• Paramètres
  • Habillage
Skyrock.com
  • ACCUEIL
  • BLOGS
  • PROFILS
  • CHAT
  • Apps
  • Musique
  • Sources
  • Vidéos
  • Cadeaux
  • Alertes
    • Tu n'as reçu aucune alerte
    • https://www.skyrock.com/m/overview.php?page=notifsVoir toutes mes alertes
  • Messagerie
  • Invitations
  • Mes commentaires blog
  • Statistiques
  • Poster
  • Live
Aide
GAPGGAPG
  • Mon blog
  • Mon profil
  • Confidentialité
  • Configurer
  • Tous mes comptes
    • Aide

    Retour au blog de GAPG

     
     

    GA

    Suite
    688
    Commenter

    #Posté le lundi 23 août 2021 12:55

    Modifié le mardi 18 octobre 2022 19:55

    • Commentaires

    immarcescible, Posté le jeudi 03 août 2023 08:04 Répondre

    Quel délicieuse matinée ils vivaient l'un contre l'autre à se caresser de la sorte. Garrett était au paradis des douceurs et la reine de son coeur le rendait fébrile d'un sentiment d'amour intense. Mais il n'avait pas à coeur de lui compter amour, non, il ne voulait qu'une chose sentir encore la main ferme de la jeune femme sur son sexe et l'entendre gémir sous ses caresses. Ils étaient là tous les deux dans la jacuzzi entrain de se caresser, de se découvrir. Ses lèvres s'amusaient à torturer délicatement les seins rond et tendre de la jeune femme quand elle poussa un petit cri avant de se fondre immédiatement sous l'eau. Surpris, il fronça les sourcils avant de comprendre pourquoi elle venait de le fuir.

    Merde.. Il avait oublié ses parents. Il bandait furieusement et Anya tenait sa respiration. Sans attendre un instant supplémentaire, il sortit du jacuzzi discrètement et s'enroula dans la serviette qui trainait pour dissimuler sa nudité. Vite ensuite il se rendit devant ses parents qui posaient les valises dans l'entrée et les salua avec une joie qui était louche. Du moins, cela fit tiquer sa mère qui se demandait bien ce qui pouvait réjouir son fils de la sorte :

    - Tu es matinal et de bonne humeur.. Tu as fais une bêtise Garry ?
    - Cet air suspect alors que je suis juste très content de vous voir enfin à la maison.

    Il jouait de son charme mais ses parents le connaissaient et savaient qu'il dissimulait quelque chose. Volontairement alors, il parla de la moto ce qu'il savait être un sujet sensible. Son père soupirait en apprenant qu'il avait réparé le véhicule et sa mère le grondait férocement puisqu'elle lui avait interdit de l'utiliser :

    - C'est dangereux Garrett ! Pourquoi veux-tu mettre ainsi ta vie en danger ? Cela n'a pas de sens !
    - Ta mère a raison.. J'espère que tu es prudent au moins.
    - Robert ! Il n'utilisera plus ce maudit engin. Il date de l'époque de ton père je suis certaine qu'elle n'est pas aux normes.

    Pour essayer de calmer son épouse que Garrett avait mis en rogne, il la conduisit dans la chambre pour qu'elle prenne une douche suite au long voyage qu'ils avaient fait. Robert faisait les gros yeux à son fils, le sermonnant gentiment. Lui aussi avait eu l'âge de son fils. Lorsqu'ils furent montés, Garrett en profita pour rejoindre Anya qui s'étaient dissimulée derrière la porte. Il riait doucement en la voyant totalement trempée et recouverte de son t-shirt. Bordel ce qu'elle était excitante avec ses seins toujours pointés vers lui et le tissu qui se collait à sa peau. Il se pencha sur elle et lui donna un profond baiser en caressant sa hanche puis ses fesses nues avant de murmurer tremblant d'excitation :

    - Je vais devoir relever d'ingéniosité maintenant que j'ai goûté aux formes voluptueuse de Anya Sawyer..

    Ils se blottissaient l'un contre l'autre, frustrés de savoir qu'ils ne pourraient pas se toucher comme ils le désiraient tant. Inspirant profondément et embrassant le cou de la jeune femme il reprit dans un murmure :

    - Je vais surfer pour essayer de faire passer cette putain d'érection.. Je reviens dans une heure je pense. Ensuite on ira à Montauk pour t'acheter des livres. Ce sera plus sage.

    C'était à la fois amusant et frustrant de se dire ça, mais en même temps, ils devaient taire ce qui c'était passé la veille au risque qu'on ne les laissent plus du tout seul les deux prochaines semaines. Un dernier baiser sur les lèvres et il se rendait dans le garage pour enfiler son maillot de bain qui avait séché et sa planche. En sortant, il croisa son père qui demanda où était Anya. Garrett fit diversion en expliquant qu'elle avait été se baigner tôt ce matin.

    - Nous partons demain soir pour l'Italie pour voir ta soeur. Tu auras des lettres pour elle ?
    - Oui, oui. Je te donnerais tout au retour de ma session.
    - Garrett attend..
    - Oui pa'..
    - Tu.. Tu t'es bien comporté avec la petite Sawyer, hein ?
    - Comment ça bien comporté ?
    - Je sais que.. Ecoute, je sais que toi et les filles ça fonctionne bien mais.. mais c'est une amie de ta soeur. Donc ta mère et moi nous voudrions que tu n'essaies pas de la séduire.
    - Contrairement à ce que vous croyez je ne saute pas tout ce qui bouge, dit-il avec un air offensé, je ne séduis pas Anya si tu veux tout savoir. Nous sommes bien au dessus de tout ça.
    - Bien, bien.. Bien.. Super..

    Ils avaient raison de garder ça pour eux. Il n'y avait même pas d'histoire concrète que même les adultes s'en mêlaient. Un peu refroidi de sa douce matinée, Garrett se rendit donc à la mer où il y resta deux heures. Il avait besoin de se dépenser le plus possible juste pour être certain de ne pas céder à l'appel de son désir pour Anya. A la fin de sa session, il rentra et trouva ses parents et la jeune femme à discuter dans le patio. Il était encore essoufflé et ses bras engourdi par l'effort :

    - Nous sommes à peine arrivé que tu vas déjà à l'eau, lui reprochait sa mère ronchonne, heureusement que la douce Anya nous tiens compagnie !
    - Maman, soupirait-il en se rendant au garage pour se changer.

    Pendant qu'il retirait son short, sa mère continuait de questionner Anya à propos de sa vie et de ses aspirations. Elle était sincèrement intéressée par la jeune femme même si elle sentait qu'elle lui dissimulait quelque chose. En bonne avocate, elle avait besoin de connaître la vérité mais elle respectait bien trop la moralité pour être trop curieuse. Anya réussit néanmoins à bien détourner l'attention de Catherine lorsqu'elle évoqua sa passion pour l'Egypte :

    - Oh ! Robert m'a emmené là-bas pour notre vingtième anniversaire de mariage. Une croisière sur le Nil, c'était exceptionnel. Nous adorons y aller. Si tes parents sont d'accord nous t'y emmèneront à l'automne prochain.


    immarcescible, Posté le lundi 31 juillet 2023 12:37 Répondre

    Son souffle était court, ses membres encore tremblant de l'insoutenable satisfaction de plaisir qu'elle venait de lui offrir. Blotti contre elle, son visage contre ses seins humide, il ne cherchait pas à revenir sur terre. Non, il était sur son nuage, autre part et comblé. Lentement et avec sa douceur si légendaire elle vint les allonger l'un en face de l'autre. Garrett était sage, encore groggy par le plaisir. Ses bras venaient l'enlacer. Il n'avait aucune envie de quitter ce merveilleux lit qui avait contenu un moment d'ivresse intense. Les yeux clos, prêt à s'endormir, il la sentait se blottir contre lui ce qu'il ne pouvait qu'apprécier. Ses bras la resserrait contre lui, ses lèvres embrassaient son épaule, son cou avant que son front ne vienne se poser contre le sien un sourire amusé en coin :

    - Ainsi donc tu fantasmes sur moi depuis un moment Miss Sawyer..

    Cela l'amusait de la taquiner, encore plus en ayant cette proximité avec elle. Lentement il ouvrait les yeux et pu la contempler avec une adoration non dissimulée. Sa main venait caresser sa joue après avoir retiré les mèches de cheveux qui barrait la beauté de son visage. Elle était si belle dans la nuit étincelante et il lui murmura. Il n'avait aucune envie d'évoquer le lendemain et toutes les problématiques qu'allaient potentiellement amener cet épisode si sulfureux. Pour le moment, il ne désirait qu'une chose, savourer l'instant présent et la sensation de plénitude qui les envahissait l'un et l'autre :

    - Tu es magique.. J'ai toujours su que tu étais magique. Tu connais la légende des selkies ?

    Il lui parla donc de cette fabuleuse légende gaélique de sa voix de conteur, basse et chaude. Par moment, il s'interrompait juste pour lui donner de profond baisers ou encore déposer ses lèvres sur la peau de son cou qui sentait si bon. Ses bras, ses jambes s'enroulaient autour de son corps nu et encore frémissant.

    - Je vais devoir cacher précieusement ta peau Blackbird.. Je ne voudrais pas que tu puisses t'enfuir de nouveau.

    Au petit matin, il se réveilla blotti contre elle. Ils s'étaient endormis l'un contre l'autre en cuillère. Un instant il la regarda dormir profondément un sourire tendre sur les lèvres. L'envie de l'embrasser et de la caresser était encore plus violent au petit matin ce qui le rassurait. Elle n'était pas qu'un coup d'un soir, non. Elle était bien plus que tout ce qu'il avait connu jusqu'à présent. Pour lui faire plaisir, il descendit discrètement de la chambre et se rendit dans la cuisine pour préparer le petit déjeuner. Il préparait un repas gargantuesque avec des oeufs, du bacon, des pancakes et avait même préparé du jus frais.

    Lorsqu'elle descendit enfin, elle pu constater qu'il avait mis le couvert sur la terrasse et que tout était prêt pour déjeuner. Il revenait du jardin et avait été cueillir quelques fleurs. Arrivé devant elle, il se sentait idiot et cucul. Merde.. N'était-ce pas un peu trop ? Maladroitement il lui tendit le bouquet et répliqua un peu gêné :

    - J'espère que je ne t'ai pas trop écrasé cette nuit, demandait-il en tirant sa chaise pour qu'elle prenne place à table, j'avais une faim de loup donc j'ai préparé un petit déjeuner copieux.

    En effet, une fois attablé, il se mit à manger tel un ogre affamé sous l'oeil curieux de sa compagne. Elle le fixait avec un air indescriptible qui le tendit. Déglutissant une grosse part de pancakes, il essuya sa bouche et se rapprocha d'elle pour prendre timidement sa main dans la sienne :

    - On a deux semaines juste pour nous.. Vivons sans penser au reste du monde. Juste toi et moi. Je ne veux pas penser aux conséquences, je ne veux pas envisager la rentrée. Pas encore. Je veux juste revivre ce moment magique que nous avons vécu hier soir Anya c'était.. jamais je n'ai ressenti ça. Tu veux bien ?


    immarcescible, Posté le vendredi 28 juillet 2023 16:13 Répondre

    - Anya.. Tu es bien plus qu'une simple âme soeur à mes yeux..

    Murmurait-il en plongeant ses iris dans ceux de la jeune femme. Sa main caressait avec une douceur extrême sa joue quand il la contemplait un sourire ému sur les lèvres. Il n'avait pas les mots pour lui exprimer ce qu'il ressentait, il en était incapable tant l'émotion du moment était puissante. La jambe de Anya vint s'enrouler autour de sa hanche lui signifiant qu'elle était prête et qu'elle le désirait. Il se sentait nerveux, il avait peur de la blesser et de lui faire mal. Alors, posant son front contre le sien et après voir déposé de tendre baisers sur ses lèvres il reprit :

    - Tu me dis stop quand tu le veux.. Tu as le droit de me dire stop.. Je ne veux pas que tu aies mal..

    Sa main caressait sa cuisse quand l'autre caressait toujours sa joue. Il était encore tremblant du plaisir que ses lèvres lui avait donné quelques minutes auparavant et lentement il vint la pénétrer délicatement. Le souffle coupé en la sentant si étroite il dût redoubler d'effort pour ne pas exploser. Après tout, il restait encore un adolescent qui avait parfois du mal à se contenir. Il prit donc un instant pour habituer Anya et s'habituer lui-même à l'étroitesse brulante de la jeune femme qui lui fit pousser un gémissement plaintif.

    - Putain.. Anya, gémissait-il contre ses lèvres qu'il embrassait avec un désir ardent, Anya..

    Lentement il débuta un mouvement de bassin en elle. Il prenait son temps mais son corps entier tremblait de plaisir. Oui, il prenait un plaisir corporel certain mais le plus intense était le souffle de Anya sur sa peau, sentir son parfum l'enivrer, l'entendre gémir et avoir le contact de sa peau contre la sienne. Son corps entier n'était qu'un lot de sensations qu'il n'avait jamais encore ressenti et qui le déstabilisait. Comme toujours, elle arrivait à créer chez lui un étrange sentiment qui l'enivrait. Sa main agrippait sa cuisse, lui permettant d'aller plus profondément en elle. Il avait besoin de s'assurer qu'elle aimait ce moment donc il gardait ses yeux ouvert dans l'attente d'un potentiel retour en arrière. Elle était si belle à gémir de la sorte qu'il ne pouvait s'empêcher de lui murmurer en embrassant son cou, sa gorge, ses lèvres.

    Il vit bien à un moment donné qu'elle était ailleurs et craignant de lui faire du mal, il réussit dans un tour de passe passe rapide à la positionner au dessus de lui. Ses mains pouvaient mieux caresser ses fesses ou même ses cuisses et cette vue.. Diable, cette vue de cette déesse nue et sensuelle au dessus le poursuivrait toute sa vie.

    - C'est toi, dit-il dans un gémissement, c'est toi qui contrôle.. C'est toi qui bouge selon ton plaisir..

    Garrett ne voulait pas d'une Anya passive, il avait besoin d'être certain qu'elle était maîtresse d'elle-même et qu'elle avait tous les droits. En la sentant bouger, il ne pu s'empêcher de gémir en renversant son visage en arrière. Bon sang, ce qu'elle faisait était si divin. Il agrippait fermement ses fesses et l'aidait dans ses accompagnements incapable de rester silencieux. C'était si bon qu'il voulait le hurler à la terre entière.

    - Oui.. Oui.. Comme ça.. Putain.. Anya.. Oui.. C'est parfait.. Haaan bordel..

    Elle le rendait fou en étant aussi belle et désirable. Sa main venait donc se positionner entre ses cuisses et stimuler son clitoris. Il allait lui rendre ce plaisir, il voulait qu'elle soit aussi satisfaite qu'il l'était. Il venait donc se redresser et reprit en bouche la pointe de son sein qui le taquinait. Il le dévorait avec plaisir et ardeur quand il bougeait en même temps qu'Anya. Sa langue léchait et ses lèvres embrassaient ce sein avec une adoration certaine. Il la désirait depuis si longtemps qu'il n'avait plus aucune retenue.


    immarcescible, Posté le mercredi 26 juillet 2023 16:38 Répondre

    Contre toute attente, Garrett avait passé une très bonne soirée. La journée avait été cruelle, sensuelle et cruelle mais il passait toujours d'excellents moments avec Anya. Le mieux a été le moment où ils s'étaient retrouvés sur la plage blottis l'un contre l'autre. Il aimait tellement son parfum si singulier. Son nez n'avait pas pu s'empêcher de venir humer son odeur et quel plaisir c'était de la sentir contre lui. Le moment plus intense avait été dans la grotte où trempés par la pluie, ses vêtements s'étaient collés à sa peau. Il avait pu voir la rondeur de ses seins et avait du se retenir le plus violemment possible pour ne se pas se jeter sur son corps qu'il désirait ardemment. Mais il avait tenu.. Oui il avait tenu car il avait fait une promesse à Anya et qu'il ne voulait que son bonheur.

    Pourtant, pendant la soirée, il ne pouvait s'empêcher de jeter des regards noir sur tous les hommes posant leurs yeux sur la jeune femme blottie contre lui. Une jalousie extrême le prenait lorsqu'elle offrait des sourires aux autres quand il n'aurait voulu être que le seul et l'unique. Sa conscience lui hurlait de ne pas céder quand sa passion répliquait qu'elle ne voulait qu'elle. Oui, il ne voulait qu'elle et il allait lui dire lorsqu'ils étaient enlacés dans le sable. Mais le destin fit son apparition de nouveau et il dût la regarder s'en aller, s'enfuir au loin de ses bras.

    Le bain de minuit était amusant. Ils remontèrent ensuite sur la plage et se réchauffèrent devant le feu de camp en buvant des bières. Les garçons évoquaient les filles avec qui ils avaient couchés en riant grassement. Habituellement c'était Garrett qui était le dieu à ce jeu mais il n'avait pas touché une fille depuis l'histoire avec Brittany. Impossible puisqu'il ne pensait qu'à Anya. Mais ça.. Ca les garçons ne le comprendraient pas. Las de ces histoires et de ces conversations il préféra prendre congé :

    - Quoi ? Tu pars déjà ? Mais non frère !
    - Je suis fatigué et demain je voudrais aller surfer. On se retrouve sur la plage ?

    Les garçons soupiraient et lui jetaient du sable en signe de mécontentement ce qui faisait sourire Garrett. Il fumait en rentrant à la maison. Il avait longé la plage et repensait à la journée si douce qu'il avait passé. Comment devait-il réagir ? Il n'était qu'un adolescent plein d'hormones mais il y avait aussi ce bien être que lui avait toujours offert Anya depuis leur rencontre. Mais lui ? Etait-il suffisant pour elle ? Perdu dans ses réflexions, il ne se vit pas arriver à la maison et pourtant il y était. Anya avait laissé une petite lumière dans le salon et il entrait. Elle était là, endormie adorablement sur le canapé son livre dans les bras. Ne faisait-il pas gros pervers en l'observant dormir de la sorte ?

    Une légère brise fraiche envahissait le salon. La raison lui hurlait de couvrir la jeune fille mais il décida de jouer avec le feu. En effet, très délicatement il passa ses bras sous son corps et la souleva aisément contre lui. Il la portait pour la conduire jusqu'au lit qu'elle occupait. Son visage était dans son cou et il l'entendait marmonner des choses inintelligible. La déposant délicatement sur le lit, il sentit néanmoins une résistance. Les bras de Anya ne le lâchait pas et il était au dessus d'elle. Les reflets de la lune faisaient briller sa crinière brune et ses yeux d'un noir intense le fixait. Sa gorge était sèche et son corps tremblait légèrement :

    - Je ne voulais pas te réveiller, murmurait-il avec douceur quand son nez venait presque à caresser le sien, je ne voulais pas te réveiller..

    Elle semblait si confiante, si calme, si sereine qu'il ne pouvait plus résister. Comment résister à l'appel de cette sirène chantante qui l'obsédait du matin au soir et même dans ses rêves ?! Non, il devait goûter à ce bonheur à cette possibilité de douceur et de luxure qu'elle lui offrait. Aussi, il lui avouait :

    - Anya je.. je ne peux plus jouer à l'innocent..

    Ses yeux se fermaient quand ses lèvres se posaient sur celles d'Anya. Un baiser lent, tendre et sensuel. C'était si bon de sentir la douceur chaleureuse de ses lèvres contre les siennes qu'il en poussa un léger gémissement. Ses mains, se posaient sur le buste de la jeune femme et descendaient avec une lenteur extrême sur ses cuisses. Entre deux baisers, pour reprendre son souffle, il murmurait son prénom comme s'il s'agissait d'une prière. Il en avait tellement rêvé, fantasmé qu'il avait besoin de s'assurer qu'il le vivait vraiment. Ses lèvres déviaient sur le cou de la jeune femme avec une lenteur exquise. Sa peau avait le goût de douceur, du coton, du soleil. Lentement, il vint descendre la bretelle de sa robe et toujours avec douceur déposer des baisers sur ses seins qu'il découvrait. Ses adorables seins qu'il avait contemplé dans la grotte avec un désir violent :

    - Tu es si belle.. Anya.. Tu m'éblouis..

    Sa langue prenait son temps et venait caresser la pointe durcie et dressée de son sein. Elle en ronronnait ce qui le rassurait. Elle avait l'air d'apprécier ses caresses. Puis, il passait à l'autre sein qui était visiblement jaloux. Garrett prenait son temps, il voulait attiser le désir chez Anya, lui prouver qu'elle n'était pas qu'un trou qu'il allait combler mais que bien au contraire, il la respectait et qu'il cherchait à lui offrir autre chose. Quelque chose de magique et de sensuel. Lorsqu'il eut terminé de savourer sa poitrine elle pu se rendre compte qu'il avait déboutonner sa robe. Elle était quasiment nue devant lui. Ses baisers descendaient sur son ventre et arrivaient jusqu'à son entre cuisse dont il en embrassait timidement la peau si douce.

    - Dis moi si tu veux que j'arrête.. Tu as le droit de dire stop, murmurait-il en la regardant dans les yeux, à tout moment..

    Il ne voulait pas qu'elle le prenne pour une brute. Il ne voulait pas qu'elle se force. Il voulait qu'elle le désire en entier et qu'elle ne souffre pas de ce moment dont il rêvait toutes les nuits. Sa langue suivait alors le chemin de sa cuisse jusqu'à son sexe qui était encore recouvert de ce léger tissu nommé culotte. Ce qu'elle était belle ainsi. Une divine créature qu'il aurait aimé peindre. La sensualité et qui l'éblouissait. Sensuellement, il retirait son bas avec ses dents jusqu'à sa cheville et en profita pour retirer son propre t-shirt. Bordel ce qu'il se sentait serré dans son pantalon. Mais pour le moment, ce n'était pas lui, c'était elle qu'il voulait. Elle qu'il voulait honorer. Sa langue repartie de sa cheville et suivie la ligne de sa peau jusqu'à se fondre sur son sexe qu'il caressait délicatement de ses lèvres.

    - Je veux t'entendre, murmurait-il entre deux coups de langue, il n'y a que toi et moi.. Dis moi.. Dis moi ce que tu veux Blakcbird..


    immarcescible, Posté le lundi 24 juillet 2023 11:56 Répondre

    Anya était partie à la douche les joues rougies et une moue étrange sur le visage. Garrett était resté un instant suspendu en se demandant ce qui c'était bien passé et craignait qu'elle ai fait un cauchemar. Ne voulant pas la déranger alors qu'elle avait fuit, il se remit à lire. Il repensait avec amusement à comment elle avait réussit à éjecter Angie de la maison, tout comme il avait marqué son territoire avec elle auprès des garçons. Ils se cherchaient, se voulaient mais aucun ne voulait manifestement céder du terrain et se lancer. Depuis la soirée si douce qu'ils avaient passé à l'hôtel, Garrett pensait qu'elle s'était raisonnée et qu'elle ne voulait plus de lui aussi sensuellement que les trois fois où ils s'étaient caressé. Où en était-ils ?

    Au bout d'un instant, alors qu'il était perdu dans ses pensées, il jeta un oeil à sa montre. Cela faisait un moment qu'elle était sous la douche et il espérait qu'elle allait bien. Etant donné qu'il était tard, il se dirigea vers la cuisine pour sortir de quoi dîner. Georgie faisait toujours des brochettes délicieuses qu'elle mettait au congélateur. Il les avaient sortis dans l'après-midi et voilà qu'elles étaient prête à être cuite. Une fois les braises du barbecue mise en route, il fit cuire de quoi faire les fameuses pâtes de son grand-père. Pendant ce temps, il mit le couvert à l'extérieur tout près de la piscine et alluma quelques bougies pour effrayer les moustiques. C'était maladroitement romantique. Alors qu'il finissait de préparer la sauce secrète de son grand-père, il vit Anya arriver dans le salon, radieuse et les joues encore rougissante.

    Diable.. Son coeur battait si fort. Il prenait une ample inspiration et lui offrit un doux sourire en précisant :

    - J'avais faim.. J'espère que tu es affamée toi aussi. J'ai fais des pâtes pour les fous.

    Pas de sage ? Non.. Pas ce soir. Il sortait du jus de fruit, le préféré d'Anya qu'il avait fait acheté et lui servait un verre en effleurant sa main. Il ne pouvait pas s'en empêcher. C'était impossible. Mais pour autant, il se dégagea rapidement pour revenir à la cuisson de ses pâtes. En voyant la moue curieuse de la jeune femme, il lui expliqua comment se déroulait la vraie cuisson des pâtes avant de préciser :

    - Je ne peux pas te donner la recette de la sauce secrète.. C'est un secret de famille..

    Il faisait une mous mystérieuse en prenant un accent italien drôle et léger qui le faisait rire. Il était toujours comme ça avec Anya. Léger, taquin et drôle. Son rire était communicatif et sincère. Il était bien avec elle et rien ne pouvait briser cette délicieuse bulle qu'ils avaient créé. Ce moment privilégie hors du temps. Il fit goûter la sauce à Anya et se souvint que la viande grillé :

    - Apporte les pates et la sauce, criait-il en courant sur la terrasse pour voir la cuisson de la viande.

    Une fois le repas prêt, ils mangèrent avec appétit. Garrett avait toujours un appétit d'ogre, surtout après avoir été surfé. Ils parlaient de tout, de rien, d'eux et de leur famille. Garrett avait un milliard de question sur l'ancienne vie de Anya et ne cessait d'être impressionné par la vivacité d'esprit qu'elle avait. Il lui promit de venir à la chasse avec elle et qu'il avait hâte de se mesurer à elle. Ils étaient foncièrement deux compétiteurs nés :

    - Demain je t'emmène dans un endroit surprise..

    Et il comptait bien la surprendre. Après avoir délicieusement dîné, ils rangèrent et nettoyèrent tout. Bien entendu, il y avait quelques mains, quelques frôlements peu innocent qui trainaient par ci et par là, mais en somme ils restaient corrects l'un avec l'autre. Ensuite, ils regardèrent un film. Garrett tentait de resté le plus concentré possible sur les images mouvante quand il caressait la peau si douce des jambes d'Anya qu'elle avait posé sur ses cuisses. Se concentrer autant lui avait demandé beaucoup d'énergie. Le moment pour le coucher avait été compliqué et étrange. La lueur brillante dans le regard d'Anya lui donnait envie de faire exploser le barrage d'émotions et de désir qui voulait déborder. Mais le défi de ne pas la toucher était bien trop forte. Il se contenta d'un doux baiser au creux de son poignet avant de la laisser sur le pas de la porte et d'aller dormir sur le canapé qui était sa place préférée.

    Une journée avait passé et ils avaient résisté. Ils avaient réussi à résister ! Pourtant, ça va était très chaud. Mais ils savaient se tenir et Garrett en était fier. Néanmoins, toute la nuit il n'avait fait que des rêves sensuels et érotique où Anya était venue le rejoindre sur le canapé et où ils lui avaient fait l'amour sans ménagement. Diable.. Sans le savoir l'un et l'autre mais ce canapé avait un pouvoir érotique sans précédent.

    Au petit matin, Anya pu retrouver Garrett dans le garage. Il avait préparé le petit déjeuner et finissait de bricoler la moto en attendant qu'elle se réveille. Il était couvert de cambouis et lui offrait un doux sourire, fier de lui :

    - Bonjour Blackbird.. Bien dormi ? File vite prendre ton petit déjeuner. On part dans une heure.

    Une heure plus tard il avait prit une douche et portait un jean simple et t-shirt blanc immaculé. Ses cheveux étaient en pagaille mais il s'en fichait, comme tout le reste. Son apparence n'avait pas beaucoup d'importance pour lui. Dans la cour, il fit ronronner la moto et attendait qu'Anya le rejoigne. Lorsqu'elle fit son apparition, il mit ses lunettes de soleil sur le nez et avait des allures de Tom Cruise dans Top Gun. Il faut dire que c'était la période.

    - Accroche toi bien à moi, dit-il en lui imposant ses mains sur son buste, c'est parti !

    Il roulait dans Montauk en dépassant les voitures avec une certaine prudence mais tout en accélérant pour faire rire Anya. Son rire était si léger et lui faisait des papillons au creux du ventre. Ils étaient jeune, insouciant et plein de fougue, quand les vieux de la ville grognaient sur eux. Ils roulèrent un moment et sortirent de la ville pour se rendre au nord. Là, la route se transforma rapidement en chemin jusqu'à finalement les faire entrer dans la forêt. Le chemin se transformait en butte de sable et c'est là qu'ils descendirent de la moto. C'était une jolie petite forêt du bord de mer. Ils pouvaient entendre le fracas des vagues au loin quand les haut pins les couvraient du soleil radieux. Les oiseaux chantaient autour d'eux, ils étaient seuls au monde :

    - J'adorais venir ici quand j'étais petit.. On faisait des cabanes avec Lucrecia. Je sais que ça ne ressemble en rien aux forêt de Seattle mais.. mais je me suis dis que tu pourrais te sentir un peu mieux peut-être..

    Il espérait sincèrement que ce modeste moment ferait du bien au coeur brisé de la jeune femme à qui la nature manqué. Cette apatride qui avait pourtant sa place dans son coeur.


    immarcescible, Posté le dimanche 16 juillet 2023 22:23 Répondre

    Il avait toujours été fasciné par le travail des mineurs. La patience, la douceur et le flegme qu'ils avaient en débranchant une bombe lui avait toujours semblé intriguant. Là, devant le dos nu de Anya, avec une vue plongeante sur sa poitrine qu'elle tentait désespérément de dissimuler, il essayait de ne pas réagir. Mais comment ne pas réagir alors que ses doigts frôlent sa peau. Alors qu'il voit qu'elle réagit autant que lui à ce léger contact. Bon sang.. Quelle torture il vivait. Ils avaient passé la nuit ensemble à l'hôtel sans rien faire. Pourtant, ce n'est pas l'envie qui lui a manqué. Ils étaient restés sage, ne dépassant plus les limites physiques. Mais là.. Eux deux seuls dans la maison, isolé du reste du monde, n'allaient-ils pas céder à la tentation ?

    Tel un drogué qu'on avait enfermé dans une pièce qui contenait uniquement sa dose d'héroïne. Oh oui.. Oui, Anya était son héroïne. Après avoir noué les lacets de son haut de maillot de bain, il ne pu s'empêcher de se pencher. Avec douceur, il déposait un baiser dans le creux de son cou quand ses mains descendaient le long de son dos et de ses hanches :

    - Si je me noie tu viendras me sauver comme ça..

    Il souriait, taquin et quitta rapidement la pièce. C'était trop tentant que d'avoir cette jeune femme devant lui, quasiment nue, dont la peau sentait si bon le soleil et les livres. Il s'enfuyait presque de la chambre pour rejoindre le salon et récupérer sa planche. Une fois à l'eau, il pu se dépenser comme il le souhaitait et se vider l'esprit. Avoir Anya avec lui pour deux semaines était génial. Mais il savait aussi que ce serait un exercice épuisant car il ne devait pas céder, et ça commençait déjà très fort avec l'histoire du maillot de bain. Après quelques vagues, il vérifia qu'elle soit bien sur la plage. Elle y était et se couvrait de crème ce qui le faisait sourire. Ses livres près d'elle, elle était parée pour rester toute la journée sur plage. Garrett s'était arrangé pour que sa paye du cinéma soit transférée sur celle de Anya. Aussi, elle aurait le double de son salaire ce qui lui permettrait d'épargner suffisamment pour aller en Bulgarie.

    Il resta un bon moment dans l'eau, réussissant parfaitement ses mouvements malgré quelques dégringolade. Lorsqu'il sentit la fatigue arriver, il remonta jusqu'à la plage, sa planche sous le bras. Il était encore essoufflé et tout trempé. Arrivant près de la jeune femme, il s'amusa à l'asperger d'eau en se secouant devant elle. Ce qu'il aimait l'entendre râler ainsi. S'allongeant à ses côtés, sur la serviette, il pouvait contempler la ligne sensuelle de ses cuisses qui étaient à moitié dissimulée par le livre qu'elle lisait. Alors qu'il s'enquérait du titre du livre, il continua sans vergogne l'exploration visuelle de son corps qu'elle tentait de mettre en avant. Ce qu'elle était belle avec cette légère couleur mate sur sa peau :

    - Mh.. Quoi ?

    Il n'avait rien entendu de ce qu'elle lui avait dit. Trop perdu dans la contemplation du corps de la jeune femme. Il vint poser une main fraiche et encore humide sur le bras de la jeune femme jusqu'à finir par l'enlacer de derrière de sorte à la rafraichir. Naturellement, il posait ses mains sur ses cuisses et laissa les goutes de ses cheveux et de son corps tomber sur le sien :

    - Tu ne devrais pas lire ces romans là.. Je vais t'en prêter un qui va vraiment te remuer. Il s'appelle la Confusion de Sentiments et il a été écrit par Stefan Zweig. En gros.. Ca parle d'un Un professeur à la fac qui se rappelle la passion obsédante qu'il avait ressentie plus jeune pour un prof. La relation devient obsédante, maladive. Ca parle d'amour passionnel où les sens sont exacerbés et où la mort plane. L'amour devient haine, mais la passion est quasi masochiste. On dirait que le prof se complait dans sa souffrance mais il est aussi en proie aux plus vives passions, jalousie, envie de meurtre, etc... Toute la confusion des sentiments y est ainsi résumée: "je haïssais en l'aimant et que j'aimais en le haïssant". Ca c'est de la littérature.

    En évoquant son livre, il avait prit la crème solaire de Anya qu'il tartinait avec précaution. Sa joue s'était calée contre son front et laissait ses mains allaient et venir sur ses bras, ses épaules, le devant de ses seins mais sans passer sous le maillot. Ensuite, elles continuaient sur ses cuisses et ses genoux avant de refaire le sens inverse.

    - Tu crois à l'âme soeur ? Pas le truc nianian. Le vrai, le seul. Une personne qui est ton tout, véritablement ta moitié. Une personne avec qui le lien ne peut pas être rompu. Un lien qui est inexplicable, inattendu et qui t'éteint au plus profond de ton être ?

    L'un et l'autre se penchaient de sorte à ce que regarder. La tension était si palpable qu'il allait fondre sur ses lèvres, se repaître de leur douceur mais son prénom résonna plus loin sur la plage. Tournant la tête, il vit arriver au loin les copains de la plage. Des gars qui vivaient à Montauk l'année. Ils vinrent se poser avec leurs ballons et leurs planches tout essoufflé. Ils lorgnaient sur le corps de Anya ce qui déplut à Garrett. Il posa donc une main protectrice sur sa cuisse comme pour signifier que la chasse était prise :

    - Tu nous rejoins au feu de ce soir, demandait le brun qui s'appelait Joe, il y aura même Angie.
    - Même si elle dit que tu es impuissant depuis la dernière fois à la plage.

    Les garçons riaient et s'amusaient de cette rumeur qui faisait lever les yeux au ciel au blond.

    - On verra. On a des trucs de prévu donc je ne peux pas vous donner de certitude.
    - Oh allez.. Tu viens jouer avec nous un peu ? On a regonflé le ballon pour aller au terrain.
    - Je vous rejoindrais demain sans faute. Aujourd'hui je dois bricoler un peu dans le garage de mon père.
    - Tu fais chier Hedlund..

    Ils ronchonnaient, persuadés que leur pote ne venait pas à cause de la jolie fille qu'ils n'avaient pas reconnu. Ils partirent après avoir salué le couple toujours enlacé et une fois qu'ils furent partis, Garrett proposa à Anya de rentrer. Il avait soif et envie d'une glace. En arrivant il se rinça près de la douche extérieure et retira son maillot. Il rejoignit Anya dans la cuisine qui préparait de délicieuse glace alors qu'il avait uniquement une serviette accrochée autour de ses hanches. Arrivant près d'elle, il planta son doigt dans la glace qu'elle avait préparé pour elle et s'amusa à lécher son doigt :

    - Miam..

    Ses prunelles brillaient d'une joie taquine quand il la rassurait sur son refus de rejoindre les garçons :

    - Ce n'est pas parce que tu es là blackbird.. Je n'ai juste pas envie d'aller courir sous cette chaleur. Et puis je préfère qu'on reste tranquille un peu. Je dois finir de bricoler une étagère pour la chambre.. C'est pour mes livres. Tu veux venir voir ? Ce soir on se fera un petit barbecue. Si tu es sage tu auras le droit aux chamalows.

    Il piquait la glace qu'elle venait de préparer pour elle en riant. L'entendre râler ne pouvait que l'amuser surtout qu'il s'enfuyait jusque dans le garage où il allait reprendre son bricolage.


    immarcescible, Posté le vendredi 07 juillet 2023 17:45 Répondre

    La frustration se lit sur ses traits, bien évidemment. Anya est désirable. Tellement désirable qu'il sent une érection difficilement contrôlable. A la fois il culpabilise de la sexualiser autant et à la fois il est furieux de la voir faire les yeux doux aux garçons et surtout à Henry. Bon sang mais à quoi joue-t-elle ? Tous les gars s'en amusent et ignorent le mauvais caractère de Garrett qui reste dans son coin en ignorant le plus possible Anya. Il devait se concentrer pour ne pas montrer son désir. Profitant d'un mouvement de foule, il vint à s'éclipser. Il se rendait aux vestiaires où il attendait qu'elle vienne pour se changer. Il savait qu'elle finissait son service dans peu de temps. En l'attendant, il réfléchissait à ce qu'il pourrait lui dire. Il est vrai que la dernière fois ils n'avaient pas vraiment discuté et les ressentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre ne faisaient que s'accroître avec les hormones et les impulsions. Mais alors qu'il était prit dans ses pensées, la tornade Anya surgit sur lui sans qu'il puisse répliquer.

    Elle n'avait pas tort sur certains sujet mais lui aussi était jeune et lui aussi était de mauvaise foi :

    - Je ne t'ai pas repoussé. Je veux te protéger Anya. Mais tu es bien trop orgueilleuse et aveugle pour te rendre compte de ça. Ce n'est pas parce qu'un mec ne couche pas avec toi qu'il ne te désire pas et qu'il n'a pas de respect pour toi. Tu crois franchement que j'en ai pour Brittany et toutes les autres ?

    Son regard était d'un bleu froid, colérique, aussi tempêtueux que la mer des glaces. C'était un contraste éprouvant avec celui noir et sombre de Anya. Mais aucun des deux ne relâchait la pression. Les deux étaient des vrais tête de mule qui ne voulait pas céder du terrain dans cette bataille. Il se rapprochait d'elle jusqu'à finalement la bloquer contre le casier.

    - Tu crois franchement que je peux ignorer ça.. Cette sensation quand je fais ça ?

    Sa main venait caresser le visage de Anya jusqu'à descendre le long de son cou et effleurer sa poitrine comprimée. Le souffle de Garrett s'accélérait, son visage se rapprochait.

    - Je sais que tu ressens la même chose que moi.. Ce truc intense.. Electrifiant..

    Son buste était maintenant blotti contre sa poitrine. Ses lèvres frôlaient les siennes, sensuellement. Il n'était que sensation, qu'excitation. Bon sang ce qu'il la désirait. Ses mains venaient agripper ses hanches alors qu'il fondait sur ses lèvres dans un baiser d'abord réticent mais qui fut rapidement et timidement d'abord plus sensuel. C'était viscéral eux deux. Ils se désiraient autant qu'ils s'énervaient. Les mains de Garrett venaient agripper les fesses d'Anya, de sorte à la plaquer encore plus contre lui. Son bassin dansait contre le sien, lui faisant sentir son désir. A bout de souffle, il embrassait son cou, son menton en murmurant :

    - Si tu me regardais vraiment tu saurais que je ne rêve que de ça tout le temps..

    Alors qu'il allait encore plonger sur ses lèvres et que sa main remontait la cuisse de la jeune femme contre sa hanche, ils furent interrompu par le fameux petit gars boutonneux qui bossait avec Anya. Garrett arrêta ses caresse en poussant un grognement de mécontentement. Le gamin prit peur et balbutiait quelques mots d'excuses que Garrett ignorait.

    - On doit parler, dit-il à Anya avec fermeté, retrouve moi chez mon grand-père. Tu te souviens d'où c'est ? Je t'y attends.

    Il mourrait d'envie d'embrasser ses lèvres mais il se retint. Délicatement, il vint alors poser un baiser dans le creux de son poignet et s'éclipsa du vestiaire. Cody s'approchait de Anya pour s'assurer qu'elle allait bien alors qu'il tremblait encore comme une feuille à cause de la présence de Garrett. Ce dernier vint à rapidement partir du bowling. Il se rendait directement à l'hôtel pour rejoindre la chambre qui lui était attitrée. Certes il y avait déjà emmené quelques filles mais là il ne comptait pas faire les mêmes erreurs avec Anya. Elle était bien trop importante pour lui. Assis sur le balcon à fumer, il attendait qu'elle arrive. Il espérait qu'elle vienne.

    Alors que cela faisait un moment qu'il attendait et qu'il allait se résigner, la réception appela. Se rendant au téléphone il entendit la réceptionniste évoquer une jeune femme l'attendre à la réception.

    - Faites la monter Barbara.
    - Bien monsieur.

    Près de la porte d'entrée il attendait jusqu'à ce qu'enfin elle toc. Prenant une ample inspiration, il ouvrit et la vit sur le pas de la porte. Hésitait-elle ou était-elle en colère ? La laissant entrer, il la rejoignit aussitôt en claquant la porte. Elle était si désirable même sans l'attirail vestimentairement sensuel du bowling. Il aimait la voir en simple jean et avec des pulls aussi. Là, son imagination débordait tout autant, voire même plus. Il lui proposa à boire mais elle ne répliquait pas. Visiblement elle attendait qu'il parle. Et puis il repensa à Noah et ce qu'elle avait dit. Lui en voulait-elle vraiment d'avoir cassé leur couple ?

    - Je suis désolé si Noah et toi.. Non, tu sais quoi je ne suis pas désolé. Et tu veux savoir pourquoi ? Parce que ce mec ne te mérite pas. Ce mec est un vrai tocard qui ne mérite pas que tu prennes du temps et de l'énergie pour lui. Il n'aime qu'une chose coucher avec toutes les nanas du lycée juste pour faire comme moi.

    Sans s'en rendre compte, il se décrivait aussi à travers la description de Noah. C'est en voyant le sourire en coin de Anya qu'il comprit qu'il avait été stupide. Soupirant et passant une main dans sa crinière qui avait bien poussé il reprit :

    - Ne me compare pas à lui.. Coucher avec Brittany et faire les yeux doux à ces filles c'était des erreurs. Et je suis désolé si cela t'a blessé. Ce n'était pas mon intention.

    Sa moue redevenait plus douce, moins frustrée et moins colérique. Il tentait une approche vers la jeune femme en prenant sa main dans la sienne. Il cherchait un contact, un rapprochement. Ses yeux se baissaient sur leurs doigts entrelacés :

    - Je ne t'ai pas repoussé l'autre jour seulement à cause de Lucrecia. Les autres seront toujours derrière nous à nous faire chier. Elena, Henry, tous !Je.. Je.. Anya je ne veux pas que tu sois une fille comme les autres. Je ne veux pas que tu te compares à elle. Je.. Je veux faire les choses bien avec toi mais je ne sais pas comment. Je ne sais pas comment être.. Je n'ai jamais.. Je n'ai jamais ressenti ça..

    La voix du jeune homme s'était baissé en disant cela. Il venait relever ses prunelles vers celles d'Anya, ses prunelles beaucoup plus douce que dans le vestiaire. Elles étaient plus calme et légère. Se rapprochant d'elle et posant sa main libre sur sa joue, il murmurait :

    - Pourquoi je suis resté ici cet été à ton avis ? J'aurais pu aller dans le monde entier comme tous les ans mais je suis resté pour être là, avec toi. Je comprends que ça ne signifie pas grand chose pour toi mais.. mais je suis.. je tiens à toi comme je n'ai jamais tenu à personne Blackbird.


    immarcescible, Posté le vendredi 30 juin 2023 08:57 Répondre

    La chemise lui allait bien, c’est vrai. Les manches courtes dévoilaient aisément ses bras finement musclé qui faisait craquer les filles. Il le voyait bien dans leurs regards et cela l'amusait. Il n'y avait que ce petit chapeau qu'il trouvait ridicule mais il n'en disait rien. Il avait peur de vexer Anya en lui disant ce qu'il en pensait réellement. Son père avait été surpris quand il lui avait demandé de signer la décharge pour qu'il puisse travailler. Depuis toujours Garrett avait toujours tout eu sans avoir lever le petit doigt. Pourquoi avait-il envie de travailler dans un petit confiseur du centre-ville quand il pourrait travailler dans des maisons d'éditions ou des librairies. Mais comme toujours, le père ne dit rien et signa. Son grand-père, lui, qui travaillait toujours dans les cuisines de l’hôtel l’avait félicité et lui avait offert un verre de liqueur de pêche.

    Le travail l'amusait mais ce qui lui plaisait surtout, c’était de passer du temps avec Anya. La voir avec cet air si sérieux et concentré lui donnait envie de l'embêter, ce qu'il faisait par ailleurs. Il faisait toujours en sorte de la frôler, de faire une bêtise pour l'entendre suffisamment ronchonner et voir ensuite la jolie rougeur sur ses pommettes.

    Quand il n'y avait pas de clients, il l'écoutait évoquer Q'Orianka, son amie, ou encore la Bulgarie et ses souvenirs. Apparemment, elle avait un frère mais elle ne savait pas où il était aujourd'hui. Cela fit de la peine au blond. Même si Lucrecia était parfois invivable, il ne pourrait envisager de vivre sans sa soeur. Les premières journées s'étaient bien passées. Le soir ils rentraient ensemble mais la mère de Anya l'attendait toujours sur le pas de la porte ce qui contrariait tout le temps Garrett. Il avait l'impression de n'avoir jamais assez de temps avec Anya quand il avait envie un milliard de questions à lui poser et un milliard de choses à lui dire.

    Cet après-midi là, cependant, ils eurent une surprise de taille. Se laissant dissimuler par Anya, il ne pu pas ne pas entendre le discours ravageur de Elena. Cela le faisait rire de l'entendre évoquer ses non-prouesses au lit quand il se rappelait à quel point elle le suppliait de coucher avec lui. Il en riait encore même quand elle partait. Lorsqu'il se retourna et qu'il vit le regard sombre d'Anya son sourire disparu aussitôt :

    - C'était un jeu.. Le jeu de la bouteille, tu connais ?

    Il haussait les épaules car cela n'avait aucun intérêt pour lui de s'épancher sur le sujet d'autant plus que ce n'était qu'un baiser. Mais disons que cela semblait ne pas plaire à la jolie brune qui lui servait de responsable. Comme du monde arrivait, il n'eut pas le temps d'en discuter avec elle. En effet, un bus de petit vieux surgissait de nul part pour se ravitailler de sucreries. Il suivait le rythme comme il le pouvait et essayer de répondre le mieux possible à la demande de Anya qui était intraitable. A croire qu'elle cherchait à se venger. Le groupe de petit vieux ne s'arrêtait pas et ils prenaient tout leur temps ce qui était frustrant. Mais dans la cohue bohu arrivait aussi un groupe de jeune filles qui se mirent à draguer ouvertement Garrett.

    Lui, comme toujours, il en riait et en jouait même.

    - Vous êtes certaine que vous ne voulez pas la plus grande formule ? Certes c'est plus cher mais vous pourrez avoir des cadeaux en supplément.
    - Et ton numéro je pourrais l'avoir ?
    - Ah.. Pour l'avoir il faudra que tu prennes au moins trois menus.

    Comme prévu, les filles prirent quatre menus et il comme promit, il donna son numéro. C’était de l’argent supplémentaire pour des pourboires qu’il laissait toujours à Anya. Mais bien évidemment, il n'avait pas conçu que Anya puisse entendre ce qu'il venait de faire, c’est-à-dire entrer dans le jeu des filles et leur donner son numéro. Pour lui, ils étaient amis, ils devaient continuer à l'être pour ne pas vexer Lucrecia et puis Noah avait répété à tout le monde qu'il sortait avec Anya. Voilà ce dont il aurait voulu discuter avec elle mais qu’il n'avait pas osé. Pas après ce qui c'était passé les dernières semaines. Non, ils s'étaient mis d'accord pour rester amis. Alors pourquoi l'avait-elle aussi mal pris qu'il puisse embrasser Brittany ? Lui n’avait fait aucune remarque sur Noah. Pourtant, il pourrait en dire des choses. mais il ne disait rien, il prenait sur lui. Pourquoi sur réagir pour cette pauvre bécasse de Brittany. Surtout qu'il s'agissait d'un jeu.

    A la fin de la journée, contrairement à d'habitude où ils s'attendent, Anya avait déjà disparue. Garrett rentra seul et essaya quand même d'aller sonner chez elle. Sa mère lui ouvrit et le regarda comme à son habitude avec un dédain monumental.

    - Je voudrais voir Anya. J'ai des questions concernant le travail.. Est-ce qu'elle est disponible ?
    - Non. Elle est partie. Autre chose ?
    - Non, non.. Enfin si. Vous pouvez lui dire que je suis passé et que je voudrais lui parler ?
    - Tu m'as pris pour un pigeon voyageur ?

    Et elle lui claqua la porte au nez. Il haussa les sourcils surpris mais ne répliquait pas. Il préférait rentrer chez lui pour prendre sa douche et se préparer pour la soirée qui l'attendait. La douche fut rapidement prise parce qu’il voulait surveiller l’arrivée ou non de Anya. Alors qu’il finissait de mettre son t-shirt. Quelle ne fut pas sa surprise de voir Noah sonner chez elle. Elle sortait de la maison, habillée d’une manière qu’il jugeait scandaleusement sexy et enroula son bras autour de celui de son petit ami. Garrett bouillait de rage et de jalousie. Ainsi donc elle était chez elle et l’avait ignoré ?

    Bien évidemment, il allait à la même fête que Anya et il la trouva assise sur le canapé près de Noah qui lui murmurait des choses à l’oreille. Garrett sentait la colère dans le creux de son ventre, une colère jalouse alors que Anya faisait en sorte de l’ignorer. Il tenta de s’approcher mais aussitôt Brittany vint près de lui toute mielleuse.

    - Je me disais que euh.. on pourrait aller à l’étage.. tous les deux..

    Elle voulait clairement qu’il la saute là, maintenant. Mais il avait autre chose en tête pour le moment. Comme parler à Anya. Il tentait de la contourner mais elle s’accrochait à lui en riant pitoyablement.

    - Pas maintenant Brit. Tout à l’heure d’accord..
    - Garry.. Je t’attends en haut alors. Et peut-être que je ne serai plus habillée.
    - Faisons comme ça.

    Il était odieux avec elle mais elle n’avait aucun intérêt pour cette jeune fille. Arrivant enfin devant Anya et en ignorant Noah, il répliqua :

    - Anya il faut que je te parle. Tu viens avec moi dehors ?
    - On est occupé Garrett, répliquait Noah sidéré par l’intrusion de son pote alors qu’il draguait la jolie Anya, repasse plus tard.
    - Anya s’il te plaît. Il faut qu’on parle.

    Le fait que Garrett l’ignore piqua au vif Noah qui relâcha la jeune fille et se mit à la hauteur du blond qui soupirait en levant les yeux au ciel. Noah se croyait pousser des ailes du fait que Anya l’ai rappelé et qu’elle ai cloué le bec de Garrett. Il revenait à elle donc elle était exceptionnelle. Hedlund n’avait jamais été vers aucune fille. C’était toujours elles qui allaient vers lui.

    - Noah dégage s’il te plaît. Je dois parler à Anya.
    - C’est ma meuf ok et tu la fais chier là.
    - Ta quoi ? Ahahah. Ce que tu peux être drôle. Maintenant va jouer avec les petits et laisse les grands discuter entre eux.

    Il tenta de faire un mouvement pour récupérer la main de Anya mais Noah l’intercepta et le poussa. Il se retint juste à temps contre Henry qui restait surpris et silencieux devant la future altercation. Une fille était dans les bras du brun et se trouva son verre renversé ce qui en faisait rire d’autre. Le regard noir de colère, Garrett ne pu se retenir et avec une rapidité folle jeta son poing sur le visage de Noah qui s’écroula sur le canapé. Il allait se tourner sur Anya mais elle avait déjà disparue ce qui le fit rager de colère.

    Au petit matin, quand il se réveilla, il était dans un des lits à l’étage. Près de lui se tenait Brittany qui dormait paisiblement encore nue. L’horrible gueule de bois de la veille lui fit regretter non pas le mal de tête mais le fait d’avoir couché avec cette idiote sans cervelle. Il arriva en retard au travail, la tête défaite et trouva une Anya qui était encore furieuse. Il ne disait pas un mot, se contentant de répondre à la demande des clients. L’un et l’autre, tels deux bêtes enragés ne se regardaient pas. Ils s’ignoraient même ce qui ne laissait présager rien de bon pour la suite de l’été.


    immarcescible, Posté le lundi 26 juin 2023 11:10 Répondre

    C’était horrible. L’espace de quelques seconde, Garrett avait pu toucher au paradis. Mais la vie, la vraie vie n’a rien de fantastique ni de merveilleux. Non, dans la vraie vie on souffre et on prend sur soi. C’est exactement ce qu’a fait Garrett ces derniers jours. Il a du prendre sur lui pour ne pas tout envoyer en l’air, pour ne pas courir jusqu’à Anya et lui dire, tout simplement, que chaque jours passés loin d’elle était une torture assommante. Tout lui dire. Lui avouer qu’il ne voulait pas être son ami et qu’il la désirait. Lui dire que c’était comme ça depuis le premier jour où elle était entrée dans cette fichue salle de classe. Lui dire qu’il avait toujours été seul avant de la connaître et que sa solitude il la comprenait. Il vivait la même depuis toujours. Enfin, jusqu’à ce qu’elle arrive dans sa vie.

    Les jours étaient passés et ils s’étaient cherchés l’un et l’autre sans savoir comment se comporter. On aurait dit qu’une frontière invisible les séparaient mais que les mouvements de terre faisait tout pour les rapprocher de nouveau. Toutes les nuits, Garrett rêvait de Anya et de ce moment si torride dans la salle de bain. Il se réveillait bien souvent en sursaut, ses draps souillés car dans ses rêves, il atteignait l’apothéose avec elle.

    La nuit il souffrait, le jour il jouait.

    Pour tout le monde, il était toujours le même. Froid, distant, songeur. Rien n’avait changé dans le comportement de Garrett et dans celui de Anya. Ils étaient toujours semblable à eux même. Lucrecia ne vit rien car elle était de nouveau follement amoureuse de Henry. Garrett ne soulevait même pas le problème puisqu’il savait que son ami ne toucherait jamais à sa soeur de peur de mourir sous les coups qu’il lui donnerait.

    Souvent ils allaient au cinéma et s’arrêtaient voir Anya. Bien entendu, Garrett ne lui parlait pas ou peu. Mais le groupe n’avait jamais été autant voir de films que pendant cette période. A chaque fois, Garrett laissait beaucoup de pourboire à Anya dans l’espoir que cet argent lui serve à faire son fameux voyage en Europe.

    La soirée de fin d’année que Henry avait préparé était à son apothéose, comme d’habitude. Garrett avait décidé d’y aller pour accompagner Lu qui s’était remise à sortir. Cela le rassurait de la voir de nouveau s’épanouir auprès des gens. D’ailleurs, elle partait tout cet été en Italie pour travailler dans des ateliers de couture. Elle avait retrouvé une vraie aisance, une vraie joie de vivre qui avait rassuré toute la famille Hedlund. Le tourbillon Lucrecia était de retour, plus forte que jamais.

    Mais alors qu’elle, elle s’épanouissait, Garrett lui s’enfermait de plus en plus. Ce fut même pire lorsqu’il vit Anya arriver au bras de Noah. Une haine viscérale gonflée par une indécente jalousie gonfla son égo. Si lui avait trainé avec quelques filles il n’en restait pas moins qu’il n’avait pas imaginé la jolie voisine accompagnée d’un garçon. C’était insurmontable comme vision pour lui. Il préféra donc quitter un moment le groupe pour souffler. Mais c’était mal connaître les autres invités qui cherchaient toujours après lui. Il cherchait à se défaire des autres mais il y avait toujours quelqu’un pour venir le taquiner ou le faire littéralement chier. Il allait en découdre mais Anya, telle une justicière vint le secourir. C’était bien la première fois qu’on venait le défendre.

    - Tu aurais pu te blesser, ronchonnait-il en prenant d’office sa main dans la sienne, mais merci d’être venue me secourir blackbird. Je ne savais pas que tu sauvais les hommes en difficulté nocturne.

    Il se moquait tendrement d’elle avant de venir déposer un baiser sur le dessus de sa main, puis de nouveau son poignet. Son parfum était puissant à cet endroit précis et cela lui en faisait fermer les yeux. En les réouvrant, il se sentit aspiré par la présence de Anya. Ils étaient tous les deux sur ce balcon à s’observer avec ce même désir qui les électrisait à chaque fois.

    - Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas retrouvé seuls.. Juste toi et moi..

    Et c’était vrai. Ils s’étaient éloignés volontairement de l’un et l’autre pour ne pas céder à ce qu’ils n’arrivaient pas à qualifier. A cette passion si brûlante qui les hantaient encore. Toujours main dans la main, ils n’arrivaient pas à se lâcher quand il reprit avec un sourire blessé :

    - Comme ça tu sors avec Noah.. Il paraît qu’il a des tétons de singe.. Fais gaffe à toi.

    C’était de la moquerie pure et il s’en voulait d’être aussi bas. Mais qu’y pouvait-il ? Il était profondément jaloux. Doucement, il relevait une mèche de cheveux derrière l’oreille de Anya et lui demanda des nouvelles de son voyage. Elle semblait surprise qu’il demande et il expliqua que Lucrecia en avait parlé.

    - Ce n’est pas parce qu’on s’est éloignés que je ne m’intéresse plus à toi tu sais.

    Ce qui était vrai. Il avait toujours les oreilles baladeuse quand on parlait d’Anya, mais il souffrait de ne pas pouvoir lui demander plus précisément. D’ailleurs, l’idée de ne pas la voir pendant deux mois le rongeait de l’intérieur.

    - Je reste ici cet été.. Je pense aller à Montauk y lire, écrire et surfer. Mes parents travaillent, Georgie sera à la maison et Lu pars. Tout le monde pars. J’attendrais ton retour et toutes tes folles aventures. Tu m’enverras une carte ?


    immarcescible, Posté le jeudi 22 juin 2023 11:09 Répondre

    Le souffle court, Garrett ne savait plus où donner de la tête. Comment se concentrer sur le bien ou le mal quand il avait devant lui un déesse brune et sensuelle qui lui quémandait d’autres baisers, qui le suppliait d’une voix langoureuse de l’initier. Les deux baisers qu’ils avaient échangés l’un et l’autre l’avait complètement électrisé. Il était tel un drogué qui reprenait sa dose de morphine après des jours et des semaines d’abstinence. Comment avait-il pu vivre sans connaître la plénitude d’une telle sensation ? Anya avait fait tomber la serviette qui couvrait ses hanches et elle se tenait, la poitrine nue devant lui. C’était bien la première fois qu’il était nerveux devant une fille. Peut-être parce que Anya n’était pas n’importe quelle fille.

    Délicatement et silencieusement, il passa un doigt timide sur le sein rond et adorable de la jeune femme. Aussitôt, son contact l’électrisa et fit se tendre la pointe de son sein. Ses prunelles d’un bleu inquiète observait celles de Anya, à la recherche d’un effroi, d’une peur. Il ne voulait pas abuser d’elle ou qu’elle se sente en insécurité. Lui, il venait ensuite écarter ses cuisses pour venir s’y enfouir. Leurs nez se touchaient, se caressaient et ses mains remontaient sur ses joues.

    Lentement il déposait un baiser sur ses lèvres. Un baiser doux, tendre moins sauvage et passionné. Il avait envie de faire naître chez elle autre chose que de la peur et du ressentiment, il voulait qu’elle ressente la passion comme il la ressentait pour elle. Mais le souffle lui manquait. Il du quitter à regret ses lèvres mais ne quitta pas sa peau, en effet, il en profitait pour embrasser son cou, sa gorge et descendre sur le sommet de son sein. Mais la position n’était pas des plus agréable. Alors, la soulevant aisément, il la fit descendre de la commode et la fit s’asseoir sur le bord de la baignoire.

    Là, il pu se mettre à genoux entre ses cuisses et plonger son visage contre son sein. Sa langue faisait le tour de son mamelon, elle découvrait le parfum doux et sensuel de la belle brune. Elle sentait si bon la douceur du coton. Sensuellement, ses dents serraient sa pointe et tirait délicatement dessus. Il l’entendait gémir et s’agripper à lui ce qui faisait naître un sourire sur ses lippes. Oh que oui ce gémissement l’obsédait. Sa main libre continuait de caresser elle son autre sein mais très vite il vint intervertir ses caresses pour ne pas faire de jaloux mais l’impatience d’Anya le faisait sourire et ne faisait qu’accroître son excitation.

    - Tu es si belle, murmurait-il en plaquant ses lèvres contre les siennes pour mieux venir caresser ses fesses, tu hantes toutes mes nuits Blackbird..

    Sa main allait déboutonner son pantalon mais la porte d’en bas claqua. Les deux amants se stoppèrent dans leurs caresses et écoutèrent avec attention le bruit d’en bas. Ils pouvaient aisément entendre Lucrecia qui était entrain de récupérer quelques affaires. N’entendant plus rien, elle s’inquiéta et appela :

    - Garrett ? Tu es là ?
    - Merde, murmurait ce dernier en posant un instant son front contre celui d’Anya avant de dire plus fort, je suis sous la douche !

    Contrairement à ce qu’il aurait cru, Lucrecia ne partit pas, non elle montait à l’étage. Sans perdre un instant, Garrett poussa Anya dans la douche avec ses affaires et vint la rejoindre en tirant le rideau et alluma l’eau. Il la couvrait de son corps et posa sa main sur ses lèvres pour ne pas qu’elle fasse de bruit.

    Au même moment, sa soeur entra dans la dite salle de bain et vint s’asseoir sur les toilettes et demanda :

    - Tu étais où ces derniers jours ? Pourquoi tu m’en veux ?
    - Ce n’est pas le bon moment Lu. Je n’ai vraiment pas envie de parler de ça.
    - J’était inquiète tu sais.. Georgie aussi et.. et Anya..
    - Lu sors d’ici maintenant.
    - Tu avais promis que tu arrêterais de te battre et de faire n’importe quoi. Je pensais que.. Je pensais qu’avec Elena partie tu serais à nouveau toi.

    - Garrett n’osait pas répondre à ce que lui disait sa soeur. Comment le pourrait-il alors qu’il voyait les yeux inquiet d’Anya devant lui. Il soupirait longuement et répliqua :

    - Je te promet qu’on en rediscutera mais pas maintenant s’il te plaît.
    - Mh.. Je vais rejoindre Georgie, on avait oublié son sac. A tout à l’heure.

    Ils attendirent que la porte d’en bas claque pour finalement se détendre. Fronts contre fronts, ils restaient blottis l’un contre l’autre. Garrett avait plaqué Anya contre la paroi froide de la douche quand l’eau chaude continuait de couler. Les affaires de la brune étaient trempées et elle était à moitié nue contre lui qui ne la lâchait pas. Leurs regards, tous deux attendris et timides s’observaient en silence comme cherchant quelque chose à dire. Avec douceur, il embrassa son front et replaça une mèche de cheveux derrière son oreille avant d’éteindre l’eau de la douche.

    - Viens.. Je vais te faire un thé. On a la paix pour au moins deux heures.

    Il prit les affaires de Anya et lui tendit un peignoir. Puis, il lui demanda d’attendre dans sa chambre le temps qu’il fasse le thé et qu’il mette ses affaires à sécher. Lorsqu’il remonta avec les tasses fumante, il vit qu’elle observait toutes ses affaires, tous ses livres et qu’elle jetait un oeil à ses journaux intimes couverts de nouvelles, de poèmes et d’ébauches d’histoires. C’était la première personne, autre que sa famille, a entrer dans sa chambre. Il lui tendit sa tasse et vint la faire s’asseoir sur un fauteuil confortable près de la fenêtre après jeté ses vêtements sales sur le sol. Assis sur le lit, face à elle il l’observa en demandant :

    - Je ne veux pas que tu te sentes obligée de faire un choix entre moi et Lucrecia. Angie s’est servie d’elle pour mieux s’approcher de moi mais je sais que tu n’es pas comme ça. Je sais que tu n’as pas cette bassesse et je sais que je ne vais pas pouvoir supporter que tu m’ignores quand nous sommes dans la même pièce.

    Il n’y avait que Garrett pour être aussi frontal et direct. Il bu une gorgée de son thé avant de poser la tasse sur sa table de chevet. Il se levait pour venir s’asseoir sur le bord de fauteuil au plus près d’Anya. Ses doigts caressaient sa joue remontant une mèche de cheveux qu’il calait derrière son oreille. Ses billes bleues adoucies mais ourlé d’un coquard l’observait avec attention. Sa main cherchait la sienne jusqu’à ce que leurs doigts s’entrelacent et qu’il vienne déposer un baiser sur le creux de son poignet :

    - Tu n’es pas n’importe qui à mes yeux Anya et je ne veux pas.. et je ne veux pas te forcer à quoi que ce soit. Je tiens beaucoup trop à toi et moi aussi je n’ai pas cessé de penser à ce baiser à Montauk.Tu.. Tu es dans mes pensées, tout le temps et j'ai tellement envie de toi Anya.. Tu hantes littéralement mes nuits..

    Son autre main caressait la joue de la jeune femme quand il se penchait à nouveau sur ses lèvres pour l'embrasser. Mais au dernier moment il se retint de céder à cette tentation. Diable que c'était difficile. Il prit une longue inspiration, les yeux clos et reprit :

    - Je ne veux pas que tu mentes à Lucrecia et je ne veux pas que tu puisses penser que je profite de toi. Peut-être qu'il est plus prudent et.. et mieux de ne pas céder. Même si ma soeur m'insupporte par moment, je ne veux pas la blesser. De plus, je sais ce que tu as vécu et je ne veux pas te blesser non plus.

    Il pensait naïvement bien faire. Sa peur de blesser Anya après tout ce qu'elle avait subi ou encore Lucrecia si elle apprenait la vérité était bien trop importante que son propre plaisir. Relevant ses prunelles d'un bleu triste vers elle, il relâcha sa joue pour revenir prendre sa main dans la sienne. Il déposait de nouveau un baiser sur le creux de son poignet, désolé, avant de prononcer les mots qu'il détesterait toute sa vie :

    - Nous devrions rester amis.


    immarcescible, Posté le lundi 19 juin 2023 18:04 Répondre

    Si dans la soirée Angie n’avait rien réussit à allumer chez lui, Anya elle, avait réussit en même pas une nano seconde. Garrett était resté un moment dissimulé dans l’obscurité, le temps que les filles se réfugient dans la chambre. Bordel de merde, il avait une érection atroce et il n’avait aucun lieu intime où se soulager. Mais pire que tout, il voulait encore embrasser les lèvres brûlante et sensuelle d’Anya Siminiov. Il sentait encore la passion rageuse de ce baiser sur ses lèvres, de sa manière d’agripper sa crinière. Ses doigts avaient encore la sensation divine de la peau douce de ses cuisses et de la cambrure de ses reins. Putain, mais pourquoi Lu était rentrée ?

    Il aurait voulu monter mais son pas lourd allait alerter les filles. Il s’abstint donc et préféra se rendre sur la plage et faire un bain de minuit. L’eau fraiche de l’océan le calma un instant mais a peau, elle, ne faisait que se remémorer et ne demander qu’à goûter encore et encore à Anya Siminiov.

    Allongé sur le sable, il fumait en observant les étoiles il ne cessait de repenser à la soirée et à la divine brunette qui l’avait enflammé. Ils se cherchaient depuis le début, c’était certain. Mais l’explosion qu’avait donné le baiser le rendait encore plus perplexe. Même avec Elena, qu’il croyait avoir aimé, il n’avait jamais ressenti une telle chose. Pendant qu’il fumait et qu’il réfléchissait, il ne se doutait pas de la promesse qu’était entrain de faire Anya à Lucrecia et s’il l’avait apprise, il aurait rugit.

    Mais dans le tréfonds de ses pensées sommeillait quelque chose qu'on appelle espoir : est-ce que Anya pourrait l'aimer ?

    Au petit matin, il dormait profondément sur le canapé, uniquement vêtu d’un boxer. Ses parents étaient debout depuis longtemps et préparaient le petit déjeuner quand il ronchonnait à cause du bruit. Lucrecia avait passé une bonne partie de la nuit à parler avec son amie de Joey qui avait encore fait des siennes et promis monts et merveilles à la jeune fille. Il avait même évoqué l’idée de se marier. Après tout, lui allait avoir dix huit ans et elle seize. Ils étaient libre de pouvoir faire ce qu’ils voulaient.

    C’est en sentant le parfum des pancakes qu’il s’éveilla et se rendit à table. Il avait toujours du mal à se réveiller le matin, surtout s’il n’avait pas bu son thé. Une fois le nuage passé, il jeta un oeil sur Anya pour connaître son humeur du moment. Il était difficile de se faire une idée puisqu’elle faisait en sorte de ne pas avoir à croiser son regard mais il devait absolument lui parler et lui avouer ce qu'il ressentait, surtout avec le baiser qu'ils avaient échangé la veille. Pour la journée, les Hedlund avaient prévu une activité. Ils devaient se rendre au Country Club pour rejoindre les Cavill où ils feraient un tennis et où les enfants pourraient profiter de la piscine et des nombreuses autres activités.

    - C’est mort je n’y vais, déclarait Garrett en secouant la tête négativement, il est hors de question que j’aille là-bas.
    - La dernière il s’est battu avec un garçon, murmurait Lucrecia à son amie, on ne sait pas trop pourquoi mais ça a été violent puisqu’il a été emmené par la police.

    Ses parents insistaient en disant qu’ils avaient déjà tout réglé mais le blond refusait avec véhémence. Il ne voulait pas retourner dans un lieu où la fausseté du monde se réunissait. Catherine commençait à s’ombrager et voulu recadrer son fils mais Robert l’en empêcha et proposa donc à Garrett de rester ici à la maison pendant qu’ils emmèneraient les filles.

    - Anya et moi nous avons un dossier à terminé ensemble, pour l’école. On va rester ici tous les deux.
    - Certainement pas ! Elle est venue pour être avec moi et profiter d’un week-end sympathique entre copines. Alors tu la laisses tranquille avec les devoirs.

    Le frère et la soeur s’affrontaient désormais du regard. Garrett aurait espéré pouvoir passer un peu de temps en solitaire avec Anya mais sa soeur s’immisçait dans le jeu ce qui le frustrait. Lui qui avait toujours tout ce qu’il désirait ne semblait pas accepter que ça fonctionne pas dans son sens. Voyant que Lucrecia ne cédait pas et que Anya lui tournait toujours volontairement le visage, il quitta brusquement la table rageur.

    Mais à quoi jouait-elle, se demandait-il en marchant le long de la plage. Ce qui devait être un simple et tranquille week-end devenait un véritable enfer pour le jeune homme. Il ne rentra pas de la matinée à la maison. Il voulait être certain de ne pas y croiser ses parents, Lucrecia et surtout Anya qu’il risquait d’incendier. La maison était belle et bien vide ce qui le rassurait mais le frustrait un peu aussi. Il aurait tellement aimé qu’elle soit là à l’attendre. La journée se passa et ils rentrèrent tard. Garrett a passé sa journée à lire et surfer. Il s’échappait en vitesse du canapé et tenta d’attraper discrètement Anya. Ils devaient discuter de ce qui c’était passé la veille mais une fois encore elle l’évitait. C'est alors qu'il entendit une conversation qui allait faire tout chavirer.

    En effet, Lucrecia et Anya étaient dans la salle de bain et sa soeur venait à remercier chaleureusement son amie :

    - J'étais persuadée que tu étais amoureuse de mon frère. En tout cas, merci de m'avoir promis qu'il ne se passerait rien entre vous. D'ailleurs, je crois bien que Henry est attiré par toi.. Il n'a pas arrêté de te faire les yeux doux aujourd'hui.

    Dans la voiture, au retour, il observait l’extérieur. Sa colère menée par une jalousie extrême se confrontait aux chants joyeux de sa soeur qui se fichait royalement qu’il soit aussi colérique. De toute manière, elle avait l’habitude que Garrett fasse la gueule. Lorsqu’ils arrivèrent, il ne tenta pas de s’approcher d’Anya. Il rentra se changer pour ressortir aussitôt sous le regard affecté de Georgie. Lorsqu’il avait cette moue là, elle savait qu’il risquait de passer une soirée à se battre. Et c’est ce qu’il se passa. Garrett ne rentra pas pendant trois jours chez lui et passa le plus clair de son temps de soirées en soirées. Il buvait, fumait, tentait d’oublier la morsure sensuelle des lèvres d’Anya sur les siennes et de ses doigts s’agrippant à lui. Il fallait qu’il l’oublie.

    Pendant ce temps, au lycée, personne ne s’inquiétait et Henry en profitait pour tenter de s’approcher d’Anya. Il avait eu la chance de passer du temps avec la jeune femme au Country Club. C’était plus simple sans Garrett. Il était le parfait petit copain qu’on pouvait avoir, toujours bien habillé, toujours le premier de la classe, souriant, docile et les cheveux parfaitement peigné. Il faisait toujours tout pour être meilleur que Garrett et obtenir ce qu’il avait. Et là, il savait qu’il y avait quelque chose entre Anya et Garrett et il le voulait. Elena n’étant toujours pas revenue, le lycée s’ouvrait un peu plus et les Blondies en profitèrent pour s’inscrire au concours de groupe de musique du lycée. Même Phil s’était mis dans le groupe et avait demandé à Anya de participer.

    Le quatrième jour, Garrett rentra chez lui il était dix-huit heure. Il trouva Anya et Lucrecia dans le salon à regarder des magazines de mode quand il les ignora totalement. Sa soeur était soulagée de le voir de retour et Georgina l’appela pour le sermonner mais il passa son chemin pour se rendre dans sa chambre. Il avait besoin de prendre une douche avant de pouvoir ressortir.

    - Jamais encore il n’était parti autant de temps, se plaignait Lucrecia qui s’inquiétait pour son frère, et jamais il ne nous ignore de la sorte.

    Georgina avait sa radio à faire et c’était le père d’Anya qui l’emmenait. Lucrecia avait décidé de l’accompagner et aussi, elle laissa les clés de la maison à son amie en lui promettant de revenir à temps pour leur soirée film d’horreur. Pendant ce temps, Garrett finissait de prendre sa douche la musique à fond. Du moins, jusqu’à ce qu’il l’entende se couper. En sortant, il vit Anya sur le pas de la porte ce qui le fit frémir de colère et d’excitation à la fois. Il ne portait rien d’autre qu’une serviette sur le hanches dévoilant son buste couvert d’ecchymoses et son visage blessé à quelques endroits :

    - Qu’est-ce que tu veux ? Enfin parler ? Ah.. Mais oui, Lucrecia est partie donc on peut ENFIN discuter non ? Tu tombes mal, je n’ai pas envie de discuter. Surtout pas avec les personnes qui me fuient.

    Il voulait allumer une cigarette mais il ne trouvait plus son briquet. Voyant que la brunette ne parlait toujours pas, cela ne fit qu’accentuer sa colère de plus belle. Pourquoi le regardait-elle ainsi ? Qu’attendait-elle de lui à la fin ? Il était furieux depuis quatre jours et ça juste à cause d’Anya Siminiov et de ce gémissement qui tournait en boucle dans son esprit. Il avait envie de l’entendre encore, son imagination était si curieuse qu’il ne pouvait s’empêcher de penser à un milliers de scénarios où elle gémissait encore et encore. Finissant par trouver du feu, il pu allumer sa cigarette.

    - Quoi ? Tu attends quelque chose peut-être ? J’ai besoin de dormir donc si tu n’as rien à me dire tu peux partir.


    immarcescible, Posté le samedi 17 juin 2023 10:50 Répondre

    Montauk est le paradis de Garrett, depuis toujours. Vivre pieds nu et en maillot de bain. Le silence de la nature et le son sourd de l'océan derrière lui. Lucrecia qui sort, qui rit et se confronte à la vie. Ils sont libre ici, vraiment libre parce qu'ils sont eux-mêmes. A peine sont-ils arrivé qu'il se met en maillot de bain dans la salle de bain et qu'il fonce chercher sa planche dans le garage. Il ne lui faut pas beaucoup de temps pour s'éclipser de la maison où ses parents s'enferment dans le bureau pour travailler.

    Il avait été convenu avec Lucrecia qu'il dormirait sur le canapé. Cela lui allait parfaitement, il pourrait ainsi faire le mur plus facilement. Une fois à l'eau, les vagues fraiche le firent frissonner. Mais qu'importe, il se sentait léger. Après quelques sessions, il vit sur la plage Anya et Lucrecia en maillot de bain. Son regard curieux ne pouvait s'empêcher de se poser sur une Anya qui n'était absolument pas à l'aise en maillot de bain. Si Lucrecia comprenait, elle ne savait pas ce que son frère avait vu et connaissait de leur amie.

    Aussi, après quelques cabrioles dans l'eau, il rejoignit la brunette qui lisait un livre dont il ne connaissait pas l'intrigue. Lucrecia, elle, ramassait des coquillages au loin, sans aucun doute inspirée par l'idée de faire une robe sirène. Garrett se secoua plein d'eau sur Anya la faisait ronchonner ce qui l'amusa. Puis, il vint s'asseoir à côté d'Anya et se tenir sur ses coudes sans se rendre compte qu'il dévoilait un buste parfaitement dessiné où des gouttes d'eau ruisselait. Non, lui il préférait observer la courbe anguleuse du corps d'Anya ce qui le faisait frémir de désir. Mais rapidement il fut sorti de ses pensées quand elle évoqua son incapacité à nager. Cela le surprit :

    - Tu ne sais pas nager ?

    C'était inconcevable pour lui qui était un poisson dans l'eau. Se redressant pour être à la hauteur de la jeune fille, il fronça les sourcils en l'écoutant évoquer une autre de ses mésaventures. Mais il ne pensait qu'à une chose, blottir son corps frais contre celui bouillant d'Anya. Il avait envie de goûter à sa peau qui prenait le soleil et entendre le gémissement qu'elle pousserait s'il la touchait.

    - Je vais t'apprendre. Il est hors de question que tu partes de Montauk sans avoir nagé.

    Il se releva et prit la main de la jeune femme après avoir fait signe à Lucrecia qu'ils rentraient. Ils étaient face à la maison mais il ne voulait pas que sa soeur s'inquiète. Une fois arrivé devant la piscine, il sortit toutes les bouées qu'ils possédaient et laissa Anya choisir celle dans laquelle elle se sentirait le plus à l'aise et là, avec beaucoup de douceur et de patience, il l'accompagna dans l'eau de la piscine. Ses mains tenaient les siennes et ses yeux brillaient de douceur :

    - Fais moi confiance, dit-il, tu as pieds.. Regarde, touche le sol je te tiens. Je te jure de ne pas te lâcher.

    Lucrecia arrivait peu de temps après pour observer la scène. Elle encourageait Anya en tapotant dans ses mains et chantonnant, son sac de coquillages près d'elle. C'est avec beaucoup de douceur, de patience et de confiance que Garrett réussit à faire venir la jolie brune au milieu de la piscine où elle commençait à n'avoir plus pieds. Il la laissa même se blottir et s'agripper à lui. Il sentit même que c'était suffisant pour aujourd'hui lorsqu'il la sentit tétanisée et tremblante. Il la tenait fermement contre lui et revint là où ils avaient pieds. Diable que c'était difficile et dangereux. Il sentait les seins rond et ferme de la brune contre son buste, ils s'écrasaient littéralement contre lui quand ses mains tenaient ses cuisses, des cuisses fermes et douce dans lesquelles il avait envie de mordre. Son nez pouvait caresser la peau parfumée de son cou qui sentait si bon le soleil et la tendresse. Un frisson aphrodisiaque l'enveloppait. Ils étaient collés l'un à l'autre, en sûreté mais incapable de se lâcher.

    - Euhm.. Vous avez besoin d'aide pour sortir, demandait une Lucrecia amusée qui triait ses merveilles de coquillages, parce que si je suis de trop je peux vous laisser.

    Délicatement, Garrett reposa Anya sur les marches alors que ses prunelles troublées regardaient autre part et qu'il répliqua qu'ils reprendraient la leçon le lendemain. Rapidement il nagea de l'autre côté de la piscine pour s'enfuir et se rendre de nouveau à l'océan. Bordel, il bandait comme un fou et il n'avait aucun endroit pour se soulager. Sa voix intérieure lui hurlait de ne plus s'approcher d'Anya, qu'il devait la laisser tranquille. Après ce qu'elle avait vécu, elle n'avait vraiment pas besoin de s'enticher de lui.

    Et comme toujours quand il était frustré et qu'il se flagellait de ressentir des émotions, il compensait par le sport. Très vite il fut rejoint par des connaissances de son âge qui faisaient aussi du surf. Ils se firent une session tous ensemble et il retrouva même Angie, une fille avec qui il couche de temps en temps. Voilà comment il allait survivre à ce fameux week-end. Il allait se faire la jolie rouquine.

    Le repas vint enfin et Garrett se rua sur la nourriture comme un ogre affamé. Lucrecia ne pouvait s'empêcher de rire en le voyant faire et expliqua à Anya que lorsqu'il surfait c'était toujours la même chose. C'était leur père qui avait fait le repas. Même s'il était avocat, il n'en restait pas moins qu'il avait la même passion de la cuisine que son père. Aussi, tout le monde dévorait ses plats avec beaucoup de plaisir, c'était même le seul moment où ils pouvaient voir leur mère être plus douce et amusante que d'ordinaire.

    Une parenthèse dans la vie des Hedlund à laquelle Garrett ne participait plus. En effet, il avait beaucoup trop de rancunes envers ses parents et leur absence. Pendant le repas, Catherine s'intéressa à Anya. Elle était douce, gentille, moins distante et autoritaire que la dernière fois. Lucrecia ne cessait de tarir d'éloges leur voisine qui était devenue sa meilleure amie.

    Garrett, lui ? Il ne parlait pas. Il se contentait de manger et de jeter quelques coup d'oeil à la jolie jeune femme dont il voyait les joues rougir de gêne. Elle n'aimait vraiment pas être le centre d'attention et Catherine le comprit rapidement, aussi, elle cessa ses questions pour ne pas la mettre mal à l'aise. A la fin du repas, ils mangèrent un gâteau fait par Georgie qu'ils avaient emmené. Robert Hedlund fumait, rassasié et demanda à son fils de sortir sa guitare, ce à quoi les filles poussèrent un cri de joie et supplièrent le jeune homme. Cela l'embarrassait de jouer devant Anya mais Lucrecia le supplia tellement qu'il ne pu refuser. Il alla dans le bureau de son père, pris sa guitare et se réinstalla à table sous l'oeil ému de ses parents. Lu, elle, murmura à Anya discrètement :

    - Toutes les filles tombent amoureuse de lui quand il chante, tu vas voir.

    Après une longue inspiration et cherchant quoi chanter il posa son regard sur Anya. Il hésita et sourit légèrement à la jeune femme avant de reporter son attention sur ses doigts qui pianotait sur les cordes. Les notes de Blackbird des Beatles résonnaient dans la salle à manger, accompagné par le doux mouvement des vagues au loin. Garrett avait fermé les yeux, il chantait de sa voix suave, chaleureuse et basse. Il chantait et voyait en pensée le visage d'Anya. C'était pour elle qu'il chantait. C'était à elle qu'il pensait.

    Lorsqu'il eut terminé, toute sa famille se mit à applaudir pour le féliciter ce qui le gêna de plus bel quand il cherchait à savoir si Anya avait aimé. Mais il était bien trop fier pour oser demander. Par la suite, ils rangèrent tous ensemble et les parents allèrent à une soirée donné par les voisins. Les filles regardaient un film dans le salon et Garrett en profita pour se doucher et s'habiller. Il portait une tenue simple mais quand même habillée. Quand Lucrecia le vit habillé ainsi, elle soupirait :

    - Tu ne vas pas rester avec nous ?
    - J'ai déjà vu les Gremlins un milliard de fois Lu. Et puis les gars font une soirée sur la plage je ne rentrerais pas tard.
    - Tu aurais pu rester.
    - Lu' t'es pas ma mère je te rappelle.

    Il s'amusait à ébouriffer ses cheveux avant de partir discrètement. Sa soeur ronchonnait toujours et eut soudainement une idée :

    - Dis.. Tu ne veux pas qu'on fasse un saut à la soirée de la plage ? J'ai toujours voulu y aller.. par curiosité mais je n'ai jamais osé. J'ai la robe parfaite pour toi en plus !


    immarcescible, Posté le vendredi 09 juin 2023 20:30 Répondre

    Anya était entrain de filer dans le cagibi pour chercher de quoi nettoyer le sol quand Garrett restait allongé, Napoléon léchant son visage. Il souriait amusé par le compagnon poilu qui voulait jouer et caressait son pelage. Une fois debout, il chercha à reprendre son souffle et canaliser ce débordement d'hormones qui le tiraillait. Anya révélait chez lui quelque chose de nouveau et d'incompréhensible. Cette sorte de décharge, cette impression de plénitude et d'être sur le point d'exploser.

    Elle revenait peu de temps après, les joues encore rougies par le moment. Il avait envie de poser ses lèvres sur les siennes mais une voix lui hurlait de ne surtout pas l'approcher, qu'elle était encore certainement traumatisée. Ne pas s'approcher d'elle pour ne pas qu'elle le fuit. Il aimait tellement passer du temps avec elle qu'il ne voulait pas risquer de la perdre à cause de son désir. Il l'aidait à nettoyer, silencieux et pensif quand elle papotait comme si de rien n'était.

    - Est-ce que tu fais quelque chose ce week-end ? Mes parents nous emmènent à Montauk. Tu pourrais nous accompagner.. Je dois t'avouer que Lucrecia a tellement parlé de toi que mes parents ont très hâte de te voir.

    Ils finissaient de tout nettoyer ensemble et avaient rangés les produits dans le placard. Ils se retrouvaient de nouveau l'un en face de l'autre. Diable, ses yeux profond et intense l’hypnotisait. Diable que ses lèvres ourlées et d’une couleur pourpre l’attirait. Inspirant lentement, il réussit à se détacher, non sans difficulté, de l’image sensuelle d’une Anya frémissante dans ses bras. Faisant un pas en arrière, il fit mine de frotter le comptoir en répliquant :

    - Tu peux emmener Napoléon et ne t’en fais pas ma mère va appeler la tienne. Tu es la première vraie amie de Lu’ et elle a beaucoup évolué depuis votre rencontre. Ma mère ne laissera pas une occasion de t’emmener avec nous. Je t’assure que c’est une excellent négociatrice.

    Il lui raconta alors les nombreux procès qu’elle avait gagné et à quel point elle était connue dans toute la ville pour faire la pluie et le beau dans toute la bonne société de New-York. Catherine Hedlund en était quasiment la reine. Il racontait aussi les prouesses juridique qu’elle avait faite avec son père et en quoi le couple était une vraie machine de guerre.

    - En ce moment ils sont sur une enquête particulière.. Ils essayent de défendre un opposant syrien qui veut se marier à une américaine. Ils se battent pour obtenir le droit de se marier.

    Napoléon aboyait de nouveau. En relevant la tête, les deux amis virent Lucrecia dans le jardin en larmes et tétanisée. Sans perdre un instant, Garrett sortit la rejoindre et lui demanda ce qui se passait. Elle expliquait donc en balbutiant que Georgina était tombée dans l’escalier et qu’elle avait perdue connaissance. Son sang ne fit qu’un tour, il couru sans s’arrêter jusqu’à la maison pour voir la vieille femme agrippée au canapé et tentant de se relever :

    - Ne bouge pas !
    - Je vais bien mon garçon.. Lucrecia s’inquiète pour rien.
    - Arrête donc ! Tu es blessée et tu saignes à la tempe.
    - Ce n’est rien de catastrophique ne t’en fais pas.. je vais très bien je te le promet.

    Il avait les larmes aux yeux tant la panique le possédait. Après l’avoir aidé à s’asseoir sur le canapé il se dirigea vers le téléphone mais elle lui hurla de ne surtout pas appeler qui que ce soit. C’était bien la première fois qu’elle haussait le ton ainsi avec lui. Jamais encore il ne l’avait entendu hurler de la sorte. Reposant le combiné et revenant vers elle pour tamponner sur sa blessure saignante une compresse il la supplia d’aller voir le médecin :

    - Tu ne peux pas prendre de risque.. C’est dangereux Georgie..
    - Ce qui est dangereux pour moi c’est de me rendre à l’hôpital.. Excuse-moi de t’avoir crié dessus mais.. mais fais moi confiance.

    Jamais encore elle ne lui avait parlé de la sorte. Il n’était plus le petit garçon rebelle qu’elle couvait. Non, il était le jeune homme sur qui elle comptait pour la protéger. Les mains de Georgina tremblaient. Il les prit dans les siennes et les embrassa en lui adressant un regard perlé de larmes :

    - Tu me promets que ça ira ?
    - Ce n’est pas une mauvaise chute qui aura ma peau je peux te l’assurer petit démon.

    Elle lui offrait un sourire rassurant quand il dissimulait son visage entre ses mains, encore bouleversé par la scène qui venait de se produire. C’est à ce moment là qu’arrivèrent Anya et Lucrecia. Garrett dissimula son trouble et se rendit dans la cuisine pour aller chercher la trousse de soin et un verre d’eau. Dans le salon il entendait les filles supplier la vieille femme d’aller à l’hôpital mais elle ne cédait pas. De quoi avait-elle peur ? Il revint donc et pris de quoi désinfecter la plaie quand Lucrecia ne cessait de pleurer :

    - Elle va bien, la rassurait Garrett d’une voix ferme et contrôlée, tu devrais appeler papa pour le prévenir.
    Je vais le faire..

    Lucrecia obéit à son frère et prévint leur père. Il promit de rentrer bientôt du travail et de s’occuper de la situation au plus vite, puis, la jeune fille revint se blottir contre sa gouvernante qui était l’égale de sa grand-mère. Après s’être assuré que Georgina allait bien et qu’elle avait de quoi boire et manger, Garrett se rendit dans le jardin pour fumer. Il faisait les cent pas avant d’être rejoint par Anya.

    - Elle me cache quelque chose.. C’est louche qu’elle ne veuille pas aller à l’hôpital..

    Ce qu’ils ne savaient pas, ce que personne ne savaient encore c’était que Georgina n’avait pas ses papiers. Elle était une jeune russe débarquant illégalement aux Etats-Unis après la seconde guerre mondiale. Elle avait réussit à fuir Ellis Island avant d’être renvoyée en Europe. Aussi, elle avait prise sous l’aile de Amelia, la véritable grand-mère de Garrett, la femme du cuisinier-hôtelier Hedlund. Elle était morte en emportant son secret dans sa tombe. Mais maintenant, la vieille femme avait peur de dire la vérité craignant que la famille se débarrasse d’elle pour ne pas avoir des ennuis.

    Alors qu’il était assis près d’Anya sur la balancelle dans le jardin, ses parents arrivèrent. Ils étaient arrivés aussitôt qu’ils le purent et firent tellement vit qu’il eurent quelques contravention. Georgie était importante pour tout le monde dans la famille, aussi, la nouvelle de sa chute ébranlait tout le monde. Robert se rua à l’intérieur quand Catherine venait enlacer son fils. Il levait les yeux au ciel en essayant de s’y échapper gêné qu’elle soit aussi tactile avec lui. Elle tenait entre ses mains le visage de son fils en s’assurant qu’il allait bien :

    - Je vais bien.. On va bien.. C’est Georgie..
    - Ton père m’a expliqué on va l’emmener à l’hôpital elle doit être examinée.
    - Elle ne veut pas aller à..
    - Garrett ! C’est quoi ces cigarettes encore !
    - Vraiment ? Tu crois que c’est le moment ?

    Ses yeux envoyaient des éclairs à sa mère qui lui rendait le même regard furieux. Tous les deux blond, grand aux yeux bleu avaient une allure de royauté nordique. On sentait que c’était électrique entre eux deux et qu’ils étaient souvent en confrontation. Alors que Catherine allait une fois encore partir en guerre contre Garett, elle vit Anya se cachant derrière lui et se pencha :

    - Bonsoir.. Tu dois être Anya ? Enchantée.. Je suis Catherine, la mère de ce petit démon d’insolence et de Lucrecia. Je suis désolée de te rencontrer dans une telle situation mais nous aurons tout le temps de nous parler ce week-end. D’ailleurs ta mère est prévenue et a donné son accord.

    Toujours aussi concise et directe, Catherine offrit un sourire de circonstance a Anya avant de sermonner rapidement son fils et de rentrer voir Georgie. Une fois seuls, Garrett chercha la main d’Anya qu’il serra dans la sienne. Un mouvement et un contact innocent mais nécessaire. Il avait besoin de la sentir près de lui.


    immarcescible, Posté le mercredi 07 juin 2023 20:48 Répondre

    Après avoir raccompagné avec sûreté Anya, Garrett ne rentra pas chez lui. Il se rendit directement à la fête où se trouvait toute la bande où il retrouverait les garçons et Elena. Comme ils étaient prévisible. Sans prendre la peine de s'annoncer ou même d'être dans la délicatesse, il se rua sur les deux et les rua de coups. Tout le monde riait et tout le monde pariait sur le combat qui se jouait sous leurs yeux. Fort heureusement, Garrett faisait de la boxe et avait l'habitude des combats. Il savait où et quand frapper ce qui fit rapidement tomber à terre les deux assaillants de Anya. Ils étaient littéralement sur le sol, le nez explosé et les lèvres fendues sans compter les bleus sur le reste de leur corps :


    
- Je vous conseille de dégager bande de sac à merde. La prochaine fois je serais beaucoup moins gentil. 
 


    Tout le monde riait et sans savoir pourquoi prenaient le parti du blond. Il faisait un peu la pluie et le beau temps dans leur école, aussi, si Garrett répudiait une personne, tout le monde en ferait de même. En relevant la tête, il vit le regard noir et froid de Elena le fixer. Elle savait qu'il savait et sentait la fureur l'envelopper. Les garçons lui avait certifié que la petite nouvelle était hors d'état de nuire et elle savait qu'il y allait avoir une confrontation avec Garrett. Tout ce qu'elle craignait, c'était qu'il le fasse en public. Mais il était intelligent et beaucoup trop empathique pour se lancer dans une querelle à ciel ouvert devant les autres. 


    
Après avoir bu un peu, il ordonna à Elena de prendre ses affaires. Il la raccompagnait chez elle, ce serait là qu'il réglerait ses comptes sans se douter qu'il allait affronter la folie intégrale de la jeune femme. En effet, en arrivant elle se jeta sur lui pour essayer de l'embrasser mais il la repoussa. Ce mouvement de recul la fit pousser un cri terrible avant de jeter une lampe près d'eux. Mais Garrett ne réagissait pas encore, il n'était pas impressionné par les accès de colère de la jeune femme qu'il connaissait ô que très bien : 
 


    - Elle est venue te raconter quoi cette petite salope de merde ?? 

    - Arrête ! Ca suffit ! Tu te rends compte de ce que tu as ordonné aux garçons ? Tu te rends compte de ce qu'ils allaient lui faire ?
    
- Je m'en fous ! Je la hais ! Elle mérite bien tout ça ahahaha ! Ce n'est qu'une traînée après tout ! Je suis persuadée qu'elle a aimé et que maintenant elle te fais les yeux doux pour me voler.
    
- Mais putain Elena je ne suis pas ton objet. Je ne t'appartiens pas ! 

    - Si ! Si ! Tu es à moi ! Et aucune autre ne t'auras ! Jamais ! 
On est fait pour être ensemble, je le sais !

    Il était effrayé de voir dans son regard cette folie qu'elle ne maitrisait plus. Elle pleurait et riait à la fois et elle hurlait qu'il était à elle et elle à lui. Il en avait froid dans le dos, d'ailleurs, il allait s'enfuir mais elle le remarqua, alors, pour le retenir elle prit un couteau dans la cuisine et le posa sur sa gorge pour se l'enfoncer dans la peau. Aussitôt il se ravisa et fit un pas vers elle. Sa voix était douce, bien trop douce et calme mais il savait qu'il devait se mesurer avant d'assister à un drame. Au même moment, ses parents descendaient de l'étage alertés par les cris de leur fille :

    - Elena, s’époumonait sa mère en effroi, je t’en supplie arrête !
    - Non non non ! Garrett veut partir mais Garrett est à moi ! Il est à moi.

    Ce dernier profita de l’arrivée surprise des parents pour mettre un coup violent dans le poignet de la blonde qui fit tomber le couteau par terre. Après avoir mis un coup dedans, il prit Elena contre lui pour ne pas qu’elle se jette sur les autres couteaux. Elle hurlait en promettant de se tuer, délirant et faisant une crise d’hystérie telle que sa mère appela pour la première fois les urgences.

    Les Mason remercièrent de l’intervention de Garrett mais tentèrent quand même de minimiser la réaction démesurée de leur fille. Le jeune homme ne répliquait pas, il ne rêvait que d’une chose, rentrer chez lui et oublie cette étrange journée. D’après le médecin, Elena ne pourrait pas réapparaitre avant au moins trois mois. Elle serait interné dans un établissement qui l’aiderait à aller mieux. Cela rassurait Garrett de savoir que Anya serait loin de la fureur quasi meurtrière de Elena.

    Avec l’absence étrange de Elena au lycée, tout le monde se révéla autrement. A croire qu’elle avait bel et bien un impact sur la vie des autres qui incombait. Garrett s’en rendit compte surtout sur Anya qui se dévoilait un peu plus. Elle ne regardait plus ses pieds en marchant. Elle lui souriait et avait même accepté qu’il mange avec elle. Les soirées chez les Hedlund avaient repris mais en secret pour ne pas que la mère de Anya s’en rende compte. Lucrecia souriait de nouveau, heureuse de retrouver son amie. Une routine s’était créé si bien qu’il ne se passait pas une journée sans que Anya et Garrett ne se voient. Beaucoup avaient remarqué que les deux passaient du temps ensemble et qu’ils s’appréciaient ce qui faisait rager plusieurs filles.

    En effet, pour certaines, l’idée de voir disparaître Elena était la possibilité de devenir la Reine de l’établissement. Mais pour ça, il fallait obtenir le Roi. Mais Garrett était insensible à toutes ces filles. Il passait le plus clair de son temps avec Anya ignorant royalement les autres. Mais personne n’avait le cran nécessaire pour s’en prendre à Anya. Ils avaient tous bien trop peur de voir la récidive de Monsieur Hedlund. Lui ? il ne se rendait compte de rien. Il était juste absorbé par la présence de la jeune femme qu’il découvrait à chaque fois sous différente facettes. Et qu’elle découverte.

    Et puis, il y eut ce rapprochement aux jeux d’arcade. Elle s’était spontanément jetée contre lui et il l’avait tenu si près de lui qu’il avait retenu son souffle et senti son coeur cesser de battre. Quelle déception quand elle le quitta. Ne répliquant pas alors qu’il mourrait d’envie de la retenir, il hocha simplement de la tête lorsqu’elle annonça son départ le laissant ainsi seul avec Henry.

    - Je ne savais pas que tu étais friand des ragots, répliquait-il à son ami suite à sa question, Elena va bien. Elle avait juste besoin de s’isoler un peu et de prendre du temps pour s’éclaircir les idées.
    - A d’autres ! Je sais comment elle est et je sais qu’elle était furieuse que tu te sois battu avec les gars. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu ne me fais pas confiance ?
    - Bien sûr que si mais.. mais.. écoute, elle a fait une nouvelle crise le soir où je l’ai ramené. J’ai du intervenir et ses parents l’ont renvoyé où tu sais.

    Henry comprit aussitôt ce que sous-entendait Garrett. Déjà plus jeune Elena avait fait une crise de la sorte. Ils n’avaient pas été présent mais d’après les rumeurs c’était effroyable. Il posa tout un tas de questions à son ami qui y répondait par bribe gêné de dévoiler ce qui s’était passé. Mais en même temps, Henry était son ami.

    - Du coup.. Toi et la petite Siminiov ?
    - Anya est une amie, rien de plus.
    - Mh.. Donc ça ne t’ennuie pas si je tente mon coup avec elle ? Parce qu’elle est quand même sacrément bonne non ? Ses jambes.. Ses seins.. Pouah. J’en ferais bien mon quatre heure.
    - Non, non. Mais.. Mais elle n’est pas disponible.
    - Ah oui ? Qui ?
    - Je ne sais pas mais.. mais d’après Lucrecia elle a quelqu’un dans sa vie.
    - Tu sais ce que l’on dis.. Ce n’est pas parce que tu es au régime que tu ne peux pas regarder le menu.

    Le rire gras de Henry le gênait mais il sourit, pour la convenance. Rapidement il fit en sorte de changer de conversation en provoquant son ami sur un jeu d’arcade et ainsi oublier la désagréable sensation de jalousie qui l’avait étreint.

    En rentrant, il fumait en repensant aux mots de Henry concernant Anya. Dire qu’il n’avait pas contempler Anya serait mentir. Bien sûr qu’il avait pensé à elle dans certains songes. Il est vrai que sa beauté particulière et quasi sauvage avait embrasé à quelques reprises ses rêves mais.. mais c’était différent depuis qu’il savait l douloureux secret qui l’habitait. Avait-il le droit de la désirer ? Avait-il le droit d’oser espérer quelque chose ?

    Au moment où il pensait à cela, il la croisa au coin de la rue promenant Napoléon. Elle était entrain de rentrer chez elle. Il allait la suivre mais il vit la mère de Anya, Bree Van de Kamp, entrer avec elle. Il jeta donc son mégot et décida d’attendre un moment sous la fenêtre de la jeune femme. Lorsque la lumière s’alluma, il grimpa le long du mur et de la glycine jusqu’à son petit balcon. Il toqua à la porte fenêtre et vit le regard surpris et apeuré de la jeune femme. Après un petit signe de main et un sourire en coin, il finit par entrer :

    - Je rentrais et je t’ai vu au loin avec Napoléon. Je voulais m’assurer que vous alliez bien tous les deux, expliquait-il en caressant le pelage du chien qui le saluait, et puis je me suis dis que je ne connaissais pas ta chambre. Alors curieux comme je suis je me suis dis que tu allais me faire visiter.

    Il louchait déjà sur la bibliothèque qu’elle avait et vint faire un pas vers elle. Sa curiosité lui fit découvrir les nombreux ouvrages qu’elle avait et il en apprécia certain. Un sourire se dessinait sur ses lippes alors qu’il imaginait la jeune femme en train de lire certaines oeuvres. Au hasard il en prit un, il s’agissait d’un recueil de poème de John Keats. Les pages étaient toutes écorchées. Se tournant vers elle, il se mit à citer un de ses vers qu’il affectionnait tout particulièrement :

    - « si je devais être heureux avec vous ici-bas / L’existence la plus longue serait ô combien brève/ Je voudrais croire en l’immortalité /Je voudrais vivre éternellement avec vous. »

    Il n’avait même pas ouvert le livre pour le réciter, il la connaissait par coeur. Reposant le recueil, il vint s’asseoir au pied de la bibliothèque pour feuilleter un autre tout en répliquant :

    - Ils savaient parler à cette époque.. Tu connais le système de lettres érotique de Musset et Sand ? Ils s’envoyaient des missives avec des mots secrets et cochons. Encore aujourd’hui c’est indécent, dit-il en riant tout en regardant Anya le rejoindre, je n’avais pas envie de rentrer. J’ai trop l’habitude que tu sois la dernière personne que je vois avant de m’endormir. J’aime passer du temps avec toi.

    Sa mine était douce, tendre. Ça lui avait coûté de dire ces mots même si c’était sincère. Il craignait que cela effraie Anya. Alors, il changea de sujet et évoqua la très bonne note de lui contrôle en littérature qu’il avait réussit à faire changer par l’enseignant :

    - Tu sais pourquoi j’aime autant ce roman ? Frankenstein ? Parce que je suis comme lui. Pour survivre j’ai du inventer la Créature. Sauf qu’aujourd’hui, cet autre moi m’encombre, me répugne et me dégoûte. J’ai l’impression que je ne sortirais jamais de ce rôle que j’ai créé. Que je ne suis que ce que les gens veulent voir. Je suis perdu dans cette caverne Anya.

    Malgré lui, un fois encore, il se confiait bien plus qu’il ne l’aurait voulu. C’était comme si la présence d’Anya lui faisait ouvrir son coeur. Comme s’il n’y avait qu’elle pour le comprendre et l’écouter réellement. Après tout, elle s’était livrée elle aussi des semaines plus tôt.

    - En le lisant et bien.. je me sentais moins seul. Je sais que ça semble dérisoire comparé à.. à ta vie, à la vie d’autres personnes. J’ai honte de ressentir tout ça. Comme si.. Comme si j’était abjecte de ressentir une telle solitude alors que j’ai tout.


    immarcescible, Posté le vendredi 02 juin 2023 17:13 Répondre

    C'est sans un mot que Garrett avait écouté la confidence de Anya. Elle se livrait à lui comme si elle se débarrassait d'un vomi, d'une chose odieuse qui avait besoin de disparaître de son corps et de son âme. Il était bouleversé par l'horreur qui avait affecté la jeune femme. Les horreurs qu'elle avait subie et ce qu'elle allait encore devoir souffrir. Car oui, il avait bien conscience qu'il ne s'agirait pas d'une promenade de santé pour Anya. Elle avait encore beaucoup de travail sur elle-même et même envers les autres. Pourtant, elle tenait toujours sa main dans la sienne. Leurs doigts s'entrelaçaient avec puissance, comme si leurs corps respectif cherchaient à capter et inonder la puissance de l'autre. C'est à ce moment là que Garrett sut qu'il devrait être fort, patient et tendre avec Anya et qu'il ne l'abandonnerait pas.

    Son regard noir, puissant et brillant l'avait hypnotisé. Il voulait la prendre dans ses bras et lui arracher toute cette douleur du regard. Mais maintenant qu'elle s'était livrée, que devait-il dire ? Il ne s'agissait pas d'un simple chagrin qui passerait, non, c'était bien plus puissant que ça. Comment, lui, allait-il pouvoir l'aider et la sauver ?

    - On cherche tous un moyen de se sauver de nos pensées Anya. Frankenstein a essayé de tromper la mort pour sauver ceux qu'il aime et il a créé la Créature. Cette dernière voulait une famille, il a assassiné pour l'obtenir et il a échoué. Malheureusement on fait ce que l'on peut avec ce que l'on a à l'instant T. Mais.. Mais maintenant, tu n'es plus seule Anya.

    Il voyait bien qu'elle doutait, qu'elle se méfiait de lui et comment pourrait-il en être autrement ? Arriverait-il à se projeter auprès de quelqu'un après vécu une telle chose ? Est-ce qu'il a arriverait à pardonner si sa soeur avait subie la même chose ? Il était furieux, en colère contre le monde entier mais.. mais il ne devait pas l'être, pas maintenant. Anya n'avait pas besoin de sa colère à lui. Il voyait bien dans le regard d'Anya qu'elle avait surtout besoin d'aide, d'être épaulée. Et il ne pouvait pas s'en prendre à sa famille ou même les personnes de son passé. Pour le moment, il n'avait pas et il ne voulait pas penser aux autres. Il ne pensait qu'à Anya et ce qu'elle devait ressentir. Lentement donc, il se rapprocha d'elle et vint poser sa main sous son menton pour le relever et ainsi joindre ses iris aux siens :

    - Je suis là, soufflait-il à son encontre, je suis là et plus jamais tu ne seras seule.

    Cela pouvait sembler dérisoire ou n'être que des mots pour elle, elle en avait certainement déjà tellement entendu mais pour Garrett c'était sincère. C'était viscéral. D'ailleurs, cela se transcrivait sur son visage qui exprimait une douceur qu'il n'avait jamais eu auparavant pour n'importe qui. Bien évidemment, il y avait eu sa soeur et Georgina mais Anya révélait chez lui quelque chose qu'il n'avait jusqu'alors jamais ressenti. Il n'essaya aucune tentative de baisers ou même de rapprochement sensuel. Il n'aurait jamais osé. Il se contenta juste de relever le poignet de la jeune fille dont il tenait juste la main et y déposa un tendre baiser dans son creux.

    On toquait à la porte au même moment, sans aucun doute il s'agissait du room-service. Garrett offrit un sourire à la jeune femme et lui précisa de se remettre au lit. En se rendant à la porte, le serveur fut surpris de voir le jeune homme habillé et pas nu comme à son habitude. Le blond ne le laissait même pas rentrer et s'occupa de pousser le chariot après avoir donné un généreux pourboire avant de lui claquer la porte au nez. Une fois Anya rejointe, il lui présenta la nourriture en profusion qui s'y trouvait. Assis sur le bord du lit, il attaquait son repas avec une faim certaine. Il venait de mordre dans un hamburger quand il tendait à Anya un thé glacé :

    - Il faut que tu goûtes.. Ils sont excellents..

    Il insista car il voyait bien qu'elle n'osait rien toucher. Aussi, il finit rapidement son burger en trois bouchées d'ogre avant de s'asseoir en tailleur sur le lit face à Anya, l'assiette de spaghettis dans les mains :

    - Tu dois absolument goûter ces pâtes, expliquait-il en voyant le regard circonspect de la brunette, tout simplement parce que ce sont les meilleures pâtes de l'univers et tu sais pourquoi ? Parce que c'est le meilleur des chefs qui les fait. Il a été formé spécialement à Florence, mh, mh. Et parce que chez moi on ne refuse pas les pâtes, c'est un honneur que de partager ce plat avec les gens que nous apprécions.

    Quand il le voulait, Garrett avait cette capacité à être léger. Et c'était ce qu'il espérait transmettre à Anya après l'horrible année qu'elle avait vécu et cette soirée catastrophique. Il enroula donc les pâtes autour de sa fourchette et la tendit à la brunette pour qu'elle y goûte avant de lui tendre avec son doux sourire sur les lèvres :

    - En plus.. Le chef serait vraiment blessé que tu ne lui fasse pas honneur.

    Il lui expliqua donc que c'était son grand-père le chef en cuisine et aussi le propriétaire des lieux. Il s'agissait de la famille Hedlund et de la dynastie hôtellière qu'ils possédaient. Il raconta ensuite l'histoire de son père qui s'était passionné pour le droit en regardant enfant le film 12 hommes en colère. C'était comme ça que lui était venu la vocation de sauver des vies avant les grands drames de l'histoire.

    - Mon grand-père est venu ici quand il avait quinze ans, c'est un travailleur acharné. Il n'a jamais compris que mon père préfère les études. Pour lui on ne peut apprendre qu'en faisant. Je l'adore, il est plein de vie et plein de charisme. Un sale caractère d'italien mais un vrai génie des pâtes.

    Après avoir nourri un peu Anya, il prit une bouchée conséquente en s'en mettant plein sur le menton :

    - Il dit toujours que la nourriture peu tout guérir.. Est-ce que tu te sens un peu mieux ?

    C'était stupide comme question, il en avait conscience, mais il espérait malgré tout naïvement que ce changement de sujet saurait réconforter un peu Anya. Après tout, il ne restait qu'un adolescent qui n'avait pas la connaissance et l'expérience nécessaire pour réagir convenablement devant une telle situation. Ses lèvres étaient pleines de sauce tomate, il était loin le Garrett du lycée froid, distant et imposant. Là, il n'y avait que lui partageant un plat de pâtes avec une jeune femme qui le déconcertait et qu'il apprenait à connaître.


    immarcescible, Posté le lundi 22 mai 2023 17:41 Répondre

    Les dernières semaines avaient été celles qu’il connaissait parfaitement bien. Les mêmes babillages et conversations incessantes. Les mêmes ennuis, les mêmes histoires inintéressantes. Garrett faisait bonne figure. Il avait reprit son masque de froideur et d’indifférence, surtout auprès de Anya pour que Elena la laisse en paix. Et il pensait sincèrement que cela fonctionnait. A la maison, Lucrecia lui en voulait. Visiblement la voisine ne voulait plus voir la petite Hedlund qui s’était prise d’affection pour elle. Difficile de comprendre pourquoi ? Après tout, il n’avait jamais fait d’allusion à Anya sur le fait de continuer à trainer avec sa soeur. Alors pourquoi la rejeter ?

    Ce qui était bien avec Elena c’était qu’il n’avait pas besoin de réfléchir. Il était là sans être là. Il s’était remis à sécher les cours et passait le plus clair de son temps à lire en dehors de la classe ou se réfugier à la salle de boxe pour frapper le sac quand la frustration se faisait trop ressentir. C’était à ça que ressemblait sa vie depuis toujours et ce serait éternellement ainsi.

    Le dernier week-end avait été atroce. Ses parents étaient enfin rentrés de Washington après deux mois de travail intensif sur une affaire criminelle qui avait défraie la chronique. Robert et Catherine Hedlund étaient rentrés avec pleins de cadeaux pour leurs enfants, du tissu, des boutons, des patrons pour Lucrecia et des livres, des livres, des livres pour Garrett. Malgré leur absence, les parents connaissaient un peu leurs enfants et ils pensaient qu’en achetant des présents, cela suffirait à faire passer leur absence.

    Pour s’excuser, ils passaient le week-end dans leur fameuse maison à Montauk. Là où Garrett se sentait le mieux au monde. Pendant que Lucrecia riait aux éclats sous les confidences de sa mère, lui ruminait assis sur le sable en se sentant pour la première fois de sa vie vraiment emprisonné. C’est lorsque son père vint le rejoindre, il n’eut pas le choix de rester assis et de l’écouter évoquer son affaire. Mais il voyait bien que son fils était ailleurs :

    - Des soucis avec Elena ?
    - Boh.. Tu sais qu’à elle toute seule c’est un soucis.

    Les deux riaient malgré eux du caractère compliqué de la jeune femme. Mais très vite, Garrett perdit son sourire en pensant à ce qu’elle avait fait à Anya :

    - Tu ne t’es jamais sentit.. enfermé dans ton propre monde ?
    - Comment ça, demandait Robert, tu n’as pas assez de liberté à la maison ?
    - On n’a que ça de la liberté papa. Je veux dire.. J’ai l’impression parfois que.. que le lycée, les attendus.. tout est fait pour que je ne bouge jamais. Que rien ne change et.. et quand quelque chose arrive et bien.. et bien les autres veulent le détruire.
    - Et bien.. Non, je n’ai jamais ressenti ça.

    Cela faisait soupirer Garrett qui se repliait de lui-même de nouveau quand son père venait poser sa main sur son épaule pour le réconforter :

    - J’ai l’impression d’être seul sans cesse.
    - Un jour tu rencontreras quelqu’un et.. et tu verras que ce sentiment disparaitras. Le temps sera suspendu ou alors il passera à une telle vitesse que tu ne t’en rendras pas compte. Et ce n’est pas grave parce que.. parce que ce sera génial de ne plus avoir la notion du temps.

    Pour la première fois, son père avait un conseil qui ému Garrett et lui donna un sourire. Peut-être, au fond, était-il bien plus romantique qu’il ne voulait l’admettre. Cette nuit et pour la première fois de sa vie, Garrett rêva de Anya.

    A la reprise, il y eu le fameux cours de littérature et le dossier à rendre. Garrett avait fini sa partie mais n’avait pas osé revenir vers sa camarade pour en reparler. Il n’avait pas réussi à la voir sortir de chez elle le matin même pour en rediscuter. Alors, quand elle explosa en classe, il fut tout aussi surpris que les autres. Elle s’éclipsa tellement vite à la fin du cours qu’il ne pu pas en discuter avec elle, alors, il retourna voir l’enseignant et lui donna le dossier complet qu’il avait fini pour eux deux.

    - Pourquoi j’accepterai que vous soyez noté alors que vous rendez votre dossier en retard Hedlund ?
    - Parce que ma camarade a fait un travail important et ce ne serait pas juste qu’elle ne soit pas notée à cause de ma négligence.

    C’était la première fois que l’enseignant voyait une honnêteté sincère chez son élève. Il prit donc le dossier et promit d’y jeter un oeil. C’est pour ça que Garrett sortit tard de classe et qu’il aperçu Mike et Josh suivre Anya. Son instinct lui hurlait de ne pas faire demi-tour et de les suivre. Ô combien il eut raison. Son estomac se souleva mais sa colère l’enveloppait bien plus rapidement qu’il ne l’aurait cru. Sa venue fit se retourner les deux garçons qui blêmirent en voyant le blond surgir. Sans attendre un instant ils s’enfuirent donc en courant, incapable de prononcer un seul mot si ce n’est « merde, putain, cours ».

    Anya était recroquevillée sur elle-même, tremblante en état de choc. Penché au dessus d’elle, il n’osait pas poser une main sur elle de peur de la faire perdre conscience :

    - Anya, murmurait-il, Anya tout va bien.. N’aie pas peur.. Je..

    Elle suppliait qu’on ne la touche pas, elle suppliait qu’on ne l’emmène pas à ses parents. Elle pleurait, dans un état second. Il avait envie de pleurer en voyant les marques violentes sur son corps. Etait-ce les garçons qui lui avaient fait ça ? Lentement et avec beaucoup de précaution, il souleva la jeune femme qu’il sera contre lui. Heureusement, il y avait un hôtel tout près et il appartenait à son grand-père. Il passa par l’escalier de service et monta jusqu’à la chambre qu’il utilisait parfois pour ses conquêtes. Une fois arrivé dans la chambre, il déposa Anya sur le lit et l’enveloppa de la couette. L’hôtel était classe, même plus que classe et surtout il ferait l’affaire le temps qu’elle se remette. Il resta là, à la surveiller le temps qu’elle se réveille.

    Que devait-il faire ?

    Elle avait supplié pour qu’on appelle pas ses parents. Devait-il l’écouter ? Il fumait sur le balcon, nerveusement en se posant mille et une question quand soudain elle se releva difficilement. Il jeta donc son mégot et se rapprocha lentement vers elle. Mais de nouveau elle se mit à paniquer et l’implorer :

    - Anya.. Non.. Jamais.. Non.. Jamais je ne.. Anya.. Tu es en sécurité ici.. Eh..

    Se rapprochant mais restant à une distance certaine d’Anya il fixa ses prunelles terrorisait pour qu’elle voit en lui qu’il ne lui ferait jamais de mal. Il ne se sentait pas offusqué qu’elle puisse croire une telle chose, surtout après ce qu’elle avait vécu. Il vint donc avec beaucoup de lenteur et de douceur s’asseoir sur le bord du lit mais au pied de ce dernier pour continuer à garder une distance avec la brunette.

    - Tu es en sécurité ici et jamais.. jamais je ne te ferais de mal. Je te le jure.

    Voyant qu’elle reprenait lentement son souffle et qu’elle se calmait, il sortit de son manteau une petite flasque à whisky qu’il avait toujours sur lui et lui en proposa un goutte :

    - Ça va te réchauffer un petit peu.. Bois..

    Il insista un peu mais voyant qu’elle se méfiait toujours, il prit une gorgée avant de poser la flasque sur le côté. Elle avait l’air si effrayé, comme un oiseau pris en cage à qui on avait coupé les ailes. Il avait si mal au coeur en la voyant dans cet état. D’une voix douce et rassurante, il lui dit :

    - Je peux t’emmener porter plainte si tu veux.. On.. est tout près d’un poste de police.

    Mais de nouveau elle s’inquiétait. Délicatement alors, il prit sa main dans la sienne et s’excusa en lui disant qu’il ne ferait rien sans son accord, qu’il ne bougerait pas tant qu’elle ne lui aura pas demandé.

    - Je reste là.. avec toi.. le temps qu’il faudra je te le promet.

    Lentement, il réussit à venir suffisamment près de la jeune femme si bien qu’il pu l’enlacer et la prendre dans ses bras. Lentement il la laissa venir se blottir contre lui quand il caressait son dos et déposait des baisers sur son front. Il était là, la tenant dans ses bras sans chercher à profiter d’elle ou même la sermonner. Non, il était juste là pour elle, pour la soutenir et être sa béquille. Pourtant, il avait un milliard de questions à lui poser, comme ces fameuses marques sur son ventre. Mais non, il ne dit rien, bien trop pudique pour demande. Il lui murmurait en continu qu’elle était en sécurité ici et que rien ne lui arriverait. Qu’il était là peut importe ce qui se passerait à l’extérieur :

    - Quoi qu’il arrive, je ne bougerais pas.

    Il attendit patiemment qu’elle se calme et lorsque ce fut fait, il retira les mèches de cheveux de son visage en la contemplant avec douceur :

    - Je vais commander quelque chose au room-service. Il faut que tu manges un peu.. Georgie dit toujours qu’avoir l’estomac vide n’arrange rien et je sais qu’ici ils font les meilleurs club sandwichs de l’univers.

    Avec douceur, il la relâcha non sans avoir embrassé son front. Il prit le téléphone et appela le room service et commanda des sandwichs, des crêpes, des gaufres, du soda et des spaghettis. Puis, il revint avec un peignoir tout doux et molletonné qu’il tendit à la jolie brune :

    - Va prendre une douche.. ça te fera du bien. Tu peux m’enfermer sur le balcon si tu n’as pas confiance, dit-il avec un léger trait d’humour, je te promets que je ne te ferais rien.


    immarcescible, Posté le vendredi 19 mai 2023 16:48 Répondre

    Garrett ne dormit pas de toute la nuit. Comment le pourrait-il quand il savait pertinemment qui s'en était pris à Anya. Il y avait trois possibilités. Celle où il faisait croire au reste de l'établissement que Anya était en couple mais c'était impossible car elle n'était pas amoureuse de lui et qu'elle refuserait en bloc d'être mise en avant. Il y avait aussi l'option de dénoncer au proviseur les agissements de Elena, mais cela ne règlerait pas le problème puisque que ses parents payeraient comme les siens pour dissimuler ses erreurs. Ou il y avait la troisième solution. Celle qui ne l'enchantait pas mais qui lui semblait la plus logique aux vues des évènements. Au petit matin, il partit sans prendre son petit déjeuner. Lucrecia fut surprise de voir son frère partir avant son repas préféré sans avoir ingurgité ses pancakes. Qu'avait-il donc de mieux à faire ?

    La journée avait été douce au lycée sans la présence pernicieuse de Elena. Tous en avaient conscience et tous en profitait. Garrett le premier. En revenant chez lui, il s'arrêta bien évidemment pour voir comment allait Anya. Son père avait surgit de nulle part la veille et l'avait emporté sans que le jeune homme ne puisse ni dire ou faire quoi que ce soit. De toute manière, qu'aurait-il bien pu faire ? En arrivant donc, il vit Lucrecia et Anya finirent la fameuse petite verrière où tout un tas de plantes y étaient installé. On aurait di le royaume d'une princesse de la forêt ce qui avait attendri le blond. Après avoir gratouillé Napoléon qui semblait déjà l'adorer comme il l'adorait, il vint coller la fameuse guirlande contre le mur, comme l'avait indiqué la brunette.

    Une fois fais, il suivit le mouvement et se rendit à l'intérieur de sa maison qui était encore bien vide. Beaucoup de cartons trainaient un peu partout mais son oeil était intrigué par cet immense piano qui trônait dans le salon. Il ne pu réfréner son sourire en entendant la pique malicieuse de Anya à son encontre mais ne répliqua pas qu'il était en effet un pianiste hors pair et qu'il avait même gagné des concours enfant. Non, il préférait la contempler jouer.

    Alors qu'elle se libérait en caressant de ses doigts fins et agiles les touches d'ivoire du piano, il l'observait avec une attention accrue. Qui était-elle ? Pourquoi est-ce qu'elle le bouleversait autant ? Il ne connaissait rien d'elle et pourtant il était persuadé d'avoir passé sa vie près d'elle. C'était étrange comme sensation. Celle d'avoir l'impression de ne plus être soudainement seul. Celle de se sentir guidé. Tandis qu'elle terminait son morceau qu'elle avait merveilleusement joué, il s'amusa à pincer son bras :

    - Et tu n'appelles pas ça de la frime de jouer de la sorte ?

    Ils se taquinaient gentiment l'un et l'autre. Mais voir ce sourire amusé sur ses lippes le rassurait et ensoleillé sa fin de journée. Ils se mirent rapidement au travail par la suite car ils avaient encore de quoi faire. Si Garrett était un passionné de Frankenstein, il avait trouvé quelqu'un à la taille de son exigence. Aussi, quand l'un exprimait une idée, l'autre surenchérissait. C'était une conversation riche intense et brillante qu'ils avaient l'un avec l'autre. Et en plus, Anya était jolie à regarder. Malgré lui, il ne pouvait s'empêcher de la détailler et de lui faire les yeux doux et il cru même apercevoir une espèce de rougeur sur le haut de ses pommettes.

    - Dis.. Anya.. Tu as un petit copain ?

    Sa question était purement effrontée, il le savait. Mais il avait besoin de savoir s'il avait potentiellement une chance. Mais alors qu'il venait lentement se pencher près d'elle, la mère d'Anya surgit dans le salon et apporta avec elle un souffle glacé qui aurait pu effrayer n'importe qui, même les oiseaux du jardin.

    - Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ?
    - Euhm.. Je suis Garrett, le voi..
    - J'en ai rien à faire de qui vous êtes ! SORTEZ DE CHEZ MOI !

    Garrett ouvrit grand les yeux, surpris mais ne répliqua pas. Il savait assez bien quand filer quand une hystérique se trouvait devant lui. Il rangea en hâte ses affaires quand il regarda, sincèrement désolé, Anya qui allait devoir rester avec sa mère. Elle hurlait en lui ordonnant de ne plus approcher sa fille et qu'il devrait avoir honte de lui, ce qu'il ne comprenait pas. Il ne lui fallut pas longtemps pour rentrer, encore sonné par la violence de la mère de famille. Lucrecia lisait un magasine sur le canapé et Georgie préparait le dîner du soir.

    - Oh.. Que s'est-il passé ?
    - Je crois bien avoir rencontré le monstre des glaces.
    - La mère de Anya ? Raconte !

    La blondinette se redressa sur le canapé, friande de gossip. Garrett resta courtois concernant la violence de la voisine quand Georgie secoua la tête navrée d'un tel comportement :

    - Vous ne devriez pas aller chez eux à l'avenir.
    - Mais enfin.. Pourquoi tu dis ça Georgie ?
    - Parce qu'ils viennent d'arriver et qu'ils ne semblent pas apprécier les curieux comme vous Lucrecia. Tu n'as donc pas compris qu'ils ont fuit quelque chose ?
    - Tu veux dire que.. que ce sont des fugitifs ?
    - Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dis.. Mais dès fois, dans la vie.. Et bien.. Et bien on s'installe quelque part pour tout recommencer. Pour repartir à zéro. Mais les démons eut.. Ils nous poursuivent.

    Garrett pensait à la Créature de Frankenstein et il pensait à Anya. Est-ce qu'elle aussi portait-elle le poids violent et incohérent de ses parents qui avaient fait d'elle un être socialement détruit ? Remontant dans sa chambre, il vint à finir ses devoirs et lu un petit peu par la suite. Mais il ne pouvait s'enlever l'image triste et fermée de la jeune voisine quand sa mère apparue. Avait-elle envie de lui en parler ? De se confier à lui ? Après tout, ils ne se connaissaient pas. Et pour la sauver, il devait désormais l'ignorer. Mieux valait ne pas s'investir plutôt que de la faire souffrir. Une fois le dîner terminé, il sortit après avoir embrassé Lucrecia et Georgie.

    - Je pensais que tu serais resté un peu avec moi ce soir..
    - Lu'.. Je suis resté avec toi tous les soirs de la semaine. Même ceux avec Anya.
    - Justement. C'était sympa non.

    Il connaissait sa soeur et il savait qu'elle n'appréciait pas ses sorties nocturnes. Ne prenant pas la peine de répondre, il se contenta d'embrasser son front tendrement et celui de Georgie pour se rendre ensuite en ville et retrouver toute la bande. Ce soir, comme tous les jeudi soir, ils se retrouvaient chez Elena qui donnait une fête scandaleusement somptueuse. Henry y était déjà, entouré de plusieurs filles de d'autres écoles qui s'étaient amourachées de lui. Garrett le salua de loin et se servit un verre avant d'allumer une cigarette. Alors qu'il discutait avec des garçons de l'équipe de football américain, Elena se jeta sur lui et fondit ses lèvres sur les siennes. Il ne la repoussa pas mais resta de marbre.

    - Mon Garryyyyy, minaudait-elle devant tout le monde, comme tu m'as manqué.

    Un faible et ironique sourire ornait ses lèvres. Il posa un bras autour d'elle et se remit à se pavaner accompagné de sa sangsue. En revenant à elle, il s'assurait qu'elle ne toucherait plus à Anya. Au moins, l'une des deux Créatures réussirait peut-être à être un peu en paix dans les semaines prochaines.


    immarcescible, Posté le samedi 13 mai 2023 09:35 Répondre

    Le cours de sport avait été... Sportif ! Jamais encore Garrett n'avait vu Elena être aussi haineuse à propos d'une fille. Du moins, pas de là à se montrer aussi violente physiquement avec elle en public. Car oui, il connaissait bien la méchanceté gratuite dont elle était capable, mais pas véritablement de sa violence physique. Mais Anya savait parfaitement se défendre. A quelques occasions elle lui avait même des coups dans l'estomac. Heureusement qu'il savait encaisser. Une fois les filles canalisées, elles disparurent dans le bureau du principal et où chacun se doutait bien de la sanction finale.

    Garrett était à l'extérieur de l'école, attendant que tout le monde quitte l'établissement. Il attendait surtout que Anya sorte. Il s'inquiétait pour elle. Mais Elena vint à surgir de nulle part, elle pleurait. N'étant pas totalement inhumain, il s'approcha d'elle pour lui demander ce qu'elle avait :

    - C'est à cause de cette pétasse Garrett. Cette pétasse qui te veut !
    - Veux tu bien arrêter avec ça ? Ce n'est pas parce qu'une fille me parle que ça veut forcément dire qu'elle est amoureuse.
    - Alors pourquoi tu ne viens plus me voir ?
    - Parce qu'entre nous c'est terminé voilà tout.

    Elle refusait de l'admettre et comme pour provoquer le destin, elle se jeta à son cou pour lui donner un baiser torride. Garrett resta surpris quelques secondes avant de délicatement mais fermement la repousser. Ce qu'il ne savait pas, c'était que derrière lui se trouvait Anya dans un piteux état. Elena avait fait exprès de se jeter ainsi sur son ex pour que la brunette puisse les voir ensemble.

    - Elena ça suffit, dit-il en fronçant les sourcils, je vais te ramener chez toi.

    Gentleman donc, il raccompagna la jeune femme chez elle qui essaya une nouvelle fois de l'attirer. Mais il refusait obstinément de la raccompagner au delà de la porte d'entrée. Il devait rentrer chez lui, prétextant auprès d'elle que sa soeur l'attendait. Aussitôt, il repassa à l'école et au vestiaire pour s'assurer que Anya n'était plus là et c'était le cas. Alors, il prit le chemin en direction de la maison. En passant tout près de chez la jeune femme, il toqua mais personne ne répondit. Cela l'inquiétait. Est-ce qu'elle le fuyait ? Difficile à dire tant la brune était difficile à cerner. Alors, il laissa un mot sous la porte en lui précisant son numéro de téléphone fixe de maison et qu'elle pouvait l'appeler quand elle en aurait besoin.

    En arrivant chez lui, il vit Georgie s'affairer et sortir tout son attirail de pansements et de baumes qu'elle avait toujours fait elle-même. Habituellement, elle les préparaient toujours pour lui. Or, il ne s'était pas battu. Tout de suite, il craignait pour Lucrecia et se jeta dans les escaliers avant d'essayer d'entrer dans la chambre. Mais elle était close :

    - Lu ? C'est toi ? Tout va bien ?

    Sa voix était bouleversée, inquiète. Ca faisait trop en une seule journée. Mais surtout, il savait que sa soeur était fragile. Il espérait que rien de grave ne lui soit arrivée :

    - Lu' ! Ouvre moi !
    - Tout va bien G., je vais bien ne t'en fais pas.
    - Alors pourquoi Georgie prépare ses baumes en bas ? Qu'est ce qui se passe ?
    - Ce n'est.. Ce n'est pas pour moi.
    - Lucrecia... Dis moi ce qui se passe !

    Un silence angoissant lui répondit. Il se mit donc à cogner plus fortement à la porte avant d'entendre sa soeur lui hurler d'arrêter de frapper avant d'ouvrir. Il entrait et inspectait le visage de cette dernière. Elle n'avait enfin rien du tout, mais son oeil fut attiré par une présence au bout du lit qui lui faisait dos. Il reconnu aussitôt Anya et il ne comprit pas. Pour lui la bagarre n'avait pas été si violente que cela, qu'est ce qui pouvait bien nécessiter de tels soins :

    - Anya.. qu'est-ce que..

    Il venait de faire le tour du lit et il tomba sur le visage tuméfié de la jeune femme. Ce n'était pas Elena qui lui avait fait ça, mais quelqu'un d'autre. Il vit rouge, puis blanc. Sa colère se démultiplia tant le choc de voir ce joli visage être ainsi mutilé était perturbant. Georgina arrivait avec toutes ses affaires et ordonna aux enfants de quitter la pièce et de laisser un peu d'intimité à la jeune fille. Elle du insister lourdement avant de les mettre à la porte et quand la porte se ferma sur Garrett, sa colère se mua en peine.

    - Je l'ai vu rentrer dans un état atroce et elle s'est évanouie devant sa maison.. J'ai donc traversé la rue avec Gerogie et on la ramené ici.
    - Elle.. Elle t'a dis qui avait fait ça ?
    - Non.. Elle n'a pas prononcé un seul mot depuis son réveil.

    Le visage de son amie était un choc pour la jeune fille. Elle avait l'impression de revivre l'horreur de cette scène qu'elle avait elle-même subie des années plus tôt. Garrett vit son angoisse et son trouble dans son regard, aussi, il la prit dans ses bras et la serra fortement contre lui. Elle versait quelques larmes, blottie contre son frère qui ne la lâchait pas. Georgie ne fit son apparition qu'une heure plus tard. Elle avait donné à Anya une tisane et lui avait indiqué qu'elle devait se reposer. Elle appellerait ses parents pour dire qu'elle était chez eux et qu'elle resterait pour la nuit. Une fois la porte ouverte, Lucrecia rejoignit son amie et vint simplement la prendre dans ses bras. Garrett, lui, se sentait de trop. Il restait sur le pas de la porte et réfléchissait à quoi faire. Est-ce que c'était une tentative de Elena de se débarrasser de Anya ? Aura-t-elle pu commanditer une telle atrocité ? Cela semblait complètement effroyable.

    La soirée avait été calme chez les Hedlund. Pour réconforter le coeur d'Anya, le blond avait été chercher chez elle Napoléon. Le chien avait du sentir la détresse et la douleur de sa maîtresse, aussi, il avait filé directement dans la chambre de Lucrecia alors qu'il ne connaissait pas la maison. Personne ne mangea, malgré les délicieuse bruschetta de Georgina. Tout le monde était couché et le blond fumait dans le jardin. Il en profitait toujours quand il savait que Georgie dormait. Il pensait que tout le monde dormait mais il fut surpris de voir Anya debout, allant dans le jardin. Il jeta donc son mégot et vint à elle :

    - Tu vas attraper froid, viens..

    Il lui ouvrit l'immense plaid qu'il avait sur les épaules et après l'avoir vue hésiter, la laisser venir près de lui. Assis sur la balancelle du jardin, il observa le ciel étoilé. Il se doutait bien qu'elle ne voulait pas forcément parler de ce qui c'était passé aujourd'hui, alors il lui parla de la maison de Montauk, là où il adorait se refugier.

    - C'est une maison sur la plage.. Il n'y a rien autour. Juste l'océan, un lit et des livres. Le soir.. Tu peux voir toutes les étoiles. Ici tout est détruit par la pollution et la luminosité de la ville. C'est dommage de ne voir que la surface de ce qui existe vraiment..

    Son regard se reposait sur elle, quand il venait prendre sa main dans la sienne avec douceur :

    - Dis moi qui t'as fais ça Anya.. On ne peut pas les laisser s'en tirer.


    immarcescible, Posté le jeudi 11 mai 2023 19:06 Répondre

    La soirée était nettement plus douce que le reste de la journée. La défiance d'Anya à l'égard de Garrett semblait s'être lentement dissipée. Déjà parce qu'elle avait été impressionnée par les fiches de Garrett et le travail qu'il avait déjà préparé et qu'il avait réussit à la faire sourire. Et quel sourire. Le blond n'avait jamais encore ressenti une telle sensation dans le creux de son ventre. Jamais une fille ne lui avait sourie de la sorte, de manière aussi spontané et sincère. Elle n'avait pas un rire de fille habituelle. Elle n'était pas là pour l'éblouir et pourtant, elle le fit sans le vouloir. Après avoir longuement échangé et débattu sur le livre, ils passèrent à table. C'était si agréable de voir Lucrecia être aussi animée et de parler de tout un tas de sujets. Même Georgie en était toute heureuse. En définitive, la présence de la voisine ravissait les coeurs de tout le monde.

    Vint ensuite le film. Garrett le connaissait déjà car il avait été le voir avec Henry au cinéma quelques mois plutôt. Ils étaient passé par derrière car le film était interdit aux mineurs. Ils avaient ris tous les deux tout le long de la séance quand des personnes autour d'eux s'enfuyaient choqué. Lucrecia qui ne sortait jamais, avait écouté le récit de son frère lorsqu'il était rentré et lui avait supplié de trouver une copie pirate ce qu'il avait fait. Aussi, il ne fut pas surpris de la scène lorsque la petite fille se transforma, mais bien plus en sentant la main brulante d'Anya agripper la sienne.

    Il ne bougeait pas, l'air de rien mais ses doigts vinrent lentement et délicatement enlacer les siens. Son ventre était de nouveau envahi de cette sensation chaude et particulière. C'était comme si le contact de sa main l'irradiait. Heureusement que le plaid les recouvraient et pendant que le film était entrain de s'écouler et que d'autres scènes monstrueuses arrivait, il continuait de caresser délicatement sa paume de main pour la rassurer. Alors qu'il tournait lentement sa tête sur le côté, ses yeux croisèrent au même moment ceux d'Anya et elle relâcha sa main d'une manière un peu brusque. Il ne s'en offusqua pas et reprit le visionnage du film.

    Une fois terminé, Lucrecia bailla et proposa une tisane à son amie mais cette dernière déclina à cause de l'heure tardive. Même si elle habitait de l'autre côté de la rue, Garrett tint à la raccompagner. Il marchait à ses côtés mais suffisamment à l'écart pour ne pas qu'elle se sente horrifiée qu'il puisse l'effleurer. Pendant qu'il marchait, il lui reparlait de Frankenstein et du travail qu'ils avaient fait aujourd'hui et à quel point il était content qu'elle ai choisi ce roman :

    - C'est mon livre préféré. J'ai du le lire au moins.. Une centaine de fois.

    En parler lui donnait un léger sourire détendu sur le coin des lèvres quand il gardait obstinément ses mains dans les poches de son jean. Il parlait de son passage préféré, notamment la confrontation entre la Créature et Frankenstein et des nuances philosophique qui le touchait profondément. Mais déjà, ils arrivaient chez Anya. Or, il n'avait aucune envie de la laisser s'échapper une nouvelle fois :

    - Merci d'être aussi gentille avec Lu'.. Ca lui fait du bien d'avoir une amie surtout après.. après ce qu'il lui est arrivée.

    Il évoqua brièvement un harcèlement à son égard et comment un jour elle s'était retrouvée bloquée dans les toilettes de l'école et qu'elle avait été tabassée par des filles qui se moquaient de ses tenues originale. La mâchoire du blond se contractait à l'évocation de ce souvenir tant la colère l'avait alors aveuglé :

    - Elles ont été exclues de l'école mais Lu n'a jamais voulu revenir. C'était impossible pour elle de quitter la maison. Alors mes parents ont trouvé un tailleur et un précepteur qui viennent tous les jours. Ca fait maintenant deux ans et elle va beaucoup mieux.. D'ailleurs, elle envisage même d'aller en Italie dans un an pour faire la fashion week à Milan et y présenter sa collection. Je suis persuadé qu'elle sera retenue. Son travail est remarquable. Tu l'as déjà vu ?

    Garrett avait les yeux qui brillaient de fierté en évoquant le talent de sa soeur et sa capacité à se regénérer. Sa fierté se ressentait aussi, notamment par l'affection qu'il avait pour elle. Même s'ils étaient diamétralement opposé et qu'il n'avait aucun projet d'avenir, ils étaient profondément lié, l'un à l'autre et se soutenait toujours. L'heure tournait et Garrett ne voulait toujours pas partir, surtout en repensant à cet après-midi et à la gifle de Elena qu'Anya avait du voir. Que pensait-elle de lui et de ses fréquentations ? Jamais encore il ne s'était inquiété de l'image qu'il pouvait refléter, aussi, il voulait lui prouver sa bonne foi :

    - Tu as une piètre opinion de moi depuis le début, je le sais. Et ce n'est pas grave, j'ai l'habitude. En revanche, fais attention à Henry. Je sais que c'est mon ami et qu'il paraît très gentil au premier abord mais.. mais il n'est pas quelqu'un de bien avec les filles.


    immarcescible, Posté le mardi 09 mai 2023 19:18 Répondre

    Jamais encore on avait été aussi agressif avec lui. Ça dénotait beaucoup des autres jeunes filles qui habituellement lui parlait. A la fois cela l'amusait et l'énervait. Pour qui le prenait-elle à la fin ? Il n'était pas stupide et jamais il n'avait laissé transparaître une telle chose. Pourquoi le jugeait-elle sans le connaître ? Son irritation se faisait nouvelle sur son visage quand il se levait pour récupérer ses affaires qu'il fourrait dans son sac et qu'il répondit sur un ton tout aussi sec qu'elle :

    - Ce soir.. Dans le jardin. Tu peux emmener Napoléon, Lucrecia lui a déjà acheté des friandises.

    Sans attendre sa réponse, il se contenta de quitter la classe sans un regard pour la jolie brune qui l'exaspérait déjà un petit peu. Mais ça, il n'allait pas l'admettre. Tout le reste de la journée il reste renfrogné. Pourquoi est-ce que ce que pensait la nouvelle l'ennuyait ? Habituellement il se désintéressait des autres mais cette fois-ci il ne pouvait s'empêcher de penser à ce que son caractère et sa personne reflétait.

    Il ignora Anya tout le reste de la journée. Il vit uniquement Henry tenter une approche en cours de maths et où il lui demanda un stylo. Aussitôt, Garrett se mit en alerte et à l'écoute de ce qu'il pouvait bien lui dire. Le brun lui posa quelques questions avant de se faire majestueusement rembarrer. Garrett retint un sourire en posant sa main sur ses lèvres, tant elle l'avait mouché avec beauté.

    Puis vint enfin la fin des cours et comme tous les jeudis, Elena vint s'accrocher à lui à la sortie en le suppliant de la rejoindre le soir même, comme autrefois. Il refusa net mais étant donné qu'elle insistait, il lui répondit qu'il verrait, s'il avait le temps :

    - Si tu as le temps ? Mais tu m'as pris pour qui Hedlund ?
    - Elena.. Pas de scènes ici s'il te plaît.
    - SI ! UNE SCENE MAINTENANT PUISQUE TU TE COMPORTES COMME UN ENFOIRÉ DE MERDE !

    Là, devant toute l'école qui sortait elle se mit à lui hurler dessus et frapper son buste. Ses paroles étaient intelligible tellement elle hurlait, mais cela ne semblait pas effrayer le blond plus que cela. Il semblait s'être réfugié dans une bulle où il déconnectait. En tournant sa tête, il croisa alors le regard d'Anya qui était accompagnée des blondes siamoise qui semblaient se délecter, comme tout le reste de l'école, de la crise de nerf de Elena. Mais alors qu'il plantait ses iris dans ceux de la jeune femme, une gifle d'Elena le réveilla de son moment de pause. Surpris, mais pas idiot, il agrippa fermement le poignet de la jeune femme et lui offrit un regard noir et menaçant :

    - Arrête, grondait-il, ça suffit !

    Tout le monde les regardaient et tout le monde jacassait déjà. Il se contenta de les ignorer pour entrainer la brunette dans une autre direction quand elle hurlait toujours après. Il savait que dans ces moments là il devait l'éloigner de la foule et trouver un endroit où la canaliser. Ce qu'il fit en la ramenant chez elle. Mais cela le fit arriver en retard chez lui. Il arrivait en courant et croisait Anya qui allait partir. Essouflé, il essaya de la retenir en s'excusant :

    - Je suis désolé pour le retard.. Ça ne se reproduira plus. Tu as encore un peu de temps à m'accorder ? J'ai déjà travaillé sur certains chapitres. On a plus qu'à mettre en commun.


    immarcescible, Posté le vendredi 05 mai 2023 09:48 Répondre

    Sur le chemin du retour, Garrett ruminait, ou du moins, il pensait. Oui il pensait à la petite nouvelle qui avait su avec brio lui couper le sifflet. Jamais encore il n'avait entendu quelqu'un lui répliquer avec une telle verve et une telle passion. Mais surtout, elle aimait Frankenstein. Il n'en revenait toujours pas. Bien souvent quand il évoquait son livre préféré les gens faisaient encore l'amalgame entre le monstre et le docteur. C'était une affiliation qui l'exaspérait toujours et qui finissait par le faire ruminer et cesser toute conversation. Car oui, le roman était bien plus poussé et introspectif qu'il n'y paraissait. Il était bien plus intense et passionné, bien plus percutant et fascinant que la lecture des films des années soixante.

    Il était tellement pris dans ses pensées qu'il en oublia de tourner chez lui. C'est lorsqu'il entendit les rires gras des russes et du restaurant qu'ils tenaient qu'il sut qu'il s'était trompé de route. Ils le saluèrent poliment et il leur rendit avant de rentrer enfin chez lui. Ils étaient de nouveau poli depuis que Garrett avait massacré l'un de leur champion lors d'un combat à main nu quelques semaines plutôt. Il était rentré tard et bien amoché mais ses coquards ne se voyaient presque plus désormais. Ses parents ne s'en étaient même pas rendu compte. Il n'y a que Georgie qui l'avait soigné. Il avait senti les larmes de tristesse de la vieille femme dans son dos quand elle avait du panser son dos bien amoché.

    En rentrant, il posa son sac dans l'entrée et pris discrètement quelques gâteaux qui trainaient. Il bu une gorgée de jus d'orange et se rendit à la fenêtre du salon d'où il pouvait contempler le petit jardin suspendu. Il était magnifiquement bien entretenu par le jardinier, Mitch qui était un vieux bonhomme rondouillard qui faisait toujours les yeux doux à Georgie. Les enfants Hedlund adoraient le rappeler à la gouvernante qui venait alors les pinçait gentiment. Mitch avait planté de nouvelles plantes et Garrett avait hâte de voir ce qui allait en sortir car Lucrecia avait demandé des fleurs particulières pour lui inspirer des motifs de robe.

    Une fois repu de son goûter, il se rendit dans sa chambre et jeta son sac sur le sol avant de s'écrouler sur son lit. Il regardait le plafond qui était plein de moulure. Ce qu'il exécrait ces vieilles moulures. L'endroit qu'il préférait le plus au monde était la petite maison au large de Montauk. Une maison de plage, rien de transfigurant. Juste du sable partout dans la maison, des simples lit, des objets simple et des murs recouverts de livres. Cette maison avait appartenu à ses grand-parents et il y avait passé des étés délicieux à lire et se baigner. Mais c'était le temps de l'insouciance. Il est désormais révolu.

    Un bruit dans le jardin le fit se redresser. Il était surpris d'entendre aboyer. Ils n'avaient pas de chien. Rapidement, il alla à sa fenêtre et vit un magnifique bouvier bernois tenu en laisse par une petite jeune femme qui tentait tant bien que mal de sauver le chat de Lucrecia. Il ne fallut pas longtemps à Garrett pour se rendre compte de qui était la jeune femme ce qui le fit descendre aussi rapidement que possible dans le jardin. Mais sa soeur l'avait devancé. Elle portait l'une de ses tenues excentrique dont elle seule avait le secret et tenait son chat dans ses bras à l'écart du molosse qui voulait jouer.

    - Non, non, non tu ne mangeras pas mon chat, le rouspétait gentiment Lucrecia qui venait poser son chat dans l'arbre, il est beau.. Comment s'appelle-t-il ?

    Garrett observait la scène de son oeil avide. Il y avait quelque chose chez cette Anya qui l'intriguait. Il n'aurait pas su dire quoi exactement mais elle avait quelque chose dans son regard qui le bouleversait. Alors que sa soeur se présentait, elle le vit du coin de l'oeil et vint à continuer les présentations :

    - Lui c'est mon frère Garrett.. Ne fais pas attention à lui, il a beau être beau comme dieu il est surtout bête comme ses pieds.
    - Eh !

    Touché dans sa vanité, il vint enlacer sa soeur et frotter ses cheveux devant une Anya immobile. Les chamailleries entre les enfants Hedlund ne semblait pas l'intéresser plus que cela. Alors, le blond évoqua auprès de sa soeur que lui et Anya étaient des partenaires pour le cours de littérature ce qui la fit siffler.

    - Bon courage.. Il peut être psychorigide en ce qui concerne les mots.
    - Souhaites-tu que nous parlions de la différence entre viscose et soie ?

    Vaste débat qui avait réussi à les diviser plus d'une fois. Mais là, ils avaient une invité. Lucrecia vit le mouvement de recul de Anya qui s'apprêtait à partir et elle la retint aussitôt. Il faut dire qu'elle n'avait que peu de visite et encore moins d'amies, surtout avec ce qu'il lui était arrivé à l'école. Mais ça, c'était une autre histoire. Son visage doux et accueillant tranchait avec ses cheveux rose flamboyant. Elle souriait à Anya en lui proposant de rester boire quelque chose tout en rentrant pour prévenir Georgie qu'ils avaient une invité. Garrett, lui, restait et caressait les oreilles du duveteuse du chien en l'observant avec un doux sourire :

    - Comment il s'appelle, demandait-t-il en plantant ses iris d'un bleu tranquille dans ceux d'Anya, il est magnifique..

    Voyant qu'elle allait s'apprêter à s'enfuir, il lui offrit un sourire qui se voulait rassurant :

    - Lucrecia n'a pas beaucoup de visites, voire pas du tout même. Elle a arrêté d'aller à l'école il y a deux ans maintenant.. Enfin bref, je suis persuadé qu'elle sera ravie de se plaindre de moi avec toi..

    Son sourire était léger doux, rien à voir avec celui du lycée où il brillait pour impressionner et les autres et pour dissimuler la colère et les doutes existentiels qu'il ressentait. Alors que le gentil Napoléon s'asseyait devant le blond, ce dernier vint s'accroupir pour continuer de caresser son visage. Georgina arrivait sur le pas de la porte du jardin et avec douceur et modestie vint saluer Anya en se présentant.

    - Veux-tu boire ou manger quelque chose ma jolie ?


    immarcescible, Posté le dimanche 30 avril 2023 08:46 Répondre

    La matinée de Garrett fut somme toute assez normale. Après avoir fait une petite sieste tranquille sous les gradins du stade, il lu un livre qu'il ne pouvait s'empêcher de lire et relire chaque année et qui le transportait à chaque fois. Il s'agissait précisément de Frankenstein, de Mary Shelley. Son livre était tellement vieux et tellement écorché sur les côtés qu'il tombait presque en lambeau. Mais pour rien au monde il l'aurait jeté. Non. Il restait son livre de chevet, son fidèle support émotionnel dont il connaissait par coeur les pages, la couleur singulière du papier vieilli, du caractère et de de la calligraphie des lettres en plus de sentir le vieux papier vécu. Il adorait ce livre qui ne quittait jamais son sac ou sa chambre. Comme un grigri.

    Bien évidemment, sa matinée se termina chez le directeur qui vint à lui reprocher son comportement. L'enseignant de littérature n'avait pas fait de rapport car il savait que le jeune homme était déjà sur une ligne tendue à cause de son comportement et qu'il avait toutes les capacités pour réussir. Il s'agissait juste d'un élève en alerte, il était donc compatissant. Mais le proviseur qui lui hurlait dessus qu'à continuer de la sorte, il serait définitivement exclu de l'établissement. Cela faisait toujours sourire Garrett, car il savait que ses parents donnerait l'argent nécessaire pour qu'il puisse rester ici, alors les tentatives désespérés du proviseur à lui faire peur le faisait plus rire qu'autre chose.

    Une fois que le savon fut passé, il pu rejoindre ses camarades au réfectoire. La table l'attendait et le groupe était réuni. Ils étaient tous amis depuis des années, avaient grandi ensemble et formaient le groupe le plus populaire de l'établissement. Henry mangeait le repas bien équilibré fait par sa mère quand les filles se contentaient de boire une eau minérale soi-disant aidant à perdre du poids. Garrett, lui, apportait un hot-dog et autres frites qui faisait déjà saliver son ami :

    - Tu as quoi aujourd'hui ?
    - Mh.. Du choux et du poulet..

    Gentiment Garrett se moquait de son ami et lui tendit son plateau pour qu'il puisse se servir ce que Henry fit avec plaisir. Elena venait prendre la place du plateau et s'asseoir juste devant Garrett. Il levait les yeux au ciel en la laissant s'amuser à planter ses doigts dans sa crinière dorée :

    - Tu n'es pas venu hier soir, roucoulait-elle en lui faisant les yeux doux, je t'ai attendu pourtant.
    - Elena arrête.. C'est fini nous deux.. Pourquoi je viendrais chez toi..
    - Parce que c'était jeudi et je pensais qu'on aurait pu garder la tradition du film du jeudi soir.
    - On sait tous les deux très bien comment se finissent les jeudi soir film chez toi. Alors non, je ne viendrais plus.

    Elle ronchonnait ce qui faisait doucement rire le reste du groupe. Mais Garrett lui, observait la salle du réfectoire sans vraiment savoir ce qu'il cherchait jusqu'à ce que ses yeux se posent sur la nouvelle. Elle était en compagnie des soeurs siamoise, les blonde intellos qui étaient toujours fourrées ensemble. Elles étaient si semblable qu'on avait l'impression qu'elles étaient soeurs, d'où le surnom des siamoises. Il vit les épaules braquées de la nouvelle, sa mâchoire fermée, son pied tressautant et ses doigts qui s'acharnaient sur un pauvre muffin qui n'avait rien demandé. Elle exprimait une gêne indécente à se retrouver en public et il eut mal pour elle.

    Mais alors qu'il l'observait, Henry vit son regard et se mit à parler de la jeune femme en des termes qui le surprenait. Depuis toujours, Henry a toujours envié Garrett alors qu'il ne voyait pas en quoi il était si enviable. D'ailleurs, habituellement, il n'avait pas ce type de langage et encore moins ce type de pensées. Elena suivit la marche et il comprit qu'elle l'avait déjà prise en grippe. Il ne répliqua pas, se contentant uniquement de s'étirer les bras au dessus de la tête pour signifier que cela ne l'intéressait pas.

    Et puis, de toute manière, la sonnerie annonçait la fin du repas. Tous se rendirent en classe et il s'agissait là d'un cours avancé en littérature. Garrett était tout seul dans ce niveau car il l'avait choisi en option et se trouvait au fond de la classe, de toute manière, ils étaient assez peu dans cette classe car l'élite uniquement pouvait y accéder. Il observait par la fenêtre le vent dans les arbres quand il se demandait bien ce que M. Maldonavo allait bien pouvoir leur donner à faire comme travail.

    C'était une journée ordinaire, une fois encore et alors qu'il allait soupirer car le cours commençait, la nouvelle venue fit son apparition toute essoufflée. Qu'elle surprise. Même si l'enseignant lui offrait un sourire empathique, cette dernière ne semblait pas se dérider. N'ayant plus de place hormis près de Garrett, il lui indiqua de prendre place à ses côtés. Ce dernier ne réagissait pas, il se contentait de la regarder avec attention de ses yeux clair et interrogateur. Sa longue crinière brune dissimulait une partie de son visage qu'il trouvait adorable. Quel dommage se disait-il qu'elle ne prenne pas conscience de sa beauté.

    - On reste poli et courtois Garrett, promis ?

    Demandait l'enseignant. Ce à quoi le jeune homme répondit d'un sourire narquois. Une fois qu'elle fut installée, le cours commença. Il griffonnait sur son cahier en écoutant d'une oreille distraite et sans vraiment s'intéresser à la jeune femme prêt de lui. S'intéresser à elle serait la jeter littéralement dans la gueule de Elena et il ne voulait pas qu'elle fasse une nouvelle victime. Il fut sortit de sa rêverie lorsque l'enseignant évoqua un travail commun. L'objectif serait de débattre sur un livre à deux et de rédiger un compte rendu en synthétisant les grandes thématiques. Garrett savait déjà que toutes les filles de la classe voudraient travailler avec lui et choisiraient une histoire d'amour comme Roméo et Juliette. Il en vomissait déjà d'horreur. Elles étaient toutes persuadées qu'il tomberait finalement amoureux d'elle, uniquement parce qu'ils avaient travaillé ensemble, ce qui en soit était risible mais qui dépassait le blond.

    C'est alors que M. Maldonavo, décida à la place de tout le monde les groupe et mit la nouvelle avec Garrett. Cela le surprit et sembla rendre mal à l'aise, une fois encore, la jeune femme. Plusieurs regards dévièrent vers eux deux avant que les groupes soient définitif et que le cours reprenne. Il attendit la fin du cours pour se pencher sur sa table et observer la nouvelle faire son sac pour enfin lui demander :

    - Je m'appelle Garrett.. Enchanté binôme, dit-il avec un sourire amusé, j'avais pensé qu'on aurait pu choisir un livre en commun. J'ai une préférence pour la littérature du XIXe siècle.. Faust, ça te tente ? Je ne sais pas si tu connais mais c'est l'histoire d'un homme qui vend son âme au diable. Je ne suis pas fan des histoires nianian à la Jane Austen donc si c'est ce que tu espérais désolé d'avance mais ce sera non.


    immarcescible, Posté le dimanche 30 avril 2023 08:44 Répondre

    La tête du petit démon ahahahah.


    immarcescible, Posté le dimanche 30 avril 2023 08:44 Répondre

    OHHHHHHHH LES BB ! :'O


    immarcescible, Posté le vendredi 28 avril 2023 11:46 Répondre

    Une nouvelle journée sans que rien de particulier ne se passe. Garrett s'étire et se rend compte que la fille d'hier soir est restée près de lui. En se redressant, il se rend compte que c'est lui qui est resté chez elle. Sa tête tourne et une migraine affreuse lui tape sur les tempes. Bordel, hier soir était complètement dingue lui rappelait sa mémoire. Oh diable que oui c'était dingue. Il en avait fait des soirées mais celle-ci avait dépassé toutes les espérances des garçons. La fille ronflait près de lui ce qui le faisait grimacer d'horreur, ou bien était-ce son mal de tête. Le plus discrètement possible, il glissait hors du lit pour récupérer ses vêtements qu'il enfila à moitié avant de s'extirper de la chambre. La brunette dans le lit bouge et il se tend. Il voit son visage et se souvient enfin du reste de la nuit, mais pas du prénom de la fille. Cela l'amuse même si sa conscience qu'il étouffe dans un coin sombre de son esprit lui hurle qu'il est immonde.

    Le jeune homme finit encore par sortir de la chambre et met ses chaussures sur le pallier. Il est tôt et il a encore le temps de passer chez lui pour se doucher et se changer avant les cours. Il regarde sur sa montre et se dit qu'il va marcher un peu. Il a toujours adoré marcher le matin très tôt et regarder les gens partirent au travail. Après avoir pris un café à un vendeur ambulant et un bagel, il prit la direction de l'Upper East Side là où il vit. Il traine le pas, comme si rentrer était une corvée. Après tout, personne ne l'attendait. Là, sa conscience déboula sévèrement et lui rappela Georgina qui, sans aucun doute, l'attendait près dans la cuisine. Elle était habituée à ce que le jeune homme découche et il s'en voulait toujours en rentrant de voir sa mine fatiguée parce qu'elle avait veillé toute la nuit son retour.

    Alors, sur le bord du chemin, il acheta quelques fleurs qu'il trouvait pitoyable pour sa gouvernante et l'affection qu'il avait pour elle. Elle était comme une mère pour lui. Ses parents étaient des avocats puissant et renommés. La famille Hedlund était reconnue et appréciée de la classe élevée de NY. Sa mère, Catherine, est issue d'une grande famille noble venant d'Europe et ayant colonisé l'Amérique. Une des plus vieilles et puissante famille qui régnait encore en maître sur la bonne société new-yorkaise. Son père, un homme d'origine plus modeste mais qui avait travaillé très dur toute sa vie pour pouvoir rivaliser avec les autres garçons de sa classe. Il était féroce, tenace au travail et réputé pour cela, quand à la maison il était bienveillant et à l'écoute. Sa mère était plus froide et distante. Elle gardait dans son regard cette allure de reine des glaces si imposante et tellement belle qu'elle effrayait toutes les femmes des country club de la côte est.

    Garrett et Lucrecia étaient nés à deux années de différence. Elevés avec l'idée qu'ils étaient au dessus des autres tels des enfants prodigues. Depuis leur naissance, ils sont les coqueluches de la bonne société et les enfants terrible qui faisait fantasmer tous les autres de leur école. Il n'y avait pas à dire, ils étaient les dieux parmi les mortels du commun.

    - Georgie.. Georgie, je suis rentré !

    A peine avait-il ouvert la porte et qu'il s'était annoncé que la vieille femme se jetait sur lui et le tapait avec sa cuillère en bois. Il en riait quand elle était folle de rage. Il finit par lui tendre le bouquet de fleurs ce qui la fit ronchonner de plus belle quand lui souriait de son air brillant et adorable :

    - Tu es un.. un..
    - Un quoi Georgie adorééééée ?
    - Que tu m'énerves. En plus tu sens mauvais ! Je me suis fait un sang-d'encre une fois encore. Va te doucher pendant que je finis les pancakes.

    Affectueusement, il embrassait le front de la vieille femme qui était minuscule à côté de lui. Pour ses dix sept ans, Garrett était déjà assez grand et athlétique. Il n'était pas body buildé mais assez musclé pour savoir se défendre sur le ring. Après une douche rapide et s'être habillé, il rejoignit sa gouvernante dans la cuisine pour dévorer ses fameux pancakes. Lucrecia les rejoignaient peu de temps après et buvait son thé en silence. Elle avait décroché l'école pour commencer à créer des habits. Elle rêvait de devenir la plus grande modiste américaine et avait non seulement le talent mais aussi l'intelligence de se donner les moyens d'y arriver. Garrett, lui ? Il passait son temps à s'amuser en classe, se battre, fumer et lire. Il était dans une insouciance telle que rien n'avait d'importance hormis Georgie et Lu'. Ses parents étant absent tout le temps, il ne pouvait que leur afficher une retenue et une froideur extrême.

    - Henry m'a appelé ce matin pour s'assurer que tu étais bien rentré.
    - Pourquoi il t'a appelé toi, demande-t-il à sa soeur suspicieux, vous vous parlez ?
    - J'ai juste répondu au téléphone en allant me chercher un jus d'orange ne t'énerve pas..
    - D'ailleurs, où étais-tu hier ?

    La question de Georgie rencontra le silence insolent du jeune homme. Il préférait boire son thé en lui faisant les yeux doux, taquin. Elle ronchonnait encore mais il ne lui en voulait pas car elle était la seule à s'occuper et s'inquiéter de lui et Lu'. Il finit par se lever et embrassa la joue de la vieille femme avant de lui piquer un muffin qu'elle avait préparé pour le repas du soir pour ensuite s'enfuir en classe. Son sac sur l'épaule, il marchait en direction de l'école tout en dévorant le délicieux muffin. Sur son chemin il croisait quelques familles qui accompagnaient leurs enfants à l'école quand lui était autonome depuis ses six ans. Il ignorait les personnes sur son chemin, se contentant de regarder devant lui. Pourtant, sur le chemin, quelque chose de nouveau attira son oeil.

    En effet, sortait de chez les Sawyer une brunette qu'il ne connaissait pas. Cela le surprit car habituellement toutes les nouvelles passent sous la coupe des country club et remplissent les groupes de filles du lycée. Il n'eut pas vraiment le temps d'y jeter un coup d'oeil avec attention puisque Henry se jetait sur lui en le charriant de sa nuit avec la fille d'hier dont il ne se souvenait déjà plus le nom. Henry est son meilleur ami depuis le jardin d'enfance mais son aussi son plus grand ennemi. La compétition entre les deux fait rage depuis des années ce qui a souvent amené à ce qu'ils en viennent aux mains. Henry est studieux, l'enfant parfait, bien élevé qui ne fait jamais de vague. Le contraire absolu de Garrett. Les deux se complètent à leur manières.

    - Pourquoi tu as appelé Lu ?
    - J'ai appelé chez toi.. Nuance.
    - Mh.. Fais gaffe je t'ai à l'oeil avec ma soeur.

    Cela faisait rire le brun qui poussait son ami dans la cour puisqu'ils arrivaient en classe. Ils commençaient par un cours de littérature pour lequel Garrett n'avait pas fait son devoir. Il s'en souvenait au moment même où il avait franchi le pas de la porte. S'installant, il fit signe à Henry de lui transmettre sa copie pour qu'il puisse noter quelques petites phrases bateau quand ce dernier lui faisait les gros yeux. Au même moment, l'enseignant qui s'apprêtait à récupérer les copies, fut stoppé par l'arrivée du proviseur accompagné d'une jolie brunette aux yeux d'un noir étincelant.

    - Professeur Maldonavo, désolé de vous déranger mais comme convenu je vous amène la nouvelle élève.. Chers élèves, je vous prierais d'accueillir comme il se doit Anya qui arrive parmi nous.

    Tous les regards convergeaient vers elle et Garrett n'était pas en reste. Elle était plutôt mignonne dans son genre, il devait bien l'admettre, mais il y avait quelque chose d'autre chez elle qu'il n'arrivait pas à cerner. Habituellement, il y arrivait toujours avec toutes les filles et toutes les autres personnes. Elle avait le regard fier, brillant et plein de colère. Il était évident qu'elle n'était pas du tout à l'aise. L'enseignant de littérature, très accueillant et empathique, présenta une place tout près de la fenêtre à la nouvelle et lui proposa par la même occasion de se présenter. Elle semblait être au supplice. Alors, dans un élan de gentillesse dissimulée, Garrett décida de lui venir en aide mais à sa manière :

    - M. Maldonavo.. Je n'ai pas fais le devoir que vous aviez demandé. Il est possible que je vous le rende demain ? Ou plus tard ? Le temps que je le fasse en somme.
    - M. Hedlund.. Votre insolence vous perdra vous le savez.
    - Je sais des choses, je dois le reconnaître, mais j'ai taaaaant encore besoin de votre savoir.
    - Attention Garrett...
    - C'est censé me faire peur ?
    - Garrett..
    - Ah oui, je dois avoir peur donc.

    Tout le monde riait dans la classe et arrêtait d'observer la nouvelle. L'enseignant agacé, décida donc d'exclure Garrett qui partait sous les rires de ses camarades habitué au comportement insolent du blond. Cela ne le dérangeait pas, il pourrait aller fumer tranquillement sous les gradins et lire ce que bon lui semblait. Il n'y avait que l'école de la vie pour lui de concret, sans vraiment savoir ce qu'il attendait de son avenir.


    immarcescible, Posté le samedi 22 avril 2023 09:52 Répondre

    Front contre front, Garrett avait osé poser ses mains sur le visage d'Anya. Son nez caressait le sien quand il lui offrait un sourire léger et malicieux avant de lui avouer qu'il s'était enfui discrètement de l'hôpital. Ses mots l'avait rassuré, guidé. Il plongeait son visage dans la crinière d'ébène d'Anya et humait son parfum doux et léger. Il la serrait contre lui le plus fort possible en essayant de faire taire ses peurs les plus extrêmes. Non, elle était là, il était dans la réalité et il ne rêvait plus. Embrassant son épaule, son cou puis enfin de nouveau à ses lèvres il lui rendait ce baiser langoureux et intense qu'elle seule avait toujours su lui donner. Mais le souffle lui manquait et il du le reprendre non sans quitter son visage qu'il caressait :

    - Blackbird.. Tu m'as retrouvé..

    Ils prirent un moment l'un contre l'autre à se caresser, se toucher et s'embrasser. Les yeux clos, Garrett dessinait comme une carte mentale le corps de la jeune femme qui était le même que dans son esprit si ce n'est qu'elle était moins amaigrie par la famine. Non, elle mangeait à sa faim désormais et elle semblait plus lourde que dans son souvenir. Cette image le ravissait. Il n'avait aucune idée de combien de temps il était resté ici mais toujours est-il qu'il durent bouger. Il savait pertinemment qu'il devait rentrer à l'hôpital mais il n'en n'avait aucune envie, surtout en imaginant Anya seule dans cet appartement. Il prit donc la décision de rester cette nuit avec elle et qu'il rentrerait le lendemain.

    Pendant qu'elle faisait à manger, il l'observait d'un oeil attentif. Il ne décrochait pas son regard d'elle comme s'il voulait s'imprégner de tout ce qu'il voyait pour s'en abreuver. Elle bougeait, vivait, parlait. Elle était là, en chair et en os. S'ennuyant ferme sur son fauteuil, il décida de venir l'aider à cuisiner. Même si elle protestait pour sa jambe, il fit une moue l'air de rien :

    - Je suis resté allongé bien trop longtemps, dit-il en épluchant des pommes de terre, je dois me rendre actif si je veux pouvoir vivre normalement un jour.

    Il l'écouta évoquer son périple en Russie et comment elle l'avait retrouvé et comment elle avait aussi retrouvé son père. Garrett était surpris d'entendre cette nouvelle et fit une mine interloquée en repensant à l'homme sortit de l'appartement puisqu'il le reconnaissait. Plusieurs fois dans la cour ils avaient marché l'un à côté de l'autre et ils avaient même été torturé ensemble. Garrett chassa le plus rapidement possible de son esprit ce souvenir avant de poser des question à la jeune femme :

    - Ton père ? Il était militaire c'est ça ? Était-il proche des Romanov ?

    Parce que oui, malgré la douleur de ce jour là, il se souvenait encore des mots qu'avait dit cet Andreï et de sa fille, enfant d'une Romanov, enfant d'une lignée directe. Peut-être était-ce encore un mauvais tour de son esprit mais Anya avait dit quelle dirait la vérité, toujours. Alors qu'est-ce qui l'empêchait de demander ?


    immarcescible, Posté le jeudi 20 avril 2023 18:47 Répondre

    Il l'écoutait évoquer des souvenirs qu'il pensait avoir vécu mais dont il n'était pas certain. Agenouillée devant lui, il contemplait ses prunelles qui reprenaient une couleur plus douce, plus clémente, plus sereine. Il avait envie de passer sa main dans sa crinière mais se retint. Après tout, même s'il était persuadé qu'elle disait la vérité, elle restait une étrangère pour lui. Lorsqu'elle eut terminée de tout lui raconter, il ferma les yeux et prit une ample inspiration et finit par avouer, quasiment honteux :

    - J'ai tellement peur.. J'ai tellement peur Anya..

    Sa voix tremblait, ses mains aussi. Il avait honte d'avouer sa peur, lui qui s'était toujours cru insubmersible. Mais la torture, son esprit détraqué, son corps complètement handicapé, il ne se sentait plus homme, plus certain de quoi que ce soit et de qui que ce soit. Il se sentait près à s'écrouler mais la main d'Anya se jeta sur la sienne et il la serra le plus fort possible. Il l'amena à ses lèvres et déposa un baiser au creux de son poignet. C'était leur signe, leur symbole, le baiser chaste qui les avaient pourtant conduit à la passion ultime. Une larme quitta ses paupières quand il finit par avouer :

    - J'ai tellement peur que tu ne sois pas vraiment là.. J'ai peur d'être encore en train de rêver.. Je.. Je t'ai vue tellement de fois.. Ils t'ont arrachés à moi tellement de fois.. Ils t'ont souillée.. Tuée.. J'ai peur d'ouvrir les yeux et de me rendre compte que ça aussi je ne l'ai pas vécu.. J'ai peur de me réveiller encore dans cette cellule et de.. et d'avoir seulement imaginé ton parfum, le son de ta voix, la couleur de tes yeux..

    Il relâchait la main de la jeune femme pour prendre son visage entre ses propres mains quand il sentait des sanglots d'un chagrin bien plus important qu'il ne l'aurait avoué en tant normal. Mais là il était perdu, anéanti et certain de rêver une fois de plus.

    - J'ai besoin que ce soit vrai tu comprends ? Donc si tu n'existes pas vraiment.. Si tu n'es que le fruit de mon imagination je t'en supplie laisse moi en paix.. Cesse de venir me hanter.. Je ne peux plus le supporter.. Ou alors.. Ou alors reste mais ne pars plus jamais.. Aie pitié de moi..


    immarcescible, Posté le jeudi 20 avril 2023 12:56 Répondre

    Peu avant l'entrée tragique de Anya dans la chambre, Garrett avait été endormi par Gabriel. Il devait reprendre des forces et cela passait par le sommeil. Les jours qui suivirent, il fut tellement occupé qu'il n'eut pas le temps de voir la jeune infirmière. Il avait même commencé la rééducation. A chaque brune qu'il croisait, il se retournait, espérant que ce soit la jeune femme mais jamais elle ne réapparaissait. Si ce que Gabriel était vrai, elle était Anya. Mais alors pourquoi son esprit faisait-il en sorte de le faire douter ? Les journées étaient compliquées pour lui. Il plongeait souvent dans de profond mutisme qu'il ne comprenait pas. C'était comme si quelque chose s'emparait de lui, une ombre violente qui lui donnait envie de hurler et de frapper. Comme s'il ne maîtrisait plus rien et qu'il voulait que tout se termine.

    Un après-midi, il demanda à une infirmière de l'aider à s'habiller. Sa jambe allait mieux mais il boitait encore un peu. Au moins, désormais, il marchait. Même s'il claudiquait, il pouvait se déplacer tout seul. L'infirmière Nina avait disparue et il n'avait eu aucune nouvelles d'elle et Gabriel ne voulait pas aborder le sujet. Sans le savoir, il lui avait imposé de prendre des jours de congés. D'après les murmures, elle avait pris possession d'un appartement en ville où elle recevait un homme. Apparemment, elle avait quelqu'un dans sa vie qui désormais l'entretenait. Avec beaucoup d'habileté, il réussit à avoir son adresse et s'extirpa sans prévenir de l'hôpital. Ce fut si aisé qu'il en eut le tournis.

    La découverte de Londres et de ses quartiers dévasté par la guerre ne lui apportait aucune surprise. Le chaos il connaissait, rien désormais ne pouvait le choquer. Il marchait, aidé d'une canne et cherchait la dite adresse de la jeune femme jusqu'à finalement arriver dans une rue étroite bordée d'une multitude de fleurs et autres arbres. C'était un endroit charmant. Une vieille logeuse lui indiqua où était l'appartement de la brune à l'accent russe avant de cracher au pied du militaire. Il ne offrit une légère moue surprise avant de l'ignorer et de se rendre au deuxième étage. Il était en nage tant l'effort avait été grand. Les points de sa cicatrice le tirait mais il s'en fichait. Il devait comprendre.

    Enfin, elle ouvrit et il vit bien qu'elle était à la fois effrayée et choquée de sa présence. Au même moment, un homme qu'il reconnaissait surgit. Il se présenta comme étant Andreï, le père de la jeune femme et serra la main du blond avant de s'éclipser. Silencieux, Garrett le salua restant tranquillement sur le pas de la porte. La vieille logeuse en bas maugréait contre la jeune femme la prenant visiblement pour une prostituée avec tous ces hommes de passage. Le blond entrait enfin lorsqu'elle lui autorisa et observa l'unique pièce qui servait d'appartement. C'était propre mais vide de vie. On aurait dit qu'elle n'était là que de passage :

    - Je ne vous vois plus à l'hôpital. Les infirmières disaient que vous aviez rencontré quelqu'un.. Je voulais juste m'assurer qu'il vous traitait bien et que vous n'aviez pas d'autres hématomes.

    Il se tournait face à elle et observa sa mine. Elle ressemblait tellement à Anya qu'il avait envie de pleurer. Inspirant profondément, il reprit :

    - Mon esprit me joue des mauvaises idées. Je ne sais plus vraiment qui je suis et ce que j'ai vraiment vécu. Vous semblez me connaître si je ne m'abuse. Alors.. Alors j'aurais besoin de connaître la vérité.

    Lentement, il s'approchait d'elle jusqu'à venir frôler sa main de la sienne quand il détaillait avec attention les traits de son visage. Elle était si belle mais si inquiète. Tout son visage transparaissait d'une peur et d'un manque qu'il n'arrivait pas à déterminer.

    - Qui je suis ? Suis-je Sacha Belov ? Garrett Hedlund ? Est-ce que j'ai des enfants ? Est-ce que.. Est-ce que tu es Anya ? Est-ce que tu es ma femme ?


    immarcescible, Posté le lundi 17 avril 2023 19:02 Répondre

    La notion du temps est totalement différente pour Garrett. Il ne se rend pas compte du temps qui passe ni même ce qui se trame derrière ces murs. Pourquoi s'obstines-t-il à le garder en vie ? C'est effroyable pour lui de constater qu'il commence à s'attacher à cette infirmière qui vient tous les jours le voir, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Anya et qui l'apaise, ou encore par ce médecin qui semble véritablement être inquiet pour lui. Ils font tout pour qu'il guérisse, il le sent bien. Souhaitent-ils le renvoyer sur le front ? C'est une possibilité. Autant envoyer des hommes valide plutôt que de les tuer.

    Sa jambe le faisait encore souffrir mais il reprenait des forces. Les repas étaient différents et nettement plus riche. Tout résonnait comme s'il se trouvait vraiment en Angleterre. Même s'il ne connaissait rien à ce pays, il reconnaissait quand même cet accent et la nourriture étrange qui peuplait ses plateaux. Il mangeait, avec appétit quand Nina était là mais cela cessa lorsqu'elle disparu. Personne ne répondait à ses questions ce qui le frustrait et le plongeait dans un mutisme profond. Il s'en voulait tellement de penser à cette femme alors qu'il devrait encore pleurer son épouse morte. Est-ce que le temps faisait déjà son oeuvre en lui faisant oublier l'amour de sa vie ? Impossible se disait-il puisqu'il aimait toujours Anya du plus profond de son être, pourtant de part sa présence, l'infirmière, le rassurait et lui donnait l'impression d'être en sécurité.

    Gabriel était un compagnon de conversation fort agréable il ne pouvait le nier. Aussi, il passait souvent dans l'après-midi et évoquait avec lui sa terre natale, l'Ecosse. Garrett écoutait toujours attentivement sans vraiment répondre et alimenter la conversation ou alors c'était pour parler de ce qu'il était persuadé avoir vécu avec Anya. Mais plus il en parlait, plus il se rendait compte que ce n'était qu'un songe. Quand il approchait de la vérité, ses yeux se noyaient de larmes de douleur. Imaginer qu'ils n'avaient pas pu avoir cette vie le tuait littéralement de l'intérieur. Gabriel comprenait qu'ils étaient sur la bonne voie et que ce n'est qu'en discutant qu'il pourrait, envisager, de le sauver.

    Lorsqu'enfin Anya revint, Garrett sentit son coeur se serrer à la fois de rage et de joie. La joie car elle était de retour mais de rage en voyant l'énorme hématomes sur son visage. Elle ne disait et ne faisait rien de particulier si ce n'est regarder ses pansements. Lui, il la fixait durement de ses prunelles bleu ciel inflexible en lui expliquant que sa femme était médecin, qu'elle soignait les gens, qu'elle aimait s'occuper des gens et de les aider quand elle même ne se souciait pas de sa propre vie. Quand elle vérifia son pouls, il agrippa fermement son poignet de sa main valide et la rapprocha de lui. Il vit son regard apeuré et la honte qui s'y mêlait. Délicatement, de son autre main, il caressa l'hématome encore bleuet de son arcade et senti de nouveau la rage l'envahir :

    - Qui a osé vous toucher de la sorte, demandait-il d'une voix basse et inquiétante.

    Ses doigts continuaient délicatement cette caresse sur son visage. La peau a une mémoire avait-il lu un jour dans un livre. Un frisson étrange le parcourait quand la proximité de leur visage le troublait. Sa colère était toujours présente mais le parfum de la jeune femme l'enivrait étrangement. Ses prunelles croisèrent les siennes et il y vit un puit de douleur qui le bouleversa. Le même que celui d'Anya. Ses doigts caressaient son menton, son cou, sa gorge et enfin sa nuque quand il sentit son coeur se serrer de douleur :

    - Tu lui ressembles tellement, murmurait-il à son encontre, tes yeux.. tes yeux..

    Leurs fronts se rejoignaient délicatement. C'était trop d'émotion pour Garrett qui vint à fermer les yeux un instant. Il sentait le parfum de sa peau qui n'était pas sans lui rappeler celle de son épouse. C'était tellement étrange, tellement impossible. Tout se mélangeait dans sa tête, le vrai, le faux. Anya riant, Anya et Pasha, Anya pleurant, Anya se battant, Anya jouissant, Anya vivante. Elle lui manquait tellement. Il croyait que son esprit lui faisait de nouveau défaut et il sentit une vive douleur dans la poitrine qui vint le faire gémir de douleur et donc relâcher la jeune femme. Son corps s'affaissait sur le dos violemment et ses mains posées sur sa poitrine il se tordait de douleur avant de finalement s'évanouir.

    Au même moment, Gabriel arrivait dans la chambre, alerté par le cri de Garrett. Il se mit à l'ausculter et suspecta une arythmie. Il appela d'autres infirmière et ordonna à Anya de sortir de la chambre. Il ne voulait pas qu'elle soit là si jamais il devait ouvrir son époux. Une fois la jeune femme écartée, il commença un massage cardiaque aidé par les infirmières. Il ne fallut que quelques minutes pour qu'il revienne à lui mais c'était déjà trop pour le médecin qui ouvrait les paupières de son patient avec inquiétude :

    - Garrett.. Garrett.. Vous m'entendez ?
    - Vous me faites mal doc..
    - Bordel de merde.. Qu'est ce que vous m'avez fait là ?

    Garrett n'en n'avait aucune foutu idée. Tout ce qu'il espérait, c'était que l'infirmière revienne. Dans son moment inconscient, il avait cru être au paradis en retrouvant Anya. Mais elle lui avait murmuré qu'il n'était pas au bon endroit et qu'il devait se réveiller. Il était épuisé et devait encore se reposer, malgré tout, il demanda à ce que Nina revienne le voir, le temps qu'elle arrive, il se pencha vers Gabriel et dit :

    - Je ne sais plus dans quel monde je suis doc.. Et si ce n'était pas vraiment elle..
    - Qui donc ?
    - Vous savez très bien de qui je parle. Si ce n'est pas elle je.. j'en mourrais.. vous comprenez ? est-ce que vous avez déjà aimé quelqu'un au point d'en devenir complètement fou et de n'avoir aucun autre but que de l'aimer et de la chérir toute votre existence ? Anya était toute ma vie doc.. je ne pourrais pas supporter de la perdre une nouvelle fois.


    immarcescible, Posté le samedi 08 avril 2023 10:00 Répondre

    Bien sûr qu'il est méfiant, comment pourrait-il ne pas l'être ? Puisqu'il s'était résigné à mourir, il ne voyait aucune objection à se laisser porter par l'infirmière. Comme il était troublant de sentir son parfum. Il avait l'impression de sentir celui de sa bien aimée. Diable, comme l'envie de la rejoindre était troublante. Il était prêt et s'étonnait qu'ils prennent tout leur temps pour lui ôter la vie. Décidément, ils prenaient un malin plaisir à le torturer. C'était ça finalement le pire. Etre en vie quand l'amour de sa vie, son ange, était déjà partie. Le jardin était apaisant, agréable. Cela lui donnait presqu'envie de survivre, mais c'était sans compter la brutalité humaine. La jeune femme près de lui, disant s'appeler Nina, lui parlait des bombes qui explosaient non loin d'eux. Il n'en n'avait pas peur, c'était tellement devenu commun qu'il ne réagissait plus.

    Levant son regard vers elle, il l'observa enfin véritablement. Surpris, troublé, il voulu tendre sa main vers elle mais se ravisa en voyant le docteur Walker surgir mécontent. En effet, il offrait un regard noir à la jeune infirmière et la prit un peu à l'écart. Les seules choses que Garrett put entendre étaient des mots de reproches. Visiblement, elle n'avait pas le droit de le faire sortir de sa chambre d'hôpital. Cela faisait ricaner le blond qui se demandait où il aurait pu filer sans avoir la possibilité de marcher. Car il était impossible pour lui de s'exfiltrer de son fauteuil seul tant ses jambes le faisait encore souffrir. En revanche, ses bras fonctionnaient et il pu avancer avec le fauteuil jusqu'au couple qui s'engueulait et dire :

    - Docteur, reprit-il dans un anglais parfait, je suis près à parler à votre supérieur. Vous avez raison je suis bien Garrett Hedlund et je suis prêt à mourir.
    - Que.. Quoi ?

    Gabriel était sonné par la nouvelle et par l'élocution parfaite de Garrett. Cela faisait plusieurs jours qu'il était embrouillé par ses supérieurs ne croyant pas l'histoire d'Anya. La nationalité de Garrett ayant été révoquée lorsqu'il se fit passer pour Sacha Belov rendait difficile les soins qu'il pouvait percevoir, ici, en Angleterre.

    - Vous avez raison. Je suis bel et bien cet homme. Vous avez gagné je capitule. Vous pouvez m'exécuter comme bon vous semble.

    Désarçonné, Gabriel prit le temps de réfléchir à la situation avant de s'approcher du blessé et de tenter de modérer ses propos.

    - Garrett vous.. Vous n'êtes pas notre prisonnier.. Vous êtes un soldat.. Nous, nous sommes ici pour vous aider avec.. avec Anya.. Regardez.. Elle est là.. Près de vous..
    - Ne parlez pas de ma femme. Je vous l'interdis.

    Encore emmuré, persuadé qu'il avait vu Anya mourir, il ne pouvait concevoir que la jeune femme derrière Gabriel puisse être elle. Il était encore en pleine psychose, comme son rêve où il avait vécu avec elle et leurs enfants. C'était un autre rêve mais trop difficile à vivre sans elle. Il n'avait aucun sens et comme toujours lorsque l'on parlait d'Anya, il se rembrunissait persuadé que juste en parlant d'elle, les gens allaient lui faire du mal. Gabriel était dépassé par le mutisme de son patient et venait à se relever en soupirant. Se rapprochant de la jeune femme, il lui proposa donc de continuer à s'occuper de Garrett et de faire comme bon lui semblait. En effet, elle avait beaucoup plus réussi à le sortir de sa coquille en un après-midi que lui en trois semaines.

    Toujours dans son fauteuil, le blessé observait les magnifiques lilas qui s'épanouissaient devant lui lorsqu'il demanda au médecin une cigarette. Gabriel savait qu'il n'avait pas le droit mais étant donné la situation, il sortit de sa poche un paquet avant d'en tendre une à son patient. Le blond était surpris de voir la marque américaine et inhala profondément avant d'expirer les yeux clos. Il s'était auto-persuadé que ce serait la dernière, aussi, il avait un léger sourire narquois sur les lèvres :

    - Anya ne supportait pas que je fume dans la chambre et encore moins quand les enfants étaient tous près. Elle avait toujours cette légère moue désapprobatrice qui me faisait rire.
    - Les enfants, demandait Gabriel avec surprise, vous aviez des enfants ?
    - Oui.. Deux.. Pasha et Jasmine. Même si Jasmine était le fruit de mon autre mariage avec Elena. Une fille que j'ai rencontré dans un bar. Mais Jazzy aimait Anya comme sa mère. Elle prenait soin de l'une et de l'autre.

    Gabriel se mit à écouter sans comprendre le récit de Garrett qui avait la langue bien pendue après une deuxième cigarette. Ce qu'il prenait pour une vie n'était autre qu'un rêve qu'il racontait à son médecin. Difficile de faire le tri dans toutes ces pensées. Après avoir finir son récit, ils ramenèrent donc le blessé dans sa chambre prêt à mourir. Une fois couché, il retint un instant Anya en plantant ses iris dans les siens. Une seconde il eut comme un éclair de lucidité mais qui le fit souffrir :

    - Tu lui ressembles tellement.. ça me fait mal qu'elle puisse croire que je l'oublie ou que la remplace. Je ne pourrais jamais lui faire ça. Elle était la lumière de ma vie tu sais. Jamais je n'ai jamais quelqu'un comme ça. Jamais je n'ai éprouvé une telle chose de toute ma vie. Pourquoi tu lui ressemble tant ?

    Au même moment, Gabriel revenait dans la chambre et demanda à Anya de le rejoindre coupant ce qui aurait pu être un moment de retrouvailles. Une fois avec la jeune femme dans le couloir, il parla des troubles dissociatifs et que Garrett souffrait tellement encore des horreurs psychologiques et physique qu'il ne savait plus où était la réalité.

    - J'ai autre chose à te dire mais je ne suis pas certain que cela puisse te plaire.. Dans quelques jours il sera de nouveau sur pieds et.. et l'Etat Major voudra le rencontrer. Il est fortement probable qu'ils le renvoient sur le front Anya. Ses compétences seront d'un grand secours sur le terrain. Tu vas devoir t'y préparer.


    immarcescible, Posté le mercredi 05 avril 2023 17:12 Répondre

    Les journées se ressemblaient toutes. Il était abruti par les médicaments l'empêchant d'être violent et il comprit donc qu'il devenait urgent de ne plus être sous médication. Les médecins venaient régulièrement le voir, notamment ce Gabriel qui parlait pauvrement russe et s'exprimait parfois en anglais. Mais jamais Garrett ne réagissait. Il avait trop peur de tomber dans un piège. Son identité de Sacha Belov devait rester, il ne devait en aucun cas révéler son identité. C'était la mort assurée de Georgie et d'Alek, peu importe où ils pouvaient être. Parfois, quand il dormait, il essayait de retrouver la douceur de ce foyer qu'il s'était trouvé. De ces enfants, de Pasha, de Jasmine et de l'amour de sa vie. La douceur d'Anya, son sourire, ses mains sur sa crinière, son oeil brillant de malice et d'amour. Mais le réveil était violent, brutal et le renfrognait encore plus.

    Lorsqu'il était encore sous médicaments, il voyait régulièrement une petite brune s'occuper de ses soins. Elle mettait une telle dévotion dans ses pansements qu'il ne pu s'empêcher de revoir Anya s'occuper de lui quand il avait été blessé par l'obus. Cette image lui donnait envie de pleurer à chaque fois et le faire sortir de son mutisme mais il craignait qu'on l'assomme encore de médicaments. Alors, il vint à reprendre sa posture silencieuse, résignée et lentement on diminua ses médicaments.

    Un jour qu'il observait le peu d'extérieur qu'il voyait de sa fenêtre au barreau, il revit la petite infirmière. Elle avait le même profil que Anya. C'était troublant. C'était la même femme qui était venue à lui et qui s'était présentée comme telle. Il la regardait faire, s'attardant sur ses mains, sur son dos, sa nuque, l'étrange foulard qu'elle portait, sa crinière. Difficile de voir son visage en intégralité car elle le dissimulait. C'était si étrange, si inquiétant. Il était complètement perdu dans ce qu'il croyait savoir. Alors qu'il tentait de bouger un peu son pied, elle prit peur et s'expliqua comme pour qu'il lui laisse la vie sauve. Sa voix était chevrotante et pleine d'émotions. Elle jouait décidément bien.

    Sans un autre mouvement vers elle, il allait la laisser quitter la chambre peu de temps après mais il ne pouvait s'empêcher de repenser à ce qu'elle venait de dire. En fermant les yeux, il repensa à Anya et il repensa à ce sentiment si puissant qu'elle lui avait offert lors de leur première rencontre. Regardant de nouveau à l'extérieur, il murmura en russe d'une voix basse et détruite :

    - Elle était l'amour de ma vie. Ils m'ont enlevé mon soleil.

    L'oeil hagard, ses yeux devenaient humide comme soudainement pris du sursaut qu'il ne reverrait plus jamais Anya. Ca le tuait de l'intérieur d'imaginer une vie sans qu'elle puisse réapparaître. C'est alors que la colère lui vint. Les odieux souvenirs qu'on lui avait trafiqué dans l'esprit lui revenait et c'était intolérable :

    - Ils l'ont détruite.. Je n'ai rien pu faire. Je n'ai pas pu la sauver alors que je lui avais promis.

    Son poing se serrait de nouveau quand il fermait les yeux pour s'échapper de ces images, de cette violence et de cette douleur. Il devait s'enfuir. Seulement il n'y arrivait jamais. Son corps était épuisé quand son esprit était mort. Il ne lui restait qu'une solution, celle de se rendre. C'était la seule manière qu'il avait pour rejoindre son Anya.

    - Appelez le médecin, dit-il en anglais, dites-lui que je suis Garrett Hedlund et que je me rends. Je dois la rejoindre.


    immarcescible, Posté le lundi 03 avril 2023 17:57 Répondre

    Etrange est le corps humain lorsqu’il s’agit de survivre. Garrett n’avait plus aucune idées d’où il se trouvait ou encore moins de qui il était. Son esprit avait fabriqué une cellule psychologique inconsciente tellement puissante qu’il s’était convaincu qu’il vivait cette vie, en Amérique, avec Anya et leurs deux enfants. Aussi, même s’il respirait, même son corps meurtri vivait encore, son esprit à lui n’était pas encore capable de se confronter à l’horreur de ce qu’on lui avait infligé. C’est dans un état second qu’il fut transporté par Anya et sa détermination, ou encore qu’il était alité sur un brancard qui l’emmenait en direction de l’Angleterre. Il ne vit rien de tout ça, ne réagissait à rien, complètement vidé de toute énergie et de sens.

    Pourtant, il entendait parfois la voix d’Anya l’appelait, le supplier. Il l’entendait et pensait qu’il s’agissait d’un rêve. Alors, comme il avait tout inventé dans son esprit, il se tournait dans son lit et enlaçait cette autre Anya, celle avec laquelle il était persuadé de vivre. Il s’était isolé dans ce monde, incapable de concevoir que ce rêve ne pouvait pas être vrai.

    Il lui fallut pas loin de deux mois pour oser ouvrir les yeux. Comme si son esprit lentement n’était plus capable de suivre l’évolution d’une vraie vie. Aussi, Garrett se mit à revenir très lentement à ce qui était sa véritable existence. Ses yeux lentement s’étaient ouvert et il avait pu voir un plafond blanc, sommaire où une lumière vive aveuglé ses prunelles. Son corps était encore endolori par les coups, les blessures causées par les couteaux ou encore les brûlures que Karazov lui avait infligé.

    Méfiant, il observa autour de lui pour se rendre compte qu’il était dans une chambre vide. Sur la droite, sur la petite table se trouvait des livres, un verre d’eau et un vase rempli de fleurs fanées. Mais où diable se trouvait-il ? Il ne comprenait plus rien. Lentement, il reprenait conscience de ce qui c’était passé et du rêve qu’il avait fait. Pour lui, Anya était morte. Il n’avait pas pu la sauver et elle et Dima étaient mort. Il revoyait encore la chevelure brune et le corps sans vie de son épouse ce qui était une souffrance intolérable.

    Avec le peu de force qu’il lui revenait, il arracha la perfusion de son bras ce qui déclencha des bips qui heurtaient ses maux de tête. Sa gorge était sèche tant il avait soif. De sa main tremblante il tenta d’attraper le verre d’eau mais il lui glissa des mains et se brisa au sol. Il craignait d’être repéré, il fallait donc fuir. Ses jambes avaient des difficultés à le porter mais il trouva l’énergie suffisante pour aller jusqu’à la porte qu’il trouva fermée à clé. Ainsi donc, il était toujours prisonnier.

    Agrippant un bout de verre sur le sol, il vint se dissimuler derrière la porte de sorte à se jeter sur le prochain geôlier qui viendrait s’en prendre à lui. Ses souvenirs de la réalité revenait et il était hors de questions qu’ils jouent de nouveau avec lui. Hors de question qu’il soit encore torturé pour leur bon plaisir. Il attendit un instant jusqu’à ce que le loquet de la porte se tourne et qu’un homme entre. Dans un mouvement brusque et rapide et avec le peu de force qu’il lui restait, Garrett se jeta sur l’homme en blouse blanche et lui enfonça le verre brisé dans l’épaule en poussant un cri bestial. Voilà ce qu’il était devenu, un monstre qui tentait de survivre encore.

    Le tumulte dans la chambre alerta le reste de l’étage de l’hôpital qui vinrent rapidement maîtriser Garrett qui se débattait comme il le pouvait et qui hurlait en russe. Le médecin au sol, un certain Gabriel Walker toussait, encore sonné par le bout de verre dans son épaule et la rage surprise de son patient. Très vite le blond fut maîtrisé, en même temps, il n’avait que la peau sur les os, et fut endormi sans qu’il se rende compte qu’il était véritablement en sécurité, en Angleterre.

    Lorsqu’il ouvrit les yeux, il était dans le vague, comme s’il avait bu. Il entendait sa voix, il sentait son parfum. Elle était là, il la sentait. Toujours en russe, il lui demanda s’il était au paradis. Il n’y avait qu’à cet endroit qu’il pouvait la retrouver puisqu’elle était son ange, sa vie. Pourtant, en ouvrant les yeux, il vit de nouveau la chambre d’hôpital et il sentit cette odeur de médicament si inquiétante. Anya était au dessus de lui. Elle semblait tellement plus vraie que dans son esprit. Il voulut bouger mais se rendit compte qu’il était attaché ce qui vint l’affoler et se débattre. Rapidement les docteurs venaient le maintenir mais il redoublait d’énergie, tétanisait d’être encore attaché et de voir le fantôme d’Anya aussi distinctement. Jamais encore il ne l’avait vu avec une telle netteté. Son esprit était si détraqué, qu’il était persuadé d’halluciner. Il hurlait en russe. Il hurlait et injuriait les médecins et infirmiers qui le retenaient. Ses yeux étaient ceux d’un fou.

    Rapidement, le fameux médecin qui avait été attaqué, Gabriel Walker, vint emmener Anya hors de la pièce en espérant que cela réussirait à calmer Garrett qui devenait de plus en plus violent.

    - Avec ce que tu nous a raconté et ce que nous savons de ces fameux goulags je crains fort qu’il souffre encore - plus qu’on ne le pensait de ce qu’il a subit, expliquait Gabriel d’une voix posée, on a eu les témoignages de certains prisonniers et ils nous ont dit que Garrett avait tenté de fuir dix sept fois et qu’à chaque fois les punitions étaient encore plus violentes et odieuses qu’avant. Anya, il est possible qu’il ne soit plus jamais l’époux que vous avez connu. Son esprit est.. il est complètement détruit. Il faut que tu en prennes conscience.

    Il fallut encore une heure pour qu’il finisse de se calmer que Gabriel puisse entrer. Il parlait un peu russe mais avait son accent anglais. Garrett l’observait persuadé qu’il s’agissait d’un autre tortionnaire. Alors, il restait sur ses gardes, persuadé que le prochain coup allait arriver.

    - Vous êtes Garrett Hedlund, expliquait Gabriel dans son russe approximatif, je sais qui vous êtes car c’est Anya.. Anya Siminiov qui est venue vous chercher.
    - Je suis Sacha Belov et ma femme est morte. Qu’attendez-vous de moi ?
    - Non, non, non Garrett.. Votre prénom est Garrett. Je.. Je suis Gabriel Walker, médecin et.. et vous êtes en Angleterre. Vous êtes sain et sauf.

    Cette fois-ci, le médecin avait parlé en anglais. Garrett faisait donc comme s’il ne comprenait pas. Pour lui, il était encore en Union Soviétique et ses geôliers cherchaient à tout prix à le torturer et le faire avouer qui il était. Il répéta alors encore en russe qu’il était Sacha Belov qu’il était commandant dans l’armée rouge et que sa femme était morte sous ses yeux. Gabriel se sentait dépassé et il se doutait qu’Anya était pleine d’impatience derrière la porte. En sortant, il la vit et ne pu lui mentir :

    - Ils lui ont lavé le cerveau, ils l’ont complètement détruit psychologiquement. Totalement. Mais peut-être que s’il te voit il reprendrait confiance. Est-ce que.. Est-ce que tu es prête ?

    Garrett observait le sol face à lui cherchant la possibilité de s’enfuir de nouveau. Il revoyait distinctement les fameuses scènes de torture, il entendait ses cris de douleur et le pire de tout, le jour où ils exécutèrent Anya devant lui. Du moins, c’était ce qu’il avait cru voir. La malnutrition, la fatigue, la peur et les coups l’avait persuadé de sa mort et de son exécution. Alors la femme qu’il avait vu ne pouvait être Anya. Elle ne pouvait être que dans son esprit. Lorsqu’elle entra dans la pièce suivie de près par un Gabriel inquiet. Deux autres infirmiers entraient, au cas où que cela dégénère. Le blond serrait les dents de toutes ses forces quand ses yeux se remplissaient de larmes. La peur, la colère et le désespoir se lisait sur ses traits. Il ne parlait pas, il ne pouvait pas. Le souffle retenu, il essayait de ne pas réagir mais c’était trop difficile :

    - Ma femme est morte. Ma femme est morte. Vous l’avez tué. Devant moi.. Vous l’avez..

    Vite, il devait fermer les yeux pour ne pas devenir fou. Mais la femme devant lui portez le même parfum. C’était trop difficile. A peine avait-elle essayé de poser la main sur la sienne qu’il tenta de nouveau de se défaire de ses liens. Il réussit sauvagement à arracher le lien autour de son poignet et sa main agrippa la gorge de la jeune femme persuadé qu’il ne s’agissait pas d’Anya.

    - Vous ne serez jamais elle. Jamais !

    Aussitôt, Gabriel et les infirmiers récupérèrent en vitesse Anya de la poigne de Garrett qui fut rapidement maîtrisé de nouveau et relâcha la pression autour d’Anya :

    - TUEZ-MOI ! TUEZ-MOI ! TUEZ-MOI !

    Hurlait-il en se débattant encore et encore. Pendant ce temps, Gabriel extirpait Anya de la chambre et observait sa gorge qui avait déjà des bleus sur la peau :

    - Bon sang.. Je suis désolé Anya.. Il.. Il est encore en pleine psychose.. Il.. Je tellement désolé..


    immarcescible, Posté le vendredi 31 mars 2023 17:00 Répondre

    Les mains de Garrett se posaient timidement sur le ventre encore plat de sa fiancée. Devant Anya, il n'avait pleuré qu'une fois, lorsqu'il avait appris qu'elle était toujours en vie. Là, blotti contre elle, c'était la deuxième fois qu'il versait des larmes. Il caressait son ventre en le contemplant avec une sensation qui réchauffait son coeur et lui donnait un peu d'espoir.

    - Tu.. Tu es certaine ?

    C'était complètement fou et il n'arrivait pas à y croire. Mais alors qu'il la couvrait de baisers et de caresses en la remerciant de ce cadeau inespéré qu'elle lui faisait et pleurait toujours en dissimulant finalement son visage contre le ventre de la jeune femme, après l'avoir allongé sur le lit. Il déposait des baisers en essayant d'imaginer le ventre rond d'Anya, la voir se transformer, assiste à la naissance de ce futur enfant qui allait agrandir la famille. C'est alors que la raison le retoqua et que l'émotion se mua en une peur, une crainte qui n'allait désormais plus le lâcher :

    - On ne peut pas partir.. Anya.. Nous allons avoir un troisième enfant.. Comment.. Comment on réussira à subvenir aux besoins de notre famille si on est sur la route. Ca vous nous tuer.

    Il pensait au souhait d'Anya de se réaliser en tant que femme, ce qu'il comprenait et entendait et aussi à l'éducation de leurs enfants. Il avait fuit toute sa vie et il ne voulait pas d'une telle vie pour leurs enfants. Il voulait qu'ils grandissent avec le confort et l'éducation la plus parfaite possible. Se redressant, il vint se rasseoir au bord du lit et repris sa posture frustrée et inquiète quand il cherchait dans sa poche une cigarette. Une fois allumée, il passa sa main dans sa crinière qui avait trop poussé avant d'expirer la fumée et expliqua à sa compagne sa peur de vivre dans la rue maintenant qu'ils avaient les enfants :

    - S'il n'y avait eu que nous je m'en ficherais. Mais pas avec les enfants.. Je ne veux pas qu'ils meurent de faim comme on a pu le vivre, je.. Prends le poste à Washington.. Je m'occuperais des enfants ici, je te promet que l'on se verra tous les week-end mais.. mais on ne peut pas partir.

    L'incertitude du demain n'avait jamais effrayé Garrett, mais avec ce troisième enfant, il ne pouvait plus se permettre d'agir aussi impulsivement. Il devait trouver un foyer, un nouvel endroit pour eux tout en gardant la protection des Hedlund. Il proposa donc à Anya de trouver une petite maison à mi-chemin de NY et de Washington et de travailler pour ses parents mais ainsi d'assurer une pérennité dans le bien être de leurs enfants.


    immarcescible, Posté le mercredi 29 mars 2023 17:08 Répondre

    C'était bien la première fois de sa vie que Garrett dormait ainsi auprès d'Anya. Même lorsqu'ils venaient de se rencontrer, ils n'avaient jamais été séparé dans le lit. Il n'en dormit pas de la nuit, si bien que la micro-sieste du matin lui fit bien plus mal qu'il ne l'aurait cru. En se redressant, il voulut se blottir contre la chaleur de sa compagne et s'excuser mais rien. Elle avait déjà quitté le lit. Assis, il soupirait en se sentant horrible. La conversation qu'ils avaient eu la veille lui tordait l'estomac. Il avait l'impression d'avoir complétement oublié Anya au profit de sa propre rassurance même s'il s'avait qu'il allait finir par la tuer s'il la laissait dans un tel environnement. Après une longue douche brûlante, il s'habilla du fameux costume qui lui avait été préparé. Il savait qu'aujourd'hui Richard l'emmenait en ville pour parler des affaires de famille. Il était déjà épuisé par avance de cette journée.

    En arrivant dans la salle à manger il voulu se diriger vers la jeune femme pour la saluer ou au moins essayer de discuter un instant avec elle et lui dire qu'il était désolé mais déjà son père le prenait en grippe pour lui parler de la maison de presse. Poliment donc, Garrett se mit à l'écouter et n'avala qu'un café. La mine fatiguée, contrariée et tirée du jeune homme rassurait un peu sa mère qui se disait qu'ils avaient eu une dispute. Ce qui signifiait donc une brèche dans leur couple qu'elle allait exploiter. Lorsqu'elles partirent, il demanda où se trouvait les enfants ert Richard tenta de le rassurer en lui expliquant que quelqu'un se chargerait d'eux et de leur éducation. Cela conforta Garrett dans l'idée que leurs enfants seraient entre de bonne main désormais, surtout en leur garantissant une éducation soignée.

    Mais au moment de partir, qu'elle ne fut pas sa surprise en voyant une Anya fagotée comme le double de Grace. Sa lueur de surprise ne fit rien naître sur le visage de sa bien aimée qui semblait anesthésiée. Son coeur se serrait, il avait l'impression de lui avoir retiré toute substance. Comme si son Anya avait disparu. Il tenta de lui offrir un léger sourire, ce sourire gêné mais tendre qu'il lui offrait au début de leur relation. Mais lorsqu'elle le salua, il ne vit que du vide et de la détresse dans son regard.

    Alors qu'il arrivait à NY, il ne cessait de penser à Anya, à ce regard. Il s'en voulait encore plus de ne pas l'avoir sauvé. Il avait l'impression de l'avoir laissé aux loups quand il fuyait. Mais son mode de survie était mis en route et il ne prenait pas totalement conscience de ce qu'il avait fait pour le moment. Il se rassurait en se disant qu'ils étaient en sécurité, que les enfants allaient être instruire et que Anya allait s'adapter.

    - Garrett tu m'écoutes ?
    - Oh.. Pardon Richard.. Tu disais ?
    - Je te parlais des investisseurs. Ceux que nous allons voir parlent uniquement français donc la conversation risque d'être difficile..
    - Je parle français.

    Le père de famille semblait surpris, mais agréablement. Alors, pour pouvoir jouer stratégiquement, il demanda à son fils de faire croire l'inverse de sorte à s'assurer que son traducteur était bel et bien de son côté. En effet, depuis quelques semaines, il y avait quelques fuites dans la société mais Richard ne savait pas d'où elle provenait. Son fils et ses compétences seraient sans aucun doute un vrai atout pour trouver le vrai problème et qui était la taupe. Cela ne dérangeait pas Garrett, le contrat était simple, il devait écouter et ne pas parler. Tout ce qui lui plaisait en somme.

    En arrivant au fameux bureau, il se dissimula comme il le pu derrière son père qui lui-même n'était pas ostentatoire. Ils se ressemblaient bien plus que le cru Garrett. Sans la malveillance du patriarche, mais sur le plan physique ils étaient deux copies conforme. Grand, puissant, altier. Ils imposaient un respect certain. Beaucoup tournaient les yeux vers ce grand blond au regard d'un bleu pastel étrange. Déjà des murmures se faisaient entendre mais le jeune Hedlund les ignoraient pour se concentrer sur sa mission première.

    Dans le bureau qui servait de salle de réunion, il fut accueilli par une troupe d'autres hommes en costume qui semblaient intimidé devant lui. Poliment il les salua et s'installa près de la fenêtre. C'était un homme d'action, il ne savait pas rester assis. Le fait qu'il ne veuille pas s'asseoir inquiéta l'assemblée qui comprenait que le fils tant attendu et prodige allait être déjà à contre courant du groupe. Mais Robert prit aussitôt la parole et commença les conversations sur les chiffres et les futurs entretiens avec les investisseurs français.

    La réunion dura deux bonne heures et Garrett s'ennuya. Toute la journée fut d'un ennui mortel et Robert le vit. Alors qu'ils rentraient à la maison, le patriarche voulu faire un débriefing avec son fils. Si le jeune homme s'était ennuyé il n'était pas pour autant rester inactif. Pour le père, la posture et la prestance de son fils était tout à fait celle qu'il fallait à l'entreprise familiale et reflétait un modernisme qui était attendu et espéré. Aussi, il avait réussit à recadrer les investisseurs français en leur expliquant la conduite attendue par leur société ou encore en faisant des propositions sur certains sujets d'améliorations sur la technicité de vente. Toutes les jeunes du bureau étaient déjà folle de lui. Robert aimait ce que représentait son fils, la force, la détermination et la vigueur. Après l'avoir félicité pour cette première journée, il osa parler du sujet fâcheux :

    - La conversation avec ta fiancée a été houleuse hier soir si je ne m'abuse.
    - Disons que la conversation a été très rapide. Il est hors de question qu'Anya et la famille nous soyons de nouveau séparés.
    - Mais enfin Garrett vous vous verrez les week-end et pendant les vacances.
    - Tu ne peux pas comprendre ce qui nous lie. Ce que l'on a vécu. Personne ne le peut.
    - Peut-être mais tu l'empêches de se réaliser. Et ça, tu risques un jour de le regretter lorsqu'elle t'aura quitté.

    Garrett ne se rendait pas compte du piège car ce que lui confiait son père était en soi censé. Il le savait qu'un jour elle lui renverrait cette frustration et il la comprenait. Mais comment se rassurer ? Comment être certain que la distance n'allait pas une fois encore tuer leur relation. En arrivant à la maison, il était encore renfrogné de ce que lui avait dit son père jusqu'à ce que Pasha lui saute dans les bras. Le petit garçon saluait son père avec joie et effusion quand la gouvernante arrivait avec Jasmine dans les bras. Garrett avait enfin retrouvé son sourire. Ses enfants, la douceur de joie qu'ils reflétaient et le fait qu'ils semblent tout heureux et excité par leur journée le rassura.

    - Garrett nous devons aller travailler encore un peu sur des dossiers.
    - J'arrive.
    - Oh non papa, répliquait Pasha en russe, reste jouer un peu avec nous s'il te plaît.
    - Je ne peux pas mon grand. Mais ce soir après le repas je viendrais vous raconter une histoire. Celle de la princesse des neiges et de l'ours perdu d'accord ?

    Pasha était déçu mais comme il était un petit garçon sage, il acquiesca. Garrett couvrit les enfants de baisers et leur promis de vite revenir à eux avant de remercier la gouvernante de prendre soin d'eux. Il cherchait du regard Anya mais elle était introuvable. Ce n'est que dans la soirée, lors du repas qu'il l'a retrouva. Assise face à sa mère, il sentit la tension que la jeune femme tentait de dominer. Elle était différente, dans un accoutrement étrange. Quelque chose c'était passé, il le sentait mais ce n'était pas le lieu ni le moment d'en parler. Même si le repas était servi, il ne pu s'empêcher de spontanément dire :

    - Ce soir nous ne dinerons pas ici.

    Toutes les têtes se relevaient avec surprise vers lui quand il tendit sa main à Anya pour l'entraîner contre lui :

    - Veuillez nous excuser mais j'ai besoin de me retrouver un moment avec ma fiancée.
    - Mais enfin.. Mais enfin Garrett ce sont des choses qui ne se font pas. En plus les Goldman sont censés arriver.
    - Je suis persuadé que vous saurez meubler. Mais il y a une tradition dans notre famille à laquelle je ne peux et ne veux pas déroger.

    Tirant la main d'Anya, il l'entraina en direction de la cuisine où se trouvait les enfants. Ils étaient entrain de manger dans un silence morne, du moins, jusqu'à ce que leurs parents arrivent. Pasha poussa un cri de joie en voyant ses parents surgir quand Jasmine pleura pour obtenir toute l'attention. Garrett ordonna à la gouvernante de leur servir le repas ici ce qui semblait totalement affoler la cuisine. Et lorsque le maître d'hôtel Mickael à la bouche pincée voulu lui demander de retourner au grand salon, le blond s'énerva :

    - Personne ne me dit ce que j'ai à faire. Occupez-vous de Robert et Grace Hedlund. Pas de ma famille.
    - Mais enfin monsieur, un peu de décence je vous prie.. Ne vous comportez pas comme l'un de ses sauvages..
    - Un quoi ?

    Garrett s'était aussitôt redressé, fou de rage en ayant vu le maître d'hôtel montrer du doigt ses enfants. Aussitôt, Pasha vint à se taire et Jasmine aussi alors qu'ils parlaient et gazouillaient près de leur mère. La fureur du blond avait fait se taire le fameux majordome qui préféra battre en retraite cette fois-ci et quitter la pièce. Inspirant profondément, Garrett vint à se rasseoir près d'Anya et pris sa main dans la sienne comme pour chercher son soutien ou même sa douceur. Il était prêt à exploser. Après un délicieux repas et avoir entendu les récits de Pasha et les premiers mots de Jasmine, ils allèrent les coucher. Mais tout contact avec Anya était froid et distant. En arrivant dans leur chambre, il retira sa veste de costume et sa cravate avant de partir fumer une cigarette sur le balcon. Il culpabilisait et n'osait pas aborder la question avec la jeune femme. Il savait ce que cela allait impliquer. Il l'entendait derrière lui et il poussa de nouveau un soupir :

    - Je suis désolé.. Je suis désolé pour hier soir. Je.. Je ne veux pas te brider.. Je ne veux pas être ton bourreau Anya mais.. mais j'ai peur.. J'ai peur qu'ils nous séparent.


    immarcescible, Posté le lundi 27 mars 2023 00:31 Répondre

    Ainsi donc elle avait fait son choix. Observant le jardin si tranquille malgré les quelques invités qui buvaient encore, Garrett se sentait à mille lieux de tout ce qui allait se produire par la suite. Cela le blessait de savoir qu’elle avait déjà pris sa décision et qu’elle n’ai pas attendu pour lui en parler. Ce côté protecteur et étouffant le reprenait, mais c’était par peur de la perdre. Par peur de voir encore une fois leur famille écartée et dispersée. Ils n’avaient jamais été aussi fort qu’ensemble contrairement à ce que croyaient certaines autres personnes.

    Jetant son mégot dans le cendrier, il vint à rester dans sa position tout en laissant les bras d’Anya autour de son corps. Il ne bougeait pas et restait silencieux. C’est quand elle tenta de venir face à lui pour le questionner qu’il bougea enfin. Mais au lieu de faire un mouvement vers elle, il préféra la fuir. Retirant son noeud de papillon et déboutonnant le haut de sa chemise il soupira de nouveau :

    - Tu veux que je te réponde quoi Anya ? Apparemment tu as déjà pris ta décision.

    C’était mesquin et petit de sa part, il le savait, mais il avait déjà perdu la brune trop de fois et il avait peur. Il ne connaissait rien de ce monde et voilà que sa seule alliée allait disparaître. Comment allait-il survivre sans savoir où elle était et ce qu’ils allaient faire d’elle ? Et si c’était un piège ?

    - Ton choix est logique et cohérent mais je ne peux pas m’empêcher que ce n’est pas un bon choix. On ne devrait pas être séparé des uns et des autres. C’était ce qu’on s’était promis, on devait rester une équipe.

    Bien sûr son choix à lui de rester auprès de son père était aussi égoïste, mais ils vivaient une époque et dans un monde où la patriarcat lui donnait toutes les bonnes raisons de vouloir garder sa jolie fiancée rien que pour lui :

    - Et qui va s’occuper des enfants ? Tu ne vas pas être là pour t’occuper du mariage.. Tu.. Bordel je me déteste d’utiliser ces arguments Anya tu le sais bien mais tu dois reconnaître que c’est insensé cette histoire non ? Et si c’était un piège ? Et si.. et si ils t’envoyaient dans un endroit où je ne pourrais pas te protéger ? Je ne te perdrais pas une nouvelle fois juste pour satisfaire les besoins politique de gens que je ne connais pas et dont je me fous. C’est toi que je veux. Toi et les enfants.

    Ces dernières vingt quatre heures avait créé un lot d’émotions qui avait épuisé le blond. Soupirant de nouveau, il vint s’asseoir sur le bord du lit en prenant sa tête entre ses mains. Cherchant à clarifier ses idées, il vint ajouter avec un aplomb certain :

    - Je ne les laisserai pas t’emmener loin de moi. Plus personne ne t’enlèvera. C’est ta sécurité qui compte le plus et le fait que nous soyons tous les quatre ensemble. Et je ne suis même pas désolé de t’empêcher de peut-être te réaliser professionnellement mais tu n’iras pas à Washington.

    Ce n’était plus le censé Garrett qui parlait, non, c’était le militaire. L’homme qui survivait et qui ne mesurait plus ses mots. La peur et la certitude de voir le malheur de nouveau arriver au coin de la porte le faisait se retrancher dans ses craintes les plus sombres. Et peu importe les états d’âme d’Anya, il s’était auto-persuadé qu’il devait la sauver et c’était ce qu’il allait faire.

    - Et la conversation est close.


    immarcescible, Posté le mercredi 22 mars 2023 08:13 Répondre

    Anya apparaissait devant lui et il en avait le souffle coupé. En bas des escaliers, il contemplait la jolie brune qui descendait, il n’y avait qu’elle, éblouissante dans cette robe. Il était impressionné de la voir encore plus belle malgré les nombreux artifices qu’elle avait sur le visage et partout autour d’elle. Lorsqu’elle fut à sa hauteur, il murmura en un tendre russe qu’il la trouvait merveilleuse mais qu’il la préférerait toujours nue ce qui eut don de les faire sourire l’un et l’autre. Après un tendre baiser sur ses lèvres et son front posé contre le sien, il lui demanda si ça allait :

    - On n’est pas obligé, murmurait-il tendrement, au moindre moment où ça ne va pas tu me le dis et on s’enfuit d’accord ?

    D’un commun accord donc, ils se promirent de rester toujours soudés. Jasmine dans les bras de Garrett et Pasha prenant la main de sa mère, ils entrèrent dans la salle de bal qui contenait déjà beaucoup de monde. A eux quatre, ils formaient un clan, un groupe à part qui les rendait unique et il était vrai que tous les regards étaient tournés vers eux. Mais le blond s’en fichait, il ne regardait que la belle Anya qui était la seule merveille de la soirée. Il aurait fallu être aveugle pour que personne ne se rende compte de l’amour et de la passion qui liait les deux amants.

    Après avoir présenté le fils prodigue de retour, Garrett demanda à ce que les enfants soient pris en charge par la gouvernante. Il se faisait tard et ce n’était pas un lieu pour eux. Après les avoir embrassés, ils allèrent donc à l’étage rejoindre leur chambre quand le blond proposa à sa fiancée une danse. Une fois sur la piste, leurs fronts collés l’un à l’autre, il murmura à son encontre :

    - Tu te rends compte mon amour que le soir de notre mariage je ne t’ai même pas fait danser.. J’avais bien trop envie de toi. Quel goujat j’ai pu être..

    La complicité entre les deux était remarquable et faisait déjà rêver toutes les demoiselles de la salle quand Garrett faisait tournoyer Anya. Plus loin, Grace jouait la parfaite des hôtesses et s’étonna d’entendre rire dans la salle. Personne ne riait habituellement. C’était son fils qui faisait tournoyer la russe. Les deux se comportaient d’une manière jugée indécente et cela la fit grincer des dents. Elle expliqua que c’était la mode française pour justifier le comportement des deux amants qui prenaient plaisir à danser et être dans les bras de l’un et de l’autre. Déjà les amies de Grace la jugeait et cela la mettait dans une colère noire.

    Mais rapidement, la danse dû cesser. En effet, le majordome de Robert faisait appeler Garrett qui arrêta sa danse avec Anya. Les sourcils froncés, il soupirait de contrariété quand il embrassait le poignet de sa compagne sincèrement désolé :

    - Je reviens le plus vite possible Blackbird..
    - En fait mademoiselle est attendue avec vous monsieur.

    Cela surprenait les deux mais ils suivirent quand même le majordome jusqu’au fameux boudoir où se trouvait Robert et quelques vieux hommes bedonnant. Par mesure de sécurité et comme un réflexe, Garrett se mit devant Anya quand le bureau se ferma derrière eux. Mais son père venait vers le couple en souriant, confiant et visiblement ravi de les voir :

    - Mon fils ! Garrett.. Laisse moi te présenter de vieux amis.

    Il présenta en effet plus précisément les cinq hommes qui faisaient partis de la pièce comme étant des sénateurs, des hommes politiques et des industriels. Poliment mais ayant repris son masque de froideur, Garrett les salua avant de rejoindre Anya. Robert la présentait à son tour mais son fils gardait un oeil possessif et attentif sur sa fiancée. Il se méfiait de tout et de tout le monde avec une psychose certaine :

    - Ma future belle-fille, Anya Siminiov est une femme médecin messieurs. Je suis persuadée qu’elle pourrait devenir l’avenir de ce ce que nous cherchons tant à créer. Elle est ambitieuse, passionnée et talentueuse. Saviez-vous qu’elle était la première femme chirurgienne de notre état ?
    - Et quoi donc, demandait un Garrett suspicieux, en quoi Anya pourrait vous aider ?
    - Les russes sont actuellement entrain de créer une arme qui pourrait détruire l’humanité. Nous avons reçu des documents qui attestent d’une bombe.. pire, d’un poison mortel qui pourrait nuire à toutes les personnes de nos rangs sociaux. Nous devons donc contrecarrer. Qui de mieux qu’une native pour pouvoir nous aider. Nous allons donc monter une équipe particulière sur Washington et je voudrais qu’Anya en fasse partie.
    - Sauf que si tu veux que je travaille à New-York cela risque de compliquer les choses. Anya n’acceptera pas un tel poste si je dois rester ici et inversement. Il y a donc conflit d’intérêts.
    - Je pense que tu devrais peut-être laisser ton adorable fiancée choisir Garrett, tu ne crois pas ? Je te croyais bien plus moderne que ça mon fils.

    Retourner ses arguments contre lui. Sous ses airs de père compréhensif, Richard avait quand même des idées bien arrêtées et il venait de mettre à jour la crainte de son fils en place. Celle que Anya puisse choisir un emploi quitte à ruiner sa carrière et son développement professionnel au profit d’une vie ici, enfermée avec Grace. Le blond serrait le poing et son impulsivité allait prendre mais le majordome Michael surgissait.

    - Monsieur Robert.. Madame Grace s’impatiente.. Elle voudrait présenter Monsieur Garrett aux invités.
    - Garrett arrive ne t’en fais pas. Je vais garder Anya un tout petit instant si ça ne t’ennuie pas, fils.

    Le blond allait définitivement lui sauter à la gorge mais c’est le regard implorant de sa fiancée qui le fit se tenir. Inspirant profondément, il prenait sur lui même s’il était persuadé qu’ils étaient tombé dans un traquenard. Embrassant la tempe de la jeune femme, il serra sa main un instant comme pour lui rappeler qu’ils étaient une équipe, quoi qu’il en coûte. A peine avait-il quitté le bureau qu’il se retrouvait entouré d’une bande de jeune femmes que sa mère avait lancé à ses trousses.

    Poliment il essayait de s’en débarrasser mais elles étaient insistantes. Alors, il prenait le temps de les écouter non sans être froid bien entendu. Le jeune homme fumait et buvait en écoutant ls badinages multiples de cette jeunesse dorée féminine quand tous les autres garçons de la salle étaient jaloux de voir que toute l’attention était tournée vers Garrett. Si Robert avait des ambitions pour son fils, il en avait aussi pour Anya qui finalement pourrait être bien plus qu’une simple scientifique mais aussi une espionne. Quant à Grace, elle voyait et espérait surtout que les convenances lui permettrait de faire honneur à sa famille.

    Il était là le plan, éloigner petit à petit les deux pour finalement obtenir ce qu’ils voulaient.


    immarcescible, Posté le lundi 20 mars 2023 18:28 Répondre

    Garrett's suit at the party : https://64.media.tumblr.com/53a36a77646f56631cfb4fc524176317/c91e70cd71386d32-0a/s540x810/5f0f220e9d70c7edba83ea46cae3e9738c02fb48.gif


    immarcescible, Posté le lundi 20 mars 2023 14:38 Répondre

    Toi l'originel amour.
    C'est toi la lumière de mon existence.
    Toi le souffle de mon âme.
    Et alors quand ton regard me broie, je sais que c'est pour toi que je suis là.


    immarcescible, Posté le samedi 18 mars 2023 13:04 Répondre

    Les règles de cette nouvelle maison allait risquer de vite contrarier Garrett. Pour faire bonne figure et ne pas contrarier cette mère particulièrement attachée aux convenances, il accepta dans un premier temps de faire chambre à part. Mais une fois dans sa chambre et seul, il se rendit compte de l’aspect ridicule de la situation. Ils étaient mariés, ils avaient des enfants ensemble. En quoi cela ne justifierait-il pas qu’ils dorment ensemble. Mais encore, il ne s’imaginait plus du tout dormir une nuit entière sans Anya dans ses bras. Il attendit donc un moment, s’assura que le couloir soit libre et vint s’exfiltrer de sa nouvelle cellule.

    En entrant dans la chambre, quelle ne fut pas sa surprise en voyant une Anya lui imposer de cesser son effeuillage et de voir sa soeur s’échapper de la chambre en gloussant. Cela le surprit mais l’amusa aussi. Lucrecia semblait être une alliée certaine, sa jeunesse et son intrépidité serait peut-être l’occasion pour Anya se faire une amie. Mais alors qu’ils se retrouvaient de nouveau seuls, il voulut se pencher sur les lèvres de sa compagne qui le repoussa une seconde fois. Cette fois, il fut surpris et quelque peu vexé :

    - Que se passe-t-il ? Un de tes amis est dans la chambre, demandait-il avec un peu d’humour avant de l’enlacer et de l’entrainer vers le lit, j’ai vérifié personne ne m’a vu venir. Enfin, personne sauf Lucrecia.

    Une fois tous les deux allongés sur le lit, il vint poser ses lèvres perses sur le cou et la gorge de la jeune femme. Elle semblait soucieuse, craintive ce qui ne ressemblait pas à la Anya qu’il connaissait. Il finit donc par se redresser sur un coude et poser sa tempe sur sa main pour l’observer les sourcils froncés :

    - Qu’est-ce qui ne va pas ? On ne va pas nous punir tu sais. Et puis je repartirais demain matin avant que tout le monde soit levé.

    Mais il comprenait bien qu’il n’y avait pas que cela. Alors, il insista et finit par tellement insister qu’Anya lui dévoila les multiples réflexions que Grace avait osé lui lancer dans la journée. S’il avait passé un après-midi interessant et enrichissant avec son père, sa compagne avait subi les brimades et les remarques d’une mère qu’il ne connaissait pas. Aussitôt il voulu sortir de la chambre pour se jeter sur Grace et lui dire sa manière de penser, quitte même à la menacer. Mais Anya parvint à le mesurer et le ramener dans le lit qu’ils allaient occuper toute la nuit. Il ne la lâcha pas une seule seconde, enlacés l’un contre l’autre en cuillère :

    - Je ne veux pas que tu accordes de crédit à ce qu’à oser dire cette femme. Anya, tu es l’amour de ma vie. C’est toi qui me guide depuis le tout début. C’est avec toi que je veux vivre ma vie. Tu te souviens de ce qu’on s’est promis avant de venir ici ? Nous sommes une famille, une équipe. Si quelqu’un te fais du mal tu dois te défendre. Je serais toujours derrière toi, toujours. D’accord ?

    Il espérait que cette déclaration la rassurerait mais il connaissait la brune et son manque de confiance en elle. Alors, après cette nuit et après s’être enfui au petit matin il se rendit dans la bureau de son père. Il était comme lui, un matinal.

    - Il faut qu’on parle.

    Le ton ferme de son fils le surpris mais l’impressionna aussi. Sa détermination était telle qu’il avait toute l’intention de Robert qui venait de lâcher son livre de compte des mains. Au même moment, Grace surgissait avec un plateau entre les mains rempli du petit déjeuner que le couple prenait dans le bureau. Elle aussi fut surprise de la posture de son fils et une fois le plateau déposé tenta de s’approcher de lui. Mais il eut un geste de recul avant de répliquer.

    - Anya est mon épouse. Elle est ma femme de coeur, de corps et de nom. Visiblement cela pose problème donc ce matin nous allons nous marier à l’église la plus proche et vous serez convié en tant que témoin.
    - Mais.. Mais enfin Garrett qu’est-ce qui..
    - Nous vous somme reconnaissant de votre accueil et nous comprenons les règles qui y sont donnés. Nous allons donc nous conformer à ce que vous désirait.

    Elle n’aurait pas cru que son fils réagirait de la sorte et elle s’en voulut. Aussitôt elle chercha un prétexte pour prendre part à l’organisation de ce mariage et vint donc supplier son fils de la laisser organiser un mariage conventionnel et ainsi annoncer le retour du fils prodige. Garrett refusait, il voulait se marier aujourd’hui et ne plus avoir à passer une nuit loin de sa compagne et effacer les doutes de leur relation dans cette maison.Il gardait spécifiquement cette mère qu’il ne connaissait pas mais qui lui mettait déjà des bâtons dans les roues. Elle le supplia, pleura même.

    - Je dois en parler avec Anya. C’est elle la mariée, elle doit avoir son mot à dire.
    - Absolument, absolument ! Je l’emmènerais dans toutes les boutiques, on va se être encore plus proche.
    - Mais le mariage aura lieu dans un mois. Pas un de plus, compris ?
    - Mon chéri un mois c’est trop juste.. le traiteur.. les fleurs.. la musique.. les invités..
    - Un mois sinon j’emmène ma famille à Vegas.

    Le cri horrifié de la maman Hedlund ameuta les domestiques qui vinrent s’assurer que tout se passait bien. Les ragots allaient déjà bon train sur ce fils disparu qui avait un caractère bien trempé. Robert lui, il ne disait rien, il observait et appréciait ce qu’il avait sous les yeux. Son fils savait parfaitement manier les débats et encore mieux obtenir ce qu’il désirait. Il connaissait sa femme et sa main ferme de négociatrice mais il semblerait qu’ils aient trouvé encore plus fort qu’eux.

    Sans leur donner l’occasion de répliquer, Garrett sortit du bureau et se rendit dans la chambre d’Anya. Elle prenait alors sa douche. Fermant la porte de son pied, il en profita pour retirer une bonne fois pour toute sa chemise et son pantalon et la rejoindre dans la cabine. Sa mine surprise le fit sourire quand il prenait entre ses mains ses joues pour lui donner un profond et langoureux baiser. il était à la fois excité et enthousiaste à l’idée de pouvoir une nouvelle fois renouveler ses voeux auprès de la jeune femme.

    -Dans un mois tu seras de nouveau officiellement ma femme. Mais plus Madame Belov. Madame Hedlund. Est-ce que cela te convient-il blackbird ?

    Son sourire était grand, éblouissant. Le souvenir de leur premier mariage avait été si magique qu’il ne pouvait s’empêcher de rêver de nouveau à un moment encore plus parfait. Il voulait le meilleur pour Anya et il allait travailler dur pour lui offrir. Là, dans cette douche, il laissa ses mains caresser son corps et la souleva aisément pour enlacer ses hanches de ses jambes. Ses lèvres se perdaient dans son cou quand il caressait ses fesses en jouant de son bassin contre le sien. Sans préliminaires mais avec délicatesse, il se perdit en elle dans un mouvement sensuel. Le souffle coupé par l’étroitesse de la brune, il murmura contre ses lèvres dans un tendre russe :

    - Anya.. Anya.. Mon amour.. Ma vie.. Mon âme.. Ahhhh… Je t’aime.. c


    immarcescible, Posté le mardi 14 mars 2023 12:44 Répondre

    A peine étaient-ils arrivés que déjà ils étaient séparés. Garrett se devait d’être poli et de suivre ce fameux père qui voulait lui montrer tout un tas de choses qui étaient censés le concerner. Or, il s’en fichait royalement. Il comprenait que la moitié du discours qu’il avait. Que voulait dire la mise en bourse. Il en avait déjà entendu parler mais jamais utilisé dans son propre vocabulaire. Poliment il suivait le patriarche sans pour autant répondre à ses suggestions ou son discours pro-économique qui ne garantissait rien de bon au blond. Tout près se trouvait la fameuse soeur Lucrecia qui écoutait elle aussi mais avec une oreille plus attentive. Elle semblait être happée par les mots de son père quand Garrett aurait voulu s’enfuir et taper sur une planche en bois.

    - Ton rôle dans la société serait tout simplement d’être le représentant de notre famille et de répondre aux demandes de nos actionnaires, expliquait Richard, tu auras ton propre bureau, ton propre chauffeur. Et bien entendu tu serais rémunéré.
    - Mais je n’ai fais aucune étude. Je ne suis absolument pas compétent pour un tel poste.

    Lucrecia regardait ce frère qui refusait la meilleure opportunité que l’on pouvait offrir à quelqu’un. D’abord méfiante, elle était intriguée de le voir rejeter sans fausse modestie le poste donné par leur père. Poste qu’elle avait toujours rêvé d’avoir. Richard insistait malgré tout ce qui agaçait son jeune fils qui promit donc de l’accompagner le lendemain pour se faire une idée du poste. En se retournant, il vit le regard de sa soeur sur lui. Il y avait des traits communs sur les deux mais aucun ne savait comment se comporter. La pudeur sans doute.

    - Et toi Lucrecia ? Que fais-tu dans la vie, demandait-il à sa soeur, tu travailles avec Richard ?
    - Je.. Non.. Je vais entrer à l’université l’année prochaine.
    - Ta soeur est l’une des premières femme de notre région a intégrer l’université en attendant d’être fiancée.
    - Oh. Comment s’appelle l’heureux élu ?

    Le père s’esclaffa quand Lucrecia rougissait gênée. Garrett s’en voulu d’avoir embrasser la jeune femme qui préféra quitter la pièce sans dire un mot. Mais Richard prenait la scène avec légèreté en justifiant son comportement par le fait que ce soit une femme. Le blond ne relevait pas et préféra finir la suite de la visite en écoutant son père qui était un homme brillant et qui l’impressionnait même si le côté fastueux de la villa l’intimidait. C’était comme s’il voulait que Garrett soit désormais totalement inclus dans cette vie sans vraiment vouloir savoir qui il était. Mais dans un sens cela ne dérangeait pas le jeune homme qui ne voulait pas s’étendre sur ce qu’il avait vécu et subi en Union Soviétique.

    Ils venaient de finir le tour de la propriété quand enfin il vit Anya assise sur un banc à surveiller les enfants jouer. S’excusant auprès de son père et voulu s’éclipser pour les rejoindre mais Richard avait encore tout un tas de sujets à abordé avec lui notamment les livres de compte de la famille. Les seuls comptes que Garrett avait fait consisté à compter les pièces qu’il avait dans sa poche. Même à l’armée il n’avait jamais eu de comptes à gérer puisqu’il vivait sur l’argent des Mason.

    Se trouvant devant le bureau du patriarche, il pu observer avec une fascination certaine tous les livres qui se trouvaient sur les quatre murs :

    - Tu aimes toujours lire à ce que je vois, répliquait son père assis à son bureau, déjà petit tu adorais venir ici pour contempler tous les livres.

    Mais Garrett n’en n’avait aucun souvenir. Tout ce qu’il voyait c’était des ouvrages dont il n’avait jamais eu accès étant jeune. Une pièce pour satisfaire toute sa curiosité intellectuelle et imaginaire. Cela lui donna un léger sourire qu’il ne pu réprimer et qui lui donna l’impression de se sentir un peu à sa place. Il y avait enfin un endroit dans cette fastueuse et imposante maison où il se sentirait à l’aise. Son père lui répliqua alors qu’il pourrait venir ici quand il le voudrait et que tout lui appartenait s’il le souhaitait :

    - Personne hormis moi et ta mère lisons. Or, nous avons déjà tout lu en partie.
    - Merci beaucoup Richard. C’est très généreux de votre part.
    - Je t’en supplie.. Tutoie-moi. Je comprends que « papa » soit compliqué pour le moment. Mais je ne veux pas que nous restions des étrangers. D’accord ?

    Garrett acquiesça positivement et lui offrit un sourire qui sembla rassurer ce père qui avait beaucoup trop parlé. Il s’en rendait compte et posa quelques questions à son fils sur ce qu’il avait fait dans l’armée. Le blond resta évasif le plus possible mais évoqua son grade dans l’armée rouge ce qui impressionna Richard.

    - Commandant ? Pourtant j’ai cru lire dans ton dossier que tu avais été rétrogradé capitaine.
    - Oui, quand j’ai été arrêté ils m’ont retiré toutes les récompenses. C’est plus facile de punir un simple capitaine qu’un commandant.
    - Qui t’as dénoncé ?
    - Un homme qui se prenait pour un ami et qui me faisait chanter.

    Il lui raconta alors sa rencontre avec Dimitri et pourquoi il avait dit son secret à l’adolescent à l’époque. Richard était mal de savoir que son frère avait si mal fini, car même s’il lui en voudrait toute sa vie d’avoir enlevé son fils, il restait son frère. Ce fragment d’humanité chez le patriarche rassura un peu Garrett qui se disait que tout n’était pas que représentation dans cette famille et qu’il faudrait un peu de temps sans doute pour briser la glace.

    - James a toujours été un marginal, expliquait-il, toujours contre le système. Quand il est entré dans ce groupe de communiste on pensait avec père qu’il s’agissait d’une nouvelle lubie. Mais ça c’est compliqué lorsqu’il rencontra Gina. Une magnifique jeune femme qui avait des idées arrêté. Elle venait d’Italie, une prostituée qui était arrivée à New York quelques années plutôt. Mon père l’appelait la Gitane car elle avait un pouvoir charismatique, sensuel. Jamais encore je n’avais rencontré une femme d’un tel magnétisme, si libre et d’une telle beauté.

    Richard parlait de cette femme avec beaucoup d’émotion ce qui surprenait Garett. C’en était même gênant d’imaginer que son père biologique ai pu avoir une potentielle liaison avec sa mère-kidnappeuse.

    - Ils ont décidé de révolutionner le monde ensemble, continuait le vieil homme en faisant les cent pas dans son bureau, et même si j’étais contre les pensées réactionnaires de mon frère. Je l’aimais quand même. Du moins.. Jusqu’à ce qu’il me retire mon fils.

    La conversation allait devoir cesser ce qui frustrait Garett à cause de la petite sonnette annonçant le repas. Son père était un conteur né et il lui donnait toutes les réponses aux questions qu’il se posait depuis qu’il avait appris la vérité. Lui qui avait toujours été en quête de vérité.

    - Nous reprendrons cette conversation plus tard fils. Ta mère ne supporte pas que nous soyons en retard pour le dîner. Les femmes tu sais..

    Richard riait doucement de son allusion quand Garrett ne comprenait pas vraiment. A vrai dire, sa vie avec Anya n’avait jamais été d’un formalisme rigoureux. Ils mangeaient quand ils avaient faim et ça tombait bien car maintenant ils avaient à manger quand ils le souhaitaient, même s’il fut un temps où c’était l’inverse. Arrivés dans la salle à manger, il cru retrouver sa famille mais ne vit que Anya à table dont la mine sombre ne laissait rien présager de bon. S’approchant d’elle en caressant sa nuque il demanda tout bas où se trouvaient les enfants.

    - Ils mangent dans la cuisine avec la nourrice que nous avons engagés, répondait rapidement sa mère, cela nous permettra de mieux profiter de ce moment ensemble.

    Lucrecia rejoignait la table et s’installait en face d’Anya quand Garrett s’asseyait près de sa compagne. Discrètement, ses doigts cherchaient les siens pour établir un lien et lui rappeler qu’ils étaient deux, une équipe. Richard s’installait en bout de table, face à Grace qui présidait ce repas avec énormément de joie. Lucrecia ignorait littéralement sa mère quand Garrett ne se sentait pas à sa place. Après le petit discours d’entrée de sa mère biologique, ils purent enfin manger.

    Ce fut un repas plutôt guindé qui n’apporta pas de grande conversation. Lucrecia avait été fascinée par le métier et l’indépendance d’Anya ce qui avait fait rager Grace d’après ce qu’en avait vu Garrett. Aussi, il préféra mettre lui-même les pieds dans le plat en demandant à son père s’il pourrait trouver un poste à sa compagne dans un établissement de santé ce qui surprit le patriarche mais promit qu’il chercherait. Le blond savait que la médecine était quelque chose qui avait toujours rassuré Anya, aussi, il voulait lui donner encore l’occasion de pouvoir exercer.

    A la fin du repas, ils purent rejoindre les enfants avec qui ils allèrent faire une balade dans le jardin. C’était si immense que Garrett était persuadé qu’ils allaient se perdre. Jasmine trottinait derrière un Pasha qui était toujours aussi protecteur avec sa petite soeur. Le blond avait enlacé les hanches d’Anya mais elle était plongée dans un tel mutisme qu’il s’inquiéta :

    - Tout va bien ? C’est beaucoup d’un coup je dois te le reconnaître. Mais ce n’est que temporaire. Dès qu’on aura réussi à nous débarrasser de tous nos ennemis, on pourra trouver un chez nous. Je te le promet.


    immarcescible, Posté le lundi 13 mars 2023 09:03 Répondre

    Garrett ne pouvait pas en vouloir à Andreï. Après tout, il n'avait pas ménagé Anya la veille et puis ils étaient quand même chez lui. Ils avaient manqué de délicatesse et de discrétion et même si les propos de son beau-père l'avait blessé, il pouvait aussi comprendre la situation gênante dans laquelle le père de famille devait se trouver. Lui-même serait protecteur avec ses enfants. Il serait encore pire que ça. C'était ce qu'il allait expliquer à Anya dans la chambre lorsqu'il la vit s'acharner sur cette pauvre valise qui n'avait rien demandé. Un léger sourire amusé et attendri enveloppait ses lèvres. S'approchant d'elle, il vint l'aider à la fermer mais au moment où la jeune femme se redressait, les boutons de pression cédèrent et la valise s'ouvrit. Craignant une rage soudaine, il vint enlacer par derrière la jeune femme et embrassa son cou avec douceur après avoir dégagé ses cheveux :

    - Tu dois reconnaître que nous avons un peu abusé hier soir mon coeur, dit-il avec amusement, et honnêtement je trouve ton père plutôt patient. Si j'avais eu Jasmine a proximité et que je savais ce que ce vaurien qui ne mérite pas ma petite princesse était en train de lui faire j'aurais totalement pété un câble.

    Même s'il était vexé, il essayait de relativiser pour Anya. La relation avec son père était tout juste naissante et il ne veut pas qu'ils se séparent une fois de plus, en mauvais terme. Déjà que la relation avec Alek était compliqué, il ne fallait pas en rajouter une coucher. Embrassant délicatement la nuque de la jeune femme, il murmurait de nouveau :

    - Nous avons été scandaleusement indécent hier soir et j'ai adoré ça. Mais la prochaine fois nous devrons être un peu plus discret ou aller à l'hôtel.

    En murmurant cela à son oreille, il s'amusait à caresser les hanches de la jeune femme tout en les remontant à ses seins. La porte de la chambre était close, il pouvait donc se permettre une telle folie indécente. Cela le faisait sourire de voir la peau de la jolie brune frissonner de la sorte quand il mordait délicatement son cou. Leurs bassins se cherchaient de nouveau quand il caressait les mamelons et les pointes durcies d'Anya sous sa légère nuisette. Leurs lèvres se rejoignaient dans un baiser haletant et sensuel où leurs langues s'enroulaient, se taquinaient, se cherchaient. Il n'avait pas prévu ce moment si intense et si érotique si bien que lorsqu'il n'eut plus de souffle, il murmura :

    - Je deviendrais fou si je savais qu'un homme voulait prendre ma propre fille comme j'ai envie de te prendre mon amour.

    L'une de ses mains descendait dangereusement entre les cuisses de la jeune femme et cherchait à se faufiler sous le tissu de sa robe de chambre, mais leur rôle de parents reprit le dessus puisque dans la pièce voisine ils pouvaient entendre Pasha les appeler. Visiblement, quelque chose de sensationnel venait de se produire. Se recoiffant et se rhabillant un peu ils sortirent de la chambre pour voir une Jasmine qui marchait toute seule et qui tendait les mains vers sa mère. Garrett souriait de fierté et d'émotion en s'accroupissant au sol dans Jasmine riait, fière d'elle avant de s'échouer dans les bras d'Anya. Pasha avait pris la petite caméra de Tamara et avait filmé comme il le pouvait la scène :

    - Comment elle fait pour marcher avec ses petites jambes ?
    - Et bien.. Comme toi Pasha.. Elle apprend à son rythme comme toi quand tu étais bébé.

    Le petit garçon haussait les épaules, pour le moment satisfait de cette réponse et monta dans les bras de son père alors qu'ils étaient assis sur le sol tous les quatre. C'est là que Garrett se dit qu'il était temps d'expliquer aux enfants ce qu'ils allaient faire dans les prochains jours.

    - Nous allons aller chez des gens pour quelque temps. Ces personnes sont.. elles sont mes parents.
    - Tu as un papa et une maman toi aussi, s'enthousiasmait le petit garçon tout excité de cette nouvelle aventure, on va partir avec la maison roulante ?

    L'enthousiasme dont faisait part Pasha rassurait un peu Garrett car il craignait que le petit garçon ne veuille pas partir de chez Tamara et Andreï. Après tout, ils allaient chez des étrangers et l'enfant quittait une fois de plus un lieu de vie où il s'était senti en sécurité. C'était important pour Garrett de s'assurer que les enfants se sentent le mieux possible. Serrant son fils dans ses bras, il le rassura sur le voyage en camping-car quand ce petit dernier s'échappait de ses bras pour aller faire sa valise. Jetant un oeil à Anya et Jasmine, il ne pu s'empêcher de tendrement sourire. La petite se blottissait contre sa mère en fermant les yeux.

    - Tu devrais aller discuter avec ton père. Ne pars pas fâchée. Je vais aller finir les affaires. On part dans une heure d'accord ?

    Il lui prit délicatement Jasmine des bras qui ronchonnait un peu au début, jusqu'à ce qu'elle soit installée sur les épaules de son père ce qui la fit rire. Puis, tranquillement, il se rendit dans la chambre des enfants pour les aider à faire leurs valises. Cela ne prit pas longtemps. Après tout, ils n'avaient que peu d'affaires. Les enfants étaient entrain de dire au revoir à Tamara qui avait la larme à l'oeil quand Georgina les serrait contre son coeur. Andreï était non loin et n'osait pas s'approcher. Alors, Garrett alla à lui et s'excusa de son comportement indécent de la veille :

    - Tu sais que j'aime Anya plus que tout Andreï. Je ne veux pas de conflit entre nous et entre vous de la sorte. J'ai un profond respect pour toi et pour Anya et en plus tu le sais. Je te promet que la prochain fois je ne me permettrais plus une telle chose sous ton toit.

    Le blond tendait la main à son bau-père ami et c'est ainsi qu'ils se réconcilièrent. Alek était caché, il n'osait pas aller voir sa soeur et pourtant lorsqu'elle passa devant lui, il l'appela les larmes aux yeux.

    - Tu m'avais promis de ne jamais partir sans moi, dit-il avec émotion ayant compris qu'il avait fait beaucoup d'erreurs, je suis tellement désolé Anya. Mais ne pars pas... J'ai besoin de toi.


    immarcescible, Posté le mardi 07 mars 2023 19:51 Répondre

    L'indécence d'Anya était si brulante que Garrett croyait devenir fou. Fou de désir pour elle. Dans le taxi, elle alluma chez lui un violent besoin de se perdre en elle de nouveau. La faire chavirer comme elle le faisait avec lui. Tout le long du travail, il du inspirer profondément en mordant son poing qui était serré. Jamais encore une femme ne l'avait rendu aussi transi d'excitation. C'était un effort monstre qu'il avait du faire pour ne pas faire stopper ce putain de taxi et virer le chauffeur pour la prendre sur la banquette. Il était déterminé, excité et prêt à ne pas lâcher Anya Siminiov de toute la nuit s'il le fallait avant d'être totalement rassasié.

    Mais quelle misère en arrivant dans le fameux garage et de voir Andreï mécontent et ses hommes qui pouffaient de rire. Garrett avait un regard noir. Il ne répliquait pas, préférant se dire qu'il réglerait ça au petit matin. Pour le moment, ses pensées étaient beaucoup trop éprises d'une petite brunette à la main scandaleusement sensuelle.

    - Messieurs.. Désolé pour le dérangement..

    Rapidement ils ressortirent du fameux garage. Garrett se demandait où est-ce qu'ils pourraient aller pour avoir un peu d'intimité. C'était toujours aussi frustrant de ne plus avoir de maison, d'endroit juste pour eux. D'autant plus qu'en passant dans la maison pour aller vers le restaurant vide où ils seraient tranquille, ils entendirent Jasmine qui pleurait à chaude larmes et une Tamara qui tentait de la calmer en lui chantant des berceuses russe.

    Soudain, dans le regard d'Anya, Garrett compris que la folie nuit et la folle passion de ce soir allait être rompue par leurs enfants. Il n'était pas de nature égoïste mais là, il se sentait frustré de voir que sa compagne accourait jusqu'à leur fille pour s'assurer qu'elle allait bien. Frustré, il vint s'échouer sur le canapé du salon en essayant de canaliser son érection qui lui faisait mal désormais. Après avoir fumé trois cigarettes dans le jardin et bu quelques verres supplémentaires, il se rendit dans la chambre qu'ils occupaient. Anya avait réussie à calmer Jasmine qui dormait dans ses bras. De ce qu'il avait entendu, il s'agissait d'un affreux cauchemar où un monstre tout jaune avec des yeux féroce voulait la kidnapper. Est-ce qu'elle se souvenait de Elena ? Est-ce que le trauma était encore important ?

    Il s'en voulait terriblement d'avoir pensé égoïstement quelques heures plus tôt. S'accaparer Anya juste pour lui quand elle était dévouée à leurs enfants. N'avait-il pas espéré cela pour Jasmine ? Une mère qui l'aime et qui s'occupe d'elle ? Mais Anya n'était pas qu'une femme, elle était aussi la compagne de Garrett et leur intimité manquante, leur jeunesse bafouée par la guerre, l'ennuyait.

    Son érection ne voulait pas se calmer, aussi, il s'enfuit dans la douche. Mais l'eau avait beau être froide, il n'y avait rien à faire. Il n'arrivait pas à se retirer de l'esprit les seins gonflés d'Anya qu'il avait dévoré dans la rue, ses gémissements intense et puissant qui le suppliait de continuer. Bon sang, cette femme le rendait littéralement fou. Alors qu'il allait s'apprêter à se caresser, il sentit enfin le corps bouillant de la jeune femme contre lui.

    - Bon sang.. Tu te rends compte de ce que tu m'as fait ?

    Il se retourna et vit le regard surpris de la jeune femme. Posant ses mains sur ses joues, il vint lui offrir un léger sourire amusé quand il déposait des baisers sur ses lèvres plus tendre, plus sensuel, plus langoureux.

    - Tu es une petite sorcière qui m'a envoûté.. Tu te rends compte que je n'arrive pas à redescendre ?

    La douche froide l'avait quelque peu dessaoulé mais n'avait en rien diminué ses ardeurs. Discrètement, il fit venir l'eau chaude qui tombait sur eux créant une buée qui allait érotiser encore plus la scène. Plaquant Anya contre le carrelage encore frais de la douche, il descendit ses lèvres sur ses seins qu'il embrassait, dévorait ses pointes, les mordillant, les pinçant délicatement en jetant un oeil sur la belle brune qui se prêtait au jeu. La sentant plus douce et câline, il pencha donc son visage sur son ventre et releva sa cuisse sur son épaule avant d'enfouir ses lèvres sur le lieu sacré qu'il vénérait. Sa langue se perdait sur sa boule de désir quand ses mains agrippaient ses fesses pour l'empêcher de bouger. C'était lui qui la contrôlait, lui qui allait mener la danse. Et il continua jusqu'à ce qu'il sentit qu'elle soit à son tour au bord du gouffre. Alors, il cessa toute caresse et se redressa encore plus excité que dans le taxi.

    Soulevant la brunette dans ses bras, il l'embrassa de nouveau. Ils se donnaient l'un à l'autre furieusement, intensément en s'agrippant l'un à l'autre. Il sortit de la douche et alors posa le corps encore trempé d'Anya. Elle était là, allongée sur le dos, si belle et sensuelle. Il relevait donc sa jambe et en embrassait sa peau avant de redescendre le long de sa cuisse jusqu'à son sexe. Debout devant elle, il était fort, musclé et athlétique et il la désirait :

    - J'ai faim de toi.. Sans cesse.. Je ne suis jamais.. Jamais rassasié de toi..

    Sans perdre un instant et pour ne pas lui laisser le temps de reprendre le dessus, il vint la retourner comme une crêpe sur le lit. Ses lèvres venaient se poser sur ses petites fesses cambrées qu'il venait tapoter avant de poser son autre main sur ses lèvres au vu de son gémissement :

    - Silence sinon j'arrête..

    C'était un ordre ferme. Tout en caressant ses cuisses et son ventre de son autre main, il contemplait la ligne fine et sensuelle du corps de la jeune femme qui frémissait sous ses caresses. Alors, avec puissance, il se perdit en elle en la pénétrant. Il mordait sa lèvre, se retenant de gémir quand il gardait sa main contre la bouche d'Anya. C'était troubla et si excitant de la prendre de la sorte. Ils étaient loin les tendre ébats des jeunes mariés. Ils se cherchaient autrement désormais. Comme s'ils voulaient tester leurs limites. Garrett se perdait en elle intensément, passionnément quand ses doigts la caressait entre les cuisses et que ses dents venaient agripper la fine peau du cou de la jeune femme. Au creux de son oreille, il murmurait :

    - Tu me rends fou.. Regarde.. Sens.. Tu sens comme je te veux.. Anya.. Mon amour.. Ah ! Bordel..


    immarcescible, Posté le samedi 04 mars 2023 00:56 Répondre

    La soirée prenait une étrange tournure. L'alcool n'aidait pas vraiment Garrett à se concentrer ou même être clairvoyant. Non, il ne voyait qu'Anya si belle, si sensuelle. Jamais il ne l'avait vu de la sorte, aussi désinhibée et à le chercher, le provoquer. Il sentait monter en lui un désir un peu violent, sauvage et incontrôlable qui allait exploser à tout instant. Quelques femmes se collaient à lui mais il les ignoraient totalement. Son regard fiévreux et incendiaire ne quittait pas la belle brune qui dansait aussi lascivement qu'une flamme de cheminée. Oh oui, il avait envie de s'y brûler.

    Alors qu'il faisait un pas dans sa direction, il vit soudainement rouge lorsqu'un homme osa poser sa main sur les hanches de la brune. Il était grand, massif et assez imposant. Pas étonnant qu'Anya ai des difficultés à se dégager de sa poigne. Elle eut beau lui donner une gifle, cela fit rire le goujat. Sans perdre un instant, Garrett arriva et se pointa devant le colosse auquel il donna un rapide et puissant coup de poing en plein visage. Surpris, le géant trébucha en arrière renversant d'autres personnes qui dansaient derrière. Garrett avait sa main quelque peu engourdie et qui saignait mais il s'en fichait. Il était incendié par le désir et il ne pu le réprimer.

    Dans un mouvement rapide, il prit entre ses mains les joues d'Anya et lui donna un baiser vorace, sauvage et intense dans lequel il déchargeait ce désir intenable qui irradiait sa peau. Il avait l'impression d'être une bête sauvage cherchant à se repaître de la peau de sa fiancée. Incapable de tenir une seconde de plus et profitant de la cohue autour du blessé, il entraina la brune en dehors du bar pour se rendre dans une ruelle étroite et vide de monde. Là, il la plaqua contre le mur et reprit son baiser avec une ardeur encore plus intense puisqu'il agrippait les fesses de la jeune femme avant de la laisser enrouler ses jambes autour de ses cuisses :

    - Tu me rends fou.. J'ai tellement envie de toi, murmurait-il en mordant sans douceur la peau de son cou, tu es à moi..

    Ses mains caressaient ses fesses mais remontaient jusqu'à ses seins quand il léchait et mordait ensuite ses lèvres. Sans douceur, il pressait ses seins gonflé qu'il avait envie de dévorer quand son bassin se pressait contre le sien pour lui faire ressortir cette bosse qui ne demandait qu'à éclore. Lorsqu'il redescendit ses mains, il vint les passer entre les cuisses de la brune et là, il arracha sans concession son bas sous sa robe. Il jeta les lambeaux de sa culotte sur le sol et vint enfouir ses doigts en elle.

    - Bordel.. T'es brûlante Anya.. Tu sais que je vais te prendre là.. là maintenant.. Dis-le que tu le veux.. Dis le que tu es à moi..

    Ses yeux brillaient d'une sauvagerie intense. La seule fois où il avait eu un désir comme ça pour elle, il s'agissait de leur deuxième nuit ensemble, la veille de son départ pour le front. Là, il ne se retenait plus et alors qu'il jouait, titillait cette boule de plaisir qui s'épanouissait sous ses doigts, il cessa brutalement pour faire naître la frustration chez elle. Un sourire carnassier sur les lèvres, il se mit à lécher ses doigts avant d'embrasser de nouveau ses lèvres plus tendrement :

    - Tu es si délicieuse.. Tu le sais ça ?


    immarcescible, Posté le mercredi 01 mars 2023 17:38 Répondre

    C'était la première qu'ils vivaient une soirée dite "normale". Pendant toute la représentation, le blond ne pu s'empêcher de regarder du coin de l'oeil Anya. Son iris brillait d'un éclat qu'il avait déjà aperçu quand elle était sur scène et qu'elle jouait. Il comprenait totalement qu'elle soit en manque de cet appel de la scène. Il l'avait toujours trouvé épatante. Le temps passait mais elle ne reprenait pas pour autant la musique. De quoi avait-elle peur ? En avait-elle encore l'envie ? La vocation ? Ils étaient entrain de sortir de la salle quand elle se mit à évoquer ses non-talents de chanteuse. Cela faisait doucement rire Garrett qui, plus détendu depuis la fin du restaurant, posa son bras sur les épaules de la jeune femme :

    - Je peux t'assurer que quand tu gémis ton chant est mélodieux pourtant..

    Un couple lambda, qui passait une douce soirée et qui pouvait être tout simplement désinvolte. C'était ce qui manquait dans leur couple. Tout avait toujours été sérieux entre eux, depuis le départ. Jamais ils n'avaient pris le temps de se chercher, de se taquiner, d'être tout simplement jeune. Marchant sans réel but dans NY, ils venaient à rapidement atterrir à Central Park. Là, Garrett s'arrêta à un stand de hot-dog et en commanda deux avant de les régler. Ils se posèrent dans l'herbe, lui adossé à un arbre, elle blottie entre ses jambes pendant qu'ils mangeaient avec appétit :

    - Je réfléchis depuis tout à l'heure à ta question et je me demande si toi tu serais tombée amoureuse de moi. J'aurais été élevé dans le luxe et à être un vrai fils d'aristocrate. Un vrai petit con prétentieux qui n'aurait jamais rien fait de ses dix doigts. Tu crois franchement que j'aurais été à ton goût ?

    Il est vrai que sous ses airs de jeune homme cultivé il n'en restait pas moins un soldat qui fonçait dans la masse pour obtenir des résultats. Est-ce qu'elle aurait posé ses yeux sur lui quand elle est une l'héritière d'une des plus grande famille royale de l'Europe. Embrassant son front et regardant les gens marcher, courir, sauter, s'amuser dans le parc, il reprit :

    - Tu aurais été bien trop intéressée par des garçons plus beau et plus intelligent que moi.

    La soirée était douce même si une légère brise les enveloppait. Garrett n'avait aucune envie de bouger de l'arbre où il était adossé quand ses doigts caressaient avec douceur la nuque de son amante. Il contemplait les reflets dans sa chevelure d'ébène dont il aimait la délicatesse. Il se penchait délicatement et plongeait son nez dedans pour y sentir son parfum :

    - Mh.. Tes cheveux sentent toujours si bon.. Je suis complètement drogué à ton parfum tu sais. Ta peau sent terriblement bon.

    Il s'amusait à mordiller délicatement la peau de son cou pour la taquiner quand il chatouillait un instant ses côtes juste pour l'entendre rire. Cette légèreté dans leur moment, dans leur couple était complètement à l'inverse de l'horreur et du stress des derniers jours. Etait-ce ça la vie de riche ? Une vie où on pouvait tout simplement être léger et heureux. Ne penser à rien d'autre que l'autre. Survivre n'étant plus un sujet.

    - Alors c'est ça, demandait-il avec douceur, c'est ça d'être simplement heureux ?

    Laissant Anya s'asseoir à califourchon sur ses cuisses, il enfouissait son visage entre ses seins un moment pour sentir une fois encore la douceur de sa peau. Il en frissonnait de plaisir d'entendre son coeur battre aussi fort dans sa poitrine. Il se sentait vivant et loin de toute la gênance du reste de la journée. En y repensant un instant, il se dit qu'il était peut-être temps d'aborder enfin le sujet :

    - J'ai peur de ce qu'ils vont vouloir de moi si j'accepte la mission de Robert et Catherine. L'Australie n'est même pas une option chérie. Je sais que tu l'as proposé et je t'en remercie mais il est hors de question qu'on s'isole au pays du diable. Non. On est ici chez nous en Amérique. Je vais donc accepter la proposition de Robert mais tu dois me promettre de toujours me ramener à toi. Ne me laisse pas devenir un abruti prétentieux. Tu devras me sauver si je me noie, tu t'en sens capable ? Je ne veux pas que toi aussi tu te noies. Je ne veux pas.. Je veux juste vivre avec toi d'amour et d'eau fraiche tu le sais n'est-ce pas ? On doit se promettre de ne jamais changer. Et d'être toujours une équipe, d'accord ?


    immarcescible, Posté le dimanche 26 février 2023 19:54 Répondre

    Le luxe de ce restaurant n’avait rien de rassurant pour Anya et Garrett. Installés à une riche table dressée face à deux blond qui l’observait comme s’il était une merveille, Garrett se sentait mal à l’aise. Devait-il dire quelque chose ? Faire quelque chose ? Heureusement, la main de sa compagne lui rappelait qu’il n’avait pas à s’inquiéter. Il n’était pas seul.

    - Alors, commençait-il, vous..
    - Oh mon dieu je n’y arriverais jamais !

    La fameuse Catherine prenait son visage entre ses mains et se remettait à pleurer. Elle était d’une telle émotivité que Garrett ne savait toujours pas quoi faire. Du haut de ses vingt huit ans, il se sentait complètement démuni. Survivre à la guerre avait fait de lui un homme fort, quasi insensible. Comment pouvait-il ressentir quelque chose pour cette femme inconnue. Pendant quelle pleurait dans les bras de son époux, un serveur passa pour prendre commande. Au même moment, le père et le fils commandèrent un whisky sans glace ce qui surpris les deux. Si Robert se mit à rire amusé, Garrett lui se sentait encore plus gêné.

    Comme toujours lorsqu’il était nerveux, il sortit son paquet de cigarettes ce qui surpris sa mère venant enfin de cesser de pleurer :

    - Tu fumes ?
    - Oui. Je peux m’abstenir si cela vous dérange.
    - Oh non, non, non mon garçon. Fais comme il te plaira.

    Un oeil vers Anya lui fit comprendre qu’il devait ranger son paquet de cigarettes, ce qu’il fit. Le serveur revenait avec les deux whisky, la boisson d’Anya et le thé de Catherine. Le silence devenait pesant et Garrett se demandait s’il arriverait à tenir sans fumer. Buvant cul sec son verre, il fit signe au serveur de lui en apporter un second. Lorsqu’il reposa son regard sur son père, il y vit une fierté qu’il ne connaissait pas.

    - Il faut que tu saches que nous t’avons cherché partout Gary, avouait sa mère la main tremblante sur sa tasse, nous avons engagé tous les détectives possible. Mais quand les frontières se sont fermés, nous n’avons plus eu de nouvelles de toi et.. et soudainement tout était trop tard. Quand.. Quand Max t’as volé à nous..
    - Catherine, murmurait Robert pour calmer sa femme, doucement..
    - Non Robert. Max nous a volé notre enfant ! Et sa pétasse de Gina l’a bien monté contre nous.

    Garrett inspirait profondément. Cette pétasse dont parlait Catherine était encore et toujours cette mère au fond de son coeur qui l’avait toujours protégé. Il avait des difficultés à entendre des inconnus parler de ses parents, kidnappeur soit-il, être considérés comme des tortionnaires.

    - Cette situation est très.. est très particulière. Je pense qu’Andreï vous a expliqué ce qui nous conduit à vous.
    Il semblerait que vous avez des ennuis avec ces sales rouges.
    - Oui, les communistes. Ils nous en veulent. Ils sont après nous et je dois mettre en sûreté ma famille.

    Robert écoutait avec attention son fils quand Catherine ne cessait de pleurer sans toucher à son thé. Elle aurait voulu capter l’attention de Garrett mais ce dernier resté focalisé sur ses propres enfants et sa volonté de les protéger :

    - Je travaillerais pour vous s’il le faut. Je n’ai pas fait d’études mais je suis un bon soldat. Je peux faire tout type de travaux, rien ne me fait peur.
    - Mais enfin Garrett tu es notre fils. Il est hors de question que tu travailles ! Ton père va te trouver une place dans notre société familiale. Figure-toi que nous sommes les premiers magnats de la presse de Seattle.

    Il était très gêné à l’idée de demander de l’aide financière et de protection. Sa fierté en prenait forcément un coup. Très vite, il trouva la main d’Anya sous la table et serra cette dernière pour se donner le courage nécessaire et surtout ne pas quitter la table dans un soubresaut violent. Pourtant, il avait très envie de s’enfuir de ce restaurant. Robert proposa qu’ils dînent. Un regard vers Anya qui confirma qu’ils restaient, fit accepter Garrett. Ils commandèrent des plats dont il n’avait aucune idée à quoi cela ressemblait tant c’était sophistiqué. Ce que cela pouvait être guindé. Alors que le silence gagnait de nouveau la table et que la jambe de Garrett tremblait de nervosité, Catherine vint à dévier la conversation vers Anya pour apprendre à la connaître :

    - Robert m’a dis que vous étiez la fille de ce cher Andreï. Vous êtes d’une beauté remarquable ma chère. Ainsi donc.. Ainsi donc vous êtes une communiste ?
    - Anya n’est pas communiste. Elle est russe certes mais pas communiste.
    - Tous les russes ne sont-ils pas communiste Garry ?
    - Non. Personne n’est communiste par choix en Union Soviétique. On le subit.
    - Tu as le coeur et l’âme d’un vrai capitaliste mon chéri.
    - Mon coeur et mon âme appartiennent à ma famille et certainement pas à des questions politiques et économiques.

    Robert se mit à tousser sentant le terrain glissant et enlaça son épouse près de lui pour tenter de la canaliser elle aussi. Elle mourrait tellement d’envie de prendre son fils dans les bras. Elle ne comprenait pas qu’il soit aussi distant d’elle et de son père.

    - Anya est médecin.. Chirurgienne, continuait Garrett, elle est très douée. Il faut voir comment elle m’a recousu. De l’art.
    - Ainsi donc ma chère vous travaillez ? Mais.. Mais qui s’occupe des enfants ?
    - C’est Georgina. La femme qui m’a élevée comme son fils.

    Cela mit de nouveau tout le monde mal à l’aise. Mais Garrett ne se démonta pas et expliqua dans quelles conditions il avait rencontré la vieille femme et comment elle l’avait prise sous son aile.

    - Ainsi donc cette Georgina est une sainte, répliquait Catherine non sans jalousie, je devrais saluer la prochaine fois.
    - Elle est exceptionnelle je dois bien le reconnaître. Et elle s’occupe très bien de Pasha et de Jasmine.
    - Parlez-moi de mes petits-enfants !

    Le blond jeta un oeil sur Anya pour savoir s’il devait commencer à parler des enfants. Il se sentait déjà épuisé par tant de conversation, mais son père vint se pencher vers lui pour lui demander s’ils pouvait s’éclipser un instant. Il avait besoin et envie de fumer. Garrett pris le poignet de sa compagne et l’embrassa avant de suivre son père. Mais avant de partir, il lui murmura en russe :

    - Je reviens au plus vite mon amour.


    immarcescible, Posté le vendredi 24 février 2023 20:05 Répondre

    Anya avait raison mais Garrett ne pouvait se résoudre à cette solution. La simple idée d'imaginer qu'on lui ai mentit toute sa vie nouait son estomac. Après avoir fumé son paquet de cigarettes à l'extérieur, il fut rejoint par la douceur de sa compagne. Posant sa tempe sur son épaule, il se laissa tendrement caresser la nuque quand il s'avouait vaincu. Le motif des enfants était totalement raisonné même si cela lui coutait de le dire :

    - Je sais que tu as raison mais je ne peux pas m'empare de me dire que c'est quand même absurde. On ne sait rien de cet homme et encore moins de son entourage. Si ça se trouve c'est un piège et.. en fait.. ça ma tue de me dire que je ne peux pas vous protéger. Je me sens complètement démuni Anya. Je suis censé vous protéger et vous rendre fiers mais.. mais j'échoue lamentablement, comme à chaque fois.

    Il se sentait minable, complètement incapable de protéger sa famille quand elle se trouvait complètement submergée par les horreurs de ce monde. Serrant la brune contre lui, il vint embrasser sa tempe en s'excusant une fois de plus jusqu'à ce qu'ils soient interrompu par un Alek désolé.

    - Anya je.. je suis vraiment désolé de ce que j'ai fait.
    - De quoi ? D'avoir agis stupidement ? Comme un enfant ?

    C'était cinglant et totalement immature de la part de Garrett mais il ne pouvait s'empêcher de penser que le responsable était Alek. Dans un regard noir le blond se leva pour s'éloigner du jeune homme qui cherchait auprès de sa soeur un peu de compassion. Il vint s'asseoir à la place du blond et la regarda désolé :

    - Je ne pensais pas que ça déclencherais tout ça.. J'étais.. J'étais tellement en colère.. Persuadé que papa n'aimait que toi.
    - Donc dans ton malheur tu invites les autres à souffrir. Bravo Alek. Bravo !
    - Garrett s'il te plaît.. Ne rend pas les choses plus compliqué.
    - Quoi ? Tu es sérieux ? C'est moi qui les rend compliqué ? Mais tu te fous de ma gueule en plus !

    Heureusement qu'Anya s'interposait entre les deux car Garrett bondissait férocement vers l'adolescent, prêt à lui mettre une raclée dont il se souviendrait. Cela ameuta bien évidemment Alekseï qui venait s'assurer que personne ne déborde. Garrett était maintenu par une Anya qui pour une fois était parfaitement censée et pas impulsive comme l'était son compagnon. Pour se calmer donc, il préféra quitter la famille Siminiov et aller dans les bois, à la lisière pour se calmer un peu. Il avait besoin de souffler et de se rendre compte qu'ils allaient devoir partir au petit matin et tout abandonner.

    Lorsqu'il revint, c'était le calme plat à la maison. Alek avait disparu et Anya dorlotait les enfants. Il repensait soudainement à ce qu'elle lui avait proposé et son sang ne faisait qu'un tour. Comme s'il allait l'abandonner. Comme s'il allait la laisser se livrer à l'ennemi. Lorsqu'elle leva les yeux vers lui, il lui fit signe de venir. S'installant sur le canapé du salon, il l'attira contre lui et murmura ses lèvres dans sa crinière :

    - je ne veux plus t'entendre dire des absurdités concernant une reddition.. Jamais Anya. Tu es ma femme, l'amour de ma vie, l'adoration de nos enfants. Tu crois vraiment que je pourrais vivre une vie si je te donne à ces enfoirés de russe ? Quelle vie crois-tu que je vivrais ? Ton fantôme me hanterais sans cesse. Je préfère encore mourir avec toi plutôt que d'envisager une vie sans toi tu l'as compris ? On aura cette conversation qu'une seule fois Anya. Les enfants seront toujours notre priorité mais tu es l'es aussi. Jure moi de ne jamais faire quelque chose avec lequel je serais en désaccord et dont on a parlé. Comme ce sujet par exemple. Je suis sérieux. Parce que si tu me mens, parce que si tu disparais pour ces raisons je peux te jurer que j'irais te chercher mais je vais devenir une machine de guerre qui n'obtiendra de repos uniquement que quand tu seras à la maison. Je me suis bien fait comprendre ?

    Sa voix était basse, douce mais extrêmement ferme. Il ne pouvait pas être plus clair, plus précis et plus serein en lui exprimant ce qu'il ressentait et ce qu'il envisageait. Aussi, en resserrant ses bras autour de la jeune femme, il lui murmura qu'il l'aimait et qu'il ne pouvait pas vivre sans elle :

    - Toujours toi et moi, éternellement. Promis ?


    immarcescible, Posté le jeudi 23 février 2023 20:55 Répondre

    Le coup de feu dans la chambre glace le sang de Garrett. Il finissait de déboiter la tête de son assaillant avant de courir jusqu'à la chambre, craignant de voir le corps sans vie d'Anya. Mais non. C'est elle qui tenait l'arme à bout portant quand le vieil homme ricanait en tenant ses boyaux à l'air libre. Le blond arracha l'arme des mains de sa compagne et caressa son visage pour s'assurer qu'elle allait bien mais le vieil homme vint à sortir la dernière bombe. Essuyant son nez qui était en sang, le blond grognait en se disant que c'était un piège jusqu'à ce qu'il cite Alek. Lors de sa dernière fugue il aurait très bien pu entendre ces fameuses informations et les dévoiler à n'importe qui ce qui faisait craindre Garrett d'une prochaine nouvelle traque. Gardant Anya contre lui, il embrassa sa tempe en reprenant son souffle :

    - Tout va bien se passer, dit-il essoufflé, on va trouver une solution comme toujours.

    Toujours très factuel, Garrett ordonna à Anya de faire les bagages. A vivre de peu de chose, ils avaient fort heureusement peu de choses à emmener avec eux. Il aida la jeune femme à récupérer toutes les affaires des enfants, les siennes et celle de Georgie avant d'entreposer tout ça dans le camping-car. Il n'avait aucune idée de si Ivanov avait d'autres hommes. Peut-être que d'autres allaient arriver, aussi, ils devaient partir le plus rapidement possible sans laisser de traces. Mais avant, Garrett était entrain de mettre de l'essence dans toute la maison. Il ne pensait pas à la tristesse de devoir brûler cette maison qu'il avait construite pour sa famille. Non, il était en mode survie. Une fois que la maison fut suffisamment aspergée, il y ajouta des fagots de bois.

    - Va dans la voiture, dit-il après avoir sortit les derniers bagages et alluma le dit brasier.

    Le feu partit à une vitesse folle. Le bois était encore tout frais de la lazure. C'est en voyant les flammes lécher les murs, exploser les fenêtres qu'il sentit une goutte glisser de ses yeux. Ils allaient de nouveau devoir fuir. Ce serait un cercle vicieux sans fin. Il entendait la peine et l'inquiétude de sa compagne derrière lui aussi il ne perdit pas un autre instant et monta dans le camping-car pour le conduire. Il saignait encore du nez mais il l'essuyait de sa manche sombre. En attaquant les deux gorilles il n'avait pas été épargné et son épaule avait bien souffert. Dans un geste de possessivité, il agrippa la main d'Anya dans la sienne pour lui rappeler qu'ils étaient deux et qu'il ne la lâcherait pas une seule seconde.

    - On va aller chez ton père récupérer les enfants et on va partir. On va aller très loin de tout ça se mettre à l'abri.

    En arrivant au restaurant, Andreï était déjà mis au courant de l'incendie de la maison mais ne comprenait pas pourquoi. En voyant l'état d'Anya et Garrett, il comprit que quelque chose s'était passé. C'est dans son bureau qu'ils s'isolèrent des enfants et de Tamara pour lui expliquer ce qui c'était passé.

    - Pourquoi vous ne m'avez rien dit, rouspétait-il en tapant du poing sur la table, j'aurais pu intervenir.
    - Anya sait se défendre Andreï. Ce n'est pas cette attaque qui nous inquiète mais ce qu'aurait dit Alek.
    - Comment ça Alek ?

    Ils lui confièrent donc les derniers mots d'Ivanov ce qui fit blanchir Andreï. S'il y avait bien un homme qui savait ce qui attendrait Anya c'était lui. Se rasseyant sur son fauteuil, il réfléchissait à une solution qui permettrait à la brune de fuir.

    - La solution est simple nous partons.
    - Quoi ? Mais je peux protéger ma fille !
    - Sans doute mais pas une famille entière. Or, je ne laisserais pas un seul membre de ma famille en dehors du chemin. Nous partons dès ce soir avec les enfants.
    - Et pour aller où ? Ils vont vous chercher partout où vous irez et vous n'allez pas passez inaperçu Garrett. Contacte ton père. Il pourra vous aider.
    - Mon.. Mon.. Putain Andreï ne dis plus jamais une telle connerie ou je pourrais t'arracher la langue c'est compris ?

    Le blond commençait à perdre patience. Il était hors de question pour lui de contacter un homme qu'il ne connaissait pas et qui se prétendait être son père. C'était une histoire insensé dont il n'avait toujours pas eu le temps d'y penser. Secouant la tête, il alluma une cigarette après avoir bu cul sec son verre et ajouta :

    - Nous allons partir vers le sud... L'amérique du Sud.
    - Avec tous les nazis ? Vous allez être vendu au plus offrant.
    - Il n'y a donc pas un putain de pays sans que ces putains de rouge soit derrière nous ??

    Dans un accès de rage il mit un violent coup dans le mur et y enfonça son poing. Il grimaçait légèrement de douleur quand il ressortait sa main légèrement ensanglanté. Perdu, complètement perdu il se sentait impuissant à protéger sa famille quand le monde entier souhaitait les anéantir.


    immarcescible, Posté le mercredi 22 février 2023 20:26 Répondre

    L'entraînement était intensif mais Garrett savait qu'Anya pouvait tenir, du moins, jusqu'à la course. Il avait eu le temps de faire deux fois le tour du chemin que la brune reprenait encore son souffle dans les hautes herbes. Il l'entendait l'appeler, le taquiner quand il la cherchait du regard. Ne la trouvant pas, il vint lentement se faufiler dans les herbes. Marchant à quatre pattes sans bruit, il se fiait au son de la voix de la brune pour finalement arriver jusqu'à elle et la prendre par surprise. Tombant sur elle, ils roulèrent tous les deux dans les herbes jusqu'à ce que finalement, il la laisse avoir le monopole sur lui. Il riait, amusé et les yeux pétillant de malice quand son bassin jouait sous le sien :

    - Ne jamais baisser ta garde.

    Dans un mouvement rapide et contrôlé, il réussit à changer de nouveau leurs positions et venir plaquer Anya sur le sol non sans venir embrasser son visage et l'embêter en le léchant.

    - J'ai gagné, je peux donc faire tout ce qui me plaît, dit-il en riant, tu es ma prisonnière.

    Après l'avoir tendrement torturé un moment, il s'affala sur le sol à ses côtés et observa les arbres danser au grès du vent au dessus d'eux. Il restait un instant silencieux et pensif tout en prenant dans sa main celle d'Anya. Ses doigts entrelacé au sien lui permettait de se raccrocher à la réalité, de s'assurer qu'il ne rêvait pas et qu'il y avait encore un peu d'espoir dans ce monde de dingue.

    - J'ai vraiment hâte que tout ça soit terminé. Repartir à l'aventure avec toi et les enfants.

    Cela lui semblait encore plus difficile de lui confier une telle chose. Comme si rêver de tout ça était complètement improbable et impossible après tout. Mais c'était sans compter la force de de sa compagne qui arrivait toujours à le guider vers de meilleurs jours. Se redressant sur un coude, il s'amusa à tracer le contour du visage de la jeune femme et lui offrir un doux sourire :

    - Alors tu me vois vraiment enseigner ? Et tu ne dirais rien si je me trouvais dans une classe remplie de jeune demoiselles, demandait-il en la taquinant amusé.


    immarcescible, Posté le mardi 21 février 2023 20:19 Répondre

    Il en avait formé des jeunes hommes, cela ne lui avait jamais fait peur. Mais là, mettre une rousse à sa compagne, c'était une autre histoire. Mais elle était tellement déterminée et adorable dans ce short qu'il ne pu s'empêcher de sourire en coin. Elle le vit sans aucun doute et attaqua pour gentiment se venger. Alors, Garrett commence la leçon et attrape son bras avant de la plaquer contre lui. Il embrasse son cou en souriant toujours amusé par sa manière de faire.

    - Allez, tu dois maintenant essayer de t'échapper..

    Mais elle avait beau essayer elle n'y arrivait pas. Sa main se posait donc sur sa hanche et il lui montra le basculement de hanche qu'il devait avoir pour pouvoir s'échapper :

    - Balance toi, oui comme ça et quand tu le sens, pousse tes mains vers l'extérieur. Il faut surtout que tu gardes ton calme et que tu ne panique pas. Allez, à trois, un, deux..

    Après avoir embrassé de nouveau son cou il la laissa faire la fameuse manipulation nécessaire pour se détacher de sa poigne. Ayant réussi, il la félicita et lui reconnu une capacité étonnante à savoir se battre. Mais même si elle était douée aux yeux de Garrett, il fallait désormais qu'elle gagne en poigne et qu'elle sache s'armer devant les prochains combats qui vont l'attendre. Ils s'entrainèrent toute l'après-midi ainsi. Le blond ne la ménageait pas et lui faisait même faire quelques exercices de sport comme du sac ou encore des pompes. Il lui expliquait qu'il fallait qu'elle mesure ses coups et son souffle. Il essayait de lui faire comprendre l'importance de se ménager.

    - Ne frappe que si tu sais que tu pourras rendre le coup. Ne joue surtout pas à l'héroïne, ce serait stupide de perdre la vie parce que tu as voulu jouer au plus fort.

    Il n'était pas des plus doux avec elle, comme elle lui avait demandé. Mais c'était aussi une certaine manière de la voir changer d'avis et ne pas l'accompagner. Or, c'était mal connaitre la détermination d'Anya Siminiov. Au bout d'un moment, il préféra stopper l'entrainement plutôt que d'abuser. Il lui ordonna d'aller prendre une douche pendant qu'il prenait le temps dans la chambre de lire le fameux dossier que les russes avaient sur eux dans la voiture et qu'il n'avait pas pris le temps de lire :

    - Ils en savent beaucoup sur nous ces bâtards, murmurait-il en constatant l'état des dégâts, même combien de cigarettes je fume.. Manquerait plus qu'ils sachent combien de fois par jour je vais aux toilettes.

    Perdu dans sa lecture, il n'entendit pas la belle Anya sur le pas de la porte l'observer et c'est lorsqu'elle passa près de lui qu'il leva enfin les yeux sur elle. Elle parlait tactique, bagarre mais lui préférait contempler autre chose. La pointe de ses seins le défiait du regard et cette insolence l'excitait, il n'allait pas mentir. Puisqu'il ne répondait pas à cause de la vision si érotique devant lui, il fut surpris de recevoir un coussin sur le visage :

    - Oui ? Tu me parlais ? Désolé j'ai été distrait.


    immarcescible, Posté le mardi 21 février 2023 11:21 Répondre

    - Il n'y a qu'a toi que je confierais ma vie Anya.

    Dans l'idée, Garrett n'était pas contre le plan. Il fallait qu'ils se lancent à la poursuite de leur ennemis et les pousser dans leurs retranchements ou mieux encore, les éliminer. Mais si lui avait l'habitude de telles missions, sa compagne en était extrêmement loin pour le moment et il ne pouvait pas lui en vouloir. Comment l'éduquer à tuer des gens quand elle avait passé quasiment dix années de sa vie à en sauver. Il s'en voulait de lui faire vivre ça mais il s'avait pertinemment que s'il cherchait à la faire changer d'avis elle refuserait et qu'ils se disputeraient. Or, le camping-car n'était pas un lieu des plus propices pour une telle conversation, surtout avec les enfants à proximité :

    - Ton père nous a déjà préparé des faux papiers depuis longtemps, expliquait-il en mangeant avec appétit, ils sont dissimulés dans une poche hermétique sous mon bureau à la maison. Il y a de l'argent à l'intérieur ainsi qu'un titre de propriété dans le Montana. De quoi nous faire disparaître entièrement pour un sacré moment.

    Les deux hommes avaient déjà prévu toutes ces petites subtilités à cause des activités d'Andreï et parce que Garrett ne savait pas vivre autrement que sous l'urgence et la peur d'être un jour obligé de tout quitter. Les enfant entrant désormais dans l'équation, il était plus compliqué de tout quitter du jour au lendemain. Pourtant, s'il le fallait, il le ferait assurément. Mais pour le moment, il devait se concentrer sur leur mission principale et guérir de son épaule qui le faisait encore souffrir. Le retour jusqu'à la maison était pesant pour Garrett, non seulement parce qu'il était handicapé, mais aussi frustré de ne pas avoir pu profiter de ce voyage en famille plus longtemps. Il était plongé dans un mutisme que même les pitreries de Pasha n'arrivait pas à le faire se dérider.

    Il leur restait une bonne journée de route avant de finalement arriver à la maison. Garrett était pensif et surveillait la route quand Anya conduisait toujours. Pour fêter cette dernière soirée, il lui proposa de faire une halte dans les bois où un camping accueillait leur maison à roulettes. Ils s'installèrent en lisière du bois, tout près du ruisseau et sortirent le matériel pour faire à manger. Leurs voisins, des mexicains visitant le pays, eux aussi en camping-car, avaient un jeune fils de l'âge de Pasha avec qui il voulait jouer. Garrett allait immédiatement refusé, craignant que ce soit un piège mais Anya était fort heureusement, plus mesurée que lui.

    - Tu es sûre qu'on peut leur faire confiance, demandait-il en jetant un oeil sur les deux garçons qui jouent à proximité, après tout on ne les connait pas.

    Sa psychose était encore plus forte qu'il n'avait jamais élevé d'enfants jusqu'à présent. Alors, assis sur un rondin devant leur domicile, il surveilla que personne ne s'approche de son fils quand Jasmine jouait avec les poupées qui se trouvait devant elle, sur le plaid. Soudain, il vit les deux parents mexicains appeler leur fils pour dîner ce qui fit revenir Pasha. Il s'installa à côté de son père et fit comme lui qui taillait du petit bois pour le feu. Le blond était pensif en voyant l'autre famille en face, être une famille normale. C'était tout ce qu'il avait toujours souhaité. Et diable qu'il n'avait pas envie de rentrer et d'affronter ce qui les attendaient.

    - Dis papa.. pourquoi tu es tout triste des yeux ?
    - Hum ? Non, non, non mon grand. Je ne suis pas triste. Pourquoi penses-tu ça ?
    - Parce que tu as le même regard que maman.

    Il était attentif à tout ce petit homme. Donc, pour le rassurer, Garrett lui offrit un sourire plus doux et frotta ses cheveux bouclés qui partaient dans tous les sens avant de lui proposer d'allumer le feu ensemble. Ce soir là, ils dînèrent d'oeufs, de pommes de terres et de bacon avec du pain qu'ils avaient fait cuire dans une marmite. Jasmine dormait paisiblement dans les bras de sa mère quand Garrett montrait à Pasha comment on jouait de la guitare. C'était encore laborieux, mais le petit garçon adorait ça :

    - Tu verras, toutes les filles adorent les musiciens.
    - C'est vrai ? Mouchka ? T'es amoureuse de papa parce qu'il t'a joué de la musique ?
    - Oui Mouchka, comment es-tu tombée amoureuse de papa, demandait un Garrett plus détendu et amusé.


    immarcescible, Posté le vendredi 17 février 2023 11:37 Répondre

    Si tout le monde semble détendu à l'arrière, Garrett l'est beaucoup moins. Il ne voulait pas affoler Anya mais il venait de repérer depuis deux bonnes heures qu'on les suivaient. Déjà lors de leur arrêt à la station service il s'en était rendu compte mais avait préféré croire que sa paranoïa lui jouait un tour. Mais non, une voiture les suivaient, à pas de loup et à bonne distance. Il avait à plusieurs reprises changé de trajectoire mais rien n'y faisait, la voiture suivait. Il avait même eu beau freiner pour qu'on les dépassent mais non, la voiture suivait le rythme. Ce n'est pas qu'il n'écoutait pas Anya, disons qu'il restait méfiant en sachant qu'il ne pouvait pas faire n'importe quoi avec les enfants derrière :

    - Je dirais que remuer le passé n'a rien de bon dès fois tu sais. Si tes parents ont fuit c'est bien qu'il y avait une raison. Tu connais aussi bien que moi la situation des bolcheviques actuellement. Si ta naissance venait à l'oreille de Staline il n'hésiterait pas à te faire exécuter. Rappelle-toi qu'il n'a pas aidé son fils lorsque ce dernier s'est vu emprisonné par les allemands.

    Il était factuel, un peu distant et s'en voulait mais parce qu'il savait à quel point les soviétiques pouvaient être de vrais psychopathes quand ils voulaient obtenir quelque chose. La nuit allait tomber et cela ennuyait Garrett qui ne trouvait aucun lieu pour s'arrêter. Il voulait s'assurer de trouver un lieu sécurisé pour les enfants et Anya mais aucun endroit n'était susceptible de pouvoir les accueillir. Il entendait bien que les enfants avaient faim et lorsque la brune vint près de lui pour comprendre ce qu'il se passait, il murmura :

    - Nous sommes suivis. Je ne sais pas qui et pourquoi mais il y a une voiture qui nous colle au cul depuis deux bonnes heures.

    Au même moment, il vit la lumière d'un môtel au loin et décida de s'y arrêter. Au moins, il pouvait y enfermer les enfants le temps qu'il mène son enquête. Comme il l'avait prévu, la voiture s'arrêta non loin et coupa ses phares mais personne n'en sortit. Se détachant, il prit la main d'Anya et lui ordonna de rester dans la voiture :

    - Je vais réserver une chambre d'accord ? Tu as une arme dans la boîte à gant s'il y a quoi que ce soit, d'accord ? Mais ne bouge pas d'ici, compris ?

    Puis, après avoir laissé un rapide baiser sur ses lèvres se dirigea l'air de rien à la réception pour prendre une chambre. Il revint aussi vite que possible et pris Jasmine dans ses bras ainsi que quelques affaires qu'Anya avait préparé pour aller jusqu'à la chambre qui se situait juste en face du camping-car. Une fois les enfants déposés sur le lit, il alluma exceptionnellement la télévision et pris sa compagne à part en jetant un oeil discret vers l'extérieur :

    - Ils n'ont pas bougé. Je vais attendre qu'il fasse nuit et j'irais faire un tour.

    Voyant l'air inquiet de la jeune femme, il tenta de la rassurer en caressant sa main de son pouce et embrassant son front pour la serrer contre lui.
    Que faire si ce n'est la rassurer ?

    - Tout ira bien je te le promets mais tu ne dois pas bouger d'ici. Tu resteras avec les enfants pendant que je ferais ce que j'ai à faire. Je ne sais qui ils sont mais ils vont devoir s'expliquer.

    Quand la nuit fut tombée, que les enfants eurent mangés et qu'ils dormaient, Garrett enfila un vêtement sombre et chargea son arme qu'il dissimula dans son dos. Avec précaution, il sortit par la fenêtre de la salle de bain pour faire le tour de l'hôtel. Aisément et discrètement, il passa par la lisière de la forêt avant de rejoindre la fameuse voiture qui les suivaient. Deux hommes s'y trouvaient et une musique américaine résonnait. Est-ce que c'était vraiment des russes ? Pourquoi des américains les suivraient ? Alors qu'il allait sortir de sa cachette, il entendit un des gars parler en russe. Il s'agissait bel et bien du KGB ou des hommes de Ivanov.

    Tapi dans l'ombre, il attendit le bon moment pour que l'un des gars sorte pour uriner et détruisit sa nuque d'un coup de main puissant. Pendant ce temps, l'autre continuait d'apprendre l'anglais en écoutant Nina Simone chanter. Il chantait étrangement bien mais cela n'atténua pas la colère et le ressentiment de Garrett. Après avoir dissimulé le premier corps, il attendit que le second vienne à lui, ce qui se passa.

    - Mikaël ? Все хорошо ?
    - Помоги мне ! Помоги мне, suppliait Garrett d'une voix étouffée.

    Le russe couru jusqu'à son acolyte pour finalement trébucher sur lui. Sans attendre un instant, Garrett lui asséna un violent coup au visage qui ne sembla pas faire mal au géant qui se releva. Merde, il était bien plus costaud qu'il ne le laissait présager. Il se battait avec lui mais il est vrai que ses entrainements avaient été lointain ses derniers temps, aussi, il était beaucoup moins souple et réactif quand l'autre était une bête à tuer. Il fallut beaucoup de patience et d'ingéniosité de Garrett pour finalement réussir à maîtriser l'ennemi et lui mettre une balle entre les deux yeux.

    - Merde, pestait-il recouvert de sang.

    Une fois que sa besogne fut faite, il traina les deux corps dans la voiture et les déposa. Il conduisit un peu sur la route et alla jusqu'au lac où il poussa la voiture à l'intérieur. Bien évidemment, il la vida de potentielle preuves pouvant retracer Anya, lui-même ou les enfants et rentra à pieds jusqu'à l'hôtel. Il mit un peu de temps à pieds surtout que son épaule était déboitée et qu'il souffrait. En arrivant, il reçu une Anya contre lui qui le fit grimacer de douleur. Il était ensanglanté et blessé mais il voulait la rassurer :

    - Tout va bien.. Je me suis occupé de tout.

    Il jetait sur le bord du lit le fameux dossier qui contenait des informations sur la famille et se laissa entrainer dans la salle de bain pour se faire soigner, dans un premier temps. Ils seraient tranquille un petit peu de temps désormais :

    - Demain matin on doit changer de direction. Ils savaient qu'on allaient en Caroline. On doit aller ailleurs pour être certain qu'ils n'envoient pas quelqu'un d'autre. Je suis désolé mon amour.. Mais je te promets qu'on ira une prochaine fois.


    immarcescible, Posté le dimanche 12 février 2023 17:50 Répondre

    L'espace d'un instant Garrett eut l'impression de revoir cette Anya qu'il avait tant aimé plus jeune. Elle était là, ingénue, douce, pleine de rêve et de projets. Il aimait la voir briller de la sorte. Même s'il était allongé, il ne tenait pas à laisser passer ce moment. Se redressant, il vint donc lui donner un profond et langoureux baiser qui faisait revenir en trombe un Pasha et une Jasmine curieux. Se jetant dans les bras de leurs parents, ils venaient eux aussi pour avoir des bisous et des câlins :

    - Nous aussi ! Nous aussi !

    Cela faisait rire le père de famille qui venait embrasser les fronts des deux petits monstres qui étaient demandeur d'attention. Pour essayer de canaliser cette énergie, Garrett se mit donc à raconter une histoire sur des héros qui viennent de l'est et de la neige se rendant à l'ouest où le soleil est éclatant. Pasha écoutait avec de grand yeux étonné quand Jasmine écoutait avec attention son père mimer le soleil, les plages, les cocotiers, les citronniers et les vagues.

    - On pourra y aller ? Un jour papa.. dis.. tu nous emmène voir les chevaux de la mer ?
    - Un jour mon grand.. Un jour on ira c'est promis.

    Jasmine grimpait sur son père et venait rejoindre les bras de sa mère dans lesquels elle se réfugiait. C'était son endroit favori. Tendrement, elle posait toujours sa tête au creux de son cou tout en suçant son pouce et l'écoutant avec attention.

    - Mais pour le moment nous allons continuer notre route un peu plus au sud pour que vous puissiez-voir les arbres qui pleurent, dit-il en parlant des saules pleureurs, c'est magnifique.
    - Ça pleure pas les arbres papa.
    - Tu verras petit champion.

    Pour finir cette délicieuse journée, ils firent le tour du lac avant de rentrer au camping-car. Ils étaient tellement bien installés que Garrett proposa d'y rester pour la nuit. Il fit un petit barbecue pour y faire cuire quelques saucisses et quelques patates sautés. Pour le dessert, ils sortirent des chamalow qu'ils firent brûler sur des bout de bois quand Garrett joua un peu de guitare.

    C'était une soirée parfaite, il n'y avait rien à en redire. Alors qu'ils allaient coucher les enfants, une chose surprenante arriva. Des lucioles se posèrent autour d'eux et volaient. C'était un spectacle plus que charmant et attendrissant. Pasha, avec le peu d'énergie qu'il lui restait, courant après les fameuses petites lucioles. Jasmine se tenait dans les bras de son père alors qu'ils essayaient d'en attraper d'autres.

    Finalement, quand les enfants allèrent se coucher et qu'ils dormaient profondément, épuisé par cette journée, Garrett proposa à sa compagne d'aller profiter encore un peu de la chaleur du barbecue. Il la tenait entre ses jambes, la couvrant de son corps et embrassant son cou :

    - J'ai l'impression que ces deux dernières journées sont un rêve..

    Alors, pour la taquiner et l'embêter un peu, il se mit à la chatouiller doucement avant de mordiller son cou tendrement. Il cessa rapidement, de peur que les éclats de rire d'Anya réveille les enfants mais il lui donna un autre tendre baiser :

    - C'est la vie dont j'ai toujours rêvé mais en mieux Anya.. Tu m'as offert un paradis. Merci.


    immarcescible, Posté le mercredi 08 février 2023 17:27 Répondre

    le camping-car : https://www.wikicampers.fr/blog/wp-content/uploads/2019/11/Photo-format-article-de-blog-12-min.jpg


    immarcescible, Posté le mercredi 08 février 2023 17:25 Répondre

    La route les avaient pris à sont propre jeu. Il étaient partis, libres comme l'air. Avant de quitter la maison, ils avaient laissé à Georgie une note pour qu'elle ne s'inquiète pas et Anya avait appelé son père pour le prévenir de leur absence pour un moment. Au moins, tout le monde était désormais au courant. Ils avaient pris la direction de la Virginie qui était un état très boisé et où ils pourraient se ressourcer un peu. Il avait du mal à comprendre pourquoi sa compagne appréciait autant cette vue et c'est en arrivant au môtel qu'il compris. L'odeur des sapins lui rappela le parfum de Lazarevo. Leur tendre et si indétrônable moment de bonheur. La côte est présentait les mêmes paysages forestiers qu'en Russie. Voilà pourquoi ils étaient autant attachés, l'un et l'autre à ce monde là.

    Pendant que les enfants dormaient, Garrett avait pris une longue douche. En revenant dans la chambre, il enfila des vêtements propre tout en écoutant sa compagne évoquer avec lui sa crainte d'une mauvaise relation avec Jasmine plus tard. Il enfilait ses chaussettes et secouait la têt négativement pour la rassurer :

    - Impossible.. Elle va grandir avec une maman lionne qui va défendre et aimer sa fille comme personne. Je ne veux pas lui mentir. Tu n'es peut-être pas la femme qui l'a mise au monde mais c'est toi qui lui a donné le plus important. L'amour, la bienveillance, l'écoute. Regarde.. Je considère plus Georgina comme ma mère que ma propre mère.

    Il se levait pour la rejoindre et embrasser son front avant de sortir pour fumer une cigarette. Mais voyant l'air inquiet de la jeune femme, il s'agenouilla devant elle en entrelaçant leurs doigts ensemble :

    - Elle t'appelle maman.. Jamais elle ne l'a fait avec Elena.

    C'était un surnom symbolique et puissant qu'il espérait rassurer sa compagne. Embrassant son poignet, il sortit enfin de la chambre pour fumer à l'extérieur de la chambre. Il observait les allées et venues des gens autour d'eux. Il s'agissait essentiellement de gens qui voyageaient. Il y avait des jeunes, des vieux, tout un tas de monde qui vivaient sans se rendre compte de ce qui se passait autre part dans le monde. Pensif, il posa son attention sur un homme qui, en bas de la résidence, donnait des prospectus aux gens qui passaient dans la rue. Intrigué, Garrett alla vers lui.

    - Bonsoir, que vendez-vous ?
    - Oh ! Bonsoir Monsieur ! Nous vous vendons l'avenir !

    Le blond était perplexe mais curieux, alors il écouta ce que lui vendait le fameux gros bonhomme qui éructait de joie en parlant de ce qu'il appelait "l'avenir". Une heure plus tard, le blond rejoignit la chambre d'hôtel et retrouva sa famille en souriant en coin. Il avait un secret et il était fier de sa surprise. La moue surprise d'Anya le fit encore plus rire quand il se penchait sur elle pour lui donner un baiser :

    - Demain.. Demain tu auras une surprise à laquelle tu ne t'attendras pas.

    Son oeil perplexe le fit encore plus rire mais il tint sa promesse et ne dit rien, même si elle lui avait fait un tendre chantage. Au petit matin, il quitta avant le lever de tout le monde la chambre et ne revint que tard dans la matinée. Il klaxonnait devant le motel au volant d'un immense camping-car qu'il avait acheté. En effet, la veille il s'était laissé emballé par cette idée de maison roulante pour continuer de vivre la grande aventure. Il avait donc vendu la voiture et avec les petites économies qu'il avait gardé, il pu acheter l'engin. Pasha hurlait de joie, impressionné quand Jasmine suçait son pouce dans les bras de sa mère. Elle ne réagissait pas, pas vraiment impressionnée.

    - GENIAL ! ON VA VIVRE DANS UN BUUUUUUS ! MOUCHKA REGARDE !

    Le blond sortait enfin de l'engin immense et le présenta au reste de la famille quand Pasha sautait partout tout heureux à l'idée de poursuivre l'aventure dans ce monstre conséquent. Le blond ouvrit la porte et le petit garçon grimpa les petites marches qui menait à sa nouvelle maison. Garrett vint jusqu'à Anya et lui prit Jasmine des bras pour qu'elle puisse visiter :

    - Il y a une grande chambre, expliquait-il, ainsi que deux banquettes. Une salle de bain aussi et une cuisine avec une table.

    Il est vrai qu'ils seraient sans aucun doute à l'étroit à l'intérieur, et le manque d'intimité serait forcément le plus gros problème, mais le blond avait une autre idée.

    - Le soir on pourra tire la toile extérieur du camion et dormir à l'entrée. On pourra dormir sous les étoiles, qu'en penses-tu ?


    immarcescible, Posté le mardi 07 février 2023 12:44 Répondre

    La colère et le ressentiment de Alek sont compréhensible pour son beau-frère, en revanche, il a des difficultés à entendre qu'il puisse se plaindre d'avoir atterrit ici, en Amérique. L'adolescent retenait des larmes de frustrations, de colère quand Garrett tentait de ne pas s'emporter. Surtout que cela risquerait de jeter encore plus de l'huile sur le feu. Il hurlait une nouvelle fois à sa s½ur qu'il la haïssait quand Garrett ne pu se retenir et haussa la voix :

    - Ca suffit ! Tu sais ce qui se passe là-bas ? Dans ta chère union soviétique ? Les garçons comme toi finissent au goulag Alekseï Siminiov ! Ils finissent au goulag pour avoir volé un peu de pain pour manger. Et tu sais ce qu'ils leur arrivent une fois là-bas ? Ils se font battre, torturé, violé, détruire. C'est ce que tu veux vraiment ? Réponds ! C'est ce que tu veux ?

    Il hurlait plus qu'il ne parlait et avait agrippé le col de l'adolescent. Il ne pouvait se retenir face à la mauvais foi du jeune homme qui cette fois-ci laissait une larme de terreur s'échapper de ses yeux quand il était plaqué contre la baie vitrée par son beau-frère :

    - Ta soeur a enduré, le froid, la faim et la mort pour pouvoir te sauver la vie et c'est comme ça que tu la remercies ? Où est ta reconnaissance quand elle t'as élevé comme son propre enfant ! Quand elle dormait sous les toits pendant que ta pute de mère s'en prenait à elle ? Tu oses faire l'enfant torturé alors que tu n'as pas vécu ne serait-ce un centième de l'horreur humaine. Tu veux allez en Russie ? Va. Mais personne n'ira te chercher. Personne tu m'entends ?

    Il le relâchait sans concession ce qui le fit tomber sur le sol. Anya allait vers lui mais Garrett lui interdit en tenant fermement son poignet. Ses yeux étaient fou de rage alors qu'Alek pleurait une bonne fois pour toute sur le sol. Il s'en voulait, bien sûr qu'il s'en voulait mais il n'avait pas d'amis, aucun soutien et ne savait plus vers qui se tourner. Il se sentait si seul, si incompris. Comment pouvait-il exprimer ce mal être à sa s½ur qui chercherait à solutionner le problème plutôt que de l'écouter.

    Voyant que Anya insistait pour le rejoindre, Garrett relâcha la pression de sa main et la laissa faire. Il préféra se rendre au téléphone pour appeler Andreï et le prévenir du retour de son fils. Isolé dans le bureau, il lui expliqua les propos du garçon et ses actes de violence répété à l'égard d'Anya.

    - J'ai vraiment tout raté, n'est-ce pas ?
    - Je ne sais pas Andreï. Tout ce que je sais c'est que tes enfants ont besoin de toi mais Alek encore plus.
    - Est-ce que je peux venir le voir ? Il pourrait venir vivre avec moi et Tamara.
    - Tu devrais en parler avec Anya avant.
    - Je sais, je sais. Je passerais demain matin. Et Garrett ?
    - Mh.
    - Encore désolé pour ton père, tu sais..
    - Ce n'est pas le moment d'en parler. Bonne nuit Andreï.

    Il raccrocha et alluma une cigarette avant de sortir une bouteille de whisky dissimulée dans un de ses tiroirs. Il resta dans le bureau un moment, à fumer et boire. Il n'osait pas sortir de peur de croiser le regard noir de sa compagne. Après tout, il avait quand même bien malmené le petit. Le pire dans tout ça ? C'est qu'il ne s'en voulait même pas et qu'il s'était plutôt bien maîtrisé. L'adolescence était ce fardeau trop inquiétant et trop difficile à gérer qu'il n'avait jamais eu à mener. Alors comment apprendre lorsqu'il ne s'agissait même pas de son enfant. La seule chose qui l'ennuya, c'était d'avoir minimisé les traumas qu'avait quand même subit l'enfant. Après tout, il avait vécu la guerre lui aussi. Sa conscience lui rappelait qu'il avait été alors dur avec lui, mais ce n'était pas pour autant qu'il en culpabilisait. Lorsqu'enfin la tête de sa compagne surgit, il ne bougea pas, se contentant uniquement d'expirer sa fumée :

    - Ton père viendra demain matin. Il s'est proposé de récupérer Alek. Je lui ai dis qu'il devrait d'abord en discuter avec toi.

    Elle avançait jusqu'à lui et il vint poser son visage contre son ventre, tel un repentis :

    - Je suis désolé.. Je n'aurais pas dû lui crier dessus de la sorte et être aussi violent. Mais je ne supporte pas qu'on s'en prenne à toi.


    immarcescible, Posté le vendredi 03 février 2023 07:55 Répondre

    Dormir lui avait fait du bien. Pas étonnant avec ces derniers jours sur le bateau et sa dernière nuit blanche. Il ne fit aucun rêve, aucun cauchemar. C'était comme si le néant l'avait accueillit. Le parfum d'Anya lui chatouillait les narines, ce qui signifiait qu'elle n'était pas si loin. C'est en la sentant se blottir contre lui qu'il se réveilla. Enlaçant la jeune femme, il vint enfouir son visage dans son cou pour humer l'odeur de sa peau. Celle qu'il aimait tant et qui le rassurait. Alors qu'il s'éveillait tranquillement, il fut stoppé dans son élan quand elle lui posa la question fatidique. Il lâcha malgré lui un profond soupir avant de s'écarte doucement de sa compagne pour regarder le plafond :

    - Ce que j'ai sur le coeur.. Et bien j'ai l'impression que toute ma vie n'a été qu'un odieux mensonge. Tu te rends compte de tout ce que j'ai dû faire pour survivre. J'ai l'impression que ça n s'arrêtera jamais. Et puis.. Et puis peut-être que cet homme ment après tout. Pourquoi m'enlever ? Je n'étais qu'un enfant. Je n'ai aucune valeur. C'est un délire complet. Si.. Si j'acceptais cette hypothèse Anya. Si je l'acceptais cela voudrait dire que toute ma vie est basée sur un mensonge et je..

    Il s'arrêta un instant. Ce qu'il ressentait, Anya le ressentait aussi, assurément. Les révélations qu'il avait eu était les mêmes qu'elle avait eu aussi auprès de sa véritable mère. Anya princesse tsarine. Lui, il n'était rien comparé à elle. Lentement, il vint s'allonger face à elle et embrassa ses mains avec douceur :

    - Pardonne-moi.. J'ose me plaindre et oublier ce que toi aussi tu as appris.. Je suis un parfait égoïste. Un stupide et égoïste époux.

    C'était la première fois depuis leur retour qu'il utilise ce terme là. A dire vrai, pour lui, rien n'avait changé. Ils étaient toujours mariés. Peu importe ce que la loi ou sa nouvelle identité pouvait bien dire. Front contre front, accrochés l'un à l'autre ils cherchaient à se trouver dans ce déluge de mensonge et de fausses identités qu'ils pouvaient avoir :

    - Je me sens épuisé.. J'ai envie de tout quitter.. De m'enfuir et de perdre la mémoire. Te chercher, te rencontrer dans un hôtel où tu bronzerais et où tu serais en vacances. Je te ferais la cour, tu me rabrouerais. Je m'en amuserais et finalement.. finalement tu succomberais. Je te ferais l'amour toute la nuit dans cette chambre d'hôtel et rien n'y personne ne viendrait nous tuer. Personne ne viendrait en prétendant être enceinte, ou te fair du chantage. Tout serais simple. Tranquille et simple.

    C'était un rêve. Un doux et beau rêve. La réalité, elle, était toute autre. Alek avait encore disparu, la véritable identité d'Anya leur avait été révélée et lui s'était découvert une famille à moitié mafieuse. Voilà pourquoi il avait toujours le don de se mettre dans des situations pas possible. Sans doute avait-il une graine de voyou dans le sang :

    - Tu me demandais ce que j'avais sur le coeur tout à l'heure et bien.. la seule chose en quoi je crois, en quoi j'ai foi, c'est toi Anya. C'est toi mon socle. Je crois en toi, j'ai foi en toi, je t'aime. Si je ne t'avais pas je.. je crois bien que je ferais vraiment n'importe quoi. Je suis désolé de m'être renfermé de la sorte sur moi-même alors que toi aussi tu as du subir un choc avec l'annonce de ton père. De ta place dans notre monde et je.. je suis tellement honorée que vous ayez posé vos yeux sur moi votre majesté. Tu sais, je ne crois pas dans le capitalisme, ni le communisme. La seule chose dans laquelle je crois c'est toi. Tu es ma religion, mon parti politique Anya. Peu importe ton nez. Ce sera toujours toi avant les autres.


    immarcescible, Posté le lundi 30 janvier 2023 12:56 Répondre

    La main de Anya dans la sienne le réconfortait. Son père ? Cet homme qu'il avait tant admiré et haï n'était pas véritablement son père mais son oncle. Maintenant qu'il y repensait, le souvenir de cette mère, une italienne brune aux yeux noir avait toujours détesté les mauvais regards qu'on portait à son fils blond aux yeux bleu. Garrett ne répliquait pas. Il était livide et il réfléchissait, à toute à l'heure. C'est une pression de la main de sa compagne qui le fit réagir.

    - Je vais aller chercher un peu d'eau. Tu sembles pâle mon amour.

    Il se levait non sans avoir déposé un baiser sur la tempe de la jeune femme. C'était une vérité qui le dérangeait. Il avait donc été un enfant volé ? Est-ce que sa vie serait perpétuellement un vaste complot mensonger. Arrivé derrière le bar, il se servit un verre plus de conséquent de scotch et le bu d'une traite. La grimace sur son visage n'était rien comparé à ce qu'il ressentait. Il en bu un deuxième, puis un troisième espérant que l'alcool saurait lui faire oublier quelque peu cette étrange sensation qu'il avait au coeur.

    Tamara arriva avec les enfants. Pasha baillait quand Jasmine reposait sa tête sur l'épaule de sa grand-mère.

    - Papa, on rentre à la maison ?
    - Oui mon grand. Je vais chercher ta mère et nous y allons.

    Avant de partir rejoindre sa mère, Garrett lui confia le fameux verre d'eau et vint ensuite se servir de nouveau un scotch. Tamara le voyait faire et comprenait que quelque chose s'était passé. Elle avait la délicatesse de ne pas demander. Néanmoins, elle passa une main chaleureuse sur le bras du jeune homme qui la remercia d'un léger sourire. Garrett ne retourna pas vers le père et la fille, il préférait attendre dans la voiture après avoir attaché les enfants. Il ruminait, ses mains serrant le volant qu'il voulait détruire. Mais Pasha l'observait de derrière, silencieux. Il se devait d'être modèle, un exemple pour son fils. Pas un horrible personnage qui s'en prenait à tout et tout le monde.

    Lorsque Anya rejoignit enfin la voiture, il ne dit rien et se contenta de partir. Andreï avait fait un pas pour venir le saluer mais il n'avait aucune envie de voir le regard de pitié dans son beau-père. Il voulait rentrer chez lui et s'isoler. Le retour fut silencieux. Si au départ Pasha parlait de tout un tas de petites choses, il s'endormit rapidement. Garrett sentait sur lui le regard peiné et inquiet de la belle brune mais il n'arrivait pas à la rassurer. Sa mâchoire était crispée, son regard fixé droit devant lui. En arrivant, il sortit Jasmine et la donna ensuite à Anya qui lui demanda. Il la laissa donc s'occuper des enfants quand il se rendit sur la terrasse pour fumer de nouveau.

    Il faisait frais et pourtant il n'avait pas froid. Comme si la nouvelle de son identité et de sa naissance avait suffit à l'échauffer pour des années et des années. Après tout, peut-être s'agissait-il d'une coïncidence ? Il y en avait des milliers de coïncidences sur terre. Et puis.. Si cet homme faisait affaire avec Andreï peut-être était-ce un piège ? Pour Garrett il n'y avait pas de possibilité concernant cette histoire. C'était forcément un piège. Mais un piège qui le faisait forcément douter. Il entendit derrière lui le pas d'Anya et il cherchait déjà une fausse excuse pour ne pas avoir à parler de cette histoire mais elle lui annonça tout autre chose.

    Alek avait disparu.

    Visiblement, Tamara l'avait vu retourner dans sa chambre furieux et pensait qu'il s'y était tout simplement enfermé, or, il avait emporté avec lui un sac à dos et quelques affaires avant de filer par la fenêtre. Il avait été alors vu par l'un des hommes de Andreï faisant du stop sur le bord de la route direction NY.

    - Occupe-toi des enfants j'y vais.

    Sans attendre sa réponse, il remit sa veste sur ses épaules et pris les clés de la voiture en fulminant de colère cette fois-ci. Qu'est-ce qui lui avait pris de faire une telle chose. C'était impensable qu'il puisse être aussi fugueur alors que tout se passait bien ces derniers jours :

    - Tu penses qu'il aurait pu retourner avec la bande avec laquelle il fricotait ?

    Cela n'avait décidément aucun sens. Sans perdre un instant donc, il monta dans la voiture mais embrassa le front de la brunette une dernière fois.

    - Je te le ramène par la peau des fesses tu peux me croire. Et il n'a pas fini d'entendre parler du pays. Je te tiens au courant très vite c'est promis.

    Cela faisait plus de deux heures qu'il roulait en cherchant dans les rues sordides de new york l'adolescent rebelle mais rien. Soit il s'était fait kidnapper ou alors il faisait tout pour ne pas qu'on le retrouve ce qui n'avait aucun sens pour Garrett. Tout se passait au mieux. Il avait même passé du temps avec son père. Qu'est-ce qui avait bien pu déclencher un tel rebondissement chez lui. Il rentra dans la matinée, bredouille et épuisé. Anya jouait avec les enfants dans le salon et il leur offrit un léger et pauvre sourire. Il était désolé de ne pas avoir retrouvé Alek et s'en voulait d'avoir échoué dans sa mission.

    - Je vais me doucher, me reposer un peu et ensuite j'y retourne. Il ne doit pas être bien loin, dit-il en enlaçant la brune et les enfants qui l'enlaçait, à quoi jouez-vous ?


    immarcescible, Posté le vendredi 27 janvier 2023 18:30 Répondre

    Le périple de la croisière en amoureux eut le mérite de rapprocher les deux amants. Si à la base c'était pour tirer les vers du nez d'Anya, c'était aussi et surtout la possibilité de passer du temps ensemble. En amoureux. Garrett découvrait avec un plaisir certain le fait de pouvoir prendre son temps. Jusqu'à présent, ils avaient vécu dans l'urgence du moment. La mort rôdait toujours autour d'eux. Mais la guerre était loin. La Russie aussi. Il sentait bien qu'Anya ne serait pas totalement sereine tant que Ivanov vivrait, aussi, il lui fit la promesse de régler ce problème en priorité, ensemble, mais qu'ils avaient malgré tout besoin de l'aide de son père. En aucun cas il lui demanda d'aller parler à son père. Jamais il ne la forcerait et jamais il ne lui imposerait une telle conversation. En revanche, elle devait coopérer et il servirait de pont entre les deux s'il le fallait.

    En arrivant au restaurant, il la laissa à l'extérieur quand il entrait pour récupérer les enfants. Pasha courut à lui en hurlant de joie quand Jasmine pleurait en réclamant sa mère. Alek n'était pas là. Visiblement, il était partit avec son père en chasse dans la forêt. Pasha salua son père mais rejoignit rapidement sa mère pour se jeter dans ses bras. Jamais encore ils n'avaient été séparés autant de temps. Si Jasmine pleurait en tendant ses bras à Anya, Pasha ne cessait de parler de mille et une chose à sa mère.

    En effet, Tamara s'était parfaitement occupée d'eux pendant l'absence des parents. Georgina avait pu ainsi se reposer et partir quelques jours en vacances chez ses amies russe qui vivent en plein centre de New York. Ainsi, le petit garçon montrait à sa mère les nombreux dessins qu'il avait fait avec sa grand-mère d'adoption et lui chantonna une comptine russe qu'il avait apprise.

    Pendant ce temps, Garrett regardait en direction de la forêt pour s'assurer qu'Andreï revenait. Or, rien à l'horizon. Se rapprochant d'Anya, il vit que Tamara tentait une approche. Il s'agissait d'une femme pieuse, douce et adorable qui apportait des petits biscuits russe à Anya. Elle ne parlait pas d'Andreï et encore moins de la relation entre le père et la fille mais voulait simplement faire la connaissance de cette fille de princesse. Car oui, Tamara connaissait la vérité à propos des origines de sa brue.

    - Merci Tamara d'avoir occupé les enfants mais on ne va pas rester longtemps. Tu dois avoir un peu de travail avec les réservations de ce soir.. On est samedi après tout.
    - Oh non ne t'en fais pas ! Je me suis levée tôt ce matin pour finir le ragoût. Il ne reste plus qu'à décorer les derniers biscuits et en refaire quelques cuissons puisque j'ai un petit brigand qui en a mangé un certain nombre.

    Pasha se cachait derrière son père se doutant bien qu'on parlait de lui. Cela fit rire toute l'assemblée. Garrett se sentait si bien ici depuis toujours qu'il ne pensa pas à demander à Anya mais il proposa son aide pour le service du soir :

    - Je sais qu'Olga est malade. Je pourrais vous donner un petit coup de main avec Pasha pour servir les plats.

    Tamara souriait, reconnaissante mais s'inquiéta de ce que pouvait penser Anya aussi, elle secoua négativement la tête et remercia le blond :

    - Vous devez profiter un peu des enfants.. Cela fait un moment que vous ne vous êtes pas vus. Je vais m'en sortir ne t'en fais pas. Les clients seront servis quand ils le seront voilà tout. Cela fera naître la patience à leurs estomacs.


    immarcescible, Posté le dimanche 22 janvier 2023 22:48 Répondre

    Toutes les informations étaient bonnes à comprendre ce qui motivait Anya. Et Garrett en vint à rapidement les cerner. Sa douce et tendre petite espionne cherchait tout simplement à aider un couple que rien ne prédestinait à une rencontre. Cela attendri le blond qui vint la faire cesser de parler en lui donnant un profond et tendre baiser. Ses mains posées sur ses joues, il souriait en l'embrassant, amusé de la voir aussi déterminée et exaltée à l'idée d'aider ses amis. Lorsqu'il n'eut plus de souffle, il caressa son nez du sien :

    - On dirait que pour la poursuite de ton plan tu vas avoir besoin des compétences de ton compagnon, dit-il en embrassant une autre fois ses lèvres avant de conclure, j'ai une petite idée qui devrait sans aucun doute te satisfaire.

    L'idée en soi était simple. Puisqu'Anya avait peur de rencontre Ivanov lors d'un potentiel rendez-vous, il fallait trouver une manière plus subtile de destituer le politicien véreux. Embrassant de nouveau son cou, sa gorge, il expliqua très précisément son plan :

    - Figure-toi que plusieurs journalistes ont déjà tenté à plusieurs reprises de discréditer l'époux de Q'. Je l'ai déjà entendu plus d'une fois se vanter d'avoir acheté certains silences. Si nous arrivons à faire pression sur les journalistes ils divulgueront tous en même temps toutes les histoires malfaisante de cet homme. S'il est dénoncé par tous les grand journaux il n'aura plus rien à acheter et se retourner.

    Il entendait déjà la question d'Anya quand il s'appliquait délicatement à déboutonner sa chemise pour déposer des baisers sur son buste, puis ses seins rond et ferme.

    - Il me suffit juste d'aller chez eux.. Discrètement.. Faire mon boulot de soldat.. D'espion même maintenant.. Les journalistes ont peur de tout. Ils peuvent aussi avoir peur d'un homme cagoulé qui vient tout simplement rétablir la justice.

    Sa main caressait ses fesses sous sa jupe quand ses dents mordillant délicatement ses pointes dressées. C'était un plan osé, pas très élaboré pour le moment mais qui valait au moins le mérite d'essayer quelque chose.

    - Tu as pris de sacré risques pendant mon absence. Je peux m'occuper de ceux là.. Je suis plutôt bon dans ce que je fais et tu le sais. Alors laisse-moi t'aider..


    immarcescible, Posté le samedi 21 janvier 2023 21:52 Répondre

    - J'ai encore du mal à croire qu'au milieu de chaos nous avons pu créer ce petit ange..

    Le souvenir du front était quelque chose de vivace chez Garrett mais plus les semaines passaient et plus il refoulait. La santé et le bien être de sa famille passait avant tout. Alors, il préféra tout simplement se concentrer sur eux et oublier les horreurs qu'il avait vécu. Doucement, il venait se blottir contre Anya et embrassait son ventre malgré tous les tissus qui la couvrait :

    - Tu sais.. Je ne pensais qu'à toi là-bas, murmurait-il, jamais je n'ai cessé de penser à toi. Même si Karamazov m'a tenté de tuer ce mini espoir en moi je.. je voulais continuer de croire en toi. J'avais besoin de croire que ce que nous avions vécu tous les deux n'étaient pas un rêve.

    Alors qu'il se redressait, il se rendait compte que le vent se levait. Fronçant les sourcils, il proposa à Anya de rentrer au chaud mais lui demanda quand même son aide pour rabattre les voiles. Le vent arrivant, il valait mieux se mettre à l'abris et protéger le mieux possible le bateau. Une fois les voiles descendues et le mât en sûreté, ils purent se réfugier dans la cabine. Le petit poële les réchauffaient quand il lui faisait la lecture, un ouvrage écrit par Q' sur les amérindiens et l'une de ses ancêtres, Pocahontas :

    - Dis, demandait-il soudainement curieux en arrêtant sa lecture mais continuant de caressant la chevelure d'ébène de Anya sur ses cuisses, c'était quoi au juste ton plan concernant les deux amants ? Ils ont histoire d'amour au moins ? Je veux dire.. C'est réciproque ?


    immarcescible, Posté le mardi 17 janvier 2023 19:43 Répondre

    Au petit matin, Garrett débarqua sur une petite île. Anya dormait encore dans la cabine quand il venait poser un pied en regardant les alentours. Il faisait une petite escale pour trouver un peu de nourriture mais aussi, pourquoi pas, un peu de compagnie. Il sentait bien que la brune avait aussi besoin de socialiser de nouveau.

    Après avoir fait un petit tour de l’île qui était minuscule, il revint au bateau les bras néanmoins chargés de bois pour le poêle et de quelques poissons qu’il avait pêché. En arrivant, il remarqua la brune assise au bord du bateau cherchant à son tour une âme qui vive. Secouant sa main en sa direction, il sourit pour la rassurer et la rejoignit rapidement :

    - J’étais parti chercher un peu de nourriture. Désolée, tu devras encore te contenter de poisson.. Il y a un peu de riz dans la cabine tu veux qu’on fasse un plat ?

    Ils cuisinèrent donc toute la matinée ensemble avant de prendre le temps de lire et de s’occuper en discutant. En relisant la fameuse liste de promesses, Garrett fut frappé d’une chose qu’il n’avait pas encore comprise :

    - Comment.. Que disais-tu à Pasha me concernant ? J’étais un soldat ? Tu aurais pu inventer n’importe quoi.. Il a.. Il a souffert de mon absence ? Tu sais, je m’en veux dès fois car.. car ne connaissant pas son existence je ne peux pas dire qu’il m’a manqué. Et ça me fait mal de me dire ça.


    immarcescible, Posté le lundi 16 janvier 2023 22:53 Répondre

    - Bien sûr que non ! Tu n’as rien d’Elena. Retire toi ça immédiatement de l’esprit, veux-tu. Je t’interdis de penser une telle chose.

    Ses sourcils froncés lui faisait clairement comprendre qu’elle n’avait rien de similaire à son ex-femme et même s’il ne comprenait pas ce qu’il l’avait bien poussé à une telle chose, il n’en restait pas moins qu’il ne la jugeait pas. Embrassant son front, il vint la tenir fermement contre lui en la berçant.

    - Personne n’est parfait. Personne ne pourrait et ne devrait l’être d’ailleurs.. Anya, écoute moi.. Je ne veux plus que tu agisses de la sorte sans m’en tenir informé. C’est dangereux. Et puis non, arrête d’avoir peur pour moi. On doit arrêter d’avoir peur tout court.

    Pour confirmer cela, il se leva et fouilla dans les placards, les tiroirs. Lorsqu’il trouva enfin ce qu’il cherchait, il vint se rasseoir à ses côtés et lui présenta une feuille et un stylo. Il se mit à noter un petit un, un petit deux, un petit trois et ainsi de suite.

    - On va faire un contrat.. Juste entre toi et moi d’accord ?

    Son petit air mutin et amusé s’était épanoui sur ses traits habituellement strict et sévère. Là, dans l’alcôve de ce petit voilier, il retrouvait un peu le Garrett de leur début. Celui qui était encore idéaliste et plein de confiance en l’avenir :

    - Petit un, on devras toujours s’aimer même si c’est difficile et qu’on a envie de s’arracher les yeux. Petit deux, pas de mensonges. Il vaut mieux une vérité qui fait mal qu’un mensonge qui nous détruit, ok ? Petit trois, je te porterais toujours secours et assistance et inversement. C’est finis le temps où les hommes sauvent que les femmes, d’accord ? Petit quatre, je veux te voir à nouveau enceinte. Pas maintenant, mais quand tout sera plus calme autour de nous. Je veux vivre ce moment avec toi. Ensuite ?

    Ce n’était ni plus ni moins qu’une liste, il n’y avait en soit rien de légal dedans, mais pourtant, il s’agissait de la première étape de leur future vie de famille, de cette vie dont ils avaient tant rêvé mais jamais vécu.


    immarcescible, Posté le lundi 16 janvier 2023 15:18 Répondre

    Serait-il possible qu'Ivanov soit quelqu'un qu'il connaisse ? Garrett aurait forcément reconnu l'homme. L'accent russe ne passe pas inaperçu dans ce monde. Aussi, sa mémoire se mit à réfléchir et scanner avec le plus de vitesse possible toutes les personnes qu'il aurait pu rencontrer dans des bars. Il n'osait pas avouer à Anya qu'avant leurs retrouvailles il en avait passé du temps dans les bars. Sentant qu'elle grelottait de plus belle, il frictionna ses bras en la serrant contre lui plus étroitement :

    - Je ne laisserais plus jamais qui que ce soit te séparer de moi et inversement.

    C'était une promesse qu'il comptait bien tenir, surtout après ces dernières années. Le vent devenait de plus en plus frais. Aussi, il décida de porter la brune jusqu'à la cabine et alluma le petit poêle avant de la rejoindre sur la banquette pour l'enlacer de nouveau. Il la laissait se reposer un peu et lorsqu'elle dormit profondément, se leva pour fumer une cigarette. Il pleuvait dehors, aussi, il restait juste à l'entrée, de quoi être abrité. Le vent froid du réveiller la jeune femme qu'il vit bouger. Après avoir jeté son mégot, il revint à elle et prépara du thé :

    - D'après ce que tu me décris c'est un psychopathe.. Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ? Je sais que tu n'aimes pas que je fasse les choses dans ton dos mais... mais on doit apprendre à vraiment communiquer Anya. Sans ça, on n'y arrivera pas.

    Une fois les tasses prêtent, il les amena sur la banquette et s'assied près de la brune pour qu'elle puisse boire et se réchauffer. Caressant sa joue, il se penchait sur son visage pour capter son regard et lui demanda avec fermeté :

    - Est-ce qu'il y a autre chose que tu ne m'as pas dis ? Je veux que tu me dises tout et maintenant. Plus de secrets.. Tu te souviens ? On doit être une équipe.


    immarcescible, Posté le lundi 16 janvier 2023 11:51 Répondre

    Seuls au milieu de nul part, rien ne pouvait atteindre Anya. Pourtant, il sentait bien qu'elle était nerveuse et sensible. Alors, il fit mine de rien. Il valait mieux en effet la laisser se détendre un peu avant de lancer la dite conversation qui risquerait de tout faire basculer. Après tout, il ne savait rien de ce qui c'était passé entre elle et le fameux docteur. Pourtant, la chronologie ne collait pas. Aurait-elle omis de lui avouer quelque chose en particulier ? Ils étaient entrain de dîner le poisson qu'il avait pêchait sur le ponton, emmitouflé dans d'épais manteaux et plaid. La mer était calme et le temps éclairci par les vagues de vent qui avaient repoussé les nuages.

    - Tu sais, commença-t-il en léchant ses doigts, j'ai des démons qui me poursuivent aussi parfois. Notamment Karamazov. Je t'en ai brièvement parlé lors de nos retrouvailles mais.. mais s'il y a bien quelqu'un dont j'ai peur c'est cet homme.

    Les yeux écarquillées, elle semblait surprise de la confession de son compagnon qui lui offrit un pauvre sourire avant de reprendre :

    - Nos démons sont tragiquement à nos trousses tant qu'on ne les a pas approché blackbird. Je rêve de retourner en Russie et de le tuer mais je ne le ferais pas car ce serait une mission suicide et que je ne veux plus vous perdre. Mais si j'avais une possibilité de l'avoir là, ici, je ferais tout pour le voir disparaître. Je ne perdrais pas une seule seconde.

    Elle avait assurément peur pour qu'elle se recroqueville sur elle-même de la sorte. Avec douceur, il vint se poster derrière elle et l'enlaça de ses bras, de ses jambes en embrassant sa joue et son cou avant de murmurer :

    - Je sais que tu fuis.. Je sais que tu as peur et de qui.. Mais tu n'es plus toute seule avec Alek. Je suis là et ton père aussi.. On va vous protéger. Et s'il faut que tu appuies sur la détente je serais là. Je te promets que je serais là.

    Il lui répétait qu'elle n'était plus seule, qu'il savait pour Ivanov et qu'il avait mené une enquête avec Andreï. Le pourquoi de sa présence sur le bateau était tout simplement pour qu'elle puisse souffler un peu et se sentir un moment en sécurité. La serrant contre lui, il la protégea du vent en la couvrant de son corps entier et referma le plaid sur eux comme s'il s'agissait d'un cocon où se réfugier.


    immarcescible, Posté le dimanche 15 janvier 2023 19:30 Répondre

    - Comme si tu avais à me poser la question, répliquait froidement un Garrett anxieux et en colère, j'en suis. Il est hors de question que je laisse ma femme dans cet état.

    Andreï acquiesçait en souriant. Il reconnaissait bien là, la détermination qui avait permis au blond de s'échapper de cette foutue guerre et de l'Europe. Georgie avait couché tous les enfants, y compris Alek. Garrett lui donna pour consigne de faire attention à tout le monde, il devait aider son beau-père à une tâche bien spécifique. La vieille femme lui demanda d'être prudent et de ne pas faire n'importe quoi. Il la rassura et fut à son tour rassuré de voir qu'elle allait directement voir comment allait Anya.

    Les deux hommes partirent dans la nuit en direction de New-York. Garrett voulait savoir pourquoi Anya avait démissionné. Seulement, lorsqu'il arriva, impossible de trouver Gabriel. Ce dernier avait visiblement pris quelques jours de congés. Cela tombait mal pour le blond qui aurait bien voulu avoir des réponses. En attendant, les infirmières parlaient tout et lui demandèrent, curieuse, s'il était flic. Il acquiesça et papillonna un peu des yeux pour amadouer la petite infirmière quand son beau-père levait les yeux au ciel :

    - Vous cherchez Miss Siminiov c'est ça ?
    - Absolument.. On voudrait savoir pourquoi elle a démissionné. D'après nos dires elle était bien placé t assez talentueuse.
    - Bien entendu. La meilleure chirurgienne que j'ai pu voir exercé mais..
    - Mais.. Dis moi tout ma jolie..
    - Disons qu'il y a un homme qui est venu il y a quelques semaines de ça. Un russe. Il disait la chercher. Quand on a décrit à Miss qu'un homme de cette description la cherchait et bien.. et bien elle a donné sa démission dans la foulée sans attendre que le docteur Walker arrive.
    - Cet homme.. Vous pouvez me le décrire ?

    Peu de temps après, il relu ses notes à Andreï qui réfléchissait à qui pouvait appartenir ce portrait robot.

    - Un ancien patient russe, se demandait le vieil homme, une vieille connaissance des camps ?
    - Ivanov.. Elle a parlé d'un Ivanov pendant sa crise. Qui est-il ?

    Aussitôt, le russe reprit la route et se rendit avec son futur gendre dans un bar de Brooklyn. Là, ils entrèrent dans un bar où la simple tête de Andreï suffit à imposer le respect. Garrett suivait sans dire un mot. Après tout, qu'il y avait-il à dire ? Il savait parfaitement qui était son beau-père et dans quelles affaires il trempait. Mais il n'était pas là pour juger. De plus, ses connaissances seraient bien utiles pour comprendre qui était ce fameux Ivanov.

    Une fois le bar passé et toutes les prostituées ayant reluqué le blond, ils pénètrent un bureau où se trouvaient tout un attroupement de mafieux aux têtes peu aimable. Cela amusa un peu Garrett qui se disait qu'ils avaient tous l'air de sortir d'un film noir des années 20. Un des hommes se leva et demanda ce qu'il faisait ici quand Andreï le rassura aussitôt. Ils parlaient russe, sans doute pour noter une différence entre eux et Garrett qui faisait un peu trop américain. Cela le fit sourire de plus belle quand il répliqua aussitôt :

    - Je connais Pouchkine sur le bout des doigts, camarade.

    Le brun en question se nommait Ulrich. Il ne broncha pas et se contenta de faire rouler son cure-dent dans sa bouche quand Andreï s'installait à la table de poker et se fit servir un verre. Garrett restait derrière, attentif, à l'écoute. Une fois les formalités faites, il demanda donc à ce qu'on lui parle d'Ivanov :

    - Ouch, répondit un vieil homme en bout de table, tu nous demandes de ressortir de vieux dossier Siminiov.
    - Ma fille.. Anastasya.. Visiblement elle l'a déjà rencontré.
    - Considère qu'elle a énormément de chance d'être encore en vie.

    Garrett blêmissait en serrant ses mains ensemble derrière son dos. Sa formation de militaire le faisait rester le plus possible statique mais qu'il s'agissait d'Anya et de sa famille, c'était une autre chose. C'est alors que le vieil homme expliqua qui était ce fameux commandant :

    - Grand ami de Staline.. il a conduit des expériences sur des femmes. On dit qu'il a fait les choses les plus sordides. Avant la guerre, il était aussi avec Mengele. Ça te parle un peu plus ?

    En sortant de la pièce, Garrett vomi. Andreï était blême et sortit une cigarette. Les dossiers parlaient d'eux-même et le blond comprenait mieux la psychose qui poursuivait son épouse. Finissant de vider son estomac dans la neige, il se rinça la bouche au robinet avant de s'écrouler sur le sol désabusé :

    - Comment je vais faire.. Comment je vais pouvoir la sauver..
    - On va tuer cet enfoiré dans un premier temps.
    - Mais on ne sait pas où il est Andreï. Et pourquoi il en a après Anya.

    Il se souvint juste que son beau-père lui ai dit que c'était à lui de savoir le pourquoi du comment. Mais cela ne serait pas sans conséquence. Pour assurer la protection d'Anya et les enfants, ils décidèrent de se séparer un moment. Tamara garderait au restaurant les enfants avec Georgina quand Garrett partirait quelques jours en mer sur son voilier avec Anya. Pendant ce temps, Andreï se chargeait du dénommé Ivanov. Tout était rôdé à la perfection. Aussi, quand la brune se réveilla de son long sommeil, elle pu se rendre compte qu'ils étaient en pleine mer, tous les deux, sur un voilier.

    - Enfin debout.. J'ai bien cru que tu m'avais préféré un autre homme dans tes rêves, dit-il en souriant doucement et remontant ses filets de pêche, j'espère que tu as faim. Je viens de remonter le dîner.


    immarcescible, Posté le dimanche 15 janvier 2023 12:09 Répondre

    Le stress post-traumatique que vivait Anya à l'instant n'était pas négligeable. Sans attendre un instant, Garrett vint à elle et la prit dans ses bras pour la rassurer. Mais elle se débattait et lui hurlait de venir l'aider, de fuir. Lui-même en avait été pris de ces épisodes psychotiques et il savait aussi qu'il était difficile de ramener quelqu'un suivant la crise qu'il vivait. Alors, assis dans la neige, il serra contre lui Anya et caressa ses cheveux en embrassant son front :

    - Je suis là.. Tu es à la maison. En sécurité. Respire blackbird.. Je suis là.. Tu n'es pas seule..

    Au loin, ils pouvaient entendre le cri de terreur de Pasha à voir sa mère dans cette état. Georgina le récupérait alors qu'il était sortit à l'extérieur malgré le froid qu'il faisait. Garrett lui répliqua aussitôt de rentrer ce que le petit garçon avait du mal à faire. Comme s'il ressentait la douleur de sa mère, il se rua sur ses parents et vint se blottir contre sa mère. Il pleurait de douleur de la voir dans cet état et la suppliait de revenir à eux. Cela eu visiblement un effet positif puisque lentement, la brune semblait reprendre pied.

    Lorsqu'elle fut plus calme, le blond la souleva hors du froid de l'hiver et remonta à la maison. Pasha suivait sans lâcher sa mère de sa main petite mais ferme. En rentrant, Georgina récupéra Pasha pour le couvrir quand Garrett alla dans la salle de bain. Il déshabilla sa compagne et l'installa dans la baignoire d'eau chaude. A genoux devant elle, il caressait son visage avant de se mettre à la laver. Elle semblait sonnée par cette violente vision qu'elle avait eu. Après avoir vécu en captivité, Garrett savait que certain ne revenait jamais de ces affres, aussi, il eut peur que ce mal s'insère chez Anya :

    - Tu es en sécurité.. Je suis désolé d'avoir crié.. Tu sais à quel point je n'aime pas les mensonges.. J'ai vraiment cru que.. Je vais t'aider pour Q' mais ce sera toi mon commandant. Je serais ton soldat d'accord ? Je ferais tout ce que tu voudras mais reviens moi mon amour.. S'il te plaît..


    immarcescible, Posté le vendredi 13 janvier 2023 11:26 Répondre

    Pourquoi la douceur de cette journée devait-elle être ternie ? Garrett fulminait d'une colère qu'il gardait précieusement enfouie en lui. Les enfants étaient près d'eux et il ne voulait pas faire une scène. Néanmoins, Anya vit aussitôt l'état dans lequel il était et se justifia aussitôt. Sans perdre un instant, il lui répliqua d'aller à la voiture avec les enfants sur un ton qui n'admettait aucune réplique. Tout le petit gang la suivait quand il se dirigeait vers la fameuse voiture de l'odieuse créature qui s'en était prise à sa dulcinée. Sans ménagement, il agrippa le poignet de la vieille bique qu'il serra légèrement, mais suffisamment pour qu'elle gémisse de douleur :

    - La prochaine fois que vous osez mettre mal à l'aise une femme de la sorte n'oubliez pas qu'il y a des conséquences. Et ces conséquences peuvent faire très mal madame. Occupez vous donc de votre propre lit et ne levez plus jamais la main sur ma femme devant ma famille. Jamais, je dis bien jamais, vous nous approcherez. Me suis-je bien fait entendre ? Je vous rappelle une nouvelle fois que les conséquences seraient terribles pour vous.

    Elle avait clairement peur du blond dont les yeux brillant de colère la fusillait. Acquiesçant malgré elle, elle vint finalement réussir à s'extirper de sa poigne. Sans bouger de sa place, Garrett resta devant la voiture et la suivie du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse. Par la suite, il retourna à la voiture sans un mot. Il mourrait d'envie de fumer mais les enfants étaient derrière et il ne voulait pas les enfumer. Il sentait le regard d'Anya sur lui mais était incapable de la regarder. Cela l'aurait fait exploser dans tous les cas.

    Le retour silencieux contrastait forcément avec le départ si gaie du matin. En arrivant à la maison, il laissa la brune s'occuper des enfants quand il se chargeait des multiples courses. Georgie lui fit poser dans la cuisine mais s'étonna de la moue sombre de son fils adoptif. Elle savait surtout qu'il ne fallait pas lui parler dans ce cas là. Elle rangea les courses et il pu en profiter pour s'éclipser. Il se rendit donc dans son atelier, cigarette aux lèvres, pour couper du bois. Il était furieux contre Anya qui ne lui avait pas dis la vérité la veille. Comment avait-elle pu lui dissimuler aussi effrontément une telle chose.

    Alors que la radio sonnait dans l'immense hangar et qu'il coupait son bois, il l'entendit arriver discrètement derrière lui. Dans un premier temps, il l'ignora en se disant qu'elle finirait bien par partir en voyant sa fureur, mais elle restait et attendait qu'il la regarde.

    - Quoi, demandait-il en jetant son mégot sur le sol, qu'est-ce que tu veux ?

    Il avait tellement envie d'être cinglant, mauvais, mais sa conscience lui hurlait de se calmer, de se canaliser. Son ton était froid et directif. Un Garrett qui contenait à peine sa colère et qui écrasait lourdement sa hache sur la bûche qui n'avait rien demandé.

    - Qu'est ce que tu veux que je te dise ? Que je suis en colère ? Déçu ? Que je me pose un millier de questions ? Aidez Q' est une chose, aller trémousser ton cul devant des vieux débris en est une autre Anastasya. Imagine si je t'avais fais la même chose et que la veille au soir tu m'avais ASSURE, oui, oui, assuré, que tu n'avais été que danser.

    Enfin il se tournait vers elle en s'allumant une cigarette avant de remettre le briquet dans sa poche arrière :

    - Imagine ma surprise chérie. Imagine à quel point mon cerveau et mon imagination tournicote soudainement. Des secrets oui Anya, mais des mensonges non ! Pourquoi tu ne m'as rien dis hier soir ? En quoi ça doit rester un secret ? Bordel de merde.. Au delà que ce que tu fais est dangereux, pourquoi tu ne m'as rien dit ? Je croyais qu'on était une équipe.

    Il était en colère mais déçu aussi. Est-ce qu'elle manquait de confiance en lui ? C'était ce qu'il interprétait de sa part et cela le blessait. Surtout qu'il aurait pu l'aider et qu'ils auraient pu faire front commun et aider leur amie.


    immarcescible, Posté le mercredi 11 janvier 2023 17:29 Répondre

    Encore une fois, Anya savait trouver les mots adéquats pour le rassurer. Même s'il était plus confiant, il ne pouvait s'empêcher de douter quelque peu. Après tout, elle restait encore si jeune et il avait l'impression de lui avoir volé une part de sa vie. Se redressant, il vint enfouir son visage entre ses seins qu'il embrassait. Ses mains reprenaient avec douceur son dos, ses fesses, ses cuisses. Elle était si douce, si sensuelle entre ses mains qu'il en frissonnait. Remontant ses lèvres à son cou, puis son menton, il vint murmurer contre ses lèvres :

    - On va rattraper ce temps perdu.. Je te le promets..

    C'était sincère. Au delà de ses doutes, il ne voulait rien d'autre que Anya dans sa vie. Il voulait de cette vie de famille un peu particulière mais qui était la sienne. Il voulait continuer de voir l'éclat de bonheur et de joie dans le regard de la brune et des enfants. Et c'est dans les bras d'Anya, blotti conte elle qu'il lui en fit la promesse. Alors qu'il la sentait encore humide, il vint lentement s'enfouir en elle une fois qu'ils s'eurent suffisamment caressé. Sous elle, il la contemplait se relever et retomber sur son membre quand il la guidait en lui donnant le rythme souhaité.

    Ses yeux étaient fixés aux siens. Il la contemplait, bouche bée en laissant ses gémissements s'expirer lentement. Difficile une fois de plus de ne pas faire de bruit quand cette déesse se perdait sur lui de la sorte. Sans perdre un instant donc, il vint l'accompagner, bougeant en rythme quand ses mains agrippaient fermement ses hanches puis ses fesses et que ses dents enserraient sa pointe durcie. Ce qu'il aimait la voir ainsi, si libre et sensuelle. Le souffle court, il murmurait en russe :

    - Tu es.. Tu es si belle.. Mon amour..

    C'était toujours la langue de l'amour pour lui. C'était celle qui l'avait uni à Anya. Dans un soubresaut de passion, il vint aisément se relever et la porta sur leur lit. Allongé sur elle, il reprit plus profondément ses mouvements en elle en lui faisant agripper ses jambes à ses hanches. Ses mains remontèrent jusqu'à sa crinière qu'il agrippa quand il allait et venait plus profondément, plus intensément, sans s'arrêter en elle. Il respirait plus fort, geignant de plaisir front contre front :

    - Ma vie.. Mon souffle.. C'est toi.. Ah ! Anya !

    Dans un dernier mouvement plus intense, il se sentit venir en même temps qu'elle. Tremblant, il continua quelques instants pour faire durer le plaisir. S'écroulant sur elle, définitivement épuisé, il sourit. Léchant la peau en sueur de la jeune femme, il resta allongé sur elle pour la couvrir de baisers et de douce caresses :

    - Réserve moi toutes tes prochaines nuits. Car je compte bien te faire perdre la tête.


    immarcescible, Posté le mardi 10 janvier 2023 07:51 Répondre

    Allongé sur elle, il avait cessé ses mouvements à sa demande. Elle était sérieuse et semblait soudainement attristée. Sans un mot donc, il l'écouta évoquer son impression d'étouffer, son sentiment perdu et cette impression de n'avoir rien fait. Garrett culpabilisa aussitôt. Anya n'a jamais eu la vie facile et il participait à ce que ça ne s'arrange pas. Posant son front contre les seins plantureux de son amante, il soupira en marmonnant contre sa peau un désolé sincère.

    - Tu es si mûre pour ton âge que j'oublie parfois que tu es encore très jeune et que tu aurais dû vivre tout un tas de choses.. Que tu as tout un tas de choses à vivre.

    Sa culpabilité était certaine et lui fit oublier aussitôt les potentielles tromperies de la brune dans des bars. Il la laissa relever son visage de sorte à ce qu'il puisse la regarder et c'est ce qu'il fit. Il s'en voulait de l'avoir retrouvé, d'avoir bouleversé sa vie une fois de plus quand elle semblait avoir trouvé un certain rythme. Elle aurait fini par totalement l'oublier un jour et elle aurait refait sa vie, vécu et profité quand elle se retrouvait désormais coincée entre ses bras avec enfants et maison.

    - C'est compliqué pour moi de t'imaginer comme une américaine.. La Anya que j'ai connu était encore si jeune. Tu n'avais presque rien vu du monde et.. et tu demandais à le voir. Maintenant que nous y sommes j'ai l'impression d'être le boulet qui te maintiens sous l'eau. Tu auras beau dire l'inverse tu ne peux nier que depuis que je suis dans ta vie je ne fais que la rendre plus difficile. Mes fiançailles avec Katarina, ton évasion avec Pasha et Georgina, Matthew, Elena, Jasmine et maintenant Andreï.

    Il soupirait de nouveau préférant se retirer d'elle et s'allonger sur le tapis à ses côtés. Le regard droit devant lui, il contemplait le plafond où il pouvait voir les ombres des arbres danser. Son retour serait compliqué, il le savait. Construire une vie avec Anya le serait encore plus. Pour la première fois de sa vie, cette situation lui paraissait insurmontable. Anya devait vivre sa vie et cela voulait forcément dire ne pas être près de lui. Il ne voyait que ça pour qu'elle puisse s'épanouir :

    - Tu as eu raison de sortir.. de t'amuser.. Tu sais, tu ne me dois rien. Tu as le droit de reprendre ta vie. Maintenant que je suis là je peux m'occuper de Pasha et de Georgie donc.. donc si tu veux vivre ta vie, faire tes expériences tu en as le droit et jamais je ne t'en empêcherais. Jamais.

    C'était difficile pour lui d'imaginer son Anya prenant du plaisir avec d'autres personnes que lui, ou pire, qu'elle puisse tomber amoureuse de quelqu'un d'autre. Mais il lui devait bien ce sacrifice, elle qui avait tant et tant sacrifié dans sa vie. Il venait à tourner son visage vers le sien en lui souriant pauvrement :

    - Le plus important pour moi c'est que tu sois heureuse. Rien d'autre.


    immarcescible, Posté le dimanche 08 janvier 2023 18:56 Répondre

    Elle le rend fou. Oui, pendant qu'Anya danse et l'entraine dans un dédale de plaisir intense, il se pose mille et une question. Le jeu qu'il venait de mettre en place se retourne contre lui car elle le domine totalement de son regard regard brûlant et de son corps qui sait très bien où l'amener.

    - Je.. Je ne te crois pas..

    Et c'était vrai en plus. Il avait des difficultés à croire qu'Anya puisse laisser les enfants tout seul à la maison pour aller danser dans un endroit bondé d'hommes qui auraient pu lui faire du mal. Même s'il ne doutait pas qu'elle soit assez forte pour se défendre, il savait aussi qu'elle n'avait jamais joué avec le danger. Mais ça c'était l'ancienne Anya.

    Alors que l'eau du bain se vidait sur le sol et qu'elle continuait de bouger sur lui en jouant de son étroitesse il ne pu se retenir. Dans un mouvement souple et rapide il se releva en quittant la brune qui le possédait. Il la portait jusque dans la chambre et vint l'allonger sur le sol à l'endroit même où se trouvait un dédale de tapis. Il embrassait ses seins, les léchait, les mordillait quand ses mains agrippaient fermement son corps encore trempé qui cherchait à s'extirper. Mais il la retenait fermement contre lui. Sa bouche chaude se dirigeait alors entre les cuisses de la brune pour venir s'y poser. Alors, ses dents mordillaient la peau fine et délicate avant que sa langue ne vienne enrouler la boule de chair sensible qui palpitait :

    - Dis moi la vérité.. Je veux savoir.. Sinon j'arrête de te toucher..

    Bien sûr qu'elle ne l'avait pas trompé, il n'était pas dupe. Mais il savait qu'elle lui cachait quelque chose. Et plus elle cherchait à changer de sujet, plus il la torturait de sa langue, de ses lèvres, de ses doigts. Ainsi, lorsqu'il la sentit proche de la jouissance, il se retira.

    Revenant rapidement sur elle, il s'arrangea à maintenir les mains de la brune au dessus de sa tête même s'il adorait qu'elle s'agrippe à sa crinière comme elle venait de le faire. Sa langue caressait la sienne et avec puissance, il s'enfonça en elle avant de se retirer et recommença. Il voulait la rendre folle, la faire languir, l'épuiser jusqu'à connaître la vérité. Son bassin seul bougeait, il ne voulait lui laisser aucun repos alors qu'il plongeait en elle, se retirait en la foudroyant de son regard brillant :

    - Tu me rends fou.. Regarde ce que tu fais de moi Anya, murmurait-il en gémissant contre ses lèvres, je te prendrais toute la nuit s'il le faut..


    immarcescible, Posté le dimanche 08 janvier 2023 14:43 Répondre

    La demande d'Anya pour qu'il ne parte pas le fit légèrement douter. Lui qui allait lui demander sa bénédiction pour pouvoir continuer les missions à l'étranger, était malencontreusement dépassé. Il était clair qu'elle serait hostile à cette idée, aussi, il se garda bien de lui en parler. Surtout ce soir avec la nouvelle de sa naissance. Heureusement, Pasha arriva et demanda a être recouché par son père. Mais il allait de surprises en surprises.

    Anya le tromperait-elle ?

    Cela n'avait aucun sens. Surtout après tout ce qu'ils avaient vécu. Et puis surtout.. Avec qui elle ferait une telle chose ? Gabriel ? Non. Il était bien trop épris de Q'Orianka. Alors un autre homme ? Un qu'il ne connaissait pas. Soucieux, il entra dans leur chambre et découvrit sur le rebord du sofa la fameuse robe rouge dont parlait Pasha. Il la prit un instant et huma le tissu. Il y avait une odeur désagréable de cigare.

    Se rendant dans la salle de bain, ses sourcils étaient froncé. Elle semblait plus détendu dans le bain. Aussi, il hésita à parler de ce qui le tourmentait et de ce que lui avait confié leur fils. Pourtant, sans un mot, il plongea avec elle dans le bain et se plaça devant elle. Il prit entre ses mains son pied et la laissa poser une fois encore sa question :

    - Bien sûr que tu m'as manqué, répondit-il sur un ton un peu froid, je ne faisais que penser à toi et aux enfants. Souvent, le soir, je me demandais ce que tu faisais seule dans notre lit. Est-ce que tes mains allaient là où les miennes adorent aller.

    En disant cela, il la rapprocha de lui de sorte à planter ses iris d'un bleu glacial dans les siens. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer Anya dans les mains de d'autres hommes. Les séduisant. Mais pourquoi faire une telle chose quand elle avait l'hôpital, les enfants à gérer ? Où avait-elle trouvé le temps ?

    - Si je te pose une question.. Tu me répondras honnêtement blackbird ?

    Il savait qu'elle lui dissimulait quelque chose et il était incapable de se taire ou d'oublier, tout simplement. Sa main s'était dirigée entre les cuisses de la brune qui ne semblait pas une seconde se douter de ce qu'il lui allait demander. Ou du moins, pas cela. Ses doigts parcouraient 'intérieur de ses cuisses quand ses dents serraient délicatement la pointe dressée de son sein. Il la tortura tendrement un instant, le temps de la troubler et enfouit ses doigts en elle. Puis, lorsqu'il la sentit proche d'un plaisir certain, lui demanda cinglant :

    - Qui est-ce qui te donnais du plaisir quand j'étais absent mon amour ? A qui offrais-tu tes courbes pendant mon absence ?


    immarcescible, Posté le mercredi 04 janvier 2023 19:11 Répondre

    Dire qu'il était perplexe n'était pas un euphémisme. Garrett observait à la fois les lettres, les photos et la moue de son amante qui ne comprenait pas ce que son père cherchait à faire. A dire vrai, il était difficile de comprendre Andreï. Il avait toujours été insaisissable pour le blond qui découvrait encore tout un tas de choses sur son beau-père et ami. Après tout, depuis son arrivée aux USA il avait réussit à développer un réseau souterrain bien rôdé de contacts aussi important que soupçonneux. Mais au lieu de se concentrer sur lui, il préféra jeter son attention sur la brune dont la tension était à son comble. Avec douceur donc, il posa sa main sur la nuque de la jeune femme et la massa.

    - Ça pourrait expliquer tout un tas de choses concernant ta relation avec Katarina, disait-il dans un murmure avant de repréciser, même si c'est faux.. Anya tu dois avoir une explication, une vraie conversation avec ton père. Je sais qu'Andreï est assez.. disons.. qu'il sait obtenir ce qu'il désire mais.. mais il veut vraiment avoir une conversation avec toi. Tu pourrais lui dire tout ce que tu as sur le coeur et en finir une bonne fois pour toute.

    Il savait pertinemment qu'elle n'allait pas aimer ce qu'il disait. Mais s'il n'était pas honnête avec elle, avec qui il le serait. Lentement, il se pencha sur elle et déposa un baiser sur sa tempe avant de se lever. Les photos et les lettres rangées dans la boite qu'il posa sur la table basse et le voici se rendant dans le bureau pour y chercher son whisky caché avec deux verres et une cigarette qu'il venait d'allumer. Il avait retiré sa veste de costume et retroussé ses manches de chemise laissant dévoiler un bronzage légèrement hâlé. Les premiers boutons étaient ouvert et il avait une allure un peu plus décontractée.

    Se rasseyant à côté d'elle, il lui servit un verre et lui en proposa un peu en prétextant que ça lui redonnerait quelques couleurs. Expirant sa fumée, il lui demanda comment c'était passé les dernières semaines depuis son départ. Il la rassurait en disant qu'il se doutait bien qu'elle n'avait pas eu le choix de laisser Jasmine partir avec les Mason et lui assura qu'à l'avenir ils ne lui prendraient plus :

    - J'ai conclu un accord avec eux. Je sais déjà ce que tu vas dire mais autant être plus intelligent qu'eux, tu ne penses pas ?

    Il lui parla donc cet accord mais voulait aussi son avis en lui précisant que sa mère c'était désormais elle ce qui le fit tendrement sourire. Ses lèvres s'enfouissaient sous sa crinière et se posaient contre sa peau si douce qui sentait si bon. Il y déposait de tendre baisers en murmurant :

    - Peut importe de qui tu es la fille.. Je t'aime Anya Siminiov. Et notre famille, Pasha, Jasmine et moi nous te vénérons.

    Difficile de faire sourire Anya quand elle était préoccupée, alors, il décida de changer de sujet et lui parla brièvement de sa mission. Il avait dû traduire des documents et suivre des gens, rien de bien sensationnel. Il lui expliqua que la mission n'était pas si importante que ça et jamais il ne s'est senti en danger et que c'était d'ailleurs la première fois. Il évoqua la beauté de l'Egypte avec ses pyramides, le Nil et son histoire riche. Il se leva donc et fouilla dans son sac avant de revenir avec d'un écrin qu'il tendit à la brune.

    - Il s'agit de vieux papyrus.. les toutes premières transcriptions de musique.

    Il n'avait aucune idée de si elle avait reprit le violon mais il espérait que oui. Dans un sens, c'était lui rappeler ce qu'ils avaient vécu en Russie et tenter de faire revenir une part de cette Anya douce et insouciante qui avait encore un peu foi dans l'humanité. Il voulait vraiment qu'elle se sente un peu plus légère et sereine :

    - Dis moi ce que tu as fais.. je veux tout savoir, demandait-il en déposant toujours de tendre baisers sur son cou et sa gorge, as-tu pensé un peu à moi ?


    immarcescible, Posté le jeudi 22 décembre 2022 18:00 Répondre

    La mission de Garrett était toute simple : intercepter un message et des informations en Afrique du Nord. C'est ainsi qu'il découvrit l'Egypte et qu'il entra dans un réseau très controversé d'espions. Le blond n'avait pas vraiment d'expérience dans ce domaine là. Il avait toujours été un militaire hors pair et très frontal. La subtilité, le jeu des pouvoirs tel un échiquier lui demandait plus d'énergie. Mais ce n'était pas grave, il aimait apprendre. Et travailler sous couverture lui permis de découvrir autre chose du monde. Cela l'amusait. Le danger n'était pas réel pour celui qui avait du élaboré des stratégies militaires et avoir la vie plus de centaine de milliers d'hommes sous son commandement. Non, là il travaillait en solitaire, sans équipe, sans responsabilité.

    Bien entendu, sa famille lui manquait. Il n'avait aucun droit, aucune possibilité d'entrer en contact avec eux. Mais s'il s'inquiétait de leur santé et de leur bien être, il s'inquiétait aussi de son retour quand Anya verrait qu'il avait adoré cette mission. Il était vrai qu'il avait promis d'arrêter dès son retour mais plus il y pensait et plus il se demandait ce qu'il allait bien pouvoir faire. Depuis son adolescence il avait été formé à la guerre. Se sentir en danger c'était à la fois exaltant et éprouvant. Comment allait-il continuer à vivre dans un quotidien sans aucune épreuve stimulante ? Est-ce qu'une vie tranquille allait leur convenir ? Il savait Anya aussi perdue que lui, alors il se disait simplement qu'ils en parleraient en temps et en heure.

    Son retour survint quelques jours avant Noël. Il fut surpris de ne pas voir Anya ou même les enfants l'attendre. Sans aucun doute, cela voulait dire que quelque chose de grave était arrivé. Il prit donc un taxi en direction de la maison. Tant pis s'il le payait trop cher, il lui donnerait une fausse adresse avant de s'enfuir de la voiture. Mais à sa grande surprise, Andreï l'attendait. Tel un père mafieux, il accueillit son protégé dans sa berline et lui expliqua les derniers évènements :

    - Où est Anya ? Je ne comprends pas pourquoi elle n'est pas venue.
    - Elle pense que tu arrives demain. J'ai fais changer l'heure de ton arrivée ainsi que le jour de départ et je me suis dis que..
    - Mais bordel Andreï, mêle toi de ton cul un peu !
    - .. je me suis dis, reprit-il en ignorant la remarque du blond, que nous pouvions aller chercher Jasmine chez ton beau-père.

    Finalement, la fin de sa phrase valait bien la peine. Garrett le remercia avant de se laisser conduire jusque chez les Mason. Ce qu'il détestait cette maison, cette ambiance et ces gens. Il était en colère. Richard avait attendu son départ pour lui voler Jasmine. Quel fumier se répétait inlassablement le blond qui sortait de la voiture aussitôt qu'il était descendu. La présence d'Andreï était finement amenée tout fin de compte. En effet, quand Garrett fondait tête baissé sur son beau-père, le mafieux le retint de sorte à ce qu'il n'attaque pas.

    - Garrett, murmurait tremblant Mason quand le blond le fusillait du regard, tu dois comprendre que Jasmine est notre petite fille. Elle n'avait rien à faire chez cette femme avec qui tu fricotes.
    - La ferme Richard ! Anya n'est pas n'importe quelle femme et tu le sais ô que très bien. Elle était plus en sécurité avec cette femme que tu traites d'étrangère qu'avec sa propre mère. Maintenant qu je suis de retour je t'ordonne de me rendre MA fille et de faire signer les papiers du divorce à Elena.
    - Comprends-nous.. Elle nous manque cette petite chérie.. Gina est folle d'elle.

    Garrett voulait bien faire les choses. Anya allait hurler mais il trouva un compromis avec les Mason. Toutes les deux semaines, il leur amènerait la petite pour un après-midi pour qu'ils puissent la voir mais il leur était interdit de passer de nouveau à la maison du Lac ou encore moins de venir récupérer la petite autre part. Une fois l'accord conclu, une domestique vint apporter la petite qui poussa un cri de joie en voyant son père. Il souriait, heureux en la voyant et vint la couvrir de baisers. Elle riait aux éclats et demandait sa mère en babillant :

    - Mouchka.. Mouchka...

    C'était le surnom tendre et adorable que donnait Pasha à Anya. Cela fit rosir de plaisir le blond qui lui expliquait qu'ils rentraient enfin à la maison. Sans se soucier des potentielles affaires que les Mason avaient offert ou acheté à la petite, ils partirent sans se retourner sous la bonne escorte de Siminiov. Même s'il avait tendance à fourrer son nez où il ne fallait pas, Garrett ne pouvait pas nier que sa venue fut salutaire.

    - Je t'en dois une Andreï..
    - Ne dis pas de bêtises.. Je ferais n'importe quoi pour le bonheur de mes enfants. Et ça passe par réunir la famille un peu étrange que vous vous êtes constitués. J'ai bien surveillé les Mason pendant ton absence et je pense qu'il se passe quelque chose avec cette famille. Ils vendent leurs biens.
    - Richard aurait fait un mauvais placement ?
    - Peut-être.. Ou alors il essaie de dissimuler quelque chose et ça lui coûte de l'argent. Beaucoup d'argent.

    Mais ça n'avait aucune importance pour le blond qui préférait couver du regard de sa fille qui s'était endormie dans ses bras. Le retour des deux blonds était sans aucun doute inattendu. Aussi, lorsqu'ils passèrent la porte il n'y avait personne pour les accueillir. Jasmine qui s'était réveillée à l'arrivée appelait son frère qui déboulait de sa chambre en hurlant à son tour après sa mère :

    - Mouchka ! Papa et Jazzy ! Ils sont là !

    Un genou sur le sol, le blond recevait le petit garçon qui avait déjà trop grandi en si peu de temps. Jasmine riait en même temps que son frère quand il posait un millier de questions. Il est vrai que Garrett n'été pas blessé mais terriblement bien bronzé. Il portait encore un costume très bien taillé qui lui donnait des allures de trader new yorkais. Mais pour le moment, il cherchait des yeux la brune qui surgissait en courant du jardin. Elle était couverte de terre. Sans doute à jardiner.

    - On a vu de la lumière.. On s'est dit qu'on pouvait entrer, dit-il en riant doucement en voyant la moue surprise de la jeune femme, pas trop triste de nous voir déjà rentrés ?


    immarcescible, Posté le mardi 20 décembre 2022 17:43 Répondre

    Toutes les bonnes résolutions prises par Anya faisait chaud au coeur de Garrett. C'était difficile pour les deux mais encore plus pour elle, il le savait. Comment aurait-il pu rester aussi serein s'il avait du attendre le retour de Anya. Il serait devenu fou. En plus, il lui laissait à sa charge Jasmine en plus, alors même si les deux s'aimaient d'un amour passionnel, il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir et de culpabiliser. Alors qu'elle lui coupait les cheveux, prenant visiblement bien son temps, lui profitait de ce moment pour contempler son visage, sa moue, ses mimiques. Sa manière de joindre ses lèvres pour évoquer sa contrariété ou encore le plis entre ses sourcils le faisait toujours sourire. Sa moue concentrée lui indiquait qu'elle réfléchissait à toute vitesse. Il devait donc la rassurer. Il stoppa sa main qui coupait pour venir déposer un baiser sur son poignet :

    - Je serais là pour Noël, dit-il d'un ton calme et rassurant, et ensuite nous allons mettre en place nos projets d'accord ?

    Lorsqu'elle eut enfin terminé de raser sa longue crinière, il se redressa et se secoua pour laisser les mèches de ses cheveux tomber au sol. Puis, il mit un costume sobre qui le faisait passer partout. Il en profita ensuite pour sortir de son sac de voyage une arme qu'il chargea et positionna à l'arrière de son pantalon avant d'en sortir une autre qu'il montrait à la brune. Pas la peine de lui expliquer comme ça fonctionnait, il savait pertinemment qu'elle savait l'utiliser. En revanche, il lui montra bien où il la rangeait, dans ses sous-vêtements, avant de venir embrasser son front :

    - En espérant que tu n'aies pas à t'en servir.

    Bien entendu, il pensait à la venue imprévue de Elena quelques jours plutôt qui avait sans aucun doute effrayé la brune. Il voulait qu'elle se sente le plus en sécurité possible et malheureusement, ça passait forcément par s'armer. Après de tendre baisers échangés, ils furent appeler par Pasha. Son sac sur l'épaule, la main d'Anya dans la sienne, ils descendirent pour découvrir une Jasmine qui tentait de se mettre debout. Rapidement, les parents descendirent et ils se mirent tout près de la petite fille qui ne comprenait pas les regards extasiés autour d'elle. Garrett était si fier de la voir faire ses tout premiers pas et de ne pas manquer ça. A peine Georgie lâchait ses mains que la petit recula et tomba sur ses fesses ce qui la fit pleurer. Garrett riait doucement et venait la prendre dans ses bras pour la couvrir de baisers quand Pasha caressait les boucles blondes de sa soeur pour la rassurer :

    - Je vais l'aider à apprendre plus vite, c'est promis !
    - Tu es un grand frère adorable mon garçon.

    Cela faisait sourire de joie le petit garçon que son père enlaçait. Il tenait ses enfants contre lui, les embrassant et leur promettant de vite revenir. Mais l'heure était au départ et il préféra qu'Anya seule l'accompagne. Alek était nerveux, inquiet. Son beau-frère vint l'enlacer et lui faire promettre d'être sage et de ne pas s'inquiéter, il allait revenir.

    Sur la route, Garrett laissait Anya conduire. Elle s'en sortait bien même si on pouvait sentir qu'elle hésitait encore parfois. Il s'en voulait de ne pas avoir pris suffisamment de temps pour lui apprendre ou tout simplement avoir l'argent de Gabriel pour pouvoir lui offrir un chauffeur, une maison dans NY. Il culpabilisait de ne rien avoir à lui offrir si ce n'est des problèmes :

    - Si jamais tu sens que Jasmine c'est.. c'est trop lourd à porter pour toi je le comprendrais. Alors n'hésite pas à l'emmener chez Andreï. Tamara s'occupera d'elle. Je ne veux pas que tu stresses à cause de sa présence c'est.. c'est déjà compliqué pour toi et à peine j'arrive que. que je t'apporte cette enfant..


    immarcescible, Posté le dimanche 18 décembre 2022 17:22 Répondre

    Un bras autour des hanches de Anya et ses lèvres posées sur sa tempe, Garrett la serrait contre lui fermement. Il comprenait sa peur, la ressentait et tentait lui aussi de l'occulter. Les enjeux n'avaient finalement pas changés et le temps non plus. Ils étaient là, leur famille unie et pleine de vie quand la mort rôdait encore autour de lui. Comment lui redonner confiance quand lui-même doutait encore aujourd'hui.

    - Après tout ce que nous avons vécu.. Je ne sais pas quoi te dire pour que tu aies confiance si ce n'est.. Si ce n'est que je ferais comme la dernière fois. Je vais me battre de toutes mes forces. Je vais me battre pour te revenir en vie et pour reprendre cette vie si dingue et fabuleuse que nous vivons au quotidien.

    Il s'amusait à énumérer toutes les choses adorables qu'ils avaient pu faire avec Pasha, avec Jasmine et même Alek. Y repenser lui redonnait lui foie et confiance. Son visage était animé d'une douceur certaine qu'il avait quelques mois auparavant perdu. Blottis l'un contre l'autre, ils observaient la lune haute dans le ciel qui les éclairait. Il se mit donc à chantonner la fameuse chanson de Billie Holiday qu'il avait murmuré un soir dans leur petite maison de Lazarevo. Ses lèvres se perdaient dans la crinière brune de la jeune femme quand il s'appliquait à la rassurer en lui parlant de tout ce qu'il aimerait faire dans les prochains mois :

    - On pourrait aller vivre sur la côte ouest.. Au soleil.. Je ne supporte plus le froid. Ce ne sont que de mauvais souvenirs pour moi. Ce sera un grand départ. Tu serais toujours bronzée.. Le soleil ferait briller ta crinière de nuit.. Je te ferais l'amour sur plage.. Tu n'aimerais pas ? On serait loin de Elena, de Andreï de tout notre passé. On pourrait tout reconstruire.

    Imbriqués l'un dans l'autre, ils ne voyaient pas le temps passer et pourtant, c'est lorsqu'il entendit Georgie leur souhaiter une bonne nuit et Napoléon les rejoindre qu'il sortit de sa rêverie. Ils saluèrent la vieille femme qui avait couché les enfants et il en profita pour entrainer Anya vers le hangar :

    - J'ai quelque chose à te montrer.

    Suivis de près par le bébé chien qui appréciait déjà sa nouvelle famille, ils se rendirent au fond du jardin. La lampe à pétrole était toujours allumée il vint attraper un plaid pour le mettre sur les épaules de la jeune femme. La faisant s'asseoir sur la banquette il retourna au fond de la pièce pour chercher quelque chose. Pendant ce temps, le bébé chien jappait pour essayer de monter sur les genoux de sa nouvelle maman. Lorsqu'elle le prit contre elle, il vint se blottir contre elle et se réfugia dans ses bras. C'était son nouveau refuge désormais. Peu de temps après, Garrett arriva avec une boite qu'il avait modestement emballé avant de la tendre à Anya :

    - Pasha m'a aidé.. Alek aussi.. On s'est dit que ça te ferait plaisir..

    Pendant qu'il la laissait découvrir l'intérieur de la boite, il lui expliqua avoir construit ce violon car l'entendre jouer lui manquait. Mais surtout, Pasha n'avait jamais entendu sa mère jouer. Debout devant elle, il attendait de voir sa réaction qui tardait un peu ce qui l'inquiéta :

    - Tu n'es as obligé d'en jouer Blackbird.. Je.. Je voulais juste.. Je voulais juste t'entendre et je.. je pensais que ça te manquais un peu..


    immarcescible, Posté le mercredi 14 décembre 2022 05:45 Répondre

    Une part de Garrett était encore conciliante à cette époque. Cela l'ennuyait de voir Anya aussi sur la défensive; Même s'il la comprenait aussi dans une certaine mesure puisqu'elle s'était vue refuser à plusieurs reprises d'avoir ce qu'elle aimait auprès d'elle. Alors, même s'il secoua un instant la tête, il s'approcha d'elle pour l'enlacer et embrasser sa tempe et murmurer en russe un simple et doux je t'aime. Jasmine aimait sa nouvelle maman et ne cessait de la contempler avec des yeux brillants de joie. Sans cesse elle se blottissait contre elle. C'était si étonnant de voir les deux femmes de sa vie s'aimer autant. Après tout, rien ne les liaient toutes les deux. Sauf peut-être la souffrance de ne pas avoir été aimé par une mère biologique. Le souvenir de Katherine l'oppressa un instant mais fut rapidement retiré par l'arrivée de Pasha qui avait gagné la queue du Mickey.

    C'était un après-midi doux et simple où Garrett pouvait laisser son bras autour de Anya sans avoir peur qu'on les agressent ou tout simplement montrer à son fils comment on joue à la carabine en faisant éclater tous les ballons du forain qui était furieux. Après ce moment tranquille et agréable, ils décidèrent de rentrer pour montrer toutes ces nouveautés à Georgina. Dans la voiture, sur le chemin du retour, Garrett s'amusa à parier avec Anya qu'elle devait très certainement être en train de préparer le goûter et le dessert de ce soir.

    - Je veux une brioche et des gâteaux au chocolat, hurlait Pasha avec excitation.

    En arrivant, le blond proposa à Ayna de recommencer une séance de pilotage dans la soirée pour qu'elle soit habituée à conduire aussi de nuit et alors qu'ils rentraient, ils furent bien évidemment accueillit par le parfum si doux et appréciable d'une brioche dans le four. Il souriait, satisfait d'avoir gagné le pari et embrassa le cou de la brune en lui murmurant qu'il désirait son prix dans la soirée, avec un oeil pétillant de malice. Jasmine dormait contre sa mère quand Pasha accourait en vitesse dans les bras de celle qu'il appelait babouchka, sa grand-mère. Elle était tranquillement en train de lire dans le jardin d'hiver et récupéra le petit garçon sur ses genoux en l'écoutant évoquer les nombreux manèges.

    - Doucement Pasha, le sermonnait gentiment Garett en posant toutes les peluches sur le canapé, laisse Georgie se reposer un peu tu veux.
    - Il ne m'embête pas. Au contraire il m'apporte encore beaucoup de joie et de fougue.

    Garrett leva les yeux au ciel en se disant qu'elle laissait bien les enfants faire n'importe quoi. En attendant, il se chargea de ranger un peu de sortir la fameuse brioche du four pour le soir et cela lui rappela la Russie quand il rentrait lui aussi de l'école et qu'elle avait préparé le dîner. Cela le fit tendrement sourire de voir que les traditions restaient toujours les mêmes. Pendant que tout le monde vaquaient à ses occupations, il précisa qu'il allait faire son sport au hangar et qu'il reviendrait dans une petite heure. Il le fit en effet et vint surtout à terminer en partie la surprise pour Anya.

    La radio tournait en fond sonore et des vieilles chansons de Billie Holiday résonnaient. Cela le fit doucement sourire car il repensait aux fameuses chansons qu'il murmurait à son épouse en URSS lors de leur première semaine de mariage. Il était ému de se dire qu'ils avaient survécu à tout ça. Mais alors qu'il rangeait ses outils, il entendit comme un petit miaulement au fond du hangar. Surpris, il s'y aventura et trouva une petite boule de poils tremblante qui semblaient s'être perdue et qui était affamée.

    - Eh.. P'tit bonhomme..

    Avec prudence et douceur, Garrett l'enveloppa dans une épaisse couverture qu'il avait sous la main et ramena ce petit bébé à la maison. Il s'agissait d'un bébé bouvier bernois dont la venue improbable inquiétait le blond. Comment s'était-il trouvé là ? Mais avant de mener son enquête, il rentra à la maison où Anya cuisinait.

    - Regarde qui j'ai trouvé apeuré et affamé dans le hangar.. J'ai bien l'impression qu'il a besoin d'un peu de chaleur.


    immarcescible, Posté le lundi 12 décembre 2022 17:03 Répondre

    Une main posée sur la hanche de Anya, et l'autre tenant sa main fermement ils se mirent à valser tranquillement, front contre front dans le salon. Le pas était lent, doux. Il réunissait leurs mains contre leurs bustes joint quand il embrassait avec douceur le bout de son nez un sourire tranquille sur les lèvres. La musique les enveloppaient dans une bulle rassurante et agréable. Rien n'aurait pu les déranger et c'était tant mieux. Il chantonnait les paroles en écho à la chanson tout en changeant les paroles pour remplacer par le prénom d'Anya. Même si la musique vint à se terminer à un moment, ils ne bougèrent pas.

    - Tu sais.. Peut-être que toi tu ne te souviens plus de nos bons moments mais moi si. Je m'en souviens parce qu'ils ont été les plus beaux de toute ma vie. Je n'avais jamais eu de but dans l'existence avant ta rencontre et tu as tout bouleversé. J'aimerais que tu te rendes compte du bonheur que tu m'as accordé. De cette nuit sublime près du lac où tu es devenue ma femme.. ces journées si douce que nous avons passé dans ce village où le monde devenait fou à l'extérieur. Même à St Petersbourg quand je venais te rendre visite chez Georgie..

    Il n'essayait pas de la consoler, non, il voulait surtout qu'elle se rende compte du bonheur qu'elle avait été dans sa vie et à quel point il l'aimait. Relevant de sa main entrelacé le menton de la jeune femme vers son visage, il lui souris tendrement :

    - Je retraverserais ce hall d'hôtel dans n'importe quelle vie si c'est pour te rejoindre, murmurait-il sincère, et je t'y aimerais toujours.

    Là, il se pencha et déposa un tendre et langoureux baiser sur ses lèvres quand il resserrait ses bras autour du corps fiévreux et sensuel de son amante. Il se sentait suffisamment fort désormais pour pouvoir tout affronter. Ils étaient réunis, là l'un pour l'autre à l'écoute et en éveil. Ils passèrent une nuit douce où leurs lèvres étouffèrent les plaintes de plaisir qu'ils se donnaient mutuellement. C'était toujours aussi enivrant et intense que de se lier à elle. Garrett n'avait jamais ressentit ça pour quiconque et il savait qu'elle aussi le ressentait. Malgré qu'il soit tard, il la laissa s'endormir contre lui quand il observait le plafond pensif. Comment l'aider à se sentir bien dans sa peau et confiante dans l'avenir ? Voilà la question à laquelle il tentait vainement de répondre.

    Pourtant, au petit matin, il était déjà au travail. Alek faisait ses devoirs près de Garrett quand Pasha l'aidait à poncer du bois dans le hangar. Il avait laissé Anya dormir quand Georgina jardinait avec Jazzy installée dans son couffin. Le blond savourait les derniers moments qu'il lui restait en famille car dans deux il devait partir. Aussi, il apprenait tout un tas de choses à Pasha qui appréciait avoir son père pour lui tout seul. Le système de la famille semblait être parfaitement rôdé désormais et Garett se sentait enfin à sa place.

    Lorsqu'enfin Anya surgit dans le hangar, Pasha se jeta à ses jambes et lui interdit de rentrer.

    - Nan, nan, nan.. On fait une surprise ! Pas les filles ici.

    Garrett riait doucement en laissant le petit garçon repousser sa mère. Aussi, il se leva en abandonnant son ouvrage et vint saluer quand même sa tendre et adorable petite fée. Il lui donna un profond et tendre baiser avant de murmurer :

    - Avant que tu partes travailler tu m'accorderas un moment ? J'aurais besoin de te parler de quelque chose маленькая фея.

    Pasha tirait sa mère à l'extérieur mais exigea à son tour un baiser avant de refermer la porte du hangar derrière elle. Les garçons travaillèrent toute la matinée ardemment et même Alek vint aider. Il était toujours taciturne mais malgré tout de bonne volonté. Leurs estomacs résonnèrent sous la faim et c'était pile au moment où Georgina les appela. Sans attendre, ils se ruèrent tous les trois en direction de la maison où un festin les attendaient. Garrett mangeait pour trois personnes. Son retour des camps l'avait meurtri physiquement et même si il était encore bien musclé et athlétique, son corps était encore décharné du manque de nourriture. Pendant qu'ils mangeaient, Alek posa une question :

    - J'aimerai aller à l'école.

    Garrett leva ses yeux surpris vers Alek puis Anya en se demandant bien si c'était positif ou non.


    immarcescible, Posté le vendredi 09 décembre 2022 18:36 Répondre

    Avant d'entrer dans le bain, il avait allumé quelques bougies. Cela donnait une ambiance plus douce face à l'humeur volcanique de son amante. Sans la forcer, elle s'était glissée contre lui de sorte à rester blottie contre lui. Il en profitait donc pour masser ses épaules tout en embrassant délicatement le sommet de son crâne. Silencieux, il l'écoutait sans la juger. Il était là pour la soutenir, comme le ferait n'importe quel couple. Seulement, ils n'étaient pas n'importe quel couple. Ses pouces massaient sa nuque en descendant le long de ses épaules quand il réfléchissait à ce qu'elle lui confiait avant d'ajouter :

    - Pourquoi tu n'ouvres pas ton petit cabinet ici ? Tu pourrais faire des consultations.. Je te construirais un local. Le midi je t'apporterais ton repas et le soir tu pourrais rentrer beaucoup plus tôt car tu serais à côté avec des horaires fixes. Les enfants viendraient te donner un coup de main pour ranger le cabinet et Georgie s'occuperait de ta comptabilité.

    Cela semblait si simple pour lui mais avait-il pensé aux aspirations, aux ambitions de la jeune femme ? En avaient-elles ? Depuis qu'il la connaissait, elle avait fait mille et un boulot sans jamais penser à ce qu'elle aimait vraiment. La médecine avait été finalement une manière pour elle de tenir à distance la mort. Mais aujourd'hui, elle n'était plus menacée. Embrassant son cou une autre fois, il lui demanda encore :

    - Tu pourrais aussi reprendre la musique. Te reconcentrer sur ça. Ou alors.. Ou alors faire les choses qui te plaisent vraiment pour une fois. Pense à ce que tu veux faire, à ce qui te plairais. Qu'est-ce qui te ferais envie ? Sincèrement..? Peut-être qu'il est temps d'arrêter de jouer à l'infirmière et de vivre dans la violence, la mort, les blessés. Il faut avancer et te défaire de ce passé qui t'épuise viscéralement.

    Ses bras l'enlaçait avec douceur quand il la sentie se blottir contre lui. L'atmosphère était tranquille, douce. Ils n'entendaient que le vent qui se balançait dans les branches près de la fenêtre et la mèche de la bougie parfois péter. L'eau clapotait lorsqu'ils bougeaient dans le bain et il prenait plaisir à humer le parfum si singulier de son amante en continuant :

    - J'ai quelques économie on peut vivre dessus un moment ne t'en fais pas pour ça. Et à mon retour de mission, je trouverais aisément du travail ne t'en fais pas. Je suis là désormais et on va s'en sortir. On s'en est toujours sorti. C'est juste une mauvaise passe. On va s'en sortir, j'en suis persuadé.


    immarcescible, Posté le dimanche 04 décembre 2022 20:13 Répondre

    Il était furieux. Non pas contre Anya mais contre Andreï à qui il lui avait demandé d'être patient. Mais il semblerait que ce n'était pas un trait de caractère des Siminiov. Garrett se contenait comme il le pouvait mais ne pouvait s'empêcher de soupirer fortement en entendant les supplications du père de famille qui souhaitait à tout pris retrouver ses enfants. Ce fut là, que le blond devint cinglant. Il ferma la porte derrière lui, empêchant ainsi les enfants ou Anya d'entendre ce qu'il avait à dire et demanda à son beau-père de tout simplement partir :

    - Elle n'est pas prête et la force ne servira à rien Andreï si ce n'est retarder encore plus le moment où vous vous retrouverez. La Anya que vous avez connu n'existe plus. Alors si vous aimez vraiment votre fille laissez lui le temps nécessaire à sa reconstruction. Sinon, vous allez la perdre et ce pour toujours.

    La forte tête mafieuse devant Garett n'était pas prêt d'abandonner. Il le savait et le comprenait. Malgré tout, pour ce soir, il se résigna et prit la décision d'écouter les conseils du blond. Comme pour s'assurer qu'il tienne parole, il resta sur le perron de la maison à observer la voiture partir en direction du centre. Une partie de lui-même n'avait pas forcément envie de rentrer. Il avait peur de l'état dans lequel serait Anya et surtout, de la future dispute qui allait avoir.

    Pourtant, il rentra. Il affronterait tout pour elle, même sa fureur. Pasha et Jasmine avaient été emmené par Georgie dans leur chambre quand Alek était assis, prostré sur le canapé. Quand est-ce qu'ils auraient le droit à une soirée douce et normale, se demandait-il. Il s'approcha donc d'Alek et lui demanda comment il allait mais ce dernier ne répondit rien préférant s'enfuir dans sa chambre pour s'enfermer. Est-ce qu'Anya allait elle aussi le renvoyer chier de la sorte ? Pour ça, il du se rendre à l'extérieur. En la voyant faire les cent pas sur la terrasse, il en profita pour prendre un plaid afin de le poser sur ses épaules mais sa colère était telle qu'elle semblait vouloir le fuir. Il ne voulait pas la toucher, de peur qu'elle s'énerve encore plus. Elle devait se calmer seule et qu'elle entende ce qu'il avait à lui dire :

    - C'était très maladroit de sa part Anya. Tu as le droit de prendre le temps nécessaire. Je suis d'accord avec toi mais.. mais tu dois te calmer. Les enfants ont peur et..

    Elle allait repartir, il le sentait et le voyait rien qu'à sa démarche alors qu'elle fonçait sur lui. Mais il réussit à l'esquiver tout en continuant d'une voix toujours aussi calme et modérée :

    - Jamais je ne te forcerais à aller le voir. T'en parler ne fais pas de moi quelqu'un qui te force. Si parler est interdit, si parler de lui est interdit alors soit j'arrêterais mais tu ne pourras pas faire le deuil du passé si tu restes avec des doutes et des ressentiments. Il faut que tu décharges ce que tu as sur le coeur.


    immarcescible, Posté le samedi 03 décembre 2022 14:04 Répondre

    Ils arrivaient toujours à passer de tout à rien. Les nouvelles d'Andreï n'allaient pas plaire à Anya et la promotion de Gabriel risquerait une fois de plus de les plonger dans un tumulte d'émotions complexes ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas aspirer à une vie simple et douce ? Une vie où les obstacles seraient moins conséquent ? Même s'il était un guerrier né, Garrett était las de devoir encore et toujours se battre. L'histoire avec Elena n'était même pas terminé qu'ils allaient avoir de nouveaux drames à gérer. Il était épuisé, dubitatif. Il ne cessait de repenser au chantage, assez malin d'ailleurs, de Andreï. Mais il était hors de question qu'il manipule ou qu'il mente à Anya sur un tel sujet.

    En rentrant, il fut étonné de la voir encore dans le salon. Elle écrivait. Pas pudeur, il ne demanda pas ce qu'elle faisait pour lui laisser la possibilité de tout simplement avoir le droit à une intimité. Ils allèrent se coucher, épuisés l'un et l'autre, mais si la brune dormait déjà, lui était encore en train de se ressasser le fil de la soirée. Il ne dormit pas de la nuit, mais resta blotti contre Anya en caressant délicatement son dos. Au petit matin, la bouille de Pasha apparue au bout du lit sortant ainsi son père de ses songes. Souriant avec douceur, il lui fit signe de les revoir et laissa le petit garçon se blottir contre son père et sa mère. Garrett les enlaçait tous les deux d'un bras protecteur quand il déposait un baiser sur la crinière blonde et bouclé du petit garçonnet :

    - Papa, murmurait Pasha, la méfante dame qui cris est partie ?
    - Elle est dans un endroit sécurisé. Tout le monde fait tout ce qui est possible pour la soigner et qu'elle ne vienne plus nous embêter.
    - Papa.. La dame.. Elle voulait emmener Jazzy ?

    Comment expliquer à ce petit enfant toute la douleur et la violence d'Elena et le pourquoi elle faisait cela ? L'horreur du monde n'aurait jamais du l'atteindre ou même le frôler. Les grands yeux si naïf de Pasha lui rappelèrent ceux d'Anya. Il vint lui offrir de nouveau un sourire et les serra contre lui en le rassurant aussitôt.

    - Personne ne sera plus jamais séparé Pasha. Nous sommes une famille et rien n'y personne ne pourra nous l'enlever d'accord ?

    Le petit garçon, rassuré, vint à s'endormir blotti contre ses deux parents. Il se tourna de sorte à venir enfouir sa petite tête dans le cou de sa maman quand Garrett ne se lassait pas de les contempler. Il resta un long moment ainsi, jusqu'à ce qu'Anya vienne enfin à ouvrir les yeux. Elle semblait surprise de trouver un Pasha contre elle ce qui ne fit que sourire le blond. Il lui demanda si elle avait bien dormie et lui imposa de rester encore au lit. Il avait entendu Jasmine se réveiller. Après avoir récupéré la petite blondinette, il vint la ramener à Anya et Pasha. Ce dernier dormait encore profondément mais Jasmine en avait décidé autrement. Elle marchait à quatre pattes jusqu'à lui et vint sans douceur lui monter dessus en riant. L'entendre rire était un son merveilleux pour Garrett.

    Pendant que les trois amours de sa vie prenaient le temps de se réveiller, il était descendu dans la cuisine pour préparer le petit déjeuner. Mais quelle ne fut pas sa surprise en voyant Georgina déjà réveillée qui venait de finir sa fameuse brioche. Il embrassa son front et prépara avec elle le thé. Ils discutèrent, en russe, de tout et de rien. Garrett n'avait pas eu beaucoup de temps avec elle et il reprenait plaisir à partager des moments avec elle. Le manque s'était aussi fait ressentir chez l'un comme chez l'autre, si bien que cela ému tellement la vieille femme qu'elle pleura. Rapidement, le blond la prit dans ses bras et la rassura :

    - Tout ira bien maintenant je te le promets.
    - Tu t'occupes de tout le monde tout le temps, sanglotait-elle, et tu repars même sur le front d'après Anya. Quand cesseras-tu de vouloir courir après le danger.
    - Il faut croire que je suis né pour ça Georgie.
    - Non. Tu es né pour pouvoir vivre auprès de ta famille.

    C'était vrai. Mais dans un monde idéal il le pourrait sans aucun doute, mais là, dans la réalité, il était coincé dans tous ses engagements. Tous l'oppressaient excepté ceux concernant Anya et le reste de la famille. Il ne sut quoi répondre à sa mère adoptive, si ce n'est embrasser de nouveau son front et aller mettre la table. C'est au même moment qu'Alek descendit les escaliers en compagnie du reste de la troupe. Il portait sur ses épaules un Pasha qui riait, amusé quand Jasmine couvrait de bisous sa maman d'adoption. Quelle étrange famille ils formaient. Attablés, ils mangèrent avec un immense appétit quand Garrett chipotait. Son estomac était noué. La fatigue et toutes les conversations qu'il avait eu hier soir et le trauma l'empêchait de savourer pleinement ce matin pourtant si léger. Comment Anya pouvait-elle être aussi sereine ? Est-ce qu'elle lui dissimulait quelque chose ?

    Lorsqu'ils eurent finis, il proposa une balade à tout le monde. Une fois tous prêts, ils se rendirent sur le chemin qui longeait le lac quand Pasha et Alek courait au devant en poussant Jasmine dans sa poussette. C'est là, qu'il en profita pour évoquer auprès d'Anya ce que lui avait confié Gabriel ainsi que les conditions de son père. Il sentait qu'elle allait s'énerver concernant Andreï, aussi, il la retint en lui expliquant :

    - Il a commis un tas d'erreur stupide mais.. mais il vous aime et il essaie de se racheter. Pas de la meilleure des manières, je le sais bien mais.. mais au moins il essaie Anya. Tu devrais peut-être aller lui parler. Essayer de comprendre ce qui c'est passé parce qu'après tout, tu ne sais pas ce qu'il lui est arrivé.


    immarcescible, Posté le mercredi 30 novembre 2022 17:38 Répondre

    Le cri d'Anya fit bondir Garrett du canapé. En arrivant à l'extérieur, ce n'est pas le froid de la nuit qui le renversa mais bel et bien Elena tenant ce couteau monstrueux sous la gorge de son amante. Son sang ne fit qu'un tour mais difficile de dire un mot quand il voulait lui hurler de la relâcher. Or, lui hurler dessus c'était mettre Anya en danger. Encore plus en danger. Le souffle court, il allait la supplier de la relâcher mais Georgie fut bien plus rapide que lui. La jeune femme tomba à la renverse libérant enfin la russe qui se décalait à grande vitesse. Rapidement, Garrett se débarrassa du couteau et vint immobiliser Elena. Il jeta un coup d'oeil à la victime en lui demanda :

    - Tu vas bien ? Anya ? Tu vas bien ? Elle t'as blessé quelque part ?

    Mais Alek se jetait déjà sur sa soeur pour s'assurer quelle allait bien avec l'aide de Georgie. En la sachant entre de bonne mains, Garrett s'occupa de son épouse et vint lui lier les mains avec une corde qu'il trouva dans le cellier de la cuisine. Il l'entraina dans le hangar, refusant qu'elle puisse pénétrer leur maison, leur sanctuaire. Au passage, il avait demandé à Georgie d'avertir l'hôpital et la police de l'intrusion de la brune.

    Il la surveillait, une arme à la main qu'il avait dissimulé dans le hangar il y a longtemps. C'était un homme qui n'arrivait pas à dormir sans se sentir protégé. La colère le faisait bouillonner. Comment ne pouvait-il pas en être autrement ? Il n'avait pas su, une nouvelle fois protéger Anya. Alors qu'il se démêlait avec sa culpabilité, la brune démoniaque vint à se réveiller en geignant sous la douleur. Garrett avait son oeil mauvais mais il avait quand même vérifié sa blessure qui semblait être superficielle. Elle riait. Un rire gras, ténébreux qui ferait frémir d'horreur n'importe qui. Mais il ne faiblissait pas. Non, il ne faiblirait pas devant elle.

    - Tu auras beau faire n'importe quoi Garrett.. Fuir, te cacher.. Je te retrouverais et je tuerais toutes les personnes qui veulent t'arracher à moi.
    - Elena ça suffit.. Tu es complètement en train de perdre les pédales. Tu entend ce que tu dis ? Jasmine a besoin de toi.
    - Je m'en fous de cette petite garce. C'est toi que je voulais ! Toi et toi seul. Je ne sais même pas si c'est vraiment ta fille.

    Elle allait vraiment tout essayer pour le blesser. Même si cette simple idée lui faisait mal, il ne pouvait pas y croire. Il suffisait de voir Jasmine avec Pasha pour comprendre qu'ils étaient tous les deux liés. Mais le doute venait de s'insinuer, vif et malin. Le blond ne répliquait pas se contentant d'allumer une cigarette quand Elena commençait à se débattre sur sa chaise. C'était mal connaître les talents de Garrett quand il s'agissait d'attacher des choses. Elle se mit à hurler mais il l'ignora tout simplement quand elle tapait du pieds en criant encore et encore. Alek surgissait peu de temps après dans le hangar inquiet :

    - Tu.. Tu as besoin d'aide, demandait-il effrayé par la brune qui s'époumonait comme une démone, la police va arriver.
    - Tout va bien Alek. Ne t'en fais pas. Comment va Anya ?

    Ils parlaient tous les deux en russe, comme pour s'assurer que la brune ne les comprendraient pas. Cela la fit cesser de hurler aussitôt pour planter ses iris paniqués dans ceux de Garrett qui l'ignorait totalement, toujours en fumant.

    - Elle est sonnée mais étrangement calme. Georgie l'aide à soigner la plaie sous sa gorge. Tu ne veux pas aller la voir ?
    - J'irais une fois qu'Elena sera emmenée par la police. Je ne veux prendre aucun risque.
    - C'est elle ta femme ?
    - Mh, mh.
    - T'as vraiment un don pour t'entourer.

    C'était sarcastique, Garrett le savait, mais cela eut le don de légèrement faire sourire les deux garçons.

    - Ainsi donc c'est vrai ? T'es un espion russe ?
    - Arrête tes bêtises Elena. Tu savais très bien que j'avais vécu en URSS. Ce n'est pas un secret.
    - Tu es un ennemi du peuple ! Toi et ta putain russe ! Vous allez nous envahir !
    - La ferme !

    Il commençait à perdre patience et le fait qu'Elena ne cesse d'insulter Garrett ne pouvait que le faire rugir de fureur. Las, il vint donc la bâillonner histoire qu'elle ne soit plus audible. Les sirènes de la police retentissait, Alek remonta en direction de la maison et entraîna l'escouade jusqu'au hangar. Elena les suppliait de la relâcher et inventa une histoire complètement délirante où Garrett l'avait séquestrée contre son grès. Fort heureusement, la police était accompagnée de Gabriel qui avait expliqué brièvement l'état psychologique de la patiente. Ils entrainaient donc Elena jusqu'à la voiture quand le médecin demandait au blond de l'accompagner pour déposer plainte. Mais avant, il devait aller voir si Anya allait bien. En arrivant dans la maison, il entendit les hurlements de terreur de Jasmine. Sans doute que les cris de sa mère l'avait réveillé et la terrorisait.

    Anya était dans le salon, recouverte d'un plaid. Il s'approcha d'elle et prit son visage entre ses mains. Son regard exprimait de la colère et une profonde désolation. Le danger le collait à la peau et venait toujours se greffer sur les personnes qu'il aimait. Embrassant le front de la jeune femme, il vint l'enlacer en soupirant :

    - Je suis désolé, murmurait-il, j'accompagne Gabriel au poste et ensuite je rentre à la maison. Reste ici en attendant. Je rentre très vite d'accord ?

    Il n'osait pas l'embrasser, il se contenta de poser son front contre le sien en soupirant doucement. Au moins, il savait qu'elle serait en sécurité. En sortant de la maison, il retrouva un Gabriel qui l'attendait dans sa voiture. Alors qu'ils roulaient dans un silence certain, Garrett demanda s'il était possible de fumer. En voyant la moue contrariée du médecin, il se retint. Mais le manque de la nicotine était difficile. Nerveux, il se posait mille questions avant de se souvenir que le brun voulait lui parler :

    - Anya a dit que tu avais besoin de me voir ? Je pense que c'est pour parler de Q'Orianka ? Tu lui plait, c'est indéniable. Mais tu as conscience qu'elle est mariée au plus grand magnat du pétrole ?


    immarcescible, Posté le dimanche 27 novembre 2022 20:51 Répondre

    SI BEAU T.T (L'


    immarcescible, Posté le dimanche 27 novembre 2022 20:50 Répondre

    Voir Anya devant plusieurs assiettes remplie faisait littéralement halluciner Garrett. Il se souvenait des repas dérisoires qu'ils avaient partagés en URSS et la voilà désormais à manger avec un appétit féroce. Il ne pouvait s'empêcher de sourire, picorant simplement son assiette de frites que la jeune femme venait à manger sans lui demander l'autorisation. Oh que oui, cela le faisait sourire. Mais encore, elle évoquait les potentiels projets futurs. Voyager ensemble. Découvrir encore tout un tas de choses en famille. C'en était presque trop beau pour être vrai. Mais il ne voulait pas vivre dans le rêve. Il posa donc ses bras sur la table et s'approcha de la jeune femme, face à elle en riant doucement. Son pouce retirait le ketchup de ses lèvres qu'il venait ensuite suçoter avant de répondre à sa question :

    - Et si on achetait les maisons roulantes. Un camping car. Pasha, Jazzy et Georgie dormiraient dans une chambre et Alek aurait la sienne. Nous, on dormirait dans une tente. Tu te collerais à moi toutes les nuits pour que je te réchauffe.

    Il avait les yeux qui brillait d'un amusement certain quand son imaginaire l'enflammait. Il lui parla de la Californie, du soleil, de l'océan et des vagues. De l'Arizona et du désert. Tous les lieux il faisait le plus chaud possible. Le froid russe l'avait complètement traumatisé et il avait toujours très peur de revivre ces hivers de détresse qu'ils avaient eu pendant la guerre, ou pire, pendant sa captivité. Mais ça, il ne l'évoqua pas à la jolie brune qui semblait avoir repris du poil de la bête après la belle frayeur en voiture.

    - Tu te sens prête à remonter en selle Calamity Jane, demandait-il en riant quand il sortait son porte feuille pour payer, il ne faut jamais rester sur une mauvaise impression donc je vais conduire jusqu'à la maison et tu finiras la course sur le petit chemin d'accord ?

    Après avoir payé, ils sortirent tous les deux du fameux restaurant pour se rendre jusqu'à la camionnette. Il s'amusa à déposer un baiser sur le sommet de son crâne tout en murmurant à son oreille qu'il aimait la voir manger de la sorte et qu'elle était aussi appétissante qu'une brioche dans laquelle il croquerait bien. Cela ls fit rire tous les deux et il reprit la route. La sentant plus détendue, il ne voulu pas reparler de Alek et de ce qu'il pensait. Difficile de ne pas faire de supposition même si la détresse du jeune homme était certaine. Ce n'était pas à lui de lui faire cracher le morceau.

    Sur le trajet qu'ils avaient, il lui demanda comment c'était passé la journée. Il l'écouta évoquer tout ce qu'elle avait à faire à l'hôpital et n'eut pas l'impression que cela la changeait d l'hôpital sur le front même si là, elle n'était pas en danger de mort à chaque secondes. Arrivés sur le chemin qui allait au chalet, il descendit de la voiture et la fit prendre le volant. Il lui ré expliqua avec attention et précaution le fonctionnement des pédales et comment freiner. Il vint poser ses bras autour d'elle et embrassa sa tempe pour la rassurer :

    - Je sais que tu vas y arriver Blackbird. Une fois que tu seras en confiance ce sera la liberté tu verras.

    Il lui précisa de prendre une longue inspiration et quand elle se sentirait prête ils iraient. Cela ne prit pas longtemps. La voiture avançait avec prudence et sous l'oeil très concentré d'Anya dont les bras étaient tendus. Garrett posait sa main sur la sienne, la guidant, patiemment. Une fois la petite hauteur passée, ils purent voir les lumières du chalet allumés. Il la fit lentement ralentir et se garer parfaitement devant le proche de la maison d'où ils pouvaient voir Pasha danser, Georgie rire en tapotant dans ses mains et Alek tenir entre ses bras une Jazzy qui riait à grand éclat. La musique était tellement forte qu'ils pouvaient l'entendre de l'extérieur. Garrett souriait, ému et vint embrasser le poignet d'Anya an murmurant :

    - Tu as vu ce que tu as créé mon amour ? C'est pour ça que je reviendrais toujours à toi. Parce que tu es capable de tous les miracles possibles.

    Leur arrivée dans la maison fit hurler de joie Pasha et même Jazzy qui ne demandait qu'à retrouver la chaleur de sa nouvelle maman. Alek redevint aussitôt fermé et remonta dans sa chambre s'enfermer. Garrett ne l'en empêcha pas se disant que le frère et la soeur sauront quand il faudra se parler. Il vint donc alimenter le feu de quelques bûches qu'il avait coupé dans la journée quand Georgie retournait en cuisine. Pasha expliquait à sa mère tout ce qu'ils avaient fait dans la journée quand Jasmine rampait jusqu'à Anya. Rapidement, le blond les rejoignit et prit sa fille dans ses bras qui pleurait en tendant les mains vers la brune.

    - Jazzy aime mamouchka très fort.. Regarde ! On a fait des dessins pour toi avec papa !

    Le petit garçon couru jusqu'au canapé et ramena le tas de feuilles colorées qu'ils avaient fait ensemble quand Jasmine trouvait enfin refuge dans les bras de sa maman.

    - Tu montres les dessins Pasha et ensuite au bain. Demain une grosse journée nous attends.
    - Oui, oui, oui ! Mouchka, on va aller pêcher !
    - Seulement si tu vas au bain, c'est le deal mon grand n'est-ce pas ?

    Pasha souriait avec son petit air mutin qui fit rire son père. Il laissa Anya avec les enfants le temps de rejoindre Georgie dans la cuisine pour l'aider à préparer le couvert du repas du soir. Il se sentait léger, tranquille, simplement heureux en voyant cette joie dans cette maison qui venait de naître. Ça semblait si simple qu'il ne voulait pas se poser de questions sur l'avenir prochain. Pourtant, une question lui vint en tête rapidement. En effet, lorsque le bain fut terminé et qu'ils donnaient à manger aux enfants, il ne pu s'empêcher de la poser à Anya une moue légère sur les lèvres :

    - Tu crois que Gabriel veut me demander de l'aider à fréquenter Q' ? J'ai bien compris qu'il l'appréciait beaucoup mais.. mais c'est une femme mariée à un riche et puissant sénateur. Je ne sais pas s'il se rend compte de la stupidité que c'est que de s'amouracher d'une femme déjà mariée, qui plus avec un géant du pétrole.


    immarcescible, Posté le vendredi 25 novembre 2022 17:50 Répondre

    Heureusement que les enfants étaient là. Heureusement que Georgie arriva à ce moment là. Garrett s'était retenu de toutes ses forces pour ne pas se mêler de la dispute entre la soeur et le frère. Après tout, il n'avait plus son mot à dire dans leur relation. Il ne connaissait plus du tout Alek, ce petit garçon qui autrefois le suivait partout. Néanmoins de lui-même il se reprit et préféra fuir. C'était le mieux à faire dans une telle situation et le blond salua la prévenance de l'adolescent. Anya était encore chamboulée, il s'en doutait. Délicatement, il passa une main douce sur sa nuque tout en embrassant sa tempe pour la rassurer et lui montrer son soutien silencieux. Georgina s'occupait des petits enfants qui pleuraient effrayés à cause des cris d'Alek. Garrett la laissa s'occuper d'eux et pris les affaires d'Anya, la faim coupée :

    - Je t'emmène à l'arrêt de bus. Pasha, viens embrasser mamouchka.

    Le petit garçon quitta rapidement les bras de sa grand-mère pour se réfugier dans ceux de sa maman. Garrett n'entendait pas ce qu'il disait, il lui murmurait des choses à l'oreille. Leur laissant un peu d'intimité, il alla voir Jasmine qui jouait avec le collier de père de sa grand-mère. Cette dernière était folle de sa nouvelle petite-fille et lui parlait en russe pour l'habituer à la langue maternelle de son papa. Pour Georgie, Garrett est et resterait toujours son neveu. Il n'y avait pas de question de lien de sang. C'était le destin qui les avaient unis l'un à l'autre. Il remercia la vieille femme de s'occuper des petits un instant et qu'il reviendrait directement après avoir déposé Anya.

    Pasha lâcha difficilement sa mère. Ou peut-être était-ce l'inverse. Lorsqu'ils furent dans la voiture, Garrett remarqua les yeux rougis de la jeune femme. Simplement, il prit sa main dans la sienne et se mit à conduire tout en faisant des cercles sur le poignet de la brune :

    - Ce soir je viendrais te chercher et je t'apprendrais à conduire. Comme ça tu seras autonome et tu pourras te déplacer comme tu le voudras désormais. D'accord ?

    Heureusement, à cette époque, le permis de conduire n'était pas quelque chose de demandé. Le plus important était l'assurance du véhicule. Pendant le trajet, une question ne cessait de revenir dans l'esprit de Garrett. Est-ce que Alek aurait lui aussi subit les assauts pervers de Matthew ? Il avait peur qu'en posant la question, Anya s'effondre. Aussi, il préféra se taire et raconter à la jeune femme quelques banalités notamment sur son souhait de trouver un autre travail que dans l'armée :

    - Je risque de perdre mon emploi en divorçant de Elena. Peut-être qu'il est venu le temps pour moi d'arrêter avec la guerre.. Je pourrais bricoler.. Qu'en penses-tu ? Je pourrais travailler du hangar et surveiller les enfants en attendant. Ca déchargerait

    Il parlait de l'avenir, de leur avenir. Il aspirait à une vie plus simple, tranquille retranché dans leur royaume où personne ne pourrait les déranger. Il proposait même à Anya de s'occuper de la scolarité des enfants avant de se rétracter en disant que ce n'était pas une bonne idée pour leur développement. Très vite ils arrivèrent à l'arrêt de bus. Il y avait un certain nombre de personnes qui attendait le prochain bus pour le centre de New-York. Même s'ils étaient qu'à vingt minutes de la ville en voiture, un petit village bordait la route. Il y avait une épicerie, une boulangerie, un bureau de poste et même une gare. C'était pratique d'avoir ces commerces de proximité. Et plus haut, le restaurant de Andreï. Ils n'avaient d'ailleurs toujours pas reparlé de ce père qui se languissait de revoir ses enfants.

    Garrett retint une seconde Anya pour lui donner un profond et langoureux baiser avant de la laisser sortir de la voiture. Sa main était dans sa crinière quand l'autre agrippait sa hanche. La tenant fermement contre lui, il ne pouvait se rassasier de ses lèvres pleines et encore gonflées de leurs multiples baisers de la veille. Mais le souffle lui manqua, si bien qu'ils du la lâcher. Son oeil pétillait quand sa voix basse et rauque murmurait :

    - J'espère que cette routine te conviendras à l'avenir et que tu ne vas pas trop t'ennuyer auprès de ton vieux époux.

    Pour lui, ils étaient toujours mariés. Il se fichait de l'administration et de toutes les autres normes sociales. C'était Anya sa femme, la seule et depuis toujours. Le bus arrivait, il du la laisser s'en aller. Mais par acquis de conscience, il resta jusqu'au moment où elle entra dans le bus et où il le vit partir comme pour se rassurer qu'elle ne disparaisse pas entre temps. Il resta un moment a contempler la route et les voitures qui passaient. Il fuma un instant et se rendit dans l'épicerie pour faire quelques courses et acheter des cigarettes avant de rentrer à la maison. Georgie et les enfants jouaient dans la salle de jeux prévue à cet effet. Garrett en profita pour ranger un peu la maison et les courses et se rendit sur la terrasse pour fumer. Mais avant même de sentir l'odeur de la cigarette, il en sentit une autre. Il n'eut pas à chercher longtemps pour trouver un Alek recroquevillé sur lui-même, frigorifié qui fumait.

    Sans geste brusque, le blond vint s'asseoir à proximité du jeune homme qui ne s'enfuit pas. Il se tenait les avant-bras en tremblant ce qui fit mal au coeur à Garrett. Il lui demanda du feu et alluma sa cigarette avant de regarder devant lui, au loin. Il ne savait pas comment débuter la conversation ou même quoi dire. Alek était un adolescent. Comment l'aider, surtout après toutes les épreuves qu'ils venaient de subir. Ce fut lui qui parla en premier :

    - Tu vas nous laisser la petite quand tu va de nouveau disparaître ? Tu crois pas qu'Anya a assez de nous à s'occuper ?
    - Jasmine ne doit pas être un poids pour vous Alek. Si jamais elle te gêne je ferais en sorte de lui trouver un autre foyer.

    L'adolescent ne répliquait pas. Il se contentait de cracher au sol, agacé par la compréhension de celui qui avait été son modèle, son grand frère. Il soupirait avant de reprendre :

    - Tu vas donc repartir, répliquait-il mauvais, tu les abandonnent encore ? Tu ne sais faire que ça.
    - Ce n'est jamais de gaieté de coeur que l'on va sur le front Alek. Tu peux demander à ta soeur. Elle a vite compris en arrivant à Stalingrad. Il n'y a rien d'héroïque dans la guerre. Ce n'est que de la mort, de la souffrance et du désespoir. Je préférerais largement rester ici à m'occuper de vous. Mais j'ai des engagements. Je me dois de les tenir.
    - Et tes engagements envers nous ?

    La conversation avait rapidement tourné en russe. Garrett se sentait responsable des Siminiov et de Georgie et il avait vraiment essayé de faire au mieux pour eux. Mais le dire à Alek ne servirait à rien. Il voyait bien qu'il souffrait de ce sévère syndrome d'abandon et il ne pouvait pas l'en blâmer après tout ce qu'ils avaient vécu.

    - Je ne veux pas te faire croire que je comprends ce que tu as vécu Alek. Mais je sais ce que c'est de se sentir seul, abandonné. Or, aujourd'hui, nous sommes réunis.
    - Arrête tes conneries de famille parfaite ! Je ne sais même pas qui tu es ! Tu es un imposteur ! Un espion américain ! Matthew disait que tu nous avaient vendu, peut-être que c'était vrai !
    - Tu veux vraiment croire les paroles infectes de Matthew ? Après tout ce qu'il vous a fait subir ?
    - Tu ne sais strictement rien de ce qu'il nous a fait ! A Anya ! A.. A..
    - A toi Alek ? Qu'est-ce qu'il t'as fait ce salopard ? Dis-le moi !

    Garrett se tenait droit devant un Alek qui perdait toute contenance. Dans la famille, c'était lui dominait tout le monde avec sa colère et sa douleur. Mais face au blond, il se trouvait devant un adversaire de taille. Un adversaire qu'il n'aurait jamais pensé affronter. Alors, pour se rebiffer, puisqu'il n'avait plus les mots et parce qu'il n'était pas prêt à le vider son sac il se mit à frapper Garrett au ventre. Ce dernier ne bougeait pas car Alek n'avait aucune force. Il aurait pu en rire mais il avait sincèrement de la peine pour lui. Il le laissa donc frapper surtout en constatant qu'il se mettait à pleurer, sans doute à bout de nerfs. Le voyant se faire du mal, il le prit dans ses bras et le serra fort contre lui comme pour l'emprisonner. Alek tenta de se débattre, mais c'était vain. Il finit par se blottir contre celui qui était autrefois son repère.

    - Je suis là, murmurait Garrett, on est tous là. Ensemble. Comme je te l'ai promis. Ca a mis du temps mais on y est arrivé. Ca va aller maintenant.. Je te promets que ça va aller.

    Le reste de la journée se passa. Il bricola avec l'aide de Alek et Pasha. Il fient un rocking-chair pour Georgie ainsi qu'un bureau pour Anya. Georgie s'occupait comme d'une reine de sa petite fille qui babillait et ne demandait qu'à rejoindre les garçons. Puis, il y eut la sieste. Le blond en profita pour lire et fit l'école à Alek. Dans l'après-midi, ils jouèrent tous ensemble et quand vint l'heure d'aller chercher Anya, comme promis, Garrett l'attendais à l'arrêt de bus assis sur la banquette passager :

    - Prête pour votre leçon miss Siminiov, demandait-il taquin, et ne pensez pas à m'emmener dans les coins sombre de la forêt je suis un homme respectable.


    immarcescible, Posté le mercredi 23 novembre 2022 19:55 Répondre

    Garrett est totalement en transe. Comment pas ressentir de désir pour la femme qu'on aime ? Qui plus est, est terriblement torride ainsi au dessus de lui. Il en avait fait de nombreux rêves érotiques avec Anya. Il avait eu nombre de fantasmes de la sorte mais jamais ils n'avaient aboutis à ce déluge de sensation. Ses hanches se cambraient instinctivement contre la bouche méticuleuse et sensuelle de la jeune femme quand il agrippait sa crinière brune. Son souffle se bloquait, son corps tremblait quand un soupir de plaisir s'échappait d'entre ses lèvres. Il était à sa merci, totalement et impudiquement à elle :

    - Anya.. Bon sang.. Oui..

    Il était incapable de faire une phrase toute simple. Pendant qu'il se délectait de la douceur de la jeune femme qui prenait en confiance, il ne pu s'empêcher de contempler le corps nu, blanc, quasiment étincelant que la lune caressait. Ses courbes avaient pris en forme avec la grossesse mais elle en était encore plus belle. La famine ça ne va à personne. Quand ses yeux revinrent trouver les siens, il sentit une rougeur sur ses propres joues. Rougissait-il vraiment ? Alors qu'il se sentait atteindre le moment inéluctable, il vint stopper rapidement Anya pour l'attirer sur lui, à califourchon pour l'embrasser. Assis l'un sur l'autre, il en profitait pour retirer toutes traces de vêtements de la jeune femme pour mieux caresser son dos et ses fesses nues quand son membre durcit caressait toujours le sien. Ses lèvres ne pouvaient s'empêcher d'être aimantées à celles d'Anya si douce et langoureuse. Mais le souffle lui manqua et il du se contenter le temps d'un instant son cou, sa gorge avant de rejoindre ses seins dont les pointes durcies caressaient son buste :

    - мое дыхание... моя жизнь... мой свет... моя любовь.

    Ses mains savaient où la caresser, comment. Elle réagissait exactement comme il s'en souvenait. Malgré les affres de la violence humaine, ils restaient toujours liés l'un à l'autre par ce quelque chose de pur et de sincère. Ils s'aimaient, voilà tout. Et que ce soit une guerre, une famine, une destructions de l'humanité, un mariage, d'autres êtres vivants, personne ne pouvait les séparer. Ce qu'il se sentait puissant quand elle le regardait de la sorte.

    Constatant de ses doigts qu'elle était brulante à son entrecuisse et après quelques caresses, il ne pu s'empêcher. Il devait être lié à elle. Alors, dans un mouvement sensuel et prudent, il la pénétra. Il connaissait les horribles sévices qu'elle avait reçu et il ne voulait pas la prendre par surprise et encore moins lui faire du mal. Surtout que cette nuit était parfaite pour l'un comme pour l'autre. Le front d'Anya venait se poser contre le sien quand il bougeait lentement ses hanches de sorte à venir en elle. Leurs nez se caressaient quand leurs souffles se mélangeaient dans des soupirs de plaisirs qu'ils tentaient vainement d'étouffer. Les mains de Garrett tenaient les fesses cambrées de la jeune femme, caressaient son dos. Il avait voulu lui faire l'amour dans cette même position où ils s'étaient donnés l'un à l'autre pour leur mariage.

    - Il n'y a que toi Anya, murmurait-il entre deux baisers langoureux, depuis toujours.. Juste toi.. et pour toujours..

    Il gémissait contre ses lèvres en bougeant lentement, sensuellement en rythme avec elle. C'était la parfaite position pour se caresser, pour se retrouver. Mais la passion d'Anya lui indiquait qu'elle en voulait plus, encore plus. Garrett ne pouvait nier l'évidence, ils avaient besoin de douceur mais aussi de cette passion commune et brûlante. Alors, il vint l'allonger en travers du lit et revint sur elle. Il la pénétra de nouveau d'un coup de reins plus intense quand ses dent capturèrent délicatement la peau de son cou. Ses doigts agrippaient sa crinière quand sa langue, ses lèvres retrouvaient le chemin de son cou, de ses épaules puis de nouveau de ses lèvres. Se cambrant, il bougeait en elle, avec elle en la suppliant de le toucher. C'était lui qui avait besoin de sentir ses mains sur son corps. Comme pour s'assurer qu'elle était bien là, pas un mirage ou un de ses rêves odieux qu'il faisait en prison. Même si chaque cicatrices qu'elle touchait le faisait encore souffrir, il avait besoin de son contact :

    - Je t'en prie.. Touche-moi..

    Il en avait partout des cicatrices, même au sommet de son crâne. Heureusement que sa chevelure la dissimulait ainsi que le tissu de ses vêtements. Mais ici, dans cette chambre, avec elle, il ne pouvait rien lui dissimuler. Il était entier avec elle, vrai, sincère. Il n'y avait qu'elle au monde pour le connaître et le reconnaître.


    immarcescible, Posté le samedi 19 novembre 2022 08:12 Répondre

    Ce début de journée ne l'avait pas préparé à imaginer la suite des évènements. Aurait-il osé imaginer qu'Anya l'invite à rester ? Qu'ils dînent en tête à tête sous une ambiance romantique ? Qu'elle le regarderait avec cette lueur flamboyante dans le regard ? Aurait-il osé en rêver ? Jamais. Et Pasha. Son petit garçon au coeur si tendre. Garrett voyait encore l'iris d'un bleu clair apaisant l'observer avec des étoiles dans les yeux. Alors c'est ça être admiré par quelqu'un qui croit en nous ? Il en était encore retourné. Mais pour le moment, il ne pouvait pas se concentrer plus que de raison. Impossible en sentant le pied de la jeune Siminiov venir caresser sa cheville et sa jambe.

    Il sentait cette tension si particulière qui les avaient enveloppé dans le couloir quelques instants plus tôt. Mais si Anya se sentait un peu saoule à cause du vin, lui, avait toute sa tête. Il ne voulait pas plus boire car il avait peur d'oublier cet instant si grisant, excitant et enivrant. Inspirant profondément, il refusa un autre verre de vin et répliqua :

    - Je veux garder en tête toute cette journée et cette soirée. Que tout soit clair dans ma tête demain, ça ne t'ennuie pas ?

    Ils finirent donc de manger mais Anya ne retira pas sa jambe. Tant mieux, car il aurait été la rechercher. A la fin du repas, ils se mirent à faire la vaisselle et ranger ensemble. Leurs mouvements étaient synchronisés pour se suivre telle une ombre et le soleil. L'un faisait toujours un pas vers l'autre méthodiquement mais sans le préméditer. Une fois que tout fut propre, il lui demanda un instant. Il devait allumer. La question se posait, informellement, de savoir où ils allaient dormir ? Ils n'avaient eu qu'une nuit d'amour torride mais cela remonte à plusieurs semaines désormais. Est-ce que les signes que lui avait envoyé Anya ce soit correspondaient à de vrais signes ? Il devait prendre l'air un petit peu.

    Assis sur le bord de la terrasse, il fumait pensif. Ce qu'il avait aimé à cet endroit précis de la forêt c'était justement la vue qu'il pouvait avoir de la terrasse. En contrebas du jardin sommeillait le lac qui était ébloui par les reflets de la lune. Les grands pins le dissimulait un peu mais rendait l'ambiance plus sereine. Il se sentait protégé, à l'abris du danger. Alors qu'il hésitait à fumer une autre cigarette, il vit une Anya recouverte d'un immense plaid venir le rejoindre. Il vint s'enfouir dedans avec elle et la recouvrir, un bras autour de ses hanches tout en osant déposer un baiser sur sa tempe :

    - A mon retour de mission, je divorcerais et je viendrais vous rejoindre. La vie est bien trop courte pour qu'on puisse perdre du temps à être ensemble Anya. Je t'aime. Je t'ai toujours aimé. C'est pour toi que j'ai construit cette maison. C'est pour toi que je construirais encore un tas de choses. Alors oui, ça va être difficile, on va s'engueuler plus d'une fois parce que je suis jaloux, ultra égaré protecteur puissant 10, j'ai un mauvais caractère et une ex-femme complètement folle mais.. mais je t'aime de toute mon âme. Je veux la même qu'en URSS. Je n'ai jamais voulu autre chose, je veux que tu en ai conscience Blackbird.

    Sa tête se penchait sur le côté pour que son regard puisse suivre le visage de la jeune femme. Ses yeux brillaient d'un apaisement serein qu'il n'avait pas revu depuis des années. Depuis leur mariage. Il lui offrait un doux sourire quand sa main venait se loger sur le creux de sa joue. Il mourrait d'envie de l'embrasser. Il ne pouvait plus attendre. Toute la soirée avait été beaucoup trop tendue. Il devait se pencher sur ses lèvres et lui offrir cette tendresse qui sommeillait toujours pour elle. Lorsque ses lippes frôlèrent les siennes, il ne pu retenir un faible gémissement. Il inspira profondément une dernière fois avant de lui donner un baiser langoureux, sensuel où sa main glissa dans sa crinière brune. Il était au paradis.

    Le paradis de Garrett n'était autre qu'un rêve. Celui de tenir contre lui l'amour de sa vie dans la maison qu'ils auraient habités ensemble avec leur famille. Ils étaient réunis. Rien ne pouvait les séparer. Du moins, il ne voulait pas y penser pour le moment. Non, là, il se sentait puissant, apaisé et certain de l'avenir. Lorsque le souffle lui manqua, il du se séparer à regret de ses lèvres. Son front se posait contre le sien quand son nez caressait aussi le sien. Sa voix basse et rauque murmurait :

    - Merci d'avoir survécu.. Merci de t'être battue. Je ne te serais jamais assez reconnaissant mon amour.


    immarcescible, Posté le mercredi 16 novembre 2022 17:52 Répondre

    La crainte de Garrett n'était pas restée si longtemps que ça. En effet, Pasha semblait être subjugué par sa petite soeur. C'était avec émotion que le blond se tenait assis dans le salon, Jasmine entre ses jambes quand son grand frère lui présentait la fameuse peluche oursonne. Le blond surveillait les enfants quand du coin de l'oeil, il voyait Georgina guider Anya dans la préparation du thé. Il lui semblait bien qu'elle n'avait pas passé beaucoup de temps ici. Avait-elle fuit la maison ? Les deux autres semblaient s'être bien fait à la demeure et l'apprécier, mais elle ? C'était toujours pour elle qu'il s'inquiéter. Pour elle qu'il faisait tout.

    - Zazzy peut rester avec nous, demandait Pasha alors qu'il avait laissé son ours dans les bras de Jasmine, z'ai personne pour zouer avec moi..
    - Oui bonhomme. Jasmine va rester un peu avec toi quelques temps. Je dois partir un peu c'est pour ça que j'ai besoin de toi pour veiller sur elle.
    - F'est une miffion pour moi !

    Cela fit doucement rire Garrett qui passa une main dans la crinière de son fils. Il avait les mêmes boucles blonde que Jasmine. De dos, ils étaient vraisemblables et ça offrait beaucoup d'émotions au père de famille qui ne se serait jamais cru père un jour. Un mois à peine s'était écoulé et Anya avait une fois de plus bouleversé son monde. Elle l'avait secoué, tout comme elle le faisait au même instant en posant son regard indéchiffrable sur lui et les enfants. Visiblement, Pasha avait besoin de se défouler. Il proposa donc d'aller se balader un peu dans le jardin, ce à quoi Georgina répliqua qu'ils devaient se couvrir. Une fois suffisamment couverts de bonnets, de pulls et d'écharpes, ils purent sortir. Le jardin était encore à faire mais l'herbe était pleine et d'un vert foncé particulier. On avait envie de s'y rouler dedans.

    Quand Garrett tenait Jasmine dans les bras, Pasha lui tenait la main de son père en gambadant dans le jardin jusqu'au grand saule pleureur. Il s'amusait à essayer d'attraper les feuilles tombantes. Le petit garçon avait une imagination étonnante pour son jeune âge et il semblait apprécier les petites histoires et autres légendes que lui racontait son père. Emmitouflé dans tout l'attirail de pulls et autres écharpes, on ne voyait que son nez et ses yeux. Garrett venait lui baisser un peu en souriant amusé, détendu :

    - Savais-tu qu'autrefois, les fées venaient se réfugier sous les branches épaisses de ces arbres pour se cacher des vilains villageois qui voulaient voler leurs pouvoirs ?
    - Méfant m'sieur ! Et cet arbre les cafaient ?
    - Mh, mh. Bien sûr. Regarde, les branches volent au grès du vent pour faire fuir les mauvais esprits.

    Ils continuèrent à faire le tour du jardin tous les trois, quand le blond écoutait son fils qui parlait beaucoup. Non pas que cela le dérangeait, bien au contraire, il adorait sentir que la vie et l'innocence l'habitait. Cela faisait deux bonnes heures qu'ils étaient dehors à découvrir la nature ensemble. Jasmine gazouillait et jouait à lancer des fleurs sur la tête de Pasha ce qui la faisait rire. Garrett apprit le nom de quelques fleurs et autres oiseaux à Pasha et ils prirent le chemin retour de la maison. Les enfants étaient épuisés. En arrivant, le blond fut surpris de voir Alek qui fumait sur le coin de la terrasse caché. Il ruminait sans aucun doute. Il n'y avait qu'à voir le froissement de sourcils sur son front pour s'en rendre compte ou connaître les Siminiov. En voyant Garrett, il se redressa et jeta vite son mégot par terre. Ce dernier lui offrit un léger sourire et un clin d'oeil avant de lui faire signe de retourner à l'intérieur.

    Anya était encore à faire tout un tas de choses dans la maison. Elle essayait visiblement de meubler le temps qu'elle possédait. C'est qu'elle ne devait pas avoir l'habitude. Il proposa donc d'aller faire faire la sieste aux petits avant de redescendre pour boire une tasse de thé que Georgie préparait, mais Pasha voulait sa maman. Garrett acquiesça et suivit donc les deux nouveaux amours de sa vie. En montant à l'étage, il pu voir la petite chambre aménagée pour son fils. Cela le fit tendrement sourire. Jasmine dormait déjà profondément et il fut touché de voir qu'Anya avait déjà préparé son petit lit. Il la déposa dans le petit lit près de celui de Pasha et la couvrit avant d'embrasser son front. Mais alors qu'il allait sortir pour laisser de l'intimité au petit garçon et à sa maman ce petit chenapan le retint :

    - Papa.. Tu lis une histoire avec maman ?

    Garrett jeta un regard à la jeune femme comme pour s'assurer de son autorisation. Après tout, c'était un rituel qui les concernaient tous les deux uniquement. Il ne voulait pas être intrusif. Mais le sourire de Pasha le fit fondre instantanément. Il vint donc s'allonger de l'autre côté de son lit cabane et pris le livre entre ses mains qui était un conte russe. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas parlé dans cette langue. Il prit son temps, un bras autour du petit corps de Pasha d'une voix basse et chaude quand sa main cherchait celle d'Anya. C'était un rêve. C'était invraisemblable. Comme il aurait aimé que le temps se suspende. Qu'il s'arrête tout simplement.


    immarcescible, Posté le lundi 14 novembre 2022 15:15 Répondre

    Jasmine dans ses bras, Anya tourmentée et folle de rage devant lui. Quel spectacle. Même si il n'avait jusqu'alors pas osé directement, il ne pu s'empêcher de venir poser sa main sur la joue de la jeune femme. Son regard d'un bleu tourmenté se perdait dans celui d'une Anya furieuse.

    - Je ne pourrais pas être heureux si tu ne fais pas partie de ma vie. Tu parles sans cesse de vouloir me voir épanouit et heureux Anya mais.. mais c'est toi la source de mon bonheur. Je ne veux pas changer ta vie et encore moins te contrôler je.. je ne sais juste pas comment faire pour te rendre heureuse. Je n'ai jamais réellement su faire et aujourd'hui je me rends compte que je gâche tout ce qui te touche. C'est la culpabilité qui me fait réagir de la sorte. Je veux tout ce que j'aurais du t'apporter si nous étions arrivés ensemble ici.

    Son front venait se poser sur le sien quand il fermait un instant les yeux. Jasmine qui avait sentit le rapprochement venait poser sa main sur la joue d'Anya en babillant. Elle tentait visiblement de parler et aimait beaucoup Anya si bien qu'elle se blottissait confortablement entre les deux amants. Cette vision fit chavirer le coeur du jeune homme qui reprit dans un souffle :

    - L'autre soir.. Dans la bibliothèque.. J'ai cru.. J'ai cru que tu ne voulais plus de moi que.. que je te rappelais un passé que tu avais fuis et qui.. et qui t'avais bouleversé le temps d'une soirée mais qui t'incommodais à cause des stupides choix que j'ai fais. Je sais que j'ai cette tendance au contrôle total et je suis désolé mais il n'y a que comme ça que je suis rassuré. Si tu le veux bien, dès que je rentre de mission, je t'invite je divorce définitivement et je t'invite au restaurant. Je veux apprendre à connaître cette nouvelle Anya qui n'a pas peur de me hurler dessus quand je fais n'importe quoi.

    Lentement et essayant de reprendre confiance en lui, en eux, en l'avenir, il lui offrit un doux sourire. Il voulait y croire. Il était persuadé qu'ils pourraient y arriver. La force et la puissance d'Anya était le remède pour convaincre Garrett qu'ils s'en sortiraient. Avec douceur, il déposa un baiser sur ses lèvres quand sa main libre caressait sa joue. Jasmine se mit à chanter en bavant sur la chemise de son père qui vint à se décaler doucement pour l'arrêter :

    - Jazzy.. Tu es pire qu'un chiot quand tu baves comme ça. Je vais t'emmener rencontrer ton grand frère et ta grand-mère. Tu y seras en sécurité..

    Il fut donc décidé que Garrett emmènerait Jasmine à la maison du lac. Difficile pour le blond de quitter une fois de plus Anya à qui il avait encore un milliard de choses à dire. Mais le temps leur été compté. A peine avaient-ils échangés ce baiser que Gabriel surgissait dans la chambre et autorisé Garrett à partir avec la petite. Elena avait été placée sous haute surveillance en soin. Mais Richard Manson cherchait son gendre partout. Incognito, ce dernier réussir à sortir du groupe hospitalier et se rendit jusqu'au lac. Gabriel avait autorisé Anya à l'accompagner le temps qu'ils puissent régler la situation. En effet, Hedlund avait peur de la réaction de Pasha qu'il connaissait encore à peine et qui allait se découvrir une petite soeur. Dans la voiture qu'il conduisait, il demanda à son ex-femme :

    - Tu crois qu'il va aimer Jazzy. Je n'ai pas passé un seul moment avec lui.. Ça me torture de ne pas avoir eu de temps encore avec lui.

    Tout comme la dernière fois, alors qu'il conduisait, sa main frôla celle d'Anya. Il regardait avec sérieux la route mais ne pouvait s'empêcher de chercher le contact de la jeune femme. Allait-elle lui refuser ? Allait-elle le repousser ? Est-ce qu'elle désirait vraiment de lui ? Après tout, elle avait qu'elle voulait qu'il soit heureux mais.. mais est-ce qu'elle avait vraiment compris qu'il la désirait elle.

    - Tu ne m'as pas répondu tout à l'heure quand.. quand je t'ai dis que j'allais revenir et que.. enfin.. Anya.. est-ce que tu m'aimes encore ? Est-ce que tu veux me retrouver ? Ou est-ce que je suis le fantôme d'un ancien amour pour qui tu as encore un peu d'affection. Je comprendrais que ce soit le cas. Après tout.. on s'est connus tu étais très jeune. Tu aspires forcément à autre chose qu'un homme sur le point de divorcé avec une petite fille dans les bras. Fauché soit dit en passant.

    Après tout, elle ne lui devait rien et c'était mieux ainsi. Garrett n'aurait pas supporté qu'elle se sente obligée de quoi que ce soit avec lui. Jamais il n'avait forcé une femme et il espérait bien que la brune n'ai jamais ressentit cela. Mais la distance qu'elle mettait entre eux était si difficile et plus il essayait de briser ce mur et plus il se reconstruisait encore plus fermement. Il savait que la patience et le temps serait les meilleurs des remèdes mais entre Elena et la prochaine mission, ils n'avaient, une fois encore, pas assez de temps juste pour eux.


    immarcescible, Posté le samedi 12 novembre 2022 15:10 Répondre

    La nuit était passée avec une lenteur exécrable. L'état de Jasmine était certes meilleur mais Garrett ne démordait de son angoisse. Qu'avait donc encore prémédité Elena ? Il savait à quel point elle était capable du pire. Il le savait car il l'avait vu faire une fois. Le souvenir était encore vif dans son esprit et le rendait toujours aussi inquiet. Elle avait décidé ce jour là de faire prendre le bain à leur fille. Il avait été rassuré de voir qu'elle prenait enfin le temps de s'occuper d'elle. Mais alors qu'il remontait après avoir oublié ses clés, il avait vu la jeune femme plonger le bébé dans l'eau sans la relever aussitôt. Il se souvint de ce sentiment d'urgence et de peur qui l'avait conduit à la pousser et récupérer Jasmine qui s'était mise à pleurer et des yeux noirs satisfait de son épouse.

    A partir de ce jour là, il vivait dans la peur perpétuelle que Jasmine ne survive pas. Mais Elena Manson avait son père qui couvrait et détruisait tout. Rester avec elle, c'était s'assurer que sa fille serait toujours près de lui. Qu'elle survivrait. Le transfert de protection qu'il avait toujours eu pour Anya venait de ressurgir sur Jasmine. C'était viscéral. Il devait la sauver. Alors, quand cette nuit là, Anya réapparu de nouveau, il ne savait plus quoi faire. Pire, elle agissait avec lui comme s'il était un étranger et ça le rendait fou. Et surtout, de quoi parlait-elle ? Qu'avait-elle fait ? Un rapport ? Garrett blêmit et se releva pour prendre sévère son poignet dans sa main :

    - Ne me dis pas que tu as rédigé quelque chose ? Anya, je t'en supplie. Tu ne dois pas te mêler de ça. Tu ne sais pas de quoi ils sont capables. Ils contrôlent tout. Ils.. Ils vont me prendre Jasmine. Elle.. Elena elle.. Elle va la tuer.

    Il regardait autour d'eux et vint vite fermer la porte de la chambre après avoir fermé les rideaux. Il paniquait. Non pas par pur peur, mais parce qu'il savait de quoi était capable cette effroyable famille. Tenant Anya près de lui, il murmura :

    - Tu veux la vérité ? Parce que je vois bien dans ton regard que tu ne comprends pas. Au delà de ton dégoût de me voir. Tu m'en veux de ne pas la protéger n'est-ce pas ? Mais je ne fais que ça. A peine était-elle née qu'Elena a essayé de la noyer dans son bain. J'ai alerté son père, toutes les personnes pouvant m'aider mais rien n'a été fait. Tu sais pourquoi ? Parce qu'ils ont l'argent, le pouvoir. Parce que si je parle ils me retireront Jasmine définitivement.

    La peur, la colère et la détermination le rendait nerveux. Ses yeux étaient épuisé, sa barbe commençait déjà à pousser quand ses mains tremblaient. Il était à bout de nerfs et il savait que le sujet de Jasmine n'était pas la seule de ses douleurs. Reprenant son souffle, il ne lâchait pas de sa main ferme Anya qu'il tenait comme s'il s'agissait de sa seule bouée pour ne pas sombrer. Quoi qu'en dise les autres, c'était elle qui l'avait toujours secouru. Personne d'autre :

    - Tu crois toujours que j'ai vécu sereinement et heureux sans toi Anya ? Que j'ai choisi cette vie ? Tu crois sincèrement que je n'aurais pas préféré crever dans ce cachot ? Je ne rêve que de ça depuis que je t'ai retrouvé. Que je ne suis qu'un fardeau dans ta vie alors que j'aurais voulu que tu sois heureuse. Mais soyons honnête, tu ne l'es pas. Même cette nuit où nous nous sommes retrouvé dans cet hôtel tu ne l'étais pas. Tu luttes à rechercher l'homme que j'étais mais je ne le suis plus. Anya, j'ai du survivre autant que toi. Et tes mots.. Bon sang.. Tes mots rongent mon âme quand je n'aurais voulu qu'une chose, que tu me sauves. Tu crois que je voulais te sauver alors que c'est l'inverse. Mais tu as raison sur un point, tu ne le peux pas. Personne ne le peux.

    Entendant du bruit dans le couloir, il ne chercha pas longtemps et relâcha Anya. Se rapprochant de Jasmine, il caressa avec douceur ses boucles blonde en sentant son coeur se briser quant à l'incertitude de l'avenir et de tout ce qu'ils avaient encore à affronter. S'ils avaient encore une chance ensemble. La petite fille se réveilla et il l'entendit babiller. Garrett sourit avec douceur, tendrement devant elle avant de reprendre pour Anya :

    - Je ne veux pas que tu te vendes pour moi. Ils ne pourront pas te renvoyer en URSS. J'ai fais le nécessaire pour que l'immigration se désintéresse de toi. J'ai fais un marché avec eux.

    Il n'osait pas se retourner, de peur de lire la colère dans son regard. Sans doute allait-elle encore plus le détester d'avoir fomenté dans son dos :

    - J'ai besoin que toi, tu t'occupes de Jasmine. A la fin de la semaine je pars pour l'Europe. Ils m'envoient là-bas pour faire l'agent de liaison sur certaines affaires d'espionnage. C'est le contrat. Tu recevras dans les prochains jours ta carte de séjour. Ils ne pourront ainsi plus rien pour toi. Il faut dire que le fait que tu sois fiancée à un Walker a bien aidé à t'aider. Je ne sais pas ce que fait cette famille mais ils sont assez puissant au gouvernement.


    immarcescible, Posté le mercredi 09 novembre 2022 19:16 Répondre

    Cette soirée était la preuve formellement pour Garrett qu'il n'avait plus rien à faire dans la vie d'Anya. Soirée minable, pitoyable où il avait bu pour étouffer sa peine, sa colère. Elena ne semblait n'avoir rien vu. De toute manière, elle était habituée à voir son époux s'exiler lors de ce genre de soirée. Deux semaines s'étaient passées depuis l'incident de la bibliothèque et aucun des deux anciens amants n'avaient fait la démarche de se revoir. Aucune conversation, rien ne les obligeant à communiquer. La seule qui aurait pu donner signe de vie à l'un comme à l'autre était Millie mais Garrett se refusait à lui demander quoi que ce soit. Déjà parce qu'Elena avait toujours les oreilles qui trainaient et ensuite parce qu'il devait se défaire d'Anya. Elle avait eu raison de lui jeter dans la gueule tout ce qu'elle avait sur le coeur. Finalement, il ne s'agissait que d'une vérité qu'il connaissait déjà.

    Pendant temps là, il s'occupa de la maison du lac. Il travailla tellement d'arrache pieds qu'elle fut quasiment finie. Il ne manquait que le garage et l'allée gravillonnée. Le jardin était encore totalement à faire mais la maison était habitable. Elle avait quatre chambre et un bureau en plus d'un jardin d'hiver, d'un grand salon salle à manger et d'une cuisine. Tout à l'intérieur était en bois. La maison avait des allures de la petite cabane dans les bois de Lazarrevo. Le lac rappelait aussi celui de la Russie et la forêt les gardaient précieusement cachés du reste du monde.

    La maison avait beau être finie, Garrett ne savait pas quoi faire de cette merveille. Il l'avait construit en pensant à Anya. Jamais il n'aurait cru qu'elle aurait pu vivre dedans et pourtant, maintenant qu'elle était vivante, il ne pouvait en être autrement.

    Avec discrétion donc, lorsque tous les meubles furent arrivés et installés dans la maison, il se rendit chez son notaire à lui, personnel. Il changea les titres de propriété et les mit au nom d'Anya et de Pasha. Si lui ne pouvait pas vivre dedans seul et encore moins avec Elena, autant qu'elle serve à abriter toute la famille. Il se doutait bien que l'orgueil de la jeune russe lui ferait refuser le présent. Aussi, il ne dit rien et se contenta de demander à son notaire d'envoyer les papiers. Depuis plus d'un mois et demi, il ne vit pas les garçons. Philippe et Phil l'invitaient souvent à dîner mais il prétextait toujours trop de travail. Un soir, à la sortie du bureau, il fut surpris de voir Phil l'attendant devant sa voiture les bras croises :

    - Si tu nous fuis à cause d'Anya tu es stupide Hedlund.
    - Ce n'est pas à cause d'elle..
    - Menteur ! Pourquoi tu nous évites nous alors que c'est elle qui t'as crié dessus ?
    - Ainsi donc elle vous a raconté ?
    - Pas vraiment mais on s'en est douté. Sinon tu serais réapparu pour t'excuser.
    - Vous me connaissez si bien que ça en deviens effrayant.

    Ils allèrent boire un verre dans un bar non loin de là. Garrett expliqua brièvement l'altercation dans la bibliothèque et à quel point il se sentait idiot. Il s'en voulait de ne pas avoir su protéger Anya et il comprenait ô que très bien qu'elle s'en sorte finalement mieux toute seule qu'avec lui dans sa vie. La preuve, a peine était-il revenu que déjà elle se trouvait dans les pieds situations. Phil ne répliquait pas, ce qui voulait dire qu'il était d'accord. De toute manière, il ne cherchait pas de compassion. Juste une oreille à l'écoute.

    - Elle a reçu les papiers pour la maison, demandait-il enfin à son ami, comment a-t-elle réagit ?
    - Je ne saurais te dire. Pasha et Georgie étaient ravis, ils sont entrain de faire leurs valises. Ils laissent un grand vide.
    - Mais elle.. Anya ?
    - Elle n'a rien dit. Absolument rien je suis désolé.

    Aurait-elle du réagir ? Garrett devait passer à autre chose. Une bonne fois pour toute. Même si son corps, son âme et tous ses sens le poussaient à courir et hurler après elle. Le manque était viscéralement présent pour le blond qui se sentait à bout de nerfs. A bout de tout. Il était tard et il devait être rentré depuis une bonne heure environ. Il remercia son ami pour le verre et lui promit de venir rapidement dans la semaine pour manger des pancakes, ce qui ravit Phil. En arrivant chez lui, la pluie ne faisait que tomber avec violence. Il avait ronchonné tout le long du trajet. Il couru jusqu'à la maison et fut surpris de voir la porte entrouverte. En la poussant, il vit un capharnaüm sans nom. Quelqu'un avait cambriolé la maison ? Où était Elena ? Où était Jasmine ?

    - Elena ? Millie ?

    Mais personne ne répondait. Soudain, alors qu'il était dans le salon entrain d'observer le sol jonché de divers objets cassé, il entendit les pleurs étouffés de sa fille. Sans attendre un instant de plus, il grimpa quatre à quatre les marches et vit Jasmine ensevelie sous des couvertures épaisses. La sortant de là, il entendit son hurlement de désespoir quand il la serrait contre lui tétanisé par la peur.

    - Tout va bien mon coeur.. Tout va bien..

    La petite avait des marques, des bleus sur le corps. C'était trop pour Garrett qui décida de foncer à l'hôpital sans même attendre ou trouver Elena. Il fonça plus qu'il ne roula jusqu'aux urgences où la petite fut aussitôt prise en soin. Alors qu'il faisait les cent pas dans la salle d'attente, il essayait de se refaire le fil de la journée. Il essaya d'appeler Millie mais personne ne répondait. Ils devaient tous être à la maison du lac mais il n'y avait pas de téléphone encore. Seul, assis sur une chaise, il attendait mais sa patience avait ses limites lorsque soudain, Gabriel surgit en venant à lui :

    - Walker..
    - Elle va bien, très bien même. C'est une battante cette petite friponne.
    - Je ne sais pas.. Je ne sais pas ce qui..
    - Elena est ici aussi. Elle.. Elle dit qu'elle a été agressée ?

    Garrett ne comprenait pas. Gabriel lui expliqua donc que son épouse serait arrivée à pied aux urgences, à moitié nue et ensanglantée. Des traces de coups, des griffures et des bleus étaient sur son corps.

    - Quelqu'un serait entré dans la maison et aurait tenté de la violer. Elle a réussi à s'enfuir dans la forêt avant d'arriver jusqu'ici.
    - Elle.. Elle a laissé Jazzy là-bas. Toute seule..
    - Je crains malheureusement que le service à l'enfance viennent mettre son nez dedans Garrett.

    Le blond s'effondrait sur sa chaise en soupirant longuement. Il devait contenir sa colère, son inquiétude. Mais rien ne lui venait, rien ne l'apaisait. Mordant sa lèvre pour contenir la verve violente qui lui donnait envie de vomir, il reprit faiblement :

    - Je peux la voir ?
    - Bien sûr, suis-moi. Mais la police voudra sûrement t'interroger.

    Arrivé devant la chambre, il vit que Jasmine avait été perfusée. Visiblement, elle était en déshydratation. Il s'approcha de la petite fille qui dormait profondément malgré les cauchemars qu'elle semblait faire. Garrett caressait ses boucles blonde et ne pu retenir une larme. Même sa propre fille il n'arrivait pas à la protéger. Quel père pitoyable il faisait. Comment Anya pourrait-elle envisager le laisser faire partit de sa vie s'il était incapable de les protéger.


    immarcescible, Posté le lundi 07 novembre 2022 22:25 Répondre

    Tout ce qu'il retenait de cet entretien, c'était qu'Anya était indépendante et qu'elle n'avait visiblement plus besoin de lui. A bon entendeur, il était rassuré de voir qu'elle était en mesure de s'assumer et ce rôle lui allait très bien. Mais quelle était sa place à lui dans l'univers de cette femme qu'il avait tant et profondément aimé en Russie ? Devait-il encore lui imposer sa présence ? Espérer créer une symbiose, une vie pour eux deux ? Est-ce qu'ils avaient encore un avenir ?

    Garrett buvait assis à table. Anya et Gabriel discutaient avec Richard. Il se sentait nauséeux. Sa femme vadrouillait de groupe en groupe, jouant son rôle à la perfection. Pourquoi fallait-il que son coeur soit resté en Russie, enfoui sous la neige la plus profonde quand il aurait du se réchauffer ici, en Amérique. Le repas allait commencer et il eut la surprise d'avoir Q' s'asseoir à ses côtés. Elle lui offrit un sourire éblouissant et un clin d'oeil qui rassura le blond. Au moins, il savait que le dîner serait en compagnie d'une jeune femme intelligente et d'une autre mentalité que celle de sa femme. Une fois tout le monde assis, il ne fut pas surpris de voir Anya et Gabriel s'asseoir face à eux. Garrett ne répliquait pas, ne les regardaient pas. C'était trop douloureux. Il préférait écouter le discours passionnant de sa voisine qui parlait des tribus amérindienne du Sud de la Virginie :

    - Figurez-vous qu'il a existé de la mixité dans les mariages amérindiens. Par exemple, le fils d'une cheffe amérindienne a épousé une jeune femme blanche qui était son amie d'enfance. On a trouvé des lettres enflammées des deux époux qui vivaient séparés.
    - Pourquoi étaient-ils séparés, demandait un Garrett curieux.
    - La jeune femme dont on ne connait pas le véritable nom travaillait comme pigiste pour un journal new yorkais quand son époux se battait contre les colons. C'est une histoire fascinante. Comme quoi.. L'amour peut bien surmonter tout ce que l'on pense infranchissable. Il suffit juste de sentir ce lien invisible et de s'y accrocher.

    Elle avait donné un coup d'oeil à Gabriel en disant cela et rougit légèrement. Garrett le vit cette fois-ci et ne pu s'empêcher de sourire même si l'histoire que venait de raconter la jeune femme lui faisait forcément penser à Anya. Il leva sa tête vers elle et leurs yeux se croisèrent un instant. La neige, le froid, la peur, la faim, la mort. Tout lui revenait. Il baissa vite le regard et changea rapidement de sujet pour revenir vers les centres de recherches de Q' qui évoquait le besoin de fond pour partir de nouveau en Ecosse et en Norvège. Elle avait prévu un voyage de plusieurs mois pour partir à la découverte des villages nordiques et donc de ce fameux viking mais il lui manquait beaucoup d'argent. C'est alors que son mari, le fameux sénateur fit son apparition. Il était saoul, saoul et violent. Posant une main sur l'épaule de sa femme il ricanait en l'entendant parler de ses recherches :

    - Pardonnez ma femme.. Elle.. Elle peut être belle mais bon sang.. Elle vit dans un autre monde ahahah.

    Les gens, surtout Elena, riaient très fort à la table. Une moquerie certaine qui fit assombrir les traits de Garrett. Q' ne disait rien, elle restait digne même si on sentait que ce pic n'était pas le premier. Garrett allait répliquer, surtout que le sénateur ne cessait de singer les recherches de son épouse mais Gabriel tapa du poing sur la table. Tous les regards convergèrent vers lui quand Q' le supplia du regard.

    - Docteur, intervint aussitôt Garrett, pourriez-vous regarder mon dos. Il s'avère que j'ai une cicatrice qui enfle à cause de ma ceinture. J'aurais besoin que vous y jetiez un oeil.

    Sans attendre que Gabriel accepte, le blond se leva sa cigarette entre les lèvres. Il lui fit signe de le suivre avant de laisser un regard long à Anya. Il espérait qu'elle s'occupe de la jeune amérindienne qui s'était aussitôt renfermée sur elle-même suite à la présence de son époux. Une fois exilé dans la bibliothèque, Garrett se posa sur le bureau en expirant sa fumée. Gabriel attendait silencieux et dans un soupir las vint à vouloir retirer la chemise de son compagnon :

    - Oh oh oh oh ! vous faites-quoi ?
    - Et bien.. Votre.. Votre cicatrice ?
    - Quoi ? Mais non enfin Walker ! C'était un subterfuge pour vous faire quitter la table. Je vous rappelle que vous êtes censé être amoureux de ma femme et non pas de Q'.
    - Je.. Je.. Déjà Anya n'est plus votre femme.
    - Ah ne jouait pas à ça avec moi.

    Garrett se sentait prêt à lui sauter dessus, surtout qu'il jouait avec les mots qu'il ne fallait pas. Alors que les deux hommes se faisaient face, près à se sauter à la gorge, Anya apparut. Elle semblait vraiment inquiète ce qui dérouta un peu le blond. S'inquiétait-elle tant que ça que Garrett s'en prenne à son fiancé. Il était vexé. En fait, il était vexé car Anya ne l'avait pas vraiment rassuré dans le jardin. Elle n'avait fait que confirmer toutes les craintes du blond. Elle n'avait pas besoin de lui. Elle s'en sortait parfaitement bien, voire même mieux sans lui. Alors, il n'avait qu'une chose à faire désormais. La fuir. Ecrasant sa cigarette dans le cendrier, il répliqua aussitôt :

    - Je ne l'ai pas touché si c'est ce qui t'inquiète. C'était juste un prétexte même si aurait bien voulu visiblement me palper. Je vous laisse, je ne voudrais pas être de trop.


    immarcescible, Posté le lundi 07 novembre 2022 15:52 Répondre

    Garrett avait eu besoin de mettre de la distance entre la fête et lui. Non, c'était un mensonge. Entre la présence d'Anya et le colosse de Walker. Le blond n'avait e que très peu d'informations sur ce le jeune médecin si ce n'est qu'il s'était racheté une conduite après une adolescence tumultueuse. Sa modestie était sans pareil et ses prouesses chirurgicales aussi. On ne lui connaissait aucune liaison hormis une certaine Meghan qui venait visiblement lui tenir compagnie de temps en temps mais cela avait cessé il y a deux ans de cela après son périple au Canada. Cela fit donc penser à Q'. Est-ce qu'ils étaient liés, l'un et l'autre ? Il est vrai que la jolie brune était d'un naturel si doux et accueillant qu'il n'avait pas compris sur le moment qu'elle semblait vraiment heureuse de recroiser le médecin.

    Enfilant sa troisième cigarette, il continuait à faire les cents pas lorsqu'il entendit les pas rapide de quelqu'un. Il allait renvoyer cette personne aux portes de l'enfer mais Anya lui apparue. Elle portait cette robe majestueuse. Elle resplendissait. La boule au ventre qu'il avait depuis une semaine remontait au creux de sa gorge. Elle était si belle qu'il n'en n'avait plus les mots. Avant même qu'il puisse dire quoi que ce soit, Anya le pris de court en lui expliquant tout le plan. C'était encore pire que ce qu'il pensait :

    - Tu sais ce qui me tue ? C'est que tu ne me fasses visiblement pas assez confiance pour prendre soin de toi et de Pasha.

    C'était vrai. Elle avait tellement du s'occuper d'elle-même toutes ces années qu'il était logique qu'elle veuille contrôler ses choix. Pourquoi ne l'avait-il pas compris ? Seulement, là, il se sentait mis de côté, inutile. Et la colère, l'alcool n'aidaient pas à le rendre plus doux et compatissant. Non. Il lui en voulait de ne pas l'avoir prévenu. De l'avoir laissé toute une semaine sans nouvelles sans savoir ce qui c'était passé et l'apprendre de la bouche de sa femme :

    - Comment crois-tu que je me sens depuis une semaine ? A ne pas pouvoir t'approcher, t'appeler ? Persuadé qu'ils t'avaient déjà renvoyé en Russie ? Bordel de merde Anya. Tu vas vraiment épouser ce type ? Tu.. Tu ne le connais même pas et c'est à lui que tu donnes toute ta confiance et ta vie ?

    La jalousie le rendait plus triste qu'en colère finalement. Il avait l'impression de n'être que le poids qui recouvrait Anya. Elle vivait très bien auparavant sans lui. Pourquoi avait-il osé réapparaître ? Jetant son mégot, il vint s'effondrer sur un banc en pierre qui se trouvait dans la petite alcôve d'un talus de hautes herbes. Passant nerveusement ses mains dans sa chevelure, il rebondit de nouveau en lui expliquant ce qui allait se passer :

    - Elena va se faire un malin plaisir de nous réunir tous ensemble dès que possible. Elle va me torturer en me faisant assistert à tous ces moments de vie que tu vas vivre avec cet homme. Il va aussi adopter Pasha ? La mascarade ne pourra aller que dans un sens et on est tombé dans le piège. En faisant ça tu me prives de la possibilité de revoir Pasha et de pouvoir l'élever. J'avais tout prévu. On aurait fuit au bout d'un mois et on aurait été en sécurité tous ensemble. Pourquoi tu ne m'as pas fait confiance ?

    Fuir, fuir, toujours fuir. En même temps, sa vie n'avait toujours été qu'une fuite perpétuelle. Là, il avait l'impression de revivre le même schéma qu'avec Katarina et il lui dit :

    - Je ne pourrais pas vivre comme ça éternellement. On l'a déjà vécu, je sais l'horreur que cela peut être de vivre dans le mensonge. Et toi aussi d'ailleurs.

    Il la laissa venir à elle et vint enlacer ses hanches de ses mains quand il posait son visage contre son ventre. La fatigue se lisait dans sa nuque voûtée et ses épaules affaissées. Lui qui n'avait aspiré qu'au repos sentait bien que ce n'était que le début du carnage qui les attendaient :

    - J'ai l'impression d'avoir tout raté jusqu'au bout. Je te demande pardon.


    immarcescible, Posté le dimanche 06 novembre 2022 21:28 Répondre

    Pendant une semaine il attendit. Une semaine à tourner en rond et croire qu'il allait devenir fou. Millie ne répondait à aucune de ses questions. Uniquement celles qui concernaient Pasha et qu'il allait bien et qu'Anya aussi. Mais Garrett était en souffrance. Il avait l'impression d'avoir tout raté et il s'était persuadé que l'immigration allait s'en prendre à Anya et au reste de la famille et qu'avant même il ai pu faire quelque chose, déjà la jolie brune aurait disparue. Il prenait, malgré lui, tout son mal en patience se concentrant sur son travail ou encore Jasmine et la maison du lac. En une semaine il avait tant et si bien avancé qu'il avait finit la toiture. Une société était venue poser les murs de bois quand lui finissait de construire le hangar au bas de la maison près du lac. Quelle avait fière allure cette maison. Le souhait de notre cher héros était que dans un mois, tout au plus, toute la petite famille Siminiov puisse intégrer les murs de cette maison qu'il avait construit pour eux. Non, pour elle.

    Andreï était très peiné de ne pas avoir revu Anya ou encore Alek. Mais il comprenait la décision de sa fille à vouloir se protéger. Le passé n'était pas encore réparé. Il faudrait du temps, beaucoup de temps et ce que vivait en ce moment sa fille avec cette histoire de papiers n'arrangeait en rien la situation. La tournure des évènements prit une dimension tout autre lorsqu'Elena vint tester la résistance de Garrett en colportant cette odieuse vérité qui le fit frémir d'horreur. Avec toute la force du monde qu'il avait, même si cela paraissait rien, il du prendre sur lui pour ne pas foutre en l'air le petit salon extérieur sur lequel il fumait sa cigarette.

    Ainsi donc, le fameux plan d'Anya aurait été d'épouser Gabriel. Il avait beau se dire que c'était un plan, il ne pouvait s'empêcher de douter. En effet, il revoyait nettement le regard noir du jeune médecin qui lui avait interdit d'approcher la brune. La jalousie, la colère, le ressentiment l'envahissait mais il ne pouvait rien dire, rien faire. Réagir ce serait alerter Elena et c'était tout ce qu'il devait éviter.

    - Mh.. Laquelle ? La rousse, demandait-il distant, celle qui avait un petit singe sur sa blouse.
    - Non ! La brune. La slave.
    - Oui peut-être. Qu'est-ce que cette information est-elle censée me faire ?

    C'est là qu'elle lui annonça le fameux repas du lendemain. Comment pourrait-il supporter une telle soirée ? Regarder Anya appartenir à un autre quand Elena paraderait à son bras toute la soirée. Elle était forte pour ça. Extrêmement forte. Il prit une longue inspiration et fronça les sourcils en prétextant avoir trop de travail mais une fois de plus, son épouse trouva le moyen de le faire flancher.

    Comme prévu, le lendemain, il finissait de revêtir son costume de soirée. Sa cravate nouée autour du cou, il finissait par passer une main dans sa crinière dorée puis sur le dessus de ses lèvres. Il avait rasé sa moustache pour ne laisser que sa peau douce. Il avait le souvenir surpris d'Anya en voyant sa moustache et ses rires de la nuit à l'hôtel où il l'avait embrassé et où elle avait rit. Elena ronchonna en voyant qu'il s'était rasé mais il s'en fichait. C'était pas pour elle qu'il s'était préparé. On pouvait voir ses douces petites fossettes et il avait un air plus jeune, moins sévère.

    Sur le chemin qui les conduisaient à la soirée, Elena parlait, non, radotait les mêmes éternels ragots dont il se fichait. Il hochait de la tête et répondait parfois des "mh" ou des "oh" de convenances mais ne participait jamais à la conversation. De toute manière, elle ne l'aurait pas laissé répondre. En arrivant, ils furent reçu par le majordome de la famille Manson qui salua froidement le couple Hedlund. Garrett, galant, vint ouvrir la portière à son épouse avant de pénétrer la fameuse demeure. Le faste tape à l'oeil de cette famille avait toujours surpris le blond. L'opulence n'avait jamais été l'une de ses habitudes de jeunesse et encore moins par la suite. La famille Manson faisait toujours des fêtes. Les plus chères, les plus impressionnantes. Sa femme aimait à se penser comme étant une riche héritière alors qu'ils n'étaient que des nouveaux riches ayant gagné leur fortune dans le pétrole du Kansas.

    Le protocole voulait qu'ils soient accueillis par ses beaux-père. La mère d'Elena était déjà saoule et devait se tenir contre le majordome près d'elle qui lui murmurait le nom des personnes arrivant et dont elle répétait les noms sans grande prononciation alors que le père était droit comme un i, un homme froid, sec et complètement rétrograde. Garrett le saluait toujours avec ce même rythme militaire que le vieil homme acceptait et considérait comme une marque de respect ultime. Aussitôt arrivé, Elena couru voir divers invités qui n'intéressait toujours pas son époux. Son beau-père le rassura une fois encore du comportement de sa fille en lui expliquant qu'elle était juste fatiguée et prise de peur pour Jasmine ce qui fit rire jaune Garrett :

    - Je vis avec elle vous savez, répondit-il, ne vous inquiétez pas désormais j'ai l'habitude Richard.

    Le vieil homme ne répliqua pas. Que dire de toute manière. Garrett s'extirpa aussitôt qu'un nouveau couple arriva et se dirigea vers le bar. Il commanda un whisky qu'il bu cul sec puis un second. Sur sa gauche, une femme dont il ne connaissait pas les traits demandait à avoir un verre pour whisky mais qu'on lui mette du thé à la pêche dedans. Cela surpris le blond qui en vint à sourire amusé. Elle le vit sourire et leva les yeux au ciel en répliquant :

    - Est-ce qu'il faut que je vous paie pour garder mon secret ?
    - Je vous promet d'être muet comme une tombe.

    Ils riaient l'un et l'autre de cette légère plaisanterie. La brune portait une robe en satin qui épousait à la perfection ses courbes et ses formes généreuses. Un dos nu extravagant ne laissait que peu de place à l'imagination mais sa crinière dénudée ne la rendait pas pour autant vulgaire. Des jolies fleur de jasmins inondaient sa crinière quand elle portait des tatouages amérindien discret mais qui rendait sa peau encore plus mate. Elle était très belle et se nommait Q'orianka. Elle était l'épouse d'un riche et célèbre sénateur. Elle expliqua à Garrett qu'elle travaillait avec pour l'université sur les traces de son peuple amérindien. Garrett lui parla des travaux de son ami Philippe et ils commencèrent ainsi leurs discussions. L'un et l'autre avaient visiblement trouvé un compagnon avec qui passer la soirée et le temps d'un instant, il oublia la douleur de potentiellement voir Anya dans cet univers.

    Alors que les deux comparses parlaient de civilisations perdues mayas, un toussotement derrière eux fit sursauter Garrett. Anya était là. Son coeur s'arrêta. Mais alors que les prunelles brillantes de la jeune femme le détaillait et qu'il la contemplait, il vit ensuite son bras autour de celui de Gabriel Walker le fameux chef de la médecine. Aussitôt, Q' répliqua avec son doux sourire et ses yeux étincelant de joie en voyant le colosse :

    - Walker.. Vous ici ! Quelle joie de pouvoir vous revoir. Je vous l'avais dis que nos chemins se recroiseraient. Vous me devez dix dollars.

    La jeune femme, vive d'esprit expliqua avoir rencontré Gabriel lors d'une expédition au Canada. Il était perdu dans les bois et avait fuit un ours qui avait voulu manger son sac. Q' lui avait alors conseillé de laisser son sac à l'ours mais il était fier qu'il avait mit du temps avant d'accepter. Lorsqu'il fut enfin sauvé, elle s'était gentiment moqué de lui et l'avait raccompagné au village le plus proche. A cette époque, elle faisait des fouilles avec un groupe d'archéologue pour retrouver la trace d'un très vieux seigneur viking qui aurait enlevé et épousé une amérindienne. Elle était drôle et savait raconter des histoires. Garrett souriait intérieurement d'imaginer l'ours déchiqueter Gabriel. Pourquoi Q' l'avait-elle sauvé bon sang !

    - Je manque à tous mes devoirs.. Gabriel, laissez-moi vous présenter Garrett Hedlund. Il travaille pour le gouvernement en tant que traducteur. Et je présume qu'il s'agit de votre fiancée.. Beaucoup parlent déjà de sa beauté. Enchanté mademoiselle.

    Q' ne pouvait nier que Anya était d'une beauté sans pareille et sans animosité, sans raillerie qu'elle vint la saluer. A croire que les deux femmes étaient les deux seules a ne pas êtres de viles créatures fausses. Garrett ne parlait pas; Il ne pouvait s'empêcher de contempler Anya pour alors la main de la jeune femme qui serrait fermement le bras de son fiancé. Bordel. Il en avait la nausée. Il se tourna donc vers le barman et demanda de nouveau un whisky en sentant sa main trembler. Il devait s'isoler et vite avant de faire une crise de nerfs :

    - Veuillez m'excuser, ravi de vous avoir revu.

    C'est ainsi qu'il s'éclipsa préférant se rendre dans les jardins là où le tumulte de la soirée le laisserait en paix un instant.


    immarcescible, Posté le dimanche 06 novembre 2022 15:43 Répondre

    La quitter de nouveau c'était comme perdre pieds. Encore et encore. Mais la vie à l'extérieur n'attendait pas, et pour s'assurer qu'Elena se tienne le plus loin possible d'Anya et du reste de la famille, Garrett se devait de jouer le parfait petit époux. Ainsi, après avoir difficilement quitter la brune qu'il couvrait de baisers outrancièrement sensuels, il rentra à son domicile où l'attendait une Elena bien trop calme et tranquille. Pourtant, il venait de passer la nuit à l'extérieur. Mais elle ne semblait pas être en colère de cela ou encore moins de ce qui c'était passé la veille. Garrett ne se formalisait pas et préférait avoir la paix pour aller chercher Jasmine.

    Il fut déçu et rassuré de ne pas voir Anya à l'hôpital. C'était peut-être mieux après la nuit qu'ils avaient passé, le risque qu'Elena vienne à mettre encore le blond mal à l'aise était grand. Mais pire que tout, il craignait qu'elle s'en prenne à son amour secret. Leur sécurité était plus importante que tout. Jasmine babillait dans ses bras, heureuse de voir son père. Il lui rendait ce sourire avec une dévotion sincère même si le fantôme de Pasha venait le rappeler à l'ordre. Son fils avait aussi besoin de lui. Comment allait-il concilier les deux ? Malheureusement, il devrait y penser plus tard. Là, il devait rentrer avec la petite blonde qui babillait dans ses bras avec une Elena qui ne faisait encore une fois que sourire. Ce qu'elle pouvait le déstabiliser. En arrivant à la maison, ils y trouvèrent Millie qui attendait pour son premier jour de travail.

    Garrett avait émis une distance avec la blonde qui était la même qu'avec toutes les autres femmes. Il voulait leur éviter d'avoir affaire à son épouse. Mais cela ne manqua pas. Alors qu'il avait laissé les femmes dans le salon, il avait été s'occuper de récupérer ses outils dans le garage pour une affaire particulière. En effet, il avait prévu d'aller au lac à la maison pour travailler, quand il entendit la fameuse conversation entre les deux jeune femmes. Charger sur Elena était un risque. Même si Millie pouvait témoigner pour assurer que jamais il ne l'avait blessé, l'argent et la puissance des Manson était bien plus conséquente qu'on pouvait le présumer. Il devait donc intervenir de son propre chef.

    - Je dois aller au travail, dit-il comme si de rien n'était, ma chérie je te souhaite une bonne journée. Millie, je vais vous montrer où se trouvent les clés de la voiture quand vous souhaiterez aller vous promener. Venez.

    Fort heureusement, Millie quitta la pièce laissant Jasmine et Elena seule un instant. Se postant devant la fenêtre, à l'extérieur, Garrett pouvait garder un oeil sur elle :

    - J'ai tout entendu. Préviens Anya d'être sur ses gardes sans en faire trop. J'ai quelques contacts, je vais voir ce que je peux faire. Sinon, préviens Phil. Il saura quoi faire.

    En effet, le jeune homme faisait partit d'un réseau clandestin particulier qui permettait aux homosexuels de pouvoir s'enfuir et changer de vie. En plus de sa modeste boutique de fleurs, il s'occupait de créer des faux papiers avec de fausses identités. Cela serait sans aucun doute un jeu d'enfant pour le blond de pouvoir recréer une nouvelle identité à Anya. Mais pour le moment, le blond devait trouver un autre moyen, légal, d'aider la jeune russe.

    Après avoir embrassé sa femme et sa fille, il se rendit donc au travail et sans perdre un instant alla dans le bureau de son supérieur. Il se nommait Antonio Mendoza et était le seul homme en qui Garrett avait confiance dans tout son service. Ici, le blond s'occupait de la traduction de documents et parfois faisait des tests d'armes en plus d'élaborer des plans stratégiques. Il avait un poste de consultant qui lui permettait d'être suffisamment mobile pour avoir autant de journées libre. Sam était un marines qui avait trouvé Garrett dans les camps avec Philippe. Ils étaient devenus très amis et c'est lui qui lui a obtenu un permis pour revenir vivre en Amérique. Bien entendu, le fait qu'il ai été commandant dans l'Armée Rouge lui avait valu une batterie de tests et une surveillance accrue mais il avait su montrer sa valeur. Aussi, le blond était reconnaissant auprès de cet ami qui lui avait sauvé la vie.

    - Tu as ton front tout plissé Hedlund. Je vois que tu es contrarié. Qu'est-ce qu'elle a bien pu faire encore pour t'emmerder la Elena ?
    - Elle veut ruiner la vie de quelqu'un qui ne le mérite pas et j'ai besoin de toi.

    La porte fermée, Garrett expliqua à son ami que Anya avait réapparut dans sa vie et qu'elle était en danger non pas à cause des russes mais à cause d'Elena désormais. En vérifiant ensemble, ils se rendirent compte que la jeune femme n'était pas en règle comme l'avait précisé la vipère. Seulement, lui faire obtenir des papiers maintenant était quasiment impossible, surtout si le service de l'immigration y mettait le bout de son nez.

    - Je vais leur dire qu'elle est ma femme !
    - Anya est la femme de Sacha Belov. Ce sont deux personnes distinctes légalement.
    - C'est impossible qu'elle puisse repartir là-bas. Ils vont la tuer. Ou pire..
    - Garrett.. ne soit pas mélodramatique..
    - Mélo quoi ? Non, la ferme Antonio. Tu ne sais pas ce qu'ils font aux femmes toi là-bas ! Si elle est renvoyée là-bas je pars avec elle. Je ne les laisserait pas l'emmener tu m'entends ? Et tu sais comme moi que si ils me prennent, ils seraient ravis de connaître certains détails secret sur l'armement américain.
    - Tu oserais trahir le gouvernement ?
    - Non, pour l'instant, je le menace.

    Le ton sérieux et affirmé du blond fit craindre à Mendoza d'avoir été peut-être trop léger au sujet d'Anya. Il ne connaissait pas toute l'histoire concernant les deux jeunes gens mais il voyait bien, cependant, que son ami était mordu de la petite russe et il avait trop à perdre s'il venait à mettre à exécution sa menace. Ce qu'il ferait sans aucun doute. Il connaissait bien son oeil déterminé. Pour calmer l'immigration, ils eurent alors une idée.

    Dans l'après-midi, Garrett passa à l'hôpital. Il y cherchait Anya et faisait le tour de tous les blocs se fichant bien des avis des infirmières. Tout ce qu'il voyait lui, tout ce qu'il attendait, c'était de croiser la brune au détour d'un couloir. Lorsqu'elle sortie d'un bloc, il fonça droit sur elle. Il vit bien qu'elle était épuisée mais il n'avait pas le temps d'être doux avec elle. Prenant sa main, il l'entraîna dans la première chambre de garde qu'il trouva. Des jeunes internes jouaient aux jeux des grandes personnes mais Garrett ne les laissa pas tranquille :

    - Sortez. Immédiatement.

    Son ton autoritaire, militaire, ne laissèrent pas le choix aux deux jeunes gens de s'enfuir de la chambre. Une fois qu'il fut assuré que les deux soient partis. Il ferma à clé la porte et revint à Anya, essoufflé :

    - Ecoute-moi bien car je n'ai pas beaucoup de temps Blackbird. C'est très important.

    Après avoir évoqué les menaces de Elena à Millie qu'il avait entendu, il lui parla de son ami Antonio qui avait trouvé une solution pour lui assurer de garder les pieds sur le sol américain :

    - Tu es une veuve de guerre d'accord ? Mais tu es une espionne. Le service où je travaille va te créer une identité qui est la tienne mais qui stipule que tu travailles pour le gouvernement américain depuis des années. Tu es venue sur le territoire car ta couverture a été compromise par le KGB pendant la guerre. Nous étions des camarades de terrain et nous nous sommes mariés en URSS pour allier nos informations. C'est juste le temps que nous puissions avoir tes papiers.

    Il reprenait enfin son souffle. Posant ses mains sur ses joues, il s'approcha suffisamment d'elle pour qu'il puisse caresser son nez du sien en murmurant d'une voix basse et plus douce :

    - Je ferais n'importe quoi Anya.. N'importe quoi pour que tu restes là auprès de ta famille.. Mais tu dois avoir encore un peu confiance en moi s'il te plaît..


    immarcescible, Posté le jeudi 03 novembre 2022 20:22 Répondre

    Reprendre une vie "normale" après cette nuit serait désormais impossible. La peau de Garrett était marquée du passage d'Anya. C'était quelque chose d'imperceptible et pourtant il le sait au plus profond de sa chair. Son âme soeur était toujours là. Elle avait été ravivée par cette désastreuse soirée qui s'était terminée en une apothéose de plaisir. Le souffle court, hagard, le blond tentait sans grand succès de se remettre de toutes ces sensations. Son oeil d'un bleu brillant, brulant ne se lassait pas de contempler la divine jeune femme blottie contre lui. Embrassant son front, il laissait ses bras l'enlacer pour la tenir fermement contre lui :

    - Comme si je pouvais te laisser. Deux jours que je t'ai retrouvé et j'ai déjà trouvé tous les prétextes pour passer du temps avec toi.

    Dans l'intimité de ce moment particulier, Garrett sentait son rythme cardiaque reprendre un tempo normal, apaisé. Sa crise d'angoisse de la veille était un lointain souvenir même s'il gardait encore les stigmates de ce qui c'était passé. Sa tête était libre de tout nuage quand son esprit voguait parfois, encore, vers la folie. Alors que la brune enfouissait son visage dans son cou, il resserra plus possessivement ses bras autour d'elle pour ne faire plus qu'un. Sa voix était basse, légère mais quand même sombre lorsqu'il reprit :

    - Dimitri m'avait menacé. Si je ne partais pas avec lui ils nous auraient vendu et c'est pour ça que je lui ai explosé le visage. J'aurais du le tuer ce jour là Anya. J'aurais du le tuer mais.. mais j'ai eu pitié de lui. C'est cette pitié qui nous a conduit a autant souffrir, je te demande pardon d'avoir été lâche ce jour-là. J'aurais pu nous sauver mais je n'ai pas eu le courage de le tuer de sang-froid.

    Elle ne bougeait pas dans ses bras et c'était sans doute mieux car cela lui permettait de continuer à se confier :

    - Ils sont venu me chercher dans la nuit. Le fameux grand copain de Dima, Karazov était le chef de l'opération. Ils m'ont interrogé, affamé pour que je leur dise qui j'étais vraiment et où tu étais. Mais je n'ai rien dit. Et puis.. Et puis il y a eu ce fameux jour dans la morgue.

    Il la vit alors bouger et son regard d'un brun si intense l'observait. L'hésitation le prit mais maintenant qu'il avait commencé, il ne pouvait pas s'arrêter. Alors, il lui raconta le moment de la morgue où il cru la voir sur cette fameuse table auprès de Dimitri et ce que lui avait valu d'avoir frappé Karavoz. Il ne sortit pas du cachot sombre pendant un bon mois. Il ne mangea pas et se fit mordre par des rats quand il buvait au compte goutte la neige fondue. Il lui raconta le froid, les tremblements, les coups qu'il recevait en pleine nuit pour ne pas qu'il dorme et la folie qui l'empara :

    - J'ai vraiment cru que c'était toi sur la table.. J'y ai cru pendant un an jusqu'au jour où je travaillais dans un champ. Karazov me faisait travailler nu au soleil pour que ma peau brûle. C'est à cause de ça toutes ces cicatrices. Et puis.. Alors que je bêchais le sol, j'ai eu une vision. Toi.. Jeune.. Belle.. Insouciante et tu riais. Tu étais si belle à rire comme ça, à gorge déployée mon amour.

    L'émotion le prenait, chose qu'il n'avait pas ressentit depuis des années. Il s'allongea donc sur le dos pour ne pas avoir à croiser une fois de plus le regard de la belle brune quand sa main dissimulait ses yeux. La gorge enrouée, il reprit faiblement :

    - Tu me regardais et c'était comme si j'étais un inconnu pour toi. Ça m'a fait vriller Anya.. Ton regard me transperçait comme si j'étais inexistant. Comme si tu ne m'avais pas épousé. Comme si tu ne m'avais jamais dit je t'aime. Comme si nous nous étions jamais vu. Suite à ça, j'ai tenté de m'évader. Une certitude morte et enfouie au fond de moi pendant un s'était soudainement réveillée. Tu ne pouvais pas être morte. Tu ne pouvais pas car tous ceux que j'ai aimé étant mort m'était déjà venu en fantôme mais jamais toi. Or, si tu l'avais été, morte, je sais que tu serais venue me voir. Alors je devais en être certain. Je devais fuir l'Union Soviétique pour te retrouver.

    Lorsqu'il retira sa main de ses yeux, il vint la poser sur la joue d'Anya. Il était étrangement émotif. Pas de là à pleurer, non, mais ému de la voir contre lui en ressassant ce passé qu'il édulcorait. C'était trop difficile pour lui de lui raconter le reste. Alors il se contentait de l'essentiel :

    - Et suis arrivé en retard une fois de plus mon amour. Mais tu sais que quand je suis près de toi je suis incapable de te laisser. Alors ôte toi aussitôt que possible de l'esprit que je puisse un jour te quitter. Pas après ce que j'ai vécu pour te retrouver.


    immarcescible, Posté le mardi 01 novembre 2022 20:57 Répondre

    Son rythme cardiaque était à une pulsion bien trop puissante. Et plus les mains et les lèvres d'Anya se posaient sur lui, moins il était en mesure de se calmer. Il avait pris peur en voyant la détresse de la jeune femme suite à ce deuxième baiser, et c'était pour cela qu'il lui avait demandé l'autorisation de l'embrasser. Il ne voulait pas provoquer chez elle une panique. Or, en la faisant venir dans cette chambre d'hôtel à une heure si tardive et lui déballant ce qu'il avait sur le coeur il s'attendait à quoi ? Bien entendu qu'elle ne pouvait que paniquer. Il s'en voulait cruellement. Pourtant, il essayait de la calmer en caressant ses joues et parlant d'une plus douce et assurée maintenant qu'il l'avait près d'elle :

    - Je ne te ferais aucun mal et non Anya.. Ne dis pas ce genre de choses.. Jamais je ne te verrais comme ça.. Jamais..

    Finalement, sans qu'il ne s'y attende, elle se jeta à son cou et lui rendit un nouveau baiser. Plus lent, plus doux, plus tendre. Il était lui-même comme enivré par la douceur de ce baiser. La douceur d'Anya qui l'enveloppait toujours tel un nuage de réconfort. Puis, ses mots. Elle le désirait encore. Elle voulait encore de lui. Il aurait pu en pleurer s'il n'était pas sec à l'intérieur. Avec aisance, il vint donc ziper la robe qu'elle portait et pendant que le tissu glissait le long de son corps, il la laissa retirer sa chemise. Son souffle s'accélérait, son rythme cardiaque aussi. De nouveau, il reprit en coupe son visage pour lui donner un baiser avant de reposer ses lèvres sur le cou palpitant et la poitrine compressée de la jeune femme.

    - Tu es si belle.. Anya.. moya lyubov.. moy dorogo.. moy svet, moya zhizn. Tu es si douce.. Ta peau.. Ta peau sent toujours aussi bon..

    Il n'était pas empressé. Il voulait prendre son temps. Elle avait besoin d'être mise en confiance et il avait besoin de redécouvrir son corps. C'était comme un rêve. Alors, lentement, il défit le soutien-gorge qu'elle avait et le jeta dans la pièce. Ses mains caressaient ses seins plus lourd mais toujours ferme quand ses pouces caressaient ses pointes durcies. Elles le taquinaient à se dresser de la sorte si bien qu'il ne pu s'empêcher de se pencher pour les embrasser. Pour plus d'aisance, il vint s'asseoir sur le bord du lit et laissa Anya debout devant lui. Ainsi, il pu plus aisément laisser ses mains la caresser et aussi suçoter et mordiller délicatement cette pointe qui le narguait.

    Elle ronronnait littéralement sous ses caresses et ne faisait qu'accentuer son propre désir. De sa main libre, il caressait son dos et enfin ses fesses nues en faisant descendre la dentelle qui couvrait ses hanches. Il voyait bien la crainte dans son regard. Alors, il embrassa son ventre avec douceur, comme une plume en lui murmurant ces mêmes mots qu'il avait dit lors de leurs nuits de noces.

    - Si tu veux que j'arrête alors j'arrêterais ne te force jamais dans mes bras mon amour..

    Il posa son front contre son ventre et murmura par la suite qu'il préférait mourir plutôt que de la faire souffrir. Puis, voyant qu'elle s'agrippait à sa crinière, il reprit ses baisers jusqu'à venir délicatement embrasser son mont de vénus. La voyant se tendre lorsqu'il passait lentement sa langue sur son bouton, il se rétracta inquiet. Mais il s'agissait visiblement de plaisir. Alors, il reprit ses caresses quand sa main caressait son sein. Il la savourait avec un plaisir évident même si il se sentait de plus en plus à l'étroit dans son pantalon et qu'il serait bientôt capable de jouir sans avoir été caressé par la brune. Lorsqu'il la vit se tendre de nouveau et atteindre son orgasme, il vint l'allonger sur le lit. Près d'elle, ses lèvres venaient recouvrir les siennes quand elle l'aidait à se déshabiller. Une fois nu l'un contre l'autre, il prit le temps de la contempler en passant derrière son oreille ses cheveux brun. Il se revoyait nettement lors de leur première fois et cela l'ému :

    - Toutes ces nuits où j'ai rêvais de te dire je t'aime. Une vie ne suffirait pas à te le dire tu sais..

    Avec une douceur extrême, Garrett vint à s'allonger sur la brune et la couvrir de nouveau de plusieurs baisers. Il voulait la sentir palpiter entre ses doigts. S'assurer qu'elle le voulait vraiment. Se caresser était une chose, la pénétrer une autre. Aussi, lorsqu'il revint à ses lèvres et que ses mains s'enfouirent dans sa crinière, il plongea ses prunelles brillantes dans les siennes en balançant son bassin contre le sien. Se cambrant lentement, il vint lentement la pénétrer en poussant un soupire d'extase. Elle était si humide, si étroite qu'il en tremblait de plaisir. Son front contre le sien, il reprenait son souffle en lui demandant comment elle se sentait de peur de l'effrayer.


    immarcescible, Posté le mardi 01 novembre 2022 10:21 Répondre

    C'est une rage certaine qui éclatait chez Garrett. Non mais pour qui se prenait cet tocard de médecin ? Qui était-il pour Anya ? Etaient-ils intime ? N'avait-elle pas dit qu'elle n'avait personne dans sa vie ? Sur elle chemin du retour, il rageait. Et c'était pire en arrivant puisqu'Elena avait organisé une petite fête avec ses amis. Lorsqu'il passa le pas de la porte, il se sentit presque étouffer par toutes ces ménagères si superficielles qui parlaient du monde sans vraiment en connaître les contours. Que savaient-elles du monde extérieur ? D'avoir faim ? D'avoir froid ? Il regardait Elena et il y voyait une étrangère. Que ce soit Sacha Belov ou Garrett Hedlund, il ne voulait pas de cette vie là. Il s'apprêtait à s'enfuir quand son épouse se jeta à ses bras toute guillerette, jouant parfaitement la comédie de la parfaite épouse devant ses amies :

    - Mon adorable et trop absent mari ! Tu m'as tellement manqué.

    Ls américains disaient que les soviétiques étaient d'une barbarie et d'un cynisme étouffant. Garrett y voyait les mêmes traits chez les gens de sa nation. Peu importe ta nationalité, il ne vivait qu'auprès de personnes fausse qui intriguait sans cesse et il en était épuisé. Il ne voulait pas de cette vie là. Il voulait la vie douce près du lac à Lazarevo dans une petite cabane dans la forêt. Il voulait Anya blottie contre lui. C'était elle sa vie, depuis toujours.

    - Je croyais que nous devions parler, demandait-il d'une voix basse à Elena, je suis rentré plus tôt pour ça.
    - Oh.. Et bien les filles sont passées à l'improviste et les choses en entraînant une autre nous avons ouvert une, puis deux, puis trois ahahahah, oh tu sais comment on est avec les filles.
    - C'est certain que je sais ô très bien comment vous êtes. En attendant notre fille est à l'hôpital Elena dans un état critique.
    - Arrête de dramatiser tout veux-tu.

    Elena pris le bras de son époux pour l'entraîner dans la cuisine afin qu'il ne fasse pas sa scène devant ses copines. Une fois isolé, il reprit sur un ton encore plus ferme pour lui faire comprendre qu'il ne plaisantait pas et qu'il était à bout :

    - Nous étions censés discuter et.. et parler de Jazzy. Pourquoi tu fais ça ? Et pourquoi toutes ces marques sur son corps ? Les médecins m'ont bien dit qu'elle n'avait pas pu se faire ça toute seule.
    - Qu'est-ce que tu sous-entends ? Que j'aurais volontairement frappé ma fille ?
    - Je ne sous-entends rien puisque tu es censée passer toutes tes journées avec elle.
    - C'est cette petite pétasse qui t'as mis ça dans le crâne avoue-le, j'ai bien vu comment elle te regardais et qu'elle me regardais. Je m'en doutais qu'elle te voulais.
    - Quoi ? Mais de quoi tu me parles ?
    - La salope avec qui tu baises quand tu es soi disant au travail.

    Garrett continuait de feindre la surprise. Sa femme ne devait en aucun cas savoir qui était Anya et qui elle était pour lui. Sinon il savait pertinemment qu'elle lui rendrait la vie impossible et ce n'était pas ce qu'il voulait. Le vice était profond chez elle et il était hors de question que la famille Siminiov vienne à la payer. Il soupirait donc en frottant son visage entre ses mains avant de répondre las :

    - Tu dérailles complètement. Je passe mes nuits auprès de Jazzy parce que je suis mort d'inquiétude.
    - Je suis allée à l'hôpital hier et tu n'y étais pas !
    - Normal, j'ai été mangé chez Andreï et ensuite je suis allé prendre l'air dans les bois.
    - Je dois croire qui ? Les hiboux de ta putain de forêt.
    - Crois ce que tu veux, je suis trop fatigué pour me battre ce soir.

    Il préférait sortir de la cuisine avant de renverser tout ce qu'elle contenait. Mais Elena n'en n'avait pas fini avec lui. Elle se rua sur lui et lui tapa le dos violemment en se mettant à hurler comme une hystérique. Il avait pour habitude de gérer ça mais jamais encore elle n'avait explosé de la sorte devant du monde. Ses amies la regardaient choquées sans comprendre ce que se passaient. Garrett se maîtrisait en lui disant tout simplement d'arrêter mais elle s'accrochait à lui, le griffant et lui tirant les cheveux. Il finit enfin par la maîtriser lorsqu'il lui bloqua son bras dans son dos ce qui la fit pleurer :

    - Tu me fais mal, pleurait-elle suppliante, arrête !
    - Alors calme toi !

    Ursula, l'une des copines de sa femme proposa aux filles qu'il était temps de partir. Garrett ne pu qu'acquiescer quand Elena les suppliaient de rester en pleurant et expliquant qu'il allait la tuer. Il vint par finir de la lâcher dégoûté de la tenir si près de lui :

    - Est-ce que tu as pris tes cachets, demandait-il lorsque toutes les femmes étaient parties, le docteur a bien dit que tu devais les prendre tous les jours.
    - Qu'est ce que cela peut bien te faire. Tu rêverais que je sois morte. Tu aimes ta fille plus que moi. Cette petite peste, je la hais ! Je la hais ! Elle m'a volé ton amour !
    - Mais tu es complètement folle. Jasmine n'a rien à voir là-dedans et tu le sais bien. Tu dois prendre tes médicaments.
    - Va te faire foutre Hedlund.

    Sans attendre son reste, elle courut se réfugier dans sa chambre ce qui valut à Garrett un soupire rassuré. Il dormirait sur le canapé, certes, mais au moins il n'aurait pas besoin de feindre l'attachement en la prenant dans ses bras comme elle le souhaitait tous les soirs. Avant de se poser, il en profita pour ranger un peu. Puis, il alluma une cigarette mit un peu de musique et s'allongea sur le canapé un verre de whisky à la main. Les yeux clos, il tentait de se réfugier dans un monde où il danserait avec Anya. Où Jasmine et Pasha joueraient ensemble. Où ils vivraient dans leur maison près du lac. Où il lui ferait l'amour. Depuis le retour de la jeune femme, il sentait bien que son corps se réanimait. Lui, si mort depuis des années désormais semblait retrouver un palpitant qu'il avait oublié : le désir.

    Il était tard et il ne pouvait pas débarquer comme ça chez elle pour l'embrasser et lui faire l'amour. Il repensait à ce baiser échangé quelques heures plus tôt. Si seulement ils avaient été seuls dans cette chambre. Cela le faisait culpabiliser d'oublier Jasmine aussi, il se redressa vite pour se rendre compte que sa cigarette était consumé de moitié. Il tapota la cendre dans le cendrier et fuma en deux bouffées le reste du poison. Ensuite, rapidement, il éteignit tout pour se rallonger sur le canapé dont il connaissait les formes. S'apprêtant à tomber dans le sommeil, il sentit pourtant un poids l'oppresser. Il n'arrivait plus à respirer, persuadé qu'il allait tomber, non, pire, qu'il était de nouveau en cellule. Se redressant en sentant qu'il s'étouffait, il tâta toutes les choses qui l'entouraient mais ça ne l'aidait pas. Il devait vite trouver ses médicaments. Alors, se rendant difficilement dans la cuisine, il fouilla tous les placards persuadé qu'il était traqué par Karazov qui allait une fois de plus s'en prendre à lui.

    Vivre avec Elena c'était ça aussi. Se sentir de nouveau emprisonné et oppressé par ses démons. Lorsqu'enfin il les trouva, il prit aussitôt avec une grande lampée de whisky. Affalé dans la cuisine, il toussait en s'étant quasiment étouffé avec les cachets. Voilà longtemps qu'il n'avait pas eu de crise comme celle-ci. Pas depuis la naissance de Jasmine. Lentement, il finit par se redresser. Il avait besoin de sortir et de souffler.

    Prenant sa veste, ses clés, ses papiers et ses puissants cachets, il se rendit à l'extérieur pour appeler d'une cabine téléphonique. Il suppliait qu'elle réponde, que ce soit uniquement elle qui réponde. Et ce fut le cas. Il la supplia de le retrouver dans un petit hôtel tranquille non loin de l'hôpital et d'où vivait le reste de la famille. Il avait besoin de lui parler. Sa voix était urgente, éraillée, perdue. Lorsqu'elle accepta, il se rendit donc au lieu de rendez-vous et l'attendit au petit bar de l'hôtel. Nerveux, il en était déjà à son troisième whisky de la soirée sans compter ce qu'il avait bu plutôt. Lorsqu'elle arriva, il passa une main nerveuse dans sa crinière en se levant. La laissant s'asseoir face à lui, il fut frustré de voir qu'elle mettait une distance entre eux. Le stress post-traumatique le rendait si nerveux que ses mains tremblaient :

    - Je sais qu'il est tard je te demande pardon mais.. mais il n'y a qu'à toi que je peux parler. Il n'y a que toi qui me connaisse Anya. J'ai.. J'ai besoin de toi. Alors je me fiche que ce tocard de médecin soit amoureux de toi et qu'il veuille jouer les gros bras. Je n'ai pas peur de lui. J'ai juste peur que tu puisses m'oublier et que tout ce que nous avons vécu n'ai jamais compté.

    Il bu cul sec son verre ce que calma un instant son tremblement de main. Grimaçant légèrement l'alcool le faisait parler même si il aurait préféré ne pas avoir à dire ce genre de choses. Frottant son visage entre ses mains, il soupira avant de se cacher entre celles-ci :

    - J'ai tellement rêvé de ce moment où je te retrouverais. Persuadé que je saurais exactement quoi faire parce que c'est toi. Mais je suis complètement perdu. Anya.. J'ai.. Je t'aime toujours aussi fort et mon corps, mon âme te réclame. Je ne peux pas vivre sans toi. Je suis dans un tel état déplorable que je me dégoûte moi-même. Mais j'ai tellement besoin de toi.

    La sentant venir près de lui, il ne pu s'empêcher de poser sa main sur sa joue. Il brûlait d'une fièvre certaine mais il s'en fichait. Au contact de la joue fraiche d'Anya, il sentit son palpitant se calmer, reprendre une pulsation quasi normale. Son front contre le sien, il murmurait dans un russe tendre et nostalgique à quel point il l'aimait et à quel point il avait besoin d'elle :

    - Je n'ai toujours été qu'une personne pour toi Anya. Je n'ai jamais joué. Mon âme entière t'appartiens depuis le premier jour. Peu importe mon nom, ma nationalité. Tu es le souffle de ma vie et j'ai besoin de toi. M'autorises-tu à t'embrasser de nouveau ?


    immarcescible, Posté le vendredi 28 octobre 2022 20:37 Répondre

    Toute son attention était centrée sur Jasmine qui se faisait manipuler avec douceur par Anya et qui le fit sourire en évoquant son choix toujours étrange, selon elle, de femmes. Il n'écoutait que d'une oreille distraite Elena. Il avait envie de lui hurler de quitter la pièce mais cela sonnerait la fin d'une paix certaine. Non pas que la jeune femme l'effrayait. Mais il savait de quoi elle était capable. Sa grande peur était qu'un jour elle puisse s'enfuir avec sa fille, juste pour le punir. Alors oui, lâchement, Garrett prenait sur lui pour garder près de lui sa fille. Mais en voyant Anya la tenir dans ses bras, il avait une petite lueur d'espoir. Celle que peut-être ils pourraient former une famille étrange mais heureuse. Il s'était persuadé que Pasha serait heureux d'avoir une petite soeur. Il essayait de deviner la mine de l'enfant lorsqu'il rencontrerait sa soeur, mais Elena le prit de nouveau à témoin. Fronçant les sourcils et soupirant il répliqua simplement qu'ils discuteraient dans la soirée et qu'il avait beaucoup de travail.

    En parlant de travail, il devait lui aussi s'y rendre. Après un baiser sur le front de la petite fille et un dernier regard pour Anya, il rejoignit le garage accompagné d'une Elena qui lui faisait la morale sur ses besoins à elle. Mais encore une fois, il ne l'écoutait pas, se contentant uniquement de dire oui à tout ce qu'elle disait pour être le plus rapidement possible débarrassé d'elle.

    En prenant la route qui le conduisait au travail, il fit un détour par l'ancien quartier d'Anya. Il roulait sans réel but cherchant Alek. Sans doute espérait-il reconnaître dans les visages des adolescents qui trainaient, celui du petit garçon qu'il avait autrefois connu. Pendant deux longues heures il tourna ainsi dans les rues sinueuses de la banlieue jusqu'à ce qu'il vit un petit groupe de jeune garçons rassemblés. Ils semblaient s'en prendre à l'un d'entre eux. Garrett se gara et observa la scène avec un détachement qui pouvait paraître étrange. Mais c'était que toute forme de violence ne l'étonnait plus désormais. Pourtant, le cri du jeune homme subissant les coups attira son attention. Le doute une fois installé, il savait pertinemment qu'il ne le quitterait pas. Alors sans perdre un instant il sortit de son auto et se rendit directement là où la bagarre avait lieu.

    Alek était au sol. Il reconnaissait son port de tête et les injures russes qu'il proférait contre son agresseur qui l'avait roué de coups devant un petit groupe d'enfants. Celui qui frappait était costaud mais avait un visage bête. L'arrivée imposante de Garrett fit fuir certains du groupe et tout le reste lorsqu'il posa sa main lourde sur l'épaule du petit caïd.

    - Dégagez d'ici maintenant avant que je vous embarque bande de sac à merde.
    - T'es qui toi ? D'où tu poses tes mains sur moi ?
    - Je te conseille de vite partir d'ici avant que ta petite gueule de morveux rejoigne le bitume t'as compris ?

    Le petit caïd défiait du regard Garrett mais céda à sa demande. Rejoins par ses camarades, ils couraient tous en direction du port en ricanant et insultant Alek qui crachait du sol sur le sol. En soulevant la tête, il pu voir la posture de Garrett et cru voir un fantôme. Vite, il essaya de s'échapper, persuadé de délirer mais le blond le retint. Son air était désolé et sincère, quand il soupirait aussi par la même occasion :

    - Anya te cherche partout Alek..
    - C'est.. C'est.. C'est pas possible.. Tu.. Elle.. Elle a dit que tu.. tu étais..
    - Mort, oui je sais. J'aurais du mourir mais je m'en suis sortit. Allez viens. Je te ramène à la maison.

    Ce fut compliqué de le ramener jusqu'à Brooklyn. En effet, en faisant un crochet par l'ancien appartement, Alek tenta de s'enfuir. L'habitude d'être un électron-libre. L'habitude de fuir aussi sans doute. Mais Garrett le retrouva et l'obligea à remonter en voiture. Il tenta de lui expliquer simplement et sans trop rentrer dans les détails que le KGB l'avait fait prisonnier et qu'il s'était ensuite trouvé dans un camp avant de rejoindre le front polonais et de s'enfuir. Il était très factuel. Pas de détails. Jamais. Après tout, il restait un militaire. La conversation ne s'étendit pas à autre chose. Garrett n'avait pas envie de parler de l'histoire d'Anya. Cela lui appartenait et puis mettre Alek devant le fait accompli de cette histoire risquerait encore plus de le déstabiliser. Il se contenta donc de le ramener à Brooklyn auprès des Phil et du reste de la famille. Georgina était habituée aux retours de Alek, aussi, elle sortie sa trousse à pharmacie et le soigna silencieusement quand Millie surveillait de très près l'adolescent turbulent.

    Pasha dormait. C'était mieux, se disait Garrett. Millie le raccompagna alors qu'il lui demandait de se rendre dès le lendemain chez lui à Staten Island pour venir garder Jasmine si jamais elle sortait de l'hôpital. Il voulait mettre en place le plus rapidement possible cette garde pour s'assurer que sa fille soit en sécurité chez elle, de sa propre mère.

    - Les Phil sont adorables, lui dit-elle adossée contre le chambranle de la porte, ils sont comme moi.
    - Comme toi ?
    - Oui.. Anormaux. Dégénérés. Cassé.
    - Vous êtes normaux. Ce sont ces tarés de faschite qu'il faudrait anéantir.
    - Merci en tout cas de m'avoir laissé venir avec Anya et la famille. Ils comptent pour moi et je ne laisserais personne ne leur faire du mal. Ils ont bien trop souffert. Ils souffrent beaucoup trop encore d'ailleurs.

    Garrett ne savait pas quoi penser de cette remarque. Est-ce que Millie cherchait à l'avertir de quelque chose. Les sourcils froncés, il se contenta d'acquiescer et de répliquer à son tour qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour rendre chaque membre de cette famille heureuse. Puis, Phil surgit de sa cuisine en s'exclamant de joie comme à son habitude :

    - Garry chou viens donc manger un bout !
    - Je te remercie mais je suis attendu au travail. Peut-être une autre fois.

    Pendant que Philippe enseignait l'histoire au lycée, Phil lui s'occupait de la maison et avait ouvert une boutique de fleurs. Les deux s'étaient rencontrés en France et étaient tombés amoureux. Dénoncés au début de la guerre ils furent séparés lors d'une nuit en pleine rafle. Philippe fut envoyé en camp, c'est là que Garrett le rencontra quand Phil réussit à s'enfuir grâce à des amis haut placés. Ils s'étaient retrouvés à Paris durant la Libération dans le café où ils s'étaient rencontrés et où Phil venait tous les jours dans l'attente du retour de son grand amour. Philippe était un ami fidèle de Garrett, aussi, ils décidèrent de le suivre en Amérique pour retrouver le grand amour du blond. Il y avait comme un goût de romantisme et d'espoir qui les avaient guidés jusqu'ici, et pourtant, uniquement eux avaient trouvé un peu de paix dans ce monde de fou. En revanche, ils avaient toujours haï Elena. C'est lorsqu'ils virent Jasmine qu'ils comprirent qu'elle était bel et bien la fille de son père. Mais sinon, ils faisaient toujours en sorte de ne jamais voir l'horrible femme qu'ils appelaient "la mégère".

    Après une journée de travail, bien remplie de traductions, de tactiques et autres stratégies de guerre, Garrett se rendit de nouveau à l'hôpital pour y voir les deux femmes de sa vie. Toutes les deux réunies, cela l'ému. Jamais il n'aurait pu rêver d'une telle scène et pourtant elle se déroulait sous ses yeux. Pris par une émotion certaine, il ne voulait pas voir Anya disparaitre de nouveau. Il avait envie de lui hurler de ne pas s'enfuir, de ne plus le quitter mais comment la retenir alors qu'il savait pertinemment qu'Elena l'attendait dans leur maison. Il allait parler mais Anya plongea ses prunelles brillantes dans les siennes. Bon sang, il avait l'impression d'être de nouveau bloqué dans ce putain de siège à St Pétersbourg. Avant même qu'il puisse dire quoi que ce soit, Anya pris les devants et l'embrassa.

    Alors, les bras du blond vinrent enlacer le corps menu de la jeune doctoresse quand ses lèvres lui rendait ce baiser avec une ardeur quasi malheureuse. En effet, son corps entier entrait en ébullition. Les lèvres d'Anya.. Ses lèvres si douce.. Il avait envie de pleurer tellement c'était bon. Ses mains venaient agripper ses joues quand ses lèvres lui rendait ce baiser avec cette passion démesurée qui les caractérisaient tant. Tellement d'années loin d'elle, à l'espérer et la rêver. Et là, il la tenait dans ses bras, tel un trésor qui allait encore s'envoler. Lorsqu'elle se sépara de lui, il ne pu s'empêcher de la retenir. Son front contre le sien, il reprenait son souffle, encore tremblant et ému de ce baiser si particulier :

    - Non.. Je t'en prie.. Reste ici.. Ne pars pas.. Ne.. Ne me laisse pas..

    C'était une supplique, pas une demande. Le besoin viscéral de la toucher, de la sentir, d'entendre sa voix lui rappelait l'importance qu'elle avait eu dans sa vie et qui comptait encore aujourd'hui. Voyant qu'elle ne bougeait pas, il prit les devants et vint s'asseoir sur la petite banquette de la chambre de Jasmine pour l'y asseoir avant de s'assurer que la petite aille bien. La prenant dans ses bras, il vint ensuite rejoindre Anya sur le banc pour bercer l'enfant qui observait le couple devant elle. Ses grands yeux bleus brillaient alors qu'elle souriait. Les yeux de Garrett avait repris cette douce teinte. La même que pour Pasha :

    - Ils nous font devenir encore plus psychorigide tellement on a peur pour eux, n'est-ce pas ?

    Il disait cela avec légèreté, en riant. Jasmine s'endormait doucement en baillant quand Garrett se sentait empli d'une grande sérénité en la voyant ainsi. Il sentait aussi le regard de la brune à côté de lui et enveloppé dans ce moment quasi improbable, il reprit :

    - J'ai passé toutes ces années à penser à toi tu sais. Pas un journée n'est passée sans que ton visage, ton rire, tes yeux, ne quittent mon esprit. Je me suis battu pour toi. Pour te retrouver et t'aimer. Et je suis tellement désolé.. Désolé d'être arrivé en retard, murmurait-il brisé avant de reposer son regard sur elle, j'aurais voulu être là pour Pasha. Pour tuer Matthew, aider Alek et Georgie, et.. et t'aimer blackbird. J'ai.. Tu sais ce que je me disais chaque jours ? Qu'est ce que penserait Anya si j'abandonnais ? Elle serait furieuse. C'est peut-être minable ou dérisoire pour toi mais.. mais depuis le premier jours tu es celle qui m'a donné la force nécessaire de survivre. Sans toi, jamais je n'aurais continué de me battre. Sans toi je ne serais jamais là et jamais je n'aurais rencontré Pasha et Jasmine.


    immarcescible, Posté le jeudi 27 octobre 2022 22:43 Répondre

    Ses yeux plongés dans les siens, Garrett sentait le sommeil l'emporter malgré lui. Il avait peur de se réveiller d'un rêve. Peur de ne plus sentir le petit corps de son fils sur lui et de ne plus voir les prunelles brillantes d'Anya le détailler. Peur de se retrouver sur le front ou encore dans sa geôle. Le réveil brutal causé par les hurlements de terreur de Georgie sortit tout le monde de son sommeil. Le blond avait mal de voir sa protectrice si vieille et si triste. Il n'arrivait pas à cacher son trouble et encore moins son émotion. Hésitant un moment avant de la prendre dans ses bras, elle n'hésita pas une seule seconde. Ainsi, pendant qu'Anya préparait les affaires avec l'aide d'un Pasha content de vivre une nouvelle aventure, Garrett prit le temps nécessaire de s'isoler avec la vieille dame qui caressait ses joues :

    - Je suis désolé de t'avoir mentit toutes ces années, avouait-il sincèrement désolé, je comprendrais que tu ne veuilles plus me parler.
    - Cesse donc de dire des bêtises. J'ai toujours su que tu n'étais pas Sacha. Mon frère et ma belle-soeur étaient bruns aux yeux noirs. Mais je t'ai aimé dès que je t'ai vu petit bonhomme.

    C'est avec émotion que Garrett resserra contre lui la vieille femme qu'il considérait tout simplement comme sa mère. Après avoir laissé cette dernière pleurer longuement contre son épaule, il finit enfin par conduire tout le monde à la voiture. La rencontre avec Millie fut formelle et polie. Ils n'avaient pas beaucoup de temps en même temps. Le blond devait retourner au travail.

    Devant, près de lui, se trouvait Anya qui évoquait Jazz. Il n'avait pas osé en reparler à la jeune femme, mais il s'inquiétait de l'état de santé de sa fille. Savoir qu'elle était entre ses mains ne lui faisait aucunement peur. Il avait même plus confiance en Anya qu'en son épouse et l'idée d'avoir une baby-sitter pourrait ravir Elena finalement qui n'avait aucun instinct maternel. Il hocha simplement de la tête, se concentrant sur la route pensif. Sur la banquette, sa main vint timidement retrouver celle de la brune. L'air de rien, ses doigts touchaient les siens pour y chercher un contact. Peut-être une promesse, ou quelque chose qui le ferait espérer sur un potentiel sentiment, un potentiel rapprochement. Bien entendu, jamais il ne la forcerait à quoi que ce soit mais.. mais c'était Anya.

    - Je serais d'accord pour venir m'occuper de ta fille Garrett, répliqua Millie par dessus les anciens époux voyant les doigts des deux s'effleurer, tu n'auras pas besoin de me payer.

    Vite, il retirait sa main. Peut-être qu'Anya ne voulait pas qu'on les voient se rapprocher. Par pudeur donc, il remit ses deux mains sur le volant avant d'hocher de la tête à Millie tout en l'observant dans le rétroviseur :

    - Tu seras payée Millie. Il est hors de question que tu travailles pour la simple gloire. Et c'est non négociable.

    Sa voix était ferme. Toujours celle d'un militaire. Ses sourcils froncés lui donnait une moue frustrée, ronchonne. En même temps, comment pourrait-il en être autrement. Sa femme, l'amour de sa vie, n'était plus à cause de la cruauté simple des hommes et de leurs ambitions démesurées. Comment pouvait-il lutter dans cet univers ?

    Très vite ils rejoignirent Brooklyn. Pasha montait sur les genoux de Georgie pour regarder le tumulte de la ville qui défilait devant ses yeux. Il était d'une curiosité sans bornes qui faisait sourire intérieurement Garrett. Le petit posait un millier de questions auxquels répondait toujours en russe celle qu'il considérait comme sa grand-mère. Ils arrivèrent une bonne heure plus tard dans une petite rue toute calme où des enfants jouaient au ballon. La rue était constituée de logements en brique rouge, typique de l'architecture new-yorkaise. Des arbres feuillus abritait les façades des maisons-immeubles et faisait respirer l'ensemble de la rue. Il y avait un sentiment serein et familial agréable qui y régnait. En arrivant, des jeunes vinrent saluer Garrett qui leur donna quelques dollars qu'ils utiliseraient pour s'acheter des bonbons. Pasha demandait déjà à sa mère l'autorisation d'aller jouer avec eux. Pendant ce temps, le militaire aidait Georgie à sortir de la voiture quand un homme sortit d'une des maisons en le hélant.

    Grand, fin mais athlétique. Un brun aux yeux d'un bleu nuit adorable venait à lui et salua chaleureusement le reste de la troupe avant de se présenter :

    - Tu aurais du nous dire que tu allais venir. Phil aurait préparé le petit déjeuner, dit-il de sa voix calme et chantante, tu sais à quel point il aime te voir dévorer ses pancakes.
    - Je ne sais que trop bien. Philippe, je te présente Millie, Georgie, Pasha et.. et Anya.

    Le fameux Philippe fit les gros yeux en regardant la jeune femme puis Garrett. Il rencontrait la fameuse femme disparue de son ami. Choqué et à la fois impressionné, il s'excusa de son absence de trente secondes et vint rapidement saluer encore plus tout le monde chaleureusement avant de prendre un Pasha intrigué dans ses bras, comprenant plus rapidement que Garrett qu'il était son fils :

    - Tu aimes les livres petit bonhomme ? J'en ai tout un tas. Suivez-moi tout le monde ! J'ai de quoi nourrir le reste de l'humanité avec des pancakes.
    - Et du socolat, demandait encore et toujours le petit blond adorable.

    Pendant que tous les autres rentraient, sans doute alléché par la bonne odeur du petit déjeuner, Garrett repris le poignet d'Anya entre ses doigts pour la retenir près de lui un instant :

    - Ils s'appellent tous les deux Philippe et ils sont français. Celui que tu viens de voir, je l'ai rencontré dans un camp et nous nous sommes liés d'amitié. C'est un fidèle compagnon de route si je puis dire. J'ai une confiance aveugle en lui. Je lui confierais ma vie sans crainte c'est pour ça que vous allez vivre chez eux.

    Très vite, il lui expliqua qu'ils avaient plusieurs appartement qu'ils louaient et que Garrett se chargerait du loyer en faisant quelques travaux en contrepartie mais qu'ici, ils seraient à l'abris de tout danger et libre de bouger comme il le souhaite. En effet, le quartier était bienveillant et accueillant car il comprenait des communautés diverses comme des italiens, des chinois ou encore quelques russes. Mais surtout, la plage de Coney Island n'était pas loin. S'approchant de la jeune femme, il reprit ensuite avec sérieux :

    - Je vais retrouver Alek et te le ramener. Mais je veux que tu prennes soin de toi désormais. Tu me le promet ? Et.. Et je ne veux rien t'imposer. Si tu veux que je ne vienne pas vous voir je le respecterais Anya. Je ne veux pas m'imposer dans votre vie surtout.. surtout pour Pasha. Même si.. même si j'aimerais plus que tout au monde faire partit de sa vie.


    immarcescible, Posté le mercredi 26 octobre 2022 19:01 Répondre

    Le retour était silencieux. Un silence remplit pourtant de cris, de douleur et de ressentiment. Garrett n'avait aucun ressentiment vis à vis d'Anya, bien sûr que non. Il avait des ressentiments envers la vie. Quand est-ce que cette putain de mauvaise fée s'est penchée sur le berceau de Anya pour la maudire de la sorte. Elle, la Reine des Reine dans l'Univers. Il se sentait misérable de ne pas avoir su protéger son épouse. Leur famille. Il n'eut pas à lui demande de monter. D'elle-même elle lui proposait et il l'acceptait. Une certaine forme de curiosité l'habitait de voir où vivait la famille. En arrivant dans le quartier, il sentit ses dents se serrer. C'était clairement un quartier mal famé. Il culpabilisait de penser à Elena tranquillement et confortablement installée dans leur petit pavillon de Staten Island, quand il voyait où vivait Anya et le reste de la famille. Pas étonnant qu'Alek ait des mauvaises fréquentations.

    En montant les étages, il se sentait de plus en plus mal. Il avait l'impression de revivre la misère et l'horreur des logements communistes. Le bruit, les odeurs. Non, il ne se sentait pas à l'aise et il eut même un relent lorsqu'ils durent enjamber le corps d'un homme aviné qui décuvait, dans les escaliers. Une fois dans le petit appartement, il vit avec émotion les photos de leur mariage où ils avaient l'air si heureux, si jeune, si insouciant et celle de la naissance de Pasha. Comme il était petit pensait-il. C'était assez émouvant de voir à quel point Anya et Georgie se démenaient pour faire de ce lieu pitoyable un endroit agréable où vivre.

    Il allait lui hurler qu'il ne pouvait pas les laisser vivre ici mais déjà elle disparaissait pour aller chercher Pasha. Il attendit donc, patiemment, son retour. Le petit se retrouva rapidement dans ses bras et il fut prit d'une peur panique de le réveiller. Il avait cette bouille si tendre, si adorable qui lui mit la larme à l'oeil comme le matin même.

    Son fils.
    L'enfant de l'espoir.

    Tandis qu'Anya s'occupait de mettre en place le fameux lit canapé, il se mit à bercer le petit garçon ce qui l'éveilla. Sa demande si particulière donna un sourire éclatant à Garrett. Cette innocente et cet amour visiblement anyesquien pour le chocolat ne pouvait que le faire rire. Embrassant son front avec douceur, il vint s'asseoir sur l'une des chaises de la cuisine pour profiter encore de sa présence près de lui.

    - Tu sais que ce n'est plus l'heure pour manger du sucre, murmurait-il avec douceur.
    - Mouchka dit qu'il y a pas d'heures pour le socolat.

    Garrett levait les yeux vers la jeune femme en souriant toujours. Il avait, le temps de cette seconde, perdu sa mine sombre et torturée. Là, il était dans une bulle, dans un rêve dont il ne voulait plus sortir. Quelques images lui venaient à l'esprit. A quoi aurait ressemblé le moment où Anya lui aurait annoncé sa grossesse. L'accouchement, les premières nuits. Il aurait aimé vivre cela avec elle. Viscéralement. Pasha tentait de se redresser dans les bras de son père et posait ses petites menottes sur ses joues avant de jouer avec sa moustache :

    - fa pique tes poils de boufe..
    - C'est pour éviter que les filles m'embrassent, répliquait malicieusement le blond, toi aussi plus tard tu feras pareil.

    C'était au tour de Pasha de rire de ce que venait de dire son père. Garrett venait donc embrasser les joues de son fils avant de le serrer contre lui. Il sentait son coeur se serrer d'un bonheur triste en l'entendant rire. Quelle serait la place de Jasmine dans cette famille ? Ou.. Quelle serait la place de Pasha dans sa vie ? Garrett était une fois de plus perdu. Voyant qu'il était tard, il se leva en le portant toujours et l'emmena jusqu'à son lit de fortune avant d'embrasser le sommet de son crâne afin de laisser sa mère le border. Pendant ce temps, il en profita pour se rendre sur le rebord de la fenêtre qui donnait sur un escalier de service. Assis dessus, il se mit à fumer. Il avait besoin de s'exiler, de penser.

    Dans la pièce d'à côté, il entendait Anya chanter des berceaux russes à Pasha mais n'entendait pas toutes les questions que posaient leur fils. Devait-il s'impliquer auprès de Pasha ? Anya avait été ferme sur le sujet. Elle voulait le protéger et il le comprenait ô que très bien. Mais son désir de passer du temps avec lui, avec elle, se trouvait frustrer à l'idée de devoir mettre une distance. Alors qu'il venait de retrouver son paradis, il devrait y renoncer ? C'était impensable.

    Sa troisième cigarette venait d'être terminée et Anya le rejoignait. Il lui fit une place sur le petit escalier et vint frotter le bras de la jeune femme, qu'il voyait frissonner :

    - Il a tes yeux, dit-il d'une voix blanche, et ton amour pour le chocolat à ce que je vois.

    La ville ne dormait pas autour d'eux. C'était bruyant. Le périphérique était tout près et un bar se trouvait non loin de là. Ils pouvaient entendre les poivrots du coin se battre dans les rues sordides de la ville. Garrett avait de nouveau ce relent ignoble qui lui rappelait Moscou. Il secoua la tête et ne pu s'empêcher d'embrasser la tempe d'Anya en enroulant son corps de son bras histoire de la blottir contre lui :

    - Tu vas réveiller Georgie et je vais t'aider à faire les valises. Il est hors de question que vous dormiez une nuit de plus ici. Je connais un endroit où vous serez à l'abris, dit-il avec douceur avant de vite répliquer de nouveau, je t'en supplie je n'ai pas pitié et je ne cherche pas à t'enfermer. Je veux juste que vous soyez en sécurité et vous ne l'êtes pas. Tu sais que je ne vais pas te lâcher Anya alors tu ne résistes pas ce soir s'il te plaît. Tu laisseras un mot à Alek pour qu'il vous rejoigne. Emmène ton amie Millie si tu souhaites mais suis moi ce soir.


    immarcescible, Posté le dimanche 23 octobre 2022 22:11 Répondre

    Pendant qu'Anya tremblait de froid dans ses bras, Garrett l'écoutait. Son sang se glaçait. Sa colère réapparaissait. Non, sa haine. Il comprenait soudainement mieux qu'elle ne veuille pas le laisser s'approcher d'elle. Comment le pourrait-elle ? Tous abusèrent d'elle. Et il n'était pas là pour la protéger, la sauver. Ses bras la serrait encore plus fort contre lui. Des larmes de fureur envahissait ses joues qu'elle ne pouvait voir quand il embrassait le sommet de son crâne. Aucun son ne s'échappait de ses lèvres. Il en était incapable. Qu'aurait-il pu dire dans de telles circonstances ? Le vent était frais et le froid de l'eau du lac allait les rendre malade. Sans la lâcher, il souleva Anya dans ses bras et la reconduisit jusqu'à la voiture. Là, il la posa sur la banquette et vint lui retirer ses vêtements. Il ne s'agissait pas de lui faire l'amour, juste de la réchauffer. Une fois qu'elle fut en sous-vêtements, il lui donna un énorme plaid qu'il gardait toujours et dans lequel il l'enveloppa avant de dire :

    - Ne bouge pas d'ici.

    Il partit dans les bois quelques minutes avant de revenir. Entre ses bras se trouvaient quelques fagots de bois qu'il allait enflammer pour faire un feu de bois sur la propriété à l'abris sous le saule pleureur qui les protégeraient du vent. Une fois que le feu fut allumé et alimenté, il vint chercher Anya et les vêtements et la porta de nouveau jusqu'au brasier. Assise dans l'herbe, il étendit ses vêtements près du feu et vint ensuite se déshabiller à son tour. Son corps était couvert de cicatrices, de tatouages, comme notamment, ceux des camps ; la vie à la dure, la vie à la soviet avait marqué le corps autrefois jeune et beau de Garrett. Mais là, on pouvait avoir une petite idée de tous les sévices monstrueux qu'il avait pu subir. Mais ça, ce serait une autre histoire, pour un autre soir.

    Il vint ensuite se poser derrière la brune et l'envelopper de nouveau dans le plaid tout en frictionnant ses bras et ses jambes. Il souffla même sur sa nuque pour la réchauffer avant de soupirer désemparé :

    - Je m'en veux tellement.. C'est moi qui t'aies mis entre les griffes de cet homme.. Je n'aurais pas du lui sauver la vie sur ce putain de lac.. J'aurais du.. J'aurais du faire encore mille et une chose Anya.. Pardonne-moi.. Si seulement.. Oui, je sais. Avec les "si" on peut refaire le monde mais j'aimerais tellement t'offrir plus que tout ce que tu as subis. Je suis désolé.

    Le crépitement du bois face à eux et une chouette au-dessus de leur tête hululé. Ils étaient à l'abris de tout et du reste du monde ici. Le blond n'avait pas envie de bouger, de quitter cette bulle si particulière qu'ils s'étaient à nouveau créé. Enfouissant son visage dans son cou, il ne posa pas ses lèvres sur sa peau. Il la respectait trop pour cela. Il était simplement galant et faisait en sorte que son corps réchauffe le sien sans aucune intention malhonnête :

    - Tu as fais tout ce qu'il fallait pour survivre Anya, finit-il par dire, et jamais mon regard ne changera sur toi. Jamais. Tu sais pourquoi ? Parce que je connais ton âme mieux que quiconque et que je sais que tu n'es pas un monstre.

    Avec douceur, ses doigts vinrent faire flancher le menton de la jeune femme pour qu'elle le regarde sur le côté. Ses yeux brillaient dans l'obscurité, l'observait avec une ardente passion qu'il tentait tant bien que mal de mesurer et de garder pour lui. Sa voix était basse, douce mais malgré tout ferme.

    - Plus personne au monde ne te fera du mal Anya Siminiov. Plus personne tu m'entends. Je ne laisserais plus jamais personne de malsain s'approcher de toi, de Pasha, d'Alek et de Georgie. Je suis là, je ne te quitterais plus jamais. Je te le promets. On va aider Alek et Georgie et je vais m'occuper de toi.

    Son front se posait contre le sien quand ses doigts cherchaient les siens. Ils s'accrochaient l'un à l'autre comme pour y rechercher cette énergie si insondable qui leur avaient donné l'énergie nécessaire pour se retrouver. Il savait qu'elle devait réfléchir à toute vitesse surtout qu'il lui avait dit qu'il ne la quitterait plus jamais et qu'il s'occuperait d'elle. Mais il y avait toujours Elena. Son épouse. Cette femme qu'il devait éloigner le plus possible de Anya et du reste de la famille. Mais ça, c'était une question à laquelle il répondrait plus tard. Pour le moment, il devait se concentrer uniquement sur la prunelle de sa vie. Patiemment et avec douceur, il caressa de son pouce la paume de main de la jolie brune tout en reprenant :

    - Je t'en supplie, dis moi quelque chose Anya. J'ai besoin de savoir comment t'aider. J'ai besoin de.. j'ai besoin de savoir que je peux encore t'aider.


    immarcescible, Posté le dimanche 23 octobre 2022 12:35 Répondre

    L'agressivité d'Anya ne correspondait pas à ce qu'attendait Garrett pour ces fameuses retrouvailles. Il avait comme l'impression de déranger la jeune femme dans son quotidien. Il était entrain de bouleverser le monde qu'elle s'était créé et même si elle disait qu'il n'y avait personne dans sa vie, il avait l'impression qu'elle lui cachait quelque chose dont elle n'était pas fière. Le blond ne savait pas vraiment à quoi s'attendre, c'est vrai. En l'espace de vingt quatre heures, toute ses certitudes s'étaient effondrées et son habitude de protection, de douceur avec Anya n'avait visiblement plus lieu d'être. Bien sûr qu'il était fier d'elle, de voir qu'elle avait grandit, de voir qu'elle ne se laissé plus imposer quoi que ce soit, par n'importe qui. Mais Garrett cherchait encore désespérément la jeune femme qui avait pris soin de lui et pour qui son univers entier était uniquement dirigé vers lui. C'était terriblement égoïste, bien entendu, mais il avait besoin de se rattacher à sentiment pour pouvoir espérer qu'elle reviendrait peut-être à lui un jour.

    La remarque concernant Elena n'était pas fausse. Anya avait été la femme de Sacha Belov, pas de Garrett Hedlund. Ici, ils n'étaient légalement rien pour l'un comme pour l'autre. Alors comment reconstruire ce lien avec cette tragédie qui les avaient frappés en plein coeur ? Il savait déjà qu'elle ne le croirait pas s'il lui disait qu'il l'aimait. Et Pasha.. Pasha qu'il avait envie de connaître aussi. Il était vexé qu'elle ne veuille pas qu'il puisse connaître son fils. Il avait l'impression que jamais il ne pourrait effacer ces trois années d'absences et que le mal était là, violent et pernicieux. Pasha était son fils. Pas le leur. Au moins, il savait à quoi s'en tenir lui murmurait sa petite conscience.

    Non pas que ce qu'elle venait de lui dire à propos de son innocence ne l'intéressait pas mais.. mais sa remarque concernant les traumatismes subis par Jasmine l'alerta. Se redressant, il fronçait les sourcils en regardant autour de lui persuadé qu'on les écoutaient ou pire qu'on les épiaient. Les restes du front lui répétait souvent le psychothérapeute. Il vint secouer la tête, pour se retirer ces idées de l'esprit avant de reposer son attention sur Anya et enfin prendre la parole :

    - Comment ça ? Je ne comprends pas.. Tu veux dire que les bleus sur son corps seraient intentionnels ?

    Anya penserait-elle qu'il pourrait porter atteinte à son enfant. Le bleu de ses yeux qui avaient été si doux toute la soirée devenait de nouveau tourmenté. Il se leva, fit les cent pas devant elle en passant nerveusement une main dans sa crinière qui avait bien repoussé :

    - Tu penses vraiment que je serais capable de faire du mal à ma fille ? Que je pourrais la détruire aussi vicieusement ? Je hais Elena, certes, mais pas de là à m'en prendre à Jazzy. Elle n'est qu'une enfant. Elle est innocente Anya.

    Il avait peur. Peur qu'Anya le prenne pour un monstre et pour la vie de sa fille. Heureusement qu'elle était à l'hôpital. Cela lui permettrait de faire le point ce soir avec Elena sur ce qu'elle a pu faire à l'enfant. Mais une autre guerre allait se déclarer et il savait la brune pleinement consciente de cela. Aussi, avait-elle raison de ne pas chercher à s'imposer dans son couple, tant qu'il n'avait pas réglé toutes ces choses là. Au moment où il allait de nouveau répliquer et que la brune aussi allait le faire, Andreï rejoignit l'ex couple marié sur le perron et leur annonça que le dessert était servis. Les deux blackbirds se rendirent dans la cuisine où un gâteau très appétissant les attendaient. Mais Garrett n'avait plus faim. Il ne rêvait que d'une chose, s'enfuir jusqu'à l'hôpital pour s'assurer que sa fille était encore en vie. S'enfuir loin de cette version d'Anya qui semblait le mépriser, autant que s'il avait été un goujat de russe.

    La dernière fois qu'il était venu, il avait tellement bu que Andreï lui avait commandé un taxi. Aussi, sa voiture était encore restée ici. Pour rentrer, ils purent la prendre. Il était tard. Il remercia Tamara et Andreï pour leur accueil et se rendit dans sa voiture. Une petite camionnette chevrolet des années 40 qu'il avait retapé. Elle avait une teinte d'un noir profond et brillant qui lui avait rappelé la couleur des yeux d'Anya. Laissant cette dernière faire ses au revoir à son père et sa belle mère, il se rendit dans la voiture qu'il démarra et attendit qu'elle le rejoigne. Il fumait, assis devant le volant en essayant de se retirer l'image catastrophique de sa fille écrasées par les mains monstrueuses de sa mère. Il devait trouver une solution. Lorsque la brune le rejoignit enfin, il jeta son mégot, fit signe de loin aux Siminiov et partit.

    Anya était à l'opposé de lui sur la banquette. Elle semblait si renfermée qu'il n'osait pas dire un mot. Il n'osait aucun rapprochement de peur qu'elle s'en prenne à lui aussitôt. Pourtant, il profita d'un petit chemin escarpé dans la forêt pour quitter la route principale et conduire à travers les arbres.

    - Tu n'es pas à cinq minute près, dit-il simplement en conduisant concentré sur la route cabossée, je dois te montrer quelque chose.

    Au bout de ce fameux chemin une immense clairière existait avec pour horizon un lac immense qui rejoignait très certainement l'Hudson. Un chantier avait lieu sur ce même emplacement. Garrett sortit de la voiture et fit signe à Anya de l'accompagner. Le sol avait été posé avec les fondations et les murs venaient d'être montés. Il ne manquait que les fenêtres, les portes et le toit. Puisqu'il faisait noir, il avait laissé les phrases de sa voiture allumé pour éclairer l'entrée de la maison. Pour s'assurer que la jeune femme ne tombe pas dans un trou, il prit sa main dans la sienne pour la diriger. Une fois arrivés dans la fameuse maison, il y avait d'immenses baies vitrées qui seraient posées dans le salon et qui donnait sur ce fameux lac qui brillait sous la lune.

    Garrett laissa la jeune femme faire le tour du propriétaire. Un escalier allait être posé pour faire rejoindre l'étage où comporterait les chambres. C'était qu'il expliquait à la jeune femme. Ensuite, il lui montra où se trouverait la cuisine, le salon, le bureau et passa ensuite vers l'extérieur où il précisa :

    - J'avais pensé à un jardin d'hiver. On y aurait mit tout un tas de plantes pour toi avec une banquette où tu aurais pu jouer du violon avec la vue sur le lac.

    Il voyait bien l'étonnement sur la mine de la jeune femme. S'avançant vers elle, malgré la distance qu'elle avait mis entre eux depuis le début de leur rencontre, il ne pu s'empêcher de prendre sa main dans la sienne et de venir y embrasser le poignet avec une extrême douceur avant de répliquer :

    - Tu te souviens.. Tu avais dit avoir rêvé d'une maison au bord d'un lac. Avec nos enfants. Nous aurions été coupé du monde, libre. Alors j'ai voulu créer cet endroit, pour toi. En ta mémoire.

    Le blond expliqua donc avoir trouvé cet endroit un soir qu'il était ivre en sortant du restaurant d'Andreï. Une forme étrange qui lui avait rappelé Anya l'avait conduit jusqu'ici dans cette crique. Il y avait passé toute la nuit encore à boire et à maudire son destin. Le lendemain, il avait cherché ardemment à qui appartenait ce terrain et il le racheta à un vieux monsieur qui était sur sa fin de vie. En effet, deux semaines plus tard, il partait rejoindre sa Mado chérie. Garrett, montra à Anya le petit ponton qu'il avait fait avec le hangar en bas de la petit butte où se trouvait la maison.

    - C'est là que je viens me réfugier pour penser à toi. C'est notre rêve que j'ai essayé de construire, tu sais. Tu ne m'as jamais quitté Anya. Mais je comprends que tu aies besoin que je te laisse. Après tout, tu n'as aucun devoir à mon égard. Tu as ta vie désormais et je n'empiéterais pas dessus. Quand la maison sera terminée, je la vendrais et je t'en donnerais la moitié. Ou tu garderas cet argent pour Pasha.

    Une certaine forme de résignation avait figé le visage de Garrett qui avait pourtant été ému de présenter ce rêve à Anya. Mais il savait pertinemment qu'il ne lui servait à rien de rêver désormais. Anya et Sacha n'existaient plus désormais et il devait l'accepter.

    - J'ai compris que tu avais ta vie maintenant et que.. et que tu voulais protéger Pasha. Je le comprends. Ça fait mal mais je le comprends. Après tout.. nous n'avons jamais eu de réel avenir. Hormis la mort et ce rêve un peu fou de s'enfuir. Mais.. Mais tu ne me dois rien Anya. Je serais ce que tu veux que je sois.


    GAPG, Posté le dimanche 23 octobre 2022 11:05 Répondre

    L'agressivité d'Anya ne correspondait pas à ce qu'attendait Garrett pour ces fameuses retrouvailles. Il avait comme l'impression de déranger la jeune femme dans son quotidien. Il était entrain de bouleverser le monde qu'elle s'était créé et même si elle disait qu'il n'y avait personne dans sa vie, il avait l'impression qu'elle lui cachait quelque chose dont elle n'était pas fière. Le blond ne savait pas vraiment à quoi s'attendre, c'est vrai. En l'espace de vingt quatre heures, toute ses certitudes s'étaient effondrées et son habitude de protection, de douceur avec Anya n'avait visiblement plus lieu d'être. Bien sûr qu'il était fier d'elle, de voir qu'elle avait grandit, de voir qu'elle ne se laissé plus imposer quoi que ce soit, par n'importe qui. Mais Garrett cherchait encore désespérément la jeune femme qui avait pris soin de lui et pour qui son univers entier était uniquement dirigé vers lui. C'était terriblement égoïste, bien entendu, mais il avait besoin de se rattacher à sentiment pour pouvoir espérer qu'elle reviendrait peut-être à lui un jour.

    La remarque concernant Elena n'était pas fausse. Anya avait été la femme de Sacha Belov, pas de Garrett Hedlund. Ici, ils n'étaient légalement rien pour l'un comme pour l'autre. Alors comment reconstruire ce lien avec cette tragédie qui les avaient frappés en plein coeur ? Il savait déjà qu'elle ne le croirait pas s'il lui disait qu'il l'aimait. Et Pasha.. Pasha qu'il avait envie de connaître aussi. Il était vexé qu'elle ne veuille pas qu'il puisse connaître son fils. Il avait l'impression que jamais il ne pourrait effacer ces trois années d'absences et que le mal était là, violent et pernicieux. Pasha était son fils. Pas le leur. Au moins, il savait à quoi s'en tenir lui murmurait sa petite conscience.

    Non pas que ce qu'elle venait de lui dire à propos de son innocence ne l'intéressait pas mais.. mais sa remarque concernant les traumatismes subis par Jasmine l'alerta. Se redressant, il fronçait les sourcils en regardant autour de lui persuadé qu'on les écoutaient ou pire qu'on les épiaient. Les restes du front lui répétait souvent le psychothérapeute. Il vint secouer la tête, pour se retirer ces idées de l'esprit avant de reposer son attention sur Anya et enfin prendre la parole :

    - Comment ça ? Je ne comprends pas.. Tu veux dire que les bleus sur son corps seraient intentionnels ?

    Anya penserait-elle qu'il pourrait porter atteinte à son enfant. Le bleu de ses yeux qui avaient été si doux toute la soirée devenait de nouveau tourmenté. Il se leva, fit les cent pas devant elle en passant nerveusement une main dans sa crinière qui avait bien repoussé :

    - Tu penses vraiment que je serais capable de faire du mal à ma fille ? Que je pourrais la détruire aussi vicieusement ? Je hais Elena, certes, mais pas de là à m'en prendre à Jazzy. Elle n'est qu'une enfant. Elle est innocente Anya.

    Il avait peur. Peur qu'Anya le prenne pour un monstre et pour la vie de sa fille. Heureusement qu'elle était à l'hôpital. Cela lui permettrait de faire le point ce soir avec Elena sur ce qu'elle a pu faire à l'enfant. Mais une autre guerre allait se déclarer et il savait la brune pleinement consciente de cela. Aussi, avait-elle raison de ne pas chercher à s'imposer dans son couple, tant qu'il n'avait pas réglé toutes ces choses là. Au moment où il allait de nouveau répliquer et que la brune aussi allait le faire, Andreï rejoignit l'ex couple marié sur le perron et leur annonça que le dessert était servis. Les deux blackbirds se rendirent dans la cuisine où un gâteau très appétissant les attendaient. Mais Garrett n'avait plus faim. Il ne rêvait que d'une chose, s'enfuir jusqu'à l'hôpital pour s'assurer que sa fille était encore en vie. S'enfuir loin de cette version d'Anya qui semblait le mépriser, autant que s'il avait été un goujat de russe.

    La dernière fois qu'il était venu, il avait tellement bu que Andreï lui avait commandé un taxi. Aussi, sa voiture était encore restée ici. Pour rentrer, ils purent la prendre. Il était tard. Il remercia Tamara et Andreï pour leur accueil et se rendit dans sa voiture. Une petite camionnette chevrolet des années 40 qu'il avait retapé. Elle avait une teinte d'un noir profond et brillant qui lui avait rappelé la couleur des yeux d'Anya. Laissant cette dernière faire ses au revoir à son père et sa belle mère, il se rendit dans la voiture qu'il démarra et attendit qu'elle le rejoigne. Il fumait, assis devant le volant en essayant de se retirer l'image catastrophique de sa fille écrasées par les mains monstrueuses de sa mère. Il devait trouver une solution. Lorsque la brune le rejoignit enfin, il jeta son mégot, fit signe de loin aux Siminiov et partit.

    Anya était à l'opposé de lui sur la banquette. Elle semblait si renfermée qu'il n'osait pas dire un mot. Il n'osait aucun rapprochement de peur qu'elle s'en prenne à lui aussitôt. Pourtant, il profita d'un petit chemin escarpé dans la forêt pour quitter la route principale et conduire à travers les arbres.

    - Tu n'es pas à cinq minute près, dit-il simplement en conduisant concentré sur la route cabossée, je dois te montrer quelque chose.

    Au bout de ce fameux chemin une immense clairière existait avec pour horizon un lac immense qui rejoignait très certainement l'Hudson. Un chantier avait lieu sur ce même emplacement. Garrett sortit de la voiture et fit signe à Anya de l'accompagner. Le sol avait été posé avec les fondations et les murs venaient d'être montés. Il ne manquait que les fenêtres, les portes et le toit. Puisqu'il faisait noir, il avait laissé les phrases de sa voiture allumé pour éclairer l'entrée de la maison. Pour s'assurer que la jeune femme ne tombe pas dans un trou, il prit sa main dans la sienne pour la diriger. Une fois arrivés dans la fameuse maison, il y avait d'immenses baies vitrées qui seraient posées dans le salon et qui donnait sur ce fameux lac qui brillait sous la lune.

    Garrett laissa la jeune femme faire le tour du propriétaire. Un escalier allait être posé pour faire rejoindre l'étage où comporterait les chambres. C'était qu'il expliquait à la jeune femme. Ensuite, il lui montra où se trouverait la cuisine, le salon, le bureau et passa ensuite vers l'extérieur où il précisa :

    - J'avais pensé à un jardin d'hiver. On y aurait mit tout un tas de plantes pour toi avec une banquette où tu aurais pu jouer du violon avec la vue sur le lac.

    Il voyait bien l'étonnement sur la mine de la jeune femme. S'avançant vers elle, malgré la distance qu'elle avait mis entre eux depuis le début de leur rencontre, il ne pu s'empêcher de prendre sa main dans la sienne et de venir y embrasser le poignet avec une extrême douceur avant de répliquer :

    - Tu te souviens.. Tu avais dit avoir rêvé d'une maison au bord d'un lac. Avec nos enfants. Nous aurions été coupé du monde, libre. Alors j'ai voulu créer cet endroit, pour toi. En ta mémoire.

    Le blond expliqua donc avoir trouvé cet endroit un soir qu'il était ivre en sortant du restaurant d'Andreï. Une forme étrange qui lui avait rappelé Anya l'avait conduit jusqu'ici dans cette crique. Il y avait passé toute la nuit encore à boire et à maudire son destin. Le lendemain, il avait cherché ardemment à qui appartenait ce terrain et il le racheta à un vieux monsieur qui était sur sa fin de vie. En effet, deux semaines plus tard, il partait rejoindre sa Mado chérie. Garrett, montra à Anya le petit ponton qu'il avait fait avec le hangar en bas de la petit butte où se trouvait la maison.

    - C'est là que je viens me réfugier pour penser à toi. C'est notre rêve que j'ai essayé de construire, tu sais. Tu ne m'as jamais quitté Anya. Mais je comprends que tu aies besoin que je te laisse. Après tout, tu n'as aucun devoir à mon égard. Tu as ta vie désormais et je n'empiéterais pas dessus. Quand la maison sera terminée, je la vendrais et je t'en donnerais la moitié. Ou tu garderas cet argent pour Pasha.

    Une certaine forme de résignation avait figé le visage de Garrett qui avait pourtant été ému de présenter ce rêve à Anya. Mais il savait pertinemment qu'il ne lui servait à rien de rêver désormais. Anya et Sacha n'existaient plus désormais et il devait l'accepter.


    immarcescible, Posté le mardi 18 octobre 2022 20:58 Répondre

    Assis auprès d'Anya et à dévorer les plats succulents de Tamara et Andreï, Garrett ne l'aurait jamais cru possible. Si ses mains étaient occupées à le faire engloutir toute la nourriture possible, son regard ne pouvait s'empêcher de contempler le profil encore perturbé et longueur de la belle brune. En même temps, il y avait de quoi. Garrett venait de réapparaitre et son père soit-disant mort aussi. Cela ne l'aurait pas choqué de la voir littéralement piquer une crise d'hystérie. Lorsque le plat fut terminé, les deux russes partirent en cuisine. Tamara ne cessait de contempler la fille de son époux dont elle avait tant entendue parler. Ils lui avaient expliqué qu'ils s'étaient connus en Bulgarie quand il avait été envoyé dans les camps. Andreï n'avait pas encore évoqué qui l'avait vendu aux Soviétiques mais tout le monde savait, tacitement, qu'il s'agissait de Katarina.

    Une fois seuls, Garrett allait évoquer à la jolie brune ce qu'il avait sur le coeur mais elle le prit de court. Les sourcils froncés, il l'observait sans dire un mot. Après tout, il était rare que Anya s'épanche autant et il devait apprendre à connaître cette autre femme qui n'était plus la sienne. Elle semblait si différente et pourtant si identique. En vrai, Garrett était encore plus charmé de voir quelle courageuse femme elle était devenue. Elle l'avait toujours été mais son courage lui donnait une aura qui l'impressionnait et l'intimidait même :

    - Anya. Je n'ai jamais fait le deuil de toi, de nous. Si j'ai survécu c'était parce que j'avais ce mini-espoir de pouvoir te retrouver un jour et te dire que je vais bien et que tu n'es en rien responsable.

    Mais cela ne semblait pas suffire. Il savait dores et déjà qu'il allait devoir être plus loquace. Chose toujours aussi difficile pour le blond qui vint essuyer sa barbe encore remplie de sauce du boeuf strogonov. Il se décala lentement, de sorte à être face à elle même s'il n'osait pas poser ses prunelles dans les siennes :

    - Je sais que tu fais référence à Elena. Cette famille que j'ai construite. Ou du moins.. qu'on m'a forcé à construire. Anya.. Elena est tombé enceinte après un soir de beuverie c'est tout. Elle a ensuite exigée que je l'épouse. Je n'ai pas refusé, je te l'accorde mais je te croyais définitivement perdue. Je pensais faire une bonne action en l'épousant, me disant que peut-être j'arriverais à faire les choses bien pour une fois et.. et Jazzy est arrivée. Si douce, si adorable je..

    Il sentait bien qu'il s'emballait et qu'il allait heurter Anya. Il y avait Pasha désormais dans l'équation mais il se sentait comme un étranger pour ce petit bout qui était pourtant la chair de sa chair. Ses prunelles se redressaient enfin vers la brune quand ses doigts venaient chercher les siens :

    - Je ne sais pas ce qu'il faut faire. Je n'ai même pas parlé de toi à Elena. Elle ignore tout de nous et il vaut mieux que cela reste secret. Je ne suis pas certain que pour votre sécurité et votre tranquillité d'esprit il soit judicieux que je parle de mon passé. Elle ne sait rien de moi si ce n'est que je suis un soldat qui s'est battu contre les allemands.

    Avant même qu'elle ne vienne à s'échapper de ses mains, il la retint et prit fermement son menton entre ses mains pour la regarder dans les yeux sans qu'elle puisse prendre la fuite. Sa douceur n'était pas des plus pertinente, il ne savait plus faire. Pourtant, il faisait malgré tout attention à ne pas trop la brusquer et ses yeux exprimaient ce mélange de chagrin et de résignation. Comment pouvait-il lui parler de Elena, de qui elle était, de ce qu'elle représentait sans la heurter :

    - Je sais que tu vas vouloir me fuir et m'ignorer pour ce que je viens de dire mais si il y a bien une certitude que je peux avoir Anya Siminiov Hedlund c'est qu'il est hors de question que tu quittes ma vie maintenant que je t'ai retrouvé tu m'entends ? Je vais trouver une solution. Mais tu dois me faire confiance.

    Il allait répliquait de nouveau mais Andreï et Tamara surgirent de la cuisine avec d'innombrables desserts. Garrett n'était toujours pas rassasié même après tout ce qu'il avait mangé. En soi, il s'agissait d'une soirée douce où Andreï illuminait par sa joie. Sa fille était près de lui et sa nouvelle épouse aussi. Il ne lui manquait plus que Alek et l'émotion le gagna en pensant à lui et au petit Pasha qui était son petit fils. Il fit promettre à sa fille de venir le plus rapidement possible pour qu'il puisse rencontrer tout le monde et demanda même à Anya :

    - Tu veux bien me revoir Aneschka ?

    Au même moment, Garrett sut qu'il devait tranquille le père et la fille. Il prétexta avoir besoin de fumer à l'extérieur, ce qu'il fit. Assis sur les marches du perron du restaurant, il essayait de faire le tri dans ses pensées et de trouver une solution pour concilier le tout. Elena ne laisserait jamais en paix Anya et elle lui retirerait Jasmine sans aucune concession si jamais il la quittait. Comment expliquer cela à Anya sans la blesser ? Et devait-il trahir ses convictions et son amour pour la russe ? Plongé dans ses pensées, il ne l'entendit pas arriver derrière lui. Lorsqu'elle se posa à ses côtés, il reprit d'une voix douce :

    - Je suis tellement impressionné Anya. Si tu savais à quel point je le suis.. Tu as sauvé ta vie et celle de notre famille. Tu as tenu ta promesse quand je n'ai pas su vous protéger. Je sais que tu crois que je me sens redevable mais c'est faux. J'aimerais tellement pouvoir te rejoindre sans me soucier de rien mais.. mais il y a Jasmine. Je ne peux pas.. Je ne peux pas l'abandonner, tu comprends ?


    immarcescible, Posté le lundi 17 octobre 2022 10:25 Répondre

    New York, Central Park
    1946

    Le choc de ces dernières vingt quatre heures avait totalement ébranlé Garrett. Lui qui avait été sans réelle émotion depuis son retour, hormis en présence de Jasmine, ne savait pas vraiment comment gérer ses émotions. Tout son corps ne demandait qu'à toucher celui d'Anya. Pas d'un point de vue sexuel. Non. Juste la toucher pour s'assurer qu'elle n'était pas une fois de plus, l'une de ses visions. Et Pasha.. Pasha. Jamais il n'aurait pu croire que dans ce froid polaire, dans le monde chaotique de la guerre avait pu naître une preuve de leur amour. Car si certains auraient pu douter de la filiation de cet enfant, lui y croyait. Il n'y avait qu'à voir sa démarche, ses boucles blondes qui étaient les mêmes de Jasmine et ce sourire. Ses yeux qui n'était autre que ceux d'Anya.

    Le son de la voix de la jeune femme lui parvenait et les mots qu'elle disait l'inscrivait dans un trouble encore plus violent. Georgina, Alek.. Tout le monde avait été en vie. Alors pourquoi ne les avaient-ils pas trouvés ?

    - Vous.. Vous avez utilisés d'autres noms en arrivant ici ? Je.. Je ne vous ai pas retrouvés. Dans aucun registre à mon arrivée. J'y ai passé des nuits entières. Des mois entiers et je ne vous ai pas trouvé.

    Cela pouvait sonner comme un reproche mais ce n'était pas le cas. Il essayait juste de comprendre. Pasha appelait sa mère en lui faisant un petit signe au loin pour qu'elle le regarde descendre le toboggan comme un grand. Ce petit garçon plein de vie était un trouble certain pour le jeune père qui avait encore quelques flashs d'horreurs de la guerre et de ce qu'il avait subit. Mais encore, de tous les secrets qui le liait encore à l'Union Soviétique.

    - Nous devons discuter de tout ça Anya. Je.. Je.. Concernant Elena et Jasmine.. Tu.. Bon sang, j'ai l'impression de vivre un cauchemar.

    Sa main tremblait alors qu'il cherchait son paquet de cigarettes dans sa poche de veste. Il réussit avec beaucoup de difficultés à allumer sa cigarette avant de tirer longuement le poison enfumé entre ses lèvres. En quelques inspirations, il l'avait finis et il reprit :

    - Est-ce que tu aurais un moment de libre dans la soirée ? Pour qu'on.. pour qu'on discute ? Je dois me rendre au travail ce matin et cet après-midi je reviendrais voir Jasmine. Mais je veux discuter avec toi de.. de tout ça. J'ai tellement.. J'ai tellement de choses à te dire.

    Comme il savait qu'il avait un tas de choses à entendre d'elle. Une légère fit virevolter l'écharpe autour du cou d'Anya qui dégagea son parfum. Cette fragrance qu'elle avait toujours eu, même dans le plus terrible et inquiétant chaos de la guerre. Il levait ses prunelles sur elle et la contemplait avec une lueur triste dans le regard. Il voyait bien qu'elle était prête à pleurer. Sans qu'il puisse se retenir, il prit sa main dans la sienne et serra aussi fort que possible ses doigts dans les siens avant d'embrasser son poignet. Son autre main se posait sur sa joue alors qu'il murmurait faiblement :

    - Un jour tu m'as dis : "nous, on doit se battre pour notre vie. Tu es ma guerre, ma plus belle bataille Garrett". Je l'ai tenu comme un mantra toutes ces années loin de toi tu sais. J'ai.. Malgré tout ce que j'ai vu, enduré, j'ai toujours espéré. Tu m'as sauvé de bien plus de manière que tu ne le crois.

    Son front se posait contre le sien. Il sentait le souffle de la jeune femme sur son visage. Son corps bouillonnait d'électricité, de rage, d'amour et de tristesse. L'un comme l'autre semblaient s'agripper mutuellement, comme deux noyés qui cherchaient leurs bouées. Il murmurait le prénom de la jeune femme, telle une prière, tel un mantra qui fut cependant rompu par un Pasha mécontent ou inquiet. Il vint s'interposer entre les deux et vint fusiller du regard son père :

    - Eh ! Perfonne ne toufe à mamouchka. Fé la mienne à moi tout feul.

    Et pour affirmer son autorité, il vint grimper sur les genoux de sa mère et la couvrir de baisers. Garrett était fier de ce petit bonhomme qui l'ému et lui arracha un doux sourire. Avec douceur, il caressa la tête blonde du petit blond et reposa ses prunelles d'un bleu plus tranquille vers Anya :

    - Ce soir je viendrais te chercher à l'hôpital. Nous irons dîner dans un endroit tranquille.

    Son ton de voix était de nouveau celle de l'autoritaire militaire qui prenait les choses en main. Il réajusta sa cravate et salua Pasha qui restait collé à sa mère comme un panda à sa branche. Garrett se levait et saluait la mère et le fils avant de donner à son enfant une pièce d'un dollar pour s'acheter des bonbons ce qui sembla ravir le bonhomme.

    - Ce soir à vingt-heure, disait-il une nouvelle fois à Anya pour s'assurer qu'elle serait là, à l'hôpital.

    Le soir même, en effet, à vingt heures, il attendait la brune devant l'entrée de l'hôpital. Sa mine était épuisée, ses yeux cernés. Il n'avait pas dormi depuis vingt quatre heures et il fumait beaucoup. Beaucoup trop. Il était neveux, comme s'il s'agissait de son premier rendez-vous. Or, il s'agissait d'un premier rendez-vous avec son passé. En attendant la jeune femme, il ne pouvait s'empêcher de repenser à elle sur le banc plus tôt dans la journée. Il n'avait pas pris le temps de s'en rendre compte, mais maintenant qu'il le prenait, il se remémora la beauté de son visage, la finesse de son corps qui n'avait pas, semblait-il, bougé avec la grossesse. Malgré cette profonde tristesse, Anya était encore plus belle que dans son souvenir et cela le troublait d'autant plus. De nouveau, le trouble qu'il ressentait depuis toujours pour la jeune femme ne pouvait s'effacer. Bien sûr que non puisqu'il s'agissait d'Elle. De son âme soeur. Mais alors qu'il fumait toujours et qu'il réfléchissait, il entendit la voix douce et chaleureuse de la jeune femme en question. Vite, il se redressa et jeta son mégot avant de repasser sa main dans sa crinière désordonnée. Elle avait l'air aussi anxieuse que lui, ce qui le rassurait un peu dans un sens :

    - J'ai cru que tu ne viendrais pas, dit-il avec un faible sourire, tu.. tu es.. tu es prête ?

    Ils marchaient dans New York l'un à côté de l'autre. Garrett se croyait dans un rêve qui ne prenait pas fin. Pourvu qu'il ne prenne pas fin. Il l'emmena à la station de taxi et ils en prirent un. Après l'avoir fait monté, il vint s'asseoir à côté d'elle. Il donna l'adresse qui était en dehors de la ville, tout près de la campagne et laissèrent le chauffeur rouler. Le trajet fut silencieux. Il ne savait pas quoi lui dire, surtout que le chauffeur de taxi allait écouter. Il n'avait pas envie de parler de la guerre, ni de rien qui leur rappellerait le passé. Il voulait juste la contempler, ce qu'il fit alors que ses doigts caressaient distraitement les siens.

    Au bout de vingt minutes de trajets, ils arrivèrent en lisière de la forêt. Une forêt épaisse et généreuse qui recouvrait les hauteurs de la ville. Un petit restaurant de route, atypique et peu conventionnel les attendaient. Il y avait un peu de monde mais cela restait intimiste. Garrett était nerveux. Non. Il avait peur. Il savait que cela faisait beaucoup pour Anya et il avait peur de la fin de cette soirée. Peur que cela la détruise encore plus. De manière galante, il l'aida à sortir de la voiture et vint lui tendre son bras avant de l'entraîner à l'intérieur.

    - Pasha est un petit garçon protecteur. Il doit tenir ça de moi, non ? J'espère qu'il n'a pas autant de zèle avec ton compagnon..

    Une manière détournée de savoir si elle avait quelqu'un dans sa vie. Après tout, elle en aurait bien eu le droit. Lorsqu'il ouvrit la porte, il la laissa entrer en premier et une femme d'un certain âge vint le saluer chaleureusement en lui parlant russe. Il la salua affectueusement et la présenta à Anya avec beaucoup d'émotion :

    - Tamara.. Voici Anya..
    - A.. Anya..? Anastasya ? La.. La Anya ? Comme tu es belle.. Comme tu es belle.. Encore plus même que ce qu'il m'a dit.

    Tamara portait ses mains à ses lèvres en contemplant la jeune femme derrière Garrett avec une émotion certaine. Très affectueuse, elle vint prendre la jeune fille dans ses bras quand elle pleurait toutes les larmes de son corps. Le blond souriait doucement car il se doutait bien que sa compagne ne comprenait pas.

    - Je.. Je.. Je reviens.. Je vais prévenir la cuisine.

    Garrett acquiesça en la remerciant avant de poser une main réconfortante sur le bas du dos de la jeune femme. Vite, il posa sa main sur la joue de la jeune femme et lui ordonna de le regarder. Il caressait la peau si douce de sa joue quand son corps entier ne demandait qu'à fondre sur ses lèvres :

    - Je sais que j'avais dit qu'on discuterais mais.. mais je ne pouvais pas attendre plus longtemps.

    Au même moment surgit Andreï, le père d'Anya au pas de la porte de la cuisine. Il portait un tablier autour de ses hanches et un chiffon entre ses mains. Il avait vieillit, beaucoup vieillit mais gardait malgré tout une forme certaine. En se trouvant devant sa fille, il eut lui aussi un choc. En russe, il murmura le prénom de son enfant avant de s'approcher lentement. Garrett laissa Anya s'approcher à son tour tout en gardant un oeil sur ses émotions. Mais le père n'attendit pas longtemps. Vite, il vint prendre sa fille entre ses bras quand des larmes de réconfort le secouèrent. Tamara observait avec émotion au loin la scène tout en sortant des coupes et une bouteille de champagne pour fêter ces retrouvailles hors du commun.

    Pologne, Front de l'Ouest
    1944

    Karazov fut obligé de se voir retirer Garrett. Visiblement, ce dernier avait encore quelque connaissances qui eurent pitié de lui. Pour le ramener sur le droit chemin et parce que les russes mourraient comme des mouches sur le champ de bataille, ils l'envoyèrent dans un bataillon disciplinaire. Ce bataillon n'était autre que l'infanterie qui attaquait et s'assurait de la stabilité du terrain quand les officiers arriveraient. Autrement dis, ils avaient encore plus de chances de mourir. Une punition qui convenait parfaitement au blond qui pouvait envisager plus aisément une nouvelle évasion. Mais la survie sur le terrain était tout autre que lors d'un siège et ça, il ne l'avait pas encore expérimenté. Ses compétences avaient été largement salué et grâce à ses tactiques militaires, son petit groupe de cent hommes était plus actif que cinq cent. Il y avait part de lui qui était dégoutée de devoir encore se battre pour les soviétiques. Mais sa soif de survie était plus forte encore, et l'espoir de Karazov aie mentit, l'empêchait de sombrer.

    En effet, au fond de lui, il espérait que la manipulation psychologique de l'horrible geôlier n'aie été qu'un mensonge. Anya n'aurait jamais pu le vendre, il le savait au fond de lui. Malgré le peu qu'ils avaient vécu, il savait que jamais elle ne l'aurait trahi et une part de lui savait qu'elle était encore en vie. C'était ça, le fond de sa quête.

    Son espoir reprit vigueur lorsqu'un matin, alors qu'il surveillait le camp, ce dernier fut attaqué par des soldats rebelles allemands. Du moins, ce qu'il prenait comme des soldats rebelles allemands. Car en vérité, il s'agissait de soldats russes qui se rebellaient contre le régime soviétique. La bataille dura une heure. Elle fut rapide mais assez violente. Garrett n'avait pas été touché, mais il était couvert de sang. Il faisait l'inventaire de ses hommes encore en vie et remarqua dans la foule des rebelles un visage particulier et surtout, le nom qu'il chuchotait : celui de son épouse.

    Il repoussa les cadavres qui le recouvraient et nettoya son visage ensanglanté en lui ordonnant d'ouvrir les yeux. Le prisonnier était vieux, mais on sentait qu'il avait été un homme vigoureux. Garrett le redressa et observa ce visage qui lui rappela celui d'Alek. Cette coïncidence mêlé au prénom de Anya le perturbait. Il secoua l'homme de nouveau et vérifia ses blessures avant de faire un gareau :

    - Ton nom camarade, ordonnait-il.
    - Laisse moi mourir en paix.
    - Non. Ton nom camarade.
    - Andreï Siminiov. Général Andreï Siminiov bâtard de camarade.

    C'était un espoir bien trop grand pour que Garrett puisse désormais baisser les bras. Un sourire puis un rire de joie non contenue s'échappa de ses lèvres. Une joie sincère qui semblait perturber le vieil homme qui souffrait le martyre.

    - Finissons-en, murmurait-il faiblement, achève-moi.
    - Oh que non. Je peux vous assurer Général que vous n'allez pas mourir maintenant. Parce qu'il y a quelqu'un qui vous attend de pieds ferme vous pouvez me croire. Et elle n'aime pas être déçue.


    immarcescible, Posté le mercredi 12 octobre 2022 20:11 Répondre

    New-York
    mars 1947,

    L'état de Jasmine était stable. D'après les médecins elle allait bien. Quand Garrett fut sortit sans aucune douceur de la chambre d'Anya, il rejoignit sa fille. Il était encore troublé, apeuré et perdu par la rencontre qu'il venait de faire. Anya était toujours en vie. Il avait eu beau faire quelques recherches, il ne l'avait cependant pas retrouvé dans les papiers officiels. Dans aucun registre. Il n'avait pas assez cherché. Mais la culpabilité devrait attendre car pour le moment l'état de sa fille lui demandait toute sa présence. Elena dormait dans un coin de la chambre quand Jasmine était entubée, il souffrait de voir sa petite fille dans cet état. Il vint s'asseoir près d'elle et caresser sa petite chevelure toute bouclée et toute blonde. Comment allait-il continuer à survivre alors qu'Anya avait de nouveau surgit dans sa vie ?

    Il resta à l'hôpital jusqu'au matin. Toute la nuit il l'avait passé au chevet de Jasmine ou à la machine à café à surveiller les visages des médecins pour essayer de retrouver la brune. Mais elle avait du disparaître. Sur tous les registres il l'avait cherché mais jamais il ne vit son nom et son prénom. Cela l'étonnait toujours autant.

    Les médecins gardèrent Jasmine pour encore quelques jours car ils semblaient inquiet en voyant les bleus qu'elle avait. Garrett expliqua que son épouse ne voyait rien et qu'elle supposait que la petite se cognait beaucoup mais l'oeil suspicieux des médecins lui confirmèrent que ce n'était pas normal. Aussi, valait-il peut-être mieux que la petite soit en effet, en sécurité le temps qu'il s'assure qu'elle ne soit pas en danger chez elle. Elena était partie tôt. Elle avait ruminé avoir passé une mauvaise nuit et avait pris la voiture pour rentrer. Garrett s'en fichait, il l'avait juste ignorée. Après avoir prévenu les bureaux de la base qu'il ne viendrait pas travailler le jour même il alla manger un bout. Il devait reprendre des forces. Le fait de ne pas quitter l'hôpital était pour s'assurer que Jasmine allait mieux, mais aussi espérer recroiser Anya.

    Il se sentait si seul. La même sensation qui l'avait autrefois étreinte en Russie et qui avait disparu lors de sa rencontre avec la belle brune. Les médecins lui conseillèrent d'aller prendre l'air. Rester à stagner ainsi ne l'aiderait en rien. Alors, il écouta ce sage conseil et se rendit dans le parc le plus proche sans savoir qu'il rencontrerait par le plus pur des hasards la brune. Il était assis sur un banc quand le rire d'un enfant lui vint aux oreilles. Il y avait tellement de joie dedans que cela attira son attention. Très vite, le petit enfant blond fut rejoint par son ange à lui. C'était un mirage. Un rêve. Un non sens. Il fallait qu'il se réveille.

    Ses yeux piquaient, près à pleurer. Mais il su se contenir et laissa la scène se dérouler devant ses yeux. Anya avait refait sa vie. Elle avait un enfant. Pourquoi cela détruisait-il son âme autant alors que c'est tout ce qu'il avait espéré pour elle. Il ne pu s'empêcher de les suivre jusqu'à la fameuse petite bicoque qui faisait des gaufres. Il avait besoin de s'assurer qu'il s'agissait d'elle, qu'il ne s'était pas trompé l'autre soir. En entendant son anglais si doux avec cet accent léger il ne pu que confirmer son mirage. Il ferma les yeux, prêt à chanceler et tout détruire à cause de cette ignoble injustice qui les prenaient quand finalement se retrouva devant eux.

    Le petit garçon le hélait ce qui le surpris. Mais pas autant que la moue d'Anya qui revenait rapidement près de son enfant. Comme si l'inconnu qu'il était pourrait lui voler son bien le plus précieux. Garrett était dans son monde, pris entre deux rêves, aussi, il n'entendit pas totalement les mots du petit homme blond qui se blottissait contre sa précieuse mère. Ce qu'il comprenait ô que très bien. Comme il avait espéré, tant prié de pouvoir se blottir de nouveau contre elle. Au loin, des enfants jouaient avec des pétards. Il ferma les yeux en essayant de faire le tri dans ses pensées, mais il n'entendait rien de la demande d'Anya. Tout s'embrouillait dans son esprit. Il devait souffler, se concentrer et ne surtout pas exploser ici en public. Si son corps été dans le présent, son esprit lui était encore pris dans la tourmente de ses traumas.


    Quelque part en Russie
    1944

    Attaché au mur, Garrett attendait la prochaine torture. Sa dernière tentative de suicide aurait pu être un succès si Karazov ne l'avait pas reconnu en passant le portail. Le blond en était à sa dix-septième tentative mais il se faisait prendre à chaque fois. Et à chaque fois, Karazov se faisait un vrai plaisir à lui rappeler son bon souvenir. Pas un centimètre du dos de Garrett n'avait été marqué par des fers, fouetté, charcuté par les ustensiles du tortionnaire. Il lui avait arraché les ongles, fais tenir la tête en bas pendant des jours ou l'avait pendu par les bras lui créant des déchirures musculaires. Le blond était dans un sale état et cela ne faisait qu'un an. Il allait mourir ici, telle une bête. C'était ce que lui murmurait sa mauvaise conscience pour lui rappeler encore une fois qu'il avait faillit et que c'était tout ce qu'il méritait après tout : mourir.

    Mais impossible tant que le seigneur dieu Karazov ne l'y autorise. Il avait assassiné sa femme, sa famille mais ça ne suffisait pas. Il connaissait mieux que lui-même la vie de l'américain. Lui-même ne savait plus qui il était. Garrett Hedlund, le jeune homme plein d'idéaux qui avait fuit avec ses parents jusqu'en URSS pour vivre le rêve soviétique et qui était soit-disant mort tombé d'un train ? Non, non, non. Il n'était plus lui. Alors, il était Sacha Belov le soldat de l'armée rouge, qui s'était vigoureusement battu qui aimait lire et qui avait une famille. Une épouse. Non, non plus. Pourtant, il y avait bien une chose dont il était certain, c'était qu'il avait été le mari d'une fée. L'époux d'Anya Siminiov et quelle lui manquait viscéralement depuis tout ce temps.

    Mourir était pour lui la seule possibilité de la rejoindre. Pourquoi ne lui laissaient-ils pas l'autorisation ? Il n'avait rien à apporter à son tortionnaire et pourtant il continuait encore et encore à se servir de lui. De le déshonorer et de le torturer.

    Karazov se faisait attendre, Garrett n'en était pas impatient. Lorsque ce dernier arriva, toujours vêtu de son costume gris terne, il ne pu s'empêcher de détourner la tête. Son oeil tuméfié le faisait souffrir quand la lumière du jour l'aveuglait.

    - Alors Belov. Encore une tentative échoué ? Je vais vraiment commencer à croire que tu aimes nos retrouvailles. Je me trompe ?

    S'agenouillant devant son prisonnier, le vieil homme souriait visiblement satisfait de l'homme qui se trouvait face à lui. Et ce n'était ni la détresse, ni la souffrance, ni l'horreur de son corps qui saurait émouvoir ce monstre. Rien ne le pourrait. En plus de la torture physique, il aimait celle de la psychologie. Il aimait rabâcher des horreurs à son hôte, lui détruire encore et toujours son âme avec des mensonges, des doutes. Il était le diable devant lequel Garrett ne cédait.

    - Tu sais, dit-il en anglais, un jour tu partiras d'ici. Et tu me manqueras. Mais tous nos moments ensemble seront non seulement gravé dans ta mémoire mais aussi ta peau. Tu seras toujours à moi Garrett, toujours.

    Le vice qui séjournait chez cet homme n'horrifiait plus le blond. Il en était tellement habitué qu'il n'y faisait plus vraiment attention. Pour le moment, il se contenta seulement de respirer, de prendre le plus de souffle possible pour en finir. Les chaînes qui venaient d'être enchainées à es poignets venaient se resserrer entre ses mains et alors avec le peu de force qu'il lui restait, vint faire tomber son bourreau avant de l'étouffer entre ses chaînes. S'il n'avait pas tant fait de bruit, il l'aurait tué, là de sang froid. Mais les gardes entendirent le bruit et vinrent sauver leurs chefs avant qu'il ne puisse achever sa mission. La crosse du fusil cogna sa tête et il tomba dans le néant.


    New York,
    mars 1947,

    - Sieur.. Sieur.. T'veux ma gaufre ?

    La main du petit homme s'accrochait à celle de Garrett. Il sortit de son trouble avec surprise et contempla le petit garçon qui souriait. Il ne comprenait pas et releva son visage vers Anya dont il voyait qu'elle souffrait le martyre en silence. Lentement, il vint s'asseoir sur le banc et posa le bonhomme près de lui en piquant un bout de gaufre après lui avoir rendu. Tous les deux, ils se regardaient, se jaugeaient du regard alors que la brune restait face à eux, impassible :

    - Pasha.. Pasha.. C'est un très beau prénom tu sais, murmurait enfin Garrett, tu.. tu as quel âge ?
    - Ze sait que dire fur mes doigts..

    Les doigts pleins de chocolat, il vint montrer trois doigts à Garrett qui blêmit avant de remonter son visage vers celui d'Anya. Il avait envie de pleurer. Il ne comprenait plus rien. Était-il son fils ? Leur enfant ? Sa main agrippait le dossier du banc quand le petit garçon demanda au grand son prénom.

    - Je.. Je m'appelle Garrett..
    - Comme mon papa ! Mouchka, demandait-il à sa mère, ze peux zouer encore au tobofan ?

    Il donna sa gaufre à celui qui était son père qui prenait sans aucune mesure la situation. Son regard ne quittait pas la petite démarche encore bancale de son fils. Il y reconnaissait la nuque de Jasmine avec ces cheveux blond d'ange. Mais l'était-il vraiment ? Anya s'asseyait près de lui et il mourrait d'envie de hurler, de la prendre contre lui, de réagir tout simplement. Il avait l'air si perdu, si pitoyable avec cette gaufre à moitié croquée dans les mains. Lentement, il renoua son attention vers la brune et la contempla en demandant apeuré :

    - Est-ce que.. est-ce qu'il.. Anya..


    immarcescible, Posté le dimanche 09 octobre 2022 21:04 Répondre

    New-York
    mars 1947,

    La journée avait été éreintante. Garrett rentrait du travail avec une migraine atroce. Les pleurs de Jasmine l'inquiétait plus qu'ils l'incommodait. Elena n'était pas avec elle. Elle téléphonait dans la cuisine, renfermée. Il ne prit même pas la peine de retirer son manteau, ni de saluer son épouse. Il se contenta de monter directement à l'étage sans être surpris que son épouse ne l'entende pas. Pourtant, cela devrait l'inquiéter de savoir que n'importe qui pouvait entrer dans la maison sans qu'elle s'en rende compte.

    Jasmine pleurait à chaude larmes. Ses joues étaient toutes rouges et ses cris déchiraient le coeur de Garrett. En voyant son père, la petite qui avait à peine quelques mois, l'implora du regard. La prenant dans ses bras, il essaya de la réconforter en la berçant et couvrant son front de baisers mais cela ne semblait pas suffire. Elle pleurait toujours et son front était brûlant. Il rageait intérieurement car sa mère ne semblait pas du tout opérationnelle et semblait se délester de leur fille.

    Pourtant, c'était elle qui avait tant tenu à ce que Garrett soit le père et qu'il soit présent. Il revoyait nettement le soir où elle l'avait dragué dans un bar, la collègue du travail, qu'il avait sauvagement culbuté contre un des murs du bar avant de lui payer un autre verre. Ce qui ne devait être qu'un acte mécanique, sans conséquence, le conduisit à l'imprévu le plus total. En effet, jamais il n'aurait pensé que quelques mois plus tard elle apparaisse dans son bureau et exige qu'il l'épouse. Il lui en avait voulu, comme il s'en était voulu d'être tombé dans le piège. Mais à la naissance de cette petite blonde aux yeux bleu, son coeur si dur et sec s'était de nouveau attendri.

    Mais pour le moment, il était affolé de voir que la température de sa fille ne faiblissait pas. Il devait l'emmener à l'hôpital d'urgence. L'enroulant dans son épaisse couverture de laine, il descendit. Enfin Elena surgit et demanda ce qui se passait :

    - Ta fille hurle dans la chambre et elle est bouillante ! Ma parole tu n'es qu'une irresponsable.
    - Arrête de me hurler dessus Garrett Hedlund. Elle fait juste une comédie une fois de plus.
    - C'est un bébé ! Un bébé, tu comprends ça ?

    Il était excédé par le comportement si ignorant et dangereux de son épouse. N'attendant pas sa réponse, il se contenta de braver la pluie avec Jasmine dans les bras pour la conduire rapidement jusqu'à la voiture. Elena vint rapidement les rejoindre mais il n'en dit rien. Il préférait conduire en se concentrant pour ne pas percuter d'autres voitures. Le tumulte de ses pensées le conduisait, à cet instant précis, à des souvenirs qu'il aurait voulut oublier. Des souvenirs qui lui collaient à la peau et qu'il aurait voulu oublier, à jamais. Parfois, il avait du mal à se dire qu'il avait eu une existence avant l'Amérique. Une famille, des rêves, des espoirs. Une femme.

    L'arrivée à l'hôpital se fit en trombe. Il ordonna à Elena de trouver un médecin le temps qu'il trouve une place pour se garer. Il n'y avait rien de pire que de chercher une place dans un parking hospitalier. Surtout qu'il manquait de temps. Elena prit la petite et elles disparurent le temps qu'il fasse le tour à trois reprises du parking.

    Enfin, lorsqu'il trouva une place, il pu courir jusqu'à l'étage du haut pour chercher sa fille. Elena le récupéra sur le passage et évoqua un problème de déshydratation. Il ne répondait même pas, bien trop préoccupé. Il avait besoin de s'assurer que Jasmine allait bien. Elle était entourée de plusieurs médecins mais il fondit la masse pour la rejoindre tandis qu'elle pleurait toujours. S'assurer de tenir sa main était plus importante que de regarder autour de lui, pourtant, un autre cri à proximité retint son attention. Un cri d'un de ses souvenirs.

    Il eut juste le temps de voir un corps s'écrouler sur le sol et entendre en boucle un prénom qu'il connaissait. Mais un prénom de son autre vie. Jasmine était dans ses bras, elle pleurait toujours et les médecins essayaient de lui retirer son enfant. Il ne lutta pas, beaucoup trop intrigué par le corps qui tremblait du médecin au sol. Deux personnes s'assuraient qu'elle allait bien mais ce n'était pas suffisant pour Garrett. Il avait un doute. Il ordonna à Elena de rester près de leur fille et vint à s'approcher.

    Ce fut à son tour de voir son sang se glacer. Son coeur avait manqué une pulsation et un cris de rage voulait s'extirper de ses lèvres. Anya était là, sur le sol, inconsciente. Mais était-ce vraiment elle ou encore une de ses visions ? Garrett se retenait de toutes ses forces pour ne pas tomber sur le sol à son tour mais la tentation était bien trop forte. Il avait besoin de fumer, besoin de boire, besoin de s'arracher le coeur et tout espoir. Car ça ne pouvait pas être elle. Ça ne le pouvait pas.



    Hôpital de Morozovo
    octobre 1943,

    Ils étaient venu le chercher bien plus tôt que prévu. D'habitude, ils s'arrangeait pour que ça se fasse discrètement mais là, ils avaient du vouloir se venger de ce qu'avait infligé Garrett à Dimitri. Il lui était incapable de bouger, surtout après ce qu'il avait subit comme opérations. Il fut emporté dans un camion mais ne sait pas vers où. Tout ce dont il se souvient c'est qu'il venait d'atterrir dans une pièce froide, humide où l'odeur de la mort était présente. Il souffrait le martyre et s'étonnait qu'ils ne l'ait pas encore tué. Habituellement, ils ne cherchaient pas et exécutaient les traîtres directement. Matthew lui avait donné un peu de morphine et de pénicilline qu'il avait dissimulé dans ses chaussettes. Il se fit deux piqûres pour endormir la douleur mais sut que ce n'était pas suffisant. Il aurait pu s'administrer une plus forte dose mais n'osa pas. Il était curieux. Peut-être trouverait-il une occasion de s'enfuir et de rejoindre Anya.

    Anya.. le souvenir de son frêle baiser le frustrait. Il aurait tant aimé avoir pu la retenir, lui dire mille et une chose qu'il ne lui avait pas encore dite. Lui dire au revoir avait été la chose la plus difficile qui lui avait été donné. Il s'en voulait. Il en voulait au monde entier de l'avoir séparé de son souffle de vie, de celle qui avait sut lui redonner goût à la vie, un peu d'espoir. Il resta assis, prostré dans le froid pendant des heures. Il s'était même endormi à un moment donné. Il pensait même qu'on l'avait oublié.

    Mais non. Ils vinrent le chercher et le conduisirent devant une espère de cour martiale où se trouvaient certains de ses supérieurs et plusieurs autres hommes en costume qu'il ne connaissait pas. Il comprit rapidement qu'il aurait le droit à un procès car on ne pouvait pas tuer un commandant de l'armée rouge juste comme ça. Garrett se tenait aussi droit que possible mais sa blessure le lançait. Le froid lui faisait claquer des dents et son apparence était pitoyable, mais son regard froid et implacable impressionnait quand même ses bourreaux.

    - Vous savez pourquoi vous êtes ici commandant ?
    - Non mon général, répondit faiblement l'intéressé.
    - Il semblerait qu'un homme vous aie dénoncé comme traître à la patrie et que vous seriez un espion américain.
    - Que celui qui m'accuse se présente. Je serais ravi de pouvoir m'entretenir avec lui.

    Des murmures parvinrent de partout de tous les hommes. Il semblerait qu'il y aie donc un soucis avec Dimitri ce qui semblait satisfaire Garrett. Sans témoin, pas d'accusations. Il pourrait tourner en dérision ce prison et entrevoir la possibilité de s'enfuir et d'échapper au bourreau.

    - Notre informateur n'est pas.. n'est plus.. n'est pas disponible commandant Belov.
    - Alors je crois que les accusations me concernant ne sont donc plus du tout valide.
    - Ce n'est pas tout, intervint l'homme au costume gris, je souhaiterais savoir pourquoi il vous accuse d'une telle chose.
    - Il faudrait déjà que je sache de qui vous parlez camarade.

    Ce procès n'était qu'une mascarade. Ils cherchaient à profiter de sa faiblesse physique pour le faire parler mais la force mentale de Garrett n'allait pas flancher. Il s'était préparé pendant des années à cette confrontation. Il n'avait pas peur, ce qui semblait déstabiliser ses adversaires. Néanmoins, ils l'interrogèrent, encore et encore pendant des heures. Mais il tenait bon. Il ne faiblissait à aucun moment et leur donnait toutes les raisons de se tromper. Alors, ils le ramenèrent dans sa cellule. Le procès fictif dura ainsi pendant des jours et des jours. Ils ne parlaient pas d'Anya, de Georgie ou d'Alek. Il espérait qu'ils ne sauraient pas pour le mariage et qu'ils étaient désormais bien loin de la Russie. Quand il était seul dans sa cellule, il les imaginait sur le bateau. La moue de Georgie si triste de quitter sa patrie, Alek enthousiaste sur le bateau et se prenant pour un pirate et Anya.. Sa douce Anya qui regarderait devant elle, tout droit vers la Statue de la Liberté.

    Au bout d'une semaine en voyant que le prisonnier ne faiblissait pas, les bourreaux décidèrent de contre-attaquer. Car si Garrett s'était imaginé une fuite paisible pour Anya et Matthew, il ne pouvait savoir ce qui s'était passé en réalité. Aussi, ils le firent venir dans une salle qui ressemblait à une espèce de morgue. L'odeur y était insoutenable et l'effort de rester debout pour Garrett était compliqué. Sa blessure guérissait mal et il aurait eu besoin de soin. Il constatait que deux tables étaient couvertes de draps blanc où des tâches de sang ressortait. Il comprit qu'il s'agissait de deux corps et sentit le sang quitter son corps.

    - Qu'est-ce.. Qu'est-ce que nous faisons là..?
    - M. Belov, commença l'homme au costume gris, il me semble que n'avons pas encore pris le temps d'évoquer votre épouse. La belle et douce Anastastya. La fille du traître Siminiov. Tiens.. Encore un traître.

    Garrett allait, avec le peu de force qu'il lui restait, se jeter sur l'homme en gris mais il fut retenu par les gros bras près de lui. Toute forme de retenue le quitta. L'homme en gris souriait de satisfaction. Il avait enfin trouvé le point faible de son prisonnier et reprit :

    - Voyez-vous. Elle a essayé de s'enfuir après avoir assassiné celui qui vous a vendu. Effroyable scène d'ailleurs. Mais le médecin nous a prévenu de son horrible tentative de fuite et nous l'avons interceptée elle et le reste de la famille.. euh.. Gerogina et Alekseï je ne me trompe pas ? Figurez-vous que nous les avons donc fait revenir ici et.. oh.. ils s'inquiétaient tellement pour vous.
    - Ne.. Ils ne savent rien.. Absolument rien !
    - Je le sais que trop bien.. Mais votre épouse tenez tellement à vous qu'elle n'a pas pu s'empêcher de venir vous sauver une autre fois M. Hedlund. Et elle nous a dit toute la vérité.
    - Je ne vous crois pas. Vous n'avez pas Anya ! Et jamais elle ne vous dirait ça car elle ne sait rien ! Vous n'avez pas le droit de la torturer ! Elle n'est pas majeure !
    - Mais vous apprendrez qu'ici j'ai tous les droits. Et d'ailleurs, je comprends mieux la passion qui vous a conduit à succomber à ce petit ange tombé du ciel. J'entends encore les petits gémissements de plaisir qu'elle poussait au moment où je la prenais contre le bureau. Quand elle me suppliait de vous sauver.

    C'était trop pour Garrett qui ne pouvait s'empêcher de croire aux paroles sordides du bourreau qui riait de plaisir. Alors qu'il se débattait de toutes ses forces, l'homme au costume gris souleva le drap d'un des corps qui avait plusieurs parties mutilées notamment son visage qui avait été transpercé d'une balle. La longue crinière brune était la même que celle d'Anya et elle portait une alliance. Le froid, la faim, la douleur, la torture psychologique ne pouvaient défaire son jugement de ce qu'il voyait. Anya était morte, torturée à cause de lui.

    - Je vous tuerais ! Je vous tuerais !
    - Pas si vite, ricanait le bourreau, avant je vais continuer à m'occuper de vous M. Hedlund. Et vous pouvez me croire, que je sais parfaitement m'occuper de mes hôtes.




    New-York
    mars 1947,

    La chambre qu'occupait Anya était petite mais suffisante pour contenir un grand lit. La pluie ne cessait pas de tomber ce soir là si bien les informations évoquaient des possibles inondations dans le métro. Garrett venait d'entrer discrètement dans la chambre. Le visage d'Anya était éclairé par quelques lampes de chevet donnant une lumière feutrée à la pièce. Elle dormait profondément mais il voyait bien à sa mine qu'elle faisait des cauchemars. Il avait l'impression de rêver. L'impression que ce n'était pas elle. Qu'il ne l'avait pas vraiment connu. Pourtant, en faisant un pas vers elle, il s'aperçût qu'elle ne disparaissait pas. Dans ses rêves, elle disparaissait toujours quand il essayait de la toucher. Lentement, il vint s'asseoir sur le bord du lit et ses doigts frôlèrent les siens. L'électricité circulait de nouveau, il sentait de nouveau cette énergie étrange qui les avaient toujours lié.

    - Blackbird, murmurait-il d'une voix brisée, tu es là.. vivante.. ô mon amour..

    Il avait envie de pleurer toutes les larmes de son corps mais il était sec de toute émotion. Il sentait juste son coeur battre à une vitesse folle et son âme se repaître de la présence de la brune. Avec douceur, il vint embrasser le creux de son poignet et s'étonna d'y sentir ce même parfum qu'elle avait toujours eu. Sa peau avait bien une odeur. Il la vit ouvrir lentement les yeux et y lu la panique. Il posa sa main sur sa joue pour la rassurer et vint lui murmurer avec calme et douceur :

    - Je sais, je sais, je sais.. Mais oui, je suis là et tu es là.. Anya.. Suis-mes yeux.. C'est moi.. Anya.. Bon sang.. J'en reviens toujours pas que tu.. tu.. tu es vivante.. ils ne t'ont pas eu, demandait-il enfin dans un souffle les yeux clos, ils.. ils ont.. Anya.. J'ai vraiment cru qu'ils t'avaient eu..

    La sentant se calmer, il s'approcha. Son front se posait contre le sien avant qu'il ne l'enlace de ses grands bras. Son visage s'enfouissait dans sa crinière qu'il humait comme un drogué le ferait. Elle était là, dans ses bras, quand il n'avait osé avoir ce rêve là pendant des années. Il savait, il le sentait, ce trouble qui ne les quittaient pas. Il aurait du se douter qu'ils lui avaient mentis, qu'elle avait réussit à fuir. Mais continuer d'espérer avec les enfers n'était pas chose aisée. Il du la relâcher, son front se posant quand même contre le sien :

    - Je ne peux pas rester je dois y aller, finissait-il par dire en se refermant sur lui, ton amie m'a interdit de rentrer dans cette chambre. Si je n'ai jamais eu peur du KGB je peux affirmer que ton amie est bien pire qu'eux en ce qui concerne ta protection.


    immarcescible, Posté le vendredi 07 octobre 2022 07:03 Répondre

    Garrett était à demi-conscient de tout ce qui se passait. La seule chose qu'il savait avec certitude, c'était qu'il avait mal. Il souffrait le martyre ce qui lui faisait pousser des grognements plaintifs. L'état léthargique dans lequel il se trouvait ne le rendait pas plus loquace qu'à l'ordinaire, si ce n'est qu'il répétait quasi frénétiquement le prénom d'Anya comme une prière. Il avait besoin de l'invoquer pour s'assurer qu'elle ne quitterait pas son esprit. S'il devait mourir, ce serait en murmurant son prénom qui resterait gravé sur ses lèvres.

    Le chemin qui était prévu jusqu'à St Petersbourg dû s'arrêter plus vite que prévu. En effet, l'avion qui contenait les passagers clandestins fut touché par un tir ennemi. Atterrissant avec prudence, ils arrivèrent tout près d'un camp pour officier en bordure de la ville. Matthew pu y trouver de l'aide pour Garrett, notamment en l'opérant de nouveau en constatant que sa plaie avait de nouveau été ouverte à cause du choc dans l'avion. Assisté d'Anya, il fit tout ce qui était dans son pouvoir pour sauver la vie de celui qui avait sauvé la sienne. Même s'il savait qu'il en payerait le véritable prix plus tard.

    Il fallut de nouveau quelques jours pour que le blond se réveille sans avoir l'impression d'être drogué par les médicaments. En ouvrant les yeux, il constatait qu'il se trouvait dans une tente de fortune avec d'autres soldats à proximité, mais suffisamment loin pour qu'il aie assez d'intimité. En effet, quelques paravents le coupait de la vue des autres et il y avait un petit rideau à tirer pour entrer dans son cocoon. Au début, il ne signifia pas qu'il était réveillé. Il préférait écouter et comprendre ce qui se passait autour de lui. Ce qu'il ne savait pas, c'était que ses généraux avaient appris qu'il avait été transféré loin de Stalingrad et cela avait déplu. Mais en apprenant que leur meilleur officier était à l'article de la mort, ils parurent raisonnable de le faire soigner sur un front où il récupérerait des forces plus rapidement.

    Soudain, Garrett fut sortit de ses songes lorsque la bouille épuisée et blessée d'Anya parue. Elle sembla elle aussi surprise de le voir éveillé. Combien de temps avait-il dormi ? Il réceptionna son épouse contre lui. Humant son parfum, et savourant la douceur de ses caresses et de ses baisers. Ils devaient être prudent, il le savait. Mais baisser la garde alors qu'il venait de mourir était plus important encore. Le blond mangea un peu, tout en l'écoutant parler et lui expliquer les dernières nouvelles du front et pourquoi elle avait suivi Matthew sur le lac :

    - J'ai cru devenir fou quand je t'ai reconnu sur ce ponton Anya, dit-il d'une voix rauque et basse, tu vas me faire avoir des cheveux blanc plus tôt que prévu, tu en as conscience ?

    Une part de lui se voulait un peu plus optimiste. Après tout, il était en vie. Main dans la main, il contemplait son visage qui avait subit un éclat d'obus. Inquiet, il se permit de toucher la blessure en fronçant les sourcils :

    - C'est passé si près de ton oeil..

    Mais les retrouvailles n'étaient qu'éphémères pour les deux amants maudits. En effet, peu de temps après Matthew arriva pour vérifier les constantes de son patient. Vite, ils retirèrent leurs mains de l'une de l'autre et le jeune médecin comprit mieux. Il ne s'agissait donc pas d'un amour filial mais d'une passion plus profonde. Il hocha simplement la tête, trop pudique pour faire une remarque et appréciant bien trop Anya pour la trahir. Il s'approchait du soldat qui avait sauvé sa vie et le remercia en anglais. Garrett regardait partout autour de lui, de son oeil inquiet et hocha simplement de la tête signifiant qu'il avait compris en répliquant en russe :

    - Merci à vous. Anya m'a dit ce que vous aviez fait et.. ce que vous allez faire pour nous.
    - Anya pose beaucoup d'espoirs sur moi vous savez mais je ne sais pas si je vais pouvoir vous sauver.
    - On verra ça plus tard. Pour le moment, selon vous, est-ce que je remarcherais un jour ?
    - Bien entendu. Il faut juste vous laisser un peu de repos et des soins. Dans deux semaines ça devrait être suffisant.

    Cela était la date de départ. Garrett pestait d'être alité car il serait bien partit plus tôt que prévu. Mais il devait se contenter de ce qu'il avait, c'était déjà bien. Matthew hocha de la tête en signe de contentement et demanda à Anya de le rejoindre pour l'aider sur un cas bien précis d'amputation. Le blond n'avait aucunement envie de voir son épouse le quitter mais il devait la laisser partir. Avant que l'américain ne sorte, d'une main ferme, il agrippa le poignet de la brune et y déposa un tendre baiser en murmurant un doux :

    - Я тебя люблю.

    Quelques jours passèrent pendant lesquels Garrett reprit des forces. Sa détermination l'aidait et le guidait suffisamment pour se remettre d'aplomb pour le jour J. Un après-midi, alors qu'Anya faisait sa pause près de lui, ils parlaient du plan qu'avait mis la jeune femme pour les faire sortir d'URSS dans quelques jours. Cependant, ils eurent une visite qu'il n'attendait pas du tout et qu'il redoutait même. Il s'agissait de Dimitri qui avait refait surface. Contrairement à ce qu'avait espéré le blond, il n'était pas mort sur le front du sud et avait survécu en se faisant transféré dans le ravitaillement. La meilleure des planques pour un rat. En voyant Anya, il ne parut pas si surpris que cela et la salua un peu trop chaleureusement :

    - Anya, dit-il en sifflant, te voilà une magnifique jeune femme désormais. Je me doutais bien que tu serais aussi appétissante que ta mère eheheh. D'ailleurs, comment va-t-elle ? Je ne l'ai pas revue depuis la fameuse "dispute".

    Maudit dos ! Garrett ne pouvait pas l'impression, alité ainsi. Fort heureusement, Matthew arriva et fut surpris de découvrir ce fameux soldat dans le cocoon des Belov. Il ne répliqua pas et se contenta de demander urgemment de l'aide à Anya, laissant ainsi les deux anciens amis ensemble. Le blond le regardait avec un certain dégoût, un certain dédain quand le petit brun ignoble jubilait :

    - Qu'est-ce que tu veux Dima ? Je connais ce regard. Tu as quelque chose en tête.
    - Je veux que tu m'emmènes avec toi, comme ce qui était convenu.
    - Je ne vais nulle part. Je te rappelle que je suis blessé et qu'une fois soigné je retourne sur le front.
    - Arrête tes salades Hedlund, dit-il en riant et utilisant sciemment ce nom pour le déstabiliser, tu crois que je suis bête à ce point là ? La petite Anya près de toi et le médecin américain aussi proche de la frontière ? D'ailleurs en parlant d'elle, tu as demandé à sa mère si tu avais l'autorisation de l'épouser ?

    Là, Garrett blêmissait. Comment pouvait-il savoir ? Dima sortit alors de son dos, le sac à dos qui appartenait au blond lorsqu'il était à Stalingrad. Il avait toujours brûlé chacune des lettres de la brune pour s'assurer que personne ne remonte jusqu'à elle mais il n'avait pu se résoudre à détruire l'une des photos de leur mariage qu'il avait gardé précieusement dissimulé dans une couture du sac. Et il avait fallut que Dima la trouve. Il ne sut quoi répondre. En fait, il n'avait même pas envie de se défendre contre cet infect petit homme :

    - Tu vois Hedlund, tu me dois un service que tu ne m'as jamais rendu et tu vas me le rendre maintenant. Nous partons tous les deux avec le médecin. Des filles tu en auras d'autres en Amérique, bien d'autres. Pourquoi t'embêter avec celle-ci qui ne sera pas capable de traverser les marécages si jamais on se fait prendre.
    - Dima arrête, sifflait Garrett qui se contenait pour ne pas exploser, tu sais qu'il s'agit de ma femme. Tu crois que je serais capable de l'abandonner ?
    - Je t'accorde que c'est un beau bout de fille la petite mais est-ce qu'elle en vaut la peine ?

    Il serrait si fort les draps entre ses mains qu'il avait les jointures de ses mains blanche. Il avait l'impression de faire un pacte avec le diable, même si cela ne ressemblait même pas à une entente ; il avait l'impression de le supplier.

    - Tu as déjà été capable une fois dans ta vie de faire quelque chose de bien. S'il te plaît, fais en une dernière. De toute façon, je ne partirais pas sans elle.
    - Je peux t'y contraindre tu sais ? Je suis très ami avec le général Toubakov. Tu sais, le chef du KGB. C'est moi qui lui livre ses cigarettes. Il me laisse même assister à ses parties de poker par moment. Alors soyons clairs Hedlund. Si je ne pars pas avec toi, vous ne partirez jamais vous aussi.

    La poigne de fer de Garrett s'était abattue sur le col du jeune russe. Le rapprochant de lui, il siffla entre ses dents avec une haine viscérale pour celui qui fut autrefois son ami :

    - Préviens qui tu veux je m'en fous Dimitri. Mais tu n'auras plus jamais un ascendant sur moi t'as compris ? Plus jamais. Je me fous que tu parles de moi à tes amis et qui que ce soit. Tu n'es qu'un sac à merde pourri de l'intérieur. Tu me dégoûtes.

    Et sans pouvoir se retenir, il déchargea toute la haine accumulée de toutes ces années où il s'était sentit emprisonné par le fiel de cet homme. Son poing s'abattait avec force, puissance sur son nez qui craqua instantanément. S'il n'avait pas beuglé comme un animal blessé et ameuté les infirmières, il l'aurait très certainement tué. Mais Garrett Hedlund n'était pas un homme qui tuait de sang froid. Rapidement maîtrisé, il laissa le corps de Dimitri être trainé au sol alors que sa main était blessée par ses coups. Il savait pertinemment qu'il avait scellé son destin et celui d'Anya, et c'était ça qui l'attristait le plus finalement.

    D'ailleurs, lorsqu'elle le rejoignit, il lui expliqua simplement qu'il s'était emporté à cause des sous-entendus qu'il avait fait sur le viol qu'il avait commis sur elle. Il ne pouvait pas lui expliquer l'odieux chantage qu'il avait proposé car il savait pertinemment qu'elle aurait laissé sa place pour que Garrett vive et il en était hors de question. Mais bien trop vite, elle du repartir de nouveau. Dans la fin de journée, deux hommes avec des longs manteaux vinrent le voir. Il n'y avait aucun doute, il s'agit d'hommes du KGB. il es les reconnaissait à leur mine cadavérique. On aurait dit des vautours qui tournoyaient autour de sa proie. On lui annonça qu'il partirait dès le lendemain soir pour St Petersbourg où il recevrait une médaille. Cela n'étonna pas vraiment le blond qui les remercia poliment en feignant l'ignorant sur ce qui l'attendrait. Suite à cela, il demanda à voir Matthew qui fut surpris :

    - Beau travail fait avec ce Dimitri, ironisait-il en lui faisant les gros yeux de mécontentement, vous savez qu'on a déjà suffisamment de boulot comme ça.
    - Docteur. Je dois vous parler rapidement et vous devez me promettre de garder le secret.
    - Euh.. Oui, je vais essayer.

    Garrett lui expliqua donc ce qu'avait dit Dima et l'odieux chantage. Il ne rentra pas dans les détails mais ce fut suffisant pour que le médecin comprenne enfin qui était le blond devant lui. Sincèrement désolé, il s'accorda à dire qu'il comprenait mieux l'insistance d'Anya et qu'il aiderait un citoyen américain dans n'importe quelle situation. Le blond en était touché. Mais il du finir son histoire :

    - Il m'a dénoncé au KGB. Anya n'est pas encore inquiétée parce qu'il va vouloir partir avec elle.
    - Mais.. mais nous devons partir tout de suite alors !
    - C'est trop tard, ils m'emmènent demain pour me donner une soi-disant médaille. Il n'y a plus rien à faire pour moi. Mais pas pour elle.
    - Mais.. Mais Belov.. Enfin.. J'ai vu cette fille se donner corps et âme pour vous.. Jamais elle ne quittera ce pays sans vous.
    - Je le sais que trop bien, murmurait-il avec émotion, mais justement. Demain, vous allez lui faire croire que je suis mort. Et jamais, je dis bien, jamais vous ne devrez lui dire la vérité. Anya est très persuasive, vous le savez aussi bien que moi. Elle vous dira qu'elle veut juste savoir et si vous flanchez elle saura que vous lui avez mentit et elle reviendra me chercher. Sauf que si vous parlez, ils la tueront.

    Matthew aimait Anya comme une soeur. Ce que lui confiait Garrett lui glaçait le sang mais pouvait-il comprendre la mesure de l'amour qui portait ces deux là ? Il le vit à cet instant là. C'est pour cela qu'il promit au blond de tout faire pour sauver Anya, coûte que coûte et sans jamais lui révéler cet odieux secret :

    - De toute manière, ce n'est pas un faux mensonge puisqu'ils vont finir par me tuer. Donc ne vous inquiétez pas. Tout ira bien. S'il vous plaît, faites venir Anya j'ai besoin de la voir avant qu'ils viennent me chercher mais ne la laissez pas trop traîner près de moi. Elle va vite savoir que je lui cache quelque chose.


    immarcescible, Posté le mardi 04 octobre 2022 20:29 Répondre

    Une dernière étreinte passionnée et Garrett repartait déjà sur le front. Sa détermination était perçue comme un signe de courage par ses hommes. Si seulement ils savaient à quoi pensait réellement leur chef. N'étant partit qu'une moitié de journée, le blond n'eut pas le sentiment d'avoir mis assez de distance entre lui et le carnage. Car c'était ça. Un vrai charnier qui l'attendait. Pendant les trois jours qui suivirent, ils attaquèrent sans relâche les nazis. La neige leur servait d'une parfaite couverture. Anya avait eu raison et le blond ne pouvait s'empêcher de sourire en pensant que son épouse serait une fine analyste pour les combats.

    La neige avait apporter des victoires aux soviétiques, mais aussi le froid. Beaucoup de ses camarades s'endormaient et ne retrouvaient pas leurs mains qui avait alors gelé. Garrett faisait de son mieux pour toujours rester en forme et ne pas se laisser envahir par le doute. Son déterminisme était un exemple pour tous les autres et même ses supérieurs lui firent la remarque. Meilleur tireur, il assistait et s'assurait que les hommes étaient toujours à couvert. Il tirait sans hésiter et toujours avec précision malgré ses doigts engourdis ou encore le froid qui lui piquait les yeux. Cela lui permit d'avoir plus de bon qu'il envoyait à Georgie avec quelques instructions dans leur langage secret. Ainsi, il sut au bout d'une semaine dans son dernier cours qu'elle avait pris la route avec Alek. Non seulement cela le rassura, mais lui fit espérer à des jours meilleurs.

    Il lui fallait maintenant trouver le moyen de prévenir Anya qu'il était temps pour elle de partir et qu'il la rejoindrait le plus rapidement possible.

    A croire que le sort avait décidé pour eux. Au bout de trois semaines de terrain, il accompagna une petite troupe tout près du fleuve qui bordait la ville. Seul rempart, seul moyen de survie pour les troupes soviétiques, il fallait absolument continuer à contrôler cette partie de la ville. Mais la chose n'était pas aisée. En effet, les allemands y avaient mis plusieurs mines sur laquelle marcher pouvait coûter la vie à soi-même et aussi à celle de tous ses camarades. Garrett était prudent, concentré. Il avait à plat ventre s'assurant avec un bâton devant lui que rien ne les attendaient au devant pendant que les autres assuraient sa protection. Il avançait sûrement et avec mesure jusqu'à finalement atteindre le ponton où ils pourraient récupérer quelques munitions et du ravitaillement pour les hommes.

    Il fut surpris d'y trouver aussi des fournitures pour l'hôpital. Le choix était malheureusement vite fait. Il prit avec ses hommes le plus d'armes et de nourriture possible avant de commencer le chemin inverse. Alors qu'ils se trouvaient sur le bord de la berge, loin du fleuve gelé, un homme au loin marcha sur une mine et se fit exploser. Les hommes de Garrett se mirent à courir pour échapper le plus vite possible la berge quand ce dernier observait ce qui se passait. En plissant les yeux, il se rendit compte qu'un médecin courait jusqu'au ponton dans le petit bateau. Il semblait y récupérer des fournitures de l'hôpital. Il ne fallut alors pas longtemps à notre héros pour reconnaître Anya.

    Son sang ne fit qu'un tour. Il jeta près de ses hommes les armes qu'il avait sur le dos et leur ordonna de prévenir les généraux qu'on les attaquait. En effet, la mine n'avait pas suffit à faire perdre un médecin puisqu'elle avertit aussi l'ennemi qu'ils étaient sur le fleuve. Quelques minutes plus tard, la cavalerie aérienne se mit à tirer au hasard sur le fleuve pour assassiner ceux qui osaient se ravitailler. Garrett courait sur la glace en évitant le plus possible les tirs. Il devait la sauver et ensuite la tuer.

    Il arriva tout près d'elle mais une mine explosa non loin. Réfugié dans un coin, il chargeait son arme en pestant contre son épouse. Ses mains tremblaient. La peur, la sidération le rendait nerveux alors qu'il était toujours plein de mesure. Mais quand il s'agissait d'elle, il n'y en avait aucune. Sur le côté, il vit alors Matthew, tremblant de peur. Son instinct lui hurlait de se sauver d'ici et de rejoindre Anya mais il ne la voyait plus. L'américain près de lui se faisait littéralement dessus. Garrett lui hurlait de s'accroupir et de ne pas rester ici mais Matthew ne comprenait pas. Son russe était trop approximatif pour pouvoir comprendre les jurons russe. Alors, le blond lui hurla en anglais de bouger ce qu'il fit aussitôt.

    Au même moment, un obus s'écroula à l'endroit même où le médecin se trouvait. Sans chercher à comprendre, Garrett se jeta sur Matthew et le protégea de son corps. La seule chose dont il se souvint c'était d'avoir mal et d'entendre le hurlement d'Anya.

    Il avait mal. Atrocement mal. Il n'entendait que des bribes près de lui. Sans doute se trouvait-il au paradis puisqu'il entendait la brune près de lui le seriner de se battre encore et encore. Il avait envie de lui hurler d'arrêter de crier car il avait mal, trop mal. Mais il ne pouvait pas. Il entendait alors le médecin dire qu'il ne pouvait rien pour lui, qu'ils n'auraient jamais assez de sang, qu'il allait mourir. Puis, la voix autoritaire et implacable de son épouse. Puis le néant.

    Un parfum l'éveilla. Celui de l'amour. Celui d'Anya. Il tenta d'ouvrir un ½il mais c'était trop compliqué. Allongé sur le ventre, il sentait la douceur d'un oreiller sur sa joue mais son dos le brûlait. Il réussit enfin à garder ses paupières ouverte et vit la brune assise près de lui :

    - A.. Anya ? Je.. Je suis mort ?

    Si c'était le cas, il se doutait bien qu'il n'irait pas au paradis. Son enfer serait d'avoir sous les yeux cet ange qui le torturait de ne pas avoir tenu sa promesse. Il n'eut pas le temps d'attendre sa réponse qu'il s'endormit aussitôt trop épuisé.

    Cela faisait un sacré temps qu'il dormait, lui semblait-il. Lorsqu'il eut l'énergie suffisante, il vint à se réveiller. Il ouvrit les yeux encore sur cette fameuse chaise mais elle était vide. Avait-il rêvé d'Anya ? Une infirmière s'aperçut de son réveil et siffla de contentement en vérifiant ses constantes :

    - Bah dis donc, dit-elle d'une voix rêche de fumeuse, en voilà deux qui vont être heureux de vous voir debout mon commandant.. Je vais les chercher de ce pas.


    immarcescible, Posté le dimanche 02 octobre 2022 22:06 Répondre

    Jamais il ne serait rassasié de ses caresses, de ses gémissements, de l'éclat dans son regard. Garrett somnolait, un léger sourire sur les lèvres jusqu'à ce qu'Anya commette l'imprudence de dire son véritable prénom dans la chambre. Vite, il plaqua sa main sur sa bouche en lui faisant les gros yeux. La peur des espions, la certitude d'être écouté, d'être épié ne le quittait jamais et son épouse venait d'oublier l'une des règles qu'il lui avait donné. Ses yeux exprimaient des éclairs quand son corps entier s'était tendu.

    Bien entendu, il ne lui en voulait pas de là à provoquer une colère. Mais il était sur ses gardes et cela passerait uniquement lorsqu'il aurait retourné la chambre. Il se leva rapidement et fit le tour de la chambre en soulevant le matelas, regardant derrière les cadres, le miroir, déplaçant le bureau et vidant l'armoire. Lorsqu'il eut finis de retourner toute la chambre, il alluma une petite radio qui laissait des propagandes communistes résonner dans la pièce. Il murmura alors à l'adresse d'Anya :

    - Ne prononce plus jamais ce prénom ici, jamais plus. On ne parlera pas de ces sujets ici. Uniquement dehors.

    Même les voisins pouvaient être ceux qui le vendrait. Pour un peu de nourriture, surtout en période de guerre, les gens feraient n'importe quoi. Lorsqu'il réussit enfin à se calmer, il se laissa entrainer par Anya sur leur lit. Il l'enlaça fermement contre lui en embrassant le sommet de son crâne et s'excusa avant de lui conseiller de dormir :

    - Demain nous allons profiter du beau temps qui est annoncé. J'ose espérer que les allemands se reposeront un peu, il s'agit de leur fête nationale.

    Il eut beaucoup de mal à trouver le sommeil. Son bras gauche tenait Anya contre lui quand sa main droite tenait son arme. Il était prêt à n'importe quelle attaque, même celle venant de son camp. Il ne dormit pas de la nuit, surveillant la porte d'entrée de la chambre. Il s'attendait à voir arriver à n'importe quel moment des hommes du KGB pour les arrêter. Au petit matin, quand il vit Anya sortir lentement de son sommeil, il pu se détendre un peu. S'étirant, il lui proposa un bain et s'enfuit dans la salle d'eau pour en faire couler un. Mais il n'y avait plus d'eau chaude ce qui le fit pester.

    - On va devoir faire comme à Lazarevo.. Dans le lac gelé.

    Après cette douche froide, ils sortirent se balader. Ils avaient mangé quelques provisions ramené par Garrett la veille et marchaient désormais en direction de l'ancien théâtre. Le bâtiment n'avait pas encore été détruit quoi qu'abandonné. Le blond se souvenait de l'intrusion qu'ils avaient fait dans le fameux palais de l'Ermitage et cela lui donna une idée. Il réussit à trouver une entrée discrète et les fit entrer pour contempler le lieu. Ils trouvèrent aisément la salle de spectacle où les sièges et la scène étaient encore intacts malgré la poussière.

    Ils étaient sur la scène, main dans la main et ils contemplaient les belles dorures sur les murs, les peintures et autres représentations qui incarnaient le théâtre. Garrett embrassa le poignet d'Anya et lui offrit un doux sourire avant de descendre de scène et s'asseoir sur un des sièges du troisième rang :

    - Vas-y.. Fais comme si tu me jouais quelque chose au violon.. Imagine que le monde entier est dans cette salle et que tout le monde est venu pour te voir. Allez.. Joue pour moi s'il te plaît. Ça me manque de ne pas t'entendre.

    Certes, elle n'avait pas d'instrument. Mais il savait Anya suffisamment magicienne pour lui faire entendre la musique si profonde de son instrument autrement. Une larme d'émotion coulait sur sa joue en la voyant ainsi. Il l'imaginait là, adulée, éblouie par les projecteurs, resplendissante dans une robe de gala où elle aurait été encore plus sublime que maintenant. C'était ça leur vie pour le moment. Des fantasmes, des illusions. Lorsqu'elle eut finit, il se leva en applaudissant et chuchota le bêlement de la foule. Il souriait, un peu plus détendu et rejoignit la brune sur scène pour l'embrasser avec la même passion que la veille jusqu'à ce que son souffle soit coupé. Son front contre le sien, il souriait toujours en murmurant :

    - Merci d'avoir joué le jeu Blackbird. Et encore désolé pour hier soir..


    immarcescible, Posté le dimanche 02 octobre 2022 10:54 Répondre

    Pendant que son épouse finissait d'inspecter ses blessures, Garrett réfléchissait. Il devait anticiper toutes les potentielles failles de son plan et pour ça, il fallait tout imaginer de possible. La vie et la guerre étaient bien trop indisciplinés pour espérer que tout se passerait comme convenu. Même s'il savait qu'Anya s'en sortirait toujours, il devait surtout s'assurer que la brune ne vienne pas le chercher si jamais il était pris dans les filets du KGB. Si elle disparaissait, le campement médical s'en rendrait compte uniquement quelques jours après sa disparition. Quant à lui, il ne s'agissait que de quelques heures.

    Lorsqu'il sentit les lèvres chaude et douce d'Anya sur sa peau, il frissonna. Esquissant un léger sourire en sa faveur, il tourna la tête vers elle la laissant se rincer les mains et ranger son matériel. Il observait chacun de ses faits et gestes. Il la contemplait avec cet oeil brillant d'espoir qui soudainement lui revenait. Imaginer une Anya docile le faisait doucement rire. Attrapant sa main, il la ramena contre lui. Embrassant son cou, il déboutonnait la robe qu'elle portait en murmurant :

    - J'aime assez quand tu es une petite tigresse tenace tu sais. Il a cet aspect de toi si fort et rassurant qui me bouleverse à chaque fois.

    Une fois qu'il eut découvert le buste nu d'Anya, il vint déposer de nombreux baisers sur le haut de ses seins. Ses mains caressaient la peau si douce et fine de son corps quand ses yeux se fermaient sous le plaisir de sentir, de toucher et d'embrasser sa peau. Au loin, un tir de mortier abattu un immeuble entier. Le fracas fit cesser les caresses de Garrett un instant. Il n'avait pas besoin d'y être pour savoir le bruit qu'il y avait en réel et entendre le cri de terreur des gens se trouvant dedans. Il tentait tant bien que mal de ne pas laisser son esprit vagabonder jusque là-bas mais rien n'y faisait. L'étau oppressant de la guerre le submergeait de nouveau.

    Les pointes dressées de la belle brune le taquinait. Cela le fit doucement sourire. Relevant son regard vers elle, il voyait chez elle de nouveau cet espoir prochain de fuir la mort et la déchéance. C'est à elle qu'il devait s'accrocher :

    - Si tu savais à quel point je t'aime Anya.

    Il se levait enfin et pris entre ses mains le visage de la jeune femme. Il l'embrassait avec cette passion peu coutumière, cette passion qui avait été longtemps si interdite. Cette passion si intense qu'il savait qu'elle le sauverait. La soulevant aisément, il la conduisit jusqu'au lit de fortune qui les reçu dans un grincement de ressorts. Garrett embrassait encore, encore et encore Anya. Comme un adolescent. Il voulait se repaître de ses lèvres, de son souffle, de son haleine, de sa langue. Il en devenait obsédé. Lorsqu'il n'eut plus de souffle, il retira un a un les vêtements de la brune et fit de même avec lui-même aidé par les mains empressées de son épouse.

    Vite, vite, il devenait revenir toucher sa peau de la sienne. Collé à elle, il en reprit son chemin de baisers de son cou à ses seins. Ses seins si délicats, si doux. Il s'amusait à en tirer et taquiner ses pointes. Mais ce n'était pas assez. Il vint embrasser et mordiller son ventre, ses hanches et descendre à l'intérieur de ses cuisses. Cette cuisse si pleine qu'il relevait entre ses mains et qu'il mordait délicatement en souriant en coin :

    - Mes camarades disent toujours qu'ils rêvent de nourriture la nuit. Moi, je rêve que je plonge mes dents dans la chair ferme de ta cuisse mon amour. Est-ce que tu me trouves complètement fou de préférer de toi plutôt que de nourriture ?

    Sa langue sensuelle descendait avec une lenteur voulue jusqu'à son mont de Vénus avant d'y retrouver la source du plaisir d'Anya. Garrett prenait son temps. Il la contemplait avec cet oeil fasciné de la voir se tordre ainsi sous ses caresses. Grand Dieux ! Comment pouvait-il vivre une seule journée sans l'entendre, sans la toucher, sans la contempler ainsi ? Sa langue devint rapidement impitoyable, non, insatiable. Les grandes mains blessées du blond vinrent de nouveau rejoindre les seins insolent de son épouse et les pressèrent délicatement. Lorsqu'enfin vint le moment ultime, il revint à ses lèvres qu'il embrassait de nouveau tout en pressant son bassin contre le sien. Il lui faisait sentir son érection qui allait vite le rendre fou :

    - Je veux.. Une vie.. Avec.. Toi.. A jamais..


    immarcescible, Posté le vendredi 30 septembre 2022 21:23 Répondre

    Assis sur le lit, il se laissait soigner par les mains expertes de son épouse. Oui, Anya était son épouse. Il avait encore du mal à le croire. Cette lumière, cette source d'inspiration l'avait envoûté à tel point qu'il avait survécu à toutes les dernières missions. Autrefois, il aurait foncé dans un acte suicidaire et aurait tout fait pour ne pas sortir vivant de cet enfer. Mais désormais, alors qu'elle était là devant lui, il devait se ressaisir. En voyant ses larmes, en entendant ses mots, il eut comme une décharge qui le fit se redresser aussitôt. Il n'avait pas su se mesurer ce soir et il devait rectifier cela. Rapidement.

    - Anya, murmurait-il en embrassant ses yeux et ses larmes avant de poser son front contre le sien, on va s'en sortir. Je te le promets. Et tu sais pourquoi ? Parce que je ne laisserais personne m'ôter à toi. Parce que je veux cette vie autant que toi et que je veux vivre ce rêve.

    Sa voix n'avait rien du volume bas et dépité du début de soirée. Au contraire, il était affirmé et sincère. L'éclat de dureté dans le regard du blond s'était réveillé et tout son corps semblait en alerte car si Anya tombe et abandonne, que lui reste-t-il ? Elle était son souffle, son espoir, son optimisme. Il avait peur de l'avoir complètement vidée de son énergie.

    L'enlaçant, il en profita pour embrasser son front et la laisser pleurer contre lui.
    Lorsqu'il sentit que sa crise de larmes était terminée, il pu murmurer à son encontre :

    - Prends ton manteaux. On va marcher un peu.

    Une fois qu'ils furent dehors, bien emmitouflés, il enroula son bras autour du corps de son épouse. Si au départ ils étaient silencieux, Garrett surveillait surtout les allées et venues qui se poursuivaient devant eux. Etant loin du front, ils avaient la possibilité de se réfugier dans les quartiers de la ville encore intacts des possibles attaques. Ils marchaient sans trop savoir où aller, comme dans leur propre existence. Mais la soirée était douce malgré le froid persistant. Une fois qu'il fut certain que personne ne les suivait, il continua sa route mais en expliquant à Anya son plan :

    - Tu me fais confiance n'est-ce pas, dit-il sans attendre sa réponse pour poursuivre, j'ai trouvé un moyen de vous faire quitter l'Union Soviétique.

    La mine d'Anya ne laissait rien présager de bon car il savait pertinemment qu'elle ne partirait jamais sans lui. C'est pour cela qu'il posa son index ganté sur sa bouche pour qu'elle le laisse finir de parler :

    - J'ai donné des instructions à Georgina. Elle sait qu'à la fin du mois elle doit se rendre à la frontière finlandaise avec Alek. Là, l'attendra un passeur qui l'emmènera en Norvège. Et nous allons les rejoindre.

    Bien sûr qu'il avait prévu une solution de repli pour Anya car une partie de lui avait voulu qu'elle soit traumatisée par ce qu'elle voyait à l'hôpital et sur le front. Même si il se détestait de penser cela, il savait que cela la pousserait à fuir et sauver sa vie. Il fallait qu'elle se rende compte d'elle-même que rien ne l'attendait ici, hormis la mort. Malgré tout, il avait mal de savoir qu'elle avait du assister à tout cela. Il aurait voulu la sauver, une fois de plus et la protéger de cette machine incontrôlable qu'est la mort.

    - Ton ami.. Matthew.. Il va certainement devoir retourner chercher du matériel près de la frontière. Puisqu'il est médecin de la Croix-Rouge, il va pouvoir passer sans souci. Fait en sorte de l'accompagner mais avec une fausse identité. Moi, je vous retrouverais plus tard quand j'aurais l'occasion de participer à une mission près de la frontière. On doit passer à l'offensive maintenant Anya, on ne peut plus attendre.

    Là, c'était le militaire qui parlait. L'homme de décision qui ne voyait que la survie comme enjeux et non plus l'espoir. Il fallait qu'il prenne en main leur destin pour se laisser une chance de vivre ce rêve qu'ils avaient en commun. Ce rêve d'une famille, ce rêve de paix.

    - Une fois en Norvège, vous prendrez le premier bateau pour New-York. Là, vous demanderez l'asile politique. Avec tes compétences, ils te garderont et Matthew pourra aider Georgie et Alek. Dis qu'il s'agit de ton fils et ils le prendront aussi. Et puis tu parles anglais, tout ira bien je te le promets. Je sais que tu aimes commander mon amour mais tu dois me laisser faire. Soit on fait ça ensemble maintenant, soit on reste ici et tu sais ce qui nous attend.

    Il aurait tant aimé être plus rassurant, plus doux, plus tendre. Mais le temps leur était compté et ils n'auraient pas d'autres opportunités. Garrett savait que ce serait risqué. Il savait aussi qu'ils ne pourraient pas tous s'en sortir mais pour le moment il n'y pensait pas. Il voulait y croire et il espérait en cette vie qu'Anya lui avait décrit une heure plus tôt :

    - Tu ne dois en parler à personne tu entends ? On peut être écoutés par n'importe qui et vendu à n'importe qui Anya, tu comprends ? Personne ne doit savoir. Même pas Matthew, il doit le comprendre de lui-même. Ne fais confiance à personne, jamais. Et si jamais tu es prise par le KGB tu dis que tu ne savais rien. C'est moi le responsable de tout. Moi et moi seul qui t'ait obligé. Tu n'étais au courant de rien. Jure le moi.


    immarcescible, Posté le lundi 26 septembre 2022 15:41 Répondre

    C’était étrange de voir Anya resplendir dans ce monde de la nuit. C’était tout bonnement étrange de la voir s’épanouir alors que le monde courait à sa perte. Garrett avait accepté de la suivre sans grande gaieté de coeur. Le monde de la fête il le connaissait. Mais surtout, il n’avait pas vraiment à coeur de danser et de s’amuser quand ses camarades mouraient près d’eux sous les balles des ennemis.

    L’alcool allait peut-être l’aider à ça. Il s’était toujours refusé à se réfugier dans la boisson. Notamment à cause de l’alcoolisme de sa mère qui l’avait sans aucun doute conduite à sa perte. Mais ce soir, il en avait besoin. Il but cul sec sa vodka et profita qu’Anya regarde ailleurs pour en commander deux autres qu’il but successivement. La chaleur de son corps augmenta et il sentit s’évanouir lentement les horribles images du charnier qu’il côtoyait tous les jours.

    Anya souriait, elle resplendissait dans sa robe de soirée. Garrett l’observait d’un oeil avide et l’écoutait parler de son amputation. Mais fort heureusement, elle changea vite de sujet et vint se blottir contre lui. Il avait quelque chose de différent chez elle ce soir là. Quelque chose qu’il n’avait jamais vu chez elle. Cherchait-elle à le séduire ? Cela lui plut et si il n’avait pas autant bu, il aurait pu la taquiner, lui rendre ce moment encore plus sensuel. Mais le blond avait bu et il avait peur de mourir.

    Il n’avait jamais vu son épouse comme ça, danser, se lâcher. Elle était passé où la douce et timide jeune femme qu’il avait embrassé secrètement ? Vite, il relâcha son cinquième verre et la suivit sur la piste de danse pour suivre les mouvements de son corps. Sans pudeur, désénibé par l’alcool, il plongea ses lèvres sur les siennes dans un baiser chaud, langoureux et pressant. Ses mains tenaient ses hanches, ses fesses et remontaient jusqu’à ses cheveux, ses joues. C’était comme s’il voulait se repaître de sa vie. S’assurer que cette part ancienne de lui-même était elle aussi encore présente. Il en avait même oublier sa promesse de ne pas se montrer à qui que ce soit pour protéger Anya.

    Dans leur bulles, rien ne pouvait les atteindre. Garrett enfouissait son visage dans le cou de la brune quand il n’embrassait pas ses lèvres et il la faisait danser comme le monde autour d’eux n’était pas en train d’être détruit. Non, il n’y avait plus autour d’eux. Juste leur battement de coeur.

    Il n’était pas très loquace ce soir là. Garrett préférait danser, rester près d’Anya et la contempler. Se nourrir d’images, de touchers, de son rire et de son parfum. Mais la soif lui prit rapidement la gorge et il expliqua à son épouse qu’il allait leur chercher un peu à boire, d’autant plus que des collègues de l’hôpital venait d’arriver. Il la laissa donc parler avec ces filles pour se rendre au bar. Il prit un grand verre d’eau ce qui fit rire le barman quand il prit ensuite deux grands verres de vodka diluée avec une sorte de sirop. Il se tournait pour chercher la brune dans la foule et vit soudain, très clairement, deux mains sur les postérieur cambré de sa femme.

    Le sang de son visage se figea quand le soldat en lui fit son entrée. Garrett s’était toujours assuré de rester aussi loin que possible de la violence mais l’alcool n’aidait pas vraiment dans ce cas précis. Il voyait bien que la brune se tortillait gênée en essayant de se défaire du grand brun aux mains velues. Des soldats riaient autour, amusé sans aucun doute de la voir tenter de s’échapper. Garrett arriva donc et poussa violemment l’homme contre le reste de la foule. Une fois qu’il eut lâcha Anya, le blond pourtant plus chétif que la grosse brute, se jeta sur lui et l’asséna de rapide et violent coup de poings en plein visage.

    Certaines femmes hurlaient quand d’autres hommes tentèrent d’arrêter Garrett, mais rien ne le faisait bouger de sa proie. Il frappait tellement fort qu’il vint à fracturer la mâchoire du brun et détruire son nez. Il fallut trois soldats pour réussir à le maîtriser et l’amener à l’extérieur. Les autres n’avaient pas osé, surtout en reconnaissant celui qui avait sauvé le général Melkhis.

    Assis dans la neige, il avait plongé sa main dedans pour tenter de l’engourdir. Recroquevillé, tirant sur sa crinière blonde qui avait repoussé, il tremblait sous l’énervement et tentait de se calmer. Ce fut la main brulante d’Anya qui l’éveilla. En la voyant, il s’en voulu aussitôt. Elle qui avait tellement envie d’une soirée tranquille et douce. Il avait tout détruit. Posa sa main meurtrie et ensanglantée sur la joue de la brune, il s’excusa sincèrement :

    - Tu n’as rien ? Est-ce qu’il..? Est-ce qu’il t’as blessé ? Quand.. Quand j’ai vu ses mains sur toi j’ai.. j’ai totalement déconnecté Anya. Je n’aurais pas du t’accompagner ce soir. Je suis désolé. Et puis j’ai bu..


    immarcescible, Posté le jeudi 22 septembre 2022 20:37 Répondre

    Pendant les jours qui suivirent, Garrett eut en tête la voix suppliante mais ferme de son épouse. Il devait lui revenir en vie. Il devait rester en vie pour elle. Le moment volé qu'ils eurent quelques jours plus tôt lui avait redonné suffisamment d'énergie pour pouvoir affronter les horreurs des jours suivants ; lui et sa troupe avaient du longer la ville pour poser des mines sans se faire repérer par l'ennemi. Mission compliquée, délicate et très dangereuse. Il n'avait pas osé avouer à Anya qu'il s'était porté volontaire de peur qu'elle lui hurle dessus. Ceux qui revenait vivant auraient le droit à une plus longue permission. La simple idée d'avoir au moins deux jours avec son épouse l'avait fait sauter sur son siège et se porter volontaire en premier. Quelques hommes courageux et qui connaissaient la valeur du blond décidèrent à le suivre.

    Ils partirent à six et revinrent cinq. C'était une réussite pour les généraux une abomination pour le blond. Le sixième a avoir perdu la vie était un petit jeune homme de l'âge de Anya. Garrett avait essayé de le sortir de la vase mais une bombe explosa sur le côté et déchiqueta le bas du corps du jeune soldat. Par pitié, Garrett vint lui tirer une balle en pleine tête sous ses supplications. Il ne voulait pas finir dans un fauteuil. Alors, profitant du tohu-bohu, il déchargea son arme sur son visage en le regardant dans les yeux, en larmes.

    C'était injuste qu'il soit considéré comme un héro alors qu'il n'avait pas ramené tous ses hommes. Du moins, c'était ce qu'il pensait. La mission avait été un succès puisque la nuit suivante, les nazis se jetèrent sur la baie et tombèrent sur les mines improvisées des soviétiques. Garrett avait tenu à ce que ses hommes et lui restent pour s'assurer qu'aucun ne passe les limites de la ville. Un homme avait réussit à s'insérer et fonçait directement sur le général soviétique venu assister à la mission. Le but étant de l'éliminer. Sans chercher à comprendre, Garrett chargea son arme et visa avec précision le crâne du nazi avant de tirer sans hésitation. Le nazi tomba raide mort aux pieds de sa victime qui était recouverte de sang.

    L'heure de la délivrance vint enfin. Garrett avait tardé avant de rejoindre le centre hospitalier. En effet, il se faisait arrêter tous les cent mètres par d'autres soldats qui voyaient en lui le héros qui avait sauvé le Général Melkhis. Non pas qu'il avait prémédité cet acte, bien au contraire, il avait toujours voulu être le plus transparent possible pour ne pas qu'on s'intéresse à lui et son passé trouble. Son identité n'avait pour le moment jamais été démasqué mais il suffisait de peu de choses parfois pour que tout bascule. Surtout qu'aujourd'hui, il y avait désormais Anya et le reste de la famille.

    Lorsqu'il arriva enfin auprès d'Anya il sentit son coeur battre plus fort. Son rythme cardiaque n'était jamais au repos lorsqu'il était près d'elle. Il s'emballait avec une telle force qu'il aurait pu faire un arrêt cardiaque. Près d'elle, il se laissa donc entraîner où elle le souhaitait. Sa mine circonspecte et surprise n'était pas si étrange que cela. Il se demandait bien comment elle avait fait pour trouver une jolie chambre d'hôtel ici, encore intacte et un peu d'argent :

    - Tu devrais garder ton argent pour autre chose Blackbird. Regarde ce que j'ai ramené. Comme ça, pas besoin de sortir.

    En tant qu'officier, il avait pu bénéficier d'un peu de nourriture qu'il sortait de sa besace. Il y avait du pain, des conserves, de la vodka, des cigarettes et un peu de chocolat. C'était le péché mignon de la brune il le savait et souvent il se débarrassait de toutes ses cartouches de cigarettes juste pour conserver la denrée rare du chocolat.

    Laissant Anya regarder et fouiller le sac, il en profita pour se rendre dans la petite salle de bain et faire couler un bain chaud. C'était rare d'avoir ce luxe et il comptait bel et bien en profiter. Une fois nu, il se rinça rapidement à l'eau claire avant d'entrer dans le bain chaud en grimaçant. Il avait quelques plaies à droite et à gauche, rien de grave mais suffisamment pour que l'eau propre lui pique la peau :

    - Je sais que tu es en repos mais ça ne t'ennuierais pas de regarder un peu mes blessures dans le dos ?

    Pendant qu'elle l'inspectait, il en profitait pour savourer la sensation de ses doigts sur son dos. La douceur avec laquelle elle prenait soin de lui l'ému une nouvelle fois. Les yeux clos, il essayait de penser à autre chose que le bruit des bombes au loin et de la souffrance des hommes si proche d'eux. Il murmura :

    - Arrête et viens me rejoindre s'il te plaît. J'en ai besoin.

    Garrett n'était pas homme à se confier facilement. Pourtant, avec Anya, il n'y avait aucun filtre. La regardant se déshabiller, il la contempla l'oeil vague, perdu et triste et lorsqu'elle le rejoignit dans l'eau, il la prit contre lui en enfouissant son visage dans sa crinière, dans son cou. Il humait sa peau, la caressait en murmurant en anglais des mots tendre, des mots qui étaient puissants qu'il ne voulait pas qu'elle entende, de peur qu'elle comprenne qu'il risquait de tout abandonner de fatigue et de céder au joug nazi et à la mort :

    - J'ai peur Anya.. Si peur que même en survivant mon âme soit détruite. J'ai peur de devenir un légume, un zombie. Et toi, toi si belle, si jeune tu seras bloquée avec moi à jouer mon infirmière. Ça me tue..


    immarcescible, Posté le lundi 19 septembre 2022 11:48 Répondre

    Son visage était entre la douceur des seins de son épouse. Il sentait ses mains s’emparer de son visage, de ses joues et ses lèvres ô bonheur suprême, ses lèvres.. Garrett reprenait son souffle quand ses mains entouraient fermement le corps si vivant d’Anya. A peine trois jours étaient passés et il avait l’impression qu’une éternité c’était passé. Ils avaient été lancé dans le bain avec une violence certaine et aucun moyen de repli. Se replier signifier déserter. Alors il fallait se battre, coûte que coûte en espérant pouvoir sortir un jour de cet enfer.

    Mais Garrett ne pensait pas à lui à cet instant. Il n’osait imaginer ce qu’Anya avait pu voir pendant ce temps. Leningrad était une chose, mais Stalingrad une toute autre. Ici, c’était une boucherie féroce qui allait conduire les hommes à tomber comme des mouches et ce jusqu’à ce qu’il n’y ai plus aucun soviétique dans la ville.

    Il était sale, terriblement sale et il s’en voulait de se présenter devant son épouse avec une telle crasse et puanteur sur lui. Lorsqu’elle évoqua le bain et le repas il ne pu s’empêcher de la regarder tendrement et reposa ses lèvres sur son poignet :

    - Je ne peux blackbird, dit-il d’une voix basse et fatiguée, je dois rejoindre mon camp d’élite. Je suis attendu dans une heure tout au plus. Sinon je serais considéré comme déserteur. J’ai obtenu de mon général de pouvoir ramener Yourich parce que je savais que je pourrais te voir au moins une minute.

    Les mains du blond retenait le corps de son épouse fermement contre lui. Il avait besoin de sentir qu’elle était là, près de lui. Jamais il ne lui avouera mais il était heureux de la savoir là, si près de lui, contre lui. Il aurait pu tout abandonner si il avait sut qu’elle était aussi loin. Comme si leur parenthèse d’amour n’avait été qu’un mirage. Même si il était heureux de la voir, il ne pu s’empêcher de lui demander :

    - Avec tout ce que tu as vu tu n’as toujours pas envie de fuir.. Tu es en droit de le faire tu sais ?

    Il savait que si il insistait ça risquait de partir en dispute, or, c’était tout ce qu’il refusait alors il n’insista pas. Caressant son dos, il vint embrasser son ventre avant de relever ses prunelles éreintées et tristes vers elle :

    - Tous les jours je pense à toi tu sais. Je me bats pour te rejoindre Anya.. Embrasse-moi encore.. Donne moi de ton amour..

    Ce fut un baiser intense, suave, puissant qu’ils se donnèrent l’un à l’autre. La peur sans doute que ce soit une nouvelle fois la dernière fois qu’ils se voyaient. La mort les tenaient en amis depuis longtemps désormais. Ils étaient été si familiers avec elle qu’ils oubliaient dans leurs baisers sa présence. Garrett se refaisait une carte mentale des courbes de son épouse, de son parfum, de son goût. Il aurait pu en pleurer tellement il la sentait le retenir contre elle comme pour l’happer et le protéger. C’était la première fois qu’il voyait quelqu’un vouloir le protéger de la sorte et cela l’ému. A bout de souffle, il du stopper lentement ce baiser mais sans pour autant la lâcher. Il embrassait avec une douceur tendre les lèvres meurtries d’Anya avant de baisser la tête :

    - Mon bloc doit tenir encore deux jours avant une potentielle relève. Si nous réussissons à tenir j’aurais le droit à une journée de repos. Espérons que nous tenions d’ici là.

    Dans un mouvement difficile, Garrett se leva non sans lâcher une Anya qu’il sentait accroché à lui. Adossé contre la porte, il tentait de lui offrir un sourire rassurant quand il replaçait une mèche de cheveux de sa coiffe :

    - Souris moi blackbird et fais un peu plus confiance en ton époux tu veux bien ?

    On toquait à la porte. Un médecin de la Croix Rouge, Matthew avait besoin d’Anya. C’était lui d’ailleurs qui la formait car il trouvait qu’elle avait un instinct qui ne faiblissait jamais et quelle travaillait toujours plus que les autres. Mais surtout, il était américain.

    Ils sortirent donc de la petite chambrette non sans que Garrett ai donné un dernier baiser à Anya, rapide mais tendre.

    - Tout va bien Anya, demandait Matthew suspicieux en sachant que les hommes pouvaient être violent avec les infirmières, est-ce que cet homme vous a menacé ou embarrasser ?

    L’inquiétude de l’homme surprit Garrett mais ne le rendit pas jaloux. Il voyait bien dans le regard du docteur qu’il n’y avait pas une once de désir pour sa femme et que c’était une réelle et sincère inquiétude. Il offrit un léger sourire à Anya et tenta de dégager sa main de cette dernière mais sa poigne était plus ferme qu’il ne l’eut crût. Il fronçait les sourcils, comme pour lui dire de ne pas dire la vérité. C’était bien trop dangereux. Personne ne devait savoir qu’ils étaient liés aussi, il la devança :

    - Camarade Anya est une vieille amie a moi. J’étais le fiancé de sa mère. C’était une sacrée surprise de la voir ici. Nous avons pris deux minutes pour discuter du bon vieux temps docteur. Merci de prendre soin d’elle.


    immarcescible, Posté le lundi 12 septembre 2022 12:30 Répondre

    Garrett n’a jamais aimé les au revoir. Alors quand Anya voulut aller les faire à Georgie et Alek, il se renfermait sur lui-même. Comme lorsqu’ils étaient dans le camion qui les menaient à Stalingrad. Plus ils s’approchaient, plus son corps se braquait. La mort était proche, il la sentait venir. La peur, l’odeur du sang, les visions catastrophiques de la déchéance humaine. Le blond n’y était plus du tout préparé. A croire que cette semaine avait suffit à lui faire oublier tout ça.

    C’était comme si il replongeait dans un cauchemar. Mais le pire dans tout ça, c’est que plus ils avançaient et plus Anya ne semblait pas prendre la mesure de ce qui les attendaient. Elle semblait si sereine que ça heurtait Garrett. Comment pouvait-elle avoir si peu peur après ce qu’il lui avait raconté. Les yeux clos, il faisait semblant de dormir la plupart du trajet pour ne pas hurler et la jeter hors du camion pour qu’elle rentre.

    Sauf que c’était viscéral chez lui. La protéger coûte que coûte. Il s’était bêtement fait convaincre par sa femme de l’accompagner. Il entendait déjà son père le rabrouant de ne pas prendre soin de sa famille. Il y avait comme un goût d’échec.

    - Parce que la guerre est une affaire d’hommes Anya, répondait-il cinglant à sa remarque, pas celle des femmes.

    Au loin, les bombes s’épanouissaient comme un concerto donné en l’honneur des soldats russes. La boule au ventre de Garrett ne cessait de s’étendre par la même occasion quand il soupirait lentement prêt à vomir. Mais il devait rester fort et digne. Avant d’arriver à Stalingrad, ils devaient prendre un petit bateau de fortune qui servait à traverser le confluent autour de la ville. C’était un risque immense car les allemands pouvaient aisément les bombarder du ciel.

    En voyant cela, Garrett n’eut d’autres choix que de se refermer et de se mettre en mode survie. Sauf que la présence d’Anya allait forcément compliquer les choses. Ils sortirent tous du camion et il l’aida à descendre. Profitant de la cabale de tout le monde, il vint retirer autour de son cou la chaine qui contenait leurs alliances. Il les posa autour du cou de la jeune femme et les dissimula dans son corsage :

    - Je sais que tu aimes commander tout comme moi mais là il va falloir que tu acceptes que c’est moi qui décide. On va traverser le fleuve sous les bombes allemandes. Ils ne veulent pas qu’on rejoigne nos armées donc tu restes près de moi et tu fais ce que je dis c’est compris ?

    La mine d’Anya lui fit regretter d’avoir été si froid et sec. Il embrassa son front d’un long baiser avant de se remettre à suivre les autres jusqu’au petit embarcadère. Sa main, ses doigts serraient très fort ceux de la brune. Sa poigne était ferme et sèche. Mais il n’avait qu’une mission désormais et elle n’était pas des moindres, survivre et s’assurer de la sécurité d’Anya.

    Ils montèrent dans ce radeau de fortune et se retrouvèrent entassés les uns aux autres. Garrett demanda à Anya de se mettre près de la barrière à l’avant. Se mettant derrière elle, pour la protéger, il murmura au creux de son oreille discrètement :

    - Si je te dis de sauter tu sautes.

    Le radeau avançait sur le fleuve pour le moment calme. Mais tout le monde étaient aux aguets. Il ne fallait faire aucun bruit et avancer le plus discrètement possible. Garrett restait derrière Anya, l'encerclant de son corps prêt à bondir. Ils entendaient au loin les bombes devenir plus proche. L’odeur du brûlé et d’une mort bien présente le fit fermer les yeux de dégoûts. Il y avait des cris, des pleurs, des supplications et encore le bruit des armes.

    Tout près d’eux, un autre radeau avançait mais bien trop vite. Les hommes qui se trouvaient dedans notamment Vassili. Que des jeunes recrues, prête à en découdre avec les allemands. Persuadés d’être immortels et de pouvoir gagner la guerre. Garrett et ses camarades les fustigeaient du regard devant tant de bêtise. Il aurait voulu leur hurler de se taire mais cela aurait permis aux allemands d’avoir une précision sur leur emplacement. Mais nul doute qu’ils allaient entendre ces jeunes chiots impétueux.

    Plus ils s’approchaient de la berge et plus Garrett sentait son ventre se tendre. La brume qui les couvrait allait disparaître très prochainement et ils seraient à découvert. Il voyait mal dans la brume pourtant, il sentait que quelque chose se tramait. Sa main serra celle d’Anya plus fort quand un bruit sourd les fit sursauter. Les allemands étaient entrain de bombarder le petit bateau où se trouvait le fameux Vassili. Un geyser d’eau immense vint les éclabousser quand les jeunes gens toujours en vie hurlaient de peur avant de continuer à faire encore et encore du bruit. Les mitraillettes allemandes venaient les toucher du côté est de la rive et Garrett sut qu’ils devaient vite sortir d’ici.

    Il ordonna aux hommes de ramer plus vite et plus fort mais voyant qu’ils étaient trop lourd, et que certains tirs avaient touchés leur embarcation il ordonna à Anya de sauter à l’eau.

    Peu de temps après, il donna le même ordre à ses hommes et tous sautèrent à l’eau laissant l’embarcation voguer loin et seule. Il cherchait du regard Anya et voyait qu’elle nageait vite mais des hommes qui ne savait pas nager essayaient de s’accrocher à elle. Ceux qui étaient ses compagnons de fortune devenaient des ennemis. Sans attendre, le blond fonça jusqu’à elle et frappa sans concessions ceux qui la prenaient pour une bouée. L’eau était glaciale, et ils devaient rapidement atteindre le rivage avant d’être gelés.

    - NAGE ! NAGE ! NE T’ARRÊTE PAS !

    Il hurlait sur la jeune femme comme s’il s’agissait d’un de ses hommes. Tenant le col de la brune, il l’entraina dans un mouvement rapide et sec jusqu’à enfin avoir pied et sortir de l’eau. Il était essoufflé et glacé. Les armes étaient forcément enrayées et ils allaient devoir s’en sortir dans la ville sans arme. Ses hommes le retrouvaient et beaucoup grelottaient sous le froid glacial :

    - On ne traine pas, on y va maintenant. Ils vont venir inspecter la rive pour voir si il y a des survivants. Allez !

    Sans attendre, beaucoup de ses hommes commencèrent à partir en direction de la ville. Il en profita pour s’assurer qu’Anya n’aie rien en posant ses mains sur ses joues :

    - Il faut qu’on y aille maintenant Blackbird. Je vais te déposer à l’hôpital et je rejoindrais le groupe après.

    Elle était loin la peur. Maintenant qu’il était dans le vif du sujet, il était en mode survie. Son regard était froid, distant, sa mâchoire serrée par ses dents qui se refusaient à trembler. Le Garrett doux et sensuel de la semaine dernière avait pour le moment disparu.


    immarcescible, Posté le mercredi 07 septembre 2022 19:41 Répondre

    Blottis langoureusement l'un contre l'autre, Garrett savourait la sensation de ses doigts caressant la peau de soie d'Anya. Ils avaient tant encore à vivre. Il avait l'impression de prendre un shoot d'adrénaline. Cette semaine resterait la plus belle de sa vie se disait-il. La cheminée derrière eux les éclairaient faiblement, mais suffisamment pour qu'il puisse contempler les prunelles de la jeune femme. Ses jambes entrelacées aux siennes, il remontait lentement ses doigts le long de sa courbe sensuelle avant de redescendre.

    Les souvenirs d'Anya et ce qu'elle avait subit dans les camps le fit soupirer. Non pas d'ennui, au contraire. Il aurait voulu être là pour les protéger avec Alek. Les souvenirs et le trauma était encore là. Comment pourrait-il en être comment ? Voilà pourquoi il voulait qu'elle fuit. Ce qui les attendaient ici, même lorsque la guerre serait finie ne serait pas mieux. Même si ici ils avaient leur paradis, un jour la guerre arriverait et si ce n'était pas elle, ce serait simplement les communistes et Staline :

    - Il n'y a rien à attendre de l'Union Soviétique Anya. Le truc c'est que pour le moment tout le monde a un ennemi commun : Hitler et les nazis. Alors certes, nous nous protégeons de cet envahisseur mais quand la guerre sera terminée, qui nous protégera de notre Etat. Le communisme, Staline, ils vont finir par nous tuer. Si ce n'est pas par dénonciation ce sera forcément à cause de la malnutrition.

    Ils parlaient de sujet grave, politique. Jamais encore il n'avait pu être aussi honnête avec quelqu'un et cela lui semblait si agréable et étrange à la fois. Continuant ses caresses, il vint poser sa main sur sa joue :

    - Quoi qu'il se passe ici tu dois fuir Anya. Tu n'as aucun avenir ici. Je vais m'arranger pour que Georgie et Alek puissent partir vers le Nord. Là, ils passeront la frontière finlandaise. Ce sont des marécages dangereux mais il y a moment de passer sans se faire arrêter par les russes et les allemands. Rappel toi de ça. Passer la frontière et ne pas s'arrêter. Ne jamais se retourner. Il faut avancer jusqu'en Norvège. Le KGB est partout. Ils vous rattraperont si vous traîner. Donc il faudra avancer coûte que coûte. Considère que vous êtes en sécurité uniquement quand tu auras mis le pied à Ellis Island.

    Il lui expliquait tout car il s'était déjà renseigné de tout. Si Garrett avait une vision si précise de comment demander l'asile et les papiers nécessaire c'était parce qu'il avait déjà prévu de fuir depuis très longtemps. Mais tout tomba en l'air avec l'arrivée de la guerre et sa rencontre avec Anya :

    - Tu te souviens du jour où nous nous sommes rencontrés ? J'avais rendez-vous avec un passeur. Je devais fuir le lendemain et.. et je t'ai vu. Et soudain, plus rien n'avait d'importance. Même pas mon retour en Amérique. C'est toi que je voulais Anya. Toi que je cherchais désespérément.

    Son visage se penchait sur le sien avec douceur pour que ses lèvres y déposent un baiser tendre, chaud et rassurant. Délicatement, son nez caressait le sien quand un sourire tendre se formait sur ses lèvres :

    - Je rêve souvent d'une chose.. Toi.. Moi.. Et le reste de notre famille un peu particulière. Nous sommes dans cette maison au bord du lac. Simplement heureux. Simplement heureux.. Tu portes une jolie robe couleur soleil et que tu es pied nu. Tu nous joues du violon. C'est si simple.. Nous sommes libres.

    Lentement, du bout des lèvres, il se mit à chantonner une vieille chanson* que sa mère adorait. Une chanson comme elle lui avait demandé. Une chanson pour lui exprimer ce qu'il ressentait. D'une voix doucereuse, tendre, il chantait donc cet amour qu'il ressentait pour elle. Une fois qu'elle fut terminée, il lui en traduisit chaque phrases tout en déposant entre chaque mots des baisers tendre, sensuel sur tout le long de son corps. Une fois qu'il eut terminé sa cartographie anayesque, il remonta ses lèvres contre les siennes et murmura avec un sourire amusé :

    - Billie Holiday.. C'est le nom de la chanteuse. L'une des plus belles et grandiose chanteuse de notre temps. Si elle est encore vivante, je t'emmènerais la voir chanter un jour.


    *the song : https://www.youtube.com/watch?v=9l44_n60QQ8


    immarcescible, Posté le lundi 05 septembre 2022 15:29 Répondre

    Cette soirée avait des allures d’adieux insupportables pour le blond. Une sensation, un pressentiment le guidait. Persuadé qu’il ne reverrait plus jamais cette famille étrange qu’il s’était constitué. Alek leur en voulait quand Georgie le considérait comme son propre fils. Il avait mal de lui mentir. Embrassant la main de la vieille femme, il la remercia humblement de tout ce qu’elle avait fait pour lui. Il aurait tant voulu lui avouer la vérité mais il avait si peur pour elle, pour sa sécurité et qu’elle le rejette furieusement. Garrett se contenta donc de l’enlacer et de lui promettre de tout faire pour rentrer à la maison comme toutes les autres fois.

    Sur le chemin du retour, le blond prenait son temps. Il savourait la nuit glacée sous les éclairs de lune qui caressaient la peau blanche et délicate de Anya. Ils marchaient, blottis l’un contre l’autre sans se soucier de ce qui les attendaient. Ils vivaient l’instant présent :

    - Tu m’as donné ce que je n’aurais jamais pu espérer Anya. En peu de temps tu m’as offert une famille. Tu le sais ?

    Embrassant sa tempe malgré l’épaisse chapka qu’elle portait, il en profita pour resserrer ses bras autour d’elle tout en continuant leur petite marche :

    - Je m’en veux d’avoir autant mentit à Georgina. J’aurais du lui dire la vérité tu ne crois pas ?

    Ils remontaient lentement la petite pente qui les conduisait sur la hauteur de la forêt. Leur maisonnette les attendait. Ce petit havre de paix qui connut deux journées délicieuse et qui fut un tendre abris pour ces amants maudits. Garrett fit entrer rapidement Anya et ajouta rapidement une autre bûche de bois avant que le feu ne s’éteigne. Il retirait son long manteau d’hiver qu’il mit à sécher sur une chaise et vint commencer à préparer son sac pour le lendemain. En voyant Anya faire de même, il poussa un soupire de mécontentement.

    - Arrête avec ton sac, dit-il en venant rapidement à elle, je ne veux pas te voir faire ce sac..

    Il la soulevait et la posa assise sur la table de cuisine. Entre ses jambes, il posa son front contre le sien, les yeux clos et inspira profondément :

    - Laissons nos sacs pour le moment veux-tu ? Je ne sais pas pendant combien de temps je vais être séparé de toi mon amour. Et quand on se retrouveras, nous n’aurons sans doute pas la chance d’avoir un peu d’intimité..

    En disant cela, ses doigts venaient déboutonner le chemisier de son épouse. Une fois que le tissu révéla sa poitrine nue, il se pencha sur cette dernière et enroula sa langue contre sa pointe durcie. Son autre main jouait aussi de cette merveille quand ses oreilles ne pouvaient que se repaître de la mélodieuse voix d’Anya. Il joua un instant avec les deux belles merveilles entre ses doigts avant de remonter ses mains sur les joues de la brune. Lui donnant un profond et langoureux baiser, il laissa sa langue s’enrouler, tapoter et tirer celle de la brune dans un baiser fougueux. Ses mains vinrent vite quitter ses joues pour agripper ses cuisses nues sous ses jupons et la enrouler ces dernières autour de ses hanches.

    - Comment vais-je vivre.. Comment vais-je vivre sans le goût de ta peau Anya.. Sans la douceur de ta peau de soie.. Et tes souffles mon amour.. Comment vais-je faire sans toi ?

    Sa langue quittait la sienne pour revenir sur le buste de la jeune femme. Il avait déchiré sans état d’âme les jupons de la belle et venait enfouir son visage entre ses cuisses. Il en embrassait chaque centimètre de peau avant de plonger son visage près de son mont de Vénus et de la goûter. La voir se cambrer ainsi, maintenir ses fesses quand sa langue impétueuse la désirait, la taquinait. Quel spectacle elle lui offrait. Quelle excitation sommeillait en lui.

    En la voyant si fébrile, si proche du plaisir, il ne chercha pas longtemps et lui offrit ce moment de pur bonheur. La voir de la sorte ne pouvait que décupler ses propres désirs. Se relevant, il attaqua de nouveau ses lèvres dans un baiser plus sauvage et intense jusqu’à ce que leurs souffles soient coupé :

    - J’ai tellement envie de toi.. Tu me rends fou de désir Anya.. Je ne veux que toi..

    Redressé contre elle, il vint faire tomber son pantalon et dans un mouvement de bassin rapide, la pénétra. Jusqu’à présent, ils avaient été l’un et l’autre assez doux et tendre mais là il s’agissait d’un besoin pressant. Le besoin de se fondre en elle, de s’assurer qu’elle ne l’oublierait pas, s’assurer qu’ils étaient encore là, l’un pour l’autre. Ses mouvements étaient puissant et la table amortissait du mieux qu’elle pouvait leurs mouvements.

    - Regarde-moi.. Anya.. J’ai besoin que tu me regardes..

    Une fois qu’elle ouvrit les yeux, il ne pu s’empêcher de gémir. Elle était si belle, si sensuelle. Il aurait pu mourir à cet instant précis :

    - Je t’aime.. Je t’aime tellement.. Je suis à toi.. Rien qu’à toi.. A jamais..


    immarcescible, Posté le dimanche 04 septembre 2022 13:41 Répondre

    Il s’était laissé envelopper par la force de caractère d’Anya. Comment avait-il pu être aussi faible ? Garrett s’en voulait. Il allait laisser Anya partir avec lui sur le front, l’endroit le plus dangereux qui soit. Jamais il n’avait douté de son courage, mais il savait que son esprit ne serait pas tranquille si il la savait aussi proche de lui, au plus près du danger. La recevant sur lui, il la laisse essayer d’attiser de nouveau son espièglerie ce qu’il lui fit croire.

    - Habille-toi. Je vais te montrer quelques techniques de défense.

    Il la reposa sur le sol de leur maisonnette et sortit à l’extérieur pour l’attendre. Assis sur un tronc, il fumait, pensif, renfrogné. Il essayait d’imaginer tout un tas de plans pour qu’elle puisse rester à Lazarrevo, mais elle trouverait toujours prétexte à ses sollicitations. La supplier ne servirait à rien. Elle était tellement sûre d’elle. C’était ça qui l’avait toujours attiré chez elle. Son assurance qu’elle dissimulait mais qu’elle laissait exploser lorsque les membres de sa famille étaient en danger. Il craignait que sa véritable motivation était celle de vouloir le protéger.

    Quand elle apparue enfin, il leva ses yeux troublé par la peur et l’inquiétude et la contempla un instant. Elle était loin la petite fille effrayée qu’il avait rencontré dès mois plus tôt. Jetant son mégot, il se leva à son tour et lui montra comment se positionner :

    - Tu dois toujours être en mouvement, dit-il en levant les poings, et toujours regarder dans les yeux ton adversaire. Anticipe ses mouvements.

    Sans mesurer sa force, il vint aisément agripper le bras de la jeune femme et la retourner contre lui. Bloquant son buste et ses bras contre le sien, il embrassa son cou en murmurant :

    - Pour te débloquer pousse ton bassin en avant et fait un mouvement de haut en bas. Puis d’un coup sec tu t’échappes. N’attends jamais. Agis et ne réfléchis pas.

    Ils s’entraînèrent ainsi une bonne petite heure et demie. Elle était douée et apprenait bien et vite. Ils finirent tous les deux allongés sur le sol essoufflé et regardaient le ciel d’un bleu pur voilé par quelques nuages d’un blanc poudré sage. Le soleil était dissimulé par les haut sapins. Garrett reprenait son souffle et ses doigts venaient se joindre à ceux d’Anya :

    - Tu dois me promettre quelque chose.. Une fois que nous serons sur le front.. Si je meurs Anya.. Ecoute moi bien.. Si je meurs je veux que tu prennes l’argent dans Frankenstein et tu fuis d’ici.

    Son visage se tournait vers le sien, ses yeux l’implorant. Il était sérieux et venait porter à ses lèvres sa main avant de fair tourner autour de son annulaire l’alliance qui joignait son doigt :

    - Si je peux ne cherche pas à retrouver mon corps. Tu pars aussitôt. Mon âme sera déjà retournée auprès de toi mon amour.

    Lentement, il venait s’allonger sur le côté pour lui faire face. Ses yeux la contemplait avec avidité quand ses doigts serraient entre les siens sa main avec fermeté. C’était pour lui l’assurance qu’elle vivrait coûte que coûte. La simple idée de la savoir attendre ici sa propre mort le rendait furieux. Car oui, au fond de lui, Garrett savait pertinemment que si les allemands ne le tuait pas, le gouvernement le ferait. Dima était toujours en liberté et ils ignoraient où se trouvait Katarina. Ici, ils étaient en paix et sécurité mais pour combien de temps ?

    - Je crois en toi plus que tout au monde Anya Hedlund et j’ai besoin à mon tour que tu me soutiennes et que tu me fasses confiance, dit-il d’une voix basse et sérieuse, je t’aime et je veux le meilleur pour toi alors tu dois me le jurer. Si je meurs tu partiras. Va où tu veux dans le monde pars au plus loin d’ici. Tu dois me le jurer.


    immarcescible, Posté le mercredi 31 août 2022 23:10 Répondre

    La lettre de mobilisation entre les mains, Garrett réfléchit. Il venait de fermer la porte et se tourner vers Anya les sourcils froncés. Ce qu’elle lui confiait ne l’étonnait qu’à moitié. Il se doutait bien qu’ils allaient avoir cette réaction. Il se doutait bien qu’il y allait y avoir un conflit. Il replia la fameuse lettre et la posa sur la petite table qui n’aura même pas connu leur premier dîner ou petit déjeuner. La mort envahissait de nouveau leur vie et cela lui prenait l’estomac.

    - Tu ne viendras pas avec moi Anya, il en est hors de question.

    Vu la moue désapprobatrice de la jeune femme et la lueur de défi dans son regard, il comprit qu’ils allaient bel et bien en effet se disputer. Avec calme et douceur, il tenta alors de rester le plus tranquille possible mais impossible en voyant sa jeune épouse aussi sûre d’elle-même :

    - Ce n’est même pas négociable Anya. Je ne te laisserais pas partir d’ici. C’est bien trop dangereux. A croire que tu as oublié l’horreur de la guerre avec la faim, la mort. Il n’y a rien qui t’attends là-bas si ce n’est mourir c’est ce que tu veux ?

    Il avait beau essayer de se contrôler, c’était plus fort que lui. Il sentait bel et bien la colère poindre le bout de son nez surtout qu’elle restait toujours aussi silencieuse. Mordant sa lèvre de nervosité, il faisait les cent pas en réfléchissant à comment l’empêcher de partir. Anya était aussi têtue que lui, il devait donc trouver une astuce pour ne pas la faire quitter Lazarrevo et le reste de sa famille :

    - De toute façon je ne pourrais pas être avec toi. Ils vont m’envoyer à un endroit secret que je ne peux pas te révéler. Donc tu restes ici un point c’est tout.

    Enfin elle allait parler mais c’est lui qui n’eut plus confiance en lui. Elle le connaissait et elle avait du voir qu’il avait peur, et elle saurait alors quoi dire pour le faire changer d’avis mais c’était impossible :

    - Non, non, non, non et non Anya ! Tu dois m’obéir ! Ce n’est pas un jeu. Putain de merde à croire que tu as vraiment tout oublié ! Dima est peut-être sur le front de l’ouest mais il reste néanmoins un danger. Je ne peux pas me permettre de sauver ta vie quand tu seras sur le front et nous sauver quand il reviendra sur le front est. Tu dois rester loin de moi.

    C’était une torture pour lui de dire ça surtout que c’était faux. Pour survivre il avait besoin d’elle. Comment allait-il pouvoir s’en échapper et trouver le courage de survivre sans elle ? Sans sourire ? Sans ses yeux ? Garrett avait vraiment peur. Peur viscérale qui le clouait sur le sol de la cabane et qui venait lui faire dire des choses affreuses juste pour qu’elle le déteste. Ainsi, elle ne viendrait pas avec lui.

    - Je ne veux pas de toi sur le front. Je ne veux pas que tu me suives comme si tu étais un toutou. Je suis un homme capable de me débrouiller tout seul. Je ne pourrais pas venir te sauver, disait-il en insistant mais rien n’y faisait si bien qu’il haussa le ton en tapant du poing sur le petit meuble, je ne veux pas de toi bordel de merde ! Je ne veux pas de toi parce que je ne suis qu’un soldat venu ici pour te baiser Anya ok ? A ton avis, que peut bien vouloir un soldat quand il est en permission ? Et je t’ai épousé uniquement pour ne pas qu’on te traite de putain quand je serais partit ! Et te baiser comme bon me semblait ok ?

    Au moment même où il dit ces mots, il sût qu’il avait fait une horrible et terrible chose. La mine de son épouse se transforma et il s’en voulut. Calmé et culpabilisant, il soupirait en prenant son visage entre ses mains avant de murmurer penaud :

    - Blackbird.. Je suis désolé.. Je ne voulais pas dire ça.. C’est faux..

    Lentement, il essayait de venir vers elle en lui tendant sa main. Il était à bout de nerf tant la peur et la frustration l'avait envahi. Maintenant qu'il avait merdé, il craignait que la blessure infligée à Anya lui coûte plus que son amour.


    immarcescible, Posté le lundi 29 août 2022 15:21 Répondre

    L’ambiance feutrée de leur maison avait une allure de cocon agréable. Garrett enlaçait les hanches de son épouse avec douceur quand son visage se perdait dans son décolleté. Il l’écoutait évoquer, avec un doux sourire, toutes les destinations imaginaires qu’ils auraient pu visiter. Si l’image d’une Anya globe-trotteuse dans le monde entier le faisait rêver, une part sombre lui revenait toujours en tête. Jamais ils ne pourraient quitter l’union soviétique. Pris au piège dans leurs propres pays. Garrett avait pensé à faire passer la frontière à la famille mais avec une vieille femme et enfant c’était impossible et trop dangereux. Mais il avait fait le choix de renier ce rêve, celui de quitter l’URSS. Son pays c’était elle désormais.

    - Et comment comptes-tu financer tous ces beaux voyages ? Il faudra qu’on travaille ? Je pourrais poser nu pour les cours de dessins qu’en penses-tu ?

    Bien entendu, il la taquinait, comme toujours. La chatouillant sur les côtes, ils vinrent s’écrouler l’un en face de l’autre sur le lit tels deux amants follement amoureux inconscient de ce qui se passait dans le reste du monde. Pour le moment, cela ne les intéressaient pas. Ils le connaissaient bien le monde et il n’avait rien d’intéressant sans l’un ou l’autre. Garrett se perdait dans la contemplation minutieusement du visage d’Anya qu’il caressait du bout des doigts en murmurant :

    - J’aurais aimé t’emmener en Amérique.. Tout près de New-York, quand j’étais petit, nous allions avec mes parents nous balader au bord d’un lac. J’adorais ce lac entouré d’immenses pins. Si j’avais pu, je t’aurais construit une maison là. Comme celle-ci mais bien plus grande. On aurait eu un beau chien.. Et je t’aurais fais l’amour.. Encore et encore toute la nuit.

    Il s’était penché sur ses lèvres qu’il embrassait langoureusement, sensuellement en la gardant précieusement contre lui. Leur baiser dura jusqu’à ce qu’il eut le souffle coupé et quand ce fut le cas, il mordit sa lèvre inférieure en demandant d’une voix basse, comme pris de panique à ce qu’on les entendent :

    - Juste une fois.. S’il te plaît.. J’aimerais que tu dises mon prénom.. Mon vrai prénom.. Je veux l’entendre avec ta voix..

    Relevant son regard vers elle, il continua de caresser sa hanche en se sentant nerveux, gêné. Il craignait qu’elle refuse, pire, qu’elle se rende enfin compte de l’erreur qu’elle avait fait en épousant un homme qui avait une fausse identité :

    - J’ai besoin de savoir que quelque part sur terre quelqu’un aime aussi ce Garrett. Que je ne suis pas qu’un imposteur.


    immarcescible, Posté le jeudi 25 août 2022 19:03 Répondre

    Voilà bien des années que Garrett n'avait pas aussi bien dormi. La douceur et la chaleur d'Anya dans ses bras l'avait tant rassuré qu'il ne s'était pas réveillé en sursaut comme toutes les autres nuits, persuadés que le KGB allait venir l'arrêter. Non. Ils étaient dans leur bulle, leur monde. Au petit matin, il aurait aimé avoir plus de temps avec elle mais les autres occupants de la maisonnette venait d'éclater leur moment d'intimité. C'était toujours le même problème en URSS à cette époque. Ce concept d'intimité n'existait pas. Anya avait déjà quitté le lit quand il voulut se lever pour l'embrasser ce qui fit naître sa première frustration de la journée. Mais pire que tout, la voir se démener quand ils étaient censé vivre pour eux deux désormais. C'était effroyablement égoïste, il le savait, mais comment allaient-ils pouvoir vivre avec Georgie et Alex près d'eux. Garrett était jaloux de voir la brunette se démener pour eux quand il la voulait pour lui seul.

    A peine arrivait-il dans la cuisine où tout le monde les attendaient avec un sourire joyeux sur les lèvres que la brune disparaissait de nouveau pour couper du bois. L'air ronchon du blond inquiéta Georgie. Elle craignait que la nuit ce soit mal passé ce qui était bien entendu tout l'inverse. Il grignota quelques fruits qui étaient sur la table et enfila un simple pull avant de sortir à son tour dans le jardin.

    Il retrouva une Anya sur les fesses qui grognait elle aussi mais pas pour les mêmes choses que lui. Rapidement, il vint l'aider à se relever et épousseta ses fesses et ses épaules remplies de poudreuse avant de s'assurer qu'elle allait bien. Très vite, elle lui explique tout simplement une peur viscérale qui le fait sourciller. Comment n'avait-il pas pu penser à ce détail ? Il s'en voulait aussitôt de ne pas avoir pris ses précautions avec la jeune femme surtout qu'ils avaient fait l'amour à trois reprises et qu'il ne s'était pas retiré. Il mordit sa lèvre, désolé et vint relever son visage vers le sien pour qu'elle le regarde :

    - Je suis désolé je n'y avais moi-même penser Blackbird.. Je te promets d'être plus vigilant la prochaine fois.

    Mais cela n'allait pas suffire à la rassurer, il s'en doutait. Aussi, il déposa un baiser sur son front et la serra étroitement contre lui. Il voulait enlever de ses iris cette inquiétude que tout le monde lui avait mis en tête et qu'il comprenait. Il était inconcevable pour eux d'avoir un enfant. Garrett le savait. C'était un risque immense pour la santé d'Anya mais aussi pour leur sécurité. Garrett n'était pas dupe, il savait très bien que si les allemands ne le tuait pas, ce serait son gouvernement. Alors pourquoi faire venir au monde un être innocent quand on sait l'horreur dans laquelle ils vivaient ?

    - Je ne veux pas d'enfants Anya il n'y a pas de pression à avoir par rapport à ça. Je veux juste toi.. toi et moi. D'accord ? Je te promets d'être vigilant désormais. Mais je ne veux pas que tu aies peur du reste.. Maintenant je veux profiter de mon épouse, la voir sourire comme hier. Être heureuse auprès de moi et qu'on s'occupe de l'un et de l'autre. Uniquement nous un peu, tu veux bien ?

    Il lui offrait un tendre sourire avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Puis, il vint couper le bois pour la laisser souffler un peu et reprendre ses esprits. Lorsqu'elle fut prête, ils rentrèrent dans la petite maisonnette et déjeunèrent avec le reste de la famille. Alek avait sans aucun doute été briefé par Georgie car il ne refit aucune autre remarque sur les enfants. Après avoir mangé avec appétit, il prétexta devoir faire une course. Le blond se pencha sur Anya et déposa un baiser sur le sommet de son crâne avant de partir et disant à tout le monde de ne pas l'attendre de la journée. Il avait une mission secrète à réaliser et pour ça, il emmena avec lui Alek afin qu'Anya aie un moment de repos tranquille.

    En effet, le petit garçon était de toutes les surprises pour sa soeur et un fidèle allié pour Garrett. Ils se rendirent au village où la fleuriste avait déjà développé les photos du mariage. Pour la remercier, Garrett lui offrit une bouteille de vodka et passa une commande de fleurs. Puis, ils allèrent directement à la poste où ils croisèrent un Vassili sombre. Garrett l'ignora quand Alek le salua chaleureusement. Mais le russe passa sans un mot, sans un sourire, sans une émotion. Le petit garçon vexé, fit la tête en se blottissant près de son fidèle allié, son beau-frère. Ce dernier demanda si il avait du courrier mais rien et ils partirent ensuite pour la petite ferme du bout du village.

    Le soir tombait et Alek et Garrett n'étaient toujours pas rentrés. Georgie s'inquiétait assise dans sa petite chaise à bascule tout en tricotant. Elle se pencha sur le côté et chercha Anya du regard qui allait et venait pour s'occuper. Cette dernière, agacée, l'appela et lui demanda de s'asseoir un instant avec elle. Lorsqu'elle eut suffisamment obligée, elle vint poser une main sur la sienne inquiète :

    - Qu'est ce qui te tracasse tant ma petite étoile ? Je vois bien ton air soucieux depuis ce matin. Est-ce que nous aurions dit quelque chose qui te chiffonne ?

    Au même moment, les deux absents arrivèrent près de la maison. Ils chantaient des comptines russes. Tout sales, ils entrèrent dans la maison qui sentait bon la nourriture et où la chaleur agréable du foyer rendait la maison accueillante. Ils souriaient, tout ravis, les yeux brillant de malice en dissimulant leur secret :

    - Mesdames, nous allons nous doucher si vous voulez bien nous excuser.

    Les garçons allèrent rapidement dans la salle de bain pour leur toilette qui se fit rapidement. Une fois tout propre, ils retrouvèrent les filles devant le feu et Garrett pu contempler son adorable épouse dont la moue soucieuse ne semblait pas la quitter. Discrètement, il vint près d'elle alors qu'elle se levait pour aller dans la cuisine pour surveiller la cuisson du plat. Il effleura sa main de la sienne et profita que personne ne regarde pour embrasser son cou qui sentait si bon les fleurs. Elle l'enivrait toujours autant.

    - Tu m'as manqué aujourd'hui Blackbird.. Tu serais d'accord pour une petite balade après le repas de ce soir ?

    Profitant que Georgie aille repasser un coup d'éponge sur le visage à moitié propre de Alek, Garrett se pencha sur les lèvres d'Anya et l'embrassa passionnément. Ses mains caressaient ses joues quand un sourire amusé se formait sur ses lèvres sous le hoquet de surprise de la brune. Pendant tout le repas, le blond s'amusa à caresser avec son pied celui de son épouse. Il aimait voir la légère rougeur de ses pommettes s'épanouir. Elle était si belle ainsi. Après avoir délicieusement mangé, ils se couvrirent et allèrent faire la fameuse petite balade nocturne. Ils marchaient le long du chemin qui longeait le lac et la forêt en s'enfonçant un peu dans cette dernière. Il lui parlait de littérature, d'histoire, d'art en lui expliquant que si il n'avait pas été soldat il aurait adoré enseigner ou étudier.

    Ils prenaient désormais un petit chemin un peu plus sombre puisqu'il était couvert par les immenses pins. En montant la petite pente, ils virent au loin une lumière vive. C'était celle d'une maison. Garrett continuait de s'approcher sans se défaire de son sourire quand il sentait l'inquiétude de sa jeune épouse. Il s'agissait d'une petite chaumière banale mais qu'il avait réussit à échanger contre un peu de travail en contre partie au fermier du coin. Il avait passé la journée à la nettoyer avec Alek pour que le couple puisse y vivre. Arrivés devant, il y avait un petit banc et tout pleins de fleurs que le petit garçon avait disposé avec goût. Garrett sortit la clé de sa poche et ouvrit la porte avant de soulever Anya comme la veille avant de la déposer à l'intérieur :

    - Bienvenue chez nous mon amour..

    Il s'agissait d'une unique et grande pièce avec un haut lit rempli de coussins et d'épais plaid. Une grande pièce pleine de charme mais un peu pauvre en affaire. En même temps, ils n'avaient pas grand chose à eux. Il y avait une jolie petite cheminée avec un petit sofa devant, une cuisine et un coin toilettes. Garrett avait acheté une table avec deux chaises, quelques ustensiles de cuisines, les photos de mariage avaient été encadrées et se trouvaient sur la table de nuit, le violon d'Anya sur le guéridon près de la fenêtre et enfin, il avait ajouté sur une étagère quelques livres qu'il avait toujours sur lui sur le front. Plusieurs bougies et la cheminée était allumée. De la fenêtre de la cuisine, ils avaient une magnifique vue sur le lac qui brillait sous les rayons de la lune. Il se penchait sur le jeune femme en l'enlaçant par derrière et embrassait son cou :

    - Nous n'avons pas de douche il faudra se laver dans le lac. Mais c'est notre endroit à nous.. Notre maison.. J'espère que ça te plaît.


    immarcescible, Posté le mercredi 17 août 2022 17:24 Répondre

    En rien il ne voulait forcer Anya. Mais elle le rendait fou avec ses nombreux gémissements et cette manière qu'elle avait eu qu'il impose ses mains sur son corps sacré. Heureusement qu'il savait encore se contrôler un peu. Le manque et le désir qu'elle avait fait naître en lui depuis tout ce temps le rendait impatient. Mais il se maîtrisait. La seule pensée de l'effrayer le rendait incapable de presser la jeune femme. Lorsqu'il eut la satisfaction de la voir pousser son premier orgasme, il ne pu s'empêcher de sourire de joie, de ravissement et de contentement. Le souffle court, il mordait sa lèvre avant de revenir sur elle et de la couvrir de caresses. Il était assez étonné de la voir aussi curieuse, mais il ne l'interrompit pas. Il se disait que si elle le faisait, c'était tout simplement parce qu'elle le désirait. Et qu'elle sensation quand elle se mit à le caresser.

    - Anya.. Comme ça.. Oui..

    Il lui montrait au départ le rythme, comment il voulait qu'elle le touche. C'était un besoin vital finalement. Sa manière d'abord timidement d'agripper son corps et de le caresser comme si il allait se briser. Il était ému en sachant qu'elle posait enfin ses mains, ses lèvres sur son corps. La jeune apprentie se débrouillait à la perfection et ses mimiques le prouvaient bien. Agrippant le visage d'Anya de ses larges mains, Garrett l'embrassait langoureusement, passionnément en la laissant maîtresse de la situation.

    Elle contrôlait tellement la situation, elle lui ordonna tout simplement de lui faire l'amour, véritablement. La contemplant, il hésita un instant. La peur de la voir se rétracter, de lui faire du mal, de la forcer. Il essayait vraiment d'être précautionneux et pour le coup, il vint simplement s'allonger à ses côtés en la tournant face à lui, de sorte qu'ils continuent à se caresser l'un et l'autre :

    - Tu dois vraiment le vouloir Anya.. Je ne veux pas que tu te sentes obligée de quoi que ce soit. Je t'aime trop pour te faire souffrir.

    En disant cela, il caressait de haut en bas le dos de la jeune femme en laissant leurs jambes lentement s'entrelacer. Il voulait prendre son temps, la rassurer, être certain qu'elle ne regretterait pas ce premier moment si intense qui les lieraient à jamais. Garrett repris ses caresses douce, sensuelle pour attiser chez elle de nouveau ce désir particulier. Murmurant dans son cou qu'il embrassait, il dit :

    - Ma tendre et belle épouse.. Sur le seuil de tes lèvres, de tes seins, de tes cuisses, je dépose les baisers de mon affection.. Mon amour, n'oublie jamais que mon corps est tien, qu'il te réclame, qu'il t'appartiens. Anya..

    Il remontait ses lèvres aux siennes en lui redonnant un profond et langoureux baiser. Ses mains caressaient sa crinière dans laquelle ses doigts s'agrippaient. Lové contre elle, son membre venait se caler entre les cuisses de la brune, et lentement il mimait un mouvement de bassin de sorte que leurs sexes se caressent mutuellement. Il voulait d'abord voir sa réaction, s'assurer qu'elle ne le repousserait pas. Mais il était pris d'une frénésie ardente et pour être certain qu'elle se sente à l'aise, il vint se tourner sur le dos en entrainant la brune au dessus de lui. Ce qu'elle était belle nue sur lui, frémissante, les seins pointant vers lui, ses lèvres pleines et rougies et ses yeux.. oh oui.. ses yeux qui le transperçait :

    - C'est toi qui contrôle.. Toi qui donne le rythme.

    Avec délicatesse, il la plaça au dessus de son membre avant de lentement la pénétrer. Pour lui assurer du plaisir, il joua avec sa boule de plaisir encore sensible tout en aspirant entre ses lèvres sa pointe insolente qui lui faisait de l'oeil. Il gémissait en la sentant si étroite mais ne bougea pas pour le moment afin de lui laisser, comme promis, le contrôle.

    - Putain Anya.. Tu es si belle..


    immarcescible, Posté le lundi 15 août 2022 19:47 Répondre

    Debout sur le perron de l’église, Garrett sourit fièrement. Un bras autour des hanches de son épouse quand son regard est tout droit dirigé vers l’objectif. La fleuriste avait à tout prix souhaiter prendre des photos du jeune couple à la fin de la cérémonie. Si au départ le blond avait hésité, il se dit qu’il resterait au moins une preuve tangible de leur amour et de sa concrétisation en ce beau jour de Noël 1940. Après les quelques clichés, ils avaient eu le plaisir de manger le fameux repas fétiche de Georgie, celui qu’elle réussissait le mieux et ils passèrent une douce soirée.

    Garrett n’avait eu de regards que pour Anya qu’il avait encore du mal à appeler « ma femme ». Cette douce folie dans laquelle ils s’étaient lancé le rendait tout simplement heureux. Il ne pensait pas encore au moment de l’intimité, ce n’est que lorsque la vieille femme prit congé avec Alek qu’il se souvint de ce détail, surtout au moment où les joues de son épouse rosirent de timidité. Ils étaient seuls depuis quelques minutes mais Anya attaquait déjà le problème de la sexualité.

    Si au début il souriait tendrement, une moue moqueuse sur les lèvres, il se rendit vite compte que cela deviendrait problématique si Anya pensait vraiment devoir se forcer. Alors, vite, il se releva et vint lui faire face en réfléchissant.

    Oui, il essayait de trouver la bonne manière de lui expliquer ce qu’était l’amour, l’acte physique en tant que tel. Mais comment lui expliquer sans la brusquer ? Prenant un instant, il vint lentement la soulever en la portant aux jambes comme une princesse :

    - Il y a une tradition en Amérique qui veut que le marié porte jusqu’à la couche sa femme..

    Ce qu’il fit en l’entrainant dehors une seconde avant de re rentrer et de fermer la porte d’un coup de pied. Cela les avaient fait rire et dans ce rire, Garrett profita de cette proximité pour donner un baiser à Anya. Un baiser langoureux, tendre. En même temps, il l’entrainait dans la chambre où des bougies avaient été allumés en grand nombre. Il avait demandé à Georgina de lui laisser la chambre d’Anya pour cette nuit et elle avait refait le lit proprement pour l’occasion et décoré de couronnes de fleurs pour égayer ce qui pourrait risquer d’effrayer la jeune fille.

    Garrett déposa Anya sur le sol et caressa ses joues avant de cesser lentement le baiser. Le souffle court, il sourit :

    - Tout ce que tu as à faire Blackbird c’est poser tes mains où bon te semble sur moi.. Poser tes lèvres où tu le désires.. Tu dois toujours ressentir cette même sensation que lorsque je t’embrasse.. Je veux juste que tu me touches Anya.. Que tu me caresses mais uniquement si tu en as envie..

    Lentement, il avait découvert l’épaule de la jolie brune et posa un baiser sur ce carré de peau découvert. Il prenait son temps, sans la brusquer pour vois sa réaction. Continuant lentement, il fit de même de l’autre côté avant de zipper le derrière de sa robe qui glissait sensuellement le long de ses courbes. Il était époustouflé de sa beauté. Détachant la coiffure d’Anya, il laissa ses long cheveux brun descendre le long de son dos et les huma avant de lui sourire avec douceur :

    - La seule chose que tu dois me dire c’est si tu veux que j’arrête.. Et j’arrêterais, je te le promet.

    Avec douceur, il continuait son chemin de baiser sur son cou avant de lentement sortir le sein de la brune pour enlacer de sa langue sa pointe dressée. Assis sur le bord du lit, ses mains caressaient ses fesses nue tout en la rapprochant de lui. Il ne voulait pas juste la préparer. Il voulait lui faire connaître le plaisir, lui donner envie de s’offrir à lui, tout simplement. Qu’elle découvre que le bonheur de l’intimité était à partager et ne se faisait pas avec n’importe qui.

    Après avoir longuement entortillé sa langue et ses dents autour de sa pointe durcie, il laissa délicatement ses doigts caresser l’intérieur de ses cuisses en murmurant :

    - Tu es si belle Anya.. Tu es si belle que tu m’éblouis mon amour..

    Quand elle s’y attendait le moins, il vint renverser sur le lit en riant doucement. Il reprenait ses caresses sur l’intérieur de ses cuisses en lui donnant un langoureux baiser pour la détendre davantage. Puis, lorsqu’il la sentit suffisamment prête, il la pénétra de ses doigts en stimulant de son pouce, sa boule de plaisir. Mais il voyait bien qu’elle était mal à l’aise, alors, il abandonna pour l’instant pour mieux embrasser son corps de haut en bas jusqu’arriver à ses cuisses qu’il mordillait délicatement :

    - Ta douce est si douce.. Tu sens si bon.. Anya.. Tu m’envoûtes..

    Avec un plaisir évident, il plongea son visage entre ses cuisses et laissa sa langue et ses lèvres jouer sur son intimité humide. Ses yeux brillaient d’un désir vorace quand ses mains venaient agripper fermement ses seins dont les pointes dressées le narguait.


    immarcescible, Posté le vendredi 12 août 2022 12:32 Répondre

    Ici, c'est beau.


    immarcescible, Posté le vendredi 12 août 2022 12:32 Répondre

    Jamais Garrett Hedlund n'avait été aussi sûr de quelque chose. Demander Anya en mariage a été la décision la plus censée et certaine de toute sa vie. C'est bien la seule chose qui le sera dans sa vie d'ailleurs. Debout dans la petite crypte de l'église, il attendait près du prêtre que la jolie brune arrive. Après les révélations de la veille à Georgina, il eut le droit à un petit regard de remontrance de la vieille femme une fois qu'ils furent à deux.

    - J'espère que tu ne fais pas ça pour t'assurer qu'elle ai une solde Sacha.
    - Georgie, soupirait-il, je demande Anya en mariage parce que je suis amoureux d'elle et ce depuis le premier jour où je l'ai rencontré.

    L'ai suspicieux de la vielle femme ne le fit plus rire du tout. Il lui demanda pourquoi elle réagissait ainsi ce qui la fit répondre avec fermeté :

    - Je ne veux pas que ce soit une lubie pour toi. Cette petite est folle de toi. Maintenant que je la vois rayonner de la sorte, je vois bien qu'il n'y a que toi depuis le début. Je veux juste la protéger.
    - Et moi je veux l'aimer jusqu'à ce que la mort nous sépare.
    - Ne dis pas des choses pareilles veux-tu..

    Elle faisait de grand gestes des bras pour sans doute rejeter la potentielle mort qui se trouvait toujours autour d'eux. Cela faisait sourire Garrett qui vint enlacer la vieille femme et embrasser sa tempe pour la rassurer. Chose qui était faite puisqu'elle connaissait assez bien le garçon pour savoir qu'il ne pourrait pas mentir sur une telle chose. Lui si renfermé depuis tant d'années s'ouvrait davantage depuis l'arrivée d'Anya. Enfin il avait un but pour rester en vie et c'était ce que demandait Georgina.

    Garrett repensait au moment du coucher où il voulut rejoindre Anya, mais leur vieille chouette de Georgie veilla bien au contraire à les séparer. Néanmoins, avant d'être de nouveau éloignés l'un de l'autre, il prit la jeune femme entre ses bras et couvrit ses lèvres de tendre baisers. Un peu seul, il en profita pour murmurer :

    - Je ne vais pas réussir à dormir en sachant que tu es si près de moi.. Qu'il me tarde d'être demain.

    Son sourire éblouissait son visage rien qu'à l'évocation de cette idée. Anya allait devenir sa femme et rien n'y personne n'allait l'empêcher. Unis l'un à l'autre et ce pour l'éternité. Après d'autres baisers fiévreux, ils durent s'écarter de l'un et de l'autre car la journée du lendemain risquerait d'être bien chargée. En effet, au petit matin, Garrett était déjà debout et prêt pour la journée qui l'attendait. Il se rendit en premier chez le maréchal ferrant. Il lui donna six dents en or qu'il avait volé pour en faire deux alliances. Le vieil homme marchanda une bouteille de vodka et un peu d'argent que Garrett lui donna. Ensuite, il se rendit dans la petite boutique de la couturière du village et lui donna aussi quelques roubles en échange de son intervention pour une robe pour Anya. Aussitôt, elle fila rejoindre la maisonnette. Et enfin, Garrett s'occupa avec Alek de décorer le jardin de fleurs.

    Le petit garçon était tout excité et chantait en dansant. Bien sûr, la veille au soir il n'avait pas compris que celui qu'il devait appeler papa devienne le mari de sa soeur. Il était encore petit pour comprendre les rouages des relations d'adultes. Tout ce que lui voyait en attendant c'était qu'Anya semblait n'avoir jamais rayonnée de la sorte. Cela suffisait à son bonheur.

    Pour l'occasion, Garrett avait sortit le grand jeu. La fille de la fleuriste jouait de la harpe, il lui demanda donc de venir jouer ce qui ravie le reste de la famille. La nouvelle de ce mariage fit venir quelques têtes curieuse. C'était étonnant que ce soldat bien étrange vienne épouser la jeune Anya. Les enterrements étaient plus courants que les mariages, aussi, beaucoup essayèrent de s'inviter mais le blond refusa net. Cela devait être une cérémonie privée. Pour l'occasion, la fleuriste sortie son appareil photo et pris quelques clichés de Garrett seul et avec Alek. Ils étaient beaux tous les deux dans leur costumes. Même si ils étaient fait avec des matériaux pauvre, ils resplendissaient dedans.

    Garrett sortit de sa rêverie en entendant la harpe sonner dans la crypte. Le son cristallin résonnait entre les pierres fraiche. Il avait attendu toute la journée avant de pouvoir revoir Anya et voilà qu'elle arrivait. Son coeur battait fort dans sa poitrine et il pouvait voir à travers les petites lucarnes la lune qui accompagnait son adoré au rythme doux de la harpe. Il espérait que tout soit aussi parfait qu'elle l'aurait souhaité. Nerveux, il serrait entre ses mains les alliances et vint donc les confier à Alek qui les mit autour de chacun de ses doigts.

    - Ouah, murmurait le petit garçon en voyant sa soeur arriver, ce qu'elle est belle !
    - La plus belle en effet..

    Arrivée à sa hauteur, Garrett ne pu s'empêcher de mordre sa lèvre sous l'émotion. Il prit sa main dans la sienne et la serra assez fort, comme pris de panique qu'elle puisse disparaître. Il pensait à ses parents qui seraient sans aucun doute heureux pour lui. Cela le rassura de les imaginer encore vivant assis sur le banc derrière lui. Mais surtout, les yeux brillant d'Anya lui assurait qu'il avait définitivement fait le bon choix et c'est qu'il proclama lors des voeux :

    - Moi.. Sacha Belov.. Jure de t'aimer Anya Siminiov. Peu importe le nom que je porte, peu importe la maladie, la vie, la guerre, l'éloignement, les soucis d'argents, les soucis de la vie quotidienne. Tu sais, j'ai longtemps, très longtemps vécu seul, sans personne à aimer. Je ne m'attendais à ce qu'un jour, je puisse tomber aussi profondément, inconditionnellement et viscéralement amoureux. Tu as sauvé mon âme Anya. Je t'aimerais toute ma vie et ce jusqu'à ce que la mort nous sépare.

    Il voyait bien qu'elle n'aimait pas cette phrase, comme Georgina. En cette période de guerre, il valait peut-être mieux l'éviter en effet, c'est pour cela qu'il la rectifia avec son sourire malicieux qui n'appartenait qu'à lui :

    - Et crois moi que je vais la repousser le plus loin possible.


    immarcescible, Posté le dimanche 07 août 2022 15:52 Répondre

    Après avoir subit un interrogatoire digne d’un entretien au KGB par le doyen du village, Garrett pu rejoindre Anya et faire la connaissance de ce Vassili. Il n’y avait pas à dire, le jeune homme était clairement tombé amoureux de la belle brune. Et en même temps, comment pouvait-il lui en vouloir ? Qui ne tomberait pas amoureux de cette magnifique fée aux pommettes rosées. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas vu Anya sourire de la sorte et sembler aussi légère. Il aimait la voir dans ce mood et cela le rassurait de voir que Katarina n’avait pas tout détruit chez elle.

    Après la messe, il se sentait clairement étrange. Lui non plus n’avait jamais été religieux. Malgré tout, il ne pouvait s’empêcher de penser par moment que le destin était comme un fil tendu qui te poussais sans que tu puisses le maîtriser. Les forces d’une attraction que tu ne pouvais pas contrôler. Du haut de ses vingt six ans, Garrett savait bien que la religion avait quelque chose de faussé par rapport au monde dans lequel ils vivaient, cependant, cela le rassurait de savoir que son chemin avait croisé celui d’Anya.

    Le regard brillant de la jeune femme le suivait partout depuis le début de la soirée. Si il avait pensé au départ que c’était grâce à la fête et au potentiel Vassili, il sut après la messe et quand elle dansait dans ses bras que c’était pour lui. Ce qu’il avait ressentit pendant la messe et pendant tout ce temps lorsqu’il était auprès d’Anya ce n’était ni plus ni moins que cette même attraction qu’évoquait le prêtre orthodoxe. Alors qu’ils dansaient, il sentit que la jolie brune resserrait ses bras autour de lui. Son oeil brillait étrangement et il comprit d’un seul regard ce qui la chiffonnait. Alors, embrassant chastement son front, il murmura :

    - Mon regard n’est attiré par aucune autre femme dans cette pièce et dans le monde hormis toi Blackbird. Aucune autre ne fait battre mon coeur comme tu le fais.

    Cette attraction entre les deux faisait naître quelque chose d’indécent pour les autres qui regardaient le couple choqué. Il était clair que la différence d’âge et le fait que Garrett soit un inconnu pour tous ici rendait la situation encore plus compliqué. Mais surtout, tout le monde savait que Vassili était amoureux d’Anya. Aussi, le blond arrivait comme un chemin sur la soupe pour les attentes du jeune homme.

    Une fois la chanson terminée, il lui offrir un verre d’eau pour qu’elle se désaltère. Il allait lui proposer de sortir, il avait besoin à son tour de s’isoler avec elle lorsque son adversaire vint le provoquer :

    - Ainsi donc tu es soldat Belov ? Et combien d’allemands tu as tué ?
    - Quand tu es sur le front et que tu luttes pour ta vie tu n’as pas vraiment le temps de savoir combien de personnes tu as tué, petit.

    Le surnom à la fin fit ouvrir grand les yeux aux autres garçons du gang de Vassili qui marmonnaient dans leurs barbes. Quand il s’agissait de parler de guerre, Garrett était toujours sur la corde tendue. Surtout quand le prétendant d’Anya venait le défier.

    - Je ne suis pas petit. Dans deux mois j’aurais dix-huit ans et je pourrais aller me battre et devenir un homme.
    - Grand bien te fasse. Il est certain que la mère patrie à besoin de petits hommes de ton genre.
    - Je.. Je.. Je pourrais à mon tour tuer tous ces nazis et faire un vrai bain de sang !
    - Un bain de sang ? Est-ce que tu sais ce qu’est un bain de sang Vassiili ? Hormis le moment où tu égorges ta brebis dans la grange ? Un petit garçon comme toi risquerait encore plus de se faire dans son froc. Et je te le confirme, c’est l’expérience qui le dis.

    Tous les autres riaient discrètement quand Garrett sentit la main chaude et rassurante d’Anya s’emparer de la sienne. Elle voulait sans doute qu’il s’arrête pour ce soir avant de créer un drame comme il savait si bien les provoquer. Inspirant profondément, il prit la veste chaude d’Anya qu’il posa sur ses épaules et acquiesça :

    - Nous rentrons il se fait tard pour ce soir.

    Vassili semblait vexé et fou de rage mais Garrett s’en fichait. Il préférait l’ignorer et attendre à l’entrée qu’Anya le rejoigne. Il fumait à la porte d’entrée, son air grave et froncé lui donnant un air qui ne donnait pas envie qu’on l’approche. Enfin, quand la jolie brune le rejoignit, il l’entrainer dans la nuit tranquille. Il fallait, pour rejoindre la maison de Georgie, traverser le village et descendre la petite colline qui menait aux bois. Une fois qu’ils eurent passer la ferme des Stepanov, Garrett s’arrêta sur le chemin. Ils n’avaient pas vraiment parlé jusque là, déjà parce qu’il ruminait sa jalousie et sa colère contre ce petit merdeux impudent et ensuite parce qu’il luttait contre sa conscience et ses sentiments.

    - Je ne comprends pas ce que tu trouves à ce garçon, ce Vassili. C’est un abruti ce gamin honnêtement. Comment peux-tu dire qu’il est ton ami ?

    Ils étaient en plein milieu de la route tous les deux alors que les flocons de neige glissaient doucement du ciel. La lune était haute et pleine et la température douce malgré que ce soit le réveillon de Noël. Pas besoin de lumières supplémentaires. Garrett pouvait voir les traits de la jeune femme, étonné sans doute parce qu’il lui demandait :

    - As-tu seulement conscience de la manière dont il te regardais ? Il te désire et.. et..

    Il allait le dire. Il allait dire qu’il était jaloux et qu’il sentait son corps entier se crisper de douleur à imaginer la jeune femme dans les bras d’un autre homme. Ça le détruisait de l’intérieur.

    - Je n’ai pas envie que tu rencontres d’autres personnes Anya. Je n’ai pas envie que tu regardes un autre homme que moi. Je veux que tu sois mienne, depuis le premier jour. Je n’ai jamais voulu de tous ces mensonges, de tous ces secrets. Je.. Je te veux toi. Peut-être que cette soirée était finalement pour moi le moment qu’il me fallait pour enfin oser te dire ce que je ressens au plus profond de mon être.

    Elle ne disait rien, pantoise et choquée par ses mots. Il devait continuer, lui expliquer ce qui le poussait non pas par dépit à lui demander mais bien au contraire, à concrétiser ce qu’il ressentait depuis presque un an et demi désormais :

    - Tu sais ce que disait le prêtre pendant la messe.. Ce que Dieu a unis personne ne pourra le séparer. Je ressens ça pour toi depuis le début. Rien ne nous prédestinait à nous rencontrer et pourtant tu as été sur mon chemin quand j’ai faillis perdre le nord. Tu es sur mon chemin pour une bonne raison. Je ne peux plus et je ne veux plus nier ce que je ressens, c’est terminé. Peu importe la raison, je veux que tu sois mienne et nous laisser le droit à ce bonheur même si il est fugace.

    Lentement, il vint poser ses mains sur ses joues et pu admirer les prunelles scintillantes de la jeune femme. Il l’aimait, c’était fou mais il l’aimait. Se penchant sur ses lèvres, il lui donna un baiser brûlant et lent. Un baiser langoureux qui aurait choqué plus d’une des vieilles de la fête. Blottis l’un contre l’autre, ils s’offraient ce baiser jusqu’à perdre le souffle. Jusqu’à se perdre l’un contre l’autre. Une fois qu’ils reprirent leur souffle, Garrett garda son visage contre lui d’Anya et lui murmura ce grand projet qu’il avait, ce cadeau particulier qu’il avait en tête mais qu’il hésitait à lui donner :

    - Epouse-moi Anya.. Deviens ma femme.. Je ne pourrais pas attendre demain, ni plus jamais. Je sais que c’est ton anniversaire dans quelques heures et que je devrais te faire un cadeau à toi mais.. mais je t’aime beaucoup trop pour pouvoir envisager de passer encore une journée sans être ton époux. Deviens mon épouse.


    immarcescible, Posté le vendredi 05 août 2022 17:44 Répondre

    Anya qui bougonne. Voilà une scène improbable qui fait naître un sourire sur les lippes du blond. C'était étrange de la voir si détendue. Elle n'avait plus sur ses épaules le poids violent et pesant que sa mère lui faisait subir. Garrett avait mieux compris la démarche de la jeune femme quand elle avait décidé de ne pas lui envoyer de lettres. L'un comme l'autre, ils tentaient de prendre soin des deux. C'était ce qui touchait toujours Garrett quand il pensait à Anya et qui l'énervait aussi. Il aurait aimé quelle prenne soin d'elle aussi. Qu'elle se rende enfin compte qu'elle avait le droit de vivre une adolescence normale.

    Bon, il était clair qu'il n'allait pas lui faire la morale dessus, comme Georgie l'attendait puisque lui même avait du apprendre à survivre dans ce monde au même âge qu'elle. En revanche, il ne pouvait s'empêcher de la pousser à aller vers cette direction malgré tout.

    Le temps était vraiment polaire à l'extérieur mais il s'y sentait bien. Ici, au milieu des bois, dans la nature et près de sa fée, il pouvait respirer. Réajustant le bonnet de laine que lui avait fait la vieille femme, il vint s'asseoir sur une souche d'arbre en caressant le crin de la petite vachette qui venait près de lui :

    - Je ne te forcerais à rien Anya tu le sais bien. En revanche, je pense que Georgie a raison. Tu n'es pas chez ta mère ici. Tu as le droit de vivre. Alek n'a pas besoin que tu sois sa maman. Tu es sa grande soeur.

    Il savait qu'il risquait de la heurter en lui parlant ainsi, surtout qu'elle n'avait pas choisit cette place qu'elle occupait dans cette famille. Mais encore une fois, si il comprenait ce qu'elle vivait et ce qu'elle ressentait, il anticipait aussi l'avalanche de colère qu'elle allait ressentir quand il allait lui dire ce qu'il pensait vraiment.

    - Tu dois vivre pour toi désormais. Je sais ô que très bien combien c'est compliqué et combien tu ne veux même pas entendre ce que j'essaie de te dire mais tu dois faire tes expériences et..

    Comme c'était dur de lui dire d'aller vers les autres et aussi vers les garçons. Leur relation était étrange et pas vraiment déterminée. Etaient-ils un couple ? Des amants ? Ils n'avaient pour le moment fait que de se donner des baisers. Mais quels baisers. Son coeur et son estomac en étaient encore tout retourné. Il y avait cette part très égoïste de lui-même qui ne voulait pas qu'elle rencontre d'autres hommes mais sa raison reprenait le dessus. Il n'allait pas se voiler la face, si la guerre ne le tuait pas ce serait le gouvernement soviétique quand ils apprendraient sa véritable identité. Non, Garrett devait encore la repousser et lui laisser l'opportunité d'être avec des gens de son âge et plus sain que lui :

    - .. ce n'est pas une petite soirée au village qui te tuera pour le coup. Qu'est ce que ça te coûte d'essayer ? Et puis, pour ton anniversaire tu n'as pas vraiment le choix Blackbird. Parce que je t'ai déjà trouvé un cadeau figure-toi. Mais il ne pourra être donné que si tu fais essaie d'aller à cette fête au village et non non non. Je te vois venir. Il ne s'agit pas d'un chantage. C'est un fait.

    Il avait son air malicieux sur les lèvres. En effet, le cadeau qu'il prévoyait pour Anya avait ça de particulier puisqu'il ne pourrait lui donner que quand elle-même aurait fait un pas en avant. Il craignait trop qu'elle ne se renferme encore plus et qu'elle oublie ce que c'était d'être simplement jeune. Comment profiter de la vie. Il s'avança vers elle, après avoir vérifié que personne ne regardait et frôla de ses mains les siennes. Il du la faire lâcher le foutu grillage et lui promis de l'aider après. Relevant de sa main ganté son visage vers le sien, il plongea ses iris dans les siens :

    - Accepte un peu qu'on veuille prendre soin de toi. Tu n'es pas un être surnaturel qui peut guérir les plaies des autres. Tu es Anya et on veut te voir heureuse un peu. Accepte que les gens qui t'aiment veuillent ton bonheur, s'il te plaît. Je sais que c'est tout à fait le genre de choses que tu pourrais me dire si c'était l'inverse n'est-ce pas ?

    Son sourire illuminait toujours ses lèvres et ses prunelles d'un bleu doux. Il se penchait et embrassait fébrilement ses lèvres avant de se redresser. Il avait céder à ce désir qui torpillait son corps et son âme. Pourquoi se jetait-il encore et toujours dans cette eau si sensuelle et envoûtante ? Il aurait du la laisser en paix mais il n'arrivait pas à se retenir. Impossible avec elle. Posant son front contre le sien, il vint à murmurer les yeux clos :

    - Ils ne viendront pas te chercher ici. Personne ne sait où vous êtes. Ici vous êtes en sécurité donc tu n'as plus à avoir peur.

    Il faisait bien entendu référence à la confidence qu'elle lui avait faite la veille et qui nécessitait qu'il s'attarde dessus un petit peu. Caressant ses joues puis ses épaules, il se décolla d'elle de peur de céder de nouveau à l'appel de cette sirène aux lèvres trop tentante. Inspirant profondément, il se remit au travail en l'aidant avec le grillage avant de répliquer :

    - Si tu veux je t'accompagne à la fête du village ce soir. Comment ça si tu t'ennuies on partira, d'accord ?

    Garrett se croyait le maître du monde parce qu'il savait qu'il avait du temps avec Anya. Du temps pour apprendre à la découvrir sans la peur du foyer dans lequel elle vivait. Il avait le temps de se décider entre raison et sentiments. Mais le temps filait à une vitesse qu'il ne pouvait contrôler. Il le mesura dans l'après-midi quand il revint de la chasse et qu'il vit Anya vêtue d'une jolie robe pour la soirée et qui brillait de mille feux. Ce qu'elle était belle ainsi. Son c½ur se serra soudainement de jalousie à l'idée que les garçons de ce village et notamment ce Vassili puisse avoir l'honneur du sourire de son adorée.

    - Tu es magnifique Anya, murmurait-il en la contemplant tendrement quand Alek chahutait en embêtant gentiment Anya derrière elle.
    - Alek petit gredin arrête donc avec ta s½ur. Elle est majestueuse comme une reine de notre ancien temp. N'est-ce pas Sacha ?
    - Même encore plus..
    - Anya nous a dit que tu l'accompagnais pour la fête mais tu reviendra ensuite à la maison ?
    - Je resterais au village pour l'attendre. On ne sait jamais ce qui se passe dans ces bois la nuit.

    Et c'était bien vrai. Même si la campagne était douce et tranquille, il suffisait parfois d'un moment d'inattention pour que tout s'écroule. Garrett ne cessait de contempler Anya quand il tendait à Georgie les trois lapins qu'il avait chassé aujourd'hui. S'approchant de la belle jeune femme, il caressa discrètement sa main de ses doigts et murmura à son encontre :

    - Jamais encore je n'avais rencontré une femme aussi belle que toi Anya Siminiov. Jamais.


    immarcescible, Posté le mercredi 03 août 2022 19:18 Répondre

    Garrett avait marché pendant cinq jours dans le froid et la neige. Après quasiment deux mois, il avait réussit à obtenir une permission et pas n'importe laquelle. En effet, selon ses subordonnés, pendant ces derniers mois, il avait combattu héroïquement. D'un caractère plutôt calme et discret, il avait sut se faire une place de choix au sein des rangs de l'armée. Il était apprécié pour cela, son courage, sa détermination et sa discrétion. Ainsi, suite à une mission périlleuse, il avait eu la possibilité de prendre un mois de permission. C'était l'opportunité parfaite pour lui de s'assurer qu'Anya et le reste de la famille allait bien.


    Pourtant, les premiers jours il avait été dans une mine effroyable. Après l'altercation et le huis clos tendu chez les Siminiov il avait recherché Dima. Il craignait qu'avec ce qui c'était passé il s'en prenne à Anya. Peu importe pour lui, peu importe s'il mourrait. En revanche, il craignait pour la sûreté de la jeune femme. Il n'avait reçu aucune nouvelles des deux femmes. Il s'était attendu à ce que Anya lui écrive mais rien. Cela l'avait frustré, non, contrarié. Était-elle morte ? Lui en voulait-elle d'avoir poignardé sa mère ? Est-ce qu'elle le haïssait de ne pas avoir pu la protéger ? Pourquoi n'écrivait-elle pas ? C'était sa seule question.

    C'est lors d'un matin givré qu'il appris que Dima avait été envoyé sur le front du Sud. Certains jugeaient qu'il était veinard quand Garrett leur rappela que là-bas ils tombaient tous comme des mouches à cause de la chaleur. Il pensa alors, monstrueusement, qu'il voulait que Dima meurt là-bas loin de lui en empotant son secret une bonne foi pour toute. C'était une certitude, connaissant la faible constitution de Dima, il n'avait aucune chance de survivre aux canons nazis et au climat dangereux du sud. A ce moment là, il se dit qu'il avait peut-être une chance d'être heureux avec Anya. Si elle voulait bien de lui.

    Le c½ur gonflé d'espoir et de crainte, il fit la route sans s'arrêter. Il prit des routes de campagnes dissimulées, des convois de camion de ravitaillement et même des trains sur les lacs gelés. Cinq jours à imaginer comment ils allaient se retrouver. Cinq jours à se souvenir de la chaleur de ses baisers. Cinq jours à espérer ne pas s'être trompé.

    Adolescent, Garrett était venu quelque fois avec Georgina pour les vacances à Lazarevo. Il avait toujours aimé cet endroit perdu dans les bois. Il ressentit la même sensation de chaleur rassurante au creux de son ventre en voyant au bout du chemin de terre la maisonnette. De la lumière était dans le salon, il voyait les carreaux briller. Du feu dans la cheminée et une bonne odeur de pain qui provenait forcément de la recette miracle de la vieille femme. Il s'en voulait parfois de lui mentir, même si une part de lui pensait qu'elle savait et qu'elle s'en contentait. Mais ça, il ne le saurait pas maintenant. Difficile de croire que le monde est en pleine apocalypse non loin de ce bout de paradis. Le temps semblait s'écouler normalement et Garrett savait déjà qu'il allait toucher au bonheur.

    En passant sa tête par la porte, il vit Georgie entrain de tricoter près du feu quand Alex dessinait sur la table. Ils levèrent la tête avec surprise en voyant ce grand soldat emmitouflés entrer dans la pièce de vie. Il n'eut qu'à les saluer pour qu'ils se jettent sur lui. Garrett souriait, apaisé. La douceur du foyer le rassurait et réchauffa son corps gelé en un clin d'oeil. Ils posaient mille questions auxquelles il promit de répondre mais il demanda surtout si Anya était bien ici :

    - Elle est arrivée il y a deux mois maintenant, expliquait Alek qui avait bien grandit, elle s'occupe des animaux tu veux la voir ?

    Garrett acquiesça et donna son sac à dos à Alek. Avant de partir, il avait pu se ravitailler en nourriture, notamment en boîte de conserves, viandes séchées, ½ufs et quelques légumes. Dissimulée au fond du sac se trouvait deux tablettes de chocolat, une pour Alek et une autre pour Anya. Il donna aussi à Georgie quelques livres qu'elle aimait beaucoup et qu'elle avait oublié la dernière fois ainsi que des pelotes de laine.

    En se rendant dans le petit jardin de derrière, il la vit.

    Une fée dans les bois. Voilà à quoi elle lui faisait penser. Quand elle ne savait pas qu'il la regardait, elle agissait naturellement. Ses mouvements étaient gracieux, doux, plein de bonté. On sentait qu'elle n'était qu'une boule d'amour prête à exploser mais pourtant elle avait souffert. Lui, le savait. Il voulait la chérir comme un trésor qui nécessiterait toute la douceur et l'attention nécessaire. Une plante sacrée qu'il entretiendrait avec attention. C'est pour elle qu'il avait parcouru une partie de la Russie. C'était pour elle qu'il le ferait encore et encore. Enfin, elle posa ses prunelles sombre sur lui et il sourit. Sans qu'il s'y attende, telle une tempête, elle se rua aussitôt sur lui. Il la réceptionna en riant doucement et voulu lui dire qu'il était en colère qu'elle n'ai pas écrit. Mais elle répondit bien mieux aux questions qu'il n'avait pas encore posées.

    Garrett la tenait fermement dans ses bras sans la lâcher. Leurs lèvres s'adonnaient avec un désir certain dans un long et passionné baiser. Il oubliait tout, son corps courbaturé et frigorifié, la faim qui le tenaillait depuis trois jours et surtout la peur de l'avoir perdue. Elle était là, dans ses bras, comme dans un rêve et il la tenait contre lui en répondant à son baiser avec un désir vorace.

    Alek surgissait. Garrett ne pouvait pas lui en vouloir mais pourtant il était déjà agacé. Encore une fois, ils n'avaient aucune intimité. Anya parlait vite, trop vite, si bien qu'il n'eut pas le temps de répondre que déjà ils se retrouvaient tous les deux dans la cuisine avec le reste de la famille qui mettait les petits plats dans les grands. Ils voulaient être prévenant et gentil avec lui quand il ne rêvait que d'un bain brûlant et d'une Anya nue avec lui dedans. Il se laissait porter, incapable de résister et se posa sur une chaise le temps que tout le monde vaque à ses occupations.

    - Anya tu penseras à changer les draps pour le lit de Sacha ?
    - Je t'interdis de changer les draps et surtout la taie de ton oreiller, murmura-t-il à la jeune femme dont il tenait le poignet, je veux m'endormir en sentant ton parfum.

    Il embrassait son poignet en lui jetant un regard chaud, bouleversant de désir et d'attention avec son sourire malicieux. Mais encore une fois, ils furent interrompu. Alek avait finis de préparer le thé que Garrett avait engloutie avant de se rendre dans la petite pièce qui servait de salle de bain. Après une bonne heure, il ressortit propre et rasé de près. Ainsi, lorsqu'il souriait, on pouvait apercevoir deux fossettes bien dessinées. Il était habillé d'une simple chemise et d'un pantalon propre. Ses cheveux brillaient encore d'humidité donnant l'impression que des fils d'or s'y étaient installés. Toute la famille mangeait et il les rejoignit. Georgie avait préparé une petite poêlée de légumes avant qu'ils ne périment et tout le monde mangeait avec appétit.

    - Pourquoi as-tu mis autant de temps à venir, demandait Alek assis à côté de Garrett, tu as du tuer beaucoup d'allemands ? Vassili le voisin il dit que nous allons bientôt gagner la guerre parce que nous sommes les plus fort c'est vrai ?
    - Nous faisons tout ce que nous pouvons pour repousser l'ennemi Alek je te l'assure.
    - Vassili il dit que la guerre ne viendra jamais à nous. Nous sommes trop fort pour ça. Il dit même qu'il aimerait épouser Anya quand il reviendra de la guerre.
    - Ah oui, demandait renfrogné et jaloux Garrett en apprenant qu'un autre avait des vues sur la belle brune était-ce pour cela qu'elle n'avait pas écrit, c'est un soldat ce Vassili ?
    - Oh non non. C'est le buraliste du village. On ira le voir demain pour t'acheter des cigarettes si tu veux.

    Garrett était jaloux mais il le dissimulait comme il le pouvait, préférant sourire doucement au petit garçon qui reprenait à manger avec appétit. Georgie expliquait à son tour comment se passait la vie ici. En effet, c'était plus calme et loin de tout tumulte. les gens du village n'avaient aucune conscience de ce qui pouvait se passer autre part dans le monde. C'était comme si ils étaient coupé du chaos. Cela rassurait Garrett qui savait la famille à l'abris si jamais Dima venait à parler avant de mourir. Personne ne pouvait les retrouver ici. Il apprit donc que Alek allait aider le voisin à traire les vaches dans sa petite ferme et qu'il rapportait souvent du lait au grand plaisir de tout le monde. La vieille femme quant à elle proposait des cours de tricots au village pour s'occuper l'esprit et Anya aidait tout et tout le monde sans cesse. Cela ne l'étonnait guère. Elle était bien trop habituée à tout faire chez elle pour apprendre à se poser.

    Après le repas, ils jouèrent aux cartes tous les quatre et burent une dernière tisane près du feu. Garrett luttait pour ne pas dormir tout de suite. Il voulait se retrouver seul un moment avec Anya mais les autres tardaient, trop heureux de retrouver le soldat. Pourtant, à la vue des oeillades que se lançaient les deux amoureux cachés, Georgie compris. Elle prit donc avec elle le petit Alek pour dormir même si il refusait :

    - Mais je veux que Sacha me raconte les histoires de guerre !
    - Demain mon bonhomme je te le promets.

    C'est avec ce sourire que le petit garçon de satisfaction que le jeune homme partit pour se coucher.
    Enfin seuls, Garrett osa tendre la main vers Anya mais elle l'esquivait. D'abord vexé, il comprit qu'elle l'entraînait dans sa chambre pour lui montrer le lit qu'elle avait fait. Penaud, inquiet, il la suivit et ferma derrière lui la porte de la chambre. Elle semblait surprise mais il la rassura en lui rappelant qu'elle pouvait sortir quand elle voulait :

    - Je veux juste qu'on discute un peu tu veux bien ?

    Il vint s'allonger dans le lit après avoir retiré ses chaussures. Il espérait qu'elle soit rassuré de voir qu'il restait habillé ce qui fut le cas puisqu'il la vit venir s'allonger face à lui.

    - Tu m'as manqué, avouait-il dans un murmure, pourquoi tu ne m'as pas écrit ? C'est à cause de ce Vassili ? Tu es amoureuse de lui ?

    Les murs étaient fins donc impossible d'avoir une conversation normale. Heureusement que Georgie avait le sommeil lourd mais Alek c'était l'inverse. Lentement, il s'approcha d'elle et laissa ses doigts venir jouer avec les mèches de cheveux de la jeune femme qui s'échappaient de son chignon. Il se rapprocha tellement qu'il posa son front contre le sien en fermant les yeux. Il luttait vraiment contre la fatigue :

    - J'ai cru devenir fou sans tes nouvelles Anya.. J'étais persuadé que tu ne voulais plus de moi et pire, que tu sois morte. Je m'en veux pour ce qui c'est passé la dernière fois. Je ne veux pas que tu t'en veuilles tu sais.. C'est moi qui n'ai pas sut te protéger d'elle. Est-ce que tu en as parlé au reste de la famille ?

    Oui, Garrett considérait que les quatre membres de cette maison faisait partie d'une vraie et même famille. Même si ils venaient tous d'horizons et de vies différentes, ils étaient liés par un contact bien plus puissant que le sang. Il baillait discrètement et lutta une fois de plus pour garder les yeux ouvert :

    - Je comprendrais que tu m'en veuilles pour tout ça.


    immarcescible, Posté le dimanche 31 juillet 2022 22:16 Répondre

    Arrivé dans le salon après qu’Anya l’ai demandé, Dima était tombé sur le coup donné par Garrett. Sans pouvoir se retenir, le blond l’avait assommé d’un poing puissant qui avait cassé le nez du russe. Il se tenait son nez ensanglanté en sanglotant et pestant contre le grand blond qui retenait toute la colère qu’il gardait en lui. Du haut de sa taille, il contemplait sans véritable empathie son bourreau en oubliant toute la peur qui l’avait contaminé pendant tant d’années. Il ne pouvait plus continuer à le laisser détruire les âmes égarées.

    - Quand, demandait-il à Anya lorsqu’elle les rejoignit avec Katarina dans le salon, quand t’as-t-il touché ?

    Il reposa son regard clair et confiant vers Anya qui semblait être un peu moins certaine d’elle-même quand lui était gonflé d’assurance. Il n’avaient pas besoin de se parler pour se comprendre et c’est là que Katarina comprit ce que tout le monde avait déjà vu des années plus tôt.

    - Tu.. Tu couches avec elle ? Sacha.. Elle.. C’est une menteuse ! C’est une putain de menteuse qui t’as séduit !
    - La ferme Katarina. Ça ne te concerne absolument pas pour le moment. Quand ce sera ton tour tu peux me croire que tu le sauras.

    Sa voix rugissait dans la pièce quand Dima ricanait entre ses pleurs. Persuadé qu’il allait pouvoir jouer de sa carte joker pour sauver ses miches une fois de plus. Il tentait de se relever mais Garrett l’agrippait fermement et le jeta au fond de la pièce avant de venir lui remettre un coup dans le ventre. Toujours en hurlant :

    - Quand salaud ? Quand est-ce que tu as osé t’en prendre à elle ? As-tu ne serait-ce qu’un peu d’empathie pour l’humanité Dima ? Sais-tu ce qu’est un acte désintéressé ? Te rends-tu compte du mal que tu fais ??

    Il tenait fermement entre ses mains le brun qu’il allait finir par tuer contre le mur du salon. Mais un coup à la porte se fit. Sans aucun doute les voisins qui devaient s’inquiéter de ce qui se passait. Garrett repoussa, dégoûté, Dima sur le sol et alla ouvrir. Une vieille voisine inquiète demandait ce qu’était tout ce raffut :

    - On règle des histoires de famille cela vous dérange camarade ? Parce que si c’est le cas bouchez vous les oreilles, on n’a pas finis !

    Comme deux êtres démoniaques, Anya et Garrett semblaient avoir perdu la tête. Quand le violeur et futur fiancé de la brune gisait sur le sol en geignant, la jeune femme elle tenait toujours sa main en joue en tremblant. Elle était à bout de nerfs, Garrett le voyait bien. Même si il avait promis de ne plus s’approcher d’elle, il savait bien qu’il ne pouvait pas la laisser dans un tel état. Surtout qu’elle s’en voudrait si jamais elle faisait du mal à Katarina, peu importe ce qu’elle lui avait fait.

    - Anya, dit-il plus calmement en plantant ses iris dans les siens en avançant vers elles, pose ce couteau désormais. Tu n’épouseras jamais Dima. Tu vas partir avec moi ce soir. Tu vas rejoindre Alek et Georgie d’accord ?

    Mais il voyait bien qu’elle agissait par peur. Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle faisait si ce n’est qu’elle était impulsive. Il avançait toujours vers elle, sans jugement, sans peur. Il voulait lui prouver qu’elle pouvait avoir confiance en lui.

    - Tu vas retrouver ton frère… Ton violon.. Anya, s’il te plaît. Fais moi confiance et pose ce couteau. Tu sais aussi bien que moi que tu n’es pas comme ça. Elle.. Ça n’en vaut pas la peine.

    Lui tendant sa main, il la suppliait du regard de cesser toute cette scène et les atroces menace qu’elle voulait mettre en place. Il savait ce qu’était le goût du sang et en aucun cas il voulait qu’elle puisse s’y jeter. Réussissant à prendre le couteau, il le posa en sûreté sur la table près de lui et récupéra une Katarina qui se mit à hurler de plus belle. Il l’ignora et posa une main sur la joue d’Anya pour s’assurer qu’elle allait bien. La voyant trembler, il la serra contre lui se fichant royalement de sa prétendue fiancée ou encore de Dima. Il n’osait imaginer la violence de ce que venait de vivre Anya :

    - Je suis là.. Tout ira bien je te le promets.

    Mais sans qu’il s’en rende compte. Trop obnubilé par Anya, il ne vit pas Katarina se jeter sur le couteau et sa fille avant d’écharper son épaule. Garrett l’a poussa à temps même si elle tomba sur le sol et sans pouvoir maîtriser sa colère, lui pris le couteau avant de l’enfoncer dans son estomac. Katarina avait le souffle coupé quand Garrett blêmissait. Dima profita de la scène pour s’enfuir quand la mère d’Anya s’écroulait dans les bras de son amant :

    - Je n’ai pas touché de point sensible Katarina. Tu vas vivre mais plus jamais tu ne verras Anya c’est compris. Plus jamais tu ne nous reverras.

    Se tournant rapidement vers la brune, il lui ordonna de faire son sac et de prendre le bébé avec elle avant de soulever Katarina qui ne bougeait pas, glacée par le choc de cette scène :

    - Nous allons à l’hôpital la déposer avec l’enfant. Je doute toujours qu’il s’agisse du mien. Ensuite, nous partirons. On part maintenant.

    Sa voix n’admettait aucune réplique. Précautionneusement, il enroula Katarina dans une épaisse couverture et la porta tout le long du trajet. Elle geignait en appelant à l’aide mais il l’ignorait. Il entendait encore le souffle de sa méchanceté envers Anya en l’insultant de tous les noms ce qui le rendait encore plus furieux. Il n’avait aucun regret si ce n’est celui de ne pas avoir plus protégé Anya. Mais désormais, il n’avait pas d’autres choix que de la mettre en sûreté, surtout que Dima risquerait de dévoiler son identité désormais. En arrivant à l’hôpital, il apprit que la Croix Rouge était partie sur le front. Ils n’avaient pas beaucoup de temps. Pendant qu’Anya s’occupait du bébé, il laissa Katarina sur un lit vide mais elle le tenait avec le peu de force qu’elle avait :

    - Elle t’as séduite cette petite garce.. Je la tuerais tu m’entends.. Je la tuerais et tu reviendras vers moi Sacha. Tu es à moi. Je l’ai décidé. Tu seras toujours à moi.

    Sans un regard, il la laissa donc sur son lit et rejoignit la jeune femme pour qui il avait tout sacrifié. Il la trouva devant la nurserie et pris sa main :

    - Suis-moi nous n’avons pas beaucoup de temps.

    Sur son épaule, il prit le sac à dos de la jeune femme et courut dans les rues vide et morte de Saint Petersbourg. Le souvenir encore fort de leurs balade lui revint mais ce n’était ni le lieu, ni le moment. Non, ils devaient courir à perdre haleine pour ne pas manquer le dernier convoi. Fort heureusement, et ce malgré la fatigue et la malnutrition, ils réussirent à rejoindre le petit transport qui conduirait Anya en sécurité. Garrett les héla et le camion s’arrêta. Arrivés à sa hauteur, il souleva la jeune femme dans le camion et lui rendit son sac :

    - Prend direction le nord. Cherche le village de Morozovo et ensuite tu cherches le village de Lazarevo. C’est là que tu trouveras Georgie. Je vous y retrouve dès que je le peux. Je sais que j’avais dis que je viendrais mais je ne peux pas. Ils m’attendent sur le front mais je viendrais, je te le promets.. Anya, je promets de te rejoindre.

    Le camion partait et il commençait à courir après en tenant toujours les mains de la brune dans les siennes. Il avait du mal à la lâcher, surtout avec tout ce qui était arrivé :

    - Je te retrouverais, je te le promet Blackbird.

    Tant pis si il rompait sa promesse. Tant pis si elle le haïssait mais il devait lui laisser la possibilité de vivre et d’être heureuse. Dans son sac il y avait de nouveau glissé son livre avec l’argent. Elle était libre de l’attendre ou de fuir. Désormais, tout était entre ses mains. Elle était libre de tout. Le camion avançait trop vite et il du la lâcher, mais à regret. Une fois de plus, il se résignait à voir partir l’étincelle de son coeur.


    immarcescible, Posté le vendredi 29 juillet 2022 18:34 Répondre

    Il n’était pas des plus aisés que d’avoir une intimité lorsque l’on vivait en pleine URSS. Et ça, même avant la guerre. Anya avait quitté ses bras et l’un comme l’autre se retrouvaient obligés de s’éloigner comme dépassé par les sentiments et les sensations qui les assaillaient lorsqu’ils se retrouvaient aussi proche l’un de l’autre. Même si elle avait tenté avec beaucoup de délicatesse de le rassurer, Garrett s’était senti encore plus minable. Incapable de se retenir si bien qu’il l’avait effrayé. Sans doute pensait-elle qu’il ne la désirait que pour cela. Alors que c’était pourtant terriblement faux.
     
    En retournant dans l’hôpital, ils furent à moitié sermonné par une Millie en rage. Un bébé avait disparu et il vit instinctivement sur les traits d’Anya qu’elle culpabilisait. Il allait la retenir pour lui assurer qu’elle n’était en rien responsable mais elle avait déjà pris la poudre d’escampette. Ramené dans sa chambre par une Millie rageuse, il ne pu s’empêcher d’écouter ses derniers mots avec une envie magistrale de grincer les dents.
     
    Katarina... Comment pouvait-il aborder le sujet d’Anya sans risquer de la voir se mettre à hurler de nouveau. Surtout avec le bébé qu’elle porte. Il était peut-être temps de rentrer chez eux. Il est vrai qu’il avait été égoïste en ne la prévenant pas de son retour et de ses blessures. Et même s’il avait demandé à Anya de n’en parler à personne, il n’en restait pas moins que c’était mal. Il était mal de favoriser une relation avec Anya quand il savait pertinemment qu’il ne pourrait rien se passer. Il ne s’agissait pas que de sexe mais surtout d’amour. Comment pouvait-il continuer à entretenir cette liaison avec elle quand elle avait surtout besoin de quelqu’un pour la soutenir. Quelqu’un de son âge. Quelqu’un à qui elle pourrait prendre la main sans craindre que sa mère rentre dans la pièce.
     
    - Je vais rentrer, dit-il à Millie alors qu’elle finissait son bandage, je vais rentrer et voir Katarina. Je suis en pleine forme et je prends le lit de quelqu’un qui en a plus besoin que moi.
    - Sacha... Attends...
     
    Mais il ne voulait rien entendre. Millie se rendait compte qu’elle avait été virulente et elle pensait avoir encore plus mis en colère Garrett. Son air déterminé n’exprimait que de la colère il est bien vrai. Mais pas envers Millie, ni même Katarina. Juste envers lui. Il se maudissait de ne pas avoir su se contrôler devant et avec Anya. Il se maudissait de ne pas avoir su se retenir. Il se maudissait de ne pas pouvoir être celui qu’il lui fallait. Avec l’aide de la blonde et dans un silence olympien, ils firent son sac et il partit aussitôt non sans avoir laissé de mot à Anya.
     
    En effet, il le donna à l’infirmière américaine qui ne pu s’empêcher de lire curieuse qu’elle est.
     
    « Je ne peux pas continuer comme ça. C’est mieux pour toi je t’assure. Encore désolé, Shura »
     
    La route se fit dans le matin brumeux. Garrett du parfois contourner certains morts dans la rue, ce qui était une habitude désormais. Son costume de soldat dans l’armée rouge l’aidait bien à se protéger. La ville était devenue une ville fantôme. Plus personne ne semblait y vivre. Il ne cessait de repenser à ce jour où il avait rencontré Anya dans cet hôtel minable. Elle avait l’air innocente dans cette robe trop grande pour elle et ce maquillage très mal appliqué. Elle lui avait tordu l’estomac sans qu’il puisse comprendre ce qui lui arrivait. Il se revoyait marcher à ses côtés en frôlant sa main et profitant des douceurs des derniers rayons de soleil de l’été. Seulement huit mois étaient passés depuis leur rencontre pourtant il avait l’impression de la connaître par c½ur.
     
    Il ne rentra pas tout de suite à la maison. Il n’avait pas du tout envie de voir Katarina se jeter à son cou et encore moins son ventre proéminent. Il était abject. Préférer s’acoquiner à sa fille plutôt qu’à la femme avec qui il allait avoir un bébé. Il se dégoûtait. Comment pouvait-il prétendre avoir le droit de désirer la compagnie d’Anya alors qu’il couchait dans le même lit que sa mère ? Il ne rentra donc qu’au midi et il eut l’abominable surprise d’y voir Dima entrain de manger sur la table du salon et Anya figée dans le salon. Garrett ne comprenait pas et il allait répliquer lorsque Katarina surgit de nulle part un bébé dans les bras. Blême, il tentait de faire de l’ordre dans son esprit quand il sentait son système nerveux sur le point de faire une crise :
     
    - Sacha ! Mon amour. Que de belles nouvelles te rends-tu compte ? Notre bébé est né et.. et.. Dima a demandé la main de ma fille hihihi.
     
    La brune jetait dans les bras du blond un poupon au teint rosé. Garrett avait cru pendant les dernières semaines qu’il ressentirait quelque chose en tenant son enfant dans ses bras or il ne ressentait absolument rien. Son regard se perdait sur des boucles blondes qui lui rappelait les siennes mais en aucun cas l’enfant ne lui semblait être le sien. Curieuse sensation, non ?
     
    - Quand as-tu accouché, demandait-il sans véritable émotion et en oubliant la seconde nouvelle de sa fiancée.
    - Je te présente Alexandre notre fils. Il a un prénom de prince tu ne trouves pas ?
     
    Garrett acquiesçait mais ne réagissait pas plus. L’enfant ouvrait les yeux sur son soi-disant père et dévoila des yeux d’un noir profond. Rien, toujours rien. Pourquoi ne ressentait-il rien ? Dima se leva et vint enlacer son ami en jouant l’oncle affectueux. Garrett en était dégouté et même s’il ne ressentait rien pour l’enfant, il l’arracha du contact de cet être malfaisant en le rendant à Katarina. Son regard croisa celui d’Anya et il eut un frisson en voyant son visage blanc, vidé de sang. Elle allait faire un malaise et vite il la retint. Inquiet, il toucha sa joue pour l’éveiller.
     
    - Anya.. Anya.. Anya.. Ça va ?
     
    Enfin elle ouvrit ses prunelles mais il voyait bien qu’elle était faible. Il la souleva donc malgré ses blessures et la posa sur le petit sofa. Dima arriva tout près et ronchonna après Garrett en lui disant de rester à sa place puisqu’il était désormais le fiancé de la belle brune. Garrett réagissait enfin en fronçant les sourcils. Dima avait compris. Il voulait Anya. Prenant sur lui, il se contenta de le saluer poliment et prétexta avoir besoin d’une douche. Katarina bercé son poupon en chantonnant sans se soucier une fois de plus d’Anya ce qui sidérait l’américain. Comment ne pas hurler devant une telle situation ?
     
    - Tu as remarqué que ta fille vient de faire un malaise ?
    - C’est bon Dima va s’en occuper, râlait-elle avant de sourire au poupon qui pleurait, ne viens-tu pas contempler notre fils ?
    - Kat… Tu as demandé si Anya voulait épouser Dima au moins ? C’est un soldat.
     
    Il l’avait entrainé dans la cuisine pour discuter à voix basse afin que le nouveau couple n’entende rien. Katarina levait les yeux au ciel en haussant les épaules et répondait sans intérêt à Garrett qui frôlait la crise de nerfs :
     
    - C’est un mari au moins elle pourra partir de la maison. Je n’ai pas assez de coupons pour la nourrir elle et Alex.
    - Et ma pension ? Elle ne te suffit pas ? Je ne comprends pas dans quoi tu la dépenses.
    - Tu rigoles ? Tu ne m’envoies presque rien. Je suis certaine que tu gardes tout pour les putes.
    - Comment oses-tu ?
     
    Jamais Garrett n’avait eu envie de frapper une femme jusqu’à ce qu’il rencontre Katarina. Elle tenait un bébé dans les bras, c’était encore moins la meilleure idée pour une telle chose. Il pestait contre elle avant de claquer la chaise qu’il broyait sous ses mains. Il lui envoyait bien toute sa pension, du moins presque puisqu’il en gardait une partie pour ses cigarettes et une autre pour Anya qu’il dissimulait. Mais cac personne ne pouvait le savoir et il s’agissait encore d’une somme modique comparé à ce qu’il transmettait à Katarina. Mais visiblement, elle était bien plus vénale qu’elle ne l’avais laisser envisager. Le pire c’était qu’elle ne voyait pas qu’il la haïssait. Et pourtant, elle devrait voir le regard qu’il lui portait. Mais envahie de ses mensonges, elle se laissait persuader qu’il s’agissait d’une passion. Qu’attendait-elle de lui ?
     
    - Ne rêves-tu pas d’une meilleure vie pour ta fille ? Laisse-moi l’envoyer chez Georgina.
    - Fais-en ce que tu veux. Elle m’importe peu.
     
    A bout de force, à bout de nerfs Garrett su que même s’il ne pouvait pas être avec Anya il se devait au moins de la sauver. C’était ce qu’il avait décidé de faire alors qu’il fumait une cigarette dans la cour pour se calmer. Trouver un convoi qui enverrait Anya au plus vite, loin de cet enfer. Et il avait déjà son idée.


    immarcescible, Posté le mercredi 27 juillet 2022 19:55 Répondre

    Leurs mains entrelacés était une belle image. Garrett voulait s’en souvenir à jamais. Leurs doigts s’entrelaçant et se cherchant sans même qu’ils y pensent. C’était comme si leurs peaux parlaient pour eux. Le besoin de se fondre dans l’un comme dans l’autre. Le blond était touché de ce contact et encore plus de la confidence de la jeune femme. C’était évident qu’elle n’était pas toujours à l’aise avec la société, alors la voir lui exposer ainsi ce qu’elle pensait et ressentait c’était quelque chose d’important pour lui.

    - Je ne te trouverais jamais bête Anya. N’hésite jamais à me poser des questions, je serais toujours là pour y répondre. Et je te confirme que les femmes ressentent du désir. Tu as le droit de ressentir toutes ces choses. Et.. Et l’intimité.. l’intimité entre deux personnes et bien..

    Sa conscience lui hurlait qu’il allait trop loin. Il était son beau-père. Ils n’avaient aucun avenir ensemble et pourtant il fonçait tête baissé en cherchant encore et encore son contact, son attention et son affection. Il aurait tellement du stopper sa relation avec Katarina, être plus honnête dès le départ. Pourquoi l’avait-il écouté ?

    - Quand tu rencontres quelqu’un que tu as envie d’embrasser comme c’est le cas pour nous et bien il y a cette intimité et.. et oui Anya.. Mon corps te réclame mais ce n’est pas ce que tu crois. Je..

    Retourner un esprit ? Oui, elle avait tout compris. Garrett souriait doucement, attendri par les formulations de la brune qui serrait ses doigt autour des siens. Il devait aussitôt cesser de contempler ses lèvres pleine et pulpeuses pour ne pas céder à l’impérieux désir d’y succomber de nouveau. Il devait se contenir. Montrer l’exemple. Avec lui elle venait de s’ouvrir, peut-être devait il lui laisser l’opportunité et la chance de s’épanouir avec un autre homme ?

    - Un baiser est bien plus puisant que tu le crois. Ne te souviens-tu pas des contes pour enfant ? Je te rappelle que quand il s’agit du véritable amour, il est en mesure de sauver la vie de l’être aimé.

    Il se moquait de lui-même c’était sérieux. Se trouvant trop niais, il vint rapidement changer ses idées et se rapprocha de la jolie brune. Caressant ses joues de ses deux mains, il la contempla avec un air désolé :

    - Je vais devoir retourner sur le front bientôt Anya. Je ne veux pas te faire de fausses promesses mais je ne veux pas non plus vivre dans un mensonge. Il y en déjà beaucoup trop dans ma vie alors on doit se jurer d’être toujours honnête l’un envers l’autre, tu es d’accord ?

    La proximité n’était pas des plus pertinente surtout dans un moment pareil. Dans u moment où la tension entre les deux était à son comble. Ses doigts jouaient sur son visage et descendaient lentement le long de son cou avant de remonter pour frôler ses lèvres :

    - Tu vois..? Tu sens cette vibration, murmurait-il d’une voix rauque par l’excitation, c’est ça le désir Blackbird. Retenir son souffle quand une once d’électricité envahie ton corps.

    Finalement, Garrett s’en fichait de la bien pensante parce qu’il sentait le souffle chaud de la belle brune sur ses lèvres et qu’il voulait happer ce souffle par le sien. Hésitant encore un instant, il se résigna en fermant les yeux et plongea sur les lèvres d’Anya pour all deuxième fois. C’était aussi électrique et violent que la première fois. Son corps était secoué d’un frisson méconnaissable qui l’enivrait. Oui, c’est ça. Elle l’enivrait encore plus que de la vodka. Une bombe pourrait éclater à côté il ne s’en rendrait même pas compte.

    Timidement, sa langue vint passer la barrière de ses lèvres pour rencontrer la sienne. Il était doux pour commencer mais il sentait la passion incontrôlée de la jeune femme l’envahir. L’attirant sur ses cuisses, il la posa sur lui. Il pouvait ainsi, plus aisément caresser son dos, ses hanches et enfin ses fesses. Il était en transe. Perdu dans un dédale d’émotion et de sensations, il ne se retenait plus. De toute manière, il n’aurait pas pu retenir le balancement de son bassin contre celui d’Anya. Les mains de la jeune femme dans sa crinière et sur son corps le rendait encore plus sensible et le laissait échapper des gémissements rauques de contentement. Elle-même jouait et cela le rendait fou, comme si elle savait déjà ce qui lui plaisait.

    - Bon sang.. Anya.. Tu me rends fou.. Anya..

    C’est ce que ses lèvres laissaient murmurer entre deux baisers. Il allait passer la seconde en lui faisant sentir son désir évident mais une envolée d’oiseaux dans le palais les fit sursauter. Il gardait Anya sur lui mais tenait de sa main valide son arme, prêt à dégainer. Mais rien ni personne si ce n’est cette famille de pigeon.

    Les joues rougies, il reposa son front contre la poitrine de la brune en soupirant. Il avait craint qu’on les aient suivis et que ce soit Dima. Il aurait été obligé de le tuer de sang froid, chose qu’il n’avait jamais encore faite et qui l’effrayait. Tremblant entre excitation et peur, il respirait profondément en cherchant à se calmer :

    - Je suis désolé.. je suis incapable de me contrôler avec toi.


    immarcescible, Posté le samedi 23 juillet 2022 19:17 Répondre

    C’était un vrai bordel dans la tête de Garrett. Persuadé d’avoir abusé de son autorité et de son rôle de beau-père sur Anya, il culpabilisait. Pire, il ne rêvait que d’une chose, recommencer. Son esprit machiavélique s’était mis en exercice pour trouver tous les prétextes à faire venir Anya près de lui. Le but étant de l’embrasser de nouveau, de briser tous les tabous qui les unissaient et de crier au monde entier qu’il désirait Anya Siminiov. Il l’avait vexé, il le voyait bien. Mais peut-être que c’était mieux. Cela lui permettait de mettre une distance plus convenable entre lui et la brune. De lui laisser toutes les opportunités d’ouverte quand lui n’avait que la mort ou le goulag comme perspective d’avenir.

    Toute la journée il attendit avec crainte et impatience son retour. Il fut étonné de la voir faire comme si de rien n’était. Les sourcils froncés, il l’observa quand il mangeait de bon appétit la soupe un peu trop claire. Il s’en contenterait pour le moment. Près à répliquer et à mettre les pieds dans le plat, il fut cependant interrompu par Dima qui passait tout près du jeune couple.

    - Sacha, dit-il avec surprise, tu t’en es sortie alors ? Comme je suis heureux de te voir.

    Garrett se tendait aussitôt. De tous les scénarios catastrophe il n’avait jamais envisagé celui-là. Se renfermant sur lui-même, il faisait en sorte de n’avoir aucun lien de contact avec Anya. Tout faire pour que le russe ne se rende pas compte de ce qui se passait entre les deux amants. Dima était le cliché très mauvais d’un communiste pendant l’ère russe. Petit, rachitique, quelques dents en moins, les cheveux gras qu’il rejetait en arrière et des ongles noirs de saleté. Tout opposait les deux et pourtant, aux yeux de la caserne ils étaient inséparable. Pourquoi ?

    Parce que Dima était l’ombre de Garrett. Parce que Dima connaissait le secret de Garrett. Et que désormais, l’américain devait un immense service au communiste.

    - Dima que fais-tu là ?
    - Je te cherchais voyons. Mais je vois que tu es en bonne compagnie d’ailleurs.

    Il le laissa se présenter. Dima avait ses yeux fourbes en détaillant la belle Anya. Cela mettait en rage Garrett qui savait pertinemment ce qu’il allait faire. Aussi, il joua l’ignorant pour ne pas que Dima se rende compte de ce qui se passait entre lui et Anya. Mais le brun ne quittait pas l’espace de repos de son « ami ». Il restait et parlait avec Anya en la harcelant de questions :

    - Vous êtes aussi belle que la fiancée de Sacha le savais-tu ? La pauvre est enceinte jusqu’au bout des ongles.
    - Dima il s’agit de la fille de Katarina.
    - Oh bon sang ! Anya c’est toi ? Mais tu es si ravissante. Tu devrais passer un soir chez Sarko, je te ferais danser et on boira des coups. Tu sors souvent ? Dis.. Anya c’est ça ?

    Garrett serrait son poing qui n’était pas visible. Voilà maintenant que Dima allait essayer de s’accaparer la lumière de sa vie. Comme si tout n’était pas assez compliqué comme ça. Il allait jurer après lui mais fort heureusement Millie surgit et demanda en urgence la venue d’Anya. Un autre convoi de blessé était arrivé ce qui fit souffler de soulagement le grand blond. Il ignora volontairement le départ de la brune pour ne pas que son bourreau se rende compte qu’il ne pouvait vivre sans elle. Lorsqu’elle fut partie, il redevint plus calme et écoute Dima parler de leur future évasion :

    - Cesse tout de suite je ne peux pas marcher autant de kilomètres et puis les allemands sont partout. Impossible de passer la frontière, murmurait Garrett, et puis il y a Katarina et les enfants maintenant.
    - Mais c’est insensé. S’ils sont si important tu les feras veni après la guerre.
    - Laisse-moi quelques jours pour y penser Dima je suis incapable de réfléchir.

    Incapable et absolument pas d’accord avec l’idée désormais de partir. Enfin, Dimitri partit et Garrett pu souffler. La fin de la journée fut trop longue si bien qu’il marcha un peu dans la salle commune. Il devait voir Anya. Lui expliquer. Ce soir serait le meilleur moment. Mais quand la nuit tomba, elle ne vint pas. Alors, après le repas du soir, il en profita pour se faufiler l’air de rien dans les couloirs. Millie fumait tout près de l’entrée et il lui demanda Anya.

    - Elle est partie finir de panser les blessés de cet après-midi. Elle est vraiment incroyable cette fille. Toujours là pour les autres, à s’oublier. J’espère tellement que sa mère va se rendre enfin compte de la force de sa fille.

    Garrett était d’accord avec sa nouvelle alliée. Anya avait tout pour plaire, pourquoi Katarina était-elle si dure ? Il allait repartir lorsqu’il croisa la belle brune au coin du couloir. Ses yeux étaient si désolé quand quelques heures plus tôt ils étaient froids.

    - Emmène-moi à l’Ermitage et je t’expliquerais tout, je te le promets.

    Il du attendre qu’elle finisse son service mais quand ce fut fait, il la suivi en silence. Visiblement, elle connaissait vraiment bien le chemin. Ils parcouraient un petit couloir avant de devoir se pencher et retirer une planche de bois qui dissimulait parfaitement une porte éclatée. L’intérieur sentait l’humidité. Garrett n’était pas serein. Il craignait non pas la venue d’autres humains mais que les poutres mal entretenues s’écrasent au sol. Les hauts plafonds encore dorés étaient immense, majestueux, grandiose. Subjugués par cet environnement si particulier qui avait tant fait souffrir et souffert à son tour.

    - Cet endroit est magnifique Anya.. grandiose..

    Son pas était tranquille quand il marchait près d’elle en découvrant ce décor somptueux de l’histoire. L’escalier immense qui conduisait au trône l’intimidait. Garrett n’aurait jamais imaginé entrer dans un tel lieu. C’était interdit. Là, dans ce décor, il contemplait désormais une Anya rêveuse qu’il redécouvrait. Elle semblait encore vexée de la veille et de cet après-midi. Assis sur la rambarde en pierre de l’escalier, il soupira et s’expliqua :

    - Dima sait que je suis américain. Il sait mon vrai prénom. Quand je suis revenu vivre à Saint Petersbourg à quinze ans je l’ai rencontré à l’école. Son père travaillait à la prison d’état et il se vantait toujours de voir les prisonniers qui allaient mourir. Un jour, il a parlé d’un prisonnier américain du nom de Hedlund. Il n’y avait pas de doute possible, c’était mon père et je devais à tout pris le revoir avant qu’il.. avant qu’il soit tué.

    Garrett passa ses mains sur son visage en soupirant comme pour se donner une contenance. Il vint s’asseoir sur l’une des marches en pierre du palais et continua son récit les yeux dans le vague.

    - J’ai donc raconté mon secret à Dima pour qu’il puisse me laisser l’accompagner et c’est ainsi que j’ai revu pour la dernière fois mon père. Le lendemain il mourrait fusillé. Depuis, Dima me supplie de l’emmener en Amérique. Il veut tout ce que j’ai toujours voulu avoir, les postes à l’armée, la nourriture, les accessoires, les fil…

    C’est là qu’il fit une pause. Il craignait qu’Anya soit vexée par ce qu’il allait lui raconter. Après tout, il y avait de quoi être révulsé par ce qu’il était. Relevant son regard vers elle, il lui offrit sa mine sincère et honnête. Lui tendant sa main, il l’attira près de lui en reprenant :

    - Oui même les filles, c’est pour ça que j’ai joué l’indifférent tout à l’heure. Pour ne pas qu’il voit que je tiens à toi. Parce que je ne veux pas te « donner » à lui. Tu es bien trop précieuse Anya. Je.. Je.. D’ailleurs, je m’en veux pour hier parce que j’ai l’impression d’avoir abusé de toi et je te livre tout mon être sans prendre de précaution avec toi. Je te fais vivre un enfer alors que je ne voulais que.. que..

    Il allait le dire le fameux mot. Mais c’était trop tôt. Non, il ne pouvait décidément pas lui dire maintenant et dans une telle conversation. Il soupirait donc et embrassa une nouvelle fois le poignet de la jolie brune tout en gardant les yeux baissés penaud. Ses cicatrices le faisait encore souffrir mais ce n’était rien en comparaison d’imaginer Anya céder aux demandes de Dima qui le faisait chanter.

    - Ne le laisse pas t’approcher je t’en supplie. C’est un être infâme Anya.. Et je devrais te dire la même chose de moi mais j’en suis incapable parce que j’ai besoin de toi.


    immarcescible, Posté le samedi 23 juillet 2022 00:22 Répondre

    Ce qu’il y avait d’étrange c’était que pour la première fois de sa vie, Garrett n’avait rien prémédité. Jusqu’à présent, toutes ses rencontres et toutes les femmes qu’il avait tenu entre ses bras n’avaient été que des pansements pour combler un trou vide. Mais personne n’avait réussit à le combler. Personne avant Anya. Comment cette petite créature avait-elle réussit à émouvoir son être et son âme ?

    Mais trêve de pensée, Garrett n’’en n’avait absolument pas envie pour le moment. Non, surtout qu’un terrible frisson parcourait l'échine du blond. Les baisers chaud et sensuel de la jeune femme augmentait un désir qu'il avait trop longtemps contenu. Il ne pu s'empêcher de fermer les yeux en savourant la sensation exquise de la sentir le désirer. Parce que c'était ça, du désir qui palpitait entre eux. Même s’il était invisible, l'un et l'autre le sentait jusqu'au bout de leurs doigts et orteils. C'était un nectar puissant, non, un psychotique qui rendait le blond nerveux et agité. Ses mains passaient délicatement sur la nuque de la jeune femme alors qu'il mordait sa lèvre inférieure pour retenir un gémissement.

    Bordel, qu’est-ce qu’elle lui faisait ?

    La décence aurait voulu qu’il la repousse. Mais comment ? Il sentait les doigts d’Anya courir sur son visage, le tenir quand ses lèvres contre les siennes faisaient exploser son rythme cardiaque. Lui qui n’avait aucun but si ce n’est survivre avait enfin trouvé un sens.

    Tenant fermement entre ses bras une Anya toute aussi transie que lui par les caresses qu’ils se prodiguaient, il l’embrassait avec plus de ferveur et d’intensité. Des feulements s’échappaient d’entre leurs lèvres alors qu’avec le peu de force qu’il avait, il vint la soulever pour l’asseoir sur le fameux petit rebord de pierre sur lequel ils étaient installés quelques minutes plutôt. Peu importe la douleur. Le plaisir de sentir la douceur des lèvres d’Anya contre les siennes, et la voir se donner ainsi à lui le rendit fou de bonheur. Mais surtout, savoir qu’il était le premier, le seul, cela ne pu que faire flancher son coeur.

    - C’est toi.. c’est toi mon paradis..

    Venant entre les cuisses de la brune, il ne pu s’empêcher de se blottir contre elle. Ses mains remontaient elles aussi sur ses joues jusqu’à agripper sa crinière. Son bassin blotti contre le sien et ses lèvres qui dévoraient les siennes devenaient plus fougueuse, passionnée. Mais enfin, ses mains repartirent dans le sens inverse, frôlant sa poitrine si finement moulée dans sa combinaison jusqu’à descendre sur ses hanches. Il caressait ses cuisses qu’il resserrait autour de ses hanches pour lui faire comprendre qu’il la désirait. En effet, la passion l’emportait, si bien qu’il embrassait sa mâchoire, son cou et sa gorge qu’il mordillait délicatement en murmurant en anglais des mots d’amour qu’il était sûr qu’elle ne comprendrait pas, de peur de l’effrayer :

    - Je te veux.. Je te veux tellement Anya.. Je ne veux que toi.. C’est toi.. Toi..

    Mais un bruit au loin le fit sursauter. Il se redressa rapidement et plaqua Anya contre la paroi fraiche du muret. Personne ne devait la voir et il s’en assura en regardant autour de lui. Personne. Sans doute un oiseau. Il reposait ses prunelles flamboyantes sur la jeune femme et la contempla à la fois désolé et frustré. En fait, il avait honte. Il était persuadé d’avoir profité d’elle, surtout après ce qu’elle avait vécu. Il craignait qu’elle lui en veuille. Alors, il redevint sage :

    - Il faut que tu te reposes un peu il se fait tard, viens je te raccompagne. Je ne veux pas que tu sois trop fatiguée demain.


    immarcescible, Posté le jeudi 21 juillet 2022 18:59 Répondre

    C’est plus serein que Garrett partit sur le front. Savoir que Millie serait là pour veiller sur Anya le rassurait. Il aurait bien été incapable de retourner sur le front si il avait sut que la mère et la fille Siminiov se trouvait ensemble. Durant les jours qui suivirent la découverte de la brune dans le grenier, il crut déceler des attitudes violentes chez Katarina. Clairement, il se doutait depuis un moment que la mère de famille n’aimait pas Anya. Mais delà à la maltraiter, il n’avait osé l’imaginer. Aussi, lorsqu’il fut tenu au courant par Millie des agissements de cette dernière, il vit immédiatement rouge.

    Les blessures qu’il avait obtenu était dû à une explosion tout près d’un village à proximité de la ville de Saint Petersbourg. Ses hommes et lui faisaient une ronde autour d’un bâtiment servant autrefois d’usine à vitres. Il n’avait pas été assez vigilant si bien que l’un de ses hommes marcha sur une mine et explosa instantanément. S’ensuivit des tirs de toutes parts de ces fameux nazis qui ne leur laissèrent que peu de repos.

    Finalement, ils purent être évacués grâce à l’arrivée des aviateurs. Garrett les avaient toujours eu en admiration. Dans le convoi qui les emmenaient jusqu’à l’hôpital, il souffrait en silence. Tous les autres geignaient. En tant que chef, il devait être l’exemple et ne montrer aucune émotion même si il sentait que ses chairs saignaient. A son arrivée, une petite tête brune et une voix qu’il connaissait que trop bien, vint d’autorité s’occuper de lui alors qu’il n’était pas le cas le plus désespéré. Sa surprise n’était pas feinte quand il l’observait agir avec précaution et professionnalisme. Cela le faisait même sourire entre des grimaces de douleur lorsqu’elle le soignait.

    Il profitait de la proximité de la jeune femme pour humer ses cheveux dont le parfum si semblables à d’habitude emplissait ses narines. Son teint avait repris une belle couleur, ses yeux brillaient et son sourire illuminait son visage. C’était elle son ange gardien.

    Lorsqu’elle se mit à évoquer le livre et qu’elle posa des questions, il du rapidement la faire se taire. Posant sa main sur ses lèvres, il lui fit les gros yeux et lui montra qu’ils n’étaient pas seuls. En effet, du monde autour d’eux pouvaient avoir les oreilles qui trainaient. Aussi, il lui fit comprendre de ne pas parler de cela ici et murmura :

    - Je reste ici ce soir ne dis rien à ta mère, retrouve-moi près de l’entrée. Je me débrouillerais pour me lever.

    Il n’avait aucune envie de retourner chez Katarina. La savoir à ne rien faire et attendre que le bébé arrive, ce bébé qu’il maudissait malgré lui, le déprimait littéralement. Aussi, Millie l’infirmière en cheffe approuva sa décision de rester. Cela donnait une bonne excuse à Anya aussi pour rester à aider ce soir. Depuis le début de leur rencontre, la blonde s’était liée d’affection à cette petite russe courageuse qui subissait tant. Et encore, elle n’en savait que la moitié. Garrett osa prendre le poignet d’Anya entre ses doigts pour la retenir encore un peu. La morphine faisait son effet et il commençait à se sentir plus léger, à moins souffrir :

    - Souris-moi encore un peu Blackbird, murmurait-il en portant le poignet de la jeune femme à ses lèvres pour l’embrasser, ton sourire guéris toutes mes blessures tu sais..

    Mais très vite il s’endormît. La fatigue, la douleur, la malnutrition, tout l’avait rendu plus faible. Son sommeil fut réparateur puisque lorsqu’il s’éveilla, il faisait nuit. Se redressant difficilement, il pu voir sur le côté une Anya endormie à son chevet. Comme lorsqu’elle était alitée après sa fausse couche, elle veillait sur lui aussi. Cela le fit doucement sourire. Il n’y avait pas un bruit dans la grande salle de l’hôpital, hormis quelques pets et autres ronflements. Garrett se leva lentement et arrangea le fichu des cheveux de Anya avant de se pencher sur son oreille pour la réveiller.

    Il lui fit un signe de tête et la conduisit d’un pas léger et discret vers la petite cour extérieure de l’hôpital. La neige avait recouvert tel un épais tapis le sol. Ils marchaient l’un à côté de l’autre en silence, vérifiant que personne ne se trouvait là et enfin, vint se poser dans une alcôve tranquille où ils purent s’asseoir à l’abris de la neige et des regards.

    Garrett tenait entre ses bras Anya dont il frottait les bras pour la réchauffer. Il embrassait le sommet de son crâne comme pour la rassurer. C’était plus fort que lui, il devait avoir un contact avec elle, même quelconque, cela le rassurait de la sentir vivre entre ses bras :

    - Tu as eu des nouvelles de Alek et Georgie ? Je n’ai reçu qu’une lettre. Ils sont bien arrivés et ils vont bien. Ils vivent dans la maison de la soeur de Georgie. Une vieille pie selon ses mots mais qui leur a offert hospitalité généreusement.

    Mais Anya ne voulait vraiment pas parler de ça. Son regard le suppliait d’aborder l’autre sujet et notamment l’argent qu’elle avait découvert dans le livre. Il soupirait longuement avant de lui expliquer :

    - En arrivant en Amérique ma mère a vite compris que le rêve soviétique était un leurre, contrairement à mon père qui persistait à vouloir y croire. Alors, elle caché cet argent pour que je puisse un jour m’enfuir. On l’avait caché dans la bibliothèque nationale de St Petersbourg et quand je suis revenu je l’ai récupéré. Je.. Je comptais m’enfuir mais.. mais ce n’était jamais le bon moment tu sais.

    Elle l’écoutait attentivement, comme si il lui racontait une histoire. Cele le fit doucement sourire. Il reprit donc de sa voix basse :

    - Je vivais à New-York mais je rêvais d’aller en Californie. Mes parents y avaient une maison de vacances et j’allais souvent surfer. On passait notre temps au soleil, à lire et se baigner. Mais j’aimais aussi New-York. C’est une ville qui ne dort jamais avec des immeubles plus haut que les arbres parfois. On allait souvent écouter des concerts, voir des spectacles. La vie aux Etats-Unis c’est.. c’est bruyant.. rapide.. intense. Mais si enthousiasmant.

    Garrett souriait. Des souvenirs lui venaient de son enfance, quelques un. Cela le faisait souffrir autrefois mais en parler avec Anya était différent. Un apaisement étrange s’affichait sur sa mine si soucieuse d’habitude. Il lui racontait tout, les hot-dog, la musique, les films du cinéma, les vacances à la mer, le vélo, sa guitare qu’il adorait tant et les Noël chez sa tante Mary qui vivait à Montauk sur une île perdue de l’Atlantique. Il lui parlait de tout sans crainte de jugement ou de trahison. Il avait une confiance aveugle en elle. Pourtant, lorsqu’il posa ses prunelles sur elle, il sentit revenir la question qui le hantait tant.

    Pourquoi ne pas y retourner ?

    - Parce que je ne suis plus citoyen américain Anya. Légalement je suis Sacha Belov. Garrett Hedlund n’existe plus. Je ne peux pas prétendre à obtenir la nationalité américaine. J’y avais pensé car j’étais mineur au moment des faits mais désormais, avec la guerre, je n’ai plus aucune chance de partir et puis..

    Là, c’était à nouveau son coeur qui allait parler. Son coeur qui saignait de ne pas pouvoir la prendre dans ses bras sans avoir peur d’être surpris par les yeux inquisiteurs de Katarina. La peur de la voir disparaître de nouveau. La peur de l’effrayer.

    - .. et puis je n’ai plus rien qui m’attends là-bas. Ici je me bats et je t’ai toi.. Georgina, Alek et toi.

    C’était un oubli volontaire le fait de ne pas citer Katarina. Depuis le début il avait avoué à Anya ne rester avec sa mère que parce que la jeune fille lui avait demandé mais tout son être et toute son attention était focalisée sur elle.

    - Merci de m’avoir sauvé Blackbird. Tu.. Ça ne t’ennuie pas que je t’appelle comme ça ? J’aime savoir qu’il n’y a que moi qui puisse t’appeler ainsi. Si tu veux, tu peux m’appeler Shura. Ainsi, il n’y aura que toi à m’appeler de la sorte.


    immarcescible, Posté le mardi 19 juillet 2022 22:33 Répondre

    Entre ses bras Anya perdit connaissance. Sans attendre un instant, il l’amena dans la salle de bain et la fit prendre une douche. Opération délicate pendant laquelle il fit en sorte de ne pas regarder son corps squelettique. C’était sommaire mais nécessaire si il voulait qu’elle se sente suffisamment propre. Enveloppée d’une de ses chemises, il la coucha ensuite dans le petit lit de Alek, dans lequel elle entrait aisément. Il n’avait aucune idée d’où se trouvait Katarina. Naïvement, il se disait qu’elle était partie chercher un médecin. Quelqu’un capable de sauver sa fille.

    Assis au chevet de la jeune femme, il caressait sa crinière terne et fatiguée. Ses joues étaient creusée par la sous-alimentation et ses yeux cernés. Garrett tentait de faire le tri dans son esprit mais impossible pour le moment. IL était beaucoup trop inquiet pour pouvoir être capable de réflexion censée. Il se contentait donc pour le moment de l’observer et de s’assurer qu’elle ne manquait de rien.

    Quelques temps après, alors qu’il lisait son fameux livre préféré Frankenstein d’une main, l’autre continuait de caresser sa joue. Il la sentit s’éveiller et referma donc son livre. Assis à côtés, il se pencha et embrassa son front en la regardant les sourcils froncés :

    - Tu aurais du tout me dire Anya. Jamais je n’aurais pensé une telle chose. Tu dis n’importe quoi. C’est insensé.. Tu étais tout ce temps en haut alors que.. alors que j’aurais pu t’aider.

    Il était en colère. Non pas parce qu’elle avait été enceinte, mais parce qu’elle ne lui avait rien dit. Mais le temps de la colère devait cesser, surtout lorsqu’il voyait perler sur le coin des yeux de la jeune femme des larmes. Elle devait terriblement souffrir. Posant une main sur sa joue, il la contempla avec plus de douceur, pour la rassurer :

    - Je vais aller chercher un médecin d’accord ? Tu vas guérir et tu vas vivre Anya tu m’entends ? Dès que tu seras sur pieds, tu partiras rejoindre Alek et Georgina à la campagne. Tu pourras y faire du violon, te baigner dans le lac et profiter de l’air pur. Alek t’attends avec impatience, tout comme Georgie.

    C’était un doux rêve dans lequel il n’arrivait pas à s’inclure. En même temps, comment le pourrait-il alors que Katarina rôdait et qu’il ne savait quels étaient les sentiments d’Anya à son égard. Comment pourrait-elle le désirer et l’aimer après l’ignominie qu’elle avait vécu. Il s’écarta à regret d’elle mais lui promit de revenir le plus vite possible. S’assurant qu’elle avait à manger à proximité et à boire, il laissa son livre entre les mains en lui répétant d’une voix sérieuse :

    - Dans ce livre tu trouveras toujours de quoi tu auras besoin Anya. Tout est dedans compris ? Je te confie la chose qui a le plus de valeurs pour moi, je sais que tu sauras en prendre soin. D’accord ?

    Si il insistait tant c’était tout simplement parce que dans les doublures de l’ouvrage se trouvait cinquante mille dollars américains et la même somme en rouble. Tout cet argent lui avait été légué par sa mère lorsqu’il était adolescent et c’était depuis toujours sa porte de sortie pour pouvoir fuir l’URSS. Mais ça, c’était avant de rencontrer Anya. Désormais, il lui offrait ce livre pour qu’elle puisse s’enfuir avec Alek et Georgina par la frontière limitrophe à la Finlande. C’était ça son plan. Il aurait pu en parler à Katarina mais il n’avait pas suffisamment confiance en elle pour lui confier quoi que ce soit.

    Alors qu’Anya.. C’était différent. Il lui léguait littéralement son avenir.

    - Je reviens le plus vite possible. Ne bouge pas Blackbird.

    Il sortit aussitôt de la chambre et pris son arme de service. En sortant dans la rue, il croisa finalement Katarina entrain de discuter avec les vieilles femmes de l’immeuble voisin. Il n’avait aucune idée de ce dont elles parlaient, toujours est-il qu’il lui fit signe qu’il partait à l’hôpital. Très vite, elle le rejoignit ne comprenant pas son départ :

    - Anya a besoin de soin je vais chercher un médecin.
    - Cesse donc de dramatiser, répondit-elle désinvolte, elle survivra à bien pire tu verras. C’est pas ça qui va la tuer. Elle est bien plus dure à éliminer que tu ne le crois.
    - Comment.. Comment peux-tu parler ainsi de ton propre enfant ?

    Garrett n’en revenait pas. La colère commençait lentement à l’envahir alors qu’il avait tout fait pour justement la contrôler. Mais Katarina ne le connaissait pas, sinon elle aurait su en voyant son air qu’elle aurait du se taire.

    - Cette gosse à toujours porté malheur. Regarde ce pauvre enfant qu’elle a été incapable de mettre au monde. Une incapable qui n’a pas de coeur voilà ce qu’elle est !

    Sans pouvoir se maîtriser, Garrett attrapa sa compagne par le col et la plaqua fermement contre le mur qui tenait à peine debout derrière lui. Son air était menaçant et ses yeux brûlaient d’une colère violente quand sa voix était suffisamment basse pour être inquiètante :

    - Comment as-tu pu avoir des enfants sorcière ? Je vais lui chercher un médecin et je l’envoie auprès de Georgina et Alek au plus vite. Loin de toi et de cette guerre. Tu crois que je n’ai pas compris que tu voulais te débarrasser d’elle ? Pour une raison que j’ignore mais je vais rapidement l’éloigner de toi Katarina. Et il ne restera plus que nous deux, c’est ce que tu veux ?

    L’éclair de joie qui rayonnait dans les yeux de la brune inquiéta Garrett. Oui, c’était ce qu’elle voulait. L’avoir pour elle seule à jamais visiblement. Il la relâcha rapidement en se rappelant qu’elle portait quand même un enfant. Jamais il n’aurait frappé une femme mais avec Katarina c’était toujours plus compliqué et violent.

    - Rentre. Va préparer les affaires de ta fille. Je m’occupe du médecin. Vite.

    Sans perdre un instant supplémentaire, Garrett se rendit à l’hôpital. Il mit du temps avant de trouver un médecin de disponible. Beaucoup étaient sur le front ou alors ne voulaient pas se déplacer pour une simple femme ayant fait une fausse couche. Finalement, il trouva de l’aide en une jeune infirmière bienveillante du nom de Millie qui le suivi jusque chez Katarina. En arrivant, cette dernière se trouvait au salon. Chose étrange, ça sentait la cigarette. Il ne releva pas, préférant emmener la jeune blonde à l’étage pour qu’elle se rende compte de l’état de Anya.

    Pendant qu’elle l’examinait, Garrett faisait les cent pas en bas. Sa fiancée le regardait avec adoration, telle une louve prête à dévorer sa proie. Elle le gênait. Depuis toujours. Pourquoi avait-il succombé à ce désir violent pour elle ?

    - Tu sembles soucieux mon amour, demandait-elle en se levant vers lui, qu’est-ce qui t’inquiète ?
    - Je m’inquiète pour la santé de ta fille.
    - Oh.. Tu ne devrais pas. Les femmes sont bien plus fortes que tu ne le crois. On se remet de bien pire tu sais.

    Elle n’avait pas tort pour une fois, mais malgré tout, il avait mal pour Anya. Quelle mère insensible. Alors qu’il allait répliquer, un « boum » sonore surgit non loin. Les allemands commençaient à bombarder. Vite, il hurla à Katarina de se réfugier dans la cave prévue à cet effet et motta à l’étage. Millie venait visiblement de finir son examen. Il lui donna le même ordre qu’à la mère de Anya et souleva cette dernière avant de courir derrière l’infirmière. Enfermés tous les quatre dans la cave, ils attendirent la fin de l’alerte lancée non loin.

    Tout ce temps, dans l’obscurité, il avait gardé Anya contre lui. Il sentait son pouls battre contre le sien quand sa sa main tenait fermement sa nuque et son dos. Il la rassurait en murmurant des « ça va aller », « il faut penser à autre chose », ou encore « je suis là ». Il essayait au mieux de l’aider à vaincre cette peur irascible de mourir qui ne devait très certainement pas la quitter depuis le début de la journée. Lorsque le bombardement fut terminé, ils remontèrent à la surface. Rien n’avait bougé si ce n’est quelques biblots sur le sol. Katarina les ramassait quand Garrett remettait Anya au lit.

    - Ne bouge pas Blackbird, je reviens.

    Il paya Millie et la remercia sincèrement de s’être déplacée. Cette dernière, soucieuse de l’état d’Anya proposa à venir la voir régulièrement ce qu’accepta Garrett avec plaisir. Mais c’était sans compter sur une autre personne.

    - Anya n’a pas besoin de compagnie, elle a des tâches à faire. Et puis elle doit bientôt partir. Se faire des amis n’est pas bon pour elle.
    - Si je ne t’ai pas demandé ton avis c’est bien pour une raison. Millie, j’attends que vous veniez aussi régulièrement que possible et vous m’écrirait les nouvelles de sa santé. Compris ?

    Un soldat de l’armée rouge qui donne un ordre, il n’y avait pas plus impressionnant. C’est donc ainsi que Millie se mit à venir deux fois par semaines pour rendre visite à Anya par la suite. Une fois, Katarina fit une remarque mais Millie la recadra aussitôt en lui rappelant que Sacha ne serait pas heureux de savoir ça.


    immarcescible, Posté le mercredi 13 juillet 2022 22:40 Répondre

    Garrett n’avait jamais ouvert son coeur à qui que ce soit. Aussi, quand il avoua à demi-mot à Anya qu’il la choisissait elle, c’était un grand pas pour lui. Comment pourrait-il ne pas l’être ? Il avait donné son identité, son coeur et son affection à une jeune fille. Qu’il se sentait ridicule. Oui, Garrett se sentait terriblement stupide en regardant son roman préféré, rangé entre les autres livres de la bibliothèque de Alek. Elle l’avait laissé là, en sachant pertinemment la valeur qu’il avait pour lui. Le savait-elle vraiment ? Avait-elle vraiment compris ce qu’il avait essayé de lui dire l’autre matin sous le Cavalier.

    La semaine se passa sans qu’il n’y cru vraiment. Et pourtant, il du bel et bien se faire une raison puisqu’au moment où il allait repartir sur le front, elle n’apparut pas. Jusqu’au bout il y avait cru. Jusqu’au bout il avait espéré.

    Pendant cette fameuse semaine, il chercha tous les prétextes possible pour ne pas rester chez les Siminiov. Il avait toujours un entrainement, une course, un rendez-vous. En vérité, il passait son temps chez Georgina. La vieille femme se languissait de la présence des enfants et même elle ne semblait pas plus comprendre que Garrett la nouvelle fugue de l’aînée. Voyant que le blond se refusait à en parler, elle n’insista pas mais trouva quand même étrange qu’elle disparaisse de nouveau alors qu’elle avait désormais retrouvé sa famille. Ou du moins, une partie.

    Il n’avait pas eu le courage de la chercher. De toute manière, par où commencer ? Personne ne semblait l’avoir vue partir. Evaporée, telle un fantôme. Pendant un temps, il a même cru que c’était une histoire du KGB. Mais il n’en n’était rien. Sinon ils seraient déjà tous partit pour le goulag. Katarina était extrêmement charmante et il n’allait pas s’en plaindre. Mais cela lui mettait quand même la puce à l’oreille. Comment une mère pouvait-elle être aussi peu inquiète ? Au lieu de pleurer et de s’inquiéter, elle souriait, légère, follement heureuse. C’était troublant et inquiétant.

    De toute manière, il n’eut pas le temps de chercher plus car déjà il devait repartir au front.

    Alek promis d’être sage et Katarina d’être patiente. Garrett lui donna un léger baiser sur le coin des lèvres, mais cela ne sembla pas la satisfaire puisqu’elle lui redonnait un autre baiser plus langoureux effaçant définitivement le souvenir si doux des lèvres d’Anya. Sans qu’il le sache, cette dernière pouvait tout voir de sa prison-grenier. Si seulement il avait levé les yeux, il l’aurait vu. Mais Garrett n’avait pas pour habitude de lever les yeux au ciel. Aussi, il partit, direction le front et la mort.

    Il ne pouvait pas s’empêcher d’y penser.
    Si la mort l’emportait maintenant, il n’aurait plus à imaginer toutes les horreurs qui pourraient lui arriver. La dernière fois il l’avait retrouvé dans cet hôtel, prête à se donner. Ces images et toutes ces idées noires le rendait si furieux que cela le maintenait en vie. Etrange non ? Comme si son corps essuyait une certaine forme de résistance pour s’assurer qu’il vive. Il était de toutes les missions, de toutes les propositions suicide possible et à chaque fois, il s’en sortait. Cette promiscuité avec la mort et la réussit lui donnèrent la possibilité de monter en grade. Désormais, il était officier de l’armée rouge. Il possédait une rente plus conséquente et plus de nourriture. Cela satisfera d’autant plus Katarina, assurément.

    Pourquoi ne pensait-il pas à cet enfant à venir ?
    Peut-être parce qu’il ne le désirait pas ? Non.. Impossible. En vérité, il avait l’impression d’être floué. Cet enfant ne pouvait pas être de lui. Il faisait bien trop attention pour cela. Mais Garrett était un homme d’honneur. Jamais il ne pourrait se détourner d’une femme dans le besoin. Un mois et demi passa sans qu’il ne puisse rentrer. Et pire que tout, lorsque ce fut le cas, il se rendit compte que c’était le chaos à St Petersbourg. La famine avait gangrenée la ville qui avait été privée de rationnement depuis des semaines. Georgina vivait recluse chez elle de peur que les gens l’attaquent.

    Lorsqu’il alla la voir, la vieille femme tomba dans ses bras en larmes. Elle avait été agressé à de multiples reprises, d’où son souhait de se barriccader. Elle était bien trop vieille pour défendre son commerce qui était pris pour cible du fait de sa judéité et de son commerce dont les prix avaient flambé. Sans attendre un seul instant, Garrett pris la décision de la faire sortir de la ville le soir-même.

    En rentrant chez Katarina, il lui ordonna de faire ses valises à elle et Alek.

    - Mais enfin pourquoi ? Tu reviens au bout de deux mois et tu veux nous faire quitter notre chez nous ?
    - La ville est assiégée et vous allez mourir de faim si vous ne partez pas tu te rends compte ?
    - Tu dis n’importe quoi Sacha, répondait la brune dont le ventre grossissait étrangement, Staline ne nous laisserait jamais mourir sous les hordes allemandes. Il va nous protéger. Vous allez nous protéger.

    L’insistance de Katarina exaspérait Garrett. Il n’avait pas pu sauver Anya, il espérait au moins pouvoir sauver Alek. Finissant de constituer la valise du petit garçon, il soupira en la portant pour l’extérieur. Mais la mère de famille le poursuivait en tenant son bras et l’arrangua violemment de s’arrêter :

    - Te protéger de quoi Katarina, hurlait-il excédé, ne vois-tu pas que la ville va bientôt sombrer ? Dans deux mois l’hiver est là et de quoi tu nourriras ton fils ? Vous devez partir pour la campagne.
    - Quoi ? Non.. Jamais ! Je veux rester en ville. Ici au moins on peut sortir danser le soir.
    - Mais tu es ravagée. Tu te rends compte de ce que tu dis ? Tu as trente-cinq ans et tu ne penses qu’à aller danser et te faire monter par le premier soldat venu alors que ton fils meurt littéralement de faim sous tes yeux ? Tu sais combien de personnes rêverais de pouvoir partir d’ici ? C’est une chance de vivre que je t’offre.

    Mais Katarina ne voulait rien entendre. Si seulement Garrett avait connaissance de toutes les choses. Si elle partait, c’était la possibilité de voir le bébé d’en bas disparaître. Et ça, elle avait bien compris qu’il ne resterait que pour cet enfant à venir. Peu importe d’où il venait, il lui fallait. Garrett réussit à négocier que Alek parte avec Georgina. Le petit garçon quitta avec peine sa mère qui l’avait tant gâté. Mais Garrett était ferme :

    - Tu promets de surveiller sur Georgie, dit-il en ajustant le col de sa chemise, c’est toi qui doit veiller sur elle cette fois-ci le temps que je revienne d’accord ?
    - Promis Sacha ! Dis.. Tu vas retrouver Anya ?
    - Je crois malheureusement que Anya ne veut pas qu’on la retrouve Alek..

    Le petit garçon partit sombre, dans les bras de la vieille femme qui rejoignait le convoi. Garrett les regardaient s’éloigner, rassuré de les savoir bientôt à l’abris. Si seulement il avait pu retrouver Anya, se maudissait-il. En se tournant, il se rendit compte que la mère n’était pas là, ce qui le surprenait. En effet, Katarina ne vint même pas dire au revoir. Elle préférait être sur le canapé, ruminant sa colère. Enfin ils étaient seuls mais elle ne pouvait pas l’approcher comme elle le souhaitait. Vite, elle devait trouver un subterfuge à ce désir vicieux qui la prenait.


    immarcescible, Posté le lundi 11 juillet 2022 20:53 Répondre

    Anya avait sans doute raison. Peut-être qu’il ne devrait pas s’occuper d’elle et d’Alek. Sans doute son attention devrait être focalisée sur Katarina. Mais son esprit si difficile à dompter, n’en faisait qu’à sa tête. Garrett n’avait pas envie de penser à Katarina. Toute son attention n’était portée que sur Anya. Pourquoi ne le voyait-elle pas? Pourquoi ne comprenait-elle pas qu’il était là pour elle. Uniquement pour elle.

    Après avoir bataillé contre sa nouvelle compagne qui voulait absolument aller danser ce soir il pu enfin se trouver seul. Il allait dans la cuisine pour se servir un verre d’eau quand il eut la délicieuse surprise d’y trouver Anya. Elle faisait à manger, encore. Cela l’énervait. Mais il ne dit rien, se contentant simplement de l’aider tout en fumant. Silencieux tous les deux, ils se donnaient quelques regards en coin suffisant à faire naître un doux sourire sur leurs lèvres. Si le moment était doux et innocent, il fut pourtant réduit à la froideur d’Anya bien vite retrouvée. Dos à lui, elle lui expliqua.

    S’approchant d’elle, il osa frôler son avant-bras. L’envie d’enfouir son visage dans son cou pour humer son parfum qui l’avait tant troublé l’autre soirée à l’hôtel le rendait fébrile :

    - Anya écoute ce n’est pas du tout..

    Mais encore une fois, l’impossibilité d’avoir une intimité le forçait à devoir se taire. En effet Katarina s’apprêtait à descendre et ils pouvaient nettement entendre son pas lourd dans les escaliers. Il se pencha donc sur Anya et murmura :

    - Retrouve-moi demain matin à six heures sous le Cavalier de Bronze. Trouve une excuse pour sortir et jure-moi que tu seras là. Il faut qu’on parle. Dis que tu seras là.

    Il la pressait un peu mais c’était urgent, c’était comme si il en allait de sa vie. Il devait s’entretenir seul à seul avec elle. Ses yeux d’un bleu intense se penchait sur les siens à la recherche de cette confirmation qui l’aiderait à dormir un peu cette nuit. Ses doigts caressaient son poignet comme pour laisser une marque sur sa peau, pour s’assurer encore une fois qu’elle viendrait.

    Une fois qu’elle accepta un peu troublé, il pu s’enfuir sans bruit de la cuisine jusqu’à l’extérieur pour fumer. Garrett n’était pas bête, il avait bien compris que Katarina ne voulait pas qu’il approche Anya. Aussi, il ne lui donnerait pas de matière à s’en prendre à elle si jamais elle se doutait de quelque chose. Naïf qu’il était. Il n’avait aucune conscience de ce que la vieille mégère pouvait faire vivre à la jeune femme. Si il savait, il aurait été capable de bien pire que ce qu’il avait fait cette semaine.

    La soirée se passa somme toute tranquillement. Garrett joua essentiellement avec Alek quand Katarina donna la possibilité à Anya de dormir avec son frère cette nuit. Personne ne releva, de peur sans doute que la mère ne prenne encore la décision de hurler comme ce midi. De toute manière, Garrett était épuisé. Il alla donc se coucher tôt en prétextant en plus avoir un rendez-vous le lendemain matin tôt et un entraînement à la Caserne. Sa compagne ne sembla pas s’en inquiéter plus que ça puisque de toute manière elle ferait sa grasse matinée. Il lui promit donc d’être là pour le midi et pour ensuite faire quelques travaux à la maison.

    Le fait d’aller se coucher plutôt était aussi la possibilité de ne pas avoir à toucher Katarina. Il connaissait parfaitement ses ardeurs et il ne voulait pas a avoir la repousser une fois de plus ce soir surtout en sachant qu’il s’agissait de sexe. De toute manière, il n’eut même pas à faire semblant de dormir. Il était bien trop fatigué.

    Pourtant, au petit matin, il fut debout aux aurores. Tout le monde dormait encore dans la petite maison et il en profita donc pour se doucher une nouvelle fois avant de descendre boire un thé. Une fois ce dernier avalé, il prit la route direction le centre et le lieu de rendez-vous avec Anya. Il avait quelques courses à faire. En effet, il avait bien vu la dernière fois aux courses qu’elle n’avait rien pris pour elle. Il dépensa sa paie du mois, il s’en fichait, mais il lui acheta du chocolat.

    Assis au socle du Cavalier, il attendait en fumant, patient. Regardant l’heure qui avançait, il craignait de ne pas la voir venir. Peut-être les choses étaient-elles claires pour elle finalement ? Qu’il devait se résigner et arrêter de se faire des films. Elle avait une demi-heure de retard. Il n’en pouvait plus d’attendre. Se levant et époussetant son pantalon, il s’apprêtait à partir quand elle surgit enfin de l’épaisse brume matinale. Rassuré, il vint à elle et la pris dans ses bras dans une effusion passionnelle. L’envie de l’embrasser le torturait physiquement mais il se retenait.

    - J’ai bien cru que tu m’avais oublié Blackbird, dit-il dans un doux rire, tu vas bien ? Tu as mangé un peu ?

    Il se doutait bien que non, aussi, il sortit de son sac un bout de pain et la tablette de chocolat pour la jolie brune en lui souriant et lui précisant que c’était pour elle.

    - Tu manges pendant que je parle d’accord ?

    La dirigeant vers le socle qui était vide de monde, il vint s’asseoir près d’elle en la regardant manger son chocolat. Son profil l’émut une nouvelle fois et un soupire de bien être le comblait avant que le sujet de la conversation ne vienne le renfrogner :

    - Je vais tout lui dire Anya, avoua-t-il, je vais lui dire que ce n’est pas vers elle que mon attention se porte.

    Au vu du regard de la brune, il sut qu’il avait touché un point sensible mais elle n’eut pas la réaction tant souhaité. Au lieu de le remercier et de le conforter, elle le suppliait bien au contraire de rester avec elle ce qui le surprenait. Fronçant les sourcils, il se redressa sans comprendre :

    - Mais.. Mais tu as conscience que ce serait lui mentir que de rester avec elle ? Anya. Ce n’est pas elle que je veux.

    Aussi têtue que lui, il avait rencontré la personne la plus têtue au monde. Anya n’en démordait pas quand lui sentait son impatience le gagner. Il passait ses doigts dans sa crinière qu’il rejetait en arrière en écoutant les arguments de la jeune fille dont il se fichait éperdument. C’était elle qu’il voulait. Pas sa mère. Pas cette vie où il la verrait en épouser un autre. Pas cette vie où il devrait feindre. Il n’avait fait que ça toute sa vie et là il allait devoir continuer quand il était persuadé d’avoir trouvé le bonheur auprès d’Anya :

    - Tu es la seule qui me connaisse Anya. Je ne peux pas encore vivre dans le mensonge. Tu te rends compte de ce que tu me demandes de faire ? Avec la guerre droit devant nous, tu crois que j’ai envie de passer mon temps à mentir et refouler ce que je ressens alors que tu es la seule dans ce bas monde à me voir et me connaître. Anya.. S’il te plaît. Ne me demande pas de faire ça.


    immarcescible, Posté le dimanche 10 juillet 2022 23:41 Répondre

    Ce fut deux semaines de combat intense. Garrett avait déjà été sur le front quelque années auparavant. Mais rien ne l’avait préparé à l’inflexibilité nazis. Mieux équipés, mieux préparés, ils avançaient parfaitement sur le territoire russe sans qu’on puisse les retenir. Ses premiers compagnons avaient été fauché par une rafale de balle violente. Le premier combat n’avait alors duré que quinze minutes. Mais il avait du y retourner et ça tous les jours. Vivre dans la boue, non survivre entre les corps sans vie et la peur perpétuelle de mourir aussi. C’est au bout du dixième jour qu’il réussirent enfin à percer la ligne de défense allemande. La troupe ennemie avait été déplacé sur plusieurs kilomètres et la relève de la garde russe avait pris la relève.

    En rentrant, il hésita à aller chez Georgie. Il voulait revoir Anya, tout lui expliquer mais il craignait de tomber sur Katarina. Pendant quinze jours, il n’avait pas eu le temps de penser à elles et à cette situation. Si tout était clair dans son esprit, il se devait avant tout de discuter avec la jeune femme. Aussi, il se rua donc chez la vieille femme qu’il trouva seule :

    - Ils sont partis avec cette femme, lui expliqua-t-elle tristement, je ne les aies pas revu depuis.

    C’était qu’elle s’était attachée aux deux enfants malgré le peu de temps passé avec elle. Garrett ne pouvait que le comprendre. Lui aussi s’était viscéralement attaché à eux. Fort heureusement, Katarina avait laissé une adresse pour lui. Alors, avec son costume encore sale et sa mine épuisée, il se rendit directement à la fameuse adresse laissée pour lui.

    Il était étonné de se retrouver dans un quartier plutôt chic. Lui qui pensait que Katarina n’avait pas les moyens se trompait lourdement. Il pleuvait ce jour là quand il passa le seuil de l’entrée de l’immeuble. Il était désert, quasiment vide de ses habitants qui avaient fuis vers la campagne. Comme ils avaient eu raison. Après avoir toqué, nerveux, à la porte d’entrée, il eut la joie et la surprise de voir Alek lui ouvrir. Ce dernier se jeta à son cou en hurlant son prénom. La vivacité de cet enfant le surprenait toujours et le faisait toujours sourire.

    Mais l’autre surprise le fit rapidement déchanter. Katarina se jetait elle aussi à son cou en épanchant des sentiments qu’il trouvait beaucoup trop démonstratif quand Anya était recroquevillée sur elle-même au fond de la pièce. Aucun regard, aucune expression. Il sentait son coeur se briser devant un tel spectacle.

    - Tu nous es revenu ! Enfin ! Jusqu’à quand restes-tu ? Oh.. Mais tu es sale. Tu aurais pu prendre une douche avant d’arriver.

    Comme il aurait voulu l’étriper sur le champ. Savait-elle une seule seconde ce qu’il avait pu vivre pendant ce temps ? Pendant qu’elle vivait à l’aise et à l’abris de tout besoin ? Ignorant sa remarque, il se contenta de dire qu’il serait là pour quatre jours et qu’en effet il avait bien besoin d’un bain. De suite, Katarina envoya Anya lui faire couler un bain ce qui le surprit de nouveau. Mais Alek cherchait son attention si bien qu’il n’eut pas le temps de s’avancer vers la jeune fille et de la saluer.

    - Tu as réussis à tuer des nazis ?
    - Je ne sais pas Alek. C’est difficile de répondre à cette question.
    - Mais tu n’as pas des fusils ? Les garçons d’en bas ils disent que nous aussi nous allons devoir nous battre. Regarde, j’ai fais une épée avec mon bâton.

    Garrett aurait voulu sourire mais il en était incapable. Imaginer Alek devoir se battre avec un potentiel bâton face à la fureur des nazis l’effrayait. Il se contenta de caresser l’épaisse crinière du garçon et retira sa veste. Il demanda discrètement à Katarina si elle avait eu le temps de faire ses examens concernant le potentiel enfant qu’elle portait, ce à quoi elle répondit tranquillement :

    - Pas encore mon chéri. Je n’ai pas eu une minute pour moi. Entre m’occuper des enfants et de l’école ça a pris beaucoup de temps tu sais.
    - Mh, mh. Je me doute.
    - Va vite prendre un bain. Ensuite nous déjeunerons, nous avons une grande nouvelle à t’annoncer.

    Avec les indications de Katarina, il se rendit dans la salle de bain au bout du couloir. En entrant, il vit qu’Anya se hâtait à tout mettre en place. Il la stoppa en posant son bras sur son poignet et lui expliqua d’une voix douce et basse :

    - C’est gentil mais je vais y arriver ne t’en fais pas.

    Mais elle continuait à regarder leurs pieds. Cela le stressait, il ne comprenait pas pourquoi elle refusait de le regarder quand lui avait besoin de sentir son regard sur lui. Lui rendant son poignet, il inspira profondément en murmurant :

    - Je suis désolée, dit-il, j’ignorais qui elle était.. Je.. J’ignorais tout Anya.. Je te le jure.

    Encore une fois, la jeune fille ne répondait pas. Garrett tentait de garder son sang-froid mais c’était compliqué. Ils n’avaient pas beaucoup de temps et aucune intimité. Comment allait-il pouvoir avoir une discussion avec elle ?

    - Comment.. Comment vas-tu ? Tu te sens comment ? Anya.. Je t’en prie, réponds-moi.

    Mais de nouveau la voix de Katarina résonna dans le couloir. Elle appelait sa fille pour lui donner d’autres tâches sans aucun doute ce qui fit soupirer Garrett une nouvelle fois. La laissant disparaître, il se dit qu’il trouverait bien un moment pour discuter seul à seul avec elle. Il se plongea alors dans ce bain avec plaisir et découvrit les douces attentions d’Anya qui avait mis des fleurs pour que le bain sente bon.

    Il resta dans le bain un moment. Le plaisir de pouvoir se laver l’avait épuisé. Rasé de prêt et propre, il venait de finir de reboutonner le haut de sa chemise quand il descendit dans le petit salon en bas de la salle de bain. Tout le monde l’attendait pour se mettre à table et il s’excusa du temps d’attente avant de s’installer :

    - Ne t’en fais, réagissait Katarina toujours aussi joviale, le repas n’attendait que toi. D’ailleurs, ça tombe bien que tu te sois fais beau. Ce soir nous sortons.
    - Tous les quatre, demandait-il en regardant surpris Anya lui servir à boire comme si elle était une domestique.
    - Ahahahah, bien sûr que non ! Juste nous deux en amoureux.
    - Je préférais rester ici à me reposer et profiter de passer du temps avec tout le monde si cela ne t’ennuie pas.

    Katarina fronçait les sourcils, visiblement agacée par la tournure que prenait la fameuse soirée qu’elle avait tant et tant organisée. Prenant sur elle, elle coupa sa viande vivement quand Garrett prenait des mains d’Anya le pichet pour servir tout le monde :

    - Comment se passe l’école Alek ? Anya ? Vous avez pu reprendre un bon rythme ?
    - Il n’y a que moi qui va à l’école.
    - Que toi ? Alek ? Et Anya ?

    Le regard du blond se tournait de Anya jusqu’à Katarina qui haussait les yeux au ciel en riant faussement légère. Garrett sentait que la réponse n’allait pas lui plaire surtout que sa compagne prenait tout le temps nécessaire avant de répondre à sa question :

    - J’avais besoin d’aide ici donc elle s’est gentiment proposée de m’aider et puis.. et puis préparer un mariage n’est pas des plus simple tu sais.
    - Un mariage ? Quel mariage ?

    Garrett eut très peur. Est-ce que Katarina avait l’intention qu’il l’épouse ? Si une telle chose devait se faire, l’état civil saurait qu’il n’était pas vraiment lui et il risquerait d’être tué sur le champ. Et puis.. Et puis il ne voulait pas l’épouser car il ne l’aimait pas. Mais rapidement ses craintes se dissipèrent pour laisser un autre sentiment de consternation :

    - Quoi ? Tu veux.. Mais enfin Katarina, Anya n’a que seize ans ! Elle n’est pas du tout en âge de se marier !
    - Bien sûr que si. Quel âge j’avais à ton avis ?
    - Mais c’est un autre monde, une autre époque. Anya a le droit de choisir qu’il elle veut aimer et épouser.
    - C’est une bouche en plus à nourrir Sacha. Je n’ai pas les moyens pour ça. Regarde à quel point elle est grasse. Elle mange beaucoup trop !

    Son poing cogna la table fermement et la fit trembler. Alek se taisait et observait avec crainte sa soeur. C’était une scène surréaliste pour l’enfant qui n’avait jamais vu son grand ami aussi en colère. Garrett s’était redressé, furieux et demandait d’une voix ferme et très froide à Katarina de le suivre dans la cuisine. Surprise, elle le suivit et s’ensuivit une dispute hors du commun où il lui cria dessus plus qu’autre chose. Il les connaissaient les ambitions d'Anya et jamais celle-ci en fit partie. Mais ça, il se garda bien de le confier à Katarina de peur qu'elle découvre son deuxième secret. La conversation se termina avec les larmes de Katarina qui cherchait de vieilles excuses pour expliquer cette idée en se faisant passer pour une mère dépassée.

    Epuisé, Garrett n’eût même pas à manger le reste de la cuisine. Il préférait sortir un moment à l’extérieur pour fumer. Une douce brise venait envelopper les nuages qui avaient disparu laissant apparaître une lueur de soleil. Le blond savourait cet instant de paix loin des voix et des commérages de Katarina. Assis dans un coin de la cour, il réfléchissait, quand soudain Anya fit son apparition en portant un panier.

    - Tu vas aux courses ? Attend.. Je t’accompagne.

    Rangeant son étui à cigarettes, il la suivit sans lui demander son autorisation. C’était la première fois qu’il était habillé en civil près d’elle. Un pantolon de toile marron simple et d’une chemise d’un bleu ciel qui rappelait ses yeux. Il avait relevé ses manches sur ses coudes dévoilant des avants-bras puissant. Prenant d’office le panier qu’elle tenait, il la suivit :

    - Désolé de m’être emporté tout à l’heure. Dis-moi comment tu vas maintenant que nous sommes un peu seuls.


    immarcescible, Posté le samedi 09 juillet 2022 12:09 Répondre

    Alors qu’il rentrait à la Caserne, une autre surprise des plus étonnante l’attendait. Katarina était assise près de l’entrée et regardait tous les soldats qui entrainer et sortaient. Garrett s’en étonna et voulut s’enfuir mais la curiosité le poussa au contraire à aller vers la brune qui semblait nerveuse. En s’approchant d’elle, il remarqua qu’elle avait la même moue d’inquiétude qu’Anya. Cette ressemblance le dérangea. D’autant plus qu’il avait prévu de revenir auprès de la demoiselle prochainement pour parler de ce léger baiser qu’ils avaient pu échanger.

    Lorsqu’il arriva à la portée Katarina, il n’eut pas le temps de dire un mot que déjà elle se jetait à son cou :

    - Oh Sacha ! Voilà des jours que je t’attends devant pour te parler.
    - Des jours ?

    Il était étonné en effet car il passait le plus clair de son temps à aller et venir dans la caserne, et généralement les gardes prévenaient quand des filles trainaient aux entrées. Mais il ne fit pas attention outre mesure de cette information, préférant la relever de ses bras pour la regarder suspicieux. Encore une fois, il n’eut rien à dire puisqu’elle l’interrompit :

    - Je suis enceinte Sacha et c’est ton enfant.

    Son sang se glaça instinctivement. Il avait en mémoire les mots de sa mère qui lui avait dit à nombreuses reprises de toujours faire attention à ne jamais mettre une femme enceinte. Naïf, il avait cru pouvoir faire confiance à cette femme plus âgée qui semblait savoir ce qu’elle faisait. Or, elle l’avait minablement piégé. Ses larmes étaient fausses, il le voyait bien, même si sa détresse était toute autre.

    - Tu.. De.. Tu es enceinte de moi ?
    - Bien sûr que oui. Pour qui me prends-tu ? Pour une fille à soldats ?

    Il se retint de toutes ses forces de ne pas hausser les sourcils de moquerie. Restant le plus statique possible, il essayait de faire le tri dans ses pensées mais la seule chose à laquelle il était en mesure de penser c’était à Anya. C’est alors que le sort et le destin s’acharna une fois de plus sur lui :

    - J’ai un peu de retard mais je suis sûre d’être enceinte. Tu sais.. Je sais ce que c’est d’être mère. J’ai deux enfants déjà que j’ai perdu.. Leur père me les enlevé et m’a jeté à la rue du jour au lendemain, expliquait-elle en pleurant, je ne sais même pas où sont mon Anya et mon Alek.

    Ça en faisait trop pour Garrett. Beaucoup trop. Est-ce qu’il était dans un mauvais cauchemar ? Il était impossible que de telles coïncidences puissent lui arriver en si peu de temps. Sonné par les nouvelles de la brune, il la laissa s’épancher sur lui en larmes. Est-ce que Andreï avait mentit à ses enfant ? Et si oui, pourquoi ? Devait-il mettre en doute la parole de cette femme qui semblait soudainement étrangement sincère.

    Exceptionnellement, le blond demanda à ne pas participer à la mission. Il avait des choses à régler. Des choses importantes qui nécessitaient qu’il s’en charge dès l’instant. C’est ainsi qu’il atterrit plus tôt que prévu chez Georgie. La douceur du violon qui résonnait dans la cour le fit flancher. Anya resplendissait dans sa tenue de plusieurs jours. Elle ne faisait qu’un avec l’instrument. Il épousait son corps. Elle irradiait telle une étoile scintillante. Ebloui, il ne pouvait détacher son attention d’elle. Et c’est à regret qu’il du l’entendre terminer le morceau, mais leurs yeux se croisèrent et il sentit son ventre ressentir ces fameux papillons de la première fois.

    Dans le petit jardin de derrière, il fumait, attendant que la jeune fille finisse de tout ranger avec Georgie. Il haussait les épaules lorsqu’elle évoquait le prix du violon. Il n’osait pas lui dire qu’il avait beaucoup d’argent caché que sa mère lui avait donné avant de mourir. Ça, c’était une information dont il ne parlerait pas pour le moment puisque ses lèvres avaient frôlées celles d’Anya. Le souffle court, il posait sa main sur sa joue en fermant les yeux un instant pour se concentrer. Un soupire s’échappait de ses lèvres quand son nez caressait le sien. Si proche de lui donner ce baiser qui le torturait :

    - Anya.. Anya.. Je..
    - MAMAN !

    C’était Alek qui courait et sautait dans les bras de Katarina dans la boutique. Même si ils ne pouvaient pas les voir, ils pouvaient nettement les entendre. Garrett s’écarta rapidement de Anya craignant qu’on ai pu les prendre sur le fait et sortit de nouveau une cigarette, sombre. Alek pleurait de joie, il venait de retrouver sa mère. S’asseyant sur le rebord du muret, il observait désespéré Anya avant de murmurer un désolé sincère.

    - Anya !

    Katarina accourait jusqu’au petit jardin et enlaçait sa fille. Si seulement Garrett pouvait voir le regard malveillant de la mère, il aurait alors compris qu’elle se jouait d’elle et qu’elle n’avait jamais été enceinte. Mais qu’elle avait sut qu’il s’occupait de ses enfants et qu’elle le voulait pour elle. Si seulement il avait été plus clairvoyant. Il voulait juste bien faire les choses et réunir cette famille était pour lui l’occasion.

    - Mes amours d’enfants, répétait-elle avec beaucoup trop d’emphase, vous m’avez tant manqué.. Oh oui Alek.. J’ai sans cesse pensé à vous tu sais.. Si vous saviez comme j’ai souffert de ne plus vous revoir.. J’ai tant haï votre père..
    - Je dois retourner à la caserne je pars ce soir pour le front ouest, expliquait Garrett qui jetait son mégot dans le cendrier prévu à cet effet.
    - Attends mon amour !

    La brune si bonne actrice se jetait au bras de son amant et l’embrassait éperdument devant tout le monde. Le blond était gêné, surtout que tous les yeux étaient braqués sur eux. Un tel revirement de situation laissait considérablement pantois. Vite, il la repoussa mais fermement avant de lui jeter un regard froid :

    - S’il te plaît arrête.
    - Reviens-moi mon amour et merci de nous avoir réunis. Nous t’attendrons à la maison avec les enfants tu sais.

    Le regard d’Anya croisa celui de Garrett et il eut mal. C’était si étrange, si malsain. Il était tombé amoureux de sa belle-fille alors que la guerre menaçait de le tuer. Les épaules affaissées, il offrit toute sa compassion désolée à la jolie brune avant de sortir de la boutique. Laisser derrière soit les problèmes de la vie pour se rendre dans la bouche du monstre des enfers.


    immarcescible, Posté le jeudi 07 juillet 2022 20:49 Répondre

    Assis sur le sol de la salle de bain, Garrett tenait entre ses bras une Anya perdue et malheureuse. C’était insupportable pour lui de l’entendre se dénigrer de la sorte. Comment pouvait-elle avoir une si piètre opinion d’elle-même quand il était fasciné par ce qu’elle représentait. Avait-elle conscience qu’il l’avait sauvé sans le savoir ? Cette question qu’il se posait en suspend le hantait. Peut-être devrait-il être honnête lui aussi avec elle. Relevant le visage de la jeune femme et lui donnant un verre d’eau en caressant son dos, il lui expliqua :

    - Impossible pour moi de me préoccuper d’uniquement moi. Ne vois-tu pas que je cherche à te protéger depuis que je t’ai rencontré. J’ai passé le plus clair de mon temps seul à n’avoir aucun but. Jusqu’à.. Jusqu’à toi..

    C’était le début d’une déclaration d’amour qui rendait Garrett mal à l’aise. Il craignait ce qu’il ressentait et des conséquences que ça pourrait avoir sur Anya et Alek. S’autoriser à les aimer était les mettre en danger. Soupirant, il vint poser sa tête contre le carrelage frais du mur et tenta de mettre de l’ordre dans son esprit :

    - Georgia ne pensait pas à mal Anya. Elle s’inquiétait juste pour toi, maladroitement. Tous les soirs quand je rentre ils sont à mes pieds à me supplier d’avoir de tes nouvelles. Tu ne peux pas les ignorer, m’ignorer. Même si on ne se connait que depuis peu tu en sais plus sur moi que quiconque sur terre.

    Les prunelles humide de Garrett s’accrochaient à celles d’Anya. Il plongeait dans ces dernières avec un frémissement particulier. Envahit de douce sensation, il se sentait chez lui, en sécurité et avait envie d’y rester. Mais c’était sas compter sur un Sergueï en forme qui tambourinait à la porte pour visiblement proposer un plan à quatre. Garrett reposait Anya sur le sol délicatement et retira sa veste et sa chemise avant de s’ébouriffer les cheveux. Faisant signe à Anya de se taire, il se rendit ensuite à la porte et ronchonna en expliquant qu’il ne partageait pas.

    - Tu es un mauvais communiste camarade.
    - Aucune possibilité pour que mes fluides rencontrent les tiens c’est certain.

    Sergueï riait dégoûté avant de s’enfuir rejoindre sa prostituée. Garrett en profita pour revenir et vint délicatement retirer de nouveau le superflu de maquillage du visage d’Anya. Inspirant profondément, il resta à genoux devant elle à l’observer :

    - Je ne peux pas effacer l’ignominie des hommes Anya. Et encore moins remonter le temps même si je le voulais mais.. mais tu n’es pas rien.. Tu n’es pas vide parce qu’il y a des gens qui compte sur toi et qui t’aiment. Ça vaut ce que ça vaut mais.. mais je tiens à toi. Et savoir que tu es en sécurité m’aiderait plus à rester en vie vois-tu.

    Il regarda sa montre et vit l’heure tardive. Il voulut faire couler un bain mais aucune eau chaude n’en sortait. Ah, le communisme. Il n’aurait pas été contre un bon bain. Il se contenta donc de remettre sa chemise et ses bretelles sur ses épaules :

    - Prend le temps de te rafraichir, je t’attends de l’autre côté. Je te parlerais de ton père, j’ai peut-être une piste pour lui.

    La porte de la salle de bain close, il en profita pour ramasser les bout de verre brisé qui trainait sur le sol et rangea un peu le bar qu’ils avaient mis. Une fois fait, il vint s’asseoir sur le bord du lit et prit sa tête entre ses mains pour réfléchir. Anya tardait et il était épuisé. S’asseyant, il ne se rendit même pas compte qu’il tombait de fatigue sur le piteux matelas et s’endormit profondément sans avoir pu attendre la venue d’Anya.

    Ce fut son corps chaud contre le sien qui l’éveilla. Garrett ouvrit un oeil pour apercevoir la chevelure d’Anya sous son menton. Blottie contre lui, elle dormait. De son bras disponible, il vint donc l’enlacer tout en déposant un baiser sur le sommet de son crâne. Il la vit bouger ce qui signifiait qu’elle ne dormait pas. Tout était calme autour de lui. Etrange ce calme avant la bataille. Dans l’obscurité, ils s’observaient simplement. Garrett posa sa main sur la joue d’Anya et s’excusa de s’être endormi :

    - J’ai retrouvé la trace de ton père. Je devais partir le lendemain de ta fuite pour aller le chercher avec quelques hommes. C’était ce que j’avais prévu mais.. mais j’étais trop inquiéter pour quitter St Petersbourg sans savoir où tu étais. Et.. Et Alek ne faisait que de te demander. Jure moi de retourner chez Georgie et de ne plus jamais partir. Jure-le moi.

    Il posait son front contre le sien les yeux clos, comme pour lui transmettre toute la peur qu’il avait eu doublé par le manque mais on toqua vigoureusement à la porte. C’était à nouveau Sergueï. Allant lui ouvrir, il oublia qu’il était encore habillé. Mais peu importe car, visiblement, les allemands avaient fait une percée dans le couloir qui ravitaillait la ville. Ils devaient partir sur le champ. Cela chamboulait les plans de Garrett qui n’avait pas encore pu ramener Anya chez Georgie. Il demanda cinq minutes à son camarade avant de retourner vers le lit. Mais elle avait entendu :

    - Je dois y aller. Mais je veux te ramener avant, s’il te plaît.

    Il n’avait rien d’un prince charmant et pourtant, ce n’était pas la dernière fois qu’il agirait de telle sorte à sauver Anya d’un destin funeste. Et ça, peu importe ce que cela pourrait lui coûter.


    immarcescible, Posté le mercredi 06 juillet 2022 22:16 Répondre

    Deux semaines. Deux semaines qu’il devait jongler avec la Caserne, Georgie et Alek. Deux semaines qu’il cherchait en vain Anya. Elle avait disparu. Comme ça. Sans un mot, sans un dernier signe. Si Garrett n’avait pas compris au début, il était désormais attristé et inquiet. Compliqué de faire des recherches sur elle. Déjà parce qu’elle était mineure et qu’il ne voulait pas attirer l’attention de ses supérieurs sur elle. C’était trop risqué et elle risquait de finir enrôlée dans un goulag. Elle n’avait pas encore la majorité, aussi, elle ne pouvait pas circuler comme bon lui semblait.

    C’était son anniversaire et il se maudissait d’avoir laissé partir Anya. Il s’en voulait d’avoir été aussi négligeant. Lorsqu’il arrivait tous les soirs à la boutique, Alek lui demandait à chaque fois si il avait des nouvelles de sa soeur. Alors, tous les soirs, Garrett mentait et lui promettait de bientôt lui en apporter. La veille, Alek ne demanda pas. Comme si il s’était lui-même résigné à ne plus jamais revoir sa soeur. Se renfermant sur lui-même, il passait ses journées assis dans un coin avec son chien quand Georgina faisait tout pour essayer de lui remonter le moral. Mais c’était vain. La disparue avait laissé un manque cruel chez les deux hommes.

    Pour ce fameux jour, pour son anniversaire, Sergueï profita de leur permission pour se rendre dans le quartier chaud de Saint Pétersbourg. D’habitude, Garrett n’y mettait jamais les pieds. Mais c’était soit ça ou rester près de Svalko et risquer de croiser Katarina qui ne l’aurait pas lâché de la soirée. Autant profiter des bars qui restaient encore ouvert.

    Une drôle d’ambiance régnait en ville depuis quelque jours. En effet, les allemands n’étaient pas très loin et sa garnison risquerait de partit très prochainement. Les autorités poussaient les gens à partir et malgré l’insistance de Garrett a vouloir faire évacuer Georgina et Alek, ces deux derniers refusèrent. Jamais ils ne partiraient sans Anya. Voilà pourquoi le blond passait le plus clair de son temps libre à la chercher. Persuadé qu’elle avait quitté la ville, il n’avait pas pensé une seule seconde qu’elle puisse se trouver dans un tel lieu. Pas ici alors qu’il l’avait sauvé d’un potentiel trafic humain.

    Plus la soirée avançait et plus la vodka le rendait nerveux. En vérité, il était en colère. Cela faisait très longtemps qu’il n’avait pas été aussi en colère. Mais il lui était impossible de la formuler. Car cela nécessiterait de parler d’Anya à Sergueï et même si il s’entendait bien avec lui, il ne savait pas si il pouvait lui faire confiance. Aussi, il préféra se résigner à se taire et rester renfrogner sur lui-même. Pendant que son compagnon s’amusait, lui échafaudait des théories sur les endroits où pouvait se trouver Anya. Mais très vite, il fut sortit de sa torpeur pour se rendre dans un hôtel.

    - Tu n’as pas fait ça ?!
    - Oh.. Mais enfin c’est ton anniversaire Sacha. Et attention, j’ai commandé de la fille qui est propre ne t’en fais pas. Jamais je ne t’aurais mis une souillon ahahah.
    - Mais bon tu as conscience des maladies que l’on peut attraper ?
    - Avec la guerre à mon cul, tu peux me croire que les maladies ne me font pas du tout peur.

    Sergueï l’abandonnait à son triste sort. Garrett restait devant la porte en soupirant. Il cherchait dans sa poche l’argent nécessaire et se dit qu’il servirait au moins à une fille qui en a besoin. Il la libérerait et se contenterait du lit pour dormir en attendant que son compagnon aurait terminé. Il ouvrit sans frapper et ferma derrière lui d’un mouvement léger. La jeune femme était dos à lui. Sa longue chevelure brune était soyeuse et brillait à l’éclat de la lumière. Ses formes étaient généreuses, aguicheuses, tentante. Garrett aurait mentit en se disant qu’il n’avait pas envie d’y toucher.

    Mais quelque chose clochait. Ce parfum, cette nuque, cette position. Il crut défaillir en voyant Anya se tourner vers elle. Elle aussi semblait choquée. Elle ne devait certainement pas s’y attendre. Alors, toute la frustration, la peur et l’incompréhension de plusieurs jours pour Garrett cédèrent à la colère :

    - Non mais tu te fous de ma gueule ? C’est pour ça que tu es partie de chez Georgina ? C’est pour te vendre que tu as abandonné ton frère ? Putain de merde.. Putain de merde !

    C’était plus que de l’irritation et ce qui le frustrait encore plus c’était finalement de la voir elle aussi en colère. Sans perdre un instant il courait à elle et prenant un mouchoir sur la commode essuya l’odieux maquillage qui couvrait ses lèvres :

    - Alors c’est ce que tu voulais ? Vraiment ? Jouer à la putain ? Alors que je te cherche depuis des jours, des semaines ? Mais tu te rends compte dans quel état est Alek ? Georgina et..

    Il allait préciser « lui-même », mais se retint de peur d’en dire trop. Ses mains serraient sans ménagement ses bras. Incapable de mesurer sa force.

    - Des jours et des jours que je te cherche. Les allemands ne sont plus très loin et je voulais vous faire évacuer, mais ils refusent de partir sans toi. Georgina a une petite maison près de Lazarevo, un village perdu près de l’Oural près de Morozovo. Vous auriez été à l’abris. Maintenant c’est trop tard. Tu te rends compte à quel point tu as été stupide ? Je dois bientôt partir sur le front et je n’ai même pas pu vous mettre à l’abris.

    Il avait envie de la secouer, de la propulser hors de ce monde. La simple idée de l’imaginer dans les bras d’autres hommes se servant de son corps, de son âme et de sa tendresse le révulsait. Mais le pire c’était qu’il pensait à tous les autres qui avaient déjà abusé d’elle et il eut un flash odieux qui lui vint. La repoussant lentement, il fit le tour de la pièce en tentant de reprendre ses esprits et se servant un verre de whisky. Le regard accusateur qu’elle lui jetait le mettait encore plus en colère :

    - Sergueï croit me connaître et il a pensé qu’une nuit avec une prostituée me rendrait un peu le sourire. Figure-toi que depuis plusieurs semaines je ne dors plus parce que je passe mon temps à te chercher partout. Et arrête de me regarder comme ça. Je ne suis pas le genre d’homme à utiliser les femmes.

    Ses cernes et sa mine terne était bel et bien la preuve de sa fatigue depuis toutes ces insomnies. Sa main enfouie dans sa poche sortait alors un nombre de roubles assez important qu’il déposait près d’Anya. Venant se rasseoir sur le bord de la commode face à elle, il bu cul sec son verre en la regardant de haut en bas. Diable qu’il aurait aimé la posséder pourtant. Mais il s’en interdisait totalement la possibilité :

    - Tu dois m’expliquer Anya, dit-il plus calmement, tu dois tout m’expliquer parce que je ne comprends pas.


    immarcescible, Posté le mardi 05 juillet 2022 20:30 Répondre

    Le fait de s’être confié avait rendu Garrett plus serein. Plus léger. Il avait cru que de délivrer une telle chose à Anya l’aurait fait culpabiliser, or c’était l’inverse. Il avait la certitude qu’elle comprenait ce sentiment de ne pas appartenir à ce monde et qu’ils se sentaient seuls dans l’un des plus grand pays du monde. Leurs aspirations, leurs rêves n’étaient pas compatible avec cette vie. Le soir passa sans complications si ce n’est le passage imprévu de Katarina. Cette brune au caractère explosive l’avait déjà quelque fois attiré au fameux bar des officiers. Il devait bien avoué avoir apprécié les quelques moments passés avec elle dans le bosquet derrière le bar, mais il n’avait pas l’intention de la revoir. Seulement, elle n’en n’avait pas décidé la même chose.

    Alors qu’ili effectuait un tour dans la cour en s’allumant une cigarette, cette dernière apparue l’air de rien. Garrett soupirait en levant les yeux au ciel, remerciant la nuit de le protéger de son odieuse mimique :

    - Alors beau blond, dit-elle en s’approchant de lui, il semblerait que tu m’évites en ce moment.
    - Comme tu dois l’avoir appris nous sommes en guerre Katarina.
    - Oh.. La guerre tu sais.. Elle est bien loin encore. Pourquoi ne pas profiter du temps qu’il nous reste pour nous amuser. J’ai beaucoup pensé à toi tu sais.
    - Ecoute je..

    Il allait mettre un terme à toute cette mascarade mais Sergueï l’informait que Oulianov arrivait. Il s’agissait de leur commandant de section. Vite, il demanda à son admiratrice de partir ce qu’elle fit en grognant et en lui rappelant de venir la voir prochainement. Il ne répliqua pas préférant la pousser à l’extérieur de la caserne avant de faire son salut. Le commandant passa devant lui en l’ignorant ce qui l’arrangea. Il valait mieux ne pas être dans le viseur du vieil homme qui connaissait tout et tout le monde au Kremlin. Une fois débarrassé de Katarina, il pu rejoindre son camarade avant la fin de sa ronde et ensuite se coucher. Décidément, il allait devoir être ferme avec cette femme là.

    A son réveil, il entendit des cris d’hommes dans la cour en bas. Grognant, il s’éveilla difficilement pour ensuite prendre une douche. Il était le seul de sa section à avoir une telle hygiène. C’était un des traumas de son enfance. Sa mère lui avait toujours dit de se laver pour ne pas attraper de maladie. Effrayé, il était devenu un psychorigide de la propreté. D’ailleurs, c’était ce qu’il aimait chez Anya. La voir si propre avec si peu de moyen. Pourquoi les gens ne se donnaient-ils jamais cette peine ?

    Son service débuta mais il pensait à Anya. Il avait envie de la revoir, de lui offrir un cadeau. Juste pour la voir lui sourire de nouveau. Mais il fut rapidement sortit de ses pensées lorsqu’il entendit ses coéquipiers se ruer dans les sous-sols où se tenaient les geôles. Fronçant les sourcils, il descendit malgré lui puisqu’il était responsable des lieux au moment présent. Il n’avait pas encore été mis au courant d’une descente, aussi, son sang ne fit qu’un tour lorsqu’il reconnut l’imperméable d’Anya sur le sol et sa chevelure brune démêlé. Fonçant dans le tas, il tapa sans aucune hésitation les hommes qui se trouvaient sur elle suivi de ses collègues.

    Elle était inconsciente. Il devait vite l’enfermer à l’infirmerie pendant que Sergueï s’occupait du reste. Il était nerveux, la main tremblante, la mine fermée. Qu’est-ce qu’il c’était passé pour qu’elle se retrouve dans une telle situation ? Avait-elle une proportion à se mettre continuellement en danger ? Garrett allait avoir des cheveux blanc bien plus tôt que prévu. Lorsqu’elle s’éveilla, ce fut la panique. Heureusement, il pu prendre sa main dans la sienne pour la rassurer et lui murmurer un :

    - Je suis désolé.. Je suis là.

    Une fois qu’ils furent dehors, il la reçu contre lui avec surprise. Sa main s’appuya contre sa nuque quand son autre caressait son dos. Le soleil était doux et l’agitation de la ville c’était calmée. Il profitait de ce moment pour la serrer un peu plus contre lui lorsqu’il l’entendit parler de sa force. Il secoua la tête et releva son visage vers le sien pour planter ses iris d’un bleu puissant dans les siens :

    - Je crois que tu ne te rends pas compte de ton courage Anastasya. C’est à moi de prendre des cours. Te rends-tu compte de ce que tu vis ? De ce que tu fais pour ta famille ? Anya.. Je.. Je suis admiratif de toi. J’aimerais avoir ta force. Celle de me lever le matin pour quelqu’un. Celle d’avoir quelqu’un sur qui compter. Tu es bien plus forte que tu ne le crois blackbird.

    Pour la première fois, il prononçait un mot anglais devant elle. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas parlé sa langue maternelle. Il lui offrait un doux sourire en écrasant de ses pouces les larmes qui coulaient sur ses joues avant de continuer :

    - C’est l’oiseau le plus courageux que je connaisse tu sais. Tu lui ressembles beaucoup. Je sais que tu t’en sortiras Anya. Tu sais pourquoi ? Parce que tu as dans ton regard cette puissance et cette détermination qui te feront toujours renaître. Tel un phoenix.

    Des soldats sortaient de la caserne. Garrett eut peur d’y voir Dima alors il reprit la route en direction de chez Georgina. Il enroula sa veste sur les épaules d’Anya et marcha à ses côtés en silence un moment. La proximité de leurs corps l’avait troublé et il ne voulait pas profiter de la faiblesse de la jeune femme pour lui voler un baiser ou une caresse. Il restait sage pour le moment. Ils marchaient donc l’un près de l’autre et lui demanda ce qui c’était passé. Après avoir entendu son récit et se rendant compte qu’il faisait en sorte de marcher le moins vite possible, pour rentrer le moins vite possible :

    - Je ne comprends pas le système dans lequel nous vivons. Marx et Lénine n’auraient jamais été d’accord sur les principes même de Staline. Nous devons faire attention à tout sans cesse. Même nous à la caserne. Nous sommes régulièrement interrogés sur notre foi communiste. Plusieurs après la guerre en Finlande ont disparus car ils se posaient « trop » de questions. Des camarades que je n’ai jamais revu alors qu’ils se sont battu avec moi sur le front.

    Il voyait qu’il commençait à lui faire peur de nouveau alors il s’interrompît et préféra reprendre sur un sujet qui le rongeait depuis quelques jours :

    - J’ai trouvé une trace de ton père. Il semblerait qu’il soit près de Novgorod et il y a trois jours qu’il soit encore en vie.

    Garrett vint s’arrêter pour se poster devant elle, l’air soudainement grave. Aujourd’hui n’était décidément pas la journée des Siminiov et il craignait de lui annoncer cette nouvelle :

    - Il a été envoyé pour construire les chemins de fer censé ravitailler les villes. Staline et les Etats-Generaux craignent des blocus dans les grandes métropoles aussi, ils envoient les prisonniers aux frontières pour construire ces fameux chemins de fer. Anya, dit-il en prenant ses mains dans les siennes, personne ne revient de là-bas je suis désolé.


    immarcescible, Posté le dimanche 03 juillet 2022 21:53 Répondre

    L’histoire de la famille Siminiov avait quelque chose de fascinant. En effet, Anya racontait tel un conte les mésaventures de plusieurs générations ayant vu l’histoire être bouleversée par les plus grandes épopées de leur temps. Garrett était fasciné par sa manière de raconter les choses, de les faire évoluer jusqu’à finalement revenir vers lui. Elle savait parfaitement si prendre pour son jeune âge et cela surprenait le blond à moitié allongé sur le tapis qui couvrait le sol de la chambrette :

    - Je vois que quand tu as une idée derrière la tête rien ne te l’en fais sortir si je ne m’abuse.

    Il souriait doucement, amusé de voir qu’elle ne lâchait rien et qu’elle voulait connaître son secret. Mais n’étais-ce pas trop prématuré de lui délivrer ce pan de sa vie. Ce qu’il était et ce qu’il devait enfouir au plus profond de lui. Pourtant, il sentait qu’il pouvait avoir confiance. Il avait besoin de pouvoir lui faire confiance. Alors, sans aucune hésitation, il répondit :

    - Tu me demandais tout à l’heure en quoi consiste la liberté. Je dirais tout simplement que c’est de pouvoir s’exprimer sans avoir peur de mourir l’instant après. Or, dans notre monde, quel endroit est capable de nous accorder ce privilège ?

    Anya l’écoutait attentivement et cela fit encore plus sourire Garrett. Les rayons du soleil transperçaient délicatement les carreaux de différentes couleurs qui servaient de fenêtre. La chambrette était pleine de couleur différente et le vent chaud s’engouffrait dans l’unique pièce. Au loin, ils pouvaient entendre Alek jouer avec son chat quand Georgie chantait sur sa chaise à bascule. Le vent jouait dans les arbres et le son apaisant de cette petite nature dans la cour apaisait Garrett. Il se sentait ensemble sécurité avec le regard d’Anya sur lui.

    - Tu as raison, finit-il par dire, je ne suis pas russe mais américain. Mes parents sont venus s’installer ici lorsque j’avais huit ans en 1922. Ils étaient de fervents communistes et ils ont donc décidé de tout quitter pour venir vivre le rêve soviétique. Mais.. Mais comme tous les étrangers en 1936, ils furent arrêter pour soi-disant complot. J’ai réussi à fuir quand mes parents ont été envoyé à la mort. Mon véritable prénom est Garrett.. Garrett Hedlund. Mais je me cache avec une fausse identité depuis plusieurs années maintenant.

    Il attendait une réaction de dégoût ou de peur de la jeune femme mais elle restait inerte. Il venait donc se redresser et repositionner la commode contre le mur pour dissimuler son trésor. Se redressant, il prit la main tendue d’Anya dans la sienne et se leva en même temps qu’elle. Quelques mèches de ses cheveux brun s’échappaient de sa jolie coiffure et il les remit en place en murmurant :

    - Il faut que je retourne à la Caserne. Je suis de surveillance ce soir, dit-il sans lâcher son regard du sien, je suis vraiment content que vous occupiez cet espace avec Alek.

    En parlant de ce dernier, Garrett l’entendait revenir vers eux. Il lâcha délicatement Anya et vint sortir en se penchant lors de la sortie et reçut le petit garçon entre ses jambes. Aisément, il le souleva et lui demanda où il courait comme ça :

    - Georgina a besoin d’aide pour faire la caisse tu peux venir aider Anya ?
    - Dis lui que nous arrivons de suite d’accord ?

    Il reposa le garçon qui couru dans le sens opposé accompagné de son nouveau fidèle compagnon. Garrett profita de ce dernier moment un peu seul avec Anya pour lui sourire. L’envie de plonger sa main dans sa crinière le titillait.

    - J’ai fais quelques recherches sur ton père. Pourrais-tu me donner la date à laquelle il serait parti ?

    Alek appelait de nouveau le couple qui tardait. Mais c’est parce que Garrett n’avait aucunement envie de partir. Pourtant, poliment, il la salua et retourna vers la boutique où il attrapa les fameux rouleaux de banque pour les petites pièces que la vieille dame ira déposer à la banque de communauté le lendemain :

    - Pense bien à demander des billets, dit-il avec fermeté, ne les laissent pas te donner des coupons. Fais-moi confiance, prend les billets.
    - Tu m’embêtes à la fin Sacha. Tout le monde sait que payer avec des billets est mal vu.
    - Mais quand la guerre sera ici et que tes coupons ne vaudront rien au marché noir tu regretteras de ne pas avoir pris les billets.
    - Jamais la guerre ne sera à nos portes mon garçon. Nos soldats auront la peau de ces nazis bien avant le début de l’hiver.

    A ça, Garrett ne sut quoi répondre. En croisant le regard d’Anya, il sut qu’elle savait et qu’elle en avait vu assez pour pouvoir le soutenir sur ce sujet. Georgina n’était pas sotte mais elle avait cette protubérance à l’espoir qui la rendait attachante. Si bien que Garrett n’avait pas toujours envie de rentrer avec elle en conflit. Il se contenta d’embrasser la vieille femme et partit après avoir salué les deux Siminiov non sans avoir murmuré à Anya :

    - Douce nuit princesse Anastasya.

    Il rentra bel et bien à la Caserne. Ce soir, il faisait le tour de garde avec Sergueï. Un brave type pas méchant avec qui il s’entendait bien. La plupart du temps, ils jouaient aux cartes en fumant. Il préférait ça à entendre les insalubrités de Dima.
    Pendant ce temps, alors que Georgie faisait le repas, elle expliqua à Anya et Alek que « Sacha » était bien souvent étrange mais qu’il n’était pas méchant. Alek aussi avait noté l’accent et cela fit rire la vieille femme qui expliqua :

    - Il s’agit du fils de mon très cher frère décédé. Je ne l’avais jamais rencontré car ils vivaient à Krasnodar près de la mère Noire. Un jour, il est arrivé chez moi. Il avait quinze ans ce grand garçon. Il n’avait rien de mon frère, certainement tout de sa mère le petit. Il avait perdu toute sa famille à cause de la diphtérie. Il avait la peau sur les os.. Il ne faisait que manger.
    - Il a mangé toute ton armoire à manger ?
    - Oui, quasiment Alek. Un vrai petit ogre comme toi.


    immarcescible, Posté le vendredi 01 juillet 2022 21:47 Répondre

    La matinée et le reste de la journée avait été essentiellement centrée sur les entraînements et autres exercices. Garrett n’était pas un mauvais élément, même bien au contraire. Les enchaînements et les techniques de combat il les maîtrisait très bien et savait comment gérer son stress en tirant avec précision. Déjà lorsqu’il était jeune, il était sorti premier de sa promo. Non pas qu’il soit du genre à se gargariser, il était quand même satisfait d’avoir une place privilégiée contrairement à ses autres camarades. Cette place lui ouvrait plus d’accès à la nourriture qu’il pouvait ainsi donner à Georgie. Elle n’arrêtait pas de le gronder pour ça mais il s’en fichait. Elle était son seul lien encore existant avec un monde normal et sain.

    Enfin, il y avait aussi Anya et Alek désormais.
    Savoir que des gens comptaient sur lui le rassurait mais l’effrayait aussi. Le jeune homme n’avait jamais eu à s’occuper de qui que ce soit. Non, c’est faux en fait. Il avait du s’occuper de sa mère, dans un temps lointain. Mais ça, c’était encore une fois une autre histoire.

    Une fois l’entraînement terminé, il alla faire ses tâches avec Dima et les autres. Les garçons avaient prévu de sortir de nouveau ce soir mais Garrett déclina poliment l’invitation :

    - Bah alors Belov, tu te serais pas entiché de la vieille poule qui vient te voir de temps en temps ?
    - Non je te rassure Sergueï, répondait le blond en grattant le sol avec sa pelle, je ne suis pas du tout entiché de Katarina.
    - Donc je peux passer dessus après tout ?
    - Eheheh, non ça c’est le genre de Dimitri, surenchérissait Pierre.

    Garrett levait les yeux au ciel quand Dimitri tomba dans une colère profonde et se jeta sur un ennemi de toujours. Les deux se battaient sous les cris et les rire amusés de tous les autres militaire ce qui fit soupirer le blond. Tant qu’ils n’avaient pas tous terminé, il ne pourrait pas rejoindre Georgie et Anya. Il ne voulait pas la déranger chez elle ce soir. Sa seule possibilité était donc de pouvoir la voir à l’épicerie.

    Vite, il fendit la foule en constatant que les garçons continuaient de se battre. Il les attrapa fermement l’un et l’autre et les sépara avant de leur ordonner de se remettre au travail. Tout le monde rouspétait dans un murmure déçu d’être privé d’un tel spectacle. Profitant que tout le monde ce soit effacé, Dimitri répliqua en colère :

    - J’aurais pu le tuer de mes mains, disait en essuyant sa lèvre en sang, j’aurais pu le tuer ce salopard.

    Cela faisait légèrement hausser un sourcil à Garrett. En effet, tout le monde savait à la caserne qu’il n’y avait pas plus froussard que Dimitri. C’était bien le premier à s’enfuir et se cacher quand le combat commençait. Il l’avait bien vu en Finlande puisque c’était par la frontière qu’ils devaient s’enfuir pour la liberté. Mais pour le moment, il se concentra sur le présent et lui demanda d’aller à l’infirmerie. Il préférait encore finir son travail pour s’assurer qu’il soit bien fait et ainsi être tranquille ce soir.

    Il mit un peu de temps à finir et lorsque ce fut fait tout le monde était déjà partit en centre ville au Salko, le fameux bar de truands où tous les soldats se rendaient. Garrett prit une longue douche et s’habilla proprement pour se rendre chez Georgie. Il était tard et il craignait d’avoir loupé Anya. Mais quelle surprise en arrivant et entendant Alek lui annoncer la bonne nouvelle. Il remercia d’un regard doux et attentionné la vieille femme qui haussait les épaules en disant que ce n’était pas grand chose. Mais Anya comme lui savaient que c’était beaucoup bien au contraire.

    Le petit défilé semblait plaire à Alek et Georgie. Garrett lui, il rêvait. Il rêvait à des choses qui le faisait frissonner et qui lui semblait complètement irréalisable. Mais il ne pouvait s’empêcher de contempler la jolie brune qui déambulait dans cette divine robe vichy. Ses cheveux relevé lui donnait vraiment des allures de reine russe. Elle en avait parfaitement les traits.

    Alors qu’il l’aidait ensuite à ramasser la petite bêtise, il l’entendit évoquer les soirées en caserne. Il se contenta d’hausser les épaules. Parler de ce genre de choses avec elle le dérangeait un peu. Il ne voulait pas qu’elle le prenne pour un homme à femmes qui avait des conduites fâcheuses. Bien sûr, il en avait. Mais il ne pouvait pas assumer pour le moment les comportements gênant qu’il avait pu avoir. C’était trop gênant.

    - La vie en communauté et caserne amène parfois à des rencontres informelles qu’on préférerait éviter je te le confirme, répondit-il en se disant qu’il ne mentait pas en plus, je suis content que tu loges ici avec Alek. Vous serez bien traité par Georgina. Et puis… et puis je pourrais venir vous rendre visite plus souvent en plus.

    C’était la parfaite raison pour la revoir le plus souvent possible c’est sûr. Il finissait par ramasser le reste de bêtise sur le sol et s’en débarrassa avant de revenir vers Anya. Elle semblait gênée. Il vint lui faire donc un signe de tête pour lui dire de le suivre. Ce qu’elle fit. Il l’entraîna dans la fameuse petite pièce qui lui servait de chambre. Elle contenait un lit assez large pour deux petits corps. Il serait donc parfait pour elle et Alek. Une petite table avec deux chaises, un évier, un toilette et une petite commode. Georgie avait installé un vase dessus avec quelques fleurs trouvé dans le parc sûrement.

    Derrière la commode qu’il déplaça, il y avait un trou dans le mur. Dans ce trou se trouvait deux petites étagères qui étaient remplies de livres. Elle contenaient des livres qu’il avait volé à la bibliothèque et qu’il gardait secrètement. En effet, il n’était pas bon pour un bon communiste de lire certains ouvrages comme Kierkegaard ou encore Pouchkine et Tolstoï. Il montra son trésor secret et souris à Anya :

    - Tu ne me dénonceras pas au bibliothécaire ? Je n’avais vraiment pas les moyens de me les acheter. Donc tu vois.. Je ne te jugerais pas pour avoir voler de quoi te nourrir.

    Il la laissa observer les ouvrages qui étaient assez nombreux. Il y avait aussi de la littérature anglaise qu’il adorait lire en cachette. Garrett avait oublié que Anya le soupçonnait déjà d’être un étranger. Peut-être se douterait-elle de quelque chose en voyant des ouvrages comme Frankenstein. D’ailleurs, il la vit prendre le livre dont la reliure était dorée et constellée d’arabesques. Il s’agenouilla à côté d’elle et lui en parla :

    - C’est l’un de mes livres préféré. Tu connais, demandait-il, ça parle d’un homme assez fou pour défier Dieu et les lois de la nature. Il créa un monstre, une bête informe qui ne demandait qu’à vivre et être aimé.. Je pourrais te le lire si tu veux..


    immarcescible, Posté le mercredi 29 juin 2022 21:15 Répondre

    Le récit de la petite Anya bouleversait Garrett. Bien entendu, chaque de cette époque vivait des atrocités et des dommages que rien hormis le temps ne saurait réparer. Mais il n’en restait pas moins que le jeune homme était sensible à la peine et à la douleur encouru de la jeune femme et de son petit frère. Frère dont elle avait la charge. Alek semblait avoir un bon contact avec lui, ce qui le surprenait. En effet, le blond n’avait jamais été très proche des jeunes enfants, pourtant, là, il venait vers lui sans aucune crainte. Peut-être parce que sa soeur lui avait confirmé qu’ils ne risquaient rien avec lui.

    Gentiment, Alek se moquait de la nouvelle coupe de cheveux de Garrett. Ce dernier riait avec lui et faisait quelques grimaces ce qui fit encore plus rire le garçonnet. Se roulant en boule sur la pelouse, le chien vint le rejoindre pour s’amuser à tirer sur le tissu de son t-shirt pensant que c’était aussi un jeu.

    - Fais attention Alek. Ton chien risque d’abîmer ton vêtement.
    - C’est pas grave, répondait-il avec défi, Anya saura me le recoudre !

    Garrett leva les yeux en pouffant de rire à son tour mais il sentait bien que cela ennuyait la jeune femme. Alors, il cessa et fit les gros yeux faisant ainsi arrêter automatiquement le petit garçon qui se remit à jouer avec prudence. Une fois qu’il fut un peu plus loin, le blond qui se laissait coiffer répondit enfin à la dernière question d’Anya :

    - Non je n’ai aucun frère et soeur. Je suis tout seul moi aussi.. Enfin, non, toi tu as Alek. Vous êtes tous les deux au moins. J’aurais aimé avoir quelqu’un pour m’aider à avancer. Quelqu’un qui puisse avoir besoin de mon aide, qui compte sur moi. J’aurais peut-être avancé différemment.

    Malgré lui, il ouvrait une voie potentielle à d’autres questions pour Anya. Mais très vite il changea de nouveau de sujet, surtout lorsqu’elle expliqua avoir finit sa coupe de cheveux. Il souriait en se regardant dans le miroir. S’examinant, il acquiesça satisfait du résultat. Il avait eu une telle confiance en elle pour si peu qu’il lui semblait avoir trouvé en elle un journal intime de confiance. Relevant son regard vers elle, il lui sourit et la remercia.

    - Je me trouve presque séduisante, plaisantait-il en la contemplant d’un oeil avide, qu’en penses-tu toi ?

    Il entendit des pas militaires au loin et il se rappela qu’il ne devait pas rentrer trop tard. Ce soir, il était de garde. Il regarda sa montre et grimaça avant de se lever prestement. Il s’excusa de ce départ précipité et chercha dans sa vaseuse quelques pièces qu’il mit dans la main d’Anya. Elle allait refuser, il le savait aussi il insista en fermant sa main sur les pièces qui occupaient sa paume :

    - Utilise cet argent pour la nourriture, pour de l’équipement. N’oublie pas ce que je t’ai dis.. Achète tout comme si tu étais persuadée de ne plus jamais le revoir demain.

    Le message qu’il lui faisait passer était clair. Les pénuries allaient arriver et vite. Plus tôt les gens faisaient des réserves, plus longtemps ils pourraient survivre à cette maudite guerre et cet abominable hiver.

    - Tu sais.. Fuir ne serait que repousser le problème. Partout où j’irais je serais poursuivi. Il n’y a aucun sens à fuir, comme à se battre. Alors autant se rendre utile. Si mon corps et mon esprit peut par exemple vous aider toi et Alek alors ça a du sens.

    C’étai vrai. Depuis ce matin et sa rencontre avec Anya, il trouvait du sens dans ce qu’il avait pendant longtemps cru impossible. Trouver une famille, trouver des gens qui s’aimaient suffisamment fort pour pouvoir rester ensemble et continuer, se battre, ne jamais rien lâcher. Oui, Garrett croyait et espérait en cette petite famille bancale et particulière qui l’avait touché. Il se pencha vers Anya, prêt à embrasser sa joue mais Alek les interrompit en se jetant dans les bras de sa grande soeur. Il s’était blessé gentiment au genoux mais pleurait pour obtenir toute son attention.

    - Je vous laisse ils m’attendent à la caserne, expliquait Garrett, on se voit demain champion ? N’hésite pas à l’emmener voir Georgie. Elle sera ravie d’avoir un enfant à pouponner.

    Il partit ainsi, souriant avec légèreté. Cela faisait bien longtemps qu’ils ne s’était pas sentit aussi tranquille, et serein. La route du retour se fit sans encombre. La douceur de ce mois de juin mêlé au regard pénétrant d’Anya dans son regard le faisait frissonner d’un délicieux frisson. Seulement, en arrivant, la vérité lui remonta en plein visage. Les autres militaires étaient déjà en formation, prêt pour la ronde. Garrett perdait automatiquement son sourire, surtout en sachant pertinemment ce qui l’attendait. En effet, en plus de la ronde, ils allaient devoir s’entraîner. Et cela concrétisait encore plus la guerre toute proche. Soudain, un petit homme sauta devant lui. Garrett le reconnut à ses cheveux brun et gras, ainsi que son odeur nauséabonde. Le blond soupirait en faisant un écart :

    - Que veux-tu Dima ?
    - Où tu étais passé toute la journée. Je t’ai cherché partout ! Tu sais que la belle Katarina te cherche partout.
    - Mh.. Pourquoi faire ? Elle est quand même pas venue à la caserne ?
    - Ah sisisi. Elle a dit qu’elle passerait demain matin pour te saluer eheheh. Saluer tu sais quoi !
    - Tu es si grossier. Je vais prendre une douche et je reviens.

    Dima, ou Dimitri si vous préférez était l’ami de Garrett. Un ami dont il aurait bien aimé se passer mais qui faisait aujourd’hui partit de son présent et qui lui mettait de sacré bâton dans les roues. Mais pour le moment, il devait faire avec. Sans lui, jamais Garrett n’aurait pu revoir une dernière fois son père. Mais ça encore, c’était une autre histoire. Toute la soirée avait été intense. Le blond se coucha sur son petit lit de fortune et grogna en sentant les ressorts de son matelas. Il allait s’en plaindre mais l’image d’Anya fuyant la Pologne sous les bombes ennemie lui rappela qu’il n’avait aucune raison de se plaindre. Puis, il pensa à Anya de nouveau. Ses yeux, sa bouche, son parfum. C’était la première fois qu’il s’endormait avec un tel sourire et qui n’appartient désormais qu’à une seule personne. Anya. Son secret. Son refuge.


    immarcescible, Posté le mardi 28 juin 2022 19:02 Répondre

    OH LALALALALA.
    Cette décadence de beauté.


    immarcescible, Posté le mardi 28 juin 2022 19:02 Répondre

    Garrett n’avait aucunement pitié de Anya et de Alek. Il était touché par cette famille qu’ils formaient. En même temps.. Comment ne pas l’être. L’amour qu’elle portait à son frère qu’elle considérait quasiment comme son fils avait quelque chose de troublant et de rassurant. Cette force d’esprit et de caractère la rendait encore plus belle. Oui, Anya était d’une grande beauté assise comme cela dans ce parc. Entourés et protégés par de nombreux talus, le blond continuait d’observer sans se masquer le profil de la jeune femme. Quel âge devait-elle bien avoir ? Il était persuadé d’un jeune âge sans en être totalement sûr. Quelque chose d’interdit l’empêchait toute démarche sensuelle comme il l’aurait fait avec toutes les autres filles. Alors pourquoi elle ?

    Il grignota quelques fruits mais sans plus. Il expliqua simplement ne pas avoir très faim ce qui était un odieux mensonge. Mais il préférait laisser la nourriture pour le petit Alek et Anya.

    - Je n’ai pas pitié, répondit-il en secouant la tête, j’admire juste ton courage.

    C’était sincère en plus. Il se releva et étira ses bras en hauteur pour faire craquer son dos endolori par le non exercice des derniers jours et reporta ensuite son attention sur la jolie brune qui osait enfin manger. Elle mourrait de faim, c’était certain. Il allait répliquer sur le fait que les nazis étaient des monstres mais elle le stoppa dans son élan en parlant de son accent.

    Il fronçait les sourcils légèrement, surpris. Comment avait-elle remarqué une telle chose ? Il faisait toujours attention pourtant. Méfiant, il la regarda de biais comme pour s’assurer de ne pas trouver une trace de malice maléfique sur ses traits. Mais rien, uniquement de la curiosité méfiante. Tout comme lui. C’était un peu le défi de la journée pour le blond. Allait-il mentir ? Avouer la vérité à Anya c’était lui dévoiler qui il était et se mettre en danger. C’était aussi la possibilité pour elle de le vendre aux autorités et de pouvoir retrouver son père.

    La raison finit par l’avoir. Il devait se protéger, s’assurer encore une fois que la jeune femme ne le trahirait pas. Après tout, il ne la connaissait que depuis le matin même. Comment pouvait-il être certain qu’il pouvait lui faire confiance, même si viscéralement il en était persuadé.

    - J’ai grandis un peu plus dans le sud et mon précepteur était anglais, dit-il avant de vite éluder la question, parle-moi un peu de ton père. Je vais me renseigner au mess des officiers. Peut-être que quelqu’un saura quelque chose.

    C’était forcément le sujet qui allait la faire parler et tant mieux. Il pouvait au mieux prendre des informations et lui promit même de chercher à le retrouver même si il n’avait pas beaucoup de contacts dans l’armée, il essayerait du moins. La soirée était douce. Alek jouait derrière avec son nouveau compagnon qui devait avoir seulement quelques mois malgré son jeune âge. Garrett les observaient en souriant doucement avant de reporter son attention sur Anya. Elle semblait si pensive, si lointaine. Allongé sur l’herbe, il contempla sa nuque et eut envie de replacer les quelques mèches de ses cheveux brun dépassant de sa coiffure. Mais il se retint, de peur de l’effrayer :

    - Pourquoi étais-tu en Pologne ? Personne ne pouvait s’occuper de toi et Alek ?


    immarcescible, Posté le lundi 27 juin 2022 18:30 Répondre

    Le regard à la fois suspicieux et touché de Georgina fit comprendre à Garrett qu’il devait à tout prix trouver une solution. Il savait pertinemment que la vieille femme aiderait la brunette. Alors pourquoi faisait-elle tout ce cinéma ? Il n’avait jamais aimé les sous-entendus. Il était bien malgré lui toujours trop honnête. Voyant que la jeune fille était encore tétanisée près de lui, il fit un mouvement de protection en se postant devant elle afin de répondre à Georgina :

    - Georgie.. Est-ce que je dois vraiment utiliser tes arguments de bonne camarade pour que tu te rendes compte de ton non-patriotisme ?

    Son petit sourire taquin, ses yeux et sa gueule d’ange firent bien sourire la vieille femme qui connaissait bien le jeune homme. Ô oui, il savait si bien s’y faire avec elle depuis tout ce temps. Voyant qu’elle se détendait, Garrett, pris sa main dans la sienne et déposa un doux baiser sur la paume comme pour la remercier du geste qu’elle allait faire. En effet, en s’approchant de la jeune fille, elle vint caresser sa joue qui était encore inondée de larmes et tenta de la rassurer :

    - Comment s’appelle ton petit frère.. Quel âge vous avez tous les deux ?

    Sa voix était redevenue la douceur née. Elle n’avait aucune méchanceté en elle. Malheureusement, comme les autres, elle tentait modestement de survivre dans un monde et un pays où la malhonnêteté était de mise. C’était elle qui avait recueillie Garrett lors de son retour à St Pétersbourg. Mais ça, c’était une autre histoire qu’il conterait bien plus tard. Pour le moment, il proposa d’aider Georgina à ranger les cartons de boîte de thon dans la réserve ce que la vieille femme ne refusa pas.

    Tout de suite après, elle vint donner un tablier de couleur rose pâle à Anya et lui montra ce qu’elle attendait d’elle. La mise en place des aliments et la tenue de la boutique. Où se trouvait le balais, le sceau à serpillère et les autres accessoires pour faire le ménage. Puis, très vite, elle lui parla du salaire :

    - Je ne pourrais pas beaucoup te donner d’argent, dit-elle honnêtement, mais je te propose en contrepartie de te donner de la nourriture. Les invendus. Bien souvent, les gens ne veulent pas de pommes ou de légumes un peu abîmés et je suis obligée de les jeter puisque je suis seule à manger. Parfois Sacha vient manger avec moi mais c’est trop rare. Est-ce que ce marché te conviens ?

    Voyant qu’Anya allait lui demander la punition concernant son larcin, Georgina répliqua aussitôt en levant la main comme pour balayer la question :

    - Celui qui n’a jamais fauté pourra te juger mais ce n’est pas mon cas. Alors oublions cette histoire. Promet moi juste de ne plus jamais me voler.. Tiens, d’ailleurs, s’interrogea-t-elle perplexe, je ne connais même pas ton prénom..

    Pendant ce temps, Garrett rangeait les fameux cartons. La chaleur irradiait le petit entrepôt derrière l’immeuble où se trouvait l’épicerie. Georgina avait eu une chance formidable. Elle habitait derrière sa boutique et bénéficiait d’un petit coin de verdure où elle cultivait quelques légumes et avait des oiseaux. Elle dormait tout le temps dans son épicerie, de peur qu’on la vole, mais à l’arrivée de Garrett quand il avait quinze ans, elle avait aménagé le petit cabanon avec une simple petite chambre et un espace de toilettes. Il venait encore s’y réfugier quand il était en permission.

    Revenant dans la boutique, il entendait Georgina raconter sa vie et sa jeunesse dans les hautes sphères de l’aristocratie. Elle aimait dire qu’elle était la descendante des romanov et que pendant longtemps elle avait cru être Anastasia. Cette histoire avait toujours fait sourire le blond qui venait reposer les fameux cartons dans l’entrée. Il s’épongeait le front et retirait sa veste pour apparaître en marcel. Il faisait bien trop pour qu’il garde autant de tissus sur lui :

    - Je repasserais demain Georgie pour te faire les vitres donc retiens-toi de les faire.
    - Tu as bien assez de travail comme ça Sacha. Tu devrais plutôt penser à te reposer un peu, tu en fais trop.
    - Jamais en ce qui te concerne, dit-il en souriant et embrassant le sommet du crâne de la vieille femme, je te ramènerais peut-être du chocolat.

    Le péché mignon de la vieille femme et comme tout russe à cette époque. Il expliquait alors à Georgie de ne pas hésiter à acheter tout ce qu’elle pouvait. L’hiver serait rude avec la guerre qui arrivait, aussi, ils ne devaient pas avoir peur de dépenser tout leur argent maintenant et faire des réserves :

    - Mais enfin Garrett je n’ai aucunement besoin de bois et de pétrole pour le moment. Nous sommes en plein été.
    - Oui et tu feras comment cet hiver quand la ville ne pourra plus être alimentée ?
    - Ne dis pas de bêtises. Avant la fin de l’été notre armée aura vaincu ces fichus nazis.

    A ça, Garrett ne préféra pas y répondre. Il venait de finir de tout ranger et Georgie allait fermer la boutique. Le soir n’était pas tombé, normal, les nuits d’étés arrivait. Il se proposa donc de raccompagner Anya chez elle, mais avant, la vieille femme donna à sa nouvelle petite protégée un panier avec quelques fruits et quelques légumes avec une boite de thon. Un vrai festin. Voyant qu’encore une fois Anya allait insister, elle lui claqua gentiment la porte au nez ce qui fit rire Garrett :

    - A demain Georgie !

    Ils faisaient quelques pas ensemble, mais Garrett du ralentir son rythme pour être au même que celui de la brune. Les mains dans les poches, il regardait devant lui avant de se rendre compte que le panier était peut-être trop lourd. Il lui prit des mains doucement et lui demanda :

    - Au fait.. Tu ne m’as toujours pas dit ton prénom..


    immarcescible, Posté le dimanche 26 juin 2022 12:02 Répondre

    Garrett Hedlund avait huit ans lorsqu’il est arrivé en URSS. C’était au printemps 1922. Ses parents, de fiers et convaincus communistes avaient décidé de quitter les Etats-Unis pour vivre la grande aventure du socialiste impérial. Si au début les Hedlund avaient été très bien accueillis par le gouvernement soviet, vivant en communauté, dans le partage des valeurs unis du socialisme communautaire, le rêve tourna vite au cauchemar. En effet, à la mort de Lénine en 1924, tout le système entier s’effondra. Le coup d’état de Staline lui prodiguait suffisamment de pouvoir désormais pour confronter tous les détracteurs potentiel de ce nouveau et jeune régime. Garrett sentit rapidement la différence.

    Toutes les familles venant de l’étranger durent quitter Moscou et furent envoyé à St Petersbourg. La mère de Garrett n’était pas ennuyée de ce changement au départ. Pour elle, il s’agissait surtout de découvrir la ville de l’art romantique russe du XIXe siècle. Elle était vraiment emballée à l’idée de marcher dans les pas de Pouchkine étant elle-même poétesse. Mais son père était bien au contraire plus contrarié. Quitter de force Moscou c’était s’écarter du pouvoir et des possibilités politique. Mais en fervent communiste qu’il était, il obéit.

    Mais pourquoi obéit-on à ce qui effraie notre intuition ?

    C’était à ça que pensait Garrett ce matin de juin 1939. Pourquoi toute son attention était centrée sur cette jeune fille à la réception de l’hôtel, quand voilà maintenant trois jours qu’Hitler a déclaré la guerre à l’URSS et qu’il allait devoir aller sur le front. Pourquoi était-il obsédé du besoin qu’elle pose ses yeux sur lui ? Il en avait vu des filles passer devant cette réception et tomber dans le piège du directeur de l’hôtel. Pourquoi cette jeune femme lui donnait-il mauvaise conscience ? Peut-être parce que son regard l’avait troublé. Ces deux grands yeux noir sombre, sévère et à la fois.. apeuré. Toute sa physionomie semblait braquée, en alerte. Elle lui faisait penser à un petit corbeau blessé et perdu qui cherchait pourtant à s’enfuir de sa cage. En vérité ? Elle l’ému.

    Au diable son rendez-vous, celui qui devait changer sa vie. Maintenant, il devait agir et vite. Le directeur n’allait pas tarder et il devait faire quelque chose. Au moment où il allait se lever, elle posa enfin son regard sombre sur lui. C’était acté, il serait désormais hanté par ces prunelles de nuit. Il se leva enfin et il apparut très grand dans son costume de militaire. Il avait à la différence de tous les autres militaires soviétique, la propreté. C’était un rituel qu’il gardait depuis toujours. Sa mère l’avait tellement traumatisé avec les maladies et l’importance de se laver qu’il en était devenu quasiment psychorigide. Il avançait d’un pas confiant et assuré vers la jeune femme qui semblait se rembrunir à mesure qu’il venait vers elle. Elle était prête à attaquer, il le sentait, il fallait donc qu’il soit vif pour lui inspirer confiance.

    - Suivez-moi ils n’offrent pas vraiment de poste de femme de chambre.

    La brune l’observait interloquée prête une fois de plus à bondir. Levant les yeux, il vit le directeur qui arrivait non loin de là et Garrett devait faire vite. Se penchant sur la petite brune, il murmura une nouvelle fois :

    - Faites-moi confiance. Vous n’êtes pas la première qui viens pour ce poste et qui disparaît ensuite.

    Pourquoi, il ne le sait pas mais il prit le poignet de la jeune femme pour l’entrainer vers l’extérieur. Bien sûr, il sentit une forme de résistance et cela augmenta le pas du directeur qui voyait sa prochaine proie disparaître sous ses yeux. Le vieux monsieur qui transpirait déjà alors qu’il n’était que neuf heures du matin héla le couple qui sortait :

    - Soldat ! Soldat ! Où emmenez-vous mademoiselle ?
    - Il s’agit de ma soeur monsieur et elle une tendance fâcheuse à détrousser les clients richissimes des hôtels particulier. Je venais m’assurer qu’elle ne viendrait pas nuire à votre réputation.
    - Oh.. Oh.. D’accord, merci camarade.

    Rapidement, Garrett sortit avec la brune dont il tenait fermement le poignet et qu’il relâcha une fois qu’ils furent à bonne distance de l’hôtel. Elle était furieuse, c’était évident et aussitôt qu’ils furent suffisamment loin, il lui expliqua dans un russe ponctué d’un accent étrange :

    - Ils font croire à une annonce pour du ménage or il s’agit d’un réseau de prostitution.

    Ô oui elle était en colère. Pas de doute là-dessus. Il était même persuadé qu'elle allait se jeter à son cou pour l'étrangler. Il venait s'assurer que son poignet n'avait rien et s'excusa de l'avoir un peu trop serré. Il ne se rendait pas toujours compte de sa force. Elle était vraiment minuscule à côté de lui et elle semblait étrangement différente de toutes les russes qu'il avait pu croiser. Pourtant, son regard l'obsédait. C'était comme si il l'avait déjà vu quelque part ou que.. ou qu'il l'avait cherché tout ce temps. Elle lui rappelait l'héroïne d'un poème de sa mère. Mais ça, il ne pourrait pas lui dire. Personne ne devait savoir qui il était. Il devait à tout prix dissimuler sa véritable identité :

    - Je m'appelle Sacha.. Sacha Belov. Et toi ? Tu sais, si tu cherche du travail je peux t'aider sans que tu aies besoin de te.. de te vendre. Je connais une épicière non loin d'ici sur la rue Novgorod qui pourrait éventuellement te prendre sous son aile. Elle s'appelle Georgina. Elle est un peu vieille et aurait besoin de quelqu'un pour l'aider.

    Il parlait sans s'arrêter ce qui l'étonnait lui-même. Pourquoi avait-il besoin de retarder le moment de la voir disparaître, surtout quand il pressentait qu'elle pouvait s'évanouir dans la nature à n'importe quel moment. Les nuits d'étés à Leningrad (St Pétersbourg) étaient la promesse de nouvelles rencontres et pourquoi pas, de s'épancher un peu plus.


    immarcescible, Posté le dimanche 19 juin 2022 19:39 Répondre

    - Je serais prêt à t’épouser tous les jours de ma vie Blackbird.

    C’était terriblement nian-nian et ridiculeusement romantique, mais après tout, ils pouvaient se le permettre. La main de Garrett se posait sur le genoux légèrement dévoilé de sa fiancée quand il conduisait jusqu’au petit bourg du village. Si Anya versait une larme de joie grâce à l’émotion, le blond souriait ému d’avoir une famille aussi soucieuse de leur bonheur. C’était un peu l’apothéose de beaucoup d’années à galérer. Désormais, ils allaient pouvoir profiter.

    Les choses changent mais jamais leur amour n’avait faiblit. Au contraire, il n’avait fait que se renforcer malgré les épreuves. C’était à ça que Garrett pensait lorsqu’elle remontait la petite allée de la mairie sous les yeux ébloui de toutes les personnes de la famille. Tous applaudissaient quand Pasha entrainait sa mère jusqu’à son père. Les filles étaient toutes passées à la queue-leu-leu. Anya était resplendissante avec ses yeux brillant. Garrett ne se lasserait jamais de la vision de cette femme revenant encore et toujours à lui pour l’épouser.

    Ils s’échangèrent leur voeux avec pudeur. Une douce déclaration très simple. Rien de grandiloquent. Avec le temps, ils avaient appris à avoir un langage codé. D’un seul regard, ils étaient en mesure de savoir l’un et l’autre ce qu’ils ressentaient. Et puis, les nombreuses preuves d’amour qu’ils s’étaient fait toutes ces années ne pouvaient être égalées.

    Le maire venait de les déclarer mari à femme quand toute leur famille hurlait de joie. Avec douceur, Garrett se penchait sur le visage de son adorée et déposait un tendre baiser sur ses lèvres. Il préférait se réserver la chance et le privilège d’un moment plus érotique juste pour eux deux. C’est donc sous une huée de pétales de fleurs qu’ils sortirent et d’une Charlie jouant de la guitare. Le soleil avait fait pointer quelques rayons de soleil comme pour que la nature bénisse cette énième union.

    - Ne te sens-tu pas trop lassée d’être Madame Hedlund ?

    Demandait taquin le blond qui ne lâchait aucunement son épouse. Ils reprirent la route en direction du manoir. Leur nouveau chez eux, malgré les travaux qui y restaient, avait été investit par les fées. Tout le monde avait vraiment travaillé dur en peu de temps. L’extérieur avait été décoré d’une jolie tonnelle et de plusieurs fleurs qui ornaient le plafond. Un groupe de musique jouait et un repas riche et digne d’un conte de fée avait été servie. C’était toutes les personnes du village de Mallaig qui avaient voulu donner un coup de main.

    Garrett était touché par cette générosité imprévue. Il est vrai qu’ils avaient bien aidé depuis leur arrivée les gens du village. Mais il ne s’attendait pas à ce que les gens leur rende. Après tout, ils étaient deux étrangers en cavale dans un petit village très tranquille. Affamé par la matinée, le blond se rua sur les petits fours qu’il engloutissait sans retenue. Anya toujours blottie contre lui, ils remerciaient à deux les invités qui les félicitaient, jusqu’à ce que Henry et Q’ viennent prendre le relais. L’amérindienne enlaçait Anya avec spontanéité et ferveur :

    - Je suis contente de vous avoir ici avec nous désormais, dit-elle toute heureuse, j’ai tellement hâte de voir ce que nous réserve la suite !
    - Merci à vous en tout cas, continuait Garrett, sans votre aide et votre amitié je ne sais pas si nous aurions pu trouver un tel refuge.

    Henry aussi été touché par les mots de son ami. Spontanément, ils vinrent s’enlacer tous les deux. C’était qu’il y avait quand même un sacré passé entre les deux. Comme quoi, à force de persévérance et d’écoute, tout est finalement possible. Charlie, Jasmine et Pasha avaient tous les trois une surprise pour leurs parents. Les Cacahuètes sur les genoux de Pasha et voilà à chanter en choeur la fameuse chanson qu’ils avaient écrite pour Anya lors du premier mariage. La petite famille réunie, si heureuse, avait des allures de conte de fées. C’était à ça que pensait Garrett en fumant à l’extérieur.

    Il avait besoin d’une petite pause après cette matinée et ce déjeuner improvisé et riche en émotion. Assis sur le petit muret de pierres au fond du jardin, il écoutait la musique au loin et les rires des enfants qui dansaient et chahutaient tous ensemble. Il y avait comme un goût de fin à cette histoire. Comme une impression de finitude qui ne pouvait plus être broyée par les griffes du destin. Au loin, il voyait Anya virevoltait avec Q’orianka sur la piste de danse et Charlie blottie dans les bras de son Kisos. Jasmine tenait son ventre quand Clive était au petit soin pour elle. Tous semblaient avoir trouvé, enfin, un repaire, un sens. N’était-ce pas cela finalement le but de toute une existence ?

    La voix d’Anya résonna et le fit sortir de sa mélancolie. En effet, il revoyait distinctement tous les épisodes qui avaient constitué son histoire avec Anya. Les bonheurs comme les malheurs. Mais la belle brune revenait à lui en lui faisant de grand signes. Elle souriait, elle semblait heureuse. Aussi heureuse que lui l’était. La laissant s’installer près de lui, il remit de nouveau son bras autour du sien.

    - Alors ? Déjà épuisée d’avoir trop dansé, demandait-il amusé, il faut que tu gardes suffisamment d’énergie pour ta quatrième lune de miel. Je me demande bien ce que tu pourras me réserver.

    Avec douceur, il déposait des baisers dans le creux de son cou. Il savourait son parfum si délicat de fruits frais.

    - Ma source de jouvence.. Mon Aphrodite.. Tu fais encore et toujours de moi l’homme le plus heureux de l’univers.. Tu crois que tu sauras encore continuer à m’aimer malgré la vie un peu trop tranquille que nous risquons d’avoir ?


    immarcescible, Posté le mercredi 15 juin 2022 18:53 Répondre

    C’était étrange d’avoir un semblant de vie normale. Garrett n’y était plus habitué. C’est vrai.. La dernière fois devait remonter à quasiment deux ans. Deux ans qu’il avait vécu dans un brouillard émotionnel avec des rebondissements digne une nouvelle fois d’une vieille télénovela intrépide. Garrett se sentait vieux, un peu épuisé. Mais la tempête Anya ne le lâchait pas. Après avoir finalement trouvé la maison de leurs rêves et avoir fait quelques recherches, ils achetèrent. D’un commun à accord, ils décidèrent tous les deux de ne plus partir de leur nouveau pied à terre. A eux maintenant la vie paisible à la retraite.

    Pendant que Garrett commençait quelques travaux en compagnie de Henry et de quelques amis locaux à lui, Pasha avait monopolisé l’attention de sa mère pour la distillerie. Jasmine n’était pas en reste car elle exigeait elle aussi beaucoup d’attention surtout qu’elle était à un mois du terme. Charlie quant à elle, elle passait son temps avec Kisos à se promener ou encore à peindre. En revanche, contrairement aux ados de son âge, elle préférait passer ses soirées avec ses parents. Pour le moment, il était impossible de vivre dans le manoir. Il manquait toute la charpente et l’isolation était totalement à revoir, mais il en fallait plus pour effrayer Garrett Hedlund.

    Il aimait la maison. Non, rectification. Il l’adorait. Anya et lui avaient mille et une idées qu’ils voulaient mettre en application. Tels deux enfants qui construisaient la cabane de leur rêve. SI l’histoire avait plu à Anya, la construction et la formation de la maison plaisait encore plus au blond. Il avait l’impression de rentrer dans sa maison, celle qu’il avait quitté des siècles plus tôt. Elle avait des allures de ce fameux manoir qui avait accueillit leur premier baiser. Il aimait pouvoir retrouver des pépites comme ça de leur histoire. C’était comme un recueillement, non, un hommage à tout ce qui les avaient unis.

    Les travaux avaient commencé et avec cela son lot de complications. En effet, la pluie ne cessait de tomber en Ecosse et c’était un point que Garrett avait oublié. Le soleil lui manquait, c’était vrai, mais le bonheur d’être au quotidien près de sa famille lui allait simplement. Les Blackbirds avaient trouvé un rythme, une routine.

    Par exemple, le matin, Garrett s’occupait des cacahuètes qui étaient bien énergiques et les emmenaient au sport avec lui. Pendant que les labradors tirait la petite cariole où étaient posées les filles, Garrett courait le long du front de mer. Le vent frais était appréciable dans ces moments là. Ensuite, il rentrait et faisait déjeuner les filles avant de les mettre dans le parc qui étaient surveillées par Jasmine, Frankie et les labradors Ben et Nuts. Après sa douche, il allait réveiller Anya en la couvrant de baisers et de mots tendre avant de céder à son désir insatiable. Puis, il allait travailler, ce sourire mystérieux sur les lippes. Ce n’est qu’au soir qu’il pouvait retrouver toute la famille autour d’un dîner gargantuesque préparé par Mary la gouvernante de Clive.

    Il faisait bon vivre chez les Hedlund, il n’y avait pas à dire.

    Un mois et demi s’était écoulé depuis leur arrivée et le manoir prenait une belle forme. Tous les travaux d’isolation avaient été fait et la charpente aussi. Garrett avait travaillé dur tous les jours et n’avait pas ménagé ses efforts. Bien sûr, tout le monde était venu donné un coup de main, Kisos, Henry, Q’, même Clive et Charlie ! Anya et Pasha pendant ce temps se concentraient sur la distillerie avec passion. Le blond aimait parfois le soir servir de goûteur à son épouse quand elle-même en avait trop bu. Même si il travaillait dur, il aimait rejoindre le soir dans son lit sa belle Anya enivrée du doux nectar avant de plonger en elle. Il fallait être fou pour ne pas aimer ce pays et ce qu’il faisait de sa femme.

    Un midi, alors qu’il déjeunait avec Henry et Kisos, il évoqua le fameux troisième mariage sanglant qu’ils avaient eu.

    - En somme nous nous sommes mariés trois fois, dit-il, même si le dernier s’est soldé dans un bain de sang. De vraies noces rouges !
    - Mais attend.. Vous vous êtes mariés sous quels noms ?
    - Attention le juge Cavill reviens à la charge. Et bien sous nos noms d’emprunt, pourquoi ?
    - Parce que légalement cela signifie que vous n’êtes pas mariés Garrett.

    Cette nouvelle surprenait et à la fois faisait rire Garrett. Cela signifiait-il qu’il allait pouvoir épouser Anya une quatrième fois ? Lorsqu’il rentra le soir donc, il attendit qu’elle le rejoigne au lit. Tous ces efforts physique des derniers mois lui avait valu une musculature assez impressionnante pour son âge. Et si les doigts d’Anya aimaient s’y balader, lui ne pouvait s’empêcher de contempler les lignes sensuelles de la belle brune. Alors qu’ils se cherchaient mutuellement en diverses caresses, il murmura, ses lèvres dans le creux de son cou.

    - Dis.. J’ai appris une chose intéressante aujourd’hui.. Je crois qu’elle devrait te plaire..

    Il lui raconta donc la fameuse conversation avec Henry et ce que ce dernier en avait conclu. La main du blond continuait de se faufiler entre les cuisses de son amante quand il embrassait ses seins bombés. Diable, qu’il aimait sentir le parfum de sa peau contre sa langue :

    - Nous vivons dans le pêché Miss Siminiov.. J’ai donc pris rendez-vous demain à la mairie pour renouveler nos voeux. Aurais-tu un moment à m’accorder ?


    immarcescible, Posté le lundi 13 juin 2022 20:03 Répondre

    La soirée battait son plein. Garrett avait dans les bras une Ella et un Elios qui ne bougeaient pas. Silencieux, il écoutait tout et tout le monde. L’euphorie, les cris de joie, les larmes, Anya qui racontait minutieusement toutes les aventures qu’ils avaient rencontré pendant cette année faisait rêver et effrayer leur famille. Mais Elios s’endormait contre lui quand Ella babillait à l’oreille de son père. Même si il ne comprenait qu’un mot sur deux il appréciait la petite voix fluette de la terreur qui lui confiait tous ses secrets. Bird était blottie contre sa mère et s’endormait elle aussi, sans doute bercée par la voix basse et douce d’Anya. Charlie était près d’elle aussi, comme Pasha et Jasmine.

    - Vous auriez du nous appeler, rouspétait gentiment Henry qui soupirait en buvant une gorgée de bière, on vous aurait envoyé un avion.
    - Impossible ils nous auraient demandé nos identités à la douane. En passant par l’Egypte on a pu acheter des faux papiers. L’Ecosse n’extrade pas. Le tout était d’arriver jusqu’à vous.
    - Mais enfin Garrett c’est absurde ! J’aurais pu vous défendre ! Je connais suffisamment de monde pour pouvoir vous aider.

    Tout le monde écoutait la conversation entre les deux garçons. Garrett secouait la tête négativement et rappelait calmement à son ami les faits :

    - Impossible, dit-il, ils voulaient clairement qu’Anya collabore. Si elle le transfert avait été fait comme prévu elle serait aujourd’hui soit morte ou en isolation. Et tu sais ô que très bien comment fonctionne notre système pénitentiaire. J’ai trop vécu enfermé et Anya aussi pour savoir qu’on ne ressors jamais indemne de ces expériences…

    Il y eut soudainement un silence de mort. Garrett savait toujours parfaitement faire tourner les ambiances de soirées. Mais par dessus-tout, Henry l’avait agacé à lui expliquer quoi et comment faire. Il avait agis spontanément, c’est vrai, mais il avait au moins fait quelque chose pour sauver la femme qu’il aime. Il vint mettre fin à la conversation en concluant de la pire des manières qui fit frissonner toutes les personnes de l’assemblée :

    - … si on sort un jour de cet enfer. Et puis, je devais protéger les enfants. Moins vous en saviez, plus vous étiez en sécurité.

    Avec douceur, il demanda à Ella de descendre de ses genoux. Elios dormait profondément et il préférait aller le coucher. Garrett laissa donc Ella rejoindre sa mère en lui montrant fièrement les bleus qu’elle avait sur les bras à force d’essayer de grimper sur les arbres.

    - Un vrai petit singe, expliquait Charlie en riant doucement.

    Kisos surenchérissait en disant qu’ils avaient construit une cabane dans les arbres sous la demande impérative des enfants Hedlund. C’était leur refuge lorsqu’ils étaient enfant dans la maison du lac et ils voulaient recréer cet univers dans cette ferme écossaise. Clive reprit ensuite la conversation auprès d’Anya et vint lui apprendre que Pasha avait vendu le vignoble pour tout investir dans la fameuse ferme.

    - En effet.. J’espère que tu n’es pas trop déçue maman mais je voulais rejoindre les filles ici. Tout le monde était loin et j’étais seul.. Je me suis dis que j’allais reprendre une nouvelle vie ici et ouvrir une distillerie de whisky.

    Pasha avait mille et une idées en tête. Il les exposaient toutes à sa mère sous l’oeil fier de Jasmine qui revoyait enfin son frère plein de vie et de projet. A peine avait-il retrouvé sa mère qu’il savait déjà comment travailler avec elle. Il avait adoré ça à Napa et il espérait bien reprendre ici de la même manière. Pendant que Garrett couchait Elios dans la petite chambre du bas comme indiqué par son aîné, il contempla les lieux. Plusieurs photos trônaient sur les murs, les commodes. Des photos de tout le monde.

    Ça rendait Garrett émotif de voir Maggie, ses parents, Anya jeune et leur deux précédents mariages. Décidément, ils avaient vraiment eu une vie de dingue. Dans un coin il y avait même une photo de lui avec Elena le jour de l’accouchement de cette dernière. Elle regardait sa fille avec un sourire secret quand Garrett avait les yeux qui brillaient. Oui, c’était des photos qui racontaient des histoires secrètes et tourmentées mais qui avait aussi conduit à bien de doux moments.

    Elios dormait dans son petit lit profondément mais le blond ne partait pas. Il avait perdu l’habitude du monde et du bruit. Il avait besoin de reprendre son souffle. Pourtant, il sentit rapidement une présence près de lui qui le fit sourire. En se tournant, il vint à dire :

    - Alors Petit Pois.. Je ne t’avais pas dit qu’on retrouve toujours l’amour de sa vie ?
    - Maman a raison tu es un vrai Monsieur-je-sais-tout incapable d’être humble.

    Le blond riait et venait enlacer son petit pois qui n’avait pas grandit à son plus grand plaisir. C’était bien la plus petite de fratrie si on ne comptait pas encore les cacahuètes. Ils restèrent enlacé ainsi un moment avant qu’il ne vit sur la nuque de la jeune fille un tatouage qu’elle avait judicieusement dissimulé avec un foulard :

    - Qu’est-ce.. Qu’est-ce que c’est que ça ?
    - Oh.. Et bien.. Quand j’ai cru que vous étiez disparu j’ai été me faire tatouer.

    Elle lui montra sans crainte le fameux motif qui ornait le bas de son cou. Garrett était ému et ne pu s’empêcher de le caresser avant de grogner gentiment :

    - Ces deux oiseaux sont magnifiques.
    - C’était pour moi.. J’avais besoin de savoir que vous étiez toujours là, sur mon dos. Ça me rassurait.

    L’idée fit bien rire le père qui entrainait sa petite fille vers le salon. Ils rejoignaient tranquillement l’extérieur où Ella se remit à chahuter. Elle était montée sur le dos de Pasha et s’amusait à jouer au petit diable. Jasmine en riait même si elle ne pouvait s’empêcher de bénir le retour de ses parents :

    - Je ne sais pas si c’est parce qu’elle est simplement comme ça ou parce que vous lui manquiez mais c’est un vrai démon ! Alors que regardez Bird..

    En effet, la petite s’était réveillée et contemplait le collier qui ornait le cou de sa mère en chantonnant d’une voix douce et délicate.

    - .. elle est un véritable ange !
    - Ne t’en fais pas Jazzy, dès qu’on trouvera un endroit où vivre on vous laissera tranquille.
    - Vous.. Vous allez partir ? s’inquiétait Charlie.
    - Certainement pas de notre plein grès Petit Pois. Nous devons juste trouver un endroit pour nous et où vous accueillir quand vous viendrez nous rendre visite.

    Clive évoquait déjà une petite maisonnette à deux kilomètres de là mais Pasha refusa net en éclatant de rire :

    - Pour nos parents il faudra plus qu’une de tes vieilles chaumières. Tu n’as jamais subi leurs moments crapuleux. Je ne veux plus dormir dans une chambre qui soit à proximité de la leur !

    Tout le monde riait quand Garrett caressait distraitement la nuque d’Anya. Elle semblait si détendue, si entière, rassurée et heureuse. Oui, heureuse entourée de tous les gens qu’elle aime. Garrett n’avait désormais plus aucun doute, bien sûr qu’il avait bien fait d’aller la chercher, de traverser le monde entier, de mourir une seconde fois pour elle. Ce sourire qui l’égayait et redonnait de la joie à son visage lui suffisait. C’était tout ce qu’il désirait depuis toutes ces années.


    immarcescible, Posté le dimanche 12 juin 2022 22:55 Répondre

    L’insouciance, la légèreté de la brune avait toujours été un baume pour Garrett. Après s’être retrouvé langoureusement dans leur petite couchette, ils prenaient le temps de se câliner tendrement l’un contre l’autre. L’agitation de l’extérieur semblait lentement se calmer. Les deux amants étaient blottis l’un contre l’autre, se caressant, se contemplant. Reprenant enfin son souffle, le blond embrassait le front de son épouse en caressant son dos de long en large.

    - Un manoir ? J’ai toujours su que tu étais une Morticia Addams.

    Il souriait doucement tout en la gardant contre lui. Il aimait la sentir si douce et chaleureuse. Il aimait simplement sentir le frémissement de sa peau contre la sienne. Il aimait l’entendre rire, voir ses yeux briller et lui parler de touts leurs futurs projets. Leur passion n’avait pas d’âge. Jamais. Le vent se calmait lentement et il aurait fallut qu’ils repartent mais il n’en n’avait aucune envie. Il voulait profiter de la douceur de ce moment où il l’écoutait faire les plans de leurs futures maison. Comme il aimait ça, la voir si enjouée sur leur avenir :

    - Je t’aime, murmurait-il enfin à son encontre avant de déposer ses lèvres sur les siennes pour la faire taire un instant.

    Un baiser qui s’ensuivit d’autres caresses. Les nombreux soupirs de plaisir qui envahissaient la cabine étaient étouffés par les vagues puissantes. A croire qu’à mesure que les deux se retrouvaient et communiaient ensemble, l’océan retrouvait un peu de calme.

    La route reprit le lendemain, le temps qu’ils arrivent à se détacher de l’un comme de l’autre. La grande traversée commençait mais Garrett était moins nerveux qu’au début du voyage. Anya était elle aussi à l’aise ce qui lui permettait de lui donner plus de responsabilité. Sur la route qui les menaient vers l’ancien continent, ils croisèrent des baleines et des dauphins. C’est en voyant le visage ahuri et heureux de son épouse que le blond sut qu’il avait toujours fait les bons choix. Il recommencerait toujours tout sans crainte, juste pour la voir lui sourire ainsi.

    Ils mirent très exactement deux mois pour rejoindre la côte africaine. Après une halte aux îles Canaries, ils firent une escale en Egypte comme il l’avait promis. De là, ils vendirent le bateau et purent acheter de nouvelles identités. En Turquie, ils prirent l’avion. Garrett avait été nerveux tout le long du passage à la douane. Si il avait été tout seul cela ne l’aurait pas autant effrayé alors que là il craignait pour la sécurité d’Anya. Or, ils passèrent sans effort les douanes et c’est une fois qu’ils quittèrent l’espace aérien qu’ils soufflèrent.

    L’arrivée à Edimbourg leur donna un coup de cafard. La brume si particulière de l’Ecosse n’était pas quelque chose auquel ils s’étaient préparés. Ils avaient encore le visage buriné par le soleil et Garrett les cheveux encore plus long et blondie par le sel de l’océan. Pour rejoindre Mallaig où se trouvait la petite ferme des Walker, Garrett pris une voiture en location. Ce serait plus simple que de prendre encore des transports en commun. Ils étaient nerveux l’un et l’autre. Cela faisait presque un an et demi qu’ils n’avaient pas revu réciproquement leurs filles. Charlie allait avoir dix-sept ans et les Cacahuètes deux ans.

    Le blond ne voulait pas inquiéter Anya avec ses propres craintes. Il la rassurait du mieux qu’il le pouvait en embrassant son poignet et lui racontant toutes les belles choses qu’ils allaient pouvoir faire avec elles désormais. Ils étaient peut-être mort civilement, mais désormais ils étaient libres de tout. Ce qui était en soit un engagement de pérennité pour un certain moment.

    Lorsqu’ils arrivèrent près de la ferme, il était à peine le début de la soirée. Les lieux étaient très bien entretenus. Un club équestre était à côté quand d’immenses champs entourait le corps de ferme. Garrett se gara près de la porte d’entrée dans la cour. Un silence apaisant sommeillait. Il sortit de la voiture et vit qu’Anya avait du mal à en sortir. Il vint à elle et la rassura en lui disant de prendre son tour et qu’il allait faire un tour pour chercher Clive et Jasmine. Personne ne savait qu’ils étaient encore en vie. Pour tout le monde, ils avaient tous les deux disparus. En faisant donc le tour de la propriété il se rendit compte que tout était parfaitement entretenu. Ils n’allaient pas avoir besoin de leur aide, donc pas de travail. Cela inquiétait un peu Garrett.

    Est-ce que c’était une bonne idée finalement d’être revenus auprès de leurs filles ? Il n’avait pas arrêté de se le demander depuis leur arrivée en Ecosse. Il craignait que leur venue soit encore un choc et un traumatisme pour elles. Soudain, alors qu’il longeait un petit mur de pierres, il tomba sur une petite cour bordée de milles et une haies de végétation. Au milieu se trouvait un immense chêne majestueux où de la bruyère s’étalait comme un tapis. Dans un coin, Charlie peignait assise, de dos. Garrett sentit son coeur s’arrêter. Elle était assise fièrement, droite et concentrée. Il pouvait entendre de sa place ses petits fredonnements, comme lorsqu’elle était petite. Cela signifiait qu’elle était dans son monde.

    Emu, il ne pu se résoudre à garder pour lui seul cette image. Il retourna en vitesse et en silence à la voiture où Anya n’avait pas bougé.

    - Viens avec moi, vite.

    Il ne lui laissa pas vraiment le choix. Prenant sa main dans la sienne, il l’entraina rapidement jusqu’à la fameuse petite cour de jardin envahie de fleurs magnifique où leur petit pois peignait en toute insouciance.


    immarcescible, Posté le jeudi 09 juin 2022 22:21 Répondre

    Comme toujours lorsqu’il s’agissait de la sécurité d’Anya, Garrett n’était jamais rassuré. Alors, même si il avait grogné il l’avait suivi dans l’un de ces périples qu’il savait pouvait être tout ou rien. La découverte romantique puis macabre d’un vieux lieu de débauche fit légèrement sourire le blond. Il prit la main de son épouse dans la sienne pour l’empêcher de s’avancer encore plus près du fameux squelette qui longeait le mur. Hochant négativement de la tête, il soupira lentement en regardant autour d’eux :

    - Il ne faut jamais changer les choses. Laisse moi c’est.. Peut-être que des gens viennent se recueillir ici. Regarde, il y a des traces de pas.

    En effet, tout près de la galerie qui menait au fameux petit bar, il y avait des traces fraiches de pas. Dans un souci de protection, Garrett avait pris avec lui son arme, dissimulée derrière son t-shirt à l’arrière. Il voulut attirer Anya près de lui mais elle se rendait déjà vers la petite trappe laissée ouverte malgré le tas de pierre. Inquiet et peu rassuré, il lui demanda de revenir près de lui. Mais la tête de mule qu’était Anya ne l’écoutait pas. En effet, à peine avait-elle quitté la « pièce » qu’ils occupaient qu’un éboulement vint à les séparer.

    - ANYA ! hurlait-il à son intention une fois que l’éboulement s’arrêta.

    Séparés par un mur de pierre qu’il n’arrivait pas à retirer, il se mit à hurler. Mais rien, aucun son. Il était furieux contre lui-même ne pas avoir pu sauver la brune. Décidément, il la sauvait d’une terrible tempête sur l’océan pour l’enfouir dans un autre problème. Enfermée vivante dans une cave sans eau ni feu. Vite, il devait trouver une solution. Prenant sans précaution le fameux sabre qui était enroulé autour des entrailles du squelettes il essaya de faire levier pour lever les petites pierres. Même si certaines tombaient, beaucoup des grosses ne bougeaient toujours pas :

    - Anya tu m’entends ? Tu vas bien ? Anya !

    Il entendit une petite voix lointaine qui lui paru être son épouse. Sans désespérer, il continua mais rien ne bougeait. La colère montait et le dénuement aussi. Il n’avait aucune idée de si Anya pouvait l’entendre alors il continua de parler pour la rassurer :

    - Surtout ne bouge pas d’où tu es. Je vais chercher des outils dans le bateau. Ne bouge pas compris ! Et par pitié, fais ce que je te demande pour une fois !

    Sans perdre de temps, il se rendit de nouveau jusqu’au bateau. Cela mit beaucoup moins de temps que lors de l’allée. Arrivé à l’entrée de la grotte il pu constater que le vent était toujours aussi fort et que la marée montait. L’eau avait pénétré la grotte ce qui signifiait qu’il lui fallait vite remonter jusqu’à la galerie de peur que l’eau monte jusqu’à Anya. De suite, il prit une pioche que contenait son sac de survie et enfin un bâton de dynamite. Aux grands maux, les grands remèdes. Il refit par la suite le trajet inverse. Il était essoufflé à cause de l’effort et du stress. Aucune autres pierres n’étaient tombées depuis son départ et il n’avait aucune idée de si Anya était blessée ou non. Le temps pressé, il n’avait aucune idée de combien de temps il lui restait avec la marée.

    Il se mit à tailler dans la pierre avec la pioche mais rien ne bougeait. A croire que les pierres étaient insensibles aux coups de pioches. Dépité, il vint s’asseoir lourdement sur le sol et tomba près du bar. Son coude percuta contre une latte du fameux meuble qui ouvrit une trappe de l’autre côté de la pièce. A croire qu’il s’agissait d’une pièce emplie de mille et une ruse. Garrett ne chercha pas à traîner et se réfugia en vitesse dans la nouvelle pièce qui s’offrait à lui. Il du ramper un moment avant de finir près d’un cul de sac. Ça n’avait aucun sens. Il vint donner un coup de coude et il se rendit compte qu’il s’agissait essentiellement d’argile. Elle était molle grâce à l’humidité.

    Sans contrôler sa force, il se mit à taper sans mesure jusqu’à ce qu’il tombe dans une autre pièce. Un peu déstabilisé par le manque d’air et l’effort, il reprit enfin son souffle en se relevant. Anya se jetait aussitôt sur lui ce qui le rassura. Toussant, il s’épousseta avant de regarder la brune pour s’assurer qu’elle n’avait rien :

    - Ça va ? Tu n’as rien ? Bordel de merde quand est-ce que tu m’écouteras Siminiov ? Tu veux que je meurs de peur ? Je ne suis plus aussi jeune que tu le crois.


    immarcescible, Posté le mardi 07 juin 2022 22:34 Répondre

    Malgré la nuit chaotique et même si Garrett aurait préféré rester dormir encore un peu, ils durent quand même partir à l’aventure. Le chemin allait être long jusqu’à l’Ecosse, il valait mieux prendre de l’avance donc. L’air enjoué et tout excité de la belle brune le raviva un peu ainsi que le gargantuesque petit déjeuner. Loin d’être sentimental lorsqu’il s’agit de ses amis, Garrett ne peut s’empêcher d’être ému de quitter Tonio. Après tout, il leur avait sauvé la vie. Après plusieurs promesses de retrouvailles sur une autre petit île un peu moins paradisiaque, les Hedlund reprirent voile vers le chemin du retour.

    Anya était toute enjouée et son idée de s’arrêter sur une île paradisiaque à la recherche d’un trésor lui fit naître un doux rire. Les yeux de la brune pétillaient de malice et l’imaginer en pirate rebelle lui confirma qu’elle était bel et bien unique :

    - Tu aurais été une pirate géniale c’est certain, répondit-il en surveillant la barre, intrépide, téméraire et sanguinaire. Tu en aurais brisé des coeurs à cette époque.

    Il s’amusa à pousser l’histoire et se mit à inventer des lieux et des personnages qu’elle aurait pu rencontrer en tant que corsaire avant de finir par s’inclure :

    - J’aurais été un aristocrate que tu aurais kidnappé pour demander une rançon. Mais avec mon charme insolent j’aurais su te séduire et nous nous serions enfuis au soleil couchant. Ou alors.. Tu m’aurais ris au nez et jeté aux requins avec la fameuse planche.

    Ils riaient ensemble, de bonne humeur et plein de vie. Elle était loin la fameuse nuit de maladie de la veille. Garrett n’avait pas le mal de mer, fort heureusement, et le soleil lui faisait du bien. Rapidement il prit quelques couleurs. Il demanda donc à Anya de le tartiner de crème pendant qu’il relevait l’une des voiles.

    - J’ai demandé à Tonio de ne rien dire aux enfants concernant notre arrivée. Je ne veux pas que les autorités puissent avoir un quelconque soupçon. En revanche, j’ai envoyé quelqu’un pour acheter un petit cottage tout près de la ferme de Jasmine et Clive. Quelques kilomètres seulement nous séparerons des filles mais nous serons quand même tout près.

    Voyant qu’elle ronchonnait un peu, sans doute frustrée de ne pas pouvoir choisir leur nouveau chez soi il sourit. Finissant de nouer son noeud, il vint à elle et malgré l’épaisseur de crème sur son visage se pencha sur son cou pour l’embrasser tendrement.

    - Figure-toi que j’ai donné le plus possible de consignes comme, dit-il en la tartinant à son tour, un serre avec un jardin-potager, une bibliothèque, un jardin d’hiver, une chambre avec un grand lit et une grande baignoire. Est-ce que cela conviendra aux exigences de mon épouse ?

    Le vent se levait soudainement et il du reprendre la barre. Ils quittaient la mer douce du golfe pour rejoindre la mer plus intense des Caraïbes. Garrett maniait difficilement la barre mais il tenait bon. Donnant des ordres précis à Anya il tint fermement la barre une bonne heure avant de se sentir presque sur le point de faiblir. Il vit au loin un petit îlot qu’il montra du doigt à la brune :

    - Nous allons accoster ici pour la nuit ! Vire le phoque à tribord !

    C’était particulièrement dangereux lorsqu’ils arrivèrent près du fameux îlot. En effet, le navire se mit à heurter les roches dissimulaient sous les hautes vagues. Garrett commençait a avoir peur. Si ils s’échouaient ici, ils seraient perdu. La seule radio qu’ils avaient ne leur permettait pas une grande exposition et il craignait qu’ils ne soient pas en contact avec Tonio aisément. Mais fort heureusement, à force de prudence, il accosta tout près de la plage. Tant pis si il fallait attendre la prochaine marée mais au moins ils seraient à l’abris le temps que la tempête s’arrête. Une fois qu’ils touchèrent le sable, il hurla à Anya de se réfugier dans la petite grotte qu’il avait repéré dans le coin et il la suivit peu de temps après s’être assuré que la cabine était close.

    Une fois tous les deux à l’abris, il lui tendis un plaid pour qu’elle se couvre. Il sortait de son sac à dos des buches et se mit à faire un feu. Le temps était apocalyptique. En une matinée, le temps avait changé du tout au tout. Le feu allumé, il laissa un rire s’échapper de ses lèvres et taquina la brune qu’il voyait trembler :

    - Peut-être as-tu raison mon amour, dit-il, les femmes attisent la foudre quand elles sont sur mer. En attendant, nous resterons ici jusqu’à ce que le temps se calme. Dors un peu.. Je reste près de toi ne t’en fais pas.


    immarcescible, Posté le lundi 06 juin 2022 12:49 Répondre

    Cela ne leur pris qu’une semaine pour qu’Anya soit à nouveau opérationnelle sur le bateau. Et encore.. Ils avaient passé plus de temps à tester les ressorts du petit matelas de la cabine qu’à étudier. La brune savait parfaitement comment attiser le désir sauvage chez le blond. Néanmoins, il n’allait pas s’en plaindre puisqu’il était le premier à adorer se perdre en elle.

    La veille du départ, Antonio eut l’idée d’emmener le couple manger en ville. Les touristes étaient partis et il ne restait que les autochtones. Le restaurant où ils mangèrent servaient les meilleures quesadillas du pays et du monde. Maria riait, heureuse blottie contre son mari. Les Blackbird avaient l’impression d’assister à un renouveau dans le couple de leurs amis. C’était émouvant et à la fois inspirant.

    Du coin de l’oeil, Garrett avait observé Anya toute la soirée. Elle resplendissait sous les lumières basse et artificielles des papiers crépons. Son coeur battait la chamade et son sourire en coin lui donnait des airs d’amoureux bête. Son bras entourait les hanches de la belle brune qu’il sentait se blottir contre lui. Il n’y avait aucun doute, c’était pour elle qu’il recommencerait tout et encore tout. Endurer le pire encore et encore pour retrouver ce sourire. Le couple d’ami se leva pour aller danser et Garrett en profita pour enfouir son visage dans le cou de son épouse qu’il couvrait de baisers :

    - Tu sens toujours aussi bon mon blackbird, murmurait-il avant de mordiller son lobe d’oreille, tu te sens prête à n’avoir que moi pour toi toute seule pendant plusieurs semaines ? Je ne voudrais pas que tu t’ennuies..

    Au même moment, un serveur vint leur retirer leurs plats et proposa un digestif-tequila aux amoureux de sortie. Antonio fit un signe approbateur et Garrett accepta aussi. Et quelle erreur !

    En effet, la tequila était bien plus puissante que celle que le blond avait déjà pu boire. Et pourtant, il avait survécu à ses missions en Russie grâce à de la vodka non distillée. Rouge, il toussait en secouant la tête et tapotant son buste avant de faire signe à Anya de ne pas essayer. La chaleur montait à sa tête et il du fermer les yeux tant il était retourné par le liquide vicieux. Même Antonio toussait aussi en grimaçant.

    - Tu sais pertinemment que la tequila de Carlos est une horreur, s’exclamait en colère Maria, pourquoi faut-il toujours que tu tombes dans le piège ?
    - Repousser ses limites querida.. On aime repousser nos limites.
    - Ahahah, non, non, je suis trop vieux pour ça maintenant ‘tonio.

    Garrett reprenait enfin un peu de constance et se sentait plus à l’aise grâce à Anya qui le ventilait. Cela sonna la fin de la soirée. Maria ronchonnait encore contre son époux, quand le blond embrassait la tempe de son épouse en lui indiquant de le suivre. Il n’avait pas envie d’aller dans la chambre d’amis. Ils étaient bien trop proche du couple et il ne voulait pas les entendre faire l’amour ou se disputer.

    Il avait préparé avant de partir un petit espace tranquille derrière les arbres, près de la petite grotte un petit endroit où se poser. Le plaid avait un peu de sable mais il le retira rapidement avant d’allumer les petites bougies.

    - Soirée improvisée, dit-il amusé, je voulais profiter encore un peu du sol ferme avant de partir.

    S’allongeant sur le plaid, il fit venir la belle brune près de lui. Reprenant ses baisers dans son cou, il murmurait taquin à son oreille. Pendant ce temps, sa main dénouait malicieusement le haut qu’elle portait avant de caresser sa peau nue :

    - Tu m’obsèdes.. Tu me fais tourner la tête aussi intensément que la tequila..

    En espagnol il marmonnait quelques mots d’amour qui le faisait sourire. La promesse d’une douce soirée allait être possible mais c’était sans compter son estomac qui n’avait pas apprécié la fameuse tequila. Il du se relever rapidement en se tenant le ventre et entendit ce dernier grogner.

    - Oh.. Je.. Attends.. Je..

    Il eut juste le temps de se retourner pour vomir le pauvre repas qu’il avait ingurgité quelques heures plus tôt. Non loin de là, dans la maison, on pouvait aussi entendre Antonio être pris du même mal mais aussi Maria qui le rouspétait. Garrett gémissait de douleur en vomissant tout en tendant sa main vers Anya pour qu’elle parte.

    - Décidément.. Pour un marin qui veut se prendre pour un pirate demain, il semblerait que je sois devenu un vieux papi. Désolé mon amour pour cette scène.


    immarcescible, Posté le vendredi 03 juin 2022 22:15 Répondre

    Tu peux me croire, il est bien loin le papi là.


    immarcescible, Posté le vendredi 03 juin 2022 22:15 Répondre

    J'arrête pas de penser à ma tête entre tes seins.
    Bordel, j'en bande à mort.


    immarcescible, Posté le vendredi 03 juin 2022 22:15 Répondre

    J'aime tellement quand tu boudes.


    immarcescible, Posté le vendredi 03 juin 2022 22:09 Répondre

    Ses doigts, ses lèvres, son corps entier avait touché au paradis. Garrett avait encore la peau frissonnante des délicieuses caresses que lui avait donné Anya. Il n’y avait pas d’âge chez eux. Juste de l’amour et de la passion. Deux corps qui s’unissaient dans un écho parfait et qu’ils se rendaient toujours aussi parfaitement. Après lui avoir murmuré des centaines de « je t’aime », il la rejoignit dans la mer des Caraïbes. Il faisait tellement bon en cette soirée de juin. Plongeant la tête la première, il laissa son corps chercher un peu de fraîcheur dans l’eau sombre quand une petite créature s’écrasa contre son dos. Cela le fit sourire.

    - Nous pourrions aller en Egypte. Je connais quelqu’un qui pourra nous constituer de nouveaux passeports pour pas très cher. On ferait une petite halte sur le Nil pour que je puisse te faire de nouveau l’amour au coucher du soleil comme lors de notre lune de miel et ensuite rejoindre les filles par la Méditerranée. Qu’en penses-tu ?

    Il avait eu de long après-midi pour penser à la feuille de route. Et oui, même si leurs enfants lui manquait, il voulait et avait le besoin de retrouver son épouse rien que pour lui. Il la fit glisser contre lui de sorte à ce qu’ils soient face à face. Embrassant de nouveau son cou et caressant ses fesses nues, il reprit :

    - Comment ne pas être en forme devant toi Anya.. Tu es si belle.. J’en ai toujours le souffle coupé tu sais ? Je suis encore plus amoureux de toi grâce à toutes ces années. Tu te rends compte de ce chemin que nous avons parcouru ?

    Et c’était vrai. Malgré les années et malgré les coups du mauvais sort, ils s’en sortaient encore. Toujours plus soudés et amoureux l’un de l’autre. Garrett allait bientôt avoir cinquante trois ans et pourtant il avait toujours l’impression d’en avoir trente-six. L’âge auquel il avait rencontré la belle brune. Continuant d’embrasser sa gorge, il murmura d’une voix fébrile :

    - Ensorceleuse.. Tu m’as ensorcelé dans tes filets Sorcière.. Mais continue.. Ne t’arrête jamais.

    Ils continuèrent de se baigner, de se cajoler avant de rentrer se coucher. Garrett était épuisé de cette soirée torride où ils s’étaient tant et tant aimer. Pourtant, au petit matin, il était opérationnel pour reprendre le sport. A croire que la soirée de la veille lui avait redonné l’énergie et la foi nécessaire à se remettre en marche. Pendant qu’Anya dormait, il faisait ses pompes mais avec prudence. Essouflé, en sueur, il revenait déjà d’une course cardio qui lui avait fait craché ses poumons. Aussi, il s’abaissait et se relevait avec prudence sur ses mains tremblante.

    Ce fut la petite voix fluette de son épouse qui le fit sortir de sa concentration. Se redressant, il vint donc s’étirer tout en lui offrant un tendre et doux sourire. Ses mèches de cheveux redevenues blonde tombaient sur ses yeux d’un bleu brillant :

    - Bonjour marmotte, dit-il enjoué, prête pour reprendre les leçons de navigation ? Je me suis dis que pour te motiver je pouvais instaurer un jeu de bon points. Si tu réussis convenablement le test en fin de journée, je te promet de faire absolument touuuut ce que tu veux.

    Il n’était pas bête, non seulement il voulait attirer l’attention d’Anya sur l’importance de la navigation et de ses enjeux mais aussi recréer du lien. Non pas qu’ils se soient perdu, mais plutôt parce qu’ils avaient besoin, peut-être, de retrouver une complicité de couple qu’ils n’avaient plus depuis un moment. Il était en sueur lorsqu’il se pencha sur le visage de son épouse pour l’embrasser. Se reculant et retirant son t-shirt pour dévoiler un corps encore bien dessiné il répliqua :

    - Je vais prendre une douche, si l’envie te dis d’être réveillée par l’eau et mes baisers.

    Ce qui se passa. Un sourire fier naissait sur les lèvres du blond qui se rinçait sous l’eau fraiche. Le petit cri de surprise d’Anya le fit rire cette fois ci. La plaquant contre la vitre fraiche, il embrassa ses seins avant de descendre rapidement entre ses cuisses. Il était joueur et en pleine forme ce matin là. Caressant ses fesses et mordillant l’intérieur de ses cuisses, il ne lui fallut pas si longtemps que ça pour trouver le chemin qui menait aux doux miaulement d’Anya.

    - Heureux de voir que tu es toujours aussi trempée pour moi, murmurait-il taquin.


    immarcescible, Posté le jeudi 02 juin 2022 08:41 Répondre

    Garrett allait avoir une dette éternelle envers Alek. Si des années auparavant il lui avait sauvé la vie, voilà que désormais la dette était remboursée. Pourtant, le blond se sentait tellement reconnaissant que son beau-frère se soit battu pour eux qu’il ne pouvait ignorer ce sentiment de reconnaissance. Il mit du temps à guérir. Par le passé il avait déjà subit beaucoup de trauma physique et là ce n’était que l’un parmi tant d’autres. Mais son corps vieillissait et n’avait pas les mêmes ressources pour guérir aussi vite et parfaitement que d’habitude. Il lui fallait la patience et les doux soins d’Anya pour s’en sortir.

    Les enfants lui manquait cruellement mais il n’osait pas le dire à Anya. Il fallait d’abord qu’il guérisse pour pouvoir envisager de les trouver. Pour passer inaperçu, Tonio avait récupérer un violier qu’ils allaient prendre et faire la traversée de l’Atlantique jusqu’en Ecosse. Garrett n’était pas confiant de cette idée. L’océan est capricieux et l’inexpérience d’Anya en mer pourrait coûter leur vie. Ils devaient donc décider de prendre le risque en mer ou celui de partir en avion. Anya et Garrett étaient officiellement morts mais il subsistait malgré tout une danger à passer les douanes américaines.

    Comme l’avait prédit Anya, Maria s’occupait d’elle comme d’une poupée. Garrett passait son temps encore alité laissant sa plaie se refermer toute seule. Il souffrait beaucoup puisqu’il avait refuser de prendre des opiacées pour dissimuler la douleur. La peur de retomber dans la dépendance le guidait. Il jouait aux cartes avec Tonio, lisait et contemplait Anya entrain de se baigner de la petite fenêtre de la chambre. La frustration de ne pas pouvoir la toucher ou encore lui donner la vaillance d’un homme fort et jeune le reprenait souvent pendant ses longue réflexion solitaire.

    Un soir il réussit enfin à se lever, non sans difficulté, et s’asseoir à table. Maria était toute pleine d’émotion et avait préparé pour l’occasion des quesadillas. Tonio leur servait un verre de tequila que Garrett bu cul sec et enfin Anya revint de son expédition dans la nature. Elle parut surprise de trouver son époux assis à table, ce qui fit sourire ce dernier :

    - Buenas tardes niña..

    Tonio et Maria riaient en choeur en voyant le blond retrouver quelques couleurs sur les joues. Ils hésitaient entre l’éblouissement de la belle Anya ou les effets de la tequila. Toujours est-il que tout le long du repas, Garrett était plus détendu, moins taciturne et ne parla pas de plan d’évasion. Uniquement du bon temps et de souvenirs amusant.

    Leurs deux amis décidèrent d’aller au village pour danser un peu. C’était leur rituel du vendredi soir et pour éviter d’éveiller les soupçons, ils s’y rendirent laissant les Blackbird en solitaire. Ce qui n’était pas pour déplaire à Garrett. Le dos posé contre la tête de lit, il contemplait Anya sortir de la douche. Le vent faisait battre les rideaux avec délicatesse et la lune éclatant inondait de lumière la chambre. Il avait un frisson en voyant le corps si sensuel et langoureux de son adorée caressé par les rayons fins de la lune.

    - Tu es une vision de bonheur.. de beauté Anya.. ma douce Selkie..

    Voilà un peu près deux mois qu’ils avaient été bloqué à cause de cet assassinat masqué. Deux mois que Garrett luttait entre la vie et la mort. Mais ce soir, il sentait renaître en lui un semblant de douceur et de vie. Laissant Anya s’approcher de lui, il lui demanda de venir s’allonger contre son corps. Une fois qu’elle l’eut fait, il se déplaça lentement caressant du bout des doigts son visage, son cou, puis descendant le long de ses seins dont il contemplait les pointes se dresser. Son ventre reçut les mêmes caresses pour ensuite arriver entre ses cuisses. Les yeux d’un bleu intense contemplait avec ardeur cette divine brune soupirante :

    - Je suis un mortel d’un chance inouïe.. Si les dieux existent quelque part ils t’ont envoyé à moi.. Ma délicieuse et douce nymphe.. Comment as-tu pu tomber autant amoureuse d’un vieux loup comme moi ?

    Murmurait-il en posant délicatement ses lippes sur le haut de sa poitrine. Pendant ce temps, ses doigts caressaient avec une extrême douceur l’intérieur de ses cuisses tout en remontant. Cela faisait des mois et des mois que l’un et l’autre ne s’étaient pas touchés. Pendant l’incarcération d’Anya puis la fuite et enfin le rétablissement de Garrett. L’un comme l’autre étaient dans un manque viscéral qui risquait de les faire exploser en peu de temps, or, le blond prenait son temps, la redécouvrait comme s’il s’agissait d’une vision, d’un trésor qui pouvait disparaître à tout moment. Pendant que ses doigts s’enfouissait lentement en elle et que son pouce stimulait la boule de plaisir dissimulé, il continuait ses baisers en murmurant :

    - Ne m’abandonne pas au lever du jour mon amour.. Reste.. Reste malgré les rayons du soleil.. Laisse l’hirondelle chanter.. Laisse le monde tourner et continue de m’aimer.. Anya.. Bon sang.. Mon amour..


    immarcescible, Posté le lundi 30 mai 2022 23:10 Répondre

    Le souffle lui manquait. Sa tête tournait et les yeux humide et inquiet d’Anya le fixait. Incapable d’émettre un son, Garrett se sentait tomber sur le sol. Une vive douleur le paralysait et ce n’était pas la chute qui le rendait dans cet état. Non, c’était son ventre. En tentant de redresser, il vit son ventre ensanglanté. Merde. Il avait été touché. Inspirant profondément, il sentit le mal l’envahir et il comprit rapidement que la balle était encore en lui d’où la perte de conscience. Anya était elle aussi blessée et ils risquaient de mourir l’un près de l’autre.

    Prenant sa main dans la sienne, il l’attira contre lui surtout en voyant la panique envahir son épouse. Oui, son épouse. Cela le faisait tellement sourire. Il n’entendait plus rien, comme si son corps se bloquait de tout stress extérieur pour le faire partir rapidement. Garrett souriait et demandait dans un souffle à Anya de respirer et de rester près de lui. Elle pleurait et hurlait. Elle devait tellement souffrir à cause de la blessure, il devait vite la calmer :

    - Tu sais que je suis heureux ? Avant de mourir tu seras redevenue ma femme Anya.. Je t’aime Blackbird.

    L’attirant au dessus de lui, il lui donnait un baiser tendre avant de se sentir de nouveau partir et fermer les yeux. Son dernier souvenir aurait finalement été la douceur des lèvres salées de la belle bulgare.

    Mais il n’était pas mort.

    Pourtant il n’arrivait pas à ouvrir les yeux, ou alors très peu. Seules quelques bribes lui venaient à l’esprit. Quelques bribes qui étaient la voix d’Anya et celle d’un homme. Lorsque Garrett ouvrit pour la première fois les yeux, il vit un ventilateur au plafond qui tournait rapidement. Il avait chaud et soif. Très soif. Difficilement, il tourna la tête. Il ne voyait pas très bien car une moustiquaire le protégeait. Visiblement à moitié nu dans le lit, il cherchait quelqu’un ou quelque chose auquel s’accrocher. Une radio chantonnait un vieux tube argentin des années soixante.

    Il passa sa langue sèche sur ses lèvres déshydratée avant de tenter de se redresser. Impossible, la douleur violent de son ventre le reprenait et le fit gémir de gêne. Au même moment, surgit Antonio une cigarette aux lèvres, le journal sous le bras et un bière à la main.

    - Tiens.. Regardez donc qui nous reviens..
    - To.. Tonio ? Qu’est-ce.. Qu’est-ce qui c’est passé ? Où.. Où est Anya..
    - T’en fais pas bonhomme. Elle est pas loin, une vraie petite guerrière ta poulette, dit-il dans un rire avant de se tendre un verre d’eau à son ami, tu ne m’avais pas dit qu’elle était aussi hargneuse.

    Mais Garrett ne comprenait toujours pas ce que faisait son ami ici. Etaient-ils toujours en Argentine ? Anya avait réussit à les ramener au Mexique ?

    - Alec m’a contacté suite à ton chef d’oeuvre pour récupérer Anya. Je savais plus ou moins où vous chercher. Bref, je vous ai retrouvé il y a deux semaines.. Ta femme, parce qu’elle y tiens beaucoup apparemment, et toi-même étiez blessé. Je suis arrivé à temps tu allais mourir. La balle qui la touché n’était pas ressortie de ton estomac. Elle a fait de sacré dégâts.
    - Où est Anya..?
    - Attends ! J’y viens !

    Antonio venait de finir de donner à boire à son acolyte et allait s’asseoir sur le petit sofa près du lit. Il avait écrasé son mégot dans un cendrier rempli d’une montagne d’autres mégots. Garrett attendait patiemment, savourant l’eau qui parcourait de nouveau ses membres asséchés.

    - Bref elle souffrait beaucoup parce qu’elle t’avais transporté jusqu’à votre hôtel je ne sais comment et n’avait pas soigné ses blessures. Vous étiez littéralement entrain de mourir tous les deux. Un vrai conte de fée à la Bonnie and Clyde.
    - Antonia.. Je vais perdre patience.. Dis-moi où est Anya..
    - En arrivant je me suis occupé de vous trouver un médecin que je pourrais aisément payer. Après t’avoir soigné, il a fait son nécessaire avec Anya. Elle a été plus rapide que toi à guérir car la vengeance la tenaillait.

    Garrett savait où elle était et Antonio lui confirma. Anya était partie se venger et régler le désordre qu’elle était persuadée avoir mis. Il fermait les yeux comme épuisé par cette conversation. Il sentit le poids de son ami s’asseoir près de lui ce qui le fit ouvrir les yeux. Il était encore faible et ça l’énervait. Il avait baissé sa garde ce qui avait conduit à mettre Anya en danger. Reprenant un verre d’eau, il soupira avant de reprendre :

    - Pourquoi es-tu resté, demandait-il d’une voix faible et le front brulant, c’est dangereux pour toi aussi.. Ta famille a besoin de toi.
    - Je t’en dois une depuis toujours Hedlund. Je resterais tant que tu auras besoin de moi et honnêtement, c’est pas demain la veille.
    - Tu as un moyen de joindre ma femme ?
    - Absolument pas. Elle est partie à la sauvage malgré mon interdiction. Je me doutais que tu ne serais pas très friand de son absence si tu te réveillais avant son retour.
    - Combien de jours est-elle partie ?
    - Quatre.. Elle ne devrait plus tarder.

    Quatre jours.. C’était déjà trop pour le blond incapable de bouger pour aller la chercher. Les yeux clos de nouveau, il priait pour qu’une forme de télépathie vienne à joindre Anya de n’importe où, où elle pouvait se trouver. Il priait, la sollicitait, la suppliait de rentrer.


    immarcescible, Posté le mardi 24 mai 2022 22:17 Répondre

    Garrett a l’oeil partout. Il reste sérieux et concentré comme s’il s’agissait d’une mission, mais la présence de son Anya près de lui est une déconcentration obligatoire. C’est un peu réticent qu’il la suivit dans le fameux bar. Il regardait partout, s’assurant qu’ils n’étaient pas suivis et c’est au bout de deux verres et lorsqu’il vit la jolie brune se déhancher sur sa chaise qu’il se dérida. Difficile de croire qu’ils avaient encore été séparé pendant une année entière. Difficile de croire que malgré toutes ces épreuves, ils étaient encore aussi fou de l’un et de l’autre. Il se laissait aller à une danse. Elle semblait avoir ce besoin si important de vivre qu’il ne pouvait lui refuser. Chacun réagissait de manière différente en revenant de l’Enfer. Ça, il en savait quelque chose.

    La fatigue, la musique, l’alcool, le décolleté d’Anya, ses lèvres et ses prunelles le rendait fou de désir. Il avait la tête qui tournait mais serrait encore plus contre lui la jolie brunette. Elle avait retrouvé un semblant de douceur et de tranquillité même si le manque viscéral de leurs enfants se faisait sentir.

    - Tu es prête à épouser un fugitif, demandait-il surpris, tu sais que si nous sommes pris ce sera à deux. Je ne pourrais pas dire que tu étais au courant de rien.. ou faire croire que je t’ai kidnappé..

    Il était inquiet pour la suite. Non pas qu’il espérait se faire prendre mais il avait envisagé toutes les possibilités. Celle-ci semblait en faire partie. Il avait peur qu’elle puisse veuille faire chemin arrière mais qu’elle soit bloquée par son serment. Et puis, un troisième mariage, ça le faisait à la fois rire et lever les yeux au ciel :

    - Ça va faire trois fois que tu deviens ma femme. Tu n’en n’as pas marre à force ?

    Il souriait, taquin en essayant de détendre la brune dont le regard s’était obscurcit. Il comprenait bien vite que l’idée qu’elle avait lancé n’était pas dite à la légère. Après tout, elle avait raison. Pourquoi ne pas se laisser tenter par la spontanéité du moment. Il l’embrassa donc, comme pour sceller cet engagement verbal et pris sa main pour sortir du fameux bar dansant. Ils prirent un taxi qui les conduisait jusqu’au centre des divertissements où ils trouveraient les fameux églises nocturnes. Ils n’eurent pas bien longtemps de trajet.

    Arrivés devant cette église assez cheap qui rappelait celles de Vegas, il laissa un rire nerveux s’échapper.

    - On aura tout fait. Je vois déjà les yeux écarquillés des enfants quand ils apprendront la nouvelle. Je suis même certain que Charlie va nous juger.

    En arrivant à l’accueil, il donna leurs faux papiers. C’était trop risqué de donner leur ancien donc ils se firent enregistré au nom de Ben et Nina et Miller. L’administratrice ne prit même pas la peine de regarder les futurs époux et se contenta de demander si ils avaient une préférence pour la personne qui allait faire la cérémonie :

    - Vous avez le choix entre Cher, Elvis, Scooby-Doo ou Elton John.
    - Scooby-Doo, demandait Garrett surpris, genre.. Scooby ? Le chien qui parle.
    - Oui pourquoi ça pose un problème ?

    La voix basse et cassée de l’administratrice et son regard éteint fit hausser les sourcils de Garrett. Il répliqua qu’il n’avait aucun problème avec ça et décida de faire classique en demandant Elvis. L’air blasée de la vieille femme regarda ensuite Anya et lui proposa un bouquet de poignet constitué d’anémones. Le symbole faisait sourire le blond qui voyait en cette fleur l’amour persévérant, le bonheur intense et l’attente de l’autre. Il paya sans se poser de question et embrassa le poignet de sa fiancée après avoir noué le dit bracelet autour :

    - Qu’il me tarde de t’avoir à nouveau pour femme..

    La vieille dame sonna une petite clochette et la musique se mit en marche ( https://www.youtube.com/watch?v=d924LLHxSqk ). Garrett avançait fièrement avec Anya à son bras. Il était ému lorsqu’il arriva à l’autel et qu’il pu enfin la contempler. Il aurait aimé que ce soit dans d’autres circonstances mais parfois la spontanéité était mieux. Le fameux Elvis arrivait et il avait envie de rire en le voyant. C’était un Elvis coréen. Mais Garrett se retenait malgré son oeil brillant de rire. Anya était si belle à cet instant précis. Il écoutait à peine les mots du travesti près d’eux, se concentrant uniquement sur la femme qui se trouvait encore devant lui.

    - Allez mon mignon, finissait-il par dire, tu peux déclarer ta flamme à ton loooove.
    - Mon amour, mon Blackbird. J’aurais aimé avoir notre famille et nos amis auprès de nous pour ces retrouvailles. Ces énièmes retrouvailles. Mais.. Mais plus j’y pense et plus je me dis que tu es déjà tout ça depuis toujours. Tu es mon univers et peu importe le déguisement que tu portes, peu importe l’identité, peu importe le temps, l’âge, le lieu ou même le moment.. Peu importe la vie mon amour, tu es et resteras éternellement l’unique bonheur de mon existence.

    Discrètement, sur le trajet du taxi il avait confectionné un anneau avec des fils de fers qu’il avait détendu. Il prenait la main de la jolie brune et venait enfiler le modeste gage d’amour qu’il avait sur lui :

    - Je ne te ferais aucune promesse ce soir car tu sais déjà tout ce dont je suis capable de faire pour toi. En revanche, je peux t’assurer que je continuerais de t’aimer peu importe les épreuves. Je ne dis pas que ce sera simple, ce sera même encore plus difficile mais.. mais je le ferais encore et toujours parce que c’est toi. Et parce que je n’ai jamais voulu quelqu’un d’autre que toi. Je t’aime, je t’aime tellement.


    immarcescible, Posté le mardi 24 mai 2022 11:47 Répondre

    Affalé sur le fauteuil en cuir du jet, Garrett regardait Anya sur ses cuisses qui dormait profondément. Après un langoureux baiser échangé, elle s’était endormie épuisée. La tenant fermement contre lui, il réfléchissait. Son acte impulsif et non mesuré risquait sans aucun doute de les conduire à une cavalcade dont ils n’en sortiraient pas indemne. C’est en regardant les nuages par le hublot qu’il prit le temps d’enfin considérer ce qu’il avait fait. En aidant une fugitive telle qu’Anya il s’était probablement mis à dos toute l’administration américaine. Ses parents avaient très certainement été interrogés ainsi que ses collègues. Or, le blond s’était arrangé pour qu’ils ne soient au courant de rien et ainsi leur laisser la tranquillité d’esprit. En effet, il avait engagé des mercenaires pour l’aider à « kidnapper » Anya. Mais ce qui le contrariait le plus c’était les enfants.

    Les enfants lui manquait déjà et il n’avait aucune idée de quand ils pourraient les revoir. Avant de partir, il avait organisé toutes leurs affaires qui étaient parties pour l’Ecosse. Jasmine saurait parfaitement s’en occuper, il n’en doutait pas, surtout que les Cavill s’étaient de nouveau installés là-bas. Aux dernières nouvelles, Kisos allait même rejoindre ses parents pour commencer des études de médecine. Charlie et lui pourraient éventuellement se retrouver. Même si il savait qu’il s’agissait d’un palliatif pour l’adolescente, il ne pouvait s’empêcher de culpabiliser. Il faisait tout ce qu’il s’était toujours interdit de faire. Disparaître de nouveau.

    Anya bougeait dans son sommeil, ce qui le fit resserrer son étreinte. Déposant un baiser sur le haut de son front, il en profita pour murmurer des mots doux pour la rassurer. Elle était forte, il n’en doutait pas, mais toutes les informations qu’il lui avait donné ainsi que toutes les conséquences de son acte n’avaient pas encore été, selon lui, digéré. Il craignait qu’elle lui reproche de l’avoir sauver. Il se remémorait alors lui avoir dit avant qu’elle ne s’endorme :

    - Je ne pouvais pas te laisser Anya. Je n’aurais jamais pu laisser une telle chose continuer de se faire. Après tout ce que l’on a vécu ? Je te promets qu’on trouvera une solution pour retrouver nos enfants.. Je te le promets.

    L’hôtesse venait à lui et le faisait sortir de sa rêverie. Elle lui demandait poliment si il avait besoin d’une quelconque boisson mais il refusa aimablement.

    - Je me dois de vous prévenir que nous arrivons dans une petite heure a Buenos Aires. Auriez-vous besoin d’autre chose Monsieur Hed..
    - Miller.. Ben Miller Natasha.
    - Bien Monsieur Miller. Des vêtements propres pour vous et Madame peut-être ? Je me suis permise de vous les poser dans la cabine au fond de l’avion.
    - Je vous remercie.

    Ils avaient une petite heure avant d’arriver, c’était largement suffisant pour les préparer à se fondre dans la foule. Portant Anya jusqu’à la cabine, il la déposa ensuite sur le lit. Il vint prendre une longue douche avant de trouver dans les placard des teintures. Lorsqu’il sortit de la salle de bain, il était brun. Il s’habillait d’un simple jean passe-partout, du même genre qu’il mettait pour bricoler et un t-shirt blanc classique. Finissant de mettre sa ceinture autour de ses hanches, il fut surpris de voir les yeux d’Anya ouvert. Souriant doucement, il essayait de prendre la température chez la brune.

    - Je sais que la dernière fois tu n’avais pas trop aimé la couleur que j’avais fait mais je pense que cette fois-ci c’est nécessaire. Je risquerais d’être rapidement découvert avec mes cheveux blond.

    En effet, dans un pays comme l’Argentine où la population est majoritairement brune, il lui valait mieux de se fondre dans la masse. Malgré tout, ses prunelles d’un bleu incendiaire ne manquait pas de lui donner un charme plus intense encore. Il avait laissé ses cheveux pousser ses dernières semaines. Encore étonnant qu’il en ai malgré son âge.

    - J’ai envoyé un message à un contact pour des faux papiers. Nous sommes attendus dans trois heures au marché de Buenos Aires. Il peut nous avoir de nouvelles identités et une voiture. On va rouler jusqu’à la pampa et nous perdre un peu là-bas. J’ai un autre contact qui nous attendra avec une petite maison. Le temps de se retourner un peu, ça te conviens ?

    Le fait qu’Anya ai dormi lui avait permis de réfléchir et de préparer leur arrivée en Argentine. Le but étant de brouiller les pistes bien évidemment et de trouver un endroit où ils seraient en sécurité le temps d’un instant. Il parla ensuite à Anya de sa manière de communiquer avec Jasmine. Comme pour son ex-femme, il avait créé un langage secret avec son aîné lorsqu’elle était enfant. Il n’avait qu’à envoyer des fausses pages de publicité allant directement dans les spams pour pouvoir lui donner des nouvelles.

    - Je te laisse te préparer je vais donner quelques instructions au pilote. Autant faire une entrée discrète, non ?

    Chargeant son arme, il la cacha dans son dos derrière son t-shirt avant de sortir de la cabine. En effet, Garrett avait vu juste, la police avait avertit le pilote qu’ils attendaient leur venue et qu’une fouille complète de l’appareil serait effectué. Par sollicitude et monnayant finance, le pilote proposa au principal intéressé de les déposer dans le hangar avant que la police n’arrive. Ce qui agaçait un peu le blond. Ainsi, ils avaient déjà un avis de recherche via interpol. Aller se cacher dans la pampa risquerait d’être trop suspect, aussi, il retourna dans la cabine pour découvrir une Anya changée et terriblement séduisante. Le cuir lui allait à la perfection et l’esprit troublé doublé du corps en manque de Garrett avait mille et un scénarios en tête pour un tel moment. Mais il devait se reprendre :

    - Changement de programme. On va rester sur Buenos Aires. Ils s’attendent à ce qu’on se réfugie en Amazonie ou dans la pampa. J’ai une idée mais tu dois me faire confiance.

    Ça allait être plus ou moins le crédo de leur aventure, se faire mutuellement confiance, aveuglément. Prenant sa main, il l’attira à l’entrée du jet quand ce dernier atterrissait. Le plan était simple, se faufiler dans le hangar pour se cacher et laisser le jet repartir aussitôt. Ils allaient devoir sauter en plein atterrissage ce qui était dangereux. Mais Garrett n’avait pas peur pour lui, uniquement pour Anya. La gardant contre lui, ils sautèrent ensemble et il lui servit de matelas de protection. Heureusement, il avait encore suffisamment de force pour ne pas trop subir le choc de la chute.

    Dissimulés derrière des bidons, ils attendirent que toute la police se concentre sur le jet au bout de la piste pour pouvoir s’enfuir discrètement et se mêler à la foule.

    - On va payer des gens pour se faire passer pour nous, expliquait-il, ainsi on les mettra sur une fausse piste. Pendant ce temps, on va rester dans la capitale. Je sais où on va pouvoir loger.

    Ils marchèrent une bonne heure avant d’arriver sur les hauteurs de la ville. C’était un quartier assez pauvre où personne n’aurait idée de venir les chercher. Ce qui était bien avec Anya c’était que Garrett n’avait pas peur de lui infliger de tels lieux. Elle était bien au dessus de tout ça. Main dans la main, ils arpentaient les rues hautes jusqu’à se trouver devant un petit immeuble pittoresques aux couleurs passées mais recouverte d’un lierre rappelant les murs de la villa italienne de Lucrecia. Garrett demanda en espagnol une chambre pour lui et sa femme tout en faisant des yeux doux à la vielle concierge.

    - La chambre est prête, dit-il à la brune, mais on a le temps d’aller voir celui qui s’occupera de nos papiers et de nos doubles. Tu veux quand même rester ici pour te reposer ?

    Toujours aussi doux et bienveillant, il caressait la joue de la brune pour s’assurer qu’elle allait bien. Après tout, ça faisait vraiment beaucoup en peu de temps pour elle et en sachant ce qu’il lui faisait vivre, il le regardait avec son air désolé.


    immarcescible, Posté le dimanche 22 mai 2022 13:13 Répondre

    Garrett était littéralement pris entre deux feux. Même si il donnait l’impression de ne pas s’inquiéter pour Anya, il l’était sincèrement. Les mots de Charlie l’avait heurté mais il la comprenait. Son ex-femme était en prison quand Effie avait perdu leur enfant. Naïvement, il pensait sincèrement qu’elle avait porté ce bébé. Il essayait donc d’être toujours bienveillant avec elle quand elle cherchait visiblement à le déstabiliser concernant Anya. Il avait malgré tout monopolisait toute l’aide possible pour l’aider. Tout accès leur avait été interdit ce qui lui fit comprendre que le F.B.I avait mis sont grain de poussière dedans. Même en usant de ses contacts, une entrevue avec la brune était compliqué, voire quasiment impossible.

    Pourtant, sa mère qui était la plus grande ennemie d’Anya des années auparavant réussissait à lui obtenir une visite. Le jour de celle-ci, il entendait encore les pleurs et les lamentations de Effie qui semblait vraiment sincère. La comédie qu’elle jouait était parfaitement bien amené. Elle savait où appuyer pour faire flancher le blond. C’est soucieux qu’il arriva à la prison.

    La combinaison orange que portait la brune et son visage apeuré lui fendit le coeur. Il ne l’avait pas revu depuis une semaine et la vue de ce visage craintif le fit encore plus douter. Jamais Anya n’aurait fait une telle chose, c’était impossible. Sa mère prenait directement les choses en main, professionnelle elle lui expliqua avec calme comment ça allait se passer malgré les explications d’Anya. Elles étaient assises l’une en face de l’autre quand Garrett restait debout à l’observer. Il était perdu.

    Le regard suppliant de la brune vers lui lui brisait le coeur. Elle cherchait son attention, à le convaincre qu’elle n’était pas cette personne et il la croyait. Mais alors pourquoi Effie aurait-elle menti ? Ça n’avait aucun sens. Effie avait toujours été douce, prévenante, gentille. Jamais il n’aurait pu croire qu’une part aussi vile et malsaine sommeille chez cette femme. Rendait-il toutes les femmes ainsi ?

    La prisonnière évoquait la possibilité qu’elle puisse finir sa vie en prison et c’est là que ça résonna chez lui. Priver une nouvelle fois Anya des enfants était une souffrance dont elle ne pourrait jamais s’en remettre et rien que pour ça, il ne pouvait pas laisser les choses se faire.

    - Anya, dit-il en s’approchant d’elle ses yeux fixés aux siens, je te jure que tu ne resteras pas ici. On va te faire sortir de là, quoi qu’il en coûte. Tu n’iras pas en prison. Fais-nous confiance d’accord ?

    Sa main venait prendre la sienne, fermement. Même si il resta silencieux tout le long de l’entretien où sa mère expliquait à Anya quelles allaient être les procédures, il ne relâcha pas son attention de la jeune femme. Il l’examinait et voyait bien que dans ses traits se figurait une peur viscérale. Il était rare de voir un tel sentiment chez elle, ce qui prouvait bien qu’elle était innocente. Il la connaissait un peu après toutes ces années et son instinct ne cessait de lui dire qu’il n’y avait aucune chance pour qu’elle ai pu faire une telle chose.

    A la fin de l’entretien, il laissa sa mère ranger les papiers et s’approcha d’Anya. Caressant ses joues, il soupira en posant son front contre le sien.

    - Je te crois, murmurait-il à son encontre, je vais te faire sortir de là..

    Il espérait que ces mots lui donnerait la confiance nécessaire pour supporter ce calvaire qui allait perdurer un moment très certainement. Car même si Effie retirait sa plainte, il y avait toujours l’histoire sur la mafia et Katarina. Ils devait donc être très prudent. Enlacés, ils n’arrivaient pas à se quitter. Le jardin tapa férocement contre la vitre en leur hurlant de ne pas se toucher ce qui fit rager Garrett. Pourtant, il déposa un baiser sur le creux du poignet à Anya avant de la voir lui être enlevée par deux gardes femmes.

    Pour canaliser Charlie, le blond avait décidé de l’envoyer avec ses soeurs chez Jasmine en Ecosse. Pour les aider, les blondies avaient décidé de les accompagner et de s’y installer. Le climat frais et venteux de la petite île semblait mieux leur convenir après des années sous le soleil chaud de la Californie. Une fois qu’il fut assuré de leur sécurité et avoir convaincu Charlie d’y rester, il se concentra sur Anya et Effie. Cette dernière ne démordait pas de sa version et s’était renfermée sur elle-même.

    - Je n’en reviens pas que tu remettes ma parole en doute, disait-elle, c’est moi la victime !
    - Effie écoute.. Je.. Je sais que je n’ai pas été honnête avec toi et que tu sais tout pour les derniers mois mais.. mais même si on avait eu cet enfant je t’aurais quitté à un moment donné, tu le sais.
    - Mais.. Mais non ! Tu es à moi Garrett ! Tu l’as détestait !
    - La vie et les sentiments sont bien plus complexe que ça.

    Il l’avait laissé hurlé pendant une petite heure contre lui avant de s’échapper dans une des chambres libre de la maison de Greenwich. Assis sur le bord du lit, il pensait à Maggie qui aurait eu les mots doux pour le réconforter. Elle lui manquait souvent. Pensif, il se demandait comment Anya s’en sortait surtout qu’il n’avait pas pu retourner la voir depuis. Il lui écrivait des lettres mais ne savait pas si elle les recevait. Ses multiples contacts lui répétaient sans cesse que le dossier était confidentiel et qu’une haute autorité le maintenait sous scellé. Il se sentait démuni, incapable de pouvoir l’aider.

    Un matin, alors qu’il rangeait les affaires, il ouvrit le tiroir de sous-vêtements d’Effie. Sans avoir prémédité de fouiller, il trouva l’un des fameux faux-ventre. Troublé, il ne comprit pas de suite ce que c’était. C’est lorsqu’il le sortit totalement du tiroir qu’il comprit l’odieux mensonge. En arrivant dans la cuisine où la jeune femme préparait le déjeuner, il lui lança en plein visage le honteux secret. Elle pâlit et le fixa sans oser dire un mot. Il était fou de rage :

    - Je ne te poserais la question qu’une seule fois, dit-il avec son calme inquiétant, as-tu été vraiment enceinte ?
    - Jamais, avoua-t-elle dans un souffle, jamais.. Mais je devais te retenir. Elle allait te voler à moi de nouveau.
    - De.. De nouveau ?
    - Garry.. Tu.. Tu ne me reconnais pas mais.. mais c’est moi.. Johanna..

    Il ne comprenait pas en effet. Effie parlait de quoi ? Et puis il comprit soudainement. Sous les traits si particulier de la brune se dévoilait ceux de la fameuse étudiante qui avait déjà essayé de détruire son mariage avec Anya. Mais elle était totalement transformée, ça n’avait aucun sens. Prenant le risque d’aller vers elle, il agrippa son poignet fermement blême de rage :

    - Qu’est-ce que c’est que cette putain d’histoire ?
    - En sortant de ma cure j’ai.. j’ai fais une transformation totale pour changer de vie et.. mais tu m’obsédais encore.. Je voulais juste m’assurer que tu ailles bien et quand cette femme t’as quitté j’ai su que c’était le moment.. pour nous mon amour..

    Garrett avait peur. Peur de cette femme qui avait changé de visage et d’identité tout ce temps pour mieux le duper. Cette femme qui avait réussit à faire mettre Anya en prison. La relâchant vivement, comme dégoûté, il s’écarta d’elle pour faire le tri dans ses pensées. Oui, clairement, il rendait les femmes folles dans son entourage. Il était maudit.

    - Mais putain.. putain.. putain..
    - Oh mon amour.. C’était si parfait entre nous jusqu’à ce qu’elle revienne. C’est une sorcière qui t’as envouté mais je sais que toi et moi sommes des âmes soeurs.. Nous vivions heureux.. On peut encore vivre heureux tu sais..

    Il avait l’impression de devenir fou. Le souvenir de cette Johanna se perdait avec celui de Effie qui avait partagé sa vie. Il avait laissé entrer dans sa maison et approcher ses enfants cette personne instable émotionnellement. Qui sait ce qu’elle serait capable de faire encore. Elle lui avoua par la suite avait tout organisé avec une amie à elle de l’hôpital pour faire enfermer Anya et s’assurer qu’elle ne viendrait plus les embêter. Oui, Garrett commençait à perdre le nord. Sans aucune mesure, il jeta en l’air un vase qui était près de lui, pour ne pas s’en prendre physiquement à elle. Ses accès de fureur étaient toujours aussi intense et particulièrement violente et il aurait pu la tuer d’un seul coup de poing. Mais il se retint.

    - Tu vas venir à la police et tout raconter.
    - Si tu veux mon amour, dit-elle calmement, mais elle ne sortira pas quand même. Après tout, elle est une criminelle.

    Et ce fut vrai. Effie avoua tout à la police après s’être fait de nouveau internée mais Anya ne pouvait toujours pas sortir. Le F.B.I. semblait vouloir utiliser les connaissances et les atouts de la bulgare pour leur propre services ce qui désespérait Garrett. Encore une fois, le gouvernement allait les séparer. Depuis des semaines il ruminait à Greenwich sans pouvoir trouver de solution légale. Il n’avait toujours pas pu voir Anya et aucune de ses lettres avait de réponses. Sa mère n’avait le droit qu’à quinze minutes de parloir et ne pouvait pas aborder le sujet tant le temps était faible.

    Pris de court, il ne lui vint qu’une seule et dernière idée qui risquerait d’être le dernier des rebondissements de l’histoire des Blackbirds.

    On était un mardi après-midi plutôt banal. Mais c’était le jour où Anya allait être transféré dans une prison pour femme hors de son état. Les lois n’étaient pas les mêmes et elle risquait sa vie en y allant. Le camion blindé qui la conduisait était surveillé de quatre gardes lourdement armé en plus du chauffeur. A croire que toute la sécurité nationale avait été mise en déroute à cause de cette femme. Le but étant bien entendu de la faire parler sur ses associés ou les nombreux mouvements de trafic qu’elle avait pu entreprendre.

    Au bout de plusieurs kilomètres, le chauffeur commença à ralentir. Une souche d’arbre sommeillait sur la route. Un classique du guet-apens qui ne sembla pas faire réfléchir les gardes. Deux sortirent pour voir ce qui se passer quand trois hommes leurs tombèrent dessus. Garrett surgissait de derrière un arbre et tira sur les roues du camion blindé ce qui empêcha le chauffeur de s’enfuir. Après avoir neutralisé les deux premiers gardes, Garrett tira sur le troisième qui s’apprêtait à riposter. N’en restait plus qu’un. Avec prudence, ils ouvrirent la porte et virent le dernier policier armé tenir en joue Anya. Garrett ne retirait pas son casque pour ne pas être reconnu mais visa le fameux policier qui lui hurlait de se rendre.

    Un sourire imperceptible se formait sur les lèvres du blond. Comme si il allait s’arrêter en si bon chemin. Il monta dans le camion sans avoir peur et s’approcha lentement. Le pauvre policier avait peur. Il eut pitié de lui. Il tremblait tellement qu’il s’était même fait pipi dessus. Arrivé suffisamment proche de lui, il l’assuma violemment d’un coup de crosse sur la tête. Toujours sans un mot, il retira les menottes d’Anya de ses chevilles et poignets et l’entraina hors du camion. Ses hommes, des mercenaires savaient exactement quoi faire. Ils remplacèrent Anya par le cadavre d’une autre femme défigurée et mirent le feu au camion faisant croire à un accident.

    Toujours vêtu de sa fameuse combinaison et de son casque, il fit monter Anya sur la moto derrière lui et roula en vitesse jusqu’à l’aérodrome où les attendaient un jet. Arrivés devant, il la fit monter sans ménagement à l’intérieur. Toujours sans un mot, il fit signe au pilote de démarrer avant de revenir dans la cabine près de la jeune femme qui ne devait très certainement rien comprendre. Il retira enfin son casque dévoilant son visage fermé et froid de tueur.

    - Nous partons pour notre île, dit-il simplement, je t’avais dis que je ne les laisserais pas t’enfermer quoi qu’il m’en coûtait. Jamais je ne t’abandonnerais.


    immarcescible, Posté le samedi 21 mai 2022 14:22 Répondre

    Cette double vie commençait à prendre un rythme. Garrett passait beaucoup plus de temps au « travail » qu’avec Effie. En effet, il monopolisait toute son attention sur les rendez-vous secrets qu’il avait avec son amante, son amour, Anya. Totalement désintéressé de sa compagne officielle et de cet enfant qu’elle portait, il ne remarquait pas que l’évolution de grossesse d’Effie était étrange. Non, il était redevenu un adolescent avec des secrets où toutes les rencontres avec Anya se terminaient toujours avec une passion fébrile. Néanmoins, même si ces instants étaient d’une douceur certaine, il n’en restait pas moins que l’anniversaire des cacahuètes risquerait d’être un moment compliqué et peu agréable à passer.

    Toute sa famille avait pardonné à Anya ce qui faisait littéralement rager Effie. Malgré toutes ses précautions à être la compagne parfaite, tous préférait l’ex-femme. Son plan diabolique à vouloir caser sa rivale pendant l’anniversaire des jumelles était entrain d’échouer et prenait une nouvelle dimension avec le remballage de la brune sur l’un de ses prétendants. Garrett les avaient vu d’un oeil noir s’approcher d’elle quand Effie jubilait. Alors, lorsque la brune prit la décision ferme de les renvoyer chier, il utilisa cette opportunité.

    Garrett lâcha la main de Effie et se dirigea les sourcils froncés en colère vers Anya :

    - Je te prierais de rester courtoise quand tu es ici bon sang.

    Puis, voyant que la brune allait répliquer avec verve, il la stoppa en prenant son poignet pour éviter une dispute en pleine fête. Effie souriait, fière de voir que Garrett allait recadrer Anya. Elle insista pour que la fête reprenne et la musique sonna de nouveau. Charlie jouait avec les nouvelles nourrices des Cacahuètes qui embrassaient les chiots.

    Sans ménagement, Garrett poussa Anya dans le petit garage et ferma la porte derrière lui. La colère ne quittait pas ses traits et tant qu’il ne fut pas certain que personne les suivait, il continuait de jouer le jeu. La soulevant aisément, il la posa sur l’établi un rire sur les lèvres. Il lui offrait un baiser langoureux, passionné comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis des siècles. Lorsqu’il eut le souffle coupé, il laissa son sourire s’épanouir sur ses traits tirés. Ses mains caressaient ses cheveux, son cou, sa nuque, son dos.

    - Tu sais que ce jean moule ton derrière à la perfection ? J’arrête pas d’imaginer ma langue et mes dents venir goûter à ton cul.. Tu sais me rendre fou Blackbird..

    Ils jouaient à se chercher l’un et l’autre et il était difficile de ne pas céder à cette tentation. Mais ils devaient rester sage, c’était trop dangereux de faire l’amour ici alors que tout le monde était à côté, alors que Effie pouvait surgir à n’importe quel moment. Son front posé contre le sien, il lui demandait :

    - Je te rejoindrais cette nuit après avoir déposé les cacahuètes chez toi. Ce sera plus simple que tu me laisses une clé, ça évitera de les réveiller.. J’ai exceptionnellement autorisé Charlie à aller à un concert ce soir. Toute une nuit, toi et moi. J’ai si hâte..

    Leurs moments volés était précieux. Garrett se sentait revivre en posant son regard bleu azur sur Anya. Elle le remplissait d’un bonheur qu’elle ne semblait pas voir et pourtant. Lentement, il du se défaire d’elle non sans avoir embrassé une fois encore ses lèvres :

    - Pour la maison je pense qu’elle est vendue. Un charmant couple avec trois enfants l’ont aimé. La femme est tombée amoureuse de la petite verrière.. Je me suis dis que c’était une maison parfaite pour eux, non ?

    Au loin, il entendait les pas de quelqu’un qui tournait en rond. Cela ne pouvait être que Effie. Il se décala de Anya par peur que la métisse les surprenne et vint reprendre son masque de colère et de frustration. Assez éloigné d’elle, il soupira en croisant les bras. Au même moment, Effie entra avec un air faussement désolée :

    - Gary.. Désolée de vous déranger mais.. mais les jumelles t’attendent pour le dessert. On va souffler les bougies.
    - Nous arrivons, répondit-il fermement, tu peux fermer la porte merci.

    Elle la ferma la porte mais elle n’était pas dupe. Bien entendu qu’elle avait compris le petit jeu de son compagnon. Il suffisait de voir le visage rougi de sa rivale et ses lèvres gonflées pour savoir qu’ils se voyaient toujours en cachette. Jamais Garrett n’avait autant travaillé depuis son retour. Vite, elle devait trouver une solution et vite agir.

    Le reste de la journée se passa somme toute dans la bonne humeur. Le blond était trop heureux de savoir que sa soirée serait toute aussi parfaite et sensuelle que les dernières semaines. Un semblant de normalité dans un quotidien fracturé. Comme convenu, il emmena les cacahuètes chez Anya avec Charlie. Il devait ensuite déposer cette dernière à son concert et retourner au « travail ». Il fit une légère halte à l’italien qu’Anya aimait tant pour lui apporter ses pizzas préférées. Rien de transcendant, c’était ce qu’il avait toujours aimé chez elle. La normalité, la simplicité. Cela lui pris du temps mais lorsqu’il arriva chez elle, il reçu un coup de téléphone de l’hôpital.

    Surpris, il resta dans la voiture pour répondre. La nouvelle le sidéra. Sans attendre un instant, il se rendit en vitesse jusqu’à l’hôpital pour se rendre au chevet d’Effie qui venait de perdre l’enfant qu’elle portait. Toute l’inquiétude de Garrett se concentra sur la jeune femme, si bien qu’il n’eut pas le temps de prévenir Anya de son absence. En arrivant, il trouva Effie en soin qui pleurait. Empathique, il se posa près d’elle et posa sa main sur la sienne :

    - Qu’est-ce.. Qu’est-ce qui c’est passé…?
    - Oh.. Oh.. Oh Garrett.. J’ai.. Elle.. Mon dieu.. Je ne voulais pas.. J’ai.. J'ai vraiment essayé mais.. mais elle m'a agressé..

    Elle pleurait, elle pleurait. Patient, Garrett attendait qu’elle reprenne ses esprits quand elle tentait vainement de reprendre son souffle. Au bout d’un moment, il passa sa main sur sa joue pour lui assurer de son soutien :

    - Anya.. C’est elle.. Elle m’a poussé.. Elle.. Ne veut pas que tu sois à moi.. Garrett.. J’ai si peur d’elle.. Elle a.. Elle a tué notre bébé..

    La police était sur le pas de la porte et avait déjà pris la déposition de Effie. Ils attendaient celle de Garett qui n'arrivait pas à comprendre ce qui c'était passé et encore moins cette histoire. Il se demandait où était Anya et quelle était la vérité.


    immarcescible, Posté le jeudi 19 mai 2022 22:59 Répondre

    Elle parlait, parlait et jamais il ne l’interrompit. Impossible. Il était bien trop heureux de la voir aussi vive et pleine de projets. Non pas pour elle, mais pour eux. Malgré la situation qui paraissait chaotique, ils avaient encore un avenir ensemble. C’était ça le moteur de Garrett. Savoir qu’Anya lui laissait encore une chance. Cette impatience qu’il avait de pouvoir la toucher, la contempler était le signe d’un manque profond. Celui de cette vie qu’ils avaient construite et qui lui manquait. Sa conscience devait lui rappeler à chaque fois qu’ils étaient en sursis mais ce n’était pas grave, il s’accrochait encore à ce menu espoir, surtout en la voyant assise à califourchon sur lui.

    - De quoi je rêve ? Oh.. Et bien.. Je veux juste continuer à voir cet éclat dans ton regard. Je veux tout ce que tu voudras. Je te veux toi Anya Siminiov. Je suis un vieil homme qui ne rêve que de cette jolie nymphette.

    Il était d’un naturel romantique et doux avec elle. Comment ne pas l’être quand elle était sa muse, celle qui l’inspirait encore et toujours. Ses lèvres déposaient de tendre et sensuel baisers au creux de son cou et sur le haut de son décolleté :

    - Je veux me réveiller auprès de toi chaque jours.. Voir les cacahuètes grandir contre toi.. T’emmener sur notre île, en Egypte, en Ecosse, en France, n’importe où dans le monde.. Je veux te faire l’amour sans avoir à me cacher.. Je veux te voir heureuse.

    Lentement, il avait retiré la veste qu’elle portait. Ses doigts caressaient sa peau avec une douceur certaine, quand son bassin jouait sous le sien. Il est vrai que la vente de la maison du lac lui faisait du mal. Mais il ne voulait pas se formaliser. Le passé était passé, ils devaient avancer désormais et oublier, peut-être, certaines pièces de leur histoire. Le renouveau, toujours chercher le renouveau. Pendant que ses mains retirait le haut qu’elle portait, il ne pu s’empêcher de sourire. Elle n’avait pas mis de soutien-gorge.

    - Bonjour, vous.

    Bien sûr, il s’adressait à cette poitrine dont les pointes dressées le saluait. Sa langue en faisant le contour quand ses doigts jouaient avec l’autre. Il aimait l’entendre ronronner de la sorte. Il aimait savoir qu’il lui faisait encore et cet effet si fou. Si la veille ils avaient fait l’amour sauvagement, qu’il s’agissait même d’une baise intense, là, il voulait prendre son temps. Il voulait lui donner le plaisir tendre et sensuel qu’ils savaient se donner autrefois. Ses mains venaient caresser son dos jusqu’à descendre sur ses fesses qu’il pressait. Son bassin jouait toujours contre le sien.

    - Je ne t’ai pas dis que j’étais fier de toi mon amour, mais je le suis tu sais. Je suis heureux de voir que tu veux toujours de moi dans ta vie et que tu.. et que tu m’aimes encore un peu..


    immarcescible, Posté le mercredi 18 mai 2022 15:56 Répondre

    En se regardant dans la glace, Garrett sut qu’il devait être vigilant. Les nombreuses marques laissées par Anya sur son corps en était une preuve évidente. Fort heureusement, l’intimité sexuelle avec Effie n’était pas ce qui caractérisait le plus leur relation. Non pas qu’il n’ai pas apprécié ces moments là mais.. mais disons qu’elle était tellement rigide qu’il avait eu du mal à lier quelque chose avec elle. C’était une certitude, il s’était rapproché de la jeune femme juste parce qu’elle s’occupait bien des enfants et de la maison. La culpabilité, sentiment maître chez Garrett, lui lançait en pleine face par moment. Il était un être abominable.

    Lorsque sa compagne arriva enfin de sa chasse à la Garrett, il venait de remettre un t-shirt. Tout de suite, il vit qu’elle était mécontente d’autant plus que son ton était froid mais placide. Le rappel de l’anniversaire des jumelles résonna dans son esprit avec l’affirmation d’Anya. Plus jamais elle ne reviendrait dans leur maison. En même temps, il la comprenait. Lui aussi aurait fuit.

    - Nous ne ferons pas l’anniversaire des jumelles ici. On ira dans la maison de Maggie à Greenwich. D’ailleurs, je vais vendre la maison du lac.
    - Mais ? Cette maison ? Mais enfin.. Garrett.. Tu l’aimes tellement !
    - Ce n’est pas agréable pour Anya de revenir ici. Cette maison je l’avais construite pour elle. Il y a eu tant d’histoires que je ne peux pas la garder.
    - Oh.. Dans ce cas en effet..

    Il ne répondait pas à la jeune femme préférant descendre pour se servir un verre. Effie le suivait et en venait à lui parler de cette histoire d’intimité. Elle était soudainement heureuse de savoir qu’il allait vendre la maison qui regorgeait de tant de souvenirs. Il avait l’air de passer enfin à autre chose. Heureusement qu’il était dos à elle et qu’il ne voyait pas son air contrarié. Se servant un verre de whisky comme l’avait fait Anya devant sa rivale, il vint boire cul sec :

    - Ecoute.. Je n’ai jamais été sexe avec Anya lors de ses grossesses.. Ça.. Ça me perturbe beaucoup trop de savoir que tu as.. que notre enfant se trouve en toi pendant que je te..
    - Pendant que nous faisons l’amour Garrett.

    Un bien grand mot pour la jeune femme mais rien du tout pour lui. Il savait qu’il devait temporiser mais il ne voulait pas non plus lui mentir. La soirée était tendue mais ça évita surtout au blond de ne pas feindre l’attachement. Il passa la plus grande partie de sa soirée dans son atelier, les cacahuètes l’observant bricoler.

    Au petit matin, les vieilles habitudes reprirent. Consciencieux et très attentif à tout, il fit en sorte de ne pas contacter Anya. Il lui avait dit qu’il lui ferait signe pour le lieu de rendez-vous et pour ça, il se servit de cette vieille technique qu’ils avaient déjà quand ils étaient jeunes. Envoyant l’air de rien un message à Charlie qui lui semblerait sans aucun doute incompréhensible, il s’agissait en vrai d’un message codé pour Anya.

    - Je crois que papa a bu.. Aussitôt ce matin ? Franchement il craint.. Ça du être tendu hier soir avec Effie. Ecoute ce qu’il a écrit. Ou alors il a fait un AVC..

    Elle se mit à réciter à voix haute le message qu’il avait effectivement envoyé :

    - 17-3, 32-19, 29-6, 45-8, 79-1. Qu’est-ce que ça veut dire ?

    La jeune fille ne semblait rien connaître des messages codés de ses parents. En vérité, il s’agissait de rattacher au texte d’un livre des codes pour que l’autre trouve les mots à utiliser. Anya devait reprendre Frankenstein, qui était le grand livre de leur histoire et y chercher le troisième mot à la page dix-sept et ainsi de suite. Plus précisément, le message était celui-ci « Retrouve moi Hôtel Plume, midi ». L’hôtel Plume était l’un des établissements qui appartenait à sa famille. Là où ils avaient déjà eu des rendez-vous crapuleux. Garrett se doutait bien que Effie allait le surveiller. Il avait bien vu comme elle le regardait depuis le retour de son ex-compagne. Il ne voulait prendre aucun risque pour Anya, aussi, le jeu qu’ils allaient jouer devait rester discret.

    Comme convenu, il se rendit donc le midi à l’hôtel en passant par la porte de service. Enregistré sous une fausse identité, celle de Henry Clerval, il monta dans la chambre réservée. Il observait le lieu avec une certaine anxiété. Et si jamais elle ne venait pas ? Il avait ramené les papiers de vente pour la maison du lac. Il n’avait aucune idée de comment elle allait réagir lorsqu’il lui annoncerait la nouvelle. Garrett avait prévu de partager l’argent en deux et surtout de lui laisser suffisamment d’argent pour qu’elle puisse vivre comme elle le souhaitait.

    Enfin on toqua et il se rua sur la porte. Elle était là, si belle, les yeux rayonnant. Incapable d’attendre plus longtemps, il l’attrapa en embrassant fougueusement ses lèvres. Son corps se blottissait contre le sien quand sa main fermait sèchement la porte contre laquelle il plaqua Anya :

    - Tu as déchiffré le code.. J’avais peur que tu ne te souviennes plus..


    immarcescible, Posté le mardi 17 mai 2022 17:40 Répondre

    Le moment complicité entre les blackbird venait d’être découvert. Charlie protestait contre ses parents. En même temps, n’avaient-ils pas promis de se tenir éloigné l’un de l’autre ? Tout le monde devait s’en douter et le pire c’était qu’Effie allait arriver dans peu de temps pour s’en assurer. La jeune fille pestait, en leur rappelant qu’ils ne savaient décemment pas se tenir :

    - Sérieusement papa, dit-elle en montrant du doigt l’état de l’appartement, à croire que vous êtes des animaux. Tu as vu l’état de l’appartement maman ? Je commence à ranger et toi papa tu pars de suite avant qu’Effie n’arrive.

    C’est qu’elle allait jouer les entremetteuses le Petit Pois. Garrett ne perdit pas un instant et se rhabilla en hâte malgré les boutons de sa veste militaire décapité. Anya le regardait avec une déception certaine quand lui-même se détestait de partir après ce moment si particulier. Finissant de reboutonner son pantalon, il ne pu se retenir de plaquer de nouveau son ex-femme contre le mur. Son corps pressé contre le sien, il remontait la serviette qu’elle gardait autour d’elle pour caresser sa cuisse nue. Ses lèvres embrassaient les siennes dans un élan de passion qui faisait accroître une fois de plus son excitation :

    - C’est toi.. Juste toi Anya.. Il n’y a que sur toi que mes mains.. mes lèvres et mes yeux se posent. Juste toi et moi.. Je te le jure.

    C’était la réponse à la question qu’elle lui avait posé quelques temps plus tôt. Il l’embrassait de nouveau, lappant ses lèvres avant d’entendre Charlie grogner après lui puisqu’il tardait.

    - Demain.. Retrouve-moi.. Dis que tu viendras me retrouver..

    Il y avait quelque chose qui lui rappelait le lycée en effet. Le fait de voir Anya en secret, les yeux brillant d’une passion incontrôlable et d’un interdit excitant. Garrett ne pouvait s’empêcher de lui sourire, confiant, taquin. Ses doigts caressaient toujours l’intérieur de sa cuisse cherchant à la faire plier. La serviette tombait de nouveau. Ils avaient si peu de temps mais il s’en fichait. Il jouait avec le feu. Ses doigts caressaient de nouveau son intimité quand ses lèvres enveloppait sa pointe durcie. Ô oui, il la cherchait.

    - Dis le mon amour..

    Mais les pas d’Effie dans le couloir se faisait entendre. Il devait partir. Charlie ouvrit la porte, il l’entendait et cela activa encore plus de peur et d’excitation. Anya murmurait enfin les mots tant attendu, ce qui le satisfaisait. Léchant ses doigts, il souriait satisfait du goût de son amante avant de passer par la fenêtre tel un adolescent pris sur le fait. Il se retourna une dernière fois et murmura un « je t’aime », quelle seule pouvait entendre. Puis, il longea le mur extérieur avant de descendre d’un étage pour reprendre le couloir. Ni vu, ni connu. Le seul indice que Effie pourrait avoir, ce serait les marques sur le corps d’Anya et l’état entre ses cuisses.

    - Quoi ?? Non ! Mon père n’est pas ici Effie. Pourquoi crois-tu ça ?
    - Charlie s’il te plaît, ne couvre pas ton père et ses frasques. Je sais qu’il est ici. Où se trouve Anya ?
    - Ma mère prend sa douche actuellement, je te sers quelque chose ?
    - Bien sûr. Je vais l’attendre.

    Effie regardait d’un oeil neutre l’intérieur de l’appartement d’Anya qu’elle trouvait dépouillé. Il est vrai qu’il n’y avait aucune photos, aucun signe prouvant l’implication ou l’emménagement définitif de la Siminiov. Cela l’inquiétait un peu et la rassurait à la fois. Soit Anya avait prévu de revenir dans la vie de Garrett ou de partir définitivement. Dans tous les cas, elle devait la pousser à concrétiser le fameux départ définitif.

    Assise sur le canapé, elle s’étonna d’y trouver un string en dentelle déchiré. Elle le cacha derrière l’oreiller tout en restant assise de manière rigide. Charlie revenait avec un verre d’eau frais que la métisse posa près d’elle. Elle la remercia du bout des lèvres et rappela à l’adolescente qu’elle avait des devoirs.

    - Oui je sais. Je vais m’y mettre d’ailleurs.

    Charlie quittait la pièce principale pour se rendre dans la chambre de sa mère qui finissait de s’habiller. Elle avait encore les joues rougies et le regard pétillant de quelqu’un qui avait un secret. L’adolescente murmura :

    - Effie est là derrière. Elle t’attends pour parler. Reste calme maman s’il te plaît.. Pas de bêtises.

    La brune métisse attendait patiemment. Elle n’avait pas touché à son verre d’eau. Lorsqu’enfin arriva sa rivale, elle se sentie mal à l’aise. Anya avait sur ce regard une froideur qui l’impressionnait toujours. Reprenant ses esprits, elle se leva et serra son sac entre ses mains :

    - Nous vous attendions pour la remise de médaille de Garrett. Il était déçu de ne pas vous y voir.

    Voyant que la slave ne réagissait pas et se servait quelque chose à boire, Effie comprit qu’elle devait faire le premier pas. C’est avec peu d’assurance qu’elle continua donc son récit :

    - Ecoutez.. Je.. Je comprends que vous soyez choqué pour la grossesse mais ce n’était pas prémédité. Garrett aura toujours de l’affection pour vous je le sais. Je ne cherche même pas à me battre contre ça. Je vous demande juste de me laisser l’opportunité de le rendre heureux. Je sais que je peux y arriver. Nous.. Nous étions heureux et nous pouvons encore l’être. Mais vous devez nous en laisser la chance. Je vous en prie Anya..


    immarcescible, Posté le lundi 16 mai 2022 16:09 Répondre

    Le corps fourbu par le plaisir de Garrett tenait fermement celui d’Anya. Ses bras l’enlaçait quand son visage se blottissait contre les seins brulant et luisant de la jeune femme. Son souffle était saccadé et il transpirait beaucoup. Jamais encore il n’avait pris son ex-femme de la sorte. La pièce était étrangement silencieuse après cette dernière demi-heure intense. Ils pouvaient entendre les voisins protester en tapant encore contre les murs.

    Garrett souriait en coin, comme satisfait. Tout le voisinage saurait désormais qu’elle lui appartient et inversement. Relevant son visage vers la brune, il embrassa son cou avant d’y lécher sensuellement sa peau moite. Les mots tant attendu d’Anya résonnaient dans son esprit. Ils faisaient vibrer son coeur d’un espoir certain. Pourtant, le souvenir de cette Effie enceinte posait problème dans la suite de leur histoire.

    - Je ne rêve que de ça Anya. Je ne vais pas te mentir, dit-il en ayant repris son souffle, quoi que je ne t’ai jamais mentis mais je comptais quitter Effie lorsque les relations avec Charlie et les cacahuètes se seraient arrangées.

    Il avouait honteux ne se servir d’Effie uniquement que pour les enfants. Il n’avait pensé qu’au bien être des enfants en délaissant son propre besoin d’Anya et inversement. Sa joue, son nez et ses lèvres caressaient la peau si soyeuse d’Anya. Ils restèrent un long moment sur cette chaise à se cajoler. La douceur était revenue, les mots doux aussi :

    - Tu m’obsèdes depuis toujours mon amour. Je n’aime pas que tu puisses croire que je me sois servi de toi ou que je n’ai pas mal vécu la vie sans toi. Mon coeur a été anéanti quand tu m’as donné ces papiers. J’ai cru mourir quand tu es partie sans même un regard. C’est mal ce que je vais dire mais.. mais oui.. une part de moi voulait se venger en concrétisant avec Effie quelque chose qui n’avait jamais eu de sens.

    Ses yeux la contemplaient quand ses lèvres se reposaient une autre fois sur les siennes dans un baiser tendre et léger. Ils avaient tous les deux récupéré une respiration plus douce. Sans effort, Garrett se leva sans se défaire de la jolie brune accrochée à sa nuque. Il se dirigea vers la chambre et la déposa sur le lit, lui sur elle. Ses mains continuaient de la caresser lorsque, lentement, il s’enfonçait de nouveau en elle.

    - Anya.. Je t’aime.. Tu n’es pas mon objet.. Tu es mon amour.. Ma femme.. Mon éternel..

    Son front posé contre le sien, il l’embrassait avec toute sa tendresse et sa douceur. C’était si doux qu’il avait envie d’en pleurer. Il se contenait car ce n’était pas le moment. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher de repenser au regard noir de la brune lui annonçant qu’il y avait quelqu’un d’autre et qu’elle le quittait :

    - Je n’ai jamais pu vivre sans toi.. Tu es mon paradis.. Tu m’as éjecté avec une telle violence.. Ô Anya.. Anya.. Mon amour..

    Unis une nouvelle fois, ils trouvèrent l’un et l’autre le plaisir dans un moment nettement plus sensuel. Définitivement épuisé, il vint s’écrouler sur elle, sa joue humide à cause de ses larmes était plaquée contre son cou.

    - Je ne demande qu’à te retrouver.. Je me sens pris au piège.. Incapable de savoir quoi faire. C’est la première fois de ma vie que je ne sais pas.. Je suis perdu Anya.

    Ses doigts caressaient distraitement le corps nu et frémissant de son amante qu’il couvrait d’un regard amoureux. Lorsqu’il se redressa sur un coude, il caressa sa joue. Ce qu’elle était belle avec ses cheveux épars sur l’oreiller. Il avait l’impression de la redécouvrir.

    - Tout ce que je sais c’est que je t’aime toujours et qu’il n’y a qu’avec toi que je me sens complet. Tu me crois, n’est-ce pas ?

    Il était important pour lui qu'elle sache, qu'elle soit certaine de lui. Jamais ils ne s'étaient mentis jusqu'à ce qu'elle le quitte. Certes, il y avait la contrainte de Katarina. Mais pour Garrett il était difficile de pouvoir refaire confiance à Anya qui ne lui avait laissé aucun signe prouvant encore de son attachement. La voyant silencieuse, réfléchissant, il vint s'allonger sur le côté, sur le dos. Regardant le plafond, il soupira de nouveau :

    - J'aurais tout enduré si tu m'avais laissé un signe. Une miette de signe Anya. J'étais persuadée que tu ne m'aimais plus. J'étais complètement tétanisé par cette douleur.. Tu dois me croire quand je te dis que je t'aime parce que je ne t'ai jamais menti et que jamais je n'ai prémédité un enfant avec Effie. Jamais. Mais.. Mais maintenant que cet enfant est là je ne peux pas l'ignorer. Je.. Je dois assumer, tu comprends ? Je ne me vois pas l'abandonner. Il ou elle n'a rien demandé.


    immarcescible, Posté le lundi 16 mai 2022 16:06 Répondre

    Playlist pour la réponse :
    https://www.youtube.com/watch?v=Icto7r-6ggk
    https://www.youtube.com/watch?v=DXDyJ1fsaQw
    https://www.youtube.com/watch?v=SOeTTQXLAbo
    https://www.youtube.com/watch?v=tQSU5nn76hM
    https://www.youtube.com/watch?v=f1f10Y7eiIk
    https://www.youtube.com/watch?v=3CKFIFNmo6w


    immarcescible, Posté le samedi 14 mai 2022 13:33 Répondre

    C’était la deuxième fois qu’ils se jetaient l’un sur l’autre de la sorte. Une sorte de colère et de brutalité sauvage les dominaient et les faisaient redevenir des animaux. Garrett ne réagissait pas à cette Anya qui ne faisait que de hurler et de jeter toutes ses affaires. Il avait l’impression d’être fou. Oui, fou. Quand elle lui hurlait toutes les choses qu’elle ressentait, il ne pensait qu’à une chose, la prendre à même le sol. Aussi, lorsqu’elle se mit à se dandiner sur lui de la sorte et qu’elle déchira avec véhémence son uniforme, il ne pu refuser « l’invitation ». Sans douceur, sans préambule, il arracha d’une main puissante le bas de culotte qu’elle portait. Ses doigts venaient sans préliminaire en elle.

    - Tu es brûlante, murmurait-il en faisant bouger ses doigts en elle, c’est ce connard qui t’as excité ou c’est le fait de me faire bander qui te rends comme ça Siminiov ?

    Il était mesquin, il le savait. Mais autant qu’ils s’aimaient passionnément, sur le moment, ils se détestaient de ressentir toutes ces émotions incontrôlables. C’était le mot, incontrôlable. Pendant que les doigts de Garrett s’épanouissaient en Anya, son pouce appuyaient sans ménagement son clitoris. Sa bouche chaude et humide aspirait son mamelon jusqu’à en venir mordre sa pointe durcie.

    Incapable de parler. Incapable de se contrôler. Une bête furieuse émergeaient chez Garrett Hedlund, la même que lorsqu’il l’avait suivi à l’hôtel. Lorsqu’il la sentie suffisamment fébrile, il retira ses doigts et la laissa faire tomber son pantalon sur ses chevilles. Toujours assis sur le canapé et elle au dessus de lui, il la laissa se pénétrer dans un mouvement puissant qui fit claquer leurs bassins. Garrett grognait de plaisir en enfouissant son visage dans les seins de son amante en agrippant son dos. Il devait reprendre son souffle, car l’excitation était telle, qu’il allait jouir derechef.

    Mais il sut se contrôler et en voyant Anya le chevaucher avec tant de fougue attisa encore plus son désir. Il entendait à nouveau ses mots, il l’entendait encore lui dire de prouver son amour, sa possession. Sans la prévenir alors, il vint l’allonger à même le sol. Allongé sur elle, il la laissa retirer sa veste d’uniforme et son t-shirt. Enfin nu sur elle, il déchira à son tour le soutien-gorge qu’elle portait en agrippant son sein qu’il massait :

    - Tu te rends compte de ce que tu me fais ? Hein, Anya.. Tu me rends fou.. Fou..

    En effet, il la pénétrait de nouveau, brutalement, intensément. Ses mains venaient agripper celles de la brune au dessus de sa tête pour que leurs bassins jouent uniquement ensemble. Son regard d’un bleu brillant s’accrochait au sien d’un noir intense. Les lèvres entrouvertes, il gémissait quand son bassin claquait contre le sien avec une puissance et une rapidité déconcertante.

    - Putain.. Je vais te baiser.. Je vais te prendre Anya.. Je ne vais pas te lâcher tu m’entends ? T’es à moi.. A.. A personne d’autres.. Je tuerais le gars qui te toucheras.. Oh bordel.. Crie-le que tu es à moi.. Crie que tu es à moi !

    Il embrassait de nouveau ses lèvres, les lappaient, les mordaient. C’était divin, malgré le léger goût de sang mêlés qu’ils partageaient de leurs lèvres tant mordues. Ses genoux brulaient sur le sol mais il s’en fichait, il voulait la conduire là où elle l’avait ordonné et lorsqu’il vit le moment de plaisir envahir ses traits, il s’arrêta, comme pour la punir. Il jouait de la frustration qu’il lui donnait et sans la prévenir, vint simplement la retourner sur le ventre. Soulevant son petit cul qu’il mordait et claquait sans ménagement, il se redressa et la pénétra de nouveau :

    - C’est ça que tu veux Anya ? Ma queue n’est qu’à toi putain.. Mon corps.. Mon coeur.. Idiote !

    La colère accumulée de toutes ces semaines sans nouvelles, la frustration et la jalousie le poussait à être toujours aussi violent et virulent. Il n’avait aucune idée de comment ça allait se terminer mais il avait besoin de la posséder, de lui prouver qu’il n’y avait qu’elle encore et encore. Ses mains claquaient son cul sans douceur quand il la prenait avec toujours autant d’ardeur. Il la sentait si trempée qu’il glissait fréquemment d’elle. Son autre main pinçait ses seins. Bordel qu’il aimerait avoir plus de mains encore. Mais l’électricité de son bas ventre venait et il se sentait sur le point de ne plus tenir. Ô oui, elle l’avait conduit à un niveau de plaisir tel qu’il ne pourrait pas s’en remettre. Agrippant sa crinière, il la redressa contre lui et buta en elle encore et encore sans s’arrêter même lorsqu’il jouissait en elle. Ses dents mordaient son cou avec fermeté comme pour laisser sur son corps la marque encore parfaite de son passage en elle.

    Ses deux mains tenaient ses seins qu’il massait quand lentement, il cessa sa sauvagerie sexuelle et qu’il s’écroula avec elle sur le sol. Il ronronnait, essoufflé, perdu mais heureux. Emboités l’un contre l’autre, il prenait le temps de comprendre ce qui c’était passé et l’impulsivité sexuelle qui les avaient guidés à se comporter de la sorte. Haletant, transpirant, il lécha la nuque et le cou de sa bien aimée en répliquant d’une voix rauque et basse :

    - Reprend des forces rapidement. J’ai bien l’intention de te prendre toute la nuit comme ça si il le faut Blackbird. Je vais couvrir tout ton corps de la marque de mes mains, de mes dents. Tu es à moi, je suis à toi. Dis-le.

    Mais elle ne répondait pas. Il se glissa donc sur le côté et fit en sorte de la prendre contre lui en posant ses deux mains sur son visage. Il l'embrassait avec passion, ardeur et désir. Oui, il la désirait encore malgré la baise phénoménale qu'ils venaient d'avoir. Ses doigts quittèrent une fois de plus son visage pour caresser ses seins qu'il taquinait puis son ventre, ses hanches, ses fesses. Il était doux, prévenant quand sa langue s'enroulait autour de la sienne. Puis, cette fameuse main baladeuse se perdit une fois de plus sur son bouton de plaisir. Mordant son cou, son menton, il murmurait de sa voix de velours envoûtante :

    - Tout ça c'est à moi Anya.. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu m'obsèdes.. Parce que je t'aime comme un fou.. Parce que je ne peux pas vivre si tu n'es pas là.. Je ne peux pas vivre si tu n'es pas contre moi.. Je serais capable de tuer l'homme qui posera ses mains sur toi.. Je le tuerais juste pour avoir posé ses yeux sur toi.. Tu es mon amour.. Ma vie.. Mon souffle.. Mon âme.. Tu es à moi.. Dis-le.. Dis-le que tu es à moi comme je suis à toi.. Dis-le mon amour..


    immarcescible, Posté le jeudi 12 mai 2022 22:05 Répondre

    Le fameux pressentiment qu'il avait eu toute la soirée s'était finalement réalisé. L'Anya explosive avait déboulé dans la salle à manger, détruite à cause de la nouvelle d'Effie. Garrett resta un moment dehors à regarder le fameux pick-up partir dans la nuit. Il n'avait aucune envie de rentrer. Aucune envie d'affronter Effie et cette fameuse nouvelle. Non, terrible nouvelle. Descendant discrètement jusqu'au petit hangar où se trouvait son bateau, il chercha dans sa boîte secrète un paquet de cigarettes. Fort heureusement, il y en restait. Il en alluma une qu'il fuma rapidement avant d'en rallumer une autre aussitôt. C'était beaucoup trop dans une vie, pour un seul homme se disait-il.

    Complètement perdu, déboussolé entre son sexe qui retombait comme un soufflé suite aux caresses imprévues et insolentes d'Anya et la fameuse déclaration. Si il était resté avec Effie c'était pour les filles, pas pour construire une famille avec elle. Imaginer un enfant avec elle c'était poser sur du papier qu'ils étaient liés. Or, il ne voulait aucun lien particulier avec la jeune femme. Il se trouvait terriblement égoïste de penser ça, mais il l'avait toujours prévenu. Jamais il ne s'investirait émotionnellement auprès d'elle.

    L'impression de revivre la fameuse annonce de Elena, lorsqu'elle attendait Jasmine, lui revint. C'était impossible qu'elle puisse être enceinte. Ils n'avaient pas eu de rapports depuis le retour en vie de Pasha et cela faisait désormais un mois et demi. Perplexe, il venait de finir sa troisième cigarette avant de remonter jusqu'à la maison. Pour la première fois de sa vie, il avançait à reculons vers ce lieu qui avait tant été son refuge.

    Ils passèrent la soirée à discuter. Garrett avait été clair au sujet de la grossesse et sur le fait qu'il ne voulait plus d'enfants. Il ne comprenait donc pas qu'Effie n'ai pas été plus vigilante. Suite à cela, elle se mit à pleurer ce qui agaça le blond toujours gêné par ce genre de comportement. Il cessa donc d'en parler, trop épuisé et préféra aller se coucher. Cette nuit-là, il refit des cauchemars. Les yeux noirs et puissant d'Anya le poursuivait quand des femmes, sortes de harpies lui coupaient le sexe et que Effie observait en riant, satisfaite.

    Au petit matin, il avait une tête abominable. Effie s'était occupée des Cacahuètes, il n'avait plus qu'à partir au travail en les emmenant au passage pour la crèche. Lorsque ce fut fait, il tenta de se concentrer sur le travail pour ne pas avoir à penser à la soirée de la veille. Ses collègues le félicitaient pour sa médaille et il les remerciaient. Le midi, il mangea seul un petit sandwich pris au food truck du bas. Puis, il rentra pour travailler sur des codes à traduire. Vers 16h, il avait finis tout ce qu'il avait à faire et il décida d'aller simplement se balader pour prendre l'air. Le soleil lui manquait.

    A Central Park, tous les enfants jouaient. Le soleil était vraiment éblouissant. C'était un vrai contraste avec son humeur. Venant s'asseoir sous un chêne, il se mit à repenser à la fameuse nouvelle et la seule solution qui lui venait était très simple et claire. Non pas qu'elle lui convienne, mais il se devait d'être le plus juste possible. Après son tour dans le parc, il tenta d'appeler Anya une fois, deux fois, trois fois. Il laissa un message vocal :

    - C'est moi, dit-il avant de soupirer, je suis en bas de chez toi je.. Ecoute je sais que tu es en colère.. Je sais que tu m'en veux mais.. mais je n'ai jamais rien prémédité avec Effie. Je.. Je tombe des nues. Je n'avais pas l'intention d'être père de nouveau à cinquante-deux ans Anya. Rappelle-moi s'il te plaît.. J'ai besoin d'en discuter avec toi.. Rappelle-moi..

    Il attendit en bas de chez elle deux heures mais elle ne rappela pas. Las, il décida de rentrer jusqu'au chalet. Effie tricotait dans le salon alors que les cacahuètes jouaient dans le parc à ses côtés. Elle avait tous les atouts pour être une mère équilibrée et sereine. Il n'aurait même pas à s'occuper de cet enfant dans le quotidien. Il craignait de lui donner cet ultimatum. Il craignait qu'elle pleure. Debout devant l'entrée, il attendait encore un peu avant de la rejoindre à l'intérieur. Il tenta une nouvelle fois de joindre Anya, en vain. Sans lancer de messages, il finit par rentrer en se résignant à accepter l'épreuve qui se profilait devant lui.

    Deux semaines étaient passées depuis la fameuse soirée incident. Entre temps, Jasmine était arrivée d'Ecosse avec Helios et Clive plus heureux que jamais. Charlie dormait toujours sa mère mais déjeunait tous les jours avec son père, quand à Pasha, il se plaisait vraiment dans sa petite vie vigneronne à Napa avec les Blondies. Les Cavill étaient encore en Norvège pour les recherches de Q'Orianka, mais cette dernière avait appelé tous les jours Anya selon les dires de Charlie.

    - Elle ne veut pas te parler papa, soupirait-elle alors qu'il la déposait devant l'immeuble où elle vivait avec sa mère.
    - Je ne veux pas que tu joues au pigeon voyageur Charlie. Est-ce que tu peux juste lui dire que demain je serais au parc avec les cacahuètes ? Elles réclament ta mère.
    - Bien, bien, je lui dirais. Mais je ne te promets rien. Elle est beaucoup trop fâchée encore.
    - Est-ce que vous serez là pour ma remise de prix dimanche ?
    - Je viendrais..
    - Tu as demandé à ta mère ? Qu'est-ce qu'elle à répondu ?
    - Crois-moi tu ne veux pas entendre ces mots dans ma bouche papa.

    Charlie n'avait pas tort. Il savait parfaitement ce que son ex-femme était capable de dire. Soupirant, il rentrait à la maison où l'attendait Jasmine et son petit-fils. La soirée fut douce et agréable. La fin du repas vint enfin et il pu se réfugier au hangar pour bricoler sur le bateau. Jasmine le rejoignait et elle lui montrait fièrement deux bières et un peu de "Marie-Jeanne" ce qui fit hausser les sourcils de son père :

    - Franchement papa.. Je ne suis plus un bébé. Et c'est thérapeutique.

    Ils riaient ensemble et se mirent à fumer et boire tranquillement. Garrett avait ouvert le toit du hangar pour profiter du ciel étoilé. Loin de la ville et de la pollution, ils avaient une vue dégagé du reste de l'espace qui était grandiose. Expirant la fumée lentement, il passa le fameux joint à sa fille qui lui demandait :

    - Tu crois que maman viendra te voir dimanche ?
    - Je ne sais pas.. J'espère.
    - Tu veux quitter Effie n'est-ce pas ?
    - Qu'est-ce que tu racontes ?
    - Arrête.. On sait tous que tu as maman dans la peau. Vous avez été incapable d'être séparé lors de ta "résurrection". Tu es sûre d'ailleurs que Effie est bien enceinte ?
    - Tu as vu son ventre ?
    - Oui mais..
    - Jazz, stop s'il te plaît. Ça fait des semaines que j'essaie de joindre ta mère et qu'elle refuse de me parler. Je ne peux pas la forcer. Effie est enceinte soit, et bien je vais assumer voilà tout. Mais ça ne changera rien à ce que je ressens pour ta mère.
    - Tu vas assumer ce bébé comme tu m'as assumer ?
    - Jasmine, répondait-il en soupirant, tu sais pertinemment que ce n'est pas la même chose.

    Elle taquinait son père mais son but était surtout de découvrir les vraies raisons d'Effie à vouloir garder son père près d'elle. Dès le lendemain, lors de son brunch avec sa mère, elle lui en parla :

    - Tu sais que papa n'a fait aucune séance chez le gynécologue avec elle ? Elle refuse net en disant que c'est gênant. Mon pauvre papa.. Obligé d'encore pouponner. Il reste avec elle uniquement pour cet enfant, sinon il l'aurait déjà quitté pour te retrouver. Il est tout le temps entrain de parler de toi. Il veut tout savoir. Quoi que.. Avec son travail, je suis persuadée qu'il t'as déjà pisté.

    Il eut la cérémonie mais pas d'Anya. Garrett était fou de rage. Il en voulait à la jeune femme de lui en vouloir. C'était vraiment un cercle vicieux. Quittant la réception qu'avait organisé Effie, il se rendit sans rien dire à qui que ce soit chez la première intéressée. Il ne supportait plus ce silence surtout que les enfants ne lui disaient rien de bien intéressant. Sans prendre de gants et se laissant contrôler par son impulsivité, il détourna le code d'accès de la résidence et rentra jusqu'à trouver l'appartement d'Anya. Une fois devant la porte, il tambourina vivement jusqu'à ce qu'un homme passe la tête. Sa colère et sa jalousie se retrouvèrent démultiplié puissance dix. Encore en costume, imposant et fraîchement rasé et coiffé, il agrippa le col de ce petit merdeux à moitié nu qui se trouvait chez Anya. Il le plaquait contre le mur en lui demandant qui il était et ce qu'il faisait là :

    - Je.. Je.. Je suis.. Je suis le plombier et le voisin.. Madame Simioniov.. Elle.. Elle m'a appelé pour.. pour la douche..
    - Et pourquoi t'es à poils connard ?

    Au même moment, Anya sortait de la chambre visiblement perplexe et surprise. Garrett l'ignora et préféra jeter dehors le fameux voisin avant de claquer violemment la porte derrière lui. Se retournant furieux vers la brune, il revint à elle, incapable de se maîtriser :

    - Alors tu ne veux pas me parler mais par contre tu te tapes le petit voisin du dessous c'est ça ? Putain mais tu veux me rendre fou en fait ? Tu crois que tu peux venir avec ta petite robe rouge avec tes escarpins si haut, poser ton pieds sur mon sexe et m'aguicher avant de me repousser ? Je croyais que tu allais te battre pour moi mais non.. Encore une fois madame fuit ! Alors c'est ça que tu aimes ? Les petits connard de merde avec qui tu rejoues des scènes pornos des années quatre-vingt ?

    ô oui, il était fou furieux. Dans un dessin animé, il aurait eu de a fumée qui serait sortie de ses narines. Mais là, c'était surtout ses yeux qui lançaient des éclairs, sa mâchoire était serrée et ses poings tendu. Elle le regardait sans réagir avec ce léger sourire sur les lèvres comme si elle se délectait de sa souffrance, de sa fureur.

    - Tu veux me rendre fou.. Je suis sûr que c'est ça..


    immarcescible, Posté le jeudi 12 mai 2022 09:17 Répondre

    Garrett n’était pas dupe. Effie l’avait suivi et il n’avait pas apprécié sa manière de faire. Encore moins celle d’inviter Anya sans lui parler. Non pas qu’il n’appréciait pas l’idée de la revoir, mais il estimait qu’il était peut-être un petit peu tôt encore pour lui infliger la vue de cette famille recomposée dans la maison qu’il avait construite pour eux, pour elle. Oui, il ronchonnait et s’était renfermé sur lui-même. En rentrant dans l’après-midi, elle l’avait suivi des yeux comme pour qu’il avoue ses sentiments envers son ex-femme mais si Anya savait bien une chose qu’Effie ignorait encore, quand Garrett ne voulait pas parler, il était une vraie coquille. Plus on force à vouloir l’ouvrir, plus en se renferme.

    Dans la chambre des cacahuètes, il s’occupait d’elle un peu avant que la brune arrive. Il était nerveux, il n’allait pas le nier. Anya avait toujours été son refuge, son centre à lui. L’investir auprès d’Effie était concrétiser encore plus leur rupture. Il n’avait plus aucun moyen de fuir désormais. Du moins, il ne voyait plus aucune issue.

    Il l’entendit arriver alors qu’il finissait d’habiller les cacahuètes de leurs pyjama préféré. Il se constituait de motifs dinosaures pour Ella et de petit oiseaux pour Bird. Les deux têtes blondes dans ses bras, il eut un temps d’arrêt dans les escaliers en contemplant le menu parfaitement sublimé de son ex-femme dans cette robe d’un rouge éclatant. A quoi jouait-elle ? Elle savait à quel point il aimait voir ses jambes si judicieusement galbée dans des talons haut. Prenant une ample inspiration, il cherchait le moyen d’annuler cette soirée mais c’était impossible.

    En voyant arriver les jumelles, il la vit reposer le fameux verre de whisky que lui avait proposé Effie. Il laissa les filles se jeter sur leur maman et alla rapidement se servir à son tour un verre qu’il bu cul sec puis un deuxième. Il devait calmer ses nerfs mais il lui était impossible de fumer ici. Effie l’en avait interdit.

    - J’espère que vous avez fait bonne route, dit-il l’air nonchalant en revenant vers Anya, Charlie est vraiment heureuse de passer du temps avec toi. Ça faisait un moment que je ne l’avais pas vu sourire de la sorte.

    Charlie était à l’étage entrain de préparer ses affaires. Garrett en profitait pour proposer à Anya de monter les jumelles pour le coucher. Le lendemain il devait se lever tôt pour les emmener à la crèche et elles étaient fatiguée de leur journée chez ses parents. Prenant Ella qui gesticulait dans tous les sens et qu’il arrivait à tenir contre lui, il laissait Bird câliner sa mère :

    - Je garde Ella. Ce serait dommage qu’elle déchire le peu de tissu que tu as déjà.

    Ils se souriaient l’un et l’autre complice, cette flamme particulière dans le regard. Elle avait compris et elle savait pertinemment ce qu’elle faisait en mettant une telle robe. Si cela ravissait l’imaginaire de Garrett, il n’en restait pas moins qu’il en était encore plus frustré. Cette robe allait le hanter. Ils arrivèrent dans leur ancienne chambre qui avait été aménagée pour les cacahuètes. Il y avait largement assez d’espace pour leur permettre d’avoir un coin jeu. Il posa Ella dans le lit mais elle se releva vite en fronçant les sourcils mécontente. Elle aussi voulait faire la sieste. Bird refusait de lâcher sa mère. Elle restait accrochée au décolleté de sa robe en lui faisant les yeux doux.

    - Le moment du coucher avec ces deux terreurs est compliqué. Parfois je reste près d’elle le temps qu’elles s’endorment. Je leur lis des histoires ou je leur chante des chansons. Bird adore ça.

    Il sortait un livre d’enfant et se posait sur le rebord de la fenêtre près des berceaux des filles. La comptine parlait d’une maman oiseau qui cherchait ses petits disparus. Garrett expliquait que c’était leur histoire préférée. Concentrées sur la voix douce et basse de leur père, elles s’endormirent rapidement en tendant l’une et l’autre la main de leur mère. On sentait le besoin viscéral qu’elles avaient d’être proche d’elle. Une fois qu’elles eurent un sommeil profond, il referma le livre et le posa à côté de lui.

    Son regard officiait à contempler la ligne sensuelle de ces jambes remontant à ce petit cul bien cambré dont il avait tant aimé mordre la peau tendue. Il se perdait dans ses pensées. Vite, il devait se reprendre pour ne pas faire n’importe quoi. Se relevant rapidement, il chassa ses idées en tentant de paraître normal surtout qu’Effie appelait en bas pour prévenir que le repas était prêt.

    - Je t’en prie, murmurait-il à Anya désolé, soit sympa avec le plat qu’elle a fait. Elle s’est donné beaucoup de mal pour essayer de t’impressionner.

    C’était peut-être mal avisé de la part de Garrett de demander ça à Anya, mais il savait qu’elle pouvait être froide et cassante. Surtout dans une telle situation. Effie n’était pas une bonne cuisinière mais elle mettait toujours beaucoup d’ardeur dans ce qu’elle faisait, alors le blond était toujours gentil pour ne pas la froisser. Il avait toujours peur de la voir se mettre à pleurer tellement elle était fragile. Ils descendirent et retrouvèrent une Charlie qui dessinait sur sa tablette.

    - Un cadeau de mon père pour son anniversaire, dit-il, tu sais à quel point je suis vieux jeu mais lui aime la nouvelle technologie et veut « initier » les enfants.

    Ils s’installèrent l’un en face de l’autre. Bon sang, ce que c’était déroutant. Effie était toute fière d’elle. Elle retira le couvercle du plat où mijotaient une sorte de ragoût de boeuf un peu particulier. Garrett et Charlie se donnèrent un regard et mordaient l’intérieur de leur joue pour ne pas rire. La jeune fille était près de sa mère et profita que sa belle-mère soit retournée en cuisine pour lui murmurer :

    - Promet-moi qu’après on ira manger un burger.

    Cela fit froncer les sourcils de Garrett qui jalousait les filles à ce moment précis. Mais Effie revenait avec sa fameuse louche et servie tout le monde avec générosité. Ils mangeaient dans le silence, cherchant sans doute à absorber le plat étrange qui leur avait été servi :

    - Garry, cela te plaît ?
    - Mh.. Disons qu’il est assez rare de manger de tels plats. C’est toujours.. Toujours surprenant et insolite à la fois.
    - Grave. Par contre, demandait Charlie, tu as rajouté quelque chose par rapport à la dernière fois, non ?
    - En effet. Je me suis dis que de la muscade donnerait un meilleur goût.

    Le silence reprenait de nouveau et c’était gênant. Effie posait une main sur la cuisse de Garrett, chose qu’elle n’avait jamais fait jusqu’à présent. Il bougeait de sorte à ce qu’elle la retire sans qu’il ai besoin de la repousser, mais elle persistait et ça l’embarassait.

    - Je vais chercher du vin je reviens, dit-il.

    Pendant ce temps, Charlie racontait à sa mère qu’elle essayait de convaincre son père de l’autoriser à partir au festival du Burnin’ Man dans le désert d’Arizona. Mais c’était compliqué pour lui d’accepter, déjà pour son jeune âge et parce qu’elle irait seule :

    - Tu ne peux pas m’aider à le convaincre ? Je sais parfaitement me débrouiller toute seule et ce serait pour moi l’occasion de passer trois jours avec des gens qui sont comme moi. De l’art, des expériences sans avoir peur d’être jugée.
    - Charlotte tu sais très bien que ton père ne veut pas qu’il t’arrive quelque chose. Ce sont des gens quand même très spéciaux qui font ce genre de festival et.. et les drogues. Non pas que nous n’ayons pas confiance en toi mais peut-être que l’année prochaine ce serait mieux pour toi. Tu serais plus grande et plus mature.
    - Je ne vois pas en quoi la maturité à voir là-dedans Effie. Quand mes parents se sont rencontrés ma mère avait quasiment mon âge et pourtant elle était très mûre et savait parfaitement ce qu’elle faisait et ce qu’elle voulait. Et puis m’appelle pas Charlotte ! C’est Charlie mon prénom !

    Effie soupirait en levant les yeux au ciel. Elle semblait vraiment investie dans l’éducation que tentait de mettre en place Garrett et même si Charlie l’appréciait beaucoup, il n’en restait pas moins qu’elle ne supportait qu’elle se comporte comme sa mère. Surtout que cette dernière était désormais de retour. Garrett revenait dans la salle à manger et était surpris de voir Charlie les sourcils froncés. Sa barbe était pleine de miettes de chips qu’il avait mangé discrètement mais qu’il, encore une fois, oublié de retirer.

    - Oula.. Charlie a évoqué le Burnin’ Man. Je me trompe ?
    - Mais papa ! Franchement ! Je ne te demande jamais rien pourquoi tu refuses ça ?
    - Parce que tu es trop jeune pour aller à de tels évènements toute seule.
    - Donc parce que je n’ai pas d’amis je ne dois pas pouvoir expérimenter et vivre ?
    - Je n’ai pas dis ça mais tu dois comprendre que nous avons aussi besoin d’être rassuré. Surtout avec le passif de notre famille, je ne te laisserais pas partir dans le désert trois jours sans aucune nouvelles. Sauf si tu veux que je t’accompagne avec une escouade.

    Il souriait fier de lui suite à sa proposition qui faisait littéralement rager Charlie. Garrett servait du vin à tout le monde mais ne comprenait pas le regard noir de Effie près de lui. Les chips, maudites chips se dit-il en voyant Anya lui faire signe.


    immarcescible, Posté le mardi 10 mai 2022 20:16 Répondre

    Anya avait réussit. Non pas que Garrett en eut douté, mais parce qu’il savait Charlie difficile à convaincre. Surtout qu’elle s’était persuadée de tout un tas de choses depuis la disparition de sa mère. Silencieux, il regardait les Cacahuètes goûter aux bouts de pizza qu’il leur donnait quand Charlie montrait quelques un de ses carnets à dessin à sa mère. Elle était entrain d’élaborer des peintures monumentales censées exprimer l’angoisse existentielle. Vaste sujet qui semblait la passionner. C’était si bon de revoir Anya auprès d’eux. Garrett se sentait complet. Un léger sourire ornait ses lippes quand il finissait sa bière.

    Personne ne semblait avoir envie de partir. Ils étaient les derniers dans le restaurant quand leur serveur préféré s’excusa de les jeter dehors. Pour s’excuser, Garrett laissa un généreux pourboire. Pour plus de commoditées, il avait récupéré la poussette dans la voiture et avait mis les cacahuètes dedans. Ils marchaient a pas lent jusqu’au fameux appartement d’Anya. En effet, Garrett n’avait pas envie de partir. Il le comprit quand il faisait tout pour faire durer la soirée jusqu’à ce que Charlie soupire en levant les yeux au ciel exaspérée :

    - Papa.. les jumelles dorment.. tu ne crois pas qu’il est temps de rentrer à la maison ?

    Mais comment expliquer à Charlie que sa maison c’était Anya ?

    Garrett tentait de se reprendre surtout qu’il voyait les prunelles de la brune le fixer avec cette même ardeur qu’elle avait autrefois. Sa conscience lui rappela qu’il y avait Effie à la maison en effet et c’est là qu’il se rendit compte qu’il n’avait pas pensé à elle de toute la journée. Culpabilisant, il se reprit et vint enlacer sa fille avant d’embrasser son front. Mais arrivé à Anya, il hésita. Comment embrasser la femme qu’il aimait toujours et qu’il avait pourtant repoussé. Il tentait toujours de se persuader que c’était une bonne chose mais plus il essayait et moins il était certain de sa décision. Sauf qu’en parler revenait à confirmer ce que disait Charlie plus tôt. Non, ils devaient être des amis et ne plus partir.

    Se penchant vers Anya, il vint simplement prendre son poignet pour y déposer un innocent baiser. Ça avait toujours été leur code, leur lien particulier et il ne voulait pas qu’elle l’oublie. Égoïste qu’il est.

    Charlie était rassurée de voir son père enfin partir. Même si elle en voulait toujours autant à sa mère, elle allait l’avoir rien que pour elle toute une nuit. Blottie contre elle, elle lui parlait de Kisos, de l’école, des autres, de son mal être et de la peinture. Elle redevenait toujours sa petite fille lorsqu’elle était dans ses bras.

    Pendant ce temps, Garrett rentrait de mauvais coeur jusqu’à la maison du lac. Pourtant, Effie l’attendait. Patiente et souriante. Elle avait tout de la ferme au foyer parfaite. Le blond ne se rendait pas compte qu’il était grognon, ce qui fit craindre la jeune femme que ça c’était mal passé. Elle posa tout un tas de question qu’il élucidait. Parler de cette merveilleuse soirée c’était trahir la bulle qu’ils avait créés avec Anya.

    - Charlie dors chez Anya. Ça été explosif au début mais.. mais elles ont réussit à parler.
    - Tu aurais voulu rester avec elles ?
    - Comment ça, demandait-il surpris, c’est Charlie qui est restée avec sa mère. Pas moi Effie.
    - Pourquoi es-tu agressif comme ça ?
    - Je ne suis pas agressif !

    Sa voix s’était élevée sans qu’il la contrôle. S’en rendant compte, il soupira. Il se sentait coupable de ne pas ressentir les mêmes sentiments qu’Effie. Il n’y avait qu’Anya et malgré toutes ces années passées il retomberait encore dans ses bras. Comme un adolescent il replongerait juste pour elle. Il finissait de coucher les cacahuètes et retourna vers Effie qui s’était couchée. À cause des souvenirs il s’était arrangé à transformer son bureau comme nouvelle chambre et celle qu’il occupait avec Anya était devenue celle des jumelles. Couché près de Effie, il s’excusa en l’enlaçant. Et comme toujours, elle l’excusa et l’embrassa comme s’il s’agissait d’un enfant. Avant de le laisser s’endormir.

    Le lendemain, Garrett était debout de bonne heure. Son sport fait, il nourrissait les jumelles avant de les emmener à la crèche tout en ayant Pasha au téléphone. Ça rassurait le blond de l’avoir tous les matins. C’était devenue leur petite routine. C’est là que Pasha eut l’idée géniale de proposer à Anya de revenir travailler sur le domaine. Après avoir déposé les filles dans leur crèche, il se rendit au bas de l’immeuble d’Anya et sonna.

    - C’est moi Garrett. Je connais un petit café pas très loin.. ça te tente ?

    Il l’attendait en bas préférant ne pas monter. La chair était faible et surtout celle de Garrett lorsqu’il s’agissait d’Anya. En voyant la brune arriver il offrit un doux sourire en jetant sa cigarette. Charlie était déjà partie a l’école et lui-même séchait le travail :

    - Je suis assez flexible.. enfin les horaires. D’ailleurs, j’ai reçu une nouvelle médaille. Celle de Général. Il y aura une remise en fin de semaine, tu voudrais venir ? Tout le monde sera là.

    Il l’entraîna jusqu’au petit café et commanda quatre muffins ainsi qu’un thé et un café pour la brune. Installés l’un en face de l’autre il lui parla de la proposition de Pasha :

    - Je ne suis pas d’accord avec la manière dont tu m’as rendu l’argent. C’est autant le tien que le mien. J’ai appelé le notaire et mon avocat, la moitié t’as été transféré ce matin même. Les vignobles sont ta passion.. je n’ai pas oublié cette étincelle dans ton regard quand tu rentrais le soir. Tu aimais ça.. Pasha n’attends que toi. Tu lui as transmis cette passion de la terre.

    Craignant qu’elle pense qu’il veuille qu’elle parte, il la rassura aussitôt en finissant d’engloutir son premier muffin :

    - Je te suivrais avec les filles pour que tu ne sois pas loin d’elles. Peut-être que Charlie restera a NY mais les cacahuètes et moi on te suivra. Je peux travailler de n’importe où ce ne sont que des traductions après tout. Et la base de Ph½nix serait heureuse de me retrouver, je pourrais y faire des essais d’armes et jouer a l’instructeur avec les nouvelles recrues.

    Il parlait d’eux mais n’incluait pas Effie. C’était involontaire de sa part mais restait une belle bourde quand même. La voyant songeuse, il se pencha lentement vers elle comme pour tenter de la sonder :

    - Ça va ? Comment ça c’est passé avec Petit Pois ?


    immarcescible, Posté le lundi 09 mai 2022 21:23 Répondre

    Le moment tant craint arrivait. Garrett avait naïvement cru que dans un endroit public Charlie aurait minimisé sa réaction, mais c’était mal la connaître. Elle était à fleur de peau et comme sa mère, impulsive. Rapidement elle se mit à dire toutes les choses les plus affreuses qui le faisait encore culpabiliser et elle savait parfaitement comment s’en servir. Rien d’étonnant venant d’une ado qui cherchait à faire autant de mal qu’elle pouvait avoir elle-même mal. Posant Bird sur le petit plaid qu’il avait amené, il posait rapidement sa main sur l’épaule d’Anya, fermement, pour lui faire comprendre qu’elle devait rester :

    - Charlie ça suffit. Nous avons traversé une année compliquée mais tu dois parler avec ta mère. Elle a tout un tas de choses à te dire.. tu as un tas de choses à lui dire.
    - Non ! Non ! Je n’ai plus rien à dire à cette traînée qui est partie avec un autre homme. Elle nous a tous abandonné papa !
    - Charlie, dit-il sur un ton très froid et sec, n’insulte pas ta mère. Tu ne sais rien de ce qui l’a poussé à partir. Alors tu vas l’écouter.

    Voyant qu’Anya allait une fois de plus protester pour partir, il vint fermement agripper son poignet pour l’en empêcher. Au fond, il savait que ça allait faire mal et que Charlie n’allait pas être tendre mais ils devaient crever cet abcès coûte que coûte. Il savait que la jeune fille avait plus que besoin de sa mère.

    - Vous me faites pitié tous les deux, disait-elle en criant et pleurant, je vous déteste. A croire que vous êtes incapables d’aimer sans faire souffrir. Là vous faites les gentils amis mais on sait tous que dans un mois tu te remettras à coucher avec elle. Pauvre Effie, si elle savait sur qui elle est tombée.
    - Laisse notre couple en dehors de tout ça Charlotte !
    - Mais tu veux que je lui dise quoi ? Que je lui en veut ? Elle le sait déjà au vu de sa tête. Que ma mère m’a abandonné quand j’avais le plus besoin d’elle ? Que je voulais mourir plutôt que de vivre sans elle ? Que.. que… qu’elle n’avait pas le droit de partir ! Tu n’avais pas le droit de me laisser sans nouvelles, hurlait-elle malgré les passants, tu n’avais pas le droit de m’éjecter comme si je n’étais rien maman. Mais vous ne comprenez rien de toute façon. Tous ceux que j’aime disparaissent. Ils trouvent toujours un autre endroit où ils sont plus heureux. Sans moi. Si je n’avais pas été là, vous n’auriez pas été ensemble et jamais vous n’auriez subis tout ce que vous avez subis. Vous ne comprenez pas que je suis la cause de tous vos problèmes ? Maman va maintenant dire qu’elle a voulu nous protéger c’est ça ? Donc que c’est de ma faute. Tu vois.. tout est lié.

    Elle faisait enfin une pause. Garrett l’écoutait, imperturbable mais sans pour autant étouffer sa peine. Sa main serrait fort celle d’Anya comme pour y trouver le courage nécessaire d’aider leur fille. Elle souffrait, persuadée d’être le poison de leur existence. Comment en étaient-ils arrivés là, se demandait-Il.

    - Charlie, dit-il avec douceur, tu..
    - Non arrête de vouloir faire celui qui écoute et comprends. Tu as bien décidé de rayer maman de ta vie. Pourquoi pas moi ?
    - Je ne l’ai pas rayé et elle est ta mère. Elle a besoin de toi autant que tu as besoin d’elle.
    - C’est faux. Je ne veux plus jamais vous revoir. Plus jamais !

    Telle une adolescente, elle décida de s’enfuir en courant en direction du parc. Garrett grognait qu’elle faisait souvent ça à la maison du lac et qu’elle pouvait partir plusieurs jours sans revenir. Les cacahuètes s’étaient approché du sac à goûter de Garrett et dévoraient les biscuits au chocolat. Il soupirait en se penchant sur elles pour les nettoyer rapidement avant de jeter un ½il à Anya. Il voyait la douleur de la jeune femme sur ses traits. Charlie était une parfaite reproduction de la Anya lycéenne qu’il avait lui-meme connu. Mais il ne pouvait pas l’aider de la même manière. Peut-être, le pourrait-elle. Les cacahuètes nettoyée et posée avec un livre, il rapprocha de la brune en caressant sa nuque. C’était instinctif il n’y pouvait rien :

    - Pour ce qu’elle a dit.. je.. c’est pas pour le défendre mais.. mais j’étais saoul ce jour là. C’est elle qui m’a nettoyé de mon vomi. J’ai honte.. très honte de moi. Pardonne-moi.

    L’épisode de sa beuverie s’était en effet terminée dans la pire des catastrophes. Il avait réveillé Charlie qui était venue épauler son père blessé à la tête en tombant. La maladie et l’alcool n’avait pas fait bon ménage et il ne se souvenait que de très peu de choses, hormi les yeux bleus larmoyant de sa fille qui essayait de le réveiller. Il avait honte, terriblement honte d’avoir été aussi minable.

    - Mais je t’en prie, ne la lâche pas. Tu es la seule à pouvoir la sortir de là et de la comprendre. Tu as bien vu sa détresse..? C’est la même que la tienne à son âge. Je suis désolé. Sincèrement.


    immarcescible, Posté le lundi 09 mai 2022 10:50 Répondre

    De toute sa vie Garrett a eu à deux reprises les deux choix les plus difficiles de son existence. La première ce fut de faire croire à sa famille qu’il était mort et la seconde, ne pas rentrer avec Anya à la maison. Il s’était interdit de se retourner de peur de faire demi-tour et de briser toutes ses promesses, comme il s’était interdit de lui envoyer des messages grâce au numéro trouvé dans sa poche. Il devait lui laisser le temps nécessaire pour qu’elle puisse revenir. Lorsqu’il reçu le premier message, son c½ur battit encore plus vite. Même à distance elle arrivait à le rendre aussi nerveux. Il fut convenu d’un rendez-vous et il en parla à Effie qui semblait accueillir la nouvelle sans trop de douleur :

    - Il s’agit de leur mère Garrett. Tu n’as pas à te justifier de quoi que ce soit, jamais je ne m’imposerais.
    - Merci Effie.

    Oui, il la remerciait de sa bienveillance. Le jour J, il sentait par message la nervosité de son ex-femme par sms. Il tentait bien malgré tout de la calmer et lui proposa de la rencontrer plus tôt. Effie avait habillée Bird d’une jolie petite fleur à marguerite et Ella d’une salopette rappelant celle que Garrett portait pour travailler sur le voilier. Pour faire plaisir à Anya, il avait acheté aux deux cacahuètes des médaillons avec des oiseaux représentant leur mère. Elles les portaient autour du cou maintenues par une chaîne dorée. Elles les adoraient.

    Cette journée était douce malgré le soleil dégagé. Garrett était un peu nerveux a l’idée de revoir Anya. Comment allait-Il se comporter ? Comment l’aborder ? Ella voulait absolument marcher quand Bird se reposait dans les bras de son père. La petite terreur qui tenait sa main galopait rapidement à son côté ce qui le faisait sourire. Toute la matinée il avait prévenu les filles qu’ils iraient voir leur maman. Mais elles ne semblaient pas comprendre. Pourtant, lorsqu’ils arrivèrent près du grand chêne où Anya faisait les cent pas, Ella tendit son bras et son doigt vers la brune :

    - Ma ! Ma !
    - Oui, c’est maman terreur.

    Il souriait, rassuré en suivant comme il pouvait la petite blonde qui voulait avancer plus vite. Elle était très en avance comparé à Bird qui aimait se laisser encore porter. Une fois à la hauteur de Anya, Ella vint s’approcher de sa mère en tapotant ses mains :

    - Doucement Ella, sois douce.. excuse-la, elle ne maîtrise pas bien sa force. C’est une mini-hulk, dit-il dans un rire.

    Ella est d’une curiosité fascinante. Rapidement, elle se blottie contre sa mère et tapote délicatement ses joues. Ses grand yeux bleu l’observe fascinée. Sans doute la reconnaît-elle et reconnaît sa voix. Bird est plus méfiante. Garrett s’asseoit dans l’herbe près de Anya et Ella, quand la petite dernière se cache contre son père :

    - Bird est d’une timidité maladive. Elle ne parle pas vraiment mais chante tout le temps.. Mais ça va venir ne t’en fais pas.

    Il essayait à tout prix de rassurer Anya qui semblait ne pas oser toucher les filles. De peur de les casser sans doute. Garrett était patient et venait avec douceur prendre Bird sur ses genoux quand cette dernière observait sa s½ur dire bonjour à leur mère qu’elle essayait de reconnaître. Mordillant son médaillon avec les petites dents qui poussaient, elle chantonnait quand Ella babillait tout un tas de choses comme lorsque Charlie était un bébé :

    - Charlie est à son cours de peinture. Elle nous rejoindra dans la soirée.. j’ai.. je ne lui ai pas dis que tu seras là.. elle.. elle a beaucoup changé.. du moins.. c’est une lycéenne qui me rappelle étrangement quelqu’un donc attend-toi a de l’explosion.


    immarcescible, Posté le dimanche 08 mai 2022 21:20 Répondre

    Kkk Il avait l’impression que ça faisait une éternité qu’il ne s’était pas endormi aussi vite. Le parfum d’Anya l’avait enivré. Ses caresses complètement déstabilisé. Les yeux clos, il humait encore l’odeur de sa peau qui avait toujours eu cette particularité. Pourtant, quelques minutes plus tard, c’est le froid du lit qui l’éveilla. Sursautant, il ouvrit les yeux sur le côté du lit vide ce qui fit naître une nouvelle fois ses angoisses. Où était Anya ? L’avait-elle de nouveau quitté ? Il allait se lever pour partir à sa recherche quand il l’entendît parler dans la salle de bain. A qui s’adressait-elle ? Non pas qu’il voulait l’espionner mais avec toutes ces années il avait appris à toujours se méfier de tout et de tout le monde. Malheureusement, il en était venu à se méfier aussi d’elle désormais. Il n’entendait pas clairement ce qu’elle disait, mais elle parlait seule. Cette image le fit frissonner. C’était la même que celle d’Elena avant qu’elle ne vrille totalement.

    Sans un mot, ils retournèrent au lit. Il l’avait enlacé mais gardait un ½il sur elle. C’était compliqué de savoir quoi faire dans de telles circonstances. Surtout qu’il ne savait pas comment aborder l’épisode de la salle de bain où elle parlait à elle-même. Aurait-elle développer des troubles pendant sa captivité ? Ce serait tellement compréhensible. Mais comment l’aider ? Surtout que maintenant elle évoquait Effie. Pourquoi parler d’elle alors qu’ils venaient de se retrouver et de faire passionnément l’amour ? Cherchait-elle a le torturer ? A se faire du mal ? Il avait comme l’impression qu’elle le poussait à faire ce choix là aussi. Le choix d’une autre pour ne pas tout détruire une nouvelle fois.

    Mais il se devait de l’écouter jusqu’au bout. Elle avait des questions, des doutes qu’il devait lui éclairer. Il avait toujours été honnête avec elle. Des secrets, mais jamais de mensongers. Ils se l’étaient toujours promis :

    - Il n’y a absolument rien à comparer. Tu es et tu resteras éternellement mon grand amour Anya tu.. tu es l’amour de ma vie. La mère de nos enfants. Celle qui m’a tout donné et pour qui je donnerais tout. C’est pour ça que je suis là encore aujourd’hui. Parce que.. parce que je ne peux pas vivre une vie si tu n’es pas là.

    Mais ça ne semblait pas lui suffire. Et il le comprenait. Après tout, il y avait du vrai dans ce qu’elle lui reprochait et il lui devait maintenant la vérité :

    - Je n’aime pas Effie. J’aime juste sa manière de s’occuper des filles. J’aime avoir confiance en elle, savoir que je n’ai pas à me battre avec elle. En fait.. c’est simple. J’ai pas besoin de réfléchir parce qu’elle anticipe tout. Quand.. quand tu es partie j’ai voulu mourir Anya. La leucémie me ravageait le corps quand ton absence avait détruit mon âme. J’étais déjà mort. Mais elle m’a aidé à réapprendre à me faire confiance, elle a maintenu notre famille Anya. Elle nous a sauvé alors qu’elle ne nous devait rien. Charlie commençait à mal tourner et les jumelles étaient ingérables. Je ne savais pas quoi faire. Effie a été là pour nous quatre. C’est.. c’est horrible ce que je vais dire mais.. mais j’aime qu’elle s’occupe avec tant d’attentions de nos enfants. C’est tout. Ça ne remplit mon coeur, ça ne remplit pas mes désirs d’homme.

    Il voyait bien qu’il charcutait son c½ur. Il savait bien qu’il la heurtait. Ses propres mots le détruisait lui-même. Il la retenait de force contre lui avant de prendre son visage entre ses mais et plonger ses iris dans les siens :

    - Oui, je vais aller la rejoindre mais pas pour ce que tu crois. C’est pour les filles que je le fais car elles ont besoin de stabilité. Charlie est dans un état très grave Anya elle.. elle.. elle a fait une tentative de suicide il y a quelques mois de ça..

    Il voyait le visage de Anya se fermer. Il craignait cette réaction. Alors, vite, il chercha à reprendre son visage et son corps contre lui pour la calmer. La culpabilité se lisait sur ses traits et il devait tenter de la canaliser, lui faire comprendre que tout n’était pas de sa faute et qu’elle allait mieux désormais :

    - Kisos à rencontré une fille, Maggie est morte, tu as disparu. Elle était au bout du rouleau.. c’était juste un appel au secours Anya.. juste un appel.. c’est Effie qui l’a empêché de prendre les cachets et qui l’a fait vomir. C’est pour ça qu’elles sont proches. Et c’est pour ça que je veux protéger nos enfants en restant avec elle. Mais tu dois revenir Anya. Elles ont besoin de toi.. Ella est une vraie tortionnaire quand Bird chante à merveille.. Charlie a été exposée dans une galerie et Jasmine.. oh bébé.. Jazzy est une maman si formidable.. tu as le droit de me haïr mais ne les rejettent pas eux. Je t’en prie.. Anya.. regarde-moi.. C’est toi, ce sera toujours toi mais.. mais on doit penser aux enfants..


    immarcescible, Posté le dimanche 08 mai 2022 18:13 Répondre

    Etait-ce le lieu ? Le moment ? Le manque ? Garrett n'en n'avait aucune idée. Il était ébloui et étourdi par le parfum si capiteux de la belle Anya sur lui. Ses nombreux baisers comme ses mains le faisait frissonner. Sous son contact, il se sentait revivre. Il en aurait pleuré si il n'avait pas été aussi fier. Enfouissant son visage dans le cou de la jeune femme, il humait encore et encore son parfum quand ses lèvres goûtait à sa peau.

    ⁃ J'aime tout ton corps Anya.. Je l'aime parce qu'il enveloppe ton âme, murmurait-il en réponse à la jeune femme avant de relever son visage face au sien pour embrasser de nouveau ses lèvres fiévreusement, je resterais éternellement étourdi par toi Little Blackbird.

    Ce doux surnom qu'il lui avait donné depuis le début. Lentement, il venait l'allonger sur le côté du lit et vint se poster face à elle. Certes, il l'a désirait ardemment, mais il voulait prendre le temps de la redécouvrir, de la caresser, lui redonner confiance en son désir. Lui prouver qu'il l'aimait toujours autant. Mais c'était si compliqué à dire. Lentement donc, il retira le soutien-gorge qui entravait ses seins. Enfin libérés, il se pencha sur ces deux précieuses rondeurs qu'il caressait délicatement. Ses lèvres les embrassaient les dévoraient sensuellement. Il aimait la sentir si fébrile sous ses caresses.

    Avec pudeur et douceur, il descendit ses lèvres là où les tatouages avaient été effacés et y déposa de tendre baisers toujours en murmurant :

    ⁃ Elle n'aurait jamais pu réussir à nous séparer Anya.. Malgré tout ça je suis ton éternel serviteur.. Ton adorateur.. L'amour de ma vie..

    Il avait vraiment envie de pleurer en voyant tout ce qu'elle avait subie. Il imaginait très bien les nombreuses procédures de Katarina. Lui-même avait été torture par les russes pendant des années. Il descendit par la suite le long de son ventre et y déposa de nouveau des baisers. Sa main caressait l'intérieur de ses cuisses quand ses dents vinrent agripper son dessous de dentelle qu'il retira. Nue sous lui, il la contemplait avec des yeux brillant. Elle était si belle ainsi, les cheveux défait, le regard étincelant de désir. Il en frissonnait et murmurait en bulgare des mots doux pour éveiller les doux souvenirs de la jeune femme.

    Ses lèvres s'appliquaient à lui donner des baisers. La peau de sa cuisse toujours si douce quand son parfum l'embaumait de nouveau. Sa langue faisait le contour sensuel et prononcé de son bouton comme pour la redécouvrir et dévoiler chez elle cette Anya qui se dissimulait bien profond. Il la contemplait, elle gesticulait en gémissant ce qui le poussait à maintenir fermement ses hanches de ses mains fermes. Ô oui, il la désirait si ardemment désormais. Son sexe était fièrement dressé contre le tissu de son boxer. Il n'allait pas pouvoir attendre longtemps et ce fut elle qui lui donna le signal en poussant ce cri de plaisir si particulier qu'elle seule avait toujours.

    La sentant détendue, prête, il vint s'allonger sur elle sans cesser de l'embrasser. C'était comme si ses lèvres étaient aimantées à sa peau. Pressant son bassin Na contre le sien, il jouait à faire danser son membre dressé contre celui de la jolie brune.

    ⁃ Mon amour.. Ma vie.. Mon corps et mon âme ne vivent que pour toi.. Bon sang..

    Murmurait-il en finissant par se plonger en elle. Cambré, il fermait les yeux un instant en posant son front contre le sien. Ses doigts agrippaient fermement sa crinière quand ses lèvres s'en trouvaient contre les siennes.

    ⁃ Anya.. Bon sang.. Touche-moi je t'en supplie..

    Une nouvelle fois, les deux Blackbird se redécouvraient dans un lieu qui avait accueillit tant de première fois. C'était le berceau de leur amour, le grand lieu de reunion, de toutes leurs premières fois. Garrett se revoyait vingt ans en arrière et sentait encore et encore cette passion l'envahir. Anya n'avait pas que bouleverse sa vie, elle l'avait marqué au fer rouge pour l'éternité.


    immarcescible, Posté le dimanche 08 mai 2022 15:15 Répondre

    Le récit d'Anya sur cette longue année contenait les cauchemars les plus obscènes que Garrett avait eu en mémoire tout ce temps. Or, la figure d'un autre homme qui avait accompagné la brune, s'évanouissait enfin. Mais si il avait été soulagé de la savoir célibataire, il ne pouvait s'empêcher d'avoir mal pour elle. Katarina avait parfaitement réussie sa grande entreprise. Anya était redevenue la même boule d'angoisse que lorsqu'elle était adolescente ce qui poussait le blond a vouloir encore une fois la sauver. Jamais il ne cesserait.

    Une légère brise faisait sonner le carillon sous le porche et brisa le silence qui s'était mis à régner un instant entre les deux anciens époux. Garrett acquiesça à sa demande de rester pour la nuit. Il aurait bien été incapable de partir de toute manière. La quitter dans cet état alors qu'il y avait tant de choses encore à dire ou faire.

    Il vint se lever et sortir la trousse à pharmacie. Ses mains étaient bleutés sous le sang séché. Il était entrain de laver ses plaies quand elle vint lui donner un coup de main. Assis sur la chaise près de la table de la cuisine, il la regardait faire en profitant de son attention sur ses mains. Elle ne faisait qu'embellir malgré la petite ride de contrariété entre ses yeux. Il examinait sa tenue si sombre et ce corps vêtue de cuir. Son imagination n'avait aucune limite quand il s'agissait d'Anya. Il avait l'impression qu'elle avait beaucoup pris de muscles et perdu toutes ses formes de maternité ce qui l'attristait un peu. C'était comme si les efforts physique qu'elle avait fait était dans le but de faire disparaître toutes traces d'eux sur elle.

    Lorsqu'elle eut finis de panser et soigner ses mains, il ne pu s'empêcher de reposer sa main sur sa joue. Elle fermait les yeux, tremblante. Ce qu'elle était belle, si émouvante. Malgré toutes ces années elle arrivait encore à l'émouvoir. Doucement, il posa donc ses deux mains sur ses joues pour finir par poser son front contre le sien. Les yeux clos tous les deux, ils semblaient chercher quoi se dire encore, trouver une solution à tout ce qu'ils avaient vécu et ce qui les attendaient encore :

    ⁃ On va trouver une solution, murmurait-il à son intention, on a toujours trouvé. Nous sommes invincibles tu le sais bien.

    Sans l'avoir véritablement calculé, son nez caressa le sien. Le désir avait toujours été violent entre les deux, surtout la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés à l'hôtel. Il avait encore honte de la manière avec laquelle il l'avait prise contre le mur et sur le sol. Penché au-dessus d'elle, son souffle se mêlant au sien, il sentait son c½ur tambouriner dans sa poitrine et son ventre se serrer. Ô oui qu'il l'aimait toujours cette femme, bordel.

    Avec délicatesse, ses lèvres trouvèrent les siennes dans un baiser timide. Il s'excusa d'avoir osé l'embrasser mais recommença aussitôt, toujours avec cette même douceur. En fait, il n'était désolé de rien. C'était instinctif comme geste. Son souffle s'accélérait à mesure qu'il sentait les lèvres d'Anya si chaude et tremblante lui rendre ses baisers. Les mains de Garrett caressaient toujours ses joues. Il avait peur de poser ses mains sur son corps. Peur qu'elle le repousse, peur qu'elle le rejette, peur de la blesser suite à toutes les cicatrices qu'elle lui avait expliqué avoir.

    ⁃ Anya.. Anya.. Anya..

    Il murmurait entre chaque baisers son prénom comme s'il s'agissait d'une prière. Toujours avec précaution et douceur, il vint finalement se lever et la souleva en enroulant ses jambes autour de ses hanches. Sa langue venait de retrouver la sienne, elles s'étaient à nouveau liées, retrouvées. Il se rendit dans la chambre et là, avec cette même douceur, il vint la poser sur le lit et s'allonger sur elle. Il embrassait son cou, sa gorge quand sa main osait timidement caresser ses hanches et son ventre sous le haut qu'elle portait :

    ⁃ Dis moi stop Anya.. Je suis incapable de m'arrêter tout seul..


    immarcescible, Posté le samedi 07 mai 2022 19:37 Répondre

    Les mots d'Anya étaient des balles qui le percutaient. Il ne pouvait pas les éviter de toute manière. L'odeur âpre de l'essence lui venait aux narines sans savoir d'où était la source. Un peu désemparé par cette odeur persistante et une Anya bien sombre, il devait réfléchir vite et bien. En fait, elle le mettait en colère avec sa pseudo bonne foi. Après tous ce qu'ils avaient vécu, depuis toujours, elle osait baisser les bras. Maintenant ? Il avait envie de lui hurler au visage mille et une chose lais l'odeur d'essence persistait et ça l'inquiétait de plus en plus.

    Le pire dans tout ça, c'est qu'elle parlait tant qu'il ne pouvait pas en placer une. Elle disait tellement de choses fausses que ça ne faisait que grandir la souffrance et la colère du blond. Elle semblait pourtant en manque d'empathie quand on la regardait d'extérieur, mais Garrett voyait encore en cette silhouette la femme qu'il avait profondément aimé et adoré. Jouait-elle encore la comédie pour le faire fuir ? Les bougies faisaient fondre de la cire le long du vieux piano. En suivant du regard la cire couler, il vit alors le bidon d'essence dissimuler et son visage s'éclaira.

    ⁃ Non mais tu te fous de ma gueule, hurlait-il ahuri.

    Sa voix forte résonnait dans toute la maison alors qu'Anya avait parlé avec beaucoup de douceur. Sans prendre la peine de prendre la fameuse plume ou le fameux livre, Garrett attrapa vivement et sans ménagement le bras de son ex-femme en l'entraînant hors de la pièce, puis hors de la maison. Le travail de la flamme de la bougie avait réussit son pari et commençait enfin à flamber ce vieil artefact de leur passé. Garrett était en transe à cause de la colère et de la peur d'avoir presque perdu Anya une nouvelle fois :

    ⁃ Alors c'est ça ta solution ? Mourir ? Donner raison à Katarina après tout ce qu'elle t'as infligé ? Tu es lâche Anya ! Lâche !

    Il hurlait dans la forêt se fichant bien que le monde entier l'entende. Il devait vite se détacher d'elle de peur de la brusquer et d'être violent. Cette nouvelle facette de la jeune femme le rendait encore plus sensible à la violence qu'auparavant. Lui qui avait bien malgré lui du faire taire ses démons pendant un an, les voyaient toujours ressurgir. La maison brûlait littéralement et la lune dans le ciel était haute. Il faisait suffisamment froid pour que de la vapeur s'échappe des lèvres du blond qui hurlait toujours à Anya :

    ⁃ Encore une fois tu crois tout savoir mais tu ne sais rien de la souffrance que nos filles subissent ! Tu as quoi ? Des vidéos d'une famille heureuse filmé par Katarina ? C'est sur ça que tu te bases ? Quelques instants pris sur le vif où tu me vois sourire avec les filles ? Tu sais aussi bien que moi, pour l'avoir vécu, qu'on ne remplace jamais l'amour de sa vie ! On apprend à vivre sans, à survivre ! Dois-je te rappeler que tu t'étais fiancée à Avery ? Putain Anya... Tu.. Tu m'as brisé le c½ur. Tu m'as anéantie en me donnant ces putain de papiers pour le divorce en me faisant croire que tu me quittais pour un autre. Tu sais pourquoi j'y ai cru aussi vite ? Parce que je t'aime tellement que j'ai toujours cru que je ne te méritais pas, qu'un jour.. qu'un jour.. Tu allais ouvrir les yeux et que tu me quitterais comme ça.

    Ses yeux se voilaient de larmes qu'il contenait. Il n'y avait rien de pire pour Garrett que de paraître vulnérable et peut-être qu'il était aussi effrayé d'avouer tous ses sentiments à cette Anya qui paraissait si insensible. Son c½ur se fissurait une nouvelle fois malgré les nombreux pansements d'Effie. Il tapait avec force et vigueur dans la voiture de son ex-femme pour passer ses nerfs. Sa main était peut-être en sang mais il s'en fichait. Il hurlait de rage de nouveau, contre tout. Contre Anya, le monde, Katarina, Andreï qui avait mentit, Effie et sa douceur, l'injustice.

    ⁃ Ça n'avait aucun sens que tu puisses m'aimer autant.. Ça n'a jamais eu de sens que tu puisses vouloir faire ta vie avec moi Anya. Le monde est à tes pieds. Même si je savais que Katarina t'avais retourné le cerveau, j'ai vraiment cru que tu avais rencontré un homme qui t'aurais rendue plus heureuse que moi. C'était logique.. C'était censé.

    Il se tournait enfin, de nouveau vers elle, en fixant de ses prunelles d'un bleu intense quand ses mains le faisait souffrir. Elle parlait d'équilibre, mais il lui rappela qu'il n'avait jamais cherché un équilibre quelconque avec elle :

    ⁃ Rien n'a jamais été simple depuis toujours et dans un sens j'aimais ça. Savoir qu'on avait affronté toutes ces choses qui nous avaient rendu si fort. Mais c'était parce que j'étais avec toi. Je ne suis rien sans toi Anya. Je m'en fous du répit, je ne l'ai jamais cherché puisque je suis toujours venu à toi. Tu es peut-être mon tourment mais je vis pour ça. Je ne demande que ça à la vie ! Et j'ai tellement mal que tu aies dû affronter toute cette année seule quand j'aurais pu t'aider mais j'étais incapable de pouvoir défendre et sauver ma femme. Tu imagines l'horreur de l'avoir vu t'emmener sans rien pouvoir faire ? Mais je dois te remercier.. Remercier d'avoir pensé aux enfants. C'est grâce à toi qu'ils sont encore en vie et je n'ose même pas imaginer ce que tu as dû subir pour ça..

    Il lui rappelait aussi qu'il se foutait totalement de l'argent et lui donnerait en entier juste pour pouvoir l'avoir à nouveau dans ses bras. L'aimer et la consoler. Mais elle ne bougeait pas. Sans doute croyait-elle que c'était un piège où cherchait-elle a l'humilier une fois de plus.

    ⁃ Je suis déçu en fait, dit-il plus calmement, déçu que tu ne te battes pas pour moi. Pour nous. Tu es tellement fière Anya que tu ne peux pas concevoir que j'ai peut-être besoin aussi que tu me rassures. N'est-ce pas hypocrite de ta part de me lancer que je t'ai remplacé par les bras d'Effie quand elle veut tellement de moi, qu'elle se bat ? Et tu sais que le pire dans tout ça c'est qu'elle sait que je vais la quitter pour toi, même si tu ne reviens pas mais elle reste. Elle reste parce qu'elle semble croire que j'en vaut la peine.

    Les sirènes des pompiers au loin résonnaient. Ils devaient vite partir avant de se faire prendre sur le lieu du crime. Ils quittaient donc le manoir qui tombait en ruine sous les flammes affamées. Garrett avançait en direction du cottage qui se trouvait non loin en silence. La fumée de la maison les suivaient et il se mettait à tousser. Toutes ces émotions si fortes et l'adrénaline avaient eu raison de lui, il rentra dans le cottage et alla se servir un verre d'eau pour prendre ses cachets contre la douleur.

    Même si en effet il avait vaincu la maladie, les vieux vices n'étaient jamais trop loin et il lui arrivait régulièrement de mélanger alcool et médicaments. Mais ça, il le gardait pour lui. Il y avait ça de "bien" avec Effie finalement. Elle ne lui posait jamais de questions. Elle ne le bousculait jamais. Mais ça le conduisait à avoir de nouveau des comportements dangereux pour lui-même. Il regarda son verre d'eau avec dégoût et préféra finalement se retrancher sur la bouteille de whisky dissimulée dans le mur. Il se servait et prenait ses cachets aussitôt sans prendre le temps de se servir un verre. Directement au goulot. Alors qu'il se tournait vers la porte en grimaçant, il vit une Anya qu'il pensait ne pas revoir.

    Elle avait cet ½il un peu fou, noir, perdu qui l'avait toujours fasciné. Reprenant une gorgée comme une allure de défi, il planta ses iris dans les siennes quand ses mains gonflaient d'avoir trop tapé la carlingue de la voiture. Anya était toujours là, est-ce qu'elle voulait se battre ? Est-ce qu'elle voulait le tuer ? L'humilier ? Il n'avait aucune idée de ce qu'elle comptait faire. S'approchant d'elle, la bouteille à la main, il murmurait dans ce cottage qui avait vu leur amour grandir :

    ⁃ Tu crois que je te laisserais mourir ? Tu crois que si tu faisais ça je vivrais heureux ? Petite sotte. Les filles ont besoin de toi, j'ai.. J'ai besoin de toi Anya. Peu importe si tu ne veux plus de moi dans ta vie mais Charlie, Bird, Ella, Pasha et Jazz ont besoin de toi. Je ne dis pas que ce sera simple mais tu dois au moins te battre pour eux. Il n'y a rien de beau dans la mort Blackbird. C'est juste la fin, c'est stupide.

    Son souffle reprenait une vitesse normale. Sans doute les médicaments qui faisaient vite effet, surtout avec l'alcool. Garrett levait sa main tremblante avec douceur vers la joue de la brune. Il craignait qu'elle le repousse Mais il devait essayer. Tous les deux ressemblaient à deux fantômes, debout dans cette piece qui avait tant connu de soupirs, de joie, de caresses, de passion. Aujourd'hui, ils se essayaient sans aucun doute de comprendre comment ils pourraient, peut-être, refaire vivre leur passion.

    Lentement, sa paume rejoignit le contact chaud et doux de la joue d'Anya. C'était comme un rêve. Il en avait tellement rêvé pendant un an. Dans un souffle, il murmurait suppliant :

    ⁃ Nous avons besoin de toi.


    immarcescible, Posté le mercredi 04 mai 2022 11:51 Répondre

    Pasha était en vie. C'était tout ce qui l'importait. Pourtant, au fond de lui une sentiment effroyable le rongeait. Anna avait soit disant fait ça pour les protéger et il lui avait tourné le dos. Comment se remettre de cette trahison ? L'un et l'autre avaient été incapable de se faire confiance et s'étaient finalement engagés à se tourner le dos. Garrett en voulait totalement à Anya de l'avoir évincé. Il aurait attendu, il aurait été patient, l'aurait même aidée. Le discours de son fils et tout ce qu'il avait vécu pendant un an le surprenait. Il ne pouvait s'empêcher de lui dire qu'il était stupide d'être parti ainsi quand ce dernier minimisait sa situation :

    - Imagine un peu ma douleur Pasha ! Ta mère disparaît sous mes yeux et tu fais de même quelques jours plus tard. J'étais incapable de bouger à cause de cette connerie de chimio. Tu peux comprendre ma douleur ? Si les cacahuètes n'avaient pas été là j'aurais fait une mission suicide !

    Garrett était en colère contre son fils et Anya. En colère contre tout et tout le monde. Mais en avait-il le droit ? Et qu'est ce qu'il allait se passer désormais ? Anya avait-elle réellement un homme dans sa vie ? Le quittait-elle de pleins grès où avait-elle été obligée ? Tant de questions qui demeuraient encore sans réponse puisque la principale intéressée était encore absente.

    Le téléphone sonna. Nathanaël. Pour répondre, Garrett se rendit à l'extérieur malgré la chaleur exponentielle de ce mois de mai. En écoutant son père évoquer le retour de tout l'argent et du domaine de Napa, Garrett compris encore moins. Est-ce que Anya était toujours vivante ? Comment s'en assurer ? Il ignorait toujours où elle se trouvait. Devrait-il encore espérer quelque chose ? Et au moment où il envisage acte possibilité, il pensa à Effie. Effie qu'il avait trompé sans état d'âme et qui l'avait tant soutenue pendant un an. Là, il culpabilisa.

    Finalement, il rentra dans le petit café et annonça la fameuse nouvelle à Pasha. Le blond aussi ne semblait pas comprendre et comme son père, s'interrogea sur la vie sauve de sa mère. En y réfléchissant, Garrett se dit que si Katarina avait survécu, ils seraient déjà tous morts. Alors pourquoi la brune se cachait-elle encore ?

    - Tu te sens capable de me suivre, demandait le père à son fils, je sais que l'hôpital avait préconisé du repos mais tu es comme moi. Le repos nous tue encore plus.

    Pasha ne démentit pas les propos de son père et lui répondit simplement qu'il le suivrait partout. Après avoir passé quelques appels, Garrett décida de prendre la route direction la Bulgarie. Il était persuadé d'y retrouver Anya là-bas. Avant d'entrer dans l'avion, il appela alors Effie qui compris aussitôt.

    - Tu vas la retrouver, n'est-ce-pas ?
    - Effie... Écoute.. C'est plus compliqué que ça.
    - Les filles ont besoin de leur mère, répondit-elle sans animosité, vous êtes une famille. Je ne m'imposerais pas.
    - Merci de comprendre, je t'appelle quand je suis arrivé et on en discute à mon retour d'accord ?
    - Je t'aime Garrett.
    - À très vite Effie.

    C'était un peu froid et méchant de la part du blond mais il était incapable de dire les mots magiques que la jolie métisse attendait. Ces mots là il ne les avaient dis qu'à une seule personne tout le long de son existence et ils n'appartiendraient qu'à Anya. Malgré tout, il avait mal au c½ur de ne pas ressentir pour sa compagne ce qu'elle semblait éprouver. Mais c'était si simple avec elle qu'il avait du mal à envisager de la repousser. Pourtant, à la première occasion, il se ruait dans un jet pour la retrouver. Lors du trajet, il rumina. Pasha l'observait et ne pu s'empêcher de lui demander :

    - Toi et maman ça va repartir aussi passionnément qu'au début.
    - Je crains que non Pasha. Effie fait partie de ma vie désormais..
    - Mais.. Mais c'est maman que tu aimes !
    - J'aimerais ta mère éternellement mais il s'est passé beaucoup de choses pendant ton absence. Et.. Et c'est compliqué.
    - Il n'y a rien de compliqué papa. Elle t'aime tu l'aimes. C'est une évidence depuis toujours tous les deux. Même quand vous étiez séparés vous trouviez le moyen de vous voir en cachette.

    Ce souvenir avait été comme effacé de la mémoire de Garrett. Son fils avait raison, mais sa conscience reprenait le dessus de ses impulsions et de son c½ur. Il devait raisonner avec prudence désormais, se disait-il. Très vite il prétexta une migraine et cessa la conversation et dormir un peu. Il leur restait encore beaucoup de trajet avant d'arriver à la cachette de Blackbird.

    En arrivant en Bulgarie, il s'équipe avec Pasha grâce au matériel de Alek et de son oncle. Aucun n'avait vu Anya et ils doutaient de sa présence sur le territoire, mais Garrett s'en assurer. Ils prirent la direction du fameux restaurant de Andreï. Pendant le trajet, Alek pu parler avec son ex-beau-frère du restaurant qu'il avait ouvert avec Lucrecia dans Sofia. Ils semblaient heureux et épanoui ce qui suffisait à rassurer l'esprit du grand-frère. En arrivant, ils eurent la surprise de voir une Tamara sur le pas de la porte. Garrett sauta de la voiture avec Pasha et se jetèrent dans ses bras :

    - Comme tu es tout maigre Garrett. Tu dois manger, s'insurgeait la vieille femme tout en caressant les pommettes maigre de son ex-gendre, je vais te préparer un bon bouillon et des tartines !
    - Tamara attends un instant. Nous venons pour Anya, je sais qu'elle est ici.
    - Vous la manquez de peu. Elle est partie au petit matin après être restée deux jours. Elle était couverte de sang et ne faisait que pleurer.
    - Est-ce.. Est-ce que c'était son sang ?
    - Elle était blessée, complétait Pasha effrayé.
    - Non, non, non. Il semblerait que c'était celui de quelqu'un d'autre mais elle n'a rien voulu me dire. Elle a simplement dis que désormais nous étions tous love et qu'elle devait partir.
    - Mais où ??

    Garrett s'impatientait, il avait besoin de savoir où elle se trouvait et si elle était en danger. Visiblement, Katarina était morte d'après la description de Tamara sur tout le sang trouvé sur les vêtements de la brune. Pour s'en assurer, il récupéra son t-shirt et le donna à Aleksander pour qu'il le fasse analyser et attester la mort de la matriarche. Après avoir mangé avec déraison, Garrett alluma fumer sur le perron. Il fut vite suivi de leur hôte qui s'assied près de lui :

    - Les filles vont bien ?
    - Elles grandissent trop vite. Charlie est entrée au lycée et elle va exposer quelques une de ses toiles dans une grande galerie d'art. Mais elle s'est murée dans un silence que je comprends. J'ai le même.. Le manque d'Anya.
    - Tu sais.. Quand j'ai rencontré Andreï il avait ce côté sauvage si particulier et séduisant. Il voulait toujours tout faire pour me contenter sans se rendre compte qu'il pouvait se mettre en danger. Les Siminiov ont cette particularité à s'autorise détruire pour sauver ceux qu'ils aiment.
    - Je n'ai jamais demandé à Anya de se sacrifier pour nous.
    - Ne l'as tu pas fait en te faisant passer pour mort ?
    - C'était différent. J'avais été dans le coma pendant un an.. Tout le monde me croyait déjà mort depuis longtemps. Et j'ai juré à Anya de toujours l'inclure après ça.
    - Elle n'avait pas le choix, tu le sais.

    Bien sûr qu'il le savait. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il aurait été capable de le refaire de nouveau si il avait du protéger sa famille. Mais ce n'était pas le moment de penser à ça. Pour le moment, il devait la trouver et la ramener aux filles. Il fit re raconter à Tamara tout ce que sa belle-fille lui avait dit et compris où elle se trouvait.

    - Nous devons rentrer immédiatement. Pasha !

    Elle était retournée selon Tamara à la maison de la forêt, là où le ciel touchait la terre. Alek ne comprenait rien à cette phrase de sa s½ur mais Garrett, lui, savait. L'aller-retour USA-Bulgarie avait achevé Garrett, pourtant, dès leur arrivée, il reprit la voiture et conduisit jusqu'à la petite ville où ils s'étaient rencontrés. Il était seul cette fois-ci. Le danger étant désormais écarté, il avait demandé à Pasha de reprendre la suite de sa mère sur le domaine de Napa et du vignoble. Le garçon n'avait pas rechigné comprends l'importance de ces retrouvailles pour les deux anciens époux. Il arriva le soir n'allait pas tarder à tomber. Il passa au cottage qu'il vit allumé et occupé sans Anya à l'intérieur. Il prit donc le petit chemin qui menait au fameux manoir.

    C'était étrange.. Ce chemin qu'il avait pris bien des années plus tôt pour la rejoindre alors qu'elle n'était que son élève. Une vive émotion lui tourna l'estomac. Qu'allait-il bien dire ou faire ? Était-elle accompagnée ? Était-ce un pèlerinage ? Confus, il déboula dans la petite clairière qui se trouvait avant la fameuse entrée magistrale du manoir. Il était aussi beau que dans son souvenir mais prêt à tomber. Un vent trop fort aurait emmener toute la maisonnée. Il entra et regarda autour de lui. Rien n'avait changé, comme si le tapis de feuilles du salon était resté immobile. Il monta avec prudence à l'étage et arriva enfin à la bibliothèque. Comme prévu, elle était la. Pensive, triste, épuisée, seule.

    Sur le pas de la porte, Garrett resta silencieux. Il était toujours aussi ému devant ses grands yeux noir qui semblaient prêt à pleurer. Il avait envie de se jeter à ses pieds et de la serrer contre lui, de l'embrasser, de tout lui pardonner. Mais une main invisible le retenait. D'une voix faible, il murmura avec un léger sourire nostalgique :

    - "La maison de la forêt, là où le ciel touchait la terre", tu pensais vraiment que je n'allais pas comprendre ?

    Lentement et prudemment, il se rendit à ses côtés et se laissa glisser sur le sol. Assis l'un à côté de l'autre, ils semblaient épuisés. Comme si ils s'étaient cherchés pendant des milliers d'années. D'une voix toujours aussi faible et retirant ses armes de ses poches, il reprit :

    - Tu l'as tué ? Tu es enfin libre ?


    immarcescible, Posté le dimanche 01 mai 2022 22:48 Répondre

    Renversant, catatonique. Garrett n’arrivait plus à respirer. Son corps était pris de multiples tremblement qu’il ne pouvait pas contrôler. Jamais encore ils n’avaient été l’un et l’autre aussi violent, impatient et vorace de l’un et l’autre. Sans aucun ménagement, il s’était enfoui en elle, la cherchant, la pénétrant jusqu’à l’entendre murmurer son prénom. Il n’y avait bien qu’elle pour le rendre aussi fou et dépendant. Son visage était blotti contre le sien, cherchant un peu de sa douceur mais il la sentait de nouveau distante lorsqu’il posa ses mains sur son dos.

    Sous le renflement de sa chemise, il sentait les cicatrices, les bosses. Ce n’était pas si étonnant. Pour la rendre aussi mauvaise, Katarina avait du la torturer de différentes manières tout ce temps. Il allait la rassurer, la consoler et lui dire qu’ils ne se quitteraient plus jamais mais elle fut plus rapide que lui. Ce regard.. Il ne la quittait plus désormais et glaça Garrett. Il pensait qu’ils venaient de vivre un moment d’extase complet, de retrouvailles particulières dans leur chambre lorsqu’elle lui ordonna de rien demander.

    La mine surprise et tétanisée du blond lui donnait un air misérable. Comment avait-il pu se faire avoir de la sorte ? Qu’avait-il cru en la suivant ainsi ? Avoir des réponses ? Pourtant, elle se penchait sur ses lèvres de nouveau et lui donnait un baiser. Un tendre baiser, plein d’espoir, de promesses et d’amour. Mais Garrett ne pouvait pas le recevoir ce baiser en sachant ce qu’il avait en tête. Il repoussa fermement Anya sans se défaire de son air abattu :

    - Ainsi c’est ça ? Tu fais cavalière seule ?

    Elle ne semblait pas nier ce qu’il lui disait ce qui le fit rire amèrement. La repoussant fermement sans la brusquer il vint se relever pour reboutonner son pantalon sidéré. Il devait se recentrer sur le motif de sa présence mais il était difficile de se concentrer avec cette femme aux seins nu qu’il avait ardemment prise sur le sol même de la chambre :

    - Dis moi où est Pasha. Tu ne vas pas me faire croire qu’en un an tu ne l’as pas vu. Il se cache je ne sais où. Les dernières traces que j’ai de lui d’après mes informateurs étaient en Italie du Sud. Peut-être que son nouveau beau-père Fabio doit savoir où il est ?

    Quand il était en colère il devenait mauvais, méchant. Il en voulait à Anya de l’avoir écarté, de l’avoir autant blessé. Tout ce qu’elle avait fait sous prétexte de certainement vouloir protéger la famille il ne pouvait le concevoir, l’accepter. Un énorme sacrifice pour elle, certes, mais des conséquences bien trop désastreuses pour les enfants.

    - Je ne te demanderais rien. Après tout je ne suis plus rien pour toi. Je veux juste savoir où est Pasha et m’assurer qu’il va bien. Qu’il rentre à la maison. Il ne mérite pas de subir ce que tu es entrain de vivre.

    Parce qu’il avait tout à fait conscience de ce qu’endurait son ex-femme. Il le connaissait le monde de Katarina. Il l’avait bien compris. La peine se lisait maintenant sur ses traits quand il observait la brune encore au sol. C’était une étrangère pour lui désormais et ça le blessait. Il connaissait d’autant bien cette douleur et cette vie là pour lui en vouloir encore plus de ne pas l’avoir mis au courant. De l’avoir empêché de l’aider. Son biper de l’armée sonnait. Il devait retourner à la base, quelque chose d’urgent l’appelait. Reboutonnant sa chemise, il plongea ses prunelles légèrement adoucies dans les siennes :

    - Je te laisse tranquille. J’étais venu pour Pasha et j’ai.. et j’ai été incapable de me contrôler. Je suis désolé. Je te promets que ce genre de choses n’arrivera plus. Tu as raison, je dois t’oublier même si c’est la chose la plus difficile que j’aurais à faire de toute ma vie. Je ne te parlerais pas des filles.. Je ne veux pas te faire culpabiliser. J’espère juste que tu es heureuse avec cet homme et que tu arrives à trouver la paix. Tiens-moi au courant pour Pasha s’il te plait.

    Le cou du blond était parsemé de griffures mais il s’en fichait. Le parfum de la jeune femme enveloppait encore ses vêtements et son corps. Il n’avait qu’une envie, celle de n’avoir aucune morale, aucun enfant et se recoucher sur elle pour la posséder encore et encore. Mais les filles l’attendaient sagement à la maison. Il ne pouvait pas faire comme si de rien n’était. En ouvrant la porte, il ne pu s’empêcher de murmurer :

    - Je ne pensais pas que j’aurais pu avoir encore plus mal que le jour où j’ai appris ton mariage avec Avery. Je.. Je pensais que tu avais plus foi en moi que ça. Je suis sincèrement désolé de ne pas t’avoir offert tout ce que tu désirais. Sois heureuse.

    Vite il devait fermer la porte. Vite il devait fuir cet hôtel avant d’y élire son domicile et de ne plus jamais quitter ce lit et les bras d’Anya. Ce n’était plus son épouse. Ce n’était plus la mère de ses enfants, sa meilleure amie, son âme soeur, son double, son Blackbird. Il devait fermer la porte comme il fermerait un livre.


    immarcescible, Posté le dimanche 01 mai 2022 13:49 Répondre

    La curiosité chez Garrett a toujours été un horrible défaut. Un jour, elle le conduira forcément à sa perte. Le fait qu’Anya ai du prendre un autre prénom devant ce mafieux le fit douter. Il n’en fallait pas plus pour que le blond s’interroge et imagine une potentielle brèche. Sans prendre la peine de prévenir Effie qui aurait compris, il suivit Anya discrètement. Malgré tout, il envoya un message à sa fiancée en lui expliquant qu’il avait été appelé d’urgence pour le travail. Chose qui arrivait souvent, or, c’était la première fois qu’il lui mentait effrontément. Anya avançait sans se demander si elle était suivie ce qui participait à rendre le trouble encore plus persistant chez Garrett. Mais encore, surtout lorsqu’elle atterrit dans le fameux hôtel où ils s’étaient retrouvés des années plus tôt.

    Il n’y avait plus aucun doute. Elle l’aimait toujours et elle lui avait mentit tout ce temps dans le seul but de l’empêcher de s’en mêler. Arrivés à l’ascenseur, il prit la décision de la bloquer dedans sans lui demander son avis. Comme autrefois lorsqu’elle était nerveuse, elle se mettait à parler rapidement et bégayer. Enfin.. Enfin il la voyait cette humanité qu’elle avait tant tenté de refouler.

    La tension dans cette cabine d’ascenseur était à son comble. Anya refusait de le regarder mais il voyait bien le tremblement de ses mains. Il voyait bien le léger trouble qui avait envahi la jeune femme et son parfum.. bon sang.. Il croyait mourir en humant le parfum de son ex-femme dans ce lieu clos.

    - Je ne suis pas là pour toi. Est-ce que Pasha est avec toi ? Il a disparu peu de temps après toi et il est introuvable depuis. Même Alek et ton oncle l’ignore.

    Sans se démonter, même si cette tension chargée de sexualité entre les deux semblait les envahir il la suivi hors de l’ascenseur. C’est à moitié surpris qu’il vit le numéro de la fameuse chambre. Cette chambre qui avait sauvagement accueilli leurs retrouvailles. Elle allait refermer la porte sur lui mais il avait retrouvé suffisamment de force pour pouvoir la retenir. Bloquant la porte de son pieds et de sa main, il n’eut pas grand à faire pour pouvoir pénétrer la pièce. Fermant derrière d’un mouvement sec, il continua de s’approcher de la brune qui refusait obstinément de le regarder.

    Ce cuir quelle portait. Cette manière qu’elle avait de le regarder avec cette haine si peu retenue. Il en vibrait d’un désir féroce et violent.

    - Dis moi où est Pasha et si il va bien. Je ne te toucherais pas ne t’en fais pas. Je ne voudrais pas que Fabio soit triste de savoir sa Emilie pénétrée d’un autre homme.

    La vilaine jalousie perverse. C’était toujours pareil avec Garrett quand il s’agissait de Anya. Il était jaloux du moindre regard, du moindre sourire qu’elle avait pu donner à n’importe quel homme, autre que lui. Il avait toujours voulu être le seul et l’unique. Il avait vainement cru l’être. Alors qu’il la bloquait contre le mur, des images de leurs corps endiablés lui venait en tête. Comment ne pas y penser quand cette chambre avait connu l’apothéose de cinq années de séparation. Malgré tout ce qu’elle lui avait fait subir, il la désirait encore. Il le sentait entre ses cuisses et cela le faisait frémir.

    Debout devant elle, il ne pu s’empêcher d’enfoncer son poing dans le mur juste à côté de son visage fou de rage.

    - Je te déteste beaucoup trop pour te supplier Anya Siminiov ou Emilie, ou qui que tu sois. Dis-moi juste où se trouve mon fils.

    Il avait beau dire qu’il la haïssait, ça ne l’empêchait pas pourtant de se pencher sur ses lèvres pour lui donner un baiser furieux. Ses mains agrippaient ses hanches quand son bassin se bloquait contre le sien. Il la sentait furieuse elle aussi, lui mordre ses lèvres quand il la tenait fermement contre le mur. Sa lèvre saignait un peu mais il s’en fichait. Elle était l’amour passionné qui faisait mal, tant pis. Il se persuadait qu’en se perdant en elle une dernière fois il tournerait la page.

    Sans attendre son consentement, il passa sa main libre entre les cuisses de la brune et sentit la fine dentelle de ses bas. Ça le rendait fou de rage de savoir qu’elle s’était habillée comme ça pour un autre :

    - Alors c’est pour lui que tu m’as quitté, hein ? Pour un mafieux ? C’est ce que tu voulais ? Du sexe brutal avec un gars capable de te refiler des MST ? Dis-moi la vérité. Dis-la.

    Ses doigts se perdaient en elle quand son pouce activait avec intensité son bouton sensible. Garrett croyait bel et bien devenir fou quand ses dents mordaient avec avidité le cou de la brune. Il se contenait plus. Il y avait quelque chose de cassé chez lui. Le doux Garrett, compréhensif et attentif semblait avoir laissé place à cette bête sans coeur ni âme, incapable de se contrôler devant sa kryptonite. La sentant fébrile, moite, il retira ses doigts pour venir dégrafer avec fureur le haut qu'elle portait. Ses lèvres se posaient sur ses seins et ses mains les sortaient du tissu fin. Il mordait, suçait, dévorait ses pointes dures tout en murmurant :

    - Je te déteste... Je te déteste de m'avoir empoisonné de la sorte.. Tu m'as mordu avec ton venin.. Sorcière.. Tu m'obsèdes alors que je te détestes.. Je te désire alors que je veux t'oublier.. Putain.. Tu m'obsèdes.


    immarcescible, Posté le samedi 30 avril 2022 13:09 Répondre

    Cela faisait maintenant un an que Garrett avait vu Anya disparaître sous ses yeux. Les jumelles venaient de fêter leur premier anniversaire en compagnie de toute la famille, exceptée de Anya et Pasha. Aucune nouvelles de lui depuis tout ce temps. Quelque chose était mort chez Garrett, éteint. Comme si en partant, Anya avait brisé l’étincelle de bonheur que le blond avait sut créer avec elle depuis toutes ces années. La vie à New-York avait été quelque peu chaotique dans les premiers temps. N’ayant plus accès à son argent, dépouillé, dépossédé, il avait du retrouver un travail. Fort heureusement, l’armée avait bien voulu le reprendre mais entre les nombreux aller-retour et le travail intensif des multiples traductions, il était replongé dans un état semi-maladif. Mais il ne lâchait rien. Il voyait bien que Charlie et les Jumelles avaient besoin de lui. C’était pour elles qu’il s’accrochait.

    Il avait bel et bien signé les papiers qu’Anya lui avait donné. Les fameux papiers du divorce qu’il avait remis à son père, son avocat. Tout était en règle et plus rien ne le liait à Anya Siminiov. Elle avait disparue, comme leur histoire. Clive et Jasmine avaient décidé d’aller vivre en Ecosse. Il avait hérité de la ferme de son grand-père ce qui avait motivé le jeune couple à recommencer leur vie là-bas. Jazz appelait son père tous les deux jours et Charlie tous les jours.

    C’était étrange comme sensation. Garrett avait l’impression d’être dans un état quasi-léthargique. Il aimait ses filles de tout son coeur mais il ne pouvait s’empêcher de se sentir incomplet. Charlie était une boule de nerf compulsive. Il avait eu l’idée alors de la faire mettre à la boxe dans laquelle elle excellait en plus de la peinture. Heureusement, les parents de Garrett payait encore la pension privée du Petit Pois. C’était humiliant pour lui, mais il ne voulait pas que les filles manquent d’une éducation parfaite.

    Un soir que Charlie dormait chez ses grands-parents, Effie était passée à l’improviste rendre visite au blond. Elle avait toujours été respectueuse pour ne pas retenter de l’embrasser mais ce soir là, au près du feu que Garrett avait fait dans le jardin, il ne la repoussa pas. Plus d’un an qu’il n’avait pas été désiré et le manque d’une présence devenait pesant, surtout dans cette maison qui avait connu tant de joie et de passion. Sans réfléchir et surtout investit d’un désir primaire, il fit cette nuit là l’amour à Effie. Mais cela ne l’empêcha pas de pleurer à la fin.

    Effie était vraiment douce, innocente et compréhensive. Elle avait compris que Anya avait été le grand amour de toute une vie pour Garrett et qu’il aurait besoin de temps. Mais elle était comme un plaid chaud dans la vie de la famille Hedlund. Même Charlie semblait l’apprécier un peu. Cela ne l’étonna pas quand un dimanche matin elle la trouva dans la cuisine portant la chemise de son père. C’est ainsi que de simple infirmière, amie, la jeune métisse devint la nouvelle petite-amie du blond.

    La vie redevenait un peu plus douce pour Garrett et il avait expressément demandé à tout le monde d’arrêter de vouloir comprendre Anya.

    - Elle a rencontré un autre homme, expliquait-il avec colère et tristesse, elle en aime un autre c’est aussi simple que ça.

    Les Cavill venaient régulièrement les voir et semblaient eux aussi apprécier Effie. Il est vrai qu’elle était la maîtresse de maison parfaite, comme si elle avait été toute sa vie faite pour ce rôle. C’était comme vivre dans une comédie américaine des années cinquante. Garrett était toujours d’une politesse et d’une douceur certaine mais on sentait bien qu’il gardait cette distance affable et discrète. Elle était loin la passion volcanique qu’il avait avec Anya.

    Un jour, Effie lui proposa d’aller manger ensemble en ville. Vivant quasiment comme un ermite, Garrett n’était pas très fan de l’idée. Mais voyant que ça lui tenait à coeur, il accepta. Ils allèrent d’un restaurant qui faisait les meilleurs spaghettis de la ville. Ça tombait bien, Garrett raffolait des pâtes. Son appétit vorace était revenu depuis que sa médicamentation avait été diminué. Il avait repris un peu de poids et ses cheveux avait lentement repoussé. Mais il les gardait obstinément court. Les avoir long c’était se rappeler à quel point Anya aimait passer ses doigts dedans. Il voulait effacer toute marque chez lui qui lui avait plu un jour.

    Il ne vit pas au début Anya. Il lui tournait le dos et venait avec politesse tirer la chaise de Effie. Toujours aussi galant. Pour l’occasion, la jeune femme demandait des coupes de champagne car le blond avait obtenu une promotion. Il avait été promu Général dans l’armée américaine et il recevrait bientôt une médaille honorifique pour son travail. Garrett en était gêné et ne voulait pas y aller mais toute la famille le pressait :

    - Je ne vois pas ce qu’il y a d’honorifique pour ça honnêtement. Je n’ai fais que traduire des conversations et tuer des gens.
    - Ce n’est pas ça qu’on veut glorifier Garry. C’est ta capacité à pouvoir te réinventer et cet investissement pour la sécurité de notre pays. C’est un honneur que tu nous a fait.

    Effie voyait toujours le bien chez tout le monde et cela fit sourire Garrett qui trinquait avec elle. Clairement, il ne ressentait pour elle qu’une douce affection mais il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’avec le temps, peut-être, il pourrait envisager de l’aimer sincèrement. Alors qu’il reposait son verre, son regard croisa soudainement celui si noir et brillant d’un fantôme. Blêmissant, il sentit son souffle se couper. Anya le regardait avec cette intensité si particulière. Elle était sombre, machiavélique, différente. De tous les endroits de New-York, il fallait qu’elle soit ici.

    - Je.. Je dois aller aux toilettes, excuse-moi..

    Sa compagne le laissa donc se rendre aux toilettes sans se douter de ce qui se passait. Il venait à passer devant son ex-femme qui aguichait parfaitement le gars à la mine douteuse. Sans aucun doute, il s’agissait d’un gars de la mafia. Il avait reconnut sur ses phalanges le tatouage-devise des mafieux italiens. Dans les toilettes, il s’aspergea le visage d’eau froide comme pour se réveiller. Anya était si belle, si électrique, si envoûtante. Il avait du mal à supporter cette image de son amour blottie contre cet homme répugnant. Alors c’était lui ? C’était lui le fameux homme pour qui elle l’avait quitté. C’était insensé. Il ne pouvait y croire. Pourtant, tout était devant ses yeux. Il fallait qu’il retourne vers Effie, Anya serait capable d’aller la voir et de lui faire du mal.

    Mais en voulant sortir, il croisa le fameux mafieux qui s’approchait pour aller uriner. Garrett se sentait mal. L’envie de faire un meurtre, ici et maintenant, l’enveloppait. Mais son portable sonna, la fameuse sonnerie de Charlie. Ce fameux rappel lui donna l’occasion de sortir des toilettes avant de tomber en face d’une Anya au sourire machiavélique.

    - Je croyais que le monde était assez grand pour qu’on ne se retrouve jamais, dit-il d’une voix glaciale, ton nouveau copain à l’air de ressembler au gendre idéal pour ta mère finalement. Avec lui aussi elle a envie de coucher ?


    immarcescible, Posté le vendredi 29 avril 2022 19:43 Répondre

    C’est un Garrett tétanisé qui se trouve sur le pas de la porte. Les papiers dans sa main tremblent. Ce n’est que son corps qui est sur le point de lâcher. Même si Effie et les filles ne sont pas loin, il ne peut s’empêcher de venir en vitesse rejoindre Anya et avec le peu de force qu’il lui restait encore venir lui prendre le bras férocement. Ses yeux étaient d’un bleu glacial, polaire, arctique. Fou. Oui, il croyait devenir fou. Encore pire que lorsqu’il avait ses hallucinations lors de ses dernières fièvres. Il faisait du mal à Anya comme pour activer chez elle cette humanité qu’elle venait littéralement de détruire :

    - Qu’est ce que tu me racontes bordel de merde ! Putain Anya c’est quoi ces conneries ! Dis-moi ce qu’elle a fait ! Dis-moi qu’elle nous menace tout ce que tu veux mais pas ces conneries ! Je ne peux pas ! Je ne veux pas y croire !

    Il la secouait même si elle se débattait mais rien. Le regard de sa femme ne bougeait pas. Il n’y voyait rien d’autre qu’un mépris sanglant quand il sentait son coeur se briser à mesure qu’elle le regardait avec un dédain déconcertant. Il se sentait trahi, perdu et meurtri. Finalement, à bout de souffle, il du se faire une raison et la relâcher, surtout que ces enfoirés de gorilles derrière semblaient vouloir venir à eux.

    - Je vais devenir fou Anya.. Je ne peux pas croire ce que tu fais.. Ça n’a aucun sens.. Tu n’as pas le droit.. Tu n’as pas le droit..

    Etait-ce la maladie ? Le manque ? La vieillesse ? Garrett n’en n’avait aucune idée mais Anya avait une telle défiance envers lui qu’il ne pouvait refuser de voir la vérité. Elle ne l’aimait plus. Et là, alors qu’il croyait délirer, sûrement un coup de chaud ou les médicaments qui agissaient contre la douleur, il se persuada qu’elle ne l’avait jamais vraiment aimé et qu’il s’était emmuré pendant trop d’années avec cette certitude qu’il lui suffirait :

    - Alors c’est ça.. Le fait que je sois vieux.. Cette vie si ennuyante.. C’était trop pour toi ? Tu.. Tu as rencontré quelqu’un ? C’est ça ? Dis le moi parce que ça n’a aucun sens Anya parce que je t’aime.. Je t’ai toujours aimé.. C’est.. Après tout ce qu’on a vécu.. Je ne peux pas.. Non.. Je ne peux pas y croire..

    Le blond l’observait. Il cherchait à remuer quelque chose en elle. Comme pour faire tomber un potentiel masque. C’était une sorte de supplication qu’il faisait quand il savait pertinemment qu’il se ridiculisait sûrement. Mais Anya ne pourrait pas le laisser comme ça. Elle lui donnerait forcément un signe, quelque chose lui permettant de tenir, d’y croire envers et contre tout. Ils avaient toujours fait ça l’un pour l’autre.


    immarcescible, Posté le mercredi 27 avril 2022 17:06 Répondre

    Cela faisait maintenant huit mois que Anya avait disparu et toujours aucun signe de vie ni d’elle, ni de Pasha. Mille et un scénario venait en tête du blond. Il se disait que s’il n’avait pas de nouvelles c’était qu’ils étaient encore en vie. Sinon Katarina ce serait fait un plaisir de venir leur annoncer la nouvelle. Or, pendant tout ce temps, Garrett avait repris des forces. La maladie était toujours là mais il était plus combattif que jamais. Il avait pu reprendre une alimentation plus riche qui lui redonnait un peu de poids même si ses cheveux ne repoussait toujours pas.

    A croire que son corps lui rappelait perpétuellement qu’il n’était pas encore prêt à affronter les démons bulgare qui lui avaient enlevé sa femme. Les Cavill étaient rentrés et aidaient du mieux qu’ils pouvaient leur ami, notamment avec les cacahuètes. Mais c’était surtout Effie qui lui était d’une grande d’aide, notamment avec les multiples soins qu’il avait reçu. La douleur physique était aussi viscérale que celle de l’absence d’Anya. Comme si tout avait été écrit pour qu’il subisse encore et encore la perte de son épouse. L’infirmière avait été d’une grande d’aide donc puisqu’elle elle-même entichée de cette famille improbable qui vivait encore avec le fantôme de cette épouse disparue.

    La nouvelle de la vente du domaine et de tous leurs biens avait mis un coup au blond. Est-ce que cela signifiait que Anya était toujours en vie ou l’inverse ? Désemparé, il resta deux jours alité sous le regard de Charlie encore plus haineux envers sa mère. C’était incompréhensible pour Garrett. Non pas que l’argent ai une quelconque valeur disons qu’il ne comprenait pas le but de toute cette manoeuvre. Il avait toujours tout partagé avec Anya et elle l’avait littéralement dépouillé. Heureusement, la maison du lac était toujours à son nom depuis son retour du monde des morts. C’était la seule chose qu’il lui restait, tout le reste avait totalement disparu avec Anya.

    Avec Effie ils avaient donc fait les cartons et les déménageurs étaient déjà venus en chercher plusieurs. L’idée d’abandonner le domaine l’attristait autant qu’il était consterné.

    - Tu devrais venir avec moi au lac te promener, disait-elle à Garrett un matin, emmenons les cacahuètes. Le soleil te ferait du bien j’en suis persuadée.
    - Je ne me sens vraiment pas bien Effie. L’impression de vomir ne me quitte pas depuis hier soir.
    - C’est parce que tu restes alité. Allez, je te promets que ça te fera du bien.

    Elle avait enfin décidé à le faire sortir un peu de la maison. Et puis les filles adorerait sortir aussi un peu. Charlie était déjà à l’école à cette heure-ci donc rien n’y personne n’allait les attendre pendant leur absence. Alors qu’il venait de remettre sa veste après avoir rasé sa barbe ayant légèrement repoussée il crut voir un fantôme sur le pas de la porte.

    - Anya, soufflait-il choqué en l’observant les yeux écarquillés.

    Les mots qu’elle disait aux Cacahuètes le faisait froncer les sourcils. Qu’est-ce qu’elle disait ? Effie une mère pour leurs filles ? Et c’était tout ce qu’elle trouvait à dire après des mois et des mois d’absence ? En l’observant plus attentivement il vit bien le changement sur son épouse. Une réplique parfaite de Katarina. Garrett était totalement confus face à cette Anya totalement différente. Mais il était malin et le souvenir des multiples lavages de cerveau qu’utilisait la mafia russe ne pouvait qu’avoir modifier le regard de son épouse. Il sentait une colère et une hargne qu’il avait déjà vu une fois.

    - Qu’est-ce qu’elle t’as fait bordel de merde ? Anya !

    Sans ménagement il vint agripper ses bras pour la secouer. C’était un geste complètement désespéré après des mois et des mois sans aucune nouvelles. Encore faible, il ne pouvait pas la retenir entre ses mains, surtout qu’elle se débattait pour s’écarter vivement de lui le faisant légèrement basculer contre le mur. Ce regard si noir, inatteignable. Il en avait un frisson dans le dos.

    - Elle t’as fais un putain de lavage de cerveau Anya. Tu dois m’écouter et revenir sur terre maintenant. Je ne sais pas ce qu’elle t’as dis mais tu dois revenir à nous. Nous avons besoin de toi. Les filles ont besoin de toi et.. et Pasha ? Pasha est près de toi ?

    Une boule d’angoisse se formait dans sa gorge quand il la voyait être si peu encline au dialogue. Elle semblait tout observer avec une attention particulière. Comme si elle allait tout détruire. Garrett sentait bien qu’elle était instable et qu’il devait la rassurer. Faisant signe à Effie, il lui dit doucement :

    - Prends les filles avec toi et va au lac.
    - Garrett je ne pense pas que ce soit une bonne idée.. Je.. Je ne veux pas te laisser seul.
    - Effie, pars maintenant.

    Oh ce regard de haine. Anya lui faisait mal au coeur surtout en la voyant toiser l’infirmière de la sorte. Très vite il sentit bien que son épouse allait attaquer alors, par prévention, il s’interposa lorsqu’elle fit un pas vers elle :

    - C’est entre toi et moi. Laisse-la tranquille et emmener les filles. Nous allons discuter. Tu dois bien vouloir quelque chose si tu es là, n’est-ce pas ?

    Effie quitta bel et bien le cottage en emmenant les Cacahuètes étrangement bien silencieuse. Se retrouvant face à elle, il ne pouvait s’empêcher de ressentir un désir pressant l’oppresser. Sa tenue si sensuelle en cuir sombre, son regard brulant et violent, son parfum. Tout l’obsédait. Son Anya semblait avoir disparue mais il ne pouvait s’empêcher d’espérer la revoir revenir. Peut-être devait-il juste la rassurer. Alors, lorsqu’ils furent seuls, il tenta de poser sa main sur sa joue comme pour attiser cette douceur si particulière qui la caractérisait tant :

    - Mon amour.. Raconte-moi tout.. On peut encore s’en sortir.. Dis-moi tout, murmurait-il avec douceur, je voulais venir te chercher mais Henry m’a enlevé mon passeport et j’étais beaucoup trop faible.. Pardonne-moi..


    immarcescible, Posté le samedi 23 avril 2022 10:36 Répondre

    Les évènements revenaient éparses dans son esprit. Voilà plus d’un mois qu’Anya avait littéralement disparue de la circulation. Un mois depuis qu’elle lui avait été enlevé devant ses yeux impuissant. Garrett ne pouvait pas partir la chercher. A croire que Katarina avait amené la maladie pour le clouer à Napa. Il avait bien tenté de s’enfuir mais tout le monde l’en avait empêché. Cloué sur son lit, il devait subir des batteries de tests morbides quand la chimiothérapie avait complètement tué toutes ses forces vitales. Charlie et Jasmine étaient d’une grande d’aide pour lui au quotidien, Q’ aussi. Les Cacahuètes grandissaient à vue d’oeil et Pasha avait lui aussi disparu.

    En apprenant l’enlèvement de sa mère il avait aussitôt pris un billet pour la Bulgarie pour ne pas revenir. Garrett n’était pas en mesure de se battre et c’était ce qui le tuait de l’intérieur. C’était pire que la leucémie. Renfermé sur lui-même il en avait même quasiment cessé de parler. Il n’avait aucune idée de ce qu’avait dis Katarina à Anya, même si il s’en doutait. La menace perpétuelle que cette femme pouvait être pour la famille était forcément ce qui avait poussé et contraint Anya à la suivre aussi délibérément. Il ne voyait que ça pour qu’elle lui ai tourné le dos de la sorte.

    Mais en attendant, il n’avait que sa chimio qui le poussait, non, qui l’empêchait de pouvoir prendre une telle décision de partir la retrouver. Avait-elle oublié toutes les promesses qu’ils s’étaient faites mutuellement ? Ok, lui aussi avait pris autrefois des décisions dans son dos pour les protéger. Mais là, la laisser partir ainsi sous ses yeux impuissant le rendait fou de chagrin et de colère.

    Jasmine s’inquiétait chaque jour de l’état de son père. Sa maternité se passait à merveille, à croire qu’elle s’était découverte une vraie vocation, mais devoir s’occuper de son père était tout autre chose. Heureusement, Clive l’aidait beaucoup et se révélait tout à fait capable de prendre soin de sa famille. Dans ce tumulte, ils se marièrent même à la mairie sous l’oeil de deux témoins, Binki et Millie. Ce fut fait une heure et c’était suffisant pour les deux.

    Charlie noyait son chagrin amoureux et maternel dans la peinture. Tout comme son père, elle s’était renfermée sur elle-même. Tous les deux semblaient en colère et incapable d’exprimer leurs émotions. Elle n’avait eu aucune nouvelles de Kisos pendant tout ce temps et ça avait encore plus favorisé son ressentiment. Les Cavill allaient d’ailleurs bientôt partir pour la Norvège suite aux dernières recherches de Q’ sur ses ancêtres. Elle avait voulu tout annuler mais Garrett lui en avait formellement interdit. Il saurait gérer sa famille.

    Les Cacahuètes avaient bien grandie et commençaient déjà à faire leurs premiers pas. C’était un moment si émouvant et particulier pour Garrett qui avait même filmé ces petites choses anodines. Une partie de lui savait qu’Anya allait forcément revenir. C’était obligé. Il devait juste prendre son mal en patience. Pour l’aider dans les tâches du quotidien, surtout quand il était dans un été lamentable, une infirmière vint. C’était son père qui l’avait trouvé pour lui. Elle s’appelait Effie et avait la trentaine. Une jolie métisse aux yeux d’un bleu étincellant. Il aurait voulu avoir Maggie mais elle les avaient quitté quelques jours après le départ d’Anya. Rien ne lui avait été épargné.

    Etouffant son chagrin du mieux qu’il pouvait, il essayait tous les jours de lire un peu mais c’était impossible pour lui de se concentrer. C’était Charlie qui venait lui faire la lecture. Il n’aimait pas ça au début car il avait l’impression d’être un mourant. Mais à force, il se rendit compte que ça aidait aussi sa fille de pouvoir s’occuper un peu de lui.

    - Tu sais papa, dit-elle en fermant le livre qu’elle lisait, je crois que notre famille est maudite. Nous sommes viscéralement incapable de garder le bonheur près de nous.
    - Pourquoi dis-tu ça ? Tu sais bien que le destin et toutes ces conneries ça n’existe pas Petit Pois.
    - Je doute sincèrement que tu aies tort. Regarde.. Depuis le début toi et maman vous essayez mais ça capote à chaque fois. Combien de fois tu as du aller la chercher et inversement. Comment veux-tu que je puisse croire que Kisos tienne encore à moi ? Je porte la malédiction avec moi.. Pas étonnant qu’il ne veuille plus de moi dans sa vie.

    Garrett n’avait aucune idée de comment rassurer sa fille. A vrai dire, lui aussi était perdu dans un dédale de ressentiments violent. Il en voulait à Anya et il en voulait à la terre entière. Incapable de répondre et de réfléchir outre mesure à ce que disait Charlie, il lui fit simplement signe de venir dans ses bras pour un câlin.

    Le processus de la maladie était bien complexe. Après avoir perdu facilement dix kilos et tous ses cheveux, Garrett commençait à se sentir très faible quand il était trop longtemps debout. En fait, il était peut-être préférable que Anya n’ai pas eu à voir ça. L’état de déchéance dans lequel il se trouvait et qui l’empêchait totalement de pouvoir agir à sa guise. Effie était devenue indispensable pour lui, notamment sur le ménage, les filles et les soins qu’elle dispensait. Charlie l’aimait beaucoup aussi, quand elle cuisinait elle laissait toujours une petite part végétarienne pour l’adolescente. Pour plus de commodités, elle avait investie le bureau dans lequel elle dormait. Toute cette nouvelle organisation s’était faite naturellement.

    Le plus dur pour Garrett était le soir. Seul dans cet immense lit à ne pas sentir la présence d’Anya. Un soir, épuisé et gémissant de douleur, il ne pu retenir ses larmes. Sa femme lui manquait, la peur et le manque le faisait réagir et pleurer en silence. Alors, pour la première fois de sa vie, il s’osa à faire une chose qu’il n’avait jamais penser faire même dans les plus horribles moments qu’il avait vécu en prison. Il se mit à prier silencieusement pour qu’elle revienne. Il priait n’importe qui, il s’en fichait. Il cherchait au fond de lui une lueur d’espoir pour continuer. Un espoir qui lui permettrait de vaincre cette maladie et qui lui rendrait la seule en mesure de le sauver.


    immarcescible, Posté le jeudi 21 avril 2022 13:52 Répondre

    Cette femme savait à la perfection attiser son excitation et son désir. Accablé par les nombreuses caresses si sensuelles de son épouse, Garrett se laissait aller au plaisir si parfait de sa langue parfaite et de ses lèvres si chaude et perfectionniste. Ô que oui, aucun autre homme ne pouvait connaître pareil bonheur en ce matin si doux de février. Il n'avait pas la fougue de l'autre jour, mais il fit malgré tout l'amour à Anya avec un plaisir certain. Tous les deux étaient encore fébrile de leur passion matinale alors qu'il conduisait en direction de son rendez-vous. Revigoré par leurs multiples orgasmes, ses joues avaient repris de jolies couleurs et le médecin ne pu s'empêcher de le remarquer :

    - Monsieur Garrett Hedlund. Quel teint ! Quoi que vous fassiez je vous prie de continuer. En plus, vos résultats sont très bon ce mois-ci.

    Un sourire narquois naissait sur les lippes du blond quand son regard se penchait lentement et discrètement sur son épouse. Pendant que le médecin continuait à évoquer tous les segments de la maladie, Garrett lui observait de son oeil apaisé Anya. L'avoir près de lui à ce moment là était tellement réconfortant. Sa main dans la sienne qui était pressée lui donnait un peu d'espoir contrairement aux autres fois où il était venu seul. Il se promit de lui dire en sortant mais pour le moment, il fut sortit de sa contemplation par une Anya aux sourcils froncés et au teint inquiet :

    - Garrett, Garrett, questionnait le médecin à la mine sérieuse, il va falloir sortir de votre rêverie un instant et vous concentrer. Même si vos résultats sont bon nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers. Donc finis l'alcool, la cigarette et surtout un régime bien spécifique. Je vous ai fais une liste de tous les aliments interdit pouvant favoriser la production de mauvaises cellules. Continuait les exercices sportifs, je vois que vous avez perdu un peu en masse.
    - Ai-je le droit de respirer ou de rire un peu Doc ?

    Le médecin ne se laissait pas avoir par la remarque cinglante de son patient. Il en avait vu d'autres depuis toutes ces années. Il se contenta simplement de sourire amusé et de reprendre son discours mais avec Anya.

    - Je suis ravi de vous rencontrer enfin. Il est important que votre mari soit soutenu dans cette terrible épreuve. Il m'a expliqué votre implication quotidienne pour votre fille et j'en suis navrée, maintenant je pense que vous devriez aussi vous ménager. Garrett va avoir besoin de vous.
    - Ma femme sait parfaitement bien s'occuper de moi Doc. Elle fait tout ce qu'il faut depuis toujours pour m'aider.
    - C'est certain et je n'en doute pas mais je pense qu'elle doit être au courant qu'il ne s'agit pas de la même chose que votre fille.

    Après une hésitation et surtout en voyant le regard sombre de Garrett, il reprit et expliqua à Anya :

    - Les cellules cancéreuses de votre époux sont faibles. Il y a donc un risque que pendant la chimiothérapie que ces cellules se décomposent si rapidement que les reins ne parviennent pas à évacuer ces substances du sang. C'est un problème pouvant mettre la vie en danger qu’on doit traiter immédiatement. S’il n’est pas maîtrisé, les taux sanguins anormaux peuvent causer divers problèmes, c'est pourquoi je vous demanderais d'être attentive à ce que Garrett soit précautionneux avec les recommandations que je vous ai noté sur la liste.
    - Merci Doc, vous allez tellement me l'effrayer que je peux dire au revoir à ma glace en rentrant.

    C'est dans un silence de mort qu'ils rentraient du rendez-vous. Garrett avait réussit à reprendre le volant de la voiture mais Anya persistait à rester silencieuse. Prenant sa main dans la sienne, il entrelaça ses doigts aux siens comme pour la ramener à lui. Il était loin cet sentiment d'allégresse et de légèreté de l'aller :

    - Eh.. Ça va super bien se passer. Tu sais pourquoi ? Parce que je n'ai pas l'intention de mourir maintenant et que j'ai à mon bras une coéquipière intraitable. Mon amour.. S'il te plaît.. Souris-moi.


    immarcescible, Posté le mardi 19 avril 2022 20:34 Répondre

    Et voilà, tout le monde était désormais au courant. Garrett ne pouvait plus se cacher et ça l’agaçait. Tout ce qu’il avait toujours refusé allait arriver. Sa famille allait avoir pitié de lui et le materner. Prenant sur lui, il laissa Charlie faire son rôle si adorable de survivante de leucémie l’abreuver de conseils. Il l’écoutait, patient tout en mangeant avec appétit le fameux petit déjeuner que les filles avaient fait pour lui. Pour des petits-déjeuners comme ça, oui, il voulait bien être chouchouté.

    - Charlie arrête de stresser, dit-il la bouche pleine, je vais bien contrairement à ce que tu crois. Je suis persuadé que d’ici quelques mois tout ira mieux d’accord ? Ce ne sont pas les russes qui ont eu ma peau alors ce ne sera certainement pas un petit microbe de merde.
    - Papa…

    La petite soupirait mais ne pouvait s’empêcher de doucement rire au commentaire de son père. Elle se décida à se bouger après l’avoir enlacé son père et lui avoir assuré qu’ils se battraient tous ensemble pour qu’il aille mieux. Charlie partie, voilà Anya qui revenait à lui. Il mangeait avec un bon appétit ce matin ce qui le rassurait et le rendait optimiste concernant la suite à venir du rendez-vous. Garrett la regardait s’habiller et ne pouvait s’empêcher de siffler en la voyant mettre avec une telle sensualité son collant. Les yeux du blond criait famine d’autre chose :

    - Dommage que mes doigts soient encore couvert de confiture. Sinon j’aurais agrippé ce collant pour te le retirer tu peux me croire.

    Mais au même moment, les Cacahuètes se réveillaient en choeur. De suite Charlie hurla un « j’y vais » qui surpris Garrett. Il craignait désormais que la jeune fille ne se concentre plus sur elle mais sur le reste de la famille. Il ne voulait pas qu’elle s’oublie et se confia à Anya sur ce sujet :

    - On est d’accord que si je suis encore capable de m’envoyer en l’air avec toi c’est que je ne suis pas si malade que ça mon amour. Donc Charlie n’est pas notre esclave. Je la connais parce qu’elle est comme toi. Elle va vouloir oublier Kisos en se rendant irremplaçable pour nous alléger le travail.

    Ella passait la porte en marchant à quatre pattes quand Bird se lovait tendrement contre une Charlie qui la déposait sur le lit. Instinctivement, Garrett la prit dans ses bras et la couvrit de baisers ce qui la faisait rire mais la seconde grognait et pleurait d’en bas en tentant de grimper. La plus grande l’aida pour qu’elle vienne ensuite ramper jusqu’à son père.

    - Tiens donc.. Me voilà cerné par deux cacahuètes.

    Amusée toutes les deux, il leur inventa une histoire sur deux cacahuètes qui s’étaient perdue dans les bois. Garrett n’avait aucune idée de si elles comprenaient ce qu’il racontait, toujours est-il qu’elles semblaient totalement concentrée sur les mots de leur père qui énonçait avec des grands gestes et des voix différentes tous les personnages de son histoire. Mais l’heure d’aller à l’école pour Charlie et la crèche pour les petites arriva. Q’ vint aider Anya comme ce qui était convenu. Elle conduirait les Cacahuètes à la crèche ainsi que Charlie à ses cours.

    - Comment va-t-il aujourd’hui, demandait-elle inquiète, j’ai trouvé qu’il avait une bonne mine hier malgré ses yeux fatigués. Je passerais dans la soirée avec un baume pour la circulation du sang. Je m’occupe des filles en attendant, ne t’en fais pas.

    Son but était de soulager le plus possible son amie avant qu’elle et Henry ne reparte en Ecosse. Les filles parties, Garrett en profita pour reposer le plateau sur le bord du lit et retirer son peignoir. A moitié nu, il attendait son épouse et la surpris dans cette tenue un sourire aux lèvres, très très très taquin :

    - Prête pour un petit voyage express Blackbird ? Je n’ai presque plus de confiture sur les doigts.


    immarcescible, Posté le lundi 18 avril 2022 15:49 Répondre

    La situation ne pouvait pas plus dégénérée que cela semblait-il. Le souffle coupé par une Anya volcanique et protectrice, Garrett se retenait de ne pas intervenir. Il savait parfaitement quand elle avait besoin d’aide pour se défendre et en l’occurence, à ce moment là, elle n’en n’avait pas besoin. Charlie quittait la maison pour rejoindre Kisos quand Q’ venait à jouer à la perfection l’arbitre. Ça touchait le blond de voir que son ami avait été aussi affecté par la tromperie de son ex-fiancée. Il voyait un peu en lui ce mal-être qu’il avait toujours nié et que Garrett lui-même avait consentement ignoré.

    La fête d’anniversaire fut heureusement sauvée par une Q’ pleine d’énergie et d’entrain. Henry allait l’aider en cuisine quand Anya venait se jeter dans ses bras. Une main protectrice se posait sur sa nuque et l’autre sur le bas de son dos.

    - Je suis désolé pour toutes ces histoires. J’aurais du me taire, avouait-il en déposant un baiser sur le front de sa bien aimée, je ne pensais que ça détruirait la journée ainsi et… et je suis désolé de… de t’avoir laissé me sauter dessus ce jour là. J’ai été si faible, si égoïste.. Je suis désolé de ne pas avoir de regrets sur cette journée là.

    Henry revenait au même moment et les deux garçons se saluèrent d’un hochement de tête. Symbole d’une vieille rancune qu’ils allaient enfin enfermé et enterré à jamais. Après avoir tendrement enlacé et bercé Anya, ils se mirent à table et évoquèrent des sujets un peu plus léger comme les recherches de Q’ qui avançait bien :

    - J’ai retracer l’arbre généalogique des Powhatan jusqu’à l’ère des Viking. Figurez-vous qu’une légende existe et où une princesse de mon peuple aurait été vendue à un seigneur viking. Je pense que nous allons devoir voyager très très rapidement pour partir sur les traces de cette princesse. Ouh ! Que j’adore mon métier !

    Tous les trois souriaient attendri en voyant cette petite amérindienne qui dévorait d’énergie positive. Ils buvaient, riaient détendu. Lorsque Kisos et Charlie revinrent à la maison ils découvrirent une ambiance toute autre. Les quatre adultes pouffaient de rire à des anecdotes de Garrett sur les bêtises qu’il avait fait avec Henry avant qu’ils ne deviennent grand et stupide. Charlie lâchait le bras de Kisos et le regardait avec surprise ne s’attendant pas à une telle scène. Très vite, Q’ se jeta au bras de son fils bien trop grand pour elle et l’entraina à table :

    - Venez donc manger, dit-elle en essuyant ses yeux larmoyant de joie, nous allons enfin pouvoir célébrer l’anniversaire de mon grand garçon.
    - Euh.. D’accord d’accord, répondait Kisos en observant son ex-petite amie avec un regard un peu intrigué, nous arrivons.

    Ils montèrent un instant à l’étage pendant que les adultes ricanaient encore tous les quatre. A croire que le whisky dans lequel avait investit Henry semblait avoir de délicieux effets sur les Cavill-Hedlund. La soirée se passa sans plus aucun trouble. Charlie et Kisos s’observaient un peu gêné de voir leurs parents s’esclaffer à tout va en racontant des choses qu’ils ne trouvaient pas forcément drôle. Ah ! L’humour intergénérationnel.

    Le repas avait été délicieux et Kisos avait été gâté de différents cadeaux. Charlie lui avait offert un carnet de dessins qui racontait leur histoire depuis le début de leur rencontre. Délicatement, il avait embrassé le front de la jeune fille visiblement ému de l’attention.

    Charlie marchait avec fermeté devant ses parents. Elle se refusait à regarder derrière elle Kisos sur le perron. Garrett avait mal au coeur en la voyant si digne et pourtant si malheureuse. Cela le fit dessoûler quand Anya chantonnait près de lui. Les cacahuètes dormaient confortablement blottie l’une contre l’autre comme d’habitude et Frankie marchait tranquillement. La lune était haute et belle, la soirée si douce et apaisante. En arrivant, la petite blonde courut jusqu’à sa chambre s’y réfugier, pour pleurer sans aucun doute :

    - Bébé.. Va prendre une douche je m’occupe des filles.

    Garrett embrassait tendrement son épouse avant de la pousser vers la chambre pendant qu’il montait avec les Cacahuètes. Une fois couchée et Frankie posé dans son panier près de leur lit, il passa devant la chambre de Charlie où il toqua à la porte. Après qu’elle lui eut donné l’autorisation d’entrer, il le fit et la trouva sur le sol à ranger dans des boites en cartons tous les souvenirs qu’elle avait de Kisos :

    - Oh.. Petit Pois..
    - Je dois le faire papa. Sinon je ne pourrais pas tourner la page, dit-elle en pleurant à chaude larmes, il va forcément rencontrer des filles plus âgées et plus grande que moi et avec plus d’expérience. Il est si beau, si fort. Et moi…? Je ne suis qu’une enfant !

    De suite, le blond s’accroupissait au sol et vint la prendre dans ses bras. Il la serrait fort enfouissant son nez dans sa crinière d’un blond polaire. Charlie pleurait tellement qu’il croyait quelle ne s’arrêterait jamais. Comment le pourrait-elle ? Lui aussi avait cru mourir en voyant Anya partir, alors il pouvait comprendre les sentiments fort de sa fille. La berçant contre lui, il essayait de la rassurer du mieux qu’il pu :

    - Je sais que pour l’instant ce que je vais te dire te semble dérisoire mais je t’assure qu’un matin tu te lèveras et ça fera un peu moins mal. Tu y penseras toujours mais.. mais tu reprends pieds Petit Pois. Et puis… Et puis tu retomberas sur lui ou pas mais entre temps tu auras vécu ce que tu as toi à vivre en tant que jeune femme.

    Il était tard quand il quitta finalement Charlie. Elle s’était endormie dans les bras de son père comme elle le faisait enfant et ça rassura le blond. Au fond d’elle subsistait un peu de sa petite fille. En retournant dans la chambre il était épuisé. Totalement lessivé notamment avec le whisky de Henry. Mais quelle surprise en voyant une Anya endormie sur le lit qui avait tenté de retirer sa robe puisqu’elle dévoilait à moitié son corps dénudé. Cela le fit sourire et il vint lentement retirer un à un ses vêtements tout en embrassant par moment son ventre, le haut de ses cuisses ou encore ses lèvres.

    Une fois qu’elle fut nue, il pu la coucher convenablement dans le lit et la rejoignit. Caressant les traits fin de son visage, il ne pouvait s’empêcher de repenser à la douleur de Charlie et murmura :

    - Je sais que tu dors mais je dois quand même te le dire Anya Siminiov. Tu es l’amour de ma vie. Je t’aime d’une manière déraisonné. Tu es mon éternelle, ma lumière, mon souffle, mon atmosphère. Je t’aime, je t’aime..

    Il prenait les mains de la jeune femme dans les siennes et son front contre le sien avant de fermer les yeux. C’était comme si il priait, comme si il se donnait une nouvelle fois corps et âme à cette femme qu’il considérait comme sa divinité.


    immarcescible, Posté le vendredi 15 avril 2022 11:12 Répondre

    Anya avait raison, il fallait qu’il dorme à tout prix. La journée avait été très longue sans repos depuis la veille. Garrett avait non seulement besoin de dormir mais aussi de prendre le temps de se faire à l’idée qu’il vieillissait à vie d’½il. Jasmine mère et Charlie ayant une vie sexuelle. Ô oui, un sacré coup de vieux qu’il prenait. Blotti dans les bras d’Anya il réussit à s’endormir lentement dans sa douceur et contre deux beaux seins qui avaient déjà su apaiser ses peurs.

    Il dormit un sacré moment ce qui lui fit du bien même si il grogna de ne pas avoir Anya près de lui à son réveil. Au vu de l’heure qu’il était, il n’avait pas d’autre choix que de se dépêcher à se préparer ce qu’il fit en allant prendre une bonne douche. Une fois propre, il s’habilla de manière élégante puisqu’ils fêtaient quand même les seize ans de Kisos. Alors qu’il finissait de boutonner sa chemise surgit dans la chambre un Frankie poursuivit par une Ella en pleine forme. Souriant amusé, Garrett récupéra les deux et les pris dans ses bras. Frankie s’amusait à lécher la petite blondinette qui en riait de joie. Le père décida donc d’emmener les deux terreurs jusque dans le salon où Birdie se faisait coiffer par une Charlie différente.

    - Petit Pois ? Tu.. Tu.. Tu es maquillée ?
    - Oui, repondit-elle en souriant fièrement, tu n’aimes pas ?

    Il était pris dans le feu entre vouloir lui hurler de se démaquiller en vitesse et celle de la rassurer. Bien évidemment, il n’avait pas envie d’une dispute et d’une crise entre eux en ce jour-ci et se contenta donc de sourire légèrement avant de lui confirmer qu’elle était jolie même si c’était trop pour lui le khôl autour des yeux et le rouge à lèvre quoi qu’un peu discret.

    Ella se mouchait dans ses mains ce qui détourna l’attention de Garrett un instant. Rapidement il essuya les mains de la petite avec un torchon près d’eux avant de la déposer près de sa jumelle qui était toujours aussi douce et patiente.

    - Je vais attacher mes cheveux et j’arrive.

    Ses cheveux étaient en effet bien long désormais et lui arriver en dessous du menton. Il les sécha convenablement avant de les attacher en un man bun rapide. Enfilant je veste il soupirait en essayant de ne pas trop penser à cette Charlie qui grandissait trop trop trop vite à son goût. Sur la route pour se rendre chez les Cavill, il laissa Charlie s’occuper de pousser le landau plus loin devant. Il en profita pour embrasser le cou de son épouse et caresser sa fesse par dessus le tissu de sa robe et murmurer à son oreille :

    - Tu es si belle.. Tu sens si bon..

    Lorsqu’ils arrivèrent chez les Cavill ils installèrent les jumelles avec Sora dans le parc. Frankie veillait sur eux avec attention comme le faisait Nana avant. C’était si touchant et adorable. Les ados montèrent à l’étage ce qui fit naître une nouvelle angoisse dans le ventre de Garrett qui de suite lança le sujet auprès de Henry :

    - Il faut qu’on parle ce ce qui c’est passé aujourd’hui.
    - Garrett attend.. s’il te plaît..

    Q’ savait. Inquiète, les doigts noués, elle s’approcha de son époux et vint caresser sa nuque comme pour le calmer au pire.

    - Kisos et Charlie ont fait l’amour aujourd’hui. Il ne voulait pas que je t’en parle parce qu’il comptait tout te dire demain pendant le trajet du retour..


    immarcescible, Posté le jeudi 14 avril 2022 21:53 Répondre

    Comment pourrait-il ne pas ronchonner ? Sous le soleil cuisant de la Californie, Garrett avait du mal à assimiler l’idée que Charlie puisse avoir perdu sa virginité et qu’elle soit désormais active sexuellement. C’était le début d’une époque et la fin d’une autre. Plus jamais il ne pourrait la prendre dans ses bras comme avant. Elle n’était plus une enfant, plus son bébé. Il n’avait pas eu à vivre ce changement avec Jasmine. Il était en Sibérie présumé mort à ce moment là donc il n’avait pas pris conscience de ce schéma là lorsqu’il était revenu. Elle était déjà une femme. Mais là, avec Charlie, c’était différent et ça le traumatisait :

    - Je ne me sens pas capable d’avoir une conversation avec elle sur ce sujet là Anya. Ça va te paraître lâche mais.. mais je ne saurais pas comment faire face.

    Lui qui avait combattu des milices, des mafias, des hommes de mains de tout les pays du monde, il avait entraîné des hommes au combat, dirigé ses mêmes hommes sur le terrain, enseigné dans des amphithéâtre rempli et pourtant, il se retrouvait muet et incapable de résoudre ce problème là. Désabusé et épuisé il supplia Anya de rentrer.

    Ils rentrèrent donc lentement jusqu’au cottage et firent exprès de faire du bruit avant de rentrer dans la maison. Charlie était sur le canapé recroquevillée sur elle-même à dessiner pensive. Elle semblait sortir de la douche. Garrett chercha chez elle le moindre signe ayant changé chez elle mais rien ne lui vint de suite. Pourtant, elle esquissait un léger sourire, un sourire qui évoquait un secret et qui lui rappelait celui d’Anya lorsqu’ils s’étaient embrassé la première fois. Ainsi donc, ils avaient bel et bien joué au loup.

    - Je vais coucher les cacahuètes et ensuite je vais prendre une douche. Après ma sieste on partira chez les Cavill.

    C’était une manière de fuir et de laisser les filles discuter entre elles. Après avoir couché les jumelles qui dormaient profondément, il prit une longue douche fraiche. Le soleil avait bien tapé sur sa nuque et il sentait comme un coup de soleil. En prenant sa crème, il voulut se rendre dans le salon pour demander à Anya de lui en mettre mais il surprit la conversation des filles. Discrètement, il écouta Charlie se confier à sa mère :

    - C’était si doux, parfait et spontané maman. Est-ce que c’est toujours aussi fort, intense et parfait comme ça ?

    Le malaise envahissait Garrett. Vite, il ferma discrètement la porte et se débrouilla tout seul pour se soigner. S’allongeant sur le dos, il regarda l’extérieur en cherchant le sommeil mais impossible. Il ne cessait de repenser à la naissance de Charlie, ses premiers mots, ses premiers pas, sa découverte avec la peinture ou encore ses premiers chants. Sa fille de l’infidélité, son Petit Pois adoré grandissait bien trop vite et ça le minait. Soupirant longuement, il ne trouva pas le sommeil mais tenta de se détendre. Ainsi, lorsqu’Anya arriva enfin, il ne pu s’empêcher de lui confier ce qu’il avait sur le coeur en maugréant comme un vieux rabat-joie :

    - Alors ? C’est fait ? Le petit Cavill m’a volé ma petite fille ? J’espère qu’il a bien fait les choses sinon j’y vais et je lui retire son nouveau jouet. Et tu sais que j’en suis capable.


    immarcescible, Posté le jeudi 14 avril 2022 09:34 Répondre

    Le début de journée était si beau que Garrett ne pouvait refuser l’invitation de la belle Anya. Tenait dans ses bras Bird qui se calfeutrait contre lui pour un câlin, il surveillait surtout la petite Ella du coin de l’oeil qui s’agrippait à Frankie pour ne pas avoir à marcher. L’ingéniosité de la petite faisait bien rire son père qui vint la relever en lui expliquant que le sol du dehors était trop sale pour faire une telle chose.

    Elle grondait son père en faisant la tête mais il ne cédait pas et se contenta de la prendre dans son autre bras. Mais les petites prenaient du poids et avec la perte de force et de muscle du blond, il devait bien avouer qu’elles étaient trop lourde pour lui seul :

    - Je vais chercher la poussette à la maison.

    Mais au même moment, Anya l’en empêcha prétextant avoir oublié quelque chose elle aussi. Son air affolé le surprit mais il n’en dit rien. Intérieurement, il se dit tout simplement qu’elle lui préparait sans aucun doute une surprise. Cette idée lui plu et il resta donc tranquillement sous le séquoia du jardin.

    - Votre maman est la reine des surprises et votre papa adore les surprises, expliquait-il aux blondinettes qui jouaient avec sa barbe, mes petites cacahuètes..

    Enfin elle revenait et Garrett ne perdait pas son sourire enjôleur. Lorsque les filles furent enfin dans leur berceau, il put avec plaisir loger son bras autour des hanches de son épouse tout en embrassant son cou et son épaule. Il avait son oeil pétillant et il adorait contempler les formes anguleuses de son corps si parfait. Ô que oui il était impatient.

    - Je suis désolé de mettre endormi hier soir. Est-ce que tu portes toujours ce fameux petit corset rouge que je rêve de voir sur toi ?

    Il souriait d’un sourire enjôleur ce qui lui donnait cet air un peu plus jeune. Leur marche dura jusqu’au fameux bar où les Blondies furent surprise de les voir à une heure si matinale. Le bar fonctionnait à merveille et les mini-concerts aussi. Le groupe de Binki s’était installé non loin et ils envisageait même de s’y établir avec un studio d’enregistrement. C’était la première fois qu’ils se sentaient suffisamment à l’aise quelque part pour y rester autant de temps. Et puis, Millie et Binki semblaient aimer cette vie moins itinérante protégée par cette végétation luxuriante et ce vin enthousiasmant.

    Ils buvaient un thé tout ensemble, protégés par l’immense olivier dans la cour intérieure. Les Cacahuètes s’endormaient dans le landau, Frankie à leurs pieds quand Garrett faisait lentement bouger la poussette.

    - Et pourquoi Charlie n’est pas venue, demandait Binki qui avait sortit les biscuits préférés de sa nièce, habituellement elle ne perd pas une occasion de venir manger mes biscuits.
    - Elle est restée avec Kisos. Ils se disputent sur leur avenir commun.

    Garrett souriait doucement, attendri par la dispute et jeta un oeil sur son épouse qui rougissait à vu d’oeil. Surpris, il caressa sa main de la sienne avant de se pencher vers elle qui le fuyait inévitablement du regard :

    - Eh.. Bébé.. Ça va ? Qu’est-ce qui se passe ? Charlie est à la maison avec Kisos et..

    Soudain, il eut un éclair de lumière et il comprit. Ce n’était pas une surprise pour lui ce qui l’attendait à la maison. Non. C’était plus traumatisant qu’autre chose. Devenant blême à l’inverse de la brune, il se redressa en sentant tout un monde s’effondrer sur lui :

    - Non, non, non, non, non, non, non..

    Et il ne s’arrêtait pas. Les blondies ne pouvaient s’empêcher de rire même si elles étaient gênées. Elles gardaient leurs mains sur leurs lèvres pour ne pas laisser échapper leurs gloussements mais Garrett ne pouvait s’empêcher de se sentir mal à l’aise :

    - Pourquoi ? Non ! Pourquoi ?? Anya ! Mon bébé.. Non, non..

    Il du se retenir à la table car son sang semblait se figer. Vite, Binki compris et lui apporta un verre de whisky. Malgré la protestation d’Anya, le blond leva les yeux au ciel et bu cul sec à dix heures du matin son verre pour affronter ce qu’ils allaient vivre désormais :

    - Bordel de merde.. Je ne pensais pas que ça ferait aussi mal.. Nous devons rentrer tout de suite ! Charlie n'a que quatorze ans bordel !


    immarcescible, Posté le mercredi 13 avril 2022 19:41 Répondre

    Le moment pancake est avorté par la confession censée de Kisos. Garrett le comprenait que très bien. Lui aussi avait essayé de mettre de la distance avec Anya au début de leur relation. Même si les jeunes amoureux connaissaient les sentiments de l'un et de l'autre par coeur il n'en restait pas moins qu'ils avaient encore tout à construire. Charlie quitta vivement la table quand le jeune homme soupirait malheureux de la réaction de la jeune fille. D'un coup d'oeil vers Anya, il sut qu'il devait rassurer Kisos qui semblait véritablement malheureux de cette situation :

    - Ça passera. Si vous vous aimez si fort je te promets que vous vous retrouverez Kisos. Mais pour l'instant.. Pour l'instant tu as peut-être raison de te concentrer sur toi. Charlie le comprends au fond d'elle c'est juste qu'elle t'aime depuis toujours. C'est difficile pour elle de rester ici sans toi après tout ce que vous avez vécu.
    - Elle m'en voudra toujours d'être partit.
    - Non, je t'assure que non. Tu sais, un jour Anya est partie parce qu'elle avait besoin de se trouver elle-même. J'ai eu si mal mais c'était nécessaire et je devais l'accepter. L'un comme pour l'autre ça été d'une souffrance sans pareille mais.. mais regarde aujourd'hui.

    En disant cela, le blond avait pris la main de son épouse et en embrassait le poignet tendrement. Il lui offrait un doux sourire quand il venait se rapprocher d'elle. Charlie devait pleurer à l'étage et maudire ses parents ou encore Kisos, Garrett le savait. Ils l'entendaient bousculer ses affaires et sans doute se remettre à peindre puisque sa toile tombait sur le sol :

    - Va la voir.. Essaie de lui dire ce que tu ressens. Elle devra se faire un raison à un moment et elle le sait bien. Je suis persuadé que tout s'arrangera.

    Kisos hésita et tenta une nouvelle fois d'aller voir la jeune fille. Garrett et Anya attendirent un moment mais aucun cris et aucun pot brisé n'arrivait. Sans bruits, ils prirent les jumelles et les pancakes avant de s'installer dans la véranda d'hiver pour profiter du soleil qui se levait :

    - Ella aurait frappé Birdie, demandait surpris le blond, il est vrai qu'elle a le poing facile. Je crois qu'elle tient plus de toi que de moi finalement mon amour.


    immarcescible, Posté le mercredi 13 avril 2022 08:55 Répondre

    C'est toujours une vive émotion pour un homme de tenir entre ses mains ses enfants. Pourtant, c'était totalement autre chose pour Garrett de savoir qu'il tenait son petit-fils entre ses mains. Un petit Hedlund qui gesticulait et ouvrait très lentement des yeux d'un bleu aussi pur que ceux de sa mère. Les yeux du blond se remplissaient de larmes qu'il tentait de contenir mais chose trop ardue pour un homme qui n'aurait jamais pu en espérer tant de la vie. Ses lèvres se posèrent sur le petit front de ce pois si attendrissant et il vint s'asseoir sur le côté du lit près de Jasmine avant de lui rendre encore ému :

    - Je suis enchanté de pouvoir enfin te connaître petit Elios. J'ai si hâte de t'emmener faire tout un tas de bêtises avec ta tante Ella. Nous allons bien nous amuser je te le promet.

    Clive venait s'asseoir aussi près de Jasmine en enroulant ses épaules d'un bras protecteur avant de caresser le petit crâne duveteux de l'enfant. Garrett avait besoin d'Anya et il la chercha du regard. Elle mitraillait tout le monde de photos ce qui le fit sourire de plus belle. Se levant lentement, il laissa le jeune couple faire connaissance avec le nouveau venu quand le blond enlaçait sa femme encore ému et les yeux empli de larmes :

    - Emmène-moi loin d'ici sinon je vais craquer..

    Heureusement qu'elle le connaissait bien car elle le dirigea en vitesse jusqu'à la salle d'attente. Venant s'asseoir sur une chaise vide, il sentit un vertige l'envahir. Trop de fatigue, trop d'émotion et de stress pour une seule et même journée. Il devait se poser et s'isoler pour prendre l'air. Quelques larmes couler le long de ses joues et lorsqu'il sentit son épouse vouloir le quitter pour prévenir les médecins de son malaise, il la retint :

    - Non.. Reste.. Je vais bien c'est juste.. juste l'émotion.. la fatigue.. Me rendre compte de toute cette vie que je n'aurais jamais pu avoir sans toi Anya.. Le bonheur que tu m'as donné.. tant et tant donné.. Ça me renverse à chaque fois.. Tu ne t'en rends pas compte et.. et le fait que tu sois une mère pour Jasmine.. Tu ne peux pas savoir à quel point tu me rends heureux Anya Hedlund. Je ne te le dis pas assez mais tu es l'amour de ma vie et si je devais recommencer toute cette vie je le ferais à l'identique juste pour pouvoir continuer à voir ce sourire.

    Garrett Hedlund pleurait de bonheur quand sa main se posait sur la joue de son épouse. Il l'attirait contre lui et lui donnait un tendre baiser. L'hôpital était tranquille étant donné l'heure très matinale. Il leur fallait malgré tout prévenir toute la famille qu'ils seraient sûrement en retard au repas du midi pour l'anniversaire de Kisos, aussi, le blond laissa son épouse gérer ces appels quand il prenait le temps de se reposer tout près de la machine à café. Après une nouvelle visite aux jeunes parents, ils décidèrent de rentrer pour aller eux aussi se reposer et rassurer Charlie qui devait être tétanisée de peur à la maison.

    Pourtant, lorsqu'ils arrivèrent au cottage, ils eurent la surprise de voir Kisos et Charlie assis l'un à côté de l'autre sur le perron de la maison. En voyant arriver les Hedlund, le jeune homme se releva aussitôt et tenta de s'expliquer mais Charlie le devança :

    - Il est arrivé il y a juste une heure et nous sommes restés à côtés des Jumelles. Elles jouent dans le parc avec Frankie.
    - Elles me le diront si vous n'avez pas été sage, répondait Garrett en riant avant de dédramatiser la situation, le principal est que vous soyez toujours là. Allez Kisos, viens donc m'aider à faire les pancakes.

    Le jeune homme accepta de bon coeur quand Charlie se jeta dans les bras de sa mère pour savoir comment allait Jasmine. Une nouvelle journée pleine de promesses allait débuter et Garrett sentait qu'ils allaient pouvoir aussi en profiter.


    immarcescible, Posté le mardi 12 avril 2022 21:05 Répondre

    Clive est littéralement un boulet. Garrett ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel quand Anya accourt en vitesse jusqu'à lui. Non pas qu'il ne l'aimait pas, mais le blond ne trouverait jamais qui que ce soit de bien pour Jasmine, alors ce grand gaillard peu bâtit et très peu dégourdi ne l'aidait pas non plus avec toutes ces bourdes maladroite. Anya le quittait et savoir que Jasmine ne voulait que de sa mère lui faisait à la fois plaisir et le rendait jaloux. Sa fille n'avait pas besoin de lui, comment pouvait-il le prendre ?

    Assis sur une chaise dans la salle d'attente, il aidait son nouveau gendre à poser la poche de glace sur son nez afin de stopper les saignements. Le jeune homme un peu sonné s'excusa une nouvelle fois quand le blond s'asseyait lourdement à ses côtés :

    - Tu n'es pas pitoyable. Juste nerveux et c'est normal..

    Le jeune homme soupirait en tremblant de la jambe nerveusement. Garrett se rendait bien compte qu'il était dur avec lui et qu'il devait être plus patient. Après tout, il semblait sincère et c'était une très belle chose ce qu'il avait proposé à Jasmine. Grattant sa nuque comme lorsqu'il est nerveux, le blond soupira avant de répliquer :

    - C'est extrêmement courageux et beau ce que tu as fais pour Jazz et Elios. Rien ne t'oblige à une telle chose.
    - Rien ne m'oblige puisque que je l'aime.
    - Tu as conscience que c'est l'enfant d'un autre. Tu devras vivre avec ça.
    - On s'en fiche de ça, expliquait-il avec plus de conviction, tout ce qui m'importe c'est le bonheur de votre fille et de son fils. Je ne peux que l'aimer puisqu'il vient d'elle. Depuis que je suis enfant je ne rêve que d'une chose, avoir ma propre famille. Et puis vous savez, Elios saura que je ne suis pas son père biologique mais il saura aussi que je suis celui qui voulait de lui et qui l'aimera jusqu'à ma mort. Je donnerais tout à Jasmine et cet enfant. Je n'ai pas peur de ça. En fait, depuis Jasmine, je n'ai plus peur de rien. Elle est comme un remède vous.. vous comprenez ?

    Comment aurait-il pu ne pas comprendre ? Sa femme l'était depuis toujours. Le jeune homme avait répondu aux interrogations de son beau-père sans le savoir. Garrett lui donna une claque un peu trop abrupte pour Clive dans le dos ce qui le fit bouger de sa chaise et amusa le blond. Il avait encore un peu de force lui semblait-il :

    - Je suis heureux de te savoir parmi nous Clive Walker.

    C'était comme une intronisation pour l'écossais qui n'avait rêvé que d'une chose, avoir un jour une famille. Il versa discrètement une larme que son beau-père ne voit pas et le remercia sincèrement. Puis, les deux attendirent un sacré moment. Parfois, Garrett se levait et faisait les cent pas. Puis, il allait chercher un café pour lui et Clive quand soudainement, Anya surgit de la chambre vêtue de cette blouse bleue d'hôpital.

    - Elle va bien Madame Hedlund ? Dites-moi qu'ils vont bien..

    Clive paniquait en se levant et se dirigeant directement vers sa patronne. Garrett restait derrière en retrait tout aussi inquiet. Il observait du coin de l'oeil son épouse pour dénicher un quelconque problème.


    immarcescible, Posté le mardi 12 avril 2022 18:59 Répondre

    Pour le coup, Garrett n'avait jamais cherché à flatter son épouse. Il s'agissait pour lui de simplement dire la vérité. Comme quoi, ça payait toujours. Satisfait, il souriait en tenant au dessus de lui la belle Anya qui roucoulait dans ses bras et lui expliquait le changement capillaire qui l'avait subitement prise. Il ne pouvait s'empêcher de rire et vint simplement déposer un baiser au dessus de ses seins parfaitement pressé dans son décolleté beaucoup trop sexy.

    - Je te trouve encore plus sexy avec tes cheveux court mon amour. On dirait une femme d'affaires accomplie. Du genre à ne pas se laisser manipuler par les hommes et qui serait capable d'en découdre avec moi si jamais je suis un peu trop leste.

    Il riait doucement en tapotant les fesses cambrées de la belle brune. C'était terriblement tentant de la caresser mais il se contentait de la chatouiller discrètement. L'envie, non, le besoin de l'entendre un peu rire était devenu nécessaire. Le rire d'Anya lui manquait terriblement et c'était la promesse de retrouver un peu de légèreté dans un quotidien somme toute très morne ces derniers temps. Lorsqu'elle fut suffisamment à bout de souffle et complètement groguée par les chatouilles, il vint enfouir son visage entre ses seins avant de murmurer :

    - J'espère que Charlie trouvera le courage de parler à Kisos demain. Il n'a pas arrêter de me poser des questions sur elle toute la journée. Il s'inquiétait pour elle.. Je crois qu'il regrette sincèrement de l'avoir quitté même si il justifie ça pour le bien de notre fille. Qu'en penses-tu ?

    La conversation du s'interrompre car Ella venait de se mettre à chouiner. Garrett retint Anya près de lui et dit avec conviction que c'était à lui d'y aller. Malgré ses cernes et la fatigue de son visage il se sentait suffisamment en forme pour aller voir les cacahuètes ce qu'il fit mais avant cela, il ordonna d'une voix câline et chaude à Anya d'aller enfiler ce fameux petit déshabillé rouge dont elle avait tant vanté les mérites.

    Se trouvant enfin devant les Cacahuètes, il en profita pour les prendre toutes les deux dans ses bras. Il les berça et leur chanta des chansons. Elles aimaient sans aucun doute la musique et il espérait secrètement en faire des musiciennes. Il aimait bien l'idée de faire de la musique avec elles quand Anya leur hurlerait d'arrêter de jouer. Plus il pensait à leur avenir et plus il était inquiet. Inquiet de ne pas pouvoir les voir grandir. Une boule d'angoisse qui grandissait en lui par moment mais qu'il arrivait aussi à contrôler. Il serra fort contre lui les filles avant de les rendormir et rejoignit ensuite Anya qui était encore dans la salle de bain.

    Se mettant nu, il attendit allongé sur le lit en lisant le fameux livre qu'il avait plus tôt entre les mains. Les lunettes de son épouse sur son nez, il ne se rendit pas compte qu'il s'endormait lentement et fit tomber le livre sur son pénis nu.


    immarcescible, Posté le mardi 12 avril 2022 09:54 Répondre

    Il n'y a jamais rien d'anodin avec les femmes Siminiov. Garrett en sait quelque chose depuis le temps. Ce n'est pas pour rien si Anya s'est coupé les cheveux et a fait une légère teinture quand Charlie s'est littéralement transformée en petite fée polaire. Si pour la dernière il se doutait du changement nécessaire, pour la première c'était tout autre chose. Mais il aurait le temps d'en parler le soir même au détour de quelques caresses sensuelles. Pour le moment, il est bien entouré par les filles et il ne peut s'empêcher de rire en les voyant si larmoyantes et révoltées de l'attitude des garçons :

    - Je crois que vous ne vous rendez pas compte mais vous les impressionnez. Vous croyez que j'ai toujours été parfait avec votre mère mais.. mais il m'est arrivé d'avoir peur d'aller vers elle pour lui dire ce que je ressentais.
    - Quoi ? Maman te faisais peur ?
    - Non pas peur.. Mais elle m'impressionnait.

    Garrett souriait doucement et vint planter ses iris dans ceux d'Anya qui pour une fois ne disait rien. Embrassant sa tempe avec douceur et amusement, il expliqua donc aux filles ce fameux souvenir :

    - Au tout début de notre relation j'ai emmené un jour votre mère à New-York. J'avais dans l'espoir qu'elle y fasse ses études pour qu'on puisse vivre ensemble. Jamais encore je n'avais été amoureux de toute ma vie et là, j'étais prêt à toutes les folies. En fait, sous couvert de lui faire visiter l'université je voulais surtout qu'elle rencontre Maggie et ma vie new-yorkaise. Je pensais lui en mettre plein les yeux avec ma vie de mondanités et ça été tout l'inverse. Mais j'avais tellement peur de lui dire pourquoi je voulais tant qu'elle aime New-York. C'était juste pour qu'elle me suive..

    Jasmine et Charlie se regardaient en faisant cette moue si adorable que même les cacahuètes ont lorsque leur père raconte les histoires d'amours avec leur mère. Le blond souriait toujours, amusé en caressant la joue de sa douce épouse qu'il aimait toujours aussi passionnément :

    - Vous êtes comme votre mère.. Indépendante.. Volcanique.. Passionnée.. C'est terriblement déstabilisant pour un homme. On est persuadé de contrôler le monde entier lorsque soudain on se rend compte que nous ne sommes que des coquilles vides. Votre mère m'a complètement chamboulé, dévasté et ensorcelé. Si elle n'avait pas eu ce courage qui la caractérise tant je ne sais pas si j'aurais pu aller vers elle. Je ne vous parle même pas de la complication de cette différence d'âge.
    - Donc ce serait à nous de faire le premier pas ?
    - Je ne sais pas Jazzy.. Est-ce que tu veux que Clive fasse partit de ta vie et de celle d'Hélios ?
    - Oui, oui, je le veux !

    Sans attendre plus de réponses, elle se leva avec difficulté du fauteuil avant de reprendre ses affaires. C'était la soirée des révélations et Jasmine souriait de toutes ses dents. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas semblé si radieuse et légère. Non, pleine d'espoir. Garrett contemplait sa fille se diriger vers l'extérieur et la laissa courir après sa destinée amoureuse. Charlie souriait et pleurait à la fois en voyant sa grande soeur se rendre vers l'amour de sa vie. Puis, elle baissa la tête avant de se recroqueviller sur elle-même :

    - Kisos ne m'aimera plus jamais. Il est grand et je suis persuadée qu'il a rencontré des filles là-bas en Virginie. Il est si beau quand je ne suis que moi.. Et je n'ai pas autant de courage que maman.

    La petite venait une nouvelle fois se blottir près de sa mère pour y chercher le réconfort de ses bras. Ça touchait tellement Garrett de voir leur Petit Pois grandir mais rester encore et toujours cette enfant qu'ils avaient tant chéri. Embrassant le sommet de son crâne, il caressa ensuite la nuque d'Anya attendri :

    - Le courage viens de multiples manières Petit Pois. Il peut être patient comme impulsif. Le tout est de n'avoir jamais de regrets.


    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • Suivant

    RSS

    Article précédent

    Article suivant

    Design by GAPG

    Signaler un abus

    Abonne-toi à mon blog !

    RSS

    GAPG

    Masquer
     
     Photo de GAPG
    • Envoyer un messageMessage
    • Plus d'actions ▼
    • Offrir un cadeau
    • Bloquer
    • S'abonner à mon blog
      • 1 750 commentaires

      Création : 22/08/2021 à 21:16 Mise à jour : 03/06/2023 à 17:35

      Skyrock.com
      • Skyrock

        • Publicité
        • Jobs
        • Contact
        • Sources
        • Poster sur mon blog
        • Développeurs
        • Signaler un abus
      • Infos

        • Ici T Libre
        • Sécurité
        • Conditions
        • Politique de confidentialité
        • Gestion de la publicité
        • Aide
        • En chiffres
      • Apps

        • Skyrock FM
        • Smax
        • SKRED
      • Autres sites

        • Skyrock.FM
      • Blogs

        • L'équipe Skyrock
        • Music
        • Ciné
        • Sport
      • Versions

        • Site mobile