cet après-midi. Charlie sentait cette possession avide surtout quand ses mains la soulevait aussi aisément pour la poser sur le petit tonneau. Elle aurait aimé que ce moment ne cesse jamais. Le souffle court, le coeur battant la chamade, ses yeux brillaient avec intensité. Son sourire faisait régner une joie sur son visage. Pourtant, le moment de grâce et d’excitation céda trop rapidement. Kisos était empressé, nerveux et lâcha une bombe au milieu de sa déclaration d’amour.
- Qu’est-ce.. Qu’est-ce que tu racontes..? Kisos..?
La douceur n’était plus maîtresse de l’instant. Comme Charlie aurait aimé entendre les mots passionnés et de mariage de son amoureux dans un tout autre contexte. Abasourdie et apeurée, il tentait vainement de la rassurer mais elle perdait pieds. Jamais ses parents n’auraient fait une telle chose. Ils connaissaient bien trop le goût de leur fille pour la liberté, pour la beauté et l’amour. Jamais ils n’auraient orchestré une telle horreur dans son dos :
- Tu.. Non.. Ce n’est pas vrai.. Ils ne peuvent pas.. Non.. Kisos..
Mais Kisos ne riait pas et elle savait qu’il ne mentait pas. Jamais il ne pourrait lui mentir sur un tel sujet. Vite, elle devait reprendre ses esprits et vite devait réagir. Le brun se mettait à genoux devant elle, la demandant une nouvelle fois en mariage. Il avait mille et un projet et il disait exactement les mêmes qu’elle lui avait confié lorsqu’il était entrain d’agoniser. Le moment était tellement inapproprié et tellement loin de tout ce qu’elle avait fantasmé. Charlie avait toujours eu l’âme d’une grande romantique et voir Kisos lui demander sa main faisait chavirer son coeur mais la rendait malheureuse à la fois. Elle aurait tant voulu que ce soit fait dans les meilleures conditions que juste celle de se marier pour contrer l’autorité de ses parents.
Descendant de son tonneau, elle vint s’agenouiller devant Kiso dont elle prenait avec délicatesse les joues entre ses mains. Elle tremblait et posait son front contre le sien comme pour calmer l’ardeur de l’amérindien qui la pressait contre lui :
- Tout va trop vite.. Laisse-moi réfléchir souffler à ce que tu m’annonces et ce que tu me demandes s’il te plaît.
Non pas qu’elle n’aimait pas assez Kisos pour l’épouser mais elle pensait surtout aux conséquences. Si ils se lançaient dedans ils seraient lapidés par leurs propres parents et surtout, elle devait savoir dans quel contexte et pourquoi les siens avaient pris une telle décision. Après un moment de réflexion, elle déposa un tendre baiser sur la commissure des lèvres de son adoré et lui murmura sa réponse :
- Je ne rêve que de ça être ta femme Kisos mais j’aurais préféré que tu me fasses ta demande dans un autre contexte que celui-là. C’est pour ça que je vais devoir la refuser..
Elle le sentait commencer à s’agiter sous ses mains, aussi, elle resserra sa poigne contre les joues du brun pour capter son attention car elle n’avait pas fini :
- Ecoute-moi, laisse-moi finir.. Il existe une tradition en Ecosse.. Elle.. Elle s’appelle le handfasting.. C’est un rituel celte qui provient de nos ancêtres où on l’on procède à un rite de fiançailles devant témoins. Nous vivrons comme un couple marié pour une durée d’un an jour pour jour. Personne ne pourra nous séparer et.. et si tu te rends compte que tu ne m’aimes pas vraiment comme une épouse tu pourras gagner ta liberté à la fin de l’année. Mais surtout.. ça obligera nos parents à nous écouter.
Secrètement, Charlie avait surtout peur que Kisos se soit emballé. Millie l’avait bien dis dans l’après-midi et Gabriel aussi, Kisos aimait les femmes et s’était bien souvent amouraché d’autres jeune fille. La blonde avait peur que ce soit pareil avec elle et qu’une fois qu’il eut ce qu’il voulait, ce besoin primaire, il l’abandonne ou se lasse d’elle. Le Handfasting était la parfaite solution pour pouvoir continuer à être tous les deux sans que personne ne les arrêtent et consolider ou non leur relation. Le voyant un peu calmé, elle vint enlacer ses hanches pour dissimuler son cou contre son buste. Elle devait lui dire ce qu’elle avait sur le coeur, même si elle était effrayée :
- J’ai peur que tu te sentes obligé de m’épouser pour me sauver et je ne veux pas de ça.. J’ai peur que.. J’ai peur que tu te lasses de moi comme avec ces autres filles. Je ne le supporterais pas si c’était le cas, confiait-elle un sanglot dans la voix, je ne suis qu’une source à ennui depuis que je suis arrivée et je ne veux pas que tu sois en conflit avec ta famille, ton peuple. Je serais toujours à toi, jamais je n’épouserais Edward, mais.. mais je ne veux pas que tu m’épouses juste pour ça. Je veux que tu en aies vraiment envie. Tu comprends ?
immarcescible, Posté le mardi 24 mai 2022 22:17 Répondre
Charlie maudissait intérieurement Millie et Binki. Elle maudissait toutes les personnes qui se mettaient en travers de Kisos et d’elle. Ce dernier avait pris à son compte toute la faute de ce fabuleux moment. Malgré ses protestations, tout le monde s’était sans aucun doute mis d’accord pour dire que c’était de sa faute alors qu’elle l’avait attiré contre elle. Même si il s’était parfaitement défendu, les Blondies avaient décidé d’être une mauvaise foi légendaire. C’est une fois arrivée sur le bateau, dans sa cabine que la jeune fille éclata contre sa dame de compagnie :
- Mais laisse-moi vivre Binki ! Qu’est-ce que ça peut faire que je veuille embrasser Kisos Walker ! J’ai.. J’ai le droit de pouvoir ressentir des choses dans ce monde oui ou non ?
- Miss Charlotte calmez-vous ce n’est pas digne d’une Lady.
- Je m’en fiche d’être une lady ! J’ai envie d’embrasser Kisos et je le referais ! Avec ou sans ton consentement !
- Oh vos parents.. Oh vos parents !
- Parce que tu crois que mes parents ce sont des enfants de choeur ? Rah.. J’en ai marre de vos moeurs ridicule ! Kisos n’a rien fait de mal, JE me suis jetée sur lui. C’est moi qui avait envie que ses mains me touchent, de goûter à ses lèvres. Tu as détruit un moment qui aurait pu être parfait Binki..
La colère laissait place à la déception et la tristesse. Oui, Charlie était triste désormais. Le moment le plus excitant et euphorisant de toute sa vie avait été détruit par les autres. Recroquevillée sur elle-même, elle marmonnait dans son coin toute seule laissant à Binki le soin de sortir de leurs cabines pour rejoindre le pont. Millie et Kisos ne revinrent que dans la soirée, au moment de reprendre la route. La blonde avait finalement accepté de continuer le voyage mais sous conditions que Millie allait accepter :
- Je ne veux plus que vous restiez tous les deux sans chaperons. Miss Charlie est très spontanée et je ne veux pas qu’elle prenne des décisions qu’elle puisse regretter. Non pas que je ne vous apprécie pas Monsieur Kisos mais.. mais notre petite Charlotte est.. elle est promise à quelqu’un d’autre figurez-vous.
- Quoi ? Mais à qui, demandait surprise Millie qui raffolait des ragots, pourquoi ne pas m’en avoir parlé ?
- Parce que c’est un secret que ses parents m’ont demandé de tenir. Mais Miss Charlie est promise au Duc de Sandringham.
- Hein ?? Ce vieux croûton ? Mais il a au moins soixante-ans !
- Non ! Pas lui, son fils.. Le jeune Duc Edward. Il me semble que vous l’avez rencontré à l’anniversaire de Charlie d’ailleurs.
Il s’agissait de l’homme que Kisos avait surnommé la « sardine ». Charlie ne savait rien de cette nouvelle. Elle aurait bien était capable de s’enfuir définitivement en apprenant une telle chose ou encore d’incendier la maison de ses parents pour se venger. Aussi, Binki demanda aux deux de ne pas vendre la mèche.
- C’est un mariage important qui va unir deux familles, expliquait-elle, qui va lui permettre d’évoluer dans les meilleurs cercles de la haute société. Monsieur Edward a bien voulu attendre qu’elle finisse ses études mais je crains qu’avec cette expédition il demande à l’épouser au plus vite. Vous rendez vous compte, elle va devenir Duchesse et voyager dans le monde entier. Elle aura tout ce qu’elle veut ! Monsieur Kisos, vous comprenez bien qu’il en va aussi de la sécurité de notre Charlie. Nous ne voudrions pas qu’elle fasse une bêtise. Surtout après tout ce qu’elle a traversé ces derniers mois.
C’était sans aucun doute une petite pique à l’attention de Kisos qui s’était fait passé pour mort. Après avoir confié ce fameux secret, Binki retourna dans la cabine pour se coucher auprès d’une Charlie qui marmonnait toujours. Mais cette fois-ci, ce soir là, elle décida d’outre passer les règles une fois de plus. Attendant patiemment que sa dame de compagnie dorme, elle sortie discrètement pour rejoindre Kisos. Elle devait lui parler, le voir. Ils avaient pris le large depuis le début de soirée et le temps était doux.
En sortant de la cabine, elle n’eut presque pas froid. En tournant en direction du petit pont, elle reconnut la silhouette de son ami. Son sourire naissait une nouvelle fois sur ses lèvres comme toujours lorsqu’il s’agissait de lui. Elle était heureuse de voir qu’ils avaient eu la même idée. Rapidement elle le rejoignit et riait doucement en le taquinant. Il avait l’air si soucieux, il devait s’en vouloir à cause de cet après-midi, mais rapidement elle le rassura. Le contournant, elle vint se blottir contre lui quand son visage était radieux :
- Arrête de bouder Walker.. Je ne regrette rien de cet après-midi.. Tu n’aurais pas du tout prendre sur tes épaules quand on sait tous les deux que c’est moi qui t’ai pervertit.
Mais il ne répondait pas. Avait-il encore peur des répercussions. Charlie tentait de le garder près d’elle mais il semblait ne pas vouloir la tenir dans ses bras. Elle embrassa timidement son cou en se haussant sur la pointe des pieds et murmura dans un aveu :
- Recommence s’il te plaît.. J’ai tellement attendu que tu m’embrasses..
Elle avait envie de lui dire tout ce qu’elle ressentait, les aveux qu’elle lui avait fait quand il était mourant. Lui dire tout simplement que c’était lui et personne d’autres. Prenant son visage entre ses mains, elle l’attira vers le sien, profitant d’être enfin seule avec lui. Naïvement, elle espérait qu’ils allaient vivre leur amour au grand jour et qu’en rentrant, ils pourraient enfin être heureux ensemble. Charlie avait lu tout un tas d’histoires d’amour et elle avait l’impression d’être une grande héroïne de roman. Auprès de Kisos elle se sentait si forte et vulnérable à la fois. Elle se sentait elle-même.
- Embrasse-moi Kisos.. Ne t’arrête pas.. Jamais.. Jamais..
immarcescible, Posté le mardi 24 mai 2022 11:48 Répondre
Toute la nuit, les Blondie crurent qu’elles étaient seules. Kisos et Charlie avaient peu dormi puisqu’elles n’avaient pas arrêté de se donner vraisemblablement du plaisir. Les deux adolescents en riaient avec discrétion et en avaient profité pour discuter. Même si ils avaient clairement envie l’un et l’autre de s’embrasser, il semblerait qu’ils avaient conclu d’un commun accord silencieux que ce n’était absolument pas le bon moment. Parlant toute la nuit de tout et de rien comme à leur habitude, ils s’endormirent tard, toujours blotti l’un contre l’autre. Depuis qu’elle avait retrouvé Kisos, Charlie dormait profondément. Son petit chauffage personnel lui permettait de ne plus avoir froid du tout, surtout quand ses pieds glacés rejoignaient les jambes bouillantes du colosse.
Au petit matin, ils se levèrent tard. Charlie grogna en sentant son ami bouger, surtout qu’elle dormait bien contre lui. Mais les Blondie étaient déjà sur le quai-vive et il fallait rapidement bouger. Millie savait qu’un bateau partait pour la Virginie là où ils trouveraient le fameux chêne et la piste de Jack.
- Aux dernières nouvelles il cherchait la dernière pièce près de Williamsburg. Je sais que tu n’aimes pas cette ville Kisos et encore moins l’idée d’être aussi près de tes parents mais on a pas le choix. La vieille Aponi est forcément dans ce coin là. Si on en croit les projections de ta mère, tout se finit toujours où ça a commencé, en l’occurence, Jamestown.
Charlie n’était pas ravie à l’idée de repartir sur les terres de leurs parents. Elle craignait qu’on les reconnaissent et qu’ils soient de nouveau capturés ou pire encore redonné à leurs parents. Même si les Walker revivraient en apprenant l’existence de Kisos, elle voulait avant tout le sauver de cette malédiction. Or, si ses parents apprenaient ce qu’elle s’apprêtait à faire, ils l’enfermeraient pour toujours. Prenant discrètement la main de Kisos dans la sienne, elle la serra fortement comme pour y trouver le courage nécessaire de retourner là-bas.
- Si tout se passe comme prévu, continuait Millie, mon cher Kisos tu seras présent pour l’anniversaire de ta mère. Et je n’avais pas prévu de cadeau pour ce jour là donc on dira que c’est toi.
Le pragmatisme de la corsaire faisait rire Charlie dont les yeux brillaient soudainement d’espoir. Oui, elle n’avait aucun doute sur l’issue de la mission dans laquelle ils se lançaient. Binki avait encore et toujours les joues rosies et jamais la jeune Hedlund ne l’avait vu autant sourire de la sorte. Avec Kisos ils en riaient discrètement avant de retourner dans la chambre pour préparer leurs affaires. Là, la blonde se remémora le fameux baiser de la veille. Une part d’elle, égoïste, aurait voulu que Kisos soit aussi attaché à elle qu’au produit qui le rendait dépendant. Mais c’était ni plus ni moins que de l’amour égoïste d’adolescent. S’assurant qu’il allait bien et que sa main tremblait moins, elle lui apporta du chocolat qu’elle avait caché de son sac :
- J’adore le chocolat, expliquait-elle, mon père m’en offre à tous mes anniversaires et je le mange en une journée ce qui est triste parce que je n’en n’ai plus le reste de l’année. Mais tiens.. Je te le donne. Il vaut mieux être accro à ça que ce que te donnait ces affreux irlandais.
C’était de bon coeur qu’elle lui donnait. Elle allait répliquer qu’elle voulait aussi être le palliatif à sa souffrance mais Binki surgissait en les pressant, comme une bonne dame de compagnie le ferait. Quand Kisos rejoignit Millie sur le pont du bateau impressionnant, Binki prit Charlie à part.
- Miss Charlie je suis désolée pour hier je.. je ne sais pas ce qui m’a pris.. Miss Birkin était..
- Eh, ne te justifie pas Binki. Je suis heureuse si tu l’es c’est le plus important.
- Mais ma conduite a été parfaitement irresponsable ! Désormais vous passerez vos nuits avec moi. Ce qui c’est passé hier ne pourra plus jamais se produire.
- Mais Binki..
- Non c’est un ordre Miss Charlie, la coupait-elle, rappelez-vous que j’ai décidé de vous suivre et de vous aider mais sous mes conditions.
Charlie ne pouvait pas combattre sa dame de compagnie puisqu’elle avait raison. Le bateau avait quitté le port sans encombre ce qui semblait avoir rendu Kisos nerveux. Le manque d’opium ou la peur de rentrer chez eux ? La blonde venait à son coté pour s’assurer qu’il allait bien et lui raconta une histoire d’enfance :
- Un jour j’ai fais une fugue avec Casse-Noisette. Mes parents n’avaient pas eu le temps d’écouter la pièce de théâtre que j’avais fait du coup j’avais décidé de fuir jusqu’à Mallaig pour la raconter à mon grand-père, lui m’écoute toujours. Je me suis perdue deux heures dans les bois et j’ai eu une tonne de shortbread avec du chocolat chaud. Je ne suis pas persuadée que c’est ce qui m’attendra à la maison quand ils apprendront que je suis à nouveau sur la route.
Il semblait encore plus soucieux. Vite, elle devait le rassurer et c’est en voyant son air pâle qu’elle comprit. C’était ce fichu mal de mer. Rassurée, elle vint l’attirer près d’elle après s’être assise sur un tas de grains. Massant ses tempes et sa nuque, elle lui rappelait de respirer et de penser à des choses agréables le temps que le mal passe.
- Pense à ce qui te rend joyeux.. Pense à ce qui te fait plaisir.. Pense au soleil.. Au lac.. Pense à tout ce qui te donne envie de te lever le matin..
Etrangement, il semblerait qu’il se soit assoupi ce qui fit sourire la jolie blonde. Le début du voyage se passa tranquillement mais comme promis, Binki interdit à Kisos et Charlie de dormir ensemble. Tout le monde était déçu, Millie la première. C’est avec un regard désespéré que la petite blonde regarda Kisos partir dans l’autre direction avant d’être enfermée par sa dame de compagnie qui voulait veiller à protéger sa « petite fleur innocente », ce qui avait valu un « eurk » de dégoût de la part de l’intéressée.
Ils voyagèrent ainsi quelques jours seulement. Difficile pendant ce temps là d’avoir un peu d’intimité pour les deux amis. Ils étaient constamment surveillés par Binki qui veillait à ce qu’ils ne se rapprochent pas trop physiquement. Son but était de s’assurer de la pureté de Charlie puisqu’elle considérait avoir échoué dans toutes ses autres tâches. Elle évitait aussi Millie à chaque fois qu’elle la croisait. Rien de plus gênant sans aucun doute pour le quatuor puisque chacun savait ce qui s’était passé entre les deux jeunes femmes. Un matin, ils firent escale sur une petite bande de terre. Charlie eut une idée. Profitant que Millie soit proche de Binki et qu’elles discutaient des prochaines escales, elle prit la main de Kisos dans la sienne et les fit quitter discrètement le navire.
L’escale devait durer toute la journée, le temps que les marins remplissent les cales d’eau et de nourriture auprès du petit village du coin. Charlie voulait donc en profiter pour passer une journée loin de Binki qui les privaient d’intimité. Elle riait, fière de son plan quand Kisos suivait un peu inquiet. La spontanéité de la jeune fille risquerait un jour de coûter cher au colosse plus réfléchi qu’elle. A bout de souffle à cause d’avoir couru, elle riait en voyant la mine soucieuse de Kisos :
- Tu as peur d’une dame de compagnie, toi le grand Soldat Kisos ? Dois-je te rappeler que quand je t’ai rencontré tu bombais le torse en me faisant croire que tu étais un immense guerrier ?
Elle se moquait gentiment de lui tout en s’approchant de l’eau du lac pour l’arroser un peu. Taquine, elle se mit à s’enfuir lorsqu’elle le vit s’approcher pour la pousser dans l’eau. Rapidement rattrapée par lui, elle trébucha et il vint à tomber sur elle. Charlie riait toujours bloquée sous le poids du brun dont les cheveux commençaient à repousser en bouclettes adorable. Comme par instinct, ses doigts vinrent les caresser quand ses jambes remontaient le long des hanches de Kisos. Son jupon glissait et dévoilait légèrement le haut nu de sa cuisse. Charlie avait le souffle coupé, surtout en sentant le brun de nouveau si proche d’elle, comme l’autre fois. Son coeur battait si fort quand elle cherchait une nouvelle fois à trouver les mots. Que disait les adultes dans de tels moments ? Que devait-elle faire ?
Elle ne se rendait pas compte que son bassin dansait lentement sous le sien et que ses doigts agrippaient sa nuque et sa crinière comme pour l’empêcher de partir. L’autre main caressait distraitement son dos dont elle avait relevé le tissu qui le couvrait. Elle le sentait de nouveau, ce désir palpable, intense. Ses yeux fixaient les siens, dans l’attente d’un rapprochement. Non, dans l’attente de ce baiser dont elle rêvait chaque nuit et qui avait conduit à devoir prendre deux douches par nuit.
Son nez caressait le sien avec douceur jusqu’à ce qu’enfin ses lèvres frôlent les siennes. Leurs souffles étaient fort à l’un et à l’autre et les oiseaux chantaient près d’eux. Charlie souriait, son corps s’électrisait et ne pouvant plus attendre une seconde plus, attira fermement le visage de Kisos près du sien pour enfin poser ses lèvres sur les siennes.
C’était encore mieux que dans ses fantasmes. Charlie sentait son corps entier s’électriser. Sa bouche encore innocente des baisers lui en donnait un avide, passionné qui n’avait rien à voir avec celui d’une ingénue. Ses doigts pressaient la peau de Kiso. Elle le désirait sans se rendre compte dans quel piège délicieux elle tombait. Il allait clairement être son opium à elle. Sa langue rencontrait la sienne ce qui faisait frissonner et pousser un gémissement plaintif, le même que lorsqu’elle avait osé se caresser sur le bateau de Jack. Charlie ne savait plus où elle habitait et elle aurait voulu que jamais il ne cesse, mais Kisos se retira brusquement ce qui la laissa pantoise. Les lèvres et les joues rougies, elle le contemplait de son iris brillant :
- Je.. Je.. Excuse-moi.. Je ne voulais pas.. Je ne voulais pas te forcer..
immarcescible, Posté le dimanche 22 mai 2022 13:13 Répondre
Difficile pour Charlie de se défaire de ce fameux sourire. L’effet Kisos. Si Binki se doute que quelque chose cloche, elle est loin d’imaginer que le colosse dissimuler sous le lit en est la cause. Fermant discrètement la porte de sa chambre pour que son ami puisse respirer, la jeune fille vint aider sa dame de compagnie à ranger et nettoyer un peu :
- J’aurais besoin d’un peu d’aide pour quelque chose de spécifique en effet, lui dit-elle en mettant les formes, voilà je dois travailler sur le corps masculin et vu que je ne peux pas voir des hommes nu je me suis dis que tu pourrais aller me chercher des vêtements pour homme. Tiens, voilà les mensurations.
- Je ne comprends pas grand chose à votre peinture Miss Charlie. Mais.. Mais à voir votre sourire je cours de suite chercher ça.
Binki partie, Charlie pouvait rejoindre Kisos dans la chambre. Il s’était assis sur le bord du lit et son regard d’un bleu velours l’envoutait. Difficile de retenir cette impulsion qu’elle avait de lui sauter dessus. Mais il semblait encore si faible et si peu sûr de lui qu’elle ne pouvait pas lui parler de ses sentiments. Et puis, après tout, comment pourrait-il en avoir pour elle avec tout ce qu’il vivait en ce moment.
- Le plan est simple, dit-elle, je vais envoyer Binki chercher Millie pendant que nous allons retrouver ta grand-mère. Si tout se passe comme je l’ai prévu on n’aura pas besoin de prévenir mes parents et nous pourrons partir tranquillement sans que qui ce soit s’en rende compte.
En disant cela, la jeune fille avait sortit un sac et y mettait quelques vêtements, ses carnets de dessins et de la nourriture. Elle était sûre d’elle, pleine d’énergie et de projets. A croire que les six derniers mois s’étaient envolé pour laisser ressurgir la fameuse Charlie que tout le monde avait toujours connu. Pendant qu’elle faisait plusieurs allers-retours, elle voyait la souffrance du manque envahir de nouveau Kisos ce qui l’inquiétait. Le voyage risquerait d’être compliqué si son corps était aussi tétanisé par la douleur.
Venant s’asseoir près de lui, elle massa sa nuque pour tenter de lui faire penser à autre chose, comme elle l’avait fait lorsqu’il avait eu le mal de mer sur le bateau. Sa mine inquiète resurgissait quand elle déposait un baiser sur son épaule :
- Je suis là désormais tu n’es pas tout seul, murmurait-elle, j’ai confiance en toi. Je sais que nous allons y arriver, tu sais pourquoi ? Parce que tu es fort Kisos Walker. Tu es plus que fort même.
Toujours tactile l’un envers l’autre, elle ne pouvait s’empêcher de caresser sa nuque et d’embrasser encore sa peau nue. Charlie en voulait plus. Son corps était elle en manque de lui. C’était encore quelque chose de nouveau pour la jeune fille qui rougissait de ce souvenir sur le bateau où ses mains avaient exploré son corps en pensant au jeune homme. Sa main descendait lentement le long du dos du beau brun, le caressant quand elle relevait ses prunelles d’un vert-bleu doux.
Le picotement dans son bas ventre revenait et elle mourait d’envie de plonger ses lèvres sur celles entrouverte de Kisos. Un frisson la submergeait quand elle le vit se pencher lentement vers son visage. Le souvenir de son anniversaire et de presque baiser échangé revenait aussi. Charlie plissait ses yeux, fébrile en posant son autre main sur le buste du beau brun quand son souffle se stoppait. Elle avait envie de lui dire mille et une chose mais elle en était incapable, la tension était telle qu’elle sentait sous sa main la pulsation du coeur de Kisos tapait à mille à l’heure.
- JESUS MARIE JOSEPH !
Binki était rentrée et aucun des deux ne semblait l’avoir entendu. Une fois encore, ils furent stoppés dans un élan tendre parce une tierce personne. La dame de compagnie se tenait debout devant la porte d’entrée, les vêtements pour Kisos dans les bras. Charlie sursauta et se souvint que non seulement un homme était dans sa chambre alors que c’était interdit et surtout qu’il était soit-disant mort.
- Binki, non, non, non ne crie pas !
Vite, Charlie se leva et fit entrer sa dame de compagnie qui balbutiait effrayée. Persuadée d’avoir vu un fantôme. Pâle, elle s’apprêtait à tomber dans les pommes mais la jeune Hedlund la rassura en la faisant asseoir sur l’une des chaises. Rapidement, elle lui expliqua dans les grandes lignes ce qui c’était passé et ce qu’ils s’apprêtaient à faire :
- Et parce que vous croyez que je vais vous couvrir Miss Charlie ??
- Non, pas me couvrir mais m’aider tout simplement.
- Ahahah non, non, non ! Certainement pas ! On va tout de suite prévenir vos parents et ceux de Monsieur Kisos. Vous rendez-vous compte de l’histoire dans laquelle vous voulez m’embarquer ? Je n’ai jamais signé pour une telle chose !
Elle avait de quoi être en colère. Depuis des années, Charlie la faisait bien tourner en bourrique en effet. Mais cette fois-ci, la jeune fille ne lâchait pas et la suppliait à genoux de les aider. Binki était ferme mais elle connaissait le tempérament imprévisible de sa jeune maîtresse et elle savait que de toute manière, elle agirait comme bon lui semblait. Après avoir calmé ses esprits et bu un verre d’eau servi par la blonde, elle lorgna avec appréhension sur le jeune homme tout penaud. Finalement, elle acquiesça à la demande de Charlie mais sous condition :
- Nous allons tous les trois chercher cette corsaire et nous irons ensuite tous les quatre chercher les fameuses pièces. Il est hors de question que vous partiez tous les deux. Regardez où ça vous a mené les dernières fois !
Charlie souriait, satisfaite d’avoir sut faire changer d’avis Binki. Tapotant dans ses mains, elle la remercia avant d’embrasser sa joue et de regarder Kisos avec confiance. Oui, Charlie rayonnait de confiance, persuadée qu’ils allaient réussir.
- Miss Charlie vous allez écrire plusieurs lettres à vos parents que nous posterons à différents endroits. Vous leur ferez croire que vous faites un voyage avec l’école et j’approuverais de mon côté. Bien, demain nous partons pour Brooklyn, si ce que vous me dites sur cette Millie est vrai elle est sûrement là-bas. Les ports abondent de corsaire.
Et en effet, le lendemain, ils partirent en direction de Brooklyn. Pour s’assurer que personne ne reconnaisse Kisos. Ils quittèrent l’appartement très tôt le matin. Il avait un physique trop reconnaissable pour ne pas passer inaperçu, aussi, Binki avait tout prévu en commandant une calèche. A croire qu’elle avait déjà vécu clandestinement. Tout avait été préparé minutieusement par la jeune femme. Pour la nuit qui précéda leurs départs, elle avait exigé que Charlie dorme avec elle ce qui avait valut une grande frustration pour la jeune fille. Savoir Kisos si proche et ne pas être dans ses bras l’avait empêché de dormir.
Ainsi, dans la calèche, elle se posa contre lui et dormit un peu sa tête sur son épaule le temps du voyage. Pour quitter Manhattan et aller à Brooklyn il fallait toute une après-midi à cette époque. Aussi, Binki en profita pour discuter un peu avec Kisos pendant que la jeune Hedlund dormait en demandant des précisions sur cette fameuse Millie à retrouver. Après avoir une sorte de portrait-robot de la corsaire et déposé les adolescents à l’auberge, elle partie à sa recherche. Charlie dormait encore dans les bras de Kisos quand ils entrèrent dans la fameuse chambre.
- Personne n’entre dans la chambre Monsieur Kiso, bien compris ? Je reviens dans une heure pour le souper.
Elle était si conventionnelle Binki qu’elle avait des faux airs de gouvernante. Laissant les deux amis dans la chambre, elle partie ensuite sur le port inspecter les visages. Elle marcha ainsi un moment avant que le petit talon de sa chaussure cède à cause du pavé. Grognant et pestant d’avoir cassé son talon, elle vint s’asseoir sur un petit tonneau pour inspecter les dégâts. C’est là qu’une voix féminine lui demanda avec amusement si elle avait besoin d’elle. Binki soupirait en levant les yeux au ciel et répondant :
- Je ne suis pas une jouvencelle ayant besoin d’être aidée. Passez votre chemin merci.
- Oh.. Mais nous avons affaire à une lady ?
Le ton si moqueur de la jeune femme fit rager Binki qui croyait qu’il s’agissait d’une prostituée. Pourtant, en levant les yeux elle reconnut les traits fins et angélique que Charlie avait dessiné. Elle avait cru que la jeune fille avait embellit la personne sur le papier mais il n’en était rien. Millie Birkin était vraiment d’une beauté intense qui éblouissait déjà Binki. Le tricorne sur la tête et le sourire insolent ne pouvait pas être une coïncidence. Le hasard ou les esprits avaient finalement bien fait les choses, puisque la première partie du plan se déroulait pour le moment sans accro.
immarcescible, Posté le samedi 21 mai 2022 14:24 Répondre
Le corps de Kisos était non seulement couvert de blessures mais aussi décharné. Le voir manger de la sorte l’inquiétait. Mais plus que tout, ses mots lui brisèrent le coeur. Charlie ne pu retenir ses larmes lorsqu’il lui dévoila avoir besoin d’elle. Elle aurait voulu lui hurler qu’elle aussi avait besoin de lui, qu’elle était incapable de vivre sans lui mais l’émotion l’en empêchait. Sans attendre qu’il lui demande, elle vint rapidement à son côté et même si il était assis, elle le prit dans ses bras. Sa joue humide était posée sur le sommet de son crâne qu’elle couvrait de doux baisers :
- Je suis là.. Je te vois et.. et.. tu es toujours aussi beau.. Jamais je ne te quitterais, murmurait-elle avec douceur, ce sont tes Esprits qui nous ramenés l’un à l’autre j’en suis certaine.. Je les aie tellement harcelés.. Plus jamais loin de toi.. Ils vont nous aider désormais, j'en suis persuadée..
Charlie n’avait aucune idée de combien de temps ils restèrent enlacé de la sorte. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’il souffrait et qu’il avait besoin d’elle. Au bout d’un moment et en voyant que la chandelle chancelait, elle l’entraina dans sa chambre. Ses vêtements sentaient vraiment mauvais et elle lui donna un pantalon d’homme qui appartenait à l’ami de Binki. Une fois qu’il fut changé, elle l’attira sur son petit lit de fortune et comme sur le bateau, vint se blottir contre lui.
Les doigts de Charlie caressaient le visage de Kisos. Elle redessinait cette carte mentale du visage de son ami avec émotion. Toute cette douleur qu’il avait la mortifiait. Elle voulait tout lui prendre et le guérir pour revoir naître son sourire. Epuisée, elle posa son front contre le sien et se laissa blottir contre lui.
- Tu m’as tellement manqué Kisos..
C’est sous le son des gouttes d’eau sur la vitre qu’ils s’endormirent paisiblement. Souvent, Binki ne rentrait pas de la nuit. Cela permettait aussi à Charlie de pouvoir rester tranquillement au lit le matin sans avoir à se préparer pour une balade. Mais ce matin là, elle fut éveillée par la chaleur irradiante de Kisos contre elle. Il gémissait de douleur dans son sommeil ce qui l’alerta. Inquiète, elle se mit à caresser et masser les tempes du jeune homme qui se calma lentement. Epongeant son front, elle se demandait ce qu’elle pourrait lui donner pour calmer la douleur du sevrage.
Lentement, elle sortie du lit et rangea la cuisine puis la salle de bain. Elle sortie dans la boulangerie du bas et en revint avec une dizaine de viennoiserie. Elle se souvenait encore et toujours de l’appétit de son ami. Voyant qu’il dormait toujours, elle le laissa se reposer. Pour occuper son temps, elle s’installa dans la chambre, au bout du lit et dos à lui, peignit. Il s’agissait de ce moment où ils s’étaient rencontrés. La scène évoquait la présence légèrement dissimulée de Kisos à la lisière du bois qui avait traversé le petit cours d’eau pour venir à elle. Elle le peignait comme le voyait, fort, colossal, majestueux, beau. Il était un dieu sur cette peinture qui régnait en maître sur la nature.
Comme toujours lorsqu’elle peignait, Charlie chantonnait dans un murmure. Plongée dans son univers, elle ne remarqua pas que Kisos était réveillé. C’est lorsqu’elle se tourna pour nettoyer son pinceau qu’elle vit son regard sur elle. Un doux et large sourire naissait sur ses lippes quand la lumière du jour l’éblouissait :
- Bonjour marmotte, dit-elle avec amusement et en se levant, je n’ai pas fait de pâtisseries pour ce matin. On sait tous les deux à quel point je n’ai aucun talent culinaire mais.. mais le boulanger d’en bas cuisine des merveilles.
Venant s’asseoir sur le bord du lit, elle caressa le visage du beau brun. Il semblait encore perdu dans les douleurs du manque. Charlie se penchait et embrassait son front avant de lui demander si il voulait quelque chose en particulier :
- Je vais retourner chez Gold pour récupérer mon argent. Une fois que je l’aurais nous partirons à Jamestown. Là-bas on recommencera tout. Je peindrais et on fera un petit potager dont on vendra les légumes. Avec l’argent qui nous restera tu iras à l’école et tu feras tout ce que tu voudras.. Tes parents seront si heureux de te revoir.
Mais la mine sombre du brun ne lui donnait pas envie de répliquer. Kisos Walker n’avait pas besoin de parler pour que Charlie le comprenne. Ce n’était pas parce qu’ils s’étaient retrouvé qu’il allait rentrer à la maison. Persuadé qu’il était maudit, elle devait l’aider en tout premier lieu à vaincre la malédiction. Le laissant se redresser, elle en profita pour le contempler. Malgré toutes les difficultés qu’il avait subie, il était toujours aussi beau se disait-elle troublée :
- On peut réunir toutes les pièces. Retrouvons Millie, elle nous aidera. Je suis persuadée que Jack doit déjà lui aussi être en train de les chercher.. Je fais mon sac ce matin et nous partons dès que tu te sens mieux.
Charlie était prête à tout pour Kisos, même a abandonner ses études. Il allait très certainement lui reprocher mais elle n’en n’avait que faire de toutes ces histoires d’études. Ce qui lui importait c’était la santé et la vie de Kisos et la promesse qu’elle lui avait faite la veille :
- Ne me fais pas ces yeux là Kisos Walker. Hier soir je t’ai fais une promesse et je vais la tenir. Peu importe mes études, je peux peindre ce que je veux quand je veux. J’ai passé un mois sur un bateau sans que ça me manque, je peux survivre à ça. Mais vivre sans toi près de moi c’est impossible..
S’approchant une nouvelle fois de lui, elle déposa un baiser sur son nez en lui lançant son sourire malicieux. Il subsistait en elle encore cette déclaration qu’elle lui avait faite lorsqu’il était à l’article de la mort. L’avait-il entendu ? N’osant pas lui en reparler, elle préférait passer à autre chose et se concentrer sur cette fameuse malédiction qui le couvait :
- Prêt à de nouvelles aventures soldat ?
immarcescible, Posté le jeudi 19 mai 2022 23:00 Répondre
L’oeil de Charlie ne quittait pas une seule seconde le colosse qui l’entrainait dans New-York. Peu importe les irlandais, peu importe les malfrats ou encore tout autre danger. Kisos était là, vivant. Kisos était vivant. Kisos vivait. Ses yeux laissaient des larmes de joie, de soulagement et ensuite de colère apparaître. Il avait fuit. Il lui avait fait croire qu’il était mort. Déboussolée, dépassée, elle le laissa tout raconter et elle fit de même avec sa propre expérience.
Compliqué, répétait-il d’un soupir las. Compliqué ? Mais Charlie ne voyait rien de compliqué dans ce qu’il lui disait. La peine se transformait en une colère sourde qu’elle n’arrivait pas à maîtriser. Ce qu’il lui disait n’avait aucun sens. Avec le peu de force qu’il lui restait, elle se débattit et le repoussa. Il comptait vraiment la raccompagner chez elle après tout ce qui s’était passé ces derniers mois ?
- C’est tout ce que tu trouves à me dire ? Tu crois.. Tu crois vraiment que je vais te laisser repartir comme ça alors que.. alors que..
Libérée de sa poigne, debout face à lui dans la nuit fraîche, Charlie se mit à pleurer. Kisos était vivant mais elle n’arrivait pas à le croire.
- Pendant tout ce temps tu étais vivant et tu.. et tu n’es pas venu me voir. Tu.. Tu n’avais pas le droit de me cacher ça.. Tu.. J’ai voulu mourir Kisos. Tu.. Je me fous que Gold me retrouve.. Je me fous de Jack, des esprits, de ta grand-mère, de tout le monde. Tu n’avais pas le droit de me cacher ça !
C’était une colère différente de sa colère sur le pont du bateau avec la prostituée. Là, Charlie avait mal parce qu’elle avait tout sacrifié ces six derniers mois pour pouvoir le retrouver autrement. Elle avait même été prête à mourir pour ne plus pouvoir penser à lui. Lui aussi avait souffert et il souffrait encore, elle le voyait. L’envie de le prendre dans ses bras était forte mais elle se retenait de toutes ses forces :
- Je t’aurais aidé. Tu aurais du venir me voir et ne pas dis non Kisos ! Tu m’avais juré que tu resterais, toujours. Tu l’avais promis. Je t’aurais suivi dans les bois. Je.. On aurait trouvé une solution. On aurait réunis ces putains de pièces mais.. mais j’aurais sut que tu étais là, toujours vivant.
Elle prenait son visage entre ses mains et le dissimulait pour ne pas qu’il voit ses yeux rougis de larmes. Se laissant prendre dans ses bras, elle s’y accrocha comme elle pouvait. Il était nettement plus costaud et fort qu’auparavant et elle se sentait encore plus petite contre lui. Lorsque sa crise de larmes se stoppa enfin, elle tapa son buste avec le peu de force qu’elle avait. Autant dire que c’était dérisoire.
- Tu vois bien que même si tu ne fais plus partit de ma vie, dit-elle en marmonnant, j’arrive quand même à me mettre dans des situations stupide et dangereuse. Alors ne dis pas que c’est toi qui me porte malheur. C’est à moi d’en décider, pas toi.
Le visage de Kisos exprimait une douleur et un manque qu’elle ne comprenait pas. Sans aucun doute c’était la drogue et l’alcool, mais pour le moment, tout ce qui lui venait en tête c’était de le sauver. Cette fois-ci, c’est elle qui prit sa main dans la sienne et qui l’entraina vers Manhattan. Les hommes de Gold ne connaissaient pas sa véritable identité, aussi, ils ne pourraient pas la retrouver tout de suite. Pour la nuit, elle entraina de force Kisos là où elle vivait. Il s’agissait d’une pension de filles où elle bénéficiait d’un petit appartement dans la cour. Pour y accéder, il y avait un petit escalier de service qui les faisaient monter à un trois pièces proposant deux chambres. Une pour Binki, une pour Charlie.
Allumant quelques bougies, Charlie vint vite préparer de quoi se laver. Kisos sentait mauvais et le peu de lumière qu’elle avait eu dans la rue lui avait confirmé qu’il était blessé. Elle le laissa un instant dans la cuisine pour aller dans sa chambre. Elle retira les tissu déchiré de sa robe qu’elle jeta et enfila simplement un peignoir avant de revenir à lui avec la trousse de soin. Le forçant à s’asseoir sur une chaise, elle retira son haut pour inspecter qu’il n’ait pas d’autres blessures.
Mais il était marqué de partout. Lentement, avec douceur, elle passait un coton rempli de désinfectant sur ses plaies. Il avait souffert. Il souffrait encore. Il suffisait de voir le trépignement dans sa jambe. Il avait besoin de quelque chose que Charlie n’avait pas. Finissant de le soigner, elle vint prendre son visage entre ses mains pour contempler ses iris d’un bleu si pur :
- Qu’ont-ils fais à tes beaux cheveux.. Qu’est-ce qu’ils ont fait de toi Soldat ?
Elle murmurait avec douceur. La peine se lisait sur ses traits quand elle déposait un baiser sur son front. Toujours aussi tactiles l’un pour l’autre, elle laissait son visage caresser sa crinière trop courte ce qui brisait son coeur :
- Je vais te préparer un bain.. Ne bouge pas d’ici, compris ? Ensuite je te servirais à manger.
Le quittant deux minutes à regret, elle se rendit dans la salle de bain pour faire couler l’eau chaude. Elle rajouta quelques fleurs pour parfumer le bain et revint ensuite le chercher pour lui expliquer le principe. Il n’avait jamais encore vu de telles cuves :
- Tu rentres dedans et tu te laves. Je t’attendrais dans la cuisine d’accord..?
La Charlie douceur était de retour. Le laissant tranquillement dans la salle de bain, elle en profita pour rapidement se mettre à cuisiner ce qui lui passait sous les mains. Jusqu’à présent, c’était Binki qui s’occupait du repas alors la blond s’improvisait cheffe pour l’occasion ce qui risquait d’être une sacrée épreuve pour le pauvre Kisos.
immarcescible, Posté le mercredi 18 mai 2022 15:57 Répondre
Ne plus avoir goût à rien. Ne plus trouver de sens dans quoi que ce soit. Charlie vivait un moment de dépression certain. Garrett avait craint de devoir interner sa fille dans un établissement spécialisé. Anya avait refusé net et persistait à vouloir la laisser à New-York sous la vigilance de Binki. Cette dernière était beaucoup moins effrayée par le monde et se laissait même aller à certaines opportunités comme chanter dans des pubs. Bien entendu, elle s’occupait très bien de la petite Hedlund, mais le soir, quand elle était couchée, Binki s’échappait pour vivre la folle aventure new-yorkaise. Après tout, le début du siècle prochain approchait et toute la ville était en pleine ébullition. Elle trouvait dommage que Charlie n’en profite pas, elle si heureuse et gaie habituellement.
Six mois étaient passés depuis l’incident.
Six mois de douleur.
Six mois de manque.
Les cours que suivait Charlie se passaient à l’Université de Columbia. Une école prestigieuse qui donnait des cours d’arts plastiques aux femmes depuis quelques années seulement. Charlie avait réussit le concours d’entrée un peu avant son départ pour Jamestown. Comme convenu, elle fit sa rentrée en temps et en heure malgré l’expédition funeste avec Kisos.
Tous les jours elle pensait à lui. Garrett et Anya n’avait pas raconté à leur fille ce qui c’était passé avant l’enterrement et notamment la disparition du corps de son ami. C’était un sujet sensible, tabou qui risquait de traumatiser une fois de plus la blonde. Pour tout le monde, Kisos Walker était mort et l’histoire s’arrêtait là. Pour détourner l’attention de ses parents, Charlie allait en cours, respecter les délais de tous ses devoirs et agissait quasi-normalement.
Quasi en effet puisqu’elle prévoyait un tout autre chemin. Après s’être longuement renseignée, il lu dans un ouvrage ancien qu’il existait un moyen de communiquer avec les morts. En effet, il y était écrit que certaines sorcières et autres prêtresse viking avaient autrefois des pouvoirs permettant d’être en contact avec les Esprits et de voyager dans le temps. Naïvement, elle pensait donc pouvoir remonter le temps et sauver son ami. C’était viscéral. Toute son attention, tous ses espoirs, toute son énergie n’était tourné que vers Kisos. Elle espérait sincèrement que les Esprits seraient indulgent pour la laisser le retrouver.
La vie à New-York aurait pu être le berceau de tant de possibilités et de joie pour Charlie. Elle le voyait par moment lorsqu’elle se baladait dans le parc ou qu’elle peignait près de la fenêtre. Parfois, elle se sentait apaisée et bien. Mais tout de suite après, elle culpabilisait de ressentir ça. Elle s’en voulait car Kisos était mort et qu’elle continuait à vivre. C’était ça le pire finalement.. Continuer de vivre quand il avait eu une soif intarissable pour la vie. Charlie le pleurait chaque soirs et se mit à prier mystiquement les Esprits de Kisos pour qu’ils prennent soin de lui.
C’est à croire que toute cette ferveur vint à être salutaire pour les deux.
Un soir, Binki proposa à Charlie de l’accompagner à l’un de ses concerts. Cette dernière connaissait le secret de sa dame de compagnie et l’y poussait. Il était vrai qu’elle avait un talent certain pour le chant et il était hors de question pour la blonde que Binki gâche son don en restant toute sa vie à son service. Elles arrivèrent tôt ce qui permit à la chanteuse de se mettre en place. Avec deux musiciens, ils décidèrent de monter un petit groupe qui semblait bien fonctionner. Charlie se trouvait dans un coin du bar à dessiner tout en sirotant une tasse de thé. Le monde arrivait mais la jeune fille ne relevait pas son visage de son dessin. Elle était tellement passionnée qu’elle ne voyait qu’un homme s’était assis près d’elle.
- Remarquable coup de crayon, dit-il en se penchant sur elle, vous êtes une artiste ?
- Et vous êtes perspicace.
L’homme riait à la réponse de Charlie. Celle-ci leva enfin les yeux sur lui mais l’observa sans grand intérêt. Il était grand, brun, aux cheveux gominés comme le voulait la mode et portait un chic costume.
- Ça tombe bien j’aurais bien besoin de quelqu’un pour repeindre le couloir de l’entrée. Est-ce que cela vous intéresserait ?
- Vous m’avez prise pour un peintre en bâtiment ?
- Non, non. Mais vous pourriez dessiner ce que vous souhaitez sur le mur. Je vous rémunèrerait convenablement cela va de soi.
- Je suis trop chère pour vous Monsieur..
- Monsieur Goldman.. Mais appelez moi Gold.
- Monsieur Gold, je suis une artiste. Je risque de peindre des motifs qui ne vous plairaient pas.
- Je suis persuadé que je peux tout aimer de vous.
Charlie levait les yeux au ciel. Cet homme était littéralement entrain de la draguer ce qui l’ennuyait déjà. Il lui parlait de ce fameux club qui autrefois appartenait à son grand-père, un irlandais exilé. Il fanfaronnait en expliquant qu’il travaillait avec la mafia ce qui n’impressionnait guère la jeune fille. Elle avait quand même vécu avec des pirates pendant un mois, alors la mafia. Il la supplia d’accepter son offre et insista en précisant qu’il payait en avance. Cette option là, elle plu à Charlie. Recevoir l’argent en avance lui permettrait de mettre son plan à exécution et de partir en Ecosse plus tôt que prévu.
Partir en Ecosse où elle savait trouver un portail. Ils convinrent d’un accord et dès le lendemain Charlie se mit au travail. Ce qu’elle ne savait pas, c’était qu’il s’agissait du bar où travaillait Kisos. Sauf que la vie était sacrément une chienne et que la jeune fille le manqua de peu ce soir là. Elle vint tous les jours de la semaine qui suivit et donna un autre prénom à ce patron de bar qui ne cessait de vouloir la charmer. Pour lui, elle se nommait Anita ce qui semblait lui convenir. Les murs de l’entrée prenaient vie sous des arabesques de couleurs qui tranchaient avec la noirceur du lieu. Charlie mettait de la vie à l’entrée d’un lieu de débauche. Sa mère hurlerait en apprenant une telle chose ce qui la faisait sourire.
Kisos devait très certainement voir les dessins, mais de là à se douter que c’était de Charlie c’était peu certain. Il s’agissait de formes et de motifs amérindiens ou encore ethniques des mayas. La jeune fille avait voulu créer comme une frise qui laissait la possibilité aux spectateurs de voyager. C’était encore innocent et très peu maîtrisé, mais il y avait malgré tout une vraie technique et une vraie intention.
Pendant qu’elle peignait la journée, Gold aimait à raconter des choses salaces sur la petite peintre qui venait. Il avait même prévu de la « sauter » lorsqu’elle aurait fini de peindre comme dédommagement. Il l’avait convaincu de la payer quand en fait, il voulait simplement la violer sans état d’âme. Lors de la deuxième semaine, Charlie vint plus tard au club. Binki l’accompagnait car elle chantait ce soir-là. La blonde attendait son salaire pour pouvoir finir la frise mais lorsque Gold lui ria au nez en essayant de toucher sa hanche, elle se mit en colère. Malgré qu’ils soient au bar et devant tout le monde, elle le repoussa et lui ordonna l’argent. Elle en avait besoin pour repartir en Ecosse et payer son voyage :
- Fait pas ta mijaurée blondinette. Avoue que tu me faisais les yeux doux.
- Vous prenez vos rêves pour des réalités ! Donnez-moi mon argent où je ne viendrais pas finir.
- Comme si ça m’importait une telle chose, ahahah !
Sans qu’elle puisse le retenir, elle fut trainée dans la petite arrière cour par l’un des hommes de main de Gold. Jetée sur le sol comme une mal propre, elle encaissa la violence du choc mais le temps qu’elle se redresse, Gold déchirait le bas de sa robe ce qui la fit crier de colère. Se débattant de toutes ses forces, elle prenait peur en voyant que l’homme était plus lourd et surtout expérimenté dans ce genre de situations. Elle aurait voulu attraper son couteau dans son sac mais il était trop loin. Alors qu’il posait ses mains sur elle et qu’elle le tapait et griffait avec violence, le garde du corps qui l’avait amené dans la cour le stoppa :
- Patron.. Monsieur McCain est ici.. Patron !
- Et merde.
Sans avoir pu toucher la jeune fille, il se releva et se rhabilla. Charlie tremblait sous le choc, prête à l’agresser de nouveau. Il riait comme si de rien n’était et promit à la blonde de revenir. De toute manière, elle ne pouvait pas s’enfuir. La porte était verrouillée de l’intérieur. Les deux hommes quittèrent la cour pour retourner dans la boîte où les gens riaient et s’amusaient quand la blonde vivait l’horreur. Recroquevillée sur elle-même, elle tentait de faire le tri dans ses idées comme pour trouver une solution. Trouver un endroit où fuir. Rapidement, elle reprit ses esprits et réunissait les lambeaux de sa robe pour couvrir son corps. Empilant des caisses les unes sur les autres, elle arriva à grimper le mur comme lui avait appris Kisos il y a un moment et enjamba le haut. Il faisait noir en dessous et elle ne voyait pas grand chose. N’ayant aucune idée de si c’était dangereux en dessous, elle se lança quand même pour atterrir sans l’avoir prémédité sur un homme.
Tentant de s’enfuir une nouvelle fois, elle n’y arrivait pas à cause de sa cheville cassée lors de sa chute. L’homme avait une poigne de fer et la maintenait contre lui quand elle le tambourinait de coups avec ses petits poings.
- Lâchez-moi ! Lâchez-moi !
Sans qu’elle puisse le contrôler, l’homme la traîna un peu plus loin et Charlie sut qu’elle allait mourir. Restant digne, elle retenait ses larmes de peur de paraître faible mais continuait à insulter son futur meurtrier. Lorsqu’ils furent dans une ruelle obscure et étroite, elle retint son souffle. Lui aussi semblait aussi avoir arrêté de respirer. Inquiète, elle ne parlait pas mais posait ses doigts sur son poignet. Il avait une force certaine et sa main était puissante. Une légère cicatrice en forme de lune sur sa paume lui rappela celle de Kisos et la fit trembler de peur. Non, c’était impossible, ça ne pouvait pas être vrai.. Elle rêvait.. Le choc de la scène avec Gold l’a rendait folle.
Une voiture tout près passait et illumina la ruelle embourbée de poubelles. Les yeux d’un bleu étincelant la fixait mais ce fut fugace. Poussant un cri d’horreur et de terreur, Charlie vint à s’agripper à la main qui la tenait fermement :
- Kisos, murmurait-elle en tremblant.
Au loin, ils pouvaient entendre Gold donner des ordres à ses hommes. Il voulait retrouver la petite putain qui s’était échappé. C’était trop pour Charlie qui posa ses mains sur le buste de son ami. C’était lui. Elle le voyait, le touchait, sentait son parfum. Pourtant, il semblait ailleurs, comme pas lui-même.
- Kisos, répétait-elle les larmes dans la voix et dans les yeux, Kisos c’est bien toi ? Je ne rêve pas.. C’est impossible.. Tu.. Tu étais.. Tu es..
immarcescible, Posté le mardi 17 mai 2022 17:42 Répondre
Cela faisait cinq jours que Charlie n’avait pas quitté sa chambre. Elle lisait, peignait, s’ennuyait. Il lui était impossible de quitter la pièce qui contenait fort heureusement un petit cabinet pour la toilette. En attendant, elle avait essayé de soudoyer le garde devant la porte pour transmettre un mot à Kisos. Mais il l’avait trahi en faisant passer la note à son père qui lui avait hurlé dessus une fois de plus. Difficile de savoir comment il se portait, surtout qu’ils n’avaient même pas eu le temps de discuter depuis le moment de la grotte. Elle l’avait vu trempé mais sans savoir comment il s’était débrouillé. Etait-il tombé à l’eau ? Avait-il sauté dans l’eau pour la rejoindre ?
Une semaine était passée. Charlie n’en pouvait plus de regarder le paysage de sa fenêtre. Lorsque la porte s’ouvrit, elle crut tout d’abord qu’il s’agissait de son repas. Mais Gabriel Walker apparut sur le seuil, ce qui la surprit.
- Kisos est malade. Veux-tu bien veiller sur lui pour moi ?
Aussitôt, la blonde se rua dehors pour rejoindre son ami souffrant. La fièvre le faisait délirer et il semblait perdre toutes ses forces. Le médecin était incapable de dire ce qu’il avait ce qui rendait la jeune fille encore plus en colère :
- Mais à quoi vous servez si vous n’êtes pas capable de nous dire ce qu’il a ?!
Charlie resta jours et nuits auprès de Kisos, à le surveiller, le border, le rassurer. Elle était persuadée qu’il allait guérir. Ce jeune homme robuste ne pouvait pas simplement mourir d’une petite fièvre. Mais la maladie inconnue ne le lâchait pas et la blonde commençait à avoir peur jusqu’au jour où Millie vint leur annoncer la funeste nouvelle. Blême, Charlie courut jusqu’à son chevet et laissa enfin ses larmes de douleur quitter ses prunelles. Gabriel pleurait aussi en tenant les mains de son enfant qui ne semblait presque plus respirer.
- Je te laisse quelques minutes Charlie, dit-il en sortant de la petite pièce.
- Merci Monsieur Walker.
Le corps de Kisos était inerte, blanc, malgré la transpiration qui dégoulinait sur lui. Charlie venait s’asseoir sur le bord du lit avant de s’allonger contre lui. Elle se fichait qu’il transpire. Elle voulait le soigner, le garder près d’elle. Son visage enfoui dans le cou du brun, elle pleurait en le serrant contre elle :
- Kisos.. Kisos.. Tu avais promis de ne pas me quitter.. Tu avais promis de ne jamais partir.. S’il te plaît.. Tu n’as pas le droit de me laisser..
Mais aucune réaction n’apparaissait sur le jeune homme. Charlie se redressait sur son coude et caressait la joue de son ami. Elle le contemplait malgré ses larmes qui inondaient son visage. Prise d’un doute, elle se cru dans un roman de conte de fées. Lentement, elle déposa ses lèvres sur les siennes. Bien sûr, il ne lui rendit pas mais elle espéré que comme dans un roman de princesse, il se réveillerait. Mais rien.. Il ne bougeait toujours pas. Son baiser avec été doux, tendre mais cela ne suffirait pas pour le sauver de cette malédiction.
- Tu ne m’as même pas laissé le temps de te montrer l’Ecosse.. Mes peintures.. M’apprendre le tir à l’arc.. On n’a pas fait de cheval Kisos.. Je.. Je t’aime Kisos.. S’il te plaît.. Reviens-moi.. Tu es mon premier et unique amour.. J’aurais du te le dire.. C’est pour ça que j’étais en colère contre la prostituée.. J’ai été nulle. J’aurais du te le dire que.. que je t’aime.. Si tu es encore là reviens.. J’ai tellement besoin de toi.. Je ne peux pas y croire.. Tu ne pas partir.. Ne m’abandonne pas.. Je vous en prie Esprits de Kisos.. Laissez-moi l’aimer.. Laissez-moi encore du temps pour l’aimer..
Mais toujours rien. Charlie pleurait, blottie contre lui en le suppliant et murmurant inlassablement des doux je t’aime qu’elle n’avait jamais dis encore à qui que ce soit. Son coeur se brisait de voir qu’aucune réaction n’émergeait du brun. Accrochée à lui, elle pleurait désespérément. Lorsque Gabriel revint dans la cabine, il du la prendre de force contre lui tant elle se débattait en hurlant. Elle hurlait à Kisos de rester.
Garrett et Millie s’occupaient d’elle du mieux qu’il pouvait mais elle était intenable. Elle voulait littéralement sauter à la mer, rejoindre Kisos. Ils durent l’enfermer de nouveau dans sa cabine qu’elle détruisit avec violence. Ils firent un détour par New-York finalement. Garrett y déposa Charlie et resta avec elle pour l’installer. Il craignait qu’en l’emmenant à Jamestown sa fille ne veuille plus en partir et fasse une bêtise. Ici, elle serait suivie et surveillée par Binki sa dame de compagnie, mais surtout, elle ne verrait pas son ami partir dans les flammes d’un enterrement. Mais la vie à New-York ne saura pas des plus épanouissante, Charlie le savait d'autant plus qu'elle était morte à l'intérieur. Le bracelet et le collier que lui avait offert Kisos ne la quittait pas. Persuadée d'avoir perdu l'amour de sa vie, elle s'était résignée à éprouver toute joie et dès qu'elle le pourrait, elle quitterait ce monde pour le rejoindre.
immarcescible, Posté le lundi 16 mai 2022 17:46 Répondre
Playlist de la réponse :
A Piece for You - Megan Smith
Poison&Wine - The Civil Wars
Anymore of This - Mindy Smith
For You Now - Bruno Merz
Scary Fragile - Butterfly Boucher
Storm - Lifehouse
The Sword and the Pen - Regina Spektor
Sweetheart - Jont
Reflecting Light - Sam Philips
Oh Sebastian - The Fat White Family
immarcescible, Posté le lundi 16 mai 2022 17:44 Répondre
Retrouver les bras de Kisos avait permis à Charlie de dormir toute la nuit. Aucun cauchemar, aucune insomnie. Au petit matin, ce fut sa barbe piquante qui la réveilla. Joue contre joue, elle souriait en voyant cette pilosité de quelque jours envahir ses joues jusqu'à présent nue. S'étirant lentement sur le colosse, elle s'amusa à embrasser sa mâchoire. Il grognait légèrement, encore profondément endormi. La blonde prenait le temps de contempler les traits fin de son visage en caressant distraitement le haut de son buste. Ses yeux ourlés de long cils papillonnaient légèrement quand ses lèvres pleines lui donnait envie d'y enfouir sauvagement ses dents. Le retour de ces sensations la réveillait définitivement. Pareil, elle se rendait compte qu'elle avait cambré son corps contre le sien comme pour y chercher son contact ce qui l'embarrassa et la fit rougir.
Rapidement, elle se leva donc non sans avoir couvert le corps de son ami. Faisant une rapide toilette en allant chez Millie, elle ne pu s'empêcher de s'observer dans le petit miroir que possédait la pirate. Charlie s'examinait nue en cherchant à comprendre le mécanisme de ses formes. Kisos semblait aimer les femmes à forte poitrine. Il suffisait de se rappeler de la prostituée l'autre soir ou encore Rosalie. Pourquoi le regard de son ami comptait-il tant pour elle ?
Ses doigts commençaient à faire le contour de sa poitrine ce qui la fit respirer plus intensément. C'était étrange de se caresser ainsi et de ressentir de nouveau ces sensations toute chaude entre ses cuisses. Surtout que lorsqu'elle ferma les yeux, elle ne pu s'empêcher de penser aux mains, aux yeux et aux lèvres de Kisos. Oui, elle les voyaient et les imaginaient sur sa peau nue. Quelle sensation cela pouvait-il faire. Alors que ses doigts descendaient lentement le long de son ventre, elle vint se réfugier lentement entre ses cuisses ce qui électrisa son corps et la fit pousser un soupire de contentement. Oui, elle imaginait les doigts de Kisos, ses lèvres. Il lui souriait et elle en redemandait.
- Charlie ? Tout va bien petite fleur ?
Millie était de l'autre côté de la porte et semblait inquiète des nombreux soupirs poussé sans gêne de Charlie qui sursauta. Rouge tomate, elle lui cria que tout allait bien, un peu trop vite d'ailleurs pour qu'elle puisse la croire. C'est dans la précipitation que la jeune fille vint enfiler une robe que la tante de son ami lui avait trouvé. Il s'agissait d'un jupon d'un rouge éclatant et d'une chemisette blanche laissant apparaître ses épaules nue. Le corset mit et ses yeux natté, elle sortie enfin de la cabine de la pirate les joues toujours rougies par ce qu'elle avait osé pensé et faire devant le miroir.
- Tu es sûre que tout va bien, demandait de nouveau Millie en posant une main sur la joue de Charlie, on dirait que tu as couru un marathon.
- Oui, oui. Je suis un peu inquiète pour aujourd'hui c'est tout.
- Je te comprends. Tu as bien la dague avec toi n'est-ce pas ?
Charlie lui montra la dague accrochée par un bas autour de sa cuisse ce qui fit rire une nouvelle fois Millie :
- Tu es presque une femme pirate Charlotte Hedlund.
Kisos avait été réveillé par les hommes de Jack et il se trouvait sur le pont. Les deux amis se cherchaient du regard. Charlie lui offrait un doux sourire. Elle avait définitivement passé sur l'histoire de la prostituée. Ils étaient de nouveau complice et amis. Jack montait sur le bord du navire et donnait toutes les indications à ses hommes :
- Mes amis ! Le trésor se trouve sur cette île ! Il n'attend que nous et les futurs mamelles et autres pintes de Tortuga alors cherchez bien et vite surtout !
Les hommes hurlaient de joie en direction de Jack. Il avait réussit à les amadouer avec les deux moteurs des pirates. De l'alcool et des femmes. Charlie levait les yeux en soupirant et s'approchait de son ami qui écoutait attentivement le discours enflammé du capitaine. Discrètement, elle enroulait ses doigts à ceux de Kisos et lui murmurait au creux de son oreille, en se postant sur la pointe des pieds :
- Eh.. On n'a pas encore évoqué le calamar sur la tête qu'avait Jack, qu'en penses-tu ?
Les deux riaient de la remarque de Charlie ce qui irrita le Capitaine. Pointant du doigt la jeune fille, il offrit un sourire en coin pervers et effrayant. Tout le monde les regarda quand elle serrait ses doigts autour de son ami, surtout lorsque Jack répliqua :
- Ma très chère petite sirène. Vous allez m'accompagner dans la première vague puisque vous semblez parfaitement prompte à rire de tout. Millie m'a dit que vous aviez reçu une grande et sérieuse éducation. Vous saurez donc lire cette fameuse carte en espagnol.
- Euh.. Je.. Je.. Je crois que Millie a exagéré sur mes compétences, vous devriez prendre quelqu'un de plus sérieux vous savez.
La peur de se voir séparée de Kisos la poussait à ne pas vouloir suivre et aider Jack. Mais cela ne sembla pas effrayer le pirate qui s'avança vers elle en rangeant sa fameuse carte dans sa poche.
- Sauf que ce n'était pas une proposition Miss Hedlund. Mais un ordre.
Sans que Charlie puisse comprendre ce qui se passait, trois hommes l'arrachèrent à Kisos. Criant et se débattant comme une furie, elle appelait Kisos que Jack avait fait maintenir par d'autres hommes. Ce dernier se penchait sur le colosse et souriait en tapotant son épaule :
- Je te ramène ta petite amie très vite mon ami, tu pourras nous retrouver dans quelques heures quand elle nous aura aidé à retrouver le trésor. Sinon, tu peux sauter à l'eau pour la sauver des méchants petits pirates. Ah.. Non.. J'oubliais.. Tu as peur de l'eau..
- Jack, s'insurgeait Millie en tentant de temporiser, ça suffit. Allons-y désormais et laisse le tranquille. Nous avons la petite, pas de temps à perdre.
Charlie était dans la barque qui la menait au large de la Muerta. C'était une île paradisiaque, il n'y avait pas à dire. Dans d'autres circonstances, la jeune fille aurait prit plaisir à dessiner et peindre les magnifique palmiers et les roches dangereuses et tentantes de la falaise. De sa barque, elle venait à observer le pont du bateau qui semblait de plus en plus petit. Kisos disparaissait à vue d'oeil. Millie leur avait appris à ne jamais faire confiance à des pirates ce qui la poussait à faire encore plus attention. Ils pénètrent dans une sorte de grotte. Une cavité rocheuse qui abritait des chauve-souries de la chaleur.
Ils avançaient en silence, torche à la main quand la blonde observait le décor étrange près d'eux. Des squelettes entourés de rats parsemés les côtés ce qui la fit frémir d'horreur. Baissant vite les yeux, elle entendit derrière elle le rire gras de Jack qui lui faisait d'étrange yeux doux. Au bout d'un moment, ils accostèrent sur une petite plage qui contenait quelques barques échoués. Le vieux Robert sortit de force une Charlie peu coopérative. Ils marchèrent le long d'un tunnel sombre qui sentait très mauvais l'humidité. Une porte épaisse en pierre bloquait le passage et où des inscriptions étaient gravés. Des sortes de hiéroglyphes qu'elle avait déjà vu lors d'un cours en histoire et d'un voyage en Egypte, le pays fantasmé de sa mère :
- Traduis, ordonnait Jack, traduis la carte.
- Promettez de nous laisser repartir avec Kisos après tout ça.
- Promis.
- Vous dites la vérité ?
- Jamais..
Il faisait rire tout le monde quand Millie se mit à lui donner un coup derrière la jambe le faisant légèrement tomber à genoux sur le sol.
- Accouche Charlie on n'a pas toute la journée.
Le ton ferme de la blonde faisait sursauter l'écossaise. Vite, elle regarda la carte et tenta d'y trouver un sens. Bien entendu, les mots étaient compréhensible pour elle mais elle essayait encore de faire le lien avec la porte. Elle marmonnait en espagnol et en anglais des mots qui n'avaient ni queue ni tête. Elle chercha pendant un moment avant de se reculer de la porte. Comprenant, elle se mit à fouiller le sol et ordonna aux pirates de chercher une clé.
- Une clé, demandait Jack dont la jambe engourdie lui faisait toujours mal.
- Oui une clé. Elle n'ouvre pas que la porte mais aussi celui du coffre.
Alors là, il n'en fallait pas plus pour que Jack hurle à ses pirates de fouiller le sable. Ils mirent un moment avant de finalement la trouver ce qui fit sourire largement Charlie. Vite, elle vint à lui et la prit dans ses mains pour la poser dans le creux prévu à cet effet dans la porte de pierre. En la posant et la tournant, un tremblement se mit en marche faisant tomber quelques pierres. Tout le monde retenait son souffle quand lentement la porte coulissa le long du mur. La blonde se croyait dans un roman dans aventure. La salle derrière contenait des montagnes et des montagnes d'or, de bijoux, de robes, de meubles et autres coffres remplis à ras bord. Une salle remplie de trésors.
Tous les pirates se ruaient aussitôt dessus incapable de se retenir. Jack n'avait pas prévu un tel déchainement chez ses hommes et une telle profusion.
- Que disais d'autre la carte, demandait Millie toujours mesurée, je sais qu'ils y parlent d'un coffre avec le mot, mort. Qu'est-ce que ça signifie ?
- En effet, il y a un coffre qui ne doit pas être ouvert et dont le contenu ne doit pas être pillé. Ou une malédiction s'abattra sur les voleurs.
- Foutaises, répliquait Jack recouvert de multiples colliers et autres babioles d'or, l'or ne peut pas être maudit puisqu'il est source de plaisir ahah !
Mais Charlie regardait avec inquiétude Millie et inversement. Comment savoir lequel des coffres était celui d'interdit ? Mais la malédiction n'allait pas s'arrêter là puisque au loin, près du bateau de Jack, se trouvait un autre navire ni plus ni moins commandé par Garrett et Gabriel. Ils avaient suivis de près et au mieux la trace de leurs enfants et semblaient avoir enfin retrouvé leurs traces.
immarcescible, Posté le samedi 14 mai 2022 13:34 Répondre
Charlie ne décolérait pas. La vision de Kisos nu et de cette femme aux gros seins sur lui la dégoûtait et la rendait folle de rage. Ses carnets étaient remplis de ratures et de multiples gribouillages incertain. La jeune fille justifiait sa colère dans le fait qu’il avait osé faire venir cette fille dans leur lit, leur cocon et qu’il l’avait abandonné quand il lui avait demandé de venir avec elle. Que des justifications qui faisaient bien rire Millie qui elle, avait bien compris le vrai sens de cette colère.
- Tu aurais préféré qu’il t’invite peut-être, répliquait-elle en ricanant et tenant la barre, après tout les parties à trois sont toutes aussi intéressante.
- Millie ! Non ! Jamais ! Kisos est mon ami et il a trahit ma confiance.
- Parce qu’il s’est envoyé en l’air avec une fille dans « votre » lit ?
- Oui. Oui..
Même Charlie ne semblait plus croire à ces excuses. Prenant une ample inspiration, elle finissait son thé quand elle jetait un oeil à un Kisos penaud. Elle avait soudainement de la peine pour lui. Il travaillait dur après une nuit chaotique. Mais son orgueil revenait au galop et la poussait à repartir en croisade contre Kisos Walker. De la journée, elle l’ignora et l’évita. La nuit qui suivie, elle préféra rester chez Millie qui ne cessait de lever les yeux au ciel à chaque fois qu’elle entendait sa nouvelle colocataire soupirer de la sorte.
- Tu sais.. Kisos n’a jamais eu de vraie amie. Avant toi.
- C’est faux. Il a Ona.
- Ona est plus un frère pour lui. Ils se chamaillent plus qu’ils s’aiment. Avant toi, jamais il n’aurait sauté le pas pour partir à l’aventure. Il en rêvait mais n’osait pas sauter le pas. Il a fait une erreur hier soir, certes. Mais il s’en veut vraiment tu sais. Il me l’a dit.
- Et donc ça fait preuve de justificatif ?
- Non.. Mais Kisos n’est pas un menteur.
C’était bien une des valeurs sur laquelle Charlie était d’accord avec Millie. Cette dernière s’endormie tôt quand la jolie blonde ne trouvait pas le sommeil. Enroulée dans un léger châle, elle décida d’aller prendre l’air sur le pont. Elle aimait être au bord de la proue avant. Elle avait l’impression de voler à chaque fois. En arrivant, elle reconnut la forme colossale de son ami dont les épaules penaude lui firent de nouveau de la peine. Il essaya de s’approcher d’elle mais elle s’écartait vivement. La colère la dirigeait encore malgré son envie de lui pardonner.
Ce fut finalement sa confession qui la bouleversa. Décidément, elle ne pourrait pas rester bien longtemps en colère contre lui. Soupirant et levant les yeux au ciel, elle vint s’asseoir à côté de lui avant de finalement lui prendre sa veste. S’emmitouflant dedans, elle huma son parfum qui lui avait manqué la nuit d’avant et toute la journée.
- Tu as raison. Tu es un idiot Kisos Walker. Ce n’est pas parce que je suis en colère contre toi que je ne veux plus être ton amie ou que c’était une erreur de te suivre.
Il persistait encore à baisser le visage, honteux. Cela poussa Charlie à rejeter son orgueil pour venir s’imposer entre les bras de son ami. S’installant entre ses jambes, elle reposa sur ses épaules la fameuse qu’il avait et caresser ses joues de sorte à relever son visage face au sien :
- Je n’ai pas d’horrible images de toi parce que je te connais, expliquait-elle sur un ton adouci, je sais que tu es quelqu’un avec un coeur immense et que tu t’es fais enrôlé de force par Jack. Je sais que tu n’es pas un homme mauvais, bien au contraire. Tu es courageux, brillant, drôle, attentionné. J’ai confiance en toi et je te suivrais partout Soldat. Mais tu dois me promettre de ne plus jamais boire une goutte de rhum, d’accord ? C’est la maladie de notre peuple, l’alcoolisme. Je te pardonnerais toujours tout, sauf ça.
Frigorifiée par le froid mordant, Charlie vint se blottir entre les bras de Kisos et enfouir son nez glacé contre son cou brulant. Il sentait toujours aussi bon ce qui la fit sourire doucement :
- Tu es mon feu de cheminée portatif, je ne peux pas me passer de toi.
immarcescible, Posté le jeudi 12 mai 2022 22:44 Répondre
Toute la journée, Charlie avait découvert en quoi consistait la vie d'une femme sur un bateau. Hormis Millie, il n'y en n'avait pas d'autres, des femmes. Donc le choix était limité d'autant plus que la blond l'obligeait à rester près d'elle comme si elle était son petit chien. La jeune fille se sentait dénigrée à rester toute la journée à observer le vent tourner dans les voiles et Millie diriger le paquebot. Impossible de voir ou de parler à Kisos d'ailleurs, Jack le pirate le faisait travailler aussi durement que tous les autres hommes. Elle avait envie de lui hurler que c'était de la maltraitance et qu'il restait un adolescent malgré sa forte carrure. Mais Millie lui répétait de ne surtout rien dire et d'être discrète. Charlie obéissait, de peur de retourner dans les bras du vieux Robert.
En fin de journée, elle fut heureuse de retrouver son ami. Il semblait tellement épuisé qu'elle eut de la peine pour lui. Cherchant le contact de l'un et de l'autre, elle se retrouva rapidement allongée sur lui. Etonnant que Millie ai accepté qu'ils partagent la même chambre se disait-elle, mais ses pensées furent vite stoppée par la peur de la dague pour Kisos. Se redressant et lui montrant le fameux poignard donné par sa tante, la blonde riait aux éclats avec l'amérindien avant de le poser sur le sol :
- Tu te tournes s'il te plaît ? J'aimerais me changer et me laver un peu..
Par pudeur, elle avait besoin d'un peu d'intimité ce qui était compliqué sur le bateau. Charlie profita qu'il lui tourne le dos pour retirer les fameux habits donnés par Millie afin de faire une rapide toilette derrière le paravent. Tout était exiguë dans cette petite pièce mais il s'agissait de leur endroit à eux. Une fois une tunique propre mise pour dormir, elle rejoignit le couchage en se calant dans les bras de Kisos. Même si ils étaient à l'étroit, la jeune fille ne changerait de place pour rien au monde. Son visage enfouit dans le cou du jeune homme, elle humait son parfum si puissant et sourit :
- On a beau être en plein dans les Caraïbes tu sens quand même la terre, la forêt, la maison Kisos..
Ils baillaient tous les deux, épuisés par le peu de sommeil de la nuit d'avant et la journée épuisante qu'ils avaient eu. Charlie exposait mille et une théorie sur ce fameux trésor qu'ils allaient cherchaient et se demandait bien comment cette aventure allait se terminer. Mais très vite, elle s'endormit, ses lèvres pressées contre la peau du cou de Kisos, enveloppée dans ses bras et blottie contre son buste si chaud et réconfortant.
Au petit matin, les mêmes tâches que la veille reprirent, ainsi que les jours qui suivirent. Au bout du deuxième jour, Charlie constata que la mer n'était pas fait pour elle. C'était de l'ennuie pour la jeune fille qui avait toujours besoin de bouger ou de s'occuper. Millie lui trouva du papier et du fusain, ainsi, elle pu s'occuper en dessinant l'équipage ou encore des parties du bateau. Jack était très orgueilleux et aimait se faire dessiner plusieurs heures d'affilée par la jeune fille ce qui faisait lever les yeux au ciel de Millie. Mais Charlie s'amusait un peu plus et s'endormait tous les soirs, les doigts encore couvert de fusain.
Ils naviguaient depuis une semaine et Charlie avait déjà fait le portrait tout le monde sur le bateau. Même Robert qui la comparait toujours à une sirène. Alors qu'ils mangeait sur le pont, elle vint apporter à Kisos une feuille pliée où était dessiné de manière sérieuse et solennel les membres de sa famille. La jeune fille espérait que cette marque d'attention ferait plaisir au jeune homme qui quittait pour la première fois de sa vie son foyer. Gabriel avait son air sérieux malgré une légère moue sur les lèvres. Pocahontas était la douceur même avec son regard de velours quand elle tenait sur ses genoux une Sora souriante et vive.
- Je me suis dis qu'ils seraient toujours avec toi.
En effet, pour compléter son cadeau, elle avait découpé le dessin pour l'insérer dans un médaillon qu'il pouvait garder dans sa poche.
- Ainsi, tu auras toujours avec toi ta famille.
Cette fameuse nuit là, alors que Charlie exerçait le même rituel que tous les soirs, elle surprit le regard de Kisos sur sa peau nue. Elle ne chercha pas à se cacher, au contraire, une partie d'elle voulait qu'il la regarde. Pourtant, lorsqu'elle se coucha contre lui, elle ne chercha pas à le séduire. Sans doute tous les deux étaient mû par une certaine gêne et l'inexpérience.
Inexpérience qui ne risquerait pas d'être rapidement un problème. En effet, le lendemain, Jack accosta à Tortuga :
- La ville des pirates mes amis, s'exclamait-il heureux comme un loir comme tous les membres de l'équipage, Kisos ! Kisos viens mon petit protégé !
Charlie était près de Millie qui gardait les bras croisés en soupirant. Elle expliquait à la jeune fille en quoi consistait la fameuse île qui était une sorte de parenthèse pour les pirates avant de rentrer avec leurs butins.
- C'est ici qu'on.. qu'on..
- Qu'est ce que tu n'oses pas me dire ? demandait Charlie.
- Tes parents t'ont déjà parlé de sexe ?
La jeune fille rougissait aussitôt ce qui fit office de réponse à la fameuse Millie. L'entraînant dans sa cabine, elle lui proposa un petit repas entre filles avant d'aller à son tour s'amuser en compagnie des garçons :
- On ne va pas te faire descendre du bateau c'est trop dangereux. Laissons donc Kisos aller s'amuser avec Jack et quand il reviendra vous pourrez rester sur le bateau.
Elles passèrent ainsi la soirée pendant laquelle Millie expliqua le plus possible en quoi concernait la sexualité et le désir. Charlie découvrait un monde qu'elle avait imaginé mais jamais le comprendre. Elle apprenait par exemple que Millie aimait uniquement les femmes. Bien entendu, l'écossaise avait entendu parler de cette autre préférence qui le ne la choquait pas pour autant. Du moins, pour le moment, il ne s'agissait que d'images qui dans son esprit prenait forcément forme avec Kisos, mais ça, elle ne l'accepterait pas encore.
- Est-ce que mon neveu a déjà essayer de te.. de te toucher ?
- Kisos ? Non ! Non, non, non. Nous sommes que des amis.
- Mh.. Mh.. répliquait la pirate.
Il était tard et les garçons ne rentraient pas. Millie se résigna à ne pas aller au fameux bordel retrouver les filles habituellement mais Charlie lui assura que tout irait bien. Elle avait sa dague et Kisos lui avait montré l'autre soir comment s'en servir et Mouche, le second du capitaine travaillait à côté de la chambre de la pirate. Il la protégerait dans tous les cas. Après sa toilette et étant en robe de chambre, Charlie s'assied sur le lit de Millie pour dessiner. Elle dessinait Kisos, ses mains, ses lèvres, ses yeux. Le souvenir de ce presque baiser le soir de son anniversaire et son regard sur son dos nu lui donnait chaud et envie de plus. Peut-être devait-elle aborder le sujet avec lui.
Se souvenant qu'elle avait oublié son couteau pour limer sa mine, elle quitta la cabine pour se rendre dans la chambre qu'elle occupait avec Kisos. Sans toquer, puisque c'était sa chambre, elle entra poussa un cri de stupeur. Une femme nue se trouvait sur un Kisos alcoolisée. La rousse aux seins bien plantureux ricanait en bougeant son bassin contre celui du jeune homme et lorgnait sur Charlie avec amusement :
- Alors ma petite ? Si tu veux participer il faut payer, hein.
Blessée, outrée, Charlie referma aussitôt sec la porte derrière elle et couru jusqu'à la cabine de Millie. Pourquoi se sentait-elle aussi mal alors que Kisos était juste son ami ? Se renfermant dans la chambre, elle refusa que quiconque entre, même le principal intéressé. Elle entendait Jack qui riait, saoul lui aussi, qui racontait les exploits de son jeune protégé qu'il avait "déniaisé".
- Prochaine étape fiston ! Te faire prendre la mer ! Tu deviendras un dieu des océans ! Avec tes yeux couleur caraïbes, tu gouverneras le monde !
Au petit matin, Charlie avait une tête affreuse. Les hommes décuvaient sur le pont, vomissaient. Elle se rendit au bord de la poupe et observait le lever du soleil pensive. Le bateau lui semblait trop étroit pour rester mais elle n'avait aucune idée d'où se rendre. Pourtant, elle se résolut à rentrer le plus vite possible à Jamestown dès que la bande de pirates auraient enfin son butin. Dans la journée, quand tout le monde émergea, Charlie ignorait toujours Kisos. Il voulait visiblement lui parler mais elle n'en n'avait pas du tout envie, alors elle fuyait. Finalement, il réussit à la bloquer au coin eau ce qui la fit soupirer. Ses yeux étaient froid et sans émotion quand ses lèvres étaient pincées :
- Je n'ai rien à te dire Kisos. De tous les endroits du bateau tu aurais pu trouver un autre endroit que notre chambre et surtout. si tu voulais vraiment goûter à la vie de pirates pourquoi m'emmener ? Franchement je ne pensais pas que tu aurais pu être un.. un tel goujat. Je suis déçue que tu.. que tu..
Compliquée de dire la suite. Cela en reviendrait à avoir le genre de conversations qu'elle ne maîtrisait pas. Heureusement, Jack appelait son nouveau protégé pour lui informer qu'il fallait lever l'ancre car son ex-maîtresse n'allait pas tarder à revenir et qu'il n'avait pas l'argent pour payer les consommations de la veille.
- Au travail pirate, marmonnait Charlie avait de rejoindre Millie.
immarcescible, Posté le jeudi 12 mai 2022 09:18 Répondre
Charlie tentait de faire le point sur ce qui venait de se passer. Elle avait laissé une note dans sa chambre, expliquant à ses parents qu’elle partait avec Kisos. Où, elle ne le savait pas encore. Mais elle le suivait. Son instinct l’amenait toujours jusqu’à lui depuis qu’ils s’étaient rencontré. Il parlait beaucoup alors qu’ils étaient installés dans la cale du bateau. Etait-il nerveux ? Ça la rendait quelque peu sceptique. Il se sentait sans doute dans l’obligation de la rassurer mais elle n’avait pas peur et c’est ce qu’elle lui dit avant de s’endormir :
- Je suis avec toi, rien ne me fait peur.
Lorsqu’ils se réveillèrent, ce fut à cause du flottement de la coque qui faisait tanguer le navire. Charlie y était habituée. Elle était un petit poisson, une fille de la mer. Mais elle avait oublié que Kisos avait toujours eu peur de l’eau et avait grandit uniquement à Jamestown. Il vomit et elle eut mal pour lui. Une fois qu’il se sentit un peu mieux, elle lui donna une gourde pour qu’il se rince la bouche et lui ordonna ensuite de poser sa tête sur ses cuisses. Lentement, elle se mit à lui masser les tempes en murmurant de peur d’être remarqués :
- Tu inspires lentement par le nez en gonflant le ventre et tu expires tout doucement par la bouche. Concentre-toi.. Pense à la forêt. Pense à la terre ferme.. Pense à ce qui te rassure..
Elle continua à masser ses tempes, son visage, sa nuque et sa crinière jusqu’à ce qu’elle sente qu’il soit plus confiant et moins nerveux. Un doux sourire sur les lippes, elle déposa un baiser sur son front rassurée de le voir un peu plus détendu. La cale était vraiment étroite et il suffirait de peu pour être repéré. Ils attendirent un moment avant d’envisager de sortir de leur cachette. Mais c’était sans compter sur la venue impromptue d’un matelot venu chercher du rhum. L’odeur de vomi lui confirma qu’ils avaient le droit à des passagers clandestins et il alla chercher deux de ses camarades pour l’aider à les déloger.
Sans aucune douceur, ils tombèrent sur le jeune couple qui cherchaient un appui pour se lever. Les deux hommes se jetaient sur Kisos quand le troisième, celui qui les avait repéré, agrippait le bras de Charlie. Elle gémissait de douleur en lui donnant des coups pour qu’il la lâche :
- Pour qui vous prenez-vous à la fin ! Lâchez-moi sur le champ ! Ne faites pas de mal à Kisos ! Kisos !
- Une jolie sirène en fond de cale les gars. Je la garde pour moi celle-là, répliquait le vieil homme édenté qui tentait d’embrasser une Charlie dégoûtée.
Rapidement ils furent monté sur le pont. Kisos était attaché au mât quand Charlie était maintenue par le vieil homme qui se nommait apparemment Robert. Le voyage semblait tourner au cauchemar, et la jeune fille craignait qu’ils se soient trompés de bateau car il n’y avait aucune trace de Millie dans les visages présents. Mais sa panique prit une nouvelle tournure lorsqu’ils attachèrent son ami pour le mettre sur la fameuse planche à requin.
- Non, non, non ! Laissez-le ! Je ferais tout ce que vous voudrez ! Le ménage, la cuisine, le service ! Tout ! Mais laissez-le !
Kisos était bâillonné, elle ne comprenait rien à ce qu’il disait mais il semblait furieux quand elle semblait si naïve. Arrivé près de la planche, les fameux pirates s’amusaient à la faire bouger comme pour déstabiliser l’amérindien ce qui faisait encore plus crier et se débattre Charlie. L’amérindien était prêt à tomber lorsque deux coup de feux résonnèrent. Tous les rires s’arrêtèrent et la foule se fendit pour laisser passer un homme à la carrure modeste mais au regard charismatique. Il observait tout le monde avec attention, analysant la scène pour mieux la comprendre :
- On a pêché des clandestins capitaine et une petite sirène. Regardez-là, répliquait le fameux Robert, dites elle va me porter chance n’est-ce pas ?
- Mh.. Tu sais ce que l’on dit des femmes à bord Rob’. Ce sont des malédictions.
Il s’approchait dangereusement de Charlie. Elle avait beau tenter de reculer, il n’y avait rien à faire. Un mur de pirates était derrière. L’haleine fétide du capitaine lui donna un relent. Elle avait envie de vomir comme son ami tout à l’heure. Mais elle devait se retenir.
- Quel étrange petit spécimen nous avons là, continuait-il, je crois bien que tu as raison mon ami. Les dieux nous envoient une petite sirène pour nous porter chance sans doute.
- Je n’ai rien de mystique capitaine qui-que-vous-soyez, nous vous paierons la traversée mais ne faites pas de mal à mon ami et moi-même. Nous travaillerons pour mériter notre place sur ce bateau.
- Ainsi donc vous cherchez du travail, mais pourquoi ne pas le demander ma chère ? Quoi que, vu vos mains délicates, je ne voudrais pas détruire ou salir un pan de votre si belle peau toute claire.
En disant cela, il avait pris la main de Charlie dans la sienne pour y déposer des baisers gras et humide. Elle voulait retirer sa main mais il la tenait fermement dans la sienne ce qui la dégoûtait encore plus. Dans une autre situation, elle aurait pleuré mais elle se devait de rester forte pour sauver Kisos. Comprenant que le Capitaine parlait sans doute de faire d’elle une prostituée, elle s’emporta de nouveau en lui écrasant le pied :
- Je ne suis pas une poule que vous pouvez utiliser comme vous le feriez des filles de la Barbade Capitaine. Alors retirez vos sales pattes !
Cela surprit le fameux capitaine quand tous ses marins le regardaient consternés. Charlie était persuadée d’avoir détruit toutes leurs chances de survie. Sauf que l’homme au tricorne et aux red locks châtains se mit à rire à gorge déployée suivi par ses camarades. La jeune fille ne comprenait plus rien. Déstabilisée, elle fronçait les sourcils en essayant de scinder la foule qui hurlait de rire. Des rires gras et répugnant, comme tous les hommes. Soudain, apparue une Millie qui tapotait dans ses mains comme s’il s’agissait d’un spectacle. Le capitaine riait toujours en faisant signe à ses hommes de lâcher Charlie. Il n’y avait que Rob qui boudait de cette décision.
- Vraiment Millie. Tu m’avais dis qu’on riraient, mais je ne m’attendais pas à ça !
- Vous pouvez me dire ce que vous faites-là tous les deux, hurlait-elle mécontente, non mais vous êtes complètement stupide ou inconscient ? Non ! Stupide je dirais.
Ils venaient de relâcher Kisos. Charlie ne perdit pas une seule minute et vint dans ses bras aussitôt en lui demandant si il était blessé quelque part, ignorant totalement Millie qui leur faisait la morale.
- Vos parents vont lancer une armada à votre recherche et détruire tout mon commerce. Kisos je te pensais plus réfléchi que ça et Charlie bien plus peureuse !
- Toujours se méfier de l’eau qui dort, répliquait-elle en dissimulant son visage contre le buste de son ami.
- Ah pas de dicton avec moi demoiselle. Soyez vraiment chanceux d’être tombé sur Jack qui est un très bon ami à moi. Sinon nous serions tous passés sur la planche, croyez-moi. Dans tous les cas, nous rentrons à Jamestown. Il est hors de question que je vous emmène où que ce soit.
immarcescible, Posté le mardi 10 mai 2022 20:20 Répondre
Charlie est troublée. Assise à table, elle sent son c½ur battre encore la chamade suite au rapprochement qu’elle a eu avec Kisos. Le souffle chaud de sa respiration avait balayé toutes ses certitudes sur ses sentiments. Ses mains étaient devenues moites en agrippant la nuque du colosse. Son corps s’était volontairement blotti contre le sien, cherchant sa proximité, sa force, son courage. La chaleur entre ses cuisses et dans son ventre la faisait encore rougir. Mais très vite, elle du se rappeler d’où elle était et oublier le goût que pouvait avoir les lèvres de Kisos Walker.
Heureusement, il avait retrouvé sa légèreté et la faisait sourire avec ses nombreuses grimaces. Sans doute essayait-Il de lui faire oublier le moment troublant dans l’herbe. De sa place, elle voyait bien qu’il était perdu dans ce dédale de couverts et de plats. À chaque fois, sa mine surprise faisait rire la blonde. Ce n’était pas un anniversaire comme d’habitude et c’était ce qu’elle lui expliquait une fois qu’elle l’eut rejoint à l’extérieur :
- Habituellement on passe la journée à se balader, lire et s’amuser. Le soir, papa fait un feu et on mange des plats mijotés par Mary la cuisinière. Et puis on chante.. j’adore quand mon père chante. J’aime partager ça avec lui, les vieux chants celtique. Ça raconte toujours des histoires fascinantes. Comme les histoires d’amour interdites..
Elle pensait naïvement qu’il allait rebondir sur l’épisode de la pelouse tout à l’heure mais non. Il évoqua un jeune homme dont le portrait correspondait totalement à Edward. Charlie allait en rire jusqu’à la remarque qu’il lui fit. Qu’elle fasse attention ? Mais pour qui la prenait-elle ? Les sourcils froncés, elle retira son bras du sien en le grondant sans modération :
- Pour qui tu me prends Kisos Walker ? Je ne suis pas le genre de fille à s’offrir sans pudeur à des cancrelats de la pire espèce. Ça n’a aucun sens ce que tu dis. Ces garçons ne me regardent pas, ils se moquent de moi c’est tout. Et puis je ne suis pas une petite fille. Je sais parfaitement ce que j’ai à faire, comme écraser fermement ses bijoux si jamais il s’approche de moi.
C’était déstabilisant pour elle puisque Kisos avait le même discours que celui de son père et de sa mère. Peut-être la considérait-il bel et bien comme une s½ur ou un parent proche. Elle ne devait rien attendre de lui, se répétait-elle. Pourtant, elle n’arrêtait pas d’imaginer les lèvres du jeune homme sur les siennes. Pourquoi est-ce que ça l’obsédait de la sorte ?
Le beau brun était silencieux mais souriait dans la nuit ce qui réussit à détendre la jeune fille. Revenant se blottir contre lui, elle le remercia d’être aussi présent et de prendre soin d’elle.
- Je n’ai pas l’habitude qu’on soit aussi gentil et prévenant à mon égard.
Charlie n’avait pas envie de rentrer. Un peu avant de rentrer, elle avait récupéré un lien dans l’écurie et avait enroulé le totem cadeau de Kisos. Il ornait son cou quand le loup avait trouvé une place de choix entre ses seins. Se promenant tous les deux dans le petit parc de la résidence, elle demanda encore à son ami de lui raconter les fameuses légendes de son peuple. Il était un conteur né et elle aimait l’entendre évoquer avec passion ses ancêtres ou encore comment ses parents s’étaient rencontrés. C’était tellement enivrant pour la jeune écossaise. Ils venait de faire le tour de la fontaine pour la cinquième fois au moins et au loin, on entendait les rires gras des invités. Cela fit soupirer Charlie, d’autant plus qu’elle entendait ses parents l’appeler :
- Jure-moi qu’un jour on partira sur le voilier de ta tante. On partira faire le tour du monde. Tu soigneras tout le monde et je peindrais sur le pont. Qu’en dis-tu ?
Elle souriait les yeux pétillant d’une malice et joie certaine en pensant à ce rêve. Main dans la main, elle se mettait légèrement sur la pointe des pieds lorsqu’elle vit le visage de Kisos se pencher sur le sien. Oui, elle était prête. Elle le fantasmait ce fameux baiser. Mais encore une fois, la force du destin les fit se séparer rapidement. Sur la terrasse rugissait un Gabriel qui pestait contre la Duchesse :
- Mais pour qui se prend-t-elle nom de dieu ! Alors elle était sa maudite vengeance !
- Isha je t’en prie pas de scène ici, tentait le raisonner Pocahontas, calme-toi.
- Non ! C’est quoi cette histoire de bourse d’étude bon sang ! Qu’est qu’elle crois ? Que notre fils est un abruti pas éduqué ?
- Isha…
La Duchesse surgissait à son tour, suivie de près par un Garrett las des chamailleries entre les deux anciens fiancés. Elle rugissait si belle dans sa robe couleur lavande :
- Mais quel écossais entêté tu fais Walker ! Je veux juste donner l’opportunité à ton fils de se trouver et de connaître le monde. Ça n’a rien à voir avec toi ! Je m’en fiche totalement de toi. Arrête de croire que je suis complètement obsédée par toi.
- Mon fils ne quittera pas notre village et certainement pas grâce à votre putain d’argent !
- Gabriel ! Le grondait fermement Pocahontas ahurie.
Vite, Charlie vint se tourner vers Kisos et le regarda désolée. Encore une fois, tout était de sa faute et elle devait l’expliquer à son ami :
- C’est moi pardon.. j’ai.. j’ai demandé à ma mère si elle pouvait financer éventuellement une bourse d’étude. Tu partirais le temps de faire médecine ou n’importe quoi d’autres. Tout ce qui te plaira. Elle a une fondation qui permet aux jeunes défavorisés de pouvoir étudier en toute sécurité. C’est moi qui lui ai demandé, je.. je voulais que tu saches que je crois en toi.. et que tu puisses avoir l’opportunité de partir si tu le souhaitais, pardon. Je ne pensais pas que ça ferait tant d’histoires..
Les adultes n’avaient pas vu les adolescents au bas des marches mais ils entendirent les mots de Charlie. S’en était trop pour Gabriel qui vint à pointer son doigt vers la jeune fille furieux :
- Ca commence comme ça Kisos ! Ils agissent dans notre dos pour mieux nous asservir. Nous n’avons pas besoin de votre maudite charité. Et il s’agit de MON fils, pas du tien Anya. Tu peux remballer ta poudre aux yeux. Kisos récupère ta s½ur, nous partons. Et je ne veux plus jamais que tu prennes contact avec Charlotte.
La blonde commençait à paniquer. Convaincre Anya était une chose mais Gabriel Walker semblait en être une autre. Rapidement, elle s’interposa entre le père et le fils et le supplia du regard :
- Je ne voulais pas que ça vous contrarie. C’est juste que.. c’est juste que Kisos est brillant. Il a le droit de pouvoir parcourir le monde et essayer de faire des choses. Vous-même vous avez défié le reste du monde en tombant amoureux de la princesse Pocahontas. Laissez la possibilité à Kisos de se trouver aussi.. et surtout n’en voulait à personne d’autres que moi. C’est moi qui ai eu l’idée.
immarcescible, Posté le lundi 09 mai 2022 21:23 Répondre
Charlie avait l’impression horrible de maudire Kisos à chaque fois qu’ils se trouvaient ensemble. Si Layota et les autres semblaient s’amuser de la bagarre entre les deux amis, la jeune fille était bien au contraire très inquiète. Comment ne le serait-elle pas quand elle voyait Kisos se rouler au sol alors qu’il guérissait encore de ses blessures. Elle lui hurla de s’arrêter mais sa voix se perdit parmi les cris de joie des autres. Ne voyaient-ils donc pas qu’ils se tapaient avec puissance et non pas jeu ?
Soudain, Gabriel Walker arriva et stoppa derechef la bagarre. Quand Ona se faisait soigner par les filles, Charlie venait faire sa petite sourie pour retrouver son ami. Mais elle aurait mieux fait de rester à l’écart. La conversation entre le père et le fils semblait la concerner et elle se sentait terriblement mal à l’aise de ce que pouvait dire Gabriel. Pourquoi pensaient-ils tous qu’elle désirait Kisos comme un amoureux et inversement ? Elle avait bien vu qu’il était beau garçon et qu’il plaisait aux filles mais elle savait aussi qu’elle n’était pas le type de fille qui lui plairait. Sans répondre au père de son ami, elle préféra le rejoindre.
Son nez saignait et elle eut une petite moue de douleur pour lui. Dans son petit sac qui la suivait partout, elle sortie un mouchoir pour le poser sur son nez tuméfié. Même si il protestait de peur de le salir, elle leva les yeux au ciel et ne lui laissa pas le choix quand elle écoutait son récit sur cette fameuse Kristen qu’elle haïssait déjà. Avec douceur, elle caressait sa nuque sans se rendre compte de sa proximité avec lui. C’était si simple, comme un aimant qu’elle ne pouvait contrôler. Le besoin de le toucher, de s’assurer qu’il allait bien. C’était tout ce qui lui importait.
Mais visiblement, Kisos était un homme à femme et Charlie devait se protéger. Son c½ur sensible et complètement innocent des joies de l’amour la poussait à être vigilante.
- Jamais je ne te ferais du mal intentionnellement Kisos. Jamais. Tu es mon meilleur ami, le seul et l’unique d’ailleurs. Et.. et jamais je ne te manipulerais comme le prétend ton père. Ni ma mère d’ailleurs. Si elle a un problème avec lui c’est uniquement avec lui je te le promet.
Voyant qu’il ne l’a repoussait pas, elle vint se pencher sur son front pour y déposer un baiser. Ses deux petites mains caressaient ses joues et ses lèvres esquissaient un doux sourire avant de murmurer :
- Et franchement.. Ona est loin de me plaire. Ne sais-tu pas que je préfère la compagnie des animaux a celle des garçons fanfarons ? Si je suis venue aujourd’hui c’était surtout pour passer sur temps avec toi. Juste toi.
C’etait difficile de faire naître un sourire sur les lippes de Kisos mais à force de grimaces et d’imitation plutôt bien réussie de Gabriel mécontent, elle réussit enfin a le faire rire ce qui mettait du baume à son c½ur :
- Je vais devoir rentrer pour me préparer pour la fête. Ma mère a fait venir de New-York les dernières robes à la mode. J’ai un peu peur.
Charlie avait en horreur toutes les mondanités et les tenues de soirées spécifiques aux soirées. Mais ça faisait tellement plaisir à sa mère, qu’elle s’y pliait de temps en temps. Elle aida Kisos à se relever et ils marchèrent d’un pas léger jusqu’au manoir où elle lui raconta tous les précieux anniversaires qu’elle avait pu avoir. Rien de bien grandiloquent mais toujours des attentions particulièrement touchante de ses parents et des domestiques. Charlie était toujours ravie de fêter son anniversaire car elle se sentait particulière ce jour là, c’était ce qu’elle expliquait à Kisos :
- Parfois.. j’ai l’impression d’être invisible. Je dois dire que pendant longtemps ça m’arrangeait, surtout à l’école. Mais parfois, j’ai besoin de savoir qu’on me voit. Comme si je n’étais plus un simple motif de la tapisserie. Crier au monde que j’existe. Mes parents sont si accaparés par leurs fonctions que je ne veux pas être poids au quotidien donc je me fais toujours discrète.. c’est pour ça que le jour de mon anniversaire je suis aussi.. aussi euphorique à l’idée qu’on pense à moi.
Ils étaient arrivés à la lisière de la forêt et Charlie grimaçait en voyant le mauvais bleu sur le coin du nez de Kisos. Elle lui donna le mouchoir en riant doucement, en lui disant que c’était son cadeau à elle de la journée :
- Tu promets de venir ce soir ? Il y aura de la musique, des shortbread, des sandwichs et même de la limonade. Et puis.. moi accessoirement dans une robe à la mode.
Elle lui rappela une nouvelle fois que ses parents étaient invités et au moment où elle lui répétait qu’elle voulait vraiment qu’il vienne sa mère l’appelait sur le perron. C’était l’heure du bain. Se postant sur la pointe des pieds, elle embrassa la joue de Kisos en lui souriant avec joie :
- Ne soit pas en retard Soldat.
Vite, elle accourut jusqu’à sa mère qui l’attendait impatiente. Garrett était non loin pour surveiller les deux jeunes gens et souriait poliment à Kisos avant de le voir disparaître dans l’épaisse forêt. Une vraie scène de torture attendait Charlie. C’était le deal avec sa mère. Une fois par an, elle devait se transformer en parfaite petite maîtresse de maison. C’était le jour parfait pour se lancer. Après un long bain chaud, Charlie eut le droit à ce que Binki lui brosse ses cheveux. Remonté en haut chignon et piqué de quelques fleurs de jasmin, Charlie avait des allures de fées des bois. La robe était moins extravagante qu’elle l’aurait cru. Dans une couleur bleu nuit enroulé d’un léger voile pailleté, la robe ceinturait parfaitement sa taille et exposait sa poitrine à un joli decolté. La blonde se trouvait jolie dans le miroir ce qui l’étonnait. Sa nuque gracieuse dévoilée grâce à sa coiffure laissait largement de la place pour un collier. Mais Charlie refusait tout bijoux, excepté son bracelet, offert par Kisos.
Il était vingt et une heure quand les premiers invités arrivèrent. Toutes les minutes, Charlie demandait si Kisos était arrivé mais Binki repérait à chaque fois que non. La jeune fille craignait qu’il l’ai oublié, ce qui l’a navrait. Pourtant, alors qu’elle faisait enfin son apparition en haut des escaliers, elle vit apparaître Pocahontas au bras de Gabriel entrer timidement. Du regard, elle cherchait Kisos, son visage se détendant enfin. C’est alors qu’il apparut, si beau dans son costume qu’elle sentit une nouvelle fois les palpitations dans son ventre. Son père tenait son bras ce qui l’empêchait de débouler dans les escaliers, ce qui était mieux au vu du “beau monde” qui était présent.
- Merci a vous d’être venus pour l’anniversaire de notre fille adorée. Une belle année à toi s’ouvre enfin Charlotte, rends-nous fiers de tes talents et prend ton envol Petit Pois.
- Slainte ! Hurlaient en ch½ur tous les invités en levant leurs verres.
Enfin libérée de son obligation, Charlie fendit la foule et s’approcha le plus possible de Kisos qui était entouré de toutes les filles de ambassadeurs. Comment ne pas être après lui quand il était si beau avec ses yeux d’un bleu insolent. Alors qu’elle s’approchait, l’une de ces teignes l‘interrompit dans sa lancée :
- Alors.. Charlotte.. vous invitez des sauvages maintenant chez vous ?
- La ferme Léonide. Retourne donc chez les Johnson. Pourquoi venir ici quand on sait pertinemment que tu me déteste ?
Charlie était furieuse de voir cette pimbêche le jour de son anniversaire et parler ainsi de Kisos et de sa famille :
- La curiosité. Tout comme tu dois être curieuse de parcourir les bois avec ce sang-mêlé. Hein.. cachottière.
Ses sous-entendus avaient fait naître une rage sourde en Charlie. Se contenant comme elle pouvait, elle voyait Kisos toujours entouré de toutes ces pimbêches qui gloussaient. Il semblait apprécier la compagnie de ces jeunes filles à faire le paon autour d’elle. Son père avait raison, il aimait la compagnie des filles. Charlie devait se faire une raison.
Mais, le pire arrivait, cette sensation pernicieuse et violente. En effet, elle redevenait le fameux motif dont elle parlait à Kisos plus tôt dans la soirée. Tous les invités étaient des amis à ses parents. Exceptionnellement ils avaient invités tout ce monde pour parler politique. Mais personne ne s’intéressait à Charlie, ni même la voyait. Alors, discrètement, elle rejoignit les écuries pour retrouver Alawa. Caressant sa crinière, elle se mit à la brosser en retenant ses larmes qui ne demandaient qu’à couler.
- Tu promets que tu ne me laisseras pas toi..? demandait-elle au cheval qui hennissait doucement.
immarcescible, Posté le lundi 09 mai 2022 10:51 Répondre
Le temps en Amérique était encore plus long qu’en Ecosse. Mais pire que tout, c’était de savoir que Kisos était entre la vie et la mort et qu’elle ne pouvait rien faire. Charlie prenait son mal en patience malgré les nombreuses disputes qu’elle avait eu avec sa mère qui demeurait inflexible. Heureusement, Hubert lui apportait régulièrement des nouvelles. Mais ce n’était pas suffisant. Elle avait bien essayé de s’enfuir, mais ses parents avaient été plus malins qu’elle et l’avait fait surveiller par les domestiques. Arrêtée à mi-chemin, elle avait été punie pendant deux longues journée dans sa chambre.
Son poignet abordait fièrement le précieux bracelet de perles fait par Kisos. Chaque jours, elle lui dessinait tout un tas de choses en lui écrivant des petites notes dessus. Et chaque jours, elle lui faisait envoyer par Hubert. Il les déposait toujours sur la fenêtre du jeune homme en espérant qu’il les trouve rapidement.
Un jour qu’elle jardinait avec son père près du grand chêne, elle l’entendît l’appeler. C’est sans grande passion qu’elle le rejoignit du moins jusqu’à ce que Kisos apparaisse en lisière de la forêt. D’abord surprise puis euphorique, elle courut jusqu’à lui prête a lui sauter dans les bras comme elle le faisait depuis toujours. Mais arrivée à sa hauteur, elle se souvint qu’il devait être encore mal en point et se contenta d’enlacer avec prudence ses hanches.
- Kisos, tu..
Mais pas le temps d’en placer une. Le colosse lui apportait un présent pour atténuer la douleur d’avoir perdu son cheval. Une larme coulait sur la joue de la jeune fille quand elle posait ses mains sur la beauté de cette jument. Elle seblait l’accepter sans trop de peine ce qui l’a faisait sourire quand elle l’embrassait avec douceur. Cette attention touchait Charlie même si elle avait toujours mal de savoir son cheval d’enfance aujourd’hui mort.
- C’est une délicate et touchante attention. Merci beaucoup Kisos.. merci infiniment.
Rapidement, elle redescendit de la jument non sans lui avoir donné quelques carottes qu’elle avait elle-meme cueillie. Évidement, entre ses mains Alawa mangeait le légume ce qui faisait rager sans aucun doute Kisos et rire la jeune fille.
- Tu as intérêt de venir à mon anniversaire. C’est le jour le plus important de l’année figure-toi, dit-elle en riant, alors pas d’excuses tu viens et avec tes parents.
Les Hedlund ne disaient rien à l’invitation de Charlie. Ça faisait un mois qu’ils ne l’avaient pas vue en si belle forme et souriante. Il fallait aller de l’avant et le Petit Pois semblait avoir réussit à convaincre ses parents. Mais le colosse semblait chercher l’approbation du Duc et de la Duchesse. Ce fut donc Garrett qui prit les devants et prenant la main de son épouse répliqua :
- Nous serions heureux de pouvoir les accueillir. Pour Charlie, son anniversaire est vraiment une institution.
- Nan, nan, nan. Pas une institution, un GRAND moment papa.
Son énergie à la jeune fille était revenue et elle trépignait d’impatience à l’idée de voir Kisos venir à sa fête d’anniversaire. Surprise, Ona arriva et lui proposa de venir au lac. Elle était touchée d’être invitée mais craignait que cela ennuie son ami. Il ne répliquait pas, peut-être était-Il gêné ? Elle ne voulait surtout pas l’incommoder. Mais il accepta d’un hochement de tête qui l’a rassura. Sans feinter, elle se rua donc sur ses parents qu’elle suppliait. En signe de bonne foi donc, et de confiance envers Kisos qui avait sauvé la vie de leur fille, ils acceptèrent.
C’est donc sous le signe de la bonne humeur et des chants amérindiens que tous les trois allèrent près du lac. Charlie avait revêtu une robe un peu plus légère qui laissait apparaître subtilement ses formes. Les maillots de bain étaient en vue en Europe et c’était bien la première fois qu’elle allait se baigner avec en Amérique. Pendant le trajet, elle vit l’air ronchon de Kisos surtout lorsque Ona tenta d’enrouler son bras autour de ses épaules. Gentiment, mais fermement, elle l’avait repoussé pour ensuite revenir vers son ami. Là, elle enlaça ses doigts aux siens et posa sa tête sur son bras.
- Je suis heureuse de te voir en meilleure forme. J’aurais tellement aimé pouvoir te rejoindre mais mes parents avaient littéralement cernés le manoir. Désolée..
Elle lui demanda si il avait bien trouvé ses rouleaux sur le rebord de la fenêtre et ils arrivèrent à destination. Charlie ne s’était passé attendue à une telle scène. Tous étaient nus. Gênée et peu habituée à la nudité, elle dissimulait avec pudeur ses yeux pour ne pas regarder les corps des garçons et des filles exposés au soleil. C’est vrai qu’elle faisait totalement tache avec sa robe et sa blancheur toute particulière. On aurait pu la prendre pour un fantôme. Ona riait en se déshabillant en vitesse tout en voyant l’embarras de Charlie. Il sauta rapidement a l’eau quand tous les autres de la bande observaient avec intérêt la nouvelle petite venue.
Levant ses prunelles vers Kisos avec inquiétude, elle mordit sa lèvre prête à faire demi-tour en murmurant :
- Je.. Je ne pourrais pas me mettre nue Kisos.. je.. je porte un maillot de bain. Ils vont se moquer.
Elle lui expliqua en quoi consistait ce vêtement et sembla surprendre une fois de plus le jeune homme. Soudain, une jeune femme au corps magnifique qui se présenta comme étant Layota vint à Charlie. Elle était douce et semblait véritablement vouloir être gentille. Mais la blonde était toujours aussi embarrassée et.. jalouse. Oui, jalouse de les voir si bien dans leurs corps avec des formes généreuses quand elle-même était toute plate. Certes, elle avait une jolie poitrine, mais c’était faible comparé à ceux de Layota :
- Un maillot de bain ? Montre-nous. Jamais nous n’en n’avons vu.
Encouragée par la jeune femme et les autres, Charlie regarda en coin Kisos. Elle cherchait à savoir si c’était un piège ce qui semblait ne pas être le cas. Alors, timidement, elle retira sa robe pour dévoiler le fin tissu qui galbait à la perfection ses formes. Le lacet dans son dos maintenait le corset et donc compressait sa poitrine. Layota souriait fascinée par la tenue de la jeune écossaise et lui proposa de natter ses cheveux long. Emmenée avec elle dans un coin plus tranquille où d’autres filles étaient, elles firent connaissance. La blonde était très intimidée mais souriait avec politesse tout en les écoutant parler pour mieux assimiler la langue de Kisos.
Pendant ce temps, Ona revenait à son ami trempé et tentait de le titiller. C’était un jeu que l’un et l’autre appréciaient depuis des années :
- Ils sont quand même étrange ces visages pâles. Pourquoi cacher son corps comme ça ? J’aimerais savoir ce que cache tout ce tissu, pas toi ?
immarcescible, Posté le dimanche 08 mai 2022 21:22 Répondre
Charlie est un glaçon. Ce n’est qu’une fois blottie dans les bras de Kisos qu’elle reprend un peu de chaleur. Les larmes qui déferlent le long de ses joues attisent une vive émotion chez la jeune fille. La douleur de voir son seul et unique ami lui être retiré lui déchirait le c½ur. Avec douceur, elle posa son front contre le sien et caressa la joue du colosse en lui promettant de parler à sa mère :
- Personne ne me forcera à faire ce que je ne veux pas Kisos, chuchotait-elle comme un secret, tu as promis de m’apprendre à tirer à l’arc et de me montrer encore mille et une chose. J’ai autant besoin de toi que l’inverse Soldat. Jamais je n’aurais trahi ton secret et les seuls fautifs sont ton oncle et tes cousins. Pas toi, jamais je ne t’en voudrais. Jamais.
Elle lui offrait un doux sourire comme pour lui prouver qu’elle ne laisserait personne les séparer. Caressant toujours sa joue, elle vint enfouir son visage dans son cou en humant son parfum si particulier. Un mélange de cuir et de cèdre, si puissant que ça éveillait une nouvelle fois son bas ventre à des sensations inconnues qu’elle tentait d’ignorer. Ça dénotait, surtout qu’elle sentait toujours la fraise.
Comme s’il s’agissait d’un enfant, elle lui chantonnait une vieille berceuse écossaise pour l’aider à dormir ce qui se passa rapidement. Il devait être épuisée, comme elle de toute cette matinée. Pocahontas rentrait et voyait le deux adolescents tendrement enlacés. Charlie l’ignorait, se contentant de contempler Kisos dormir tout en caressant toujours sa crinière d’ébène.
- Il va s’en sortir n’est-ce pas, demandait la jeune fille sans se retourner.
- Bien sûr. C’est un Powhatan et un Walker. Il est bien plus fort que ce qu’il croit.
L’amérindienne se penchait pour constater ses blessures et vint appliquer de nouveau un peu de baume. Charlie vint à lever délicatement mais Kisos tenait toujours dans sa main celle de son amie ce qui faisait sourire cette dernière.
- C’est courageux de ne pas avoir révélé le secret de Kisos, mais aussi complètement fou. Pourquoi ne pas l’avoir dit ? Tu aurais pu sauver ta vie.
- Parce qu’il me l’a fait promettre. Il est le premier seul et vrai ami que j’ai pu avoir de toute ma vie. Je ne voulais pas le blesser ou encore pire, le trahir. Et honnêtement, je ne suis pas sure que vous m’auriez cru. J’étais finalement la meurtrière idéale.
- Nous sommes méfiants de vous c’est vrai. Mais tu sais très bien que notre peuple a beaucoup souffert des mains tendues à ton peuple.
- N’avez-vous pas dit à ma mère tout à l’heure que la haine ne mène à rien ?
Pocahontas souriait doucement, amusée que la jeune fille arrive aussi bien à reprendre ses propres mots pour servir sa cause. Mais Charlie n’en n’avait pas finie et continuait de caresser la nuque et les cheveux de Kisos avant d’embrasser son poignet :
- Qu’allez-vous faire de votre frère ?
- Il sera jugé et condamné à mort.
- Et Rosalie ?
- Rosalie ?
- Oui, elle a mentit.
- Oh.. et bien.. elle a dit que Nayati l’avait forcée. Une enquête va être ouverte de toute manière petite fleur ne t’en fais pas.
Mais bien sûr que si Charlie s’en faisait. Elle ne voulait pas que qui que ce soit s’en prenne encore à Kisos. Alors qu’elle veillait sur lui depuis un bon moment et qu’il dormait toujours, elle fut surprise de voir son père venir la chercher. Pendant tout ce temps où elle le veillait, elle avait pu dessiner sur un carnet que lui avait laissé Pocahontas. Plusieurs visages notamment ceux de Kisos, de ses parents et de sa s½ur, de Casse-Noisette ou encore de Millie. Elle aimait les portraits et les expressions diverses de chacun. Ceux de Kisos étaient les lieux reussis. Avec sa moue contrarié, ses sourires, son air songeur ou réfléchi. Elle n’avait rien omis. Puis, elle avait dessiné des paysages, le village des Powhatan et la maison de Mallaig de ses parents qu’elle aimait tant.
- Petit pois nous y allons. Ta mère attends.. ils.. ils ont retrouvé Casse-Noisette. Il a été tué par la flèche d’un des fils de Nayati. Tu es libre et blanchie de tout soupçon. Nous devons y aller.
- Casse-Noisette est mort ?
Garrett n’avait même pas à répondre. Les sanglots dans la gorge de Charlie parlaient pour elle. Elle ne sait pas ce qui lui faisait le plus de mal, laisser Kisos ou la perte de son cheval. Embrassant une nouvelle fois le front de son ami, elle le quitta à regret en lui promettant de venir le voir le plus vite possible. Mais Kisos gardait sa main de fer dans celle de Charlie ce qui l’a fit doucement rire. Lentement. En retirant un à un des doigts, elle lui laissa en contrepartie son carnet de dessins pour qu’il ai la preuve qu’elle ai été là.
En sortant de la maison, beaucoup d’amérindiens la saluait avec gêne. Certains s’excusaient, d’autres l’ignoraient. Mais Charlie faisait de même et suivait ses parents qui étaient sous la bonne garde de Hubert. C’est avec regret qu’elle quittait le village des Powhatan. Pocahontas lui donna un petit panier avec les fameuses herbes pour sa mère qui était déjà rentrée.
- Tout s’arrange toujours petite fleur. Je te le promets.
C’est avec les paroles douces de la princesse et le regard désolé d’Isha le guerrier que Charlie rentra chez elle le coeur lourd. Elle laissait là son meilleur ami à des soins certains meme si elle aurait pouvoir revoir une nouvelle fois son sourire à son réveil. Le souvenir impérieux de ses yeux bleu comme deux rubis lui manquait déjà et la laissait en manque de quelque chose qu’elle ne comprenait pas encore.
immarcescible, Posté le dimanche 08 mai 2022 18:15 Répondre
Toute la nuit Charlie chercha un moyen d'expliquer ce qui c'était passé sans trahir la promesse de son ami. Mais rien ne lui venait en tête. Ce qu'elle ne savait pas, c'était que Hubert allait trouver plus tard dans la matinée Casse-Noisette mort quelques mètres plus loin de l'assaut, la flèche des Powathans dans la hanche. Mais pour le moment, elle devait prendre des forces en dormant un peu.
Ce sont les multiples cris de sa mère autour du tipi qui l'éveillèrent. Ne jamais sous-estimer le pouvoir d'une mère louve. Par elle ne sait quel miracle, Anya détacha sa fille et lui expliqua que Kisos s'était enfin réveillé et avait raconté la même version qu'elle. Si Charlie lâchait un sanglot de soulagement en le sachant en vie, elle était aussi très inquiète de le savoir seul. Nayati ne reculerait devant rien pour assassiner son neveu et elle tenta d'en avertir les Powhatans. Mais ils étaient déjà partis au bord de la rivière.
Pas le temps pour Charlie de rassurer sa mère ou encore de lui interdire de retourner en Écosse. Sa vie était ici, en Amérique et pour le moment, elle devait sauver Kisos d'une mort certaine.
⁃ Ona, dit-elle en le voyant arriver vers elle, préviens tout le monde qu'ils sont dans la mauvaise direction. Je pars en éclaireur.
⁃ Petite chose c'est insensé !
⁃ Pas le temps pour le prudence Kisos est en danger
Sans attendre plus longtemps, elle se mis à courir jusqu'à perdre le souffle à l'e,droit où symboliquement ils auraient pu tuer Kisos. En arrivant, elle vit que son père et Gabriel étaient non loin et avaient vu la scène. Kisos blessé et blême plongé dans l'eau par ses cousins.
⁃ KISOS !
Hurlait la jeune fille qui sans hésiter une seule seconde se jeta a l'eau. Heureusement qu'elle était bonne nageuse. Se laissant emporter par le courant, elle réussit aisément à rattraper le bras de son ami et le maintenir contre lui. Mais il était tellement plus lourd qu'elle. Tant bien que mal, elle essayait de le maintenir hors de l'eau jusqu'à ce qu'elle arrive à s'agripper à une branche qui pendait dans le fleuve.
⁃ Accroche-toi à moi !
Lui ordonnait-elle en tenant fermement son poignet. Très vite, Gabriel et Garrett suivis de près par Anya s'arrêtaient non loin des deux adolescents. Sans perdre un instant, Gabriel sortit de sa ceinture une corde et la jeta a Charlie qui tentait de l'attraper. Mais le courant était fort et Kisos toujours aussi lourd. Plus elle appuyait sur la branche et plus celle-ci devenait sensible. Sans s'en rendre compte, Charlie et Kisos retombèrent à l'eau car la branche céda. Ils étaient emportés par le fleuve elle ne savait où mais arrivait malgré tout à tenir son visage hors de l'eau.
Ils dérivèrent ainsi pendant un moment, une éternité pour la jeune femme avant de réussir à s'accrocher à un tronc flottant. Lorsque le courant fut moins fort, elle poussa avec ses jambes jusqu'au petit banc de sable qui émergeait au milieu. Crachant et toussant toute l'eau qu'elle avait pu avaler, Charlie s'inquiétait ensuite de l'état de santé de Kisos qui tremblait de froid. Ses plaies étaient sensible et certaines réouvert. Mais ce qui l'inquiétait, c'était qu'il ne semblait plus respirer :
⁃ Kisos, réveille-toi ! Ils vont venir nous chercher. Réveille-toi !
Se souvenant avoir vu sur le bateau un homme se noyer, elle vint appuyer sur le torse de son ami pour faire sortir l'eau de ses poumons. Puis, très intimidée, posa ses lèvres sur les siennes pour faire entrer de l'air. Agissant ainsi pendant quelques secondes, cela sembla suffit à faire surgir enfin l'eau en trop de son corps. Rassurée, elle caressa sa nuque alors qu'il vomissait de l'autre côté.
Mais pas le temps de se reposer, elle déchira les pans de sa robe et en fit des bandages pour contenir les multiples plaies qu'il avait reçu, lorsqu'enfin elle fut assurée qu'il n'allait pas perdre plus de sang, elle posa sa tête sur le he de ses cuisses et caressa sa crinière en le contemplant tristement. Épuisée mais rassurée, elle se mis à pleurer en murmurant :
⁃ Je suis désolée Kisos.. Tout est de ma faute. Je n'aurais pas dû te laisser me ramener. S'il te plait, tu dois encore vivre.. On a encore tellement de choses à faire.. Je veux t'emmener en Écosse. On ira faire des balades sur le loch.. Mais tu dois vivre pour ça..
Lorsqu’il ouvrit enfin, un peu les yeux, elle ne pu s’empêcher de lui sourire. Sa main essuyait rapidement ses larmes et qu’importe si il se moquait d’elle. Il était en vie et il semblait prêt à se battre pour le rester :
- Je te ferais des shortbread et nous irons faire les pirates avec Millie avant de faire des farces à Ona. Tu deviendras le médecin qui sauvera ton peuple Kisos.. Tu te rends compte du destin qui t’attends.. et moi je serais là, toujours là pour toi Soldat.
immarcescible, Posté le dimanche 08 mai 2022 15:15 Répondre
Kisos gisait sous elle recouvert de sang. C'était trop en une semaine pour la jeune fille. En voulant la sauver, il s'était lui-même mis en danger. Elle les avaient entendu les hommes de Nayati parler mais elle n'avait pas pu comprendre ce qu'ils disaient. Maudite langue se répétait elle quand ses doigts vérifiaient qu'aucun organise de son ami n'avait été touché par les flèches. Elle avait peur, terriblement peur qu'il puisse mourir au même endroit où sa mère avait faillit perdre la vie. Toute la famille Hedlund se donnaient entièrement pour sauver la vie de Kisos Hedlund. Aucun ne se doutait de ce qui attendait derrière la porte.
Sans toquer, Pocahontas déboula dans le manoir et chercha son fils. Elle n'eut pas à chercher bien longtemps, elle n'eut qu'à suivre les traînées de sang et les ordres précis d'Anya pour sauver le jeune homme. Il n.y avait aucun doute dessus. Sans un mot, elle se pencha sur lui et vérifia son état. Jamais il n'avait été aussi mal. Bien sûr, il avait déjà été blessé ou malade mais jamais dans un tel état. Sortant son sac, elle se mis à réfléchir à comment l'aider. Anya la secondait. À croire que les deux jeunes femmes avaient été amies depuis toujours.
Garrett était sortit de la pièce laissant les femmes ensemble. Il se dirigeait vers Hubert qui était déjà interrogé par un Gabriel peu commode :
⁃ Lâchez-le, hurlait-il, qu'est ce que vos hommes ont voulu faire à ma fille ? Elle était sous votre protection !
⁃ Comment osez-vous Hedlund ! C'est mon fils qui a été attaqué par votre fille !
⁃ Insensé. Venez donc voir ses blessures, ce n'est pas Charlie qui aurait pu faire une telle chose. Elle n'est pas comme ça !
⁃ Je ne la connais pas votre fille. Tout ce que je sais c'est que mon fils a été blessé et que ça ne reste pas impuni.
Autrement dis, la paix était définitivement rompue entre les deux camps. Garrett ordonna à Hubert de raconter ce qui c'était passé mais Gabriel ne semblait pas vouloir entendre que des flèches amérindiennes avaient pu toucher Kisos ou encore attaquer Charlie. Il expliquait qu'il était le chef de leur Armée et que toute cation militaire dépendait de lui.
⁃ Votre esclave ment pour couvrir les méfaits de votre fille. Vous devriez avoir honte ! Incapable de tenir vos promesses de paix Hedlund.
⁃ Ma fille n'a rien fait et Hubert et ne me faites pas la leçon en ce qui concerne de tenir des promesses, Gabriel Walker !
Au même moment, Anya arrivait sur le perron. Se tenant à la rambarde, elle eut l'impression de voir un fantôme de son passé. Blême, elle se sentit prête à défaillir mais Pocahontas la soutint. À croire que les femmes de leurs familles étaient plus clairvoyantes que les garçons. Alors que ces derniers venaient de sortir leurs elles pour se battre, Pocahontas leur hurla de cesser quand la Duchesse s'évanouissait définitivement sous le regard de son ancien fiancé.
Pendant ce temps, Kisos semblait être entre de bonne mains. Pocahontas avait bien suturé les blessures et avait ordonné à Charlie de surveiller son fils. L'amer indienne avait bien vu dans le regard de l'adolescente qu'elle n'aurait pas pu assassiner de sang froid son ami. L'énergie qu'elle mettait à vouloir le sauver et à aider en disait beaucoup pour l'amérindienne. Elle craignait surtout la réaction de la Duchesse lorsqu'elle verrait Isha.
Charlie baignait le visage de Kisos avec une éponge fraîche. Il tremblait, semblait avoir froid. La jeune fille se sentait mal, terriblement mal alors qu'elle était encore couverte du sang du jeune homme. Caressant sa nuque dégagée de ses long cheveux d'ébène, elle déposa un baiser sur sa tempe en murmurant :
⁃ T'as pas intérêt de mourir tu m'entends ? Tu m'as promis d'être toujours là pour moi Kisos. T'as promis de venir me voir à New-York et d'aller sur le bateau de ta tante. On a encore mille aventures à vivre.. Je t'en prie.. Tu n'as pas le droit de mourir.
Elle laissait quelques larmes couler avant de lui expliquer avec douceur ce que sa mère avait fait pour l'aider et la venue de la sienne qui avait finis par stopper toutes les hémorragies. Mais il était encore beaucoup trop inconscient pour comprendre sans doute. Alors qu'elle s'occupait avec application du blessé, elle entendit a l'extérieur des cris et du monde. Surprise, elle se leva non sans avoir caressé et embrassé une dernière fois la tempe de Kisos et lui demandant de ne pas bouger.
A l'extérieur, toute une foule d'amérindiens était en lisière de forêt. Nayati était sur le côté et observait la foule avec un sourire satisfait. Les amérindiens parlaient fort et semblaient attendre quelque chose ou quelqu'un. Garrett se jeta sur sa fille quand Gabriel et Pocahontas tentaient d'apaiser la foule en colère. Anya était assise dans un coin et récupérait de ses émotions grâce à un verre apporté par Binki.
⁃ Charlie qui vous a attaqué ?
⁃ Je.. Je..
Bien sûr qu'elle le savait, mais comment le prouver ? Son père était au bord de la crise de nerf et s'énervait en la secouant fermement ce qui fit peur à la jeune fille qui ne comprenait pas. Mais surtout, elle ne pouvait pas dire qui était l'auteur de cette fourberie, parce que ça impliquerait de trahir le secret de Kisos. Alors, elle répondit simplement qu'elle ne savait pas, ce qui fit blêmir son père.
⁃ Que.. Que veulent-ils papa ?
⁃ Un témoin dis t'avoir vu poignarder Kisos dans les bois. Ils veulent un procès contre toi.
Charlie n'en revenait pas. Pocahontas revenait vers eux et semblait prête à vouloir embarquer la jeune fille innocente. Cette dernière la regardait avec crainte en lui répétant inlassablement l'histoire qu'elle avait déjà raconté.
⁃ Personne de mon peuple ne vous aura attaque Charlie. Nous allons te juger et nous aviserons de ta peine éventuelle. Je te promets que tu seras en sécurité sous ma surveillance.
C'est sous le regard impuissant de ses parents que Charlie partit maintenue par la main ferme de Gabriel Walker. Pocahontas continuait de parler avec ses parents en leur expliquant qu'ils la garderaient dans un lieu sûr en attendant de réunir les anciens pour son procès. Arrivée à Jamestown, Charlie se faisait persécuter par les mêmes gens avec qui elle avait passé une soirée si douce et généreuse. Ils lui jetaient des pierres, des crachats et autres objets contendant. Elle avait peur et suppliait du égard Gabriel en lui jurant ne pas avoir voulu assassiner Kisos :
⁃ c'est.. C'est mon ami.. Il a voulu me sauver !
L'écossais ne répondait pas. Il avait la même moue quand il réfléchissait que son fils. Charlie se retrouva attachée à un poteau dans un tipi au milieu du village. Deux gardes surveillait l'entrée. Alors qu'elle pensait être à l'abris de tout, vint à elle Nayati, Pocahontas et Gabriel en plus de quelques amérindiens anciens, elle se recroquevilla sur elle-même sans comprendre pourquoi Rosalie les accompagnaient :
⁃ C'est bien elle que j'ai vu tenter d'assassiner Kisos, dit-elle avec des larmes dans la voix, je témoignerais devant le conseil.
⁃ Charlotte Hedlund. Vous serez juger dans trois jours en attendant que le conseil se réunisse. Vous risquez la peine de mort.
immarcescible, Posté le samedi 07 mai 2022 19:39 Répondre
Charlie se sentait si stupide. Les confidences de Kisos lui rappelait qu'il était mal de se fier aux apparences. Elle en était la première à détester ce genre de comportement. Il semblait si résigné que cela la rendait soucieuse et triste pour lui. Elle se retint de relancer le sujet pour le moment, elle craignait de dire ou faire une autre maladresse et préféra donc le suivre jusqu'au fameux village. Il abritait encore beaucoup de monde qui écoutait les fameuses histoires de Nashoba. La blonde était intriguée et ne pouvait s'empêcher de tendre l'oreille même si son ami semblait un peu nerveux à l'idée d'avoir tardé pour la ramener. Elle haussa les épaules en riant doucement et le rassura rapidement :
⁃ Mon père doit être totalement gaga des Cacahuètes. Je suis persuadée que lui et ma mère ne se rendront même pas compte de mon absence.
Pour la première fois de sa vie, Charlie avait un ami. Elle avait envie de faire une multitude de choses et de continuer à découvrir son monde. Sans se défaire de son sourire, elle entraîna le géant à se faufiler dans le foule avant de s'installer au devant pour mieux entendre. Au coin du feu, assis sur une pile de bois alignés, Nashoba racontait avec une aisance particulière les aventures du grand guerrier Isha qui avait défendu les terres Powhatans contre les Iroquois qui sévissaient encore à la frontière. Le récit était pleins de métaphores faisant référence aux symboles amérindiens comme la visite d'un aigle qui aurait aiguillé le déroulement de la bataille. Charlie était fascinée par la scène. Tout le monde écoutait avec attention avidité, tout comme elle.
Spontanément, elle ne pu s'empêcher de sortir de son éternel petit sac son carnet de croquis et de dessiner rapidement la fameuse scène. En relevant son regard elle remarqua dans un coin d'une maison, tout près de Nashoba mais dissimulé la princesse Pocahontas blottie dans les bras de son époux qui l'enlaçait. La scène était touchante et donna envie à la jeune fille de faire le portrait de ce couple si atypique qui avait sauvé la vie de sa mère. En effet, dans une certaine mesure, si Gabriel n'avait pas quitté l'Ecosse, elle ne serait jamais venue au monde.
Très vite, Ona vint pousser un cri typique amérindien signifiant la fin du récit. Kisos lui expliqua que c'était le cri des Powhatans quand plusieurs membres de la tribu se mirent à danser. Charlie se trouvait au milieu de tout le monde et souriait, surprise. Ona vint rapidement à elle et pris sa main pour qu'elle le rejoigne danser. Hésitant, elle eut juste le temps de ranger son carnet dans son petit sac avant de se laisser entraîner non sans avoir envoyé un regard amusé de détresse à Kisos. Avec application, c'était à son tour d'apprendre les pas des danses amérindiennes. La jeune fille s'en sortait plutôt bien et tapote en ch½ur dans ses mains avec toute la ronde autour du feu.
Au détour de la fameuse ronde, la petite Sora surgissait de nouveau comme dans la matinée ce qui fit sourire Charlie de plus belle. Elle était d'une douceur et d'une grâce qui éblouissait la jeune écossaise. La petite demoiselle était acclamée par le reste des Powhatans qui vinrent ensuite l'entourer pour la regarder danser au rythme lancinant de la musique. Ona expliqua à Charlie que la chanson chantée par une vieille femme était l'histoire d'une princesse qui voyageait dans le temps pour retrouver son âme s½ur.
Lorsqu'elle la chanson fut finie, elle chercha du regard Kisos qui parlait apparement à ses parents. Elle n'avait aucune idée de ce qu'ils pouvaient bien se dire mais quand il revint vers elle, il insista une nouvelle fois pour la ramener. Ils prenaient donc le chemin en direction des écuries où Casse-Noisette était entrain de faire les yeux doux à une jument :
⁃ Tes parents ne t'ont pas grondé à cause de moi j'espère..
Il ne répondait pas ce qui la surprenait. Diable qu'elle n'aimait pas voir son air taciturne. Doucement elle posait sa main sur son bras quand Nayati apparut dans la pénombre. Il était entrain de frotter son couteau contre un bout de bois et le bruit fit sursauter Charlie à chaque coup porté.
⁃ Alors Kisos, demandait-il de sa voix basse et étrange, te voilà à jouer les guides pour les visages pales ? Tu comptes enfin rejoindre le monde auquel tu appartiens ? Tu ferais mieux de bien surveiller cette petite chose car les eaux sont profondes près du village. Tu te souviens, n'est-ce-pas ? Elle et sa famille ne vont pas rester ici, crois-moi.
Il semblait se délecter de la peur qu'il infligeait à son neveu. Charlie ne pouvait le nier, il était impression cet oncle au regard d'une noir perçant. Légèrement dissimulée derrière Kisos, elle se retenait d'intervenir car après tout, elle devait rester à sa place, surtout qu'elle ne comprenait absolument ce qu'il disait puisqu'il parlait amérindien. Pourtant, lorsque Nayati vint à s'approcher de son ami, elle eut un geste de sûreté et se plaça à son côté mettant son bras comme pour le protéger. En effet, le couteau qu'il tenait entre ses mains s'était trouvé un peu trop près de Kisos. C'était ce qu'en avait jugé Charlie du moins :
⁃ Je ne comprends peut-être pas ce que vous dites mais sachez que nous sommes attendu par le gouverneur. Alors laissez-nous passer Monsieur.
Son ton était impératif malgré qu'elle soit toujours aussi petite entre les deux amérindiens. Le regard frondeur elle essayait de toute ses forces de ne pas montrer qu'elle avait peur mais cela fit simplement rire le fameux Nayati qui finit par partir en continuant à affûter son couteau. Se retournant vers Kisos, elle le regarda avec crainte quand son oncle finit par répondre toujours dans leur langue natale :
⁃ Tu diras à ton canari de ranger ses petites griffes pour te protéger, ce serait tellement dommage qu'elle se blesse. Elle ferait presque peur.
⁃ Tu vas bien, demandait rapidement Charlie en posant sa main sur la sienne lorsqu’il fut partit, qu'est-ce qu'il a dit ? Viens, almond-voir tes parents. Tu dois leurs dire ce qu’il te fais subir.
immarcescible, Posté le mercredi 04 mai 2022 11:55 Répondre
Sur le chemin qui les menait vers la place du village, Charlie pu enfin répondre aux multiples questions de Kisos. Bien entendu, cela l'amusa de le voir aussi surpris et inquiet suite à ce qu'elle lui avait confié sur ses aspirations, ses ambitions. Car la petite Hedlund avait des idées moderne sur son temps et espérait bel et bien pouvoir diriger sa vie comme l'entendait malgré son titre et les responsabilités de sa place sociale.
- Tout d'abord sache que mes parents sont considérés comme "progressistes" ce qui veut dire qu'ils ne considèrent pas les vieilles traditions à respecter à la lettre. J'ai été élevé par des parents qui m'ont toujours poussé à avoir de l'ambition. Et donc non, non, non.. Pas de mariage forcé, jamais ! C'est finis le Moyen-Âge.
Bien sûr, elle oublia qu'il devait savoir ce que c'était alors elle lui expliqua qu'il s'agissait d'une vieille période de l'histoire archaïque. Kisos semblait réfléchir à tout ce qu'elle lui disait, comme si elle était une étrange petite personne. C'était toujours ce sentiment qu'elle avait avec les autres, mais avec lui, c'était différent. Il l'écoutait, cherchait à comprendre. Il la laissait s'exprimer, chose que peu de personnes avait fait jusqu'à présent.
- Et oui je compte bien vivre de ma peinture. Disons que je ne veux pas dépendre financièrement de qui que ce soit. Je veux pouvoir être libre de faire ce qui me plait avec l'argent que j'aurais gagné par moi-même. Et puis.. Et puis je sais pertinemment que je ne trouverais jamais un époux. Regarde-moi, je ne suis pas du tout faite pour être une bonne épouse. Comme toi je ne veux pas être forcée d'aimer quelqu'un que je connais à peine. Je veux pouvoir vivre une belle et riche histoire d'amour comme nos parents. Honnêtement, plus j'y pense et plus j'ai envie de remercier ton père d'être parti même si il aurait pu faire ça autrement. Sans ça, mes parents n'auraient jamais connu le bonheur qu'ils connaissent.
Mais très vite, ils furent interrompu par un Nayati inquiétant. Charlie comprenait ô que très bien la peur de Kisos pour cet oncle. Il était impressionnant et son regard d'un noir si puissant clouait n'importe qui au sol. C'était un contraste inquiétant entre le noir doux et envoûtant de Pocahontas et celui de son frère. C'est sans difficulté donc que Charlie viens à suivre Kisos même si elle était déçue ne pas avoir pu assister à la veillée. Il lui expliqua qu'il l'emmenait voir sa tante et quel personnage en effet. D'abord surprise, Charlie ne pu s'empêcher de rire en voyant la jolie blonde gronder gentiment son neveu. Rougissant légèrement à ce petit surnom si adorable, Charlie se présenta à Millie en serrant sa main.
- Quelle poigne jolie petit fleur !
- Ne jamais sous-estimer le pouvoir de la nature, répondait Charlie en riant.
Elle comprit rapidement pourquoi Kisos aimait passer autant de temps avec sa tante. Millie était pleine de surprises et non conventionnelle. Elle les entraîna a l'intérieur de sa petite maisonnette et leur servit des bières qu'elle venait de faire. Pour vivre, elle fabriquait elle-même sa bière qu'elle revendait ensuite aux contrebandier :
- Mais.. Mais vous êtes une pirate en fait !
Cela fait rire Millie d'un immense éclat qui éblouit l'imagination de Charlie. En effet, la blonde avait mille histoires à raconter à la jeune fille qui buvait littéralement les paroles de la pirate. Elle expliqua comment elle avait atterrit sur les terres des Powhatans et comment Pocahontas l'avait sauvé d'une mort certaine à cause du typhus. Des aventures que Charlie lisait dans ses livres seule alors que d'autres les vivaient vraiment. C'est impressionnée, les joues rosies et les yeux pétillant d'une joie certaine que la jeune fille reprenait la route avec Kisos dans la soirée.
- Tu te rends compte de la force de ta tante ! Elle pourrait être une héroïne de roman Kisos ! C'est juste irréel.
Ils riaient tous les deux en déambulant entre les arbres de la forêt et longeant le cours d'eau. Ils avaient oublié casse-noisettes mais le jeune homme promis de lui ramener le lendemain.
- Dis.. Tu viendras au bal ? C'est tellement ennuyeux ces soirées que sans toi je vais encore plus subir.
Elle lui expliqua donc comment se passait les bals écossais et les coutumes à respecter pendant ces fameuses réceptions. Tout le cancan politique de la côte est allait être forcément invité puisque les Hedlund devaient aussi se présenter étant des nouveaux arrivants.
- Que des vieilles personnes à mourir d'ennui. Et puis le pire viens après.. Le moment où l'on danse !
Voyant la mine circonspecte de son ami, elle lui exposa toutes les danses qui devaient être dansées pendant le bal et leva les yeux au ciel avant de lui proposer de lui apprendre une danse. Dans les bois, elle se mit à apprendre à Kisos la valse. C'était un peu laborieux au départ mais il s'en sortait finalement très bien ce qui faisait sourire Charlie :
- Tu es un danseur né !
Ils dansaient donc sous le fredonnement de Clair de Lune que Charlie récitait. Ses mains étaient posées modestement sur le bras et l'épaule du géant qui l'accompagnait quand elle posa ses prunelles adoucies sur les siennes :
- Et toi ? Dis-moi.. Qu'aimerais-tu être ? Tu voudrais rester ici et prendre la suite de ta mère ? Tu serais un chef excellent, j'en suis certaine. Tu en a l’étoffe.
Elle souriait, rêveuse en l’observant avec cette confiance toute particulière. Même si ça ne faisait qu’une semaine, elle avait l’impression de connaître Kisos depuis toujours. C’était un sentiment étrange mai profond et sincère.
immarcescible, Posté le dimanche 01 mai 2022 22:52 Répondre
Pendant que Kisos discutait avec son père, Charlie en profita pour retirer ses chaussures qui oppressaient ses pieds. La chaleur avait fait gonflé ces derniers et elle les trempaient dans l’eau fraiche de la rivière. Chantonnant, pensive, elle ne pouvait s’empêcher de repenser à Rosalie et cette poitrine qu’elle avait. Jetant un oeil discret sur la sienne, elle se rendit compte qu’elle n’avait pas été aussi généreusement bien dotée que la rousse. Faisant une légère moue, elle se demandait bien si les garçons apprécieraient qu’elle ne soit pas aussi bien formée que sa mère par exemple. Mais rapidement elle fut sortie de ses pensées par son ami qui lui apprit la terrible nouvelle.
- Ton.. Ton père ? Mais.. Mais c’est insensé ! Je.. Il semble si honnête !
Charlie voyait bien le regard désolé et gêné de Kisos. Bien entendu ce n’était pas de sa faute et elle ne lui en voulait pas. Malgré tout, elle avait une certaine colère contre le fameux père Walker qui avait malencontreusement fait subir à sa mère la pire épreuve de sa vie. Inspirant longuement, comme elle faisait toujours pour faire le vide dans son esprit, elle prit la décision d’en parler à son père le soir-même :
- Je lui dirais tout ce que tu m’as raconté. Mon père est un homme sage. Il saura comment aborder ce sujet avec ma mère.. Il.. Il est vrai qu’elle risque d’exploser.
C’était indéniable que la Duchesse risquait de prendre très mal cette nouvelle mais Charlie ne voulait pas que cela entache son amitié avec Kisos. Cela ne faisait peut-être qu’une semaine mais jamais encore elle n’avait eu d’amis et elle tenait à cet immense géant.
- De toute façon, expliquait-elle en balançant ses pieds dans l’eau, je ne sais pas mentir et ma mère s’en rendra compte.
Elle expliquait donc à Kisos que quand elle mentait, son nez se retroussait. C’était devenu impossible pour elle de garder un secret car tout le monde pouvait aisément savoir si elle était au courant ce qui devenait problématique quand elle devait se faire des amis :
- Je suis stupide ! Tu vas savoir maintenant quand je mens.
Soupirant, elle se tapota gentiment le front de sa paume de main avant de lever les yeux au ciel, exaspérée d’elle-même. Le sourire un peu plus apaisé de Kisos lui fit du bien et la rassura. Il semblait avoir oublier Rosalie et c’était tant mieux. Ne voulant pas revenir sur le sujet, la jeune fille lui proposa de faire quelques ricochets. Puisqu’il ne connaissait pas elle vint lui apprendre tout en lui posant une multitude de questions sur la vie à Jamestown. Elle l’écoutait avec attention, il en connaissait tous les usages et cela l’impressionnait :
- Ce sera toi leur chef quand tes parents seront trop vieux ? Tu aimerais être leur chef ou tu as d’autres aspirations ?
Il est vrai qu’il était totalement légitimes que Kisos devienne le chef de Jamestown après tout. La pauvre Charlie ignorait tout du système de vote qui élisait les chefs amérindiens mais elle allait apprendre par la suite grâce au jeune homme. Pour elle, il semblait le plus logique étant donné sa posture et sa lignée royale :
- Tu serais parfait pour diriger cette ville et ton peuple. On sent que tu aimes aider les gens et te rendre utile. Moi j’en serais incapable. Je me rêve comme une artiste. Un jour, j’irais à New-York là où les maisons sont plus grande que les arbres et je peindrais. Je révolutionnerais le monde de l’art. Tu viendras me voir ?
immarcescible, Posté le dimanche 01 mai 2022 22:49 Répondre
Pendant que Kisos discutait avec son père, Charlie en profita pour retirer ses chaussures qui oppressaient ses pieds. La chaleur avait fait gonflé ces derniers et elle les trempaient dans l’eau fraiche de la rivière. Chantonnant, pensive, elle ne pouvait s’empêcher de repenser à Rosalie et cette poitrine qu’elle avait. Jetant un oeil discret sur la sienne, elle se rendit compte qu’elle n’avait pas été aussi généreusement bien dotée que la rousse. Faisant une légère moue, elle se demandait bien si les garçons apprécieraient qu’elle ne soit pas aussi bien formée que sa mère par exemple. Mais rapidement elle fut sortie de ses pensées par son ami qui lui apprit la terrible nouvelle.
- Ton.. Ton père ? Mais.. Mais c’est insensé ! Je.. Il semble si honnête !
Charlie voyait bien le regard désolé et gêné de Kisos. Bien entendu ce n’était pas de sa faute et elle ne lui en voulait pas. Malgré tout, elle avait une certaine colère contre le fameux père Walker qui avait malencontreusement fait subir à sa mère la pire épreuve de sa vie. Inspirant longuement, comme elle faisait toujours pour faire le vide dans son esprit, elle prit la décision d’en parler à son père le soir-même :
- Je lui dirais tout ce que tu m’as raconté. Mon père est un homme sage. Il saura comment aborder ce sujet avec ma mère.. Il.. Il est vrai qu’elle risque d’exploser.
C’était indéniable que la Duchesse risquait de prendre très mal cette nouvelle mais Charlie ne voulait pas que cela entache son amitié avec Kisos. Cela ne faisait peut-être qu’une semaine mais jamais encore elle n’avait eu d’amis et elle tenait à cet immense géant.
- De toute façon, expliquait-elle en balançant ses pieds dans l’eau, je ne sais pas mentir et ma mère s’en rendra compte.
Elle expliquait donc à Kisos que quand elle mentait, son nez se retroussait. C’était devenu impossible pour elle de garder un secret car tout le monde pouvait aisément savoir si elle était au courant ce qui devenait problématique quand elle devait se faire des amis :
- Je suis stupide ! Tu vas savoir maintenant quand je mens.
Soupirant, elle se tapota gentiment le front de sa paume de main avant de lever les yeux au ciel, exaspérée d’elle-même. Le sourire un peu plus apaisé de Kisos lui fit du bien et la rassura. Il semblait avoir oublier Rosalie et c’était tant mieux. Ne voulant pas revenir sur le sujet, la jeune fille lui proposa de faire quelques ricochets. Puisqu’il ne connaissait pas elle vint lui apprendre tout en lui posant une multitude de questions sur la vie à Jamestown. Elle l’écoutait avec attention, il en connaissait tous les usages et cela l’impressionnait :
- Ce sera toi leur chef quand tes parents seront trop vieux ? Tu aimerais être leur chef ou tu as d’autres aspirations ?
immarcescible, Posté le dimanche 01 mai 2022 13:50 Répondre
La vie à Jamestown semblait particulièrement vive et riche. Charlie aimait cette proximité entre toutes les populations sans qu’il y ai une quelconque revanche à prendre sur les uns ou les autres. La question de la richesse ne semblait pas être d’une grande valeur ici non plus. Depuis quelques années, la jeune fille avait commencé à lire des écrits sur un certain Marx qui évoquait alors le bien social et la possibilité du vivre-ensemble sans classe sociale. Elle en avait le parfait exemple ici même. Il expliqua alors à son ami sa surprise en voyant cet Eden si particulier que les Walker avaient réussis à construire :
Tout le monde souriait et saluait Kisos. Il était respecté et aimé, Charlie ne pouvait le nier. Elle se sentait en sécurité auprès de lui et ça ne semblait pas le déranger quand leurs mains se frôlaient par moment. C’était innocent, simple. La rencontre avec Sora fit tendrement sourire la jeune blonde. Elle remerciait la petite fille pour ses compliments et lui rendit :
- Viens à la maison quand tu veux. J’ai tout un tas de peignes et de coiffes avec lesquelles tu pourrais t’amuser si tu le souhaites.
A croire que ce n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Après un autre câlin, la petite s’enfuyait retrouver ses amis non sans avoir fait une grimace amusante à son grand frère.
- Vous semblez si proche tous les deux. J’aimerais avoir une aussi belle relation avec les cacahuètes plus tard.
Et la visite continuait. La maison des Walker et de Kisos étaient modestes. Elles ressemblaient à celles des autres habitants de Jamestown même si ils étaient les chefs guerriers et protecteur de la ville. Aucun apparat, une simplicité telle qui rendait la maison encore plus touchante avec toutes ces fleurs qui la composait. Par curiosité néanmoins, Charlie ne pu s’empêcher de rentrer chez Kisos pour regarder à quoi ressemblait chez lui. Mais quelle surprise lorsqu’elle entra et trouva une jeune femme à moitié nue dans le lit de son ami :
- Oh.. Euh.. Pardon..
Il s’agissait de la fameuse Rosalie qui rouspéta après Charlie. Elle remettait en vitesse sa robe quand la blonde regardait un peu gêné Kisos qui semblait ne pas comprendre. Impossible de lui expliquer car Rosalie se jetait déjà sur la porte pour engueuler l’intruse. Mais en voyant Kisos, elle s’adoucit :
- Mon Kisos. Te revoilà enfin ! J’ai entendu que tu étais de retour mais j’ignorais que ton père t’avais mis cette petite chose entre les jambes.
Petite chose. Charlie levait les yeux au ciel en faisant une légère moue. Pourquoi disaient-ils tous qu’elle était une petite chose ? Certes elle était relativement petite mais tous ici semblaient être des géants. Pendant que Kisos agacé semblait s’entretenir avec la fameuse Rosalie, Charlie préféra s’éclipser pour se rendre près de la place. Elle y trouva cette fameuse école et notamment une petite bibliothèque. La porte était ouverte, elle se permit donc d’entrer et observa avec intérêt les fameux livres bien rangés :
- On dirait que je vais avoir une nouvelle élève, demandait une voix basse derrière elle, vous êtes ?
Charlie sursauta avant de rigoler. Une main sur le coeur, elle fit face au fameux Jackson Avery qui s’avançait vers elle. Rapidement elle s’excusa et se présenta à l’unique professeur de Jamestown qui la salua à son tour :
- Vous aimez lire donc ?
- J’adore. Mon père a cette passion qu’il m’a transmise. Mais je préfère peindre et dessiner je l’avoue.
- Une artiste en herbe ici ? A Jamestown ? Fulgurant !
Ils parlèrent un peu et en vinrent à avoir un débat passionné sur Thomas More et son fameux livre L’Utopie. Avery avait toujours eu cette capacité à être condescendent et il aimait exposer ses capacités devant les non-initiés qui vivaient ici. Charlie l’avait compris mais c’était agréable aussi de pouvoir discuter un peu de littérature et d’art avec un fin connaisseur. Il venait de lui faire une blague en latin qui fit rire la jeune fille lorsque Kisos surgit enfin. Son air était sombre et elle se doutait qu’il n’avait pas du avoir une conversation tranquille avec la fameuse Rosalie.
En effet, cette dernière avait reproché au métisse de ne pas s’occuper d’elle surtout qu’elle s’était rendue disponible pour lui malgré qu’elle soit promise au fils Powell. Elle jouait littéralement sur deux feux avec les garçons et cherchait à obtenir encore et toujours les attentions de Kisos. Charlie le connaissait à peine, mais elle voyait bien qu’il était contrarié et cela lui fit de la peine.
- Ah ! Kisos Walker. Avez-vous eu l’occasion de lire un peu Thomas More. Charlotte semble avoir une fine analyse à nous proposer. Si ça ne vous intéresse pas sachez que je pourrais ramener la demoiselle chez elle dans la soirée et vous laissez l’opportunité d’aller chasser.
- Oh non, non, non Jackson. Je vous remercie encore de votre accueil et de cette charmante conversation mais Kisos et moi avons prévu tout un tas de choses. Nous nous reverrons à l’occasion.
Poliment, elle le salua et pris la main de Kisos dans la sienne, instinctivement, comme d’habitude. C’était bien qu’avec lui qu’elle était capable d’une telle proximité qui ne la dérangeait absolument pas. Se retrouvant enfin dehors tous les deux, elle lui offrit un doux sourire :
- Ne me laisse pas seul avec lui. J’ai bien cru qu’il allait me faire une dissertation sur son savoir. Tu ne m’avais pas dit qu’il était aussi imbu de sa personne.
Pour rire, elle imita le ton de Avery en évoquant d’une voix semi-dédaigneuse les arbres en fleurs. C’était une imitation assez réussie qui la fit rire mais qui semblait rendre de marbre l’amérindien :
- Eh.. Soldat, le surnommait-elle avec douceur, qu’est-ce qui te fais ronchonner de la sorte ? Rosalie n’a pas voulu t’attendre dans ta garçonnière ? Je peux me débrouiller toute seule tu sais. Va la retrouver si tu le souhaites.. Je ne voudrais pas que tu te sentes obliger de rester avec moi. Je le comprendrais si tu préférais partir la retrouver. C’est.. C’est ton amoureuse ?
immarcescible, Posté le samedi 30 avril 2022 13:09 Répondre
Garrett n’était clairement pas le genre d’hommes aux mêmes croyances que les autres. Il connaissait suffisamment Charlie pour savoir qu’elle n’avait aucune once de séduction. Kisos était peut-être beau garçon, mais sa petite fille ne pouvait avoir des vues sur un colosse aussi impressionnant. Il prenait cette marque d’affection pour de la reconnaissance et de l’amitié, aussi, il souriait amusé à l’amérindien et se contenta d’aller chercher le fameux thé d’Anya.
En revanche, Charlie s’étonnait de voir son ami aussi peu pressé de voir son père. Une lueur de méfiance et de ressentiment semblait le posséder. Lorsqu’il lui proposa de lui présenter Jamestown, elle lui offrit un doux sourire et accepta derechef.
- Tu me laisses mettre une tenue plus formelle et je te rejoins aux écuries !
Cette complicité qui existait entre les deux jeunes adolescent semblait donner un élan de positivité dans la maison. La promesse certaine d’un avenir plus doux et tranquille entre les blanc et les amérindiens, c’est à ça que pensait Garrett en remontant et croisant Kisos que Charlie avait laissé seul :
- Merci encore mon garçon. Ta modestie ne fait que renforcer le sentiment de profonde gratitude que nous avons pour toi. Tu seras toujours le bienvenu parmi nous. Toujours.
Après avoir donné une petite tape sur l’épaule du jeune homme, Garrett se rendait au chevet de son épouse qui était accompagnée de Pocahontas. Tous les diagnostics semblaient bon et les Hedlund ne pouvaient s’empêcher de bénir et remercier la princesse. Comme son fils, elle minimisait la chose mais accepta de bon coeur l’idée de ce bal qu’ils voulaient donner en l’honneur de Kisos et elle-même. Lorsque Charlie entendit parler d’un bal, elle leva les yeux au ciel en soupirant. Mais pas le temps de s’attarder, elle prévint ses parents de son absence et rejoignit Kisos aux écuries.
- Casse-Noisette semble apprécier que tu t’occupes de lui, dit-elle en riant, il va bientôt vouloir me quitter pour vivre des aventures avec toi.
Sa tenue plus formelle se constituait d’une robe un peu plus cintrée qui l’oppressait et d’un jupon d’une couleur plus vive. Il s’agissait d’un bleu plus prononcé alors que jusqu’auparavant elle portait des couleurs pastels. Finissant de positionner le chapeau d’aventurier de son père sur sa tête, elle grimpa en vitesse sur son cheval avant de faire signe à Kisos de grimper derrière elle :
- Je te laisse nous guider jusqu’à chez toi. J’ai hâte de voir à quoi ressemble la petite maison d’un amérindien. Est-ce que c’est comme chez nous ? A ton âge ils ont tous ce qu’ils appellent des garçonnières.. Des endroits pour emmener des filles, tu vois ?
immarcescible, Posté le vendredi 29 avril 2022 19:43 Répondre
C’est une Charlie perturbée qui se couche ce soir là. Kisos l’avait convaincue d’aller se reposer un peu plutôt que de rester près de sa mère. Il avait eu raison, elle s’endormit presque aussitôt. D’étranges rêves peuplèrent ses songes quand elle dormait mais cela ne l’incommoda pas plus. Elle revoyait des amérindiens priant, les yeux bleus de Kisos l’observant, les jumelles riant, du sang bien entendu mais un feu chaleureux et persistant. Au petit matin, elle descendit aussitôt après avoir été réveillée par les hennissements de Casse-Noisette en bas. Hubert avait du le sortir pour dégourdir ses pattes.
Arrivée en bas, elle trouva avec Binki ce colosse entrain de dormir sur le canapé. Cela la fit doucement sourire quand soudain son père surgit dans le salon. Sans demander son reste il se rua en vitesse dans la chambre parentale quand Charlie se sentait terriblement mal. Le grand guerrier Isha semblait terriblement mal à l’aise et demandait à ce que la jeune fille soit le pigeon voyageur.
- Oui monsieur. Je transmettrais le message à Kisos quand il sera éveillé.
Sans un regard de plus pour le guerrier, elle se rendit dans le salon et couvrit Kisos qui dormait profondément, imperturbable. Elle le veillait comme le ferait une amie qui le connait depuis des années et l’observa tendrement. Il avait un tendre sourire sur les lèvres en dormant ce qui le rendait encore plus adorable. Posant une fine couverture sur ses épaules, elle le laissa encore dormir un peu avant de fermer la porte du salon.
Elle attendit un moment avant de monter voir son père. Après avoir un peu déjeuné, s’être changée et donné à manger aux Jumelles, Charlie donna pour ordre à Binki de préparer un gros repas pour Kisos. Puis, elle se rendit dans la chambre de sa mère.
- Pa’ ?
Garrett se trouvait au chevet de son épouse, sa main tenant avec fermeté celle d’Anya et les yeux larmoyant. C’était bien la première fois que la jeune fille voyait son père dans un tel état. Inquiète, elle s’approcha rapidement de lui et la rassura en lui expliquant tout ce que Pocahontas et Kisos avaient fait pour aider Anya :
- Ils l’ont sauvé pa’. Sans eux je n’aurais jamais pu aider maman.
- Je sais, je sais Petit Pois. Je ne suis pas en mesure de pouvoir les remercier comme il se doit mais je te promet que quand ta mère sera..
- Sera quoi ?
- Blackbird !
C’était un cri du coeur. Garrett se redressait et venait prendre le visage de son épouse entre ses mains tout en laissant un flot de larmes inonder ses joues.
- Bon sang mon amour. Pourquoi tu ne m’as pas attendu ?
- Parce que tu crois que les deux cacahuètes m’ont laissé le temps de t’attendre Garrett Hedlund. Tu me fais bien rire.
- Maman !
Charlie pleurait à son tour et venait de l’autre côté du lit pour enlacer sa mère. Tous les trois blottis les un contre les autres, la jeune fille croyait enfin toucher du doigt le rêve qu’elle avait tant espéré ces derniers jours. Ils étaient enfin réunis, les trois mousquetaires. Sans plus attendre, elle retourna rapidement dans le petit cabinet près de la chambre des parents pour aller chercher les Cacahuètes qui se réveillaient.
- Je n’ai même pas pris le temps d’aller les rencontrer, ronchonner désolé Garrett en se levant à leur rencontre, bonjour mes petites cacahuètes.. Comme vous êtes belles et.. et toute petite.. Anya chérie, regarde..
Doucement, il les prit dans ses bras et les amena à son épouse. C’est dans ce moment si tendre de rencontre que Charlie quitta la chambre. Elle descendit à toute vitesse les marches et ordonna à Binki d’aller prévenir au campement des amérindiens que sa mère était réveillée. La princesse Pocahontas devait vite venir. C’est alors que surgit un Kisos légèrement réveillé qui devait commencer à manger :
- Kisos ! Kisos ! Ma mère est réveillée ! Elle vit !
Se jetant dans ses bras elle riait et pleurait à la fois. Elle remerciait son ami en le couvrant de baisers spontanément. Mais jamais ses lèvres ne touchaient les siennes. C’était des baisers d’amitiés sur tout son visage. Comme toujours lorsque la jeune fille était euphorique, elle se laissait déborder par ses émotions qui étaient folle et passionnée.
- Je te serais éternellement reconnaissante Kisos.
immarcescible, Posté le mercredi 27 avril 2022 17:06 Répondre
Se trouver dans le corps inerte de sa mère n’allait clairement pas aider Charlie. Cette dernière avait une foi inébranlable en Kisos et Pocahontas mais il n’en restait pas moins qu’elle ne supportait pas cette vision de la Duchesse tant un tel état. Sa mère si combattive, si pleine de fougue, de vie et de hargne lui semblait terriblement loin. S’asseyant discrètement sur le bord du lit, elle prit sa main dans la sienne tout en y déposant un baiser. Comme lui avait confié Pocahontas, la jeune fille se mit à prier pour la première fois de sa vie. Jamais sa famille n’avait été pratiquante. Pour elle, la religion, se limitait aux pauvres âmes n’ayant reçu aucune éducation. Elle comprendra plus tard, aux côtés de Kisos, que le monde était bien plus complexe qu’il n’en n’avait l’air.
Mais pour l’instant, elle priait de tout son coeur, de toute son âme. Elle priait pour que sa mère survive et que son père revienne au plus vite. Au bout d’un moment, elle dû se résigner à sortir de la chambre. Elle entendait les jumelles babiller dans la pièce d’à côté et Kisos parler. Fermant la porte derrière elle, elle pouvait voir ce géant tenant entre ses bras les fameuses jumelles dévorant les biberons.
Charlie était reconnaissante que Kisos soit aussi doux et prévenant avec ses soeurs. Il arrivait même à lui faire esquisser un léger sourire. Venant à lui, elle lui prit l’une des jumelles entre ses bras et vint s’installer sur l’autre fauteuil, en face. Tenant au mieux le petit biberon, elle pu nourrir sa soeur qui l’observait avec de grands yeux bleus. Les mêmes que ceux de son père.
- Elles ont tout de mon père.. Les mêmes yeux et les mêmes cheveux. Ma mère va être ravie, se confiait Charlie en souriant doucement, quand j’ai teint mes cheveux elle hurlait que j’avais détruit la seule chose qui la reliait à moi. Physiquement parlant.
Soudain, ce doux sourire qu’elle avait en contemplant la petite crevette entre ses bras disparu. Elle se mettait à penser qu’elle ne reverrait peut-être jamais sa mère et cette seule idée lui creusait un énorme trou dans la poitrine. Relevant ses yeux d’un bleu-vert vers Kisos, elle l’observait encore meurtrie de cette fameuse scène odieusement sanguinolente qui l’avait traumatisée :
- Et si elle ne revenait jamais.. Et si elle ne me fâchait plus à cause de mes bêtises ? Je ne sais pas si je pourrais supporter ça.. Mon père.. Mon père serait si malheureux Kisos.. Ma mère c’est tout.. C’est toute notre vie..
La jeune fille se remettait à pleurer mais la petite jumelle vint retirer le biberon de sa petite bouche pour poser sa main sur la joue de sa soeur. Charlie était surprise, surtout que ses larmes inondaient le petit corps potelé du bébé. C’est alors que cette dernière se mit à babiller rappelant un doux chant que chantait autrefois Anya à Charlie :
- Oh.. Tu chantes comme un oiseau.. On va t’appeler Bird. Birdie.. Qu’en penses-tu ?
Demandait-elle à Kisos quand elle voyait la seconde jumelle agrippait fermement la petite barbe du jeune homme. Cela donna un petit rire à Charlie en voyant toute cette énergie de la petite boule blottie contre l’amérindien. Bird n’avait plus faim, alors la blonde se leva pour la reposer dans le berceau une fois que son rot fut passé pour revenir ensuite s’asseoir près de Kisos que la seconde ne lâchait plus :
- Ella.. Qu’en penses-tu ? Ça veut dire éclat du soleil, Elle semble aussi énergique et douce qu’un soleil, non ? Un peu comme toi en fait.
immarcescible, Posté le samedi 23 avril 2022 14:10 Répondre
Des réveils comme ça, Charlie n'en n'avait jamais eu. Kisos était encore recouvert du sang de sa mère et la princesse Powhatan s'affairait activement au-dessus de sa mère. La jeune fille était blême, choquée de ce qui venait de se passer devant ses yeux. L'absence de son père lui pesait quand l’une des jumelles dans ses bras commençait à pleurer. Très vite, la jeune fille pris son rôle de grande soeur à coeur. Binki s’occupait de la deuxième en la baignant. Celle que tenait encore dans ses mains Charlie était sanguinolente. C’était abjecte pour la petite demoiselle qui tenait entre ses mains un être vivant sortant tout droit du ventre de sa mère. De quoi la pousser à ne jamais enfanter se disait-elle.
- Binki.. Binki.. Que.. Que dois-je faire ?
Tout de suite la dame de compagnie surgit pour aider sa jeune maîtresse qui était désemparée. Ses mains commençaient à trembler et la blonde arrivait juste à temps. La première était emmaillottée c’était au tour de la seconde d’avoir le droit au bain. Penchée au dessus de Binki, Charlie observait les bébés commencer à faire des petits bruits adorable qui fendait le coeur de leur grande soeur. Malgré elle, elle en voulait à ses deux petits êtres de la possible perte de sa mère, ce qui venait d’être confirmé par une Pocahontas soucieuse.
Dans un mouvement hésitant, Charlie se rapprocha des deux amérindiens qui tentaient de sauver la Duchesse. C’était étrange qu’elle ai une telle confiance en ces deux là alors qu’elle ne les connaissaient pas du tout et que Kisos avait littéralement ouvert le ventre de sa mère. Debout près du pas de porte, elle sentait des larmes piquer ses yeux mais elle se retenait de toutes ses forces. Toujours rester forte, quoi qu’il lui en coûte se répétait-elle depuis son enfance.
- Ki.. Kisos.. Que puis-je faire, demandait-elle d’une voix faible.
Mais personne ne semblait l’entendre puisqu’ils ne se retournaient ni l’un ni l’autre. Prenant une ample inspiration, elle sortie donc aussitôt et demanda à Hubert de courir jusque chez les Powhatans pour qu’ils aillent chercher son père.
- Mais.. Mais Monsieur Kisos a dit que c’était inutile.
- Je me contrefous de ce qu’a pu dire Kisos Walker. Je veux que vous alliez chercher mon père immédiatement !
C’était bien la première fois que la jeune femme haussait aussi fort le ton. La première fois qu’elle prenait conscience de ses responsabilités. Sans attendre plus d’ordres, Hubert monta rapidement à cheval et partit en direction du campement des Powhatan. Puis, elle alla rapidement s’occuper l’esprit en gestionnant la maison comme sa mère l’aurait fait. Toute la maisonnée était surprise de voir cette jeune maîtresse devenir soudainement aussi imperturbable et charismatique que sa mère. Peut-être que c’était pour se rassurer ou se protéger mais la jeune Hedlund se mit à gérer la maison puisqu’elle ne pouvait pas gérer la situation de sa mère.
Binki la cherchait partout alors qu’elle avait installé les jumelles dans un couffin qu’elle transportait avec elle. Mais Charlie ne voulait pas les voir et demanda donc à sa dame de compagnie de les installer dans une des chambres de l’étage. Pendant ce temps, son père n’arrivait pas mais Hubert si. Se prosternant avec beaucoup de crainte devant la jeune maîtresse, il lui expliqua qu’il était impossible de savoir où était son père et que toute la garnison était partit le chercher, notamment le frère de Pocahontas Nashoba et la pirate Millie Birkin.
Pendant ce temps, Pocahontas tentait tant bien que mal de faire stopper l'hémorragie qui compressait l'utérus de la Duchesse. Elle était concentrée et parfaitement certaine de quoi faire. Avec beaucoup de pédagogie, elle expliquait tout à Kisos en même temps qu'elle lui demandait de l'assister. Il lui fallut un peu de temps avant de pouvoir tout bien réparer. Il était tard lorsqu'elle se rendit compte que la Duchesse reprenait un peu de couleur sur les pommettes et que son rythme cardiaque rebattait à nouveau normalement. Les nombres tisanes et autres plantes avaient enveloppé le corps d'Anya dans un coma profond.
- Mon chéri, murmurait la princesse, tu devrais aller voir Charlie mais lave-toi avant. Elle doit être très inquiète.
L’après-midi était avancé mais ni Pocahontas, ni Kisos n’avaient quitté le fameux salon. Charlie faisait les cent pas devant la porte, blême en se rongeant les ongles. La maison était plongée dans un silence de plomb ce qui inquiétait encore plus la jeune fille. Incapable de rester en place, elle décida de se remettre à dessiner et ce fut lorsqu’elle eut finis un dessin violent qui représentait un corps éventré que Kisos apparut. La jeune fille était assise sur la petite balancelle sur un coin du perron. En le voyant elle se redressa en serrant contre elle son carnet :
- Elle.. Elle n’est pas morte, hein ? Kisos.. Je t’en prie..
Toute la journée elle avait tenu sans laisser transparaître aucune peine et aucune peur mais là, elle allait flancher surtout en voyant les traits désolés de son ami. Ses yeux piquaient plus fort et elle sentait quelques gouttes vouloir s’échapper.
immarcescible, Posté le jeudi 21 avril 2022 14:42 Répondre
Il y avait quelque chose de très émouvant chez Kisos. Charlie sentait qu'il était en train de découvrir un nouveau monde en sa compagnie. Pour la première fois depuis des années, la jeune fille prenait plaisir à passer du temps avec quelqu'un, autre que ses parents ou Frankie. Avec beaucoup de patience et de pédagogie, elle expliquait tout ce qu'il pouvait voir sur l'atlas ou encore les photos. Elle s'amusait même à lui apprendre quelques mots en gaélique.
- Tu es bien plus doué que tu ne le crois, disait-elle en riant, concernant mes parents oui.. Ils ont une forte différence d'âge. Mon père était le secrétaire particulier de mon grand-père paternel. C'est comme ça qu'ils se sont rencontrés et tombés amoureux. Ma mère aime à me raconter qu'elle aimait rendre visite à mon père dans son bureau. Il était couvert de livres et il semblait pourtant être un soleil dans ce petit lieu si clos et sombre.
Mais elle aussi en apprenait des choses, notamment sur les Powhatan et la polygamie. Charlie était tout aussi fascinée que Kisos lorsqu'il découvrait l'Ecosse. Pourtant, en évoquant ce fameux oncle, elle ne pu s'empêcher d'avoir de la peine et de la colère. Ce garçon avait une sensibilité et une empathie diamétralement opposée à celle des clichés qu'on avait sur les amérindiens. Il était censé, pas du tout rêveur, mais honnête et juste. La jeune fille sentait chez lui une appétence pour le dialogue même si il était visiblement exclu des deux peuples qui le liait.
- Je suis désolée pour toi Kisos, répondait d'une voix douce Charlie en posant sa main sur son poignet, sincèrement. Mon père dit souvent que si les gens nous haïssent sans raison c'est qu'ils sont jaloux. Ils ont compris que nous avions quelque chose d'exceptionnels et ils veulent à tout prix nous le retirer. Je pense que tu devrais avoir plus confiance en toi et tes capacités. Tu es le fils d'une princesse amérindienne et qu'un guerrier écossais. Tu peux à toi seul réunir deux mondes contradictoire. Ta force c'est d'être bien plus puissant que ce fameux Nayati, et c'est ce qui lui fait le plus peur.
Comme il était étrange de rassurer quelqu'un que l'on connaît à peine mais dont on apprécie autant la présence. Oui, il était clair pour Charlie que sous ses airs de loup solitaire, Kisos Walker semblait avoir une force et un courage qu'elle fantasmait aussi :
- Tu n'es pas nul et tu peux me croire j'en ai croisé tout un tas de nuls. Tu es honnête, valeureux et courageux. Je suis persuadée que tes parents sont plus que fières de toi.
Et c'était sincère. Son sourire si doux faisait rayonner son visage quant elle se penchait sur la joue du colosse pour embrasser sa joue. A sa manière, Charlie était utopiste mais elle avait surtout beaucoup d'empathie qui lui venait de ses parents. Se rasseyant à sa place, elle tapoter une nouvelle fois le poignet de son nouvel ami et lui précisa sur un ton de magistrat :
- Maintenant vous n'êtes plus seul guerrier Kisos puisque vous devrez m'escorter où que je le désire ahahah. Pas de chance pour vous puisque je peux être un vrai petit pois collant. Nous allons créer le groupe des exclus. Oh non ! Je sais ! Nous allons créer un salon qui se nommera attention roulement de tambour..
Avec ses petites mains elle faisait le bruit rythmique du fameux roulement de tambour tout en imitant le bruit de la foule pour enfin dire :
- Nous serons le Salon des Refusés ! Notre assemblée se composera de toi, moi et parfois Frankie et Naya. Nous commencerons toutes nos réunions par la dégustation de Shortbread et de la lecture d'un de mes poèmes favori..
Toussotant, elle se redressa sur ses genoux près du grand jeune homme impassible avant de citer les glorieux et romantique vers de John Keats :
- ..."Je rêve que nous sommes des papillons n’ayant à vivre que trois jours d’été. Avec vous, ces trois jours d’été seraient plus plaisants que cinquante années d’une vie ordinaire." Alors ? Qu'en penses-tu ? Je lis beaucoup et je dessine parce qu'à Edimbourg les jeunes de mon âge me trouvent.. bizarre.. Pour eux il est étrange de dessiner et de peindre. Ils disent.. Ils disent que je suis folle, étrange..
Comment ne pas être troublée en pensant à toutes ces multiples humiliations qu'elle avait subie à l'école ou encore dans les clubs où se rendaient ses parents. Les moments où elle avait été rejetée et humiliée avec tant d'acharnement. Baissant les yeux sur ses mains, elle soupirait en repensant à certains épisodes et se confia à son tour à Kisos comme il l'avait fait avec elle :
- Il y avait toujours ce garçon, John qui venait tirer mes tresses. Un jour je lui ai mis une claque mais il riposté. Il me volait mes affaires, les cassaient. Un jour, ils ont demandé aux filles de ma classe de me bloquer dans un coin de la cour. Ils ont coupé mes cheveux et m'ont tapé dessus parce que j'avais répondu juste à une question. J'ai réussi à persuader mes parents que j'avais coupé moi-même mes cheveux pour ne pas qu'ils aillent à l'école. Ma mère aurait été capable de tous les assassiner.
immarcescible, Posté le mardi 19 avril 2022 20:35 Répondre
Charlie n’avait qu’une chose en tête. Déboutonner son pantalon pour laisser son bidon bien nourri ressortir. Mais pour le moment, les réflexions de Kisos sur l’éventuel passé commun entre ses parents et les siens la surprenait. Par gourmandise, elle prit une nouvelle grappe de raisins qu’elle mangeait lentement.
- Ton père ? Mh.. Je ne sais pas.. Ce serait quand même invraisemblable comme histoire, non ?
Touchant son petit ventre bombé, la jeune fille en viens finalement à déboutonner le haut de son pantalon. Avec Kisos c’était simple et tranquille, elle ne se sentait pas jugée et encore moins gênée. Néanmoins, elle réfléchissait quand même aux mots de son nouvel ami. Ce serait une coïncidence bien trop grosse pour que ce soit le cas :
- J’ai du mal à croire aux coïncidences Kisos. Franchement.. Et puis non, je ne préfère pas y penser parce que si c’est vrai ma mère serait très malheureuse. L’homme qui a abandonné ma mère a disparu du jour au lendemain en la laissant aux mains malveillantes de sa famille. Je pense que mon père réagirait très mal en rencontrant cet homme. Peu importe sa raison.
Très vite Charlie changea de sujet. Betty et Hubert venait avec d’autres domestiques pour débarrasser la table. Par habitude et même si ils grognaient quand elle le faisait, la blonde les aida à tout retirer de la table.
- Ils ont un peu d’âge et je n’aime pas savoir qu’ils doivent faire tout le travail, expliquait-elle à Kisos en le laissant prendre quelques assiettes à son tour, tiens regarde je peux en prendre quatre au moins !
Jouant à l’équilibriste, la jeune fille prenait aisément quatre assiettes entre ses mains et en posa même une sur sa tête tout en marchant avec prudence et grâce :
- A l’école où j’étais on nous apprenait à marcher avec un livre sur la tête. C’était pour savoir marcher le plus « joliment » possible disait les gouvernantes. Mais je m’enfuyais toujours avec les ouvrages qu’elles nous donnaient pour les lire.
Arrivée dans la cuisine elle déposa toutes les assiettes avec prudence tout en étant applaudie par la cuisine qui riait devant le clown qu’était cette jeune demoiselle au style vestimentaire toujours si étrange. Lorsqu’ils eurent finis de tout ranger et nettoyer, Charlie entraina Kisos dans la bibliothèque de son père. Elle lui expliquait le rangement bien spécifique de son père et vint à grimper sur l’une des petites échelles pour attraper un livre en particulier qu’elle tendait à son nouvel ami.
- Tiens.. Il s’agit d’un roman qui parle de l’histoire de l’Ecosse. Il s’appelle Ivanhoé. Comme ça tu en apprendras plus sur l’histoire de ton père et la mienne.
Puis, elle se pencha en équilibre sur l’échelle pour en récupérer un autre plus en hauteur mais qui contenait des illustrations et quelques daguerréotypes du château d’Edimbourg ou encore de la maison de Mallaig des Hedlund. Charlie fit tomber l’ouvrage entre ses mains mais trébucha. Heureusement que Kisos la rattrapa inextremis. Elle poussa un petit cri avant de s’accrocher à sa nuque surprise :
- Mon père dis aussi que je suis un Petit Pois parce que je sautille partout sans conséquence, dit-elle en riant doucement, tiens ce livre est plein de photos et d’illustrations d’Ecosse. Tu veux les regarder ?
Ça lui faisait plaisir de pouvoir partager son amour de l’Ecosse à ce garçon si curieux. Assis sur un plaid sur le sol, elle tournait les pages en lui expliquant chaque plantes qu’elle avait illustré elle-même sur l’atlas tout en lui présentant les fameuses photographies où on l’a voyait elle aussi toujours entrain de lire ou de dessiner, ou encore d’autres où ses parents étaient richement vêtu, dansant ou riant. Une famille en somme normale.
immarcescible, Posté le lundi 18 avril 2022 15:50 Répondre
Kisos est beau, terriblement dans ce costume. Charlie ne pouvait s’empêcher de le penser et elle devait faire des pieds et des mains pour ne pas poser ses yeux un peu trop sur son corps si puissant. Très vite, elle vint à bouger pour ne pas qu’il remarque ses yeux baladeur.
Mais surtout, c’est un tout autre Kisos qui se dévoile entre les mains de Charlie. Il sourit, plaisante, est doux et léger. La jeune fille aime voir ce garçon se dévoiler autrement. Ils rient ensemble, plaisantent de mille et une chose avant de finalement revenir à des sujets plus étonnant. C’était quand même étrange que les Hedlund se soient installés au plus près d’un autre écossais ayant vécu à Lowache. Bien sûr que Charlie connaissait. Ses sourcils se fronçaient en entendant Kisos évoquer ce village ce qui la fit répondre instinctivement :
- Oui bien sûr. Ma mère a été enfermée dans l’asile de cette ville. Il s’agit d’un port de pêcheur principalement. Elle devait épouser un homme qui n’est jamais revenu. Ça l’arrangeait assez puisqu’elle était tombée amoureuse de mon père mais sa famille lui a interdit ce mariage. C’est pourquoi ils l’ont enfermé.
Mais parler de ce genre de sujet gênait toujours Charlie. Sa mère avait toujours été dans son monde et elle gardait un tel traumatisme de ce souvenir qu’en parlait en revenait à lui faire du mal. Alors très vite, la jeune fille changea de sujet. Elle se dirigea vers la petite malle de son père qui contenait son kilt et le sortit pour le montrer à Kisos. S’enroulant dedans, elle devenait plus enjouée en le voyant de nouveau :
- Le kilt a une valeur sentimentale pour mon père et ma mère. Il reflète une écosse qui a sauvage, libre et complètement insoumise.
Anya appelait d’en bas sa fille, sans doute pour qu’elle se prépare pour le dîner. Charlie donna le kilt de son père à Kisos en lui promettant de lui montrer comment on le met avant de descendre en courant jusqu’à sa mère pour lui annoncer la bonne nouvelle de la présence de Kisos à dîner. Pour l’occasion, sa mère lui avait prévu une jolie robe en satin d’un bleu qui rappelait les yeux de Kisos, mais c’était beaucoup trop coquet pour la jeune fille qui décida de mettre tout autre chose.
Elle remonta prévenir Kisos qu’elle devait aller se préparer pour le dîner et lui demanda de rejoindre sa mère dans le petit salon où elle l’attendait. Binki préparait pendant ce temps l’attirail qui devait embellir Charlie. Mais elle se confrontait à une tête de mule puisque la blonde avait décidé de mettre tout autre chose. Elle enfila le smoking de son père qu’elle avait recousu elle-même pour un futur déguisement. Binki soupirait en dissimulant son visage entre ses mains, entre gêne et désappointement. La blonde avait demandé à sa dame de compagnie de relever ses cheveux en un chignon typique de l’époque qui laissait apercevoir un joli décolleté sur le devant du costume et une nuque gracieuse.
Enfin, à l’heure du repas, Charlie arriva vêtue de son smoking avec classe et élégance sous les regards embarrassé et stupéfait des gens de maison. En arrivant dans la salle à manger, elle ne pu s’empêcher de rire en voyant sa mère et sa tête si surprise :
- Je ne voulais pas que Kisos se sente mal à l’aise tout seul dans son costume alors je l’accompagne.
- Mais enfin Charlotte, rouspétait-elle, tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas une tenue convenable.
- Pourquoi les hommes auraient-il le droit de porter et des Kilts et des pantalons ?
Le débat fit lever les yeux au ciel d’Anya qui céda devant la persistance de sa fille. Mais le repas arrivait et la jeune fille avait fort faim, assise face à Kisos, elle riait devant sa mine un peu déconfite. Il y avait bien des plats et bien des manières pour manger dans la culture européenne et sans doute devait-il être apeuré de toute ces formes. Avec pédagogique et douceur, Charlie lui expliqua à quoi servait telle ou telle fourchettes ou encore les cuillères et les couteaux pour que finalement, Anya secoue ses mains en l’air en répliquant :
- On s’en fiche de tout ça. Prend l’ustensile qui se te plaira le plus Kisos et mange donc sinon ça va être froid. Tiens, parle-nous plutôt de ton peuple.
immarcescible, Posté le vendredi 15 avril 2022 10:55 Répondre
Charlie ne pouvait s’empêcher de lever les yeux au ciel quand Kisos évoqua le besoin de prévenir ses parents si elle voulait apprendre le tir à l’arc. Il la voyait bel et bien comme une gamine et ça l’énervait considérablement :
- Tu sais, repondit-elle aussitôt, je ne suis pas une enfant. Mes parents n’ont pas besoin d’être au courant de tout ce que je fais. Et puis ils te diront forcément non en plus.
Mais ils ne s’attardèrent pas dessus puisqu’il lui demanda le tour du propriétaire. Charlie était une bonne guide, elle expliquait toutes les parties de la maison à son invité-gardien en prenant le temps de lui présenter les gens de la maison. Beaucoup semblaient intrigués par la présence de cet amérindien si immense et beau. La petite blonde à côté de lui semblait être effacée tellement il prenait de place. Enfin, lorsqu’ils arrivèrent près de la verrière installée par sa mère elle découvrit un autre Kisos ce qui l’attendrît. Jusqu’à présent il n’avait montré de lui que peu de choses si ce n’est de la méfiance et du ressentiment pour tout et tout le monde. Là, il semblait vivement intéressé et passionné par toutes plantes différentes et éparses. Charlie vint s’agenouiller à même le sol et lui montra la fameuse bruyère écossaise :
- Celle-ci est violette mais il y en a aussi des blanches, des jaunes, des vertes, des roses. Cette plante recouvre toute l’Ecosse.
Elle lui expliqua ensuite que sa mère était une grande amoureuse de la nature ainsi que son père. D’où l’intérêt pour lui de sauver la Virginie en la transformant en parc national.
- Nous avons un grand nombre de plantes aromatiques. Mes parents nous soignent beaucoup avec les plantes. En fait.. ma mère a été traumatisée enfant par des médecins qui voulaient lui infliger des électrochocs.
La mine surpris de Kisos lui confirma qu’il ne connaissait pas ce terme alors elle lui expliqua. Les maladies de la tête et les médecins fous qui voulaient absolument charcuter et anéantir les jeunes femmes incomprises :
- Ce sont des fous. Heureusement, son père est revenu de son voyage à temps et a pu empêcher ma grand-mere de l’enfermer dans un asile.
Les miettes dans la barbe du jeune homme embêtait Charlie depuis un moment. Étant donné qu’ils étaient assis tous les deux sur le sol près des plantes, elle se redressa légèrement en passant ses doigts dans sa barbe tout en murmurant :
- Tu as fais des réserves de shortbread. Je peux aller t’en chercher d’autres si tu en as envie.
La jeune fille avait un doux sourire. Ses yeux d’un verre bleu se profilait sur un Kisos silencieux. Vite, elle se retira de cette proximité pour revenir caresser la bruyère. Délicatement, elle en prit quelques morceaux qu’elle commençait à assembler comme son père lui avait appris. Pendant ce temps, elle expliquait à son nouvel ami qu’elle était brune en principe et que ses cheveux blanc étaient du à cube coloration faite.
- Je ne ressemble pas du tout à ma mère. Elle a cette beauté slave très particulière. Tout le monde n’arrêtait pas de me dire que je lui ressemblait à Édimbourg mais qu’elle avait cette beauté beaucoup plus intense que moi. Ça m’a énervé et un jour j’ai décidé de modifier ma couleur de cheveux pour ne plus avoir à entendre ce genre de remarques.
Charlie venait de finir le fameux bracelet fait de bruyère et souriait en l’observant si parfait avec toutes ces touches de couleurs. Sans hésitation, elle vint prendre la main de Kisos dans la sienne et delictament le plaça autour de son poignet épais. Les doigts de la jeune fille caressaient distraitement ceux du beau brun quand elle souriait à voir ce géant guerrier porter un bracelet aussi fleurit et coloré.
- Ce soir tu dîneras avec nous. Ma mère aura très certainement sortit toute l’argenterie et non.. tu n’as pas le droit de refuser.
immarcescible, Posté le jeudi 14 avril 2022 21:53 Répondre
Ses cheveux étaient dans un état épouvantable. Avant de se rendre auprès de Kisos, Charlie vont jouer la coquette notamment en demandant à Binki de lui nouer ses cheveux. Mais le résultat ne lui plaisait pas. Elle décida de les laisser simplement à l’air libre comme toujours malgré la remontrance de sa jeune dame de compagnie.
- Vous avez joué avec le feu miss, expliquait Binki, votre mère était morte d’inquiétude. Il aurait pu vous arriver n’importe quoi.
- C’est exactement ce qui s’est passé et j’ai adoré ça !
- Ma parole mais vous êtes inconsciente. Un jour vous perdrez votre tête !
L’adolescente ne pouvait s’empêcher de rire surtout en taquinant la jeune domestique qui arrangeait le lit de sa maîtresse. Descendant pied nue et toujours vêtue de sa robe légère de maison elle prit le fameux plat remplie de shortbread pour son invité. Hubert lui tenait compagnie et vint ensuite ce magnifique pygargue. Jusqu’à présent elle n’en n’avait vu que dans les livres. Fascinée, elle tendit l’assiette remplie de gâteau à Hubert pour s’approcher comme le demandait son nouvel ami-ennemi.
Charlie était quand même quelque peu nerveuse même si elle souriait de fascination. Sa main tremblait un peu surtout lorsque l’animal s’approcha à son tour pour picorer le fameux bout de viande. Mais très délicat il le prit et cela fit sourire de toutes ses dents la jeune fille qui osa caresser sa petite tête. L’animal se laissait faire et semblait apprécier la douceur donné.
- Ainsi donc tu sauves toutes les jeunes filles que tu trouves dans les forêts ?
La taquinerie de Charlie n’avait aucune limite. Malheureusement, Naya repartie après un mouvement de son maître et vola au dessus de leurs têtes à un moment. C’est à cet instant que surgit Frankie qui tentait de sautiller vers l’animal volant. Peine perdue qui faisait rire la jeune fille qui l’appela en sifflant. Le chien vint se réfugier dans ses bras et elle le couvrit de baisers :
- Voici Frankie. C’est mon chien depuis enfant.. Nous en avions un autre, Nana, mais il nous a quitté il y a peu de temps. C’était mon meilleur et seul ami d’ailleurs. Heureusement que Frankie est là mais il se sent très seul depuis.
Hubert s’était lentement éclipsé pour laisser les deux jeunes gens. Charlie avait reprit l’assiette entre ses mais mais poussé Frankie le glouton qui s’approchait alors de Kisos avec curiosité. Cela amusait la blonde qui l’observait de coin avant de tendre l’assiette à son invité. Elle lui expliqua de quoi il s’agissait et que c’était écossais :
- J’en raffole depuis que je suis enfant. Goûte.. Ma mère voudrait que tu demandes à tes parents pour un brunch.. Enfin, qu’ils viennent ici. Elle serait ravie de rencontrer ta mère. Tu penses que ce serait possible ? Elle va te donner une invitation bien entendu.
Kisos goûtait avec surprise les fameux Shortbread. Cela semblait avoir réussit à le faire taire ce qui fit sourire une nouvelle fois Charlie qui ne l’avait pas encore vu aussi silencieux depuis leur rencontre la veille. Elle reprit donc le fil de la conversation et évoqua notamment son comportement d’il y a quelques heures avant qu’ils ne se quittent :
- Je suis désolée de m’être emportée tout à l’heure. Je ne voulais pas être méchante avec toi. Disons que.. Disons que j’ai du mal parfois à parler avec les gens. Il m’arrive de m’emporter avec la joie ou la colère. Tu.. Tu es le premier avec qui je me lie ici. Je n’ai personne avec qui discuter qui aurait mon âge. Tu sais, ce n’est pas parce que je suis blanche que je suis un monstre. La couleur de peau des gens m’indiffère. Je n’ai pas été élevé avec la haine de l’autre. Je suis persuadée qu’on peut apprendre mille et une chose des autres. Par exemple, je rêverais de savoir tirer à l’arc. Tu pourrais m’apprendre ?
C’était inconscient mais Charlie dévoilait une part assez sensible et secrète d’elle-même à Kisos. En effet, en lui évoquant qu’elle n’avait pas d’ami c’était mettre à découvert une fêlure qu’elle n’avait jamais su refermer. Le regard du beau brun ne faiblissait pas ce qui la rendait nerveuse. Pourquoi l’observait-il de la sorte quand elle-même s’ouvrait à lui. Se sentant terriblement gênée, elle mordit sa lèvre inférieure et regarda l’assiette de shortbread qu’il semblait avoir dévoré et souriait légèrement :
- Il semblerait que tu aies bel et bien du sang écossais pour aimer cette pâtisserie.
immarcescible, Posté le jeudi 14 avril 2022 09:36 Répondre
Découvrir ces forêts en compagnie de Kisos ne pouvait être qu’une activité des plus fort plaisante. Charlie découvrait un monde dont elle avait tant rêvé sans jamais pouvoir y accéder. Ses parents étaient bien trop peureux de l’extérieur pour la laisser prendre de telles initiatives. Or, là, elle avait réussit là où son père aurait pu échouer et fait en sorte que les Powhatan et les Hedlund puissent discuter et envisager un pacte de paix.
Assise sur Casse-Noisette, elle préférait surtout écouter les histoires du beau Kisos. De derrière, elle pouvait admirer la fine ligne de musculature de son dos descendant jusqu’à ses reins. Ses épaules semblaient si puissantes qu’elle avait l’impression qu’un mur entier ne pourrait le détruire. C’est ça, il semblait indestructible. Le souffle court, elle mordait sa lèvre pour contenir de nouveau cette chaleur au bas de son ventre qui ne cessait d’apparaître, surtout lorsqu’elle s’employait à le contempler de la sorte.
Jamais encore elle n’avait rencontré un tel homme lui assurait sa conscience et sa bonne foi. Il était donc normal qu’elle prenne le temps de le détailler et de le découvrir. Malheureusement, ils arrivèrent au manoir bien trop tôt pour la jeune fille et elle entendait déjà les hurlements de fureur de sa mère. Mais surtout, la dernière remarque de Kisos lui fit glacer le sang.
- Quoi ? Non ! Tous ces gens travaillent pour mes parents librement. Ils sont rémunérés ! Mais ma parole tu es rempli de préjugés Kisos Walker.
Si elle avait été toute silencieuse le long de la route pour écouter son guide, elle ne pouvait s’empêcher de tenir sa langue lorsqu’il dit une telle chose. Descendant aisément de Casse-Noisette, elle lui retira la bride des mains vexée qu’il puisse croire une telle chose :
- Pour toi tous les blancs sont des horreurs de la nature c’est ça ? Je t’ai dis que le monde n’était pas manichéen. Parce qu’en pensant comme ça tu deviens comme ceux que tu juges. Pour toi je devrais porter la responsabilité de tous les blancs ? Merci de m’avoir raccompagnée chez moi. Retourne donc dans ta grotte où la compagnie des animaux sauvage semble être plus important pour toi que celle des autres humains.
Appelant Casse-Noisette, elle tourna le dos au grand brun furieuse qu’il ai pu croire une telle chose. Peut-être avait-elle agis trop rapidement mais elle était ainsi, spontanée et trop téméraire par moment. En arrivant aux écuries, toute la maisonnée était au courant de son retour. Aussitôt, sa mère surgit dans le box de Casse-Noisette et se jeta sur sa fille. Par réflexe, la jeune fille s’était protégée les oreilles mais sa mère ne faisait que pleurer et la gronder. Après un long câlin blottie contre elle, Anya lui ordonna de tout lui raconter des derniers jours non sans lui avoir promis une punition certaine.
Retrouver son chez soi est toujours synonyme de réconfort. Même cette journée et demi avait enthousiasmé Charlie avec toutes ces rencontres, il n'en restait pas moins qu'elle était heureuse de rentrer. Surtout après la dernière remarque de Kisos.
Après avoir pris un bon bain et revêtu une simple robe de coton d’un bleu délicieux, Charlie se rua sur le goûter que sa mère avait préparé. Le thé était délicieux, les Shortbread encore plus. Elle dévorait tout avec appétit ce qui rassurait aussi sa mère. En même temps, elle lui raconta sa fameuse fuite ce qui fit hurler de rage sa mère avant d’évoquer sa rencontre avec Kisos. Là, Anya frémit :
- Il est si étrange.. Plein de contradictions. Si curieux et à la fois si intraitable pour certaines choses. Jamais je n’avais rencontré un homme aussi grand, fort et.. et puissant.. Il a des yeux d’un bleu si intense.. Je crois bien que ce sont les plus beaux yeux que j’ai pu voir de toute ma vie. Il a un sens de l'honneur et de la protection si particulier..
Sans le savoir, elle en rougissait. Mais Anya le voyait bien elle, cet émoi qui élançait sa fille et en resta silencieuse comme cherchant une solution à ce problème naissant. Puis, très vite, la brune demanda à sa fille des nouvelles de son père et Charlie reprit son récit en évoquant l’accord passé avec son père et Gabriel Walker le fameux guerrier Isha ainsi que les prochains jours de chasse à deux :
- Tu devrais rencontrer la princesse. Elle est douce et on la dit aussi guérisseuse. Peut-être qu’elle pourrait t’aider avec tes douleurs au ventre ? Mais qu’elle aventure maman. Je sais que tu m’en veux avec papa mais.. mais c’était si sensationnel comme histoire. J’étais en sécurité tu sais. Les Powhatan sont un peuple gentil quoi que très méfiant mais c’est à cause de l’ancien gouverneur. Il a fait assassiné bon nombre d’amérindiens juste à cause de rumeurs. Il est logique qu’il nous haïsse, mais comment leur faire comprendre qu’on ne leur veut pas de mal ?
immarcescible, Posté le mercredi 13 avril 2022 20:20 Répondre
Quelle nuit. Pour la première fois de sa vie, Charlie avait dormi à la belle étoile dans un camp d'amérindiens. Dommage que la soirée ce soit si mal finie. Mais la jeune fille restait optimiste. Peut-être qu'ils auraient d'autre occasions de se rencontrer et de partager des moments plus sympathique. La tournure politique de leur rencontre était un vrai problème dont elle n'avait pas mesuré les conséquences. Elle s'en rendait enfin compte. Au petit matin, elle pu manger un porridge. C'était une joie pour elle qui n'avait pas pu avoir accès à ce petit déjeuner depuis leur arrivée à Jamestown. Gabriel Walker semblait avoir esquissé un léger sourire en voyant la mine radieuse de la jeune fille qui le remerciait chaleureusement.
Mais Garrett rôdait, impatient et inquiet. Il fallait que Charlie rentre à la maison mais il était hors de question qu'elle soit seule. Il demanda donc à son nouvel acolyte de quelques jours d'organiser le retour de sa fille. Pendant ce temps, Charlie explorait les environs. Ces haut arbres la fascinait. Comment ne pas tomber en admiration devant de tels vestiges du passé qui vivaient encore. Sa contemplation du cesser lorsqu'elle croisa Kisos, assis sur une souche, qui semblait toujours aussi bougon.
Il cherchait à la faire fuir, il semblait le faire avec tout le monde. Mais étrangement, ça ne donnait qu'une envie à la jeune fille, celle de rester près de lui. Dans un mouvement souple et gracieux, elle vint s'asseoir à côté de lui et haussa les épaules en souriant en coin, taquine :
- Parce que tu crois que j'aurais aimé être mariée à Monsieur Bougon ? Je ne suis pas certaine que mon utopisme t'aurais fait plaisir au réveil.
Bien entendu, elle le taquinait. Elle espérait secrètement faire naître un sourire chez le jeune homme, même léger. Pourtant, il répliqua en évoquant les problèmes qu'avait cette terre. Puis, il évoqua l'Ecosse ce qui rendit un fier sourire à la jeune fille.
- Imagine un pays battu par le vent.. C'est une éternelle lande avec des montagnes, des falaises, des lacs, des vieux châteaux hantés. On dirait parfois que le vent te parle. J'ai grandis à Edimbourg qui est une ville très ancienne mais tous les étés nous allions dans un vieille petite maison près de Mallaig. C'est un port de pêche qui contient une centaine d'habitants. J'aimais y aller enfant parce qu'on pouvait jouer au bas de la maison à la plage. C'est une terre très ancienne avec des légendes et des rivalités aussi. Ma mère devait épouser un riche chef de Clan mais elle a préféré contredire son père et s'enfuir avec le mien. Ils étaient amants et à la mort de mon grand-père ma mère a hérité de tout.
Charlie semblait avoir toute l'attention de Kisos ce qui fit agrandir son sourire. Il est vrai qu'il était si beau avec cet air concentré. On aurait dit qu'il avait envie de plonger quelque part mais elle ignorait dans quoi. Replaçant sa natte derrière son dos, la jeune fille repris de sa voix douce et de velours :
- Tu sais peu importe où tu pourras aller il y aura toujours des conflits. Mon père a énormément voyagé et il dit toujours la même chose. L'homme est incapable de satisfaire de l'essentiel. Son unique but est toujours de s'enrichir jusqu'à détruire l'autre. C'est pour ça qu'il essaie d'aider votre peuple, pas de le sauver, de l'aider à s'accomplir. Mon père a été chassé enfant par ses oncles et tantes lorsque ses parents sont morts. Il sait ce que c'est d'être privé de ce qui lui reviens de droit. Aujourd'hui il se bat contre ces injustices.
Elle semblait bien plus sage que son âge ne le laissait deviner en vérité. Au loin, elle entendait son père l'appeler. Cela devait être l'heure pour elle d'y aller. Rapidement elle descendit de la souche de l'arbre et offrit sa main à Kisos pour qu'il descende :
- Je n'ai pas d'amis ici. J'aimerais beaucoup que tu le deviennes. Peut-être que mon côté utopiste pourrait aider ton bougonnisme à s'améliorer et inversement. Si nos peuples doivent s'entendre autant être un bon exemple tu ne penses pas ?
immarcescible, Posté le mercredi 13 avril 2022 09:47 Répondre
Les aventures de Charlie prenaient une tournure à laquelle elle ne s'attendait absolument pas. Silencieuse pendant tout le temps où son père lui fit la remontrance elle ne pu s'empêcher de sentir une sueur froide et chaude envelopper son épiderme lorsqu'il évoqua un mariage arrangé. Non pas que la perspective d'épouser Kisos Powhatan l'aurait dérangé, après tout il est fort séduisant et semblait être quelqu'un de juste avec des valeurs et des convictions, mais la jeune fille avait bien d'autres projets que celui de se marier.
- Tu es bien silencieuse pour quelqu'un qui n'a pas pu retenir sa langue quelques minutes plus tôt jeune fille !
- Je ne veux pas me marier papa. Je n'ai que dix-sept ans. Et puis... Et puis je ne suis même pas une princesse pourquoi ils voudraient de moi ?
- Sans doute pour faire une sorte de chantage politique et diplomatique. Ce Walker semble être bien antipathique et ne pas vouloir que d'autres blancs s'approchent des Powhatan. Je crois que c'est surtout avec lui que je dois essayer de traiter. Si j'arrive à le persuader, il saura rassurer son épouse.
- Comme si Pocahontas avait besoin qu'un homme lui dise quoi faire, marmonnait Charlie en levant les yeux au ciel.
- Tu verras que quand tu es mariée tu fais partie d'une équipe Charlotte Hedlund. Va te rafraichir un peu et te recoiffer. Le repas est dans une petit heure.
Et quel repas. Jamais la jeune fille n'avait vu autant de nourriture, surtout que son ventre criait famine depuis le début de la journée. Elle devait encore se retenir et sentait qu'elle allait dévorer tout ce qui se trouvait devant elle, surtout ces immenses épis de maïs grillés. Mordant sa lèvre elle inspirait la bonne odeur de la nourriture jusqu'à en remplir son estomac lorsque son regard croisa celui de Kisos. Il semblait la fixer, songeur. La jeune fille fronça les sourcils et lui esquissa un léger sourire avant d'être appelée par Onacona qui lui apportait une assiette remplie de viande :
- Oh.. C'est très gentil mais je ne mange pas de viande.
- Ah ! Mais c'est pour ça que tu es toute petite alors.
- C'est donc une tradition pour les gens de chez vous de croire que la viande fait grandir ?
Ona riait devant la jeune fille qui souriait simplement. Elle se laissa tenter enfin par les fameux épis de maïs qu'elle se mit à dévorer avec appétit. Le jeune amérindien lui faisait pendant ce temps la discussion en lui expliquant chaque plats et quoi goûter. Après tout, elle n'avait jamais vu une telle richesse de recettes. Il n'y avait pas de cuisine et encore moins de cuisiner en chef. Naïvement, elle avait imaginé les repas amérindiens sans folie et sans sophistication, or, c'était tout un nouvel univers qui s'ouvrait à elle de saveurs et de goûts. Elle mangeait avec un appétit féroce qui semblait surprendre Pocahontas et Gabriel qui l'observait avec surprise quand Garrett lui faisait les gros yeux.
- Pardonnez mon enthousiasme mais j'avais une faim de loup.
- Comment une aussi petite chose peut avaler autant, demandait Gabriel avec étonnement quand Pocahontas riait doucement, ainsi donc Lord Hedlund vous allez nous faire croire que votre unique but est caritatif.
- Je n'ai qu'un seul but. Celui d'honorer ma promesse de protéger tous les habitants de Virginie peu importe leur couleurs de peau et de religions. Je suis moi-même agnostique et laïque. Enfant j'ai survécu à un naufrage et des amérindiens de Floride m'ont sauvé la vie. Je sais ce qui se passe sur votre territoire Princesse depuis des générations et je ne suis pas là pour un profit pécunier. Je suis là pour payer ma dette et construire avec vous quelque chose qui prouvera que vous méritez de récupérer ce qui vous reviens de droit. Je suis prêt à vous prouver mon intégrité en participant à vos épreuves devant les anciens.
Charlie n'écoutait que d'une oreille distraite puisque Ona parlait derrière elle. La jeune fille reposa ses yeux sur Kisos qui venait d'être entouré par une jeune fille au teint de pêche qui semblait bien le connaître puisqu'elle posait ses mains partout sur ses épaules.
- Qui est la fille avec Kisos, demandait-elle à Ona, est-ce que c'est une fille de votre tribu ?
- Oh non. Il s'agit de Rosalie la fille de notre vendeur de peaux de bêtes. Ils sont amis depuis très longtemps mais depuis qu'elle a accepté les avances du fils Powell ils sont en froid. Je crois bien qu'il en est amoureux mais il ne veut pas l'avouer.
- Ainsi, d'autres visages pâles peuvent venir ici ?
- Seulement ceux qui sont autorisés par la Princesse et Isha le guerrier.
Le regard de Charlie croisa celui de Kisos ce qui la gêna. Rapidement, elle détourna son attention de la brune scandaleusement sensuelle et jolie qui se blottissait contre le jeune homme pour se remettre à manger avec appétit. Puis, elle se concentra sur la conversation entre Isha et son père qui semblaient bel et bien se chercher mutuellement :
- C'est quand même assez ironique qu'un visage pâle interdise à un autre quoi faire sur les terres de votre princesse.
- Vous savez Lord Hedlund, répondait Pocahontas, mon époux ne cherche qu'à nous protéger de ceux qui veulent nous détruire. Nous avons déjà du par le passé déjouer bon nombre de complots visant à nous anéantir. Si nous sommes encore là c'est grâce à notre ligne directrice première, celle de protéger mon peuple.
- Cela ne peut vous faire qu'honneur votre majesté et je ne remet pas en doute vos raisons. Je voudrais juste que nous puissions vivre en bonne entente. Je ne compte pas empiéter sur votre territoire et encore moins dénaturer votre mode de vie. Mon seul objectif est de protéger cette forêt. Si vous n'avez pas mon aide je serais forcément remplacé par un autre qui n'hésitera pas à tuer tout votre peuple. Soyons tous raisonnable et parlons franchement. Vous comme moi savons parfaitement ce qui va advenir de ce pays. Bon nombre de colons viennent tous les jours en bateau de la vieille Europe. Ils veulent s'enrichir et prendre vos terres. Aidez moi à protéger votre terre. C'est tout ce que je vous demande, de me faire confiance et d'assurer un avenir à votre peuple.
Toutes ces questions politiques n'ennuyait pas Charlie mais le trop de nourriture et la fatigue de son escapade se faisait ressentir. Pourtant, Ona ne faisait que de lui demander de venir avec lui et les autres à Jamestown pour la soirée que donnait cette fameuse tante Millie. La jeune fille était déjà suffisamment dans de mauvais draps pourquoi en rajouter une couche. Et puis, son père ne la laisserait jamais partir seule avec des amérindiens. Elle déclina l'offre du jeune homme qui finit par partir. Se retrouvant de nouveau seule près de son père qui discutait avec le couple Walker, elle sortit son carnet de dessins pour croquer cette riche nourriture ou encore quelques faciès qui l'interpellait dans l'assistance. Kisos avait disparu. Elle était véritablement seule désormais et la possibilité de ce mariage que son père avait évoqué l'effrayait.
- Que dessines-tu, demandait Pocahontas à Charlie, mon époux pratique aussi les herbier lorsqu'il n'est pas d'humeur furieuse.
Elle semblait si douce et attentionnée. Il était compliqué pour la jeune fille d'imaginer que cette princesse puisse vouloir marier de force son fils à une étrangère. La princesse lui proposa de la raccompagner à la tente ce qu'elles firent en marchant lentement l'une à côté de l'autre :
- Dessiner me permet de faire un peu le tri dans ma tête. Et je n'avais jamais vu un tel buffet, c'était magnifique et grandiose. Merci encore votre altesse de votre invitation.
- Tu me sembles bien particulière petite fée aux cheveux de neige. Est-ce que mon fils s'est bien comporté avec toi ?
- Kisos ? Oh.. Oui, oui, oui bien sûr. Il a été courtois même si il est très.. très direct.
- Il tient ça de son père je dois bien l'avouer.
- Mais.. Votre altesse.. S'il vous plaît.. Ne nous mariait pas de force. Je ne suis pas prête à épouser qui que ce soit..
- Tiens donc. Voilà encore une chose surprenante. Les femmes de ton pays ne sont-elles pas soumise au bon vouloir de leur père ?
- Si mais je ne dois pas être comme elles puisque je tiens de ma mère. Mes parents se sont mariés par amour et je voudrais faire un même mariage. Vous pouvez le comprendre vous aussi n'est-ce pas ? Vous vous êtes mariés malgré les différences qui vous sépariez.
- Ta mère doit être exceptionnelle, répliqua d'un ton doux et tendre la brune, j'aimerais beaucoup pouvoir la rencontrer un jour.
Arrivées devant la tente, Charlie salua humblement la fameuse princesse et entra dans ce qui serait son lieu pour dormir. Allongée sur le petit matelas de fortune, elle observait la lune qui fendait le haut du tipi. Les bruits extérieurs et au loin de la fête lui permettait de ne pas avoir trop peur. Mais elle restait malgré tout pensive à toute cette folle journée.
immarcescible, Posté le mardi 12 avril 2022 21:36 Répondre
Ainsi donc, le fameux écossais était devenu Isha le guerrier. Pour Charlie c'était un sacré rebondissement qu'elle avait hâte de noter dans une de ses lettres à son précepteur Philippe. Mais pour le moment, son père lui fit clairement comprendre de quitter aussitôt la tente et de l'attendre dehors. Garrett ne rigolait pas et la jeune fille le comprit surtout avec le ton qu'il venait d'employer. Jamais encore il ne lui avait parlé aussi sèchement. Jamais encore elle n'avait autant désobéi. Se retrouvant donc vite dehors, elle rouspéta sur l'un des conseillers de son père qui la réprimandait aussi.
Toute seule à l'extérieur, elle se trouvait derrière le fameux Kisos qui lui tournait le dos. La jeune fille toussotait en lui souriant doucement. Une part de fierté s'affichait sur son visage. Après tout, elle savait sauvé son père d'une situation complexe et avait su épater la Princesse Pocahontas. Pourtant, quand le jeune homme se tourna vers elle, il sembla lui aussi en colère. Pourquoi tout le monde en avait après elle ?
- Eh ! Je ne suis pas insouciante, répondit-elle du tac-au-tac, je suis persuadée que tu aurais fais la même chose si l'un de tes parents était en danger. C'est ce qu'on fait quand on aime quelqu'un. On le protège coûte que coûte. Et Petit Pois c'est parce que j'étais très très petite enfant. Mon père me disait de la taille d'un pois.
Il semblait amer. Pourquoi lui faisait-il une telle remarque sur sa présence à la fameuse fête de ce soir. Charlie n'avait pas encore pensé à ça mais elle espérait qu'il soit quand même de la soirée. Il n'y avait aucune importance pour elle qu'il soit métisse. Elle ne voyait pas vraiment d'ailleurs ce métissage dont il semblait avoir honte. La jeune fille le trouvait terriblement beau mais ça, c'était quelque chose qu'elle allait garder pour elle pour le moment :
- Tu.. Tu ne seras pas là ? Mais.. Mais je ne connais personne hormis toi..
Ses yeux d'un bleu clair se fendaient de tristesse à l'idée de voir la seule personne de la tribu à ne pas la regarder comme une curiosité à ne pas assister à ce fameux repas :
- Tu es le fils de Pocahontas et Isha après tout. D'ailleurs, pourquoi m'avoir caché qu'il était ton père et une seule et même personne ?
Mais très vite ils furent interrompu par un jeune homme dont la carrure était un peu plus faible que celle de Kisos. Il semblait être ami avec le jeune homme et le charriait en amérindien. Charlie se sentait de trop et fit un pas en arrière en passant une main sur son bras comme pour dissimuler sa gêne :
- Oh.. Mais tu ne présentes pas la fille aux cheveux de neige Kisos ? Tu es bien grossier.. Moi c'est Onacona. Je suis le meilleur ami de Monsieur Bougon ici présent, ahahah.
- Je m'appelle Charlie, répondit l'intéressée en le saluant de la main comme le voulait la tradition amérindienne, enchantée ami de Kisos.
La jeune fille observait celui qui l'avait sauvé dans la forêt et allait lui demander de répondre à sa question mais son père surgit enfin de la tente et se rua vers elle. Oh que oui la jeune fille allait passer un sale quart d'heure :
- Quand ta mère va apprendre ça tu peux me croire jeune fille que tu vas être punie advita aeternam. Tu es irresponsable Charlie ma parole. Finie la peinture et les balades. Crois moi que New-York va être bien plus tôt que prévu.
Elle dut suivre son père jusqu'à la tente qui leur avait été attribuée et où surtout, il allait l'engueuler comme jamais.
immarcescible, Posté le mardi 12 avril 2022 19:51 Répondre
Trop utopique ? Trop utopique ? Quel était le mal à ça, avait-elle envie de lui répondre. Or, elle était affamée, perdue dans cette immense forêt elle n'avait donc pas les bonnes armes pour pouvoir répondre au mieux au cynisme de ce jeune homme. Il allait la ramener chez elle, sauf qu'elle savait pertinemment ce qui l'attendait au manoir. Sa mère folle de rage qui l'enfermait dans sa chambre. En plus, elle aurait certainement une attaque en voyant Charlie en compagnie de ce Kisos.
C'était quasiment impossible pour elle de rentrer. Quand elle allait demander au jeune homme de faire demi-tour et de l'emmener avec lui auprès des siens et de son père, elle se retrouva projetée sous les hautes herbes.
Le discours des deux amérindiens était étrangement en anglais. Ce qui ne pouvait que l'arranger en somme puisqu'elle comprit aussitôt ce dont ils parlaient. Ainsi, cet Isha prenait son père pour un horrible tortionnaire. Lorsqu'elle pu enfin réapparaître, elle ne pu s'empêcher de fixer Kisos de ses yeux perçants :
- Tu dois m'emmener auprès de mon père. Il doit savoir que l'ancien gouverneur était un homme aussi monstrueux. Je peux t'assurer que nous ne sommes pas venu pour vous détruire. Mais si ton peuple a aussi peu foi en les visages pâles qui me dit qu'ils ne vont pas vouloir s'en prendre à lui ?
Là, Charlie avait clairement peur. Elle craignait que la confusion de cet Isha et la méfiance des amérindiens à juste titre contre l'arrivée des Hedlund n'en vienne à le tuer. C'est avec fermeté qu'elle prit la main de cet étranger dans la sienne et qu'elle le supplia :
- Je t'en prie je dois avertir mon père. Je ne veux pas que ton père en vienne à couper la tête du mien à cause de ce que les autres ont fait, ce ne serait pas juste.
Aucune idée de comment elle avait réussir à convaincre le beau brun, toujours est-il qu'il lui fit signe de grimper sur Casse-Noisette et quelle le fit en montant à cru comme les hommes. Elle était bien loin l'image de petite fille modèle de la haute société. Le laissant monter derrière elle, Charlie se laissa guider par Kisos tout en profitant de la fermeté de ses muscles derrière son dos. Quelle étrange sensation et picotement au bas de son ventre. Mais pour le moment, une mission bien plus importante les concernait.
Ils ne furent pas long et dépassèrent même les deux amérindiens croisés dans la forêt. Mais Charlie les ignorait, bien trop pressée de retrouver son père en un seul morceau. Ils arrivèrent sur une butte assez haute qui ne contenait aucune végétation. Le soleil allait tomber très prochainement et le son des tambours résonnaient de partout. C'était la première fois que la jeune fille se trouvait entourée d'autant d'amérindiens autour d'elle qui la regardaient avec étrangeté. C'était si particulier d'être pour la première fois une bête de foire.
La blonde suivait Kisos jusqu'à la fameuse tente érigée en l'honneur de cette rencontre et où se trouvait une multitude d'amérindiens entourant son père. Ils semblaient tous en colère et parlaient fort, criaient même sur lui. Mais Garrett restait stoïque. Il tentait d'apaiser le peuple amérindien quand Pocahontas l'observait avec attention. Elle cherchait sans aucun doute à cerner ce nouveau visage pâle qui entrait sur leurs terres :
- Je vous assure Princesse que mes intentions ne sont pas celles de mon prédécesseur.
- Tous les visages pâles disent la même chose Lord Hedlund et tous les amérindiens vous croient à chaque fois. Jusqu'à ce qu'ils se fassent attaquer par derrière.
- La seule manière de vous convaincre serait de me laisser vous prouvez que vous avez tort.
- En plus de venir sur mes terres vous osez me traiter de menteuse ?!
Garrett sentait qu'il avait dit une bêtise en s'emportant de la sorte. Charlie allait intervenir mais la main ferme de Kisos la retenait. Lui donnant un coup de pied dans la jambe, elle se détacha de lui et vint près de son père pour s'assurer qu'il allait bien. Son regard courroucé et atrocement surpris lui coupa le sifflet :
- Petit Pois ! Mais que.. que fais-tu ici ??
- Je suis venue sauver tes arrières pa'.
- Qui est-elle, demandait Pocahontas qui d'un geste souple et gracieux fit taire l'assistance, quelle est donc cette intervention ?
Charlie se sentait mal à l'aise, surtout que son père lui faisait les gros yeux. C'était décidé, la jeune fille allait se faire punir pour des années et des années. Avec beaucoup de respect, elle se prosterna devant la princesse et lui demanda humblement de l'écouter :
- Je suis Charlotte Hedlund, fille du gouverneur et Lord Hedlund. Je vous prie de m'accorder de votre temps Princesse. Mon père n'est pas un menteur, il saura vous prouver qu'il ne veut que la paix avec votre peuple. Nous ne cherchons que la paix et l'enrichissement personnel. Je sais que vous êtes une femme puissante et sage, laissez-nous vous prouver que nous sommes fait pour construire une vraie relation. Par le passé vous l'avez déjà fait il me semble. Faire confiance à un visage pâle. Laissez-nous obtenir ce même crédit. On m'a jugé trop utopiste mais j'ai encore envie de croire que l'on peut donner sa confiance même à un étranger.
Au même moment, dans un murmure de surprise, le fameux guerrier Isha surgissait dans la tente. Sans doute ne tenait-il plus de voir sa femme aussi longue. Charlie était contre son père et ils s'étaient mis tous les deux debout. La jeune fille se sentait vraiment mal car elle craignait d'avoir empiré les choses jusqu'à ce que la princesse réponde enfin :
- Il est assez rare pour votre peuple Lord Hedlund de voir des femmes prendre avec confiance parole. Votre fille est sage et je sens qu'elle est sincère ou bien folle de vouloir à ce point défendre votre idée de parc national. Je décide donc de vous faire confiance. Restez pour la nuit vous et votre fille. Nous discuterons en dînant des formalités avec mon époux que voici.
C'était une petite victoire, légère car au vu des regards de certain ou encore des murmures dans l'assistance, Charlie sut que cette décision ne faisait pas l'unanimité. Surtout que son père lui offrait un regard qui lui assurait une sacrée punition.
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immarcescible, Posté le vendredi 04 août 2023 12:38 Répondre
Qu'est ce qu'elle en avait à faire de sa perte de mémoire ? Bon sang.. Kisos était vivant ! Il était là près d'elle et il lui parlait. Elle avait arrêté de compter le nombre de rêves où elle avait rêvé de ce moment si particulier. Il est vrai que le sujet de la perte de mémoire était bien entendu important mais elle ne doutait pas qu'il le retrouverait lorsqu'il serait rentré avec elle à la maison. Eux deux, auprès de leur famille. Dans le train qui les ramenaient à Paris, Charlie lui expliquait tout ce que lui même lui avait appris des années auparavant sur les amérindiens. Elle n'excluait aucune données, même le racisme et la difficulté de vie. Mais elle lui exprimait aussi toute la beauté de son peuple et toutes les belles choses qu'il avait fait pour son peuple. Tous ces sacrifices et toutes ces batailles qu'il avait gagné. Elle n'avait pas encore abordé le sujet de Gabriel ou de Rosie. C'était beaucoup trop en peu de temps. Elle se disait que de toute manière, ils avaient le temps.
- Nous allons retrouver ta mère Pocahontas et ta soeur Sora. Nous sommes venues toutes les trois pour te retrouver.. Pendant que je sillonnais la frontière, elles travaillaient comme infirmière auprès des blessés. Elles pensaient que tu aurais pu t'y trouver.
Il était tard lorsqu'elle remonta la couverture sur lui. Il devait être épuisé par le voyage et toutes les informations qu'elle lui avait donné. Mais elle, elle n'était pas fatiguée. Pour lui laisser un peu d'espace, elle s'était installée à ses pieds et dormait assise sur la couchette. Même si elle savait qu'elle aurait du lui laisser plus d'intimité, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir besoin un contact avec lui. Tout était réel, il était là. Alors qu'elle s'était assoupie, elle entendit qu'il geignait et se recroquevillait sur lui-même. Ouvrant rapidement les yeux elle se rendit compte que c'était lui qui souffrait dans son sommeil. Il faisait un cauchemar qui le torturait. Doucement, elle se releva donc et vint se blottir contre lui sous la couverture. Avec une douceur extrême, elle se mit à déposer des baiser sur ses yeux, son nez, son front et caresser sa nuque. Elle murmurait :
- Tu es en sécurité.. Je suis là.. Serre moi contre toi mo ghrian.. Tu es à la maison.. Je ne sais pas si tu m'entends mais.. mais du premier moment où mes yeux se sont posés sur toi, depuis toutes ces années, pas un seul jour n'est passé sans que je pense à toi.. et.. et maintenant que je te retrouve je suis à la fois euphorique et en pleine agonie.. je suis hantée par l'idée de ne pas avoir pu te sauver mon amour.. je suis tellement désolée de ne pas être venue plus tôt.. mais tu es là et je te tiens fermement contre moi.. je ne laisserais plus personne te prendre de ma vie.
Au fur et à mesure de ses douceurs, elle réussit en effet à le calmer et le laissa dormir contre elle tout le reste de la nuit.
Le matin suivant, ils étaient à Paris. Le tumulte de la ville et tout ce bruit faisait souffrir les oreilles de Kisos. Charlie lui ordonna de ne pas bouger du petit café où ils s'étaient installés et alla chercher un taxi. Après avoir fait le nécessaire, elle revint chercher Kisos qui l'avait sagement attendu. Son regard perdu et craintif lui faisait si mal au coeur. Elle craignait la réaction de sa mère en le voyant. Ils prirent le taxi qui les conduisaient dans un Paris qui fêtait la fin de la guerre. Les gens étaient heureux, festif. Ils passèrent devant la Tour Eiffel qui ne semblait ne rien rappeler à Kisos. Mais Charlie restait optimiste en se répétant que du moment qu'il était vivant, c'était le plus important.
En arrivant à l'hôpital des Invalides, elle se rendit en direction du secteur de travail de Pocahontas. Moins de blessés arrivaient, il y avait aussi moins de monde car pour la plupart, ils étaient renvoyés directement chez eux et pas sur le front. Pocahontas finissait de laver un de ses patients et se rendait dans le petit local pour nettoyer ses outils. C'est là que l'attendait Kisos et Charlie. Ce dernier était debout à regarder à l'extérieur, le regard vide toujours quand Charlie était assise à la petite table. Pocahontas poussa un cri de surprise qui la fit quasiment tomber dans les pommes. Très rapidement Charlie vint l'aider et surtout la retenir de ne pas tomber.
- J'ai.. Gabriel.. Par tous les Esprits.. J'ai cru.. J'ai cru..
- Oui je sais, murmurait Charlie avec beaucoup d'émotion, mais c'est bien Kisos.. Il est bien vivant..
Pocahontas avait bien vieillit ces deux dernières années et revoir Kisos après toute cette attente et toute cette inquiétude lui donnait un nouveau coup. Agrippée à Charlie, elle se laissa lentement conduire jusqu'à Kisos avant de prendre le visage de son fils entre ses mains. Ses yeux et ses joues étaient inondées de larmes alors qu'elle priait pour remercier les esprits d'avoir ramené son fils. Elle parlait amérindien sans se rendre compte qu'il essayait de déchiffrer tout ce qu'elle lui disait. Charlie en connaissant un petit peu mais pas assez pour traduire. Alors que Pocahontas touchait le visage de Kisos et qu'elle inspectait son corps qu'elle sentait meurtrie, elle lui posait un millier de questions. La brunette en profita pour s'éclipser et laisser la mère et le fils se retrouver. Pendant ce temps, elle allait chercher Sora pour l'avertir et éviter un nouveau drame.
Elle retrouva son amie à fumer dans un coin de cour à l'extérieur. La fatigue se lisait sur ses traits et un sentiment plus profond la rongeait. En voyant Charlie s'approcher, elle fonça vers elle et lui posa un millier de questions sur l'homme qu'elle avait retrouvé. Etait-ce vraiment Kisos ? Charlie lui raconta donc comment et dans quel état elle avait retrouvé Kisos ce qui fit naître une honte plus violente et une culpabilité effroyable chez la jeune femme qui s'effondra de la même manière que sa mère. Tenant dans ses bras son amie, Charlie elle, elle tenait le coup et réconfortait tout le monde en répétant inlassablement :
- Il est là.. Il est là et vivant.. Tout ira bien maintenant.. Il est là.. On va pouvoir rentrer à la maison maintenant.. Le cauchemar est terminé..