immarcescible, Posté le mardi 12 avril 2022 10:26 Répondre
Du boeuf séché ? Fichtre, Charlie sentait son coeur se soulever rien qu'à cette idée. Depuis enfant elle ne touchait pas à la viande. Traumatisée d'avoir vu le chasseur de la maison Siminiov tuer des lapins, elle se refusait à consommer de la chair animale. Ne voulant pas vexer son potentiel sauveur, elle referma le sac en se disant qu'elle mangerait plus tard même si son ventre continuait de grogner. Tant pis, mieux vaut mourir de faim que de revenir sur ses convictions. Mais surtout, elle était piquée que ce Kisos puisse douter de ses mots concernant son père qu'elle jugeait être le meilleur homme au monde.
En fait, il semblait critiquer et juger toutes les choses qu'il avait observé de sa famille et d'elle. Cette fois-ci, elle prit la posture que lui-même avait en arrivant et croisa les bras sur sa poitrine, les sourcils froncés :
- Frankie n'a rien de bizarre. Ne sais-tu pas que tout es relatif dans la vie ? Ce que tu juges d'étrange je pourrais en dire la même chose. Après tout, tu es pieds nus et ton corps est rempli de..de..
En disant cela, son regard se fixa de nouveau sur ce buste d'où transpirait la puissance et qui la rendait une nouvelle fois toute chose. Sa main faisait un cercle vers cette fameuse partie de son corps et elle du se ressaisir car elle sentait le rouge montait à ses joues :
- ..de tous tes tatouages et autres.. et autres peintures.. Mon père n'est pas un dieu, il reste un homme mais c'est un homme d'honneur qui n'est pas venu ici en conquérant. Si tel avait été le cas il n'aurait certainement pas accepté cette entrevue avec ta mère. Et puis d'ailleurs, si tu es aussi concerné par la question, pourquoi n'es-tu pas auprès des tiens à ce moment même ?
Là, elle marquait un point. Elle le voyait sur la mine de l'amérindien qui semblait se refermer quelque peu. Charlie récupéra toutes ses affaires qui trainaient et les rangea dans sa besace sur Casse-Noisette et se tourna de nouveau vers Kisos avec un air un peu moins dur, mais quelque peu déçu malgré tout :
- Je suis déçue de voir que tu penses comme les blancs. Je.. Je peux comprendre que tu sois méfiant à notre égard car nous ne sommes que des visages pâles, mais, comme dans ton peuple, je suis sûre que le monde n'est pas manichéen. Serait-ce si mal que mon père puisse vouloir vous aider ? Que nos deux peuples puissent vivent en paix et en bonne intelligence ? Il y a des rumeurs au village qui disent que ta mère aurait épousé un écossais avant qu'Isha le guerrier ne surgisse. Ils disent que c'était un mariage d'amour malgré toutes les épreuves qu'ils ont subis. J'ai envie de croire qu'il existe encore des actes fort d'amour suffisamment puissant pour détruire les préjugés des gens.
Casse-Noisette hénissait près d'elle et la bousculait un peu. Cela fit sourire la jeune fille qui venait à lacer ses chaussures entre elles avant de les mettre autour du cou de son cheval. Depuis toujours elle se préférait les pieds nus pour marcher. Il allait se faire tard et elle devait à tout prix sortir de cette forêt :
- Loin de moi l'envie d'être grossière mais je dois retrouver mon chemin pour retrouver mon père. Pourrais-tu m'indiquer le chemin ?
Ses yeux d'un bleu-vert sauvage observaient l'amérindien qui restait toujours aussi silencieux. Elle ne savait même plus si c'était des papillons dans son ventre ou tout simplement le grognement de la faim. Cela la fit légèrement rire et elle expliqua donc son végétarisme au colosse :
- Je ne mange pas de viande. C'est contraire à mes convictions mais merci quand même pour le boeuf séché.
immarcescible, Posté le lundi 11 avril 2022 15:36 Répondre
Elle se sentait terriblement idiote. Connaître les rudiments de politesse amérindiens ne l'aiderait absolument pas à tenir une conversation avec l'un de ces autochtones. Lorsqu'il lui répondit, elle se sentit véritablement stupide. Pourtant, il traversa le ruisseau d'eau pour venir la rejoindre. Son air était encore plus impressionnant alors qu'il se rapprochait. Charlie se sentait hypnotisée par ses yeux d'un bleu si pur. On aurait dit des saphirs ce qui l'intriguait et la charmait tout à la fois. C'était une aventure qu'elle vivait actuellement mais elle était juste abasourdie par l'homme qui se tenait devant elle.
Quel âge pouvait-il bien avoir ce dieu amérindien ? Soudain, un sourire fendit ses traits et la détendit. Mais pourquoi son coeur tambourinait-il de la sorte ? Ce n'était quand même pas le premier garçon séduisant qu'elle rencontrait pourtant ! Elle n'était pas pour autant au bout de ses peines. En effet, qu'elle surprise en l'entendant s'adresser à elle en anglais.
- Eh, rouspétait-elle en fronçant les sourcils, premièrement grand bonhomme on ne se moque pas des demoiselles. Deuxièmement les blancs savent très bien se retrouver dans les forêts, je viens d'un pays où il y a plus de forêt que de goudron, donc qu'est-ce qui te prouve que j'ai besoin de ton aide pour sortir d'ici, hein ? Et troisièmement mon père n'est pas un odieux colon promoteur immobilier qui veut raser la forêt. Il est partit parlementer avec la princesse Powhatan afin de lui proposer la sauvegarde de la forêt comme parc national américain.
Charlie n'avait jamais aucune conscience du danger. C'était ce qui exaspérait tant ses parents. Là voilà faisant face à un amérindien immense et pourtant elle ne se laissait pas faire. Ses yeux le défiait même du regard. Ô que oui le Petit Pois de son papa n'était pas en reste devant la suprématie de cet homme au regard de velours qui agissait sur elle comme un étrange aphrodisiaque.
Mais l'étranger semblait bien plus suspicieux qu'il en avait l'air. Ses sourcils froncés exprimait un intérêt et des pensées bien profonde. Pour autant, la petite écossaise n'avait toujours pas peur. Elle se mit à croiser les bras et sans dévier son regard du sien resta ainsi face à lui jusqu'à ce que son ventre grogne de faim.
- Oh.. Désolée.. Je n'ai pas mangé depuis hier soir et j'ai donné tous mes biscuits à Casse-Noisettes. C'est.. C'est mon cheval.
Le fameux Casse-Noisettes en question hérissait tout près d'eux avant de boire un peu l'eau du ruisseau. Un peu embarrassée par le silence de l'amérindien qui l'inspectait toujours elle soupira avant de se pencher pour récupérer son matériel de dessin :
- Non, mon père ne veut pas raser la forêt. Il serait idiot de faire une telle chose. Il a fait fortune avec des champs de maïs un peu plus au sud du pays. On lui a donné cette terre en échange de ses profits.. Il veut juste apporter un soutien à votre peuple. Quand.. Quand il était petit il a fait le tour du monde avec son père. Une tempête à fait chavirer le bateau et il s'est retrouvé seul sur les rives de la Floride. Un peuple amérindien l'a sauvé et depuis son unique but est de vous aider.
Charlie racontait cette histoire avec beaucoup de douceur. C'était l'une des motivations de Garrett bien entendu mais bien d'autres étaient aussi importante. Seulement, c'était d'autres histoires que la jeune fille ne voulait pas forcément aborder à cet instant précis. Toujours pieds nue, elle finissait de ranger ses pastels dans la boite et alla rincer ses doigts avant de les essuyer sur son jupon :
- Comment t'appelles-tu ? Moi c'est Charlotte. Mais tout le monde m'appelle Charlie.
immarcescible, Posté le dimanche 10 avril 2022 12:53 Répondre
Une aventure. Voilà ce qui attendait Charlotte Jasmine Tatiana Hedlund. Installée sur la proue du bateau qui avait quitté un mois plus tôt Glasgow, elle contemplait avec fascination les remous de l'océan Atlantique qu'elle découvrait pour la première fois. La destination était la Virginie et la ville de Jamestown. Bien entendu, ses parents avaient prévu de l'envoyer par la suite à New York dans une école pour apprendre les bonne moeurs mais la jeune fille s'en fichait. Pour le moment, elle pensait à ce qu'elle avait lu dans les livres et cette fameuse forêt luxuriante qui entourait ce pays à découvrir. Un feu ardent s'épanouissait en elle rien que d'imaginer tout ce qui pouvait l'attendre, toutes les possibilités et opportunités que réservait ce pays aux nouveaux habitants.
Sa famille avaient quitté Edimbourg car le patriarche, Lord Garrett Hedlund avait prospéré grâce à ses champs de maïs. Sa mère, la Duchesse Anya n'était pas des plus enthousiaste au départ. Le confort de vie écossais et sa place en société était largement bien établie depuis des années. Elle craignait que les Amérique lui fasse perdre cette place de choix. Mais Garrett et Charlie étaient tous les deux tout excités de découvrir ce fameux nouveau monde dont tout le monde parlait. Pendant le voyage, sa mère se découvrit enceinte ce qui lui donna envie de faire demi-tour, mais Garrett avait sut la rassurer en lui disant que Jamestown était bien développé désormais et qu'avec le train, ils seraient rapidement à New-York.
C'était aussi sur ça qu'ils comptaient. La modernité et l'envie irrépressible de moderniser le pays entier. La révolution industrielle était en marche ce qui était synonyme de possibilité. Charlie était tellement heureuse de quitter Edimbourg et la vieille Europe pour se consacrer à quelque chose de nouveau. Secrètement, elle projetait de peindre dans de grandes écoles à New York et de redéfinir le monde de l'art. Si son père s'en amusait, sa mère semblait s'en arracher les cheveux.
Ce qui était étonnant car elles étaient en tout point identique. Le même caractère et les mêmes aspirations si ce n'est qu'en vieillissant, Anya voulut protéger ses enfants, du moins, surprotéger. Charlie faisait tout pour s'en défaire et c'était surtout plus facile avec son père qui était pour le coup très laxiste.
- Charlotte descend de cette proue immédiatement ! Ce n'est pas convenable pour une jeune fille de se tenir de la sorte !
Quand on parlait du loup. Charlie descendait avec prudence de la proue et rangea son carnet de dessin dans son corsage avant de rejoindre sa mère. Cette dernière regardait avec exaspération la nouvelle couleur de cheveux de sa fille qu'elle avait transformé en un blond éclatant. Une idée osée et complètement spontanée de l'ancienne brune qui avait voulu essayer après avoir vu des prostitués le faire.
- Dis-moi que cette couleur va un jour partir.
- Aucune idée maman, c'est ça la magie de l'aventure.
Du haut de ses dix-sept ans, Charlie avait gardé son espièglerie d'enfant. Pour rassurer sa mère, elle l'enlaça et la rassura avant de lui parler de nouveau de toutes les étendues d'herbe et de nature qui les attendaient en Amérique, ce qui était le seul point sur lequel la Duchesse semblait être favorable. La nature était un élément indispensable pour cette famille aristocratique qui ne vivait que pour la douceur des arbres et des forêts. Grands protecteurs et mécènes des parcs écossais, ils avaient financés la création de nombreux jardins et parcs dans la capitale.
Ils débarquèrent à Jamestown quelques semaines plus tard. Charlie débordait d'énergie et d'excitation. Garrett tentait de canaliser la Duchesse qui était prête à faire un arrêt devant cette nouvelle ville en mutation. Il était vrai qu'elle n'avait rien de la splendeur de Chicago ou encore New-York mais la forêt dense et luxuriante qui l'entourait était un atout considérable. Il fallut descendre les meubles, les malles et toutes les affaires du navire avant d'investir le fameux manoir qu'ils allaient occuper. Garrett avait été nommé gouverneur de la ville et de la région ce qui lui donnait le droit à cette immense maison. Anya restait silencieuse, sans doute pour mieux observer les alentours quand Charlie ne rêvait que d'une chose, investir les environs.
Il lui fut attribuée une dame de compagnie. C'était une fille d'ici bien plus âgée qu'elle et qui se nommait Binki. Elle aussi était blonde et semblait très introvertie, ce qui n'arrangeait en rien la fille de la Duchesse qui aurait aimé se faire une amie. Pendant une semaine ils emménagèrent et quand vint le moment de liberté, la jolie jeune femme ne perdit pas de temps. Leur jardin donnait directement sur l'épaisse forêt si mystérieuse. Parfois, la nuit, quand Charlie l'observait de son balcon de chambre, elle entendait des bruits étrange qui était certainement ceux d'animaux sauvage ou encore d'amérindiens.
Oui, c'était un sujet sur lequel personne n'osait parler. Quand elle avait posé la question à Binki, cette dernière c'était encore plus renfermée sur elle-même en disant qu'il s'agissait de sauvage incapable de comprendre leur culture. Ce à quoi la jeune fille avait répondu :
- Peut-être parce qu'on leur a volé leurs terres aussi.
Mais au marché, elle avait entendu parler de cette formidable princesse amérindienne qui avait noué des liens avec les européens. La légende voulait qu'elle ai épousé un visage pâle ce qui enflammait encore plus l'imagination de la jeune fille. D'ailleurs, quelques semaines après leur arrivée, son père avait un entretien avec cette dernière sur une zone neutre et elle le supplia de l'emmener avec elle :
- Ta mère va faire une crise si je lui dis ça Petit Pois. Ma réponse est non.
- Mais je t'en priiiiiiiie. C'est une princesse avec qui tu vas parlementer ! Papaaaa.
- Ne fais pas ta moue Charlie car je ne céderais pas. Ta mère a raison, tu devrais reprendre tes leçons avant ton départ pour New-York.
A croire qu'ils ne connaissaient par leur fille. Charlie se prépara en cachette et suivi de près le cortège de son père qui les emmenaient sur le territoire Powhatan. C'était pour ça qu'elle avait suivie ses parents au lieu de rester en pension à Edimbourg. Pour vivre la grande aventure de l'ouest. Mais Charlie n'était absolument pas prête, matériellement, pour une telle quête. Aussi, elle se perdit dans les bois. Ces étranges bois qu'elle avait tant fantasmé allait se refermer sur elle telle une prison. Gardant le plus possible son calme, elle se dit qu'elle eut au moins raison d'avoir laissé une lettre à sa mère l'informant d'où elle allait. Au moins, quand ils se rendraient compte de son absence, ils viendraient la chercher.
Le plus étrange était qu'elle se sentait observée, continuellement. Mais loin d'elle l'envie de se laisser aller, elle continua sa route en cherchant avec sa boussole l'est et tenta de s'y rendre. Elle marcha près de son cheval un moment avant de faire une courte pause. Un ruisseau coulait tout près et elle décida de s'y rendre. Trempant ses pieds meurtris par la marche elle remonta son jupon le long de ses cuisses nues et d'un blanc ivoire. L'endroit était fantastique. La végétation luxuriante et si sauvage qu'elle ne pu s'empêcher de sortir son carnet de dessin pour tout croquer. Elle y resta un moment tout en chantonnant pensive. C'était toujours la même chose quand elle était dans son monde de dessin et de peinture. Etrange qu'elle ne se sente pas en danger alors qu'elle était perdue en pleine forêt.
Pourtant, soudain, un bruit sourd près d'elle la fit sursauter. Se relevant elle regarda autour d'elle avec méfiance prête à sortir la dague qui se trouvait sur sa cheville.
- Qui est là, demandait-elle d'une voix qui se voulait assurée, montrez-vous. Je n'ai pas peur.
C'est alors qu'apparu hors de la forêt de l'autre côté de la rive un jeune homme à la carrure impressionnante. Jamais encore elle n'avait rencontré une telle personne. Une longue crinière brune se tenait sur son épaule, nattée, quand uniquement une sorte de pantalon couvrait ses hanches. Il avait des peintures sur tout le corps, si impressionnant encore une fois que Charlie ne sut quoi dire. Pourtant, ses iris se plantèrent dans ceux d'un bleu si intense qu'avait le guerrier et la fit frissonner. C'était le plus bel homme qui lui avait été donné à contempler. Un dieu sculpté dans le marbre pensait-elle. Peut-être hallucinait-elle et découvrait une divinité de ces bois. Se jaugeant du regard l'un et l'autre, elle ne savait comment réagir. Binki aurait déjà fuit et sa mère aurait menacé l'impudent qui l'observait de la sorte. Cela la fit doucement rire d'y penser. Avec le peu de connaissance qu'elle avait de la langue amérindienne, apprise avec son père, elle s'osa à le saluer maladroitement en amérindien :
- Bonjour.. Moi.. Moi être perdue.. Vous aider.. aider moi ?
immarcescible, Posté le samedi 09 avril 2022 14:26 Répondre
Pour ces beaux yeux..
.. c'est toute mon âme qui chavire.
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immarcescible, Posté le mardi 12 avril 2022 19:23 Répondre
C'EST SI ADORABLE ! :O